(2020-01) Orientation Framework for Subject Didactics in the Teacher Training Colleges (ENIJE)
Summary — Guidance on subject didactics for Haiti's teacher training colleges, issued by the MENFP Direction de la Formation et du Perfectionnement in January 2020. It pairs a theoretical section with model lesson sheets so student teachers could be prepared for the end-of-studies examinations in a year cut short.
Key Findings
- Issued January 2020 by the MENFP Direction de la Formation et du Perfectionnement, Service de la Formation Initiale.
- Written because the teacher training colleges could not cover the planned 2019-2020 content after the school year was disrupted.
- Combines a theoretical section on subject didactics with model lesson sheets.
- Aimed at preparing student teachers for the official end-of-studies examinations.
- Cites the decree of 5 June 1989 as the basis for the Direction's mandate over initial teacher training.
Full Description
The Direction de la Formation et du Perfectionnement wrote this framework when the teacher training colleges could see they would run out of time to teach the planned content for the 2019-2020 year. Its opening pages give that as the reason. The framework sets out how each school subject should be taught, and adds model lesson sheets that college heads and their student teachers could work from directly. The Direction takes its mandate over initial teacher training from the decree of 5 June 1989. 88 pages.
Full Document Text
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RÉPUBLIQUE D‟HAITI
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Direction de la Formation et du Perfectionnement
Service de la Formation Initiale
Cadre d’orientation de la didactique des disciplines
au niveau des Ecoles Normales d’Instituteurs et de
Jardinières d’Enfants (ENIJE)
Document théorique
Et
Fiches de leçon modèles
Janvier 2020
Introduction
Vu la conjoncture qui a empêché la reprise des activités scolaires de cette année,
les Ecoles Normales d‟Instituteurs et de Jardinières d‟Enfants (ENIJE) n‟auront
pas le temps de couvrir tous les contenus prévus et particulièrement ceux de la
didactique des disciplines qui représentent en quelque sorte la quintessence du
métier d‟enseignant. Ainsi, la Direction de la Formation et du Perfectionnement
dont la mission est d‟orienter, de réguler le sous-secteur de la formation en
référence au décret du 5 juin 1989, met à la disposition des acteurs en particulier
les responsables des ENIJE ce document d‟orientation en didactique des
disciplines pour leur permettre d‟une part de mieux préparer les étudiants-maitres à
faire face aux évaluations officielles de fin d‟Etudes Normales et d‟autre part de
bien s‟acquitter de leur mission qui consiste à préparer les enseignants et les
Jardinières d‟Enfants, futurs responsables du processus d‟enseignementapprentissage dans les salles de classe.
Pour Cela, les responsables de la DFP ont pris le temps de réfléchir sur les
contenus les plus pertinents à prendre en compte dans ce contexte. Ils ont mobilisé
des techniciens tant à l‟interne qu‟à l‟externe pour faire cette délimitation.
Ce nouveau document dans le secteur de la formation recouvre globalement
l‟ensemble des matières disciplinaires et contient deux grandes parties pour
chacune d‟elles :
Un document théorique contenant des informations générales sur la
didactique de la discipline qui sont bien adaptées au contexte. On y trouve
aussi le cadre méthodologique de préparation et de présentation de leçons
selon les prescrits du MENFP.
Des fiches de leçons modèles pouvant orienter les formateurs à mieux
organiser les séances avec les étudiants-maitres qui à leur tour auront à
répliquer en situation professionnelle cette même méthodologie.
Il est recommandé à tous les acteurs du sous-secteur de la formation initiale de
prendre en compte ce document dans le cadre de la formation à dispenser aux
futures enseignants et Jardinières d‟enfants.
« Tant valent les enseignants tant vaudront les élèves ».
RÉPUBLIQUE D‟HAITI
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Direction de la Formation et du Perfectionnement
Didactique des
mathematiques
Document théorique
Et
Fiches de leçon modèles
Plan du travail
1)
2)
3)
4)
5)
6)
Didactique
Didactiques des mathématiques
Objectifs de l‟enseignement des mathématiques
Hypothèses fondamentales
Concepts didactiques lies aux mathématiques
Les temps du processus d‟apprentissage
a) Temps d‟action
b) Temps de formulation
c) Temps de preuve (validation)
d) Temps d‟institutionnalisation
7)
Les types de séance de maths
a) Séance de découverte
b) Séance d‟entrainement
c) Séance de réinvestissement ou d‟application
8)
Les étapes de la préparation
a) Mise en train
b) Découverte
c) Fixation
d) Synthèse
e) Evaluation
9)
Définitions de quelques outils curriculaires
a) Plan d‟études
b) Programme-cadre
c) Programme détaillé
d) Guide de progression
10) Quelques conseils méthodologiques pour la réussite d‟une séance
11) Synthèses d‟analyse d‟une séance
12) Matériels didactiques pour faire les mathématiques
13) Les fiches
Didactique
On peut trouver l‟origine historique de l‟utilisation du terme «didactique» dans «la grande
didactique» de Comenius, publié en 1649. La didactique serait au départ un synonyme savant de
pédagogie. Initialement, ce terme désigne «ce qui vise à instruire», «qui concerne l'intention
d'enseigner, d'expliciter méthodiquement les procédés d'un art ou d'une science», «qui concerne
l'intention d'enseigner, d'expliciter méthodiquement les procédés d'un art ou d'une science.»
(Trésor de la Langue Française). Les quelques définitions de la didactique avant 1980 donnent
également à penser la didactique comme une méthode : R. LAFON (1963) : « art d'enseigner
exercé par un adulte » H. PIERON (1963) : « Science auxiliaire de la pédagogie relative aux
méthodes les plus propres à faire acquérir telle ou telle matière... » G. MIALARET (1979) :
«Ensemble des méthodes, techniques et procédés pour l'enseignement… » On retrouve à travers
ces définitions que la didactique serait un ensemble de recettes et d‟astuces pour mieux enseigner.
Lorsque l‟on interroge les étudiants, on retrouve fréquemment acceptations suivantes: méthode
d‟enseignement, moyen technique, pédagogie spéciale, art d‟enseigner. Or, la didactique est un
champ de recherche, pas une méthode, d‟où l‟importance de l‟analyse de contenus. Ainsi, la
didactique serait une science autonome, s‟inspirant de la psychologie, de l‟épistémologie, des
sciences du langage, des sciences cognitives.…
La didactique étudie le processus de transmission des connaissances de l'enseignant vers l'élève
mais aussi comment l'élève s'approprie et reconstruit ces connaissances. Ces processus
d'acquisitions des savoirs sont différents selon les savoirs enseignés. Pour chaque concept
mathématique, il est important de connaître la façon dont il s'est construit dans l'histoire et les
problèmes qu'il permet de résoudre, pour appréhender les obstacles que son enseignement va
susciter.
Didactiques des mathématiques
Nous pouvons retenir comme correctes les deux définitions suivantes pour la didactique des
mathématiques :
Douady (1984): «La didactique des mathématiques est l‟étude de processus de transmission et
d‟acquisition des différents contenus de cette science, et qui se propose de décrire et d‟expliquer
les phénomènes relatifs aux rapports entre son enseignement et son apprentissage. Elle ne se
réduit pas à chercher une bonne manière d‟enseigner une notion fixée ».
Brousseau (1991): «Science s‟intéressant à la production et à la communication des
connaissances mathématiques dans ce que cette production et cette communication ont de
spécifique de ces connaissances. La didactique des mathématiques étudie la façon dont les
connaissances sont créées, communiquées et employées pour la satisfaction des besoins des
hommes vivant en société ».
La didactique des mathématiques cherche donc aussi à créer des situations d'enseignement
adéquates permettant le franchissement de certains obstacles et une transmission des savoirs.
Objectifs de l’enseignement des mathématiques
Enseigner les mathématiques, c'est conduire l'élève à transformer sa représentation du monde
pour aller vers plus d'abstraction. On part des quantités pour aller vers les nombres, des objets
du réel vers les objets géométriques et leurs propriétés, des grandeurs vers leurs mesures. Les
notions mathématiques sont construites comme modélisations du réel et réponses à des
problèmes. Les connaissances mathématiques sont d'une grande importance pour la
compréhension des sciences et des techniques. Mais la culture mathématique a elle-même une
grande importance dans la formation de l'individu donc dans l'éducation de l'enfant. Faire des
mathématiques sert à construire la pensée logique, le raisonnement, l'habitude de la rigueur
intellectuelle. L'enseignant de l'école fondamentale a intérêt à s'appuyer le plus souvent possible
sur le quotidien de l'enfant haïtien pour l'aider à construire ses savoirs mathématiques. Ces
savoirs seront ainsi plus facilement utilisables puisqu'ils seront reliés dès leur apprentissage à des
situations connues. De même, il faudra, à chaque fois que cela sera possible inciter les enfants à
construire leurs savoirs, en estimant un ordre de grandeur, en discutant et en argumentant autour
d'une solution, en vérifiant la validité par la manipulation ou le calcul. Le processus de validation
d'une solution sera confié le plus possible aux élèves pour qu'ils apprennent à passer d'une
validation basée sur l'expérience à un véritable processus de preuve s'appuyant sur des
connaissances mathématiques et un raisonnement logique, développant ainsi une pensée logique
et rationnelle.
Hypothèses fondamentales
L‟essentiel des travaux en didactique des mathématiques repose sur deux hypothèses.
La première est une hypothèse constructiviste, c.-à-d. que les élèves construisent leurs
propres connaissances et le sens de ces connaissances.
La deuxième hypothèse prend sa source dans le fonctionnement des mathématiques, il
s‟agit d‟une hypothèse épistémologique: les problèmes et les situations sont à la source
de la signification des connaissances mathématiques
Concepts didactiques lies aux mathématiques
La théorie des situations didactiques tente de modéliser les rôles et fonctions des différents
acteurs et objets d‟un système d‟enseignement.
Une situation didactique réunit l‟ensemble des activités dans lesquelles des apprenants doivent
mobiliser ou construire des savoirs pour atteindre des buts fixés par l‟enseignant.
Une situation didactique est une situation où se manifeste un projet d'enseigner. C'est
l'enseignant qui met en place une situation où l'élève sera confronté à un milieu. Brousseau fait
l'hypothèse que pour chaque notion à enseigner, il existe au moins une situation fondamentale
qui sera proposée aux élèves. Cette situation est une situation-problème. La notion à acquérir est
l'outil privilégié pour la résoudre. L'élève va construire la notion en résolvant le problème. En
faisant l'analyse épistémologique et didactique de la notion, on peut étudier les obstacles que va
rencontrer l'élève et faire varier cette situation fondamentale pour l'aider à franchir ces obstacles.
Pour l‟élève, l'enjeu est de résoudre le problème et de prouver la validité de sa solution. La
finalité d'enseigner un savoir donné n'est pas première pour lui même s'il sait que c'est le projet
de l'école.
On dit qu'il vit une situation adidactique qui est à l'intérieur de la situation didactique mise en
place par l'enseignant. L'enseignant cherchera à lui laisser une grande marge d'initiative pour
qu'il prenne la responsabilité de cette résolution et soit véritablement acteur.
Une variable didactique est une variable dont la modification des valeurs provoque des
adaptations, des régulations, des apprentissages, et, dans le cas de la recherche de la solution d'un
problème, des changements de stratégies. (Brousseau)
Le champ conceptuel
« Un espace de problèmes ou de situations-problèmes dont le traitement implique des concepts et
des procédures de plusieurs types en étroite connexion, ainsi que les représentations langagières
et symboliques susceptibles d‟être utilisées pour les représenter »
Le schème
C‟est «l‟organisation invariante de la conduite pour une classe de problèmes donnée». C'est
organisation invariante de l'activité pour une classe de situations définie. L‟invariance caractérise
l'organisation et non l'activité ; le schème n'est pas un stéréotype ; il permet au contraire de traiter
la contingence et la nouveauté, ce qui ne serait pas le cas s'il s'agissait d'un stéréotype.
Vergnaud précise que «c‟est dans les schèmes qu‟il faut rechercher les connaissances en acte du
sujet, c‟est-à-dire les éléments cognitifs qui permettent à l‟action du sujet d‟être opératoire ».
Les schèmes-concepts sont relatifs à ce que l‟élève apprend. Il faut garder à l‟esprit la différence
entre apprentissage et enseignement. Effectivement, un concept ne peut être réduit à sa définition.
Il doit pouvoir être mis en œuvre par les élèves. C‟est à travers des situations et des problèmes à
résoudre qu‟un concept acquiert du sens pour l‟enfant.
Le temps didactique Il existe une quatrième dimension de la relation didactique, c‟est le temps
didactique (ce temps permet l‟évolution du système).
Il existe deux temps :
Le temps d’enseignement qui est un temps légal, programmé sur l‟année, séquentialisé, rythmé
par les évaluations, mais également spiralé au fil des années ;
Le temps d’apprentissage qui est un temps individuel, à la structuration complexe, car il est
constitué d‟intégrations successives, de réorganisations perpétuelles, d‟après-coups et donc il est
discontinu Il n‟y a pas nécessairement correspondance entre ces deux temps.
Le contrat didactique
Attentes du professeur et des élèves dans le cadre de l‟enseignement. C‟est l‟ensemble des
comportements de l‟enseignant qui sont attendus de l‟élève, et l‟ensemble des comportements de
l‟élève qui sont attendus de l‟enseignant… Il s‟agit d‟un ensemble des règles implicites qui
permet de déterminer les rôles respectifs de l‟élève et du maître dans la classe par rapport au
savoir
Le système didactique
Pour comprendre le système didactique, il faut faire une approche systémique qui permet de
mettre en relation les différents protagonistes. Il faut déjà identifier les protagonistes: le maître,
l‟élève et le savoir. L‟objectif de l‟approche systémique est de comprendre le «jeu qui se mène
entre un enseignant, des élèves et un savoir mathématique » (Chevallard)
Le triangle didactique
On représente fréquemment le système didactique sous la forme d‟un triangle
Les trois sommets du triangle : Professeur, Elève, Savoir
Les trois côtés du triangle : Processus « apprendre », Processus « enseigner », Processus
« former »
Cette représentation permet d‟analyser la fonction de chacun des protagonistes du système
didactique, en interaction avec les autres protagonistes.
Les temps du processus d’apprentissage
Les temps dominants de la théorie des situations sont : L‟action, la formulation, la validation et
l‟institutionnalisation. Entre chaque temps, il y a des échanges et régulations entre élèves ou
groupe d‟élèves et le savoir en jeu.
Situation ou temps d'action
Elle pose à l'élève un problème dont la meilleure solution est la connaissance visée. Elle lui
permet d'agir sur ce problème. Elle lui renvoie des informations immédiates sur l'effet de son
action. On pose à des élèves de 4ème AF la question : Peut-on tracer un triangle avec deux
angles droits ? Les élèves cherchent en traçant de différentes manières.
Action situation <------------------- élève
-------------------->
information
Temps de formulation
Dans le groupe de travail, l'élève explicite son action. Il communique avec ses camarades en
langage naturel ou mathématique. La verbalisation (le fait de mettre des mots sur son action)
permet une avancée vers la conceptualisation. Le travail autour des messages échangés (oraux ou
écrits) est très riche car il oblige l'élève à expliciter ce qu'il perçoit de manière implicite. Les
élèves formulent entre eux l'impossibilité : « ce n'est pas possible, ça monte tout droit, on ne
peut pas fermer, on ne peut pas avoir une équerre avec deux angles droits » exemples de
formulations réelles d'élèves.
Temps de preuve (validation)
Le groupe d'élèves va devoir prouver à la classe que sa solution est vraie. Cette validation peut
être réfutée par les autres élèves. Le groupe doit proposer un modèle valable en utilisant un
raisonnement logique et des propriétés mathématiques. « Ce n'est pas possible parce que si on a
deux côtés qui forment un angle droit, au bout d'un des côtés, on trace un autre angle droit. Les
deux côtés qui restent sont parallèles parce qu'ils font un angle droit avec le premier côté »
(formulation réelle d'élève.) Cette validation est correcte même si elle utilise le langage naturel
(bout au lieu d'extrémité) et qu'elle est maladroite ( elle n'utilise pas la facilité de nommer les
côtés). La propriété mathématique qui prouve l'impossibilité est bien énoncée.
Temps d’institutionnalisation
Au terme de ces trois étapes, une notion a été dégagée. L'enseignant doit décontextualiser (sortir
du contexte) la notion obtenue et en faire un objet de savoir officiel. L'institutionnalisation est le
passage pour une connaissance de son rôle de moyen de résolution d'une situation d'action, de
formulation ou de preuve, à un nouveau rôle, celui de référence pour des utilisations futures,
collectives ou personnelles. Brousseau La plupart du temps, cette connaissance découverte peut
faire l'objet d'une trace écrite dans un cahier de leçons.
Les types de séance de maths
Trois (3) types de séances
• Des séances de découvertes : une nouvelle notion
• Des séances d‟entrainement : exercices pratiques, application, fixation
• Des séances de réinvestissement réutiliser les compétences acquises dans la réalité, dans
la vie pratique, dans d'autres types de situation
Les phases d’une séance de découverte de mathématiques
Selon la démarche ‘situation-problème’
Devise : ‘Ensemble, on est plus intelligent que le plus intelligent de la classe’
Mise en situation / Introduction
Pour que les enfants puissent s‟impliquer dans la démarche, la situation doit être
motivante pour tous, elle doit s‟inscrire dans une situation réelle de classe (projet d‟école, projet
de classe, thème précis ou vie quotidienne) et aboutir à une production concrète.
Emergence du problème / Consigne
Chaque élève doit s‟approprier le problème posé et se lancer un défi pour le résoudre. Il
est nécessaire que la classe verbalise collectivement la problématisation pour s‟assurer que
chacun a bien compris et s‟approprie le même problème.
Phase de recherche et de verbalisation
C‟est la phase de découverte, d‟exploration, où les enfants s’investissent, s’interrogent
sur des moyens de résolution. Elle se fait souvent en atelier, parfois individuellement. La
recherche en groupe permet une variété et une richesse des échanges. Les enfants testent une par
une les différentes stratégies qui sont à leur portée (essaie-erreur) en vue de trouver celle la plus
efficace pour résoudre le problème. L‟enseignant participe activement à cette phase pour
stimuler, relancer, encourager. Il aide les élèves à adopter des stratégies efficaces qui les amènent
à prendre conscience de leurs réussites et de l‟inefficacité de certaines stratégies : c‟est ainsi
qu‟ils vont pouvoir progresser et poursuivre leurs recherches.
Phase de validation
C‟est la phase des débats. Elle doit favoriser la communication orale. Chaque groupe
présente leur résultat à la classe par le biais de leur porte-parole. Le „pourquoi ?‟ et le
„comment ?’ de chaque résultat doit-être expliqué à la classe par les membres du groupe. Lors
de cette phase, les enfants qui n‟avaient pas trouvé la solution s‟approprient celle des autres.
L‟enseignant accompagne le groupe dans sa prise en compte des critères nécessaires pour aboutir
à la résolution.
