(2022-2032) Yon estrateji pou yon aksè inivèsèl, ekitab, dirab e a yon pri abòdab pou dlo potab ak asenisman ann Ayiti, 2022-2032
Rezime — Estrateji nasyonal DINEPA pou sektè dlo potab ak asenisman (EPA) pou dekad 2022-2032 la, ki gen kòm vizyon « yon kay : yon koneksyon dlo potab, yon sèvis asenisman entegre anvan 2032 ». Li defini aks oryantasyon sektoryèl yo pou yon aksè inivèsèl, ekitab, dirab e a yon pri abòdab, an kowerans ak Objektif Devlopman Dirab 6, epi li aktyalize plan estratejik sektoryèl 2008 la. Se kad sa a dokiman bidjè-pwogram DINEPA yo refere kòm estrateji ki te adopte an novanm 2022 a.
Dekouve Enpotan
- Estrateji nasyonal EPA DINEPA a kouvri 2022-2032, ak vizyon « yon kay : yon koneksyon dlo potab, yon sèvis asenisman entegre anvan 2032 ».
- Objektif li se yon aksè inivèsèl, ekitab, dirab e a yon pri abòdab pou dlo potab ak asenisman ki gen kalite.
- Li aliyen ak Objektif Devlopman Dirab 6.
- Li aktyalize epi pwolonje plan estratejik sektoryèl 2008 la, bidjè pwogram pa objektif 2018 la ak plan idwolik asenisman nasyonal 2018 la.
- Se estrateji dokiman bidjè-pwogram ki baze sou rezilta DINEPA yo site kòm te adopte an novanm 2022 a.
Deskripsyon Konple
Sa a se estrateji nasyonal dizan DINEPA pou sektè dlo potab ak asenisman (EPA) ann Ayiti, ki kouvri 2022 rive 2032. Vizyon li se yon bagay ki senp e anbisye an menm tan : « yon kay : yon koneksyon dlo potab, yon sèvis asenisman entegre anvan 2032 », ak objektif pou garanti yon fason dirab aksè inivèsèl a yon sèvis dlo potab ak asenisman ki gen kalite. Estrateji a vize pote sektè a nan inivèsalite an konfòmite ak Objektif Devlopman Dirab 6 epi rann depans piblik la pi efikas pou atenn objektif sa a. Li pwolonje epi aktyalize klèman zouti sektoryèl anvan yo li site yo : Plan estratejik sektoryèl pou sektè dlo ak asenisman (2008), bidjè pwogram pa objektif (BPO, 2018), plan idwolik asenisman nasyonal (2018) ak katòz aksyon yo te degaje ak aktè sektè yo. Estrateji a òganize otou aks oryantasyon pou aksè inivèsèl, ki enskri nan yon kad lojik 2022-2032, epi li dekri wòl aktè sektè yo (OREPA, URD, CAEPA, CPE ak lòt) nan bay ak reglemante sèvis yo. Li te finalize an novanm 2022 (paj kouvèti a pote oktòb 2022), epi li se kad referans dokiman bidjè-pwogram ki baze sou rezilta DINEPA yo site kòm « estrateji EPA ki te adopte an novanm 2022 a ».
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Une stratégie pour un accès universel,
équitable, durable et à coût abordable à
l’eau potable & l’assainissement en Haïti
2022-2032
DINEPA – octobre 2022
1
Propos du Directeur Général
Nous voici, en cette année 2022, face à de nombreux défis et a de nouveaux objectifs pour mettre en œuvre
à travers une nouvelle stratégie nationale la vision de la DINEPA : « Une maison : une connexion d’eau potable,
un service d'assainissement intégré d’ici 2032 ». Pour cela, la DINEPA entend : (1) travailler d’arrache-pied afin de
garantir l’accès universel des services d’eau potable et d’assainissement (EPA) au peuple haïtien tant en
milieu rural qu’en milieu urbain ou périurbain ; (2) œuvrer en vue de l’atteinte de l'autonomie financière
pour la prise en charge du fonctionnement du secteur EPA d'ici 2032 ; et (3) créer et maintenir un
environnement favorable pour le développement approprié du secteur EPA.
Garantir l’accès universel des services d’eau potable et d’assainissement requiert le soutien direct de l’État
haïtien pour l’investissement et le fonctionnement par l'introduction d’une ligne budgétaire appropriée dans
toutes les lois de finances publiques, dans la perspective d’accroitre la prédictibilité du soutien au secteur et
de réduire graduellement et substantiellement la dépendance aux financements des bailleurs externes dans
les financements des infrastructures hydrauliques et sanitaires. Au reste, l’accent doit impérativement être
mis sur une plus grande implication de l’État, condition sine qua non pour garantir le développement du
secteur et l’adoption de modalités de mise en œuvre efficiente des ressources, objet recherchée à travers la
préparation de cette nouvelle stratégie.
Atteindre l'autonomie financière pour la prise en charge du fonctionnement du secteur EPA d'ici
2032 nécessite d’accroître l’accès, la qualité et la durabilité des services fournis et de payer pour les services
d’eau potable et d’assainissement fournis à la population sur la base d’une tarification qui tient compte de la
réalité socio-économique du pays. A l’orée de ce plan décennal, la DINEPA s’engage à mettre en œuvre
tous les moyens à sa disposition pour permettre aux consommateurs d’eau des réseaux publiques à payer
pour le service car il devient de plus en plus coûteux de maintenir les infrastructures hydrauliques
opérationnelles et/ou fonctionnelles dans notre pays, marquée par une inflation élevée.
Créer et maintenir un environnement favorable pour le développement approprié du secteur EPA doit
permettre aux acteurs du secteur, les institutions publiques, les municipalités, les communautés, les
opérateurs privés, les organisations non gouvernementales et les bailleurs de fonds de se compléter dans
l’action, dans l’esprit de la réforme institutionnelle de 2009. La DINEPA s’engage à coordonner la
collaboration entre tous pour accroître les investissements, rendre les service plus résilients et plus durables
et la dépense publique plus efficace pour atteindre les objectifs d’accès universel portés par cette nouvelle
stratégie.
La DINEPA, avec les OREPA – et par voie de conséquence avec les Centres Techniques d’Exploitation
(CTE) de gestion des réseaux urbains et aussi les réseaux ruraux gérés par les CAEPA et les opérateurs
privés), continuera – à travailler activement pour orienter, réguler et supporter le développement du secteur
et atteindre les objectifs proposés dans sa nouvelle stratégie.
La stratégie proposée dans les pages qui suivent, élaborée au terme de consultations riches et nombreuses
avec l’ensemble des acteurs du secteur EPA au long de l’année 2022, donne un cap précis pour pouvoir
garantir l'accès universel à un service de qualité de l'eau potable et de l'assainissement de manière durable
d’ici 10 ans. La DINEPA compte sur le soutien de tous pour la mise en œuvre réussie de sa nouvelle stratégie.
La Direction Générale de la DINEPA tient à saluer et remercier toutes celles et ceux qui continuent à
appuyer le secteur EPA pour que celui-ci atteigne l’universalité des services EPA, conformément à l’Objectif
6 des ODD 2030. Elle remercie tous les cadres sectoriels EPA qui se sont rendus disponibles et disposés
pour la compilation des données et/ou informations sectorielles, d’une part, et pour les échanges avec
l’Expert principal engagé, d’autre part. Des remerciements spéciaux s’adressent particulièrement à toute
l’équipe de la Banque Mondiale d’avoir appuyé techniquement et financièrement le présent Plan
Stratégique 2022-2032 qui d’ores et déjà constitue la Phase 3 du Plan Stratégique Global EPA-H par
rapport à la Crise Humanitaire 2022 à laquelle fait face Haïti.
Guito EDOUARD
Directeur Général
16/11/2022
2
Port-au-Prince, Octobre 2022
L’eau potable et l’assainissement en Haïti1
1
Source des données : Regarder Au-Delà de la Provision par le Gouvernement des Services en Eau et
Assainissement, Banque mondiale, 2018.
3
Sommaire
Table des matières
Le mot du Directeur Général ...................................................................................................... 2
L’eau potable et l’assainissement en Haïti .............................................................................. 3
Sommaire ................................................................................................................................... 4
Abréviations ............................................................................................................................... 5
Résumé exécutif ........................................................................................................................ 6
Introduction ............................................................................................................................... 9
Haïti : le défi d’offrir un accès universel, équitable, durable et à coût abordable à l’eau
potable & l’assainissement ....................................................................................................... 9
Section 1 ................................................................................................................................... 23
Les stratégies pour fournir un accès équitable à l’eau potable et l’assainissement à Haïti
depuis 2008 ............................................................................................................................... 23
Section 2 ................................................................................................................................... 29
Etat des lieux (diagnostic du secteur) ................................................................................... 29
Section 3 ................................................................................................................................... 36
Axes d’orientations sectorielles pour un accès universel à l’eau potable &
l’assainissement (2022-2032) .................................................................................................. 36
Section 4 ................................................................................................................................... 74
Vers un nouveau modèle destiné à assurer l’autonomie financière pour la prise en
charge du secteur EPA ........................................................................................................... 74
Section 5 ................................................................................................................................... 82
Les apports des acteurs du secteur à la stratégie décennale .............................................. 82
Annexes – Matrices 2008-2022 des stratégies du secteur eau & assainissement.............. 85
Annexe 1 - Plan stratégique de développement d’Haïti...................................................... 86
Annexe 2 - 2008 : Le Plan stratégique sectoriel pour le secteur de l’eau et de
l’assainissement ....................................................................................................................... 88
Annexe 3 - 2015-2016 : Le rapport diagnostic « Actualisation du Plan Stratégique
Sectoriel » ................................................................................................................................ 93
Annexe 4 - 2018 : Budget Programme par Objectif .......................................................... 100
Annexe 5 - 2018 : PHAN ....................................................................................................... 114
Annexe 6 - 2022 : Actions prioritaires de la Revue sectorielle conjointe (RSC) à
l’attention des ministres ....................................................................................................... 115
Annexe 7 - GLOSSAIRE........................................................................................................ 116
4
Abréviations
AEA
AEPA
CAEPA
CTE
DINEPA
EPA-H
HTG
ODD
OP
OREPA
PPPs
RMPP
SAEP
SIEPA
SIP
TEPAC
URD
Approvisionnement en eau et en assainissement
Adduction d’Eau Potable et d’Assainissement
Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et Assainissement
Centre Technique d’Exploitation
Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement
Eau Potable, Assainissement et Hygiène
Gourde haïtienne
Objectifs de développement durable
Opérateurs professionnels
Office Régional de l’Eau Potable et de l’Assainissement
Partenariats Public-Privé
Région Métropolitaine de Port-au-Prince
Système d’Alimentation en Eau Potable
Système intégré d’informations sur l’eau potable et l’assainissement
Suivi des Indicateurs de Performance
Techniciens en Eau Potable et Assainissement Communaux
Unité Rurale Départementale
5
Résumé exécutif
Créée par la Loi-Cadre de 2009, la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA)
a pour principales responsabilités le développement du secteur au niveau national, le contrôle des acteurs,
et la réglementation du secteur. Sa vision pour l’avenir de ce dernier est tout à la fois simple et ambitieuse :
une maison, une connexion d’eau potable, un service d'assainissement intégré d’ici 2032.
Depuis la création de la DINEPA, plusieurs stratégies permettent de réaffirmer les objectifs d’accès à l’eau
potable et l’assainissement. Ainsi, compris dans une vision englobant tous les secteurs liés au développement
d’Haïti et élaborée dans le sillage du séisme de 2010, le Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH)
de 2012 relève que « [l]a situation des secteurs de l’eau potable, de l’assainissement et de la gestion des
déchets solides en Haïti était déjà alarmante avant le tremblement de terre ». Pour faire face à un ensemble
d’enjeux, le PSDH s’appuie alors sur trois grands axes : i) construire et réhabiliter des réseaux d’eau potable ;
ii) construire et réhabiliter des réseaux d’assainissement ; et iii) renforcer et mettre en place des systèmes de
gestion des déchets solides. Similairement, plusieurs années plus tard, en 2018, le Plan hydraulique et
d’assainissement national (PHAN), commande du Président de la République, exprime une politique
volontariste, ambitionnant de réaliser des objectifs semblables.
En 2022, atteindre l’ODD 6 visant à « garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement
gérés de façon durable », reste pourtant un défi pour Haïti : le manque d’infrastructures et les problèmes
récurrents autour de la gestion de celles qui existent ne permettent pas aux populations de bénéficier de
manière adéquate du service d’eau potable et d’assainissement, ni de pérenniser les investissements réalisés
à date, les ressources disponibles étant trop souvent utilisées pour la réhabilitation plutôt que pour des
extensions. Ce défi est exacerbé par la disponibilité des ressources dans un contexte de réchauffement
climatique, la baisse des débits des sources captées et non captées, l’assèchement de de certaines sources en
période de sècheresse, ainsi que la diminution des nappes phréatiques, soit autant de facteurs pouvant
conduire à la non-atteinte de l’ODD 6 à l’horizon 2030.
C’est cette urgence qui a motivé la DINEPA à développer une stratégie décennale qui se donne pour
objectif de garantir l'accès universel à un service de qualité de l'eau potable et de l'assainissement de manière
durable d'ici à 2032. Créée par la Loi-Cadre de 2009, la DINEPA a pour principales responsabilités le
développement du secteur au niveau national, le contrôle des acteurs, et la réglementation du secteur. La
présente stratégie, qui appelle une plus grande implication de l’Etat, demande aussi un renforcement de
l’engagement de divers acteurs dans le développement du secteur, ce qui est somme toute la continuation
logique de la réforme de 2009, qui notait déjà qu’interviendrait, après une période de transition, un transfert
effectif des systèmes d’AEPA sous la responsabilité des municipalités.
De fait, cette stratégie retire les enseignements des celles élaborées successivement depuis 20082, et, parmi
les obstacles majeurs à l’essor du secteur, retient notamment :
• L’inadéquation des investissements et le manque d’autonomie financière ;
• Une gestion opérationnelle défaillante ;
• Le défi de la rétention des talents ;
• Le manque d’infrastructures ou les carences observées parmi celles existantes ;
• L’impact sur le secteur des désastres naturels et du changement climatique ;
• Le manque de volonté politique ;
• Le foisonnement de plans ambitieux mais aboutissant à des approches fragmentées.
Cette stratégie, élaborée au terme de consultations aussi riches que nombreuses conduites au long de 2022
avec les équipes de la DINEPA, les partenaires étatiques, les bailleurs internationaux et des ONG majeures
2
Cf. section 1 : Plan stratégique sectoriel pour le secteur de l’eau et de l’assainissement (2008) ; Objectifs de
développement durable de l’ONU (2015) ; Actualisation du Plan Stratégique Sectoriel (2015-2016) ; Budget
programme par objectif (BPO, 2018) ; Plan hydraulique d’assainissement national (2018) ; et 14 actions
prioritaires de la Revue sectorielle conjointe (2022).
6
pour le secteur de l’eau potable et de l’assainissement en Haïti, a permis de fixer un cap à 10 ans et un
ensemble de piliers fondamentaux pour sa réalisation. Les acteurs du secteur ont pu dégager du consensus
sur des idées nouvelles, notamment :
• L’impératif de privilégier la durabilité financière ;
• La stimulation de l’approche par la demande ;
• Le besoin d’une stratégie de développement de l’accès à l’assainissement passant par une politique
de réduction de la pauvreté ;
• Une complémentarité essentielle entre les secteurs public, privé et les ONG ;
• Bien construire et gérer mieux ;
• Une extension des fonctions des OREPA comme facilitateur et régulateur du secteur ;
• L’indispensable mise en place d’une politique d’atténuation et d’adaptation pour anticiper les effets
du changement climatique et des désastres naturels, en commençant par les transferts de savoir
Sud-Sud ;
• L’amélioration du suivi-évaluation au sein du secteur comme instrument de décision stratégique ;
Dans ce contexte global, et afin de pouvoir garantir l'accès universel à un service de qualité de l'eau potable
et de l'assainissement de manière durable, la DINEPA entend donc :
1. Garantir la disponibilité et la qualité des services EPA en se focalisation sur la qualité du service EPA et
les ressources et en accroissant la résilience du secteur face aux catastrophes naturelles et au
changement climatique via la mise en place de mesures d’adaptation et d’atténuation, incluant des
plan de prévention et de réponses aux désastres, la protection et la diversification des ressources, la
construction d’infrastructure résilience, la gestion de la demande, le développement des énergies
renouvelables et l’efficacité énergétique ;
2. Assurer l’autonomie financière pour la prise en charge du fonctionnement du secteur EPA d’ici 2032 en
veillant au recouvrement des coût d’opération et de maintenance des SAEP via la tarification au
volume, la prise en compte des populations vulnérables, le développement d’une culture
entrepreneuriale (gestion commerciales-services, distribution, satisfaction clientèle ; gestion
optimale des ressources ; et développement d’une culture de transparence/redevabilité) ;
3. Créer et maintenir un environnement favorable pour le développement approprié du secteur EPA en avançant dans
la mise en œuvre de la réforme institutionnelle de 2009 visant la planification et l’exécution
décentralisées, la gestion professionnelle des SAEPA via la participation du secteur privé et la
DINEPA et les OREPA comme facilitateur et régulateur du secteur.
Les axes du cadre logique 2022-2032
Pour porter ces objectifs en vue de pouvoir garantir l'accès universel à un service de qualité de l'eau potable
et de l'assainissement de manière durable, le secteur et ses acteurs principaux se répartissent les rôles et
responsabilités comme suit :
7
Acteurs
sectoriels
DINEPA
•
OREPA
•
CTE
•
URD
•
CAEPA
CPE
ONEPA
•
•
•
Ministères
•
•
•
Secteur privé
OP
Municipalités
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Selon la Loi Cadre, est en charge du i) développement du secteur au niveau national ; ii)
de la régulation du secteur ; et iii) du contrôle des acteurs.
Selon la Loi Cadre, garantissent l’opérationnalisation et la gestion des infrastructures
ainsi que la prestation des services EPA dans les régions, qui sont au nombre de 4 :
Ouest, Nord (incluant les départements Nord, Nord-Est et Nord-Ouest), Centre
(incluant l’Artibonite et le Centre), Sud (incluant Sud, Sud-Est, Nippes et Grand-Anse).
Sont en charge de l’exploitation des infrastructures et du suivi technique et financier
des opérations pour fournir le service à la population de leur aire d’influence. Cette
exploitation doit être transférée aux municipalités dès que celles-ci en auront la
capacité.
Chapeautent le fonctionnement des structures responsables de la gestion des systèmes
ruraux et périurbains.
Gèrent les services en milieu rural et périurbain.
Gèrent les points d’eau, sous la supervision et le contrôle des URD
Fournit, à travers le SIEPA, les données permettant une planification nationale en
matière de ressources en eau et AEPA, une définition plus aisée des priorités en
matière de projet, un meilleur ciblage des actions et projets à mettre en œuvre dans le
pays, etc.
Cinq ministres membres du conseil d'administration de la DINEPA ;
Assurent des missions transversales pour le secteur EPA ;
Participent au développement du secteur en finançant des projets d'investissements
pour le secteur EPA
S’impliquent de manière accrue et adéquate dans le développement du secteur
Assurent une gestion déléguée des systèmes EPA
Maîtres d’ouvrages
Gèrent la planification locale des interventions du secteur
Accompagneront les communes dans la mise en œuvre des projets
Appuient à la maîtrise d’ouvrage municipale
Offrent un accompagnement technique des municipalités
Appuient à la gestion des systèmes d’eau potable et d’assainissement.
Sont consultées pour accompagner l’essor du secteur
•
Fournissent une assistance technique et financière ad hoc
ONG
Associations
d’usagers
PTF
Rôles et responsabilités
Cette clarification institutionnelle s’inscrit à bien des égards dans l’esprit de la réforme de 2009, et permet
aux forces de l’ensemble des acteurs du secteur de se compléter de manière holiste.
Enfin, cette stratégie doit permettre d’esquisser à court terme un nouveau modèle économique, qui, en
son cœur, s’appuierait sur une entreprise tournée vers l’avenir et fournissant des services d’eau et
d’assainissement fiables, sûrs, pour tous, transparents et réactifs grâce à des pratiques adaptées menées de
manière efficace, résiliente et dans la durée. Il s’agirait d’un nouveau paradigme pour la fourniture des
services d’alimentation en eau et d’assainissement, allant bien au-delà des réalisations actuelles ou envisagées
de la plupart des services des eaux.
Méthodologie et contributions
Ce document a été préparé au travers de consultations nombreuses et d’ateliers réalisés entre avril et septembre 2022, avec notamment les
contributions de Ruth Angerville, Nadège Augustin, David Descieux, Myriame Dorfeuille, Philippe Eliscar, Guerda Elisé, Yves Fonrose,
Thony Geffrard, Raphael Hosty, Arnel Lafond, Jean Petit Marseille, Theophile Ostinvil, Myrtho Opont, Edwige Petit, Pierre Bernadin
Poisson, Jean-Jacques Rousseau, et Dany Selmé. Il s’appuie également sur une revue des Objectifs de développement durable ainsi que sur les
principaux rapports stratégiques produits depuis les débuts de la DINEPA.
8
Introduction
Haïti : le défi d’offrir un accès universel, équitable, durable et à coût
abordable à l’eau potable & l’assainissement
L’une des étapes majeures de la réforme de 2008 a alors été la mise en place de la Loi Cadre portant
organisation du secteur EPA, publiée le 25 mars 2009. Ce texte, fondateur pour la modernisation du secteur,
a permis de mettre en place les acteurs institutionnels de l’EPA. En juillet 2009, le premier Directeur Général
de la DINEPA a été nommé par arrêté présidentiel. Dès lors, le secteur aura à cœur de promouvoir des
stratégies destinées à guider son développement.
Ainsi, compris dans une vision englobant tous les secteurs liés au développement d’Haïti et élaborée dans
le sillage du séisme de 2010, le Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH) de 2012 relève que « [l]a
situation des secteurs de l’eau potable, de l’assainissement et de la gestion des déchets solides en Haïti était
déjà alarmante avant le tremblement de terre » et note également que la croissance démographique exerce
une pression forte sur le secteur.
Pour faire face à un ensemble d’enjeux complexes, le PSDH estime que « [l]a gestion de l’alimentation en
eau potable, du drainage, des eaux usées et des déchets solides, incluant ceux toxiques, contaminés et
dangereux, devra de plus en plus s’appuyer sur un large partenariat et doit tenir compte des caractéristiques
de l’environnement ». Ainsi, et en vue de maximiser l’impact des interventions, de favoriser
l’intercommunalité en ces matières et d’assurer une meilleure coordination opérationnelle, le Plan préconise
que leur mise en œuvre s’inscrive à l’intérieur de stratégies qui seront établies dans des plans/schémas de
gestion à l’échelon de chacun des Arrondissements. En sus, des travaux sont par ailleurs prévus dans le
PSDH afin de rapprocher les limites territoriales des Arrondissements de celles des bassins versants de façon
à assurer une meilleure considération de l’environnement dans les décisions.
Le PSDH relève alors que l’intégration de la micro et petite entreprise sera un élément clé dans les
processus de mise en place de ces réseaux de services et dans leur gestion. Par ailleurs, le Plan questionne la
nécessité d’harmoniser le nombre de territoires (11) d’Unités Rurales Départementales avec le nombre (12)
de pôles régionaux de développement.
Enfin, le PSDH relève que la mise en place des réseaux d’alimentation en eau potable, d’assainissement et
de gestion des déchets solides doit être intégrée dès la conception des travaux dans les grands projets visant,
par exemple, la rénovation urbaine de quartiers ou la mise en place de zones industrielles, agroalimentaires,
manufacturières et de développement touristique.
A cette fin, le PSDH s’appuie sur trois grands axes : i) construire et réhabiliter des réseaux d’eau potable ;
ii) construire et réhabiliter des réseaux d’assainissement ; et iii) renforcer et mettre en place des systèmes de
gestion des déchets solides (voir annexe 1).
L’Objectif de développement durable 6, un impératif de développement universel
En 2015, les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies, dont fait partie Haïti, adoptent 17
Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 afin d’éliminer la pauvreté, protéger la planète
et améliorer le quotidien de toutes les personnes partout dans le monde, tout en leur ouvrant des
perspectives d’avenir.
