Dyagnostik sosyoekonomik konplèks Baradères-Cayemites (EbA mòn rive lanmè)
Rezime — Dyagnostik sosyoekonomik konplèks Baradères-Cayemites, nan penensil Sidwès, pa GRAPES pou PNUD ak ministè Anviwonman anba pwojè EbA mòn rive lanmè, me 2018.
Deskripsyon Konple
PNUD ak ministè Anviwonman te kòmande l nan kad pwojè pou amelyore rezilyans ekosistèm ak kominote vilnerab yo devan chanjman klimatik, epi GRAPES te fè l nan me 2018. Se dyagnostik sosyoekonomik Konplèks 2, Baradères-Cayemites, nan penensil Sidwès peyi a, ki kouvri Nip ak Grandans. Rapò preliminè a prezante kat pwodwi ansanm.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
PROJET D’ADAPTATION BASÉE SUR LES ÉCOSYSTÈMES DE LA MONTAGNE À LA MER /EBA
Étude de diagnostic socioéconomique au niveau du Complexe 2 : Baradères – Cayemites logé dans la péninsule du Sud-ouest du pays (Nippes et Grand’Anse)
Rapport préliminaire II : Présentation des produits
• Diagnostic socioéconomique des bassins versants et bassins côtiers
• Document sur les filières porteuses
• Plan de suivi des indicateurs socioéconomiques
• Plan de développement socioéconomique
Étude conduite par : GRAPES
Mai 2018
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Ce diagnostic socioéconomique des bassins versants et bassins côtiers dans le Complexe Baradères-Cayemites, commandité par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Ministère de l’Environnement (MDE), dans le cadre du projet d’Amélioration de la résilience des écosystèmes et des communautés vulnérables au changement climatique et aux menaces anthropogéniques, est un livrable dans le cadre du mandat que la firme GRAPES devra exécuter. Elle jette les bases de l'élaboration du plan de développement de complexe en prenant en compte les orientations et les prises de décisions visant à réduire la vulnérabilité de la population pauvre et également à conserver la biodiversité menacée dans les bassins versants, et les zones côtières et marines.
Fruit d’une approche méthodologique participative qui implique les parties prenantes et la communauté locale, les résultats de ce travail se sont basés en grande partie sur les résultats suivis de la caractérisation socio-économique dans une perspective d'analyse plus poussée et de considérations faites de manière prospective sur l'élaboration du plan de développement du complexe Baradères-Cayemites.
Selon la démarche méthodologique participative appliquée, on est arrivé aux résultats suivants :
• Au niveau du profil des exploitants
L’âge moyen des chefs d’exploitation est de 48 ans et seulement 24.2% ont moins de 40 ans. Cela peut affecter la performance des exploitations agricoles. Par contre, 22.8 % des chefs de ménage enquêtés au niveau du Complexe sont des femmes. Particulièrement dans la commune de Corail, il est de 35%.
• Au niveau migratoire
La tendance migratoire est assez forte au niveau du Complexe. En effet, 22% des chefs de ménage ne sont pas originaires de la zone et 43% des familles déclarent qu’elles ont au moins un membre qui a migré. Ils vont généralement dans les centres urbains (Cayes, Jérémie, Miragoâne). Et 62.1% des gens qui émigrent ont moins de 30 ans. En effet l’âge moyen des migrants est de 24 ans et 57 % sont des femmes.
• En termes d'hygiène et d'accès a l'énergie d'éclairage
La majorité des ménages (59%) ne disposent pas de latrine et font leur besoin principalement dans la forêt/à l’air libre. N’ayant pas accès au service du SMCRS (Service Métropolitain de Collecte de Résidus Solides), la majorité brûlent leurs déchets ou les jettent dans la rivière. Les lampes à kérosène est le type d’éclairage le plus utilisé dans la maison. Vient ensuite les lampes rechargeables et les bougies. La population n’a pas accès à l’électricité.
• Au niveau du foncier et de la mise en valeur des terres
La majorité des exploitants du Complexe sont propriétaires des terres qu’ils utilisent. En effet, plus de 80 % travaillent leur terre en faire valoir direct et le reste (moins de 20%), en faire valoir indirect. La superficie moyenne des parcelles des exploitants au niveau du Complexe est de l’ordre de 0.8 Carreau. Ce qui est supérieure à la superficie moyenne des parcelles agricoles au niveau national. Plus de 20% des parcelles agricoles ont des pentes raides. Ces parcelles qui ont des sols peu profonds très sensibles à l'érosion et aux glissements de terrain posent souvent des problèmes spécifiques à l'agriculture et à l'environnement. La plupart de ces parcelles à forte pente sont occupées par des familles de petits agriculteurs, dont les moyens d'existence pourraient être compromis par la dégradation des terres et la perte de productivité associée.
Si l’entraide représentait dans le temps une grande partie de la force de travail des ménages, de nos jours, les opérations culturales sont réalisées principalement par la main d’œuvre salariée. Les difficultés rencontrées dans le cadre de l’exploitation des parcelles sont principalement la sécheresse et le manque de moyens financiers. Plus de 50 % des enquetés declarent avoir fait face à la sécheresse.
• En termes de pratique de l'élevage
Les principales espèces animales rencontrées dans le Complexe sont les caprins, les bovins, ovins et volailles. Cependant, l’élevage est très peu diversifié. En effet, parmi, ceux qui pratiquent l’élevage, moins de 9 % possèdent 4 espèces animales différentes et seulement 42 % possèdent 3 espèces différentes. Les deux modes de conduite du cheptel les plus pratiqués dans le Complexe sont : à la corde (58.2%) et libre (40%). Considérant la pratique relativement importante de l’élevage caprin et le mode de conduite du cheptel caprin, on peut comprendre les menaces de ce système d’élevage sur les bassins versants déjà dénudés. Plus de 66% de l’alimentation est constituée uniquement d’herbe. Plus de 40 % des ménages enquêtés ne pratiquent pas l’élevage.
• En termes d'accès aux services de base
L'accès à un centre de santé le plus proche exige d'une manière générale plus d’une heure de temps en moyenne. Les gens peuvent marcher parfois pendant plus de quatre (4) heures de temps juste pour avoir les premiers soins. L’accès à la source d’eau la plus proche exige environ 50 minutes en moyenne et jusqu’à 3 heures de temps. L’accès à un système d’addiction d’eau est aussi très problématique et la population doit disposer en moyenne 50 minutes.
• Au niveau du secteur Pêche
Environ 4000 pêcheurs sont inventoriés au niveau du Complexe. La flotte est estimée à 2884 et plus de 98 % sont des embarcations de type « bois fouillé ». Sur un total de 16 bateaux en fibre de verre inventoriés au niveau du Complexe, 11 se trouvent dans la deuxième section communale de Pestel (Espère) et les cinq (5) autres dans la deuxième section communale de Grand Boucan (Eaux Basses). D'une manière globale, tenant compte de la population de pécheurs et des investissements relevés, la Pêche se pratique encore de manière très artisanale.
• Au niveau des activités économiques
Les principales activités économiques au niveau du Complexe sont la production végétale, le petit commerce, l’élevage, la pêche, la fabrication du charbon de bois et l’artisanat. C'est dans cet ordre que les revenus sont aussi constitués avec 56% des ménages dans la production végétale, 14% dans le petit commerce, 11% dans l'élevage et 11% dans la pêche.
• Les domaines d'actions prioritaires
a) Sur le plan Social, l'accès a l’eau potable par le captage (39% des enquêtés), l'amélioration des conditions et l'accès aux soins de santé a travers la construction des centres de santé et/ou d’hôpitaux (33%), l'amélioration de l’éducation a travers le recyclage des professeurs et la construction d'écoles (21%) et des autres services (route, électricité, 7%).
b) Sur le Plan économique, l'accès au crédit pour les exploitants agricoles (37%), le développement de l'agriculture (34%), la diversification des sources de revenus (19%)
c) Sur le plan environnemental, la lutte contre l’érosion (56% des enquêtés) a travers la mise en place des structures antiérosives, l’augmentation de la couverture boisée a travers le reboisement (30%) et la lutte contre la population maritime (12%).
TABLE DESMATIÈRES
RÉSUMÉ EXÉCUTIF ii
ACRONYMES, SIGLES ET ABRÉVIATIONS viii
LISTE DES FIGURES x
LISTE DES TABLEAUX xii
I. INTRODUCTION 1
1.1. Mise en contexte 1
1.2. Objectifs 2
1.3 Méthodologie 3
1.3.1. Phase 1 : Mission Préliminaire 3
1.3.2. Phase 2 : Caractérisation du milieu 4
1.4. Présentation générale de la zone d’étude 7
1.4.1 Organisation administrative 9
2 Physiographie du bassin versant 13
2.1 Géologie, géomorphologie et topographie 13
2.1.1 Unités Géologiques et sols 13
2.1.2 Pentes 18
2.2 Aspects climatiques 20
2.2.1 Paramètres climatiques 20
2.2.2 Analyse des variations mensuelles et annuelles des paramètres climatiques 20
2.2.3 Classification du climat des sous bassins versants cibles 23
2.3 Les ressources en eau et leur utilisation 25
2.3.1 Hydrologie 25
2.4 Pédologie et potentialité agricole des sols 29
2.4.1 Pédologie des sols 29
2.4.2 Potentialités des sols 29
2.4.3 Occupation du sol 32
2.5 Couvert végétal 37
2.6 Érosion 37
2.7 Hydrogéologie - eaux souterraines 40
2.8 Milieux naturels, Ressources naturelles et Biodiversité 42
2.8.1 Milieux naturels 42
2.8.2 Ressources naturelles 44
3 Contexte socio-économiques et accessibilité aux services 47
3.1 Aspects socio-économiques 47
3.1.1 Population et nombre de ménages au niveau du complexe 47
3.1.2 Répartition de la population par sexe et par classes d’âge (plus ou moins 18 ans) 51
4 Analyse et discussions 58
4.1. Caractéristiques socioéconomiques de la population 58
4.1.1 Évolution de la population et de la migration vers les centres urbains 58
4.1.2 Logement et habitat 61
4.1.3 Les structures d'hygiène 62
4.1.4 Santé et nutrition 63
4.1.5 Accès aux sources d'énergie 63
4.1.6 Approvisionnement en eau potable 64
4.1.7 Assainissement / Gestion des déchets 65
4.1.8 Infrastructures et accessibilité aux services de base 67
4.1.9 Dynamiques socio foncières 72
4.2. Le Secteur agricole 76
4.2.1- Considérations générales 76
4.2.2- Principales cultures pratiquées 77
4.2.3 Monocultures et Associations 78
4.2.4 Itinéraires techniques de conduite dans les systèmes de mise en valeur 80
4.2.5 Opération post récolte 81
4.2.6 Outillage, opérations culturales et main d’oeuvre 82
4.2.7 Les activités d’élevage 84
4.2.8 Problèmes rencontrées dans le secteur d’élevage 86
4.3 La pêche 87
4.3.2 Les circuits de commercialisation 92
4.3.3 Problèmes rencontrés dans le secteur de la pêche dans la section 93
4.4.4 Opportunités existantes dans le secteur 94
4.5 Principaux secteurs d’activités, revenus et dépenses des ménages 94
4.6 Calendrier des dépenses 96
4.7 Situation Environnementale 97
4.7.1 État de la couverture végétale 97
4.7.2 Analyse d’impact de la dégradation environnementale sur les capacités économiques des communautés 97
4.7.3. Attentes de la population et niveau de satisfaction des besoins primaires 98
4.8 Présentation des acteurs locaux et de leurs domaines d'intervention 100
4.9 Les produits typiques au niveau du Complexe 101
5.1 Les principales filières porteuses identifiées au niveau du Complexe 103
5.1.1 Le développement de la Pêche 103
5.1.2- L'appui aux activités génératrices de revenus par le financement rural 106
5.2.3 Le développement de l'élevage (filière caprine, bovine et apiculture) 108
5.2.4- L'Agroforesterie 110
5.2.5. L'intensification agricole, conservation et transformation des produits agricoles 112
6 Plan de suivi des indicateurs socioéconomiques 114
7 Plan de développement socioéconomique 119
7.1 Potentialités et contraintes au développement 119
7.1.1 Principales potentialités/secteurs 119
7.1.2 Principales contraintes/secteur 120
7.2 Filières Porteuses et Interventions prioritaires 125
7.3 Justificatifs des choix 126
7.3.1 Protection des versants 126
7.3.2 Diversification et promotion d’activités génératrices de revenus 126
7.3.3 Intensification agricole, diversification des cultures et lien avec les marchés 126
7.3.4 Aménagement d’infrastructures agricoles et rurales 127
7.3.5 Le développement de la Pêche 127
7.3.6. Encadrement et renforcement des Capacités 127
7.4 Proposition du plan de développement proprement dit 128
Tel que priorisé à travers les résultats découlant du diagnostic, la proposition du plan de développement du Complexe Baradères-Cayemites est ainsi présentée à travers les axes retenus: 128
7.4.1 Protection des micros bassin versants (Axe 1) 128
7.4.2 Diversification et promotion d'activités économiques (Axe 2) 134
7.4.3 Intensification agricole, diversification des cultures (Axe 3) 136
7.4.4. Le développement de la Pêche (Axe 4) 137
7.4.5 Aménagement d'infrastructures agricoles et rurales (Axe 5) 139
7.4.6 Encadrement et renforcement de capacités (Axe 6 transversal) 140
7.4.7 Synthèse du plan de développement et priorisation des actions 141
7.5 Modalité de mise en œuvre du plan 145
7.5.1 Rôle des acteurs locaux 145
7.5.2 Gestion des projets d’investissement 145
7.5.3 Mécanisme de suivi et d’évaluation 146
7.5.4 Appui institutionnel 146
7.5.6 Rôle des femmes 147
7.5.7 Recherche de fonds 147
8 Conclusion et recommandations 148
Références bibliographiques 149
ANNEXES 151
ACRONYMES, SIGLES ET ABRÉVIATIONS
ABE : Adaptation Basée sur les Écosystèmes
AMP : Aires Marines Protégées
BID : Banque Interaméricaine de Développement
CAL : Centre de santé Avec Lits
CSL : Centre de santé Sans Lits
Cx : Carreau
CEPF : Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques
DAI : Development Alternatives Inc
DGI : Direction Générale des Impôts
DPAQ : Direction Pêche et Aquaculture
DSDS : Direction des Statistiques Démographiques et Sociales
FoProBim : Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine
FVD : Faire Valoir Direct
FVI : Faire Valoir Indirect
GEF : Fond Global Environnement
GRAPES : Groupe d'Aménagement Pour Environnement du Sud
Ha : Hectare
HCC : Haïti connexion culture
IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
MARNDR : Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural
MCI : Ministère du Commerce et de l’Industrie
MDE : Ministère de l’Environnement
MEF : Ministère de l’Économie et des Finances
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Population
OCB : Organisations Communautaires de Base
ONG : Organisations Non Gouvernementales
PDPA : Programme de Développement de la Pêche Artisanale
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
RGA : Recensement Générale de l’Agriculture
SAH : Société Audubon Haïti
SAU : Surface Agricole Utile
SIG : Système d’Informations Géographiques
SGCM : Secrétariat Général du Conseil des Ministres
SMCRS : Service Métropolitain de Collecte de Résidus Solides
USAI : Unité de Statistique Agricole et Informatique
ZCB : Zones Clés de la Biodiversité
ZICO : Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux
LISTE DES FIGURES
Figure 1.1 : Représentation des communes dans l’Aire du Complexe
Figure 1.2 : Découpage administratif du Complexe Baradères - Cayemites
Figure 2.1: Caractéristiques géologiques du bassin versant de Baradères - Cayemites
Figure 2.2 : Caractéristiques géomorphologiques du bassin versant de Baradères - Cayemites
Figure 2.3 : Répartition des classes de pente dans le bassin versant du Complexe de Baradères - Cayemites
Figure 2.4 : Distributions mensuelles 2017 des précipitations dans le Complexe Baradères - Cayemites
Figure 2.5 : Répartition spatiale des zones climatiques à l’intérieur du Complexe
Figure 2.6 : Réseau hydrographique du Complexe Baradères - Cayemites
Figure 2.7 : Potentialités des sols du Complexe de Baradères - Cayemite
Figure 2.8 : Carte Occupation de sols 1978
Figure 2.9 : Carte Occupation de sols 1998
Figure 2.10 : Carte des risques d’érosion des sols du bassin versant Baradères - Cayemites
Figure 2.11: Caractéristiques hydrogéologiques du bassin versant Baradères - Cayemites
Figure 2.12 : Carte de climat du Complexe Baradères – Cayemites
Figure 2.13 : Carte des ressources naturelles du Complexe Baradères - Cayemites
Figure 3.1 : Représentation des principales communes du Complexe Baradères - Cayemites
Figure 3.2 : Répartition de la population par sexe (IHSI, 2015)
Figure 3.3: Répartition des institutions sanitaires dans le département des Nippes
Figure 4.1 : Principales causes de migration des membres des familles
Figure 4.2: Pourcentage de la population possédant une latrine
Figure 4.3: Lieu de défécation des ménages sans latrine
Figure 4.4: Types d'éclairage utilisé dans la maison
Figure 4.5: Lieux d'obtention de l'eau de boisson
Figure 4.6: Destination des déchets générés dans les ménages
Figure 4.7: Tenure foncière au niveau du Complexe Baradères-Cayemites
Figure 4.8: Répartition des parcelles agricoles par classe de pente
Figure 4.9 : Sources de revenu utilisé pour l'achat des terres
Figure 4.10 : Principales causes de la vente des terres
Figure 4.11: Type de main d'œuvre utilisée
Figure 4.12: Espèces animales rencontrées dans le Complexe Baradères-Cayemites
Figure 4.13 : Circuit de distribution et axe de commercialisation des produits halieutiques du Complexe
Figure 4.14: Principaux secteurs d’activités dans le Complexe
Figure 4.15: Répartition des postes de dépenses des ménages
Figure 4.16: Domaines prioritaires pour la région sur le plan social
Figure 4.17: Attentes prioritaires de la population sur le plan économique
Figure 4.18: Domaines prioritaires pour la région sur le plan environnemental
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.1: Les espèces méritant une préoccupation spéciale contenues dans les ZCB d’Haïti
Tableau 1.2 : Les principales communes du bassin versant du Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 1.3 : Répartition de la zone d’étude en fonction des communes et sections communales
Tableau 2.1: Répartition des formations géologiques du Complexe
Tableau 2.2: Classe des déclivités du Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 2.3: Répartition des cours d’eau par commune
Tableau 2.4: Répartition des sources d’eau pérennes
Tableau 2.5 : Superficie et aptitudes des classes de potentialités des sols
Tableau 2.6: Classe des unités hydrogéologiques
Tableau 2.7: La répartition des zones de Holdridge (1963) dans le bassin versant du Trou du Nord
Tableau 2.8: Inventaire des ressources naturelles du Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 3.1 : Densité de population des communes du Complexe Baradères – Cayemites
Tableau 3.2 : Répartition de la population des principales communes du Complexe Baradères - Cayemites entre les milieux rural et urbain en 2015
Tableau 3.3: Répartition estimative de la population dans le Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 3.4 : Répartition de la population par sexe
Tableau 3.5: Répartition de la population par groupe de moins de 18 ans et plus
Tableau 3.6 : Nombre, pourcentage et taille des ménages par communes
Tableau 3.7: Fiche technique du département des Nippes
Tableau 3.8: Fiche technique du département de la Grand Anse
Tableau 4.1 : Profil socio-économique des chefs d’exploitations agricoles
Tableau 4.2: Zone et raisons de migration par commune
Tableau 4.3: Principales caractéristiques de l'habitat
Tableau 4.4 : Maladies les plus fréquemment rencontrées
Tableau 4.5: Infrastructures et services de base inventoriés
Tableau 4.6: Liste des sites ayant servis d’abris provisoires après l'ouragan Matthew dans la zone du Complexe
Tableau 4.7: Topographie et % des terres utilisées par rapport à la superficie de la section communale concernée
Tableau 1: Principales cultures pratiquées par commune
Tableau 4.9: Monocultures et associations de culture plus couramment rencontrées
Tableau 4.10 : Pourcentage des ménages vivant de l'agriculture par section communale
Tableau 4.11 : Calendrier Cultural du Complexe Baradères /Cayemites
Tableau 4.12 : Différents types d’outils agricoles utilisés
Tableau 4.13 : Espèces animales élevées par commune
Tableau 4.14: Contraintes et atouts identifiés pour les différentes espèces d'élevages
Tableau 4.15: Nombre d'embarcations par type par section communale et nombre de pêcheurs par section communale
Tableau 4.16 : Calendrier de Pêche au niveau du complexe
Tableau 4.17 : Calendrier des revenus des ménages
Tableau 4.18 : Calendrier des dépenses des ménages
Tableau 4.19: Acteurs locaux par commune et leurs domaines d'intervention
Tableau 4.20 : Répartition des produits typiques de quelques communes au niveau du Complexe
Tableau 5.1 : Couts estimatifs des activités de la filière Pêche
Tableau 5.2 : Couts estimatifs des activités de génératrices de revenus
Tableau 5.3 : Couts estimatifs des activités de développement de l’élevage
Tableau 5.4 : Couts Estimatifs des activités de l’agroforesterie
Tableau 5.5 : Couts Estimatifs des activités de l’intensification agricole, …
Tableau 6.1 : Plan de suivi des indicateurs socioéconomiques
Tableau 7.1: Présentation des principales potentialités du Complexe par secteur d'intervention
Tableau 7.2: Principales contraintes exprimées par la population du Complexe Baradères-Cayemites, leurs causes et leurs conséquences sur la vie des communautés ciblées
Tableau 7.3: Combinaison des techniques d'aménagement
Tableau 7.4: Synthèse des propositions d'action du plan de Développement des micros bassin versant du Complexe Baradères-Cayemites
Photo 2.1: Une vue d’ensemble du Complexe Baradères - Cayemites (Google Earth)
I. INTRODUCTION
1.1. Mise en contexte
À travers un financement du GEF (Fond Global Environnement), le MDE (Ministère de l’Environnement) et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) en partenariat avec d’autres institutions étatiques et non étatiques exécutent le projet d’Amélioration de la résilience des écosystèmes et des communautés vulnérables au Changement Climatique et aux menaces anthropogéniques par la conservation de la biodiversité et la gestion des bassins versants communément appelé ABE (Adaptation Basée sur les Écosystèmes) dans trois régions du pays, une étude socio-économique devait être conduite dans la péninsule du Sud’Ouest du pays (Nippes et Grand Anse) dans le cadre des engagements contractuels pris par une Firme d'étude auprès du PNUD. Il s’agit du Parc des Trois Baies situé dans le Nord et le Nord-est du pays, la région des Baradères-Cayemites logées dans la péninsule du Sud-ouest du pays (Nippes & Grand’Anse) et la zone de Marigot – Massif de la Selle – Anse à Pitres localisés dans le Sud-est du pays.
Ce projet comporte deux principales composantes :
1. Le renforcement de la résilience face aux menaces climatiques dans les principaux bassins versants et zones côtières en passant par l’aménagement des bassins versants et la conservation des sols, la gestion des zones côtières, et la valorisation et la conservation des ressources naturelles.
2. Le renforcement de la contribution des zones protégées à la conservation de biodiversité et au développement durable dans les zones côtières et marines axé principalement sur une exploitation raisonnée des ressources.
S’appuyant sur ces deux composantes, le projet cherche à réduire la vulnérabilité des populations pauvres d’Haïti aux effets du changement climatique, tout en conservant la biodiversité menacée dans les bassins versants, et les zones côtières et marines à partir des investissements dans des stratégies socialement durables. Le projet dans son ensemble vise les résultats suivants :
• La mise en place d’un cadre de gouvernance – de politiques, des plans et décisions en faveur de l’adaptation basée sur les écosystèmes ;
• La conservation et la gestion efficace des écosystèmes pour renforcer leur résilience et leur fonctionnalité ;
• La réhabilitation assistée – le recouvrement de la fonctionnalité des écosystèmes ;
• Des propositions affinées pour le patrimoine des aires protégées dans les zones côtières et marines ;
• Le renforcement des instruments et des capacités en vue de la gestion efficace des aires protégées.
• De nouveaux moyens de subsistance afin de réduire la pression sur la biodiversité côtière et marine.
L’obtention de ces résultats précités et la mise à disposition d’autres acteurs de la région des données fiables et pertinentes nécessitent la réalisation d’une étude de diagnostic socioéconomique du Complexe Baradères-Cayemites afin de faciliter les orientations et les prises de décisions visant à réduire la vulnérabilité de la population pauvre aux effets des changements climatiques et également à conserver la biodiversité menacée dans les bassins versants et les zones côtières et marines.
Ce rapport diagnostic socioéconomique des bassins versants et bassins côtiers dans le Complexe Baradères-Cayemites » constitue l'un des livrables que la firme GRAPES réalise actuellement pour le compte du Ministère de l’environnement (MDE) et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
A travers ce document d'étude, nous présentons les objectifs, la méthodologie adoptée, la zone d’étude en faisant ressortir les principaux éléments pris en compte pour la réalisation de ce diagnostic de la situation socioéconomique, les résultats et analyses des données ainsi que les conclusions et recommandations aidant a élaborer le plan de développement de la zone en question.
1.2. Objectifs
L’objectif de ce livrable est de constituer les préalables nécessaires à l'élaboration du plan de développement de la population de la zone d’étude. De manière spécifique, nous visons à :
• Créer une base de données géo référencées des infrastructures de services et des acteurs locaux de la zone d’étude ;
• Analyser la structure et le fonctionnement des acteurs locaux ;
• Analyser la répartition des habitats à travers les bassins versants et les bassins côtiers ;
• Analyser l'impact de la dégradation environnementale sur les capacités économiques des communautés ;
• Identifier les attentes de la population par rapport aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux et les solutions locales envisagées comprenant les besoins prioritaires ;
• Identifier les filières socioéconomiques porteuses et présenter les tendances du développement économique dans la zone d’étude ;
• Analyser la situation socioéconomique de la population par rapport aux moyens de productions.
1.3 Méthodologie
La méthodologie adoptée a favorisé la participation locale pour la réalisation de cette étude de diagnostic. Elle a permis une meilleure compréhension des réalités locales et favorisé la promotion de la contribution des acteurs locaux au traitement des problèmes identifiés. Cette participation locale a été recherchée, notamment à travers :
a) des rencontres avec le staff du projet et les représentants des organisations locales, les notables, organisés au début avec la participation des différents acteurs impliqués ;
b) La consultation des documents disponibles sur la situation socio-environnementale de la zone d’étude en question à partir des rencontres tenues avec les cadres et techniciens du MDE, du MARNDR et des services déconcentrés.
c) la collecte de données sur le terrain et l’organisation de rencontres avec les représentants des organisations travaillant dans la zone.
Globalement, l’étude a été réalisée selon les trois phases suivantes :
• Phase 1 : Mission préliminaire
• Phase 2 : Caractérisation du milieu (diagnostic socioéconomique et environnemental)
1.3.1. Phase 1 : Mission Préliminaire
1.3.1.1.- Rencontre avec le commanditaire et d'autres acteurs
Des rencontres ont eu lieu avec le commanditaire de l'étude ainsi que les autres acteurs notamment les Directions Départementales Agricoles concernées ainsi que avec les cadres du Ministère de l’Environnement et les Mairies et autres acteurs locaux (CASEC’s) impliqués dans le cadre de la zone d'étude. Ainsi, à l'issue de ces rencontres, un plan de travail a pu être dégagé et aussi l'on a pu se faire une idée générale de la zone d’étude notamment identifier entre autres certains atouts et contraintes de la zone d'étude.
1.3.1.2. Analyse de la documentation existante
Un ensemble de document a été mis à la disposition des consultants traitant différents sujets liés au projet et la zone d’étude. Outre ces documents, différentes cartes relatives entre autres a la délimitation de la zone d’étude (le Complexe Baradères-Cayemites) par l’utilisation et l’exploitation des matériels SIG (photo aérienne, limites administratives, limites bassins versants, réseaux hydriques et routiers, couche topographique, l’occupation de l'espace, la dégradation des sols au niveau bassins versants ont été élaborées et consultées en conséquence.).
1.3.1.3. Identification de personnes ressources
Durant la mission préliminaire, des personnes ressources ont été identifiées par la firme contractuelle mais aussi conjointement avec le personnel et ressources sur place. Ces personnes ont participé à la planification des visites de terrain et la préparation des guides d’entretien pour collecter les données nécessaires.
1.3.2. Phase 2 : Caractérisation du milieu
Une mission de collecte de données proprement dit sur le terrain a été réalisée. Des rencontres ont lieu directement avec les élus locaux (personnel des mairies, CASEC, ASEC), les membres des organisations communautaires locales, rurales ainsi que certains notables de la zone d'étude.
1.3.2.1. Investigation et diagnostic / visites de terrain et observations directes
Des visites guidées sur le terrain ont été organisées, en vue de diagnostiquer les différents sites identifiés dans l’étude cartographique des bassins versants retenus, les localiser et de collecter des informations complémentaires auprès des autorités locales, des groupes d’agriculteurs (par des enquêtes de focus groupe) et des organisations communautaires de base existant au niveau des micros bassins versants.
1.3.2.2. Collecte des données socioéconomiques proprement dit
A cette phase, deux questionnaires d’enquête ont été conçus et élaborés: un questionnaire pour la réalisation des focus groupe auprès de groupes de personnes constituées des autorités locales, notables, leaders communautaires et responsables d'organisations pour collecter des données qui embrassent globalement la problématique socioéconomique et environnementale de la zone; un questionnaire individuel plus dense qui permet de collecter des données plus spécifiques et personnalisées pour des analyses plus poussés.
A une autre phase de cette étape, on a pu coupler la couche habitat avec des photos aériennes de la zone pour arriver à géoréférencer les ménages. Sur cette base, l'on a pu sélectionner sur une base aléatoire un échantillon représentatif auprès des ménages géoréférencés pour la réalisation de l’enquête proprement dit en vue d'arriver à la caractérisation des bassins versants et des bassins côtiers.
1.3.2.3. Éléments cartographiques
Les éléments de base pour la cartographie des micros bassins versants de la zone d’étude ont été acquis auprès du Centre National d’Information Géo-Spatiale (CNIGS) notamment des données numériques. Ces différentes couches d’information ont été incorporées dans un Système d’Information Géographique (SIG) et ont permis d'élaborer des cartes spécifiques aux micros bassins versants de la zone d'étude. Un travail d’uniformisation des limites de la zone d’étude a été effectué afin d’harmoniser les données correspondantes des micros bassins versants en fonction des différentes couches d’information.
Globalement, la collecte des données sur le terrain a permis de :
• Faire une photographie de l’état actuel de dégradation socio-économique et environnemental de chaque unité de la zone d’étude ;
• Recueillir des informations à l’aide d’un formulaire d’enquête sur le statut foncier des parcelles, les pratiques agricoles et la gestion de l’environnemental à travers des Focus-Groupe ;
• Elaborer le diagnostic socioéconomique proprement dit
1.3.2.4. Synthèse et analyse des informations recueillies
La codification des formulaires de collecte des données environnementales et le guide d’entretien pour les focus groupes ont permis un traitement rapide des informations à l’aide du logiciel SPSS. Les formulaires ont été structurés de manière à avoir une répartition des données autour de l’organisation des exploitations agricoles paysannes, du marché foncier et des principales contraintes. Ce qui a permis de favoriser la formulation des propositions d’actions afin d'apporter des solutions aux problèmes identifiés.
La méthodologie adoptée pour attendre les objectifs fixés et les résultats escomptés est constituée des éléments suivants :
1. Discussion avec le Client afin de s’assurer une bonne compréhension partagée du mandat.
2. Une fois le mandat bien compris, un plan de travail incluant la méthodologie a été partagé avec le Client.
3. Délimitation de la zone d’étude (le Complexe Baradères-Cayemites) par l’utilisation et l’exploitation des matériels SIG (photo aérienne, limites administratives, limites bassins versants, réseaux hydriques et routiers, couche topographique).
4. Collecte et exploitation de documents et d’études pertinents ayant un rapport direct avec le travail.
5. Conception et élaboration de deux questionnaires d’enquête : un questionnaire focus groupe qui s’adresse à un panel constitué de personnes avisées (autorités locales, notables, leaders communautaires) pour collecter des données qui embrassent globalement la problématique socioéconomique et environnementale de la zone et un questionnaire individuel qui permet de collecter des données plus personnalisées pour des calculs plus poussés.
6. Coupler la couche habitat et des photos aériennes de la zone pour géoréférencerles ménages
7. Sélection aléatoire d’un échantillon représentatif auprès des ménages géoréférencés pour la réalisation de l’enquête permettant de caractériser les bassins versants et les bassins côtiers
8. Une fois les fiches d’enquêtes conçues, élaborées, validées et testées, l’étape suivante consistait en la formation des enquêteurs pour les enquêtes auprès des ménages et des animateurs pour la réalisation des focus groups. Ces enquêteurs ont été choisis suivant un profil bien défini. La plupart était des ingénieurs-agronomes.
9. Après la formation des enquêteurs, un autre test a été réalisé pour confirmer que les enquêteurs et les animateurs comprennent bien leur travail. Vient immédiatement la collecte des données sur le terrain.