Phase de conceptualisation
Cette phase permet de faire la synthèse de ce que l‟on a appris. Elle se traduit par la prise
de conscience de l‟utilité de ce qui a été construit précédemment : affichage référent, fiche
conseil, acquisition de techniques, de nouvelles connaissances. Dans cette phase, l‟enfant réalise
qu‟il acquiert des compétences précises (« être capable de… »), qu‟il pourra réinvestir dans
d‟autres situations.
Chaque enfant note l‟essentiel de la connaissance acquise (la démarche) dans leur cahier.
Trace écrite
Chaque enfant note l‟essentiel de la connaissance acquise (la démarche) dans leur cahier.
•
La trace écrite n‟est pas forcément des traces d‟encres sur du support papier. Toute
réalisation concrète produite par l’élève qui a pour objectif de l‟amener à se souvenir
de la connaissance ou de la démarche acquise est appelée trace écrite.
Leçon sur le cahier, affichage référent, fiche conseil
Séance d’entraînement et de réinvestissement
L‟enseignant se rend compte au cours de cette séance que certains enfants utilisent les
stratégies efficaces trouvées auparavant dans une situation donnée et qu‟ils peuvent les transférer
dans une situation différente. C‟est également au cours de cette phase qu‟il apporte son aide aux
enfants n‟utilisant pas ces stratégies afin de remédier à leurs difficultés. Cette phase est le plus
souvent effectuée de manière différée pour que l‟enfant ne soit pas uniquement dans une phase
d‟imitation mais bien de transfert de compétences.
Séance d’évaluation
A la fin de chaque situation se trouve une phase d‟évaluation. Elle est, elle aussi, le plus
souvent différée pour la même raison. Néanmoins, l‟enseignant évalue les élèves tout au long des
séances sur leurs compétences langagières, mais aussi leurs capacités à s‟investir et à s‟engager
dans l‟activité.
Les étapes de la préparation
Voici des conseils méthodologiques suggérés par le Ministère de l‟Éducation Nationale
dans un document intitulé « Guide d’utilisation des nouveaux programmes de l’École
Fondamentale »
Cinq étapes essentielles ont été retenues à ce propos :
1- Mise en train
2- Découverte
3- Fixation
4- Synthèse
5- Évaluation
-
Mise en train : Elle a pour but de créer l‟ambiance nécessaire au bon déroulement de la
leçon ; de développer l‟envie, le gout d‟apprendre ; de capter l‟attention des apprenants, de
les motiver. La mise en train est aussi appelée introduction, mise en situation. Elle se fait de
différentes manières : chansons, comptines, dialogue sur un sujet précis, histoire, rappel
d‟une leçon antérieure ayant rapport avec la nouvelle leçon. Cette activité doit durer entre 3
et 5 mn. L‟activité choisie doit être en rapport avec la leçon.
-
Découverte : Au cours de cette phase l‟élève est amené à observer, travailler en groupe,
expérimenter, discuter, argumenter, interroger, investiguer pour découvrir les notions à
acquérir. Cette étape est très importante car elle permet à l‟élève de participer activement à sa
formation, elle développe son jugement, son raisonnement, sa logique, son esprit d‟analyse et
d‟interprétation, son sens d‟observation.
-
Fixation : La fixation a pour but de renforcer la nouvelle acquisition par le biais d‟activités et
de stratégies diverses (exercices de réemploi, de réinvestissement).
-
Synthèse : Elle permet de faire la mise au point sur l‟essentiel de ce qui a été vu au cours de
la leçon par des interrogations ou autres procédés (dessins, schémas). Au cours de cette phase
une trace écrite doit être élaborée avec les élèves. Le maitre en aura au préalable élaboré une
également ; elle devra apparaitre sur sa fiche de préparation.
-
Évaluation : Par l‟évaluation on vérifie si l‟objectif spécifique visé a été atteint. Il importe
toutefois de vérifier par des moyens de contrôle l‟acquisition des connaissances ou le
développement des compétences pour une séance. Vérifier le pourcentage d‟enfants ayant
atteint l‟objectif.
Définitions de quelques outils curriculaires
Plan d’études
Un tableau indiquant le volume horaire hebdomadaire et annuel pour chacune des disciplines du
programme.
Programme-cadre
Un document dans lequel sont indiqués, pour chacune des disciplines, les différents thèmes, les
sous-thèmes et les contenus essentiels à couvrir durant une année par niveau (classe).
Regroupement des contenus en sous-thème et en thème.
Programme détaillé
Un tableau dans lequel sont figurés les compétences, les contenus et des suggestions d‟activités
pour permettre aux apprenants d‟agir pour pouvoir résoudre une situation-problème.
Guide de progression
Un document situant les contenus essentiels d‟une discipline dans le temps. C‟est un bon outil de
planification. Mais, il n‟est pas figé. Donc, chaque professeur peut en faire une adaptation au
besoin. Il fixe le nombre de périodes par contenu.
Conseils pédagogiques pour la réussite d'un cours
1ervolet : Organisation du cours
1. Préparation du cours
-
-
-
Susciter l'intérêt des élèves :
traiter sa matière avec enthousiasme (enthousiasme communicatif) ;
tenter de satisfaire les attentes élémentaires des élèves dès la première activité
(impressions laissées sur les élèves qui prennent inconsciemment la décision de suivre ou
pas le cours) ;
valoriser la matière enseignée (rendre les élèves conscients de l'importance de cette
matière).
Préciser le contexte de travail
communiquer le nom de la matière et le plan suivi ;
informer du rythme et du système d'évaluation ;
exiger le matériel de travail obligatoire.
Clarifier les exigences communes
donner des instructions claires et concises ;
expliquer aux élèves leurs droits et leurs limites ;
aviser des conséquences fâcheuses en cas de désengagement.
2. Préparation de chaque séance
a. Fixer les objectifs
objectif général : énoncé formulé du point de vue de l'enseignant et qui commence par un
verbe comme par exemple : Le cours de géométrie vise à... / initie les élèves à...
objectif spécifique : énoncé rédigé du point de vue de l'élève et qui commence par un
verbe d'action comme par exemple : A la fin du cours, l‟élève doit être capable de .
b. Varier les moyens et les méthodes d'enseignement
les moyens d'enseignement : audiovisuels, scriptovisuels, sonores, écrits, informatiques ;
les méthodes d'enseignement : méthodes communicatives interactives, centrées sur l'élève
(débat, travaux de groupe, simulation.) ; éviter le cours magistral.
c. Planifier les évaluations
établir une relation entre objectifs et évaluations (évaluer uniquement les activités /
objectifs qui ont été annoncés) ;
penser aux différents types d'évaluation (formative/sommative).
3. Gestion du cours
a. Avant les explications
recevoir les élèves : arriver quelques minutes à l'avance et s'installer ;
capter l'attention des élèves : les élèves ne sont pas des automates dotés de la faculté de
participer spontanément à un cours ; prévoir un élément déclencheur ;
faire, au besoin, un bref rappel du cours précédent et annoncer le plan et les directives du
cours en question.
b. Pendant les explications
Qualités d'une bonne explication : elle est claire, bien structurée et significative aux yeux
des élèves ; elle est étayée d'exemples appropriés et accompagnée d'illustrations bien
conçues et bien exploitées ; elle réussit à provoquer une certaine curiosité intellectuelle
chez les élèves.
énergie de l'enseignant, groupe nombreux : préparation du cours jusque dans les
moindres détails ;
groupe hétérogène : efforts constants d'adaptation pour satisfaire les différents profils des
élèves.
c. Après les explications
faire une synthèse : reformuler les idées essentielles et annoncer le contenu du prochain
cours, si nécessaire ;
répondre aux questions : reformuler la question ; répondre directement à la question, sans
détour, avec concision et précision ; vérifier si sa réponse a été satisfaisante ;
donner des directives concernant le travail à effectuer à domicile.
2ndvolet : Attitude de l'enseignant
1. Prestation du cours
1.1 Varier la voix
adapter son volume à la grandeur de la salle (éviter de crier ou de chuchoter ; éviter la
voix aiguë ; adopter un ton calme et posé) ;
soigner sa prononciation et son articulation sans sombrer dans le maniérisme (s'exprimer
clairement.) ;
varier ses intonations pour donner de la couleur et du relief à son discours (ton affirmatif,
interrogatif ou dubitatif.).
1.2. Maîtriser ses gestes et ses déplacements
éviter de rester assis ou immobile près du tableau ; se déplacer aux moments opportuns
(dans les rangées, superviser la prise de notes des élèves.) ;
adopter des gestes et des déplacements adéquats qui accompagnent la parole.
1.3. Distribuer son regard sur les élèves
prendre l'habitude de regarder les élèves ; regarder les élèves de façon personnalisée ;
rendre chaque élève concerné par le regard.
2. Relation avec les élèves
2.1. Créer un climat favorable à l'éclosion de relations interpersonnelles positives
a) exiger le respect mutuel ;
b) permettre l'écoute et la communication.
2.2. Asseoir sa crédibilité
faire montre de sa compétence ; imposer son autorité.
2.3. Adopter des comportements authentiques
ne pas jouer au dur ou à l'autoritaire ni au copain ou au compréhensif ; éviter la
démagogie.
Synthèse d’analyse d’une séance
Découverte
Mise en train
Étapes
Ce que fait le maître
- Il fait un rappel sur les
prérequis de la nouvelle
notion.
- Il pose des questions aux
élèves.
- Il écrit dans sa fiche de
préparation les réponses
attendues aux questions.
- Il fait agir les élèves
- Il annonce l’objectif de la
leçon.
- Il aide les élèves à former
des groupes
- Il distribue des matériels
nécessaires à la leçon.
- Il écrit et fait lire la
consigne au tableau
- Il demande aux élèves de
reformuler la consigne
dans leur langage.
- Il veille à ce que tous les
enfants participent
- Il passe dans les groupes
pour encourager les élèves
à participer sans dire si les
réponses sont bonnes ou
fausses
- Il fait présenter la
démarche utilisée et les
résultats obtenus par
chaque groupe à toute la
classe
- Il prend l’avis de tous les
enfants sur chaque
résultat.
- Il analyse et critique les
réponses et les procédures
de chaque groupe puis il
présente la marche à
suivre.
Ce que font les élèves
- Ils écoutent
attentivement
- Ils font appel à leur
représentation
initiale. (ce qu'ils
savent déjà)
- Ils se montrent
motivés pour la
séance.
- Ils se mettent en
groupe
- Ils lisent, reformulent
et interprètent la
consigne.
- Ils manipulent les
matériels
- Ils discutent entre
eux
- Ils partagent leurs
expériences avec les
autres membres du
groupe.
- Ils essaient et
commettent des
erreurs puis ils
recommencent
- Ils écoutent leurs
camarades
- Ils argumentent pour
répondre aux
questions de leurs
camarades et pour
défendre leurs
résultats.
- Ils posent des
questions aux autres
groupes
La pertinence de
l’étape (à quoi ça
sert ?)
- Elle crée
l’ambiance
nécessaire au bon
déroulement de la
leçon.
- Elle développe
l’envie, le gout
d’apprendre ;
- Elle capte
l’attention des
apprenants, de les
motiver.
Les points de
vigilance. (à quoi il
faut faire attention ?)
- Elle ne doit pas
être trop longue. (3
minutes maximum)
- Elle doit être en
rapport avec la
séance
- Le maitre doit
- Elle permet à
expliquer clairement
l’élève d’observer,
ce que les activités
de travailler en
vont permettre
groupe,
d’apprendre.
d’expérimenter, de - Les situations et/ou
discuter,
les activités
d’argumenter,
proposées doivent
d’interroger,
refléter la réalité
d’investiguer pour
quotidienne ou le
découvrir les
vécu des enfants.
notions à acquérir.
Les activités
- Elle permet à
l’élève de participer proposées doivent
être courtes et
activement à sa
formation, elle
ritualisées. Elles
développe son
doivent permettre à
jugement, son
l’élève d’essayer, de
raisonnement, sa
se tromper, de
logique, son esprit
réajuster, de refaire.
d’analyse et
- Elles doivent avoir
d’interprétation,
des liens avec
son sens
d’autres activités
d’observation.
déjà vécues par
- Elle permet aux
- Il faut faire dire à
enfants de
l’enfant ce qu’il a
construire leur
fait, comment il est
connaissance.
parvenu à le faire.
Fixation
- Il donne des exercices variés
à faire.
- Il encourage les enfants à
travailler
- Il prend en charge les enfants
en difficultés
- Il accepte qu’un enfant aide
un autre, quand il est sûr que
celui-là maitrise la démarche.
Synthèse
- Le maitre demande aux
enfants de construire la
formule, à partir des
questions.
- Il reformule les dires des
enfants avec des mots
exacts.
Evaluation
- Il donne une activité à
faire.
- Il fait lire et explique la
consigne
- Il s’assure que les enfants
ont les matériels adéquats
(cahier, plume, crayon,
etc.) pour réaliser l’activité.
- Il les corrige et analyse les
résultats
Ils continuent à
travailler d’autres
exercices dans leur
cahier, sur l’ardoise ou
au tableau.
Cette étape permet
de renforcer la
nouvelle acquisition
par le biais
d’activités et de
stratégies diverses
Les enfants formulent
l’essentiel de la leçon
en répondant aux
questions du maitre.
Elle permet de faire
la mise au point sur
l’essentiel de ce qui
a été vu au cours de
la leçon par des
interrogations
Ils réalisent
individuellement
l’activité sans l’aide de
personne.
- Elle permet de
vérifier si l’objectif
spécifique visé a
été atteint.
- Elle permet au
maitre de savoir
s’il doit poursuivre
l’objectif suivant
ou s’il doit
reprendre la
séance.
Veiller à ce que les
exercices de fixation
aient de liens étroits
avec l’objectif
spécifique.
- Une trace écrite doit
être élaborée avec
les élèves.
- Le maitre en aura au
préalable élaboré
une qui apparaitra
sur sa fiche de
préparation.
- Elle doit être en
étroite relation
avec l’objectif fixé
- Elle ne doit pas être
trop longue.
Matériels didactiques pour faire les mathématiques
Les situations-problèmes nécessitent très souvent l'emploi de matériel pour manipuler,
expérimenter, valider, représenter, s'entraîner. Ce matériel ne doit pas seulement être présenté
aux élèves mais ce sont eux qui doivent pouvoir réaliser, seuls, en binômes ou en groupes, les
manipulations. Pour cela, le matériel doit être en quantité suffisante, déjà prêt dans la salle de
classe.
Le temps de formation peut être un temps pendant lequel l'étudiant- maître va commencer à
rassembler et préparer ce matériel. On fera largement appel aux matériaux de récupération ou de
la nature pour leur coût inexistant. Les enfants, sollicités, apportent volontiers ce type de
matériaux. Cela peut aider à les motiver pour prendre en charge leur propre enseignement.
Matériel de numération : Tous les petits objets peuvent devenir matériel de numération. Il
suffit qu'on décide qu'un type d'objets (par exemple cailloux) représentera les unités, un autre
(capsules) les dizaines, etc.
Matériel d'échanges : cailloux, capsules de couleurs différentes, graines... L'emploi de graines
comestibles (nourriture) peut poser des problèmes. On peut demander aux élèves d'apporter
d'autres types de graines qu'ils vont ramasser dans la nature ;
Matériel de groupements : Il peut être intéressant de grouper les unités en paquet et de pouvoir
les défaire (l'élève voit encore les unités regroupées, c'est moins abstrait). On peut utiliser des
bûchettes, des pailles, des allumettes regroupées avec une ficelle ou un élastique.
Matériel de mesure :
Longueur : bandes de papier (peut récupérer auprès d'administrations des vieux listings écrits à
découper), morceaux de bois, ficelles, laines, allumettes, etc.
Capacités : tous récipients : bassines, bouteilles en plastique, verre en plastique, bouteilles de
shampooing
Volumes et solides : emballages de carton ou boîtes de conserve.
Géométrie : Les boîtes de carton vides (boîtes alimentaires) fournissent du carton pour tracer et
découper des figures qui peuvent servir de gabarit.
Gabarit d'angle
Classement de figures
Classement d'angles.
Une ficelle tendue attachée à une punaise d'un côté, à un crayon ou à une craie de l'autre
peut servir de compas éventuellement de très grande taille.
Cartes et étiquettes pour représentations du nombre, calculs divers, exercices
d'entraînement
Il est important que les élèves puissent manipuler diverses représentations des nombres (chapitre
sur la numération). Les activités proposées demandent souvent un matériel constitué de cartes.
Le calcul mental utilise aussi des cartes questions-réponses. Cela permet aussi que les élèves
s'entraînent en autonomie pendant que le maître travaille avec un petit groupe.
Ces cartes peuvent être réalisées sur le verso de cartons d'emballages. On peut les faire réaliser
aux élèves en accompagnant soigneusement cette réalisation pour que les cartes restent lisibles
en particulier pour les élèves les plus jeunes.
Faire tracer les cartes à découper après mesure et à la règle. Faire écrire le nombre ou le dessin
au crayon avant de l'écrire au stylo et faire valider la bonne écriture par le maître.
Notion de fiche pédagogique
La fiche pédagogique est un plan d‟actions ou d‟activités ou encore un plan d‟expérience
d‟apprentissage soigneusement rédigé par l‟enseignant afin de faciliter la construction du savoir
en classe. L‟enseignant prépare la fiche pédagogique en référence au syllabus. A l‟inverse du
curriculum, la fiche pédagogique est préparée par l‟enseignant (Kupole, Yiboe, 2010). Elle
couvre la tâche journalière de l‟enseignant. Elle est préparée en tenant compte du contenu, des
supports pédagogiques, des techniques de classe, l’effectif de la classe, l’intérêt des
apprenants, l’horaire, entre autres. La réussite d‟un cours dépend en grande mesure de la
qualité de la fiche pédagogique et sa mise en œuvre effective.
Fiche 1
No fiche
: MAT_MES01
Niveau
: 2e et 3e Année ENI
Discipline
: Mathématiques
Thème
: Enseignement-apprentissage des grandeurs et mesures
Objectif spécifique. : Après la leçon l‟étudiant-maitre doit être capable de comparer
directement et indirectement des grandeurs. (1ère et 2e A.F)
Contenu
: les grandeurs – définition ; comparaison directe et indirecte de
grandeurs – mesure/ étalon
Matériels
: cahiers, livres, feuilles, une table et une fenêtre, des bandes de
papier et des morceaux de ficelle, morceau de bois ou de carton d'environ 5 ou 6 cm.
Durée
: 60 minutes.
Organisation de la classe : groupes de 3 ou 4 élèves
Critère d’évaluation : l‟étudiant-maitre définit les grandeurs et fait la comparaison
directe et indirecte de grandeurs-mesure/ étalon
Finalité : L‟étudiant-maitre sera en mesure de préparer et présenter une leçon sur la
comparaison directe et indirecte de grandeurs-mesure/étalon.
