(2008-2020) Politique de relance du secteur agricole
Resume — Politique de relance du secteur agricole MARNDR-FAO couvrant 2008 à 2020, datée de mai 2008. Elle s'ouvre sur un diagnostic stratégique du secteur, dont une matrice SWOT, et un examen des services d'appui et de la structuration du milieu.
Description Complete
Préparée par le MARNDR avec la FAO et datée de mai 2008, cette politique fixe un horizon de douze ans pour la relance de l'agriculture haïtienne. Elle commence par un diagnostic stratégique : données structurelles et contexte socio-économique, état du secteur agricole et rural, et matrice forces-faiblesses-opportunités-menaces. Elle examine ensuite les services d'appui et la structuration du milieu rural : encadrement, recherche et formation agricole, approvisionnement en intrants. Publiée l'année de la crise des prix alimentaires et juste avant l'entrée en vigueur du DSNCRP, elle constitue l'énoncé de politique au regard duquel il faut lire les programmes sous-sectoriels produits par le MARNDR en 2009 et 2010. L'exemplaire conservé porte la mention « draft ».
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
REPUBLIQUE D’HAITI
Ministère de l’Agriculture Organisation des Nations Unies
des Ressources Naturelles pour l’Alimentation et l’Agriculture
et du Développement Rural FAO
MARNDR
Politique de Relance du secteur agricole
2008-2020
Mai 2008
1. Diagnostic stratégique du secteur agricole 4
1.1. Eléments de base et données structurelles 4
1.1.1. Contexte socio-économique 4
1.1.2. Le secteur agricole et rural 5
1.2. Forces et faiblesses 8
1.2.1. Matrice de synthèse SWOT (strengths, Weakness, Opportunities, Threats) 8
1.3. Diagnostic sur les services d’appui et la structuration du milieu 11
1.3.1. Encadrement et recherche/formation agricole 11
1.3.2. L’approvisionnement en intrants agricoles 13
1.3.3. Le crédit rural 14
1.3.4. Structuration du milieu – Organisations de producteurs 14
1.4. Diagnostic sur la commercialisation et les dynamiques de filière 16
1.4.1. Les filières céréalières 17
1.4.2. Les autres filières domestiques de produits alimentaires 18
1.4.3. Filières d’élevage 18
1.5. Dynamiques positives et leviers de changements 21
2. Le cadrage d’une politique agricole dans les engagements du Gouvernement 22
2.1. Le PRSP 2008-2012 : agriculture et développement rural comme piliers prioritaires 22
2.2. Le PRSP et les bases d’une stratégie de développement agricole 23
2.2.1. Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier 23
2.2.2. Relance de la production agricole 23
2.2.3. Modernisation des infrastructures rurales 23
2.2.4. Promotion de la pêche et de l’aquaculture 24
2.2.5. Relancement de l’agro transformation 24
2.2.6. Promotion d’une nouvelle stratégie de commercialisation 24
2.2.7. Renforcement des structures d’appui à la production 25
2.2.8. Financement de l’agriculture 25
2.3. Une politique de Décentralisation et de soutien au développement local 25
2.4. Engagements internationaux liés au secteur agricole et au commerce international 26
3. Le cadre de politique de relance du secteur agricole 2008-2020 26
3.1. Objectifs et résultats à atteindre 26
3.2. Cadre logique: composantes et lignes d’action 27
4. Description des composantes 30
4.1. Composante 1 : Modernisation des infrastructures rurales 30
4.1.1. Ligne d’action 1 : Réhabiliter et développer le capital d’irrigation de façon durable avec une pérennisation des fonctions d’entretien 30
4.1.2. Ligne d’action 2 : Développer et pérenniser le réseau de pistes, routes et infrastructures stratégiques dans l’écoulement de produits agricoles 30
4.2. Composante 2: Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier 30
4.2.1. Ligne d’action 3: Accélérer le réaménagement des bassins versants des montagnes humides et semi-humides 30
4.2.2. Ligne d’action 4 : Politique de Sécurisation foncière ciblée sur les zones bénéficiant de programmes de réhabilitation (périmètres irrigués, basins versants) 31
4.3. Composante 3: Renforcer les structures d’appui à la production 32
4.3.1. Ligne d’action 5 : Mise en place d’un réseau de centres agricoles multiservices 32
4.3.2. Ligne d’action 6 : Renforcer et sécuriser l’accès au micro crédit rural décentralisé et déconcentré 32
4.3.3. Ligne d’action 7 : Professionnaliser les filières d’intrants et de prestataires de services 33
4.4. Composante 4: Disponibilité en produits alimentaires de base 33
4.4.1. Ligne d’action 8 : Promouvoir la relance des filières céréalières (riz, maïs) 33
4.4.2. Ligne d’action 9 : Recentrer la composition de l’offre locale autour de la banane, le haricot, l’igname et d’autres tubercules (manioc, patate) 34
4.4.3. Ligne d’action 10 : Promouvoir l’expansion des filières d’élevage et de pêche alimentant le marché domestique 34
4.4.4. Ligne d’action 11: Sécurisation des activités économiques en milieu rural – gestion des risques de catastrophes naturelles (cyclones, inondation) 34
4.4.5. Ligne d’action 12 : Mise en place de filets de sécurité en cas de crise alimentaire et promotion du stockage 35
4.5. Composante 5: Promotion de la commercialisation et de l’agro business haïtien 35
4.5.1. Ligne d’action 13 : Assurer une politique commerciale agricole qui contribue à stimuler les filières alimentant le marché domestique 35
4.5.2. Ligne d’action 14 : Assurer l’intégration des marchés agricoles et alimentaires haïtiens et de la République Dominicaine 35
4.5.3. Ligne d’action 15 : Promouvoir les filières d’exportation de fruits tropicaux et de café et cacao dans une logique de labellisation bio 36
4.5.4. Ligne d’action 16 : Renforcer le micro entreprenariat agro-industriel 36
4.6. Composante 6: Structuration du milieu agricole 36
4.6.1. Ligne d’action 17 : Renforcement des capacités de pilotage du MARNDR et promotion de plateformes de concertation et de coordination à tous les niveaux 36
4.6.2. Ligne d’action 18 : Renforcement des capacités des partenaires ONG et des organisations de producteurs 37
5. Cadre de mise en œuvre 37
Liste des abréviations
ANATRAF Association nationale des transformateurs de fruits
BAC Bureau agricole communale
BCA Bureau de crédit agricole
BID Banque Interaméricain de Développement
BM Banque Mondiale
CARICOM Communauté des Caraïbes
CNSA Coordination nationale de la sécurité alimentaire
CRDA Centre de recherche et de documentation agricole
CRIF Caribbean catastrophe risk insurance facility
DDA Direction départementale agricole
DEFI Développement économique des filières
FAO Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FAES Fonds d’assistance économique et sociale
FASR Facilite d’ajustement structurel renforcé
FMI Fonds Monétaire International
GTA Groupe de travail sur l’agriculture
IHSA Institut haïtien de statistiques et d’informatique
IICA Institut Interaméricain des sciences agricoles
INARA Institut national de la réforme agraire
INCAH Institut national du café haïtien
MAE Ministère des affaires étrangères
MARNDR Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural
MCFDE Ministère a la condition féminine
MCI Ministère du commerce et de l’industrie
MDE Ministère de l’environnement
MEF Ministère de l’économie et des finances
MICT Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales
MPCE Ministère de la planification et de la coopération externe
MTPTC Ministère des transports publics et des télécommunications
ODVA Organisme de développement de la Valle de l’Artibonite
OMC Organisation mondiale du commerce
ONG Organisation non gouvernementale
PIA Programme d’Intensification agricole
SIM Système d’information sur les marchés
TM Tonne métrique
1. Diagnostic stratégique du secteur agricole
1.1. Eléments de base et données structurelles
1.1.1. Contexte socio-économique
La République d’Haïti s’étendant sur une superficie de 27750 km2 a une population estimée aujourd’hui à plus de 9 millions de personnes. Parmi les 10 départements géographiques du pays, le département de l’Ouest à lui seul absorbe 39% de la population totale avec une très forte concentration dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince (25% de la population). Le phénomène migratoire qui a donné naissance à cette croissance de la capitale est dû principalement au phénomène de centralisation et de concentration des principaux services de base, ce qui aujourd’hui est source de nombreux problèmes sociaux et économiques engendrant une instabilité politique quasi permanente dans le pays.
Les performances de l’économie haïtienne aux cours de ces deux dernières décennies sont particulièrement affectées par les politiques macroéconomiques mises en œuvre et les crises politiques qui ont marqué la vie nationale. Le niveau d’inflation en Haïti est relativement élevé. Entre 1996 et 2000 on a observé une diminution du niveau de l’inflation qui passait de 20 à 10%. A partir de l’année 2000, on a assisté à une remontée de l’inflation qui a dépassé le niveau de 25% en 2006. L’inflation a connu une certaine baisse après les élections de mars 2006 qui a abouti à la mise en place d’un nouveau gouvernement. Aujourd’hui le taux d’inflation est de l’ordre de 16%. Ce niveau relativement élevé provoque une érosion continue du pouvoir d’achat des consommateurs qui s’est fortement accentuée sur le premier trimestre 2008 avec une flambée des prix alimentaires.
Sous l’effet de l’inflation et de la variation du taux de change, les salaires ont connu une tendance persistante à la baisse. Les seules statistiques disponibles sur les salaires concernent le salaire minimum. Entre 1981 et 2003 sa valeur réelle a chuté de 70% (Christian Aid 2006). Les salaires réels pratiqués avant la mise en œuvre de la politique de libéralisation de l’économie diminuaient à un rythme beaucoup plus lent qu’après 1986 quand a commencé le premier programme d’ajustement structurel (figure 1). Le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages, mais surtout des ruraux accuse une baisse notable qui s’est accélérée depuis le milieu des années 90. En milieu rural, les revenus ont chuté et les salaires aussi. Les aliments importés qui s’imposent en masse dans le milieu rural même, devenu acheteur net de produits alimentaires, deviennent de plus en plus inabordables puisque les revenus ne suivent pas l’inflation galopante.
Fig. 1
La pauvreté est un phénomène très préoccupant en Haïti à cause de son incidence qui prend des proportions plus importantes de jour en jour. On estime que plus de 4 millions d’individus (55% de la population) vivent dans la pauvreté en Haïti. Il ressort du profil de la pauvreté que le milieu rural contribue davantage à la pauvreté. L’incidence de la pauvreté et de l’extrême pauvreté est nettement plus importante en milieu rural. La grande majorité des pauvres du pays (74%) vit en milieu rural où l’agriculture est la principale activité et les services de base quasi inexistants. Pour la pauvreté extrême elle est presque trois fois plus élevée que dans l’aire métropolitaine. Pour 100 personnes affirmant ne pas pouvoir satisfaire leurs besoins alimentaires dans le pays, 77 se retrouvent en milieu rural, 9 dans l’aire métropolitaine et 14 dans les autres villes.
Les travailleurs indépendants, particulièrement les travailleurs agricoles, contribuent plus fortement à l’extrême pauvreté, situation qui reflète la faiblesse des opportunités en milieu rural, le bas niveau de productivité dans l’agriculture dû à la faible taille des exploitations, au manque d’accès au crédit et aux intrants, à un outillage rudimentaire, à l’enclavement et au manque d’infrastructures. L’emploi dans le secteur agricole constitue 51 % du total alors que ce secteur ne contribue que pour environ 25 % au produit intérieur brut. Les activités agricoles emploient 69% des actifs ruraux occupés.
1.1.2. Le secteur agricole et rural
L’agriculture (y compris l’élevage et pêche) représente jusqu’ici un secteur clé de l’économie haïtienne et la principale activité des ruraux. L’économie rurale est marquée par l’interaction de plusieurs facteurs qu’il importe de considérer dans l’élaboration de toute politique de développement agricole et rural aujourd’hui. Parmi ces facteurs on peut noter entre autres l’insécurité foncière, la dégradation de l’environnement et la déficience des infrastructures.
A- L’insécurité de la tenure foncière
La situation foncière en Haïti est caractérisée par la faible taille des exploitations agricoles (1.8 ha en moyenne), des difficultés d’accès de plus en plus importantes, d’une inefficacité de l’administration foncière et de la prédominance des modes de gestion informelles. L’insécurité des droits sur la terre constitue l’un des piliers sur lequel il faut agir pour promouvoir des investissements dans l’agriculture et améliorer la productivité des filières. En effet, la conservation du milieu cultivé, la reproduction et l’amélioration de la fertilité des sols constituent des investissements importants à long terme exigeants en travail et en capital. De tels investissements ne peuvent être effectués si les producteurs aient la garantie d’une bonne jouissance de leurs parcelles.
L’insécurité foncière est présente partout à travers le pays. Toutefois, les problèmes fonciers les plus graves se retrouvent dans certaines régions du pays telles, le département de l’Ouest, le Plateau Central, l’Artibonite, le Nord, le Nord-est et le Nord-ouest. Dans beaucoup de région des conflits importants sont observés sur des terres appartenant au domaine privé de l’Etat. Elle s’est aggravée notamment avec l’accroissement de la population qui aujourd’hui accepte des conditions difficiles d’accès à la terre pour la production de biens et services.
Les causes à l’origine de l’insécurité de la tenure foncière sont principalement l’extension des surfaces en indivision et la non-légalisation des transactions foncières, l’aliénation du foncier en fermage et l’appropriation de surfaces importantes par des absentéistes et l’attribution de ces terres en métayage. Il existe deux modes de gestion du foncier en Haïti : la gestion formelle par l’Etat et la gestion informelle par les paysans basée sur les us et les coutumes. Les terrains dont les modes de tenure relèvent du domaine de l’informel tels l’indivision, la possession sans acte notarié, le métayage et le fermage court représentent près de 75% des parcelles exploitées.
L’insécurité des tenures foncières engendre la réticence ou même la peur d’investir et favorise l’émergence de conflits violents troublant la paix sociale et qui peuvent être à l’ origine de pertes en vie humaines et des dégâts matériels importants. Dans tous les cas on se retrouve dans une situation ou l’environnement n’est pas favorable aux investissements productifs dans les milieux concernés et au développement de l’agriculture. L’insécurité foncière limitent les possibilités d’investissements tant au niveau des Bassins Versants qu’au niveau des périmètres irrigués. Il en résulte une dégradation de ces milieux qui pourrait apporter une contribution non négligeable dans la sécurité alimentaire en Haïti.
Des mesures récentes ont été prises avec la mise sur pied de l’Institut National de la Réforme Agraire (INARA) dans le but de garantir un environnement sécuritaire stable pour la réalisation d’investissements productifs. Malheureusement, ces actions n’ont pas abouti aux résultats escomptés. En dépit de l’existence du cadre légale et institutionnel, on relève certaines faiblesses qui maintiennent cette insécurité foncière dans le pays. Ce sont particulièrement la défaillance dans l’organisation et le fonctionnement des organes étatiques impliqués dans la gestion du foncier et le faible degré d’articulation entre ces différents organes, l’inadéquation du cadastre d’avec le système foncier actuel, l’insuffisance de passerelles de communication entre la gestion formelle et la gestion informelle du foncier et le faible niveau de compétence et manque de motivation du personnel travaillant dans le domaine foncier. Il importe de mentionner également que les actions entreprises dans le domaine du foncier touchent le plus souvent les facteurs conjoncturels des problèmes en lieu et place des aspects fondamentaux.
B. La dégradation de l’environnement
La situation de l’environnement du pays se caractérise par une faible couverture forestière et une dégradation accélérée du milieu. La couverture forestière du pays s’est considérablement réduite au cours des 30 dernières années. En effet, depuis 1978, 60% de la superficie des forêts existantes sont convertis en terres agricoles, savane et en extension urbaine. Actuellement moins de 2% du territoire peuvent être classés comme forêt dense. Environ 85% des bassins versants du pays sont dégradés ou transformés de manière très rapide, causant de fréquentes inondations dans le pays, un épuisement ou disparition des facteurs de base de la production agricole, etc. Les sols, parallèlement aux ressources ligneuses se dégradent rapidement. Le potentiel exploitable est de 7700 km² (29%), or la superficie effectivement cultivée est de l’ordre de 11900 km² (44%), ce qui signifie que 420 000 hectares de terres marginales sont mis en culture. Une meilleure gestion des sols exigerait que la moitié soit couverte de végétation permanente. Ainsi, l’érosion des sols est estimée à environ 12000 ha par an. Cette situation tend à s’aggraver avec la crise énergétique mondiale actuelle.