10. Dépouillement, traitement et analyse des données collectées suivant un plan de tabulation préalablement établi.
11. Le contrôle de la qualité des données sur le terrain était assuré par des contre-enquêtes, des visites surprises sur le terrain, des appels fréquents des enquêteurs et des appels des enquêtes après les enquêtes. Le croisement des données avec d’autres celles d’autres sources a aussi permis d’améliorer la qualité des données.
1.4. Présentation générale de la zone d’étude
Dans son article 5, l’arrêté du 7 avril 2017 stipule que les terres du domaine privé de l'État incluses dans le Complexe Baradères-Cayemites ne peuvent être cédées par la DGI (Direction Générale des Impôts) à quelque titre que ce soit. Toute intervention sur ces terres et tout usage de celles-ci doivent être soumis à l'approbation du ministère de l'environnement et faire 1 'objet d'un contrôle strict par cette institution.
La péninsule Cayemites-Baradères fait partie des Zones Clés de la Biodiversité (ZCB) d’Haïti (JOEL C. TIMYAN ET JEAN V. HILAIRE, 2011).
Selon la Société Audubon Haïti (SAH), Haïti a la moindre quantité d’aires protégées de tous les pays de la Caraïbe (SAH, 2015). Un chiffre nominal de 6% est souvent cité quoiqu’en réalité seulement 0.3% peut être considéré comme bénéficiant d’un certain degré de protection (Victor, 1997 cité par MDE et PNUD, 2009).
Les 31 ZCB d’Haïti couvrent une superficie de 9 340 km2, soit environ le tiers de la surface terrestre du pays. La superficie estimée des ZCB inclut des zones importantes d’écosystèmes marins qui sont généralement exclues des 27 750 km2 que l’on cite souvent pour Haïti. Les ZCB varient énormément dans leurs dimensions, allant de la plus petite, Picmi (1.6 km2), aux deux plus grandes, le Massif de la Hotte (1981 km2) et le Massif de la Selle (1934 km2) (SAH et al, 2011).
Tableau 1.1: Les espèces méritant une préoccupation spéciale contenues dans les ZCB d’Haïti
Nom ZCB Nom Scientifique Nom Commun (en anglais) Endémisme
Cayemites-Baradères AmphisbaenacaudalisCochran, 1928 Cayemite Long-tailed Worm Snake Cayemite, Haïti
Cayemites-Baradères AmphisbaenacaymiteThomas &Hedges, 2007 Cayemite Short-tailed Worm Snake Cayemite, Haïti
Citadelle-Grottes Dondon EleutherodactyluslimbensisLynn, 1958 Haitian Streamside Frog Massif du Nord, Haïti
Source : SAH et al, 2011
Par arrêté présidentiel en date du 7 avril 2017, le Complexe Baradères-Cayemites est déclaré aire protégée sous la dénomination de: « Aire protégée de Ressources naturelles gérées de Baradères-Cayemites ». Il est constitué de systèmes naturels (bois précieux, espèces fruitières et forestières) dont il faut assurer la protection à long terme et dont il faut maintenir la diversité biologique, tout en répondant aux besoins des communautés dépendant de ces systèmes.
Le bassin versant (BV) du Complexe Baradères-Cayemites occupe une superficie de 881.42 km² avec 371.24 km de contour selon la base de données du CNIGS. Comme présenté dans la carte ci-dessous, il s’étend sur plus de neuf (9) communes géographiques du pays à savoir les communes de Corail, Pestel, Baradères, Grand Boucan et en partie sur les communes de Petit Trou de Nippes, Arnaud, Anse-à-Veau, Beaumont et Roseaux; et en faible proportion négligeable sur quelques communes du département du Sud (Camp Perrin, Maniche, Cavaillon, Plaisance du Sud). Il est délimité au Nord par l’Océan Atlantique; au Sud par le département du Sud (Camp Perrin, Maniche, Cavaillon, Plaisance du Sud, L’Asile); à l’Est en partie par les communes d’Anse-à-Veau et Arnaud et enfin à l’Ouest par les communes de Beaumont et Roseaux. Le Complexe est caractérisé par un relief accidenté, composé de montagne, de plateaux, de collines.
Comme indiquer la figure 1.1, les principales rivières du Complexe prennent naissance dans la partie Sud du BV, dans les communes de Baradères (les rivières de Baradères et de Dieujuste), de Petit Trou de Nippes (la rivière Lafond), d’Arnaud à Anse à Veau (la rivière de Brossard), de Corail (la rivière Lacomb et la rivière Bourrique qui prend naissance dans la commune de Roseaux) pour se jeter dans l’océan.
1.4.1 Organisation administrative
Le territoire du Complexe s’étend environ sur un total de neuf (9) communes d’une superficie de 881.42 km². Le territoire de certaines communes est presque entièrement, voire totalement, inclus dans l’aire du bassin versant (Corail, Pestel, Baradères, Grand Boucan) avec une proportion allant de 95 à 100%, celui de cinq autres communes (Petit Trou de Nippes, Arnaud, Anse-à-Veau, Beaumont et Roseaux) est inclus dans une proportion allant de 17% à 68%;
Nous, basant sur le découpage administratif du bassin versant, les deux départements (Grand’Anse et Nippes) sont représentés dans le Complexe. La figure 1.1 présentée ci-dessous illustre mieux le poids de chacun des deux départements ainsi que celui de chacune des différentes communes composant la zone d’étude. Le tableau 1.2 complète cette information en détaillant les sections communales.
Tableau 1.2 : Les principales communes du bassin versant du Complexe Baradères - Cayemites
Commune Aire Totale (ha) Aire dans le Complexe (ha) % de L’Aire de la commune Proportion de la commune par % à l’aire totale du Complexe
BARADERES 18788.77 17795.85 94.72 20.19
GRAND BOUCAN 4517.04 4517.04 100.00 5.12
PETIT TROU DE NIPPES 15573.57 10655.1 68.42 12.10
ARNAUD 7406.71 3390.75 45.78 3.85
ANSE-A-VEAU 10692.9 3695.8 34.356 4.19
CORAIL 10848.1 10848.1 100.00 12.31
PESTEL 29424.80 28075.54 95.41 31.85
ROSEAUX 21354.5 3589.5 16.81 4.07
BEAUMONT 16755.6 4495.75 26.83 5.10
Autres Communes1 1078.87 - 1.22
Grand Total 135361.99 88142.30 - 100
Source : CNIGS, 2018
Figure 1.1 : Représentation des communes dans l’Aire du Complexe
Figure 1.2 : Découpage administratif du Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 1.3 : Répartition de la zone d’étude en fonction des communes et sections communales
Commune Section communale
Département Nom Aire totale Aire du BV (%) No Nom Aire totale (ha) Aire dans le BV (ha)
(ha)
NPPES BARADERES 18788.77 20.19 1ère Gérin 3297.24 3297.24
2ème Tête d'Eau 3769.25 2776.34
3ème Fond Tortue 3265.51 3265.51
4ème La Plaine 2572.76 2572.76
5ème Rivière Salée 5884.00 5884.00
GRAND BOUCAN 4517.04 5.12 1ère Grand Boucan 3121.11 3121.11
2ème Eaux Basses 1395.93 1395.93
PETIT TROU DE NIPPES 15573.57 12.1 1ère Raymond 5680.65 5430.55
2ème Tiby 5876.29 5224.55
3ème Lièvre 4016.6 -
ARNAUD 7406.71 3.85 1ère Baconnois-Barreau 3420.66 3089.98
2ème Baquet 1874 300.77
3ème Arnaud 2112.04 -
ANSE-A-VEAU 10692.9 4.19 1ère Baconnois 2875.7 2875.7
2ème Grande Rivière Joly 4165.93 820.1
3ème Saut de Baril 3651.24 -
GRAND’ANSE CORAIL 10848.1 12.31 1ère Duquillon 5033.43 5033.43
2ème Fonds d’Icaque 3749 3749
3ème Champy 2065.69 2065.69
PESTEL 29424.8 31.85 1ère Bernagousse 3620.7 3620.7
2ème Espere 3726.58 3726.58
3ème Jn Belune 1962.37 1962.37
4ème Tozia (Ducity) 8300.25 8000.25
5ème Duchity 6609.56 5560.25
6ème Les Îles Cayemites 5205.39 5205.39
ROSEAUX 21354.5 4.07 1ère Carrefour Charles 4900.72 2597.35
2ème Fond Cochon 9385.34 -
3ème Grand Vincent 3090.96 -
4ème Les Gommiers 3977.48 992.15
BEAUMONT 16755.6 5.1 1ère Beaumont 9445.34 3910.5
2ème Chardonette 1347.73 585.25
3ème Mouline 5962.48 -
Source : Données géo-spatiale du CNIGS, 2018 & IHSI, 2015
2 Physiographie du bassin versant
2.1 Géologie, géomorphologie et topographie
Photo 2.1: Une vue d’ensemble du Complexe Baradères - Cayemites (Google Earth)
2.1.1 Unités Géologiques et sols
A partir de la base de données géologique existante au CNIGS, la zone d’étude du BV du Complexe Baradères-Cayemites est présentée de différentes caractéristiques géologiques et géomorphologiques. Le BV du Complexe se compose des Craies et calcaires marneux sur plus de 46 % de l’aire du BV; de Calcaires récifaux, terrasses d’abrasion marine, de roches volcano-sedimentaires (Figure 2.1).
La caractérisation géologique est faite à partir des données recueillies sur le bassin et est dominée par trois grandes formations géologiques (Tableau 2.1):
• Une première formation constituée par les Craies et calcaires marneux de la Presqu'île du Sud et de la Chaîne des Matheux qui sont des Calcaires marneux, Marnes et calcaires marneux qui remontent au Crétacé. Cette formation occupe 46.72 % de la superficie totale du bassin versant et couvre une grande partie des communes de Pestel et Corail et, une moindre proportion de la municipalité de Baradères.
• Une seconde formation représentée par les Calcaires récifaux, terrasses d’abrasion marine qui sont aussi des roches magmatiques du crétacé (ce sont des calcaires durs). Elle occupe 37.58 % de la superficie totale du bassin versant et sont principalement présentes dans les communes de Baradères, Grand Boucan et en fable proportion dans la commune de Pestel.
• Une troisième formation est constituée par des roches sédimentaires du quaternaire, notamment présentes sous formes détritiques d’alluvions et d’éboulis. Cette formation s’étend sur environ 11.03 % de la superficie totale du bassin versant et se rencontre principalement en fond de vallée Baradères, de Corail, et de Grand Boucan.
Les autres formations géologiques : Basaltes à dacites de la partie Ouest du Massif du Macaya; Complexe tholéïtique et sédimentaire de la Presqu'île du Sud et autres coulées massives, avec ou sans intercalations sédimentaires se rencontrent sur une petite superficie représentant respectivement environ 1.07 % et 3.29 % de la superficie totale du BV. La répartition des classes géologiques est précisée dans le tableau 2.1. Les formations calcaires se retrouvent essentiellement sur les contreforts situés à la cote des communes de Baradères, Grand Boucan et de Pestel.
Tableau 2.1: Répartition des formations géologiques du Complexe
Formations géologiques Age Lithologie %
Basaltes à dacites de la partie Ouest du Massif du Macaya Crétacé Basaltes 1.07
Craies et calcaires marneux de la Presqu'île du Sud et de la Chaîne des Matheux Crétacé Calcaires marneux, Marnes et calcaires marneux 46.72
Alluvions, éboulis, mangroves Quaternaire Alluvions, matériaux détritiques 11.03
Calcaires récifaux, terrasses d’abrasion marine Crétacé Calcaires durs 37.58
Complexe tholéïtique et sédimentaire de la Presqu'île du Sud et autres coulées massives, avec ou sans intercalations sédimentaires Crétacé Roches volcano-sédimentaires 3.29
Source : CNIGS
Figure 2.1: Caractéristiques géologiques du bassin versant de Baradères - Cayemites
2.1.1.2 Unités géomorphologiques
Du point de vue géomorphologique, le bassin versant du Complexe est composé de mornes calcaires karstiques, de bancs calcaires karstifiés, mornes sédimentaires de lithologie mixte, etc. (plateaux, massifs rochers résiduels et roches sédimentaires altérées) dans les différentes communes du Complexe. Ainsi dans le bassin versant, se concentre la quasi-totalité des roches calcaires normalement karstifiées (montagnes basses et collines intermédiaires) (Figure 2.2). Les massifs rocheux résiduels (mornes calcaires généralement karstifiés) sont circonscrits en grande partie à Baradères, Pestel et Corail; alors que la quasi-totalité des zones d’accumulations littorales et côtières se concentre en aval de ce bassin versant, notamment dans les communes de Grand Boucan, Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau et sur les Iles Cayemites.
Il faut enfin souligner que les caractéristiques des roches présentes dans le bassin versant ne sont pas non-négligeables sur les observations faites en termes de désagrégation de sols et de transport de matériaux. D’une part, les sols issus de roches sédimentaires, caractérisés par des matériaux désagrégés, altérés et transportés, ou issus de précipitations chimiques ou mixtes, sont souvent des sols meubles (alluvions, éboulis), avec des grains indépendants, fortement érodables et instables sur les pentes (glissement de terrain). Les communes de Baradères, Petit Trou de Nippes, Pestel et Corail sont particulièrement concernées par les instabilités surtout les glissements de terrain observés dans le BV du Complexe et, d’autre part, les roches magmatiques très rigides dont la porosité est due aux efforts mécaniques (porosité de fracture) et sont perméables si les fractures sont convergentes.
Figure 2.2 : Caractéristiques géomorphologiques du bassin versant de Baradères - Cayemites
2.1.2 Pentes
Le BV du Complexe de Baradères - Cayemites est essentiellement constitué de montagnes et de plateau mais une faible partie en plaine. La partie plane ne concerne que les communes de Petit Trou de Nippes, en faible proportion de Grand Boucan. Une analyse de la carte des classes de pente pour le bassin (Figure 2.3) et du tableau 2.2 de répartition de ces classes de pente fait ressortir clairement que plus de 85% de la superficie du bassin versant du Complexe a une topographie estimée entre 5 à 12%. Les pentes les plus faibles c’est-à-dire de 5% et moins sont localisées dans la commune de Petit Trou de Nippes et de Grand Boucan.
Les pentes considérées comme faibles (moins de 30%), présentant donc des risques de glissements de terrains inférieurs.
Les pentes les plus fortes se retrouvent essentiellement dans les communes de Baradères, Corail, Pestel et dans les contreforts à la frontière des communes de Petit Trou de Nippes et d’Anse-à-Veau.
Tableau 2.2: Classe des déclivités du Complexe Baradères - Cayemites
Communes Classes de pente
0 à 2% 2 à 5 % 5 à 12 %
12 à 30 % 30 à 60 %
BV Baradères - Cayemites 1.25 2.05 61.20 27.10 15.05
Source : CNIGS, 2017
Figure 2.3 : Répartition des classes de pente dans le bassin versant du Complexe de Baradères - Cayemites
2.2 Aspects climatiques
2.2.1 Paramètres climatiques
L’appréciation du climat est faite à partir de données antérieures de quelques stations situées dans le bassin versant ou à proximité de ce dernier. La pluviométrie, la température et l’évapotranspiration sont les principaux paramètres utilisés pour présenter les caractéristiques climatiques du Complexe.
2.2.2 Analyse des variations mensuelles et annuelles des paramètres climatiques
• Pluviométrie
La pluviométrie affiche également une variation temporelle très définie et due principalement au régime des vents: alizés, nordés, vents d’est et vents locaux souvent contraires les uns aux autres. Le régime pluviométrique qui en résulte, très inégal d’un point de vue saisonnier, rythme l’année de deux périodes pluvieuses et sèches.
A cause des dysfonctionnements de plusieurs pluviomètres au niveau du BV du Complexe, toutes les données pluviométriques ne sont pas disponibles. Les données collectées auprès du SNRE révèlent une pluviométrie annuelle qui varie pour chaque commune à l’intérieur du BV. Une interpolation des données disponibles recueillies a été faite à l’échelle de commune en vue d’apprécier la distribution spatiale des précipitations sur la zone cible. Plus de 90% de la superficie totale reçoit une moyenne annuelle supérieure à 1300 mm, ce qui rend le BV propice à la culture d’une grande variété d’espèces végétales et au développement d’essences forestières.
La figure 2.4 illustre la distribution spatiale et temporelle des précipitations mensuelles sur le bassin versant du Complexe Baradères - Cayemites.
Toutes les communes dans le Complexe a un climat de type tropical. Leurs précipitations sont importantes. Même lors des mois les plus secs, les averses persistent encore. Selon la classification de Köppen-Geiger, le climat est de type Af.
Figure 2.4 : Distributions mensuelles 2017 des précipitations dans le Complexe Baradères - Cayemites
La commune de Baradères reçoit une pluviométrie moyenne annuelle de 800 à 1 575 mm. L’année compte en moyenne huit mois pluvieux et trois mois de sécheresse. Du point de vue agro-écologique, le BV est considérée comme une zone humide avec deux grandes saisons pluvieuses comprises entre Septembre et Novembre et entre Avril et Aout. La saison sèche se situe entre janvier et mars. La température varie entre 24.5°C (température minimum en Janvier), et 27.8°C en période plus chaude, avec une baisse entre novembre et mars sous l’influence des Nordés.
La commune de Corail a presque un même climat que Pestel. Les précipitations en Pestel sont significatives, avec des précipitations même pendant le mois le plus sec. Cet emplacement est classé comme Af par Köppen et Geiger. Les précipitations annuelles moyennes sont de 1652 mm. La variation des précipitations entre le mois le plus sec et le mois le plus humide est de 153 mm. Avec une température moyenne de 27.5 °C, le mois de Juillet est le plus chaud de l'année. Au mois de Janvier, la température moyenne est de 24.5 °C. Janvier est de ce fait le mois le plus froid de l'année.
L’appréciation de la variation pluviométrique sur le bassin versant a été réalisée à partir des données mensuelles recueillies au SNRE et extraites de la banque de données de Hargreaves et data.org.
• Température
Les températures moyennes annuelles dans la région varient entre 24.5 et 30.7 oC dans les zones et atteignent 23 oC dans les zones d’altitude. L’appréciation de la variation des températures sur le bassin versant a été réalisée à partir des données mensuelles recueillies sur le site « Meteo et Climat ». On s’aperçoit qu’au niveau de Baradères et de Grand Boucan, la température moyenne mensuelle varie de 24.5oC (mois le plus froid) à 27.7 oC (le plus chaud), tandis qu’à Pestel, la température moyenne oscille entre 23.4oC et 29.1oC.
2.2.3 Classification du climat des sous bassins versants cibles
Selon la distribution spatiale du climat et la distribution des classes d’altitude sur l’ensemble du bassin, trois (3) zones climatiques ou régimes pluviométriques ont pu être identifiés au sein du bassin versant, comme l’illustre la figure 2.5. Il s’agit plus précisément de :
• Une zone d’aride moyenne (pluviométrie comprise entre 900 et 1500 mm/an)
Principalement localisée dans les communes de Petit Trou de Nippes et d’Anse-à-Veau et dans les Iles Cayemites.
• Une zone humide (pluviométrie comprise entre 1500 et 2000 mm/an)
Cette zone climatique se retrouve, en grande partie du Complexe, dans les communes Beaumont, Roseaux, Pestel, Corail, Grand Boucan et des Baradères.
• Une zone très humide d’altitude (pluviométrie supérieure à 2000 mm/an)
Située au sud des communes de Pestel, de Beaumont et des Baradères,
.
Figure 2.5 : Répartition spatiale des zones climatiques à l’intérieur du Complexe
2.3 Les ressources en eau et leur utilisation
2.3.1 Hydrologie
2.3.1.1 Hydrographie / réseau hydrographique
A cause des caractéristiques de son relief, le BV Baradères - Cayemites possède d’importants systèmes fluviaux. Le réseau hydrographique étudié est composé de plusieurs rivières importantes et de ses principaux affluents. Sur le bassin versant, on dénombre environ trois cours d’eau principaux et à écoulement permanent. L’ossature du premier réseau est constituée par la rivière Bourrique qui prend naissance à Roseaux et se jette à Corail, fait 3.80 Km de longueur, alimentée par deux (2) affluents principaux, ainsi la rivière Lacombe qui traverse aussi la commune de Corail.
L’ossature du second réseau est constituée par la rivière de Baradères. La commune de Baradères compte plusieurs affluents qui se jettent sur la rivière principale Baradères. La deuxième section Tête Eau où prend naissance la rivière de Baradères (26.27 km de longueur) est traversée par la majorité des affluents pour se jeter sur la rivière principale. La troisième section Fond Tortue est alimentée par la rivière Boisneau dont le débit est appréciable mais avec un écoulement temporaire. A la quatrième section La Plaine coule la rivière Dieujuste au débit également remarquable pour se jeter dans l’océan. Les rivières de Baradères ne sont malheureusement pas exploitées pour l’irrigation, l’électrification et d’adduction d’eau potable. Leurs eaux se dispersent lors des crues, transportant des sédiments, des détritus et inondant les maisons. Au niveau des zones basses (plaines), l’eau se stagne pendant plusieurs jours, facilitant l’éclosion de moustique nuisible aux habitants des cités. Il s’ensuit des épidémies récurrentes de malaria et de maladies infectieuses.
L’ossature du troisième réseau est constituée par la rivière Brossard (12.74 km de longueur), une rivière aussi importante, prend naissance dans la première section de Bacconois-Barreau, traversée la commune de Anse-à-Veau pour se jeter dans l’océan. Cette commune ne dispose pas d’un réseau hydrographique important. On rencontre juste un ensemble d’affluents au niveau de la première section Baconnois-Barreau pour constituer la rivière principale. Cette dernière accuse un débit important qu’on (le MARNDR) ne saurait envisager à l’augmentation de l’alimentation du système d’irrigation de la plaine de Baconnois.
La figure 2.8 du réseau hydrographique montre les différentes composantes du réseau hydrographique du bassin versant de Complexe Baradères – Cayemites.
2.3.1.2 Inventaire des points d’eau
Le corps des ingénieurs américains dans l’étude sur l’Évaluation des Ressources en Eau d’Haïti (Août 1999) reconnait que la disponibilité des ressources en eau varie de pauvre à grande (entre 100 à 500 m3/s).
Les ressources en eau de surface du BV sous étude sont caractérisées par des cours d’eau (rivières) et des sources pérennes (Figure 2.6). La quantification et l’inventaire de ces ressources de surface permettent d’apprécier la disponibilité en eau dans ce bassin hydrographique.
• Cours d’eau
Sur le BV du Complexe, un total de 3 cours d’eau à écoulement permanent a été répertorié (Figure 2.8). La liste de ces cours d’eau et ses affluents, leur localisation ainsi que leur utilisation sont données dans le tableau récapitulatif présenté en annexe A. Les affluents de ces cours d’eau sont cependant inégalement répartis au sein du bassin versant. Une forte concentration est observée au niveau de la commune de Baradères, qui compte à elle seule plus 6 des cours d’eau du BV qui prennent naissance. A contrario, la commune de Pestel est la moins bien pourvue, puisqu’elle ne compte que deux ravines importantes (Rivière Vendribuche et Rivière Glace). Le tableau 2.3 présente le réseau hydrographique par commune.
Tableau 2.3: Répartition des cours d’eau par commune
Communes Nombre de cours d’eau
BARADERES 6
GRAND BOUCAN 0
PETIT TROU DE NIPPES 3
ARNAUD 3
ANSE-A-VEAU 5
CORAIL 2
PESTEL 2
ROSEAUX 2
BEAUMONT 1
Données d’enquête de terrain, 2017
• Inventaire des Sources
Le bassin versant d’étude compte un grand nombre de sources pérennes, dont la répartition spatiale n’est pas uniforme (voir tableau 2.4). La commune de Baradères compte ainsi à elle seule 17 sources pérennes (non captées) sur un total de 42 répertoriées sur l’ensemble du bassin hydrographique.
Tableau 2.4: Répartition des sources d’eau pérennes
Communes Sources d’eau
BARADERES 17
GRAND BOUCAN -
PETIT TROU DE NIPPES 9
ARNAUD 3
ANSE-A-VEAU 3
CORAIL 4
PESTEL 6
ROSEAUX -
BEAUMONT -
Source : Données d’enquête de terrain, 2017 / compilée avec les données du CNIGS
Le débit de ces sources varie entre 2 et 15 litres par seconde. Elles sont en majorité utilisées pour les usages domestiques, la boisson et l’élevage domestique.
Figure 2.6 : Réseau hydrographique du Complexe Baradères - Cayemites
2.4 Pédologie et potentialité agricole des sols
2.4.1 Pédologie des sols
La combinaison des divers matériaux parentaux et des conditions topographiques a engendré une grande diversité de sols. L’analyse de la pédologie des zones d’étude révèle que les sols des vallées et des plaines alluviales détiennent d’excellentes potentialités agricoles. Cependant, les sols des montagnes sont d’épaisseurs variables et ne sont favorables qu’à une agriculture très limitée. Pour les principaux types de sol rencontrés dans le bassin versant Baradères - Cayemites il y a lieu de mentionner :
• Les plateaux, massifs rochers résiduels et roches sédimentaires altérées (Baradères, Pestel et Corail);
• Les sols composés de roches volcano-sédimentaires (en faible proportion à Beaumont, Pestel, Baradères);
• Les sols du massif calcaire durs (Baradères, Grand Boucan)
• Les sols composés de roches calcaires marneux et de marnes (en forte proportion à Baradères, Corail, Pestel, Beaumont);
• Les sols alluvionnaires, matériaux détritiques (en faible quantité au Petit Trou de Nippes, grand Boucan et Corail, en forte proportion à Baradères).
2.4.2 Potentialités des sols
Les potentialités des sols mettent en relief la vocation effective des sols. La répartition des différentes classes de potentialités est fournie dans une carte (Figure 2.7). Dans certains micros bassins versants de la zone d’étude, les sols sont généralement peu fertiles. Dans certains cas, ils sont mêmes inaptes à l’agriculture et nécessitent des travaux importants de restauration. Toutefois, les zones de plaines ou vallées sont constituées de sols alluvionnaires de texture moyenne à grossière résultant de l’accumulation de sédiments de diverses natures qui ont un degré appréciable de fertilité naturelle.
D’après l’analyse des cartes de potentialités des sols, on voit que les terres ayant des vocations agricoles limitées et très limitées se répartissent dans presque tout le BV en particulier en hauteur dans les communes de Baradères, Petit Trou de Nippes, Pestel et en aval dans la commune de Grand Boucan et les Iles Cayemites. Les types d’utilisation qu’on en fait ne sont généralement pas compatibles à la vocation des terres. En effet, les statistiques sur les occupations des sols indiquent que les espaces agricoles s’étendent sur des surfaces plus importantes que celles qu’ils devraient être circonscrits. Les sols excellents, très bons et bons sont circonscrits sur moins de 11% du bassin versant (Figure 2.7).
Tableau 2.5 : Superficie et aptitudes des classes de potentialités des sols
Classe de potentialités Superficie dans le BV (ha) En pourcentage
(%) Selon Magny (2008)
Aptitudes Caractéristiques physiques
Excellentes 209.94 0.24 Culture mécanique, productivité intensive et élevée Pente : 0-2% ; Sols alluviaux bien drainés
Très bonnes 8303.55 9.42 Culture mécanique, irrigation possible, bonne productivité Pente : 0-5% ; Sols bien drainés, Sols alluviaux de texture lourde
Bonnes 1573.83 1.79 Productivité moyenne, limitation dans le choix des cultures Pente : 5-8% ; Sols de colline ou glacis, sols alluviaux très caillouteux ou hydromorphe en profondeur
Moyennes 5997.84 6.80 Agriculture traditionnelle avec mesure de conservation des sols Pente moyenne : 8-15%
Sols généralement très peu profonds de colline et bas morne
Médiocres 713.53 0.81 Adaptées à la riziculture et cultures saisonnées à forte productivité. Aménagement hydroagricole important (drainage, irrigation, protection contre les crues). Marécages temporaires et sols temporairement hydromorphes ou inondables
Faibles 22959.80 26.05 Petite agriculture de montagne très localement, boisement Pente moyenne 12-30% Sols de mornes de profondeur variable
Limitées 33198.77 37.66 Cultures arborées, agriculture conversationniste, boisement Pente moyenne 30-60%
Sols de mornes peu profonds et très érodables,
Très Limitées 15185.04 17.22 Forêt Pente supérieure à 60%
Sols de profondeur variable et en voie d’érosion accélérée sous culture
Grand Total 88142.3 100
Source: CNIGS, 2018
Figure 2.7 : Potentialités des sols du Complexe de Baradères - Cayemites
2.4.3 Occupation du sol
Une analyse de l’évolution de l’occupation du sol a été effectuée pour dégager les grandes tendances. Pour ce faire, les données d’occupation du sol disponibles pour différentes périodes, soit 1978, 1998 ont été présentées sous forme cartographique, puis comparées entre elles.
Le nombre de classes d’occupation a été restreint afin de faciliter l’analyse. Selon la nomenclature utilisée par le CNIGS, les principales classes retenues se définissent comme suit:
• Agriculture : Surfaces dont la couverture est formée par 40% au moins de terrains agricoles. Elles englobent les terrains en jachère. Les zones extensives vouées aux pâturages sont exclues.
• Agroforesterie : Surfaces dont la couverture est formée par 40% au moins de terrains agricoles avec la présence significative de cultures arborées. En présence d’emblavures associées, les arbres peuvent avoir soit une fonction de production (arbres à fruits), soit une fonction de protection (arbres à fruits et espèces forestières).
• Sylvopastoralisme : Surfaces dont la couverture est formée par moins de 40% de terrains agricoles. Surfaces occupées par une végétation basse de type herbacé aussi bien pure que mêlée à des surfaces agricoles, ou par une végétation arbustive mêlée à des surfaces agricoles.
Au besoin, les deux premières classes pourront être catégorisées selon l’intensité observée dans les activités, à savoir : « dense », « moyennement dense » ou « éparse ». Les autres classes d’occupation du sol qui ont été identifiées (et dont les superficies pour la plupart des classes sont beaucoup plus réduites) sont : les zones d’affleurement de roche ou de sols nus, les zones d’habitation, les zones humides, les plans d’eau, les zones de lit fluvial et d’alluvion récent, les carrières et les aires protégées.
La définition des différentes classes d’occupation du sol utilisées dans la présente étude est présentée à l’Annexe 1.
Les cartes d’occupation du sol de 1978 et de 1998 ont nécessité un travail d’harmonisation des données car celles-ci ont été élaborées sur des bases de caractérisation différentes. La carte du CNIGS de 1978 comprend 33 classes d’occupation du sol alors que celle de 1998 n’utilise que 13 classes. Plusieurs classes de la carte de 1978 n’ont donc aucune correspondance avec celle de 1998. Afin d’être en mesure d’effectuer une analyse comparative, il a donc été nécessaire d’opérer un regroupement de classes et de développer un lien de correspondance pour harmoniser la carte de 1978 avec celle de 1998. Le regroupement de classe qui a été opéré pour la carte d’occupation du sol de 1978 est présenté à l’Annexe 2.
2.4.3.1 Occupation du sol en 1978 et 1998
La carte d’occupation du sol de 1978 du CNIGS a fait l’objet d’une harmonisation car celle-ci a été élaborée sur la base de 33 classes d’occupation. La carte d’occupation du sol de 1998 n’utilisant que 13 classes, il a été nécessaire d’opérer un regroupement de classes et de développer un lien de correspondance pour harmoniser la carte de 1978 avec celle de 1998. Pour référence, voir la figure 2.8 et 2.9 pour les cartes d’occupation du sol de 1978 et 1998 élaborées par le CNIGS pour le Complexe Baradères - Cayemites
En 1978, les savanes avec présences d’autres recouvraient ensemble presque la moitié du bassin versant. De façon générale, les savanes arbustives étaient observées sur les communes de Petit Trou de Nippes et Anse-à-Veau sans compter les systèmes agroforestiers denses qui se trouvaient dans le bassin versant du Complexe
La troisième occupation du sol en importance en termes de superficie, ce sont cultures agricoles denses et moyennement denses suivi par la présence de forêt, tous deux réparties de façon homogène sur le bassin versant. Selon la carte d’occupation du sol fournie par le CNIGS, les superficies des zones habitables pour les communes étaient négligeables vue la dispersion des habitats à l’époque. Ainsi, la répartition de l’occupation du sol démontrait en 1978 la prédominance de l’agriculture et de l’élevage, et la présence d’une couverture forestière. Toutefois, cette dernière était déjà inférieure à la moyenne nationale de 5% à l’époque.
2.4.3.2 Grandes tendances dans l’évolution de l’occupation de sol
L’occupation du sol sur le bassin versant a grandement évolué au cours des quarante dernières années. Certaines affectations du sol ont disparu alors que d’autres sont apparues. Voici une brève description des principaux faits saillants de l’évolution de l’occupation des sols lors des périodes 1978 -1998.
