(2023-S1) Report on the Implementation of Public Finance Reform, January to June 2023
Summary — Report on the Implementation of Public Finance Reform, January to June 2023. The document runs to 78 pages.
Key Findings
- The reform commission's account of what was implemented in the first half of 2023.
- Issued in September 2023 by the Commission de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance Économique.
Full Description
Report on the Implementation of Public Finance Reform, January to June 2023. The document runs to 78 pages. It carries the reform commission's account of what was implemented in the first half of 2023. Issued in September 2023 by the Commission de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance Économique.
Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
COMMISSION DE REFORME DES FINANCES
PUBLIQUES ET DE GOUVERNANCE
ECONOMIQUE (CRFP-GE)
Rapport sur la mise en œuvre de la réforme
des finances publiques de janvier à juin 2023
Septembre 2023
TABLE DES MATIERES
I.- INTRODUCTION GÉNÉRALE ............................................................................................... 1
II.- CONTEXTE POLITIQUE ET SOCIAL ACTUEL DU PAYS ......................................... 2
III.- LA SITUATION ÉCONOMIQUE DÉPRIMANTE ET L’EFFORT DE
STABILISATION APPUYÉ PAR LE FMI ................................................................................. 3
A) L’ALLURE DÉPRESSIVE DE L’ÉCONOMIE RÉELLE ..................................... 4
B) LES CONDITIONS MACROÉCONOMIQUES GÉNÉRALES INCLUANT LES
EFFORTS DE REDRESSEMENT DES POUVOIRS PUBLICS ............................ 5
C) L’IMPACT POSITIF DU PROGRAMME DE RÉFÉRENCE RÉCEMMENT
SIGNÉ AVEC LE FMI EN JUIN 2022 ..................................................................... 7
D) LE NOUVEAU BUDGET 2023/24 ET LES ENGAGEMENTS PRIS DANS LE
CADRE DU NOUVEAU PROGRAMME SIGNÉ EN JUIN 2023 ............................. 9
i) Les perspectives ouvertes par le Budget 2023/24 ...................................... 9
ii) Les ambitions du nouveau Programme de Référence de Juin 2023 ..... 10
IV.-ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES DE
JANVIER A JUIN 2023 ............................................................................................................... 12
4.1.- MISSION 1 : MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES ET
EXTERNES ........................................................................................................... 12
A) LA MOBILISATION DES RESSOURCES PAR LA DGI.............................. 12
B) LA MOBILISATION DES RESSOURCES DOUANIÈRES .......................... 17
C) L’APPORT DE LA DIRECTION DE L’INSPECTION FISCALE (DIF) ......... 19
D) FACTEURS LIMITANTS POUR LA DGI ET L’AGD .................................... 21
4.2.-MISSION 2 : STATISTIQUE, PLANIFICATION, PROGRAMMATION,
BUDGÉTISATION................................................................................................. 22
A) LES ACTIONS CONDUITES PAR LE MPCE DE JANVIER À JUIN 2023.. 22
B) L’EFFORT RÉCENT DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DU BUDGET ET DE
LA DIRECTION DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES ET DE LA PRÉVISION ....... 25
C) LES INITIATIVES RÉCENTES CONDUITES PAR L’IHSI........................... 26
D) DIFFICULTÉS GLOBALES DE LA REFORME DANS CE SECTEUR ...... 27
4.3.- MISSION 3 : GESTION DE LA TRÉSORERIE ET COMPTABILITÉ
PUBLIQUE ............................................................................................................ 28
A) LA POURSUITE DE L’OPERATIONNALISATION DU COMPTE UNIQUE
DU TRESOR (CUT) ........................................................................................... 28
B) LA GESTION DE LA TRESORERIE ET DE LA DETTE PUBLIQUE .......... 29
C) L’AMELIORATION DE LA QUALITE DE LA GESTION COMPTABLE...... 31
D) AUTRES ACTIONS DE REFORME ............................................................. 32
E) CONTRAINTES ET PROBLÈMES RENCONTRÉS..................................... 33
4.4.- GOUVERNANCE DES FINANCES LOCALES ............................................ 33
A) AMÉLIORATION DE LA GESTION FINANCIÈRE DES CT ........................ 34
B) AMÉLIORATION DE LA GESTION COMPTABLE ..................................... 35
4.5.- MISSION 5 : CONTRÔLE BUDGÉTAIRE EXTERNE, TRANSPARENCE ET
LUTTE CONTRE LA CORRUPTION.................................................................... 35
A) LE CONTRÔLE ET L’AUDIT INTERNE ADMINISTRATIF.......................... 35
B) LE CONTROLE EXTERNE .......................................................................... 38
C) LA COMMISSION NATIONALE DES MARCHÉS PUBLICS ...................... 41
D) PROMOTION DE LA TRANSPARENCE ET DE LA REDEVABILITÉ ET
RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ..................... 45
4.6.- MISSION 6 : SYSTÈME D’INFORMATION POUR LES FINANCES DE
L’ÉTAT .................................................................................................................. 52
A) LES AVANCÉES RÉCENTES DANS L’INFORMATISATION DE LA
FONCTION BUDGÉTAIRE ................................................................................... 53
B) L’INFORMATISATION DES DIFFÉRENTES ÉTAPES DE LA GESTION DES
RESSOURCES HUMAINES ................................................................................. 58
C) TRANSFORMATION DIGITALE DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE......... 58
D) DIFFICULTÉS GLOBALES CONFRONTÉES PAR LES PROJETS DU
SYSTÈME D’INFORMATION EN FONCTIONNEMENT................................... 58
V.- LA PERFORMANCE DES SECTEURS DE RÉFORME ET LES DÉFIS
RELEVÉS DURANT LES SIX PREMIERS MOIS DE 2023 ..................................................60
VI.- CONCLUSION GÉNÉRALE ...........................................................................................................71
VII.- ANNEXE...................................................................................................................................................73
République d’Haïti
I.- INTRODUCTION GÉNÉRALE
Pour conduire de manière ordonnée et structurée les réformes des finances
publiques, l’État Haïtien s’est doté d’une stratégie et d’un Plan d’Actions Triennal
(PAT) pour opérationnaliser la stratégie. Cependant, le suivi de sa mise en œuvre se
fait à partir de la préparation périodique de rapports qui sont soumis au Comité de
Pilotage Stratégique de la Réforme, plus haute instance de sa structure de
gouvernance. Cela lui permet de s’assurer que les orientations données
s’opérationnalisent et donnent les résultats escomptés. En même temps, ce
mécanisme de suivi garantit que des mesures correctives pourront être prises à
temps si la nécessité se fait sentir.
C’est ce qui a justifié que depuis la création de la CRFP\GE au cours de l’Exercice
2013/14, il lui a été demandé de chercher à assurer une régularité, qui peut être
semestrielle ou trimestrielle, dans l’élaboration et la publication des rapports d’état
d’avancement.
Ces rapports qui permettent également d’informer les partenaires techniques et
financiers de l’État haïtien et servent souvent, de même que ceux portant sur le
PSDH, comme éléments des conditions générales pour le décaissement des appuis
budgétaires dont ceux prévus par la Commission Européenne.
Dans le cadre de « l’Avenant » à la Convention de Financement du Programme
d’Appui à la Réforme de l’État (SBC II), signé en Avril 2023 par la République
d’Hait avec l’Union Européenne, il est mentionné toutes les conditions
générales de décaissement dont celles-ci :
§ Le « maintien d’une politique macroéconomique fondée sur la stabilité
crédible, pertinente; ou réalisation de progrès en vue de rétablir les
principaux équilibres ».
§ Des « progrès satisfaisants dans la mise en œuvre des réformes visant à
améliorer la gestion des finances publiques, dont la mobilisation des
recettes nationales, et maintien de la crédibilité et de la pertinence du
programme de réforme ».
§ Des « progrès satisfaisants en matière d’accès, d’exhaustivité, de qualité
et de régularité de l’information budgétaire ».
Ce document établit, par ailleurs, que dans la limite de l’Exercice fiscal 2022/23,
soit assuré : l’« Élaboration et la publication d’un rapport sur la mise en œuvre
de la stratégie des finances publiques pour la période Janvier 2023/Juin
2023 ».
CRFP-GE
1|P a g e
République d’Haïti
En outre, en Juillet 2022, le Gouvernement Haïtien a conclu avec les Services du
FMI, un Staff Monitoring Program (SMP), couvrant la période de Juillet 2022 à Mai
2023, et comportant des réformes sur la gouvernance économique. Après les revues
positives de ce premier SMP, un second a été conclu le 29 juin 2023 avec le FMI,
pour une période supplémentaire de 9 mois, afin de consolider et renforcer les
acquis du premier SMP.
Le présent rapport sur la mise en œuvre des réformes des finances publiques au
cours de la période de janvier 2023 à Juin 2023 se veut plus complet que les
rapports précédents, préparés par la CRFP\GE, en couvrant l’ensemble des efforts
déployés par l’Etat Haïtien pour renforcer la gouvernance économique et financière.
C’est pourquoi, en plus des actions conduites dans le cadre du PAT, le rapport
couvre également toutes les autres actions conduites par le Gouvernement visant à
améliorer la gestion la gestion des finances publiques, notamment celles conduites
dans le cadre du SMP.
Ce rapport est structuré selon quatre axes, soit :
§ Le contexte politique et social actuel du pays,
§ La situation économique préoccupante et les efforts de stabilisation entrepris
avec l’appui du FMI,
§ La mise en œuvre de la RFP à travers six dimensions de gouvernance
§ Une comparaison de la performance des différents secteurs de réforme
II.- CONTEXTE POLITIQUE ET SOCIAL ACTUEL DU PAYS
La situation socio-politique en Haïti n’a pas connu d’amélioration ; elle a plutôt
continué à se dégrader et entrave les efforts du Gouvernement à mener des
réformes profondes. Toutefois, une situation d’éclaircie pourrait se présenter avec
l’arrivée attendue de la Force internationale de paix.
Le conflit qui oppose le Gouvernement en place et de nombreux acteurs de la vie
politique et sociale persiste. Le large consensus recherché n’a pas encore pu être
obtenu. Entretemps, le pays connait encore des grèves du transport en commun,
des manifestations contre la vie chère et contre l’insécurité grandissante. En 2021, il
y avait 1.615 morts. En 2022, ils étaient 2.183. En dépit des efforts entrepris par la
Police Nationale d’Haïti (PNH), qui a mené plusieurs opérations pour contrecarrer
les actes de banditisme et rétablir la paix et la tranquillité publiques, la situation
demeure très préoccupante. Bien qu’une accalmie ait été observée au cours des
mois d’avril, mai et juin 2023, sur la période allant de janvier à juin 2023, selon le
CRFP-GE
2|P a g e
République d’Haïti
Haut-Commissariat aux droits de l’homme, le nombre de victimes de la crise
sécuritaire serait autour de 2.400. Cette situation qualifiée de « dramatique » en juin
par les experts des Nations unies, échappe au contrôle des autorités locales et
nationales. Pour résoudre cette crise, le Gouvernement continue les démarches
entamées pour la venue en Haïti d’une force multinationale de paix. Cette force,
non-onusienne, aurait pour principales missions de « neutraliser les gangs et les
désarmer ; et reprendre le contrôle des axes routiers et des installations stratégiques
pour permettre de nouveau la libre circulation des personnes et des biens et le
retour des services publics de base dans la vie des Haïtiens », selon Antonio
Guterres, le secrétaire Général des Nations Unies.
Les conditions de vies des haïtiens se dégradent et l’insécurité continue de susciter
des mouvements sociaux. La campagne de terreur orchestrée par les bandits armés
a paralysé le bon fonctionnement des services de l’administration publique, des
quais publics et privés et la libre circulation des citoyens et des marchandises. Cette
situation, amplifiée par l’inflation élevée, contribue à la dégradation des conditions de
vies des populations tant en zone métropolitaine que dans sur le reste du territoire
national ; et la pauvreté en Haïti devient plus profonde et plus sévère. Pour pallier
cette situation, le gouvernement, avec l’appui des partenaires au développement,
notamment du FMI, à travers le Food Shock Window (FSW), a substantiellement
accru les capacités budgétaires du MAST pour élargir la couverture du système de
transferts monétaires en faveur des populations les plus pauvres. Toutefois, ces
programmes sociaux demeurent insuffisants pour faire face aux énormes besoins de
la population. En outre, les conditions sécuritaires du pays conduisent à des
mouvements de protestations des populations, notamment dans les zones urbaines.
Les besoins inhérents à cette situation de crise dont les réponses constituent la plus
grande priorité du moment du Gouvernement absorbent une part importante des
ressources de l’Etat, réduisant les marges budgétaires consacrées aux autres
actions, dont les réformes des finances publiques.
III.- LA SITUATION ÉCONOMIQUE DÉPRIMANTE
L’EFFORT DE STABILISATION APPUYÉ PAR LE FMI
ET
Après les difficultés entrainées dans le fonctionnement de l’économie mondiale par
la pandémie de coronavirus en 2020, celle-ci s’est vite reprise même si certains
risques importants, comme la persistance de l’inflation mondiale résultant entre
autres de la crise russo-ukrainienne, ont continué à faire sentir leur influence. Pour
Haïti, au contraire, l’environnement global s’est détérioré considérablement,
avec des phénomènes naturels et d’ordre socio-politique négatifs et surtout une
insécurité plus qu’alarmante se généralisant à l’échelle nationale et plus intensément
dans les deux plus grands départements géographiques en même temps
stratégiques du pays, soit : l’Ouest et l’Artibonite. Dans un tel contexte, l’économie
haïtienne s’est retrouvée à contre-courant de la tendance internationale quasigénérale à la reprise.
CRFP-GE
3|P a g e
République d’Haïti
A) L’ALLURE DÉPRESSIVE DE L’ÉCONOMIE RÉELLE
En effet, si l’on part de 2021/22 la tendance à la récession économique antérieure
(démarrée en 2018/19) s’est poursuivie avec une croissance négative d’environ (1,7%) pour cette dernière année. Pour l’Exercice 2022/23, on peut penser qu’il n’y
aura pas de revirement puisque les données de l’ICAE (Indicateur Conjoncturel
d'Activité Économique) de l’IHSI pour le second trimestre de cet exercice fiscal
montrent que le niveau des activités économiques va continuer à fléchir avec une
croissance négative de 2,1% de ce trimestre par rapport à celui de l’année
antérieure après une baisse de 3,7% au premier trimestre.
On sait que du côté de l’offre, l’économie haïtienne est affectée par une tendance
lourde, durant les trois dernières décennies, à la déstructuration du groupe des
sous-secteurs porteurs et exportateurs favorisant ainsi l’émergence d’une
économie de service non productive de devises. Ainsi, en considérant les soussecteurs indicateurs du groupe cité on passe d’un taux de participation au PIB de
35% en 2020/21 à un taux de 35,2%1 en 2021/22. Ce qui est le signe d’une
stagnation. Mais, en nous basant sur les données de l’ICAE on peut observer, pour
les deux premiers trimestres de l’Exercice 2022/23, une tendance très nette à la
décroissance de ce groupe de sous-secteurs comprenant l’agriculture, l’industrie
manufacturière et le tourisme.
Comme on le sait, les mêmes facteurs de libéralisation et de privatisation qui ont
poussé à cette tendance à la déstructuration productive sont aussi ceux qui ont
entrainé la mutation de l’économie nationale en une économie de services. Il n’est
donc pas étonnant de constater qu’en 2020/21 le Secteur Tertiaire de l’économie
représentait 54% du PIB. Taux de participation qui s’est maintenu en 2021/22. Dans
cette dynamique de promotion des services marchands datant des années 1990, il
faut noter les sous-secteurs qui en ont profité le plus et dont les poids durant le
dernier exercice sont les suivants :
§ Commerce et réparation
§ Transport et Communication
§ Activités Financières et Assurances(AFA)
: 19,8%
: 3,6%
: 3,3%
Comment ce secteur tertiaire s’est comporté durant la nouvelle année 2022/23 ?
Apparemment, selon les données disponibles de l’ICAE les choses n’ont pas évolué
aussi favorablement. Globalement, pour le second trimestre on constate une baisse
de -1,8% des trois sous-secteurs cités et c’est le Commerce qui a été le plus affecté
avec une chute de son indice d’environ 3,3%. Par contre, le dernier sous-secteur cité
(AFA) a connu une amélioration de sa situation.
Notez que si les statistiques (concernant les industries manufacturières) étaient plus
précises ce taux serait nettement plus faible comme cela est observable avant le changement
de base des comptes nationaux intervenu en 2019/20. Par exemple, en 2015/16 ce taux pourrait
être estimé à 30%.
1
CRFP-GE
4|P a g e
République d’Haïti
B) LES CONDITIONS MACROÉCONOMIQUES GÉNÉRALES INCLUANT LES
EFFORTS DE REDRESSEMENT DES POUVOIRS PUBLICS
La situation de l’économie réelle a donc continué à se détériorer au cours de cette
dernière conjoncture incluant les six(6) premiers mois de l’Exercice 2022/23 et cela
a eu des conséquences non désirables sur l’évolution du secteur externe.
Par exemple, le taux du déficit commercial en 2021/22 est resté à un niveau élevé et
très proche du précédent soit 22,1% du PIB. Cette situation ne devrait pas
s’améliorer au regard des dernières données disponibles, en effet les exportations
accusent un recul de 20% sur les 6 premiers mois de l’année 2022/23 tandis que les
importations ne connaissent qu’une légère baisse de 2%.
Cette tendance négative est renforcée par la dernière évolution des transferts des
migrants qui, sans doute, du fait du ralentissement de l’économie américaine,
accusent un mouvement de baisse. Ils passent effectivement de 2,0 mds de dollars
en Avril 2022 à 1,88 mds en Avril 2023. Cette détérioration a favorisé des difficultés
sur le marché de change au point qu’entre Septembre 2022 et Mars 2023 on a vu le
taux de change de la monnaie nationale se déprécier fortement en passant du
niveau de 116,5 gourdes à celui de 155,7 gourdes.
Le seul bon signe qu’on a noté pour le secteur externe est l’amélioration de la
situation des réserves nettes de change. En effet, elles passent de 114 millions de
dollars en Octobre 2022 à 241 millions de dollars en Décembre 2022 pour atteindre
480 millions au 31 Mai 2023.
Cependant, vu que les facteurs négatifs l’emportent sur les facteurs positifs sur le
plan du secteur externe cela ne devrait pas faciliter le contrôle des équilibres
macroéconomiques internes pendant cette conjoncture d’autant que le pays vit
une situation d’inflation importée très préjudiciable. Cependant, la politique
stabilisatrice actuelle des pouvoirs publics a permis de limiter les dégâts.
En effet, l’inflation s’était accélérée durant le second semestre de l’Exercice 2021/22
jusqu’à atteindre le niveau de 47% en Octobre 2022 puis 49% en Janvier 2023.
Cette accélération de l’inflation a concerné presqu’autant les produits importés que
les produits locaux et un grand département comme l’Ouest, où se trouve la capitale
et plus fortement affecté par l’insécurité, en a payé un prix fort avec un niveau
d’inflation assez élevé. Les actions des gangs armés qui perturbent le circuit
d’approvisionnement des marchés en produits locaux et la distribution des produits
pétroliers sur le territoire national, conjuguées au niveau élevé des prix mondiaux
sont certains des principaux facteurs à rendre responsables de cette configuration
des prix en Haïti.
Mais, on a assisté par la suite à un mouvement de décélération avec un taux de
39,8% en Juillet 2023. Cela a sans doute à voir avec la politique de rigueur
suivie sur le plan budgétaire par le Gouvernement.
CRFP-GE
5|P a g e
République d’Haïti
Inflation globale en variation mensuelle et annuelle
11.9%
53%
50%
10.9%
47%
9.9%
44%
Inf_Glob_VM
7.9%
41%
Inf_Glob_VA
Variation-Annuelle
8.9%
38%
5.9%
35%
4.9%
32%
3.9%
29%
2.9%
26%
1.9%
23%
0.9%
20%
-0.1%
17%
Jul-23
Jun-23
May-23
Apr-23
Mar-23
Jan-23
Feb-23
Dec-22
Oct-22
Nov-22
Sep-22
Jul-22
Aug-22
Jun-22
May-22
Apr-22
Feb-22
Mar-22
Jan-22
Dec-21
Nov-21
Oct-21
Variation-Mensuelle
6.9%
Source : DEEP\MEF
Si l’on compare les données portant sur les opérations financières de l’État pour
l’Exercice 2021/22 à celles de l’Exercice 2022/23 comme il apparait dans le petit
tableau présenté ci-dessous, on constate que pour le premier exercice il n’a pas été
facile de gérer le Budget Courant si bien que pour les 10 premiers mois on a
enregistré un déficit de 24,7 milliards de gourdes. Mais, d’Octobre 2022 à Juillet
2023 la situation s’est renversée avec un solde positif du budget courant de 37,4
milliards.
Comparaison des Opérations Financières de l’État pour deux exercices
En millions de gourdes
Octobre21 –Juillet 22
Octobre 22 –Juillet 23
1) Recettes courantes
92537
143238
a)Recettes internes
70981
94168
b) Recettes douanières
21277
48935
c)Autres Recettes
280
135
2) Dépenses courantes
117244
105786
3)Dépenses
d’investissement
3345
5357
4) Dépenses totales
120589
111143
5) Solde courant
-24707
+37452
6) Solde global
-28052
+32095
Source des données : TOF
Ce renversement de situation met en évidence l’impact de la politique de
stabilisation suivie selon trois lignes directrices :
CRFP-GE
6|P a g e
République d’Haïti
§ Un effort pour une mobilisation plus importante des recettes courantes, par la
DGI et l’AGD, si bien que celles-ci ont augmenté d’environ 55% de 2021/22 à
2022/23
§ La recherche d’une diminution des dépenses courantes qui s’est traduite par
leur baisse de 9,8% entre les deux périodes. Par contre, notez que les
dépenses d’investissement ont augmenté de 60% d’un exercice à l’autre.
Cette augmentation des dépenses d’investissement, qui s’étale sur toute
l’année, financerait, entre autres, les supports envisagés au bénéfice des
populations vulnérables à travers le Programme d’Urgence Multisectoriel pour
l’Apaisement et la Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables (PUrMARG).
