Microzonage sismique de Port-au-Prince : synthese
- L'aléa est uniformément fort mais son expression ne l'est pas, et c'est le constat utile à un aménageur. L'aléa sismique est fort sur toute l'agglomération quel que soit le site, alors que les effets attendus diffèrent nettement selon les secteurs.
- La proximité du système de failles ordonne l'aléa régional : il est plus élevé vers Pétion-Ville que vers Cité Soleil, Pétion-Ville étant plus proche du système de failles actives Pétion-Ville-Tiburon.
- Le sud et la plaine littorale défaillent de manières différentes. Les terrains accidentés du sud portent un aléa mouvement de terrain fort sur de larges secteurs, auquel s'ajoutent des effets de site topographiques sur les crêtes, rebords de talus et fortes pentes ; les terrains plus plats du littoral et la plaine du Cul-de-Sac portent des sols de fondation de moindre qualité, un aléa liquéfaction élevé et une amplification des secousses par effets de site lithologiques.
- La cartographie géologique a mis au jour, dans les terrains du sud, des failles récentes dont l'activité et la cartographie restent à préciser, ce que le rapport pose en question ouverte plutôt qu'il ne tranche. Les tracés et taux d'activité sont qualifiés de préliminaires, avec des longueurs moyennes de 15 à 20 km.
- Les paramètres de conception sont énoncés de façon directement utilisable : spectres de réponse à 5 pour cent d'amortissement pour une période de retour de 2 475 ans, soit une probabilité d'occurrence de 2 pour cent sur 50 ans, avec des classes de sol rattachées à la valeur moyenne de VS30. Les sols de portance faible à moyenne sont signalés comme devant conduire à des fondations spéciales.
- L'aléa mouvement de terrain se concentre sur des pentes plus douces que l'intuition ne le suggère : terrains à 5 à 10 degrés et à 10 à 20 degrés reposant sur des marnes, marno-calcaires et silts miocènes, tandis que les chutes de blocs concernent moins de 10 pour cent du territoire.
- L'étude constitue le secteur 1 d'un programme national de sept secteurs : les six autres secteurs prioritaires identifiés après le séisme de 2010 n'étaient donc pas encore cartographiés à ce niveau à la clôture de ce rapport.
- L'échelle borne l'usage : 1/25 000 sur les 80 kilomètres carrés, avec du 1/10 000 seulement pour les centres-villes de Port-au-Prince et de Pétion-Ville, ce qui explique la place donnée aux précautions d'usage et pas seulement aux résultats.
Rapport de synthèse final, daté de décembre 2013, du microzonage sismique de Port-au-Prince : secteur 1 d'un programme national de microzonage proposé par le BRGM, le BME et le LNBTP après le séisme du 12 janvier 2010, programme qui identifiait sept secteurs prioritaires. Il couvre environ 80 kilomètres carrés de la zone urbaine de Port-au-Prince, répartis sur les communes de Port-au-Prince, Tabarre, Delmas, Pétion-Ville et Cité Soleil, et a été réalisé dans le cadre d'un contrat de recherche pour le MTPTC sur des fonds de l'État haïtien via le MPCE, avec la collaboration du CNIGS et des données fournies par l'Université d'État d'Haïti.
Le rapport est écrit pour les utilisateurs des cartes et non pour les spécialistes de la méthode. Le chapitre 1 donne le contexte, le contenu du rapport et la composition de l'équipe de microzonage ; le chapitre 2 définit ce qu'est un microzonage sismique et ses usages, en distinguant aléa régional et aléa local, effets de site lithologiques, effets de site topographiques, rupture en surface de faille active, liquéfaction des sols et mouvements de terrain ; le chapitre 3 expose le projet, ses objectifs et la méthodologie générale ; le chapitre 4 synthétise les données collectées et les investigations spécifiques menées ; le chapitre 5 présente les résultats et les cartes pour chaque aléa, avec les définitions précises de ce qui est représenté, les limites de validité, les précautions d'usage et des préconisations de construction et d'aménagement ; le chapitre 6 donne des recommandations générales d'utilisation.
Le résultat central est que l'aléa sismique est fort partout dans l'agglomération, quel que soit le site, mais que les effets attendus diffèrent selon les secteurs. L'aléa régional est plus élevé vers Pétion-Ville que vers Cité Soleil du fait d'une plus grande proximité du système de failles actives Pétion-Ville-Tiburon. Les terrains à topographie agitée du sud portent un aléa mouvement de terrain fort sur de larges secteurs, avec des effets de site topographiques sur les crêtes, rebords de talus et fortes pentes, et la cartographie géologique y a également montré des failles récentes dont l'activité et la cartographie restent à préciser. À l'inverse, sur les terrains plus plats du littoral et de la plaine du Cul-de-Sac, les effets les plus sensibles relèvent de la lithologie : moindre qualité des sols de fondation, aléa liquéfaction élevé, amplification des secousses par effets de site lithologiques.
La cartographie est globalement au 1/25 000 sur la zone d'étude, avec des zooms au 1/10 000 sur les centres-villes de Port-au-Prince et de Pétion-Ville. Les spectres de réponse sont calculés à 5 pour cent d'amortissement pour une période de retour de 2 475 ans, correspondant à une probabilité d'occurrence de 2 pour cent sur 50 ans, les classes de sol étant rattachées à la valeur moyenne de VS30. La portance des sols est classée par bandes, de faible à moyenne puis de moyenne à bonne, et le rapport signale que la présence de sols de portance faible à moyenne doit conduire à des fondations spéciales. Les tracés de failles et les taux d'activité sont qualifiés de préliminaires, avec des longueurs moyennes de 15 à 20 km. Les chutes de blocs concernent moins de 10 pour cent du territoire et l'instabilité de pente se concentre sur des terrains de faible pente, 5 à 10 degrés et 10 à 20 degrés, reposant sur des marnes, marno-calcaires et silts miocènes.
Le rapport énonce cinq usages attendus : fournir des paramètres techniques de mouvements du sol aux bureaux d'étude et maîtres d'ouvrage ; aider à la mise en œuvre des règles parasismiques en vigueur ; fournir des données de base pour des plans de prévention des risques et des scénarios de risque sismique ; offrir un cadre de réflexion pour l'aménagement urbain ; servir de support de communication et de sensibilisation pour l'information préventive. Il porte la référence BRGM RC-63100-FR et cite le CNBH 2012 parmi ses références.
Comment citer
Laboratoire National du Batiment et des Travaux Publics (LNBTP), 2015, Microzonage sismique de Port-au-Prince : synthese, http://www.mtptc.gouv.ht/media/upload/doc/publications/MicroSynthese.pdf