(2021-2026) Plan communal de developpement d'Anse-a-Pitre
Resume — Ce plan communal de developpement diagnostique le territoire, les institutions, les services, les moyens d'existence et les vulnerabilites d'Anse-a-Pitre. Il relie la planification locale a la decentralisation, a l'Agenda 21, aux outils sensibles au genre, a l'adaptation climatique, aux infrastructures de services publics et aux indicateurs de developpement durable.
Constats Cles
- Presente Anse-a-Pitre comme une commune frontaliere ou le developpement local depend des dynamiques transfrontalieres, des services publics, des moyens d'existence et de la gestion territoriale.
- Utilise l'approche referentielle du MPCE pour les plans communaux de developpement et les concepts de l'Agenda 21 Local.
- Integre les outils de planification sensibles au genre, l'adaptation climatique et les indicateurs de developpement durable.
- Cartographie les acteurs locaux, les infrastructures de services publics, les chaines de valeur productives et les vulnerabilites communautaires.
Description Complete
Le plan presente un diagnostic territorial et un cadre d'investissement pour Anse-a-Pitre, dans le departement du Sud-Est, commune frontaliere avec la Republique dominicaine. Il traite de la geographie physique, de l'occupation du sol, de la gouvernance, des mecanismes de concertation locale, des services publics, de l'assainissement, des chaines de valeur productives, des risques de catastrophe, de l'adaptation climatique, de la planification sensible au genre et du role des acteurs locaux et deconcentres dans la mise en oeuvre des priorites communales.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
MAIRIE ANSEA-PITRE,
OUEST
PLAN COMMUNAL DE DÉVELOPPEMENT DE
ANSE-A-PITRE, SUD-EST – HAITI W.I.
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Descripteurs :
Commune Anse-à-Pitre, Sud-est - HAITI
Commune frontalière d’Haïti avec la République Dominicaine (Pedernales)
Projet AGLDT / PNUD/Haïti – MPCE
Diagnostic territorial / Nexus Planification Communal de Développement (PCD)
Guide référentiel du MPCE en matière de PCD
Mécanisme de concertation locale
Agenda 21 Local
Cartographie des acteurs et des actions (Mésosystème productif)
Opérateurs de développement, de l’humanitaire et de la culture
Décentralisation des collectivités territoriales / Nexus Déconcentration des services publics
Chaînes de valeur stratégiques et filières économiques porteuses
Instruments/Outils de planification selon le genre
Adaptation aux Impacts des Changements climatiques
Infrastructures de services publics
Cadre de vie & Assainissement (Santé environnementale)
Analyse des capacités & des capabilités
Analyse de la vulnérabilité multidimensionnelle
Indicateurs de Développement Durable (17 ODD)
(Novembre 2021)
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Notice importante !
La Société CATEDEL tient à remercier particulièrement :
Les Agents Exécutifs Intérimaires (cf. M. Michelet LOUIS, Agent Principal), les
autorités locales déconcentrées, les leaders religieux, les représentants -es des secteurs
vitaux, incluant les organisations de base les plus représentatives de la commune de
Anse-à-Pitre,
Les cadres de la Société CATEDEL (Ginel Junior SYLVÉRIN (https://www.catedel-
services.org/junior-ginel-sylverin ), l’expert Anthropo-sociologue ; Dr. Fanfan
GUERRIER, Spécialiste en santé publique (https://www.catedel-services.org/fanfanguerrier ) ; David LINDOR, Dr. Expert Anthropo-sociologue (https://www.catedelservices.org/david-lindor ), Développement Participatif, Analyse institutionnelle/
Organisationnelle ; Jacky PAUL (https://www.catedel-services.org/jacky-paul ), Docteur
en Economie de gestion / MS en Éducation, Développement Communautaire et Gestion
des microentreprises/ Économie et Génie Agronomie ; J. I. BASTIEN, Ingénieure en
Infrastructures/WASH ; Jean Woody AMAZAN, MS en Sciences de la pêche – Gestion
des Ressources halieutiques/ Ing. -Agr. (https://www.catedel-services.org/jean-woodyamazan); Dr. Fanfan GUERRIER, Spécialiste en Médecine Communautaire ; Gelin
DOREUS, phytotechnicien MSc. (https://www.catedel-services.org/gelin ); Guesly
ELIE, Agro-Ressources Naturelles et Environnement / MSc. Populations, Sociétés et
Planification Stratégique (https://www.catedel-services.org/elie-guesly ); etc.) ;
Les facilitateurs -trices locaux -les engagés –es (près d’une quarantaine) par la Société
CATEDEL en accompagnement de l’équipe d’expert chargé de l’élaboration du PCD ;
Les derniers CASEC, encore actifs, à travers des différentes sections communales ;
Le représentant du comité de gestion des Organisations Communautaires de Base
(incluant celles des jeunes et de femmes) les plus représentatives ;
Les acteurs de la société civile, les notables, les leaders communaux et les
socioprofessionnels de la commune ;
Les trois stagiaires : Georges CATOLIN (Agroéconomiste) et Christelle FREDERIQUE
(Agro-pastoraliste et Agro-Ressources) pour leurs efforts de collaborations ;
Notre chauffeur-mécanicien et facilitateur, M. Annias MARION ;
L’expert en SIG, cartographie multirisques et multi crises, Agroécologie et management
responsable, Dr. Constantin JOSEPH, Coordonnateur
(https://www.catedel-services.org/constantin-joseph )...
technique
de
terrain
Cette version est le fruit d’une dynamique collective, d’un énorme effort de coconstruction ;
conduite sous le leadership de Yvon GUERRIER, Responsable d’assurance-qualité et, Chef de
mission nationale à la CATEDEEL (https://www.catedel-services.org/yvon-g).
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RESUME DU PCD
Le Conseil Communal de Anse-à-Pitres s’est engagé dans l’élaboration du plan de
développement communal avec les appuis technique et financier de l’AGLDT. Après plusieurs
mois de préparation, la phase consacrée au diagnostic a démarré en décembre 2020 avec les
ateliers au niveau des entités géographiques de la commune (centre-ville et sections
communales). Les actions sont conduites par l’équipe de la CATEDEL avec l’appui des
membres du comité de pilotage et de la mairie de Anse-à-Pitres. Pendant deux mois, des
recherches de terrain, des ateliers, mini ateliers et des analyses approfondies au bureau ont mis
au travail des hommes et des femmes issus des forces productives de la commune. Le présent
document est donc le résultat de la mise en commun des efforts de tous. L’objectif poursuivi à
travers l’élaboration du PCD est d’une part, de répondre à l’exigence de la loi qui fait obligation
à chaque commune de se doter de son propre plan de développement (PCD) et d’autre part, de
permettre à la population de s’impliquer activement de manière inclusive et participation dans la
conception de leur destin en termes de développement dans une vision commune. En termes de
finalité, ce PCD vise spécifique à :
Responsabiliser les élus locaux, les autorités et la population locales dans la planification et la
mise œuvre de leur propre développement ;
Élaborer un plan d’investissement quinquennal pour la commune en tenant compte des besoins
des différentes couches socioprofessionnelles ;
Renforcer les capacités de planification de la municipalité et doter la commune d’un outil de
cadrage de l’ensemble des actions de développement ;
Servir d’outil de négociation avec les partenaires au développement.
Le présent PCD est le cadre qui définit les mécanismes de promotion et les modalités de gestion
du projet de société de la Commune de Anse-à-Pitres pour les cinq prochaines années (2021 à
2016). En fin de compte, ce document constitue un catalogue bien échelonné de programmes et
de projets relatifs au développement de la commune de Anse-à-Pitres. Il est composé de
plusieurs parties principales, à savoir le bilan diagnostic, la vision et les objectifs, le cadre
logique, le plan d’investissement quinquennal, les mécanismes de mise en œuvre, de suiviévaluation et de financement. En fin de compte, suite à la programmation envisagée par la
communauté, les besoin de financement de ce PCD sont estimé à montant total de trois milliards
cent quatorze millions neuf cent mille et 00/100 (3 114 900 000,00) gourdes reparti sur cinq
années consécutives.
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Table des matières
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES ....................................................................................................... XII
INTRODUCTION ................................................................................................................................ 1
MISE EN CONTEXTE ...................................................................................................................................... 2
JUSTIFICATION DE LA DEMARCHE..................................................................................................................... 3
LES OBJECTIFS DE L’INITIATIVE ........................................................................................................................ 4
SECTION I : DIMENSIONS METHODOLOGIQUES ............................................................................. 5
CHAPITRE 1 | METHODOLOGIE ............................................................................................................ 5
1.1.- PHASE PREPARATOIRE ........................................................................................................................... 5
1.1.1.- Préalable à la mission ................................................................................................................... 5
1.1.2.- Mission préparatoire .................................................................................................................... 6
1.1.3.- Formation du Comité de Pilotage (CP) ......................................................................................... 6
Constitution et présentation du Comité Pilotage ................................................................................... 6
1.1.4.- Mobilisation, recrutement, implication des acteurs .................................................................... 7
1.2.- PHASE DU DIAGNOSTIC COMMUNAL ........................................................................................................ 8
1.2.1.- Le diagnostic technique ............................................................................................................... 9
Consultation documentaire..................................................................................................................... 9
1.2.2.- Le diagnostic participatif .............................................................................................................. 9
Entretiens semi structurés et observations ............................................................................................ 9
1.3.- PHASE DE PLANIFICATION COMMUNALE ................................................................................................. 10
1.3.1.- Atelier de définition des objectifs de Développement .............................................................. 10
1.3.2.- Atelier identification et d’analyse des problèmes ..................................................................... 10
1.3.3.- Ateliers de programmation des actions de développement ..................................................... 10
1.3.4.- Ateliers de réflexions sur les moyens et piste de financement ................................................. 11
1.4.- PHASE DE VALIDATION DU PROCESSUS DE PLANIFICATION.......................................................................... 11
1.5.- PHASE DE FINALISATION ET DE PRESENTATION DU DOCUMENT ................................................................... 11
SECTION II : PRESENTATION DU DIAGNOSTIC COMMUNAL .......................................................... 12
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CHAPITRE 2 | ANALYSE DES CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DU MILIEU D’ETUDE ............................................ 12
2.1.- LOCALISATION ET LIMITE ADMINISTRATIVE .............................................................................................. 12
2.2.- PROFIL HISTORIQUE DE LA COMMUNE.................................................................................................... 13
2.3.- PROFIL DEMOGRAPHIQUE ET REPARTITION DE LA POPULATION ................................................................... 14
2.4.- HABITATS ET CADRE DE VIE .................................................................................................................. 17
2.5.- PLUVIOMETRIE ET TEMPERATURE .......................................................................................................... 17
2.6.- DESCRIPTION DES TRANSECTS ET CARACTERISTIQUES DU PAYSAGE .............................................................. 18
2.7.- CARACTERISTIQUES FLORISTIQUES DE LA COMMUNE ................................................................................ 19
2.8.- CARACTERISTIQUES FAUNIQUES DE LA COMMUNE.................................................................................... 21
2.9.- CARACTERISTIQUES GEOLOGIQUES ET EDAPHIQUES DE LA COMMUNE .......................................................... 21
2.10.- CARACTERISTIQUES TOPOGRAPHIQUES DE LA COMMUNE ........................................................................ 22
2.11.- CARACTERISTIQUES HYDROGEOLOGIQUES DE LA COMMUNE .................................................................... 23
2.12.- CARACTERISTIQUES HYDROGRAPHIQUES DE LA COMMUNE ...................................................................... 24
2.13.- OCCUPATIONS DES SOLS .................................................................................................................... 25
2.14.- CARACTERISTIQUES ET POTENTIALITES DU SECTEUR AGRICOLE DE LA COMMUNE.......................................... 27
CHAPITRE 3 | ETAT DES LIEUX DES SECTEURS SOCIAUX DE BASE .................................................................. 29
3.1.- L’ASPECT GENRE ET LE ROLE DES FEMMES ............................................................................................... 29
3.2.- LE SECTEUR DE L’EDUCATION................................................................................................................ 30
3.2.1.- Qualité de l’offre éducatif .......................................................................................................... 31
3.2.2.- Enseignement supérieur ............................................................................................................ 31
3.3.- LE SECTEUR DE LA SANTE PUBLIQUE ....................................................................................................... 32
3.3.1.- Centre hospitalier du centre-Ville .............................................................................................. 33
3.3.1.1.- Personnel médical ................................................................................................................... 34
3.3.1.2.- Clinique mobile ....................................................................................................................... 34
3.3.1.3.- Traitement des cas graves....................................................................................................... 34
3.3.1.4.- Blocs sanitaires et équipements ............................................................................................. 34
3.3.1.5.- Pathologies les plus courantes ................................................................................................ 35
3.3.2.- Situation des autres centres de santé identifiés ........................................................................ 35
3.4.- EAU POTABLE .................................................................................................................................... 36
3.5.- EAUX SOUTERRAINES .......................................................................................................................... 37
3.6.- ASSAINISSEMENT ............................................................................................................................... 39
3.7.- ÉLECTRICITE ...................................................................................................................................... 39
3.8.- LE SECTEUR TRANSPORT ET TELECOMMUNICATION................................................................................... 40
3.8.1.- Télécommunication.................................................................................................................... 40
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3.8.2.- Situation du transport ................................................................................................................ 41
3.9.- LOISIRS, SPORT ET CULTURE ................................................................................................................. 42
3.10.- SOCIETE CIVILE................................................................................................................................. 44
CHAPITRE 4 | ÉTAT DES LIEUX DES SECTEURS ECONOMIQUES ..................................................................... 45
4.1.- LES SECTEURS AGRICOLES .................................................................................................................... 45
4.1.1.- Le secteur de l’agriculture .......................................................................................................... 45
4.1.1.1.- Tenure foncière ....................................................................................................................... 45
4.1.1.2.- Irrigation .................................................................................................................................. 46
4.1.1.3.- Type de culture ....................................................................................................................... 46
4.1.1.4.- Main d’œuvre, outillage et calendrier cultural ....................................................................... 47
4.1.1.5.- Circuit de commercialisation des produits agricoles .............................................................. 48
4.1.1.6.- Organisations et structures d’appui au secteur de l’agriculture ............................................ 48
4.1.2.- Le secteur de l’élevage ............................................................................................................... 49
4.1.2.1.- Caractéristiques de l’élevage dans la zone ............................................................................. 49
4.1.2.2.- Mode de conduite ................................................................................................................... 50
4.1.2.3.- Principales zones de concentration ........................................................................................ 50
4.1.2.4.- Circuits de commercialisation des animaux ............................................................................ 50
4.1.2.5.- Principales maladies rencontrées ........................................................................................... 50
4.1.2.- Le secteur de la pêche................................................................................................................ 52
4.1.2.1.- Caractéristiques de la pêche ................................................................................................... 52
4.1.2.2.- Espèces capturées ................................................................................................................... 52
4.1.2.3.- Circuit de commercialisation des produits de pêche .............................................................. 52
4.2.- LE SECTEUR DE L’INDUSTRIE ................................................................................................................. 53
4.3.- L’EXPLOITATION DES MINES ET CARRIERES .............................................................................................. 55
4.4.- LE SECTEUR DU TOURISME, HOTELLERIE ET DE L’ARTISANAT ....................................................................... 56
4.5.- LE SECTEUR DE LA FORESTERIE .............................................................................................................. 57
4.6.- L'ENVIRONNEMENT (LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES) ................................................................ 59
4.7.- SITUATION DU SERVICE FINANCIER (BANQUES, CAISSES POPULAIRES, COOPERATIVE ET MICRO FINANCE)............ 60
4.8.- LE SECTEUR DU COMMERCE ................................................................................................................. 61
CHAPITRE 5 | VOLET ADMINISTRATIF................................................................................................... 63
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5.1.- GOUVERNANCE LOCALE....................................................................................................................... 63
5.1.1.- Organisation de la commune ..................................................................................................... 63
5.1.2.- Organisation des administrative des Sections communales...................................................... 64
5.1.3.- Les Services déconcentrés existants et relations avec la municipalité et les CASECS ............... 64
5.2.- SITUATION DU SECTEUR JUDICIAIRE ....................................................................................................... 65
5.2.1.- Police administrative .................................................................................................................. 67
5.2.2.- Police frontalière ........................................................................................................................ 67
5.3.- FISCALITE .......................................................................................................................................... 68
5.4.- LES ORGANISATIONS PARTENAIRES EXTERNES (LES PROJETS ET ONG, AUTRES INSTITUTIONS…) ....................... 69
5.5.- GESTION DES RISQUES ET DESASTRES (PLAN DE CONTINGENCE, COMITES COMMUNAUX ET LEUR FONCTIONNALITE)
............................................................................................................................................................... 70
5.5.1.- Exposition et vulnérabilité de Anse-à-Pitre aux aléas naturels.................................................. 70
5.5.2.- Gouvernance des risques et des désastres ................................................................................ 72
5.6.- ARTICULATION TERRITORIALE : RELATION ENTRE ANSE-A-PITRE ET LES COMMUNES ADJACENTES ..................... 73
5.7.- DYNAMIQUES TRANSFRONTALIERES A ANSE-A-PITRE/PEDERNALES............................................................. 74
5.7.1.- L’aspect économique de l’espace transfrontalier ...................................................................... 75
5.7.2.- Les enjeux liés à l’exploitation des ressources halieutiques ...................................................... 76
5.7.3.- Les dynamiques migratoires de la région frontalière ................................................................ 77
5.7.4.- Les mélanges culturels au niveau de la zone frontalière ........................................................... 78
CHAPITRE 6 | MOYENS DE SUBSISTANCE, STRATEGIES D’ADAPTATION ET RESILIENCE DES MENAGES DE ANSE-A-PITRE
.................................................................................................................................................. 79
6.1.- PERCEPTION LOCALE DES NOTIONS DE ‘‘BIEN-ETRE, ‘‘VULNERABILITE’’ ET ‘‘PAUVRETE’’ .................................. 79
6.2.- SYSTEME ALIMENTAIRE & VULNERABILITE ALIMENTAIRE ET NUTRITIONNEL DES AGRO-MENAGES DE ANSE-A-PITRE
............................................................................................................................................................... 83
6.3.- LOGEMENTS ET VULNERABILITE SOCIO-ECONOMIQUE DES MENAGES .......................................................... 90
CHAPITRE 7 | HIERARCHISATION DES PROBLEMES ET PISTE DE SOLUTIONS..................................................... 92
SECTION III : PHASE DE L’ELABORATION DU PLAN COMMUNAL DE DEVELOPPEMENT ................104
CHAPITRE 8 | VISION, ORIENTATION ET OBJECTIFS DU DEVELOPPEMENT A ANSE A PITRES................................104
8.1.- VISION DU PLAN COMMUNAL DE DEVELOPPEMENT (PCD) ..................................................................... 104
8.2.- ORIENTATIONS ET OBJECTIFS DU PLAN COMMUNAL DE DEVELOPPEMENT (PCD) ........................................ 104
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8.3.- RESUME DU PLAN STRATEGIQUE DE DEVELOPPEMENT D’HAÏTI (PSDH) ..................................................... 109
8.4.- RAPPEL DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE (ODD) ................................................................ 111
8.5.- COHERENCE ENTRE LES OBJECTIFS DU PCD, AXES STRATEGIQUES DU PSDH ET ODD................................... 112
9.- SITUATION GENERALE ACTUELLE DE LA COMMUNE ANSE A PITRE ..........................................................116
SECTION IV | PHASE DE MISE EN ŒUVRE ...................................................................................155
10.- STRATEGIE DE MISE EN ŒUVRE DU PCD ........................................................................................155
10.1.- ROLES ET ATTRIBUTION DES ACTEURS DE DEVELOPPEMENT .................................................................... 155
10.2.- PLAN DE COMMUNICATION ............................................................................................................ 157
10.2.1.-Analyse du contexte de la communication ............................................................................. 157
10.2.2.-Identification des groupes cibles ............................................................................................ 157
10.2.3.-Définition du but et des objectifs de la communication......................................................... 157
10.2.4.-Détermination des approches de communication les plus appropriées ................................ 157
10.2.5.-Elaboration des outils, messages clés et supports appropriés ............................................... 157
10.2.6.-Planification de la mise en œuvre du plan de communication............................................... 157
10.3.- MECANISME DE SUIVI EVALUATION DU PCD....................................................................................... 158
10.3.1.- Mécanisme de suivi du PCD ................................................................................................... 158
10.3.2.- Mécanisme d’évaluation du PCD ........................................................................................... 158
10.3.3.- Implication des acteurs locaux dans le mécanisme de Suivi -évaluation .............................. 158
10.4.- MECANISME DE FINANCEMENT DU PCD ............................................................................................ 159
10.4.1.- Exploitation des ressources publiques (budget national) ...................................................... 159
10.4.2.- Utilisation des ressources fiscales de la commune ................................................................ 159
10.4.3.- Mise en place des partenariats de financement .................................................................... 159
10.4.4.- Les opérations de prêts .......................................................................................................... 160
CONCLUSION ................................................................................................................................167
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LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
ABE
Adaptation Basée sur les Ecosystèmes
ABCAB
Association des Banques Communautaires de l'Arrondissement de Belle-Anse
CDIVOCA
Agricultural Cooperative Development International/ Volunteers in Overseas Cooperative
Assistance
ACF
Action Contre la Faim
ACTED
Agence d'Aide à la Coopération Technique et au Développement
ADRA
Adventist Development and Relief Agency
AFDA
Asosyasyon Fanm pou Devlopman Ansapit
AFVA
Asosyasyon Fanm Vanyan Ansapit
AMA
Association des Marchandes d’Anse-à-Pitre
ARV
Antirétroviral
ASEC
Assemblée des Sections Communales
AVSF
Agronomes et Vétérinaire Sans Frontières
BAC
Bureau Agricole Communal
BPM
Brigade de Protection des Mineurs
CAEPA
Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et en Assainissement
CASEC
Conseil d'Administration de la Section Communale
CDV
Centre de Dépistage Volontaire
CFPB
Contribution Foncière et des Propriétés Bâties
CNIGS
Centre National de l'Information Géo-Spatiale
COCA
Coordination des Organisations Communales d’Anse-à-Pitre
CODAB
Coordination des Organisations pour le Développement de l'Arrondissement de Belle-Anse
COOPCAB
Coopérative des Planteurs de Café de l'Arrondissement de Belle-Anse
CPE
Caisse Populaire Espoir
CROSE
Coordination Régionale des Organisations du Sud' Est
DCP
Dispositif de Concentration de Poissons
DGI
Direction Générale des Impôts
DINEPA
Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement
ENI
Ecole Nationale d’Instituteur
ENIA
Ecole Normale d’Instituteur d’Anse-à-Pitre
EPGC
Ecole Publique à Gestion Communautaire
FAO
Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture
FEDESEKOB
Federasyon Seksyon Kominal Boukangiyóm
FESEKOB
Federasyon Seksyon Kominal Bwadóm
GIZ
Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
GPR
Groupe Pechè Resif
GPS
Global Positioning System
IHSI
Institut haïtien de statistique et d'informatique
IST
Infections Sexuellement Transmissibles
IVAA
Infection Visuelle Acide Acétique
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MARNDR
Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MENFP
Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
MSPP
Ministère de la Santé Publique et de la Population
MST
Maladies Sexuellement Transmissibles
MTPTC
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications
OCB
Organisations Communautaires de Base
ODD
Organisme de Développement
OFADA
Òganizasyon fanm Devwe Ansapit
OIM
Organisation Internationale pour les Migrations
OMS
Organisation Mondiale de la Santé
ONG
Organisation Non Gouvernementale
OP
Opérateurs Professionnels
HAGN
Haïti Adolescent Girls Network
PAM
Programme Alimentaire Mondial
PCD
Plan Communal de Développement
SAEP
Système d'Adduction d'Eau Potable
SEMANAH
Service Maritime et de Navigation d’Haïti
SIDI
Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement
SOP
Soins Opératoires
SWOT
Strengths - Weaknesses - Opportunities – Threats
TEPAC
Technicien en Eau Potable et en Assainissement pour les Communes
UNFP
Fonds des Nations Unies pour la Population
UNICEF
United Nations of International Children's Emergency Fund (Agence de l'Organisation des
Nations Unies spécialisée dans la condition des enfants).
USA
United States of America
VIH
Virus de l'Immunodéficience Humaine
VNS
Volontaires de la Sécurité Nationale
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Schéma illustratif de la méthodologie appliquée ................................................. 5
Figure 2 : Présentation du Comité de Pilotage (CATEDEL, Décembre 2020) ...................... 7
Figure 3 : Cadre d’évaluation de motivation de la participation au processus consultatif8
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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Composition du Comité pilotage ......................................................................... 7
Tableau 2 : Objectifs de Développement Durable (ODD) ................................................. 111
Tableau 3 : Concordance entre les objectifs du PCD, axes stratégiques du PSDH et les
ODD ....................................................................................................................................... 113
Tableau 4 : Vue synoptique des problèmes identifiés et des solutions proposées ............ 117
Tableau 5 : Projets priorisés par les acteurs locaux sur une base de représentation
participative et inclusive pour la commune de Anse-à-Pitre............................................ 127
Tableau 6 : Cadre logique du plan communal de développement de Anse-à-Pitres ....... 129
Tableau 7 : Plan d’investissement quinquennal du PCD de Anse-à-Pitres (en millier de
gourdes) ................................................................................................................................. 137
Tableau 8 : Récapitulatif des investissements par programmes et sous-programmes ... 150
Tableau 9 : Montant global du budget estimatif du PCD de Anse-à-Pitres..................... 154
xiv | P a g e
Introduction
Tous les écrits relatifs à l’appréciation des conditions de vie dans les Communes haïtiennes font état
d’un sous-développement économique et social très criant qui ne date pas d’aujourd’hui. Plusieurs
indicateurs (sociaux, économiques, environnementaux, etc.) décrivent parfaitement cet état de fait.
En effet, au niveau des grandes villes, le développement anarchique des coins péri urbains traduit
nettement l’absence catégorique de planification urbaine. Cette absence de planification est un
manque considérable pour les Communes haïtiennes en vue de définir les voies et moyens à mettre
en œuvre pour implémenter des politiques publiques pour atteindre les objectifs de développement
et de bien-être de la population. Planifier le développement d’une Commune répond à une volonté
de renforcer ses performances afin d’assurer l’efficacité de ses actions eu égard aux compétences
et obligations qui lui sont traditionnellement, historiquement et légalement dévolues.
Ainsi, le sous-développement énoncé précédemment pourrait entre autres être expliqué par une
absence totale de planification au niveau des administrations territoriales du pays depuis la section
communale jusqu’au département. Un pouvoir décentralisé, concède une véritable autonomie à la
commune qui pourrait de ce ressort inventorier ses ressources, mesurer les potentialités, évaluer les
contraintes et limites pour mieux mener des politiques territoriales adéquates. En effet, la Commune
haïtienne, étant une entité autonome, a la responsabilité de sa propre administration.
La Constitution haïtienne dans ses articles 74, 81, 87.2 et 217 préconise clairement un
développement participatif ayant pour base la commune comme entité administrative territoriale.
Celles-ci confèrent aux entités territoriales de base (Communes haïtiennes) une certaine autonomie
dans la planification et la mise en œuvre de politiques publiques basées sur la participation
collective.
En vue de répondre aux objectifs du plan Stratégique de Développement à l’horizon 2030, le
gouvernement haïtien est en train d’implémenter le Projet AGLDT, mis en œuvre par le MPCE
(Ministère de la Planification et de la Coopération Externe), le MICT (Ministère de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales) et l’OMRH (Office de Management et des Ressources Humaines) avec
l’appui du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) cofinancé par le
gouvernement haïtien, le gouvernement canadien et le PNUD. A travers le projet AGLDT, il s’agit
d’appuyer la planification au niveau des collectivités en commanditant l’élaboration ou la révision
de 4 plans communaux de développement pour les communes de Anse-à-Pitre, Belladère,
Lascahobas et Thomazeau.
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C’est dans ce contexte que la firme CATEDEL (Cellule d’Appui Technique en Développement
Local) a été recrutée pour accompagner la mairie de Anse-à-Pitre dans le processus d’élaboration de
son Plan Communal de Développement (PCD) pour la période de 2020-2025. Ce présent document
est le rapport du Diagnostic réalisé dans le cadre de cette mission.
Ce diagnostic de la commune de Anse-à-Pitre est le premier maillon dans le processus d’élaboration
du Plan Communal de Développement (PCD). Cet instrument est d’une importance capitale du fait
qu’il présente une photographie instantanée et évolutive de la situation réelle de la commune sur le
plan social, infrastructurel, agricole, sanitaire, éducatif, etc… Il résulte de la participation des
parties prenantes dans l’identification et la hiérarchisation des problèmes au niveau de la commune
de Anse-à-Pitre. Ce travail est calqué sur la méthodologie préconisée par le MPCE pour
l’élaboration de PCD.
MISE EN CONTEXTE
Planifier le développement d’une Région, d’une Commune, d’un Territoire répond à une volonté de
renforcer ses performances afin d’assurer l’efficacité de ses actions eu égard aux compétences et
obligations qui lui sont traditionnellement, historiquement et légalement dévolues. Une
harmonisation entre les responsables locaux, la société civile à travers de véritables leaders
communautaires, le secteur privé économique et la Population génère implicitement une plus-value
dans la gestion et utilisation rationnelle des ressources de la collectivité pour une meilleure
planification du Développement. Plusieurs outils peuvent permettre à la Collectivité de planifier son
propre Développement. La Constitution Haïtienne de 1987 en est une référence sure.
Si la Constitution Haïtienne dans ses articles 74, 81, 87.2 et 217 fait référence à une véritable
décentralisation en matérialisant la Planification du Développement du pays sur une base
participative en passant par les collectivités territoriales, sa mise en œuvre reste un véritable cheval
de Troie. En effet, la commune, selon ces articles cités, est le point central pour un Développement
soutenu et participatif. Malgré cette orientation bien ficelée édictée par cette Constitution, depuis
plus de trois décennies, la Décentralisation reste et demeure toujours un vieux pieu puisque les
décisions de l’Etat sont centralisées à Port-au-Prince, les administrations communales n’ont aucune
autonomie, les ressources financières allouées aux communes sont dérisoires et sont fonction de
l’humeur de l’Exécutif de « l’Etat de Port-au-Prince ».
Les collectivités territoriales dans leur grande majorité se lancèrent dans de véritable marathon en
vue de prémunir de moyens financiers, techniques et logistiques afin de répondre aux besoins de
leur Collectivité respective. Assez souvent, ces initiatives s’incrusteraient en de sortes d’acrobaties
administratives sans aucun support documentaire stratégique bien élaboré qui suivraient des
2|Page
directives et orientations précises reflétant les desideratas des communautés. C’est dans ce contexte
que la Mairie de Anse à Pitre, voulant découdre à ces mauvaises pratiques de Gouvernance locale,
s’est faite aidée par le Projet AGLDT pour doter la Commune de Anse à Pitre d’un document de
Plan Communal de Développement (PCD) à l’horizon de 2020-205. De ce Projet, le gouvernement
haïtien par le biais du MPCE (Ministère de la Planification et de la Coopération Externe), le MICT
(Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales) et l’OMRH (Office de Management et
des Ressources Humaines) avec l’appui du PNUD (Programme des Nations Unies pour le
Développement) fournit un appui financier et technique en vue de l’élaboration de ce Plan.
JUSTIFICATION DE LA DÉMARCHE
Le CATEDEL avait pour mission d’accompagner la Mairie de Anse à Pitre en vue d’élaborer un
Plan Communal de Développement (PCD) allant de 2020-2025 en suivant les démarches
méthodologiques du MPCE. Le processus d’aboutissement de ce PCD a été principalement dirigé
par la Mairie de Anse à Pitre et a été réellement participatif, global et intégré. Ce document de PCD
de Anse à Pitre est le fruit d’un long processus de planification, d’analyse (diagnostic) et de prise de
décisions impliquant toute la communauté pour planifier leur devenir en identifiant les problèmes
auxquels font face leur Commune, proposant des pistes de solutions tout en priorisant les
interventions à court, moyen et long terme. Il prend en compte les meilleures combinaisons de
choix possibles pour réaliser les objectifs préalablement établis. Quoiqu’un document de référence
en termes de planification du Développement de la Commune de Anse à Pitre, il est appelé à des
ajustements suivant les aléas changeant du milieu dû aux phénomènes découlant du changement
climatique et d’autres évènements sociodémographiques, politico administratifs.
Ce PDC est conçu pour être un outil stratégique de planification du Développement de la Commune
de Anse à Pitre en vue de répondre aux objectifs du plan Stratégique de Développement à l’horizon
2030 fixé par l’Etat Haïtien. Cette planification du Développement devrait répondre à des objectifs
contrôlables et réalistes pour les cinq (5) prochaines années dans une perspective visant un
Développement à long terme. Sur le plan purement légal cet instrument directif tire sa révérence et
sa légitimité des différents documents juridiques et règlementaires suivants :
La Constitution du 29 mars 1987 (Version amandée)2 ;
Loi du 18 septembre 1978 sur les délimitations territoriales ;
Loi du 4 avril 1996 portant organisation de la Collectivité territoriale de la Section communale ;
Loi du 18 juillet 1996 créant un Fonds de Gestion et de Développement des Collectivités
Territoriales ;
Le Décret-loi du 22 octobre 1982 sur les communes ;
3|Page
Le Décret de janvier 2006 définissant le cadre général de la décentralisation, les principes de
fonctionnement et d’organisation des Collectivités territoriales haïtiennes ;
Le Décret cadre de 20063 qui a pour objet de fixer le cadre général de la décentralisation, de
l'organisation et du fonctionnement des Collectivités territoriales haïtiennes,
La Loi portant sur l’organisation des collectivités communales et des sections communales 4 de
2015, et la loi portant révision5 du Décret du 1er février 2006 fixant l'organisation et le
fonctionnement de la collectivité municipale dite commune ou municipalité,
Le Guide méthodologique du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE)
allié au processus d'élaboration et de la mise en œuvre du Plan Communal de Développement
(PCD),
L’analyse structurale et compréhensive de la mission qui a été octroyée au CATEDEL ajoutée aux
prescriptions d’instruments juridiques et règlementaires a permis de déceler certains aspects
discriminants à prendre en compte dans le cadre de cet exercice programmatique. Or, le traitement
d’une thématique multifocale, comme telle, nécessite généralement la mobilisation de plusieurs
approches articulées. Parce qu’elle soulève, non seulement, des problématiques complexes, mais
aussi et surtout, ces dernières constituent l’âme des principaux défis, enjeux et/ou leviers de
développement durable et résilient d’une commune, dans son environnement global.
LES OBJECTIFS DE L’INITIATIVE
L’objectif principal de ce présent document de Plan de Développement Communal est de mettre à
disposition de la Mairie de Anse à Pitre un outil de référence en matière de planification du
développement de la Commune au cours de la période de 2020-2025. De façon plus spécifique,
cette initiative vise à :
Responsabiliser les élus locaux, les autorités et la population locales dans la planification et la mise
œuvre de leur propre développement ;
Élaborer un plan d’investissement quinquennal pour la commune en tenant compte des besoins des
différentes couches socioprofessionnelles ;
Renforcer les capacités de planification de la municipalité et doter la commune d’un outil de cadrage
de l’ensemble des actions de développement ;
Servir d’outil de négociation avec les partenaires au développement.
4|Page
SECTION I : DIMENSIONS
METHODOLOGIQUES
Chapitre 1 | Méthodologie
Le processus d’élaboration du Plan Communal de Développement (PCD) de Anse à Pitre a été
conduit conformément au processus prévu dans le « cadre méthodologique-type pour l’élaboration
de « Plan Communal de Développement » du Ministère de la Planification et de la Coopération
Externe (MPCE). Ce dit processus en phases successives, complémentaires et interdépendantes, est
résumé à travers le schéma illustratif suivant :
Phase
Phase des
Etu
Phase de
de
s
Phase de
V
ali
Final
isati
on
&
Prés
Figure 1 : Schéma illustratif de la méthodologie appliquée
1.1.- PHASE PRÉPARATOIRE
1.1.1.- PRÉALABLE À LA MISSION
Après la signature du contrat de prestations de services pour le démarrage proprement dit, après une
séance d’orientation avec le Maitre d’œuvre, l’Administration du CATEDEL a constitué une équipe
pluridisciplinaire (Agronomes, Ingénieurs, Sociologues, Economistes, Cartographes) pour se rendre
sur place à Anse à Pitre en vue de s’acquérir des premières informations et de faire les contacts
nécessaires auprès des collectivités locales pour une meilleure cohésion des actions qui s’en
suivront.
5|Page
1.1.2.- MISSION PRÉPARATOIRE
La phase préparatoire avait pour objet principal d’informer, de sensibiliser, d’associer et de
responsabiliser les acteurs pour l’élaboration du PCD. Cette étape correspondait à la recherche de
l’adhésion des différents acteurs et actrices concernés par la planification du développement de la
Commune. Elle couvrait les différentes démarches entreprises par le Conseil Municipal (CM) pour
entamer le processus d’élaboration et de mise en œuvre d’un Plan Communal de Développement.
C’était, en d’autres termes, la période au cours de laquelle le Conseil Municipal informait les cadres
de l’Administration Communale, cherchait l’adhésion des autres élus (CASEC, ASEC, des
Représentants de la Société Civile), puis saisissait la Vice-Délégation de la décision pour les suites
nécessaires (art. 71 de la Constitution). Le CM avait publié un communiqué (cf. : Arrêté communal)
selon le procès-verbal de réunions annonçant à la population, aux instances étatiques et aux
organismes impliqués dans le développement de la Commune, de la décision d’élaborer un PCD et
les avait invités à participer activement aux activités y relatives.
1.1.3.- FORMATION DU COMITÉ DE PILOTAGE (CP)
Comme il est préconisé dans le guide de d’élaboration des plans communaux de développement
(PCD) du Ministère de la Planification et des Coopérations Externes (MPCE), la mise en place du
Comité de Pilotage (CP) entant que structures de concertation (SC), est un préalable sine qua non à
tout le processus. Et le CATEDEL a bien respecté ces directives pour mettre en place le Comité de
Pilotage devant appuyer l’aboutissement du PCD dont la mission consistait à :
Servir d’interface entre l’Administration Communale et le Bureau d’Etudes/la Firme
Servir de facilitateur dans l’organisation et la tenue des diverses rencontres envisagées par le Bureau
d’Études/la Firme ;
Planifier les activités avec le Bureau d’Études/la Firme
Aider le BE dans la collecte d’informations et de données
Fournir des avis sur la démarche et les rapports produits par le Bureau d’Études/la Firme
Sensibiliser la population sur l’importance de l’activité
Mobiliser la population sur les activités à réaliser ou en cours
Assurer le suivi pendant et après le processus de diagnostic
Participer à la définition des grandes orientations du PCD et à la priorisation des programmes et des
projets.
CONSTITUTION ET PRÉSENTATION DU COMITÉ PILOTAGE
Le comité de Pilotage qui a été mis en place dans le cadre du processus d’élaboration du PCD de
Anse-à-Pitres est composé de trois (3) membres au niveau du centre-ville (l’un des maires adjoints
6|Page
et deux délégués de ville) et de trois (3) membres au niveau de chaque section communale dont
deux membres de l’Assemblé de la Section Communal (ASEC) et un (1) membre du Conseil
d’Administration de la Section Communale (CASEC). Cette composition sur le plan d’équité de
genre a été proportionnée de 33.33% de femmes (3 sur 9). Ce tableau constitutif met en exergue les
membres de ce comité selon leur sexe, leur statut, la section représentée ainsi que leur numéro de
téléphone.
Tableau 1 : Composition du Comité pilotage
#
Nom
Prénom
Sexe Fonction
Collectivité
Téléphone
1
LOUIS
Michelet
M
Maire Adjoint
Commune
3601-5659
2
JEAN
Megène
M
ASEC
2e section
4824-2865
3
CALIXTE
Josette
F
ASEC
2e section
4640-2162
4
PIERRE
Robinson
M
ASEC
1ère section
3630-2878
5
JERÔME
Sonia
F
ASEC
1ère section
3991-0844
6
BENOIT
Auslet
M
CASEC
1ère section
4639-3566
7
JEAN-PIERRE
Guepsen
M
CASEC
2e section
4756-5891
8
JEAN
Marie
Fride
F
Délégué de
Ville
Centre-ville
3174-7984
9
PEIGNE
Hosdèle
M
Délégué de
Ville
Centre-ville
3756-3067
Figure 2 : Présentation du Comité de Pilotage (CATEDEL, Décembre 2020)
1.1.4.- MOBILISATION, RECRUTEMENT, IMPLICATION DES ACTEURS
Tous les acteurs (Institutions déconcentrées de l’Etat, Opérateurs de Développement et
Humanitaire, ONGs, etc.) ont été mobilisés autour de l’action en vue de doter Anse à Pitre d’un
7|Page
PCD. Les collectivités ont aidé dans le processus de recrutement d’animateurs et animatrices de la
Commune pour appuyer les cadres du CATEDEL. Afin de permettre à ces animateurs de réaliser à
bien leur mission, ils ont reçu des séances d’orientation durant trois jours sur les méthodes et
techniques de collecte de données, d’animation de groupes et à l’utilisation de la MARP comme
outils d’animation sociale, particulièrement la FFOM (Forces, Faiblesses, Opportunités, Menaces),
l’arbre à problèmes et à objectifs qui ont été utilisés pour réaliser le diagnostic participatif. Plus
d’une dizaine (11) grandes rencontres ont été réalisées à travers toutes les sections communales et
habitations réunissant en moyennes 120 à 200 personnes avec l’appui des collectivités territoriales
(ASEC, CASEC), des organisations communautaires de base, des leaders communautaires. En plus,
plus d’une trentaine (37) de petites rencontres avec en moyennes 20 à 30 participants avec des
représentants d’organisations, de secteurs productifs particuliers, de groupes cibles, etc….
Pour apprécier de façon plutôt objective l’intérêt de la participation et l’appropriation, on a été
inspiré de la grille d’analyse suivante :
Figure 3 : Cadre d’évaluation de motivation de la participation au processus consultatif
1.2.- PHASE DU DIAGNOSTIC COMMUNAL
Conformément au guide référentiel du MPCE relatif au chemin critique à suivre pour la réalisation
d’un PDC, le diagnostic a été réalisé sous l’égide de l’Administration Communale (AC) en
consultation avec les Élus des Sections Communales (CASEC, ASEC) ; mais aussi avec les groupes
organisés de la société civile, de tous les secteurs d’activités, et les autres intervenants impliqués
dans la vie sociale et économique de la commune comme nous venons de le démontrer
précédemment. Il s’agit ici de combiner le regard du technicien et le vécu de la population locale en
8|Page
identifiant eux même les atouts, les faiblesses et les contraintes entravant le Développement de leur
Commune. Cette phase a été realisée en deux étapes parallèles :
a) Un diagnostic technique
b) Un diagnostic participatif
1.2.1.- LE DIAGNOSTIC TECHNIQUE
C’est un processus d’analyse sur la base de la littérature existante ainsi que les données statistiques
relatives aux divers domaines de la vie de la Commune. Il a pu permettre à l’équipe technique de
CATEDEL de réaliser un premier niveau d’analyse dont les résultats ont été confrontés à ceux du
diagnostic participatif (MPCE, 2012).
CONSULTATION DOCUMENTAIRE
La cellule technique du CADETEL a consulté un maximum de documents relatifs à des thématiques
variées sur la zone en vue d’acquérir des informations pertinentes pour la compréhension du
fonctionnement et de la dynamique socio-économique de la Commune de Anse à Pitre. La liste non
exhaustive de documents consultés peut se résumer en ces quelques un : le Plan stratégique de
Développement d’Haïti (PSDH), Plan GRDA de Boucan Guillaume, Plan GRDA de Bois d’Orme,
des dossiers et rapports administratifs de la Mairie, ALI, Centre Hospitalier, le rapport du dernier
recensement sur le secteur agricole du MARNDR, des cartes géomorphologiques et thématiques du
CNIGS, des bases SROT de cartes pour notre propre production de cartes thématiques.
1.2.2.- LE DIAGNOSTIC PARTICIPATIF
Cette phase resulte d’une demarche participative et inclusive de la population locale. Elle est
constuée de la consultation de la population qui se fait soit par des rencontres indiduelles, soit par
des entrevues semi-structurees ou des focus groupes. Dans la plupart du temps cette étape
s’accompagne également des observations directes sur le terrain en guise d’illustration.
ENTRETIENS SEMI STRUCTURÉS ET OBSERVATIONS
Toute l’équipe du CATEDEL a réalisé plusieurs missions de terrain en vue de rencontrer certains
acteurs clés selon le secteur considéré afin de collecter des informations pertinentes afin de les
croiser aux recherches documentaires. Des entretiens semi structurés ont été conduits avec les
acteurs clés de la Commune, et aussi des visites d’observation dits transects ont aussi été réalisées
en vue d’une meilleure appréciation du milieu.