§ L’effort de réduction du financement monétaire de la BRH. En effet, entre le
30 juillet 2022 et le 30 juillet 2023 ce financement est passé de 42.3 milliards
de gourdes à 12.9 milliards de gourdes, soit une réduction de 69%. Ce qui,
sans doute, a eu un effet sur l’évolution de l’inflation qui s’est décélérée
comme cela a été rappelé antérieurement. Sur la période de Janvier 2023 à
Juin 2023, le financement monétaire est constamment resté au-dessous de
10 milliards de gourdes. Au 30 juin 2023, le financement de la BRH a été
contenu dans les limites prévues dans le budget, soit 8.3 milliards de
gourdes, représentant 24% environ du plafond prévu dans le protocole
d’accord portant sur la gestion de l’exécution des dépenses publiques, qui est
de 34.2 milliards de gourdes. Ces progrès devraient ouvrir la voie à la
mobilisation de ressources financières des partenaires au développement.
C) L’IMPACT POSITIF DU PROGRAMME DE RÉFÉRENCE RÉCEMMENT SIGNÉ
AVEC LE FMI EN JUIN 2022
Les préoccupations essentielles de ce programme tournent principalement autour de
cinq points dont un seul concerne le domaine social soit : l’élaboration d’un Plan
d’Action en vue de mettre en œuvre la Politique Nationale de Protection et de
Promotion Sociale (PNPPS). Pour le domaine économique les objectifs poursuivis
sont les suivants :
§ Le renforcement de la mobilisation des recettes fiscales et douanières
§ La conduite de politiques budgétaires en conformité avec le PR
§ La promotion d’une politique monétaire plus flexible et limitant les risques de
blanchiment et de non-sauvegarde
§ Le renforcement de la gouvernance économique
Malgré le contexte difficile que vit le pays, le gouvernement a su faire les
efforts nécessaires pour mettre en œuvre ce programme de stabilisation qui
vise à renforcer en définitive la gouvernance économique et financière.
CRFP-GE
7|P a g e
République d’Haïti
Comme on l’a vu antérieurement lors de l’analyse de la gestion des finances
publiques, on peut dire qu’entre les deux exercices fiscaux 2021/22 et 2022/23 on
observe, grâce aux efforts fournis par les administrations fiscales, une amélioration
dans la mobilisation des recettes sur les deux plans. Mais, les progrès
enregistrés ont été plus importants pour les recettes douanières que pour les
recettes fiscales. En effet, entre Octobre 21/Juillet 22 et Octobre 22/Juillet 23 les
premières ont augmenté de 130% tandis que les secondes ont connu une
croissance de 33% seulement. Mais, plus encore que ces avancées quantitatives il
faut noter celles qui concernent les repères structurels comme :
§ Adoption du Code Général des Impôts et du Livre de Procédures Fiscales :
documents simplifiant le système fiscal et supprimant de nombreuses
exonérations;
§ Publication de Code et de Tarifs liés aux Douanes
§ Transmission à la Primature du Décret sur l’Exigibilité du NIF : il oblige tous
les départements financiers à utiliser un NIF et il prévoit des sanctions en cas
de fraude ou de non-utilisation.
Sur le plan de la politique budgétaire, des améliorations sont aussi à noter.
Mentionnons ces différents points :
§ Le Budget 2022/23 a été inscrit dans une perspective pluriannuelle avec la
préparation d’un Cadre Budgétaire à Moyen Terme(CBMT)
§ Il a été préparé en conformité avec le « Programme de Référence »(PR)
consistant à réduire le financement monétaire du déficit, plafonné à 1,9% du
PIB pour l’Exercice 2022/23 tandis que les recettes fiscales devraient
atteindre 6,4% du PIB alors qu’elles étaient antérieurement au niveau de
5,3%.
§ Le financement monétaire devrait atteindre 1,4% du PIB à la fin de l'exercice
budgétaire 2022-23 : ce qui est en dessous des 2,3% de l'exercice 2021-22.
Le financement considéré comme non inflationniste de la Banque de la
République d’Haïti (BRH) étant fixé à un maximum de 1,5% du PIB.
La conduite de la politique monétaire s’inscrit également dans la perspective du
PR comme cela a été prévu avec ces avancées :
§ L’amélioration du cadre règlementaire de la politique monétaire avec cette
réalisation : l’approbation par le Conseil d'Administration de la BRH des
projets d'amendement à la loi régissant cette dernière, établis en consultation
avec les services du FMI, visant à : i) préciser les objectifs de la BRH, ii)
CRFP-GE
8|P a g e
République d’Haïti
accroitre son autonomie, iii) renforcer sa gouvernance et iv) en améliorer la
responsabilisation et la transparence.
§ Le renforcement de la supervision bancaire avec l’approbation par le Conseil
des Ministres des révisions apportées à la loi LBC/FT (Loi sur le blanchiment
des capitaux et le financement du terrorisme), élaborée avec l'assistance
technique du FMI, pour remédier aux déficiences mises en évidence dans le
plan d'action pour Haïti établi avec le GAFI et rendre la loi conforme aux
normes internationales prescrites par ce dernier.
Le renforcement de la gouvernance en conformité avec la politique édictée à travers
le Programme de Référence s’est opéré également par la conduite de ces
initiatives :
§ Publication par la Commission Nationale des Marchés Publics(CNMP), sur
une base mensuelle, des contrats des marchés publics et des informations
sur les bénéficiaires effectifs des soumissionnaires retenus. Ces contrats sont
publiés sur son site internet (https://cnmp.gouv.ht).
§ Élargissement du Compte Unique du Trésor (CUT) à la Banque Centrale
pour inclure toutes les unités budgétaires centrales, y compris le fonds
d’urgence. A la suite d’un recensement des comptes gouvernementaux par la
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP), le FDU
(Fonds d’Urgence) a été intégré dans le CUT ; le CSTD (Compte Spécial du
Trésor pour le Développement) et le FDGCT (Contributions au Fonds de
Gestion et de Développement des Collectivités Territoriales) sont fermés ; la
fermeture de la CAS (Caisse d’Assistance Sociale) est en passe d’être
réalisée.
§ Publication par le FAES, au mois de juillet 2022, sur le site internet du MEF
du rapport financier sur le premier semestre de l’exercice fiscal 2021-2022.
D) LE NOUVEAU BUDGET 2023/24 ET LES ENGAGEMENTS PRIS DANS LE
CADRE DU NOUVEAU PROGRAMME SIGNÉ EN JUIN 2023
La volonté des autorités haïtienne à poursuivre les réformes de finances
publiques est clairement affichée à travers le budget de l’Etat et la signature
d’un nouveau SMP.
i) Les perspectives ouvertes par le Budget 2023/24
Pour l’année fiscale 2023/24, les pouvoirs publics visent une fois de plus la stabilité
du cadre macro-économique, qui doit garantir notamment :
§ un taux de croissance positif du PIB de l’ordre de +0.7% ;
§ un taux d’inflation de 16.2%,
§ la stabilité de la monnaie nationale et
CRFP-GE
9|P a g e
République d’Haïti
§ la création de conditions favorables à la rétention et à l’attraction des
investissements privés, en chute libre depuis plusieurs années.
L’amélioration de la Gouvernance économique et financière est l’une des priorités
retenues dans le budget de l’exercice fiscal 2023/2024. A cet effet, le Gouvernement
entend intensifier les actions de réformes, que ce soit au niveau de l’Administration
Publique, des Finances Publiques et de la Gouvernance Économique. Dans cette
perspective, la stratégie préconisée consiste pour chaque institution publique à se
concentrer sur l’essentiel, à se focaliser sur les actions susceptibles d’engendrer des
résultats rapides et tangibles dans chacun des domaines prioritaires, et à préparer
un cadre de mesures et d’actions pour rationaliser les choix budgétaires et libérer
plus d’espaces pour les investissements. Tout ceci, dans le respect des critères et
objectifs quantitatifs contenus dans le nouveau programme de référence (SMP)
signé en date du 29 juin 2023 avec le FMI.
Pour l’année 2023-2024, le Gouvernement entend renforcer la mise en œuvre des
réformes des finances publiques, en se concentrant ses actions sur :
§ Une mobilisation plus forte des ressources internes ;
§ L’accroissement des autres ressources, notamment à travers l’élargissement
de l’accessibilité aux Bons du Trésor ;
§ La réallocation plus optimale des dépenses publiques, pour accroître les
investissements publics.
ii) Les ambitions du nouveau Programme de Référence de Juin 2023
Partant des acquis du Programme de Référence établi antérieurement, soit un plus
grand effort dans la stabilité macroéconomique et en termes de transparence dans
la gestion des dépenses publiques et du secteur financier, le gouvernement s’est
engagé dans un autre PR en vue de renforcer la résilience économique, la
gouvernance et la protection sociale. Les objectifs de ce nouveau programme
tournent surtout autour de quatre points forts.
1.- Gouvernance, transparence et reddition des comptes
L’idée est ici de « contrôler, suivre, enregistrer et publier soigneusement toutes les
dépenses liées à l’intervention d'urgence » qui sont financées par le Guichet de
choc alimentaire du FMI. Ces dépenses seront auditées par l’IGF et
communiquées par la suite à la CSCCA aux fins de l’audit de conformité financier et
opérationnel au titre de l’Exercice budgétaire 2022-23.
Par ailleurs, parmi d’autres initiatives, il est prévu de prendre appui sur le décret
régissant les exigences de transparence dans les marchés publics, adopté et publié
en novembre 2021, pour passer à la mise en application de toutes ses dispositions
et initier les travaux de préparation d’une réforme globale de la loi sur la passation
des marchés.
2.- Politique budgétaire et protection sociale
CRFP-GE
10 | P a g e
République d’Haïti
Dans l’esprit de ce qui a été fait antérieurement en termes de préparation du budget
de 2022/23 conforme aux objectifs du PR, cet effort sera poursuivi à travers le
budget de 2023/24 de sorte que ces objectifs seront visés, soit :
§ Maintenir le déficit budgétaire au niveau de 1,8% du PIB
§ Supporter ce déficit supporté par une amélioration des recettes tout en
préservant les dépenses en capital
§ Diminuer fortement le financement monétaire dans le budget de l’exercice
2023/24 prévu pour être approuvé au courant du mois de septembre 2023
afin d’aider à réduire l‘inflation.
§ Mettre à jour le « pacte » de financement entre la BRH et le Ministère de
l’Économie et des Finances conformément à ces objectifs.
§ Mettre à jour le cadre budgétaire à moyen terme au niveau du ministère de
tutelle afin d’assurer la cohérence avec les budgets des ministères sectoriels.
§ Mettre en œuvre le Plan d’Action de la Politique Nationale de Protection et de
Promotion Sociales
3.- Politique monétaire, de change et financière
L’action de l’État dans ce domaine va consister à renforcer le cadre de la politique
monétaire dans un contexte de plus grande flexibilité du taux de change. Pour ce
faire, plusieurs objectifs seront poursuivis ont ceux-là :
§ Adopter un plafond sur le crédit à l'État pour servir de principal point
d'ancrage pour limiter le financement monétaire du déficit budgétaire.
§ Conduire les opérations à court terme de ponction de liquidité pour éliminer
tout excédant de financement monétaire, réduire les éventuelles pressions
inflationnistes et accroître la transmission de la politique monétaire.
§ Lever des financements auprès d’autres sources domestiques ou des
financements extérieurs concessionnels pour couvrir un solde primaire plus
faible le cas échéant.
§ Poursuivre les réformes pour affermir la supervision bancaire et accroître
l'inclusion financière afin de soutenir la croissance.
4.- Politique de sauvegarde
Cette politique va se poursuivre à travers les réformes juridiques, mais également il
est prévu de s’aligner sur les normes internationales d'information financière et
CRFP-GE
11 | P a g e
République d’Haïti
d'élaborer un plan à moyen terme pour éliminer progressivement l'implication de la
BRH dans les activités de financement du développement.
IV.-ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME
FINANCES PUBLIQUES DE JANVIER A JUIN 2023
DES
La section précédente de ce rapport a fait ressortir que face à la situation
économique déprimante qui persistait le Gouvernement, appuyé par le FMI, a mis en
place une politique de redressement et de rigueur orientée principalement vers le
renforcement de la gouvernance économique et financière. Ces politiques trouvent
leur expression concrète aussi bien dans les « Programmes de Référence » signés
avec le FMI que dans le nouveau Budget 2023/24.
Cette nouvelle section de ce rapport spécial vise, quant à elle, à porter le regard sur
la mise en œuvre des réformes de finances publiques en prenant appui sur les
Missions du PAT 2020/22.
Cependant, pour la période que couvre ce rapport, soit les six premiers mois de
l’Année 2023, on remarquera que les développements qui suivent n’adressent pas la
« Mission 7 : Les Réformes Transversales ». En effet, aucune initiative n’a été
notée pour aucun des « programmes » qui la composent. C’est pourquoi ce rapport
va s’étendre sur les six autres concernant : la mobilisation au niveau national et au
niveau local, la réforme budgétaire et de planification, la trésorerie et la comptabilité,
le contrôle dans ces trois aspects et le système d’information.
4.1.- MISSION 1 : MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES ET
EXTERNES
La mobilisation des ressources internes a constitué l’un des points importants qui a
été déjà abordé dans la section précédente à la fois en termes d’objectifs quantitatifs
et de repères structurels du Programme de Référence signé par le Gouvernement
avec le FMI. Ainsi, on a pu constater les progrès qui ont été réalisés dans la
mobilisation des recettes internes et des recettes douanières. De même, il a été
rappelé les réformes structurelles mises en route récemment à travers : d’une part
l’adoption en Janvier 2023 du Code Fiscal Haïtien et du Livre de Procédures
Fiscales, d’autre part l’adoption en Mars 2023 du Code des Douanes. Cependant,
des informations plus détaillées vont être fournies sur les avancées réalisées dans le
cadre de cette ligne de réforme.
A) LA MOBILISATION DES RESSOURCES PAR LA DGI
i) L’effort de mobilisation des ressources au cours des dernières années
Le petit tableau qui suit résume les efforts qui ont été déployés à la fois sur le plan
fiscal et non fiscal. Il montre que des résultats intéressants ont été obtenus
CRFP-GE
12 | P a g e
République d’Haïti
antérieurement dans les deux cas surtout à compter de 2019/20. Ce qui atteste de
l’existence d’une tendance à noter. Et durant l’avant-dernier exercice fiscal, la
progression des recettes s’est poursuivie.
Recettes Fiscales (MG)
2017-2018
36,500
2018-2019
37,026
1.4%
2019-2020
36,288
-2.0%
2020-2021
51,569
42.1%
2021-2022
56,306
9.2%
Recettes fiscales et
non fiscales (MG)
39,665
37,587
-5.2%
40,267
7.1%
57,224
42.1%
62,349
9.0%
Pour l’Exercice 2022/23, avec le tableau présenté ci-dessous on a pu réunir des
données selon un rythme mensuel. Elles ne montrent pas une tendance continue
dans un sens comme dans l’autre, au contraire on constate une évolution en zigzag.
Cependant, si l’on projette ces données pour l’exercice entier en prenant le montant
réalisé en Avril comme hypothèse minimale on obtient un montant de recettes
totales proche de celui de l’exercice précédent, soit 116489 millions de gourdes. Ce
qui laisse supposer que nous allons encore vers une amélioration de la situation des
recettes pour ce nouvel exercice.
Dec.22
Recettes
Internes
(MG)
Réalisations 10,752
Prévisions
Taux de
croissance
Janv.23
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
10,837
10,797
11,991
8,360
11,810
9,542
0.79%
-0.36%
11.1%
-30.3%
41.3%
-19.2%
ii) Les réalisations relatives à la règlementation fiscale et sur le plan
informatique
a) Adoption du Code Fiscal Haïtien
Le gouvernement haïtien a publié, dans le Moniteur Spécial N°3 du 20 janvier 2023,
le décret portant Code Fiscal Haïtien, adopté en Conseil des Ministres le 19
décembre 2022. Ce Code qui entrera en vigueur le premier Octobre 2024 regroupe
en un seul document le Code Général des Impôts (CGI) et les Livres de Procédures
Fiscales (LFP). Son objectif consiste essentiellement en la simplification et la
rationalisation du système fiscal haïtien.
Le Comité de Politique Fiscale du MEF s’attèle à débuter la phase d’appropriation
qui est préparatoire à l’entrée en vigueur de ces instruments. Au début du mois de
juin 2023, un plan de mise en œuvre a été adopté aux fins de s’attaquer aux
contraintes de mise en œuvre. Deux comités ont été institués : l’un au niveau du
CRFP-GE
13 | P a g e
République d’Haïti
CPF et l’autre au sein de la DGI en vue de permettre à l’administration fiscale de
s’approprier les actions de mise application du document.
Le comité de la DGI est constitué des représentants des structures suivantes :
(USRP, CPF, UC, Direction des opérations) et a réalisé une première rencontre de
travail au cours de laquelle les points suivants ont été débattus :
§ le plan de travail du comité ;
§ le plan d’action de mise en œuvre du CGI;
§ l’identification des changements qui seront opérés dans les divers champs
d’impôt;
§ la nouvelle organisation de la DGI
b) L’informatisation via le logiciel de Gestion Fiscale (RMS)
En avril 2023 la DGI a demandé l’appui de la Commission de Réforme des FP dans
la finalisation du processus d’informatisation de la DGI. Suite à l’organisation de
diverses rencontres de travail avec les parties prenantes la Commission a pris les
dispositions pour monter un groupe de travail technique multisectoriel suivant les
directives du Ministère de l’Économie et des Finances. Une fois constitué, le groupe
a débuté ses travaux le 5 juin 2023 par une réunion de lancement dans laquelle les
tâches assignées ont été ainsi définies:
§ réalisation de l’évaluation du projet de modernisation du SGF
§ définition d’un plan d’actions d’urgence et
§ soumission de ce plan pour approbation et exécution
Sur les trois autres activités programmées dans cet axe - comme le déploiement du
RMS dans certains départements (Sud et Sud-est par exemple), la déclaration de
paiement en ligne - on ne peut mentionner comme réalisation que ce qui a trait à la
reprise de la connexion DGI/ONI. En effet, la connexion DGI/ONI qui était dans
l’impasse depuis le changement du numéro de l’ONI est rétablie. Toutefois, elle n’est
pas encore opérationnelle dans RMS. Les tests d'acceptation du nouveau numéro
de l'ONI sont toujours en cours.
c)La Plateforme d’Échange (UXP)
Au 30 juin 2023, les travaux sur le système logiciel de Civitax se poursuivent. La
configuration des serveurs locaux des Mairies est achevée pour les mairies de
Kenscoft, de Pétion-Ville et de Port-au-Prince et est en cours de finalisation pour les
autres mairies restantes. Tout le matériel informatique a été acquis et les licences
d’exploitations sont à jour.
CRFP-GE
14 | P a g e
République d’Haïti
Actuellement les techniciens appliquent la même version de Civitax sur tous les
serveurs locaux des Mairies pour finaliser les tests d’essai.
En perspective, ils devront installer les bases de données dans les huit Mairies afin
de lancer, dans une première phase, le processus de partage des données via le
serveur central du MEF avant de procéder, dans une seconde phase, à la connexion
au serveur central de la DGI via UXP pour permettre la consultation au niveau des
Mairies interconnectées.
iii) Les réalisations sur les plans stratégique et organisationnel
a) Appropriation et de validation du plan stratégique 2023-2026
L’Unité de Suivi de la Réforme et du Pilotage (USRP) de la DGI a réalisé avec
l’appui d’Expertise France trois ateliers d'appropriation du plan stratégique 20232026 dans les zones géographiques suivantes :
§ Département de l'Ouest : 10 et 11 mars 2023
§ Départements du grand Nord : 17 au 19 mars 2023
§ Départements du grand Sud : 24 au 26 mars 2023
Les objectifs de ces ateliers étaient de permettre aux cadres de la DGI de mieux
approprier les axes, les objectifs, les indicateurs, les actions et la structure de
gouvernance du plan stratégique et aussi de valider le plan stratégique ainsi que les
plans d’actions pour les trois (3) exercices suivants : 2023-2024 / 2024-2025/20252026 ;
b) Finalisation du manuel d'organisation de la DGI
Le manuel d’organisation est terminé à 90 %. Il reste des travaux de correction et de
mise en forme. En effet, le projet de cadre organique définit les principales
attributions ainsi que la composition des unités et directions. Le manuel
d’organisation formalise les principales structures administratives, opérationnelles,
de contrôle et de pilotage au sein de la Direction Générale des Impôts (DGI). Il
couvre l’ensemble des fonctions de l’Organisation. Il a un effet sur la gestion, car la
structure organisationnelle crée des présomptions : qui doit faire quoi, décider quelle
chose et parler à qui.
Il est donc important que chaque acteur impliqué dans la gestion de l’organisation
cherche à maîtriser l’ensemble des composantes de la structure organisationnelle et
à comprendre les fonctionnements de tous les organes. La maitrise de l'ensemble
des structures et des conditions de fonctionnement constituent un gage d’efficacité,
d’efficience et de performance.
CRFP-GE
15 | P a g e
République d’Haïti
Il est un guide opératoire qui met l’accent sur la définition des fonctions et la
description des tâches. Il est donc un document qui couvre l’ensemble des supports
organisationnels de l’entité à savoir :
§ l’organigramme global, avec les liaisons hiérarchiques ;
§ l’organigramme de chaque entité interne ainsi que ses liaisons fonctionnelles.
Ainsi le manuel d’organisation est donc à la fois :
§
§
§
§
§
§
un outil d’organisation opérationnelle ;
un moyen d’information ;
un support de formation ;
un cadre de responsabilisation ;
un instrument de contrôle ;
un moyen pour développer la polyvalence.
Il a pour objectifs de :
• décrire les tâches et opérations à réaliser au niveau de chaque poste de
travail pour que son titulaire exerce correctement les activités qui lui sont
confiées ;
• délimiter les responsabilités et retracer les délégations qui peuvent être
données par les supérieurs hiérarchiques ;
• procurer aux responsables les informations et les données nécessaires à
l’établissement des plans de charge de travail (ou de mieux répartir cette
charge) ;
• permettre aux responsables d’évaluer les besoins en ressources, en moyens
ou en formation.
c)Finalisation du projet de loi organique de la DGI
Le projet de la loi organique est transmis au Ministère de l’Économie et des
Finances. La DGI est en attente pour faire une présentation au ministre. Le cadre
organique en vigueur actuellement, régissant la Direction Générale des Impôts, est
devenu obsolète, rend difficile l’exécution des missions assignées à une
administration fiscale moderne et performante et n’est pas adapté à la mise en
œuvre des dispositions du nouveau Code fiscal.
