(2009-12) Bulletin de l'ISPAN, No 7 : Le fort Jacques, le monument historique le plus visité d'Haïti
Resume — Le fort Jacques à Fermathe et sa rotonde, replacés dans le programme de fortification que le général Alexandre Pétion mena dans le département militaire de l'Ouest dès le lendemain de la proclamation de l'Indépendance.
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Le fort Jacques à Fermathe et sa rotonde, replacés dans le programme de fortification que le général Alexandre Pétion mena dans le département militaire de l'Ouest dès le lendemain de la proclamation de l'Indépendance. Un numéro du Bulletin de l'ISPAN, bulletin mensuel de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National, paru de juin 2009 à novembre 2011 au moins, qui documentait un monument, un site ou un centre historique par livraison.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
numéro 7, 1er décembre 2009
BULLETIN DE L’ISPAN
• La rotonde du fort Jaques à Fermathe
BULLETIN DE L’ISPAN, No 7, 6 pages
Le fort Jacques
le monument historique le plus visité d’Haïti
C’est au Général Alexandre Pétion, commandant le département militaire de l’Ouest
que revint la responsabilité de fortifier, dès le
lendemain de la proclamation de l’Indépendance d’Haïti (1804), les accès aux montagnes
de la chaine de la Selle.
Afin de protéger le nouvel Etat d’un
éventuel retour en force des Français, JeanJacques Dessalines, alors Gouverneur général
d’Haïti, fait publier une ordonnance qui exige
aux commandants des trois départements du
pays de faire “élever des fortifications au sommet des plus hautes montagnes de l’intérieur...”
Une trentaine d’ouvrages militaires allant de
la simple redoute à la forteresse complète fût
ainsi érigée durant cette période. Combinant
la guérilla à la guerre traditionnelle, ce système,
s’ordonnant en une parfaite cohérence stratégique, se base sur l’appui réciproque de ses
éléments qui sont dotés chacun d’une autonomie logistique se voulant suffisante. En plus de
leur rôle de contrôle des voies de communication, des passes et d’asiles sûrs, ils devaient être
d’exceptionnelles vigies pouvant dominer une
très large partie du territoire.
En ce début du XIXe siècle, Haïti va produire, de façon inédite, le plus formidable et
le plus étonnant réseau de fortifications des
Amériques correspondant aux exigences de
défense d’une Nation. (Voir BULLETIN DE
L’ISPAN No 5)
N’ayant jamais été utilisé dans le cadre
d’affrontements militaires, il n’est certes pas
possible d’évaluer la véritable efficacité de ce
système de défense imaginé par les Haïtiens.
Cependant le rôle de dissuasion qu’il a joué a
sans doute été important, prouvant à l’ancienne métropole la détermination des Haïtiens de
s’opposer farouchement à toute tentative de
restauration de l’ordre colonial. La collection
des forts haïtiens construits après l’Indépendance constitue certainement le premier acte
concret de prise de contrôle et d’organisation
du territoire du nouvel Etat.
Pour fortifier les contreforts de la Selle,
Pétion choisit un emplacement situé sur les
hauteurs du quartier de Belle-Vue en arrière
du plateau de la Coupe-Barbonnière (PétionVille) afin de mieux contrôler la route qui passait non loin du site pour traverser le morne
des Commissaires, dans le massif de la Selle,
et mener à la côte sud du pays aux environs
de Jacmel.
Alexandre Pétion, qui deviendra plus tard
le premier président de la République d’Haïti
(1806), commença la construction du fort
Jacques dès la publication de l’ordonnance de
mars 1804. Mais bien vite le site choisi se révéla particulièrement vulnérable sur son flanc est,
Sommaire
• Le fort Jacques
• L’Eglise Saint-Antoine de Padoue
• La chronique des monuments historiques
BULLETIN DE L’ISPAN est une publication mensuelle de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National destinée à
vulgariser la connaissance des biens immobiliers à valeur culturelle et historique de la République d’Haïti, à promouvoir
leur protection et leur mise en valeur. Communiquez votre adresse électronique à ispan.bulletin@gmail.com pour
recevoir régulièrement le BULLETIN DE L’ISPAN. Vos critiques et suggestions seront grandement appréciées. Merci.