Les Nations Unies observent que, bien que des progrès substantiels aient été accomplis pour augmenter
les services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, des milliards de personnes,
principalement dans les zones rurales, n’ont toujours pas accès à ces services de base. En 2020, une personne
sur trois dans le monde ne bénéficiait pas d’une eau potable gérée en toute sécurité, deux personnes sur cinq
ne disposaient pas d’une installation de base pour se laver les mains avec de l’eau et du savon, et plus
de 673 millions de personnes pratiquaient encore la défécation à l’air libre3. Dans ce contexte, le 6e ODD
vise à « garantir l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon
durable », avancée importante qui survient alors qu’en 2010, l'Assemblée générale des Nations Unies avait
adopté la résolution 64/292 qui reconnaît « le droit à l'eau potable et à l'assainissement comme un droit de
l'homme essentiel au plein exercice de la vie et de tous les droits de l'homme ».
3
https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/water-and-sanitation/
9
Enfin, quelques années plus tard, la pandémie de Covid-19, déclarée comme telle par l’Organisation
mondiale de la Santé (OMS) en mars 2020, accentue l’urgence de garantir un accès à l’eau potable de manière
universelle afin de permettre notamment de pratiquer une meilleure hygiène des mains. En effet, se laver les
mains permet de limiter la propagation des agents pathogènes et de prévenir les infections, y compris la
Covid-19.
Objectif de développement durable 6 de l’ONU : Garantir l’accès de tous à des services
d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable
6.1 D’ici à 2030, assurer l’accès universel et équitable à l’eau potable, à un coût abordable
6.2 D’ici à 2030, assurer l’accès de tous, dans des conditions équitables, à des services d’assainissement
et d’hygiène adéquats et mettre fin à la défécation en plein air, en accordant une attention particulière
aux besoins des femmes et des filles et des personnes en situation vulnérable
6.3 D’ici à 2030, améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de
déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses,
en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à
l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau
6.4 D’ici à 2030, augmenter considérablement l’utilisation rationnelle des ressources en eau dans tous
les secteurs et garantir la viabilité des retraits et de l’approvisionnement en eau douce afin de tenir
compte de la pénurie d’eau et de réduire nettement le nombre de personnes qui souffrent du manque
d’eau
6.5 D’ici à 2030, mettre en œuvre une gestion intégrée des ressources en eau à tous les niveaux, y
compris au moyen de la coopération transfrontière
6.6 D’ici à 2020, protéger et restaurer les écosystèmes liés à l’eau, notamment les montagnes, les forêts,
les zones humides, les rivières, les aquifères et les lacs
6.a D’ici à 2030, développer la coopération internationale et l’appui au renforcement des capacités des
pays en développement en ce qui concerne les activités et programmes relatifs à l’eau et à
l’assainissement, y compris la collecte de l’eau, la désalinisation, l’utilisation rationnelle de l’eau, le
traitement des eaux usées, le recyclage et les techniques de réutilisation
6.b Appuyer et renforcer la participation de la population locale à l’amélioration de la gestion de l’eau
et de l’assainissement
Haïti face au défi de l’accès universel, durable, équitable et à coût abordable à l’eau potable et à
l’assainissement
Dans ce contexte global, la République d’Haïti fait face à des défis majeurs. De fait, Haïti est parmi les pays
les plus pauvres du monde, et l’accès à l’eau potable et à l’assainissement y est loin d’atteindre les ambitions
de l’ODD6 des Nations Unies. Le pays se classe 170e (sur 189 pays) sur l'indice de développement humain4.
Le produit intérieur brut (PIB) par habitant a diminué de 0,7% par an en moyenne entre 1971 et 2013. Les
dernières estimations évaluent le taux de pauvreté de 2021, en utilisant un seuil de pauvreté des pays à revenu
intermédiaire inférieur à 3,2 dollars, à 52,3 %, contre 51 % en 20205.
Haïti souffre de profondes inégalités. Cela est dû en grande partie aux deux tiers des pauvres vivant dans
les zones rurales et aux conditions défavorables de la production agricole, créant un écart de bien-être entre
les zones urbaines et rurales. Les 20 % les plus riches de sa population détiennent plus de 64 % de sa richesse
totale, tandis que les 20 % les plus pauvres en possèdent moins de 1 %. Ainsi, avec un coefficient de Gini
de 0,6, l’inégalité des revenus en Haïti est particulièrement élevée. Le taux de mortalité infantile d'Haïti est
de 73 décès pour 1 0007. L'éducation dans la ruralité et les opportunités économiques sont limitées et les
services sociaux de base font défaut. Les infrastructures rurales de base sont également limitées, ce qui
contribue à l'exode rural, en particulier vers Port-au-Prince.
Le tremblement de terre de janvier 2010 a lourdement affecté les infrastructures nationales et les
institutions gouvernementales. Le tremblement de terre a tué plus de 220 000 personnes et causé des
dommages d'une valeur économique équivalente à 120 % du PIB national6. Il a également détruit la majorité
4
https://hdr.undp.org/data-center/country-insights#/ranks
Banque mondiale, 2022 https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview.
6
https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/134000035.pdf
5
10
des bureaux des ministères nationaux et, selon les estimations du gouvernement, tué 17 à 30 % de tous les
fonctionnaires. Le séisme d’août 2021 a provoqué des dégâts importants dans la partie méridionale du pays.
Haïti est divisé en 10 départements, 42 Les ressources financières consacrées au secteur de
arrondissements,
145
communes
et
AEA ne sont pas suffisantes
571 sections communales. Historiquement,
comparé à la moyenne régionale, le programme Les transferts budgétaires de l’Etat reversés à la DINEPA
d'approvisionnement en eau et assainissement ont représenté 69 millions de dollars en 2014, soit 0,8%
(AEA) en Haïti a pu apparaître faible, à 74 % du PIB. (A titre de comparaison, les subventions au
pour l'eau potable (47 % dans les zones rurales) carburant représentaient 2% du PIB cette même année).
et 31 % pour l'assainissement (16 % dans les En raison de l’insuffisance des investissements publics et
zones rurales), alors que l'accès à des sources de la mauvaise qualité des services d’AEA du
d'eau potable et à des installations sanitaires gouvernement, le pourcentage d’Haïtiens ayant recours
améliorées dans la région de l'Amérique latine et au secteur privé pour l’eau potable est passé de 10,9 à
des Caraïbes y était en moyenne de 94 et 82 % 25,8% entre 2006 et 2012. En zone urbaine, ce
pourcentage est encore plus élevé (57,1% dans la région
respectivement8.
en 2012 et 45,5% dans
La population rurale est desservie par des métropolitaine de Port-au-Prince
7.
les
autres
villes
du
pays)
points d'eau équipés de pompes manuelles
(8677 bornes fontaines ou kiosques9 dont plus A moins d’opérer un changement de paradigme dans sa
gestion du secteur de l’eau, assainissement et hygiène,
de la moitié sont dysfonctionnels ; environ Haïti n’atteindra pas l’ODD 6.
12.000 points d’eau sont dysfonctionnels au
niveau national) et par près de 104210 systèmes d'alimentation en eau potable (SAEP), dont seulement 436
sont fonctionnels et sont principalement des systèmes gravitaires alimentés par des captages de source. L'eau
des SAEP est distribuée par des bornes fontaines dans les zones à population dispersée, et par des kiosques
à eau et des raccordements domestiques ou branchement privés dans les petites villes et villes intermédiaires.
Près de la moitié de ces systèmes d'eau sont gérés par des Comités locaux d'approvisionnement en eau
potable et d'assainissement (CAEPA) peu performants, le mode de gestion ne permettant pas la rentabilité
des systèmes EPA. Une proportion importante des systèmes d'approvisionnement en eau, soit 56% des
SAEP11 fonctionnels, ne sont pas équipés d'équipement de désinfection. Par ailleurs, le faible taux d'accès
à des installations sanitaires améliorées fait de la défécation à l'air libre une pratique courante, avec un taux
d'occurrence national de 18 %12, et 31 % dans les zones rurales en 202013.
Dans ce contexte, atteindre l’ODD 6 apparaît complexe : le manque d’infrastructures et les problèmes
autour de la gestion de celles qui existent ne permettent pas aux populations de bénéficier de manière
adéquate du service d’eau potable et d’assainissement, ni de pérenniser les investissements réalisés à date,
les ressources disponibles étant par conséquent utilisées pour la réhabilitation plutôt que pour des extensions.
Le défi est exacerbé par la disponibilité des ressources dans un contexte de réchauffement climatique, la
baisse des débits des sources captées et non captées, l’assèchement de de certaines sources en période de
sècheresse, ainsi que la diminution des nappes phréatiques, soit autant de facteurs pouvant conduire à la
non-atteinte de l’ODD 6.
7
Regarder Au-Delà de la Provision par le Gouvernement des Services en Eau et Assainissement, Banque
mondiale, 2018.
8
UNICEF/World Health Organization (WHO), Joint Monitoring Program (JMP), 2012. UNICEF/Organisation
mondiale de la santé (OMS), Programme commun de surveillance (JMP), 2012. Ainsi, selon cette même source,
l'accès à des sources d'eau potable et à des installations sanitaires améliorées dans la région de l'Amérique latine
et des Caraïbes est en moyenne de 94 et 82 % respectivement.
9
https://portal.mwater.co/#/consoles/ce2f6e2aeded405b8315861873b8f270?tab=2024d071-9b20-4faa-8d377dea96e5920f (SIEPA/ CONSOLE INDICATEUR REGIONAUX/PATRIMOINE)
10
https://portal.mwater.co/#/consoles/ce2f6e2aeded405b8315861873b8f270?tab=2024d071-9b20-4faa-8d377dea96e5920f (SIEPA/ CONSOLE INDICATEUR REGIONAUX/PATRIMOINE)
11
https://portal.mwater.co/#/consoles/ce2f6e2aeded405b8315861873b8f270?tab=2024d071-9b20-4faa-8d377dea96e5920f (SIEPA/ CONSOLE INDICATEUR REGIONAUX/PATRIMOINE)
12
https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.STA.ODFC.ZS?locations=HT
13
https://donnees.banquemondiale.org/indicator/SH.STA.ODFC.RU.ZS?locations=HT
11
Estimation de la couverture de service EPA en Haiti
Joint Monitoring Program OMS - UNICEF
(mise à jour juin 2015)
EAU
Année
Autres
Branchem ents
points d'eau
dom estiques
am éliorés
ASSAINISSEMENT
Points d'eau
non
am éliorés
Eaux de
surface
Installations
am éliorées
URBAIN
1990
1995
2000
2005
2010
2015
24%
23%
20%
18%
15%
13%
67%
65%
62%
58%
55%
52%
1%
2%
3%
3%
4%
5%
49%
48%
46%
46%
44%
43%
1995
2000
2005
2010
2015
4%
8%
15%
22%
29%
35%
5%
4%
3%
2%
1%
0%
33%
33%
33%
33%
33%
34%
38%
38%
38%
38%
38%
38%
28%
30%
35%
38%
43%
46%
22%
20%
16%
13%
9%
6%
11%
12%
14%
16%
18%
19%
8%
9%
10%
11%
12%
13%
1995
2000
2005
2010
2015
8%
9%
9%
10%
10%
10%
54%
53%
52%
51%
49%
48%
16%
17%
18%
19%
20%
20%
13%
12%
11%
10%
9%
8%
18%
20%
23%
27%
30%
33%
63%
59%
53%
46%
40%
35%
18%
19%
21%
23%
24%
25%
48%
44%
38%
30%
24%
19%
RURAL
URBAIN + RURAL
1990
Installations
Défécation en
non
plein air
am éliorées
URBAIN
RURAL
1990
Installations
partagées
URBAIN + RURAL
21%
23%
27%
31%
36%
39%
17%
15%
12%
8%
5%
3%
18%
19%
21%
24%
26%
28%
16%
18%
20%
23%
26%
28%
Un secteur qui se développe au gré des efforts entrepris depuis la réforme de 2009
Après le tremblement de terre, les autorités du secteur de l’eau potable et de l’assainissement ont repris les
efforts de réforme, efforts qui avaient débuté en 2009 avec la promulgation de la Loi-Cadre sur l'organisation
du secteur. Les principaux piliers du processus de réforme du secteur sont : (i) la mise en œuvre d'un
processus de décentralisation par lequel les institutions de l'État se désengagent progressivement de la
responsabilité de la construction et de l'exploitation des infrastructures d'AEA, en conservant un rôle
normatif et réglementaire ; (ii) la mise en place des associations d'usagers et des comités locaux d'AEPA
(CAEPA) dotés de la personnalité juridique ; (iii) la professionnalisation de la prestation de services AEA ;
(iv) le développement et l'encouragement de la participation du secteur privé national dans la construction
et l'exploitation des infrastructures d'AEA, tant en milieu urbain qu'en milieu rural ; (v) le développement
des outils et mécanismes nécessaires pour réglementer et soutenir les prestataires de services AEA ; et (vi)
la définition et la mise en œuvre de mécanismes de tarification pour assurer la pérennité et l'accessibilité
financière des services, y compris l'introduction du concept de facturation au volume14.
La Loi-Cadre de 2009 a créé la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA),
dont les principales responsabilités sont la formulation des politiques, la coordination du secteur et la
réglementation (voir organigramme DINEPA ci-dessous). Sa vision est tout à la fois simple et ambitieuse :
une maison, une connexion d’eau potable, un service d'assainissement intégré d’ici 2032. La loi permet
également la création d'agences régionales de la DINEPA appelées Offices Régionaux de l'Eau et de
l'Assainissement (OREPA, voir organigramme ci-dessous), dont la responsabilité première en matière
d'AEPA serait d'appuyer les comités d'alimentation en eau potable et assainissement (CAEPA). Les Unités
Rurales Départementales (URD) et les Techniciens Eau Potable et Assainissement Communal (TEPAC)
sont mis en place après la Loi-Cadre. Cette dernière permet également la délégation des responsabilités des
14
Source : Haïti Water and Sanitation Sector Reform Consolidation Technical Support Assistance, GWSP,
World Bank, WSP, juin 2019.
12
services de gestion de l'eau dans les zones rurales et les petites villes des CAEPA au secteur privé domestique
(opérateurs professionnels, ou OP).
De grands progrès ont été accomplis dans la réforme institutionnelle. Ainsi, les quatre OREPA, les URD
(une par département géographique du pays et une sur l’Ile de la Gonâve) et les TEPAC (deux par
commune) sont en place. Vingt-sept Centres Techniques d'Exploitation (CTE), également intégrés à la
DINEPA, sont chargés de l'approvisionnement en eau des zones urbaines de plus de 10 000 habitants.
Pour rappel, les OREPA sont des structures déconcentrées qui garantissent l’opérationnalisation et la
gestion des infrastructures ainsi que la prestation des services EPA dans 4 régions Ouest, Nord (incluant les
départements Nord, Nord-Est et Nord-Ouest), Centre (incluant l’Artibonite et le Centre), Sud (incluant Sud,
Sud-Est, Nippes et Grand-Anse). La Loi Cadre de 2009 précise : « Ils agissent comme maîtres d’ouvrages de tous
les systèmes d’eau potable jusqu’à ce que les structures de coordination communales et intercommunales remplissent les conditions
nécessaires pour le faire ». La gestion technique et commerciale des services EPA est assurées, sous la
supervision des OREPA, en milieu urbain par les CTE, qui sont au nombre de 27, en milieu rural les services
sont gérés par des CAEPA qui sont au nombre de 502, ainsi que des OP. Enfin, un système de données du
secteur (SIEPA) permet de suivre les progrès réalisés.
Enfin, les mairies doivent être amenées à jouer un rôle clé dans le secteur. De fait, le Décret de janvier
2006 définissant le cadre général de la décentralisation, les principes de fonctionnement et d’organisation
des collectivités territoriales haïtiennes indique les compétences suivantes pour les communes et les sections
communales15 :
• Construction des infrastructures d’assainissement
• Reboisement
• Protection des sources d’eau
• Protection des ressources en eau souterraines et superficielles
• Lutte contre l’insalubrité
• Réalisation et entretien des retenues, des barrages, des puits et forage d’envergue communale
• Contrôle de la qualité de l’eau
• Constriction et gestion de fontaines publiques
• Construction, entretien et gestion des systèmes d’adduction d’eau potable
• Production et distribution d’eau potable
• Réalisation et gestion de puits, forages et bornes-fontaines publics ;
• Elaboration du schéma communal d’adduction d’eau
• La protection des eaux souterraines
Les missions de la DINEPA
Depuis juillet 2009, la DINEPA a pour mission d’exécuter la politique de l’Etat dans le secteur de l’eau
potable et de l’assainissement autour de 3 grands axes :
• Le développement du secteur au niveau national ;
• La régulation du secteur ;
• Le contrôle des acteurs.
En 2008, la mise en place de la réforme institutionnelle prévoyait notamment, au travers de la Loi Cadre de
2009, le renforcement des capacités de politique, coordination et régulation sectorielles via la création,
envisagée dès la fin 2007 (une étude pour définir ses besoins étant alors lancée), de la Direction Nationale de
l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA, alors appelée DNPA), qui a alors notamment pour but de
promouvoir 20 objectifs dans le cadre d’une stratégie générale (et notamment : EPA stratégie urbaine et rurale ;
implication du secteur privé ; Région métropolitaine de Port au Prince ; Technologie ; Synergies ; et Thèmes
transversaux fondamentaux).
15
Livre IV Des Compétences des Collectivités Territoriales Titre III – Des Compétences Technique
13
14
Direction
OREPA
Cellule passation des
marchés
Contrôle interne
Assistance
administrative
Observatoire
juridique
Unité technique
Unité gestion
services
Contrôle juridique
Unité ADM & finance
URD
Services Etudes
& Planification
Service
Supervision
Service Contrôle
de Qualité
Service Ing. Sociale
et Communication
Service gestion
administrative
TEPAC/ACEPA
CTE
CAEPA/CPE
Source : DINEPA
15
Répartition des CTE
16
Il existe au total 27 CTE. Les CTE faisant partie de l'OREPA-Nord sont signalés par des punaises vertes, celles faisant partie de l'OREPA-Centre par des punaises bleues, celles de l'OREPASud par des punaises violettes. L'OREPA-Ouest comprend les CTE indiqués par des épingles rouges plus les six agences qui composent le CTE RMPP qui sont indiquées par des épingles noires.
17
Acteurs
sectoriels
DINEPA
•
OREPA
•
CTE
•
URD
•
CAEPA
CPE
ONEPA
•
•
•
Ministères
•
•
•
Secteur privé
•
Selon la Loi Cadre, est en charge du i) développement du secteur au niveau
national ; ii) de la régulation du secteur ; et iii) du contrôle des acteurs.
Selon la Loi Cadre, garantissent l’opérationnalisation et la gestion des
infrastructures ainsi que la prestation des services EPA dans les régions, qui sont au
nombre de 4 : Ouest, Nord (incluant les départements Nord, Nord-Est et NordOuest), Centre (incluant l’Artibonite et le Centre), Sud (incluant Sud, Sud-Est,
Nippes et Grand-Anse).
Sont en charge de l’exploitation des infrastructures et du suivi technique et financier
des opérations pour fournir le service à la population de leur aire d’influence. Cette
exploitation doit être transférée aux municipalités dès que celles-ci en auront la
capacité.
Chapeautent le fonctionnement des structures responsables de la gestion des
systèmes ruraux et périurbains.
Gèrent les services en milieu rural et périurbain.
Gèrent les points d’eau, sous la supervision et le contrôle des URD
Fournit, à travers le SIEPA, les données permettant une planification nationale en
matière de ressources en eau et AEPA, une définition plus aisée des priorités en
matière de projet, un meilleur ciblage des actions et projets à mettre en œuvre dans
le pays, etc.
Cinq ministres membres du conseil d'administration de la DINEPA ;
Assurent des missions transversales pour le secteur EPA ;
Participent au développement du secteur en finançant des projets d'investissements
pour le secteur EPA
S’impliquent de manière accrue et adéquate dans le développement du secteur
OP
Municipalités
•
•
•
•
•
•
•
•
Assurent une gestion déléguée des systèmes EPA
Maîtres d’ouvrages
Gèrent la planification locale des interventions du secteur
Accompagneront les communes dans la mise en œuvre des projets
Appuient à la maîtrise d’ouvrage municipale
Offrent un accompagnement technique des municipalités
Appuient à la gestion des systèmes d’eau potable et d’assainissement.
Sont consultées pour accompagner l’essor du secteur
•
Fournissent une assistance technique et financière ad hoc
ONG
Associations
d’usagers
PTF
Rôles et responsabilités
Des obstacles structurels au développement du secteur
Alors que Haïti se lance désormais dans l’élaboration de nouveaux chantiers avec les bailleurs de fonds,
émerge pourtant le besoin de consolider une vision nouvelle ancrée dans la durée afin de délivrer des
résultats tangibles rapprochant toujours davantage le pays de son objectif à l’horizon 2032 mais intégrant
également des défis contemporains présentant des risques pour le secteur.
Des consultations avec des acteurs du secteur ont fait ressortir le besoin de répondre à des obstacles
structurels parfois identifiés dès les années 2000 (voir section 2), à l’instar du manque de volonté politique,
le manque d’investissement, une gestion opérationnelle défaillante ou encore le manque de ressources
humaines. Plus d’une décennie déjà depuis le passage de la Loi-Cadre, l’absence d’une politique publique
bien définie pour l’eau et l’assainissement apparaît constituer un défi central au développement du secteur.
Malgré un foisonnement de plans ambitieux et parfois détaillés au point de comprendre plus de 500
indicateurs et des approches fragmentées, le secteur connaît parfois des périodes de régression dans l’atteinte
des objectifs, et consacre dans certains cas des efforts à réhabiliter des structures existantes plus que
d’investir dans de nouvelles. Dans ce contexte, définir une stratégie forte sur les 10 prochaines années,
18
fondée sur les ODD et une politique sectorielle s’appuyant sur des indicateurs précis à atteindre mais limités
en nombre et simples et une feuille de route à cette fin est essentiel.
La nécessité d’actualiser la vision pour le développement du secteur et l’atteinte de l’ODD 6 et un problème
de flou dans la répartition des rôles (par exemple la multiplicité des ministères intervenant dans divers
domaines) doivent conduire à la formulation d’un plaidoyer pour le secteur à mener directement au niveau
de l’Etat mais aussi de la population pour renforcer l’appropriation du secteur au plus haut niveau et
soigneusement clarifier les rôles des parties prenantes.
Renforcer la prise en charge de l’Etat notamment via un contrôle du secteur bien défini et une bonne
coordination avec les bailleurs sur les financements et l’appropriation du secteur en termes de politiques et
de planification est un autre aspect apparaissant comme clé afin de favoriser l’atteinte d’objectifs sectoriels
de long terme.
L’organisation du secteur appelle également sans doute des changements substantiels : l’absence de
personnalités juridiques des OREPA pourrait demander une régularisation via une loi organique dès lors
que le cadre législatif le permettra. Or une législation est en préparation pour définir les statuts, politiques
et modalités de fonctionnement des OREPA, donner un statut juridique aux CTE comme aux URD, et
définir les modèles de contrats entre les OREPA et les entités publiques, privées ou mixtes en charge de la
prestation de services.
En parallèle, il convient d’explorer comment le rôle de certains acteurs étatiques incontournables peut être
renforcé dans le cadre de la vision à long terme pour le secteur, par exemple celui du ministère des Finances,
du ministère des Travaux Publics, Transports et Communication, du ministère de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales, et du ministère de l’Environnement. Dans le détail, afin de faciliter la
collaboration intra- et inter-sectorielle, il peut être envisagé de renforcer les institutions via des formations
afin de parvenir à créer une vision globale et partagée par tous pour le développement du secteur.
Un enjeu de rétention des talents pèse également dans la mise en œuvre d’une vision à long terme. Il est
donc impératif de rendre le secteur compétitif en termes financiers, de formation, et de métier, et
notamment prendre en considération les personnes et leurs salaires, et créer un espace pour qu’elles puissent
s’exprimer et se sentir valorisées. S’y ajoute également un problème de gestion à long terme créant des
obstacles à la pérennisation des services, qui implique un renforcement du personnel afin de garantir la
continuité et la qualité des services, notamment via des formations adéquates. Ces dernières doivent être
élaborées au mieux, dès le niveau universitaire, avec des programmes bien définis, des bourses, et des
débouchés en termes de carrière et de salaires.