• Période 1978 – 1998
L’analyse de la période 1978–1998 montre que les pâturages, les zones d’agriculture moyennement dense et dense, les systèmes agroforestiers moyennement dense et clairsemé, les forêts de feuillus et les plans d’eau ont tous perdu du territoire. A l’opposé, les zones de cultures éparses, les terres caractérisées par des systèmes sylvo-pastoral, agroforestier dense, agro-pastoral ont gagné du territoire.
Il est à noter que des affleurements de roches ou sols nus, des carrières, des zones humides apparaissent sur les sous bassins versants du Complexe au cours de la période.
Au cours de cette période de 20 ans, l’ensemble des pâturages ont principalement été converti en zones d’agriculture éparse, en systèmes sylvopastoraux et en parcelles agricoles moyennement dense.
Toutefois, d’autres zones agricoles moyennement denses de plus grande superficie que celles provenant de la conversion des pâturages se sont transformées en zones agricoles éparses. De plus, les forêts ont été entièrement converties en zones agricoles.
Par ailleurs, près du 2/3 de la superficie totale des zones agroforestières a été converti en zones agricoles où les plus grands changements ont été notés pour la conversion de systèmes agroforestiers moyennement dense et clairsemé en agriculture éparse (Figure 2.8 et 2.9).
Figure 2.8 : Carte Occupation de sols 1978
Figure 2.9 : Carte Occupation de sols 1998
2.5 Couvert végétal
La couverture végétale du bassin de la zone d’étude est très variable. Bien qu’elle soit de façon générale avoir une apparence boisée mais l’état de la dégradation s’accentue au fur et à mesure par l’intervention de l’homme ; certaines gorges, bas-fonds et plaines sont encore plus ou moins boisés avec l’occurrence d’une grande diversité d’espèces fruitières et forestières. Il existe également en certains endroits, notamment sur les mornes, les zones humides et semi-humides, quelques arbres bien qu’ils soient souvent dispersés. Le bassin du Complexe Baradères – Cayemites est principalement constitué de savanes herbacées ou arbustives, parfois mixtes, c'est-à-dire intégrant également des activités agricoles et d’élevage à certains endroits.
Dans le bassin versant une forte végétation herbacée est présente sur une bonne partie du Complexe, particulièrement au niveau de la vallée à topographie bosselée. Les essences fruitières répertoriées qui occupent une place prépondérante dans la végétation arborée sont en particulier le manguier, le cocotier, l’avocatier. Le chêne, l’acacia, l’eucalyptus et le mombin représentent les essences forestières, une végétation arborée en mangrove se trouvant en aval du bassin principalement dans la commune de Pestel, Baradères, Les Iles Cayemites. Là encore, la production accrue de charbon de bois et la pratique du brûlis ont des incidences néfastes sur la végétation arborée et arbustive.
2.6 Érosion
Selon la carte de risque d’érosion du sol, environ 70% de la superficie du BV du Complexe oscille entre un risque d’érodibilité « elevé » à « très grave » (Figure 2.10).
Les travaux de prospection entrepris en amont du BV ont permis de constater que les saisons pluvieuses ont accentué le phénomène de l’érosion sur le bassin car plusieurs signes d’érosion absents de la carte du CNIGS ont été identifiés. En effet, plusieurs ravines importantes ont été localisées et des signes d’éboulement et de glissement de terrain ont été observés (au niveau des communes de Baradères, de Pestel, Corail et Beaumont).
Le niveau de l’érosion sur le bassin versant varie en fonction du couvert végétal, de la lithologie, du degré des interventions humaines (causes anthropiques) et des conditions topographiques. Quelques versants sont relativement bien protégés par une végétation permanente et des bas-fonds et des dépressions. Toutefois, la plupart des versants sont sérieusement dénudés et nécessitent des interventions urgentes. Par exemple, des affleurements rocheux prennent naissance à plusieurs endroits sur le flanc des mornes des communes de Baradères et de Pestel. La cause première de cette situation est liée au long processus d’exploitation pour la production de charbon de bois, de bois d’œuvre et de bois de construction sans restitution des arbres qui protégeaient le sol.
L’érosion est accentuée dans le BV par la mise en culture de terres à fortes déclivités sur lesquels aucune pratique anti-érosive n’est déployée à l’exception de cordons pierreux. De plus, la récolte du pois, haricot sur les pentes fragilise la structure des sols et accentue davantage le phénomène de l’érosion au niveau des Baradères et de Pestel. Dans les zones de savane, le remplacement de la végétation existante par des cultures saisonnières ou l’élimination des résidus de récolte au niveau des montagnes sèches s’effectue par le défriche-brulis. Or, cette technique est reconnue pour diminuer la biodiversité de la microfaune et de la microflorique des sols et dégrader leur structure, ce qui fragilise les sols.
Par ailleurs, les systèmes de production mis en place tel que l’élevage libre, particulièrement celle de caprins, dans les mornes contribuent au processus érosif par la perturbation du cycle naturel de la fertilité des sols car les nutriments ne reviennent pas dans les sols. Lorsque la fertilité d’une parcelle est épuisée, les exploitants migrent vers une autre moins dégradées mais également inaptes à l’activité agricole et quand cette dernière ne peut plus produire, ils cultivent d’autres terres toujours inadaptées à la culture, et ainsi de suite.
Figure 2.10 : Carte des risques d’érosion des sols du bassin versant Baradères - Cayemites
2.7 Hydrogéologie - eaux souterraines
Les eaux souterraines proviennent de l’infiltration des eaux de pluie dans le sol. Celles-ci s’insinuent par gravité dans les pores, les microfissures et les fissures des roches, humidifiant des couches de plus en plus profondes jusqu’à rencontrer une couche imperméable. Là, elles s’accumulent, remplissant le moindre vide et saturant d’humidité le sous-sol, formant ainsi un réservoir d’eau souterraine appelé aquifère.
Les informations sur les eaux souterraines sont recueillies à partir de la carte hydrogéologique. On retrouve normalement sept aquifères sur la carte du CNIGS pour le BV du Complexe Baradères - Cayemites (Tableau 2.6). Toutes les commune de Pestel, Corail, Beaumont et une partie de Baradères et Anse-à-Veau sont des aquifères karstiques (représente ~ 45% du BV) tandis qu’on trouve en partie d’aquifères carbonates fissures et cloisonnes à productivité variée (25.61% du BV) à Baradères et Petit Trou de Nippes et en faible partie négligeable d’aquifères carbonatés à intercalations marneuses peu productifs seulement dans les Iles Cayemites; et d’aquifères alluviaux à nappe libre dans la commune de Petit Trou de Nippes (Figure 2.11) Le tableau 2.6 présente la répartition relative des unités hydrogéologiques présentes sur la BD du CNIGS.
Tableau 2.6: Classe des unités hydrogéologiques
Classe %
Aquifères alluviaux à nappe libre 10.24
Aquifères carbonatés fissures et poreux très perméable 7.31
Aquifères carbonatés fissures et cloisonnes à productivité variée 25.61
Aquifères karstiques 48.84
Formations cristallines 4.58
Formations sédimentaires de faible perméabilité 2.40
Aquifères carbonatés à intercalations marneuses peu productifs 1.03
Source : CNIGS
Figure 2.11: Caractéristiques hydrogéologiques du bassin versant Baradères - Cayemites
2.8 Milieux naturels, Ressources naturelles et Biodiversité
2.8.1 Milieux naturels
Les données bioécologiques2 disponibles sur le bassin versant nous permettent de faire un classement en trois (3) zones: la zone aridité moyenne, la forêt humide de la zone subtropicale et la forêt humide et très humide de montagne de basse altitude (voir le tableau ci-après).
La deuxième catégorie est prédominante et représente 74.67% de la superficie de ce BV et englobe les communes de Roseaux, Beaumont, Corail, Pestel, Baradères, Petit Trou de Nippes;
Les forêts humides et très humides de montagne de basse altitude sont circonscrites dans la commune de Beaumont, Pestel et Baradères et représente 11.25% de l’aire du BV. Les espèces dominantes et caractéristiques de cette zone sont en effet développées plus bas dans la partie concernant les caractéristiques de la biodiversité.
Tableau 2.7: La répartition des zones de Holdridge (1963) dans le bassin versant du Trou du Nord
Figure 2.12 : Carte de climat du Complexe Baradères - Cayemites
2.8.2 Ressources naturelles
Une carte élaborée par les données du CNIGS (en utilisant une couverture photo-aérienne réalisée en 2010) révèle que la répartition des ressources naturelles sur la zone d’étude est en lien avec les potentialités des sols et les principales activités des populations où l’agriculture prédomine. En effet, la ressource naturelle occupant le plus grand territoire sur la zone d’étude est le milieu agricole dense localement arborée avec près d’un quart de la superficie dépendant du bassin versant (Tableau 2.8). De manière globale, l’ensemble des zones agricoles denses et éparses, avec des variations de pente allant de 10 à 50 %, couvre environ 29 % de la superficie totale de la commune du Complexe.
Les collines denses représentent la deuxième ressource naturelle en s’étendant sur le bassin versant (Terrier rouge, Trou du Nord et Limonade (Figure 2.13).
La troisième ressource naturelle regroupe les périmètres irrigués existants et ceux qui nécessitent une réhabilitation modérée avec environ 15 % du territoire du bassin (Terrier Rouge, Caracol et Limonade en faible partie). Ce chiffre pourrait augmenter à 20% pour la commune de Caracol avec une mise en valeur de l’irrigation par la réalisation de moyens ou de gros aménagements tels que des barrages.
Finalement, le BV du Trou du Nord présente une multitude de ressources recouvrant au total environ 2 - 3% de leur territoire comme les cultures arborées éparses, les cultures arborées avec la présence de petit bois, de parcours extensif et de bois de feu.
Tableau 2.8: Inventaire des ressources naturelles du Complexe Baradères - Cayemites
Ressources Description Commune Classement
Agglomération Agglomération
Agriculture Conservation hors zones sèches (pentes de 20 à 50%) Zone agricole dense Roseaux, Beaumont, Corail,
Pestel, Baradères, Petit Trou de Nippes faible
Zone agricole dense localement arborée Roseaux, Beaumont, Corail,
Pestel, Baradères modéré
Zone agricole éparse Roseaux, Corail, Baradères,
Petit Trou de Nippes faible
Agriculture des zones sèches Zone agricole dense (pente de 20 à 50%) Roseaux, Beaumont, Corail,
Pestel, Baradères, Petit Trou de Nippes modéré
Zone agricole éparse (pente de 20 à 50%) Roseaux, Corail, Baradères,
Petit Trou de Nippes faible
Zone de plaines et de collines (pente de 0 à 20%) Les Iles Cayemites fort
Agriculture intensive non irriguée hors zones sèches (pentes de 0 à 20%) Collines Roseaux, Beaumont, Corail,
Pestel, Baradères, Petit Trou de Nippes modéré
Plaines Baradères, Petit Trou de Nippes, Les Iles Cayemites faible
Plateaux Pestel, Anse-à-Veau faible
Agriculture irriguée Périmètre existant fonctionnel Corail, Petit Trou de Nippes très faible
Périmètre à réhabiliter -
Périmètre à créer par contrôle de nappe -
Périmètre à créer par transfert ou gros aménagement (barrage) Anse-à-Veau modéré
Arboriculture de morne (pente > 50%) Cultures arborées éparses Baradères faible
Cultures arborées éparses et présence de petits bois Baradères, Pestel faible
Zones à vocation non agricole Zone en cours d'érosion accélérée Baradères, Pestel, Petit Trou de Nippes modéré
Parcours extensif et bois de feu Pestel, Les Iles Cayemites, Grand Boucan, Baradères, Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau modéré
Zones naturelles à conserver Mangrove Corail, Grand Boucan, Les Iles Cayemites, Baradères, Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau faible
Sources d’eau Sources captées (unité) - faible
Sources non captées (unité) Baradères, Pestel, Corail,
Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau modéré
Figure 2.13 : Carte des ressources naturelles du Complexe Baradères - Cayemites
3 Contexte socio-économiques et accessibilité aux services
3.1 Aspects socio-économiques
Ce chapitre présente les résultats de l’enquête socio-économique réalisé au niveau du Complexe et dresse aussi une analyse des potentialités, mais aussi des problèmes, contraintes et de la vulnérabilité liés à la dégradation croissante de l’environnement et des ressources naturelles à l’échelle du bassin versant. Les aspects relatifs à la démographie, aux éléments productifs, à l’accès aux services de base et à la gestion globale du bassin versant du Complexe y sont largement abordés. Les données utilisées pour réaliser ce travail proviennent de deux types de sources. D’une part, on a recouru aux données secondaires existant sur le bassin versant. Il s’agit principalement des données de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI), des études réalisées sur la zone en tout ou en parties. D’autre part, nous avons utilisé les données primaires provenant de l’enquête socio-économique réalisée dans l’aire du bassin versant. Les deux (2) principaux outils de collecte utilisés pour ces aspects sont mis en annexe.
3.1.1 Population et nombre de ménages au niveau du complexe
Considérant l’aire délimitant le Complexe avec ses 26 sections communales, la population totale est estimée à 174 769 selon les dernières estimations de la Direction des Statistiques Démographiques et Sociales (DSDS) de l’IHSI, 2015. Le nombre de ménages, selon cette même source, est estimé à 35 434 (cf. tableau 4). La taille moyenne d’une famille au niveau du Complexe est de l’ordre de 4 à 5 personnes.
La répartition de la population selon le genre pour le Complexe montre que les hommes représentent 53 % de la population contre 47 % de femmes au niveau du bassin. Puisque les frontières de la commune ne coïncident pas toujours avec la limite des sous bassins versants, les données démographiques indiquées ci-dessous pour le bassin ont été estimées sur la base des fractions respectives de superficies réparties dans le bassin pour les communes. La population du bassin versant est estimée, sur la base de la superficie de la commune concernée (Tableau 3.1).
Le BV du Complexe Baradères - Cayemites comprend neuf communes et l’agglomération urbaine des différentes communes du BV (Tableau 3.2).
Il est à noter que la population n’est pas répartie uniformément sur la zone d’étude, car près de la moitié du territoire des communes de Petit Trou de Nippes, Roseaux et Beaumont et en partie Pestel ne sont pas à l’intérieur du Complexe (Figure 3.1).
Tableau 3.1 : Densité de population des communes du Complexe Baradères – Cayemites
Département Commune Population Aire dans le BV (km2) Densité (en 2015 (hab./km2)
NPPES BARADERES 41 245 177.9585 214
GRAND BOUCAN 5 815 45.1704 131
PETIT TROU DE NIPPES 29 990 106.551 196
ARNAUD 20 718 33.9075 268
ANSE-A-VEAU 34 613 36.958 335
GRAND’ANSE CORAIL 19566 108.481 180
PESTEL 44 659 280.7554 156
ROSEAUX 35 756 35.895 165
BEAUMONT 31 580 44.9575 203
Autres Communes 10.7887
Grand Total 881.423
Source : IHSI, 2015
Figure 3.1 : Représentation des principales communes du Complexe Baradères - Cayemites
Tableau 3.2 : Répartition de la population des principales communes du Complexe Baradères - Cayemites entre les milieux rural et urbain en 2015
Département Commune Population
Urbain % Urbain Rural % Rural Total
NPPES BARADERES 4715 11.43% 36530 88.57% 41245
GRAND BOUCAN 4357 74.93% 1458 25.07% 5815
PETIT TROU DE NIPPES 8171 27.25% 21819 72.75% 29990
ARNAUD 2879 13.90% 17839 86.10% 20718
ANSE-A-VEAU 6691 19.33% 27922 80.67% 34613
GRAND’ANSE CORAIL 4489 22.94% 15077 77.06% 19566
PESTEL 5603 12.55% 39056 87.45% 44659
ROSEAUX 2117 5.92% 33639 94.08% 35756
BEAUMONT 6017 19.05% 25563 80.95% 31580
Source : IHSI, 2015
Tableau 3.3: Répartition estimative de la population dans le Complexe Baradères - Cayemites
Département Commune Section communale Total Zone résidence
Urbain Rural
NPPES BARADERES 1 ère Gérin 5927 735 5192
2ème Tête d'Eau 8588 - 8588
3ème Fond Tortue 10528 2526 8002
4ème La Plaine 7722 618 7104
5ème Rivière Salée 8480 836 7644
GRAND BOUCAN 1 ère Grand Boucan 3739 3039 700
2 ème Eaux Basses 2076 1318 758
PETIT TROU DE NIPPES 1 ère Raymond 7661 - 7661
2 ème Tiby 14409 6803 7606
3 ème Lièvre 7920 1368 6552
ARNAUD 1 ère Baconnois-Barreau 8712 1420 7292
2 ème Baquet 6023 - 6023
3 ème Arnaud 5983 1459 4524
ANSE-A-VEAU 1 ère Baconnois 7459 1643 5816
2 ème Grande Rivière Joly 16778 4301 12477
3 ème Saut de Baril 10376 747 9629
GRAND’ANSE CORAIL 1 ère Duquillon 11262 4489 6773
2 ème Fonds d’Icaque 6021 - 6021
3 ème Champy (Nan Campêche) 2283 - 2283
PESTEL 1 ère Bernagousse 6595 - 6595
2 ème Espere 10740 5603 5137
3 ème Jn Belune 3871 - 3871
4 ème Tozia (Ducity) 12203 - 12203
5 ème Duchity 6019 - 6019
6 ème Les Îles Cayemites 5231 - 5231
ROSEAUX 1 ère Carrefour Charles 7167 - 7167
2 ème Fond Cochon 11740 - 11740
3 ème Grand Vincent 8372 - 8372
4 ème Les Gommiers 8477 2117 6360
BEAUMONT 1ère Beaumont 19573 6017 13556
2 ème Chardonette 8690 - 8690
3 ème Mouline 3317 - 3317
Source : IHSI, 2015
3.1.2 Répartition de la population par sexe et par classes d’âge (plus ou moins 18 ans)
- Répartition de la population par sexe
La population féminine du Complexe est de 47 % en moyenne, un chiffre inférieur à la moyenne nationale estimée à 50.43% par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) en 2015. La population masculine est supérieure à la population feminine que dans toutes les communes du Complexe. Elle varie de 51.92% à 54.65%. Le tableau 3.4 ci-après présente les résultats par commune.
Tableau 3.4 : Répartition de la population par sexe
Département Commune TOTAL
Population HOMME FEMME
Quantité % Quantité %
NPPES BARADERES 41245 22402 54.31% 18843 45.69%
GRAND BOUCAN 5815 3096 53.24% 2719 46.76%
PETIT TROU DE NIPPES 29990 16391 54.65% 13599 45.35%
ARNAUD 20718 10932 52.77% 9786 47.23%
ANSE-A-VEAU 34613 18320 52.93% 16293 47.07%
GRAND’ANSE CORAIL 19566 10311 52.70% 9255 47.30%
PESTEL 44659 23820 53.34% 20839 46.66%
ROSEAUX 35756 18981 53.08% 16775 46.92%
BEAUMONT 31580 16397 51.92% 15183 48.08%
Source : IHSI, 2015
Figure 3.2 : Répartition de la population par sexe (IHSI, 2015)
- Répartition de la population par groupe de moins de 18 ans et plus
La population Haïtienne est jeune. Dans le Complexe Baradères - Cayemites, la population de moins de 18 ans est estimée à 40.57% contre 42.30% enregistrée au niveau national, soit un écart supérieur à 1.73%. Le Tableau 3.5, présente la répartition par groupe de moins de 18 ans et plus. La population de plus de 18 ans, considérée comme la population active du BV, est estimée à 59.43%, soit légèrement en dessous (de 1.73%) à la moyenne nationale. La population de moins de 18 ans est plus élevée dans la commune de Grand Boucan, avec 46.93% de la population totale. Celle des autres communes varie de 38.67% à 40.95%.
Dans l’ensemble des principales communes du Complexe, la population de 18 ans et plus représente plus de 59% de la population totale. Le plus faible pourcentage se rencontre à Limonade (53.07%); dans les autres communes elles varient de 59.05% à 61.33%.
Tableau 3.5: Répartition de la population par groupe de moins de 18 ans et plus
Département Commune TOTAL
Population Moins de 18 ans 18 ans et plus
Quantité % Quantité %
NPPES BARADERES 41245 16891 40.95% 24354 59.05%
GRAND BOUCAN 5815 2729 46.93% 3086 53.07%
PETIT TROU DE NIPPES 29990 11598 38.67% 18392 61.33%
ARNAUD 20718 8143 39.30% 12575 60.70%
ANSE-A-VEAU 34613 13590 39.26% 21023 60.74%
GRAND’ANSE CORAIL 19566 7942 40.59% 11624 59.41%
PESTEL 44659 18248 40.86% 26411 59.14%
ROSEAUX 35756 14260 39.88% 21496 60.12%
BEAUMONT 31580 12235 38.74% 19345 61.26%
Source : selon les données sur l’inventaire des ressources et des potentialités des communes d’Haïti. IHSI, 2015
3.1.4 Composition des ménages, taille et responsabilités
La tendance en termes de distribution des ménages montre que la commune de Grand Boucan accueille 24.80% des ménages, dont la taille varie de 4 à 5 personnes dans le Complexe. La commune de Pestel accueille 22.12% des ménages. La commune de Roseaux accueille plus de ménages (24.70%), après Grand Boucan, que les autres communes même si toutes ces ménages ne sont pas inclues dans le Complexe. Ces écarts peuvent en partie s’expliquer par une meilleure disponibilité des services de base et la proximité de communes de Jérémie, le plus grand centre urbain de la région de la Grand’Anse. Le tableau 3.6 décrit le nombre, le pourcentage et la taille des ménages par commune pour le Complexe Baradères - Cayemites.
Tableau 3.6 : Nombre, pourcentage et taille des ménages par communes
Département Commune Population Nombre de
ménages Pourcentage par
rapport au nombre total de ménage (%) Taille des
ménages ≈
NPPES BARADERES 41245 9657 23.41% 4
GRAND BOUCAN 5815 1442 24.80% 4
PETIT TROU DE NIPPES 29990 7123 23.75% 4
ARNAUD 20718 5063 24.44% 4
ANSE-A-VEAU 34613 8099 23.40% 4
GRAND’ANSE CORAIL 19566 4344 22.20% 5
PESTEL 44659 9879 22.12% 5
ROSEAUX 35756 8833 24.70% 4
BEAUMONT 31580 7118 22.54% 4
Source : IHSI, 2015
Baradères, découpage administratif, historique et économie
La commune est composée de 5 sections communales qui sont les suivantes: Gérin, Tête-d'Eau, Fond-Tortue (dont le quartier « Fond-Tortue »), La Plaine et Rivière-Salée.
Située à 57 km de Miragoâne et 55 km de Jérémie, la commune des Baradères a une population estimée à 31 689 habitants, selon le recensement de 2003. Les Baradères sont nés à la suite de la construction d’un fort dans cette localité lors des troubles de 1789. Avant l’adoption de la loi du 18 juin 2003 créant le département de Nippes, elle a été une commune de l’Arrondissement d’Anse à Veau. Depuis lors, elle a été élevée au rang d’arrondissement3.
La commune a été l’une des zones du pays les plus touchées par l’ouragan Matthew. Plus de 4 000 maisons ont été endommagées ou totalement détruites. Notamment des bâtiments publics comme le commissariat ou le lycée des Baradères.
En plus des maisons endommagées ou détruites, l’ouragan a occasionné 50 morts, 30000 personnes déplacées dans les abris provisoires, 1.500 maisons inondées et près de 20641 têtes de bétail disparues (Bilan mairie des Baradères, 2016).
Les jardins ont été détruits à plus de 95% dans la commune, qui vit essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.
L'économie locale repose sur la culture du café, du citron vert, de la canne à sucre, des bananiers et du coton.
La commune n’a qu’un seul produit à potentiel dans le domaine du patrimoine culturel et naturel, le site culturel très fréquenté par les pratiquants du vaudou dénommé « Nan Mapou » à Baradères.
Grand Boucan, économie et infrastructure4
Située à 53 Km de Miragoâne, la commune Grand Boucan est constituée d'un sol rocheux ayant une faible potentialité agricole Les seules véritables ressources de la population sont la production du charbon de bois et la pêche.
Les produits de mer se font de plus en plus rares. Ne disposant pas d'assez de matériel pour la pêche, ils s'adonnent à la quête des concombres de mer dont un marché s'est développé dans la région. Autrefois, on vendait un concombre de mer à 5 gourdes, aujourd'hui, la douzaine est à 150 gourdes. « La pêche effrénée de cette espèce entraîne lentement sa disparition. Toute la côte regorgeait de concombres de mer alors qu'aujourd'hui les pêcheurs doivent aller jusqu'au fond de la mer pour trouver ce fruit de mer désormais très recherché dans la commune.
A Grand Boucan, la plage Carrang, le concombre de mer et le petit-mil sont les 3 produits exploitables dans cette zone.
C’est l'une des rares communes dont aucun habitant ne dispose d'un véhicule à moteur; ce qui est compréhensible, car il n'y a pas de voie de communication entre Grand-Boucan et les autres communes du département, ni de véritables rues dans la commune. Les animaux constituent le principal moyen de locomotion des habitants de cette commune. L'éducation est une peau de chagrin à Grand-Boucan qui ne dispose que d'une école nationale qui ne peut pas accueillir tous les enfants de la communauté. Pendant que quelques centaines d'enfants sont en salle de classe, des centaines d'autres courent à travers les rues de Grand-Boucan. Après les études primaires, les enfants de la zone ont le choix entre aller poursuivre leurs études ailleurs ou s'adonner à la pêche ou encore à la production du charbon de bois car les parents n’ont pas souvent les moyens d'envoyer leurs enfants ailleurs.
Il y a un sous-commissariat à Grand-Boucan, mais il est presque vacant.
Présentation du Département des Nippes
Le tableau qui suit fournit quelques éléments globaux sur le département des Nippes. On y trouve la superficie, la population, les principales cultures pratiquées, les montagnes, les rivières et unités administratives.
Tableau 3.7: Fiche technique du département des Nippes
Superficie 3,310 km²
Population 342 525
Agriculture Coton, café, plantation de la canne à sucre; usine sucrière, port de pêche
Montagnes Le Massif de la Hotte avec la chaine de Plymouth, Macaya, Mont Salagnac (1050m) et des Casetaches
Rivières Les rivières des Baradères, de Dame-Marie, de la Grande-Anse, de Nippes, des Roseaux et la Voldrogue.
Arrondissements et communes 3 arrondissements divisés en 11 communes :
1. Miragoâne, communes : Miragoâne, Petite Rivière de Nippes, Fonds des Nègres, Paillant
2. Anse-à-Veau, communes : Anse-à-Veau, L'Asile, Petit-Trou-de-Nippes, Plaisance, Arnaud
3. Baradères, communes : Baradères, Grand Boucan
Source : HAITI CONNEXION CULTURE, 2016
Le petit-mil, la goyave, le concombre de mer, le tamarin et le miel sont les seuls produits typiques agricoles retrouvés dans le département des Nippes. Sept (7) de ses onze (11) communes n’ont pas du tout de produit agricole à potentiel commercial. C’est le cas des communes de Baradères, de Plaisance, de Petit-Trou de Nippes, de L’Asile, d’Arnaud, de Fond-des-Nègres et de Petite-Rivière de Nippes (Le Nouvelliste, 2015).
Institutions sanitaires dans le département des Nippes
Dans le département des Nippes, on retrouve 32 institutions sanitaires. Trois d’entr’elles ne sont pas fonctionnelles. Plus de six institutions sur dix sont des Dispensaires (62,50%). Les Centres de santé avec Lits (CSL) et les Hôpitaux représentent respectivement (21,88%) et (9,38%). A Baradères et Grand-Boucan, il y a seulement 3 institutions sanitaires un dispensaire et un centre de santé avec lits à Baradères et un centre de santé à Grand-Boucan (cf. figure 3.3) (MSPP, 2015).
Figure 3.3: Répartition des institutions sanitaires dans le département des Nippes
La 2ème Eaux Basses de Grand-Boucan n’a aucune institution sanitaire. Il en est de même pour trois des sections communales de Baradères: 1ère Gérin (ou Mouton), 2ème Tête d’eau et 5ème Rivière Salée.
Présentation du Département de la Grand Anse
Le tableau qui suit fournit quelques éléments globaux sur le département de la Grand Anse. On y trouve la superficie, la population, les principales cultures pratiquées, les montagnes, les rivières et unités administratives.
Tableau 3.8: Fiche technique du département de la Grand Anse
Superficie 3,310 km²
Population 468 301 (estimation 2015)
Montagnes Le Massif de la Hotte avec la chaine de Plymouth, Macaya, Mont Salagnac (1050m) et des Casetaches.
Rivières Les rivières des Baradères, de Dame-Marie, de la Grande-Anse, de Nippes, des Roseaux et la Voldrogue.
Arrondissements et communes 3 arrondissements divisés en 18 communes.
1. Jérémie, communes : Jérémie, Abricot, Trou-Bonbon, Moron et Chambellan
2. Anse d'Hainault, communes : Anse-d'Hainault, Dame-Marie et Les-Irois
3. Corail, communes : Corail, Roseaux, Beaumont et Pestel
Source : HAITI CONNEXION CULTURE, 2016
Pestel, localisation, population et économie
Pestel est bornée au Nord par la commune des Baradères, au Nord-est par Maniche, à l’Est par Camp-Perrin, au Sud-Est par Beaumont, au Sud par Corail et à l’Ouest par la baie des Cayemites. Avec une superficie de 312.7 Km2 et une population de 36 138 habitants, elle est, après Jérémie, la seconde commune du département de la Grand Anse en termes de Superficie et de démographie. Elle comprend 6 sections communales (1ère Bernagousse, 2ème Expert, 3ème Jean Belune, 4èmeTozia, 5èmeDuchity et 6ème Iles Cayemites).
Les principales activités sont l’agriculture, la pêche, l’élevage et le petit commerce. La figue banane, le haricot, l’igname, les fruits saisonniers sont les principales cultures pratiquées.
Ses principaux sites sont la grotte Beloni, la plage Anse Blanche. Les principales rivières sont la Rivière Glace, Laclotte, La Rivière Mentor, La Rivière Vandre beach. Sur le plan socioéconomique, 95% de la population vivent avec moins d’un dollar américain par jour.
Institutions sanitaires dans la Grand’Anse
Parmi les 53 institutions sanitaires du département de la Grand-Anse, on trouve 5 à Corail (3 public et 2 mixte) et 7 à Pestel (5 public et 2 mixte).
4 Analyse et discussions
4.1. Caractéristiques socioéconomiques de la population
Les caractéristiques socioéconomiques prennent en compte les données relatives au sexe, l’âge et au niveau d’instruction afin d’en établir le profil sociodémographique et économique des communautés sous étude.
Ainsi, les données sociodémographiques collectées et analysées montrent que globalement 22.8 % des chefs de ménage sont des femmes. Particulièrement dans la commune de Corail, il est de 35%. Lorsqu’on considère les données démographiques disponibles (cf. présentation de la zone) et les tendances, on pourrait dire que c’est un bon signe dans la mesure où l’on prend en compte la place des femmes dans les activités socioéconomiques de la population. Toutefois, il faut noter que parmi ces femmes il y a des veuves (10.9%) et celles dont leurs maris ont émigré (5%). En plus les chefs d’exploitation sont âgés. En effet, l’âge moyen des chefs d’exploitation est de 48 ans et seulement 24.2% ont moins de 40 ans. Cela peut affecter le niveau de performances des exploitations agricoles. Le tableau suivant présente ainsi la situation.
Tableau 4.1 : Profil socio-économique des chefs d’exploitations agricoles
Communes Sexe (%) Age moyen Niveau d’instruction (%)
F M Aucun Primaire Secondaire et plus
Corail 33.3 66.7 20.0 53.4 26.7
Pestel 20.5 79.5 21.6 35.5 39.4
Beaumont 31.5 68.5 23.0 45 32
Baradères 25.0 75.0 12.9 48.4 38.7
Grand-Boucan 13.3 86.7 14.3 57.1 28.6
Petit Trou de Nippes 12.5 87.5 25.0 61.5 13.5
Anse-à-Veau 45.5 54.5 32.1 41.5 26.4
Total ou moyenne 25.9 74.1 48.5 21.3 48.9 29.4
Source : Enquêtes GRAPES, 2017
4.1.1 Évolution de la population et de la migration vers les centres urbains
À travers le monde, on assiste à la migration de populations des zones rurales vers les villes, et dans les pays en développement, spécialement en Haïti, ces migrants apportent avec eux des modes de vie souvent non adaptés aux villes. On assiste alors aux problèmes suivants: en plus d’une diminution de la production agricole, on retrouve dans les villes de l’élevage libre d’animaux et des potagers, des déchets et eaux usées éliminées de manière indiscriminée, des constructions anarchiques sans infrastructure de base, et l’occupation et envahissement d’espaces publics et de terrains, une situation globale non contrôlée par les autorités.
La migration du milieu rural vers le milieu urbain a entrainé une paupérisation du premier et la ruralisation du second, une situation observée dans toutes les villes mentionnées précédemment.
Les grands centres urbains du pays constituent des pôles d’attraction importants en matière de migration régionale et interurbaine. Pour la zone d’étude, trois (3) principaux pôles d’attraction des départements de la Grand’Anse, du Sud et des Nippes se détachent, à savoir le Jérémie, Cayes et Miragoane. Les Cayes est le plus grand centre urbain du Grand Sud et draine les populations de son département autant que de ceux qui lui sont limitrophes.
