(2023) Schéma directeur du SIGE
Resume — Le schéma directeur du système d'information pour la gestion de l'éducation : l'architecture cible, les flux de données entre le central et les départements, et la séquence pour y parvenir. Lu avec la stratégie de mise en œuvre, il donne l'intention de conception à l'aune de laquelle juger la couverture réelle.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
REPUBLIQUE D’HAÏTI
MINISTÈRE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
UNITÉ DE SYSTÈME D’INFORMATION
Schéma Directeur du SIGE
Juillet 2019
LES ACRONYMES
SIGLES
DEFINITION
BDS
Bureau de District Scolaire
BM
Banque Mondiale
BUGEP
Bureau de Gestion de l'Éducation Préscolaire
BUNEXE
Bureau National des Examens d’État
DAA
Direction des Affaires Administratives
DAEPP
Direction d’Appui à l’Enseignement Privé et du Partenariat
DCQ
Direction du Curriculum et de la Qualité
DDE
Direction Départementale de l’Éducation
DEF
Direction de l’Enseignement Fondamental
DES
Direction de l’Enseignement Secondaire
DESRS
Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
DFP
Direction de la Formation et du Perfectionnement
DGS
Direction du Génie Scolaire
DPCE
Direction de la Planification et de la Coopération Externe
DRH
Direction des Ressources Humaines
ENI
École Normale d’Instituteurs
GAR
Gestion Axée sur les Résultats
IG
Inspection Générale
IHSI
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
INFP
Institut National de la Formation Professionnelle
MEF
Ministère de l’Économie et des Finances
MENFP
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
MPCE
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
ODD
Objectifs de Développement Durable
PDEF 18-28
Plan Décennal de l’Éducation et de la Formation 2018-2028
PPBSE
Planification, Programmation, Budgétisation, Suivi et Évaluation
RGPH
Recensement Général de la Population et de l'Habitat
SABER
Systems Approach for Better Education Results
SAEPP
Service d’Appui à l’Enseignement Privé et du Partenariat
1
SIGLES
DEFINITION
SDSI
Schéma Directeur du Système d’Information
SNDS
Stratégie Nationale de Développement de la Statistique
TIC
Technologies de l'Information et de la Communication
UEP
Unité d’Études et de Programmation
UPR
Universités Publiques Régionales
USI
Unité de Système d’Information
2
TABLE DES MATIERES
1.
INTRODUCTION .....................................................................................................................................4
2. CADRE CONCEPTUEL DE LA MISE EN PLACE DU SYSTEME D’INFORMATION POUR
LA GESTION DE L’EDUCATION ..................................................................................................................5
2.1.
Principes fondamentaux .......................................................................................................... 6
2.1.
Bonnes pratiques du SIGE ..................................................................................................... 15
3. ANALYSE FONCTIONNELLE D’UN SYSTEME D’INFORMATION POUR LA GESTION
DE L’EDUCATION ......................................................................................................................................... 17
4.
3.1.
Sous-système technique ......................................................................................................... 17
3.2.
Sous-système applicatif .......................................................................................................... 18
3.3.
Sous-système informationnel .............................................................................................. 18
3.4.
Sous-système organisationnel ............................................................................................. 19
CONTEXTE NATIONAL ..................................................................................................................... 20
4.1.
Les contraintes ........................................................................................................................... 20
4.2. Processus de production statistique issus des données scolaires et
administratives......................................................................................................................................... 22
5.
OBJECTIFS DU SCHEMA DIRECTEUR ......................................................................................... 27
5.1.
Objectif général .......................................................................................................................... 27
5.2.
Objectifs spécifiques ................................................................................................................ 27
6.
STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU SCHEMA DIRECTEUR ............................................. 28
7.
STRUCTURE DE MISE EN OEUVRE .............................................................................................. 29
7.1.
Le Comité Stratégique National (CSN) .............................................................................. 30
7.2.
Le Comité National de Pilotage (CNP) .............................................................................. 30
7.3.
L’Equipe Technique Nationale (ETN) ............................................................................... 30
3
1. INTRODUCTION
L’autorité supérieure accordée aux données, à l’information et à l’intelligence ainsi que la
capacité à piloter l’innovation constituent les principaux défis des managers du XXIe
siècle. En effet, dès le XIXe siècle, les responsables d’entreprises, exposés aux limitations
de la rationalité humaine dans les prises de décision, considéraient déjà l’usage de
méthodes scientifiques pouvant les aider dans leur gestion. Au XXe siècle, ils se sont
rendus à l’évidence de la valeur ajoutée et des avantages concurrentiels de l’utilisation
systématique de l’information pour répondre aux exigences d’amélioration de la qualité
des services aux clients. Les systèmes d’information, en apportant les outils techniques
et les applications nécessaires, sont devenus indispensables aux sciences du management
dans les organisations modernes. Ils se définissent comme une multitude d’acteurs
sociaux en interaction grâce à l’imaginaire et aux modes opératoires transformés par les
technologies de l’information. De nature abstraite, ils sont constitués des systèmes
technologique, informationnel et organisationnel en évolution permanente à travers une
structure qui peut être une machine, un vivant, une société, bref, un milieu vital donné.
Comparables au système sanguin, ils alimentent les diverses fonctions (personne, groupe,
organisation, inter organisation, société) de l’organisme dans lequel ils s’inscrivent en
assurant la coordination et la transmission des savoirs, nécessaires aux acteurs. Ainsi, le
management des systèmes d’information, selon l’AFNOR X50-185 revient à définir les
conditions politiques et économiques de planification et de pilotage du cycle de vie des
données, de l’information et de la connaissance de l’organisme en s’occupant de la
rentabilité des investissements en capital immatériel.
Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP),
souhaitant adopter cette vision innovante de management institutionnel, s’est engagé
dans une entreprise ambitieuse de modernisation de ses services à la population. A cet
effet, le Plan Décennal de l’Éducation et de la Formation 2018-2028 (PDEF 18-28)
développé en étroite coordination avec le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF)
et le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), s’inscrit dans la
dynamique de réforme de la gestion des finances publiques et de la loi (LELF) du 1er
février 2017, notamment en ce qui concerne la mise en place du cadre méthodologique
PPBSE et GAR que l’État haïtien entend appliquer. Et pour s’assurer du suivi et de
l’évaluation continue et périodique des actions du PDEF 18-28 un effort particulier a été
4
entrepris par la Direction Générale du MENFP et les directions techniques pour
développer un cadre stratégique, conceptuel et méthodologique servant de repère et de
guide d’implémentation de la chaîne de production et de diffusion des informations afin
de disposer en permanence de données fiables et à jour permettant d’analyser l’évolution
du secteur. Elaboré dans cet esprit, le Schéma Directeur ci-après vise à garantir une
démarche rigoureuse et transparente des processus techniques ainsi qu’une approche
harmonieuse de développement habile basée sur les ressources disponibles et
régulièrement actualisée pour s’assurer de la qualité totale des données produites.