Les principaux facteurs à l’origine de cette dégradation de l’environnement sont:
• mauvaise ou absence de gestion de l’espace, tant du point de vue macro (niveau institutionnel) que micro (niveau des exploitations agricoles);
• fragilité du milieu physique (fortes pentes, sols développés sur des matériaux calcaires en alternance avec des intrusions basaltiques);
• violence des phénomènes climatiques (pluies à caractère torrentiel, cyclone) ;
• forte pression démographique par rapport au niveau et/ou au type de l’organisation de l’espace;
• pratiques de cultures érosives sur les fortes pentes au détriment des cultures protégeant le sol (Les terres montagneuses représentent 60% de la superficie cultivée avec une diversité de produits) ;
• coupe de bois intensive pour les besoins énergétiques et pour la construction.
Les conséquences de la dégradation des ressources naturelles sont importantes. Non seulement les rendements diminuent sur les terres de montagnes avec la baisse de la fertilité, mais encore les eaux de ruissellement créent des graves nuisances en aval : inondation, ensablement des canaux d’irrigation, transport de matériaux peu fertile, diminution des débits des sources d’eau, perte de la biodiversité, dégradation de l’écosystème marin, dégâts dans les villes. Des actions conséquentes doivent être prises de manière très urgente dans ce domaine afin de diminuer le processus de dégradation de l’environnement en privilégiant des pratiques éprouvées qui peuvent avoir des retombées économiques immédiates et positives pour le producteur.
C. La déficience des infrastructures agricoles et rurales
La situation des infrastructures d’appui au développement agricole et du milieu rural sont dans une situation critique. Globalement la situation des infrastructures en milieu rural se caractérise par un réseau routier défaillant, l’insuffisance et la détérioration des infrastructures d’irrigation et la faiblesse des structures de stockage et de conservation des produits agricoles.
L’accès aux infrastructures routières est un véritable problème pour la majorité de la population. L’enquête sur les conditions de vie en Haïti indique qu’en 2001, seulement 5% de la population a accès à des routes revêtues et 32.8% à des routes en terre. Les conditions du réseau routier sont mal connues. En 2007, le MTPTC a estimé le réseau routier national à 3400 km dont 80% est en mauvais ou très mauvais état. De nombreuses zones à fort potentiel de production à travers le pays sont enclavées et pratiquement inaccessibles en saisons pluvieuses. Les producteurs agricoles de ces zones sont incapables d’évacuer leur production vers des marchés intéressants à cause de l’absence de voies de pénétration. Cette situation entraîne des surcoûts pour l’approvisionnement en intrants et un renchérissement des produits destinés à la consommation dans les centres urbains.
En ce qui a trait à l’irrigation, l’inventaire du MARNDR en 1999 a dénombré 243 systèmes couvrant une superficie de l’ordre de 75000 ha. Les terres irriguées produisent du riz (35 000 has), de la banane (8 000 has) et aussi du maïs, du haricot et des légumes. Selon les responsables des services concernés au MARNDR, la situation des infrastructures d’irrigation s’est dans l’ensemble dégradée entre 1999 et 2008. Parmi les problèmes identifiés on peut citer: une insuffisance des ressources, la dégradation des réseaux et barrages, l’absence ou le manque de curage et de drainage, etc. Les responsables ont précisé la dégradation des bassins versants, l’absence d’investissements et le non respect des normes comme causes majeures de cette détérioration des infrastructures d’irrigation.
En dehors de ces problèmes, il faut mentionner également le manque de structures de stockage et de conservation qui porte les producteurs à vendre leurs produits immédiatement après la récolte. Cette situation explique de fortes variations de prix au cours de l’année et la mise en marché de produits de faibles qualités notamment pour la viande, les fruits et les légumes. L’accès à l’énergie électrique constitue aussi une contrainte majeure au développement de certaines filières agricoles. L’approvisionnement en courant électrique étant aléatoire dans les grandes villes et quasiment absent en milieu rural, les activités de transformation et de conservation de certains produits agricoles sont très réduites.
1.2. Forces et faiblesses
1.2.1. Matrice de synthèse SWOT (strengths, Weakness, Opportunities, Threats)
Forces Faiblesses Opportunités Menaces Leviers identifiés
1,400000 exploitants; Plus de 100,000 jeunes à installer chaque année - déficit chronique de trésorerie ;
- système familial de succession égalitaire ;
- Taille exigüe des exploitations agricoles ;
- faible niveau d’éducation;
-méconnaissance et mauvais gestion du domaine de l’état. - marché pour habitat
- exportation de main d’œuvre pour transfert - taux de fécondité des femmes
- exode en R.D.
- conflit foncier
- métier d’agriculteur déprécié - démographie et migration
- emplois et revenus
- foncier et - infrastructures
- financement
70% d’énergie utilisée provient d’énergie renouvelable locale : le bois. Marché de 300 millions $US - 85% des bassins versants déboisés, érodés ;
- fertilité des sols réduits ;
- cultures principales maïs (71% des exploitants) et sorgho (40%) donnent lieu à érosion en montagne. -Investissement dans la production et l’exploitation rationnelle du bois ;
- élevage et pâturage en montagne ;
- terre sèche de plateau, montagne disponible pour production de bois de feu et de jatropha pour biodiesel - catastrophes naturelles;
- Biodiversité en danger;
- horizon de planification long nécessitant financement long terme. - environnement
- financement
- énergie alternative
Elevage bovin laitier et boucherie - élevage de chèvres en montagnes détruit la végétation ;
- conditions sanitaires pas suffisamment contrôlées ;
- aliments et pâturages (jachère pâturée) insuffisants ou trop chers (son de blé de porcs). - 1,000,000 bovins ; 1,500,000 chèvres ; 1,000,000 porcs; 5.5 millions de poules ;
- Potentiel de production de lait des vaches non ou faiblement exploité ;
- possibilité d’exporter plus de chèvres et de bœufs (rappel HAMPCO);
- possibilité de produire des œufs : marché local important et solvable. - compétition des produits importés en contrebande Produits importés souvent subventionnés dans les pays d’origine
- manque de financement pour acquisition bétail et intrants. - Système agro-sylvo-pastoraux à développer en montagne
- Santé animale : Renforcement réseau agents vétérinaires
- Tarif douanier
- Infrastructure de transformation (lait)
- financement et - organisation de marché
Agriculture de montagne et potentiel fruitier et légumes tempérés - érosion des bassins versants
- difficulté de transport, perte de produits post récolte et - taux élevé de rejet à l’export
- équipement (caisse) insuffisant pour commercialisation
- conditions phytosanitaires (sigatoka de banane, mouche de mangue) à gérer, etc. - haut potentiel pour marchés à l’export (mangue, limette, avocat, etc.) ;
- marchés spéciaux de légumes sous serre pendant toute l’année (tomate, poivron) ;
- haut potentiel pour satisfaire sécurité alimentaire (banane, igname sous couvert boisé) - marchés terminaux
- système de protection et conditionnement à mettre en place pour légumes
- intensification de banane et igname est liée à maîtrise et disponibilité matière organique - Intensification banane / igname pour sécurité alimentaire
- infrastructure de marché (terminal, port, route)
- Conditions Phytosanitaires
- financement pour commercialisation
Irrigation - mauvaise gestion des systèmes
- 46% en riz en compétition avec riz importés. Prix locaux non incitatifs
- 13% seulement des exploitations utilisent l’irrigation - vastes chantiers d’infrastructure à ouvrir (systèmes d’irrigation, etc.)
- marché local de légumes importants
- marché à l’export de légumes en général, légume orientale - ressources financières
- marchés publics terminaux en crise d’insécurité (dépôt, ports de Jérémie et autres cages en zone de non droit) - Infrastructure (hydraulique)
- financement
Mise en place de capacités pérennes d’entretien au niveau communal
Système de commercialisation des produits locaux - réseau routier défaillant, frais de transport élevé
- coût de commercialisation important et infrastructure de marché défaillant
- manque de liquidités. Vastes chantiers d’infrastructure à ouvrir (routes, marché, port)
Forte hausse des prix alimentaires
regain de concurrence des produits locaux - ressources financières limitées
- crédit rural à bonnes conditions inexistantes - financement
- infrastructure
Couverture des besoins alimentaires locaux très basse - déficit alimentaire de 12% seulement 900,000 équivalents maïs
- couverture des besoins en équivalent maïs à partir de maïs et sorgho à 40% dont la production donne lieu à érosion
- haut prix de certains produits essentiels (charbon de bois, combustible pour cuisson, produits stockés) dus entre autre à conditions de commercialisation (transport, dépôt, etc.) - intensification de banane et igname en montagnes humides requérant moins d’investissement et pouvant se faire en conditions contrôlées d’écosystèmes boisés de strate et d’étages. Potentialités
- de doubler l’offre locale en équivalent maïs de 900,000 à 1,900,000.
hausse des prix internationaux des céréales, en particulier de maïs - trop grand changement dans habitude alimentaire (consommation de riz par tête est passé de 55 lbs/tête/an) en 1987 à 99 lbs/tête par an en 2004.
- tarif douanier bas à l’export contribue à décourager la production locale
- - tarif douanier
- politique de prix
du maïs/sorgho/igname à la banane/igname
1700 km de cote : pêche et pisciculture / DCP - équipements inadéquats, insuffisants
- plateau continental surexploité - marché local porteur
- marché en frais externe - insécurité en haute mer
- compétition autres pêcheurs étrangers -modernisation des équipements et infrastructures de pêche ;
Production agricole et élevage en produits biologiques - 19% des exploitants disent avoir utilisés de l’engrais chimique, 8% de pesticides
- faible productivité, faible rendement - exploitation actuelle de marché de produits biologiques et « équitable » (fairtrade) à partir de petits producteurs
Compétitivité confirmée pour plusieurs produits (café, avocat, pois Congo, mangue, etc.)
- mise en place et renforcement d’alliances productives gagnant entre producteurs et exportateurs - coût des certifications
- système de contrôle de qualité pour l’export
- systèmes d’alliances productives intégrant producteurs et exportateurs bien rodés. - Normes, standards et contrôlés
- organisation de marchés
- financement
Institution publiques, ONG et réseau de partenaires en milieu rural.
- - responsabilité mal définie dans les secteurs publics
- concentration des décisions
- légèreté dans les mécanismes de décision
- sous estimation du secteur rural par les autres secteurs privilégiant les consommateurs des villes
- faiblesse des organisations de base
- mauvaise orientation des ONG -Une multitude d’organisations communautaires de base impliquées dans la production et la commercialisation
- Beaucoup d’ONG présentes
- Système d’Alliance Productive intègre le privé dans les processus de développement
Intégration du privé et de centre profit et organisations communautaires dans un gagnant système –
- Extension du développement local et participation dans les décisions et la mise en œuvre - La politique comme approche occasionnant des conflits et des remises en question des structures et des leaderships
- pour arriver à des changements, il faut trouver des innovations pour des apprentissages à court terme vers plus de productivité plus de compétitivité. - Normes, standards de qualité ;
- planification stratégique
1.3. Diagnostic sur les services d’appui et la structuration du milieu
Le paysage institutionnel intéressant le milieu rural est très diversifié. On identifie aujourd’hui trois grandes catégories d’acteurs et d’opérateurs qui sont directement impliquées dans la conduite d’activités ou dans la définition de politique ayant rapport avec le secteur agricole et rural. Ce sont : (i). les acteurs et opérateurs étatiques (les Ministères et les organismes publics, les collectivités territoriales) ; (ii). Les agriculteurs, producteurs, entrepreneurs ruraux et leurs organisations ; (iii). Les acteurs et opérateurs de l’accompagnement et des services (ONG, Universités, firmes de consultation, agro-entreprises et maisons commerciales de services).
Parmi les acteurs et opérateurs étatiques on retrouve principalement les Ministères (MARNDR, MDE, MPCE, MEF, MTPTC, MICT, MCFDF, MSPP, MENJS) et les organismes autonomes qui interviennent dans des domaines aussi variés que l’agriculture, l’éducation, la santé, l’eau potable, etc. Le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR), à travers ses structures déconcentrées (DDA, SDDA, BAC, et Centres de recherche/formation) et les structures autonomes sous sa tutelle (ODVA, CNSA, INARA, INCAH, BCA) sont les entités de l’Etat les plus fortement impliquées dans la fourniture de services à la paysannerie. Cependant, le MARNDR fait face à des difficultés énormes y compris un manque de déploiement à travers le pays et une offre réduite de services essentiels, un manque de dynamisme des cadres et une lourdeur structurelle, un faible niveau de formation des cadres techniques et administratifs pour faire face aux enjeux et défis auxquels le secteur agricole fait face, une carence de normes et procédures pour l’évaluation des performances du personnel.
Les Ministères de l’Education et de la Santé Publique ont une présence relativement faible en milieu rural. Le secteur public compte 7.5% des écoles primaires en milieu rural et le Ministère de la Santé gère quelques dispensaires dans certaines sections communales du pays, mais les demandes en matière d’éducation et de soins de santé en milieu rural sont loin d’être satisfaites. L’ensemble des institutions publiques intervenant en milieu rural manque considérablement de moyens logistiques, financiers et humains pour mener leurs activités. On observe depuis quelques temps un désengagement de plus en plus marqué de l’état dans la fourniture des services aux communautés rurales. La fourniture de beaucoup de services est confiée à des opérateurs privés qui ne sont pas toujours bien ancrés dans le milieu ; ceci risque de compromettre la durabilité de l’offre de services en milieu rural.
Les collectivités territoriales représentent un acteur étatique très important pour l’avancement du milieu rural. Selon la loi du 4 avril 1996, les collectivités territoriales ont pour mission de garantir le développement socio-économique de leurs zones. En ce sens, elles sont appelées à exercer un contrôle sur les ressources disponibles dans le milieu et en assurer la gestion. Les conseils municipaux sont les gestionnaires privilégiés des biens de l’État au niveau de la commune. Par rapport à l’environnement, chaque commune est responsable de l’entretien, du développement et de la protection des forêts communales et leur exploitation dans les conditions définies par l’assemblée municipale et par la loi. On observe une certaine volonté de nombreux élus locaux à travailler activement au développement de leur territoire. On remarque, cependant, une faiblesse d’organisation et de fonctionnement des administrations territoriales, un manque de collaboration entre les structures locales, régionales et nationales et un arbitrage déficient entre le mandat électif et les attributions liées à la fonction de l’état. Cette situation est particulièrement préoccupante à cause de l’absence de l’ensemble des structures prévues par la constitution et de la non-définition des modalités d’intégration politique, administrative et fonctionnelle des acteurs.
1.3.1. Encadrement et recherche/formation agricole
L’encadrement agricole sur le terrain est surtout assuré par des structures déconcentrées du MARNDR à savoir une quinzaine de directions et de sous directions départementales et une quarantaine de bureau agricole (BAC). La diffusion de paquets techniques est censée assurer par ces structures qui se retrouvent dans les 10 départements géographiques du pays. Des organismes comme l’ODVA et les centres de recherche/développement ont aussi la mission de vulgariser des techniques de production adaptées au niveau de leurs zones d’intervention.
Vers la fin des années 70 jusqu’au début des années 90, la recherche agronomique constituait un maillon très important du secteur agricole avec la création d’une vingtaine de centres de recherche/formation/développement sous la tutelle du Ministère de l’agriculture. La coordination de ces centres était assurée par le Centre de Recherche et de Documentation Agricole (CRDA), une entité du bureau central, bien que certains d’entre eux jouissaient d’une relative autonomie décisionnelle. Ces structure qui se spécialisaient dans différentes filières en fonction de leur milieu d’implantation, ont mis au point et diffusé des paquets techniques adaptés aux conditions des différents terroirs du pays. De plus ces centres ont participé à la formation de nombreux acteurs intéressés au secteur agricole notamment, des producteurs, des étudiants, des cadres techniques supérieurs et intermédiaires.
En dépit de l’importance de l’agriculture, les services d’appui à la production qu’offraient les centres de recherche sont quasiment absents aujourd’hui. Les centres de recherche/formation/développement n’assurent pas à l’heure actuelle les missions pour lesquelles ils ont été créés par manque de programmes de travail, de budget de fonctionnement et de ressources humaines et matérielles. Ainsi la recherche agronomique et la vulgarisation au niveau du Ministère de l’Agriculture sont pratiquement nulles si l’on écarte quelques actions ponctuelles réalisées au niveau de certaines structures (parcelles de démonstration).
La relance et la dynamisation de la recherche agronomique et de la vulgarisation agricole revêtent un intérêt fondamental pour le développement de l’agriculture en Haïti. L’expérience en développement rural en Haïti a montré que des progrès économiques et sociaux considérables ont pu être enregistrés dans les milieux où il y a eu un effort considérable de recherche/vulgarisation et de formations des communautés rurales. Une revitalisation de l’appareil de recherche et de vulgarisation est nécessaire pour continuer à délivrer des services appropriés au monde rural.