Actuellement, la gestion financière de toutes les activités du secteur est encore assurée principalement au
niveau des directions concernées de la DINEPA puisque les OREPA ne sont pas dotées de capacités de
gestion financière et comptable. Pour autant, la pérennité de la nouvelle structure institutionnelle du secteur
dépend encore fortement de l'aide financière extérieure. Globalement, les agences d'appui externes financent
environ 61 % des dépenses de fonctionnement de la DINEPA (environ 85 %, hors CTE urbains) et 95 %
des coûts d'investissement. Cette dépendance vis-à-vis de l'aide extérieure devrait se poursuivre à court
terme, toute chose égale par ailleurs. Cela entraîne de substantiels coûts de transaction pour la DINEPA et
une discontinuité dans les affectations de travail, ce qui à son tour empêche une planification efficace des
tâches. Une stratégie visant à permettre la viabilité financière à long terme de la structure institutionnelle du
secteur apparaît bel et bien indispensable.
Une fois une nouvelle vision élaborée, adoptée et partagée par tous, le soutien des bailleurs internationaux
sur l’aspect suivi et évaluation, ainsi que sur la coordination entre les acteurs publics, peut être crucial pour
en garantir le succès. Mais ces efforts doivent s’accompagner d’une production et collecte de davantage de
données et d’informations, qui doivent être comparables entre elles afin de fournir une connaissance précise
des besoins sur le terrain.
Des problèmes liés au paiement des services par les bénéficiaires peuvent être mieux traités, notamment
en sensibilisant les consciences en formant et en informant, l’ingénierie sociale étant clé face à ce défi.
Enfin, la ruralité ne peut rester plus longtemps le parent pauvre des politiques publiques du secteur eau
potable et assainissement en Haïti. Les défis multiples dans le développement du secteur dans la ruralité
(habitat dispersé, déboisement, coût des forages, électricité, destruction d’infrastructures) doivent être
systématiquement pris en compte dans l’élaboration de programmes, et une sensibilisation des populations
à ces enjeux ainsi qu’une meilleure régulation du secteur doivent permettre de surmonter la fracture
territoriale en Haïti.
19
Changement climatique, stress hydrique, qualité de l’eau : des défis globaux pèsent sur la
réalisation des objectifs du secteur en Haïti
Si l’essor du secteur eau potable et assainissement est soumis à des défis de taille en Haïti, il est également
à inscrire dans un contexte global mettant les ressources hydriques sous forte tension.
Le changement climatique est ainsi une menace directe pour le secteur, susceptible d’accentuer la
raréfaction des ressources, et la compétition pour se l’approprier, alors même qu’à l’échelle mondiale, 2
milliards de personnes n'ont toujours pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité et plus de 3,6
milliards de personnes n'ont pas accès à un assainissement géré en toute sécurité. 16 En sus, l'eau est
essentielle à la production, y compris pour la production d'électricité, l'exploitation minière, l'industrie et
bien sûr l'agriculture. Or seuls 10 % du potentiel hydroélectrique sont actuellement exploités, et avec neuf
événements climatiques sur dix liés à l'eau, une meilleure gestion de cette ressource est essentielle pour
l'adaptation et la résilience.
En sus, le World Resource Institute indique17 également que le stress hydrique constitue une grave menace
pour les vies humaines, les moyens de subsistance et la stabilité des entreprises. Celui-ci va être amené à
s'aggraver si les pays n'agissent pas : croissance démographique, développement socio-économique et
urbanisation augmentent la demande en eau, tandis que le changement climatique évoqué ci-dessus peut
rendre les précipitations et la demande plus variables. L’institut basé à Washington recommande notamment
d’augmenter l’efficience agricole, d’investir dans les infrastructures, notamment vertes (à l’instar de milieux
humides et de bassins hydrographiques sains) et de traiter, réutiliser et recycler les eaux usées afin de réduire
ce stress hydrique. Selon WRI, Haïti est 74e dans son classement du « stress hydrique national », ce qui n’en
fait pas l’un des pays les plus menacés et indique que le pays a encore de la marge de manœuvre pour
s’adapter à ces risques.
D’autres menaces pèsent sur la ressource hydrique : ainsi, selon la Banque mondiale, les pays riches comme
pauvres font face à des niveaux élevés de pollution de l'eau18. Les défis liés à la quantité d'eau font l'objet
d'une grande attention de la part de la communauté du développement, mais les impacts sur la qualité de
l'eau peuvent être tout aussi importants, voire plus. Nitrogène, salinité, microplastiques, médicaments,
etc, affectent les ressources hydriques et les impacts peuvent s’en ressentir dans des domaines variés, comme
la santé, l’agriculture, l’environnement, et peuvent peser sur la croissance économique. La Banque
recommande d’obtenir davantage de données sur l’étendue de cet enjeu contemporain ; relève qu’il faut de
meilleures incitations pour empêcher la pollution de pénétrer dans l'environnement ; et enfin, et selon elle,
parce qu'il est prohibitif de prévenir toute pollution, des investissements intelligents doivent être faits pour
traiter efficacement la pollution. Nul doute qu’Haïti, qui fait face, selon les données de la Banque mondiale,
à un risque moyen de mauvaise qualité d’eau, doit anticiper cet enjeu sur les années à venir.
Dans ce contexte, la qualité des eaux souterraines est également affectée. Ainsi, la Banque mondiale19
rappelle également que la qualité de ces dernières détermine si et comment l'eau peut être utilisée pour boire,
cuisiner, laver, irriguer ou encore être utilisée à des fins industrielles. À l'échelle mondiale, les eaux
souterraines sont la principale source de chacune de ces utilisations et il est difficile d'exagérer l'importance
de la qualité des eaux souterraines ou le coût énorme de les ignorer. Ce qui distingue le plus les eaux
souterraines des autres branches de l'hydrologie est la longue échelle de temps sur laquelle les changements
se produisent. Or la contamination naturelle et anthropique des eaux souterraines présente des risques pour
les humains et l'environnement. L'aspect peut-être le plus sous-estimé de la pollution des eaux souterraines
est sa persistance, qui dépend des propriétés du contaminant et des conditions hydrogéochimiques de
l'aquifère récepteur, en particulier si elles sont oxydantes ou réductrices. Alors que la qualité des eaux
souterraines évolue par l'ajout d'un cocktail de contaminants de plus en plus complexe, Haïti doit également
16
Remarks by World Bank Group President David Malpass at the Ninth World Water Forum in Dakar, Senegal,
21 mars 2022.
17
17 Countries, Home to One-Quarter of the World's Population, Face Extremely High Water Stress, World
Resource Institute, 6 août 2019.
18
Damania, Richard, Sébastien Desbureaux, Aude-Sophie Rodella, Jason Russ, and Esha Zaveri. 2019. Quality
Unknown: The Invisible Water Crisis. Washington, DC: World Bank.
19
Ravenscroft, Peter, and Lucy Lytton. 2022. Seeing the Invisible: A Strategic Report on Ground water Quality.
World Bank, Washington, DC.
20
intégrer ces perspectives nouvelles dans l’élaboration de politiques publiques sur la décennie à venir afin de
les prévenir.
Perspectives à l’orée du plan décennal 2022-2032
A la date de décembre 2021, la DINEPA assure une couverture nationale en eau potable de 63% et en
assainissement de 23% (Source : Rapport bilan et perspectives du secteur EPA, exercice 2020-2021).
En matière de distribution d’eau potable, la DINEPA compte actuellement 1042 réseaux d’eau répartis à
travers le pays dont 388 au niveau de l’OREPA Centre, 298 réseaux au niveau de l’OREPA Nord, 113 au
niveau de l’OREPA Ouest et 271 au niveau de l’OREPA Sud. De ces systèmes, plus de 42% sont
fonctionnels et plus de 53% des systèmes fonctionnels sont équipés d’un système de traitement de l’eau
fonctionnel. Par rapport au mode de gestion des systèmes, environ 47% d’eau sont gérés par des CAEPA
puisque 70% des systèmes sont au niveau de la zone rurale du pays. En matière de ressources en eau, parmi
les 34 000 points d’eau existant dans le pays, 66% sont actuellement fonctionnels. Les points de production
d’eau actuellement exploités par la DINEPA, soit au moyen de forages ou au niveau des résurgences, sont
des sources souterraines.
En matière de services d’assainissement, en fonction des besoins de la population, l’on compte 5 stations
de collecte et de traitement des boues de vidanges (STEB) sur le territoire, mais seulement 2 STEB
fonctionnelles réparties dans les régions comme suit : 1 dans la région de l’Ouest, 1 dans le Sud.
Enfin, en termes de financement et budgétisation, au cours de l’exercice 2020-2021, le budget de
fonctionnement de la DINEPA s’évaluait à environ 2 milliards de gourdes. Les sources de financement
étaient les suivantes : Trésor public, Fonds propres de la DINEPA, BID, Banque Mondiale et AECID. De
ces 2 milliards globalement 91% de ce budget ont été dépensés ou engagés (voir tableau ci-après).
Montant total en gourdes
OREPA/DINEPA
OREPA OUEST
OREPA CENTRE
OREPA NORD
OREPA SUD
DINEPA
FONCTIONNEMENT
TOTAL
Montant (dépenses) Montants prévus
Pourcentage dépense (%)
88.40%
1,182,579,674.55
1,337,809,308.18
92,100,101.93
121,642,906.61
76.00%
218,887,157.84
250,322,811.54
87.44%
206,294,823.43
225,066,747.85
92%
176,642,217.00
1,876,503,974.75
126,189,370.88
2,061,031,145.06
71.44%
91.05%
Structure du rapport
Ce rapport stratégique est rédigé en cinq sections, et comprend un ensemble de documents annexes. La
première partie synthétise les objectifs du secteur eau et assainissement dès avant la mise en place de la
DINEPA, et depuis lors, ainsi que le contexte riche en défis dans lequel le secteur a évolué. La seconde
section agglomère le fruit des concertations réalisées pour les besoins de ce rapport, et présente une vision
pour le secteur à l’horizon 2032. La troisième propose plusieurs matrices devant servir à baliser les
indicateurs de résultats et rôles et responsabilités de chacun. La quatrième partie esquisse les principes de
base d’un nouveau modèle économique. La cinquième partie explore le rôle partenaires dans la mise en
œuvre de la stratégie de la DINEPA. Les documents en annexes présentent les documents et réflexions
produits depuis 2008 pour aboutir à cette vision, ainsi qu’un glossaire exhaustif.
GLOSSAIRE
Universel : 100% des populations potentiellement concernées par la provision d’eau potable et de services
d’assainissement y ont un accès direct et matériel à terme.
21
Équitable : L’équité correspond à la répartition juste et impartiale des ressources du secteur. Des règles
générales pour assurer une telle répartition sont décrites dans le Document de stratégie nationale pour la
croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP – 2008-2010), à savoir « traduire dans les faits la vision du
DSNCRP d’une société plus juste et solidaire en fournissant des services élémentaires d’approvisionnement en eau et
d’assainissement aux habitants des bidonvilles et aux populations à bas revenus du milieu rural en appliquant les principes de
neutralité et de transparence ». La Loi Cadre de 2009 précisait également que le « gouvernement est résolu à augmenter
le taux de couverture tant dans les zones urbaines que dans les zones rurales du pays ».
Coût abordable : La provision d’eau potable et de services d’assainissement est assurée dans des conditions
économiquement acceptables par tous. La Loi Cadre de 2009 notait qu’«il faut tout mettre en œuvre pour fournir les
services d’Eau Potable et d’Assainissement à un coût minimum aux usagers ».
Eau potable : Eau destinée à la consommation humaine sans risque pour la santé, comme indiqué dans la
Loi-Cadre du 20 janvier 2009 portant organisation du secteur de l’eau potable et de l’assainissement.
Assainissement : L’assainissement fait référence aux eaux usées et à la gestion des excréta par opposition aux
eaux pluviales et l’enlèvement des déchets solides, comme indiqué dans la Loi-Cadre du 20 janvier 2009 portant
organisation du secteur de l’eau potable et de l’assainissement.
(Un glossaire exhaustif est disponible en fin de volume.)
22
Section 1
Les stratégies pour fournir un accès équitable à l’eau potable et
l’assainissement à Haïti depuis 2008
Dès avant la mise en place de la DINEPA, des stratégies spécifiques de développement du secteur ont été
élaborées pour renforcer le secteur EPA en Haïti : en 2008, avec le Plan stratégique sectoriel pour le secteur
de l’eau et de l’assainissement (voir également annexe 2) ; avec les Objectifs de développement durable de
l’ONU, en 2015 ; en 2015-2016, avec l’Actualisation du Plan Stratégique Sectoriel (non mis en œuvre, voir
annexe 3) ; avec le Budget programme par objectif (BPO, 2018, voir annexe 4) ; en 2018, avec le Plan
hydraulique d’assainissement national (voir annexe 5; et dernièrement, en 2022, avec les 14 actions
prioritaires de la Revue sectorielle conjointe (voir annexe 6). Une synthèse des points essentiels que chacun
des plans a mis en avant permet de mieux comprendre les obstacles récurrents auxquels se confrontent le
secteur, mais aussi l’ambition portée par la DINEPA afin de favoriser l’essor de ce dernier. Cette section
énumère ces points clés et défis.
Le Plan stratégique sectoriel pour le secteur de l’eau et de l’assainissement (2008)
En 2008 est élaboré le Plan stratégique sectoriel pour le secteur de l’eau et de l’assainissement, avec le
concours de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), en amont de la création de la DINEPA.
L’objectif de l’étude était alors de fournir au Gouvernement et à la BID les éléments devant leur permettre
d’établir un Plan Stratégique du Secteur de l’Eau Potable et de l’Assainissement en Haïti pour la période
2008-2013.
Le diagnostic énumérait une série d’éléments empêchant un essor du secteur, et notamment :
• Vingt années de crises successives ;
• Un manque de conscience et de volonté politique ;
• Une situation sanitaire extrêmement précaire ;
• Des ressources hydrauliques en danger ;
• Un service public minimal pour l’eau ;
• Un service d’assainissement inexistant ;
• Des opérateurs en situation de faillite ;
• Des aides mal utilisées (bailleurs, ONG).
En 2022, une majorité de ces points sont toujours d’actualité. Le rapport rappelait également les principes
de la réforme institutionnelle de la Loi-Cadre élaborées pour pallier ces défis, et notamment :
• Création d’une Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DNEPA)
• Création de plusieurs Offices Régionaux de l’Eau Potable et de l’Assainissement (OREPA) qui se
substitueront à la CAMEP et au SNEP pour la gestion des systèmes EPA ;
• Normalisation des CAEP (Comité d’Alimentation en Eau Potable) en milieu rural et périurbain ;
• Intervention du secteur privé dans la gestion opérationnelle du secteur ;
• Adoption d’un Décret Tarifaire qui permettra une gestion optimale du secteur dans des
conditions acceptables pour toutes les classes de la population. Ce décret prévoit la facturation
des consommations au compteur ce qui constituera une innovation culturelle importante dans le
contexte haïtien.
Force est également de constater en 2022 que, même mis en œuvre, ces principes n’ont à eux seuls suffi à
permettre des progrès majeurs dans la réalisation des objectifs d’accès universel et équitable à l’eau potable
et l’assainissement. Quant à d’autres, comme une bien plus grande intervention du secteur privé dans la
gestion opérationnelle du secteur là où cela serait systématiquement pertinent, ils tardent encore à se réaliser.
Idem pour les choix stratégiques proposés, dont nombreux sont encore pertinents plus d’une décennie
plus tard :
23
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Le renforcement de la capacité de planification et de suivi du secteur (DNEPA, OREPA,
Observatoire National de l’Eau, choix d’indicateurs réalistes) ;
L’amélioration de la capacité d’absorption des financements ;
La réduction des risques sanitaires et environnementaux ;
Le nécessaire pragmatisme dans l’élaboration des études et des projets et notamment dans la
définition du phasage ;
L’élaboration de directives opérationnelles en milieu urbain et en milieu rural ;
Le rôle du secteur privé national et international au niveau des études, des travaux et de
l’opération des SAEPA ;
Le cas particulier de la Région Métropolitaine de Port au Prince ;
La synergie des bailleurs de fond ;
La synergie des ONG ;
L’ingénierie sociale.
En revanche, les trois défis majeurs du secteur alors identifiés dans le Plan stratégique (mise en place de la
réforme institutionnelle, amélioration des performances opérationnelles et de la pérennité des ouvrages, et
relance des investissements avec notamment le « décollage » de l’assainissement urbain20) ont été réalisés en
majorité.
Le Plan fait alors état d’une situation difficile pour le commun des Haïtiens, capturée dans ces lignes :
« Dans les villes, les populations les plus aisées achètent de l’eau traitée ou provenant de camion-citerne et
les populations pauvres achètent généralement une eau de qualité douteuse par boquite aux revendeurs.
Pour l’assainissement, il n’existe aucun réseau d’égouts, même au cœur des grandes villes. La majeure partie
des habitations est dotée de latrines plus ou moins rudimentaires ou d’un simple trou dans la parcelle ; mais
30% d’entre elles (43% en milieu rural) ne disposent d’aucun lieu d’aisance. ». Sont en cause : le manque de
volonté politique, le manque d’investissement, une gestion opérationnelle défaillante, et le manque de
ressources humaines.
L’annexe 2 reprend les objectifs et indicateurs de résultats des réformes et initiatives proposées.
Le rapport diagnostic « Actualisation du Plan Stratégique Sectoriel » (2015-2016)
Le Plan Stratégique Sectoriel a été préparé en 2008 (voir plus haut) et approuvé par les Autorités Nationales.
L’une des étapes majeures de la réforme a alors été la mise en place de la Loi Cadre portant organisation du
secteur EPA, publiée le 25 mars 2009. Ce texte, fondateur pour la modernisation du secteur, a permis de
mettre en place les acteurs institutionnels de l’EPA. En juillet 2009, le premier Directeur Général de la
DINEPA a été nommé par arrêté présidentiel.
En 2010, la DINEPA a fait face à des situations d’urgence majeures (séisme, épidémie de choléra) et a
pris des décisions et des mesures spécifiques en faveur des personnes affectées par le séisme et pour lutter
contre l’épidémie de choléra. L’efficacité de la DINEPA durant ces crises a été jugée salutaire. En revanche,
la mise en œuvre des actions prévues initialement dans le PSS et les Plans d’Actions, très stratégiques pour
le développement du secteur EPA, a pris un retard important. La réorganisation du secteur au niveau
national en a donc été en partie affectée ou freinée. Une tentative d’actualisation du PSS a eu lieu fin 2010
mais dans le contexte d’urgence d’alors, la DINEPA n’a pas eu l’occasion de valider le document actualisé.
Le rapport diagnostic se propose donc d’actualiser le PSS et de mettre en évidence les avancées, les échecs
éventuels, mais aussi les nouvelles actions mises en œuvre et non prévues initialement par l’institution.
Les résultats du diagnostic devaient également permettre, dans une étape suivante, d’identifier les défis et
les enjeux pour le secteur à l’horizon 2015 - 2019 et 2020 - 2024. C’est à partir de ces éléments que pourra
être rédigé le document d’actualisation du PSS de la DINEPA et le nouveau plan d’action 2015-2019.
Le document relève notamment qu’« entre 2009 et 2015, la DINEPA a bénéficié d’une aide globale sur
opérations pour un montant estimé à 325 millions USD, dont moins de 1 % proviennent de l’Etat haïtien.
Parmi ces financements certains sont dédiés à une activité ponctuelle ou sont mis en œuvre par des acteurs
du secteur : programmes de l’UNICEF (3,9 MUSD), de JICA (4,6 MUSD) ou de l’AFD (3,9 MUSD) », ce
20
Ainsi que formulé p. 10 du Plan stratégique.
24
qui souligne que la question de la durabilité financière est un problème depuis les débuts de l’application de
la Loi Cadre.
Enfin, il met en exergue les défis et enjeux de la réforme depuis 2008, notamment :
• Les défis liés à la gouvernance, la régulation, et à la connaissance – Les fonctionnements internes à la
DINEPA doivent permettre une répartition et une séparation efficace des principales fonctions de
la DINEPA, niveau central et déconcentré et, à terme, du secteur (régulation, contrôle, gestion de
projets et de programmes, exploitation des SAEPA). La séparation des fonctions stratégiques, de
gestion, de suivi de projets, de régulation et contrôle entre les différentes entités permet de confier
à chacun des missions claires et d’en renforcer l’efficacité. Des institutions en charge de la formation
interne et externe devront répondre plus fortement aux évolutions des besoins du secteur en termes
de renforcements de compétences ciblés. D’autre part, les résultats de la recherche, les
capitalisations et innovations issues des projets développés en Haïti doivent être utilisés de manière
plus efficiente pour appuyer l’amélioration des connaissances et savoir-faire du secteur.
• Les défis liés à l'accès aux services – En s’appuyant sur les documents stratégiques qui ont été produits
par la DINEPA, les exploitants des SAEPA doivent porter un accroissement de l’accès de la
population au service et de la qualité de ce service. Cette amélioration de l’accès à l’eau et à
l’assainissement passe par une accélération de travaux d’infrastructures, autant en eau potable qu’en
assainissement, sur l’ensemble du territoire. Mais l’amélioration des pratiques des exploitants
actuels des SAEPA en réponse aux attentes des usagers et une meilleure intégration du secteur privé
dans le service EPA, sont indispensables aux améliorations recherchées par ces renforcements
infrastructurels.
• Les défis liés aux financements – La pérennité des services d’EPA - celle des services centraux et des
services en région et l’exploitation des SAEPA - est clairement liée à leur capacité à atteindre une
autonomie financière. L’atteinte de l’équilibre budgétaire pérenne, aujourd’hui incomplète, passe à
la fois par une bonne gestion des fonds disponibles, un accroissement des recettes et des
investissements, et une gouvernance soutenable des services. Un équilibre budgétaire des services
d’exploitation (que celle-ci soit, ou non, déléguée pour tout ou partie à une entreprise) est un
prérequis avant de pouvoir poursuivre le processus de décentralisation vers les communes. Ces
défis reposent avant tout sur une amélioration des équilibres budgétaires, et portent, au-delà des
financements externes, sur la perception des recettes d’exploitation qui doivent équilibrer les
dépenses, en incluant le fonctionnement et l’amortissement ou l’autofinancement des
investissements futurs. La rigueur des bilans financiers et l’établissement de budgets homogènes
entre les différents services, organes déconcentrés et centraux de la DINEPA sont essentiels et
doivent aboutir à des rapportages fiabilisés.
Le rapport diagnostic conclue sur un récapitulatif des avancées et des retards du secteur et évalue le niveau
d’atteinte des objectifs principaux des différentes stratégies du plan d’action 2011-2015 qui découlent de la
mise en place du PSS (voir annexe 3).
Le BPO – Budget Programme par Objectif (2018)
Rappelant que dans « le cadre du PSDH et du décret du 9 octobre 2015 qui prévoit que le budget soit
présenté par programme sur une base triennale glissant, la DINEPA a […] opté pour l’approche
programmatique par objectif comme choix national devant permettre une vision globale du secteur, une
maitrise nationale des arbitrages et un cadrage des appuis des projets des bailleurs ». Cela a conduit à la
conception du Budget Programme par Objectif (BPO) en 2018, qui, contrairement à l’approche de moyens
(projets) qui donne une vision parcellaire du secteur, donne une vision globale du secteur actuelle et à un
horizon donné avec des objectifs nationaux de réponse aux besoins des populations.
Le BPO consiste à :
• projeter les objectifs de % d’accès des populations à l’eau et à l’assainissement jusqu’à l’horizon
déterminé tout en réduisant les disparités entre les régions, les départements et les communes tant
en milieu urbain qu’en milieu rural ;
• identifier les types d’investissements adéquats correspondant à chaque localité (densité, proximité
ressource en eau, etc.) ou à chaque communauté (capacité de payer pour l’eau et pour
l’assainissement : volet social, études) ;
25
•
programmer, dimensionner, budgétiser et lancer les études, la construction des ouvrages urbains et
ruraux et les actions d’accompagnement autour des infrastructures ;
• en liaison avec les actions à réaliser, évaluer les besoins en moyens de fonctionnement et
d’équipements par OREPA (Tout cela donne le BPO REGIONAL PAR OREPA) ;
• consolider au niveau national (DINEPA) les BPO des 4 régions pour avoir une vision globale
nationale ;
• évaluer les besoins en moyens de fonctionnement et d’équipement des services centraux pour les
fonctions régaliennes (BPO activités régaliennes) ;
• consolider les 4 BPO OREPA + le BPO des services centraux (DINEPA) pour avoir le BPO global
national.