2. CADRE
CONCEPTUEL
DE
LA
MISE
EN
PLACE
DU
SYSTEME
D’INFORMATION POUR LA GESTION DE L’EDUCATION
Le SIGE est une unité institutionnelle qui produit, gère et diffuse des données et des
informations éducatives, généralement au sein d’un ministère national. C’est un dispositif
essentiel qui sert à traiter l’information pour la gestion des ressources et des services de
l’éducation. Sa mise en place est un processus long et transversal qui induit des
changements profonds dans le fonctionnement quotidien des structures qu’il dessert.
L’utilisation du SIGE marche de pair avec la "gestion axée sur les résultats" qui implique
une focalisation sur la performance et les résultats. Cette approche nécessitant beaucoup
de données, dépend de la capacité à demander et utiliser efficacement les statistiques
pour l’analyse et la formulation des politiques (capacités statistiques) mais aussi des
capacités nationales à produire de meilleures statistiques de manière constante, à une
échelle et selon un calendrier qui conviennent aux décideurs politiques (fourniture de
statistiques).
Les fonctions de gestion d’un SIGE comprennent la collecte, le stockage, l’intégration, le
traitement, l’organisation, la production et la valorisation de données et de statistiques
éducatives de manière ponctuelle et fiable1.. L’ensemble des données – quantitatives et
qualitatives - nécessaires à la gestion, au suivi et au pilotage du secteur de l’éducation
constitue un réseau cohérent d’informations disponibles au niveau central mais aussi au
niveau des structures déconcentrées du ministère. Le SIGE est l’outil technique et
institutionnel qui permet d’organiser « ces données » en les archivant, les structurant, les
1 Hua et Herstein (2003).
5
liant, les unes aux autres, les diffusant. En ce sens, le SIGE dépasse de très loin le seul
aspect des statistiques scolaires car il concerne tous les aspects du secteur qui
schématiquement sont répartis en deux domaines interagissant entre eux :
(i)
la prospective, la planification et le suivi-évaluation,
(ii)
la gestion.
2.1.
Principes fondamentaux
Un SIGE n’est bon que quand ses composantes sont bonnes. Le développement effectif
d’un SIGE qui fournit un appui et une prise de décisions basés sur des informations
complètes nécessite des outils efficaces. Des technologies, des outils de base de données
et des compétences techniques constituent les ingrédients indispensables à cet effet.
Cependant, une unité de SIGE doit avoir une vision claire et entretenir une culture de
gestion qui va au - delà de la création d’un système de données et d’information. Elle doit
adopter la culture de partage des données, d’utilisation de l’information et de gestion
organisationnelle et réussir à la faire partager par tous.
Une approche multicritère dans un cadre fédérateur harmonisé
Généralement, la coordination des chaînes statistiques s’appuie sur un SIGE et plus
largement sur une Stratégie Nationale de Développement de la Statistique (SNDS) qui est
le cadre de référence de l’action gouvernementale en matière statistique. L’adoption
d’une approche « assurance qualité » demeure indispensable et peut être facilitée par
l’utilisation d’une méthodologie adaptée de type SABER qui préconise des règles et des
6
outils fiables contribuant à donner aux productions « une assurance et une légitimité ».
La qualité des données et des productions qui en découlent constitue donc un défi majeur
et devrait être un souci quotidien de l’institution. Une attention particulière devrait être
accordée à la stratégie de développement des statistiques sectorielles dont le cadre
conceptuel s’articule autour des cinq axes ci-après.
(1) Renforcement des capacités humaines, matérielles, technologiques et financières
(2) Amélioration de la couverture et de la qualité de la production statistique
(3) Amélioration de l’archivage, de la diffusion et de l’utilisation des données
(4) Développement de la recherche en éducation et des capacités analytiques
associées
(5) Renforcement de la coordination sectorielle.
Renforcement des capacités humaines, matérielles, technologiques et financières
La conception, le développement et la maintenance d’un SIGE est une entreprise
complexe, difficile et coûteuse et qui nécessite beaucoup de travail. Un équilibre est donc
systématiquement recherché entre les politiques, les processus, les ressources et
l’établissement des rapports qui prennent également en compte l’aspect de la qualité. Des
systèmes de suivi et d’évaluation sont créés pour mesurer ce qui fonctionne bien et ce qui
ne fonctionne pas. Une évaluation efficace est basée sur une bonne rétro-information.
Dans un système éducatif, un dispositif d’évaluation de routine doit être mis en place et
des évaluateurs doivent concevoir des indicateurs suffisants pour ce processus étant
donné que des indicateurs bien élaborés aident à ajuster et réajuster le cours du
développement et des réformes éducatifs. De fait, le SIGE demeure un préalable pour les
activités de suivi et évaluation du secteur.
Le Ministère de l’Education doit s’assurer qu’un personnel qualifié en nombre suffisant
occupe les postes clés du SIGE et a accès à des équipements et outils informatiques de
qualité. Il doit promouvoir un renforcement régulier des capacités du personnel à travers
des programmes de formation pour assurer le progrès et la continuité du travail du SIGE.
Il est également nécessaire d’avoir une stratégie pour attirer et retenir un personnel
spécialisé dans les domaines de compétences rares et le personnel doit être encouragé à
suivre des cours internationaux de formation pertinente.
7
La disponibilité des infrastructures d’électricité, de téléphones et autres systèmes de
communication, d’un local adéquat et permanent ainsi que d’équipements disponibles est
crucial pour la tenue d'un SIGE. Des mesures doivent être prises pour sécuriser les
équipements (et par conséquent les données et les informations) et identifier le type de
matériels requis, leur utilisation, le type de logiciels, de bases de données et d’outils de
développement d’applications à utiliser dans le développement du SIGE, ainsi que
l’architecture du réseau à utiliser, le type d’appui et de maintenance effectué sur ce
réseau, etc.
La disponibilité de ressources suffisantes ainsi que leur utilisation efficace dans la gestion
du SIGE ont un grand impact sur la qualité des statistiques de l’éducation. Le Ministère de
l’Education doit par conséquent allouer un pourcentage de son budget national de
l’éducation au SIGE.
Amélioration de la couverture et de la qualité de la production statistique
Le SIGE est plus qu'un simple recensement scolaire annuel. La portée des ensembles de
données utilisées va bien au-delà des données administratives du recensement. Le SIGE
utilise différentes sources de données pour aider à évaluer la pertinence des politiques
éducatives et la performance des institutions. En fin de compte, les informations
produites par le SIGE sont renvoyées aux répondants (par exemple, les écoles) afin d’être
examinées aux fins d’amélioration et utilisées pour la gestion locale, ce qui a un impact
sur la qualité des données et l’efficacité du système. Le cycle de vie d'un SIGE est un outil
à utiliser comme lentille d'évaluation et de formulation d'activités de renforcement des
capacités organisées dans des plans d'action durables.
