Envantè ak deskripsyon zòn agwo-ekolojik Savane Diane
Rezime — Envantè ak deskripsyon zòn agwo-ekolojik Savane Diane, ke Fakilte Agwonomi ak Medsin Veterinè te fè pou Lekòl Mwayen Devlopman Ench, jen 2003.
Deskripsyon Konple
Fakilte Agwonomi ak Medsin Veterinè te fè l pou Lekòl Mwayen Devlopman Ench, ak dat jen 2003. Tèm referans li klè: degradasyon akselere resous natirèl peyi a mande yon wo nivo rasyonalite nan itilizasyon yo; Savane Diane an pati eksplwate san lòd epi sou-eksplwate nan kèk kote; epi ak ogmantasyon popilasyon an, li vin opòten pou dyagnostike rejyon ki sou-itilize. Dokiman sa a se yon eskan san kouch tèks epi li pase nan OCR lè ingestion.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
a ECOLE MOYENNE DE DEVELOPPEMENT DE HINCHE
a (EMDH)
INVENTAIRE ET DESCRIPTION DES ZONES
7 AGRO-ECOLOGIQUES DE SAVANE DIANE
Réalisée par la: Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
Juin 2003
- 1
- TABLE DES MATIERES
Liste des HADIEAUX rm À
- Liste des sigles et ADEVEGHOMS.sssccsssssssssscsccsesessssecceccsccccccnnesnnsssesseeccsnsacscccggrensserireessesssnnesensssed
1. Contexte et termes de référence TERRE
- 2. Démarche méthodologique cccccccusauesansuuecssuupssssusensansesssucerancesnoseqnocsnesensesrescesssnecnansonnsssossssoO
2.1 Prospection de la zone 'ÉAAE sosesssssecccsssescscevecsssssessesscsseconscsssessssesesessnseecnasegnsnsesesseersO
- 2.2 Etude du paysage CRE
: 2.3 Etude des SOS ccossssessesceecsssssssssssssssssssvessssseescscecceecensnsnsessssesssnasessccnnnenansnsurscesssssessnns ]
2.4 Interviews avec des ACLEULS...sscevessecccssscsvssssecsccssessssesssccssssscesssesesssssesesenenneseeesssessenseesB
: 2.5 Organisation du travail een nee nee ennui D
| 3, Localisation géographique et statut administratif de Savane DIANE rs LO
4. Historique de Savane Diane... 12
5. Caractéristiques biophysiques de Savane Diane... 14
5.1 Géologie, pédologie et relief nent 14
; 5.2 Climatt secsesssscssssesecesevevsevvosssssscsecsessssnscsserecceesssnsnanssssnnsseceennectenersscssessnnsessccresstnnnee 14
5.3 RESSOULCES EN CAU.....sscesssesssserssserscesenscntenerersnenenanencncneeersvenesnsescnerarsennrneacenscnessessses 15
5.4 Milieux de Vie sense 17
6. Modes d'exploitation du milieu et zones agro-Écologiques «.....sesscesssersesserresserssecencerersees 19
7. Description des zones agro-écologiques.…..........….…..….…...….... Dl
7.1 ZAEI: Zone à agroforesterie dense ER NIONOEONTEANNIEENAAEREENNTNNAHNLIanEn Orne 0000000000 |
7 72 ZAEIL: Zone à agroforesterie peu dense avec jachères pâturées 24
73 ZAE II : Zone à hydromorphie temporaire, pâturée et partiellement cultivée ..........27
74 ZAEIV: Zone peu cultivée et pâturée....................... 29
- 7.5 ZAE V : Zone de prairie non cultivée et non paturée ocenenocpcaconconccconoencacocreenanocenocnocoe fl)
7.6 ZAE VI: Bas-fonds et dépressions humides et DOÏSÉS nine 32
- 7.7 ZAE VII: Zone érodée à duripans et végétation rare ocaccrecnconeecoovencoconconccnoczennocacenccee tS}
. 8. Les unités pédologiques et la vocation des sols à Savane Dianne serrer BD
8.1 Description des unités pédologiques esueravecastenvesvessosesssnsensenseceecescnssssesesssensesasenntessens OD
8.1.1 Unitél: Sols alluvionnaires de coloration noirâtre à faible pierrosité .............35
; 812 Unité IL: Sols hydrOmOmphes.........….…................. ss
8.13 Unité I: Sols calcimagnésiens oy,
8.14 Unité IV : Sols fersiallitiques rouges sssneanuvansessegesssvcenssassersateccentsssessersecsarsensconene 4
8.1.5 Unité V : Sols alluvionnaires à forte pierrosité reposant sur un glacis rocheux...40
8.2 Vocations des SOUS coccccscscsecscssecossvssesssscogrvvsccsssscssnsscanssensecegusssssvssssssseessneersserccnssosens Al
: 9. Contraintes et pOtERtIAlitÉS.n.........as
9.1 Les contraintes ccccccessaestussasauusananvessavecsgnsesesrssessesseseanseanaseqnnerssveccassensessourecaascorensssesas ET
? 9.1.1 Contraintes liées à l’agriculture et D'ENVITONNEMENT nn... 45
9.1.2 Contraintes techniques meme... 4B
~ 9.1.3 Contraintes S0ci0-ÉCONOMIQUES Ad
7 9.2 Les TOUS ceccccsssssesseccocssssssvscecsccsscccecececesssssssssssssssnuccecceecesssssisssesssnnneessescerseeessssssesnss SO
10. Conclusions et TECOMMANAATIONS mme OL
- 10.1 Conclusions annee OL
10.2 Recommandations nn DS
10.3 Modules de formation PTOPOSES mure SD
2
1 Liste des tableaux
| Tableau 1- Principaux points et cours d'eau recensés à Savane Diane... 16
Tableau 2.- Calendrier cultural pratiqué dans la ZAE I.........................22
_ Tableau 3- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE Hronamaenancononenannennnneonno fi}
Tableau 4- Calendrier cultural pratiqué dans ia ZAE I... 25
Tableau 5- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE IT enonronnonoannpancnnannnEensomanocoonnn M)
Tabieau 6- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE Irene 28
Tableau 7- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE INF cooanonomomennennmonnnnnet)
| Tableau 8- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE VW cmaoomanaonnononananannninmnonoononoao 2)
~ Tableau 9- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE Venere 33
Tableau 10- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE VAL 33
Tableau 11.- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l’Unité I. sesenesesecsenneeersseens DT
; Tableau 12.- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l’Unité Wheccococococercreccnooone 3
Tableau 13.- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité IIT……...........39
7 Tableau 14- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité TV..................40
Tableau 15- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité V..................41
: Tableau 16- Particularités et déficiences des unités pédologiques 42
3
- Liste des sigles et abréviations
- ANAROC Anacaona Aromatic Company
| CEC Capacité Échange Cationique
_ EMDH Ecole Moyenne de Développement de Hinche
FAMV Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
_ GPS Global Positioning System
; MARNDR Ministère de 1’Agriculture Ressources Naturelles et Développement Rural
; meq Milliéquivalent
- mmho Milli mho
MPCE Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
_ MPP Mouvement Paysan Papaye
ppm Partie par million
- RNE Ressources Naturelles et de l'Environnement
SIG Système d'Information Géographique
a UEH Université d'État d'Haïti
UTSIG Unité de Télédétection et de Système d’information Géographique
: 4
= AVANT-PROPOS
_ E L'étude des caractéristiques agro-écologiques de Savane Diane a été commanditée par l’École
Moyenne de Développement de Hinche (EMDH) et exécutée par la Faculté d’Agronomie et
5 de Médecine Vétérinaire (FAMV) de l’Université d'État d'Haïti (UEH). La conduite de
| l'étude a été confiée à une équipe pluridisciplinaire formée de professeurs de la FAMV et
= d’un technicien en Système d’Information Géographique (SIG). La coordination technique de
A l'étude et l'élaboration du présent document ont été assurées par les professeurs Jocelyn
LOUISSAINT et Jean Arsène CONSTANT attachés respectivement aux départements des
| Ressources Naturelles et de l'Environnement (RNE) et celui de Phytotechnie de la FAMV.
7 Par ailleurs, huit (8) étudiants finissants en Option RNE ont participé à la collecte des
informations sur le terrain. Ce sont :
™ - Moreau Kénol
- Eddy Saint Gilles
= - Ronex Turenne
7 - Jean Bamabé Bellanton
= - Paul Michel Dextra
- Jacques Péguy
= - Joseph Constantin
- Jean-Baptiste Manix.
Enfin, les cartes des zones agro-écologiques et de vocation de sols ont été élaborées à partir
: des bases de données fournies par l'Unité de Télédétection et de Système d’Information
Géographique (UTSIG) du Ministère de la Planification et de la Coopération Exteme
- (MPCE).
La FAMV présente ses remerciements à tous ceux qui de loin ou de près ont contribué ala
| réalisation de la présente étude, particulièrement le directeur de l’EMDH, l’Agronome Serge
| DUROSIER, et les informateurs de terrain.
7 Jean Vernet HENRY
~ Doyen de la FAMV
7 5
1. Contexte et termes de référence
. La dégradation accélérée des ressources naturelles du pays exige un haut niveau de rationalité
7 dans leur utilisation. Cette approche nécessite une connaissance relativement détaillée des
potentialités de nos ressources afin d'aboutir à des choix techniques susceptibles de permettre
| une optimisation dans le processus de leur mise en valeur. Savane Diane est, en partie,
exploitée de façon anarchique et sous-exploitée en certains endroits. Tenant compte de
l'augmentation accrue de la population et de l'urgente nécessité d'agrandir la superficie
cultivée, il devient opportun de diagnostiquer certaines régions sous-utilisées afin de
_ rationaliser davantage les interventions futures.
~ C'est dans ce contexte que s'inscrit l'étude agro-écologique de Savane Diane qui a été déjà
l'objet de colonisation par des populations venant d'autres endroits particulièrement des
rescapés du massacre des Haitiens en République Dominicaine en 1937. Cette premiére
colonisation a été réalisée sans une étude préalable susceptible d'orienter les interventions. De
nos jours, le rapatriement d'haïtiens venant de la République voisine se poursuit et la nécessité
d'aménager des endroits d'accueil pour les rapatriés est devenue un impératif. Il s'agit, donc,
à travers la présente étude de déceler les potentialités actuelles de la zone en vue d'aboutir à
son utilisation rationnelle. Les résultats des travaux doivent également servir, en partie, de
base à la mise en place d'un programme de formation et d'encadrement des futurs
valorisateurs de l'espace.
De façon concrète, il s'agit de:
® identifier les principales unités agro-écologiques de Savane Diane ;
= réaliser une description détaillée de ces unités en mettant un accent particulier sur leurs
LL potentialités naturelles ;
» élaborer une carte montrant lesdites unités agro-écologiques ;
"évaluer à grande échelle le niveau de fertilité naturelle des zones cibles en élucidant les
_ 7 propriétés physico-chimiques des sols ;
“évaluer la couverture végétale naturelle en tenant compte des différentes strates ;
| 7 ® élaborer une carte de vocation des sols sur la base des paramètres mesurés ;
6
= déceler les contraintes susceptibles de limiter la valorisation des zones agro-écologiques ;
= faire la description des mesures d'aménagement observées ;
= formuler des recommandations pertinentes relatives à l'utilisation du milieu sous étude sur
- la base de ses caractéristiques, atouts et contraintes.
2. Démarche méthodologique
En vue d'atteindre les objectifs visés dans les termes de référence, la méthodologie décrite ci-
dessous a été utilisée dans la conduite des travaux.
7 2.1 Prospection de Ja zone d'étude ;
Sur la base d'une pré-délimitation d'unités agro-écologiques réalisée par l'Ecole Moyenne de
[4 Développement de Hinche (EMDH) et de visites exploratoires préliminaires, une prospection
- détaillée a été réalisée à travers toute la zone d'intervention.
7 Cette prospection a été effectuée suivant la méthode des transects. Deux sortes de
= transects ont été définies:
- a- deux transects transversaux de direction nord-ouest/ sud-est délimités au milieu par
= l’axe défini par la ravine dénommée Dlo Kontre en amont et Rio Pouéque en aval:
7 - le premier part des limites de Gualandou jusqu’à l’ancienne Ville Diane;
: - le second part de Nan Dépôt jusqu’à Bwa Chèch et Ravine Sable.
- Ces transects ont été explorés sur une largeur de 1 km environ et sur toute leur
1. longueur.
= b- des transects multidirectionnels à l’intérieur des unités agro-écologiques prédéfinies
par PEMDH.
Le choix des transects d'observation a été fait de manière à cerner toute la diversité du milieu
_ au point de vue agro-écologique et également à couvrir toute la zone d’étude.
7
2.2 Etude du paysage agraire
Sur le parcours de chaque transect, l'étude du paysage agraire a été faite au niveau de placettes
7 d'observation de dimensions variables mais de rayon supérieur à 50 m. Les données
recueillies ont porté sur:
~ = lerelief;
: = Jes caractéristiques du sol en surface: couleur, pierrosité ;
« le mode d'exploitation du milieu ;
7 = les cultures pratiquées ;
. “Ja végétation : les formations, les espèces, leur représentativité relative, l'importance des
strates ;
| = les formes de dégradation du milieu ;
« Jes ressources en eau de surface y compris les puits ;
7 7 = Je réseau ravinaire ;
= Jes structures d'aménagement et de conservation des ressources naturelles.
if 2.3 Etude des sols
En vue de déterminer les caractéristiques physico-chimiques et établir la carte des
7 potentialités des sols de Savane Diane, des descriptions de profils pédologiques (Pi), des
7 analyses d’échantillons de sols au lalboratoire et des sondages a la tariére (Si) ont été réalisés
- à travers toute la zone d’étude (Carte 1).
De façon concrète, les étapes ont été les suivantes: ~
“ Délimitation préliminaire des unités pédologiques à partir du traitement de la
- cartographie disponible et des images satellitaires ;
+ = Vérification sur le terrain des limites des unités préalablement identifiées à partir
_ d'observations et de sondage à la tarière ;
= “Détermination de l'emplacement des profils. Les coordonnées géographiques de chaque
profil ont été prises au GPS (Global Positioning System).