A coté de cette déficience en matière de recherche et de vulgarisation, il importe de mentionner le manque de liaison entre la formation universitaire et les besoins réels du pays. Il existe plusieurs institutions dans le pays qui dispensent une formation supérieure en agronomie. Les programmes de formation de ces institutions sont peu adaptés pour permettre aux cadres de faire face aux enjeux et défis actuels du secteur agricole et rural. Ces institutions ne sont pas impliquées dans l’identification des besoins du pays et ne disposent pas de moyens pour mener des recherches. De plus elles n’assurent pas la formation de cadres intermédiaires qui représentent un maillon indispensable dans l’encadrement des producteurs agricoles. Toutefois, il importe de mentionner la présence d’un nombre substantiel de jeunes qui ont bouclé le cycle académique de formation universitaire de plusieurs institutions publiques et privés du pays qui arrivent difficilement à trouver du travail aujourd’hui.
diagnostic sur les services de recherche et vulgarisation
Faiblesses Opportunités
• la faiblesse des ressources financières allouées par l’Etat à la recherche agricole
• le manque de ressources humaines qualifiées dans ce domaine
• la non prise en compte des besoins des agriculteurs
• la non participation des agriculteurs, des universités et du secteur agro-industriel dans l’identification des besoins
• les paquets techniques proposés par la recherche agronomique peu adaptés et peu diffusés (défaut de communication).
• l’insuffisance de l’encadrement du milieu agricole et la formation apportée aux agriculteurs et aux groupements • la disponibilité d’un certain nombre d’infrastructures au niveau de la plupart des centres de recherche du pays pouvant être rapidement remises en service
• les organisations professionnelles agricoles constituent une force utile en matière de transfert de technologies
• opportunités de renforcement des BAC dans le cadre de la décentralisation des services
• disponibilité forte en jeunes agronomes mobilisables
1.3.2. L’approvisionnement en intrants agricoles
Un frein important à l’amélioration de la productivité agricole réside dans la faible disponibilité et l’accès très limité aux intrants agricoles tels que semences de qualité, fertilisants, pesticides, produits vétérinaires, aliments pour bétail, etc. La faiblesse de l’outillage agricole est aussi évidente partout à travers le pays.
L’agriculteur utilise généralement comme semences des graines tirées de sa production ou achetées au marché rural. Il doit en outre les payer aux prix forts en début de saison, du fait de la pénurie. Ces semences dont la qualité est souvent mauvaise causent des baisses de rendement, à quoi s’ajoute la dégénérescence du matériel génétique des variétés de cultures généralement utilisées sur lesquelles aucun travail d’amélioration (sélection et/ou croisement) n’a été réalisé. Les planteurs disposent donc aujourd’hui d’un matériel génétique local de faibles rendements.
L’utilisation des fertilisants et des pesticides est insignifiante au niveau national. Les prix de détail sur le terrain flambent (jusqu’à 1250 gourdes par sac de 100 livres en mars 2008) et les disponibilités sont très faibles dans les zones consommatrices, notamment la Vallée de l’Artibonite, la zone maraîchère de la périphérie de Port-au-Prince (Kenscoff, Furcy, Plaine du Cul de sac), la partie irriguée de la plaine des Cayes, etc. La hausse des prix du pétrole et la demande asiatique en engrais sont les principaux facteurs expliquant le niveau élevé des prix sur le marché mondial qui se répercute sur le marché haïtien. Les prix sont aussi élevés à cause de la situation de monopole d’un tout petit nombre d’importateurs et de grossistes et de la multiplication des intermédiaires. En effet, la chaîne de commercialisation comprend globalement quatre types d’agents (Bellande et Damais, 2005) : (i) trois entreprises d’importations s’approvisionnant en République Dominicaine auprès de deux fabricants de ce pays, la FERSAN et la FERQUIDO, (ii) des grossistes (des particuliers, des organisations de producteurs, des agents du secteur coopératif, des ONG) qui s’approvisionnent auprès des importateurs, (iii) des boutiquiers et (iv) des détaillants.
La consommation annuelle d’engrais a été estimée entre 25 et 30.000 TM (550 à 660.000 sacs de 100 livres). En termes absolus cependant, et par rapport à l’ensemble des surfaces cultivées, le niveau d’emploi d’engrais dans l’agriculture haïtienne est parmi les plus faibles du monde. La faiblesse de la consommation s’explique par le manque de ressources des agriculteurs et par les risques élevés de la production mais aussi par le manque d’appui institutionnel pour développer une utilisation efficace et rentable de l’engrais.
diagnostic sur l’approvisionnement en intrants
Faiblesses Opportunités
• faible disponibilité en semences de qualité
• dégénérescence du matériel génétique généralement utilisé
• prix élevés et faible disponibilité des fertilisants chimiques
• manque de moyens financiers des agriculteurs lié à leurs faibles revenus
• faible diversification de l’offre d’engrais
• utilisation peu efficace et rentable de l’engrais
• obsolescence de l’outillage agricole utilisé
• le coût élevé et la difficulté dans l’approvisionnement en certains produits vétérinaires
• la faible disponibilité et le coût élevé des aliments fabriqués pour bétail • expérience de groupes de multiplicateurs de semences artisanales
• existence de regroupements d’associations, de coopératives ou de commerçantes pour assurer la commercialisation des intrants
• existence d’un réseau de boutiques d’intrants dans les zones de consommation
• existence de fournisseurs de produits vétérinaires comme la COSEVO
• existence d’entreprises locales de fabrication d’aliments comme SOGAB, Ti-Moulin, FEPA et MFT SA, notamment pour l’aviculture
• Le regroupement des principaux intéressés à la promotion de l’élevage au sein de AHPEL.
1.3.3. Le crédit rural
En matière de crédit rural, il existe une forte demande au niveau du secteur agricole et agro-industriel provenant principalement des entreprises qui ont besoin de fonds substantiels pour leurs activités liées surtout à l’exportation, des coopératives ou groupements de producteurs qui peuvent dans certains cas recevoir l’appui d’ONG et des ménages qui ont besoin des sommes relativement faibles pour des besoins divers y compris les investissements agricoles et commerciaux et les besoins sociaux. Le Bureau de Crédit Agricole (BCA) est l’institution étatique qui accorde du crédit au milieu rural à travers le refinancement d’institutions de micro finance oeuvrant en milieu rural. Les intermédiaires financiers, loin de répondre aux besoins de financement du secteur agricole, utilisent les fonds du BCA pour des activités non agricoles comme le commerce. Aujourd’hui, le BCA s’est complètement décapitalisée à cause des faibles taux de remboursement enregistrés.
Les banques commerciales de leur coté accordent très peu de crédits à l’agriculture en raison du risque élevé dans ce secteur de production. En 2003, l’encours du système bancaire classique à l’agriculture s’élevait à environ 167500 $ EU, ce qui représente une valeur marginale par rapport à leur portefeuille de prêts (moins de 0.1%). La faiblesse de l’institution étatique et la quasi-absence du secteur financier classique ont créé un espace favorable au fonctionnement d’une diversité d’institutions de micro finance en milieu rural. Elles sont de plusieurs types : coopératives, ONG, associations, etc. En réalité, le financement du milieu rural par les institutions formelles de crédit est très faible par rapport aux besoins. Il en résulte une réduction des activités productives et recours à du crédit usuraire. Il existe donc un besoin important et urgent pour apporter des capitaux frais en milieu rural afin de faciliter des investissements productifs dans l’agriculture.
Les institutions de micro finance dominent largement le paysage mais s’intéressent surtout aux zones urbaines et périurbaines. En outre, elles accordent surtout des prêts à des activités non agricoles telles que le commerce. L’offre est peu diversifiée, avec des conditions prédéfinies, non négociables qui ne sont pas adaptées aux principales activités du monde rural et ce, surtout par son rythme de remboursement qui est fréquemment mensuel et sa courte durée.
diagnostic sur le crédit rural
Faiblesses Opportunités
• Le secteur rural est très faiblement pourvu en financement ;
• BCA décapitalisé à cause des faibles taux de remboursement enregistrés.
• Les institutions de micro finance focalisées en zones urbaines et périurbaines accordent surtout des prêts à des activités non agricoles avec des crédits de courte durée.
• Les montants accordés par les IMF sont généralement faibles et les taux d’intérêt sont dans l’ensemble élevés allant de 24 à 48% l’an selon les institutions. Peu d’activités sont capables de supporter ces taux en dehors des activités commerciales à rotation rapide du capital.
• Le développement rapide des IMF sans cadre légal adapté, ce qui constitue une barrière majeure à la mobilisation des ressources disponibles et accroît fortement les risques
• Une demande potentielle importante pour des investissements productifs ;
• Les banques communautaires et les mutuelles de solidarité démontrent leur capacité à pénétrer les zones rurales et à offrir des services financiers de proximité. Ces formules apparaissent particulièrement adaptées au milieu rural ;
• L’existence d’associations regroupant des institutions de financement (ANACAPH, KNFP, ANIMH, FECAPH) est un atout majeur au développement des systèmes financiers décentralisés.
1.3.4. Structuration du milieu – Organisations de producteurs
Sur le plan de la structuration du monde rural, les organisations de producteurs (OPA) constituent un maillon important du secteur. Ce sont des groupes informels basés sur l’entraide et la solidarité entre producteurs d’une même zone. On retrouve également des associations plus ou moins modernes initiées par des ONG: groupement de producteurs, comités de développement. On assiste depuis un certain temps à l’émergence de coopératives et de réseau de coopératives de producteurs dans certaines filières ; ces structures reçoivent l’appui du secteur public, des ONG et des institutions internationales. On rencontre la FACN, le RECOCARNO, l’ANATRAF et des associations d’éleveurs qui interviennent en amont et en aval de la production. Le Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES) intervient en milieu rural dans le domaine de l’assistance sociale, des infrastructures, de l’agriculture et du développement local.
Le secteur privé formel a aussi mis sur pied des organisations professionnelles (ANEM, ASDEC, AHPEL, APHES) capables d’intervenir sur toute la chaîne de production. On a assisté ces dernières années à l’intervention directe de certaines de ces organisations dans la production agricole (mangue, élevage). Des investissements importants sont en train d’être réalisés au niveau de certains secteurs de l’agro-industrie non seulement pour augmenter la capacité de production des usines, mais aussi pour diversifier leurs produits.
Les ONG présentes en nombre important dans tous les secteurs jouent un rôle prépondérant dans le monde rural. Ces structures se sont considérablement multipliées depuis 1986 suite au processus de désengagement de l’état. Il existe aujourd’hui en Haïti une pléthore d’ONG pouvant être classée en deux groupes :
• Les ONG internationales qui sont les interlocuteurs privilégiés des bailleurs de fonds et des pays directement engagés dans une coopération bilatérale. Ces institutions possèdent le plus souvent des moyens financiers et matériels importants leur permettant de mener leurs activités.
• Les ONG locales créées par des intervenants nationaux qui, comme le premier groupe, dépend du financement extérieur pour leurs activités. Un certain nombre de ces structures s’est solidement implanté dans le milieu rural suite à une accumulation d’expérience et une spécialisation. Elles sont présentes un peu partout à travers le pays et dans presque tous les domaines touchant le monde rural.
La diversité des organisations intervenant dans le milieu rural rend difficile la coordination des interventions dans le secteur agricole. Toutefois, le MARNDR a réussi au cours de ces dernières années à initier un certain partenariat avec certaines organisations prestataires de services. Des relations beaucoup plus proches se sont établies sur le terrain entre les structures déconcentrées du MARNDR et les ONG intervenant dans le milieu rural.
diagnostic sur les organisations
Faiblesses Opportunités
• Faiblesse de structuration des organisations de producteurs ;
• Non définition du Cadre institutionnel et légal de fonctionnement des organisations professionnelles;
• Manque de coordination des actions des ONG et déficience de concertation avec les autres acteurs du secteur;
• Mauvaise orientation des ONG ;
• Faible niveau de formation des cadres d’ONG dans de nombreux domaines techniques et technologiques. - Présence relativement bonne des organisations de producteurs et d’ONG à travers le pays pouvant faciliter la diffusion de paquets techniques;
- Développement et maitrise d’expertise éprouvée au niveau de certaines filières ;
-Professionnalisation de plus en plus efficace de quelques organisations de producteurs dans l’offre de services à la paysannerie.
1.4. Diagnostic sur la commercialisation et les dynamiques de filière
Si des efforts sont faits au niveau de la production, l’appui à la commercialisation se révèle souvent insuffisant, ce qui constitue un frein à l’augmentation durable de la production et des revenus des agriculteurs. L’élimination des barrières tarifaires et non tarifaires au cours des années 90 a conduit à un envahissement du marché local par des produits alimentaires importés que l’agriculture haïtienne ne peut affronter. Cette fore compétition des produits étrangers a pour conséquence le découragement des producteurs locaux et le recul de la production agricole nationale, l’élargissement du déficit commercial et l’augmentation de la dépendance du pays par rapport à l’extérieur. Les effets négatifs de la libéralisation commerciale sont très importants notamment dans le secteur rizicole et de l’élevage.
La commercialisation des produits agricoles fait intervenir un nombre important d’intermédiaires qui s’accaparent d’une part de la plus-value créée qui n’est pas retournée dans le milieu rural. Les saras représentent le nœud de la commercialisation des produits agricoles en Haïti en achetant dans les zones d’offre pour revendre dans les milieux de grande consommation. Il existe des opportunités pour des filières agricoles haïtiennes tant sur le marché interne qu’externe. Cependant, la commercialisation des produits agricoles laisse apparaitre un certain nombre de contraintes sur lesquelles il faudra agir pour pouvoir saisir ces opportunités. Parmi ces contraintes on peut mentionner :
(i). La déficience des infrastructures. Le manque d’infrastructures de transport, de stockage, de transformation et de commercialisation constitue des limitations importantes pour le développement de l’agriculture haïtienne, en dépit d’un potentiel important d’augmentation de la production.
(ii). Manque d’information des acteurs. Les consommateurs manquent parfois d’informations sur certaines cultures ayant un potentiel nutritionnel et alimentaire élevé, susceptible d’augmenter la disponibilité alimentaire d’origine locale. D’autres fois, ce sont des préjugés qui sont développés par rapport aux produits locaux, préjugés justifiés par un manque de contrôle de qualité susceptible de garantir l’aspect sanitaire et nutritionnel des produits aux consommateurs. Les producteurs et les entrepreneurs sont aussi peu informés des opportunités de marché pour leurs produits. En ce sens, il faut mentionner l’exploration insuffisante de différentes niches du marché international et même national et la faiblesse des rapports commerciaux avec les autres pays. En effet, les taux faibles d’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides peuvent être convertis en opportunités pour le développement des produits de l’agriculture biologique. Les possibilités offertes par le marché ethnique d’Haïtiens à l’étranger et le marché équitable ne sont pas suffisamment exploitées. D’un autre côté, au niveau national, certaines catégories de consommateurs à identifier pourraient constituer des niches qui pourraient être prêtes à payer plus cher des produits de qualité.
(iii). Fortes concurrences des produits importés. De nombreux produits agro-alimentaires (riz, maïs, pois, viande, lait, etc.) arrivent sur le marché national à des prix souvent inférieurs aux produits locaux. En absence de soutiens appropriés, ce phénomène décourage les producteurs locaux qui ne peuvent pas rentabiliser leurs investissements dans la production agricole.
(iv). Faible capacité de réponse aux normes de qualité. En dépit des opportunités de marchés pour certaines filières agricoles particulièrement pour l’exportation, les normes de qualité au niveau du pays ne sont pas toujours conformes aux exigences des consommateurs. Dans un contexte de libre échange, ce facteur va jouer un rôle fondamental dans l’accès au marché des produits agricoles.
(v). En dehors de ces facteurs de blocage ci-dessus mentionnés, il importe de souligner l’absence de crédits aux acteurs clés de la commercialisation des produits agricoles, la faiblesse du secteur agro-industriel et la faiblesse institutionnel en matière d’appui à la commercialisation des produits agricoles. La dynamique des principales filières agricoles doit passer par une diminution de ces facteurs de blocage.
