Étude environnementale et plan stratégique d'aménagement pour la sauvegarde du patrimoine des chutes de Saut d'Eau
Resume — Étude environnementale et plan stratégique d'aménagement commandés par le MARNDR pour la sauvegarde des chutes de Saut d'Eau, dans le département du Centre, préparés par le consultant Vilaire M. Guerrier et remis comme rapport final en novembre 2013.
Description Complete
Ce rapport final a été préparé pour le Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural par le consultant Vilaire M. Guerrier et daté de novembre 2013. Il associe une étude environnementale des chutes de Saut d'Eau - l'un des sites de patrimoine naturel et religieux les plus connus d'Haïti, dans la commune de Saut-d'Eau au département du Centre - à un plan stratégique d'aménagement pour sa sauvegarde. Le document est le pendant local des études de bassins versants et environnementales plus larges commandées par le MARNDR à la même période, et c'est le premier document du corpus consacré au patrimoine naturel de cette commune.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
Ministère de l’Agriculture, des Ressources
Naturelles, et du Développement Rural
Rapport final
Novembre 2013
ETUDE ENVIRONNEMENTALE ET PLAN STRATEGIQUE
D’AMENAGEMENT POUR LA SAUVEGARDE DU PATRIMOINE DES
CHUTES DE SAUT D’EAU
Vilaire M. GUERRIER
Consultant
ETUDE ENVIRONNEMENTALE ET PLAN STRATEGIQUE D’AMENAGEMENT
POUR LA SAUVEGARDE DU PATRIMOINE DES CHUTES DE SAUT D’EAU
Vilaire M. GUERRIER
Consultant
Novembre 2013
2 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
TABLE DES MATIERES
REMERCIEMENTS ............................................................................................................... 7
LISTE DES SIGLES ET DES ABRÉVIATIONS .................................................................... 8
LISTE DES FIGURES ET DES TABLEAUX ......................................................................... 9
RESUME EXECUTIF DE L’ÉTUDE .................................................................................... 10
CHAPITRE I. CADRE DE L’ETUDE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE ..................... 12
1.1
MISE EN CONTEXTE .............................................................................................. 12
1.2 JUSTIFICATION DE L’ETUDE ..................................................................................... 13
1.3
APPROCHE METHODOLOGIQUE.......................................................................... 15
1.3.1
Revue documentaire ......................................................................................... 15
1.3.2
Travaux de terrain ............................................................................................. 16
1.3.2.1 Visite guidée de la zone d’étude .................................................................... 16
1.3.2.2 Collecte de données et prise de mesures ...................................................... 17
1.3.3 Analyse de données et rapport ............................................................................. 20
CHAPITRE II. DIAGNOSTIC TERRITORIAL DE LA CHUTE DE SAUT D’EAU ................. 22
2.1
Présentation biophysique de l’aire d’étude ............................................................ 22
2.1.1
La géomorphologie ........................................................................................ 22
3 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
2.1.2 La pédologie ....................................................................................................... 24
2.1.3 Climat et précipitations ........................................................................................ 25
2.1.4 Ressources en eau ............................................................................................. 25
2.1.5 Principaux sites écotouristiques et culturels ........................................................ 28
2.1.6 Systèmes de culture et occupation des sols ........................................................ 28
2.1.7 Démographie - Système foncier et habitats ......................................................... 29
Causes principales de diminution du débit des chutes de Saut d’Eau ................... 31
2.2
2.2.1
La faible couverture arborée associée à des risques élevés d’érosion ........... 31
2.2.2 Un bilan hydrologique déficitaire ......................................................................... 34
2.3 Autres problèmes environnementaux......................................................................... 36
2.3.1 Contamination bactériologique de l’eau ............................................................... 36
2.3.2 La destruction par le feu des arbres adjacents aux cascades............................ 38
2.3.3 La dissémination des déchets et autres menaces .............................................. 39
2.3.4
Le compactage excessif du sol par piétinement ............................................. 40
CHAPITRE III. PLAN D’AMENAGEMENT, DE VALORISATION ET DE GESTION ........... 41
3.1
Zonage du territoire de la chute ............................................................................ 45
A.
Secteur I : Zone de mise en défens ..................................................................... 47
B.
Secteur II : Zone à utilisation contrôlée ................................................................. 47
4 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
C.
Secteur III : Plateau agricole ................................................................................. 48
D.
Secteur IV : Zone à risque de glissement de terrain ............................................. 49
Secteur V : Zone récréative.......................................................................................... 50
3.2 Plan de valorisation et de gestion .............................................................................. 51
CONCLUSION .................................................................................................................... 59
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ............................................................................... 61
ANNEXES........................................................................................................................... 64
Annexe 1 : Synopsis de l’étude foncière .......................................................................... 64
Annexe 2 : Relevé des débits au niveau de la source Ara 1 et du cours d’eau ................ 68
Annexe 3 : Les espèces inventoriées dans l'aire de la chute et leur fréquence relative ... 69
Annexe 4 : Résultats des analyses de laboratoire ........................................................... 70
Annexe 5. Protocole d’accord entre le MDE, la Mairie de Saut d’Eau et les représentants
des familles propriétaires de foncier au niveau du morne Ara. ......................................... 75
Annexe 6. Liste des personnes présentes à la rencontre du 31 aout 2013 (école nationale
de Haut Saut d’Eau) ........................................................................................................ 79
5 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
6 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
REMERCIEMENTS
L’étude environnementale des chutes de Saut d’Eau est une initiative du Ministère de l’Agriculture
des Ressources Naturelles et du Développement Rural, pilotée par le Bureau du Secrétaire d’Etat à la
Relance Agricole. Elle a bénéficié d’un financement de la Coopération Suisse en Haïti. Les travaux
de terrain ont bénéficié de l’appui de certains leaders de la communauté de Haut Saut d’Eau qui ont
volontairement et de manière désintéressée, prêté leurs services à l’équipe consultante.
Nous voulons adresser nos remerciements spéciaux à Rony Pascal SAINT-VICTOR et à Guillaume
H. LOUISSAINT, pour leur appui à la réalisation de l’enquête foncière, et leur accompagnement tout
au long de l’étude.
Nos remerciements vont également à l’endroit de tous ceux et celles qui ont participé aux échanges
fructueux sur les systèmes de cultures et la problématique environnementale lors de l’atelier focus
group organisé le 31 aout 2013, sans oublier Wilner F, ELUSCA et Jonas LOUISIA, respectivement
CASEC et ASEC de la 2ère section La Selle qui se sont engagés publiquement à la restauration du
milieu.
.
7 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
LISTE DES SIGLES ET DES ABRÉVIATIONS
CASEC
: Conseil d’Administration des Sections Communales
CNE
: Centre National des Equipements
ETP
: Evapotranspiration Potentielle
ETR
: Evapotranspiration Réelle
GPS
: Global Positionning System
Ha
: Hectare
LVCQAT
: Laboratoire Vétérinaire et de Contrôle de Qualité des Aliments de Tamarinier
MARNDR
: Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MAST
: Ministère des Affaires Sociales et du Travail
MC
: Ministère de la Culture
MDE
: Ministère de l’Environnement
MDT
: Ministère du Tourisme
MICT
: Ministère de l’Intérieur des Collectivités Territoriales
ONEV
: Observatoire National de l’Environnement et de la Vulnérabilité
PADF
: Pan American Development Foundation
PNUD
: Programme des Nations Unies pour le Développement
SAU
: Surface Agricole Utile
TM
: Tonne Métrique
8 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
LISTE DES FIGURES ET DES TABLEAUX
Figure 1. Topographie de l'aire d'étude ................................................................................................ 23
Figure 2. Luvisol brun (prélevé dans la zone agricole du bassin topographique) ................................. 25
Figure 3. Carte hydrogéologique du département du centre ................................................................ 27
Figure 4. Répartition du foncier dans l'aire de l'étude ........................................................................... 30
Figure 5. Risques d'érosion au niveau du bassin topographique des chutes de Saut d'Eau................... 32
Figure 7. Sol à moins de 8 cm (Morne Ara)
Figure 6. Formation de calcrête .......................... 33
Figure 8. Points de résurgence de source (utilisée pour la boisson)...................................................... 37
Figure 10. Tronc d'arbre brulé lors des rituels mystiques ..................................................................... 38
Figure 9. Dissémination des déchets dans le périmètre de la chute ...................................................... 39
Figure 11. Profil de sol compacté ........................................................................................................ 40
Figure 12. Schéma d'aménagement du bassin topographique de la chute de Saut d'Eau ..................... 46
9 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
RESUME EXECUTIF DE L’ÉTUDE
Les chutes de Saut d’Eau sont nées de la convergence des sources Ara 1 et Ara 2, dont une partie est
utilisée pour l’irrigation d’une dizaine d’hectares de terre. Ces sources accusent des débits
relativement faibles en comparaison de ceux observés au niveau des autres sources, notamment
Manuel, Saint Phard et la source Pain qui est utilisée pour l’alimentation en eau potable de la ville de
Saut d’Eau. Cette diminution significative de débit observée depuis une dizaine d’années occasionne
une réduction du jaillissement des chutes. Les causes jusque là inventoriées sont complexes et
multifactorielles. D’une part, la coupe anarchique des arbres qui s’est poursuivie jusqu’au début des
années 20121, a occasionné une augmentation du processus de ruissellement aux dépens de
l’infiltration. Or, l’émergence des sources est essentiellement favorisée par l’emmagasinement des
eaux infiltrées dans le matériau géologique où prédominent le calcaire et les marnes.
Plusieurs formes d’utilisation de la ressource en eau sont identifiées : consommation domestique,
loisir et irrigation. D’où un conflit d’usage susceptible d’avoir des conséquences sur la vitesse
d’écoulement et le débit de pointe. Les études bactériologiques ont révélé par ailleurs, une
contamination d’origine fécale importante du cours d’eau.
Dans le but d’améliorer le débit de la chute de Saut d’Eau, et dans la perspective de valorisation du
potentiel du bassin paysager, du point de vue économique, environnemental, social et culturel, un plan
d’aménagement et de gestion durable bassin topographique a été conçu. La délimitation de ce dernier
fait état de 4.349 km2 ou 434.9 ha, découpés en 5 grandes zones ou secteurs définis suivant des
critères fonctionnels et des objectifs stratégiques. Il s’agit de :
Secteur I. Zone de mise en défens, touchant 143 ha
Secteur II. Zone à utilisation contrôlée, couvrant 149 ha ;
Secteur III. Plateau agricole, couvrant 76.9 ha
Secteur IV. Zone à risque de glissement de terrain, délimitée sur 6.2 ha
Secteur V. Zone récréative établie sur une superficie totale de 59.82 ha subdivisée en une aire
de baignade et une aire de plaisance adjacente et 2 lots boisés. Le plan d’aménagement et de
1
Une certaine diminution des activités de coupe d’arbres est observée depuis 2012 en raison des interventions initiées par le
MDE
10 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
gestion est construit sur environ 9 enjeux fondamentaux, matérialisés aux travers de 22
dispositions diverses et variées. Celles-ci touchent :
La gouvernance et la responsabilisation environnementale ;
Les règlementations ;
Initiatives de gestion du bassin topographique
La mise en place de programmes incitatifs de promotion économique ;
L’éducation et l’apprentissage social local ;
La mise en œuvre d’activités préventives spécifiques.
Ce plan est un outil d’aide à la décision qui impliquera tous les acteurs de la société civile, en
particulier les autorités locales qui bénéficieront d’un paysage rénové et d’un territoire plus
accueillant, susceptible de favoriser le développement du tourisme dans la zone. Le financement
d’une bonne partie des travaux (le système de contractualisation territoriale, l’aménagement de la
zone récréative) pourra être assuré par les fonds communaux (à concurrence de 25%), les recettes
générées par les activités touristiques, les Projets d’Investissement Publics et les initiatives privées.
11 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
CHAPITRE I. CADRE DE L’ETUDE ET APPROCHE METHODOLOGIQUE
1.1
MISE EN CONTEXTE
L’année 2013 est décrétée par le gouvernement «Année de l’Agriculture et de l’Environnement».
Cette décision traduit les préoccupations des autorités par rapport à la grande vulnérabilité des
écosystèmes qui nous entraine dans le cercle vicieux de l’urgence. En fait, parmi tous les pays
insulaires en développement, Haïti est celui ayant le plus haut indice de vulnérabilité aux cyclones.
D’autre part, selon l’indice de vulnérabilité aux changements climatiques, le pays est classé au 7e rang,
équivalent à la catégorie de « risque extrême » (PNUD, 2004). La dégradation des bassins versants est
la cause principale des risques majeurs auxquels sont confrontées périodiquement les communautés
rurales et urbaines. Le cycle de l’eau est complètement perturbé : l’infiltration est minimale, le
ruissellement maximal.
Cette dégradation touche plus de 95% des principaux bassins versants du pays. Sur un total de 30
unités hydrographiques, 25 sont fortement dégradés. La commune de Saut d’Eau avec les ¾ de son
territoire constitués de pente supérieure à 30%, connait ce phénomène de dégradation visible sur le
dénudement de ses mornes et le faible débit de ses cours d’eau. Le Ministère de l’Environnement y
accorde une grande importance au point de projeter d’ici à 2015 la plantation de 700 milles à un
million d’arbres. Déjà en 2007, d’importants aménagements ont été réalisés par le MDE au niveau de
la chute de Saut d’Eau, qui prévoyait entre autres, l’établissement d’un bosquet d’un demi-millier
d’arbres.
Par ailleurs, dans le cadre de la promotion du tourisme comme axe majeur de croissance économique,
le Ministère du Tourisme (MDT) présente la chute2 de Saut d’Eau comme un des centres d’intérêt
pour la région touristique de la Cote des Arcadins. Des travaux d’aménagements y ont été effectués au
cours de l’été 2012, afin d’améliorer le cadre d’accueil de ce site, le plus fréquenté de tout le pays,
avec plus de 20000 visiteurs/an3.
