(2020-11) Bilten ISPAN, Numéro spécial
Rezime — The Bulletin de l'ISPAN, Special issue, of November 2020. The issue covers Vertières, the continuation of the final battle: the expeditionary army, its account and its pretexts. The Bulletin is the publication of Haiti's national heritage institute, which documents the country's built heritage monument by monument, its state of conservation and the work carried out on it. 21 pages.
Deskripsyon Konple
The Bulletin de l'ISPAN, Special issue, of November 2020. The issue covers Vertières, the continuation of the final battle: the expeditionary army, its account and its pretexts. The Bulletin is the publication of Haiti's national heritage institute, which documents the country's built heritage monument by monument, its state of conservation and the work carried out on it. 21 pages.
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Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
• Archives : (BNF – Bibliothèque Nationale de France)
VERTIERES :
SUITE DE L'ULTIME BATAILLE
L’ARMEE EXPEDITIONNAIRE, RAPPORT ET PRETEXTES.
•Plan de la ville du Cap Français
BULLETIN DE L’ISPAN, Numéro spécial, 21 pages
Sommaire.........................
• Ver ères : la suite de l'ul me
bataille
• Bibliographie
• Annexe
•Considérations historiques globales
page 07
•CapFrançais à StDomingue présence
militaire soutenue et lieutenance du Roi
page 10
BULLETIN DE L’ISPAN est une publication de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National destiné à
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EDITORIAL
Chers lecteurs,
Le numéro spécial précédent
consacré à la commémoration des
216 ans de la bataille de Vertières
s’est terminé sur des interrogations
comme : Que rapporter ? Quoi dire ?
Et comment expliquer ? Il y a eu
plusieurs tentatives de réponse à cette
déroute de l’Armée Expéditionnaire
Française de 1802 par certains
acteurs qui vécurent et participèrent
à l’évènement. En général l’échec est
orphelin, c’est pourquoi l’Armée
Expéditionnaire n’arrive pas à
expliquer qu’avec son effectif composé
de soldats de métier et son arsenal
offensif aussi meurtrier qu’elle n’a
pas su faire preuve d’intelligence
tactique sur le terrain d’opération.
L’épidémie de fièvre jaune reste et
demeure le seul facteur principal
toujours évoqué par plus d’un
historien, rapporteur, écrivain,
acteurs militaires de l’évènement et
autres qui se sont penchés sur cette
guerre singulière et unique dans
l’histoire universelle. Cependant, en
pénétrant l’esprit de cette force
expéditionnaire dans le contexte
d’époque à travers certains rapports
relatant l’évènement, il est évident
pour plus d’un qu’il y régnait
beaucoup d’arrogance, d’insolence, de
suffisance, de morgue, et de préjugé
racial séculaire doublé d’une
attitude de supériorité. Ce qui se
traduit
par
un
sentiment
d’assurance, de toute puissance et de
mépris total pour l’Armée Indigène
qui lui fait face, ce qui n’était
qu’une prétention.
En effet, la déroute de
l’armée expéditionnaire française à
StDomingue est monumentale
puisque c’est la toute première fois
que l’armée napoléonienne est
vaincue, or ce n’est pas par une
armée européenne. De plus, cette
‘’honteuse défaite’’ ébranle non
seulement la donne géopolitique,
mais elle met surtout en péril le
système
esclavagiste
mondial
instauré et institutionnalisé dans le
Nouveau Monde par les États
Européens. Pardessus toutes autres
considérations, c’est la remise en
question de La supériorité présupposée
de l’homme blanc sur l’esclave noir
alors que celuilà est le socle sur
lequel se fonde ce système d’
exploitation et de domination
raciale.
En représailles contre cette
force expéditionnaire qui est l’objet
de déshonneur, la France Impériale
adopte contre ses membres tout un
train de mesures inavouées et
inavouables, qui va de la retraite
anticipée jusqu’à l’abandon pure et
simple dans les geôles anglaises de
certains soldats gradés ou non.
D’autres sont passés en dérision,
BULLETIN DE L’ISPAN • Numéro spécial • Novembre 2020
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rétrogradés, muselés, réduits au
silence et occupent désormais des
postes obscurs et sans envergure pour
avoir participé à une telle débâcle.
En tant que prisonniers de guerre, les
soldats français qui sont aux mains
des forces militaires anglaises à la
Jamaïque se sont plaints contre les
traitements
humiliants
et
dégradants, qui leur sont infligés
par leurs homologues. Pour un
militaire aux arrêts, il n’y a pas
pire déshonneur que l’humiliation
portée par des soldats subalternes
d’une nation rivale à l’encontre
d’officiers supérieurs ennemis. Ces
derniers ont bu le calice jusqu'à la
lie.
En fait, la France leur jette
l’opprobre parce qu’ayant disposé des
meilleurs installations, équipements
et matériels militaires, d’officiers
généraux expérimentés, d’un système
défensif général, de guides et
d’espions, d’une cavalerie, d’une
infanterie, d’artilleurs formés à
l’école d’artillerie, de stratèges et de
tacticiens qui ont vaincu les
meilleures armées européennes,
d’armuriers, de carabiniers, de
moyens économiques adéquats, de
médecins, d’infirmiers, d’hôpitaux,
de vivres et de rations alimentaires
etc., elle s’est faite étrillée à St
Domingue par une armée d’esclaves
noirs en guenilles, nus pieds et pour
la plupart ‘’inaptes au maniement
des armes à feu’’, entrainant ainsi
la perte de la plus florissante colonie
française. Cette armée renvoie
désormais au monde une image peu
glorieuse de la France Impériale et de
son potentiel militaire qui ne fait
plus trembler aucune armée
ennemie…
Alors, que sont donc
devenues ces installations militaires
témoins du fiasco de l’Armée
Expéditionnaire Française à St
Domingue ? Il est vrai que bon
nombre existe encore, mais
aujourd’hui ils sont relativement
peu par rapport à la kyrielle de
camps militaires, vigies, block house,
fortifications, fortins, redoutes etc.,
qui ont vécu ce moment de grandeur,
de bravoure, et d’affirmation de
compétence de cette génération de
soldats ‘’Africains’’de génie. Ces
derniers,
en
recevant
ces
installations militaires de leurs
homologues qu’ils ont vaincus,
matérialisent dans la pierre et pour
l’histoire la reddition de l’Armée
Expéditionnaire Française face à
l’Armée Indigène. Oui ils en existent
encore qui portent ce témoignage
depuis 216 ans, dans la
méconnaissance, l’ignorance, et
l’indifférence totale tout en
subissant stoïquement les multiples
agressions des uns et des autres,
alors qu’ils nous racontent
l’histoire de nos ancêtres afin que
nous sachions qui ils étaient, ce
qu’ils ont vécu et accompli, tout en
nous montrant la voie déjà tracée.
Ces monuments portent l’empreinte
des vainqueurs tout comme des
vaincus, à ce titre, ils méritent notre
admiration et notre respect pour
leur mission qui est celle d’instruire
les futures générations. Jusqu’à date,
ces
anciennes
installations
militaires françaises conquises par
les pères de la patrie constituent les
seuls éléments probants de ce haut
fait d’arme inscrit dans notre
patrimoine national.
