(2018) Plan d'Action Binational pour la Gestion Durable de la Pêche dans la Zone des Trois Baies - Monte Cristi
Resume — Ce plan d'action binational vise à créer les conditions nécessaires à une gestion et une gouvernance à long terme de la pêche dans la zone maritime transfrontalière englobant l'Aire Protégée des Trois Baies en Haïti et le Parc National de Monte Cristi en République Dominicaine. Il se concentre sur les efforts de collaboration pour améliorer la gestion des pêches le long de la côte nord d'Hispaniola, en s'attaquant aux pratiques non durables et à la dégradation des écosystèmes.
Constats Cles
- Le plan identifie quatre priorités clés : promouvoir des moyens de subsistance alternatifs pour les pêcheurs.
- faire appliquer les réglementations sur la pêche par le biais de la collaboration internationale et de la formation.
- améliorer le système d'information sur la pêche d'Haïti pour la collecte et la gestion des données.
- améliorer les pratiques de pêche et la valeur ajoutée grâce à l'adaptation des engins et aux zones protégées.
- Le plan vise à faire évoluer la zone vers une gestion durable des pêches, la restauration des écosystèmes, la viabilité économique et l'équité sociale.
- Un comité binational composé de représentants des gouvernements haïtien et dominicain a été créé pour mettre en œuvre le plan et collaborer sur les questions de pêche transfrontalière.
Description Complete
Le plan d'action binational se concentre sur la création de conditions favorables à la gestion et à la gouvernance à long terme des pêches dans la zone transfrontalière de l'Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies (AP3B) en Haïti et du Parc National de Monte Cristi en République Dominicaine. Reconnaissant l'importance écologique de cette région, le plan souligne le besoin urgent de mesures efficaces pour améliorer la gestion des pêches le long de la côte nord d'Hispaniola. Le plan est basé sur des études antérieures, des plans pour l'AP3B et le Parc National de Monte Cristi, et des ateliers binationaux. Il décrit quatre priorités : la promotion de moyens de subsistance alternatifs, l'application des réglementations sur la pêche, l'amélioration du système d'information d'Haïti et l'amélioration des pratiques de pêche et de la valeur ajoutée. Un comité binational mettra en œuvre le plan, dans le but de faire évoluer la zone vers une gestion durable des pêches, la restauration des écosystèmes, la viabilité économique et l'équité sociale.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
1
République d’Haïti République Dominicaine
Plan d’Action Bi-national pour la Gestion d’une Pêche Durable dans
la Zone des Trois Baies - Monte Cristi
2018-2023
2
Préparé par :
Maxene Atis, Miguel Silva de la Cruz, Carlos M. García Cartagena,
19 août 2018
pour
le Département de la Pêche et de l’Aquaculture d’Haïti (DPAQ) et le Consejo Dominicano de Pesca y
Acuicultura (CODOPESCA) en République Dominicaine
Pour citer ce document : Atis M., Silva M., and Garcia C. (2018) Plan d’action binational pour la gestion d’une
pêche durable dans la zone des Trois Baies - Monte Cristi The Nature Conservancy. Pp. 1-37
Coopération et partenariat :
Agence Americaine pour le Developpement International (USAID)
The Nature Conservancy (TNC)
Ce document a été rendu possible grâce au généreux soutien du peuple Américain à travers l’Agence
Americaine pour le Développement International (United States Agency for International Development
ou USAID). Le contenu est de la responsabilité de The Nature Conservancy et ne reflète pas
nécessairement les opinions d’USAID ou du gouvernement des États-Unis.
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CONTENU
Sommaire..……………………………………………………………………………………… …………………………………………………..4
Introduction……………………………………………………………………………………………………………………………………… ..5
1.1. Contexte…………………………………………………………………………………………………… ……………….……… .5
1.2. Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies, Haïti (AP3B)………………...6
Contexte General et Caractéristiques Biophysiques………………………………………………………… ……..6
1.3. Complexe des aires marines protégées de Monte Cristi, République Dominicaine……..……6
Contexte General et Caractéristiques Biophysiques…………………………………………………………… ..…6
2. Objet et portée du plan d'action binational ………………………………………………………… ……..… 7
3. Approche : Processus de Preparation du Plan d’Action………………………………………………… .…8
3.1 Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies.………………………………………… 8
3.2 Parc National Sous-marin de Monte Cristi1……………………………………………………………………… …..11
3.3 Ateliers binationaux…………………………………………………………………………………………………………… .13
RESUME DU CADRE DU PLAN D’ACTION BINATIONAL POUR LA GESTION D’UNE PÊCHE
DURABLE DANS LA ZONE DES TROIS BAIES ET DE MONTE CRISTI…………………………..…………………...15
4. PLAN BINATIONAL POUR LA PÊCHE DURABLE DANS LA ZONE DES TROIS BAIES - MONTE
CRISTI………………………………………… ……………………………………………………………………………………………… .17
RÉFÉRENCES ET ENTRETIENS…………………………………………………………………………………………………… .……277
Annexes 1-3 ……………………………………………………………………………………………………………………………..…28-31
Annexe 4: écosystèmes marins et côtiers dans la zone des Trois Baies-MonteCristi ..………….……...32
Écosystèmes marins et côtiers dans la zone protégée des Trois Baies .………………………………… .…....32
Pêche………………………………………………………………………………………………………………………………………… …….33
Écosystèmes marins et côtiers dans les aires marines protégées de Montecristi.………………….…... 36
Pêche……………………………………………………………………………………………………………………………………… ……….37
Aires protégées…………………………………………………………………………………………………………………………… …. 38
4
SOMMAIRE
L’objectif de ce plan d’action binational est de créer les conditions habilitantes pour une
gestion et une gouvernance à long terme de la pêche dans la zone maritime transfrontalière
couvrant l’Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies (AP3B) en Haïti
et le Parc National de Monte Cristi en République Dominicaine. En raison de l’importance
des écosystèmes de cette zone pour la région, il y a un besoin urgent d’instaurer des
mesures efficaces pour améliorer la gestion de la pêche le long du paysage maritime de la
côte nord d’Hispaniola. Une gestion efficace de la pêche à la fois dans le Complexe des Aires
Marines Protégées de Monte Cristi et dans l’AP3B ne peut être atteinte qu’à travers une
étroite collaboration transfrontalière.
Ce plan d’action binational est base sur des études et des plans antérieurs, développés pour
l’AP3Bet le Parc National Sous-marin de Monte Cristi, ainsi que deux ateliers binationaux
organisés en 2016 et en 2017 entre des représentants des gouvernements d’Haïti et de la
République Dominicaine. Il décrit les quatre priorités suivantes et les actions qui s’y
rattachent :
1) Promotion de moyens de subsistance alternatifs ou supplémentaires
a) Promouvoir des moyens de subsistances alternatifs et supplémentaires pour les
pêcheurs afin de générer des revenus tout en réduisant la pression exercée sur les
ressources halieutiques
2) Application des dispositions légales sur la pêche
a) Renforcer la collaboration internationale, interinstitutionnelle et binationale sur
le plan technique
b) Éduquer et former les représentants des gouvernements et les acteurs sur la
régulation environnementale et la régulation de la pêche
c) Sensibiliser les associations de pêcheurs et des organisations locales et
d) Promouvoir l’autorégulation et les droits de pêche communautaires
3) Doter Haiti d’un système d’information amélioré et automatisé (sur l’AP3B)
a) Collecter les données relatives à la pêche dans la zone de l’AP3B utilisant une
approche standardisée
b) Mettre en place un système de gestion des données dans la Direction des Pêches
et Aquaculture d’Haiti pour assurer la gestion des données de la pêche dans
l’AP3B
c) Mettre à jour le recensement national y-compris les ressources, le matériel de
pêche, les caractéristiques démographiques et socio-économiques (ex. type de
pêche, type de gestion, type de matériel de pêche, zones de pêches, méthodes,
nombre de pêcheurs, ménages du secteur de la pêche) en rapport à la pêche dans
les deux pays et
d) Disséminer de l’information sur la pêche et sur des sujets connexes
5
4) Pratiques de pêche améliorées et valeur ajoutée
a) Adapter le matériel de pêche et promouvoir des pratiques de pêche durable
b) Créer des réserves (zones de non-droit) et des zones pour la reproduction
Au cours des cinq prochaines années, ce plan d’action doit guider la transition d’une zone
caractérisée par des pratiques de pêche non durables et la dégradation des écosystèmes,
vers une zone dans laquelle prévaut une bonne gestion de la pêche qui favorise la
restauration de la productivité du milieu marin, la viabilité économique et l’équilibre social.
Ce plan d’action aidera également à diminuer la pauvreté, à améliorer les conditions de vie,
à soutenir des moyens de subsistances alternatifs ainsi qu’à améliorer la gouvernance,
l’administration et la viabilité financière. Un comité binational composé de représentants des
gouvernements haïtien et dominicain a été constitué afin de mettre en œuvre ce plan et
collaborer sur les questions liées à la pêche transfrontalière.
INTRODUCTION
1.1 Contexte
Ce cadre de plan d’action a été préparé par le Programme Caribéen pour la Conservation de
la Biodiversité Marine (Caribbean Marine Biodiversité Program - CMBP) financé par l’USAID
et géré par The Nature Conservancy. Les objectifs du CMBP sont de réduire les menaces qui
pèsent sur la biodiversité marine et côtière dans des zones prioritaires de la Caraïbe,
entretenir les services écosystémiques et réaliser des progrès concrets sur le bien-être
humain pour les populations vivant dans le voisinage des Aires Marines Gérées (AMG), . Mis
en œuvre dans cinq pays cibles (République Dominicaine, Grenade, Haïti, Jamaïque et St.
Vincent et les Grenadines) le programme se concentre sur la création et la gestion efficace
d’aires marines protégées, la promotion de la pêche durable et de moyens de subsistances
alternatifs durables. Ce programme est axé sur une utilisation durable des ressources
marines et côtières dont dépendent les économies et communautés locales, ainsi que sur
l’établissement d’un financement fiable à long terme, pour supporter la gestion et les
initiatives pour la conservation marine dans le futur.
