(2019) Mission des Nations Unies pour l'appui à la justice en Haïti - Rapport du Secrétaire général (S/2019/805)
Resume — Dernier rapport du Secrétaire général sur la MINUJUSTH couvrant le second semestre de 2019, examinant l'impasse politique sous le Président Moïse, la dégradation de l'économie et de la sécurité alimentaire, les objectifs du mandat, le retrait de la mission et la transition vers le BINUH.
Constats Cles
- Haïti est resté sans gouvernement fonctionnel depuis mars 2019, une motion de destitution contre le Président Moïse a été rejetée par 53 voix contre 3, et l'absence de loi électorale a rendu matériellement impossibles les élections législatives de 2019, faisant craindre un gouvernement par décret après le 13 janvier 2020. La gourde s'est dépréciée de 37,6 pour cent face au dollar en 12 mois, l'inflation était estimée à 19,1 pour cent et le PIB devait s'être contracté de plus de 1 pour cent. L'insécurité alimentaire grave en milieu rural est passée de 17 pour cent en 2018 à 49,5 pour cent fin avril 2019, et le plan humanitaire 2019 n'était financé qu'à 21 pour cent. Aucun cas de choléra confirmé en laboratoire n'avait été enregistré depuis début février 2019, les cas suspects ayant baissé de 80 pour cent sur un an.
Description Complete
Soumis en application de la résolution 2466 (2019) du Conseil de sécurité, ce rapport couvre les derniers mois de la Mission des Nations Unies pour l'appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) avant l'expiration de son mandat le 15 octobre 2019 et la transition vers le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Il décrit une crise politique prolongée : Haïti est resté sans gouvernement fonctionnel après la démission du Premier Ministre Céant en mars 2019, un quatrième Premier Ministre désigné attendait la confirmation du Sénat sur fond d'allégations de corruption, une motion de destitution contre le Président Moïse a échoué, et l'impossibilité de tenir des élections législatives faisait craindre une crise constitutionnelle en janvier 2020. La gourde a perdu 37,6 pour cent de sa valeur face au dollar en 12 mois, l'inflation était estimée à 19,1 pour cent et le PIB devait se contracter, tandis que l'insécurité alimentaire grave en milieu rural passait de 17 pour cent en 2018 à 49,5 pour cent fin avril 2019. Le rapport évalue les progrès au regard des objectifs de la stratégie de sortie, la réduction de la violence communautaire, le développement de la police, la lutte contre le choléra après l'absence de cas confirmés en laboratoire depuis février 2019, les droits de l'homme et les préparatifs du BINUH et de l'équipe de pays intégrée des Nations Unies.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Nations Unies S/2019/805
Conseil de sécurité
Distr. générale
9 octobre 2019
Français
Original : anglais
19-16958 (F) 111019 111019
*1916958*
Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice
en Haïti
Rapport du Secrétaire général
I. Introduction
1. Le présent rapport est soumis en application de la résolution 2466 (2019) du
Conseil de sécurité, par laquelle le Conseil a décidé de proroger le mandat de la
Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH) jusqu’au
15 octobre 2019 et m’a demandé de lui rendre compte, tous les 90 jours à partir du
12 avril 2019, de l’application de ladite résolution, y compris des éventuels cas de
non-exécution du mandat et des mesures prises pour y remédier. Le document fait état
des principaux faits nouveaux survenus depuis la publication de mon précédent
rapport (S/2019/563), comprend une évaluation des progrès réalisés concernant la
stratégie de sortie et ses objectifs ainsi que des éléments permettant d’apprécier ce
que le maintien de la paix a apporté dans le pays, y compris les enseignements tirés
de l’expérience, et décrit les priorités qui seront maintenues et relèveront du Bureau
intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Le présent rapport fait également le
point sur la transition, la réduction des effectifs de la MINUJUSTH, le démarrage du
BINUH et les préparatifs en vue du renforcement de l’intégration de l’équipe de pays
des Nations Unies avec le BINUH, y compris un ensemble de critères stratégiques,
comme prescrit par la résolution 2476 (2019).
II. Principaux faits nouveaux
A. Situation politique et faits connexes dans le domaine de la sécurité
2. La période considérée a été caractérisée par des négociations prolongées et
jusqu’ici infructueuses sur la confirmation d’un nouveau gouvernement, une tentative
manquée de destitution du Président haïtien, Jovenel Moïse, à la Chambre basse et la
menace imminente d’une crise constitutionnelle causée par l’incapacité d’organiser
des élections à temps pour renouveler le Parlement actuel, dont le mandat expire le
13 janvier 2020. Dans ce contexte de crise politique, la situation en matière de sécurité
est restée instable, l’opposition ayant organisé plusieurs actions violentes au cours du
mois de septembre tandis que des bandes criminelles armées continuaient de poser
une menace pour l’ordre public.
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3. Haïti est resté sans gouvernement fonctionnel depuis la démission, le 21 mars
dernier, du deuxième Premier Ministre de M. Moïse, Jean-Henry Céant, à la suite
d’une motion de censure votée par la Chambre basse du Parlement. Le 22 juillet, après
trois vaines tentatives par le Sénat de tenir le vote sur la déclaration de politique
générale du gouvernement proposé, qui devait être dirigé par le troisième Premier
Ministre nommé, Jean-Michel Lapin, M. Moïse a annoncé la désignation d’un
quatrième Premier Ministre, Fritz William Michel. Le 24 juillet, un cabinet de
22 membres, avec une parité absolue entre les ministres, a été annoncé dans le Journal
officiel, Le Moniteur. Sa composition a été légèrement modifiée le 29 août. Alors que
la Chambre basse a approuvé l’énoncé de politique générale du Premier Ministre
désigné M. Michel le 3 septembre, les consultations entre le pouvoir exécutif et le
Sénat sur la confirmation de ce quatrième gouvernement n’ont pas encore abouti. Les
11 et 23 septembre, les tentatives du Sénat d’examiner la proposition de
gouvernement ont sombré dans le chaos lorsque des militants de l’opposition, dont
certains étaient armés et soutenus par un petit nombre de sénateurs, ont fait irruption
dans la salle et empêché la tenue de la séance. À cette dernière occasion, deux civils
ont été blessés après qu’un sénateur du Parti haïtien Tèt Kale au pouvoir a utilisé son
arme personnelle devant le Parlement. Les allégations de corruption portées par la
suite contre M. Michel semblent avoir réduit ses perspectives de confirmation et, le
25 septembre, dans une allocution prononcée devant la nation, M. Moïse a proposé la
formation d’un gouvernement d’union nationale pour sortir de l’impasse actuelle.
Plusieurs responsables de l’opposition ont rejeté cette proposition et ont continué à
lancer, quasi quotidiennement, des appels à manifester pour demander la démission
du Président. Le 4 octobre, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de
Port-au-Prince. Au moins 2 000 d’entre eux, parmi lesquels se trouvaient plusieurs
membres de l’opposition parlementaire, se sont rassemblés devant le quartier général
de la MINUJUSTH à Tabarre (département de l’Ouest). Une délégation issue des
rangs des manifestants a été chargée de remettre une lettre adressée au Secrétaire
général visant à attirer l’attention de celui-ci sur ce qui était décrit comme une
situation explosive.
4. Honorant un accord de procédure conclu le 26 juin pour apaiser l’opposition
parlementaire et accélérer le processus d’approbation d’un nouveau gouvernement, le
Président de la Chambre basse, Gary Bodeau, a permis à cet organe de tenir un débat
sur la motion visant à destituer M. Moïse, d’aucuns l’accusant d’« avoir violé au
moins 25 articles de la Constitution », et en raison d’allégations de corruption et de
fraude. Dans un rapport publié en mai, la Cour supérieure des comptes a reconnu
l’implication d’Agritrans, société dirigée par Jovenel Moïse avant son élection, dans
la mauvaise gestion présumée des fonds de PetroCaribe. À l’issue de deux séances
consacrées au débat, le 22 août, la motion de destitution a été rejetée par 53 voix
contre et 3 pour, avec 5 abstentions. Les parlementaires de l’opposition ont considéré
que le vote s’était déroulé de manière illégale, puisque les parlementaires de la
Chambre basse qui y avaient participé n’avaient pas réuni le quorum des deux tiers
(soit 80 parlementaires) requis par la Constitution pour procéder à un vote de
destitution d’un président en exercice.
5. En août, un an après la naissance du mouvement « PetroChallengers » et son
appel à l’établissement des responsabilités concernant les irrégularités de gestion dont
auraient fait l’objet les fonds reçus par Haïti dans le cadre de l’accord PetroCaribe,
des manifestations ont été organisées pour encourager la Cour supérieure des comptes
à publier un troisième rapport sur les 23 % de projets autorisés non couverts dans ses
rapports des 31 janvier et 31 mai et pour demander la tenue d’un procès public afin
de faire la lumière sur ces allégations. Le mouvement s’exprime avec de plus en plus
de véhémence pour exiger la démission de M. Moïse, perçu par beaucoup comme un
obstacle à la tenue d’un procès.
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6. En application de la Constitution haïtienne, les élections visant à renouveler
l’ensemble de la Chambre basse et un tiers du Sénat devaient avoir lieu avant la fin
octobre 2019. Le fait que le Parlement n’ait pas approuvé de nouvelle loi électorale
et de nouveau budget avant la fin de la session parlementaire, le 9 septembre, ainsi
que l’absence d’accord politique sur la nouvelle composition du Conseil électoral
provisoire ont rendu matériellement impossible la tenue d’élections en 2019, puisque
le Conseil aurait besoin de cinq à six mois pour organiser le scrutin. Le mandat de
tous les parlementaires de la Chambre basse et d’au moins un tiers des sénateurs
prenant fin le 13 janvier 2020, le risque d’une crise constitutionnelle a
considérablement augmenté. S’il devait se concrétiser, il sera primordial de veiller à
ce que les paramètres à l’intérieur desquels M. Moïse sera autorisé à gouverner par
décret jusqu’à ce qu’un nouveau parlement soit élu et siège soient bien définis et
transparents.
7. L’arrestation, le 22 juillet, d’un chef de gang notoire par la Police nationale
haïtienne a eu un effet positif, mais limité, sur la réduction de la criminalité dans les
départements de l’Artibonite et de l’Ouest. La montée continue des tendances en
matière de criminalité illustre combien il est urgent que les autorités nationales
élaborent et mettent en œuvre une stratégie nationale de lutte contre les causes
profondes de la violence des gangs. Le 27 août, M. Moïse a nommé l’Inspecteur
général, Normil Rameau, au poste de Directeur général par intérim de la Police
nationale haïtienne en remplacement de Michel Ange Gédéon, qui a achevé son
mandat de trois ans le 25 août. Rameau attend la confirmation de sa nomination par
le Sénat, conformément à la Constitution haïtienne. Un mouvement organisé de
protestation contre le problème récurrent de la pénurie de carburant a partiellement
paralysé l’activité économique et sociale à Port-au-Prince et dans d’autres grandes
villes entre le 14 et le 20 septembre.
8. La crise politique prolongée et le climat de sécurité tendu ont continué d’avoir
des effets néfastes sur l’économie du pays. La monnaie nationale (la gourde) a perdu
37,6 % de sa valeur par rapport au dollar des États-Unis au cours des 12 derniers
mois, le taux d’inflation est maintenant estimé à 19,1 %, et le produit intérieur brut
du pays devrait avoir diminué de plus de 1 % au cours de l’exercice budgétaire qui
vient de s’achever. Dans le secteur agricole, l’effet des sécheresses localisées et des
faibles précipitations sur l’ensemble de la production agricole a été exacerbé par les
membres de gangs qui ont chassé les agriculteurs de leurs terres productives. Cette
situation a accentué la pression sur les ménages, comme en témoigne l’augmentation
de l’indice de grave insécurité alimentaire dans les zones rurales, qui est passé de
17 % en 2018 à 49,5 % depuis la fin avril 2019. En outre, la situation de blocage
provoquée par l’échec des efforts visant à confirmer un nouveau gouvernement
continue d’empêcher l’adoption d’importants textes législatifs, notamment les lois
budgétaires de 2018-19 et 2019-20, ainsi que de la loi électorale. En l’absence d’un
gouvernement pleinement opérationnel et sans budget approuvé, plusieurs donateurs
bilatéraux et multilatéraux, dont le Fonds monétaire international et la Banque
interaméricaine de développement, continuent de refuser leur appui budgétaire à
Haïti.
9. Bien que tous les acteurs comprennent les défis auxquels se heurte Haïti, il n’y
a pas eu de progrès vers la tenue d’un véritable dialogue national approfondi et sans
exclusive pour sortir le pays de la crise multidimensionnelle à laquelle il fait face.
Depuis l’expiration du mandat du comité chargé de faciliter le dialogue interhaïtien
en mai, aucune nouvelle initiative sérieuse en faveur du dialogue n’a été prise.