2
Elle est encore appelée « cascade sacrée de Saut d’Eau »
3
Le chiffre de 20000 visiteurs est cité dans un article paru sur Haïti Libre, le 14 mars 2013 « HaitiEnvironnement : Les chutes de Saut d’Eau menacées d’assèchement » (http://www.haitilibre.com/article-8102haiti-environnement-les-chutes-de-saut-d-eau-menacees-d-assechement.html),
L’article publié sur le site de la MINUSTAH, relatif aux dégradations du site de Saut d’eau, fait état de 200000
visiteurs (http://www.minustah.org/saut-deau-un-haut-lieu-de-pelerinage-en-haiti/)
12 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Lieu de pèlerinage par excellence, la commune de Saut d’Eau (Ville Bonheur) comporte plusieurs
sites majeurs : « Saint-Jean », avec ses eaux « guérisseuses », ses rochers et ses arbres séculaires ; des
Chutes géantes aux lieux dits mystiques, avec leurs eaux en cascade arc-en-ciel et leurs arbres
séculaires; les sites de « l’Immaculée », de « Calvaire » et de Palmes.
Ces sites représentent un patrimoine remarquable pour le pays et sont dotés de différentes valeurs :
Valeur culturelle. Ils reçoivent des pèlerins d’horizons divers, de toutes couches sociales et religions
confondues. Ils sont également le symbole de notre identité et de nos croyances cultuelles
(syncrétisme religieux, vertus guérisseuses des chutes, pratiques naturalistes et folkloriques)4
Valeur touristique. Ils disposent d’une verdure remarquable avec des arbres séculaires, des vues
panoramiques pittoresques, susceptibles d’attirer en plus des pèlerins, des milliers d’autres visiteurs.
Valeur économique. Suivant les estimations5, la circulation monétaire est de l’ordre de 50 millions de
gourdes durant les 4 grandes périodes de pèlerinages de l’année (Pâques, de la fête de Mont-Carmel,
le 16 juillet, de « Petit juillet » célébré le premier dimanche d’août et de la célébration de « NotreDame de la Merci », en septembre).
Valeur écologique. Le plateau de saut d’eau constitue une importante réserve d’eau pour alimenter la
population de la ville. Source de biodiversité, la zone contient diverses espèces caractéristiques des
microsystèmes de montagnes et de foret. La disponibilité de l’eau confère également à la zone
d’importantes opportunités agricoles.
1.2 JUSTIFICATION DE L’ETUDE
Depuis quelques années, il est observé une réduction importante du débit des chutes, particulièrement
pendant la période d’étiage qui s’étend de décembre à mars. Or, les données disponibles découlant des
4
La chute sacrée de Saut d’Eau est classée par Paris Match, en 2012 parmi les 14 plus belles cascades du
monde. http://www.parismatch.com/Vivre/Voyage/Les-plus-belles-cascades-du-Monde-477081#477090
5
Les estimations sont effectuées à partir d’un entretien avec le staff de la mairie de Saut d’Eau impliqué dans la
gestion du site et des garages de véhicules lors de la patronale du 16 juillet. Une base de 100 000 visiteurs-jours
est indiquée avec des dépenses moyennes de 500 gourdes par visiteur.
13 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
mesures anciennes, régulières (1926 – 1929), ou épisodiques (1979 – 1980) indiquent des débits
moyens mensuels oscillant entre 300 et 400 litres par seconde6. Au regard de l’exiguïté du bassin
versant topographique, ces valeurs peuvent être considérées comme élevées et quasi constantes
compte tenu de la distribution saisonnière de la pluviométrie.
Selon les riverains, l’une des 3 chutes s’est asséchée complètement depuis une dizaine d’années. Cela
a provoqué une réduction considérable de l’aire de baignade. Bien qu’aucune donnée chiffrée et
statistique ne soit disponible pour expliquer le phénomène, plusieurs transformations ont été
observées au cours du temps, au niveau de la zone :
Diminution importante des sources aux points de résurgence. Les sources Ara 1 et Ara 2 qui sont
à l’origine des chutes accusent un débit relativement faible par rapport à ceux observes il y a une
vingtaine d’années.
Développement important des cultures sarclées aux dépens des ligneux. Il est observé une
progression importante des cultures sarclées comme le haricot et le mais. Il s’agit de cultures qui
ne tolèrent pas l’ombre et qui occupent le sol pendant une période de l’année (couverture
saisonnière du sol). Alors, les arbres sont systématiquement abattus afin de dégager de l’espace
pour la plantation. La déviation des cours d’eau à des fins d’irrigation est très courante dans la
zone.
Dénudement des versants surplombant les têtes de sources. Dans l’environnement immédiat des
sources, il est observé une absence de couvert végétal susceptible de servir de protection de la
surface du sol (contre les gouttes de pluie, l’évaporation).
Anthropisation importante de la zone. L’anthropisation est caractérisée par un indice d’habitat
élevé (accroissement de plus de 300% en 30 ans), le revêtement des pistes (asphaltage et
bétonnage), l’intensification des activités de pèlerinage et de tourisme (provoquant le
compactage du sol par piétinement et la dévastation des jeunes arbres plantés dans le périmètre
de la chute).
Partant de ces constats, une étude environnementale prenant en compte les caractéristiques
agroécologiques, hydrogéologiques et socioéconomiques de la zone, a été réalisée dans le but de
déterminer les causes de la diminution du débit des chutes de Saut d’Eau. De ce diagnostic qui
touchera les divers compartiments du territoire global des cascades, un plan d’aménagement et de
gestion a été proposé pour une préservation du site et de son environnement.
6
Tiré du texte de présentation de l’ingénieur Brunet Georges, lors du forum réalisé sur la problématique des cascades de
Saut d’Eau le 14 mars 2013.
14 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
1.3
APPROCHE METHODOLOGIQUE
Cette étude vise un état des lieux puis l’élaboration d’un plan d’aménagement touchant le territoire
globale de la chute. La démarche vise 4 niveaux et sources d’informations :
la bibliographie
les observations directes
les entretiens et
les mesures et les sondages
Globalement, la méthodologie proposée est articulée en 3 étapes :
1.3.1 Revue documentaire
Il n’existe pas un fonds documentaire abondant sur la commune, encore moins sur sa situation
environnementale. Les documents relatifs au diagnostic agraire et au plan communal
de
développement de Saut d’Eau ont été mis à profit pour comprendre la réalité agraire et socio
économique de la commune.
Une révision des différentes cartes thématiques de la zone a permis de bien délimiter le bassin versant
et de situer la zone d’étude. Ainsi, une différence a pu être établie entre la «Zone d’influence directe»7
et le «bassin topographique»8. Une bonne exploitation des diverses cartes traitant des classes de pente,
de la topographie, des risques d’érosion et de l’occupation des sols au niveau de la commune de Saut
d’Eau, a orienté nos démarches méthodologiques.
Les études spécifiques9 menées par l’IICA10dans le cadre du projet de développement de la filière
mangue, le document de diagnostic11 du département du Centre, les fascicules publiés par le Bureau
7
La zone d’influence directe s’entend la partie du versant d’interception des eaux de pluies et le plateau d’emmagasinage et
d’alimentation des chutes. Elle s’étend de la ligne de formation de sources Colas (à l’Ouest) à celle de la source Succès (à
l’Est) jusqu’à l’exutoire du cours d’Eau (au sommet de la chute).
8
Le bassin topographique s’entend le versant du morne Saut d’Eau comprenant les mornes Ara, les ravines de la source
Colas et Succès et les zones de bas pente s’étendant jusqu’à la rivière La Thème
9
Etude environnementale du département du Centre et Etude des conditions hydologiques du département du Centre pour le
développement de la mangue
15 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
des Mines et de l’Energie sur la structure géologique du département, ont été exploitées pour
comprendre la dynamique environnementale et socioéconomique de la commune de Saut d’Eau.
Des documents plus théoriques traitant de l’hydrologie, de la pédologie, de l’écologie, de
l’aménagement du territoire ont été exploités dans mise en place des méthodes et la construction des
outils méthodologiques.
1.3.2 Travaux de terrain
Les travaux de terrain comprennent essentiellement les tournées exploratoires au niveau de la zone
d’influence directe, les entretiens formels et informels, les mesures et les échantillonnages d’eau et de
sol.
1.3.2.1 Visite guidée de la zone d’étude
La visite guidée du site (avec un séjour dans la zone) a permis de faire un premier état des lieux du
contexte de l’étude, avec accent mis sur l’évolution du processus de diminution du débit des cascades
de Saut d’Eau. Deux activités caractérisent cette étape :
Observations directes.
Elles ont ciblé la répartition spatiale des sources, le
fonctionnement hydrologique des cours d’eau, les usages faits des points d’eau et le
mode d’exploitation des espaces, en particulier les chantiers de construction initiés
dans la zone. À partir de ces observations, des hypothèses préliminaires ont été
émises.
Entretiens individuels et groupés. Ils visent à retracer la mémoire du site et à
comprendre le système de gestion institué au cours des ans, par rapport à
la
dynamique sociale et économique. Un accent particulier est mis sur les modes de
valorisation des espaces agricoles et des lieux de pèlerinage, et ses éventuels impacts
sur le processus pédologique et hydrologique.
Les entretiens groupés ont été
effectués sous forme de rencontre participative (utilisation de la méthode Focus
Group) avec une vingtaine de riverains (agriculteurs dans leur grande majorité). a été
utilisée.
10
Institut Inter-américain pour la Coopération et l’Agriculture
11
Livre Blanc du Centre, MPCE (1996)
16 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Les premières informations collectées ont permis de faire une première délimitation de l’aire d’étude,
testée sur des outils cartographiques (carte topo 1/50000) puis
validées par des relevés de
coordonnées géographiques. L’opération s’est faite en 2 temps : une identification du site suivie
d’une reconnaissance de terrain géoréférencée au GPS. Les sites importants du bassin en question ont
été référencés également. Les données recueillies sont exploitées sur une image google earth de 2010,
un orthophotoplan 2010, et traitées l’aide du logiciel Arcgis, version 10.0
1.3.2.2 Collecte de données et prise de mesures
Il est important de souligner qu’il n’existe pas de données statistiques et de relevés spécifiques à l’aire
d’étude (données pluviométriques, jaugeage régulier du cours d’eau). À l’issue de la visite guidée, une
collecte systématique de données a été effectuée en vue d’approfondir certaines informations ou
confirmer certaines observations.
a) Enquête foncière
Au niveau du plateau agricole de la zone de Haut Saut d’Eau, il est observé un processus de
colonisation important des espaces par des constructions. Suite aux premières informations recueillies,
les nouvelles constructions recensées datent de plus d’une dizaine d’années. Une enquête foncière a
été effectuée dans la zone dans le but de recenser le nombre d’habitats présents dans l’espace
circonscrit, la surface exploitée, les cultures pratiquées, la présence de commodités sanitaires et
l’historique de l’habitat. La méthode de sondage simple a été utilisée avec un échantillon de cent dix
ménages.
b) Inventaire des espèces présentes
Un inventaire des espèces ligneuses présentes sur le versant et la partie aval a été effectué, indiquant
leur classification botanique, leur abondance relative et leurs caractéristiques physiologiques. Une
première estimation de la couverture végétale a été réalisée à partir des images google earth (présenté
sous forme de taches), sauf pour le périmètre de la chute. Une deuxième estimation par observation
panoramique a pu renforcer les premières.
c) Échantillonnage d’eau
Lors des entretiens individuels, la qualité du cours d’eau a été soulevée comme étant une
préoccupation de la communauté. L’hypothèse selon laquelle, l’insuffisance de latrines aurait été à la
17 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
base d’une pollution fécale des sources et du cours d’eau, a conduit à la nécessité d’en étudier les
propriétés microbiologiques. Un échantillonnage d’eau a été effectué au niveau de la source Ara 1 et
2 et le long du chenal menant à la chute.
Les prélèvements d’échantillons ont été effectués dans des flacons stérilisés de 100 millilitres au
niveau de 5 points géoréférencés. Il s’agit de :
source Ara 1 aux coordonnées : 18.82720° N et 72.22129° W
source Ara 2 (18.82716° N et 72.22209° W)
confluence Ara 1 et Ara 2 (18.82713° N et 72.22154°)
le barrage situé dans la résidence de Mr. Chevry (18.82651° N et 72.22149°)
un point situé à 25 mètres en amont de la chute (18.82400° N et 72.22215° W)
Conservés dans une glacière à une température de 4° Celsius, les échantillons sont acheminés le
lendemain au Laboratoire Vétérinaire et de Contrôle de Qualité des aliments de Tamarinier
(LVCQAT). Les analyses demandées sont de type bactériologique, orientées vers la recherche de
coliformes fécaux.
d) Mesures de débit
Ces mesures consistent d’une part à connaitre, à titre indicatif, le débit des sources et du chenal. La
méthode du flotteur a été utilisée pour mesurer le débit du cours d’eau, mais au niveau des sources, la
méthode volumétrique a été privilégiée.
La méthode du flotteur consiste à mesurer le temps moyen mis par le flotteur pour parcourir la
distance (L) entre 2 repères, le temps (T) étant en secondes. Elle propose de faire plusieurs
mesures pour en faire ensuite la moyenne affectée d’un coefficient de correction K égal à 0.80
(Roche, 1963).
La méthode volumétrique consiste à mesurer le temps moyen de remplissage d’un récipient de
volume connu. Un seau de contenance 3.78 litres a été utilisé dans le cadre de cette étude.