_ “ Ouverture et description de onze (11) profils pédologiques (P1 à P 11 ) de 1.25 m de coté
_ et de 1.5m de profondeur. Les variables prises en compte lors de la description sont : la
=: couleur de chaque horizon interprétée suivant le Soil Munsell Color Chart, l'appréciation
7 de la texture et de la structure, la transition entre horizons, etc.
8
La description des profils a été complétée par le prélèvement d’échantillons de sols au niveau
des trois (3) premières couches identifiées. Des prélèvements d'échantillons additionnels à la
tarière (S1 à S 6) ont été également réalisés à deux profondeurs différentes entre 0-15cmet
15- 30 cm dans chaque point de sondage. Les échantillons ont été ensuite analysés au
Laboratoire des Sols de la FAMV en mesurant les paramètres suivants:
; ® la texture par la méthode de Bouyocos
= Je pH au phmètre par la méthode de Peech
= Ja conductivité électrique au conductivimétre par la méthode de Bower et Wilcox
= le carbone organique par la méthode de Walkley-Black
| = l'azote totale par la méthode de Kjeldahl
* le phosphore assimilable par la méthode d'Olsen
« la capacité d'échange cationique (CEC) et les bases échangeables par la fixation à
l'acétate d'ammonium et dosage par absorption atomique
Les résultats obtenus ont fait ensuite l'objet d'une analyse croisée en vue d'arriver à des
conclusions qui tiennent compte du maximum d'aspects possibles.
2.4 Interviews avec des acteurs
5 Dans l’optique de compléter les observations et mesures effectuées sur le terrain, quatre
groupes d’acteurs ont été enquétés :
- = des personnes âgées de plus de 55 ans en vue de retracer l’historique de Savane Diane au
point de vue agricole et d'utilisation de l’espace ;
= des techniciens travaillant dans la zone et des élus locaux pour mieux cerner le contexte
global ;
«des agriculteurs, pour la plupart des fils d’anciens colons établis à Savane Diane à la fin
des années 30, afin d’appréhender leur logique de fonctionnement et leurs attentes.
9
2.5 Organisation du travail
La stratégie globale développée a suscité la contribution de différentes compétences à
: différents niveaux. Des mécanismes de coordination ont été créés dans le but de rendre cette
collaboration effective. L'équipe qui a réalisé ce travail est pluridisciplinaire. Elle est
composée de professeurs et d’étudiants finissants de la FAMV travaillant en synergie sur tous
les aspects de l'étude, de manière soutenue et permanente et sous la supervision d’un
coordonnateur jusqu’à la finalisation du travail. On y retrouve :
= Des spécialistes en agronomie, en pédologie et en environnement ayant réalisé les
| prospections préliminaires de terrain, l’exploration et l’étude des transects transversaux,
la rédaction des éléments et problématiques de l'étude ;
"Un cartographe, spécialisé en SIG et en informatique chargé du traitement des données
numériques ainsi que de l’élaboration des cartes thématiques ;
|: “Huit (8) étudiants finissants en option RNE de la FAMV chargés de la collecte de données
sur l’histoire, les ressources naturelles, l’organisation et les modes d'exploitation du
7 milieu au niveau de chacune des unités agro-écologiques préalablement identifiées par
| l'EMDH suivant des termes de référence dûment élaborés.
10
3. Localisation géographique et statut administratif de Savane
Diane
Savane Diane n’est pas une entité administrative du territoire haïtien, ses limites cadastrales
7 restent floues. Néanmoins, sur la base des informations locales, des cartes thématiques et
topographiques de la région (Carte 1), on remarque que Savane Diane est limitée au Nord par
\ la commune de Saint Raphaël, au sud par la rivière Canot, à l'Est par la commune de
Maissade et à l'Ouest par celle de Saint Michel de l’Attalaye.
Différentes divisions y sont également identifiées :
- a localité de Garde 6"° dans la pointe nord-ouest regroupant les habitations Garde
_ 6°" Savan n Dio, Nan Depo, Vye Bou et Nan Bwa Pen ;
- Grande Diane (ou Savane Bissainthe) au nord et Petite Diane au sud. Elles sont
E séparées au milieu par l’axe diagonal formé par le cours d’eau portant le nom de Dlo
Kontre en amont et Rio Pouèque en aval. Grande Diane regroupe Nan Jules, Nan
Palma, Bwa Chéch, Tè Kase, Felizor . Petite Diane regroupe Dazilma, Debauche,
Casseus, Biliguy et Guillaume.
A partir de cette délimitation et des coordonnées géographiques relevées au GPS (Global
Positioning System) sur ce périmètre, la superficie de Savane Diane est évaluée à 12500 ha
environ. Cette aire chevauche 3 départements du pays: l’Artibonite, le Centre et le Nord :
- Au niveau du département de l’Artibonite, elle occupe au niveau de Guillaume et
Débauché une partie des sections GE Las Cidras et 5°" L'Ermite de la commune de
Saint-Michel de l’Attalaye dont la rivière portant le même nom la traverse dans la
partie nord-ouest ;
- Pour le département du Centre, on y retrouve au niveau de Biliguy une partie de la
section 3°"° Hatty de la commune de Maïssade ;
_ - Enfin, Savane Diane, comporte dans ses parties nord et nord-est une p ortion de la
section 4° Sanyago de la commune de Saint-Raphael située dans le département du
Nord.
: Par conséquent, une bonne gestion de la savane devra prendre en compte cet aspect complexe
| afin d'éviter tout conflit d'intérêt entre les collectivités territoriales dans l’exercice de leur
: droit de regard sur Savane Diane.
i"
12
4. Historique de Savane Diane
Savane Diane a été pendant longtemps non utilisée 4 des fins agricoles probablement à cause
de sa position géographique et surtout du fait de la méconnaissance de certaines de ses
potentialités naturelles.
L'exploitation de la Savane à des fins agricoles avait réellement débuté en 1920 par la « West
l Indies Company » pour la plantation de tabac et de ricin. Ces plantations couvraient la
section I’Attalaye incluant 1a Localité « Nan dépôt». La compagnie utilisait le tabac pour
ri produire des cigarettes au label « Nég-au-brun » réputé pour sa bonne qualité. L’expérience
n’avait duré que quatorze années car en 1934 les dirigeants ont du fermer l’entreprise.
Trois ans plus tard, au lendemain du massacre des haïtiens en République Dominicaine, le
gouvernement haïtien avait décidé d'établir des colonies à travers le pays devant recevoir les
rescapés du massacre. Plusieurs ont été ainsi établies dans la zone du Plateau Central. A côté
. de celle de D’Osmond et celle de Grand Bassin, la localité Mattelermite qui se situe entre
Maissade et Saint-Michel de l’Attalaye et à l'intérieur de Savane Diane, a été choisie pour
_ établir une colonie agricole dénommée ci-après Ville Diane. Une superficie de 3 hectares a
: été attribuée à chaque colon afin d’assurer la survie de sa famille. De plus, une école primaire
a été construite dans la colonie en vue d'assurer la formation académique des enfants de
ë. colons. Par ailleurs une ferme agricole avec des agronomes et des techniciens a été créée afin
_ d’encadrer les agriculteurs colons dans la production agricole.
Malheureusement, après la chute du président Sténio Vincent, l’arrêt des subventions a
| | entraîné au fil des jours le déplacement des colons vers d’autres endroits plus accessibles et
offrant de meilleurs atouts pour vivre. On peut à date observer les vestiges des installations et
quelques habitations entourées d’ilots de verdure occupées par les d escendants de certains
colons qui ont pu rester dans la zone malgré les nombreuses difficultés auxquelles ils ont dû
- faire face. Actuellement, le Mouvement Paysan Papaye (MPP) met en valeur une propriété
qui se situe au noyau de l’ancienne Ville Diane.
La plus grande expérience en matière d’agro-industrie à Savane Diane avait débuté en 1942 ,
~ sous la direction de l’Agronome Louis Déjoie. L’Anacaona Aromatic Company (ANAROC),
ci-devant Etagil, fonctionnait à partir d’immenses plantations de V étiver et de Citronnelle
13
établies dans les localités Nan Depo, Vieux bourg, Dlo Kontre pour ne citer que celles-la. Les
usines de transformation, dont les vestiges sont visibles actuellement, étaient situées dans la
localité de Débauché et Nan Dépôt et produisaient environ 150 drums ou barils d’huile de
citronnelle et 70 drums d’essence de vétiver par année.
La compagnie a vait é galement aménagé une piste d'atterrissage à Débauché ainsi que des
logements pour ses employés. Durant la période des activités de la compagnie, presque toutes
_ les rivières avoisinantes ont été ensemencées d’alevins de la Carpe de Jérusalem afin
d'améliorer la diète alimentaire de la population travailleuse.
Malheureusement, à la suite de la défaite du candidat Déjoie aux élections présidentielles de
1957 tout fut pratiquement livré au pillage et détruit tandis que celui-ci était parti en exil.
D’autres tentatives de mise en valeur ont été faites sous la présidence de François Duvalier,
| mais toujours sans succès. Parmi ces dernières on peut citer :
“ Celle de Stherlin Ceilling au début des années 60 qui résidait dans la plantation de « sans
cesse » à fleurs blanches et jaunes sur une superficie de 60 carreaux de terre. Elle n’a duré
que deux années à cause de sérieux problèmes économiques.
à * Celle de Luckner Cambronne un peu plus tard toujours sur une superficie approximative
de 60 carreaux de terre destinée à la production de Gombo et de pois congo dans les
localités de Trouzombi et de Labissainthe.
= Celle de la Standard Food sous la direction de l’agronome Roger Adam qui a été un échec
; cuisant.
= Celle de Nathan Nabramovich un peu plus tard dans la plantation de ricin qui en principe
- n’avait duré qu'une année.
= La dernière expérience actuellement en cours est conduite par un américain dénommé Garett
- circonscrite dans la production du pois congo et couvrant une superficie d’environ 30
a hectares. |
: Il est important de souligner qu'aucune tentative de mise en valeur ou de projet réel n’a
c couvert Savane Diane en entier à cause de sa grande étendue. Ceci donne une idée de
Pampleur des décisions à prendre et des mesures d'accompagnement à envisager afin
d’arriver à son exploitation réelle et rationnelle.
14
5. Caractéristiques biophysiques de Savane Diane
5.1 Géologie, pédologie et relief 1
| Savane Diane représente dans sa conformation topographique un prolongement du Plateau
Central, séquestrée entre le Massif du Nord et les Montagnes Noires. Son fond consiste en un
dépôt de graviers et de vases de plaines d'inondation mises en place durant une certaine
r période géologique. Il s’agirait ainsi d’une plaine alluviale ayant été formée durant le miocène
quaternaire.
Le soc rocheux sur lequel repose le sol est une roche mère sédimentaire de type calcaire
| formée à partir d’éruptions volcaniques durant l’éocène moyen ou supérieur. Ces calcaires
éocènes s’étendent en bloc depuis Maïssade jusqu’à Saint Michel de l’Attalaye. Savane Diane
est en majeure partie formée de couches de siltstone rougedtre et verdatre, de grès grossiers
brun rouillé, de conglomérats renfermant de petits cailloux et enfin de couches d’argile
| schisteuse carbonée et de lignite, le tout réuni forme des couches d’une épaisseur moyenne de
8 50 m.
| | Savane Diane est située sur un vaste plateau plat sur la majorité de sa surface mais présentant
par endroits des ondulations (et dépressions) dues à l’érosion au cours du temps. On observe
| en certains endroits une alternance de monticules et de dépressions et dans les parties planes
| des poches d'accumulation de matière organique se signalant par leur couleur noirâtre. La
| majeure partie de sa superficie est cependant presque aplatie avec de faibles pentes qui
1. n'atteignent pas 5%.
5.2 Climat
| Le climat caractéristique de Savane Diane est peu connu mais se rapproche plus de celui de
St-Michel de l'Attalaye. Les précipitations moyennes annuelles sont de 1200 à 1500 mm et la
5 température moyenne annuelle de l'ordre de 30°C. La saison pluvieuse dure 6 mois et s'étend
i de fin avril à début octobre et la saison sèche très marquée va de fin octobre à fin mars
~ recevant à peine 10% des pluies annuelles. Dans l'ensemble, Savane Diane est caractérisée par
un climat semi-aride avec une alternance de saisons sèches et humides très marquées.
Toutefois, il semble que la partie nord proche de la commune de St-Raphaël bénéficie d'une
plus forte pluviométrie que les autres parties.
; Le vent est permanent à Savane Diane et sa vitesse varie d'une période à une autre.
_ ' Woodring P. W.; Brown J. S. et Burbank S. W., Géologie de la République d'Haïti, 1922
15
5.3 Ressources en eau
Malgré un nombre important de points d’eau (Tableau 1), les ressources en eau libre 4 Savane
Diane sont peu abondantes. On y trouve pourtant trois (3) rivières mais se situant toutes en
bordure de Savane Diane: Bouyaha au nord , Canot au sud et L’Attalaye au nord —ouest. Il y
a beaucoup d’autres cours d’eau (ruisseaux et ravines) mais à faible débit et presque nul
durant les saisons séches. Ensuite il existe plusieurs sources et des dépressions qui ne
retiennent de l’eau que temporairement et également des puits.
Ces eaux sont utilisées à des fins domestiques et d'élevage. Aucune utilisation n’en est faite à
des fins agricoles. En ce qui a trait à la possibilité de les utiliser pour l’imigation, les
perspectives sont difficiles eu égard à leur faible débit et leur côte inférieure par rapport aux
terres. Toutefois, elles peuvent devenir plus accessibles par pompage.
Les réserves souterraines d’eau semblent peu accessibles malgré l'existence de plusieurs
puits, très profonds pour la plupart. Ce domaine des ressources naturelles nécessite une
évaluation exhaustive afin de pouvoir réellement les valoriser dans le cadre d'un projet global
de mise en valeur de Savane Diane à des fins agricoles.