1.4.1. Les filières céréalières
Le riz est produit sur environ une quinzaine de périmètres irrigués avec une concentration dans la Vallée de l’Artibonite qui fournit environ 60% de la production nationale. La production nationale de riz occupe 130,000 ménages ou familles incluant les 30,000 ouvriers-métayers. Parmi ces ménages 90,000 d’entre eux se trouvent dans la Vallée de l’Artibonite. La production nationale de riz est en déclin depuis plus d’une dizaine d’années. Cette baisse continue de la production du riz est causée principalement par des problèmes graves d’infestations comme la paille noire, la gestion inefficace de l’eau d’irrigation et le mauvais drainage du système sur le périmètre de l’Artibonite, l’accès difficile des agriculteurs aux intrants, la concurrence des produits importés, etc.
Parallèlement, la consommation annuelle de riz par habitant est passée de moins de 12 kg par personne en 1986 à près de 50 kg en 2005. Le riz importé couvre 80 % de la demande, Le riz de la Vallée de l’Artibonite 12% et celui produit dans les autres périmètres rizicoles du pays et les déchets d’usinage de riz de la République Dominicaine, dénommés « cabecit » les derniers 8%. Dans le contexte créé par la libéralisation du marché national, enclenchée depuis les années 80, le volume des importations de riz a accru de manière exponentielle. En 2000, le pays a importé 200,000 TM de riz contre 10 à 20,000 TM avant cette période de libéralisation. En 2004, le volume importé a atteint 336,000 TM et à ce rythme les importations de riz peuvent dépasser les 500,000 TM en 2010.
La filière maïs a deux circuits majeurs : le maïs local et le maïs importé. Le maïs local est commercialisé sous trois formes principales : le maïs grain, l’épi de maïs pour la consommation de bouche, la semoule de maïs. Les autres formes traditionnelles de consommation (Ak-100, Tchaka maïs, maïs grillé)1 tendent à régresser dans les habitudes alimentaires.
Le bassin de concentration de la production est localisé dans la plaine des Cayes (département du sud) avec 24,000 ha cultivé en maïs. La production est effectuée sur environ 250,000 ha partout à travers le pays. On retrouve cependant une production relativement importante dans la Grande-Anse, le Nord, le Plateau Central et l’Artibonite. Pour l’ensemble du pays, 240,000 Tonnes métriques de maïs ont été produites en 2004. L’autoconsommation est estimée à 60% (144,000 TM). Le maïs vendu en épi boucané, pour la fabrication d’Ak-100 et des aliments pour les animaux est estimé à 15% (36,000 TM). Environ 40,000 TM de maïs grain sont transformées en 28,000 TM de semoule de maïs local commercialisée sur le territoire national. En dépit des avancées technologiques réalisées dans la plaine des Cayes, la culture de maïs rapporte très peu aux producteurs car son rendement est trop faible. Le maïs est très sensible au stress hydrique et il manque au pays des matériels sélectionnés adaptés pour chaque zone capables de donner de bons rendements même en conditions adverses.
Le sorgho est le troisième type de céréales en importance en Haïti après le riz et le maïs. La consommation du sorgho est plutôt rurale. Le sorgho n’a pas un réseau dense d’intermédiaires commerciaux qui assurent sa transformation et sa commercialisation. La mise en marché de ce produit se fait de préférence dans les milieux de production de la culture ; c’est pourquoi qu’on n’observe pas les grands flux comme ceux du maïs et d’autres produits vers les centres urbains.
Le marché des céréales revêt un enjeu stratégique important pour Haïti aujourd’hui. Il existe une demande importante en croissance pour ces produits, en particulier le riz. Toutefois, la restauration du sorgho comme culture stratégique doit être prise en compte dans un contexte où les bailleurs de fonds comptent aider Haïti à sortir de la pauvreté de masse. Le sorgho est l’une des cultures d’avenir d’Haïti menacée par la rareté de l’eau. La production de sorgho est de loin moins coûteuse que le maïs qui a besoin beaucoup d’eau. La productivité de l’eau pourra toujours être valorisée avec des variétés performantes de sorgho.
1.4.2. Les autres filières domestiques de produits alimentaires
Les racines et tubercules constituent le plus grand groupe de produits composant la production alimentaire nationale. Si on y ajoute la banane, ensemble, ils représentent 64% de l’offre locale d’aliments. La production totale pour la patate douce, le manioc et l’igname est passée de 720000 TM en 1990 à 694000 TM en 2006. En réalité, c’est surtout la production de patate douce qui a décliné de manière significative en passant de 300000 TM en 1986 à 160535 TM en 2006. Les autres tubercules (manioc, igname) ont subi de légères augmentations au cours de la période. Il faut mentionner l’existence aujourd’hui de techniques de production qui permettent d’augmenter considérablement les rendements de la patate douce. Les racines et tubercules offrent des opportunités tant sur le marché interne qu’externe car ce sont des produits très concurrentiels.
A coté des tubercules, il faut mentionner une production de banane plantain qui se situe autour de 286000 TM en 2006 ; mais cette dernière a subi des grandes fluctuations depuis 1986. Le marché haïtien avait l’habitude de consommer 500,000 tonnes de banane. Les disponibilités d’aujourd’hui ne permettent pas de couvrir ce niveau de demande nationale. Il existe également une production de figue-banane dont le volume n’est pas bien connu. Les acteurs haïtiens peuvent se positionner pour exploiter les opportunités de la figue-banane organique avec le projet d’obtenir une certification sur les marchés européens et américains. L’avantage de la production de la banane figue en Haïti dans les zones de montagne c’est être déjà une production biologique sans apport d’engrais chimiques. Un projet bien ficelé qui concerne les zones les plus appropriées du pays peut aboutir à l’obtention d’un quota sur le marché international.
La filière haricot en Haïti, mobilise 160,000 ha dans des conditions généralement défavorables (température parfois trop élevée, abondance de pluies lors de la maturation du grain, parfois sécheresse trop prolongée, vent trop fort et attaques des parasites). La production haïtienne a été estimée à 50,000 TM en 2004. La production globale des légumineuses a été estimée pour la même année à 102,000 TM. La production de haricot est réalisée par 350,000 producteurs sur les versants des montagnes humides et dans les plaines humides ou irriguées. Les rendements à l’hectare sont faibles : 300 à 500 kg. Les meilleures performances sont localisées dans la plaine des Cayes, à Salagnac et dans certaines zones irriguées. Les principales contraintes de cette culture sont l’insuffisance de l’offre semencière qui a des retombées directes sur la production, le faible niveau de fertilité des sols principalement en zones de montagne où la dégradation environnementale est importante car le développement de la culture entraîne la défriche et le déboisement des systèmes agro-forestiers, et les pertes dues aux maladies, aux attaques des insectes.
Le pois congo devient soudainement une culture d’importance pour les agriculteurs de la zone frontalière. Comme culture extensive, elle permet aux agriculteurs d’économiser temps et argent. C’est une culture compétitive grâce à son faible coût de production. La production s’élève à 70,000 TM, soit 0.2 TM/ha. De cette production, la quantité de pois congo frais et sec exportée vers la République Dominicaine avoisine les 4,500 TM en 2004 ; ces exportations rapporteraient 2 millions de dollars US aux producteurs haïtiens. Il existe donc un marché intéressant pour ce produit a la fois en Haïti et en République Dominicaine qui l’exporte sur le marché américain sous forme congelée.
1.4.3. Filières d’élevage
L’élevage reste un secteur important pour de nombreuses exploitations agricoles qui y sont engagées. Les divers types d’élevage pratiqués dans le pays (bovin, caprin, porcin, poule, etc.) peuvent contribuer de manière significative à la croissance économique du pays si on agit efficacement sur un ensemble de facteurs clés. L’élevage actuel concerne 1.5 million de bovins, 1 millions de porcs, 1.9 million de caprin, 5.5 millions de poules créoles. Le développement de l’élevage est limité par la disponibilité en fourrage, d’infrastructures d’abreuvement, les prix élevés des aliments importés, le faible accès au crédit, les faiblesses au niveau de la professionnalisation du sous-secteur dans un contexte d’absence de protection de la production nationale. Cependant, ce sous-secteur présente aussi plusieurs opportunités. Dans la situation actuelle de pénurie d’aliments concentrés, l’élevage d’herbivores offre des avantages certains dans un pays comme Haïti, qui possède quand même des ressources fourragères et des sous produits agricoles pour les ruminants et autres herbivores (MARNDR, BID, 2006) :
Le lait et les produits laitiers sont considérés par la majorité des haïtiens comme essentiels à l’alimentation. Ils sont largement consommés par toutes les couches de la population. Mais, leur niveau de consommation par individu reste inférieur aux recommandations. Les importations de lait sont énormes (deuxième poste d'importation alimentaire) et représentent près de deux fois la production nationale. Il existe une production potentielle, non valorisée qui est estimée à 100 000 TM : Elle est donc théoriquement en mesure de couvrir les importations qui représentent un coût en devises d’environ 40 millions de dollars US par an pour le pays. Le marché potentiel pour les produits laitiers nationaux est donc considérable.
Analyse diagnostic des faiblesses et des opportunités sur les filières ciblées
filìère Faiblesses Opportunités
riz • Approvisionnement en intrants : cherté, indisponibilité
• Déficience dans Irrigation /Drainage
• Carences en matériels agricoles, pièces de rechange et main-d’œuvre
• Faible rendement à l’usine
• système de commercialisation mal organisé • un prix élevé anticipé pour les 3 prochaines années
• baisse prévue des prix des engrais avec l’appui du Gouvernement
• retour du riz haïtien à une situation de forte compétitivité par rapport au marché international
maïs • Semences non sélectionnées : rendements faibles
• faible capacité de stockage et de conservation
• Pertes considérables (25% environ) dues aux pestes
• Absence de barrières sur les importations / taxes sur les importations de semences • un prix élevé et une très forte demande garantie
• forte probabilité de baisse et élimination des droits de douane sur les importations de semences et les intrants en 2008
• dynamique de développement rapide de la filière aviculture
• augmentation de la consommation humaine suite au prix du riz
Tubercules • l’approvisionnement en semences et en variétés de qualité
• problèmes de parasites affectant sérieusement les récoltes
• limitation du marché en dépit d’un potentiel important d’augmentation de la production • montée des prix par effet relatif à la montée des prix du riz
• augmentation de la demande des populations vulnérables vers les tubercules comme filière d’amortissement des crises alimentaires
Banane • Variétés disponibles très sensibles à la sigatoka
• pertes liées aux dégâts cycloniques
• Système de production et de commercialisation encombrant et peu attractif • marché local
• forte augmentation des prix
légumineuse
haricot, pois congo • Pertes de production et post récolte assez élevées
• Variétés pas forcément adaptées aux conditions agro écologiques /Rendement faible, déficit en semences adaptées
• Filière non organisée dans le commerce transfrontalier : commercialisation profitable aux Dominicains (situation de monopole) • demande croissante tant domestique que sur la République dominicaine
• forte probabilité de baisse et élimination des droits de douane sur les importations de semences et les intrants en 2008
Fruits tropicaux Méthodes de cueillette peu efficaces
Enclavement des sites de production et peu de structures de transformation et de conditionnement
Mauvais état des routes et conditions de transport inadaptées entraînant beaucoup de pertes (> 20%)
Marchés d’exportation peu diversifiés
Faible prix au producteur /vente sur pied à cause besoin de trésorerie
Coût élevé de l’emballage limite la transformation
Concurrence des produits importés • potentiel de vente en bio
• possibilités de partenariat avec des agro industriels en aval
• gros potentiel d’augmentation de revenu
• pourrait bénéficier des futurs investissements massifs de plantation dans le cadre de l’aménagement des bassins versants
élevage caprin • faible disponibilité en fourrage,
• infrastructures d’abreuvement inadéquates
• les prix élevés des aliments importés
• faible accès au crédit • la population caprine la plus élevée de la région (plus de 2 fois le total de caprins de Cuba, République dominicaine et Jamaïque).
• pays voisins demandeurs de viande de caprin. circuits informels d’exportation très dynamiques.
• races locales de ruminants extrêmement rustiques et prolifiques.
élevage laitier • faible disponibilité en fourrage,
• les prix élevés des aliments importés,
• le faible accès au crédit
• l’absence de facilités de traitement et de chaines de froid • marché domestique très demandeur
• explosion du prix du lait au niveau mondial qui rend la filière locale concurrentielle
aviculture • les prix élevés des aliments importés,
• risque de transmission de la grippe aviaire de la République Dominicaine • importation de poulets de République Dominicaine bloquée par la grippe aviaire
• demande importante
1.5. Dynamiques positives et leviers de changements
En dépit des nombreuses contraintes auxquelles l’agriculture haïtienne fait face aujourd’hui, elle contribue pour plus de 25 % de la formation du PIB et fournit un emploi à près de 60% de la population. Si l’on considère d’autres activités liées directement à l’agro-industrie, la contribution de l’agriculture pourrait dépasser largement les 30%.
Dans la très grande diversité de milieux écologiques rencontrés, les plus grandes potentialités se trouvent dans les plaines irriguées et dans les montagnes humides. Les systèmes vivriers, maraîchères et les systèmes fruitiers associant banane/igname/cafés des montagnes humides paraissent offrir les meilleures possibilités d’intensification permettant de satisfaire à court et moyen terme et au moindre coût les besoins incompressibles d’une famille moyenne de 6 avec une plus faible quantité de terres soit 0.9 ha de seuil de viabilité, question cruciale dans un contexte de rareté de ce facteur de production. En comparaison, ce seuil de viabilité en plaine irriguée (Plaine du Cul de Sac par exemple) en exploitation intensive avec céréales et peu de maraîchages est de 1.9 ha.
Il existe une marge de progrès potentielle de satisfaction des besoins à partir de produits locaux et sans utiliser des terres non arables ; il s’agit d’une intensification des montagnes humides là où l’association banane / igname / café serait systématisée. Avec une telle approche les quantités d’équivalent maïs obtenu pourrait atteindre les 1,950,000 TM permettant de couvrir les besoins à concurrence de 70%, mais aussi de réduire la pression sur la demande de devises destinées à l’importation de produits alimentaires. La mangue, l’avocat, le tamarin, le café et le cacao exportés proviennent de divers milieux y compris les montagnes humides et semi humides et les plaines.
D’importantes opportunités existent pour le développement de l’élevage bovin, laitier ou de boucherie, caprin, etc. Il importe de mettre beaucoup d’accent sur l’exploitation de pâturages naturels ou artificiels capables de nourrir le bétail, et aussi capables de protéger les terres de pente contre l’érosion beaucoup mieux que les cultures sarclées en terres nues (perte de sol 17 fois plus importantes dans les cultures sarclées que dans les pâturages).
Il y a au niveau national un réseau fonctionnel de 2000 unités de banques communautaires, de mutuelles de solidarité et de groupes solidaires de crédit, appuyé par diverses ONGs, qui peut être rapidement mobilisé pour développer des mécanismes de financement adaptés aux besoins du milieu rural.
Il existe la possibilité de développer la production et l’exploitation rationnelle contrôlée de bois de feu pour répondre au moins en partie à la demande locale qui est à date couverte à 70% (300 millions de dollars US) par le bois et le charbon de bois. Cette production et l’exploitation rationnelle contrôlée seraient développées en plaine, plateau et montagne sèche. Des potentialités existent également au niveau des produits énergétiques comme la jatropha qui mérite de faire l’objet d’investissements importants pour faire face aux besoins d’énergie dans un contexte de hausse des prix du pétrole. Ces opportunités sont à comparer à la possibilité de reforestation en bois de feu à exploiter rationnellement.
Il existe des opportunités d’exploitation des produits naturels à certifier biologiques pour l’exportation. Avec certaines organisations (CHAAB, HAP, etc.), les travaux de promotion de produits biologiques sont entamés pour la mangue, le café, les fruits séchés et la banane. Le marché international de produits bio atteint les 12 milliards de dollars avec une croissance soutenue de 20% par an et Haïti avec sa main d’œuvre et ses conditions de production presque sans produits chimiques a dans le bio un réel avantage concurrentiel.
Les exportations de fruits, légumes et tubercules conventionnels peuvent être multipliés par 3 si se développent des facilités pour l’exportation régionale (RD, Porto Rico, Bahamas, Guadeloupe, Martinique, etc.) et vers les marchés ethniques des USA et du Canada. Il y a le succès de la mangue francisque dont les exportations ont atteint la moyenne de 11 millions de $US avec une dizaine d’exportateurs et des investissements en pleine expansion (les infrastructures de conditionnement avoisinent les 10 millions $US en 2006).