Aujourd’hui
malheureusement, ils sont dans un
état de conservation lamentable,
certains d’entre eux sont à jamais
disparus et n’existeront que dans la
mémoire des gens de l’art, tandis que
d’autres sont encore récupérables et
font l’objet d’un relevé scrupuleux
par l’ISPAN. Les causes d’une telle
dégradation sont multiples et
imputables à notre gestion du
territoire, à la surpopulation, à
l’explosion
démographique,
à
l’insouciance, à l’ignorance, à
l’absence de fibre patriotique, au goût
du lucre et j’en passe. D’où cet
énième plaidoyer de l’INSTITUT pour
l’octroi des moyens financiers
adéquats afin mettre en œuvre les
mesures conservatoires destinées à les
préserver en attendant l’inévitable
programme de restauration de l’État
Haïtien, comme ce fut le cas pour la
CITADELLE HENRY dès 1979 et qui se
poursuit encore aujourd’hui.
Bonne lecture à toutes et à tous
Jeanpatrickdurandis
Architecte de monument
Directeur Général ISPAN
Angle des Rues Magny et Capois
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone : (509) 3600-8709
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BULLETIN DE L’ISPAN • Numéro spécial • Novembre 2020
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CARTE ACTUELLE DU CAP-HAITIEN
Vue aérienne du Cap Haitien, Google Earth
BULLETIN DE L’ISPAN • Numéro spécial • Novembre 2020
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CONTEXTE GENERAL
•Vue du Cap Français
Ayant occupé une place
prépondérante dans le commerce
colonial mondial, parce qu’elle
possède la plus belle et la plus riche
colonie d’exploitation d’alors, en
l’occurrence St-Domingue, la France
Impériale y envoie une flotte armée
suite au ‘’désordre’’ provoqué par la
révolution de 1789 et sa cohorte de
revendications sociales. Elle a pour
mission d’enrayer la perte de ce
joyau cher à la métropole et de
rétablir l’esclavage qui est le moteur
du capitalisme colonial. Cette force
expéditionnaire est composée de
dizaines de milliers d’hommes de
troupes, de soldats de métier, de
marins, de médecins, d’un personnel
médical, de logisticiens, de conseillers
militaires et civils, d’armuriers, de
cuisiniers, d’équipements militaires
etc., qui prennent part à l’expédition
de 1802. Très peu retourneront à la
métropole et quelques rares
seulement écriront et publieront le
récit de la tragédie qu’ils ont vécue.
Certains d’entre eux prirent la
plume dès leur retour à Paris, tandis
que d’autres se sont murés dans un
mutisme sonore (Bibliothèque
d’histoire coloniale / Lettres du
Général Leclerc). C’est vraiment la
fin de la colonie telle que conçue et
mise en place par le roi Louis XIV,
ses ministres Colbert, Richelieu, et
consorts. St-Domingue a péri dans
un déluge de sang, de larmes, de
gémissements,
de
maladies,
d’estropiés, de cadavres, de feu, de
boulets et de mitraille.
Quant aux colons ‘’dépossédés
et refugiés’’ en métropole, les
survivants et l’opinion publique
française en général, ils attribuent
les causes de cette catastrophe à
l’inexpérience des chefs, à la
mauvaise connaissance du terrain
ainsi qu’aux us et coutumes des
habitants de la colonie, en
l’occurrence les esclaves. Pour tous,
cette ignominie est bien enfantée
par le gouvernement consulaire et
l’armée expéditionnaire. Mais, au
moment du constat et de la
reddition des comptes l’échec est
orphelin, c’est toujours ainsi. Étant
donné qu’il est de coutume
d’adresser d’abord des reproches
directement aux dirigeants quelles
qu’en soient les circonstances et
conditions
d’opération,
le
commandement
de
l’armée
expéditionnaire n’y a donc pas
échappé. En premier lieu, on a tenu
le général Leclerc pour responsable
de ce plantage, cependant certains
historiens lui attribuent des
circonstances atténuantes puisqu’il
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est mort en poste à St-Domingue
après
neuf
mois
de
commandement, donc en pleine
lutte contre l’armée indigène. Sa
correspondance avec son beaufrère, le Consul Bonaparte, et le
Ministre de la Marine est un
compte rendu de l’expédition qui
évoque mieux que tout autre récit
les difficultés d’opération de cette
périlleuse
entreprise
à
StDomingue. Dès son débarquement
en février 1802, jusqu’à sa maladie
mortelle en octobre 1802, il a
toujours écrit au Premier Consul et
au ministre de la Marine pour les
tenir au courant des événements.
Dans ses multiples lettres, le
général évoque toujours et sans
cesse les mêmes soucis d’argent
pour le fonctionnement, ainsi que
le nombre croissant de malades
hospitalisés, les besoins en officiersgénéraux expérimentés, en soldats
supplémentaires, en matériels et
équipements de toutes sortes, en
vivres alimentaires etc. Son
successeur, en la personne du
Capitaine-général de Rochambeau,
lui, il est vilipendé, on le rend
particulièrement responsable de
cette calamité. En quittant SaintDomingue,
Rochambeau
est
capturé par les Britanniques et
envoyé au Royaume-Uni en tant
que prisonnier sur parole (il s’est
constitué prisonnier). Il garde ce
statut de prisonnier durant huit
années et un mois (Nov.1803- Dec.
1811) environ à Norman Cross où
il est incarcéré. Finalement, suite à
un échange, il quitte les lieux le 8
décembre 1811 et regagne
directement son château familial.
Sujet de préoccupation
extrêmement désagréable pour la
France Impériale, ce naufrage de
l’armée expéditionnaire a tenaillé le
gouvernement consulaire durant
des années. Aussi avons-nous pris
le parti de faire appel à un ouvrage
de référence, afin d’avoir les
lumières d’un soldat qui y a
combattu et foulé le sol StDominguois sous les ordres du
Capitaine-général Leclerc. Il s’agit
des mémoires du général Pamphile
de Lacroix (De Lacroix, 1995) dont
l’extrait ci-après parle d’échec
militaire et de désastre épidémique.
Ayant été un acteur de premier
plan, ce soldat ne capitalise point
uniquement sur la fièvre jaune,
parce qu’il sait que les aléas
climatiques font parties intégrantes
des stratégies de guerre, et
peuvent faire basculer la victoire
dans un camp ou un autre. Un
extrait de ses réflexions :
«Toussaint, retiré sur l’une de ses
plantations, attend que le climat
fasse son œuvre. Le vieil homme,
pendant sa longue vie, en a vu arriver
de ces Français, pleins d’assurance ; il
sait que, la plupart, ont payé leur
tribut à la maladie de l’Ile. La fièvre
jaune - ou mal de Siam -, le
paludisme et autres complications
palustres emplissent les hôpitaux de
mourants. Dès le 27 février, quelques
vingt jours après le débarquement,
2.000 hommes sont déjà frappés.