Les informations géographiques collectées ont été gérées, traitées, analysées et intégrées dans des
scénarios d’aménagement à dimensions multiples pour représenter la complexité du milieu afin de
9|Page
dégager un processus qui transforme le territoire. Cette démarche a permis de hiérarchiser les
facteurs à prendre en compte en vue de résoudre les problèmes et maximiser les impacts positifs liés
à l’intensité et la qualité des interdépendances entre les lieux en fonction de la distance
géographique, économique, temporelle, culturelle ou sociale qui les sépare.
1.3.- PHASE DE PLANIFICATION COMMUNALE
A cette phase, la communauté se donnait pour mission de planifier le Développement de leur propre
territoire en pointant les véritables points d’achoppements, les actions à entreprendre pour les
améliorer et les moyens financiers qui en découleraient. Le processus a été très inclusif avec des
participations moyennes de 200 à 300 personnes. Plusieurs ateliers thématiques ont été conduits afin
de peaufiner cette démarche de planification dont la matrice originelle découlait du Diagnostic
communal.
1.3.1.- ATELIER DE DÉFINITION DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT
L’enthousiasme de la communauté découlant de l’idée de doter la Commune de Anse à Pitre d’un
document stratégique de planification de son Développement a été d’une intensité telle que durant
cet atelier on a enregistré 423 participants. L’objectif de cet atelier a été de faire une projection sur
la vision de la Population de leur commune en matière de Développement dans les prochaines
décennies et particulier jusqu’en 2025. La participation a été très active et les gens dégageaient un
certain optimisme face à leur future. La synthèse des propositions effectuées par chaque groupe
s’est constituée en la vision de la Population de Anse à Pitre sur le Développement quinquennal de
leur Commune.
1.3.2.- ATELIER IDENTIFICATION ET D’ANALYSE DES PROBLÈMES
L’arbre à problème a été le véritable outil utilisé pour conduire cet atelier. Les participants ont pu
identifier, décrire et analyser les problèmes auxquels font face leur Commune secteur par secteur.
Les participants ont été divisés en 8 sous-groupes travaillant séparément sur des secteurs prédéfinis.
Chaque sous-groupe a fait la présentation de ses travaux et des discussions ont eu lieux avec le reste
des participant afin d’enrichir au mieux le niveau d’analyse des problèmes selon le secteur. Cet
exercice nous a permis d’élaborer les tableaux d’analyse FFOM pour chaque secteur.
1.3.3.- ATELIERS DE PROGRAMMATION DES ACTIONS DE DÉVELOPPEMENT
Les problèmes étant identifiés, on a réalisé un atelier de de conception et d’élaboration d’un plan
d’action c’est-à-dire d’élaborer des mesures de redressement face à ces problèmes. Si l’outil arbre à
problème a été le socle de cet atelier, l’arbre à solution a été le point focal qui a permis de construire
le plan d’action quinquennal pour la Commune de Anse à Pitre. Ainsi, les participants ont pu
10 | P a g e
procéder à la priorisation des actions à court, à moyen et à long terme. Ils on définit des actions qui
sont d’urgence capitale et d’autres qui peuvent attendre. En vue de rester les pieds sur terre, le plan
d’action a surtout considéré des activités réalistes et réalisables afin que le PCD ne soit pas un
document de plus dans les tiroirs de la Mairie de Anse à Pitre mais un document ou les actions
identifiées sont opportunes.
1.3.4.- ATELIERS DE RÉFLEXIONS SUR LES MOYENS ET PISTE DE FINANCEMENT
Si le Plan d’action s’est donné pour mission de rester la plus réaliste que possible, l’aspect financier,
élément d’une sensibilité latente, a été un point très animé par les participants à cet atelier. Allouer
des couts à chaque action identifiée dans le plan d’action n’était pas donnée d’avance. Dans un
premier temps, il fallait programmer des investissements en fonction de la capacité économique
de la Mairie. Mais on s’est vite constater que les rentrées fiscales et autres de la Mairie ne sauraient
financer les diverses actions identifiées dans le plan d’action quinquennal. L’équipe technique de
CATEDEL a tranché pour faire des consultations particulières avec des institutions travaillant dans
la zone pour mieux cerner le problème de financement. Ainsi, les cadres de CATEDEL ont travaillé
sur le plan de financement quinquennal et ont fait la présentation à la Communauté.
1.4.- PHASE DE VALIDATION DU PROCESSUS DE PLANIFICATION
Le processus s’auto valide lui-même puisque la population a participé dans toutes les étapes de la
réalisation du PCD. Et à chaque atelier, les restitutions ont toujours été validées par les participants
afin de garantir leur adhésion au résumé technique qui en découlerait. Toutefois, après le montage
final du Diagnostic Communal, le document a été validé par la population dans une journée
d’activité de conformité des restitutions par rapport au document lui-même.
1.5.- PHASE DE FINALISATION ET DE PRÉSENTATION DU DOCUMENT
Le Diagnostic Communal étant validé, le plan de financement validé, ce document de PCD en état
d’élaboration a été présenté à la population pour officialiser sa mise en œuvre. Ce PCD sera
présenté dans un premier lieu aux autorités locales (Mairie, ASEC, CASEC), ensuite aux
institutions partenaires évoluant dans la Commune (Helvetas, GIZ, World Vision, AVSF, ec) puis à
la population en générale dans une grande journée de présentation du travail accompli.
11 | P a g e
SECTION II : PRESENTATION DU
DIAGNOSTIC COMMUNAL
Chapitre 2 | Analyse des caractéristiques physiques du milieu d’étude
2.1.- LOCALISATION ET LIMITE ADMINISTRATIVE
Anse-à-Pitre est l’une des principales communes haïtiennes situées le long de la frontière de 380 km
qui sépare Haïti et la République Dominicaine (PNUE, 2013). Située à l’extrême Sud-est du pays,
elle surplombe la rivière de Pedernales marquant la limite entre Haïti et la République Dominicaine
dans cette région transfrontalière. Elle est bornée au Nord par la commune de Fonds-Verrettes, au
Sud par la mer des Caraïbes, à l’Est par la République Dominicaine (Pedernales) et à l’Ouest par la
commune de Thiotte. Anse-à-Pitre est localisé entre 18 ° 03' de latitude Nord et 71 ° 45’ de
longitude Ouest, à 200 kilomètres de Jacmel (par voie terrestre), chef-lieu du département du Sudest (Données GPS). Selon les estimations du Centre National Géo Spatiales (CNIGS), cette bande
de terre accuse une superficie évaluée à 18259,14 ha. Sur le plan administratif, elle fait partie des
quatre (4) communes de l’arrondissement de Belle Anse. Aussi, elle est constituée de deux sections
communales en l’occurrence les sections de Boucan Guillaume et de Bois d’Orme établies
respectivement sur 12742,8 ha et 5516,34 ha de superficie.
12 | P a g e
Carte 1 | Localisation géographique de la commune de Anse-à-Pitre
2.2.- PROFIL HISTORIQUE DE LA COMMUNE
La connaissance de l’histoire de la commune est nécessaire à la compréhension de la dynamique
territoriale dans toute perspective de planification du développement à l’horizon future. Pour cela,
des entretiens semi structurés ont été réalisés sur les évènements historiques majeurs qui se sont
succédé au cours des dernières décennies à Anse-à-Pitre. Ils sont articulés autour des événements
climatiques et politiques extrêmes, les mouvements de population, les évènements sanitaires et
phytosanitaires, les grandes infrastructures installées, les interventions majeures des institutions
étatiques et non étatiques (ONG, OCB) qui ont eu des impacts notables sur les conditions de vie de
la population locale.
Ainsi, à la lumière des informations recueillies, confirmées par des notables de la ville, Anse-àPitre fut élevée au rang de commune en septembre 1912. Depuis lors, les natifs de cette commune
portent le nom de Ansapitrois (es). On retient le nom de quelques anciens maires avant la période de
1986 tels que Robespierre Nolascot, Lafontant Oconel (avant 1957) et Loccène Pierre sous la
13 | P a g e
dictature des Duvalier. Entre la période de 1950 à 1956, le gouvernement de Paul Eugène Magloire
a procédé à la construction de la première école de la commune. Elle constitue à cette époque la
première grande infrastructure à caractère social de la commune. En 1979, la construction du
barrage bilatéral sur la rivière des Perdenales par les présidents Antonio Guzmán Fernández et Jean
Claude Duvalier a constitué un tournant décisif dans le développement des activités économiques
telles que l’agriculture au niveau de cette commune. En effet, celui-ci a favorisé une meilleure
disponibilité de l’eau d’irrigation et a permis par conséquent de pratiquer de nouvelles cultures
notamment la tomate, le riz, le haricot (pois pinto) et le chou.
La période de 1986 coïncidant avec la chute de Duvalier ayant entrainé de graves déséquilibres sur
les composantes politiques, socio-économiques mais surtout environnementales du pays a aussi
marqué l’histoire de la commune de Anse-à-Pitre. Celle-ci a eu des incidences très négatives sur
l’environnement de cette commune. En fait, en contribuant à la dégradation des conditions socioéconomiques des ménages, cet événement a conditionné l’abandon des pratiques agricoles et le
départ massif de la main d’œuvre locale vers la République Dominicaine. Il s’ensuit à ce moment
une forte augmentation des activités de déboisement qui a conduit à la diminution considérable de
la couverture végétale de la zone. Ainsi des espèces de Gaïac, de Chêne, de Figuier, de Coma et
Bayahonde ont été dégagées des terres au profit de l’intensification des cultures saisonnières.
Au cours des années 2000, un marché frontalier a été construit dans la province de Perdenales et
sert de lieu d’échange des produits entre deux pays (Haïti et République Dominicaine). La
construction de ce marché a favorisé l’émergence des échanges commerciaux et l’amélioration des
conditions socio-économiques des ménages qui vivent essentiellement de ces activités. Aussi, cette
noble décision a permis de diminuer les problèmes liés à la contrebande dans les deux coins de la
frontière. Cette période est aussi marquée par l’aménagement du tronçon de route Thiotte/ Anse à
Pitres en 2006 qui a joué un rôle clé dans l’amélioration des conditions de transport dans la
commune.
En outre, l’histoire de cette commune est marquée par de grandes catastrophes naturelles ayant
provoquées des dégâts considérables. De 1950 à nos jours, la commune a été frappée par plus de 5
cyclones (Ouragans Hazel (1954), Inès (Septembre 1966), Gilbert (1991), Laura (2020) de plus en
plus intenses, qui ont beaucoup affectés les principaux secteurs de développement de la commune
en causant de sérieux dommages matériels et d’importantes pertes en vie humaine.
2.3.- PROFIL DÉMOGRAPHIQUE ET RÉPARTITION DE LA POPULATION
Selon les données de l’IHSI (2015), la commune de Anse-à-Pitre dispose d’une population estimée
à environ 43, 000 habitants dont 49,48 % de femmes (Réf ; tableau 1). Cette population est repartie
14 | P a g e
sur une superficie estimée à 182,59 kilomètres carrées, soit sur une densité de 165 habitants/km2. La
majorité de cette population, soit l’équivalent de 56,72% de la population totale de la commune, se
concentre dans la première section de Boucan Guillaume. La deuxième section de Bois d’Orme
quant à elle, est constituée d’une population évaluée à 13, 048 habitants. La population de la
commune de Anse-à-Pitre est en grande partie urbaine où un pourcentage de 44, 04 % de cette
population vit en milieu urbain (IHSI, 2015). Le quartier de Banane, un quartier de la première
section Boucan Guillaume, considéré comme milieu urbain selon l’HSI (2015), compte à lui seul
11,54 % de cette population avec un total de 3,480 habitants environ. Le pourcentage de personnes
de la commune ayant plus de 18 ans dépasse les 50% (réf ; tableau 1). En 2009 la population de
cette commune était de 27,415 habitants (IHSI, 2009). Ces données supposent qu’entre la période
de 2009 à 2015, cette collectivité a connu une croissance démographique (accroissement naturelle et
migration) de l’ordre 9, 96 %. L’amplification du phénomène de migration peut être liée aux
opportunités économiques offertes par la commune en tant que zone côtière et frontalière en
développement. Cela a pour corollaires une augmentation des besoins nutritionnels entrainant par
conséquent l’intensification des activités agricoles et l’augmentation de l’exploitation des
combustibles ligneux et des ressources halieutiques.
Fig. 4 | Profil demographique de la commune de Anse-à-Pitre (Illustration Yvon
GUERRIER/CATEDEL, Donnees IHSI 2015)
30000
20000
17098
13048
9791
8805 8293
10000
4994 4797 5393
3480
9724
6427 6621 7142
1855 1625 1968
0
Ville de l’Anse à Pitres Quartier de Banane
1 ère section Boucan
Guillaume
2ème section Bois
d’Orme
TOTAL POPULATION
(En valeur Absolue)
-10000
-20000
-22.081-21.336
-24.227
-30000
-40000
-43.417
-50000
TOTAL
Total Masculin
Total Féminin
18 ans et +
15 | P a g e
Depuis les dernières estimations de l’IHSI en 2015, aucun recensement n’a été fait pour révéler le
nombre approximatif des habitants de la commune. Toutefois, en compensation à ce manque de
données, certaines sources non formelles estiment à près de 50 000 le nombre d’habitant vivant
actuellement dans la commune. Par ailleurs, le graphique suivant présente les tendances dominantes
de la répartition des classes d’âge de la population communale :
Fig. 5 | Comparaison entre la tranche d'âge de plus de 18 ans (Population de Jeunes et d'adultes) avec les
moins de 18 ans (Adolescents -es, Enfants, Bébés) de Anse-à-Pitre | (CATEDEL - Données IHSI, Mars 2015)
50000
45000
40000
35000
30000
25000
20000
15000
10000
5000
0
Ville de l’Anse à
Pitres
Quartier de
Banane
1 ère section
2ème section Bois
Boucan Guillaume
d’Orme
TOTAL
POPULATION (En
valeur Absolue)
TOTAL
9791
3480
17098
13048
43.417
Adulte (18 ans et +)
5.393
1.968
9.724
7.142
24.227
Enfants et adolescents (Moins de 18 ans)
4.398
1.512
7.374
5.906
19.190
Contrairement aux populations des villes de la majeure partie des pays nord qui vieillissent, la
population de Anse-à-Pitre est relativement très jeune. En effet, environ 44% des habitants ont
moins de 18 ans. En conséquence la classe d’âge de 18 et plus (voir plus de 100 ans) représente
environ 55% de la population.
Les sociologues distinguent la société du 21ème siècle en 4 types de générations :
1. les Baby-boomers, personnes nées entre 1946 et 1965,
2. la génération x, personnes nées entre 1965 et 1980,
3. la génération y, personnes nées entre 1980 et 2000,
4. la génération z, personnes nées à partir de l’an 2000
Pour mieux comprendre le fonctionnement de chacune de ces générations (X, Y, Z) il est nécessaire
d’y mettre en parallèle les évolutions technologiques.
16 | P a g e
Donc, dans le cas de Anse-à-Pitre, la génération Z est de très loin la plus présente (>50%). Elle est
secondée par celle d’Y. Selon les échanges en focus-group et les observations de terrain, la
génération X additionnées à celle d’avant, incluant les personnes d’un certain âge (sexagénaire, …
centenaire) et celle d’avant soit inférieur à 25%. Il reste à l’IHSI, d’une part, de procéder à
l’actualisation les données existantes, et d’autre part, d’approfondir les classes d’âge.
2.4.- HABITATS ET CADRE DE VIE
L’habitat est généralement concentré dans quelques îlots urbains au niveau du Centre-ville et dans
le quartier de Banane. Le paysage urbain du centre-ville est marqué par une quantité importante de
maisons en blocs et en tôles. Selon les observations directes faites sur le terrain, la plupart des rues
du centre-ville sont en terres battues ; quelques-unes sont revêtues de béton. Au niveau des sections
communales, les maisons sont majoritairement en roche et recouvertes de tôles. On y trouve
également des maisons en bois ou en palissades. Il n’y pas de système de canalisation et
d’adressage des rues et des maisons. Bien que la mairie soit dotée d’un service de génie municipal,
il n’existe aucun plan d’urbanisation et de lotissement élaboré à leur profit. L’absence de ces
instruments d’orientation stratégique donne lieu à l’augmentation des constructions anarchiques
notamment au niveau des zones « Réfugiés », « Aviation » et « Kachiman » qui ne prennent pas en
compte l’exposition aux risques naturels et ne sont pas associées à une offre de services de base de
qualité.
2.5.- PLUVIOMÉTRIE ET TEMPÉRATURE
Les séries de données utilisées pour mettre en évidence les caractéristiques hydro climatiques de la
commune de Anse-à-Pitre proviennent du modèle climatique Climate-data.org. Ce modèle a plus
de 220 millions de points de données et une résolution de 30 secondes d’arc. Ainsi, il utilise les
données de milliers de stations météorologiques du monde entier.
Dans le cadre de cette étude, des données météorologiques collectées entre 1992 et 2012 sur Anseà-Pitre ont été analysées. Il en résulte que la commune de Anse-à-Pitre est caractérisée par un climat
chaud à l’exception de la 2ème Section de Bois d’Orme qui jouit d’un micro climat modéré, voire
frais. La température moyenne annuelle y est de 27.1 OC et la moyenne des précipitations annuelles
est de 518 mm. Le mois le plus chaud de l’année est le mois d’août avec une température moyenne
de 29.0 °C. En revanche Avec une température moyenne de 25.0 °C, le mois de janvier est le mois
le plus froid. Selon ce modèle, le climat dominant au niveau de Anse-à-Pitre est un climat de
Steppe.
17 | P a g e
Sur le plan hydro climatique, l’analyse des données montrent que la commune de Anse-à-Pitre est
caractérisée par une pluviométrie faible tout au long de l’année. On en déduit également une saison
sèche allant de décembre à Mars et deux saisons pluvieuses allant respectivement de Avril et à Mai
et l’autre et de Août et à Novembre. La plus forte pluviométrie est enregistrée au cours du mois de
mai.
Fig. 6 | Caracctéristiques hydro-climatiques de Anse-à-Pitre (Données BAC/MARNDR, Anseà-Pitre)
90
85
80
79
82
70
60
54
50
49
40
20
10
34
30
30
14
15
Janvier
Février
27
26
19
0
Mars
Avril
Mai
Juin
Température (oC)
Juillet
Août
Septembre Octobre Novembre Décembre
Pluviométrie (en mm)
2.6.- DESCRIPTION DES TRANSECTS ET CARACTÉRISTIQUES DU PAYSAGE
Un transect a été réalisé en vue de relever des informations nécessaires relatives aux paramètres
biophysiques du milieu d’étude. Pour réaliser ce transect, un ensemble de 7 parcours a été effectué
que sont les suivants ; la Saline – Boukara ; Centre-ville – Boukara ; Carrefour Récif - Carrefour
Peigne ; Carrefour Récif – Récif ; Centre-Ville - Mare Rouge en traversant le quartier Banane, Bas
Bois d’Orme - Mare rouge et Carrefour Peigne - Morne Vincent / Nan Plak. Cette démarche a
permis entre autres de mettre en évidence l’état et les types de sols, les caractéristiques de la
végétation, les niveaux de pentes et les caractéristiques hydro-climatiques de la commune. En effet,
l’analyse de ces paramètres a permis de distinguer quatre (4) grandes unités agroécologiques aux
caractéristiques propres.
18 | P a g e
Carte 2 | Cartographie du transect réalisé dans le cadre du processus
2.7.- CARACTÉRISTIQUES FLORISTIQUES DE LA COMMUNE
Sur le plan floristique, on a pu observer au niveau de Boukara, une végétation caractérisée
essentiellement par une prédominance des cactus et du Bayahonde (Prosopis juliflora). Au niveau
de la première section de Boucan Guillaume établie sur une altitude plus élevée que celle du Morne
Boukara, la végétation identifiée est constituée d’espèces xérophytes largement dominées par le
Prosopis juliflora. Les parcours à travers cette section ont permis d’observer des versants
complètement dénudés. Cela peut être lié à l’exploitation abusive du bayahonde à des fins de
fabrication du charbon de bois qui constitue une activité économique très remarquée au niveau de
cette section. D’autres espèces ont été également rencontrées tellles que le Cedrela odorata (Cèdre),
le Melia azadirachta (Lila), le Meliccoca bijuga (Quénépier), Comocladia dentata (Bwa Panyòl), la
Catalpa longissima (chêne), la Simaruba glauca (frêne), etc.
Photo 2| Cactus à Morne Boukara
Photo 3| Versants dénudés/ Boucan Guillaume
19 | P a g e
En revanche, la situation végétale de la zone de Bas Bois d’Orme est un peu plus différente de
celles des milieux précédents. On y trouve des versants relativement boisés avec une végétation
constituée principalement d’espèces forestières et fruitières telles que le Cèdre (Cedrela odorata), le
Cachiman (Annona cherimola), l’Avocatier (Persea americana), le Manguier (Mangifera Indica),
le Frêne (Simaruba glauca). Au niveau de Haut bois d’Orme, la végétation est caractérisée par un
système agroforestier à dominance de Café (Coffea arabica), d’arbres de couverture, de Citrus, de
Trompette (Cercropia peltata), de Grevillea (Grevillea robusta), de Goyavier (Psidium guayava) et
de manguiers (Mangifera Indica), entre autres. Au niveau des altitudes très élevées où le climat
favorise la production des cultures maraichères, les versants sont déboisés et laissent la place à des
cultures de rente. Ainsi, des cultures saisonnières sont pratiquées sur des pentes fortes alors que ces
types de relief sont mieux adaptés à la mise en place de végétations pérennes. En effet, ces
mauvaises pratiques culturales ont tendances à favoriser la dégradation des sols en intensifiant le
phénomène de l’érosion.
Photo 4| Citrus à Ti Malanga
Photo 6| Système Agroforestier/ Platon cèdre
Photo 5| Versant dénudé
Photo 7| Cultures maraichères/Morne Vincent
20 | P a g e
2.8.- CARACTÉRISTIQUES FAUNIQUES DE LA COMMUNE
Dans des zones arides et de basse altitude, spécialement au niveau du Morne « Boukara », on y
retrouve une espèce endémique à l’île ; l'iguane cornu (Cyclura cornuta) et l'iguane Ricord
(Cyclura Ricordi). Ces deux espèces sont menacées de disparition suite à l’altération de leur habitat
et la forte pression exercées dont elles font montre. Des espèces d’oiseaux telles que Ploceus
cuculatus (Madan Sara), Tyranus dominicensis (Pipirit), Dulus dominicus (Oiseaux Palmiste),
Patagioenas squamosa (Ramier), Numida meleagris (Pintade marron), Coprophaga ani
(Boustabak), Zenaida macroura (Tourterelle), Egretta Alba (Aigrette), Cathartes aura (Malfini) et
Pelicanus occidentalis (Grand Gosier) ont été observées lors des parcours.
2.9.- CARACTÉRISTIQUES GÉOLOGIQUES ET ÉDAPHIQUES DE LA COMMUNE
La commune de Anse à Pitre est établie sur des formations géologiques multiples (réf ; figure 2). Il
s’agit d’un complexe géologique formé d’une mosaïque de calcaires durs, de calcaires marneux, et
d’une couche constituée de flysch, grès et calcaires. Certaines zones, notamment la section de Bois
d’Orme est en grande partie localisée sur des structures géologiques de types calcaires durs.
Cependant, il existe des endroits au niveau desquels les structures géologiques sont formées de
calcaires marneux. Les sols observés en surface au niveau de ces zones présentent le plus souvent
des couleurs noires et brunes, composés en matières organiques, et qui en principe peuvent favoriser
la production agricole. Dans d’autres cas, les sols rencontrés présentent un aspect rougeâtre. En
revanche, à l’extrême Nord et Sud de la section de Boucan Guillaume, le substratum est
particulièrement composé de calcaires durs. Toutefois dans la partie centrale de cette section, une
formation géologique composée de flysch, grès et calcaires et de calcaires marneux est observée.
Sur le plan édaphique, selon une observation en surface, cette section est composée de sols rocheux
à faible désagrégation et de sols sableux. Dans une très grande portion de cette section, les
affleurements de calcaire donnent l'impression d'absence de sol. Ces types de sols sont en principe
très limités pour le développement des cultures annuelles ou à cycle court et de celles à
enracinement peu profond. En principe, ils sols sont beaucoup plus propices à la mise en place des
forêts et au développement des cultures de montagne comme le café.
21 | P a g e
Carte 3 | Caractéristiques géologiques de la commune de Anse-à-Pitre
2.10.- CARACTÉRISTIQUES TOPOGRAPHIQUES DE LA COMMUNE
Installée à une altitude comprise entre 0 à 2,278 mètres selon un Modèle Numérique de Terrain
fourni par l’UGS, la commune de Anse-à-Pitre est établie sur un relief très diversifié (réf : figure 3).
Ce relief est caractérisé notamment par une faible présence de plaine, avec des niveaux de pentes
tantôt raide et tantôt faible donnant lieu à des montagnes étouffées, dépourvues de végétations ou
constituées de végétations parsemées par endroits. D’ailleurs la commune de Anse-à-Pitre est
limitrophe à la commune de Fonds Verrettes, adossant le massif de la selle, l’une des plus grandes
chaines de montagne du pays. En effet, dans certaines localités telles que Haut Bois d’orme, Ti
Malanga, Ti kafe, Fond Jeannette, Plaine Citron situées dans la partie Sud-est de la section de Bois
d’orme, le relief présenté est très accidenté avec la présence de très fortes pentes. Certaines localités
telles que Garreau, Magny, Bois Codéine, Boucan Pété sont installées sur plateaux surélevés. La
section de Boucan Guillaume est aussi établie sur un relief relativement tourmenté suivant qu’on se
trouve dans le centre-ville ou dans les milieux ruraux. La partie Nord-ouest de cette section,
notamment au niveau des localités de Bony, Banane, Ti Bois, Récif, est constituée d’un relief
accidenté aux pentes fortes. Pourtant, le centre-ville attenant à la mer, précisément à l’extrémité Sud
de la section, culmine une altitude particulièrement faible qui s’élève à seulement un ou deux
22 | P a g e
mètres d’altitude par endroits. Par conséquent, cette zone est constituée d’un relief assez plat aux
pentes très faibles.
Carte 4 | Classes de pente de la commune de Anse-à-Pitre
2.11.- CARACTÉRISTIQUES HYDROGÉOLOGIQUES DE LA COMMUNE
Le territoire de la commune de Anse-à-Pitre est localisé sur une gamme de structures
hydrogéologiques formées principalement d’aquifères karstiques, d’aquifères carbonatés et de
formations sédimentaires (Réf ; figure 4). Les aquifères karstiques occupent 48,98% de la superficie
de la commune avec une superficie de 8943,5 ha. Ces structures sont généralement observées dans
les deux sections, mais restent beaucoup plus importantes au niveau de la deuxième section de Bois
d’orme. Dans la partie médiane de cette section, au niveau les localités de Terre Froide et de Bonite,
une petite couche hydrogéologique de type aquifère carbonaté est rencontrée. Au niveau central,
soit à Bony, Banane et Bota, et dans la pointe Sud de la section de Boucan Guillaume, on retrouve
des formations hydrogéologiques de type aquifères carbonatés recouvrant au total une superficie de
70233,13 ha qui correspond à 36,4% de la superficie totale de la commune de Anse-à-Pitre. Aussi,
au centre de cette section, un peu plus au Sud, des formations sédimentaires peuvent être observées.
Elles occupent néanmoins une très faible étendue, soit 1809,88 ha représentant 9,9% de la
23 | P a g e
superficie totale de la commune. Toutefois, il est à préciser qu’il n’y a pas de données disponibles
sur le volume de ces aquifères et que ces dernières ne sont pas utilisées dans les systèmes
d’irrigation de la commune.
Carte 5 | Structures hydrogéologiques de la commune de Anse-à-Pitre
2.12.- CARACTÉRISTIQUES HYDROGRAPHIQUES DE LA COMMUNE
La commune de Anse-à-Pitre est caractérisée par un réseau hydrographique spatialement très
important et très riche en termes d’affluence (cf. figure 5). Elle se trouve au cœur du bassin versant
du fleuve de Pedernales qui couvre 165,5 km2 de son territoire, soit 49,13 % de la superficie totale
couverte par ce bassin (Vera & Sánchez, 2015). Le fleuve de Pedernales, servant de limite aux deux
pays (Haïti et République Dominicaine) constitue le principal cours d’eau de ce bassin versant avec
une longueur de 40,3 km. En partant du Nord, cette rivière effleure la pointe Sud-est de la commune
pour aller se jeter dans la mer des Caraïbes. Sur cette rivière est connectée la prise qui sert à
alimenter le principal système d’irrigation de Anse-à-Pitre qui se trouve dans la localité de Parc
Cado. La rivière de Pedernales est alimentée par un nombre important d’affluents répartis sur toute
24 | P a g e
la commune. Il s’agit de ; ravine barbe pangnol ; ravine Mahot ; Ravine source Gareau ; ravine Ti
raisain ; ravine Belle roche ; Ravine longue ; ravine Pointe à Lagène ; Rio bonito et la ravine de
l’eau bonite. Dans l’extrême Sud de la commune, zone présentant un relief assez plat, une moins
importante affluence est remarquée ; la ravine Dichini et la ravine Ti raisain représentent les seuls
cours de ce réseau. En plus de ces cours d’eau, il existe une très grande quantité de sources (réf ;
tableau 6) qui favorisent la disponibilité de l’eau et qui par conséquent sont utilisées par les
ménages pour satisfaire leurs obligations ménagères et agricoles.
Carte 6 | Réseau hydrographique de la commune de Anse-à-Pitre
2.13.- OCCUPATIONS DES SOLS
Un exercice de description des éléments caractéristiques des sols et du paysage réalisé permet de
présenter les différentes classes d’occupations des sols de la commune de Anse-à-Pitre. Il est basé
principalement sur l’utilisation de la télédétection à partir (traitement des images satellites) et sur
des observations directes faites sur le terrain. Cette démarche a permis de constituer une typologie
des différentes composantes de l’espace concerné et d’aboutir à la réalisation d’une carte
25 | P a g e
d’occupation de sol constituée de cinq classes. Une description des différentes catégories
d’occupations de sols identifiées est ici réalisée.
1. La première classe de cette classification correspond à la classe « Eau ». Elle regroupe les «
eaux continentales » incluant les rivières, les cours d’eau stagnantes et les eaux maritimes.
2. La deuxième classe de cette classification renvoie à la classe dénommée « Artificiel ». Cette
catégorie inclut toutes les zones sans végétation ou artificialisées à savoir ; les « affleurements
rocheux » ; les « milieux urbains » ; les « zones dégradées nues » ; les « lits fluviaux et
alluvions récentes » et des surfaces cultivées labourées qui seraient nues avant le développement
des cultures ». Elle accuse une superficie évaluée à 2673,95 ha, ce qui représente 14,64 de la
superficie totale de Anse-à-Pitre.
3. La troisième classe étiquetée « végétation sèche » occupe une étendue estimée à 15,22 ha soit
l’équivalent de 8,72% de la superficie totale de la commune. Elle est constituée essentiellement
de plantes xérophiles telles que le campêche (Haematoxylon campechianum) et le bayahonde
(Prosopis juliflora) et de cactus.
4. La quatrième classe appelée « culture et agroforesterie » prend en considération les zones où la
végétation est prédominée par les cultures agricoles d’une part et d’autre part d’une association
de « culture agricole, de végétations de types arbustives et arborée, et d’élevage (systèmes
agroforestiers). On y observe les cultures agricoles composées de maïs, de la bananeraie, des
systèmes agroforestiers (arbres/arbustes et cultures saisonnières) et les vergers (citrus).
5. La dernière classe désignée « Arborée » recouvre toutes les zones dont la végétation est
composée de « strate arborée » formée d’arbres de hauteur minimale de cinq (5) mètres. Elle est
constituée des espèces forestières et fruitières telles que le Cèdre (Cedrela odorata), le
Cachiman (Annona cherimola), l’Avocatier (Persea americana), le Manguier (Mangifera
Indica), le Frêne (Simaruba glauca). La strate « Arboré » est concentrée en majeur partie dans
la partie Nord, à la limite avec la commune de Fonds Verrettes. Elle est faiblement représentée
avec une superficie de 600, 64 ha, ce qui représente 3,29% de la superficie totale de Anse-àPitre.
26 | P a g e
Carte 7 | Occupations des sols de la commune de Anse-à-Pitre
2.14.- CARACTÉRISTIQUES ET POTENTIALITÉS DU SECTEUR AGRICOLE DE LA
COMMUNE
Selon des données datées de 2005 fournies par le CNIGS, la commune de Anse-à-Pitre ne constitue
pas une zone à fortes potentialités agricoles. La carte de potentialité des sols réalisés à partir de ces
données montrent qu’un pourcentage de 37,87%, soit 402,36 ha de la superficie de cette commune
est très limité pour la production agricole. En outre, 48,11% de la superficie totale de la commune,
soit l’équivalent de 1576,05 ha dispose d’un potentiel agricole de niveau moyen. Cette situation
traduit la tendance au faible développement des activités liées à l’agriculture au niveau de cette
commune. En revanche, seulement 10% de la superficie de Anse-à-Pitre est classé dans la catégorie
bonnes et très bonnes en termes de potentialités agricoles. Ces sols relativement favorables au
développement des activités agricoles sont observés au niveau Sud-est de la première section de
Boucan Guillaume. Elle occupe au total une superficie estimée à 1978,41 ha environ.
27 | P a g e
Carte 8 | Potentialités agricoles de la commune de Anse-à-Pitre
28 | P a g e
Chapitre 3 | Etat des lieux des secteurs sociaux de base
3.1.- L’ASPECT GENRE ET LE RÔLE DES FEMMES
Les données démographiques montrent qu’il n’existe pas un très grand écart en termes de
proportion d’hommes et de femmes (soit 50, 52 % contre 49,47%) qui constitue la population de la
commune de Anse-à-Pitre. Aussi, l’analyse des informations recueillies a permis de déduire une
véritable amélioration de la prise en compte de la dimension genre dans les activités relatives au
développement de la commune. Cela se manifeste surtout, par une hausse du degré de participation
des femmes dans les prises de décisions politiques, dans le développement des activités
économiques telles que le commerce et dans la prestation des services dans le domaine de la santé
et de l’éducation.
À noter que l’économie de cette commune est reposée en majeure partie sur quatre grands champs
d’activités génératrices de revenus que sont le commerce, l’agriculture, l’élevage et la pêche. Les
activités relatives à l’agriculture sont largement dominées par les hommes. En soutien à leur mari,
les femmes des zones reculées participent dans l’ensemencement, l’arrosage des plantes et assurent
le rôle de cuisinière lors des konbit. Au niveau de l’élevage, les femmes sont plutôt propriétaires
des petits ruminants, notamment des caprins. En ce qui concerne les activités liées à la pêche, les
femmes sont beaucoup plus présentes dans les processus de commercialisation des produits y
relatifs. Mais en général, les femmes s’adonnent beaucoup dans des activités à dominance féminine
comme le commerce.
Quant au secteur éducatif et de l’enseignement, il est à mentionner que les femmes participent de
part égal aux personnalités masculines. Depuis plusieurs années, une communauté catholique a
implémenté une institution à titre professionnelle (Ecole Normale de Anse-à-Pitre) dans l’intention
d’orienter les jeunes de la commune après leurs études à une formation socio-professionnelle. Dès
lors, on a pu remarquer une participation active et la réintégration des femmes dans l’enseignement
du deuxième et du troisième cycle.
Malgré tout, les rapports sociaux entre hommes et femmes demeurent très inégalitaires. Les femmes
de cette commune sont le plus souvent victimes des violences (physiques, verbales, psychologiques,
économiques et sexuelles). Pourtant les instances judiciaires placées pour résoudre ces types de
problèmes semblent méconnues car les recours sont plutôt faits au niveau du commissariat (milieu
urbain) ou du CASEC (milieu rural). Pour remédier à cette situation, différentes organisations
communautaires de base, associations, comités et groupes de jeunes luttent depuis plus d’une
vingtaine d’années autour la question d’équité de genre et toutes autres activités mettant en valeur
29 | P a g e
les femmes. Parmi ces différentes structures, on compte l’association des marchandes de Anse-àPitre (AMA), Asosyasyon fanm Vanyan Ansapit (AFVA), Asosyasyon Fanm pou Devlopman
Ansapit (AFDA), Òganzasyon fanm Devwe Ansapit (OFADA), Komite lit kont vyolans ki ap fèt
sou fanm ak tifi, Groupe leadership féminin, Fanm pou Chanjman qui font la promotion du respect
des droits des femmes à travers des programmes d’accompagnement et de formation.
3.2.- LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION
Au cours des décennies précédentes, les membres de la population de Anse-à-Pitre ont été
contraints de partir ailleurs à la recherche de l’éducation en raison d’un manque d’institutions
offrant des cours au niveau secondaire. Cependant, ces dernières années, l’éducation a connu un
nouvel essor conditionné en majeur partie par une augmentation du nombre d’écoles offrant des
cours d’enseignements secondaires. Néanmoins, selon certaines personnes avec qui on a eu des
échanges, cela n’a pas pu empêcher une recrudescence marquée du taux de délinquance et de
migration des jeunes vers la République Dominicaine et des autres villes de la région du Sud-est. Le
travail de terrain réalisé a permis de recenser 90 écoles au niveau de la commune, dont 14 sont des
institutions publiques soit 15% de l’offre scolaire avec deux écoles publiques à gestion
communautaire (EPGC), 11 écoles de kindergarten, le reste en écoles privées. De cette offre
scolaire, 5 d’entre elles offrent des formations de niveau secondaire soit un total de 5%.
Carte 9 | Représentation cartographique des établissements scolaires recensés à Anse-à-Pitre
30 | P a g e
3.2.1.- QUALITÉ DE L’OFFRE ÉDUCATIF
Si on assiste depuis plusieurs années, à une multiplication des établissements scolaires au niveau de
la commune de Anse-à-Pitre, le personnel ne dispose pas toujours des qualifications exigées par la
profession. De plus, les infrastructures ne répondent pas aux normes académiques et pédagogiques.
En fait, ils ne disposent ni de toilettes répondant aux normes sanitaires, ni d’infrastructure d’accès à
l’eau potable pour l’alimentation des élèves. La présentation physique des salles, le décor, les
matériels didactiques et le nombre surélevé des élèves par salle de classe témoignent de l’état
dégradant du système éducatif au niveau de cette zone. Cependant, au niveau fondamental, les
professeurs bénéficient le plus souvent des séminaires de formation, mais cela peine à combler les
déficits de connaissances et de méthodes qui sont déjà très considérables. Selon des estimations
chiffrées fournies par le bureau de l’inspection scolaires de Anse-à-Pitre, le pourcentage de réussite
au niveau de ce secteur varie entre 70-80 % actuellement.
Photo 8 | École Nationale de Récif
Photo 9| Ecole privée de Bois-d ’Orme
3.2.2.- ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
A l’instar de la majorité des communes du pays, Anse-à-Pitre ne dispose pas de centre de formation
universitaire. Les particuliers qui veulent poursuivre leurs études supérieures se trouvent dans
l’obligation de se rendre à Port-au-Prince. Le plus souvent, le manque de moyens de déplacement,
de familles d’accueil et le coût élevé de la vie dans ces grands centres urbains ont tendance à
décourager les jeunes et adultes disposant de très maigres ressources financières qui souhaitent
obtenir une formation d’étude supérieure. De plus, ceux qui se déplacent pour se former à
l’université ne reviennent pas toujours dans la commune qui ne fournit pas suffisamment
d’opportunités économiques. Tout cela a pour effets de contribuer au ralentissement du processus
de développement socio-économique de la commune.
Cependant, on y retrouve deux (2) écoles professionnelles à savoir l’Ecole Nationale d’Instituteur
(ENI) des sœurs salésiennes et l’Ecole Normale d’Instituteur Anse-à-Pitre (ENIA) de l’église
31 | P a g e
Baptiste Eben-Ezer. Ces deux institutions offrent des formations en cuisine, en pâtisserie et en
pédagogie.
Tableau 6 | Analyse FFOM du secteur de l'éducation
Forces
Faiblesses
Opportunités
Menaces
Représentation du
Absence de blocs
Présence
Augmentation
MENFP dans la
commune à travers le
bureau de l’inspection
scolaire
Forte motivation du
personnel enseignant
Forte motivation des
élèves
Existence des
établissements
scolaires
sanitaires et d’espace de
recréation au sein des
établissements scolaires
Carence en eau potable
au sein des écoles
Manque de ressources
humaines qualifiées et de
financières adéquates
Défaillance du système
éducatif
Irresponsabilité des
parents
des
institutions
de soutien
(UNICEF,
Plan Haïti,
CESAL,
PAM,
Croix
rouge)
Synergie
avec les
autres
secteurs
Rémunération irrégulière
du personnel enseignant
Absence de bibliothèque
pour les apprenants
Forte influence politique
dans le secteur
de la
délinquance
juvénile
Aggravation de
l’insécurité
Tendance à
l’abandon des
études
Migration des
cadres formés
vers Port-AuPrince, Jacmel
et la
République
Dominicaine
Difficultés
socioéconomiques
des parents
Conditions
d’apprentissage peu
satisfaisantes
3.3.- LE SECTEUR DE LA SANTÉ PUBLIQUE
On recense 5 centres de santé opérationnels au niveau de la commune de Anse-à-Pitre dont le centre
de santé du centre-ville, de Platon cèdre (Section Bois d’orme), de Jéricho (Bois d’orme), du
quartier Banane (Section Boucan Guillaume) et le dispensaire médical Sainte-Thérèse (Centreville). Ils sont tous publiques à l’exception du centre Sainte-Thérèse.
32 | P a g e
Carte 10 | Représentation cartographique des Centres de Santé de la commune de Anse-à-Pitre
3.3.1.- CENTRE HOSPITALIER DU CENTRE-VILLE
Le centre de Santé du centre-ville est fondé en 1997 sous la présidence de René Préval. Il
fonctionne 24h/24 et fournit actuellement des services d’urgence, épidémiologiques, de nutrition, de
santé, de reproduction et de vaccination. Le centre possède à sa disposition un laboratoire de CDV
(Centre de Dépistage Volontaire) assurant la prise en charge des PV/VIH, une pharmacie et un
service de récupération nutritionnelle des enfants contre la malnutrition infantile. D’autres services
sont disponibles mais ne sont pas encore opérationnels tels que le SOP, l’Éclampsie et la
réanimation néo-natale à cause d’une carence en ressources humaines. Ce centre apporte également
son soutien dans la lutte contre certaines maladies telles que la tuberculose, la malaria et la
typhoïde. En ce qui a trait à la reproduction, il fournit un service de sonographie et d’IVAA
(Infection Visuelle Acide Acétique).
33 | P a g e
Photo 10 | Salle de réanimation néo-natale
Photo 11 | Centre hospitalier du centre-ville
3.3.1.1.- PERSONNEL MÉDICAL
Ce centre de quarante (40) lits dispose d’une trentaine d’employés dont une dizaine est affectée à
l’administration, une quinzaine travaillant dans les opérations techniques et le reste formant le petit
personnel. On y retrouve quatre (4) médecins dont (un (1) directeur médical, un (1) gynécologueobstétricien et deux (2) médecins généralistes), sept (7) infirmières, trois (3) auxiliaires infirmières
et deux techniciens de laboratoire. Aussi, la majorité des personnels de ce centre sont des
contractuels.
3.3.1.2.- CLINIQUE MOBILE
Dans un souci de rendre plus efficace le service de dépistage et de faciliter l’accès aux soins de
santé à un plus grand nombre, le centre de santé du Centre-ville organise des cliniques mobiles de
manière périodique dans les zones les plus reculées telles que ; Tèt sous, Bony, Bota, Ti-Malanga,
Fond Jeannette, Platon cèdre etc.
3.3.1.3.- TRAITEMENT DES CAS GRAVES
Le manque de ressources humaines qualifiées et de matériels de travail limite la capacité
d’intervention du Centre en cas de grave complication. En pareille circonstance, les patients sont
référés à l’hôpital Saint Michel de Jacmel, à Pedernales (République Dominicaine) ou à Port-auPrince. Selon l’exagération du cas des personnes atteintes du VIH, elles sont référées au centre de
Santé Sacré Cœur ou Centre de Santé Marie Madeleine de Thiotte possédant un centre d’ARV (Anti
Rétro Viral).