Le BPO permet aux acteurs et partenaires du secteur d'avoir : i) une visibilité globale, année par année, de
tout ce qui doit être fait pour atteindre les objectifs à l’horizon déterminé avec une priorisation entre les
activités et les zones du territoire (équitable) et le coût de ces activités ; ii) un support de dialogue, une
nomenclature et un format uniformisés pour le suivi global des réalisations du secteur, quels que soient les
intervenants ; iii) une comparaison, au moins sur 3 ans, du coût des besoins avec ce qui est alloué au secteur,
afin de faire apparaître les déficits de financement, soit par région, soit pour certaines activités cruciales, et
ainsi de pouvoir mieux allouer les efforts.
Le BPO rappelle que, dans l’ensemble, le programme sectoriel vise à garantir à l’horizon de 2030 :
• un accès de base à l’eau potable de 100% de la population haïtienne dont une partie en aura un
accès amélioré ;
• un accès de 80% de la population haïtienne à l’assainissement de base et de 20% à l’assainissement
individuel regroupé ;
• aucune défécation à l'air libre.
En particulier, l’accès universel et équitable à l’eau potable est articulé autour des grands résultats suivants :
• La programmation pluriannuelle des réalisations est élaborée et mise à jour annuellement par les
OREPA ;
• Les populations urbaines et rurales ont accès à l'eau potable ;
• Les lieux publics disposent de points d'eau publics ;
• La qualité de l'eau est sécurisée ;
En sus, le BPO ambitionne également que pour 2030 toute la population ait accès à un dispositif
d'assainissement de base amélioré. Cet objectif spécifique est articulé autour de 2 grands résultats déclinés
respectivement en 3 et 2 résultats intermédiaires :
• La population a accès à un assainissement de base amélioré :
o Les ménages ont accès à un assainissement individuel ;
o Les ménages ont accès aux infrastructures sanitaires publics ;
o Les ménages ont accès à un assainissement collectif :
• Les eaux usées et les boues sont déposées dans les lieux sécurisés et traitées
o Les eaux usées et les boues de vidange sont acheminées vers des sites autorisés ;
o Les volumes vidangés sont déposés et traités
Les actions nécessaires à l’atteinte de ces différents résultats, seront mises en œuvre à travers les 3 piliers de
l’assainissement : i) l’éducation et la sensibilisation ; ii) le service ; iii) le plaidoyer et l’application des normes
établies.
En vue de la réalisation des objectifs précités, le BPO se dote d’un cadre logique sectoriel extrêmement
détaillé, riche de près de 500 indicateurs et actions (voir annexe 4).
Le Plan hydraulique et d’assainissement national, un objectif à 30 ans (2018)
En 2018, en parallèle à la conception du BPO, le Plan hydraulique et d’assainissement national (PHAN),
commande du Président de la République, exprime une politique volontariste, ambitionnant de réaliser les
objectifs suivants :
26
•
•
Une meilleure satisfaction des besoins en eau de la population ;
Une disponibilité de l’eau en qualité et en quantité pour assurer les besoins domestiques, industriels et de service,
tout en conciliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux y relatifs ;
• Une maîtrise de l’eau pour la protection des vies et des biens ;
• Un développement de la connaissance sur la ressource.
Ce document devait répondre « aux attentes de tous les secteurs du pays et [servir] ainsi aux prises de
décisions qui guideront les actions des gouvernements qui se succèderont pendant les 30 prochaines
années, dans une logique de développement durable du pays et dans le plus grand intérêt du peuple
haïtien ».
Le PHAN a été élaboré par un Comité Technique de Pilotage comprenant les représentants de plusieurs
entités étatiques (MTPTC, DINEPA, MARNDR, MDE, MPCE, l’UCGPPP/MEF) et avec la contribution
de chercheurs du monde universitaire haïtien (UEH et UniQ) spécialisés dans les domaines de l’eau et de
l’assainissement. Il est en grande partie inspiré d’études, de plans, de stratégies et politiques produits au
cours de la période 1997-2017.
Le PHAN aborde les axes majeurs suivants : la gestion de la demande et la valorisation de l’eau, le
développement de l’offre, la maîtrise de l’eau pour la protection des vies et des biens, le développement de
la connaissance sur la ressource, la préservation de la qualité des ressources en eau et la lutte contre la
pollution, la préservation des ressources en eau, du milieu naturel et l’adaptation aux changements
climatiques. Il devait servir à produire des budgets annuels et triennaux sectoriels plus équilibrés et donc
plus efficients, et il devait être révisé tous les 10 ans, sur la base des avancées du secteur établies au moyen
d’audits.
Le Plan relève que, « sachant que le court terme établi s’étend sur les trois prochaines années (2018-2021),
le moyen terme de 2018 à 2027 et le long terme de 2018 à 2048, si toutes les hypothèses établies sont
respectées » :
• les objectifs d’accès à l’eau à moins de 500 mètres de l’habitation la plus éloignée seront atteints à
moyen terme, soit à l’horizon 2028 alors que
• l’accès de 70 % de la population, (100 % de la population urbaine) à un service
Concernant l’assainissement, le Plan se fixe les objectifs représentés dans le tableau ci-dessous :
Parmi les risques qu’il identifie à l’atteinte des objectifs, on retrouve :
• Une baisse d’intérêt d’un Gouvernement pour le secteur : La volonté politique et la détermination
des institutions concernées sont des facteurs clés de l’atteinte des objectifs du PHAN ;
• Le déphasage entre l’adoption des textes légaux et la planification des actions : Certaines actions
requièrent le vote au Parlement de l’amendement à certaines lois. Ce qui devrait faciliter la
réalisation des différentes programmations ;
• La non-appropriation des choix par les populations concernées : Certaines mesures devront,
avant leur mise en œuvre, être acceptées par les populations concernées à travers des séances
d’audience publique ;
27
•
•
•
•
Des retards dans le montage de la Commission Intersectorielle de l’Eau puis de l’Autorité
régulatrice de la ressource hydrique : Ces organes devront garantir les conditions optimales pour
la mise en œuvre du PHAN, notamment la planification et la mise en oeuvre de l’exploitation
rationnelle des ressources en eau, les mesures d’atténuation des problèmes environnementaux de
pollution ou sociaux liés à l’eau, les conflits d’usage, la disponibilité et l’accès aux services du
crédit lié à l’eau, La clarification des rôles des différentes institutions intervenant dans le foncier,
etc. ;
La faiblesse des institutions : Le manque de moyens humains et matériels des institutions peut
limiter la capacité d’exécution et de suivi des actions ainsi que le manque de coordination et de
clarification des rôles et des actions de chaque institution intervenant au niveau des bassinsversants et des différents secteurs ;
Les retards dans le développement des infrastructures publiques (routes, énergie) et de l’offre de
services (santé, éducation), essentiels pour la relance de l’ensemble des secteurs et comme
corollaire la gestion économique durable du secteur de l’eau ;
L’absence d’un climat de sécurité et de stabilité politique au niveau national, condition de réussite
de tout programme de développement.
Enfin, le PHAN établit alors une liste des indicateurs de l’évaluation des résultats pour l’eau potable et
l’assainissement (voir annexe 5).
Les actions prioritaires de la Revue Sectorielle Conjointe (RSC) à l’attention des Ministres (2022)
En 2022, à l’issue du Salon de l’Eau (et particulièrement le Dialogue sectoriel), sont élaborées les 14
actions prioritaires suivantes, pour lesquelles les acteurs clés du sujet s’engagent à :
• Mettre en place un Cadre Conjoint MTPTC / MARNDR/ MDE pour institutionnalisation de la
taxation des forages à fins de potabilisation >MDE
• Développer le mécanisme de collaboration du prélèvement à la source pour financer l’accès à
l’eau potable et à l’assainissement dans les institutions publiques à caractère publique – MEF
• Etablir un cadre de partenariat collaboratif pour la diversification des ressources de financières,
entre autres en accédant au Fonds vert en lien avec les programmes de reconstitution des
ressources en eau > MEF
• Produire un arrêté ministériel devant opérationnaliser le développement de pôle de compétences
intercommunal par arrondissement pour renforcer les municipalités sur les compétences EPA >
MICT
• Instaurer une circulaire à très court terme incluant un pourcentage à appliquer au CFPB pour la
FDAL en commençant par > MICT
• Etablir conjointement un référentiel métiers EPA adapté aux Communes > MICT
• Préparer un arrêté interministériel pour la Fin de la Défécation à l’air libre > MSPP
• Insérer l’opérationnalisation du comité de révision du code d’hygiène dans les actions prioritaires
du Ministère de la Santé Publique et de la Population > MSPP
• Etablir un partenariat pour la synchronisation des données Ressources en eau et les données Eau
potable Assainissement > MTPTC
• Valider et rendre opérationnel le Plan Hydraulique et d’Assainissement National > MTPTC
• Créer une cellule au sein du Ministère des TPTC responsable de la coordination et de la
concertation des actions dans le cadre du développement des infrastructures de voierie et de
réseaux divers > MTPTC
• Définir l’ODD 6 comme une priorité de l’Etat et s’engager à suivre toutes les cibles y afférentes
sur une base annuelle > MPCE
• Faire un communiqué conjoint invitant les exploitants privés de l’eau à s’enregistrer dans le
registre du Commerce, après l’autorisation du MDE > MCI
28
•
Opérationnaliser le protocole de partenariat entre le MDE et le MENFP sur la promotion de
l’Education Environnementale > MENFP
Ces points sont repris en annexe 6.
Section 2
Etat des lieux (diagnostic du secteur)
La section 1 a mis en avant les objectifs du secteur EPA sur la décennie écoulée, ainsi que les défis
rencontrés dans leur réalisation. La section 2 se propose de mettre en relief les obstacles contemporains, et
les priorités qui doivent être au cœur d’une stratégie à horizon 2032 afin de satisfaire la vision d’un accès
universel, équitable, durable et à coût abordable à l’eau potable et l’assainissement.
Offrir à la population haïtienne dans son ensemble un accès à l’eau potable et l’assainissement
Il ressort de premiers entretiens conduits à partir de février 202221 et au cours du premier semestre de la
même année22 avec des acteurs du secteur EPA en Haïti le sentiment partagé que l’Etat doit, jusqu’au plus
haut niveau, s’approprier le secteur eau et assainissement en termes de politique et de planification, mieux
comprendre les obstacles auxquels il fait face dans son développement, et appuyer une vision globale et
comprise de tous en vue d’atteindre les objectifs fixés, offrir à la population haïtienne dans son ensemble
un accès à l’eau potable et l’assainissement. Au vrai, il ressort que l’accent doit impérativement être mis sur
une plus grande implication de l’Etat sur la décennie à venir, condition sine qua non pour garantir le
développement du secteur.
Divers interlocuteurs ont pu regretter avoir le sentiment que le secteur reste un parent pauvre des politiques
publiques, voire n’est pas considéré comme un secteur à part entière, en dépit du fait qu’il soit crucial dans
la vie des Haïtiens. Il faut, à cette fin, élaborer un plaidoyer pour que l’Etat ait la volonté d’agir et que
d’autres entités ou autorités soient associées à, et soutiennent, ce plaidoyer. Les bailleurs internationaux, sur
la base de concertations, peuvent accompagner cet effort et contribuer à définir certains objectifs du secteur.
D’autres obstacles au développement du secteur, liés aux précédents, ont été régulièrement cités,
notamment le sentiment de devoir constamment redéfinir des objectifs, un contexte global agissant comme
un frein aux progrès, un problème de capacité de suivi/évaluation des objectifs dans le temps, les défis de
la rétention des talents ou du paiement du service par les bénéficiaires, etc.
Des goulots d’étranglement à desserrer
Le document « Synthèse des goulots d’étranglement du secteur EPAH en Haïti identifiés dans plusieurs analyses
sectorielles » produit lors de l’atelier national WASH-BAT des 29-31 Janvier 2019 s’est focalisé sur certains
obstacles parmi les plus importants dans le développement du secteur.
En premier lieu, l’on observe des manquements à la notion même d’équité, qui correspond à la « répartition
juste et impartiale des ressources du secteur ». Des règles générales pour assurer une telle répartition sont
décrites dans le DSNCRP (voir « Glossaire » en introduction), qui indique que les bidonvilles et les zones
rurales à faibles revenus sont des zones essentielles pour l’accès à l’eau et à l’assainissement. Mais elles ne
sont pas traduites en lignes directrices formelles, et ne sont pas reprises dans les documents stratégiques. La
coordination, la programmation et la définition des politiques suivent des processus encore peu balisés
Il faut également mettre l’accent sur le rôle clé de l’aménagement du territoire sur ce volet. En effet, on
observe un agrandissement de ces zones sans orientation et limites claires. Le principe de la fourniture de
21
Du 4 au 25 février 2022, des entretiens individuels avec des acteurs du secteur eau & assainissement en Haïti en
ont été menées en vue de préparer une nouvelle opération avec la Banque mondiale.
22
Au printemps-été 2022, des consultations ont été menées pour les besoins de ce rapport.
29
service requiert des planifications de base. La fourniture de service ne se résume pas à accoler des linéaires
de canalisations et à installer sporadiquement des points de connexion. De plus, s’il peut être plus facile de
mobiliser les investissements pour les infrastructures, les soucis demeurent inchangés en ce qui concerne la
manière d’assurer l’exploitation de ces infrastructures et les coûts de renouvellement desdites infrastructures.
A ces faiblesses s’ajoutent d’autres carences, notamment le manque de régularité des réunions du conseil
d'administration de la DINEPA, l’absence d’une politique tarifaire et celle de structure spécifique à la
DINEPA pour formuler la stratégie de l’eau potable pour le secteur. De plus, le manque de présence sur le
terrain ou la lenteur des instructions ne permettent pas à la DINEPA d’exercer pleinement son rôle de
régulateur et de contrôle.
Au niveau de la coordination, l’on peut déplorer un manque tant de coordination que de communication
entre les niveaux nationaux, régionaux, départementaux et municipaux. En sus, la planification des travaux
est insuffisamment concertée avec les autres ministères ou directions, et l’on observe que les réseaux d’eau
sont régulièrement endommagés par d’autres travaux VRD (voiries et réseaux divers). L’on relève également
que le suivi des programmes est morcelé et trop centralisé : les agents de la DINEPA ne peuvent gérer les
différents programmes, d’autant que ce n’est pas leur rôle, et l’on peut regretter un manque d’autonomie
des OREPA et CTE, qui n’ont pu être mobilisés directement pour gérer les programmes. Enfin, la
séparation des fonctions stratégiques, de gestion, de suivi de projets, de régulation et de contrôle entre les
différentes entités permet de confier à chacun des missions claires et d’en renforcer l’efficacité.
Dans le détail, le personnel de la DINEPA, au niveau national, a été dispersé entre différents bureaux
loués, ce qui rend le travail moins efficace, peu partagé, et augmente les coûts de fonctionnement. En sus,
il apparaît impératif d’affiner la viabilité du mode de gestion délégué par le lancement d’autres pilotes y
inclus pour l’assainissement ou combinant gestion « eau + assainissement ».
Au plan juridique, l’on observe un vide : aucun texte officiel n’a instauré les CTE, et la Loi Cadre ne prévoit
pas l’existence des TEPAC. Par ailleurs, le statut des CAEPA ne les place pas sous une autorité hiérarchique
directe. La déconcentration et in fine la décentralisation de la gestion des CAEPA et OP doivent se poursuivre.
Au plan financier, les difficultés d’atteinte d’un équilibre, malgré des investissements soutenus et des
subventions, représentent un frein sur l’attractivité du secteur pour les partenaires privés dans le cadre de
PPP. De plus, les péréquations souhaitées, ne sont pas réalisables tant qu’un changement considérable dans
les comportements de la population et sa volonté à payer n’a pas eu lieu. C’est un des principaux objectifs
du marketing social promu par la Direction de l’Assainissement en tant que levier sectoriel.
Une vision décennale pour répondre aux besoins en eau potable
Dans le domaine de l’eau potable, la poursuite du développement des infrastructures est un point majeur,
tout en mettant l’accent sur la gestion tant de l’existant que des nouvelles infrastructures. Les réalités du
pays rendent difficiles l’exécution de certains financements, et le sous-financement du secteur peut amener
à modérer les ambitions. La DINEPA vise 100% de taux de couverture à l’horizon 2032, un objectif
atteignable si l’existant gagne grandement en efficacité.
L’un des éléments les plus problématiques reste l’aménagement du territoire, notamment pour les efforts
de planification. Il faut des approches nouvelles de provision de services, et de l’innovation pour que le
secteur touche toute la population, voire même une collaboration renforcée avec les acteurs locaux, y
compris les autorités municipales et la société civile et les partenariats public/privé.
Enfin, il est important d’’arriver à une gestion adéquate des systèmes : gestion des équipes, des finances,
investissements en réhabilitation ou prévention, afin de maintenir les services en état. Il convient également
de développer un aspect commercial diversifié pour inciter à collecter les redevances et pour augmenter les
recettes. Enfin, des subventions peuvent être nécessaires dans la mesure où les infrastructures demandent
de l’énergie, dont le coût est en hausse. Le solaire est une alternative mais le changement climatique reste
un défi majeur, et les barrages ne sont pas une source à même de couvrir l’ensemble des besoins. Il convient
donc de réduire les dépenses et de réaliser des mesures préventives pour éviter les pannes.
L’enjeu de l’assainissement
Publié en 2012, le Document d’orientation stratégique pour l’assainissement en Haïti (2014-2018) rappelle
que le financement de ce sous-secteur est assuré en grande partie par le ménage qui finance ses installations
individuelles et la vidange de ses fosses, avec des coûts d’installation qui varient énormément. Les
30
responsabilités du sous-secteur sont partagées entre plusieurs entités étatiques et des dizaines de structures
non publiques qui se partagent la gestion des excrétas, des eaux grises, et l’éducation à l’assainissement.
L’absence de données précises sur le sous-secteur est un autre enjeu.
Le sous-secteur souffre de son caractère éclaté et déficient, mais aussi à l’attentisme de la population, à
relier à la défécation à l’air libre, pratique qui n’a pas encore été éradiquée. Dès 2012, le Document
d’orientation stratégique invitait à mettre l’accent sur : i) le renforcement des institutions publiques locales
de santé publique et d’environnement et l’appui aux municipalités ; ii) la stimulation de la demande par la
promotion de l’assainissement et celle de l’offre par l’accompagnement technique de la construction des
toilettes familiales combinés à une information claire sur le caractère légal de la toilette familiale et sur
l’établissement de la non subvention des toilettes familiales ; et iii) la mise en place de services
d’assainissement public incluant les services de vidange et de traitement des boues.
En ce qui concerne le sous-secteur de l’assainissement, le PHAN (2018) demeure une source riche en
objectifs et indicateurs, y compris à horizon 2032. Il convient toutefois de renforcer une stratégie visant à
réduire les inégalités, notamment celles dues aux territoires accidentés, aux habitats fragmentés, ainsi que les
disparités socioéconomiques. Dans le domaine de l’assainissement, la fracture la plus criante demeure celle
affectant les poches de pauvreté dans les quartiers précaires des villes.
Le PHAN rappelle que les activités du sous-secteur assainissement seront réalisées dans un objectif de
durabilité et d’autonomie sur le long terme. Pour assurer leur autofinancement partiel ou total, les services
d’assainissement effectués seront payants, mais les tarifications et méthodes de paiement dépendront du
contexte local considéré et seront établis entre la DINEPA et les différents acteurs du sous-secteur. Un
mécanisme de financement durable (horizon 5 ans) sera également recherché et mis en œuvre.
L’on retrouve des goulots d’étranglement à plusieurs niveaux :
• Institutionnel : la réforme n’est pas encore ancrée dans l’Etat, c’est un secteur partagé (Santé,
Environnement, Commerce, etc) ;
• Légal : Le cadre légal est désuet et demande à être actualisé ;
• Financier : L’absence de stratégie financière est un frein. Le secteur est porté par les bailleurs de
fonds. Il convient de suivre une politique qui permette de préserver l’aide pour l’investissement,
mais de réduire les financements externes pour le fonctionnement, et intégrer le privé dans les
dépenses récurrentes.
Enfin, l’assainissement amélioré passe par l’accès aux logements améliorés, hors de portée pour les plus
précaires. Une stratégie de développement de l’accès à l’assainissement passe donc par une politique de
réduction de la pauvreté.
La durabilité financière, un impératif pour permettre au secteur de se développer
Les rapports et stratégies produits depuis 2008 mettent régulièrement en avant l’enjeu du financement du
secteur, qui dépend jusqu’ici pour beaucoup des bailleurs internationaux, ce qui fait d’Haïti une exception.
Ainsi, le rapport « Actualisation du Plan stratégique sectoriel (2015-2016) » relevait que « la pérennité des
services d’EPA - celle des services centraux et des services en région et l’exploitation des SAEPA - est
clairement liée à leur capacité à atteindre une autonomie financière. L’atteinte de l’équilibre budgétaire
pérenne, aujourd’hui incomplète, passe à la fois par une bonne gestion des fonds disponibles, un
accroissement des recettes et des investissements, et une gouvernance soutenable des services ».
La DINEPA fonctionne pour beaucoup aux projets, et en parallèle, l’Etat n’a pas fait montre d’une
mobilisation financière manifeste au cours de la décennie écoulée pour assurer graduellement un rôle plus
important dans l’essor du secteur. Pendant ce temps, des enjeux récurrents liés par exemple aux difficultés
à recouvrir les dus des foyers pour les services en eau potable, ou au manque d’attrait quand certaines
populations préfèrent consommer de l’eau de pluie ou utiliser celle des rivières, soulèvent la question de la
viabilité d’une provision universelle de services en EPA. Au reste, l’aspect « disponibilité/augmentation de
la production » (qualité et quantité) apparaît crucial, sans quoi il est peu de chances que la clientèle souhaite
payer un service qui lui paraîtra déficient. Enfin, même un engagement majeur du secteur privé en faveur
de la provision d’eau potable et de services d’assainissement ne permettrait sans doute pas à court terme de
répondre aux besoins d’une population qui reste frappée par la pauvreté en grande majorité, ni à permettre
aux entreprises d’assurer à elles seules une présence pérenne.
31
Dans ce contexte, il est nécessaire de développer un modèle économique qui prenne en compte l’ensemble
de ces problématiques. Ce modèle pourrait notamment s’inspirer d’autres pays en voie de développement
ayant su rendre graduellement rentable leur secteur EPA, notamment au travers de la tenue d’échanges de
savoirs Sud-Sud.
La résilience et la durabilité seront a fortiori atteintes grâce à la mise en œuvre de manière holiste d’un
ensemble de mesures critiques. D’abord, en veillant à ce que les communautés bénéficiaires et les autorités
locales participent activement au processus de prise de décision tout au long du cycle du projet sur la
conception des infrastructures, le niveau de service, le modèle de gestion, la politique de recouvrement des
coûts et le tarif et que la voix et la participation égales des femmes et des groupes marginalisés et la
promotion du leadership féminin des groupes communautaires est garantie.
Ensuite, en sélectionnant les communautés bénéficiaires et les autorités locales qui s'engagent
formellement à mettre en place les dispositions appropriées pour la durabilité à long terme qui comprennent,
entre autres, une contribution initiale au coût d'investissement, la mise en œuvre effective d'un tarif de l'eau
permettant de soutenir le recouvrement des coûts d'exploitation et de maintenance, l'acceptation de la
facturation au compteur et du paiement des tarifs et de l'engagement d'un prestataire de services
professionnel pour gérer le système d'approvisionnement en eau qui sera contractuellement responsable du
fonctionnement du système et sera rémunéré.