La dynamique migratoire de la population du BV s'opère suivant deux dimensions d'échange ou de causalités socioéconomiques : une migration interne et une migration externe (vers d’autres communes ou vers l'étranger).
• La migration interne
Les déplacements qui se font à l'intérieur sont généralement motivés par la recherche de l’éducation ou de meilleures conditions environnementales. C’est le cas des habitants des sections communales qui envoient leurs enfants se scolariser au centre-ville, et des habitants qui laissent leur terroir pour aller s’établir dans d’autres zones afin d’échapper à des inondations pendant les saisons pluvieuses.
• La migration externe
Ce type de migration est motivé par la recherche de l’éducation et du mieux-être. Les principales destinations sont Cayes, Jérémie, Miragoane et Port-au-Prince (pour Haïti) et la République Dominicaine, les USA, Nassau, la Providence, Chili, Brésil et le Canada (migration définitive). Dans les réflexions avec les communautés, il est ressorti très clairement que la précarité des conditions d’existence est la cause principale du phénomène migratoire dans le BV. Contrairement à la migration interne, la migration externe intéresse à la fois les jeunes et les moins jeunes.
En effet 22% des chefs de ménage ne sont pas originaire de la zone et 43% des familles déclarent qu’elles ont au moins un membre qui a migré. Ils vont généralement dans les centres urbains (Cayes, Jérémie, Miragoâne). Et 62.1% des gens qui émigrent ont moins de 30 ans. En effet, l’âge moyen des migrants est de 24 ans et 57 % sont des femmes. Cela est contraire à toute attente mais lorsqu’on considère les principales raisons de migration on comprendra (cf. figure 4.1).
Figure 4.1 : Principales causes de migration des membres des familles
La majorité des membres des ménages migrent pour des raisons d’étude à tous les niveaux : primaire, secondaire, professionnel et universitaire (cf. tableau 4.2). Les autres pour des emplois notamment dans les entreprises textiles dans la commune de Carrefour. Cela explique en partie la raison pour laquelle la proportion de femmes qui migrent est élevée.
Ces flux migratoires peuvent être réduits à travers des appuis pouvant favoriser l’émergence d’activités génératrices de revenus au profit des populations concernées. Par exemple, les possibilités de revenus monétaires émanant de la production des cultures rentables pourrait avoir un grand impact sur la réduction de la migration des populations au niveau de la commune ou sous bassin cible.
Tableau 4.2: Zone et raisons de migration par commune
Communes Zones de migration Raisons de la migration
Baradères Port-au-Prince, Cayes, Chili Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Grand Boucan Port-au-Prince, Petit-Trou de Nippes Baradères, USA, Chili, Brésil Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Petit Trou de Nippes Port-au-Prince, Miragoane, USA, Chili, Brésil Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Anse-à-Veau Port-au-Prince, USA, Chili, Brésil Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Corail Port-au-Prince, USA Chômage
Pestel Cayes, Port-au-Prince, USA Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Beaumont Jeremie, Port-au-Prince, USA Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Roseaux Jeremie, Port-au-Prince, USA Études, moyens économiques, pas d'école de bonne qualité
Source : Enquête GRAPES, 2017
4.1.2 Logement et habitat
L’analyse des données du tableau ci-dessous révèle que plus d’un tiers (38.6%) des maisons sont construits en maçonnerie de pierre. La toiture de plus de 80% des maisons sont en tôles. Ce qui signifie que les maisons n’ont pas d’étages. Plus de 50 % ont leur plancher en ciment. Le Tableau suivant décrit ainsi la situation.
Tableau 4.3: Principales caractéristiques de l'habitat
Caractéristiques Niveaux des paramètres considérés
Nombre de pièces Minimum Maximum Moyenne
1 8 3.45
Matériaux toiture (%) Béton Paille Tôles Autres
6.9 6.9 80.2 6
Matériaux mur (%) Maçonnerie de pierre Bloc de ciment Clissade et Terre Autres
38.6 21.8 20.8 18.8
Matériaux sol (%) Sol en ciment Terre battue Bloc de ciment Autres
53.5 32.7 9.9 4
Source : Enquête de l’auteur, 2017
4.1.3 Les structures d'hygiène
Par contre, le problème réside dans les structures d’hygiène. En effet, près de 59 % des familles enquêtées ne disposent pas de latrine dans leur maison. Cela signifie que la majorité des ménages font leur besoin principalement dans la forêt/à l’air libre (cf. Figure 4.2). Ce qui peut créer des problèmes de maladie et même d'épidémie au niveau des communautés.
De plus, en termes de lieux de lieux de défécation, les ménages dont 79% utilisent l'air libre ou la forêt pour se soulager et 8% chez le voisin. 13% déclarent utiliser d'autres voies. (Voir figure 4.3).
Figure 4.2: Pourcentage de la population possédant une latrine
Figure 4.3: Lieu de défécation des ménages sans latrine
4.1.4 Santé et nutrition
Des installations dispensant les soins de santé de base sont présentes sur le territoire du Complexe: centres de santé, dispensaires, cliniques fixes, hôpitaux affiliés au MSPP ou au secteur privé. Il est à signaler que ces établissements sanitaires se concentrent majoritairement dans les bourgs des communes, les sections communales étant en général desservies à partir des cliniques mobiles (Petit Trou de Nippes). La fréquence de fonctionnement de ces cliniques mobiles dépend de l’accessibilité des sections communales en question. L’accès aux soins est donc particulièrement difficile en saison des pluies alors que les maladies liées à l’eau sont plus fréquentes en cette période. Les établissements qui ne disposent pas de médecin ne donnent, dans certains cas, que des soins primaires. Les cas les plus graves sont alors transférés dans les hôpitaux les plus proches (Cayes).
L’enquête socioéconomique a révélé que les maladies les plus communes dans l’aire du BV sont de type chronique (tension, maladies cardiaques, etc.) et aigüe (maladie de transmission fécale-orale, parasitoses, infections). La prévalence de ces maladies augmente en période pluvieuse. Le tableau 4.4 ci-dessous présente les maladies les plus fréquemment rencontrées par commune.
Tableau 4.4 : Maladies les plus fréquemment rencontrées
Communes Maladies communes
Baradères, Malaria, typhoïde, choléra, diarrhée chronique, choléra
Grand Boucan Malaria, typhoïde, choléra, diarrhée chronique, hypertension
Petit Trou de Nippes Malaria, typhoïde, choléra, diarrhée chronique
Pestel Hypertension, choléra, malaria, typhoïde, infection vaginal
Corail Hypertension, problème cardiaque, choléra, gastro entérite, typhoïde, infection vaginal, malaria,
Beaumont Grippe, hypertension, malaria, filariose, typhoïde
Roseaux Grippe, hypertension, malaria, filariose, typhoïde
Source : Enquête socio-économique GRAPES, Décembre 2017
Parmi les causes des maladies d'origine hydrique citons la mauvaise qualité de l'eau due à l’absence de services d'eau potable, les mauvaises habitudes d’hygiène et le manque de mesures préventives.
4.1.5 Accès aux sources d'énergie
D'autre part, en matière d'éclairage, les lampes à kérosène sont le type d’éclairage le plus utilisé dans la maison. Viennent ensuite les lampes rechargeables et les bougies (cf. figure 4.4). La population n’a pas accès à l’électricité.
Figure 4.4: Types d'éclairage utilisé dans la maison
4.1.6 Approvisionnement en eau potable
En termes d'accès à l'eau pour la boisson ou autres usages, les principaux moyens d’obtention de l’eau au niveau des ménages sont les sources d'eau, les puits, les fontaines publiques, les conduits d'eau privés. Ainsi, 21% des ménages déclarent avoir un conduit d'eau privé chez eux, 14% ont recours au niveau des rivières et des puits, 12% dans des postes publics, etc. Certains ménages mettent leur moyen à la disposition d’autres. Cette réalité est décrite dans la figure 4.5.
L’eau potable ne représente pas, comme elle devrait l’être au niveau de la zone d’étude, un service essentiel, en dépit de la potentialité en eau dont dispose le bassin versant. En effet, au niveau des communes et les milieux ruraux des zones d’intervention, il n’y a que très peu de sources qui sont captées. La faiblesse du réseau de distribution, le manque d’ouvrages adéquats, la faiblesse du système de gestion, de collecte et de redevance, ainsi que l’absence de structure de traitement de l’eau potable et des eaux usées sont autant de facteurs qui fragilisent l’accès à l’eau potable.
Pourtant, à voire le relief du bassin versant du Complexe, il ne devrait pas éprouver d’énormes problèmes d’accès à l’eau potable car il existe des sources d’eau potentielles pouvant alimenter le bassin par gravitation. Le problème à résoudre est celui des moyens nécessaires pour l’aménagement de ces sources.
Le traitement de l’eau aujourd’hui est une nécessité. La chloration, en dépit de son manque d’efficacité comme méthode de traitement et de ses effets secondaires, est encore mal appliquée à l’échelle du territoire. La prolifération de micros usines de traitement de l’eau potable à travers le pays au cours des quinze dernières années n’est pas encore bien régulée et cette tendance bénéficie de toute façon que peu aux zones rurales et encore moins dans les communes du BV. Haïti fait face à de nombreuses maladies liées à l’utilisation d’eau insalubre. L’épidémie de choléra qui sévit dans le pays depuis plus le mois d’Octobre 2010 se poursuit un an plus tard et a déjà affectée plus de 250 000 personnes et fait plus de 6 000 morts.
Pour les sources, malgré une vingtaine de sources localisées l’accès à l’eau potable est très difficile pour les habitants des communes et sections communales concernées du BV. Les populations utilisent l’eau de sources captées par certaines organisations, mais cette situation se limite à quelques localités seulement. Parfois, des sources à débit très faible (en période sèche) font perdre plusieurs minutes pour arriver à remplir un gallon et ceci, dans des conditions d’assainissement précaires.
Figure 4.5: Lieux d'obtention de l'eau de boisson
4.1.7 Assainissement / Gestion des déchets
L’assainissement est un processus permettant aux personnes une vie à environnement plus sain. Ainsi, des moyens physiques, institutionnels et sociaux sont mis en œuvre dans différents domaines, tels l’évacuation des eaux usées et de ruissellement, l’évacuation des déchets solides et liquides, l’évacuation des excrétas et le traitement de ces éléments (UNICEF, 2008).
L’assainissement est donc fortement lié à la santé publique en raison des nombreuses maladies découlant d’un milieu malsain, et vise à assurer l’évacuation et le traitement des déchets solides et liquides en minimisant les risques pour la santé et pour l’environnement.
En ce qui concerne les communes du bassin versant du Complexe, les infrastructures d’assainissement autant collectives qu’individuelles sont faibles, tout comme dans le reste du pays en général. Ils n’existent pas de système de collecte des eaux usées ou pluviales dans les centres villes; les eaux usées sont directement rejetées dans le milieu environnant sans aucun traitement préalable.
Le nettoyage des centres villes est réalisé par les mairies à travers les directions de voiries. Il n’existe pas de système de collecte des ordures, les habitants se libèrent eux-mêmes des déchets ménagers dans les ravines, les rivières ou les terrains abandonnés situées à proximité. Il n’existe aucun lieu officiel servant de décharge public dans les communes du BV.
Le problème des fosses septiques est également un élément très important. Cette enquête ne permet pas de quantifier le nombre de ménages en disposant, mais ils sont probablement très peu nombreux, surtout concernant les communautés rurales.
Dans les centres urbains comme dans les zones rurales, le manque de latrines est également un problème majeur au niveau des bassins versants.
En ce qui a trait à la gestion des déchets générés dans les ménages, très peu de gens (1%) pratiquent le recyclage. N’ayant pas accès au service du SMCRS (Service Métropolitain de Collecte de Résidus Solides), la majorité brûlent leurs déchets ou les jettent dans la rivière (cf. figure 4.6).
Figure 4.6: Destination des déchets générés dans les ménages
4.1.8 Infrastructures et accessibilité aux services de base
Les infrastructures et services de base sont très mal répartis dans le bassin versant du Complexe Baradères - Cayemites. Les infrastructures routières sont rares. Les installations commerciales, les infrastructures de santé et d’éducation requièrent des améliorations considérables, non seulement en quantité mais également en qualité. Une liste non exhaustive des infrastructures identifiées, notamment dans les communes de Baradères, Grand Boucan, Pestel et Corail figure en annexe 2 du rapport.
Dans la zone d’intervention et surtout au niveau des sections communales, on rencontre un manque sinon l’absence d’infrastructures sociales de santé, d’hébergement, d’éducation, de loisirs et de sports. L’accès aux services sociaux de base est très limité dans les sections communales du bassin versant.
Toutefois, il existe dans le centre urbain un minimum d’accès à certains services de base et aux infrastructures administratives. L’analyse des données du tableau ci-dessous montre qu’il y a très peu d’églises à Corail, contrairement aux communes Baradères et Grand-Boucan.
Pour prendre en compte d’autres infrastructures n’ayant pas encore été inventoriées, nous présentons dans le tableau 10 la liste des abris provisoires qui ont été retenus après l’ouragan Matthew.
L’accès à la source d’eau la plus proche exige environ 50 minutes en moyenne et jusqu’à 3 heures de temps. Il faut prévoir jusqu’à deux (2) heures de temps. L’accès à un système d’addiction d’eau est aussi très problématique et la population doit disposer en moyenne 50 minutes.
Les institutions étatiques sont représentées dans l’ensemble des communes par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (Inspection scolaire), le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (La Police, Officier d’État Civil, Tribunal de Paix), les autorités locales (Mairie, ASEC, CASEC), le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (Bureau Agricole Communal (BAC)), le Ministère de l’Économie et des Finances (Directions Générales des Impôts).
En matière d’éducation, le secteur éducatif du BV fait face lui aussi à de sérieux problèmes. La formation est limitée au niveau primaire, à l’exception du centre urbain. Dans les sections communales, il y a au moins une école primaire. Au terme du cycle primaire, les élèves de ces localités sont ainsi obligés de se rendre en ville pour continuer leurs études.
Si l’accès à une école primaire offrant une formation de qualité fait défaut, la distance que les écoliers doivent parcourir tous les jours de classe peut aller jusqu’à deux heures de temps de marche à pied. La situation est encore pire pour les commerçants qui doivent disposer jusqu’à 180 minutes pour trouver un marché ou écouler leurs produits (une heure de temps en moyenne).
En ce qui concerne l’énergie, l’électricité est un service qui fait défaut dans presque tout le pays. Toutes les populations (les zones reculées dans les sections communales) du bassin versant n’ont pas accès à l’énergie électrique. Dans le centre urbain les habitants jouissent d’un accès limité à ce service. Conséquemment, la dendroénergie (bois de chauffe, charbon de bois) demeure la principale source d’énergie consommée par les ménages des zones du bassin versant.
Dans le domaine de la santé, des infrastructures sanitaires sont présentes au niveau des centres urbains du Complexe. Au niveau des sections communales, l’accès à la santé est extrêmement difficile, les planteurs doivent se rendre en milieu urbain pour accéder à certains soins très limités de santé, dans des conditions extrêmement difficiles et après de longues heures de marche. L’accès à un centre de santé le plus proche exige plus d’une heure de temps en moyenne. Les gens peuvent marcher parfois pendant plus de quatre (4) heures de temps juste pour avoir les premiers soins. Pour les cas graves ou qui dépassent la science des institutions précitées, les gens sont emmenés à l’hôpital dans les villes les plus proches (Cayes).
Différents types d’infrastructure de services de base présentés dans le tableau ci-dessous ont été inventoriés. Ce sont : Église, École, Marché / Boutique / Centre commerciale, Citerne / Source / Point d’Eau, Banque / Caisse populaire / Coopérative, Mairie, Commissariat, Hôpital / Centre de Santé, Centre de loisir / Place publique, Service d'état civil, Bureau d’association / ONG. Le tableau suivant présente ainsi la situation au niveau de chaque commune.
Tableau 4.5: Infrastructures et services de base inventoriés
Communes Nombre par type d'infrastructure
Baradères 29
Centre de loisir/Place publique 1
Citerne/Source/Point d’Eau 5
École 8
Église 12
Marché/Boutique/Centre commerciale 3
Corail / Pestel 17
Autre 3
Banque/Caisse populaire/Coopérative 1
Centre de loisir/Place publique 1
Citerne/Source/Point d’Eau 1
Commissariat 1
École 4
Église 2
Hôpital/Centre de Santé 1
Mairie 1
Service d'état civil 2
Grand Boucan 34
Autre 3
Bureau d’association/ONG 3
Centre de loisir/Place publique 2
Citerne/Source/Point d’Eau 7
Commissariat 1
École 5
Église 8
Hôpital/Centre de Santé 2
Mairie 1
Marché/Boutique/Centre commerciale 1
Service d'état civil 1
Grand Total 80
Tableau 4.6: Liste des sites ayant servis d’abris provisoires après l'ouragan Matthew dans la zone du Complexe
No Département Commune Section Infrastructure Adresse
1 Grand'Anse Corail Cente-villle Eglise Baptiste de Corail
2 Grand'Anse Corail Centre-ville Ecole Nationale de Corail Centre-ville
3 Grand'Anse Corail 5ème Mouline Eglise Adventiste de Saint-Martin
4 Grand'Anse Corail 3ème Campeche Eglise Nationale de Patelage Campeche
5 Grand'Anse Corail Boucan Noel Chapelle Catho/Pat large Patelage/Campeche
6 Grand'Anse Corail 2ème Fond Icaques Eglise Baptiste et Chapelle Catholique
7 Grand'Anse Corail 5ème Mouline Eglise Baptiste
8 Grand'Anse Corail 5ème Mouline Ecole Nationale Garnier
9 Grand'Anse Corail 6ème Chardonnette Collège St-Gérard Mouline
10 Grand'Anse Corail Eglise Baptiste Chardonnette
11 Grand'Anse Corail 2ème Astier Chapelle St-Augustin Fond’ Icaques
12 Grand'Anse Pestel Centre-ville Centre Culturel Centre-Ville (Eglise Catholique)
13 Grand'Anse Pestel Centre-ville Eglise Adventiste de Pestel Centre-ville
14 Grand'Anse Pestel Centre-ville Eglise Baptiste de Pestel Centre-ville
15 Grand'Anse Pestel Centre-ville Ecole National de Pestel
16 Grand'Anse Pestel Centre-ville Lycée National de Pestel Centre –Ville de Pestel
17 Grand'Anse Pestel Jean-Belune Lycée Congréganiste de Jean-Belune 3ème Section Jean-Belune
18 Grand'Anse Pestel Jean-Belune Ecole Nationale de Jean-Belune Jean-Belune
19 Nippes Baradères Fond tortue Ecole Nationale de Fond Tortue Fond tortue
20 Nippes Baradères Riv. Sallée Ecole Nationale Communautaire de Riv. Sallée Riv. Sallée
21 Nippes Baradères Centre-ville Collège St Jean Baptiste Centre-ville
22 Nippes Baradères Centre-ville Ecole Nationale Mixte Centre-ville
23 Nippes Baradères Laurent Ecole Frère parents Laurent
24 Nippes Baradères Centre-ville Presbytère MEBSH Centre-ville
25 Nippes Baradères Laurent Ecole jean Paul II Laurent
26 Nippes Baradères Boineau Ecole Nationale de Boineau Boineau
27 Nippes Grand Boucan Centre-ville Ecole Nationale de Grand Boucan/ Centre-ville
28 Nippes Grand Boucan Grand Boucan Eglise St Charles Boromé Zétoi
29 Nippes Grand Boucan 2 eme section Ecole Nationale les Basses Eaux Basses
30 Nippes Grand Boucan 2 eme section Ecole Nationale Zetoi/ Zétoi
31 Nippes Grand Boucan Centre-ville Eglise la prophétie centre-ville
32 Nippes Grand Boucan Centre-ville Eglise Catholique/ Centre-ville
34 Nippes Grand Boucan 2 eme section Eglise Catholique de Zétoi Zétoi
35 Nippes Grand Boucan 2 ème section Eglise Pentecôtiste de Zetoi Zétoi
36 Nippes Grand Boucan 1 ère section Ecole Communautaire de Granzans Granzans
37 Nippes Grand Boucan Centre-ville Eglise Wesléenne centre-ville
38 Nippes Grand Boucan Centre-ville Eglise Baptiste de Grand Boucan centre-ville
39 Nippes Grand Boucan Zetoi Eglise corps de Christ Zétoi
40 Nippes Grand Boucan Les Basses Eglise Catholique les Basses les Basses
41 Nippes Grand Boucan Grand Boucan Eglise Corps de Christ/ Grand Boucan
Source : GRAPES, extrait du rapport OIM, 2016
4.1.9 Dynamiques socio foncières
La dynamique sociofoncière prend en compte la répartition et l'occupation des terres et des sols sur tout le complexe. Le principal moyen d’obtention des terres dans la zone d’étude est l’héritage d'après les données collectées. Ainsi, les données analysées ont montré que les achats de terre par les ménages ne sont pas très fréquents dans la zone.
4.1.9.1 Le foncier
Au niveau du complexe, les exploitants sont en majorité Héritiers de droit ou de fait. Et le niveau de capitalisation ou de décapitalisation des exploitations agricoles, les transactions agraires ont été considérées propriétaires de leurs parcelles. Le mode de faire valoir indirect (métayage ou « dimwatye », fermage ou pòtèk) est pratiqué par une faible proportion des agriculteurs.
4.1.9.2 Les types de Faire Valoir
La majorité des exploitants du Complexe sont propriétaires des terres qu’ils utilisent. En effet, plus de 80 % des exploitants travaillent leur terre en faire valoir direct et le reste (moins de 20%), en faire valoir indirect : 11 % en fermage et 8% en métayage (cf. figure 4.7)
Figure 4.7: Tenure foncière au niveau du Complexe Baradères-Cayemites
4.1.9.3 Les Propriétaires
Les terres exploitées sont acquises en propriété en héritage ou par achat. En effet, 63.6 % des parcelles sont en héritage et 17.4 % ont déclaré avoir acheté une parcelle de terre. Au niveau des terres acquises à partir de l’héritage, l’indivision est très courante. Ainsi, les propriétaires surtout les petits, n’ont pas toujours une bonne sécurité de tenure. A tout moment, un autre héritier potentiel peut mettre en discussion la possession de l’exploitant. Quand celui-ci est conscient que telle est sa situation, il ne s’investit pas à fond dans la mise en valeur ou dans la protection de la parcelle qu’il occupe. Quant aux achats des terres, tenant compte du pourcentage, les transactions montrent que cette opération n'est pas grandement pratiquée par les ménages enquêtés.
4.1.9.4 Les fermiers
Les fermiers sont généralement liés aux propriétaires par des contrats annuels. Dans certains cas, les parties s’entendent pour des durées allant de deux à cinq ans; ils parlent alors de « pòtèk ». Ces contrats sont renouvelables; ils durent parfois toute la vie active d’un exploitant. Celui-ci peut même le passer à l’un de ses fils, à la fin de sa vie. Mais, les exploitants ne sont pas à l’avance assurés du renouvellement du contrat. Donc, la durée d’exploitation espérée ne permet pas à l’exploitant d’entreprendre des cultures pérennes, ni l’érection de structures durables de protection des sols. Ce type de faire valoir existe a petite échelle au niveau du complexe et représente seulement 11% au niveau du complexe.
4.1.9.5 Le métayage (demwatye ou sosye)
Au niveau du complexe, le système de métayage n’est pas très répandu à cause des aléas climatiques (sécheresse, cyclone, etc.). En effet, selon la population, le métayage se traduit par :
• La participation des propriétaires aux frais d’exploitation et le partage de la récolte en deux parties égales; l’une au travailleur et l’autre au propriétaire;
• Lorsque les propriétaires ne participent pas aux frais d’exploitation, le propriétaire reçoit un tiers de la récolte.
Ce statut foncier représente seulement 8% des exploitations enquêtées au niveau du complexe.
De plus, lorsque les exploitants exploitent des terres pour lesquelles ils ne sont pas propriétaires, ils ont moins d’intérêt à y mettre en place des structures antiérosives pérennes. Le mode de faire valoir direct (FVD) au niveau du Complexe peut donc être considéré comme un atout pour la mise en place des projets de conservation de sol puisque dans une telle situation, l’exploitant a une vision globale de moyen et long terme.
La superficie moyenne des parcelles des exploitants est de l’ordre de 0.8 Cx. Ce qui est supérieure à la superficie moyenne des parcelles agricoles au niveau national. La surface agricole utile (SAU) des exploitants varie de 0.01 à 8 Cx, avec une moyenne légèrement inférieure à 2 Cx et une valeur modale de 0.5 Cx.
Plus de 20% des parcelles agricoles ont des pentes raides (cf. figure 4.8). Ces parcelles qui ont des sols peu profonds très sensibles à l'érosion et aux glissements de terrain posent souvent des problèmes spécifiques à l'agriculture et à l'environnement. La plupart de ces parcelles à forte pente sont occupées par des familles de petits agriculteurs, dont les moyens d'existence pourraient être compromis par la dégradation des terres et la perte de productivité associée. Une bonne gestion des terres au niveau de ces parcelles nécessite des actions concrètes spécifiques de l’agriculteur et bien adaptées aux conditions du milieu où elles seraient appliquées.
Figure 4.8: Répartition des parcelles agricoles par classe de pente
D'autre part, on a recueilli des données permettant de comprendre la répartition des sources de revenus pour l'achat des terres. En effet, 67,9 % proviennent des activités agricoles, 12.1 du commerce et 18.2% d'autres activités comme les transferts de fonds ou la vente de bétail. Cela donne aussi une idée du niveau de capitalisation ou de décapitalisation des exploitations agricoles.
Figure 4.9 : Sources de revenu utilisé pour l'achat des terres
Fait intéressant à signaler, les activités agricoles (production végétale, production animale) sont les premières sources de revenu (près de 70%) pour l’achat des terres. Ainsi, malgré les difficultés, on peut compter sur les activités agricoles, d’où la nécessité de supporter ce secteur.
4.1.9.6 La Vente des terres
S’il est vrai que les exploitants ont pu acheter des terres, par contre certains (6.2%) ont dû vendre une portion de leurs terres. Un tiers de ces chefs d’exploitation avancent qu’ils ont vendu leur terre pour le voyage d’un enfant vers l'étranger. Mais en plus de cela, d'autres causes sont prises en considération comme les maladies, les cérémonies socio culturelles et autres.
Figure 4.10 : Principales causes de la vente des terres
Principalement, les chefs d’exploitation agricole vendent leurs terres pour payer des voyages pour leurs enfants (33.3%), organiser des cérémonies funéraires et socioculturelles (21.6%). Le premier cas (paiement de voyages) est souvent considéré comme un investissement car au bout du compte souvent les enfants effectuent des transferts pour remplacer cet argent dépensé. Le deuxième cas constitue une source de décapitalisation irréversible parce qu'elles constituent des dépenses sans aucun retour.
Plus de 25% des terres vendues sont utilisées pour la construction de maisons parce que depuis quelque temps on assiste en milieu rural d'une avancée certaine sur les terres par les constructions en dur. Ceci entrave dans une grande mesure et même constitue une menace pour la survie du secteur agricole et doit être considéré dans les interventions (programmes, projets, activités, etc.) futures.
4.2. Le Secteur agricole
4.2.1- Considérations générales
Pour bien comprendre les systèmes de mise en valeur agricole du complexe au niveau du Complexe Baradères – Cayemites, il faut les placer dans leur contexte en tenant compte de différents facteurs comme les principales cultures, l’outillage et les opérations culturales, etc.
L’analyse du climat principalement la pluviométrie permet de distinguer deux grandes réalités dans les systèmes de mise en valeur agricole des sols. La première réalité concerne les zones semi humides qui reçoivent en moyenne 600 à 800 mm de pluie annuellement. Dans ces zones, l’eau est l’élément central jouant sur la distribution spatiale des systèmes de culture et sur leur performance. Dans ces zones, on retrouve des cultures comme : la banane, l’igname, le Haricot, le manioc et le café comme culture de couverture. Alors que dans les zones plus sèches, les systèmes évoluent vers des cultures ou arbres plus tolérants à la sécheresse comme le sorgho, le pois congo, le maïs, etc.
La deuxième grande réalité concerne une bonne partie du complexe qui reçoit en moyenne moins de 600 mm de pluies par année. Dans ces zones relativement arides, l’eau est le plus grand facteur déterminant dans la distribution spatiale des systèmes de culture et des systèmes arboricoles. Au niveau de ces zones, la culture du sorgho est la plus dominante.
Par ailleurs Plus de 50 % des terres sont des montagnes (cf. tableau 4.7).Le pourcentage des terres sur lesquelles est pratiquée l’agriculture est en moyenne 61 % , avec une variation allant de 20% à 80% et une valeur modale de 70%. Au niveau de la première section Grand Boucan dont la topographie est dominée par une plaine cotiėre seulement 20 % des terres sont utilisées pour l’agriculture alors que la moitié de la population pratique l’agriculture. Cette situation est gloabalement semblable sur tout le Complexe. Le cas de la deuxième section Espere de Pestel, dominée par des montagnes, est particulier. En effet, 99 % de la population s’adonnent à l’agriculture alors seulement 40 % des terres sont exploitées à des fins agricoles (cf. tableaux 4.7 et 4.10).
Tableau 4.7: Topographie et % des terres utilisées par rapport à la superficie de la section communale concernée
Communes Section Topographie dominante SAU
Petit-Trou-de-Nippes 2ème Tiby Plaine interieure 80%
Baradères 1ère Sect. Gérin Montagne ou morne 70%
3ème Sect. Fond Tortue Montagne ou morne 50%
4ème Sect. La Plaine Montagne ou morne 65%
5ème Sect. Rivière Salée Montagne ou morne 50%
Grand Boucan 1ère Sect. Grand Boucan Plaine cotiere 20%
2ème Sect. Eaux Basses Plaine cotiere 70%
Corail 1ère Sect. Duquillon Montagne ou morne 60%
2ème Sect. Fonds d'Icaque Plaine interieure 80%
3ème Sect. Champy Montagne ou morne 40%
Pestel 1ère Sect. Bernagousse Plateau 75%
2ème Sect. Espère Montagne ou morne 40%
3ème Sect. Jn Bellune Plateau 70%
4ème Sect. Tozia Plaine interieure 71%
6ème Iles Cayemites Plateau 68%
Source : GRAPES, selon le RGA
4.2.2- Principales cultures pratiquées
4.2.2.1- Campagnes agricoles
Au niveau du complexe, on rencontre deux campagnes agricoles. La première débute en mars/avril avec l’arrivée des premières pluies et la deuxième débute de Juillet à septembre. Les cultures pratiquées diffèrent d'une campagne à une autre et d'une zone à une autre selon qu'on soit en plaine ou en montagne.
4.2.2.2 Cultures pratiquées
La monoculture est plus ou moins pratiquée au niveau des bassins versants (cf. tableau 4.8). La tableau 4.8 présente les principales cultures pratiquées par commune. Pour la commune de Corail, le manioc est principalement cultivé au niveau des première et troisième section alors qu’au niveau de la deuxieme section, c’est la culture d’igname qui domine. Le tableau suivant presente ainsi la situation.
Tableau 2: Principales cultures pratiquées par commune
Communes Principales cultures pratiquées
Baradères Banane, Canne, Igname, Pois, Maïs
Grand Boucan Manioc, Igname, Banane, Patate, Pois souche, Melon
Petit Trou de Nippes Banane, Canne, Pois, Maïs
Corail Manioc amer (1ère section), Igname (2ème section), Manioc doux (3ème section)
Pestel Café, Haricot, Arachide, Banane, Igname, Masoko
Beaumont Haricot, Arachide, Banane, Igname
Source : Enquête GRAPES, 2017
4.2.3 Monocultures et Associations
En ce qui a trait aux cultures pratiquées, il n’y a pas une une grande difference entre les communes du Complexe. Les rotations culturales sont aussi identiques. Par contre, certaines monocultures (banane, igname) très exigentes sont beaucoup plus présentes dans les communes de Barradères et de Pestel. En effet, ces cultures exigent des semences / plants de bonne qualité, or les exploitants qui ont des contraintes financières n’arrivent pas à s’en approviosser à temps.
D'autre part, les associations de culture sont pratiquées sur l'ensemble des communes du complexe. Ce qui répond à une stratégie de survie développée par les communautés pour faire face aux différentes périodes de soudure. Ainsi les plus courantes sont: le maïs-Haricot, le maïs-pois congo-manioc entre autres. Le tableau suivant présente ainsi la réalité.