Le SIGE joue un rôle fondamental dans le suivi et l’évaluation des progrès d’un pays dans
l’accomplissement de ses obligations continues dans les plans et les cadres nationaux de
développement ainsi que les cadres régionaux, continentaux et internationaux sur
l’éducation. A ce titre, l’unité SIGE doit fournir régulièrement les données statistiques
requises pour tous les sous-secteurs de l’éducation. Pour ce faire, les indicateurs
constituent des outils indispensables. Ils doivent répondre à des critères SMART.
Significativité : L’indicateur doit avoir un lien fort avec l’action à évaluer et suivre, il ne
doit donc pas être décontextualisé de l’ensemble de la politique nationale.
8
Mesurabilité : Il doit être simple à mettre en œuvre, facile à suivre dans le temps et peu
sujet à des variations brusques.
Acceptabilité : Il doit être compris par l’ensemble des acteurs du secteur.
Réalisme : Les efforts techniques, organisationnels et financiers liés à sa production
doivent être en adéquation avec les bénéfices attendus de son suivi (efficience, ...).
Temporalité : Les objectifs temporels (date butoir, …) d’un indicateur doivent être
maîtrisés et en particulier son échéancier précisant des étapes intermédiaires.
Généralement, ils sont classifiés en indicateurs d’accès, de couverture, d’équité,
d’efficacité, de qualité et financiers.
Cadre intégré de collecte et d’enquêtes pour le pilotage et le suivi des indicateurs de l’éducation
Système
d‘Information
de Gestion de
l‘Education
Nationale
Traitement
Données
administratives
Apprenants
Personnel
Finances
Données
d'évaluation des
apprentissages
Résultats /
Autres variables
Données
enquêtes
ménages
Enfants
non scolarisés
Équité
Autre population
Données de
population /
autres enquêtes
Indicateurs
multiples
Analyse
Estimation
Dissémination
Source : Institut de Statistiques de l’UNESCO
Un autre aspect important constitue l’exhaustivité des structures d’éducation. Tous les
institutions/établissements de l’éducation doivent s’enregistrer auprès du Ministère de
l’Education.
Une
liste
exacte
et
régulièrement
9
mise
à
jour
de
tous
les
institutions/établissements publics et privés doit être tenue et disponible pour le grand
public. Cela facilite le suivi du processus d’enregistrement et le suivi des situations de
non-réponse des institutions/établissements.
Les statistiques et l’information éducatives rendent compte de tous les secteurs de
l’éducation et de la formation. Cela comprend l’intégration des informations sur les
apprenants ayant des besoins spéciaux dans toutes les enquêtes et tous les recensements
nationaux et la demande de reddition de compte des mêmes informations dans les
publications annuelles des statistiques.
Le Ministère de l’Education doit s’engager à travailler et à coopérer selon les normes
fixées dans la déclaration de qualité de ses systèmes statistiques nationaux et dans
d’autres cadres statistiques internationaux.
Une méthodologie solide doit servir de base à des statistiques de qualité pour une
utilisation efficace des données sur l’éducation. Cela nécessite des procédures
statistiques appropriées tout au long de la chaîne des valeurs statistiques - y compris
l’utilisation cohérente de concepts et de définitions standards, la normalisation et le test
de questionnaires, la normalisation des procédures de collecte de données et l’utilisation
des estimations de la dernière enquête ou du dernier recensement démographique pour
calculer les indicateurs de l’éducation.
Amélioration de la collecte, de l’archivage, de la diffusion et de l’utilisation des
données
Lier ou fusionner des données venant de multiples sources (finance, gestion de la paie,
examens et recensements scolaires), couvrant plusieurs années et plusieurs niveaux
(apprenants, enseignants ou niveau scolaire) constituent une stratégie importante de
développement d’un SIGE qui ajoute de la valeur à la gestion de l’information. Des
dictionnaires de données standardisés - comprenant des identifiants uniques, des
définitions, des structures de bases de données et un système de codification - sont une
méthode pour faciliter ce processus.
10
La production en temps voulu de données et d’informations est garantie à travers un cycle
efficace de SIGE, qui peut être réalisé par des opérations de SIGE décentralisées vers les
niveaux locaux, l’automatisation de la plupart des processus dans la chaîne des valeurs et
une collaboration étroite avec les autres unités nationales des statistiques.
Les statistiques de l’éducation doivent décrire de manière exacte et fiable la réalité. Pour
ce faire, il faut une évaluation, une validation et une vérification des sources de données,
des résultats intermédiaires et des produits statistiques ; une mesure et une
documentation systématique des erreurs d’échantillonnage et des erreurs de non
échantillonnage ; une conduite routinière d’études et d’analyses de révisions et une
utilisation interne des résultats pour éclairer les processus statistiques.
Les statistiques de l’éducation doivent être cohérentes au plan interne, au fil du temps et
comparables entre régions et entre pays. L’on doit pouvoir combiner et faire une
utilisation commune des données liées tirées de différentes sources. Cela nécessite des
bases de données compatibles et des politiques de métadonnées qui comprennent des
dictionnaires de données et des informations sur la manière dont les statistiques sont
collectées et stockées entre autres stratégies.
Pour une diffusion ponctuelle des statistiques de l’éducation tirées de toutes les
institutions de l’éducation et de la formation, il faut une publication de statistiques
annuelles dans un délai d’un an suivant leur collecte, et toute variation de ce calendrier
devrait autant que possible prendre en compte les exigences des utilisateurs.
Le Ministère de l'Éducation doit produire et diffuser les statistiques de l’éducation de
manière objective, professionnelle et transparente en respectant l’indépendance
scientifique des producteurs
Le Ministère de l’Education doit garantir la protection de la vie privée des fournisseurs
de données, la confidentialité de l’information qu’il fournit et son utilisation aux seules
fins statistiques à travers des protocoles et des dispositions appropriés garantissant la
sécurité et l’intégrité des données statistiques.
11
Les statistiques de l’éducation doivent être présentées sous une forme claire et
compréhensible, diffusées de manière convenable, disponibles et accessibles sur une
base impartiale avec des métadonnées de soutien et une orientation. Parmi les stratégies
visant à faciliter ce processus, figure la promotion de l’utilisation des informations
éducatives, la création de guichets d’information et une rétro-information auprès des
utilisateurs et des producteurs de cette information.