BULLETIN DE L’ISPAN • No 7 • 1er décembre 2009 • 1
Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
• Relevé ISPAN 2009
dominé par une éminence située à portée de
tir d’artillerie. Ainsi fût décidé la construction
d’une seconde fortification que Pétion baptisa
de son prénom, le fort Alexandre. Les deux
fortifications sont séparées par une profonde
dépression topographique jouant un rôle important dans le système de défense du site.
Outre leur fonction de défense militaire,
les forts Jacques et Alexandre devaient également servir de puissante vigie permettant de
couvrir une vaste aire géographique. À partir
de ces fortifications, placées à environ 1300 m
d’altitude, la garnison pouvait, en effet, contrôler toute la plaine de du Cul-de-Sac, le bourg
de la Croix-des Bouquets, le bourg de FondParisien et le plateau de la Coupe-Charbonnière, position hautement stratégique permettant
de prendre la ville de Port-au-Prince à revers.
De cette position, la vue s’étend également sur
l’île de la Gonave et la plaine de l’Arcahaie, la
chaine des Matheux jusqu’a la pointe de SaintMarc et permettait d’entretenir un contact par
signaux lumineux avec le fort Drouet situé en
face sur la chaine des Matheux dans les hauteurs des Délices de l’Arcahaie.
Le fort Alexandre présente un plan parfaitement carré avec quatre bastions placés à ses
angles. C’est un fortin classique obéissant scrupuleusement aux règles de l’art de fortifier du
XVIIIe siècle. Ses murailles sont formées d’une
double paroi formant un terre-plein sur lequel
• Plan du fort Jacques
il était prévu de placer une artillerie lourde.
En son centre, une petite cour devait loger un
bâtiment pour l’accommodement de la garnison, comme le témoigne les ruines encore
importantes qui nous sont parvenues. Selon
l’historien Gérard Jolibois, le chantier du fort
Alexandre fût interrompu le 17 octobre 1806
en fin d’après midi quand à Belle-Vue parvint
la nouvelle de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines au Pont-Rouge, à l’entrée nord de Portau-Prince.
Le fort Jacques présente, lui, un plan de
forme irrégulier épousant la topographie du
sommet de la montagne où il est construit. Il
possède également quatre bastions placés aux
angles du corps principal. L’un de ces bastions
placés à l’angle nord-ouest est de forme circulaire, sorte de rotonde massive qui constitue le
principal élément d’identification de l’ouvrage.
Pour le fort Jacques, les mêmes principes
de construction du fort Alexandre ont été
utilisé. Son mur d’enceinte est formé d’une
double paroi formant un terre-plein, sur lequel
est aménagé un chemin de ronde reliant bastions et courtines. Mais à la différence du fort
Alexandre, ces terre-pleins abritent des salles
voutées, des casemates, destinées au stockage
de munitions de « guerre et de bouche ». Sa
cour centrale, exangue, est équipée d’une citerne d’eau de pluie alimentée par des canalisations captant le précieux liquide à partir des
planchers supérieurs des terre-pleins. Les ruines d’un petit four à pain, aménagé au-dessous
de l’escalier reliant la cour au chemin de ronde,
témoignent du souci d’autonomie qui présidait
la conception de l’ouvrage. On accède à l’enceinte du fort par un passage vouté percé sur
sa face nord et barré par une lourde porte à
deux volets.
Complètement achevé au bout de moins
de deux années de travaux, le fort Jacques
reçu une bonne dizaine de bouches à feu en
fonte placé sur le terre-plein, montés sur affût
en bois face à leurs embrasures.
Dans la collection des bouches à feu du
• Cabinet des Estampes, Paris, France
• La façade sud de fort Jacques
• Alexandre Pétion (1770 - 1818)
fort Jacques, on remarque la présence d’un canon en fonte en provenance d’Angleterre. Ce
qui ne peut étonner, quand on sait que la partie de l’Ouest de Saint-Domingue fût occupée
par les Britanniques de 1794 à 1798 et qu’à
leur défaite devant l’armée de Toussaint-Louverture, ils ont du abandonner un important
parc d’artillerie dont hérita Haïti au lendemain
de 1804. Pour compléter l’ensemble fortifié,
Alexandre Pétion fit ériger, hors des murs du
fort Jacques, une poudrière dont, aujourd’hui, il
ne subsiste que les ruines.