L’épidémie, tel un métronome,
inexorablement fauche chaque jour
son lot de soldats, d’officiers, de
généraux. L’Expédition devient un
tonneau des danaïdes de la mort, où
les renforts ne remplacent pas même
les disparus mais les rejoignent dans
une hécatombe sanitaire de plus de
20 000 victimes pour une armée de
43 000 hommes. Les désastres de
Mississipi et de Kourou, qui avaient
frappé les imaginations n’auront rien
appris (3). Sur près de 60 000
officiers et soldats qui ont servi à
Saint-Domingue de 1789 à la
capitulation de décembre 1803, il
n’en réchappera que 8000 dont la
quasi-totalité mourra sur les pontons
anglais.
Malgré ses premiers succès
– prise immédiate de tous les ports,
écrasement des troupes noires et
soumission de leurs chefs –
l’Expédition n’a jamais renversé la
situation. La résistance inattendue
des insurgés et les ravages causés
par la pathologie tropicale ne
suffiront pas à expliquer ce
phénomène. À ces premières causes,
d’autres nombreuses et diverses, le
commandement ignore tout de la
colonie. Les instructions de Bonaparte
ordonnant aux Français de s’allier
aux mulâtres pour maîtriser les
anciens esclaves sont piétinées : si
Villatte meurt, à peine débarqué,
Rigaud, est arrêté et déporté en
France. Dès les premiers jours de la
reconquête, les Blancs, sans le savoir
encore, luttent sur deux fronts. Le
capitaine-général n’adhère pas aux
mobiles de la campagne, que la loi
du 20 mai rétablissant la traite et
l’esclavage à la Guadeloupe – sans
allusion à Saint-Domingue – révèle
clairement aux plus sceptiques. L’étatmajor n’a pas de stratégie : il se
contente de tenir les villes, et dans les
campagnes, limite son ambition à
organiser des convois armés pendant
le jour. L’échec militaire accompagne
le
désastre
épidémique.»
(De Lacroix, 1995, pp.19-20).
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En dépit du témoignage de ce
soldat qui a vécu l’événement en
première loge, beaucoup d’historiens,
même les plus récents, n’y ont fait
dans leurs ouvrages que de vagues
et très brèves allusions qui sont de
plus en plus imprécises et
incomplètes.
Certains
passent
outrageusement sous silence ce
haut fait d’arme de l’armée
indigène et en parlent comme
d’une guerre sans importance,
puisqu’elle n’est que coloniale,
d’ailleurs cette victoire de l’armée
indigène est mise sous l’éteignoir
par le gouvernement consulaire dès
le lendemain du dernier combat.
CONSIDERATIONS
HISTORIQUES GLOBALES
Les conquêtes armées de
l’Egypte Pharaonique de même que
celles de la Rome Antique pour ne
citer que celles-là, font ressortir dès
cette époque la solution armée pour
matérialiser les visées expansionistes,
économiques et esclavagistes. Cette
tendance se précise dans cette partie
du monde à la fin du moyen âge
lorsque les nations européennes
esclavagistes envahirent ‘’ les Indes
occidentales, le Nouveau monde’’ et
s’accaparent de l’intégralité des
territoires des tribus
Aztèques,
Apaches, Arawaks, Comanches,
Caraibes, Cheyennes, Cherokees,
Incas, Mayas, Sioux, Tainos, etc. C’est
ainsi que l’inexorable marche vers la
« modernité » permet à l’humanité
d’assister
à
une
véritable
démonstration de l’empire militaroindustriel lors des guerres de 19141918, et de 1939-1945. La
sophistication de l’armement et des
équipements qui ne visent que la
tuerie de masse sur les champs de
bataille terrestres, aériens et
maritimes donnent à ces deux
conflits mondiaux des dimensions
cataclysmiques et dantesques jamais
atteintes auparavant, pour finalement
adopter de nos jours sa forme
•Cap français, SaintDomingue
actuelle, qui est celle de l’équilibre de
la terreur.
L’invasion armée ‘’ des Indes
occidentales, du Nouveau Monde, ou
encore des Amériques’’ par les
nations européenes esclavagistes à la
fin du moyen-age, est le début d’une
très longue et meurtrière histoire de
conquête, d’accaparement, de luttes
armées, de dépossession et prise
de possession des territoires des
peuples autochtones, de génocide,
de repeuplement, d’esclavage, de
viol, de pillage des ressources, de
révoltes, de conflits armés, de
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combat naval, de guerre et autres.
La cartographie mondiale est
redessinée, de nouveaux dialectes,
langues et patois sont parlés, de
nouvelles frontières sont tracées et
certains groupes ethniques originaires
de ces contrées accaparées sont
désormais en minorité, se
métissent et
se
fondent dans
la masse des nouveaux arrivants.
Ces coups de force répétitifs
ne sont rendus possibles que par le
développement des nouveaux moyens
de communication maritime et surtout
d’un arsenal militaire en pleine
évolution. Les armées se modernisent,
se professionnalisent, se fractionnent
et inaugurent de nouvelles tactiques
de guerre alliées à de nouveaux
équipements qui les rendent
extrêmement
meurtrières
et
conquérantes.
La puissance du feu est priorisée
sur celle du choc, comme
c’était le cas au
moyen
âge, on assiste à
l’apparition des divisions et de
nouveaux corps sont intégrés aux
armées, on parle à présent de
« l’art de la guerre ». C’est ainsi
qu’au XVIème siècle, toutes les
nations européennes affichent la
prépondérance sans équivoque
du pouvoir militaire sur celui du
civil.
De ce fait, toutes les
armées sont conçues, équipées et
structurées de la même manière
avec des missions similaires d’un
pays à un autre. Les grades et rangs
des officiers et soldats sont les
mêmes, se valent et sont
homologués d’une armée à une
autre avec le même niveau de
responsabilité dans la hiérarchie et
la chaine de commandement. C’est
déjà la globalisation dans le monde
militaire. Désormais Les Rois,
Empereurs et autres dirigeants ont
en main une force structurée qui
leur permet d’imposer par les
armes leur volonté à leurs rivaux
comme il est inscrit sur l’un des
canons à la Citadelle Henry
« ULTIMA RATIO REGNUM »
« L'ULTIME ARGUMENT DU ROI ».