Il y a une demande effective relativement forte pour quelques produits au niveau local, marché qu’il convient de tenter de conquérir. L’exemple du marché de Port-au-Prince en légumes et condiments avec ses 600,000 familles est significatif et est estimé à plus de 80 millions de dollars US (oignon, mirliton, chou, poireau, carotte, ail, etc.) dont 38 millions de dollars sont des produits importés (chiffre de 2001). Ces chiffres sont à comparer aux produits des exportations agricoles (20 millions formels, 20 millions informels). La production sous serre de légumes et condiments peut aider à mieux exploiter ces marchés tout en augmentant les revenus par unité de surface plantée. La demande croissante constatée au niveau de produits animaux tels les œufs correspondant à une consommation annuelle importée de 360,000,000 d’unités dont le coût avoisine les 11 millions de dollars ; les importations de poulets atteignent les 80,000,000 kg pour une valeur dépassant les 40 millions dollars. La valeur des produits laitiers et dérivés importés est estimée à 40 millions de dollars
2. Le cadrage d’une politique agricole dans les engagements du Gouvernement
2.1. Le PRSP 2008-2012 : agriculture et développement rural comme piliers prioritaires
La stratégie de croissance intégrant l’impératif de la lutte pour la réduction de la pauvreté s’appuie sur quatre domaines clés, ou vecteurs de la croissance : l’agriculture et le développement rural ; le tourisme ; la modernisation des infrastructures ; la science, la technologie et l’innovation.
Agriculture et développement rural apparaissent ainsi parmi les piliers prioritaires d’une stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté. La stratégie relative à ce secteur exige un ensemble d’actions, dont le réaménagement du milieu rural avec un zonage garantissant la protection de l’environnement, la diversification des activités génératrices de revenus, et des mesures légales pour la pérennisation des acquis en matière de développement et pour une meilleure répartition des richesses générées.
L’aménagement du territoire est la réponse intelligente au problème de la croissance économique et de sécurité de la société. Dans ce contexte, la décentralisation politique et économique devra se conjuguer afin que l’aménagement du territoire assure une bonne répartition spatiale des activités et garantisse une politique cohérente de rénovation rurale. De manière spécifique, il s’agira de reconstruire à terme le territoire national sur la base de l’intégration de l’espace national, de la solidarité entre les zones rurales et urbaines et de la compétitivité des divers territoires.
Une priorité de la stratégie développée est de parvenir, à travers le maillage routier national, à une réelle maîtrise des réseaux de transport. Les grandes orientations pour les transports terrestres régionaux sont de: i) favoriser le développement des potentialités régionales et renforcer la compétitivité de l’économie haïtienne, ii) rééquilibrer le territoire national par l’éclosion de grandes métropoles régionales, iii) garantir la continuité du territoire, iv) protéger les infrastructures existantes et v) protéger l’environnement.
Dans les zones à forte potentialités (plaines irriguées et humides, montagnes humides) des efforts soutenus seront déployés en vue d’intensifier la production par l’octroi de crédits pour la modernisation des exploitations et des entreprises agricoles, et pour le relèvement de leur productivité. Les régions les plus défavorisées (plaines sèches et semi-aride, mornes secs et semi-arides) bénéficieront d’un encadrement systématique et soutenues par des formes de subvention décroissante soit au niveau de la production (prix des intrants tels que semences, fertilisants, outillage et équipements), soit au niveau de la commercialisation des extrants (récoltes ou produits transformés pour les cantines scolaires ou pour des mélanges avec des produits stratégiques importés (farine de blé).
Dans les deux types de zone, les cultures vivrières, l’élevage et les activités susceptibles de produire des bénéfices appréciables seront systématiquement développés (cultures d’exportation, vivrières, pêche) tandis que les petites et moyennes entreprises (PME) d’agro transformation seront fortement encouragées sous forme associative dans les zones défavorisées, ou privée dans les zones à fort potentiel, afin de capter la valeur ajoutée jusqu’ici très peu disponible pour le monde rural. Les regroupements seront fortement encouragés à court terme pour la formation de petites entreprises, de coopératives de tout type (polyvalente ou non, de production ou de transformation) dans des branches comme : les farines panifiables, le sel iodé, les jus de fruits et confitures, le fromage de chèvre, les structures de conservation ou de salage du poisson. A moyen terme, l’Etat encouragera le développement de moyennes entreprises.
2.2. Le PRSP et les bases d’une stratégie de développement agricole
Dans le PRSP, les bases d’orientation du secteur agricole sont présentées en plusieurs composantes.
2.2.1. Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier
Les interventions de l’Etat seront orientées vers la réalisation de trois grands objectifs : i) développer une agriculture respectueuse de l’environnement, ii) faciliter l’accès à la terre et lutter contre le phénomène de l’absentéisme, iii) sécuriser l’occupation de la terre et favoriser le remembrement.
Elles prioriseront deux lignes d’action :
• Amélioration de la gestion des terres et protection des bassins versants ;
• Sécurisation foncière, lutte contre l’absentéisme et recherche d’un type d’exploitation garantissant le développement durable
2.2.2. Relance de la production agricole
Pour relancer la production agricole, deux objectifs suivants sont retenus : 1) Recapitaliser les exploitations agricoles, 2) Permettre une plus grande disponibilité des aliments de base. Les lignes d’action stratégiques correspondent à des soutiens à la production spécifiés ci après.
2.2.3. Modernisation des infrastructures rurales
Pour moderniser les infrastructures rurales, les interventions de l’Etat chercheront à garantir l’obtention de trois résultats importants : i) Assurer les aménagements hydro-agricoles, ii) Mettre en place de grandes structures de stockage d’eau, iii) Aménager des pistes rurales et des marchés ruraux. Les lignes stratégiques d’action sont les suivantes :
• Réhabilitation et aménagement des grands systèmes d’irrigation existants pour faciliter une exploitation maximale de leur potentialité ;
• Construction de nouveaux systèmes dans toutes les aires où la nécessité se fait sentir ;
• Aménagement des grandes structures de stockage d’eau telles que les lacs collinaires et les impluviums, de manière à pallier le déficit hydrique dans certaines zones du pays et à stimuler la production maraîchère et vivrière dans leurs environs ;
• Construction/réhabilitation des pistes agricoles dans les zones de production pour faciliter l’écoulement des produits et la baisse des coûts de transport ;
• Construction /réaménagement des marchés ruraux.
2.2.4. Promotion de la pêche et de l’aquaculture
La pèche et l’aquaculture demeurent des domaines à fortes potentialités intéressantes mais peu et mal exploités. A travers le DSNCRP, il s’agit de stimuler leur développement afin de générer des revenus appréciables, et de renforcer la sécurité alimentaire.
2.2.5. Relance de l’agro transformation
L’introduction des Sciences et Technologies des Aliments dans le pays doit faciliter la création d’entreprises dans ce domaine. Les objectifs sont de relancer plus vigoureusement l’agro transformation en Haïti, et d’encourager la formation en Sciences et Technologies agricoles et alimentaires.
Les lignes stratégiques d’action sont les suivantes:
• Encouragement à la réouverture des usines existantes (pâte de tomate et huiles essentielles) et à la création de nouvelles (biodiesel etc.)
• Modernisation et amélioration des PME (moulins, guildives)
• Octroi de crédits d’équipements pour le développement de petites unités de conservation et de transformation dans toutes les filières de production agricole : fruits et légumes, produits carnés, fruits de mer, produits laitiers, plantes aromatiques
• Stimulation de la formation entrepreneuriale dans les centres universitaires en donnant des facilités aux jeunes diplômés pour l’installation de fermes et d’entreprises agricoles et de transformation.
2.2.6. Promotion d’une nouvelle stratégie de commercialisation
L’écoulement des produits récoltés représente l’étape la plus délicate des filières. Il exige ainsi une stratégie visant à :1) Réviser la politique douanière ; 2) Mettre sur le marché des produits de qualité en quantité suffisante, 3) Obtenir des prix intéressants.
Les lignes d’action stratégiques sont:
• Modulation de la politique tarifaire selon que les produits importés sont en concurrence avec les produits locaux ou sont des produits de grande consommation dont la production nationale est insuffisante ;
• Amélioration et standardisation des produits de haut de gamme ;
• Recherche de marchés niches pour les produits de nature « bio » dans leur grande majorité ;
• Concertation avec les associations nationales de producteurs dans les négociations au niveau du commerce international ;
• Développement d’un système de communication et d’informations commerciales;
• Promotion des produits dans les expositions internationales;
• Octroi de crédits aux femmes
2.2.7. Renforcement des structures d’appui à la production
La recherche, la formation, la vulgarisation, les organisations paysannes et les plateformes de concertation sont des éléments indispensables à toute augmentation de la production agricole. Aussi la stratégie cherchera à atteindre les objectifs suivants : 1) Promouvoir la recherche et la formation au bénéfice direct du développement agricole, 2) Relancer les services étatiques de vulgarisation agricole, 3) Encourager une meilleure organisation des structures privées d’appui au secteur.
Les lignes stratégiques d’action concernent la recherche agricole, la formation agricole, la vulgarisation agricole, le renforcement des organisations paysannes et l’encouragement à la mise en place de plateformes de concertation.
2.2.8. Financement de l’agriculture
Les conditions défectueuses de financement agricole montrent la nécessité de mettre en place un système financier pouvant garantir l’épargne et la recapitalisation des exploitations agricoles de manière à assurer l’investissement et la couverture des besoins fondamentaux du monde rural en général et des familles paysannes en particulier. Les orientations à ce niveau doivent amener l’Etat à agir dans deux directions : i) Relancer le «crédit supervisé ou contrôlé » particulièrement au bénéfice d’associations pour éviter toute dérive ou déviation des fonds sollicités, ii) Accorder dans le cadre de cette politique une attention spéciale aux associations de femmes dont les responsabilités dans le milieu rural sont lourdes.
2.3. Une politique de Décentralisation et de soutien au développement local
La Constitution de 1987 a fixé les grandes lignes à travers deux points importants pour la décentralisation:
• les relations entre le pouvoir central et les pouvoirs locaux
• l’organisation et le fonctionnement des collectivités territoriales.
Malgré cela, ces exigences constitutionnelles n’ont guère été suivies de mesures législatives et réglementaires qui se devaient de l’accompagner. Le nouveau cadre juridique de la décentralisation se limite en effet à quelques lois et décrets relatifs au Ministère de l’Intérieur, aux Délégations et Vice-Délégations, aux Sections Communales et au Fonds de Gestion et de Développement des Collectivités Territoriales. Il faut souligner en outre l’existence d’une Direction des Collectivités Territoriales au niveau du Ministère de l’Intérieur. Mais, les nouveaux textes ne sont pas toujours en accord avec la Constitution. D’un autre côté, le fonctionnement des entités locales prend aussi appui, malgré les problèmes que cela génère, sur la loi de 1982 relative à la Commune et plus particulièrement du point de vue financier sur plusieurs textes législatifs concernant l’impôt foncier et la patente.
Même si le développement local ne figure pas comme tel dans la Constitution de 1987, les outils du développement local y sont par contre mentionnés. La loi du 4 avril 1996 portant sur l’organisation des sections communales s’y réfère directement. C’est une stratégie qui est ancrée dans les choix du gouvernement de transition (Accord de transition et Document de position du gouvernement.). Le gouvernement actuel a aussi pris l’engagement dans son énoncé de politique, de budgétiser des ressources et de mettre en place des structures d’appui en faveur des autorités locales qui sortiront des prochaines élections.
Les principaux outils du DL sont :
• L’aménagement du territoire qui définit les grandes orientations et fixe le cadre de développement des zones;
• Une politique de décentralisation appuyée par la déconcentration des structures de l’État;
• La gouvernance locale définie comme l’ensemble des interactions entre les acteurs d’une communauté locale (le secteur public, le secteur privé et la société civile) orientées vers la définition d’un projet global commun et de projets spécifiques de développement des collectivités;
• La participation citoyenne qui s’exprime au sein des structures de gouvernance locale;
• Le financement via la fiscalité nationale et locale et les agences internationales.
2.4. Engagements internationaux liés au secteur agricole et au commerce international
Haïti a signé avec un ensemble d’institutions internationales et de pays plusieurs accords qui peuvent avoir des retombées sur l’économie en général et sur le secteur agricole en particulier. Haïti a pris des engagements auprès du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale en signant l’accord de Facilité d’Ajustement Structurel Renforcé (FASR) qui s’étend sur la période 2006-2009 et qui a pour but de rendre l’économie haïtienne plus compétitive et de faciliter son intégration dans l’économie mondiale.
En tant que membre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Haïti est partie prenante de l’accord sur l’agriculture en discussion au sein de l’organisation. Cet accord a pour but d’accroitre l’accès au marché et la compétition à l’exportation et de réduire les subventions à la production agricole dans les pays membres avec quelques exceptions pour les pays moins avancés.
Haïti est impliqué dans l’Accord de partenariat signé à Cotonou entre les membres de l’Union Européenne et les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Cet Accord permet aux produits en provenance de l’Afrique, de la Caraïbe et du Pacifique répondant à des critères établis par la communauté d’accéder en franchise de droits au territoire de la Communauté européenne. En outre, comme PMA, Haïti bénéficie de l’Initiative « Tout sauf les armes » en vertu de laquelle la Communauté libéralise toutes les importations en provenance des PMA.
Haïti a intégré la Communauté des pays de la Caraïbes (CARICOM) depuis 1996. L’intégration dans cette organisation régionale représente selon certains analystes un atout non négligeable pour Haïti qui pourra récolter des bénéfices économiques et commerciaux à travers la création d’opportunités d’échanges avec les autres pays de la région.
En dehors de ces engagements multilatéraux, il importe de mentionner des accords spécifiques à certaines filières tels l’accord international sur le café, l’accord international sur le cacao et d’autres accords commerciaux bilatéraux signés avec un certain nombre de pays.
Dans le cadre de la mise en œuvre du DSNCRP, il s’agit de se positionner de manière efficace dans les projets de régionalisation économique et commerciale d’une part et d’autre part, dans les dynamiques internationales plus larges notamment avec l’OMC.
3. Le cadre de politique de relance du secteur agricole 2008-2020
3.1. Objectifs et résultats à atteindre
Intégrant les grandes orientations énoncées dans le DSNCRP, la politique de relance du secteur agricole a pour objectif global de moderniser le secteur agricole et les activités économiques rurales pour améliorer les conditions de vie des populations concernées.
Cet objectif global s’articule en cinq objectifs spécifiques :
1. Remettre en état l’infrastructure du secteur par le réaménagement des bassins versants, des périmètres irrigués et du réseau routier ;
2. Augmenter la production, la productivité et la compétitivité de l’agriculture par un meilleur accès au foncier, aux technologies adaptées, au crédit et aux services ;
3. Améliorer la situation de sécurité alimentaire interne et réduire la vulnérabilité des populations rurales aux catastrophes naturelles et crises ;
4. Promouvoir des filières d’exportation et transfrontalières à haute valeur ajoutée et génératrices d’emplois ;
5. Renforcer les capacités des institutions et organisations de base du milieu rural.
Les résultats à atteindre s’intègrent dans un objectif de croissance du secteur agricole de 5% entre 2008 et 2020 soit une augmentation de près de 80% de la valeur ajoutée du secteur en 12 ans. Au vu du taux de croissance de la population rurale et agricole de 2.1%, ceci correspond à une croissance de revenu par exploitant de 3% par an.