Déroulement de la leçon :
1) Mise en train
:
Le formateur présente l‟objectif de la séance et fait le choix de quelques objets usuels de la salle
de classe qui permettront de faire le lien avec les concepts de mesure/grandeurs. Il rassemble les
étudiants-maitres et anime une discussion pour trouver les attributs (grandeurs) des objets choisis
(p. ex. longueur, taille, aire). Puis, il dresse une liste de ces attributs (grandeurs) au tableau.
En animant la discussion, il pose les questions telles que :
« Parmi la liste des attributs grandeurs dressée au tableau, lesquels peut-on mesurer? » (On
peut mesurer la longueur et l‟aire de la surface des objets.)
« Avec quel objet étalon peut-on mesurer le tableau? » (On peut mesurer la longueur du tableau
avec les mains, une brosse à tableau ou de la ficelle et on peut mesurer l‟aire de la surface du
tableau avec des carrés de papier.)
« Quels sont les attributs mesurables de ce livre? » (Les attributs mesurables de ce livre sont la
longueur, l‟aire de la surface, la masse et l‟épaisseur du livre.)
« Avec quel objet étalon peut-on le mesurer? » (On peut mesurer la longueur ou la largeur du
livre avec les doigts, une gomme à effacer ou de la ficelle; on peut également mesurer l‟aire de la
surface du livre avec des carrés de papier et on peut mesurer sa masse avec une balance.)
2) Découverte :
Morceau de ficelle
Bande de papier
Morceau de bois
Situation 1 : Les étudiants - maîtres sont par groupe de 3 ou 4. Ils comparent les longueurs de
différents objets déplaçables de longueurs proches pour les ranger du plus long au moins long
(cahier, livres, feuilles).
Situation 2 : Comparaison de 2 objets non déplaçables de longueurs proches, de façon qu'on ne
puisse pas répondre directement avec certitude (par exemple une table et une fenêtre). Des
bandes de papier et des morceaux de ficelle sont mis à disposition des groupes.
Situation 3 : Une comparaison de 2 autres objets non déplaçables, une mesure-étalon (morceau
de bois ou de carton d'environ 5 ou 6 cm).
Le formateur interroge les groupes pour chacune des situations sur la manière dont ils ont
procédé.
-
-
La situation 1 induit une comparaison directe entre les objets en les juxtaposant.
Dans la situation 2, la comparaison directe n'est plus possible. La situation 2 induit une
comparaison indirecte en utilisant un troisième objet qui est marqué ou coupé à la
longueur du premier.
Si le troisième objet a une longueur plus petite que les objets à comparer, il devient
nécessaire de reporter une mesure-étalon. On compte combien de fois cette mesure est
reportée pour comparer les longueurs. Ce nombre s'appelle la mesure de la longueur.
3) Fixation
:
Le formateur reprend les mêmes exercices en considérant d‟autres objets pour faciliter la
compréhension des étudiants-maitres.
Ensuite, il fait afficher les travaux regroupés des étudiants-maitres selon l‟objectif de l‟échange
mathématique (p. ex., regrouper les travaux selon les différents objets étalons de longueur
utilisés, ou selon la mesure des différents attributs). Il invite les étudiants-maitres à partager leurs
découvertes avec les autres équipes.
À tour de rôle, les équipes présentent leurs résultats. Les étudiants-maitres doivent justifier leurs
mesures ainsi que le choix des unités de mesure (objets étalons) avec lesquelles ils ont procédé à
la mesure des attributs (grandeurs). Le formateur doit ensuite attirer l‟attention des étudiantsmaitres sur les différents attributs mesurés.
4) Synthèse:
Le formateur demande aux étudiants-maitres de construire leur savoir à partir de questions
structurées. Il reformule ainsi les dires des étudiants-maitres :
Mesurer une grandeur, c‟est la comparer à une autre grandeur prise comme unité. C‟est
dire combien de fois cette grandeur contient l‟unité.
Une « unité de mesure » est une grandeur de référence qui permet de mesurer d‟autres
grandeurs de même type.
Différentes grandeurs : longueurs, masses, contenances, aires, volumes, durées
Les grandeurs existent indépendamment de leur mesure. Une grandeur est une propriété d'un
objet. Les toutes premières comparaisons de grandeurs peuvent se faire de manière sensorielle si
les grandeurs à comparer ne sont pas trop proches.
Le cas particulier des mesures de longueur
C'est la grandeur première et son nom varie suivant les circonstances où elle est utilisée :
longueur mais aussi taille, hauteur, épaisseur, altitude, périmètre, sont des longueurs.
C'est la grandeur de base qui sert aux calculs d'aires et de volumes (produits de mesures
de longueurs)
Les étapes d'une progression pour étudier une grandeur
1. situation qui implique une comparaison directe : objets proches et déplaçables
2. situation qui implique une comparaison indirecte : objets éloignés dans le temps ou l'espace.
On utilise un objet intermédiaire transportable.
3. situation avec un objet choisi comme étalon. On compte combien de fois l'objet à mesurer est
plus grand que l'objet-étalon. On peut travailler sur le nombre (mesure) au lieu de travailler
sur la grandeur.
4. Construction d'un instrument de mesure gradué. On explique le choix d'une mesure-étalon
commune pour pouvoir communiquer : mesures haïtiennes et mesures du système métrique.
5. Adaptation de l'unité de mesure à la grandeur à mesurer. Il est nécessaire de déterminer des
sous-unités. Cela implique l'apprentissage de la mesure en incluant les sous-unités et celui des
calculs de conversion.
5) Evaluation :
I- Décris dans ton cahier une situation pour chacun des cas suivants :
-
Une situation impliquant une comparaison directe
Une situation impliquant une comparaison indirecte
Une situation impliquant une mesure-étalon.
Le formateur corrige les exercices puis il demande aux étudiants-maitres de faire une autoévaluation de leur production.
Prolongement
I-
« Trouve tous les attributs (grandeurs) mesurables d‟un réservoir d‟eau? »
Les étudiants-maitres doivent réfléchir :
‹ à tous les attributs mesurables de ce réservoir d‟eau;
‹ à toutes les façons possibles de le mesurer;
‹ au matériel qui servira à le mesurer.
Le formateur leur suggère d‟observer le matériel mis à leur disposition et il établit des liens avec
les objets que les élèves ont déjà mesurés afin d‟orienter leur réflexion quant à la tâche à
accomplir.
Quels obstacles, quelles difficultés ?
Difficulté à considérer séparément les différentes grandeurs d'un objet. L'apprenant pense
qu'un objet d'un gros volume est plus lourd, qu'un récipient haut (longueur) a une plus
grande contenance. L'aire est confondue avec le périmètre.
Solution :
Proposer des exercices qui remettent en question les conceptions erronées des apprenants : objets
de même volume mais de poids différent, récipient très haut avec une contenance inférieure à un
récipient bas. On commencera par faire comparer par estimation (à ton avis, lequel contient le
plus ?) avant de procéder à la comparaison.
Difficulté à passer de la mesure avec une mesure-étalon à la mesure avec un instrument
(règle graduée, récipient gradué). La graduation est repérée alors que c'est l'intervalle
entre deux graduations qui constitue la mesure-étalon.
Solution :
Faire construire une règle graduée en reportant sur une bande de papier la mesure-étalon utilisée
pour la première activité de mesurage. On peut construire un récipient gradué en transvasant
plusieurs fois le contenu de la mesure-étalon et en marquant à chaque fois le niveau atteint.
Fiche 2
No fiche
: MAT_MES02
Niveau
: 2e et 3e Année ENI
Discipline
: Mathématiques
Thème
: Enseignement-apprentissage des mesures et grandeurs
Objectifs spécifiques.
: Après la leçon l‟étudiant-maitre doit être capable
de comparer directement deux capacités par transvasement.
Contenu
: Comparaison directe de deux capacités par transvasement
Matériels
:
Pour chaque groupe : une grande bouteille en plastique pleine d‟eau, un pot vide, deux
récipients vides : un bol et un gobelet en plastique plus haut que le bol, un marqueur, un
feutre ou une craie un seau.
Durée
: 60 minutes.
Organisation de la classe : groupes de 4 élèves
Critère d’évaluation
: l‟étudiant-maitre compare directement deux capacités par
transvasement.
Finalité
: L‟étudiant-maitre arrive à préparer et présenter une leçon
sur la comparaison directe de deux récipients par transvasement
Déroulement de la leçon :
: Le formateur présente l‟objectif de la séance et dit : Au cours de
la séance précédente, nous avons comparé le volume de plusieurs récipients de
différentes masses, mais, aujourd’hui nous allons travailler sur la comparaison directe
de la contenance de deux récipients par transvasement.
1) Mise en train
Il organise au sein des groupes les rôles de chacun :
1 orateur : qui expliquera le travail du groupe
1 responsable de l’eau : qui se chargera de remplir les contenances
1 responsable des contenants : qui s‟occupera de prendre, ranger et tenir les
contenants
1 script : qui sera en charge de noter les réflexions du groupe et ses réponses
Observation par groupe des différents contenants mis à disposition des étudiantsmaitres.
Seau
Bouteille en plastique
Pot vide
verre
Bol
Feutre
2) Découverte :
En montrant chacun des récipients, le formateur dit : Vous avez quatre récipients sur votre table
: une bouteille pleine d’eau, un pot et deux autres récipients vides. En continuant de montrer les
deux derniers récipients, il demande : Quel récipient peut contenir le plus d’eau ? Comment
peut-on en être sûr ?
Consigne :
1- Désignez un rapporteur dans votre groupe.
2- Trouvez le récipient qui contient le plus d‟eau. Vous viendrez ensuite expliquer comment
vous avez fait.
Activité : Les étudiants-maitres pourront proposer différents moyens : Remplir un des récipients
à comparer puis le vider dans le pot en repérant (en marquant) la hauteur atteinte. Puis vider le
pot et recommencer avec l‟autre récipient. Transvaser un récipient dans l‟autre pour voir lequel a
la plus grande capacité. Le formateur passe dans les groupes pour les encourager et leur
demander ce qu‟ils font sans les aider.
Mise en commun : Le formateur pose des questions qui permettront d‟arriver à la synthèse.
Pendant que les rapporteurs présentent leurs activités, il demande : Qu‟est-ce que vous avez vu ?
Qu‟est-ce qu‟on peut dire alors ?
Le formateur interroge un rapporteur par groupe qui va expliquer comment son groupe a
procédé. Le formateur aide à synthétiser (il fait remarquer les réponses qui se ressemblent et écrit
les nouvelles réponses sur le tableau). Que faire si des étudiants-maitres proposent une méthode
qui ne permet pas de prouver la différence de capacité ? (par exemple, remplir les deux récipients
et les vider ensemble dans le pot). Le formateur pose des questions au groupe qui a réalisé cette
méthode pour que les élèves se rendent compte qu‟avec cette méthode, on ne peut pas conclure.
Il demande : L‟eau des 2 récipients est mélangée dans le pot, peut-on savoir lequel contient le
plus ? Pour terminer la mise en commun : Le formateur interrogera en dernier 2 groupes qui ont
réussi chacun une des deux expériences. Un étudiant-maitre de chaque groupe viendra la montrer
à ses camarades. Si une expérience n‟a pas été trouvée par les étudiants-maitres, le formateur la
réalisera lui-même.
3) Fixation
: On fait reprendre la démarche pour faciliter la compréhension des
étudiants-maitres. Chaque étudiant-maitre refait l‟expérience afin qu‟il puisse visualiser
la différence de capacité d‟eau entre les contenants. Entre temps, le formateur donne la
consigne suivante : Nous allons continuer à comparer les contenants en les classant ainsi
de cette façon : tel récipient est plus petit que tel autre récipient.
4) Synthèse: Quand on verse l‟eau d‟un récipient dans un autre, la quantité d‟eau ne
change pas. Suivant la forme du récipient, la hauteur peut être très différente. Ce n‟est pas
toujours le récipient le plus haut qui contient le plus d‟eau. On peut vider un récipient
dans un autre pour savoir quel récipient peut contenir le plus.
Trace écrite : Les élèves dessinent l‟expérience. Le but de cette trace est de les aider à fixer, à
mémoriser ce qui a été fait. Ils dessinent les deux récipients. Ils peuvent dessiner :
le récipient A (de plus petite capacité) qui est vidé dans le récipient B (le récipient B n‟est
pas rempli)
ou le récipient B (de plus grande capacité) qui ne peut pas être vidé entièrement dans le
récipient B. Le récipient A est rempli et il reste de l'eau dans le récipient B.
Evaluation :
I-
II-
Deux contenants ont la même capacité. Pour remplir le premier, Marie doit verser 3
seaux, combien doit-il verser de bouteilles pour remplir le deuxième si chaque seau
peut contenir 4 bouteilles ?
Pour son anniversaire, Julien offre du jus de fruit. Il dispose d‟un gros gallon de 15
litres, Combien de camarades peut-il servir si chacun prend un verre de 3 centilitres?
RÉPUBLIQUE D‟HAITI
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Direction de la Formation et du Perfectionnement
Didactique des sciences
Expérimentales
Document théorique
Et
Fiches de leçon modèles
DIDACTIQUE DES SCIENCES EXPERIMENTALES
I-Définition de la Didactique:
La didactique est la science des mécanismes d‟apprentissage, des chemins à suivre pour
comprendre et apprendre des préceptes qui donnent qui donnent un sens à toute activité d‟apprentissage.
On distingue :
La didactique générale qui s‟intéresse à la conduite de la leçon.
La didactique spécifique qui s‟intéresse à l‟enseignement d‟une discipline particulière.
II-Les méthodes d’enseignement en sciences expérimentales :
L‟enseignement des sciences expérimentales a pour but de doter les apprenants de savoir, savoir agir et
savoir être. En fait, l‟enseignement des sciences expérimentales nécessite une pédagogie active. Aussi,
après avoir présentés les différentes démarches utilisées en enseignement, allons-nous voir la raison pour
laquelle l‟enseignement des sciences exige une démarche participative.
Les méthodes suivantes sont utilisées en enseignement des sciences expérimentales :
Observation
Emission d‟hypothèses
Vérification d‟hypothèses
Synthèses
Evaluation
III-Activités d’enseignement –apprentissages
Les activités d‟enseignement- apprentissages adaptées à cette approche active et interactive sont
diverses et nombreuses :
Lecture
Les enquêtes
Les expériences scientifiques
Les causeries éducatives
Les exposés
Les comptes rendus
Les jeux de rôles
Les simulations
Le brainstorming
Les travaux de groupes
Les excursions éducatives
Les débats
IV- Les stratégies d’évaluations
L‟évaluation du processus enseignement –apprentissage en sciences expérimentales se porte sur :
La capacité de l‟élève de décider en toute autonomie face à une situation problème
La capacité de l‟élève à s‟exprimer, à organiser ses idées.
Le niveau de connaissances acquises
Les échanges entre les paires.
Les jeux de rôles tirés du milieu expérimental.
V-Présentation de deux modèles antagoniques d’apprentissages
A- Le Modèle Transmissif
C‟est le modèle qui correspond à la conception empirique de l‟enseignement. Il est base sur deux
présupposés :
La neutralité conceptuelle de l‟élève. Avant l‟enseignement, l‟élève n‟a pas de conception
personnelle sur le sujet à aborder ; il est assimilé à un vase vide.
La non déformation du savoir transmis. Si l‟enseignant expose clairement son sujet et si les élèves
écoutent bien, ils vont assimiler le message tel qu‟il a été transmis.
Le rôle de l’enseignant : est d‟expliquer clairement.
Le rôle de l’élève est d‟écouter attentivement.
Avantage : L‟enseignement basé sur ce modèle est le plus économique en Temps et en moyen. Il est
adéquat si les apprenants sont motivés et attentifs.
Limites : Elles dépendent de la validité des deux présupposés : 1) Si une conception initiale inadéquate
existe elle risque de ne pas être remise en cause, et d‟interférer avec la nouvelle connaissance. 2) Ce qui
est dit par l‟enseignant n‟est pas toujours entendu de la même façon par tous les élèves.
B- Le Modèle Constructiviste
Il repose sur les trois présupposés suivant :
C‟est en agissant que l‟on apprend
Quel que soit son âge, l‟esprit n‟est jamais vierge. Les représentations initiales s‟érigent souvent
en obstacle aux nouvelles connaissances.
La connaissance ne s‟acquiert pas par simple empilement ; elle passe d‟un état d‟équilibre à un
autre par des phases transitoires au cours desquelles les connaissances antérieures sont mises en
défaut.
Selon ce modèle, l‟acquisition de connaissances passe par la transformation des informations reçues par
l‟apprenant à travers ses expériences et ses connaissances préalables. Pour accéder a un état de
connaissance supérieure, il faut donc remettre en cause et réorganiser ses conceptions initiales en y
intégrant les nouvelles données.
Le rôle du maitre est complexe : il doit d‟abord repérer les obstacles récurrents, puis mettre en place
des situations destinées à faire prendre conscience à l‟élève de l‟insuffisance de ces conceptions.
Finalement, il doit aider l‟élève à construire les nouveaux savoirs, puis à les consolider par des exercices
ad hoc.
Le rôle de l’élève : est de s‟approprier le problème posé, puis d‟y investir ses connaissances initiales,
d‟accepter la déstabilisation pour pouvoir progresser. Finalement, il doit construire avec l‟aide de
l‟enseignant, la nouvelle connaissance, puis la consolider par des exercices ad hoc.
Avantages : L‟élève est confronté à un problème à résoudre, ce qui lui permet de mettre du sens à son
apprentissage. Les conceptions initiales inadéquates ayant été détruites ou remodelées, elles ne risquent
plus de refaire surface et le nouvel état d‟équilibre est durable.
Limite :
1-L‟enseignement basé sur ce modèle est couteux en temps.
2- Il nécessite un haut niveau de compétence de l‟enseignant, autant pour la conception que pour la
gestion des leçons.
3- Il est parfois difficile de trouver des situations problèmes adéquates.
4-La phase de déstabilisation est délicate chez certains élèves.
Apres la présentation de ces deux modèles d‟apprentissages, nous comprenons pourquoi les sciences
expérimentales sont enseignées suivant le modèle constructiviste d‟où sont tirées les pédagogies actives.
VI-La démarche(Pédagogie) expérimentale
Comme son nom l‟indique, il s‟agit de soumettre toute hypothèse avancée à un test d‟expérimentation
afin de valider son authenticité.
Trois principaux moments forts sont présents en permanence. Ils sont d‟ailleurs difficiles à séparer ; ils
fonctionnent en générale comme un tout, ou plutôt comme un système avec des interactions multiples. Ce
système comporte trois paramètres.
Une question
Une hypothèse
Une argumentation
Les différentes étapes de la démarche expérimentale.
1- Formuler un problème
Au départ, on se pose un problème écrit sous forme d‟une question.
2- Proposer des hypothèses
Ensuite, on propose une ou plusieurs idées pour répondre au problème, c‟est ce qu‟on appelle l‟hypothèse.
C‟est, entre autre, une prédiction des résultats.
3- Construire des expériences
On manipule des échantillons prélevés dans l‟idée de vérifier quelle hypothèse est vraie. Cependant, il va
de soi de faire une expérience témoin dans le but de comparer les effets produits afin de valider
l‟authenticité.