3.3.1.4.- BLOCS SANITAIRES ET ÉQUIPEMENTS
Il existe une quinzaine de blocs sanitaires au sein du centre de Santé hospitalier de Anse-à-Pitre
dont 3 sont externes. Ceux qui se trouvent à l’extérieur des bâtiments sont tous défectueux en raison
de la mauvaise utilisation des usagers. Une fosse septique est utilisée pour éliminer les déchets
34 | P a g e
biomédicaux produits par le centre. Aussi, il existe au niveau du centre, un incinérateur qui devrait
faciliter une meilleure gestion de ces déchets. Cependant, l’absence de ressources humaines
spécialisées dans la manipulation de cet engin le rend non opérationnel. Ce centre fait également
face à des défis d’hygiène et d’assainissement dus au dysfonctionnement de la pompe submersible
qui sert généralement à faciliter l’alimentation des différents services en eau propre. Dans la
majeure partie du temps, les responsables ont dû recourir à d’autres alternatives pour s’en
approvisionner.
3.3.1.5.- PATHOLOGIES LES PLUS COURANTES
Selon le directeur médical du centre hospitalier de Anse-à-Pitre, les pathologies les plus courantes
enregistrées et traitées sont les maladies infectieuses telles que les infections respiratoires, urinaires
et intestinales, les maladies chroniques telles que l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies
cardio-vasculaires. Sont enregistrés également des cas importants de typhoïde, de malaria, de
tuberculose, de diarrhée aigüe, de teigne, de malnutrition infantile et d’Helicobacter pilori. Les
maladies gastro-entérites et la typhoïde liées à la consommation de l’eau contaminée sont également
traités au niveau du Centre. Malgré tout, certains patients ont recours à l’automédication, à des
guérisseurs, à des hougans et des médecins traditionnels pour se faire soigner.
3.3.2.- SITUATION DES AUTRES CENTRES DE SANTÉ IDENTIFIÉS
Hormis le centre de santé du Centre-ville décrit ci-dessus qui fonctionne tous les jours et qui
constitue d’ailleurs la référence en dépit des différents obstacles auxquels il est confronté, les autres
centres sont ouverts uniquement du lundi au vendredi et parfois le samedi dans la matinée. Ils
comptent généralement entre 6 ou 8 employés par centre et sont confrontés aussi à des difficultés
énormes. Ils offrent d’une manière générale des services de vaccination, de planification familiale,
de santé reproductive et de nutrition.
Photo 12 | Centre de santé de Jéricho
Photo 13 | Centre de santé de Platon Cèdre
35 | P a g e
Tableau 7 | Analyse FFOM du secteur de la Santé
Force
Présence de 5
centres de santé
Disponibilité de
personnel
Forte volonté des
cadres
Fonctionnement
régulier et 7j/7 et
24h/24 du Centre
Présence de
plusieurs blocs
sanitaires, de
buanderies et
d’une cabine au
sein du centre
Présence d’agents
de santé au niveau
des sections
Organisation de
cliniques mobiles
Existence de
points fixes de
santé
Implication de la
communauté
Faiblesse
Insuffisance du personnel
soignant
Insuffisance en matériels et
équipements
Manque d’électricité
Blocs sanitaires
endommagés
Absence de puisards
Absence de ressources
humaines pour l’utilisation
de l’incinérateur
Employés mal rémunérés
Services disponibles mais
non fonctionnels
Nombre important
d’employés contractuels
Incapacité de résoudre les
cas compliqués
Centre de santé non clôturé
(Platon cèdre)
Carence en eau
Manque d’espace au sein
du centre de Banane
Opportunité
Menace
Appui
des Manifestation
partenaires externes
des événements
(ACTED,
OIM,
naturels
Croix rouge, OMS
(inondation)
et UNFP)
Défécation à l’air
Soutien des cadres
libre
du MSPP
Laxisme
des
Présence
de
responsables des
l’hôpital
de
secteurs
Pedernales
connexes
Existence
d’un
(MTPTC,
programme de lutte
MARNDR,
contre
la
etc…)
malnutrition
Appui
de
la
Fondation Lumière
au centre de Banane
3.4.- EAU POTABLE
Le centre-ville de Anse-à-Pitre et ses zones avoisinantes sont desservis par un Système d’Adduction
d’Eau Potable (SAEP) très important. Ce système est alimenté par la rivière de Pedernales grâce un
captage construit au niveau dudit cours d’eau. Il est constitué de 4 bassins dont un bassin de
stockage, un bassin d’aération, un bassin de filtration et un bassin de distribution. Un
hypochlorateur placé au niveau du bassin de distribution permet d’assurer le traitement de l’eau
distribuée auprès des ménages. La gestion de ce SAEP est assurée par une structure composée 3
groupes avec un droit de regard de la DINEPA et de la mairie. Il s’agit du CAEPA, du TEPAC et de
l’OP. Le Comité d’Approvisionnement en Eau potable et en Assainissement (CAEPA), composé de
4 personnes dont une femme, supervise les Opérateurs Professionnels (OP) qui sont au nombre de
3. Le Technicien communal en Eau Potable (TEPAC), représentant de la DINEPA au sein de la
commune de son côté assure le contrôle de qualité. Ce système revêt d’une importance capitale pour
les ménages en les permettant de satisfaire leurs principaux besoins domestiques. Actuellement, le
nombre d’abonnés du SAEP s’élèvent à 1500 et une cotisation mensuelle de 150 gourdes est prévue
36 | P a g e
par abonné. Pourtant, le passage du cyclone Laura en 2020 a eu des impacts majeurs sur cette
structure qui ont engendré des difficultés de fonctionnement. En effet, une importante pénurie d’eau
se fait sentir actuellement au niveau du centre-ville et ses zones attenantes. Etant donné que toutes
les fontaines publiques sont dysfonctionnelles, la majorité de la population utilise gratuitement l’eau
provenant de la Fondation Barco’s Nightingales.
Photo 14 | Fontaine publique dysfonctionnel
Photo 15 | Fontaine de Barco’s Nightingales
Foundation
3.5.- EAUX SOUTERRAINES
Les enquêtes de terrain ont permis de recenser un ensemble de 19 sources au niveau de la commune
de Anse-à-Pitre. La majorité, soit un total de 17 se concentre dans la deuxième section de Bois
d’Orme. Elles permettent en particulier aux ménages ruraux de répondre à leurs différents besoins
relatifs aux ressources en eau. Cependant, la plupart de ces sources ne sont pas captées et sont très
vulnérables aux aléas climatiques notamment aux épisodes de sécheresses prolongées. De plus, elles
sont très exposées et vulnérables aux menaces engendrées par la dégradation de l’environnement
telles que l’érosion des sols, l’éboulement et les glissements de terrain. Cet état de fait consiste à
remettre en question leur durabilité et la qualité des eaux qu’elles fournissent. Ainsi, le tableau cidessous renseigne sur l’état et la localisation géographique de ces différents plans d’eau.
Tableau 8 | Principales sources identifiées au niveau de Anse-à-Pitre
Nom des sources
Ti Konpi
Boukan pete
Manyin
Ti Simbi
Localisation
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
Remarques
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Ti Ban
Dlozetrèn
Bureau des Contributions de
Banane
2ème Section
2ème Section
Capté
Non capté
37 | P a g e
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
2ème Section
1 ère section
1 ère section
Garot
Mamawo
Natis
Bonit
Bois d’orme
Ti Sous
Nan Demèli
Ti Wawa
Nan Mede
Nan Tififine
Nan Jistin
Fanfan
Tête à l’eau
Non capté
Non capté
Capté
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Non capté
Capté
Non capté
Photo 16 | Source Manyin
Photo 17 | Source Tiban
Tableau 9 | Analyse FFOM du secteur de l’eau
Force
Existence d’un
SAEP
Existence de
nombreuses
sources au niveau
de la deuxième
section
Présence de la
DINEPA au sein
de la zone
Disponibilité des
matériels et
véhicules pour les
services de voirie
Existence d’un
comité de gestion
du SAEP
Faiblesse
Sources non
captées
Sources parfois
éloignées des zones
habitables
Paiement irrégulier
des usagers du
SAEP
Faiblesse de
gestion de l’Etat
Détérioration du
captage
Manque de
matériels pour les
travaux
d’assainissement
Absence d’un
système de
drainage
Opportunité
Menace
Augmentatio
n des
épisodes de
sécheresse
Intensificatio
n des
pratiques de
déboisement
Inondation
(SAEP)
Défécation à
l’air libre
Absence de
sites de
décharge
Tarissement
de
nombreuses
sources
38 | P a g e
Manque de moyens
durant les
périodes de
sécheresse
économiques
3.6.- ASSAINISSEMENT
Il existe un service de voierie au sein de la marie constitué de 10 employés dont la mission consiste
à assurer la collecte régulière des déchets solides. Ce service détient une motocyclette à 3 roues et
un camion à sa disposition pour faciliter le ramassage. Les efforts consentis par les membres de
cette structure en vue de parvenir à une meilleure gestion des déchets publics sont remarquables ;
cela, en dépit de l’absence d’un véritable plan de gestion des déchets usagers au niveau de la
commune. En effet, ni poubelles, ni sites de décharge formels encore moins des centres de
traitement de déchets n’ont été identifiés. Par conséquent, les matières résiduelles collectées à la
longueur de journée sont déversées à proximité de la rivière ou dans des endroits peu fréquentés. Il
en résulte l’accumulation de tas de résidus dans certaines rues et la formation de dépôts sauvages au
bord de la rivière.
Au niveau des sections communales, les ménages utilisent les jardins et les arrières cours pour se
débarrasser des déchets de toutes sortes considérées, pour certains, comme du fumier destiné à la
fertilisation des terres. En effet, le brulis ou la décomposition naturelle de ces déchets non
dégradables entrainent de graves conséquences sur l’environnement et la santé des personnes qui se
trouvent dans les zones de proximité.
Photo 18 | Motocyclette à la disposition de la voirie
Photo 19 | Site de décharges informel à la Saline
3.7.- ÉLECTRICITÉ
Comme tant d’autres communes du pays, l’accès à l’électricité en tant que service social de base et
fondamental est très difficile au niveau de la commune de Anse-à-Pitre. Quoi qu’il existe une
39 | P a g e
génératrice pouvant alimenter une partie du centre-ville, l’accès au courant électrique est très faible
; cela par faute de carburant. Par conséquent, la population locale n’a d’autre choix que de
rechercher et de développer leurs propres initiatives et alternatives pour se procurer de l’énergie
(achat de panneaux solaires, de batteries et de génératrices). Pour la cuisson des aliments, la
majorité des habitants, soit plus de 90% ont recours à l’utilisation charbon de bois comme sources
d’énergie. Le charbon de bois, dont la production est en forte augmentation dans la commune, est
utilisé également comme source d’énergie dans les boulangeries et les blanchisseries de la zone.
3.8.- LE SECTEUR TRANSPORT ET TÉLÉCOMMUNICATION
3.8.1.- TÉLÉCOMMUNICATION
La communication téléphonique est assurée par des compagnies privées opérant en Haïti (Digicel,
Natcom). Selon la majorité des personnes avec qui on eau des échanges, les services fournis par ces
compagnies sont loin d’être de qualité et satisfaisant. Ils ne disposent pas de bureaux au sein de la
commune, mais comptent seulement des agents autorisés et des vendeurs ambulants de cartes. La
qualité du service d’internet fourni est très médiocre d’autant plus qu’on ne peut y accéder que par
l’usage de clés USB et de téléphone. A Anse-à-Pitre, l’accès à un service d’internet de qualité n’est
possible que grâce à une compagnie dominicaine (Claro) qui couvre une partie de la commune. En
raison de leur faible pourvoir d’achat, très peu de familles ont accès à ce service d’internet dont le
coût est relativement exorbitant. En conséquence, une quantité considérable de personnes n’utilisent
pas l’internet. D’autres services tels que la boite postale n’y existent pas non plus.
Le secteur télécommunication est caractérisé également par la présence des stations de radio au
niveau de la commune. En somme, il en existe quatre à Anse-à-Pitre dont trois se situent dans le
centre-ville et l’autre dans la deuxième section. Elles offrent des services de publicité et présentent
également des émissions de musiques et des bulletins d’informations. Comme contraintes de
fonctionnement, elles sont toutes confrontées aux problèmes relatifs à l’énergie.
Tableau 10 | Stations de radio recensées à Anse-à-Pitre
Nom
Adresse
Fréquence
Radio
Nazaréen
Bois
Verna
89.9
Perfectio
n FM
Bois
Verna
95.1
Aires
d’écoute
Puissance
émettrice
Mare blanche
jusqu’à baie
d’orange
FondVerettes, baie
d’orange
jusqu’ à la
vallée de
Nombre d’employés
30w
Homme
8
Femme
5
150 w
8
1
40 | P a g e
Radio
Télé voix
de la
frontière
Compact
FM
Kajou
gran rue
104.7
Bois
d’Orme
101.1
Jacmel
Forêt des
158 w
Pins jusqu’ à
Fond
Verettes
Anse à Pitres/
Thiotte
13
1
3.8.2.- SITUATION DU TRANSPORT
La commune de Anse-à-Pitre est connectée à la région du Sud-est par un seul axe routier. Il s’agit
de la route communale menant vers Thiotte qui se joint à la route nationale no 4 reliant le
département du Sud-est au département du Sud et à la route nationale no 8 reliant la région du Sudest au département de l’Ouest en passant par Forêts des pins et Fonds Parisiens. Cet axe (Anse-àPitre) dont la majeure partie est constituée de terres battues en très mauvais état est relativement
accidenté. De temps à autre, des travaux de maintenance y sont réalisées ; d’où la présence de petits
tronçons en bétons dans certains endroits. La République Dominicaine est également très accessible
par voie terrestre depuis Anse-à-Pitre. Il suffit de franchir le pont reliant les deux communes qui se
trouve sur la rivière de Pedernales.
Le transport terrestre et maritime représente les différents moyens de déplacement qui caractérisent
le système de transport observé au niveau de la commune de Anse-à-Pitre. Le transport terrestre est
assuré par les motocyclettes qui facilitent la mobilité des personnes à l’intérieur de la commune et
qui transportent également la majorité des passagers voyageant vers les autres communes du
département. De Thiotte vers les autres régions du pays, le transport des passagers est assuré par des
voitures tout terrain (Toyota Land Cruiser). En revanche, le transport des marchandises se fait
principalement par des camions assurant le trajet Anse-à-Pitre/Port-au-Prince. En raison de l’état
lamentable des axes routier Anse-à-Pitre vers Thiotte, Anse-à-Pitre vers Forêt-des-Pins, Fond
Verettes, la durée de vie de ces véhicules est relativement courte, en dépit de leur robustesse. En
outre, les dépenses effectuées pour assurer leur maintenance sont assez significatives selon des
membres du syndicat de transport rencontrés.
Le transport maritime assurant le trajet Anse-à-Pitre vers Marigot/Jacmel est très mal organisé
malgré la présence de la SEMANAH dans la zone. Les moyens mis à la disposition de cette
structure d’importance particulière pour cette commune côtière sont très faibles. Actuellement, elle
ne dispose même pas de bureau au niveau de la zone même si un espace lui a été accordé pour la
construction d’un éventuel siège. Le trajet Anse-à-Pitre vers Marigot/Jacmel par voie maritime est
effectué via des paquebots qui transportent des marchandises et des personnes. C’est une option
généralement privilégiée par la population locale en raison du fait qu’elle permet d’économiser plus
de temps et aussi de contourner les fatigues engendrées par l’état piteux des routes terrestres.
41 | P a g e
Photo 20 | Une vue de la route Thiotte-Anse à
Pitres
Photo 21 | Bateau assurant le trajet Anse à
Pitres/Marigot
3.9.- LOISIRS, SPORT ET CULTURE
Par ailleurs, les discothèques et les gaguères sont les principaux milieux qui offrent un peu de loisirs
au niveau de la communauté. Les bars et les night-clubs prolifèrent au niveau du centre-ville et
servent de lieux de divertissement pour haïtiens et dominicains. Si au niveau du centre-ville les
activités de loisir concernent surtout les bars et les night-clubs, le combat de coq au sein des
gaguères constitue un loisir à nul autre pareil pour les habitants des milieux reculés. Par ailleurs,
deux centres socio-culturels dont l’un au niveau de Bony et l’autre au niveau de Banane et un centre
polyvalent ont été identifiés.
En ce qui a trait aux activités sportives, elles sont très peu développées dans la commune. Il manque
des infrastructures et des moniteurs de sport qualifiés pour aider à l’épanouissement physique et
sportif des jeunes.
Photo 22 | Centre socio-culturel de Banane
Photo 23 | Gaguère au niveau de Platon Cèdre
La population de Anse-à-Pitre pratique plusieurs cultes religieux (Catholique, Adventiste, Baptiste,
Pentecôtiste, Corps de Christ, Témoins de Jéhovah, Vodou). Le Catholicisme et le Vodou ont été
pendant longtemps des cultes dominants dans la commune, selon certaines personnes ressources
consultées. Toutefois, on a assisté à une forte remontée des cultes protestants ces dernières
42 | P a g e
décennies. On y retrouve une multitude d’églises, disposant en même temps une école, dont
certaines sont en très mauvais état. Les perystils et les temples de Vodou ne sont pas toujours
identifiés même si les prêtes de vodou opèrent un peu partout à travers le territoire. Anse-à-Pitre est
dotée de la Paroisse Notre Dame de Lourdes, célébrant sa fête patronale le 11 février. On recense
également d’autres chapelles se trouvant dans les deux sections et dans le quartier de Banane telles
que ; Ste-Anne de Bony célébrant la fête de sa patronne le 26 juillet, St Gérard de Banane le 11
Novembre, Ste Thérèse de Récif le 1er Octobre et la chapelle St Augustin de Tête-à-l’eau célébrant
sa fête patronale le 28 août. Ce sont des périodes de pic pour la vente de certains articles,
particulièrement les vêtements aux dires de certains marchands. En outre, il faut souligner la
présence de trois autres communautés chrétiennes catholiques, en l’occurrence les sœurs Carmélites
qui interviennent dans la santé ; les sœurs Salésiennes dans le social et l’éducation et les sœurs de
Fatima. Au-delà des services religieux, l’église catholique apporte son soutien aux plus vulnérables
en contribuant à la planification et au financement des activités sociales mises en œuvre. En fait, les
missions catholiques se sont montrées très inquiètes par rapport à la situation socio-économique et
environnementale déplorable des communautés marginalisées de Anse-à-Pitre. Elles sollicitent la
construction de centres d’apprentissage socio-professionnels pour la réinsertion des jeunes afin de
combattre la délinquance juvénile.
Traditionnellement, des caves familiales sont construites un peu partout au sein de cette commune.
Cependant, des cimetières communs ont été identifiées où deux sont situées dans le centre- ville et
une au niveau du quartier de Banane.
Photo 24 | Église Adventiste de Mare Rouge
Photo 25 | Église Nazaréen de Haut Bois d’Orme
43 | P a g e
3.10.- SOCIÉTÉ CIVILE
L’entraide et l’esprit de solidarité qui animaient autrefois les différents groupes sociaux pour la
réalisation des activités socio-économiques se sont progressivement éteintes à Anse à Pitres. Les
modes d’organisation traditionnelles de travail telles que ; Kòve, Eskwad, Asosye, et Konbit qui
étaient présentes un peu partout au niveau du terroir ne sont plus constatées et tout est maintenant
rémunéré. Actuellement, une mutation très poussée s’est opérée dans les mœurs et les coutumes des
habitants de la commune et la tendance à la coopération diminue progressivement due aux
exigences de la vie, à la migration de la force de travail surtout vers la République Dominicaine et
au désintéressement des jeunes. Il existe actuellement des regroupements d’organisations qui
effectuent timidement des travaux communautaires.
Dans la première section communale, environ 35 organisations à plusieurs tendances se sont
fédérées pour former la FEDESEKOB (Federasyon Seksyon Kominal Boukan-Giyòm) et dans la
deuxième section communale, environ 27 se sont fédérées pour former la FESEKOB (Federasyon
Seksyon Kominal Bwadòm). Dans le centre-ville, les OCB se sont fédérées pour constituer une
structure communale dénommée COCA (Coordination des Organisations Communales d’Anse-àPitre). Ces trois institutions travaillent de concert avec la Coordination des Organisations pour le
Développement de l’Arrondissement de Belle-Anse (CODAB). C’est une structure de coordination
qui évolue au niveau de l’arrondissement qui assure le rôle d’intermédiaire entre les différentes
OCB de l’arrondissement et la coordination régionale CROSE (Coordination Régionale des
Organisation du Sud-Est). À noter que les différentes organisations précitées ne fonctionnent pas
totalement comme auparavant et certaines n’existent que de nom. Une liste des différentes
organisations communautaires de base recensées au niveau de la commune de Anse-à-Pitre est
présentée en annexe.
44 | P a g e
Chapitre 4 | État des lieux des secteurs économiques
4.1.- LES SECTEURS AGRICOLES
Sur le plan économique, la dynamique agricole est très contrastée et fait donc l’objet d’une certaine
complexité à Anse-à-Pitre. Si pour la majorité des communes du pays, le secteur de l’agriculture
représente la première activité économique, paradoxalement, il est difficile de confirmer une telle
tendance à Anse-à-Pitre. Mais, en supposant que le secteur agricole inclue les sous-secteurs de
l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la foresterie, l’on peut prétendre bien que ce secteur
constitue le socle de l’économie de cette collectivité. Toutefois, une étude plus poussée sur les
principaux secteurs économiques de la zone est nécessaire afin d’apporter des éclaircissements plus
fondés sur la question.
4.1.1.- LE SECTEUR DE L’AGRICULTURE
Pour une grande majorité de la population de Anse-à-Pitre, en particulier celle de la première section
de Boucan Guillaume, cette branche d’activité ne représente qu’une source de revenus
complémentaire. Cependant, au niveau de certaines localités de la section de Bois d’Orme, elle
constitue le principal moyen de subsistance de nombreuses familles. A Anse-à-Pitre, l’agriculture est
pratiquée au niveau de toutes les aires agro écologiques ; dans les zones de montagnes sèches, dans
les zones de plaines irriguées et en plus grande importance les zones de montagne humide. Les
techniques agricoles adoptées sont caractérisées en majeure partie par la pratique des cultures pures
suivant les techniques de brulis (Vera & Sánchez, 2015). En effet, la pratique de l’agriculture sur
brulis constitue une mauvaise pratique agricole qui favorise l’accélération de l’érosion des couches
arables des sols, et qui entraine à son tour une baisse de productivité agricole. Parfois, on retrouve,
des parcelles emblavées par des cultures en association.
4.1.1.1.- TENURE FONCIÈRE
Selon certaines personnes interrogées lors des activités de collecte des informations sur le terrain, la
majorité des terres agricoles exploitées à Anse-à-Pitre appartiennent au domaine privé de l’état. Au
fil des ans, ces terres sont transmises de génération en génération ; ce qui complique davantage la
question de régularisation foncière au niveau de cette commune. Un travail cadastral serait d’une
importance capitale en vue de prévenir d’éventuels conflits terriens et prémunir la sécurité foncière.
45 | P a g e
4.1.1.2.- IRRIGATION
En réalité, seulement le centre-Ville (localité de Parc Cadot) de la commune de Anse-à-Pitre possède
un système d’irrigation. Son fonctionnement est possible grâce à un barrage construit sur la rivière de
Pedernales en 1980 par les présidents Jean-Claude Duvalier et Antonio Guzman (dominicain). Ce
système d’arrosage, constitué d’un canal primaire de 8.1 km et d’un réseau de canaux secondaires,
tertiaires et quaternaires, dessert une superficie évaluée 332 ha environ (Vera & Sánchez, 2015). En
effet, ce système n’est pas utilisé exclusivement au profit du développement de l’agriculture compte
tenu du fait que le centre ne représente pas une zone à vocation agricole. En revanche, l’agriculture
pratiquée au niveau des sections communales est complètement de nature pluviale.
Photo 26 | Barrage d’irrigation
Photo 27 | Canal d’irrigation
4.1.1.3.- TYPE DE CULTURE
Les cultures pratiquées au niveau de la commune de Anse- à-Pitres varient d’un milieu à un autre.
Cela est dû à la forte variabilité du climat au sein de cette commune qui de son côté est imputable à la
forte variation d’altitude observée. Dans la plaine irriguée du centre-ville, notamment dans la localité
appelée « Nan Cachiman », des champs agricoles constitués principalement de haricot de banane sont
observées. Dans la section Boucan Guillaume où la température est plus élevée que la section Bois
d’Orme, les systèmes de cultures identifiés sont caractérisés essentiellement par la pratique des
cultures en association telles que le maïs, le haricot, le sorgho, le tabac, le manioc, la patate douce et
le melon. Lors du focus groupe réalisé sur le secteur de l’agriculture, des exploitants agricoles ont
signalé la très forte régression de la culture du sorgho et du tabac au cours de ces dernières années.
Dans la localité de Bas Bois d’Orme, jouissant d’un microclimat quasi-similaire à Boucan Guillaume,
les cultures de base pratiquées sont le maïs et le haricot. Dans les zones de haute altitude (Haut bois
d’Orme) spécialement dans les localités Platon cèdre, Garot, Nan Plak, Boukan Pete, Ti kalis, où le
climat ressenti est similaire à celui de la commune de Thiotte, on retrouve un système de culture
composé essentiellement de café, de haricot, des cultures maraichères (chou, carotte et pomme de
terre) et de l’igname.
46 | P a g e
Photo 28 | Plantation de banane/ Centre-ville
Photo 29 | Plantation de haricot dans le centre-ville
Photo 30 | Culture maraichère à Garot
Photo 31 | Système agroforestier à base de café
4.1.1.4.- MAIN D’ŒUVRE, OUTILLAGE ET CALENDRIER CULTURAL
Les pratiques jusqu’alors adoptées dans le sous-secteur de l’agriculture au niveau de la commune de
Anse-à-Pitre restent et demeurent conservatrices. En effet, les techniques et outils de production
utilisés sont le plus souvent vétustes et peu performants. Il s’agit d’outils rudimentaires composés
principalement de houe et de machette, de serpette, de pioche, de pelle. La traction animale n’est pas
utilisée dans les opérations culturales. Pour les travaux de labourage et de préparation des sols au
début de la saison agricole, les exploitants font souvent appel à la main-d’œuvre salariée. Celle-ci est
assez couteuse avec la dégradation des terres et la proximité de la République Dominicaine qui donne
une alternative plus rémunératrice et valorisante aux ouvriers agricoles de la région.
Tableau 11 | Calendrier cultural des principales cultures pratiquées à Anse-à-Pitre
Cultures
Période de Plantation
Période de récolte
Café
Mai- Septembre – Octobre
Juillet - Mai
Haricot
Mars
Mai - Juin
Igname
Mars - Juin
Toute l’année
Maraîchage
Toute l’année
Toute l’année
Maïs
Janvier - Février
Avril-Mai
47 | P a g e
Sorgo
Mars
Décembre-Janvier
Tabac
Octobre
Janvier
Patate
Juin ou octobre
Octobre ou février
4.1.1.5.- CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES PRODUITS AGRICOLES
Il n’existe pas de lieux d’échanges au niveau des sections communales où les producteurs peuvent
écouler leurs produits agricoles sans de trop grandes difficultés. Toutefois, ils se regroupent dans de
petits marchés alternant leur jour de fonctionnement. C’est le cas du marché Se radòt de Platon cèdre,
Lendilòt de Tèt Source, Bonit au niveau de la localité de Fond Jeannette, Mare rouge, Bony. Le
marché de forêt des pins constitue un point important pour la vente des cultures maraîchères et des
produits dérivés de l’élevage. Cependant le mauvais état de la route et la distance par rapport aux
zones de production agricole rendent la tâche difficile. En effet, face à ces contraintes de toutes
sortes, certains producteurs préfèrent vendre leur café aux spéculateurs dominicains.
Photo 32 | Marché de Platon Cèdre
4.1.1.6.-
ORGANISATIONS
L’AGRICULTURE
ET
Photo 33 | Camion transportant du chou
STRUCTURES
D’APPUI
AU
SECTEUR
DE
A l’échelle locale, il existe toute une série d’organismes in-situ qui interviennent activement dans le
développement du secteur de l’agriculture. Cette catégorie comprend des organisations non
gouvernementales internationales et des associations paysannes telles la FAO, le PNUD, le GIZ,
CROSE et Singing Rooster et la Fédération Section Communale Bois d’Orme. Dans la majeure partie
des cas, ces organismes entreprennent des activités sur le terrain en vue de contribuer à l’amélioration
des conditions de vie de la population locale en général et des communautés dépendant des activités
agricoles en particulier ; cela via l’amélioration de la productivité agricole. En revanche, il existe peu
de structures étatiques qui apportent un soutien qui pourrait servir de levier au développement à ce
secteur au niveau de cette commune. Le Bureau Agricole communal (BAC) qui est censé assurer la
représentation directe du Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rurales (MARNDR) est quasi-inexistant.
48 | P a g e
Tableau 12 | Analyse FFOM du secteur de l'agriculture
Force
Disponibilités des
ressources
humaines
Disponibilité des
terres agricoles
Faiblesse
Absence
de
structure
d’irrigation
à
Boucan Guillaume
Manque
de
dispositif de crédit
agricole
Mauvais état des
infrastructures
routières
Absence de marché
de
produits
agricoles
Absence d’unités
de transformation
des
produits
agricoles
Manque
d’encadrement des
agriculteurs
Absence
de
boutiques d’intrants
agricoles
Faiblesse dans la
coordination
du
Bureau
Agricole
Communal (BAC)
Opportunité
Appui de la
FAO
Support
de
GIZ
Appui
de
CROSE
Appui
de
Solidarité
Internationale
Appui
de
Solidaridad
Internacional
Menace
Changement
climatique
Accélération du
déboisement
Intensification
de l’érosion des
sols
Prolifération des
insectes
Migration de la
main-d’œuvre
vers
la
République
Dominicaine
Augmentation
de
la
contrebande
Concurrence
déloyale
par
rapports
aux
produits
dominicains
Pratique
de
l’élevage libre
4.1.2.- LE SECTEUR DE L’ÉLEVAGE
4.1.2.1.- CARACTÉRISTIQUES DE L’ÉLEVAGE DANS LA ZONE
L’élevage est une activité exercée par plus de la moitié de la population de Anse-à-Pitre surtout au
niveau de la première section de Boucan Guillaume. Il est une branche d’activité du secteur primaire
qui pèse très lourd sur l’économie des producteurs. Les revenus générés grâce à ce secteur d’activité
permettent aux familles de répondre à certains besoins essentiels et de couvrir les frais de scolarité
des enfants. Il représente également une source d’aliments (lait, viande) assurée pour la nutrition des
familles qui s’y adonnent. En dépit de cette importance, ce secteur fait face à de nombreuses
contraintes dues aux changements climatiques qui constituent des freins considérables et
déterminants à son développement durable. Il s’agit d’une part de l’augmentation des périodes de
sécheresses qui entraine la diminution des pâturages, le tarissement des plans d’eau et la diminution
de la production de fourrage ; et d’autres part de l’augmentation des températures et de la fréquence
des inondations susceptibles d’entrainer des pertes considérables de bétails. A ceux-là s’ajoutent
également d’autres défis d’ordre environnemental et socio-structurel tels que le déboisement de la
49 | P a g e
couverture végétale au niveau de la commune et les problèmes d’insécurité manifestés le plus
souvent par les vols de bétails, la concurrence des produits d’importations dominicains et surtout le
manque de personnels en soins vétérinaires dans la commune.
4.1.2.2.- MODE DE CONDUITE
En général, l’élevage pratiqué au niveau de la commune de Anse-à-Pitre se fait de manière libre.
Dans quelques endroits particuliers, le mode de conduite des animaux se fait à la corde. Pour les
équins, ils jouent un double rôle en l’occurrence le transport des produits agricoles et le rôle de
moyen de locomotion des membres de certaines familles.
4.1.2.3.- PRINCIPALES ZONES DE CONCENTRATION
Les observations directes faites sur le terrain ont permis de remarquer une prédominance de l’élevage
de caprins au niveau de la section de Boucan Guillaume. L’élevage de bovins est pratiqué dans les
zones de pâtures au niveau de la partie supérieure du bassin (Bois d’Orme). Quant aux équins, on les
rencontre majoritairement dans la zone inférieure du bassin sur des parcelles en jachère. Dans les
saisons de cultures, les animaux sont gardés au flanc des mornes sur des parcelles en jachères ou ils
sont directement conduits à cette fin. Après les récoltes, les animaux sont amenés vers les zones
cultivées pour profiter des résidus de récolte.
Photo 34 | Élevage libre dans la localité Récif
Photo 35 | Élevage bovin à Boucan Guillaume
4.1.2.4.- CIRCUITS DE COMMERCIALISATION DES ANIMAUX
Les éleveurs vendent leurs animaux soit au niveau du marché de Forêt des Pins, de Marmirande ou
de Bony. Mais ceux de Récif préfèrent les vendre au niveau du marché de Pérédo (Marigot).
4.1.2.5.- PRINCIPALES MALADIES RENCONTRÉES
Le système d’élevage est confronté à de nombreuses maladies à Anse-à-Pitre. Le tableau suivant
illustre les principales maladies ayant affectés les animaux ces dernières années et les stratégies
adoptées par les éleveurs pour mieux les affronter.
50 | P a g e
Tableau 13 | Principales maladies des animaux
Espèces
Principales maladies rencontrées
Stratégies de solutions
Bovin
Charbon, Tiques et diarrhées
Utilisation de Gerbétine
Caprin
Maladies parasitaires, diarrhées
Vermisol et d’albendazol
Porcin
Maladies de Teschen
Vaccination
Ovine
Maladies parasitaires, diarrhées
Equine
Tétanos
Volailles
Gumboro, Grippe aviaire, New
Castle
Tableau X | Analyse FFOM du secteur élevage
Force
Disponibilité
des zones de
pâturages
Volonté et
motivation des
éleveurs
Source
importante de
revenu pour les
éleveurs
Faiblesse
Opportunité
Menace
Prolifération des
Existence et
Amplification
maladies
soutien des
des aléas
institutions
climatiques
Faible
(ADRA,
connaissance des
Menace des
CROSE,
techniques de
prédateurs et
GIZ, FAO,
conservation du
augmentation
ACDIVOCA
fourrage pour les
des cas de vols
)
périodes sèches.
de bétails
(Ensilage, foin et
Aggravation des
blocs
problèmes de
nutritionnels)
l’insécurité
Absence de point
Concurrence
d’eau destiné à
face aux produits
l’abreuvage des
dominicains
animaux
Forte
Rareté d’aliments
dégradation de
durant les
l’environnement
périodes de
sécheresse
Carence en soins
vétérinaires
Faible
encadrement
technique des
pasteurs
Absence
d’infrastructures
de base adaptées
à l’élevage
Augmentation
des pratiques de
l’élevage libre
51 | P a g e
4.1.2.- LE SECTEUR DE LA PÊCHE
4.1.2.1.- CARACTÉRISTIQUES DE LA PÊCHE
La pêche constitue une activité économique particulièrement importante au niveau du centre-ville de
Anse-à-Pitre et des localités de Récif et de Croque. En particulier, une très forte proportion de la
population de la localité de Récif vit pratiquement de cette activité. La pêche artisanale et la pêche en
haute mer constituent les principaux types de pêche pratiquées dans ces zones. Pour la pêche
artisanale, les engins utilisés sont les nasses et les seines (hormis les seines de plages) alors que pour
pêche en haute mer, les pêcheurs ont recours à l’utilisation de matériels divers comme des dispositifs
de concentration des poissons (DPC), des GPS, des gants, des lunettes à l’eau, des fusils, des Yatch,
entre autres. D’une manière générale, il n’y a pas une époque réservée aux activités de pêche ; ce qui
agit drastiquement sur le temps de reproduction des espèces.
4.1.2.2.- ESPÈCES CAPTURÉES
Les espèces de poissons le plus souvent capturées sur le plateau continental sont ; Colas, Sade, Djòl
bave, Croquo, Perroquet, Kanmad, Barbarin, Casino, Piskèt, les Sardines, et Carette. D’autres
produits de mer tels que les crabes, les lambis sont également recherchés. En haute mer, les pêcheurs
optent pour les balarous, les homards, les thons, les requins, les Dorades etc. L’exploitation des
produits de pêche est assez enrichissante, cependant l’une des pires contraintes confrontées au niveau
de ce secteur est le manque de dispositifs de conservation des poissons qui sont relativement couteux
en termes d’argent et d’énergie.
4.1.2.3.- CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES PRODUITS DE PÊCHE
Il n’y pas un marché spécial dans la commune où les produits dérivés de la pêche sont écoulés. Dans
la plupart du temps, les produits sont vendus ailleurs notamment à Marigot et Port-au-Prince. A
noter, qu’une forte proportion de femmes est impliquée dans le développement de cette activité à
Anse-à-Pitre.
Tableau 14 | Analyse FFOM du sous-secteur de la pêche
Force
Présence de
matériels
(Coralin,
Yatch et
DCP)
Bonnes
connaissanc
Faiblesse
Absence de banque de crédits pour la
pêche
Prix exorbitant des matériels de pêche
Manque de dispositifs de
conservation des poissons
Non-respect des normes pour le quota
et les calendriers de pêche
Opportunité
Appui de la
coopération
espagnole
Appui de la
Croix-Rouge
allemande
Appui de la
Menace
Augmenta
tion des
fréquence
s des
cyclones
Destructio
n des
52 | P a g e
es de la
population
locale des
méthodes et
techniques
de pêche
Forte
disponibilit
é des
ressources
humaines
Existence
des
associations
de pêcheurs
(Gwoup
Pechè
Resif)
Absence de marché de proximité pour
Croix-Rouge
écouler les produits dérivés de la
haïtienne
pêche
Vente sur les
Manque d’encadrement technique et
marchés
financier
régionaux
Faible implication de l’état dans le
Activité
secteur
économique
Manque de directive institutionnelle
très
Manque de ressources financières et
importante
matérielles adéquates
Utilisation de matériels de pèche
écosystèm
es de
mangrove
s
Problèmes
liés à la
salinisatio
n et la
pollution
de la mer
appropriés
4.2.- LE SECTEUR DE L’INDUSTRIE
Le secteur industriel à Anse-à-Pitre est caractérisé par la présence d’une seule institution qui œuvre
dans le domaine de l’agro-industrie. Il s’agit de la Coopération des Coopératives des Planteurs de
Café de l’Arrondissement de Belle-Anse (COOPCAB), localisée plus précisément dans la localité de
Mare Rouge (2ème section Bois d’Orme). Elle est fondée en mai 1999 et compte actuellement treize
(13) employés qui travaillent au sein de ses différentes unités. Ce réseau de 10 coopératives issues
toutes de l’arrondissement de Belle- Anse compte un total de 4,500 membres. Son objectif consiste à
stimuler la production du café en favorisant l’accès aux crédits des producteurs et l’acquisition des
matériels pour les coopérateurs membres. En termes de fonctionnement, les coopératives membres
achètent le café des exploitants sous forme de cerise qui font le traitement primaire jusqu’à 12%
d’humidité. La COOPCAB, étant le dernier maillon de la chaîne, se charge du traitement final du
café jusqu’à 11 % d’humidité. D’habitude, la COOPCAB peuvent embaucher jusqu’à 150 femmes
pour assurer le tri manuel. Elle a aussi la capacité d’absorber 250,000 à 300,000 marmites de café par
an au prix de 100 gourdes par marmite. À noter qu’une marmite de café est équivaut à 1,20 jusqu’à
1,30 livre (lb) selon la provenance du produit. Le café provenant de la COOPCAB se vend sous deux
formes ; le café vert expédié vers le Japon, les USA, le Canada et Italie et le café torréfié qu’on
retrouve dans des supermarchés du pays comme Caribbean Market. Cette initiative est largement
supportée par AGRISOL et GASOL qui font la promotion des produits locaux. Néanmoins, on
53 | P a g e
assiste à une baisse considérable de la production du café ces dernières années ; ce qui par
conséquent limite la capacité de la COOPCAB à satisfaire convenablement les demandes de ses
clients. Selon les responsables de la structure, des appuis techniques, financiers et en matériels de
fonctionnement sont nécessaires pour pouvoir assurer le fonctionnement durable du centre.
Photo 36 | Café torréfié
Photo 37 | Matériel de travail
Tableau 15 | Analyse FFOM du secteur de l'industrie
Forces
Forte
potentiel
d’emploi
Bonne
qualité du
produit
Séchage
naturelle
Employés
expérimentés
Existence
des
coopératives
Faiblesse
Matériels
usagés et
défectueux
Insuffisance de
la production
Manque de
crédit à temps
Produit non
diversifié
Menaces
Diminution
drastique de la
production du
café
Augmentation
des fréquences
des épisodes de
sécheresse
Concurrence des
produits importés
Pratique du
déboisement
Forte
augmentation des
pratiques
culturales au
détriment de la
production du
café
Absence de
courant
électrique
Opportunités
Existence des
marchés
internationaux
(Italie, Japon,
USA)
Augmentation du
prix des produits
Disponibilité des
crédits au niveau
des institutions
de microfinance
régionales
Appui des ONG
telles que le GIZ
et l’AVSF
54 | P a g e
4.3.- L’EXPLOITATION DES MINES ET CARRIÈRES
Les activités relatives à l’exploitation des mines sont très peu développées au niveau de la commune
de Anse-à-Pitre, alors que l’exploitation des carrières y est relativement très pratiquée. Une
importante activité d’exploitation de carrières de sable et de roches est observée au niveau du lit de la
rivière des Pedernales. L’exploitation de roches est également remarquée dans les localités de la
Saline et de « Nan Cachiman ». Cela amène à conclure qu’un pourcentage non négligeable de
personnes survit grâce aux revenus générés par cette branche d’activité. Le sable et les roches extraits
des rivières et dans les flancs des mornes sont utilisés dans la construction des maisons au niveau de
la commune. Aux dires d’un petit groupe d’exploitants, il existe un commerce de roches de petite
dimension (galet blanc) collectées au niveau de la zone côtière qui commence à se développer
informellement entre la commune et la République Dominicaine. C’est une forme de roche qui est
utilisée le plus souvent dans l’aménagement et l’embellissement des jardins des maisons. Cette
activité, échappée au contrôle des autorités locales, risque d’avoir de sérieux impacts négatifs sur les
ressources naturelles (animales et végétales) du littoral, mais également pour les infrastructures
humaines installées à proximité.
Photo 38 | (Exploitation de roche dans la zone côtière)
Photo 39 | Exploitation de roches/ Nan Cachiman
Photo 40 | Carrière de sable/ Rivière Pedernales
Photo 41 | Exploitation des sables/rivière de Pedernales
55 | P a g e
4.4.- LE SECTEUR DU TOURISME, HÔTELLERIE ET DE L’ARTISANAT
Baignée au Sud par la mer des Caraïbes et surplombée par le massif de la Selle abritant l’une des
principales réserves forestières du pays, le panorama touristique de la commune de Anse-à-Pitre est
marqué par l’existence de rivages aux galets, d’hôtels avec vue sur mer, de grottes et d’espèces
floristiques et fauniques endémiques à l’île formant le tout un paysage époustouflant. Elle dispose de
ce fait d’un potentiel écotouristique énorme dont le développement pourrait favoriser l’essor
économique de la région et le développement des secteurs transversaux comme, l’agriculture le
transport et le commerce entre autres. Pourtant, cette potentialité n’est pas exploitée à sa juste valeur ;
ce qui fait de ce secteur l’un des moins rentables et pourvoyeurs d’emplois de cette commune. Cela
s’explique par la combinaison de toute une série de facteurs tels que le faible développement du
transport maritime et terrestre, l’absence d’un plan d’orientation et de développement du tourisme,
l’absence d‘infrastructures touristiques et l’inexistence d’un plan communal d’aménagement du
territoire. En effet, malgré le potentiel touristique de la zone, on ne retrouve que quelques hôtels non
luxueux offrant aux visiteurs la possibilité de séjourner et des services de restauration assez
ordinaires. On n’y trouve également quelques centres de récréation et de loisirs tels que des
discothèques et des gageures. En vue de remédier à cette situation, il est important de prendre des
mesures visant à stimuler le développement de ce secteur dans une perspective de développement
économique de la zone. D’autant plus que cette commune se trouve à proximité de Pedernales, une
province dominicaine à très forte potentialité touristique qui commence déjà à attirer de nombreux
visiteurs. Ainsi, la valorisation du potentiel touristique de la commune favoriserait une attraction des
touristes qui sont à la recherche de diversité culturelle ; ce qui serait particulièrement bénéfique pour
Anse-à-Pitre.
