(2026) Ayiti: Plan Ijans ak Rezilyans 2026-2028
Rezime — Dokiman sa a prezante plan ijans ak rezilyans Òganizasyon Nasyonzini pou Alimantasyon ak Agrikilti (FAO) pou Ayiti soti 2026 rive 2028. Plan an vize adrese kriz imanitè ak sekirite ijan an Ayiti, kote yon pati enpòtan nan popilasyon an ap fè fas ak gwo ensekirite alimantè ak deplasman. Li konsantre sou ranfòse sektè agrikòl la pou amelyore sekirite alimantè ak rezilyans nan mitan kominote riral yo.
Dekouve Enpotan
- 51% popilasyon Ayiti a ap fè fas ak gwo ensekirite alimantè.
- Deplasman entèn yo ogmante rapidman, rive nan 1.4 milyon moun.
- Plan an vize restore potansyèl estratejik sektè agroalimantè a.
- Plan an ankouraje aksyon vital ak imedya atravè amelyorasyon pwodiksyon alimantè ijans.
- Plan an mande 107.9 milyon USD pou rive jwenn 172,000 fanmi.
Deskripsyon Konple
Plan ijans ak rezilyans FAO pou Ayiti (2026-2028) adrese gwo sitiyasyon imanitè ak sekirite peyi a, ki karakterize pa ensekirite alimantè toupatou ak deplasman entèn. Plan an vize bay yon repons entegre ki depase asistans ijans, konsantre sou ranfòse sektè agrikòl la kòm yon motè kle pou estabilite, rezilyans kominotè, ak rekiperasyon ekonomik. Li ankouraje aksyon imedya pou amelyore pwodiksyon alimantè ijans epi li sipòte inisyativ pliryèl ki ofri altènativ a depandans sou èd imanitè. Plan an vize tou pou amelyore kapasite fanmi yo, kominote riral yo, ti biznis yo, ak aktè chèn valè agroalimantè yo pou yo pi byen prepare pou chòk klimatik ak sekirite, pandan y ap anpeche risk pwoteksyon ki gen rapò ak ensekirite alimantè.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Haïti
Plan d’urgence et de résilience
2026-2028
Haïti
Plan d’urgence et de résilience
2026-2028
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Rome, 2026
Citer comme suit:
FAO. 2026. Haïti: Plan d’urgence et de résilience, 2026-2028. Rome.
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Photo de couverture: © FAO
iii
Table des matières
Résumé ....................................................................................................................................... v
1.Contexte, défis et solutions................................................................................................ 1
1.1Le rôle de la FAO en Haïti ................................................................................................... 1
1.2Défis.................................................................................................................................... 2
2.Théorie du changement ..................................................................................................... 9
3.Plan d’action et résultats attendus ................................................................................... 10
3.1Cadre des résultats ...........................................................................................................10
3.2Risques et mesures de mitigation.....................................................................................19
3.3Suivi, évaluation, apprentissage et redevabilité ...............................................................19
4.Ressources requises ......................................................................................................... 21
5.Principes directeurs ......................................................................................................... 22
5.1Le personnes au centre ....................................................................................................22
5.2Conformité et gestion des risques ....................................................................................22
5.3Partenariats et localisation ...............................................................................................23
Références bibliographiques .................................................................................................... 25
iv
© FAO
v
Résumé
La situation humanitaire et sécuritaire en Haïti atteint un niveau de gravité sans précédent,
avec 51 pour cent de la population – soit environ 5,7 millions de personnes – en insécurité
alimentaire aiguë (Phase 3 ou plus du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire
[IPC]), par rapport à 4 millions en 2021 et 4,9 millions en 2023
1
. Le nombre de personnes
déplacées internes (PDI) a également rapidement augmenté – de 100 pour cent en un an –
avec 1,4 million de PDI
2
. En outre, Haïti fait face à une augmentation marquée des personnes
rapatriées de force depuis les principaux pays de destination migratoire.
Le présent Plan d’urgence et de résilience de l’Organisation des Nations Unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) se fonde sur une analyse approfondie des dynamiques de
cette crise, afin de proposer une réponse intégrée allant au-delà de l’assistance d’urgence.
Forte de son ancrage de longue date en Haïti, de sa coordination étroite avec le
Gouvernement d’Haïti et les acteurs locaux, ainsi que de son expertise à l’interface entre
réponse humanitaire et développement rural, la FAO inscrit son action dans le cadre du nexus
action humanitaire-développement-paix, en établissant des passerelles entre l’assistance
immédiate, le relèvement précoce et les interventions structurelles pour renforcer
durablement la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales.
L’objectif est de répondre aux besoins immédiats des populations les plus vulnérables, tout en
restaurant le potentiel stratégique du secteur agroalimentaire. En redonnant à l’agriculture sa
capacité de produire, de nourrir et d’employer, le Plan positionne le secteur agroalimentaire
comme un levier central de la stabilité, de la résilience des communautés et de la relance
économique.
Ce Plan promeut la mise en œuvre d’actions vitales et immédiates grâce à l’amélioration de la
production alimentaire d’urgence et au soutien aux initiatives pluriannuelles qui offrent des
alternatives à la dépendance à l’aide humanitaire. L’action de la FAO renforcera les capacités
des ménages, communautés rurales, petites entreprises et acteurs des filières
agroalimentaires, afin qu’ils soient mieux préparés face aux chocs climatiques, sécuritaires et
aux maladies animales, tout en contribuant à prévenir les risques de protection liés à
l’insécurité alimentaire – notamment les violences générées par les disparités entre sexes, le
recrutement par les gangs et les déplacements forcés.
Cela se traduit par un programme holistique et pluriannuel – de 2026 à 2028 – articulé autour
de trois composantes liées (i) à l’agriculture d’urgence, (ii) au renforcement de la résilience et
(iii)à la coordination, aux analyses et aux données probantes. Dans le cadre de ces trois
composantes, sept interventions complémentaires et synergiques seront menées pendant les
trois ans, en mettant en œuvre des initiatives axées sur les personnes vulnérables – y compris
les jeunes et les femmes affectées par la violence – et le manque d’emploi, ainsi que sur le
renforcement de la résilience des petits producteurs et de leurs capacités d’adaptation aux
vi
aléas climatiques. La FAO mènera ces actions en étroite collaboration avec les partenaires
étatiques et non-étatiques dans une logique de complémentarité.
La réussite du Plan dépend d’un financement soutenu de 107,9 millions d’USD pour atteindre
172 000 ménages (860 000 personnes).
Tableau 1. Financement requis et ménages cibles par composante et par année
Composantes Ménages cibles
Fonds requis (USD) Total fonds
requis par
composante
(USD)
2026 2027 2028
Agriculture
d’urgence
102 000 42 400 000 – – 42 400 000
Résilience 70 000 21 000 000 20 000 000 20 000 000 61 000 000
Données,
analyses et
coordination
– 1 500 000 1 500 000 1 500 000 4 500 000
Total 107 900 000
Source: Auteurs du présent document.
1
1.Contexte, défis et solutions
1.1 Le rôle de la FAO en Haïti
En Haïti, l’agriculture représente historiquement le socle des moyens de subsistance en milieu
rural et une clé pour renforcer la résilience de la population. Cependant, le secteur a connu
un déclin progressif, en raison du faible niveau d’investissement dans les terroirs ruraux et les
filières stratégiques, limitant ainsi sa contribution à l’économie nationale. Sur les neuf zones
classées en Phase 4 de l’IPC en 2025, sept sont principalement rurales et environ 75 pour
cent des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire vivent en zone rurale et
dépendent de l’agriculture pour assurer leur subsistance
1
. Même en contexte de crise, les
petits exploitants agricoles, éleveurs et pêcheurs jouent un rôle essentiel dans
l’approvisionnement alimentaire de leurs communautés.