Tableau 4.9: Monocultures et associations de culture plus couramment rencontrées
Monocultures et associations de cultures Niveau de présence Remarques
Maìs – Haricot + + + + (1)
Haricot en monoculture + + +
Mais – Pois Congo - Manioc + + + Manioc en régression
Igname en monoculture + + ++
Banane – Haricot + + (2) Contraintes phytosanitaires
Manioc en monoculture + + + +
Banane en monoculture +++ Exigente, n’est pas à la portée des tous agriculteurs
Manioc, Igname ++ Fort potentiel mais en regression
Source : Enquête GRAPES, 2017 Légende: 1: tres forte, 2: modérée
D'autre part, le pourcentage des ménages vivant de l'agriculture, à l’échelle section communale, varie de 50% (cas de la section 1ère section Grand Boucan) ; à 99 % (cas de la 2ème section communale de Pestel (Espère), Beaumont, Roseaux ; avec une valeur modale de 95% et une moyenne de 86% (Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau, Arnaud). Il convient aussi de signaler que l'activité agricole prend en compte les taches allant du semis à la récolte en passant par les taches intermédiaires comme le sarclage. En regardant les pourcentages, il faut dire que l'agriculture reste l'activité principale au niveau des différentes communes du Complexe. Le tableau suivant décrit ainsi la situation.
Tableau 4.10 : Pourcentage des ménages vivant de l'agriculture par section communale
Section communale par commune % des ménages vivant de l'agriculture
Baradères 91%
1ère Sect. Gérin 95%
3ème Sect. Fond Tortue 95%
4ème Sect. La Plaine 95%
5ème Sect. Rivière Salée 80%
Corail 78%
1ère Sect. Duquillon 70%
2ème Sect. Fonds d'Icaque 90%
3ème Sect. Champy 75%
Grand Boucan 65%
1ère Sect. Grand Boucan 50%
2ème Sect. Eaux Basses 80%
Pestel 92%
1ère Sect. Bernagousse 97%
2ème Sect. Espère 99%
3ème Sect. Jn Bellune 95%
4ème Sect. Tozia 98%
6ème Iles Cayemites 70%
Petit-Trou-de-Nippes 95%
2ème Tiby 95%
Moyenne pour le Complexe 86%
Source : GRAPES à partir des données du RGA
4.2.4 Itinéraires techniques de conduite dans les systèmes de mise en valeur
L’agriculture pratiquée est une agriculture paysanne de très faible niveau technologique. Elle est pratiquée comme elle l’a été depuis déjà plus d’un siècle : aucune technicité, ni engrais, ni pesticide, ni semences améliorées, ni outils agricoles performants. Les itinéraires techniques de conduite des cultures sont simples. Pour la mise en place des cultures, la préparation du sol se fait vers la fin de janvier à mars et de juillet à Août ; le semis se fait de mars à mai et de juillet à septembre, le sarclage d’avril/mai et septembre/octobre et enfin la récolte s’effectue durant toute l’année dépendamment du cycle cultural. Il faut noter qu’une grande partie de cette récolte, surtout les céréales, est stockée pour être vendue durant les périodes où les dépenses sont les plus importantes, particulièrement lors de la rentrée des classes. Le calendrier cultural est présenté à travers le tableau suivant.
Tableau 4.11 : Calendrier Cultural du Complexe Baradères /Cayemites
Cultures
Principales Opérations culturales Période
J F M A M J J A S O N D
Maïs Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Petit mil Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Pois Congo Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Manioc Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Igname Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Banane Préparation sol
Semis
Entretien
Récolte
Légende :
4.2.5 Opération post récolte
Après la récolte, les produits récoltés sont divisés en trois (3) parties :
1) La première partie est vendue aux marchés après la récolte ;
2) Une autre partie est conservée pour l’autoconsommation ;
3) Une faible portion est stockée comme semence pour la nouvelle saison de plantation.
4.2.5.1 Stratégie et type de structure de stockage
La population du Complexe confronte de graves difficultés pour conserver leurs produits. Les structures de stockage sont quasi inexistantes sauf dans certaines localités de au niveau des commune de Pestel et de Baradères où il existe quelques silos métalliques. D'une manière générale, tout le complexe utilise en majorité le galetas ou le grenier comme moyen de conservation. Pour protéger leurs grains contre les insectes nuisibles, la population utilise les moyens naturels comme la cendre du charbon de bois et la répand dans les sacs stockés. Dans des localités où il n’existe pas de moyens de stockage, les agriculteurs n’ont d’autres alternatives que de vendre à des prix très bas immédiatement après la récolte.
4.2.6 Outillage, opérations culturales et main d’oeuvre
Pour être opérationnel au niveau des parcelles, il faut un ensemble d'outils et d'opérations et aussi définir les moyens utilisés pour mener ces opérations. Ainsi, cela fait référence aux outils et aux opérations culturales employées au niveau du Complexe.
4.2.6.1 Outils agricoles utilisés dans les exploitations
La technique agricole pratiquée au niveau du Complexe ne suscite pas l’apparition des outils modernes. Elle est surtout pratiquée à l’aide des outils archaïques tels que pioche, houe, serpette, dérapine, machette, pelle, etc. Malgré le caractère rudimentaire des outils, certains paysans ne peuvent les acquérir facilement au cours des diverses opérations culturales. Le tableau suivant décrit les outils ainsi que les opérations culturales pratiquées.
Tableau 4.12 : Différents types d’outils agricoles utilisés
Outils Opération Durée de vie
Houe Sarclage 4 ans
Pioche Trouaison/Buttage 2 ans
Machette Plantation, coupe des arbres 1 an
Serpette Grattage 3 ans
Pelle Nettoyage 8 ans
Hache Coupe, fendre (arbre) 4 ans
Brouette Transport de matériaux et récoltes 2 ans
Dérapine Trouaison 2 ans
4.2.6.2- La main d'eouvre
En plus des exigences liees aux achats de semences et plants sur les marchés locaux qui demandent des debours financiers (67.9% des chefs d’exploitation concernees, ensuite viennent les couts liés aux exigences en main-d’œuvre pour la préparation des sols, le desherbage, le sarclage, etc.
Si l’entraide représentait dans le temps une grande partie de la force de travail, de nos jours, les opérations culturales sont réalisées principalement par la main d’œuvre salariée. En effet, plus de 53% des menages ont recoirs a la main d'oeuvre salariée, 13% a la main d'oeuvre familiale seulement qui devient de plus en plus problematique à cause de la migration beaucoup plus fréquente de la population vers les centres urbains ou à l'etranger. Par contre 33% utilisent à la fois salariée et familiale. La figure suivante decrit la situation.
Figure 4.11: Type de main d'œuvre utilisée
4.2.6.3 Les Contraintes au Système de Cultures
Les principales difficultés rencontrées dans le cadre de l’exploitation des parcelles sont principalement les suivantes: la sécheresse et le manque de moyens financiers. Plus de 50 % des enquetés declarent avoir fait face à la sécheresse. Il y a aussi l’inaccessibilité à l’eau d’irrigation (agriculture à la merci de la pluie), la topographie au niveau du Complexe, l’outillage agricole inapproprié et :
1) Faibles rendements des productions liés aux sécheresses récurrentes
Plusieurs causes, parfois à caractère transversal, pourraient être à la base de la diminution des rendements au niveau des parcelles du complexe. Nous retenons entreautres :
- la pratique d'une agriculture traditionnelle
On est en présence d’une agriculture orientée pour une part importante vers l’autosubsistance. C’est une agriculture souffrant d’un très faible niveau technologique : pas d’utilisation d’intrants chimique (engrais et pesticides), absence de mécanisation agricole - les outils agricoles utilisés sont traditionnels (houe, machette serpette etc.).
- Une agriculture abandonnée à elle-même
Pratiquement, il n'y a pas vraiment de présence fonctionnelle de structures d'encadrement et d'accompagnement technique sur le plan agricole au niveau du Complexe. Les agriculteurs sont le plus souvent livrés à eux-mêmes, ils sont privés d’encadrement technique et financier, et n'ont pas de systèmes d’irrigation. L'agriculture est en majorité pluviale et l'eau est disponible à la merci de la nature.
Outillage agricole inapproprié
Il n'y a aucun effort de mécanisation de l'agriculture qui se fait. La grande majorité des exploitants utilisent encore des instruments rudimentaires comme la houe, la machette ou la serpette pour les travaux agricoles.
la pratique de l’élevage libre
Cette pratique de l'elevage constitue un handicap majeur au développement du secteur agricole. En effet, les animaux détruisent les cultures en plein champ et provoquent des problèmes à la mise en valeur des teres et ont un gros impact sur les rendements escomptés.
Ajouté à cela, il faut mentionner aussi la faiblesse des infrastructures de base qui limite dans une grande mesure la mise en marche des produits post récoltes. Ce qui provoque un gaspillage à ce niveau. En effet, il existe de graves difficultés pour la mise en marché des produits agricoles, et il arrive souvent que certains des produits comme les produits fruitiers (chadèques, oranges) en provenance des Baradères, des Iles Cayemites et de Pestel notamment qui exigent un effort considérable pour être transportés connaissent un gaspillage sur place. De plus, il n'y a aucune structure de transformation de ces produits sur place.
4.2.7 Les activités d’élevage
L'élevage dans le milieu rural a toujours constitue un recours financier pour les exploitants comme étant leur carnet d'épargne pour faire face aux situations inattendues. Les principales espèces animales rencontrées dans le Complexe sont les caprins, les bovins, ovins, porcins et volailles (cf. tableau 4.13). Cependant, plus de 40% des ménages enquêtés ne pratiquent pas l’élevage et il est très peu diversifié. En effet, parmi, ceux qui pratiquent l’élevage, moins de 9% possèdent 4 espèces animales différentes et seulement 42% possèdent 3 espèces différentes (cf. figure 4.12).
Tableau 4.13 : Espèces animales élevées par commune
Communes Espèces élevées
Baradères Bovins/Caprins/Porcins/Volailles
Corail 1ère section Bovins/caprins/Ovin
1ère section Caprins/Bovins
3ème section Caprins/Bovins
Grand Boucan Caprins/Bovins/Ovins/Équins/Porcins
Pestel Bovins/Caprins/Porcins/Équins /Volailles
Source : Enquête GRAPES, 2017
Parmi les 59 ménages de l’échantillon qui pratiquent l’élevage, 63% pratiquent l’élevage caprin. Ce qui représente 37 % de l’ensemble des ménages enquêtés. L’élevage caprin est donc l’élevage le plus dominant dans le Complexe.
Les deux modes de conduites du cheptel les plus pratiqués dans le Complexe sont : à la corde (58.2%), élevage libre (40%). Considérant la pratique relativement importante de l’élevage caprin et le mode de conduite du cheptel caprin, on peut comprendre les menaces de ce système d’élevage sur les bassins versants déjà dénudés.
En ce qui concerne l’alimentation du bétail, plus de 66% de l’alimentation est constituée uniquement d’herbe et les animaux sont placés en stabulation.
En termes de chiffres, au niveau de l'échantillon concerne par cette activité, 37 s'adonnent aux caprins, 26 aux bovins et volailles, 16 aux ovins, 14 aux équins et 10 aux porcins. Il faut noter une régression importante de l'élevage de porc en raison de la cherté de la conduite de cet élevage pour les exploitants. La figure suivante présente ainsi la situation.
Figure 4.12: Espèces animales rencontrées dans le Complexe Baradères-Cayemites
4.2.8 Problèmes rencontrées dans le secteur d’élevage
Le mal développement des animaux constitue un handicap majeur au développement de l’élevage. Cet état de faite est attribué en grande partie au manque d’eau pour l’abreuvement des animaux, à l’insuffisance de fourrages à certaines périodes de l’année, aux attaques de prédateurs attaquant les troupeaux (en particulier lorsqu’ils sont gardés dans des zones de rack éloignées des maisons d’habitation) et aux maladies très fréquentes diminuant l’effectif du bétail etc. Ainsi le tableau suivant présente les atouts et contraintes du système d'élevage
Tableau 4.14: Contraintes et atouts identifiés pour les différentes espèces d'élevages
Type d’élevage Atouts Contraintes
Bovin Grande immobilisation de capital ;
Rôle majeur dans la dynamique d’évolution des exploitations agricoles. Exigeant en espace fourrager ;
Difficultés pour l’abreuvement des animaux notamment dans les zones de montagne et de plaine sèche ;
Races créoles non améliorées.
Caprin Rusticité, prolificité ;
Accessible à un grand nombre d’agriculteurs ;
Source de revenus monétaires mobilisables tout au long de l’année ;
Existence d’espaces de « rack » adaptés à ce type d’élevage dans beaucoup d’endroits de la section Races créoles non améliorées (petit format)
Grande sensibilité à la pluie notamment les plus jeunes ;
Attaques de chiens errants détruisant les troupeaux;
Gros problèmes de consanguinité limitant le potentiel de cet élevage.
Porcin Source non négligeable de revenus monétaires en particulier aux moments les plus opportuns pour les agriculteurs ;
Espèce valorisant les sous-produits agricoles ; Faible disponibilité en nourriture pendant les périodes de soudure ;
Races d’animaux non adaptée aux conditions d’élevage traditionnel des paysans ;
Mauvaises conditions d’hygiène favorisant le développement de maladies de toutes les sortes ;
Équin Permet de résoudre partiellement le problème de carence dans l’aménagement des routes vicinales reliant les différentes sections communales;
Permet de transporter de l’eau, des produits agricoles et des produits du commerce. Exigeant en espaces fourragers ;
Exigeant en temps ;
Blessures au garrot, la colonne vertébrale, les hanches et la zone de passage des sangles
Volailles Commercialisation importante vers les grandes villes;
Satisfait les petits besoins monétaires (notamment en période de soudure) ;
Peu exigeant en espaces, en alimentation et en travail. Ravage causé par la maladie Newcastle notamment en fin de saison sèche
4.3 La pêche
La pêche maritime demeure l’une des activités les plus importantes après le commerce pour les principales communautés du complexe. Elle permet aux populations locales de s’approvisionner en poissons et fruits de mer qui constituent en général des aliments de haute valeur biologique et qui sont pour elles entre autres, l’une des principales sources de revenus permettant la prise de certaines décisions d’importance vitale de l’éducation des enfants, ainsi que la possibilité de faire face aux débours financiers occasionnés par des évènements sociaux comme, le mariage d’un membre de la famille, les funérailles d’un proche parent, les fêtes patronales et religieuses etc.
Les données sur la pêche au niveau du Complexe ont été complétées par celles du recensement que le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) met actuellement en œuvre dans le cadre du Programme de Développement de la Pêche Artisanale (PDPA) financé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID). Les données sont présentées par section communale pour les différentes sections communales couvertes par le Complexe.
Il ressort que 32 ports de débarquement de poissons et de fruits de mer, 3224 embarcations dont 24 bateaux en fibre de verre, 44 Corallins, 151 canots et 3005 bois fouillés. Les bois fouillés représentent à eux seuls, plus de 90% de la flotte au niveau du Complexe. Par ailleurs, on dénombre au niveau du Complexe plus de 4500 pêcheurs, soient plus de 3 fois le nombre de pêcheurs dans le département du Nord Est et 1.14 fois le nombre de pêcheurs dans le département du Sud-Est qui bénéficie le projet pêche de la Coopération Espagnol et le Programme de Développement de la Pêche Artisanale (PDPA) du MARNDR.
Les Iles Cayemites est la section communale du Complexe avec le plus de ports de débarquement. Cette section communale a aussi le plus grand nombre de bateau de type Corallin. Elle fait aussi partie des trois sections communales au niveau du Complexe ayant des bateaux en «Fibre de verre ». Elle possède le tiers des bateaux en fibre de verre au niveau du Complexe.
La deuxième section communale de Grand Boucan (Eaux Basses) est caractérisée par sa flotte relativement importante de « Bois fouillé» qui représente plus de 25 % de l’ensemble de ce type d’embarcations existant au niveau du Complexe.
Les activités de pêche occupent à temps plein ou partiel environ 4 500 familles, qui pratiquent une pêche artisanale utilisant des équipements rudimentaires de faible productivité. Les embarcations de très petite taille (sans moteur) ne permettent pas l’exploitation de ressources éloignées de la côte, ce qui résulte en surexploitation des ressources poissonnières proche de la côte. Aussi, la dégradation des écosystèmes côtiers de mangroves diminue les niches écologiques de reproduction. Pour ces raisons, l’économie de la petite pêche Haïtienne est en régression et les pêcheurs représentent un groupe particulièrement vulnérable.
Le tableau suivant présente le nombre d'embarcations par type par section communale et nombre de pêcheurs au niveau des sections communales.
Tableau 3: Nombre d'embarcations par type par section communale et nombre de pêcheurs par section communale
Commune Section communale Nombre de Ports Nombre de bateau par type Nombre de pêcheur
Fiberglass Corallin Canot Bois fouillé
Petit-Trou-de-Nippes 2èmeTiby 1 0 0 0 80 150
Baradères 3ème Fonds Tortue
4ème La Plaine
1ère Gérin (ou Mouton) 3 0 5 1 420 620
5ème Rivière Salée 4 0 10 3 300 580
Grand Boucan 1ère Grand Boucan 3 0 1 0 320 450
2ème Eaux Basses 4 5 6 5 820 1250
Corail 1ère Duquillon 2 0 0 48 110 57
2ème Fonds d’Icaque
3ème Champy 3 0 4 31 137 405
Pestel 1ère Bernagousse 3 0 2 16 120 300
2ème Espere 3 11 2 12 415 130
3ème Jn Belune
4èmeTozia(Ducity)
6ème Iles Cayemites 6 8 14 35 283 560
Total 32 24 44 151 3005 4502
Source : GRAPES, Base de données du MARNDR/DPDAQ/USAI, 2018
4.3.1 Périodes de capture
Les pêcheurs, à partir de certaines connaissances maritimes adoptent un calendrier de pêche qui tient compte des périodes de prises les plus importantes au cours de l’année. Il faut noter que la pêche se pratique sur toute l'année dépendant des prises spécifiques et de leurs disponibilités.
Tableau 4.16 : Calendrier de Pêche au niveau du Complexe
Période Zones de pêche Types de poissons pêchés
Mars /Avril Plateau Lutjanus purpureus (sardes rouge), Ocyurus chrysurus (Colas), piranpi, grandyel, Melichthys niger (nèg), Lachnolaimus maximus (kaptenn), Sphyraena picudilla (Becune), etc.
Mai /Juin Plateau Atherinomorus stipes (pisquette), Harengula clupeola (Sardine), Acanthurus chirurgus (Chirurgien), Diplodus caudimacula (Sar argenté)
Aout / Septembre Grand Fond Dorad, Thunnus thynnus (thon), Euthynnus alletteratus (Bonite), Hemiramphus balao (Mere balaou),), Pseudupeneus maculates (barbarin),), Scomberomorus Cavalla (Tazard), etc.
Novembre / Décembre Plateau Panulirus argus (Langoustes), Anilocra physodes (crevette), cigale de mer, Strombus gigas (lambi), Triturus cristatus (triton), etc.
Source : Enquête GRAPES, 2018
En dépit du fait que les eaux de cette partie de la mer de cette péninsule soient encore reconnues comme étant relativement riches en ressources halieutiques, il est aussi admis par les acteurs opérant dans la zone que les prises ont considérablement diminué par rapport à ce qu’elles étaient vers la première moitié des années 70. Cependant, il existe, en plus du passage des bancs de poissons en migration, certains sites spécifiques jusqu’ici réputés dans cet environnement pour leur abondance relative en espèces démersales et benthiques. Au niveau de ces zones du relief marin (incluant les récifs, les herbiers et les mangliers) que sont pêchés les langoustes (improprement appelées homards), les crevettes, les lambis, la plupart des poissons colorés (kola, balbaren, kaptenn, sad, etc.) faisant partie des espèces de grande valeur commerciale très recherchés par les consommateurs, et bien d’autres.
Ainsi, les prises les plus importantes de poissons migrateurs : grands pélagiques océaniques "dorad, ton, bonit, mè balaou, et petits pélagiques côtiers " coucou, kadino, lake, sadin ", etc. sont réalisées en condition de vents favorables entre Août / Septembre et mars à juin tandis qu’elles peuvent s’étendre de novembre à décembre pour la pêche en queue de langouste. Cette pêche est surtout pratiquée à la ligne simple, aux palangres ou lignes multiples (dérivants ou de traîne) et à la nasse. Pour les grands pélagiques, elle est généralement effectuée un peu à la limite entre les provinces néritique et océanique. Elle se fait aussi a l'aide de l'installation des DCP.
Par contre, les poissons démersaux (kola, piranpi, nèg, balbaren, bekin, kaptenn, pave, sad, ajante, bwochè, wodo, kwokwo, etc.) sont plutôt capturés à l'aide de filets maillants simples et multiples (trémails), de « sennes » de plage, de harpons ainsi que de lignes simples et multiples. Ainsi que des crustacés (langouste, crevette, cigale de mer), des mollusques (lambi, casque, triton), etc.). Dans ce cas, les activités peuvent avoir lieu à n’importe quel moment de l’année dépendant des caractéristiques du temps. Cependant, l’effort de pêche a tendance à s’intensifier pendant la période allant du mois de mars au mois d’août. Par ailleurs, celle s’étendant de novembre à mars est particulièrement fructueuse en termes de capture de langoustes.
4.3.2 Les circuits de commercialisation
Les transactions commerciales à l’intérieur du complexe et vers l’extérieur font intervenir les agents suivants : les pêcheurs, les agences locales qui achètent directement entre les mains des pêcheurs, les grossistes (ou agences externes), les détaillants et les consommateurs c’est-à-dire les particuliers qui approvisionnnet les hôtels et restaurants.
Une fois les captures effectuées, celles-ci sont vendues en mer ou sur le rivage par les pêcheurs à des agences locales, des grossistes et des marchandes.
1) Agents locaux
Les agents locaux sont en général des jeunes qui achètent directement entre les mains des pêcheurs quand ils habitent à proximité des points de débarquement. Ils disposent des petits moyens de conservation de courte durée (Glacière, thermos, etc.). Ils les revendent à des grossistes en provenance de Jeremie, des Cayes et de Port-au-Prince (compagnies d’exportation et de distribution dans la région métropolitaine) La plupart d’entr’eux jouent aussi le rôle de fournisseurs directs à certains grands restaurants et hôtels.
2) Grossistes
Quant aux grossistes, ils disposent pour la plupart d’équipements de conservation (chambres froides, congélateurs à gaz en certains points stratégiques aux cayes ou à Port-au-Prince et s’approvisionnent au moins une fois par semaine partiellement à partir des agences et aussi directement de leurs clients pêcheurs.
3) Marchandes
Les détaillantes ou marchandes sont surtout des gens originaires de la peninsule. En général, de jeunes femmes s’adonnent à cette activité et s’acquièrent surtout des poissons non sélectionnés par les agences. Elles achètent les poissons au comptant ou à crédit et peuvent les revendre au frais sur les marchés locaux et séchés dépendant de l’époque ou de la zone d‘écoulement sur les marchés externes.
Figure 4.13 : Circuit de distribution et axe de commercialisation des produits halieutiques du Complexe
4.3.3 Problèmes rencontrés dans le secteur de la pêche dans la section
La communauté de pêcheurs du complexe se trouvant sur l'ensemble des zones côtières de la péninsule est confrontée à un problème majeur susceptible d’entraver l’évolution du secteur « pêche ». Il se trouve qu’ils ne peuvent augmenter leur prise de capture. Cette situation est due au manque de matériels adéquats leur permettant d’aller pêcher en haute mer, à la détérioration des conditions environnementales et enfin au faible niveau économique des pêcheurs.
4.4.4 Opportunités existantes dans le secteur
En dépit des multiples causes qui viennent d’être signalées, il existe aussi des opportunités dont on peut encore tirer de grands avantages. Il s’agit de :
• Existence d’un circuit de commercialisation plus ou moins fiable ;
• Un nombre élevé de pêcheurs ont des connaissances dans la manipulation des chaloupes à moteur ;
• Existence d’une génération de jeunes pêcheurs dans la zone
• Possibilité de Dotation et installation de matériels et équipements modernes (DCP) à partir de projets mis en place par des agences/bailleurs ;
• Accès relativement facile des compagnies d'exportation de fruits de mer installées dans les grandes villes.
4.5 Principaux secteurs d’activités, revenus et dépenses des ménages
Au niveau du Complexe, les principales activités économiques par ordre d'importance sont la production végétale, le petit commerce, l’élevage, la pêche, la fabrication du charbon de bois, l’artisanat. D'après les données collectées, plus de 80% de la population, en moyenne, pratiquent l’agriculture. 86 % des ménages ont déclaré que leurs revenus avaient diminué au cours des 12 derniers mois. Les principales raisons sont les pertes de récoltes dues aux longues sécheresses et les maladies. En effet, du fait qu’ils dépensent beaucoup pour les soins de santé, ils n’arrivent pas à effectuer des dépenses productives. 56% des revenus sont issus de la production végétale, 14% du petit commerce, 11% de l'élevage, 11% de la pêche et 8% d'autres activités. La figure suivante présente ainsi la réalité.
Figure 4.14: Principaux secteurs d’activités dans le Complexe
70 % des ménages enquêtés déclarent n’avoir jamais reçu des transferts d’argent venant de l’étranger, environ 20 % ont reçu quelques fois et seulement 2 % ont reçu régulièrement des transferts venants de l’étranger.
Par rapport à tout ce qui suit, les données collectées ont permis de bâtir ce calendrier des revenus des ménages.
Tableau 4.17 : Calendrier des revenus des ménages
Mois
Revenus J F M A M J J A S O N D
Agriculture
Commerce
Elevage
Pêche
Production de charbon de bois
Artisanat
Autres
Source : Enquêtes de terrain GRAPES.
4.6 Calendrier des dépenses
Les ménages sur l'ensemble du complexe font des dépenses à tous les niveaux et s’étalent sur toute l’année. En Août, septembre et décembre, elles se font à un rythme accéléré respectivement pour la scolarité/rentrée des classes, les fêtes de fin d’année. Pour la nourriture, elles s'étendent sut toute l'année avec des pics pour les fêtes de fin d'année et les fêtes patronales. De Janvier à Avril et d’Août à novembre, elles se font pour l’achat de semences, d’outils et de main d’œuvre agricole. A un degré moindre, d’autres dépenses se font pour l’achat de matériel de pêche, pour les festivités de Rara pendant les mois de Janvier à mars. Le tableau ci-après décrit mieux la situation.
Ainsi, ces dépenses provoquent une diminution des revenus totaux En effet, durant les 12 derniers mois, 90% des ménages enquêtés ont connu une diminution de leur revenu total et qui s'expliquent par deux causes : les cas de maladie et les pertes/déficit lies aux productions dus aux sécheresses. Sur la même période, les revenus familiaux ont été répartis dans la scolarité, la nourriture, les vêtements, la construction, le réinvestissement, entre autres. La figure suivante présente ainsi la situation. (cf. figure suivante).
Figure 4.15: Répartition des postes de dépenses des ménages
Tableau 4.18 : Calendrier des dépenses des ménages
Dépenses J F M A M J J A S O N D
Scolarite
Nourriture
Vêtements
Achats de matériels de pêche
Achat de semences
Main d’œuvre agricole
Maladie
4.7 Situation Environnementale
La situation environnementale du Complexe peut être analysée à travers la fragilité du milieu liée aux facteurs naturels et à certains paramètres socio-économiques conditionnant les interventions de l’homme sur le milieu.
4.7.1 État de la couverture végétale
A première vue, la péninsule présente une couverture végétale relative importante, particulièrement dans les fonds de vallées et les gorges. Cependant, une observation plus poussée effectué permet de se rendre compte que le phénomène de déboisement des versants dans certaines sections communales des Communes des Baradères (Fond Tortue, Grand Boucan) et de Pestel atteint une proportion alarmante.
4.7.2 Analyse d’impact de la dégradation environnementale sur les capacités économiques des communautés
Les conséquences de la dégradation accrue des bassins versants et bassins côtiers au niveau du Complexe ne sont pas insignifiants. En effet, si le système d’élevage (élevage caprin) et le mode de conduite du cheptel (élevage libre) au niveau du Complexe favorise la dégradation des terres les rendant moins productives, les mauvaises pratiques culturales, le déboisement accéléré des terres contribuent également à empirer la situation. Il s’agit d’un cercle vicieux qui va de mal en pis. La dégradation des terres rendent ces dernières (les terres) moins productives et affectent les rendements. La faible capacité productive des terres entraine la diminution de la capacité d’investissement et donc de production des agriculteurs qui elle contribue à la décapitalisation de ces derniers. L’activité agricole, ne permettant pas le retour à l’investissement, les agriculteurs n’ayant pas d’autres alternatives sont obligés de la pratiquer et se décapitalisent de plus en plus. D’autres ont choisi de laisser le milieu pour migrer vers d'autres endroits comme les grandes villes ou en dehors a la recherche d'autres cieux plus prometteurs.
Il en ressort un délaissement exagéré des activités a la protection de l'environnement et des bonnes pratiques agricoles environnementales susceptibles de contribuer a avoir des résultats plus positifs soit sur les comportements a adopter ou encore sur les pratiques respectueuses de l'environnement à maintenir.
4.7.3. Attentes de la population et niveau de satisfaction des besoins primaires
Afin de pouvoir dégager les perspectives dans le cadre des priorités à prendre en compte dans l'élaboration du plan de développement, il a fallu prendre en considération les attentes de la communauté à travers cette étude. Il en ressort que domaines prioritaires sont le social, l'économique et l'environnemental. A travers ces domaines, des actions sont dégagées par les communautés, des différents bassins versants du complexe afin d'améliorer les conditions de vie des gens qui y vivent.
a) Sur le plan social
Selon le même schéma décrit plus haut, les actions prioritaires identifiées sur le plan social sont les suivantes : l'accès a l’eau potable par le captage (39% des enquêtés), l'amélioration des conditions et l'accès aux soins de santé a travers la construction des centres de santé et/ou d’hôpitaux (33%), l'amélioration de l’éducation a travers le recyclage des professeurs et la construction d'écoles (21%) et des autres services (route, électricité) (7%). La figure suivante décrit mieux la situation.
Figure 4.16: Domaines prioritaires pour la région sur le plan social
b) Sur le Plan économique
Les attentes prioritaires, par ordre d’importance pour la région dans lesquels l’État devrait participer sur le plan économique sont l'accès au crédit pour les exploitants agricoles (37%), le développement de l'agriculture (34%), la diversification des sources de revenus (19%). Tous les détails sont présentés dans la figure suivante.
Figure 4.17: Attentes prioritaires de la population sur le plan économique
c) Sur le plan environnemental
Sur le plan environnemental, la lutte contre l’érosion (56% des enquêtés) a travers la mise en place des structures antiérosives est le domaine le plus prioritaire pour la région. Viennent ensuite l’augmentation de la couverture boisée a travers le reboisement (30%) et la lutte contre la population maritime (12%).
Figure 4.18: Domaines prioritaires pour la région sur le plan environnemental
4.8 Présentation des acteurs locaux et de leurs domaines d'intervention
La réalisation de focus groupes dans l’air du Complexe a permis d’inventorier les principaux acteurs par commune. Ces acteurs sont des associations ou organisations communautaires de base (OCB), des structures organisationnelles, des organisations non gouvernementales (ONG), des organisations internationales et des autorités locales. En plus des domaines d’intervention de ces derniers (les acteurs), d’autres informations comme les partenaires et un numéro de contact ont été ajoutées pour chaque acteur quand elles sont disponibles.
Tableau 4.19: Acteurs locaux par commune et leurs domaines d'intervention
Communes Acteurs locaux Domaines d’intervention Partenaires Contact
Baradères
CAUFBA (Mouvman Fanm) Social 31435314
Mouvman Fanm Djanm Social 36107690
SOPEB (Solidarité des Pêcheurs de Baradères) Pêche 36227392
Mouvman Fanm Nip Éducation/Agriculture 38068677
Baradères Demain Social/Politique 38667191
Jean Chéry Social
Grand Boucan GJAGB (Groupement des Jeunes pour l'Avancement de Grand Boucan) Culturel/Environnemental PNUD/Autorités locales 36678641
Corail
Croix Rouge Suisse Agriculture/Pêche/Construction/Eau Groix Rouge Internationale 48067089
CESVI Sécurité alimentaire/Cash For Work/Eau PAM/EKO/UNICEF 36424148
CRS Agriculture/Élevage 49220713
PAD Assainissement/Latrine 49271411
Première Urgence Internationale Assainissement
FAES Éducation/Réhabilitation 37361865
Source : Enquête GRAPES, 2017
4.9 Les produits typiques au niveau du Complexe
En septembre 2012, le MCI avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’autres acteurs nationaux et locaux, a initié un processus d’identification et de systématisation des produits typiques. C’est ainsi que les produits du tableau qui suit ont été identifiés (cf. tableau 4.20).
Tableau 4.20 : Répartition des produits typiques de quelques communes au niveau du Complexe
Commune Produit typique Description du produit
Corail Fort Corail Monument historique qui a servi au système de défense du pays après l’indépendance en cas d’un éventuel retour des français.
Ananas pain de sucre Variété rare d’ananas qui reste vert à maturité. Il offre une chair blanche, très juteuse et sucrée. Son Cœur, tendre, se mange sans difficulté et est très recherché dans la haute gastronomie.
Véritable Fruit de l’arbre véritable (artocarpus altilis) reconnu pour ses qualités nutritives – il contient 30% de fécule – et est utilisé pour des gratins, des croquettes, des beignets...
Nass (bambou) Piège fabriqué de façon artisanale avec du bambou pour pêcher des fruits de mer.
Pestel Igname sel Variété d’igname de la région.
Tonmtonm Plat traditionnel à base de l’arbre véritable consommé exclusivement avec la sauce du gombo.