Le Ministère de l’Education doit s’assurer que les statistiques qu’il produit sont en
relation avec les besoins des utilisateurs. Cela implique la mise en place de processus
pour consulter régulièrement les utilisateurs, suivre leurs manières d’utiliser les
statistiques, conduire périodiquement des enquêtes sur la satisfaction des utilisateurs et
prendre en compte les besoins évolutifs dans les publications des statistiques éducatives.
Développement de la recherche en éducation et des capacités analytiques
associées
Le Ministère de l’Education doit s’assurer que les statistiques qu’il produit sont en
relation avec les besoins des utilisateurs. Cela implique la mise en place de processus
pour consulter régulièrement les utilisateurs, suivre leurs manières d’utiliser les
statistiques, conduire périodiquement des enquêtes sur la satisfaction des utilisateurs et
prendre en compte les besoins évolutifs dans les publications des statistiques éducatives.
Les statistiques de l’éducation doivent décrire de manière exacte et fiable la réalité. Pour
ce faire, il faut une évaluation, une validation et une vérification des sources de données,
des résultats intermédiaires et des produits statistiques ; une mesure et une
documentation systématique des erreurs d’échantillonnage et des erreurs de non
échantillonnage ; une conduite routinière d’études et d’analyses de révisions et une
utilisation interne des résultats pour éclairer les processus statistiques.
Renforcement de la coordination sectorielle.
Les cadres politiques et juridiques régissant le SIGE ont une grande influence sur
l’efficacité et la crédibilité du Ministère de l’Education, à travers ses structures techniques
12
(UEP, DPCE, USI), dans la production et la diffusion de statistiques éducatives. Ces
structures, ont donc besoin d’un mandat clair de collecte de l’information auprès de
toutes les institutions et de tous les organes en charge de l’éducation et de la formation
pour des besoins de statistiques éducatives.
Les structures organisationnelles ou institutionnelles influencent l’environnement dans
lequel le SIGE se développe et les institutions ayant des lignes directrices confuses en
termes de reddition de comptes, de responsabilités redondantes, une mauvaise
coordination et un faible leadership entravent le développement du SIGE. Il est par
conséquent important que l’unité de SIGE soit située près des principaux décideurs du
Ministère à cause de son rôle central dans l’éclairage de la formulation des politiques, la
planification de l’éducation, la budgétisation et l’allocation des ressources, le suivi,
l’évaluation, la recherche en matière de politiques et d’analyse des politiques.
Le Ministère de l’Education a besoin de données venant des administrations, des
entreprises et des ménages ainsi que du grand public à des fins statistiques. Afin de
renforcer la coordination des activités des SIGE, le mandat de sollicitation et d’obtention
de ces données doit être exécuté par une unité SIGE de coordination centrale qui
s’articule avec d’autres sous-secteurs au sein du Ministère et établit une liaison avec
d’autres structures afin d’intégrer les données.
En analysant constamment les tendances d’utilisation d’informations sur l’éducation et
les besoins des utilisateurs, il est possible de réduire le fardeau qui pèse sur les
répondants. Le Ministère de l’Education doit par conséquent exercer un suivi de ce
fardeau et fixer les objectifs de sa réduction au fil du temps.
13
Processus de mise en place et de fonctionnement du SIGE
Mise en place du cadre institutionnel et organisationnel
Indicateurs de suivi-évaluation des objectifs du secteur de l’éducation / Stratégie sectorielle
Identification des besoins d’information et conception des supports de collecte
Définition du cadre conceptuel et méthodologique, choix des outils techniques
Données scolaires thématiques
App. Libre et évolutive
Bases de données et applications informatiques
BD Relationnelle et
pluriannuelle
Collecte, saisie, traitement et analyse des données
Données démographiques, socioéconomiques, financières et autres
Sécurisée
Diffusion et utilisation des données
Insertion socio-professionnelle
Annuaires statistiques
Publication
électronique/ en ligne
Tableau de bord
Outils de simulation
Suivi-évaluation de la qualité des données et amélioration du processus
14
Etudes thématiques, analyse
sectorielle
2.1.
Bonnes pratiques du SIGE
Les points ci-après résument de manière très succincte les leçons retenues au niveau
mondial dans les processus de mise en place et de gestion d’un SIGE.
Focalisation sur les questions de gestion et institutionnelles (et non pas sur les
TI)
« La plupart des interventions SIGE – évaluation, conception et mise en œuvre - ont tendance
à se focaliser sur les solutions techniques créées par des équipes techniques et à négliger les
processus organisationnels et les mesures incitatives institutionnelles qui favorisent
l’utilisation de l’information. » 2
Focalisation sur l’utilisation de l’information (et non sur sa production)
« Un SIGE efficace à des utilisateurs spécifiques qui demandent des données spécifiques pour
éclairer les décisions pour lesquelles ils sont tenus responsables. Les mesures incitatives dans
les pays en développement pour utiliser des informations efficaces tendent à être faibles.
D’autres critères (ex: l’obtention de financements, la récompense des fournisseurs) peuvent
être plus importants dans la réussite d’un responsable ou d’un décideur politique. De
manière récurrente, l’absence de données fiables peut être à l’avantage d’un utilisateur
potentiel. Dans la plupart des cas, on collecte plus d’informations qu’on n’en analyse et
utilise pour la prise de décisions. La réforme du SIGE doit être centrée d’abord sur les seules
informations qui peuvent éclairer directement les décisions prioritaires. 3
Adoption d’une culture de partage de données, d’utilisation de l’information et de
gestion organisationnelle
‘Le développement d’un SIGE implique l’adoption d’une nouvelle culture de la gestion plus
que la création d’un système de données et d’information. Le processus de collecte,
d’intégration, d’analyse et de diffusion est important mais ce qui est encore plus important,
c’est la culture de partage des données, d’utilisation de l’information et la gestion
organisationnelle qui permet l’efficacité du développement du SIGE. Il est important de se
rappeler que le développement d’un SIGE n’est pas le développement des TI.’ 4
Focalisation sur la vitesse (et non sur la globalité)
2
Crouch, Mircea & Supanc, 1999
Crouch, Mircea & Supanc, 1999
4
Hua et Herste en 2003
3
15
‘Les SIGE ont tendance à être excessivement conçus. Les systèmes les plus utilisés et les plus
adaptés en aval ont tendance à être simples et modestes dans leur envergure. De même, la
conception des SIGE tend à être surchargée par des attentes peu réalistes sur le degré de
précision “requis ” sans prendre en compte les coûts élevés de la précision ‘. 5
Evolution (et non pas révolution)
‘Les systèmes efficaces tendent à se fonder sur des bases de données existantes, en prenant
avantage des routines de collecte de données. Maintenir la familiarité tout en renforçant
l’efficience permet d’engranger rapidement des acquis pour un effort plus ambitieux et de
longue haleine.’6
Respect des priorités du secteur
‘En résumé, la conception et la mise en œuvre d’un SIGE doivent être éclairées par les
ambitions du Gouvernement et être sensibles à ces ambitions pour les processus de réforme
et de planification du secteur et pour l’état de formulation des politiques et des stratégies. 7
5
Crouch, Mircea & Supanc, 1999
Crouch, Mircea & Supanc, 1999
7
Perry and Ratcliffe, 2003
6
16
3. ANALYSE FONCTIONNELLE D’UN SYSTEME D’INFORMATION POUR LA
GESTION DE L’EDUCATION
Le management des systèmes d’information permet un plus grand usage des données
dans les institutions mais bouleverse les structures organisationnelles, les méthodes de
travail et la redistribution des responsabilités au sein des services. Il pèse lourdement sur
les savoirs, les profils des métiers et les compétences recherchées à l’intérieur et à
l’extérieur de l’organisation tout en faisant émerger certaines sources de blocage et de
crainte. C’est un processus systémique dont les résultats souvent longs et transversaux
induisent des changements profonds et permanents dans le quotidien des systèmes
technique, applicatif, informationnel et organisationnel de l’entité.