•La gallérie des Canons à la batterie Royale (Citadelle Henry)
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CONSIDERATIONS
HISTORIQUES SPECIFIQUES
Dès la partition officielle
d’Hispaniola, la France Monarchique
fait de la défense militaire de
St-Domingue sa priorité absolue,
puisque sa plus riche colonie des
Caraïbes est environnée par les
possessions des nations rivales tels
que l’Angleterre, l’Espagne, la
Hollande et le Portugal. Il ne faut
surtout pas perdre de vue que les
conflits séculaires existants entre ces
nations européennes rivales se sont
aussi transportés dans le ‘’Nouveau
Monde’’. La position géographique de
St-Domingue sur la carte ci-jointe
permet
de
mieux
saisir
l’environnement hostile dans lequel
évolue constamment la colonie
française dès son établissement officiel
en 1697 jusqu’à son effondrement
définitif en 1804. Durant ces 107 ans
d’exploitation officielle, La France
Monarchique,
Révolutionnaire,
Républicaine et Impériale a mis en
place et entretenu un système
défensif général qui s’étend de la ligne
frontalière franco-espagnole (rivière
massacre) dans le Nord-Est en
passant par les Cap-français, Cap de
Tiburon et de Dame-Marie dans la
Grande Anse pour aboutir à l’Anse-àpitre (ville frontalière francoespagnole) en passant par les villes
des Cayes, d’Aquin de Jacmel etc. Un
dispositif défensif constitué de forts
côtiers est réparti le long du littoral en
vue de prémunir la colonie contre les
dangers extérieurs, mais il est tout
aussi présent à l’intérieur des terres
puisque les principaux chemins et
routes d’accès sont tous ‘’couverts’’
par les bouches à feu, des block
house, des vigies, des fortins et des
camps militaires. Ce qui offre
l’avantage de contrôler la circulation
des produits, les déplacements de la
population et le renforcement de la
présence militaire aux abords
immédiats des quartiers, des
habitations, des bourgs, des villes, des
villages, et des zones de production
d’où cette concentration de force et
d’équipements au Cap-français.
•Carte des Isles de SaintDomingue
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CAP-FRANÇAIS A ST-DOMINGUE
PRESENCE MILITAIRE SOUTENUE
ET LIEUTENANCE DU ROI
L’établissement vers 1670
des flibustiers et boucaniers sur ce
site ont occasionné de multiples
échauffourées entre Français et
Espagnols dès cette époque.
Cependant dans la perspective
d’en faire une colonie d’exploitation,
la France
métropolitaine s’y
accroche grâce aux armes et à
l’esprit frondeur de ces premiers
aventuriers. Aussi met-elle en place
à St-Domingue durant plusieurs
décennies
une
infrastructure militaire
en adéquation avec le
bien à protéger, c’est
ainsi que la ville du CapFrançais, ses environs
immédiats, sa baie et
sa zone de production
sont sous l’emprise
permanente
d’une
force militaire ayant à
sa disposition pour
l’époque
les
équipements défensifs
indispensables à la
protection
de
la
capitale économique
de la colonie de StDomingue qu’est le Capfrançais. À travers ses récits, SaintMéry (1875) relate ce qui suit :
« Il ne reste plus qu'un unique objet
relatif au Cap et qui veut qu'on
considère ce lieu non seulement
comme une paroisse de la colonie,
mais comme le chef-lieu de la partie
du nord : c'est sa défense
militaire» (p.283). Il poursuit : « Je
crois avoir déjà dit que tous les
moyens doivent être combinés de
manière qu'ils aient ce triple objet :
empêcher l'attaque, prolonger la
défense si l'attaque s'effectue, et
enfin préparer le succès des secours
que la durée de cette défense
amènerait de la métropole. Or ce
plan exige les moyens des deux
genres. La défense d'une colonie, et
par conséquent celle d'une partie de
défense de cette partie. Il proposa la
construction d'un fort au Cap, c'est-àdire, ce qu'on appelait alors un fort,
et dont on peut prendre une idée par
de misérables redoutes qu'on a
décorées de ce nom, même depuis
cette époque. Le ministre l'autorisa,
le 27 août, à construire cette
forteresse, dont la dépense était
évaluée à 60,000 livres. Telle fut
l'origine du premier fort, qui avait un
revêtement de maçonnerie. On ne
voyait en outre, en
1694, que des
retranchements de
terre que M. de
Graffe, commandant
au Cap, fit faire.
Il y en avait aussi un
sur le fossé de
Limonade, un sur la
grande, rivière au
Quartier-Morin, un
sur la rivière Any à la
Petite-Anse, et le
quatrième au haut
du Cap, sur la rive
gauche de la rivière.
On en avait placé
semblables le
•Plan de la ville du Cap Français de
long du rivage au
cette colonie, doit donc elle-même se bourg du bas du Cap, et ces moyens
diviser en maritime et en terrestre ; n'empêchèrent pas la dévastation et
c'est sous ce double rapport que je l'incendie de toute la dépendance du
vais parler de celle du Cap » (Saint- Cap, par les Espagnols réunis aux
Méry, 1797, P. 606).
Anglais, en 1695. Ce ne fut aussi
qu'en 1694 qu'on crut utile d'avoir
« M. Ducasse, successeur de M. de un ingénieur attaché au service
Cussy, fut le premier qui pensa, au particulier de Saint-Domingue ». (p.
commencement de 1692, à la 284 & 285).
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•Plan des Parcs Arsenal
« On avait augmenté d'une
troisième compagnie de troupes les
deux que le Cap avait depuis 1702,
et ces trois qui formaient sa garnison
étant sans logement fixe, cela fit
songer à leur construire des casernes.
On choisit pour cela, en 1719, le
terrain actuellement, appelé l'Arsenal
».
« Supérieurement à cette
portion du parc d'artillerie, et ayant
comme elle la ravine au nord, est
l'arsenal, qui a la rue de Picolet à
l'est, celle Marbois à l'ouest, et la rue
de l'Arsenal au nord. Cet arsenal
était la seule chose qui existât de
toute cette section en 1740 » (P.
111)
Le Cap, dont l’établissement ne
remonte que vers 1671, n'eut
point de chef militaire particulier
avant 1679, que M. de Franquesnay
y fut placé comme lieutenant de
roi. Il commandait ce qu'on
nommait alors le quartier du Cap,
c'est-à-dire, ce qui est à présent
entre le port Français et la rivière
du Massacre. (Voir la carte ci-haut)
En 1695, on nomma un gouverneur
du Cap, et comme c'était l'ancien
gouverneur de l'île Sainte-Croix
dont la colonie avait été
transportée au Cap, M. de
Boissyraimé reçut le titre de
gouverneur de Sainte-Croix et du
Cap. Il eut pour résidence dans
cette dernière ville et comprit alors
la sénéchaussée du Port-de-Paix
dans
le
ressort
de
son
gouvernement,
la
place
de
gouverneur a cessé en 1763, dans
la personne de M. de Chastenoye
fils. Trois de ces gouverneurs du
Cap, et qui l'étaient réellement de
la partie du nord entière, furent
lieutenants
au
gouvernement
général. Ce sont M. de Charrit le,
et MM. De Chastenoye père et
fils ; ils eurent le Cap pour
résidence
(pp.
150-151).
La lieutenance de roi commencée
avec M. de Franquesnay, en 1679,
supprimée en 1763, rétablie le 15
mars 1769 par une ordonnance du
roi qui charge le major de la légion
de Saint-Domingue d'en faire les
fonctions, ce qui a duré jusqu'à ce
qu'une autre Ordonnance du 17
mars 1771 ait rétabli un lieutenant
de roi titulaire, n'a cessé qu'à M. le
chevalier
du
Grès,
par
l'ordonnance du 20 décembre
1783 qui a changé le titre de
lieutenant de roi en celui de
commandant particulier. On crut
utile d'avoir un major au Cap. Le
premier fut le célèbre Laurent de
Graff, en 1690. Cette majorité,
supprimée en 1763, rétablie le 15
mars 1769, supprimée -par
•Vue générale du CapHaitien, Dessin de Taylor, d’après l’atlas de Moreau de SaintMéry
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l'ordonnance du 16 mars 1771,
rétablie le 15 avril 1776, a été
supprimée de nouveau le 20
décembre 1783, lorsqu'elle était
remplie par M. de la Plaigne.