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B. Situation humanitaire
10. La baisse importante de la production agricole liée aux périodes prolongées de
sécheresse dans les départements de l’Artibonite et du Nord-Est et la hausse continue
du prix des denrées alimentaires de base (19 % au cours des 12 derniers mois) ont
contribué à aggraver encore la situation de la sécurité alimentaire en Haïti, notamment
l’état nutritionnel des enfants. On estime qu’environ 39 000 enfants de moins de 5 ans
souffriront de malnutrition aiguë en 2019. En août, le Fonds central pour les
interventions d’urgence a débloqué 5 millions de dollars provenant du budget de son
guichet interventions d’urgence pour permettre aux acteurs humanitaires de répondre
aux besoins pressants du pays en matière de sécurité alimentaire et de nutrition. Dans
le cadre du Plan d’aide humanitaire pour 2019, qui, au 18 septembre, était financé à
hauteur de 21 % (26,2 millions de dollars reçus sur les 126,2 millions nécessaires),
les organisations humanitaires s’attachent à porter secours aux 1,3 million de
personnes les plus vulnérables.
11. Les partenaires humanitaires et les organismes de développement ont travaillé
en étroite collaboration avec la Direction de la protection civile afin de s’assurer
qu’elle est prête et mobilisée pour la saison des ouragans, qui s’étend du 1
er
juin au
30 novembre. Bien que la Direction dispose de structures et de procédures de
communication bien établies à tous les niveaux – y compris un système d’alerte
rapide –, les entités du système des Nations Unies l’aident à relever un certain nombre
de défis opérationnels. Ainsi, avec l’appui de la communauté humanitaire, elle a
organisé un exercice national de simulation, les 12 et 13 août, afin que tous les
partenaires puissent mieux comprendre leurs rôles et responsabilités respectifs dans
la gestion d’un événement hydrométéorologique dangereux et tester les protocoles et
procédures en place au Centre national d’opérations d’urgence.
12. Au 28 août, aucun cas de choléra confirmé en laboratoire n’avait été enregistré
en Haïti depuis la première semaine du mois de février 2019. La surveillance et les
tests de laboratoire se poursuivent sans relâche. Depuis le 1
er
janvier, 584 cas
présumés de choléra ont été enregistrés au niveau national, soit 80 % de moins qu’à
la même période en 2018 (2 986 cas présumés). Compte tenu de cette évolution
positive, la stratégie des Nations Unies à l’appui du Plan national d’élimination du
choléra en Haïti (2013-2022) est actuellement revue en coordination avec tous les
partenaires, dans l’optique : a) de renforcer le système de surveillance au niveau
local ; b) d’accroître les moyens dont disposent les laboratoires pour détecter
d’éventuels cas dans les plus brefs délais ; c) de mener des activités de sensibilisation
et de prévention au niveau local ; d) de maintenir et de consolider, à titre de mesure
préventive, les activités de distribution d’eau, d’assainissement et d’hygiène afin de
réduire davantage les risques de transmission du choléra et d’autres maladies
d’origine hydrique. Le nombre d’équipes d’intervention rapide, qui ont joué un rôle
important dans la circonscription de ces risques, diminue progressivement à mesure
que le nombre de cas présumés continue de baisser. Néanmoins, l’ONU œuvre
toujours au renforcement de l’état de préparation et des capacités d’intervention du
Ministère de la santé et de la Direction nationale de l’eau potable et de
l’assainissement afin de consolider encore le système de surveillance, de prévention
et de riposte.
13. L’ONU a également élargi son soutien aux victimes du choléra, dans le cadre
du volet 2 de la nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en Haïti. Son processus
consultatif dirigé par des parties prenantes locales s’est maintenant bien ancré dans
25 communautés à travers Haïti où les victimes forment des groupes qui s’emploient
avec les responsables locaux, les groupes de la société civile et plus largement, les
victimes du choléra, à définir des priorités et à élaborer des projets pour y répondre.
Chaque communauté reçoit 150 000 dollars des États-Unis pour financer ces projets.
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Les activités prévues au titre du volet 2 se poursuivront au-delà de la fermeture de la
MINUJUSTH, l’objectif étant d’en faire bénéficier 134 communautés et plus.
III. Exécution du mandat
A. Lutte contre la violence de proximité (objectif 6)
14. Depuis octobre 2017, 50 projets de réduction de la violence de proximité ont été
mis en œuvre par plus de 26 partenaires au profit de 23 051 femmes et filles et
20 788 hommes et garçons issus de communautés marginalisées et à risque. Ces
projets appuient les objectifs de la MINUJUSTH en matière d’état de droit, de police
et de droits de la personne au niveau local. Dans le cadre du processus de transition,
la MINUJUSTH a travaillé en étroite collaboration avec ses partenaires opérationnels
pour faire en sorte que tous les projets soient achevés avant le 15 octobre. Outre qu’ils
ont permis d’inculquer des compétences aux bénéficiaires, ces projets menés dans le
cadre du mandat de la MINUSTAH puis de celui de la MINUJUSTH ont permis de
sensibiliser les autorités nationales au caractère multisectoriel de la question des
gangs et à l’importance de travailler directement avec les communautés pour réduire
la violence.
15. La MINUJUSTH a collaboré avec la Commission n ationale pour le
désarmement, le démantèlement et la réintégration à un programme de gestion des
armes et des munitions, à des activités de réduction de la violence de proximité et à
l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la violence des gangs. Afin de
contribuer au renforcement des capacités nationales, la MINUJUSTH a facilité la
participation d’un membre de la Commission et d’un représentant de la police
nationale au séminaire sous-régional des Caraïbes sur la gestion des munitions
classiques, organisé par le Centre régional des Nations Unies pour la paix, le
désarmement et le développement en Amérique latine et dans les Caraïbes à Kingston
les 10 et 11 septembre. En outre, deux membres de la Commission ont participé à la
septième tournée de la coopération technique Sud-Sud organisée à Bogota du 16 au
20 septembre. Par ailleurs, un projet visant à renforcer la capacité de la Commission
en matière de lutte contre la violence de proximité a été mis en œuvre par le
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
16. La Commission a également poursuivi ses activités de sensibilisation auprès des
autorités locales, de la société civile et en particulier des chefs de gangs afin
d’encourager ces derniers à remettre les armes à feu illicites qu’ils détenaient. Le
12 août, un chef de gang de Cité Soleil (département de l’Ouest) a remis 4 armes de
poing et 50 cartouches, après la remise symbolique, le 28 mai, de 8 armes à feu par
un autre chef de gang de la même commune. Parallèlement, le 18 juillet, la police
nationale a organisé, avec l’aide de la MINUJUSTH, une cérémonie au cours de
laquelle 374 armes obsolètes ou saisies ont été détruites. Suite aux recommandations
formulées par la mission d’évaluation technique sur la gestion des armes et munitions
menée du 26 août au 6 septembre, les discussions ont repris sur l’amendement du
projet de loi relatif à la maîtrise des armements adopté le 10 juillet par le Sénat et
dont on attend l’adoption par la Chambre basse.
17. Au cours de son mandat, la MINUJUSTH a appuyé 96 conférences et réunions
publiques nationales sur l’état de droit, qui ont attiré 22 335 participants, dont 9 963
femmes. Leur objectif était d’approfondir les efforts visant à désamorcer les conflits
existants et à ouvrir des espaces de dialogue dans les communautés sujettes à la
violence électorale et où les gangs sont actifs. Parmi les thèmes régulièrement abordés
figuraient la circulation d’armes illégales, les raisons qui amènent les communautés
à s’armer, les interactions entre la police nationale, la société civile et le système
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judiciaire, les cadres informels de règlement des conflits au niveau local, les liens
entre les jeunes, les drogues et les activités des gangs et enfin, la violence électorale.
Aux côtés des autorités locales, de la société civile et des milieux universitaires, les
parlementaires ont également participé à ces manifestations, renforçant ainsi
l’engagement politique dans les communes les plus exposées à la violence dans tout
Haïti. Tous les forums se sont achevés par l’adoption de recommandations concernant
les mesures à prendre et, dans six communes, des entités de la société civile ont créé
des comités de suivi, approuvés par les autorités locales.
18. Quatre projets de sensibilisation ont été mis en œuvre au cours de la période
considérée. Comme indiqué dans mon précédent rapport (S/2019/198), deux d’entre
eux ont permis de continuer à renforcer le dialogue entre les parlementaires et leurs
mandants dans tout le pays sur les moyens de consolider l’état de droit, y compris par
l’adoption du projet de code pénal et du projet de code de procédure pénale. Les deux
autres projets sont axés sur l’égalité des sexes, l’un visant à promouvoir le pouvoir
des femmes par le dialogue avec les dirigeantes haïtiennes, tandis que le second
mobilise les communautés autour du vote parlementaire sur le projet de loi relatif à
la prévention, à la répression et à l’élimination de la violence contre les femmes.
B. Évolution des conditions de sécurité et formation de la police
(objectifs 1, 4, 5 et 6)
19. Les manifestations de rue, dont le nombre avait fortement baissé pendant la
période considérée, ont connu un regain de fréquence et de violence au mois de
septembre, des affrontements ayant éclaté entre les manifestants et la police nationale
les 20 et 23 septembre à Port-au-Prince. Les derniers mois ont également été marqués
par une augmentation continue des activités criminelles majeures et des incidents liés
aux gangs. Le nombre d’homicides signalés en 2019 a augmenté de 17 % par rapport
à 2018, 698 affaires ayant été recensées entre le 1
er
janvier et le 8 octobre, contre 594
durant la même période l’année précédente. Les deux tiers de ces homicides ont été
enregistrés dans le département de l’Ouest, où la criminalité en bande est la plus
importante. En outre, 34 policiers ont été tués entre le 1
er
janvier et le 24 septembre
2019, contre 17 pour toute l’année 2018. Cette montée de la criminalité rend certaines
zones dangereuses, comme le quartier de Martissant à Port-au-Prince où la population
s’est mise à protester contre la liberté d’action laissée aux criminels armés, qui
sévissent en toute impunité et dans le complet mépris de l’autorité de l’État. Ces
tendances préoccupantes de la criminalité font peser un fardeau supplémentaire sur
les services nationaux de police. Or ceux-ci ont déjà grand peine à s’acquitter des
versements qu’ils doivent aux prestataires de services et à répondre aux besoins les
plus élémentaires des policiers, dont les capacités opérationnelles sont par conséquent
limitées et dont la direction se voit contrainte de faire des choix opérationnels
difficiles.
20. En dépit de ces pressions, la police nationale a mené des opérations contre les
bandes organisées. L’arrestation d’un chef de bande ignominieux le 22 juillet a
renforcé la confiance dans l’institution et eu un effet positif sur la façon dont la
population perçoit sa sécurité. Dirigée par les services de renseignement, avec un
appui limité de la MINUJUSTH qui a déployé une unité de drones à cet effet,
l’enquête a prouvé la capacité de la police nationale à planifier et exécuter des
opérations. Il s’agissait d’une des dernières occasions pour la MINUJUSTH
d’apporter un appui opérationnel à la police nationale avant son retrait imminent.
21. La police nationale a renforcé ses capacités en procédant à des recrutements,
avec le soutien de la MINUJUSTH. Depuis l’adoption du plan stratégique de
développement 2017-2021 de la police nationale, trois promotions comprenant 2 370
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élèves, dont 453 femmes, ont été incorporées aux forces de police, la dernière en date
étant la 30
e
promotion qui a terminé sa formation le 8 août. Ces recrues ont porté le
nombre de policiers du pays à 15 404, dont 10,5 % de femmes. En outre, 67 agents
de la police nationale ont été promus au rang de commissaire de police le 1
er
août,
après avoir suivi une formation de sept mois. Si la police nationale semble en bonne
voie d’atteindre l’objectif des 18 000 agents d’ici à décembre 2021, elle devra
redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs fixés dans son plan quinquennal de
1,51 agent pour 1 000 habitants (actuellement 1,33) et de 12 % de femmes dans ses
effectifs.
22. Des progrès sont en cours dans la décentralisation des responsabilités de la
police nationale, comme en atteste le projet de construction du premier bureau
régional de l’Inspection générale à Cap-Haïtien (département du Nord), pour lequel
un site a été trouvé. Le financement du projet a été rassemblé par l’intermédiaire du
PNUD. Les propositions d’entrepreneurs potentiels sont en cours d’évaluation et les
directives générales et l’organisation des quatre futurs bureaux régionaux doivent
encore recevoir l’approbation du Directeur général.
23. L’équipe de la MINUJUSTH consacrée à la prévention de la violence sexuelle
et fondée sur le genre a continué à renforcer la cellule de la police nationale chargée
de lutter contre la violence sexuelle, ainsi que ses partenaires, notamment dans le
cadre de quatre ateliers sur les techniques d’enquête, organisés à l’intention des
policiers et des juges avec l’appui technique et financier du PNUD. Ces ateliers ont
contribué à faire mieux connaître les affaires de crimes sexuels, à établir une
compréhension commune de l’accompagnement des victimes et à diffuser les
meilleures pratiques en matière de prévention. Au total, 149 personnes, dont
91 femmes, ont participé au cinquième séminaire international sur la lutte contre la
violence sexuelle et fondée sur le genre, qui s’est tenu du 10 au 12 septembre. Les
participants étaient issus de la direction de la Police nationale d’Haïti, du secteur
juridique, des organismes des Nations Unies ou comptaient parmi les partenaires de
la société civile en Haïti.