3.2. Cadre logique: composantes et lignes d’action
Le cadre logique assure l’articulation avec le PRSP 2008-2012, cadre de référence de mobilisation de fonds publics en repositionnant les principales composantes du secteur agricole :
1. Modernisation des infrastructures rurales ;
2. Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier ;
3. Renforcement des structures d’appui à la production ;
4. Disponibilité en produits alimentaires de base ;
5. Promotion de la commercialisation et de l’agro business Haïtien ;
6. Structuration du milieu agricole ;
Matrice de pré-cadrage de la politique de relance du secteur agricole 2008-2020
Objectif global: Moderniser le secteur agricole et les activités économiques rurales pour améliorer les conditions de vie des populations concernées
Contraintes Objectifs spécifiques Composantes
(DSRP) Lignes d’actions stratégiques échéancier
CT, MT, LT2
-délabrement des périmètres irrigués
-érosion des BV
-faible rétention des eaux de pluie
-infrastructures routières déficientes Remettre en état l’infrastructure du secteur par le réaménagement des bassins versants, des périmètres et du réseau routier Modernisation
des infrastructures rurales 1. Réhabiliter et développer le capital d’irrigation de façon durable en l’associant au réaménagement des bassins versants avec une pérennisation des fonctions d’entretien LT
2. Réhabiliter, pérenniser et développer le réseau de pistes et routes secondaires stratégiques dans l’écoulement de produits agricoles MT, LT
Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier 3. Accélérer le réaménagement des bassins versants des montagnes humides et semi-humides en synergie avec le développement des filières élevage viande fruits et lait CT, MT
-déficit de services
-insécurité foncière
-non accès au crédit
-accès limité aux intrants Augmenter la production, la productivité et la compétitivité de l’agriculture par un meilleur accès au foncier, aux technologies adaptées, au crédit et aux services 4. Politique de Sécurisation foncière ciblée sur les zones bénéficiant de programmes de réhabilitation (périmètres irrigués, basins versants) MT
Renforcement des structures d’appui à la production 5. Mise en place d’un réseau de guichets agricoles multiservices (appui conseil par des jeunes agronomes) positionnés dans le réseau décentralisé (BAC, OP, ONG) MT, LT
6. Renforcer et sécuriser l’accès au micro crédit rural décentralisé et déconcentré (banques communautaires mutuelles, crédit solidaire, micro assurance, fds de garantie) MT
7. Renforcer les pôles d’entreprenariat rural de services (artisans, réparateurs, plateformes multifonctions, électricité), de fourniture d’intrants (pépinières, semences, engrais) MT
-prix élevés
-dépendance alimentaire du marché mondial
-récurrence de désastres Améliorer la situation de sécurité alimentaire interne et réduire la vulnérabilité des populations rurales aux catastrophes naturelles et crises Disponibilité en produits alimentaires de base
8. Promouvoir la relance des filières céréalières (riz, maïs) par des mesures de subvention des intrants et de nettoyage des canaux de drainage et d’irrigation (désensablement) CT, MT
9. Recentrer la composition de l’offre locale autour de la banane, l’igname et d’autres tubercules (manioc, patate) pour couvrir au moins 70% des besoins domestiques CT, MT
10. Promouvoir l’expansion des filières d’élevage alimentant le marché domestique CT
11. Sécurisation des activités économiques en milieu rural – gestion des risques de catastrophes naturelles (cyclones, inondation) MT
12. Mise en place de filets de sécurité en cas de crise alimentaire et promotion du stockage CT
Promotion de la commercialisation et de l’agro business Haïtien
13. Assurer une politique commerciale agricole qui contribue à stimuler les filières alimentant le marché domestique (tarif d’importation, prix domestiques incitatifs) MT
14. Assurer l’intégration des marchés agricoles et alimentaires haïtiens et de République Dominicaine (libre circulation, promotion des filières transfrontalières partenariats, SIM) CT
commercialisation informelle
gestion de la qualité en aval Promouvoir des filières d’exportation et transfrontalières à haute valeur ajoutée et génératrices d’emplois.
15. Promouvoir les filières d’exportation de fruits tropicaux (mangue, limette, avocat, acer ola, papaye) de café et de cacao dans une logique de labellisation bio CT
16. Renforcer le micro entreprenariat agro-industriel par un soutien à l’installation des jeunes et aux investissements en aval des filières CT
-opérationnalité et capacités limitées Renforcer les capacités des institutions et organisations de base du milieu rural. Structuration du
milieu agricole 17. Renforcement des capacités de pilotage du MARNDR et promotion de plateformes de concertation et de coordination à tous les niveaux (Conseil National du Développement Rural, Cellule interministérielle de suivi des politiques, DDA) CT, MT
18. Renforcement des capacités des partenaires ONG et des organisations de producteurs et autres organisations de base CT
4. Description des composantes
4.1. Composante 1 : Modernisation des infrastructures rurales
4.1.1. Ligne d’action 1 : Réhabiliter et développer le capital d’irrigation de façon durable avec une pérennisation des fonctions d’entretien
Les actions proposées sont les suivantes :
• Actualiser l’inventaire des périmètres irrigués ;
• Créer une base de données sur les périmètres irrigués ;
• Installer des matériels de collecte de données hydro-météorologiques ;
• Curer, reprofiler et endiguer les rivières les plus menaçantes pour la population ;
• Curer les canaux d’irrigation et les drains dans les périmètres à haut potentiel agricole ;
• Réhabiliter les systèmes d’irrigation à haut potentiel agricole ;
• Etablir de nouveaux systèmes d’irrigation dans les régions où le potentiel est sous exploité ;
• Mise en place de chantiers de travaux publics semi-permanents au niveau communal en charge de l’entretien des canaux.
4.1.2. Ligne d’action 2 : Développer et pérenniser le réseau de pistes, routes et infrastructures stratégiques dans l’écoulement de produits agricoles
En milieu rural, il y a un gros besoin d’infrastructures routières et de structures destinées à l’entreposage de produits périssables : viande, produits de pêche, maraîchers, etc. La présence de chaîne de froid, permettrait aux producteurs de vendre dans de meilleures conditions immédiatement après récolte et entraînent une minimisation des pertes pour les bouchers et les pêcheurs. Les actions proposées sont les suivantes :
• Sensibiliser le MTPTC sur les besoins du secteur agricole en termes de routes communales ;
• Réaliser un diagnostic des routes communales desservant les zones d’intervention prioritaires du MARNDR ;
• Intégrer dans les projets à caractère agricole un volet de construction de routes communales ;
• Mettre en place un (des) projet(s) de crédit stockage des produits agricoles (grains) ;
• Réaliser un diagnostic des systèmes de stockage existants ;
• Evaluer les besoins physiques et d’investissement en matière de stockage ;
• Equiper les zones prioritaires en infrastructures électriques.
4.2. Composante 2: Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier
4.2.1. Ligne d’action 3: Accélérer le réaménagement des bassins versants des montagnes humides et semi-humides
Dans le cadre d’actions de reforestation, il est possible de promouvoir le développement de filières pouvant aider à améliorer la couverture végétale permanente en zone montagneuse tout en générant des revenus ruraux. C’est le cas des cultures bioénergétiques (jatropha et autres espèces ligneuses), de l’arboriculture fruitière et de filières élevage viande et lait qui peuvent contribuer à pérenniser des zones de pâturage de montagne. Ceci demande une véritable approche d’aménagement du territoire et de partenariat entre les acteurs locaux du développement. Les actions proposées sont les suivantes :
• Prioriser les bassins versants sur lesquels on doit intervenir ;
• Développer des plans de réaménagement du territoire des bassins versants prioritaires ;
• Identifier et délimiter des surfaces à mettre en défens, les zones de production de bois, les zones de vergers fruitiers ;
• Réhabiliter les pépinières centrales, départementales et communales;
• Installer des plantations de pins à l’intérieur des parcs, des réserves naturelles et des zones y attenantes ;
• Etablir des forêts départementales de production de bois pour des besoins de chauffage et de construction ;
• Etablir des vergers d’arbres fruitiers ;
• Diagnostiquer avec précision les bassins versants ;
• Mettre en place des structures de protection mécaniques et végétales ;
• Développer des modèles de production agricole anti-érosifs ;
• Décourager l’emploi industriel et agro industriel du bois d’énergie ;
• Développer un programme de réduction de la consommation de bois ;
• Mise en place des chantiers de travaux publics permanents au niveau communal en charge de l’aménagement des territoires (Bassins Versants).
4.2.2. Ligne d’action 4 : Politique de Sécurisation foncière ciblée sur les zones bénéficiant de programmes de réhabilitation (périmètres irrigués, basins versants)
La sécurisation foncière s’impose de plus en plus comme une dimension incontournable de tout processus visant l’amélioration de la productivité des terres, la préservation des ressources naturelles et le développement agricole. Au niveau national, les institutions responsables doivent disposer d’outils (administratifs, techniques et légaux) appropriés à la réalité actuelle ainsi que meilleurs interfaces de communication, de manière à permettre le fonctionnement régulier et harmonieux du système. A l’échelle communale, il faudra graduellement transmettre le leadership de la gestion foncière aux Mairies qui, appuyées par le pouvoir local, et en étroite collaboration avec les représentations locales des institutions concernées, les notaires et les arpenteurs, devra petit à petit contribuer à réconcilier l’informel et le formel dans une perspective d’un système unique de gestion du foncier en Haïti.
Les actions prévues sont les suivantes :
• Réaliser un diagnostic institutionnel de l’INARA ;
• Réaliser un atelier national sur la problématique foncière en Haïti (exploration d’expériences pratiques capitalisées) ;
• Réaliser un bilan critique des interventions foncières récentes en Haïti ;
• Etablir un mécanisme assurant la prise en compte du foncier dans les opérations/ projets d’aménagement (irrigué, BV, infrastructures) ;
• Renforcer l’expertise, la capacité de communication, de maîtrise d’œuvre d’actions de sécurisation foncière et de capitalisation de l’INARA ;
• Renforcer et déconcentrer la direction de l’Enregistrement (DGI) au niveau départemental ;
• Etablir une plateforme nationale de concertation et réflexion sur le foncier et des espaces de concertation dans les sites d’intervention ;
• Promouvoir les expériences pilote de cadastres communaux’
• Encourager les actions pilote dans le cadre des projets ;
Dans le cadre du démarrage des activités, les zones suivantes devront être ciblées en priorité : (i) la Vallée de l’Artibonite pour son importance agricole et ses conflits fonciers, (ii) les communes de Hinche et de Thomassique (iii) le Nord-est, particulièrement les communes de Fort Liberté, de Terrier Rouge, de Limonade, de Ferrier et de Caracol, et (iv) La commune de Quartier Morin dans le Nord en raison d’une situation conflictuelle.
4.3. Composante 3: Renforcer les structures d’appui à la production
4.3.1. Ligne d’action 5 : Mise en place d’un réseau de centres agricoles multiservices
Le rapprochement de l’accompagnement et des services des agriculteurs, producteurs et entrepreneurs, va nécessiter une déconcentration des services publics vers les territoires à tous les niveaux (communes, départements). Cette action se base sur le réseau résiduel de centres expérimentaux et stations de recherche qui s’articule avec les BAC et les autres intervenants [OP, ONG, les coopératives d’approvisionnement, de commercialisation et de services (ROPAGA; UCOOPEDSA)]. Il s’agit aussi de restructurer la recherche, en vue de créer pour toutes les filières, des référentiels techniques transférables aux différents acteurs impliqués dans la production agricole. Il faudra donc:
• Réaliser un diagnostic précis des besoins en termes de réhabilitation des centres régionaux ciblés à court et moyen terme ;
• Effectuer la réhabilitation physique des centres et les doter en matériels et équipements ;
• Réaliser un diagnostic approfondi des contraintes et opportunités locales à l’intensification agricole/Thèmes de recherche à privilégier ;
• Mettre en œuvre les activités liées au programme de recherche-développement-formation ;
• Mettre en place les mécanismes de concertation facilitant la participation des acteurs à la diffusion et à l’application des connaissances nouvelles ;
• Diffuser les résultats de la recherche à travers des ateliers ;
• Créer des centres de recherche de référence pour les zones semi-arides ;
• Promouvoir des partenariats avec les instituts de recherche internationaux ;
• Entreprendre des efforts de recherche et de vulgarisation des techniques de gestion du sol et de fertilisation chimique ;
• Recruter de jeunes agronomes diplômés pour un accompagnement rapproché des producteurs ;
• Procéder à la réouverture des écoles moyennes d’agriculture et à la création de deux nouveaux centres de formation (mécanique agricole, pêche et aquaculture) ;
• Créer pour toutes les filières, des référentiels techniques transférables aux différents acteurs impliqués dans la production agricole ;
• Renforcer les capacités des techniciens et conseillers agricoles (BAC, ONG, OP).
4.3.2. Ligne d’action 6 : Renforcer et sécuriser l’accès au micro crédit rural décentralisé et déconcentré
Cette ligne d’action concerne tous les partenaires œuvrant dans le micro crédit y compris les banques communautaires mutuelles, les groupes de crédits solidaires et elle rassemble plusieurs mesures de promotion et d’accompagnement (micro assurance, fonds de garantie). Il s’agit (i) d’accroître le volume du financement rural à hauteur des enjeux, (ii) d’accroître la sécurité des financements par la mise en place de garanties et de systèmes de contrôle adaptés (création d’un fonds de garanties) , (iii) de mettre en place un cadre légal et réglementaire favorable aux institutions non bancaires et non coopératives qui fournissent l’essentiel des services financiers en milieu rural et (iv) d’améliorer et de faciliter l’épargne des ruraux.
Les actions proposées sont les suivantes :
• Procéder à une estimation (en volume) des besoins de financement des ménages et des entreprises ruraux ;
• Mobiliser des ressources financières en faveur du milieu rural ;
• Créer un fonds de garantie pour compléter le système de financement rural ;
• Mettre en place la structure devant gérer le fonds de financement ;
• Appuyer le renforcement des institutions d’épargne et de crédit de type coopératif ou mutuel ;
• Etablir et mettre en œuvre un cadre légal pour les IMF ;
• Appuyer le développement de produits d’assurance associé au microcrédit;
• Mettre en place des mécanismes et des dispositifs financiers appropriés pour faciliter l’accès des entrepreneurs au crédit.
4.3.3. Ligne d’action 7 : Professionnaliser les filières d’intrants et de prestataires de services
La modernisation de l’agriculture exige que les producteurs et entrepreneurs agricoles puissent avoir accès aux intrants et équipements agricoles de qualité et aux services essentiels. Les actions proposées dans ce cas sont les suivantes :
• Mise en place de réseaux de Boutiques d’Intrants Agricoles opérationnelles au niveau communal ;
• Mise en place d’une subvention de 30-50% sur le prix de l’engrais progressivement dégressive sur 4 ans ;
• Etablir un programme de promotion et de formation de prestataires de services de traction animale et motorisé incluant la fourniture de pièces de rechange ;
• Encourager l’installation d’entreprises rurales modernes (ateliers de mécanique agricole, conservation et transformation agroalimentaire) ;
• Appuyer le développement de petits systèmes hydroélectriques ;
• Appuyer la production/multiplication de semences artisanales et des semences de base ;
• Encourager la mise en réseau des organisations paysannes engagées dans la distribution des intrants agricoles ;
• Mobiliser les ressources financières pour l’octroi de subvention aux demandeurs d’intrants agricoles et de crédit favorable aux principaux fournisseurs ;
• Réaliser une étude de faisabilité de la relance d’une usine d’ensachage et d’assemblage d’engrais.
4.4. Composante 4: Disponibilité en produits alimentaires de base
4.4.1. Ligne d’action 8 : Promouvoir la relance des filières céréalières (riz, maïs)
Au vu de la situation exceptionnellement favorable de très forte hausse des prix céréaliers, il s’agit justement de rassembler une convergence de services, de disponibilité d’intrants pour permettre un très fort rattrapage des filières céréalières et particulièrement de la filière riz dont la production devrait doubler d’ici 2020 (objectif 6% de croissance annuelle). Les principales actions sont les suivantes :
• Mise en place de d’une capacité pérenne (brigade villageoise, chantier communal) d’entretien et de nettoyage des canaux de drainage et d’irrigation (désensablement) ;
• Mise en place d’unités de Coopératives d’Utilisation de Matériels Agricoles (CUMA) au niveau local ;
• Formation de mécaniciens et ouverture de centres de réparation de matériels agricoles au niveau communal ;
• Promotion des unités de stockage gérées par les groupements de producteurs ;
• Soutien à une politique de promotion de prix minimum aux producteurs ;
• Renforcement du système permanent d’information sur les prix des marchés régionaux (CNSA) ;
• Promouvoir la disponibilité de semences de maïs améliorés et de produits de traitement ;
• Améliorer les conditions de stockage du maïs pour réduire les pertes ;
4.4.2. Ligne d’action 9 : Recentrer la composition de l’offre locale autour de la banane, le haricot, l’igname et d’autres tubercules (manioc, patate)
Il est possible d’augmenter substantiellement la production de tubercules grâce à l’introduction de variétés performantes et à l’amélioration des pratiques culturales. Un effort de promotion en faveur de la consommation des tubercules peut contribuer à diminuer la consommation per capita de riz et diminuer ainsi les importations. Bananes et légumineuses disposent également d’un potentiel inexploité de gains de production par l’utilisation de meilleures semences, le traitement contre les parasites et la gestion post récolte. Les principales actions sont les suivantes :
• Rendre opérationnels des centres d’expérimentation avec une fonction élargi de guichets mullti-service ;
• Promouvoir la filière de distribution de semences ou de plants et de produits phyto-sanitaires pour les légumineuses, les bananes et les tubercules ;
• Promouvoir des variétés de bananier plus résistantes aux cyclones et à la Sigatoka ;
• Pérenniser une capacité de stockage de semences de haricot ;
• Elargir le panel de matériel de semences disponibles et promouvoir son utilisation par des prix subventionnés ;
• Promouvoir l’organisation de la gestion post récolte et de la commercialisation au niveau de groupements (contractualisation des ventes, regroupement de la production) ;
4.4.3. Ligne d’action 10 : Promouvoir l’expansion des filières d’élevage et de pêche alimentant le marché domestique
Il s’agit de mener les actions suivantes :
• Appui à la filière lait (unités locales de transformation, dispositif de contrôle du lait, crédit, fabrication de fromage, promotion de la consommation) ;
• Appui à la filière avicole (amélioration des races indigènes, formation de techniciens en épidémio- surveillance, exonération des intrants d’élevage…) ;
• Appui au développement de la pêche (vulgarisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP), formation des pêcheurs, accès aux équipements de pêche) ;
• Ensemencement de tous les points d’eau du pays ;
• Appui à la conservation et commercialisation des poissons (crédit, formation, système de conservation) ;
• Appui à la filière apiculture (production de matériel de ruche, formation pratique, crédit, conditionnement et stockage du miel, emballage, labellisation, campagne publicitaire).