Les innovations introduites dans ce projet traduisent la vision d’une administration
fiscale moderne dotée d’un cadre de gouvernance et de conduite des réformes
efficace et de structures centrales et opérationnelles adaptées en vue de l’atteinte
des objectifs stratégiques de mobilisation des recettes, de modernisation des
procédures et de la qualité des services, de lutte contre les fraudes et de promotion
du civisme fiscal.
CRFP-GE
16 | P a g e
République d’Haïti
Ce projet vise à doter l’administration fiscale d’un cadre modernisé, répondant à six
(06) exigences, à savoir : i) un cadre de gouvernance transparent et efficace, ii) le
renforcement du pilotage des opérations fiscales, iii) l’accélération de la
transformation digitale, iv) promotion du civisme fiscal, v) la lutte contre les fraudes
sous toutes ses formes, vi) l’amélioration de la qualité des services rendus aux
contribuables, et vi) le parachèvement de la segmentation des contribuables et mise
en place d’un interlocuteur fiscal unique.
Les principales innovations introduites concernent : i) la mise en place d’une unité
des affaires internes, ii) la professionnalisation du pilotage des réformes ; iii) la
création de véritables directions de pilotage pour assurer un meilleur encadrement
des activités de : gestion des contribuables, recouvrement et comptabilisation des
recettes, recherche et contrôles ; iii) la création de directions en vue du renforcement
des fonctions supports ; et iv) la réorganisation des structures opérationnelles pour
une meilleure prise en charge de l’ensemble des contribuables en Haïti.
d) Préparation d’un guide de management des directions centrales et
départementales
L’USRP a initié au mois de mai 2023 des réflexions sur la mise à jour du guide de
management des directions centrales et départementales. Trois ateliers sont
prévus avant la fin de 2023 pour une appropriation dudit document : 1) Grand Nord
(Nord, Nord-est, Nord ‘ouest, Artibonite) 2) Grand sud (Sud, Sud-est, Grand ’anse,
Nippes) 3) Ouest.
B) LA MOBILISATION DES RESSOURCES DOUANIÈRES
A l’exemple de la DGI et peut être même beaucoup plus, l’AGD a obtenu ces
dernières années des résultats intéressants dans l’effort de mobilisation tandis que
certains bons résultats ont été aussi obtenus sur le plan des réformes en cours. Les
parties qui suivent apportent des précisions sur les deux aspects.
i) Effort de mobilisation des recettes par l’AGD
Les recettes douanières ont connu une bonne performance depuis 2022 en dépit
des difficultés auxquelles l’AGD a dû faire face. Signalons entre autres, la
délocalisation du bureau central de Port-au-Prince et la perte de beaucoup de
matériels informatiques et technologiques.
L’adoption depuis le 21 mars 2023 d’un nouveau Code des Douanes a permis à la
Douane de renforcer sa capacité organisationnelle, d’opérer des changements
notamment au niveau des procédures de dédouanement, du partenariat avec le
secteur privé et de la lutte contre la fraude et les trafics illicites. Le petit tableau qui
suit met en évidence les résultats concrets obtenus par les services douaniers dans
leur effort de mobilisation.
CRFP-GE
17 | P a g e
République d’Haïti
Dec.22 Janv.23
6,834
6,073
9,776
9,400
Février
5,319
8,167
Mars
6,864
11,810
Prévisions
Niveau
recettes(MG)
Taux de
-4%
-13%
45%
croissance
Ratio par
rapport à
l’objectif
mensuel
143
155
154
172
Source : Source : Direction des Statistiques/ AGD
Avril
5,422
7,814
Mai
6,891
12,095
Juin
5,095
10,775
66%
55%
-11%
144
176
211
ii) Sécurisation et automatisation des procédures douanières
Les activités suivantes ont pu être mises en œuvre au cours de la période démarrant
en Janvier 2023. A noter qu’elles ne sont pas toutes réalisées à 100% :
§ migration vers une nouvelle version du SYDONIA WORLD ;
§ mise en production d’un module d'évaluation en douane (ASYVAL), d’un
module de redevance container et d’un module véhicule;
§ la base de données valeur est exploitée par les bureaux de la douane du Port
de Port-au-Prince
iii) Amélioration de SYDONIA
1.- Les fonctionnalités développées dans SYDONIA qui sont mises en application
progressivement sont les suivantes:
§
§
§
§
§
Guichet unique,
Paiement en ligne
ASYVAL
Module véhicule
Module manifeste
2.- Le SYDONIA est fonctionnel dans les bureaux de douane, les postes de contrôle
routier, les services douaniers dans les parcs industriels et les zones franches
suivants :
§ Douane du port, douane de l'aéroport, Malpasse, Belladère, Miragoane, CapHaitien, Ouanaminthe, SONAPI, CODEVI, Caracol, Petit-Goave ;
CRFP-GE
18 | P a g e
République d’Haïti
3.- le module paiement en ligne est développé :
§ au niveau du Data center, le système virtuel, l’active Directory et les
équipements de communication sont mis en place ;
4.l’intranet
et
la
messagerie
(agdmail.douane.gouv.ht/owa)
électronique
sont
opérationnels
5.- les équipements et les technologies suivants ont été modernisés : Firewall NextGénération, migration du SYDONIA, mise à jour de certaines licences.
iv) Modernisation du cadre institutionnel Douanier
§ les textes d’application du Code Douanier sont transmis pour analyse et
publication et le Tarif Douanier, version 2022, est publiée;
§ 23 Agents des douanes formés en Évaluation en douane ;
§ 23 Contrôleurs ont reçu la formation continue et spécialisée sur le système
harmonisé de désignation et de codification des marchandises (SH) ;
§ une procédure de lutte contre la corruption et la fraude douanière est
appliquée
§ une task force est constitué pour enquêter sur les cas de fraude et de
corruption et des fonctionnaires sont désignés pour en faire partie
v) Sécurisation des Frontières
§ Lutte contre la contrebande et la fraude aux frontières. En ce qui a trait aux
protocoles avec des Unités de renseignement internationales et nationales, la
Douane Haïtienne et la Douane de la République Dominicaine sont toujours
en discussion à ce sujet ;
§ Élaboration et Mise en œuvre du Plan Directeur de lutte contre la contrebande
et la fraude
§ Déploiement des agents de la surveillance douanière dans tous les Bureaux
de douanes et dans les Magasins et Aires de Dédouanement(MEAD)
§ Renforcement des postes contrôles routiers.
C) L’APPORT DE LA DIRECTION DE L’INSPECTION FISCALE (DIF)
La Direction de l’Inspection Fiscale à la charge de la mise en œuvre d’un ensemble
d’actions ayant trait, pour la plupart, à la rationalisation des dépenses fiscales qui est
CRFP-GE
19 | P a g e
République d’Haïti
l’un des piliers de la réforme. Ci-dessous, sont présentés les quelques lignes
d’actions qu’elle a pu conduire.
i) Application des dispositions de rationalisation des dépenses fiscales
Dans le décret établissant le budget de l’exercice fiscal 2022-2023, sont insérées les
décisions suivantes :
§ L’exonération de l’impôt sur le revenu des entreprises dont leurs projets sont
agréés par la commission Interministérielle des Investissements (CII) est
limitée à cinq (5) ans. L’exonération de l’impôt sur le revenu pouvait atteindre
jusqu’à quinze (15) ans mais avec cette décision, elle ne peut dépasser cinq
(5) années.
§ Annulation de la dégressivité après la période d’exonération de l’impôt sur le
revenu. Après la période d’exonération de l’impôt sur le revenu, le résultat de
l’entreprise est taxé dans sa totalité.
§ Élimination des exonérations sur les taxes communales. Les entreprises
bénéficiaires des avantages incitatifs du code des investissements jouissaient
de l’exonération des taxes communales mais sont devenues imposables au
paiement desdites taxes grâce à cette disposition.
§ Élimination de l‘exonération de la Taxe dur la Masse Salariale (TMS). Les
entreprises bénéficiaires des avantages incitatifs du code des
investissements jouissaient de l’exonération de la taxe sur la Masse salariale
mais ne sont plus exonérées de ladite taxe avec l’application de cette
disposition.
§ Assujettissement des Organisations Non gouvernementales aux frais de
vérification et à la redevance informatique. Cette décision oblige les ONG(s) à
payer les frais de vérification et la redevance informatique lors des
importations de biens nécessaires à la réalisation exclusive de leurs objectifs
ainsi que les effets personnels des membres de l’organisation autorisés à
travailler dans le pays. Notons que ces prélèvements n’étaient pas effectués
dans les années antérieures.
La DIF, à travers son Service de Traitement Fiscal et d’Appui à la Commission
Interministérielle des Investissements, s’assure de l’application de ces dispositions
pour les projets agréés par la CII au cours de la période citée ci-dessus. Les
conventions signées entre les entreprises bénéficiaires et l’État haïtien et d’autres
documents y relatifs peuvent constituer des pièces justificatives de l’application des
dispositions susmentionnées.
Quant aux ONG(s), la DIF prend le soin de rappeler à l’Administration Générale des
Douanes (AGD) de procéder aux prélèvements des frais de vérification et de la
redevance informatique avant d’autoriser les importations en franchise. Les
mémorandums adressés à l’AGD peuvent en témoigner.
CRFP-GE
20 | P a g e
République d’Haïti
ii) Révision des textes de loi à caractère fiscal
Dans le souci de bonifier le système fiscal et de rendre l’Administration plus
performante, il a été décidé d’adapter certains textes. La DIF a participé à la révision
de ces textes de loi à caractère fiscal (Patente, CFPB, Impôt sur le revenu, etc.),
lesquels figurent dans le Code Général des Impôts. Elle continue à travailler
conjointement avec les autres structures sur la mise en œuvre d’un plan d’action qui
a été établi pour préparer l’entrée en vigueur dudit code.
iii) Mise en œuvre des activités de contrôle
Durant la période de janvier à juin 2023, la Direction de l’Inspection Fiscale a réalisé
des visites d’inspection auprès des institutions bénéficiaires des avantages incitatifs
pour assurer le suivi des matériels et équipements acquis en franchise douanière et
fiscale. Mais vu le contexte difficile dans lequel les Inspecteurs travaillent
(kidnapping, instabilité politique, zone difficile d’accès etc.), un effectif réduit des
institutions ciblées a été touché par rapport aux prévisions qui ont été faites. Il en est
de même pour les opérations de contre-vérification fiscale. Une dizaine d’opérations
de contre-vérification fiscale ont été menées et près de six (6) institutions ont été
visitées dans le cadre du suivi des biens acquis en franchise douanière et fiscale.
Il importe de souligner que ces activités de contrôle ont un impact positif sur les
recettes fiscales et permettent à l’État haïtien de limiter les dépenses fiscales.
D) FACTEURS LIMITANTS POUR LA DGI ET L’AGD
i) Le cas de la DGI
Trois contraintes majeures ont empêché le déploiement de RMS dans plus d'une
quinzaine de bureaux dans les départements du sud, du sud-est et dans les
communes des palmes :
1) Le contexte sécuritaire du pays
2) L'interconnexion DGI/ONI
3) Le retard dans la disponibilité des ressources budgétaires allouées à RMS
1) Le contexte sécuritaire du pays : Le climat d'insécurité que connait le pays depuis
plus de trois ans a considérablement limité les possibilités d'accès par la route aux
bureaux de la DGI situés dans les villes de province pour la réalisation régulière des
activités programmées. Pour pallier à cette situation, la direction du projet a priorisé
la voie aérienne comme solution alternative pour le transport des équipes impliquées
dans le déploiement de RMS.
2) L'interconnexion DGI/ONI : L'interconnexion DGI/ONI qui était dans l’impasse
depuis le changement du numéro de l’ONI est rétablie à partir du second trimestre
de l'année 2023. Toutefois, cette fonctionnalité indispensable au déploiement de
RMS n’était pas totalement opérationnelle au 30 juin 2023. Jusqu'à présent, la
CRFP-GE
21 | P a g e
République d’Haïti
Direction informatique de la DGI est en train de travailler sur les tests d'acceptation
de ce nouveau numéro.
3) La non disponibilité des ressources budgétaires allouées à RMS : En plus du
contexte d'insécurité et des tests d'acceptation du numéro de l'ONI qui ne sont pas
bouclés, les 40, 000,000 de gourdes allouées dans le budget des investissements
pour le déploiement de RMS au cours de l'exercice 2022-2023 n'étaient pas encore
autorisés par le ministère de la planification et de la coopération externe au 30 juin
2023. En effet, les activités de déploiement de RMS pour la période considérée
étaient mises à l'arrêt : l'acquisition de matériels informatiques, le réaménagement
des locaux, la préparation des missions de terrain n'avaient pas les moyens
financiers nécessaires pour être complétées sur le terrain. En définitive, sans la
disponibilité à temps des ressources financières dédiées, le déploiement de RMS
restera un vœu pieux.
ii) Les principaux problèmes signalés par l’AGD
§ Insécurité
§ Manque de financement
§ Problèmes logistiques
§ Délocalisation des bureaux de Douane du Port et de l’Office Central de la
Douane
§ Problèmes d’hébergement de certains postes de travail
§ Effectif réduit et rotation des Agents
4.2.-MISSION
2:
STATISTIQUE,
PROGRAMMATION, BUDGÉTISATION
PLANIFICATION,
Cette ligne de politique de réforme est supportée par trois entités qui sont l’IHSI, le
MPCE et le MEF. Comme précédemment et selon l’approche adoptée, l’accent est
mis sur les progrès récents observés et les problèmes qui ont empêché à ces
institutions de réaliser une meilleure performance au cours des six premiers mois de
l’année 2023.
A) LES ACTIONS CONDUITES PAR LE MPCE DE JANVIER À JUIN 2023
Pour la clarté de la présentation, on va différencier les actions selon les fonctions
qu’elles desservent au sein du Ministère de la Planification. Il faut préciser que les
actions de réformes conduites par cette institution durant la période mentionnée sont
réalisées par la Commission Ad Hoc de Réforme du Système National de
CRFP-GE
22 | P a g e
République d’Haïti
Planification et de Gestion du Développement (CoR-SNPGD) remobilisée par le
Ministre du MPCE à travers une circulaire depuis le mois de Mai 2022.
i) Renforcement de la planification globale
§ Révision du PSDH : on note la programmation d’activités dans le PAPS 23-25
et la prévision de ressources dans le PIP en vue de la révision du PSDH. En
outre, cette activité est inscrite dans la Note de Cadrage de l’exercice 20232024, qui est publiée par le Gouvernement sur le site de la DGB le 2 aout
2023.
§ Préparation du Plan d’Actions Prioritaires Stratégique (PAPS) 2023/25 du
MPCE ;
§ Vulgarisation de la feuille de route des ODD et de son plan d’actions en vue
d’une meilleure appropriation par les secteurs.
§ Relance du fonctionnement permanent de la Commission de Réforme du
Système National de Planification et de Gestion de Développement (SNPGD)
au sein du MPCE ;
ii) Renforcement du système de gestion de l’investissement public
§ Définition d’un plan de sensibilisation et de conscientisation concernant le
respect de la soumission de la documentation adéquate (document définitif de
projet, FIOP, etc.) pour l’intégration des projets dans le PIP à l’intention des
décideurs politiques (parlementaires, ministres et directeurs généraux) :
§ Organisation de deux ateliers de sensibilisation sur la gestion de
l’investissement public à l’intention des UEP.
§ Signature d'un protocole avec le CNIGS pour le développement du module de
cartographie de projets incluant la base de données pour la formulation des
projets. Le transfert de fonds vers le CNIGS pour le développement du
module est déjà effectif.
§ Définition et validation en interne d’un modèle organisationnel de base en
partant du modèle du MPCE et des expériences sectorielles d’intérêt. Cette
activité est en cours de réalisation au sein du MPCE à travers la Commission
de Réforme du Système National de Planification et de Gestion de
Développement (SNPGD) au MPCE
§ Élaboration d’un manuel d'organisation pour les UEP : Cette activité est en
cours de réalisation au sein du MPCE à travers la Commission de Réforme
du Système National de Planification et de Gestion de Développement
(SNPGD) au MPCE
CRFP-GE
23 | P a g e
République d’Haïti
§ Appui aux UEP dans l’élaboration des stratégies sectorielles, des PTI
sectoriels et des PIP : Les PIP sont réalisés en absence du PTI, mais
s'alignent sur les chantiers de refondation, les programmes et sousprogrammes du PSDH
§ Renforcement des Unités d’Études et de Programmation (UEP) au sein des
ministères sectoriels : le MPCE réalise des échanges réguliers avec les UEP,
à travers l’organisation des ateliers de formation, des conférences-débats sur
l'investissement public, et des réunions de travail périodiques, ...).
iii) Renforcement du cadre de suivi/évaluation des PIP et des politiques
publiques
§ Renforcement du cadre de suivi-évaluation : Mise en place d'une Cellule de
réflexion relative à la prise en compte de l’évaluation de la performance des
politiques publiques; Élaboration des TDR; Dotation en ressources humaines.
Cette activité a été réalisée partiellement.
§ Note interne de la Direction Générale aux Directions Départementales créant
au sein des DD un « Service de suivi/évaluation des projets et des politiques
publiques ». En vue de l’opérationnalisation de cette directive, la DSEIP s’est
adressée par la suite aux Directions Départementales pour une prise de
contact et partage de documents ;
§ Mise en place d'une Cellule de réflexion sur les TDR du Service de suivi de
projets ; Élaboration et validation des TDR : des réflexions sont en cours sur
cette question avec les Directions Départementales ;
§ Développement de nouveaux outils (fiche de collecte, tableau de bord,
canevas d'élaboration de rapports périodiques, etc.) pour les gestionnaires de
projets (directeurs de projets) : Un nouveau modèle pour la préparation des
rapports trimestriels et de bilan annuel d’exécution des projets du PIP a été
développé ;
§ Formation de cadres sur les thématiques liées au S/E (formation continue,
ateliers de travail, stage d'immersion, …) : le renforcement des capacités des
directeurs de projets a été réalisé partiellement.
§ Renforcement
des
capacités
des
techniciens
des
Directions
Départementales : le renforcement des capacités des directeurs de projets a
été réalisé partiellement.
§ Dotation en Ressources Humaines de la DSEIP : Cette activité a été réalisée
partiellement.
§ Numérisation et sécurisation des archives relatives aux dossiers des projets
du PIP. Cette activité a été réalisée partiellement avec des ressources
locales.
CRFP-GE
24 | P a g e
République d’Haïti
B) L’EFFORT RÉCENT DE LA DIRECTION GÉNÉRALE DU BUDGET ET DE LA
DIRECTION DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES ET DE LA PRÉVISION
i) La contribution spécifique de la Direction Générale du Budget de Janvier à
Juin 2023
§ Préparation, en Juin 2023, de la version provisoire de la Lettre de Cadrage du
projet de budget 2023-2024 intégrant des outils de pluri-annualité comme le
CBMT et les CDMT;
§ Participation active de la DGB en termes de formation réalisée aux profits des
UEP, à travers les thématiques suivantes: « Analyse et suivi de
l'investissement/ la programmation budgétaire actuelle », lors du symposium
organisé les 5 et 6 juillet 2023 par le MPCE;
§ Poursuite de la départementalisation des postes de contrôles budgétaires (en
cours au niveau du département du Centre) / (activité déjà réalisée au mois
de juin 2023 pour le poste : acquisition du local et recrutement effectif d’un
contrôle financier). L’installation du poste est prévue pour le mois de d’octobre
2023 ;
§ Organisation les 13 et 14 juin 2023, à l’Hôtel Marriott, d’un Colloque sur les
enjeux de la réforme budgétaire;
§ Élaboration de rapports d’exécution budgétaire : Publication sur le site de la
DGB d’un rapport sur l’exécution du budget 2022-2023 pour les 9 premiers
mois du budget de ce même exercice. Ce rapport a été également transmis à
la CSCCA conformément aux articles 85/86 de la LEELF. Hors de ce rapport
plus détaillé sur l’analyse de l’exécution du budget en cours, sur une base
mensuelle des tableaux sur l’exécution du budget sont mis à la disposition du
public sur les sites du MEF et de la DGB;
§ Publication, en date du 10 mai 2023, sur le site de la DGB d’un document sur
l’état des lieux de la réforme budgétaire en Haïti;
ii) Les démarches conduites par la Direction des Études Économiques et de la
Prévision (DEEP)
Cette structure a joué un rôle important dans le Comité Mixte de Suivi du
Programme de Référence Juin 2022/Mai 2023 signé avec le FMI par le
Gouvernement haïtien dont le rapport a fait état antérieurement. Toutefois, en plus
de cela il faut faire état d’autres activités qu’elle a conduites durant les six premiers
mois de l’année 2023. Soit : construction d’une base de données économique,
financière et sociale avec l’appui de la firme EPTISA de l’Union Européenne.
CRFP-GE
25 | P a g e
République d’Haïti
Dans cette perspective, les activités suivantes ont été conduites durant la période
indiquée : validation du rapport de démarrage; production d’une note conceptuelle;
conception de l’architecture de la base de données et collectes de données.
C) LES INITIATIVES RÉCENTES CONDUITES PAR L’IHSI
i) Des réalisations pour la période concernée
L’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique est une institution qui joue un rôle
clef pour la réforme des budgets programmes. Au cours de la période considérée
(Janvier- Juin 2023), l’institut a continué à exercer sa mission en matière de
production d’indicateurs économiques, notamment la publication trimestrielle de
l’Indice Conjoncturel des Activités économiques (ICAE) et la publication
mensuelle de l’Indice des Prix à la Consommation (IPC). La diffusion des
informations se fait à travers le site de l’IHSI ihsi.gouv.ht qui participe à la
dissémination des données statistiques.