24. L’état d’avancement de l’application du plan stratégique de développement
2017-2021 de la police nationale a fait l’objet d’une deuxième évaluation, menée avec
l’appui de la MINUJUSTH, dont les résultats ont montré des progrès continus.
Toutefois, le taux d’application de 34,5 % seulement s’est avéré faible dans son
ensemble, du fait de la persistance de la crise politique, du manque d’implication de
l’administration et de la lassitude des donateurs. Sur les 133 actions prioritaires
prévues dans le plan, 2 ont été menées à bien, 103 sont en cours d’application et
28 n’ont pas encore commencé.
25. Des progrès évidents ont certes été enregistrés dans le développement de la
police nationale pendant les 15 ans de présence du maintien de la paix, mais il faudra
que les autorités nationales et la communauté internationale apportent la plus grande
attention aux ressources de la police pour maintenir cette dynamique de croissance et
d’amélioration du professionnalisme. Il est urgent de remédier au grave manque de
ressources de la police, qui manque à la fois de munitions et de blindés. La prochaine
mission devrait conserver les priorités suivantes : élargir le périmètre d’action des
services de police sur le territoire ; renforcer leurs capacités opérationnelles, en
particulier dans les domaines de la prévention du crime, de la maîtrise des foules, du
renseignement criminel et des enquêtes pénales ; augmenter le nombre de femmes
dans la police nationale.
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C. Justice et lutte contre la corruption (objectifs 1, 2, 5, 6 et 10)
26. Malgré les incidences négatives que les conditions de sécurité ont eues sur le
fonctionnement du tribunal de première instance de Port-au-Prince, d’importants
progrès ont été réalisés dans la réduction du taux de détention provisoire prolongée
relevant de sa compétence, principalement en raison du renforcement de la direction
et du fait que le comité de suivi de la chaîne pénale a amélioré la collaboration entre
les acteurs de l’appareil judiciaire aux fins du traitement des affaires pénales. Au
cours du mois de juillet, les 76 affaires renvoyées devant le tribunal ont été traitées
en temps réel par le parquet, les juges d’instruction ont clos 79 dossiers et le tribunal
a conduit 29 délibérés et clos 23 affaires. Au cours de la période considérée, les
bureaux d’aide juridique appuyés par la MINUJUSTH ont contribué à la remise en
liberté de 34 adultes et de 18 mineurs. Dans l’ensemble, le nombre de prévenus en
détention provisoire dans la juridiction de Port-au-Prince a baissé de 14 % depuis
octobre 2017.
27. Des retards ont encore été enregistrés dans la mise en place du Conseil national
d’assistance légale, l’organisme chargé de fournir une aide juridique aux plus
vulnérables, en application de la loi sur l’assistance légale promulguée le 26 octobre
2018. L’État n’a pas encore défini sa stratégie nationale d’assistance juridique, ni
établi le plan d’action correspondant, ni alloué les fonds nécessaires à son application.
La MINUJUSTH et le PNUD ont aidé le Ministère de la justice et de la sécurité
publique en recrutant un consultant chargé d’établir le projet de plan stratégique, qui
dotera le Conseil national des outils dont il a besoin pour ouvrir 18 bureaux
d’assistance légale dans tout le pays. Avec l’appui du PNUD, la Mission a également
facilité le recrutement d’un consultant chargé d’aider le Conseil supérieur du pouvoir
judiciaire à établir un rapport annuel, le troisième depuis sa création en 2012, sur ses
activités et sur le fonctionnement général de l’appareil judiciaire.
28. Le 19 août, le Ministre de la justice et de la sécurité publique a informé le
Président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire que M. Moïse avait nommé 23
juges, dont 2 femmes, dans différentes juridictions du pays. D’après le Conseil,
40 procédures de nomination judiciaire étaient encore en cours.
29. Depuis octobre 2017, d’importants progrès ont été accomplis dans
l’administration de la justice, le fonctionnement des institutions judiciaires et la
réforme législative. Dans le cadre du programme conjoint pour l’état de droit, la
MINUJUSTH et le PNUD ont aidé le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire à
élaborer un plan stratégique quinquennal pour la période 2018-2023 et à établir un
rapport sur l’état de l’appareil judiciaire. Les mécanismes de contrôle interne et
d’application du principe de responsabilité ont été renforcés au Ministère et au
Conseil. Dans l’ensemble du pays, le Ministère a inspecté 18 parquets, 5 cours
d’appel, plus de 100 tribunaux de paix et 18 bureaux d’agents pénitentiaires entre
décembre 2018 et juin 2019. Quant au Conseil, il a publié les premiers résultats de la
vérification des antécédents des magistrats. En outre, tous les sièges vacants ont été
pourvus à la Cour de cassation et au Conseil.
30. Sur le plan de la réforme législative, l’adoption et la promulgation de la loi sur
l’assistance légale va progressivement permettre aux plus vulnérables d’accéder à la
justice. En dépit des efforts consentis par la MINUJUSTH et ses partenaires, le Code
pénal, le Code de procédure pénale et le projet de loi organique du Ministère de la
justice et de la sécurité publique n’ont pas encore été examinés par le Parlement. Leur
adoption et promulgation constitueront des priorités pour le nouveau Bureau. De plus,
la MINUJUSTH a formé un partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la
drogue et le crime et la cellule anticorruption de l’État pour renforcer les capacités
des acteurs judiciaires en matière de lutte contre la corruption. Ce partenariat
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permettra d’évaluer la stratégie décennale anticorruption actuellement suivie dans le
pays et d’en élaborer une nouvelle.
31. Toutefois, il faudra encore des efforts à long terme et une participation soutenue
des autorités nationales et de la communauté internationale pour réaliser pleinement
tous les objectifs afférents à la justice et à l’état de droit. Pour être efficace et viable,
cette édification à long terme des institutions profiterait de l’adoption par le pays de
sa propre feuille de route pour la réforme de l’état de droit. Le bon fonctionnement
de la justice continue de souffrir des retards dans les nominations à des postes
judiciaires ou des nominations faites sur la base de critères autres que le mérite. Dans
le cadre de ces réformes, il convient de doter d’effectifs suffisants les grandes
institutions de contrôle et d’application du principe de responsabilité, à savoir en
particulier l’inspectorat du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, dont le directeur
doit être nommé en priorité.
32. Les deux dernières années ont montré que la détention provisoire de durée
excessive n’était pas un phénomène insoluble. Les stratégies appuyées par la
MINUJUSTH ont réussi à inverser cette tendance préjudiciable dans la juridiction de
Port-au-Prince. Entre octobre 2017 et août 2019, le nombre de prévenus en détention
provisoire à la prison nationale est passé de 3 750 à 2 864. Pendant la même période,
le nombre de mineurs détenus au Centre de réhabilitation des mineurs en conflit avec
la loi est passé de 114 à 39. Il convient d’intensifier ces efforts et de les reproduire
dans le reste du pays.
D. Appareil pénitentiaire (objectifs 1, 3 et 5)
33. Au 4 septembre, les prisons haïtiennes comptaient 10 884 détenus, dont
355 femmes, 204 garçons et 8 filles et leur taux d’occupation atteignait 337 %. Au
total, 73 % de ces détenus étaient en attente de jugement. Des mesures importantes
ont certes été prises pour renforcer les capacités des services administratifs et des
services de gestion ainsi que les capacités opérationnelles, mais la surpopulation,
l’insuffisance des effectifs et le manque de ressources causés par les contraintes
budgétaires continuent d’avoir une incidence préjudiciable sur le fonctionnement de
la direction de l’administration pénitentiaire, qui dépend toujours de la police
nationale et n’a pas l’autonomie financière ou administrative dont elle a besoin pour
mener des réformes pénitentiaires de base et recruter. L’approvisionnement des
centres pénitentiaires en nourriture, médicaments et autres articles rencontre
fréquemment des problèmes de régularité, ce qui empêche la direction de
l’administration pénitentiaire d’améliorer les conditions de détention.
34. Au cours de la période considérée, la direction a organisé, en collaboration avec
le tribunal de première instance de Port-au-Prince, un forum d’une journée à
l’intention de 84 participants (greffiers, assistants juridiques, avocats des bureaux
d’aide juridique appuyés par la MINUJUSTH, greffiers pénitentiaires et autres parties
prenantes de la juridiction de Port-au-Prince) afin de renforcer la gestion des dossiers
des détenus. Dans le cadre de son programme de lutte contre la violence de proximité,
la MINUJUSTH a exécuté trois projets de réinsertion de détenus dans trois prisons.
Au total, 135 détenus, dont 14 femmes, ont acquis diverses compétences
professionnelles grâce à ces projets. En outre, cinq projets à effet rapide dans les
domaines de la sécurité, de l’énergie, des infrastructures d’eau et d’assainissement et
de la réhabilitation ont été menés à bien dans la prison de Jérémie (département de
Grand’Anse), la prison nationale (département de l’Ouest) et la prison de femmes de
Cabaret (département de l’Ouest), et les 18 établissements correctionnels d’Haïti ont
été approvisionnés en matériel de sécurité. La Mission a également facilité deux
ateliers sur les techniques d’évaluation de la performance à l’intention des chefs
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d’opérations (dont une femme) afin d’améliorer la supervision et l’évaluation du
personnel.
35. Entre octobre 2017 et septembre 2019, 218 décès ont été enregistrés dans le
système pénitentiaire haïtien, soit un taux annuel de mortalité de 10,44 pour
1 000 détenus, contre 16 pour 1 000 en 2017, cette baisse ayant été réalisée malgré la
pénurie chronique de nourriture et de médicaments. Grâce aux efforts concertés de la
direction, de l’Organisation mondiale de la Santé, de l’Organisation internationale
pour les migrations, du Bureau of International Narcotics and Law Enforcement
Affairs et des organisations non gouvernementales partenaires, des mesures ont été
adoptées, telles que des programmes de dépistage précoce et d’alimentation pour les
patients souffrant de malnutrition, d’anémie ou de tuberculose, et une épidémie de
gale ayant touché 2 520 détenus dans quatre prisons a été endiguée et traitée de façon
holistique. En outre, une formation aux soins de santé en milieu pénitentiaire a été
organisée à l’intention de 82 agents pénitentiaires, dont 46 femmes, et des directives
sur les soins de santé d’urgence ont été mises au point par la direction et la
MINUJUSTH.
36. Le système pénitentiaire compte maintenant 1 207 agents, dont 159 femmes.
Une analyse des besoins de recrutement tenant compte des questions de genre doit
encore être effectuée. Par ailleurs, en collaboration avec la MINUJUSTH, le PNUD
et l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
(ONU-Femmes), la direction de l’administration pénitentiaire a organisé deux ateliers
de sensibilisation aux questions de genre à l’intention de 286 agents, dont 37 femmes,
dans huit prisons du pays.
37. Conformément au plan stratégique de développement 2017-2021 de la police
nationale, la MINUJUSTH et le PNUD ont continué, dans le cadre de leur programme
conjoint pour l’état de droit, de renforcer la capacité de l’administration pénitentiaire
de gérer de façon autonome ses ressources financières et administratives. Une
formation en la matière a été dispensée à 529 membres du personnel, dont 164
femmes. Le projet de législation pénitentiaire, incluant la loi organique dotant
l’administration pénitentiaire du statut de direction centrale au sein de la police
nationale, jouissant de l’autonomie de gestion de ses propres ressources, a été
approuvé par le Directeur général de la police nationale pendant la période considérée
et doit encore être soumis au Parlement par le Ministère de la justice et de la sécurité
publique. Avec l’appui technique et financier de la Mission, le Système
d’identification automatisée par les empreintes digitales et le système automatisé de
gestion des dossiers de détenus ont été mis en service dans cinq prisons et 8 533
fichiers ont été traités.
38. Au terme du troisième cycle d’évaluation clos en septembre, le Centre de
rééducation des mineurs, la prison pour femmes de Cabaret, la prison de Croix-des-
Bouquets (département de l’Ouest) et Fort Liberté II (département du Nord-Est) ont
obtenu un certificat de conformité aux normes internationales. La MINUJUSTH et le
PNUD ont appuyé ce processus de certification, dont le rapport final a été présenté le
24 septembre au Directeur général de la Police nationale d’Haïti et au Directeur de
l’administration pénitentiaire.
E. Droits de l’homme (objectifs 4, 5, 6, 7, 8 et 9)
39. La nomination, en septembre 2018, d’une Ministre déléguée aux droits de
l’homme et à la lutte contre l’extrême pauvreté a redynamisé les travaux du Comité
interministériel des droits de la personne et permis à l’État de mieux s’acquitter de
ses obligations en matière de rapport aux instruments internationaux relatifs aux
droits de la personne. Pendant la période considérée, le Comité interministériel a mis
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la dernière main au rapport à mi-parcours d’Haïti aux fins de l’Examen périodique
universel, présentant en détail les progrès réalisés dans l’application des
recommandations acceptées par Haïti lors du deuxième cycle de l’Examen en 2016.
