Évaluation du secteur semencier de la Grand'Anse
Resume — Évaluation finale du secteur semencier du département de la Grand'Anse, juin 2021, s'ouvrant sur l'historique du secteur avant son diagnostic. Document 1 du rapport.
Description Complete
Rapport final d'évaluation du secteur semencier de la Grand'Anse, daté de juin 2021 et intitulé Document 1. Sa première partie traite des aspects historiques et du diagnostic, structure inhabituelle pour une évaluation sectorielle et qui la rend utile au-delà de son objet immédiat : elle consigne comment l'approvisionnement en semences du département en est venu à être organisé comme il l'est. C'est le plus récent des documents sur le secteur semencier de cette collection, qui comprend également l'évaluation de la sécurité du système semencier de l'USAID de 2010 et la revue du CECI de 2011 sur les filières semencière et avicole.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
1
RAPPORT FINAL
D’EVALUATION DU SECTEUR
SEMENCIER GRANDE ANSE.
DOCUMENT 1
LES CONSULTANTS
Juin 2021
2
3
TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES __________________________________________________________ 3
LISTE DES TABLEAUX __________________________________________________________ 5
LISTE DES FIGURES ____________________________________________________________ 5
LISTE DES ENCADRES __________________________________________________________ 6
ABREVIATIONS ET ACRONYMES _________________________________________________ 7
RESUME ___________________________________________________________________ 10
PREMIERE PARTIE : ASPECTS HISTORIQUES ET DIAGNOSTIC __________________________ 16
1.1.- ASPECTS INSTITUTIONNELS ______________________________________________________17
1.2.- PHASE DE STRATEGIE BASEE SUR LA PRODUCTION DE SEMENCES DANS LES PLAINES IRRIGUEES
________________________________________________________________________________18
1.2.1.- Promotion des semences de riz tolérantes à la paille noire et d’autres efforts particulièrement dans les
plaines irriguées. ________________________________________________________________________ 18
1.2.2.- promotion des semences de maïs (local) en soutien à un programme de sécurité alimentaire _____ 18
1.2.3.- La promotion de semences de haricots de plaines irriguées ________________________________ 19
1.3.- PHASE DE STRATEGIE BASEE SUR LA PRODUCTION DE MONTAGNE HUMIDE ET SEMI HUMIDE
________________________________________________________________________________20
1.3.1.- Le choix des produits semenciers en montagne __________________________________________ 21
1.4.- Evolution de la stratégie de distribution des semences : Des BIA / BS aux GPAS et aux Foires Agricoles 22
1.5.- Besoins nationaux en semences en 2011 _________________________________________________ 25
1.6.-De la rentabilité des opérations de préparation de semences améliorées dans un passé récent (2011) 25
DES ACTIVITES DU SNS QUI MERITENT D’ETRE SOUTENUES ______________________________________ 28
1.7.- Un cas d’appel d’offre récent en 2020 avec des prix adjugés _________________________________ 30
1.8.- Diagnostic du secteur semencier national ________________________________________________ 30
1.9.- Les recommandations majeures ________________________________________________________ 33
DEUXIEME PARTIE : EVALUATION DES GPAS ______________________________________ 35
2.1.- LIMITE DES TRAVAUX EFFECTUES SUR LES GPAS _____________________________________36
2.2.- L’EVALUATION DES GPAS _______________________________________________________36
2.3.- A PROPOS DE L’EFFICACITE DES INTERVENTIONS DES GPAS DANS LES SEMENCES :
L’EXTENSION, LA DIVERSIFICATION, LA FEMINISATION ET LA DECENTRALISATION SONT EFFECTIVES
________________________________________________________________________________37
2.4.- LA SYNTHESE DES DONNEES SUR LES GPAS : ETAT DES LIEUX, EFFICACITE,AUTRES CHIFFRES _39
2.5.- LES GPAS ET LACONSERVATION DE LA BIODIVERSITE _________________________________41
2.6.- A PROPOS DE L’EFFICIENCE DES GPAS _____________________________________________42
2.6.1.- Trois profils de GPAS et leurs points forts et points faibles _________________________________ 50
2.6.1.1.- A propos du GPAS ASAEGA _______________________________________________________ 50
2.6.1.2.- A propos du GPAS COPRAVPAB ___________________________________________________ 53
2.6.1.3.- A propos de APASD _____________________________________________________________ 55
2.7.- A PROPOS DE LA PERTINENCE DES CHOIX OPERES ___________________________________58
2.7.1.- Les choix des cultures ______________________________________________________________ 58
4
2.7.2.- Les premiers produits semences préparés et distribués par les GPAS en 2020 sont Ignames, Pois
(Haricot), Maïs, Manioc, Banane selon les semences distribuées par quelques GPAS __________________ 58
2.7.3.- Satisfaction des sondés _____________________________________________________________ 61
2.7.4.- La demande effective et la satisfaction de la demande ____________________________________ 65
2.8.- A PROPOS DE L’IMPACT DES GPAS ________________________________________________66
2.8.1.- Le nombre de bénéficiaires des dons est très limité _______________________________________ 66
2.8.2.- Impacts sur les rendements de haricotS qui connaissent une legere hausse ____________________ 66
2.8.3.- Impacts des rendements de haricotS dans 4 communes ___________________________________ 66
2.8.4.- rendements pour les haricots selon les aires agroécologiques _______________________________ 66
2.8.5.- Impacts sur les rendements du maïs qui ont baissé _______________________________________ 67
2.8.6.- L’impact de la culture de l’igname est notable en termes de revenus sur les terroirs de sols rouges de
montagne humide et semi humide en particulier. ______________________________________________ 67
2.9.- A propos de la durabilité des GPAS______________________________________________________ 68
2.10.- Principales conclusions et recommandations sur l’évaluation des GPAS _______________________ 68
TROISIEME PARTIE : CREER ET GERER DES GPAS. GUIDE _____________________________ 71
3.- POUR LA CREATION D’UNE PLATEFORME MULTIFONCTIONNELLE DES GPAS DE LA GRANDE
ANSE ______________________________________________________________________ 72
3.1.- La création d’un label commun à tous les GPAS _____________________________________72
3.2.- le renforcement de toutes les organisations GPAS en coopératives bien structurées ________72
3.3.- La création d’une union de coopératives de la Grande Anse ___________________________ 75
3.3.1.- Justificatifs, objectifs et buts du Programme_____________________________________________ 75
3.4.- La création d’une plateforme multidimensionnelle / atelier-école GPAS à l’intérieur de l’Union
________________________________________________________________________________76
3.5. Les fonctions du Centre de Coordination et de Ressources (CCR) ________________________77
3.6.- Opportunité de renforcement des GPAS : une stratégie institutionnelle en vue de
l’autonomisation de la filière semences – Intrants. _______________________________________78
3.7.- Un profil de projet pour la plateforme multifonctionnelle atelier-école de semences _______78
3.7.1.Objectifs généraux __________________________________________________________________ 78
3.7.2. Objectifs spécifiques ________________________________________________________________ 79
3.7.3. Objectifs opérationnels ______________________________________________________________ 79
3.7.4- Les investissements _________________________________________________________________ 79
3.7.5.- Les revenus _______________________________________________________________________ 80
3.7.6. - Les couts fixes ____________________________________________________________________ 80
3.7.7.-Evaluation financière. Taux de profit simple _____________________________________________ 81
3.7.8- Matrice de cadre logique – réalisation des indicateurs _____________________________________ 82
ANNEXE 1 : CULTURE DOMINANTE DANS LES COMMUNES DE LA GRANDE ANSE _______________86
ANNEXE 2 : QUESTIONNAIRE ENQUÊTES ORGANISATIONS DDAGA/SEMENCES 2021 ____________89
BIBLIOGRAPHIE______________________________________________________________ 95
5
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Quantité semences attribuées par les programmes des années 1996,1997 et 1998 par la CIPDSA ___ 20
Tableau 2. : Liste des BIA (Boutiques d’Intrants Agricoles) et PV (Points de Vente) opérationnels ______________ 24
Tableau 3 : Récapitulation du l’offre potentielle annuelle de semences améliorées dans les zones d’intervention des
projets FAO (en tonnes) _______________________________________________________________________ 25
Tableau 4. : Rentabilité financière comparée des activités au sein des GPAS (production de haricot) Source : FAO,
Haïti ______________________________________________________________________________________ 26
Tableau 5. Les 3 variétés sélectionnées de la population locale de LORE 87_______________________________ 27
Tableau 6. Semences Distribuées pour les Exercices 2007/2008, 2008/2009, 2009-2010 par le SNS ____________ 28
Tableau 7. Quelques semences de Qualité Déclarée dans le cadre d’un appel d’offre de 2020 ________________ 30
Tableau 8. Synthèse des données________________________________________________________________ 39
Tableau 9. Institutions qui ont financé ou financent les GPAS__________________________________________ 40
Tableau 10. Situation des GPAS de 1986 à 2019 ____________________________________________________ 43
Tableau 11.Classification des Groupements de production Artisanale de semences (GPAS) et autres sociétés de
semences selon les marges brutes annoncées en pourcentage_________________________________________ 50
Tableau 12 : Baisse de l’élevage entre 2009 et 2021 _________________________________________________ 53
Tableau 13. Informations sur la rentabilité de la production d’ignames jaunes _____________________ 55
Tableau 14. Compte d’exploitation d’un producteur de semences et plants d’ignames à Jérémie (miniset) ______ 55
Tableau 15 . Produit dominant dans les systèmes de culture de la Grande Anse___________________________ 58
Tableau 16 : semences produites et distribuées par les GPAS de la Grande Anse __________________________ 59
Tableau 17. Résultats des sondages dans les foires agricoles __________________________________________ 63
Tableau 18.La demande effective courante ________________________________________________________ 65
Tableau 19. Moyenne arithmétique des rendements des parcelles de haricots ____________________________ 66
Tableau 20.Rendements moyens haricot dans 4 communes (Beaumont, Pestel, Corail, Roseaux) _____________ 66
Tableau 21. Rendements moyens par aire agro écologique des haricots (kg/ha)___________________________ 67
Tableau 22. Rendement moyen du maïs __________________________________________________________ 67
Tableau 23. Comparaison du rendement du maïs (2002-2020) ________________________________________ 67
Tableau 24.Rendement moyen du maïs dans 4 communes (Beaumont, Pestel, Corail, Roseaux) ______________ 67
LISTE DES FIGURES
Figure 1. Carte des principales zones agroécologiques _______________________________________________ 10
Figure 2. Proposition d’architecture pour le système semencier du département de la Grande Anse avec les
institutions et liens institutionnels à renforcer et la formation à promouvoir______________________________ 15
Figure 3. Le Moniteur : l’arrêté de la création de CIPDSA. _____________________________________________ 17
Figure 4 : Carte de répartition géographique des fournitures de semences de maïs en 1992 _________________ 19
Figure 5 : Carte Répartition géographique des fournitures de semences de haricots en 1994 (Saison de Mai à
Octobres seulement) _________________________________________________________________________ 20
Figure 6 : Culture pure de choux et cultures associées choux/ignames ___________________________________ 21
Figure 7 : Igname guinée et trajectoire de la technique miniset en Haïti _________________________________ 22
Figure 8 : Carte de répartition des GPAS (FAO 2016) _________________________________________________ 38
Figure 9 : Carte de répartition des GPAS en 2021 dans la Grande Anse (32 GPAS) __________________________ 38
Figure 10. Evolution à la baisse des élevages de bovins, de porcins, de volailles. Réduction de la quantité de matière
organique dans les exploitations agricoles (2009-2021) ______________________________________________ 52
Figure 11 : Modèle de label ____________________________________________________________________ 73
Figure 12 : Proposition d’architecture pour le système semencier du département de la Grande Anse avec les
institutions et liens institutionnels à renforcer et la formation à promouvoir______________________________ 77
Figure 13. Revenus des activités de l’entreprise GPAS ________________________________________________ 80
6
LISTE DES ENCADRES
Encadré 1. Des occasions manquées avec ORE _____________________________________________________ 27
Encadré 2. Activités du SNS méritant d’être soutenues _______________________________________________ 28
Encadré 3: L’offre et la demande de Semences de Qualité Déclarée : l’accompagnement soutenu de la FAO : l’année
2011 en exemple ____________________________________________________________________________ 29
Encadré 4 : Importance stratégique de la marge brute et son rôle clé d’indicateur de performance ____________ 49
Encadré 5. Profil d’Organisation de production artisanale de semence. ASAEGA. Producteur semencier et promoteur
d’élevage de caprins, de porcins et fournisseur de mécanisation et de transformation agricole _______________ 51
Encadré 6 . Profil d’organisation de production artisanale de semences. (COPRAVPAB) _____________________ 53
Encadré 7 : Profil d’Organisation de production artisanale de semence (APASD)___________________________ 57
Encadré 8 . Le terroir à choux de KODEMO à Montagnac : La force et la réussite de l’agriculture de montagne. La
pertinence du choix de la culture des choux _______________________________________________________ 60
Encadré 9 . La loi et les principes de fonctionnement de la coopérative en Haïti ___________________________ 74
7
ABREVIATIONS ET ACRONYMES
SIGLES
SIGNIFICATION
AAA
AGROACTION ALLEMANDE
ACDEG
Action des Citoyens pour le Développement de la Grande Anse (Jérémie)
ACDI/VOCA
Développement international des coopératives agricoles et volontaires
ACEDAPE
Action des citoyens Engagés pour le Développement Agriculture Pêche et de l'élevage
(Abricot)
ADAIB
Association pour le Développement AgroIndustriel de Beaumont
ADPG
Appui au Développement de la Paysannerie Grande Anse (Beaumont)
ADRA
Adventist Development and Relief Agency (Agence Adventiste d'Aide et de Développement)
AEPGA
Amis de l'Environnement pour la Protection de la Grande Anse (Bonbon)
AGRIPROS
Ferme Agricole de Productions et de Services (Jérémie)
APADEM
Association des Planteurs Agricoles pour le Développement de Mouline (Beaumont)
APASD
Association Producteurs Agricoles Stockage Duranton (Roseaux)
APAV
Association Production Agricole Voldrogue (Jérémie)
APB
Association des Planteurs de Bonbon
APFG
Association des Planteurs Force de Gélin (Marfranc)
ARGR
Association Réseaux Grains Reno (Roseaux)
ASAEGA
Association des Agriculteurs et des Eleveurs de la Grande Anse (Jérémie)
ASSODLO
Association Haïtienne pour la Maitrise des Eaux et des Sols
BIA
Boutiques d’Intrants Agricoles
BID
Banque Interaméricaine de Développement
BND
Bureau de Nutrition et du Développement
BS
Banques de Semences
CAPCPF
Coopérative Agricole des Planteurs Commerciaux des Paysans Francklin (Anse d'Hainault)
CARE
Cooperative for American Remittances to Europe
CECOSAM
Centre de Conditionnement et de Stockage de Semences Améliorées ( ? – 1994)
CIPDSA
Commission Intersectorielle de Production et de Distribution de Semences Améliorées (1993
– 2002)
CNC
Conseil National des Coopératives
COPRAVPAB
Coopérative de Production, d'Achat et de Vente de Produits Agricoles Beaumont
CRDA
Centre de Recherche et de Documentation Agricole
CRS
Catholic Relief Service
DARNDR
Département de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
DDAGA
Direction Départementale Agricole de la Grande Anse
8
DID
Développement International Desjardins
EPER
Entraide Protestante Suisse
FAMV
Faculté d’Agronomie et de Médecine Vétérinaire
FAO
Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FHAREN
Faisceau Haïtien pour la Renaissance Environnementale (Jérémie)
GAKAM
Gwoupman Aksyon Kominotè pou Avansman Matino (Jérémie)
gdes
Gourdes
GPAS
Groupements de Production Artisanale de Semences
DDA/GPASGA
Direction Départementale de l’Agricole/Groupements de Production Artisanale de
Semences de la Grande Anse
GPASAP
Groupe de Producteurs d'Amitié de semences Artisanales de Plaine Poussière (Moron)
GRAMIR
Groupe de Recherche et d'Appui au Milieu Rural
GTZ/GIZ
Agence Allemande de Coopération Internationale pour le Développement
JFTAES
Entreprises de Services Agricoles (Beaumont)
KODEMO
Komité Devlopman Montagnac (Dame Marie)
KPGV
Konbit Peyizan Gran Vensan (Roseaux)
MARNDR
Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MINUSTAH
Mission des Nations Unis pour la Stabilité en Haïti
MOZAP
Mouvman Oganisasyon Zanmi Peyizan (Jérémie)
ODAP
Organisation pour le Développement et l'Avancement de Pestel
ODVA
Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite
OFK
Oganizasyon Fanm Konba (Jérémie)
OFPL
Oganizasyon Fanm Plantè Léon (Jérémie)
OPFD
Organisation Paysanne des Femmes Duquillon (Jérémie)
OPFL
Oganizasyon Fanm Plantè Léon (Jérémie)
ORE
Organisation de Réhabilitation de l’Environnement
PADF
Fondation Panaméricaine de Développement
PAGAI
Programme d'Appui à la Gouvernance Agricole Inclusive
PAM
Programme alimentaire mondial
PIA
Programme d’Intensification Agricole
PITAG
Programme d'Innovation Technologique en Agriculture et Agroforesterie
PRODEVA
Association Haïtienne pour la Promotion d'un Développement Autonome
PROGEBA
Programme Gestion de l’Eau dans la Vallée de l’Artibonite
PV
Points de vente
RACPABA
Réseau de Production et de la Commercialisation Agricole du Bas Artibonite
9
ROJETAT
Rassemblement des Objectifs des Jeunes Techniciens Agricoles de Taïvant (Beaumont)
ROPADAM
Réseaux Organisations Producteurs (trices) Agricole Anse d'Hainault Dame Marie Moron
(Dame Marie)
ROPAGA
Rezo Oganizasyon Pwodikè Agrikòl Grande Anse (Jérémie)
SENASA
Service National de Semences Améliorées (1977 - ?)
SERA
Services d’Etudes et de Recherche Agricole (1970 - 1983)
SNS
Service National Semencier
SOLIFANM
Solidarite Fanm Moron
TK
Tèt Kole Ti Peyizan (Roseaux)
TM
Tonnes métriques
UCARB
Union des Coopératives Agricoles de la Région de Beaumont
UPSA
Unité de production de semences artisanales
10
RESUME
1.- Le Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) sous la
gouvernance de L'Ingénieur-Agronome François SEVERIN et celle de ses successeurs, mais toujours avec
l'appui de la FAO, a donné au secteur semencier une première impulsion à partir des années 1990 avec le
montage d'une Commission Publique/Privée la CIDPSA. Laissant tomber une stratégie basée sur les
l’irrigation des plaines (investissement important souvent inaccessible en termes financiers et avec un
risque élevé de destruction des aménagements par les inondations et autres catastrophes climatiques),
la Commission, avec ORE, d'autres entreprises privées et la FAO ont développé une stratégie de
production agricole misant aussi sur les plateaux et montagnes semi humides à très humides du pays.
Cette aire agroécologique, occupant 47% de la superficie cultivable au niveau national, se rencontre en
plus forte proportion encore dans le département de la Grande Anse.
Figure 1. Carte des principales zones agroécologiques
Source : BID 2005
2.- Quand le MARNDR a offert à la Grande Anse la possibilité de s’impliquer dans les semences, les
agriculteurs de cette région encore enclavée ont profité de l'occasion pour démultiplier les multiplicateurs
semenciers (4025) dans plus de 32 organisations de types divers (coopératives, associations,
groupements, réseaux, unions, comités, mouvements). Tous se réclament du titre de Groupements de
Production Artisanale de Semences (GPAS). Les GPAS comptent des membres qui soutiennent leur action
et, parmi ceux-ci, certains sont des multiplicateurs semenciers pour le compte du GPAS. Les GPAS gardent
11
malgré tout une stratégie de diversification pour ne pas mettre tous leurs œufs dans un même panier et
pouvoir profiter des autres opportunités qui allaient se présenter :
➢
➢
➢
➢
➢
➢
Dans le stockage de grains et dans la distribution de l’aide alimentaire ;
Dans la mise en place de cantine scolaire ;
Dans les travaux de lutte contre l’érosion ;
Dans l'élevage de bovins, de caprins et de porcins ;
Dans la réhabilitation des pistes rurales ;
Dans la réhabilitation, la construction et la gestion d’aménagement hydroagricole (impluvium,
citernes, batardeau, captage de sources, gestion de pompes d’eau, etc.) ;
➢ Dans la mécanisation, (charrues, motoculteurs, tracteurs) et l'agro transformation (moulins à
maïs, arachides, canne à sucre, etc.) ;
➢ Dans la collecte de cotisations et d'octrois de crédit (les mutuelles) ;
➢ Dans la promotion de cultures à haute rentabilité et à haute valeur ajoutée.
3.- Toute cette stratégie de diversification s'est accompagnée d'une formation périodique des membres
par les organismes d’aides : MARNDR, FAO, EPER notamment. Ainsi s’est constitué dans la Grande Anse
un très grand vivier d'entrepreneurs.
4.- Compte tenu du délai imparti pour l’évaluation des GPAS, des moyens financiers très limités prévus
dans le contrat signé avec le MARNDR pour cette évaluation, ainsi que le nombre important des GPAS
(plus de 32), il n’a pas été possible de faire un audit financier de ces organisations. Toutefois, les enquêtes
organisations ont révélé que les GPAS connaissent de réelles difficultés financières avec des déficits de
trésorerie récurrents les obligeant à se disperser dans de multiples activités.
5.- L’évaluation a porté sur l’EFFICACITÉ de ces organisations qui se sont développées selon une stratégie
de diversification, de féminisation des membres :
•
Extension du nombre de GPAS de 9 en 2016 à 32 en 2020 dans la Grande Anse
•
Extension de la féminisation du nombre de GPAS avec majorité de femme à zéro en 2011 à 11 en
2020. Dans les 32 GPAS de la Grande Anse, en 2020, le nombre de femmes est égal à 13,922 sur
un total de 27,565 membres. Plus d’une cinquantaine de femmes sont fortement impliquées dans
la gestion des GPAS. Il y aurait près de 4025 multiplicateurs semenciers dont 40% sont des
femmes.
•
L’accent mis sur le développement de GPAS disséminé dans les localités et habitations des
sections communales confirme la décentralisation des opérations et la prise en charge par des
opérateurs de la base de la production artisanale de semences (ce que revendiquent les
organisations). Voir les résultats des sondages page 57.
•
La diversification des produits proposés s’est effectuée de façon importante et les produits offerts
par les GPAS débordent largement le cadre des semences généralement en première position
comme le maïs et le haricot pour s’orienter vers tubercules (miniset, mesoset, tèt yanm) et dans
une moindre mesure le bananier dans la Grande Anse tel que le souhaitent les agriculteurs des
zones les plus reculées. La diversification concerne les ventes de plantules, les outils, les engrais
organiques, etc. Avec cette diversification, les GPAS ont tendance à remplacer les BIA (Boutiques
d’Intrants Agricoles), les BS (Banques de Semences) ou même à suppléer aux points de
distribution du MARNDR.
•
Les GPAS (dans le sens large du sigle) ont complètement remplacé les UPSA (unités de
production de semences artisanales) qui étaient en général prises en charge autrefois par des
12
ONG alors que les GPAS sont intégrés aux organisations de producteurs. La reprise par les
associations paysannes de l’UPSA « Association de Duranton » dans la commune de Jérémie en
est un exemple significatif. Les GPAS font aujourd’hui montre d’une capacité de se maintenir pardelà le temps. Les plus anciens datent de 1986 (Tèt Kole Ti Peyizan, KPGV de Grand
Vincent/Roseaux et OFPL à Léon) 1. A la vue de la montée en puissance des GPAS dans la
distribution de l’aide post désastre et dans la distribution de semences et les activités de
formation plusieurs associations ont développé en leur sein une activité de production et de
distribution de semences.
6.- Plus de 21 institutions ont accompagné et ont été citées par les exploitants pour avoir fortement
contribué au développement du secteur semencier du département de la Grande Anse. On peut citer par
ordre alphabétique les plus engagées telles ACODIFA, ADRA, AMAGA, Ambassade d’Allemagne, BID, BND,
CAMPECINA, CARE, Croix-Rouge Allemande, CRS, EPER, FAO, FONDATION LESPOIR, GRAMIR, KALEOS,
MARNDR/PITAG, MINUSTAH, ONU FEMME, PADF, PAGAI, PAM, ROTARY CLUB. Il faut bien noter aussi des
organismes tels le PAM et le BND très présents en Haïti et dans la Grande Anse dans l’aide alimentaire en
général et l’approvisionnement des cantines scolaires en particulier.
7.- De l’avis de plusieurs professionnels, 19 associations GPAS sont citées parmi les plus capables. Ce sont
: GPASAP, ASAEGA, JFTAES, ACDEG, MOZAP, ARGR, OFK, UCARB, ADPG, COPRAVPAB, GAKAM, ACEDAPE,
APADEM, APASD, APFG, APAV, ODAP, SOLIFANM, TK. La caractéristique la plus importante est la capacité
de l’association à continuer à fonctionner par ses propres ressources techniques et financières sans l’aide
d’ONG, sans être obligatoirement subventionnée. Le critère principal identifié concerne les marges brutes
pratiquées dans les transactions de semences. Il apparait que le seuil minimal ou indicateur d’EFFICIENCE
est au niveau des marges brutes des opérations et se situe au niveau de 20%.
