Étude des caractéristiques des débris de décombres dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince
Résumé: Article du LNBTP sur la possibilité de transformer en matériaux de construction les débris laissés par le séisme de 2010. Environ 5 mètres cubes de débris ont été prélevés à Truitier, principal site de stockage et de recyclage, puis analysés du point de vue minéralogique, chimique et physico-mécanique dans les laboratoires du LNBTP, du BME et de la Faculté des Sciences. Le matériau contient plus de 59 pour cent de calcaire avec graviers, sables, argiles et débris de végétaux, et l'article conclut qu'il est à rejeter pour le béton de qualité courante tout en restant utilisable, après traitement, en maçonnerie y compris la fabrication d'agglomérés et éventuellement en couche de fondation de chaussée.
Constats Clés
- Le verdict est un rejet assorti d'une voie de réemploi, non un rejet global. Les débris de Truitier sont à rejeter pour le béton de qualité courante, mais peuvent être recyclés en maçonnerie, y compris la fabrication d'agglomérés, et, après traitement, en couche de fondation de chaussée ou en couche de roulement pour des routes en terre battue soumises à un entretien régulier.
- Le chiffre qui tranche est la résistance à 28 jours : environ 22,8 MPa pour les bétons confectionnés avec les débris de Truitier, les éprouvettes-témoins de l'étude de formulation s'échelonnant de 22,4 à 23 MPa. C'est cette fourchette étroite que les auteurs lisent comme une confirmation et non comme un résultat limite.
- La composition explique la limite. Les débris contiennent en moyenne plus de 59 pour cent de calcaire, mêlés de graviers et de sables, d'argiles et de débris de végétaux : ce n'est donc ni un granulat propre ni un remblai inerte.
- Un risque a été vérifié et non trouvé : les réactions sulfatiques internes n'ont pas été révélées par les essais, ce qui compte car une attaque sulfatique exclurait tout réemploi au lieu de le déclasser.
- Les méthodes non destructives se sont validées contre les méthodes destructives. Les vitesses ultrasoniques et l'indice sclérométrique relevés sur les cylindres de béton, destinés à ausculter les vides et les microfissures internes, présentent une très bonne corrélation avec les résistances en compression simple, ce qui appuie leur usage en contrôle de terrain là où l'écrasement d'éprouvettes est impossible.
- Le point institutionnel mérite d'être consigné : le travail est le produit de trois laboratoires de l'État, LNBTP, BME et Faculté des Sciences, sur environ cinq mois d'études techniques, dans le cadre du projet de gestion des débris de décombres de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, partiellement financé par le PNUD.
- Note de qualité de fiche : le titre de ce document dans le corpus le décrivait auparavant comme un microzonage sismique de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, ce qu'il n'est pas. Titre, résumés et constats ont été réécrits à partir du document lui-même.
Comment citer
Laboratoire National du Batiment et des Travaux Publics (LNBTP), 2014, Étude des caractéristiques des débris de décombres dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince, https://lnbtp.gouv.ht/publications/GeoRegina14Paper120.pdf