L’IHSI a, par ailleurs, conduit à compter de Janvier 2023 une activité très
prometteuse : c’est le lancement avec l’appui de FMI/CARTAC du projet de
construction des comptes trimestriels. D’autres démarches s’en sont suivies,
comme :
§ Une mission de deux semaines réalisées par CARTAC\FMI au mois de février
2023.
§ La décision prise afin qu’une délégation de cadres se rendre en République
Dominicaine pour une formation en construction de comptes trimestriels.
L’institut a gardé le cap sur les actions à mener dans le cadre de son programme en
s’adaptant à la conjoncture qui rend difficile la collecte directe d’Information. C’est
une approche pragmatique doit être prise en compte dans cette conjoncture
historique difficile.
ii) Problèmes et contraintes rencontrés
Des contraintes de divers ordres ont ralenti l’exécution des activités durant l’année
fiscale 2022-2023. Soit :
§ Contraintes d’ordre budgétaire : l’IHSI opère uniquement avec son budget de
fonctionnement. Aucun apport ni du budget d’investissement national, ni des
partenaires techniques et financiers n’est venu en appui au développement
des actions inscrites dans le plan d’action.
§ Contraintes d’ordre technique. L’IHSI a connu une diminution de ses effectifs
techniques sous l’effet conjugués de trois phénomènes : (1) le départ à la
retraite de cadres formés et compétents. Ce départ a affecté l’Institut au
niveau le plus élevé, puisqu’il s’agit de directeurs et de chefs de service qui
CRFP-GE
26 | P a g e
République d’Haïti
sont partis à la retraite; (2) l’émigration massive de jeunes cadres attirés
notamment par le programme de pardon humanitaire de l’administration
américaine ou par les offres de travail en provenance du Canada; (3) le
manque d’attractivité de l’administration publique pour les jeunes diplômés
des universités formant dans les domaines importants pour l’IHSI.
§ Contraintes d’ordre logistique : l’Institut a été quasiment paralysé par la
décision de réformer les véhicules de l’administration vieux de plus de huit
ans. C’était le cas pour la quasi-totalité des véhicules de l’IHSI. Ajouté à ceci,
l’IHSI est obligé de par la conjoncture à être hébergé dans des locaux
temporaires qui ne peuvent pas accueillir l’ensemble de ses agents.
Cependant, tout comme il a été fait pour le recueil des données économiques,
il est possible de recourir à des stratégies innovantes de collecte et
d’exploitation des données qui demandent de construire autrement la chaine
de mise à disposition des résultats des entités administratives. L’IHSI en train
d’étudier avec l’appui de deux partenaires internationaux ces voies
alternatives qui nécessitent une modernisation des dispositifs technologiques
et d’autres schémas d’acquisition des services nécessaires à la mise en
œuvre de ces approches innovantes. Ne rien faire n’est pas une option.
D) DIFFICULTÉS GLOBALES DE LA REFORME DANS CE SECTEUR
§ Faible engagement des autorités politiques et problèmes de financement et
absence des préalables nécessaires pour un bon nombre d’activités de
réformes des finances publiques ;
§ Manque de pertinence de certaines actions sur la période considérée ;
§ Envergure de l'insécurité actuelle qui affecte
performance des acteurs s’impliquant à la réforme ;
considérablement
la
§ Climat social, économique et sécuritaire actuel désastreux et donc non
favorable pour garantir la confiance et l’engagement continu des acteurs
(interne et externe) à s’impliquer dans les activités de réforme des finances
publiques;
§ Impact déstabilisateur du programme humanitaire du Président des USA (Joe
Biden) sur la pérennité du personnel technique impliqué dans la réforme des
finances publiques en Haïti.
§ Manque d’appuis financiers et techniques des partenaires internationaux à la
reforme durant les trois dernières années;
§ Des préalables nécessaires comme l’internet et l’énergie sont loin d’être
suffisants pour garantir l’effectivité et l’efficacité de la réforme ;
CRFP-GE
27 | P a g e
République d’Haïti
§ Manque de ressources humaines suffisantes, qualifiées et expérimentées
pour garantir l’efficacité dans la mise en place du budget-programme en Haïti.
4.3.- MISSION 3 : GESTION DE LA TRÉSORERIE ET COMPTABILITÉ
PUBLIQUE
Dans le cadre des plans d’action antérieurs comme dans celui de 2020/22, la
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique(DGTCP) s’était
donnée trois grandes lignes de réforme :
i.
ii.
iii.
Poursuivre l’opérationnalisation du Compte Unique du Trésor
Renforcer les acquis de la gestion de la trésorerie et de la dette
Améliorer progressivement la gestion comptable
Cette section va se focaliser sur les réalisations des six (6) premiers mois de l’année
2023.
A) LA POURSUITE DE L’OPERATIONNALISATION DU COMPTE UNIQUE DU
TRESOR (CUT)
i) État des lieux du CUT
Au début du second trimestre de l’exercice 2022-23, le suivi du Compte Unique du
Trésor (CUT) révèle qu’une dizaine de comptes bailleurs pour le financement des
projets sectoriels ont été ouverts dans les livres de la Banque de la République
d’Haïti (BRH) et de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Une dizaine de comptes
ordinaires ont été fermés dans les livres de la BRH ou de la BNC et d’autres ont été
intégrés dans la structure du CUT et pris en charge par le Poste Comptable du Nord.
ii) Finalisation du CUT
De l’ensemble des comptes courants ordinaires de l’administration centrale encore
hors CUT, on en dénombre près de 350 dans les départements. Ils sont pris en
charge au fur et à mesure de l’extension du réseau des postes comptables. S’y
ajoute, les comptes des collectivités territoriales et ceux des Organismes Autonomes
et des Etablissements Publics (OAEP). Au total, 1900 comptes ont été dénombrés
dans la base de gestion des comptes qui ne sont pas intégrés dans le CUT au
30 juin 2023. Cette non intégration résulte des dispositions légales en vigueur ou des
contraintes d’ordre technique et logistique ne permettant pas, pour le moment, la
prise en charge dans le CUT. Les discussions sur la situation de ces comptes seront
reprises sur la base d’une bonne consolidation des acquis à la gestion du CUT et
dans une démarche d’intégration progressive.
iii) Réalisations récentes
CRFP-GE
28 | P a g e
République d’Haïti
• Après la fermeture effective de cinq (5) comptes spéciaux sur le premier
trimestre, il a été jugé nécessaire de finaliser la rédaction du dispositif de
gestion de ces comptes dans le CUT afin d’assurer la cohérence entre les
actions et des procédures pour les postes comptables en charge et la
collaboration des secteurs. Le premier draft a été soumis pour avis et
commentaire entre janvier et février 2023. Le retard accumulé sur l’adoption du
document final est imparti aux adaptations qui ont été jugées nécessaires suite
aux observations au cours de ce premier trimestre de cet exercice dans la
structure du CUT et la prise en compte des corrections qui ont été apportées.
• Entre janvier et juin 2023, la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité
Publique (DGTCP) a entamé des discussions avec les structures en charge
des fonds de la Pension Civile et du compte Fidei Commi sur la possibilité de
leur intégration dans la structure du CUT. L’élan a été ralenti d’une part, par la
conjoncture qui a impacté sur la disponibilité des agents s’adonnant à
l’exécution d’autres tâches prioritaires et plus urgentes et d’autre part, par les
difficultés obstruant la recherche documentaire sur les dispositions légales qui
donneraient les indications sur la démarche pour une potentielle intégration.
iv) Perspectives
• En vue de la dissémination des informations, plusieurs correspondances
ont été adressées à l’endroit des secteurs afin d’assurer une bonne
communication des éléments d’information utiles sur l’opérationnalisation du
CUT pour une meilleure compréhension de la poursuite de la réforme sur cet
aspect en particulier et de la gestion des finances publiques en général.
• La veille sur le dispositif légal de gestion des comptes de l’administration
centrale et du CUT faisant référence principalement à la révision de la
convention de 2013 sur la gestion du CUT n’a pas été discutée au cours du
premier semestre de l’année civile 2023. Dans le Plan d’actions 2023-2025, la
DGTCP compte décliner les différentes activités y relatives afin de prendre en
compte les nouvelles dispositions de la LEELF et d’autres textes légaux et
réglementaires.
B) LA GESTION DE LA TRESORERIE ET DE LA DETTE PUBLIQUE
i) Gestion de la trésorerie
Au cours du premier semestre de 2023, la gestion de la trésorerie est restée
tributaire des énormes difficultés auxquelles la DGTCP est confrontée en vue de
procéder à l’élaboration du plan de trésorerie pour l’exercice 2022-2023.
En effet, la préparation du plan de trésorerie repose sur la collaboration d’autres
structures comme d’une part, les organismes de perception pour la communication
CRFP-GE
29 | P a g e
République d’Haïti
des prévisions ventilées des recettes et d’autre part, les instances dans la chaine de
dépenses pour le partage des éléments du plan des engagements des secteurs.
L’indisponibilité de ces données rend le plan de trésorerie incomplet voire non
valide; ceci constitue un frein au cadre dynamique de la gestion de trésorerie. Donc,
le seul instrument de gestion de trésorerie reste l’exécution et la participation à des
opérations d’émission de billets et de certificats de trésorerie pour pallier les gaps de
trésorerie.
Jusqu’à la première semaine de Juin 2023, l’accès au Portail Web Sécurisé de la
Banque de la République d’Haïti (BRH) permettait d’effectuer le suivi des flux de
trésorerie de l’État. L’indisponibilité des données de trésorerie fait obstacle à la
poursuite de cette tâche. Les dernières balances de vérification sur le statut des
comptes hors CUT datent de mai 2023. Les activités de conciliation / rapprochement
des données de trésorerie doivent prendre un autre format afin de pallier les
faiblesses technologiques qui pourraient avoir une incidence sur la qualité des
informations produites sur la trésorerie de l’État. Cela montre aussi la nécessité de la
mise en place de la commission de conciliation permanente de trésorerie.
Le Comité de Trésorerie (CTT) tient sa réunion statutaire tous les mercredis sous
forme hybride (en présentiel et visio-conférence), malgré les difficultés d’ordre
technique, technologique et logistique. Avec la mise en place des rubriques de série
de présentations par les cadres des structures représentées au sein du CTT, ce
dernier se veut plus dynamique par rapport à sa mission de préparer et analyser les
données de la gestion de trésorerie afin de permettre les prises de décision plus
conscientes des réalités et plus aptes à des résultats probants. Toutefois, la
proactivité nécessite d’autres éléments comme la disponibilité de données en temps
réel BNC et BRH et un plan de trésorerie établi selon les normes afin de garantir sa
faisabilité et donc sa fiabilité. L’un des défis à la consolidation des acquis du Comité
Technique reste « l’inopérationnalisation » du Comité Stratégique de Trésorerie
qui devrait assurer la portée décisionnelle des discussions et propositions du Comité
Technique.
Sur un autre aspect de la gestion des fonds publics, il y a lieu de souligner le
processus d’apurement de la feuille de paie de l’administration publique. Sur
instruction du Ministre, la DGTCP, via la Direction de l’Inspection du Trésor, a
organisé cinq missions de payroll spécial entre janvier et juin 2023 en dépit de la
faiblesse des moyens logistiques et du personnel disponible. Les résultats de ces
missions restent très significatifs pour le Trésor Public en termes de récupération
financière qui s’estime à près de 60 millions de gourdes sur la période allant de
janvier à juin 2023. Et de ce fait, l’organisation des missions reste une démarche très
importante pour le Trésor Public dans le cadre des mesures de promotion d’une
gestion efficiente de ses ressources. La capacité à mobiliser du personnel pour
former les équipes de mission doit demeurer une priorité pour la DGTCP.
ii) Gestion de la Dette
Au cours du premier semestre de l’année civile 2023, la gestion de la dette a été
tournée autour de deux grands axes à savoir :
CRFP-GE
30 | P a g e
République d’Haïti
§ la préparation des statistiques de la dette et l’exhaustivité de la dette par le
processus de consolidation et de conciliation
§ le développement du marché des bons du Trésor, conjugué à la poursuite de
l’exécution du calendrier d’émission des bons du Trésor et à la poursuite des
activités de mise en œuvre du programme d’élargissement des bons du
Trésor au grand public alors que, jusqu’à date, ce marché est ouvert
seulement au secteur financier.
La préparation et la diffusion des statistiques représentent une des voies de
promotion de la transparence dans la gestion de la dette publique. Entre janvier et
juin 2023, les services de la DGTCP ont assuré l’élaboration des deux premiers
bulletins statistiques de la dette qui ont été validés. Un seul (celui du premier
trimestre) a été publié sur le site de la Direction Générale du Budget (DGB) et du
Ministère de l’Economie et des Finances (MEF). La publication des statistiques
accumule des retards qui sont en partie dus à l’indisponibilité et à la noncommunication des intrants par les autres structures et par à la perte des services
en ressources humaines.
Au cours de cette période, les services de la DGTCP ont procédé à des activités de
conciliation et de consolidation sur les protocoles de dette envers les institutions non
financières comme les Organismes Autonomes et les Etablissements Publics
(OAEP). Bien que la conjoncture ait rendu la tâche difficile par le manque et la
disponibilité du personnel dédié, le processus a apporté des résultats probants tel
que l’identification et l’établissement de données communes.
Sur l’axe du développement du marché des bons du Trésor, les émissions prévues
dans le calendrier publié au début de l’exercice ont été réalisées selon les dates
prévues. Ce qui a permis de mobiliser des ressources en complément des recettes
fiscales et douanières pour juguler les besoins de trésorerie et activer le marché
primaire en attendant la phase d’ouverture du marché secondaire des titres publics.
S’agisant de marché des titres, les activités de la mise en œuvre du programme
d’élargissement du marché des bons du Trésor (EMBT) au grand public ont bien
progressé entre janvier et juin 2023. Après les phases d’étude et de conception qui
s’exécutaient en parallèle avec les activités de réforme sur le marché monétaire et
de développement des infrastructures de marchés, l’implémentation du programme
EMBT a atteint la phase de campagne de sensibilisation qui a débuté par une série
de séances formatives et informatives par les équipes de la BRH et du MEF
respectivement auprès des institutions du secteur financier qui joueront
principalement le rôle teneurs de compte et auprès des institutions de
l’administration publique.
C) L’AMELIORATION DE LA QUALITE DE LA GESTION COMPTABLE
i) Extension du réseau des Postes comptables.
L’implantation de nouveaux postes comptables est restée à la phase de planification
au cours du premier semestre de 2023. A cela, il y a plusieurs explications. D’une
CRFP-GE
31 | P a g e
République d’Haïti
part, la configuration de l’ensemble du territoire en matière de sécurité exige de
nouvelles stratégies en termes de coûts et de prise en charge des urgences pour le
déploiement des agents. D’autre part, sur cette période, il s’agissait plutôt de
renforcement des postes comptables déjà opérationnels afin qu’ils puissent assurer
un meilleur travail.
Dans cet ordre d’idées, le compte d’opérations du poste comptable départemental
du Nord a intégré le CUT pour la prise en charge des opérations de recettes et de
dépenses réalisées par les structures au niveau de ce département. Dans la
perspective de rendre les comptes d’opération des postes comptables pleinement
opérationnels dans le CUT, la DGTCP a entrepris, depuis le début de l’année 2023,
les discussions avec la BRH et la BNC pour étudier les possibilités de prise en
charge des opérations de recettes et de dépenses dans les autres départements du
pays.
Les visites de supervision et de formations pour les postes comptables prévues ont
été retardées vu les difficultés de déplacements et de circulation.
ii) Elaboration d’un plan comptable de l’Etat.
Dans le souci d’améliorer la production des informations comptables et de faciliter la
poursuite des travaux d’implantation du nouveau système intégré de gestion des
finances publiques (SIGFIP), il s’avère nécessaire de doter l’Etat Haïtien d’un
nouveau plan comptable. A cet effet, un expert a été engagé afin de rédiger ce
nouveau plan comptable. Les travaux d’élaboration de ce dernier sont pratiquement
terminés.
iii) révision de l’arrêté portant règlement général de la Comptabilité publique
Une commission a été mise en place sur la révision du projet d’arrêté portant
règlement général de la Comptabilité publique avec pour finalité d’implémenter la
LEELFdans ses aspects comptable et budgétaires, encadrer la gestion publique en
favorisant davantage la transparence et l’imputabilité tant au niveau local que
central, avoir un meilleur cadrage des rôles entre ordonnateurs et comptables et
uniformiser les différents principes et usages des utilisateurs du budget. Elle dispose
d’un délai de huit (8) mois pour soumettre son travail sous forme d’avant-projet.
D’une manière générale, le suivi du plan d’actions de la DGTCP a été fortement
impacté par l’indisponibilité du personnel tant par l’affectation de la circulation des
personnes et des biens dans la zone métropolitaine que par la fuite du capital humain
du pays. Les actions en perspectives doivent inclure la dotation en personnel pour un
meilleur cadre d’exécution du plan d’actions de la réforme.
D) AUTRES ACTIONS DE REFORME
En janvier 2023, la DGTCP a accueilli une mission de court-terme (MCT22)
composée de trois experts de la Firme EPITSA dans l’optique d’implémenter au
niveau de cette Direction Générale un Système Informatique Intégré de Gestion
CRFP-GE
32 | P a g e
République d’Haïti
des Ressources, de la Trésorerie et de la Dette Publique avec comme Phase 1 :
l’Étude de faisabilité et l’élaboration d’un cahier des charges.
Dans le cadre de cette mission seulement deux taches ont été jusqu’à présent
accomplies :
1. Validation par la DGTCP du rapport de démarrage;
2. Formulation, par la DGTCP, de recommandations relatives à une première
version d’un rapport de diagnostic préparé par la mission d’expertise. La
finalisation de ce rapport par celle-ci est en attente.
E) CONTRAINTES ET PROBLÈMES RENCONTRÉS
D’une manière générale, la mise en œuvre du plan d’actions de la DGTCP a été
fortement impactée par l’indisponibilité du personnel en raison des difficultés de
circulation des personnes et des biens dans la zone métropolitaine et de la fuite du
capital humain du pays. Cependant, on peut mentionner ces contraintes qui ont
empêché la réalisation d’un plus grand nombre d’activités, soit :
1. L’insécurité grandissante qui sévit dans le pays;
2. L’indisponibilité des agents publics dont le nombre réduit de plus en plus à
cause de leur exode vers l’extérieur ;
3. Les difficultés au niveau de la recherche documentaire sur les dispositions
légales qui donneraient les indications sur la démarche pour une potentielle
intégration ;
4. La difficulté à obtenir les plans de dépenses des secteurs rend impossible la
production d’un plan de trésorerie;
5. La difficulté intermittente d’accès au Portail Web de la BRH limite la possibilité
d’obtenir des intrants pour la production de différents rapports;
6. La difficulté d’ordre technique (coupure d’électricité) et technologique influe
négativement sur le bon déroulement des rencontres du Comité de
Trésorerie;
7. La non opérationnalisation du Comité Stratégique est un frein quant aux
suites à donner aux recommandations du Comité de Trésorerie.
Cependant, vu le rôle clef de la disponibilité d’un personnel compétent les
démarches pour le futur doivent inclure la dotation en personnel en vue d’une
meilleure performance dans la mise en œuvre du plan d’actions de la réforme.
4.4.- GOUVERNANCE DES FINANCES LOCALES
Le PAT 2020/22 avait priorisé dans le cadre d’un seul programme cinq(5) groupes
d'actions intéressant les Collectivités Territoriales(CT), mais pour ce rapport portant
spécifiquement sur l’année 2023 l’accent est mis sur deux d’entre elles, soit :
§ la gestion financière des Collectivités Territoriales
CRFP-GE
33 | P a g e
République d’Haïti
§ la comptabilité des Collectivités Territoriales
A) AMÉLIORATION DE LA GESTION FINANCIÈRE DES CT
Les actions mises en œuvre au cours de la période Janvier-Juin 2023 portent sur i)
l’amélioration du recouvrement des ressources financières, ii) l’élargissement de
l’assiette et iii) la sécurisation des recettes.
i) Amélioration du recouvrement des ressources financières
Il faut compter dans ce sens plusieurs initiatives, soit :
§ Comme première activité dans cette action, la fiabilisation des rôles dans les
mairies du Sud Est a été réalisée en partenariat avec l’ONI et la DGI et elle
avait pour but de compléter le rôle de la CFPB par l’ajout des NIF des
propriétaires des immeubles.
§ Concernant le partage des données de rôle et de recouvrement, cette activité
a nécessité toute la période de janvier à avril 2023 et avait pour but la
création d’un serveur d’Intégration des données CIVITAX-RMS au MEF en
réseau avec les serveurs des mairies de la zone métropolitaine de Port-auPrince.
§ L’émission massive de bordereaux dans le cadre de la mise en œuvre des
plans de relance dans le sud-est a été réalisée au cours du mois de janvier
2023.
§ Au cours des mois mai et juin 2023 et en collaboration avec le projet
URBAYITI-Mairies des Cayes et de Jérémie un ensemble de trois ateliers de
sensibilisation ont eu lieu aux Cayes, sur le paiement de la CFPB et de la
Patente, l’amélioration de la Toponymie des villes des Cayes et de Jérémie et
l’amélioration de l’adressage de la ville des Cayes et de Jérémie dans le but
d’assurer la localisation des immeubles avec précision.
ii) Élargissement de l’Assiette
Dans le cadre de cette activité, seulement deux taches ont pu être réalisées :
§ le recensement des propriétés bâties aux Cayes et à Jérémie (URBAYITIMairies des Cayes et de Jérémie) 6 mois
§ l’appui aux municipalités du Sud Est dans le cadre de la mise en œuvre de
leur plan de dépistage (MICT-REGLEAU-PAGODE) avril
iii) Sécurisation des ressources des CT
CRFP-GE
34 | P a g e
République d’Haïti
Amélioration du circuit de reversement des impôts communaux SBCII-DGI-MICT en
fevrier2023
B) AMÉLIORATION DE LA GESTION COMPTABLE
Une première action capitale pour les municipalités en général est conduite de
concert avec le projet SBCII- MICT-MEF. Elle s’identifie à une action de formation
intégrée en normalisation comptable et comptes administratifs (SBCII-AGLCT-MICT)
et une évaluation des 4 premières expériences de formation dans les départements
du Nord, Nord-est, Artibonite et L’Ouest en mars et avril 2023.