8.- Les choix de semences subventionnées font montre d’une grande PERTINENCE. Les enquêtes montrent
que les spéculations retenues pour être subventionnées sont conformes aux systèmes de cultures et aux
demandes des 1 696 exploitants enquêtés dans toutes les communes.
9.- Les sondages effectués révèlent la SATISFACTION de 82% des enquêtés dans 6 communes par rapport
services des GPAS et des associations. Les sondages révèlent de plus que les exploitants veulent que leurs
localités participent à la fourniture des intrants dans les foires de semences. Les sondages montrent que
les exploitants ont un grand besoin de liquidité pour acquérir d’autres intrants (fumure organique) et
payer les vendeurs de force de travail pour la préparation du sol et les travaux d’entretien.
10.- L’IMPACT des interventions sur les semences n’est plus à démontrer sur les GPAS eux-mêmes en vie
grâce à des activités comme la production de semences d’ignames (39.2% de marge brute), la production
d’ignames (37% de marge) grâce à la production de haricot, ou des semences et production de légumes.
Un des points forts des GPAS est constitué par la propriété de plus de 27 carreaux, valant près de 10
millions de gourdes et des dépôts/maisons valant entre 10 et 15 millions de gourdes. Par ailleurs, il
apparait clairement que les rendements en haricots ont connu une légère hausse de 14.6% entre 2002 et
2020. Dans la même période, les rendements en maïs ont baissé de 18.46% malgré les interventions
subventionnées des semences de maïs durant les 20 dernières années. Mais la superficie plantée et les
rendements de l’igname ont augmenté durant les récentes années.
11.- Du point de vue de la DURABILITÉ environnementale, les GPAS sont en face d’une situation mitigée.
D’une part jusqu’à présent l’agriculture dans la Grande Anse est une agriculture naturelle bio. Il n’y a
presque pas d’engrais chimiques utilisés, ni de pesticides chimiques. Cependant, il y a dans quelques rares
zones une tendance à aller vers le chimique comme à Plaine Martin dans la commune de Pestel. Il y a
aussi la tendance à étendre les cultures sarclées comme les haricots et le maïs qui favorisent l’érosion. Il
1 / Voir tableau 10 : situation des GPAS.
13
y a aussi le fait que la matière organique de qualité est rare avec la réduction du cheptel bovin, porcin et
ovin. Les GPAS comme la DDAGA doivent adresser ce problème de manque de matière organique à
appliquer pour augmenter la fertilité des sols comme elles doivent intensifier les travaux de protection
des sols par des aménagements appropriés de lutte contre l’érosion particulièrement dans les terres sous
cultures sarclées (haricot, maïs).
12.- Les 32 GPAS sont constitués de :
✓ 27,565 membres dont 13,922 femmes
✓ 4,025 multiplicateurs semenciers
✓ 78.6 millions de gourdes d'investissements
✓ 20.7 millions de gourdes de fonds de roulement
✓ 47.3 millions de gourdes de chiffres d'affaires
✓ 146 TM de semences de haricot ou équivalent produites par année (igname, haricot, maïs,
maraichère, etc.)
13.- Les 32 GPAS entendent relancer l'agriculture dans la Grande Anse avec la mise en avant de produits
phare comme l'igname, le chou, les haricots en 3 saisons, etc.
14.- Ils entendent préserver les espèces, variétés paysannes rustiques, résistantes, résilientes de riz de
montagne de 3 mois à semer, de haricots de 2 mois 10 jours résistants à la sécheresse, etc.
15.- Ils entendent créer un Label DDAGA/GPAS GA qui chapeautent ces 32 GPAS pour qu’ils fonctionnent
selon une règlementation pour les semences de base à multiplier, les champs semenciers, l’emballage des
semences et les normes de traitement et de conservation des semences. Une règlementation devrait être
retenue pour la gouvernance des GPAS : processus de décision, gestion transparente des finances, gestion
des ressources humaines, etc.
16.- Ils entendent renforcer toutes les organisations GPAS en coopératives bien structurées. Le
renforcement des organisations GPAS en coopératives passe par une connaissance des lois coopératives,
les principes, la constitution la composition, les organes de décision, les avantages économiques, le
fonctionnement économique ainsi que la maitrise des outils de gestion habituels d’une entreprise de
coopération. Voir les détails de chacun de ces points dans le document annexé « Guide à l’intention des
GPAS ». On a préféré choisir le modèle coopératif parce que c’est la forme d’entreprise sociale qui est
régies au niveau national par une loi qui sert de référence pour tout le monde. Elle a des principes de
fonctionnement qui veulent que tous les membres soient sur un pied d’égalité dans la prise de décision :
le principe est « UN HOMME, UNE VOIX », quel que soit le nombre de parts sociales détenues par un
membre.
Le succès des coopératives d’épargne et de crédit aujourd’hui est patent. Dans presque toutes les
communes, on a vu durant les vingt dernières années émerger des coopératives d’épargne et de crédit
qui organisent le financement en milieu rural. Cela s’est fait avec des coopératives, avec un apprentissage
continu de service de qualité, avec l’obligation pour chaque coopérative de fournir chaque mois des
rapports financiers mensuels 2, avec des inspections/contrôles externes mensuels et par des audits
annuels de firmes indépendantes. C’est à ce prix que les coopératives d’épargne et de crédit se sont
données une base solide et ont pu se réunir en fédération. Une fédération, appelée Le Levier, est
fonctionnelle depuis le 30 Juin 2007. Le Levier a commencé avec 14 coopératives d’épargne et de crédit
et compte aujourd’hui 41coopératives fédérées. Ce modèle de coopérative qui s’est renforcé porte à
proposer aujourd’hui que le GPAS adopte la structure coopérative. C’est ce modèle qu’il faut promouvoir
et montrer aux institutions de financement que le statut de coopérative pour les GPAS peut être un bon
2 / d’après les prescrits de la loi sur les coopératives d’épargne et de crédit
14
choix. Il faudra respecter les règlementations, accepter les contrôles externes et recevoir les formations
appropriées d’institutions spécialisées de type Développement International Desjardins (DID).
17.- Les GPAS souhaitent monter une union ou des unions de coopératives pour les semences de la Grande
Anse. Chaque union est constituée de 5 coopératives de premier niveau reconnues par le Conseil National
des Coopératives (CNC).
18.- Les GPAS veulent ouvrir au sein d’une des unions de coopératives de la Grande Anse, un atelier école
où sont produites, sélectionnées, multipliées et distribuées des semences de qualité. Cette union de
coopératives est une plateforme multidimensionnelle avec silos et entrepôts de stockage, disposant d’une
génératrice de capacité adaptée, d’une usine de transformation de céréales et d’aliments pour bétail,
d’un atelier de murissement de fruits, de moyens de transport, etc.
19.- Cet atelier-école soutient la formation permanente en milieu rural. Il fournit á ses coopératives
membres l'assistance technique pour disposer de semences prébase, de semences de base, et inspecter
et contrôler les champs semenciers selon des coûts tout à fait abordables.
20.- Une recommandation finale est que l'Etat apporte aux 32 GPAS :
- une dotation spéciale en fonds de roulement à chacun d'entre eux ;
- une aide pour constituer le label DDA/GPASGA et un Centre de Coordination et de Ressources
(CCR) à l’intérieur de la DDAGA, pour consolider les coopératives existantes, pour monter la ou
les unions de coopératives GPAS, mettre en place l'atelier-école plateforme multidimensionnelle
et apporter à toute cette nouvelle architecture institutionnelle tous les supports techniques,
organisationnels et financiers nécessaires.
15
Figure 2. Proposition d’architecture pour le système semencier du département de la Grande Anse avec les institutions et liens
institutionnels à renforcer et la formation à promouvoir
16
PREMIERE PARTIE : ASPECTS HISTORIQUES ET DIAGNOSTIC
17
1 . 1. - A SPEC TS IN STITU TION N ELS
En 1970, le SERA, (Services d’Etudes et de Recherche Agricole) a été créé à l’intérieur du DARNDR. En
1983, le SERA a été fermé faute de budget et ses activités transférées à la FAMV. En 1977, la SENASA,
(Service National de Semences Améliorées) est constitué et est doté d’un laboratoire de technologies
semencières. Par la suite, le CECOSAM, (Centre de Conditionnement et de Stockage de Semences
Améliorées), est construite comme atelier avec une
capacité de conditionnement d’une tonne métrique
de semences de maïs par heure. Il disposait d’un
dépôt qui pouvait contenir 500 TM de 6 cultures
(maïs, sorgho, etc.). CECOSAM a été dissoute en
1994. Puis en 1983, le CRDA, (Centre de Recherche
et de Documentation Agricole) a été créé et
domicilié à la FAMV dans un premier temps. En
1987, le CRDA sera transféré au MARNDR.
Fondée en 1985, ORE, (Organisation de
Réhabilitation de l’Environnement) est la première
institution privée de type ONG qui a commencé des
activités semencières en 1987. En 1997, elle a
bénéficié d’un appui financier de l’Agence
Américaine USAID qui a permis notamment de
réaliser des infrastructures de stockage et de
conditionnement de semence.
En 1993, « La création de la CIPDSA (Commission
Intersectorielle de Production et de Distribution de
Semences Améliorées) fut un véritable tournant
dans le soutien de l’Etat aux activités semencières.
Elle a été composée de représentants du MARNDR,
de ORE, d’organisations paysannes, des ONG, du Figure 3. Le Moniteur : l’arrêté de la création de CIPDSA.
secteur privé et a bénéficié de l’accompagnement La CIPDSA marque un tournant avec une stratégie intégrant
technique et administratif de la FAO 3 ». La CIPDSA tout le pays et une approche de coordination des interventions
avait pour mission : a) exécuter des activités en et une participation de quelques ONG, d’entreprises privées,
relation à la production, multiplication et la du MARNDR dans le sous-secteur des semences.
distribution de semences et d’autres intrants agricoles (outils, engrais, pesticides), b) réaliser des plans
d’action spécifiques concernant les semences alimentaires de base, le maintien des variétés, le support
aux spécifications techniques en relation avec les systèmes haïtiens de production, c) proposer des
procédures et des standards provisoires pour la production et la commercialisation de semences.
Le financement de la FAO par l’Union Européenne a atteint près de 8 millions de dollars en 7 ans et a
permis la production et la distribution de volumes importants de semences de haricot, de maïs, de sorgho,
de pois Congo, de pois souche, de riz. Ces semences étaient, au terme de l’intervention, multipliées par
des producteurs semenciers au niveau du pays avec une concentration dans les plaines irriguées dans le
Sud (plaine des Cayes), dans l’Artibonite (Deseau, Verrettes), dans le Centre (Croix fer) et moins dans la
3 / Voir FAO 2011.
18
Grande Anse qui n’a pas vraiment de plaines irriguées. Ces interventions ont bénéficié de l’apport
considérable de ORE comme fournisseur de semences de base aux producteurs paysans multiplicateurs.
2002 verra l’arrêt des financements de l’UE et le blocage de toute aide internationale liée à la caducité du
parlement et certains problèmes de gestion interne au sein du CIDPSA. Il fut mis fin aux activités de la
CIDPSA après 7 ans d’activités productives tant sur la quantité que sur la qualité des semences.
1. 2. - PHA SE D E STRA TEGIE B A SEE SU R LA PROD U C TION D E SEMEN C ES D A N S LES PLA IN ES
IRRIGU E ES
La stratégie de développement adoptée par l’Etat était orientée au départ vers la production de
suffisamment de semences dans les plaines irriguées pour desservir l’ensemble du pays. Le choix des
produits à promouvoir concernait quasi spécifiquement les céréales comme le riz, le maïs, le sorgho et
une légumineuse, le haricot. Les champs semenciers sont alors installés à Camp Perrin (à ORE et à la ferme
d’Etat de Levis), dans la Plaine du Cul-de-Sac (à Damien, à la Croix-des-Bouquets à Bas Boen, etc.), dans le
plateau de Croix Fer, dans le petit périmètre irrigué des Verrettes, etc. Sous l’inspection du CIPDSA et le
contrôle de qualité du laboratoire de la FAO, plus de 500 producteurs semenciers mettront en valeur plus
de 300 ha de semences de base pour leur multiplication à l’intention de productrices et producteurs
nationaux. Les facilités offertes par ORE dans la plaine des Cayes furent décisives (semences de base,
stockage, etc.). Il en fut de même des facilités offertes par la Mission Chinoise basée à Mauger et le centre
semencier de Deseaux dans l’Artibonite. Ce sont là deux piliers du système semencier national.
1.2.1. - PROMOTION DES SEMENCES DE RIZ TOLERANTES A LA PAILLE NOIRE ET D’AUTRES EFFORTS
PARTICULIEREMENT DANS LES PLAINES IRRIGUEES .
A titre d’exemple, en 1990, un gros appui à la production de SEMENCES DE RIZ est engagé par une Action
Pilote Région Artibonite ODVA avec l’aide de la Mission Chinoise/Taïwanaise. Un système de contrôle de
qualité est mis en place. Un système de formation vulgarisation est implanté. 700 TM de semences de riz
sont produites par an par 121 producteurs multiplicateurs. Un Centre Semencier est monté à Déseaux. A
cette phase, l’intérêt est tourné vers les cultures de plaines irriguées. L’intervention dans le riz a permis
d’aboutir à la diffusion des variétés TCS-10 et MASSEY-8 (M-8), dont les semences de base provenaient
de Taïwan et dont les caractéristiques de tolérance à la maladie de la paille noire ont permis de réduire
significativement cette maladie dans le pays4.
De même, le Réseau de Production et de la Commercialisation Agricole du Bas Artibonite (RACPABA) a
encadré en 2009 plus de 170 multiplicateurs sur 133,5 ha qui ont fourni 18,3 tonnes de semences de riz
et l’Organisation pour le développement de la vallée de l’Artibonite a produit, la même année, environ
300 tonnes de semences de riz. A noter également que le Programme d’Intensification Agricole (PIA), en
collaboration avec PRODEVA et ASSODLO, a encadré 24 planteurs des GPAS APADPM, AFDP et MOPAP du
haut Artibonite (Gonaïves et Ennery) pour la production de semences de haricots pendant la saison d’été5.
Il convient de noter que l’ONG Double Harvest est en mesure de produire environ 185 tonnes par an de
semences de cultures diverses (haricot, du maïs et du sorgho, en particulier).
1.2.2. - PROMOTION DES SEMENCES DE MAÏS (LOCAL) EN SOUTIEN A UN PROGRAMME DE SECURITE
ALIMENTAIRE
En 1992, un programme de SEMENCES DE MAÏS vient en renfort aux producteurs locaux pour soutenir un
programme de sécurité alimentaire durant la période d’embargo après le coup d’Etat de 1991. 5,360 sacs
de 100 Lb ou 243 TM sont distribués dans la Grande Anse.
4 / Source : FAO. 1997
5 / FAO, 2011.
19
Figure 4 : Carte de répartition géographique des fournitures de semences de maïs en 1992
Source : FAO, Février 1995
Entre temps dans la Grande Anse, la production de semences faisait face à une contrainte majeure :
l’excès d’humidité au moment des récoltes de haricot et de maïs rendait le séchage difficile et contribuait
à des semences et des produits alimentaires de mauvaise qualité (taux de rejets élevés, bas taux de
germination, produits de consommation avariés). De plus l’enclavement des zones de production rendait
difficile la sortie des produits vers les marchés et les aires de production.
1.2.3. - LA PROMOTION DE SEMENCES DE HARICOTS DE PLAINES IRRIGUEES
La première grande distribution de SEMENCES DE HARICOTS fut organisée en 1994. La Grande Anse, qui
intégrait encore les Nippes, ne reçoit que 6 sacs ou 0,27 TM. Tandis que dans tout le pays étaient
distribués 2 107 sacs ou 95,77 TM. La Grande Anse est encore fortement enclavée. Il s’agit aussi de
semences locales triées, séchées, traitées et emballées.
20
Figure 5 : Carte Répartition géographique des fournitures de semences de haricots en 1994 (Saison de Mai à Octobres seulement)
source : FAO, Février 1995
Tableau 1 : Quantité semences attribuées par les programmes des années 1996,1997 et 1998 par la CIPDSA
Source : Rapport FAO, 1998
1. 3. - PHA SE D E STRA TEGIE B A SEE SU R LA PROD U C TION D E MON TA GN E HU MID E ET SE MI
HU MID E
Plus la demande de semences par les organisations paysannes s’est développée, plus les dirigeants du
secteur public se sont trouvés dans l’obligation de se tourner vers les producteurs semenciers de
montagnes humides et semi humides d’autant que le nombre d’organisations communautaires de base
désireuses de multiplier les producteurs semenciers et de mettre en place des UPSA avec l’aide d’ONG et
des GPAS augmentait considérablement.
21
1.3.1. - LE CHOIX DES PRODUITS SEMENCIERS EN MONTAGNE
Vient en premier lieu la promotion du haricot dans la Grande Anse, particulièrement dans les communes
de Beaumont, de Pestel, de Jérémie. La CIPDSA développera de nouveaux produits. Il s’agit de
spéculations agricoles pour lesquelles les revenus générés sont élevés à l’hectare et à haute valeur
ajoutée. Il s’agit de produits dont les semences représentent aussi des dépenses élevées constituant une
barrière à l’entrée pour les petits producteurs. On se réfère à des semences maraichères comme celles de
choux ou à des tubercules l’igname. Semences de choux, production et revenus s’accroissent
Il y a eu les années d’intensification du maraichage dans les zones de développement des cultures
légumières en haute montagne comme à la Forêt des Pins et à Salagnac. Cette intensification a vu se
développer la culture rentable de choux. Ce sont les entreprises commerciales comme DARBOUCO,
AGROSERVICE, COMAG, qui, en entrant en compétition entre elles, ont sollicité des firmes étrangères
semencières d’Amérique ou d’Europe des types de semences de qualité avec des caractéristiques
spécifiques des choux comme d’être bien « pommés ». Sont apparues, dans les petites parcelles des
paysans haïtiens, des variétés de choux, plus résistantes les unes que les autres, aux chocs de transport
de ce légume très prisé par les consommateurs haïtiens mais sensible aux chocs durant le transport et la
manutention. En 1996, c’était le temps de la variété KKCross. En 1997, fut introduite la variété Tropicana.
En 2000, ce fut l’époque de la variété PROFIT. A l’heure actuelle, la variété RESISTCROWN domine. Le
succès de ces variétés de choux résistantes aux chocs est là pour prouver l’importance du secteur privé
de l’agribusiness. Les maisons commerciales privées DARBOUCO et AGROSERVICE sont en compétition
dans les petites parcelles du paysan haïtien pour lui offrir les variétés les plus adaptées en termes de
résistance aux chocs de transport, les plus légères ce qui facilite leur transport à dos d’homme, ou les plus
gros choux pouvant être vendus aux prix les plus élevés possibles. Ces semences de choux sont vendues
en 2021 dans des petits sachets de 5 grammes à 10 grammes à environ 45 gourdes le gramme. Pour le
petit producteur haïtien de montagne humide en particulier, la culture des choux est parmi les plus
rentables. Les petits agriculteurs des montagnes de l’habitation Montagnac, de la section communale de
Desormeaux, commune de Dame Marie, se sont spécialisés pour une bonne part dans le chou et peuvent
démontrer sa rentabilité mais aussi l’adaptation de la variété en cours dans la zone de l’association
KODEMO.
Figure 6 : Culture pure de choux et cultures associées choux/ignames
b) Semences d’ignames, production et revenus accrus
2005 est l’année où sous la pression de la demande de producteurs de Beaumont les premiers lots de
plants d’igname sont commandés et distribués dans différentes zones du pays. Avant cela, les lieux
réputés de production d’igname avec plus de 13 variétés différentes sont la commune du Borgne dans le
22
Nord et la commune de la Vallée de Jacmel dans le Sud-Est. Jusque-là, les plants d’’ignames de variétés
commerciales – Igname Guinée, Igname Jaune, Igname Kingston, Igname Martinique étaient rares et
chères. Les plants représentaient un coût élevé dans le compte d’exploitation (près de 31% des coûts).
Voir tableau 13 page 55 de ce document. A partir de 2005, les exploitants (petits, moyens et grands) ont
un accès relatif à des plants d’ignames subventionnés. C’est là l’un des volets les plus importants des
différents programmes semenciers et qui connaissent le plus de succès auprès des agriculteurs des
montagnes du pays.
Figure 7 : Igname guinée et trajectoire de la technique miniset en Haïti
Trajectoire de la technique Miniset en Haïti (19882012)
1.4.- EVOLUTION DE LA STRATEGIE DE DISTRIBUTION
DES SEMENCES : DES BIA / BS AUX GPAS ET
AUX FOIRES AGRICOLES
23
En 1994, les réseaux du système semencier national étaient constitués de 50 Boutiques d’Intrants
Agricoles. Ces boutiques ont pratiquement disparu. Il en est de même des banques de semences et des
UPSA. Les GPAS ont occupé le terrain
La mise en marché de semences en Haïti entre 1970 et 2020 s’est faite de différentes façons :
➢ Les achats de semences se font sur les marchés publics hebdomadaires à concurrence de 75%
provenant des madan sara selon FAO. Les semences des marchés publics ne sont pas de qualité.
➢ L’approvisionnement en semences améliorées à partir des ONG est subventionné. Il s’agit d’une
forme d’aide directe qui correspond généralement à une stratégie d’intervention à court terme
pour satisfaire des besoins en semences dans une situation de transition entre l’urgence et le
développement pendant la période qui suit le tremblement de terre de janvier 2010 et les aléas
climatiques (cyclones, inondations) qui frappent régulièrement le pays.
➢ Un système de prêt de semences (Banque de Semences /ACDIVOCA) est développé. Les paysans
reçoivent une quantité initiale de semences de qualité qu’ils doivent rembourser à la récolte avec
une petite quantité additionnelle de l’ordre de 20%.
➢ Les foires aux semences organisées à travers l’organisation de foires aux semences périodiques
dans les différentes localités ; les foires aux semences améliorées sont combinées avec
l’assistance agricole aux ménages vulnérables et l’initiation d’un système d’aide basé sur le
marché. Le seul projet PITAG organise en saison des centaines de foires agricoles. PITAG prévoit
de toucher actuellement 6000 exploitants agricoles à travers cette méthode de vulgarisation et
de distribution. Une équipe de 5 cadres, 7 middle managements, 10 temporaires, 300
techniciens/fournisseurs des services, plus de 40 entreprises ou associations organisent des
formations tout au long de l’année et fournissent des services.
24
A . Représentation simplifiée des agents économiques
directs et indirects concernés par les programmes de
fourniture d’intrants (1994).
B . Localisation des UPSA fonctionnelles en 1994, des boutiques
d’intrants déjà installées ou en projet et des dépôt prévus pour les
programmes de fourniture d’intrants
GPSA
Banque
semence
s
GPAS
source : FAO, Février 1994
source : FAO, Février 1994
Tableau 2. : Liste des BIA (Boutiques d’Intrants Agricoles) et PV (Points de Vente) opérationnels
Département
Nord
Nord-Est
H. Plateau
B. Plateau
H. Artibonite
B. Artibonite
Ouest I
Ouest2
Sud-Est I
Sud-Est2
Sud
Grand-Anse
C . Liste des BIA (Boutiques d’Intrants Agricoles) et PV (Points de Vente) opérationnels
BIA
PV
Total Réseau
9
11
20
8
8
7
2
9
5
4
9
4
1
5
4
5
9
6
12
18
42
42
4
5
9
15
15
9
18
27
2
7
9
Total
50
119
180
On notera que toutes les données des tableaux qui datent de 1994 sont aujourd’hui dépassées. Presque
tous les BIA ne fonctionnent plus. Toutes les BS (Banques de Semences) ne sont plus opérationnelles. Les
UPSA ont changé de statuts. En 1994, le département de la Grande Anse compte très peu dans tous les
réseaux : zéro semences de haricots6 ; 2 BIA sur 50 dans la Grande Anse en tableau C ; une seule UPSA
dans la Grande Anse en tableau A ; La tendance à la centralisation en tableau A (Points de distribution).
Tous ces systèmes et réseaux seront remplacés par les GPAS avec leur montée en puissance et le
désengagement des entités étatiques.
En 2002, les financements internationaux sont suspendus à cause du blocage du parlement haïtien rendu
caduc. Le SNS n’a pu obtenir de financement sérieux. A partir de là, on assiste au désengagement
progressif de l’Etat et à la substitution de son action par des interventions d’ONG dispersées et
ponctuelles.
6 / voir carte de répartition géographique des fournitures de semences de haricots en 1994.
25
En 2010, des interventions de différents bailleurs de fonds de USAID, de GTZ, soit directement (AAA, Care,
ActionAid, CHF), soit à travers la FAO, Fonds belges, Fonds suisses, etc. sont exécutées à travers le pays.