De plus, il convient d’assurer la qualité de l'exécution des travaux et de la supervision en faisant appel à
des firmes d'ingénierie expérimentées pour produire des conceptions techniques de haute qualité et à des
firmes indépendantes pour superviser l'exécution des travaux. L'ensemble du processus sera suivi de près
par le personnel spécialisé de l’Unité de mise en œuvre du projet. Cela réduira le risque de mauvaise
conception et de mauvaise exécution des travaux qui a été si préjudiciable à la durabilité des infrastructures
en Haïti. En outre, tous les ménages seront équipés d'un raccordement à un compteur d'eau dans leurs
locaux afin d'augmenter le niveau de service et par conséquent leur volonté de payer et d'augmenter encore
les fonds disponibles pour l'entretien.
Par ailleurs, il sera important de renforcer tout au long de la durée de vie du projet les capacités techniques,
commerciales et opérationnelles du prestataire de services (CAEPAS et OPs) afin de minimiser les coûts
d'exploitation et d'augmenter sa capacité à collecter des revenus et en garantissant la transparence et la
responsabilité pour renforcer la confiance des clients.
Il sera tout aussi important de renforcer la capacité des institutions du secteur à fournir un appui technique,
institutionnel et financier après la construction, y compris la réhabilitation, le remplacement des actifs et les
coûts d'appui indirects (réglementation) en tenant compte des coûts du cycle de vie complet de la prestation
de services et des besoins d'appui institutionnel.
Enfin, une harmonisation et une coordination efficaces entre les agences sont importantes pour garantir
que les communautés d'une même zone géographique disposent de services basés sur des politiques et des
approches de mise en œuvre similaires.
Bien construire et gérer mieux
Au fil des ans, les opérations mises en œuvre montrent qu’il y a eu des investissements importants sur les
constructions de systèmes d’approvisionnement en eau potable mais que ces systèmes ne sont souvent plus
fonctionnels ou qu’il n’y avait que trop peu d’informations les concernant. Mettre l’accent sur la gestion
durable de ces systèmes d’approvisionnement pourrait prévenir cet état de fait, ce qui suggère que la gestion
deviendrait une priorité sur la décennie à venir.
L'amélioration de la gestion des systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement au
niveau local est intimement liée au renforcement des partenariats au niveau local entre les autorités
municipales, au niveau des communes et des sections communales, et les acteurs de la société civile et ONG
qui sont actifs dans le secteur. Conformément à la décentralisation envisagée dans la réforme institutionnelle
de 2009, une plus grande participation locale et des systèmes de redevabilité plus forts peuvent améliorer la
gestion des systèmes.
Enfin, bien construire impliquera de mener des études techniques, socio-économiques, environnementales,
études de faisabilité financière bien réalisées pour garantir l’autonomie financière, qui seront finalisées avant
de réaliser les projets.
Œuvrer à une complémentarité entre les secteurs public, privé et les ONG
32
Un rapport23 destiné à consolider des approches existantes et identifier des approches innovantes pour la
participation du secteur privé à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement dans les zones rurales et
les petites villes d’Haïti recommande de travailler sur les axes d’amélioration pour la gestion de l’eau potable
suivants :
• Professionnalisation et compétences des acteurs ;
• Recettes et prospectives financières (modalités de tarification, modalités de facturation, modalités
de recouvrement, politiques de gestion de la dette, et politique publique de communication) ;
• Suivi et contrôle des performances techniques et financières ;
• Qualité du service rendu & consolidation du service existant et extensions ;
• Clarifications / amélioration des contrats ;
• Opérationnalisation accrue des entités décentralisées de la DINEPA ;
Trois schémas organisationnels possibles sont proposés dans le rapport cité pour un modèle de gestion
efficace :
• Schéma n°1 de moyen / long terme, consistant conformément aux dispositions des lois et projets
de loi sectoriel à déléguer la Maîtrise d’Ouvrage des Services d’Alimentation en Eau Potable
(SAEP) aux autorités locales type Commune ou CASEC.
• Schéma n°2 de court ou moyen terme dans lequel l’OREPA conserve la Maitrise d’Ouvrage et se
charge de contractualise elle-même auprès d’opérateurs ou confie la gestion à un CTE (structure
de gestion internalisée).
• Schéma n°3 : Aménagements de l’organisation actuelle par l’ouverture des CTE à d’autres
contextes de gestion et une évolution de la politique de mise en concurrence aux opérateurs
privés. C’est le seul des 3 schémas dans lequel les CAEPA demeurent porteur de la maîtrise
d’ouvrage déléguée.
En sus, et à l’origine, la DINEPA devait veiller à l’élaboration d'une charte de coopération avec les ONG
travaillant dans le secteur précisant les approches et normes à respecter tant pour la conception que pour la
réalisation et la gestion des systèmes, ainsi que l'information mutuelle. Ce point a débouché sur un accordcadre, qui pourra évoluer dans le temps et aider à accompagner les municipalités qui souscriront à l’approche
par la demande : les ONG doivent pouvoir accompagner les communes dans la mise en œuvre des projets,
appuyer à la maîtrise d’ouvrage municipale, offrir un accompagnement technique des municipalités, et
appuyer à la gestion des systèmes d’eau potable et d’assainissement. A cet effet, les prérequis de base devront
être soigneusement précisés pour que cette approche s’inscrive dans une démarche institutionnelle. A terme,
la DINEPA instaurera également une obligation de rapportage et de diffusion d'information par les acteurs,
en encourageant par exemple une adhésion à la Plateforme d’Eau Potable et d’Assainissement (PEPA).
Des OREPA aux fonctions étendues
Selon la Loi Cadre, les OREPA assurent l’opérationnalisation et la gestion des infrastructures ainsi que la
prestation des services EPA dans 4 régions Ouest, Nord (incluant les départements Nord, Nord-Est et
Nord-Ouest), Centre (incluant l’Artibonite et le Centre), Sud (incluant Sud, Sud-Est, Nippes et Grand-Anse).
Tenant compte de la loi cadre de 2009, les fonctions des OREPA seront appelées à évoluer. Les articles
12 et 19 stipulent en effet que :
- Les OREPA agissent comme maîtres d’ouvrages de tous les systèmes d’eau potable jusqu’à ce que les
structures de coordination communales et intercommunales remplissent les conditions nécessaires pour le
faire.
- Au terme de la période de transition, tous les systèmes gérés par les OREPA devront avoir été transférés
aux municipalités selon leur situation géographique.
23
Cf. « Consolidation des approches existantes et identification d’approches innovantes pour la participation du
secteur privé à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement dans les zones rurales et les petites villes
d’Haïti », Banque mondiale, 2021.
33
Les OREPA pourraient à terme jouer les fonctions de : coordination (niveau régional), supports techniques
aux municipalités, applications des règlementations (contrôle), contrôle de qualité, suivi du secteur. L’article
13 de la Loi-Cadre de 2009 stipule qu’« une loi viendra fixer le statut définitif des OREPA ».
Des consultations ont révélé qu’il pourrait être envisagé pour les OREPA d’être renforcés afin d’assurer
le contrôle des opérateurs, et ils pourraient également faire des investissements, avoir une planification au
niveau de la région (quels travaux chaque année à réaliser pour atteindre tels objectifs), voire devenir
autonomes financièrement, pouvoir faire leur budget d’investissements, et au niveau RH, avoir les
ressources qualifiées pour effectuer le contrôle. Cela demanderait pourtant une évolution du cadre
réglementaire.
A l’avenir : mettre en place une politique d’atténuation et d’adaptation pour anticiper les effets du
changement climatique et des désastres naturels, en commençant par les transferts de savoir SudSud
Les effets les plus néfastes du changement climatique sont amenés à impacter la ressource hydrique en
Haïti. En sus, les bilans concernant les défis et risques auxquels le secteur eau potable et assainissement
énumèrent régulièrement les désastres naturels comme obstacles majeurs. Les séismes de 2010 et 2021 ou
l’ouragan Matthew ont été sources d’un nombre très conséquent de morts et de dégâts, y compris sur les
infrastructures eau et assainissement. Dans un contexte de hausse des événements climatiques extrêmes,
une pluviométrie surabondante peut également être source d’inondations. La quantité et la qualité d’eau
disponible en Haïti sont amenées à être touchées.
Ces menaces pèsent également sur d’autres pays qui, pour beaucoup, ont su développer des réponses
adaptées. Le secteur de l’eau potable et de l’assainissement en Haïti bénéficiera donc de transferts de savoir
avec les pays de profils semblables en pointe dans le domaine. Ces échanges pourront être facilités par les
partenaires internationaux ou des gouvernements mobilisés sur ces enjeux comme celui du Japon et
nourriront abondamment la mise en œuvre de la vision décennale.
Au-delà, il est crucial de concevoir les infrastructures de manière à résister aux risques de catastrophes
naturelles et au climat, en tenant compte des impacts à long terme du changement climatique sur les
ressources en eau et la demande future. Une attention particulière sera également accordée au risque de
durabilité environnementale, car le rendement de la saison sèche de nombreuses sources a considérablement
diminué au cours des dernières années en raison de la déforestation et peut-être à cause du changement
climatique. Les communautés doivent pouvoir être soutenues pour protéger et/ou reboiser la zone de
captage des sources si nécessaire.
Améliorer le suivi-évaluation au sein du secteur comme instrument de décision stratégique
Il n’existe pas aujourd’hui de système général de suivi-évaluation pour l’AEP, l’assainissement ou l’hygiène.
Les premières briques d’un tel système sont cependant en place, pour l’AEP (SIP, outil de gestion intégré
des SAEP, reporting mensuel des CTE, SIS-Klor). Ces différents systèmes ne sont pas issus d’une matrice
d’indicateurs communs, et diffèrent, pour certains, entre l’urbain et le rural. Ils ne sont pas non plus
centralisés au niveau d’un seul organisme, même si l’observatoire national a cette vocation. Les outils
d’évaluation des besoins et de construction participative des plans d’investissement sont manquants. En
sus, il n’existe aucun inventaire national exhaustif des structures d’assainissement dans les lieux publics
(écoles, centres de santé) du secteur. Enfin, les capitalisations et innovations issues des projets développés
en Haïti doivent être utilisées de manière plus efficiente pour appuyer l’amélioration des connaissance et
savoir-faire du secteur. Il convient donc d’ancrer des outils de suivi & évaluation dans la gestion du secteur ;
en retour, ils permettront également l’atteinte de l’autonomie financière.
Vers la structuration de la vision décennale
Afin de contribuer à l’appropriation et la consolidation de la vision décennale proposée dans ce
document, d’autres pistes ont été évoquées par les acteurs du secteur, notamment :
•
Organiser un plaidoyer fort, initialement via des tables rondes, sans attendre, sur la base d’une
revue des diverses feuilles de route existantes, puis élaborer une nouvelle stratégie, devant être
34
•
•
•
validée par un nouvel exécutif le jour où des élections se seront tenues, ce qui permettra une plus
grande implication de l’Etat et un ancrage institutionnel fort ;
Elaborer une feuille de route pour une planification et un suivi à long terme établissant clairement
les rôles des acteurs du secteur et des bailleurs de fonds ;
Valoriser le secteur dès l’université et jusque dans le quotidien de ses acteurs en le rendant plus
compétitif tout du long ;
Renforcer le partenariat bailleurs internationaux / DINEPA en développant un mécanisme
d’écoute et de transparence dans l’échange des informations.
35
Section 3
Axes d’orientations sectorielles pour un accès universel à l’eau
potable & l’assainissement (2022-2032)
Cette troisième section propose une matrice devant servir à baliser les objectifs du secteur pour 2032
et les indicateurs de résultats à horizon 202724.
Pour rappel, à l’origine, afin de réguler le secteur, il est prévu que la DINEPA conduise les actions
suivantes25 :
• Définition d'une politique tarifaire, et élaboration des règlements et directives précisant ses
modalités d'application, sanctionnées par un Arrêté en Conseil des Ministres dans les 12 mois
suivant la publication de la Loi-cadre sectorielle. Cette politique devra préciser le mode de
recouvrement des coûts et la prise en compte dans les tarifs du coût de l'appui apporté par les
OREPAs aux CAEPAs.
• Etablissement par la DNEPA des critères à remplir par les communes (ou les structures
intercommunales) pour assumer la maîtrise d'ouvrage de leurs systèmes d'AEPA, à publier par la
DNEPA sous forme de Directive, dans les 36 mois suivant l'entrée en vigueur de la Loi Cadre
sectorielle.
• Etablissement par la DNEPA des critères et conditions à remplir par les gestionnaires
(opérateurs) pour être admis à assurer la gestion des systèmes EPA, et élaboration de cahiers des
charges et de contrats types à passer entre les OREPAS (et plus tard les communes éligibles) et les
opérateurs agréés.
• Elaboration de normes et règlements sectoriels applicables en matière de protection de
l'environnement, sanctionnés par un Arrêté pris en Conseil des Ministres dans les 12 mois suivant
l'entrée en vigueur de la Loi-cadre sectorielle. (A noter que, si cela n’est aujourd’hui pas un
mandat de la DINEPA, celle-ci peut travailler avec le ministère de l’Environnement à cette fin).
• Elaboration de normes et règlements sectoriels applicables en matière de qualité de l’eau de
boisson, sanctionnés par un Arrêté pris en Conseil des Ministres qui devra être publié dans
l’année suivant l’entrée en vigueur de la Loi-cadre sectorielle. (A noter que ce point relève
aujourd’hui du Ministère de la Santé Publique).
• Elaboration de normes et règlements techniques applicables à la construction des réseaux urbains
et ruraux, sanctionnés par un Arrêté pris en Conseil des Ministres qui devra être publié dans
l'année suivant l'entrée en vigueur de la Loi-cadre sectorielle.
• Elaboration d'un règlement national du service d'alimentation en eau précisant les droits et
devoirs respectifs des opérateurs et des abonnés, applicable à tout abonné au service de l'eau.
Elaboration de contrats de performance types, définissant les indicateurs de performance à utiliser
par les opérateurs.
• Elaboration d'une charte de coopération avec les ONG travaillant dans le secteur précisant les
approches et normes à respecter tant pour la conception que pour la réalisation et la gestion des
systèmes, ainsi que l'information mutuelle (Ce point a débouché sur un accord-cadre)
• Elaboration d'une stratégie nationale de développement de l'assainissement des eaux usées
mettant l'accent sur l'assainissement individuel. Cette stratégie sera discutée avec l'ensemble des
acteurs (séminaire) afin de capitaliser les expériences de chacun en la matière. Cette action, qui
inclura des projets pilotes est essentielle pour un décollage, même modeste et progressif de ce
secteur.
24
Section réalisée avec les apports de Mme Ruth Angerville, Mme Myriame Dorfeuille, M. Philippe Eliscar, M.
Yves Fonrose, M. Raphaël Hosty, M. Amel Lafond, Mme Myrtho Opont, et Mme Edwige Petit.
25
Source : HAITI - PLAN STRATEGIQUE SECTORIEL POUR LE SECTEUR DE L’EAU POTABLE ET DE
L’ASSAINISSEMENT - Rapport Final - Avril 2008
36
Comme souligné plus haut, la présente stratégie tire les leçons de celles élaborées successivement depuis
200826, et, parmi les obstacles observés au fil du temps, retient notamment :
• L’inadéquation des investissements et le manque d’autonomie financière ;
• Une gestion opérationnelle défaillante ;
• Le défi de la rétention des talents ;
• Le manque d’infrastructures ou les carences observées parmi celles existantes ;
• L’impact sur le secteur des désastres naturels et du changement climatique ;
• Le manque de volonté politique ;
• Le foisonnement de plans ambitieux mais aboutissant à des approches fragmentées.
Dans ce contexte, et afin de pouvoir garantir l'accès universel à un service de qualité de l'eau potable et de
l'assainissement de manière durable, la DINEPA entend s’appuyer sur les acteurs du secteur pour
développer les objectifs suivants :
1. Garantir la disponibilité et la qualité des services EPA en se focalisation sur la qualité du service EPA et
les ressources et en accroissant la résilience du secteur face aux catastrophes naturelles et au
changement climatique via la mise en place de mesures d’adaptation et d’atténuation, incluant des
plan de prévention et de réponses aux désastres, la protection et la diversification des ressources, la
construction d’infrastructure résilience, la gestion de la demande, le développement des énergies
renouvelables et l’efficacité énergétique ;
2. Assurer l’autonomie financière pour la prise en charge du fonctionnement du secteur EPA d’ici 2032 en veillant
au recouvrement des coût d’opération et de maintenance des SAEP via la tarification au volume, la
prise en compte des populations vulnérables, le développement d’une culture entrepreneuriale
(gestion commerciales-services, distribution, satisfaction clientèle ; gestion optimale des
ressources ; et développement d’une culture de transparence/redevabilité) ;
3. Créer et maintenir un environnement favorable pour le développement approprié du secteur EPA en avançant dans
la mise en œuvre de la réforme institutionnelle de 2009 visant la planification et l’exécution
décentralisées, la gestion professionnelle des SAEPA via la participation du secteur privé et la
DINEPA et les OREPA comme facilitateur et régulateur du secteur.
Les axes du cadre logique 2022-2032
26
Cf. section 1.
37
38
Matrice – Objectifs et indicateurs de résultats
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
1000-Garantir
la disponibilité
et la qualité des
Services EPA
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
1100Développement
infrastructures
EPA résilientes
1110-Assainissement
Augmentation annuelle
d'au moins 4% de
couverture en
assainissement public (80 à
100 mille ménages )
1) 100 blocs sanitaires à
réhabiliter /reconstruire sur
les lieux publics attendus
en zones rurales et
périurbaines
2)100 blocs sanitaires à
réhabiliter /reconstruire sur
les lieux publics attendus
en zones urbaines
3) 2 à 3 locaux de services
publics d'assainissement
construits/aménagés en
zones rurale et urbaine
4) construction de 2
nouvelles stations de
traitement des boues
5) construction de 2 mini
réseaux d'assainissement
6)Référence au BPO mis à
100% de la population a accès à système d’assainissement de base amélioré ;
39
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
1120-Eau Potable
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
Mise en application des prescriptions et des interdictions des règlements
sanitaires en vigueur à travers les mesures d’incitations et de sanctions prévues
par la loi
Augmentation par an d'au
moins :
3% de couverture
supplémentaire à l'eau
potable en zones rurales et
périurbaines;
3% de couverture
supplémentaire à l'eau
potable en zones urbaines ;
6% de raccordement de
lieux publics par an (lieux
existants non équipés :
marchés, gares, mairies,
écoles, centres de santé)
Référence au BPO mis à
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
100% de la population desservie en eau potable
40
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Référence au BPO mis à
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
# de "facilités eau" construites d'ici à 2032 (réf. BPO actualisé en 2024)
Elaboration de Schémas
Directeurs et de Plan
d'Investissements pour les
villes et les localités du pays
Réalisation d'études Avant Projet Détaillées pour les villes et localités
80% minimum des infrastructures d'eau potable sont fonctionnelles et
alimentent la population en eau sur la base des horaires définis
20% des SAEP en milieu
urbain et en milieu rural
équipés pour la 1ere fois de
systèmes de chloration (ou
autre traitement)
10% le nombre
d'échantillons d'eau analysés
par an (au point de
production)
20% des SAEP non
fonctionnels en milieu rural
et en périurbain sont
réparés et/ou réhabilités
15% des SAEP non
fonctionnels en milieu
urbain sont réparés et/ou
réhabilités
41
Rendement de 90% minimum pour les réseaux construits et/ou mis en service
entre 2017 et 2032 et de 80% minimum pour les réseaux construits et/ou mis
en service avant 2017.
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Elaboration d'ici au 2e
semestre 2023 du
"Programme national
d'entretien des
infrastructures de services
public d'eau potable",
incluant le mécanisme et le
processus de révision de ce
programme et un plan
d'optimisation et/ou de
mise à niveau des
infrastructures énergétiques
et électromécaniques du
secteur EPA dans un
contexte d'autonomie
énergétique.
Mise en application d'ici au 1er semestre de 2024 du "Programme national
d'entretien des infrastructures de services public d'eau potable "
42
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
1200-Qualité du
service (EPA)
1210-Assainissement
Référence au BPO mis à
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
4% de ménages
supplémentaires en milieu
rural et en milieu urbain (80
à 100 mille) avec un accès à
un dispositif
d'assainissement de base
amélioré
1) Au moins 2 à 3
nouvelles Maisons de
l'assainissement sont
fonctionnelles :…. Clients
sont enregistrés;
2) 1 Note de cadrage des
services d'appui-conseil et
de contrôle est élaboré
3) 30 certificats de
conformité attribués
annuellement par les
officiers sanitaires et mairie
4) 600 à 650 localités et
quartiers FDAL par année,
avec 19500 nouvelles
toilettes individuelles
attendues par an et 15
toilettes en assainissement
individuel regroupé
attendues par an a partir de
2024
5) 35 professionnels sont
formes/an;
6) 40 Blocs sanitaires dans
les normes sont mis en
service/an;
Maisons d'assainissement (= services d'appui répondant à 100% aux demandes
des institutions et du public) et stations de traitement (= 100% des boues
traitées respectant les normes environnementales) fonctionnelles.
Service public d’assainissement non collectif, la "Maison de l’Assainissement"
(MDA, communale ou intercommunale, x 20 minimum), mis en place et
incluant l’appui-conseil (via l'OREPA), le suivi de l’assainissement individuel, la
formation et l’accompagnement des professionnels de l’assainissement, la mise à
niveau des blocs sanitaires dans les institutions publiques (écoles, centres de
santé et marchés publics), le lancement de l’assainissement semi-collectif dans les
nouvelles villes et les zones vulnérables à l’assainissement non collectif, et la
mise en service de 22 stations/centres minimum de traitement des boues de
vidange et/ou eaux usées ;
43
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
1220-Eau Potable
Référence au BPO mis à
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
1.- au moins 15% de
ménages supplémentaires
en milieu rural et en urbain
avec un accès de base à l'eau
potable
2.- au moins 20% de
nouveaux SAEP intégrant
respectant la norme de plus
de 7 heures par semaine de
fonctionnement des réseaux
(enquêtes)
3.- au moins 200 nouveaux
SAEP mis en service en
milieu rural et en milieu
urbain ;
4.- au moins 4500
compteurs à installer sur les
branchements / An
/région. % de réseaux
équipés de compteurs
volumétriques et %
d'abonnés dotés de
compteurs volumétriques
5.- au moins un (1) système
d'autocontrôle de la qualité
de l'eau fourni par le service
public mis en place :
Élaboration d'ici au 1er
semestre de 2024 a) des
règlements internes du
secteur EPA en matière
d'autocontrôle de la qualité
de l'eau fournie à la
population haïtienne. b)
tests de qualité de l'eau
Système de contrôle de la continuité , de l'abordabilité, de l'accesibilité du service
ainsi que de la qualité de l'eau établi pour le milieu rural et le milieu urbain
Accès à moins de 500m des ménages acquis pour plus de 90% de la population,
Mise en vigueur d'ici au 1er semestre de 2025 des règlements internes du secteur
EPA en matière d'auto-contrôle de la qualité de l'eau fournie à la population
haïtienne.
taux de conformité de la qualité de l'eau .
44
Elaboration d'ici au 2eme semestre de 2024 du programme de diversification de
la ressource en eau exploitée pour la fourniture du service public d'eau potable a
la population haïtienne.
80% minimum des infrastructures d'eau potable sont fonctionnelles et
alimentent la population en eau sur la base des horaires définis
Rendement de 90% minimum pour les réseaux construits et/ou mis en service
entre 2017 et 2032 et de 80% minimum pour les réseaux construits et/ou mis en
service avant 2017.
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
1300-Ressource
1310-Protection de la ressource
Référence au BPO mis à
jour d'ici 1er trimestre 2024
+ évaluation de l'application
du RTN
Elaboration d'ici au 1er
semestre de 2025 du
"Programme national
d'entretien des périmètres
de protection immédiate des
points d'eau exploitée pour
la fourniture du service
public d'Eau Potable"
Elaboration d'une stratégie
pour la protection des
BV , des zones de recharge
de la nappe et des sources
d'approvisionnement
exploitées et non exploitées
d'importance stratégique
pour le secteur
Les différents points de
pollution potentielle liée à
l'assainissement de base
sont identifiés, listés, suivis
(BPO 4.5)
Les différentes utilisations
des rejets industriels, des
extrants des stations de
traitement (eau, boues) sont
suivis et contrôlés
conjointement avec les
ministères concernés (BPO
4.6)
100% des captages de sources prioritaires pour l'alimentation en eau potable
protégés ( zone 1 ): Orientations officielles du MdE obtenues par le secteur EPA
en matière de protection de la ressource en eau (souterraine et de surface).