N.B Le témoin c‟est une expérience qui ne contient pas l‟échantillon prélevé. Son importance, est de
nous informer sur l‟effet produit en absence de l‟échantillon.
4- décrire les résultats observés pour chaque expérience, puis conclure.
VII- La démarche d’investigation
Les étapes de la démarche d‟investigation
1- Choisir une situation de départ qui favorise l‟émergence d‟un questionnement.
2- Se poser des questions : L‟enseignant se doit d‟aider ses élèves à reformuler leurs questions, à les
recentrer sur le sujet scientifique, à veiller à l‟amélioration de l‟expression orale, sans pour autant
les censurer.
3- Se fixer un problème : La formulation claire et précise de ce que l‟on cherche à savoir. C‟est à
cette question que toute la classe va tenter de répondre.
4- Les hypothèses : Les élèves vont proposer leurs réponses en rapport à leurs vécus, leurs propres
observations.
5- L‟investigation proprement dite : C‟est la recherche de réponse à la question de recherche.
Plusieurs méthodes sont à envisager suivant le choix de l‟investigateur et le type de recherche à
mener.
a) Si l‟investigation est menée selon la méthode expérimentale : les élèves doivent établir un
protocole de leur expérience avec les différentes étapes et surtout anticiper sur la faisabilité
en posant la question ; Est-ce que mon expérience est réalisable ?
b) Si c‟est une méthode d‟observation : les élèves doivent planifier préalablement ; Comment
vont-ils procéder ? Que doivent-ils observer précisément ? Quelle trace vont-ils garder de
cette observation ?
c) Si c‟est une méthode documentaire : Les élèves doivent se demander ; Quel type de
renseignement ils recherchent et surtout dans quels types d‟ouvrages ils vont trouver les
réponses fiables.
d) Si c‟est une méthode modélisante : Les élèves doivent imaginer ce qu‟ils cherchent à prouver
par simulation pour recréer dans ce monde réduit de manipulation le phénomène que l‟on
observe dans le monde réel.
e) Si l‟investigation donne lieu à une enquête : les élèves doivent préparer un questionnaire qui
les amène à poser des questions précises afin de récolter les informations pertinentes pour
résoudre le problème posé.
6- La structuration du savoir
C‟est en fait une conclusion qui donne réponse au problème posé par les élèves. A ce stade
chaque groupe d‟élèves présente sa conclusion, mais la classe parvienne à la rédaction d‟une
synthèse commune.
VIII- La Pédagogie par Objectifs
L‟objectif de la leçon
Contenu
Présentation de la leçon
1- La mise en train
2- La découverte
3- La fixation
4- La synthèse
5- L‟évaluation
A la fin de la leçon les élèves seront capable de :
C‟est l‟objectif fixé par l‟enseignant et s‟il est
atteint, l‟enseignant est gagnant.
Le contenu de la leçon doit être en adéquation avec
le curriculum de l‟école fondamentale Haïtien et le
programme détaillé qui l‟accompagne.
En PPO, la présentation suit les étapes de la
pédagogie par objectifs.
C‟est une façon d‟éveiller la curiosité pour le sujet
de la leçon. Une chanson, une blague fait l‟affaire.
A la découverte, l‟enseignant se sert d‟une activité
d‟apprentissage à laquelle participe les élèves. Des
matériels concrets ou semi-concrets sont utilisés
dans le but de rendre pratique le processus
enseignement-apprentissage.
A la fixation, l‟enseignant donne des exercices
pratiques qui traitent le sujet développé à la
découverte dans le but de fixer la nouvelle
connaissance qui vient d‟être installer.
A la synthèse, l‟enseignant pose des questions
dirigées dans le but de résumer, récapituler, bref de
synthétiser la connaissance.
L‟enseignant évalue les élèves par un contrôle dans
le but de mesurer le degré de réinvestissement de la
nouvelle connaissance,
IX- Pédagogie de la Main à la Pate
Correspondance entre les 5 étapes de la PPO et les7 étapes de la Main à la Pate
Les 5 étapes de la PPO
Les 7 étapes de la Main à la Pate
Mise en train
Introduction
Question
Découverte
Hypothèses
Recherche de réponses
Résultats
Mise en commun, synthèse des résultats
Fixation et synthèse
Trace écrite : réponse a la question ou Je
retiens
Prolongement
Evaluation
Evaluation
Rôle de l‟enseignant au moment du déroulement d‟une leçon selon la pédagogie de la Main à la Pate
Mise en train
Introduction
Question
Découverte
Hypothèse
Recherche de
réponse
Résultats
Mise en commun
des résultats
Fixation, Synthèse
Trace écrite
Prolongement
Susciter l‟intérêt
Amène le thème et la leçon du jour
Poser une question en lien avec
l‟objectif
Ecrire la question au tableau
Vérifier sa compréhension (faire
reformuler ou expliquer les mots
difficiles.)
Mettre les élèves en confiance
Accepter les erreurs
Noter la réponse des élèves avec fidélité
Sélectionner plusieurs hypothèses
différentes.
Avoir vérifié auparavant que
l‟expérience fonctionne, avoir réuni le
matériel, avoir préparé les consignes.
Donner des consignes claires, vérifier
leurs compréhensions
Organiser les groupes de travail, gérer
l‟utilisation du Matériel.
Circuler dans les groupes, observer les
élèves poser des questions.
Donner des consignes claires sur la
façon de noter les résultats
Encourager les élèves à se mettre
ensemble pour donner un résultat
unique pour chaque groupe.
Gérer la prise de parole des rapporteurs
Permettre aux élèves de débattre entre
eux s‟ils ne sont pas d‟accord avec un
résultat.
Prendre en compte tous les groupes de
travail, tout en évitant les redondances
Guider les élèves vers la réponse a la
question
Faire la comparaison entre ce qu‟ils
pensaient et ce qu‟ils ont vu
Synthétiser, structurer la pensée des
élèves
Faire attention à la syntaxe des phrases
formulées par les élèves
Ecrire un résumé ou faire un dessin qui
correspond à la synthèse des idées.
Apporter des connaissances
supplémentaires
Evaluation
Faire le lien entre la connaissance
apprises et la vie quotidienne
Faire émerger de nouvelles questions.
Préparer une évaluation en lien avec la
question et la trace écrite
Mettre les élèves en confiance
Créer une ambiance propice au travail
individuel.
Avant de présenter les fiches de leçons, il va de soi de faire apparaitre les grands thèmes à développer en
lien avec le programme détaillé de l‟école fondamentale Haïtienne.
Les thèmes et les objectifs proposés par le programme détaillé en sciences expérimentales
Theme.1- Le corps humain
Objectif général
1. Expliquer le rôle et le fonctionnement des
principaux organes de relation du corps
2. Prendre soin de son corps.
Theme.2- Les animaux du milieu
Objectif général
Déterminer les caractères généraux, le
mode de reproduction et le milieu de vie
des reptiles, des batraciens et des poissons.
Thème .3- Les plantes du milieu
Thème.4- Les éléments naturelles
Objectif général
1. Souligner le rôle des différentes parties
d‟une plantes
2. Prendre soin des plantes.
Objectif général
1. Identifier quelques caractéristiques des
éléments naturelles
2. Expliquer les effets et des manifestations
des éléments naturels
3. Etablir la relation entre la qualité du sol et
la culture.
Theme.5- Interaction entre les composantes du
milieu
Objectif général
1. Faire ressortir l‟importance des plantes et
animaux pour l‟homme.
FICHE PÉDAGOGIQUE-01
No fiche
: SC.EXP-01
Date
:………………..
Niveaux
: 2e et 3e Année ENI
Classe
: 1e AF
Matière
: Didactique des Sciences Expérimentales
Thème
: Les éléments naturels
Objectif
: A la fin de la leçon, les élèves seront en mesure de découvrir les
différents constituants du sol.
Contenu
: Découverte des constituants du sol
Matériel
: Terre, roches, déchets, eau
Méthode
: MAP (Main à la pâte)
Durée
: 30 minutes
Déroulement de la leçon
1- Introduction :
Pour commencer la leçon, l‟enseignant donne cette devinette aux élèves : Je suis la surface sur
laquelle nous nous fixons. Qui suis-je ? Puis les élèves réfléchissent et donnent diverses
réponses :
-
Réponse attendue : Le sol
2- Problématique :
L‟enseignant pose cette question aux élèves : Qu’est-ce qu’on trouve dans le sol ?
3- Hypothèse (s) :
Les élèves donnent plusieurs réponses sous la forme de : je pense qu’on trouve ………. (Par
exemple des maisons, des arbres, des roches, des déchets, des personnes et des animaux) et
l‟enseignant écrit les réponses des élèves dans un coin du tableau sans commentaires ni
correction.
4- Expérimentation/Recherche/ vérification des hypothèses :
Pour faire vérifier les hypothèses, l‟enseignant emmène les élèves sur la cour ou dans le jardin de
l‟école pour qu‟ils puissent observer et découvrir les différents éléments trouvés dans le sol.
L‟enseignant forme des groupes de 3 ou 4. Chaque groupe choisit un porte-parole qui présentera
le travail du groupe.
Résultats : Les membres du groupe discutent sur ce qu‟ils ont vu et se mettent d‟accord sur le
résultat obtenu. Pendant ce temps, l‟enseignant passe dans les groupes pour observer leur travail.
5- Mise en commun des résultats :
Après l‟expérimentation, les élèves rapportent que : Nous avons vu que dans le sol il y a : les
roches et les déchets, l’eau, ….
L‟enseignant invite le rapporteur de chaque groupe à présenter son travail à l‟ensemble de la
classe. Ensuite, il fait comparer les hypothèses avec les résultats obtenus.
L‟enseignant incite les élèves à poser des questions, faire des commentaires, des ajouts, etc.
NB : Au cas où il y aurait un groupe qui n‟aurait pas la même réponse que les autres,
l‟enseignant invite les membres de ce groupe à passer devant la classe pour présenter leur
démarche.
6- Trace écrite :
De concert avec les élèves, l‟enseignant élabore la trace écrite et fait un schéma pour permettre
aux élèves de retenir l‟essentiel de la séance. Il dit aux élèves : les roches, la terre, les déchets et
l’eau que nous trouvons dans le sol, s’appellent les différents constituants du sol.
Il demande aux élèves de lire la trace écrite à haute voix (lecture individuelle ou collective) puis
de l‟écrire dans leur cahier.
7- Evaluation :
Fais une croix sur les éléments qu‟on ne trouve pas dans le sol :
a) L‟eau.
b) Les roches
c) Les maisons
d) Les déchets
8- Prolongement :
L‟enseignant demande aux élèves d‟aller poser des questions à leurs parents pour savoir l‟utilité
du sol.
FICHE PÉDAGOGIQUE-02
No fiche
: SC.EXP-02
Date
:………………..
Niveaux
: 2e et 3e Année ENI
Classe
: 1e AF
Matière
: Didactique des Sciences Expérimentales
Thème
: Interaction entre les composantes du milieu
Objectif
: A la fin de la leçon, les élèves seront en mesure de distinguer les corps
chauds des corps froids
Contenu
: Différence entre les corps chauds et les corps froids
Matériel
: Glace, casserole, eau chaude
Méthode
: Démarche scientifique
Durée
: 30 minutes
Déroulement de la leçon
0- Mise en situation :
L‟enseignant fait répéter une comptine sur la crème à la glace. Ensuite, l‟enseignant pose des
questions aux élèves pour exploiter la comptine :
« En sortant de la classe
Je vais sur la place
J’achète une crème à la glace
Mangée sans grimace et sans faire de tache
Sur mon tablier »
-
De quoi parte-t-on dans la comptine ? Réponses des élèves : On parle de la crème à la glace
Qui d’entre vous connait la crème à la glace ?
Que ressentez-vous en buvant de la crème à la glace ?
Ensuite, l‟enseignant annonce l‟objectif de la séance : A la fin de la leçon, les élèves seront en
mesure de distinguer les corps chauds des corps froids.
1- Problématique :
L‟enseignant dit aux élèves : Imaginez que vous touchez de l‟eau chaude avec la main droite et
un morceau de glace avec l‟autre main. Que pouvez-vous dire ?
2- Hypothèse (s) :
Les élèves donnent leurs réponses et l‟enseignant les écrit dans un coin du tableau pour pouvoir y
revenir après.
3- Expérimentation :
L‟enseignant forme des groupes et distribue du matériel à chaque groupe (un récipient contenant
de l‟eau chaude, un sachet de glace, une bougie allumée) et il demande aux élèves de répondre à
la question après expérimentation et discussion dans les différents groupes.
Les élèves travaillent pendant que le maitre passe dans les rangs pour les accompagner au besoin.
4- Résultats :
Après l‟expérimentation, les élèves doivent discuter d‟abord entre eux les résultats obtenus.
Dans chaque groupe, le rapporteur désigné présente les résultats de son groupe. L‟enseignant
incite les élèves au débat sur les réponses et fait comparer les hypothèses avec les résultats
obtenus.
5- Conclusion :
L‟enseignant dit aux élèves que les objets (l‟eau chaude) qui sont chauds au toucher s‟appellent
corps chauds tandis que ceux qui sont froids au toucher comme la glace s‟appellent corps froids.
Evaluation : L‟enseignant donne cet exercice aux élèves : Entoure les corps froids, Fais
une croix sur les corps chauds : flamme, crème à la glace, soleil, rosée, charbon allumé.
Prolongement : L‟enseignant demande aux élèves de dessiner un corps chaud et un corps
froid.
RÉPUBLIQUE D‟HAITI
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
Direction de la Formation et du Perfectionnement
Didactique de la
Communication
Française
Document théorique
Et
Fiches de leçon modèles
Programme de didactique de l’écrit en Français
-
Eléments de définition de la didactique générale
-
Eléments de définition de la didactique du français langue étrangère
-
Etat de la recherche sur la didactique du français langue étrangère
-
L‟importance de la didactique de l‟enseignement par thème
-
De la question spécifique de la didactique de la compréhension écrite (compétence :
lire)
-
De la question spécifique de la didactique de la compréhension écrite (compétence :
écrire)
-
Cadrage théorique de la didactique de l‟écrit
-
Contenus en didactique de l‟écrit pour orienter les formateurs des ENIJE dans leurs
pratiques de classe
-
Des leçons modèles pour les méthodes d‟enseignement de l‟écrit
-
Grille de progression pédagogique pour la didactique du FLE
-
Indications bibliographiques
Définition de la didactique en générale
L‟emploi du terme « didactique » est souvent empreint à des ambiguïtés et est souvent discuté.
Ce terme est parfois confondu avec celui de « pédagogie ». Pour établir les lignes de démarcation
entre les deux, nous faisons référence aux définitions de R. Galisson et de D Coste (1976) pour
qui la « didactique » revoie au champ conceptuel d‟une discipline donnée (réflexion théorique
sur le traitement d‟une matière à enseigner) et la « pédagogie » renvoie à l‟action pratique
mettant en relation un enseignant et des apprenants (quelle que soit la discipline en question). C
Battaglia (1989) définit ces deux termes presque de la même façon.
« Si la pédagogie peut se définir comme réflexion sur la conduite de
classe, nous entendons par didactique, la réflexion sur les procédés
de transmission des connaissances pour une discipline donnée. Cette
réflexion doit être fondée sur une analyse de la matière et de
l’enseignement, du public auquel on s’adresse et des outils à la
disposition de cet enseignement ».
(1989, p. 31)
Eléments de définition de la didactique du français langue étrangère
En ce qui concerne de façon plus spécifique la didactique des langues, cette première approche
terminologique est complétée et affinée par D. Coste. (1989)
Sous « didactique », on désigne (Coste 1986) un ensemble de
discours portant (directement ou indirectement) sur l’enseignement
des langues (pourquoi, quoi, comment enseigner à qui, en vue de
quoi…) et produit sur des supports généralement spécifiques (par
exemple des revues s’adressant aux enseignants de langues), par des
producteurs eux-mêmes les plus souvent
professionnellement
particularisés (enseignants, formateurs d’enseignants, chercheurs).
(1989, p. 20)
Signalons toutefois que les termes « didactique » et « pédagogie » ont fait l‟objet de multiples
définitions qui reprennent en d‟autres termes ce qui vient d‟être précisé ci-avant. C‟est le cas de
celle qui a été proposée par L. Cornu et A. Vergnou (1992) :
Dans l’univers scolaire, on entendra par pédagogie tout ce qui
concerne l’art de bien et faire et conduire la classe, ce qui relève de
ce qu’on a pu appeler autrefois la « discipline », mais aussi
l’organisation et la signification du travail. L’exercice de cet art et la
réflexion sur les ressources et ses fins sont ici associés. Les
didactiques concernent l’art ou la manière d’enseigner les notions
propres à chaque discipline, et même certaines difficultés propres à
un domaine dans une discipline.
(1992, p. 10)
Ou celle de Pierre Martinez (Le Français dans le Monde no 219, 1988)
Est pédagogique tout ce qui touche à la relation entre celui qui
enseigne et celui qui apprend et, par conséquent, à l’instruction et à
l’éducation. La didactique est la mise en œuvre d’un ensemble de
principes et d’hypothèses à travers une démarche et un emble d’outils
fini (Méthode) incluant des procédés et des techniques.
F.D.M. no 219, 1988
Didactique du Français langue Maternelle (F.L.M.) et/ou du Français Langue Etrangère
(F.L.E.) : Délimitation du Champ conceptuel
Plusieurs chercheurs se sont penchés sur la délimitation du champ conceptuel pouvant aboutir à
la différenciation entre la « didactique du FLM » et la « Didactique du FLE ». S‟inspirant des
définitions de G. Gagne et R. Lazure et Alii (1985), on peut considérer que le concept de
« Didactique du FLM » renvoie à la « succession d’actes linguistiques qu’un individu est
amenés à réaliser pour transmettre ou pour s’approprier un certain nombre de savoirs, savoirfaire et savoir-être dispensés dans la langue de socialisation des apprenants ».
Se basant sur cette première tentative de définition, on peut aisément déduire qu‟elle ramène à de
nombreuses interrogations relatives à la distinction entre FLM et FLE tout en montrant que la
langue est d‟abord un phénomène social. De ce point de vue, les travaux du CREDIF mettant en
lumière les problèmes terminologiques auxquels tout enseignant du FLE est appelé à confronter
un jour. En effet, se basant sur les travaux menés par Henri Besse sur ce sujet, on peut partir de
l‟idée‟ « une langue peut être considérée comme une ensemble de variétés langagières qui
permettent une intercompréhension plus ou moins immédiate entre ceux qui en usent ». Les
quelques éléments de description de Besse nous propose nous semblent pouvoir être synthétiser
de la manière suivante :
Si cette langue est réputée connue de ceux-ci [les apprenants],
souvent parce qu’acquise dans leur prime enfance, on parle de
didactique de langue maternelle ; si elle ne leur est pas connue ou
s’ils la maitrisent encore mal, on parle de didactique de langue
étrangère quand ils n’ont pas l’opportunité d’être confrontées
quotidiennement à leurs usages en dehors des cours qui leur sont
réservés, et parfois de didactique de langue seconde, quand ils
sont confrontés dans leur environnement à la langue apprise et/ou
qu’elle sert à enseigner d’autres matière qu’elle-même.