16
Tableau 1- Principaux points et cours d'eau recensés à Savane Diane
RL LE
RS LA
RE LE
EE
| EL CE
A LL
kc
|
Fan
LL
Deux (2) sources Nan Neryen Débauché I
LL
RD ES
Source rivière L'atalaye Dazilma et Nan Bwa pen Permanentes
| I PP
Ravine Jasmin nan Dépôt et nan Chan
ES
Ravine Pitimi, Ravine Tichon, Ravine nan Pitimi, nan Palma, nan Temporaires
Free |store [on
— nan Séné, nan Paul, nan
PT
| 17
5.4 Milieux de vie
Par le jeu des conditions du milieu et des facteurs historiques, les formations végétales de
Savane Diane se sont diversifiées. La dénomination de savane ne s'applique pas intégralement
du point de vue phytogéographique à Savane Diane, elle répond de préférence à une
terminologie locale (en Haïti) désignant indistinctement des formations végétales variées en
zone humide ou sèche, la savane proprement dite, la prairie et même les pelouses.
Dans la réalité, les principales formations végétales retrouvées à Savane Diane sont:
na a- la prairie: recouvrant la majeure partie de la zone (parties centrales de Petite Diane et
Grande Diane). Elle est constituée d'herbes, essentiellement Madame Michel (Themeda
quadrivalvis), atteignant dans les poches humides et en saison pluvieuse une hauteur d'un
(1) m environ. Les chaumes sont d'ailleurs utilisés pour recouvrir les toits des maisons. On
retrouve également des légumineuses (siratro, pète pète), la verveine, et le balai insérés
dans les formations herbacées;
- b- la savane, formation associant herbes et arbres, recouvrant en fait une faible partie de la
zone. Elle est typique dans les localités de Débauché, Biligui, Bwa Chèch et Savan Dlo où
~ le tapis herbacé est parsemé d'arbres isolés, essentiellement la bayahonde (Prosopis
| juliflora) et l'acacia (Acacia sp.)
c- les reliques de forêts galeries situées le long des cours d'eau permanents;
| d- des pelouses, tapis herbacé rasant et discontinu, dans les endroits 4 sols indures se
répartissant par poches à travers la zone notamment du côté de Bwa Chéch;
Fi e- les cultures dont les systèmes agro-forestiers retrouvés dans les espaces agricoles
= localisés plutôt en périphérie de la Savane Diane.
= Quant à la flore, un relevé floristique partiel à Savane Diane a permis d'identifier 117 espèces
; et 43 familles dont les plus représentatives sont les Poaceae (14.5% des espéces), les
1 Euphorbiaceae (8.5%), les Mimosaceae (6.8%), les Caesalpiniaceae (5%), les Fabaceae
(5%)°. Puis viennent les Anacardiaceae, les Bignoniaceae, les Meliaceae, les Sapindaceae et
| les Verbenaceae comportant chacune 3% d'espèces (Annexe D). Cette assez grande diversité
est similaire à celle rencontrée dans les zones humides tropicales. Ce qui est un contraste par
: rapport à la zone de vie, semi-aride, dans laquelle est située Savane Diane. Toutefois plus de
7 2 Le groupe des Légumineuses représente 15%
_ 18
80% des espèces sont confinées dans les îlots de végétation situés dans les dépressions et les
E bords de riviéres et qui ne représentent qu'un trés faible pourcentage de la zone sous étude.
Il existe également une agrobiodiversité assez élevée constituée de 40 espèces cultivées et
_ semi-cultivées et plus de 3 variétés par espéce vivriére et prés de 10 pour les manguiers. On y
retrouve des cultures avec des exigences écologiques élevées (banane, igname, espéces
: arborées) et d'autres trés rustiques (céréales, manioc). Il faut quand même souligner une
prédominance des cultures de zones sèches notamment le maïs, le sorgho et le pois congo qui
- sont les cultures principales de la zone. De plus, il existe une faible représentativité des
racines et tubercules, en particulier l'igname, de la banane et en dernier lieu la quasi absence
des cultures maraîchères. Il est important de noter qu’aucune parcelle emblavée en haricot n’a
| été observée durant les travaux de terrain. .
Malheureusement, il n'est pas possible de présenter le même inventaire pour la faune. D'une
- part aucun recensement des animaux sauvages n'a été effectué au cours de cette étude étant
donné les difficultés liées à cet exercice, d'autre part vu l'état de dégradation de
l'environnement et l'histoire d'exploitation abusive de cette "savane", il est certain que cette
faune est sérieusement appauvrie. Les seules espèces qu'il a été possible d'observer sont les
Fr reptiles (lézards, couleuvres), les insectes qui sont en abondance (criquets, et grillons; les
prairies représentent un habitat idéal pour la prolifération des insectes) et les oiseaux les plus
Te communs (oiseau palmiste, pipirit, ortolan, tourterelle).
Par ailleurs, les animaux élevés sont assez diversifiés ou du moins regroupent toutes les
are espèces faisant l'objet d'élevage en Haïti. En effet on y trouve 12 espèces élevées qui sont des
1 bovins, équins, caprins, porcins, ovins, volailles et oiseaux (Annexe I).
= En définitive, la biodiversité recensée à Savane Diane est caractérisée par des espèces
= d'exigences écologiques très variées bien qu'il existe dans l'ensemble une prédominance des
espèces de zones sèches et une faible représentativité des arbres. Néanmoins, la présence de
= cette biodiversité témoigne d'une diversité écosystémique, malgré l'apparente homogénéité de
Savane Diane, et des potentialités de sols appréciables. Ceci montre également qu'il existe des
: potentialités agricoles qui pourraient mieux s'exprimer avec des aménagements agricoles et
= des techniques de gestion de l'aridité. Les parcelles et lakous éparpillés à travers Petite Diane
7 et mis en valeur avec des techniques rudimentaires témoignent de ces potentialités.
; 19
6. Modes d'exploitation du milieu et zones agro-écologiques
Savane Diane est caractérisée par une relative homogénéité du point de vue
géomorphologique. Le terrain est dans l'ensemble plat si ce n'est les vallonnements qui sont
plus prononcés à certains endroits que d'autres. La nature des sols présente certains écarts
significatifs relatifs à leur pH, leur teneur en matière organique, jeur texture et la disponibilité
en éléments majeurs. Les mêmes cultures et associations- sauf le riz- ainsi que la culture
attelée reviennent un peu partout a travers toute la zone. Les cultures les plus rencontrées sont
le mais, le sorgho, l'arachide, le manioc, le jijiri (sésame), le pois congo, le vigna et la canne-
i a-sucre. L'agroforesterie est très présente dans la zone mais est limitée 4 la portion
périphérique de la savane. Les arbres retrouvés dans les systémes agroforestiers sont des
espèces forestières et fruitières avec une dominance de ces dernières plus particulièrement les
: manguiers et le bigaradier. L'herbe caractéristique de Savane Diane, “Madan Michel"
(Themeda quadrivalvis), est en abondance dans toute la zone avec cependant une présence
moins marquée dans les endroits cultivés où l'herbe "Ti corde à graine" (Dicanthium
L caricosum) est plus abondante.
= D Toutefois, il existe une variabilité entre les localités au niveau de l'organisation du paysage,
principalement à l'échelle des parcelles et au niveau de l'intensification de l'agriculture. Ainsi,
on peut dans un premier temps, partager la Savane Diane en deux grandes unités que sont:
- La bande périphérique vallonnée, représentant près de 40% de la superficie totale de la
: "Savane" et comportant zones d'épandage, vallons et dépressions autour des rivières et
ravines ainsi que des sols d'apport. Les sols sont plus ou moins riches et possédent une
_ capacité de rétention en eau moyenne; ce qui permet de réaliser dans les bonnes années
(pluvieuses) deux (2) saisons de maïs par an. Cette bande est très exploitée avec beaucoup
_ de cultures, d'agroforesterie et d'élevages, mais posséde encore une végétation naturelle
assez diversifiée (voir Annexe D). Les arbres dominent le paysage avec une relative
—— abondance des espéces fruitiéres;
- Le milieu de la "savane", plat mais sillonné de petites dépressions la traversant d'ouest en
- est et servant de lieu d'accumulation de matière organique lorsqu'elles ne débouchent pas
dans des ravines. Les sols, graveleux en surface mais très argileux en profondeur sont peu
- propices aux cultures sarclées; dans les poches cultivées, une seule saison de culture est
possible par an. La végétation est essentiellement herbeuse, formant un tapis recouvrant
- 20
toute la surface du sol sauf dans certaines zones où des horizons stériles affleurent. Cette
partie de la savane est peu ou pas exploitée sauf du riz et parfois un peu d'élevage de
bovins et d'équins dans des petites poches ou dépressions. Il y a lieu de préciser l'existence
d'une érosion latérale (ou laminaire) et d'assez grande ampleur dans cette partie. Ce sont
Petite et Grande Diane (Savane Bissainthe).
En plus des facteurs précédents et 4 une échelle plus réduite, d'autres critères permettent de
F faire ressortir la variabilité du milieu au sein de la Savane Diane:
- la densité d'arbres et de l'agroforesterie qui connaît un gradient négatif de l'extérieur vers
7 l'intérieur;
- l'élevage qui se concentre dans les aires cultivées et proches des poches d'habitat;
on - l'organisation des parcelles;
- habitat qui se concentre principalement au niveau de la bande périphérique.
A partir de ces considérations, 7 zones agro-écologiques (ZAE) peuvent être distinguées
= (Carte 2):
> La ZAEI: Zone à agroforesterie dense
_ > La ZAE Il: Zone à agroforesterie peu dense avec jachères pâturées
> La ZAE I: Zone à hydromorphie temporaire, pâturée et partiellement
_ cultivée.
> La ZAE IV: Zone peu cultivée et pâturée.
_- > La ZAE V: Zone de prairie non cultivée et non pâturée.
> La ZAE VI: Bas-fonds et dépressions humides et boisés
7 > La ZAE VII: Zone érodée à duripans et végétation rare.
21
7. Description des zones agro-écologiques
: 7.1 ZAEI: Zone à agroforesterie dense
- La ZAE I est une zone assez plane traversée par un cours d'eau important, la Rivière
l'Attalaye, et quelques ravines servant plutôt d'exutoire ou de drains naturels. Elle couvre une
superficie de 1755 ha. Le relief est quasi-uniforme, sauf dans certains cas où l’on observe de
petites dépressions et des cuvettes (Nan Séné, Nan Kampéch) occasionnant parfois des
: situations d’hydromorphie temporaire après les chutes abondantes de pluie (mai, août-
septembre). C'est une zone d'accumulation avec des sols noirs relativement fertiles. Les pentes
n’excédent pas 5%, sauf le long des cours d’eau (Ravine sèche, Rivière L’Atalaye) où elles
7 peuvent atteindre 10 à 12%.
La végétation, relativement dense, est surtout caractérisée par la dominance de la strate
arborée constituée en majeure partie d’arbres fruitiers comme le manguier (espèce
dominante), l’avocatier, le cocotier, le quénépier, les Citrus (oranger, citronnier, chadéquier)
et l'anacarde. Viennent ensuite des essences d'importance économique tel que la casse (Cassia
siamea), l'acajou (Swietenia mahogany), le capable (Colubrina ferruginosa), le chéne
D (Catalpa longissima), le bois blanc (Simaruba glauca), eucalyptus (Eucalyptus sp.), le
mombin (Spondias mombin), la bayahonde (Prosopis juliflora) et la campêche
: (Haematoxylon campechianum). En plus petit nombre, se retrouvent le bois d’orme
(Guazuma ulmifolia), le calebassier (Crescentia cujete) et le palmiste (Roystonea regia).
: La strate arbustive est assez mal représentée dans cette unité, du fait de l’utilisation de
la zone pour l’agriculture. Les principales espèces arbustives identifiées sont représentées par
le citronnier qu’on ne rencontre qu’au voisinage des maisons, les Cactées utilisées pour la
délimitation des parcelles individuelles et comme plantes de haie, le caïmitier sauvage, le
. "galgal" et le goyavier.
La strate herbacée est surtout dominée par les herbes « kod 4 grenn », madan michél,
. kokofou, bon gason, gilmork.
La ZAE I est intensément exploitée, l'habitat et les routes s'y concentrent. Il n'y a
pratiquement plus de jachères et de friches. Elle est aussi caractérisée par un système
d’agroforesterie dense, une agriculture intensive avec une forte présence de la canne-à-sucre
(et de moulins à canne), une grande production fruitière et de banane. L'igname est cultivée
sur arbres dans les lakous et les jardins très boisés mais reste une culture marginale.
22
Généralement, on pratique deux saisons de culture dans la ZAE I pendant les époques
pluvieuses: avril-juillet et août-octobre (Tableau 2), bien que cela concerne le plus souvent les
poches de dépressions relativement bien pourvues en eau et en matière organique. Cependant,
les changements climatiques des dix dernières années se traduisant par le raccourcissement
des saisons pluvieuses et l'allongement des saisons sèches ainsi que l'amplification de la
pseudo-sécheresse font qu'une seule saison de culture, celle d'avril-juillet, soit assurée.
_ Tableau 2.- Calendrier cultural pratiqué dans la ZAE 4
Teams [TFT M PATH [S [spay sy ops [>
pee eer re
seeio Rp ed RS ES
comets [TT hE hE UT rT EE SE SE
pPois Congo Fe RETF rr
Légende:
I P° : Semis du mais de cing (5) mois. R = Récolie du mais de cing (5) mois.
: PIN Semis du mais de 3 4 mois. R : Récolte du mais de 3.% mois.
; P : Plantation R : Récolte
. L'élevage est très présent dans la ZAE I. Il concerne pratiquement toutes les espèces
= domestiques, porcins, volailles, bovins, équins, caprins et ovins avec cependant une plus
= faible présence des deux dernières catégories. Le mode de conduite dominant est à la corde
ae soit dans les lakous (spécialement dans le cas des porcins), soit au niveau des parcelles avec
_ un affouragement important constitué en grande partie de résidus de récolte et d'herbes
L taillées au niveau des haies et aux abords des cours d'eau. D'octobre à mars, le pâturage des
| parcelles en jachére et des champs de canne nouvellement récoltés prédomine. L’abreuvement
_ du bétail est relativement facile en raison des cours d'eau (Lattalaye) et des nombreuses
sources retrouvées dans cette unité. Par contre, cela devient plus difficile durant la saison
sèche, particulièrement entre novembre et février, et pendant le mois de juillet, périodes au
cours desquelles la plupart des points d'eau s'assèchent.
| L'élevage pratiqué dans la ZAE I joue un rôle très important dans les activités de la
7 zone, notamment agricoles. La culture attelée en dépend tout particulièrement, puisqu’une
[1 grande partie des exploitations spécialisées dans la production de taureaux de trait s'y
L trouvent. Il en est de même pour les siropteries avec moulin à traction animale. En ce qui a
2B
trait à l'élevage de porcs, et pour la zone de Savane Diane en général, il est concentré
essentiellement dans la ZAE I.