Le 30 juillet, le Cabinet du Premier Ministre a discuté du rapport avec des
représentants des ministères, d’institutions publiques, dont l’Office de la protection
du citoyen, et d’organisations de la société civile. En outre, un premier projet de plan
d’action national pour les droits de la personne a été finalisé en juillet et doit encore
être approuvé par l’exécutif après consultations avec des représentants d’institutions
publiques et d’organisations de la société civile.
40. Au cours des deux années du mandat de la MINUJUSTH, l’institution nationale
des droits de la personne a considérablement gagné en autonomie et sa capacité de
protéger les citoyens s’est nettement améliorée. Elle a publié son premier rapport
annuel depuis 2013, adressant aux autorités publiques 20 recommandations relatives
à un large éventail de questions concernant les droits de la personne. En mai 2019,
l’Alliance globale des institutions nationales des droits de l’homme l’a créditée de la
note « A », confirmant ainsi la reconnaissance internationale des efforts qu’elle a
consentis pour se conformer aux Principes concernant le statut des institutions
nationales pour la promotion et la protection des droits de l’homme (Principes de
Paris). L’institution a également multiplié ses activités de sensibilisation à des
questions fondamentales de droits de la personne et des progrès ont été constatés dans
la mise en œuvre de ses recommandations par les autorités nationales, en particulier
concernant la réduction de la durée de la détention provisoire. Enfin, grâce à l’appui
au renforcement des capacités fourni dans le cadre du programme conjoint pour l’état
de droit, l’institution des droits de la personne met la dernière main à son projet de
stratégie interne pour la période 2019-2024 et à son manuel sur le statut et règlement
intérieur.
41. La Mission a continué de renforcer les capacités des organisations de la société
civile, notamment en facilitant des formations concernant le suivi des droits de la
personne et l’établissement de rapports y afférents ou la création de partenariats de
promotion des droits de la personne entre communautés reculées et autorités locales,
et en organisant des séances de sensibilisation à l’application des recommandations
acceptées par Haïti en 2016 lors du deuxième cycle de l’Examen périodique universel
et à l’établissement du rapport de la société civile pour le prochain cycle de l’Examen
en 2021. L’accent a été mis sur le rôle que pouvait jouer la société civile pour amener
le Parlement à ratifier la Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants et pour lutter contre la discrimination des femmes
qui se portaient candidates aux élections. Entre 2017 et 2019, les organisations de la
société civile ont nettement renforcé leurs capacités en matière de communication de
l’information et de sensibilisation. Elles ont effet publié 48 rapports, dont 6 ont été
soumis à des instruments internationaux des droits de la personne.
42. Les autorités nationales ont encore de grandes difficultés à amener les agents de
l’État à répondre de leurs actes dans les cas de violations graves des droits de la
personne, commises dans le passé ou encore en cours. Le rapport conjoint du Haut-
Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et de la MINUJUSTH portant
sur les événements survenus à La Saline en novembre 2018 a suscité l’intérêt du
public, du corps diplomatique et des médias. Malgré l’attention recueillie par ces
événements, aucune poursuite pénale n’a été engagée concernant les allégations
d’implication d’agents de la police nationale et de fonctionnaires. Le 25 août,
l’institution nationale des droits de la personne a publié une déclaration par laquelle
elle exhortait le juge chargé de l’instruction de l’affaire d’agir avec rapidité et
professionnalisme pour entendre les suspects et assurer l’ouverture des procès et la
prononciation des jugements y afférents.
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43. Au cours des deux années de son mandat, la MINUJUSTH a observé la réaction
des autorités face à quatre autres cas de violations graves des droits de la personne :
le meurtre, l’arrestation arbitraire et la disparition forcée de civils pendant les
opérations policières menées en octobre et novembre 2017 à Lilavois et Grand
Ravine, respectivement ; l’affaire de l’homme handicapé de 25 ans battu à mort par
un policier en décembre 2017 à La Victoire ; les nombreuses violations qui auraient
été commises par la police nationale lors des manifestations antigouvernementales
menées en juillet, octobre, novembre 2018 et février 2019. Vu le peu de progrès
concrets réalisés dans les procédures judiciaires visant à établir les responsabilités et
faire justice aux victimes de ces violations qui ont retenu l’attention du pays, le
mandat du BINUH restera fortement axé sur la promotion du renforcement des
mécanismes chargés de faire appliquer le principe de responsabilité et de la justice
pour toutes les victimes.
F. Préparation des élections (objectif 11)
44. Le projet intégré de l’équipe de pays des Nations Unies sur l’appui au cycle
électoral d’Haïti 2019-2020 a été finalisé et validé par le PNUD et le Conseil électoral
provisoire le 2 août. Ce projet-cadre représente un progrès dans l’application à
l’assistance électorale de l’approche « Unité d’action des Nations Unies » et illustre
l’intégration des travaux des Nations Unies en Haïti après le retrait de la
MINUJUSTH. En effet, le PNUD est la principale entité chargée de l’assistance
technique et du renforcement des institutions, le Bureau des Nations Unies pour les
services d’appui aux projets assure l’appui logistique, ONU-Femmes veille à la
participation des femmes et aux questions de genre et l’Organisation des Nations
Unies pour l’éducation, la science et la culture prête son concours aux médias.
45. Composée d’agents de la police nationale et de membres de la MINUJUSTH, la
cellule mixte chargée de la sécurité électorale a continué de perfectionner le processus
de planification visant à assurer la sécurité des prochains scrutins. L’équipe a terminé
l’élaboration d’un modèle d’évaluation des risques applicable à tous les centres de
vote du pays. Il est prévu qu’une séance de formation de deux jours au processus
électoral et à la prévention de la violence contre les femmes soit organisée à
l’intention de la police nationale, de ses directeurs régionaux, des coordonnateurs des
questions électorales, des membres du bureau de la coordination des affaires
féminines et des formateurs de l’académie de police. Les membres de la cellule ont
également instauré un partenariat avec l’International Foundation for Electoral
Systems et le Conseil électoral provisoire afin de former les civils chargés de la
sécurité pendant les élections.
IV. Planification de la transition
46. Le système des Nations Unies en Haïti a continué de préparer le passage à une
présence autre qu’une opération de maintien de la paix, guidé par les engagements
pris dans le cadre de mon initiative Action pour le maintien de la paix, y compris des
activités d’analyse et de planification plus solides. Les entités du système des Nations
Unies concernées par les piliers Paix et sécurité et Développement en Haïti et à New
York ont organisé un atelier stratégique à Port-au-Prince du 3 au 5 septembre. Les
débats ont permis aux participants de parvenir à une même compréhension des
attributions respectives du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti et de l’équipe
de pays des Nations Unies après le 15 octobre, date à laquelle les organismes, fonds
et programmes assumeront les fonctions relatives aux programmes et à l’assistance
technique qui relevaient auparavant des attributions de la MINUJUSTH. L’atelier a
également permis de déterminer les priorités communes des Nations Unies en Haïti
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et d’établir un ensemble d’objectifs stratégiques pour le BINUH. Il a fait avancer
l’élaboration de mécanismes de collaboration et de coordination qui serviront à
intégrer les activités de la nouvelle mission et de l’équipe de pays des Nations Unies.
Le Département des opérations de paix, le Département des affaires politiques et de
la consolidation de la paix et ONU-Femmes ont œuvré de concert pour faire en sorte
que la présence reconfigurée en Haïti permette d’assurer pleinement la participation
et le leadership des femmes dans ses structures, compétences et cadres de
coordination pour préserver et renforcer les acquis en matière d’égalité des sexes et
en ce qui concerne les femmes et la paix et la sécurité.
47. À la suite de la décision d’octroyer à Haïti la possibilité de bénéficier d’un appui
du Fonds pour la consolidation de la paix pendant une période de cinq ans, l’équipe
de pays des Nations Unies a élaboré quatre propositions de projet, avec le concours
technique des composantes compétentes de la Mission et en consultation avec les
homologues et les partenaires nationaux. Les projets sont conçus de manière à
soutenir et accélérer le passage à une présence autre qu’une opération de maintien de
la paix et à renforcer la direction et l’appropriation nationales dans des domaines
essentiels pour la promotion de la stabilité et de la sécurité à court et à moyen terme,
à savoir l’état de droit et l’accès à la justice ; la gestion des armes et munitions ; la
lutte contre la violence de proximité ; la sécurité des élections (un accent particulier
étant mis sur les femmes). Ils doivent également permettre de progresser vers la
réalisation des objectifs de développement durable. Un cinquième projet, en vue de
la création, au sein du Bureau du Coordonnateur résident, d’un secrétariat du Fonds
pour la consolidation de la paix afin de superviser la mise en œuvre effective du
portefeuille du Fonds en Haïti, a aussi été présenté.
48. La planification du démarrage du BINUH se déroule en trois phases, à compter
de l’adoption, le 25 juin, de la résolution 2476 (2019) du Conseil de sécurité portant
création de la mission jusqu’au démarrage de son premier budget ordinaire le
1
er
janvier 2020. Au cours de la première phase, le Département des affaires politiques
et de la consolidation de la paix, en étroite coordination avec le Département de
l’appui opérationnel, a assumé la direction générale pour les mesures à prendre en
matière de planification, telles que le concept de la mission devant être établi selon
la directive de planification pour Haïti que le Secrétaire général avait présentée au
mois de juillet. Cette phase s’est achevée à la fin du mois d’août avec la mise en place
d’une mission préparatoire pour le BINUH, basée à Port-au-Prince, qui était chargée
d’assumer toutes les responsabilités concernant la planification et le démarrage de la
mission. Pour optimiser l’utilisation des ressources se trouvant dans la zone de
mission, plus de la moitié des membres de la mission préparatoire ont été tirés de la
MINUJUSTH, le reste étant déployé du Siège de l’ONU et d’autres missions par
affectation temporaire. La deuxième phase de démarrage, qui s’achève le 16 octobre,
permettra d’assurer la disponibilité opérationnelle initiale du BINUH dès le premier
jour de son mandat. À la troisième et dernière phase de démarrage, le BINUH
assumera la responsabilité de la planification et des opérations, et mettra en place des
mécanismes conjoints de planification et d’opération pour assurer l’intégration des
activités et la coordination avec l’équipe de pays des Nations Unies. Les éléments
essentiels seront un cadre stratégique intégré et des équipes conjointes sur les
réformes électorales et judiciaires, la lutte contre la violence de proximité, ainsi que
le désarmement et le démantèlement, qui seront installées dans des locaux communs.
V. Nouveaux objectifs
49. Dans sa résolution 2476 (2019), le Conseil de sécurité m’a prié de fournir dans
le présent rapport, en partenariat avec le Gouvernement haïtien, la MINUJUSTH et
l’équipe de pays des Nations Unies, des objectifs stratégiques assortis d’indicateurs
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aux fins de l’exécution des tâches assignées au BINUH. À l’issue de consultations, y
compris dans le cadre de l’atelier stratégique qui s’est tenu à Port-au-Prince en
septembre, 6 nouveaux objectifs et 25 indicateurs ont été retenus pour mesurer les
progrès accomplis sur la voie d’une stabilité durable après le déploiement du BINUH
(voir annexe II). Quatre de ces objectifs sont directement liés aux domaines du mandat
figurant au paragraphe 1 de la résolution 2476. Les deux autres sont des objectifs
contextuels, se rapportant à des conditions minimales pour assurer le progrès
socioéconomique nécessaire au maintien de la stabilité dans le pays, lutter contre les
causes profondes de la violence et des conflits et permettre des avancées vers la
réalisation des objectifs de développement durable. Ces objectifs et indicateurs sont
ancrés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, dont la
réalisation lancerait clairement Haïti sur la voie de la paix et de la prospérité. Le
BINUH et l’équipe de pays peuvent définir d’autres objectifs et indicateurs, pour
l’ensemble desquels ils fixeront des cibles, en collaboration avec le Gouvernement,
pendant qu’ils mettront en place un cadre stratégique intégré novateur dans le
contexte de l’examen du cadre de coopération des Nations Unies en Haïti au cours du
dernier trimestre de 2019.
50. Cette nouvelle façon d’aborder la question des objectifs, qui est le fruit de
consultations approfondies au sein du système des Nations Unies, témoigne de la
complémentarité entre les volets consacrés à l’action humanitaire, à la paix et la
sécurité et au développement, et de la reconnaissance du rôle préventif de ce dernier,
ces deux éléments étant particulièrement critiques dans le contexte d’Haïti et sous-
tendant les efforts de réforme de l’Organisation. Bien que des progrès au regard
d’objectifs contextuels ne puissent pas déterminer le calendrier de désengagement du
BINUH d’Haïti le moment venu, ils devraient servir de baromètre de la stabilité du
pays et de sa capacité de rester sur une voie positive vers le développement durable.
51. Les objectifs représentent pour le peuple haïtien et ses institutions nationales
des desseins à poursuivre au cours des deux à trois années à venir pour améliorer les
fondements structurels de la stabilité et de la cohésion sociale. Ils reposent sur les
priorités nationales fixées par le Gouvernement haïtien, les résultats préliminaires du
dialogue national, ainsi que les stratégies nationales de développement les plus
récentes. Ils reprennent certes des éléments clefs des objectifs et indicateurs de la
MINUJUSTH, mais les nouveaux objectifs placent la responsabilité nationale et les
objectifs de développement durable au cœur de la relation de l’ONU avec Haïti.