Dans ce contexte, la FAO joue un rôle central en soutenant la relance des activités agricoles.
Loin de se limiter à une réponse humanitaire immédiate, la FAO adopte une approche
intégrée, combinant l’assistance d’urgence avec des initiatives plus structurelles visant à
préserver et à renforcer les capacités de production et de subsistance des ménages agricoles.
Ces efforts s’inscrivent dans une perspective de court, moyen et long terme, en appuyant le
relèvement rural, le renforcement des systèmes agroalimentaires et la création
d’opportunités économiques locales. Cette approche permet de réduire la dépendance à
l’aide humanitaire et d’ouvrir la voie à des solutions structurelles de résilience, de stabilité et
de développement durable.
Grâce à sa présence depuis 1978 en Haïti et à son expertise dans les systèmes
agroalimentaires, la FAO travaille en étroite coordination avec le Gouvernement d’Haïti, les
services départementaux, les acteurs humanitaires et de développement, au sein de l’équipe
humanitaire pays, du Secteur de la sécurité alimentaire et d’autres mécanismes interagences.
Avec quatre sous-bureaux et une présence opérationnelle dans plusieurs communes,
l’Organisation a démontré sa capacité à intervenir efficacement, y compris dans des zones
reculées et difficilement accessibles.
Le Plan d’urgence et de résilience s’inscrit dans une approche nexus action humanitaire-
développement-paix, en établissant des passerelles entre la réponse immédiate, le
relèvement précoce et les interventions structurelles. En contribuant à la redynamisation du
secteur agricole et à la valorisation de la paysannerie, ce Plan participe au développement
inclusif, à la consolidation d’une paix durable, ainsi qu’au renforcement des bases d’une
souveraineté alimentaire pérenne.
2
1.2 Défis
Crise humanitaire alarmante
L’aggravation préoccupante de l’insécurité alimentaire observée ces dernières années s’inscrit
dans un contexte de détérioration généralisée de la situation nationale depuis 2021.
Cette période est marquée par une dégradation profonde de l’environnement sécuritaire, en
particulier dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où des groupes armés exercent
désormais un contrôle étendu sur de vastes portions du territoire urbain.
Malgré l’établissement, en avril 2024, d’un Conseil présidentiel de transition chargé de
conduire le pays vers de nouvelles élections, ainsi que le déploiement d’une mission
multinationale de soutien à la sécurité, l’emprise de ces groupes continue de s’étendre,
notamment dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre. Les affrontements
armés, les violences sexuelles, les enlèvements et les rivalités territoriales se multiplient,
accentuant la vulnérabilité des populations.
Cette dynamique de violence a entraîné le déplacement interne de plus de 1,4 million de
personnes
2
, exacerbant les besoins humanitaires et fragilisant davantage les moyens
d’existence. L’ensemble de ces facteurs illustre l’interaction complexe entre insécurité
alimentaire, crise de gouvernance, marginalisation économique et violences, alimentant une
instabilité structurelle persistante. De plus, l’insécurité alimentaire, à la fois symptôme et
moteur de violations des droits fondamentaux, accroît la vulnérabilité des populations face
aux risques de protection, tels que les violences basées sur le genre, le recrutement par des
gangs armés et les déplacements forcés, illustrant le lien direct entre privation alimentaire et
atteintes aux droits humains.
L’aggravation des difficultés d’accès à l’alimentation renforce un profond mécontentement
social associé au phénomène de lavichè (la vie chère)
3
, désormais perçu comme un symbole
d’injustice économique et sociale. Bien qu’elle ne constitue pas le seul facteur déclencheur,
la détérioration progressive de la sécurité alimentaire, au cours des dernières décennies, a
contribué à l’émergence de mouvements de contestation ayant généré d’importantes
répercussions politiques et économiques.
Rapide détérioration de la sécurité alimentaire
Depuis le lancement de l’analyse de l’IPC en Haïti en 2013, l’insécurité alimentaire aiguë s’est
continuellement aggravée. La proportion de la population en situation de crise ou pire est
passée de 2 pour cent en 2017
4
à la moitié de la population, soit 50 pour cent, en 2024
5
,
témoignant d’une détérioration profonde et rapide en l’espace d’une décennie. La dernière
analyse de l’IPC de septembre 2025 illustre à nouveau une augmentation de la prévalence de
l’insécurité alimentaire par rapport aux analyses précédentes, avec 51 pour cent de la
3
population en Phase 3 ou plus, dont 17 pour cent en situation d’urgence (Phase 4). Ce chiffre
risque d’atteindre 5,9 millions de personnes pendant la période de mars à juin 2026
1
.
Figure 1. Situation projetée de l’insécurité alimentaire aiguë (mars-juin 2026)
Note: Veuillez consulter la clause de non-responsabilité à la page ii pour les noms et les frontières utilisés sur cette carte.
Source: IPC. 2025. Haïti: Analyse IPC de l’insécurité alimentaire aiguë, octobre 2025. Port-au-Prince.
https://www.ipcinfo.org/fileadmin/user_upload/ipcinfo/docs/IPC_Haiti_Acute_Food_Insecurity_Sept2025_Jun2026_Report_French.pdf
Les facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire se sont transformés au fil du temps.
Aujourd’hui, l’insécurité liée à la violence des gangs armés et les fragilités
macroéconomiques – notamment une inflation galopante – figurent parmi les principales
causes de cette situation. Néanmoins, en Haïti, l’insécurité alimentaire trouve en partie ses
racines dans les inefficacités structurelles des systèmes agroalimentaires. Au fil des années, le
système agroalimentaire haïtien s’est progressivement dégradé, en raison d’un manque
d’investissements adéquats et du contexte croissant d’instabilité et d’insécurité. Le secteur
agricole demeure faiblement mécanisé et souffre de l’absence d’infrastructures modernes
d’irrigation, ainsi que de capacités limitées en matière de traitement post-récolte, de stockage
et de transformation, des faiblesses du cadastre et de la gouvernance foncière.
Ces faiblesses ont été exacerbées par des politiques de libéralisation commerciale mises en
œuvre dans les années 1980 et 1990, qui ont exposé les producteurs locaux à une
concurrence déloyale. L’importation massive de denrées alimentaires bon marché, souvent
subventionnées et issues de systèmes agricoles industrialisés, a inondé le marché haïtien,
affaiblissant davantage les moyens d’existence déjà précaires des petits exploitants.
Incapables de rivaliser, de nombreuses entreprises agroalimentaires locales, comme la
4
sucrerie HASCO ou l’usine de transformation FACOLEF
3
, ont fermé leurs portes, entraînant la
perte d’emplois et une désindustrialisation du secteur.
De plus, les principales cultures vivrières connaissent une baisse continue de leur production.
La riziculture, concentrée à plus de 80 pour cent dans l’Artibonite, jadis considérée comme le
grenier du pays et cultivée sur trois saisons, a atteint en 2023-2024 son niveau le plus bas
depuis plus d’une décennie
6
. Aujourd’hui, cette baisse de production nationale, dans un
contexte de demande croissante, accentue la dépendance aux importations et la vulnérabilité
du pays face aux chocs économiques et logistiques.
Pauvreté chronique et chocs économiques
La pauvreté en Haïti est profondément structurelle et ancienne, historiquement enracinée
dans une dynamique de marginalisation des zones rurales par rapport aux centres urbains.
