(2009-11) IGF, résumé de mission (novembre 2009) : Demande d’indemnisation produite par l’entreprise GDGBETON suite à l’accident d’une grue lors des opé
Resume — Le résumé publié par l'Inspection Générale des Finances de sa mission portant sur demande d’indemnisation produite par l’entreprise GDGBETON suite à l’accident d’une grue lors des opé. Les résumés de l'IGF donnent l'objet de la mission, les constats et les recommandations, le rapport complet n'étant pas publié. Le document ne porte pas de date de publication en tête. Novembre 2009 est le seul mois-année du texte qui ne soit pas antérieur à tout ce que le document cite : un rapport ne peut précéder les faits et les textes auxquels il renvoie. La date est donc déduite, non lue sur une couverture.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Inspection Générale des
Finances
IGF
AVIS MOTIVÉ
Demande d’indemnisation produite par l’entreprise GDGBETON suite à l’accident d’une grue lors des opérations
de déblaiement consécutives à l’effondrement de l’école
«LA PROMESSE EVANGELIQUE » à Nerette, P.V
AVIS MOTIVE
DEMANDE D’INDEMNISATION PRODUITE PAR L’ENTREPRISE GDG-BETON
SUITE A L’ACCIDENT D’UNE GRUE LORS DES OPERATIONS DE DEBLAIEMENT
CONSECUTIVES A L’EFFONDREMENT DE L’ECOLE «LA PROMESSE
EVANGELIQUE » A NERETTE, P.V
1.- CONTEXTE
Suite à une demande d’indemnisation produite par la Compagnie GDG-DETON
relative à certaines dépenses effectuées lors des opérations de Secours consécutives à
l’effondrement de l’Ecole « La Promesse Evangélique » à Nerette, Pétion-Ville le 7 novembre
2009, le Ministère de l’Economie et des Finances, par l’intermédiaire du Comptable Public
affecté au Bureau du Premier Ministre a été sollicité en vue d’autoriser le décaissement d’un
montant de Quatre Millions Cinq Cent Quatre Vingt Deux Mille Neuf Cent Six et 11/100
Gourdes (4,582,906.11 Gdes) devant servir à indemniser la Compagnie suscitée au titre de
services rendus à la Nation.
Sur requête du Ministre de l’Economie et des Finances, l’Inspection Générale des
Finances (IGF) a été sollicitée pour analyser le dossier tant du point de vue comptable que
juridique en vue de fournir des éclaircissements quant aux points d’ombre et donner un avis
motivé qui contribuerait à sa prise de décision.
2.- METHODOLOGIE
L’approche méthodologique adoptée en vue de cerner le dossier et d’aboutir à des
conclusions rapides et documentées est explicitée en trois (3) phases :
2.1.- Phase de prise de connaissance du dossier
Cette phase consiste à prendre en compte tous les éléments qui composent le dossier
notamment :
Le contexte entourant l’effondrement de l’Ecole « La Promesse Evangélique »
et l’implication de l’entreprise GDG Béton
Les éléments constituant le cadre des objections émises par le Comptable Public
Les demandes de réclamation des victimes tant physiques que matérielles
Certains documents justifiant les indemnités consentis par la Compagnie en
faveur des victimes. (notes d’hôpital, reçus émis par les victimes…)
La demande émise par l’Entreprise en vue d’obtenir remboursement des frais
consentis suite à l’accident provoqué par la grue servant à déblayer le site de
l’effondrement
La transmission du dossier des dépenses consenties par GDG Béton par le
Secrétariat Privé du Premier Ministre au Ministère de l’Economie et des Finances
Le dossier transmettant le chèque émis à l’ordre du Bureau du Premier Ministre
par le Ministère de l’Economie et des Finances au montant de Quatre Millions Cinq
Cent Quatre Vingt Deux Mille Neuf Cent Six et 11/100 Gourdes (4, 582,906.11 Gdes)
Le chèque émis par le Bureau du Premier Ministre à l’ordre de GDG Béton au
montant suscité et signé par son Directeur Administratif
2.2.- Phase d’analyse des documents
Cette phase consiste à prendre en compte les différents niveaux de dépenses consentis