Photo 42 | (Grotte Malétipe),
Photo 43 | (Un hôtel dans le centre-ville)
L’artisanat n’est pas vraiment développé au niveau de la commune de Anse-à-Pitre. Cependant, il
présente certaines potentialités et représente une source de revenus non négligeable pour certaines
56 | P a g e
couches de la population. Les activités relatives à l’artisanat au niveau de cette commune sont
caractérisées essentiellement par la fabrication des produits tels que des meubles en bois, des
poteries, des broderies, des paniers, des cordes, des objets soudés, entre autres.
4.5.- LE SECTEUR DE LA FORESTERIE
Comme mentionnée dans la description du transect, la végétation de la commune de Anse-à-Pitre est
constituée de différentes strates composées de plusieurs espèces dont des essences forestières et
fruitières. En fait, les espèces forestières le plus souvent observée au niveau de cette commune sont le
Cèdre (Cedrela odorata), le Frêne (Simaruba glauca), la Chêne
(Catalpa longissima), le Mombin
franc (Spondias mombin) et les écosystèmes de mangrove retrouvés dans la première section,
particulièrement au niveau du centre-ville. Les opérations liées à la foresterie réalisées au niveau de
cette commune se caractérisent surtout par l’exploitation continue des espèces végétales pour
l’obtention de bois de chauffage et la production de charbon de bois. Cette dynamique constitue une
activité économique particulière et permet aux exploitants qui s’y consacrent de tirer les revenus
nécessaires pour répondre à certaines exigences sociales de le leur famille. Ainsi, les espèces ciblées
par la déforestation sont notamment le bayahonde (Prosopis juliflora), le cèdre (Cedrela odorata), le
frêne (Simaruba glauca), le chêne (Catalpa longissima), le Bois Pini (Fagara martinicensis), le sucrin
(Inga vera) etc. Selon les participants au focus groupe réalisé sur ce secteur, cette exploitation
abusive est due à la précarité des conditions socio-économiques de la population locale laissant très
peu d’alternatives aux exploitants agricoles, à l’absence de crédit pour satisfaire les besoins
élémentaires les plus urgents, à l’absence de brigade forestier et à la situation de faiblesse généralisée
de l’état. Il faut toutefois mentionner qu’une nouvelle tendance est en vogue dans la zone consistant à
la plantation du cèdre (Cedrela odorata) où celui-ci est coupé à la base après deux ou trois ans pour la
production de « gaules ». Cette technique de production est assez récente dans la zone et est moins
destructive de l’environnement.
Photo 44 | Bois destiné à la fabrication du charbon
Photo 45 | Sacs de charbon de bois
57 | P a g e
Etablie sur une superficie estimée à 4,5 ha au centre-ville et 5,000 ha au niveau de l’embouchure
jusqu’à Lakrok ha (selon ce que rapporte l’agronome Bertrand), les mangroves font partie des
principales essences forestières rencontrées à Anse-à-Pitre. Celles-ci se retrouvent principalement au
niveau de l’embouchure de la rivière de Pedernales et dans la localité de la Saline. Ce type
d’écosystème constitue un dispositif naturel d’importance particulière pour cette commune
particulièrement vulnérable à l’inondation due à la montée du niveau de la mer. Leur présence permet
également de protéger les espèces halieutiques contre la sédimentation occasionnée par l’érosion des
sols. Néanmoins, ces écosystèmes se trouvent dans un processus de destruction sans arrêt Ils sont
surexploités comme combustibles ligneux et comme matières premières dans la fabrication du
charbon de bois. Dans ce cas, compte tenu de la forte vulnérabilité de cette commune aux aléas
climatique, des mesures d’actions urgentes relatives à la restauration des végétations de mangroves
doivent être envisagées.
Photo 46 | Végétation de mangrove au niveau de
l’embouchure
Photo 47 | Végétation de mangrove à la Saline
Tableau 16 | Analyse FFOM du secteur de la foresterie
Force
Faiblesse
Prise
de
conscience
accrue autour
de
l’importance
des espèces
forestières et
fruitières
Secteur à fort
potentiel
économique
Formation de
Opportunité
Absence de
brigades
forestières
Intervention de
l’Agro Action
Allemande
Absence d’une
politique
communale de
gestion des
ressources
forestières
Intervention de
CROSE
Intervention de
GIZ
Absence de
Mise en place
du projet ABE
Menace
Passage récurrent
des cyclones
Augmentation des
inondations
Augmentation de la
sécheresse
Intensification des
mauvaises pratiques
58 | P a g e
certaines
personnalités
Existence
d’une légère
couverture
végétale
campagne de
reboisement
du PNUD
agricoles
Dépendance de la
population de
l’exploitation des
combustibles
ligneux
Vulnérabilité socioéconomique des
ménages
Inefficacité
des campagnes
de
reboisement
4.6.- L'ENVIRONNEMENT (LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES)
On ne dispose pas de données chiffrées ou cartographiques pour évaluer le niveau de dégradation des
ressources naturelles ou leur situation réelle au niveau de la commune de Anse-à-Pitre. Cependant,
les observations directes faites sur le terrain, couplées aux informations fournies par les parties
prenantes des différentes focus groupes réalisés ont permis de déduire que l’environnement se trouve
dans un processus de dégradation menaçante. Des versants dénudés, des affleurements rocheux et une
côte presque dépourvue de mangroves sont autant d’éléments qui témoignent l’état alarmant de la
situation. Il en résulte des impacts nettement négatifs comme la perte des couches arables des sols
due à l’érosion, la baisse de la productivité des sols, l’assèchement de la majorité des sources durant
les périodes de sécheresse, la diminution des pâturages, l’accroissement de la vulnérabilité des
systèmes naturels et humains aux risques climatiques et une altération des habitats de la faune
terrestre et aquatique. Dans ces conditions, des espèces animales sauvages endémiques à l’île comme
l’iguane sont fortement menacées de disparition.
Par ailleurs, certaines institutions comme la CROSE, la FAO, le PNUD, l’AAA entreprennent des
initiatives visant à améliorer la couverture végétale au niveau de la zone. Leurs interventions sont
articulées autour du reboisement des sites dégradés, la sensibilisation citoyenne sur la nécessité de
protéger l’environnement, et la formation et le renforcement des capacités des agents locaux sur les
bonnes pratiques agricoles et de gestion environnementale. En dépit de toutes ces interventions, la
dégradation de l’environnement persiste à un rythme inquiétant. Cette situation devient donc
préoccupante et incombe par conséquent aux autorités concernées de rechercher des pistes de
solutions durables et de procéder à des interventions efficaces et surtout pressantes en vue de freiner
cette dynamique.
59 | P a g e
4.7.- SITUATION DU SERVICE FINANCIER (BANQUES, CAISSES POPULAIRES,
COOPÉRATIVE ET MICRO FINANCE)
Une seule institution financière opérant au niveau de la commune de Anse-à-Pitre est recensée. Il
s’agit de la Caisse Populaire Espoir (CPE) récemment implantée, soit le 17 juillet 2017. Elle est
située dans le centre-ville et offre trois types de services en l’occurrence le crédit individuel,
l’épargne (à terme, spécialisé et à vue) et les services de transfert et de change. Les conditions
suivantes sont préalables pour bénéficier d’un crédit ; être membre de la caisse ; être détenteur d’une
pièce justificative de titre de propriété d’entreprise ; être muni de la signature d’un juge de paix. La
CPE accorde différents types de crédits sauf ceux destinés à financer les activités agricoles ou autres
activités non reconnues légalement par l’état. Le montant minimal de crédit octroyé est de 5, 000
gourdes et le maximum est de 500, 000 gourdes pour un taux d’intérêt de 24 % l’an s’il s’agit d’un
payroll retenu à la source et 36% s’il n’est pas retenu à la source. Une pénalité variée entre 100 et
1000 gourdes est prévue le jour du remboursement au cas où il y aurait un retard dans la date de
paiement. À noter que le nombre de client du crédit individuel s’élève à 160. Au niveau de la CPE,
l’épargne est facultative et jusqu’à date, la caisse compte 1900 associées y compris les inactifs. Le
montant d’épargne autorisé se trouve dans une fourchette comprise entre 25 gourdes à 400,000
gourdes.
Photo 8 | Caisse Populaire Espoir de Anse-à-Pitre
Selon les informations fournies par les responsables de cette structure, cette dernière fait actuellement
face à un ensemble de difficultés qui affectent les services de crédits tels que le manque de liquidité,
60 | P a g e
le problème d’adressage, la question d’identité, le passé financier non louable, l’insécurité et
l’absence de notables dans la zone. En en ce qui concerne les services d’épargne, ils font mention du
manque de culture financière ou bancaire, du problème d’éducation et du manque d’esprit
d’appartenance de la population locale. La caisse a développé un partenariat avec HAGN (Haïti
Adolescent Girls Network). Elle octroie à cet effet des crédits à des jeunes adolescentes à un taux
réduit en vue de favoriser le développement leur autonomie financière. En termes d’assistance
technique, le responsable de la caisse souhaiterait la formation de ses employés.
4.8.- LE SECTEUR DU COMMERCE
Le commerce constitue la principale activité qui permet à une très grande partie de la population de
Anse-à-Pitre de subvenir à leurs différents besoins les plus pressants. La majorité de personnes
enquêtées s’accordent sur le fait que ce secteur représente la première activité économique de la
zone. Il est en effet l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois au niveau de cette zone, en particulier
pour les femmes qui en constituent le pilier. Ces dernières se regroupent à travers des organisations
de femmes, des coopératives qui jouent un grand rôle dans les échanges commerciaux de cette
commune. Ceux-ci se font avec les communes haïtiennes limitrophes de Thiotte et Grand Gosier et
en particulier avec la province de Pedernales. Cependant, le mauvais état de la route et l’absence de
moyens de transport adéquats obligent les cultivateurs à parcourir des dizaines de kilomètres à pieds
pour se rendre au marché public de Thiotte.
Au niveau de la deuxième section de Mare Rouge, on retrouve un marché qui est la place utilisée par
les habitants de Anse-à-Pitre et ses zones avoisinantes pour écouler les biens et services. Ce marché
fonctionne le mercredi et le samedi. Durant les autres jours de la semaine, les habitants se ressourcent
dans les marchés locaux de proximité, comme le marché de Bony et de Bonite, entre autres.
Cependant, l’isolement de Anse-à-Pitre par rapport au reste du pays demeure un obstacle majeur pour
un potentiel développement du commerce et des activités économiques en général. Pour pallier cette
contrainte, une très grande quantité de biens et de services de cette commune sont échangés avec la
République Dominicaine en particulier avec la province de Pedernales où elle vend des produits
agricoles (le café, les agrumes, les produits maraîchers et l'avocat) et procure en revanche des
produits de premières nécessités et d’autres marchandises manufacturées (voir dynamique
transfrontaliers). D'ailleurs, un marché frontalier y a été construit en vue de faciliter les échanges
entre les habitants des deux côtés de cette ligne frontalière.
Tableau 17 | Analyse FFOM du secteur du commerce
Force
o Existence
Faiblesse
o Mauvais état des
Opportunité
o Existence
Menace
o
Vulnérabilité des
61 | P a g e
des
structures de
regroupemen
t des
marchands
o Formation
des
producteurs
o
o
o
o
marchés publics
Insuffisance des voies
de pénétration et
mauvais état des
infrastructures
routières existantes
Faibles moyens de
conservation des
produits périssables
Autoconsommation
en raison des faibles
revenus générées
Faible accès au crédit
et aux fonds
des
institutions
financières
(Caisse
Populaire
Espoir
FONKOZE)
o Existence
d’une
structure de
coopérative
locale
(Tipa)
o
o
secteurs
productifs aux
aléas climatiques
Aggravation de la
contrebande
Recrudescence
des actes de
banditisme
62 | P a g e
Chapitre 5 | Volet administratif
5.1.- GOUVERNANCE LOCALE
Le terme gouvernance locale renvoie à l’organisation de la vie sociopolitique et économique
d’un espace donné. Elle est constituée des processus politiques et institutionnels par lesquels les
décisions sont prises et mises en œuvre à l’échelle d’un territoire. Elle s’appuie sur un ensemble
de principes telle la participation, la transparence et/ou la reddition de compte ; la gestion
publique responsable et performante, entre autres. Au niveau de Anse-à-Pitre, la gouvernance est
censée assurer par les collectivités territoriales, les autorités judiciaires et les organisations de la
société civile constituées des organisations communautaires de base, des représentants du secteur
religieux, des membres du secteur privé, des représentants des syndicats de transports, de pêche
et des notables entre autres. La présence de ces institutions et la participation des acteurs issus de
domaines diversifiés devraient faciliter une meilleure compréhension des enjeux de
développement au niveau de cette commune.
Pourtant, l’implication des différents groupes d’intérêts dans les processus de prise de décisions
et dans la mise en œuvre des actions relatives aux affaires publiques de la commune n’est pas
effective. Les décisions ne sont pas adoptées de manière concertée. En outre, il n’existe pas de
plateforme intersectorielle locale pour faciliter la participation de la population aux affaires
publiques. Malgré la reconnaissance légale de la plupart des organisations communautaires de
bases et d’autres Organismes de Développement (OCBs, ODDs) existantes sur le territoire, les
relations de travail développées avec les autorités publiques sont très limitées.
Selon les informations recueillies, les Conseils de Développement des Sections Communales
(CDSC), et le conseil de Développement de la Commune (CDC) qui constituent des structures
locales très importantes sont inexistantes. En somme, cette situation s’explique par la
concentration des responsabilités et du pouvoir au niveau central, ce qui crée une déficience en
termes décentralisation laissant peu de moyens et de marge de manœuvre aux autorités locales.
Ainsi, il est crucial d’améliorer la gouvernance au niveau de cette commune pour favoriser le
développement économique, optimiser l’efficacité de l’administration communale, atténuer les
disparités socio-économiques et favoriser la protection des ressources naturelles du milieu.
5.1.1.- ORGANISATION DE LA COMMUNE
La commune de Anse-à-Pitre est administrée par un conseil municipal provisoire composé de
trois membres. Ce conseil intervient dans la gestion des infrastructures publiques, la collecte des
63 | P a g e
déchets et au besoin dans l’accompagnement des structures externes qui entreprennent des
actions visant le développement de la municipalité. Cependant la mairie fonctionne avec un
personnel technique réduit et l’allocation budgétaire dont elle bénéficie, n’arrive pas à couvrir
ses besoins réels de fonctionnement et d’intervention.
5.1.2.- ORGANISATION DES ADMINISTRATIVE DES SECTIONS COMMUNALES
Les sections communales sont dirigées par un Conseil d’Administration de la Section
Communale (CASEC) et une Assemblée de la Section Communale (ASEC) en vertu de l’article
5 de la loi du 28 mars 1996. Les Conseils d’Administration de la Section Communale (CASEC)
sont des collectivités à part entière comme toutes autres. Les membres de ce conseil sont élus au
suffrage universel et disposent des compétences constitutionnelles sur tous les domaines liés à
leur territoire. Dans ce, ils devraient pouvoir fonctionner de manière autonome, mais vu les
problèmes d’institutionnalisation et de carence en moyens financiers, ces structures se trouvent
dans un état de fonctionnement ralenti.
Photo 49 | Marie de Anse-à-Pitre
Photo 50 | Bureau du CASEC, section Bois
d’Orme
5.1.3.- LES SERVICES DÉCONCENTRÉS EXISTANTS ET RELATIONS AVEC LA
MUNICIPALITÉ ET LES CASECS
Les services déconcentrés présents au niveau de la commune de Anse-à-Pitre sont la Police
Nationale d’Haïti (PNH), l’Office national d’Identification (ONI), le bureau de la douane, la
SEMANH, le Bureau agricole communal (BAC), le Bureau Electoral Communal (BEC),
l’Agence Locale des Impôts (ALI), les bureaux d’état civil et les tribunaux de paix. Ces services
fonctionnent avec de grandes difficultés déterminées par une carence en personnel technique, des
bâtiments en mauvais état et un manque criant de ressources financières et de matériels. En
principe, ces structures entretiennent entre elles des relations d’ordres économiques (Marie,
Douane, ALI) et sécuritaire (Marie, CASEC, tribunal de paix, Douane, SEMANAH).
64 | P a g e
Tableau 18 | Analyse FFOM des structures de gouvernance locale
Force
Forte
dynamisme
des élus
locaux
Vigilance
des maires
Présence et
disponibilité
des
organisation
s de la
société
civile
Existence
des
différentes
structures
de
concertation
Faiblesse
Opportunité
Menace
Carence en
Support des
Instabilité
ressources
ONG
politique
humaines
Existence
Augmentation
qualifiées
des lois sur
des problèmes
la
Irresponsabilité
liés à l’insécurité
décentralisat
des employés
Augmentation
ion
du phénomène
Manque de
de la corruption
communication
entre les élus
Manque de
concertation et de
synergie entre les
pouvoirs publics
Faible implication
de la population
Manque de
moyens
économiques
Faiblesse de la
décentralisation
5.2.- SITUATION DU SECTEUR JUDICIAIRE
Le pouvoir judiciaire à Anse-à-Pitre est représenté par deux tribunaux de paix qui se trouvent
respectivement dans le centre-ville et dans le quartier de Banane. Celui du centre-ville se trouve
en mauvais état et compte environ huit (8) employés dont deux (2) femmes ; trois (3) juges, deux
(2) greffiers, une (1) secrétaire, un (1) hoqueton et une (1) ménagère. Le bâtiment du tribunal de
paix du quartier de Banane se trouve également dans un très mauvais état. Il compte pour sa part
un total de 5 employés. En fait, ces structures fonctionnent dans des conditions très difficiles en
raison d’une carence en instruments directifs, en électricité et en matériels roulant devant leur
faciliter la tâche. En dépit de tout, le fait que les décisions des autorités judiciaires sont le plus
souvent en adéquation avec les attentes des protagonistes renforce la confiance des membres de
la population et la notoriété des juges ; ce qui favorise donc le développement de très bonnes
relations entre les différentes parties.
65 | P a g e
Photo 51 | Tribunal de paix de Banane
Photo 52 | Tribunal de paix de Anse-à-Pitre
Il existe également deux bureaux d’état civil à Anse-à-Pitre qui se chargent de l’enregistrement
des naissances, des décès et des autres services relatifs à leur domaine de compétence. L’un se
trouve dans le centre-ville et l‘autre est situé dans le quartier de Banane. Cependant, il convient
de souligner que ces bureaux sont logés dans les maisons privées des officiers en raison d’une
insuffisance d’espace au sein des tribunaux de paix.
Tableau 19 | Analyse FFOM du secteur judiciaire
Force
Présence de
deux tribunaux
de paix
Disponibilité
des juges
Forte notoriété
des juges
Réalité de la
zone cernée par
les juges
Coopération de
la population
Faiblesse
Bâtiments en
mauvais état
Insuffisance des
espaces de
travail
Manque de
moyens de
déplacement
Espaces non
sécurisés
Absence de
matériels de
travail
Difficulté
d’enregistremen
t légale des
naissances
Opportunité
Menace
Présence de 3
Banditisme
clercs
Délinquanc
bénévoles au
e juvénile
niveau de la
Augmentati
ème
2 section
on de
Présence de
l’insécurité
l’OIM
Deux corps de police distincts sont présents au niveau de cette commune en vue de garantir la
sécurité des biens et des membres de la population. Il s’agit en l’occurrence de la police
administrative et de la police frontalière connue sous l’appellation POLIFRONT.
66 | P a g e
5.2.1.- POLICE ADMINISTRATIVE
Les membres de ce corps sont établis au niveau des commissariats du Centre-ville et du quartier
de Banane. Cette unité est constituée de 13 policiers dont 9 au niveau du commissariat du centreville et 4 au niveau de celui du quartier de Banane. De ce fait, il y a pratiquement un policier
pour chaque 2,317 habitants si l’on se réfère aux données relatives à l’estimation de la
population fournies par l’IHSI (2015). Cependant, cette entité souffre d’une carence en services
et matériels de base qui influe d’une manière très négative sur son efficacité et son niveau de
rendements. Elle est confrontée à un manque d’effectif, à une carence en matériels roulant qui
devraient faciliter le déplacement des policiers en situation d’urgence, à des problèmes
d’électricité et de moyens économiques. Néanmoins, il faut mentionner la présence de brigades
dans les zones reculées qui travaillent conjointement avec le commissariat du quartier de
Banane.
Photo 53 | Commissariat de Banane
5.2.2.- POLICE FRONTALIÈRE
Quant à l’unité POLIFRONT, elle est présente sur la frontière et travaille de concert avec la
douane, l’immigration, la BPM (Brigade de Protection des Mineurs), le service Quarantaine, le
CESFRONT (police frontalière dominicaine) et éventuellement la police administrative.
Contrairement aux membres du corps de police administrative, un local flambant neuf, avec deux
dortoirs et une cafétéria, construit par l’Office Internationale pour la Migration (OIM) est mis à
67 | P a g e
la disposition des 37 policiers affectés à ce corps. Grace à certains partenaires, certains services
de base sont offerts à ces policiers comme la nourriture ; des matériels roulant (2 voitures et 4
motocyclettes) et l’électricité.
Tableau 20 | Analyse FFOM du service de la police
Force
Condition de
travail
améliorée du
corps Polifront
Présence d’un
dortoir bien
équipé pour le
polifront
Disponibilité
des moyens de
déplacement
pour le
polifront
Effectif
relativement
élevé au sein
du polifront
Autonomie du
corps polifront
Formation
adéquate des
policiers
Présence de
brigades dans
les zones
reculées
Existence de
deux
commissariats
Faiblesse
Opportunité
Manque de
Formation
matériels pour
continue
le corps
pour les
administratif
policiers du
Manque de
polifront
ressources
aux USA et
humaines au
au Mexique
sein de la
Appui des
police
institutions
administrative
partenaires
Espace
(OIM et
insuffisant
Ambassade
Commissariat
Américaine
du centre-ville
à travers le
non clôturé
DEA)
Carence en
services
sociaux de base
(eau, électricité,
nourriture) au
niveau des
commissariats
Faible
collaboration
entre la PNH et
les autorités
judiciaires
Carence en
ressources
financières
Menace
Aggravation de
la contrebande
Augmentation
de l’insécurité
Intensification
du phénomène
de migration
illégale
Trafics illicites
au niveau de la
frontière
5.3.- FISCALITÉ
Les ressources financières de la commune de Anse-à-Pitre proviennent généralement de l’Etat, à
travers le Fond de Gestion et de Développement des Collectivités Territoriales (FGDCT), des
recettes extraordinaires et des recettes locales. Les recettes extraordinaires incluent les
subventions de l’Etat et d’autres institutions partenaires qui sont destinées à financer la mise en
œuvre de projets ou de programmes à caractères sociaux-économiques. En ce qui concerne les
recettes locales, elles correspondent aux taxes prélevées sur ; les logements et les locations
68 | P a g e
(CFPB) ; l’inhumation ; les patentes ; les permis de construire ; l’exploitation des mines et
carrières ; l’utilisation des biens appartenant au domaine privé de l’état et la douane. A noter que
les fonds collectés au niveau de la douane constituent la plus importante source de revenus pour
la fiscalité de la commune. Complétés par les ressources financières en provenance du FGDCT,
les taxes y relatives permettent d’assurer le fonctionnement de l’administration communale. Par
contre, les taxes liées à la contribution foncière sur les propriétés bâties (CFPB) ou impôt locatif
existent mais sa perception est très faible et irrégulière. En somme, bien que le potentiel existe,
l’assiette fiscale de la commune de Anse-à-Pitre demeure très faible. Dans ce cas, il est important
de prendre de mesures d’incitation telles que des campagnes de sensibilisation et des arrêtés
communaux visant à faciliter et accompagner la DGI et les agents fiscaux dans la réalisation de
leur mission de collecte des impôts au profit du développement économique de la commune.
Photo 54 | Douane d’Anse-à-Pitre
Photo 55 | Bureau des Contributions de Banane
5.4.- LES ORGANISATIONS PARTENAIRES EXTERNES (LES PROJETS ET ONG,
AUTRES INSTITUTIONS…)
Tableau 21 | Organisations partenaires de la commune de Anse-à-Pitre
Nom de
l’organisation
CARE
PAM
CESAL
CROSE
Compassion
International
Plan International
UNICEF
Croix-Rouge
Statut
Domaine d’intervention
Collectivités touchées
ONG
ONG
ONG
ONG
locale
ONG
Éducation
Éducation
Éducation
Éducation, Agriculture,
élevage, environnement
Éducation
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
ONG
ONG
ONG
Éducation
Éducation
Éducation, pêche, GRD
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
69 | P a g e
ACTED
UNFP
OMS
FAO
Solidarités
Internationales
Solidaridad
internacional
ACDIVOCA
ADRA
GIZ
ONG
ONG
ONG
ONG
ONG
Santé
Santé
Santé
Agriculture, élevage
Agriculture
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
ONG
Agriculture
Toute la commune
ONG
ONG
ONG
Toute la commune
Toute la commune
Toute la commune
Singing Rooster
AVSF
Agro Action
Allemande
OIM
ONG
ONG
ONG
Élevage
Élevage
Agriculture, élevage,
industrie, environnement
Agriculture
Industrie
Environnement
ONG
Migration
Toute la commune
2 -ème section
2 -ème section
Toute la commune
5.5.- GESTION DES RISQUES ET DÉSASTRES (PLAN DE CONTINGENCE,
COMITÉS COMMUNAUX ET LEUR FONCTIONNALITÉ)
5.5.1.- EXPOSITION ET VULNÉRABILITÉ DE ANSE-À-PITRE AUX ALÉAS NATURELS
Anse-à-Pitre est une commune particulièrement exposée et vulnérable aux aléas naturels
notamment les épisodes de sécheresse, les inondations, les séismes, l’érosion massive des sols et
les glissements de terrain. Cette situation est due non seulement à sa position géographique, mais
également aux conditions socio-économiques précaires de ses habitants et l’état alarmant de son
environnement biophysique. En effet, ce territoire a subi dans le passé les impacts de plusieurs
événements d’origines climatiques majeurs (voir tableau dessous) ayant occasionnés des dégâts
considérables au cours de leur passage (FAO, 2017a).
70 | P a g e
10
9
9
8
7
7
7
7
6
6
6
5
5
3
Cleo
Ines
1
1
2
2
1
1
1
1
Ike
1
Jeanne
1
2
Ivan
1
Flora
2
2
3
Hanna
3
3
Alpha
4
2
1
1
Irma
Laura
Mathrew
Isaac
Sandy
Seisme 2010 (7.3 Echelle Richter)
Wima
Denis
Thomas
Gustave
Fay
Georges
Gordon
Allen
Gilbert
David
0
Hazel
Degré d'effets et d'impacts négatifs 0 (Min) à 10 (Max) | (dégâts, dommages)
Fig. 7 | Degré d'impacts negatifs des catastrophes climatiques et géodynamiques sur le
cadre de vie Anse-à-Pitre sur une echelle de 0 (très faibles dommages) à 10 (énormément de
dégâts) (Focus-Group / Enquêtes historiques CATEDEL, Janv. - Fév. 2021)
1954196319641966197919801990199419982004200520082008201020052005200520082008201020122012201620172020
Catastrophes climatiques et géodynamiques dans le temps (Année)
Au-delà des cyclones, d’autres évènements liés aux conditions climatiques ont sévèrement
frappé la population de Anse-à-Pitre. Il y a lieu de citer ; les périodes de sécheresse prolongées
(entre 2013 à 2015) qui ont engendrées d’importantes pertes et une grande famine au niveau des
exploitations agricoles, les épisodes d’infestation (2014 et 2016) qui ont ravagés les champs
agricoles et les épidémies passées (Choléra et Chikounguya) et récentes (Covid-19) qui
fragilisent grandement la dynamique sociale au niveau de la commune (FAO, 2017b).
Ces évènements sont devenus depuis une vingtaine d’années plus fréquents (soit tous les 4 ans),
ce qui entraine implicitement des mécanismes d’adaptation de la population face à ces risques.
Anse-à-Pitre, en tant que zone côtière, risque de voir aggraver cet état de fait lors que l’on
considère le rythme d’évolution des changements climatiques actuels. Dans de telles situations,
les impacts de la manifestation de ces phénomènes sur les secteurs productifs de la commune qui
incluent l’agriculture, les industries, la pêche et l’élevage risquent d’être épouvantables.
Ainsi, l’augmentation de la résilience de la population face à ces évènements devrait être un
élément primordial pour une meilleure planification des ressources pour le bien-être collectif.
Tout ceci passe par une bonne gouvernance locale, par la mise en place de structures
d’intervention et de préventions des risques et désastres.
71 | P a g e
5.5.2.- GOUVERNANCE DES RISQUES ET DES DÉSASTRES
La gouvernance des risques et des désastres à Anse-à-Pitre est assurée par un Comité Communal
de Gestion des Risques et Désastres (CCGRD) constitué de 25 membres dont 3 femmes. Ce
comité bénéficie l’appui de la direction de la protection civile du Sud-est et est composé de 4
sous commissions ; la commission de sécurité et prévention ; la commission de communication ;
la commission logistique et la commission de réponse. Les membres du comité ne se réunissent
pas régulièrement. Quoi qu’en quantité insuffisante, ce comité possède à sa disposition des
trousses, des bottes, des mégaphones et des outils lui permettant d’intervenir lors des
catastrophes. En cas de situations majeures, certaines organisations présentes sur le terrain, en
particulier la Croix Rouge Haïtienne (CRH) et la CROSE apportent également leur soutien à ce
comité. Généralement, lors des catastrophes naturelles majeures, des écoles, des églises et
centres culturels se trouvant un peu partout à travers la commune sont transformées en abris
provisoires pour héberger les familles sinistrées.
Photo 56 | Abri provisoire à Banane
72 | P a g e
Figure 8 | Schéma d’organisation et d’intervention du CCGRD et Protection Civile
5.6.- ARTICULATION TERRITORIALE : RELATION ENTRE ANSE-À-PITRE ET LES
COMMUNES ADJACENTES
Comme on peut l’observer sur la carte de la localisation, la commune de Anse-à-Pitre est
connectée à plusieurs autres collectivités haïtiennes hormis la Province de Pedernales qui est un
territoire dominicain. Il s’agit en l’occurrence des communes de Thiotte, de Fonds-Verrettes et
de Marigot. En effet, il existe une certaine relation de connexité ou d’interdépendance entre ces
différentes entités géographiques qui peut donner lieu à la réalisation de projets ou d’activités de
développement en commun et conjointement à l’exploitation des ressources naturelles.
Au-delà des relations de contiguïté favorisant les échanges commerciaux, il existe d’autres
facteurs et éléments qui façonnent les relations tissées entre la population de Anse-à-Pitre et
celles des territoires ci-mentionnés. Ces aspects découlent surtout d’une dimension spatiale liée
au positionnement géographique de la commune d’Anse-à-Pitre dans le bassin transfrontalier. En
fait, Anse-à-Pitre constitue une zone de transit pour la mobilité économique, sociale, et politique
dans la région frontalière. En outre, la commune partage le bassin versant du fleuve de
Pedernales caractérisé par des dynamiques socio-économiques et environnementales complexes.
Etant située en aval du bassin et très vulnérable aux effets liés à la surexploitation des ressources
naturelles et à l’adoption des mauvaises pratiques agricoles et environnementales en amont, il
devient fondamental pour les locaux (Etatiques, Privées, ONG) au niveau de Anse-à-Pitre
73 | P a g e
d’envisager des projets d’aménagement et de cogestion de cette unité hydrographique en accord
avec les autres communes limitrophes du bassin versant en question.
En somme, les questions d’intérêts communs et les potentialités exploitables offrent des
possibilités d’amélioration et de renforcement des coopérations intercommunales et bilatérales
entre les différentes collectivités susceptibles de déboucher sur des projets de développement de
divers ordres (économique, social, environnemental et touristique) particulièrement intéressants
et profitables à Anse-à-Pitre.
Tableau 22 | Potentialités d’intercommunalité avec les communes limitrophes
Commune Voisine
Intérêts communs/Potentialités exploitables
Thiotte
Fonds-Verrettes
L’axe routier communal Anse-à-Pitre-Thiotte et départemental
Les ressources forestières des Forêts des Pins
L’offre scolaire de niveau secondaire de Thiotte
Le marché de bétails des Forêts des Pins
L’exploitation des ressources naturelles du Bassin Versant du
Fleuve de Pedernales
Le commerce de produits agricoles
Le commerce des produits de pêche
Le réseau routier départemental
Les échanges commerciaux des produits manufacturés en
provenance de Pedernales
L’exploitation des ressources naturelles du Bassin Versant du
Fleuve de Pedernales
Le transport maritime
Le commerce des produits de pêche
Les échanges commerciaux des produits manufacturés en
provenance de Pedernales
Grand Gosier /Belle -Anse
Pedernales
Les ressources naturelles des eaux côtières et maritimes
Les échanges commerciaux au niveau du marché
binational
L’accès à certains services sociaux de base tels que
l’éducation, les soins de santé, l’accès à l’internet
Les menaces relatives aux changements climatiques et à
la perte de la biodiversité
Les échanges culturels
Les modes d’exploitation des ressources végétales et
animales du Bassin Versant du Pedernales
5.7.- DYNAMIQUES TRANSFRONTALIÈRES À ANSE-À-PITRE/PEDERNALES
Les dynamiques socio-économiques et écologiques qui caractérisent le bassin transfrontalier
entre Anse-à-Pitre (côté Haïtien) et Pedernales (côté Dominicain) sont multidimensionnelles et
complexes. Elles trouvent leur fondement dans les relations d’interdépendance existant entre les
deux collectivités pour les échanges commerciaux, l’exploitation des ressources naturelles des
espaces maritimes et des côtes, l’accès à certains services sociaux, les mouvements migratoires
74 | P a g e
et les affluences culturelles. Cet espace transfrontalier est sujet à de nombreux enjeux et défis
susceptibles d’influencer les relations bilatérales entre les deux pays, mais aussi le
développement socio-économique et environnemental de Anse-à-Pitre. En effet, l’espace
représente une zone de tensions significatives et répétitives entre les deux nations déterminées en
majeure partie par les inégalités et contrastes socio-économiques saisissants qui les caractérisent.
En fait, la culture, l’état de l’environnement, les situations socio-économiques et les modes de
vie en général y sont nettement différentes d’un territoire à l’autre quoique semblables sur le plan
morpho topographique.
5.7.1.- L’ASPECT ÉCONOMIQUE DE L’ESPACE TRANSFRONTALIER
Le commerce représente l’une des activités les plus importantes pour la population de cette
région frontalière, donnant lieu à des échanges et suscitant une relation d’interdépendance entre
l’économie des deux pays et celle de leurs populations. Seule l’agriculture y permet de générer
des revenus relativement comparables à ceux fournis par cette branche d’activité. En fait, Anseà-Pitre y constitue une zone de transit d’importance particulière pour les haïtiens qui se rendent
au marché binational situé sur le territoire Dominicain à Pedernales. Comme dans tous les
marchés binationaux haïtiens et dominicains, la monnaie prévalue est le Peso Dominicain. La
présence de cette infrastructure favorise l’écoulement des produits venant d’Haïti et de la
République Dominicaine. Cette dernière à travers la province de Pedernales représente
actuellement le premier pourvoyeur de produits manufacturés (quincaillerie, emballages
plastiques, ciment, acier, produits cosmétiques), agro-alimentaires (biscuits salés, bonbons, œufs,
spaghetti, farine, entre autres) et des vêtements usagés (fripes) pour Anse-à-Pitre et ses zones
avoisinantes. En revanche, les populations locales offrent des produits tels que les avocats, le
café, les agrumes, les produits maraîchers etc. dont leur caractère est surtout saisonnier. Les
revenus générés par la vente des produits haïtiens sont utilisés pour une bonne partie dans l’achat
des produits de meilleurs prix en République Dominicaine. Le plus souvent, les produits venant
de Anse-à-Pitre sont vendus à des prix dérisoires, alors que le coût des produits importés est
généralement plus élevé. En outre, les importations haïtiennes en valeur dépassent largement
celle des exportations d’où la détérioration des termes de l’échange d’année en année. Donc, la
balance commerciale est nettement en faveur du voisin Dominicain en termes d’échanges
bilatéraux.
En dépit de tout, les relations commerciales développées entre les deux nations sont à la base
d’un ensemble de transformations économiques, sociales et urbaines majeures à Anse-à-Pitre. Il
n’existe pas de données pertinentes résultant des flux de transactions de la région du Sud-est
75 | P a g e
notamment de la communale de Anse-à-Pitre et la république Dominicaine, toutefois, les
informations collectées lors des entrevues semi structurées ont permis de dégager certains faits :
L’ouverture du marché Dominicain au niveau de ce point frontalier exerce une influence très
poussée sur l’économie de la commune.
Les produits Dominicains sont vendus à meilleur prix que ceux des haïtiens sans tenir compte des
critères de volumes dépassant largement l’offre haïtienne.
Les jours de marché, des milliers de gens en provenance du département du Sud-est transitent par
Anse-à-Pitre pour se rendre à Pedernales pour acheter des produits de nature divers. Ce qui
profite aux transporteurs maritimes et terrestres de la zone
Avec l’ouverture du marché binational, le centre de ville de Anse-à-Pitre a connu un processus de
développement urbain et périurbain remarqué.
Cependant, le plus grand obstacle pour le développement effectif et profitable des relations
commerciales entre les deux pays dans cet endroit demeure la contrebande des produits échangés
et la corruption au niveau des points de contrôle et au niveau de la douane. En effet, la
contrebande des marchandises venant de la République dominicaine a des répercussions
majeures sur l’économie de la commune et du pays en générale. Au cours des années
précédentes, les gouvernements haïtiens et dominicains ont signé des accords binationaux visant
à lutter contre ces fléaux. Malheureusement, malgré les efforts consentis, les mesures adoptées
peinent à générer des résultats significatifs
5.7.2.- LES ENJEUX LIÉS À L’EXPLOITATION DES RESSOURCES HALIEUTIQUES
Les enjeux et défis relatifs à l’environnement des milieux côtiers de cette zone transfrontalière
sont liés à l’accès, l’exploitation et la gestion des ressources maritimes et du littoral. Ces enjeux
et défis en plus d’être considérables sont déterminants dans les risques de conflits existant entre
les deux peuples depuis plusieurs années. Il s’agit en particulier de l’exploitation conjointe des
eaux territoriales pour l’extraction des ressources halieutiques par les pêcheurs des deux pays.
Les principaux problèmes sont dus au fait que les pêcheurs haïtiens traversent de manière
illégale l’espace maritime dominicain pour aller pêcher dans des zones réservées avec des
méthodes et techniques non adaptées telles que l’utilisation des mailles de petites dimensions, la
surpêche et l’exploitation des espèces juvéniles (PNUE, 2013). Le recours à ces mauvaises
pratiques a tendance à influencer de manière très négative sur le temps de reproduction des
espèces et l’épuisement des stocks. En revanche, les pêcheurs dominicains ont accès à des
matériels beaucoup plus adaptés, modernes et efficaces qui leur permettent de pêcher à la fois
près de la côte et plus au large et aussi dans les eaux territoriales haïtiennes. Les engins et
76 | P a g e
matériels modernes et puissants dont ils disposent leur permet de pêcher des espèces pélagiques
d’eaux profondes notamment le thon, la dorade, le vivaneau à queue jaune, le merlu, le marlin, et
l’espadon lesquelles les pêcheurs haïtiens n’ont pas les moyens d’exploiter (PNUE, 2013). Ainsi,
leurs activités de pêche sont très importantes et entrainent également une pression démesurée sur
les ressources marines et littorales intrinsèques de l’espace maritime haïtien. A maintes reprises,
cette réalité complexe est à l’origine d’importantes tensions et conflits entre les exploitants des
deux côtés de la frontière et entre les pêcheurs haïtiens et les autorités dominicaines ; ce qui
représente de ce fait un sujet de préoccupation particulier dans cette région. En traversant les
eaux territoriales dominicaines, les pêcheurs haïtiens risquent de se faire arrêter voire la saisie de
leurs produits et matériels de pêche.
Malgré tout, les matériels de pêche et le carburant utilisés par les pécheurs de Anse-à-Pitre
proviennent de la République Dominicaine. Aussi, la province de Pedernales constitue un
marché très important pour l’écoulement des produits de pêche des exploitants haïtiens. De
produits tirés de l’exploitation des carrières dans les côtes haïtiennes notamment des galets sont
aussi vendus à Pedernales. En outre, des efforts de coopération sont réalisés dans ce domaine
avec notamment la mise en place des structures de concertation entre les pêcheurs de Anse-àPitre (Haïti) et de Pedernales (République Dominicaine). L’existence de cette structure permet de
discuter et de proposer des pistes de solutions par rapport à certains problèmes tels la vente des
poissons de petite taille, les mauvaises techniques de pêche, l’utilisation des mailles de petite
taille, l’arrestation des pêcheurs haïtiens dans les eaux territoriales dominicaines (PNUE, 2013).
5.7.3.- LES DYNAMIQUES MIGRATOIRES DE LA RÉGION FRONTALIÈRE
En ce qui concerne la gestion du flux migratoire, un seul point de contrôle est observé le long de
cette ligne frontalière entre les deux territoires, ce qui favorise relativement l’accessibilité de
cette ligne frontalière haïtiano-dominicaine. Cette dimension poreuse donne lieu à un intense
mouvement migratoire particulièrement important du côté haïtien. En effet, beaucoup d’haïtiens
y accèdent pour des périodes courtes et des raisons diverses. Mais, selon l’analyse des
informations collectées, la dégradation progressive des conditions socio-économiques des
couches les plus vulnérables en constituent un facteur décisif. En fait, les communes de
l’arrondissement de Belle-Anse incluant Anse-à-Pitre sont composées de populations en
situation de vulnérabilités socio-économiques et environnementales aigues. Elles sont touchées
par la pauvreté extrême, le manque d’emploi, le faible accès à l’éducation, à l’énergie et aux
services de santé. Cette situation critique à plusieurs égards, a conditionné le départ progressif
d’une importante quantité de cette population vers la République Dominicaine ou la province de
Anse-à-Pitre en particulier. Elle s’y rend pour travailler dans les activités de construction, le
77 | P a g e
secteur du service et les champs agricoles le plus souvent en tant que main d’œuvre non
qualifiée. Une grande partie de ces travailleurs sont des migrants en situation d’irrégularité ; en
d’autres termes des personnes ayant traversées la frontière de manière illégale. Le plus souvent,
une très grande partie des revenus tirés par ces travailleurs est consommée en République
Dominicaine dans l’achat des produits de meilleurs prix. Pourtant, les activités de migration
remarquée dans la direction opposée sont principalement celles d’hommes d’affaires
dominicains et de main d’œuvre qualifiée, qui se rendent en Haïti pour de courts séjours. En
somme, il en résulte un flux de capitaux et de mains d’œuvre conséquent défavorables à
l’économie locale.
5.7.4.- LES MÉLANGES CULTURELS AU NIVEAU DE LA ZONE FRONTALIÈRE
Sur le plan culturel, il y a une sorte de partage commun qui se fait entre les deux peuples. En
effet, lors de la patronale à Pedernales de leur saint patron Virgen de la Altagracia le 21 janvier
de chaque année, les habitants de Anse-à-Pitre et des autres communes avoisinantes participent
en grand nombre dans les célébrations pour l’occasion. En outre, les styles musicaux
Dominicains (Meringue, Bachata) sont très puisés dans les discothèques à Anse-à-Pitre. De
même, lors de la patronale Notre Dame de Lourdes à Anse-à-Pitre les 11-12 février de chaque
année, bon nombre de Dominicains se mêlent aux pèlerins pour célébrer cette patronale.
Cet état de fait décrit une certaine acceptation et complicité entre les deux peuples sur le plan
culturel qui devrait avoir pour effet de renforcer les liens fraternels et amicaux entre les deux
peuples. Cependant, l’absence de politiques adéquates favorisant ces échanges empêche la
cohésion et le mariage culturel entre les deux peuples.
En somme, la commune de Anse-à-Pitre représente une zone stratégique offrant des opportunités
fondamentales pour le commerce, le travail ou l’accès aux services de base. Il est nécessaire pour
les décideurs locaux de bien cerner les mécanismes déclencheurs qui affectent la situation
générale des habitants de cette commune, et de mieux adresser les enjeux et défis relatifs à la
région frontalière afin de garantir une vie pleine d’harmonie entre les habitants des deux côtés de
la frontière.
78 | P a g e
Chapitre 6 | Moyens de subsistance, stratégies d’adaptation et résilience
des ménages de Anse-à-Pitre
La compréhension de la distribution de la richesse et de la pauvreté au niveau territorial est
essentielle pour éclairer le processus d'élaboration des politiques économiques et sociales d'un pays.