Le Cap eut son premier aide-major
Le chemin reprend sa
direction au nord, côtoyant toujours
le morne et descendant un peu
dans cet endroit. On va laissant
deux ou trois petites maisons et un
four à chaux à main droite, et l'on
en 1688. Cette place fut aussi
supprimée en 1763 et rétablie en
1769 ; il y a maintenant deux aidesmajors, parce qu'il en a été créé un
second le 18 mai 1787.
se trouve dominer le Fort-auxDames, qui est à 60 toises dans le
nord de la pointe du Gris-Gris, par
laquelle l'élévation où est la batterie
du même nom est terminée vers la
mer. À environ 200 toises du Fortaux-Dames, on aperçoit de la
même manière le fort Saint-Joseph.
A peu près à égale distance de
l'un et de l'autre, et du même côté,
est une autre maison et encore un
four à chaux ; et enfin à 400 toises
Le Cap a eu aussi deux
majors généraux des troupes et
milices de la partie du nord ; trois
des majors généraux de la colonie
y ont été fixés, ainsi que plusieurs
des aides-majors généraux.
2
Cette habitation passée,
contourne ainsi une batterie de
mortiers qui est à 100 toises, en
ligne droite, de la limite de la ville
et après laquelle est un arbre qui a
fait prendre à ce point et à la
batterie le nom de Gris-Gris
(Pp. 221-222).
du fort Saint- Joseph est celui de
Picolet, qui termine le chemin par
son pont-levis. C'est à Picolet que
se termine ce qu'on peut appeler les
environs du Cap, du côté nord. » ( carte2 ci-dessus )
L'on a vu que depuis
l'extrémité du faubourg du PetitCarénage jusqu'au fort Picolet, le
morne était en quelque sorte bordé
par le rivage, puisqu'il existait à
peine un petit espace sur lequel est
le chemin qui conduit, de l'un à
l'autre. Arrivé à Picolet, il faut
traverser cette fortification pour
pouvoir aller plus à l'ouest, et le
chemin ou plutôt le sentier qu'on
trouve alors est d'une destination et
d'une utilité purement militaires…
(P. 276).
Après Picolet, et à 110
toises à l'ouest, est la roche du
même nom, qui est un morceau de
rocher détaché, (voir portion de
carte-3 à la page 13) placé à
environ 15 toises de terre. Plus loin,
et à 40 toises, est l'anse aux
Palmistes, et à une pareille distance
encore l'anse à Laviviaud, où sont
deux batteries ; la plus à l’est est
appelée batterie à Hersan et l'autre
le fort Bourgeois, nom de deux
habitants qui possédaient, (voir la
carte-4 à la page 13) deux petites
habitations situées sur cette anse.
L'on appelle aussi la seconde
batterie, batterie de la Bande-duNord. On arrive à l'une par le
sentier aboutissant à Picolet, et par
un embranchement du chemin dont
je vais parler, mais le fort Bourgeois
n'a de communication terrestre
avec le Cap que ce chemin.
En dépit de sa formidable
ceinture de défense militaire
intérieure et côtière, le Cap,
dernier bastion des français à côté
du Môle Saint Nicolas, ne peut
donc résister aux assauts incessants,
à l’intrépidité, à la bravoure des
noirs de l’armée Indigène motivés et
luttant pour une cause noble et
juste qu’est la liberté. Vertières est
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l’aboutissement de plus de treize
années de luttes ininterrompues et
de mise en œuvre de stratégies
employées en fonction de la
connaissance du terrain. Ainsi
reprenons-nous ce passage où
Dubois
(2009)
évoque
les
stratégies des plus efficaces de
Dessalines: « la terre baignée du
sang des esclaves ne doit pas fournir
les
provisions
nécessaires
à
l’envahisseur. Jeter des cadavres et
des chevaux dans les sources, tout
anéantir et tout bruler afin que ceux
qui venaient les remettre en
esclavage
rencontrent
toujours
devant leurs yeux l’enfer qu’ils
méritent » (P.320).
L’historien Madiou (1848,)
nous donne toute une kyrielle
d’informations sur le déroulement
de la fameuse campagne de l’armée
indigène ayant abouti à la prise du
Cap par Dessalines le 18 novembre
1803. Ainsi, après la prise et
l’occupation de Port-au-Prince au
mois de septembre 1803, le gros
des troupes se dirige vers le Cap et
arrive au Limbé le 06 novembre. Le
mauvais temps ne le permet de
poursuivre sa marche sur le Cap et
il a dû attendre jusqu’au 15
novembre pour la reprendre. Le
général en chef, Dessalines,
entouré des dragons de l’Artibonite
et de son état-major, établit son
quartier général sur l’habitation le
Normand de Mezy à l’entrée sud
du Cap (Madiou, p 80). Avec
quinze demi-brigades d’infanterie et
trois escadrons, commandés par
des
généraux
expérimentés,
aguerris et galonnés sur les champs
de bataille, entres autres, le général
Clervaux, le plus ancien des
généraux de l’armée, Christophe,
Capois, Cangé, et le général Jean
Phillipe Daut commandant l’élite de
la
jeunesse
de
Port-auPrince ,l’armée indépendantiste se
donne les moyens en nombre et
en stratégie pour emporter les
lignes de défense du Cap, malgré
les dispositions de la force
expéditionnaire. La tactique de
Dessalines d’envoyer le 17
novembre, à la veille de la ruée des
indigènes, les généraux Christophe
et Romain occuper les positions
stratégiques de la Vigie et de
canonner le Cap par le Nord, s’avère
payante, et oblige Rochambeau à
s’engager sur deux fronts. Le feu
incessant des français n’ébranle pas
l’abnégation, le mépris de la mort,
l’opiniâtreté des indigènes qui
refoulent les français partout et les
obligent à abandonner quasitotalité des fortifications et se
battent en retraite dans la ville du
Cap et pour par la suite signer
l’armistice dans la nuit du 18 au 19
novembre (ibid., p90).
4
•Isle de SaintDomingue, 1747
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En résumé, la bataille de
Vertières
est
loin
d’être
uniquement militaire, sinon l’armée
expéditionnaire l’aurait remportée,
car elle avait à sa disposition des
moyens financiers, logistiques et
militaires hors normes pour
l’époque. En plus d’une occupation
armée de la colonie faite à l’aide
des camps et autres dispositifs
militaires d’avant garde, la ceinture
défensive côtière
et terrestre
autour du Cap-Français nous en dit
long sur la concentration des
moyens déployés depuis près de
133 années pour maintenir
St-Domingue
fonctionnel
et
productif.
Ainsi donc ce symbole de
la tyrannie et de l’oppression, qui
prit fin à Vertières en ce jour du
18 Novembre 1803 a toujours
caractérisé pour nous autres les
vainqueurs l’expression du courage,
de la bravoure, de la vaillance, de la
justice, de la liberté et surtout de la
mise en commun (momentanément)
des compétences militaires de nos
aïeux.