L’action du SNS s’est réduite à des activités d’évaluation variétale, notamment sur le haricot, en
collaboration avec les partenaires internationaux. Depuis, le SNS s’est positionné à petite échelle comme
distributeur de semences améliorées produites par un nombre limité de multiplicateurs de semences qu’il
encadre. Les besoins en semences de qualité restent donc énormes.
1.5.- BESOINS NATIONAUX EN SEMENCES EN 2011
Un rapport de la FAO en 2011 estimait à 21 750 TM les besoins nationaux et à moins de 3 991 TM la
capacité installée de semences améliorées. Sur les 3991 TM, 1 800 TM de capacité installée seraient des
GPAS de la FAO, 250 TM de ORE, du SNS 647 TM, et d’autres offres 1 300 TM (AAA, CARE, CARITAS, EPER,
CRS, etc.).
L’offre potentielle en une année de semences améliorées dans un passé récent en 2011 est estimée dans
le tableau 3.
Tableau 3 : Récapitulation du l’offre potentielle annuelle de semences améliorées dans les zones d’intervention des projets FAO (en tonnes)
TOTAL
3,991
1.6.-DE LA RENTABILITE DES OPERATIONS DE PREPARATION DE SEMENCES AMELIOREES DANS UN
PASSE RECENT (2011)
« Les conclusions tirées de ce tableau de rentabilité du haricot peuvent être sensiblement généralisées
aux autres cultures car il s’agit pratiquement des mêmes structures de coûts de production et le haricot
donne le rendement le moins élevé des autres principales cultures vivrières (maïs, pois Congo, etc.).
26
Tableau 4. : Rentabilité financière comparée des activités au sein des GPAS (production de haricot) Source : FAO, Haïti
Taux profit simple
76%
74%
41
%
64
%
56
%
50
%
95
%
-
43
%
Sources : FAO, 2011 ; FAO, 2018 ; FAO, 2019. Rapport final ; Entretien personnes ressources 2021
37
%
74%
27
Encadré 1. Des occasions manquées avec ORE
DES OCCASIONS MANQUEES AVEC ORE
a)
Au niveau du haricot
Le MARNDR avait introduit en 2005 l’ICTA Ligero qui n’est pas rustique, qui est très sensible à la mosaïque dorée. Cette
variété a de très petites graines non appréciées par les consommateurs. De plus cette variété est très sensible aux bruches.
En lieu et place ORE recommandait, depuis les premières années 2000, de mettre l’accent sur une production massive de
semences de base à partir de variétés sélectionnées de population locale de LORE 87. La LORE 87 détient une grande
possibilité d’épuration, une forte capacité d’adaptation aux calendriers culturaux locaux et beaucoup moins de difficultés
liées aux attaques d’insectes en plein champ : la variété LORE 249, la variété LORE 254 poussent bien en sols pauvres grâce
à leurs multiples nodosités captant l’azote de l’air.
Tableau 5. Les 3 variétés sélectionnées de la population locale de LORE 87
LORE 249
LORE 254
LORE 324
Tolérance à la sécheresse
Oui
-
Non
Résistance à mosaïque dorée
Oui
-
-
400-500 kg/ha
800 kg/ha
1600-1700 kg/ha
Rendement en sol pauvre
Non
800 kg/ha
Non ?
Rendement en montagne
Non
800kg/ha
Rendement en plaine irriguée
-
-
1600-1700 kg/ha
Rendement sous ombrage
Non
-
Oui
2,500 kg/ha
-
-
?
-
Oui
3 mois
3 mois
2 mois
Rendement moyen obtenu en plaine en condition
normale
Potentiel rendement sous serre
Tolérance à virus
Précocité (de la récolte)
Durant les années ayant suivi la fermeture de la CIDPSA, ORE a continué à produire environ 5 TM de semences de base par
an au niveau des haricots LORE. Pour le maïs 150 TM de semences de base sont produites pour répondre à la demande du
département du Sud.
ORE, durant les récentes années, avait souhaité prendre le leadership dans 2 sous-secteurs, celui des semences (haricot,
maïs) et celui de l’arboriculture fruitière (avocat, manguier francique/cœur d’or/baptiste, café, cacao) ; l’avocat Choquette,
produisant à contre saison, connait un très grand succès.
Par ailleurs, une association du département du Centre (ADAIB) recommande fortement la variété très rustique dénommée
IDAI pour sa précocité (2 mois 10 jours), sa résistance à la sécheresse avec des rendements de 6 pour 1 ; et une autre variété
portant le nom de Calaboche provenant des Anglais qui est aussi très bien acceptée dans les montagne et plateaux humides
et qui est résistante à la rouille. La variété Calaboche donnerait des pics de récoltes de l’ordre de 25 pour 1.
b. Au niveau du maïs
Tentative d’introduire la variété de maïs HUGO disposant d’un taux de protéine plus élevé.
c.
Au niveau du riz :
M8 ou d’autres variétés de montagne
d.
Au niveau du stockage
ORE a permis de faire une grande avancée au niveau du stockage des grains, en recyclant des conteneurs récupérés de
transport par bateau qui ont été utilisés comme silos, notamment en montagne (température moyenne de 12 0C), ce qui
permet de conserver des taux de germination de 90% après un an. A titre d’exemple, A titre d’exemple, plusieurs cas de
bons taux de germination ont été enregistrés 6-7 mois après le cyclone Matthew pour des grains conservés dans des silos
de maïs.
Note1 : En 1995, le premier projet d’établissement de ORE avait requis un investissement total de 1,750,000 USD.
Note2 : ORE dispose encore à l’heure actuelle d’un personnel de 120 personnes dont 6 cadres agronomes. ORE est aussi
installé à Beaumont.
e.
Au niveau de la multiplication par tissus de quelques espèces
Comme la banane : le premier laboratoire de multiplication de la banane par tissus était fonctionnel à ORE .
Source : Entretien avec personnes ressources – Eliassaint Magloire, 2021
28
Encadré 2. Activités du SNS méritant d’être soutenues
DES ACTIVI TES DU SNS QUI MERITENT D’ETRE SOUTENUES
« Le Service National Semencier national (SNS) est devenu le principal intervenant public dans la filière semencière ; interlocuteur
privilégié de tous les autres acteurs, il possède l’expertise pour des appuis techniques en faveur de ces acteurs mais ses moyens humains,
matériels et financiers sont limités. Aussi ce service traite t-il directement avec les ONG et les projets pour participer à la diffusion des
itinéraires techniques auprès des producteurs de semences.
Le SNS conduit quelques activités d’évaluation variétale, notamment sur le haricot, en collaboration avec des partenaires internationaux.
Par ailleurs, le SNS s’est positionné, à petite échelle, comme distributeur de semences améliorées qu’il fait produire par des
multiplicateurs qu’il encadre. Ainsi, au cours des trois derniers exercices fiscaux (2007-2008, 2008-2009, 2009-2010), il a distribué des
semences de base de haricot, banane, igname et cultures maraîchères pour une valeur globale de 234 257 912 gourdes ». FAO 2011.
a)
Importance des semences de haricots distribuées
Plus de 530 TM de semences de haricots en 2008-2009 et plus de 1020 TM de haricots en 2009-2010
Tableau 6. Semences Distribuées pour les Exercices 2007/2008, 2008/2009, 2009-2010 par le SNS
Espèce
Exercice
Quantité
Unité
Superficie emblavée (ha)
Banane
2007-2008
-
-
-
2008-2009
1 048 148
Drageons
420
2009-2010
100000
40
2007-2008
90
6 000
2008-2009
530
35332
Haricot
520 (printemps)
Igname
b)
Tonnes
34 668
2009-2010
500 (hiver)
2007-2008
-
-
-
2008-2009
400000
Miniset
-
2009-2010
-
33332
-
Source : SNS
L’introduction à Beaumont en 2000 de variété de banane FHIA 21 et 25 résistantes à la Sigatoka noire dans
le cadre d’un projet mené en partenariat avec l’IICA.
Le type de banane FHIA 21 n’était pas très bien apprécié par la population à cause de son goût. Cependant, en 2020,
la FHIA 21 en particulier a fini par s’imposer dans la zone parce qu’au fil du temps, elle résiste non seulement à la
maladie, mais elle a fini par se faire connaitre auprès des cuisinières haïtiennes, des « machann manje kwit » et des
« machann fritay » de la Grande Anse (et du pays) qui ont appris à préparer la FHIA au goût du consommateur
haïtien.
c)
Le cas du Projet Michigan Satate University (MSU) et d’introduction multiplication de 8 kilos de semences
de base de DPC-40 (2010)
Ces semences ont été collectées via des firmes ou des entreprises privées par appel d’offre. Le SNS comme nous
avions mentionné plus haut n’a pas de ressources financières et humaines pour accomplir ses fonctions dans la
filière semencière. Avec un appui à hauteur de 500 000 dollars américains du Michigan State University (MSU), le
SNS a produit en 2010, huit (8) tonnes de semences de base haricot (DPC40) dans une ferme du MARNDR à Savane
Zombi (Sud’Est du pays). Cette variété aurait des potentialités pour donner jusqu’à 2 tonnes à l’hectare selon le
Directeur du SNS. Ces semences ont été vendues à des firmes et des ONG d’appui dont l’ACDI-VOCA. Le SNS aurait
comme objectif de produire annuellement 25 tonnes de production de semences de base de qualité.
d)
Test de 3 variétés d’igname en provenance de la Guadeloupe (biodiversité)
Le SNS n’intervient pas dans la production de semences ni de manioc, ni de banane, ni de l’igname. Toutefois, il faut
noter actuellement l’essai sur la ferme de Damien des tests sur trois variétés d’igname en provenance de la
Guadeloupe. Il s’agit de Tagabé, de Tepuna et de Mendrodar toutes de la famille Dioscorea alata. Ces variétés
seraient résistantes aux nématodes.
e)
Le support du SNS SIN à la diffusion de la variété de Pois de Souche Nain (Beseba) depuis les années 2000 qui
a connu et connait encore un grand succès dans presque toutes les zones sèches du pays.
f)
Il faut rappeler aussi l’introduction à Savane Zombie de la variété de pomme de terre NORTHENA provenant du Centre
International de Pomme de Terre du Pérou qui a montré ses qualités de résistance à la sécheresse et au froid ainsi que
29
son haut niveau de rendement dans toute la zone de la Foret des Pins depuis son introduction en 1997.
Encadré 3: L’offre et la demande de Semences de Qualité Déclarée 7 : l’accompagnement soutenu de la FAO : l’année 2011 en exemple
L’offre représentée par la production des GPAS encadrés par les projets FAO
Le projet OSRO/HAI/008/BRA et d’autres projets de la Coordination des Operations d’urgence et de Réhabilitation de la FAO
(FAO/ERCU) appuient une quarantaine de GPAS des Départements du Sud, Sud-est, Ouest, Artibonite et Nord-est ; pour tous ces
GPAS, la production totale estimée de semences de qualité déclarée destinées aux paysans en 2010-2011 est de 294 tonnes de
semences de haricot, 1299 tonnes de semences de maïs et 98 tonnes de semences de pois congo.
Superficies emblavées et production estimées de semences de qualité déclarée au niveau des GPAS 11 partenaires de la FAO/ERCU
Les tableaux ci-dessous donnent avec plus de précisions une projection de la production obtenue dans les différents départements
d’intervention des projets FAO notamment du projet OSRO/HAI/008/BRA. Ces chiffres ont été obtenus sur la base des estimations
faites par le Programme de production de semences de la FAO/ERCU d’Haïti.
Répartition de la production de semences par département pendant la saison d’hiver (Novembre 2010 – février 2011)
7 Le système de Semences de Qualité Déclarée, mis en place par la FAO en 1995 avec l’aide de la CIPDSA, a été élaboré pour permettre
un contrôle de qualité des semences sans une mobilisation d’autant de ressources gouvernementales que la certification classique des
semences. Ce système se doit cependant d’assurer un niveau de qualité satisfaisant de ces semences, que ce soit pour un usage local ou
pour une commercialisation régionale ou internationale. C’est un système volontariste et flexible de contrôle de qualité (avec des normes
et modalités minimales), sans être un système au rabais, mais un système adapté permettant de faire le meilleur usage possible de
ressources techniques limitées. Il est souvent utilisé dans les pays sans législation semencière dans le but d’améliorer leurs compétences
techniques dans le secteur semencier, en particulier le secteur informel, et aboutir à terme à une plus grande efficacité et à l’expansion
du secteur privé, quant à la production et la distribution de semences. Dans le cas du projet de la FAO, l’inspection des par celles des
GPAS et le contrôle de la qualité de leurs semences sont réalisées par un comité constitué par un inspecteur du Service National
Semencier, un agronome du Bureau Agricole Communal et un agronome de la FAO. Des échantillons de semences sont prélevés dans les
stocks de semences des GPAS pour l’analyse du taux de germination, de la pureté spécifique et variétale et de la teneur en eau.
30
Répartition de la production de semences par département au printemps 2011 (mars-juin)
1.7.- UN CAS D’APPEL D’OFFRE RECENT EN 2020 AVEC DES PRIX ADJU GES
On consultera les résultats du dernier Appel d’Offre semence de MARNDR PROGEBA. La firme gagnante
est IRDPS/Agriculture plus. Acquisition des semences vivrières et maraichères au profit des planteurs du
département du Centre. (20 novembre 2020). On pourra prendre comme référence les prix pratiqués par
le MARNDR pour quelques semences de Qualité Déclarée dans le cadre d’un appel d’offre de 2020.
Tableau 7. Quelques semences de Qualité Déclarée dans le cadre d’un appel d’offre de 2020
Lot
Quantité
Prix total (gdes)
Sous lot 1.1 Haricot (kg)
16,000
5,183,992.00
Lot 1
Sous lot 1.4 Arachide (kg)
10,000
3,499,995.00
Sous lot 2.1 Banane (drageons
100,000
2,495,000.00
Lot 2
Sous lot 2.2 Manioc (bouture)
1,000,000
1,490,000.00
Note : Les prix par kilo peuvent servir de référence pour les prochains appels d’offre
Prix unitaire (Gdes)
324.00/kg
350.00/kg
24.95/drageon
1.49 /bouture
1.8.- DIAGNOSTIC DU SECTEUR SEMENCIER NATIONAL
Il ressort de l’historique et des éléments de diagnostic du secteur semencier dans la Grande Anse qu’il
existe environ une quarantaine de GPAS dans le pays dont une vingtaine dans la Grande Anse œuvrant
dans la production du haricot, du pois Congo, du maїs et du fourrage. Depuis le démarrage de ces projets,
ces GPAS ont pu produire pour chaque saison de culture (hiver et été) au moins 20 tonnes de haricot. Les
techniques de conditionnement et de conservation des GPAS ont été aussi améliorées à travers des
équipements qu’ils ont pu bénéficier du projet (4 bâches et 4 silos d’une capacité de 500 kg par GPAS, des
matériels de conditionnement et de contrôle de qualité, humidimètres, sondes, balances, sacs
d’emballages, germoirs). Cependant la question de viabilité économique et financière de ces structures
se pose.
Les principales contraintes auxquelles se heurte actuellement le diagnostic du secteur semencier du
département de la Grande Anse peuvent être résumées comme suit :
Les points faibles et les contraintes
✓ Dus à des contraintes d’ordre institutionnel : La coordination des différentes activités
semencières, de programmation, d’homologation des variétés, la structure de contrôle et de
certification de semences telles que la CIPDSA les avait instaurées, manquent énormément. Il n’y
a plus de vision de long terme et un système qui amène au développement durable du secteur
31
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
semencier aussi bien dans la Grande Anse que dans le Nord-Ouest, aussi bien dans les plaines
irriguées que dans les montagnes humides.
Dus à des contraintes d'ordre économique : il y a insuffisance des moyens financiers, matériels et
manque d’intérêts pour assurer la production des Semences de pré-base et de base. Depuis près
de 5 ans les GPAS n’utilisent presque pas de semences de base dans la Grande Anse à part
quelques achats limités de APFG pour les sélections de l’ORE (achat de 7.5 kg en 2020) en 2019
auprès de ORE. Des semences de DPC-40 multipliées à d’autres endroit ont été achetées sans être
sûr de leur pureté. EPER estime qu’il y a un réel problème concernant l’approvisionnement en
semences de base8 à l’heure actuelle dans tout le département de la Grande Anse.
Dus à des contraintes d'ordre économique : faible capacité d'investissement des firmes privées
semencières et des GPAS qui ont des difficultés de trésorerie au niveau des firmes de semences
et des GPAS. Ces GPAS sont obligés de rechercher des gains rapides pour pouvoir tenir même
survivre ;
Dus à des contraintes d'ordre économique : en l'absence de crédit agricole accessible, le pouvoir
d’achat très faible du paysan ne lui permet pas d'acheter les différents intrants dont les semences
améliorées au prix coûtant même si la nécessité de leur utilisation est bien perçue ; d’où
l’obligation de renouveler les subventions qui ont dû être augmentées avec les désastres naturels
tels le cyclone Matthew.
Dus à des contraintes d'ordre économique : Le paysan continue de pratiquer lui-même une
sélection des meilleurs épis ou panicules qui répondent à ses besoins en graines de "qualité" c'est
à dire des grosses graines présentant un bon aspect fonctionnant chaque année dans les localités.
Le nombre de producteurs semenciers représenterait plus de 19 % (enquête 2021) de la
population d’exploitants soit près de 12,000 semenciers qui produisent, récoltent, stockent et
distribuent des semences appréciées par la clientèle et accessibles en termes de prix.
Dus à des contraintes d'ordre économique : L’offre potentielle des 3,991 TM de semences
améliorées pourraient satisfaire 18% des besoins totaux nationaux qui étaient estimés à 21,750
TM. Dans la pratique, l’offre effective courante de semences ne dépasse pas les 1 500 TM en l’an
2011. Ce qui correspond à une satisfaction effective limitée des besoins de 6.89%.
Dus à des contraintes d'ordre économique : La non maitrise du marché et de la demande au
niveau des exploitants utilisateurs de semences expliquent aussi en partie la faible utilisation des
capacités installées.
Dus à des contraintes d’ordre technique : le mauvais comportement de certaines variétés
introduites vulgarisées et dont les cycles de culture et/ou les qualités organoleptiques sont peu
adaptés. (voir maïs Eto Amarillo ou haricot Icta Ligero sont des exemples très significatifs).
Dus à des contraintes d’ordre social : les petits paysans disposant de très petites parcelles
bénéficient très peu des programmes semenciers. Les GPAS auraient pu très bien trouver des
parcelles de terre appartenant à des absentéistes pouvant faire des champs semenciers (blocs de
cultures) où interviendraient des petits paysans sur des parcelles affermées avec les intrants
8 L’offre et la demande des semences de base sont très limitées
Les semences de base de variétés jugées performantes sont achetées par le projet auprès des institutions locales de
recherche/développement (ex : ORE) ou des sélectionneurs/producteurs de semences des pays voisins ayant les conditions agroécologiques similaires à celle de Haïti (République Dominicaine, Guatemala, Honduras)9. Pour le cas du projet, les variétés
exotiques passent d’abord par des tests d’adaptabilité qui conditionnent finalement leur sélection en vue de la multiplication par
les GPAS ou les fermes partenaires du projet.
32
nécessaires accessibles et le marché assuré (GPAS) pour les semences de haricot, d’igname, de
pois de souche, etc.
✓ Dus à des contraintes d’ordre commercial : absence pour un grand nombre de produits d’un
marché organisé qui puisse drainer le surplus de production obtenu avec l'utilisation de semences
améliorées et d'autres intrants ; enclavement des localités/habitations de production à cause de
la mauvaise qualité des voies de communication à l’intérieur des sections communales et
difficultés pour sortir la production de ces localités et habitation enclavées. L’exemple de l’igname
est significatif. Il y a aujourd’hui un engouement pour la production d’igname d’au moins deux
variétés : l’igname jaune et l’igname guinée. Toutefois, les marchés pour la production ne sont
pas assurés avec les problèmes d’insécurité dans les marchés publics (La Saline, Croix-desBouquets). La variété igname jaune est périssable sur 8 jours. La variété guinée (blanc) se conserve
sur 6 mois si elle n’est pas blessée pourrait mieux viser l’exportation. Les promoteurs d’ignames
devraient aussi envisager de soutenir la production d’autres variétés moins périssables telles les
variétés Kingston et Taureau qui peuvent être conservées en milieu sec plus de 12 mois.
✓ Dus à des contraintes d’ordre environnemental : régime pluviométrique aléatoire donc
incertitude de récolte avec des variétés améliorées moins plastiques et moins rustiques que les
variétés locales ;
✓ En matière d’élevage : baisse des élevages de bovins, de porcins, de volailles et d’équins ce qui
entraîne une réduction de la quantité de matière organique disponibles dans les exploitations
agricoles.
Les points forts
✓ Les activités des GPAS de conditionnement et de distribution de semences génèrent des profits
importants pour les producteurs car les taux de rentabilité se situent entre 41% et 95%. Il s’agit
d’un bénéfice brut qui ne prend pas en compte les frais de commercialisation et d’autres
éléments. Ainsi, ce bénéfice pourra être grevé éventuellement par ces coûts additionnels mais,
quelle que soit cette baisse, les taux de rentabilité dégagés ici garantissent largement la rentabilité
des activités.
✓ La diffusion de variétés et d’espèces bien reçues par les agriculteurs comme le pois de souche
nain, les choux KKCROSS ou RESISTCROWN, le riz TCS-10, la banane FHIA-21 actuellement
acceptée, l’igname jaune et l’’igname blanche autant de success story qui sont à l’actifs des
différents projets et programmes.
✓ L’accompagnement très fort d’institutions comme la FAO, EPER ou la Coopération taïwanaise qui
n’ont jamais marchandé leurs efforts pour le développement de l’agriculture haïtienne.
Menaces
Les plus grandes menaces qui pèsent sur les programmes semenciers dans le département de la Grande
Anse réfèrent aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques. Les catastrophes naturelles
sont périodiques mais de de plus en plus récurrentes. (voir Matthew)
Les changements climatiques donnent lieu à des modifications dans l’environnement des cultures.
Environnement qui oblige à changer d’espèces (mettre du cacao à un endroit qui était antérieurement
une zone caféière) ou à changer de variété d’une même espèce à la recherche de variétés plus résistantes
à la température ou à la chaleur ou à la sécheresse. De tels changements peuvent ainsi s’avérer des
opportunités pour l’exploitant.
33
Opportunités
Ces menaces peuvent constituer des opportunités aussi. En face de situation d’insécurité alimentaire, les
exploitants doivent s’organiser pour disposer de stocks alimentaires conséquents à l’année longue. Le
stockage de grains devient une activité rentable surtout si l’Etat intervient au niveau financier pour la
constitution des stocks de prévision dans les GPAS. Il en est de même pour les stocks de semences. Il en
est de même pour les stocks des cantines scolaires. Il en est de même pour le stockage de produits
transformés telles la cassave, les farines de manioc, d’arbre véritable, les farines de maïs, etc.
Les opportunités existent aussi pour les GPAS dans la multiplication et la distribution massive des produits
résistants à la sécheresse comme les pois de souche ou à la diffusion de variétés précoces, de riz 3 mois à
semer, boutures de patate douce dont les tubercules peuvent être récoltées sur 2 mois, de légumes à
récolte rapide comme le gombo/calalou prêt à être consommés 7 semaines après avoir été planté. De
nouvelles variétés de café sont à envisager avec la hausse des températures en montagnes de 600 à 900
mètres. L’introduction de la variété Coffea stenophylla est capable de donner un café de haute qualité
même en moyenne altitude. (Voir CIRAD 2021) De même, la production de café en général devra se
concentrer en haute altitude ou la rouille et les scolytes se développent beaucoup moins. Les GPAS ont
donc beaucoup à faire pour aider les exploitants à remodeler le paysage de la Grande Anse en s’adaptant.
1.9.- LES RECOMMANDATIONS MAJEURES
✓ Le département de la Grande Anse ne doit plus être négligé par le SNS. La Grande Anse entend
disposer d’un nombre important de plus de 30 GPAS aujourd’hui. Seulement 9 existaient dans la
Grande Anse en 2016 tandis que l’Artibonite détenait 18 et le Sud-Est ainsi que le Nord-Ouest 14 ;
✓ Les interventions dans le secteur semencier nécessitent des semences de base. Ces dernières ont
baissé en quantité et en qualité des semences depuis la disparition de la CIDPSA en 2002. La
fermeture des activités de cette commission a vu la disparition très importante de semence
prébase et de base dont l’accès était facilité aux producteurs semenciers particulièrement par
l’ONG ORE. Le secteur semencier national a besoin de l’ONG ORE pour un leadership éclairé du
secteur semencier tant au niveau des travaux de sélection et d’épuration des variétés adaptées
que de diffusion de semences de Base.