L’autre action importante est le montage du poste comptable pilote pour les mairies
de la zone métropolitaine de Port-au-Prince (SBCII- MICT-MEF) qui devrait
intervenir au cours de la période mars avril et mai 2023. Voici les activités déjà
réalisées :
§ Finalisation du Développement de l’application de gestion du poste.
§ Actualisation du Guide Budgétaire Municipal
4.5.MISSION
5:
CONTRÔLE
BUDGÉTAIRE
EXTERNE,
TRANSPARENCE ET LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
La Loi sur l’Élaboration et l’Exécution des Lois de Finances (LEELF) définit et
structure le triple contrôle réalisé sur les opérations d’exécution du budget de l’état, à
savoir :
§ le contrôle administratif ;
§ le contrôle juridictionnel ;
§ le contrôle parlementaire.
A) LE CONTRÔLE ET L’AUDIT INTERNE ADMINISTRATIF
i) Le contrôle administratif à priori ( Voir proposition faite dans la version
précédente pour aérer et préciser davantage les idées développées)
Le contrôle a priori des opérations budgétaires de l’État est exercé par la Direction
Générale du Budget (DGB) au travers des Contrôleurs Financiers (CF) dont la
responsabilité première est d’assurer le suivi de l’exécution des dépenses
budgétaires en contrôlant leur régularité et leur conformité afin d’alerter l’ordonnateur
de l’existence de risques budgétaires. Aux termes des dispositions de l’article 79 de
la LEELF, « les contrôleurs financiers sont placés auprès de toutes les institutions de
l’administration publique nationale ».
CRFP-GE
35 | P a g e
République d’Haïti
En ce sens, la DGB, pour rester aligner aux objectifs de déconcentration des
services publics prôné par l’État central, a démarré depuis plus de sept(7) ans le
déploiement des CF au niveau des directions départementales. Aujourd’hui, les CF
sont installés dans cinq(5) départements du pays dont les derniers sont la Grande
Anse et le Sud, opérationnalisés en novembre 2021.
En outre, l’article 80 dispose que les actes portant engagement de dépense doivent
être soumis au visa préalable du CF à l’exception des dépenses d’intelligence.
Néanmoins, l’application des dispositions légales en la matière n’a pas été sans
difficultés et jusqu’à date le respect du visa préalable n’est que partiel.
Aussi, pour assoir le respect de la soumission des actes portant engagement de
dépenses au visa du CF, que la DGB a-t-elle pris l’initiative d’automatiser son
application par l’intégration au SYSDEP et bientôt au SIGFIP de l’effectivité du visa
préalable du CF comme la première étape dans le processus de traitement des
réquisitions.
ii) Le contrôle administratif interne ex post
Pour ce qui concerne du contrôle administratif interne ex post, l’Inspection Générale
des Finances (IGF) a lancé au cours de l’année 2023 des actions qui s'inscrivent
dans la stratégie de réforme des finances publiques. Cette année a également
marqué le quinzième anniversaire de l'IGF, commémoré, particulièrement, par un
salon de l'audit qui a permis de présenter les réalisations à travers un résumé
exécutif des missions de contrôle et d'enquête menées depuis sa création. Le site a
été également rétabli, qui servira de canal principal pour la publication de nos
résultats, une fois notre stratégie de diffusion finalisée et validée.
Dans le but d’assurer un suivi permanent des Organismes Autonomes, entre mars
2022 et septembre 2023, l’IGF a mis en place deux (2) Cellules permanentes.
§ La Cellule de Veille des Retenues à la Source et des Taxes collectées
pour le Compte de l’État
L’objectif de cette Cellule est de s’assurer que les Organismes Autonomes,
particulièrement les entreprises publiques, procèdent, régulièrement et
conformément aux lois en vigueur, quant aux versements des retenues d’ordre
fiscal et social prélevées à la source. Instituée par Mémorandum en date du 17
juillet 2022 par le Ministre de l’Économie et des Finances, elle est composée de
deux (2) Représentants de l’IGF et d’un (1) Représentant des entités suivantes :
Direction Générale des Impôts (DGI), Direction de l’Inspection Fiscale (DIF),
Direction de la Pension Civile (DPC), Office National d’Assurance-Vieillesse
(ONA), Office d’Assurance du travail, Maladie et Maternité (OFATMA).
§ La Cellule de Suivi et d’Analyse des Budgets et États Financiers des
Organismes Autonomes
CRFP-GE
36 | P a g e
République d’Haïti
La Cellule de suivi et d’analyse des Budgets et États Financiers des Organismes
Autonomes est une cellule interne à l’IGF dont la finalité est d’assurer un suivi
régulier des documents reçus par les Organismes Autonomes (OAs). Elle est
également apte à favoriser une meilleure planification des interventions de l’IGF
sur ces institutions en fonction du niveau de risque et des résultats établis lors
des analyses effectuées. Elle est composée principalement de trois (3)
Inspecteurs qui assument la charge de son animation et de sa coordination mais
tous les Inspecteurs actifs du Corps sont susceptibles de contribuer aux activités
de suivi. En ce sens, le personnel technique a suivi une formation sur l’analyse
des États Financiers à la SOFIHDES en décembre 2022 et dont l’objectif était de
leur permettre de disposer des outils et des techniques nécessaires à la conduite
desdites analyses, tout en tenant compte des caractéristiques spécifiques aux
OAs évoluant dans le contexte haïtien.
Les interventions de l’IGF au sein des institutions publiques
Malgré les contraintes liées à la situation sécuritaire du pays, en général, et dans la
zone métropolitaine de Port-au-Prince, en particulier, qui ont considérablement
entravé la bonne exécution de sa programmation annuelle, l’IGF a pu mener
plusieurs interventions en 2022-2023 tant en Haïti qu’à l’étranger :
§ Mission d’Enquête à l’Ambassade d’Haïti à Washington, menée conjointement
avec le Ministère des Affaires Étrangères (MAE) et le Ministère de l’Intérieur
et des Collectivités Territoriales (MICT) – Avril 2023 ;
§ Mission d’Enquête à la Direction de l’Inspection Fiscale – Juin 2023 ;
§ Mission d’Accompagnement du Programme Multisectoriel pour l’Apaisement
et la Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables exécuté par le Ministère
des Affaires Sociales et du Travail (MAST) en partenariat avec le Ministère de
l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le
Ministère de Travaux Publics, Transports et Communication (MTPTC), le
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR), le Ministère de l’Environnement (MDE), le Ministère du
Commerce et de l’Industrie (MCI) et le Fonds d’Assistance Économique et
Social (FAES) – Mai 2023 à date ;
§ Mission d’Audit des Fonctions Administratives et Financières des
Ambassades et des Postes Consulaires d’Haïti – Juin à date ;
Sous cette rubrique, il n’est pas superflu de souligner l’initiation de différentes
missions au cours de l’exercice en cours dont l’exécution a dû être reportée pour
l’exercice suivant en raison de contraintes indépendantes de la volonté de
l’Inspection Générale des Finances. Celles-ci se traduisant par :
§ des difficultés internes propres à l’institution ciblée par la mission : Mission
d’Audit de la gestion de la Caisse d'Assistance Sociale (CAS) du Ministère
des Affaires Sociales et du Travail (MAST) ;
CRFP-GE
37 | P a g e
République d’Haïti
§ un calendrier d’activités d’audit interne déjà en cours d’exécution au sein de
l’institution ciblée : Mission d'audit des dépenses réalisées à partir du Fonds
National de l’Éducation (FNE) ;
§ la contrainte d’effectifs du Corps des Inspecteurs de l’IGF, s’étant traduite par
l’impossibilité pour elle de répondre à la fois aux activités programmées pour
l’exercice et aux commandes ponctuelles urgentes émanant de la hiérarchie
pour la même période : Mission d’Audit de l’Exécution des Dépenses de
l’Office National de l’Aviation Civile (OFNAC) pour la période d’Octobre 2019
à Septembre 2022.
B) LE CONTROLE EXTERNE
i) L’action de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
(CSCCA)
Apurement des comptes de gestion des comptables du Trésor
La Direction de l’Apurement des Comptes (DAC) est la structure de vérification,
d’enquête et d’examen en appui aux Chambres des Affaires Financières et
Administratives de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
(CSCCA). Elle vérifie la conformité et l´exactitude du rapport financier et comptable
et en achemine le rapport aux membres du Conseil de la Cour qui, après examen en
Conseil donne ou refuse décharge au Président et au Vice-président du Conseil de
leur gestion.
Entre autres attributions, la DAC vérifie la régularité et la sincérité des transactions
décrites dans les budgets de l´Etat, des Organismes Autonomes, des Entreprises
Publiques et des Collectivités Territoriales. A ce titre, elle est chargée d’examiner
tous les comptes de gestion des comptables publics. Cependant, depuis quelques
années la DAC a cessé d’émettre des avis concernant les comptes de gestion et les
projets de lois de règlement de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité
Publique (DGTCP) en raison d’un problème au niveau du format de présentation de
ces comptes. Pour adresser ce problème, un comité bipartite composé des
représentants de la CSCCA et du MEF a été mis en place en 2019 pour rédiger un
texte légal devant prendre en compte la réorganisation de la présentation des
comptes de gestion des comptables publics. Le texte a été élaboré et devait être
adoptée par arrêté ministériel. Mais malheureusement, jusqu’à présent cet arrêté n’a
pas pu être adopté.
Les réalisations de la CSCCA pour la période de janvier à juin 2023
Durant la période, la CSCCA a pu, grâce à l’appui des partenaires internationaux,
particulièrement la banque mondiale, concrétiser différentes activités. A savoir :
v Engagement d’un Expert international en charge de l’élaboration d’un
guide méthodologique pour l’émission des avis motivés sur les projets
CRFP-GE
38 | P a g e
République d’Haïti
de lois de finances au bénéfice de la Cour Supérieure des Comptes et
du Contentieux Administratif.
Dans l’objectif de répondre à ses prérogatives constitutionnelles, au regard de
l’article 86 alinéa 2 de la Loi du 4 mai 2016 remplaçant le Décret du 16 février 2005
sur le processus de l’élaboration et d’exécution des lois de finances (LEELF), la
Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) a engagé,
avec le financement du Projet d’Amélioration de la Gestion Financière et de
l’Information Statistique(PAGeFIS), un Expert international pour l’accompagner dans
le renforcement des capacités à l’émission des avis motivés sur les projets de lois de
finances.
Dans le cadre de l’exécution de son contrat, l’Expert a soumis les livrables suivants :
§ Le rapport de diagnostic sur la situation générale des finances publiques
haïtiennes ;
§ Un guide méthodologie pour l’émission des avis motivés sur les projets de lois
de finances y compris les projets de lois de règlement ;
v Acquisition d’un Logiciel d’Audit pour le renforcement des Secteurs de
la Chambre financière.
Dans la perspective de moderniser la structure d’audit à la Cour, et faciliter un
traitement rapide et automatique des données comptables et financières,
l’automatisation des rapports d’audit, ainsi que le suivi des missions d’audit, la Cour
a fait, à travers le projet PAGeFIS l’acquisition d’un Logiciel d’Audit ; le CASEWARE.
Le fournisseur a déjà :
• livré les licences à la CSCCA ;
• élaboré et soumis à la Cour, un calendrier de formation à donner en vue de la
pleine exploitation du logiciel ;
• paramétré le logiciel et démarré une première série de formation sur l’usage
du logiciel.
v Global Sai for Accountability Initiative (GSAI)/ Initiative mondiale pour la
Responsabilisation des ISC
La CSCCA est l’un des ISC bénéficiaires du projet GSAI, implémenté sous
l’instigation de l’Intosai Development Initiative (IDI), ce projet vise à mobiliser un
soutien efficace et bien coordonné aux ISC évoluant dans des contextes difficiles.
Ce projet est en phase de planification.
ii) Les activités récentes des Secrétariats Généraux du Parlement
Le parlement dans sa mission de contrôle surveille les actions du gouvernement,
notamment le vote des lois de finances et la bonne exécution du budget au niveau
des différents ministères. Ce contrôle confié aux membres parlementaires des
CRFP-GE
39 | P a g e
République d’Haïti
commissions de l’économie et des finances des deux assemblées est exercé en
cours d’exécution du budget et à posteriori.
Conscient de la nécessité d’améliorer l’efficacité du travail des deux commissions de
l’économie et des finances et compte tenu de la caducité du parlement, l’accent a
été surtout mis, durant le premier semestre de 2023, sur le renforcement de la
compétence des cadres permanents des Secrétariats Généraux du Parlement
dans la perspective d’appuyer les Sénateurs et Députés membres desdites
commissions.
En effet, cette réforme portée par les Secrétariats Généraux du parlement (Chambre
des Députés et Sénat), vise à rendre les commissions de l’économie et des finances
du Parlement plus dynamiques et efficientes tout en réduisant la durée de l’étude et
du vote du projet de loi de finances soumis par l’exécutif. Cela va permettre de
passer d’une gestion de moyens à une culture de la performance. Pour ce faire, de
nouvelles fonctions voient le jour et une réaffectation des cadres est effectuée dans
les commissions de l’économie et des finances au sein de la Chambre des Députes
et du Sénat.
Les réalisations des Secrétariats Généraux du Parlement pour la période de
janvier à juin 2023
Pendant la période sous revue, les Secrétariats Généraux du Parlement ont pu
réaliser les activités suivantes :
§ Révision des règlements intérieurs / Institutionnalisation des
commissions.
Une révision des règlements intérieurs de la Chambre des Députés et du Sénat a
été entreprise en vue d’institutionnaliser chaque commission permanente et
surtout celle de l’Économie et des finances afin de définir les responsabilités,
mais aussi d’équiper chaque commission en matériels nécessaires pour bien
mener leur travail. Grace à cette activité, Secrétariats Généraux veulent s’assurer
que les cadres qui y travaillent ont les compétences requises pour accompagner
les parlementaires dans leur mission de contrôle.
§ Formation Intensive sur les finances publiques
Pour opérationnaliser ces modifications, une première formation a été réalisée
sur les finances publiques, de manière intensive, au profit de 40 cadres
provenant des 2 chambres du parlement, affectés aux commissions de
l’économie et des finances. Cette formation favorisera l’affectation de ces
employés au CEF. Elle a été financée par la Banque Mondiale à travers le
PAGeFIS.
§ Formation Continue sur les Finances publiques à l’ENAF.
Une autre formation financée par la Banque Mondiale a été réalisée pendant plus
de 12 mois au profit de 30 des cadres des commissions de l’économie et des
finances à l’Ecole Nationale d’Administration Financière (ENAF).
CRFP-GE
40 | P a g e
République d’Haïti
C) LA COMMISSION NATIONALE DES MARCHÉS PUBLICS
a) Renforcement de la CNMP et modalités de fonctionnement
Rappelons les évolutions récentes de la CNMP en termes de renforcement des
capacités et de modalités de travail.
En vertu de l’article 20 de l’arrêté du 26 octobre 2009 déterminant les modalités
d’organisation et de fonctionnement de la Commission nationale des marchés
publics, d’autres unités ont été créées au sein du Secrétariat de l’institution. Cette
décision a permis à la CNMP de se doter des moyens humains pour mieux remplir
sa double mission de régulation et de contrôle des marchés publics : des audits sont
menés, des missions de suivi de l’exécution des marchés donnent une idée réelle de
ce qui se réalise lors de l’exécution des marchés publics, l’avis de juriste éclaire les
décisions lors des traitements de certains dossiers et de nouveaux textes
réglementaires enrichissent le cadre existant. Aujourd’hui le Secrétariat technique
est passé des trois unités originelles à six unités :
§
§
§
§
§
§
L’unité de contrôle de l’exécution des marchés publics (UCEMP),
L’unité d’évaluation et de développement des capacités (UEDC),
L’unité d’audit, de documentation et de statistique (UADS)
L’unité juridique et de règlementation (UJR),
L’unité de communication et des relations avec l’extérieur (UCRE),
L’unité de développement et d’appuis informatiques (UDAI).
Par ailleurs, l’Union européenne a financé une assistance technique qui a abouti à
l’élaboration d’un avant-projet de décret portant organisation et fonctionnement
de la Commission nationale des marchés publics. Ce texte, qui consacre la
démarcation entre la régulation et le contrôle dans le système national de passation
et de gestion des marchés publics, a été transmis à l’Exécutif en janvier 2022 mais il
n’est pas encore publié dans le Moniteur.
La CNMP a monté un Comité de réforme qui est à l’œuvre depuis l’exercice 20202021. A son actif, un projet de loi révisée sur les marchés publics et les concessions
de travaux et de services. Ledit comité devra également travailler sur la révision des
manuels de procédures ainsi que les documents-types en usage pour l’instant dans
le système national des marchés publics.
b) Activités récentes de la CNMP
De janvier à juin 2023, il n’y a pas eu de progrès notable concernant la Commission
Nationale des Marchés Publics, en raison de la non-adoption du Plan stratégique
CRFP-GE
41 | P a g e
République d’Haïti
quinquennal de la CNMP2 dont un ensemble d’actions initialement programmées
dans le PAT 2020-2022 découlent de cette stratégie. On peut faire mention de :
§ la modernisation du cadre législatif, règlementaire et structurel de la passation
des marchés publics ;
§ la prise en compte des changements induits par le plan stratégique
quinquennal
Cependant, il convient de signaler d’une part que la CNMP a mené depuis 2022 une
série d’Audit des marchés publics des institutions étatiques pour les exercices 20182019, 2019-2020 et 2020-2021. Ces audits ont concerné le Ministère du Tourisme
(MT), l’Office Nationale d’Assurance-Vieillesse (ONA), la Police Nationale d’Haïti
(PNH), le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) et le Ministère de
l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) dont les trois
derniers ont été initiés sous la période étudiée.
D’autre part, la CNMP publie tous les mois depuis janvier 2022, les marchés publics
passés y compris les informations sur les bénéficiaires effectifs des
soumissionnaires retenus. Cet engament est conforme aux conventions signées
entre le gouvernement et le Fonds Monétaire International (FMI) à travers la
première revue du programme SMP qui a pris fin en mai 2023 d’une part, et l’Union
Européenne (UE) par l’intermédiaire de l’avenant 6 du SBC-II d’autre part.
c)Le contrôle a priori de la CNMP
Eu égard à la législation haïtienne, les marchés publics constituent une bonne part
de la commande publique qui se divise en :
§ Commandes hors marché,
§ Marchés publics,
§ Conventions de concession d’ouvrage de service public.
Les marchés publics quant à eux se subdivisent en :
§ Marchés publics hors contrôle a priori de la CNMP3,
§ Marchés publics sous contrôle a priori de la CNMP.
Les deux premières parties de la commande publique sont délimitées par des
seuils ; ces derniers sont fixés par arrêté pris en conseil des ministres4. On
distingue :
2 Rappelons que ce document de référence devait couvrir au départ la période 2018-2023. Du fait de sa non-
validation, il a dû être réajusté à deux reprises. La dernière mise à jour l’a activé pour le quinquennat 2021-2026.
A trois ans de l’horizon 2023 l’attente demeure.
3 Ceux-ci sont objet de contrôle a posteriori, en vertu de l’article 221 de l’arrêté du 26 octobre 2009
précisant les modalités d’application de la loi sur les marchés publics
CRFP-GE
42 | P a g e
République d’Haïti
§ Les seuils de passation des marchés publics,
§ Les seuils d’intervention de la Commission nationale des marchés publics.
C’est à partir de ces derniers seuils que la CNMP exerce le contrôle a priori des
marchés publics. L’article 62-4 de la loi du 10 juin 2009 fixant les règles générales
relatives aux marchés publics et aux conventions de concession d’ouvrage de
service fait d’ailleurs cette injonction aux autorités contractantes : « Tout marché
dont la procédure de passation relève de la compétence de la Commission nationale
des marchés publics et qui ne lui a pas été soumis pour validation par l’autorité
contractante est nul de plein droit. ».
d) La Planification des marchés
La législation haïtienne sur les marchés publics veut que les autorités contractantes
planifient les marchés qu’elles doivent passer durant un exercice. Cette opération
aboutit à la production de deux documents distincts : le Plan prévisionnel annuel de
passation des marchés publics (PPAPMP), le Plan annuel de passation des
marchés publics (PAPMP)5. Le premier, comme son nom le laisse supposer, est bâti
avant la confirmation du budget de l’autorité contractante, plus précisément au
moment où l’autorité contractante conçoit son avant-projet de budget, au deuxième
trimestre de l’an n-1. Toutes les commandes prévues qui atteignent les seuils de
passation des marchés figurent dans un tableau qui est transmis au Ministère de
l’économie et des finances (MEF), au Ministère de la planification et de la
coopération externe (MPCE) et à la CNMP.
La publication du budget de l’exercice au Journal « Le Moniteur » confirme les
crédits de l’administration publique nationale. Les autorités contractantes sont alors
en mesure de transformer leurs PPAPMP en PAPMP. Les seuls marchés qui seront
exécutés figureront dans ce dernier document qui sera d’abord communiqué à la
CNMP qui le valide. Cet acte précède la publication de ces plans sur le site de site
de l’organe de contrôle. Lequel organe les partage également avec les deux
ministères tantôt cités.
Une Circulaire, signée par le Premier Ministre le 5 septembre 2022, a permis au
système des marchés publics de faire une excellente moisson en termes de
planification. En effet, pour l’exercice 2022-2023, quatre-vingt-dix (90) Plans ont été
transmis à la CNMP, totalisant huit cent quatre-vingt-cinq (885) marchés. Ces
données sont réparties comme suit :
4
Le dernier en date est l’arrêté du 1e juin 2022 fixant les seuils de passation de marchés et les seuils
d’intervention de la CNMP. A noter que les seuils sont fonction de la nature de la commande (fourniture, service,
travaux, prestations intellectuelles) et de l’identité de l’autorité contractante (L’État, les entreprises publiques, les
organismes autonomes forment la catégorie assujettie aux seuils les plus élevés, les collectivités territoriales de
la région métropolitaine de Port-au-Prince et les chefs-lieux de département forment la deuxième catégorie ; le
troisième groupe est constitué des collectivités chefs-lieux d’arrondissement (hormis les chefs-lieux de
département), la dernière catégorie comprend les autres communes et les sections communales, pour lesquelles
les seuils sont les plus petits. (Voir Tableau des seuils en Annexe)
5
Cf. Art 5, alinéa 3 de la loi sur les marchés publics et art 5-1 de l’arrêté du 26 octobre 2009 précisant les
modalités de la loi sur les marchés publics.