Cependant
pour
les
vaincus, il en est tout autrement,
toutes les excuses sont avancées.
Ainsi, afin de ne pas assumer
l’échec militaire, le général La
Poype évoque tantôt dans son
rapport le manque de vivres et de
rations alimentaires de qualité,
certaines fois il parle du nombre de
soldats malades, ici et là. Il félicite la
bravoure et l’exploit des officiers et
soldats français, pour finalement
oser avancer que les termes de la
capitulation
de
l’armée
expéditionnaire sont acceptés par
l’armée indigène à un moment où
cette dernière était terrorisée et
n’en espérait pas tant. Ainsi peuton lire dans son rapport: « Le
Général en Chef pensa qu’il ne
fallait pas hasarder une seconde
fois le statut du reste de ses
troupes, celui de tous les
malheureux habitants du Cap, celui
de nos malades, et qu’il fallait
profiter du moment de terreur que
nous avions inspiré à l’ennemi pour
en obtenir une capitulation qu’il
n’en pu espérer avant cette action.
Il y eut en effet armistice le 27 et
dans la même journée la
capitulation fut signée nous eûmes
10 jours pour évacuer avec armes
et bagages » (Voir rapport en
Annexe, PP.17-18.).
En effet, c’est en ces termes
faits de tous prétextes que l’armée
française, gênée de reconnaitre sa
défaite face à l’armée indigène, a
présenté la bataille de vertières qui
mit fin à la servitude à SaintDomingue. Bataille dont le
dénouement a matérialisé le projet
de liberté et d’égalité des anciens
esclaves commandés par le
Général Jean-Jacques Dessalines.
Bibliographie
Dubois, L.(2009). Les vengeurs du
nouveau monde. Éditions de
l’Université d’Etat d’Haïti.
Lacroix, P.(1995). La révolution de
Haïti, éd. présentée par Pierre
Pluchon. Karthala.
Madiou, T. (1848). Histoire d’Haïti
(1803-1807), tome 3. Imprimerie
de Jh Courtois.
physique, civile, politique,
et
historique de la partie française de
l’Isle Saint-Domingue. L. Guérin
Saint-Méry,
M.L.E.M.
(1875).
Description topographique,
Turnier, A.(1955). Les Etats-Unis
et le marché haïtien, Port-auPrince. Imprimerie St Joseph.
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15
Annexe :
Rapport des évènements qui se
sont passés au
Cap Français, Isle St. Domingue
depuis le
20 brumaire an XII jusqu’aux 8
frimaire (12-30 novembre
1803) suivant adressé par le
général La Poype au Ministre de
la Guerre.
Toute la partie française de
St Domingue était évacuée, il ne
nous restait plus que le Môle St
Nicolas et le Cap ; ainsi rien ne
pouvait troubler les opérations de
l’ennemi.
J’en avais pour résister aux
forces réunies de l’ennemi, que
1200 hommes sous les armes,
encore plus de moitié était
attaqués de la dissenterie et
exténués par la petite quantité et la
mauvaise qualité des vivres.
La ligne qui couvre le Cap
prend au fort Picolet et s’étend en
suivant les normes jusqu’au haut du
Cap, et de là, par la plaine jusqu’à la
petite anse ce qui ne fait pas moins
de 2 à 3 lieus.
Il ne restait pour la sureté
intérieure du Cap que la garde du
Général en Chef et la garde
nationale composée en grande
partie de noirs et de mulâtres qui
nous
inspiraient,
moins
de
confiance que de crainte.
Le 20 brumaire (12
novembre 1803), je fus averti
au Cap par mes espions, de la
marche des brigands, et je ne
pouvais plus douter des projets
de Dessalines, se disant Général
en chef de l’armée des
Indigènes.
Il avançait sur le Cap,
avec toutes ses forces, et la
presque certitude qu’il nous
enlèverait, le carnage et le
pillage étaient promis à ses
troupes.
Depuis le 20 jusqu’au 25
brumaire (12-17 novembre 1803)
quelques partis de noirs se
montraient avec plus d’audace
devant nos portes, qui les
écartaient par leurs tems ; mais
j’appris par mes espions le 25 (17
novembre 1803) que l’ennemi avait
construit une batterie qui menaçait
le block House Breda, le plus fort
et le plus imposant de nos postes
au haut du Cap. Cette batterie
avait été commencée et armée en
moins de 24 heures.
Le 26 (18 novembre 1803)
au matin les nègres firent jouer leur
batterie sur Breda ; mais en même
temps ils faisaient défiler leur
troupe sous le feu de ce block
house et se dirigerent ainsi sur la
grande route du Cap.
Ils marchaient sur Vertière
ou j’avais fait porter une faible
réserve.
Dans ce moment tous les
postes de ma division furent
attaqués et quelques uns emportés.
Avant le jour, j’avais
parcouru une partie de ma ligne de
la bande du Nord.je fus averti que
Breda était attaqué et je m’y portai
en hâte par la grande route du
Cap.
Je n’étais accompagné que
par mes aides de camp quelques
officiers de mon état-major et mes
guides. Je voulais arriver sur Breda
et j’avais déjà dépassé Vertière,
quand je me trouvai au milieu des
tirailleurs noirs qui s’étaient jetés
dans les haziers à la gauche et à la
droite de la grande route, je fus
obligé de regagner le poste
Vertière.
L’ennemi
y
arriva
presqu’aussitôt que moi, le Général
de Brigade Pageot commandant le
haut du cap y était je lui ordonnai
de faire entrer tout son monde
dans une case ; ou maison placée
sur l’extrémité de la position de
Vertière qui seule nous donnait
quelqu’espoir de soutenir la vive
attaque dont nous étions menacés.
Je n’avais là que 144
hommes de la 11ème½ brigade,
mais ils étaient bien résolus de
vendre cher leur vie à un ennemi
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cruel qui ne
prisonniers.
La première page du rapport
La deuxième page du rapport
La troisième page du rapport
fait
point
de
Les brigands au nombre de
plus de 2.000 cernent rapidement
la position de Vertière et arrivent
sur notre malheureuse case
ouverte de tout côté pour nous
emporter de vive force. Ils
éprouvèrent une résistance qui les
déconcerta malgré leur nombre et
le feu violent et bien dirigé qui
partait des trop nombreuses
ouvertures de notre réduit, les
obligea à se retirer un moment,
pour nous attaquer avec plus de
méthode. Ils nous criblèrent de
balles, et en moins d’un quart
d’heure je perdis plus de 40
hommes. Nos forces et nos
munitions s’épuisaient de sorte que
nous allions succomber lorsque
j’aperçois du trouble parmi les
assaillants ; je fais sortie sur eux
bayonnette en avant et ils sont
repoussés
avec
une
perte
considérable. Je ne dois pas omettre
la cause de ce premier mouvement
rétrograde de l’ennemi.
Le Général en Chef
Rochambeau qui ignorait l’attaque
subite de Vertière se dirigeait sur le
haut du Cap quand il entend notre
feu et voit avec inquiétude que
nous sommes tournés. Il n’était
accompagné que de ces officiers
d’État-major et de quelques guides.