✓ Des variétés de haricot comme la ORE 249 (tolérante à la sécheresse et à la mosaïque dorée), la
ORE 254 pour les terres peu fertiles des mornes, et la ORE 324 pour les plaines humides et
irriguées devraient être prises en considération. Les agriculteurs sont particulièrement satisfaits
de la variété 249 qui donne un rendement de 17 pour 1 en bonne saison dans les terres de pente
peu fertiles car disposant de beaucoup de nodosités dans leurs racines capables de capter l’azote
de l’atmosphère.
✓ Les conditions socioéconomiques des producteurs et productrices sont à prendre en compte pour
proposer qu’ils (elles) deviennent des producteurs semenciers en leur facilitant l’accès à des
semences adaptées mais aussi en les aidant à affermer (ou autres) des terres de propriétaires plus
aisés ou de détenteurs des terres de l’Etat. Les blocs de production de plusieurs petits
multiplicateurs pourront ainsi être constitués en aidant à des montages fonciers pris en charge
dans le cadre du programme semencier et en apportant de l’accompagnement technique à
plusieurs petits paysans constituant des blocs de culture. Cela faciliterait la vulgarisation de
techniques de culture en uniformisant les calendriers de culture (date d’établissement des
cultures, de préparation des sols, de traitements phytosanitaires) ;
34
✓ Il faut saluer la promotion de l’igname dans le cadre d’une activité d’innovation portant à
développer de nouvelles techniques de préparation de plantules ou même dans la vulgarisation à
travers des méthodes comme les foires aux semences.
✓ Il faut aussi rappeler les travaux de veille réalisés par les entreprises commerciales telles
DARBOUCO, AGROSERVICE, COMAG dans la promotion du maraichage. Ce qui a permis aux
agriculteurs familiaux de disposer de semences de légumes divers et de choux en particulier de
façon continue mais avec différentes variétés.
✓ Au niveau des recommandations, il apparait nécessaire que la DDAGA et les associations et
groupe de semences de la Grande Anse aient une claire conscience qu’il faut parier moins sur les
plaines irriguées mais plus sur l’agriculture de montagne, et même de haute montagne (plus de
1000m) où la densité démographiques est faible, les possibilités de mobiliser des terres en faveur
de nécessiteux sont plus importantes, la valorisation autant des eaux de pluies (citernes,
impluvium, lacs artificiels) que des sources d’eaux pour l’exploitation de certaines spéculations à
haute valeur marchande et à forte valeur ajoutée comme les légumes (choux, oignons) et des
fruits (avocats choquette, Hass, etc.). Une grande attention devra être portée à la régénération
des sols qui ont beaucoup souffert de la pratique des brûlis, des coupes de bois abusives et de
l’absence d’enrichissement des sols. Le développement de la production semencière devra être
nécessairement accompagné d’apports de matières organiques (compost, bokashi, charbon
végétal, purins de plantes, vermicompost) et d’une stratégie anti érosive (diguettes végétales,
cordons pierreux, terrasses progressives).
✓ Il est important de rappeler la nécessité d’une coordination permanente pour le développement
d’une vision commune et la mise en œuvre d’actions allant dans le sens de l’intérêt régional et de
l’intérêt des GPAS et de ses membres. Monter une commission départementale similaire à la
CIPDSA peut s’avérer une très bonne démarche dans le contexte actuel de troubles politiques où
les instances basées à Port-au-Prince n’ont pas toujours la capacité de répondre aux besoins des
localités reculées. Cette commission devrait aider à la DDAGA à aider les organisations
départementales à prendre leur destin en main.
✓ Le dernier appel d’offre de novembre 2020 en accord avec le SNS a donné lieu aux prix unitaires
suivants : haricots, 324 gdes/kg ; arachides, 350 gdes/kg ; drageons de banane, 24.95 gdes/unité ;
manioc 1.49 gdes/bouture. Ce sont là des prix incitatifs pour les producteurs multiplicateurs de
semences.
35
DEUXIEME PARTIE : EVALUATION DES GPAS
36
2 . 1 . - LIMITE D ES TRA V A U X EFFEC TU ES SU R LES GPA S
Les travaux de la première partie de ce document sont basés sur les documents publiés et des entretiens
avec des personnes ressources (cadres expérimentés). Les données de cette deuxième partie sur les GPAS
sont la résultante d’enquêtes et des données et chiffres annoncés par des exploitants et des dirigeants
d’organisations. Ces données et chiffres ont été consignés lors d’enquêtes et entrevues en directes ou à
distance. Les données et chiffres annoncés n’ont pas fait l’objet de vérification étant donné que
pratiquement toutes les organisations et exploitations étudiées ne disposent pas d’état financier, d’audits
et d’évaluations formels. On se fie donc aux déclarations de bonne foi des enquêtés. L’objectif n’est pas
de pouvoir disposer des chiffres et données très précises, mais de pouvoir évaluer les tendances générales
d’échec ou de réussites des entités dans leurs travaux. L’objectif est de tirer les leçons à apprendre, des
expériences effectuées en analysant l’EFFICACITE des activités des entités enquêtés, l’EFFICIENCE des
activités de préparation et de distribution de semences, la PERTINENCE des choix des semences produites
et distribuées, l’IMPACT des actions sur les exploitants touchés et l’impact des produits distribués, la
DURABILITE des actions entreprises. Il est dommage que le temps et les moyens mobilisés pour ce travail
ne permettent pas de provoquer tous les débats que le secteur des semences nécessite au niveau du
département afin d’arriver à une vision vraiment commune.
Le terme GPAS a été pris dans le sens le plus large, c’est-à-dire toute entité qui durant la période allant de
1986 à 2021 a défini des objectifs de production, de conditionnement et de distribution des semences
artisanales. Dans la pratique, il y a eu diverses stratégies adoptées pour atteindre ces objectifs.
2. 2. - L’ EV A LUA TION D ES GPA S
L’organisation des paysans autour de la production et de la distribution des semences remonte à plus de
30 ans sous l’impulsion des différents projets d’appui à la production et à l’utilisation des semences
vivrières améliorées et avec la création de la CIPDSA. Avec la CIPDSA, le phénomène a pris de l’ampleur
et des groupements de paysans impliqués dans la production semencière ont été formalisés sous
l’appellation de « Unités de Production de Semences Agricoles (UPSA) d’abord » et ensuite pour aller
encore plus à la base, à la création des GPAS. La vision qui fut à la base de cette organisation consiste à
rapprocher le producteur de semences des utilisateurs finaux qui sont ou devraient être des marchés
captifs des groupes de multiplicateurs semenciers. La démarche consiste à fournir, par les projets d’appui
ou le Ministère de l’Agriculture, des semences de base à des paysans multiplicateurs organisés au sein
d’une structure formelle en vue de la production et de la vente des semences aux agriculteurs.
Les GPAS existent dans tous les départements du pays et participent de façon active à la production et à
la commercialisation des semences. Ils proposent les semences à des prix plus abordables que les firmes
privées et ont un accès plus facile pour les utilisateurs vu que ceux-ci sont souvent membres de la même
organisation paysanne et vivent dans les mêmes localités que les multiplicateurs de semences. Cependant
et malgré cette proximité avec les paysans utilisateurs de semences, les principaux clients ciblés par les
GPAS dans la plupart des départements du pays sont les clients des projets, des ONG telles CARE, CRS,
PROGEBA, EPER, PADF, AGROACTION ALLEMANDE, des organismes internationaux tels le PAM, la FAO et
des institutions publiques comme le Ministère de l’Agriculture qui sont capables d’acheter de grandes
quantités à des prix rémunérateurs. A cause de la stratégie utilisée pendant longtemps par les institutions
privilégiant les plaines irriguées, le département de la Grande Anse a été longtemps négligé concernant
les programmes semenciers avec de faibles quantités de GPAS. On verra que sitôt lancée une stratégie de
développement basée sur les terres de montagne, les GPAS vont se démultiplier dans toutes les
communes, les sections communales et les habitations de la Grande Anse.
37
2 . 3 . - A PROPOS D E L’ EFFIC A C ITE D ES IN TERV EN TION S D ES GPA S D A N S LES SE MEN C ES :
L’ EXTEN SION , LA D IV ERSIFIC A TION , LA FEMIN ISA TION ET LA D EC EN TRA LISA TION SON T
EFFEC TIV ES
L’extension des activités s’est faite au fur et à mesure vers les zones les plus reculées et enclavées comme
la Grande Anse.
•
Extension du nombre de GPAS de 9 en 2016 à 32 en 2020 dans la Grande Anse
•
Extension de la féminisation du nombre de GPAS avec majorité de femme à zéro en 2011 à 11 en
2020. Dans les 32 GPAS de la Grande Anse, en 2020, le nombre de femmes est égal à 13,922 sur
un total de 27,565. Plus d’une cinquantaine de femmes sont fortement impliquées dans la gestion
des GPAS. Il y aurait près de 4,025 multiplicateurs semenciers dont 40% sont des femmes.
•
L’accent mis sur le développement de GPAS disséminé dans les localités et habitations des
sections communales confirme la décentralisation des opérations et la prise en charge par des
opérateurs de la base de la production artisanale de semences (ce que revendiquent les
organisations). Voir les résultats des sondages page 57
•
La diversification des produits proposés s’est effectuée de façon importante et les produits offerts
par les GPAS débordent largement le cadre des semences généralement en première position
comme le maïs et le haricot pour s’orienter vers tubercules (miniset, mesoset, tèt yanm) et dans
une moindre mesure le bananier dans la Grande Anse tel que le souhaitent les agriculteurs des
zones les plus reculées. La diversification concerne les ventes de plantules, les outils, les engrais
organiques, etc. Avec cette diversification, les GPAS ont tendance à remplacer les BIA (Boutiques
d’Intrants Agricoles), les BS (Banques de Semences) ou même à suppléer aux points de
distribution du MARNDR.
•
Les GPAS (dans le sens large du sigle) ont complètement remplacé les UPSA (unités de production
de semences artisanales) qui étaient en général prises en charge avant par des ONG. La reprise
par les associations paysannes de UPSA Association de Duranton dans la commune de Jérémie
par exemple est significative. Les GPAS font aujourd’hui montre d’une capacité de se maintenir
par-delà le temps. Les plus anciennes datent de 1986 (Tèt Kole Ti Peyizan, KPGV de Grand
Vincent/Roseaux et OFPL à Léon). Voir tableau 10 : situation des GPAS. Noter que plusieurs
associations à la vue de la montée en puissance des GPAS dans la distribution de l’aide post
désastre et dans la distribution de semences et les activités de formation ont développé en leur
sein une activité de production et de distribution de semences.
38
Figure 8 : Carte de répartition des GPAS (FAO 2016)
113 GPAS
9 dans la Grande Anse.
Pas de GPAS en majorité
femmes dans la Grande
Anse.
18 dans l’Artibonite.
14 dans le Nord-Ouest.
7 dans le Centre.
10 dans le Sud.
5 dans les Nippes.
14 dans le Sud-Est.
36 dans le Nord et NordEst
Figure 9 : Carte de répartition des GPAS en 2021 dans la Grande Anse (32 GPAS)
Baumont
Toutefois, ce ne sont pas toujours des associations de producteurs de semences à proprement parler. Ce
sont plutôt des organisations communautaires qui jouent le rôle d’interface entre la population et les
organismes de développement.
Ces organisations communautaires interviennent dans différents domaines : construction d’écoles,
réhabilitation de routes, formation en animation, transformation de fruits, production de semences,
reboisement, préparation de café lavé, distribution de semences, etc. Leurs activités chaque année varient
selon les opportunités même si la plupart d’entre elles considèrent les semences (multiplication et/ou
stockage et/ou distribution) comme une base de travail en commun, une porte d’entrée ou un produit
d’appel.
39
2 . 4 . - LA SY N THESE D ES D ON N EES SU R LES GPA S : ETA T D ES LIEU X ,
EFFIC A C ITE , A U TRES C HIFF RES
La synthèse des données sur l’état des lieux des GPAS a montré que ces groupements se sont développés
et se sont maintenus avec une rare efficacité durant la période 1986 à 2021.
Tableau 8. Synthèse des données
Commune
Marge
Brute %
Année de
création
Nombre
membres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplicateurs
semenciers
Dépôt
équivalent en
Gourdes
Dépôt
équiva
lent en
m2
Total
815%
1986 à
2021
27,565
13,922
4,025
10,460,000
2,284
Moyenne
25%
Nombre
de silos
Investissements
86
78,635,726
Chiffre
d'affaires
semences
2020
Fonds de
roulement
35,563,000
20,763,825
109
L’analyse des 32 organisations de types GPAS qui ont fait l’objet d’enquêtes a donné les résultats suivants :
(voir détail dans le tableau 10)
1. La plus ancienne OCB date de 1986 (TK). La plus jeune date de 2019 (KODEMO).
2. Il y a eu différents moments qui ont donné lieu à différents groupes : un premier moment entre
1986 et 1997 ; un deuxième moment entre 2005 et 2009 ; un troisième moment entre 2010 et
2019.
a. Le premier moment réfère aux organisations qui étaient des UPSA dirigées par des ONG (CODEMH, Aide à l’Enfance) qui se sont convertis en groupement GPAS c’est-à-dire où les
producteurs prennent en charge la gestion des activités : passage de responsabilité de ONG à
GPAS où les activités sont plutôt de caractère communautaire.
b. Dans le deuxième moment les GPAS se sont constitués pour bénéficier au mieux des
différentes aides qui sont offertes au niveau de l’aide alimentaire (PAM, CARE, CROIX ROUGE,
ADRA, PADF), aides post désastre (MARNDR), aides en formation (FAO, MARNDR, EPER), aides
sous forme de crédit subventionné (Fondation d’Espoir, KNFP), etc. Une liste des différents
organismes de support aux GPAS est présentée dans le tableau 10 avec les GPAS soutenus.
40
Tableau 9. Institutions qui ont financé ou financent les GPAS
Institutions de financement
Groupes de Production Artisanale de Semences (GPAS)
AMBASSADE D’ALLEMAGNE
SOLIFANM
ACODIFA
OFPL
ADRA
MOZAP
AMAGA
ASAEGA
BID
ACEDAPE
BND
KODEMO
CAMPECINA
TK
CARE
ROPAGA, AEPGA
CROIX-ROUGE ALLEMANDE
MOZAP
CRS
ADAIB, AGRIPROS
EPER
OFPL, APASD, KODEMO, GPASAP, ROPADAM
FAO
APASD, MOZAP, APAV, ACDEG, ROPAGA, APFG, ASAEGA
FONDATION LESPOIR
OFK
GRAMIR
ROPADAM
KALEOS
CAPCPF
MARNDR, PITAG
ROPAGA, APB, JFTAES, APB
MINUSTA
ROJETAT
ONU FEMME
OPED
PADF
APADEM, ODAP
PAGAI
KPGV, ARGR, ADPG, UCARB
PAM
COPRAVPAB, ROJETAT, APB
ROTARY CLUB
ROJETAT
SNCS
KODEMO
Source : Enquête 2021
c. Le troisième temps a vu l’émergence d’entités privées de production où le caractère
commercial privé a plus de place. Ce sont des entreprises qui prennent naissance pour
répondre à des commandes, des appels d’offre régionaux aussi bien que nationaux.
Il demeure aujourd’hui que les GPAS réunissent quelques 32 associations avec :
-
Un nombre important de membres soit 27,565.
o
Il y a 4 groupes de moins de 100 membres ;
o
Il y a 6 groupes entre 100 et 300 membres ;
o
Il y a 5 groupes entre 300 et 500 membres ;
41
o
Il y a 3 groupes de plus de 500 membres jusqu’à 4,941 membres (TK).
-
Les investissements totaux sont évalués à plus de 78.6 millions de gourdes.
-
Dans les investissements, on relève des maisons, des terrains (27 hectares), des dépôts (2,284
m2), des silos (86), des aires de séchage en maçonnerie, des bâches de séchage.
-
Le chiffre d’affaires annuel total pour les 32 GPAS est estimé à 35.5 millions de gourdes qui toutes
semences confondues ne distribuaient pas plus de (estimation) 190 tonnes métriques de
semences (90 TM d’igname, 80 TM de maïs, 10 TM de haricot, 10 TM de manioc, etc.).
-
Il y aurait 4,025 multiplicateurs semenciers en activités.
-
Il y aurait 7 associations, 4 coopératives, 1 union de coopératives, 3 réseaux d’organisations, 2
groupements, 2 organisations de femmes, 2 organisations de développement, 2 organisations
environnementales, etc.
-
La plupart de ces GPAS reçoivent du financement d’une ou de plusieurs institutions parapubliques
ou publiques9.
2 . 5 . - LES GPA S ET LA C ON SERV A TION D E LA B IOD IV ERSITE
Les GPAS se développent. Cela n’a fait qu’accentuer l’intérêt des exploitants à maintenir les variétés et la
biodiversité.
Les consultants ont pu collecter plusieurs variétés de haricot provenant de stock de semences
sélectionnées et conservées par des multiplicateurs des GPAS. Lors de la visite, les consultants ont pu
effectuer une collection d’échantillons :
o
o
o
o
o
-
Semence haricot IDAI rustique à Beaumont, de cycle court 2 mois 10 jours, avec
résistance à la sécheresse, avec des rendements annoncés de 11 pour 1.
Semence haricot CALABOCHE qui proviendrait de Les Anglais en 2010, de cycle de
3 mois avec des rendements annoncés de 25 pour 1. Voir EPER.
Semence haricot DPC-40 résistance à mosaïque dorée jaune ? de cycle de 3 mois.
Les semences de base de haricots LORE 249, LORE 254 et LORE 324 qui
proviennent de ORE avec des caractéristiques recherchées dont celles de LORE 254
correspondant à des capacités à donner des rendements de l’ordre de 800 kilos/ha
en sol de montagne (de pente de faible fertilité).
Semence haricot TIPITEN, de cycle de 3 mois et provenant des montagnes semi
humides de l’Habitation Golgotine, dans la section Fond Cochon, commune des
Roseaux. (voir EPER10)
Plusieurs variétés de riz ont été aussi collectées :
o Riz SAINT MARC de cycle de 3 mois, semis direct, venant bien en montagne de
faible profondeur de sol dans les montagnes humides de Marfranc par exemple.
Rendement en saison 6 marmites pour 1. 0.25 ca donne 20 marmites. Riz qui
gonfle à la chaudière. Référence Rodrigue Olrich 3707-9424 et Larique Jeudi 3837-
9 / voir tableau 10
10 EPER a collaboré avec des semenciers locaux pour continuer une collection de variétés de semences.
42
3734, à l’habitation Nan Bonhomme, Palmiste, Robert de la section communale
Iles Blanches.
o Riz pays (blanc au dehors et rouge à l’intérieur). Semis direct. Se cultive en pur ou
associé au maïs. Planté en Juin, Juillet, Août
o Riz de montagne TIZYA. Date de plantation Février-Mars. Semis direct. Densité de
plantation 24 marmites par carreaux à distance de 11 cm chacun. Cycle de 4 mois.
Cultivé en association avec haricot/gombo. Rendement 320 marmites/Ca. Prix
semence : 150 à 250 gourdes/marmites. Localité Grandroit, Francklyn, commune
d’Anse d’Hainault
o Riz BLUE BONET provenant d’Anse d’Hainault
o Riz MADAN GOUGOUS provenant d’anse d’Hainault
o Riz TCS 10 provenant de Corail
o Riz M-8 provenant de Corail
o Riz M-8 provenant de Bonbon.
Cette petite collection, que ce soit pour les haricots que pour les riz collectés permet d’affirmer sans risque
de se tromper que les paysans haïtiens et leurs semenciers sont les agents qui assurent le maintien des
espèces/variétés en utilisation et la biodiversité. Les paysans continuent à préférer leurs variétés, celles
qu’ils jugent plus rustiques, plus plastiques, mieux adaptées aux aléas climatiques et correspondant mieux
à leurs traditions culinaires ;
-
Insuffisance d'infrastructures appropriées pour la production, le stockage et la diffusion de
semences à tous les niveaux de la filière.
Ces semences ainsi collectées sont à la disposition du DDAGA pour les fins utiles en termes de test de
sélection massale et d’essais.
2 . 6 . - A PROPOS D E L’ EFFIC IEN C E D ES GPA S
L’efficience des activités est présentée en comparant les résultats obtenus par les GPAS (sens large) dans
le tableau 10 Situation des GPAS de 1990 à 2019. L’efficience désigne le rapport entre les résultats
obtenus et les ressources utilisées pour atteindre ces résultats.
43
Tableau 10. Situation des GPAS de 1986 à 2019
#
Marge
Brute %
Année
de
créatio
n
Nombre
mem
bres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplic
ateurs
semenci
ers
Sigle
Nom du groupement
Commune
GPASAP
Groupe
de
Producteurs d'Amitié
de
semences
Artisanales de Plaine
Poussière
Moron
78%
2017
472
195
375
2
ASAEGA
Association
des
Agriculteurs et des
Eleveurs de la Grande
Anse
Jérémie
69%
2009
228
78
23
3
JFTAES
Entreprises
de
Services Agricoles
Beaumont
36%
2016
85
60
36
3
ACDEG
Action des Citoyens
pour
le
Développement de la
Grande Anse
Jérémie
36%
2011
235
140
5
MOZAP
Mouvman
Oganisasyon
Peyizan
Zanmi
Jérémie
35%
2009
125
39
29
6
ARGR
Association Réseaux
Grains Reno
Roseaux
34%
2019
500
187
85
7
OFK
Oganizasyon
Konba
Jérémie
30%
1996
125
118
77
1
Fanm
Dépôt
équivalent en
Gourdes
500,000
450,000
400,000
175,000
120,000
200,000
75,000
Dépôt
équivalen
t en m2
Nombr
e
de
silos
Investissements
111
4
1,332,000
100
8
6,025,000
89
0
2,066,000
39
4
851,000
27
Chiffre
d'affaire
semence 2020
Fonds
de
roulement
6,100,000
250,000
4,875,000
3,500,000
400,000
200,000
1,037,500
44
4
915,000
17
6
411,000
500,000
160,000
400,000
285,000
16,000
44
#
Marge
Brute %
Année
de
créatio
n
Nombre
mem
bres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplic
ateurs
semenci
ers
Sigle
Nom du groupement
Commune
UCARB
Union
des
Coopératives
Agricoles
de
la
Région de Beaumont
Beaumont
27%
2013
1029
481
400
ADPG
Appui
au
Développement de la
Paysannerie Grande
Anse
Beaumont
27%
2011
420
168
370
10
COPRAVP
AB
Coopérative
de
Production, d'Achat
et de Vente de
Produits
Agricoles
Beaumont
Beaumont
26%
1997
250
75
50
11
GAKAM
Gwoupman Aksyon
Kominotè
pou
Avansman Matino
Jérémie
24%
1999
122
73
80
ACEDAPE
Action des citoyens
Engagés pour le
Développement
Agriculture Pêche et
de l'élevage
Abricot
24%
2016
123
47
155
APADEM
Association
des
Planteurs Agricoles
pour
le
Développement de
Mouline
Beaumont
23%
2010
1500
500
98
8
8
11
13
Dépôt
équivalent en
Gourdes
75,000
375,000
Dépôt
équivalen
t en m2
Nombr
e
de
silos
Investissements
17
2
1,353,750
2
965,000
6
3,100,000
83
50,000
50,000
50,000
Chiffre
d'affaire
semence 2020
Fonds
de
roulement
1,000,000
300,000
3,150,000
1,000,000
250,000
3
70,000
3
1,997,500
1,250,000
20,000
7,500
45
Année
de
créatio
n
Nombre
mem
bres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplic
ateurs
semenci
ers
Sigle
Nom du groupement
Commune
Marge
Brute %
14
APASD
Association
Producteurs
Agricoles Stockage
Duranton
Roseaux
22%
2013
200
60
81
15
APFG
Association
des
Planteurs Force de
Gélin
Marfranc
21%
1990
70
40
70
15
APAV
Association
Production Agricole
Voldrogue
Jérémie
21%
1992
425
186
73
15
ODAP
Organisation pour le
Développement et
l'Avancement
de
Pestel
Pestel
21%
2014
62
37
62
18
SOLIFANM
Solidarite
Moron
Moron
20%
2015
265
250
95
18
TK
Tèt Kole Ti Peyizan
Roseaux
20%
1986
11940
6000
160
20
AGRIPROS
Ferme Agricole de
Productions et de
Services
Jérémie
17%
1989
484
236
240
ROJETAT
Rassemblement des
Objectifs des Jeunes
Techniciens Agricoles
de Taïvant
Beaumont
17%
2018
20
7
20
#
20
Fanm
Dépôt
équivalent en
Gourdes
200,000
1,400,000
600,000
200,000
200,000
500,000
3,000,000
110,000
Dépôt
équivalen
t en m2
Nombr
e
de
silos
Investissements
44
15
1,150,000
311
2
2,250,000
133
6
1,108,000
44
260,000
44
1
322,325
111
2
3,177,500
667
8
2,400,000
24
0
22,089,000
Chiffre
d'affaire
semence 2020
Fonds
de
roulement
1,120,000
200,000
2,000,000
820,000
1,300,000
65,000
1,120,000
60,000
7,325
125,000
2,000,000
100,000
1,600,000
2,500,000
46
#
Marge
Brute %
Année
de
créatio
n
Nombre
mem
bres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplic
ateurs
semenci
ers
Sigle
Nom du groupement
Commune
22
CAPCPF
Coopérative Agricole
des
Planteurs
Commerciaux
des
Paysans Francklin
Anse
d'Hainault
15%
2017
315
150
95
22
KPGV
Konbit Peyizan Gran
Vensan
Roseaux
15%
1990
1600
1100
30
22
AEPGA
Amis
de
l'Environnement
pour la Protection de
la Grande Anse
Bonbon
15%
2011
84
23
56
25
OPFD
Organisation
Paysanne
des
Femmes Duquillon
Jérémie
13%
2018
115
100
25
FHAREN
Faisceau Haïtien pour
la
Renaissance
Environnementale
Jérémie
13%
2006
500
300
500
27
ROPADAM
Réseaux
Organisations
Producteurs (trices)
Agricole
Anse
d'Hainault
Dame
Marie Moron
Dame
Marie
12%
2008
1300
901
290
28
ROPAGA
Rezo
Oganizasyon
Pwodikè
Agrikòl
Grande Anse
Jérémie
4611
2142
104
Dépôt
équivalent en
Gourdes
Dépôt
équivalen
t en m2
15,000
15,000
500,000
300,000
400,000
Nombr
e
de
silos
Investissements
2
1,353,750
2
567,000
2
340,000
111
2,800,000
67
2,600,000
89
1
16,775,901
Chiffre
d'affaire
semence 2020
Fonds
de
roulement
1,500,000
800,000
27,000
400,000
176,000
2,000,000
5,000
833,000
1,000,000
1,250,000
500,000
2,700,000
7,000,000
47
Nombre
mem
bres
Nombre
fem mes
Nombre
Multiplic
ateurs
semenci
ers
Jérémie
1989
70
70
30
Dame
Marie
2019
250
99
50
#
Sigle
29
OFPL
30
KODEMO
31
APB
Association
des
Planteurs de Bonbon
Bonbon
ADAIB
Association pour le
Développement
AgroIndustriel
de
Beaumont
Beaumont
32
Nom du groupement
Année
de
créatio
n
Oganizasyon Fanm
Plantè Léon
Komité Devlopman
Montagnac
Commune
Marge
Brute %
Dépôt
équivalent en
Gourdes
Dépôt
équivalen
t en m2
Nombr
e
de
silos
Investissements
Total
815%
Moyenne
25%
155
45
191
27,565
13,922
4,025
Fonds
de
roulement
50,000
3
60,000
280,000
1995
Chiffre
d'affaire
semence 2020
500,000
10,460,000
111
0
2,284
978,500
86
78,635,726
90,000
60,000
280,000
175,000
500,000
300,000
35,563,000
109
Source : Enquête organisation 2021
Note : Il manque quelques données dans ce tableau que les GPAS voudront bien compléter de façon à approfondir l’analyse de l’efficience.