Elle s’est considérablement aggravée dans le contexte actuel. Aujourd’hui, plus de 6 millions
d’habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 2,41 USD par jour) et plus de
2,5 millions en situation de pauvreté extrême (moins de 1,23 USD par jour)
7
. Les estimations
de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international confirment une détérioration
rapide des conditions de vie: 36,4 pour cent des haïtiens vivaient en situation d’extrême
pauvreté en 2024 (moins de 2,15 USD par jour en dollar des États-Unis de 2017), contre
29,9 pour cent en 2020
8
.
Le contexte sécuritaire accentue les fragilités structurelles, en entraînant une hausse des prix
des intrants agricoles, des difficultés d’importation et un isolement accru des zones rurales et
périphériques, aggravé par la mauvaise qualité des voies de communication et les blocages
imposés par les gangs armés.
L’inflation s’est accélérée depuis fin 2022, avec une flambée des prix des denrées alimentaires
et du carburant, conséquence directe des perturbations logistiques causées par l’insécurité et
la paralysie des principales infrastructures, mais également accentuée par les chocs
économiques post-covid-19, la dépréciation de la gourde et les pressions sur les importations.
L’indice des prix à la consommation a bondi jusqu’à 31 pour cent en janvier 2025, avec un pic
de 34 pour cent pour les produits locaux contre 29 pour cent pour les produits importés
9
.
Cette dynamique inflationniste s’explique notamment par l’inaccessibilité prolongée des
routes nationales, l’isolement de nombreuses zones, la suspension des vols commerciaux vers
et depuis l’aéroport international Toussaint Louverture, et le refus de plusieurs compagnies
maritimes internationales d’accoster à Port-au-Prince.
Systèmes agroalimentaires fragiles
La crise du système agroalimentaire entraîne des répercussions directes et profondes sur la
sécurité alimentaire, malgré le potentiel productif considérable du pays. De nombreuses
zones agricoles figurent aujourd’hui parmi les plus touchées par la crise alimentaire actuelle.
5
En 2025, sur les neuf zones classées en Phase 4 de l’IPC en 2025, sept sont principalement
rurales et environ 75 pour cent des personnes les plus touchées par l’insécurité alimentaire
en Haïti vivent en zone rurale et dépendent de l’agriculture pour leur survie.
Cette situation touche de manière disproportionnée les femmes par rapport aux hommes.
En effet, bien que près de la moitié des ménages haïtiens soient dirigés par des femmes et
qu’elles représentent jusqu’à 70 pour cent de la main-d’œuvre agricole, leur rôle reste
systématiquement marginalisé. Leur accès à la terre, aux intrants, aux crédits et aux marchés
est limité
10
. Cette inégalité structurelle accroît leur vulnérabilité face aux chocs, en particulier
pour les cheffes de ménage qui assument une charge disproportionnée et présentent des
niveaux d’insécurité alimentaire plus élevés, y compris dans les sites de déplacés où leur
consommation alimentaire est nettement plus précaire. Exposées à des stratégies
d’adaptation négatives plus fréquentes, les femmes voient leurs capacités de résilience
réduites, avec des répercussions directes sur les membres les plus vulnérables de leur famille.
En outre, le secteur agricole, bien qu’en déclin, demeure un pilier de l’économie haïtienne et
un levier clé pour la résilience face à l’instabilité alimentaire. En 2020, l’agriculture
représentait encore 20 pour cent du produit intérieur brut, contre 37 pour cent dans les
années 1970
6
. Elle constitue la principale source de revenus pour la moitié de la population
et, en considérant l’ensemble des activités liées au système agroalimentaire, près de
©
FAO
6
80 pour cent des haïtiens en dépendent pour leur subsistance économique. Pourtant, ce
système alimentaire repose largement sur l’intermédiation informelle, avec une productivité
parmi les plus faibles au monde, et une valeur ajoutée agricole stagnante autour de
1,7 milliard d’USD par an depuis une décennie
11
.
Déplacements internes et rapatriements forcés
La multiplication des violences des gangs armés, et leur expansion pour le contrôle du
territoire, ont provoqué une vague sans précédent et une forte expansion de déplacements
internes à travers le pays. En septembre 2025, le pays compte désormais 1,4 millions de PDI
2
,
soit une augmentation de 10 pour cent par rapport au trimestre précédent et de 100 pour
cent par rapport à septembre 2024
12
. Les PDI représentent désormais 12 pour cent de la
population haïtienne et figurent parmi les populations les plus vulnérables. De plus, ils ont
souvent dû abandonner leurs moyens de production – terres, bétail, outils agricoles – en
fuyant les violences et se retrouvent dans une situation de vulnérabilité aiguë.
Bien qu’à l’échelle nationale la majorité des PDI soient hébergés par des familles d’accueil,
une proportion significative – autour de 15 pour cent
2
– vit dans les sites de déplacés, avec
une concentration particulièrement élevée dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince,
représentant 65 pour cent. La situation de surpeuplement dans ces sites s’est nettement
aggravée au cours des deux dernières années et fin 2025, une personne déplacée sur cinq
résidait dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince
2
.
Malgré les efforts de soutien et de coordination avec les autorités nationales, les PDI sont
toujours exposées à des risques de protection, à un accès limité aux services de base et à des
niveaux d’insécurité alimentaire préoccupants. À la fin de 2024, près de 6 000 PDI étaient en
situation de catastrophe (Phase 5)
13
, révélant une sévérité supérieure à celle observée dans le
reste du pays. Selon les résultats de l’Enquête nationale de suivi sur la sécurité alimentaire et
nutritionnelle de septembre 2025, la situation alimentaire des ménages déplacés apparaît
particulièrement critique avec près de 8 ménages sur 10 ne disposant pas d’une alimentation
suffisante ou stable. Pour faire face à cette situation, près du 60 pour cent des ménages
déplacés recourent à des mécanismes d’adaptation négatifs, tels que sauter des repas,
réduire les portions ou privilégier l’alimentation des enfants
14
.
Depuis 2021, Haïti a enregistré plus d’un demi-million de personnes de retour ou rapatriées
de force, principalement depuis la République dominicaine. En 2024, près de
200 000 personnes ont été expulsées du pays voisin, avec un pic observé au dernier
trimestre, lié au durcissement des politiques migratoires
15
. Entre janvier et octobre 2025, ce
sont près de 240 000 personnes rapatriées, ce qui représente une hausse de 50 pour cent par
rapport à la même période en 2024. Selon une étude de 2025 menée par l’Organisation
mondiale pour les migrations, plus de 30 pour cent des haïtiens expulsés dépendaient de
l’agriculture comme principale activité économique
16
. Soutenir le retour et la réinstallation de
ces personnes représente une opportunité majeure pour le développement local et national.
7
Selon une analyse de la FAO dans la commune de Belladère, dans le département du
Centre – principal point d’entrée de plus de la moitié des personnes rapatriées depuis la
République dominicaine en 2025 – plus de 90 pour cent des personnes rapatriées déclarent
avoir une expérience agricole
17
. L’absence d’accès à la terre, aux intrants et aux services
financiers limite cependant la valorisation de ce savoir-faire. Les personnes rapatriées ne
doivent pas être perçues uniquement comme des victimes, mais comme des ressources
humaines porteuses de compétences, de volonté et de potentiel productif. Il est donc crucial
de leur offrir les moyens de se réinstaller dignement et de réduire leur exposition aux risques
de protection, en soutenant la reprise d’une activité productive, notamment dans
l’agriculture, afin de contribuer à la reconstruction économique du pays.
Faible résilience des communautés rurales
Haïti figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets des aléas climatiques à l’échelle
mondiale
18
, caractérisés par la hausse des températures, la diminution des précipitations et
des périodes de sécheresse prolongées, la multiplication des journées extrêmement chaudes,
l’intensification des ouragans, ainsi que l’élévation du niveau de la mer qui accélère l’érosion
côtière et les inondations. Ces types de chocs vont s’aggraver considérablement au cours des
trois prochaines décennies, avec des impacts marqués sur les communautés les plus
précaires, les écosystèmes et les moyens de subsistance.