45
Orientations officielles du MdE obtenues par le secteur EPA sur les situations
de conflit d'usage ou sur les situations de concurrence dans l'utilisation de la
ressource en eau.
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Périmètre de protection des bassins versants alimentant les sources mis en
place, incluant la signalisation appropriée, la gestion concertée pour les points
de production prioritaires ,exploités à des fin de service public d'eau potable.
Mise en œuvre à compter du 1er semestre 2026 du "Programme national
d'entretien des périmètres de protection immédiate des points d'eau exploités
pour la fourniture du service public d'Eau Potable".
46
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
1320-Promotion d'interventions
visant la résilience pour le secteur
Plan de résilience nationale
du secteur établi d'ici au 1er
semestre 2025, incluant les
aspects liés au changement
climatique, à l'autonomie
énergétique, etc
# de projets visant l'utilisation des eaux de surface à des fins de potabilisation
co-pilotés par le secteur
Stratégie nationale de
protection financière ainsi
que les mécanismes de
mobilisation des fonds
établis d'ici au 1er semestre
de 2025, pour les
infrastructures critiques
mise en place pour assurer
une réponse rapide aux
désastres naturels et à leur
impact négatif.
Elaboration de campagnes
de sensibilisation autour de
la GIRE
Réalisation d’études
hydrogéologiques - Suivi de
la pluviométrie des BV
Rapport d'identification des
points de production
présentant des besoins en
matière de reconstitution et
de préservation de la
ressource en eau produit
d'ici au 1er semestre de
2024, incluant un plan de
priorisation des sites
nécessitant des actions
rapides.
Identification et mise en œuvre de projets pilote en milieu rural et périurbain
faisant ressortir l'importance de la GIRE
1330-Reconstitution et préservation
de la ressource
47
Constitution d'une base de données hydrogéologiques pour le suivi de la
ressource
Mise en œuvre de 2 projets annuels minimum de reconstitution ou de
préservation de la ressource en eau utilisée par le secteur EPA pour les sites
identifiés comme étant les plus critiques et # de projets visant l'utilisation des
eaux de surface à des fins de potabilisation co-pilotés par le secteur
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Stratégie de reconstitution
et de préservation de la
ressource en eau exploitée
définie conjointement avec
le MdE et le MARNDR
d'ici au 1er semestre de
2025.
Garantir l'accès
universel à un
service de
qualité de l'eau
potable et de
l'assainissement
de manière
durable d'ici à
2032
2000- Asssurer
l'autonomie
financière pour
la prise en
charge du
fonctionnement
du secteur EPA
d'ici 2032
2100Développement
d'une culture
entrepreneuriale
(Gestion
commercialeservices,
distribution,
satisfaction
clientèle)
2110-Mise en place d'un système de
contrôle et suivi des pertes
2120-Elaboration d'une stratégie
tarifaire
D'ici fin 2024, évaluation de
la quantité d'eau non
facturées sur le réseau, puis
réactualisation de l'objectif
2032, avec réduction
annualisée concordante du
taux (10% minimum) de
pertes concordante.
Mesures contre les défauts
de paiement et les actes
frauduleux des
consommateurs
% moyen taux de panne
Réalisation d'Enquêtes
socio Economiques pour la
capacité à payer de la
population
Document de stratégie
tarifaire validé en 2024
48
Taux de perte établi à 20% maximum
Grille tarifaire en place au niveau national et tarification sociale également en
place
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
2130-Identification et mise à jour
annuelle des besoins en
investissements
Besoins identifiés et
traduits dans les budgets
tenant en compte de
l'amortissement des biens
au niveau de chaque service
d’eau et d'assainissement
pour dégager une plus
grande capacité
d’autofinancement.
Besoin d'investissements reflet de l'état du réseau
Gestion financière efficace
assurée par les différentes
structures de la DINEPA
Mise en place d’une
stratégie commerciale
49
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
Mise en place de sources de
financements alternatives
pour appuyer les budgets
Amortissement de
l'investissement assuré au
niveau de chaque service
d’eau pour dégager une plus
grande capacité
d’autofinancement
Maîtrise des dépenses des
services (ratio
dépenses/recettes toujours
inférieur à 1)
50
IOV d'ici à 2032
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Cartographie des
infrastructures actualisée
2140-Professionalisation des
exploitants
Exploitants répondant aux
critères minimaux de
gestionnaire de services
Rôle des OP défini dans le
cadre réglementaire
51
Implication du secteur privé accrue (ratio exploitants/réseaux = 1/3,
investissements provenant du secteur privé en hausse par rapport à 2022, sur la
base de 3 partenariats public-privé minimum)
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Constitution d’une
association d’OPRecensement des
potentiels gestionnaires de
SAEP
Accompagnement de la
mutualisation des CAEPA
% de SAEP dont la délégation de gestion fait l'objet d'un ouveau contrat
d'objectif sur la base d'un plan d'affaire et ou modèle économique actualisé
certifié
Statut des CAEPA révisés
et validés au 3e trimestre
2023
Formations régulières
encadrées par les OREPA
aux différents outils de
gestion pour les différents
prestataires de délégation
de services
Signature d'au moins
deux(2) contrats pour la
délégation de service
Instauration officielle de la
gestion assurée par les
CAEPA professionnels d'ici
au 4e trimestre 2024
52
% de réseaux existants délégués à des OP, CTE ,CAEPA Professionnels;
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
2150-Développement d'une stratégie
de gestion de services
Exploitants assurant un
service clientèle de qualité
(évaluation de la satisfaction
du client via enquêtes
annuelles et ratio
délai/traitement des
doléances en hausse de 10%
d'une année à l'autre) + une
bonne gestion financière
Diffusion et mise en œuvre
de la stratégie de gestion
des services -Elaboration
des règlements de service
pour fixer les obligations
des exploitants et des
abonnés
Les exploitants fournissent
en moyenne aux abonnés
des SAEP un # d'heure du
service de plus de 7h /
semaine,
Développement d'une
stratégie de subventions
destinée aux abonnés et
aux gestionnaires
structurellement non
rentables
Document de stratégie de
marketing validé en 2023
80% minimum des structures de gestion utilisant l'ensemble des outils
développés par la DINEPA
Application des modalités de perception et de gestion des redevances perçues
sur les contrats en délégation de gestion.
# d’enquêtes de satisfactions réalisées
% d'abonnés payant au volume
% d'abonnés souscrivant aux règlements de service
% montant redevances collectées
# attestations de subvention émises
2160-Mise en place d'une stratégie de
marketing visant l'augmentation du
taux de recouvrement des recettes
53
100% de taux de recouvrement et principes des Utilities of the future* mis en
œuvre (* voir section correspondante dans le document stratégique)
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
Amélioration du cycle «
Relève-FacturationRecouvrementEncaissement » des services
d’eau : taux de
recouvrement de 60%
atteint dès 2025
Mise en place de capacité de
recours
Amélioration du taux de
paiement des redevances
DINEPA/OREPA d'ici
2027, y compris via la
hausse des options de
paiement disponbiles pour
le client
54
IOV d'ici à 2032
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Taux de couverture de
100% atteint par les
exploitants
2170-Mise en place d'une stratégie de
sensibilisation
Document de stratégie de
sensibilisation validé en
2023 et système de suivi
annuel mis en place
32 campagnes menées en 8 ans
Elaboration d'un plan de
sensibilisation au niveau des
OREPA
# de personnes touchées par le programme de communication en 8 ans
1 large campagne de
sensibilisation menée
annuellement dans chaque
région par les OREPA
# de personnes touchées
par le programme de
sensibilisation actualisé en
2023 en fonction de
55
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
l'objectif du document de
stratégie
2200-Gestion
optimale des
ressources
2300Développement
d'une culture de
transparence /
redevabilité
2210- Etablissement d'une stratégie
de contrôle et d'audit interne
Différentes structures de la
DINEPA assurant une
gestion financière efficace
(planification et vérification
des transactions réalisées à
95% minimum)
Stricte application et respect
du manuel des procédures
mis en place
Rapports financiers préparés dans les délais impartis et dépenses respectant les
procédures établies par la DINEPA
2220-Optimisation de la gestion des
ressources humaines
Rétention accrue des cadres
du secteur, notamment par
une plus grande sécurité de
l’emploi et une nouvelle
politique de revalorisation
globale des cadres
Charges de travail des
cadres correctement
estimées
Turnover des équipes à son plus bas en 10 ans
2310- Renforcement de capacité de
communication des exploitants avec
la clientèle
Exploitants communiquant
publiquement sur la qualité
du service fourni aux clients
(notamment via contrats de
performance)
Informations publiques dues à la clientèle et au régulateur systématiquement
disponibles en ligne
56
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
3000- Créer et
maintenir un
environnement
favorable pour
le
développement
approprié du
secteur EPA
Axes/Piliers
3100-Poursuite de
la mise en place et
implémentation
des mécanismes
de Régulation
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
2320-Mise en place d'un système
financier et commercial synchronisé
Système de gestion
administrative, technique et
commerciale accessible via
une base de données
centralisée et en ligne, au
point d'ici 2025
Transparence améliorée via le système digital en place
3110- Activation des mandats
partagés
Formulation d'une stratégie
de plaidoyer pour un intérêt
accru au plus haut niveau de
l'Etat d'ici 2023
Commission parlementaire, primature, présidence pleinement imbus et engagés
pour le développement durable du secteur EPA intégré dans les Feuilles de
route des organes et structures connexes
Systématisation d'une ligne
budgétaire pour
l'investissement dans le
secteur par le Trésor Public
Contribution stable du secteur (% du montant prévu alloué au secteur par le
Trésor public)
57
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Instauration de mécanismes
de partage de responsabilité
pour la FDAL
13 institutions publiques participant régulièrement à l'éradication de la
défécation à l'air libre et au maintien du statut FDAL (mission intégrée dans les
feuilles de route)
Etablissement de la
priorisation de la protection
/ préservation/ des
ressources en eau à des fins
de potabilisation :
Soumission au MdE de la
liste de points de
production ou champs
captants identifiés par le
service public d'eau potable
comme prioritaire pour des
action de protection et/ou
de préservation de la
ressource en eau +
processus de mise en œuvre
de la GIRE lancé
Les ressources utilisables et
utilisées pour l'eau potable
sont prises en compte dans
le cadre de la GIRE (BPO
4.3)
Objectif de potabilisation élevé au plus haut niveau de l'Etat (via le Ministère de
l'Environnement) : 80% des sources captées intègrent un plan global de
préservation et 100% des forages produits assujettis au paiement de
taxes/redevances + PHAN mis en œuvre de manière conjointe.
58
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Contribution régulière du
secteur EPA dans la
régulation du marché des
eaux domestiques (nbre
d'interventions conjointes
avec le Ministère du
Commerce)
Secteur EPA devenu partie prenante des analyses conjointes sur le marché des
eaux (co-initiateur avec le Ministère du Commerce) - % des montants des taxes
prélevées sur la vente d'eau potable reversé au public
Promotion de la culture de
redevabilité entre
exploitants x usagers (nbre
d'associations d'usagers
renforcé par le Ministère
des Affaires sociales)
Plateformes d'échanges entre exploitants/régulateurs et associations d'usagers
opérationnelles
Système d'autocontrôle de
la qualité de l'eau fourni par
le service public mis en
place : Elaboration d'ici au
1er semestre de 2024 des
règlements internes du
secteur EPA en matière
d'autocontrôle de la qualité
de l'eau fournie à la
population haïtienne.
Mise en vigueur d'ici au 1er semestre de 2025 des règlements internes du secteur
EPA en matière d'auto-contrôle de la qualité de l'eau fournie à la population
haïtienne.
59
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Promotion de la production
du cadre légal de santé
environnementale incluant
EPA
Cadre légal promulgué et adopté
Promotion de l'éducation
environnementale axée sur
l'EPA
Curriculum scolaire et formation des maitres intégrant les notions EPA
Pôle de compétences
intercommunal par
arrondissement sur les
compétences EPA
développé
50% des communes bénéficiant de l'apport du pôle de compétences EPA
60
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Promotion de l'application
du pourcentage prévu dans
la contribution fiscale sur
les propriétés bâties (CFPB)
pour la FDAL
# de communes avec un financement spécifique pour la MDA
Référentiel métiers EPA
adapté aux Communes
établi
# de communes ayant mis en place l'organe ou le profil EPA
Intégration du régulateur
EPA dans un système
conjoint de contrôle de
qualité des eaux
domestiques et de boissons
et promulgation des normes
sur la qualité de l'eau et des
eaux usées traitées :
Finalisation du "processus
de transfert" du C-TED au
MSPP +
Contrôle qualité simultané avec la Santé, l'Environnement et le Commerce
(% d'analyses produites conjointement avec les Ministères concernés)
61
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Mise en place d'un plaidoyer
soutenu auprès du MSPP
pour la finalisation des
règlements relatifs à la
qualité de l'eau de boisson
3120-Contrôle des acteurs (PTF,
ONG, exploitants, vidangeurs,
entreprises privées EPA,
associations, maitres d'ouvrages
délégués, mairies, CTE, CAEPA,
OP, structures religieuses)
Maîtrise du vivier de
compétences et champ
d'intervention de tous les
acteurs dans les domaines
de la régulation, des
opérations et de
l'exploitation : liste connue
Cartographie active et dynamique de tous les acteurs avec les activités
répertoriées, disponible publiquement
Etablissement d'une
pratique d'orientations
systématisée et impartiale
des acteurs du secteur
Institutionnalisation du
suivi des interventions des
acteurs tant public que
privé : Outils et mécanismes
mis en place (renforcement
du protocole
existant/contrats de
performance)
# maximal de fora dédié à l'orientation des interventions des acteurs
62
# de mécanismes de suivi des interventions des partenaires mis en œuvre et
régulièrement utilisés
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Instauration de l'obligation
de rapportage et de
diffusion d'information par
les acteurs : Mécanisme
conditionnant le rapportage
mis en place + Rapport
d'exécution physique et
financier des ONG transmis
à la DINEPA sur une base
annuelle
Etablissement et garantie du
respect du seuil de qualité
(normes, référentiels, etc) :
Elaboration d'un cadre de
gestion des services publics
d'eau potable d'ici au 2e
semestre de 2023.
Correctifs et recommandations issus du rapportage adoptés de manière
systématisée (établissement et systématisation de la pratique de reconnaissance et
de sanctions d'ici à 2032)
Elaboration d'ici au 1er
semestre 2024 de contrattype à passer avec les
exploitants du secteur EPA,
sur la base des modèles de
gestion prônés dans la loicadre.
Lancement du processus de signature des contrats de gestion des services
publics d'eau potable d'ici au 1er semestre de 2024, hormis les contrats des
Partenariats Publics-Privés (PPP).
63
Mise en application du cadre de gestion des services publics d'eau potable d'ici
au 1er semestre de 2024.
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
3200-Etendre les
interventions
relatives à la
Gouvernance du
secteur
3210-Développement de la
règlementation
Mise en marche de
mécanismes permettant une
actualisation périodique et la
création de lois EPA +
production, révision des
textes EPA intégrées dans le
cadre légal global :
Préparation d'ici au 1er
semestre 2024 de
documents de plaidoyer à
soumettre au Ministère de
tutelle, le MTPTC, pour
l'obtention des supports
étatiques nécessaires à
l'élaboration de la Politique
de Service Public EPA
Politique de tarification des
services EPA développée et
validée
Fonctions du régulateur assumées de façon plus efficace et cadre législatif
modernisé : Draft final du document de Politique de Service Public EPA élaboré
et validé par les structures étatiques concernées.
Plan décennal adapté
Plan décennal achevé avec satisfaction (% d'interventions réalisées
conformément au plan supérieur à 80%)
Mécanismes fiduciaires pour
la gestion financière mis en
place
Interventions souveraines clés budgétisées sur une base régulière
Mise en place d'un système
financier synchronisé en
place et suivi de la
planification : 100% des
rapports financiers
disponibles + 100% des
Etat financier du secteur précis disponible (nbre de rapports financiers global
publiés/an)
3220-Développement d'une culture
de planification sectorielle
3230-Systématisation du suivi &
évaluation
64
Intégration de la politique de tarification des services EPA comme priorité des
politiques publiques
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
transactions effectuées
précisément enregistrées et
monitorées
60% des (160) comités de
suivi des interventions en
lien avec FDAL montés
Au moins 50% des localités FDAL certifiées établies sur la base d'une
cartographie dynamique
Structure M&E mise en
place : Outil de contrôle
effectif du secteur : outils
administratifs désagrégé par
Directions
Système intégré d’Informations sur l’Eau Potable et Assainissement (SIEPA)
renforcé par d’autres outils (tableaux de bord, plans de M&E) et son usage est
facilité pour le plus grand nombre (100% du personnel de DINEPA et des
OREPA utilisent le SIEPA sur une base régulière)
Clients informés sur le
fonctionnement du service
3240-Coordination
Cadre de concertation
DINEPA - PTF mis en
place
65
100% des actions de PTF intégrant un schéma global d'interventions EPA
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Cadre global pour le
fonctionnementd des
plateformes de
Coordination des
Partenaires (Etatiques,
ONG, PTF,
Associations…) établi
Revues sectorielles
annuelles, plaidoyers pour
mobilisation des ressources
Trésor et PTF (BPO 512)
Réunions trimestrielles de
suivi du secteur avec les
partenaires (Comité de
suivi) (BPO 513)
Autres réunions d'échange
et d'informations avec les
partenaires et acteurs du
secteur (MEF, PTF-ONG,
Opérateurs, etc.)(BPO 514)
Partenariat entre les acteurs
autour du FDAL renforcé :
nbre de protocoles
intersectoriels FDAL établis
avec la DINEPA
100% des acteurs membres d'une plateforme de coordination
Mécanismes de
coordination de la réponse
aux urgences systématisés
100% des partenaires de l'urgence se coordonnent en fonction des mécanismes
dédiés
66
100% des partenaires étatiques et non-étatiques ont intégré le schéma national
de maintien FDAL
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
3250-Renforcement de capacités
Cadres/techniciens de la
DINEPA et des OREPA
formés à l'usage d'outils
financiers, de suivi et
évaluation et les utilisant de
manière effective
(Différentes structures de la
DINEPA assurant une
gestion financière efficace +
Renforcement de la cellule
de contrôle interne + Stricte
application et respect du
manuel des procédures mis
en place)
100% des OREPA affichant un rapport de performance satisfaisant
Les exploitants sont formés
à l'utilisation des outils et les
utilisant de manière
effective (Maîtrise des
dépenses des services (ratio
dépenses/recettes toujours
inférieur à 1)+Stricte
application et respect des
manuels mis en place)
80% des exploitants affichant un rapport de performance satisfaisant
Stratégie de contrôle et
d'audit interne finalisée et
mise en place
80% des exploitants affichant un rapport d'audit satisfaisant
67
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
3260-Budgetisation et financement
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Nouvelles coopérations
avec le monde universitaire
et de la formation
professionnelle mises en
place- Assistance technique
pour l'optimisation de la
gestion les prestataires de
service ( CAEPA,OP,CTE )
à travers des échanges Sud
-Sud /Sud -Nord, Mise en
place de coopération inter
Opérateurs pour les
exploitants publics
Amélioration des fonctions
de régulation et de contrôle
à travers des coopérations
et des formations.
60% des cadres et techniciens du secteur ont bénéficié de formations
continues/recyclage professionnel
# d'assistances techniques réalisées
# de protocoles signés ;
# d'exploitants encadrés ;
# d'employés formés;
Transmission du budget en
début d'année systématisée :
50% des budgets sont
produits et transmis aux
concernés;
80% des budgets produits sont exécutés tels qu'anticipés
68
Objectif
Général
Objectifs
spécifiques
Axes/Piliers
Sous-axes
3270-Environnement favorable
(transparence, décentralisation, …)
IOV intermédiaires
IOV d'ici à 2032
Stratégie de financement
produite et mise en œuvre.
Cadre de partenariat
collaboratif pour la
diversification des
ressources de financièr
établi, prélèvement à la
source pour financer l’accès
à l’eau potable et à
l’assainissement
Financement du budget de
fonctionnement des
structures régulatrice,
opérationnelles et
exploitantes
Mise en place de
mécanismes financiers
alternatifs pour appuyer les
budgets
100% des montants prévus pour les actions clés disponibles + 10% des projets
supportés par de nouvelles sources de financement + 50% des factures des
établissements cibles payés à partir d'un prélèvement à la source + 80% des
montants attendus par source rendus disponibles
Informations financières et
techniques diffusées
60% des SAEP affichent la qualité de l'eau distribuée pour les usagers
Sécurisation des techniciens
communaux EPA
80% des mairies avec un technicien en EPA en place
Référentiel métier EPA
défini et distribué
50% des techniciens des mairies formés sur les metiers EPA
Mécanisme de transfert des
systèmes établis et partagés
Au moins 4% des mairies co-pilotant un Système EPA (6 mairies )
69
70
La matrice d’objectifs et d’indicateurs de résultats est le fruit d’un effort majeur entrepris au long de 2022
pour dégager du consensus parmi les parties prenantes du secteur afin de garantir à terme l'accès universel
à un service de qualité de l'eau potable et de l'assainissement de manière durable. Comme indiqué plus haut,
cet objectif global s’appuie sur plusieurs axes et sous-axes, qui devront être graduellement mis en place sur
la période 2022-2032 afin, chacun, de répondre à un ensemble d’obstacles au développement du secteur
identifié dans ce document, notamment l’inadéquation des investissements et le manque d’autonomie
financière, une gestion opérationnelle défaillante, la rétention des talents, le manque d’infrastructures ou les
carences observées parmi celles existantes, etc.
Spécifiquement, garantir la disponibilité et la qualité des services EPA implique i) de garantir la disponibilité
et la qualité des services EPA ; ii) la qualité du service EPA ; iii) la ressource. Le développement
d’infrastructures EPA résilientes et la qualité du service concernent à la fois l’assainissement et l’eau potable
tandis que la ressource demande à être protégée, et exige la promotion d’interventions visant la résilience
pour le secteur et, in fine, la possibilité de sa préservation et de sa reconstitution.
Assurer l'autonomie financière pour la prise en charge du fonctionnement du secteur EPA d'ici 2032
dépend i) du développement d'une culture entrepreneuriale (gestion commerciale-services, distribution,
satisfaction clientèle) ; ii) d’une gestion optimale des ressources : et iii) du développement d'une culture de
transparence / redevabilité. Globalement, cet effort implique la mise en place d'un système de contrôle et
suivi des pertes, l’élaboration d'une stratégie tarifaire, l’identification et la mise à jour annuelle des besoins
en investissements, la professionnalisation des exploitants, le développement d'une stratégie de gestion de
services, la mise en place d'une stratégie de marketing visant l'augmentation du taux de recouvrement des
recettes, et la mise en place d'une stratégie de sensibilisation. Une gestion optimale de la ressource implique
pour sa part l’établissement d'une stratégie de contrôle et d'audit interne et l’optimisation de la gestion des
ressources humaines. Transparence et redevabilité demanderont le renforcement de la capacité de
communication des exploitants avec la clientèle et la mise en place d'un système financier et commercial
synchronisé.
Enfin, créer et maintenir un environnement favorable pour le développement approprié du secteur EPA
nécessite i) la poursuite de la mise en place et l’implémentation des mécanismes de régulation ; et ii)
l’extension des interventions relatives à la gouvernance du secteur. Cet environnement nouveau doit pouvoir
bénéficier d’un développement équilibré, via l’activation des mandats partagés, un contrôle des acteurs (PTF,
ONG, exploitants, vidangeurs, entreprises privées EPA, associations, structures religieuses), le
développement de la réglementation et d'une culture de planification sectorielle, la systématisation du suivi
& évaluation comme outil de décision stratégique, une meilleure coordination, le renforcement des capacités,
une budgétisation et un financement précis, et la mise en place d’un environnement favorable (notamment
par la transparence et la décentralisation).
La matrice énumère une liste d’indicateurs détaillés qui constituent autant d’actions ou d’items à mettre en
place d’ici 2032 pour s’assurer de l’atteinte de l’ensemble des objectifs du secteur. Pour sa part, le budget cidessous permet d’estimer les coûts globaux initiaux rattachés à ces items.