20,763,825
48
Le tableau 10 appelle les remarques suivantes :
-
Les investissements totaux dans les GPAS de 78.6 millions de gourdes correspondent à une
moyenne de 2.6 millions de gourdes par GPAS. Il s’agit là d’un lot important de petites
entreprises qui méritent toute l’attention des institutions publiques.
-
Les fonds de roulement dont disposent les GPAS totalisent à 20.7 millions de gourdes soit une
moyenne par GPAS de 690,000 gourdes. Ce montant est trop faible selon les dirigeants des
GPAS qui disent clairement que le manque de capital circulant et les déficits de trésorerie
sont un des points faibles majeurs des opérations semencières des GPAS.
-
Les chiffres d’affaires pour les produits de vente de semences des GPAS sont fonction pour
une grande part de l’accès au marché institutionnel que gèrent essentiellement les ONGs, la
FAO, le PAM et le MARNDR. Les 32 organisations ont pu développer des relations de vente
grâce à la qualité des semences fournies, au respect des quantités et des délai de livraison
convenus par rapport aux dates de semis, à des prix incitatifs offerts aux organismes acheteurs
à travers les appels d’offre lancés, à la certification des semences dans les cas où des semences
de base ont été mises à la disposition des multiplicateurs semenciers, à l’acceptation des
résultats d’inspection de parcelles semencières par SNS et FAO
Si on veut déterminer les facteurs qui influencent les échecs ou les réussites des GPAS, il faut prendre en
compte : les facilités de stockage des GPAS : la dimension des dépôts et silos, le contrôle des taux d’humidité
des stocks, la prévention contre les prédateurs et les insectes notamment, le nombre et la performance
rendement/qualité des multiplicateurs semenciers souvent liés à leurs niveaux de formation en technique
semencière, les coûts liés à la production, l’achat et le conditionnement des semences, la marge brute
calculée pour chaque opération.
La marge brute apparait comme un indicateur clé de la réussite ou de l’échecs des opérations semencières.
C’est l’indicateur d’EFFICIENCE pour les opérations semencières. C’est une évidence que plus les marges
brutes sont faibles, moins le GPAS est efficient, moins la rentabilité des opérations est assurée, moins le GPAS
est en mesure de se prendre en main et de lancer des activités en faveur de ses membres et d’acquérir une
part de marché conséquente. Et ce, quel que soit le niveau des investissements.
Une classification a été établie en fonction des marges brutes en pourcentage annoncées. Cela a permis de
réunir les 32 GPAS en 2 catégories de GPAS.
-
La catégorie 1 réunit les GPAS pour lesquels les risques de pertes sont réduites à cause d’une
marge brute de plus de 20% : GPASAP, ASAEGA, JFTAES, ACDEG, MOZAP, ARGR, OFK, UCARB,
ADPG, COPRAVPAB, GAKAM, ACEDAPE, APADEM, APASD, APFG, APAV, ODAP, SOLIFANM, TK.
-
La catégorie 2 réfère à ceux dont les marges brutes sont en dessous de 20 % : AGRIPROS,
ROJETAT, CACPF, KPGV, AEPGA, ODPDF, FHAREN, ROPADAM. La catégorie fait référence à une
situation d’un groupement fragile financièrement à cause d’un taux de profit faible obtenu,
mais aussi à cause des risques liés à certains produits comme le maïs réputé pour être
indispensable pour la sécurité alimentaire mais dont les profits sont faibles à la production et
à la commercialisation.
-
5 organisations (ROPAGA, ADAIB, KODEMO, APB, OFPL) n’ont pas fourni des informations
pertinentes pour calculer leur marge brute et pour pouvoir être classées.
L’encadré suivant explique l’importance stratégique de la marge brute et son rôle clé d’indicateur de
performance.
49
Encadré 4 : Importance stratégique de la marge brute et son rôle clé d’indicateur de performance
Qu'est-ce que la marge brute ?
La marge brute correspond à la différence entre votre chiffre d'affaires hors taxe et les coûts de revient hors taxe
du produit ou service que vous vendez.
Le taux de marge brute ; un indicateur clé de performance
Le taux de marge brute est, comme son nom l'indique, un taux que l'on calcule en prenant la marge brute et en la
divisant par le chiffre d'affaires.
Ce taux permet de comparer deux activités du même secteur ou de voir l'évolution de l'activité à travers le temps.
Ainsi, un taux de marge brute en diminution à travers le temps malgré un chiffre d'affaires en hausse pourra indiquer
une baisse des prix ou une augmentation du coût d'achat de vos matières premières. Cela peut mettre en danger
votre rentabilité à terme.
Le taux de marge brute : un indicateur de votre pouvoir de négociation
Les investisseurs surveillent et comparent les taux de marge brute du secteur car c'est un excellent indicateur de
votre pouvoir de négociation. En effet, plus votre entreprise est capable d'acheter à un prix faible et revendre à un
prix élevé, plus cela souligne son importance sur un marché donné. Il n'est donc par rare, dans le cadre d'un
prévisionnel, de voir le taux de marge brute s'améliorer avec le temps. En effet, plus votre chiffre d'affaires va
croître, plus vous serez, en théorie, capable de négocier de meilleurs prix avec vos fournisseurs (du fait des
volumes).
La marge brute : un indicateur stratégique
Si votre marge brute est élevée, alors, vous aurez plusieurs leviers stratégiques pour contrer un concurrent ou un
nouvel entrant : vous pourrez baisser vos prix et ainsi empêcher un nouvel entrant de capter votre clientèle. Vous
pourrez, absorber une hausse des matières premières.
Enfin, il convient de calculer le taux de marge brute de vos différentes lignes de revenu. Cela vous permettra, par
exemple, d'opter pour un investissement plus important au démarrage sur les produits à fortes marges brutes avant
de vous lancer sur ceux à plus petites marges.
Ex : vous vendez deux gammes de produit. Une dégageant 70% de taux de marge brute. L'autre 30%. Il semble moins
risqué de commencer par celle dégageant une forte marge (à valider ensuite par vos options stratégiques et votre
étude de marché).
Source : https://www.my-business-plan.fr/marge-brute
50
Tableau 11.Classification des Groupements de production Artisanale de semences (GPAS) et autres sociétés de semences selon les marges brutes
annoncées en pourcentage
No
Nom
Nom du groupement
Commune
Marge brute %
1
GPASAP
Groupe de Producteurs d'Amitié de semences Artisanales de Plaine Poussière
Moron
78%
2
ASAEGA
Association des Agriculteurs et des Eleveurs de la Grande Anse
Jérémie
69%
3
3
JFTAES
Entreprises de Services Agricoles
Beaumont
Jérémie
36%
36%
Jérémie
Roseaux
35%
34%
Jérémie
30%
Beaumont
Beaumont
Beaumont
Jérémie
27%
27%
26%
24%
Abricot
24%
ACDEG
Action des Citoyens pour le Développement de la Grande Anse
Mouvman Oganisasyon Zanmi Peyizan
Association Réseaux Grains Reno
5
6
MOZAP
ARGR
7
OFK
8
8
10
11
UCARB
ADPG
COPRAVPAB
GAKAM
11
ACEDAPE
13
APADEM
Association des Planteurs Agricoles pour le Développement de Mouline
Beaumont
23%
14
APASD
Jérémie
22%
15
15
15
APFG
APAV
ODAP
Association Producteurs Agricoles Stockage Duranthon
Association des Planteurs Force de Gélin
Association Production Agricole Voldrogue
Organisation pour le Développement et l'Avancement de Pestel
Marfranc
Jérémie
Pestel
21%
21%
21%
18
SOLIFANM
Solidarite Fanm Moron
Moron
20%
18
TK
Tèt Kole Ti Peyizan
Roseaux
20%
20
AGRIPROS
Ferme Agricole de Productions et de Services
Jérémie
17%
Oganizasyon Fanm Konba
Union des Coopératives Agricoles de la Région de Beaumont
Appui au Développement de la Paysannerie Grande Anse
Coopérative de Production, d'Achat et de Vente de Produits Agricoles Beaumont
Gwoupman Aksyon Kominotè pou Avansman Matino
Action des citoyens Engagés pour le Développement Agriculture Pêche et de
l'élevage
20
ROJETAT
Rassemblement des Objectifs des Jeunes Techniciens Agricoles de Taïvant
Beaumont
17%
22
CAPCPF
Coopérative Agricole des Planteurs Commerciaux des Paysans Francklin
Anse d'Hanault
15%
22
KPGV
Konbit Peyizan Gran Vensan
Roseaux
15%
22
AEPGA
Amis de l'Environnement pour la Protection de la Grande Anse
Bonbon
15%
25
OPFD
Organisation Paysanne des Femmes Duquillon
Jérémie
13%
25
FHAREN
Jérémie
13%
27
ROPADAM
Faisceau Haïtien pour la Renaissance Environnementale
Réseaux Organisations Producteurs (trices) Agricole Anse d'Hainault Dame Marie
Moron
Dame Marie
12%
28
ROPAGA
Rezo Oganizasyon Pwodikè Agrikòl Grande Anse
Jérémie
29
ADAIB
Association pour le Développement AgroIndustriel de Beaumont
Beaumont
30
KODEMO
Oganizasyon Fanm Plantè Léon
Dame Marie
31
APB
Komité Devlopman Montagnac
Bonbon
32
OFPL
Association des Planteurs de Bonbon
Jérémie
2.6.1. - TROIS PROFILS DE GPAS ET LEURS POINTS FORTS ET POINTS FAIBLES
Trois (3) profils types de GPAS sont présentés ci-dessous. Ils permettent de comprendre l’établissement et le
fonctionnement des GPAS.
2.6.1.1.- A PROPOS DU GPAS ASAEGA
51
Encadré 5. Profil d’Organisation de production artisanale de semence. ASAEGA. Producteur semencier et promoteur d’élevage de caprins, de
porcins et fournisseur de mécanisation et de transformation agricole
1. Information Générale
Nom de l’organisation : Association des Agriculteurs et des Eleveurs de la Grande Anse (ASAEGA)
Année de création :
2009
Nombre de membres à la création : 46
Nombre de membres actuel : _228_. 33% d’augmentation par an entre 2009 et 2021
Type de structure :
Association
Reconnu par :
Ministère des Affaires Sociales et du Travail
Localité : La Saline,
Section : Première section
Commune : Jérémie
Nombre de femmes actuel : _____ 78_______
Localité/habitation des jardins semenciers : Doudouche, Duranthon, La Digue, David
Pourcentage d’exploitants : Petits__62%__, Moyens __35%___, Grands __3%__
Nombre de multiplicateurs semenciers : _____23_______
2. Actifs de l’organisation
Terrain _120,000 gdes__, Maison ______, Dépôt __450,000 gdes__, Glacis ____175,000 gdes
Equipements _3 pompes irrigations 4’’ pour 250,000 gdes,__3 pompes irrigations 2.5’’ pour 105,000
gdes_, Silos __130,000 gdes_____, Drums ____ 7,500 gdes _, 1 moulin maïs __150,000 gdes__, 2
motoculteurs ___75,000 gdes ___, 2 bâches de séchage ___20,000 gdes___
Fonds de roulement semences ___3,500,000 gdes_____
Total investissement ____6,025,000 gdes_____
L’investissement est financé par AMAGA (Association des Maires de la Grande Anse), FAO.
3. Chiffre de ventes semences : _1,000,000 gdes_._Haricot _Igname _Pois de souche - Maïs
Aides pour semences : __10 sacs haricot de 20 marmites du MARNDR_________ Combien
Clients pour semences :
Nom client ___MARNDR_____Produit _____
Contrat obtenu _sur
Nom client ___Care_________Produit _______ Contrat obtenu _Appel d’Offre_
commande_
Nom client ____Croix Rouge allemande_____Produit __ Contrat obtenu __ Appel d’Offre __
Structure des coûts et marge brute ___69%__________
4. Autres activités :
Elevage : -Caprin -650,000 gdes -Porcin- 1,500,000 ges. Bâtiment élevage porcins : 600,000 gdes
5. Fonctionnement
Nombre d’Assemblée Générale depuis naissance : ___3_____
Nombre de membres du comité directeur : ____7_____ Nombre de femmes : ___2___
Cas de femme Présidente : ________0_________
Nombre de réunion par mois du comité directeur :_______ND______
52
Nombre conflit interne année 2020 : 1.Type de conflit : Non remboursement dettes par dirigeant
Nombre de conflit externe l’année dernière avec autres organisations : ____Non____,
6. Points forts. Points Faibles :
Points Forts : Disponibilité d’équipements agricoles et de cheptel porcin et caprin pour diffusion
Points faibles : Gestion financière et nécessité d’assistance technique.
Avec 6,025,000 gourdes d’investissements ASAEGA créée en 2009 a pu réunir 228 membres en majorité de
petits exploitants agricoles. Elle a pu se doter d’un dépôt de 450,000 gourdes (100 m2 environ). L’Association
distribue des semences reçues du MARNDR (20 marmites). Elle multiplie des semences de haricot à travers
23 multiplicateurs semenciers. Elle a affermé 2 carreaux de terre pour 120,000 gourdes/an qu’elle met en
valeur. Elle a acquis 2 motoculteurs. Elle dispose de pompes d’irrigation pour 355,000 gourdes. Elle a 8 silos
de stockage de grains et 3 drums de stockage. Elle a acheté un moulin de maïs et des bâches de séchage. Il y
a là l’équipement pour une vraie petite entreprise agricole avec intégration agriculture/élevage : porcs,
caprins. ASAEGA vend des semences au MARNDR, à CARE, à la Croix Rouge Allemande en recevant des
commandes et participe à des appels d’offre.
Dans un contexte post Mathew de destruction/réduction du cheptel animal, l’option élevage de porcs et de
caprins devrait permettre de disposer d’autres revenus tout en ayant disponible de la matière organique
(déchets élevage) pour augmenter la fertilité des sols. Aujourd’hui, le fumier/compost/bocashi se vend bien
dans les foires agricoles même quand la qualité du fumier n’est pas certifiée. Il faut noter que les enquêtes
ont révélé que l’élevage bovin, l’élevage porcin ont vu le nombre de têtes de bétails baisser après le cyclone
Mathew. Cela a été au désavantage de l’intégration de l’agriculture-élevage, intégration où le retour actuel
de matière organique de bovins et de porcins aux systèmes de cultures s’est réduit de façon significative.
L’introduction de l’élevage de porcins est un élément intéressant dans le GPAS pour renforcer la
multiplication des semences grâce à des amendements en matières organiques.
Figure 10. Evolution à la baisse des élevages de bovins, de porcins, de volailles. Réduction de la quantité de matière organique dans les
exploitations agricoles (2009-2021)
Nombre de tête de betail par type
d'élevage (RGA 2009, 1,000,854
têtes de betails)
80%
63%
60%
40%
20%
8%
7%
Nombre de
porcin
Nombre de
bovin
0%
Nombre de
volaille
Nombre de tête de betail par type
d'élevage (Enquête 2021,
617,227têtes de betails)
50%
40%
30%
20%
10%
0%
46%
21%
9%
Nombre Nombre Nombre
de volaille de caprin de porcin
5%
53
Tableau 12 : Baisse de l’élevage entre 2009 et 2021
total
2009
Variation
en valeur
absolue
(09-21)
Total
répondant
631 165
63%
-346 140
1 677
80 974
8%
-35 763
69 977
1 000 854
7%
-14 938
Valeur
absolue
(2009)
Nombre
de
volailles
Nombre de
porcins
Nombre de bovins
Total
Moyenne
Extrapolation
à 65 523
exploitants
(2021)
2021 %
Variation
en % (0921)
7 311
4.35
285 025
46%
-35%
1 677
1 168
0.69
45 211
7%
-4%
1 677
1 404
15 836
0.84
55 039
617 227
9%
100%
-1%
Somme
Source : RGA 2009 et enquêtes 2021
2.6.1.2.- A PROPOS DU GPAS COPRAVPAB
Le GPAS COPRAVPAB est la coopérative pionnière de la promotion de l’igname en général, de l’igname jaune
en particulier et de la diffusion des minisets. Intéressée à la réhabilitation des pistes intérieures, elle a géré
différents programmes de réhabilitation de routes rurales avec les financements du PAM (Programme
Alimentaire Mondial).
Encadré 6 . Profil d’organisation de production artisanale de semences. (COPRAVPAB)
1. Information Générale
Nom de l’organisation : Coopérative Agricole de production, d’Achat et de Vente de Produits Agricole
Beaumont (COPRAVPAB)
Type de structure : Coopérative
Année de création : 1997
Nombre de membre à la création : 220
Nombre de membres actuel : ………250………. Faible augmentation de 0.5% par an.
Reconnu par : Ministère des Affaires Sociales et du Travail
Localité : ………Nan Ginen…….. Section : ………………………………………… Commune………Beaumont……
Nombre de femmes : …75…..
Localité/habitation des jardins semenciers : Moulin, Nan Pon, Kafou zaboka, Chardonnette
Pourcentage d’exploitants : Petits _50%__, Moyens __40%_, Grands ____10%__
Nombre de multiplicateurs semenciers : ___50_______
2. Actifs de l’organisation
Terrain _75,000 gdes_, Maison _1,500,000 gdes_, Dépôt _, Equipements : 1 moto _150,000 gdes,
Silos ________6__________, Fonds de roulement semences ____1,000,000 gdes_____
Total investissement _____3,100,000 gdes_____
Le MARNDR achète au moins 50% des plants d’igname produits par la coopérative chaque année.
Selon les dirigeants, la coopérative a pu dégager des bénéfices à partir de multiples activités telles la
gestion de réhabilitation de routes financée par le PAM, la production d’ignames (voir les marges brutes
obtenues à la production) et la vente de minisets. (voir marge brute tableau 18)
3. Chiffre de ventes semences : _____3,000,000 gdes_____Igname ___
Aides pour semences : ________0_________________ Combien
54
Clients pour semences :
Nom client ____FAO____Produit ___________________
Contrat obtenu
Nom client ____MARNDR___Produit ___________________ Contrat obtenu ____
____
Nom client ____AVETI_____Produit ___________________ Contrat obtenu ____
Structure des coûts et marge brute ____________26%________________________
4. Autres activités :
2012, Réhabilitation route, PAM, 20,000,000 gdes. 2016, Réhabilitation route, PAM, 10,000,000 gdes_
5. Fonctionnement
Nombre d’Assemblée Générale depuis naissance : _____ND_____
Nombre de membres du comité directeur : ____7_____ Nombre de femmes : ___3___
Cas de femme Présidente : ____ND___________
Nombre de réunion par mois du comité directeur :______ND_______
Nombre de conflit interne l’année dernière : ________0_______ Type de conflit : _____________
Nombre de conflit externe l’année dernière avec autres organisations : ____0______,
Quelle organisation : _______________________________________________________
Quel type de conflit : __________________________________________
6. Points forts. Points Faibles
Points forts : Ressources humaines formées disponibles. Capacité de promotion
Points faibles : Manque de Marché ; Manque d'assistance technique, absence de reddition de
compte
Il s’agit d’une coopérative de production, d’achat et de vente de produits agricoles reconnue par le Ministère
des Affaires Sociales et du Travail. Elle aurait dû être reconnue par le Conseil National des Coopératives CNC.
De ce fait, elle aurait dû pouvoir bénéficier de certains avantages fiscaux qu’offre le statut de coopérative –
exonération de taxe et de droits de douane, possibilité d’obtenir de crédit à taux d’intérêt bonifié (circulaire
113), obtention de garantie sur prêts des institutions financières comme le Fond de Développement Industriel
et le SOFIDAI, etc.
Cette coopérative a 6 carreaux de terre affermés à 75,000 gourdes/an qui sont exploités pour la multiplication
de plants d’ignames jaunes dans l’habitation LABONDANCE.
Elle dispose d’un fond et bâtisse valant 1,500,000 gourdes. Elle utilise pour les semences un fonds de
roulement de 1,000,000 gourdes. Elle offre des semences dans les foires agricoles de PITAG. Son chiffre
d’affaires annuel est de 3,000,000 gourdes en semences d’ignames.
Cette coopérative a contribué à la réhabilitation de pistes routières gérant des fonds financés par le
Programme Alimentaire Mondial à hauteur de plus de 20,000,000 gourdes.
Le MARNDR achète au moins 50% des plants d’ignames produits par la coopérative chaque année.
Cette coopérative a fait la promotion de la culture d’igname en culture pure ou associée dans des centaines
d’hectares dans toutes les communes de la Grande Anse mais particulièrement à Beaumont et à Plaine
Martin. Beaumont est le bastion d’igname jaune avec une prédilection pour les terres rouges. L’igname jaune
permet de dégager des profits élevés dépassant les 311,812.50 gdes/ca.
55
Tableau 13. Informations sur la rentabilité de la production d’ignames jaunes
Rubrique
Coût en HTG pour 160 m2
Coût en HTG pour 12,900 m2 (1 carreau)
%
Préparation sols
695
56,034.38
8
Semences
2514
202,691.25
31
Fertilisation
532
42,892.50
6
Trouaison/Plantation
3757
302,908.13
46
Sarclages
561
45,230.63
7
Traitement phytosanitaire
36
2,902.50
0.4
Récolte
143
11,529.38
1.7
Dépenses totales
8,238
664,188.75
100
Produit brut
13,227
1,066,426.88
Marge brute
4,989
402,238.13 (marge brute/produit brut = 37%)
Source : Rapport Filière Igname Grand’Anse. Juin 2019
Des résultats obtenus dans la préparation des minisets en font une activité très satisfaisante. Un miniset
produit et vendu permet de générer de la richesse soit 8.84 gdes/unité ou 39% de taux de marge brute
comme le montre le tableau suivant :
Tableau 14. Compte d’exploitation d’un producteur de semences et plants d’ignames à Jérémie (miniset)
Rubrique
Prix achat
Transport Igname
Personnel
Sac
Essence
Paille
Transport-Livraison
Manutentionnaires/
Livraison
Coût, Prix, marge
unitaires
9.5 HTG
0.79
1.58
0.16
0.05
0.21
0.63
0.05
Coût
sécurité/Distribution
0.11
Coût pesticide
Location terrain
Dépenses Totales
Prix de vente
Marge brute
0.45
0.13
13.66
22.5
8.84 HTG
%
39.2%
Source : Rapport Filière Igname Grand’Anse. Juin 2019
2.6.1.3.- A PROPOS DE APASD
L’association APASD est un GPAS que COD-EMH a contribué à monter. L’association produit et multiplie les
semences de maïs et de haricot. Elle fait le stockage de grains aussi pour revendre en période de haut prix.