52. Étant donné que le climat politique actuel est fluide et qu’un nouveau
gouvernement est en attente de formation, la poursuite de consultations
multisectorielles, conduites par la direction du BINUH, permettra de faire en sorte
que les desseins sous-tendant ces objectifs soient bien compris au niveau national et
fassent largement l’objet d’une appropriation nationale. Le BINUH et le
Gouvernement haïtien conviendront des cibles spécifiques pour chaque indicateur en
2020 et 2021. Certains des indicateurs pourront être ajustés au fur et à mesure de la
mise au point, par la mission et l’équipe de pays, en collaboration avec les partenaires
nationaux, d’un cadre stratégique intégré complet pour une transition efficace. Le
BINUH cherchera également à mettre en place un mécanisme de suivi et de collecte
de données sur les progrès accomplis dans la réalisation de ces objectifs, en
partenariat avec le Gouvernement et l’équipe de pays et en s’inspirant des
mécanismes de collecte de données pour les objectifs de développement durable.
53. Si ces objectifs ne sont pas un outil pour évaluer la performance des Nations
Unies dans le pays, ils n’en reflètent pas moins les bases sur lesquelles seront définies
les priorités qui guideront l’action du système des Nations Unies au cours des
prochaines années. L’appui à la réalisation de ces objectifs sera assuré aux acteurs
nationaux de manière intégrée par le BINUH et l’équipe de pays, en tenant compte de
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leurs capacités et de leurs avantages comparatifs distincts, à savoir le rôle d’ordre
politique et de conseil de la mission et le rôle de programmation des organismes,
fonds et programmes.
VI. Réduction des effectifs et fermeture de la Mission
54. Conformément aux résolutions 2410 (2018) et 2466 (2019) du Conseil de
sécurité, la MINUJUSTH a continué de réduire progressivement sa présence avant sa
fermeture, le 15 octobre. Les sept unités de police constituées ont été rapatriées, à
l’exception du détachement arrière de la dernière unité, qui a cessé ses activités le
9 septembre. Sur l’effectif autorisé de 295 policiers (hors unités constituées),
10 restent dans la zone de la Mission comme équipe de transition du BINUH pour les
questions de police et de services pénitentiaires.
55. La Mission a planifié la réduction progressive de ses effectifs civils autour de
quatre dates, à savoir le 30 juin, le 31 août, le 15 septembre et le 15 octobre. Une
petite équipe de liquidation a été constituée pour mener à bien les tâches restantes
avant la fin de la période de liquidation, le 31 décembre 2019. La Mission a cherché
à garantir le placement des membres du personnel. Pour le personnel recruté sur le
plan national, deux salons de l’emploi ont été tenus avec l’équipe de pays des Nations
Unies, la communauté diplomatique et le secteur privé, ce qui a abouti à un certain
nombre d’offres. Pour le personnel recruté sur le plan international, la Mission, avec
l’appui du Siège, a réussi à assurer le transfert de nombre de fonctionnaires à d’autres
opérations de paix, et les efforts se poursuivent. En grande partie du fait de ces
mesures, la réduction des effectifs s’est déroulée sans heurt ni incident majeur.
56. La MINUJUSTH a progressivement fermé ou transféré les 25 sites qu’elle gérait
dans tout le pays. À la date de la publication du présent rapport, elle demeure
responsable de la base logistique de Port-au-Prince. Au cours de la période
considérée, sept locaux partagés avec la police des Nations Unies ont été fermés et
transférés à la police nationale. Des mesures d’atténuation ont été mises en œuvre
pour prévenir l’apparition de problèmes de sécurité dans les zones où se trouvaient
ces locaux. Les camps d’unité de police constituée de Miragoâne et des Gonaïves ont
été fermés et transférés aux autorités le 31 août et le 30 septembre, respectivement.
57. Au 28 août, la comptabilisation en pertes avait été engagée pour 47 % des biens
et équipements de la MINUJUSTH. Conformément au Règlement financier et règles
de gestion financière de l’Organisation des Nations Unies, certains actifs ont été
transférés au Siège de l’ONU, à la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud, au
Bureau d’appui des Nations Unies en Somalie et à la Mission de vérification des
Nations Unies en Colombie, et d’autres actifs seront transférés au Centre de services
mondial et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la
stabilisation au Mali, en octobre. D’autres matériels ou biens dont l’Organisation des
Nations Unies n’a plus besoin, ou qui ne peuvent pas faire l’objet d’un transfert, sont
en train d’être mis sur le marché pour être vendus.
58. Les équipes d’archivage se sont débarrassées de façon sécurisée de plus de 4 000
boîtes de documents obsolètes de la MINUSTAH et de la MINUJUSTH. Les
documents de la MINUJUSTH et les dossiers résiduels de la MINUSTAH qui doivent
être transférés au Siège sont en cours de préparation pour l’expédition conformément
aux normes relatives aux archives et à la gestion des dossiers. En coordination avec
le Bureau de l’informatique et des communications, les contenus numériques de la
MINUJUSTH seront transférés pour que le BINUH puisse y avoir accès.
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VII. Déontologie et discipline
59. La MINUJUSTH a poursuivi ses activités de prévention, notamment de
formation, d’information et de sensibilisation, visant à faire connaître à tous les
normes de conduite des Nations Unies, en particulier la politique de tolérance zéro à
l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles. La Mission a également maintenu
la communication avec les victimes d’actes d’exploitation ou d’atteintes sexuelles
ayant impliqué par le passé des membres du personnel des Nations Unies, dont
certaines ont toujours en instance des réclamations de paternité et de pension
alimentaire, et a fourni une assistance à ces personnes.
60. Le maintien de l’aide aux victimes et le règlement des demandes de
reconnaissance de paternité et de pension alimentaire en instance resteront une
priorité pour l’Organisation des Nations Unies en Haïti. L’élaboration d’un plan du
BINUH axé sur les victimes, sous la conduite d’un défenseur ou une défenseuse des
droits des victimes, tel qu’envisagé dans la résolution 2476 (2019), est essentielle
pour faire en sorte que les victimes et les enfants nés d’actes d’exploitation ou
d’atteintes sexuelles soient convenablement pris en charge et bénéficient d’une aide
appropriée, conformément à la Stratégie globale d’aide et de soutien aux victimes
d’actes d’exploitation ou d’agression sexuelles commis par des membres du personnel
des Nations Unies ou du personnel apparenté (résolution 62/214 de l’Assemblée
générale, annexe).
VIII. Questions financières
61. L’Assemblée générale, par sa résolution 73/317 et sa décision 73/555 du 3 juillet
2019, a autorisé le Secrétaire général à engager pour le fonctionnement de la
MINUJUSTH des dépenses d’un montant maximum brut de 49,5 millions de dollars
pour la période allant du 1
er
juillet au 31 décembre 2019.
62. Le remboursement des dépenses relatives à la police et de celles afférentes au
matériel appartenant aux contingents a été effectué pour la période allant jusqu’au
31 décembre 2018.
IX. Observations
63. La cessation imminente des activités de la MINUJUSTH et le départ de son
personnel marqueront la première fois depuis 2004 que Haïti n’aura pas de présence
d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies sur son sol. Au cours des
15 dernières années, les femmes et les hommes de la MINUSTAH et de la
MINUJUSTH se sont employés, en étroite collaboration avec les autorités nationales,
la société civile, les partenaires nationaux et internationaux et le reste du système des
Nations Unies, à contribuer à consolider les gains politiques et la stabilité, et à
développer et professionnaliser la police nationale, afin de créer les conditions
propices au développement du pays. Appuyé par l’initiative Action pour le maintien
de la paix et des réformes en cours à l’Organisation dans les domaines de la paix, de
la sécurité et du développement, le passage à une présence des Nations Unies en Haïti
autre qu’une opération de maintien de la paix se produit grâce à une coopération très
étroite entre le Département des opérations de paix, le Département des affaires
politiques et de la consolidation de la paix et les organismes, fonds et programmes
des Nations Unies.
64. Alors que l’ONU s’apprête à lancer un nouveau partenariat avec Haïti, ce pays
se trouve à un moment délicat de son histoire. La longue crise multidimensionnelle
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avec laquelle il est aux prises depuis juillet 2018 ne semble guère en passe d’être
désamorcée ou résolue. Le caractère de plus en plus tendu et violent du contexte
politique en Haïti a entraîné une quasi-paralysie de la plupart des institutions de
l’État, y compris du Parlement. Le déclin constant de son économie, exacerbé par les
activités de groupes criminels opérant en des points stratégiques entre les ports et les
terres agricoles et les centres urbains, a contribué à un accroissement général de
l’insécurité alimentaire et à une nette détérioration des conditions de vie d’une
proportion toujours croissante de la population.
65. La nécessité de mener un dialogue interhaïtien largement représentatif et ouvert
à tous pour lever les blocages politiques, relancer l’économie et revoir les termes du
contrat social à Haïti n’a jamais été aussi aiguë. J’exhorte tous les acteurs à mettre de
côté leurs divergences et leurs intérêts particuliers et à œuvrer de concert pour sortir
le pays de cette situation de plus en plus inquiétante, car c’est seulement alors
qu’Haïti pourra reprendre sa marche vers le développement durable et la réalisation
des objectifs du Programme 2030. La mise en œuvre et la conduite de ce processus
nécessiteront probablement un certain degré d’assistance extérieure, à laquelle
l’Organisation des Nations Unies, par l’intermédiaire de mon représentant spécial, est
prête à contribuer. Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, l’équipe de pays des
Nations Unies et d’autres partenaires internationaux sont prêts à appuyer diverses
initiatives de réforme politique et économique qui pourraient découler d’un tel
dialogue.
66. L’impunité continue de freiner les progrès vers l’amélioration de la gouvernance
et de la responsabilité effective. Malgré les enquêtes menées par les autorités de
police et les autorités judiciaires, 11 mois après les actes de violence indicibles
commis dans le quartier de La Saline, à l’issue desquels on a déploré au moins
26 morts, la disparition présumée de 12 personnes et un certain nombre de cas de viol
collectif, il n’y a guère eu de progrès pour que justice soit rendue aux victimes.
Aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre les policiers et les agents de l’État
qui auraient été complices de la violence. Je déplore qu’aucune action en justice n’ait
été engagée en ce qui concerne les assassinats de Grand Ravine et d’autres violations
graves commises au cours des deux dernières années.
67. Le sentiment général d’impunité, que ce soit en matière de corruption ou de
violations des droits de l’homme, perpétue un manque de confiance dans les
institutions judiciaires et les autorités de l’État, ce qui renforce un sentiment général
d’insécurité. Les scènes de violence et les allégations de corruption qui ont touché le
Parlement au cours des derniers mois, alors que les acteurs politiques s’efforçaient
d’obtenir la confirmation non pas d’un mais de deux gouvernements, sont
regrettables. Les résultats en matière de lutte contre la corruption continuent
d’accuser du retard. Les procédures judiciaires concernant les affaires de
détournement en cours n’ont guère donné lieu à des poursuites. Il est temps que le
débat sur la corruption et la réforme se traduise en mesures concrètes pour lutter
contre les injustices qui érodent les institutions haïtiennes et nuisent à l’image du pays
aux plans national et international.
68. S’attaquer à la question de l’impunité, par la continuation de la réforme de
l’appareil judiciaire, le déracinement de la corruption et la poursuite sans faille des
auteurs de violations des droits de l’homme, sera de la plus haute importance pour
rétablir la confiance des citoyens haïtiens dans leurs élites politiques et économiques
et les persuader de s’engager à nouveau, par des moyens démocratiques et pacifiques,
dans la construction de leur avenir collectif. J’engage le Gouvernement à adopter un
plan de marche pour les réformes de la justice et de l’état de droit afin de définir les
priorités nationales et d’assurer un développement durable à long terme du secteur.
J’engage également le pouvoir exécutif et le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire
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à veiller à ce que soient strictement respectées les conditions légales régissant le
contrôle de l’intégrité et des qualifications des juges, et à permettre ainsi de nommer
et de confirmer un plus grand nombre de magistrats qualifiés qui fournissent à la
population des services de justice efficaces. En outre, le BINUH, l’équipe de pays des
Nations Unies et les partenaires internationaux devront continuer de fournir un appui
technique et financier aux activités menées par les bureaux d’aide juridique, ainsi
qu’à la mise en œuvre du Programme d’aide juridique fourni par l’État.
69. Les autorités nationales ayant pleinement assumé l’entière responsabilité de la
sécurité dans tout le pays, et la Police nationale d’Haïti comptant désormais
exclusivement sur ses propres capacités pour mener ses opérations, il est
indispensable que celle-ci soit dotée de ressources suffisantes et soit bien équipée
pour s’acquitter de son mandat. Même si le BINUH continuera d’appuyer le
développement de ses capacités techniques, la tâche de la Police nationale d’Haïti
sera ardue si elle ne dispose pas de moyens spécialisés adéquats tels que des véhicules
blindés et des moyens aériens et capacités de reconnaissance aérienne. Il est
primordial que les investissements réalisés par un si grand nombre de partenaires
internationaux pour développer cette force ne soient pas gaspillés afin qu’elle puisse
continuer de se développer comme une force professionnelle, apolitique et
exemplaire.