4.4.4. Ligne d’action 11: Sécurisation des activités économiques en milieu rural – gestion des risques de catastrophes naturelles (cyclones, inondation)
La sécurisation des activités économiques en milieu rural peut être améliorée avec l’ensemble des actions suivantes :
• Préparation de plans d’intervention spécifiques dans les zones à risque élevé (dégâts agricoles, dégâts sur les infrastructures irriguées et routières) ;
• Mise à profit des fonds disponibles pour la gestion des risques et désastres tels par exemple le CRIF (Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility) géré par le MEF pour compenser les pertes agricoles ;
• Renforcement des capacités de réponse communales ;
• Renforcement et consolidation des infrastructures, (barrages anti érosifs, protection des berges,…) par des chantiers publics HIMO ;
• Réalisation d’un diagnostic sur le risque en milieu rural et les outils de gestion de risques ;
• Mise en place de systèmes d’assurances sur dégâts climatiques.
4.4.5. Ligne d’action 12 : Mise en place de filets de sécurité en cas de crise alimentaire et promotion du stockage
Ces filets de sécurité concernent à la fois les ménages structurellement vulnérables et les ceux sujets à des difficultés en période de crise. Les actions comprennent:
• Capacité d’ajustement des outils comme le tarif d’importation pour assurer des prix domestiques incitatifs.
• Mise en place de chantiers de travaux publics pérennisés au niveau communal en charge de l’entretien des infrastructures et de l’aménagement des territoires (BV) (voir lignes d’action 1-3) ;
• Identification des ménages vulnérables (mise à jour des profils de vulnérabilité) ;
• Aide directe aux populations très vulnérables ;
• Soutien prix aux consommateurs de riz ;
• Promotion de banques céréalières ou greniers villageois (silos communautaires).
4.5. Composante 5: Promotion de la commercialisation et de l’agro business haïtien
4.5.1. Ligne d’action 13 : Assurer une politique commerciale agricole qui contribue à stimuler les filières alimentant le marché domestique
Les marchés et l’accès aux marchés jouent un rôle de plus en plus important dans les choix et la vie des agriculteurs, des producteurs et des entrepreneurs. Les actions priorisées sont les suivantes :
• Renforcer les services d’information commerciale ;
• Création d’une cellule de suivi et d’analyse des marchés agricoles ;
• Réaliser la promotion médiatique (spots publicitaires, émissions) en faveur de la consommation de certains produits locaux, en particulier des tubercules ;
• Restaurer les infrastructures de marchés régionaux ;
• Equiper les unités de transformation de produits agricoles d’infrastructures de conditionnement et de stockage ;
• Vulgariser de nouvelles techniques de séchage et de stockage des produits périssables ;
• Mise en place d’un système d’informations marchés (SIM) ;
4.5.2. Ligne d’action 14 : Assurer l’intégration des marchés agricoles et alimentaires haïtiens et de la République Dominicaine
Le caractère insulaire de l’ile d’Hispaniola oblige la République d’Haïti et la République Dominicaine à harmoniser leurs relations économiques et commerciales pour le bénéfice des deux peuples. Dans le cadre d’une amélioration du cadre des échanges, des actions doivent être prises dans le sens d’une libre circulation des produits, de la promotion des filières transfrontalières, et d’un jumelage et partenariat institutionnels. Les actions à prioriser dans ce contexte sont les suivantes:
• Renforcement des liens entre chambres de commerce et d’agriculture et d’industrie des pays limitrophes (bourses de marchés virtuels, inventaire des entreprises) ;
• Recherche de convergence dans le suivi des marchés et le contrôle de qualité des produits agricoles ;
• Partenariat des services technique et des bailleurs dans l’appui aux filières transfrontalières ;
• Mise au point de normes et labellisation des produits issus de filières transfrontalières ;
• Mesures de promotion et de garantie des investissements transfrontaliers ;
• Faciliter le transfert inter-frontalier de marchandises agricoles et alimentaires ;
• Harmonisation des taxes à l’importation sur les produits agricoles et alimentaires ;
4.5.3. Ligne d’action 15 : Promouvoir les filières d’exportation de fruits tropicaux et de café et cacao dans une logique de labellisation bio
Cette ligne d’action cible les fruits tropicaux (mangue, l‘avocat, la papaye, etc.) et le café qui présentent un gros potentiel de valeur ajoutée dans une démarche de label bio et de recherche de qualité. Elle comprend les actions suivantes :
• Promotion d’une approche filière (promotion d’unités artisanales de transformation des fruits au niveau local et d’entreprises intervenant dans le conditionnement et le transport de fruits frais);
• Promotion des techniques artisanales de cueillette de fruits ;
• Etablissement et mise en vigueur des normes de qualité ;
• Etudes de marchés dans les différents pays importateurs et renforcement des capacités de commercialisation des groupements (démarche de pré-coopérative) ;
• Mise en place d’un système fiable de certification des produits biologiques.
4.5.4. Ligne d’action 16 : Renforcer le micro entreprenariat agro-industriel
Ceci passe par un soutien à l’installation des jeunes et aux investissements en aval des filières (Fonds de Développement Industriel, fonds de garantie, code local des investissements). Les actions proposées sont les suivantes :
• Promotion d’usines locales de production et de recyclage de matériels de conditionnement ;
• Mise en place d’un Fonds de soutien aux investissements agro industriels (appui aux partenariats, fonds de garantie…) ;
• Promotion de petites entreprises de services de conservation par le froid ;
• Promotion de petites entreprises de collecte et de conditionnement de produits agricoles ;
• Soutien à l’installation des jeunes micro-entrepreneurs agro industriels (ligne de crédit à faible taux et code d’investissement) ;
4.6. Composante 6: Structuration du milieu agricole
4.6.1. Ligne d’action 17 : Renforcement des capacités de pilotage du MARNDR et promotion de plateformes de concertation et de coordination à tous les niveaux
Cette composante vise au renforcement des capacités institutionnelles du MARNDR à mener sa politique dans le cadre des orientations définies pour le secteur agricole. Ceci se fera par :
• La réorganisation fonctionnelle du MARNDR au vu de ses fonctions opérationnelles ;
• Le renforcement des capacités humaines : formation et entraînement des cadres à tous les niveaux, redistribution du personnel qualifié sur le terrain pour un encadrement rapproché et efficace des producteurs;
• Le renforcement des structures déconcentrées et autonomes;
• Le redéploiement rationnel des moyens humains et matériels sur les territoires ;
• Promotion du partenariat public/privé dans les fonctions de service ;
• Développement d’un système de suivi d’impact des politiques sur les ménages agricoles ;
• Suivi de la situation de sécurité alimentaire par région (CNSA) ;
• Promotion de plateformes de concertation sur les filières alimentant le marché domestique.
Pour écarter définitivement l’éventualité de la mise en œuvre de politiques et d’actions contradictoires au niveau du Gouvernement sur les questions touchant le développement agricole et rural, il faut entre les différents secteurs économiques mettre en place rapidement des mécanismes permanents de concertation sur les questions relatives au développement économique, commerciale, agricole et du Monde Rural ; Il faut au travers de commissions, de comités et de groupes de travail favoriser à tout prix une participation plus active des décideurs, acteurs et opérateurs concernés dans les décisions touchant l’Agriculture et le monde Rural (Conseil National du Développement Rural, Cellule interministérielle de suivi des politiques, DDA et plateformes de concertation décentralisée).
4.6.2. Ligne d’action 18 : Renforcement des capacités des partenaires ONG et des organisations de producteurs
La participation/responsabilisation des agriculteurs, producteurs et entrepreneurs implique le transfert ou le renforcement massif des capacités des organisations de producteurs et professionnelles agricoles à tous les niveaux. Ce renforcement vise l’organisation des acteurs et la promotion du dialogue en vue d’impliquer les agriculteurs, à travers leurs organisations représentatives, dans la définition des éléments de politique agricole. Il s’agira de cibler et d’appuyer des Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) dont les objectifs sont clairement définis autour de l’activité agricole, de la défense des intérêts des producteurs et de la fourniture de services professionnels aux agriculteurs, aux producteurs et aux entrepreneurs. Quatre types d’appui sont à privilégier :
• Faciliter l’enregistrement des ONG et OP (documents statutaires, enregistrement légal, etc.) ;
• L’appui au fonctionnement interne (documents statutaires, enregistrement légal, etc.) ;
• Le renforcement des capacités de gestion et de prise de décision ;
• Le renforcement des échanges et de la concertation nationale entre les OPA ;
• Appui aux dynamiques fédératives, de regroupement coordonné et de mise en réseau en cours (filière café, filière fruits transformés, filière huiles essentielles, etc.) ;
• Développement d’expertises techniques et technologiques au sein des organisations
5. Cadre de mise en œuvre
Les actions ci-dessus définies s’inscrivent dans le court, moyen et long terme. Elles seront mises en œuvre dans le cadre d’une concertation et collaboration entre les principaux acteurs nationaux et internationaux intéressés par la problématique du développement agricole et rural en Haïti. Le tableau suivant présente le cadre logique de mise en œuvre des actions.
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 1 Modernisation des infrastructures rurales
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT3 Régions ciblées
Ligne d’action 1 : Réhabiliter et développer le capital d’irrigation de façon durable avec une pérennisation des fonctions d’entretien 1. Actualiser l’inventaire des périmètres irrigués MARNDR Trésor public et coopération internationale CT 10 départements
2. Créer une base de données sur les périmètres irrigués MARNDR Trésor public CT 10 départements
3. Installer des matériels de collecte de données hydro-météorologiques MARNDR Trésor public CT 10 départements
4. Curer, reprofiler et endiguer les rivières les plus menaçantes pour la population MARNDR Trésor public, Coop japonaise - CT Ouest, Artibonite, Sud
5. Curer les canaux d’irrigation et les drains dans les périmètres à haut potentiel agricole MARNDR Trésor public, Coop japonaise CT Ouest, Artibonite, Sud
6. Réhabiliter les systèmes d’irrigation à haut potentiel agricole MARNDR Trésor public, BID, UE, FIDA PIA, CT, MT Ouest, Artibonite, Sud
7. Etablir de nouveaux systèmes d’irrigation dans les régions où le potentiel est sous exploité MARNDR Coopération internationale MT Nord, Centre
8. Mise en place de chantiers de travaux publics semi-permanents au niveau communal en charge de l’entretien des canaux (voir ligne d’action 13) MARNDR, MTPTC Trésor public CT, MT Toutes les zones irriguées
Ligne d’action 2 : développer et pérenniser le réseau de pistes, routes et infrastructures stratégiques dans l’écoulement de produits agricoles 9. Sensibiliser le MTPTC sur les besoins du secteur agricole en termes de routes communales MARNDR - CT -
10. Réaliser un diagnostic des routes communales desservant les zones d’interventions prioritaires du MARNDR MTPTC CT --
11. Intégrer dans les projets à caractère agricole (intensification, bassins versants, irrigation) un volet de construction de routes communales MARNDR/ MTPTC Trésor public et coopération internationale CT, MT -
12. Mettre en place un (des) projet (s) de crédit stockage de produits agricoles (grains) MARNDR Institutions financières locales MT Artibonite, centre Sud, Grand’Anse
13. Réaliser un diagnostic des systèmes de stockage existants MARNDR Trésor public, ONG CT 10 départements
14. Evaluer les besoins physiques et d’investissements en matière de stockage (grains, maraîchers, viandes, …) MARNDR Trésor public, ONG CT 10 départements
15. Equiper les zones prioritaires en infrastructures électriques MARNDR/MDT Coopération internationale CT 10 départements
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 2 Promotion d’une agriculture durable et d’une meilleure gestion du foncier
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT4 Régions
ciblées
Ligne d’action 3 : Accélérer le réaménagement des bassins versants des montagnes humides et semi-humides 16. Prioriser les bassins versants sur lesquels on doit intervenir MARNDR CT -
17. Développer des plans de réaménagement du territoire des bassins versants prioritaires MARNDR I CT
18. Identifier et délimiter des surfaces à mettre en défens, les zones de production de bois, les zones de vergers fruitiers MARNDR - - CT, MT
19. Réhabiliter les pépinières centrales, départementales et communales MARNDR CT
20. Installer des plantations de pins à l’intérieur des parcs, des réserves naturelles et des zones y attenantes MARNDR - - CT, MT Sud, Sud’Est, Ouest, Nord
21. Etablir des forêts départementales de production de bois pour des besoins de chauffage et construction MARNDR - - CT, MT 10 départements
22. Etablir des vergers d’arbres fruitiers MARNDR - - CT, MT 10 départements
23. Diagnostiquer avec précision les BV MARNDR CT
24. Mettre en place des structures de protection mécaniques et végétales MARNDR MT
25. Développer des modèles de production agricole anti-érosifs MARNDR MT
26. Décourager l’emploi industriel et agro industriel du bois d’énergie BME/MARNDR/MEF Institutions locales CT, MT Artibonite,Ouest,Sud, , Nord, Centre
27. Développer un programme de réduction de la consommation de bois MARNDR CT, MT Grand Anse, Sud, Centre, Sud Est
28. Chantiers de travaux publics permanents au niveau communal en charge de l’aménagement des territoires (BV) (voir lignes d’action 13) MARNDR, MTPTC Institutions locales, Trésor public CT, MT 10 départements
Ligne d’action 4 : Politique de Sécurisation foncière ciblée sur les zones bénéficiant de programmes de réhabilitation (périmètres irrigués, basins versants) 29. Réaliser un diagnostic institutionnel de l’INARA MARNDR Coopération internationale CT
30. Atelier national sur la problématique foncière à Haïti (exploration d’expériences pratiques capitalisées) INARA Trésor public CT
31. Réaliser un bilan critique des interventions foncières récentes en Haïti MARNDR Coopération internationale CT
32. Etablir un mécanisme assurant la prise en compte du foncier dans les opérations/ projets d’aménagement (irrigué, BV, infrastructures) MARNDR CT MT
33. Renforcer l’expertise, la capacité de communication, de maîtrise d’œuvre d’actions de sécurisation foncière et de capitalisation de l’INARA INARA Coopération internationale CT MT
34. Renforcer et déconcentrer la direction de l’Enregistrement (DGI) au niveau départemental DGI/ MEF MT 10 départements
35. Etablir une plateforme nationale de concertation et réflexion sur le foncier et des espaces de concertation dans les sites d’intervention INARA MT
36. Promouvoir les expériences pilote de cadastres communaux MICT, MEF CT MT
37. Encourager les actions pilote dans le cadre des projets MARNDR BID DEFI, PIA CT Artibonite,
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 3 Renforcer les structures d’appui à la production
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT Régions ciblées
Ligne d’action 5 : Mettre en place un réseau de centres agricoles multiservices 38. Réaliser un diagnostic précis des besoins en termes de réhabilitation des centres régionaux ciblés à court et moyen terme MARNDR BID DEFI CT, MT Nord, Plat. Central, Sud-est, Sud
39. Effectuer la réhabilitation physique des centres et les doter en matériels et équipements MARNDR BID DEFI CT Nord, Plat. Central, Sud-est, Sud
40. Réaliser un diagnostic approfondi des contraintes et opportunités locales à l’intensification agricole/Thèmes de recherche à privilégier Centres régionaux de recherche BID DEFI CT Nord, Plat. Central, Sud-est, Sud
41. Mettre en œuvre les activités liées au programme de recherche-développement-formation Centres de recherche BID DEFI CT, MT Nord, Plat. Central, Sud-est, Sud
42. Mettre en place les mécanismes de concertation facilitant la participation des acteurs à la diffusion et à l’application des connaissances nouvelles MARNDR/CRDA BID DEFI CT Nord, Plateau Central, Sud-est, Sud
43. Diffuser les résultats de la recherche à travers des ateliers MARNDR/CRDA BID DEFI MT Les 10 départements
44. Créer des centres de recherche de référence pour les zones semi-arides MARNDR Coopération française - MT Les 10 départements
45. Promouvoir des partenariats avec les instituts de recherche internationaux MARNDR/CRDA GOH, IICA, FAO - MT -
46. Entreprendre des efforts de recherche et de vulgarisation des techniques de gestion du sol et de fertilisation chimique Centres recher MARNDR, ODVA BID, FAO PIA, DEFI, PNSA MT Montagnes humides, plaines humides et irrig.