Il prend aussitôt le galop et les
brigands apercevant une troupe de
cavalerie qui fond sur eux, se
retirent pour un instant. C’est à cet
heureux hasard et à la vigoureuse
résolution du Général en Chef que
nous avons dû notre salut dans
cette première attaque. Il était
environ 9 heures du matin lorsqu’il
m’arriva un renfort de troupe et de
l’artillerie. Je me trouvais à la tête
de 300 hommes.
Le Général en Chef
craignant pour la tranquillité de la
ville et aussi que quelques attaques
se dirigeassent sur les autres postes
destinés à couvrir le Cap du côté
du Nord et de l’Ouest, redoutant
encore que l’escadre anglaise ne
profita de ce moment pour forcer
la passe ou détruire Picolet, car
nous
étions
vigoureusement
menacés par terre et par mer, me
laissa sur le point important de
Vertière. Il savait comme moi que
si ce poste était forcé, rien ne
pouvait
empêcher
l’ennemi
d’arriver jusqu’au Cap et d’y entrer
avec nous. Tout était perdu, la ville
livrée aux horreurs du pillage et les
blancs, soldats, hommes, femmes
et enfants égorgés sans espoir de
retraite. Il fallait donc dans cette
journée et dans cette position tenir
jusqu’à la dernière extrémité.
Nous avons été attaqués
toute la journée et successivement
par des troupes fraiches et des
divisions qui se succédaient sans
intervalle. Cependant l’ennemi n’a
pu nous entamer.
A 4 heures du soir, il nous
arriva un accident qui devait nous
perdre tous. Les brigands avaient
élevé avec rapidité une batterie sur
l’habitation Charié qui nous
envoyait des obus et du boulet. Un
obus tomba sur un de nos caissons
et y mit le feu ce qui produisit une
forte explosion et embrasa la case
de Vertière, qui était notre seule et
dernière ressource. Les noirs
jettent de grands cris et viennent
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avec furie pour nous enlever au
milieu du désordre qu’ils supposaient
devoir exister parmi nous ; mais ils
sont encore une fois trompés dans
leur espoir. Le courage et le sang
froid de nos braves soldats et une
petite réserve que j’avais conservé,
nous soutiennent dans notre
poste.
La quatrième page du rapport
La cinquième page du rapport
La sixième page du rapport
La nuit approchait l’ennemi
avait eu plus de 2.000 hommes
tant tués que blessés, un orage
affreux termina cette journée et le
Général en Chef me fit dire de
prendre une position un peu en
arrière et protégée par le feu de
nos batteries. C’était celle de la
barrière bouteille, ce que je fis sans
que
l’ennemi
osa
rien
entreprendre sur nous.
entre nos block-house. Il est avoué
que celui de Bréda leur avait a lui
seul mis 700 hommes hors de
combat et les autres tels que
Senton, Pierre Michel, le Poste de
St martin la vigie & en raison de
leur importance.
Vertière a été attaqué par
3 divisions de deux ou 3.000
hommes, qui ont fournie chacune
successivement deux attaques. 300
hommes ont donc soutenu l’effort
de 8 à 9 mille hommes, et non
seulement ils ne se sont pas laissé
entamer dans leur position, mais
encore ils se sont multipliés pour
ainsi dire, afin d’empêcher l’ennemi
de les tourner. Ce qui était
l’objectif de toutes les manœuvres.
L’artillerie a fait des
merveilles, nous avons eu plusieurs
pièces démontées et sur trente
canonniers j’en ai perdu 21 tués ou
grièvement blessés sur leurs pièces.
Le General en Chef qui
avait été témoin de notre
vigoureuse défense ce matin, et qui
savait combien il était important de
battre l’ennemi dans cette position,
regarda cette affaire comme une
des plus marquantes qui s’est passé
dans la colonie, tant par la vigueur
et l’acharnement avec lesquels les
noirs nous avaient attaqués, que
pour l’extrême nécessité ou nous
nous trouvions de ne leur pas
céder un pouce de terrain, sous
peine de l’égorgement général de
tous ce qui restait dans le Cap,
comme je l’ai déjà dit Il pensa que
chaque soldat, chaque officier, avait
fait son devoir et avait bien mérité
de son pays.
Je comptais recommencer
le lendemain et j’en savais trop quel
succès aurait une seconde journée.
Cependant ma position était plus
retirée, elle était soutenue par le
fort Bel-Air et le Block-house
Champein ; mais ma troupe était
horriblement épuisée soit par les
fatigues soit par la privation des
vivres dont la distribution manqua
le jour même de l’affaire.
Les nègres ont perdu dans
cette journée tant tués que blessés
environ quatre mille hommes, car
ce n’est pas sans essuyer de
grandes pertes qu’ils sont passés
Le Général en Chef pensa
qu’il ne fallait pas hasarder une
seconde fois le statut du reste de
ses troupes, celui de tous les
malheureux habitants du Cap, celui
Je n’ai pas perdu moins de
130 hommes.
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de nos malades, et qu’il fallait profiter
du moment de terreur que nous
avions inspiré à l’ennemi pour en
obtenir une capitulation qu’il n’en
pu espérer avant cette action. Il y
eut en effet armistice le 27 et dans
la même journée la capitulation fut
signée nous eûmes 10 jours pour
évacuer avec armes et ses bagages.
La septième page du rapport
La huitième page du rapport
Le Général en chef s’embarqua
le 2 frimaire (24 novembre 1803) avec
le commandant de la place Meraud. Je
fus chargé du commandement et de
l’exécution du traité fait avec Dessalines
et l’Adjudant Commandant d’Henin
réunit à ses fonctions de Chef
d’État-Major celle de Commandant
de la Place. Je n’ai pas besoin de
dire que le moment était critique
ne
pouvant
terminer
mes
opérations ,sans me remettre à la
disposition des nègres qui avaient
tant à se venger. Il fallait embarquer
toutes nos troupes et céder
successivement les postes et les
forts à l’ennemi.
Je dois dire, qu’il a jusqu’au
6 au soir respecté les articles de la
capitulation ; mais je reçus à cette
époque la lettre suivante de
Dessalines dont voici la copie
Liberté ou la mort.
O--------- général le 6 frimaire (28
novembre 1803) An 12
Le général en chef Dessalines
Commandant l’armée indigènes
Au général La Poype commandant
les forces françaises au Cap
La neuvième page du rapport
Général
« J’ai l’honneur de vous prévenir que
demain je compte prendre possession
de la place du Cap à la tête de mon
armée aux termes de la capitulation.»
« J’ai l’honneur de vous saluer »
Signé Dessalines
Ce n’était pas le moment
d’établir une discussion avec lui, sur
le moment précis, ou il devait
entrer au Cap, en conséquence je
lui répondis que je lui livrerais le
lendemain le Cap; mais que je ne
pouvais savoir le moment ou les
frégates et bâtiments de transport
pourraient appareiller et sortir de la
rade que ce ne pouvait être que la
nuit du 7 au 8 à la brise de terre.