Le montage au sein de APASD de plusieurs MUtuelles de SOlidarité a beaucoup aidé dans le maintien en
fonctionnement de l’Association car les Mutuelles facilitent l’autofinancement à partir de fonds propre des
56
membres (cotisations). Les cotisations hebdomadaires et/ou mensuelles encouragent l’épargne et le crédit
entre membres. La gestion et les prises de décisions en Assemblée Générale entretiennent la confiance et
stimulent les remboursements. APASD c’est aussi le développement du crédit mutuel qui a pris naissance à
partir d’un programme semencier et de stockage de grains.
57
Encadré 7 : Profil d’Organisation de production artisanale de semence (APASD)
1. Information Générale
Nom de l’organisation : Association Producteurs Agricoles, Stockage Duranton (APASD)
Type de structure : Association
Date de création : 2013
Nombre de membre à la création : 170
Nombre de membres actuels : ……200……….. Nombre de femmes actuel : …120…..
Reconnu par : Ministère des Affaires Sociales et du Travail
Localité : …………Duranton…….. Section : ………………………………………… Commune……Jérémie……
Localité/habitation des jardins semenciers : ND
Pourcentage d’exploitants majoritaire : Petits_80%_, Moyens __10%___, Grands __10%___
Nombre de multiplicateurs semenciers : 81
2. Actifs de l’organisation
Terrain __200,000 Gdes__, Maison ___225,000 Gdes____, Dépôt ____200,000____, Glacis __75,000
Gdes Equipements _____________________
Silos ____225,000gdes______, Fonds de roulement semences ______200,000 gdes_____
Total investissement _____1,150,000 gdes________
3. Chiffre de ventes semences : ______________500,000 gdes________
Aides pour semences :
Clients pour semences :
Structure des coûts et marge brute ____22%___________________________
4. Autres activités :
Elevage : --Bovin --Caprin --Porcin --Ovin --- 125,000 Gdes.---Source
et
________________________________________
montant
de
financement
5. Fonctionnement
Nombre d’Assemblée Générale depuis naissance : _______4_______
Nombre de membres du comité directeur : ______7______ Nombre de femmes : ___4____
Cas de femme Présidente : ________ND_______
Nombre de réunion par mois du comité directeur :______ND______
Nombre de conflit interne l’année dernière : _____0________ Type de conflit : _____________
Nombre de conflit externe l’année dernière avec autres organisations : ____0_____,
Quelle organisation : _______________________________________________________
Quel type de conflit : __________________________________________
6. Points forts. Points Faibles
Points forts : Confiance de la communauté
Points faibles : Incapable de satisfaire les demandes de ses membres
58
APASD est une association qui est localisée en zone de montagne sèche qui produit essentiellement les grains
de base maïs, haricot. APASD subit les contrecoups des sécheresses prolongées. Les stocks constitués et bien
conservés permettent d’alimenter leur communauté en période de rareté. APASD est une entité de base pour
augmenter la sécurité alimentaire.
2 . 7 . - A PROPOS D E LA PERTIN EN C E D ES C HOI X OPERE S
2.7.1. - LES CHOIX DES CUL TURES
Les choix des cultures correspondent aux systèmes de cultures prédominants du département et des
communes. Comme le montre le tableau suivant, les 5 produits dominants dans toutes les communes selon
les enquêtes 2021 sont, par ordre décroissant : igname, pois (haricot), banane et plantain, manioc et maïs.
Ce sont en fait les produits qui sont l’objet de préparation et de distribution de semences.
Tableau 15 . Produit dominant dans les systèmes de culture de la Grande Anse
Culture
Ignames
Fréquence
501
%
27.1
Haricots (Beurre, Blanc, Noir, Rouge,..)
472
25.5
Bananes et plantains
282
15.3
Manioc doux
Maïs
188
114
10.2
6.2
Café
65
3.5
Arachides
47
2.5
Patates
Canne à sucre
33
31
1.8
1.7
Poireaux et autres légumes alliacés
21
1.1
Gingembre
Pois Congo
19
19
1.0
1.0
Malanga, Taro
15
.8
Autres cultures oléagineux,(Tournessol, palmier à huile, roroli, Ricin)
13
.7
Diri
8
.4
Cacao
Manioc amer
Carottes
6
6
3
.3
.3
.2
Chou
3
.2
Autres légumes à pépins (Poivron)
1
.1
Piments(capsicum spp.)
1
.1
Tomate
1
.1
1849
100.0
Total
2.7.2. - LES PREMIERS PRODUITS SEMENCES PREPARES ET DISTRIBUES PAR LES GPAS EN 2020 SONT
IGNAMES, POIS (HARICOT), MAÏS, MANIOC, BANANE SELON LES SEMENCES DISTRI BUEES PAR
QUELQUES GPAS
Ce sont les mêmes produits classés en première position qu’on retrouve dans les semences distribuées et
vendues par les GPAS comme le montre le tableau 16.
59
Tableau 16 : semences produites et distribuées par les GPAS de la Grande Anse
%
SEMENCE
1KODEMO
2ROPAGA
3APAV
4AEPGA
5MOZAP
6ADAIB
7COPRAVPAB
8GPASAP
100,000
200,000
3,000,000
3,000,000
9APEG
10-APB
TOTAL
45.93
1.Igname
500,000
2.Pois
500,000
75,000
3.Chou et al
1,000,000
480,000
4.Maïs
700,000
250,000
6,800,000
22.48
15,000
125,000
2,600,000
14,000
3,329,000
13.37
500,000
1,980,000
8.95
75,000
300,000
1,325,000
4.47
5.Banane
150,000
400,000
112,000
662,000
100,000
100,000
126,000
576,000
6.Manioc
3.89
250,000
0.30
7.Epinard
45,000
45,000
0.20
8.Patate
30,000
30,000
0.17
9.Aubergine
25,000
25,000
10.Gombo
15,000
15,000
010
0.09
11.Arachide
14,000
14,000
0.03
12.Piment
5,000
TOTAL
90,000
5,000
100
2,700,000
1,055,000
340,000
630,000
325,000
3,000,000
5,900,000
500,000
266,000
14,806,000
60
Par ailleurs, parmi les produits en première ligne, le chou a fait une percée exceptionnelle. La rentabilité
de cette culture justifie très bien cette percée. L’encadré qui suit montre que la culture des choux dans
une habitation de la commune de Dame Marie génère de la valeur ajoutée importante par hectare.
Encadré 8 . Le terroir à choux de KODEMO à Montagnac : La force et la réussite de l’agriculture de montagne. La pertinence du choix de la
culture des choux
KODEMO : Komite Devlopman Montanyak est l’une des rares organisations type GPAS dont le nom met en évidence
une localité/habitation où l’association a pris naissance. C’est là un marqueur que les 25 membres à la base de ce
comité voulaient en 2007 pour montrer que l’agriculture de montagne à Montagnac compte beaucoup plus
particulièrement quand il s’agit de microclimats propices aux légumes et particulièrement quand il s’agit d’un terroir
très favorable à la culture du chou très rentable en Haïti malgré les conditions difficiles de production et de
commercialisation : pas d’eau d’irrigation même l’eau potable est difficile d’accès, mauvaise route de pénétration pour
sortir le chou du lieu de production, etc.
De mémoire d’exploitants, les choux ont commencé à être pratiqués de façon soutenue depuis 1987 en culture pure.
KODEMO a choisi les légumes avec, 1) le chou comme culture principale sans négliger les autres qui viennent après par
ordre décroissant suivant : 2) épinard, 3) tomate, 4) piment piqué, 5) gombo (7 semaines entre autres, 6) poivron, 7)
aubergine, 8) poireau. KODEMO a décidé de préparer des semences de légumes locaux, de les conserver et de les
distribuer. KODEMO est, dans le département, le premier producteur semencier d’épinards, de tomates, de piments
piqués, de gombos, d’aubergines.
Selon le Président de KODEMO, 260 hectares de terre seraient plantés à Montagnac (3 saisons) soit plus de 16,0% de
la superficie plantée en chou dans l’ensemble du pays (la superficie totale en chou serait de 1600 ha selon DIB 2005)
KODEMO est le grand promoteur de culture de choux. KODEMO privilégie la variété de chou KKCROSS parce que, selon
les dirigeants, KKCROSS est la variété la mieux adaptée aux sols peu fertiles de Montagnac d’autant plus que le chou
est cultivé sans engrais chimique. La semence est vendue dans des sachets de 10 grammes (450 gourdes). Ce qui n’est
pas le cas avec la variété TROPICANA, ou la variété PROFIT (très légère et donnant beaucoup plus de feuilles mais plus
sensible aux chocs lors du transport. La variété la plus récemment introduite, la RESISTCROWN, plus petite mais plus
résistante au transport est l’objet de suivi de la part des planteurs. A noter l’existence d’une variété rustique dénommée
chou Karèt qui ne pomme pas et qui a des vertus médicinales. L’un des facteurs qui ont aidé dans l’expansion de la
culture des choux est l’existence dans l’habitation d’une propriété de 90 carreaux de terre appartenant à la « Mission
Par La Foi » qui n’est plus fonctionnelle. La propriété, gérée par des gérants nommés par la Mission, a été cultivée par
des métayers et des fermiers jusqu’à ce qu’aujourd’hui les terres soient prises en jouissance par les occupants. Il s’agit
là du mode de faire valoir dont les GPAS pourraient s’inspirer pour prendre en affermage des terres de grands
propriétaires absentéistes qui les donneraient en fermage à des petits producteurs pour des cultures rentables tels les
choux, ou l’igname jaune ou guinen. Les terres permettraient non seulement aux GPAS de dégager des revenus, mais
aussi de produire des plants de semences à vendre.
Pour information, le prix de gros de la douzaine de choux varie entre 250 gourdes jusqu’à 1000 gourdes en période de
rareté. Un hectare peut donner un minimum de 1 200 douzaines ou 14 400 têtes de chou. Vendu au prix le plus bas de
250 gourdes/douzaine ou environ 21 gourdes/tête de chou. Cela donnerait 302 400 gourdes/hectare de produit brut
et 70% de taux de profit après déduction des coûts de production (45,000 gourdes de semences pour 100 sachets de
10 grammes pour 1 carreau, travaux de pépinières, repiquage, après préparation de sol) soit 211,680 gourdes de profit
brut par hectare.
Par ailleurs, au marché de Jérémie, à la date du 11 Avril 2021, la tête de chou de type KKCROSS se vendait entre 100 et
125 gourdes en provenance de Duchity ou de Désormeau. Il y avait aussi des gros choux de la République Dominicaine
plantés avec engrais au prix de 150 à 175 gourdes.
61
Les contraintes de la culture sont des contraintes de compétition sur les marchés, de transport et des mauvais états
des routes, de rareté d’eau pour la pépinière, de sécurisation foncière des terres à planter en chou, de disponibilité de
semences (rareté de la variété KKCROSS) Autant de points auxquels les GPAS doivent trouver des réponses. De toutes
les façons, il est clair que les choux de Montagnac sont produits sans intrants chimiques et sont un légume naturel
pouvant être qualifié de Bio, très apprécié par les consommateurs dans la gastronomie populaire pour les « touffés ».
A titre de comparaison, il est indiqué d’analyser un compte d’exploitation issu de Salagnac et qui concerne la production
des choux conventionnels avec engrais chimique et pesticide chimique. Cela donne des résultats différents en termes
de marge brute représentant 33%.
Produit/zon
e
Choux
plateau
humide
Productio
n en livre
79,100.00
Produit
Préparatio
Prix de vente
brut
en n
(gdes/Unité
valeur
)
sol
(Gdes)
15.49
1,225,000.0
0
250,000.00
Charge
Semence
s
Engrai
s
Sarclage Récolte
45,000.00
275,000
150,000.0
0
100,000.0
0
totale
en
gourde
s / ha
820,000
Marge
en
gourdes
/ ha
405,000.0
0
Marg
e / PB
33%
A noter que KODEMO reçoit depuis quelques mois une aide financière d’EPER pour organiser du cash for work pour
l’entretien des routes soit à l’heure actuelle 5 équipes de 11 personnes soit 55 personnes avec un chef de chantier, un
contremaitre pour la somme de 500 gourdes/jour pour chaque équipe et 10 ouvriers à 300 gourdes/jour par équipe,
soit 270 000 gourdes/an. Cette aide était deux fois plus importante l’année antérieure pour l’entretien des routes.
Le calendrier agricole de plantation/récolte du chou à Montagnac est :
-
Repiquage : Octobre - récolte : Décembre (vente pour Noël et nouvel an)
-
Repiquage : Janvier - récolte Mars (vente pour les Pâques)
-
Repiquage Juillet – récolte Septembre (vente pour liquidités pour la rentrée des classes). Les autres lieux où le
chou est cultivé dans une moindre mesure sont Duchity dans la commune de Pestel et Gélin dans la commune
de Marfranc.
2.7.3. - SATISFACTION DES SONDES
La satisfaction de 82% des 249 membres d’associations sondés concernant la préparation et la distribution
de semences par les GPAS confirme globalement la pertinence des choix opérés
Il a paru indiqué d’effectuer un sondage auprès des bénéficiaires de quelques activités de distribution de
semences subventionnées pour dégager les points forts et les points faibles de ces activités selon la
population.
De l’analyse de la synthèse des résultats des sondages, il apparait que :
➢ 82% des sondés sont globalement satisfaits du système de production et de distribution des
semences à qualité déclarée (SQD). Il faut rappeler que ces semences sont l’objet de subvention ;
➢ 18% des sondés ont formulé des réserves sur les systèmes établis. Il s’agit des points faibles les
plus couramment cités qui sont mis en évidence ci-dessous :
62
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
✓
Beaucoup de gens présents lors de la foire n’ont rien trouvé ;
Il faut plus de semences ;
Tous les exploitants présents n’ont pas trouvé de produits subventionnés ;
Mauvaise méthode de distribution ;
Trop loin des champs des exploitants ;
Trop de fournisseurs venant d’autres communes ;
Fournisseurs du lieu de vente devraient être privilégiés ;
Le financement cash est à considérer pour d’autres intrants (fumier) ;
Le volume de transaction est trop faible ;
Coût élevé des facilités de transport (40,000 gourdes pour un camion de 700 sacs de
fumier de Fond-rouge Dayer à Bariadel) ;
Nécessité de prêts pour produire des semences de meilleures qualités (fournisseurs) ;
Les semences devraient être un marché captif pour les exploitants de la localité ;
On a besoin de plus de semences en Septembre/Octobre surtout ;
On a besoin de cash à titre de prêt ;
On a besoin de plus de semences d’ignames ;
Problèmes liés au taux d’humidité élevé des semences de haricots ;
Nécessité de liquidités, au moins à titre de crédit ;
Il y a besoin de plus de semences de QUALITÉ, de semences de base ;
Les foires ne donnent pas suffisamment de place aux intrants permettant de résoudre
les contraintes de fertilité des sols (vermicompost, bocashi, fumure organique, déchets
de biogaz, biochar, rhizobium, mycorhizes, etc.) Autant d’innovations à développer ;
Besoin de techniques nouvelles pour combattre le « Maroca » ;
Besoin d’outils (houe, pince, machette, etc.) en plus de semences ;
Besoin d’encadrement technique ;
A Beaumont/haute altitude les sondés réclament en tout premier lieu des plantules de
café ;
A Anse d’Hainault, sur 26 sondés, 10 d’entre eux mettent en première position le
gingembre et 15 parmi eux choisissent l’igname comme produit prioritaire.
Force est de conclure que malgré de petites réserves, les exploitants sondés dans 6 communes lors des
foires agricoles à Dame Marie, Beaumont, Roseaux, Les Irois, Anse d’Hainault, Marfranc non seulement
se sont dits satisfaits, mais encore ont reconfirmé les produits clés comme igname, haricot (pois), banane,
ainsi que quelques produits de terroir comme gingembre, ricin.
63
Tableau 17. Résultats des sondages dans les foires agricoles
64
65
2.7.4. - LA DEMANDE EFFECTIVE ET LA SATISFACTION DE LA DEMANDE
Des calculs été effectués sur les besoins en quantité de semences. Les chiffres de superficie annuelle
plantée par culture ont été pris en compte. On a utilisé les doses de semis généralement recommandées
en Haïti en kilo par hectare. Enfin, les besoins potentiels de la Grande Anse ont été estimés. Ce calcul a
été ainsi fait, fort de la pertinence constatée des choix de semences des produits. On a estimé que cette
demande est satisfaite à hauteur de 146 TM équivalent haricot sur un total demandé de 487 TM soit un
pourcentage de 39%.
Tableau 18.La demande effective courante
Familles de
plantes
Céréales
Légumineuses
Cultures
Riz
Maïs
Haricot
Pois
de
souche
Pois Congo
Tubercules
Manioc
Igname
Patate
douce
TOTAL
Superficies
annuelles
(ha)
1,793.70
13,623.00
24,568.00
970.80
Dose de
semis
(kg/ha ou
plants/ha)
50
20
60
40
3,422.00
5,600.00
12,316.00
10,000
20,000
4,578.00
40,000
70170
Besoins potentiels
en semences en Kg
et plants (millions
de plants)
89,685.00
272,460.00
1,474,080.00
?
91 TM
27.5 TM
38,832.00
?
-
Estimation des
commandes exécutées
par 32 GPAS
?
56,000,000.00
246,320,000.00
830,500 boutures
222 TM
183,120,000.00
?
487,315,057.00
66
2 . 8 . - A PROPOS D E L’ IMPA C T D ES GPA S
2.8. 1.- LE NOMBRE DE BENEFICIAIRES DES DONS EST TRES LIMITE
En tout premier lieu, quelle est l’envergure/ampleur que prennent les interventions ? Sur les 63,000
exploitations enregistrées lors du Recensement Général Agricole 2009 ou lors des enquêtes plus récentes
de la Banque Mondiale de 2019, il apparait que seulement 19% soit 11,970 reconnaissent avoir reçu une
subvention/don de semences. Ce qui est définitivement très peu. 4,970 exploitants de la Grande Anse
auraient reçu 146,000 kg de semences ou 12.20 kg par exploitant.
2.8.2. - IMPACTS SUR LES RENDEMENTS DE HARICOTS QUI CONNAISSENT UNE LEGERE HAUSSE
Il convient de comparer les performances constatées notamment au niveau des rendements des
principales cultures dont on a entrepris la promotion des semences.
La moyenne des rendements des parcelles de haricot atteint le niveau 206 kilos à l’hectare soit 3.43
marmites pour une marmite plantée selon les données collectées lors des enquêtes 2021 dans toute la
Grande Anse. 206 kg/ha est la moyenne arithmétique globale pour toutes aires agroécologiques
confondues des 14 communes du département de la Grande Anse. Ces 206 kg apparaissent faibles quand
on compare ce rendement à ceux obtenus par d’autres GPAS du pays qui annoncent des chiffres de
rendement entre 271 et 601 kg/ha. « Voir page 26 tableau 4. Rentabilité financière comparée des activités
au sein des GPAS (production de haricot) Source : FAO, Haïti ».
Tableau 19. Moyenne arithmétique des rendements des parcelles de haricots
Commune
Nbre répondants
Total (14 communes)
Rendement moyen (haricot) (kg/ha)
492
206.63
2.8.3. - IMPACTS DES RENDEMENTS DE HARICOT S DANS 4 COMMUNES
Une autre comparaison des rendements obtenus pour les haricots dans les systèmes de culture de
seulement 4 communes de Beaumont, de Pestel, de Corail, des Roseaux permet de montrer qu’entre 2002
et 2020, les rendements du haricot dans ces 4 communes ont passé de 209kg/ha selon l’étude de
AGRICORP faite en 2002 à 244.96 kg/ha selon l’enquête de 2021 soit une hausse de l’ordre de 14.67% en
18 ans. Ce qui porterait à parler de légère hausse des rendements de haricot.
Tableau 20.Rendements moyens haricot dans 4 communes (Beaumont, Pestel, Corail, Roseaux)
Communes
Nbre répondants
Rendement moyen (haricot) (kg/ha)
Beaumont
146
233.11
Pestel
45
391.17
Corail
8
193.55
Roseaux
122
211.92
Total (4 communes)
321
244.96
2.8.4. - RENDEMENTS POUR LES HARICOTS SELON LES AIRES AGROECOLOGIQUES
La situation des rendements selon les aires agroécologiques est mieux appréhendée quand on analyse les
données selon les aires agroécologiques considérées – plaine irriguée – plaine humide – plaine – plateau
et montagne sèche – plateau et montagne semi humide – plateau et montagne humide.
Pour les haricots, les rendements calculés globalement cachent la réalité des résultats décevant annoncés
pour les plaines sèches qui se révèlent très bas de l’ordre de 110kg/ha/récolte, pour les plateaux et
67
montagnes sèches qui sont de 130 kg/ha/récolte et pour les montagnes et plateaux semi humides qui sont
de 177.11 kg/ha/récolte. Voir tableau 20.
Tableau 21. Rendements moyens par aire agro écologique des haricots (kg/ha)
Aire agro écologique
Rendement Moyen
Montagne et plateau Humide
221.12
Plaine irriguée
160.85
Montagne et plateau semi Humide
177.11
Plateau et montagne sèche
132.71
Plaine sèche
110.48
2.8.5. - IMPACTS SUR LES RENDEMENTS DU MAÏS QUI ONT BAISSE
Les rendements du mais ont montré un niveau de 137.26 kg/ha qui est relativement bas par
rapport au rendement généralement obtenu dans les autres zones du pays.
Tableau 22. Rendement moyen du maïs
Commune
Nbre répondant
Total (14 communes)
Rendement moyen (Mais) (kg/ha)
116
137.26
De plus les rendements du mais marque une tendance à la baisse quand on fait la comparaison entre les
4 communes pour les chiffres de 2002 et ceux de 2021. Les calculs effectués montrent que les rendements
moyens sont passés de 236.43 kg/ha en 2002 par récolte à 192.77 kg/ha par récolte, soit une baisse de
18.46% sur 18 ans.
Tableau 23. Comparaison du rendement du maïs (2002-2020)
Rendement maïs 2002
Rendement maïs 2020
236.43kg/ha ???
192.77 kg/ha
Baisse/an
1%
Tableau 24.Rendement moyen du maïs dans 4 communes (Beaumont, Pestel, Corail, Roseaux)
Commune
Nbre répondants
Rendement moyen (Maïs) (kg/ha)
Beaumont
16
Pestel
3
168.17
Corail
9
234.14
Roseaux
13
216.25
Total (4 communes)
41
192.77
155.03
2.8.6. - L’IMPACT DE LA CULTURE DE L’IGNAME EST NOTABLE EN TERMES DE REVENUS SUR LES
TERROIRS DE SOLS ROUGES DE MONTAGNE HUMIDE ET SEMI HUMIDE EN PARTICULIER.
Ces sols ont trouvé leur vocation de production d’igname jaune avec un gout particulier et les meilleurs
prix. L’igname est plus rentable que le café, le cacao, la banane, les haricots et encore plus que le maïs le
produit le moins rentable à l’heure actuelle dans la Grande Anse. Noter que les aires agroécologiques de
moins de 1000 mètres ne peuvent plus produire du café à cause de la hausse de la température et des
sécheresses prolongées avec les changements climatiques. Dans un contexte où le MARNDR repense
complètement l’aménagement du territoire, en proposant de monter le café à des altitudes plus de 1000
mètres, en suggérant de faire passer le cacao a plus de 800 mètres tandis qu’il arrivait dans la Grande Anse
à peine à 500 mètres ; confirmer l’igname dans ces positionnements entre 500 et 1000 mètres est une
nécessité. L’igname s’est imposée comme un produit à haute valeur marchande et à haute valeur ajoutée
68
qui fait passer les familles à des revenus de plus de 2 USD par jour. En 2009, la superficie en igname était
de 12,316 Ca. En 2012, les enquêtes ont révélé que la superficie de l’igname a augmenté de façon sensible.
2.9.- A PROPOS DE LA DURABILITE DES GPAS
Durant bientôt 35 ans, les GPAS ont tenu la route en combinant avec les circonstances faites de mauvaise
gouvernance, de catastrophes naturelles, de cyclones, de sécheresses prolongées au point que les
catastrophes sont devenues comme un fonds de commerce pour les GPAS. Pendant 35 ans, ils ont montré
leur capacité à accompagner leurs membres dans l’adversité. Il faut donc continuer à compter sur les
leaders comme sur les membres de base, sur les multiplicateurs semenciers et sur les distributeurs qui
permettent aujourd’hui de rechercher la bonne voie à prendre dans les prochains jours, les prochains mois
et même les prochaines années. Ces GPAS ont aujourd’hui à leur tête des personnalités expérimentées
dans la gestion des groupements, avec un savoir-faire éprouvé dans la préparation des semences. Ces
dirigeants devenus leaders comme Macsen Télémaque Stanislas Jean Jacques, Gilbert Saint Juste, Simon
Serge Juste, Télusma Jean Daniel, Saint Juste jean Fridel, Jean Charles Marie Maude, Roger Descorbeth,
sont des leaders connus dans le secteur semencier national ayant accumulé sur plusieurs dizaines d’années
de travail de terrain une expérience dans la production de semences, de produits agricoles et d’élevage et
la gestion des Organisations Communautaires de Base. Plusieurs d’entre eux ont déjà passé la
cinquantaine. Aujourd’hui, les groupes les plus récents voient une nouvelle génération apparaitre. (voir
David Nazaire, Alain Fortuné, Judson Nazaire, Monclair Reluck, Kinkis Octave, Azor Fritz Gerald) Il est clair
que les GPAS sont un bon terrain pour l’apprentissage et l’émergence de leaderships agricoles.