70. Alors que les travaux de la nouvelle présence des Nations Unies en Haïti sont
sur le point de commencer, j’exprime au peuple haïtien mon engagement constant
pour un engagement efficace, réel et conséquent du système des Nations Unies sur le
terrain. Cela exige l’intégration du rôle politique et des capacités de conseil du
BINUH avec les capacités de programmation et d’assistance technique de l’équipe de
pays, le tout au service d’un objectif prioritaire commun qui touche les différents
piliers Paix et sécurité, Droits de l’homme et Développement. Ces capacités,
parallèlement avec l’appropriation nationale intégrale et l’application du principe de
la responsabilité, appuieront la vision du pays pour assurer la stabilité et la prospérité.
71. Pour conclure, je tiens à exprimer mes sincères remerciements à ma
représentante spéciale pour Haïti, Helen La Lime, aux femmes et aux hommes de la
MINUJUSTH et à l’équipe de pays des Nations Unies pour leur dévouement et le
travail qu’ils effectuent inlassablement afin de concourir à la stabilisation d’Haïti et
de soutenir le pays sur la voie du développement durable. Je tiens également à
remercier les États Membres qui, au cours des 15 dernières années, ont fourni des
militaires, des policiers et du personnel civil aux deux missions de maintien de la paix
déployées dans le pays.
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Annexe I
Objectifs, indicateurs, cibles et situation initiale
\ Définition Symbole Définition
En bonne voie pour que la cible soit atteinte
en temps voulu (15 indicateurs, 33 %)
L’atteinte de la cible est problématique,
avec tendance défavorable (0 indicateurs,
0 %)
L’atteinte de la cible est problématique, avec
tendance favorable (13 indicateurs, 28 %)
Aucun progrès/n’est pas en bonne voie pour
que la cible soit atteinte en temps voulu
(17 indicateurs, 37 %)
L’atteinte de la cible est problématique, avec
tendance stagnante (0 indicateurs, 0 %)
Aucune mise à jour n’était attendue au cours
de la période considérée quant aux progrès
accomplis (1 indicateur, 2 %)
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
1. Les pouvoirs
exécutif et législatif
ont promulgué des
textes qui améliorent
l’accès à la justice,
renforcent la police
nationale et
s’attaquent à la
question de la
détention provisoire
prolongée, qui est une
cause de
surpopulation
carcérale ; tous les
secteurs ont
commencé à appliquer
ces nouveaux textes,
notamment grâce à
des allocations
budgétaires viables
1.1 Existence du
nouveau Code pénal
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Avril
2019
3 – Promulgation
du nouveau Code
pénal
1 – Aucune session
parlementaire
consacrée aux
discussions sur le
Code en raison de la
situation politique
actuelle
1.2 Existence du
Code de procédure
pénale
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Avril
2019
3 – Promulgation
du Code de
procédure pénale
1 – Aucune session
parlementaire
consacrée aux
discussions sur le
Code en raison de la
situation politique
actuelle
1.3 Existence de la
loi sur l’assistance
légale
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Avril
2019
3 – Promulgation
de la loi sur
l’assistance légale
3 – Cible déjà atteinte
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Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
1.4 Existence de la
loi organique sur la
Police nationale
d’Haïti, qui fait de la
direction de
l’administration
pénitentiaire une
direction centrale
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Avril
2019
3 – Promulgation
de la loi organique
sur la police
nationale
1 – Projet de loi
organique remis au
Ministère de la justice
et de la sécurité
publique mais blocage
des progrès sur la
question de son
adoption en raison de
la situation politique
actuelle
1.5 Existence de la
loi pénitentiaire
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Avril
2019
3 – Promulgation
de la loi
pénitentiaire
1 – Projet de loi
pénitentiaire remis au
Ministère de la justice
et de la sécurité
publique mais blocage
des progrès sur la
question de son
adoption en raison de
la situation politique
actuelle
1.6 Définition, par
les institutions
concernées, des
conditions
nécessaires à
l’application des
nouvelles lois,
allocations
budgétaires
comprises (loi par
loi)
Octobre
2019
Définition des
conditions de mise
en œuvre des
nouvelles lois,
allocations
budgétaires
comprises
Définition des
conditions de mise en
œuvre :
a) Du Code
pénal : pas encore
adopté
b) Du Code de
procédure pénale : pas
encore adopté ;
c) De la loi sur
l’assistance légale : le
Ministère de la justice
et de la sécurité
publique a recruté un
consultant qu’il a
chargé d’élaborer un
plan stratégique
d’exécution du
programme public
d’assistance légale en
application de la loi
y relative. La création
effective du système
est toutefois
S/2019/805
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Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
suspendue à
l’approbation, par le
Parlement, de la
proposition de
gouvernement.
d) De la loi
organique sur la
police nationale : pas
encore adoptée
e) De la loi
pénitentiaire : pas
encore adoptée
1.7 Nombre de
nouveaux dossiers
traités en temps réel
par les procureurs
dans le ressort de
Port-au-Prince
Octobre
2019
800 nouveaux
dossiers traités en
temps réel par les
procureurs dans le
ressort de Port au-
Prince
Octobre 2017-août
2019 : 1 382
nouveaux dossiers
traités en temps réel
par les procureurs
dans le ressort de
Port-au-Prince
1.8 Proportion de
prévenus en
détention provisoire
pour une période de
plus de deux ans à la
prison civile de
Port-au-Prince
Octobre
2019
50,4 % des
prévenus en
détention
provisoire à la
prison civile de
Port-au-Prince
Au 31 juillet 2019 :
63,7 % (2 078 détenus
sur 3 261)
1.9 Nombre
d’affaires closes par
les juges
d’instruction dans le
ressort de Port-au-
Prince
Octobre
2019
750 ordonnances
rendues
Octobre 2017-août
2019 : 771
ordonnances rendues
1.10 Nombre
d’affaires pénales
jugées par le
tribunal de première
instance de Port-au-
Prince
Octobre
2019
800 affaires
pénales jugées par
le tribunal de
première instance
de Port-au-Prince
Octobre 2017-août
2019 : le tribunal de
première instance de
Port-au-Prince a jugé
611 affaires pénales
2. Les autorités
haïtiennes pourvoient
en temps voulu les
postes vacants dans le
secteur de la justice,
notamment au sein du
Conseil supérieur du
pouvoir judiciaire, de
la Cour de cassation
et de la Cour
supérieure des
2.1 Existence du
rapport annuel du
Conseil supérieur du
pouvoir judiciaire,
faisant état : des
effectifs du
personnel judiciaire
ventilés par sexe ;
des résultats des
inspections
judiciaires ; du
Avril
2019
Parution du rapport
annuel du Conseil
supérieur du
pouvoir judiciaire,
faisant état : des
effectifs du
personnel
judiciaire ventilés
par sexe ; des
résultats des
inspections
Le Conseil supérieur
du pouvoir judiciaire
a nommé un
consultant qu’il a
notamment chargé :
a) de poser un
diagnostic interne des
freins à
l’établissement des
rapports annuels,
assorti de
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Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
comptes et du
contentieux
administratif, en
respectant l’équilibre
entre les sexes et en
se fondant sur le
mérite
nombre de juges
certifiés ; de la mise
en œuvre du
processus
d’évaluation des
juges
judiciaires ; du
nombre de juges
certifiés ; de la
mise en œuvre du
processus
d’évaluation des
juges
recommandations
claires sur la
conception d’une
solution qui réglerait
définitivement le
problème et
b) d’établir un modèle
standard qui
faciliterait
l’établissement des
rapports annuels
2.2 Nombre de
sièges pourvus au
Conseil supérieur du
pouvoir judiciaire, à
la Cour de cassation
et à la Cour
supérieure des
comptes et du
contentieux
administratif,
ventilés par sexe
Avril
2019
Conseil supérieur
du pouvoir
judiciaire : 9 sur 9
(dont 3 femmes)
Cour de cassation :
12 sur 12 (dont
4 femmes)
Cour supérieure
des comptes et du
contentieux
administratif : 9 sur
9 (dont 3 femmes)
Aucun changement
depuis le précédent
rapport
3. La Direction de
l’administration
pénitentiaire
accomplit des tâches
de gestion
essentielles : elle
fournit des services de
base à tous les
détenus et veille à ce
que leurs droits soient
respectés
3.1 Nombre de
décès pour 1 000
prisonniers
Octobre
2019
Taux inférieur ou
égal à 10 décès
pour 1 000
prisonniers
Du 17 octobre 2017
au 18 septembre
2019 : 10,44 pour
1 000 détenus (218
décès enregistrés) Le
nombre de décès
enregistrés a très
fortement baissé au
cours des derniers
mois. Cette
diminution résulte en
partie de
l’amélioration des
services de santé,
mais pourrait tenir
également aux
changements apportés
à la méthode de
collecte des données.
3.2 Nombre de
prisons (pour
hommes et pour
femmes) offrant des
services de santé aux
détenus
Octobre
2019
Services de santé
adéquats pour les
détenus de 9 des
18 prisons et des
4 plus grands
centres de
détention de la
police nationale
Sept des 18 prisons du
pays offrent des
services de santé à
leurs détenus
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Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
3.3 Nombre
d’agents de la
Direction de
l’administration
pénitentiaire
recrutés selon une
procédure
spécifique, ventilé
par sexe, sur les
941 nouveaux agents
dont la Direction a
besoin d’ici à 2021
Octobre
2019
Recrutement de
300 agents de la
Direction de
l’administration
pénitentiaire, dont
30 % de femmes,
sur les
941 nouveaux
agents dont la
Direction a besoin
d’ici à 2021
Aucun changement
depuis le précédent
rapport. Depuis le
1
er
janvier 2018,
148 élèves, dont
22 femmes, ont été
recrutés, formés et
affectés à la Direction
de l’administration
pénitentiaire. Celle-ci
compte maintenant
1 207 agents, dont
159 femmes.
L’analyse des besoins
en matière de
recrutement tenant
compte de la
problématique
femmes-hommes
conçue par la
Direction de
l’administration
pénitentiaire et
approuvée par le
Directeur de la Police
nationale d’Haïti est
en attente
d’exécution.
3.4 Nombre de
prisons ayant obtenu
de la Direction de
l’administration
pénitentiaire un
certificat attestant
qu’elles peuvent
fonctionner sans
l’aide à plein temps
d’acteurs
internationaux
(MINUJUSTH ou
autres)
Octobre
2019
Certification de
9 prisons sur 18
Au terme du troisième
et dernier cycle
d’évaluation des
prisons, organisé du
19 juillet au 2 août,
quatre établissements
du système
pénitentiaire haïtien
obtiendront un
certificat de
conformité aux
normes
internationales : le
Centre de rééducation
des mineurs en conflit
avec la loi, la prison
pour femmes de
Cabaret et les prisons
de Croix-des-
Bouquets et Fort
Liberté II.
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Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
4. Grâce à l’adoption
des mesures
prioritaires définies
dans son Plan
stratégique de
développement 2017-
2021, la police
nationale intervient en
cas de troubles à
l’ordre public et gère
les menaces qui
pèsent sur la sécurité
dans l’ensemble du
pays, en faisant
preuve d’un degré
élevé de
professionnalisme et
en tenant compte des
droits de la personne
et de la problématique
femmes-hommes,
sans avoir besoin de
l’appui de la
communauté
internationale
4.1 Taux
d’exécution du Plan
stratégique de
développement
2017-2021 de la
police nationale
Octobre
2019
43 % (57 sur
133 priorités du
Plan stratégique de
développement)
Le taux d’exécution
global est estimé à
34,5 %.
4.2 Nombre de
policiers pour 1 000
habitants
Octobre
2019
1,45 1,33
4.3 Pourcentage de
femmes dans la
police
Octobre
2019
11 % 10,5 % (1 611 femmes
sur 15 404 agents de
police)
4.4 Pourcentage
des effectifs de la
police nationale en
déploiement statique
en dehors de
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince
Octobre
2019
40 % 37,92 %
4.5 Parmi les
13 unités
spécialisées dans le
maintien de l’ordre
(12 unités
départementales de
maintien de l’ordre
et 1 compagnie
d’intervention et de
maintien de l’ordre),
nombre d’unités
capables de faire
face aux menaces
pesant sur la sécurité
sans l’appui de la
MINUJUSTH
Octobre
2019
Les 13 unités sont
toutes capables de
faire face aux
menaces pesant sur
la sécurité sans
l’appui de la
MINUJUSTH
Les 13 unités
fonctionnent sans
l’appui de la
MINUJUSTH, même
si certaines font face à
des difficultés
logistiques ou à un
manque de personnel.