The Nature Conservancy (TNC) a établi un consortium d’organisations non
gouvernementales locales bien implantées afin de mettre en œuvre le CMBP dans quatre
espaces maritimes ciblés. En Haïti la TNC collabore avec la Fondation pour la Protection de
la Biodiversité Marine (FoProBiM) dans le Parc National des Trois Baies sur la côte nord
d’Hispaniola. En République Dominicaine, La TNC collabore avec le Centro para
la Conservación y Ecodesarrollo de la Bahia de Samaná y su Entorno (CEBSE) dans la baie de
Samaná.
6
1.2. AIRE PROTEGEE DE RESSOURCES NATURELLES GEREES DES TROIS BAIES, HAÏTI (AP3B)
Contexte général et Caractéristiques Biophysiques
La côte nord-est d’Haïti fait partie d’un large écosystème marin (paysage marin) ayant une
importance au niveau régional, et possédant une richesse en ressources de biodiversité
marine et côtière, particulièrement dans les baies de Limonade, de Caracol et de Fort Liberté,
ainsi que dans le Lagon aux Bœufs. Cette zone a été déclarée comme l’Aire Protégée des Trois
Baies (AP3B) en 2014 (la deuxième plus grande aire protégée d’Haïti et la deuxième plus
grande forêt sèche tropicale des Caraïbes). Cette aire protégée couvre une superficie de 75
406 hectares et protège des espèces et des habitats terrestres, marins et d’eau douce. La
partie marine est composée d’un complexe unique de récifs coralliens frangeants et
barrières, d’herbiers marins, de mangroves, d’eaux profondes et de plaines côtières
adjacentes connues pour la diversité de leurs différents habitats aquatiques et saumâtres.
L’AP3B est principalement composée d’habitats marins, avec une zone marine profonde (>
30 mètres), une zone marine peu profonde (< 30 mètres) et ses forêts de mangroves
(principalement composées de palétuviers rouges (Rhizophora mangle)), qui représentent
77 % de la totalité de l’aire protégée (soit 57 930 hectares).
Dans les zones tampons de l’AP3B vivent des milliers de pêcheurs dont la survie dépend en
grande partie du bon état des habitats marins et de la pêche. La mangrove fournit un large
éventail de services écosystémiques aux communautés locales dont, du combustible, des
matériaux de construction, des frayères, blocage des sédiments et une barrière protectrice
lors des tempêtes. Cette dépendance des communautés locales vis-à-vis des ressources
côtières et marines les rend vulnérables aux effets de la dégradation de l’environnement et
au changement climatique.
1.3. COMPLEXE DES AIRES MARINES PROTEGEES DE MONTE CRISTI, REPUBLIQUE DOMINICAINE
Contexte général et Caractéristiques Biophysiques
Les Aires Marines Protégées de Monte Cristi se situent dans la zone côtière du nord de la
province de Monte Cristi et à l’extrême ouest de la province de Puerto Plata. Elles couvrent
les zones maritimes et côtières de l’embouchure de la Rivière du Massacre jusqu’à
l’embouchure de la rivière Yaque del Norte, les ilots Sept Frères et la côte depuis le Parc
National El Morro jusqu’au sanctuaire marin pour les mammifères marins d’Estero Hondo
dans la province de Puerto Plata. La zone côtière et maritime (Marine Coastal Zone (ZCM))
comprend une bande de terre d’environ 10 km, parallèle au littoral, couvrant 986,28 km
2
et
des espaces marins de 1392,34 km
2
, ce qui donne une zone délimitée totale de 2378,62 km
2
(237 861,77 Ha). La part occupée par les récifs à l’intérieur du Parc National Sous-marin de
Monte Cristi (PNSM) fait 56,31 km
2
(5631,3 Ha)
1
.
La pêche artisanale est une des activités économiques les plus traditionnelles dans la zone
1
López, J. y M. Silva. 2012. Diagnóstico de la situación natural y social de la zona costero y marina de la provincia de Monte Cristi. Ministerio
de Medio Ambiente y Recursos Naturales. 303 pages.
7
côtière de Monte Cristi. Au moins 16 sites de débarquement ont été identifiés, à partir
desquels opèrent 214 embarcations. Les bateaux sont principalement des dériveurs en fibre
de verre ou en bois avec moteur hors-bord. Selon des données officielles, le nombre total de
pêcheurs est de 502, mais cela n’inclut pas 300 ramasseurs.
Côte nord d’Hispaniola
2. Object et portée du plan d’action binational
L’objectif principal de ce plan d’action binational est de créer les conditions habilitantes pour
une gouvernance et une gestion à long terme de la pêche dans la zone de l’AP3B – Monte
Cristi (voir la carte ci-dessus). En raison de l’importance des écosystèmes de cette zone pour
la région, il y a un besoin urgent de mettre en place des mesures efficaces pour améliorer la
gestion de la pêche à travers le paysage marin de la côte nord d’Hispaniola. Il apparaît
évident qu’une gestion efficace de la pêche, à la fois dans le Complexe des Aires Marines
Protégées de Monte Cristi et dans l’Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois
Baies, ne peut être atteinte qu’à travers une étroite collaboration transfrontalière. Par
exemple, des interactions se produisent tous les jours entre les pêcheurs des deux côtes de
la frontière qui ne sont pas au courant des régulations en vigueur dans ces aires protégées,
et les pratiques de pêche destructrices continuent de se développer à un rythme
préoccupant.
8
Au cours des cinq prochaines années et au-delà, ce plan d’action doit guider la transition
d’une zone caractérisée par des pratiques de pêche non durables et la dégradation des
écosystèmes, vers une zone dans laquelle prévaut une bonne gestion de la pêche qui favorise
la restauration de la productivité du milieu marin, la viabilité économique et l’équilibre
social. Plus particulièrement, la mise en œuvre de ce plan d’action aidera à diminuer la
pauvreté, à améliorer les conditions de vie, à favoriser des moyens de subsistances
alternatifs et à fournir une meilleure gouvernance, une meilleure administration et une
pérennité financière.
Cette mission est en accord avec la loi Haïtienne sur la pêche de 1978, la loi Dominicaine sur
la pêche (loi 307-04), les plans de gestion de l’AP3B et la loi Dominicaine sur les aires
protégées (202-04), ainsi qu’avec le Plan d’Action du Secteur Pêche sur le parc des Trois
Baies (Fisheries Sector Action Plan for Three Bays), qui a reçu un large soutien de la part des
gouvernements locaux, des pêcheurs et des acteurs concernés.
Ce plan d’action sur cinq ans requiert l’application d’actions prioritaires et une évaluation à
mi-parcours. L’objectif de cette évaluation trois ans après son entrée en application est de
permettre aux gouvernements d’évaluer les progrès sur la mise en œuvre du plan et de le
réorienter si nécessaire.
Il est établi que toutes les activités envisagées ne seront peut-être pas mises en œuvre au
cours des cinq années que couvre le plan et que son application s’étendra possiblement au-
delà de cette période. La mise en œuvre du plan doit être assez flexible pour s’adapter aux
dynamiques socio-économiques des pays concernés, et par conséquent, des consultations
permanentes doivent être menées auprès des communautés, des acteurs et des
représentants des gouvernements sur la base de la disponibilité des ressources humaines,
techniques et financières. Une gestion efficace de la pêche dans l’AP3B et Monte Cristi en tant
que continuum d’aires protégées représentera un changement important dans le domaine
de la préservation de la biodiversité sur la côte nord d’Hispaniola et pour les communautés
qui y vivent, ainsi que pour ses écosystèmes. Au regard de l’interconnectivité entre les deux
pays, du point de vue géographique, l’étendue de ce plan d’action peut inclure des activités à
être implémentées à l’échelle nationale dans les deux pays.
3. Approche : Processus de Préparation du Plan d’Action
Le plan d’action binational est base sur des études et des plans antérieurs développés pour
l’Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies et le Parc National Sous-
marin de Monte Cristi, ainsi que deux ateliers binationaux entre des représentants des
gouvernements d’Haïti et de la République Dominicaine.
3.1 Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées des Trois Baies
9
En 2015 et 2016 le CMBP a mené une Evaluation Rapide du Secteur Pêche (Rapid Fisheries
Sector Assessmentsou RFSA) et par la suite préparé un Plan d’Action du Secteur Pêche
(Fisheries Sector Action Plan ou FSAP) pour l’Aire Protégée des Trois Baies en Haïti. Le FSAP
a servi de feuille de route pour les actions du CMBP visant à renforcer la gestion de la pêche.
Les principaux problèmes identifiés par le FSAP étaient les suivants :
● Politiques de pêche désuètes - besoin de réformes des lois
● Surpêche non sélective
● Pratiques de pêche non durables
● Braconnage (par les Dominicains et les Haïtiens)
● Manque de moyens de subsistance alternatifs
● Faiblesse ou quasi absence de gestion de la pêche
● Manque d’application des réglementations
Parmi d’autres problèmes supplémentaires identifiés par la Direction des pêches du
Ministère de l’Agriculture d’Haïti figurent l’instabilité socio-politique, le manque
d’infrastructures pour les services, le manque d’éducation et de sensibilisation des acteurs,
le manque d’investissements directs du le secteur privé, le manque de données scientifiques
et le manque de personnel qualifié. Au niveau national la stratégie du Ministère de
l’Agriculture est principalement axée sur :
● L’installation et la bonne gestion de Dispositifs de Concentration de Poisson (DCP)
● La restauration des mangroves
● La création de bonnes conditions favorisant une augmentation de la production de
poisson et autres fruits de mer de 12 000 tonnes à 20 000 par an tonnes sur une
période de 5 ans, de façon durable
● Le renforcement des institutions et de la législation, et
● La création ou l’amélioration des infrastructures pour permettre une meilleure
conservation, un meilleur transport et une meilleure commercialisation des prises de
la pêche.