Ceci est tout particulièrement vrai, alors que la crise économique associée à la pandémie de
COVID-19 menace d'affecter de manière disproportionnée les ménages vulnérables. Cette
connaissance exige néanmoins la collecte fréquente de données auprès des ménages, un effort
coûteux. Souvent, les données diffusées ne sont pas suffisamment précis pour identifier
correctement les poches de pauvreté et d'inégalité des revenus au niveau du territoire. Dans le cas
particulier d'Haïti, il n'y a pas eu d'enquête auprès des ménages depuis 2012, et les dernières
données disponibles ne sont représentatives qu'au niveau départemental (BID HAITI, 2020).
6.1.- PERCEPTION LOCALE DES NOTIONS DE ‘‘BIEN-ÊTRE, ‘‘VULNÉRABILITÉ’’ ET
‘‘PAUVRETÉ’’
Le bien-être est un état de la vie d’un être vivant. Il est lié aux différents facteurs considérés de
façon séparée ou conjointe. Cet état est relatif et varie en fonction du milieu, du train de vie de
l’intéressé, de son accessibilité aux services de base (moyen de déplacement, éducation,
alimentation, soin santé, migration interne et externe, le plaisir, la réalisation de soi, l’harmonie
avec soi-même et avec les autres). Dans la commune de Anse-à-Pitre, cette perception évolue, selon
que l’on se trouve soit dans un écosystème urbain ou dans un contexte de ruralité, de péri-urbanité
ou de rururbanité.
La réalisation d’une typologie d’exploitations agricoles part de l’idée que le choix des systèmes de
production sera différent selon le type considéré. Les caractéristiques principales utilisées pour
définir les types d’exploitations de la zone d’intérêt du projet incluent particulièrement la superficie
totale exploitée, les objectifs de l’exploitation, les modes de tenure foncière, la présence ou non
d’activités extra-agricoles et de l’élevage, le capital social de l’exploitation agricole.
Ces exploitations se différencient notamment par ordre d’importance :
79 | P a g e
1) Les rapports privilégiés avec les acteurs influents de l’autres côté de la frontière (Pedernales RD en
particulier),
2) La possibilité d’un membre de l’exploitation d’aller chercher des soins médicaux en dehors de la
commune d’Anse-à-Pitre (Jacmel, République Dominicaine, Région métropolitaine de Port-auPrince ou dans d’autres pays étrangers), en cas de maladie,
3) l’insertion ou non dans une structure associative locale (Groupements de producteurs, Coopérative,
etc.) les plus représentatives au niveau de la région,
4) le niveau d’insertion dans la filière de la pêche,
5) le niveau d’éducation des enfants, et, la possibilité d’aller étudier en dehors de la commune d’Anseà-Pitre (Jacmel, République Dominicaine, Région métropolitaine de Port-au-Prince ou dans d’autres
pays étrangers) dans les centres de formation estimés meilleurs,
6) la performance économique de son système d’activités économiques,
7) le modèle de construction et les conditions physiques de l’habitat,
8) la possibilité d’exploiter différentes situations agro-écosystémiques et la superficie totale de terres en
exploitation,
9) le degré de résilience en année difficile (marges de manœuvre financière ou économique) ;
10) l’état des facteurs de production des systèmes d’activités identifiés, et l’accès physique et
économique à certains intrants (pesticides, semences, …) et outils,
11) l’accès aux moyens de déplacements et/ou de transports (Jeep, Camions, Camionnettes, Bicyclette,
Motocyclette à usage privé, Taxis-moto, Equins, Asins, Ovins)
12) la main d’œuvre utilisée pour les travaux de l’exploitation et le nombre d’actifs,
13) le niveau d’insertion du ménage dans les tissus sociaux (réseau),
14) l’accès à l’information sur les aides éventuelles, venant ordinairement de l’appui des opérateurs de
développement ;
Aussi, vu l’importance des activités agricoles dans la commune, nous avons jugé bon de mettre
l’emphase sur le terme SAF. Mais, la base de l’analyse reste les « systèmes d’activités ».
De ce qui précède, quatre (4) types d’exploitation ont été identifiés :
1) Socio-professionnels, entrepreneurs, méso-commerçants - émergés ces 20 dernières années
(TYPE I) ;
2) Grands exploitants Agricoles (TYPE II) ;
3) Exploitants moyens (TYPE III) ;
4) Petits exploitants agricoles incluant les pauvres ou ouvriers –es agricoles sans terres, candidats
potentiels à l’émigration saisonnière ou permanente (TYPE IV) ;
80 | P a g e
Parallèlement, on constate qu’il existe une certaine corrélation entre les objectifs des exploitants et
leur âge. Les plus jeunes exploitants rentrent surtout dans une logique d’accumulation et de
recherche de reconnaissance à travers les réseaux organisationnels les plus influents. Les objectifs
des exploitations plus âgées tournent principalement autour de l’entretien de la famille. Un certain
nombre d’entre elles recherche des occasions favorables pour faire migrer leurs enfants vers des
pays de l’Amérique du Sud ou vers les USA et le Canada (Types I et II).
Le graphe suivant résumé les classes socio-économiques dégagées à partir de la perception des
locaux en regard aux concepts de pauvreté, résilience, bien-être ou de vulnérabilité :
81 | P a g e
Fig. 9 | Tentative de catégorisation socio-économique des habitants de la commune de Anse-à-Pitre, selon les tendances de perception
locale (Données Focus-Group - illustrées de Y. GUERRIER/Catedel, Février 2021)
50%
40%
40%
40%
35%
30%
30%
30%
25%
25%
25%
25%
20%
25%
20%
20%
15%
15%
15%
15%
10%
0%
-10%
Socio-professionnels, entrepreneurs, méso- Grands exploitants Agricoles (Cf. : Grandons/Nantis
commerçants - émergés ces 20 dernières années
-es) / (TYPE II):
(TYPE I)
-7%
Exploitants moyens (TYPE III) :
Petits exploitants agricoles, incluant les pauvres ou
ouvriers –es agricoles sans terres, candidats
potentiels à l’émigration saisonnière ou
permanente (TYPE IV)
-13%
-20%
-30%
-35%
-40%
-45%
-50%
Représentation communale en Pourcentage (%) et en valeur absolue
Centre-Ville Anse-à-Pitre
Quartier de Bannane
1 ère section Boucan Guillaume
2ème section Bois d’Orme
82 | P a g e
6.2.- SYSTÈME ALIMENTAIRE & VULNÉRABILITÉ ALIMENTAIRE ET
NUTRITIONNEL DES AGRO-MÉNAGES DE ANSE-À-PITRE
Le système alimentaire de la commune de Anse-à-Pitre comporte sept (7) grandes composantes. Il
fonctionne comme un grand ensemble de sept sources d’approvisionnement. Par ordre
d’importance ces entrées concernent :
1. Les systèmes de production agricoles extensifs ;
2. Les apports des systèmes d’activités non-agricoles (production de charbon de bois et vente de
vêtements usagers et/ou d’autres produits manufacturés en provenance de la RD en particulier);
3. L’importation de céréales (en provenance de Thiotte ou d’autres communes de la région comme
Grand-Gosier, Croix-des-Bouquets, Marigot), juste après de la période de récolte pour constituer des
stocks de réserves au niveau des boutiques et des chez les « Grandons », destinés à la revente en
périodes de soudure ;
4. Les importations de produits industriels venant de Croix-des-Bouquets et/ou de la République
Dominicaine (produits importés ou nationaux) ;
5. Les transferts de bons alimentaires en provenance de la diaspora (USA, Antilles Françaises, Canada
en particulier) pour des proches ;
6. L’aide des organisations humanitaires et de certains opérateurs de développement (Serve Haïti,
DINEPA, FAO, CARITAS, etc.) et des organismes du système des Nations-Unies (PAM, UNICEF,
FAO…) ;
7. Les produits de la pêche.
Dans la conduite des enquêtes, on a tenté une discussion avec les ménages autour de leurs
perceptions sur l’insécurité alimentaire. En dépit de la richesse et de la diversité spécifique
énorme de la commune, ils ont répondus presqu’à l’unanimité qu’un exploitant ou un ménage
se considère en situation d’insécurité alimentaire critique que lorsque, la production en «
Légumineuse, Céréales et tubercules » sont déficientes (Enquêtes de perception réalisées auprès
des exploitants – complétées avec les données de focus-group, Janvier à Mars 2021). Pour
compléter leur réponse, ils ont évoqué des raisons illustrées dans le graphique suivant :
83 | P a g e
Fig. 10 | Perception des acteurs locaux sur les causes des cas d'insécurité alimentaire
enregistrées par moment et/ou par endroit dans la commune de Anse-à-Pitre (%)
(CATEDEL, Janvier - Mars 2021)
1° Le résultat de la croissance démographique qui se fait de manière
disproportionnée par rapport aux ressources locales mobilisables ;
1%
2° L'absence d'une politique stratégique de développement des chaînes de
valeur liées aux écosystèmes côtiers et marins
2%
3° Les troubles socio-politiques chroniques et interminable sur Port-auPrince: Répercussions sur la disponibilité et l'accès en certains produits de…
3%
4° Les opérateurs de développement dédiés (ONG de développement
Agricole) ne mettent pas suffisamment d’accent sur le volet de…
4%
5° La colère de Dieu face à la méchanceté des exploitants
5%
6° La diminution progressive des rendements des systèmes agro-productifs
naturels; et accompagnée de la baisse graduelle de la fertilité des sols
5%
7° La dégradation de l'environnement (Déboisement et dégradation des
sols)
7%
8° Les incidences de l'émigration de la majeure partie des jeunes travailleurs
(ouvriers -es agricoles, pêcheurs), de l'ouragan Mattewde 2016 et du…
8%
9° L'enclavement de la commune par rapport à Port-au-Prince ou presque
tous les rares avantages sociaux existant sont traditionnellement ou…
10%
10° Faible sens de responsabilité des décideurs au niveau local, régional et
central
15%
11° La diminution des fruitiers en particulier et le manque d'encadrement
des exploitants agricoles (Effets des cyclones successifs et des…
18%
0%
2%
4%
6%
8%
10% 12%
14% 16%
18%
Quand c’est le cas, l’insécurité alimentaire dans la commune de Anse-à-Pitre a surtout rapport à des
réalités structurelles et/ou conjoncturelle (Cf. : Evolution des rapports transfrontaliers, Incidences
d’une catastrophe, Instabilité socio-politique, problèmes de disponibilité et d’accès dus à des
déficiences infrastructurelles de base) ». Les principaux déterminants répertoriés sont :
1. Les flux ou l’état des rapports d’échanges transfrontaliers,
2. les externalités négatives de la pandémie de la COVID-19, des bouleversements socio-politiques
chroniques du pays (Répercussions des problèmes de sécurité publiques, des actes de banditismes :
Détournement fréquents des camions de marchandises alimentaires à la sortie de Port-au-Prince
(tronçon de zone de Croix-des-Bouquets/Jacmel, Ganthier, Grand-Gosier ; avec la présence des
gangs armés régionaux en connexion avec ceux de 400 Mawozo et de Village de Dieu),
3. les moyens de subsistance limités de plus de 65% des exploitants rencontrés (En grande partie, la
grille d’analyse du tableau suivant, développée par T. E. Downing en 1991, a été utilisée pour
apprécier ces aspects),
84 | P a g e
4. la faible performance des systèmes d’exploitation agricoles (aléas climatiques, perte graduelle de
fertilité des sols, mauvaises pratiques culturales, ennemis de cultures, manque d’accès aux intrants et
équipements de base, faible accompagnement des exploitants, absence de services agricoles),
5. l’augmentation du nombre de bouches à nourrir, et la faible opportunité économique,
6. la faible capacité de réponse des autorités locales, régionales et centrale,
7. le manque d’organisation et de synergie entre les organisations à vocation agricoles, ainsi que la
non-implication des groupes relativement organisés de la société civile dans les prises de décisions,
8. les problèmes liés l’inflation structurelle et chronique dans le pays …
Dans l’ensemble, les situations d’insécurité alimentaire soulevées ont plutôt à voir à deux (2)
grands types :
9. L’insécurité alimentaire cyclique ou qui intervienne en période de soudure : Elle touche les petits
agriculteurs qui ont suffisamment à manger immédiatement après la récolte, mais qui ont, par
exemple, des difficultés à attendre la récolte suivante (Certaines zones enclavées, et concernent
particulièrement les exploitants de type 4 et surtout 5).
10. L’insécurité alimentaire transitoire : elles concernent les habitants des zones urbaines qui
dépendent des marchés très instables et de producteurs agricoles très exposés aux catastrophes
naturelles (Dans toutes les sections communales, et concernent les exploitants de type 3 et 5).
Les cas ayant rapport à l’insécurité alimentaire chronique sont moindres. Il s’agit de personnes
ou de groupes de personnes qui consomment ou ont consommé régulièrement des quantités quelque
peu inférieures au minimum nécessaire pendant une longue période. Ils concernent notamment les
exploitants de type 4 qui évoluent dans des zones très reculées des sections communales (par
rapport au centre-ville).
En cause de l’enclavement des sections communales et de l’incapacité des exploitants à accéder sur
les marchés niches et/ou préférentiels, de façon générale, les pertes post-récoltes en fruits et autres
denrées stratégiques dépassent 25%. A cela, il faut ajouter l’observation des exploitants de pertes
énormes en matière de biodiversité - dues notamment à des conditions agroclimatiques
défavorables. Au cours de ces 20 dernières années, la commune a perdu (disparition ou migration)
plus d’une 20aine d’essences végétales (Légumineuses, Graminées, agroforestiers, Tubercules en
particulier) et de près d’une douzaine d’espèces de la faune sauvage aquatique et terrienne
(Poissons, Batraciens, Oiseaux …).
85 | P a g e
Les institutions politiques présentes (ASEC, CASEC, Mairie en particulier) devraient être l’un des
leviers indispensables dans la mobilisation des ressources des territoires et des terroirs. D’une part,
par les crédits qu’elles auraient dus mobiliser, d’autre part, par leur capacité potentielle à fédérer
des acteurs et des compétences de divers niveaux – dans la perspective de contribuer à
l’aboutissement d’actions et de projets déterminants. En revanche, ces institutions sont
caractérisées, par une organisation particulièrement déficiente, avec des moyens humains et
financiers extrêmement limités.
Il importe également de souligner, la faible synergie qui existe dans les processus décisionnels et
opérationnels entre les différentes catégories d’acteurs qui évoluent dans l’écologie institutionnelle
communale. A ce niveau, on voulait pointer notamment les conflits de rôles et de responsabilités
constatés (témoignage des acteurs locaux) dans le fonctionnement élus locaux considérés comme
des agents de développement, et le représentant législatif communal. En dépit des dénonciations de
ces pratiques à différentes échelles socio-politiques (appui des groupes organisés de la société
civile), les collectivités territoriales se révèlent impuissants.
Pourtant, les organes déconcentrés des ministères sectorielles traditionnels ou de base (BAC :
Bureau Agricole Communal du MARNDR, les structures de santé (MARNDR) et de loisirs, les
infrastructures de transport et de communication (MTPTC), …) font face à des déficits énormes de
ressources. Ils ne peuvent pas assurer le minimum de service aux exploitants et/ou résidents de la
commune. En dépit des potentialités multidimensionnelles (Humaines, Organisationnelles,
Agricoles et agroalimentaires, Hydrogéologiques, Ecologiques, Ecotouristiques, Floricoles, écomaritimes, Socio-culturelles, Logements sociaux, etc.), le cadre de vie, les conditions matérielles
d’existence des communautés rurales communales.
Dans ce cadre, les exploitants ne bénéficient que de très faibles ou presque pas d’encadrement. Les
appuis substantiels bénéficiés viennent en général des opérateurs de développement non-étatiques,
notamment grâce à l’action plaidoyer des organisations communautaires de base (OCB).
Face à ces éternelles préoccupations (soulevées par les acteurs locaux, lors de nos entretiens), selon
la marge de manœuvre existante, certains habitants optent pour des stratégies individuelles, d’autres
préfèrent mener une forme de lutte collective. Mais en général, certains s’engagent dans les deux
(02) voies à la fois.
Au cours des enquêtes, sur un échantillon de deux cent (200) agro-ménages choisis sur une base
aléatoire, nous avons tenté de regarder la composition de la nourriture consommée durant les 7
86 | P a g e
derniers jours de sa rencontre. La figure suivante présente la fréquence de consommation des
ménages pour les différents groupes de produits considérés sur la période :
Fig. 11 | Fréquence de consommation des différents groupes de produits par les
ménages pendant les 7 derniers jours avant l'enquête en % (Illustration Yvon GUERRIER
- CATEDEL, Janvier - Mars 2021)
Céréales et tubercules
0%
1%
1%
98%
59%
Légumineuses
3%
9%
18%
5% 3%2%
1%
5%
6% 4% 4%1%
1%
1%
0 fois par semaine
78%
Légumes
1 fois par semaine
69%
Fruits
11%
38%
Viandes et Poissons frais
10%
7%
9%
3% 7%
8%
5%
5% 5% 2%
0%
2 fois par semaine
3 fois par semaine
21%
4 fois par semaine
55%
Produits laitiers
Sucre
15%
Huile
0%
3% 7%
12%
Condiments
0%4% 5%
12%
0%
10%
9%
20%
15%
7% 2% 8%
16%
5% 5%
2%3% 7% 1%
1%
6 fois par semaine
49%
7 fois par semaine
78%
7%
7%
30%
5 fois par semaine
65%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Les groupes de produits consommés en plus grande proportion durant les sept (7) derniers jours qui
précèdent les enquêtes par ordre d’importance ont été notamment : le sucre (49%), les huiles (78%),
les céréales (98%), les condiments (65%). Par contre, les produits les moins consommés par ordre
d’importance ont été particulièrement : les fruits (69%), les légumes (78%), les produits laitiers
(55%), les légumineuses (59%). En résumé, dans le contexte ménages rencontré dans cadre précis,
« un ménage qui pour une journée ou une période n’arrive pas à consommer du riz et/ou du sorgho
dans les communautés de Anse-à-Pitre, est un ménage très vulnérable ». Ces céréales occupent la
première place dans le système alimentaire de Anse-à-Pitre.
Par ailleurs, les valeurs des scores alimentaires des ménages étudiés ont été calculées, et reportées
sur une échelle dont la valeur maximale possible est 112. Les fréquences de consommation de
chaque groupe d’aliments ont été pondérées, puis le Score de Consommation Alimentaire (SCA) a
été déterminé pour chaque ménage. Le graphe suivant présente les trois classes de Scores de
Consommation Alimentaires identifiées :
87 | P a g e
0
Hauteur Max ligne de Consommation Alimentaire Pauvre (28,5)
Hauteur Max ligne de consommation Alimentaire Limite (42,5)
Hauteur Max Consommation Alimentaire Acceptable Max Ménages Batha-Est
SCA Anse-à-Pitre
EA-A 199
EA-A 197
EA-A 195
EA-A 193
EA-A 191
EA-A 189
EA-A 187
EA-A 185
EA-A 183
EA-A 181
EA-A 179
EA-A 177
EA-A 175
EA-A 173
EA-A 171
EA-A 169
EA-A 167
EA-A 165
EA-A 163
EA-A 161
EA-A 159
EA-A 157
EA-A 155
EA-A 153
EA-A 151
EA-A 149
EA-A 147
EA-A 145
EA-A 143
EA-A 141
EA-A 139
EA-A 137
EA-A 135
EA-A 133
EA-A 131
EA-A 129
EA-A 127
EA-A 125
EA-A 123
EA-A 121
EA-A 119
EA-A 117
EA-A 115
EA-A 113
EA-A 111
EA-A 109
EA-A 107
EA-A 105
EA-A 103
EA-A 101
EA-A 99
EA-A 97
EA-A 95
EA-A 93
EA-A 91
EA-A 89
EA-A 87
EA-A 85
EA-A 83
EA-A 81
EA-A 79
EA-A 77
EA-A 75
EA-A 73
EA-A 71
EA-A 69
EA-A 67
EA-A 65
EA-A 63
EA-A 61
EA-A 59
EA-A 57
EA-A 55
EA-A 53
EA-A 51
EA-A 49
EA-A 47
EA-A 45
EA-A 43
EA-A 41
EA-A 39
EA-A 37
EA-A 35
EA-A 33
EA-A 31
EA-A 29
EA-A 27
EA-A 25
EA-A 23
EA-A 21
EA-A 19
EA-A 17
EA-A 15
EA-A 13
EA-A 11
EA-A 9
EA-A 7
EA-A 5
EA-A 3
EA-A 1
Fig. 12 | Graphique de la tendance de distribution scores alimentaires des ménages de Anse-à-Pitre consultés
(Yvon GUERRIER / CATEDEL, Janvier - Mars 2021)
100
80
60
40
20
88 | P a g e
L’observation du nuage de points et l’analyse des données représentatives montrent que plus des
2/3 de la population étudiée ont une alimentation insuffisante, pauvre et limitée. Le reste des
ménages enquêtés (moins de 20%), atteint un score acceptable. Moins de 5% ont atteint un seuil
d’alimentation relativement diversifiée, suffisance. A noter que, le seuil d’acceptabilité idéale
des scores peut atteindre jusqu’à 112, alors que pour la commune, le score maximum obtenu
pour plus de 170 sur les 200 ménages étudiés ne dépasse pas 80. En outre, la majorité des
ménages qui atteint un score acceptable ne se situe pas très loin de la ligne de la consommation
alimentaire limite.
L’analyse croisée des résultats précédents montrent une grande corrélation entre le SCA et le
système d’activité du ménage. Le tableau suivant présente une tendance de la répartition des
scores alimentaires selon le système d’activités des ménages :
Tableau 23 | Scores alimentaires, systèmes d’activités et typologie des ménages
Intervalle de SCA
dominantes
SCA < 20
20≥SCA≤60
60>SCA≤100
Systèmes d’activités les plus représentatifs en %
62%
26%
: Ménages de type IV (petits particulièrement)
: Ménages de type III
12%
16%
29%
40%
: Ménages de type II
: Ménages de type IV
: Ménages de type III
: Ménages de type II
15%
0%
3%
24%
: Ménages de type I
: Ménages de type IV
: Ménages de type III
: Ménages de type II
73%
: Ménages de type I
En effet, on constate que les ménages de Type V et IV ont un déficit et un niveau de pauvreté
nutritionnels plus élevés. Ceux qui pratiquent seulement la culture céréalière sont les plus
vulnérables de tous, particulièrement les moyens et les petits céréaliers. Les agropasteurs
(moyens et petits) ont en général une alimentation à la fois pauvre et limitée. Dans l’ensemble,
on estime que les moyens agropasteurs auraient un niveau de résilience comparable à celui des
grands céréaliers. Aussi, le même cas de figure s’est présenté entre un petit agropasteur et un
moyen céréalier. Donc, le fait pour un ménage, de pratiquer l’élevage en plus de ses activités
culturales, élargi sa marge de manœuvre par rapport à un autre qui est simple céréalier.
Certains grands agro-éleveurs, agropasteurs et céréaliers de Anse-à-Pitre ne sont pas non plus
épargnés par cette forme de pauvreté. Ce qui permet d’avancer que la pauvreté nutritionnelle
n’est pas seulement liée à une question de moyens financiers et à celle du niveau
d’économie (réserves) alimentaire du ménage. Donc, nous estimons avoir assez d’évidence
89 | P a g e
statistique et logique pour avancer que le manque de formation des ménages en matière de
nutrition humaine a un poids significatif sur le niveau d’insécurité alimentaire des habitants.
La question du nombre de repas par jour peut prêter à confusion. Car dans le contexte de Anse-àPitre, le café et le thé sont aussi considérés à eux seuls comme repas pour une grande proportion
de ménages enquêtés. Dans ce cas, nous avons considéré seulement les repas consistants pour
présenter le graphe ci-contre.
Le nombre des repas reste stable toute l’année pour les ménages plus aisés (2 à 3 fois par jour),
mais varie avec les saisons pour les autres. En général, même les ménages les moins résilients
arrivent à manger deux (2) fois par jour après la récolte. Ils ne produisent pas céréales et/ou de
tubercules en quantité, mais la solidarité intracommunautaire, et l’esprit de magnanimité qui
anime beaucoup de chef de ménages, même en cas de mauvaise récolte, leur permettent de
bénéficier de certains dons.
6.3.- LOGEMENTS ET VULNÉRABILITÉ SOCIO-ÉCONOMIQUE DES MÉNAGES
Au niveau du territoire de la commune de Anse-à-Pitre, la distribution des ménages à travers
l’espace ne se fait pas au hasard. Elle dépend en général :
1) La proximité par rapport à la zone transfrontalière et à la mer ;
2) Du positionnement par rapport à l’axe de la route principale (Thiotte - Anse-à-Pitre), afin d’être
plus proche des informations sur les opportunités émergentes ;
3) Du positionnement des points de ravitaillement en eau et à certains rares services de base
existants à travers les communautés ;
4) Du système d’activités du ménage ;
5) De la trajectoire de l’exploitant/habitant (héritage, contextes d’installation);
6) De la situation socio-économique du ménage ;
7) Du degré de mobilité du ménage ;
8) De la facilite d’accès à la terre ;
9) De la délimitation qui a été effectuée par les premiers ancêtres qui occupaient l’espace.
Mis à part les poches agglomérées observées dans les espaces urbanisés et/ou en situation de
rururbanité, à travers l’ensemble des communautés rurales l’habitat dispersé. Dans le cadre d’une
perspective de promotion et/ou de développement de services publics, cette caractéristique de
l’habitat devra rendre amplement difficile l’acheminement de certains services sociaux de bases
vers les ménages (électricité, …). La distance entre des maisons (Lakou) d’une même habitation
peut aller de 300 à près de 700 mètres au niveau des localités très enclavées.
90 | P a g e
Un constat sur la localisation géographique, la structure et le modèle de l’habitat amène à faire
cinq remarques ou déductions fondamentales :
1. La structure et l’apparence physique des maisons peuvent servir à la construction de gradient
indiciel pour aider dans la catégorisation socio-économique des ménages ; leur pondération dans
un système multicritère de systématisation représente une dimension très importante dans
l’appréciation des niveaux de bien-être à travers les communautés de Anse-à-Pitre ;
2. les constructions complètement réalisées en ciment se rencontrent surtout au niveau du
centre-ville et des espaces considérés comme centre d’une section communale ;
3. les constructions avec étage supérieur (généralement un seul étage) sont plutôt observés
au niveau du Centre-Ville de Anse-à-Pitre : elles appartiennent fort souvent à des natifs
qui évoluent dans la diaspora (USA, France, Canada), des anciens -es élus -es locaux -es,
des socio-professionnels -es, des nantis –es, des Grandons (notables) ;
4. les constructions en palissade, revêtues de tôles métalliques ondulés appartiennent en
général aux ménages sédentaires les plus aisés, évoluant dans la zone centrale d’un
milieu rural (sections communales) ou dans une communauté satellite au centre-ville,
5. Les habitats revêtus en paille et/ou construits avec des matériaux de fortune appartiennent
plutôt aux ménages considérés comme les plus vulnérables, des marginaux parmi les
sédentaires ou des habitants qui pratique la migration saisonnière dans les grandes villes
de la région.
En raison de tout ce qui précède, d’une manière générale, le niveau de vulnérabilité socioéconomique de ces derniers est généralement perçu par les natifs en fonction de l’état physique
de la construction.
Comme dans le contexte d’autres communes frontalières, les observations et la compréhension
des réalités de terrain, complétées avec les tendances dominantes de la perception locale (cf. :
Typologie des ménages co-établie précédemment) amènent à considérer le type de construction
comme un indicateur de pauvreté dans la commune. D’ailleurs, même les natifs utilisent les
caractéristiques physiques des habitats pour exprimer le degré de vulnérabilité socio-économique
ou de bien-être d’un ménage.
91 | P a g e
Chapitre 7 | Hiérarchisation des problèmes et piste de solutions
Tout au long de ce document, on a fait le point sur les secteurs vitaux au niveau de la
Commune de Anse-à-Pitre en essayant d’analyser les points forts, les faiblesses, les
opportunités et les menaces qui leur sont inhérents. A la lumière de ce panorama sectoriel, on
peut clairement comprendre que les problèmes auxquels font face la communauté sont divers
et profonds. Selon qu’on soit en milieu rural ou milieu dit urbain, la nature des problèmes
peut varier. A travers les focus groupe, les entretiens semi structurés que l’équipe technique
de la CATEDEL a eu avec les parties prenantes, la communauté à elle-même identifiée et
hiérarchisée les problèmes auxquels elle fait face et ont du même coup tenté de porter des
pistes de solutions face à ces problèmes.
Ce travail de diagnostic, pour répondre à ses exigences de départ qui consiste à retracer
fidèlement la réalité vécue et racontée par la population, relate ici les problèmes perçus par la
population sous le regard attentif et non influençable de nos techniciens. En effet, tout
diagnostic doit impérativement retracer les problèmes perçus et compris par la population
combinés aux observations des techniciens.
Ainsi, les problèmes perçus par la population au niveau de leur terroir sont présentés dans les
tableaux qui vont suivre et des pistes de solutions y référents. Ces solutions formulées et
corrigées par l’équipe technique de la CATEDEL feront offices directs des directives du Plan
Communal de Développement qui en découlait à partir de ce travail de diagnostic communal.
92 | P a g e
Tableau 24 | Identification des problèmes et pistes de solutions envisagées
Secteur d’activités
Problèmes identifiés
Solutions proposées
Localisation
VOLET 1 : LES SECTEURS SOCIAUX DE BASE
Le genre
Éducation
Sous-représentation des femmes dans les
secteurs clés de la commune ;
Violences conjugales subies par les
femmes ;
Manque d’autonomie financière des
femmes.
Mauvais état des écoles tant privées
qu’étatiques (Ecoles Nationales) ;
Pas de Lycée dans la commune ;
Pas de bancs pour les élèves ;
Manque de matériels scolaires ;
Pas de cantines scolaires ;
3e cycle non disponible dans les sections
communales ;
Manquement dans le processus de
recyclage des professeurs ;
Mauvaise condition de travail des
enseignants ;
Problèmes de nomination du corps
enseignant et salaire insignifiant ;
Frais scolaires trop élevés dans les écoles
privées.
Manque de personnel soignant au niveau
des 2 centres de santé ;
Equipements et matériels sanitaires non
suffisants ;
L’Etat doit mettre en place de
politique égalitaire lié au rapport
socio de sexe.
Octroi de crédit directement aux
femmes
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Réhabilitation des écoles nationales
(bloc sanitaire ; toilettes, urinoir,
point d’eau)
Construction d’un Lycée bien équipé
au niveau de la Commune
Equiper les écoles en bancs, matériels
scolaires divers (livres, cahiers,
crayons, plumes, craies, etc)
Mettre en place les programmes de
cantines scolaires
Construire un EFACAP dans chaque
section communale
Formation pour les professeurs
Amélioration des conditions de
travail des professeurs
Régulariser la nomination des
professeurs
Boucan Guillaume et Bois
d’Orme
Centre urbain
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Boucan Guillaume et Bois
d’Orme
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Recrutement de personnel
additionnel
Centre urbain
Les 2 sections communales
93 | P a g e
Santé
Eau/
Assainissement
Électricité
Incapacité dans la prise en charge de
certains cas de maladies ;
Problèmes de disponibilité de l’électricité ;
Insalubrité au niveau des centres de santé ;
Mauvaise condition du personnel soignant ;
Condition de salaires précaire du
personnel ;
Services de soins de santé fournis limités ;
Equiper correctement les centres de
santé
Doter le centre de santé d’une
génératrice
Travaux de réhabilitation des centres
de santé
Améliorer les conditions de travail du
personnel soignant
Détérioration du Système d’Adduction
d’Eau Potable depuis après le passage du
cyclone Laura en 2020 ;
Détérioration des captages des sources ;
Sources non captées ;
Disparition de sources ;
Non disponibilité de sites de décharge ;
Désorganisation du service de ramassage
des ordures ;
Absence de poubelles
Centre urbain
Travaux de réhabilitation du SEAP
au niveau de la Commune
Réhabilitation des sources captées
Réalisation du captage des sources
Travaux d’aménagement au niveau
des amonts des sources
Implémentation
de
sites
de
décharges pour le traitement des
ordures
Mettre en place un système
d’organisation du réseau de collecte
des ordures
Installer des poubelles pour
collecter les ordures
Pannes récurrentes du moteur alimentant la Acquisition de nouvelles génératrices
commune en électricité ;
Réseau électrique désuet ;
Inaccessibilité du réseau électrique au Réhabilitation du réseau électrique
niveau des sections communales ;
Extension du réseau électrique au
Indisponibilité de carburant
niveau des sections communales
Augmenter la capacité de stockage
Routes non entretenues sur toute la
Travaux de réhabilitation des routes
Commune ;
reliant la section et le centre-ville,
Arrêt des travaux de bétonnage de routes
Anse-à-Pitre et Thiotte, Anse-à-Pitre
Centre urbain
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Centre urbain
Bois d’Orme et Boucan
Bois d’Orme et Boucan
Bois d’Orme et Boucan
Centre urbain
Centre urbain
Centre urbain
Centre urbain
Les 2 sections communales
Centre urbain
Les 2 sections communales
94 | P a g e
Transport
Télécommunication
Loisirs, sport et
Culture
Société civile
Le genre
sans explication à la population ;
Problèmes de drainage rendant
impraticable les routes en temps de pluie ;
Absence de travaux d’art (ponts, dalots,
ponceaux, cuvettes) ;
Danger et risque du transport maritime
(Anse-à-Pitre vers Pérédo/Jacmel)
Mauvaise qualité du signal téléphonique
des deux compagnies (Digicel et Natcom) ;
Pas de bureau régional des compagnies
dans la Commune ;
Fonctionnement non régulier des stations
de radio dans la Commune
Manque d’espaces culturels et de loisirs
pour les jeunes ;
Pas de centre sportif (terrains de football,
de
basket-ball,
de
volley-ball,
d’athlétisme) ;
Pas de moniteurs de sports pour
accompagner les jeunes ;
Mauvais état des 2 cimetières
et Jacmel ;
Poursuite des travaux de construction
de bandes enroulées sur les routes ;
Réalisation des travaux de drainage ;
Construction de dalots, de ponceaux
de traversées, des cuvettes, etc.
Amélioration des conditions de
transport maritime (Gros bateau de
transport)
Les 2 sections communales
Centre urbain
Les 2 sections communales
Centre urbain
Mettre en place un bureau régional Centre urbain
des compagnies pour améliorer le Les 2 sections communales
service
Améliorer la fourniture du courant
électrique
Construction d’un centre culturel et
de loisirs pour les jeunes
Construction
de
centre
d’épanouissement et de sports
Former des moniteurs sportifs pour
accompagner les jeunes
Réhabilitation des 2 cimetières
(clôture, nettoyage, entretien de
caves)
Manque total d’encadrement pour les
Renforcer la capacité des
organisations de base ;
organisations communautaires de
Faiblesse de la société face aux autorités
base
locales et nationales ;
Division
entre
les
organisations
communautaires de base
Sous-représentation des femmes dans les
L’Etat doit mettre en place de
secteurs clés de la commune ;
politique égalitaire lié au rapport
Violences conjugales subies par les
socio de sexe.
Centre urbain
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Centre urbain
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
95 | P a g e
femmes ;
Manque d’autonomie
femmes.
financière
des
Octroi de crédit directement aux
femmes
VOLET 2 : LES SECTEURS ECONOMIQUES
o
o
o
o
Agriculture
o
o
o
o
o
o
Crédit agricole inexistant pour les
agriculteurs ;
Indisponibilité de semences améliorées ;
Détérioration des canaux d’irrigation ;
Problème de sécheresse lié à l’irrégularité
dans la tombé des pluies ;
Manque d’encadrement des agriculteurs
Erosion des terres ;
Infestation répétée des jardins ;
Outils agricoles trop rudimentaires, non
accessibles et insuffisants ;
Mauvais état des routes ;
Problème de cout et d’indisponibilité de la
main d’œuvre à certaine période clé ;
Problèmes de maladies qui tuent les
animaux ;
Problème de sécheresse causant des
difficultés pour l’alimentation et
l’abreuvement des animaux ;
Vols des animaux pour les revendre en
L’Etat doit faciliter l’accès ou donner
du crédit agricole aux agriculteurs ;
Distribution de semences améliorées
aux agriculteurs ;
Réhabilitation des canaux
d’irrigation ;
Forage de puits et installation de
pompes
Encadrement technique aux
agriculteurs
Faire des travaux de conservation de
sol au niveau des exploitations
agricoles ;
Faire des séances de formation en
conservation de sol pour les
agriculteurs ;
Mettre en place une boutique intrant
agricole (vente de semence de qualité
et des produits phytosanitaires) ;
Distribution des outils agricoles aux
agriculteurs, introduction des
charrues à traction animale dans la
section ;
Faire des travaux de réparation dans
les routes
Disponibilité de vétérinaires bien
équipés pour combattre les maladies ;
Forage de puits et de bassin
d’abreuvement pour les animaux ;
Mettre en place des brigades de
sécurité et de contrôle des animaux ;
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Centre urbain
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Boucan Guillaume et Bois
d’Orme
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
96 | P a g e
Élevage
Pêche
République Dominicaine ;
Absence de crédit pour les éleveurs ;
Abattoir des animaux non existant ;
Manque d’espaces de pâturage pour les
animaux ;
Les races d’animaux d’élevage sont trop
anciennes ;
Produits médicamenteux non disponibles ;
Manque d’encadrement pour les pêcheurs ;
Matériels de pêche rudimentaire et non
disponibilité de matériels modernes ;
Matériels de pêche inaccessible pour les
pêcheurs ;
Pas de crédit pour les pêcheurs
Non disponibilité de matériels (filets,
seines, etc..) dans la zone ;
Bateaux de pêche trop petits et mal
entretenus ;
Dispositifs de concentration de poissons
non suffisants ;
Limitation de pêches en haute mer ;
Difficulté pour la conservation des produits
de la pêche ;
Marché pour la vente des produits de pêche
non certain ;
Absence de techniciens qualifiés pour la
réparation des quelques moteurs des
bateaux de pêche dans la zone
Problème de prix pour les produits de
pêche ;
Octroi de crédit aux éleveurs ;
Construction d’un abattoir ;
Construire des abris pour les animaux
pour empêcher les vols ;
Introduction de races améliorées dans
la section ;
Mettre en place une pharmacie
vétérinaire (vente de produits
vétérinaires) ;
Mieux Encadrer les pêcheurs par la
formation ;
Faire des dons des matériels
modernes aux pêcheurs ;
Mettre en place une boutique
contenant les matériels de pêche à
proximité des pêcheurs ;
Faciliter l’accès au crédit pour les
pêcheurs.
Mettre en place des boutiques de
vente de matériels de pêches
Distribution de chaloupes à moteur
aux pêcheurs
Augmenter les dispositifs de
concentration de poissons
Centre urbain
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Guillaume
Centre urbain
Centre urbain
et
Boucan
et
Boucan
et
Boucan
et
Boucan
et
Boucan
et
Boucan
Construire un centre de
conditionnement des produits de
pêches
Former des techniciens en
mécaniques des engins de pêches
Diminution de la production caféière dans Appui à la production caféière dans Arrondissement Belle-Anse
97 | P a g e
Industrie
Mines et carrières
Artisanat, tourisme
et hôtellerie
Foresterie
Environnement
la zone ;
la zone
Baisse du prix du café sur le marché ;
Régularisation du système de prix par
Manque d’appuis techniques et financiers
l’Etat
au COOPCAB ;
Fournir des appuis techniques
Insuffisance en matériels et équipements
(formations) et financiers (crédits ou
de fonctionnement pour le traitement du
dons) au COOPCAB
café par le COOPCAB ;
Accompagnement du COOPCAB
dans l’acquisition de matériels et
équipements adéquats
Développement de nouvelle filière
industrielle (produits de pêche
transformés, production de matériels
de pêche)
Exploitation sauvage et non contrôlée des
Contrôler et freiner l’exploitation
mines et carrières
sauvage des mines et carrières
Dégradation de l’environnement
Manque d’investissement dans le secteur Attirer les investissements pour la
touristique ;
construction des hôtels
Mauvaise qualité des infrastructures Amélioration des infrastructures
routières et maritimes ;
routières et maritimes
Manque d’encadrement pour les artisans de Encadrer les artisans
la zone
Déboisement pour la production de Mettre en place des centres de
charbon de bois ;
production de plantules (pépinières)
Sur
exploitation
des
espèces
de Mettre en place des brigades de
mangroves ;
surveillance environnementale
Manque de centre de production de
plantules ;
Pas de brigade de contrôle contre
l’exploitation abusive des arbres
Destruction des écosystèmes marins Mettre en place des politiques de
(mangroves) ;
protection de l’environnement
Versants des montagnes dénudés ;
Réaliser des séances de formation sur
Disparition d’espèces endémiques
l’importance de l’environnement
Insuffisance de l’offre de service financier Ouverture de nouvelles succursales
Tout le Pays
Bois d’Orme
Bois d’Orme
Centre Urbain et Boucan
Guillaume
Toute la Commune
Centre urbain
Toute la commune
Centre urbain
Centre
urbain,
Boucan
Guillaume et Bois d’Orme
Toute la commune
Toute la commune
Centre urbain
98 | P a g e
Service financier
Commerce
à cause d’une seule Caisse Populaire
disponible ;
Absence de concurrence impliquant un
certain monopole dans les taux de change ;
Accès au crédit très limité
Mauvais état des routes reliant le centreville et les sections communales, la route
vers Pedernales ;
Concurrence des produits dominicains face
aux produits locaux ;
Baisse de la vente des produits à cause de
l’augmentation des prix ;
Difficulté dans le processus de
dédouanement des marchandises ;
Absence de crédit dans la section pour les
commerçants ;
Insécurité des marchandes et vols ;
Pas de marché dans les sections
communales
de
banques
ou
financières
Octroi plus de crédits
coopératives Toute la commune
Réhabilitation des routes
Intervention de l’Etat central pour
freiner ce problème
Régulariser le système de prix des
produits
Construire une annexe de la douane
dans la section Boucan Guillaume
Augmentation des crédits aux
commerçants
Renforcer la sécurité dans les
contours des marchés
Mettre un poste de police près du
marché
Construction du marché de Bony à
Boucan Guillaume, construction d’un
marché à Bois d’Orme ;
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Section Boucan Guillaume
Les 2 sections communales
Les 2 sections communales
Centre urbain
Boucan Guillaume et Bois
d’Orme
VOLET 3 : LES SECTEURS DE LA GOUVERNANCE
Gouvernance locale
Manque de transparence dans la gestion Harmonisation des rapports entre les Toute la commune
des collectivités territoriales ;
différentes collectivités territoriales et Centre urbain
Mise à l’écart de la société civile dans la
la société civile
prise des décisions ;
Recrutement de personnel compétent
Manque d’autorité des représentants
pour renforcer la capacité des
intérimaires de la Mairie ;
collectivités
Manque de concertation entre la Mairie et
les CASECs/ASECs ;
- Manque de personnel compétent dans
les administrations des collectivités (resp
de domaine, ing communal, contrôleur
fiscal, etc)
99 | P a g e
Justice
Sécurité publique
Fiscalité
Gestion des Risques
et Désastres
Dynamiques
transfrontalières
Condition déplorable du local du Tribunal
de Paix ;
Manque de matériels dans le Tribunal ;
Personnel judiciaire insuffisant ;
Quantité insuffisante d’agents de Police
dans la Commune ;
Manquement dans les matériels roulants
aux forces de l’ordre ;
Faible présence des autorités policières ;
Problème de délinquance juvénile ;
Opérations de vols à répétition dans la
Commune ;
Absence de poste de Police dans les
sections communales ;
Problème de délinquance juvénile ;
Local du centre de collectes d’impôts en
très mauvais état ;
Manque de matériels et équipements de
bureau
Manque de personnel au niveau du bureau
Service de secours non opérationnels lors
des catastrophes naturels ;
Abri provisoire non fonctionnel et non
adéquat par rapport aux besoins ;
Manque de coordination dans la structure
du GRD ;
Système d’alerte précoce non efficace
Maltraitance des Haïtiens par les militaires
Dominicains au niveau de la frontière ;
Interdiction d’entrée en RD de certains
produits
Haïtiens
pour
la
commercialisation ;
Manque de leadership des autorités
Haïtiennes pour résoudre certains différents
Construire un complexe administratif
pour loger les administrations
publiques (Tribunal, Agence locale
d’Impots, etc)
Renforcer le personnel judiciaire
Augmenter le nombre d’agents de
Police
Equiper les Policiers en matériels
(voitures, motocyclettes, armes, etc)
Mettre en place des postes de Police
dans les Sections
Renforcer la sécurité générale au
niveau de la Commune
Centre urbain
Les 2 sections
Centre urbain
Boucan Guillaume et Bois
d’Orme
Les 2 sections communales
Construire un complexe administratif Centre urbain
pour loger les administrations
Centre urbain
publiques (Tribunal, Agence locale
d’Impôts, etc.)