(H. Besse, 1989, p. 29)
Henri Besse distingue également trois autres concepts qu‟il est important de clarifier dans le
cadre de cours :
Enseigner/apprendre une langue maternelle (incluant la culture
nécessaire à des usages appropriés) revient à enseigner une
variété de cette langue, en générale la variété cultivée, à des
apprenants qui en pratiquent déjà
au moins une variété
oralement, celle de leur première socialisation.
Enseigner/apprendre une langue étrangère (y compris la culture
nécessaire à ces usages appropriés) revient à enseigner une
variété de cette langue, en générale la variété cultivée, à des
apprenants qui n’en pratiquent encore aucune autres, mais qui
maitrisent déjà une ou plusieurs variété d’une ou plusieurs autres
langues.
Enseigner/apprendre une langue secondaire (la question d’y
inclure ou non la culture nécessaire à ses usages appropriés dans
le pays où elle a d’abord été parlée pose) revient à enseigner une
variété de cette langue, en générale la variété cultivée, à des
apprenants qui n’en pratiquent aucunes autres ou malaisément ;
bien qu’il soit confronté à la variété enseignée dans d’autres cours
et/ou que cette variété et d’autres , plus ou moins éloignées, soient
pratiquées dans leur environnement d’une manière ou d’une autre
, c’est la langue du pays où on apprend, sa langue seconde,
privilégiée, officielle).
Didactique du Français langue Seconde
Si l‟on parvient à établir, sans difficulté, la différenciation entre langue maternelle et langue
étrangère, il en sera différent du Français Langue Seconde. Sans entrer dans le débat sur la
définition du concept langue maternelle et sur la différence entre celle-ci et langue étrangère,
l‟on se propose de revenir plutôt sur la notion de langue seconde de façon plus détaillée, souvent
assimilé à la langue véhiculaire à caractère international. De ce point de vue, Jean Pierre Cuq
(1991) eu à déclarer ceci : « Nous entendons donc par langue étrangère dans un sens beaucoup
plus restreint, et qui tient compte du paramètre individuel au détriment du paramètre national ;
toute langue non première est une langue étrangère. Parmi les langues étrangères, certaines ont
des propriétés particulières qui les font appeler la langue seconde ». S‟en référant à cette
définition de la langue seconde on peut déduire qu‟il existe plusieurs variantes de Français
Langue Seconde. Par exemple le français qu‟on parle dans un pays étranger, le français pratique
sur le territoire national (en France) par des immigrées dont l‟objectif est de s‟intégrer au pays
d‟accueil, et le français servant de véhicule à l‟enseignement d‟autres disciplines. En tout état de
cause, selon Jean Pierre Cuq, il importe d‟envisager l‟appartenance de FLS au domaine du FLE
c‟est-à-dire une langue non première. De ce fait sur le plan pédagogique les méthodologies
applicables au FLM sont disqualifiées dans son enseignement/apprentissage.
Repère méthodologique pour construire une séquence d’apprentissage en FLE
Pour faire le choix d‟un repère méthodologique orientant la construction d‟une séquence
d‟apprentissage en FLE, il convient tout d‟abord de mettre en lumière les courants
méthodologiques pouvant inspirer les méthodes. En effet dans le cadre de ce cours les méthodes
qui seront proposées s‟inspirent largement des trois courants pédagogiques suivants :
-
Le courant de l‟empreinte ou enseignement traditionnel
-
Le courant du conditionnement environnementalisme
-
Le courant constructivisme
1- le courant de l’empreinte ou enseignement traditionnel
La conception traditionnelle de l‟enseignement part de l‟idée que l‟apprenant ne connait rien du
domaine que l‟on va aborder. L‟élève est comme un vase vide qu‟il faut remplir. Une telle
conception considère que l‟élève a tout à apprendre de l‟enseignant qui lui-même est considéré
comme un érudit. Dans ce cas l‟apprenant doit adopter une attitude passive au savoir. J-P Astolfi
le désigne comme « une page blanche à écrire ».
Une telle conception n‟est pas à rejeter totalement dans la mesure où elle pourrait être mise en
œuvre dans certains contextes spécifique dont certaines conditions prioritaires seraient
nécessaires à son efficacité. Citons entre autres le niveau de motivation du public et les éléments
de connaissances dont il dispose par rapport à l‟objet de l‟apprentissage. Cependant il faut
signaler que ces conditions sont rarement remplies dans le cadre scolaire actuellement.
2- le modèle du conditionnement ou l’environnementalisme
Cette pédagogie du Behaviorisme plus connue dans le domaine de l‟enseignement des langues à
travers les travaux de Skinner a influencé bon nombre de méthodes. Les tenants de ce courant
pensent que l‟apprenant construit son aptitude à communiquer en imitant le comportement
communicatifs qu‟il a l‟occasion d‟observer autour de lui, dans son environnement immédiat.
Selon J. P. Astolfi essaie de définir les connaissances à acquérir non de manière mentaliste
(compréhension, esprit d‟analyse ou de synthèse…), mais en termes de comportement
observable que l‟on attend en bout de ligne. Ce comportement s‟exprime souvent dans la
formulation : « L’élève devra être capable de + verbe d’action » (faire, classer, exprimer…). Les
grands principes de ce modèle sont les suivants :
1- un comportement humain s’acquiert plus facilement si le sujet émet des reponses. Dans
le cadre de l‟enseignement de la langue ce principe trouvera sa véritable concrétisation dans le
concept d‟interactivité, véritable pilier de l‟enseignement programmé et de l‟enseignement
assisté par ordinateur.
2- un comportement nouveau s’acquiert d’autant plus rapidement qu’il y a renforcement
extérieur (encourager, rappeler…). Ce renforcement doit nécessairement être positif et
permettre d‟augmenter la possibilité de formuler une réponse.
3- Pour obtenir un bon renforcement il faut fragmenter les difficultés (découpages de la tâche
en unités suffisamment petites pour faire réussir les apprenants, puis relier entre eux les éléments
d‟informations à transmettre)
4- la prise en compte les difficultés individuelles dans le rythme de l‟apprentissage est
indispensable.
Le courant constructiviste
Le constructivisme est un courant qui s‟inspire des travaux de Wallon, Piaget, Vygotsky,
Bruner… ce courant fait de l‟erreur un élément central de l‟apprentissage de l‟apprenant en
l‟exploitant pour encourager ce dernier a progresser et à aller au-delà des difficultés qu‟il
rencontre tout au long de son parcours… la question de représentation de l‟élève se trouve
également au cœur de certaines recherches récentes se rattachant à ce courant. Il s‟agit de
s‟appuyer sur ces représentations pour bien cerner les difficultés auxquelles les apprenants sont
confrontés de façons à pouvoir les transformer par la suite. J.P. Astolfi distingue deux variantes
du courant constructiviste :
-
Le modèle de la découverte : il respecte la place centrale de l‟apprenant dans le
processus et insiste sur l‟idée d‟apprendre à apprendre. L‟élève peut refaire une partie du
chemin de la découverte intellectuelle. Cette optique est d‟ailleurs poursuivie par
certaines méthodologies dont la méthode naturelle par exemple.
-
Le modèle didactique : ce modèle est surtout adopté par les courants actuels en
didactique des langues surtout avec l‟approche communicative. Il place toujours
l‟apprenant au centre du processus d‟apprentissage, mais considère qu‟il faut aller plus
loin. L‟analyse du domaine de référence et la prise en compte des difficultés liées à
l‟acquisition d‟une langue étrangère deviennent indispensables pour une bonne
appropriation des connaissances que l‟on vise.
Les courants méthodologiques de l’enseignement/apprentissage du FLE
La présentation et l‟analyse d‟un ensemble de courants méthodologiques est indispensable. Cet
examen permettra aux étudiants de réfléchir sur les caractéristiques des méthodes qu‟ils
utiliseront en salle de classe et leur permettra de mettre en exergue les différentes façons de
concevoir l‟enseignement du FLE à travers les objectifs poursuivis, les contenus linguistiques et
culturels proposés, les théories sous-jacentes aux démarches préconisées.
Pour typologie des méthodes
Pour établir une typologie des méthodes Henri BESSE (1985) retient quatre critères :
1- la démarche choisie pour aider les apprenants à saisir le sens des signes étrangers qu‟on leur
présente. L‟enseignant peut refuser la traduction : il s‟appuie alors sur des données non
linguistiques (gestes, mimiques, films). S‟il l‟accepte, il sera amené à interpréter les signes dans
la langue cible au moyen des signes de la langue des apprenants. Dans le cas présent, on parlera
de méthode avec traduction ou de méthode sans traduction.
2- la démarche utilisée pour enseigner la grammaire (morpho-syntaxe). L‟enseignant peut donner
des explications, formuler des règles en langues maternelles, puis progressivement en langue
cible. Il peut également refuser de donner des explications grammaticales, mais faire pratiquer
des exercices systématiques qui ont pour but de fixer les régularités morphologiques et
syntaxiques sans les expliquer. Il peut enfin refuser les explications et les exercices formels et
s‟en tenir à des procédures (Jeux de rôle, taches à effectuer, jeux communicatifs…). On parle de
grammaire explicite pour la première approche et de grammaire implicite pour la deuxième et la
troisième approche.
3- la façon dont la L2 est présentée aux apprenants : « documents authentiques », « morceaux
choisis », « documents à finalités didactique », « récits », « textes dialogues produits par
l’enseignant ou l’auteur du manuel »…il s’agit là d’un choix méthodologique : si l’on opte pour
des documents authentiques, il est clair que l’on vise une imprégnation dans la mesure où
l’apprenant n’aura pas à retenir la totalité des dialogues du film qu’il visionnera ou l’ensemble
du texte qui lui sera donné à lire. S’il s’agit d’un document didactique, il est probable qu’un
dosage aura été fait au préalable pour permettre à l’apprenant de saisir l’ensemble de ce qui lui
sera proposé.
4- l‟ordre et les regroupements selon lesquels les éléments lexicaux et morphosyntaxiques de la
L2 sont introduits et/ou travaillés dans la classe. Ce critère est en corrélation avec les autres
puisqu‟il concerne la progression choisie. Si on choisit des documents pédagogiques, on pourra
considérer que la progression sera déterminée a priori. Par contre, si on choisit des documents
authentiques, ce sera à l‟enseignant de procéder au traitement pédagogique nécessaire par le
choix du lexique et des formes syntaxiques à exploiter à partir du matériau qui sera fourni à
l‟apprenant. Dans ce cas l‟enseignant doit organiser sa progression a posteriori.
La Méthode Naturelle
La définition proposée par Henri Besse (1985) de la méthode naturelle prend son fondement dans
un constat empirique qui stipule que deux êtres humains ne partageant pas la même langue
peuvent communiquer de manière relativement efficace dans certaines situations. Pour y
parvenir, ils peuvent s‟appuyer sur des mimiques ou sur l‟environnement immédiat… en
considérant que l‟on peut apprendre naturellement une langue au contact des autres. Dans ce cas
le qualificatif naturel s‟explique au fait qu‟on apprend la L2 sans recours à des explications
grammaticales ni à des références à la L1 de l‟apprenant. Si cette méthode paraît séduisante dans
bien des aspects cela ne sous-entend pas qu‟elle ne présente aucuns inconvénients. En effet la
principale question en débat concernant les limites de celle-ci s‟articule autour des réserves
relatives à la possibilité que cette méthode offre pour apprendre la langue spontanément lorsque
l‟apprentissage n‟est pas intensif comme c‟est le cas à l‟école par exemple et que le contexte ne
s‟y prête pas toujours tel est le cas des élèves issus du milieu purement créolophone.
La méthode traditionnelle
Certains chercheurs dont C. Germain (1993) et dans une moindre mesure Henri Besse ont
assimilé la méthode traditionnelle à une méthode de grammaire-traduction. La caractéristique
principale de cette méthode est de procéder par déduction. On enseigne tout d‟abord les règles,
puis on passe à des applications sous la forme des phrases constituées pour illustrer la règle. On a
le plus souvent recours à la L1 pour expliquer les règles grammaticales de la L2. De plus le
thème (les exercices de traduction). Consistant à passer de la L1 à la L2 est une activité
fréquemment mise en œuvre dans ce type d‟approche.
La Méthode traditionnelle est aussi caractérisée par différents objectifs :
-
Rendre l‟apprenant capable de lire les ouvrages littéraires écrits dans la langue cible.
-
Développer les facultés intellectuelles de l‟apprenant
-
rendre l‟apprenant capable de traduire autant dans la langue cible à la langue de départ
que l‟inverse.
Cette dernière caractéristique explique que l‟on privilégie, dans ce type de démarche, la lecture et
l‟écriture. Par ailleurs l‟accent est clairement mis sur la grammaire et la traduction. Dans la
méthode traditionnelle l‟évaluation se fait prioritairement à partir de textes écrits, la culture
étrangère étant envisagée sous ses aspects les plus valorisantes : la littérature, les beaux-arts.
Cette méthode exige que l‟enseignant ait une grande connaissance de la L2 puisqu‟il aura à
choisir les textes à étudier, préparer les questions et vérifier les exercices de traduction proposés.
Il aura toujours un rôle déterminant et sera toujours détenteurs de la parole. Dans cette pratique
de classe la communication est essentiellement calquée sur le modèle enseignant
apprenant.
Dans ce type de démarche, l‟oral est passe au second plan et la langue est souvent présente à
travers des morceaux choisis qui parfois servent ensuite de base à l‟étude des faits
grammaticaux. L‟apprenant n‟a pas droit à l‟erreur car il lui est demandé de se conformer
scrupuleusement au modèle de référence.
La méthode directe
Cette méthode se caractérise par le fait que l‟enseignant utilise, dès le début de l‟apprentissage,
la seule L2 sans jamais avoir recours à la L1. En ce sens elle a un point commun avec la méthode
naturelle. Contrairement à la méthode traditionnelle, l‟objectif principal recherche ici est la
communication (dans le sens d‟expression orale). Ainsi que le montrent R. Galisson et D. Coste
(1976), cette méthode présente les spécificités suivantes :
Elle met l’accent sur l’expression orale et le recours immédiat et
constant à la langue étrangère (le bain de langue). Le professeur évite
de faire appel à la traduction, suscite une activité de découverte chez
l’élève en présentant la nomenclature étrangère à partir des objets
réels ou figurés. Le dialogue est souvent de type pédagogique, c’est-àdire à sens unique (question du professeur, réponse de l’élève) et la
performance de l’élève est un moyen de vérification de ses
connaissances. Dans cette méthodologie, le rôle du professeur est
primordial, puisqu’il a la charge d’introduire dans la classe les
éléments nécessaires à la compréhension des faits de langue. La
méthode directe donne une grande importance à l’acquisition du
vocabulaire et fait volontiers usage du centre d’intérêt.
(1976, p. 154)
Si la langue est exploitée oralement dans la mise en œuvre de cette méthode, l‟écrit n‟est pas
totalement négligé. C‟est avant tout la langue quotidienne qui est priorisée et non les textes
choisis. Selon C Germain (1993) la théorie psychologique qui est associée à cette méthode est
l‟associationnisme (association de la forme et du sens) c‟est-à-dire l‟association du nom et de la
sens (ou d‟une image de la chose et du geste), et association, c‟est-à-dire des unités abstraites
inconnues avec le vocabulaire déjà connu. Dans ce type d‟approche, le principal matériel est le
manuel et l‟habileté de l‟enseignant jouent un rôle primordial.
Plusieurs éléments caractérisent la méthode directe : la recherche d‟une participation des
apprenants, le refus de la traduction, l‟accent mis sur une grammaire implicite, le recours
privilégié à une langue quotidienne. Dans la méthode directe on part du concret pour arriver à
l‟abstrait et d‟aller du simple au complexe. On essaie par ailleurs de restituer la langue dans son
contexte. L‟élève bénéficie d‟un bain de langue en cours duquel il est amené à faire jouer son
intuition. Pour certains chercheurs cette méthodologie constitue l‟une des premières se
préoccupant de façon spécifique des langues vivantes. C‟est ce que déclare Henri Besse dans les
stipulations suivantes :
Mais la méthode directe est la première méthode qui prenne en
charge les langues vivantes dans leur oralité interactive, dans leur
globalisme,
et
qui
souligne
que,
dans
la
progression
d’enseignement, ce qui est important, c’est moins l’échelonnement
et la répartition, leçon après leçon, du vocabulaire et de la morphosyntaxe de la L2, que la réutilisation constante de ce qui est appris
pour apprendre du nouveau, par effet « boule de neige » qui assure
son dynamisme interne à l’apprentissage.
Les limites de la méthode directe restent cependant bien réelles : cette méthode sollicite
beaucoup l‟enseignant et l‟oblige à tout d‟abord travailler sur le lexique. Elle part du principe
que l‟on ne peut pas apprendre une L2 comme une L1, ce qui est quelque peu discutable. Les
groupes d‟élèves trop charges dans les établissements, la faible formation des enseignant et
l‟effort demandé aux enseignants lors de la mise en œuvre de cette approche sont également
autant de freins à son développement. Enfin la méthodologie directe repose plus sur une
appréhension intuitive de la langue que sur une méthodologie clairement précise.
La méthode audio-orale
Elle a été mise au point aux Etats-Unis dans le contexte de la seconde guerre mondiale pour les
besoins de l‟armée. Cette méthode est inspirée de plusieurs courants théoriques dont le
distributionalisme de Bloomfield et Harris, de la psychologie behaviorisme du Psychologue
Skinner. La méthodologie audio-orale s‟inscrit en réaction au manque d‟assise théoriques de la
méthode directe. Dans cette méthode on travaille sur les quatre compétences linguistiques
(expression et compréhension orales, expression et compression écrites) tout en privilégiant
cependant l‟oral comme en témoigne C, Germain (1993) :
Toutefois, priorité accordée à l’oral, et en particulier aux structures
orales, l’écrit ne vient qu’en second lieu dans chaque leçon, et cet écrit
est au fond de l’oral scripturé. De plus la production suit
nécessairement la compréhension, tant orale qu’écrite. On suit pour L2
l’ordre d’acquisition de L1.L’odre de présentation des quatre habiletés
linguistiques
est :
compréhension
orale,
expression
orale,
compréhension écrite expression écrite. Le vocabulaire occupe une
seconde place par rapport aux structures syntaxiques.
(1993, P. 142)
Cette méthode met l‟accent sur des exercices structuraux permettant aux élèves d‟assimiler la
langue seconde ce type de travail s‟appuie également sur une progression par petites étapes où on
insiste beaucoup sur les renforcements et le découpage en petites unités. Par le résultat de cette
approche, on cherche à créer chez les apprenants des réflexes et d‟automatismes qui leur
facilitent d‟éviter de recourir à la réflexion des lors qu‟il s‟agit de produire des actes langagier.
Dans le cadre de cette méthode, le recours à l‟enregistrement facilite une prononciation correcte
de l‟apprenant et confère un rôle d‟animateur à l‟enseignant.