En terme d'aménagements, il convient de signaler:
= 1) l'arrangement spatial des parcelles avec la disposition des arbres plus à l'extérieur
que vers l'intérieur;
2) toutes les parcelles sont entourées de haies vives comportant beaucoup d'arbres,
spécialement du mombin. Outre la barrière physique aux vents qu'elles
- représentent, ces haies remplissent des fonctions sociales et environnementales.
D'une part, vu la grande pression fonciére existant dans la ZAE I, elles servent a
_ délimiter les propriétés, 4 protéger cultures et autres biens contre les animaux en
divagation et les larcins et de là éviter d'éventuels conflits. D'autre part, les haies
représentent de véritables refuges pour des espèces spontanées non sélectionnées
dans les espaces de culture.
1 Les contraintes et potentialités dégagées à partir des caractéristiques de la ZAEI sontde
différents types:
A. Les contraintes principales sont:
- la forte pression foncière et les modes d'exploitation intensifs devant conduire à terme à
l'appauvrissement des sols .
; - la concentration de Phabitat et I’extension des constructions qui diminue les surfaces
agricoles et les capacités productives de cette ZAE.
B. Quant aux potentialités, ce sont:
— - la fertilité encore satisfaisante des sols permettant une intensification des cultures
- la grande diversité des agrosystèmes permettant de diversifier les cultures
- - les nombreux points d'eau
- le savoir-faire local en système d'agroforesterie
= - la protection contre les feux périodiques. Les parcelles cultivées, les ravines profondes et
les cours d'eau placés à l'est de cette unité forment un écran protecteur
_ - la diversité des activités agricoles et agro-industrielles (guildiveries, siropteries, moulins
de céréales, etc.)
- l'intensité de l'activité économique
- la proximité avec l'axe routier St-Michel/Département du Nord.
24
Les localités types de la ZAE I sont celles longeant et à proximité de la route menant vers
- Saint Raphaël comme: Garde 6° , Nan Depo, Nan Pol, Nan Séné, Nan campéche, Nan Damas,
Nan Georges, Nan Jules, Nan Bambou, Savann Dlo et Vieux Bourg plus à l'intérieur. Le
- tableau 3 présente un résumé succinct des caractéristiques de la ZAE I.
Tableau 3- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE 1
Caractéristiques Système agroforestier dense; agriculture intensive, pas de friches; parcelles
|
Caractéristiques édaphiques sols alluvionnaires
| RE =r
Cultures et principales | Canne-à-sucre, mais, haricot, vigna, manioc + arbres
: associations Ma x PC x So x Pis x Vi x lalo x Mombin (mais seme deux fois sur
l'année)
ae ri eee
GE
|
Potentialités Sols de bonne qualité et diversité agrosystémique, agro-industrie
RE
7.2 ZAE IL: Zone à agroforesterie peu dense avec jachères pâturées
La ZAE IX a une superficie de 3388 ha et est traversée par plusieurs ravines dont certaines
sont très profondes (dénivelé de 3 à 4 m environ), le terrain est par conséquent disséqué et
: présente des vallons et des dolines avec des pentes pouvant aller par endroits jusqu'à 10%. Les
sols sont de différents types avec une prédominance de sols noirs assez fertiles dans les bas-
fonds et les endroits plats et de sols "type tuff" peu fertiles sur les dolines. On y retrouve deux
, 25
cours d'eau assez importants: Passe Bambou au sud traversant les localités de Dazilma et Nan
Guillaume et Ravine Sable dans la localité de Felizor. La végétation est assez importante et a
| pratiquement la même constitution que dans la ZAE I mais elle y est beaucoup moins dense.
Par endroits, le faciès reflète celui d'une savane arborée. Il y a certes une disponibilité en eau
; moins élevée qu'en ZAE I mais la ZAE II subit en plus le passage du feu dans les endroits
il recouverts exclusivement d'herbes (friches, parcelles non cultivées, sommets de dolines) et
dans les zones connexes aux prairies.
| C'est également une zone très exploitée avec beaucoup d’agroforesterie et des champs
de canne ainsi que quelques siropteries. Toutefois, il y a beaucoup de terres qui sont en
jachère et pâturées. De plus, contrairement à la ZAE I, une seule saison de culture se réalise
par année (Tableau 4), les déficits hydriques y étant plus prononcés. La culture de banane se
7 limite 4 quelques bouquets dans les lakous et aux abords des cours d'eau. Quelques buttes
d'igname existent aussi dans certains lakous. De même, des tentatives de cultures légumières
_ sont à signaler dans les environs de Felizor mais les résultats sont médiocres en raison de la
sévérité des déficits hydriques et des attaques d'insectes (chenilles). Par ailleurs, la coupe
DE d'arbres devient de plus en plus intensive pour la fabrication de charbon. Après l'épuisement
du bois de Petite Diane, c'est la prochaine poche à exploiter.
Tableau 4- Calendrier cultural pratiqué dans la ZAE II
~ Arachide | Pois- Canne- Sorgho
PERLES PTE
— Avril- | Avril-Mai Mai- Mai-Juin Avril-
| EEE PPT
Aout Juin- Aout- Oct.-Nov. | Mars-
. RER EE
7 L'élevage des bovins, équins et caprins y est très actif en raison de la présence de
beaucoup de pâturages. En saison sèche, cette unité fait face à l'élevage libre et à des
Ss difficultés d'abreuvement des animaux. Le rôle de l'élevage est pratiquement identique en
ZAE I.
oo Par rapport aux aménagements, la plupart des parcelles sont entourées de haies vives
où prédominent pingouin et candélabre.
= Des dommages aux cultures et à l'élevage surviennent dans les années particulièrement soches
par suite de la mise à feu de la grande savane et de certaines friches et jachéres tres echerbees
26
au sein de la ZAE II. Des traces d’érosion en rigole et en ravins sont visibles de même que des
_ signes de cimentation ou induration.
Les contraintes de la ZAE II se résument comme suit:
- les déficits hydriques ;
_ - l'érosion des sols atteignant le stade d’érosion en masse au niveau des berges des ravines
et de rivieres ;
- la coupe d'arbres pour la fabrication de charbon ;
- les feux périodiques ;
- l'élevage libre.
Les potentialités sont:
l - la possibilité d'intensification de l'agroforesterie ;
- la diversité géomorphologique ;
| - les potentialités fruitières.
Les localités type de la ZAE II sont Nan Bwa Pen, Dazilma, Felizor et Nan Guillaume. Les
~ principales caractéristiques sont présentées au tableau 5.
27
Tableau 5- Récapitulation des caractéristiques de ta ZAE II
Caractéristiques Système agroforestier; friches; jachéres; pâturage; parcelles clôturées
-
Caractéristiques édaphiques sols alluvionnaires
PT [eames
|
Type de végétation dominante Herbes; Arbres plus ou moins denses: manguier, mombin, bois
| PT [mmo |
Cultures et principales associations | > Max PC x Sox Vi x Mang x Cassia x Caimite mar.
> Canne x Mang
| > Ma xSox Vi x PCx Orx Mang x Mo x Av
= > Pistache x Vi x Ma
, > MaxSoxPC
> Pisx Man
> Max So x Roroli x Pis x Gombo x P
: D. Quelques plantations de canne
|
. Parcelles generalement cloturces:
> Pingouin x Gommier x Bwa Panyol x Mombin
/ > Candélabre x Mombin x Zéb Kos x Langue Chatte x Leuceana x
Acacia x Euphorbe
> = Pite
~ > Euphorbe
CL
| Re
|
: 7.3 ZAE I : Zone à hydromorphie temporaire, pâturée et partiellement cultivée
La ZAE III est représentée par une frange longeant la ZAE I, très plane et zone d'épandage
_ des eaux venant des parcelles de la ZAE I. Elle mesure 427 ha. Les sols sont trés noirs et trés
profonds. Il y a pas mal d'arbres, mais en individus isolés et rarement en bouquets,
_ représentant principalement des espéces natives comme le campéchier. C'est une zone à
dominance de pâturages et où on observe beaucoup de bovins, d'équins et de caprins. Par
28
contre, les parcelles de culture sont dans la majorité ouvertes. Cette unité subit des passages
= annuels de feu spécialement dans la partie longeant la grande savane et durant la saison
chaude et sèche (Tableau 6).
La localité caractéristique de cette unité est Savann Dlo.
: Les mêmes contraintes qu'en ZAE II sont présentes mais de façon plus intense. Quant aux
potentialités, elles se résument à la capacité de rétention en eau pouvant permettre une
meilleure valorisation.
Tableau 6- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE 1
Caractéristiques principales Zone cultivées vétiver en bordure de parcelles; grandes parcelles entre
3/4 et 1.5 carreau avec haies jeunes de candélabre et mombin;
Za Dominance herbe Ti corde à graine et recul Madan Michel; friches et
jachéres, paturages;
- Arbres (manguier, mombin, bois d'orme) surtout concentrés autour des
=
_ Type de vegetation dominante. | Herbes; A tbres plus ou moins denses: manguier, mombin, bois d'orme
surtout autour des maisons
PT
El Cultures et principales| > Riz dans les petites dépressions (sous forme de tranchée)
associations > Rizx So
| > RizxPC a
> PCx Gombo x So
> AraxPCxSo
‘a > Max So x PC x Ara x Vix Gombo
LL
- Potentialités Capacite de rétention en eau élevées; possibilité. de diversification
————=X—=~_—V—O
29
7.4 ZAE IV : Zone peu cultivée et pâturée
| Cette partie de Savane Diane couvrant 1017 ha est plane et est traversée par quelques ravines
sèches et les cours d'eau Dio Kontre, et Rio Pouéque. C'est une zone de transition entre la
- prairie inexploitée et les zones de culture intensive. La plus grande partie de cette unité est
non cultivée mais couverte de pâturage où domine le Ti corde à graine (Dicantium
caricosum)’. L'élevage bovin et équin y est assez important.
Cette dominance de l'élevage a donné une organisation particulière à cette ZAE. L’habitat est
assez dispersé mais toutes les maisons comportent un lakou boisé , clôturé dans quelques cas
par des haies vives. Les arbres sont jeunes ; on y retrouve principalement des espèces d’arbres
| exotiques (eucalyptus, cassia, neem, leucena, ...), le manguier et des citrus (bigaradier,
chadéque). Un autre trait caractéristique de cette unité est la localisation des parcelles
cultivées qui sont attenantes aux lakous. Certaines sont entourées de jeunes haies vives qui les
r protègent des animaux en pâture (libre, la plupart du temps). Les cultures vivrières-
particulièrement le sorgho, le maïs et le manioc- y sont dominantes. Il existe également
1 quelques plantations de canne isolées. ‘
Dans beaucoup de lakous, les arbres jouent une fonction de clôture et de brise-vent. Il
7 convient de souligner également que bon nombre de parcelles cultivées sont localisées en aval
de petits monticules les abritant contre le vent, ou du moins les cultures en phase de
démarrage, et servant aussi de surface d'alimentation en eau et en lixiviat.
Cette unité connait des passages de feu annuel méme si cela affecte généralement peu les
- parcelles cultivées. Par contre, les surfaces brilées représentent des lieux privilégiés de
pâture à la repousse des herbes après les premières pluies.
- Les localités et habitations caractéristiques sont Débauché, Biliguy et Bwa Chèch.
_ Les contraintes rencontrées au niveau dela ZAEIV ne sont pas différentes de celles des
autres unités sauf que dans ce cas, les dégâts des feux de brousse sur les cultures sont plus
- importants.
| Quant aux atouts, ils sont difficiles à cerner si ce n’est l'abondance des pâturages
contrairement aux autres unités (Tableau 7).
30
. Tableau 7- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE IV
Caractéristiques Jardins attenants aux lakous
principales Élevage; beaucoup de pâturage avec BV et Équins et quelques caprins
1 Jardins surtout dans les zones de faible dépression avec sol noir et
retenant l'humidité
7 sols argileux
Topographie et relief Surface relativement bosselée avec des dépressions assez profondes
Caractéristiques édaphiques Sols pierreux en surface et argileux en profondeur
Hydrographie Pratiquement pas de points d'eau
Type de végétation dominante Herbes Arbres très isolés: mombin, manguier ; bayahonde parfois en
. petits bosquets
Cultures et principales associations | > MaxSo x Vix PC
> Pistache x Vix Ma
… > MaxSoxRoxPC
> Pisx Man
>: Sox Vi
_ > PC x Gom x Arachide
> Rizx Man
> RixxSo
> Manx Sox PCx Vix giraumont
> Manx Sox PCx Vix Ma
- > Rizx Gombo x PC x Roroli x Giraumont
> Arachide x Man x PC x So
Systèmes d’élevage Beaucoup de pâturages avec bovins, chevaux et caprins
Structures d'aménagement Haies autour dela plupart des parcelles
7 Principales contraintes Elevage libre’; impact du feu de brousse sur les cultures
Présence de pâturage ; dominance du Ti corde à graine
| 7.5 ZAE V : Zone de prairie non cultivée et non pâturée
La ZAE V occupe à elle seule plus de 40% de la superficie de Savane Diane, soit 5015 ha.
