Note technique post-séisme sur la reconstruction scolaire (Serge Theunynck)
- Situe les dommages en séquence et non comme un événement unique : moins de 500 écoles touchées antérieurement, près de 1 000 endommagées et plus de 120 détruites par les ouragans de 2008, et 6 000 endommagées et 2 000 détruites par le séisme du 12 janvier.
- Distingue deux sens du mot norme, la moyenne de ce qui existe et un seuil prescrit, et avertit du glissement entre les deux dans les discussions de planification, condition préalable à des normes applicables.
- Énonce des normes quantifiées, telle une superficie minimale de terrain de 2 500 m².
- Retient environ 400 000 enfants de 6 à 11 ans hors de l'école en 2003, soit 19 % de la tranche d'âge, pour un système accueillant 2,10 millions d'élèves.
- Sépare les causes du sur-âge : environ 89 % des élèves étaient en sur-âge en 2003 alors que le redoublement n'en explique que 13 %, l'entrée tardive et non le redoublement étant donc le facteur, avec un taux net de scolarisation de 24 % contre un taux brut bien supérieur.
- Retient le poids structurel du secteur privé à travers la FONHEP, qui représente les deux tiers des écoles non publiques, elles-mêmes 90 % de l'ensemble des écoles, et dont les membres signalaient que certaines écoles ne rouvriraient pas pour l'année scolaire.
- Relève la densité urbaine comme contrainte de planification, Port-au-Prince atteignant 25 000 habitants au km², soit plus dense que Paris intra-muros à 20 000, tandis que la dispersion de l'habitat rural à l'intérieur d'une seule commune constitue elle-même un défi.
La plus longue des deux notes techniques de juillet 2010 sur le bâti scolaire haïtien, consacrée à la manière d'organiser et de passer les marchés de la reconstruction plutôt qu'à la seule tenue des bâtiments. Lue avec la note Paultre, elle forme la base technique de la stratégie du bâti scolaire que le ministère entreprenait d'écrire après le séisme.
Son point de départ est la séquence des dommages et non un événement isolé : les ouragans de 2008 ont endommagé près de 1 000 écoles et détruit plus de 120, après un événement antérieur en ayant touché moins de 500, et le séisme du 12 janvier a endommagé 6 000 écoles et détruit 2 000. C'est l'échelle au regard de laquelle toute norme doit rester finançable.
La note est d'une prudence inhabituelle sur le mot norme lui-même, distinguant la norme comme moyenne de ce qui existe et la norme comme seuil prescrit, et avertissant du glissement entre les deux dans les discussions de planification. Elle énonce ensuite des normes quantifiées, telle une superficie minimale de terrain de 2 500 m². Du côté de la demande, elle consigne les chiffres d'accès qui expliquent pourquoi : environ 400 000 enfants de 6 à 11 ans n'allaient pas à l'école en 2003, soit 19 % de la tranche d'âge, le système scolaire accueillant 2,10 millions d'élèves ; la part des élèves en sur-âge était d'environ 89 % en 2003 alors que le redoublement n'en expliquait que 13 %, le sur-âge relevant donc surtout d'une entrée tardive ; et le taux net de scolarisation était dramatiquement faible, à 24 %, contre un taux brut bien supérieur. Elle retient aussi le poids du secteur privé, la FONHEP représentant les deux tiers des écoles non publiques, elles-mêmes 90 % de l'ensemble des écoles, dont les membres signalaient que certaines écoles ne rouvriraient pas.
Comment citer
Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), 2010, Note technique post-séisme sur la reconstruction scolaire (Serge Theunynck), https://menfp.gouv.ht/#/documents/official