Cette vulnérabilité est aggravée par la dégradation rapide de l’environnement et la gestion
inefficace des ressources naturelles. La déforestation massive a notamment accéléré l’érosion
des sols, diminué la fertilité des terres agricoles et compromis la régulation des ressources en
eau. La pression démographique, les pratiques agricoles non durables et la mauvaise gestion
des bassins versants renforcent la fragilité des paysages, notamment dans les zones
montagneuses, exposant les infrastructures et les terres cultivées à des risques accrus
d’inondations, de glissements de terrain et de sécheresses.
Au cours des 20 dernières années, Haïti a été frappée par des événements sismiques et des
ouragans ayant eu des impacts catastrophiques sur la population et son économie.
Le tremblement de terre de 2010 a causé des destructions équivalant à 120 pour cent du
PIB
19
, l’ouragan Matthew en 2016 a entraîné des pertes représentant 32 pour cent du PIB
20
et
le séisme de 2021 a causé plus de 2 000 pertes en vie humaine, avec des dommages estimés
à 11 pour cent du PIB
21
. En octobre 2025, bien que non directement traversé par sa
trajectoire, Haïti a subi les effets dévastateurs de l’ouragan Melissa, le cyclone le plus puissant
jamais enregistré dans la région. L’épisode a provoqué des précipitations atteignant 400 mm,
des vents violents et de vastes inondations, entraînant d’importants dégâts au secteur
agricole, en particulier dans les départements du Grand Sud.
Outre les vulnérabilités liées à la faible résilience face aux aléas climatiques, les chocs associés
à la propagation de maladies animales représentent une préoccupation croissante.
La recrudescence de ces maladies hautement contagieuses constitue une menace majeure
8
pour les chaînes de valeur, la sécurité alimentaire et la santé publique. Alors que certaines
maladies animales, comme la peste porcine, constituent principalement une menace pour les
filières de production et les activités économiques – en particulier dans le secteur porcin, où
95 pour cent de la production est de subsistance – d’autres, classées comme zoonoses, telles
que la rage, représentent également un risque pour la santé publique en raison de leur
transmission de l’animal à l’humain.
La vulnérabilité aux aléas climatiques et aux maladies animales repose sur une même
faiblesse structurelle: la capacité limitée des communautés rurales qui disposent de peu de
moyens pour anticiper, absorber ou se relever suite à un choc. Les systèmes agricoles restent
largement non mécanisés, les infrastructures d’irrigation et de stockage sont insuffisantes et
les filets de protection sociale demeurent limités, réduisant fortement la capacité
d’adaptation des ménages face aux chocs climatiques. Concernant les maladies animales, les
services vétérinaires font face à d’importantes contraintes humaines, techniques et
financières, qui entravent la gestion efficace des foyers peste porcine africaine et d’autres
zoonoses ou maladies épidémiques.
Face à ces défis combinés, renforcer les systèmes permettant aux ménages et aux
communautés de mieux se préparer aux chocs, de réduire leurs impacts et de rétablir
rapidement leurs moyens de production est crucial. Cela inclut la diffusion de pratiques de
gestion et de réduction des risques, ainsi que la mise en place de mécanismes de réponse
rapide pour restaurer les systèmes productifs après un choc.
9
2.Théorie du changement
Figure 2. Théorie du changement de la FAO en Haïti
Source: Auteurs du présent document.
10
Pour assister
102 000 ménages
La FAO requiert
42,4 millions d’USD
3.Plan d’action et résultats attendus
3.1 Cadre des résultats
Impact attendu: L’insécurité alimentaire des ménages déplacés est réduite, la paix est
consolidée et la marginalisation socioéconomique est diminuée, en particulier pour les
jeunes, les femmes et les PDI. Les opportunités économiques sont accrues et la production
des petits producteurs est augmentée dans un environnement plus stable, résilient
et inclusif.
Agriculture d’urgence
a
|
Résultat 1. L’accès à une alimentation de qualité est amélioré grâce à la relance rapide
et à la sauvegarde de la production locale, afin de sauver des vies et d’améliorer la
sécurité alimentaire et la nutrition des ménages
Production alimentaire d’urgence
32,4 millions d’USD pour assister 72 000 ménages
La FAO propose une réponse qui vise non seulement à couvrir les besoins alimentaires
urgents, mais également à redonner aux populations déplacées et aux communautés hôtes
les moyens immédiats de retrouver leur autonomie et de réduire leur dépendance à l’aide
humanitaire, en rétablissant rapidement leurs capacités de production alimentaire. Il s’agit
ainsi de fournir des solutions agricoles simples, rapides à mettre en œuvre et modulables
selon les réalités et préférences locales. Cette initiative permettra également de renforcer la
production alimentaire locale, d’améliorer l’accès à la nourriture dans un contexte de forte
insécurité et de réduire le besoin d’interventions humanitaires futures.
Activités
•Distribuer, directement ou à travers des coupons, des kits de production alimentaire
d’urgence à cycle court (semences maraîchères, de céréales et de légumineuses, outils,
engrais, petits animaux d’élevage, intrants pour la pêche).
a
La programmation pour les années 2027 et 2028 sera élaborée sur la base de l’analyse des besoins actualisée.
Pour assister
860 000 personnes
La FAO requiert
107,9 million d’USD
Période
2026-2028
11
•Fournir des transferts monétaires, en complément aux intrants (cash+), afin de soutenir
les besoins de base pendant la période de production ou renforcer les actifs productifs
des ménages.
Effets attendus
•Assurer l’accès rapide, en moins de 90 jours, à une alimentation de base hautement
nutritive.
•Réduire la dépendance à l’assistance humanitaire.
•Contribuer à la stabilité communautaire, grâce au renforcement des capacités productives
locales et à la disponibilité d’aliments frais sur les marchés locaux.
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
Les interventions cibleront les zones rurales et péri-urbaines en Phase 4 de l’IPC – sans
exclure les populations en Phase 4 dans des zones classées en Phase 3 – en surveillant de près
les mouvements massifs de population et d’autres facteurs de vulnérabilité tels que les chocs
climatiques. Ainsi, le ciblage des ménages sera basé sur leur niveau d’insécurité alimentaire.
Une priorisation sera effectuée sur la base de critères de vulnérabilité, les ménages dirigés
par des femmes, ceux ayant récemment perdu leurs moyens de production, les personnes
déplacées et les ménages hôtes. D’autres critères seront également pris en compte, tels que
les personnes âgées, en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques, les
femmes enceintes ou allaitantes et les enfants exposés au risque de malnutrition.
Protection et rétablissement de la capacité de production des petits producteurs
touches par des chocs
6 millions d’USD pour assister 20 000 ménages
La forte exposition d’Haïti aux aléas climatiques et à l’insécurité compromet la résilience et la
sécurité alimentaire des ménages les plus vulnérables. La FAO mettra en place une réponse
intégrée visant à restaurer rapidement la capacité productive des petits producteurs touchés
par des chocs soudains. Il s’agira notamment de distribuer des intrants essentiels, réhabiliter
les infrastructures clés et fournir un accompagnement technique sur les pratiques agricoles
adaptées au climat. L’approche visera également à renforcer les capacités locales de gestion
communautaire des risques, à mettre en œuvre des actions anticipatoires et à faciliter l’accès
à l’information à travers les systèmes d’alerte précoce.