Sur la base des problèmes identifiés, le FSAP a émis 16 recommandations essentielles pour
améliorer la gouvernance et la gestion de la pêche dans le Parc National des Trois Baies :
1. Mettre en place une autorité de gestion du parc des Trois Baies (Three Bays Park
Management Authority (PMA))
2. Formation en gestion et leadership pour les associations de pêcheurs et les pêcheurs
individuels
3. Recenser les pêcheurs, le matériel, les bateaux
4. Éliminer les filets à petit maillage et remplacer par des engins de pêche durable
5. Protéger les mangroves
6. Améliorer la dynamique de la chaîne d'approvisionnement
6.a Étude de marché
7. Établir des zones protégées où la pêche est interdite à l’intérieur du parc
10
8. Établir des sites de débarquement (7)
9. Créer une marque pour les produits issus du parc
10. Activités alternatives ou effectuées par les femmes
11. Mariculture
12. Dispositifs de concentration de poisson
13. Collecte de l’espèce invasive Pterois (poisson-lion)
14. Écotourisme
15. Conférence sur la pêche
16. Loi et réglementations pour encadrer la pêche
En outre, le FSAP a émis quatre recommandations prioritaires a être exécutées par CMBP :
1. Autorité de Gestion du Par cet Formation : une Autorité de Gestion du Parc des Trois
Baies
2. Programme d’échange (remplacement) de matériel de pêche
3. Création de sites de débarquement de poissons
4. Mise en œuvre d’initiatives de moyens de subsistance alternatifs
Alors que ce plan d’action est en cours de préparation, le CMBP travaille activement à la
réalisation des recommandations 1, 2 et 4.
En plus du FSAP, le CMBP a achevé le plan de gestion de l’AP3B en 2017 à travers un long
processus participatif impliquant de nombreuses réunions avec les gouvernements locaux
et le gouvernement central d’Haïti et les acteurs des principales communautés de la côte, et
tous ont fourni des conseils et des commentaires utiles.
Le plan de gestion propose une vision qui doit guider la transition d’un environnement
exploite de façon non durable, avec la pauvreté et les mauvaises conditions de vie qui s’y
rattachent, vers une zone protégée caractérisée par une bonne gestion de l’environnement,
une viabilité économique et un équilibre social. Le plan comprend neuf programmes de
gestion et environ 120 actions spécifiques devant être mises en œuvre au cours des dix
prochaines années, de 2017 à 2027. Les neuf programmes de gestion sont les suivants :
1. Conservation de la biodiversité
2. Sensibilisation et éducation environnementale
3. Utilisation durable des ressources
4. Préservation des ressources culturelles
5. Écotourisme
6. Gestion communautaire
7. Gouvernance, cogestion et application des régulation
8. Infrastructures
9. Suivi Biologique
Le Plan de Gestion propose aussi un système de zoning pour la gestion de l’AP3B avec les
zones suivantes :
11
1. Zone de régénération - Pour fournir le niveau de protection le plus élevé aux
espèces marines et terrestres, aux habitats et aux écosystèmes, en raison de leur
caractère unique, rare, menacé, et/ou en raison de la valeur qu’ils représentent, des
caractéristiques spéciales qu’ils possèdent ou un statut d’habitat sauvage essentiel.
2. Zone de conservation - Pour permettre la conservation des caractéristiques
naturelles et culturelles du paysage terrestre et/ou marin, tout en fournissant des
moyens de subsistances modestes, une utilisation pour le tourisme ou les loisirs, et
une zone tampon adjacente aux zones de régénération.
3. Zone d’utilisation durable - Pour permettre la poursuite des pratiques de
l’utilisation des ressources terrestres durables et restreintes qui sont compatibles
avec la préservation de la nature, principalement l’agriculture biologique.
4. Zone de gestion communautaire - Pour protéger les éléments archéologiques,
historiques culturels présents dans l’AP3B, pour mener des recherches et, là où cela
est approprié et possible, des visites culturelles pour le public.
5. Zone de conservation culturelle - Pour permettre la gestion collaborative des terres
situées à l’intérieur de l’AP3B sur lesquelles vivent des communautés, où se
trouvent des industries et qui appartiennent à des propriétaires fonciers ; mené par
et en coopération avec les gouvernements locaux.
Le plan de gestion final a été présenté aux autorités municipales et aux autorités du
gouvernement central lors de deux réunions différentes. Il a d’abord été présenté le 19 juin
aux autorités municipales et départementales des communautés de l’AP3B, dont les maires
et « CASEC » de Limonade, Caracol, Fort-Liberté et Ferrier. Cette rencontre a été conduite
par le Directeur Départemental du Ministère de l’Environnement, Luckin Charles. Il a ensuite
été présenté officiellement lors d’une rencontre qui s’est tenue à Port-au-Prince le 20 juin en
présence de représentants du Ministère de l’Environnement, de l’ANAP, d’USAID, d’autres
agences de développement, d’autres ministères, agences et acteurs du secteur privé
concernés, ainsi que la presse.
3.2 Parc National Sous-marin de Monte Cristi
En 2014 le gouvernement dominicain et ses partenaires ont développé un plan de zonage
pour la pêche pour le Parc National Sous-marin de Monte Cristi afin de rétablir, protéger et
préserver les écosystèmes grâce à une gestion durable et à la participation des différents
acteurs.
Alors que le plan de zonage ne couvre pas toute la zone de Monte Cristi, le Parc National
Sous-marin de Monte Cristi est la plus grande composante du Complexe des aires marines
protégées de Monte Cristi et les réponses apportées aux problèmes peuvent également être
appliquées dans les autres zones. Les objectifs du plan de zonage pour la pêche pour le Parc
National Sous-marin de Monte Cristi sont les suivants :
• Permettre la continuité des processus biologiques et évolutifs dans les écosystèmes
marins de l’aire protégée PNSM.
12
• Gérer les ressources naturelles du Parc National et des zones associées à l’actuel
système récifal, avec un accent mis sur la protection des communautés et des
écosystèmes, des espèces fragiles essentielles pour la bonne santé de cet écosystème,
unique parmi les zones marines nationales, et sur la protection spéciale de ces zones
ayant une importance économique actuellement et potentiellement dans le futur.
• Préserver les paysages insulaires et marins, ainsi que leurs éléments naturels, pour
en faire usage, ainsi que pour améliorer la qualité de vie des groupes sociaux locaux
et pour le plaisir des visiteurs.
• Promouvoir la conservation de la biodiversité marine et la productivité biologique
qui permet la continuité et les interactions entre les espèces qui vivent dans les récifs.
• Réaliser des études et des recherches, deux éléments qui contribuent à produire des
propositions en termes de méthodes de gestion et d’alternatives pour une utilisation
durable des ressources, et en même temps pour élargir et approfondir les
connaissances à leur sujet ; et
• Appliquer les connaissances, les pratiques et les technologies, traditionnelles ou
nouvelles, qui permettent la préservation et l’utilisation durable des ressources
halieutiques dans la zone.
Les actions suivantes ont été proposées afin d’atteindre ces objectifs :
• Zonage
▪ Zones exclusives de pêche
▪ Contrôle de la pêche
▪ Tourisme et loisir
• Restauration
▪ Rétablissement des populations des espèces prioritaires
▪ Restauration des écosystèmes menacés
• Information
▪ Promotion de la recherche et des connaissances pour une gestion efficace
▪ Développement d’inventaires, d’un référentiel et d’une surveillance de
l’environnement
▪ Système d’information pour la pêche, dont une collecte régulière des
informations sur les sites de débarquement, les prises et d’autres statistiques
en lien avec la pêche
▪ Diffusion des informations auprès des différents acteurs
▪ Actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement
▪ Suivi des activités de loisirs pour les touristes et le public
• Gestion
▪ Opération, protocoles et logistique
▪ Infrastructures et signalement des différentes zones, à l’aide de repères
(bouées et repères sur les terres)
▪ Accords légaux et institutionnels
▪ Respect de la réglementation et incitations
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▪ Surveillance de la santé des écosystèmes des récifs
▪ Élaboration et application de mesures spécifiques concernant les espèces
essentielles et les groupes ciblés
• Un programme de formation pour l’application et la supervision des bonnes pratiques
de pêche pour atteindre une utilisation durable des ressources marines et côtières
doit impérativement être mis en place. Cette formation doit concerner :
▪ Les autorités, pour le contrôle de l’application des lois
▪ Les pêcheurs, pour qu’ils aient un meilleur respect et un meilleur
comportement vis-à-vis des ressources halieutiques
▪ La commercialisation du poisson et les entreprises du secteur du tourisme
pour que tous soient impliqués dans la gestion des ressources côtières et
marines
▪ Les organisations non gouvernementales, pour promouvoir de façon plus
efficace la gestion participative de la gestion et de la protection des ressources
halieutiques
Parmi les principaux problèmes identifiés par le Conseil dominicain pour la pêche et
l’aquaculture (CODOPESCA) figurent :
• La surpêche
• Les pratiques de pêche non durables
• Le braconnage (de la part des Dominicains et des Haïtiens)
Des mesures sont entreprises dans le secteur de la pêche afin de remédier à ces problèmes,
y-compris :
• Évaluation et adaptation de la clôture des saisons de pêche, en particulier en ce qui
concerne le crabe Xanthidae
• Créer un mécanisme de régulation pour ce qui concerne les ornements pour les
aquariums
• Surveiller et contrôler la pêche à la senne
• Surveillance des échanges de produits de la mer dans les deux pays, dans le cadre de
l’accord CITES avec à la fois la Marine dominicaine et l’Armée dominicaine
À ce jour, les projets suivants sont appliqués sous la supervision de MARENA :
• Conservation de la biodiversité marine et développement économique durable à
Monte Cristi (Conservation of Marine Biodiversité and Sustainable Economic
Development in- Montecristi), d’AgroFrontera
• Projet pour la biodiversité et le tourisme (Project on Coastal Biodiversité and
Tourisme), des Ministères du Tourisme et de l’Environnement
3.3 Ateliers binationaux
Trois ateliers binationaux ont été conduits en 2016, 2017, et en 2018 par le CMBP, avec la
14
participation de représentants des gouvernements des deux pays, afin de faire avancer la
collaboration transfrontalière.