Les formules utilisées dans le cadre des 2 méthodes sont celles indiquées par Roche (1963) et
adoptées par la FAO :
Méthode du Seau ou Volumétrique (recommandée pour des débits inférieurs à 5 l/s)
Q = V (litre)*T (seconde)
18 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
V : Volume (en litre)
T : Temps de remplissage du seau (en seconde)
Méthode du flotteur12
La formule est : Q = Vmoy*Sm
Q : Débit calculé en m3/s puis ramené en l/sec (en multipliant le résultat par 1000)
Vmoy : Vitesse moyenne (m/sec)
Vmoy = (D/t)*K
D : Distance parcourue entre deux points ;
t : Temps moyen parcouru par le flotteur entre deux points
K : coefficient de correction égal à 0.8013
Sm : Section mouillée moyenne (m2)
Sm = H x L (H : Hauteur moyenne de la section en mètre ; L : Largeur de la section en mètre)
12
C'est la méthode qui convient pour mesurer, avec une précision moyenne, les petits ou grands débits. Elle est surtout
appropriée à des sections de rivières aux eaux calmes et pendant les périodes de beau temps: s'il y a trop de vent et si la
surface de l'eau est agitée, le flotteur risque de se déplacer anormalement .
ftp://ftp.fao.org/fi/CDrom/FAO_Training/FAO_Training/General/x6705f/Index.htm
13
K est le coefficient de correction à appliquer à Vms pour avoir la vitesse moyenne dans toute la section. Ce coefficient se
déduit des jaugeages complets pour lesquels la vitesse moyenne et la vitesse moyenne à la section mouillée sont connus. S'il
n'y a pas eu de jaugeages à la station ni aucune indication sur la variation de K dans la section que l'on étudie, on pourra
prendre les valeurs suivantes:
Vitesses fortes, profondeur supérieure à 4 m 1,00
Vitesses moyennes en rivières de montagne 1,05
Grands fleuves 0,95
Pentes moyennes, rivières moyennes 0,90 à 0,95
Faibles pentes, rivières moyennes 0,85
Vitesses très faibles 0,80
Réalisés dans de bonnes conditions, les jaugeages aux flotteurs donnent de bons résultats et ils doivent être utilisés chaque
fois que les méthodes classiques ne peuvent pas être mises en œuvre.
19 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Les mesures ont été effectuées au niveau de 4 points distincts :
Point 1 (source Ara 1) : 18.82720° N et 72.22129° W
Point 2 (Source Ara 1) : 18.82722° N et 72.22130° W
Point 3 (Source Ara 2) : (18.82716° N et 72.22209° W)
Point 4 (Exutoire du cours d’eau/tête de la chute) : 18.82400° N et 72.22215° W
Les mesures ont été effectuées trois jours après un événement pluvieux, exception faite du point 4
pour lequel deux jaugeages ont été réalisés respectivement 30 minutes et 3 jours après une pluie de
forte intensité14.
e) Sondage pédologique
Des sondages pédologiques ont été effectués au niveau d’une partie du versant du morne Ara et du
plateau agricole de Haut Saut. Ces sondages (géoréférencés) visent à caractériser les sols, déterminer
leur variabilité spatiale et leur aptitude à la défriche.
La méthode utilisée est celle du sondage à la tarière. Le carottage se fait sur une profondeur moyenne
de 1 mètre (exception faite des versants). Le matériel utilisé est une tarière hélicoïdale de 2 ½ pouces
de diamètre. Un total de 16 sondages a été réalisé afin de déterminer la structure et la texture des
horizons de sol au niveau des divers compartiments du bassin topographique.
1.3.3 Analyse de données et rapport
Les données collectées on été traitées à l’aide de divers outils :
1) Statistiques pour les données relatives aux espèces, aux débits et au dénombrement des
coliformes
2) Le Système d’Information Géographique (SIG) à partir du logiciel Arcgis, version 10.0
L’analyse des données a suivi un processus itératif qui a évolué au fur et à mesure de l’interprétation
des résultats et de la compilation des informations additionnelles. Les résultats obtenus ont été
confrontés aux données de la littérature scientifique et celles accumulées à travers les études
14
L’intensité rapportée ici fait référence à la force des gouttes de pluie.
20 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
spécifiques. Les analyses sont consignées dans un rapport synthétique présentant des éléments de
diagnostic et la construction d’un plan d’aménagement et de gestion.
21 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
CHAPITRE II. DIAGNOSTIC TERRITORIAL DE LA CHUTE DE SAUT D’EAU
Le diagnostic territorial est « un état des lieux qui recense, sur un territoire déterminé, les problèmes, les
forces et les faiblesses, les attentes des personnes, les enjeux économiques, environnementaux, sociaux, Il
fournit des explications sur l’évolution passé e et des appréciations sur l’évolution future »15. Outil de
connaissance du territoire, il vise à mettre en exergue ses caractéristiques et ses relations
d’interdépendance, qu’elles soient spatiales et temporelles ou entre ses grandes composantes internes
(démographique, sociale, culturelle, économique, environnementale, etc.).
Le diagnostic constitue en tant que tel un outil d’aide à la décision qui identifie un ensemble d’enjeux
relatifs au fonctionnement du territoire. Sa pertinence réside dans le fait qu’il permet de faire émerger
des orientations stratégiques à plus ou moins long terme, en termes d’aménagement et de gestion.
2.1 Présentation biophysique de l’aire d’étude
La zone d’étude est située dans le département du Centre, plus précisément dans la commune de Saut
d’Eau qui elle-même est divisée en 4 Sections Communales : Rivière Canot, La Selle, Coupe
Mardi gras et Montagne Terrible et plus d’une centaine d’habitations, totalisant 183,8 Km2.
Le territoire est situé dans la 2ème section La Selle. Il couvre un bassin topographique d’une superficie
de 4,349 km2, subdivisé en 3 compartiments distincts : une partie haute variant de 480 à 900 m
d’altitude, une zone mitoyenne comprise entre 480 et 380 m d’altitude, et la partie basse s’étendant de
la cote 380 m jusqu’à la rivière Lathème, stuée à 300 m d’altitude.
2.1.1 La géomorphologie
Au niveau du département du centre, un peu moins de 30 % des sols présentent une pente comprise
entre 12 et 30 % et environ 12 % ont une pente supérieure à 30 % (Mathieu, 2011). Les
montagnes qui surplombent le plateau de Haut Saut d’Eau appartiennent à la chaine des Matheux
(point culminant est de 1586 m d’altitude). Ce sont entre autres, morne Ara, morne Goda. La
topographie moyenne se situe autour de 500 mètres avec des lignes de crête s’élevant jusqu’à 900
15
Définition de la Délégation interministérielle à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité Régionale (DATAR)
www.datar.gouv.fr
22 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
mètres. La figure 1, indique une subdivision de l’aire d’étude en 3 unités morphologiques : une zone
d’altitude avec des courbes de niveau très compressées (900 – 480 m), une zone de colline et de
plateau (480 – 300 m) et une zone de basse altitude excentrée (380 – 300 m), s’étendant jusqu’à la
rivière Lathème.
Figure 1. Topographie de l'aire d'étude (Guerrier, V.M., 2013)
La topographie mouvementée
de ces montagnes a été morcelée par les failles et les coulées
volcaniques. Elles sont constituées, sur les hauteurs, de calcaires éocènes perméables surplombant
23 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
des versants, notamment le versant sud, recouverts par les produits d’altération et autres éboulis
basaltiques provenant de matériaux échappés des éruptions du volcan La Vigie (831 m d’altitude). Sur
le plateau de Saut d’Eau, ces matériaux sont déposés au-dessus d’une couche de marnes peu
perméables16. Le contact entre les calcaires et le basalte, de même que le contact entre les éboulis et
les couches de marnes sous-jacentes, favorise l’emmagasinement des eaux infiltrées à partir des
sommets calcaires et l’émergence de sources sur les versants.
2.1.2 La pédologie
Les observations effectuées sur le terrain, particulièrement au niveau de la partie mitoyenne du bassin
topographique et les sondages à la tarière, ont mis en évidence certains aspects physiques des sols
dont la couleur, la profondeur et la texture et leur variabilité spatiale. Les sols sont à dominante
BRUNS CALCAIRES17. Sur les versants, il s’agit des lithosols qui sont des sols peu épais limités en
profondeur par un matériau dur, roche non altérée ou horizon pédologique durci à 10 cm de la surface
ou moins. Au niveau de la zone de plateau, ce sont plutôt des sols bruns lessivés (luvisols et
colluviosols)18 qui prédominent.
16
Bureau des Mines et de l’Energie – Note explicative de la carte géologique d’Haiti au 1/250000
17
Ce sont des sols plus profonds et surtout beaucoup plus riches, initialement, en argile que les rendzines vraies. Cette
richesse en argile influe sur les processus de décarbonatation qui sont favorisés et entretenus (Birot, 1966). Les plus épais
sont situés sur des colluvions (GRET/FAMV, 1990)
18
Les Luvisols correspondent à la grande famille des sols lessivés et bruns lessivés. Ils sont caractérisés par l'illuviation
(lessivage) de l'argile, et présentent donc un horizon E appauvri, et un horizon BT enrichi (Birot, 1966)
Les colluviosols sont formés à partir des matériaux arrachés par l’érosion sur les versants pentus. Ces sols sont le plus
souvent dépourvus de nappe souterraine (Birot, 1966)
24 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Figure 2. Luvisol brun (prélevé dans la zone agricole du bassin topographique)
Globalement, ce sont des sols relativement différenciés. Leur pédogenèse est marquée par des
altérations modérées et par une faible néogenèse d’argiles (Vilmont, 2011). Le substrat géologique
est principalement composé de roches calcaires (massives, crayeuses, marneuses), de
schistes, de grés de basaltes ainsi que d’alluvions et de colluvions récentes »19. Les rochesmères peuvent être des argilites, des alluvions anciennes, des résidus d’altération de calcaires durs,
des schistes, des grès, des roches magmatiques basiques.
2.1.3 Climat et précipitations
Le climat de la zone est de type plateau semi humide avec des précipitations de l’ordre de 2000 mm
par an et une évapotranspiration potentielle importante, de l’ordre de 1400 mm par an20. La
distribution irrégulière des pluies occasionne des sécheresses pénibles, malgré la grande disponibilité
de l’eau. Les mois pluvieux s’étendent entre avril et octobre avec des raretés en juillet. Les mois secs
débutent en novembre pour prendre fin en mars. Depuis quelques années, il est observé un
rallongement de la saison sèche jusque vers avril, voire mai.
Les données de température utilisées sont celles du département du Centre qui accusent une moyenne
annuelle de 25° Celsius. Elles varient pratiquement dans le même sens avec la même amplitude (0,1
°C en moyenne) tout au long de l’année. Les températures minimales sont observées en janvier et
atteignent 23 ºC tandis que les températures maximales sont observées en août et atteignent plus de 26
ºC. (Planconsult, 2011.a)
2.1.4 Ressources en eau
Una analyse de la carte hydrogéologique du département du Centre indique que la commune de Saut
d’Eau est caractérisée principalement par des aquifères karstiques, carbonatés fissurés et cloisonnés à
productivité variée et des formations sédimentaires de faible perméabilité (figure 2). Les descriptions
des formations hydrogéologiques rapportées sont tirées de Planconsult (2011. a).
19
CJ-Consultants, Identification et analyse des potentialités économiques des zones d’interventions de Save The Children
(Bas Plateau Central, Maissade, Marchand Dessalines)̦ mai 2005
20
Ces données ont été enregistrées à Mirebalais et rapportées par Frère Gouthier, citées par PNUD (1991) et Planconsult
(2011)
25 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Les formations sédimentaires sont constituées principalement par des schistes et des ardoises
imperméables avec des passées calcaires, phtanitiques ou conglomératiques plus ou moins
métamorphisées. Ces formations présentes des débits allant de 0,1 l/s à 1 l/s avec un débit moyen de
0,3 l/s.
Les aquifères karstiques carbonatés fissurés et cloisonnés à productivité variée encore appelées les
calcaires de l’Eocène et du Paléocène, sont des calcaires massifs ou stratifiés parfois crayeux et
fortement tectonisés. Les zones karstifiées représentent donc des aquifères de fissures limitées où se
concentrent des écoulements souterrains importants et occasionnent une grande dispersion des
ressources en eau.
La zone, en raison de cette configuration géomorphologique abonde en points de résurgence de
sources d’eau, lui conférant une caractéristique écologique particulière. Environ 7 sources sont
répertoriées à l’intérieur de l’aire d’étude :
Sources Ara 1 (18.82720° N et 72.22129° W) et Ara 2 (18.82716° N et 72.22209° W)
alimentant le cours d’eau qui mène aux cascades de Saut d’Eau
Source Succès (18.82928° N et 72.21840° W), tarie au mois de mars, mais très utilisée pour
irriguer les parcelles de haricot
Source Manuel (18.82768° N et 72.211733° W); se jetant dans la rivière Canot
Source Catulle (18.82605° N et 72.21696° W); rencontre la source Manuel avant de se jeter
toutes deux dans la rivière Canot
Source Colas (18.82649° N et 72.22479° W) qui se jette dans la rivière Lathème
Source Pain (18.82534°N et 72.22063° W) captée pour l’alimentation de la ville de Saut
d’Eau
Source Cresson/St. Phard (18.82619° N et 72.22063° W) qui rencontre la source Catulle
26 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Figure 3. Carte hydrogéologique du département du centre (Tirée de Planconsult, 2011 a)
2.1.5 Principaux sites écotouristiques et culturels
Les sections communales Rivière Canot, La Selle et Coupe Mardi gras, comportent des sites
importants, avec notamment des points d’eau, qui affichent un potentiel écotouristique et des valeurs
culturelles considérables :
Source Saint Jean : située l’entrée Est de la ville de Saut d’Eau. Très fréquentée par les
adeptes du vodou, elle est identifiée comme une source mystique.
Source les Palmes : Située à 300 mètres environ de la source St. Jean, cette source comporte
une cascade très fréquentée par des pèlerins. Elle est connue comme une source également
mystique
Grotte Doco : Situé dans la 2ème section communale La Selle, ce site a connu jadis d’intenses
activités touristiques interrompues en raison de la détérioration de la route qui a limité son
accessibilité. Toutefois, le Centre National des Equipements (CNE) entreprend depuis
quelques mois des travaux de réhabilitation de la route menant au dit site.
Grotte Mahotière situé à Coupe Mardi gras et Grotte Ka Tipen localisée à 1ère section Canot.
2.1.6 Systèmes de culture et occupation des sols
La principale activité économique de la zone est l’agriculture. Les cultures pratiquées par ordre
d’importance sont : le mais, le haricot et le pois congo. On retrouve aussi, le manioc, la patate douce
et la banane plantain. Ces cultures sont concentrées au niveau du plateau agricole de Haut Saut d’Eau.
Deux systèmes de culture sont identifiés : Le système céréales-légumineuses pluvial et le
système céréales-légumineuses irrigués.