4.6 Pourcentage
d’opérations de
maintien de l’ordre
ou de sécurité
planifiées et
exécutées par la
police nationale sans
l’appui de la
MINUJUSTH
Octobre
2019
100 % des
opérations menées
sans l’appui de la
MINUJUSTH
Pendant la période
allant du 1
er
mars au
15 septembre 2019,
339 opérations (265
opérations de
maintien de l’ordre et
74 opérations contre
des bandes
criminelles) ont été
menées, dont
237 opérations de
maintien de l’ordre et
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25/38 19-16958
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
63 opérations contre
des bandes
criminelles (88,5 %)
sans l’appui de la
MINUJUSTH.
4.7 Part du budget
national affectée à la
police nationale
Octobre
2019
Affectation de
8,0 % du budget
national à la police
nationale
Actuellement, 6,6 %
du budget national est
affecté à la police
nationale, ce qui
correspond à la
tendance observée au
cours des cinq
dernières années. La
situation politique
actuelle n’a pas
permis d’adopter un
nouveau budget.
5. Dans les secteurs
de la justice, de
l’administration
pénitentiaire et de la
police, les
mécanismes internes
de contrôle et de
responsabilisation, qui
ont été consolidés, ne
laissent pas sans suite
les pratiques
répréhensibles,
favorisent l’efficacité
et assurent le respect
des droits de la
personne
5.1 Nombre de
tribunaux de
première instance
inspectés (sur 18)
Nombre de cours
d’appel inspectées
(sur 5)
Avril
2019
Inspection par le
Ministère de la
justice et de la
sécurité publique
des 18 tribunaux de
première instance
et des 5 cours
d’appel
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
5.2 Pourcentage
d’allégations de
violation des droits
de la personne visant
des agents de l’État
(agents de la police
nationale ou
fonctionnaires de la
direction de
l’administration
pénitentiaire) ayant
donné lieu à une
enquête de
l’Inspection générale
de la police
nationale
Avril
2019
Enquêtes de
l’Inspection
générale de la
police nationale sur
80 % des
allégations
1
er
janvier 2018-
31 août 2019 : 87 %
des allégations visant
des agents de la police
nationale, y compris
des agents de la
direction de
l’administration
pénitentiaire, ont
donné lieu à une
enquête (299 enquêtes
sur 344 allégations
reçues). L’absence de
données ventilées sur
le nombre
d’allégations de
violation des droits de
la personne continue
de poser problème.
5.3 Pourcentage de
cas confirmés de
faute commise par
un agent de la police
nationale ou de la
Direction de
Avril
2019
Sanctions
appliquées dans
60 % des cas ayant
fait l’objet d’une
enquête
1
er
janvier 2018-
15 septembre 2019 :
26 % des allégations
de faute visant des
agents de la police
nationale, y compris
S/2019/805
19-16958 26/38
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
l’administration
pénitentiaire et ayant
donné lieu à
l’application de
mesures
disciplinaires par la
police nationale
des agents de la
direction de
l’administration
pénitentiaire, ont
donné lieu à des
sanctions (163 cas sur
622 allégations)
5.4 Pourcentage de
cas confirmés de
crime ou de
violation des droits
de la personne
commis par un agent
de la police
nationale ou de la
direction de
l’administration
pénitentiaire et ayant
donné lieu à des
poursuites
judiciaires
Avril
2019
Poursuites
judiciaires dans
tous les cas
confirmés de crime
ou de violation des
droits de la
personne commis
par un agent de la
police nationale
1
er
janvier 2018-
31 août 2019 : 15,7 %
des cas de violation
présumée des droits
de la personne par un
agent de la police
nationale ont donné
lieu à des poursuites
(47 policiers
poursuivis sur 299
cas)
5.5 Pourcentage de
fonctionnaires de
l’Inspection générale
de la police
nationale déployés
en dehors de
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince, ventilé par
sexe
Avril
2019
Déploiement en
dehors de
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince de 30 % des
340 agents dont il
est prévu de doter
l’Inspection
générale de la
police nationale
Au 15 septembre
2019, aucun des
175 agents (dont
18 femmes) affectés à
l’Inspection générale
de la police nationale
n’était en poste en
dehors de
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince
6. Les Haïtiennes et
les Haïtiens, en
particulier celles et
ceux issus des
communautés les plus
vulnérables et les plus
marginalisées,
manifestent une
confiance accrue dans
la capacité et la
volonté du système
judiciaire de lutter
contre la criminalité
et dans celles de la
police nationale
d’assurer la sécurité
6.1 Proportion de
la population se
déclarant satisfaite
de la lutte menée par
la police nationale
contre la criminalité
Avril
2019
88 % Une procédure a été
lancée en vue du
recrutement d’un
consultant qui sera
chargé d’organiser des
séances de formation
aux enquêtes
d’opinion sur la
qualité des services
fournis par la police à
la population.
6.2 Nombre de
jeunes vulnérables et
de femmes
bénéficiant de
programmes de
réinsertion menés
dans le cadre de la
Avril
2019
Coopération de 500
jeunes vulnérables
et femmes avec les
services de police
de proximité de la
police nationale et
les services de
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
Coopération de 7 216
jeunes vulnérables,
dont 3 877 jeunes
femmes, avec la
S/2019/805
27/38 19-16958
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
lutte contre la
violence de
proximité qui se
montrent désireux de
coopérer avec les
projets de police de
proximité de la
police nationale et
les forces de l’ordre
maintien de l’ordre
(par an)
police de proximité et
les autorités de
maintien de l’ordre
entre le 15 mai et le
15 septembre 2019.
6.3 Nombre de
victimes d’homicide
volontaire pour
100 000 habitants,
ventilé par sexe et
par âge
Avril
2019
Taux d’homicide
volontaire inférieur
ou égal à 9,3,
ventilé par sexe et
par âge
1
er
janvier-
15 septembre 2019 :
taux d’homicide
estimé à 8,25 pour
100 000 habitants
[717 victimes
d’homicides
volontaires :
674 hommes (dont
4 mineurs) et
43 femmes (dont
2 mineures)]. On a
dénombré en
moyenne 22 victimes
d’homicide par
semaine pendant les
30 premières
semaines de l’année.
En août et en
septembre, ce nombre
a chuté à 8 victimes
par semaine, ce qui
rompt avec les
tendances observées
sur les années
précédentes. Cette
diminution pourrait
aussi tenir à la
méthode de collecte
des données utilisée
par la police. Si la
tendance observée
pendant les six
premiers mois de
l’année s’était
maintenue, le taux
d’homicide aurait été
supérieur à 9 pour
100 000 habitants.
S/2019/805
19-16958 28/38
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
6.4 Nombre
d’enlèvements
signalés dans
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince
Avril
2019
Nombre
d’enlèvements
signalés dans
l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince inférieur ou
égal à 50
1
er
janvier-
15 septembre 2019 :
34 enlèvements visant
50 personnes
(36 hommes et
14 femmes) Sur les
34 enlèvements,
19 ont été signalés
dans l’agglomération
urbaine de Port-au-
Prince.
6.5 Nombre de
problèmes liés aux
gangs dans les zones
sensibles de Cité
Soleil, Bel-Air et
Martissant
Avril
2019
Nombre de
problèmes liés aux
gangs inférieur ou
égal à 18 dans les
zones sensibles de
Cité Soleil, Bel-Air
et Martissant
1
er
janvier-
15 septembre 2019 :
50 problèmes liés aux
gangs
6.6 Nombre de cas
de violence sexuelle
et de violence
fondée sur le genre
ayant fait l’objet
d’une enquête de la
police nationale,
compte tenu du
renforcement de ses
effectifs
Avril
2019
Enquêtes sur au
moins 275 cas de
violence sexuelle
ou de violence
fondée sur le genre
1
er
janvier-
16 septembre 2019 :
190 cas, concernant
en tout 194 victimes
(19 hommes, dont
10 mineurs, et
175 femmes, dont
79 mineures), ont été
signalés et ont fait
l’objet d’une enquête.
7. L’Office national
de la protection du
citoyen fonctionne de
manière indépendante
et protège les citoyens
dont les droits ont été
violés
7.1 Degré de
conformité de
l’Office de la
protection du
citoyen par rapport
aux normes
internationales sur
l’action des
institutions
nationales de
défense des droits de
la personne et
capacité structurelle
de fonctionner de
manière efficace et
indépendante,
conformément aux
Principes de Paris
Octobre
2019
Niveau « A » selon
les Principes de
Paris
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
S/2019/805
29/38 19-16958
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
7.2 Nombre de
recommandations de
l’Office de la
protection du
citoyen mises en
œuvre par les
institutions
nationales garantes
de l’état de droit
Avril
2019
Mise en œuvre par
les institutions
nationales garantes
de l’état de droit de
3 recommandations
de l’Office
Une recommandation
a été mise en œuvre
en juillet 2019 par le
Conseil supérieur du
pouvoir judiciaire. Le
Conseil a mené une
enquête et suspendu
de ses fonctions un
juge qui avait ordonné
la libération d’un
pasteur soupçonné de
viol sur mineur après
que l’Office de
Protection du Citoyen
a vivement condamné
la décision du juge,
émis des soupçons
quant à d’éventuels
faits de corruption du
corps judiciaire et
demandé l’ouverture
d’une enquête.
En tout, deux
recommandations de
l’Office de la
protection du citoyen
ont été mises en
œuvre par les
institutions nationales
garantes de l’état de
droit pendant le
mandat de deux ans
de la MINUJUSTH.
8. Les organisations
de la société civile,
notamment celles qui
représentent les
femmes, mènent des
activités de
sensibilisation auprès
des autorités
haïtiennes afin de
promouvoir et de
protéger les droits de
la personne et sont
habilitées à porter les
allégations de
violation des droits de
la personne à
l’attention des
autorités judiciaires
8.1 Nombre de
rapports parallèles
établis par des
organisations de la
société civile et
présentés aux
mécanismes
internationaux de
défense des droits de
la personne
Avril
2019
Établissement de
deux rapports par
des organisations
de la société civile
et présentation aux
mécanismes
internationaux de
défense des droits
de la personne
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
8.2 Nombre de cas
de violation des
droits de la personne
signalés par les
organisations locales
de la société civile
exerçant une
Avril
2019
Établissement de
10 rapports par les
organisations
locales de la
société civile
exerçant une
surveillance en
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
S/2019/805
19-16958 30/38
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
ou administratives
compétentes
surveillance en la
matière
matière de
violation des droits
de la personne
9. Les autorités
nationales satisfont
aux obligations
internationales qui
leur incombent en
matière de droits de la
personne : elles
amènent notamment
les auteurs de
violations de ces
droits à répondre de
leurs actes et font
rapport aux organes
conventionnels
compétents
9.1 Existence d’un
plan d’action
national en faveur
des droits de la
personne
Octobre
2019
Établissement d’un
plan d’action
national visant à
mettre en œuvre les
recommandations
formulées par les
mécanismes de
défense des droits
de la personne, en
particulier dans le
cadre de l’Examen
périodique
universel (EPU) du
Conseil des droits
de l’homme
En juillet, l’expert
national qui avait été
recruté en tant que
consultant en
décembre 2018 a
achevé la première
version du plan
d’action national
relatif aux droits de la
personne. Celui-ci
sera examiné
conjointement avec
les représentants des
institutions publiques
et des organisations
de la société civile. Sa
version finale sera
ensuite approuvée par
le Comité
interministériel des
droits de la personne
(CIDP) et, dans un
deuxième temps, par
le prochain
Gouvernement, ce qui
risque d’entraîner de
nouveaux retards,
compte tenu des
difficultés que
présente la formation
de celui-ci.
9.2 Nombre de
recommandations
formulées par les
mécanismes de
défense des droits de
la personne et
acceptées par les
autorités haïtiennes
Avril
2019
Acceptation par les
autorités haïtiennes
de
3 recommandations
formulées par les
mécanismes de
défense des droits
de la personne
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
9.3 Nombre de
rapports établis et
présentés par les
autorités haïtiennes
aux mécanismes
internationaux de
défense des droits de
la personne
Avril
2019
Établissement et
présentation par les
autorités haïtiennes
de 2 rapports aux
mécanismes
internationaux de
défense des droits
de la personne
Cible atteinte au cours
de la période
précédente Pendant la
période considérée, le
Comité
interministériel des
droits de la personne a
achevé le rapport à
S/2019/805
31/38 19-16958
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
mi-parcours qu’Haïti
présentera dans le
cadre de l’Examen
périodique universel.
Ce rapport comprend
des informations
détaillées sur les
progrès accomplis
dans la mise en œuvre
des recommandations
acceptées par Haïti en
2016 à l’issue du
deuxième cycle de
l’Examen. Il a été
distribué lors d’un
atelier tenu le
30 juillet, auquel ont
participé
47 personnes, dont
15 femmes, venues
représenter les
ministères, les
institutions publiques
et les organisations de
la société civile. Au
total, les autorités
haïtiennes ont établi
et présenté 3 rapports
aux mécanismes
internationaux de
défense des droits de
la personne pendant le
mandat de deux ans
de la MINUJUSTH.