Atelier binational 1 - Dajabón / Ouanaminthe - Lors de l’atelier qui s’est déroulé à Dajabón
en 2016, la pêche durable a été identifiée comme étant l’élément clé pour augmenter la
collaboration entre les acteurs de Monte Cristi et de l’AP3B, et il a été convenu qu’un plan
d’action binational doit être établi afin de guider cette collaboration dans le futur. En outre,
il a été convenu qu’un plan d’action binational doit cibler les activités menées au-delà de la
côte nord d’Hispaniola et concerner les deux pays.
Atelier binational de Santo-Domingo - En juillet 2017 un atelier binational a été conduit à
Santo-Domingo afin d’identifier les priorités et problèmes communs en lien avec la gestion
durable de la pêche dans la zone des Trois Baies - Monte Cristi ; pour identifier les domaines
de collaboration et les échanges, pour améliorer la gestion transfrontalière de la pêche et
utiliser ces informations pour développer une première version d’un plan d’action pour
parvenir à une de gestion de la pêche commune. Des représentants du gouvernement et les
ONG partenaires de la République Dominicaine et d’Haïti y ont participé.
Lors de cet atelier plusieurs problèmes en lien avec la pêche et la gestion du parc ont été
abordés. Cependant, l’accent a principalement été mis sur la gestion de la pêche sur la côte
nord d’Hispaniola. Les participants à cet atelier se sont aussi mis d’accord sur le fait que
toutes les informations collectées lors des discussions serviraient à alimenter un plan
d’action binational devant être partagé avec les représentants des gouvernements concernés
afin d’assurer le soutien nécessaire à sa mise en œuvre.
Après le second atelier qui s’est tenu à Santo-Domingo l’équipe du CMBP a préparé le plan
de travail pour l’élaboration du plan d’action et un questionnaire qui ont été partagés avec
les acteurs concernés pour collecter davantage d’informations ; et elle a aussi compilé les
informations collectées lors des ateliers, des réunions et des entretiens. Sur la base de ces
informations, le CMBP a préparé une ébauche du plan d’action binational et l’a remise aux
gouvernements, aux organisations non gouvernementales et aux principaux acteurs afin
qu’ils l’examinent et qu’ils émettent des commentaires. Sur la base de ces commentaires, le
CMBP a préparé une version avancée en 2018.
Atelier binational 2 - Dajabón / Ouanaminthe - En 2018 le CMBP a continué de faciliter le
dialogue entre Haïti et la République Dominicaine afin de promouvoir une coopération
binationale concernant la gestion de la zone AP3B - Monte Cristi. Le CMBP a organisé un
atelier binational les 3 et 4 mai afin d’examiner et de finaliser une ébauche avancée du plan
d’action binational. Lors de cet atelier, une formation sur la gestion des données concernant
la pêche a été donnée aux représentants du gouvernement haïtien. Lors des premiers jours
de l’atelier, dix techniciens haïtiens de la Direction des Pêche et Aquaculture du Ministère de
l’Agriculture ont reçu, sur une journée, une formation donnée par leurs homologues
Dominicains sur la collecte des données. La deuxième journée a été consacrée à la finalisation
du plan d’action binational pour la gestion d’une pêche durable. 44 personnes des deux pays
ont participé à l’atelier binational, y compris des représentants des entités responsables de
la pêche, la Commission binationale de haut niveau, les institutions qui gèrent les aires
15
protégées, les maires, les représentants des gouvernements locaux, d’USAID, TNC, IDB,
UNDP, et du Corridor Biologique Caribéen, d’Agrofrontera, de la FOPROBIM et de
Counterpart International. En tout, 23 institutions haïtiennes et dominicaines étaient
représentées à cet atelier.
Les trois principaux résultats obtenus à l’issue de cet atelier sont les suivants : la validation
du cadre du plan d’action, avec quelques modifications ; des problèmes concernant la mise
en œuvre et les principales étapes ont été identifiés ; et un comité de pilotage pour la mise
en œuvre du plan a été instauré.
L’atelier binational a également débouché sur un engagement fort de la part des partenaires
en ce qui concerne le soutien de l’initiative que constitue ce plan d’action. En plus du CMBP,
le Corridor biologique des Caraïbes (CBC) s’est engagé à utiliser une partie de ses fonds
actuels pour mettre en œuvre les activités sélectionnées dans le plan d’action binational. La
Banque Interaméricaine de Développement (DIB) s’est aussi engagée à rechercher des fonds
pour soutenir la mise en œuvre du plan.
Resume du Cadre du Plan d’Action Binational pour la Gestion d’Une Pêche Durable
Dans la Zone des Trois Baies et de Monte Cristi
Le cadre du Plan d’action binational ci-dessous présente 4 priorités principales désignées
par les représentants des gouvernements d'Haïti et de la République Dominicaine. Ces
priorités sont les suivantes :
Promotion de moyens de subsistance alternatifs - Un des motifs essentiels des pratiques non
durables et de la surexploitation des ressources dans la zone est le manque d’alternatives
économiques. Durant les consultations avec les représentants du gouvernement il a été
convenu que la principale priorité serait la promotion, pour les pêcheurs, de moyens de
subsistance alternatifs ou complémentaires afin de générer des revenus tout en réduisant la
pression exercée sur les ressources halieutiques.
Application de la réglementation concernant la pêche - Afin de promouvoir l’application des
régulations concernant la pêche, le cadre de ce plan d‘action vise à renforcer la collaboration
internationale, interinstitutionnelle et binationale sur le plan technique, ainsi que la mise en
place d’activités de formation, d’éducation et de sensibilisation dans la zone des Trois Baies
- Monte Cristi. Ce cadre vise également à renforcer la capacité des communautés à gérer la
pêche autorégulée afin de compenser d’éventuels défauts de la part du gouvernement.
Un système d’information améliore et automatise pour l’AP3B en Haïti - Ce plan binational
vise à soutenir un système de gestion des données dans le département en charge de la pêche
à Haïti. Ce système sera donné par la République Dominicaine et introduit à travers un projet
pilote qui sera d’abord mis en place dans la région des Trois Baies. Le cadre du plan d’action
action supportera également la mise à jour des recensements dans les deux pays, ainsi que
la collecte et le partage des données et des informations en lien avec la pêche.
16
Pratiques de pêche améliorées et valeur ajoutée - Cette priorité se concentrera
principalement sur la mise en place de programmes d’échange de matériel de pêche et sur
des améliorations concernant la chaîne de valorisation dans les deux pays afin de
promouvoir des pratiques de pêche durables. Une autre de ces actions sera la définition de
réserves de pêche et de zones de reproduction, comme suggéré dans les plans de gestion et
de zonage qui concernent les parcs.
Les priorités sont décomposées en différents plans et activités devant être mis en œuvre
dans les deux pays. Une fois le mécanisme de mise en œuvre opérationnel, un plan d’action
détaillé sera développé afin d’englober toutes les activités importantes, les différentes
tâches, les partenaires clés, le calendrier concernant la mise en œuvre, et le protocole de suivi
pour suivre les progrès réalisés en ce qui concerne chaque objectif.
Un budget prévisionnel est également présenté dans le cadre du plan d’action. Cependant, le
budget définitif sera établi par les autorités compétentes, les partenaires et les donateurs
impliqués dans la mise en œuvre du plan d’action.
17
4. CADRE DU PLAN BINATIONAL POUR LA PÊCHE DURABLE DANS LA ZONE DES TROIS BAIES - MONTE CRISTI
Priorité 1 : Promotion de moyens de subsistance
alternatifs
Action 1 : Promotion de moyens de subsistance alternatifs
ou complémentaires pour les pêcheurs afin de générer des
revenus tout en réduisant la pression exercée sur les
ressources halieutiques
Resources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
Coût (dollar
US)
Activités
− Création de projets pilotes de kayak (écotourisme) pour les
pêcheurs à Haïti et en République Dominicaine
− Création d’une coopérative d’apiculteurs avec les pêcheurs
dans l’AP3B pour générer de manière efficace des revenus
− Identifier et mettre en œuvre une palette d’autres activités
pratiques alternatives ou complémentaires pour générer
des revenus dans la zone de Montecristi et de l’AP3B
Consultants pour mener les
activités concernant les
moyens de subsistance avec
les communautés locales
Le TNC/le
CMBP
(financement
partiel pour 1
an)
Peut inclure
d’autres
donateurs
(Banque de
développement
des Caraïbes
(CDB), IDB)
- 1 entreprise
pilote de kayak
(écotourisme)
créée dans l’AP3B
(coopérative)
- 1 entreprise
pilote de kayak
(écotourisme)
créée à Monte
Cristi
(coopérative)
- 1 coopérative
d’apiculteurs
créée dans l’AP3B
4 ans
600 000
Priorité 2 : Application de la réglementation de la
pêche
18
Action 1 : Renforcement de la collaboration
internationale, interinstitutionnelle et
binationale sur le plan technique
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
Activités
− Faciliter le processus pour les échanges entre les
techniciens des deux pays
− Compiler et diffuser les lois et réglementations concernant
la pêche
− Effectuer une évaluation de l’application et de la formation
dans l’AP3B
Programmes de formation
et matériel pour soutenir les
échanges
Support de la part du
gouvernement pour
institutionnaliser la
collaboration binationale
Consultant pour supporter
la mise en œuvre sur le
terrain
Le TNC/le
CMBP
(financement
partiel pour 1
an)
Peut inclure
d’autres
donateurs (
Banque de
développement
des Caraïbes
(CDB), IDB)
Au moins trois
formations et
échanges
binationaux
3 ans
120 000
Action 2 : Éducation et formation sur
l’environnement et la réglementation
concernant la pêche dans la zone pour les
représentants du gouvernement et les acteurs
clés
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
Activités
− Développer des contenus pour la formation sur la
législation concernant la pêche en République Dominicaine
et à Haïti, respectivement
Développement de contenu
Formation des facilitateurs
(développer/compiler des
Acteurs
principaux :
CODOPESCA /
DPAQ/IDB
République
20 représentants
du gouvernement
dominicain
formés à la
législation sur la
pêche en
2 ans
30 000
19
− Fournir une formation à destination des représentants des
gouvernements en République Dominicaine et à Haïti,
respectivement
contenus et former 30
techniciens et représentants
des gouvernements)
Dominicaine -
Facilitateurs
potentiels :
CMBP (TNC),
Agrofrontera
Facilitateurs
potentiels à
Haïti : IDB,
ANAP, CBC
République
Dominicaine
30 représentants
du gouvernement
haïtien formés à
la législation sur
la pêche à Haïti
(avec des
participants pour
l’AP3B)
Développer 2
supports de
formation - un
pour chaque pays
Ressources disponibles :
République Dominicaine :
Formation du CMBP sur la législation sur la pêche pour les autorités environnementales et de la pêche locales en coordination avec le CODOPESCA
Documents Projet CLME Projet PBCyT
Haïti :
Plan d’action pour le secteur de la pêche dans le Parc National des Trois Baies Plan de gestion du Parc National des Trois Baies
Loi sur la pêche de 1978
Décret intercommunal de 2018 pour la zone des Trois Baies
Action 3 : Augmenter la sensibilisation des
associations et des groupes locaux de pêche
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
20
Activités
− Développer et appliquer un programme de sensibilisation
et d’éducation pour la zone des Trois Baies - Monte Cristi
en utilisant différentes plateformes de communication en
direction de publics ciblés et axé sur l’importance
écologique d’un espace transfrontalier protégé pour la
pêche dans les deux pays
− Développer une stratégie ou plan de communication afin
d’aider à organiser et à suivre l’évolution des programmes
éducatifs et de sensibilisation.