Dans le système pluvial où prédominent les cultures comme le maïs, le pois congo et le sorgho, le
semis se fait au printemps pour une récolte en été. Très dépendantes de la pluviométrie, ces cultures
sont vulnérables aux variations extrêmes des précipitations. La sécheresse qui a sévi dans le pays au
cours de l’été 2012, avait touché sévèrement les plantations de la zone. La production totale est
estimée à environ 120 TM pour le mais et 80 TM21 pour le pois congo.
Le système irrigué est dominé par le haricot qui occupe plus de 85% de la Surface Agricole Utile
(SAU)22 totale de la zone agricole. Semé généralement à la deuxième quinzaine de novembre, le
21
ibid
22
Tiré des résultats de l’atelier participatif du 31 aout 2013
haricot est récolté en février Ce qui fait de cette culture, la principale denrée économique avec un
potentiel de production de plus de 150 TM23 annuellement.
La commune de Saut d’Eau est la «deuxième commune exportatrice de mangues après GrosMorne », avec une exportation moyenne de 300 000 douzaines de mangues. Elle est dotée d’une
usine de conditionnement de mangues.
Il est observé au niveau des versants une relative disparition de la végétation naturelle. Les
versants sous le vent et à forte pente sont quasiment dénudés. Les zones de plateaux, en
particulier le plateau Haut Saut d’Eau, les collines et les vallées sont dominées par les espèces
fruitières (noix de coco, manguier, avocatier, arbre véritable, et agrumes) et forestières
(sucrin, bois immortel, campêche, acacia, neem, chêne, acajou, bois d’orme, palmier royal,
etc.). Les herbes comme
« madan michel (Tremada quadrivalvis», herbe guinée, herbe
guatemala, chiendent (Cynodon dactylon) dominent la végétation herbacée (CJ-Consultant,
2013)
2.1.7 Démographie - Système foncier et habitats
La population de la zone d’étude est estimée à plus de 5000 habitants24. Le nombre moyen de
personnes par exploitation ou ménage est compris entre 6 et 7 personnes. Comme le montre la figure
4, environ 8% des terres sont en fermage contre 55% en propriété et 36% sont des parts d’héritage25.
La taille moyenne des parcelles est de 0,09 carreau avec des maxima de 1 carreau et des minima de
0,01 carreau. Moins de 1% des terres a une superficie de supérieure ou égale à 0,25 carreau et 81% ne
dépassent pas 0,12 carreau. Il s’agit d’une zone de petite propriété, très morcelée, tendant vers
23
Estimations faites par combinaisons des données de l’enquête foncière et de l’atelier participatif du 31 aout 2013. L’indice
de végétation par différence normalisée (Normalised Difference Vegetation Index) est la seule méthode fiable capable de
déterminer avec précision le comportement spectral de la végétation. On ne dispose pas malheureusement des supports
photographiques pouvant nous permettre de recourir au NDVI
24
Estimations faites à partir de l’enquête foncière touchant plus de 30% des habitats.
25
Résultats de l’enquête foncière de juillet 2013, touchant 110 exploitations.
29 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
l’urbanisation. Il faut dire que plus de 75% des terres de la zone appartiennent à la lignée de la
famille Louissaint26.
Figure 4. Répartition du foncier dans l'aire de l'étude
Les habitats sont dans leur grande majorité de type rural27 (mur de maçonnerie, toiture en tôle), sans
commodités sanitaires. Seulement 30% des ménages disposent de latrines. Il y a lieu de souligner
toutefois, une tendance à la modernisation des habitats. Environ 27% des maisons datent de 30 ans et
plus, 73% sont établies il y a moins de trente ans, soit une augmentation de 270% (un accroissement
de 9% annuellement). Cela voudrait dire qu’en 30 ans la zone a été fortement anthropisée. Et, ces
constructions sont concentrées essentiellement dans la zone de Haut Saut d’Eau, dans le périmètre
immédiat des sources.
26
Les 3 autres familles majoritaires sont : Désilus, St. Val, Canné. Par contre, au niveau du versant du morne Ara, 3 familles
se partagent plus de 150 carreaux de terre. Il s’agit des familles Louissaint (majoritaire), Saint-Victor, Thomas (informations
tirées des entretiens directs avec des riverains)
27
Depuis plus de 25 ans, des constructions avec architecture moderne existent dans la zone. Leurs propriétaires se trouvent
soit à Port-au-Prince, soit à l’étranger. Elles sont au nombre d’une vingtaine
30 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
2.2
Causes principales de diminution du débit des chutes de Saut d’Eau
La diminution du débit des chutes de Saut d’Eau est un phénomène multiforme et multifactoriel. Les
deux causes principales identifiées sont complémentaires: la disparition de la couverture végétale au
niveau du versant du morne Ara et le bilan hydrologique déficitaire du bassin topographique
2.2.1 La faible couverture arborée associée { des risques élevés d’érosion
Au delà de tout facteur anthropique, le croisement de la géologie et de la pente, pour les marnes
et autres matériaux meubles à partir de 4% de pente, fait ressortir une sensibilité à l’érosion
(Mathieu, 2011). Le bassin topographique de la chute de Saut d’Eau accuse un faible taux de
couverture arborée, estimé à 7.5% sur le versant et à 20% au niveau du plateau28. Cette absence de
ligneux, combinée aux indices élevés de pente, expliquent les risques élevés d’érosion enregistrés au
niveau de plus de 60% du bassin topographique (voir figure 2). Les essences arborescentes les plus
rencontrées sont : le leucaena, le ficus, le cèdre, le chêne, le frêne, cassia, casuarina, campêche, neem,
capable, Arbre véritable, flamboyant, manguier, sablier, avocatier, cocotier, citrus.
28
Estimations faites à partir des cartes orthophotoplan et des observations directes de terrain
31 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Figure 5. Risques d'érosion au niveau du bassin topographique des chutes de Saut d'Eau 29
(Guerrier, V.M., 2013)
Il est rapporté que le versant du morne Ara était jadis couvert de « rabi » et de gommiers (Bursera
simaruba) qui se fixait sans difficulté dans les interstices des rochers (grâce à la présence d’une faible
couche de sol). Depuis un demi-siècle, ces peuplements ont été incendiés par des riverains et
remplacés par les cultures vivrières. Les sols dénudés ont été emportés par les eaux de ruissellement.
Aujourd’hui, il ne reste que quelques repousses de cassia, de frêne, atteignant entre 2 et 3.0 mètres de
haut (les plus vigoureux font à peine 4 mètres). La partie complètement dégradée couvre 1 km2
environ. Même les cultures vivrières arrivent difficilement à s’y développer. Les sols sont peu
29
Carte construite sur le critère « pente »
32 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
profonds (en moyenne 12 cm)30. A certains endroits du versant, affleure la croute de calcaire dure,
encore appelée « calcrète », causée par l’accumulation progressive du calcaire due au lessivage.
Figure 6. Sol à moins de 8 cm (Morne Ara)
Figure 7. Formation de calcrête
La faible couverture arborée a pour effet de réduire l’infiltration des eaux de pluie qui alimentent le
réservoir souterrain à l’origine de la résurgence des sources. Le ruissellement devient plus important,
avec le transport des éléments grossiers du versant vers la partie aval. Les profils de sols indiquent un
taux élevé d’incrustation de roches et de sables grossiers dans les horizons inférieurs (dès les 60 cm).
Ces dépôts d’éléments grossiers sont localisés principalement dans le périmètre des sources et même
au niveau des terres agricoles de la zone de plateau surplombant la chute.
Au niveau du plateau agricole, le développement des cultures sarclées se fait aux dépens des espèces
ligneuses. La prédominance de l’arbre véritable, de l’avocatier et du manguier au niveau des parcelles
agricoles est à souligner toutefois, avec un indice de fréquence31 respectivement de 35%, 11% et 8%.
Les espèces forestières sont relativement bien représentées dans les strates arborées avec notamment
le cèdre accusant un indice de fréquence de 15%. La plantation des essences à croissance rapide a été
30
Les sondages pédologiques ont révélé des profondeurs de sol extrêmement faibles allant de 2 à 15 cm
31
L’indice de fréquence est le rapport de la présence totale d’une espèce sur le nombre total d’exploitations
enquêtées
33 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
initiée par la PADF au cours des années 90, dans le but de revégétaliser l’aire d’incidence de la chute
qui présentait déjà des signes de dégradation majeures.
Dans l’aire de la chute, la couverture arborée est peu dense, malgré la présence de quelques arbres
séculaires relativement imposants situés en contrefort d’une partie déclive de la chute. Le leucaena
(Leucaena leucocephala) accuse un taux de colonisation de 20%, suivi du neem (Azadirachta indica)
et du manguier (Mangifera indica)
2.2.2 Un bilan hydrologique déficitaire
Le bilan hydrologique est déterminé par l’équation de l’équilibre hydrologique en fonction des
paramètres : précipitations, du volume d’eau écoulé à la surface d’un bassin versant, de
l’évapotranspiration, de l’infiltration et de la variation des réserves hydriques du sol. Les processus du
cycle de l’eau sont caractérisés par une échelle spatio-temporelle et sont intimement liés au contexte
environnemental qui les entoure comme la pédologie, la végétation, la topographie et le climat
(CHAPONNIERE, 2005)
L’indisponibilité de données quantitatives sur les différentes variables indiquées, ne permet pas de
faire une analyse de bilan hydrologique du bassin topographique en question et déterminer
l’importance des écoulements de surface aux dépens de l’infiltration. Toutefois, il est aisé de constater
que le ruissellement et l’évapotranspiration réelle sont importants32 en raison de la faible couverture
végétale existante. L’état physique du bassin topographique en termes de végétation et d’épaisseur de
sol
est
le
facteur
limitant
dans
la
constitution
des
réserves
hydriques
souterraines,
l’approvisionnement souterrain étant conditionné essentiellement par l’infiltration. En absence
d’arbres, le lessivage s’accroit et les pertes de sols sont imminentes.
L’aménagement effectué sur le cours d’eau, aux coordonnées géographiques 18.82651° N et
72.22149° W, par la superposition de 3 barrages en roches, mérite d’être noté. Ces aménagements,
semblent avoir précédé d’une modification du lit, par un élargissement des berges et une fouille du
radier. L’exploitation de l’eau à des fins domestiques (arrosage de parterres, commodités sanitaires),
la domestication du cours d’eau (implantation des barrages) ont des impacts évidents sur la vitesse
d’écoulement et le débit calculé en aval.
32
Les mesures effectuées sur Mirebalais donnent des valeurs d’ETR de l’ordre de 1400 mm annuellement
34 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Une prise latérale effectuée sur le cours d’eau alimente le canal d’irrigation qui sert à l’arrosage de
plus d’une dizaine d’hectares. Cette ponction affecte à la baisse le débit, surtout au cours de la
période correspondant à la campagne de haricot de décembre.
Les faits relatés plus haut dénotent l’existence de conflit d’utilisation majeur de la ressource en eau
qui se raréfie. Déjà, les riverains semblent privilégier l’irrigation qui favorise un revenu à plus de 250
familles33. Ces ponctions pour la culture du haricot sont vraiment importantes au cours des mois de
décembre à février. Le haricot est une culture à haute valeur ajoutée très prisée par les agriculteurs.
Comme développé dans le tableau 1, les mesures effectuées sur le chenal de confluence des sources
Ara 1 et 2 indiquent des débits estimés en 2 points à 248.4 et à 292.4 litres/seconde, contre 1.17
litre/seconde en moyenne pour les sources aux points d’émergence (voir relevés détaillés des
jaugeages en annexe 2). Comparés aux débits moyens mensuels enregistrés de 1926 à 1929 et entre
1979 et 198034, il est observé une diminution importante du débit.
Table 1. Débit calculé à différents points du cours d'eau
No.
mesure
1
Localisation du
point de mesure
Source ARA 1
2
Source Ara 1
3
Cours d’eau ARA 2
4
Aval de la chute
(25 m environ)
Aval de la chute
(25 m environ)
5
Coordonnées
géographiques
18.82720° N et
72.22129° W
18.82722° N et
72.22130° W
18.82716° N et
72.22209° W
18.82400° N et
72.22215° W
18.82400° N et
72.22215° W
Débit en
litres/seconde
1.08 l/s
1.26 l/s
96.69 l/s
248.40 l/s
275.2 l/s
Observations
particulières
Premier point de
résurgence
2ème point de
résurgence
3 jours après une
forte précipitation
3 jours après une
forte précipitation
30 minutes après
une forte
précipitation
Ces données indiquent par ailleurs, une faible différence de débit entre celui relevé 30 minutes après
une forte pluie (un débit calculé de 275 litres/seconde) et celui obtenu 3 jours après cet événement
pluvieux (un débit calculé de 248 litres/seconde). Ce faible écart s’explique par le processus
relativement long de recharge des réservoirs souterrains, issu de l’infiltration. Donc, le temps de
33
Cet effectif a été avancé par les leaders communautaires présents à l’atelier du 31 aout 2013 .
34
Tiré des commentaires de l’Ing. Hydrologue, Georges Brunet, au forum de sensibilisation tenu le 14 mars 2013 à Saut
d’Eau : « Ces données découlent des mesures anciennes, régulières (1926 – 1929), ou épisodiques (1979 – 1980) et
indiquent des débits moyens mensuels oscillant entre 300 et 400 litres par seconde ».
35 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
réponse après une forte pluie n’est pas corrélé à l’intensité et à la hauteur de précipitation. Les
riverains ont d’ailleurs confirmé ne jamais observer un débit de crue au niveau du cours d’eau. Et, les
mois de novembre, décembre, janvier et de février (correspondant à la saison sèche) sont considérés
par ailleurs, comme les périodes de débit de pointe.
Il est toutefois important de rappeler que le caractère ponctuel de ces données ne permet pas une
analyse approfondie sur le bilan hydrologique35 du bassin topographique. Car, en absence
d’observations et de mesures régulières journalières, bien réparties dans le temps (à différentes
périodes et sur plusieurs années) et l’espace (en différents points du bassin topographique), ces
analyses de nature qualitative ne permettent pas de déterminer la corrélation entre les activités amont
et les changements mesurés en aval.