Après l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, les forts Jacques et Alexandre furent
pratiquement abandonnés. Alexandre Pétion,
devenu président de la République d’Haïti
opta pour une stratégie de négociation avec
la France, l’ancienne métropole, en vue d’obtenir la reconnaissance officielle du nouvel Etat
des Amériques. Cette stratégie aboutira, 25
années plus tard, à la reconnaissance de l’Indépendance d’Haïti par la France (1830) et à
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Photo : Patrick Durandisse / ISPAN 2009
• Foule de jeunes se pressant à l’entrée du fort Jacques, le 18 novembre dernier
des concerts plus ou moins improvisés de musique traditionnelle ou populaire.
En 1995, l’ISPAN a obtenu du Gouvernement de la République le classement des
forts Jacques et Alexandre au titre de Patrimoine National. Ce classement fût sanctionné
par l’arrêté présidentiel du 23 août 1995. La
même année, l’ISPAN procéda à la création du
Parc National Historique des Forts Jacques et
Alexandre, par le bornage d’un terrain d’une
superficie d’environ 9 hectares. Ce terrain fût
ainsi versé dans le Domaine public de l’Etat
haïtien. Ce qui fait de ce parc national historique un bien imprescritipble au même titre que
« les berges de rivière, le rivage de la mer, les
chemins, etc.»
Actuellement, le projet d’aménagement
de ce parc national historique est à nouveau
d’actualité. Plus adapté à la situation acttuelle et
à l’utilisation informelle qu’en fait la population
et les jeunes. L’ISPAN, en collaboration avec
le Ministère de la Culture, a lancé récemment
l’idée d’équiper le parc national historique d’un
amphithéâtre pour spectacles et festivals, d’une
esplanade pour la réalisation de foires ainsi que
la création d’un centre d’interprétation du patrimoine doté de salles d’expositions, d’ateliers
d’animations, d’une bibliothèque et d’un magasin d’artisanat et de souvenirs. Ces projets qui
seront réalisés sont actuellement à la phase de
recherche de financement. De plus, la mise sur
pied d’une structure de gestion du PNH devra
prendre en compte et dynamiser les potentialités culturelles, touristiques et environnementales du parc. Des interventions de restauration et d’entretien devront également être
effectuées sur les monuments pour contrôler
les infiltrations d’eau De récentes fissures dans
la maçonnerie sont apparues depuis les grandes imtempéries de l’été 2008. Elles devront
être colmatées (voir Bulletin de l’ISPAN No
4). Des aménagements devront aussi être réalisés pour faciliter la visite du fort Alexandre
et en améliorer l’interprétatiion. Certaines institutions comme la Banque de la République
d’Haïti (BRH), par exemple, ont déjà montré
un intérêt à appuyer l’ISPAN dans la réalisation
du projet d’aménagement du Parc National
Historique des Forts Jacques et Alexandre.
Rappelons qu’en 2004, le fort Jacques a
été choisi pour illustrer le revers du billet de
500 Gourdes, émis par la BRH à l’occasion du
Bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti et portant en avers l’éffigie d’Alexandre Pétion.
Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
l’indemnisation, jusqu’à concurrence de 150
millions de francs-or, des colons ayant perdu
leur propriété lors de la révolution.
Durant tout le XIXe siècle, l’ensemble
fortifié resta abandonné, exposé aux injures du
temps et des hommes. Il fût vandalisé pendant
l’Occupation américaine (1915-1934) par les
Marines, rapportent les habitants de la zone.