− Création d’une table ronde binationale sur la pêche pour
aborder les problèmes communs dans la zone des Trois
Baies - Monte Cristi
− Introduction de formation sur la pêche dans les écoles
situées dans les villes côtières
Un défenseur local dans
chaque zone (Haïti - TBD ;
Monte Cristi - TBD)
Des fonds pour des
rencontres régulières
(estimation : 4 800 $
US/pays/an - 6 rencontres)
Un salaire pour un
coordinateur dans chaque
pays - TBD
Support de la part des
autorités locales qui
participeront aux
rencontres et débattront des
problèmes avec les acteurs
du secteur
Acteur principal
: Haïti - TBD
République
Dominicaine -
TBD
Facilitateurs
potentiels :
Haïti - IDB,
UNDP-EBA
République
Dominicaine -
USAID, CEBSE ,
CBC
Haïti : 12 groupes
différents de
pêcheurs
participant à la
table ronde des
acteurs du
secteur
République
Dominicaine : 7
groupes
différents de
pêcheurs et au
moins 3
poissonneries
participant à la
table ronde des
acteurs du
secteur
5 ans
215 000
Ressources disponibles :
Carte des acteurs réalisée par AGROFRONTERA pour la zone de Monte Cristi
Rapport d’avancement pour les acteurs de Trois Baies préparé par l'Université de Limonade
Plan d’action pour la pêche et plan de gestion pour la zone des Trois Baies
Plans de gestion qui existent pour les zones protégées de Monte Cristi
Action 4 : Promotion de l’autorégulation – droits
de pêche communautaires
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Jalon Chronologie
21
Facilitateurs
Activités
− Mettre en place une licence de pêche et un processus
d’enregistrement des pêcheurs
− Travailler avec les autorités locales pour la promulgation de
décrets réglementant l’extraction des ressources
halieutiques
− Fournir une formation sur le respect de la gestion aux
agences gouvernementales responsables de l’application de
la régulation, des décrets, des zones fermées et de la mise en
œuvre de l’échange de matériel
Support gouvernemental
pour développer les
processus de délivrance de
licences et de
l’enregistrement des
pêcheurs, et pour faire
appliquer les décrets sur la
pêche
Consultant pour fournir une
formation
ANAP et
DPAQ/IDB
Un processus
d’enregistrement
coordonné mis en
place et un comité
permanent de
coordination
4 ans
335 000
Priorité 3 : Amélioration et automatisation du système
d’information à Haïti (dans la région des Trois Baies)
Action 1 : Appliquer un système de gestion des données
dans le département en charge de la pêche à Haïti pour
collecter et gérer les données concernant la pêche dans
l’AP3B
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
22
Activités
− Collecter les données sur la pêche en utilisant une approche
standard
− Installer un système de gestion des données dans le DPAQ à
Haïti afin de gérer les données relatives à la pêche
− Traduire les manuels d’utilisation de l’espagnol vers le
français et le créole
− Améliorer les informations relatives à la pêche et le
système de gestion des données en République
Dominicaine
− Former au moins 2 techniciens du département en charge
de la pêche pour la gestion et l’utilisation du système
d’information
− Former de la même manière d’autres techniciens du
Département en charge de la pêche d’Haïti pour améliorer
les capacités
Système d’information - Le
CODOPESCA met à
disposition son système
d’information pour le
Département en charge de
la pêche d’Haïti
6 ordinateurs
6 ASI
Un manuel d’utilisation
traduit en français et en
créole
Une connexion Internet
viable
Une entreprise pour le
support de l’amélioration du
système de gestion des
données et des informations
relatives à la pêche en
République Dominicaine
Acteur principal
:
CODOPESCA/D
PAQ
Facilitateurs :
CMBP (TNC)
Facilitateurs
potentiels à
Haïti : IDB
Un système
d’information
pour la pêche
livré au
Département en
charge de la
pêche à Haïti
10 techniciens
formés à la
gestion et à
l’utilisation du
système
d’information
1 an
205 000
Ressources disponibles :
Le système de collecte, de stockage, de traitement, d’analyse et de transmission des données et des informations sur la pêche du CODOPESCA.
23
Le personnel technique du CODOPESCA est disponible pour réaliser les formations des techniciens haïtiens
Action 2 : Mettre à jour le recensement national
concernant la pêche dans les deux pays
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
Activités
− Effectuer un recensement à Haïti en incluant les
ressources, le matériel de pêche, les caractéristiques socio-
économiques et démographiques (type de pêche, type de
gestion, type de matériel de pêche, zones de pêche,
méthodes, nombre de pêcheurs, nombre de foyers de
pêcheurs), et mettre les données à jour en République
Dominicaine
Entreprise pour collecter et
analyser les données, et
consolider les informations
Support de la part des deux
Départements de la pêche
pour effectuer le
recensement et intégrer les
données collectées dans
leurs base de données
Acteurs
principaux :
Département de
la pêche,
Ministère de
l’Agriculture/
CODOPESCA
Facilitateurs :
IDB
Un recensement
concernant la
pêche effectué à
Haïti
Mise en place
d’un système de
collecte des
données relatives
à la pêche à Haïti
3 ans
500 000
Action 3 : Collecter les données et partager les
informations concernant la pêche et les sujets
connexes
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
24
Activités
− Discuter des leçons tirées concernant les méthodologies
d'enregistrement des informations actuellement en cours
d’instauration
− Établir une base de données pour les sites de
débarquement
− Formation sur l’analyse des données pour au moins 2
techniciens du DPAQ
− Production d’informations pour les décideurs
− Créer une plate-forme binationale (site Internet, via un
cloud, etc.) pour le partage des informations, des résultats
des études, des recherches et des évaluations en lien avec
la pêche ainsi que d’autres sujets connexes
Des employés des deux
Départements en charge de
la pêche pour identifier les
documents et les
télécharger pour le partage
Une connexion Internet
Lecteur en ligne partagé
Support de la part des deux
gouvernements pour une
mise en œuvre sur le terrain
Entreprise pour le support
des bases de données et
création d’une plateforme
binationale
République
Dominicaine :
CODOPESCA
HAITI: DPAQ
Facilitateurs :
IDB
CBC
Un système
d’information
commun / plate-
forme créée puis
opérationnelle
pour que les deux
gouvernements
puissent partager
des informations
3 ans
100 000
Ressources disponibles :
Système de collecte, de stockage, de traitement, d'analyse et de suivi des données et informations relatives à la pêche du CODOPESCA
Priorité 4 : Amélioration des pratiques de pêche
et de la valeur ajoutée
Action 1: Adaptation du matériel de pêche et
promotion des pratiques de pêche durable
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Jalon Chronologie
25
Facilitateurs
Activités
− Diagnostic sur l’impact du matériel de pêche non durable
− Mise en œuvre de l’échange de matériel de pêche pilote
dans l’AP3B et de Monte Cristi, respectivement
− Amélioration de la chaîne de valorisation des produits de la
pêche
− Formation sur la gestion de la chaîne du froid
− Formation sur le système HACPP
− Collecter / lister tous les acteurs en lien avec la pêche dans
la zone des Trois Baies - Monte Cristi
− Déterminer le niveau de développement actuel des
associations
− Échange avec les partenaires concernés et les agences (des
deux pays) pour identifier les zones pour la promotion des
coopératives
Matériel pour l’échange et la
logistique, et un soutien
pour la formation des
pêcheurs
Fournitures et formation
pour les activités
alternatives pouvant
générer des revenus et
amélioration de la chaîne de
valorisation des produits de
la pêche
Consultant pour évaluer le
niveau de développement
des associations, et pour
effectuer la mise en œuvre
sur le terrain
Départements
en charge de la
pêche/ Agence
des Zones
Protégées –
CMBP
Facilitateurs :
TNC/CMBP
IDB
CBC
UNDP
2 échanges de
matériel pilote
effectués à Haïti
et en République
Dominicaine -
Carte des acteurs
et création d’au
moins un projet
binational entre
des coopératives
3-5 ans
675 000
Action 2 : Création de réserves de pêche et de
zones de reproduction
Ressources nécessaires
Acteur
principal/
Partenaires/
Facilitateurs
Jalon Chronologie
Activités
- Mise en œuvre de la zone de réserve définie dans le
plan de gestion de l’AP3B et amélioration de la gestion
des zones interdites à la pêche situées en République
Dominicaine
Consultants pour
cartographier, et délimiter
des zones de réserve et pour
former
TNC/CMBP,
UNDP/EBA,
CBC
Au moins une
réserve de
poissons
délimitée lors de
la mise en œuvre
du plan de zonage
3 ans
400 000
26
− Mise en œuvre de la collecte de données et
surveillance dans les zones de réserve
− Formation des pêcheurs et des acteurs clés sur la
gestion des zones interdites à la pêche
Matériel et équipements
(balises flottantes, chaînes,
etc.) pour créer une
démarcation physique des
réserves de pêche et des
zones de reproduction
Support de la part du
gouvernement pour
promulguer des décrets
(zones de réserve)
de l’AP3B
Sous-total 5 ans 3 180 000 $
Renforcement institutionnel et support divers pour la mise en
œuvre du mécanisme (comité binational)
Un mécanisme binational
qui fonctionne bien sera
essentiel pour le succès de
ce plan d’action. Des
ressources financières et
matérielles seront
essentielles pour entretenir
le fonctionnement de ce
mécanisme pendant le
projet
5 ans
318 000 $
Coût total du plan d’action binational 5 ans 3 498 000 $
27
RÉFÉRENCES ET ENTRETIENS
Badio R. J. Présentation lors de la rencontre binationale du 03/09/2016
Felix, M. 2012. Supply Chain Analysis for Fresh Seafood in Haiti. United Nations University Project.