par l’Entreprise et relatés dans le dossier transmis au Bureau du Premier Ministre. Ces
documents ont été ensuite analysés par catégorie tant du point de vue comptable que
procédural. Ainsi, pour jeter un éclairage cohérent, rationnel et méthodique sur la réalité des
réclamations et le processus qui en découle, l’analyse pour les niveaux de dépenses suivants
s’est révélée indispensable :
Véhicules endommagés
Frais hospitaliers des personnes victimes
Autres dépenses (frais d’avocats, réparation de la grue endommagée, dépenses
anticipées)
2.3.- Phase de rédaction de l’avis motivé
3.- ANALYSE DES DOCUMENTS
L’analyse des documents a pris en compte tous les éléments objectifs et il en est ressorti les
remarques suivantes :
3.1.- Véhicules endommagés
Il n’y a pas de document relatant un procès-verbal de l’accident rédigé par
l’Office d’Assurance-Véhicule Contre Tiers (OAVCT)
Il n’existe aucune trace d’un document indiquant le cout d’acquisition des
véhicules endommagés (cette remarque est valable surtout pour les véhicules
endommagés et déclarés Perte Totale)
Aucune expertise des véhicules endommagés dont le remplacement a été
réclamé n’a été produite dans le dossier. Cette expertise tiendrait compte du principe
de dépréciation. (sauf pour la Toyota land Cruiser, IT-00674 que la Compagnie
HINOTO a estimé à 25,850.00$US avant l’accident)
Les documents faisant office de preuves justificatives pour les réparations de
certains véhicules ne sont que des devis estimatifs
3.2.- Frais hospitaliers des personnes victimes
Les documents fournis pour ces dépenses sont recevables, car, consistant en
bordereaux d’hôpitaux et documents émis par les victimes ayant reçu des chèques
de remboursements pour les frais consentis.
Toutefois, le dossier aurait été complet si les copies des chèques remis aux personnes
victimes pour couvrir les frais hospitaliers avaient été annexées au dit dossier.
3.3.- Autres Dépenses
3.3.1.- Frais d’avocat
Les frais d’avocat que l’entreprise GDG Béton déclare avoir déboursés et qui
s’élèveraient à Trois cent Mille Gourdes (300,000.00 Gdes) n’ont été justifiés que
pour le tiers (soit 100.00.00 Gdes) par une facture émise par le Cabinet Charles et
Associés.
3.3.2.- Réparation de la Grue accidentée
Aucune cotation ou facture de réparation de la grue accidentée n’a été fournie
dans le dossier. Le cout de cette réparation s’élèverait à 120.000.00 Gdes.
De plus, selon un document transmis par Hazel et Associés, Cabinet d’Experts
Comptables, la grue serait assurée à la NASSA Assurances. Pourquoi inclure cette dépense
dans la liste des documents si une compagnie d’assurance serait en mesure de prendre en charge
le cout des réparations de cet équipement ?
4.- AVIS DE L’INSPECTION GENERALE DES FINANCES
Le drame survenu le 7 novembre 2008, consistant en l’effondrement de l’Ecole la
Promesse Evangélique et qui a causé des dizaines de morts et de blessés, a été une catastrophe
nationale et a remis le pays entier face à ses responsabilités et ses limites dans la gestion de
catastrophes qui endeuillent des dizaines de familles.
Toutes les personnes de bonne volonté ont eu un élan citoyen pour venir en aide à leurs
concitoyens victimes. C’est dans ce cadre que GDG Béton, entreprise de construction, a
répondu aux appels venant de toutes parts en vue de prêter main forte aux activités de
recherches et de déblaiement du site de l’accident. La grue qu’utilisait cette Compagnie a eu à
son tour un accident et causé des dommages importants à des personnes physiques et à des
biens privés.
Toute démarche entreprise doit prendre en compte le fait que l’Etat Haïtien n’a
eu aucune responsabilité civile ou pénale dans cet accident, car n’ayant pas été donneur
d’ordre, n’ayant pas effectué de réquisition expresse, ni signé de contrat à priori ou à
posteriori avec l’entreprise GDG Béton.