Au milieu des années 1970, un pasteur américain de religion baptise, M. Wallace Turnbull,
dont l’église s’était établi à Fermathe dès 1950,
entreprit sur ses fonds propres la restauration du fort Jacques. L’intervention de Turnbull
quoique non orthodoxe sauva le monument
historique d’une ruine certaine. A la création
de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) en 1979, le chantier fut reprit sur
des bases plus scientifiques, grâce à un financement tiré du Trésor public octoyé à l’Office
National du Tourisme et des Relations Publiques (ONTRP). Ainsi furent réalisés la reprise
de ses murs, l’étanchéisation des extrados des
voûtes des casemates, le rejointoiement de la
maçonnerie et d’autres travaux de mise en valeur comme la mise en place des bouches à
feu sur des présentoirs en béton.
Afin de protéger l’environnement immédiat du fort Jacques des méfaits de l’érosion,
l’ISPAN aménagea une pinède, permettant de
contrôler le ravinement inquiétant de la dépression séparant les deux forts. Des aménagements destinés à faciliter la visite touristique du
monument historique furent également réalisés: espace de stationnement, sanitaires publics
et des logements de fonction pour les gardiens.
Depuis le fort Jacques est certainement devenu le monument historique le plus visité de la
zone métropolitaine et probablement d’Haïti.
Particulièrement en fin de semaine et durant
les vacances scolaires des dizaines de jeunes
font le déplacement de Port-au-Prince et de
ses environs pour visiter le fort et pique-niquer
dans la pinède. A l’occasion des fêtes patriotiques - 18-Mai et 18-Novembre notamment
- jusqu’à dix milles jeunes se réunissent sans
encadrement au Fort Jacques et y organisent
• L’esplanade de la rotonde du fort Jacques
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Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
Saint-Antoine
Métamorphose d’une banque en église
• L’église Saint-Antoine du Bois-Badère
de dragage pour le port de Port-au-Prince et
celui des Cayes (ville natale du nouveau président), la création d’une banque nationale. Très
vite, face à de sévères contraintes financières,
le gouvernement du réviser son programme à
la baisse. Seules furent réalisées la construction
du Panthéon des héros de l’Indépendance et
la création de la banque nationale. Cette nouvelle institution avait pour objectif de promouvoir l’investissement privé et surtout assurer
l’émission et la mise en circulation de la Gourde,
définitivement choisie comme unité monétaire
nationale. Au mois de juin 1875, débutent les
travaux d’érection d’une structure métallique
commandée à la firme américaine Heuvelmann, Haven & Co au lieu dit « La Terrasse
» (emplacement actuel de la Cathédrale de
Port-au-Prince). La pose de la première pierre
a eu lieu le 8 juin 1875 au cour d’une cérémonie accompagnée de la musique de l’orchestre
du Palais National dirigé par Occide Jeanty. En
moins de cinq mois, l’édifice est achevé. Selon
le journal Le Peuple cité par George Corvington dans Port-au-Prince au cours des ans «
c’est une construction en fer magnifiquement
installés. Des bureaux disposés en fer à cheval
ornent l’intérieur. Des grillages en fer séparent le personnel d’avec le public qui, par six
guichets différents, arrive, dépose ou prend
son argent. Les meubles, chaises, fauteuils, divans, bureaux... portent les initiales B. N. D’H. ».
De style néoclassique, sa façade est précédée
• Détail du péristyle avec ses colonnes d’ordre corinthien
• Plan de l’église Saint-Antoine
• Relevé : ISPAN 2009
• Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
Port-au-Prince, 1874...
Le Parti national prend le pouvoir. Michel
Domingue est élu par l’Assemblée constituante
le 11 juin. Le nouveau gouvernement prône le
développement économique et projette de
nombreux projets : la construction d’un nouveau palais national (l’ancien palais des Gouverneurs de la Colonie de Saint-Domingue
qui servait de Palais national fut incendié le 19
décembre1869 sous la présidence de Sylvain
Salnave) et d’un Panthéon national, la construction de deux lignes de chemins de fer
reliant la capitale à Miragôane et à Saint-Marc,
la construction de ponts métalliques, la constructions de « marchés en fer » dans les principales villes du pays, acquisition d’équipement
BULLETIN DE L’ISPAN • No 7 • 1er décembre 2009 • 4
Collection particulière
Collection particulière
Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
• La banque Domingue
• La chapelle de Saint-Anytoine au morne Badère
• L’église Saint-Antoine actuellement
d’un péristyle formé de 6 colonnes d’ordre
corinthien à fût cannelé, posé sur des socles.