Activités
•Mettre en œuvre des actions anticipatoires – à la suite de l’activation des déclencheurs
pour des aléas spécifiques – au profit des petits producteurs à risque, grâce à la diffusion
de messages d’alerte précoce et à la distribution de transferts monétaires et d’intrants
visant à protéger leurs capacités productives.
12
•Distribuer des intrants et actifs productifs afin de relancer la production des petits
producteurs touchés par les chocs.
•Fournir des matériaux pour la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures de
production selon l’approche «reconstruire en mieux», telles que les abris pour animaux,
l’installation d’infrastructure de stockage, des réservoirs d’eau et des systèmes
d’irrigation.
Effets attendus
•Relancer rapide la production agroalimentaire après un choc.
•Réduire l’impact des chocs et les besoins humanitaires grâce aux actions anticipatoires.
•Réduire les pertes de revenus post-catastrophe.
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
Les activités se concentreront dans les zones les plus touchées par des chocs récents ou
exposées à un risque climatique élevé, conformément aux données relatives aux chocs
spécifiques. Le ciblage reposera sur des évaluations des pertes, les niveaux de vulnérabilité et
d’insécurité alimentaire, ainsi que de l’exposition aux aléas. Les bénéficiaires prioritaires
seront les ménages et producteurs agricoles à risque ou ayant perdu leurs moyens de
production, avec une attention particulière aux ménages dirigés par des femmes, trop
souvent exclues des opportunités susceptibles de consolider leur capacité de résilience.
Prévention et contrôle des maladies animales
4 millions d’USD pour assister 10 000 ménages
La recrudescence des maladies animales hautement contagieuses constitue une menace
majeure pour les chaînes de valeur, la sécurité alimentaire et la santé publique. Face à des
services vétérinaires étatiques en sous-effectif et sous-équipés, la FAO soutiendra le
renforcement rapide des capacités de prévention et de contrôle des maladies animales.
L’approche mettra également l’accent sur la formation communautaire en biosécurité, ainsi
que sur l’amélioration de la circulation de l’information sanitaire entre les éleveurs, les
vétérinaires et les autorités locales.
Activités
•Soutenir le renforcement des services de surveillance étatiques pour l’alerte précoce et la
détection des foyers infectieux, y compris grâce à la fourniture de kits de diagnostic rapide
et d’échantillonnage, d’équipements de protection individuelle et l’établissement de
partenariats avec des laboratoires accrédités.
•Mettre en œuvre des campagnes de vaccination animale de masse ou ciblées.
•Sensibiliser les éleveurs et les personnes engagés dans les chaînes de valeur de
production animale sur les pratiques de prévention et les protocoles d’intervention pour
le contrôle des maladies animales.
13
Pour assister
70 000 ménages
La FAO requis
61 millions d’USD
Effets attendus
•Renforcer les capacités de détection rapide des foyers épidémiques.
•Améliorer la coordination des actions de santé publique vétérinaire.
•Réduire les pertes animales et économiques liées aux épidémies.
•Améliorer la biosécurité dans les zones rurales vulnérables.
•Prévenir les transmissions zoonotiques et réduire les risques pour la santé humaine.
•Restaurer la confiance entre éleveurs, services vétérinaires et autorités locales.
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
En étroite collaboration avec les services étatiques, l’intervention ciblera en priorité les zones
à forte densité animale et à proximité des localités où le risque de transmission est le plus
élevé, tel que les frontières ou points d’entrée. Le ciblage se basera sur les facteurs suivants:
•Les données de foyers actifs ou historiques d’épidémie animales et zoonotiques,
notamment liées à une haute prévalence de diarrhées infantiles.
•La densité d’animaux d’élevage et les chaînes de commercialisation.
•La présence de marchés informels ou transfrontaliers d’animaux vivants.
•La vulnérabilité des petits éleveurs, particulièrement ceux sans accès à des services
vétérinaires.
Résilience |
Résultat 2. La résilience des systèmes agroalimentaires locaux est renforcée,
offrant aux communautés des alternatives économiques et une alimentation saine,
locale et sûre
Promotion d’opportunités économiques et d’emploi rural afin de réduire la pression sur les
sites de PDI et de limiter le risque de recrutement des jeunes dans les gangs armés
27 millions d’USD pour assister 30 000 ménages
La situation de surpeuplement dans les sites accueillant des PDI, combinée aux conditions
souvent précaires vécues au sein des familles d’accueil, demeure extrêmement préoccupante.
Ces environnements fragilisés exposent les PDI à de graves risques de protection, ainsi qu’à
un accès insuffisant aux services essentiels. Dans ce contexte marqué par l’absence
d’opportunités économiques, les sites de PDI, mais également certaines zones d’accueil,
deviennent des espaces à haut risque de recrutement, parfois forcé, par les gangs armés, en
particulier parmi les jeunes.
Face à ces défis, la FAO vise à développer des alternatives économiques et des emplois ruraux
capables de réduire simultanément la pression sur les sites et sur les familles d’accueil, tout
en diminuant le risque de recrutement des jeunes dans les gangs. Une attention particulière
sera accordée aux femmes, afin de renforcer leur autonomie économique, réduire leurs
14
facteurs de vulnérabilité et offrir des alternatives concrètes et durables face aux dynamiques
de violence.
Malgré sa fragilité, le secteur agroalimentaire haïtien offre un potentiel important de création
d’emplois décents et d’entrepreneuriat inclusif. En s’appuyant sur ce potentiel, la FAO, en
coordination avec d’autres acteurs humanitaires, appuiera des mécanismes de relocalisation
volontaire, digne et ciblée pour les personnes ou ménages souhaitant s’installer dans d’autres
zones rurales, qu’ils proviennent de sites de PDI ou de familles d’accueil. L’initiative pourra
également cibler les personnes rapatriées dans des conditions vulnérables. Cet appui
combinera financement inclusif, transfert d’actifs productifs et soutien en intrants afin de
permettre d’initier ou de relancer des activités productives.
Activités
Dans cette optique, la FAO mettra en œuvre une stratégie intégrée de soutien à
l’entrepreneuriat rural et agroalimentaire, articulée comme suit:
•Soutenir les PDI à la mise en place de solutions durables à travers différents mécanismes,
dont les transferts monétaires, la fourniture d’intrants et d’équipements et des
formations.
•Mettre en place un système de subventions de contrepartie (matching grants) afin de
soutenir les PDI et les personnes rapatriées porteuses de projets agricoles ou para-agricoles.
•Soutenir les petites entreprises, y compris les startups, afin de favoriser le développement
de solutions technologiques et d’innovations répondant aux défis du système
agroalimentaire.
•Renforcer la gouvernance locale et plaider pour l’accès à la terre et l’inclusion sociale des
PDI et des rapatriés.
•Fournir un accompagnement personnalisé dans l’élaboration de plans d’affaires viables,
avec un mentorat et des formations ciblées.
•Établir des partenariats avec le secteur privé afin de proposer des stages, des emplois
subventionnés ou des débouchés commerciaux concrètes.
Effets attendus
•Réduire la vulnérabilité des PDI au recrutement dans les gangs armés, en particulier dans
les zones à risque élevé.
•Améliorer l’accès à des opportunités économiques durables, à travers l’entrepreneuriat
agricole et la création de microentreprises rurales et agroalimentaires durables,
renforçant l’ensemble du secteur.
•Renforcer l’insertion professionnelle des jeunes dans les filières agricoles,
agroindustrielles et dans les services associés.
•Renforcer le tissu économique local et stimuler l’économie circulaire.
•Valoriser les compétences entrepreneuriales.
•Améliorer l’accès au savoir et aux opportunités pour les jeunes.