C’est une prairie constituée d’un tapis herbacé continu avec quelques rares arbres et arbustes
= isolés. Les herbes, avec une dominance de "Madan Michel" (Themeda quadrivalvis), y
poussent bien et peuvent atteindre jusqu'à 1 m de haut dans les poches d’accumulation. Les
—_—_—_ ee SSSSSSSSsaa
3 Cette espèce domine sur I’herbe Madame Michel dans les espaces agricoles
31
chaumes séchés sont utilisés pour la fabrication des toits de maison. On n’y trouve
= pratiquement pas de cultures, encore moins l’élevage. A part certains endroits où il y a des
bovins et des caprins libres qui pâturent et du riz dans les petites dépressions et ceci sur de
. très petites surfaces (10 à 20 m?). L'érosion latérale est assez importante et affecte de grandes
superficies. L'habitat y est absent.
| La structure de la végétation herbacée fait que le passage du feu (généralement anthropique)
soit fréquent et même annuel. Ceci limite non seulement la végétation arborée mais la
pratique de l'agriculture et de l'élevage en raison des risques élevés de perte. Toutefois, un peu
d'élevage de ruminants s'y pratique d'une façon temporaire (environ deux mois) au moment de
la repousse des herbes au retour des pluies. Il faut souligner que la dominance de l'herbe
1 Madan Michel qui est très peu palatable représente l'une des principales contraintes à
l'élevage dans cette unité.
| Cette unité ainsi qu'une partie de la ZAE IV servent de lieu de transaction du charbon de bois
produit à l'intérieur et en dehors de la zone et en partance pour le Cap-haitien, les Gonaives et
Port-au-Prince. A certaines périodes de l’année, près de 600 à 800 sacs y transitent chaque
semaine.
Les localités caractéristiques sont Petite Diane, Colassigui et Savane Bissainthe (Grande
4 Diane).
7 La ZAE V posséde beaucoup de contraintes qui le rendent impropre aux activités agricoles :
. - le feu qui se déclare durant les époques sèches, détruisant la végétation et stérilisant les
couches superficielles du sol ;
- le statut foncier dominé par la propriété de l'Etat; les risques de squattérisation sont ainsi
| élevés ;
- l'existence d'une érosion laminaire forte et extensive ;
; - l'abondance de l'herbe Madame Michel et son comportement de plante envahissante
‘ rendant ainsi difficile l'établissement de cultures notamment saisonnières ;
- l'activité extensive de fabrication de charbon: les rares arbres sont coupés et même les
souches sont déracinées à cette fin. On peut même craindre pour d'éventuels nouveaux
_ arbres a implanter.
Les potentialités de la ZAE V résident essentiellement dans sa planéité et son inexploitation
(Tableau 8).
32
Tableau 8- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE V
Topographie et relief Surface plane avec des petites dépressions et traversée par des
PT
Caractéristiques édaphiques Sols de nature variée mais à tendance pierreuse en surface et très
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- Cultures et principales | Riz dans les petites dépressions par endroit
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Systèmes d’élevage Rares bovins et caprins spécialement dans les dépressions
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7.6 ZAE VI : Bas-fonds et dépressions humides et boisés
= La ZAE VI: c'est l'ensemble des dépressions, bas-fonds, berges et vallons entourant les cours
d'eau permanents et ravines qui sillonnent Savane Diane. Elle s’étend sur une bande de 20 à
= 30 m de large sur les rives de Passe Bambou, Rivière l'Atialaye, Dlo Kontre, Rio Pouéque,
Ravine Bwa Chéch, Ravine Sab, Ravine Kabrit ; sa superficie est de 711 ha. Ce sont de
véritables îlots de végétation, des reliques de forêt galerie, comportant des espèces rares par
rapport à la zone étudiée et dans certains cas au niveau national. Les espaces cultivés sont
_ occupés par l'agroforesterie avec une forte dominance du manguier et du mombin (Tableau 9).
Les espaces bordant rivières et ravines recélent des îlots de végétation où la biodiversité reste
encore assez appréciable. Cette ZAE représente une zone d’approvisionnement des
| habitations avoisinantes en certaines ressources naturelles comme le bois, les plantes
médicinales, Peau.
33
Tableau 9- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE VI
Caractéristiques Reliques de forêt galerie
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7.1 ZAE VII : Zone érodée à duripans et végétation rare
; La ZAE VII est l'unité la moins représentative au niveau de la savane ; seulement 222 ha.
Elle se situe aux frontières de Felizor, Bwa Chèch et Tè Kase. Le sol est complètement érodé
_ et la végétation rare, même les herbes (Tableau 10). Dans la zone de Tè Kase, les glissements
de terrain et éboulements aux abords des ravines sont très fréquents.
_ Tableau 10- Récapitulation des caractéristiques de la ZAE VII
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8. Les unités pédologiques et la vocation des sols à Savane
Diane
L'existence de différents milieux de vie et de zones agro-écologiques au niveau de Savane
; Diane traduit une assez grande variabilité au niveau des sols. En effet, les observations et les
données recueillies sur le terrain ainsi que l'interprétation des résultats d’analyse
d'échantillons de sol au laboratoire ont permis d’ identifier plusieurs unités pédologiques et de
déterminer leurs vocations.
8.1 Description des unités pédologiques
Cinq (5) grandes unités pédologiques ont été identifiées au niveau de Savane Diane (Carte 3).
: Les différences entre elles se situent principalement au niveau de la texture et du niveau de
fertilité.
8.11 Unité I: Sols alluvionnaires de coloration noirâtre à faible pierrosité
La première unité identifiée occupe principalement les parties nord et nord-ouest de Savane
Diane regroupant des sols relativement fertiles, de coloration noirâtre en surface et parfois
même en profondeur. Représentée par les profils P1, P2, P4, P6, P8 et P10 et le point de
sondage S1, elle couvre une superficie de 6150 hectares soit 41% de la superficie totale de la
7 zone sous-étude. Les sols sont constitués de couches successives meubles d’alluvions avec
une pierrosité quasi-nulle.
Les valeurs des principales variables pédologiques de 1’Unité I sont consignées dans le
tableau 11. D’après ce tableau, la texture de l’horizon de surface, dont l'épaisseur varie entre
10 et 35 cm, a une texture allant de limono-sableuse à limono-argileuse, mais comporte dans
tous les cas une bonne proportion de sable (48% en moyenne). En profondeur la texture
devient cependant plus lourde jusqu’à devenir franchement argileuse dans certains cas. La
structure de ces sols est polyédrique grossière en profondeur et particulaire avec une
consistance friable en surface.
36
Quant au pH, il se révèle légèrement acide en surface, entre 5.56 et 6.86, et avoisine la
T neutralité en profondeur. La distribution des bases échangeables, Ca et Mg, est en effet peu
élevée. Leurs teneurs moyennes atteignent respectivement 17,28 et 7,54 meq/100gr.
En considérant les valeurs moyennes des autres paramètres, à savoir le taux en matière
organique (2.44%), le rapport C/N (8.9), les teneurs en azote (0.15%), en phosphore
, assimilable (26.6 ppm), et en potassium (0.18 meq/100 gr) ainsi que les caractéristiques du
complexe absorbant (CEC= 13.08 meq/ 100gr et CE = 0.22 mmhos), on peut déduire que les
| sols appartenant à cette unité ont un niveau moyen de fertilité naturelle. Par conséquent, ils
peuvent être utilises pou l'établissement de tout système agricole à caractère extensif sans
| grande restriction.
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38
8.1.2 Unité IT: Sols hydromorphes
Les sols hydromorphes se retrouvent particulièrement à l’intérieur de Petite Diane,
spécialement dans la localité de « Dlo Kontre », à Bwa Chéch et à Savann Dlo où la
végétation herbacée se révèle assez dense. Cette unité est représentée par les profils P3 et P9
et le point de sondage S5 et couvre une superficie de 3150 hectares soit 21% de l'étendue
totale de la savane. Au point de vue topographique, ces sols sont situés dans de très petites
cuvettes ou dépressions, sont peu drainés et saturés en eau lors de la saison pluvieuse. De
petites parcelles de riz sont observées ça et là dans cette unité.
Comme le montre le tableau 12, les sols hydromorphes de l'Unité II ont une texture
limoneuse, parfois limono-argileuse en surface avec une tendance d'augmentation de l'argile
avec la profondeur. Leur structure est assez dispersée en surface (entre 9 et 14 cm) et
polyédrique en profondeur. Du fait de la présence de l’eau, même de façon temporaire,
r d’abondantes taches rougeatres ont été observées à partir de 20 cm de profondeur tandis que
des taches grisâtres apparaissent aux environs de 50 cm.
i Le pH de ces sols (5a 6) se révéle acide tandis que le taux de matiére organique est trés élevé
(3.78 %). Ces conditions liées aux déficiences de drainage font que cette unité accuse un
- niveau élevé de carence en éléments minéraux et un bas niveau d’activité chimique. En effet,
les valeurs moyennes du taux en azote est de 0.2%, le rapport C/N de 11 et le CEC de 10.53
7 meq/ 100gr. Le niveau de fertilité naturelle est donc faible à moyen, et inférieur à celui des
sols de l'Unité I.
Tableau 12.- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité Pédologique II
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8.1.3 Unité IIT: Sols calcimagnésiens
L'unité III est localisée à Débauché aux environs d’une des anciennes usines de Louis Déjoie
et aux environs de Rio Pouèque à côté de la ravine Dalmarie. Elle est représentée par les
profils P5, P7 et Pil et les points de sondage S4 et S6. Cette unité couvre une superficie de
3900 hectares, soit 26% de l’étendue de Savane Diane.
. Suivant les données présentées au tableau 13, on remarque que la texture de l'horizon
superficiel de cette unité est dominée par le sable (54% en moyenne) ; les types de sols les
_ plus rencontrés vont de limono-argileux à limono-sableux. Cependant, comme partout à
travers Savane Diane, les analyses de profil ont révélé une plus forte présence des éléments
a fins (plus de 40%) a partir de 35-40 cm de profondeur. Et, contrairement aux sols des unités
précédentes particulièrement acides en surface, ceux de l'Unité II ont une teneur élevée en
E bases échangeables d’où un milieu alcalin avec un pH compris entre 7et 8.2.
Par contre, les valeurs moyennes des autres paramètres sont relativement faibles ou dénotent
de sérieux problèmes de fertilité. Le taux d’azote n’est que de 0.19% et le CEC inférieur à 20
meq/ 100 gr. La teneur en matière organique (2.71%) et le rapport C/N (8.7) sont assez bons
mais la capacité de réserve des sols est faible. De plus, bien que la teneur en phosphore
ad assimilable (16.96 ppm) est assez appréciable. Toutefois, pour de telles conditions chimiques, .
il existe de grands risques pour que cet élément soit immobilisé par le calcium. ‘
: Tableau 13.- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l’Unité Pédologique III
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8.1.4 Unité IV : Sols fersiallitiques rouges
La quatrième unité est localisée au sud de Félizor. Représentée par le point de sondage S3,
r elle couvre une superficie de 1050 hectares environ soit 7% de l’étendue totale de Savane
Diane. Les sols sont de coloration rougeatre en surface, notamment dans les premiers 20 cm.
De texture argileuse a travers tout le profil, les sols appartenant a cette unité ont une structure
polyédrique grossiére et une consistance ferme. Les paramétres présentés dans le tableau 14
prouvent que ces sols ont un faible niveau de fertilité naturelle même si leur taux en matière
organique (2 %) n’est pas faible. Leur pH est légèrement acide (6.6) avec une faible
participation des éléments Ca et Mg (9.77 et 3.95 meq/ 100gr respectivement) dans le
complexe absorbant. Les teneurs en phosphore assimilable (18 ppm), en potassium (0.19 meq/
100 gr) ainsi que la capacité d’échange cationique sont tout aussi faibles.
Tableau 14- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité Pédologique IV
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_ 8.1.5 Unité V : Sols alluvionnaires à forte pierrosité reposant sur un glacis rocheux.
7 La cinquiéme et derniére unité se retrouve dans la localité «Terre Cassée ». Elle est
. représentée par le profil S2 et couvre une superficie de 750 hectares soit 5 % de Vaire de
_ Savane Diane. Les sols de cette unité sont caractérisés par une forte pierrosité depuis la
. surface qui s'apparente à une croûte. A moins de 50 cm, on observe l’occurrence d’un glacis
L rocheux formant un pan qui empêche la pénétration de tout système racinaire.
4
Le tableau 15 montre que les sols de cette unité sont de texture limono-sableuse et très acides.
Leur pH est très faible (5.4) ainsi que les bases échangeables, la teneur en potassium et en
phosphore assimilable et la capacité d’échange cationique. Ainsi, bien que le taux en matière
organique soit élevé, le rythme de décomposition demeure très faible ; le rapport C/N est
élevé, soit 27.83. En définitive, les sols de cette unité ont un faible niveau de fertilité
naturelle.
Tableau 15- Caractéristiques physiques et chimiques des sols de l'Unité Pédologique V
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8.2 Vocations des sols
Bien que 5 unités pédologiques différentes soient identifiées, certaines caractéristiques restent
7 communes à tous les sols de Savane Diane :
: - Ja nature sablonneuse des horizons supérieurs jusqu’à 15-20 cm ;
mr - le caractère argileux des couches sous-jacentes qui a une origine géologique. En saison
pluvieuse, Savane Diane est généralement boueuse et beaucoup de mares temporaires se
r forment ;
- la forte teneur en matière organique qui s’explique peut-être par la sous-exploitation des
sols pour l’agriculture et l'accumulation des débris végétaux produits par les herbes ;
- la faible teneur en azote des sols en raison soit d’un manque de décomposition de la
_ matière organique soit d’une faible capacité du complexe absorbant ;
- un niveau de fertilité faible à moyen découlant des problèmes précédents ou
d’antagonismes ;
- une bonne conductivité électrique.
42
= En dehors de ces similitudes, chaque unité présente ses caractéristiques et déficiences propres
| pouvant entraver l’exploitation des sols pour l’agriculture et l'élevage. Le tableau suivant
(Tableau 16) relève ces particularités et contraintes et propose des perspectives. A l'exception
r des unités IV et V, les sols de Savane Diane peuvent étre utilisés de fagon extensive en
_ agriculture. Cependant, toute intensification de la production agricole nécessitera un apport
: supplémentaire de fertilisants en fonction des cultures à entreprendre. Il est aussi important de
préciser l’apport incontournable de ressources hydriques additionnelles.