Fort Réfléchi Monument historique de la zone construit après l’Indépendance pour la défense de la nation au cas d’un éventuel retour des Français.
Fort Réfléchi Monument historique de la zone construit après l’Indépendance pour la défense de la nation au cas d’un éventuel retour des Français.
Nass (bambou) Piège fabriqué de façon artisanale avec du bambou pour pêcher des fruits de mer.
Doukounou Produit comestible fait à base de maïs auquel peut être ajouté d’autres produits comme du sucre, du sel, de la canelle.
Baradères Nan mapou Site culturel très fréquenté par les pratiquants du vodou
Grand Boucan Plage carrang Plage de la région reconnue pour sa beauté.
Concombre de mer Animal marin qui recycle les sédiments de surface.
Petit mil Céréale donnant de petites graines, cultivée principalement dans les zones sèches.
Source : GRAPES, selon données MCI, 2014
5 Analyse des filières porteuses au niveau du complexe
Les deux sections communales de Grand Boucan ont une topographie dominante en plaine côtière. La surface agricole est relativement faible, surtout au niveau de la première section communale ou elle représente 20 % de la superficie de la section. Au niveau de cette section 50 % de la population s’adonnent à l’agriculture. La pêche y est pratiquée par 450 pêcheurs répartis sur 3 ports de débarquement. Quant à la deuxième section (Eaux basses), on y trouve plus de 1200 pêcheurs répartis sur 4 ports. La flotte (1157 embarcations) est dominée par des embarcations de type « bois fouillé » (plus de 98%) qui sont limitées par la pêche côtière déjà surexploitées au niveau de la commune. Un projet de développement de la pêche au niveau de la Commune de Grand Boucan pourrait être un projet très viable. L’une des principales contraintes actuelles de ce secteur (la pêche) est que les pêcheurs n’ont pas le matériel nécessaire pour pratiquer la pêche profonde qui leur permettrait de réduire la pression sur la côte et ainsi permettre la régénération de la ressource côtière. La Croix Rouge Suisse qui, après l’ouragan Matthew, travaille dans la pêche, serait un acteur important dans la mise en œuvre de cet éventuel projet.
La commune de Baradères avec son abondance de mangroves et de récifs pourrait aussi être une zone pilote pour le développement de la pêche.
Les principaux obstacles auxquels se heurte la mise en valeur du secteur des pêches sont :
En ce qui est de la ressource
• La baisse des rendements de prises ;
• L’augmentation constante de l’effort de pêche sur le plateau continental très étroit
• La baisse continue du maillage des filets ;
• La poursuite du processus de dégradation des écosystèmes côtiers en raison de l’absence de politiques environnementales effectives ;
• La pêche au compresseur ou à la senne entraînant une utilisation destructive de l’environnement ;
• La faiblesse du système de contrôle et de surveillance concernant l’application des quelques mesures règlementaires sur la pêche visant à préserver la productivité des stocks halieutiques ;
• La faible capacité des pêcheurs à financer l’acquisition des équipements de pêche et à conserver leurs produits en mer et sur terre.
Pour ce qui est des techniques et modes d’exploitation :
Il faut introduire des améliorations au niveau de la pêche artisanale et de vulgariser et financer la mise en place des dispositifs de concentration de poissons (DCP)
Un accent particulier doit être mis dans le domaine du développement organisationnel des pêcheurs, et la nécessité de modifier les approches en matière d’intervention en milieu pêcheur.
Pour ce qui est de la valorisation des produits de la pêche :
Il existe des possibilités d’augmenter les revenus des pêcheurs et d’améliorer la sécurité alimentaire à travers une meilleure organisation de la commercialisation et de la promotion des filières créatrices de valeur ajoutée.
Les besoins en financement se situent surtout aux niveaux des équipements de pêche et des matériels et équipements pour la conservation des produits de pêche.
5.1 Les principales filières porteuses identifiées au niveau du Complexe
Les attentes exprimées par les participants pendant le déroulement des ateliers nous ont permis d'identifier et de faire ressortir les filières pouvant amorcer a terme une certaine création durable de richesses et qui sont considérées comme porteuses au niveau économique. Nous avons retenu les suivantes :
1. Le développement de la Pêche ;
2. L'appui aux activités génératrices de revenus par le financement rural ;
3. Le développement de l'élevage (filière caprine, bovine et apiculture) ;
4. L'Agroforesterie ;
5. L'intensification agricole avec un accent sur la conservation et la gestion post récolte.
5.1.1 Le développement de la Pêche
5.1.1.1 Justificatif
Au niveau du Complexe, la population des pécheurs est estimée à environ 4000 sans compter les marchandes de poissons vivant aussi de cette filière. L'apport de cette filière à la création de revenus n'est pas négligeable tenant compte des activités journalières qui y sont engagées. Retenir la Pêche comme une filière porteuse se fait dans l'objectif d'améliorer les efforts de pêche dans une perspective d'augmentation des revenus et de la création des richesses à court et à moyen terme au bénéfice des communautés concernées.
5.1.1.2 Le Contraintes
• Utilisation d’équipements de pêche rudimentaires et de faible productivité ;
• Petite taille et la vétusté des embarcations limitant les prises seulement au niveau des cotes ;
• Limitation du temps et du nombre de jours de pêche a cause des contraintes relatives a l’exploitation de ressources éloignées de la côte (les espèces pélagiques) ;
• Manque de formation de pêcheurs en techniques modernes de pêche ;
• le manque d’organisation et de structuration des pêcheurs en association ;
• le manque de moyens de conservation augmentant les risques de pertes à tous les niveaux ;
• Très Faible capacité des pêcheurs en négociation et en connaissance des filières de commercialisation ;
• Inexistence des moyens de conditionnement des poissons et fruits de mer ;
• manque de régulation du secteur contribuant à l’épuisement de la ressource ;
• Exposition constante aux Risques de Catastrophes Naturelles (cyclones, inondations) causant le plus souvent d'importants dégâts dans le secteur.
5.1.1.3 Le Atouts
• Existence d'un bon potentiel en ressources marines
• Possibilité de pratiquer la pêche de fond par la prise de grands poissons pélagiques
• Demande en fruits de mer toujours supérieure a l'offre locale
• Existence de quelques de mangroves pour la reproduction des poissons
5.1.1.4 Les interventions retenues
Nous retenons à court et moyen terme:
• La dotation en matériels et équipements modernes (Bateaux et moteurs, DCP, etc.) ;
• L'adoption des techniques modernes de Pêche ;
• La formation et l’accompagnement continu des jeunes pêcheurs aux techniques modernes de Pêche ;
• L'acquisition et la mise en place de structures de conservation (chambres froides) ;
• La mise en place de Boutiques d'intrants de Pêche ;
• Le renforcement organisationnel des pêcheurs et des marchandes avec un accent particulier sur les techniques de négociation ;
• La Mise en place d'une coopérative de Pêche.
5.1.1.5 Couts estimatifs des activités
Tableau 5.1 : Couts estimatifs des activités de la filière Pêche
Activités Couts en Million de Gdes
Dotation en matériels et équipements modernes (Bateaux, moteurs, DCP etc...) 15 000 000
Adoption des techniques modernes de Pêche
Formation et l’accompagnement continu des jeunes pêcheurs aux techniques modernes de Pêche 5 000 000
Acquisition et la mise en place de structures de conservation et de conditionnement 10 000 000
Renforcement organisationnel des pêcheurs et des marchandes 1 500 000
mise en place de Boutiques d'intrants de Pêche 5 000 000
Mise en place d'une coopérative de Pêche 1 000 000
TOTAL 37 500 000
5.1.2- L'appui aux activités génératrices de revenus par le financement rural
5.1.2.1 Justificatif
Les activités génératrices de revenus restent l'une des préoccupations exprimées par les communautés et deviennent une attente a satisfaire de leur part. Du coup, les volumes de transactions commerciales observées en particulier pendant les jours de marchés des principales communes du complexe soit a travers la vente de produits agricoles et d'élevage, la vente de produits alimentaires, ou cosmétiques ou encore les échanges tenus par les marchandes de poissons sont autant de débouchés qui font justifier la nécessité des communautés de générer des revenus par la mise en place de ces activités régulières pour la satisfaction des besoins de base. L'accès au financement permettra de pratiquer ces activités sur une plus grande échelle selon une logique de pénétration vertico-horizontale par l'accès a un plus grand volume de fonds par un plus grand nombre d'agents économiques intéressés.
5.1.2.2 Les Contraintes
• Manque de financement local pour développer/renforcer toute activité de micro-entreprise en milieu rural ;
• Quasi absence de toute structure étatique pour l'offre de financement rural (BCA) au niveau de la zone d'étude ;
• Recours a des pertes usuriers a des taux exorbitants ;
• Présence timide/très peu remarquée de coopératives ou de mutuelles de solidarité dans la zone d'étude ;
• Garantie très limitée des exploitants pour accéder au financement rural suite aux aléas climatiques et à la montée des prix des produits de base.
5.1.2.3 Les Atouts
• Intérêt manifeste des ménages au développement de l'entreprenariat rural ;
• Présence remarquée et intérêt des femmes au développement de ces activités ;
• Très bon potentiel d'échanges au niveau de la mise en œuvre des activités commerciales dans la zone ;
• Facilitation de la circulation d'argent sur une base régulière par la satisfaction des besoins de base ;
• Très bon recours en période de soudure et réponse garantie aux risques de catastrophes et aléas climatiques au niveau agricole ;
• Potentiel de regroupement des exploitants pour la mise en place/renforcement des structures financières de proximité comme les coopératives, les mutuelles de Solidarité (MUSO).
5.2.2.4 Les Interventions retenues
• Appui à la mise en place de mutuelles de Solidarité (accès au fonds local de proximité) ;
• Promotion des comme le petit commerce (gros et détail) ;
• Appui à l'identification et à la promotion des activités génératrices de revenus ;
• Mis en place d'un programme de Formation des acteurs incluant:
• les conditions et l'accès au financement rural ;
• le Marketing et la Promotion ;
• Négociation et marchés ;
• Appui à l'élaboration de Plan d'affaires ;
• Programme de suivi des micro-entreprises.
5.2.2.5 Couts estimatifs des activités
Tableau 5.2 : Couts estimatifs des activités de génératrices de revenus
Activités Coûts en Millions de Gdes
Appui à la mise en place de mutuelles de Solidarité (accès au fonds local de proximité) 3 000 000
Appui à l'identification et à la promotion des activités génératrices de revenus (petit commerce de gros et de détails) 3 000 000
Mise en place d'un programme de Formation des acteurs incluant:
- les conditions et l'accès au financement rural
- le Marketing et la Promotion
- Négociation et marchés 10 000 000
Appui à l'élaboration de Plan d'affaires 5 000 000
Recherche et mise en place d'un fonds comme contrepartie 15 000 000
Programme de suivi des micro-entreprises 10 000 000
TOTAL 46 000 000
5.2.3 Le développement de l'élevage (filière caprine, bovine et apiculture)
5.2.3.1 Justificatif
La place de l'élevage dans l'économie des exploitations agricoles au sein du Complexe de la péninsule du Sud’Ouest n'est plus à démontrer et n'est pas différente du reste du pays vu son fort potentiel et son rôle de caisse d'épargne pour la plupart des familles en milieu rural.
5.2.3.2 Les Contraintes
• Accès limité aux soins vétérinaires prophylactiques et curatifs ;
• Ouverture des marches d'importation de la viande par morceau ;
• Disponibilité limitée e des espaces pour production de fourrages ;
• Manque d'encadrement de proximité (absence de techniciens vétérinaires) ;
• Baisse du potentiel due à la consanguinité ;
• Disfonctionnement des structures de prise en charge (GSB) pouvant adresser les problèmes du secteur ;
• Absence d'une structure de surveillance et de veille épidémiologique (prophylaxie) ;
• Pratique soutenue de l'élevage libre ;
• Présence de varroase et manque de formation des apiculteurs à la lutte contre ce fléau
• Pratique de l'apiculture encore au stade rudimentaire (troncs d'arbre) ;
• Extension du miel encore au niveau rudimentaire (aucun respect des normes hygiéniques).
5.2.3.3 Les Atouts
• Potentiel de valorisation des sous-produits agricoles ;
• Produits d'élevage pratiqué prioritairement biologiques ;
• -Existence d’un marché potentiel à satisfaire ;
• Construction d'hôtels et développement du tourisme local un peu partout dans l'aire du complexe en particulier ;
• Intérêt manifeste comme source de revenus des producteurs pour ce secteur
• Présence d'apiculteurs ;
• Présence d'espèces mellifères un peu partout.
5.2.3.4 Les interventions retenues
• Appui au renforcement de la Production caprine t bovine (amélioration races, production de chair et de lait)
• Formation des éleveurs en santé animale et aux techniques d'élevage
• Relance des structures locales de contrôle (GSB)
• Mise en valeur des espaces propres à la production de fourrages
• Appui au programme de santé animale (prophylaxie, vaccination, dotation en vaccins etc...)
• Appui à l'Apiculture à travers la:
• Acquisition de matériels et d'équipements apicoles modernes extracteur ;
• Formation à la construction de ruches modernes à cadres mobiles ;
• Formations des apiculteurs à la lutte contre les varroas ;
• Formation des apiculteurs aux techniques modernes d'apiculture ;
• Respect des normes et la recherche de marchés.
5.2.3.5 Couts estimatifs des activités
Tableau 5.3 : Couts estimatifs des activités de développement de l’élevage
Activités Couts en Millions de Gdes
- Appui au renforcement de la Production caprine t bovine (amélioration races, production de chair et de lait) 50 000 000
- Formation des éleveurs en santé animale et aux techniques d'élevage 2 000 000
- Relance des structures locales de contrôle (GSB) 500 000
- Mise en valeur des espaces propres à la production de fourrages 2 000 000
- Appui au programme de santé animale (prophylaxie, vaccination, dotation en vaccins etc...) 5 000 000
- Appui à l'Apiculture à travers la:
- Acquisition de matériels et d'équipements apicoles modernes extracteur
-Formation à la construction de ruches modernes à cadres mobiles
- Formations des apiculteurs à la lutte contre les varroas
- Formation des apiculteurs aux techniques modernes d'apiculture
-le respect des normes et la recherche de marchés 10 000 000
TOTAL 59 500 000
5.2.4- L'Agroforesterie
5.2.4.1 Justificatif
Cette filière vise surtout à pousser au plus les interventions relatives à la protection des bassins identifiés au niveau du Complexe. Ayant tous subi à un certain niveau de dégradation, il convient de mettre le focus sur cette filière à travers certaines interventions de redressement et de protection.
5.2.4.2 Les Contraintes
• Haut niveau de dégradation des sols du a un haut degré d’érosion des parcelles
• Pratique de l'agriculture a des pentes jusqu'à 60% ;
• Pratique d'une agriculture non respectueuse de l'environnement ;
• Absence de Bonnes Pratiques culturales au niveau des parcelles en montagnes ;
• Pratique d'une agriculture intensive en montagnes et flancs de mornes avec des espèces catastrophiques pour l'environnement (pistache, haricot, vétiver, etc.).
5.2.4.3 Les Atouts
• Possibilité de mise en valeur de certains espaces pour la plantation d'espèces fruitières et forestières ;
• Valorisation des terres par la Pratique d'une agriculture de conservation sur petite échelle ;
• Identification des espaces pour la production de bois d'énergie ;
• Disponibilité de certaines espèces forestières et fourragères comme l'herbe de guinée, et d’autres espèces de plantes pouvant être valorisées dans la mise en place des structures antiérosives pour la conservation des sols et de l'eau.
5.2.4.4 Les Interventions retenues
• Promotion des bonnes Pratiques agricoles et Environnementales (BPAE) ;
• Sensibilisation de masse a la pratique d'une agriculture de conservation ;
• Formation des techniciens aux pratiques de l'agroforesterie ;
• Mise en place de Champs Ecole Paysans (CEP) ;
• Mise en place des parcelles de production de bois d'énergie ;
• Appui à la mise en place /renforcement des pépinières communautaires ;
• Mis en place de lots boises et de vergers ;
• Appui à la mise en place de l'aménagement des sites de protection.
5.2.4.5 Couts estimatifs des Interventions
Tableau 5.4 : Couts Estimatifs des activités de l’agroforesterie
Activités Couts en Millions de Gdes
Promotion des Bonnes Pratiques Agricoles et Environnementales (BPAE) 5 000 000
Sensibilisation de masse à la pratique d'une agriculture de conservation 2 000 000
Formation des techniciens aux pratiques de l'agroforesterie 5 000 000
Mise en place de Champs Ecole Paysan (CEP) 5 000 000
Mise en place des parcelles de production de bois d'énergie 10 000 000
Appui à la mise en place / renforcement des pépinières communautaires (forestières et fruitières) 10 000 000
Mis en place de lots boisés et de vergers 5 000 000
Appui à la mise en place de l'aménagement des sites de protection 10 000 000
TOTAL 47 000 000
5.2.5. L'intensification agricole, conservation et transformation des produits agricoles
5.2.5.1 Justificatif
Le choix de cette filière est de surtout contribuer à la diversification de certaines cultures de rente, a l’accroissement de la production agricole et a la rentabilité économique des agriculteurs par la promotion des produits à haute valeur ajoutée et en demande sur les différents marchés. Tenant compte d la pratique de l'agriculture comme principale activité économique au niveau du complexe, les alternatives de rentabilité liées à la production agricole doivent être prises en compte et adressée comme étant une filière porteuse.
5.2.5.2 Les Contraintes
• Faible disponibilité en semences de qualité ;
• Dégénérescence du matériel génétique généralement utilisée ;
• Manque de formation aux techniques de production agricole ;
• Déficience en infrastructures routière très mauvais état des routes et des pistes dessertes ;
• Difficultés d'assurer des approvisionnements en intrants de qualité (engrais, semences pesticides) ;
• Absence de contrôle et de régulation des prix en vigueur ;
• Compétitivité très faible des productions locales suite aux limitations des facteurs de production ;
• Structure de stockage traditionnel de très faible capacité ;
• Faible niveau de transformation de productions agricoles ;
• Exposition des parcelles aux catastrophes naturelles.
5.2.5.3 Les Atouts
• Grande disponibilité de la production céréalière et de tubercules (patate douce, igname)
• Parcelles d’un bon potentiel agricole et de rendement ;
• Diversification au niveau des productions (légumineuses, céréales, tubercules, fruits etc.) ;
• Existence de deux à trois saisons selon la zone et les espèces pour la production agricole ;
• Potentiel pour la transformation des produits agricoles.
5.2.5.4 Les Interventions retenues
• Appui à la mise en place des Groupements de Production Artisanale de Semences (GPAS) et Formation ;
• Mise en place de structures de stockage et de conservation (silos) ;
• Formation aux techniques rentables de production agricole ;
• Mise en place de boutiques d'intrants agricoles ;
• Appui à la mise en place de micro unités de transformation agricole ;
• Formation au respect des normes de qualité liées à la transformation ;
• Réhabilitation de certaines pistes dessertes pour la commercialisation des produits ;
• Mise en place de plan de gestion de risques des catastrophes ;
• Collecte régulière des prix sur les principaux marchés avec l'appui de la CNSA.
5.2.5.5 Couts estimatifs des Interventions
Tableau 5.5 : Couts Estimatifs des activités de l’intensification agricole, …
Activités Couts en Millions de Gdes
Mise en place de structures de stockage et de conservation (silos) 10 000 000
Appui a la mise en place des Groupements de Production Artisanale de Semences (GPAS) et formation 5 000 000
Formation aux techniques rentables de production agricole 5 000 000
Mise en place de boutiques d'intrants agricoles 10 000 000
Appui a la mise en place de micro unités de transformation agricole 20 000 000
Formation au respect des normes de qualité liées a la transformation 2 500 000
Réhabilitation de certaines pistes dessertes pour la commercialisation des produits 15 000 000
Mise en place de plan de gestion de risques des catastrophes 3 000 000
Collecte régulière des prix sur les principaux marchés 1 000 000
TOTAL 71 500 000
6 Plan de suivi des indicateurs socioéconomiques
Cette partie prospective s’appuie sur les grands axes de développement structurants en cours ou à venir sur le bassin versant du Complexe Baradères – Cayemites
Les indicateurs socio-économiques sont et resteront les véritables instruments d’évaluation de performance d’une économie. Actuellement certains indicateurs sont utilisés pour mesurer le degré d’émergence d’une économie.
La quantification et l’analyse de la dimension socio-économique du développement, s’inscrit dans la logique du renforcement de la capacité des populations à s’insérer dans le processus de création des richesses, et à acquérir les aptitudes d’une autoprotection durable contre les divers dénuements aussi bien humains que monétaires. Il s'agit, en outre, de développer la base du capital humain de l'économie par la rentabilisation des ressources humaines et l'orientation de la politique de population vers la création des préalables d’une croissance économique à des taux suffisants.
L'approche méthodologique autour de laquelle s'articule cette partie, consiste en une distinction de deux principales dimensions du thème abordé. La première correspond aux besoins élémentaires qui ont trait à la nutrition, au cadre de vie, à la sécurité personnelle et sociale et à l’infrastructure sociale physique en interaction avec les charges quotidiennes de la vie; déterminants d’une participation plus accrue à l’activité économique. La seconde dimension est relative aux besoins de revenus dont la satisfaction dépend, entre autres, du perfectionnement des aptitudes éducatives et professionnelles, de la formation, des opportunités d'emploi et de gains non salariaux, et de l’accessibilité aux facteurs de production.
Ces dimensions socio-économiques sont évaluées du point de vue niveau et tendance, sur la base des indicateurs de situation et d'apports différenciés en fonction du milieu de résidence et du sexe. La différenciation de ces dimensions selon d’autres caractéristiques dont notamment le niveau de vie, sera menée pour mieux cerner les déterminants de l’insertion de la dimension socioéconomique dans la politique de population. Le recours sera aussi fait aux concepts de liaison et d'intégration spatiale pour repérer les priorités parmi les mesures socio-économiques possibles et pour les évaluer du point de vue liaisons et interaction, en amont et en aval, avec les préalables du développement.
La première section de cette partie est consacrée aux fondements théoriques et empiriques du développement socio-économique et à leurs enseignements en matière de choix et d’analyse des indicateurs susceptibles de cerner les spécificités locales. La seconde section aborde la dimension économique du développement en se référant à la tendance du PIB par tête en relation avec l’indice du coût de la vie, la dépense annuelle moyenne par personne et l’incidence de la pauvreté. La satisfaction des besoins indispensables comme la consommation alimentaire et non alimentaire et la nutrition, est abordée en interaction avec le niveau de vie. La description des schémas de consommation permettra, par la suite, d’explorer les conditions sous lesquelles le pouvoir d’achat des populations à revenu limité peut-être sauvegardé ou renforcé. La troisième section évalue le potentiel national en ressources humaines et le degré de son insertion dans le processus de formation et de production de biens et services; dimension approchée par la composition socioprofessionnelle des ménages, le niveau et les formes d’emploi, le risque du chômage et les sources de revenu. Cette dimension est complétée par l’analyse des schémas d’investissement et de production des ménages, et ce dans le but d’appréhender le moyen par lequel les activités génératrices de revenu peuvent être rentabilisées et utilisées comme support d’amélioration des niveaux de vie déficients. D’où le tableau de description du plan de suivi des indicateurs socioéconomiques se trouvant en dessous
Plan de suivi
Indicateurs socioéconomiques
Indicateurs Unité de Mesure Source des Données Suivi/Fréquence
Groupe Cible 1: Ménages et Exploitations agricoles Actualisation
1.1 Taille moyenne des ménages Nombre Données désagrégées de l'IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées tous les 5 ans
1.2 Nombre moyen d’enfants âgés de cinq ans ou moins Nombre Données désagrégées de l'IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. Données collectées tous les 5 ans
1.3 Pourcentage de ménages dirigés par des femmes % Données désagrégées de l'IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. Données collectées tous les 5 ans
1.4 Revenu moyen par tête d’habitant Montant (HTG) Données désagrégées de l'IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. tous les 5 ans
1.5 Nombre moyen d’enfants scolarisés Nombre Données désagrégées de l'IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées chaque année
1.6 Augmentation moyenne de la production agricole (par tête de ménage) % Données désagrégées de l'IHSI, Service statistique MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 3-5 ans
1.7 Augmentation de la part de revenu tirée des activités agricoles % Données désagrégées de l'IHSI, Service statistique MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 6-12 mois
1.8 Temps moyen d’accès aux marchés locaux Heure / Minutes Données désagrégées de l'IHSI, CNSA si existant. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées
1.9 Pourcentage de la population rurale ayant accès à une route toutes saisons (ventilée par genre) % Enquêtes auprès des ménages. Données partiellement collectées 6-12 mois
1.10 Temps moyen d’accès aux différents marchés Heure / Minutes Enquêtes auprès des ménages. Données partiellement collectées
1.11 Changement en pourcentage dans les « stratégies de survie » (sécurité alimentaire) % Données désagrégées de l'IHSI, CNSA Service statistique MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 3-5 ans
1.12 Taux d’accès des ménages aux services de santé de base % Données désagrégées de l'IHSI, Consultation, Etudes préalables au MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées
1.13 Types d’énergies utilisés par les ménages
Classification et % par classification Données désagrégées IHSI, si existant. Enquête auprès des ménages. 3-5 ans
1.14 Sources d'approvisionnement en eau par les ménages Classification et % par classification Enquêtes auprès des ménages. Données partiellement collectées 3-5 ans
1.15 Pourcentage des membres des ménages fréquentant l’école % Données désagrégées de l'IHSI, consultation Etudes prealables au MENFP. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 1-3 ans
1.16 Pourcentage des membres des ménages impliqués dans les activités de l’E.A. % Enquêtes auprès des ménages. Données partiellement collectées 2 fois/an saison agricole
1.17 Type et Qualité des infrastructures mobilisées au sein des E.A. Données désagrégées de l'IHSI, consultation Etudes prealables au MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées
1.18 Quantite d’ha de terres mis en valeur et/ou en jachère Nombre Données désagrégées de l'IHSI, services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 1-3 ans
1.19 Estimation des revenus agricoles Montant (HTG Données désagrégées de l'IHSI, services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 12 mois
1.20 Estimation des revenus non-agricoles Montant (HTG) Données désagrégées de l'IHSI, services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 12 mois
1.21 Etat / Augmentation du volume de transactions liées aux activités agricoles réalisées % Services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 6-12 mois
1.22 Etat / Augmentation de la marge bénéficiaire brute sur la vente des produits agricoles % Services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 1-3 ans
1.23 Quantité d’ha de terres mis en valeur et/ou en jachère Nombre Services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 1-3 ans
1.24 Estimation des Chiffres d’affaires des planteurs Services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 12 mois
1.25 Estimation des revenus issus des activités extra agricoles Données désagrégées de l'IHSI, services statistiques MARNDR. Enquête auprès des ménages. Données partiellement collectées 12 mois
Groupe Cible 2: Associations de planteurs/Planteurs
2.1 Nombre d’associations de planteurs actifs dans la région Nombre Consultation documents FAES. Enquête auprès des associations. Données partiellement collectées 3-5 ans
2.2 Niveau de structuration des associations de planteurs Consultation documents FAES. Enquête auprès des associations. Données partiellement collectées 3 ans
2.3 Quantité d’Associations de planteurs reconnue légalement Nombre Consultation documents FAES. Enquête auprès des associations. Données partiellement collectées 3 ans
2.4 Type d’habitat des planteurs % Données désagrégées de l'IHSI. Enquête directe auprès des menages. Données partiellement collectées 3 ans
2.5 Quantité d’enfants ou de proches vivants à P-au-P ou à l’étranger Nombre Données désagrégées de l'IHSI. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées 3 - 5ans
2.6 Estimation des transferts effectués vers P-au-P ou reçus de l’étranger Montant (HTG) Données désagrégées de l'IHSI. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées 12 mois
2.7 Facilite/temps d’accès de la population aux infrastructures de base à travers les routes (santé, écoles, marchés etc…) heures Données désagrégées de l'IHSI. Etudes préalables au MARNDR. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées
Groupe 3 : Accès aux Marchés Ruraux
3.1 Augmentation du volume de transactions réalisées dans les marchés ruraux % Données désagrégées de l'IHSI. Etudes préalables au MARNDR. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées mois
3.2 Augmentation du nombre de producteurs, de détaillants et de commerçants ayant accès aux marchés % Données désagrégées de l'IHSI. Etudes préalables au MARNDR. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées mois
3.3 Types et qualité d'infrastructures de stockage existants % par type Etudes préalables au MARNDR, CNSA. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées 3 - 5 ans
3.4 Niveau de disponibilité des produits agricoles au niveau des marchés % Etudes préalables au MARNDR, CNSA. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées mois
3.5 Accessibilité des populations aux produits dans les marchés % Etudes préalables au MARNDR, CNSA. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées 6 mois
3.6 Prix utilises pour la vente des produits agricoles % Données CNSA. Enquête directe auprès des menages. Données partiellement collectées semaine
3.7 Collecte des prix sur les principaux marchés Données CNSA. Enquête directe auprès des ménages. Données partiellement collectées semaine
7 Plan de développement socioéconomique
7.1 Potentialités et contraintes au développement
7.1.1 Principales potentialités/secteurs
Les conditions de vies des habitants du Complexe Bardères-Cayemites ne sont pas trop différentes des autres communes et sections communales du pays. Toutefois, à côté des difficultés dont fait face cette population, il y a des atouts à exploiter dans un souci d’améliorer la situation des gens de cette zone (Tableau 3).
Tableau 7.1: Présentation des principales potentialités du Complexe par secteur d'intervention
Secteur Potentialité
Santé • Existence de centres de santé/hospitaliers desservant plus de 100000 patients annuellement;
• Existence de certains postes de vaccination à travers la majorité des localités ;
• Existence de matrones formées par les centres de santé à travers les différentes sections communales ;
• Présence de certains membres du personnel de santé (infirmières, auxiliaires, médecins);
• Interventions de certains organismes privés dans le cadre de programmes spécifiques comme la vaccination, les soins prénataux et des programmes de lutte contre la malnutrition infantile.
Education • Présence de bon nombre d'écoles (plus de 10) surtout nationales primaires à travers la section;
• Effort d'amélioration sur très petite échelle de la qualité de la formation donnée par certaines écoles en dépit de l'enclavement de certaines sections;
• Disponibilité en terre pour la construction d’établissement scolaire;
• Contacts permanents des directeurs et responsables d'écoles avec les responsables du MENJS sur les programmes de formation continue et de recyclage des professeurs ;
• Existence d'organisations intervenant dans l'enseignement fondamental
• Disponibilité malgré les contraintes de quelques Enseignants sur place au niveau fondamental
• Existence de réseau internet pour les communications entre les écoles et le MENJS
• Fréquents déplacements des enseignants et directeurs vers le Sud, les Nippes dans le cadre des programmes de formation continue
• Existence relative de mobiliers et d'équipements appropries
• Déperdition limitée au niveau fondamental
Agriculture / Pêche / Environnement • Existence de sites de mangroves pour la promotion de la pêche comme gites naturels par la reproduction des poissons
• Possibilité de faire de l’agroforesterie ;
• Présence de quelques techniciens sur place formés mais limites en technique de promotion de l'agriculture et de l'élevage;
• Place importante de la pêche dans l'économie des familles
• Existence limitée de quelques matériels et équipements pour la pratique de la pêche
• Présence de quelques sites de mangroves pour les activités de pêche
• Disponibilité de certaines espèces forestières et fourragères comme l'herbe de guinée, le vétiver et d’autres espèces de plantes pouvant être valorisées dans la mise en place des structures antiérosives de conservation des sols et de l'eau
Organisationnel • Présence de nombreuses organisations de base dans différents secteurs de développement de ces communes ;
• Niveau de structuration acceptable d'une assez bonne partie des organisations
• Ancrage social observe chez une grande majorité des organisations
7.1.2 Principales contraintes/secteur
L'utilisation des outils de diagnostic utilisés a conduit à l'identification des principales contraintes, leurs causes, leurs principaux impacts sur le développement de la zone ainsi que les pistes de solutions envisagées. Ces contraintes sont d’ordre socio-économique, environnemental, organisationnel et autre. Il va aussi fournir les éléments essentiels à l'identification des pistes pour l'élaboration d'un plan de développement effectif, pratique traduisant les attentes et les réalités présentes à travers le diagnostic. Le tableau suivant décrit ainsi la réalité.
Tableau 7.2: Principales contraintes exprimées par la population du Complexe Baradères-Cayemites, leurs causes et leurs conséquences sur la vie des communautés ciblées
Secteur
Contraintes
Principales Causes
Conséquences Solutions proposées /envisagées par les communautés
Santé • Long déplacement de la population vers l'extérieur à la recherche de certains services médicaux ;
• Indisponibilité de certains matériels pour certaines interventions médicales ;
• Faiblesse du personnel (Manque de ressources qualifiées) ;
• Grande limitation des soins de santé sur tout le Complexe • Manque de matériels, d’équipements et de cadre au sein des dispensaires ;
• Accessibilité du Complexe en termes de voies et de routes de pénétration ;
• Préférence donnée par les cadres aux grandes villes à causes des contraintes liées aux infrastructures de base (route, électricité, entre autres) ;
• Prise en compte limitée des services de santé dans le budget de ces communes ;
• Unités Communautaires de Santé (UCS) non fonctionnelles. • Augmentation des dépenses pour avoir accès aux soins de santé ;
• Quasi- indisponibilité de certains soins de santé ;
• Augmentation des cas de mortalité et en particulier une prévalence des cas de mortalité infantile ;
• Baisse globale et à terme de l'espérance de vie au niveau de ces communautés. ◦ Amélioration des voies d'accès à ces centres de santé ;
◦ Recours aux médecins traditionnels ;
◦ Réhabilitation de plusieurs centres de santé affectés par le passage du cyclone Matthieu ;
◦ Renforcement des capacités des centres de santé / hospitaliers (personnel, etc.)