15
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
L’intervention ciblera prioritairement les personnes déplacées, ainsi que les personnes
rapatriées vulnérables, tout en s’adaptant à l’évolution de la crise. Le ciblage visera
notamment:
•Les données sur la présence de gangs et le risque de recrutement, provenant de
l’Organisation mondiale pour les migrations, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance,
du Programme des Nations Unies pour le développement et du Haut-Commissariat des
Nations Unies aux droits de l’homme.
•Les niveaux de chômage des jeunes et d’exode rural.
•La proximité d’infrastructures de formation ou de marchés.
Les groupes vulnérables, notamment les femmes isolées, les mères célibataires et les
femmes en situation de handicap, y compris les personnes survivantes des violences liées
aux disparités de sexe, déplacées ou séparées de leurs réseaux sociaux.
•Les communautés partenaires ou coopératives locales capables de soutenir des activités
économiques sécurisées.
Soutien à l’amélioration des capacités de préparation des producteurs agroalimentaires face
aux chocs et aux aléas climatiques
30 millions d’USD pour assister 30 000 ménages
Haïti figure parmi les pays les plus exposés aux effets des aléas climatiques, dont les impacts
sont aggravés par la crise sécuritaire et politique. Face à cette situation, la FAO, grâce à son
expertise en résilience climatique et en gestion des ressources naturelles, propose une
réponse centrée sur la réduction de la vulnérabilité, à travers des solutions accessibles,
durables et cohérentes avec les autres interventions, qui renforcent les initiatives de
préparation et d’anticipation mises en place.
Activités
•Améliorer l’accès aux semences de qualité de variétés améliorées, résistantes aux
conditions climatiques extrêmes – longues périodes de sécheresse, excès de pluie, vents
forts – et à des intrants améliorés, ainsi qu’à des formations sur les pratiques agricoles,
d’élevage et de pêche climato-intelligentes et adaptées face au climat.
•Réhabiliter ou construire des infrastructures résistantes et adaptées aux aléas climatiques,
telles que des systèmes d’irrigation et des abris pour animaux.
•Réhabiliter les terres, pâturages, mangroves, écosystèmes côtiers et appuyer la
reforestation et l’agroforesterie afin d’améliorer la production.
•Promouvoir des pratiques communautaires d’adaptation aux aléas climatiques et de
gestion des ressources environnementales, accompagnées d’un appui facilitant un
meilleur accès direct au financement climatique.
16
Effets attendus
•Réduire les pertes agricoles, d’animaux et halieutiques liées aux aléas climatiques.
•Renforcer les capacités locales d’adaptation à moyen et long terme.
•Protéger les écosystèmes critiques, tels que les sols, les eaux et les pâturages.
•Renforcer la résilience des communautés rurales, y compris des femmes productrices,
face aux événements climatiques extrêmes, et améliorer ainsi leur sécurité alimentaire.
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
Les interventions seront ciblées dans les zones rurales exposées aux sécheresses, aux
inondations ou aux ouragans récurrents, notamment:
•Le Nord-Ouest et Sud-Est, où les épisodes de sécheresse prolongée ont un impact sévère
sur les moyens de subsistance.
•Les départements du Grand Sud (Sud, Sud-Est, Grand’Anse et Nippes), de l’Ouest, du
Nord-Ouest et l’Artibonite, régions à forte exposition cyclonique.
•Le Centre et l’Artibonite, zones à haut potentiel agricole, bien que soumises à une
pression écologique élevée.
Le ciblage des bénéficiaires inclura en priorité:
•Les petits producteurs à risque, avec une attention particulière aux femmes et aux jeunes.
•Les communautés engagées dans des initiatives de gestion communautaire des
ressources naturelles ou de protection des bassins versants.
Approvisionnement des cantines scolaires avec plus de 80 pour cent d’aliments produits au
niveau national
4 millions d’USD pour assister 10 000 ménages
Plus de 2,85 millions d’enfants, soit un quart de la population infantile, sont touchés par
l’insécurité alimentaire, dont plus d’1 million souffrent d’insécurité alimentaire aiguë
22
. Les
cantines scolaires constituent, pour de nombreux enfants, la seule source régulière de repas
équilibrés. En plus de leurs effets directs sur la nutrition et la santé, ces programmes
favorisent la fréquentation scolaire et renforcent la stabilité sociale dans les zones
vulnérables.
La politique et la stratégie nationales d’alimentation scolaire 2024-2030 prévoient que les
cantines scolaires passent progressivement d’un modèle largement dépendant des
importations alimentaires vers un système basé sur l’approvisionnement national. La stratégie
vise à ce que 100 pour cent des denrées destinées aux cantines scolaires soient produites au
niveau national d’ici 2030, avec des cibles intermédiaires fixées pour la période de transition,
notamment l’atteinte de 80 pour cent d’achats locaux d’ici 2028
23
. La relance de la production
locale constitue donc un levier central pour rendre les cantines scolaires plus résilientes, tout
en stimulant l’économie rurale.
17
Activités
Dans cette optique, la FAO, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial, met en
œuvre une approche conjointe visant à renforcer les liens entre production locale et
alimentation scolaire. L’intervention prévoit d’appuyer les producteurs dans l’augmentation et
l’amélioration de leur production, notamment à travers les activités suivantes:
•Augmenter la capacité de production, de stockage et de conservation des producteurs
locaux, ainsi que le traitement post-récolte, afin de réduire les pertes et garantir une
conservation sûre pour la consommation humaine.
•Structurer des agrégations de producteurs qui mutualisent leurs ressources et
coordonnent la planification de la diversité et des volumes de production.
•Développer les capacités et les infrastructures pour la transformation de produits de base
hautement nutritifs, tels que les jus de fruits, les yaourts et les farines enrichies.
•Renforcer le contrôle de qualité des aliments et les pratiques d’hygiène, assurant la
sécurité sanitaire des aliments.
•Introduire des produits saisonniers disponibles localement et hautement nutritifs (haricot,
igname, légume, maïs, manioc, patate douce, taro) dans les menus des cantines scolaires.
•Établir des relations contractuelles simplifiées entre producteurs et acheteurs
institutionnels.
•Accompagner les associations villageoises d’épargne et de crédit pour faciliter l’accès au
microcrédit et stimuler les investissements agricoles de proximité.
•Promouvoir des campagnes de sensibilisation dans les écoles et auprès des parents sur la
nutrition et la sécurité sanitaire des aliments.
Effets attendus
•Renforcer l’intégration des petits producteurs locaux dans les chaînes
d’approvisionnement des cantines scolaires.
•Réduire la dépendance aux importations alimentaires pour les repas scolaires.
•Améliorer l’accès des enfants à une alimentation équilibrée et riche en nutriments, avec
des effets positifs sur la santé, la nutrition et la fréquentation scolaire.
•Augmenter les revenus agricoles et améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des
ménages ruraux.
•Renforcer la résilience des systèmes alimentaires locaux face aux chocs économiques et
sécuritaires.
Zones prioritaires et ciblage des bénéficiaires
L’intervention se concentrera dans les départements les plus touchés par l’insécurité
alimentaire et où les programmes de cantines scolaires sont déjà actifs, en particulier dans la
Grand’Anse, le Sud, les Nippes et le Nord-Ouest. Le ciblage portera sur les petits producteurs
18
La FAO requis
4,5 millions d’USD
agricoles, ainsi que sur les coopératives déjà en lien avec les cantines. Un accent sera mis sur
les zones enclavées ou mal desservies, afin de renforcer l’ancrage local des systèmes
alimentaires et de réduire leur vulnérabilité logistique.