Supervised by O. Knutsson and H. Gestsson. 21 p.
Fisheries Sector Action Plan, Three Bays National Park, Northeast Haiti. March 2016, James Miller.
Kiszka J. 2014 Bycatch assessment of the West Indian manatee (Trichechus manatus) and other
megafauna in artisanal fisheries of the Caribbean. Final report to SPAW-RAC. 41 pp.
Kramer, P, M Atis, S Schill, SM Williams, E Freid, G Moore, JC Martinez-Sanchez, F Benjamin, LS
Cyprien, JR Alexis, R Grizzle, K Ward, K Marks, D Grenda (2016) Baseline Ecological Inventory for
Three Bays National Park, Haiti. The Nature Conservancy: Report to the Inter-American Development
Bank. Pp.1-180.
López, J. y M. Silva. 2012. Diagnóstico de la situación natural y social de la zona costero y marina de
la provincia de Montecristi. Ministerio de Medio Ambiente y Recursos Naturales. 303 pages
León YM., Diez CE., Aucoin S. and Dominguez E. 2007. In-water surveys for sea turtles in two national
parks of the Dominican Republic. Available at: http://www.grupojaragua.org.do/documents/In-
water_surveys_2natl_parks_LeonetAl_2007.pdf
Masters, J. 2010. Caribbean Regional Fisheries Mechanism (CRFM). Statistics and Information Report.
Kingston: CRFM.
Ministère de l’Environnement de la République d’Haïti. Management Plan 2017-2027 for the
Protected Area of Managed Natural Resources of the Three Bays (PA3B) 157 p.
Ministry of Environment and Natural Resources of the Dominican Republic. 2014. Proposal for the
Zoning and Fishery Order Plan for the Montecristi Submarine National Park. 57 pp.
Ottenwalder JA. 1987. Ad Hoc National Report to WATS II for Haiti. Prepared for the Second Western
Atlantic Turtle Symposium (WATS II), 12-16 October 1987, Mayagüez, Puerto Rico. Doc. 044. 29 pp.
Caribbean Marine Biodiversity Program. 2016. Rapid Fisheries Sector Assessment (RFSA).
Wiener J. and O. Deloire 2014. Hawksbill Sea Turtle Bycatch Assessment – Haiti 2012-2014. Project
#0104.12.034362. National Fish and Wildlife Foundation. 36 pp.
28
Annexe 1
Liste des participants
Rencontres binationales en 2016 et en 2017
Rencontre de Dajabón, le 14 juillet 2016
Nom Organisation
Murielle Felix Protected Areas Manager at the Fisheries and Aquaculture
Division/Haïti Government
Robert Badio Director of Fisheries and Aquaculture Division/Haïti Government
Andy Drumm IDB, Senior Biodiversity Expert. Port Au Prince
Jean Wiener FOPROBIM, Director
Claude Patrick Millet FOPROBIM, Deputy director
Maxene Atis TNC, Coordinator
Yves-Andre Environmental Officer/UNDP Haïti
Charles Luckin Environmental Director, NorthEast Haïti
Louis Jacques Etienne Mayor of Fort Liberte
Renel Pierre Mayor of Caracol
Josefina Gomez Director of Planning, Ministry of Environment and Natural
Resources (MARENA), République Dominicaine
Berky De Jesus
Fernandez
Planning, MARENA. République Dominicaine
Nina Lisenko Technical Assistant, Viceministry of Coastal Marine Resources,
MARENA. République Dominicaine
Pedro Arias Viceministry of Protected Areas and Biodiversity – MARENA.
République Dominicaine
Alfredo Martinez Viceministry of Protected Areas and Biodiversity – MARENA.
République Dominicaine
Toa Loaiza Viceministry of International Cooperation, MARENA. République
Dominicaine
Zoraida Zapata Proyecto GEF, MARENA, République Dominicaine
Marcia Beltré Fisheries Technician, CODOPESCA. République Dominicaine
Yudelkis Lopez CODOPESCA Monte Cristi. République Dominicaine
29
Paul Guggenheim Director, Counterpart International – République Dominicaine
Marlig Perez Counterpart International – République Dominicaine
Frederick Payton Director – AGROFRONTERA. République Dominicaine
Leoncio Pimentel AGROFRONTERA. République Dominicaine
Francisco Nuñez Director, Greater Antilles Program, The Nature Conservancy
Carlos Garcia DR Program Director, The Nature Conservancy
Catherin Cattafesta DCoP CMBP, The Nature Conservancy
Miguel Silva DR Seascape Coordinator
Andrea Marte CMBP
Jesus Terrero Chofer MARENA, République Dominicaine
30
Annex 2
Rencontre de Santo-Domingo, le 12 juillet 2017
Nom Organisation
Robert Badio Director, Haïti Fisheries Division (Haïti)
Sebastien Gachot, or Geraud Albaret
Director, IDB/Ministry of Agriculture Fisheries
(Haïti)
Michelet Louis Director, ANAP (Haïti)
Alexis Ardrouin Assistant-Director, UNDP/EBA Program (Haïti)
Milton Ginebra Morales Director, CODOPESCA
Jeannette Mateo Directora de Recursos Pesqueros, CODOPESCA
Técnico de CODOPESCA
Patricia Abreu
Viceministro de Cooperación Internacional.
MARENA
Daneris Santana
Viceministro Áreas Protegidas y Biodiversidad
MARENA
Maria de Lourdes Cabrera Directora de Planificación, MARENA
Pedro Arias Encargado Ordenación de Áreas Protegidas
Bienvenido Santana
Encargado Manejo Integrado de Recursos Costeros
y Marinos, MARENA
Maxene Atis Seascape Supervisor, TNC/CMBP (Haïti)
Patrick Millet Project Manager, FOPROBIM (Haïti)
Francisco Nunez Greater Antilles Program Director, TNC (DR)
Carlos Garcia Program Director, TNC (DR)
Miguel Silva DR Seascape Coordinator, TNC/CMBP (DR)
Nicasio Viñas Corredor Biologico del CARIBE
Benjamin Schapiro Regional Environment Officer USAID
Karen Pannocchia Assistant Agreement Office Representative, USAID
Frederick Payton - Director, Agro Frontera
Paul Guggenheim
Director République Dominicaine Office
Counterpart International
Ruben Torres President. ReefCheck-Dominicana
31
32
Annexe 4 : Écosystèmes marins et côtiers dans les zones de l’AP3B et de Monte Cristi
A- Écosystèmes marins et côtiers dans la zone protégée de l’AP3B
L’AP3B comprend une des deux plus grandes mangroves d’Haïti et un ensemble de récifs
coralliens de grande taille, dont la plus grande barrière du pays qui protège la côte nord et
des récifs frangeants le long de la côte. Des milliers de pêcheurs dépendent directement des
ressources halieutiques de l’AP3B, où les grandes baies, les mangroves, les herbiers marins
et les grands récifs offrent des endroits parfaits pour la reproduction et apportent de la
matière organique essentielle à d’autres zones au large, en dehors des limites de l’AP3B.
Dans l’AP3B, les mangroves constituent 18 % (5 250 ha) de toutes les mangroves d’Haïti.
Dans les mangroves, on trouve les espèces suivantes : le palétuvier blanc (Avicennia
germinans), le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), le Laguncularia racemosa, le
Conocarpus erectus et le Batis maritima présent dans des endroits secs plus en altitude. La
baies de Caracol abrite environ 4 030 ha de mangroves composées d’un vaste réseau de cours
d’eau. Les mangroves et les hammocks situés sur le bord de mer dans la baie de Caracol
subissent les marées, alors que les mangroves plus à l’intérieur des terres ne subissent que
des submersions périodiques. Les mangroves du Bord de Mer de Limonade sont
principalement composées de buissons protégés par un bassin intérieur. La baie de Fort
Liberté abrite environ 168 hectares de mangroves situées dans un endroit où l’eau est assez
souvent renouvelée, alors que le Lagon aux Bœufs subit de faibles marées et est dominé par
de fines bandes de mangroves hautes et frangeantes.
Dans le voisinage immédiat de la plupart des mangroves on trouve des herbiers marins très
productifs dans lesquels vivent les espèces suivantes : l’herbe à tortue (Thalassia
testudinum), le Syringodium filiforme et l’Halodule wrightii. Les plus grands herbiers marins
se trouvent principalement dans la baie de Caracol, où plus de 25 % des fonds marins en sont
recouverts. Cependant, la baie de Caracol semble être impactée par d'importantes charges
de sédiments.
Un complexe de 20 km de récif frangeant et barrière s’étend au-delà de la limite extérieure
des baies de Caracol et de Fort Liberté. La taille estimée de ce complexe est de 1 100 hectares
et il couvre environ 10 % des eaux peu profondes à l’intérieur de l’AP3B. Les zones de récifs
coralliens identifiées sont composées de : récifs barrières, récifs avant et arrière, barrières
simples, récifs isolés, récifs profonds et de formations « spur-and-groove ». Les récifs « Spur-
and-groove » (des arêtes de coraux de 2 à 4 m de hauteur séparées par des couloirs
sablonneux) sont principalement situés en face de la baie de Caracol. Les récifs avant sont
principalement présents à Bord de Mer de Limonade et sont constitués de fonds plats et
rocheux, avec peu de relief, dominés par des coraux cornés ou gorgones (Gorgonacea). Les
récifs profonds près de Fort Liberté à l’est du bout de la baie ont les structures les plus
complexes et ils sont dominés par le genre Orbicella. Dans l’AP3B la présence de coraux
vivants est assez faible sauf dans la zone de Fort Liberté, où les récifs composés de coraux du
genre Orbicella sont relativement en bonne santé et abritent une grande diversité d’espèces.