47. Recruter de jeunes agronomes diplômés pour un accompagnement rapproché des producteurs MARNDR Trésor public - CT Les 10 départements
48. Procéder à la réouverture des écoles moyennes d’agriculture et à la création de deux nouveaux centres de formation (mécanique agricole, pêche et aquaculture) MARNDR, DFPEA Coopération française - MT Nord, Artibonite, Centre, Sud
49. Créer pour toutes les filières, des référentiels techniques transférables aux différents acteurs MARNDR, CRDA MT Les 10 départements
50. Renforcer les capacités des techniciens et conseillers agricoles (BAC, ONG, OP)
Ligne d’action 6 : Renforcer et sécuriser l’accès au micro crédit rural décentralisé et déconcentré 51. Procéder à une estimation (en volume) des besoins de financement des ménages et des entreprises ruraux MARNDR/FDR, FDI
- - CT Les 10 départements
52. Mobiliser des ressources financières en faveur du milieu rural MARNDR/FDR, FDI Trésor public, BID, UE PIA, PICV2 CT Les 10 départements
53. Créer un fonds de garantie pour compléter le système de financement rural MARNDR, MEF Trésor public, BID, UE,FIDA PIA, PDL, PAIP CT, MT Les 10 départements
54. Mettre en place la structure devant gérer le fonds de financement MARNDR, MEF Trésor public CT Les 10 départements
55. Appuyer le renforcement des institutions d’épargne et de crédit de type coopératif ou mutuel MARNDR/FDR, KNFP BID, FIDA, FAES PDL, PAIP, PPI2 MT Les 10 départements
56. Etablir et mettre en œuvre un cadre légal pour les IMF MARNDR, MEF, BRH BID, FIDA - MT Le pays
57. Appuyer le développement de produits d’assurance associés au micro crédit MARNDR, ONG, Comp assurance - - MT Le pays
58. Mettre en place des mécanismes et des dispositifs financiers appropriés pour faciliter l’accès des entrepreneurs au crédit MARNDR UE PRIMA CT Les 10 départements
Ligne d’action 7 : Professionnaliser les filières d’intrants et de prestataires de services 59. Mise en place de réseaux de Boutiques d’Intrants Agricoles opérationnelles au niveau communal ONG, OPA 10 départements
60. Mise en place d’une subvention de 30-50% sur le prix de l’engrais progressivement dégressive sur 4 ans MARNDR Coopération internationale CT MT Zones à fort potentiel
61. Etablir un programme de promotion et de formation de prestataires de services de traction animale et motorisé incluant la fourniture de pièces de rechange MARNDR AFD, FAO, Investisseurs privés - CT Plaine du Nord, Artibonite, Plaine des Cayes
62. Encourager l’installation d’entreprises rurales modernes (ateliers de mécanique agricole, conservation et transformation agroalimentaire) MARNDR, ONG UE, FIDA PRIMA, PICV2, PAIP CT, MT Pl du Nord, Artibonite, Pl Cayes
63. Appuyer le développement de petits systèmes hydroélectriques MARNDR ACDI - CT zones appropriées
64. Appuyer la production/multiplication de semences artisanales et des semences de base MARNDR, FAO, CRDA BID, Coop française PIA, Progr d’urg FAO, DEFI CT, MT Nord Artibonite, Sud, Ouest, Plat central,
65. Encourager la mise en réseau des organisations paysannes engagées dans la distribution des intrants agricoles MARNDR GOH - CT Artibonite, Périph de P-au-P, Pl des Cayes
66. Mobiliser les ressources financières pour l’octroi de subvention aux demandeurs d’intrants agricoles et de crédit favorable aux principaux fournisseurs MARNDR, FDR Trésor public, IMF, BID, Am Japon, Banques - CT Artibonite, Périphérie de P-au-P, Plaine des Cayes
67. Réaliser une étude de faisabilité de la relance d’une usine d’ensachage et d’assemblage d’engrais MARNDR Avec appui de la FAO - MT -
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 4 Disponibilité en produits alimentaires de base
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT Régions ciblées
Ligne d’action 8 : Promouvoir la relance des filières céréalières (riz, maïs) 68. Mise en place d’une capacité pérenne (brigade villageoise, chantier communal) d’entretien des canaux de drainage et d’irrigation (désensablement) MARNDR, MTPTC Partenaires locaux MT Zones irriguées
69. Mise en place d’unités de Coopératives d’Utilisation de Matériels Agricoles (CUMA) au niveau local MARNDR, ONG MT Zones irriguées
70. Formation de mécaniciens et ouverture de centres de réparation de matériels agricoles au niveau communal Universités MT Artibonite, Nord, Sud
71. Promotion des unités de stockage gérées par les groupements de producteurs ONG, MARNDR OPA, CT 10 départements
72. Soutien à une politique de promotion de prix minimum aux producteurs MCI, MEF CT
73. Renforcement du système permanent d’information sur les prix des marchés régionaux (CNSA) MARNDR/CNSA, IHSI CT 10 départements
74. Promotion de la disponibilité de semences de maïs améliorés et de produits de traitement MARNDR/SNS FAO, secteur privé CT 10 départements
75. Amélioration des conditions de stockage du maïs pour réduire les pertes MARNDR, ONG Coopératives, OPA CT, MT 10 départements
Ligne d’action 9 : Recentrer la composition de l’offre locale autour de la banane, l’igname et d’autres tubercules pour couvrir au moins 70% des besoins domestiques 76. Rendre opérationnel des centres d’expérimentation avec une fonction élargie de guichets mullti-service (cf. ligne 5) MARNDR/CRDA BID DEFI MT Zones à fort potentiel
77. Promouvoir la filière de distribution de semences ou de plants et de produits phyto sanitaires pour les légumineuses, les bananes et les tubercules MARNDR/SNS FAO, ONG CT Zones irriguées et humides
78. Promouvoir des variétés de bananier plus résistantes aux cyclones et à la Sigatoka MARNDR/SNS, ONG FAO, IICA CT Zones de production importante
79. Pérenniser une capacité de stockage de semences de haricot MARNDR/ONG Coopératives, secteur privé MT Zones de production
80. Elargir le panel de matériel de semences disponibles et promouvoir son utilisation par des prix subventionnés MARNDR/ MT 10 départements
81. Promouvoir l’organisation de la gestion post récolte et de la commercialisation au niveau de groupements (contractualisation des ventes, regroupement de la production) MARNDR, ONG OPA, secteur privé CT Zones potentielles
Ligne d’action 10 : Promouvoir l’expansion des filières d’élevage de pêche alimentant le marché domestique 82. Appui à la filière lait (unités locales de transformation, dispositif de contrôle du lait, crédit, fabrication de fromage, promotion de la consommation) MARNDR, ONG Coopération internationale, secteur privé CT 10 départements
83. Appui à la filière avicole (amélioration des races indigènes, formation de techniciens en épidémio- surveillance, exonération des intrants d’élevage…) MARNDR, MEF Trésor public, secteur privé, OPA CT 10 départements
84. Appui au développement de la pêche (vulgarisation des dispositifs de concentration de poissons (DCP), formation des pêcheurs, accès aux équipements de pêche) MARNDR Coopération internationale, OPA CT, MT Zone côtière
85. Ensemencement de tous les points d’eau MARNDR Trésor public, OPA CT Tout le pays
86. Appui a la conservation et commercialisation des poissons (crédit, formation, système de conservation) MARNDR, MCI Secteur privé CT Diverse régions du pays
87. Appui à la filière apiculture (production de matériel de ruche, formation pratique, crédit, conditionnement et stockage du miel, emballage, labellisation, campagne publicitaire) MARNDR OPA, particuliers CT, MT Tout le pays
Ligne d’action 11 : Sécurisation des activités économiques en milieu rural – gestion des risques de catastrophes naturelles (cyclones, inondation) 88. Préparation de plans d’intervention spécifiques dans les zones à risque élevé (dégâts agricoles, dégât sur les infrastructures irriguées ou routières MARNDR, MICT, MDE Coopération internationale MT 10 départements
89. Mise à profit des fonds disponibles pour la gestion des risques et désastres notamment du CRIF (Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility) géré par le MEF5 pour compenser les pertes agricoles MEF, MICT, MARNDR, MDE Coopération internationale CT Zones affectées
90. Renforcement des capacités de réponse communales MICT, MDE Trésor public, partenaires locaux MT 10 départements
91. renforcement et consolidation des infrastructures, (barrages anti érosifs, protection des berges,…) par chantiers publics HIMO MARNDR, MDE, MTPTC Coopération internationale CT, MT 10 départements
92. réaliser un diagnostic sur le risque en milieu rural et les outils de gestion de risque MICT, MDE, MARNDR Coopération internationale MICT/UE MT 10 départements
93. Mise en place de systèmes d’assurances sur dégâts climatiques MICT, MDE, MEF Trésor public, partenaires locaux MT 10 départements
Ligne d’action 12 :
Mise en place de filets de sécurité en cas de crise alimentaire et promotion du stockage 94. Capacité d’ajustement des outils comme le tarif d’importation pour assurer des prix domestiques incitatifs MEF, MCI OMC CT -
95. Mise en place de chantiers de travaux publics pérennisés au niveau communal en charge de l’entretien des infrastructures et de l’aménagement des territoires (BV) (voir lignes d’action 1-3) MARNDR, MDE Trésor public, coopération internationale CT, MT 10 départements
96. Aide directe aux populations très vulnérables Trésor public, coopération internationale CT 10 départements
97. Identification des ménages vulnérables (mise à jour des profils de vulnérabilité) MICT, MARNDR/CNSA Coopération internationale CT, MT 10 départements
98. Soutien prix au consommateur du riz MEF, MCI Trésor public, coopération internationale CT 10 départements
99. Promotion de banques céréalières ou greniers villageois (silos communautaires) MEF, MARNDR Coopératives, OPA CT, MT 10 départements
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 5 Promotion d’une nouvelle stratégie de commercialisation et d’agro transformation
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT Régions ciblées
Ligne d’action 13: Assurer une politique commerciale agricole qui contribue à stimuler les filières alimentant le marché domestique 100. Renforcer les services d’information commerciale MCI, MARNDR, IHSI CT -
101. Créer une cellule de suivi et d’analyse des marchés agricoles MARNDR, MCI Trésor public CT, MT -
102. Réaliser la promotion médiatique (spots publicitaires, émissions) en faveur de la consommation de certains produits locaux, en particulier des tubercules MARNDR, MCI OPA, secteur privé, media locale CT 10 départements
103. Restaurer les infrastructures routière et de marchés régionaux MCI, MTPTC FAES MT 10 départements
104. Equiper les unités de transformation de produits agricoles d’infrastructures de conditionnement et de stockage MARNDR Institutions fin. locales PIA MT Artibonite
105. Vulgariser de nouvelles techniques de séchage et de stockage des produits périssables MARNDR PIA CT, MT Nord, Ouest, Artibonite
106. Mise en place d’un système d’informations marchés (SIM) MCI, MARNDR Partenaires internationaux et nationaux MT -
Ligne d’action 14 : Assurer l’intégration des marchés agricoles et alimentaires haïtiens et de République Dominicaine
107. Renforcement des liens entre chambres de commerce et d’agriculture et d’industrie des pays limitrophes MAE, MCI, MARNDR Ambassades, IICA CT, MT -
108. Partenariat des services techniques et des bailleurs dans l’appui aux filières transfrontalières MARNDR Coopération internationale CT, MT -
109. Mise au point de normes et labellisation des produits issus de filières transfrontalières MARNDR, MCI Partenaires nationaux et internationaux DEFI CT -
110. Mesures de promotion et de garantie des investissements transfrontaliers MARNDR, MEF Partenaires locaux MT -
111. Facilitation du transfert inter-frontalier de marchandises agricoles et alimentaires MCI, DGD Partenaires internationaux et locaux MT -
112. Harmonisation des taxes à l’importation sur les produits agricoles et alimentaires MEF/DGD, MCI OMC CT -
113. Recherche de convergence dans le suivi des marchés et le contrôle de qualité des produits agricoles MARNDR, MCI Partenaires internationaux MT -
Ligne d’action 15 : Promouvoir les filières d’exportation de fruits tropicaux et de café et cacao dans une logique de labellisation bio
114. Promotion d’une approche filière (promotion d’unités artisanales de transformation des fruits au niveau local et d’entreprises intervenant dans le conditionnement et le transport de fruits frais MARNDR, MCI OP, institutions financières MT 10 départements
115. Etudes de marchés dans les différents pays importateurs et renforcement des capacités de commercialisation des groupements (démarche de pré coopérative) MARNDR, MCI Secteur privé, partenaires internationaux MT -
116. Promotion des techniques artisanales de cueillette de fruit MARNDR OPA, ONG CT 10 départements
117. Mise en place d’un système fiable de certification MARNDR
118. Etablissement et mise en vigueur de normes de qualité MARNDR/SNS BID DEFI MT Tous les 10 départements
Ligne d’action 16 : Renforcer le micro entreprenariat agro-industriel par un soutien à l’installation des jeunes et aux investissements en aval des filières 119. Promotion d’usines locales de production et de recyclage de matériels de conditionnement MCI, MARNDR Secteur privé, institutions financières MT -
120. Mise en place d’un Fonds de soutien aux investissements agro industriels (appui aux partenariats, fonds de garantie…) MCI, FDI Institutions financières MT -
121. Promouvoir de petites entreprises de services de conservation par le froid MARNDR, MCI secteur privé, Institutions financières CT, MT 10 départements
122. Promouvoir de petites entreprises de collecte et de conditionnement de produits agricoles MARNDR, MCI Institutions financières locales CT, MT Les 10 départements
123. Soutien à l’installation des jeunes micro entrepreneurs agro industriels (ligne de crédit à faible taux et code d’investissement) MARNDR, MEF, MCI Institutions financières MT -
Cadre Logique de mise en œuvre détaillée (lignes d’action et actions)
Composante 6 Structuration du milieu agricole
Lignes d’action stratégiques Actions
spécifiques Institution
Responsible Bailleurs, partenaires projets en cours, prep échéancier
CT, MT, LT Régions ciblées
Ligne d’action 17 : Renforcement des capacités de pilotage du MARNDR et promotion de plateformes de concertation et de coordination à tous les niveaux 124. Réorganisation fonctionnelle du MARNDR au vu de ses fonctions opérationnelles MARNDR Partenaires locaux CT -
125. Renforcement des capacités humaines : formation et entraînement des cadres à tous les niveaux, redistribution du personnel qualifié MARNDR Universités, coopération internationale CT, MT -
126. Renforcement des structures déconcentrées et autonomes du MARNDR MARNDR Partenaires locaux CT, MT -
127. Redéploiement rationnel des moyens humains et matériels sur les territoires MARNDR - - CT 10 départements
128. Promotion du partenariat public/privé dans les fonctions de service MARNDR - CT -
129. Système de suivi d’impact des politiques sur les ménages agricoles MARNDR, MPCE Partenaires locaux MT 10 départements
130. Suivi de la situation de sécurité alimentaire par région MARNDR/CNSA Partenaires nationaux et internationaux CT 10 départements
131. Promotion de plateformes de concertation sur les filières alimentant le marché domestique MARNDR OPA, secteur privé MT 10 départements
Ligne d’action 18 : Renforcement des capacités des partenaires ONG et des organisations de producteurs 132. Faciliter l’enregistrement des ONG et OP (documents statutaires, enregistrement légal, etc.) MPCE CT -
133. Renforcement des capacités de gestion et de prise de décision MARNDR, ONG Partenaires internationaux CT -
134. Renforcement des échanges et de la concertation nationale entre les OPA MARNDR, ONG OPA MT 10 départements
135. Appui aux dynamiques fédératives, de regroupement coordonné et de mise en réseau en cours (filière café, filière fruits transformés, filière huiles essentielles) MARNDR Partenaires locaux MT Zones d’intérêt
136. Développement d’expertises techniques et technologiques au sein des organisations MARNDR, ONG Partenaires locaux CT, MT 10 départements