2.3 Autres problèmes environnementaux
2.3.1 Contamination bactériologique de l’eau
Les résultats de laboratoire montrent des taux de contamination élevés pour tous les points de
prélèvement d’eau au niveau de l’aire d’étude. Comme rapporté dans le tableau 3, le taux de
contamination par E. coli et les coliformes totaux dépasse la limite acceptable qui est de 0/100 ml
(valeur guide OMS). Cette charge de coliformes fécaux particulièrement élevée est retrouvée en tous
points du ruisseau alimenté par les sources Ara 1 et 2, utilisées pour la boisson (fig. 8). Cette
contamination élevée est due au ruissellement des eaux de pluie dans les parcelles agricoles, charriant
des particules fécales disséminées.
35
Selon le Mediterranean Hydrological Cycle Observing System, le bilan hydrologique du bassin hydrographique peut
s’exprimer, par la formule : P = E + Q + I + U + dR
P - précipitation;
E - évaporation + évapotranspiration
Q - écoulement;
I - infiltration;
U - utilisation humaine;
dR - stockage.
Chacun des termes du bilan hydrologique est naturellement pondéré par divers paramètres climatiques et géographiques. Par
exemple, la température est l'un des facteurs principaux du pouvoir évaporant de l’atmosphère, le relief conditionne les
précipitations des masses nuageuses, et la nature de la couverture végétale influe sur les phénomènes d'interception et de
transpiration.
36 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Figure 8. Points de résurgence de source (utilisée pour la boisson)
Comme indiqué dans le tableau 2, le taux de contamination par E. coli est en moyenne de 7.1 colonies
pour 100 millilitres d’eau, au niveau des sources Ara 1 et Ara 2, contre 200.5/100 ml pour les
coliformes totaux. À la confluence des sources Ara 1 et Ara 2, le taux de contamination par E. coli
accuse 78.2 /100 ml, contre respectivement 11.1 et 6.4 /100 ml aux points de prélèvement Résidence
Chevry et l’amont des chutes. Ce taux de contamination jugée plutôt faible par rapport à celui observé
dans les sources, pourrait s’expliquer par l’effet de dilution des concentrations élevées de coliformes
favorisé par une combinaison de la hauteur d’eau et la vitesse d’écoulement.
Table 2. Analyse bactériologique du cours d’eau et des sources Ara 1 et Ara 2 de Saut d’Eau.
Points de prélèvement
Taux de contamination
Taux de contamination par les
par E. coli
coliformes totaux
Source Ara 1
3.1/100 ml
200.5 /100 ml
Source Ara 2
11.1/100 ml
200.5/100 ml
Confluence Ara 1 et Ara 2
78.2/100 ml
200.5/100 ml
Cours d’eau (résidence Chevry)
11.1/100 ml
200.5/100 ml
Cours d’eau (amont chute)
6.4/100 ml
200.5/100 ml
Toutefois, il est à souligner que les prélèvements ponctuels effectués ne suffisent pas à confirmer le
niveau de contamination observé. Il aurait fallu une plus grande série d’échantillons à différentes
périodes de l’année afin de déterminer la corrélation entre les précipitations et le niveau de
contamination. Si le dénombrement de ces germes ne peut justifier une pathogénie élevée de l’eau, en
revanche, elle met en évidence une forte suspicion de pollution hydrique. D’autres investigations plus
37 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
approfondies et plus régulières sont suggérées afin de disposer d’une base de données suffisantes et
fiables susceptibles de confirmer et d’identifier la source de cette contamination.
Les normes de l’OMS recommandent l’absence totale de coliformes dans les eaux de boisson. De
même, une eau destinée à la baignade et à l’usage domestique ne saurait faire l’objet de suspicions, en
raison des risques d’infections secondaires cutanées ou par ingurgitation accidentelle. Même pour
l’agriculture, l’usage de cette eau avec les charges de coliformes retrouvées, doit faire l’objet de
restrictions, en raison des risques éventuels de contamination des plantes (notamment les maraichers).
2.3.2 La destruction par le feu des arbres adjacents aux cascades
Dans le périmètre des cascades, plus d’une cinquantaine d’arbres sont inventoriés (avec une densité
approximative d’un arbre par 25 m2)36. Par rapport à ces aménagements entrepris par le MDE en
2007, cet espace est devenu plus attrayant et plus accessible aux pèlerins et festivaliers (animation
musicale, danse, jeux divers, promenade). Les vodouisants y viennent également exécuter leurs
rituels (pose de bougies allumées) au pied de ces jeunes arbres qui peinent déjà à se développer dans
un environnement inadéquat (compétition entre les arbres, notamment pour le captage de la lumière
du soleil et les nutriments.
Figure 9. Tronc d'arbre brulé lors des rituels mystiques
36
Calcul effectué sur une base de 1200 m2 de surface couverte.
38 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Les espèces plantées dans le périmètre de la chute, sont ainsi soumises tous les ans à des incendies
provoqués par les bougies allumées. Ces gestes pour le moins habituels, menacent chaque année des
dizaines d’arbres dans l’aire des sites de pèlerinage de Saut d’Eau. Pratiquement, cette menace touche
tous les grands arbres existant dans l’aire des sources et des chutes d’eau.
2.3.3 La dissémination des déchets et autres menaces
Globalement, la zone fait l’objet d’une pollution accrue par les déchets de toutes sortes (plastics,
polystyrène, bouteilles en verre, canettes, tissus). Ils sont disséminés dans tous les compartiments du
bassin topographique : versant morne Ara, périmètre des sources, cours d’eau, parcelles agricoles,
aire de baignade, aire de stationnement des voitures et le long de la route goudronnée. Les produits
polystyrène37 sont généralement des déchets d’emballage de nourriture qui laissent des particules en
suspension, adhérées ou déposées au fond du cours d’eau (graisse, éléments solides). Les effets de ces
contaminants généralement non biodégradables, sont variés : perturbation de la vie aquatique, risques
d’allergie, risque de blessure par des emballages de verre, pollution des parcelles agricoles. Les effets
globaux sur l’environnement sont de très longue durée.
Figure 10. Dissémination des déchets dans le périmètre de la chute
Dans la partie amont de la chute, les sondages à la tarière indiquent que le sol présente un profil
filtrant dès l’horizon superficiel, avec des teneurs en sable très élevées et un enrichissement en argile
37
Les emballages en polystyrène font l’objet d’interdiction par le MDE, par arrêté en date du 9 aout 2012
39 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
en profondeur qui réduit sa plasticité. Ce territoire a des antécédents d’éboulements et de glissements
de sols, favorisés par une faiblesse structurale combinée à une géologie de nature karstique qui facilite
le passage en permanence des eaux d’infiltration des versants. Cette zone estimée à 6.6 hectares doit
faire l’objet d’un aménagement particulier, restreignant les constructions lourdes et l’agriculture
vivrière irriguée.
L’espace de loisir et de baignade est estimée à environ 350 m2 pour une charge humaine de 2000 à
3000 personnes (période de grande affluence) soit une moyenne de 14.5cm2 par pèlerin. L’exiguïté de
l’espace contraint les festivaliers à investir même les endroits qui normalement devaient être réservés
et interdits d’accès. Les bousculades sont fréquentes même au niveau des cascades. Les accidents sont
courants suite à des glissements de terrain. Les arbres situés dans l’environnement immédiat, en font
aussi les frais, au point que le taux de survie des plantules mises en terre est très faible.
.
2.3.4 Le compactage excessif du sol par piétinement
Dans le périmètre des sources, les sondages pédologiques ont démontré des compactages excessifs du
sol du au piétinement lors des visites des pèlerins. Ces modifications sont portées sur la structure du
sol qui devient très plastique et imperméable (fig. 13). Il s’ensuit un déficit d’alimentation du
réservoir d’emmagasinage des sources. De plus, les arbres qui s’y trouvent paient un lourd tribut par
asphyxie du système racinaire et des déficits d’alimentation hydrique. Les conditions ne sont pas non
plus favorables à la formation de l’humus propre à l’alimentation des plantes.
Figure 11. Profil de sol compacté (teneur en argile > 45%)
40 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
CHAPITRE III. PLAN D’AMENAGEMENT, DE VALORISATION ET DE
GESTION
Le territoire délimité de la chute de Saut d’Eau s’étend sur une superficie de 4.349 km2 ou 434.9 ha.
Les points les plus importants sont représentés par le Morne Ara, les sources Ara 1 et Ara 2, le plateau
agricole de Haut Saut et l’aire de baignade de la chute. En raison de la dégradation des versants, les
pollutions diverses des écosystèmes et la faible gestion du territoire, l’élaboration d’un plan
d’aménagement, de valorisation et de gestion du territoire de la chute s’avère nécessaire. Ce plan sera
un outil de gestion et de prise de décision qui sera mis à la disposition des acteurs (société civile,
institutions publiques, organisations non étatiques) et des autorités locales, dans la perspective d’une
valorisation économique et la préservation écologique de la chute.
Ce plan inclut un schéma
d’aménagement de l’espace qui identifie les zones agricoles (agriculture écologique à dominante
arborée), les espaces à utilisation contrôlée et celles à exploitation interdite.
Le plan d’aménagement est un document administratif de planification territoriale définissant les
normes et les principes d’utilisation des espaces. Il répond à 2 grands objectifs :
Limiter les activités de dégradation subséquentes à une mauvaise gestion de l’espace
Optimiser l’usage des ressources disponibles par une gestion organisée et concertée des
territoires.
L’élaboration de cet outil répond à 9 enjeux principaux avec des objectifs spécifiques:
Enjeu 1 : Maitrise des eaux de pluie au niveau des versants. Les sources à l’origine de la chute
accusent un déficit d’alimentation à cause de l’insuffisance d’infiltration des eaux de pluies dans le
sol. . En raison de la faible couverture végétale existante, le versant du morne Ara est également
soumis à une érosion hydrique importante par ruissellement des eaux de pluie. La couche arable du
sol est complètement lessivée et atteint son seuil critique, au point d’affleurement de la roche mère.
L’érosion hydrique et le ruissellement représentent des enjeux majeurs dans le cadre de
l’aménagement du bassin topographique, particulièrement pour la revégétalisation du versant, car
l’absence de sol peut entraver une rapide colonisation de l’espace par les arbres.
41 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Il est indispensable d’adopter des mesures et des dispositions techniques et institutionnelles
susceptibles de garantir la stabilité du versant du morne Ara.
Objectifs :
Réduire l’érosion sur les versants en favorisant l’infiltration des eaux de pluie ;
Limiter les activités humaines sur les versants, en particulier les activités agricoles
Enjeu 2 : Assainissement général de la zone. La zone souffre d’une carence de latrines et
d’équipements d’assainissement (poubelles et décharges). Les parcelles agricoles servent de lieux de
défécation de la population. Lors des précipitations, une bonne partie des selles est transportée dans
les cours d’eau. Le risque de contamination est grand lors des baignades, lors de l’utilisation
domestique. Les plantes sont également sujettes à une contamination fécale.
La zone est confrontée aujourd’hui à un problème sérieux, celui de la dissémination des déchets non
biodégradables. La fréquence des visites touristiques semble être la source principale de pollution par
les déchets. Les conséquences sur l’environnement sont nombreuses : pollution des sols agricoles,
concentration dans les cours d’eau, obstruction et pollution des points d’émergence de source.
Objectifs :
Développer des systèmes de gestion de déchets et de nettoyage
Réduire les pollutions des sources et des cours d’eau
Enjeu 3 : Anthropisation du plateau agricole. Le taux d’accroissement annuel des habitats dans la
zone de plateau est estimé à 9% au cours des 30 dernières années. La tendance à l’urbanisation est
évidente avec la parcellisation de l’espace. L’anthropisation constitue un enjeu important pour le
cours d’eau (risques élevés de pollution) et l’aménagement de l’espace (régression du couvert végétal
au profit des constructions, établissement de réseau viaire réduisant l’infiltration des eaux).
Objectifs :
Réaliser un zonage approprié du plateau agricole
Favoriser la co habitation agriculture et urbanisation
42 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Enjeu 4 : Valorisation du potentiel touristique. Les cultures vivrières constituent les principales
productions réalisées dans la zone. Le potentiel touristique n’est pas pris en compte dans
l’aménagement de l’espace agricole. Les opportunités touristiques
sont aptes à favoriser une
meilleure organisation de la production agricole, de l’artisanat d’art et de métier qui pourrait se
traduire par des bénéfices économiques et écologiques intéressants pour la population locale.
Objectifs :
Promouvoir et développer de nouveaux systèmes de production adaptés à la vocation
touristique de la zone
Promouvoir et développer des activités économiques associées au tourisme
Enjeu 5 : Organisation de l’espace d’accueil des pèlerins et des festivaliers. La chute de Saut
d’Eau est très fréquentée lors des fêtes patronales. Son espace ne répond pas à l’affluence des
visiteurs, avec moins de 0.15 m2 par pèlerin et festivalier. Ceci représente un enjeu pour la chute, vu
les risques d’accidents et les dégradations provoquées par la surcharge humaine enregistrée aux jours
des fêtes.
Objectifs :
Agrandir l’espace d’accueil et de loisir des pèlerins des festivaliers
Contrôler les activités à impacts négatifs des pèlerins
Attirer un plus grand nombre de visiteurs tout en préservant la dimension culturelle du site
Enjeu 6 : Protection du périmètre du cours d’eau. Le cours d’eau est un écosystème riche en
biodiversité (plantes aquatiques, crustacés, amphibiens, poissons). Les aménagements effectués sur le
cours d’eau, en particulier les barrages, perturbent les habitats aquatiques et la biodiversité. De même
que la fréquence des pratiques agricoles dans le périmètre des sources et du cours d’eau affectent la
qualité de l’eau et limite le développement de la végétation hydrophile, source de biodiversité.