Données, analyses et coordination |
Résultat 3. Des données fiables et produites à temps sont disponibles et permettent
d’informer la planification et la prise de décision coordonnée, et d’améliorer la qualité
des interventions en sécurité alimentaire et en agriculture
Analyses et suivi de la sécurité alimentaire, coordination, évaluations rapides, renforcement
des systèmes d’alerte précoce et développement de plans d’actions anticipatoires
4,5 millions d’USD
Activités
•Fournir un appui technique et de coordination pour la réalisation des analyses
d’insécurité alimentaire, y compris l’IPC et l’Enquête nationale de suivi sur la sécurité
alimentaire et nutritionnelle, afin de garantir des analyses des besoins et des
planifications fondées sur des preuves solides.
•Réaliser des analyses et des évaluations rapides sur l’impact de chocs spécifiques, sur les
vulnérabilités des ménages et des producteurs et sur les chaînes de valeur.
•Surveiller la qualité des interventions à travers la coordination du Secteur sécurité
alimentaire, appuyer la définition de stratégies et priorités du Secteur et assurer un rôle
de leadership dans la diffusion des connaissances techniques, des innovations et des
bonnes pratiques.
•Contribuer à la surveillance et au renforcement des stratégies d’action anticipatoire et des
systèmes d’alerte précoce sur les risques climatiques et les impacts des déplacements,
des conflits et des chocs économiques sur la sécurité alimentaire, la nutrition et les
chaînes de valeur.
Effets attendus
•Améliorer l’efficacité de la réponse grâce à des informations fiables, disponibles à temps
et coordonnées, permettant d’informer les acteurs, les différents secteurs et le ciblage
des besoins prioritaires.
•Renforcer l’anticipation et la gestion des risques climatiques grâce à des stratégies et des
actions validées, permettant de réduire les impacts potentiels et les coûts de la réponse
humanitaire.
19
3.2 Risques et mesures de mitigation
Les interventions prévues s’inscrivent dans un contexte d’instabilité sécuritaire, politique,
économique et climatique. L’aggravation de l’insécurité reste le principal risque,
conditionnant l’accès aux zones d’intervention. Le Plan repose sur la possibilité de maintenir
cet accès, appuyé par un suivi continu et une adaptation opérationnelle constante. Une
planification précise des achats et des livraisons, l’élargissement du réseau de fournisseurs et
la mise en place de solutions alternatives pour la mobilité du personnel sont les mesures de
mitigation essentielles que la FAO mettra en œuvre en Haïti pour limiter les perturbations.
Les déplacements de population peuvent également modifier les vulnérabilités et imposer
des ajustements rapides du ciblage.
Sur le plan économique, l’inflation, la volatilité des prix, les fluctuations monétaires, les
ruptures logistiques et la faible disponibilité de liquidités menacent la continuité des
opérations et alourdissent les coûts. Une stabilité minimale des marchés ou des options
d’approvisionnement fiables est indispensable. Pour cela la FAO met en place une gestion
rigoureuse des achats, la sélection de prestataires financiers sûrs et un suivi renforcé afin de
réduire les risques.
Les phénomènes climatiques extrêmes – sécheresses, pluies excessives, cyclones et
inondations – peuvent entraver l’accès aux personnes et aux zones affectées, endommager
les intrants et perturber la mise en œuvre des activités. La FAO adapte les interventions aux
calendriers agricoles et aux périodes à risque, afin d’éviter les interruptions.
Enfin, le manque de partenaires locaux qualifiés peut impacter les opérations. Cependant,
l’appui des services déconcentrés de l’État, tels que le Ministère de l’agriculture, des
ressources naturelles et du développement rurale et le Ministère de l’environnement, ainsi
que d’un large réseau d’acteurs de la société civile, permettra de renforcer l’ancrage local et la
coordination.
3.3 Suivi, évaluation, apprentissage et redevabilité
Le Plan d’urgence et de résilience de la FAO en Haïti constitue une contribution majeure à
l’Appel humanitaire global de la FAO. Cet Appel vise à améliorer la sécurité alimentaire et la
nutrition et à réduire les besoins humanitaires des petits exploitants agricoles, en fournissant
un appui vital urgent, en renforçant la résilience des moyens d’existence agricoles et en
favorisant une paix locale durable.
La contribution du Plan à cet objectif sera mesurée au niveau de son impact, à travers des
indicateurs standards, tels que l’indice des stratégies d’adaptation liées aux moyens
d’existence, l’échelle de la faim dans les ménages, le score de diversité alimentaire des
ménages, ainsi que des variables liées au profil des moyens d’existence et à l’exposition aux
20
chocs. Ces indicateurs sont alignés sur la méthodologie Agricultural People in Need pilotée
par l’équipe Données en situations d’urgence de la FAO.
Pour mesurer les impacts générés par les différentes interventions, des indicateurs d’impact
spécifiques seront utilisés pour le suivi et l’évaluation du programme. Chaque résultat attendu
correspond à un impact, comme détaillé dans la section 3 sur la théorie du changement, et
fera l’objet d’un suivi régulier. Par exemple, les distributions d’intrants agricoles et les
formations permettront l’amélioration de la productivité, mesurée à travers l’évolution du
rendement moyen des principales cultures des ménages ciblés. De même, la fourniture de
petits ruminants et les campagnes de vaccination animale se traduiront par une
augmentation mesurable de la production animale, par exemple la quantité moyenne de lait
ou d’œufs produits par ménage.
De manière transversale, des indicateurs spécifiques porteront sur la responsabilité à l’égard
des personnes touchées, afin de suivre la satisfaction des ménages bénéficiaires, la sûreté et
l’accessibilité de l’aide fournie, garantissant ainsi une amélioration continue de la qualité de
l’assistance.
De plus, les activités de suivi et évaluation comprennent des enquêtes de référence
(baseline), des suivis intermédiaires et des évaluations finales (endline), combinant des
approches quantitatives et qualitatives pour mesurer les résultats et les impacts, et appuyer
la prise de décision fondée sur des données. Ces activités s’appuient sur l’utilisation d’outils
spécifiques pour la collecte, l’analyse et la diffusion des données produites.
En outre, le système Application pour l’identification, la distribution et l’autonomisation de la
FAO constitue un pilier central du dispositif de suivi et évaluation. Cette plateforme
numérique permet l’enregistrement biométrique sécurisé des données des bénéficiaires,
l’attribution d’identifiants uniques, la prévention des doublons et la liaison systématique entre
l’assistance reçue et chaque personne bénéficiaire. Elle renforce la transparence, la
redevabilité et la capacité de suivi longitudinal, tout en respectant les normes internationales
de protection des données.
En Haïti, la FAO met en place un système de redevabilité à l’égard des personnes touchées
qui, au-delà de l’engagement des parties prenantes à chaque étape du cycle programmatique,
repose sur un mécanisme structuré de gestion des plaintes et de retour d’information, fondé
sur des lignes directrices claires et l’utilisation de multiples canaux de communication (ligne
verte gratuite, messagerie, boites à suggestions, table des plaintes en face à face, réunion en
présentiel et autres canaux adaptés aux modalités d’intervention).