-_ Tableau 16- Particularités et déficiences des unités pédologiques
édologique
pe Mover | PH légèrement acide, teneur faible en NetenP | Établissement de système agricole
= extensif
Faible à Drainage déficient Gestion de l’acidité en fonction des
Moyen Réduction en profondeur cultures implantées
pH acide Éviter l'intensification agricole
~ Teneur faible en N, P et K sans application soutenue de
Faible potentiel d’activités chimiques fertilisants potassiques
H Moyen Teneur élevée en Ca ct Mg échangeables, seuil | Envisager source d’alimentation
d'activités chimiques appréciable azotée accessible
— Bonne perméabilité Application de fertilisants
c pH plutôt neutre phosphatés en cas d'intensification
Rythme de minéralisation rapide mais très faible | agricole
teneur en azote, en P eten K Prendre des mesures pour éviter
_ immobilisation du P par le Ca
Iv Sols à coloration rougeatre Ne pas intensifier les cultures pour
Niveau faible des bases échangeables; faible éviter carence en K
niveau d’ activités chimiques Prioriser l’agroforesterie
_ Sols minéralisés à faible réserve en matière Établir des cultures vivrières peu
organique exigeantes en nutriments
Carence en N, en P; déficience en K
14 Crofite superficielle Ne pas investir dans l'agriculture
Pan à moins de 50 cm Implantation d'espèces
~ pH très acide; faible niveau d'activités xérophytiques
chimiques
Teneur en matière organique et rapport C/N
élevés; matière organique très mal décomposée;
- libéralisation réduite des éléments minéraux
_ Carence en N, P, K
Mise en culture difficile
~ A l'analyse des sols de Savane Diane, il apparaît une nette dominance des contraintes par
rapport aux potentialités. Est-ce peut-être l’une des raisons qui expliquent la faible mise en
i valeur actuelle de cette zone. Toutefois, elle peut étre mieux exploitée en fonction de la
| vocation des sols.
43
: Ii est donc possible de distinguer trois (3) classes de vocation de sols à travers Savane Diane :
a- les sols à vocation agro-sylvicole recouvrant les parties nord-ouest et nord de
Savane Diane ainsi que la partie sud-est, plus spécifiquement dans les habitations
7 de Nan Dépôt, Garde gène,
b- les sols à vocation sylvo-pastorale retrouvés à Petite et Grande Diane ; .
- c- les sols à vocation forestière et fruitière dans la partie sud-ouest, dans les
dépressions au bord des cours d’eau et du côté de Félizor (Carte 4).
Il est donc clair qu'aucun système de culture ou d’élevage intensif ne peut être implanté à
Savane Diane surtout qu'aucune possibilité sérieuse d'irrigation n’est encore envisageable.
Cependant, elle peut se prêter très bien à la diversification une fois que les assolements
| | respectent les vocations des sols et les rotations les capacités de régénération des sols surtout
en ce qui a trait à la minéralisation de la matière organique et les capacités de rétention de
l'eau et des éléments minéraux en surface, donc à la portée des plantes.
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| 9. Contraintes et potentialités
. La Savane Diane est dans l'ensemble un milieu contraignant mais qui recèle encore pas mal
de potentialités qu'il conviendrait d'exploiter de façon rationnelle.
9.1 Les contraintes
Elles sont de différents types et sont liées à l'agriculture, l'environnement, les techniques de
production et les conditions socio-économiques.
9.1.1 Contraintes liées à l'agriculture et l'environnement |
| Le climat et ses variations
: L'aridité qui caractérise le climat à Savane Diane constitue un sérieux handicap à la
production et exige des technologies et des savoirs-faire spéciaux. De même, les forts vents de
| printemps et d’été accentuent les déficits hydriques et causent des dommages importants aux
| cultures (bris de feuilles et de tiges, chute de fleurs et de jeunes fruits, verse). C'est donc une
contrainte naturelle de Savane Diane qui est par contre amplifiée par les variations
- climatiques. Celles-ci se traduisent par le raccourcissement des saisons pluvieuses et
a l'allongement des saisons sèches ainsi que l'amplification de la pseudo-sécheresse ou les
courtes périodes de déficit hydrique au cours des saisons pluvieuses. Ses manifestations
. méme de courte durée coincident trop souvent aux périodes critiques des cultures rapportent
= les paysans.
Les sois
En dehors des contraintes liées à la fertilité des sols, leur nature très argileuse à moins de 30
: cm de profondeur est à prendre en compte. Avant tout, une telle texture limite les types de
cultures à pratiquer. Elle limite également les types d'outils à utiliser qui doivent être très
robustes (donc plus chers que les autres) et même dans ce cas ils s'usent rapidement. Cette
: limitation peut agir aussi sur l'équipement des exploitations les plus pauvres et la disponibilité
en main d'œuvre.
L'érosion laminaire |
| L'érosion laminaire affecte toute l'étendue de la zone et provoque de manière pernicieuse
l'appauvrissement des sols.
46
. La baisse croissante de la productivité des terres
À cause de la diminution de la fertilité des sols résultant des feux répétitifs, de l'utilisation des
: terres sans apport systématique de fertilisants et de l'érosion laminaire, les rendements et la
production sont défavorisés. De même, la disponibilité réduite en terres agricoles à l'échelle
| de Savane Diane fait qu'elles sont surexploitées et conduites à la dégradation des sols.
La coupe des arbres
| La coupe des arbres pour la production de charbon de bois conduit de plus en plus à la
désertification du milieu. Bien que contestable, c'est aussi un manque de source de revenu et
d'énergie. Et selon les paysans l'absence d'arbres représente également une contrainte pour
| l'élevage puisqu'il n'y a plus d'ombrage pour les animaux surtout en été, il y a moins de
fourrage (les branchages) lorsque les herbes sont desséchées ou trop développées.
; La position et le régime des cours d'eau
En général, les cours d'eau qui traversent ou côtoient Savane Diane sont placés à une côte
inférieure aux surfaces agricoles. De plus, leur débit tend de plus en plus à devenir torrentiel
en saison pluvieuse, tandis que les cours d'eau sont presque asséchés en période sèche. Les
= débits ne sont importants que durant les jours pluvieux. Cette situation représente un grand
— handicap à la mise en valeur des terres par l'irrigation.
- L'élevage libre
_ Ce mode de conduite conceme principalement les bovins, les équins et les caprins
spécialement en saison sèche (novembre à mars). Les animaux vacants proviennent
= principalement des unités 3, 4 et 5 très dénudées et sévèrement frappées par la sécheresse.
. Des dommages importants sont causés aux cultures spécialement dans les unités 1 et 2.
_ Beaucoup de conflits éclatent entre les localités.
| L'assèchement des sources
La grave crise environnementale affectant le pays dans son ensemble et plus particulièrement
: les bassins versants voisins provoquent l'assèchement des sources pendant les périodes
(sèches) où les besoins en eau sont les plus élevés.
47
Les maladies du bétail
Certaines maladies tel le charbon, la variole aviaire, le Newcastle, et la diarrhée réduisent
périodiquement l'effectif du cheptel et rendent l'activité de moins de moins rentable. Par
contre, il n'y a aucun agent vétérinaire dans la zone.
Les feux
Les feux d'origine diverse affectent presque chaque année de grandes superficies à travers
Savane Diane. Dans certains cas, c'est une pratique favorisant la mise sous culture de
parcelles et la repousse d'herbes pour l'élevage. Mais n'empêche que le feu est la cause de
dégâts substantiels dans les jardins (de canne en particulier) et compromet le développement
des arbres. De même, le sol resté nu après le passage du feu subit l'érosion éolienne.
Le feu représente aussi un grand risque pour la zone en raison des dégâts importants qu’il peut
occasionner, c’est-à-dire destruction de maisons, pertes en vie humaine et de bétail. Il est
possible que des feux exceptionnels se produisent et que sous l’action des vents présents en
saison sèches, ils atteignent les faubourgs environnants comme Saint Michel et l’Attalaye.
C'est un facteur à prendre en compte surtout avec l’humanisation progressive et programmée
du milieu.
Le manque de matériel de multiplication et de reproduction
Les différentes enquêtes ont révélé un manque important de semences et de géniteurs dans les
exploitations agricoles. La part des récoltes et du cheptel retenue pour semences et géniteurs
diminue de plus en plus. Bien que les paysans soient avertis de la problématique semencière
et reproductive, ils prennent peu de précautions à cet effet. Les semences et géniteurs sont
prélevés directement dans les stocks sans nécessairement une sélection préalable. Même
l'approvisionnement direct est menacé car les produits sont destinés en grande majorité à la
; consommation. D'une part, l'autoconsommation tend à augmenter avec l'agrandissement des
familles. D'autre part, il existe une certaine affluence vers les marchés dans les environs de
Maissade pour bénéficier des meilleurs prix offerts par les acheteurs dominicains. Les
produits les plus concernés par ce phénomène sont le mais, le pois congo, le vigna, la volaille
(poule, pintade), les caprins, bovins et équins.
La prolifération des pestes et des maladies
Bien que les ennemis des cultures soient peu connus à Savane Diane, ils méritent l'attention.
Premièrement, les milieux de vie rencontrés à Savane Diane représentent des foyers de
48
pullulation d'insectes à la fois ravageurs et vecteurs d'agents pathogènes. Deuxièmement,
l'exploration des parcelles a permis de relever des maladies graves et une forte présence
d'insectes comme les mouches blanches, les grillons et criquets, les coléoptères et
homoptères. Les cultures- spécialement dans les unités 2, 3 et 4- sont couramment ravagées
par les insectes. Les larves de Spodoptéra compromettent chaque année les récoltes de maïs.
. Des cas de défeuillaison totale du manioc par la chenille processionnaire ont été également
signalés par des paysans. Par ailleurs, l'herbe Madan Michèl constitue une véritable plante
envahissante dans les cultures rendant difficile le sarclage et affectant la croissance des
cultures.
9.1.2 Contraintes techniques
Elles touchent l’ensemble des techniques et technologies appliquées.
La préparation du sol
Généralement, le travail du sol est pratiqué à la charrue, ce qui assure un labour plus ou moins
adéquat. Cependant, la vétusté des charrues et leur dysfonctionnement en raison des
difficultés de réparation et de renouvellement n'assure pas ce résultat dans tous les cas. Les
techniques manuelles (houe, pioche, pince) reprennent donc de l'importance alors que sous
l'action de l'érosion les couches inférieures et argileuses des sols affleurent et ceci dans les
différentes aires agro-écologiques. Cette régression de l'outillage fait que la préparation des
sols redevient l'une des opérations culturales les plus harassantes et représente un handicap à
la réalisation des cultures nécessitant un labour profond (racines et tubercules, banane).
Le matériel végétal
Le matériel végétal ne fournit pas une production uniforme en raison de la variabilité des
rendements dans le temps et dans l'espace. Ceci s'explique principalement par les méthodes
traditionnelles non rigoureuses de sélection et de conservation des semences, l'absence de
lutte contre les pestes et les maladies, les rotations répétitives et la non systématisation de la
fertilisation (notamment organique) des sols.
L'entretien des cultures
L'entretien des cultures se résume au sarclage qui se pratique en deux occasions dans les
unités 1 et 2 et une fois dans les autres. Le sarclage est manuel. Cette abréviation de l'entretien
reflète les caractéristiques du milieu et les disponibilités technologiques mais il n'en reste pas
49
moins qu'il est insuffisant pour assurer une bonne production. Un tel objectif exige, dans le
contexte sous étude, des apports réguliers d'eau, la fertilisation des sols et la lutte
phytosanitaire.
9.1.3 Contraintes socio-économiques
Bien que leur évaluation n'entre pas dans les termes de référence de cette étude, les
contraintes socio-économiques sont multiples et sont tout aussi importantes à prendre en
compte que les autres types de contraintes. Il s’agit essentiellement de:
- La faiblesse organisationnelle des communautés;
- L'absence de crédit agricole et de crédit commercial;
- L'absence de d ‘encadrement technique dans la production a gricole et la santé animale
(aucun agent vétérinaire en service);
- La situation sanitaire. Il y a peu de sources qui sont captées dans la zone. Dans les
localités de Débauché, Biligui, Bwa Chèch, Colasigui, il n'y a aucun captage, donc pas
d'eau potable. Les lieux d'aisances sont des espaces ouverts; le vent aidant les spores et
diaspores s'éparpillent pour contaminer les eaux, les muqueuses et la nourriture. Les
maladies infectieuses les plus courantes sont signalées à Savane Diane, spécialement la
typho-malaria, la diarrhée pendant qu'il n'y aucun dispensaire dans les parages;
- le manque d'écoles;
- les mouvements migratoires. Pas mal de travailleurs laissent la zone chaque année en
direction de la Vallée de l'Artibonite, de Port-au-Prince et de la République Dominicaine.
Des carences en main d'œuvre en découlent surtout en période de plantation. Il existe
aussi une petite immigration interne qui se fait en direction des unités 1 et 2 qui sont les
plus favorables à l'agriculture et les plus accessibles. Cela devrait aggraver à terme les
- coupes de bois et accélérer le processus de désertification;
- la fragilité de l'habitat. Les murs des maisons faits de branchages et les toits en paille ou
en tole;
- Le développement d'un sentiment d'émancipation des citoyens dans leurs faits et gestes
par rapport aux lois et règlements suite à leur non-assistance continue dans leurs activités
et leurs problèmes. Ces citoyens estiment ne rien devoir ni à la société ni à l'État qui leur a
toujours témoigné de l'indifférence. Leur survie n'est due qu'aux stratégies développées
localement.
50
9.2 Les atouts
Vu l'ampleur des contraintes, il est difficile de faire ressortir les atouts. Toutefois, on peut
énumérer:
- lereliefplat de la savane pouvant faciliter l'établissement d’infrastructures notamment
agricoles;
- la profondeur et la nature de la plupart des sols favorables à la production de ligneux et
d'espèces fruitières;
- la biodiversité végétale élevée et la survie d'espèces végétales à grande valeur d’option
dans les refuges;
- les potentialités pour l'élevage;
- l’évolution des pratiques de labour par le développement de la culture attelée;
- l'attente et la disposition grandissantes des agriculteurs en terme d'alternatives de
reconstitution des capacités de production du milieu,
- la position stratégique de cette zone par rapport à trois départements (Nord, Centre et
Artibonite);
- l'existence d'unités et d’activités agro-industrielles (unités de transformation de la canne,
commerce de pelure de bigarade) à l'intérieur et à proximité de la zone (St Raphael);
- Le savoir-faire des communautés locales par rapport à la gestion de l'aridité et la
transformation du milieu aride en milieu cultivé;
- La spécialisation de l'élevage s'orientant vers la production d'animaux de trait,
principalement de taureaux pour la traction des charrues, des moulins à canne et des
charrettes et également pour le transport à bat.