◦ Dotation en matériels et équipements appropriés);
◦ Nomination de nouveaux cadres pour renforcer les personnels existants ;
◦ Relance des UCS.
Education • Destruction de plusieurs Infrastructures physiques de certaines écoles fondamentales ou en sérieux délabrement après le passage du cyclone Matthew ;
• Manque d’écoles secondaires et professionnelles en quantité suffisante dans le Complexe ;
• Absence de centres universitaires ou de facultés ;
• Faible Qualité de l'éducation en général.
• Manque d’appui de la part de l’état ;
• Précarité économique de certains parents à payer des frais au niveau des établissements scolaires privés ;
• Manque flagrant de volonté de la part des responsables d'écoles privées d’investir dans des infrastructures de base ;
• Incertitude des enseignants quant à leur statut non déterminé. • Migration des jeunes vers des grandes villes ;
• Appauvrissement des familles ;
• Délaissement des communautés à elles-mêmes ;
• Traitement de ces communautés en parents pauvres par manque de plaidoyer ;
• Démotivation des enseignants à cause des incertitudes sur leur statut (processus de nomination non abouti) depuis des années. • Réhabilitation de plusieurs écoles endommagées par le cyclone
• Construction de lycées dans la zone d’étude ;
• Promotion pour la mise en place d’écoles professionnelles ;
• Accélération du processus de nomination des cadres contractuels enseignants à tous les niveaux dans l'enseignement ;
• Formation continue des enseignants.
Accès à l'Eau et Assainissement • Grande difficultés d'approvisionnement en eau de boisson ;
• Long déplacement des gens de certaines localités pour s’approvisionner en eau ;
• Manque flagrant de voies de défécation (latrines, conforts modernes) au niveau des foyers des ménages ;
• Absence de sites de décharge pour la gestion des déchets des ménages. • Défectuosités des anciens captages et des puits;
• Absence de sources d’eau/forages de puits dans certaines sections communales;
• Absence de campagnes de sensibilisation à l'importance des voies de défécation pour la santé publique. • Prévalence des cas de maladies liées (diarrhées, infections intestinales) à la non consommation de l’eau potable ;
• Augmentation des cas de déshydratation chez les enfants et les personnes âgées ;
• Limitation de certaines interventions au niveau sanitaire. • Utilisation de produits de purification de l'eau ;
• Réhabilitation des captages dysfonctionnels, captage d’autres sources ;
• construction de citernes communautaires pour le stockage de l'eau de pluie ;
• Plus grande sensibilisation de la communauté à la prise en charge des latrines/conforts modernes dans la construction des maisons.
Agriculture/Environnement • Dégradation du milieu biophysique à cause des mauvaises pratiques agricoles ;
• Manque d’encadrement technique et d'accompagnent de proximité auprès des exploitants ;
• Grande dégénérescence de certaines variétés comme les céréales, les légumineuses ;
• Services agricoles publics (BACS) quasi non fonctionnels sur l’ensemble du Complexe ;
• Pratiques agricoles non respectueuses de l'environnement plantation sur des pentes encourageant l'érosion et la perte des terres ;
• Pollution constatée des zones de littoral par la présence de déchets plastiques ;
• Régression des sites de mangroves ;
• Absence d'une politique soutenue de protection de l'environnement dans le cadre d'une agriculture respectueuse. • Topographie du milieu très accidentée pour l'ensemble du complexe ;
• Coupe non réglementée et anarchique des arbres pour la fabrication du charbon de bois ;
• Absence d’appui de l’Etat « Leta bliye nou » donc pas de recours des exploitants sur le terrain ;
• Absence de boutique d’intrants dans la zone ;
• Pistes agricoles quasi inexistantes ;
• Dégradation accélérée du cadre environnemental suite à certaines pratiques agricoles (plantation de vétiver et de légumineuses sur haute pente). • Accélération du processus de l’érosion des terres ;
• Baisse de la fertilité des terres ;
• Baisse considérable et continue des rendements ;
• Utilisation de semences de mauvaise qualité ;
• Délaissement continu du secteur agricole par les jeunes ;
• Augmentation du phénomène de migration vers les pays étrangers (Chili, Brésil, etc...)
• Diminution constatée des prises de poissons. • Mise en œuvre des travaux de Conservation des sols et de l'Eau au niveau des versants à risques avec l’aide de techniciens;
• Mise en œuvre de programmes de reboisement avec une approche basée sur la "Citoyenneté Responsable ou Écocitoyenneté";
• Accompagnement technique défini et disponible pour les agriculteurs ;
• Mise en place d’activités économiques productives dans la zone pour diminuer la pression sur l'environnement (création d’emplois)
• Meilleure Valorisation des investissements dans les autres filières porteuses comme la Pêche, la transformation des Produits agricoles et d'élevage, etc. dans le cadre de la Promotion des Chaînes de Valeurs.
Pêche • Régression des sites naturels de mangroves constituant des gites naturels pour la reproduction des poissons ;
• Manque de matériels et d'équipements modernes (DCP, bateaux a moteurs) pour une meilleure valorisation des efforts de Pêche notamment à Pestel et aux Baradères
• Absence de boutiques d'intrants de pêche pour l'accès sur place aux petits matériels de pêche ;
• Manque de formation sur les techniques modernes de pêche ;
• Manque de diversification des sites et grande limitation des prises. • Faiblesse institutionnelle flagrante ;
• Absence d'une politique visant la régulation du Secteur Pêche ;
• Secteur Pêche traite en parent pauvre
• Mauvaise gestion des littoraux et des zones de pêche ;
• Absence de plans d'intervention et de gestion de la Pêche comme secteur stratégique ;
• Manque de prise de conscience au niveau communal sur l'importance des ressources halieutiques au niveau des communautés. • Diminution progressive des pontes des poissons ;
• Difficultés constatées dans la recherche et les prises effectives de fruits de mer ;
• Limitation importante des efforts de pêche suite aux incapacités de pratiquer la pêche de fond sur de longues distances ;
• Efforts de Pêche limites à la surface pour de petites prises et même précoces ;
• Niveau de rentabilité des efforts de pêche très faibles. • Meilleure Valorisation des investissements faits dans le Secteur Pêche dans le cadre de la Promotion des Chaînes de Valeurs ;
• Mise en œuvre des nombreuses et recommandations des études relatives à la valorisation du Secteur pêche au niveau de la Péninsule ;
• Renforcement des capacités et des efforts de pêche par la formation continue des pêcheurs, la dotation en matériels et équipements et la mise en place de programmes de crédits de pêche
Elevage • Diminution important du cheptel suite au passage du cyclone ;
• Dégénérescence des races suite aux problèmes de consanguinité ;
• Manque d’agents vétérinaires ;
• Absence de pharmacies vétérinaires ;
• Manque de formation en technique d'élevage pour les éleveurs ;
• Cas de certaines maladies restées chroniques sans traitement ;
• Absence d'encadrements techniques.
• Non Prise en compte du capital cheptel dans le cadre de la mise en place de plans de contingence ;
• Absence de spécialistes formés ;
• Inexistence de structures pour la fourniture des services de proximité en matière de soins vétérinaires
• Absence de structures organisées comme les "Groupman Sante Bèt" (GSB)
• Pas de formation continue et régulière pour les éleveurs ;
• Absence d'autres acteurs intervenant dans le secteur. • Décapitalisation accélérée des exploitations agricoles ;
• Interventions très limitées dans le cas des maladies du cheptel ;
• Augmentation des pertes du cheptel dues aux maladies ;
• Augmentation des dépenses pour soigner les animaux malades ; • Mise en place de pharmacie vétérinaire ;
• Formations d’agents vétérinaires pour accompagner les éleveurs.
Organisationnel • Présence d’organisations opportunistes/occasionnelles ;
• Gestion individualiste de certaines organisations ;
• Niveau de structuration très faible des organisations. • Tradition de projets dans la zone ;
• Appropriation de certaines organisations par certains leaders locaux/élus à des fins strictement politiques ;
• existence des organisations sur la base d'initiative individuelles en quête d'avantages personnelles et de positionnement politique. • Manque de coordination dans les activités entreprises par les organisations ;
• manque de transparence dans la gestion des fonds des organisations ;
• Interventions limitées dans le domaine de développement
• Disparition constatée des initiatives liées au « Combitisme » (bénévolat) au détriment des besoins de la communauté • Programme de Restructuration / renforcement des capacités des organisations locales basées sur la vocation et le rôle des organisations locales dans tout processus de développement ;
• Promotion de l'approche mise en place d'Entreprises à portée économique (mutuelles de solidarité, micro entreprises de transformation) au sein des organisations locales.
7.2 Filières Porteuses et Interventions prioritaires
L'élaboration du plan de développement prenant en compte les aspects socioéconomiques et environnementaux et, ce dernier doit être accompagné de grandes orientations qui prennent en considération les attentes exprimées par les communautés. Ces grandes orientations doivent regrouper des mesures et des actions qui peuvent être articulées autour de plusieurs axes dont les principaux sont:
• Axe 1 : Protection des versants ;
• Axe 2 : Diversification et promotion des activités génératrices de revenu avec un accent sur le petit commerce;
• Axe 3 : Intensification agricole, diversification des cultures et lien avec les marchés agroalimentaires ;
• Axe 4 : Le développement de la Pêche;
• Axe 5 : Aménagement d’infrastructures agricoles et rurales avec un accent particulier sur l'accès a l'eau ;
• Axe 6 : Encadrement et Renforcement des Capacités.
Les axes d’intervention retenus dans le cadre du Plan de développement socioéconomique et environnemental portent sur les dimensions biophysiques et économiques relativement à la gestion durable des ressources de la zone. La liste des interventions concernées peut inclure les éléments suivants:
• La sensibilisation aux choix des Bonnes Pratiques Agricoles et a la Protection de l'Environnement, notamment destinées aux jeunes au niveau des écoles, et des centres de formation, et aux membres des organisations locales faisant partie intégrante des axes stratégiques d’intervention ;
• Les choix au niveau des cultures et des systèmes d’élevage pratiqués dans une perspective de rentabilité économique en lien avec la préservation et une meilleure gestion des bassins versants.
7.3 Justificatifs des choix
7.3.1 Protection des versants
Tenant compte du niveau de dégradation des sols et du degré d’érosion des parcelles au niveau des sections rurales du complexe, la priorité devra être accordée à la protection des micros bassin versant. Un ensemble de mesures antiérosives (biologiques, mécaniques, etc.), de techniques de correction de ravines et de protection de berges, de restauration des sols et d’aménagement des parcelles sont identifiées. D’autres mesures doivent viser la mise en place de pépinières communautaires de façon à accroître les superficies de production de bois et de fruits afin de mieux gérer la ressource tout en protégeant les milieux naturels. Les actions devront se faire sur le long terme en concertation avec la population.
7.3.2 Diversification et promotion d’activités génératrices de revenus
En vue de diminuer les pressions sur l’exploitation des ressources naturelles des micros bassin versants du Complexe, des propositions seront formulées afin de promouvoir les activités économiques non liées aux ressources naturelles et de développer des activités économiques en lien avec la protection de l’environnement. Pour ce faire, des appuis doivent être accordés pour favoriser l’accessibilité des opérateurs économiques au crédit, le développement d’activités génératrices de revenus, et le renforcement et/ou la création de petites et moyennes entreprises (PME).
7.3.3 Intensification agricole, diversification des cultures et lien avec les marchés
Afin d’augmenter la productivité et la production des cultures agricoles, un appui important devra être apporté aux producteurs, aux associations et aux opérateurs économiques afin de permettre l’introduction et/ou le renforcement de techniques de production améliorées et adaptées au milieu. Ils doivent être formés sur les techniques de production, la protection et le stockage des produits agricoles, l’amélioration variétale sur les espèces les plus rentables, le développement d’activités de conservation et de transformation de produits agricoles, la commercialisation et de développement de filières porteuses, l’accès aux intrants et au crédit, etc. Un appui important devra également alloué à l’élevage notamment sur la promotion et la diversification de l’élevage de petits ruminants, la production de fourrage et la santé animale, etc.
7.3.4 Aménagement d’infrastructures agricoles et rurales
L'accès à l'eau de consommation reste l'un des gros défis auxquelles font face les communautés rurales du Complexe. Afin de pouvoir aider à diminuer les effets de cette grande contrainte dus la population, le captage de nouvelles sources et la réparation de boites de captage au niveau des communes de Baradères et de Pestel pour une plus disponibilité de l'eau au niveau des fontaines et dans les foyers , la pratique de la petite irrigation et la construction de citernes individuelles et communautaires pour un meilleur stockage de l’eau de pluie afin d'augmenter la production et améliorer les rendements agricoles. L’approvisionnement en eau potable et l’assainissement du milieu nécessiteront également la construction d’infrastructures appropriées comme les latrines individuelles et communautaires qui devront être prises en compte par les ménages dans leurs constructions.
D'autre part, afin de désenclaver certaines zones et de permettre l’acheminement rapide des produits agricoles vers les points de vente et les marchés de consommation, certaines pistes rurales reliant les sections communales entre elles et facilitant un accès vers le centre ou les bourgs devront faire l’objet de réhabilitation ou de construction.
7.3.5 Le développement de la Pêche
Tenant compte de la forte population de pécheurs sur tout le Complexe (environ 4000), la filière pêche mérite une attention particulière dans la prise en compte d'un plan de développement pour la Péninsule Sud’Ouest. Ainsi, le renforcement de capacités des pécheurs en termes de nouvelles techniques modernes de pêche, la dotation en matériels et équipements de pêche (bateaux et moteurs, filets, nasses etc.), l'installation de DCP en vue de l'augmentation des prises l'installation de matériels de conservation et de conditionnement devront être prises en compte dans une perspective de l'amélioration des efforts de pêche et l'augmentation des revenus dans cette filière.
7.3.6. Encadrement et renforcement des Capacités
Aucune mise en œuvre réelle et possible ne peut se concrétiser en dehors d'un cadre défini de renforcement des capacités et d'acquisition de compétences définies dans le cadre d'une prise en compte effective des actions définies et sélectionnées dans le cadre de ce plan. Comme axe transversal, le renforcement des capacités des acteurs pèse beaucoup dans la balance des actions à mettre en œuvre.
7.4 Proposition du plan de développement proprement dit
Tel que priorisé à travers les résultats découlant du diagnostic, la proposition du plan de développement du Complexe Baradères-Cayemites est ainsi présentée à travers les axes retenus:
7.4.1 Protection des micros bassin versants (Axe 1)
7.4.1.1 Objectif
Atténuer les effets négatifs des actions des communautés sur le potentiel de production des bassin versants en protégeant l’environnement et en favorisant une exploitation durable et équitable des ressources naturelles.
7.4.1.2 Les Actions à entreprendre
Les actions proposées ont également pour but de diminuer les vitesses d’écoulement et de réduire ainsi l’érosion des sols. Les interventions porteront donc principalement sur l’aménagement des versants, le traitement des ravines et la protection des berges des ravines et dont les effets porteront sur la diminution des volumes des crues et la régularisation des débits en aval.
De manière générale, les actions privilégiées obéissent, dans la mesure du possible, à une stratégie prenant la parcelle comme cadre de référence et cherchant la mobilisation et la participation de l’exploitant. La maîtrise de l’érosion ne devrait pas être considérée comme un but en soi, mais comme l’un des moyens pour augmenter le revenu des exploitants, notamment en restaurant la fertilité des sols. Les actions préconisées pour la protection du bassin versant sont :
• la protection des versants ;
• l’aménagement de sites spécifiques de protection ;
• la production de bois d’énergie ;
• l’appui à la mise en place de pépinières communautaires ;
• la mise en place d'une structure de protection des micros bassin versant.
7.4.1.2.1 Protection des versants
Le traitement des versants est fondamental pour la protection de l’environnement local. Les aménagements auront pour objectif de diminuer le ruissellement en favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol. Les interventions proposées constituent généralement des actions locales d’envergure plutôt restreinte à la portée des exploitants des parcelles. La liste des interventions proposées comprend :
• les bonnes pratiques agricoles ;
• les bandes enherbées ;
• le reboisement ;
• les terrasses progressives et murettes.
7.4.1.2.1.1 Pratiques culturales
Les Bonnes Pratiques Agricoles doivent avoir comme principe commun de minimiser les superficies de sols sans couvert végétal, de gérer le couvert végétal de façon évolutive et de favoriser la porosité et la structure du sol. Sans être limitative, la liste ci-dessous présente des exemples de bonnes pratiques agricoles ou agro-environnementales :
• mise en valeur des résidus de cultures par le compostage ;
• pratique de la jachère améliorée ;
• implantation de la rotation;
• pratique des cultures en bandes.
Il est important de souligner qu’il faut adapter ces pratiques en fonction des situations locales spécifiques, car une pratique intéressante pour un site précis n’est pas nécessairement adaptée pour un autre site.
7.4.1.2.1.2 Les bandes enherbées
Les rampes vivantes sont des bandes relativement étroites (environ 30cm) de végétation pérenne (herbacée ou ligneuse) plantées en courbe de niveau sur les versants cultivés. Par leur présence, les rampes vivantes ou bandes végétales forment des pièges à sédiments transportés par les eaux de ruissellement et contribuent à remodeler les mornes par la formation de terrasses progressives. Elles constituent une technique efficace pour lutter contre l'érosion, améliorer la structure du sol, accroitre le rendement des cultures et produire du fourrage.
7.4.1.2.1.3 Reboisement
Le reboisement consiste à repeupler d'espèces ligneuses un site donné. En plus de son intérêt économique pour la production de bois d'énergie, de bois d'œuvre et de services ainsi que pour l’aménagement paysager ou récréatif, le reboisement constitue une stratégie de lutte contre l’érosion hydrique et éolienne. Il a pour rôle essentiel d'augmenter la couverture protectrice des terres et ainsi de réduire l'impact des gouttes de pluies sur le sol de même que le ruissellement de surface. Les travaux de reboisement sont habituellement réalisés sur des superficies importantes (ex. boisés collectifs ou communautaires, bosquets/boisés individuels sur des terres peu aptes aux cultures), comparativement aux plantations fruitières et de haies vives qui sont davantage de type linéaire.
7.4.1.2.1.4 Terrasses progressives et murettes
Les terrasses progressives et les murettes sont des aménagements qui visent à remplacer la pente d’une parcelle par une succession de terrasses. Ceci se traduit par un remodelage du versant en marches d’escalier. La terrasse progressive se construit d’elle-même, grâce au dépôt de matériaux entraînés par le ruissellement sur la parcelle. Ce dépôt est obtenu en implantant une végétation pérenne sur des bandes horizontales de faible largeur. Ces bandes jouent le rôle de filtre ou de piège à sédiments. Les murettes sont des structures mécaniques (généralement en pierres) qui servent d’appui à des terrasses horizontales lorsque la pente naturelle du terrain est relativement forte.
7.4.1.2.2 Choix des actions de protection des versants
Chacune des différentes techniques présentées précédemment offre une pertinence et une efficacité très variable en fonction des conditions locales du milieu dans lequel elle est utilisée. Par ailleurs, en fonction du contexte donné, il est possible, voire souvent souhaitable, d'utiliser une technique en complémentarité avec une ou plusieurs autres techniques. Après une analyse approfondie, deux paramètres se sont avérés particulièrement importants à prendre en compte. Il s'agit de l’occupation du sol et de la pente du terrain.
Le tableau suivant illustre les différentes techniques de protection des versants préconisées selon l’occupation du sol et la pente du terrain.
Tableau 7.3: Combinaison des techniques d'aménagement
7.4.1.2.3 Travaux spécifiques de protection
Les interventions relatives à des travaux spécifiques de protection englobent des aménagements très couteux difficilement replicable par les exploitants eux-mêmes, nécessitant généralement des efforts de toute la communauté. Ces interventions ont trait essentiellement au traitement de ravines. En effet, le traitement de ravines vise à réduire la vitesse du ruissellement à des taux non érosifs. Les aménagements préconisés pour les traiter seront une combinaison d’interventions biologiques et mécaniques. Il s’agit de travaux de revégétalisation, de fossés de dérivation et d’interception, de puits d’infiltration, et d’installation de seuil. La revégétalisation s’adresse aux petites ravines qui produisent de petits débits. Lorsque les débits sont importants, les seuils sont recommandés.
La stabilisation finale des ravines s’effectue par la revégétalisation et/ou la mise en place de haies vives. Il est possible d’intéresser les paysans au traitement des ravines dans la mesure où il est possible d’y développer une production végétale à usage multiple.
7.4.1.2.4 Production de bois d'énergie
Afin de contrer le déboisement anarchique des versants, certaines zones seront reboisées dans l'optique spécifique de produire du bois d'énergie. Pour ce faire, certaines essences à croissance rapide seront sélectionnées, notamment: l'eucalyptus, le filao (Casuarina equisetifolia), le leucena (Leucena leucocephala). Des techniques efficientes de carbonisation de ces bois pourront être vulgarisées auprès des acteurs concernés afin d'accroître les gains énergétiques.
7.4.1.2.5 Appui au renforcement / mise en place de pépinières communautaires
L’implantation de pépinières communautaires est indispensable pour satisfaire les besoins en plantules au niveau des versants pour le reboisement des versants, les pratiques agroforestières, le reboisement, la production de bois d’énergie et la restauration de sols dénudés. Il s’agira d'appuyer la mise en place de nouvelles pépinières pour la production d’arbres fruitiers, d'essences forestières, et de plantes fourragères.
La promotion et la vulgarisation de techniques de multiplication végétative seront également encouragées ainsi que les initiatives locales visant à augmenter l'offre et l'accès aux essences agroforestières désirées par les populations locales.
7.4.1.2.6. Protection des sites de Mangroves
A partir des cartes produites sur la base des données geo-référencées, nous avons pu identifier quelques sites de mangroves au niveau des communes de Baradères, de Pestel et Les Iles Cayemites. Connaissant le rôle clé de ces plantes dans le maintien de la faune marine mais plus particulièrement dans le cadre de la reproduction de certaines espèces de poissons, il est aussi important de prendre en compte la protection et le renforcement de la production de ces plantes pour le maintien de l'équilibre et de la survie d'autres espèces importantes dans la chaine. La protection des sites de mangroves servira de refuges pour certaines espèces de poissons de côtes et aussi servira d'abri pour les pêcheurs en cas de mer agitée ou houleuse (Voir cartes des ressources naturelles, figure 2.13)
7.4.2 Diversification et promotion d'activités économiques (Axe 2)
7.4.2.1 Objectif
Réduire la pression sur les ressources naturelles sur les bassins versants du complexe tout en donnant des alternatives de développer des activités économiques génératrices de revenus.
7.4.2.2 Actions à entreprendre
Elles sont les suivantes:
7.4.2.2.1 Activités génératrices de revenus
Pour diminuer l’exploitation abusive des ressources naturelles de la part des communautés vivant au niveau des bassins versants, des activités visant l'appui pour la promotion de projets pouvant contribuer à l'amélioration des revenus des populations locales sont envisagées. Des appuis dans le développement de l’entreprenariat dans des secteurs prometteurs est une condition nécessaire pour l’atteinte des objectifs visant la promotion des activités génératrices de revenus dans la zone. Le développement du petit commerce des produits agricoles et des produits de base sont particulièrement visés dans le cadre de ce chapitre et ont été relevés comme attentes des participants au diagnostic.
7.4.2.2.2 Implantation de boutiques d’intrants agricoles (BIA)
Cette activité devra permettre l’accessibilité des agriculteurs aux facteurs de production. Il s'agit de mettre en place des boutiques d’intrants agricoles orientées selon les besoins réels des agriculteurs dans une perspective d'augmentation de la production et d'amélioration des rendements pour faciliter l’accès aux semences de qualité, les produits phytosanitaires et les outils agricoles couramment utilisés par les agriculteurs par le biais de subvention et/ou de lignes de crédit adaptées dans une perspective de rentabilité économique. Cette activité pourra créer de l'emploi et favoriser la circulation de l'argent au sein des communautés par l'acquisition de ces produits agricoles au bénéfice du secteur
7.4.2.2.3 Appui aux filières et à la commercialisation des produits agricoles
Des filières agroalimentaires offrent un potentiel de production intéressant. Il s'agit notamment de certaines productions fruitières (agrumes, noix de coco, arbre véritable) de tubercules (manioc, patate) ou légumineuses (arachide) etc. et maraîchère. Ce sont des filières agricoles porteuses à promouvoir au niveau des micros bassin versants de l'ensemble du Complexe et assorties d'un plan d’action pour le développement et le renforcement de ces filières. L'accent devra être mis sur la transformation des produits agricoles au niveau du Complexe selon l'approche "Valorisation des Chaines des Valeurs" et en amont sur l'accessibilité et la disponibilité des matières premières et en aval les différentes phases de production de ces filières, de technologies post-récolte et de commercialisation tout en prenant de prendre en considération les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de tous les maillons de ces filières ciblées.
7.4.2.3 Stratégie d'intervention
La mise en œuvre des interventions de l'Axe 2 mettra à contribution l'expertise de partenaires intervenant dans des domaines variés. La présence du Bureau du Crédit Agricole (BCA) pour la disponibilité du crédit institutionnel au niveau des principales communes visées dans le Complexe, le développement du petit crédit a travers la mise en place d'un fonds local ou la constitution de mutuelles de Solidarité (MUSO) développant la finance et le fonds de proximité sont aussi a prendre en compte dans l'approche stratégique pour le développement de cet axe. L'approche interdisciplinaire et multisectorielle implique la collaboration de partenaires techniques et financiers selon leurs domaines d'expertise.
7.4.3 Intensification agricole, diversification des cultures (Axe 3)
7.4.3.1 Objectif
Contribuer à la diversification des cultures et l’accroissement de la production agricole et la rentabilité des agriculteurs par la promotion des spéculations à hautes valeurs ajoutées et très en demandée sur les marchés locaux, régionaux et/ou internationaux.
7.4.3.2 Actions à entreprendre à la réalité de la zone
Elles sont les suivantes :
7.4.3.2.1 Conservation et transformation des produits agricoles
Un ensemble de mesures en lien à la conservation et à la transformation des produits agricoles devra être appuyé en complémentarité avec les activités d’intensification de la production agricole et visant à accroître les rendements et la production. Il s’agit ici de limiter les dégradations et les pertes de produits pendant le transport et l’entreposage, d’accroître leur valeur ajoutée par la transformation et/ou encore de valoriser les sous-produits de ces opérations.
Au niveau de la conservation, il y aura lieu d'effectuer une sensibilisation des producteurs agricoles au contrôle adéquat de certaines caractéristiques (degré de maturité, taux de matières sèches, etc.) des produits au moment de la récolte et des modes de manutention, de transport et d’entreposage qui favoriseront davantage la conservation des produits et l'optimisation de la qualité sur une période plus longue. La promotion de greniers à céréales améliorés permettra d’assurer une meilleure protection contre les ravageurs et les intempéries.
La mise en place d’unités d'entreposage et de conservation des produits agricole notamment pour les légumes, les fruits, permettront d’assurer la conservation prolongée de ces produits. Il faudra en particulier encourager les produits dont la demande est déjà existante dans la région.
7.4.3.2.2 Appui aux activités d'élevage
Le problème d’élevage libre est très crucial et doit être résolu au niveau des bassins versants du Complexe. En ce sens, il s'agira de faire la promotion de la production de fourrage de qualité pour garantir une alimentation équilibrée du bétail. La régénérescence de pâturages naturels par le semis d’essences herbacées et la plantation d’essences arbustives ou arborées adaptées aux conditions semi-aride de la zone et appréciées par les animaux devra être favorisée. Ainsi, de nombreuses zones de sols nus qui se retrouvent sur des pentes modérées des versants seront traitées par des mesures antiérosives appropriées et remises en production avec des espèces adaptées choisies d’un commun accord avec les propriétaires terriens.
L'utilisation d'essences fourragères telles: l'herbe de Guinée (Panicum maximum), l'herbe à éléphant (Pennisetum purpureum, graminée), l'herbe du Guatemala (Tripsaxumlaxum, graminée), sera encouragée. Le défi, au-delà de la culture des plantes fourragères, se situera au niveau de la récolte du fourrage et de son transport des zones cultivées aux sites d'élevage.
Par ailleurs, des appuis à d'autres filières comme l'aviculture, l'apiculture devront aussi être apportés au développement des activités tenant compte du potentiel de la plupart des sections communales des Baradères, Petit Trou de Nippes, Anse-à-Veau, de Corail et de Pestel en ce sens.
7.4.3.2.3 Promotion et/ou diffusion de technologies agro-environnementales et agroforestières
En plus de la promotion de l'usage de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement, la promotion et l'adoption de techniques et pratiques qui contribuent à améliorer la productivité agricole et la protection des ressources des micros bassin versant sera tout aussi encouragée. L'utilisation des biomasses disponibles à des fins agricoles, le recyclage de matières organiques issues de l'élevage, à des fins de production agro forestière et forestière sont des exemples d'applications agro-environnementales et agro forestières offrant un bon potentiel. De telles technologies se doivent d'être appuyées, notamment à des fins d'amélioration de la qualité de l'environnement, de protection des sites et d'amélioration de la productivité des terres.
7.4.4. Le développement de la Pêche (Axe 4)
7.4.4.1. Objectif
Contribuer à l'accroissement des revenus des pêcheurs de la péninsule par l’augmentation des prises en poissons et fruits de mer et par l'amélioration des efforts de pêche consentis.
7.4.4.2. Actions à entreprendre
Elles sont les suivantes:
7.4.4.2.1. Dotation en matériels et équipements modernes
Par rapport à ce que la pêche représente pour la commune des Baradères, Grand Boucan, de Pestel et des Iles Cayemites, et tenant compte de la quantité de pêcheurs qui pratiquent et vivent de ce secteur, une dotation en matériels et équipements de pêche est à envisager et à encourager afin de donner plus de booster à ce secteur qui est pratiquement très important dans ce Complexe. Cette dotation prendrait en compte des filets, des bateaux en fibre de verre, des moteurs, des igloos pour la conservation des produits de pêche, des filets de pêches afin d'augmenter des efforts de pêche sur des grandes distances et de fond, l'installation de DCP dans des zones stratégiques et de concentration est également à faire.
7.4.4.2.2. Adoption des techniques modernes de Pêche
Les ressources halieutiques sont renouvelables pour autant qu'on en fasse une bonne exploitation et une bonne gestion. Pour cela, les pêcheurs devront être sensibilisés à adopter des techniques modernes de pêche les habilitant à tirer le maximum de profits des efforts de pêche utilisés. Les périodes de ponte et de capture, les espèces à capturer, les matériels appropriés sont autant d'éléments à prendre en compte dans cette campagne de sensibilisation et de formation à l'adoption de ces nouvelles techniques de pêche. Ces nouvelles techniques seront adoptées et vulgarisées auprès des différentes communautés de pêcheurs des zones concernées.
7.4.4.2.3. Mise en place de Boutiques d'intrants de Pêche
Les matériels et équipements de pêche sont sujets à l'usure avec le temps et les amortissements. Afin de pouvoir porter ces derniers à donner le maximum de leur utilisation, il est prévu d'installer dans certaines localités de la commune de Pestel, de Baradères quelques boutiques d'intrants de pêche de manière à faciliter l'accès des pêcheurs à des pièces de rechange, à des facilités in situ pour assurer pour la maintenance des moteurs, la réparation des petits matériels de pêche. La disponibilité sur place de ces intrants servira à augmenter l'efficacité des pêcheurs et assurer une certaine accessibilité de proximité.
7.4.4.2.4. Mise en place d'une coopérative de Pêche
Dans l'objectif de pouvoir renforcer la population des pêcheurs et marchandes poisons su niveau du complexe et contribuer au développement des liens de solidarité et d'entraide entre eux, la mise en place à moyen terme d'une coopérative de pêche aidera les pêcheurs à tirer davantage profit des efforts de pêche et augmentera leur capacité de négociation, de contractualisation et leur profit aussi. La coopérative servira d'intermédiaire institutionnel entre les pêcheurs et les agences et compagnies intéressées à l'achat de poissons et fruits de mer afin de pouvoir négocier de bons prix dans l'objectif de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des communautés des pêcheurs et marchandes de poissons.
7.4.5 Aménagement d'infrastructures agricoles et rurales (Axe 5)
7.4.5.1 Objectif
Favoriser la mise en place ou la réhabilitation d'infrastructures requises pour un développement économique et social durable des populations des micros bassins versants.