CRFP-GE
43 | P a g e
République d’Haïti
§ Pouvoir exécutif
: 75 Plans comportant 814 marchés inscrits
§ Pouvoir législatif
: 1 Plan comportant 9 marchés inscrits
§ Pouvoir judiciaire
: 2 Plans comportant 19 marchés inscrits
§ Organismes indépendants : 12 Plans comportant 43 marchés inscrits
e) L’effort de professionnalisation des acteurs
Depuis l’année 2017, la CNMP a conçu un Plan de formation - visant la
professionnalisation des acteurs de la chaîne de dépense publique - qui s’est
concrétisé dans divers projets de formation et d’autres activités connexes. Ce plan
envisage d’intervenir sur cinq champs différents :
La création d’un corps de formateurs en marchés publics,
La création d’un corps de spécialistes en marchés publics,
La création de centres dédiés à la formation en marchés publics,
La création d’une chaire d’enseignement des marchés publics à l’Université
d’État d’Haïti (UEH),
§ L’ouverture dans les structures de passation et d’exécution des marchés
publics d’espace d’accueil de stagiaires.
§
§
§
§
Depuis l’année académique 2021-2022, la chaire Marché public est créée au sein de
l’UEH. Dans un premier temps, les cours étaient dispensés à l’Institut national
d’administration, de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI) et à la
Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE). Pour l’année en cours
d’achèvement, outre ces deux facultés, le cours était donné à la Faculté d’agronomie
et de médecine vétérinaire (FAMV), à l’Institut d’études et de recherches africaines
d’Haïti (IERAH) et dans deux universités publiques en région (au Cap-Haïtien et aux
Cayes).
En rapport aux trois premiers champs, la CNMP est en train de procéder à un
véritable inventaire des ressources humaines travaillant dans le système des
marchés publics afin de pouvoir les catégoriser. Dans le même temps, elle finalise
un accord de financement avec la Banque interaméricaine de développement (BID)
en vue d’une accréditation de formateurs qui auront à leur tour à élaborer et à
exécuter un plan de formation de spécialistes en marchés publics. L’Institut SETYM
du Canada a fait une offre de services pour ces deux certifications.
Un accord de partenariat a été signé avec le Rectorat de l’UEH pour la délivrance
des titres lorsque les animateurs seront prêts à réaliser les formations. Pour finir, la
CNMP a déjà élaboré un programme de Master en marchés publics qui sera lancé
dès que les prérequis seront établis.
Quant aux stages, depuis plus de deux ans, la CNMP accueille une bonne quantité
de stagiaires chaque année. Ce sont des étudiants finissants qui y ont droit. Au
CRFP-GE
44 | P a g e
République d’Haïti
terme du stage, chaque participant rédige un rapport qu’il soutient par-devant un
jury. Ceux-là qui franchissent cette étape avec brio sont inscrits dans une banque de
ressources humaines et ont droit à un certificat. Ils sont recommandés par la CNMP
aux autorités contractantes pour intégrer les structures de passation de marchés
publics pourvu que dans l’intervalle ils arrivent à décrocher leurs diplômes de fin de
cycle universitaire.
A moyen terme, le Corps des spécialistes des marchés publics verra le jour. Un pas
de géant sera alors franchi pour affermir plus que jamais le système national de
passation et de gestion des marchés publics.
f) La publication des marchés publics
Depuis plusieurs années, la CNMP publie dans ses rapports annuels d’activités, les
marchés qu’elle valide durant un exercice. Dans le cadre du Plan d’actions triennal
2020-2022 qui a glissé sur 2023, elle a veillé à procéder à cette publication tous les
mois
.
Ainsi, d’octobre 2022 à juin 2023 trente-deux (32) marchés et trois (3) avenants ont
suivi les étapes décrites dans la partie précédente. Il faut donc dire que tous ces
marchés et avenants ont fait l’objet de ce contrôle a priori. Ils sont issus de cinq (5)
ministères et six (6) Autres institutions (entreprises publiques, organismes
autonomes, …).
D) PROMOTION DE LA TRANSPARENCE ET DE LA REDEVABILITÉ ET
RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
i) La transparence budgétaire
Cette dimension de la réforme budgétaire haïtienne est associée à l’indicateur
PEFA(PI-9) relatif à l’Accès du Public aux informations budgétaires. Cet indicateur
évalue l’exhaustivité des informations budgétaires rendues publiques, sur la base
d’éléments d’information auxquels on estime essentiel que le public ait accès.
La transparence budgétaire dépend de la facilité d’accès du public aux informations
sur les plans, la situation et les résultats budgétaires de l’État. L’accès du public aux
informations signifie qu’elles sont accessibles sans aucune restriction, dans des
délais raisonnables, sans qu’il soit nécessaire de s’inscrire et gratuitement. Les
éléments d’information auxquels il est essentiel que le public ait accès sont indiqués
ci-après
§
§
§
§
§
Documents relatifs au projet de budget annuel du pouvoir exécutif
Budget adopté
Rapports en cours d’exercice sur l’exécution du budget.
Rapport sur l’exécution du budget annuel
États financiers audités, incorporant le rapport d’audit externe ou accompagné
de ce rapport.
CRFP-GE
45 | P a g e
République d’Haïti
Il y a aussi des documents supplémentaires qui renforcent la transparence
budgétaire et améliorent le score de l’indicateur. Il s’agit de:
§
§
§
§
Récapitulatif du projet de budget (Budget citoyen)
États préalables à l’établissement du budget
Autres rapports d’audit externe
Prévisions macroéconomiques (lettre de cadrage)
A ce stade, le Ministère de l’Économie et des Finances à travers la Direction
Générale du Budget a réalisé beaucoup d’efforts en termes de transparence
budgétaire comparativement à la dernière évaluation PEFA tenue en 2011 en ce
sens qu’il met le cap sur l’élaboration et la publication d’un budget citoyen
(Récapitulatif du projet de budget) pour l’exercice fiscal 2024-2025 et travaille sur la
production de rapport d’exécution budgétaire à mi-parcours. De tels chantiers
pourraient lui valoir la note B pour cet indicateur.
En termes de documents élaborés et publiés par le Ministère de l’Économie et des
Finances, on peut citer sans être exhaustif :
§ Lettre de cadrage du projet de budget 2023-2024 ;
§ Tableau des Opérations Financière de l’État (TOFE) (États préalables à
l’établissement du budget) du 1er octobre 2022 au 31 juillet 2023 ;
§ Résumé analytique du TOFE du 1er octobre 2022 au 31 juillet 2023 ;
§ Budget adopté de l’exercice fiscal 2022-2023 ;
§ Tableau des recettes encaissées et dépenses autorisées (TEREDA) du 1er
octobre 2022 au 31 aout 2023 ;
§ Rapport d’exécution du budget 2022-2023
Il reste encore du chemin à faire pour consolider les acquis et aller vers une
administration budgétaire totalement transparente. En dessous un extrait du
TEREDA.
CRFP-GE
46 | P a g e
République d’Haïti
CREDITS
2022-2023
Exécution
Oct. 2022
Exécution
Nov. 2022
Exécution
Déc. 2022
Exécution
Janvier 2023
Exécution
Février 2023
Exécution
Mars 2023
Total Ressources
Recettes Courantes
Recettes internes
Recettes douanières
Recettes pétrolières
Autres ressources domestiques
Support budgétaire
Annulation dette FMI
Sur Emprunt (FMI)
Autre Financement Interne des projets
Don&emp. (hors PETROCARIBE)
Institutions financières (emprunt BRH)
Bons du Trésor
Dépenses Totales
Depenses courantes
Dépenses de personnel
Dépenses Biens et services
Hors interventions publiques
Sur Interventions Publiques
Quote Part et Subventions
267 500 000 000
164 058 000 000
73 500 000 000
69 000 000 000
21 358 000 000
200 000 000
9 136 500 000
1 304 049 460
15 750 000 000
4 368 950 540
31 527 000 000
33 000 000 000
8 355 500 000
267 500 000 000
155 014 487 333
78 570 013 317
50 007 793 888
34 862 803 887
15 144 990 001
20 255 318 113
1 198 492 928
5 879 449 428
4 067 703 234
1 802 544 302
2 396 511
6 805 380
-
15 392 768 163
11 392 746 163
4 473 079 814
6 847 072 855
62 375 212
10 218 283
-
14 036 260 583
16 308 291 483
6 761 383 910
8 831 316 264
697 027 653
18 563 656
-
14 065 337 737
16 354 834 737
7 272 996 850
7 499 564 661
1 575 741 693
6 531 532
15 502 530 296
15 621 324 096
7 901 264 815
6 688 297 126
1 031 762 154
-
22 037 410 967 8 831 633 036
19 152 299 867 12 603 189 036
7 409 032 856 5 140 659 424
10 333 165 287 6 935 552 667
1 410 099 129
526 976 945
2 595
-
-
-
-4 680 956 500
4 725 135 088
3 606 323 541
501 738 946
2 017 352 724
273 684 067
1 743 668 657
1 060 942 951
-
-
-
-
Institutions à crédit ventilé
Interventions publiques
Dotation spéciale secteur de l'énergie
Electricité d'Etat d'Haiti
Produits Pétroliers
650 266 562
11 385 051 551
8 220 000 000
8 220 000 000
Intérêt de la Dette
Intérêt Interne
Intérêt Externe
Dépenses de Capital
Programmes et projets
Sur Trésor Public
Sur Annulation dette FMI
Sur Emprunt (FMI)
3 991 250 000
-
Exécution
Avril 2023
Exécution
Mai 2023
Exécution
Juin 2023
20 407 548 376 16 991 019 090
18 973 458 176 16 991 019 090
6 701 862 203 6 215 997 888
9 582 562 423 7 615 195 971
2 647 437 829 3 159 825 231
41 595 721
-
Exécution
Juillet 2023
Exécution
Aout 2023
Exécution au 31
Aout 2023
9 544 629 178
9 544 629 178
6 736 614 212
2 808 014 966
-
10 568 723 297
10 568 723 297
8 180 893 744
2 387 829 554
-
148 576 353 651 118 923 646 349
153 389 964 551 10 668 035 449
55 943 980 995 17 556 019 005
81 052 779 512 -12 052 779 512
16 309 486 878
5 048 513 122
83 717 166
116 282 834
9 136 500 000
1 304 049 460
3 991 250 000 11 758 750 000
4 368 950 540
31 527 000 000
33 000 000 000
-8 804 860 900 17 160 360 900
146 760 360 985 120 739 639 015
114 470 897 862 40 543 589 470
67 304 026 724 11 265 986 593
30 579 182 852 19 428 611 036
20 644 973 691 14 217 830 196
9 934 209 161
5 210 780 840
14 880 007 564
5 375 310 549
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-118 793 800 -1 106 138 900 -3 771 556 000
8 725 066 750 19 607 336 360 15 448 978 235
7 214 257 411 11 642 074 801 13 571 815 722
3 870 410 803
6 529 243 705 9 704 255 988
3 090 693 710
3 871 615 667 1 190 800 676
2 384 541 751
2 530 109 363
864 777 662
706 151 959
1 341 506 304
326 023 014
253 152 898
1 205 431 390 2 501 923 393
4 000 022 000
19 221 304 996
11 718 057 312
9 025 396 283
1 637 191 443
953 433 595
683 757 848
436 921 668
-2 272 030 900
19 695 021 448
15 217 050 362
9 982 513 690
4 228 431 698
2 846 494 757
1 381 936 941
899 783 658
-2 289 497 000
10 066 751 654
6 754 648 700
2 926 186 697
1 474 736 167
1 056 063 351
418 672 816
2 148 800 172
500 000
29 651 214
1 030 791 737
1 030 791 737
-
40 768 076
396 153 592
-
21 286 525
952 122 565
1 175 391 083
1 175 391 083
-
24 287 830
140 443 951
735 051 878
735 051 878
-
40 947 351
212 205 547
-
12 462 714
572 297 769
620 670 907
620 670 907
-
9 140 666
431 644 358
2 061 138 369
2 061 138 369
-
37 535 894
555 867 940
1 080 530 375
1 080 530 375
-
57 920 195
856 713 498
938 881 102
938 881 102
-
26 881 653
978 546 260
1 088 930 273
1 088 930 273
-
35 999 743
636 941 150
78 303 351
78 303 351
-
307 730 646
5 762 587 844
8 809 689 074
8 809 689 074
-
342 535 916
5 622 463 707
-589 689 074
-589 689 074
-
6 181 362 015
26 288 919
618 547 918
106 321 315
204 925 664
-
35 784 040
174 835 666
142 416 193
151 559 337
4 819 764
242 181 907
1 707 680 723
4 473 681 292
3 023 517 938
3 157 844 078
26 288 919
11 491 171
607 056 747
106 321 315
24 163 067
180 762 598
-
16 666 305
19 117 735
7 074 004
167 761 662
141 441 932
974 261
151 559 337
4 819 764
-
218 246 183
23 935 724
423 902 426
1 283 778 297
2 599 615 512
1 874 065 781
112 485 512 667
1 118 811 547
7 503 247 684
4 477 971 086
3 312 102 954
7 965 261 559
1 877 162 514
1 015 944 486
752 283 542
413 560 071
2 342 308 341
32 289 463 123
80 196 049 544
1 510 809 339
1 434 090 200
11 595 691 555 12 469 867 891 10 924 373 987 14 280 833 021
10 579 747 069 11 717 584 349 10 510 813 916 11 938 524 679
6 506 951 665 5 987 106 833 5 854 847 306
6 415 374 808
2 256 445 002 3 725 403 386 2 556 788 659
4 529 723 720
1 507 665 434 2 837 748 549 1 732 655 673
3 657 799 489
748 779 568
887 654 837
824 132 986
871 924 231
1 673 934 209 1 853 514 794 2 094 358 186
751 244 244
Solde
79 300 000 000
886 636 045
-
366 204 300
60 424 775
317 505 639
6 949 755 791
52 882 012
62 432 950
91 263 848
194 521 699
109 063 881
9 090 690 939
70 209 309 061
26 350 000 000
1 304 049 460
15 750 000 000
886 636 045
-
-
366 204 300
-
60 424 775
-
317 505 639
-
2 958 505 791
3 991 250 000
52 882 012
-
62 432 950
-
91 263 848
-
194 521 699
-
109 063 881
-
5 099 440 939
3 991 250 000
21 250 559 061
1 304 049 460
11 758 750 000
Sur Autres financement interne
4 368 950 540
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
4 368 950 540
Sur dons et emprunts
Immobilisation
31 527 000 000
-
-
-
31 527 000 000
2 245 335 226
2 657 404 767
416 543
103 208
71 173 864
17 079 767
48 699 665
33 081 163
20 721 513
22 667 897
90 904 476
52 839 447
54 382 000
412 069 542
Hors interventions publiques
Sur Interventions Publiques
2 537 404 767
120 000 000
416 543
-
103 208
-
71 173 864
-
17 079 767
-
48 699 665
33 081 163
20 721 513
22 667 897
90 904 476
52 839 447
54 382 000
412 069 542
2 125 335 226
Amortissement de la Dette
30 528 107 900
231 758 960
7 503 144 476
4 040 592 922
3 234 598 412
1 144 604 035
982 424 605
1 803 558 988
930 843 639
570 115 218
166 198 926
2 178 862 461
22 786 702 642
120 000 000
7 741 405 258
Amort. Interne
Amort. Externe
18 677 704 695
11 850 403 205
57 123 973
174 634 986
4 189 282 392
3 313 862 085
3 767 524 286
273 068 636
2 200 372 317
1 034 226 095
1 144 604 035
-
982 424 605
-
710 336 863
1 093 222 125
926 309 006
4 534 633
109 568 172
460 547 046
166 198 926
-
1 993 727 441
185 135 020
16 247 472 015
6 539 230 627
2 430 232 679
5 311 172 579
-3 526 642 160
-3 828 536 832
-5 658 760 865
3 998 586 083
6 777 463 546
2 430 074 607
-6 617 345 199
8 811 856 821
4 521 151 199
-1 379 744 809
-3 712 109 723
1 815 992 666
-1 815 992 667
Interventions publiques
26 650 041 552
1 773 319 871
1 079 911 440
1 522 380 892
1 370 795 381
918 357 506
1 913 804 073
757 667 372
1 304 647 508
1 744 368 335
1 802 679 246
1 508 865 381
15 696 797 005
10 953 244 547
Total dépenses (hors programmes et
projets)
188 200 000 001
3 838 499 044
19 221 304 996
19 328 817 148
10 006 326 879
8 407 561 111
11 533 258 605 12 378 604 043 10 729 852 289
14 171 769 140
137 669 670 046
50 530 329 955
Solde
(0)
12 657 580 569 15 396 096 223
NB: les informations concernant les Dons et Emprunts ( hors Petrocaribe) ne sont prises en19 221
compte
304 996
CRFP-GE
47 | P a g e
République d’Haïti
ii) La redevabilité
Le gouvernement haïtien à travers le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF)
et avec le support de la Banque Mondiale, a introduit depuis 2018 une dimension
citoyenne au niveau du contrôle budgétaire et de l’exécution financière mis à part les
contrôles internes et externes qu’effectuent régulièrement les institutions
républicaines ; ce qui est communément appelé le contrôle citoyen.
Avec l’appui de la Commission de Réforme des Finances Publiques et de la
Gouvernance Economique (CRFP-GE), le Collectif pour le Contrôle de l’Intégrité
Publique (COCIP), un regroupement d’organisations de la Société Civile, a participé
à la mise en œuvre du Projet d’Amélioration de la Gestion Financière et de
l’Information Statistique (PAGeFIS) financé par la Banque Mondiale et piloté par le
MEF.
Cette organisation regroupe les entités suivantes :
§ l’Initiative de la Société Civile(ISC),
§ Ensemble Contre la Corruption(ECC),
§ l’Association Professionnelle de Banques (APB),
§ Fondation Héritage,
§ Réseau des Journalistes Economiques pour le Développement Durable
d’Haïti(REJEDDH),
§ Asosyasyon Fanm Soley Dayiti(AFASDA),
§ l’Université Notre Dame, l’Université Quisqueya,
§ l’Université de Port-au-Prince(UP),
§ l’Université INUKA,
L’une des activités importantes que devait réaliser le COCIP dans le cadre de ce
projet, est de collaborer avec le Ministère de l’Economie et des Finances à travers la
Direction Générale du Budget (DGB) à la réalisation et la publication d’un Budgetcitoyen, une version simplifiée du budget national, qui facilite la lecture et la
compréhension de la loi de finances par le citoyen et faire le suivi de son exécution.
Depuis près de deux ans, le COCIP avait présenté à la Direction Générale du
Budget, un plan d’action devant conduire à la production et la publication du BudgetCitoyen Haïtien aussi bien sur le portail web du MEF que sur celui de la CRFP-GE
(voir le plan en annexe 1). Pendant une longue période, le COCIP n’a pas réussi à
obtenir l’approbation de ce plan de la part de la DGB. Finalement, après un intense
plaidoyer, au cours de la période entre Janvier et Juin 2023, cette approbation a été
CRFP-GE
48 | P a g e
République d’Haïti
obtenue. D’après le calendrier qui y est associé (voir Annexe), ce plan devrait entrer
en exécution à partir du mois d’octobre 2023 pour aboutir à un budget citoyen,
élaboré en bonne et due forme, pour l’exercice fiscal 2024-2025 et publié en même
temps que le budget traditionnel de l’État.
Il y a lieu de souligner que ce budget citoyen est attendu avec impatience par de
nombreux secteurs de la vie nationale. En effet, au cours du mois de Novembre
2022, le COCIP avait réalisé un atelier hybride : en présentiel à Port-au-Prince et de
façon virtuelle dans plusieurs villes de province. Cet atelier a duré deux jours et réuni
plus d’une centaine de responsables d’organisations de la société civile appartenant
à trois secteurs : éducation, santé et agriculture. Au cours de ces deux jours on a eu
une présentation par la Direction du Budget, du processus d’élaboration de la loi de
finances et une analyse de trois budgets sectoriels : éducation, santé et agriculture,
par un cadre des Ministère concerné et un spécialiste sectoriel issu de la société
civile. Les participants à cet atelier et des responsables d’autres secteurs réclament
ardemment, l’élaboration de ce budget citoyen.
Dans le cadre du projet PAGeFIS, le COCIP a réalisé plusieurs séminaires
nationaux avec des responsables de la société civile pour promouvoir la
transparence budgétaire et la reddition de comptes. La Banque Mondiale satisfait de
ce travail a sollicité le COCIP dans le cadre de la planification de son nouveau projet
sur la réforme des finances publiques, qui devrait commencer en 2024. Dans la
semaine du 5 au 9 Juin 2023, le COCIP a eu une séance de travail avec une
mission de la Banque Mondiale sur l’identification des besoins de la nouvelle
opération. Le COCIP a présenté des propositions relatives à sa participation à ce
nouveau projet.
iii) Lutte contre la Corruption
v Rappel d’initiatives antérieures
En dépit du contexte difficile de la période, l’ULCC a mené des activités de lutte
contre la corruption et ses manifestations sous toutes ses formes au sein de
l’Administration publique haïtienne conformément au décret du 8 septembre 2004
portant sa création. Les demandes d’investigation augmentent de plus en plus mais
la capacité de traitement de toutes ces requêtes n’est pas encore à point. En ce
sens, l’institution a entrepris dans le passé plusieurs initiatives contribuant au succès
de sa mission. On peut citer entre autres :
§ la mise en place de nouvelles commissions d’enquête ;
§ la formation continue des cadres ;
§ l’organisation d’activités de prévention et de sensibilisation dans les dix
départements géographiques du pays ;
§ l’acquisition de matériels et d’équipements modernes d’enquête ;
§ l’aménagement des bureaux départementaux existants.