Toutefois, il serait complètement inélégant, moralement inacceptable et
constituerait un acte de découragement à la conscience et l’élan citoyens si l’Etat ne
consentait pas à venir en aide à une personne morale ou physique ayant fait preuve de
civisme dans le cadre d’une catastrophe de grande ampleur et qui a subi des contrecoups
financiers.
5.- RECOMMANDATIONS GENERALES
Tenant compte de tout ce qui précède, l’Inspection Générale des Finances (IGF)
recommande au Ministre de l’Economie et des Finances d’autoriser le décaissement du
montant de Quatre Millions Cinq Cent Quatre Vingt Deux Mille Neuf Cent Six et 11/100
Gourdes (4, 582,906.11 Gdes), moyennant la soumission des pièces suivantes :
1. Les copies ou les souches des chèques remis aux personnes comme remboursement
des frais hospitaliers qu’ils ont consentis
2. Le cout d’acquisition des véhicules pour lesquels une réclamation de remplacement
a été produite. A défaut, une estimation d’experts relatant, en tenant compte de la
dépréciation, la valeur réelle du véhicule avant l’accident.
3. La soumission de pièces justifiant le paiement de Deux Cent Mille Gourdes
(200.0000.00 Gdes) à un Cabinet d’Avocat évoqués dans le dossier comme « dépenses
anticipées »
4. La production de pièces justificatives pour la réparation de la grue endommagée
ainsi qu’une attestation signifiant que le cout de cette réparation n’a pas été
supporté par une Compagnie d’Assurance.
L’Inspection Générale des Finances suggèrerait aussi au Ministre de l’Economie et des
Finances de réclamer l’émission d’un document qui avaliserait le processus de
décaissement des fonds suscités. Ce document ferait état d’une aide que l’Etat
consentirait à accorder à l’Entreprise GDG Béton en vue de la supporter suite aux
contrecoups financiers subis dans le cadre de son volontariat pour les opérations de
déblaiement du site de l’accident survenu le 7 novembre 2008 à Nerette, Pétion-Ville.
6.- TRAITEMENT SEGMENTE
Ainsi, en vue d’un traitement efficace, le dossier a été disséqué et analysé sous une
forme qui offre des pistes de solutions nouvelles. Le tableau en annexe constitue une
synthèse des éléments du dossier analysé et apporte un nouvel éclairage par rapport aux
décisions qui peuvent être prises.
6.1.- TRAITEMENT ADMINISTRATIF PAR LE COMPTABLE PUBLIC
Après analyse, il apparaît que les réclamations qui sont accompagnées de pièces
justificatives, tel qu’explicité dans le tableau (colonne 2) au montant de Un Million Quatre
Cent Douze Mille Trois cent Six et 11 % Gourdes (1, 412,306.11 Gdes) représentant
30.82% du total, peuvent être présentées au Comptable Public comme faisant partie des
décaissements à effectuer immédiatement.
6.2.- TRAITEMENT AUTRE QU’ADMINISTRATIF
En revanche, les réclamations contenant des supports incomplets ou qui ne sont
munies d’aucune pièce justificative, au montant de Trois Millions Cent Soixante Dix Mille
Six Cents Gourdes (3, 170,600.00 Gdes), représentant 69.18% du total (colonnes 3 & 4),
ne peuvent administrativement être prises en compte par le comptable Public. Toutefois,
compte tenu du caractère particulier du dossier, ces réclamations qui ne répondent pas
aux critères légaux et administratifs peuvent faire l’objet d’une décision extraadministrative qui porterait le Ministre de l’Economie et des Finances à émettre un «
passer outre » qui libérerait le comptable public de toute responsabilité et l’obligerait à
autoriser le décaissement des fonds. Ladite décision pourrait notamment émaner d’une
résolution prise en Conseil de Gouvernement qui, solidairement, adouberait le Ministre de
l’Economie et des Finances dans sa prise de position.