Schéma des interactions entres les sous-systèmes
Système
technique
Système
organisationnel
Gouvernance et
Composantes clefs
du SIGE
Système
applicatif
Système
informationnel
Le système d’information peut s’organiser autour de quatre grands domaines ou soussystèmes pour sa mise en place et se traduit concrètement dans un appareillage
institutionnel communément appelé Système d’Information pour la Gestion de
l’Éducation (SIGE).
3.1. Sous-système technique
Indispensable à la construction de tout système d’information l’infrastructure technique
est constituée de tous les éléments matériels, logiciels et équipements appartenant aux
infrastructures technologiques. Il sert d’interface pour les interactions multiples entre les
humains et la machine. Un système technique bien conçu dispose d’une architecture
17
évolutive
permettant
l’intégration
et
l’entretien
de
nouveaux
équipements
technologiques dans la réalisation des opérations fondamentales liées à la gouvernance
des données. L’infrastructure doit répondre aux exigences de collecte, de stockage, de
traitement, de protection et de diffusion des données au regard des besoins de toutes les
entités de l’organisation. Aujourd’hui, avec les dernières évolutions de la technologie du
cloud, les entreprises se confient encore plus aisément aux services d’infrastructures en
ligne (Infrastructure As a Service – IAAS) pour avoir accès à un réseau plus large
disposant d’un réservoir de ressources élastiques non localisées dont la facture se fait à
l’usage.
3.2. Sous-système applicatif
Constitué des systèmes d’exploitation, des langages de programmation, des Framework
de développement d’application, des bases de données (relationnelles et objets) et des
logiciels d’application, ce sous-système regroupe les applications propriétaires dont
l’emploi est conditionné par une licence d’utilisation et les applications Open-Sources
d’utilisation libre. Depuis quelques années, les barrières existent de moins en moins entre
les systèmes d’exploitation. Les analystes programmeurs s’orientent vers les langages
multiplateformes en grande demande. Ils sont d’apprentissage facile et capable de
répondre en même temps à un plus grand nombre de besoins possibles. Les langages
comme Java, JavaScript, Python, C-Sharp sont souvent identifiés par les spécialistes parmi
les dix langages répondant aux besoins de développement d’application d’entreprise.
Dans ce domaine, les services de Software As A Service (SAAS) et de Plateforme As A
Service (PAAS) mettent à disposition un environnement partagée qui s’opère
complètement dans les nuages.
3.3. Sous-système informationnel
Le sous-système informationnel s’assure de la répartition efficace des flux d’information
entre les entités garantissant l’accroissement et la compétitivité des capacités de
flexibilité et d’agilité stratégique. Il contribue au pilotage et au suivi du processus de
transformation des données quantitatives et qualitatives en information et en
connaissance nécessaire à une utilisation efficace des ressources. Il s’occupe de la
disponibilité d’informations cohérentes au niveau des structures internes et
déconcentrées de l’organisation et entre les organisations. La qualité des produits
18
découlant des analyses descriptives et causales demeure un souci permanent pour
chacun des responsables à tous les niveaux de l’administration.
3.4. Sous-système organisationnel
De son côté, le sous-système organisationnel assure l’équilibre et l’alignement entre les
parties et la stratégie en faisant évoluer les structures internes vers de nouveaux modèles
d’organisation. Le succès du Schéma Directeur des systèmes d’information est
étroitement lié aux capacités organisationnelles dynamiques. C’est à dire, le degré de
coordination et d’harmonie des savoirs agir collectifs pour produire de manière renouvelée
les résultats attendus. Comme le souligne Bachelet (2016) “les nouvelles techniques
s’associent à de nouvelles cultures et à des structures organisationnelles moins rigides”. La
culture de bonnes pratiques et de la gouvernance des données aura tendance à générer
immanquablement de la méfiance, voire de la défiance au niveau de l’organisation.
Certaines parties verront d’un mauvais œil le fait de réguler ainsi leurs fonctions avec des
protocoles qu’ils n’ont pas été habitués à suivre. Certains peuvent y voir aussi un frein à
la compétitivité au sein de leur département. Il n’est pas toujours facile pour tous d’entrer
dans une dynamique de changement. Cependant, il est crucial de faire prendre conscience
à tous les collaborateurs que le bénéfice des nouvelles règles pour l’organisation se
révèlera au final salvateur pour l’institution dans son ensemble. La responsabilité est
stratégique, le compromis sera parfois nécessaire, mais la vision globale doit l’emporter
au bout du compte car il y va de l’efficacité pérenne de l’organisation. Le responsable de
la gouvernance doit ainsi avoir une bonne connaissance du passé de l’entreprise et de ses
acquis tout en ayant une vision à long terme sur son évolution souhaitée. Les acteurs
doivent apprendre à travailler ensemble différemment dans un cadre fédérateur qui
mobilise l’ensemble des compétences et des ressources de support autour d’un projet
organisationnel.
19
4. CONTEXTE NATIONAL
En Haïti, le cloisonnement de la production des statistiques au sein des directions
techniques du ministère de l’éducation entraînant une dispersion et la nonharmonisation statistique, figure parmi l’une des faiblesses majeures du dispositif de
planification sectorielle holistique.
La conception – méthodologique et technique - des outils de mesure doit donc favoriser
une approche fédérative des « activités statistiques » dans un souci permanent de
coordination de ces activités entre les structures techniques (UEP, DPCE, DDE, DRH,
BUNEXE, DAEPP, DAA, INFP, DESRS, UPR, RECTORAT, SEA, IHSI, USI). Si cette
coordination est effective alors elle ne pourra que transformer la dispersion évoquée plus
haut en somme d’expertises issues de sous-domaines complémentaires et non plus
indépendants les uns des autres.