En tout, 51 espèces de coraux ont été identifiées, les coraux les plus présents sont les suivants
: Porites astreoides, Agaricia agaricites, Pseudodiploria strigosa et Montastraea cavernosa.
33
Plus de 300 invertébrés benthiques ont également été répertoriés dans l’AP3B. Les éponges
affichent la plus grande diversité en terme d’espèces, et viennent ensuite les coraux. Les
récifs de Fort Liberté possèdent la plus grande diversité de la zone protégée en ce qui
concerne les invertébrés. Plus de 180 espèces de poissons marins ont été identifiées dont un
poisson potentiellement endémique appartenant à la famille des Serranidae (Hypoplectrus
sp.) qui n’est présent que dans la baie de Fort Liberté. Les récifs de Fort Liberté possèdent
aussi une grande diversité en ce qui concerne les poissons, avec 71 espèces de poissons
observées sur site et 69 espèces sur les fonds marins rocheux plats (voir Kramer et al 2016)
2
.
Les espèces de poissons le plus fréquemment observées sont le poisson-perroquet (Scarus
iseri, Sparisoma viride, S. aurofrenatum) et le chirurgien bayolle (Acanthurus coeruleus).
Cependant, la diversité des espèces de poissons et la biomasse sont à un faible niveau dans
l’AP3B. La présence de grands prédateurs comme des requins et des poissons de la sous-
famille Epinephelinae est extrêmement faible dans la plupart des endroits. Au sommet de la
chaîne alimentaire, les espèces de poissons comme le Cephalopholis fulva, le coné essaim (C.
cruentatata) et le mérou couronné (Epinephelis guttatus) sont plus présentes..
La présence de lamantins, de dauphins, de baleines, de tortues de mer, de requins, de raies
et de grands Epinephelinae et Lutjanidae, est rarement observée dans l’AP3B. Cependant la
présence de dauphins, de baleines, de tortues de mer et de certains gros poissons (comme le
requin-nourrice atlantique, le mérou rayés, le Mycteroperca bonaci, les tarpons) est
occasionnellement observée dans l’AP3B. Les eaux côtières de l’AP3B abritent quelques
espèces de tortues de mer (tortues imbriquées et tortues vertes) qui se nourrissent dans la
zone (Ottenwalder 1987)
3
. Un relevé des tortues de mer dans la zone voisine de Monte Cristi
(République Dominicaine) indique que la plupart des jeunes tortues imbriquées et des
tortues franches fréquentent ces eaux (León et al., 2008)
4
.
Pêche
Haïti demeure le pays ayant la plus importante insécurité alimentaire dans l’hémisphère
occidental et il importe plus de 50 % de sa nourriture, dont environ 20 000 tonnes de poisson
par an (ACP Fish II, 2012). Environ 50 000 pêcheurs vivent au sein de 400 communautés de
pêcheurs le long des 1 770 km de côtes, et ils travaillent de façon artisanale, à un stade de
subsistance, en ayant recours à du matériel basique et à de petits bateaux en bois (entre 3 et
4,5 mètres) fabriqués localement. Les capacités limitées de la vieille flotte d’Haïti, quasi
entièrement non motorisée, ont accentué la concentration de la pêche dans les zones proches
de la côte, les bateaux en activité sont principalement propulsés à l’aide de voiles ou de rames
et ils sont donc inadaptés à la pêche hauturière.
2
Kramer, P, M Atis, S Schill, SM Williams, E Freid, G Moore, JC Martinez-Sanchez, F Benjamin, LS Cyprien, JR Alexis, R Grizzle, K Ward, K Marks, D
Grenda (2016) Baseline Ecological Inventory for Three Bays National Park, Haïti. The Nature Conservancy: Report to the Inter-American
Development Bank. Pp.1-180.
3
Ottenwalder JA. 1987. Ad Hoc National Report to WATS II for Haïti. Préparé pour le Second Western Atlantic Turtle Symposium (WATS II), 12-16
Octobre 1987, Mayagüez, Puerto Rico. Doc. 044. 29 pp.
4
León YM., Diez CE., Aucoin S. and Dominguez E. 2007. In-water surveys for sea turtles in two national parks of the République Dominicaine.
Available at: http://www.grupojaragua.org.do/documents/In-water_surveys_2natl_parks_LeonetAl_2007.pdf
34
À Haïti la pêche est gérée par le Département des Pêches et de l’Aquaculture (Dept. of
Fisheries and Aquaculture (DFAQ)), qui dépend du Ministère de l’Agriculture, des Ressources
Naturelles et du Développement Rural (MARNDR). Le DFAQ a un personnel limité et la
plupart du travail est effectué dans le sud, là où plusieurs projets internationaux sont
réalisés. Il existe un programme d’observation, de surveillance et de contrôle (Monitoring,
Surveillance and Control (MSC) program) qui réduit la pêche illégale, non déclarée et non
régulée (IUU (illegal, unreported, unregulated) et qui améliore le développement d’un
processus standardisé et fiable de collecte des données concernant les prises de poisson, les
prises accessoires et la production de poisson.
Le CMBP a achevé une évaluation rapide des secteurs de pêche (Rapid Fisheries Sector
Assessment (RFSA)) en 2016 (cliquez sur le lien suivant pour accèder au RFSA :
https://tnc.box.com/s/08f1gdfisc81fanlp9bpj78bqur75511). L’évaluation permet
d’estimer qu’il y a un total de 978 pêcheurs qui pêchent à l’aide de bateaux dans sept
communautés différentes de pêcheurs (Madras, Caracol, Bord de la Mare/Limonade, Derac,
Phaeton, Jacquezy, Fort Liberté) entourant l’AP3B. De ces 7 communautés, Madras
possèdent le nombre de pêcheurs le moins élevé et la majorité de ces derniers utilisent de
petits filets qui sont jetés depuis les bateaux. Les pêcheurs indépendants ont tendance à avoir
recours à un certain type de matériel (filets maillants, filets avec triple couche, pièges, ou
pratique de la pêche à la ligne). Les propriétaires de très long filets à triple couche et de filets
maillants (environ 240 m (taille max. des filets répertoriés)) embauchent des employés qui
mettent en place les filets en équipes de 4 à 8 personnes. Ces pêcheurs qui manipulent les
filets sont considérés comme des employés par la communauté des pêcheurs car ils ne
possèdent pas leur propre matériel. Dans certaines communautés où la pêche à la senne
prédomine les pêcheurs indépendants partagent les embarcations. Globalement, environ 40
% des pêcheurs travaillent à temps complet et leur revenu est complété par l’élevage et
l’agriculture. Quelques-uns sont impliqués dans de petites entreprises. Cependant, comme il
n’existe pas de données fiables au sujet du nombre de pêcheurs, un recensement approprié
de ces derniers est nécessaire afin de pouvoir vérifier ces informations et continuer à
observer le nombre de personnes impliquées de le secteur de la pêche.
Les femmes collectent du poisson dans les bassins fermés, dans les zones plates intertidales
et les bassins. Pendant la saison sèche, ces bassins s’assèchent ou le niveau des eaux
diminuent dans cette zone, ce qui permet aux femmes de s’aventurer dans les eaux peu
profondes avec des paniers et d’attraper des tilapias, d’autres petits poissons et des crevettes
d’eau douce. Ce type de pêche est réalisé à mi-temps et cela permet aux femmes de fournir
davantage de nourriture et un revenu supplémentaire aux familles. Les femmes sont aussi
très actives dans le commerce du poisson, faisant le lien entre les pêcheurs et les marchés
des villes plus grandes. Elles constituent la part la plus importante des intermédiaires pour
le commerce du poisson et elles tirent des bénéfices grâce au transport du poisson de la plage
jusqu’aux marchés à l’aide de motos louées.
35
À Haïti, la pêche marine est principalement effectuée à petite échelle. Les zones de pêche qui
fournissent les plus forts rendements se situent dans le sud, où il y a des milliers de pêcheurs
et de bateaux, y compris des bateaux en fibre de verre, dont environ 36 % sont équipés de
moteurs. La pêche participe énormément à l’emploi, à la sécurité alimentaire et à l’économie
locale. Une chaîne de valorisation limitée s’est développée dans le sud, et elle est dominée
par des intermédiaires qui achètent le poisson, et qui ont soutenu de manière efficace les
pêcheurs en leur fournissant du matériel et des prêts financiers. Les pêcheurs ont tendance
à être assez mal organisés et ils font face à des taux de perte élevés. Ainsi, les pêcheurs sont
enclins à subir des relations inéquitables avec les acheteurs. Selon la RFSA, une meilleure
chaîne de valorisation est nécessaire ; cette amélioration comprendrait : des pêcheurs mieux
organisés, des sites de débarquement désignés possédant les infrastructures adéquates, une
amélioration de la transformation et de la manutention des poissons et une meilleure
commercialisation. De plus, la constitution de puissantes associations de pêcheurs pourrait
améliorer la commercialisation, réduire le nombre d’intermédiaires et augmenter le revenu
des pêcheurs.
La RFSA a aussi montré que la collecte de poisson augmente autour de la péninsule sud
d’Haïti probablement à cause de l’installation de dispositif de concentration de poisson
(DCP) dans les eaux plus profondes, ce qui attire des poissons pélagiques de haute qualité. Il
y a débat autour de l’impact des DCP dans cette région au regard du potentiel à encourager
la surexploitation des ressources halieutiques. Les DCP, ainsi que l’amélioration des
équipements et les bateaux motorisés, ont éventuellement pu participer à l’augmentation de
la production de poisson à Haïti. Cette production atteignait 16 000 tonnes en 2010
(communication personnelle, Directeur, DFAQ), doublant ainsi la production estimée de
l’année 2008 (Masters, 2010)
5
. Cependant, il n’existe pas de données concernant les
quantités pêchées pour soutenir ces estimations.