Budget estimatif
Objectif Général
Objectifs
spécifiques
Garantir l'accès
universel à un
service de qualité de
l'eau potable et de
l'assainissement de
manière durable
d'ici à 2032
1000-Garantir la
disponibilité et la
qualité des Services
EPA
Pilliers
1100Développement
infrastructures EPA
résilientes
Sous -Axes
Montant Estimatif pour la
periode 2023-2025
1110-Assainissement
$
28 133 624,00
1120-Eau Potable
$
177 597 293,00
71
Objectif Général
Objectifs
spécifiques
Pilliers
1200-Qualité du
service (EPA)
1300-Ressource
Garantir l'accès
universel à un
service de qualité de
l'eau potable et de
l'assainissement de
manière durable
d'ici à 2032
2000- Asssurer
l'autonomie
financière pour la
prise en charge du
fonctionnement du
secteur EPA d'ici
2032
2100Développement
d'une culture
entrepreneuriale
(Gestion
commercialeservices,
distribution,
satisfaction
clientèle)
2200-Gestion
optimale des
ressources
2300Développement
d'une culture de
transparence /
redevabilité
Sous -Axes
Montant Estimatif pour la
periode 2023-2025
1210-Assainissement
$
26 691 020,00
1220-Eau Potable
$
21 736 200,00
1310-Protection de la
ressource
1311-Promotion
d'interventions visant la
résilience pour le secteur
1320-Reconstitution et
préservation de la
ressource
2110-Mise en place d'un
système de contrôle et
suivi des pertes
$
341 500,00
$
66 000,00
$
362 000,00
$
231 000,00
2120-Elaboration d'une
stratégie tarifaire
2130-Identification et mise
à jour annuelle des besoins
en investissements
2140-Professionalisation
des exploitants
2150-Développement
d'une stratégie de gestion
de services
2160-Mise en place d'une
stratégie de marketing
visant l'augmentation du
taux de recouvrement des
recettes
2170-Mise en place d'une
stratégie de sensibilisation
$
570 000,00
$
1 374 000,00
$
1 095 300,00
$
452 000,00
$
343 000,00
$
593 000,00
2210- Etablissement d'une
stratégie de contrôle et
d'audit interne
$
495 000,00
2220-Optimisation de la
gestion des ressources
humaines
2310- Renforcement de
capacité de
communication des
exploitants avec la clientèle
$
73 797,00
$
6 840,00
2320-Mise en place d'un
système financier et
commercial synchronisé
$
3 000,00
72
Objectif Général
Objectifs
spécifiques
Garantir l'accès
universel à un
service de qualité de
l'eau potable et de
l'assainissement de
manière durable
d'ici à 2032
3000- Créer et
maintenir un
environnement
favorable pour le
développement
appproprié du
secteur EPA
Pilliers
Sous -Axes
3100-Poursuite de la
mise en place et
implémentation des
mecanismes de
Régulation
3200-Etendre les
interventions
relatives à la
Gouvernance du
secteur
Montant Estimatif pour la
periode 2023-2025
3110- Activation des
mandats partagés
$
753 569,00
3120-Contrôle des acteurs
(PTF, ONG, exploitants,
vidangeurs, entreprises
privées EPA, associations,
structures religieuses)
$
3 000,00
3210-Développement de la
règlementation
$
2 210 869,00
3220-Développement
d'une culture de
planification sectorielle
$
53 000,00
3230-Systématisation du
suivi & évaluation
$
252 050,00
3240-Coordination
$
329 240,00
3250-Renforcement de
capacités
3260-Budgetisation et
financement
3270-Environnement
favorable (transparence,
décentralisation, …)
$
279 200,00
$
1 261 104,00
$
84 000,00
73
Section 4
Vers un nouveau modèle destiné à assurer l’autonomie financière
pour la prise en charge du secteur EPA
Les précédentes sections brossent à grands traits les obstacles rencontrés par le secteur dans la provision
de services en eau potable et assainissement ainsi qu’un programme d’objectifs qu’il doit se fixer au service
d’un accès élargi à l’eau potable et l’assainissement pour la population haïtienne à l’horizon 2032. Afin d’y
parvenir, la section 4 de ce document explore les divers pans d’un nouveau modèle économique en soutien
à la stratégie décennale du secteur qui peut garantir l’autonomie à moyen terme.
La gouvernance économique et financière selon le PHAN
Comme indiqué dans la section 1, le Plan hydraulique et d’assainissement national (PHAN) de 2018 exprime
une politique volontariste, ambitionnant de réaliser les objectifs suivants :
• Une meilleure satisfaction des besoins en eau de la population ;
• Une disponibilité de l’eau en qualité et en quantité pour assurer les besoins domestiques, industriels et de service, tout
en conciliant les enjeux économiques, sociaux et environnementaux y relatifs ;
• Une maîtrise de l’eau pour la protection des vies et des biens ;
• Un développement de la connaissance sur la ressource.
A cet effet, il esquisse un modèle de gouvernance économique et financière. Ainsi, selon le PHAN, la
gestion des ressources en Eau et la protection de l’environnement requiert une responsabilité transversale
impliquant le Ministère de l’Environnement, le Ministère de l’Agriculture, le Ministère des Travaux Publics
Transports et Communications via la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement, le
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales via les mairies, le Ministère de la Défense et le
Ministère de la Santé Publique et de la Population. Le PHAN relève que pour consolider les actions et les
efforts de synergie entrepris entre ces entités, des moyens financiers, humains et matériels sont nécessaires.
En 2018, les débats générés par les ODD, en rapport avec les coûts du service d’eau et d’assainissement,
ont remis sur le devant de la scène la question de la gratuité de l’eau, en particulier dans de nombreux pays
en développement. Le PHAN observe que dans les principales villes et provinces en Haïti, le service d’eau
est fourni moyennant le paiement d’un certain montant par les abonnés, ce qui représente en moyenne 15 %
du budget global. Entre les deux, la mise en place de mécanismes de financement est nécessaire en vue
d’absorber la partie des coûts qui ne peut être supportée par les abonnés.
En ce sens, il est noté dans le PHAN que « l’Etat met en place un comité interministériel pour assurer la
mise en place d’un compte d’affectation spéciale, dénommé « Fonds National pour l’Eau (FN-Eau) » géré
par l’Autorité de Régulation du secteur de l’Eau (de la ressource eau) et destiné à contribuer au financement
des activités et des équipements prévus pour la régulation et le contrôle de la ressource ». Le FN-Eau est
constituée par :
1e)
le produit de la redevance perçue par mètre cube prélevé sur la ressource en eau brute et de la taxe
perçue en fonction de la quantité de pollution rejetée dans le milieu récepteur, par toute personne physique
ou morale, de droit public ou de droit privé, attributaire d’une concession ou d’une autorisation ;
2e)
le produit des redevances perçues au titre de l’occupation du domaine public hydraulique ainsi que
des sommes recouvrées en cas d’infractions aux règles de conservation du dit domaine ;
3e)
les droits perçus à l’occasion des appels d’offres en matière de marché public dans le secteur de
l’hydraulique ;
4e) les subventions, dons, legs, prêts et concours financiers de toute nature.
74
Extrait du PHAN (2018)
Investissements dans le secteur de l’Eau
La mise en œuvre du Plan Hydraulique et Assainissement National (PHAN) nécessite la mobilisation d’importantes
ressources financières, la diversification des sources de financement et l’établissement des stratégies de financement
sur la période. Cet encadré présente les grandes lignes des stratégies financières des différents secteurs liés à l’eau,
en prélude à l’établissement des mécanismes détaillés par secteur.
Mobilisation, Protection et développement de la ressource en eau
Le Ministère de l’Environnement (MDE) préconise les sources de financement publiques et privées. Dans ce cas,
les instruments et les mécanismes financiers à mobiliser sont divisés en trois catégories : internes, externes et
novateurs.
•
Les sources internes sont celles mobilisées dans le pays lui-même et sont d’origine publique ou privée. Ce
sont les contraventions tenant compte par exemple d’une politique pollueur/payeur à établir, les
subventions, les licences, les patentes, les permis les droits, etc. qui serviront à alimenter le fonds sur l’eau.
•
Les sources externes correspondent à l’aide au développement de la ressource en eau et à l’investissement
direct étranger.
•
Le terme « novateur » sera utilisé pour qualifier les sources, instruments et mécanismes de financement
qui ne vont pas traditionnellement être mis à contribution lorsqu’il s’agira de mobiliser des financements
en faveur de la Gestion des Ressources en Eau en Haïti.
Les instruments ainsi que les dispositifs et mécanismes de financement sont définis à l’Error! Reference source
not found. du document.
Eau Potable et Assainissement
Le secteur de l’Eau Potable et de l’Assainissement est caractérisé par la faiblesse des financements, le déséquilibre
dans la répartition des fonds, la faible capacité d’absorption des financements disponibles.
•
Les crédits disponibles sont en général inférieurs de près de 50 % au besoin d’investissement
annuel total et ne peuvent pas supporter le coût des travaux qu’implique le vaste chantier de
construction et de réhabilitation en eau et assainissement du pays prévu pour les premières années
de la réforme et devant conditionner la durabilité des services.
•
Quoique faibles, ces financements sont difficiles à absorber dans le délai imparti, en tenant
compte de l’inaptitude de l’administration à répondre aux différentes conditions inscrites dans
les accords de don, ainsi que des faiblesses du marché local en termes de capacités des entreprises
et des ressources humaines, de disponibilités des équipements, de procédures de décaissement,
de motivation des bénéficiaires de projets. Ainsi, la capacité d’absorption des financements
internationaux, à savoir le rapport entre le décaissement réalisé et absorbé et le décaissement
prévu, n’est que de 30 %.
•
En terme de répartition :1e) les bailleurs internationaux, à travers les dons, assurent 72 % du
financement total du secteur soit la quasi-totalité des investissements et la moitié des dépenses
d’exploitation. Ces dernières, ajoutées au financement de l’Assistance Technique consomment
plus de la moitié de ces dons. 2e) Les recettes du service public ainsi que les allocations
budgétaires accordées par le Trésor Public, représentant donc que 28% du financement du
secteur, sont utilisées principalement pour les dépenses de fonctionnement.
Mécanismes de financement
75
A travers la planification pour le secteur de l’eau potable et de l’Assainissement, pour les 3 prochaines
années, l’Etat veut :
i.
augmenter le taux de décaissement et, conséquemment, la capacité d’absorption des
institutions du secteur, à travers la mise en œuvre immédiate d’un plan de renforcement des
structures tant de régulation que d’opérations ;
ii.
maintenir pendant une période de transition le poids du financement des bailleurs externes
dans l’investissement des infrastructures de l’Eau Potable et de l’Assainissement, le temps de
permettre l’atteinte le seuil d’une couverture en infrastructures, pouvant garantir durablement le
décollage et le développement irréversible du service public d’eau potable et d’assainissement ;
iii.
Rechercher et maintenir la participation du secteur privé, tant au niveau national
qu’international : Les agents économiques privés peuvent contribuer au financement des
infrastructures dans les limites définies par le secteur. Cette contribution se présente sous forme,
soit d’investissements de particuliers ou de groupes de particuliers dans le développement
d’infrastructures des petits systèmes, soit à travers des investissements du secteur privé des
affaires dans la construction et/ou la réhabilitation d’infrastructures dans le cadre de partenariat
public-privé. Dans le cas d’un apport par un particulier pour un petit système, des mécanismes
seront établis pour considérer cette participation comme une charge déductible de l’impôt sur le
revenu dans les conditions prévues par la législation y afférente ;
iv.
augmenter le financement national à travers :
•
Une allocation croissante de l’Etat, afin de mieux orienter sa politique en la matière.
•
L’implication des communautés. Cette contribution équivaut au cout correspondant
à la force de travail des habitants d’un quartier ou d’une localité qui décident de
participer à la réalisation des travaux en tant qu’ouvriers et techniciens. Cette
participation est considérée comme charge déductible du coût du service sur une
période donnée.
•
l’augmentation des recettes du service d’approvisionnement en Eau Potable: Suite à
un investissement significatif dans les systèmes, à une sensibilisation accrue des
consommateurs, à l’implication du secteur privé dans le secteur et au renforcement
de la gouvernance, on peut augurer que les recettes émanant des services enregistreront
des résultats plus intéressants qui pourront couvrir annuellement les coûts récurrents
d’exploitation et une partie de ceux des investissements liés à la construction ou à la
réhabilitation de réseaux.
•
Le financement de l’assainissement familial par les usagers. En ce sens, sont mis
en place des mécanismes d’incitation, tel le microcrédit pour l’assainissement individuel
et l’incitation par les services à travers la constitution d’un fonds associé au FN-Eau.
Instaurer le paiement systématique des services d’accès aux blocs sanitaires et aux stations de traitement des
eaux usées et des boues de vidange. Ceci inclut la réalisation d’études tarifaires pour l’assainissement, en vue
d’assurer dans le long terme l’autofinancement de l’exploitation des installations sanitaires et leur extension. Sachant
que les installations sanitaires publiques et privées sont financées et gérées par les responsables ou gérants (publics
ou privés) de ces locaux, les investissements prévus en la matière dans le secteur concernent surtout l’appui à la
gestion. Toutefois, l’Etat a la responsabilité particulière d’assurer en tout temps la fonctionnalité dans le respect
des normes des bâtiments et équipements publics à caractère public et/ou d’intérêt et en ce sens entreprend
périodiquement des campagnes de mise aux normes des sanitaires de ces lieux.
Vers une meilleure gestion du secteur pour garantir une autonomie rapide
76
Dans un rapport récent27, la Banque mondiale rappelle que « la mauvaise qualité du service est souvent le fruit d’un
cercle vicieux découlant des cadres politiques et réglementaires inopérants ou dysfonctionnels et des pratiques inefficaces. Les
grandes tendances à l’échelle de la planète - y compris le changement climatique, la pénurie d’eau, la croissance démographique
et l’urbanisation rapide - exacerbent ces défis ». De ce fait, les services des eaux ont besoin d’une nouvelle approche
de planification et de structuration des réformes de manière à pouvoir fournir des prestations de manière
efficace et durable.
Dans ce contexte, un « service des eaux du futur » (SdF) serait une entreprise tournée vers l’avenir qui
fournit des services d’eau et d’assainissement fiables, sûrs, pour tous, transparents et réactifs grâce à des
pratiques adaptées menées de manière efficace, résiliente et dans la durée. La SdF représente un nouveau
paradigme pour la fourniture des services d’alimentation en eau et d’assainissement, allant bien au-delà̀ des
réalisations actuelles ou envisagées de la plupart des services des eaux. Un SdF fournit des services de haute
qualité́ de manière très efficace tout en étant innovante, inclusive, orientée vers le marché et le client, et
résiliente. La pyramide du succès ci-dessous présente les interdépendances et les intrications au sein d’un tel
service.
Source : Banque mondiale
Dans ce cadre, le service aux clients est l’objectif ultime, et il dépend clairement des opérations techniques
et commerciales, sans s’y limiter toutefois. Les autres éléments d’une saine gestion des services des eaux
sont l’organisation et la stratégie, la gestion des ressources humaines et la gestion financière.
Le rapport rappelle qu’ensemble, ces éléments favorisent l’efficacité et l’efficience des opérations
commerciales et techniques, par exemple dans la mesure où ils permettent de rehausser la productivité du
personnel et de réduire les pertes d’eau. Le cadre juridique et la gouvernance dans lesquels les services des
eaux opèrent façonnent l’environnement métier.
Enfin, un service des eaux du futur est également caractérisé par l’innovation (introduire de nouvelles
méthodes) ; l’inclusion (rendre possible la participation de tous, dans la dignité et sans discrimination) ;
l’orientation commerciale et clientèle (fonctionner comme un service sur un marché concurrentiel) ; et la
résilience (se préparer et s’adapter à des perturbations externes pour continuer à fonctionner et faire évoluer
son organisation).
Ce programme est une approche structurée en trois phases articulées autour des éléments suivants :
•
•
Le diagnostic : il permet d’analyser la situation actuelle du service de l’eau et de l’assainissement et du
niveau de maturité souhaité dans le futur ;
La planification des actions : le processus de planification des actions aboutit à un plan d’action de 100
jours ainsi que sur un plan stratégique de 5 ans ;
27 Lombana Cordoba, Camilo, Gustavo Saltiel, Norhan Sadik et Federico Perez Penalosa. 2021 The Utility of the
Future Diagnostic Assessment and Action Planning Methodology — Working Paper. Banque mondiale,
Washington, DC.
77
•
La mise en œuvre : engagement du service des eaux à mettre en œuvre le plan d’action et le plan
stratégique établis à l’étape précédente.
Source : Banque mondiale
Planification des actions
78
Source : Banque mondiale
Apprendre à se protéger des crises : l’impact du Covid sur les fournisseurs de services EPA
Une évaluation de l’impact de la pandémie de Covid28 a relevé que, alors que celle-ci renforçait le rôle
critique que l'eau et l'assainissement joue dans la prévention de sa propagation, elle a également affecté la
stabilité financière de prestataires de services du secteur.
Le risque de futures pandémies ne pouvant être écarté, dans ce type de contextes, il est recommandé i)
l’adoption de bonnes pratiques qui renforcent la résilience financière et opérationnelle face aux chocs et aux
crises ; et ii) la mise en place de mécanismes pour faciliter une réponse aux besoins de liquidité, qui
pourraient être un bon moyen de résoudre certains des problèmes de financement (notamment assurance
paramétrique et financement commercial). Quel que soit la capacité ou la situation financière des
fournisseurs, les pratiques de renforcement de la résilience financière et les outils financiers peuvent aider à
atténuer les impacts de chocs et de crises. Malgré l'existence de ces outils de financement des risques de
catastrophe et leur utilisation dans d'autres secteurs, très peu d'exemples ont pu être trouvés dans le secteur
de l'eau.
Enfin, afin de permettre des progrès solides dans le secteur, l’on considérera aussi les options suivantes :
•
•
•
•
•
•
•
Passer d’une approche projet à une approche programme
Initier une indispensable dynamique entrepreneuriale
Mettre en place un service performant et amélioré
Développer une relation « client » plutôt que « bénéficiaire »
Mieux gérer le volume des personnels pour une meilleure rétention des talents
Promouvoir des échanges Sud-Sud pour consolider un nouveau modèle
Aller vers la mise en place d’un comité de réformes
28
Makino, Midori, Alexander Serrano, Berenice Flores, and Jaime Hurtado. 2021. “Building Financial Resilience:
Lessons Learned from the Early Impact of COVID-19 on Water and Sanitation Service Providers in Latin
America”, Water Global Practice, World Bank.” World Bank, Washington, DC.
79
Un modèle à l’épreuve des défis de la ruralité
En 2010, une étude29 sur les défis liés à la provision d’eau dans la ruralité mettait en avant l'approche dite
de « provision de services » (Service Delivery Approach, SDA), soit une approche enracinée dans la nécessité
d'un changement d'orientation des moyens de provision de services (l'infrastructure d'approvisionnement en
eau, soit le « système ») vers le service réel auquel accèdent les consommateurs. Cette approche se donne pour
objectif une couverture complète au sein de l'unité logique de traitement des services d'eau (c'est-à-dire le «
niveau intermédiaire » – que ce soit un district, une municipalité, une région, etc., selon le contexte) en
planifiant et en travaillant à grande échelle.
De plus, cette approche met l’accent sur la durabilité de l’accès : de fait, « une fois l'accès obtenu, il doit
être maintenu grâce à une bonne compréhension des coûts du cycle de vie complet et des besoins de soutien
institutionnel. Dans ce contexte, l'accès à un service est déterminé par la capacité d'un usager à accéder de
manière fiable et abordable à une quantité d'eau donnée, de qualité acceptable, à une distance donnée de
son domicile ; ceci est capturé dans un niveau de service défini ».
Ainsi, la moitié supérieure du graphe ci-dessous montre la réalité que connaissent des millions de ruraux :
après la construction d'un nouveau système, les utilisateurs ont accès à un niveau de service donné. Le
nouveau système fonctionne initialement bien, mais en raison du manque de soutien, il commence
rapidement à se détériorer, jusqu'à ce qu'il s'effondre complètement, pour être relancé à un moment
indéterminé par la construction d'un nouveau système, généralement par une autre agence. Par contraste, la
moitié inférieure du diagramme montre l’approche de provision de services : une fois qu'un système d'eau
a été construit, le service est maintenu indéfiniment grâce à un processus planifié d'administration et de
gestion à faible intensité avec des projets d'investissement occasionnels pour la mise à niveau et le
remplacement éventuel.
29
Providing Sustainable Water Services at Scale, Lockwood, Moriarty, Schouten et Smits. International
Symposium on Rural Water Services, Kampala, 13-15 avril 2010.
80
Source : Lockwood, Moriarty, Schouten et Smits, 2010.
L’étude observait également que, pour mettre en pratique cette approche de provision de services, il faut
un modèle de provision de services spécifique au contexte et aux réalités du pays cible et de la zone de
services, y compris le type de population rurale, les niveaux de développement social et économique et la
force relative des secteurs public et privé, entre autres choses. Ce modèle se fonde sur le « comment » et
varie donc selon les cadres politique, juridique, institutionnel, financier, de gouvernance et normatif qui
déterminent quels services seront fournis aux consommateurs, et comment cela sera fait.
Enfin, trois principes étaient formulés pour surmonter les défis liés au contexte de la provision de services
dans la ruralité :
i.
Adopter une approche de provision de services. Il faut passer d’une approche « projets » à une approche
« services ». Cela signifie envisager un service plutôt que des projets (ou des groupes de projets
dans le cadre de programmes), dans lesquels la politique, les institutions, la planification, le
financement et la gouvernance du secteur soutiennent tous indéfiniment les services d'eau à grande
échelle pour les populations rurales.
ii.
Soutenir une forte capacité de formation et d'adaptation pour la provision de services d'eau. Cela signifie mettre
en place un secteur ayant la capacité d'apprendre, d'innover et de s'adapter aux circonstances
changeantes et aux exigences nécessaires pour garantir que les approches de provision de services
continuent d'être maintenues pour les populations rurales.
iii.
Améliorer l'harmonisation et l'alignement pour la provision des services d'eau. Cela signifie une plus grande
harmonisation des efforts des donateurs aux niveaux opérationnel et national, ainsi qu'une
meilleure coordination et un meilleur alignement de ces efforts sur les stratégies gouvernementales
de prestation de services aux populations rurales.
Assurer la durabilité financière pour la prise en charge du secteur EPA
La présente stratégie a précisé les principaux axes proposés par la DINEPA pour le développement du
secteur EPA. Une première étape en vue de la réalisation de cette dernière consistera à esquisser un plan
d’investissement, puis un modèle devant permettre d’assurer la durabilité financière pour la prise en charge
du secteur, et, enfin, une grille tarifaire pour le service de l’eau.
81
Section 5
Les apports des acteurs du secteur à la stratégie décennale
La présente stratégie a bénéficié d’échanges avec des acteurs clés du secteur eau potable et assainissement,
notamment des représentants des partenaires étatiques 30 , des partenaires internationaux 31 et des
organisations non-gouvernementales (ONG). Si l’ensemble du document tient compte de ces échanges,
cette section synthétise des contributions de ces acteurs à la stratégie, récoltés lors d’une série de dialogues
à l’été 2022.
Des partenaires étatiques prêts à s’investir davantage dans le secteur EPA
L’approche par la demande a suscité des débats techniques parmi les partenaires étatiques, notamment
concernant la capacité des acteurs locaux à contribuer pleinement à l’essor du secteur EPA.