4.1. Les contraintes
La mise en œuvre du SIGE s’accompagne de contraintes d’ordre organisationnel,
technique, financier et de formation, qui constituent ses composantes clés.
Contraintes du cadre organisationnel
Les échanges avec les directions techniques n'ont pas permis de confirmer l'existence
d'un cadre organisationnel ni une coordination effective pour la production des
statistiques au MENFP. Cependant, la production statistique est une tâche quotidienne et
à ce titre nécessite une organisation rigoureuse mettant en jeu des compétences
transversales. Le rôle de coordination et de conseil de l’Unité du Système d’Information
(USI) doit donc être un rôle de proximité. Ceci étant, les responsables du sommet
stratégique, les cadres de la superstructure et le personnel opérationnel, qu’il soit
administrateur ou technicien, doivent apprendre ensemble à travailler différemment tant
à la verticale qu’à l’horizontale.
Contraintes du cadre financier
Dans le budget annuel du MENFP, aucune provision dédiée n'est prévue pour générer la
production des statistiques au MENFP. Cependant, la production statistique a un coût lié
aux investissements et au fonctionnement. Pour ce dernier il s’agit de coûts récurrents
comme par exemple celui de l’organisation de la campagne de collecte. Il faudrait donc
20
faire une analyse précise des coûts de la chaîne de production au niveau de toutes les
structures techniques centrales et départementales, pour faciliter la mutualisation des
ressources qui comme partout sont rares. Il s’agit donc de :
➢ Identifier et budgétiser les activités (investissement et fonctionnement)
➢ Mettre en cohérence les actions des différentes structures techniques
➢ Définir des lignes budgétaires pour les statistiques.
La responsabilité de ces actions revient à la DAA et à toutes les Directions Techniques et
Départementales.
Contraintes du cadre technique
La mise en place d'un SIGE au MENFP entraîne des implications fortes sur son
organisation et son fonctionnement. Elle peut entraîner un bouleversement des
méthodes de travail et une réorganisation des services, avec redistribution des
responsabilités. Le passage à un plus grand usage de l'informatique peut peser sur les
savoir-faire et les profils des métiers recherchés dans les services affectés. Les
compétences techniques recherchées se modifient et une certaine crainte, source de
blocages, peut émerger.
Ainsi, l’assurance qualité doit tendre à être certaine que la production statistique du
secteur de l’éducation répond aux normes internationales communément admises
(SABER, DQAF). La mise en place du SIGE doit donc prendre en compte les actions ciaprès :
➢ déconcentrer les opérations de collecte, de saisie, de traitement ;
➢ répondre aujourd’hui et demain à une approche besoin ;
➢ s'assurer de disposer d’une architecture technique évolutive ;
➢ harmoniser le « traitement » des données (de la collecte…à la publication) ;
➢ responsabiliser la chaîne statistique ;
➢ améliorer les délais de disponibilité des données ;
➢ faciliter la mise en place d’outils « départementaux de pilotage ».
La responsabilité de ces actions revient à toutes les Directions Techniques et
Départementales.
21
Contraintes du cadre de formation
Comme énoncé dans le paragraphe sur les « contraintes du cadre technique », la mise en
place d'un SIGE au MENFP modifie les compétences techniques recherchées et peut peser
sur les savoir-faire et les profils des métiers recherchés dans les services affectés.
Cependant, le succès de la stratégie sectorielle pour la statistique de l’éducation est
étroitement lié au degré de formation des cadres qui la mettent en œuvre : un vaste plan
de formation doit donc être mis en œuvre, en phase avec les objectifs de la stratégie
sectorielle
ciblant
principalement
les
cadres
des
Directions
Techniques
et
Départementales pour accompagner la « montée en puissance » de la mise en œuvre de
la stratégie et du déploiement des outils, et aboutir à une « masse critique » de cadres
formés à tous les niveaux de la chaîne statistique.
La responsabilité de ces contraintes revient à toutes les Directions Techniques et
Départementales.
4.2.
Processus de production statistique issus des données scolaires et
administratives
Le recueil des données administratives
Au MENFP, le recueil de données statistiques se fait essentiellement au travers d’un
recensement scolaire, mais pas uniquement. Tout en gardant à l’esprit l’approche besoin
évoquée plus haut, il est important que les services en charge de la collecte fassent un
« inventaire interne » au sein des directions et des services déconcentrés pour identifier
les sources externes devant alimenter ces données. Les quatre domaines où de telles
sources internes pourraient être mobilisées sont essentiellement mais pas seulement :
(i)
les données sur le personnel (personnel enseignant et administratif) ,
(ii)
les données financières (partiellement),
(iii)
les données démographiques ,
(iv)
les données des résultats/évaluations scolaires.
Concernant le personnel il est probablement très productif de procéder à un
rapprochement des fichiers détenus par la DRH et les services déconcentrés du ministère
avec les informations fournies par les établissements via le questionnaire annuel. Un tel
rapprochement peut se faire à posteriori (sur les années précédentes par exemple) et,
après évaluation comparative, permettre l’allègement des questionnaires. Quoi qu’il en
22
soit, cette démarche fait partie de la démarche qualité (comparaison des sources)
évoquée plus haut.
De manière pragmatique, les indicateurs du Plan Décennal de l’Education et de la
Formation doivent fournir les lignes directrices à la conception des outils de collecte de
données.
Le traitement des données de base (brutes)
Au MENFP, la saisie et le traitement des données de base se font essentiellement au
niveau des directions centrales, sauf au BUNEXE où une partie des données, notamment
celles des examens de la 9ème année, est saisie au niveau départemental (BUDEXE).
Cependant, le traitement des données de base doit s’articuler autour des 4 axes, (i) la
saisie, (ii) le contrôle à priori et posteriori, (iii) l’imputation des données manquantes,
(iv) la consolidation. Ces axes ont chacun à la fois une composante organisationnelle et
une composante technique. L’ensemble de ces activités doit faire l’objet d’un calendrier
précis et contrôlé au niveau de chaque structure déconcentrée.
La saisie des données
L’implantation d’un SIGE facilitera la déconcentration des saisies au niveau
départemental. Actuellement, chaque structure du MENFP, chaque organisation (ONG et
partenaires), fait sa propre collecte de données et opère des traitements avec ses propres
outils dans son propre environnement sans aucune communication ni partage.