51
10. Conclusions et recommandations
10.1 Conclusions
Les observations et les mesures faites sur le terrain ainsi que l’interprétation des résultats
| obtenus ont permis d’aboutir aux conclusions suivantes : |
| - L’occurrence de sept (7) zones agro-écologiques à importance géographique et
caractéristiques variables susceptibles de permettre une valorisation adéquate
E des terres;
- L'existence de certaines pratiques conservationistes dans les zones les plus
~ cultivées résidant dans |’érection de haies vives et la plantation d’essences
; fruitiéres et forestiéres;
7 - La disponibilité limitée en eau pour le développement de la production agricole
= qui dépend uniquement des précipitations annuelles qui sont toujours
insuffisantes;
4 - La variabilité des différentes zones agro-écologiques identifiées malgré leur
= apparente uniformité au point de vue topographique;
wt - Une distribution irrégulière de la végétation arborée et arbustive qui se révèle
| très dense au niveau des unités 1 et 2 incluant les localités Garde 6e, Nan
: Depo, Nan Pol, Nan Damas, Nan Jules, Nan Bambou, Vieux Bourg, Nan Bwa
: Pen, Dazilma et Nan Guillaume tandis que la végétation herbacée domine toute
: la partie centrale de Savane Diane;
_ - Une sous-utilisation de Savane Diane à des fins agricoles et forestières en
. terme de superficie entraînant la présence de vastes étendues de terres
| abandonnées;
l - L'absence d’un schéma rationnel de mise en valeur de Savane Diane qui risque
d’entraîner des conséquences catastrophiques dans le futur lorsqu'elle sera
colonisée par une importante population;
52
- L'occurrence de cinq (5) unités pédologiques avec des sols à caractéristiques
variables en fonction de leur utilisation;
- Un niveau de fertilité des sols variant de faible à moyenne dû particulièrement
à la déficience et la carence en certains éléments majeurs et une teneur
7 moyenne en matière organique qui demeure dans les conditions a ctuelles la
| meilleure source en éléments nutritifs. Le niveau a ctuel de fertilité des sols
L. permet la mise en œuvre de systèmes agricoles extensifs. Toute intensification
de la production agricole nécessitera l’utilisation de fertilisants additionnels
pouvant répondre convenablement aux besoins nutritifs des cultures.
| - L'absence de pratiques systématiques de gestion de fertilité des sols en vue
- d’améliorer ces derniers au point de vues structurale et chimique dans le souci
d’optimiser les rendements de cultures;
- La profondeur considérable des profils pédologiques décrits dénotant la
~ 4 présence de sols à forte épaisseur, en général, à l'exception de l'unité VII où il
y a l'occurrence d'un glacis rocheux aux environs de 50cm de profondeur;
g - L’épaisseur variable des horizons de surface appelés à jouer un rôle
— déterminant dans le développement du système racinaire des plantes;
= - La texture équilibrée en surface des sols en général avec une quantité
appréciable de sable dans certains cas et d’argile dans d’autres en profondeur;
- L'existence de deux types de structure: particulaire qui demeure la plus
représentée et polyédrique à une échelle moindre;
= - Le pH variable des sols allant d'un niveau acide à légèrement alcalin en passant
| par la neutralité qui représente un intervalle favorable pour la disponibilité des
= éléments chimiques;
_ 53
- La teneur variable des sols en matière organique: moyenne à élevée en
- général et faible dans de rares cas;
- La carence extrême en azote des sols de part sa mobilité mais qui
. malheureusement a une relation étroite avec l'assimilation de beaucoup
d’autres éléments nutritifs, pour les plantes à cause de son « effet pompe »;
- La faible teneur des sols en phosphore assimilable;
- La quantité faible et moyenne dans certains cas en potassium au niveau des
sols susceptible de permettre la maintenance d’un bon équilibre entre les
différents cations échangeables;
- Une capacité d’échange cationique faible 4 moyenne avec des rapports
acceptables entre le calcium, le magnésium et le potassium;
- L’occurrence de valeurs optimales de la conductivité électrique des sols qui
; écartent tout risque de salinisation de ces derniers par l'irrigation;
tt - Un pouvoir moyen de rétention en eau qui risque de limiter la disponibilité en
; eau pour les plantes durant une longue période d’absence de précipitations;
= - Un niveau de perméabilité variable allant de moyenne à faible en fonction des
; caractéristiques texturales des sols et de leur position topographique;
= - La présence d’ilots de verdure constitués principalement d’arbres au voisinage
des maisons des agriculteurs où le niveau de fertilité est très élevé à cause des
; déchets de cuisine qui produisent de fortes quantités de matière organique;
_. - La possibilité évidente de faire renaître une végétation arborée luxuriante dans
la savane du fait de La présence des s ystèmes a gro-forestiers et des îlots de
_ verdure autour des maisons d’habitations;
54
- La pratique de l’élevage libre de bovins, d’équins et de caprins qui constitue un
handicap majeur au développement de l'agriculture en certains endroits de la
Savane;
= L’occurrence d’incendies intentionnels de la part de certains éleveurs afin de
provoquer la repousse d’herbe Madame Michel plus palatable dans le but de
garantir l’alimentation de leur cheptel;
- L’implantation de plusieurs unités de transformation de la canne-à-sucre
particulièrement dans les zones suivantes: Nan depo, Garde 6e, Nan Jules,
Nan Kampéch, Vieux Bourg, Débauché etc. en vue de la production de sirop
pour lequel il existe de bons moyens d’écoulement vers les communes de
Saint-Raphael et de Saint-Michel de l’Attalaye;
- Une production considérable de charbon de bois au niveau Savane Diane qui
, sert de zone de transit et de lieu d’embarquement de plusieurs camions pour
l’acheminement de ce produit vers les villes; ceci dénote un processus
accéléré de déboisement des zones environnantes;
- La présence de zones à hydromorphie temporaire utilisées particulièrement
pour la production de riz sur de très petites parcelles;
- Une uniformité dans le calendrier cultural avec le semis de toutes les cultures
au mois d'avril en plus du mais de trois mois et de l'arachide pour lesquels le
semis se fait également entre août et octobre;
- L’occurrence de traces d’érosion en splash, en rigole et en ravine qui risquent
de produire des effets néfastes considérables dans le temps si certaines mesures
d’aménagement ne sont pas envisagées;
- L’absence totale de structure d’encadrement des exploitants agricoles qui
pratiquent l’agriculture uniquement à partir des techniques acquises de la part
de leurs parents quine sont pas, en général, en adéquation avec les réalités
actuelles;
55
10.2 Recommandations
Sur le plan général, les plus importantes recommandations résident dans l’encadrement
_ soutenu à apporter aux exploitants, l’organisation efficiente des colons en groupements
fonctionnels, la préconisation de pratiques culturales conservationistes particulièrement dans
_ les zones vulnérables à l'érosion, la mise en oeuvre de façon systématique de techniques de
gestion de fertilité des sols et l'implantation à grande échelle de systèmes agro-forestiers en
utilisant des essences fruitières et forestières.
En effet, la colonisation efficiente de Savane Diane nécessite le renforcement des acquis
positifs et l'introduction de nouvelles techniques efficaces de mise en valeur des terres qui
exigent un appui rapproché des cadres du MARNDR pour une réelle rentabilisation des
investissements. En outre, tenant compte des potentialités naturelles limitées des sols relative
| à leur fertilité naturelle et les sévères contraintes climatiques, d'une part et de l'utilisation
rationnelle qui doit être faite des ressources naturelles, d'autre part, la formation adéquate des
ry colons demeure indispensable au niveau technique et organisationnel. Il faudra établir
| d'excellents groupements dont les membres seront co-responsables de la valorisation correcte
] de la savane. En ce sens, des travaux d'animation et de vulgarisation devront être exécutés
- dans la quéte de cette prise de conscience collective indispensable au strict respect des choix
iy techniques envisagés et du schéma d'utilisation de l'espace en fonction des différentes unités
agro-écologiques.
- De plus, la mise en oeuvre de pratiques culturales conservationistes particulièrement dans les
~ zones à topographie accidentée permettra une valorisation plus rationnelle des terres en
— réduisant considérablement du même coup les pertes par lessivage et alluviation. Par ailleurs,
. en ce qui a trait à l'adoption de techniques de gestion de fertilité des sols, la production et
= l'incorporation de la matière organique constituent l'option la plus rationnelle compte tenu de
7 la disponibilité limitée en eau. Toutefois, l'élimination totale ou partielle de cette contrainte
: majeure dans le futur pourra ouvrir la voie à l'utilisation de fertilisants minéraux en fonction
des exportations des cultures.
| Enfin, la faiblesse de la couverture végétale dans la plus grande partie et la savane et l’urgente
; nécessité de produire des ressources ligneuses comme source d’énergie et de fruits destinés à
| la transformation exigent l’implantation systématique de systèmes agro-forestiers. Cette
: option se base particulièrement sur les résultats observés au niveau des unités I et II et aussi
56
par l’observation des îlots de verdure en plusieurs points de la savane qui augure cette
potentialité combien recherchée. Toutefois, la plantation d’arbres sera systématique au niveau
des zones vulnérables à l'érosion.
De façon plus spécifique, la description des principales zones agro-écologiques de la savane
permettent de faire les recommandations suivantes :
- Elaboration par les différentes entités étatiques concernées par la colonisation
d’un plan ou d’un schéma directeur de mise en valeur prenant en compte la
localisation des unités de production, les infrastructures 4 construire en
particulier les voies de pénétration intérieure afin de garantir 1’écoulement
7 normal des produits au niveau des points de vente et d’éviter du méme coup
toute utilisation anarchique de la savane qui risque d'empêcher l'atteinte des
: objectifs visés;
mp - Etablissement de structures éducationnelles et sanitaires d'accompagnement en
~ vue de répondre aux besoins des colons dans ces domaines spécifiques;
: Au point de vue agricole, il faudra :
~ - Mettre en place une unité permanente d'encadrement des exploitants par le
MARNDR à côté des sessions de formations périodiques animées par
— l'EMDH;
= - Intensifier la production et l’incorporation de la matière organique sous forme
_ de fumier et de compost dans toutes les unités de maniére 4 augmenter
= substantiellement la fertilité chimique des sols et leur capacité de retention en
| eau;
- Imposer l’agroforesterie comme technique de mise en valeur des terres de
: manière à encourager la régénération de la couverture végétale;
: - Diversifier les cultures pratiquées de manière à aboutir à une utilisation
optimale des terres et un contrôle intégré des pestes;
57
- Stimuler la production d’arbres fruitiers en particulier les manguiers et les
7 citrus pour lesquels il existe déjà un marché potentiel particulièrement pour la
pelure d’orange amère (bigarade);
- Évaluer de façon urgente la richesse de la nappe phréatique par des essais de
= pompage afin de planifier l’utilisation des ressources hydriques disponibles à
des fins domestiques et agricoles;
- Encourager la production de la canne-à-sucre et l'établissement d’unités de
transformation si ces dernières se sont révélées économiquement viables à
partir des résultats de l’étude agro-socio-économique déjà réalisée;
- Intensifier l'attelage au niveau de toutes les terres colonisées;
- Poursuivre l’établissement de haies vives au niveau des unités I et II et initier
7 leur érection dans les autres zones agro-écologiques;
- Interdire l’élevage libre en encourageant l'établissement de pâturages à
l différents niveaux de production;
à - Etablir en accord avec les anciens exploitants et les colons des pépiniéres
- d’essences fruitières et forestières au voisinage des points d’eau permanents et
quasi-permanents afin de produire les plantules à utiliser dans l’implantation
des systèmes agroforestiers;
- Faciliter des échanges au point de vue d’application de techniques culturales
- entre les anciens habitants et les nouveaux colons afin d’optimiser l'intégration
= de ces derniers et d’arriver à une meilleure entente entre les deux groupes entre
lesquels il peut surgir certains conflits potentiels;
- - Vulgariser des associations culturales entre des légumineuses et d'autres
_ espèces afin de contribuer à l'alimentation azotée des plantes;
58
- Encourager la production de légumineuses à forte teneur en azote pour les
enfouir dans le sol notamment le velvet bean et d'autres espèces comme source
d'engrais vert;
A un autre niveau, il faudra envisager les mesures suivantes:
- Aprés l'implantation des colonies, il faut penser à quel matériau utiliser pour recouvrir les
toits des maisons;
- Pour chaque propriété donnée à une famille, il faut penser à doline et dépression ; les
parcelles de culture s’y localisent généralement en raison d’une meilleure fertilité;
- Capitaliser sur l'expérience de MPP en terme d'agroforesterie à Billiguy;
- La présence des colons même avec un minimum va induire un changement dans le
paysage en regard de ce qui existe actuellement : des pauvres paysans arrivent à mettre en
valeur des terres jugées incultes. Dans cette recolonisation de Savane Diane, favoriser le
plus possible les espèces locales notamment au niveau des arbres;
- Savane Diane représente également une surface de drainage, il faut penser à ne pas
perturber les drains naturels et accentuer I’hydromorphie surtout que le sol est profond et
très argileux;
- Savane Diane montre des dispositions naturelles importantes pour la pousse d’arbres. Les
espèces suivantes connaissent une très bonne croissance dans la savane : casse, acacia,
eucalyptus, manguier, oranger, mombin, leucena, brésillet, frêne, chêne. Tl faut donc
poursuivre leur plantation ;
- La production de ligneux pour la production de bois et de fourrages est une réelle
opportunité pour la zone;
- Réparer ou remplacer les charrues et promouvoir l'établissement de forgeries liées à cette
activité. Formation de jeunes en technique de forgerie et établissement d'unités de forge
, fonctionnelle;
59
10.3 Modules de formation proposés
Les plaines représentent une ressource rare en Haïti où plus de 70% du territoire est constitué
de montagnes. L’inexploitation ou la sous-exploitation de certaines d’entre elles par
l’agriculture traduit un niveau élevé de contraintes. En d’autres termes, la relative
inexploitation de Savane Diane située au carrefour de trois départements du pays signifie
qu'elle présente naturellement des contraintes sérieuses au déroulement normal des activités
de l’homme notamment à l’agriculture et à l’élevage.