A l‟heure actuelle cette méthodologie est très contestée à cause de ses fondements théoriques. On
lui reproche d‟avoir accordé trop d‟importance à l‟aspect formel de la langue et d‟avoir trop misé
sur une vision mécaniste de l‟apprentissage tout en ayant trop de recours à l‟image. L‟une des
plus grandes critiques formulées contre la méthodologie audio-orale sera portée sur l‟importance
accordée à la forme au détriment du sens et du passage à une communication réelle.
La Méthode audiovisuelle
Les méthodes audiovisuelles (MAV) également structuro-globales audio-visuelles (SGAV) sont
apparues en France à une époque où la décolonisation exige qu‟on fasse beaucoup plus d‟effort
pour promouvoir le français. Cette méthodologie a connu deux moments présentés clairement
par C. Puren (1988). : Un premier moment appelé audiovisuel 1 parue dans les années 60 et
adaptée à un public d‟enfants, un deuxième moment appelé audiovisuel 2 parue vers les années
70 et est caractérisée par une tentative d‟évolution, tant dans les produits que dans les pratiques,
vers une approche communicative.
La méthode audiovisuelle accorde aussi la priorité à l‟oral et en particulier à la langue parlée.
Cette méthode s‟adresse à des débutants complets qui part du degré zéro de la connaissance de
l‟élève pour l‟amener à la pratique de la quasi-totalité des contenues lexicaux et grammaticaux
du français fondamental premier degré même quand l‟oral est priorisé par cette méthode, elle
permet toutefois un travail sur la langue écrite en facilitant notamment la pratique des contenus
lexicaux et grammaticaux selon une démarche inductive (la pratique vient avant les règles). La
finalité visée par cette méthode est la communication. C‟est pour cela le dialogue est toujours
présente en situation, celle de la langue parlée quotidiennement. Les hypothèses qui sous-tendent
la méthode audiovisuelle sont présentées de la façon suivante par R. Galisson et D. Coste
(1976) :
Au plan méthodologique :
-
choix d’une langue contemporaine et délimitation de la
matière
à
enseigner
en
fonction
des
impératifs
de
la
des
divers
usages
communication ;
-
présentation
graduelle
sociolinguistiques, priorité- non primauté- étant accordée à
l’oral ;
-
importance accordée :
. À la situation et au contexte dans lesquels apparaissent les
formes linguistiques ;
. Au locuteur et aux relations qu’il entretient avec la situation,
l’interlocuteur et son propre message ;
-
établissement d’une progression fondée sur les caractères
structuraux de la langue enseignée, mais visant plus a dégager des
paliers successifs dans les possibilités de communication qu’à
parcourir au plus vite l’ensemble des règles du système.
Au plan pédagogique
-
refus de la traduction interlinguale comme moyen d’avoir
accès au sens
-
primauté donnée à l’éducation de la perception auditive, à
une mise en situation génératrice de comportement verbal, à la
transposition de plus en plus libre ;
-
accent mis sur communication véritable
Au plan technique
-
utilisation de l’image comme point de départ possible de la
compréhension comme simulacre d’une certaine réalité culturelle.
Dans ce type de démarche, l‟enseignant conserve un rôle prépondérant. Une leçon se découle le
plus souvent selon le schéma suivant :
-
le visionnement d‟un film fixe qu‟accompagne l‟écoute d‟une bande sonore enregistrée
sur magnétophone (suivie d‟une explication des dialogues).
-
la répétition des dialogues proposés à partir des images projetées : on imite le rythme et
l‟intonation,
-
la phase de mémorisation : celle-ci peut s‟accompagner d‟une certaine « mise en scène »,
-
la phase d‟exploitation : il convient de réemployer les éléments étudiés en les faisant
varier dans d‟autres situations.
-
la phase de transposition : l‟élève réinvestit ses acquis dans des productions individuelles
(il devrait donc s‟éloigner du modèle initial).
Selon Marie-Thérèse MOGET, auteur de la méthode DE VIVE VOIX(1972), le contenu de la
méthode est reparti en trois ensembles :
- le contenue grammatical «est celui qu‟ont recommandé les auteurs du français fondamental 1
(1972, p.7). Il s‟agit de la première conquête statistique effectue par G. Guggenheim entre 1951
et 1954 sur le vocabulaire et la grammaire de la langue parlée. Cette enquête se caractérise par
les deux critères choisis pour mener à bien ce travail : la fréquence et la répartition des mots
utilisés dans 163 conversations enregistrées et transcrites d‟une part, la disponibilité des mots.
Dans les méthodes, les mots considérés comme susceptibles d‟être les plus employés dans le
cadre d‟une conversation en L2, apparaissent au premier lieu. Le français fondamental 1 er degré
comporte 1445 mots dont 269 termes grammaticaux et 1176 mots lexicaux. »
-le contenue lexical. «Nous avons, là encore, suivi le français fondamental premier degré,
faisant simplement quelque emprunts au Français Fondamental deuxième degré, ou nous
permettant quelques écarts lorsque les nécessités du thème nous y obligeaient. Mais nous avons
été fidèle en cela aussi à l‟esprit de ceux qui ont élaboré la liste du FF : mieux valait utiliser le
mot technique qu‟une périphrase de type „‟Basic French‟‟»
-
le
contenu
thématique.
«On
retrouvera
dans
cette
méthode
les
„‟centres
d‟intérêts‟‟ habituellement traités dans une méthode de niveau 1- et qui correspondent à ceux à
partir desquels a été élaborée la liste des mots disponibles du français fondamental 1 er degré.
Mais ils apparaissent ici en arrière-plan des „‟histoires „‟ mise en scènes et s‟intègrent à des
situations au lieu d‟êtres traités pour eux – mêmes.
Les principales critiques apportées aujourd‟hui au français fondamental est sa nonréactualisation. Des mots ne sont plus guère aujourd‟hui alors que d‟autres y sont totalement
absents (informatique, par exemple).Toutefois, ces listes pourraient encore être utilisées –
moyennant quelques adaptations-si le fondement même de ce travail n‟était pas lui-même discuté
aujourd‟hui : peut-on dresser une liste de termes susceptibles d‟être utilisés par l‟ensemble d‟une
population sans tenir compte des intérêts et besoins particuliers de chaque public ?
La méthode SGAV a connu un réel succès à son époque : elle permettait en effet d‟apprendre à
communiquer oralement de façon relativement rapide dans des situations conventionnelles en
accordant une grande importance à la situation. Le contexte social y était donc largement pris en
compte. Mais, comme le souligne C. Germain (p.161),‟‟elle ne permet pas de comprendre
facilement les natifs entre eux ou dans les medias (Radio, télé, journaux), vraisemblablement à
cause des dialogues de départ „‟épurés „‟ qu‟on trouve dans les leçons.
La méthode communicative et cognitive
Comme le rappelle H. Besse cette méthode, qui s‟est développée depuis le début des années
soixante-dix en réaction contre la méthode audio-orale et la première génération de la méthode
audiovisuelle, et qui, sous certains aspects, rappelle les méthodes grammaire- traduction et
directe, est plutôt connue sous le nom de cognitive (surtout aux Etats-Unis), de méthode
fonctionnelle, ou notionnelle-fonctionnelle, de méthode communicative, voire de méthode
interactionnelle‟‟.
L‟émergence des approches communicatives répond à un souci de prendre plus largement
compte le concept de communication et pas seulement de présenter une langue parlée à
l‟intérieur de situations fabriquées comme c‟était le cas pour les méthodes audiovisuelles. Dans
ce renouvellement méthodologique, une institution (le conseil de l‟Europe) et une conférence (un
niveau –seuil) ont joué un rôle fondamental. De même, la notion d‟acte de parole constitue une
notion clé dans toutes les approches communicatives. Je n‟aborderai donc pas cette notion ici et
vous invite à vous reporter à ce même cours.
Dans la méthodologie communicative, deux principes vont être mis en exergue : on centre
l‟apprentissage sur l‟apprenant (terme qui apparait en 1973) dont on prend en compte les besoins
même si cette prise en compte fait l‟objet d‟une négociation. Par ailleurs, chaque enseignant est
invité à définir des objectifs d‟apprentissage et des contenus à partir d‟objectifs déterminés avec
le groupe d‟apprenants dont il a la responsabilité.
Selon E. Bérard (1991, p.10),‟‟les approches communicatives se développent à partir de
plusieurs facteurs :
-une critique, tant au niveau des principes théoriques que la mise en
œuvre,
des
méthodes
audio-orales
(MAO
et
des
méthodes
audiovisuelle (MAV).
-l’utilisation d’outils nouveaux permettant de définir les besoins des
apprenants et les contenus d’enseignements ;
-une diversification des rapports théoriques des sciences du langage
ou d’autres disciplines ;
-une évolution méthodologique qui intègre des principes différents
quant aux progressions, documents et techniques de classe’’.
(1991, p.10)
Méthodes audiovisuelles
Langue=instrument de communication
1-comprendre et produire une phrase correcte
Savoir utiliser ces phrases dans des unités
plus vastes (texte, dialogue)
2-transmetre des informations
.Poser des
questions sur l‟univers qui nous entoure
Utiliser les énoncés appropries à certaines
situations de communication. Maitriser les
3-Connaitre
une
langue
pure,
homogène,
fonctions du langage (Jakobson)
monolithique
Comprendre et, si possible, utiliser les
différentes variétés de langue.
L‟approche communicative remet en cause un certain nombre de conceptions sur la langue qui
prévalaient jusque-là. Henri BESSE (p.46) les caractérise de la façon suivante : „‟on accepte la
traduction en L1, quand celle-ci s‟avère possible (le maitre connait cette L1 et elle est commune
à la classe).on réhabilite les explications grammaticales, parce qu‟on considère que tout
apprentissage met un jeu des processus cognitif et que l‟apprenant doit exercer un contrôle
réflexif sur ce qu‟il apprend. On cherche à présenter une L2 plus proche de celle réellement
utilisée par les natifs, plus « authentique » (…). Enfin la progression de l‟enseignement n‟est
plus déterminée en fonction de la matière à enseigner (vocabulaire et grammaire), mais en
fonction du public auquel on s‟adresse : quelle que soit sa complexité ou sa fréquence morpholexicale, on introduit en premier ce qui est oppose correspondre prioritairement aux besoins en
L2 exprimes par les étudiants‟‟.
Il est également à signaler que cette remise en cause correspond à une plus grande diffusion des
théories linguistiques préconisées par Chomsky (grammaire générative-transformationnelle).
Cette théorie n‟a guère influencé
directement les approches communicatives (Chomsky
considère avant tout la langue comme un instrument d‟expression et non de communication),
mais il a provoqué la réaction qui insistait sur les conditions sociales de production du langage.
L‟expression „‟approche communicative‟‟ étant souvent utilisée pour caractériser des démarches
d‟enseignement diverses.
Il est bien évident que le concept de compétence de communication se situe au centre des
approches communicatives.
Selon S. Moirand, la compétence de communication reposerait sur la combinaison de plusieurs
composants :
- une composante linguistique, c’est-à-dire la connaissance et
l’appropriation (la capacité de les utiliser) des modèles
phonétiques, lexicaux, et textuels du système de la langue.
- une composante discursive, c’est-à-dire la connaissance et
l’appropriation des différents types de discours et de leur
organisation en fonction des paramètres de la situation de
communication dans laquelle ils sont produits et interprètes ;
- une composante référentielle c’est-à-dire la connaissance des
domaines d’expérience et des objets du monde et de leurs
relations ;
- une composante socioculturelle c’est-à-dire la connaissance et
l’appropriation des règles sociales et des normes d’interaction
entre les individus et les institutions, la connaissance de l’histoire
culturelle et des relations entre les objets sociaux.
Il conviendrait d‟ajouter à ces différents éléments une composante stratégique puisque S.
Moirand prend également en considération les stratégies individuelles de communication qui
interviennent au moment de l‟actualisation de cette compétence.
Si l‟acquisition d‟une compétence de communication est un des objectifs essentiels de la
didactique du F.L.E., la priorité doit donc être donnée à l‟échange et à la négociation dans la
classe de langue au travers d‟un certain nombre de démarches facilitant les interactions :
- le recours aux documents empruntés à la vie quotidienne,
- la mise en œuvre d‟activités proches de situations de communication‟ ‟authentique‟‟,
- le soutien apporte aux apprenants pour les encourager à prendre des initiatives,
- la structuration du groupe et l‟instauration de nouveaux rapports aussi bien du point de vue
enseignant /apprenant.
On
rejoint également
C. Germain (1993) lorsqu‟il rappelle la spécificité de l‟approche
communicative :
Par rapport aux méthodes ou approches précédentes, les tenants
de l’approche communicative considèrent qu’une communication
efficace implique une adaptation des formes linguistiques à la
situation de communication (statut de l’interlocuteur, âge , rang
social, lieu physique, etc.) et à l’intention de communication (ou
fonction langagière : demander d’identifier un
objet, demander
une permission, donner des ordres, etc.) et à l’intention de
communication (ou fonction langagière : demander d’identifier un
objet ,demander une permission, donner des ordres, etc.).
(1993)
En langue étrangère, les apprenants sont souvent confrontés à un problème délicat à traiter : il
n‟existe aucune description complète des règles sociales régissant la communication dans une
langue donnée (et plus précisément à l‟intérieur d‟un groupe utilisant la même langue) et
pourtant il est demande à ces mêmes apprenants de maitriser ces règles de façon à pouvoir
adapter leur discours à des situations de communication diversifiées. Au vu de bon nombre
d‟outils existant aujourd‟hui, il semble difficile de considérer que l‟on puisse véritablement
aider les apprenants à acquérir une compétence sociolinguistique en langue étrangère. Le recours
aux documents authentique parait donc indispensable si l‟on veut sensibiliser les apprenants à la
notion de diversité linguistique a l‟écrit. Rappelons qu‟un document authentique peut être défini
comme „‟un document non conçu pour une utilisation didactique – c‟est-à-dire pour la classe‟‟.
L‟une des reproches formules à l‟encontre des approches communicatives est que ce type de
méthodologie s‟adresse – qu‟on le reconnaisse ou non- à des enseignants qui doivent être bien
formes. En effet, il n‟est pas toujours aisé d‟exploiter un document authentique sans formation
adéquate au préalable. On risque parfois d‟arriver à l‟effet inverse de celui qui était initialement
recherché et d‟ennuyer les apprenants. Par ailleurs, la structuration d‟une approche
communicative est toujours facile à opérer comme l‟indique H. Besse (1985) :
La fréquentation, même assidue et intéressée, d’une langue
authentique n’en assure pas nécessairement l’acquisition :
nombreux sont les étudiants qui des difficultés à structurer la
masse des données linguistiques et culturelles qu’on leur présente
sans graduer suffisamment les difficultés : en dépit du retour aux
explications grammaticales, souvent très traditionnelles, ils ne
parviennent pas, ou mal, à maitriser les régularités, en particulier
morphosyntaxiques, de la L2
(1985, p. 50)
Evelyne Bérard (1991), quant à elle, établit un bilan précis de l‟approche communicative en
distinguant les faiblesses cette approche et ses point forts. Elle également rejointe par C Puren
(1994) dans cette démarche.
Au compte des faiblesses :
-
Les ambiguïtés
que l‟approche communicative entretient avec les disciplines de
référence (linguistique- pragmatique – analyse du discours- psycholinguistique
sociolinguistique). On pourrait également y ajouter l‟hétérogénéité des théories
linguistiques de référence.
-
Les difficultés à définir dans les détails et des contenus
-
L‟absence de nouvelle théorie de l‟apprentissage (comme c‟était le cas pour la peur des
méthodologies directes ou les méthodologies audio-visuelles. Ce n‟est que récemment
qu‟une jonction a été opérée avec la psychologie cognitive.
-
L‟invalidation de toute cohérence de méthodologique forte du fait de la priorité accordée
au respect des stratégies individuelles d‟apprentissage(C.PUREN).
Au compte des points forts :
-la volonté de se „‟rapprocher de la réalité et de donner à l‟apprenant accès à cette réalité
de la communication en langue étrangère le plus rapidement possible‟‟.
- la motivation aussi bien de l‟enseignant „‟parce qu‟il a une responsabilité au niveau du
choix des documents, de la programmation des activités, parce qu‟il fait varier les modes de
travail, les activités et documents‟‟ que de l‟apprenant „‟par la confrontation permanente avec le
réel : intérêt des documents, variété, et possibilité d‟investir ses acquisitions au niveau de la
compréhension d‟abord puis de l‟expression „‟.
- l‟investissement des apprenants dans leur apprentissage, dans la gestion du travail de la
classe. „‟Une participation active qui va dans le sens de l‟autonomie, une responsabilisation des
participants, ont un effet bénéfique sur l‟apprentissage‟‟.
L’importance de la didactique des thématiques de l’enseignement du français
L‟oral constitue un choix d‟entrée parmi d‟autres dans l‟apprentissage de la langue. Il désigne
d‟une part une situation d‟échange entre deux interlocuteurs qui coopèrent dans l‟élaboration
d‟un discours en remaniement constant et d‟autre part il met en jeu la perception auditive et les
capacités articulatoires du locuteur. Partant de ce point de vue, nous proposons une démarche
méthodologique qui va prioriser dans un premier temps la sensibilisation sur l‟importance de
l‟écoute dans le processus de la production d‟actes langagiers. D‟où des séquences sur « parler
et écouter » sont présentées aux enseignants. Dans un deuxième temps notre démarche
s‟accentuera sur l‟interaction verbale pour faciliter les échanges verbaux entre les locuteurs.
Les objectifs et activités à développer dans la phase orale
-
Familiariser les enseignants avec le français dans sa dimension sonore (son, débit,
intonation, accentuation)
Acquérir la maitrise d‟un certain nombre d‟acte de parole :
a) Exprimer une demande
b) Dire ce qu‟on fait
c) Donner et recevoir un ordre ou une consigne
d) Raconter un fait
e) Décrire un objet
f) Enoncer les événements de la vie quotidienne
g) Situer un objet, un événement ou une action dans le temps et l‟espace
h) Justifier un choix ou une demande
i) Donner son avis
j) Expliquer les règles d‟un jeu ou d‟une activité
k) Refuser, protester, critiquer
l) Rapporter les propos de quelqu‟un
m) Questionner quelqu‟un
n) Reformuler, résumer, développer
o) Respecter les tours de parole
p) Savoir capter l‟attention de son interlocuteur
Les supports pour la réalisation de ces activités peuvent être
-
Les images représentant des situations d‟échanges
Des récits en images
Des enregistrements sonores et audiovisuels
De la question spécifique de la didactique de la compréhension écrite (compétence : lire)
De la question spécifique de la didactique de la compréhension écrite (compétence : écrire)
1. PRÉSENTATION DE LA PROBLÉMATIQUE DE RECHERCHE
La didactique de l‟écrit constitue un domaine d‟étude et d‟applications dont les spécificités
touchent différents composants constitutifs de tout ce qui est lié à la scripturalité : le sujet
lisant/écrivant, le texte et le contexte. L‟intérêt principal des travaux portant sur ce domaine vise
à systématiser l‟ensemble des réflexions et des pratiques concernant l‟enseignement/
apprentissage de l‟écrit en langues étrangères. Il s‟agit alors de proposer un cadre théorique
permettant d‟analyser, de décrire et de comprendre les enjeux pédagogiques posés au cours des
activités rattachées à l‟écrit, en contexte exolingue
II-2 : la phase axée sur l’écrit
Les compétences de l‟écrit constituent généralement le niveau le plus avancé dans la maitrise
d‟une langue. Pour les parents et d‟autres acteurs intéressés par la formation de l‟homme, les
compétences en écriture est l‟indicateur le plus important pour prouver que les apprenants ont
appris quelque chose à l‟école. L‟accès à l‟écrit est toujours délicat à organiser et se révèle le
plus souvent décevant dans ses résultats. En ce sens, dans le cadre de cette session de formation,
pour éviter toutes mauvaises surprises, nous proposerons une démarche méthodologique
priorisant l‟entrée dans l‟écrit par la lecture. Cette démarche consiste de développer des
compétences liées à la compréhension de l‟écrit d‟abord pour s‟en servir, par la suite, au
développement des compétences liées à la production de textes.