L’architecture client-serveur actuellement déployée à l’USI devrait permettre une saisie
analogue au schéma ci-dessous, notamment pour le court terme :
23
Le contrôle qualité des données
Cette architecture déconcentrée facilite le « contrôle qualité » en amont des données c’est à dire avant saisie - en permettant localement un contrôle systématique ou par
échantillonnage de la qualité du remplissage des questionnaires. La structure
pluriannuelle de la base de données permet de mettre en place un contrôle de cohérence
longitudinale en identifiant, pour certaines variables (effectifs élèves par exemple) des
variations importantes d’une année à l’autre. Suivant la même logique, l’identification des
valeurs « aberrantes » au sein d’une zone à priori relativement homogène doit être
envisagée.
L’imputation des données manquantes
L’exhaustivité des recensements n’existant pas, il est indispensable de mettre en place un
processus clair d’imputation des données manquantes. Le principe d’une bonne méthode
d’estimation
s’appuiera
essentiellement
sur
les
informations
historiques
et
géographiques disponibles. Les données manquantes d’un établissement scolaire
pourront être estimées soit à partir des observations antérieures disponibles, soit sur la
base d’informations relatives à des établissements de même type présents dans la même
zone administrative et/ou pédagogique.
24
La consolidation
La déconcentration des saisies peut nécessiter une consolidation ascendante des
données, au cas où, par exemple, des bases de données sont déployées au niveau local. La
consolidation ne présente pas de difficultés sur le plan technique sous réserve que le
processus de codification des nouveaux établissements/élèves/personnels soit
parfaitement maîtrisé (codification/identifiant unique).
Préparation des données à l’analyse
Au MENFP, les rapports d’analyse au niveau de la DPCE ne sont généralement pas
finalisés, donc pas produits ni publiés. A noter que les contrôles de cohérence évoqués
plus haut sont des préalables à toute analyse pour d’une part en assurer la crédibilité et
d’autre part assurer la robustesse des indicateurs étayant ces analyses. Plusieurs autres
données listées ci-dessous sont nécessaires à l’analyse, telles que les données
démographiques qui interviennent dans la construction de nombreux indicateurs en
particulier ceux liés à l’accès et la couverture, pour ne citer que cela.
Les données démographiques
En Haïti, à l’heure actuelle, les données disponibles issues du dernier RGPH datent de
2003. Il est donc indispensable d’utiliser des projections qui, de toute manière, qu’elle
que soit la méthode utilisée, seront très peu fiables. Les projections proposées par l’IHSI
doivent donc répondre aux besoins du secteur de l’éducation, avec des méthodes de
projection actualisables, robustes et documentées. Ces données doivent proposer des
chiffres désagrégés par âges simples, par milieu et par sexe au niveau du département,
du district et de la zone.
Les données spécifiques
Les questionnaires de recensement scolaire doivent prendre en compte les élèves en
situation de handicap et vulnérabilité. Mais ces données n’ont de sens que si elles sont
mises en perspective avec les populations cibles qui constituent des données spécifiques
(ou secondaires). Il est donc indispensable, d’identifier les structures détentrices des
sources de données quantitatives spécifiques et de faire une évaluation qualitative des
données qu’elles produisent mais également d’établir des liens fonctionnels entre les
directions techniques et ces structures en vue de garantir la mise à jour documentée des
données concernées.
25
Les données sur l’évaluation des acquis
En dehors des examens nationaux de fin de cycle réalisés sous la coordination du
BUNEXE, il existe, au MENFP, des expériences sur l’évaluation des acquis dont celles du
PEQH sur quelques écoles de quatre départements du Grand-Sud et l’évaluation nationale
des compétences en maths, français et créole des élèves de la 4ème année fondamentale.
Ce suivi des acquis des élèves est indispensable pour mesurer la qualité de l’éducation. Il
convient donc de systématiser le processus à travers des évaluations nationales
récurrentes (tous les deux ans par exemple) au primaire et au secondaire. Ces évaluations
régulières permettront d’une part de produire plusieurs indicateurs de l’ODD4 et d’autre
part d’intégrer les résultats obtenus dans le SIGE. Les données des examens d’Etat traités
au BUNEXE doivent aussi alimenter le SIGE et permettre de calculer des indicateurs de
suivi de l’apprentissage au niveau national (taux d’achèvement, taux de mention, taux de
réussite, etc.).
Données financières et économiques
Au MENFP, il n’existe pas de données financières et économiques suffisamment
désagrégées pour permettre une analyse fine des coûts et financement de l’éducation. A
noter aussi que quelques indicateurs requis par le suivi de l’ODD4 nécessitent l’utilisation
de données économiques qui sont en général assez difficiles à obtenir de façon fiable par
le ministère. Cela est vrai en particulier pour la quantification de l’aide extérieure qui bien
que connue dans ses grandes masses est plus difficile à appréhender par postes
budgétaires (constructions, équipements, intrants pédagogiques, ...). Pour ce point les
partenaires financiers doivent être sensibilisés pour désagréger au mieux les montants
de leurs contributions. D’une manière générale, la mise en place d’un compte satellite de
l’éducation permettra de mieux aborder ces éléments.
Il faudra donc veiller à ce que le compte satellite de l’éducation mette en exergue :
➢ Les dépenses publiques désagrégées
➢ Les sources internationales de financement désagrégées
➢ Les dépenses des ménages.
26
Dissémination et utilisation
Comme le diagnostic SABER-SIGE Haïti réalisé en 2016 l’a pointé du doigt, les statistiques
ne sont pas disséminées et utilisées pour la prise de décision. Cependant, pour que le
pilotage du système éducatif soit effectif, une dissémination des résultats à l’ensemble
des acteurs est nécessaire. A titre d’exemple, la diffusion de « l’annuaire », qui est une
production majeure des services statistiques du secteur, doit être effective à tous les
niveaux déconcentrés (département, district scolaire et réseaux non publics de
d’éducation) pour en particulier préparer la rentrée suivante, ce qui présuppose donc que
l’annuaire soit disponible au plus tard en avril de l’année en cours. A terme un portail de
l’éducation devrait permettre la diffusion dynamique des données du secteur. Il est donc
important que des procédures soient clairement établies pour accéder aux données et à
leurs métadonnées afin d’alimenter la communauté éducative comprise au sens large du
terme (chercheurs en sciences de l’éducation, PTF, communauté, société civile, …), en
données validées et suffisamment désagrégées pour permettre des analyses secondaires
non prises en charge par les services statistiques du ministère. Cette diffusion se devra
bien évidemment de respecter les règles d’anonymisation que les standards nationaux et
internationaux préconisent.
5. OBJECTIFS DU SCHEMA DIRECTEUR
5.1. Objectif général
Le Schéma Directeur a pour but de définir le cadre d’intervention de la mise en place d’un
système d’information devant permettre une modernisation de la gouvernance du
secteur de l’éducation. Son intérêt est d’associer l’ensemble des acteurs métiers à un
chantier collaboratif et participatif pour doter le Ministère de l’Éducation Nationale et de
la Formation Professionnelle d’un cadre de gouvernance stratégique des données dont
l’apport progressif via le management des systèmes d’information assurera une
amélioration continue de la prise de décision dans le secteur.