Les colonnes du milieu supportent un entablement surmonté d’un fronton richement
orné. Six mois après l’achèvement des travaux,
la Banque nationale était encore incapable de
réunir le capital nécessaire à l’ouverture de ses
portes au public.
Le 15 avril 1876, à la chute du gouvernement, le neveu de Domingue, Septimus Rameau, fait lever l’encaisse métallique de la banque
et tente de la faire embarquer sur un navire
accosté au port. La population intriguée par ce
manège insolite s’accapare des caisses et livre
leur contenu au pillage. Le local de la banque
est saccagé. La présidence de Domingue n’aura
duré que vingt mois. Ainsi s’acheva l’histoire de
la première banque nationale d’Haïti. En 1902,
on procéda à la dépose pièces par pièces du
bâtiment.
C’est à l’initiative du père Pouplard, alors
curé de la Cathédrale de Port-au-Prince que
fut mis en œuvre la récupération des parties
métalliques du bâtiment pour être transporté
au lieu-dit « Bois-Badère » sur un monticule
dominant le Poste-Marchand, pour en faire
une petite chapelle. Pour cette transformation
de la banque en lieu de culte, Pouplard, aménagea au sommet du monticule, une plate-forme
auquel on accède par un escalier monumental
de trois volées Poursuivant la métamorphose,
il vida l’intérieur de l’édifice de se comptoirs et
de ses séparations puis ajouta un clocher muni
d’abat-sons au-dessus du fronton. Le chemin
le long duquel l’église Saint-Antoine fût construite a été baptisé par la suite le nom de son
concepteur (avenue Pouplard).
Le 6 mai eut lieu la cérémonie de pose de
la première pierre. Une construction en maçonnerie de briques et de moellon est réalisée
pour recevoir les éléments en métal préfabriqués, récupérés de la banque. La grande difficulté fut d’acheminer les lourdes colonnes qui
devaient orner la façade de la chapelle. Mais le
13 juillet 1902 eut lieu la bénédiction solennelle de la chapelle dévouée à Saint Antoine
de Padoue par monseigneur Conan, évêque
de Port-au-Prince, en présence d’un nombre
important de fidèles.
L’église a subi de nombreuse transformation depuis son érection en 1902. Ses galeries latérales furent incorporées à l’édifice. Plus
tard dans les années 90, le culte antonien ne
cessant de s’accroitre au sein de la population,
un second corps de bâtiment fut ajouté perpendiculairement au corps principal pour augmenter la capacité d’accueil de l’édifice.
Chaque mardi, une foule considérable se
dirige avec ferveur « au pied » de Saint-Antoine pour solliciter ses faveurs.
BULLETIN DE L’ISPAN • No 7 • 1er décembre 2009 • 5
Chronique
des monuments et sites historiques d’Haïti
de la mi-décembre. Les bénéfices de la vente
de cet ouvrage seront destinés au fonds d’entretien de la Citadelle Henry, du Palais de SansSouci et du site fortifié de Ramiers.
Un superbe cadeau de fin d’année.
Note : Pour achat et réservation, s’adresser à
LOGO+, Delmas-52, no 3, Port-au-Prince
(Tél : 37.30.79.00 , 37.30.79.79, 25.10.85.27). Vous
pouvez également placer vos commandes
à l’adresse électronique logoplus@aol.com.
Signalisation des MH
Après le Parc National Historique des
Forts Jacques et Alexandre, l’ISPAN poursuit
sa campagne de signalisation aux Matheux, où
plusieurs MH ont récemment été «découverts» par l’ISPAN (voir Le Bulletin de l’ISPAN
No 4). Des panneaux de signalisation ont en
effet été posés sur les voies d’accès et aux
abords du Fort Drouet et des habitations caféières coloniales Lamothe et Dion. À partir
de la Nationale 001, sur la route Cabaret - La
-Chapelle, le visiteur peut désormais obtenir
des informations d’orientation et, aux abords
des MH, des tables de lecture, en français et
créole, fournissent des précisions sur leur nature et leur histoire.