Objectifs
Limiter la domestication du cours d’eau par les riverains
Limiter l’accès des pèlerins aux sources d’eau
43 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Enjeu 7 : Menaces de glissement de terrains. Les sols situés dans le périmètre immédiat de la chute,
en raison de leur structure, présentent des caractéristiques d’instabilité et de faiblesse structurale (sols
mous à forte teneure en sable et faible indice de plasticité), favorables aux mouvements gravitaires de
sols, notamment les glissements de terrains. Des incidents malheureux se sont déjà produits par le
passé, faisant plusieurs victimes parmi les festivaliers38. Ces menaces constituent un enjeu fort pour le
site, vu les divers projets d’exploitation de cette aire à des fins de construction, notamment des unités
de logements lourdes (dont un hôtel en cours).
Objectifs :
Limiter les activités de construction lourde dans la zone limitrophe du talus de la cascade
Promouvoir des actions de protection des talus
Enjeu 8 : Implication et participation des acteurs. Divers acteurs sont impliqués dans la promotion
et la gestion du territoire de la chute. Les plus importants sont : le MDE, le MARNDR, le MDT, le
MAST, la mairie de Saut d’Eau, le CASEC, et les associations locales. La participation et la
concertation de ces acteurs peuvent influencer les formes d’organisation, de gestion et de valorisation
du bassin topographique de la chute.
Objectifs :
Favoriser une meilleure gouvernance environnementale du patrimoine naturel
Garantir une meilleure application des décisions dans le cadre de la gestion partagée du bassin
topographique
Enjeu 9 : Production de données sur la zone. La carence de données sur la zone (étalées dans le
temps et l’espace) n’a pas permis de faire des analyses fines, déductives et avoir du recul sur les
divers phénomènes observés. Sur base des informations ponctuelles disponibles, il est vraiment
difficile de construire des schémas décisionnels
durables capables d’orienter un aménagement
complet et détaillé du territoire de la chute de Saut d’Eau.
Objectifs :
38
Le 16 juillet 2011, des glissements du talus de la chute ont fait 4 morts parmi les festivaliers
44 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Favoriser une meilleure compréhension des phénomènes pour une prise de décision anticipée
Faire de la zone un centre d’intérêt pour la recherche scientifique.
A partir de ces enjeux, le plan d’aménagement se construit progressivement. Il comprend : Un zonage
de territoire ; un plan de valorisation et de gestion
3.1
Zonage du territoire de la chute
Le zonage est le processus par lequel, un territoire donné est découpé en secteurs homogènes, dont
l’utilisation est régie par un ensemble de principes et de règles. Ce découpage prend en compte les
contraintes de la délimitation actuelle et les possibilités d’extension physique et de valorisation
future.
Quatre (4) critères de zonage ont été utilisés :
a) La topographie ;
b) L’occupation de l’espace ;
c) Les sites d’intérêt et leur potentiel ;
d) Les risques éventuels ;
Cinq (5) grandes zones ou secteurs sont identifiés dans la nouvelle délimitation territoriale :
Une zone de versant orientée vers la mise en defens ;
Une zone de moyenne pente, à utilisation contrôlée ;
Une zone de plateau consacrée à l’agriculture essentiellement ;
Une zone à risque de glissement de terrain, située sur le talus de la chute ;
Une zone à vocation récréative
45 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Figure 12. Schéma d'aménagement du bassin topographique de la chute de Saut d'Eau
(Guerrier, V.M., 2013)
46 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
A. Secteur I : Zone de mise en défens
C’est une zone complètement dégradée, où l’érosion atteint le seuil critique à certains endroits. Elle
s’étend sur 149 ha. Les critères de zonage retenus sont les suivants :
Topographie comprise entre les isohypses 640 et 960
Pentes supérieures à 30%
Profondeur de sol inférieure à 1 mètre
Couvert végétal constitué de plantes herbacées et de feuillus (cassia, leucaena, frêne,
scheferia), estimé à moins de 10%
Type de végétations recommandées : feuillus et résineux
Activités agricoles et d’élevage à interdire
En termes d’aménagement, il est impératif de recourir à la mise en défens dans cette zone marquée
par l’exploitation anarchique des maigres ressources ligneuses existantes (vestiges du projet de
reboisement de la PADF) et la pratique du brulis pour la culture du maïs et du sorgho. Cette mesure
contribuera à la colonisation naturelle des aires dénudées (principalement par le leucaena). Car, avec
des sols de si faible profondeur (0 à 15 cm), aucun programme de reboisement n’est viable dans ce
territoire. La délimitation de cette zone, hormis les bénéfices environnementaux directs en termes
d‘amélioration de l’infiltration, présente l’avantage de reconstituer un écosystème qui s’est développé
au cours du temps, mais détruit par les activités humaines.
B. Secteur II : Zone à utilisation contrôlée
L’ensemble de ce secteur couvre 149 ha. Cette zone est comprise entre les isohypses 640 à 430 au
pied du morne Ara. Une partie de ce secteur borne les différentes sources d’eau existantes sur 4.4 ha.
C’est une zone à utilisation contrôlée. La pratique de l’agriculture et de l’élevage est permise sous
certaines conditions. Les systèmes de cultures choisis doivent intégrer un plan d’aménagement et de
valorisation, préconisant l’agroforesterie, la protection et la restauration des sols, l’utilisation des
espèces à cycle végétatif long ou pérenne.
47 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Dans le périmètre des sources et des cours d’eau, la plantation d’arbres sera privilégiée. Ces
aménagements ont une fonction écologique (maintient le débit hydrique, favorise la biodiversité39,
minimise les risques d’érosion) et paysagère (maintien des strates arborées). La création de cet
écosystème est susceptible d’améliorer dans les 5 à 7 années suivant sa mise en place,
le
fonctionnement hydrologique des cours d’eau et favoriser la vie aquatique. Les ligneux implantés
joueront le rôle de filtre contre les polluants divers : sédiments, matières organiques, particules
d’origine fécale.
Les caractéristiques de cette zone sont les suivantes :
Une topographie située entre les isohypses 640 et 450 ;
Des pentes irrégulières inférieures comprises entre 20% et 25% ;
Des profondeurs de sols comprises entre 50 et 120 cm ;
Des végétations denses et hydrophiles le long du cours d’eau menant à la chute ;
C. Secteur III : Plateau agricole
La zone de plateau agricole est comprise entre le périmètre des sources et la route goudronnée de
morne Laborne. Elle totalise 76.9 ha. C’est une zone où la pratique agricole est déterminante pour le
maintien de l’équilibre amont/aval. Une révision des pratiques agricoles s’impose dans toutes ses
dimensions. Elle doit privilégier la protection de l’environnement et la valorisation des potentiels
économiques et touristiques. Cette zone est caractérisée par :
Une topographie comprise entre les isohypses 450 et 420
Des pentes inférieures à 20% ;
Des profondeurs de sols supérieures à 2 m ;
Des productions agricoles orientées essentiellement vers les cultures vivrières et
l’arboriculture fruitière ;
39
Biodiversité : la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres,
marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cette variabilité des organismes
vivant s comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes (Définition tirée du
décret-loi du 26 janvier 2006 sur la Gestion Environnementale).
48 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Des habitats concentrés sous forme de hameaux ;
Un périmètre d’irrigation desservant une dizaine d’hectares
D. Secteur IV : Zone à risque de glissement de terrain
Les glissements de terrain sont généralement la forme la plus importante de l’érosion de masse qui
comprend, entre autres, les décrochages, les éboulis, les coulées de débris et les coulées de boue. La
fréquence de glissements dépend d’une combinaison de plusieurs facteurs tels la géologie, la structure
lithologique, la topographie, le climat, la couverture végétale et les infrastructures (Fournier, 1960).
La zone située au sommet du talus de la chute a connu par le passé des mouvements gravitaires de
sols, des glissements40 de talus et des déformations superficielles du sol. L’historique même de la
chute et les modes d’occupation de l’espace amont ont mis en évidence des risques de glissement qui
pourraient s’étendre jusqu’à la limite de la route.
. Les critères de délimitation de ce secteur sont :
Topographie située entre les isohypses 430 et 420 ;
Faible pente comprise entre 5 et 7% ;
Sol mou, de texture sableuse au niveau de l’horizon supérieur, mais avec une accumulation
d’argile en profondeur (à partir de 1m ) ;
Sommet du talus de la chute de Saut d’Eau référencé aux coordonnées : 18.82312 N,
72.22093 W ;
Tendance à l’urbanisation.
Cette aire estimée à 6.21 ha est réservée à la plantation d’espèces
ligneuses pérennes. Les
constructions lourdes doivent être évitées au maximum, en privilégiant des structures légères.
40
Le glissement est un déplacement généralement lent (quelques millimètres par jour à quelques mètres par an) sur une
pente, le long d'une surface de rupture (surface de cisaillement) identifiable, d'une masse de terrain cohérente, de volume et
d'épaisseur variables
49 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Secteur V : Zone récréative
L’implantation de la zone récréative est une innovation dans l’aménagement des cascades, en ce sens
qu’elle prend en compte un espace considéré comme une extension de l’aire de baignade. Cette zone
comprend 3 sous secteurs totalisant 59.82 hectares :
La zone de baignade, malgré sa faible superficie (1.4 ha), accueille simultanément, plus de
2000 baigneurs, lors de la patronale. Des travaux de protection des talus de la partie Nord de
la chute sont à envisager. Un début de gabionnage des talus est observé dans la partie Nord du
site. De plus, le système de sous bois, implanté par le MDE, doit faire l’objet d’une
réorganisation, ainsi que les travaux de protection du talus doivent être renforcés dans le
cadre de ce schéma d’aménagement.
Une aire de plaisance, une extension de la zone de baignade. L’aménagement qui sera
envisagé vise à créer « le Parc Récréatif Vert de Saut d’Eau ». Cet espace sera utilisé à pour
des loisirs en plein air et des pique-niques, dans le but principal d’attirer plus de visiteurs, et
de dynamiser l’économie de la zone. Etabli sur 22. 8 ha, cet espace sera aménagé suivant les
règles de l’art par des paysagistes.
2 aires boisées totalisant 35.62 hectares destinées à améliorer la qualité du paysage. La
verdure créée par ces boisements fera de cet espace, une zone de randonnée et d’évasion pour
les festivaliers, touristes et autres visiteurs.
Le choix des espèces qui tiendra compte des
caractéristiques agro écologiques de la zone, sera minutieusement étudié lors de
l’aménagement de ce secteur.
Ce secteur est caractérisé par :
Des Talus à forte pente (notamment dans le secteur de plaisance) ;
Des végétations type arboricoles, dont des arbres séculaires ;
Etablissement d’infrastructures physiques, particulièrement au niveau de la zone de
plaisance ;
Recommandation du maintien de l’aspect paysager ;
Réserve de ligneux à constituer
50 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
3.2 Plan de valorisation et de gestion
Le plan de gestion s’inscrit dans une démarche de durabilité et de responsabilisation locale. Il
s’organise par enjeu et identifie les moyens prioritaires pour atteindre les objectifs visés par rapport à
chaque secteur. Ces moyens se présentent sous forme de dispositions et mesures nécessaires à la prise
en charge concertée du territoire global et la valorisation des potentiels exprimés par chaque secteur.
Enjeu 1 : Maitrise des eaux de pluie au niveau des versants
La gestion du bassin topographique, s’entend prioritairement la mise en place de structure de
gouvernance susceptible de favoriser une réappropriation du versant du morne Ara et l’amélioration
des conditions environnementales susceptibles de garantir de bonnes conditions hydrologiques dans
les secteurs aval.
Disposition 1. Mettre en défens 1.43 km2 de la partie haute du versant
La mise en défens est une technique qui consiste à mettre au repos, par des rotations
périodiques, des surfaces dégradées afin d’y favoriser la restauration de l’écosystème (Diatta
et al, 1995). Cette mesure contribuera à la colonisation naturelle des aires dénudées (par le
leucaena et les prairies en particulier). La mise en défens est susceptible d’influencer
remarquablement
les caractéristiques structurelles et fonctionnelles de l’écosystème du
versant du morne Ara. Les résultats traduiront d’une part, par une bonne régénération du
couvert végétal et aussi par une amélioration de la structure du sol du fait du développement
de l’activité biologique. Cette disposition touchera 143 hectares dans la partie haute du
versant.
Disposition 2. Mettre en place et Appliquer des instruments légaux
Continuer les démarches visant à conférer aux chutes de Saut d’Eau le statut de Parc
Naturel41
Arrêté municipal décrétant les zones immédiates des sources de « zone à utilisation
contrôlée »;
Arrêté municipal interdisant systématiquement la coupe des arbres sur un territoire de 3
km2 incluant les chutes d’eau;
Arrêté municipal interdisant les constructions dans le périmètre des sources.
41
La zone de haut Saut d’Eau a été décrétée Parc Naturel par le MDE en 2008.
51 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Disposition 3. Mettre en place un système de contractualisation des terres situées sur la
partie haute du morne Ara
Un programme de contractualisation au profit des espaces à reboiser sera envisagé. Le MDE
s’est déjà initié dans une démarche de responsabilisation des occupants du versant du morne
Ara. Un accord de principe a été paraphé en mai 2013 entre le MDE et les représentants des
familles propriétaires. Le but de la contractualisation est de limiter le droit d’utilisation des
terres du versant par les occupants et par là limiter les pratiques agricoles érosives et le
dénudement des versants.
Le principe consiste pour les collectivités ou le MDE à acquérir le droit d’utilisation des terres
par achat ou bail sur plusieurs années. Les tenants seront engagés pour la surveillance et
l’entretien des terres. Au terme du contrat de bail, après constat de la colonisation naturelle
complète du versant, la collectivité ou le MDE peut, soit rendre la parcelle au propriétaire ou
renouveler le bail pour l’engagement d’une deuxième phase. Tout compte fait, après 10 ans,
l’écosystème sera stabilisé et les bénéfices écologiques seront importants et visibles dans le
façonnage du territoire.
Disposition 4 : Instituer une brigade de protection des ressources ligneuses du morne Ara
Le MDE, dans le cadre du protocole signé avec les représentants des familles détentrices de
titres de propriété sur le versant du morne Ara, prévoit la formation et le recrutement de 10
personnes à titre d’agent forestier. Il faut dire que ces personnes sont déjà engagées dans le
cadre de cet accord, pour la surveillance et l’entretien des plantules mises en terre. Il s’agit
dans le cas précis de cette disposition de renforcer le noyau de surveillants existant et
l’intégrer par la suite dans le système de contractualisation des espaces.