21
4. Ressources requises
Tableau 2. Ressources requises par composante par année
Composantes
Ménages
cibles
Fonds requis (USD)
2026 2027 2028
Résultat 1. Agriculture d’urgence: L’accès à une alimentation de qualité est renforcé grâce à la relance rapide et à la
sauvegarde de la production locale, afin de sauver des vies et d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des
ménages
Production alimentaire
d’urgence
72 000 32 400 000 – –
Protection et rétablissement de
la capacité productive des petits
producteurs touchés par les
chocs
20 000 6 000 000 – –
Prévention et contrôle des
maladies animales
10 000 4 000 000 – –
Sous-total 102 000 42 400 000 – –
Résultat 2. Résilience: La résilience des systèmes agroalimentaires locaux est renforcée, offrant aux communautés des
alternatives économiques et une alimentation saine, locale et sûre
Promotion d’opportunités
économiques et d’emploi rural
afin de réduire la pression sur
les sites de PDI et de limiter le
risque de recrutement des
jeunes dans les groupes et gangs
armés
30 000 9 000 000 9 000 000 9 000 000
Préparation des producteurs
agroalimentaires à faire face aux
chocs et aux aléas climatiques
30 000 10 000 000 10 000 000 10 000 000
Approvisionnement des cantines
scolaires avec plus de 80 pour
cent d’aliments produits au
niveau national
10 000 2 000 000 1 000 000 1 000 000
Sous-total 70 000 21 000 000 20 000 000 20 000 000
Résultat 3. Données, analyses et coordination: Des données fiables et produites á temps sont disponibles et permettent
d’informer la planification et la prise de décision coordonnée, et de renforcer la qualité des interventions en sécurité
alimentaire et en agriculture
Analyses et suivi de la sécurité
alimentaire, coordination,
évaluations rapides,
renforcement des systèmes
d’alerte précoce, programmation
sensible aux conflits,
développement de plans
d’actions anticipatoires et
gestion des connaissances
– 1 500 000 1 500 000 1 500 000
Sous-total – 1 500 000 1 500 000 1 500 000
Fonds total requis par année (USD) 64 900 000 21 500 000 21 500 000
Nombre total de ménages ciblés sur trois ans Fonds total requis sur trois ans (USD)
172 000 107 900 000 USD
Source: Auteurs du présent document.
22
5. Principes directeurs
5.1 Le personnes au centre
La FAO met la protection des droits humains au centre de ses actions, en premier lieu le droit
à une alimentation saine et nutritive. En Haïti, elle renforcera son appui au Gouvernement et
aux groupes marginalisés pour répondre aux besoins urgents, relancer la production
agroalimentaire et favoriser l’inclusion des populations affectées, notamment les femmes, les
jeunes et les groupes vulnérables.
La mise en œuvre de la FAO repose sur des principes directeurs essentiels: mettre les
populations affectées par les crises au centre des interventions, renforcer les partenariats
stratégiques avec les acteurs locaux et internationaux, et promouvoir la localisation de l’aide
pour appuyer les capacités des institutions nationales et des communautés. Ces fondements
guident l’ensemble du cycle de programmation, du diagnostic des besoins à l’évaluation, en
passant par la mise en œuvre, dans une logique d’impact durable, inclusive et sensible
aux risques.
La FAO applique strictement sa politique de tolérance zéro face à l’exploitation et aux abus
sexuels, à travers la sensibilisation du personnel et des partenaires, la mise en place de
mécanismes de plainte accessibles et le renforcement des capacités pour garantir un
environnement sûr et respectueux. La transformation en matière de genre est un pilier
central: les interventions viseront à autonomiser les femmes et les jeunes à travers l’accès aux
ressources, aux formations et à des financements adaptés.
L’approche intègre également des stratégies sensibles aux risques climatiques, sanitaires et
sécuritaires, avec des mesures d’atténuation comme l’agroécologie et la gestion durable des
ressources, afin de renforcer la résilience et de soutenir un développement rural durable.
Dans un contexte d’insécurité, les interventions seront sensibles aux conflits et orientées vers
la consolidation de la paix locale, en s’appuyant sur des analyses participatives pour réduire
les tensions et promouvoir le dialogue.
Enfin, les actions ciblant les communautés déplacées tiendront compte de leurs besoins
spécifiques, notamment en matière d’accès à la terre, et s’aligneront sur les solutions
durables qu’elles privilégient. La FAO réaffirme son engagement envers les principes
humanitaires d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance, garantissant une
assistance fondée sur les besoins.
5.2 Conformité et gestion des risques
La mise en œuvre du présent Plan s’inscrit dans un cadre rigoureux de conformité, à la fois
avec les politiques et les normes internes de l’Organisation et avec les exigences des bailleurs
de fonds. Une forte culture de conformité et de gestion des risques soutient la mise en œuvre
23
des programmes du Bureau de pays, garantissant la crédibilité de la FAO et démontrant sa
redevabilité envers ses partenaires financiers ainsi que les communautés affectées par
ses interventions.
La FAO évalue régulièrement les risques et met en œuvre des mesures pour les identifier et
les atténuer, y compris les risques de fraude, de corruption, de détournement de l’aide,
d’exploitation et d’abus sexuels, d’incidents liés aux sauvegardes environnementales et
sociales, ainsi que d’autres formes d’inconduite ou de risques programmatiques à haut risque.
Les contrôles internes sont renforcés grâce à des registres de risques au niveau des
interventions et des bureaux, à des processus rigoureux de diligence raisonnable et de
conformité, incluant les sanctions antiterroristes, le filtrage des fournisseurs et l’application
d’une politique de tolérance zéro en matière de fraude et de corruption. Le Bureau de pays
réalise des évaluations annuelles et des contrôles internes afin d’évaluer la conformité aux
procédures internes, la gestion des risques et aux processus financiers, garantissant ainsi
l’identification et la correction de toute lacune.
5.3 Partenariats et localisation
Pour maximiser l’impact et la durabilité de ses actions en Haïti, la FAO adopte une approche
collaborative fondée sur le renforcement du leadership local et l’engagement actif de toutes
les parties prenantes dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation de ses programmes.
Elle promeut de véritables partenariats avec les institutions publiques, les organisations
locales, les communautés et le secteur privé, afin de dépasser les logiques de prestation de
services et favoriser une prise de décision partagée.
Cet engagement renforce l’appropriation locale, soutient la résilience à long terme et
encourage des solutions durables ancrées dans les réalités du terrain. Forte d’une relation de
confiance établie au fil des décennies avec les institutions étatiques et la société civile
haïtienne, la FAO soutient efficacement des initiatives d’urgence et de résilience. Présente à
travers un bureau central à Port-au-Prince et cinq bureaux départementaux – Grand’Anse,
Sud, Sud-Est (avec deux sous-bureaux à Belle-Anse et Thiotte), Nord – la FAO compte plus de
100 employés, dont 85 pour cent sont des cadres nationaux. Cette implantation permet une
forte capacité opérationnelle, un maillage solide de partenaires locaux et des liens étroits
avec les autorités locales.
La FAO travaille en étroite collaboration avec plusieurs ministères, dont le Ministère de
l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural et sa Coordination
nationale de la sécurité alimentaire, le Ministère de l’environnement, le Ministère de la
planification, ainsi que leurs services déconcentrés. Elle collabore également avec l’Université
d’État d’Haïti, des organisations non gouvernementales nationales et internationales, des
organisations communautaires de base et des structures associatives, pour assurer un ciblage
précis et un fort engagement des communautés dans ses actions.
24
Figure 3. Bureau pays de la FAO en Haïti et ses sous-bureaux
Note: Veuillez consulter la clause de non-responsabilité à la page ii pour les noms et les frontières utilisés sur cette carte.
Source: Adapté à partir de: United Nations Geospatial. 2016. Carte de Haïti. Dans: Nations Unies. New York. [Consulté le 2 décembre 2025].
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Port-au-Prince.
Contact
Représentation de la FAO en Haïti
FAO-HT@fao.org
Port-au-Prince, Haïti
Bureau sous-régional de la FAO en Mésoamérique
FAO-SLM@fao.org
Panama, Panama
Bureau régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes
FAO-RLC@fao.org
Santiago, Chili
Bureau des urgences et de la résilience
OER-Director@fao.org | fao.org/emergencies
Rome, Italie
Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture
CD8190FR/1/01.26