Ces panneaux de signalisation ont été
réalisés avec la collaboration de la firme de
promotion HaïtiBiz et la mise en place assurée
grâce au Centre National d’Equipements qui
cette fois encore n’a pas ménagé son support.
• Couverture du livre “La Citadelle Henry”
La BRH au Fort Jacques
À l’occasion de la tenue en Haïti de la
33ème rencontre biannuelle des gouverneurs
de banques centrales des pays de la CARICOM, la Banque de la République d’Haïti
(BRH) a organisé à l’intention de ses invités
une visite du Parc National Historique des
Forts Jacques et Alexandre à Fermathe , le samedi 31 octobre 2009. Sous une tente dressée
pour la circonstance la direction générale de
l’ISPAN a d’abord présenté à ce public très curieux d’histoire d’Haïti une conférence illustrée
sur le système de défense imaginé par les généraux haïtien au lendemain de l’indépendance et particulièrement sur les forts Jacques et
Alexandre, qui a été suivie d’une visite guidée
du Fort Jacques.
Cette activité a permis de faire ressortir,
une fois de plus, le potentiel touristique de ces
MH et du parc national historique qui les entoure.
Grâce à un financement de la BRH, l’ISPAN a pu réalisé, dans les semaines précédant
l’événement, des travaux de nettoyage et des
aménagements du site pour en améliorer l’attrait et les capacités d’accueil. La BRH a démontré à cette occasion un intérêt à participer à la préservation et à la mise en valeur du
PNH et de ses monuments.
Photo : Daniel Elie / ISPAN 2009
Mécènes pour le BULLETIN
Afin de garantir la pérennité de cette revue, l’ISPAN est actuellement à la recherche
de mécènes. Le BULLETIN est jusqu’à présent publié sans aucune aide extérieure et ne
peut compter que sur les maigres ressources
de l’institution. En dépit de ces contraintes,
pour ce septième numéro, nous disposons
déjà d’une liste de deux mille cinq cent quatre-vingt douze abonnés réguliers à laquelle il
faut ajouter tous ceux qui reçoivent la revue à
travers les redistributions des parents et amis.
Il faut aussi noter que Pikliz.com nous a offert d’aménager sur son site un lien qui donne
accès au Bulletin. Ce qui augmente considérablement la distribution du BULLETIN, vu la
popularité de ce site Internet dans la diaspora
haïtiene aux E.U.A.
Les commentaires et suggestions que
nous recevons régulièrement témoignent de
la haute appréciation de lecteurs du BULLETIN. Cette publication répond à un besoin.
Pour s’assurer de pouvoir continuer à le publier
régulièrement, l’ISPAN entreprend une campagne auprès d’institutions culturelles, financières
et commerciales nationales et internationales
pour obtenir des dons et subventions qui permettront de couvrir de manière plus sûre et
plus constante les frais de production (recherches, rédaction, prise de vues et mise en page)
de distribution et de suivi.
Dans les prochains numéros un espace
sera désormais réservé pour signaler à nos lecteurs les institutions et entreprises participant
à la publication du BULLETIN DE L’ISPAN.
Un beau livre
Un an après la publication de Monuments à la Liberté consacré au Palais de SansSouci, à la Citadelle Henry et au site fortifié
de Ramiers, l’ISPAN publiera en collaboration
avec LOGO+, cette fin d’année, un beau livre
sur la Citadelle Henry. Outre l’histoire de ce
monument historique le plus emblématique
d’Haïti, cette luxueuse publication présente
l’extraordinaire collection des bouches à feu
(canons, obusiers, mortiers, etc.) répartie entre la Citadelle Henry et Ramiers. Un chapitre
entier abonnement illustré d’images d’archives
traitera également du formidable chantier de
restauration réalisé de 1980 à 1990 sous la direction de l’architecte Albert Mangones à qui
l’ouvrage est dédié. Ce livre de belle facture
se présente en format carré de 11 pouces 1⁄4
et comporte 248 pages de textes (en français,
anglais et espagnol) et de superbes photos en
couleurs. Il sera disponible en librairie à partir
• Table de lecture au fort Drouet
BULLETIN DE L’ISPAN • No 7 • 1er décembre 2009 • 6