Disposition 5 : Mettre en œuvre un projet de développement de l’agroforesterie et de
conservation des sols
La partie basse du versant du morne Ara est destinée à une exploitation contrôlée. La mise en
œuvre d’un projet d’agroforesterie bien étudié, répondant aux caractéristiques physiques et à
la réalité agrologique de la zone, présente l’avantage de bénéficier de la participation et de
l’implication des propriétaires fonciers. Ce projet vise une exploitation rationnelle de
l’espace, en utilisant des pratiques de conservation des sols et de l'eau, qui fournissent des
produits économiquement utiles aux agriculteurs. Il s’agit de structures physiques qui ont
52 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
démontré leur efficacité technique, dans certaines situations. Divers types de techniques de
conservation seront envisagés : haies vives, rampes de paille, bande de nourriture, structures
mécaniques renforcées de plantations d’arbres et de cultures annuelles. Environ 140 hectares
sont visés par ce projet.
Globalement, les activités agroforestières et les mesures de conservation des sols sont
complexes et exigent plus de connaissances de l’utilisation des sols que les cultures annuelles.
Il s’agit, entre autres, de planter des espèces différentes. Si elles incluent des arbres, la période
entre la mise en terre et le profit économique est bien plus longue que pour les récoltes
annuelles (Bannister and al, 2006).
.
Enjeu 2 : Assainissement général de la zone
Disposition 6. Mettre en place un programme d’appui à la construction de latrines
Les données issues de l’enquête foncière renseignent que 70% des logements établis dans la
zone du plateau ne disposent pas de commodités sanitaires. La mairie devra d’une part, faire
obligation à tout propriétaire foncier d’intégrer dans leur plan de construction, un bloc
sanitaire fonctionnel. Les anciens habitats non pourvus de latrines se verront obligés
d’intégrer un programme de « normalisation sanitaire » qui subventionnera la construction
d’une centaine de latrines. Les bénéficiaires participeront jusqu’à concurrence de 50% au
financement de ces unités.
Au niveau des aires récréatives, il est jugé important d’installer des commodités sanitaires à
l’intention des festivaliers et pèlerins.
Disposition 7. Promouvoir l’éducation sanitaire et environnementale des riverains
La commune de Saut d’Eau, à l’instar des autres communes du Bas Plateau Central, a connu
le fléau du choléra. Les opportunités offertes par les cascades, en termes de promotion
touristique imposent l’adoption de mesures sanitaires appropriées. L’éducation sanitaire des
riverains, en termes d’hygiène et d’assainissement constituent des éléments majeurs pour la
valorisation du potentiel touristique de la zone. La mise en place d’un programme d’éducation
sanitaire et environnemental qui impliquera le MDE, le MSSPP, le MDT, le MENJS, les
collectivités locales et la société civile présente l’avantage de sensibiliser l’ensemble de la
population de la zone (inclusivement les jeunes scolarisés) et créer des conditions sanitaires et
environnementales favorables à la promotion des activités touristiques.
53 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Disposition 8 : Mettre en place un dispositif de nettoyage du site ou de gestion des déchets
solides
La gestion des déchets solides fait partie des compétences de la mairie. Toutefois, la question
concerne l’ensemble de la collectivité, à cause des impacts des déchets sur l’environnement.
De ce fait, la mairie et le CASEC se doivent de mettre en place un dispositif de collecte et de
traitement des déchets solides. Ce dispositif pourra bénéficier l’appui des autres secteurs
intéressés au site de Saut d’Eau, particulièrement le MDE, le MDT.
Disposition 9 : Construction d’un système de desserte d’eau potable
Le diagnostic territorial a fait ressortir la mauvaise qualité bactériologique de l’eau. Dans la
perspective de créer des conditions sanitaires viables, propices au développement du
tourisme, un système de desserte en eau potable sera implanté au profit de la zone habitée et
des aires récréatives. Ce système comportera un réseau de distribution domestique et un
réseau de desserte publique bien distribué sur les différents sites touristiques.
Enjeu 3 : Anthropisation du plateau agricole.
Disposition 10. Elaborer un plan directeur d’urbanisme adapté à la vocation agricole de la
zone de Haut Saut d’Eau.
Les constructions recensées dans la zone du plateau agricole ont été établies sans aucun plan
d’urbanisation préalable. Le taux d’accroissement des habitats observé au cours des 10
dernières années montre l’intérêt porté à cette zone. Pour une meilleure exploitation de
l’espace qui a une vocation agricole, il sera établi un plan directeur d’urbanisme qui tiendra
compte de l’évolution de la zone et des diverses fonctions qui lui sont assignées.
Disposition 11. Réaliser une piste piétonne de façon à réduire le compactage du sol par
piétinement des espaces fréquentés par les visiteurs
Aux jours des fêtes patronales, 3 sites sont généralement fréquentés par les visiteurs : les
cascades (la baignade), les sources (rituel vaudou au pied des arbres) et les grands arbres
(invocation mystiques). Pour la réalisation de ces activités, aucun tracé piéton n’existe dans
la zone. Il en résulte un piétinement excessif associé à un compactage du sol. Une piste
piétonne de 1km sera établie entre les différents points d’accès des festivaliers afin de réduire
le piétinement et le compactage, préjudiciable pour la vie organique du sol.
Enjeu 4 : Valorisation du potentiel agricole et touristique
54 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Disposition 12. Mettre un programme de formation et de promotion de l’artisanat
Il s’agit de développer de nouveaux créneaux professionnels au profit des jeunes de la zone.
Ce programme de formation ciblera en particulier l’artisanat d’art (peinture, sculpture, fer
découpé, poterie) qui n’est pas courant dans le plateau central. Trois composantes sont
identifiées : la formation, l’appui à la création d’ateliers artisanaux et l’organisation de venteexposition d’œuvres d’art. Ce programme aura un double impact en termes de promotion
touristique et de valorisation des ressources humaines locales.
Disposition 13. Mettre en place un programme d’incitation économique
Ce programme envisage la promotion d’activités génératrices de revenus (culture d’essences
fruitières associée à l’implantation d’unités avicoles, aquacoles ou apicoles). Il s’adresse aux
agriculteurs de la partie mitoyenne et basse du bassin versant topographique. Il sera axé sur la
promotion de produits agricoles niches comme le cocotier, la papaye, l’ananas, les légumes,
l’aquaculture. La zone a connu par le passé des initiatives de construction de bassins
aquacoles qui méritent d’être redynamisées dans une perspective de valorisation des
ressources locales. La construction d’une dizaine de mini serres agricoles permettra
également de satisfaire la demande locale en légumes (poivron, piment, concombre, laitue,
tomate) et le marché niche constitué par les visiteurs estimés à plus de 450 par semaine42.
Disposition 14. Mettre en place un programme de réhabilitation des sites touristiques de la
commune
La commune de Saut d’Eau dispose de nombreux autres sites touristiques remarquables. Afin
de mieux valoriser ces déplacements de masse, les sites les moins fréquentés en raison du
mauvais état des voies de communication, seront réhabilités. Ce programme touchera les sites
suivants : Grotte Doco, Grotte Mahotière, Grotte Ka Tipen.
Enjeu 5 : Organisation de l’espace d’accueil des pèlerins et des festivaliers
Disposition 15. Mettre en place un programme de promotion de l’auberge rurale
Cela s’entend un programme de tourisme rural basé sur la construction ou l’amélioration de
l’habitat dans la zone. Il s’agit globalement d’exploiter et d’adapter les structures de logement
disponibles à des fins d’hébergement touristique. Cette action répond à des besoins
42
Une estimation faite par les personnes chargées du contrôle au portail du site. Ce chiffre constitue une moyenne pour les
périodes de faible affluence. Les chiffes peuvent atteindre des milliers lors de la Mont Carmel, la Pâques, la Nativité, « Petit
Juillet » correspondant à la première semaine d’aout.
55 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
spécifiques et s’adresse à une clientèle particulière, en quête d’évasion et de naturalisme. Ce
programme pourra être mis en œuvre conjointement avec le ministère du tourisme et des
investisseurs privés locaux ou régionaux.
Disposition 16. Aménager l’espace d’accueil et créer un parc de loisir
Le site des cascades de Saut d’Eau se limite à un territoire ne dépassant pas 2 hectares avec
une aire de stationnement pour véhicules pouvant recevoir une dizaine de voitures, une grande
allée d’environ 125 marches, un lot boisé côtoyant une aire de sous bois et l’aire de baignade
ne faisant pas 400 m2. L’aménagement préconisé comprendra un agrandissement du parc de
stationnement, la restauration du lot boisé, l’extension de l’aire de baignade par
l’aménagement d’une zone de plaisance et de pique-nique, qui intègrera un « parc récréatif
vert ». Ce dernier comportera différentes strates arborées (du gazon au sucrin), susceptibles de
non seulement
réduire le ruissellement, mais aussi d’attirer un plus grand nombre de
visiteurs.
Enjeu 6 : Protection du périmètre du cours d’eau
Disposition 17. Encourager la mise en place d’un rideau végétal de protection des cours
d’eau
Dans le périmètre des sources, le renforcement des peuplements ligneux existants s’avère
indispensable dans la perspective de favoriser une bonne infiltration de l’eau de pluie. Par
ailleurs, un site y sera aménagé en faveur des vaudouisants pour l’exécution de leurs rituels.
Ce site sera planté d’espèces appropriées à leurs pratiques, notamment le Ceiba pentandra
(Mapou rouge).
De plus, l’établissement d’une bande arborescente permettra une bonne
protection du cours d’eau contre les pollutions diverses.
Enjeu 7 : Menaces de glissement de terrain
Disposition 18. Interdire les pratiques agricoles intensives et les initiatives de construction
lourdes sur les terres situées au dessus de la chute de Saut d’Eau
En raison des menaces de glissement de terrain identifiées dans la zone située au sommet du
talus des chutes de Saut d’Eau, il est suggéré de limiter la densité d’habitats sur ces terrains.
56 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Les pratiques agricoles susceptibles de favoriser une cohérence structurale du sol sont
vivement recommandées. Ces mesures seront prises en comptes et dictées par la mairie, dans
le cadre des livraisons de permis de construction.
Disposition 19. Protéger les talus contre le glissement de terrain
Des structures de gabionnage ont été érigées au cours de l’année 2007 dans le bus de protéger
les talus au niveau de la partie Nord des cascades. Ces aménagements malgré leur importance
dans la protection du parc de stationnement des véhicules, sont restés inachevés depuis
environ 2 ans. Le risque d’extension du processus d’érosion des talus semble particulièrement
élevé. Le renforcement des premiers gabionnages et l’érection de nouvelles structures
mécaniques et biologiques (bandes de vétiver) s’avèrent importants pour la protection des
talus contre les glissements de terrain et la diminution des risques d’accident au niveau des
cascades.
Enjeu 8 : Implication et participation des acteurs
Disposition 20. Associer dans les activités à prévoir « tourisme et reboisement »
Mettre un programme de parrainage ciblant les pèlerins et les touristes, associant ainsi
« tourisme et reboisement ». Le pèlerin achète un arbre, qu’il plantera lui-même sur le site et
l’identifie à partir d’une plaquette. Il pourra d’année en année suivre l’évolution de cet arbre.
Il aura contribué par ce geste à la revégétalisation de l’espace. L’argent collecté servira à
l’entretien du boisement. Ce programme s’intègrera dans les mécanismes d’aménagement de
la zone d’utilisation contrôlée située au pied de versant du morne Ara et les espaces réservés
au parc récréatif vert.
Disposition 21. Mettre en place une structure de gouvernance environnementale
La gouvernance environnementale s’entend l’établissement de mécanismes visant
l’implication et la concertation des acteurs dans la gestion durable du milieu, tout en prenant
en compte la dimension sociale, culturelle et économique. La structure envisagée impliquera
les divers ministères concernés (MARNDR, MDE, MICT, MC), les autorités locales, les
structures organisées de la société civile et les institutions non gouvernementales intervenant
dans la zone. Elle cherchera à responsabiliser et renforcer les compétences des collectivités
locales (maires, CASEC, ASEC) dans la gestion appropriée et la prise en charge de l’espace.
57 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Enjeu 9 : Production de données sur la zone
Disposition 22. Mettre en place un observatoire agro environnemental dans la zone de
Haut Saut d’Eau
Les chutes de Saut d’Eau font partie du patrimoine culturel et écologique d’Haïti. La
préservation de ce patrimoine est une nécessité pour la zone et représente un enjeu majeur
pour le pays en matière de gestion des ressources naturelles. Le suivi des divers
compartiments du bassin topographique à travers la mise en place d’un observatoire
environnemental incluant l’installation de pluviomètres, de thermographes, le jaugeage
périodique du débit des sources et du ruisseau, favorisera la production continue et sur une
base régulière de données quantitatives. Toutefois, du fait de la complexité des processus de
gestion environnementale et de la forte variabilité spatio-temporelle des facteurs biophysiques
et climatiques (sol, végétations, précipitation), une compréhension fine du fonctionnement
hydrologique nécessite la mise en place d’un réseau d’observation très dense. La mise en
place de cet observatoire sera impérativement
associée aux activités de l’ONEV
(Observatoire National de l’Environnement et de la Vulnérabilité)43 dont la mission
essentielle est la collecte, la gestion et l’interprétation des informations environnementales en
vue de la prévention des risques.
Les champs de compétence assignés à l’ONEV sont :
Collecte et production des données sur l’environnement.
Réalisation d’applications pour favoriser une bonne compréhension des problèmes sur diverses composantes de
l’environnement.
Mise sur pied d’une veille environnementale par des actions définies de suivi des aires protégées et des zones à
risque‚ l’évaluation des politiques publiques et le suivi de l’mpact des projets environnementaux.
Diffusion des données et informations par l’utilisation d’outils de divulgation efficaces‚ comme par exemple dans
le domaine sismique.
Constitution d’une plateforme de concertation et de réflexion prospective par des échanges d’expériences entre les
divers acteurs intervenant principalement dans le secteur environnemental‚ comme par exemple dans la
problématique de la pollution ou de l’élévation des eaux des lacs et étangs.