7.4.5.2 Actions à entreprendre
7.4.5.2.1 Réhabilitation d'axes routiers et piste agricoles
L’état actuel de la route principale donnant accès aux communes de Baradères, de Corail et de Pestel et les pistes agricoles existantes représentent une contrainte majeure pour l’écoulement des produits et le déplacement des populations. Plusieurs pistes en terre battue nécessitent des travaux de réhabilitation. Il s'agit notamment des routes intercommunales et en particulier des 2e, 3e, et 4e sections communales de Baradères, des 2e et 3e sections communales de Pestel:
La réhabilitation de ces différents tronçons de routes pourra faciliter le transport et les échanges des produits agricoles intra zones et aussi avec d’autres régions du pays
7.4.5.2.2 Infrastructures d'assainissement
Une campagne de sensibilisation devra se faire en vue de permettre aux communautés de prendre leurs responsabilités en matière d'assainissement et d'hygiène publique. Ainsi, la prise en compte de la construction de latrines privées dans le cadre des constructions en cours et à faire et/ou la construction de latrines communautaires pourront permettre de prévenir entre autres certaines maladies notamment le choléra, la typhoïde et la diphtérie. Dans la grande majorité des communautés, l'absence de latrines oblige les gens à déféquer en plein nature, à l'air libre et ceci constitue un problème de santé publique pour ces communautés des micros bassin versants.
7.4.5.2.3 Accès à l'eau et Alimentation en eau potable (AEP)
La nappe phréatique est la principale source d’approvisionnement en eau potable de la population du l'ensemble du Complexe. Une étude plus approfondie de la situation actuelle de la nappe phréatique et l’inventaire des sources d’eau disponibles sera requise afin d'avoir un portrait le plus complet que possible de la situation. Un inventaire des boites de captage non utilisées ou hors d'utilisation devra aussi être fait afin de procéder dans le meilleur des délais à leur réparation par les instances préposées à cet effet.
De plus, dans des localités situées en hauteur sur de grandes pentes (la section communale de Fond Tortue à Baradères par exemple), la construction de citernes familiales/ou communautaires peut faciliter la collecte des eaux de pluie sur les toitures comme alternative pour la satisfaction des besoins domestiques des ménages. Quant à l'utilisation de l'eau de boisson, une sensibilisation aux techniques de purification de l'eau sera menée au niveau des différentes communautés.
Il faut noter que la plantation d’arbres en amont des sites des sources et rivières est essentielle pour faciliter et les techniques de conservation faciliteront l’infiltration de l’eau dans le sol pour la résurgence d’autres, l’augmentions du débit des sources existantes et l’approvisionnement de la nappe aux fins de répondre à la demande grandissante de la demande en alimentation en eau potable. Ainsi, les sources d'eau existantes devront être protégées par la plantation d'arbres fruitiers et/ou le reboisement régulier des aires de proximité (Voir cartes des potentialités agricoles et des ressources naturelles).
7.4.6 Encadrement et renforcement de capacités (Axe 6 transversal)
7.4.6.1 Objectif
Favoriser la mise en place et/ou le renforcement de capacités des structures d'encadrement, des producteurs et des différents acteurs impliqués comme parties prenantes au niveau du Complexe.
7.4.6.2 Actions à entreprendre
Elles sont les suivantes :
7.4.6.2.1 Sensibilisation des acteurs des micros bassin versants
Cette action constitue l’un des axes stratégiques qui vise la sensibilisation des élèves sur l’éducation relative à l’environnement. De même, des activités de sensibilisation des acteurs des micros bassin versants devront être menées afin de diffuser et vulgariser les actions et interventions proposées au niveau environnemental dans ce plan.
Ces activités de sensibilisation seront également l'occasion de développer un sentiment d'appartenance au bassin versant et de responsabiliser les acteurs pour qu’ils puissent s’approprier la démarche. De cette manière, les actions retenues pour la régénération des micros bassin versants seront le fruit d’un consensus pour garantir la prise en charge locale qui est une garantie indéniable de la réussite du plan.
7.4.6.2.2 Renforcement des capacités techniques
Cette étape par obligation par le recyclage et/ou formation en :
• Les nouvelles techniques agricoles
Il y a lieu de prévoir des formations à l’intention des agriculteurs et les membres des organisations de base à vocation agricole portant sur l'irrigation et la gestion rationnelle de l'eau, les techniques agricoles (gestion de la matière organique, gestion des sols, lutte contre les ravageurs, conservation / conditionnement / transformation des produits agricoles, commercialisation) leur permettant d’atteindre un bon rendement agricole et une rentabilité optimale. Des mesures spécifiques en matière de renforcement de capacités et d’encadrement technique des organisations professionnelles d’agriculteurs devront être appuyées.
• les nouvelles techniques d’élevage
Il y a lieu de prévoir des formations adressées aux éleveurs portant sur les thèmes de la gestion des pâturages, la vaccination, la prévention et le contrôle des zoonoses, la conservation, le conditionnement et la transformation des produits d’élevage, la commercialisation et d’autres thèmes pouvant leur permettre d’atteindre un rendement animal supérieur.
• Autres Thématiques
D'autres thématiques comme les techniques de pêche moderne, la pêche sur DCP, le développement de micros entreprises, la promotion de l'agro-écologie, la promotion de l'apiculture sont autant d'autres filières dans lesquelles les capacités des acteurs doivent être renforcées dans un souci d'efficacité des actions à entreprendre.
7.4.7 Synthèse du plan de développement et priorisation des actions
Pour saisir rapidement la portée du plan de Développement de micro bassins versants des sections communales des communes du Complexe et vu l’importance et l'envergure du plan, il a été jugé nécessaire de terminer le présent chapitre par une synthèse résumant les principaux points saillants du plan de développement en question.
Le tableau suivant présente donc une synthèse des différentes actions prévues dans le cadre de ce plan de développement prenant en compte les aspects socio-économique et environnemental des micros bassin versants des différentes sections communales des commune du Complexe de la Péninsule Sud’Ouest, de la Grand’Anse.
Tableau 7.4: Synthèse des propositions d'action du plan de Développement des micros bassin versant du Complexe Baradères-Cayemites
Secteurs/Axes d’intervention
Objectifs Actions à entreprendre Priorisations des actions Partenaires potentiels
Court terme
(0 à 5 ans) Moyen terme
(5 à 15 ans) Long terme
(15 à 30 ans)
Protection des bassins versants Axe 1
Atténuer les effets négatifs de l’action de l’homme sur le potentiel de production des micros bassin versant en protégeant l’environnement et en favorisant une exploitation durable et équitable des ressources naturelles Protection des versants
X X
Travaux spécifiques de protection X X X MDE
Production de bois d’énergie X X
Appui à la mise en place de pépinières communautaires X
Protection des sites de mangroves X X MDE, MARNDR
Diversification et promotion d'activités économiques Axe 2
Réduire la pression sur les ressources naturelles sur les bassins versants du complexe tout en donnant des alternatives de développer des activités économiques génératrices de revenus. Activités génératrices de revenus X X X MCI, CCI
Implantation de boutiques d’intrants agricoles (BIA) X
MARNDR
Appui aux filières et à la commercialisation des produits agricoles X X MARNDR
Intensification agricole, diversification des cultures Axe 3
Contribuer à la diversification des cultures et l’accroissement de la production agricole et la rentabilité des agriculteurs par la promotion des spéculations à hautes valeurs ajoutées et très en demandée sur les marchés locaux, régionaux et/ou internationaux.
Conservation et transformation des produits agricoles X X X
Appui aux activités d'élevage X X X
Promotion et/ou diffusion de technologies agro-environnementales et agroforestières X X X
Développement de la Pêche Axe 4
Contribuer à l'accroissement des revenus des pêcheurs de la péninsule par l’augmentation des prises en poissons et fruits de mer et par l'amélioration des efforts de pêche consentis.
Dotation en matériels et équipements modernes
X
X
Adoption des techniques modernes de Pêche
X
X
X
Mise en place de Boutiques d'intrants de Pêche
X
Mise en place d'une coopérative de Pêche
X
X
Aménagement d'infrastructures agricoles et rurales Axe 5
Favoriser la mise en place ou la réhabilitation d'infrastructures requises pour un développement économique et social durable des populations des micros bassin versant. Réhabilitation d'axes routiers et pistes agricoles X X X CNE, MTPTC
Alimentation en eau potable X X X DINEPA
Infrastructures d'assainissement X
Transformation / Stockage des produits agricoles X X X
X X X
Encadrement et renforcement de capacités Axe 6
Favoriser la mise en place et/ou le renforcement de capacités des producteurs et des différents acteurs impliqués comme parties prenantes intervenant au niveau du Complexe. Sensibilisation des acteurs des micros bassins versants X X X
Renforcement des capacités techniques en :
- les techniques agricoles
- les techniques d’élevage
- Autres thématiques (Pêche, micro entreprise, agro-écologie, etc.)
X MARNDR
X MARNDR
X X
7.5 Modalité de mise en œuvre du plan
L’atteinte des objectifs de ce plan est conditionnée par :
▪ Une participation effective et efficace des acteurs locaux ;
▪ Un bon système de gestion des investissements des projets ;
▪ Un bon suivi/évaluation à travers une structure permanente mise sur pied au niveau des communes concernées avec les groupes bénéficiaires/cibles ;
▪ Un appui réel sans réserve des institutions étatiques conscientes des enjeux en partenariat avec des agences externes.
7.5.1 Rôle des acteurs locaux
Les parties prenantes, en particulier les acteurs locaux sont les mieux imbus de la situation existante de la zone ; leur appui devrait contribuer à :
• L’intégration de la population locale à tous les niveaux dans la mise en œuvre de ce plan ;
• Faire respecter les aspirations/attentes exprimées par la population locale lors de cette étude diagnostic;
• Optimiser les bénéfices sociaux et économiques ;
• Limiter les impacts négatifs en jouant un rôle actif dans la mise en œuvre du plan;
• La valorisation des ressources et compétences locales
• Le souci de capitalisation ou la mise a profit des expériences passées ayant tant soit peu contribué au relèvement des communautés ;
7.5.2 Gestion des projets d’investissement
Ce plan de développement a été élaboré en priorisant l’approche participative. A travers cette logique, la population locale est maître d’œuvre des projets issus et à mettre en œuvre de ce travail. Donc, la gestion des réalisations suppose une nette implication des bénéficiaires. En ce sens, les organisations communautaires de base, qui ont une certaine expérience dans la gestion de projet d’investissement doivent se placer au centre des interventions en tant que partie prenante.
Cependant, l’application de cette nouvelle approche nécessite :
• un renforcement de leurs capacités de gestion ;
• une réorientation de leur éducation ancienne en matière de gestion trop souvent basée sur l’individualisme/l’influence d’un ou des membres le (s) mieux placé (s) socialement ou intellectuellement ;
• La prise en compte du concept de l'altérité qui consiste à se mettre en place de l'autre tout en mettant à l'avant les intérêts de la collectivité.
En dépit de tout, les organisations de base œuvrant dans le développement dans la zone ne peuvent pas fournir l’ensemble des compétences exigées pour la mise en œuvre à posteriori des idées projets à identifier, il sera fait appel à des organismes externes ayant les compétences recherchées. Dans ce cas, le processus de recrutement doit suivre les étapes suivantes : préparation des plans et devis, des appels d’offre, l’octroi de contrat, le suivi, le contrôle des exécutions, les obligations de compte rendu aux bénéficiaires et promoteurs des projets. En attendant que le niveau de compétences locales soit à point, il est souhaitable que ces organismes externes impliquent les institutions et organisations locales dans certaines fonctions de gestion.
7.5.3 Mécanisme de suivi et d’évaluation
L’état d’avancement de ce plan de développement doit faire l’objet d’un suivi régulier permettant de l’ajuster à l’évolution de la situation. Un tel dynamisme dans la mise en application des actions du plan nécessite :
• la mise en place d’un comité de suivi des projets au niveau de la section ;
• des rencontres d’évaluation collective périodique entre le comité de suivi et les bénéficiaires directs des différents projets mis en œuvre ;
• l’engagement des responsables locaux à informer la population sur l’avancement des différentes activités.
7.5.4 Appui institutionnel
La pluridisciplinarité que nécessite la réalisation de ce plan de développement ne peut être totalement trouvée au niveau du Complexe. De ce fait, l’appel aux compétences externes reste un impératif. Outre ce besoin technique, l’Etat et d’autres institutions externes seront appelés à fournir leurs appuis au niveau économique, compétences et autres. Dans cette perspective, la contribution externe est vitale dans ce contexte de transfert de responsabilité à moyen et à long terme qui ne peut être fonctionnel sans un transfert des compétences.
7.5.6 Rôle des femmes
Les responsabilités des hommes et des femmes ne sont pas les mêmes dans la société tant dans leur accès et emprise sur les ressources que dans leur participation à la prise de décision. Donc, ils n’ont pas un accès équitable aux services et aux opportunités de la vie économique sociale et politique. De là, il a été démontré à travers le temps que ces inégalités entre genre entrave la croissance économique et pèse beaucoup sur le développement. Donc, dans la mise en œuvre d’un tel plan, la prise en contre de manière adéquate des aspects de genres est nécessaire à l’efficacité et à la viabilité des actions à entreprendre.
7.5.7 Recherche de fonds
L’état haïtien à travers le Budget d'Investissement et la Coopération Externe va apporter un premier financement à la réalisation de certains projets. Cependant, ce support de l’état doit être complété par des interventions de certains ministères dans la réalisation de certaines activités (par exemple le MTPTC pour la réhabilitation des routes, la DINEPA pour l'accès à l'eau et l’assainissement). Vu le montant nécessaire à la mise en œuvre de ce Plan de Développement et les faibles moyens dont dispose l’Etat, la contribution d’autres organismes de financement devient incontournable.
8 Conclusion et recommandations
Sommes toutes, l’étude, réalisée au niveau du Complexe Baradères-Cayemites dans les départements des Nippes et de la Grande Anse, consistait à établir les bases pour l’étude de diagnostic socioéconomique au niveau du Complexe Baradères-Cayemites. De manière spécifique, il était question d’étudier les caractéristiques socioéconomiques des bassins versants et bassins côtiers dans le Complexe en vue de faciliter les orientations et les prises de décisions visant à réduire la vulnérabilité de la population pauvre et également à conserver la biodiversité menacée dans les bassins versants, et les zones côtières et marines.
Pour ce faire, des données socioéconomiques de base ont été collectées, actualisées et analysées et des enquêtes formelles sous forme de focus groupe et individuelles ont été conduites pour avoir des éléments de diagnostic de la situation socioéconomique de la zone d’étude.
Compte tenu des résultats de l’étude, nous formulons les recommandations suivantes (la liste n’est pas exhaustive) :
• Mettre en place des activités génératrices de revenu visant l’exploitation de certains produits exploitables en fonction des zones comme la plage Carrang, le concombre de mer et le petit mil à Grand Boucan. Ces activités doivent permettre de limiter la migration, celle des femmes notamment.
• Entreprendre des campagnes de sensibilisation environnementale visant, entre autres, à limiter la défécation à l’air libre par les ménages au niveau du Complexe.
• Les terres agricoles étant en compétition avec les terres pour la construction, il faut donc concevoir, élaborer et faire appliquer un plan d’aménagement du territoire visant à freiner l’exploitation des terres agricoles à d’autres fins.
• La majorité des exploitants étant propriétaires des terres qu’ils utilisent, l’incitation à la mise en place des structures antiérosives pérennes sur ces terres peut être une stratégie intéressante pour la conservation des bassins versants.
• Étant donné le problème de sécheresse rencontré dans l’agriculture au niveau du Complexe (plus de 50 % des enquetés declarent avoir fait face à la sécheresse), des séances de formation sur les techniques de conservation de l’eau de pluie seraient bénéfiques aux exploitants.
Références bibliographiques
1- AlterPresse. Baradères toujours en détresse. Disponible sur : http://www.alterpresse.org/spip.php?article20832#.Wn5aV-jOXIU.[Page consultée le 15 janvier 2018].
2- HAITI CONNEXION CULTURE. Disponible sur : http://haiticonnexion-culture.blogspot.com/2016/02/haiti-de-belles-perspectives-de.html. [Page consultée le 13 janvier 2018].
3- Haïti-Référence.Le guide de référence sur Haïti. Disponible sur : https://www.haiti-reference.com/pages/plan/geographie-et-tourisme/divisions-territoriales/arrondissements-et-communes/. [Page consultée le 11janvier 2018].
4- JOEL C. TIMYAN ET JEAN V. HILAIRE, 2011. Les zones clés de la biodiversité d’Haïti.www.parcmacaya.ht/blog/doc_7.pdf.[Page consultée le 10 janvier 2018].
5- Le National. Commune Baradères toujours à genoux. Disponible sur : http://www.lenational.org/. [Page consultée le 8 Janvier 2018].
6- Le Nouvelliste. Le département des Nippes n’estpasagricole. Disponible sur : http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/142765/. [Page consultée le 2 février 2018].
7- MARNDR/USAI, 2018. Programme de Développement de la Pêche Artisanale (PDPA). Recensement National de la Pêche. Phase I.
8- MDE et PNUD, 2009.Stratégie de Montage de l’AgenceNationale des Aires Protégées (ANAP). http://taiguey.org/forum-ap-haiti/files/ANAP%20%20final%20r%C3%A9vis%C3%A9.pdf. [Page consultée le 5 janvier 2018].
9- MSPP, 2015.Liste des Institutions Sanitaires du pays. Disponible sur : https://www.mspp.gouv.ht/site/downloads/Liste%20des%20Institutions%20Sanitaires%202015.pdf. [Page consultée le 28 février 2018].
10- OIM, 2017. Organisation Internationale pour les Migrations. Disponible sur :https://www.humanitarianresponse.info/fr/operations/haiti/document/haiti-liste-des-abris-provisoires-aout-2017-fr. [Page consultée le 3janvier 2018].
11- Radio Métropole Haïti, août 2017. Moïse lance les travaux de la Caravane à Baradères. Disponible sur : http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=30586. [Page consultée le 20 janvier 2018].
12- SAH, CEPF, Conservation International, BirdLife International, FoProBim, ReefCheck , DAI et RezoEkolo, 2011. LES ZONES CLÉS DE LA BIODIVERSITÉ D’HAÏTI. Disponible sur : http://www.parcmacaya.ht/blog/doc_7.pdf. [Page consultée le 3 janvier 2018].
13- SGCM, 2017. Tableau synoptique de l’ensemble des arrêtés normatifs publiés dans le journal officielmoniteur. http://www.sgcm.gouv.ht/. [Page consultée le 4 février 2018].
ANNEXES
Annexe A : Fiche d’enquête individuelle auprès des ménages
Fiche d’enquête
Étude de diagnostic socioéconomique au niveau du complexe 2 : Baradères – Cayemites logé dans la péninsule du Sud-ouest du pays
(Nippes & Grand’Anse)
Date :…………………………………………………….Heure début : …………………………. Heure de fin : …………………………………………………..
Nom de l’enquêteur :………………………………………Prénom de l’Enquêteur……………………………… Téléphone : ………………..
Département : ……………………….Commune :…………………………………… Section :…………………………Localité :………………………….
Code point GPS de la maison: …………………………………………………………………………………………………………………………………………….
SECTION 1 : Informations socio-démographiques
1. Nom de l’enquêté…………………………………….2. Prénom de l’enquêté (e) :……………………………………3. Sexe : ………………………
4-Téléphone : …………………..
5-Quelle est votre activité économique la plus importante ?
(1) Agriculture (2) Élevage (3) Pêche (4) Commerce (5) Construction
(6) Transport (7) Boulangerie (8) Couture/artisanat (9) Demandeur d’emploi
(10) Autre (spécifier) _________________________________________
6- Qui est le chef du ménage
(1) Parent masculin (2) Parent féminin (3) Le couple 4) Autre
7- Depuis quand habitez-vous cette communauté ? Année ……..…………… Mois…………….
8- Composition du ménage : Résidents permanents de la maison– Relation parentale avec le chef du ménage
Prénom et Nom Statut Matrimonial du chef de ménage Parenté/ relation avec le chef de ménage Sexe
(b) Age Lieu de naissance Année d'arrivée si né ailleurs Niveau académique
(c) Occupation principale
(d)
1 |___| |___| |___| |___|
2 |___| |___| |___|
3 |___| |___| |___|
4 |___| |___| |___|
5 |___| |___| |___|
6 |___| |___| |___|
7 |___| |___| |___|
8 |___| |___| |___|
9 |___| |___| |___|
10 |___| |___| |___|
(a): 1=Marié (e) / avec concubin(e) résidente dans la maison 2=Marié (e) / avec concubin(e) à l’étranger 3=Seul(e)/veuf(ve)/divorcé(e)/séparé(e)
(b): 1=F 2=M
(c): 1=Aucun 2=Alphabétisation 3 =Primaire 4=Secondaire 5=Baccalauréat 7=Universitaire
(d): 1=Travail domestique 2=Etudiant 3=Travail indépendant (activités agricoles) 4=Travail indépendant (secteur informel)
5=Journalier 6=Salarié/ouvrier (secteur non agricole) 7=Chômeur
8=Ne travaille pas / incapacité / ne peut pas travailler 9=Je ne sais pas 10 = autre
SECTION 2: Logement
9. Combien de pièces possède la maison?
10. Quel est le matériau prédominant de la toiture de la maison?
(1) Béton (2) Paille (3) Tôle (4) Autres______________________
11. Quel est le matériau prédominant des murs extérieurs de la maison?
(1) Clissade (2) Maçonnerie de pierre (3) Bloc de ciment ou de béton (4) Terre
(5) Paille (6) Matériau préfabriqué (7) Tôles (8) Bois (9) Autres___________
12. Quel est le matériau prédominant du sol de la maison?
(1) Céramique (2) Bloc de ciment (3) Terre battue
(4) Bois (5) Sol en ciment (6) Autre_________________
13. Quel type d’éclairage utilisez-vous dans la maison ?
(1) Bougie (2) Lampe à kérosène (3) Lampes rechargeables (4) Autre____________________ (4) Aucun
14. Où est-ce que vous obtenez principalement de l’eau pour votre maison?
(1) Tuyau à l’intérieur de la maison (2) Poste public (3) Puits (4) Source non captée
(5)D’autres maisons / voisins (6) Rivière (7) Autre______________
15. Dans cette maison, avez-vous une latrine ?
(0) Non 1) Oui
16. Si vous n’avez pas de latrine, où est-ce que les gens de la maison ont l’habitude de déféquer?
(1) Chez le voisin (2) Dans la forêt, à l’air libre (3) Autre______________
17. Qu'est-ce que vous faites avec les déchèts générées dans votre ménage ?
(1) Enterrer (2) Brûler (3) Jeter dans une rivière ou ailleurs
(4) Recycler / réutiliser (5) Autre__________________
SECTION 3: Migration
18. Y-a-t-il des membres du ménage qui habitaient une autre zone l’année dernière? (0) Non (1) Oui
Si Oui, leur prénom et nom? Sexe
1=F, 2=M Age Zone de provenance (Autre pays ou commune du pays ou section communale limitrophe) Nom de l'activité exercée habituellement
19-Combien de personnes du ménage ont laissé la maison l’année dernière pour aller vivre dans une autre zone du pays? Nombre de femmes ___________ Nombre d'hommes ____________
Raison du depart ?________________________________________________________________
Destination ?_____________________________________________________________________
20- Y-a-t-il des gens du ménage qui ont l’habitude d’aller travailler dans d’autres zones du pays ou dans un pays étranger? (0) Non (1) Oui, ailleurs en Haïti (2) Oui, hors du pays (3) Sans réponse
SECTION 3: Dynamique socio-foncière
17-Origines des terres que vous possédez ?
Parcelles Depuisquand? Achat dons héritage Couts dans le cas d’achat
18- Principales sources de l’argent que vous achetez des terres ?
(1) Activités agricoles (cultures et élevage) (2) Commerce
(3) Transfert venant d’un parent de l’Etranger (4) autres sources ___________________
19- Avez-vous déjà vendu une portion de terre ? (1)oui (2) Non
Si oui répondez aux questions 20 et 21
20) Pour quelles raisons aviez-vous vendu ?
(1) Voyage (pour vous ou pour un parent) (2) Évènements socio-culturels (funérailles, mariage, …)
(3) Maladies (4) Autres ____________________________
21) Quelles utilisations les acheteurs font avec la (les) portion (s) de terre que vous les aviez vendue (s)
(1)Activités agricoles (cultures et élevage) (2) construction de maisons d’habitation
(3) Constructions de bâtiments pour activitéscommerciales(4) Autres ______________________
SECTION 4: Agriculture et foncier
Parcelles cultivées Statut Foncier :
1. Fermage
2. Métayage
3. Propriété Cultures actuelles Localisation
1. en plaine
2. En montagne
Superficie des portions de terre :
(Cx) Couleur du sol
(noir, brun, gris, blanc) Texture
(sableux, argileux, limoneux) Pente
(faible, modérée, raide) Présence d’aménagement (O/N)
(rampe vivante, mur sec, seuil, canal contour…) Distance par rapport à la maison Moyens d’accès
Parcelle 1 :
Parcelle 2 :
Parcelle 3 :
Parcelle 4 :
Parcelle 5 :
Parcelle 9 :
22- Combien de saisons travaillez-vous habituellement chaque année ? ___________
23- Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de l’exploitation de vos parcelles ?
_________________________________________________________________________________
24- A part l’agriculture, quelles sont vos sources de revenu alternatif
_______________________________________________________________________
25. Opérationsculturales
Opérationsculturales Période de réalisation (mois) Durée de l’opération (jours) Quantité (Hom/jour) Coûtunitaire (Gdes) Coût total de la MO Qui va le faire ? (F / E)5 Observation
Défrichage et nettoyage
Emondage
Labourageoutrouaison
Achat et transport de semences ou de matériel végétal
Semis ou plantation
Sarclage (1er)
Sarclage (2ème)
Acquisition et transport d’intrants (compost, engrais)
Application d’intrants
Acquisition et transport de pesticides
Application de pesticides
Récolte
26. Les intrantsetoutils
Intrantsutilisés Périoded’utilisation Origine Quantitéutilisée Coûtunitaire Coût total Outils Quantité Coûtunitaire Coût total Durée de vie
Semences Houe
Engrais Pioche
Pesticides Machette
Greffons Serpette
Fumuresorganiques Pulvérisateur
L’eau Pelle
27. LES SYSTÈMES DE CULTURE
Cultures Destination de la production (unité de mesure) Production végétale brute Total (Gdes)
Quantitéconsommée6 Quantitévendue Troc Autres Quantitérécoltée Valeur (Gdes)
28. LE SYSTÈME D’ÉLEVAGE
Espèces Quantité Type d’élevage Type d’alimentation Dépensesd’alimentation
(Gdes) Dépensesd’entretien
(Gdes) Quantitévendue Prix de vente
(Gdes) Total
(Gdes)
29. LA PECHE
Espèces Quantité pêchée Fréquence Dépenses pour intrants et entretien
(Gdes) Quantitévendue Prix de vente
(Gdes) Total
(Gdes)
30. Quelles sont les contraintes rencontrées dans le cadre de votre activité de pêche?
_______________________________________________________________________________________________________
31. Quelles sortes d’accompagnement souhaiteriez-vous recevoir pour améliorer votre activité ?
________________________________________________________________________________________________________
32. LA COMMERCIALISATION
Filières (les mêmes cultures ou types d'utilisation mentionnées en section 6.) Circuit de distribution7 Facilitéd’écoulement Période de transaction Fréquence Moyens de transport8 Atouts Contraintes
SECTION 5: Sur les revenus
33- Recevez-vous de l’argent d’un proche vivant hors du pays?
(1) Toujours (2) Quelques fois (3) Jamais (9) Sans réponse
34- Durant les 12 derniers mois, le revenu total du ménage a diminué, s'est maintenu ou a augmenté?
1) Oui 2) non
Si oui, quelles sont les raisons qui ont occasionné cette diminution ?
a) Maladie b) perte d’emploi c)déficit d) concurrence accrue
e) insolvabilité f) autres raisons, à spécifier_________________________________________
Si non, quelles sont les raisons qui ont occasionné cette augmentation ?
a) Expansion du commerce b) Réalisation d’une activité additionnelle c) Obtention d’un nouvel emploi
d) Ventes dans un nouveau marché d) Augmentation de la demande e) autres raisons, à specifier_____________________________________________
36- Pendant les 12 derniers mois, dans quelles catégories/activités ont été dépensés vos revenus familiaux?
(1) Nourriture (2) scolarités (3) santé (4) vêtements (5) épargne
(6) construction (7) achat de bétail (8) réinvestissement 9) remboursement de prêts
37- Quelle est la distance entre votre maison et … : Distance (Mètres) Heures et minutes
L’école primaire la plus proche
Le marché le plus proche
Le centre de santé le plus proche
La source d’eau la plus proche
Le système d’adduction d’eau la plus proche
SECTION 36: Attentes des ménages
38- Citez 3 actions à entreprendre urgemment au niveau des bassins versants pour améliorer les conditions de vie des gens qui y vivent:
1.________________________________________________________________________________
2._______________________________________________________________________________
3.________________________________________________________________________________
39. Quels sont les domaines prioritaires, par ordre d’importance pour la région dans lesquels l’Etat devrait participer sur le plan social?
1. Education
2. Santé
3. Meilleur accès à l’eau potable
4. Autre____________________________________________________________________
40. Quelles sont vos attentes prioritaires, par ordre d’importance pour la région dans lesquels l’Etat devrait participer sur le plan économique?
a. Diversification des sources de revenu
b. Développement de l’agriculture
c. Développement de l’élevage
d. Crédit pour agriculteurs et éleveurs
e. Autre____________________________________________________________________
41. Quels sont les domaines prioritaires, par ordre d’importance pour la région dans lesquels l’Etat devrait participer sur le plan environnemental?
1. Augmentation de la couverture boisée
2. Combat contre l’érosion
3. Combat la pollution maritime par les déchets organiques
4. Autre____________________________________________________________________
Annexe B : Fiche d’enquête Focus group
Étude de Diagnostic socioéconomique au niveau du complexe Baradères – Cayemites
Questionnaires de Focus group
I. Identification de la fiche et de l’enquêteur
Date :……………………… Nom de l’enquêteur :……………………………………………………………………………………………………………………….Tél : ………
Département : …………………………………. Commune :…………………………………………………Section :……………………………………………………Localité : ……..
II. Infrastructures des services de base et acteurs locaux
2.1- Liste des infrastructures de services de base
Infrastructures Nom point GPS Niveau de satisfaction9 Remarques
Écoles, hopitaux/centres de santé, centres de loisir, Sercicesd’état civil/identification, citernes publique, marchés publics, restaurants communautaires, radios communautaires, banques/coopératives
2.2- Liste des acteurs locaux
Acteurs Domaines d’intervention Période d’intervention Partenaires Influence10 Contact
Acteurs : Institutions/ONG/Notables/Élus locaux/ Association
3- Caracerisation socioéconomique des BV et BC situant dans la zone d’étude
3.1- Quelles sont les principales zones (commune, département, pays) de migration de la population ?
3.2- Quelles sont les principales raisons de la migration de la population ?
3.3- Quelles sont principales activités économiques pratiquées dans la section (commerce de charbon, autres petits commerçant, artisan, pêche, agriculture, autres) ?
3.4- Quelles sont les principales cultures pratiquées dans la section ?
3.5- Quels sont les principaux marchés d’écoulement des produits agricoles ?
3.6- Quels sont les principaux animaux élevés dans la section ?
3.7- Combien de ports de débarquement de poissons et de fruits de mer il y a-t-il dans la section ?
3.8- Les principaux besoins prioritaires de la population ?
3.9- Les potentialités de la zone ?
3.10- Les contraintes liées à l’exploitations des ces potentialités ?
3.11- Les principaux problemes liés à l’agriculture ?
3.12 - Quelles sont les attentes de la population par rapport aux problèmes économiques, sociaux et environnementaux et les solutions locales envisagées comprenant les besoins prioritaires ?
3.13- Quels sont les domaines prioritaires, par ordre d’importance pour la région dans lesquels l’Etat devrait participer sur le plan environnemental?
3.14- Quelles sont, selon vous, les causes de la degradation de l’environnement ?
3.15- Projets en cours d’exécution dans la zone
Titre du projet Maître d’ouvrage Maître d’ouvre Période d’exécution Bénéficiaires
3.16- Caractérisques générales des habitats dans la section
Toiture Plancher Dispersion11 Moyen d’éclairage Dimension Latrine
3.17- Principales sources d’approvisionnement en eau de boisson et de cuisson
Principales sources d’approvisionnement
Eau de boisson
Eau de cuisson
IV- Grille d’analyse sur la structure et le fonctionnement des acteurs locaux
Acteur Représentativité territoriale Intéret Pouvoir Stratégie
Collaborer Satisfaire Communiquer Surveiller
V- Identification et analyses des filières économiques porteuses dans la zone
Filière Acteurs/agents Atouts Contraintes Forces Faiblesses
VI-Liste des répondants, remarques et observations particulières
6.1- Distribution des répondants par sexe, âge et par catégorie socioprofessionnelle
No Nom Prénom Sexe Age Code activité Téléphone
1
2
3
4
5
6
7
6.2- Remarques/observations des participants
6.3- Remarques /observations de l’enquêteur