9.4 Nomination par
le Gouvernement
haïtien d’un
coordonnateur des
droits de la personne
de haut niveau au
sein du pouvoir
exécutif
Avril
2019
Nomination par le
Gouvernement
haïtien d’un
coordonnateur des
droits de la
personne de haut
niveau au sein du
pouvoir exécutif
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
10. Les institutions
garantes de l’état de
droit et chargées de la
lutte contre la
corruption font preuve
d’une capacité accrue
de lutter contre la
corruption
10.1 Parution du
rapport annuel de la
Cour supérieure des
comptes et du
contentieux
administratif sur les
dépenses publiques
Avril
2019
Parution du rapport
annuel de la Cour
supérieure des
comptes et du
contentieux
administratif sur
les dépenses
publiques
Cible atteinte au cours
de la période
précédente
S/2019/805
19-16958 32/38
Objectif Indicateur Échéance Cible
Situation au 15 septembre
(sauf indication contraire) Tendance
11. Le Conseil
électoral permanent
est créé dans le cadre
d’un processus
crédible et
transparent, et exerce
ses fonctions
électorales de manière
indépendante et
transparente, sans
avoir besoin de
l’appui de la
communauté
internationale
11.1 Désignation
par chacun des trois
pouvoirs de l’État de
trois membres du
Conseil en vue de
faire de ce dernier
un organe
opérationnel et
indépendant
Octobre
2019
Désignation des
9 membres et
établissement,
entrée en service et
fonctionnement
indépendant du
Conseil
Aucun progrès n’a été
enregistré au cours de
la période considérée
en raison de la
situation politique
actuelle
11.2 Mise à jour des
listes électorales en
prévision du
prochain cycle
électoral
Octobre
2019
Mise à jour des
listes électorales
Aucun progrès n’a été
enregistré au cours de
la période considérée
en raison de la
situation politique
actuelle
11.3 Existence de la
loi électorale en
prévision du
prochain cycle
électoral
(1 – Élaboration du
projet de loi ;
2 – Approbation du
projet de loi par les
deux chambres ;
3 – Promulgation de
la loi par le
Président)
Octobre
2019
3 – Promulgation
de la loi électorale
Aucun progrès n’a été
enregistré au cours de
la période considérée
en raison de la
situation politique
actuelle
S/2019/805
33/38 19-16958
Annexe II
Objectifs stratégiques à atteindre en Haïti, définis
en application de la résolution 2476 (2019)
Objectif 1 : les acteurs nationaux de la vie politique et socioéconomique,
y compris la société civile, sont engagés dans un processus de coopération sans
exclusive et de recherche du consensus aboutissant à l’amélioration du
fonctionnement des institutions publiques et de la gouvernance.
Référence : objectifs de développement durable n
os
5 et 16 ; réalisation 5 énoncée
dans le Cadre de développement durable des Nations Unies en Haïti (2017-2021)
Indicateurs
1.1. Portée ou degré d’engagement des principaux acteurs de la vie politique dans
les activités de dialogue et de coopération à l’appui de réformes structurelles et
de réformes relatives aux élections, à la justice et à la gouvernance devant
appuyer la stabilité et le développement du pays sur le long terme.
1.2. Nombre d’initiatives de recherche du consensus lancées en vue de définir des
priorités dans le cadre d’un dialogue inclusif avec différentes parties prenantes
aux niveaux national et local.
1.3. Fonctionnement des branches exécutive et législative du pouvoir dans le respect
des cadres normatifs applicables.
1.4. Augmentation du nombre de lois et règlements adoptés concernant les
opérations électorales et le conseil électoral et création des mécanismes
correspondants dans l’optique de la tenue d’élections libres, régulières et
transparentes.
1.5. Définition du calendrier électoral et organisation des élections dans le respect
des dispositions constitutionnelles et juridiques applicables.
1.6. Augmentation des ressources financières et humaines effectivement déployées
par le Gouvernement à l’appui du renforcement à long terme des institutions
publiques.
Objectif 2 : les institutions publiques, les collectivités locales, les organisations
locales de la société civile et les organisations de jeunes et de femmes sont
engagées dans des processus et programmes de consultation, de coopération et
de prise de décision visant à réduire la violence de proximité, en particulier la
violence des gangs, les crimes sexuels et les crimes fondés sur le genre.
Référence : objectifs de développement durable n
os
5 et 16 (cibles prioritaires au
niveau national) ; réalisations 3 (produits 2 et 3), 5 et 11 énoncées dans le Cadre de
développement durable des Nations Unies en Haïti (2017-2021)
Indicateurs
2.1. Finalisation et mise en œuvre d’une stratégie nationale globale et
multisectorielle visant à lutter contre la violence, en particulier la violence des
gangs et la violence de proximité, et à renforcer les liens avec la population des
collectivités touchées, notamment par la conception de programmes
socioéconomiques et de programmes de réduction de lutte contre la violence de
proximité et par l’exécution d’un programme de gestion des armes et des
munitions destiné à consolider les fondements de la paix et du développement.
S/2019/805
19-16958 34/38
2.2. Renforcement des capacités des institutions publiques à l’appui de la prise en
charge intégrale et de la protection des victimes de la violence.
2.3. Diminution du nombre de morts et de blessés imputables à la violence des gangs.
2.4. Diminution du nombre de victimes d’homicide volontaire pour 100 000
habitants, ventilé par sexe, par âge et par motif.
2.5. Diminution du nombre de cas de violence sexuelle et fondée sur le genre
signalés à la police par la population locale.
2.6. Augmentation du nombre de cas de violence sexuelle et fondée sur le genre
traités par la police.
2.7. Existence et exécution de programmes intégrés visant à prévenir et combattre la
violence sexuelle et fondée sur le genre, en particulier dans les situations
d’urgence, et à la prévenir à long terme.
2.8. Augmentation du nombre d’enfants, y compris d’adolescentes, et de jeunes qui
ont un emploi ou sont inscrits dans des établissements d’enseignement ou de
formation, dans des municipalités désignées.
Objectif 3 : la police nationale, les services pénitentiaires, la justice et les
institutions de lutte contre la corruption sont régis par des cadres juridiques et
des cadres de gestion améliorés et contrôlés par des organes de supervision.
Référence : objectif de développement durable n
o
16 (cibles prioritaires au niveau
national) ; réalisation 5 (produits 5, 6, 7 et 11) énoncée dans le Cadre de
développement durable des Nations Unies en Haïti (2017-2021)
Indicateurs
3.1. Augmentation de l’investissement public à l’appui du maintien et du
développement des capacités de la Police nationale d’Haïti.
3.2. Adoption et mise en application de lois et règlements visant à faire progresser
les réformes des secteurs judiciaire et pénitentiaire.
3.3. Proportion de textes de loi mis en application pour faire progresser la réforme
du secteur de la justice.
3.4. Augmentation du nombre de lois et règlements nationaux qui sont correctement
appliqués.
3.5. Renforcement de l’indépendance des institutions de justice et de lutte contre la
corruption dans leur action de lutte contre la corruption et l’impunité.
3.6. Réduction, dans la population carcérale totale, du pourcentage de personnes non
condamnées détenues illégalement ou arbitrairement pour une période de plus
de deux ans.
3.7. Accomplissement de tâches de gestion essentielles et fourniture de services de
base à tous les détenus par la Direction de l’administration pénitentiaire.
Objectif 4 : les institutions publiques, en collaboration avec une institution
nationale pour la promotion et la protection des droits de la personne (l’Office
de protection du citoyen), et les organisations de la société civile œuvrent à la
protection et à la promotion des droits de la personne, des libertés fondamentales
et des droits des femmes, s’assurent que ces droits et libertés sont respectés et
veillent à ce que les auteurs de violations des droits de la personne répondent de
leurs actes.
S/2019/805
35/38 19-16958
Référence : objectifs de développement durable n
os
5 et 16 ; réalisation 5 (produit 1)
énoncée dans le Cadre de développement durable des Nations Unies en Haïti
(2017₋2021)
Indicateurs
4.1. Les autorités nationales renforcent le respect des obligations qui leur incombent
en matière de droits de la personne et se conforment à celles qui ont à trait à la
présentation de rapports aux mécanismes des Nations Unies relatifs aux droits
de la personne.
4.2. L’institution nationale pour la promotion et la protection des droits de l’homme
fonctionne en toute indépendance, défend les droits de la personne et protège
les droits des citoyennes et des citoyens, conformément aux Principes de Paris.
4.3. Le Gouvernement et les institutions publiques concourent à amener les auteurs
de violations des droits de la personnes et d’atteintes à ces droits à répondre de
leurs actes, par l’intermédiaire de dispositifs de contrôle interne, d’enquêtes et
de procédures judiciaires, y compris dans les cas de fautes graves commises par
des membres de la police et des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire.
4.4. Les organisations de la société civile sont à même d’entreprendre des activités
de sensibilisation auprès des autorités haïtiennes afin de promouvoir et de
protéger les droits de la personne et font rapport aux mécanismes des Nations
Unies relatifs aux droits de la personne.
Objectif 5 (contextuel) : les institutions publiques, les autorités locales et le
secteur privé ouvrent des perspectives d’emploi aux jeunes, aux femmes et aux
personnes issues de groupes vulnérables en leur offrant des emplois ou un
enseignement général et professionnel, contribuant ainsi à répondre aux
revendications d’ordre socioéconomique et à lutter contre les facteurs
d’instabilité et d’inégalité.
Référence : objectifs de développement durable n
os
4, 8 et 10 ; réalisation 1 (produits 1
et 5) énoncée dans le Cadre de développement durable des Nations Unies en Haïti
(2017-2021)
Indicateurs
5.1. Réduction du chômage sur l’année, en particulier le chômage des femmes et des
jeunes.
5.2. Nombre de jeunes, de femmes et de personnes issues de groupes vulnérables à
qui l’on a offert des perspectives d’enseignement, de formation et d’emploi et
qui ont bénéficié des retombées d’activités productives (entrepreneuriat et
petites et moyennes entreprises) dans les 12 derniers mois, ventilé par sexe, par
âge et par segment de population.
5.3. Existence et mise en œuvre de politiques propices à la création de perspectives
d’emploi, dans le souci des questions de genre, à l’entrepreneuriat et à la
croissance des petites et moyennes entreprises.
5.4. Application de lois et politiques qui facilitent le passage des jeunes de l’école à
la vie active et renforcent leurs capacités d’insertion professionnelle en
améliorant la qualité et la pertinence de l’enseignement et de la formation
professionnelle, dans un souci d’adaptation aux progrès technologiques et aux
défis que le pays devra relever à l’avenir.
S/2019/805
19-16958 36/38
5.5. Mise en œuvre de politiques budgétaires à l’appui d’une croissance inclusive
recouvrant notamment l’adoption d’une budgétisation favorable aux personnes
démunies et qui tienne compte des questions de genre, la mise en place d’une
fiscalité progressive et des mesures efficaces de lutte contre la fraude fiscale.
Objectif 6 [contextuel] : les institutions publiques sont renforcées de sorte à
pouvoir mettre en œuvre des politiques et programmes visant à offrir des services
de base de qualité aux collectivités les plus mal desservies et à renforcer la
résilience du pays face aux risques climatiques, y compris par des mesures de
gestion des catastrophes et d’atténuation des risques.
Référence : objectifs de développement durable n
os
1, 2, 3, 5, 6, 7, 10 et 13 ; Cadre
de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015-2030) ; plan national de
gestion des catastrophes
Indicateurs
6.1. Renforcement des capacités des institutions publiques en matière d’élaboration
de politiques fondées sur la connaissance des faits, y compris par l’augmentation
des moyens mis à disposition du système statistique national aux fins de la
collecte et de l’analyse des données relatives aux objectifs de développement
durable.
6.2. Proportion de la population utilisant des services d’alimentation en eau potable
et d’assainissement gérés en toute sécurité.
6.3. Montant de l’aide publique au développement consacrée à l’eau et à
l’assainissement dans un plan de dépenses coordonné par les pouvoirs publics.
6.4. Prévalence d’une insécurité alimentaire modérée ou grave, évaluée selon
l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (échelle FIES).
6.5. Réduction du taux de mortalité maternelle et du taux de mortalité des enfants de
moins de 5 ans, pour 100 000 naissances vivantes.
6.6. Proportion d’organismes publics et d’administrations locales qui adoptent et
mettent en œuvre des stratégies locales de réduction des risques de catastrophe
et de résilience aux changements climatiques, y compris en matière de
planification agricole, d’aménagement des bassins hydrographiques et
d’hygiène et de salubrité, dans les communes rurales et urbaines les moins bien
desservies, conformément aux résultats des évaluations des vulnérabilités au
niveau local et des stratégies nationales de réduction des risques de catastrophe.
6.7. Élimination complète et durable du choléra.
S/2019/805
37/38 19-16958
Annexe III
Composition et effectifs de la composante Police
de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice
en Haïti au 4 octobre 2019
Membres de la police
des Nations Unies
Unités de police
constituées
Pays Femmes Hommes Femmes Hommes
Bangladesh 1
Bénin 3
Canada 5
Colombie 1
El Salvador 1
Espagne 1
Fédération de Russie 1
Madagascar 1
Mali 2
Niger 2
République de Corée 2
Roumanie 1
Sénégal 1 2 12
Tunisie 1 1
Total partiel 10 14 2 12
Total 24 14
38
S/2019/805
19-16958 38/38
Annexe IV