Toutefois, ceci ne signifie nullement que Savane Diane est inculte. Comme il a été indiqué
précédemment, Savane Diane possède des potentialités mais qui ne peuvent être valorisées
sans un niveau de technicité et de savoir-faire appréciable de la part des exploitants. En ce
sens, leur formation devient indispensable.
En regard des contraintes et des potentialités de Savane Diane, il est opportun de développer
un programme de formation solide pour les futurs exploitants et qui devra s’articuler autour
des thématiques suivantes:
- L'information et la conscientisation des futurs exploitants sur le milieu, ses
contraintes, ses potentialités. Plus précisément, il s'agira de leur apprendre à connaître
leur nouveau milieu : le niveau et la répartition de la pluviométrie, les types de sols, ce
qu’il est possible de faire et de ne pas faire, pourquoi, les moyens nécessaires pour
faire ce qui peut se faire, les contraintes du milieu;
- Les techniques de gestion de l’aridité. Les multiples expériences développées dans la
zone sahélienne en Afrique peuvent servir de point de référence;
- Les techniques conservatrices de lutte contre les herbes envahissantes comme
: Madame Michel;
- La conservation et la gestion de l’eau. Dans ce milieu où les eaux sont difficilement
exploitables, il y a nécessité de savoir conserver et gérer les eaux libres;
- Les techniques de restauration des sols, de gestion de la fertilité et de lutte contre
l'érosion. Malgré une faible disponibilité en eau sur une bonne partie de l’année, les
- 60
sols de Savane Diane possédent de bonnes potentialités agricoles. Mais elles ne
. peuvent étre exploitées si d’une part leur processus de dégradation n’est pas stoppé, et
_ d’autre part leur structure et leur niveau de fertilité améliorés. En ce sens, les futurs
; exploitants doivent posséder un savoir-faire en gestion des sols et en production de
fertilisants organiques;
| - La gestion du matériel de reproduction et de multiplication. Dans les milieux
| défavorisés, le matériel de reproduction et de multiplication (géniteurs, semences) est
souvent détruit ou sévèrement réduit par les intempéries. Ce qui diminue les capacités
productives et de reproduction des exploitations.
7 - La gestion du fourrage et I’amélioration des pâturages. De façon spontanée, les futurs
exploitants vont associer l’agriculture et l'élevage. De plus, la planéité et le caractère
7 semi-aride de Savane Diane prédisposent à l’élevage mais avec une bonne gestion des
fourrages;
i - L’agroforesterie. Les cultures dominantes au niveau de Savane Diane actuellement
sont les vivriers. Ce qui ne correspond pas aux potentialités des sols plus aptes a
1 l’arboriculture. Toutefois, ces cultures doivent être retenues pour des raisons de
~ sécurité alimentaire essentiellement. L’agroforesterie reste le seul mode d’exploitation
a des sols pouvant permettre de concilier ces deux aspects. D’autant plus que
— l’agroforesterie peut fournir du fourrage;
~ - La gestion de la biodiversité. Savane Diane recèle encore des reliques de végétation
: qui méritent d’être conservées. La conscientisation des futurs exploitants sur ces
- richesses et les moyens de les conserver est indispensable;
= - Lientreprenariat agricole. L’installation de nouveaux exploitants à Savane Diane est
. l’occasion d’expérimenter des cas de professionnalisation de l’agriculture. En ce sens,
| ils doivent être formés aux techniques rudimentaires de calcul, de comptabilité
: agricole, de gestion d’exploitation et de développement local.
- - ci fie th
| 61
En plus de ces thématiques, le programme de formation peut inclure;
- les techniques de multiplication rapide et d’amélioration des végétaux et des animaux
domestiques;
- la manipulation et la réparation d’outils notamment les outils améliorés comme les
charrues; la formation en forgerie;
- la gestion intégrée des cultures et le contrôle des pestes.
L 62
l ANNEXES
: 63
; ANNEXE I: Relevé floristique partiel et agrobiodiversité 4 Savane Diane
Relevé floristique dans les ZAE I et II
[Nomfocal 7 [Nomscientifique |
; po Plamtago lanceolata |
: Po Lantana camara |
Po Metin repens 77 |
~
=
[Bale Sid
-
-
~
~
E
[Eucalyptus Bucalyptussp |
~ [Figiangét itor ternariea |
=
[Kentp | Melicoccus bijugatus |
7
=
: [Malnommé Cd Euphorbiahina |
[Manguier i Mangiféraindiea 7 |
: [Mestiyen | Jatropha multifida 7 |
|Mombin Spondias mombin |
[Neem Azadirachtaindieg 7 |
zs [Palmiste Roystonea regia |
[Pikan kouzen | Cenchrus echinatus
:
[Saber | Hluracrepitans |
7 {Saman TT Samanesaman |
=
EE
7
{Zébkos | Panicum maximum |
; [Zoran truss
= 64
a Relevé floristique dans la ZAE IV à Débauché et Bilig
[Nomlocl (Nomselemtige __
ET Meliisrepens
-
;
[Campéche | Haemaroxylon campechianum 7 |
| Chiendent | Gynodon dacylon |
FIE Tangèt | Chitoriaternartea 7
[Gwoafÿe 7 |Cypenwsesculemmus 7
[Languechatte | Chromolena odoratn 7
[Mombin | Spondias mobi
-
Pt pèt | Crorclariaremuss 7 |
; [Pikankouwen | Cenchrus echinams 7 |
[Quentpier | Melicoccus bjugamus |
[Taie | Chperus rommdus 7
= [Verveine | Stachptarpheta brevipes
[Vétiver 7 |Anatherum zizanoïdes 7 |
= [Zebfin | Panicum distantifolium 7]
[Zeb Kay | Andropogon urbianus 7
=
7 Zeb | Paspalum comjugatum
NB: La vépétation est exclusivement herbacée et dominée par Themeda quadrivalvis.
Relevé floristique dans la ZAE V à Petite et Grande Diane
: [Nomlocsl _ [Nomseientifique SSS
Mein repens id
. Baba fSidasp |
[FLE Tang | Chtoria ternartea 77 |
[Gwo ao | Chperuseseulemms 7 7 |
_
Bee pet | Crotalariaremsa 7 |
:
[Tage | Cpperus rotundus 7 |
- [Verveme | Stachyrarpheta brevipes
[zebfin | Ponicum distantifolium 7 |
3 [Zéb hay _ lAndropogonurbianus 7 |
[zebkos | Panicum maximum 7 |
-
>
Zeb | Paspalum comjugatum 7
-
_ 65
- Relevé floristique dans les îlots de végétation: Ville Diane (Biliguy), Dlo Kontre et Rio
_ Pouèque, bas-fonds humides et boisés de Bwa Chèch et Ravine Sable, Passe Bambou et
Lattalaye
[Nomlccal [Nomscientifique |
PL Miconia mirabilis 7
- mage
;
=
[Bai M Sip
= [Benzolive | Moringaokeifere 7 |
—
= [Caimite | Chirysophylium caimito 7 |
=
[Campéche | | Haematoxylon campechianum 7 |
= ame Cap |
SE asst
- Chêne | Catalpa longissima |
[Chiendent | Cynodon daemlon 7 |
7 [Chik chi | Casearia spinescens 7 |
[Cocotier 7 | Corcos mucifera |
—
;
[Feychans | | Diffénbachiasp,
[Ficus | cus elastics
[Flamboyant ____|Delonixregia |
Cie bobo | Cemtrosemasp |
[Galgal | Repnosiaunginaa |
= Gmetina | Gmelina arborea
[Gommier 7 | Burserasimamuba |
=
Honteuse | Mimosapudiea 7 |
Done | ha domingensis 7
— [Kase se | Samydaroseg 7 |
fLanguechate | Chromolena odorata 7 |
Ce pase |
:
. [Limebouwon dL
[Liane panier | Chamisson ahissima 7 1
~ 66
E
ange Mongfera indica
Mombin "| Spondias mombin —
2 I Monben Ba Ichi hit |
[Orange douce Citrus sinensis
(Orange sûre Citrus aurantium — |
frendouts —|Ciharerylum fruticosum
Ep | Crater reiusa 7 |
_ ÉFilkan kouzen Cenchrus echinaus |
(Pingouin Brome pingouin |
Pye pou | Æleusine indiea |
ÊR 21 a
_ Reve
Saber repitans
Cas Macroptilium atropurpureum
- Cia gave rigid |
Ce ger
Tavemnon om alique
ES
LE
Cros paroles Ah occldemalis
Vereine | Siachytarpheta jamaicensis |
[2b a ko Fonbazen | Ocimum mieranthum
(22 eg Aides pilose
“ (220 fin Panicum distantifotim
Ziv kay [Andropogon urbianus |
I Zibskos | Panicum maximum
: Cab | Paspalum conjugatum —
(es Veau Sorghum halapense
= 67
= Plantes cultivées et semi-cultivées 4 Savane Diane
ese St rate Finesse — "|
_
Se a a
[Ben inane eee |
- EC ar
{Gai i gars | setneese
nn Biteoreeeae
a i i
Bi aso
{Caen rangricg | Arenas |
— Menguet [ster omorcana | Cuiteae
res |
CE Pace
{chalet 1 rsp cana | Spoaeeae_—_____———
noce inessese— |
Engine eee
ics monn AE |
Espèces animales élevées
Be |Meleagridis gallopavo
ee
= 68
Les plantes et leurs utilisations locales
- mais autoconsommé et vendu
- petit-mil autoconsommeé et vendu
_ - pois congo autoconsommé et vendu
_ - liane panier - autoconsammé
- pois inconnu - autoconsommé
riz - autoconsommé et vendu
- manioc doux Autoconsommé
- arachide Autoconsommé et vendu
F - calalou Autoconsommé
- coton Vendu
- pite sisal
- igname autoconsommé et vendu
- banane autoconsommé et vendu
- canne à sucre autoconsommé et vendu ( sirop, rapadou).
- patate douce autoconsommé et vendu
7 - melon d'eau autoconsommé et vendu
- piment oiseau autoconsommé et vendu
- papayer autoconsommé et vendu
- giraumont autoconsommé et vendu
- - jijiri autoconsommé,
. - ricin effet médicinal et huile cheveux
CHERBES UTILISATION |
- corde à graine. -fourrage.
- - giimèt. -bon pour grippe.
-ganm. -fourrage.
- madan michèt. -fourrage et toiture des habitats.
~ - herbe de guinée. -fourrage.
- fondé laté -thé pour bébé et pouvoir aphrodisiaque
- madan tijan. -fourrage.
- liane kokofou. -bon pour diarrhée.
- - liane geritout. -bon pour les plaies.
- garata. -bon pour les plaies des animaux.
- pingoin. -rampe vivante et clôture.
+ -pois piante. -bon pour maux de vente et utilisé dans le café grillé.
= - herbe cosse. fourrage et toiture des habitats.
-bon garçon. - fourrage.
“herbe femme. fourrage.
herbe plate. -fourrage.
_ herbe sure. -fourrage.
-vetiver. -rampe vivante, haie vive et insecticide (conservation petit mil).
1 -franswaz. -
-panache -
-herbe diri. : -fourrage.
-herbe d'eau -
y -afio. -
-tipalto. -fourrage.
L galmaro(tichiendan) -
-liane savon -
- --herbe roseau. --protection sol
-latanier. -balai et makout.
-herbe razwa .
E -jonc :
= 69
(ESPECES ARBUSTIVES | UTILISATION.
7 -delen peyi -feuilles pour fourrage.
-goyave. -consommé(fruit) et bois de chauffage.
- -caïmite. -bois de construction et de chauffage.
-gran kat. -thé pour bébé
= -bis lait. -bon pour les femmes nourrices (bain).
-brésillet. -clôture.
_ -galgal mawon. -bon pour grippe.
-galgal pikan -antigonflement,
= -bois dati (bois d'ortie) -insecticide(contre puce).
-silio/ sivio. -bois chauffage et charbon.
-bois palmis (bwavé) -charbon et bois chauffage.
nn -pendoula. -bois construction, chauffage et charbon.
-kase sèk. -thé pour grippe.
-mêt siyen. -contre les paies et plantes de haie.
7 -bois caïman. -
a -oraison chien - thé et bain des animaux.
-gos nèg. - clôture.
-candélabre. -clôture.
-(bayahonde). -charbon et bois de chauffage.
= -gliricidia. -fourrage et plante de haie vive.
-anacardier. -consommé(fruit).
| - corossolier. -consommé (fruit)
_ ARBRES UTILISATION
-manguier. -charbon, bois chauffage, bois d'œuvre, fruit consommé et ombrage.
bois d’orme. -charbon, bois chauffage, fourrage, houe.
— -avocatier. consommé, charbon, bois chauffage, thé avec son écorce.
-oranger. -pelure séchée vendue, fruit mure consommé
: -cocotier -fruit consommé et vendu, toiture des habitats(sa feuille)
-palmiste -construction, toiture par sa feuille et aliment pour porcin par son fruit
= -casse douce(grande). | -bois chauffage, charbon et ombre
-casse marron - bois chauffage, charbon et ombre
7 -acacia - bois chauffage, charbon
-gommier(blanc) “haie vive et fourrage
= -gommier(rouge) “haie vive et fourrage
-arbre à pain -charbon et consommation de son fruit e
-mombin “haie vive et fourrage
-campéchier - bois de construction ,chauffage et charbon
ses -bayahonde - bois chauffage, charbon et tournage des ailes de moulin de canne
-citronnier -fruit consommé et vendu
-sucrin -chauffage et construction parfois.
-frêne/bois blanc -bois de construction
bees -cucalyptus -
-mahaut - clissage et cordes pour les animaux
-acajou -bois d'œuvre et de construction
-calebassier - calebasse utilisée localement et vente
-benzolive -consommation(homme et animaux)
= -arbre véritable -consommation du fruit
. -piné - bois de construction
-lamandye - bois de construction
-dalmari - bois de construction et roll de moulin
= -bambou -marre drapeau, toiture et clôture
-leucena - bois chauffage, charbon
7 -figuier blanc - bois chauffage, charbon
-sablier(rabi) - bois chauffage, charbon
= -candéton - bois chauffage, charbon et roll de moulin
“bois chandèle - bois chauffage, charbon
-pistaches des Indes | - bois chauffage, charbon
bois caca(senti) - bois chauffage, charbon