Plus généralement, la pêche dans le parc est effectuée à l’aide de techniques artisanales, à
une petite échelle, et par des pêcheurs qui ont recours à des filets au maillage de petite taille
illégaux, ce qui entraîne la capture de poissons principalement petits et non adultes. Puisqu’il
n’y a pas de contrôle concernant l’application de la réglementation de la part de l’état, la
surpêche constitue un problème depuis des décennies, et beaucoup de personnes sans
travail utilisent la pêche comme moyen de subsistance. La région du nord-est d’Haïti a été
négligée par le Département National de la Pêche et de l’Aquaculture, car la plupart du
soutien a été apporté dans le sud, là où les ressources halieutiques sont les plus importantes.
Dans cette zone, la pêche est en déclin depuis des années et les pêcheurs, de plus en plus
pauvres, ont fait part de leur volonté de soutenir des mesures pouvant apporter des
solutions face à cette situation.
Après la RFSA et afin de trouver une solution intégrée, le CMBP a préparé un plan d’action
pour le secteur de la pêche (Fisheries Sector Action Plan (FSAP)) qui propose un éventail de
d’actions pratiques et réalisables en faveur d’une pêche plus durable en accord avec les
5
Masters, J. 2010. Caribbean Regional Fisheries Mechanism (CRFM). Statistics and Information Report. Kingston : CRFM.
36
objectifs établis par le CMBP pour la préservation et la protection de la biodiversité
6
. De plus,
le CMBP a achevé un plan de gestion pour l’Aire Protégée de Ressources Naturelles Gérées
des Trois Baies à travers un processus hautement participatif avec le gouvernement haïtien
et divers acteurs impliqués dans les projets concernant l’AP3B.
Ces nouveaux outils sont mis en place par le CMBP, le gouvernement haïtien et ses
partenaires dans le but de trouver des solutions intégrées aux problèmes qui affectent la
pêche et la gestion du parc sur la côte nord d’Hispaniola.
B- Écosystèmes marins et côtiers dans les zones protégées de Monte Cristi
Les mangroves occupent la côte, les zones inondables et les bords des rivières, même dans
les zones affichant une salinité très importante. Les principales espèces dominantes sont
quatre espèces endémiques d’Hispaniola : le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), le
palétuvier blanc (Avicennia germinans), le Laguncularia racemosa et le palétuvier gris
(Conocarpus erectus).
Les mangroves occupent la côte, les zones inondables et les bords des rivières, même dans
les zones affichant une salinité très importante. Les principales espèces dominantes sont
quatre espèces endémiques d’Hispaniola : le palétuvier rouge (Rhizophora mangle), le
palétuvier blanc (Avicennia germinans), le Laguncularia racemosa et le palétuvier gris
(Conocarpus erectus).
Les écosystèmes marins et côtiers sont composés de mangroves, de récifs coralliens,
d’herbiers marins, d’estuaires, de lagons côtiers, d’étendues salées désertiques et de dunes
de sable. L’environnement marin est composé des écosystèmes suivants : récifs coralliens,
herbiers marins et fonds sablonneux, rocheux et vaseux.
D’une manière générale, les récifs affichent une bonne santé, sauf dans le voisinage des zones
des communautés de pêcheurs, où des dégradations provoquées par des machines peuvent
être observées. Dans toute la province, la couverture récifale va de 35 % à 85 % des fonds
marins, avec environ 48 espèces identifiées regroupées dans 26 genres et 10 familles. Les
octocoralliaires rassemblent 33 espèces identifiées, regroupés dans 15 genres et 7 familles.
En ce qui concerne les invertébrés (échinodermes, annélides et mollusques), au moins 51
espèces regroupées dans 40 genres et 25 familles ont été identifiées dans la zone. Par
opposition, 2 espèces de 2 genres et d’une famille ont été identifiées concernant les poissons
cartilagineux, alors qu’il y a au moins 126 espèces de poissons osseux, regroupées dans 62
genres et 31 familles. Au moins 63 espèces ayant une valeur commerciale pour la
consommation humaine ont été identifiées et 49 espèces identifiées ont une valeur
commerciale en tant que poissons d’aquarium. Une espèce de tortue, la tortue imbriquée
(Eretmochelys imbricata), est aussi présente dans la zone.
Une présence importante de poissons adultes a été observée au nord et au nord-est, près des
6
Fisheries Sector Action Plan, Three Bays National Park, Northeast Haïti. Mars 2016, James Miller.
37
falaises. De petits bancs d’Epinephelinae, de Lutjanidae et de carangue coubalis ont été
observés dans cette zone, apparemment des reproducteurs, ce qui suggère qu’il s’agit peut-
être d’une zone de reproduction.
Certaines espèces généralement vendues pour la consommation humaine (Lutjanidae,
Haemulidae, Carangidae), ont été observées uniquement dans certaines zones près des
récifs, des canyons et des canaux, ainsi qu’à l’entrée des courants marins au niveau du récif
et des falaises. Les récifs offrent les meilleures conditions dans cette zone.
Dans certaines zones, des espèces de micro-algues ont été observées. Elles représentent
potentiellement un risque pour la santé des récifs, si la capture d’espèces herbivores de
poissons, comme le poisson-perroquet, le poisson-docteur et le poisson-chirurgien,
atteignent des niveau de surexploitation. Selon des études récentes menées dans la zone, ces
espèces montrent des signes de surpêche.
La côte rocheuse de la province de Monte Cristi est composée de trois parties : El Morro, la
côte entre Mi Popa Beach près de Punta Mangle et Buen Hombre jusqu’à la limite de la
province de Puerto Plata, à côté du sanctuaire pour les mammifères marins d’Estero Hondo,
où vit un groupe de lamantins des Caraïbes (Trichechus manatus).
En terme de végétation, en plus des mangroves, la forêt tropophile domine dans cette zone.
Ce type de forêt délimite les zones côtières de la province, puisqu’elle est située entre la zone
inondable derrière les mangroves et des zones davantage terrestres, comme la forêt humide.
La Peche
La pêche artisanale est une des activités économiques les plus traditionnelles dans la zone
côtière de Monte Cristi. Au moins 16 sites de débarquement ont été identifiés, à partir
desquels opèrent 214 embarcations. Les bateaux sont principalement des dériveurs en fibre
de verre ou en bois avec moteur hors-bord. Selon des données officielles, le nombre total de
pêcheurs est de 502, mais cela n’inclut pas 300 ramasseurs. Le matériel de pêche employé
actuellement comprend : des pièges, des équipements pour la pêche à la ligne, des palangres,
des filets jetés, des filets fixes, sans oublier la pêche en apnée et avec compresseur, et dans
certains endroits, la pêche à la senne est pratiquée. La pêche au crabe et à la palourde est
effectuée par des ramasseurs qui pataugent dans les eaux peu profondes et sablonneuses des
mangroves. Selon une étude récente (Cox et al, 2016), le matériel de pêche qui permet de
capturer le plus de poissons est celui avec un faible indice de sélection, comme la plongée
avec compresseur et les filets, qui permettent de capturer jusqu’à deux fois plus de poissons
que la pêche à la ligne avec hameçon et quatre fois plus de poissons que les pièges ou d’autres
méthodes de pêche. Une des raisons pour lesquelles plonger avec un compresseur permet
des prises plus importantes est que la pêche peut être effectuée sur de plus grandes étendues
par rapport à la pêche effectuée avec les autres équipements.
Le poisson est vendu directement au public ou à des entreprises (intermédiaires et
poissonneries) qui vendent au niveau local ou en dehors de la province. Il existe environ 17
poissonneries qui fournissent des bateaux et des équipements aux pêcheurs et qui emploient
38
directement 34 % des pêcheurs. Les poissonneries fournissent des équipements aux
pêcheurs en échange de la vente exclusive de leurs produits, augmentant ainsi leur contrôle
sur ces personnes.
Même si la plupart des pêcheurs travaillent dans la zone, certains pêcheurs sont employés
par des entreprises pour aller pêcher dans d’autres endroits des Caraïbes. Les sept groupes
de pêcheurs identifiés sont à un stade de développement peu avancé et sont mal organisés.
Généralement ils ne possèdent pas de structure de gestion claire, de plan financier ou de
services aux membres dont ces derniers ont besoin, comme des formations pour mener des
opérations de pêche efficaces, pour maximiser les captures et pour le contrôle qualité.
Des études récentes ont montré que plusieurs facteurs ont contribué au déclin des conditions
de pêche dans les récifs coralliens, dont des changements concernant le matériel et les sites
de pêche fréquentés, le nombre de pêcheurs et la diversification de leurs moyens de
subsistance, ainsi qu’une plus importante connectivité entre les communautés de pêcheurs,
comme à Buen Hombre et dans le Parc National Sous-marin de Monte Cristi.
Selon le droit dominicain toutes les ressources halieutiques font partie du domaine public et
sont en accès libre et « l’État est responsable de la gestion des ressources et de l’héritage
national ». Il semble possible de proposer des modèles de gouvernances alternatifs qui
peuvent bénéficier à la fois aux pêcheurs et à la préservation des ressources, comme une
approche écosystémique.
Zones protégées
La côte nord-ouest de la République Dominicaine comprend une série de zones protégées :
• Laguna Saladilla Wildlife Refuge
• Cayos 7 Hermanos Wildlife Refuge
• Manglares de Estero Balsa National Park
• El Morro National Park
• Parc National Sous-marin de Monte Cristi
• Estero Hondo Marine Mammals Sanctuary
• Atlántico Norte Sanctuary
Ces zones ont été créées afin de fournir une base légale et constitutionnelle pour la
conservation des ressources halieutiques de la région, ainsi que pour protéger la biodiversité
côtière. Puisque la pêche se pratique à l’intérieur ou autour de ces zones, avec un contrôle
limité de la part des autorités (à cause des contraintes budgétaires et du manque de
personnel), de nouvelles stratégies, régulations et plans sont nécessaires afin de préserver
et d’utiliser de façon durable la biodiversité.