CRFP-GE
49 | P a g e
République d’Haïti
Malgré tout, l’ouverture de deux bureaux départementaux à Jérémie et à
Ouanaminthe, comme prévu préalablement, n’a pu être concrétisée au cours de cet
exercice fiscal faute de disponibilité budgétaire. Il s’avère donc impérieux de rendre
fonctionnel ces deux bureaux départementaux compte tenu des demandes
croissantes d’enquête issues de ces départements.
v Organisation d’Activités de janvier à Juin 2023
Pour la période allant de janvier 2023 à Juin 2023, l’ULCC a réalisé un certain
nombre d’activités de sensibilisation et plusieurs dossiers de corruption ont été
transmis aux Parquets pour les poursuites pénales. Les différentes réalisations de
l’ULCC pour cette période sont les suivantes :
§ Série de conférences sur les effets néfastes de la corruption
Une conférence à l'Université Notre-Dame d'Haïti le jeudi 29 juin 2023 a été
animé par les cadres de l'ULCC sur l'invitation de l'association d'étudiants
Rankont-Edu. Ces séries de conférences participent dans la stratégie de
l'Institution visant à encourager une parole scientifique autour du phénomène de
la corruption afin de cerner ses enjeux multiples et de proposer des réponses
durables à la jeunesse haïtienne pour mieux lutter contre ce fléau. Plusieurs
écoles et universités sont ciblées par cette série de conférences.
§ Lancement de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le recrutement
d’une firme de communication
Une firme de communication, dénommée Wellcom, a été recrutée pour réaliser
une campagne nationale de communication autour de la lutte contre la corruption
grâce à un financement de la Banque Mondiale via le PAGEFIS. Le mois
d’octobre 2023 a été retenu pour lancer cette campagne. Pour cette campagne,
l’accent est mis sur la vulgarisation de la ligne « 5656 » permettant de dénoncer
des cas de corruption de manière anonyme. La déclaration de patrimoine est une
priorité dans le cadre de cette campagne de communication.
§ Appel d’offres pour le recrutement d’une firme pour la reconduction de
l’enquête-diagnostic sur la gouvernance et la corruption en Haïti
Grace à un financement du PNUD, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été
lancé pour la reconduction de l’enquête diagnostique sur la gouvernance et la
corruption en Haïti. Près de trois (3) firmes ont été présélectionnées et un comité
de travail a été formé pour analyser les dossiers d’appels d’offres reçus afin de
recruter une firme pour réaliser l’enquête.
§ Parution de la troisième édition de la « Revue Transparence »
CRFP-GE
50 | P a g e
République d’Haïti
Deux (2) éditions relatives à la revue de l’ULCC dénommée « Transparence »
ont été publié. Un appel à contribution a été lancée par l’ULCC pour recueillir des
textes relatifs à la lutte contre la corruption. Plusieurs textes ont été reçus et un
comité de lecture, de sélection et de corrections a été mis en place. Cette
troisième édition sera lancée au plus tard le 9 décembre prochain, lors de la
célébration de la journée internationale de lutte contre la corruption.
§ Rencontre avec l’Office des Nations Unies Contre la Drogue et le Crime
(ONUDC)
Dans le cadre de l'opérationnalisation du Circuit anti-corruption (CAC), l'ULCC
conjointement avec l'Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime
(ONUDC), a organisé un petit-déjeuner débats autour de l'adaptation de la
législation haïtienne aux évolutions de la criminalité financière prévue par la loi
du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption.
Par cette initiative conjointe dédiée aux acteurs judiciaires, l'ULCC entend
renforcer et actualiser les connaissances des magistrats assis et debout qui
interviennent dans les dossiers de corruption.
§ Célébration de la fête du drapeau
En prélude à la célébration de la fête du drapeau et de l'Université, l'ULCC a tenu
une conférence au profit des étudiants et des professeurs de l'Université
Publique du Nord au Cap-Haïtien autour du thème : "Le rôle de l'Université dans
la lutte contre la corruption".
L'ULCC croit que l'Université peut contribuer substantiellement et durablement à
infléchir cette tendance qui veut normaliser la corruption et ses effets pervers
dans la société.
§ Formation au profit des acteurs judiciaires autour de la prévention, la
détection et la répression de la corruption
En présence de plusieurs personnalités publiques dans le département du Nordest, l'ULCC en partenariat avec le Conseil de l'Ordre des avocats du Barreau de
Fort-Liberté a tenu le jeudi 27 avril 2023 une importante formation au profit des
acteurs judiciaires autour de la prévention, la détection et la répression de la
corruption.
Désormais, les avocats, les magistrats assis et debout, les greffiers, les
huissiers, les notaires et les arpenteurs du Nord-est sont bien mieux outillés pour
prendre part à cette quête permanente de transparence, de bonne gouvernance
et de redevabilité. Les acteurs judiciaires doivent être bien imbus de leur rôle
important dans la lutte contre la corruption. Sur cette base, l'ULCC de concert
avec l'Ordre des avocats du Barreau de Fort-Liberté, a organisé à leur profit le
jeudi 27 avril 2023 une journée de formation dans le domaine de la corruption.
CRFP-GE
51 | P a g e
République d’Haïti
§ Célébration de la journée internationale des droits des femmes
En prélude à la journée internationale des droits des femmes, un important atelier
de formation au profit d'une centaine de femmes journalistes à l'hôtel Montana,
autour du thème "Vers l'implication des femmes dans la lutte contre la corruption
pour une Haïti inclusive". L'ULCC a organisé cette activité visant à former les
femmes journalistes en matière de lutte contre la corruption en partenariat avec
l'association « Solidarité des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) ».
§ Journée de déclaration de patrimoine
La première édition de la journée de déclaration de patrimoine s'est tenue en
présence, entre autres, du Haut État Major des Forces Armées d'Haïti, du Haut
Commandement de la Police Nationale d'Haïti, de la Présidente de la Cour
Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif, des Directeurs
généraux de la DGI, de l'AGD, de l'IGF et de l'ONI.
Une occasion unique qui a permis à des centaines d'agents publics d'effectuer
leur déclaration de patrimoine.
Aussi, comme on peut le remarquer dans certaines activités réalisées, l’ULCC est
activement sollicitée dans des activités préventives dans les écoles et les
universités. Si jadis l’ULCC concentrait ses ressources essentiellement sur les
enquêtes, de nos jours l’accent est également mis sur le volet de l’éducation et de la
prévention tel que prévu par le décret créant l’institution. Pour faire face à cette
réalité, l’ULCC a besoin des moyens logistiques appropriés. Des enquêtes en
perspective n’ont pu être enclenchées faute de ressources humaines et matérielles.
Cette situation s’est aggravée suite au déclassement des véhicules des institutions
de l’Etat ayant plus de huit ans de service. Le parc automobile de l’institution est
passé de 38 à 14 véhicules fonctionnant bon gré mal gré dont 8 à nouveau en phase
de déclassement. Avec ces moyens très limités dont dispose l’ULCC, les résultats
sont au-dessous des efforts consentis et de la volonté manifeste de l’actuelle
Direction Générale et de ses employés.
4.6.- MISSION 6 : SYSTÈME D’INFORMATION POUR LES FINANCES
DE L’ÉTAT
Si l’on se réfère au PAT 2020/22, deux axes ont été priorisés, soit :
§ Gouvernance du Système d’information
§ Gestion des Ressources informationnelles et applications transversales
CRFP-GE
52 | P a g e
République d’Haïti
Le premier met l’accent surtout sur l’actualisation Schéma Directeur (SDI) du MEF et
la mise en place de sa Direction des Systèmes d’Information. Or, le SDI, défini sur
un horizon d’application de cinq (5) années (2013-2019), a prévu tous les grands
projets de rénovation de la fonction informatique du MEF dont celui de la
gouvernance. Ainsi, dans un premier temps cet aspect a été couvert avec
l’opérationnalisation du projet de transformation de son Unité Informatique en une
DSI en 2017.
Cette réalisation majeure fait que le second axe de réforme du PAT 2020/22
apparait au premier plan. Dans la poursuite des projets lancés antérieurement trois
nouvelles lignes d’actions ont été intensifiées :
§ l’informatisation de la fonction budgétaire (recettes et dépenses)
§ l’informatisation des différentes étapes de la gestion des ressources
humaines
§ la transformation numérique de l’administration publique
A) LES AVANCÉES RÉCENTES DANS L’INFORMATISATION DE LA
FONCTION BUDGÉTAIRE
i) La modernisation des infrastructures techniques dans le cadre du SIGFIP
(Système Intégré de Gestion des Finances Publiques)
v État d’avancement
Au cours de l’Année 2022, plusieurs initiatives ont permis de compléter la mise en
place des Infrastructures techniques dans le cadre de la mise en Œuvre du SIGFIP.
Notamment, il a fallu non seulement finaliser la mise en place des environnements
pour l’implantation du SIGFIP , notamment les environnements de Développement,
de test, de Production et de Training, devant permettre la mise en production et le
fonctionnement du Module d’Exécution Budgétaire, mais parallèlement il fallait
compléter les installations du Data Center pour répondre à des exigences de
l’Équipe Freebalance eu égard au mécanisme de Load Balancing pour le
fonctionnement du Système Intégré.
D’autres chantiers ont été lancés tel la mise en place du site de Contingence à
Boutilier au Data Center de la BRH devant notamment faciliter le fonctionnement du
Système de Virtualisation( le VX-RAIL) qui contient l’ensemble des serveurs, afin de
permettre au produit SIGFIP de fonctionner de manière synchronisée au niveau des
deux sites : le site primaire en ville et le site de backup à Boutilier. En outre, il fallait
permettre aux différentes institutions qui ont déjà le système installé de pouvoir y
accéder sans interruption afin d’initier le processus d’exécution des dépenses sur le
SIGFIP.
CRFP-GE
53 | P a g e
République d’Haïti
Il fallait aussi assurer que le SIGFIP puisse interfacer avec d’autres applications du
Système Financier, notamment celles qui prennent en charge les transactions de
collecte de recettes en particulier le RMS de la DGI et le SYDONIA de la Douane. Il
fallait aussi assurer l’Interface du SIGFIP avec le système de Paiement de la BRH.
Sur cette base, des discussions ont été engagées avec les Responsables
Techniques de ces entités afin de statuer sur les infrastructures à mettre en place
pour permettre la réalisation de ces Interfaces. Il s’agit notamment de relancer la
mise en exploitation de la Plateforme UXP, qui prévoit le développement de Web
Services pour interconnecter les bases de données de la DGI, de l’AGD et du MEF.
La DSI du MEF a entrepris non seulement de revoir les installations de l’UXP mais
aussi de prendre les dispositions pour accéder à l’appui technique de la firme
CYBERNETICA de l’Estonie, afin de disposer des dernières mises à jour de la
plateforme et de renouveler le processus de formation des Administrateurs et
utilisateurs de l’UXP.
Finalement, il fallait aussi établir les interactions du SIGFIP avec la mise en œuvre
d’abord du RIFOP (Le Registre d’Identification des Fonctionnaires Publique) ainsi
que le paramétrage des Modules de la Solde et de Pension qui doivent compléter
l’ensemble des modules du Système Intégré. Compte tenu du fait que ces derniers
éléments font partie du Projet de la Banque Interaméricaine de Développement, il
fallait aussi créer une synergie entre les activités techniques déjà réalisées dans le
cadre du Projet de la Banque Mondiale et celle prévue dans le cadre du projet de la
BID.
De ce fait, entre janvier et juin 2023, la DSI a essayé autant que possible de
multiplier les efforts pour mettre en œuvre tout ce qui était initié à la fin de l’année
2022 de sorte que du point de vue Technique, l’implantation du SIGFIP, déjà opéré
dans plus de 17 Ministères et Institutions Publiques, pourrait facilement continuer à
suivre son cours. Cependant, force est de constater, que certaines contraintes
majeures ont considérablement ralenties le processus d’implantation et ont
occasionné des retards considérables dans l’exécution du Contrat avec l’Intégrateur
Freebalancce.
v Perspectives techniques
Des Perspectives pour contourner les contraintes et avancer dans la mise en Œuvre
du SIGFIP ont été envisagées et commencent à porter leur fruit. Il convient de
souligner notamment :
§ La délocalisation du Site de Contingence de Boutilier vers le site de l’AAN
(Autorité Aéroportuaire Nationale) au niveau du Bâtiment logeant l’Aéroport
Internationale de Port-au-Prince. Ce choix permet d’adresser les deux
premières contraintes majeures, la Sécurité puisque l’Aéroport est plus
accessible et hautement sécurisé et deuxièmement le problème d’Energie,
puisque nous pouvons compter sur la disponibilité de l’Energie 24/24 au
CRFP-GE
54 | P a g e
République d’Haïti
niveau du site. Ce qui a donc permis de remettre en fonctionnement le
SIGFIP et de redonner accès à la fois à l’intégrateur pour continuer les
préparatifs pour le paramétrage de la deuxième phase (la phase de
comptabilisation) mais aussi permettre aux institutions qui utilisaient le
SIGFIP de reprendre les transactions sur l’environnement en production.
§ Grace à la livraison du Matériel prévue dans le cadre du projet de la BID,
nous envisageons de reprendre les travaux d’infrastructures pour faire
fonctionner la plateforme UXP. De nouveaux équipements ont été installés et
d’autres sont prévus d’être installes au niveau des institutions ciblées et nous
prévoyons de reprendre les initiatives de tests sur l’environnement de
développements de Webs Services pour alimenter le portail d’échanges de
Données
§ En ce qui a trait au projet de la BID, des avancées sont constatées pour tout
ce qui concerne la mise en œuvre des modules qui doivent compléter le
SIGFIP et assurer l’interface avec le Système Intégré de Gestion des
Ressources Humaines (SIGRH). De ce fait, on prévoit notamment d’appliquer
la Feuille de Route qui a été définie pour la mise en Œuvre du RIFOP et a la
faveur du Protocole d’Accord signé entre l’ONI via le MJSP et le MEF et la
BID vient d’engager une firme Coréenne qui va faire le design du Master Plan
pour le SIGRH et de ce fait permettre d’envisager le paramétrage des
modules de la SOLDE et de PENSION.
§ Des discussions sont prévues avec la Firme Intégrateur Freebalance, afin
d’envisager dans le cadre d’un avenant sur le contrat initial de préparer les
infrastructures techniques pour le paramétrage de la phase de
Comptabilisation. Sur cette base, l’équipe de la DSI doit s’assoir avec l’Équipe
de Freebalance pour définir les exigences techniques devant faciliter ce
paramétrage d’une part et d’autre part de prévoir le cadre technique de
transfert de compétence entre l’équipe de Freebalance et celle de la DSI dans
la perspective d’une prise en charge totale du produit SIGFIP par le Ministère
de l’Économie et des Finances
ii) Les récentes avancées dans la couverture des besoins liés aux fonctions
budgétaire et comptable
v État d’avancement
Sur la base du contrat d’acquisition, d’implantation et de mise en service du SIGFiP,
signé entre l’État Haïtien et la firme FreeBalance le 26 novembre 2019, une
première phase d’activités a été réalisée et a donné ces résultats :
CRFP-GE
55 | P a g e
République d’Haïti
§ Configuration et implantation du module d’exécution budgétaire. Ce module
intègre : l’administration et la gestion des crédits, le catalogue de produits et
les comptes à payer.
§ Déploiement de la phase administrative de la dépense dans les Entités
administratives : à date, le nombre d’entités administratives où le système est
mis en production est de 17.
Toutefois, l’implantation dans les entités administratives est à l’arrêt pour les raisons
suivantes :
§ Montée de l’insécurité et des cas de kidnapping ;
§ Rareté de carburants ;
§ Mouvements de protestation anti-gouvernementale (Pays Lock) ;
§ Non-résolution par la firme Free Balance des bugs rencontrés au cours de
l’implantation du SIGFiP ;
§ Non prise en compte par le système de la fonctionnalité de paiement aux
bénéficiaires multiples pour une transaction donnée ;
§ Compréhension erronée de certaines spécifications fonctionnelles critiques
par la firme FreeBalance notamment les règles de gestion de la journée
complémentaire ;
§ Rapetissement de la disponibilité du SIGFiP en raison du déplacement des
infrastructures de la Rue Oswald Durand vers le site de la Banque de la
République d’Haïti à Boutilliers.
La reprise des activités d’implantation est présentement tributaire uniquement de la
configuration de la fonctionnalité de paiement aux bénéficiaires multiples pour une
transaction donnée dans le système par la firme Free Balance dans la mesure où le
problème relatif à la disponibilité en continu du SIGFiP a été complètement réglé par
la DSI entre juin et juillet 2023. Quant à la configuration de la fonctionnalité de
paiement aux bénéficiaires multiples pour une transaction donnée dans le système
par la firme FreeBalance, celle-ci tarde encore, en dépit de la disponibilité en continu
CRFP-GE
56 | P a g e
République d’Haïti
du SIGFiP, à mettre au point une solution qui devra être testée tant sur le plan
technique que sur le plan fonctionnel.
La Phase II du projet comprend : Acquisition, intégration et mise en service des
modules
« Comptabilité »,
« Immobilisation», « trésorerie »,
« Planification
budgétaire » ainsi que les interfaces avec d’autres systèmes d’information
notamment le RMS et le SYDONIA, et le Datamart. Elle n’a pas toujours démarré.
En effet; Ledit démarrage est tributaire de l’adoption par l’État Haïtien d’un nouveau
plan comptable. Celui-ci a été soumis le 13 juin 2023 au Comité de pilotage du
Projet SIGFiP pour validation. Le plan comptable pourrait être validé le 15 octobre
2023 au plus tard.
v Restructuration et extension du contrat
Les objectifs correspondants à la phase II s’étant révélés vraisemblablement
irréalisables à l’horizon fin juin 2023, une extension du contrat jusqu’à la fin du mois
mars 2023 est envisagée dans le cadre de la restructuration du Projet PAGEFIS. Il
doit pour permettre la mise en œuvre d’une partie de la phase II du contrat initial
(« Comptabilité », « Immobilisations », « trésorerie ») ainsi que les interfaces
avec d’autres systèmes d’information notamment le RMS et le SYDONIA.
v Perspectives pour l’aspect fonctionnel à l’horizon mars 2024
§ Finaliser l’implantation de la phase administrative de la dépense dans toutes
les institutions émargées au budget général (y compris au niveau
géographiquement déconcentré) ;
§ Doter les finances publiques haïtiennes d’un nouveau plan comptable ;
§ Paramétrer le module des immobilisations ;
§ Finaliser le design des moyens de paiement dans SIGFiP ;
§ Paramétrer le module de trésorerie et paiement.
§ Assurer les Interfaces entre le SIGFIP et les Systèmes RMS et SYDONIA
CRFP-GE
57 | P a g e
République d’Haïti
B) L’INFORMATISATION DES DIFFÉRENTES ÉTAPES DE LA
GESTION DES RESSOURCES HUMAINES
Le Projet SIGRH (Système Intégré de Gestion des Ressources Humaines) comporte
une composante de gestion des ressources humaines, sous la responsabilité de
l’OMRH, et une composante 2 incluant la conception et la mise en œuvre du module
de la solde et de la pension et dont la responsabilité revient au MEF. En raison de
certaines caractéristiques dans la conception initiale du projet, des problèmes sont
intervenus entre ses principaux partenaires et il a été bloqué pendant quelque
temps. Son relancement est intervenu récemment et c’est ce qui explique le rôle que
joue actuellement le MEF à travers certaines de ses directions techniques comme :
la Direction de la Solde et la DSI.
Dans le cadre de ce projet, la Direction des Systèmes d’Information bénéficie du
support financier de la BID, à travers le projet HA- L1131, ou à la faveur de la
reformulation du projet opéré en Février 2022, elle pilote tout ce qui a trait aux
infrastructures techniques pouvant faciliter :
§ le déploiement de système important comme
d’Identification des Fonctionnaires Publiques),
le
RIFOP
(Registre
§ la mise en Œuvre des modules de la solde et de la pension et de la GED
(Gestion Electronique de Documents), ainsi que
§ les Interfaces entre le SIGFIP et les Systèmes RMS et SYDONIA
C) TRANSFORMATION DIGITALE DE L’ADMINISTRATION
PUBLIQUE
La DSI est également impliquée dans le processus de migration vers la
Transformation Digitale de l’Administration Publique dans la mesure où elle
contribue à la définition des objectifs globaux du mécanisme avec la BID et contribue
à mettre en place une table sectorielle constituée d’autres partenaires clés impliqués
dans le processus comme l’ONI, l’IHSI, le CONATEL, l’Unité E-Gouvernance de la
Primature etc.
Ce processus permettra d’adresser les problèmes de cyber sécurité, de signature
électronique et d’échange électronique, de connectivité et d’interopérabilité.
D) DIFFICULTÉS GLOBALES CONFRONTÉES PAR LES PROJETS
DU SYSTÈME D’INFORMATION EN FONCTIONNEMENT
CRFP-GE
58 | P a g e
République d’Haïti
Parmi les contraintes majeures à signaler, deux d’entre elles méritent de retenir
beaucoup plus l’attention.
a)La première est liée au phénomène d’insécurité générale que connait notre pays
depuis déjà plusieurs années et qui s’est accentué en 2022 et au cours de la
première moitié de 2023. Cette situation d’insécurité, a quasiment impactée la
réalisation de l’ensemble des activités prévues dans le cadre du volet technique.
Notamment, il convient de souligner
L’impossibilité pour l’équipe technique d’assurer le fonctionnement régulier et
permanent de la version du SIGFIP en production dans les 18 Ministères et
Institutions Publiques à cause des risques énormes de sécurités que connait la zone
de Boutilier, zone qui était devenu quasiment inaccessible. Cela dit, compte tenu du
fait que le site ne pouvait même pas être alimenté en carburant, ceci occasionnait
l’arrêt des Serveurs qui hébergent le SIGFIP et rendait celui-ci indisponible pour
l’exécution des réquisitions des différents Secteurs
Afin de pouvoir assurer le fonctionnement de l’UXP qui est la plateforme d’échange
prévue pour assurer l’interface du SIGFIP avec d’autres applications du Système
Financier, il fallait dépêcher des techniciens sur des sites pour procéder
physiquement à l’installation de système de communication devant permettre
l’interconnexion. Cependant certaines zones étaient quasiment inaccessibles et il a
fallu renoncer à réaliser ces travaux notamment sur le site de la Douane du Port par
exemple et envisager de transférer l’installation dans un autre site.
b)La deuxième contrainte majeure est liée à l’énergie, notamment l’impossibilité de
pouvoir alimenter les Data Center à temps en carburant, ce qui nous force très
souvent à éteindre tous les Serveurs d’Applications et de Bases de Données et qui
occasionnent des problèmes de configuration a la relance, ce qui dérange le
fonctionnement normal de tout le Système.