Renforcer le personnel de bureau
Renforcer
en
matériels
et
Toute la commune
équipements le service de secours
Construction d’un local d’abris
provisoire bien équipé
Encadrer et renforcer le GRD
Signature de protocole d’accord Pedernales/Anse-à-Pitre
respectant les droits des Haïtiens
Redéfinition des rapports entre les
Haïtiens et les Dominicains, la
régularisation
des
échanges
commerciaux
100 | P a g e
au niveau de la frontière ;
Concurrences des produits dominicains
face aux produits locaux
Le tableau suivant résume, à travers le schéma SWOT la situation globale dans la commune de Anse-à-Pitre. Les principales forces,
faiblesses, opportunités et menaces identifiées lors des diagnostics technique et participatif y sont présentées.
101 | P a g e
Tableau 25 | Présentation des principales forces, faiblesse, opportunités et menaces de la
commune de Anse-à-Pitre
Forces
Des structures sanitaires
existent dans les deux
sections communales ;
Existence
de
système
d’irrigation
dans
la
commune ;
Présence de DCP pour la
pêche.
Opportunités
La commune dispose d’un
Faiblesses
Les femmes sont sous-représentées dans les secteurs
clés, souvent violentées et manquent d’autonomie
financière ;
Insuffisance et mauvaise répartition des infrastructures
scolaires ;
Condition de travail des enseignants difficiles ;
Les frais scolaires sont souvent trop élevés dans les
écoles privées ;
Faible couverture sanitaire au niveau de la commune, en
termes de services offerts ;
Manque de personnel qualifié au niveau des centres de
santé ;
Les structures sanitaires sont peu équipées et peu pourvu
en personnel ;
Il n’existe pas de site de décharge dans la commune ;
Le réseau électrique est désuet et pas accessible en
milieu rural ;
Mauvaise qualité des services de téléphonie et
d’internet ;
Les routes primaires et secondaires sont en très mauvais
état et non drainées ;
Le transport maritime n’est pas organisé et dangereux ;
Il existe très peu d’espaces de sports et de loisirs ;
Les organisations communautaires de base ne sont pas
encadrés et sont divisées ;
Faiblesse de l’environnement de production agricole et
d’élevage (pas de crédit, ni de semences améliorées, les
canaux d’irrigation sont en mauvais état, …) ;
La main d’œuvre agricole est peu disponible et chère ;
La filière pêche est peu développée et encadrée (les
matériels et le financement, ne sont pas disponibles ; la
conservation et l’écoulement, ne sont pas garantis) ;
Environnement physique des pentes très dégradé ;
Gestion non transparente, à tous les niveaux, des
collectivités territoriales ;
Manque de personnel (en quantité et en termes de
compétence) dans les administrations de collectivités
territoriales ;
Présence policière faible dans la commune ;
Faiblesse des recettes fiscales ;
Faiblesse du personnel et des infrastructures dans le
système judiciaire, le système fiscal ;
Concurrence déloyales au niveau de la frontière haïtianodominicaine ;
Menaces
Insuffisance de l’offre de service financier (seulement 1
102 | P a g e
bon réseau hydrographique ;
De nombreuses organisations
communautaires de base
existent dans la commune ;
Potentiel pour l’agriculture,
l’élevage et la pêche élevé ;
Présence de la frontière
haïtiano-dominicaine
au
niveau de la commune.
acteur est présent sur ce marché) ;
Diminution du prix et de la production du café ;
Surexploitation des ressources ligneuses dont les espèces
de mangroves ;
Concurrence des produits dominicains face à certains
produits locaux ;
Irrégularité et faiblesse de la pluviométrie ;
Apparition de nombreuses maladies animales et
végétales ;
Forte migration de la main d’œuvre active ;
Exploitation non contrôlée des ressources naturelles ;
Exploitation non contrôlées de carrières.
103 | P a g e
SECTION III : PHASE DE
L’ELABORATION DU PLAN COMMUNAL
DE DEVELOPPEMENT
Chapitre 8 | Vision, orientation et objectifs du développement à
Anse à Pitres
8.1.- VISION DU PLAN COMMUNAL DE DÉVELOPPEMENT (PCD)
A la suite des échanges et des causeries entretenues avec la population de Anse à Pitres, par
l’entremise des autorités locales (Conseil municipal, CASEC et ASEC) et des représentants de
la Société civile organisée, une vision a été dégagée en vue d’anticiper et d’orienter le
développement de la commune à court, moyen et long terme. Cette vision basée sur les
caractéristiques du milieu, les moyens et ressources et les potentialités dont dispose la
collectivité, a été ainsi formulée :
« A l’horizon de 2050, la commune de Anse-à-Pitres est devenue un territoire
attractif, une communauté très organisée et un chantier très productif axée sur la
valorisation des ressources naturelles, la mise en branle des secteurs porteurs et
productifs dont l’agriculture, la pêche et le tourisme, et le renforcement de la
résilience de ses systèmes naturels et humains ».
Cette étape cruciale est fondée sur différents éléments de stratégies et d’orientations tirées de
plusieurs instruments de planification de développement à l’échelle globale et national. Il
s’agit notamment du document des Objectifs de Développement Durable (ODD) et du Plan
Stratégique de Développement d’Haïti (PSDH). Toutefois, la formulation retenue découle
d’une démarche participative et surtout inclusive qui tient compte des aspirations de la
population, mais aussi des potentialités et des contraintes de développement relevées à partir
du diagnostic communal.
8.2.- ORIENTATIONS ET OBJECTIFS DU PLAN COMMUNAL DE
DÉVELOPPEMENT (PCD)
Les orientatations strategiques de la planification communale de developpement de Anse-àPitres constitue une synthèse des diferents objectifs fixés et retenus par la population locale. A
la lumière des analyses SWOT (FFOM) et des inventaires des divers problèmes auxquels fait
face la Commune de Anse à Pitre, la population s’était mis d’accord pour fixer des objectifs
spécifiques clairs pour atteindre un niveau de développement pour les cinq (5) prochaines
104 | P a g e
années (2021-2026). Ces objectifs spécifiques dérivent des objectifs plus synthétiques qui
consistent à définir les grandes orientations du developpement de la commune.
Ces éléments directifs sont considérés comme le centre de gravité sur lesquel doivent reposer
toutes les actions envisagées par l’Etat Central, les collectivités territoriales, les ONG et toutes
autres entités désirant d’œuvrer pour le Développement de la Commune. Cet objectif demeure
la voie directive à suivre à moins que la population décide d’y apporter des modifications.
Orientation 1 : Aménager le territoire et gérer l’environnement et les risques et
désastres
OS1 : Aménager le territoire et assurer la gestion de l’environnement et des ressources
naturelles
A l‘image du pays, la problématique environnementale et de l’aménagement du territoire reste
et demeure longtemps une préoccupation majeure. Le territoire et son environnement sont
soumis à de lourdes pression anthropique au profit notamment des activités agricoles
(agriculture et élevage) et para agricoles (production de charbon, exploitation de bois de feu et
de bois d’œuvre etc.). Cela contribue à favoriser et à empirer la dégradation des terres et
l’environnement. Cela réclame en effet des efforts conjugués pour contourner ces obstacles
par la mise en place des actions visant à aménager le territoire et assurer la gestion de
l’environnement et des ressources naturelles.
OS2 : Contribuer et parvenir à une meilleure gestion des risques et désastres dans la
commune
Placée dans une zone côtière considérée comme le réceptacle des eaux pluviales et des
alluvions venant de l’amont des micro-bassins versant dominants, et ne disposant pas des
infrastructures résilientes et des moyens de réponses appropriées aux aléas et évènements
climatiques extrêmes, la commune de Anse-à-Pitre et notamment le centre-ville est
particulièrement très vulnérable aux risques de catastrophes naturelles. Pour cela, il est
convenu dans le cadre de ce PCD d’entreprendre des efforts permettant de contribuer et de
parvenir à une meilleure gestion des risques et désastres dans la commune
Orientation 2 : Dynamiser les secteurs économiques créateurs d’emplois et de richesse
OS3 : Renforcer le développement de l’agriculture et augmenter la production agricole
L’agriculture est un secteur de très grande priorité au niveau de la commune de Anse-à-pitres.
Cependant elle est en proie à toute une série de difficultés accrues qui empêchent son plein
développement. Ces difficultés sont notamment liées à la qualité et la disponibilité des
semences, à l’irrigation des terres, à l’outillage agricole, aux problèmes phytosanitaires, à
l’accès au crédit, à l’écoulement des produits, aux mauvaises pratiques agricoles et à la
dégradation des terres. Pour remédier à cette situation, il est envisagé de mettre en branle des
dispositifs techniques et financiers qui permettront de renforcer le développement de
l’agriculture et d’augmenter la production agricole.
105 | P a g e
OS4 : Améliorer la production animale et parvenir à la réorganisation du cheptel dans
la commune
La production animale est l’un des secteurs les plus pratiquées au niveau de la commune de
Anse-à-Pitres, mais les pratiques d’élevage adoptées laissent beaucoup à désirer et en effet ne
permettent pas aux éleveurs d’améliorer leur revenu et de parvenir à leurs objectifs. Cet état
de fait est conditionné particulièrement par une mauvaise conduite et alimentation des
animaux et une organisation inappropriée du cheptel. Dans ces conditions, il devient une
nécessité de prendre des dispositions afin de mieux conduire et alimenter les animaux, de
mieux organiser le cheptel et par conséquent améliorer la production animale et le revenu de
éleveurs.
OS5 : Parvenir à une meilleure organisation et à l’amélioration des activités de pêche
La filière de la pêche est considérée et reconnue à l’unanimité comme étant un secteur capable
de gérer beaucoup de profit et de revenus au niveau de la commune de Anses-à-Pitres.
Pourtant, elle fait l’objet d’un certain nombre d’obstacles qui freine son développement
convenable. Entre autres, la pratique rudimentaire et l’inexistence des matériels modernes de
pêche, l’insuffisance et l’inadéquation des dispositifs de stockage et de conservation des
produits de pêche, la défaillance dans la mécanisation des engins de pêche et l’inexistence
d’un marché formel sont autant de facteurs qui entrave ce secteur. Compte tenu de ce fait, de
nouvelles décisions sont prises afin de parvenir à une meilleure organisation et à
l’amélioration des activités de pêche.
OS6 : Développer l’hôtellerie, valoriser et exploiter le potentiel touristique de la Commune
Le secteur tourisme est très peu développée au niveau de la commune de Anses-à-Pitres.
Toutefois, située au bord de la mer et entourée de quelques sites attrayants à valoriser, cette
commune dispose d’un bon potentiel touristique à développer. Le problème majeur de ce
secteur résulte de l’inaccessibilité aux sites, de la méconnaissance de certains sites et de
l’incapacité d’accueil à laquelle la commune se confronte. Fort de ce constat, la population
qu’il est important de développer l’hôtellerie, de valoriser er et d’exploiter le potentiel
touristique de la Commune.
OS7 : Améliorer les conditions de transport et la communication au niveau de la commune
Les conditions d’accès à la commune de Anse-à-Pitres et ses moyens de communication
demeurent très limités, alors qu’elle représente un territoire stratégique et de transition entre
Haïti et la République Dominicaine. Cela s’explique au fait que les infrastructures routières
sont en très mauvais état et que le transport maritime est peu développé. En dépit de
l’installation des deux compagnies téléphoniques (Digicel et Natcom) et des stations de radio
dans les zones avoisinantes, les services de télécommunication sont défaillants et
insatisfaisants, que ce soit en termes de qualité ou de couverture. De ce fait, la population se
donne pour priorité d’améliorer les conditions de transport et la communication au niveau de
la commune
OS8 : Encourager le développement de l’artisanat au niveau de la commune
106 | P a g e
Au niveau de la commune de de Anse-à-Pitres, l’artisanat est peu développé, ou en d’autres
mots est traité en parents pauvres. Pourtant, selon plus d’un, ce secteur pourrait être un bon
pourvoyeur d’emplois et une activité génératrice de revenu pour beaucoup de gens (artisans)
au niveau de la communauté. Consciente de cette situation, les gens estiment judicieux et
important d’encourager le développement de l’artisanat au niveau de la commune.
OS9 : Réorganiser le commerce et augmenter la marge de profit des commerçants
Le commerce est l’une des activités les plus exercées au niveau de Anse-à-Pitres, d’autant
plus que cette commune se localise à la frontière Haïti - République Dominicaine ; une frange
territoriale très réputée pour le commerce. En dépit de tout, le développement de ce secteur se
trouve entravé par la combinaison de plusieurs facteurs dont le manque de sécurité des
commerçants et de leurs produits, les structures d’étalage les conditions difficiles de transport
des marchandises, l’accès limité au crédit et la fluctuation des prix. Ces obstacles étant
identifiées, de nouvelles dispositions sont prises par la communauté afin de réorganiser le
commerce et d’augmenter la marge de profit des commerçants.
Orientation 3 : Faciliter l’accès aux services sociaux de base au plus grand nombre
OS10 : Améliorer l’accès et la qualité des soins de santé fournis à la population de la
commune
Au niveau de la commune de de Anse-à-Pitres, le secteur de la santé publique est surtout
caractérisé par un accès limité, une insuffisance et une faible qualité des soins procurés à la
population. Cela résulte de l’inadéquation des structures d’hospitalisation, d’un manque de
matériels et d’un personnel de santé réduit et peu spécialisé. Pour cela, les participants des
ateliers ont plaidé en faveur des décisions qui permettront d’améliorer l’accès et la qualité des
soins de santé fournis à la population de la commune.
OS11 : Augmenter et améliorer l’offre de services scolaires au niveau de toute la commune
L’offre de services scolaires, au niveau de la commune de de Anse-à-Pitres, est défaillante et
insuffisante. Cette situation résulte du manque de matériels et d’équipements scolaires, du
mauvais état des infrastructures et établissements scolaires, du traitement inadéquat des
enseignants et la qualification déficiente du personnel scolaire. Interpelée par ce constat, la
population décide de mettre en branle des actions et initiatives permettront d’augmenter et
d’améliorer l’offre de services scolaires au niveau de toute la commune.
OS12 : Améliorer l’accès à l’eau potable et réduire le taux d’infections et de maladies liées
à l’eau
L’accès à l’eau potable est un problème de taille et quotidien auquel la population de Anse-àPitres est confrontée. Cela entraine l’accroissement et la prolifération des vecteurs d’infection
et des maladies indexées à l’eau de boisson au niveau de la communauté. Cela est dû à la
détérioration et à l’insuffisance du Système d’Adduction d’Eau Potable (SAEP) au niveau du
centre urbain, des captages et des points d’eau (fontaines, pompe etc.) au niveau des sections
communales. Dans cette conjoncture, il est estimé urgente de prendre des mesures et mettre
107 | P a g e
en œuvre des actions pour améliorer l’accès à l’eau potable et réduire le taux d’infections et
de maladies liées à l’eau.
OS13 : Améliorer les infrastructures urbaines et assurer l’assainissement au sein de la
commune
Dans la commune de Anse-à-Pitres, notamment au niveau du centre-ville, les infrastructures
urbaines et l’assainissement font beaucoup défaut, ce qui limite le déplacement de la
population et engendre de l’inondation rapide en périodes pluvieuses. Cette conjoncture est
due au fait que le territoire est mal aménagé à cause des rues mal construites et mal assainies.
Dans ce cas, pour remédier à la situation, la population décide de mettre en place des
dispositifs et d’entreprendre des interventions en vue d’améliorer les infrastructures urbaines
et assurer l’assainissement au sein de la commune.
OS14 : Renforcer le système d’énergie et d’électrification au niveau de la commune
L’offre de services en termes d’énergie et d’électricités est identifiée et considérée comme un
véritable problème de développement pour la commune de Anse-à-Pitres. Cette situation
infortunée est caractérisée par l’état défectueux et boiteux et la capacité insuffisante du
système d’électrification en place pour alimenter non seulement le centre-ville mais aussi les
deux sections communales. Dans cette optique, de nouvelles dispositions sont envisagées en
vue de renforcer et d’étendre le système d’énergie et d’électrification au niveau de la
commune.
OS15 : Développer et encourager la pratique des activités sportives, culturelles et de loisirs
Les activités sportives, culturelles et de loisirs sont peu développé et très peu exercées au
niveau de la commune de Anse-à-Pitres. Cela est dû au manque d’encadrement des jeunes sur
le plan sportif et culturel, à l’inexistence des parcs et de terrains de jeu et d’autres
infrastructures convenables à la pratique de ces activités. Compte de l’importance de ces
activités pour le bien-être physique et morale du corps humain, la décision est prise de mettre
en place toutes les dispositions nécessaires afin de développer et encourager la pratique des
activités sportives, culturelles et de loisirs au niveau de la municipalité.
OS16 : Assurer le respect de l’équité de genre dans le développement intégral de la
commune
L’intégration et le respect de l’équité de genre sont considérés comme un facteur déterminant
dans la mise en place de tout processus développement local efficace. La participation de la
femme est toujours remarquable a déjà fait preuve de succès dans beaucoup de
transformations sociétales. Actuellement, cette dimension sociale stratégique fait partie des
Objectifs de Développement Durables (ODD) promus et préconisés par l’Organisation des
Nations Unies (ONU) à travers le monde entier. De ce fait, l’un des objectifs fixés par ce PCD
est d’assurer le respect de l’équité de genre dans le développement intégral de la commune.
108 | P a g e
Orientation 4 : Renforcer la gouvernance et améliorer le cadre et les services administratifs
OS17 : Réorganiser et améliorer le cadre de services des structures administratives de la
commune
Les structures logeant les services de l’administration publique au niveau de la commune sont
dans un état critique et déplorable. Cela rend défaillant et insuffisant le cadre des services
offerts et fournie tant au niveau du centre-ville que les dans les deux sections communales.
Dans ce cas, il est envisagé dans le cadre de ce PCD de Réorganiser et améliorer le cadre de
services des structures administratives de la commune par la mise en place, l’aménagement et
l’équipement des infrastructures mieux appropriées.
OS18 : Favoriser l’accès à la justice et renforcer la sécurité publique au niveau de la
commune
Au niveau de la commune de Anse-à-Pitres, l’accès à la justice et la sécurité publique, bien
que demeurés essentiels, ne sont jusqu’à présent vraiment garantis à la population. Des actes
de banditisme sont perpétrées un peu partout, des opérations de vols sont commises à
répétition et des cas de délinquance juvénile sont régulièrement observés et enregistrés au
niveau de la commune. Pourtant, le corps de police en place est en effectif réduit et peu
équipé, ce qui limite leurs capacités d’intervention. En outre, les structures logeant les
tribunaux de paix, en plus d’être en mauvais état ne sont pas représentés au niveau des
sections communales. Pour cela, ce document de planification se fixe l’objectif de favoriser
l’accès à la justice et de renforcer la sécurité publique au niveau de la commune.
OS19 : Accroitre les ressources financières et renforcer la capacité d’investissement de la
commune
L’un des problèmes majeurs du développement local au niveau de la commune de Anse-àPitres est le manque d’autonomie et l’incapacité financière de l’administration communale à
prendre en charge ses propres investissements. Cela découle d’une mauvaise stratégie de
collecte et par conséquent d’une insuffisance des recettes fiscales de la commune. Cela
requiert en effet une révision et une réorganisation des stratégies et moyens de collecte, et une
amélioration des normes et conditions relatives au fisc et une meilleure répartition et
représentation de l’Agence Locale des impôts, non seulement au niveau du centre-ville mais
aussi dans les sections communales. Ainsi, à travers ce PCD les autorités compétentes
comptent accroitre les ressources financières et renforcer la capacité d’investissement de la
commune.
8.3.- RÉSUMÉ DU PLAN STRATÉGIQUE DE DÉVELOPPEMENT D’HAÏTI (PSDH)
Le Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH) est un dispositif de planification mise
en place par le Gouvernement haïtien. Il s’agit d’une feuille de route officielle définissant les
grandes orientations de développement du pays. Cet instrument directif se veut un guide
d’identification, de programmation et de suivi des projets à mettre en œuvre afin de propulser
109 | P a g e
Haïti au rang d’un pays émergent à l’horizon 2030. Il s’articule autour de quatre axes
principaux de développement :
1) La Refondation territoriale qui s’accentue sur l’identification, la planification et la
gestion de nouveaux pôles de développement dans le cadre de l’aménagement du territoire
en incluant :
Un programme environnemental visant à protéger l’environnement par un ensemble de
moyens de surveillance et de normes, par la mise en place d’un réseau d’aires
protégées, par la restauration de l’environnement naturel et par la bonne gestion et
utilisation des forêts.
Un programme de gestion des bassins versants privilégie la protection de ces derniers à
travers des plans de reforestation reposant sur le zonage agro-écologique, la
construction d’ouvrages de régulation des crues, le dragage de cours d’eau et de canaux
de drainage et la réduction de la vulnérabilité aux tempêtes.
2) La Refondation économique envisageant le renforcement, la restructuration, la promotion
des filières économiques porteuses en proposant :
Un programme de modernisation de l’agriculture et de l’élevage qui privilégie l’usage
de pratiques agricoles susceptibles de protéger les ressources naturelles, la construction
et la remise en état des systèmes d’irrigation, et le recours aux principes de la gestion
intégrée des bassins versants.
Un programme de modernisation du secteur de la pêche qui prévoit d’axer les pratiques
halieutiques sur des études de disponibilités en ressources ainsi que sur la promotion de
l’aquaculture afin d’alimenter les marchés nationaux et assurer la sécurité alimentaire.
3) La Refondation sociale qui accorder la priorité à la création de réseaux sociaux et
éducatifs modernes, à la protection de ressources culturelles, au développement de l’action
civique, et à la mise sur pied d’un programme d’égalité de genre.
4) La Refondation institutionnelle qui envisage de parvenir à la réalisation effective de la
déconcentration et la décentralisation du pays, de revoir ses cadres juridiques, de renforcer
les administrations législatives et judiciaires ainsi que les institutions indépendantes, et de
consolider les collectivités territoriales et la société civile.
110 | P a g e
8.4.- RAPPEL DES OBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD)
Les Objectifs de Développement Durables (ODD) s’inspirent fortement des succès des
Objectifs du Millénaire pour le développement. Toutefois, de nouvelles préoccupations, en
l’occurrence les changements climatiques, la paix et la justice, y ont été prises en compte. Ils
sont étroitement liés les uns aux autres et par conséquent l’atteinte de l’un peut permettre de
parvenir à la résolution d’un autre. Il s’agit d’une démarche universelle et transversale qui
envisage la transformation socioéconomique et environnementale de tous les pays du monde.
Dans cette optique, il est jugé important d’analyser la cohérence des orientations et objectifs
de l’actuel PCD avec ces objectifs globaux de développement. Pour de plus amples
connaissances, un résume de ces objectifs, au nombre de 17, est présenté dans le tableau ciaprès.
Tableau 2 : Objectifs de Développement Durable (ODD)
Objectif 1
Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le
monde
Objectif 2
Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la
nutrition et promouvoir l’agriculture durable
Objectif 3
Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le
bien-être de tous à tout âge
Objectif 4
Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un
pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage
tout au long de la vie
Objectif 5
Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les
femmes et les filles
Objectif 6
Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et
assurer une gestion durable des ressources en eau
Objectif 7
Garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables,
durables et modernes à un coût abordable
Objectif 8
Promouvoir une croissance économique soutenue, partagée et
durable, le plein emploi productif et un travail décent pour
tous
Objectif 9
Bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une
industrialisation durable et qui profite à tous et encourager
l’innovation
Objectif 10
Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre
Objectif 11
Faire en sorte que les villes et les établissements humains
soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables
111 | P a g e
Objectif 12
Établir des modes de consommation et de production durables
Objectif 13
Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les
changements climatiques et leurs répercussions
Objectif 14
Conserver et exploiter de manière durable les océans, les
mers et les ressources marines aux fins du développement
durable
Objectif 15
Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, en veillant à
les exploiter de façon durable, gérer durablement les forêts,
lutter contre la désertification, enrayer et inverser le
processus de dégradation des terres et mettre fin à
l’appauvrissement de la biodiversité
Objectif 16
Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à
tous aux fins du développement durable, assurer l’accès de
tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des
institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous
Objectif 17
Renforcer les moyens de mettre en œuvre le Partenariat
mondial et pour le développement durable et le revitaliser
8.5.- COHÉRENCE ENTRE LES OBJECTIFS DU PCD, AXES STRATÉGIQUES DU
PSDH ET ODD
Le Plan Communal de Développement (PCD) s’articule autour des grandes orientations
nationales définies dans le PSDH (Plan Stratégique de Développement d’Haïti, Pays
Emergent 2030 de mai 2012). Il s’agit des refondations territoriale, économique, sociale et
institutionnelle. Il s’inspire également du Cadre méthodologique-type du plan communal de
développement élaboré par le MPCE en juin 2012. Subséquemment, ce PCD se veut un
instrument directif qui s’aligner aussi aux Objectifs De Développement Durables (ODD)
promus et préconisés par les Nations Unions.
112 | P a g e
Tableau 3 : Concordance entre les objectifs du PCD, axes stratégiques du PSDH et les ODD
Objectifs du PCD de Anse-à-Pitres
Axes stratégiques du
PSDH
Objectifs de Développement Durable (ODD)
Objectif 1 : Aménager du territoire et garantir la gestion de l’environnement et des risques et désastres
OS1 : Aménager le territoire et assurer la
gestion de l’environnement et des ressources
naturelles
La
refondation
territoriale
ODD 11 : Villes et communautés durables
ODD 12 :
responsables
Consommation
et
production
ODD 14 : Conserver et exploiter de manière
durable les océans
ODD 15 : Préserver et restaurer les écosystèmes
terrestres
OS2 : Contribuer et parvenir à une meilleure
gestion des risques et désastres dans la
commune
ODD 13 : Lutte contre le changement climatique
Objectif 2 : Dynamiser les secteurs économiques créateurs d’emplois et de richesse
OS3 : Renforcer le développement de
l’agriculture et augmenter la production
agricole
La
refondation
économique
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
ODD 2 : Lutte contre la faim
OS4 : Améliorer la production animale et
parvenir à la réorganisation du cheptel dans la
commune
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
OS5 : Parvenir à une meilleure organisation et
à l’amélioration des activités de pêche
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
ODD 2 : Lutte contre la faim
ODD 2 : Lutte contre la faim
113 | P a g e
Objectifs du PCD de Anse-à-Pitres
Axes stratégiques du
PSDH
Objectifs de Développement Durable (ODD)
OS6 : Développer l’hôtellerie, valoriser et
exploiter le potentiel touristique de la
Commune
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
OS7 : Améliorer les conditions de transport et
la communication au niveau de la commune
ODD 9 : Bâtir une infrastructure résiliente
OS8 : Encourager le développement de
l’artisanat au niveau de la commune
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
ODD 8 : Accès à des emplois décents
ODD 8 : Accès à des emplois décents
OS9 : Réorganiser le commerce et augmenter
la marge de profit des commerçants
ODD 1 : Lutter contre la pauvreté
ODD 8 : Accès à des emplois décents
Objectif 3 : Faciliter l’accès aux services sociaux de base au plus grand nombre
OS10 : Améliorer l’accès et la qualité des
soins de santé fournis à la population de la
commune
La refondation sociale
ODD 3 : Accès à la santé
OS11 : Augmenter et améliorer l’offre de
services scolaires au niveau de toute la
commune
ODD 4 : Accès à une éducation de qualité
OS12 : Améliorer l’accès à l’eau potable et
réduire le taux d’infections et de maladies
liées à l’eau
ODD 6 : Accès
l’assainissement
à
l’eau
salubre
et
à
OS13 : Améliorer les infrastructures urbaines
et assurer l’assainissement au sein de la
ODD 6 : Accès
l’assainissement
à
l’eau
salubre
et
à
114 | P a g e
Objectifs du PCD de Anse-à-Pitres
Axes stratégiques du
PSDH
Objectifs de Développement Durable (ODD)
commune
OS14 : Renforcer le système d’énergie et
d’électrification au niveau de la commune
ODD 7 : Recours aux énergies renouvelables
OS15 : Développer et encourager la pratique
des activités sportives, culturelles et de loisirs
ODD 3 : Accès à la santé
OS16 : Assurer le respect de l’équité de genre
dans le développement intégral de la
commune
ODD 5 : Egalité entre les sexes
ODD 10 : Réduction des inégalités
Objectif 4 : Renforcer la gouvernance et améliorer le cadre et les services administratifs
OS17 : Réorganiser et améliorer le cadre de
services des structures administratives de la
commune
La
refondation
institutionnelle
ODD 10 : Réduction des inégalités
ODD 11 : Villes et communautés durables
OS18 : Favoriser l’accès à la justice et
renforcer la sécurité publique au niveau de la
commune
ODD 16 : Justice et paix
OS19 : Accroitre les ressources financières et
renforcer la capacité d’investissement de la
commune
ODD 17 : Partenariats pour la réalisation des
objectifs
115 | P a g e
9.- Situation générale actuelle de la Commune Anse à Pitre
Le diagnostic communal a bien présenté une image instantanée des conditions existentielles
de la Population de Anse à Pitre. Cependant, ce PCD vise à planifier un ensemble d’actions
stratégiques en vue de répondre à certains problèmes immédiats dont la population fait face.
Comme toutes les autres communes du Pays, Anse à Pitre a ses propres caractéristiques qui
lui attribuent tantôt des opportunités, tantôt des faiblesses.
Les différentes parties prenantes qui ont contribué activement dans la démarche d’élaboration
de ce PCD, à travers divers ateliers participatifs et par une analyse SWOT(FFOM), ont pu
bien identifier les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces auxquels font face la
Commune sur la base de leurs connaissances individuelles et collectives. Cette démarche a
permis de bien cerner les problèmes qui handicapent le processus de développement de la
Commune. A la lumière de ces problèmes, la planification des actions de développement
devient possible pour aboutir aux différents programmes, projets et sous-projets de
développement pour la Commune pour les 5 prochaines années.
Elle est faite à partir des résultats de la synthèse des données collectées à travers de la revue
documentaire et des ateliers de réflexion réalisés au niveau des différentes unités
géographiques de la commune, incluant les quartiers et les sections communales. Cette
synthèse de données sur la communale a permis dans un premier temps d’identifier pour
chaque secteur clé les problèmes majeurs de développement auxquels la commune est
confrontée, et dans un deuxième temps de les analyser et d’y proposer des pistes de solutions
possibles et envisageables. Les résultats de cette analyse sont présentés dans le tableau ciaprès.
116 | P a g e
Tableau 4 : Vue synoptique des problèmes identifiés et des solutions proposées
Gestion des
Risques et
Désastres
Environnement et
ressources naturelles
Secteurs
Problèmes identifiés
Solutions proposées
Aménagement du territoire, environnement et GRD
Déboisement pour la production de charbon de bois Mettre en place des centres de production
Sur exploitation des espèces de mangroves
de plantules (pépinières)
Manque de centre de production de plantules ;
Mettre en place des brigades de
Pas de brigade de contrôle contre l’exploitation
surveillance environnementale
abusive des arbres
Mettre en place des politiques de
Destruction des écosystèmes marins (mangroves) ;
protection de l’environnement
Versants des montagnes dénudés
Réaliser des séances de formation sur
Disparition d’espèces endémiques
l’importance de l’environnement
Service de secours non opérationnels lors des Renforcer en matériels et équipements le
catastrophes naturels
service de secours
Abri provisoire non fonctionnel et non adéquat par Construction d’un local d’abris provisoire
rapport aux besoins
bien équipé
Manque de coordination dans la structure du GRD
Encadrer et renforcer le GRD
Système d’alerte précoce non efficace
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Secteurs économiques
117 | P a g e
Secteurs
Agriculture
Elevage
Problèmes identifiés
Crédit agricole inexistant pour les agriculteurs ;
Indisponibilité de semences améliorées ;
Détérioration des canaux d’irrigation
Problème de sécheresse lié à l’irrégularité dans la
tombé des pluies
Manque d’encadrement technique et financier des
agriculteurs
Erosion et dégradation des terres agricoles ;
Infestation répétée des jardins et manque de
capacités de contrôle des pestes
Outils agricoles trop rudimentaires, non accessibles
et insuffisants
Mauvais état des routes pour l’écoulement et la
commercialisation des produits agricoles ;
Problème de cout et d’indisponibilité de la main
d’œuvre à certaine période clé
Problèmes de maladies qui tuent les animaux ;
Problème de sécheresse causant des difficultés pour
l’alimentation et l’abreuvement des animaux
Vols des animaux pour les revendre en République
Dominicaine
Absence de crédit pour les éleveurs
Abattoir des animaux non existant
Manque d’espaces de pâturage pour les animaux
Les races d’animaux d’élevage sont trop anciennes ;
Produits médicamenteux non disponibles
Solutions proposées
Amélioration de l’accès au crédit et
subvention des activités agricole aux
agriculteurs ;
Réhabilitation des canaux d’irrigation,
forage de puits et installation de pompes
Travaux de conservation de sol au niveau
des exploitations agricoles ;
Formation des agriculteurs en diverses
technique agricoles et de conservation de
sol
Mise en place de boutique intrant agricole
et distribution de semences améliorées aux
agriculteurs
Distribution des outils agricoles aux
agriculteurs, introduction des charrues à
traction animale dans la section ;
Mise en service des agents vétérinaires
Forage de puits et construction
d’abreuvoirs pour les animaux
Mise en place des brigades de sécurité et
de contrôle des animaux
Octroi de crédit aux éleveurs
Construction des abris pour protéger les
animaux et d’un abattoir de qualité
Introduction de races améliorées dans les
sections pour renforcer le cheptel ;
Mise en place de pharmacie vétérinaire
(vente de produits vétérinaires) ;
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
118 | P a g e
Hôtellerie et
Tourisme
Pêche
Secteurs
Problèmes identifiés
Manque d’encadrement pour les pêcheurs ;
Matériels de pêche rudimentaire et non disponibilité
de matériels modernes ;
Matériels de pêche inaccessible pour les pêcheurs ;
Pas de crédit pour les pêcheurs
Non disponibilité de matériels (filets, seines, etc..)
dans la zone ;
Bateaux de pêche trop petits et mal entretenus ;
Dispositifs de concentration de poissons non
suffisants ;
Limitation de pêches en haute mer ;
Difficulté pour la conservation des produits de la
pêche ;
Marché pour la vente des produits de pêche non
certain ;
Absence de techniciens qualifiés pour la réparation
des quelques moteurs des bateaux de pêche dans la
zone
Problème de prix pour les produits de pêche ;
Manque d’investissement dans le secteur touristique
Mauvaise qualité des infrastructures routières et
maritimes
Manque d’encadrement pour les artisans de la zone
Solutions proposées
Mieux Encadrer les pêcheurs par la
formation ;
Faire des dons des matériels modernes aux
pêcheurs ;
Mettre en place une boutique contenant les
matériels de pêche à proximité des
pêcheurs ;
Faciliter l’accès au crédit pour les
pêcheurs.
Mettre en place des boutiques de vente de
matériels de pêches
Distribution de chaloupes à moteur aux
pêcheurs
Augmenter les dispositifs de concentration
de poissons
Construire un centre de conditionnement
des produits de pêches
Former des techniciens en mécaniques des
engins de pêches
Attirer les investissements pour la
construction des hôtels
Amélioration des infrastructures routières
et maritimes
Encadrer les artisans
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
119 | P a g e
Artisanat
Transport et communication
Secteurs
Problèmes identifiés
Etat lamentable des infrastructures routières
Travaux de bétonnage de rues et des routes
inachevés
Inaccessibilité des routes en périodes de pluie ;
Absence de travaux d’art (ponts, dalots, ponceaux,
cuvettes) ;
Danger et risque de transport maritime (Anse-àPitres vers Peredo/Jacmel)
Insuffisance des engins de transport maritime
Déficience technique en matière de mécanique et de
réparation des engins de transport maritime
Insuffisance des stations radiophoniques et
impuissance des installations téléphonique au niveau
de la commune
Mise en onde irrégulière des stations de radio au
niveau de la commune
Absence de bureau régional des compagnies
téléphoniques pour recevoir et répondre les
doléances de la clientèle
Manque d’investissement dans le secteur de
l’artisanat
Difficulté de commercialisation des produits
artisanaux
Manque d’encadrement pour les artisans au niveau
de la commune
Solutions proposées
Localisation
Travaux de réhabilitation des routes reliant Le centre urbain
les sections et le centre-ville, Anse-à- 2 sections communales
Pitres et Thiotte, Anse-à-Pitres et Jacmel ;
(Boucan Guillaume et
Poursuite des travaux de construction de
Bois d’Orme)
bandes enroulées sur les routes ;
Réalisation des travaux de drainage ;
Construction de dalots, de ponceaux de
traversées, des cuvettes, etc.
Amélioration des conditions de transport
maritime (Gros bateau de transport)
Introduction de nouvelles stations de
radiophoniques et amélioration de la
puissance des réseaux téléphoniques
Régularisation de la mise en onde
irrégulière des stations de radio au niveau
de la commune
Mise en place d’un bureau régional pour
satisfaire les doléances
Promotion des investissements pour la Le centre urbain
relance et le renforcement du secteur 2 sections communales
artisanal
(Boucan Guillaume et
Amélioration des infrastructures routières
Bois d’Orme)
et maritimes
Encadrer les artisans
120 | P a g e
Finance
Commerce
Secteurs
Problèmes identifiés
Condition de transport très difficiles à cause du
mauvais état des différents tronçons du réseau
routier
Concurrence des produits dominicains face aux
produits locaux ;
Baisse de la vente des produits à cause de
l’augmentation des prix
Difficulté dans le processus de dédouanement des
marchandises
Crédit quasi inaccessible au niveau des sections
pour les commerçants
Insécurité des marchandes et vols en cours de
transport et dans les marchés publics
Pas de marché dans les sections communales
Insuffisance de l’offre de service financier avec
l’existence d’une seule caisse populaire dans la
commune
Absence de concurrence impliquant un certain
monopole dans les taux de change ;
Accès au crédit très limité et lapideur
Insuffisance de pratique de l’économie solidaire
Solutions proposées
Localisation
Construction
et
réhabilitation
des Le centre urbain
infrastructures routières
2 sections communales
Régularisation du système de prix des
(Boucan Guillaume et
produits au marché et amélioration de
Bois d’Orme)
l’accès au crédit aux commerçants
Construction d’une annexe de la douane
dans la section Boucan Guillaume
Mise en place d’un point fixe de police
dans marché publique pour renforcer la
sécurité
Construction du marché publique de
Bonny à Boucan Guillaume et un autre à
Bois d’Orme
Construction
et
introduction
des Le centre urbain
succursales de banques et d’autres 2 sections communales
institutions financières
(Boucan Guillaume et
Pratique et promotion de modèles de
Bois d’Orme)
l’économie solidaire
Amélioration de l’accès au crédit et du
taux de concession au profit de la
population
Secteurs sociaux de base
121 | P a g e
Education
Santé
Secteurs
Problèmes identifiés
Manque de personnel soignant au niveau des centres
de santé
Insuffisances d’équipements, de matériels sanitaires
et des services de soins de santé fournis
Incapacité dans la prise en charge de certains cas de
maladies
Défaillance du système électrique et présence
d’insalubrité au niveau des centres de santé
Traitement inadéquat et condition de salaires
précaire du personnel soignant
Mauvais état des écoles tant privées qu’étatiques
(Ecoles Nationales)
Absence de Lycée dans la commune
Insuffisance d’équipement et matériels au niveau
des écoles (sièges, matériels didactiques, blocs
sanitaires etc.)
Absence de cantines scolaires pour l’alimentation
des élèves
Inexistence du programme de 3e cycle dans les
sections communales
L’irrégularité du processus de recyclage des
professeurs
Traitement inadéquat et condition de travail
difficiles des enseignants ;
Processus de nomination irrégulier et salaire
insignifiant du corps enseignant
Niveau trop élevé des frais scolaires au niveau des
écoles privées.
Solutions proposées
Recrutement de personnel additionnel
Equipement adéquat et suffisant des
différents centres de santé
Alimentation électrique des centres de
santés (achat de génératrices)
Travaux de réhabilitation des centres de
santé
Amélioration des conditions de travail et
ajustement des salaires du personnel
soignant
Réhabilitation des écoles nationales (bloc
sanitaire ; toilettes, urinoir, point d’eau)
Construction d’un Lycée bien équipé au
niveau de la Commune
Equipement et des écoles (sièges,
matériels didactiques, blocs sanitaires etc.)
Mise en place des programmes de cantines
scolaires
Construction d’un EFACAP dans chaque
section communale
Formation soutenue et régulière des
professeurs à tous les niveaux
Amélioration des conditions de travail et
salariales des professeurs
Régularisation du processus de la
nomination des professeurs
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
122 | P a g e
Electricité
Eau potable et Assainissement
Secteurs
Problèmes identifiés
Détérioration du système d’adduction d’eau potable
du centre-ville et des captages de sources au niveau
des sections communales
Insuffisance des sources captées au niveau de la
commune
Tarissement de certaines sources à cause du
déboisement et la sècheresse
Inexistence de sites de décharge des déchets au
niveau de la commune
Organisation maladroite du service de ramassage et
de collecte des ordures
Absence de poubelles et de points fixes de collecte
des déchets
Pannes récurrentes du générateur alimentant la
commune en électricité
Existence d’un réseau défectueux du système
électrique et énergétique de la commune
Inaccessibilité du réseau électrique au niveau des
sections communales
Arrêt récurrent et souvent persistant de l’électricité
par faute de carburant
Solutions proposées
Travaux de réhabilitation du SEAP au
niveau de la Commune
Réhabilitation des sources captées
Réalisation d’autres captages de sources
au niveau de la commune
Travaux d’aménagement dans les environs
et en amont des sources
Mise en place de sites de décharges pour
le traitement des ordures
Mise en place d’un système mieux
organisé de collecte des ordures
Installation des poubelles dans des points
fixes de collecte
Requête et achat de nouvelles génératrices
et augmentation de la réserve du système
Réhabilitation et réparation du réseau
électrique
Extension du réseau électrique au niveau
des sections communales
Construction d’une centrale solaire
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
123 | P a g e
Genre
Sport, culture et de loisirs
Secteurs
Problèmes identifiés
Manque d’espaces culturels et de loisirs pour
permettre aux jeunes de se divertir et de se recréer
Inexistence de parc et de terrains de jeu pour les
jeunes
(football,
basket-ball,
volley-ball,
d’athlétisme etc.)
Absence de moniteurs-formateur pour accompagner
les jeunes talents dans les différentes disciplines
sportives
Inexistence de place publique pour permettre à la
population de mieux se recréer
Manque de plaidoyer pour le respect de l’équité de
genre au niveau de la commune
Sous-représentation des femmes dans les secteurs
d’activités de la commune
Augmentation des injustices et des violences
conjugales faites aux femmes au niveau de la
commune
Solutions proposées
Construction d’un centre culturel et de
loisirs pour les jeunes
Construction de centre d’épanouissement
et de sports
Formation
des
moniteurs
pour
accompagner les jeunes dans différentes
disciplines sportives
Construction et aménagement d’une place
publique amplement attractive au niveau
du centre urbain de la commune
Plaidoyer pour le respect de l’équité de
genre au niveau de la commune
Lutte en faveur de la réduction des
violences et injustices faites aux femmes
Amélioration du quota de femmes
enregistré dans les d’activités
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Secteurs de la gouvernance
124 | P a g e
Sécurité publique
Justice
Gouvernance
Secteurs
Problèmes identifiés
Insuffisance de transparence dans la gestion des
collectivités territoriales ;
Manque d’inclusion de la société civile dans les
prises des décisions ;
Manque de notoriété des élus locaux dû à
l’instabilité politique
Manque de concertation entre la Mairie et les
CASEC/ASEC
Manque de personnel compétent au niveau de
l’administration
publique
des
différentes
collectivités (responsable de domaine, Ingénieur
territorial communal, contrôleur fiscal, etc.)
Condition déplorable des locaux du Tribunal de Paix
Carence d’équipement et de matériels dans le
Tribunal
Personnel judiciaire insuffisant
Faible effectif des agents de Police dans la
Commune ;
Manque de matériels roulants destinés aux forces de
l’ordre ;
Opérations répétées des cas de vols et évolution
croissante de la délinquance juvénile dans la
Commune ;
Absence de poste de Police et des autorités
policières dans les sections communales
Solutions proposées
Harmonisation des relations entre les
différentes instances de la municipalité et
la société civile
Création de synergie dans les actions des
autorités locales des différentes unités et
collectivités territoriales
Election et recrutement de personnel
qualifié et compétent pour administrer les
collectivités
Construction et équipement adéquat d’un
complexe administratif pour loger les
administrations publiques
Equipement et aménagement du tribunal
de paix du centre-ville
Construction des tribunaux de paix dans
les deux sections
Renforcer le personnel judiciaire
Augmentation de l’effectif des agents de
Police de la commune
Equipement des commissariats et des
agents de Policiers en vue d’améliorer au
maximum les services sécuritaires
Mise en place et en exercice des postes de
Police dans les deux sections
Renforcer la sécurité générale au niveau
de la Commune
Localisation
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
Le centre urbain
2 sections communales
(Boucan Guillaume et
Bois d’Orme)
125 | P a g e
Fiscalité
Secteurs
Problèmes identifiés
Mauvais état des locaux du bureau de collectes des
impôts
Manque de matériels et équipements de bureau de
collectes des impôts
Manque de personnel au niveau du bureau de
l’Agence Locale des Impôts
Organisation défaillante des stratégies de collecte
des fiscs.