5.2. Objectifs spécifiques
De manière spécifique, il s’agit de combiner les intelligences et les savoirs des cadres des
directions techniques et départementales mais surtout de bénéficier de l’engagement de
27
la haute autorité du MENFP pour arriver à mettre en œuvre, de manière cohérente, les
quatre piliers ci-après.
•
Utilisation des infrastructures technologiques
Atteindre une plus grande performance dans le processus de production et
partage des données par l’extension et l’amélioration de l’utilisation des
infrastructures existantes au MENFP.
•
Standardisation du développement des applications
Améliorer l’efficacité de la production des données par l’adoption de systèmes
applicatifs communs et/ou compatibles au niveau de toutes les structures
techniques et de projets du MENFP.
•
Fourniture de données
Mettre à la disposition des acteurs internes et externes du secteur des
informations selon différentes modalités et mises à jour régulièrement par
l’accroissement des outils de production et de diffusion des flux informationnels.
•
Gouvernance de la production des données
Atteindre un niveau performant de production et partage des données par le
renforcement de la dynamique organisationnelle de gouvernance des systèmes
d’information.
6. STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU SCHEMA DIRECTEUR
La mise en place de ce Schéma Directeur est prévue sur une durée de cinq ans. Tel que
relevé par les bonnes pratiques de mise en place de SIGE dans plusieurs pays, il devra
impliquer la participation et prise de responsabilité de tous les acteurs concernés sur
l’ensemble de la chaîne de production. Par contre, il est aussi avéré que cette
harmonisation du fonctionnement du système de production de données se fera de
manière progressive et sur un moyen terme.
De manière plus opérationnelle, l’équipe de l’USI, de par ses responsabilités dans le
processus de production et de gestion de données jouera un rôle d’appui-conseil auprès
des directions techniques, départementales et de leurs cadres impliqués dans ce
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processus d’exécution du Schéma Directeur des systèmes d’information. Ces structures
techniques assureront l’interface entre les métiers et l’USI en travaillant à la mise en place
des procédures, des cahiers de charge et au développement des applications en vue de
l’automatisation des demandes de leurs directions. Chaque directeur technique sera
chargé de la validité et du déploiement des applications de son unité ; il s’assurera pour
ce faire du processus de contrôle qualité par les coordonnateurs de l’Equipe Technique
Nationale.
Une stratégie d’implémentation du SIGE permettra de préciser les paramètres
opérationnels de sa mise en œuvre en développant un plan d’intervention détaillé sur une
période minimale de trois ans. Les projets permettant d’atteindre les résultats seront
développés dans un cadre logique confirmant leur hiérarchisation ainsi que les
ressources nécessaires à leur exécution. Ces projets tiendront notamment compte de
•
toutes les nouvelles stratégies à adopter pour faciliter la collecte régulière de
données;
•
des activités visant à l’obtention d’une provision budgétaire annuelle pour la mise
à disposition des données;
•
le développement d’un cadre légal pour la mise en place du système d’information
qui associe tant les paramètres nationaux qu’internationaux de la production de
données;
•
s’assurer d’une évaluation récurrente du processus de mise à disposition des
données tant au niveau interne du MENFP qu’avec l’accompagnement des acteurs
nationaux et internationaux.
Tel que défini dans le chapitre ci-après, une structure de pilotage permettra d’assurer un
suivi global de la mise en œuvre.
7. STRUCTURE DE MISE EN OEUVRE
Tel qu’indiqué précédemment, mettre en place un SIGE implique une mise en
mouvement de l’ensemble des structures du système éducatif. D’autre part, la pérennité
des résultats de ce système recommande que les actions et opérations soient totalement
intégrées dans les pratiques quotidiennes institutionnelles. Ce schéma directeur a donc
été conçu en tenant compte de la culture organisationnelle et des paramètres
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spécifiques liés à l’environnement du MENFP. C’est pourquoi, trois structures de gestion
sont prévues pour son exécution : un Comité Stratégique National, un Comité National
de Pilotage et une Equipe Technique Nationale. Leur principal mandat, défini ci-après,
servira au développement des termes de référence devant préciser leurs composition,
modalités de fonctionnement et résultats attendus.
7.1. Le Comité Stratégique National (CSN)
Le Comité Stratégique National constitue l’instance hiérarchique supérieure de la
structure organisationnelle devant gérer la mise en place du SIGE en Haïti. Il assure un
rôle de validation des orientations de politique et des décisions de mise en œuvre par
l’acceptation des rapports d’analyse, des évaluations de l’état d’avancement de la mise en
oeuvre et par la confirmation des futurs plans d’interventions.
Sa mission est de s’assurer que les interventions prévues au niveau du Schéma Directeur
sont conformes au Plan Décennal d’Éducation et de Formation (PDEF) ainsi qu’avec les
autres documents d’orientation stratégique du MENFP. Pour cela, il joue un rôle d’appuiconseil au comité de pilotage mais lui fournit également les moyens nécessaires à la
réalisation de la stratégie d’implémentation du système d’information. Enfin il maintient
une communication officielle constante sur le processus avec tous les partenaires.
7.2. Le Comité National de Pilotage (CNP)
Le Comité National de Pilotage constitue la structure de liaison entre les niveaux
décisionnel (CSN) et technique (ETN). Il a pour mission de contrôler l’ensemble des
travaux du comité technique en veillant au respect de l’exécution des actions prévues
dans les documents de planification validés par le Comité Stratégique National. En plus
de la confirmation de la réalisation des travaux, il rapporte sur la qualité des produits
obtenus par le processus de mise en place du SIGE. C’est pourquoi, il réalise un suivi
constant de l’ensemble des opérations et s’assure du respect du protocole de
gouvernance garantissant les modalités d’une gestion collaborative du processus de
production, de distribution et de consommation des données au sein du MENFP par
l’ensemble des directions techniques.
7.3. L’Equipe Technique Nationale (ETN)
L’Equipe Technique Nationale s’occupe de la bonne mise en œuvre de la stratégie
d’implémentation du SIGE (de la définition de la stratégie de collecte des données à la
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mise à disposition et l’utilisation de celles-ci). Elle regroupe toutes les fonctions d’études,
de planification, d’exécution, de gestion, de suivi et d’évaluation des opérations de mise
en place du SIGE. L’ETN alimente la structure de pilotage de la mise en place du SIGE à
travers la conduite de réflexions pratiques pouvant faciliter leur compréhension des
thématiques relatives au système d’information et à l’utilisation des statistiques
éducatives.
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