En ce qui a trait à la synergie entre le projet de la BID et celui de la Banque
Mondiale en rapport à la mise en place du SIGFIP, les deux contraintes soulevées
plus haut, ont empêché notamment de finaliser la livraison et l’installation d’un lot de
matériels importants acquis lors d’un contrat d’acquisition de trois lots de matériels
pour les Infrastructures de Communication, le Système de Virtualisation et la mise
en place de mécanismes pour garantir la Sécurité du Système d’Information des
Finances de l’Etat.
CRFP-GE
59 | P a g e
République d’Haïti
V.- LA PERFORMANCE DES SECTEURS DE RÉFORME ET LES DÉFIS RELEVÉS DURANT
LES SIX PREMIERS MOIS DE 2023
5.1.- COMPARAISON DE LA PERFORMANCE DES SECTEURS DANS LE CONTEXTE DU PAT 2020/22
Mission/
Programme
MISSION 1 :
Programme
11 :
Libellé
MOBILISATION DES
RESSOURCES INTERNES ET
EXTERNES
MOBILISATION DES RECETTES
FISCALES (DGI)
Actions ou activités réalisées récemment
•
•
•
Programme
12 :
Programme
13 :
MOBILISATION DES RECETTES
DOUANIERES (AGD)
RENFORCEMENT DE
L’INSPECTION FISCALE (DIF)
•
•
•
•
•
CRFP-GE
finalisation de l’informatisation de RMS: finalisation de l’action en
cours de réalisation, c’est une action continue
Elaboration d’une première du code de conduite
Un code général des impôts (CGI) et un livre des procédures
fiscales(LPF) sont adoptés par l’Etat Haïtien
Nette augmentation observée au niveau du recouvrement des
recettes douanières an
adoption du code et tarif douanier
mis à jour de SYDONIA et de ses améliorations
Application des dispositions de rationalisation des dépenses
fiscales
Mise en œuvre d’actions de contrôle
60 | P a g e
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
3
4,2
3
4,2
3
4,2
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
Actions ou activités réalisées récemment
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
3
4,2
2
2,8
7
9,8
Hors PAT
MISSION 2 :
Programme
21 :
Programme
22 :
PLANIFICATION –
PROGRAMMATION BUDGETISATION
RENFORCEMENT DES
STATISTIQUES NATIONALES
(IHSI)
RENFORCEMENT DU CADRE DE
PLANIFICATION (MPCE)
§ Projet en cours/Construction des comptes nationaux trimestriels ;
§ Publication trimestrielle de l’indice conjoncturel des activités
économiques (ICAE) ;
§ Publication de l’Indice des prix à la consommation (IPC).
§
§
Programme
23 :
MODERNISATION DU SOUSSYSTÈME NATIONAL DE
GESTION DE L’INVESTISSEMENT
PUBLIC(SNGIP)
§
§
CRFP-GE
Révision du PSDH : Des activités pour la révision du PSDH
programmées dans le PAPS 23-25 et des ressources financières
prévues dans le PIP 23-24. En plus de cela, la révision du PSDH est
inscrite dans la note de cadrage de l’exercice 2023-2024, qui est
publiée par le gouvernement sur le site de la DGB le 2 aout 2023.
Vulgarisation de la feuille de route des ODD et de son plan
d’actions en vue d’une meilleure appropriation par les secteurs.
Définition d’un plan de sensibilisation et de conscientisation
concernant le respect de la soumission de la documentation
adéquate (document définitif de projet, FIOP, etc.) pour
l’intégration des projets dans le PIP à l’intention des décideurs
politiques (parlementaires, ministres et directeurs généraux) :
Organisation de deux ateliers de sensibilisation sur la gestion de
l’investissement public à l’intention des UEP.
61 | P a g e
République d’Haïti
Mission/
Programme
CRFP-GE
Libellé
Actions ou activités réalisées récemment
NAR
§
Signature d'un protocole avec le CNIGS pour le développement du
module de cartographie de projets incluant la base de données
pour la formulation des projets. Transfert de fonds vers CNIGS
pour le développement du module est déjà effectif.
§
Définition et Validation en interne d’un modèle organisationnel de
base en partant du modèle du MPCE et des expériences
sectorielles d’intérêt : Cette activité est en cours de réalisation au
sein du MPCE à travers la Commission de Réforme du Système
National de Planification et de Gestion de Développement
(SNPGD) au MPCE
§
Élaboration d’un manuel d'organisation pour les UEP : Cette
activité est en cours de réalisation au sein du MPCE à travers la
Commission de Réforme du Système National de Planification et
de Gestion de Développement (SNPGD) au MPCE
§
Appui aux UEP dans l’élaboration des stratégies sectorielles, des
PTI sectoriels et des PIP : Les PIP sont réalisés en absence du PTI,
mais s'alignent sur les chantiers de refondation, les programmes et
sous-programmes du PSDH
§
Renforcement des Unités d’Études et de Programmation (UEP) au
sein des ministères sectoriels : le MPCE réalise des échanges
réguliers avec les UEP, à travers l’organisation des ateliers de
formation, des conférences-débats sur l'investissement public, et
des réunions de travail périodiques, ...).
62 | P a g e
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
République d’Haïti
Mission/
Programme
Programme
24 :
CRFP-GE
Libellé
RÉVISION DU CADRE DE SUIVIEVALUATION DE
L'INVESTISSEMENT PUBLIC
Actions ou activités réalisées récemment
§
Renforcement du cadre de suivi-évaluation : Mise en place d'une
Cellule de réflexion relation à la prise en compte de l’évaluation de
la performance des politiques publiques; Élaboration des TDR;
Dotation en ressources humaines. Cette activité a été réalisée
partiellement.
§
Note interne de la Direction Générale aux Directions
Départementales pour la création au sein des DD d’un "Service de
suivi/évaluation de projets" et de la performance des politiques
publiques: Lettre d'envoi aux Direction Départementales pour une
prise de contact et partage de documents ; Des réflexions sont en
cours sur cette question avec les Directions Départementales;
§
Développement de nouveaux outils (fiche de collecte, tableau de
bord, canevas d'élaboration de rapports périodiques, etc.) pour les
gestionnaires de projets (directeurs de projets) : Un nouveau
modèle pour la préparation des rapports trimestriels et de bilan
annuel d’exécution des projets du PIP a été développé ;
§
Formation de cadres sur les thématiques liées au S/E (formation
continue, ateliers de travail, stage d'immersion, …) : le
renforcement des capacités des directeurs de projets a été réalisé
partiellement.
63 | P a g e
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
6
8,4
République d’Haïti
Mission/
Programme
Programme
25 :
Programme
26 :
Programme
27 :
Libellé
CADRAGE
MACROECONOMIQUE
(MEF/DEEP)
PROMOTION ÉCONOMIQUE ET
DEVELOPPEMENT DU SECTEUR
PRIVE (DPE-MEF)
PROGRAMMATION ET
BUDGETISATION (DGB-MEF)
Actions ou activités réalisées récemment
§
Renforcement des capacités des techniciens des Directions
Départementales : le renforcement des capacités des directeurs
de projets a été réalisé partiellement.
§
Numérisation et sécurisation des archives relatives aux dossiers
des projets du PIP : Cette activité a été réalisée partiellement avec
des ressources locales.
Construction d’une base de données économique, financière et sociale
avec l’appui de la firme Eptisa de l’Union Européenne avec les tâches
suivantes déjà réalisées : Rapport de démarrage validé, Production d’une
note conceptuelle, Conception de l’architecture de la base et collectes de
données.
1
1,4
N/A
§
§
CRFP-GE
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
N/A
Préparation de la lettre de cadrage du projet de budget 2023-2024
intégrant des outils de la pluri- annualité comme le CBMT
Poursuite de la départementalisation des postes de contrôles
budgétaires (en cours au niveau du département du Centre) /
(activité déjà réalisée au mois de juin 2023 pour le poste :
acquisition du local et recrutement effectif d’un contrôle
financier). L’installation du poste est prévue pour le mois de
d’octobre 2023 ;
64 | P a g e
5
7
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
Actions ou activités réalisées récemment
§
§
Hors PAT
MISSION 3 :
CRFP-GE
3
4,2
Élaboration de rapports d’exécution budgétaire : Publication sur le
site de la DGB d’un rapport sur l’exécution du budget 2022-2023
pour les 9 premiers mois du budget de ce même exercice. Ce
rapport a été également transmis à la CSCCA conformément aux
articles 85/86 de la LEELF. Hors de ce rapport plus détaillé sur
l’analyse de l’exécution du budget en cours, sur une base
mensuelle des tableaux sur l’exécution du budget sont mis à la
disposition du public sur les sites du MEF et de la DGB;
Organisation les 13 et 14 juin à l’hôtel Marriott d’un Colloque
autour des enjeux de la réforme budgétaire actuelle;
§
Publication sur le site de la DGB du document sur l’état des lieux
de la Réforme budgétaire en Haïti en date du 10 mai 2023.
§
Préparation du Plan d’Actions Prioritaires Stratégique (PAPS) 20232025 du MPCE ;
Projet d’arrêté de révision de la loi organique du MPCE ;
Publication sur le site la DGB du processus d’Ordonnancement du
Payroll Régulier des Fonctionnaires en date du 5 mai 2023;
§
§
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
TRESORERIE ET COMPTABILITE
PUBLIQUE
65 | P a g e
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
Programme
31 :
LE COMPTE UNIQUE DU
TRESOR (DGTCP)
Actions ou activités réalisées récemment
•
•
•
Programme
32 :
GESTION DE LA TRESORERIE ET
DE LA DETTE PUBLIQUE
(DGTCP)
•
•
•
Programme
33 :
MISE EN PLACE D’UNE
COMPTABILITE PUBLIQUE EN
DROITS CONSTATES
Réalisation d’un état des lieux du CUT et intégration de certains
comptes spéciaux
Production du dispositif de gestion des comptes spéciaux
Rédaction d’un nouveau plan comptable
Le programme d’élargissement des Bons du Trésor a suivi son
cours par le renforcement du cadre légal, l’exécution de la
campagne de sensibilisation et l’implémentation du Système de
gestion des Titres
Le rapport de démarrage des experts de la Mission MCT22 devait
conduire à la rédaction du cahier de charges pour la mise en place
d’un système intégré de gestion des ressources, de la Trésorerie
de la dette publique a été validé en attendant le retour du rapport
de diagnostic suite aux commentaires de la DGTCP
La Direction de la Trésorerie et de la Dette a procédé à la
production et à la publication du bulletin statistique de la dette
publique
N/A
CRFP-GE
3
4,2
3
4,2
N/A
Hors PAT
MISSION 4 :
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
FINANCES LOCALES (MICT)
66 | P a g e
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
Programme
41 :
DIRECTION DES COLLECTIVITES
TERRITORIALES (MICT)
Actions ou activités réalisées récemment
•
•
•
•
•
Amélioration du recouvrement des ressources financières
Élargissement de l’assiette
Sécurisation des ressources des CT
Action de formation en normalisation comptable
Finalisation du Développement de l’application de gestion du
poste.
•
Actualisation du Guide Budgétaire Municipal
•
Publication tous les mois, depuis janvier 2022, des marchés publics
passés y compris les informations sur les bénéficiaires effectifs des
soumissionnaires retenus.
Mission d’Audit des marchés publics passes par l’Office Nationale
d’Assurance-Vieillesse (ONA) et la Police Nationale d’Haïti (PNH)
pour les exercices 2018-2019, 2019-2020 et 2020-2021.
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
6
8,4
2
2,8
Hors PAT
MISSION 5 :
Programme
51 :
CONTROLE BUDGETAIRE
EXTERNE, TRANSPARENCE ET
LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION
MARCHES PUBLICS (CNMP)
•
Programme
52 :
CRFP-GE
VERIFICATION EXTERNE
(CSCCA)
•
Engagement d’un Expert international en charge de l’élaboration
d’un guide méthodologique pour l’émission des avis motivés sur
les projets de lois de finances au bénéfice de la Cour Supérieure
des Comptes et du Contentieux Administratif.
67 | P a g e
République d’Haïti
Mission/
Programme
Programme
53 :
Libellé
LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION (ULCC)
Actions ou activités réalisées récemment
Acquisition d’un Logiciel d’Audit pour le renforcement des
Secteurs de la Chambre financière.
•
•
Série de conférences sur les effets néfastes de la corruption
Formation au profit des acteurs judiciaires autour de la prévention,
la détection et la répression de la corruption
§
§
§
Journée de déclaration de patrimoine
Célébration de la journée internationale des droits des femmes
Rencontre avec l’Office des Nations Unies Contre la Drogue et le
Crime (ONUDC)
Appel d’offres pour le recrutement d’une firme pour la
reconduction de l’enquête diagnostique sur la gouvernance et la
corruption en Haïti
Lancement de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour le
recrutement d’une firme de communication
Création d’une Cellule de Veille des Retenues à la Source et des
Taxes collectées pour le Compte de l’État
Création d’une Cellule de Suivi et d’Analyse des Budgets et États
Financiers des Organismes Autonomes
Mission d’Enquête à l’Ambassade d’Haïti à Washington, menée
conjointement avec le Ministère des Affaires Étrangères (MAE) et
le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) –
Avril 2023 ;
Mission d’Enquête à la Direction de l’Inspection Fiscale – Juin
2023 ;
Mission d’Accompagnement du Programme Multisectoriel pour
l’Apaisement et la Réinsertion Sociale des Groupes Vulnérables
§
Programme
54 :
AUDIT ET CONTROLE INTERNE
(IGF)
•
•
•
•
•
CRFP-GE
7
9,8
NAR
•
§
2
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
2,8
68 | P a g e
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
Actions ou activités réalisées récemment
exécuté par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST)
en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale et de la
Formation Professionnelle (MENFP), le Ministère de Travaux
Publics, Transports et Communication (MTPTC), le Ministère de
l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural (MARNDR), le Ministère de l’Environnement (MDE), le
Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et le Fonds
d’Assistance Économique et Social (FAES) – Mai 2023 à date ;
Hors PAT
§
•
•
MISSION 6 :
SYSTEME D’INFORMATION
POUR LES FINANCES DE L’ETAT
Programme
61 :
GOUVERNANCE DU SYSTEME
D’INFORMATION
Programme
62 :
GESTION DES RESSOURCES
INFORMATIONNELLES ET
APPLICATIONS TRANSVERSALES
CRFP-GE
•
•
Réalisation d’une formation intensive sur les finances publiques au
profit des cadres permanent appuyant les deux commissions
économiques et des finances du Parlement Haitien.
Réalisation d’une formation continue sur les Finances publiques à
l’ENAF profit des cadres permanent appuyant les deux
commissions économiques et des finances du Parlement Haitien.
Adoption par la Direction Générale du Budget d’un plan d’action
pour le budget citoyen haitien à partir de l’exercice fiscal 20242025.
Finalisation de la mise en place des environnements pour
l’implantation du SIGFIP
Mise en place du site de Contingence à Boutilier au Data Center de
69 | P a g e
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
5
7
3
4,2
République d’Haïti
Mission/
Programme
Libellé
(DSI)
Actions ou activités réalisées récemment
•
•
•
NAR
Poids relatif de
chaque groupe
d’actions/activité
s par rapport au
total (71)
(%)
5
7
la BRH
Rendre le système accessible continuellement pour les entités
bénéficiaires
Relancement de la Plateforme UXP pour assurer les différents
interfaçages nécessaires
Établissement des interactions du SIGFIP avec le RIFOP et les
Modules de la Solde et de la Pension
Hors PAT
TOTAL DES
ACTIONS
RÉCENTES
CRFP-GE
71
70 | P a g e
République d’Haïti
VI.- CONCLUSION GÉNÉRALE
Au cours de la période de janvier 2023 à Juin 2023, Haïti est resté confrontée à
un contexte d’instabilité politique, sociale et de dégradation de la situation
sécuritaire qui impacte fortement et négativement les développements
macroéconomiques et financiers du pays ainsi que le processus de réforme
des finances publiques. En outre, ce contexte négatif inhibe les efforts
constamment déployés par les autorités nationales, avec l’appui des
partenaires techniques et financiers.
Cependant, si l’on considère les tendances économiques conjoncturelles on
note deux points positifs, soit :
§ la présence de facteurs de résilience se manifestant sous trois
formes principales : l’effort de performance des Administrations
fiscales (même si en termes de pression fiscale on est très loin
des moyennes caribéennes ou latino-américaines : 23%); l’effort
de contrôle des dépenses publiques; la prudence de la politique
monétaire.
§ La volonté de stabiliser et de conduire une politique plus
transparente et efficace malgré que les signaux sur le plan
international ne soient pas toujours encourageants.
Pour ce qui concerne l’évolution de la RFP, elle a été fortement affectée par la
déstabilisation de l’Administration Publique dont le fonctionnement a été
perturbé par ces trois facteurs majeurs : les arrêts répétés dus aux assauts
d’insécurité; les départs continus de ses cadres pour l’extérieur et la difficulté
de mobiliser le financement nécessaire. C’est pourquoi comme l’évaluation du
PAT 2020/22 l’a montré : dans la plupart des programmes des six missions
considérées beaucoup d’actions n’ont pas pu être mises en œuvre.
Pourtant, à ce niveau également, on peut parler de l’existence de facteurs de
résilience. C’est pourquoi des situations de performance ont été rapportées
dans six(6) des sept(7) Missions. Ceci montre que la clef du succès, aussi
relatif qu’il soit, est la disponibilité de ressources humaines compétentes,
dynamiques et déterminées. D’où, l’insistance des Administrations haïtiennes à
demander que soient mis en place des mécanismes d’incitation comme :
§
§
§
La formation continue,
Les stages d'immersion,
les primes de compensation, etc.
Leur rôle premier sera surtout de booster la productivité et l’efficacité des
cadres de l'administration publique afin d’obtenir de meilleurs résultats dans la
mise en œuvre des actions de réforme. Il faut ajouter que cela exige par
ailleurs la participation de tous : les orientations de la hiérarchie, la proactivité
CRFP-GE
71 | P a g e
République d’Haïti
des structures d’animation de la réforme, l’implication des structures de mise
en œuvre et l’appui des partenaires techniques et financiers. C’est à cette
condition qu’Haïti pourra avoir un système de gestion des finances publiques
performant, ayant une incidence positive sur les actions de développement.
CRFP-GE
72 | P a g e
République d’Haïti
VII.- ANNEXE
Annexe 1 : Plan d’action du budget citoyen
ÉTAP
E
1
ACTION
Identification du contenu du Budget citoyen et
échanges avec les acteurs clés de la Société Civile
en vue d’une prise en compte de leurs avis et
commentaires.
Rencontre avec le MEF et le MPCE sur le Budget
Citoyen.
2
PÉRIODE
Août et Septembre
2023
Août 2023
3
Formation des acteurs (DGB, COCIP, CRFP-GE)
sur le processus de l’élaboration d’un budget
citoyen
Octobre Décembre 2023
4
Voyage d’immersion au Maroc (Partage
d’expériences avec le gouvernement et la société
civile Marocaine)
Janvier-Février
2024
5
Élaboration d’un guide de préparation du budget
citoyen.
Mars - Mai 2024
CRFP-GE
STRUCTURE
RESPONSABL
E
COMMENTAIRES
L’idée est d’impliquer les citoyens sur les
DGB/CRFP/OSC questions budgétaires et de recueillir leurs
s
critiques et leurs besoins d’informations.
L’objectif est de sensibiliser le MPCE sur
DGB/CRFP/OSC l’importance de l’initiative d’élaborer un
s
budget citoyen et de les impliquer dans le
processus.
DGB/COCIP/CR Les acteurs clés seront formés sur la
FP-GE
définition, , les principes et le contenu ainsi
que les étapes pour la mise en place d’un
BC .
DGB/CRFP-GE Ces échanges permettront à l’équipe de
cerner les enjeux et de déterminer la
meilleure approche à adopter dans le cas
Haïtien
Élaboration des grandes lignes devant
DGB/CRFP/OSC guider la rédaction du Budget citoyen. Ce
s
document comprendra : les étapes et
périodes, les principes, les procédures et le
73 | P a g e
République d’Haïti
ÉTAP
E
ACTION
PÉRIODE
6
Recrutement d’un infographiste.
7
Ateliers de présentation du guide de Budget
Citoyen aux organisations de la société civile
Juin 2024
Élaboration d’une stratégie de diffusion du
document de Budget Citoyen.
Juin-Juillet 2024
8
9
Mai & Juin 2024
Rédaction du Budget citoyen 2024-2025.
Juin – Août 2024
10
11
12
CRFP-GE
Ateliers de présentation du Budget Citoyen aux
organisations de la société civile (Syndicats,
organisations de droits humains, ….).
Diffusion du Budget Citoyen.
Évaluation du contenu et du processus
d’élaboration du budget citoyen.
Octobre 2024
Octobre &
Novembre 2024
Mars 2025
STRUCTURE
RESPONSABL
E
COMMENTAIRES
contenu.
DGB/CRFP
L’infographiste concevra le canevas du
document du Budget Citoyen (format
ordinaire et dépliant). Il conçoit également
les graphiques et images pour rendre les
documents plus accessibles aux citoyens
lambda.
Présentation et explications du contenu du
DGB/CRFP/OSC guide aux OSCs.
s
Cette étape permettra d’identifier le
DGB/CRFP/OSC meilleur canal de diffusion capable de
s
toucher le plus grand nombre de citoyens.
Élaboration d’un document dépouillé de
DGB
tous ses aspects techniques afin de faciliter
sa compréhension par un plus grand
nombre de citoyens.
DGB/CRFP/OSC Explication du contenu du document aux
s
organisations de la société civile
DGB/CRFP/OSC Diffusion du BC dans les langues
s
officielles du pays et sur plusieurs formats ;
synthétique (dépliant) et ordinaire
(81/2X11).
DGB/CRFP/OSC L’objectif est d’apporter les améliorations
s
nécessaires au processus et au contenu.
74 | P a g e
République d’Haïti
CRFP-GE
75 | P a g e