Solutions proposées
Localisation
Equipement et aménagement de l’Agence Le centre urbain
Locale d’Impôts
2 sections communales
Construction d’annexe de l’ALI dans les
(Boucan Guillaume et
sections communales
Bois d’Orme)
Renforcement du personnel de l’Agence
Locale des Impôts
Mise en place d’un dispositif plus efficace
de de collecte des fiscs
126 | P a g e
Tableau 5 : Projets priorisés par les acteurs locaux sur une base de représentation
participative et inclusive pour la commune de Anse-à-Pitre
1. Projet d’appui à l’autonomisation économique des Agro-ménages socio-économiquement appauvris
et surendettés, incluant les Madan-Sara et de petits –es commerçants –es (détaillants –es) locaux (les) décapitalisés –es ; victimes des incidences négatives de la COVID-19 et de la crise d’instabilité
socio-politique aigue et chronique ;
2. Projet de construction (SAEP), de réhabilitation et de protection du périmètre de sécurité et des zones
de recharges d’environ une dizaine de captages pour l’approvisionnement en eau du centre-ville, des
sections communales et des localités importantes de la commune ;
3. Projet de mise en place d’un dispositif de gestion post-récolte basées sur des systèmes de
conservation, de conditionnement et de transformation de denrées agricoles (3 ateliers) au niveau des
différentes sections communales ;
4. Projet de renforcement, équipement, réhabilitation et extension du système d’énergie et
d’électrification au niveau de la commune ;
5. Projet d’aménagement des écosystèmes marins et côtiers du centre-ville, incluant un appui à
l’amélioration de la résilience et des niveaux de performance de la filière de la pêche ;
6. Projet de construction, d’équipement et de mise en fonction d’une école professionnelle au niveau du
centre-ville de Anse-à-Pitre ;
7. Projet de construction et équipement d’un complexe administratif destiné à l’hébergement des
différentes structures de l’administration publique au niveau du centre-ville (Tribunal, office d’état
civil, Agence locale d’Impôts)
8. Projet de construction et d’équipement d’un centre culturel, d’épanouissement et de loisirs au niveau
de l’aire du centre-ville ; incluant un parc de jeu pour les enfants et d’un terrain de sports
multifonctionnel ;
9. Projet de construction, d’équipement et d’aménagement d’espaces d’accueil destinés à loger les
sinistré(e)s en l’occurrence de catastrophes majeures (2 abris provisoires dans des zones
stratégiques) ;
10. Projet de réhabilitation, d’équipement et d’aménagement des centres de santé existant & Construction
de centres de santé (2) au niveau des zones d’agglomération humaine les plus représentatives de la
commune ;
11. Projet de réalisation des travaux d’assainissement, de drainage et de bétonnage d’au moins 60 % des
rues au niveau du centre-ville et des zones avoisinantes ;
12. Projet de construction et d’équipement d’un Lycée au niveau du centre-ville et, des trois (3) écoles
nationales au niveau des sections communales fortement nécessiteuses ;
13. Projet de construction d’au moins une dizaine de retenus et de lacs collinaires au niveau des bassins
versants les plus dégradés de la commune et fortement exploités à des fins multiples ;
14. Projet de réhabilitation des tronçons de routes : Anse-à-Pitres – Thiotte en priorisant des interventions
durables sur les points les plus critiques ;
15. Projet d’Élaboration des outils de planification territoriale – Plan d’Urbanisme et règlements
d’urbanisme – Plan de zonage et règlements de zonage – Plan de lotissement et règlements de
lotissement ;
16. Projet de renforcement des capacités des agents de santé animale et des éleveurs à la production et à
la conservation des fourrages et aux soins préventifs des animaux, dans la perspective de
l’Amélioration graduelle de la productivité des cheptels (Bovins, caprins et volailles surtout) par
croisement ;
17. Projet d’encadrement et de régularisation des échanges transfrontaliers avec la République
Dominicaine en faveur de la coconstruction d’un modèle de coopération décentralisée durable et
mutuellement bénéfique ; dans une perspective de diversification de l’économie et du développement
des potentialités de créations de richesse et des emplois décents ;
18. Projet de construction et d’équipement d’antennes de police au niveau de deux (2) sections détenant
des bassins de population relativement importantes ;
19. Projet de promotion, de développement et de valorisation des potentiels écotouristiques, incluant une
l’aménagement des voies d’accès aux principales sites de la Commune ;
127 | P a g e
20. Projet de mise en place d’une politique et d’un mécanisme de régulation de la pêche, intégrant un
volet de renforcement des capacités des agro-pêcheurs en techniques de pêche innovantes et
adaptées ;
21. Projet de construction et d’équipement d’une boutique d’équipements, d’outils et d’intrants agricoles
au niveau du Centre-Ville ;
22. Projet d’amélioration de la résilience des sous bassins-versants versants et de traitement des ravines
stratégiques en dégradation sévère et continue, incluant des actions de restauration, de protection et de
conservation de la biodiversité ;
23. Projet de mise en place d’un syndicat de transport maritime et de subvention des véhicules de
transport maritime ;
24. Projet de construction de nouvelles stations de radio au niveau des zones non couvertes &
Amélioration du flux, du signal et de la puissance des dispositifs en place ;
25. Projet d’appui à l’investissement collectif de jeunes entrepreneurs dans la promotion intelligente et le
développement résilient de services socio-économiques porteurs ; à travers des actions de promotion
et diversification des activités économiques focalisées sur la structuration et le développement des
filières (agro-économiques et socio-écologiques) porteuses d’investissement et génératrices d’emplois
vertes et de revenus durables ;
26. Projet de mise en place des sites de décharges et de traitement des ordures au niveau du centre-ville ;
27. Projet de conception et d’application de plans d’aménagement pour le centre urbain et les microbassins versant dont les étendus chevauchant la commune ;
28. Projet de promotion et d’établissement des forêts énergétiques au niveau de la commune afin de
réduire la pression sur les forêts et les peuplements de mangrove comme sources principales
d’énergie pour les ménages et les industries (boulangerie /blanchisserie) ;
29. Projet de mise en place de pépinières au niveau du centre-ville, des quartiers et des sections
communales aux fins du reboisement et de la reforestation des espaces à peine récupérable et/ou en
phase de dégradation quasi-irréversible ;
30. Projet d’Appui au développement et à la résilience du secteur de l'agro-élevage pour le renforcement
du système alimentaire communal ;
31. Projet de promotion et d’exploitation des sources d’énergies renouvelables alternatives (aux
ressources ligneuses et au pétrole) au niveau des grandes agglomérations communales (GPL ;
Electrification des ménages ; Production de biogaz ; Mini-forêts énergétiques, …) ;
32. Projet de réseautage et de renforcement des organisations et des structures faîtières les plus
représentatives de la commune ;
33. Projet de renforcement des capacités des exploitants agricoles sur les techniques innovantes et
adaptatives de fertilisation des sols aux fins de l’amélioration des niveaux de performances agroéconomiques et environnementales au niveau périmètres irriguées et de montagnes humides ;
34. Construction et équipement d’un tribunal de paix au niveau de chacune des sections ;
35. Projet d’amélioration de la pratique et promotion de l’artisanat & Initiatives d’appui à la
commercialisation des produits artisanaux ;
36. Projet d’Introduction de nouvelles races d’animaux productifs et mieux adaptées aux évolutions des
conditions climatiques ;
37. Établissement d’un plan de gestion efficace des risques de catastrophes au niveau de la commune
incluant les deux sections communale
38. Projet d’appui à la mise en place d’un dispositif intelligent d’alerte précoce pour prévenir la
population en cas de catastrophes et de danger éventuel ;
39. Projet de renforcement des capacités et augmentation du nombre du personnel de santé &
Amélioration et ajustement des conditions de travail du personnel de santé ;
40. Projet de renforcement des offres de service en assainissement, hygiène et de santé publics ;
41. Projet de promotion et de mise en place des infrastructures vertes (Forêts communautaires, vergers
fruitiers et forestiers, ripisylves) en faveur de la résilience agro-éco-climatique communale ;
42. Projet de valorisation des plantes médicinales, incluant la création d’une pharmacopée communale ;
43. Projet de construction, d’équipement et de mise en opération de deux annexes de l’Agence Locale
d’Impôts (ALI) au niveau des sections communales de la commune ;
128 | P a g e
Tableau 6 : Cadre logique du plan communal de développement de Anse-à-Pitres
Acteurs1
concernés
Programme 1 : Aménager le territoire et garantir la gestion de l’environnement et des risques et désastres
OS1 : Aménager le territoire et assurer la gestion de l’environnement et des ressources
naturelles
Des plans
Existence et
Documentation
Conception et
AC & AD
d’aménagement sont
application des plans Suivi de la démarche
application de plans
SC & SP
conçus et appliqués pour d’aménagement
Archives de la Municipalité
d’aménagement pour OI/ONG
le centre urbain et les
Organisation des
le centre urbain et les
micro-bassins versant
espaces et du
micro-bassins
dont les étendus
paysage
versant dont les
chevauchent la
Changements
étendus chevauchent
commune
entrevus dans les
la commune
espaces et le paysage
Une politique de gestion Existence de
Document de politiques
Mise en place des
AC & AD
de l’environnement est
politique de gestion
Support de formation
politiques de gestion SC & SP
établie et plus de 70 %
environnementale
Changement du milieu
et de protection de
OI/ONG
de la population locale
Changement observé
l’environnement
active est éduqué, formé dans
Mise en place et
et sensibilisé sur la
l’environnement
exécution d’un
gestion rationnelle de
Existence de
programme
l’environnement
programme
éducation,
d’éducation, de
formationformation et de
sensibilisation en
sensibilisation
gestion de
l’environnement
Les reliques de forêts et Superficie couverte
Mesure sur le terrain
Mise en place des
AC & AD
de mangrove sont
en forêt et en
Occupation des sols récente
pépinières
SC & SP
protégées, mieux gérées mangrove
Rapport de suivi forestier
communautaires au
OI/ONG
et exploitées, et la
Changement observé Observation du paysage
niveau du centrecouverture forestière est dans le paysage
ville, des quartiers et
augmenté d’au moins 15
des sections
% dans les cinq
communales aux fin
prochaines années
du reboisement et de
la reforestation des
espaces dégradés
Au moins 30 % des
Changement observé Visites des lieux
Etablissement et
AC & AD
micro-bassins versants
dans le milieu
Document de projet
entretien des
SC & SP
sont mieux aménagés,
Présence des
Rapport de travaux
structures de
OI/ONG
gérés et protégés au
structures de
Photographie/vidéographie
protection et de
niveau de la commune
protection conservation
dans cinq ans
conservation
Exécution d’un
programme de
végétalisation du
milieu
Au moins une trentaine
Existence des
Rapports d’activités
Construction d’au
AC & AD
de retenus et de lacs
retenus et des lacs
Visite exploratoire
moins une trentaine
SC & SP
collinaires sont
collinaires
Photo et vidéo
de retenus et de lacs
OI/ONG
construits au niveau des Recul de l’érosion
Vue aérienne
collinaires au niveau
bassins versants les plus des sols
des bassins versants
dégradés de la commune Disponibilité de
les plus dégradés de
l’eau en période de
la commune
sécheresse
OS2 : Contribuer et parvenir à une meilleure gestion des risques et désastres dans la
commune
Un plan de gestion
Mise en opération du Document du plan
Établissement d’un
AC & AD
efficace des risques de
plan
Rapports poste désastres
plan de gestion
SC & SP
catastrophes est établi
Réduction certifiée
Observation du milieu
efficace des risques
OI/ONG
au niveau de la
des cas de sinistrées
Témoignages des gens
de catastrophes au
Résultats
Indicateurs
Sources de vérification
Actions/sous- projets
1
Acteurs : AC : administration Centrale ; AD : Administration communal ; SC : Société Civile ; SP :
Secteur Privé ; OI/ONG : Organisation non Gouvernementale
129 | P a g e
Résultats
Indicateurs
commune incluant les
deux sections
communale
Diminution des
dégâts dus aux
catastrophes
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
niveau de la
commune incluant
les deux sections
communale
Mise en place d’un
Existence du
Documentation du système
Mise en place d’un
AC & AD
système d’alerte précoce système
Evaluations poste désastres
système d’alerte
SC & SP
permettant de prévenir
Application du
Témoignages des gens
précoce permettant
OI/ONG
la population en cas de
système
Observation du milieu
de prévenir la
catastrophes et de
Réduction confirmée
population en cas de
danger éventuel
des dégâts
catastrophes et de
danger éventuel
Construction,
Existence des
Plan de construction
Construction,
AC & AD
équipement et
structures et espaces
Photo et vidéo
équipement et
SC & SP
aménagement d’espaces d’accueil
Visites des lieux
aménagement
OI/ONG
d’accueil destinée à
Services d’accueil
Rapports de prise en charge
d’espaces d’accueil
loger les sinistré(e)s
fournie
Liste de sinistré(e)s
destinée à loger les
dans les cas de
Nombre de
sinistré(e)s dans les
catastrophes majeures
sinistré(e)s pris en
cas de catastrophes
charge
majeures
Programme 2 : Dynamiser les secteurs économiques créateurs d’emplois et de richesse
OS3 : Renforcer le développement de l’agriculture et augmenter la production agricole
Au moins 60% des
La quantité de
Visite de terrain
Irrigation d’au moins AC & AD
zones cultivées et
superficie irriguée
Rapport d’activités
60 % des espaces
SC & SP
cultivables sont
avant 5 ans
Photo et vidéo
cultivés et
OI/ONG
irriguées au niveau des
Le progrès de la
cultivables au niveau
deux sections en
production agricole
des deux sections en
renforçant le système en
renforçant le système
place
en place
80% des cultivateurs
Le nombre de
Plan de formation
Formation et
AC & AD
sont encadrés et formés
cultivateurs sont
Rapport de participation
encadrement des
SC & SP
sur les meilleures
encadrés et formés
cultivateurs sur les
OI/ONG
techniques de
Le niveau de
meilleures
production agricole dans rendement de la
techniques de
les deux sections
production
fertilisation des sols
et de production
agricole
Des équipements
Le nombre
Rapport de distribution
Acquisition et
AC & AD
agricoles sont acquis et
équipements
Preuves de réception
distribution
SC & SP
disponibles
agricoles disponibles Témoignages producteurs
systématique des
OI/ONG
(motoculteurs,
et de boutiques
outils et équipements
Charrues) et des
d’intrants mises en
agricoles et
boutiques d’intrants
place
construction des
bien approvisionnées
boutiques d’intrants
sont construites
agricoles bien
approvisionnées
L’accès au crédit
La quantité de
Liste des bénéficiaires et des
Engagement des
AC & AD
agricole est assuré et
producteurs et de
adhérents
démarches pour la
SC & SP
améliorée au profit des
fournisseurs ayant
Rapport d’activités de crédit
mise en place d’une
producteurs et des
accès au crédit
représentation de la
fournisseurs d’intrants
agricole
banque de crédit
L’ampleur des
agricoles (BCA)
activités
OS4 : Améliorer la production animale et parvenir à la réorganisation du cheptel dans la
commune
Au moins 80 % des
Pourcentage
Rapports de campagne
Réalisation des
AC & AD
éleveurs sont mieux
d’animaux en bonne
Rapport de formation
campagnes sanitaires SC & SP
formés sur des nouvelles santé
Campagnes de vérification
et formation des
OI/ONG
techniques de l’élevage
Preuve de la maitrise
éleveurs sur les
et en santé animale
des techniques
techniques modernes
d’élevage
d’élevage
De nouvelles races
Existence des
Rapports de campagne
Introduire de
AC & AD
animales plus adaptées
nouvelles races
Campagnes de vérification
nouvelles races
SC & SP
130 | P a g e
Indicateurs
aux nouvelles
conditions climatiques
sont introduites au
niveau de la commune
d’animaux dans la
d’animaux productifs
commune
et mieux adaptées
Preuve de
aux conditions
satisfaction des
climatiques actuelles
éleveurs
Nombre d’éleveurs
Rapports de campagne
Subvention des
AC & AD
actifs recensés
Campagnes de recensement
activités de l’élevage SC & SP
Augmentation du
et encadrement
OI/ONG
cheptel d’au moins
technique des
50 %
éleveurs
OS5 : Parvenir à une meilleure organisation et à l’amélioration des activités de pêche
Existence des
Supervision des activités de
Mise en place et
AC & AD
instruments de
pêche
application de
SC & SP
règlementation
Rapport de supervision
politique
OI/ONG
Existence
réglementaire sur la
d’établissement et
pêche
d’organe de
Mise en place d’un
régulation dédiée à la
organe régulateur
pêche
dédiée à la pêche
Augmentation
Rapport de formation
Formation des
AC & AD
attestée de la
Liste de participation
pêcheurs en
SC & SP
productivité de la
Témoignages
techniques
OI/ONG
pêche
Rapport de suivi
innovantes et
Nombre de pêcheurs
adaptées de pêche
formé et encadrés
Le cheptel est augmenté
d’au moins 50 % dans
les 5 prochaines années
La pêche est bien
régulée, règlementé et
est pratiquée et menée
selon le respect des
normes nationales et
internationales en
vigueur
Les capacités d’au
moins 80 % des
pêcheurs sont renforcées
en techniques
innovantes et adaptées
de pêche
Le secteur de la pêche
est mieux équipé et
encadré et plus productif
au niveau de commune
Les produits de pêche
sont mieux
conditionnés, et plus
aptes à la
commercialisation
Au moins 80% des sites
touristiques sont
aménagées valorisées et
exploitées
Au moins 60 % des
voies de pénétration
conduisant vers les sites
touristiques sont percées
et améliorées
Au moins deux hôtels
de standard international
sont construits et mis au
service des touristes au
niveau de la commune
Au moins trois tronçons
de routes sont
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
OI/ONG
Résultats
Existence de
Rapport de vérification
Achat et distribution
AC & AD
matériels de pêche
Liste des bénéficiaires
de matériels de
SC & SP
mieux adaptés
Satisfactions des pêcheurs
pêche adaptés
OI/ONG
Niveau de
Mise en place d’un
productivité de la
système de créditpêche
matériels de pêche
Temps de
Vérification des dispositifs de
Acquisition et
AC & AD
conservation des
conditionnement
distribution des
SC & SP
produits de pêche
Rapport de suivi
dispositifs de
OI/ONG
Marge de profit
stockage et de
générée
conditionnement
OS6 : Développer l’hôtellerie, valoriser er et exploiter le potentiel touristique de la
Commune
Existence et
Rapports de fréquentation des
Aménagement,
AC & AD
découverte des sites
sites touristiques
promotion et
SC & SP
Nombre de sites
exploitation adéquate
aménagés
des sites touristiques
Existence des voies
Flux de touristes observé
Construction et
AC & AD
de pénétration
Registre touristique
réparation des
SC & SP
Augmentation des
Fonds générés par le secteur
tronçons de routes
activités et du flux
reliant la commune
touristiques
vers les sites
touristiques
Existence des hôtels
Flux touristique observé
Construction et
SC & SP
Qualité des services
Fréquentation des hôtels
promotion d’au
offerts
Photographie/vidéographie
moins deux hôtels de
Ampleur du flux
Examen de la clientèle
standard
touristique
international afin
Profit généré par le
d’accueillir les
secteur
touristes au
voisinage du centreville
OS7 : Améliorer les conditions de transport et la communication au niveau de la
commune
Nombre de tronçons
Rapport de travaux
Réhabilitation des
AC & AD
et de kilomètres de
Supervision des chantiers
tronçons de routes :
SC & SP
131 | P a g e
Résultats
Indicateurs
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
OI/ONG
Anse-à-Pitres –
Thiotte ; Anse-àPitres – GrandGosier (Jacmel) et
amélioration des
points les plus
critiques
La voie maritime est
Existence et
Observation du circuit de
Acquisition et
AC & AD
mieux développée,
circulation des
transport
subvention des
SC & SP
organisée et valorisée
véhicules
Rapport d’acquisition des
véhicules de
OI/ONG
afin de diversifier
Flux de voyageurs
véhicules
transport maritime &
l’accès à la commune
Flux de transport
Mise en place d’un
maritime
syndicat de transport
maritime
Les dispositifs et
Existence des
Evaluation des dispositifs et du
Construction de
AC & AD
moyens de
stations de radios et
flux de communication
nouvelles stations de SC & SP
communication tendent
des compagnies
Visite des locaux et des sites
radio
OI/ONG
à s’augmenter et
téléphoniques
d’installation des dispositifs
Amélioration du
s’améliorent au niveau
Amélioration de
flux, du signal et de
de la commune
l’accès à la
la puissance des
communication
dispositifs en place
OS8 : Encourager le développement de l’artisanat au niveau de la commune
La pratique de
Nombre d’artisans
Témoignages des artisans
Amélioration de la
AC & AD
l’artisanat est renforcée
recensés
Evaluation des activités de
pratique et
SC & SP
et le revenu des artisans Niveau de revenu et
l’artisanat
promotion de
OI/ONG
est augmenté d’au
de bien-être des
Examen de la clientèle
l’artisanat
moins 40 % dans cinq
artisans
Initiatives d’appui à
ans au niveau de la
Niveau
la commercialisation
commune
d’achalandage des
des produits
œuvres
artisanaux
OS9 : Réorganiser le commerce et augmenter la marge de profit des commerçants
Au moins 80% des
Nombre de
Les registres des institutions de
Amélioration des
AC & AD
petits commerçants ont
commerçants ayant
crédits
taux et des
SC & SP
un accès amélioré au
accès au crédit
Témoignages des petits
conditions de crédit
OI/ONG
crédit
Niveau de bien-être
commerçants sociétaires
Action de plaidoyer
des commerçants
auprès des
institutions
financières
Environ 70% des petits
Le nombre de
Supports de formation
Conception et
AC & AD
commerçants suivent un commerçants ayant
Rapport de participation
organisation d’un
SC & SP
programme de
participé aux séances Déclarations des adhérents et
programme de
OI/ONG
formation sur la gestion
de formation
bénéficiaires
formation l’intention
du commerce au moins
Bonne gestion des
Photographie/vidéographie
des petits
une fois par an
fonds et génération
commerçants
des profits
L’écoulement des
Le flux de produit en Visite des centres de vente et de Campagne de
AC & AD
produits locaux et le
circulation
commercialisation
construction et
SC & SP
transport des
La disponibilité et la Témoignage des négociants
d’amélioration
OI/ONG
marchandises sont
qualité des produits
d’environ quatre
assurés dans de bonnes
tronçons routières au
conditions
niveau de la région
Programme 3 : Faciliter l’accès aux services sociaux de base au plus grand nombre
OS10 : Améliorer l’accès et la qualité des soins de santé fournis à la population de la
commune
Des centres de santé
Existence des centres Rapport d’acquisition
Réhabilitation,
AC & AD
sont construits, mieux
de santé
Vérification au niveau des
équipement et
SC & SP
équipés, aménagés et
Présence des
locaux
aménagement des
OI/ONG
réhabilités dans les
équipements
Travaux de construction et
centres de santé
différentes sections et
L’état des bâtiments
d’aménagement
existant
localités importantes de
logeant les centres de Photographie/vidéographie
Construction de
la commune
santé
centre de santé dans
les localités à
réhabilités ou aménagés
et facilement accessibles
dans les cinq (5)
prochaines années au
niveau de la commune
routes construit ou
réhabilité
Accessibilité routière
et augmentation du
flux de la circulation
routière
Photographie/vidéographie
132 | P a g e
Résultats
Le personnel de santé
est mieux traité et
encadré, les soins de
santé sont améliorés et
la majorité de la
population en ont un
accès plus aisé et
régulier
Un lycée de qualité
standard est construit et
équipé niveau du centreville et de nouvelles
écoles nationales sont
construites au niveau
des agglomérations les
plus importantes de la
commune
Les écoles nationales
déjà existantes sont
réhabilitées, bien
équipées et aménagées
au niveau du centre-ville
et des sections
communales
Une école
professionnelle est
construit et opérationnel
au niveau du centre-ville
et de chacune des deux
sections communales
Le personnel scolaire est
mieux traité et encadré,
les modes
d’enseignement sont
améliorés et la majorité
des enfants de la
commune ont un accès
facile et régulier à une
éducation de qualité et
valorisante
Le réseau principal du
système d’adduction
d’eau potable (SEAP)
du centre-ville est
renforcé, entretenu et
Indicateurs
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
agglomération
importantes
Existence de
Rapport de formation
Renforcement des
AC & AD
programme de
Expression de satisfaction
capacités et
SC & SP
formation suivie
Rapport de traitement
augmentation du
OI/ONG
Nombre de cas
nombre du personnel
soignés et réussis
de santé
Satisfaction et bienAmélioration et
être des employés de
ajustement des
santé
conditions de travail
du personnel de
santé
OS11 : Augmenter et améliorer l’offre de services scolaires au niveau de toute la
commune
Existence des
Visites des constructions
Construction et
AC & AD
bâtiments scolaires
Rapport de construction
équipement d’un
SC & SP
Quantité de
Vérification des types de
lycée de normes au
OI/ONG
bâtiments scolaires
construction
niveau du centreconstruits
ville et de nouvelles
Etat des bâtiments
écoles nationales au
scolaires
sein des
Configuration des
agglomérations
salles
importantes de la
commune
Kits scolaires acquis Visites des établissements
Réhabilitation,
AC & AD
et distribué au niveau scolaires
équipement et
SC & SP
des écoles (privées et Expertise des kits scolaires
aménagement des
OI/ONG
publiques)
Vérification des matériels
écoles nationales
Etat des bâtiments
scolaires
déjà existantes
scolaires
Requête et
Configuration des
distribution de kits
salles
scolaires
Existence des
Visites des constructions ou des Construction,
AC & AD
bâtiments et des
travaux de construction
équipement et mise
SC & SP
équipements de
Rapport de vérification des
en fonction d’une
OI/ONG
travail
types de construction
école professionnelle
Adéquation des
au niveau du centrestructures aux
ville et de des
normes
sections communales
professionnels
Effectif des
enseignants et
professeurs nommés
Quantité de cadres
qualifiés
nouvellement
recrutés
Qualité de l’éduction
reçue par les élèves
La performance des
élèves aux examens
officiels
Liste des professeur(e)s et des
enseignant(e)s nommés et
recrutés
Liste des élèves réussis aux
examens officiels
Support du programme
d’enseignement adopté
Plaidoyer continu
AC & AD
pour la nomination
SC & SP
des enseignants
OI/ONG
engagés et le
recrutement de
nouveaux cadres
qualifiés
Lancement d’une
démarche pour la
mise en place d’un
programme
d’enseignement
standard pour la
commune
OS12 : Améliorer l’accès à l’eau potable et réduire le taux d’infections et de maladies
liées à l’eau
Existence d’un
Rapports de travaux
Renforcement,
AC & AD
système (SAEP)
Rapport de diagnostic du
entretien et
SC & SP
renforcé, entretenu et système (SAEP)
réhabilitation du
OI/ONG
réhabilité
Déclarations de satisfaction des Système d’adduction
Amélioration de la
aborné (e)s
d’eau potable
133 | P a g e
Indicateurs
réhabilité
qualité et la
(SEAP)2 du centre distribution de l’eau
ville
Nombre de sources
Déclarations de satisfaction des Construction,
AC & AD
captées au niveau de bénéficiaires
réhabilitation et
SC & SP
la commune
Rapport de construction et
protection d’environ
OI/ONG
Pourcentage de
d’entretien
une dizaine de
sources entretenues
Enquête de santé
captages pour
et réhabilitées
Expressions de satisfaction
l’approvisionnement
Taux de la
Photographie/vidéographie
en eau du centrepopulation ayant
ville, des sections
accès à l’eau potable
communales et des
Réduction des
localités importantes
infections et
de la commune
maladies d’origine
hydrique
OS13 : Améliorer les infrastructures urbaines et assurer l’assainissement au sein de la
commune
Pourcentage et
Rapport des travaux de drainage Assainissement,
AC & AD
nombre de
et de bétonnage des rues
drainage et
SC & SP
kilomètres de rues
Evaluation du pourcentage et du bétonnage d’au
OI/ONG
assainies, drainées et nombre de kilomètres de rues
moins 60 % des rues
bétonnées
assainies
au niveau du centreVitesse de drainage
ville et des zones
des eaux de pluies
avoisinantes
Existence des sites
Exploration des sites
Mise en place des
AC & AD
de décharges et de
Visites des travaux
sites de décharges et
SC & SP
traitement des
Expressions de satisfaction
de traitement des
OI/ONG
ordures
Métrage de la quantité de
ordures au niveau du
Mise en opération
déchets traitée
centre-ville et des
des sites de
Photographie des sites
deux sections
décharges
communales
Amélioration de la
salubrité
OS14 : Renforcer le système d’énergie et d’électrification au niveau de la commune
Amélioration de
Visites des lieux
Renforcement,
AC & AD
l’électricité
Registres des abonné(e)s
équipement,
SC & SP
Extension de la
Plan d’électrification
réhabilitation et
OI/ONG
couverture électrique Photographie des matériels
extension du système
Existence et
d’énergie et
opération des
d’électrification au
matériels
niveau de la
d’électrification
commune
Performance du
système
Extension des lignes Visites des lieux
Extension des lignes
AC & AD
du réseau électrique
Registres des abonné(e)s
et du réseau
SC & SP
Existence du réseau
Plan d’électrification
électrique vers les
OI/ONG
dans les sections
Photographie des matériels
sections communales
communales
et des quartiers
Accès à l’électricité
importants de la
commune
Existence d’une
Visites des lieux et des locaux
Instauration d’une
AC & AD
centrale électrique
Plan de construction du système centrale électrique
SC & SP
solaire
Photographie/vidéographie
solaire innovante et
OI/ONG
Mise en opération de Liste des abonné(e)s
convenablement
la centrale
conçue pour réduire
Amélioration de
la dépendance du
l’électricité au
système des énergies
niveau des ménages
fossiles (carburants)
Présence de forêts
Visites de terrains
Etablissement et
AC & AD
Environ une dizaine de
captages sont construits,
réhabilités et protégés
pour
l’approvisionnement en
eau du centre-ville, des
sections communales et
des localités importantes
de la commune
Au moins 60 % des rues
sont assainies, drainées
et bétonnées au niveau
du centre-ville et des
zones avoisinantes
Des sites de décharges
et de traitement des
ordures sont mis en
place au niveau du
centre-ville et des deux
sections communales
Le système d’énergie et
d’électrification existant
au niveau de la
commune est mieux
équipé, réhabilité et
renforcé afin d’assurer
une couverture
l’électricité
Le réseau électrique
existant dans centreville est étendu vers les
deux sections et des
quartiers importants de
la commune
Une centrale électrique
solaire innovante et
conçue de manière
convenable est instaurée
afin de réduire la
dépendance du système
des énergies fossiles
Au moins deux forêts
2
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
Résultats
Système d’adduction d’eau potable
134 | P a g e
Résultats
Indicateurs
Sources de vérification
énergétiques sont
établies au niveau de la
commune afin de
réduire la pression sur
les forêts et les
peuplements de
mangrove comme
sources principales
d’énergie pour les
ménages et les
industries
d’énergie
Quantité et
superficie des forêts
énergétiques
Reduction de
l’exploitation des
forêts natives et de la
mangrove
Progrès de la
couverture de
mangrove et
forestière
Photographie/vidéographie
Vue aérienne
Détection sur des images
aériennes et spatiales
Mesures sur le terrain
Un centre culturel, de
loisirs et
d’épanouissement est
construit et équipé afin
de permettre aux jeunes
de mieux se divertir au
niveau de la commune
Un parc de jeu et un
terrain de sports sont
construits et des
moniteurs sportifs sont
formés et recrutés en
vue d’accompagner les
jeunes
Une place publique est
construite et aménagée
au niveau du centre-ville
pour la recréation et
l’amusement de la
population
Des actions de plaidoyer
et de défense sont mises
en branle pour
l’intégration et le
respect de l’équité de
genre dans tous les
secteurs d’activités de la
commune
Un quota d’au moins 40
% de femme est
respecté au niveau des
emplois et dans la
planification, la mise en
œuvre et le suivi des
actions de
développement portant
sur la commune
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
SC & SP
OI/ONG
promotion des forêts
énergétiques au
niveau de la
commune afin de
réduire la pression
sur les forêts et les
peuplements de
mangrove comme
sources principales
d’énergie pour les
ménages et les
industries
(boulangerie
/blanchisserie)
OS15 : Développer et encourager la pratique des activités sportives, culturelles et de
loisirs
Présence du centre
Visite du centre culturel et de
Construction d’un
AC & AD
culturel et de loisirs
loisirs
centre culturel,
SC & SP
Participation des
Observation des activités de
d’épanouissement et
OI/ONG
jeunes aux activités
loisirs et culturelles
de loisirs bien équipé
culturelles
Photo et vidéo
afin de permettre aux
Ampleur des
jeunes de mieux se
activités liées au
divertir au niveau de
loisir et à la culture
la commune
Existence du parc de Visite du parc de jeu et du
Construction d’un
AC & AD
jeu et du terrain de
terrain de sports
parc de jeu et d’un
SC & SP
sports
Observation des activités
terrain de sports et
Habilité des
sportives
formation de
moniteurs à
moniteurs sportifs
d’accompagner les
pour accompagner
jeunes
les jeunes
Nombre de jeunes
formés
Existence de la place Visite de la place
Construction et
AC & AD
publique
Observation des activités de
ornement d’une
SC & SP
Activités de
récréation
place publique au
récréation et
Photo et vidéo
niveau du centred’amusement
ville pour la
recréation et
l’amusement de la
population
OS16 : Assurer le respect de l’équité de genre dans le développement intégral de la
commune
Le quota d’emploi
Rapport institutionnel
Plaidoyer et défense
AC & AD
obtenu en faveur des Rapport d’activité de projet
pour l’intégration et
SC & SP
femmes
Visites des lieux d’emploi
le respect de l’équité OI/ONG
La participation des
Rapport de suivi
de genre dans tous
femmes dans
les secteurs
l’intégralité des
d’activités de la
actions de
commune
développement de la
commune
La proportion de
Rapport institutionnel
Obtention d’un quota AC & AD
femmes employés
Rapport d’activité de projet
d’au moins 40 % de
SC & SP
par les entreprises
Visites des lieux d’emploi
femme au niveau des OI/ONG
La participation
Rapport de suivi d’emplois
emplois et dans la
active des femmes
planification, la mise
dans les activités
en œuvre et le suivi
Le pouvoir de
des actions de
décisions des
développement
femmes au niveaux
portant sur la
des institution
commune
135 | P a g e
Résultats
Indicateurs
Sources de vérification
Actions/sous- projets
Acteurs1
concernés
Programme 4 : Renforcer la gouvernance et améliorer le cadre et les services administratifs
OS17 : Réorganiser et améliorer le cadre de services des structures administratives de la
commune
Un complexe
Existence du
Visite des établissements
Construction et
AC & AD
administratif est
complexe
Contrôle des équipements
équipement d’un
SC & SP
construit et bien équipé
administratif
Analyse et évaluation des
complexe
OI/ONG
dans le but d’héberger
Etat du bâtiment
servies procurés
administratif destiner
les différentes structures Aptitude des
à l’hébergement des
de l’administration
structures à offrir des
différentes structures
publique au niveau du
services
de l’administration
centre-ville (Tribunal,
Présence des
publique au niveau
office d’état civil,
équipements
du centre-ville
Agence locale d’Impôts) Qualité des services
(Tribunal, office
offerts par
d’état civil, Agence
l’administration
locale d’Impôts)
OS18 : Favoriser l’accès à la justice et renforcer la sécurité publique au niveau de la
commune
Un tribunal de paix est
Existence et mise en Visite des établissements
Construction et
AC & AD
érigé et bien équipé
fonction des
Contrôle des équipements
équipement d’un
SC & SP
dans chacune des
tribunaux
Analyse et évaluation des
tribunal de paix dans OI/ONG
sections et des quartiers
Présence des
servies procurés
chacune des sections
(agglomérations) les
équipements
et des
plus importants de la
Qualité des services
agglomérations
commune
offerts par les
importantes de la
tribunaux
commune
Un poste de police est
Présence et opération Visite des établissements
Construction et
AC & AD
érigé et bien équipé
des poste de police
Contrôle des équipements
équipement d’un
SC & SP
dans chacune des
Existence des
Analyse et évaluation des
poste de police dans
OI/ONG
sections et des quartiers
équipements
servies procurés
chacune des sections
(agglomérations) les
Qualité des services
et des
plus importants de la
offerts par la police
agglomérations
commune
importantes de la
commune
Les personnels de
Amélioration des
Rapport de formation des cadres Formation en
AC & AD
justice et de sécurité
services de justice et Archive des commissariats et
permanence des
SC & SP
publique sont mieux
de sécurité
des tribunaux
cadres de la police et OI/ONG
traités, formés et
Effectifs du
Modules de formation
de la justice,
équipés afin de procurer personnel de justice
renforcement de
de meilleurs services et
et de la police
l’équipement et de
appuis à la population
Qualité et quantité
l’effectifs du
des équipements et
personnel judiciaire
munitions
et des policiers
OS19 : Accroitre les ressources financières et renforcer la capacité d’investissement de la
commune
Une annexe de l’Agence Existence d’une
Visite des établissements
Construction et
AC & AD
Locale d’Impôts (ALI)
Agence Locale
Examen des équipements
équipement et mise
SC & SP
est construite, équipée et d’Impôts (ALI) au
Rapport de services de fisc
en opération d’une
OI/ONG
mise en opération dans
niveau de chaque
annexe de l’Agence
chacune des sections
section
locale d’Impôts dans
communales de la
Opération des
chacune des sections
commune
services de fiscalité
communales de la
Les ressources
commune
fiscales
Un nouveau dispositif
Existence d’un
Documentation et plan du
Mise en place d’un
AC & AD
de collecte plus efficace nouveau dispositif de dispositif
nouveau dispositif de SC & SP
est mis en place afin
collecte
Rapport de services de fisc
collecte plus efficace OI/ONG
renforcer les recettes
Amélioration des
des recettes fiscales
fiscales au niveau de la
recettes fiscales de la
au niveau de la
commune
commune
commune
Le personnel de
Quantité de cadres
Rapport de formation des cadres Formation,
AC & AD
l’Agence locale
formés
Support de formation
équipements et
SC & SP
d’Impôts est mieux
Qualité des services
Archive de l’Agence locale
renforcement du
OI/ONG
136 | P a g e
Résultats
Indicateurs
Sources de vérification
Actions/sous- projets
formé, équipé et
renforcé afin de
procurer un service de
qualité à la population
de fisc
Effectifs du
personnel -ALI
L’apport et
l’importance des
recettes fiscales
d’Impôts
personnel de
l’Agence locale
d’Impôts afin de
procurer un service
de qualité à la
population
Acteurs1
concernés
Localis
ation
Année 5
Année 4
Année 3
Année 2
Projet priorisés et planifiées
Année 1
Tableau 7 : Plan d’investissement quinquennal du PCD de Anse-à-Pitres (en millier HTG)
Programme 1 : Aménager le territoire et gérer l’environnement, les ressources naturelles et les
risques et désastres
2000,00
2000,00
6000,00
4000,00
4000,00
4000,00
4000,00
3000,00
3000,00
3000,00
5000,00
4000,0
0
2000,00
8000,00
Etablissement et entretien des
structures de protection et de
conservation & Exécution d’un
programme de végétalisation du
milieu
0,00
0,00
6000,00
Mise en place des pépinières
communautaires au niveau du
centre-ville, des quartiers et des
sections communales aux fin du
reboisement et de la reforestation des
espaces dégradés
Conception et application de plans
d’aménagement pour le centre
urbain et les micro-bassins versant
dont les étendus chevauchent la
commune
0,00
4000,0
0
Mise en place des politiques de
gestion et de protection de
l’environnement & Mise en place et
exécution
d’un
programme
éducation, formation-sensibilisation
en gestion de l’environnement
10000,00
OS1 : Aménager le territoire et assurer la gestion de l’environnement et des
ressources naturelles
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
137 | P a g e
Année 5
48000,00
48000,00
Localis
ation
Ville &
sections
67000,00
Année 4
48000,00
57000,00
Année 3
48000,00
57000,00
Année 2
48000,00
Total Sous-Programme 1
57000,00
Année 1
Construction d’au moins une
trentaine de retenus et de lacs
collinaires au niveau des bassins
versants les plus dégradés de la
commune
76000,00
Projet priorisés et planifiées
800,00
800,00
800,00
1000,00
2000,00
1000,00
1000,00
800,00
33000,00
2800,00
1800,00
1800,00
3800,00
Total Programme 1
59800
58800
58800
70800
2000,00
0,00
1000,00
Total Sous-Programme 2
109000
Construction,
équipement
et
aménagement d’espaces d’accueil
destinée à loger les sinistré(e)s dans
les cas de catastrophes majeures
0,00
2000,00
Mise en place d’un système d’alerte
précoce permettant de prévenir la
population en cas de catastrophes et
de danger éventuel
0,00
Établissement d’un plan de gestion
efficace des risques de catastrophes
au niveau de la commune incluant
les deux sections communale
30000,00
OS2 : Contribuer et parvenir à une meilleure gestion des risques et désastres
dans la commune
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
138 | P a g e
Localis
ation
Année 5
Année 4
Année 3
Année 2
Année 1
Projet priorisés et planifiées
Programme 2 : Dynamiser les secteurs économiques créateurs d’emplois et de richesse
10000,00
10000,00
10000,00
10000,00
1000,00
1000,00
1000,00
1500,00
8000,0
0
8000,0
0
8000,0
0
10000,
00
0,00
500
00,0
0
0,00
200
00,0
0
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
41500,00
19000,00
69000,00
Ville &
sections
19000,00
Total Sous-Programme 3
50000,00
Engagement des démarches pour la
mise en place d’une représentation
de la banque de crédit agricoles
(BCA)
1500,00
Acquisition
et
distribution
systématique
des
outils
et
équipements
agricoles
et
construction des boutiques d’intrants
agricoles bien approvisionnées
60000,
00
Formation et encadrement des
cultivateurs sur les meilleures
techniques de fertilisation des sols et
de production agricole
111500,00
Irrigation d’au moins 60 % des
espaces cultivés et cultivables au
niveau des deux sections en
renforçant le système en place
0,00
OS3 : Renforcer le développement de l’agriculture et augmenter la production
agricole
3000,00
2000,00
2000,00
2000,00
Réalisation des campagnes sanitaires
et formation des éleveurs sur les
techniques modernes d’élevage
5000,00
OS4 : Améliorer la production animale et parvenir à la réorganisation du
cheptel dans la commune
Ville &
sections
139 | P a g e
Année 5
3000,00
5000,00
800,00
800,00
1600,00
Localis
ation
Ville &
sections
Ville &
sections
9600,00
Année 4
3000,00
800,00
5800,00
Année 3
3000,00
2000,00
Total Sous-Programme 4
5800,00
Année 2
5000,00
Subvention des activités de l’élevage
et encadrement technique des
éleveurs
5800,00
Année 1
Introduire de nouvelles races
d’animaux productifs et mieux
adaptées aux conditions climatiques
actuelles
12000,00
Projet priorisés et planifiées
600,00
600,00
600,00
1000,00
6500,00
6500,00
5200,00
10000,00
1500,00
0,00
1000,00
Achat et distribution de matériels de
pêche adaptés & Mise en place d’un
système de crédit-matériels de pêche
0,00
1500,00
Formation
des
pêcheurs
en
techniques innovantes et adaptées de
pêche
0,00
Mise en place et application de
politique réglementaire sur la pêche
& Mise en place d’un organe
régulateur dédiée à la pêche
15000,00