Les objectifs à prioriser dans cette phase se porte sur les compétences : Lire et écrire
-
Lire pour enrichir son lexique dans la langue
-
Lire pour maitriser le système orthographique de la langue
-
Lire pour maitriser la syntaxe de la langue
-
Lire pour comprendre les formes verbales de la langue
-
Lire pour s‟approprier de la culture véhiculée par la langue
-
Lire pour s‟informer
-
Lire pour apprendre à écrire
-
Ecrire pour raconter
-
Ecrire pour décrire
-
Ecrire pour argumenter
-
Ecrire pour informer
-
Ecrire pour enjoindre, conseiller ou blâmer
2.3 Les activités de production écrite en FLE
Les activités de production écrite dans les ensembles didactiques s'inspirent des pratiques d'écrits
de la vie courante (petites annonces/ lettre amicale/ courrier du lecteur...). Les approches
communicatives ont mis l‟accent sur le contexte de production d‟un texte, c‟est-à-dire sur
l‟environnement socioculturel de l‟acte d‟écrire. […] La prise en compte du contexte de
production du texte suppose que les exercices proposés aux apprenants s‟inscrivent dans une
simulation (la plus plausible possible) de la réalité sociale et culturelle (on écrit pour faire
quelque chose, même dans la classe), et se servent à communiquer un message cohérent et
compréhensible, structuré pour être compris.
L'écrit dans les manuels de F.L.E. est ainsi sous-théorisé comme le rappelle J. Courtillon (1995 :
116) : "Le travail de production étroitement associé à un modèle est souvent négligé parce qu'on
porte davantage attention à la grammaire qu'aux modèles discursifs.", ce qui se répercute sur les
qualités des productions. Aussi la production écrite doit-elle faire l'objet d'un guidage, être
préparée au cours de l'unité didactique par une phase s'attachant à dégager les particularités
discursives du genre étudié (mise en page/ variations typographiques/ schéma d'organisation des
faits : par exemple, un texte explicatif se présente généralement sous la forme: problème/
réponse fausse relevant de la croyance générale/ solution). Ainsi la rédaction d'un fait divers
nécessite-t-elle d'être précédée d'une séquence portant sur les caractéristiques formelles de ce
genre d'écrits : mise en colonnes/ titre/sous-titre/ intertitre/ jeu sur les caractères typographiques/
chapeau et sur le schéma d'agencement des faits.
Exemple d'une fiche de production écrite
INTENTION : (C‟est le résultat final escompté. Ce résultat est à annoncer aux apprenants dès le
début de la séance afin qu‟ils sachent vers quoi ils sont guidés): rédiger une lettre de demande
d‟emploi
Niveau : (Ce sont les niveaux du CECR. Le niveau doit être en concordance avec les
compétences ciblées ) B1
Durée : 50 min
Support (document(s) sur le(s)quel(s) va porter la leçon) : exemple de lettre d‟emploi
Démarche (déroulement de la séance):
Etape 1 : Appel au vécu (5 min)
Il s‟agit d‟une étape où l‟enseignant, en rapport avec l‟objectif de la séance fait appel à
l‟expérience de ses apprenants.
Exemple : Qui a déjà trouvé un emploi temporaire ? Comment fait-on pour obtenir un emploi ?
Avez-vous déjà écrit ou lu une lettre d‟emploi ?....
Etape 2 : Réécriture (15 min)
Distribution du support (exemple de lettre d‟emploi).
Lecture silencieuse.
Identification des différentes parties/structures : date, destinataire, formule de salutation…. Cette
phase d‟identification doit aboutir à un schéma à reproduire au TN
Collecte des idées (cette phase permettra aux apprenants d‟avoir une liste d‟idées dont ils
pourront s‟inspirer). Ici ces idées peuvent concerner le type d‟emploi, les destinataires, le profil
du postulant…. Ces idées seront écrites au TN.
Etape 3 : Ecriture (30 min)
Lecture de la consigne.
Rédaction de la lettre en respectant le schéma de sa structure.
Etape 4 : auto-évaluation (10 min)
Voici une grille non exhaustive.
Contenu :
J‟ai ciblé le type d‟emploi
J‟ai identifié mes compétences
J‟ai écrit les formulaires de politesse
Organisation J‟ai utilisé un plan
Mes paragraphes sont distincts
Chaque idée est développée dans un paragraphe
Style
J‟ai utilisé des variétés de phrases
J‟ai utilisé le registre adéquat
Ponctuation J‟ai bien utilisé la ponctuation
J‟ai utilisé les majuscules
Vocabulaire J‟ai évité les anglicismes
J‟ai utilisé le vocabulaire adéquat
Grammaire J‟ai respecté les accords de genre
J‟ai respecté les accords de nombre
J‟ai respecté les règles de conjugaison
J‟ai respecté les accords de participes
J‟ai respecté les accords des adjectifs
J‟ai respecté l‟orthographe des mots
J‟ai distingué les homophones
J‟ai bien utilisé les subordonnants
oui Non
L’enseignement du vocabulaire : une nécessité.
Pour la grande majorité de nos élèves, le Français n‟est plus une langue seconde. En réalité, elle
est une langue étrangère et elle doit être enseignée entant que telle. L‟on sait bien que le Français
n‟est pas notre langue. L‟acquisition du vocabulaire français doit se faire à partir d‟un
enseignement systématique en considérant l‟environnement immédiat de l‟enfant.
Etant donné la pauvreté du vocabulaire des élèves, l‟apprentissage de nouveaux mots pris en
contexte doit être une activité minutieusement préparée. L‟emploi des mots déjà connus dans de
courtes phrases et de petits paragraphes doit être aussi l‟objet de plusieurs leçons.
L‟apprentissage et l‟acquisition du vocabulaire est un réservoir inépuisable où l‟enfant puisera
toute sa vie dans des activités quotidiennes. Devenu grand, il aura toujours besoin d‟exprimer
ses idées, ses émotions dans la vie de tous les jours ou adresser des correspondances á ses
supérieurs hiérarchiques et les autres collaborateurs. C‟est á l‟école qu‟incombe la responsabilité
d‟enrichir le vocabulaire de l‟enfant en élaborant des séquences pédagogiques où il aura á utilisé
les mots appris ou déjà sus en situation de communication.
Retenons que l‟enseignement et l‟apprentissage du vocabulaire marchent de paire avec
l‟apprentissage de l‟orthographe. L‟écriture des mots fixe d‟une manière irréversible leur graphie
dans la mémoire visuelle et gestuelle des apprenants.
Comment enseigner le vocabulaire aux 1e et 2e cycles du Fondamental.
Le vocabulaire au 1e Cycle
L‟on sait bien que l‟enfant en première année de l‟école fondamentale n‟a pas encore de
compétence en écriture pour écrire des mots connus ou appris. A ce niveau l‟enseignement de
l‟orthographe se fait sous forme d‟expression orale. On proposera aux élèves des exercices
comportant des mots choisis de son environnement immédiat, c'est-à-dire des mots désignant des
objets des animaux ou des êtres qui lui sont familiers. La leçon prend normalement la forme
d‟observation d‟images, des fiches, d‟affiches… On demande aux élèves de dire le nom de ce
qu‟ils voient. Pour commencer par aiguiser leur mémoire visuelle, on écrit les mots au tableau
sans leur demander de les ecrire. Une activité qui peut durer maximum 15 minutes.
Plus tard quand ils seront plus avancés, soit au niveau de la 3e et 4e AF, on sélectionnera de
textes courts ayant rapport à la réalité de l‟enfant, á son vécu. Encore une fois, les élèves
observeront les mots du texte .L‟enseignant les questionnera sur la signification des mots et sur
leur rôle dans la phrase. « Pour bien comprendre leur sens, on peut utiliser les procédés : la
mimique pour les verbes, le recours á une image, le croquis au tableau. Bien entendu, l‟activité
de l‟enfant sera largement sollicité » Villars.
Le vocabulaire au 2e Cycle
A ce stade, on constate que nos élèves ont grandi, ils ont fait d‟énormes progrès dans
l‟acquisition du vocabulaire du langage courant. Les activités commencent par signaler les
nuances qu‟il y a dans certaines expressions. Des contenus tels des synonymes, antonymes ou
contraires, des homonymes, des familles de mots, des champs lexicaux apparaissent très souvent
dans les leçons. L‟enseignant fera toujours attention que les mots à utiliser soient tirés du langage
courant.
Voici huit modèles de plan de leçon que nous proposons à nos élèves maitres. Certainement ils
ne sont pas une panacée. Mais nous sommes convaincus qu‟ils constituent un viatique pour tous
ceux qui veulent se lancer dans le métier d‟enseignant avec la compétence minimale requise
pour l‟enseignement du vocabulaire. Nous faisons appel à la créativité de l‟enseignant pour
enrichir et adapter chaque leçon en fonction de son public.
Matière
: Didactique du français langue étrangère
Thème
: Grammaire
Objet : Répondre aux besoins spécifiques des élèves-maîtres en tenant des périodes de
troubles
Ce programme conçu pour répondre aux besoins spécifiques des élèves-maitres se propose de
développer chez les jeunes des habilités qui leur permettront d‟enseigner le français-langue
étrangère de manière bien différente des pratiques de l‟école traditionnelle.
Ce programme s‟articulera autour de quatre (4) axes complémentaires l‟un à l‟autre. Il s‟agit de :
1- Une approche théorique pour sensibiliser les jeunes maîtres à la nécessité de rénover
l‟enseignement des thèmes du français.
2- Une démarche méthodologique accompagnée d‟une étude critique des anciennes pratiques.
3- Des leçons modèles
4- Des activités pratiques
Thème : Grammaire – éléments de contenu
Définition
Procédés d‟enseignement à l‟école
a) Traditionnelle – critiques des procédés
b) Nouvelle – justificatif
Types de grammaire
Rôle de l‟école
Quand et à quel niveau (classe) aborder la grammaire explicite et pourquoi ?
Différence entre grammaire et orthographe
Les méthodes
a) Approche normative (déductive)
b) Approche structurale
c) Approche fonctionnelle (inductive, active, participative)
Techniques d‟enseignement (voir modèle ciaprès) a) Observation (paires d‟exemples)
b) Comparaison
c) Abstraction
d) Généralisation
e) Caractéristiques (dynamique, méthodique, simple, durée raisonnable, concrète, claire,
explicite, pratique.
Etapes d‟une leçon
1- Mise en train qui pourra être soit :
- La présentation de l‟objectif de la leçon
- La correction du dernier devoir
2- Découverte
- Présentation des paires d‟exemples
- Observation des paires d‟exemples
- Découverte de la notion
3- Fixation
a) Exercices collectifs (maîtres-élèves)
b) Exercices de groupes sous le contrôle du maître
c) Correction (auto-correction)
4- Synthèse (résumé de la règle avec la participation des élèves)
- Questions sur l‟ensemble de la leçon
- Réponses des élèves (individuellement)
- Ecriture au tableau du résumé obtenu à partir des réponses – élèves.
- Lecture du résumé (individuellement)
5- Evaluation (exercices / élèves) individuellement correction immédiate.
6- Devoir de maison (à corriger au début de la prochaine leçon
train.
Préparation de leçon
Présentation de leçon (classe similée à défaut de classe réelle).
Critique de cette leçon
Lecture du programme détaillé, utilisation
Conjugaison – Tableau récapitulatif
ce qui servira de mise en
GRAMMAIRE
I- Définition : Qu’est-ce que la grammaire ?
La grammaire est loin d‟être des règles à suivre pour parler ni pour écrire, cela relève plutôt de
la communication orale et de l‟orthographe. Connaitre les règles de la grammaire ne permet pas
de parler ou d‟écrire une langue, les élèves du niveau fondamental et du secondaire pour avoir
étudié les règles du français, de l‟anglais devraient être capables de maitriser ces langues. La
grammaire, selon Vignette Laurac Kenbiry est une science expérimentale qui, à partir de
l‟observation cherche les lois qui se manifestent dans le fonctionnement de la langue. On
n‟apprend pas la grammaire pour savoir la grammaire, mais pour s‟exprimer convenablement.
La grammaire est observable et pratique. C‟est donc l‟organisation logique des mots dans la
phrase. Les élèves ou les apprenants doivent comprendre le caractère fonctionnel des mots d‟un
texte pour une meilleure compréhension de la langue.
II- Procédés d’enseignement de la grammaire à :
a) L‟école traditionnelle (à trouver avec les élèves)
-
Etude de la règle
Explication de la règle Récitation de la règle Devoirs
Conséquences pédagogiques (analyse critique)
Très peu d‟élèves
comprennent
Très peu
d‟élèves s‟appliquent
Exercices d‟application
b) L‟école nouvelle
- Présentation des paires d‟exemples contenant la notion (mise en train)
- Observation des paires d‟exemples
- Comparaison des paires d‟exemples découverte
- Découverte de la notion
- Exercices
collectifs
(maître/élèves)
Fixation
Exercices de groupe
- Questions sur l‟ensemble de la
leçon
Synthèse
- Réponses élèves
- Exercices individuels
Devoir de maison
Evaluation
-
IIITypes de grammaire, on distingue deux types de grammaire :
a) La grammaire implicite. Pas d‟étude systématique de règle ceci depuis la 1 ère année
fondamentale.
b) La grammaire explicite. Etude de règles (méthode inductive) à partir de la 4ème année
fondamentale.
IVQuand et à quel niveau aborder la grammaire explicite et pourquoi ?
a) Compte tenu du fait que le français est pour l‟écolier haïtien une langue étrangère, il est
important de signaler que 98% d‟enfants sont arrivés à l‟école sans aucune connaissance de
cette langue. La grammaire chargée de concept difficile à comprendre ne commence qu‟en
4ème année fondamentale, ce pour faciliter l‟accès à la compréhension et à l‟interprétation.
b) L‟école a pour obligation d‟apprendre aux enfants à parler français d‟abord avant d‟aborder
l‟enseignement de la grammaire explicite, ceci dès la première année fondamentale. En 4ème
année fondamentale, on s‟appuiera sur les connaissances de base mises en place pour
introduire la grammaire explicite. L‟oral précède l‟écrit.
V- Différence entre grammaire et orthographe
La grammaire permet d‟organiser logiquement les mots dans la
phrase.
L‟orthographe permet de bien écrire les mots dans la
phrase.
VI- Les méthodes
Généralement, on distingue :
a) La méthode traditionnelle ou normative ou passive déductive. Par cette méthode, on explique
la règle, étudie cette règle par cœur, récite cette règle, fait des exercices d‟application. b) La
méthode structurale
-
Apprentissage de structure ou phrase toute faite, détachée du vécu des élèves, de ses besoins
et de ses intérêts, la répétition devient jeu, devinette.
c) La méthode active, nouvelle, participative ou fonctionnelle. L‟enfant est au centre de
l‟apprentissage, il observe, manipule et découvre. Cette méthode est dite inductive (voir
programme détaillé 4e AF, page 44 à 50).
Matière
: Didactique du français langue étrangère
Thème
: Orthographe
Objet
de troubles
: Répondre aux besoins spécifiques des élèves -maîtres en tenant des périodes
Ce programme conçu pour répondre aux besoins spécifiques des élèves-maitres se propose
de développer chez les jeunes des habilités qui leur permettront d‟enseigner le françaislangue étrangère de manière bien différente des pratiques de l‟école traditionnelle.
I – Approche théorique
1. Définition – l‟orthographe provient deux (2) mots Grecs
correcte des mots dans la phrase.
2. Objectif de l‟enseignement de l‟orthographe
òtòs / grafein = écriture
a) Orthographier correctement les mots du vocabulaire d‟usage présentant de difficultés
de divers ordres.
b) Sensibiliser l‟élève aux mécanismes de base de l‟orthographe d‟accord ou
grammatical.
3. Importance de l‟orthographe pour :
a) Le professeur - Elle conditionne le succès professionnel
- Elle permet d‟éviter la confusion dans le message écrit
- Elle permet de garder son prestige devant les élèves Elle permet de garantir son emploi
b) L‟élève - Elle permet de s‟instruire
4. Rôle de l‟école dans l‟enseignement de l‟orthographe aux deux premiers cycles.
-
Préparer les élèves à la maîtrise de l‟orthographe des mots dans la phrase.
5. Types d’orthographes
a) Orthographe d‟usage
b) Orthographe grammaticale
6. Principes de rénovation pédagogique de l’orthographe selon Bernard Toresse
Adapter les acquis aux possibilités des élèves moyens de la classe.
Exploiter des situations motivées de communication. Texte adaptés au milieu et au
niveau de l‟élève.
Assurer d‟abord de bons automatismes par le recours à l‟analogie – partir de
l‟exemple à l‟exemple, de l‟usage à l‟usage, du particulier au particulier.
Recourir à la réflexion raisonnée c‟est-à-dire de l‟analyse aux règles.
Individualiser les tâches – tenir compte des besoins spécifiques de de
chaque élève. Réviser les acquisitions
Pratiquer une pédagogie de la réussite – encourager l‟élève pour le moindre petit effort
qu‟il fait au lieu de chercher à écraser sa personnalité par des remarques
désobligeantes. Il ne commet pas des fautes par méchanceté. Chercher au contraire à
lui redonner confiance.
7. Les activités préparatoires à l‟apprentissage de l‟orthographe.
Dans l‟enseignement de l‟orthographe, l‟école traditionnelle se limite seulement à la
dictée comme activité d‟apprentissage, pourtant l‟orthographe est en tout et partout.
Tout ce qu‟on écrit doit être correct. En revanche, l‟école nouvelle envisage les
activités suivantes : - La lecture qui permet de visualiser les mots
- L‟écriture
- La copie
- La dictée muette
- La reconstruction de texte
- Les résumés de leçons
- L‟autodictée
- La dictée de contrôle
- La dictée préparée
L‟ensemble de ces activités met l‟élève en situation pratique d‟apprentissage, a charge
par l‟enseignant de pratiquer l‟une ou l‟autre de ces activités à chaque fois.