43
http://www.mde-h.gouv.ht/onev.htm
58 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
CONCLUSION
Cette étude a permis de mettre en évidence les problèmes environnementaux majeurs confrontés par le
bassin topographique de la chute de Saut d’Eau. Le faible couvert végétal observé au niveau des
versants du Morne Ara, la persistance des pratiques culturales érosives ont favorisé une augmentation
du ruissellement au détriment de l’infiltration. Il en résulte une diminution de la capacité
d’emmagasinage souterrain des eaux de pluies et une réduction du débit des sources alimentant les
chutes de Saut d’Eau. La trop forte anthropisation du plateau agricole, la mauvaise gestion du
paysage est à la base d’une mauvaise qualité bactériologique de l’eau du ruisseau menant à la chute.
L’exécution du plan d’aménagement élaboré nécessite une mobilisation de ressources financières et
un engagement au plus haut niveau de l’Etat, de façon à garantir l’application des mesures
réglementaires et administratives qui lui sont associées. D’abord, en termes de financement, trois
mécanismes peuvent être envisagés :
Le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) à travers les fonds
communaux peut, dans le cadre de la mise en place du système contractualisation territoriale,
financer à hauteur de 2.5 millions de gourdes annuellement, l’acquisition du droit
d’exploitation des terres ciblées dans la mise en defens (143 hectares), soit par achat ou par
bail sur une période relativement longue.
La mairie de Saut d’Eau conjointement avec le CASEC, peut étudier un plan de financement
de certaines actions à partir des recettes collectées (droits d’entrée, droits de stationnement,
autorisation d’étalage et de panneaux publicitaires, pour les commerçants), les jours de
festivités.
Les ministères concernés peuvent à partir des prévisions budgétaires indiquées dans les
Programmes d’Investissement Publics, mettre en œuvre certaines activités susceptibles de
valoriser le site et préserver le patrimoine des chutes de Saut d’Eau.
Le programme de « tourisme et reboisement », avec les 20000 visiteurs attendus par an, peut
générer des fonds de l’ordre de un million de gourdes annuellement, à raison de un arbre en
moyenne par visiteur.
Le plan stratégique d’aménagement du bassin topographique permettra une meilleure gestion et
valorisation des secteurs délimités. Ce plan de valorisation et de gestion du patrimoine des chutes de
59 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Saut d’Eau, est un outil d’aide à la décision qui impliquera tous les acteurs de la société civile, en
particulier les autorités locales qui bénéficieront d’un paysage rénové et d’un territoire plus
accueillant, susceptible de favoriser le développement du tourisme dans la zone.
60 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
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62 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
63 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
ANNEXES
Annexe 1 : Synopsis de l’étude foncière
NOM ET PRENOM
STATUT
FONCIER
SUPERFICIE
(centieme Cx)
ANNEE
IMPLANTATION
DE LA MAISON
EXISTENCE
DE
LATRINE
CULTURES
PRATIQUEES
ARBRES
PRESENTS
Clercius St Victor
Pascal Rony St
Victor
Jean Richard St
Victor
P
50
60
non
mais, sorgho
chene, arbre v.
H
5
3
non
mais, banane
avocat
P
12
10
non
mais, chou
Valise St Louis
P
2
13
non
Cocotier
manguier,
arbre v.
Molord St Louis
P
5
20
oui
mais
Saint Vilia St Vilus
P
2
12
non
mais, sorgho
arbre v.
leucaena,
cassia
Gladys Jean
P
2
4
non
mais, sorgho
leucaena
Deceres Altidor
Marie Verneran St
Louis
F
3
5
non
mais, sorgho
cedre
F
4
4
non
mais, sorgho
cassia
Idovic Louissaint
F
6
7
oui
mais, sorgho
cedre
Clercius Altidor
P
9
7
oui
mais, patate
Caimite
Monique Reme
H
8
3
non
mais
Avocat
Rosette Louissaint
H
8
20
non
mais
bois d'orme
Frisnel Louissaint
H
20
20
oui
mais
arbre v.
Vanette Louis
P
10
20
oui
mais, banane
Dieuseul S. Desras
P
35
6
oui
banane
Franck Louissaint
P
3
16
oui
banane
citrus
Cocotier,
citron
Mathieu Louissaint
P
3
20
oui
mais, banane
Cedre
Tania Reme
P
9
25
non
mais, sorgho
manguier
Jeanette Louissaint
H
1
17
non
banane
arbre v.
Yolaine Souffrant
P
30
13
oui
mais, banane
manguier
Jean Gehu Altidor
H
5
12
non
mais
avocat
Nermicia Jean Paul
P
6
16
oui
mais
cedre
Eunide Louissaint
H
1
17
non
banane
avocat
Yvana Louissaint
H
1
20
non
banane
manguier
Gregory Chevry
P
60
8
oui
banane
arbre v.
64 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
SUPERFICIE
(centieme Cx)
ANNEE
IMPLANTATION
DE LA MAISON
EXISTENCE
DE
LATRINE
CULTURES
PRATIQUEES
ARBRES
PRESENTS
mais, sorgho
chene
NOM ET PRENOM
STATUT
FONCIER
Viergela Bien-Aime
P
17
48
oui
Mme Andre Dorgevil
P
6
40
oui
Louis Bien-Aime
P
8
36
oui
mais
cocotier
Morales Ferdinand
Gerant
100
35
oui
mais, sorgho
cedre
Gregoire Lucien
P
4
20
oui
banane
arbre v.
Jeanette Lucien
H
3
25
oui
banane
arbre v.
Sobner Placide
P
8
40
oui
mais, sorgho
arbre v.
Clemene Louis
P
4
30
non
mais
cedre
gabriel Placide
P
8
30
non
mais
cedre
Roland Jeune
P
6
25
Oui
Banane
arbre v.
Jean louis Thomas
P
11
8
non
mais Sorgho
avocat
thomene rayme
heritage
6
10
oui
mais Sorgho
avocat
Sonia Donjervil
p
2
12
oui
banane
arbre v
St victor Gedeon
heritage
3
38
oui
banane
bois d'orme
Andre Valcin
p
2
20
oui
Mais
arbre veritable
Dieudira St Louis
p
3
15
non
Mais
Natan Lucien
p
2
15
non
Mais
arbre veritable
Samuel Charles
P
2
45
non
Mais
avocat
Emile Dumas
heritage
12
35
oui
Mais
arbre veritable
Hermithe Dumas
heritage
13
30
non
Mais
arbre veritable
Nilia Louis
heritage
1
22
non
arbre veritab
arbre veritable
Louis Baptiste
heritage
1
22
non
arbre veritab
arbre veritable
Louicen Louissaint
heritage
5
45
oui
noix de coco
cedre
Leon Dieudonne
p
4
10
oui
arbre veritab
arbre veritable
Nerner Thomas
p
8
38
oui
Mais
arbre veritable
lucien Elicien
p
3
18
oui
Mais
Citron
Estra Lucien
p
2
18
oui
Mais
avocat
Cherlande Avril
p
11
16
non
Mais
avocat
franckel Desilus
ferme
60
20
non
Mais
eucalyptus
Lamercie Dieudonne
p
5
48
non
Mais
arbre veritable
Berthony Louis
heritage
4
48
non
Mais
arbre veritable
Odette Louis
p
60
40
non
Mais
arbre veritable
Lancie louissaint
heritage
12
45
oui
Mais
arbre veritable
Marie Louissaint
heritage
3
30
oui
Mais
arbre veritable
Roseme Maxime
heritage
2
5
non
Mais
Gommier
Monique Charles
P
6
15
non
Mais
Manguier
arbre v.
65 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
SUPERFICIE
(centieme Cx)
ANNEE
IMPLANTATION
DE LA MAISON
NOM ET PRENOM
STATUT
FONCIER
EXISTENCE
DE LATRINE
CULTURES
PRATIQUEES
ARBRES
PRESENTS
Loutes Charles
heritage
7
20
non
Banane
arbre veritable
Laurette Jesilus
heritage
2
20
non
banane
arbre veritable
Gustave auguste
p
8
25
non
Mais
Manguier
Fortune Dieudonne
p
5
15
non
Mais
Manguier
wilner Dieudonne
heritage
10
15
non
Mais
Manguier
Edtor Jean Louis
heritage
12
17
non
Mais
avocat
Tiseau Maxime
ferme
4
12
non
Mais
avocat
Josette St Victor
p
2
4
non
Mais
cedre
Roosvelt St Victor
p
4
26
oui
Mais
arbre veritable
Andre Charles
heritage
2
30
non
Mais
Cocotier
Fresnel Desilus
p
8
35
non
Mais
Cassia
Lucner Desilus
heritage
20
30
non
Mais
Cassia
Val Valcin
p
8
15
non
Mais
cedre
Hermion Desilus
heritage
4
20
non
Mais
cedre
Mercelli Louissaint
heritage
3
25
non
Mais
avocat
Mapasse
heritage
4
25
non
Mais
avocat
Dunera Rayme
ferme
8
22
non
Sorgho
arbre veritable
Lucien Andre
p
3
22
non
Banane
arbre veritable
Alphonse Louissaint
heritage
8
22
non
banane
Cocotier
Joseph Jean Louis
heritage
11
35
oui
Mais
arbre veritable
Remonise Jean Louis
heritage
6
30
non
banane
arbre veritable
Jean Baptiste
p
48
65
non
Mais
Manguier
Petit frere
f
15
4
non
Patate
Leucaena
Sael Michel
H
300
58
non
mais Sorgho
Manguier
Fleuroncier Besilus
P
8
14
n
mais
cocotier
Timisi Maxime
P
22
35
non
mais
Leucaena
Toto
P
6
7
non
mais
Cassia
Mme Melisse Lucien
P
18
25
oui
mais, sorgho
arbre veritable
Julienne Lucien
P
6
20
oui
banane
arbre veritable
Vernet Louissaint
P
8
30
non
mais
arbre veritable
Daniel Bristout
F
4
7
non
banane
Cedre
Jolina Louissaint
H
6
15
non
banane
arbre veritable
Oline Sainme
P
8
30
non
banane
cedre
Mme Tiblanc Michel
P
3
20
non
mais
bois d'orme
Albert Louissaint
H
15
25
non
mais
arbre veritable
Phito Israel
H
3
17
non
mais
cedre
66 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
SUPERFICIE
(centieme Cx)
ANNEE
IMPLANTATION
DE LA MAISON
EXISTENCE
DE
LATRINE
CULTURES
PRATIQUEES
ARBRES
PRESENTS
NOM ET PRENOM
STATUT
FONCIER
St. Louis Israel
H
3
17
non
mais
cedre
Gabriel Israel
H
2
8
non
Sorgho
arbre veritable
Oleon Cassou
Dieufilsaint
Louissaint
H
28
48
non
mais
avocat
P
7
10
non
mais
arbre veritable
Mme Silo Geffrard
P
8
50
non
Sorgho
arbre veritable
Mme Babas
P
6
20
non
Sorgho
Avocat
Mitalia Valsaint
P
5
15
non
banane
Avocat
Emmanuel Jn, Louis
P
8
30
non
mais
arbre veritable
Paniel Gessaint
F
7
8
non
mais
cedre
Ilodie Altidor
P
2
10
non
mais
Avocat
Luina Lucien
P
2
12
non
Avocat
Lisia Louissaint
H
2
17
non
cocotier
TOTAL
1396
Légende :
P
H
F
: Propriété
: Héritage
: Fermage
67 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Annexe 2 : Relevé des débits au niveau de la source Ara 1 et du cours d’eau
LONG
moy (m)
LARG moy
(m)
HAUT
moy
(m)
TEMPS
moy
(sec)
VOL
recipient
(l)
Vitesse
moy
(m/s)
Section
mouillée
moy
(m2)
Q m3/s
Q l/s
Ara2
4.5
0.47
0.4
7
0.514
0.19
0.097
96.69
Cours d'eau Aval
chute non Pluie
4.8
2.3
0.45
16
0.24
1.04
0.248
248.40
Cours d'eau Aval
Pluie
5
2.4
0.43
15
0.27
1.032
0.275
275.2
Ara 1
3.5
3.78
1.08
Ara 1
3
3.78
1.26
Coefficient de
correction : 0.80
(Roche, M. 1963)
68 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Annexe 3 : Les espèces inventoriées dans l'aire de la chute et leur fréquence relative
Espèces inventoriées
Nom scientifique
Fréquence
Leucaena
Leucaena leucocephala
20%
Ficus
Ficus sp
3%
Cèdre
Cedrela odorata
1%
Moringa
Moringa oleifera
5%
Chêne
Catalpa longissima
3%
Frêne
Simaruba glauca
5%
Casuarina
Casuarina
1%
Campêche
Haematoxylon campechianum
3%
Flamboyant
Delonix regia
5%
Neem
Azadirachta indica
12%
Capable
Scheferia frutescens
5%
Cassia
Cassia siamea
5%
Avocatier
Persea americana
3%
Manguier
Mangifera Indica
10%
rabie
-------
7%
69 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Annexe 4 : Résultats des analyses de laboratoire
70 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
71 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
72 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
73 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
74 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Annexe 5. Protocole d’accord entre le MDE, la Mairie de Saut d’Eau et les
représentants des familles propriétaires de foncier au niveau du morne
Ara.
75 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
76 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
77 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
78 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau
Annexe 6. Liste des personnes présentes à la rencontre du 31 aout 2013
(école nationale de Haut Saut d’Eau)
1. St Victor Pascal Rony
2. Rémé Fleuristène
3. Jean-Paul Jevisène
4. Louissaint Evans
5. Rémë Altide
6. Luoissaint Levens
7. Sainvilus Ermilia
8. Louissaint H. Guillaume
9. Désilus Luckner
10. St. Victor Jean Roosevelt
11. Elusca F. Wilner
12. Louissaint Silfrance
13. Louisia Jonas
14. Altidor Clercius
15. Louissaint Jean Mathieu
16. Altidor Jean Décéres
17. Louissaint Franck
18. Rémé Duméra
79 Etude environnementale et plan stratégique d’aménagement pour la sauvegarde du patrimoine de Saut d’Eau