Les caisses populaires de la Grande Anse se sont développées. Les Mutuelles de Solidarité sont en pleine
essor. Les Tipa Tipa ont progressé. Les GPAS peuvent servir de fer de lance pour l’agriculture du
département parce que le moteur du développement ce sont les ressources humaines qui existent dans
le département et qui sont capables d’assurer la durabilité des actions.
Du point de vue de la durabilité environnementale, les GPAS sont en face d’une situation mitigée. D’une
part jusqu’à présent l’agriculture dans la Grande Anse est une agriculture naturelle bio. Il n’y a presque
pas d’engrais chimiques utilisés, ni de pesticides chimiques. Cependant, il y a dans quelque rare zone une
tendance à aller vers le chimique comme à Plaine Martin dans la commune de Pestel.
Il y a aussi la tendance à étendre les cultures sarclées comme les haricots et le maïs qui favorisent l’érosion.
Il y a aussi le fait que la matière organique de qualité est rare avec la réduction du cheptel bovin, porcin et
ovin. Les GPAS comme la DDAGA doivent adresser ce problème de manque de matière organique à
appliquer pour augmenter la fertilité des sols.
2.10.- PRINCIPALES CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS SUR L’EVALUATION DES GPAS
Les principales conclusions sont :
-
Les activités de promotion des semences dans le département de la Grande Anse se sont
développées de façon efficace durant les 20 dernières années. Ces activités se sont intensifiées
avec le passage de 9 à 32 GPAS entre 2016 et 2020. Les GPAS ont remplacé de fait les UPSA en BIA
(Boutiques d’Intrants Agricoles), les BS (Banques de semences) de façon efficace.
-
Le nombre de GPAS avec majorité de femme à zéro en 2011 est passé à 9 en 2020 avec 41% de
femme totalisant 1043 femmes sur 28143 de membres de GPAS.
-
La décentralisation des opérations a généré une décentralisation des décisions du bureau central
du MARNDR au SNS au bureau de la DDAGA sous la pression des associations diverses impliquées
dans la production/distribution de semences.
-
Les associations engagées ne sont pas des associations de producteurs de semences à proprement
parler seulement 10% des membres sont des multiplicateurs semenciers. Ces sont plutôt des
69
organisations communautaires qui jouent le rôle d’interface entre la population et les organismes
de développement. Ces organisations communautaires interviennent dans différents domaines :
construction/réparation d’écoles, réhabilitation de routes, formation en animation,
transformation des fruits, reboisement, préparation de café lavé, production et distribution de
semences.
-
Les paysans continuent à être les responsables du maintien des variétés et de la biodiversité. Il a
été possible dans le cadre des travaux d’évaluation de constituer une collection de variétés de
haricot et de riz comme preuve de la place des paysans dans la conservation de la biodiversité.
-
Au niveau efficience, les rendements actuels en haricot ont connu une légère tendance à la hausse.
L’efficience des GPAS s’est matérialisée par des taux de profit de 12 à 48% pour le haricot, le maïs,
l’igname et les drageons de banane. Ce qui a beaucoup aidé les GPAS à se maintenir. La rentabilité
des semences d’ignames (igname jaune) avec 26% des marges brutes a beaucoup soutenu les
GPAS dans les terroirs appropriés comme les sols rouges de Beaumont où l’igname a pratiquement
remplacé la culture du café en déclin à cause de la hausse de température générale et des
sécheresses prolongées.
-
La culture des choux et d’autres légumes (épinards, gombo) s’est développée notamment à
Montagnac sous la pluie (sans irrigation) et avec des marges brutes élevées et a contribué à la
tendance à donner plus de place à l’agriculture de montagne. La réussite de plusieurs variétés
exotiques de chou : KKCROSS (venant bien dans des sols peu fertiles), Tropicana, Profit, Resist
Crown (résistant aux chocs lors des transports) ont montré la capacité de la petite agriculture
familiale marchande à s’adapter et à chercher à reconquérir le marché local envers et contre
l’importation de choux et d’autres produits venant tant de la République Dominicaine que d’autres
pays exportateurs.
-
Les choix de semences subventionnées sont pertinents. Les enquêtes montrent que les
spéculations retenues pour être subventionnées sont conformes aux systèmes de cultures et aux
demandes des 1,696 exploitants enquêtés dans toutes les communes.
-
Les sondages effectués révèlent la satisfaction de 82% des enquêtes dans 6 communes par rapport
services des GPAS et des associations. Les sondages révèlent de plus que les exploitants veulent
que leurs localités participent à la fourniture des intrants dans les foires de semences. Les
sondages montrent que les exploitants ont un grand besoin de liquidité pour acquérir d’autres
intrants (fumure organique) et payer les vendeurs de force de travail pour la préparation du sol et
les travaux d’entretien.
-
De l’avis de plusieurs professionnels, une dizaine d’associations GPAS sont citées parmi les plus
capables. Ce sont : GPASAP, ASAEGA, JFTAES, MOZAP, ARGR, ACDEG, UCARB, APFG, COPRAVPAB.
La caractéristique la plus importante est la capacité de l’association à continuer à fonctionner par
ses propres ressources techniques et financières sans l’aide d’ONG sans être obligatoirement
subventionnée à partir de marges brutes de plus de 26 %.
-
Plus de 21 institutions ontété citées par les exploitants pour avoir fortement contribué au
développement du secteur semencier du département de la Grande Anse. On peut citer par ordre
alphabétique les plus engagées telles ACODIFA, ADRA, AMAGA, Ambassade d’Allemagne, BID,
CAMPECINA, CARE, Croix-Rouge Allemande, CRS, EPER, FAO, FONDATION LESPOIR, GRAMIR,
KALEOS, MARNDR/PITAG, MINUSTA, ONU FEMME, PADF, PAGAI, PAM, ROTARY CLUB. Il faut bien
noter aussi des organismes tels le PAM très présents en Haïti et dans la Grande Anse dans l’aide
alimentaire en général et l’approvisionnement des cantines scolaires en particulier.
-
L’impact des interventions sur les semences n’est plus à démontrer sur les GPAS eux-mêmes en
vie grâce à des activités comme la production de semences d’igname (39.2% de marge brute), la
70
production d’igname (55% de la marge) grâce à la production de haricot, ou des semences et
production de légumes. Cependant il faut souligner le nombre limité d’exploitant directement
bénéficiaires de subvention (5,348 selon les enquêtes).
-
Un des points forts des GPAS est constitué par la propriété de plus de 27 carreaux, valant près de
10 millions de gourdes et des dépôts/maisons valant 14 millions de gourdes.
-
Le nombre d’exploitants reconnaissant avoir bénéficié directs des semences représentent 19% des
exploitants enquêtés et en tenant compte des 63,000 exploitants de la Grande Anse on a 11,970
exploitants qui est un nombre limité de producteurs.
-
Les 32 GPAS entendent relancer l'agriculture dans la Grande Anse avec la mise en avant de
produits phare comme l'igname, le chou, les haricots en 3 saisons, etc.
-
Ils entendent préserver les espèces, variétés paysannes rustiques, résistantes, résilientes de riz de
montagne de 3 mois à semer, de haricots de 2 mois 10 jours résistants à la sécheresse, etc.
Ils entendent créer un Label DDAGA/GPAS GA qui chapeautent ces 32 GPAS pour qu’ils
fonctionnent selon une règlementation pour les semences de base à multiplier, les champs
semenciers, l’emballage des semences et les normes de traitement et de conservation des
semences. Une règlementation devrait être retenue pour la gouvernance des GPAS : processus de
décision, gestion transparente des finances, gestion des ressources humaines, etc.
Ils entendent renforcer toutes les organisations GPAS en coopératives bien structurées.
Ils souhaitent monter une union ou des unions de coopératives pour les semences de la Grande
Anse. Chaque union est constituée de 5 coopératives de premier niveau reconnues par le Conseil
National des Coopératives (CNC).
Ils veulent ouvrir au sein d’une union de coopératives de la Grande Anse, un atelier école où sont
produites, sélectionnées, multipliées et distribuées des semences de qualité. Cette union de
coopératives est une plateforme multidimensionnelle avec silos et entrepôt de stockage,
génératrice de capacité, usine de transformation de céréales et d’aliments pour bétail, atelier de
murissement de fruits avec les facilités de transport, etc.
Cet atelier-école soutient la formation permanente en milieu rural. Cet atelier-école fournit á ses
coopératives membres l'assistance technique pour disposer de semences prébase, de semences
de base, et inspecter et contrôler les champs semenciers selon des coûts tout à fait abordables.
-
-
-
-
La conclusion est aussi que l'Etat doit apporter aux 32 groupements :
-
une dotation spéciale en fonds de roulement à chacun d'entre eux ;
une aide pour constituer le label DDA/GPASGA, pour consolider les coopératives existantes, pour
monter la ou les unions de coopératives GPAS, mettre en place l'atelier-école plateforme
multidimensionnelle et apporter à toute cette nouvelle architecture institutionnelle tous les
supports techniques, organisationnels et financiers nécessaires.
71
TROISIEME PARTIE : CREER ET GERER DES GPAS. GUIDE
72
3.- POUR LA CREATION D’UNE PLATEFORME MULTIFONCTIONNELLE DES GPAS DE LA
GRANDE ANSE
A partir de l’historique et du diagnostic formulés dans la première partie de ce document, à partir de
l’évaluation des GPAS réalisée dans la deuxième partie, les 32 GPAS existants ont intérêt à réfléchir sur la
formulation d’une vision commune. Les GPAS doivent chercher à s’enraciner dans la modernité pour
gagner des parts de marché et surtout pour satisfaire la demande des agriculteurs de la région confrontés
à un contexte de dérèglement climatique.
Pour cela, les GPAS sont invités à faire évoluer leur statut et leur mode de fonctionnement. La démarche
proposée est : la création d’un label commun à tous les GPAS, le renforcement de toutes les organisations
GPAS en coopératives bien structurées, la création d’une Union de coopératives de la Grande Anse, la
création d’une plateforme multidimensionnelle/atelier-école GPAS à l’intérieur de l’Union.
3. 1. - LA C REA TION D’ U N LAB EL C OMMU N A TOU S LES G PA S
La création du label commun à tous les GPAS de genres label de qualité DDA/GPASGA. Un sceau est créé
et est apposé sur tous les papiers à entête de tous les GPAS. Pour cela, les GPAS conviennent d’une
règlementation minimale à suivre par tous ceux-là qui utilisent en commun ce sceau de qualité pour les
semences. Cette règlementation concerne les semences de base à multiplier, les champs semenciers et la
manière de les gérer. Cette règlementation définit les normes de traitement, de conservation et
d’emballage des semences. Cette règlementation doit être validée par tous pour la gouvernance des
GPAS : processus de décision, gestion transparente des finances, gestion des ressources humaines,
modalités comptables, modalité d’inspection, modalités d’audit, modalités et périodicité de formulation
de rapports, etc.
Un modèle de label est en page suivante.
3. 2. - LE REN FORC EMEN T D E TOU TES LES OR GA N ISA TION S GPA S EN C OOPÉRA TIV ES B I EN
STRU C TU RÉ ES
Le renforcement des organisations GPAS en coopératives passe par une connaissance des lois
coopératives, les principes, la constitution la composition, les organes de décision, les avantages
économiques, le fonctionnement économique ainsi que la maitrise des outils de gestion habituels d’une
entreprise de coopération. Voir les détails de chacun de ces points dans le document annexé « Guide à
l’intention des GPAS ». On a préféré choisir le modèle coopératif parce que c’est la forme d’entreprise
sociale qui est régie au niveau national par une loi qui sert de référence admise par tout le monde. Elle
contient des principes de fonctionnement qui veulent que tous les membres soient sur un pied d’égalité :
UN HOMME, UNE VOIX est le principe qui régit les votes, quel que soit le nombre de parts sociales
détenues par un membre. L’encadré suivant donne la date de l’apparition de la loi sur la coopérative en
Haïti. Le succès des coopératives d’épargne et de crédit aujourd’hui est patent. Dans presque toutes les
communes, on a vu durant les vingt dernières années, surgir des coopératives d’épargne et de crédit qui
organisent le financement en milieu rural. Cela s’est fait avec des coopératives, avec un apprentissage
continu de services de qualité, avec l’obligation pour chaque coopérative de fournir chaque mois des
rapports financiers, avec des inspections/contrôles externes mensuels (par une firme étrangère, en
l’occurrence DID) et par des audits annuels de firmes indépendantes. C’est à ce prix que des coopératives
d’épargne et de crédit se sont données une base solide et ont pu se réunir en fédération. Une fédération
appelée Le Levier a pu être montée, est fonctionnelle depuis le 30 Juin 2007. Le Levier a commencé avec
14 coopératives d’épargne et de crédit et a aujourd’hui plus de 29 coopératives fédérées et 13 membres
non fédérés.
73
Figure 11 : Modèle de label
74
C’est ce modèle de coopérative qui s’est renforcé qui porte à proposer aujourd’hui au GPAS la structure
coopérative. C’est ce modèle qu’il faut promouvoir et montrer aux institutions de financement que le choix
coopératif peut être un bon choix. Il faudra respecter les règlementations, accepter les contrôles externes
et recevoir les formations appropriées d’institutions de type Développement International Desjardins
(DID).
Encadré 9 . La loi et les principes de fonctionnement de la coopérative en Haïti
La coopérative
Le décret-loi du 2 avril 1981 définit les modalités de fonctionnement et le cadre juridique
des coopératives.
Principes de fonctionnement
Les coopératives sont fondées sur les principes suivants :
1.- Adhésion libre et coopération volontaire des membres ;
2.- Taux d'intérêts limité payable sur les parts sociales ;
3.- Contrôle démocratique : un homme, une voix ;
4.- Ristourne du trop-perçu au prorata des affaires traitées avec la
société et l'union ;
5.- Neutralité politique, ethnique et religieuse ;
6.- Opérations réalisées au comptant tant avec les sociétaires qu'avec
les usagers ;
7.- Éducation des membres.
Les avantages économiques de la coopérative doivent être mis en exergue. La société coopérative ou une
union de coopératives légalement constituée ont l'aide et la protection de l'État de la manière
suivante (lois du 2Avril 1981) :
1. Il leur est accordé la préférence pour l'affermage de toute terre vacante du Domaine privé de
l'État ;
2. Elles bénéficient des dispositions du Titre X de la Loi du 30 Mai 1973 modifiant la Loi organique
de l'IDAI ;
3. Elles sont exonérées du paiement des taxes et impôts suivants :
• Impôt sur le revenu ;
• Droits d'Accises, à l'exception de ceux établis sur l'alcool et le tabac ;
• Contribution foncière des propriétés bâties pour les locaux appartenant en propre à la
Coopérative ;
• Patente ;
4. Elle bénéficie de la franchise douanière à l'importation pour les articles suivants affectés
exclusivement aux besoins de l'Entreprise :
• Matériel et Équipement ;
• Machinerie ;
• Matériel roulant à caractère agricole et industriel ainsi que les pièces de rechange ;
• Générateurs d'énergie ;
• Matériel et fournitures propres à l'empaquetage des articles ou produits.
75
3. 3. - LA C REA TION D’ U N E U N ION D E C OOPERA TIV ES D E LA GRA N D E A N SE
Les GPAS souhaitent monter l’union de coopératives pour les semences de la Grande Anse. Cette union
doit être constituée de 5 coopératives au moins de premier niveau reconnues par le Conseil National des
Coopératives (CNC).
« L’Union agira en qualité de structure d’appui technique et financier, de contrôle, de promotion et de
représentation de ses membres. Elle a pour objet de :
a) protéger les intérêts de ses membres, favoriser la réalisation de leurs objets et promouvoir leur
développement ;
b) agir comme organisme de surveillance et de contrôle auprès de ses membres ;
e) coordonner les activités de ses membres et leurs rapports avec d’autres organisations ;
f) travailler de façon permanente au développement d’un réseau intégré, sécuritaire, fort, rentable et
pérenne ;
g) fournir à ses membres des services d’éducation, de promotion, de consultation, d’assistance technique
et autres services semblables selon un plan d’orientation ;
h) gérer la plateforme multifonctionnelle comme un atelier-école dans la production de semences diverses
et le stockage de grains ;
h) représenter ses membres auprès des partenaires, des autorités administratives et de tout organisme
national ou international œuvrant dans des domaines similaires ;
j) procéder au recrutement et, au besoin, à la révocation des directeurs généraux de ses membres,
conjointement avec les membres concernés. Toutefois, en cas de manquement grave d’un directeur
général constaté au rapport d’inspection, l’Union peut exiger qu’un membre congédie son directeur
général et le membre est alors tenu de respecter la volonté de l’Union dans le délai qui lui est imparti
;
k) ordonner, au besoin, la révocation de tout employé d’un de ses membres, autre que le directeur général,
en cas de manquement documenté au rapport d’inspection ;
l) élaborer et administrer des produits et services à l’intention de ses membres, de même qu’à l’intention
de leurs membres ;
m) exercer ou initier toute activité dans l’intérêt de ses membres. »
3.3.1. - JUSTIFICATI FS, OBJECTIFS ET BUTS DU PROGRAMME
Il s’agit donc pour la DDAGA de soutenir les OCB, les PME impliquées initialement dans les semences à
travers les GPAS pour contribuer à l’accroissement de leurs activités et de leurs revenus à travers
l’implantation de Label commun de qualité, de coopératives reconnues par le CNC, d’une Union de
coopératives (au moins 5), et d’une plateforme multifonctionnelle équivalant à un atelier-école de
semences et de grains. Ces entités participent au développement et à la modernisation de l’économie
agricole du département de la Grande Anse.
Les buts ciblés sont, entre autres, de contribuer à :
•
•
•
•
•
•
•
•
l’aménagement et à l’équipement productif et technologique des régions ;
la diminution des pertes post récoltes ;
l'approvisionnement et l’amélioration de la qualité des intrants biologiques (semences, engrais,
pesticides) ;
la fourniture des services stratégiques requis par les OCB et PME haïtiennes rurales et régionales ;
la création d’emplois (ruraux, urbains et périurbains) ;
la modernisation des opérations productives ;
la décentralisation de la production et la formalisation des activités ;
l’augmentation des revenus des exploitants agricoles et des agrotransformateurs ;
76
•
•
•
l’exploitation de marchés niches et notamment ceux des cantines scolaires ;
la mise en valeur optimale des actifs immobilisés (fonciers, équipements) ;
les entités mises en place notamment la plateforme multifonctionnelle deviennent l’un des
éléments clef de l’aménagement du territoire régional.
3. 4. - LA C REA TION D’ U N E PLA TEFORME MU LTID IMEN SION N ELLE / A T ELIE R - EC OLE G PA S
A L’ IN TERIEU R D E L’ U N ION
Les GPAS veulent ouvrir au sein d’une union de coopératives de la Grande Anse, un atelier école où sont
produites, sélectionnées, multipliées et distribuées des semences de qualité. Cette union de coopératives
est une plateforme multidimensionnelle avec silos et entrepôt de stockage, génératrice de forte capacité,
usine de transformation de céréales et d’aliments pour bétail, atelier de murissement de fruits et facilités
de transport, etc.
Le grand avantage de l’atelier-école est de pouvoir disposer :
-
d’établissements et de constructions pour entrepôts et silos, d’installation de moulins et d’autres
ateliers ;
d’équipements (investissement) de toutes tailles à titre de subvention provenant des organismes
d’aides (FAO, PAM, EPER, etc.) ;
de plusieurs apprentis à faible salaire en formation ;
de produits à vendre au grand public à prix rémunérateurs dans les marchés institutionnels ou
privés pour dégager des marges brutes élevées.
Les marges brutes obtenues dans des conditions favorables permettent la reproduction de la force de
travail, le renouvellement des investissements, le maintien/augmentation des fonds de roulement.
Cela donnera à l’Union des coopératives la capacité de satisfaire la demande locale dans une position de
leadership sur ce qui est la base de l’agriculture : la semence. Chaque coopérative pourra toujours produire
ses semences, les vendre sous son étiquette propre tout en utilisant le label commun après contrôle de
l’Union qui dispose d’un laboratoire de qualité (pureté variétale, taux d’humidité, taux de germination,
etc.). Un tel contexte exige de bien cibler les actions auprès des multiplicateurs semenciers (4,025) et
auprès des intermédiaires distribuant les produits provenant de l’Union.
Des protocoles d’accord sont signés avec des institutions financières, des institutions chargées de
l’organisation de l’aide alimentaire et des cantines scolaires.
Des protocoles sont signés avec des institutions internationales comme la FAO ou avec des institutions
spécialisées cubaines, péruviennes, dominicaines pour l’assistance technique et la formation des cadres
locaux de différents niveaux.
A l’année longue, des essais d’introduction, de conservation, de modes de distribution sont effectués par
une équipe de professionnels (avec des spécialistes engagées de Cuba, du Pérou, de la République
Dominicaine comme chercheurs et professeurs).
En résumé, la figure 12 présente la proposition d’architecture du système semencier du département de
la Grande Anse avec les institutions et les liens institutionnels à renforcer en vue de la mise en œuvre d’un
programme de semences dans la Grande Anse.
77
Figure 12 : Proposition d’architecture pour le système semencier du département de la Grande Anse avec les institutions et liens
institutionnels à renforcer et la formation à promouvoir
Les GPAS créent un label de qualité. Ils formulent une règlementation commune. Ils se dotent d’un bureau
dénommé CENTRE DE COORDINATION ET DE RESSOURCES (CCR) qui est financé par la DDAGA (fonds
publics ou subvention de OI). Le CCR a pour siège la Direction Départementale Agricole de la Grande Anse.
Le CCR répond de ses activités par devant le Directeur départemental agricole. Le CCR dispose d’une
équipe légère formée de 3 professionnels en agriculture, en gestion d’entreprises et en commercialisation
et d’une secrétaire administrative. Le choix de ses professionnels se fait par appel d’offre avec un cahier
de charge précis. Le CCR mobilisera 5 millions de gourdes d’investissements en première année et 5
millions de gourdes pour le fonctionnement durant une année d’opération.
3. 5. LES FON C TION S D U C EN TRE D E C OORD IN A TION ET D E RES SOU RC ES ( C C R)
• Comme son nom l’indique, il coordonne et anime l’ensemble des activités des GPAS ;
• Il aide les GPAS à formuler une règlementation régissant le label de qualité
• Il aide les GPAS dans la gestion de leur comptabilité ;
• Il aide les GPAS à préparer leurs états financiers mensuels et annuels et leurs plans d’action ;
• Il gère les conflits éventuels entre les GPAS ;
• Il recherche des marchés pour les GPAS ;
• Il facilite la relation entre les producteurs agricoles et les GPAS ;
• Il veille au maintien de prix équitables et transparents entre producteurs et les GPAS ;
• Il aide les producteurs à améliorer leur productivité et la qualité de leurs produits ;
78
• Il s’assure que le contrôle de qualité est effectué sur les semences et les autres produits ;
• Il assure l’interface entre les producteurs agricoles, les GPAS et les institutions financières
(Banque de Développement, Banques Commerciales, Caisses Populaires, Mutuelles de
Solidarité,
• Il veille à une bonne relation entre les GPAS et leurs salariés ;
• Il développe pour chaque GPAS un plan de formation professionnelle à l’intention des
dirigeants, des multiplicateurs/producteurs semenciers, des employés où interviennent les
entités de formation comme le MARNDR, la FAO, l’EPER, l’ORE, etc.
3 . 6 . - OPPORTU N ITE D E REN FORC E MEN T D ES GP A S : U N E STRA TEGIE IN STI TU TION N ELLE
EN V U E D E L’ A U TON OMISA TION D E LA FILIERE S EMEN C ES – IN TRA N TS.