OS5 : Parvenir à une meilleure organisation et à l’amélioration des activités de
pêche
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
140 | P a g e
Année 5
2000,00
4000,00
Localis
ation
Ville &
sections
16500,00
Année 4
3000,00
7800,00
Année 3
2000,00
10100,00
Année 2
7000,00
Total Sous-Programme 5
9100,00
Année 1
Acquisition et distribution des
dispositifs de stockage et de
conditionnement
24500,00
Projet priorisés et planifiées
10000,00
7000,00
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
117000,00
100000,00
1500,00
0,00
1500,00
0,00
2000,00
0,00
2000,00
0,00
1500,00
0,00
0,00
1500,00
Total Sous-Programme 6
10000,00
Construction et promotion d’au
moins deux hôtels de standard
international afin d’accueillir les
touristes au voisinage du centre-ville
8000,00
Construction et réparation des
tronçons de routes reliant la
commune vers les sites touristiques
100000,00
Aménagement,
promotion
et
exploitation adéquate des sites
touristiques
118000,00
OS6 : Développer l’hôtellerie, valoriser er et exploiter le potentiel touristique
de la Commune
OS7 : Améliorer les conditions de transport et la communication au niveau de
la commune
141 | P a g e
Année 3
Année 4
Année 5
30000,00
20000,00
0,00
0,00
0,00
5000,00
Localis
ation
10000,00
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
15000,00
22000,00
31500,00
2000,00
Année 2
50000,00
0,00
1500,00
1500,00
Année 1
51500,00
Total Sous-Programme 7
100000,00
Construction de nouvelles stations
de radio & Amélioration du flux, du
signal et de la puissance des
dispositifs en place
20000,00
Acquisition et subvention des
véhicules de transport maritime &
Mise en place d’un syndicat de
transport maritime
10000,00
Réhabilitation des tronçons de
routes : Anse-à-Pitres – Thiotte ;
Anse-à-Pitres
–
Grand-Gosier
(Jacmel) et amélioration des points
les plus critiques
130000,00
Projet priorisés et planifiées
Amélioration de la pratique et
promotion de l’artisanat & Initiatives
d’appui à la commercialisation des
produits artisanaux
1500,00
800,00
400,00
800,00
1500,00
Total Sous-Programme 8
1500,00
800,00
400,00
800,00
1500,00
OS8 : Encourager le développement de l’artisanat au niveau de la commune
Ville &
sections
OS9 : Réorganiser le commerce et augmenter la marge de profit des
commerçants
142 | P a g e
Année 5
200,00
200,00
1000,00
1000,00
1500,00
100000,00
100000,00
100000,00
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
302800,00
158100,00
220000,00
Localis
ation
101700,00
Année 4
200,00
1000,00
100000,00
188900,00
Total Programme 2
101200,00
Année 3
200,00
1500,00
100000,00
Total Sous-Programme 9
499200,00
Campagne de construction et
d’amélioration d’environ quatre
tronçons routières au niveau de la
région
101200,00
Année 2
200,00
Conception et organisation d’un
programme de formation l’intention
des petits commerçants
101200,00
Année 1
Amélioration des taux et des
conditions de crédit & Action de
plaidoyer auprès des institutions
financières
101700,00
Projet priorisés et planifiées
Programme 3 : Faciliter l’accès aux services sociaux de base au plus grand nombre
200000,00
30000,00
20000,00
50000,00
Réhabilitation,
équipement
et
aménagement des centres de santé
existant & Construction de centre de
santé
dans
les
localités
à
agglomération importantes
200000,00
OS10 : Améliorer l’accès et la qualité des soins de santé fournis à la population
de la commune
Ville &
sections
143 | P a g e
Année 5
200,00
1000,00
Localis
ation
Ville &
sections
201000,00
Année 4
300,00
30200,00
Année 3
500,00
20300,00
Année 2
3000,00
Total Sous-Programme 10
50500,00
Année 1
Renforcement des capacités et
augmentation du nombre du
personnel de santé & Amélioration
et ajustement des conditions de
travail du personnel de santé
203000,00
Projet priorisés et planifiées
50000,00
50000,00
50000,00
50000,00
3000,00
1500,00
1500,00
4000,00
2000,00
1500,00
1000,00
500,00
1000,00
1000,00
1000,00
1500,00
Plaidoyer
continu
pour
la
nomination des enseignants engagés
et le recrutement de nouveaux cadres
qualifiés & Lancement d’une
démarche pour la mise en place d’un
programme d’enseignement standard
pour la commune
100000,0
0
Construction, équipement et mise en
fonction d’une école professionnelle
au niveau du centre-ville et de des
sections communales
4000,00
Réhabilitation,
équipement
et
aménagement des écoles nationales
déjà existantes & Requête et
distribution de kits scolaires
100000,0
0
Construction et équipement d’un
lycée de normes au niveau du centreville et de nouvelles écoles
nationales
au
sein
des
agglomérations importantes de la
commune
1500,00
OS11 : Augmenter et améliorer l’offre de services scolaires au niveau de toute
la commune
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
144 | P a g e
Année 5
Localis
ation
56000,00
Année 4
53500,00
Année 3
54000,00
Année 1
Année 2
56000,00
Total Sous-Programme 11
205500,00
Projet priorisés et planifiées
200
0,00
0,00
0,00
0,00
2000,00
Ville &
sections
4000,00
2000,00
2000,00
2000,00
2000,00
2000,00
2000,00
Total Sous-Programme 12
2000,00
Construction,
réhabilitation
et
protection d’environ une dizaine de
captages pour l’approvisionnement
en eau du centre-ville, des sections
communales et des localités
importantes de la commune
Ville &
sections
7000,00
Renforcement,
entretien
et
réhabilitation
du
Système
d’adduction d’eau potable (SEAP)3
du centre -ville
500
0,00
OS12 : Améliorer l’accès à l’eau potable et réduire le taux d’infections et de
maladies liées à l’eau
3
1500,00
2000,00
1500,00
2500,00
1400,00
1200,00
1400,00
2000,00
Mise en place des sites de décharges
et de traitement des ordures au
niveau du centre-ville et des deux
sections communales
2500,00
Assainissement,
drainage
et
bétonnage d’au moins 60 % des rues
au niveau du centre-ville et des
zones avoisinantes
2000,00
OS13 : Améliorer les infrastructures urbaines et assurer l’assainissement au
sein de la commune
Ville &
sections
Ville &
sections
Système d’adduction d’eau potable
145 | P a g e
Année 5
Localis
ation
4500,00
Année 4
2900,00
Année 3
3200,00
Année 1
Année 2
2900,00
Total Sous-Programme 13
4500,00
Projet priorisés et planifiées
15000,00
10000,00
15000,00
30000,00
5000,00
10000,00
5000,00
15000,00
10000,00
0,00
0,00
0,00
1000,00
1000,00
1000,00
1000,00
31000,00
21000,00
21000,00
46000,00
Total Sous-Programme 14
30000,00
Etablissement et promotion des
forêts énergétiques au niveau de la
commune afin de réduire la pression
sur les forêts et les peuplements de
mangrove
comme
sources
principales d’énergie pour les
ménages
et
les
industries
(boulangerie /blanchisserie)
15000,00
Instauration d’une centrale électrique
solaire innovante et convenablement
conçue pour réduire la dépendance
du système des énergies fossiles
(carburants)
30000,00
Extension des lignes et du réseau
électrique
vers
les
sections
communales et des quartiers
importants de la commune
1000,00
Renforcement,
équipement,
réhabilitation et extension du
système d’énergie et d’électrification
au niveau de la commune
76000,00
OS14 : Renforcer le système d’énergie et d’électrification au niveau de la
commune
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
OS15 : Développer et encourager la pratique des activités sportives, culturelles
146 | P a g e
Année 1
Année 2
Année 3
Année 4
Année 5
30000,00
2000,00
1000,00
1000,00
1000,00
40000,0
0
3000,00
2500,00
2500,00
2000,00
800
0,00
200
0,00
0,00
0,00
0,00
Projet priorisés et planifiées
Localis
ation
et de loisirs
Ville &
sections
3000,00
3500,00
Total Sous-Programme 15
Ville &
sections
Ville &
sections
3500,00
Construction et ornement d’une
place publique au niveau du centreville pour la recréation et
l’amusement de la population
7000,00
Construction d’un parc de jeu et
d’un terrain de sports et formation de
moniteurs sportifs pour accompagner
les jeunes
78000,00
Construction d’un centre culturel,
d’épanouissement et de loisirs bien
équipé afin de permettre aux jeunes
de mieux se divertir au niveau de la
commune
1500,00
500,00
1000,00
500,00
1500,00
Obtention d’un quota d’au moins 40
% de femme au niveau des emplois
et dans la planification, la mise en
œuvre et le suivi des actions de
développement portant sur la
commune
500,00
200,00
300,00
200,00
500,00
Total Sous-Programme 16
2000,00
700,00
1300,00
700,00
2000,00
OS16 : Assurer le respect de l’équité de genre dans le développement intégral
de la commune
Plaidoyer
et
défense
pour
l’intégration et le respect de l’équité
de genre dans tous les secteurs
d’activités de la commune
Ville &
sections
Ville &
sections
147 | P a g e
Année 5
Localis
ation
316500,00
Année 4
113800,00
Année 3
105300,00
Année 1
Année 2
150100,00
Total Programme 3
576000,00
Projet priorisés et planifiées
Programme 4 : Renforcer la gouvernance et améliorer le cadre et les services
administratifs
0,00
0,00
0,00
0,00
0,00
Ville &
sections
0,00
20000,00
20000,00
Total Sous-Programme 17
30000,00
Construction et équipement d’un
complexe administratif destiner à
l’hébergement
des
différentes
structures
de
l’administration
publique au niveau du centre-ville
(Tribunal, office d’état civil, Agence
locale d’Impôts)
30000,00
OS17 : Réorganiser et améliorer le cadre de services des structures
administratives de la commune
OS18 : Favoriser l’accès à la justice et renforcer la sécurité publique au niveau
de la commune
0,00
0,00
0,00
5000,00
15000,00
Construction et équipement d’un
tribunal de paix dans chacune des
sections et des agglomérations
importantes de la commune
Ville &
sections
148 | P a g e
Année 1
Année 2
Année 3
Année 4
Année 5
5000,00
1500,00
1500,00
2000,00
800,00
800,00
800,00
800,00
Formation en permanence des cadres
de la police et de la justice,
renforcement de l’équipement et de
l’effectifs du personnel judiciaire et
des policiers
20000,00
Construction et équipement d’un
poste de police dans chacune des
sections et des agglomérations
importantes de la commune
800,00
Projet priorisés et planifiées
Localis
ation
Ville &
sections
Ville &
sections
Total Sous-Programme 18
2800,00
2300,00
2300,00
10800,00
35800,00
300,00
200,00
200,00
300,00
100,00
100,00
100,00
100,00
400,00
300,00
300,00
400,00
800,00
600,00
600,00
800,00
Total Sous-Programme 19
10000,00
Formation,
équipements
et
renforcement du personnel de
l’Agence locale d’Impôts afin de
procurer un service de qualité à la
population
100,00
Mise en place d’un nouveau
dispositif de collecte plus efficace
des recettes fiscales au niveau de la
commune
10100,
00
Construction et équipement et mise
en opération d’une annexe de
l’Agence locale d’Impôts dans
chacune des sections communales de
la commune
20200,00
OS19 : Accroitre les ressources financières et renforcer la capacité
d’investissement de la commune
Ville &
sections
Ville &
sections
Ville &
sections
149 | P a g e
Année 5
Localis
ation
3600,00
Année 4
2900,00
Année 3
Année 2
31600,00
2900,00
Année 1
Total Programme 4
86000,00
Projet priorisés et planifiées
Année 5
Année 4
Année 3
Année 2
Programme
Année 1
Tableau 8 : Récapitulatif des investissements par programmes et sous-programmes
67000,00
3800,00
70800,00
57000,00
1800,00
58800,00
57000,00
1800,00
57000,00
58800,00
Total Programme 1
2800,00
Contribuer et parvenir à une
meilleure gestion des risques et
désastres dans la commune
59800,00
OS2
33000,00
Aménager le territoire et
assurer
la
gestion
de
l’environnement
et
des
ressources naturelles
109000,00
OS1
76000,00
Programme 1 : Aménagement du territoire et garantir la gestion de
l’environnement et des risques et désastres
Programme 2 : Dynamiser les secteurs économiques créateurs d’emplois
et de richesse
150 | P a g e
Année 5
41500,00
9600,00
16500,00
117000,00
15000,00
10100,00
2000,00
31500,00
9100,00
1500,00
51500,00
24500,00
118000,00
130000,00
Année 4
1500,00
101200,00
101700,00
Réorganiser le commerce et
augmenter la marge de profit
des commerçants
19000,00
400,00
OS9
5800,00
Encourager le développement
de l’artisanat au niveau de la
commune
7800,00
OS8
1500,00
Améliorer les conditions de
transport et la communication
au niveau de la commune
22000,00
OS7
800,00
Développer
l’hôtellerie,
valoriser er et exploiter le
potentiel touristique de la
Commune
101200,00
Année 3
OS6
5800,00
Parvenir à une meilleure
organisation et à l’amélioration
des activités de pêche
800,00
69000,00
Année 2
OS5
5800,00
Améliorer
la
production
animale et parvenir à la
réorganisation du cheptel dans
la commune
101200,00
19000,00
Année 1
OS4
1500,00
111500,00
Renforcer le développement de
l’agriculture et augmenter la
production agricole
12000,00
OS3
101700,00
Programme
151 | P a g e
Année 5
302800,00
Année 4
158100,00
Année 3
220000,00
Année 1
Année 2
188900,00
Total Programme 2
499200,00
Programme
2000,00
201000,00
56000,00
4000,00
4500,00
46000,00
21000,00
2000,00
7000,00
30200,00
3200,00
Renforcer le système d’énergie
et d’électrification au niveau
de la commune
53500,00
2900,00
OS14
2000,00
Améliorer les infrastructures
urbaines
et
assurer
l’assainissement au sein de la
commune
2900,00
OS13
21000,00
Améliorer l’accès à l’eau
potable et réduire le taux
d’infections et de maladies
liées à l’eau
31000,00
20300,00
OS12
54000,00
Augmenter et améliorer l’offre
de services scolaires au niveau
de toute la commune
4500,00
50500,00
OS11
56000,00
Améliorer l’accès et la qualité
des soins de santé fournis à la
population de la commune
205500,00
OS10
76000,00
203000,00
Programme 3 : Faciliter l’accès aux services sociaux de base au plus
grand nombre
152 | P a g e
Année 5
3000,00
316500,00
200
0,00
Année 4
3500,00
700,
00
113800,00
Année 3
3500,00
130
0,00
Année 2
Année 1
7000,00
105300,00
Total Programme 3
700,
00
Assurer le respect de l’équité
de
genre
dans
le
développement intégral de la
commune
150100,00
OS16
78000,00
Développer et encourager la
pratique des activités sportives,
culturelles et de loisirs
200
0,00
OS15
576000,00
Programme
2300,00
0,00
2800,00
800,00
3600,00
2900,00
0,00
600,00
31600,00
2300,00
800,00
Total Programme 4
600,00
Accroitre
les
ressources
financières et renforcer la
capacité d’investissement de la
commune
2900,00
OS19
0,00
Favoriser l’accès à la justice et
renforcer la sécurité publique
au niveau de la commune
20200,00
20000,00
OS18
10800,00
Réorganiser et améliorer le
cadre de services des structures
administratives de la commune
35800,00
OS17
86000,00
30000,00
Programme 4 : Renforcer la gouvernance et améliorer le cadre et les
services administratifs
153 | P a g e
31600,00
2900,00
2900,00
3600,00
Total
387000,00
333600,00
693700,00
3
Faciliter l’accès aux
services sociaux de
base au plus grand
nombre
Renforcer la gouvernance et
améliorer le cadre et les
services administratifs
430400,00
316500,00
113800,00
105300,00
150100,00
Dynamiser
les
secteurs
économiques
créateurs d’emplois
et de richesse
2
302800,00
158100,00
220000,00
188900,00
499200,00
70800,00
58800,00
58800,00
59800,00
109000,0
0
Année 5
Année 4
Année 3
Année 2
Année 1
Programmes
576000,00
1
le
Aménager
territoire et gérer
l’environnement
et des risques et
désastres
4
86000,00
#
1270200,00
Tableau 9 : Montant global du budget estimatif du PCD de Anse-à-Pitres
154 | P a g e
SECTION IV | PHASE DE MISE
EN ŒUVRE
10.- Stratégie de mise en œuvre du PCD
Pour parvenir à la mise en œuvre du PCD, plusieurs catégories d’acteurs doivent s’y
mettre, notamment : le Comité de développement (CD), le Conseil Municipal (CM), la
société civile organisée, les services déconcentrés de l’Etat, les ONG et institutions
privées. Dans ce cas, il est important de bien définir le rôle et les attributions de chacun
des groupes d’acteurs.
10.1.- RÔLES ET ATTRIBUTION DES ACTEURS DE DÉVELOPPEMENT
De concert avec les autorités locales, et se référant aux prescrits du guide
méthodologique des PCD promulguée par le MPCE, le rôle et les attributions de des
différentes catégories d’acteurs ont été définis afin de mieux orienter ou conditionner leur
fonctionnement quant à la mise en branle du PCD.
a) Rôles et attribution du Comité de développement local (CDL)
Le comité de développement local (CDL) doit s’assurer de la mise en œuvre conforme et
du respect des actions recommandées dans le document du PCD. En d’autres termes sa
mission consiste à :
Porter le document de planification aux différents bailleurs s’intéressant au développement local ;
Faire la promotion du document de planification à travers les médias et réseaux sociaux ;
Exiger les institutions ou organisations intervenant ou intéressées à intervenir dans la commune á
respecter les actions prioriser par la communauté ;
Assurer la mise en œuvre, la gestion et le suivi des activités envisagées par le document de la
planification ;
Garantir l’adéquation des actions de développement mises en œuvre au niveau de la commune
aux aspirations de la planification locale ;
Veiller à la mise en œuvre coordonnée et concordante du document de planification réalisé.
Également, le comité de développement doit s’assurer du suivi-évaluation interne des
projets en suivant de très près et de façon détaillée l’exécution des activités et des
dépenses prévues dans le document définitif. En outre cette structure doit produire les
rapports d’avancement physiques et financiers et des rapports de fin de projet
155 | P a g e
b) Rôles et attribution du Conseil Municipal (CM)
Entant que chef d’orchestre, le conseil municipal doit détenir le lead officiel de la mise en
œuvre du Plan Communal de Développement (PCD) de la commune de Anse à Pitres. Il
a comme prérogative légale de présider le comité de développement et de coordonner ses
actions. Au-delà de son rôle de leader et de donneur d’ordre, il détient les mêmes
attributions que le CD (cf. Rôles et attribution du Comité de développement).
En outre, tel que cela est prévue par la constitution, il est le responsable principal de
toutes actions relatives à la bonne mise en œuvre du PCD. Il a donc pour rôle d’assurer la
coordination des initiatives de suivi-évaluation relatives au PCD et engagées par le
comité de développement (CD) et tout autre acteur impliqué dans cette démarche
c) Rôles et attribution de la société civile organisée
Les organisations de la société civile doivent faire office d’une force de pression en
s’assurant que les acteurs opérationnels, à travers leurs domaines d’intervention
respectifs, s’alignent aux prescrits du Plan Communal de Développement (PCD). Elles
représentent les vigies de la mise en œuvre et de la matérialisation du PCD.
Les organisations de la société civile ont aussi pour attributions d’attirer l’attention de
population (bénéficiaire) sur l’importance de suivre les réalisations. Elles collectent des
données de base et font des prestations de services sur demande, collectent et analysent
des données pointues.
d) Rôles et attribution des services déconcentrés de l’État
Les services déconcentrés de l’Etat doivent servir de pont ou de relais entre les différents
ministères sectoriels et la commune comme étant la collectivité de base du
développement local en Haïti, selon la constitution de 1987. Ils doivent accompagner la
population en général et les organisations de la société civile en particulier, parallèlement
dans la recherche des fonds dédiés au financement et dans l’exécution des actions du
PCD.
e) Rôles et attribution des ONG et Institutions privées
Au même titre que les services déconcentrés de l’Etat, les ONG et Institutions privées ont
pour rôle de matérialiser de manière concordante les actions prévues et priorisées par le
PCD en vigueur.
156 | P a g e
10.2.- PLAN DE COMMUNICATION
10.2.1.-ANALYSE DU CONTEXTE DE LA COMMUNICATION
La communication est devenue de plus en plus facile mais les informations communiquées
peuvent plus facilement se noyer dans l’océan d’informations qui se diffusent en continue
aujourd’hui. La commune de Anse-à-Pitre n’échappe pas à cette situation mondiale. Les moyens
de communication sont très diversifiés et sont, pour la plupart spécifique à un groupe donné. La
Mairie de Anse-à-Pitre et le Comité de Pilotage devront choisir des canaux de communication
qui sont les plus à même de faire de l’impact. Pour ce faire, la Mairie dispose des espaces publics
(bibliothèque, marchés, routes et places publics, …), des radios (dont deux émettent depuis la
commune), des réseaux sociaux (qui sont de plus en plus fréquentés), des institutions sociales
(écoles, centre de santé, lieux de culte, ...). Si une campagne de communication utilise tous ses
moyens, elle est sûre de pouvoir la population dans toutes ses composantes (genre, âge, …)
10.2.2.-IDENTIFICATION DES GROUPES CIBLES
Tous les groupes de la population de Anse-à-Pitre sont concernés par la campagne de
sensibilisation autour du PCD. Mais, le message ne sera pas le même pour chacun d’eux et ceci
pour deux raisons : Ils n’ont pas la même sensibilité aux mêmes types de communication, ils
n’ont pas les mêmes champs d’intérêts. La population Anse-à-Pitre peut être déclinée en fonction
du genre, de l’âge, de la principale activité économique, de la croyance religieuse, du lieu
d’habitation, de l’origine, …
10.2.3.-DÉFINITION DU BUT ET DES OBJECTIFS DE LA COMMUNICATION
Le comité de Pilotage et la Mairie définiront les buts et objectifs de l’acte de communication en
fonction des objectifs poursuivis par chaque programme ou projet à mettre en œuvre. Chaque
campagne de communication tiendra compte à la fois de ces objectifs et des groupes concernés
afin d’être le plus spécifique de manière à toucher efficacement le ou les groupes cibles.
10.2.4.-DÉTERMINATION DES APPROCHES DE COMMUNICATION LES PLUS
APPROPRIÉES
Les approches de communication à utiliser varieront avec le groupe cible et les responsables de
communication prendront en compte le fait que le contenu et la forme de la communication
devra s’adapter à chaque fois. La meilleure approche étant celle qui permet d’obtenir la meilleure
réponse d’un groupe cible donné, il est important que le message soit diversifié pour atteindre la
maximum de groupe même si le budget de communication devra suivre.
10.2.5.-ELABORATION DES OUTILS, MESSAGES CLÉS ET SUPPORTS APPROPRIÉS
L’équipe de communication déterminera au cas par cas, les outils, le message et les supports
appropriés à un acte de communication, étant donné le groupe ciblé.
10.2.6.-PLANIFICATION DE LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN DE COMMUNICATION
Le plan de communication sera défini une fois le plan validé et il s’étendra sur tout le
quinquennat. Une équipe de communication sera nommée par la Mairie sur recommandation du
Comité de Pilotage et c’est elle qui définit la politique et le plan de communication en vue de
157 | P a g e
mobiliser le plus d’acteurs possibles, à la fois au niveau local, national et international, autour du
PCD et de la nécessité de s’impliquer dans le développement de cette commune à forte
potentialité.
A côté de l’équipe de communication, d’autres acteurs seront invités à contribuer à l’effort de
communication. Il s’agira, entre autres, de :
De responsables sectoriels au niveau de la commune, c’est-à-dire les représentations des
différents Ministères, de la police, … ;
De parlementaires qui ont une forte capacité de plaidoirie notamment pour la mobilisation de
ressources budgétaires capables de booster l’effort de développement ;
Des membres de la diaspora qui ont la capacité d’influencer leurs compatriotes et de les porter à
s’investir dans le développement de leur commune.
10.3.- MÉCANISME DE SUIVI ÉVALUATION DU PCD
10.3.1.- MÉCANISME DE SUIVI DU PCD
Le conseil de Développement Communal sera l’organe responsable du suivi du PCD. Il assure
que les échéances d’exécution des activités soient respectées et que les responsables remplissent
leurs fonctions. Le Conseil Municipal en qualité de président du Comité de Développement
Local (CDL) s’assurera que ce dernier fonctionne comme prévu : rencontres périodiques,
participation des membres aux différentes rencontres, diffusion de l’information. Une fiche de
suivi des actions doit être élaborée par le CDL afin de s’assurer de la mise en œuvre du PCD et
de sa cohérence. Le CDL garantit la continuité du processus après les joutes électorales et
l’arrivée des nouveaux élus.
10.3.2.- MÉCANISME D’ÉVALUATION DU PCD
L’évaluation du PCD doit se faire régulièrement (chaque année) afin de détenir le contrôle de la
dynamique de mise en œuvre des actions planifiées. Cela dit le CDL doit se réunir avec les
partenaires en vue de regarder l’état d’avancement de la mise en œuvre du PCD, en se référant au
plan d’investissement quinquennal et au tableau synoptique des projets. Le CDL a pour tâche de
formuler des recommandations afin de corriger les écarts enregistrés et d’ajuster la planification
pour la prochaine année. L’aspect de la répartition des projets par zone et par entité géographique
sera un indicateur d’évaluation. La planification de l’année suivante à l’évaluation est censée
tenir compte de toutes les recommandations proférées par le CDL. Les résultats des évaluations
et bilans du PCD doivent être diffusés à la population au moyen des médias et à tous les
partenaires et partie prenantes du développement de la commune.
10.3.3.- IMPLICATION DES ACTEURS LOCAUX DANS LE MÉCANISME DE SUIVI ÉVALUATION
Antérieurement, chaque acteur et chaque organisation ont leurs propres stratégies d’intervention
et ont l’habitude d’agir indépendamment des autres et des vœux et besoins réels de la population
locale. Maintenant avec le PCD, le conseil municipal trouve enfin une opportunité de donner une
cohérence à ses actions. Il doit s’assurer que toutes les institutions qui exécutent un projet sur le
territoire soient au courant du PCD et doivent réviser leurs stratégies d’interventions pour les
adapter aux nouvelles préoccupations dégagées par le PCD. En fait, chaque acteur peut mobiliser
158 | P a g e
et gérer ses ressources à l’interne, mais doit réaliser des projets en lien avec ceux inscrits dans le
PCD. De façon plus détaillée, les rôles des acteurs se résument de la manière suivante :
a) Comité de développement (CDL)
Le comité de développement local doit s’assurer du suivi-évaluation interne des projets
en suivant de très près et de façon détaillée l’exécution des activités et des dépenses
prévues dans le document définitif. En outre cette structure doit produire les rapports
d’avancement physiques et financiers et des rapports de fin de projet
b) Conseil Municipal (CM)
Le Conseil Municipal, par sa fonction de chef d’orchestre dans le processus, tel que cela
est prévue par la constitution, est le responsable principal de toutes actions relatives à la
bonne mise en œuvre du PCD. Il a donc pour rôle d’assurer la coordination des initiatives
de suivi-évaluation relatives au PCD et engagées par le comité de développement local
(CDL) et tout autre acteur impliqué dans cette démarche.
c) La société civile
Les organisations de la société civile ont pour attributions d’attirer l’attention de population
(bénéficiaire) sur l’importance de suivre les réalisations. Elles collectent des données de base et
font des prestations de services sur demande, collectent et analysent des données pointues.
10.4.- MÉCANISME DE FINANCEMENT DU PCD
Pour le financement du PCD de Anse à Pitre, plusieurs pistes sont envisagées et
exploitables. Les principales sources en vue sont les suivantes :
10.4.1.- EXPLOITATION DES RESSOURCES PUBLIQUES (BUDGET NATIONAL)
Dans le budget de la république, il est prévu un montant annuel réservé à chaque mairie du pays
dans le cadre de leur budget d’investissement ; ces budgets sont souvent passibles et soumis à un
ajustement annuel. En plus de ce montant, des démarches doivent être entreprises auprès des
différents ministères en vue de rechercher des financements additionnels pour les différents
projets inscrits dans le PCD.
10.4.2.- UTILISATION DES RESSOURCES FISCALES DE LA COMMUNE
Les ressources financières provenant des recettes fiscales au niveau locale doivent être utilisées
au profit de la mise en œuvre du PCD afin de se disposer d’un dispositif financier local et
autonome. De ce fait, l’administration communale doit mettre en branle un plan rationnel de
relance de la fiscalité locale, en passant bien entendu par une campagne de sensibilisation à
l’égard de la population locale.
10.4.3.- MISE EN PLACE DES PARTENARIATS DE FINANCEMENT
Il existe également des ressources financières destinées au développement des pays en
développement comme Haïti. Ces fonds peuvent provenir des bailleurs de fonds internationaux,
du secteur privé, de la diaspora, des dons, des investisseurs privés locaux et étrangers. Pour avoir
accès à ces ressources, l’administration communale vise à entreprendre des démarches de
lobbying avec le PCD en prouvant la viabilité et la sécurité des investissements. Elle doit
159 | P a g e
montrer que la commune veut emprunter la route d’un développement réel avec la participation
des acteurs clés et donner une image positive et dynamique de la collectivité au profit de la
population.
10.4.4.- LES OPÉRATIONS DE PRÊTS
La loi donne mandat aux collectivités territoriales le droit d’accès aux prêts dans les institutions
publiques ou privés à conditions de que la collectivité soit en mesure de rembourser. Cela peut se
faire dans le cadre des activités rentables mais la mairie devra cependant être particulièrement
vigilante dans la prévision budgétaire du remboursement et dans la mise en place des mesures
nécessaires à cette dynamique.
160 | P a g e
10.4.5.- PLAN D’INVESTISEMENT QUINQUENAL
Programme 1
EN MILLIER DE GOURDES
ENVIRONNEMENT
Année 1
Conception et application de plans d’aménagement pour le centre urbain et les
micro-bassins versant dont les étendus chevauchent la commune
Mise en place des politiques de gestion et de protection de l’environnement &
Mise en place et exécution d’un programme éducation, formationsensibilisation en gestion de l’environnement
Mise en place des pépinières communautaires au niveau du centre-ville, des
quartiers et des sections communales aux fin du reboisement et de la
reforestation des espaces dégradés
Etablissement et entretien des structures de protection et de conservation &
Exécution d’un programme de végétalisation du milieu
Construction d’au moins une trentaine de retenus et de lacs collinaires au
niveau des bassins versants les plus dégradés de la commune
Sous-Total Programme 1
Programme 2
Établissement d’un plan de gestion efficace des risques de catastrophes au
niveau de la commune incluant les deux sections communale
Mise en place d’un système d’alerte précoce permettant de prévenir la
population en cas de catastrophes et de danger éventuel
Construction, équipement et aménagement d’espaces d’accueil destinée à loger
les sinistré(e)s dans les cas de catastrophes majeures
Sous-Total Programme 2
Programme
Sous-Total Programme 1
Sous-Total Programme 2
Total Programmes (ENVIRONNEMENT
Année 2
Année 3
Année 4
Année 5
4000.00
0.00
0.00
0.00
4000.00
6000.00
2000.00
2000.00
2000.00
6000.00
8000.00
4000.00
4000.00
4000.00
4000.00
10000.00
3000.00
3000.00
3000.00
5000.00
48000.00
48000.00
48000.00
48000.00
48000.00
76000.00
Année 1
57000.00
Année 2
57000.00
Année 3
57000.00
Année 4
67000.00
Année 5
2000.00
0.00
0.00
0.00
2000.00
1000.00
800.00
800.00
800.00
1000.00
30000.00
2000.00
1000.00
1000.00
800.00
33000.00
Année 1
76000.00
33000.00
109000.00
2800.00
Année 2
57000.00
2800.00
59800.00
1800.00
Année 3
57000.00
1800.00
58800.00
1800.00
Année 4
57000.00
1800.00
58800.00
3800.00
Année 5
67000.00
3800.00
70800.00
161 | P a g e
ECONOMIE
Programme 3
Irrigation d’au moins 60 % des espaces cultivés et cultivables au niveau
des deux sections en renforçant le système en place
Formation et encadrement des cultivateurs sur les meilleures techniques
de fertilisation des sols et de production agricole
Acquisition et distribution systématique des outils et équipements
agricoles et construction des boutiques d’intrants agricoles bien
approvisionnées
Engagement des démarches pour la mise en place d’une représentation
de la banque de crédit agricoles (BCA)
Sous total Programme 3
Programme 4
Réalisation des campagnes sanitaires et formation des éleveurs sur les
techniques modernes d’élevage
Introduire de nouvelles races d’animaux productifs et mieux adaptées
aux conditions climatiques actuelles
Subvention des activités de l’élevage et encadrement technique des
éleveurs
Sous total Programme 4
Programme 5
Mise en place et application de politique réglementaire sur la pêche &
Mise en place d’un organe régulateur dédiée à la pêche
Formation des pêcheurs en techniques innovantes et adaptées de pêche
Achat et distribution de matériels de pêche adaptés & Mise en place d’un
système de crédit-matériels de pêche
Acquisition et distribution des dispositifs de stockage et de
conditionnement
Sous total Programme 5
Programme 6
Aménagement, promotion et exploitation adéquate des sites touristiques
Année 1
Année 2
Année 3
Année 4
Année 5
50000.00
10000.00
10000.00
10000.00
10000.00
1500.00
1000.00
1000.00
1000.00
1500.00
60000.00
8000.00
8000.00
8000.00
10000.00
0.00
0.00
50000.00
0.00
20000.00
111500.00
Année 1
19000.00
Année 2
69000.00
Année 3
19000.00
Année 4
41500.00
Année 5
5000.00
2000.00
2000.00
2000.00
3000.00
5000.00
3000.00
3000.00
3000.00
5000.00
2000.00
800.00
800.00
800.00
1600.00
12000.00
Année 1
5800.00
Année 2
5800.00
Année 3
5800.00
Année 4
9600.00
Année 5
1500.00
0.00
0.00
0.00
1500.00
1000.00
600.00
600.00
600.00
1000.00
15000.00
6500.00
6500.00
5200.00
10000.00
7000.00
2000.00
3000.00
2000.00
4000.00
24500.00
Année 1
10000.00
9100.00
Année 2
1500.00
10100.00
Année 3
2000.00
7800.00
Année 4
1500.00
16500.00
Année 5
10000.00
162 | P a g e
Construction et réparation des tronçons de routes reliant la commune
vers les sites touristiques
Construction et promotion d’au moins deux hôtels de standard
international afin d’accueillir les touristes au voisinage du centre-ville
Sous total Programme 6
Programme 7
Réhabilitation des tronçons de routes : Anse-à-Pitres – Thiotte ; Anse-àPitres – Grand-Gosier (Jacmel) et amélioration des points les plus
critiques
Acquisition et subvention des véhicules de transport maritime & Mise en
place d’un syndicat de transport maritime
Construction de nouvelles stations de radio & Amélioration du flux, du
signal et de la puissance des dispositifs en place
Sous total Programme 7
Programme 8
Amélioration de la pratique et promotion de l’artisanat & Initiatives
d’appui à la commercialisation des produits artisanaux
Sous total Programme 8
Programme 9
Amélioration des taux et des conditions de crédit & Action de plaidoyer
auprès des institutions financières
Conception et organisation d’un programme de formation l’intention des
petits commerçants
Campagne de construction et d’amélioration d’environ quatre tronçons
routières au niveau de la région
Sous total Programme 9
Total Programmes (ECONOMIE)
8000.00
0.00
0.00
0.00
7000.00
100000.00
0.00
0.00
0.00
100000.00
118000.00
Année 1
1500.00
Année 2
2000.00
Année 3
1500.00
Année 4
117000.00
Année 5
100000.00
50000.00
30000.00
20000.00
0.00
20000.00
0.00
0.00
0.00
5000.00
10000.00
1500.00
1500.00
2000.00
10000.00
130000.00
Année 1
51500.00
Année 2
31500.00
Année 3
22000.00
Année 4
15000.00
Année 5
1500.00
800.00
400.00
800.00
1500.00
1500.00
Année 1
800.00
Année 2
400.00
Année 3
800.00
Année 4
1500.00
Année 5
200.00
200.00
200.00
200.00
200.00
1500.00
1000.00
1000.00
1000.00
1500.00
100000.00
100000.00
100000.00
100000.00
100000.00
101700.00
499200.00
101200.00
188900.00
101200.00
220000.00
101200.00
158100.00
101700.00
302800.00
Année 1
Année 2
Année 3
Année 4
Année 5
40000.00
12500.00
4000.00
6000.00
40000.00
SOCIAL
Programme 10
Réhabilitation, équipement et aménagement des centres de santé
existant & Construction de centre de santé dans les localités à
163 | P a g e
agglomération importantes
Renforcement des capacités et augmentation du nombre du personnel de
santé & Amélioration et ajustement des conditions de travail du
personnel de santé
Sous total Programme 10
Programme 11
Construction et équipement d’un lycée de normes au niveau du centreville et de nouvelles écoles nationales au sein des agglomérations
importantes de la commune
Réhabilitation, équipement et aménagement des écoles nationales déjà
existantes & Requête et distribution de kits scolaires
Construction, équipement et mise en fonction d’une école
professionnelle au niveau du centre-ville et des sections communales
Plaidoyer continu pour la nomination des enseignants engagés et le
recrutement de nouveaux cadres qualifiés & Lancement d’une démarche
pour la mise en place d’un programme d’enseignement standard pour la
commune
Sous total Programme 11
Programme 12
Renforcement, entretien et réhabilitation du Système d’adduction d’eau
potable (SEAP) du centre -ville
Construction, réhabilitation et protection d’environ une dizaine de
captages pour l’approvisionnement en eau du centre-ville, des sections
communales et des localités importantes de la commune
Sous total Programme 12
Programme 13
Assainissement, drainage et bétonnage d’au moins 60 % des rues au
niveau du centre-ville et des zones avoisinantes
Mise en place des sites de décharges et de traitement des ordures au
niveau du centre-ville et des deux sections communales
Sous total Programme 13
Programme 14
3000.00
500.00
300.00
200.00
1000.00
43000.00
Année 1
13000.00
Année 2
4300.00
Année 3
6200.00
Année 4
41000.00
Année 5
20000.00
25000.00
25000.00
15000.00
15000.00
4000.00
3000.00
1500.00
1500.00
4000.00
30000.00
2000.00
1500.00
1000.00
500.00
1500.00
1000.00
1000.00
1000.00
1500.00
55500.00
Année 1
31000.00
Année 2
29000.00
Année 3
18500.00
Année 4
21000.00
Année 5
5000.00
0.00
0.00
0.00
2000.00
2000.00
2000.00
2000.00
2000.00
2000.00
7000.00
Année 1
2000.00
Année 2
2000.00
Année 3
2000.00
Année 4
4000.00
Année 5
2500.00
1500.00
2000.00
1500.00
2500.00
2000.00
1400.00
1200.00
1400.00
2000.00
4500.00
Année 1
2900.00
Année 2
3200.00
Année 3
2900.00
Année 4
4500.00
Année 5
164 | P a g e
Renforcement, équipement, réhabilitation et extension du système
15000.00
d’énergie et d’électrification au niveau de la commune
Extension des lignes et du réseau électrique vers les sections
15000.00
communales et des quartiers importants de la commune
Instauration d’une centrale électrique solaire innovante et
convenablement conçue pour réduire la dépendance du système des
30000.00
énergies fossiles (carburants)
Etablissement et promotion des forêts énergétiques au niveau de la
commune afin de réduire la pression sur les forêts et les peuplements de
1000.00
mangrove comme sources principales d’énergie pour les ménages et les
industries (boulangerie /blanchisserie)
Sous total Programme 14
61000.00
Programme 15
Année 1
Construction d’un centre culturel, d’épanouissement et de loisirs bien
équipé afin de permettre aux jeunes de mieux se divertir au niveau de la
10000.00
commune
Construction d’un parc de jeu et d’un terrain de sports et formation de
20000.00
moniteurs sportifs pour accompagner les jeunes
Construction et ornement d’une place publique au niveau du centre-ville
8000.00
pour la recréation et l’amusement de la population
Sous total Programme 15
38000.00
Programme 16
Année 1
Plaidoyer et défense pour l’intégration et le respect de l’équité de genre
750.00
dans tous les secteurs d’activités de la commune
Obtention d’un quota d’au moins 40 % de femme au niveau des emplois
et dans la planification, la mise en œuvre et le suivi des actions de
150.00
développement portant sur la commune
Sous total Programme 16
900.00
Total Programmes (SOCIAL)
209900.00
GOUVERNANCE
Programme 17
Année 1
Construction et équipement d’un complexe administratif destiner à
30000.00
7500.00
5000.00
7500.00
15000.00
5000.00
10000.00
5000.00
15000.00
10000.00
0.00
0.00
0.00
1000.00
1000.00
1000.00
1000.00
23500.00
Année 2
16000.00
Année 3
13500.00
Année 4
31000.00
Année 5
2000.00
1000.00
1000.00
1000.00
1500.00
1250.00
1250.00
1000.00
2000.00
0.00
0.00
0.00
5500.00
Année 2
2250.00
Année 3
2250.00
Année 4
2000.00
Année 5
250.00
500.00
250.00
750.00
200.00
200.00
200.00
100.00
450.00
78350.00
700.00
57450.00
450.00
45800.00
850.00
104350.00
Année 2
20000.00
Année 3
0.00
Année 4
0.00
Année 5
0.00
165 | P a g e
l’hébergement des différentes structures de l’administration publique au
niveau du centre-ville (Tribunal, office d’état civil, Agence locale
d’Impôts)
Sous total Programme 17
Programme 18
Construction et équipement d’un tribunal de paix dans chacune des
sections et des agglomérations importantes de la commune
Construction et équipement d’un poste de police dans chacune des
sections et des agglomérations importantes de la commune
Formation en permanence des cadres de la police et de la justice,
renforcement de l’équipement et de l’effectifs du personnel judiciaire et
des policiers
Sous total Programme 18
Programme 19
Construction et équipement et mise en opération d’une annexe de
l’Agence locale d’Impôts dans chacune des sections communales de la
commune
Mise en place d’un nouveau dispositif de collecte plus efficace des
recettes fiscales au niveau de la commune
Formation, équipements et renforcement du personnel de l’Agence
locale d’Impôts afin de procurer un service de qualité à la population
Sous total Programme 19
Total Programme (GOUVERNANCE)
Total
30000.00
Année 1
20000.00
Année 2
0.00
Année 3
0.00
Année 4
0.00
Année 5
15000.00
5000.00
0.00
0.00
0.00
7000.00
2000.00
600.00
600.00
700.00
800.00
800.00
800.00
800.00
800.00
22800.00
Année 1
7800.00
Année 2
1400.00
Année 3
1400.00
Année 4
1500.00
Année 5
10000.00
300.00
200.00
200.00
300.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
100.00
10200.00
63000.00
500.00
28300.00
400.00
1800.00
400.00
1800.00
500.00
2000.00
2,318,950.00
166 | P a g e
Conclusion
Grâce à l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) en étroite
collaboration avec le Ministère de la Planification et des Coopérations Externes (MPCE), la
Municipalité de Anse-à-Pitres dispose finalement d’un Plan Communal de Développement
(PCD). Cet exercice de planification locale est l’œuvre confirmée de la population locale, à
travers ses autorités locales, les représentants des institutions et des organisations de la société
civile locale, qui a su s’impliquer activement dans la démarche, depuis la phase préparatoire, en
passant par la réalisation du diagnostic communal, la programmation des actions, jusqu’à la
validation des solutions proposées.
Cet outil représente non seulement une monographie des ressources, problèmes, potentialités et
besoins de la commune, mais aussi une piste de revalorisation des ressources humaines, des
organisations locales, des patrimoines (naturels, culturels et historiques) et du capital social de
cette collectivité.
En effet, cet exercice a montré qu’en dépit de ses différentes contraintes relatives à
l’environnement physique, au capital humain, au système de production, et au niveau
d’organisation, la commune Anse-à-Pitres dispose d’un fort potentiel de développement local
basée sur un ensemble d’atouts et de potentialités. Ces derniers sont enregistrés tant au niveau
des secteurs économiques et environnementales qu’au niveau des services sociaux de base et de
la gouvernance locale.
Finalement, un total de quatre (4) programmes basés sur les axes stratégiques du PSDH et en lien
avec les Objectifs de Développement Durable (ODD), et 19 sous-programmes ont été identifiés
et budgétisées. Le montant total du financement de ce PCD est estimé à trois milliards cent
quatorze millions neuf cent mille et 00/100 (3 114 900 000,00) gourdes.
Il revient maintenant à la population et la société civile organisée en général et aux élus locaux et
autorités locales en particulier de mettre en branle toutes les mesures et tous les dispositifs
nécessaires afin de transformer ce rêve de développement en une réalité palpable.
167 | P a g e