8. Progression par classe et objectifs d‟apprentissage.
Objectif de l’enseignement de l’orthographe et les activités qui en découlent
Deuxième année :
1. Développer des habilités dans l‟emploi des lettres majuscules et du
point final
2. Introduire l‟apprentissage formel de l‟orthographe 3. Développer
l‟habilité dans l‟écriture des lettres majuscules
Activités :
a. Exercices d‟orthographe : la copie de phrases, de mots.
b. Exercices de phonétique consistant dans la reconnaissance de syllabes dans la lecture
faite. Ces syllabes doivent être présentées comme formant partie des mots.
c. Dictée de simples phrases où figurent des noms propres.
d. Ecriture de titres de livres, de petits paragraphes et de tout autre matériel réduit qui exige
d‟emploi de majuscules
e. Adresser des enveloppes pour les lettres pour que les enfants soient exercés dans
l‟emploi des abréviations et dans l‟écriture des majuscules.
Troisième année :
1. Consacrer un temps spécial pour l‟amélioration de la prononciation et de l‟intonation.
2. Cultiver le sens orthographique en établissant des pratiques systématiques
d‟orthographe.
3. Développer des habilités pour l‟emploi du point final. Leur enseigner à employer la
virgule et les deux points.
4. Augmenter l‟habilité pour l‟emploi des signes d‟expression.
5. Stimuler l‟esprit d‟auto-critique comme discipline d‟amélioration.
Activités :
Discussion sur les erreurs commises fréquemment par les enfants aux cours des activités
d‟orthographe et de lecture en général. Les enfants eux-mêmes auront à trouver les formes
correctes qu‟ils doivent employer en lieu et place des incorrections.
Ecriture par le maître au tableau de paragraphes courts sans ponctuation. De cette façon, ils
apprendront à distinguer les idées et les jugements et à employer la virgule, les points en
général.
Exercices spéciaux de rédaction aux fins de développer l‟habilité pour l‟emploi de la lettre
majuscule et des signes orthographiques spécifiés dans les objectifs.
Exercices de lecture de thèmes présentés sous forme de dialogue afin que les élèves
s‟entrainent dans des périodes interrogatives, exclamatives, etc…
Exercices d‟organisation de certains mots déterminés dans l‟ordre alphabétique comme
pratique d‟entraiment dans l‟emploi des indices.
Elaborer des listes de mots étudiés et les mettre à la vue des enfants.
Quatrième année
1) Obtenir que les élèves emploient avec précision les signes orthographiques déjà connus.
2) Les exercer dans l‟emploi de la virgule et les initier dans l‟emploi des signes
d‟admiration et d‟interrogation.
3) Continuer les pratiques systématiques d‟orthographe à base de mots mal écrits dans les
compositions.
4) Les initier dans l‟emploi du dictionnaire comme un instrument précieux d‟aide dans les
périodes de correction de l‟orthographe.
9. Les méthodes
Marche à suivre pour enseigner l’orthographe
Ecole traditionnelle (à faire avec les élèves)
-
Texte choisi au hasard sans objectif précis
Lecture de ce texte
Sens des mots inconnus
Rappel des règles de grammaire, conjugaison de verbes
Etude du texte
Dictée proprement dite
Ecole nouvelle
a) Texte choisi à partir d‟un objectif que se veut d‟être :
Culturel
valeur culturelle, intellectuelle
Pratique
valeurs psychomotrices
Formatif
valeurs morales, chrétiennes, sociales, politiques
b) Le texte doit être court et simple
Adapté au niveau de la classe
Adapté au milieu environnemental
savoir
le savoir-faire
le savoir-être
Ce texte ne doit contenir aucun mot inconnu de sens. L‟orthographe se fera dans
un texte lu après que le vocabulaire aura été fait.
N.B : Commentaires en rapport avec l‟approche traditionnelle et l‟approche de l‟école
nouvelle
10. Approche pratique préparée selon l’école nouvelle (leçon modèles)
Texte conforme
a) Difficultés d‟orthographe d‟usage (mots choisis dans le texte)
b) Difficultés d‟orthographe grammaticale se basant sur les règles de grammaire
déjà vues. c) Résolution des difficultés
11. Marche à suivre
Lecture expressive à haute voix par le maître (2 fois) pour la classe
Les élèves pointent le doigt pour trouver et dire ce qui leur parait difficile. Le professeur
écrira les mots au tableau au fur et à mesure en ayant soin de signaler à la craie couleur
ces difficultés qui seront bien observées par les élèves. Cette activité une fois bien
conduite va permettre de maîtriser l‟orthographe des mots.
Même démarche pour l‟orthographe grammaticale, procéder par analogie ou par groupe
fonctionnel
-
Singulier / pluriel un poussin / des poussins
Masculin / féminin un tableau vert / une feuille verte
Verbe / sujet
un enfant joue / des enfants jouent
Relire le texte – chaque élève dira à son tour le mot ou le terme qui présente des
difficultés d‟écriture écrivez-les une fois de plus.
Le tableau étant essuyé, on passe à la dictée proprement dite.
Bien préparer la mise en page
a) Date en haut de la page et un peu à droite bien soulignée
b) Quatre (4) carreaux après la marge à gauche
c) Une marge plus petite à laisser à droite
d) Commencer à écrire après les 4 carreaux pour la première ligne
e) Pour les autres lignes, commencer à écrire près de la marge à gauche
Pour la dictée du texte, cela se fait par groupe de souffle par groupe de souffle ou groupe
de sens par groupe de sens.
- Relisez le texte encore une fois si un élève dit qu‟il y a un mot qu‟il ne peut pas écrire
– écrivez le à nouveau.
Donner le groupe de souffle avant d‟écrire, deux ou trois élèves le répètent pour s‟assurer
qu‟ils ont bien entendu ce qu‟ils vont écrire.
N.B : Quand la phrase est longue, dicter-la par groupe de sens, lorsqu’elle est courte,
donnez la d’un seul trait.
A la fin, relisez le texte
Il est conseillé faire la correction le même jour, cela facilite l‟apprentissage
12. Correction de la dictée
Sauf pour la dictée de contrôle, il est mieux de pratiquer l‟auto-correction. L‟école
traditionnelle procède par :
a) correction par le maître et souvent le texte est noté et non annoté. Cette démarche ne
favorise pas un apprentissage sérieux. Certaines fois, les élèves sont choqués par la
présence des traits rouges dans leur cahier.
b) échange des cahiers. Dans ce cas :
Pédagogiquement on échange les fautes X reproduit parfois involontairement la faute de y.
Psychologiquement, on prépare des frustrés, le plus sont souvent victimes, les plus
grands les prennent pour des boucs émissaires sous prétexte qu‟ils sont
responsables de leur échecs.
Socialement, on développe sans le savoir la corruption, certains cherchent à attirer
la faveur de l‟autre et laissent passer des fautes, les uns pour les autres.
Le mieux est de pratiquer l‟auto-correction
Comment s’y prendre
A partir de la 3ème semaine de la rentrée scolaire
Etablir un code de correction avec la participation ou l‟accord des élèves de la classe.
Ainsi, on fera un inventaire de fautes possibles tels que :
-
fautes d‟orthographe d‟usage
fautes grammaticales
fautes de ponctuation
-
fautes d‟omission (mots sautés)
fautes de répétition
fautes de cohérence (phrase dépourvues de sens) -
fautes de confusion
a) Cette liste sera allongée au fur et à mesure que de nouvelles fautes seront identifiées
b) Avec les élèves, trouver un symbole correspondant à chaque type de faute.
c) Le travail final sera reproduit par chaque élève dans son cahier de rédaction et
orthographe. Il sera du moins affiché au fond de la classe sur du bristol. Il doit être
lisible et mis en relief.
Pour ce qui concerne l‟auto-correction, chaque élève gardera son cahier, mis en confiance
par l‟idée qu‟on devient un citoyen honnête en apprenant à se corriger. Il n‟y aucun mal
de reconnaitre ses erreurs. Muni d‟une plume rouge, chacun se corrige. Le professeur se
fait donner la dictée, qu‟il écrit groupe de sens par groupe de sens à partir duquel chaque
élève, sans appréhension aucune se corrige au fur et à mesure. Le bas de la page de leur
cahier sera partagé en deux comme suit :
Correction
Recorrection
a) La partie gauche est réservée au professeur pour la recorrection au cas où un élève
aurait négligé une faute.
b) La correction une fois terminée, le professeur ramassera les cahiers pour les
corriger. Au lieu de passer des très rouges sous les fautes éventuelles, le code de
correction sera utilisé pour signaler les erreurs en mettant le symbole correspondant
à chaque type de faute que l‟élève corrigera lui-même.
c) Toutes les fautes seront corrigées, mais prendre en compte seulement les fautes
d‟orthographe d‟usage et grammaticales prévues par l‟objectif. L‟élève qui aura
réussi l‟objectif, corrigera les autres fautes mais obtiendra la note.
Didactique de la lecture
La lecture est un acte de création permanente de sens et d’images (c’est de la visualisation).
On imagine ce qui se passe, dans notre tête, selon nos connaissances antérieures et nos
référents culturels. (Pennac, 1992)
I-Lire (Définition)
- Lire, c‟est comprendre ;
- Lire, c‟est comprendre rapidement et exactement les idées émises par les symboles tout en
réagissant favorablement ou défavorablement ;
- Lire, c‟est accéder à l‟expression écrite et disposer d‟un moyen de communication
supplémentaire, c‟est être capable de se servir d‟un écrit pour mener à bien un projet ;
-Lire, c'est comprendre la signification d'une suite de mots écrits ;
- Savoir lire, c‟est comprendre ce que l‟on déchiffre.
II-Pourquoi lit-on?
-On lit pour s‟instruire (acquisition de connaissance à l‟école et dans la vie)
-On lit pour se cultiver (arts, lettres, sciences, livres etc.)
En effet, la lecture est indispensable au développement intellectuel, social de chaque enfant. On
ne peut pas réussir sa scolarité si on ne sait pas lire.
D‟où la nécessité pour les élèves d‟apprendre à lire.
III-Comment lire
On lit de gauche à droite
De haut en bas (les enfants doivent être latéralisés)
Exemple: le mot ”AMI” peut se lire autrement: IMA, MIA, MAI
Les enfants doivent maîtriser les pré-requis qui sont au nombre de 8.
o Une bonne perception visuelle (ils doivent voir la place des mots).
o Une perception auditive fine (pour pouvoir bien cerner le son des mots, parce qu‟il y a
des sons qui se ressemblent).
o La connaissance du code oral (pour pouvoir comprendre ce qu‟il lit dans sa langue
d‟apprentissage.
o La maîtrise de la notion d‟espace
o Le rythme
o Le schéma corporel
o La notion de position
Difficultés liées à une mauvaise mise en place des pré-requis
o Dyslexie (lecture à l‟envers
o Dysorthographie (incapacité d‟écrire correctement)
o Dyscalculie (difficulté d‟apprendre à compter)
o Hyperactif (l‟enfant bouge constamment dans la classe)
IV-Apprentissage de la lecture
La lecture est une des premières clés de la réussite. La lecture aide à la réussite scolaire
autant en français que dans les autres disciplines scolaires. Trois phases incontournables se
succèdent dans l‟apprentissage de la lecture. La première est celle cognitive: c‟est celle des
découvertes, des efforts aussi, importants et coûteux en énergie pour l‟élève dans cette approche
initiale. Elle nécessite de nombreuses connaissances, la mise en œuvre de capacités différentes,
la compréhension de gestes mentaux tout à fait particuliers ainsi que l‟aptitude à mettre en
relation cohérente ces diverses données. L‟élève devra clairement savoir ce qu‟on attend de lui,
on lui explicitera donc les tâches au fur et à mesure qu‟il pourra exercer ses connaissances en
élargissant ses découvertes. La deuxième phase est celle de l‟automatisation : par des pratiques
réitérées, les savoir-faire s‟améliorent et s‟automatisent. Les procédures de déchiffrage
deviennent de plus en plus performantes, les pratiques de savoir -faire par essai et erreur et
surtout par correction spontanée deviennent plus régulières. On pourra constater également une
augmentation de la fluence corollaire d‟une diminution de la fatigue. La troisième et dernière
étape sera celle de la maîtrise, dénommée aussi « expertise » par nombre de pédagogues. À ce
stade, la lecture à voix haute est expressive, la compréhension va de pair avec le déchiffrage qui
est quasi instantané.
V-La lecture: activité de communication
Elle est considérée comme une activité de communication parce qu‟elle ne peut être faite
que par la communication. Elle est généralement réalisée à l‟oral et entre deux personnes. L‟une
considérée comme “l‟émetteur”, celle qui parle et qui donne un message et l‟autre “le recepteur”
celui qui reçoit ce message. Ce processus crée entre ces deux personnes une relation qui les
permet d‟échanger leur message. Cette communication se fait souvent par l‟écrit.
VI-Les conditions nécessaires et indispensables à un bon apprentissage de la lecture
a) Une bonne perception visuelle
b) Une discrimination auditive fine
c) La connaissance du code oral
d) Le désir de lire
e) Un environnement stimulant
f) L‟attitude positive de l‟enseignant
VII-Les méthodes d’initiation à la lecture
a) La méthode synthétique qui apprenait aux enfants à lire et écrire suivant un ordre de
complexités croissants du matériel graphique et partant des éléments alphabétiques. Voici les
différentes étapes de cette méthode:
o Identification et connaissance de mémoire des signes alphabétiques et des lettres: Ex.: a e
i o u b c d f etc..
o Formation de syllabes et de sons avec la combinaison de voyelles et de consonnes.
Ex: do, ta, mi, to, ti, ra etc..
o Formation de mots au moyen de syllabes.
Ex: do-di-ne etc.…
o Formation de phrases avec des mots connus.
Ex: Pola a un tito
b) La méthode analytique enseigne la lecture et l‟écriture dans un ordre de décomposition
progressive. Enchainant avec une phrase prise dans un contexte compréhensif pour arriver à la
lettre.
o Une phrase complète reconnue dans son ensemble graphique.
o Ex: Pola a un tito
o Décomposition de la phrase en mots Ex: Tito
o Décomposition du mot en syllabes Ex: Ti
o Décomposition de syllabes en lettre Ex: T
c) La méthode globale ou idéo-visuelle est appliquée pour un apprentissage fonctionnel de la
lecture. Pour représenter des mots, des syllabes,des lettres ou des symboles graphiques, il
convient de faire entrer ces phrases complètes ayant une signification et dans lesquelles chaque
élément joue un rôle et a une fonction déterminée. Cette méthode de présentation de mots, de
syllabes et de lettres dans une phrase complète et ayant un sens.
VIII-Avantages et inconvénients des trois méthodes
Méthode Analythique
Avantages
Inconvénients
-Eveille l‟intérêt des -Ne
élèves
favorise
pas
la
progression en orthographe
-s‟adapte
mieux
l‟école
à chez certains élèves.
-Accent
à
mettre
sur
-Cultive dès le départ l‟orthographe des mots qui
la lecture intelligente
paraissent difficiles
-Développe le goût de -Emploi difficile par des
lire
Méthode Globale
-Initie
enseignants non qualifiés
l‟élève
dans -Exige
une
formation
l‟apprentissage de la spéciale de l‟enseignant
lecture à partir des -Exige un effectif réduit des
faits de vécu
élèves
-Cultive dès le début la -Encourage
lecture intelligente
l‟élève
à
apprendre de mémoire le
-Eveille chez l‟enfant contenu de la leçon
l‟envie de lire
-Ne
-Développe
chez déchiffrage,
réalise
pas
le
l‟analyse,
l‟enfant le goût de la l‟analyse structurale et la
lecture
segmentation après la vue
globale
-N‟aide
pas
à
disséquer
chaque détail de la structure
ou composition d‟un mot
-Décourage
l‟enfant
qui
croyait savoir lire
Méthode synthétique ou syllabique
-Favorise
le -Ne s‟adapte pas à la nature
déchiffrage
de l‟enfant
-Favorise
-Fais
l‟orthographe
certains élèves
un
apprentissage
chez mécanique,
dépourvu
d‟intérêt pour l‟élève
-Simplifie le travail de -Favorise l‟élitisme dans la
l‟enseignant dans une classe
classe pléthorique
-Ne
nécessite
-Développe un apprentissage
pas détaché du vécu de l‟élève
beaucoup de matériel -Réalise une lecture sans
didactique
signification,
sans
intelligence
IX-Didactique de la lecture en 1ère et 2ème année
En première année fondamentale, les enfants sont immatures en matière de lecture, les
débutants, comme disent les pédagogues ne s‟initient qu‟à l‟acte de lire, agés de 6 à 7 ans, s‟ils
sont chanceux de provenir d‟un milieu favorable à cette initiation, ils seront en mesure de lire au
niveau de la progression de leur développement mental. Les enfants de la 1ère année, en dépit de
leur progrès ne s‟adaptent qu‟à des mots contenant des sons tels que: rayon, bouillon,Oreille,oeil
égaré ect…
En 2ème année, les enfants n‟ont pas encore maîtrisé la lecture, mais des rudiments, dans
ce cas, l‟enseignant de cette classe doit savoir s‟y prendre en reprenant avec eux les séances de
lecture dans la même structure que la 1ère année tout en finalisant l‟apprentissage de tous les
sons. Un enseignant qui maîtrise son programme doit finir avec l‟apprentissage des sons au 2ème
trimestre et entame la lecture de texte sans oublier que l‟apprentissage de la lecture ne s‟achève
pas, il lui reste du chemin à parcourir en incitant chez ses élèves le goût de lire.
-Une première séance de lecture en début de matinée (30 minutes)
-Une séance d‟écriture après la leçon de lecture (30 minutes)
-Une autre séance de lecture en fin de matinée (30 minutes)
N.B: - Lecture silencieuse
-Lecture à haute voix et individuelle
X-Didactique de la lecture en 3ème à 6ème année
En 3ème et 6ème, commence la lecture de textes
-Choix de texte
a) Ecole traditionnelle:
Le texte est choisi au hasard. La conduite d‟une leçon de lecture prend en compte le sens
des mots usuels (vocabulaire), étudie la grammaire (syntaxe et conjugaison). Totale confusion,
pas d‟objectifs précis.
b) Ecole nouvelle
Le texte doit être:
-adapté au milieu
-adapté au niveau de la classe
-simple et court
Objectifs:
-culturel, ce qui implique le savoir ou les connaissances intellectuelles
-pratique, ce qui implique des valeurs psychomotrices (savoir-faire)
-formatif, ce qui implique des valeurs morales, chrétiennes, politiques, économiques
(savoir-être). Le texte choisit ne doit contenir aucun mot inconnu de sens. Le vocabulaire se fait
dans le texte, mais avant la lecture. L‟école se charger de bien sélectionner les textes de lecture,
Tels que, les atlas, la carte, l‟acte de naissance, les bordereaux etc..
Les nouveaux sons seront abordés par extension tenant compte des sons déjà vus.
Exemple: -ain-ein-aint-aim-en-in