La proposition principale qui est faite pour les GPAS est de les considérer comme des groupes pouvant
devenir des coopératives structurées et performantes dans le département. Chaque GPAS coopérative
sera structurée ayant son propre fonctionnement, son propre marché et sa propre gestion financière se
met ensemble avec les autres pour mutualiser certaines activités afin d’améliorer leurs résultats. Ces
coopératives s’impliqueront dans :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
la multiplication de semences de base à partir de producteurs semenciers de proximité ;
le stockage de semences après sélection, conditionnement et emballage pour la distribution ;
le stockage de grains (haricot, maïs, pois de souche, pois congo) servant de stock de sécurité pour
répondre à l’approvisionnement des populations de la Grande Anse ayant connu des désastres
naturels (cyclones, sécheresses prolongées, inondations) ;
l’entretien des voies de pénétration dans la localité et la section communales (cantonniers,
équipement, etc.) ;
la facilitation de transports en général de semences, d’intrants (engrais organiques), de matériaux
de construction et de produits agricoles vers les marchés publics ;
le développement de contrat avec ses semenciers et les exploitants en général ;
la livraison de de matières premières à des usines de transformation de riz, de maïs, de canne à
sucre ;
l’organisation de circuit de distribution ;
la recherche de marchés rémunérateurs locaux ou international ;
Le sous affermage de terrains loués d’absentéistes ou de l’Etat ;
La fourniture de services de surveillance et de contrôle auprès de ses membres ;
la coordination des activités de ses membres et leurs rapports avec d’autres organisations ;
le développement de façon permanente d’un réseau intégré, sécuritaire, fort, rentable et pérenne
;
la fourniture à ses membres des services d’éducation, de promotion, de consultation, d’assistance
technique et autres services semblables.
3. 7. - U N PROFIL D E PROJET POU R LA PLA TEFOR ME MU L TIFON C TION N ELLE A TEL IER ÉC OLE D E S EM EN C ES
La plateforme multifonctionnelle sera établie dans une propriété de 5 ha en haute altitude entre 600 et
1000 mètres dans l’habitation …….…………. à …………………………….. dans le voisinage d’un cours d’eau
capable d’être capté pour pouvoir disposer de suffisamment d’eau pour la micro irrigation de champs
semenciers et de pépinières de plantes diverses.
3.7.1.OBJECTIFS GÉNÉRAUX
79
-
Développer une agriculture durable ;
Protéger l’environnement (biodiversité, eau, sol) ;
Préserver les ressources phytogénétiques ;
Garantir la souveraineté alimentaire.
3.7.2. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
-
Maîtriser l’origine des semences et gagner en autonomie ;
Développer la biodiversité cultivée ;
Développer une agriculture faisant appel à des semences productives, rentable et adaptées aux
contraintes de filières spécialisées ;
Fournir une alimentation locale de qualité aux humains et aux animaux.
3.7.3. OBJECTIFS OPÉRATIONNELS
-
-
Sélectionner et expérimenter des variétés de populations reproductibles et évolutives, adaptées
à l’agriculture à faibles intrants, aux territoires ; avec une meilleure appétence et qui répondent à
une demande des consommateurs (qualité gustative et nutritionnelle) ;
Retrouver et/ou créer des savoirs et savoir-faire sur les variétés, les techniques de sélection de
variétés populations, puis les diffuser ;
Travailler collectivement entre agriculteurs et avec des chercheurs ;
Implanter des équipements de transformation (de maïs, d’arachide, …) ;
Développer des pépinières d’arbres fruitiers, d’arbres fourragers, d’arbres forestiers, d’arbres
énergétiques ainsi que des champs destinés à multiplier les différentes espèces ;
Développer des circuits de distribution de différents produits avec des solutions aux problèmes
liés au conditionnement et au transport ;
Mettre au point des techniques de conservation des semences et au stockage conservation des
différents produits ;
Fournir des services de contrôle de qualité pour différentes semences et produits ;
3.7.4- LES INVESTISSEMENTS
Les différents investissements requis pour atteindre les objectifs recherchés sont les suivants :
Entrepôts de 600 m2 :
600,000.00 USD
15 silos de 26 tonnes
56,250.00 USD
Elévateurs de remplissage
20,000.00 USD
Equipements de séchage mécanique
40,000.00 USD
Tarare calibreuse
40,000.00 USD
Egraineuse et vanneuse
4,500.00 USD
Moulin à maïs et équipement prohandrie
50,000.00 USD
Dépôts de stocks de sécurité : container réaménagé de 40
pieds :
40,000.00 USD
Véhicule de transport/bascule :
50,000.00 USD
10 Machettes, 5 pics, 3 pinces, 3 masses, 3 dames ;
200.00 USD
Caisse de transport de légumes et fruits (400 caisses)
2,000.00 USD
Investissement dans des citernes 5000 gallons
10,000.00 USD
Equipements pour énergie renouvelable (solaire)
12,000.00 USD
Achat de 2 motos de services
3,000.00 USD
80
Achat d’un véhicule de service
45,000.00 USD
2 Ordinateurs
1,200.00 USD
2 humidimètres
2,000.00 USD
4 balances
4,000.00 USD
2 malaxeurs
3,000.00 USD
Fonds de roulement
137,400.00 USD
Imprévus
112,000.00 USD
Total
1,232,550.00 USD
3.7.5. - LES REVENUS
Figure 13. Revenus des activités de l’entreprise GPAS
LIBELLES
MONTANTS
-
Marge de multiplication de semences de 1000
multiplicateurs/an
30,000 USD
-
Marge de distribution de semences
125,000 USD
-
Marge de stockage de grains en vente au grand
public
5,000 USD
-
Marge de stockage et pour distribution de
sécurité alimentaire
10,000 USD
-
Commission
sur
travailleurs
routes
(cantonniers) et matériaux (1000 travailleurs)
10,000 USD
Revenu de bail à ferme
10,000 USD
Marge vente maïs moulu et aliments pour bétail
20,000 USD
TOTAL
210,000 USD
3.7.6. - LES COUTS FIXES
-
Salaire d’un assistant technique
13,000 USD
-
Salaire » d’un gérant responsable
3,600 USD
-
‘’
d’un responsable de chantier
3,000 USD
-
‘’
d’un chauffeur de bascule
3,000 USD
-
‘’
de 10 cantonniers :
1,600 USD
-
‘’
de deux gardiens
1,600 USD
-
‘’
d’une ménagère
1,600 USD
Frais de carburant et autres consommables
4,000 USD
TOTAL
33,400 USD
81
3.7.7. -EVALUATION FINANCIERE. TAUX DE PROFIT SIMPLE
Produits bruts
210,000 USD
Coûts d’exploitation
33,400 USD
Marge brute
176,600 USD
Amortissements
98,962 USD
Produits nets
77,637 USD
Taux de profit simple
37 %
Le taux de profit simple montre un résultat satisfaisant. Toutefois, il est important de noter qu’il s’agit d’un
premier exercice d’évaluation de rentabilité parce que les chiffres annoncés pour les investissements ne
proviennent pas de proforma. Il s’agit d’un premier résultat qui devra être confirmé par des études
approfondies de faisabilité.
82
3.7.8- MATRICE DE CADRE LOGIQUE – REALISATION DES INDICATEURS
Si non réalisé
expliquer pourquoi
Indicateurs
Chaîne de résultats
Indicateurs
Base de référence
Objectif final
(valeur
attendue à la
fin du projet)
Le cas échéant action de
suivi à
mettre en œuvre
Réalisé
Impact
Contribuer à l’amélioration de la productivité des cultures et des moyens de vie des populations.
Effet
La capacité de production et de commercialisation des semences et matériel végétal de qualité déclarée des GPAS leur permet de générer des ressources pour
implanter des activités additionnelles génératrices de revenus et monter une plateforme multifonctionnelle.
Produit 1 Le rôle
régalien et technique du
MARNDR est renforcé.
Activité 1.1
Le SNS assure
la qualité des semences
produites par les GPAS
SNS assure la qualité
des semences et
renforce les capacités
des producteurs à
travers des formations
pour l’autonomisation
du GPAS
Les parcelles
semencières des GPAS
ainsi que les nouvelles
activités de la
plateforme
multifonctionnelle sont
SNS n’a pas assez de
ressources humaines et
financières pour jouer son
rôle régalien et technique
SNS n’a pas assez de
ressources humaines et
financières pour
l’inspection des parcelles
et le contrôle de la qualité
Le projet a appuyé le SNS pour
l’assurance de la qualité des
semences de X GPAS et la formation
des membres de Y GPAS.
Le personnel du SNS a effectué des
missions d’inspection des parcelles
et de contrôle de la qualité des
semences et d’autres produits des
plateformes
Élaboration et mise en
œuvre d’une politique et
loi semencière adaptée à
Haïti pour orienter le
Gouvernement dans la
coordination et
l’investissement dans le
secteur semencier et le
développement de
plateforme
multifonctionnelle
Il est indispensable de doter
au SNS des ressources
humaines, matérielles et
financières suffisantes pour
l’assurance de la qualité des
semences et la formation des
producteurs.
83
Si non réalisé
expliquer pourquoi
Indicateurs
Chaîne de résultats
Indicateurs
Base de référence
inspectées par le SNS
qui fait aussi le
contrôle de la qualité
des semences et
d’autres produits des
plateformes
des semences de tous les
producteurs
Objectif final
(valeur
attendue à la
fin du projet)
Réalisé
Les membres des GPAS
Activité 1.2 Le SNS
organise des
formations en faveur
GPAS
Activité 1.3 La
disponibilité
des semences
de base est améliorée
ainsi que la qualité des
produits de la plateforme
maîtrisent les
techniques de
production des
semences et les autres
techniques de
production de la
plateforme.
La plateforme l’union
des coopératives et
des GPAS de la Grande
Anse sont encadrés par
SNS et DDAGA
produisent des
quantité des semences
de pré-base et/ou de
base et d’autres
produits de qualité
X membres de
Pas de formations prévues
dans le budget du SNS
Pas d’institutions
organisées pour la
production de semences
de prébase et base
Le cas échéant action de
suivi à
mettre en œuvre
Y GPAS sont formés par SNS et
DDAGA sont structurés en
coopératives, deviennent
performantes et produisent des
semences de qualité
La plateforme l’union/atelier-école
de semences de la Grande Anse sont
des partenaires du projet ont produit
des tonnes de semences de base de
premières générations et d’autres
produits de qualité
Il est indispensable de
doter au SNS des
ressources humaines,
matérielles et financières
suffisantes pour
l’assurance de la qualité
des produits et la
formation des
producteurs.
Encourager un partenariat
public et privé pour la
production de semences
de pré-base et de base sur
les fermes de la plateforme
l’union/atelier-école de
semences et privées.
84
Si non réalisé
expliquer pourquoi
Indicateurs
Chaîne de résultats
Indicateurs
Produit 2 La capacité
opérationnelle et
d’autonomisation des
GPAS est renforcée
Base de référence
Des GPAS
Les GPAS rénovés avec
label et restructurés en
n’avaient pas accès aux
coopératives GPAS
semences de qualité pour
produisent
et commencer la production
commercialisent des
de SQD. De plus, leur
Semences de Qualité
système de gestion et de
Déclarée et d’autres
marketing était très faible.
produits
Objectif final
(valeur
attendue à la
fin du projet)
Le cas échéant action de
suivi à
mettre en œuvre
Réalisé
Des GPAS ont été encadrés avec
label et/ou restructurés en
coopératives produisent des
Semences de Qualité Déclarée.
De plus, 32 GPAS avec label, des
coopératives en restructuration,
l’Union des coopératives, la
plateforme
multifonctionnelle/atelier-école
sont formés sur les techniques de
gestion d’une entreprise et de
marketing.
Renforcer les services de
l’État (SNS, DDA et BAC)
pour le suivi-encadrement
des GPAS dans la Grande
Anse.
X membres des
comités de gestion de
Activité 2.1 les GPAS
maîtrisent les
techniques de gestion
d’une entreprise et de
marketing
Y GPAS sont
formés Le projet
accompagne la
création de l’Union
des coopératives
( des GPAS) dans la
Grande Anse avec
l’atelier-école de
semences
Le système de
commercialisation des
semences des GPAS est
faible.
X membres de GPAS ont été formés
par le projet. Un label DDA/GPAS-GA
est créé avec règlementation. Une
union des coopératives/GPAS est
créée avec un atelier-école de
semences.
La DDAGA va suivre et
aider dans les procédures
les procédures
d’organisation de la
l’union des coopératives
des GPAS et de
l’encadrement de l’atelierécole de semences
85
Si non réalisé
expliquer pourquoi
Indicateurs
Chaîne de résultats
Indicateurs
Activité 2.2 les GPAS
maîtrisent la production
de Semences de Qualité
Déclarée et ont entamé
Le GPAS ne maîtrise
de nouvelles activités de
pas les techniques de
restructuration en
production. Il n’a pas
coopératives et union de
de matériel de
coopératives permettant
conditionnement
et de
l’autonomisation à travers
stockage des semences
la plateforme
multifonctionnelle/atelierécole de semences.
Base de référence
Les GPAS et les
organisations
restructurées reçoivent
des intrants et des
équipements. Il est aussi
encadré avec l’union des
coopératives GPAS et son
atelier-école des
semences
Objectif final
(valeur
attendue à la
fin du projet)
Le cas échéant action de
suivi à
mettre en œuvre
Réalisé
Les GPAS avec label de qualité
restructurés en coopératives, avec
l’union des coopératives GPAS et
l’atelier-école de semences sont
encadrés et formés par la DDAGA.
Améliorer l’accès des GPAS
aux intrants de base.
Poursuivre leur
encadrement en
production et
commercialisation à
l’intérieur de la plateforme
multifonctionnelle de
l’Union des
coopératives/atelier-école
de semences.
86
A N N EXE 1 : C U LTU RE D OMIN A N TE D A N S LES C OMMU N ES D E LA
GRA N D E A N SE
Cultures dominantes dans la commune des Abricots
Culture
Bananes et plantains
Ignames
Fréquence
%
Café
57
16.3%
Maïs
16
4.6%
Bananes et plantains
8
2.3%
7
2.0%
2
2
1
.6%
.6%
.3%
1
.3%
349
100.0%
Poireaux et autres
légualliacées
Chou
13
43.30%
7
23.30%
Maïs
3
10.00%
Manioc doux
Poivron
Carottes
Canne à sucre
2
6.70%
Total
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
2
2
1
6.70%
6.70%
3.30%
30
100.00%
Manioc doux
Malanga, Taro
Total
Cultures dominantes dans la commune Anse d’Hainault
Culture
Gingembre
Ignames
Cultures dominantes dans la commune de Bonbon
Culture
Bananes et plantains
Haricots(Beurre,Blanc,Noir,
Rouge,...)
Manioc doux
Ignames
Fréquence
33
%
33.3%
27
27.3%
15
11
15.2%
11.1%
Fréquence
19
%
37.3%
Maïs
11
11.1%
18
35.3%
Patates
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
2
2.0%
10
19.6%
Total
Bananes et plantains
99
100.0%
1
2.0%
Cacao
1
2.0%
Café
1
2.0%
Maïs
1
2.0%
Total
51
100.0%
Cultures dominantes dans la commune Beaumont
Culture
Haricots(Beurre,Blanc,Noir
, Rouge,...)
Ignames
Fréquence
Cultures dominantes dans la commune des Cayemittes
Culture
Ignames
Fréquence
46
%
49.5%
Manioc doux
21
22.6%
Arachides
16
17.2%
7
7.5%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir,
Rouge,...)
Patates
%
144
41.3%
2
2.2%
Manioc amer
1
1.1%
111
31.8%
Total
93
100.0%
87
Cultures dominantes dans la commune de Chambellan
Culture
Ignames
Fréquence
24
%
54.5%
9
20.5%
7
15.9%
4
9.1%
44
100.0%
Bananes et plantains
Haricots(Beurre,Blanc,Noir,
Rouge,...)
Malanga, Taro
Total
Cultures dominantes dans la commune de Corails
Culture
Ignames
Fréquence
44
%
42.7%
36
35.0%
Maïs
9
8.7%
Riz
8
7.8%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
4
3.9%
Bananes et plantains
2
1.9%
Manioc doux
Total
103 100.0%
Cultures dominantes dans la commune de Dame Marie
Culture
Ignames
Manioc amer
1
.9%
Tomat
1
.9%
Total
114
100.0%
Cultures dominantes dans la commune de Jérémie
Culture
Manioc doux
Bananes et plantains
Fréquence
23
%
27.7%
16
19.3%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
14
16.9%
Canne à sucre
9
10.8%
Ignames
5
6.0%
Pois Congo
5
6.0%
Maïs
4
4.8%
Patates
3
3.6%
Arachides
1
1.2%
Malanga, Taro
1
1
1.2%
1.2%
1
1.2%
83
100.0%
Manioc amer
Piments(capsicum spp.)
Fréquence
49
%
43.0%
Bananes et plantains
26
22.8%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
14
12.3%
Manioc doux
Cacao
9
7.9%
Culture
Ignames
4
3.5%
Maïs
3
Patates
Total
Cultures dominantes dans la commune de Les Irois
Fréquence
22
%
62.9%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
8
22.9%
2.6%
Arachides
3
2.6%
3
1
8.6%
2.9%
Pois Congo
2
1.8%
Bananes et plantains
Maïs
1
2.9%
Canne à sucre
1
.9%
Total
Malanga, Taro
35
100.0%
1
.9%
88
Poireaux et autres légumes
alliacés
Bananes et plantains
Cultures dominantes dans la commune de Marfranc
Culture
Bananes et plantains
Fréquence
69
%
27.3%
55
46
34
21.7%
18.2%
13.4%
20
7.9%
Patates
Arachides
17
10
1
6.7%
4.0%
.4%
Pois Congo
Total
1
253
.4%
100.0%
Haricots(Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
Maïs
Ignames
Canne à sucre
Manioc doux
%
35.7
Ignames
37
29.4
Haricots (Beurre, Blanc, Noir, Rouge,...)
22
6
5
4
2
17.5
4.8
4.0
3.2
1.6
Patates
Autres cultures oléagineuses, (Tournessol, palmier à huile,
roroli)
Cacao
Manioc amer
Total
Cultures dominantes dans la commune de Pestel
Culture
Ignames
Haricots(Beurre,Blanc,Noir,
Rouge,...)
Fréquence
%
83
42.80%
42
21.60%
7
3.60%
7
6
3.60%
3.10%
Manioc doux
Pois Congo
Frequence
45
Maïs
Malanga, Taro
Manioc doux
Arachides
6.70%
Café
Cultures dominantes dans la commune de Moron
Culture
Bananes et plantains
13
2
1.6
1
.8
1
.8
1
.8
126
100.0
6
3.10%
Arachides
5
2.60%
Patates
5
2.60%
Carottes
2
1.00%
Maïs
2
2
1
1.00%
1.00%
0.50%
1
0.50%
194
100.00%
Manioc amer
Chou
Malanga, Taro
Total
Cultures dominantes dans la commune des Roseaux
Culture
Haricots (Beurre,Blanc,Noir, Rouge,...)
Fréquence
%
120
42.7%
Bananes et plantains
54
19.2%
Manioc doux
53
18.9%
Arachides
19
6.8%
Maïs
12
4.3%
Ignames
10
3.6%
Patates
6
2.1%
Pois Congo
5
1.8%
Malanga, Taro
Poireaux
1
1
.4%
.4%
281
100.0%
Total
89
A N N EXE 2 : QU ESTION N A IRE EN QU ÊTES O RGA N ISA TION S D D A GA /SEMEN C ES 2021
1. NOM ORGANISATION
_______________________________________________
2. Localité ________________________
3. Altitude : _________
4. Type de structure : ____________________________ (assoc., coop., groupement, mutuelle, Upsa.)
5. Année de création : ___________
6. Nom du président : ________________________
7. Date élection président : _____________ 8. Nombre de mandats déjà réalisés : _____
9. Nombre de membres : ________________Total _________Femmes __________Hommes
10.Nombre de membres actifs : _____________Total _______Femmes ________Hommes
11. Evolution membres 2020 : _________ 2015 : ________ 2010_______
12. Pourcentage de membres résidant dans la localité du siège de l’organisation ______%
13. Les jardins semenciers des membres sont-ils majoritairement situés dans la localité du siège de
l’organisation ?
oui
non
14. Si non, dans quelles localités ? ________________________________________________________
15. Taille exploitation plus gros planteur membre _______
Surface semences ______
16. Taille exploitation plus petit planteur membre _______
Surface semences______
17. Taille exploitation du planteur moyen membre ______
Surface semences _____
18. Répartition des membres par catégories de taille d’exploitation :
Gros planteurs (acheteurs de force de travail) : ___________% des membres
Petits planteurs (échangeurs de force de travail) : __________ % des membres
Moyens planteurs (vendeurs de force de travail) : _________ % des membres
19 . ACTIFS DE L’ORGANISATION
Terrain : superficie ______________________ ha;
Valeur ________________________GHT
Constructions : Maison __________________________ Valeur : ________________ HTG
Dépôt __________________________ Valeur : ________________ HTG
Glacis __________________________ Valeur : ________________ HTG
Equipements :
Véhicule_____,nombre_____, annee _______Valeur : ________________ HTG
Malaxeur _____,nombre_____, annee _______Valeur : ________________ HTG
Silo ______,nombre_____, annee _______Valeur : ________________ HTG
Séchoir _____,nombre_____, annee _______Valeur : ________________ HTG
"Drum" _____,nombre_____, annee _______Valeur : ________________ HTG
Fond de roulement : __________________ HTG
90
TOTAL : ____________________ HTG
ACTIVITES
20. Si organisation est en veilleuse (ne fonctionne pas) : depuis quelle année ? ________
21. Pourquoi ? ___________________________________________________________
22. Principaux domaines d’activités : (exemple semence haricot
________________ % chiffre d’affaire : _____ %
________________
% chiffre d’affaire : _____ %
________________
% chiffre d’affaire : _____ %
________________
% chiffre d’affaire : _____ %
23. ACTIVITE COMMERCIALISATION SEMENCES
Haricot
Maïs Evolution Manioc
Evolution 2015 2015 à 2020
Evolution
à 2020
2015 à 2020
Homme
Femme
Homme
Femme
Homm
e
Femme
Patate douce Igname
Evolution
évolution
2015 à 2020
2015 à 2020
Drageons de Autres
bananes
Evolution
2015 à 2020
Homme
Homme
Femme
Homme
Femme
Femme
Nombre de
fournisseurs
membres
Nombre de
fournisseurs
usagers
Prix payé aux
fournisseurs
Montant
ristourne
FONCTIONNEMENT ORGANISATION
24. Nombre d’assemblées générales
_______
_______
25. Nombre de membres dans comité directeur : _______Total _____Femmes ______Hommes
26. Fréquence réunions comité directeur : _________Total _______Femmes ________Hommes
27. Existence procès-verbaux comités directeurs :
oui / non
28. Assemblée Générale 2020: oui / non, Date __________, nombre de participants _________
29. Y a-t-il eu ces dernières années des démissions au sein du comité directeur ?
oui / non
30. Si oui, pour quels motifs ? _______________________________________________
_____________________________________________________________________
31. Y a-t-il eu ces dernières années des conflits au sein de l’organisation ?
oui / non
Homme
Femme
91
32. Si oui, pour quels motifs ? _______________________________________________
_____________________________________________________________________
33. Y a-t-il eu ces dernières années des conflits avec d’autres organisations ? oui / non
34. Si oui, pour quels motifs ? _______________________________________________
35. Avec quelles personnes ? ___________ 36. Gestion du conflit / résultats __________
________________________________________________________________________
36. L’organisation bénéficie t-elle d’aides, de projets, de subventions ? oui / non
37. Si oui, montant ___________ 38. origine __________ 39. utilisation _____________
40. L’organisation est-elle reconnue légalement ? oui / non
Si oui, par qui ? __________
41.Avez-vous l’habitude de produire et vendre à différents acteurs
_____________________________________________________________________________________
Place part de chaque type d’acteur ?
_____________________________________________________________________________________
Sur commande ?
_____________________________________________________________________________________
ou sollicitation des acheteurs dans les lieux de production ?
_____________________________________________________________________________________
Participation appel d’offre ?
_____________________________________________________________________________________
92
42. STRUCTURE DES COÛTS
Semence
s
Variété
Coût
de
produc
tion
(gdes/li
vre,
gdes/
marmit
e)
Prix
d'achat
de
la
matière
premièr
e
Frais de Frais de
transport condition
de
la nement
matière
première
Frais
d'achat
d'emballa
ge
Coût de
la main
d'oeuvr
e
Frais de Autres
transpor coûts
t
du
produit
fini
1.
Igname
Jaune
2.
Igname
blanche
3. Haricot
4. Maïs
5.
Arachide
s
6.
7.
8.
9.
10.
43: Qu'est ce qui manque à l'Association pour développer l'activités de semences ?
Prix
de
vente
Marge
93
... Cash.
...Équipements ...... Moyen de transport ........ Bonne gestion. ... Marché ..... Autres
44. Quel est le point faible de l'Association ?
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
45. Quel est le point fort de l'Association ?
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
46. Commentaires généraux
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________
47. Photos.
94
48. Connaissez-vous dans votre entourage des individus, ou des organisations, ou des entreprises
produisant et vendant des semences diverses ? .... Oui,
.... Non
Si oui :
Nom
de Personnes de contact
l'individu/organisation/
Adresse
Téléphone
Entreprise
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
Existe-t-il de grand propriétaire absentéiste dans la commune ?
Habitation
Supe
rficie (Ca)
Nom et prénom du propriétaire
Lieu de résidence
95
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96
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https://www.my-business-plan.fr/marge-brute