Je
terminais
mon
évacuation le 7 au matin, et dans le
moment où je mettais mes
dernières troupes dans les canots,
et que je m’embarquais moi-même,
il entrait dans le Cap avec son
armée. Je laissais dans la ville
l’adjudant Commandant Henin
pour remettre la place et faire
l’échange des otages, ce qui fut
exécuté.
Là finit ma mission.
Je ne dois pas oublier le
nom des officiers de toutes armes
qui se sont particulièrement
distingués dans la journée du 26
brumaire an XII.
Le général de brigade
Pageot a montré la plus vigoureuse
résolution et le plus grand sangfroid. C’est le même qui a fait la
guerre avec succès à St-Domingue
depuis 1798 et qui a défendu avec
tant de courage et de …….la place
de Jacmel dans cette dernière
campagne
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Le chef de Brigade Dubretou
commandant de la 11ème1/2 brigade
légère s’est toujours montré le
même
dans
les
occasions
périlleuses. Il sait à son gré animer
et contenir sa troupe. Blessé
grièvement à la main dans la
première attaque, je fus privé de
son secours pendant cette journée.
Il fut vigoureusement remplacé par
le chef de Bataillon Ferrier.
La dixième page du rapport
L’adjudant
Commandant
Duveyrier m’a été fort utile. Il a du
sang froid, on connaît son
intelligence et ses talents militaires.
L’Adjudant
Commandant
Henin imperturbable au milieu du
danger a souvent remis le calme
parmi la troupe et entretenu son
ardeur. Il a eu un cheval tué sous
lui.
L’Adjudant
Commandant
Devaux que son zèle avait conduit
près de moi, ne m’a pas quitté dans
cette journée.
La onzième page du rapport
La douzième page du rapport
Le Chef de Brigade Barthou,
commandant d’artillerie de l’armée
est venu me joindre au milieu du
feu. Cet officier distingué par des
connaissances et ses talents a
déployé dans cette circonstance le
calme le plus intrépide et en
particulier
au
milieu
de
l’explosion…..j’ai parlé.
Le Chef de Bataillon
De….illisible commandant l’artillerie
de ma division a particulièrement
fixé mon attention par sa grande
activité, son extrême sang-froid et
son intelligence. Il m’a été d’un très
grand secours.
Le
Cap.
D’artillerie
Salomon s’est particulièrement bien
conduit.
Le Chef de Bataillon Caron
Commandant la cavalerie de la
….du Général en Chef s’est
conduit d’une manière distinguée.
Le Cap. …., attaché à
l’artillerie de la garde du Général en
Chef est un jeune homme dont je
ne peux trop louer la bravoure. Il a
fait beaucoup de mal à l’ennemi
dans cette journée.
Il faudrait nommer tous les
officiers et sous-officiers de
l’artillerie ainsi que les canonniers.
J’ai déjà dit que sur 30 canonniers
j’en avais perdu 21.
Tandis que nous nous
soutenions sur la position de
Vertière, le Block-house Breda était
vigoureusement attaqué et le Chef
de Bataillon Pégat ou Pégot de la
11ème1/2 brigade légère qui y
commandait faisait une vigoureuse
résistance. Il avait en face de lui une
batterie qui lui faisait beaucoup de
mal. Le block-house était déjà
criblé par les boulets et plusieurs
obus y arrivaient. Deux tombèrent
dans le block-house même et
allaient y éclater. Le Chef de
Bataillon Pegat eut la présence
d’esprit d’appeler un canonnier et
de lui ordonner de jeter l’obus par
l’embrasure. Ce qui fut exécuté,
une seconde arrive et le même
canonnier obéit avec le même
succès aux ordres de son chef, les
hommes et le block-house furent
préservés par ces deux actions
courageuses.
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La nuit seule mit fin à
l’attaque de Breda, et le chef de
Bataillon Pegat eut la gloire
d’avoir défendu pendant tout le
jour un poste très important sans
doute, quoiqu’il n’eut pas l’espoir
de se voir secouru par nos
troupes, car il voyait mieux que
nous que les forces de l’ennemi qui
avait dans la plaine une réserve de
7 à 8 mille hommes qui ne donna
pas dans cette journée du 26.
La treizième page du rapport
La quatorzième page du rapport
La quinzième page du rapport
Le 27, il y eut une
honorable capitulation, il sorti de
son block-house criblé par les
boulets, avec armes et bagages,
ramenant avec lui 40 hommes sur
114 et obligea l’ennemi de porter
19 ou 20 blessés très grièvement
jusqu’au premier poste français,
c’était encore la 11ème1/2 brigade
légère qui défendait Breda.
Je ne dois pas oublier la
vigoureuse défense du Palmiste.
L’ennemi avait établi une batterie
sur le morne qui le domine de très
près. Elle commença à jouer dans
la soirée du 26 et continua le 27
malgré l’armistice. Elle jetai des
boulets de 14 jusque dans la ville.
Le Cap. Menon de la 110è
contingent du Palmiste tint ferme à
son poste, quoiqu’un des côtés du
block-house fut abattu, il attendait
les noirs sur la brèche qui firent de
vaines tentatives pour l’emporter,
sa troupe a beaucoup souffert.
Le
fort
bourgeois
commandé par le Chef de
Bataillon Froment et la 7ème1/2
brigade quoi qu’entouré par les
brigands et n’espérant aucun
secours, ne s’est point rendu.
Le 1er aide de camp du
général en chef, le chef d’Escadron
Lastour, ne m’a point quitté et a
toujours montré le plus grand sangfroid.
Je n’ai point encore parlé
des officiers de mon état-major. Le
Cap. Adjoint Amiot a été blessé au
commencement de l’affaire et a
été obligé de se retirer pour se
faire panser ; mais il est revenu au
bout de peu de temps, plus le
Chef de Bataillon se trouvant
encore en état de se soutenir à
cheval.
Le Capitaine de Bataillon…
illisible adjoint à mon état-major
était malade dans son lit depuis
plusieurs jours ; mais apprenant
que l’attaque était vive et que la
journée serait chaude, il est venu
me rejoindre. C’est lui auquel le
général en chef le Clerc, décerna
un sabre d’honneur à la cruelle
affaire du 23 vendémiaire an 11+
Le chef de Bataillon Marcilly adjoint
à
mon
état-major
s’est
parfaitement conduit.
Mes deux aides de camp B….Ca…
et Henry La Poype ont montré
une activité une bravoure et un
sang-froid, qui n’a pas peu
contribué à l’exécution prompte et
exacte des ordres que je faisais
passer sur la ligne.
Signé Le Général de Division
La Poype
BULLETIN DE L’ISPAN • Numéro spécial • Novembre 2020
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Liberté ou la mort.
O--------- général le 6 frimaire (28 novembre 1803) An 12
Le général en chef Dessalines Commandant l’armée indigènes
Au général La Poype commandant les forces françaises
au Cap.
Général
« J’ai l’honneur de vous prévenir que demain je compte
prendre possession de la place du Cap à la tête de mon
armée aux termes de la capitulation.»
« J’ai l’honneur de vous saluer »
Signé Dessalines
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