Selon le MICT, afin que les municipalités, notamment, deviennent une unité co-pilotante à moyen terme,
il conviendrait qu’à court terme, en plus de manifester une adhésion pour une telle approche, cellesdeviennent des acteurs à part entière du développement du secteur en bâtissant leurs capacités à cet effet et
en consolidant leur expertise en termes de suivi du secteur. Il a été noté que seules six mairies sur 148
exercent un certain niveau de compétences EPA et que, à l’horizon 2032, ce nombre pourrait être multiplié
par plus de 10. Les ministères dédiés (notamment Intérieur) pourraient appuyer les mairies afin qu’elles
deviennent plus performantes dans le suivi du secteur EPA, afin d’assurer la disponibilité technique EPA
municipale dans au moins 80% des mairies et approprier ces communautés au secteur EPA, notamment en
ce qui concerne leur implication et engagement à satisfaire les besoins communaux en EPA :
• Les fiches métiers EPA municipaux sont finalisées et distribuées ;
• 60% des SAEP affichent la qualité de l'eau distribuée pour les usagers ;
• 80% des mairies ont un technicien en EPA en place ;
• 80% des Référents EPA communaux sont formés sur les métiers EPA ;
• Est proposé un appui conseil à 80% des mairies sur la gestion du patrimoine et des exploitants ;
• 4% des mairies co-pilotant un Système EPA (6 mairies) ;
• 50% des mairies bénéficient des formations au profit des relais communautaires sur le secteur
EPA ;
• Prise en charge des rémunérations TEPAC pour le compte des communes ;
• Renforcement des capacités des TEPAC.
Certains partenaires étatiques ont également souligné qu’ils seraient prêts à porter un plaidoyer afin de
s’investir davantage financièrement dans le secteur, l’octroi des subventions publiques devant être
conditionné aux critères de durabilité des services. Le MPCE a pour sa part souligné que l’objectif de
100%de couverture pouvait apparaître très ambitieux et a aussi exprimé des réserves sur la possibilité de
rendre l’eau accessible à tous, tout en encourageant une collaboration avec le Bureau Haïtien de
Normalisation (BHN). L’ensemble des partenaires étatiques s’accorde à vouloir être impliqués dans
l’élaboration de projets et lors de la mise en œuvre de projets.
Des partenaires internationaux désireux de renforcer leur soutien au secteur EPA au travers
d’approches novatrices
30
Notamment le Ministère de l'Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural ; du
Commerce et de l'Industrie ; de l’Economie et des Finances ; de l’Environnement ; de l’Intérieur et des
Collectivités Territoriales ; de la Planification et de la Coopération externe ; de la Santé publique et de la
Population. Les points focaux DINEPA au sein de ces ministères avaient été conviés aux échanges.
31
Notamment la Banque interaméricaine de développement, la Banque mondiale, UNICEF et USAID.
82
La stratégie décennale de la DINEPA est perçue comme un outil utile pour tous, et son cadre logique est
jugé devoir permettre de faire des progrès en vue du développement du secteur. Des partenaires
internationaux se sont également montrés soucieux de consolider le secteur EPA, notamment via :
•
Un impératif : la poursuite de la décentralisation, conformément à la réforme
institutionnelle de 2009
Aux yeux de certains bailleurs, il est capital de considérer les communes et communautés comme
potentiels porteurs des sous-projets, en conformité avec la réforme institutionnelle de 2009, et de
promouvoir les partenariats entre ONG et acteurs locaux (communes/communautés) pour définir
de manière participative et accompagner les acteurs locaux dans la mise en œuvre et la gestion des
sous-projets.
•
Le renforcement du cadre fiscal pour soutenir l'eau et l'assainissement
Le recouvrement des coûts d’opération et de maintenance pour atteindre la durabilité financière est
un impératif. Le cadre fiscal pour l'eau et l'assainissement au niveau local devrait être davantage
clarifié et comprendre des aspects visant à renforcer la collecte des recettes locales, le paiement des
services et les transferts du niveau central au niveau local (les 3Ts du secteur – tarif, taxes et
transferts). Pour les transferts, il conviendrait de lier l’accès au financement à des critères de
durabilité et une amélioration des performances. Ceux-ci peuvent comprendre :
§ Une approche par la demande et la participation active des futurs bénéficiaires dans le processus
de décision ;
§ Un engagement formel et véritable de la commune aux sous-projets ;
§ L’inclusion des groupes vulnérables ;
§ Une contribution des bénéficiaires à l’investissement (financière ou en nature) ;
§ L’intégration des mesures d’atténuation et d’adaptation aux risques naturels et au changement
climatique ;
§ Une infrastructure des SAEP permettant une gestion commerciale immédiate (connexion avec
compteurs gratuits, bureau et équipements et pièces de rechange) ;
§ Le paiement de l’eau au volume, avec compteur permettant de recouvrir les coûts d’opération
et de maintenance avec structure de tarif progressif ;
§ La gestion déléguée par contrat à un opérateur professionnel accrédité ;
§ Une transparence et une redevabilité accrue ;
§ La protection des ressources.
•
Le renforcement de la capacité des acteurs locaux à gérer durablement les systèmes d'eau
et d'assainissement
Tout en accordant des responsabilités et des ressources supplémentaires au niveau local, une mesure
d'accompagnement essentielle consiste à mettre en place un mécanisme solide de renforcement des
capacités locales. Ce système devrait être fondé sur la demande et tirer parti des capacités locales
existantes dans le secteur de la société civile/ONGs. Un tel mécanisme doit permettre de renforcer
les capacités des parties prenantes (municipalités, DINEPA/OREPA/URD/TEPAC, ONG,
secteur privé, opérateurs) à jouer leurs rôles tels que définis par la réforme.
•
La consolidation de l’approche par la demande et la participation des bénéficiaires dans
le cycle des sous-projets inclusifs, résilients et durables
L'amélioration des performances du secteur local de l'eau et de l'assainissement au niveau local sera
également soutenue par une forte participation citoyenne et des mécanismes de redevabilité au
niveau local. Des mesures visant à promouvoir la transparence et la participation citoyenne seront
encouragées afin de permettre aux citoyens d'être mieux informés sur le secteur, ce qui peut
83
favoriser une meilleure gestion des systèmes d'eau et d’assainissement, d’augmenter la volonté de
payer pour les services et d’identifier les problèmes émergents plus rapidement.
Des pistes pour développer l’approche par la demande incluent, mais ne se limitent pas à :
l’engagement formel et véritable de la commune aux sous-projets ; l’inclusion des groupes
vulnérables ; la contribution des bénéficiaires à l’investissement ; l’intégration de mesures
d’atténuation et d’adaptation aux risques naturels et au changement climatique dans le projet ; le
paiement de l’eau au volume avec compteur permettant de recouvrir les coûts d’opération et
maintenance avec structure de tarif progressif ; la gestion déléguée par contrat à un opérateur
professionnel accrédité ; la transparence et la redevabilité sur une base régulière ; la protection des
ressources ; et le soutien continu des institutions du secteur.
Des ONG prêtes à se mobiliser plus encore pour le développement du secteur
Enfin, les membres de la PEPA ont salué32 le cadre large proposé par la stratégie, notamment en termes
de gouvernance, d’environnement et de régulations, de même que l’ambition d’un accès universel aux
services EPA d’ici 2032.
Il a toutefois été observé qu’il est important de clarifier les rôles des acteurs du secteur en vue de faire
évoluer la stratégie au mieux, et notamment celui du maître d’ouvrage, et des questions ont été soulevées
quant à la réalité des financements des municipalités et une possible budgétisation par le Trésor de plusieurs
aspects clés de la stratégie proposée.
S’agissant de la protection de la ressource, il a été observé qu’il est préférable de responsabiliser les
populations et les acteurs locaux, au plus près des enjeux, principalement compte tenu du grand rôle qu’ils
peuvent jouer dans la préservation de celle-ci. Il convient par ailleurs, selon les ONG, d’identifier les sources
d’importance stratégique pour concentrer sur elles les efforts les plus importants.
Afin de sensibiliser les populations et de responsabiliser les acteurs locaux, il a été noté que les ministères
de l’Agriculture et de l’Intérieur seraient sans doute mieux à même de mener les plaidoyers nécessaires, sans
doute davantage que la DINEPA.
Les ONG ont également souhaité alerter sur l’impératif d’accessibilité des services, de telle sorte qu’ils
restent abordables, et elles ont également souhaité porter l’attention sur les fractures qui existent entre
environnements urbains et ruraux, des points à creuser dans la mise en œuvre de la stratégie.
Concernant leur propre rôle, elles ont estimé qu’elles pouvaient venir en soutien à la majorité des actions
décrites dans la matrice, y compris en termes de coordination, et qu’elles étaient intéressées à faire remonter
les expériences du terrain. Elles peuvent également, en plus des responsabilités déjà assumées, continuer à
renforcer les structures et la capacité des acteurs, notamment les municipalités, favoriser la sensibilisation
des populations, et augmenter la résilience du secteur. Concernant les municipalités, il a été noté que le
renforcement de la gestion et la question de la maîtrise d’ouvrage est crucial pour maintenir la durabilité, et
que cette maîtrise d’ouvrage doit revenir aux mairies afin de garantir le développement du secteur.
Concernant le renforcement des capacités, les formations pourraient se faire en lien avec les universités et
des professionnels formés.
Enfin, l’approche par la demande a été saluée car elle met précisément les mairies au centre du secteur et
les responsabilise, surtout si des financements adéquats suivent. Une meilleure appropriation des acteurs
locaux peut déboucher sur des compétences plus solides, qui peuvent en retour contribuer à la durabilité
des services. Cela doit toutefois se faire en parallèle à un contrôle et une régulation plus importants afin
d’aligner l’action des ONG sur des principes communs.
32
Cf. visioconférence du 16 septembre avec la Plateforme Eau Potable et Assainissement regroupant un
ensemble d’ONGs.
84
Annexes – Matrices 2008-2022 des stratégies du
secteur eau & assainissement
85
Annexe 1 - Plan stratégique de développement d’Haïti
PROGRAMME 1.8 : Étendre les services d’alimentation en eau potable et d’assainissement
la définition de la distribution de l’eau potable comme un service à caractère industriel et commercial, bien que le service
en réseau soit en totalité assuré par le secteur public
la rentabilité financière, tout en respectant l’obligation de service public
la gestion de la demande et la tarification en fonction de l’usage fait de l’eau, notamment par la mise en place de
compteurs d’eau
l’augmentation du taux de recouvrement
l’accroissement de l’offre partout sur le territoire par la réhabilitation et l’entretien des réseaux, la limitation du gaspillage
et la construction de nouveaux réseaux, prioritairement dans les zones de forte densité
l’information et l’éducation des usagers
la protection des sources de captage et la lutte contre les pollutions diverses
l’assistance technique aux communautés locales et aux petits entrepreneurs
la recherche active de la participation du secteur privé sous forme d’assistance technique et sous forme de gestion
déléguée
la mise en place d’une banque de données de base et d’outils de gestion
le changement de comportement face à l’assainissement dans toutes les zones rurales et bidonvilles où prévaut la
défécation en plein air
l’offre d’options sanitaires améliorées (latrines collectives et individuelles) pour l’assainissement en milieu rural
l’élargissement de l’accès aux réseaux de drainage et d’égouts (réseau unique), en priorité dans les Chefs-lieux de
Département
l’information et la sensibilisation de la population
la mise en place d’une banque de données de base et d’outils de gestion
l’adoption d’un Code National de Gestion des Déchets Solides
la mise en place d’une Direction Nationale de Gestion des Déchets Solides ayant un statut autonome et d’antennes
déconcentrées dans cinq grandes régions (Nord, Centre, Sud, Ouest et région métropolitaine de Port-au-Prince)
la mise en place de Services Intercommunaux de Gestion des Déchets Solides à l’échelon territorial des
Arrondissements de façon à en élargir l’accès
une stratégie financière assurant une source de revenus stable et récurrente
la mise en place de « redevances vertes » ciblant, notamment, l’industrie de l’eau, des boissons gazeuses et du jus, les
produits d’importation des contenants de plastique et en mousse de plastique, l’importation des pneus ou des vêtements
usagés, la vente des produits pétroliers ainsi qu’une redevance sur les billets d’avion
la valorisation des déchets (incitation au recyclage, au réemploi et à la revente de certains plastiques par exemple)
le développement du marché de la collecte et de la gestion des déchets
la gestion des déchets toxiques, contaminés et dangereux par le biais de méthodes respectueuses de l’environnement
la recherche active de la participation du secteur privé sous forme d’assistance technique et sous forme de gestion
déléguée
l’information, la sensibilisation et l’éducation de la population concernant les différents aspects de la gestion des déchets
à différentes échelles (risques, menaces, recyclage, réemploi, lieux de collecte, etc.)
la mise en place d’une banque de données de base et d’outils de gestion.
SOUS-PROGRAMME 1.8.1 : CONSTRUIRE ET RÉHABILITER DES RÉSEAUX D’EAU POTABLE
Réhabilitation et extension de plusieurs ouvrages ;
l’inventaire (incluant la géolocalisation, la qualification et la quantification) des infrastructures et équipements et des
niveaux de desserte ainsi que l’intégration des informations dans une base de données ;
l’élaboration et la mise en oeuvre d’un schéma directeur d’assainissement pour chacun des 12 pôles régionaux de
développement, prenant en compte notamment les risques d’inondation
la protection des principales ravines incorporées dans les réseaux de drainage des zones urbaines
l’entretien des canaux et ouvrages de drainage et le curage régulier des dégraveurs dans les métropoles régionales
la mise en place de systèmes de suivi et d’évaluation des progrès accomplis et des bonnes pratiques pour guider les
interventions
86
la sensibilisation et la formation du public en matière d’hygiène et de prévention des maladies transmissibles
SOUS-PROGRAMME 1.8.2 : CONSTRUIRE ET RÉHABILITER DES RÉSEAUX D’ASSAINISSEMENT
Réhabilitation et extension de plusieurs ouvrages
l’inventaire (incluant la géolocalisation, la qualification et la quantification) des infrastructures et équipements et des
niveaux de desserte ainsi que l’intégration des informations dans une base de données
l’élaboration et la mise en oeuvre d’un schéma directeur d’assainissement pour chacun des 12 pôles régionaux de
développement, prenant en compte notamment les risques d’inondation
la protection des principales ravines incorporées dans les réseaux de drainage des zones urbaines
l’entretien des canaux et ouvrages de drainage et le curage régulier des dégraveurs dans les métropoles régionales
la mise en place de systèmes de suivi et d’évaluation des progrès accomplis et des bonnes pratiques pour guider les
interventions
la sensibilisation et la formation du public en matière d’hygiène et de prévention des maladies transmissibles
SOUS-PROGRAMME 1.8.3 : RENFORCER ET METTRE EN PLACE DES SYSTÈMES DE GESTION DES DÉCHETS
SOLIDES
l’élaboration d’un Avant-Projet de Loi-Cadre portant sur la Gestion des Déchets Solides mettant en application la
politique nationale en la matière
la mise en oeuvre du plan de collecte et de gestion des déchets à l’échelon de la région métropolitaine de Port-auPrince
la réalisation d’actions favorisant l’accroissement des taux de collecte des déchets en zone urbaine
la construction d’un site d’enfouissement sanitaire à Cap-Haïtien
la finalisation de la première phase de la réhabilitation du site d’enfouissement sanitaire de Truitier
l’inventaire (incluant la géolocalisation, la qualification et la quantification) des infrastructures et équipements et des
niveaux de desserte ainsi que l’intégration des informations dans une base de données
l’évaluation et la réhabilitation des sites de dépôt constitués à travers le pays
la réalisation d’une série d’opérations « coup de poing » visant le nettoyage des villes et villages et l’identification de
sites temporaires d’enfouissement sanitaire
la réalisation de projets communautaires visant la collecte et la valorisation des déchets
l’élaboration et la mise en oeuvre d’un plan de collecte et de gestion des déchets solides à l’échelon des
Arrondissements des 12 pôles régionaux de développement
l’élaboration et la mise en oeuvre d’un plan de collecte et de gestion des déchets solides à l’échelon des
Arrondissements de trois pôles locaux de développement : Ouanaminthe, St-Michel-de-l’Attalaye et Petit-Goâve
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Port-de-Paix
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Fort-Liberté
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Ouanaminthe
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Gonaïves
la construction du site d’enfouissement sanitaire de St-Michel-de-l’Attalaye
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Hinche
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Saint-Marc
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Mirebalais
la construction de la deuxième phase du site d’enfouissement sanitaire de Truitier
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Gressier
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Jérémie
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Miragoâne
la construction du site d’enfouissement sanitaire de Petit-Goâve
la construction d’un site d’enfouissement sanitaire à Jacmel.
87
Annexe 2 - 2008 : Le Plan stratégique sectoriel pour le secteur de l’eau et de l’assainissement
Objectifs institutionnels
Un désengagement de l'Etat central des fonctions opérationnelles, notamment de réalisation et
d’exploitation des ouvrages
La décentralisation progressive des services d'eau potable et d'assainissement vers les communes
et collectivités locales à qui seront confiées peu à peu les fonctions de maîtrise d'ouvrage du
service public
La création d'associations d'usagers et de comités de gestion légalement reconnus
La professionnalisation de la fonction d'exploitant pour les réseaux d'eau potable et
d'assainissement
Le développement progressif et l'implication du secteur privé dans la réalisation des études, la
construction des ouvrages et la gestion des réseaux
Le développement d'outils d’audit et de services d'appui à la gestion
Objectifs économiques
dégager des recettes suffisantes pour assurer la couverture des dépenses de fonctionnement,
d'entretien, d'investissement et d'amélioration de la qualité et de l'efficacité des services d'eau
potable et d'assainissement
dégager des recettes suffisantes pour assurer la couverture des dépenses de fonctionnement,
d'entretien, d'investissement et d'amélioration de la qualité et de l'efficacité des services d'eau
potable et d'assainissement
Objectifs opérationnels
l'entretien en bon état de fonctionnement et la réparation des ouvrages, équipements et matériels
permettant la marche de l'opération ;
le renouvellement du matériel tournant, accessoires hydrauliques, équipements mécaniques et
compteurs
Objectifs sociaux
la politique sectorielle doit s'appuyer sur les points forts du secteur et particulièrement sur la
capacité des populations urbaines et rurales d'assumer la délégation de gestion du service public. Ce
principe a le mérite de générer un effet de cohésion sociale important.
Plan d'actions 2008-2010 de la Réforme institutionnelle
Développement institutionnel
Renforcement de la capacité opérationnelle
Investissements
88
89
90
91
92
Annexe 3 - 2015-2016 : Le rapport diagnostic « Actualisation du Plan Stratégique Sectoriel »
Récapitulatif des avancées et des retards
Stratégie
Objectifs principaux
DINEPA avec le staff requis sur
place et opérationnel. Capacité
d´exécution et de supervision des
programmes et des travaux souscontrôle
Statut au
début 2015
Partiellement
atteint
Observations
Des problèmes de capacité d´exécution et de supervision subsistent.
La supervision des chantiers reste insuffisante. Elle reste trop souvent menée de manière distante
du terrain et localisée à la DINEPA, à Port-au-Prince.
Les manques en termes de capacité d´exécution et de supervision des programmes et des travaux
sont évoqués par la très grande majorité des agents rencontrés.
Pas de procédures et de formalisme d’évaluation des projets.
Stratégie 1 –
Renforcement de la
Gouvernance et de
la Régulation
Le RTN, le SIP et le reporting mensuel des CTE ont été mis en place mais leur application demeure
partielle. Le RTN doit être mis à jour et son application doit être contrôlée.
Secteur régulé à partir de normes,
directives et indicatrices de
performance
Partiellement
atteint
L’établissement par la DINEPA des critères à remplir par les communes (ou les structures
intercommunales) pour assumer la maîtrise d'ouvrage de leurs systèmes d'AEPA n’a pas eu lieu.
Manque institutionnel du moyen de coercition (rôle de police).
Défaut d’instruction des projets (notamment de l’accord cadre ONG).
Le processus de définition des normes de qualité de l’eau pour Haïti n’a pas encore abouti.
93
Stratégie
Objectifs principaux
Statut au
début 2015
Observations
La politique tarifaire n’a pas été définie au niveau national. Une tarification est élaborée pour le
déversement des matières de vidange dans les stations de traitement existantes, mais, comme
pour la vente d’eau potable, ceci ne constitue pas une politique tarifaire à l’échelle nationale.
Prix des services EPA régulés à
partir des grilles tarifaires
socialement appropriées
Les opérateurs ne sont actuellement pas en mesure d'assurer des services d’une qualité
acceptable pour renforcer le recouvrement.
Non atteint
La Politique de Service Public n’a pas été définie au niveau national.
Il y a nécessité de définir des niveaux de service qui prennent en compte l’accès à l’eau potable
pour les besoins de boisson (incluant la possibilité de mettre à disposition de l’usager un
traitement de l’eau à domicile), le niveau de continuité du service, le niveau d’accès aux services
d’assainissement (notamment vidange et traitement), la distance par rapport au kiosque pour
ceux qui n’ont pas accès au réseau avec robinet dans le logement.
Le système Sis-Klor est une des réussites de l’ONEPA.
L’apport de l’Observatoire pour les prises de décision relatives au secteur de l’eau potable et de
l’assainissement est resté très limité.
Stratégie 2 –
Renforcement de la
Gestion et la
Informations techniques, sociales
et financières du secteur EPA
assurés par l’Observatoire
National
Partiellement
atteint
Un Département de Réponse aux
Urgences est placé à la DINEPA
avec le personnel et les moyens
nécessaires pour fonctionner
Partiellement
atteint
Goulot d’étranglement au fonctionnement de l’ONEPA: Par manque de moyens, il a toujours été
impossible pour l’Observatoire de générer des scenarii ou de faire de la prospective.
L’Observatoire est rarement consulté en amont des projets pour valider des informations de base.
Actuellement, l’ONEPA n’est pas fonctionnel alors qu’il pourrait être un outil essentiel pour le
recueil et la valorisation des données vers le public, et aussi pour la planification et la régulation
des acteurs du secteur EPA par la DINEPA. Ceci constitue un goulot d’étranglement pour le bon
fonctionnement de la DINEPA.
Le Département de Réponse aux Urgences participe à l’élaboration et aux mises à jour des plans
de contingences avec les autres institutions compétentes en la matière.
Le DRU est encore à consolider car il reste fragile notamment en termes de prise en charge des
salaires assurés majoritairement par l’UNICEF et non sur la base d’un contrat annuel.
94
Stratégie
Objectifs principaux
Réponse aux
Urgences
Les urgences sont gérées à partir
des plans de contingence
approuvés et accordés avec les
intervenants du secteur
Des structures opérationnelles
décentralisées gèrent les services
d’eau et assainissement d’urgence
avec la participation des
opérateurs publics, des ONG et du
secteur privé
Statut au
début 2015
Atteint
Partiellement
atteint
Observations
Les plans de contingence sont mis en place et le DRU participe à leur mise à jour pour le secteur
EPA.
Ces structures existent et elles fonctionnent avec un partenariat opérateurs publics - ONG secteur privé. Au niveau des communes, l’amorce d’une future décentralisation est assurée par les
TEPAC, qui sont les Points focaux en ce qui concerne les aspects EPA de la réponse aux urgences.
La capacité opérationnelle reste limitée en ce qui concerne la pose de réseaux d’eau potable
neufs, la création de branchements individuels et la réhabilitation de réseaux d’eau potable.
Stratégie 3 –
Renforcement du
Système de Portau-Prince
CTE de la RMPP transformé, avec
du personnel en phase avec des
technologies et d’une capacité
opérationnelle appropriée
Partiellement
atteint
Travaux d´urgence pour la RMPP
réalisés.
Partiellement
atteint
Le taux de desserte par un branchement individuel – le mode de distribution générant le plus de
recettes - représente une très faible minorité de la population bien qu’il y ait eu des progrès. Entre
2010 et 2013, le CTE RMPP est passé de 32 000 clients à 45 000 clients. Depuis 3 ou 4 ans, il y a eu
environ 8 000 abonnés actifs supplémentaires (principalement des abonnés régularisés).
Le CTE a commencé à être restructuré : réhabilitation du laboratoire, structuration des services RH
(adoption d’une grille salariale, manuels et formation), administratif, commercial. Le stock a été
réorganisé et un nouvel entrepôt est en cours de construction. Les horaires de production ont été
augmentés et le planning de distribution d’eau « par quartier » a été étendu. L’annonce des
heures de desserte était de 13 heures par semaine en 2010 ; elle est passée à 28 heures en 2013,
même s’il s’agit seulement de l’annonce des heures de desserte.
La plupart des travaux nécessaires n’ont pu être réalisés : par exemple les périmètres de
protection
La composante « travaux » représentait 17,7 millions USD pour RMPP, soit 35% du financement.
Très peu de travaux ont pu être réalisés avant tout pour des raisons techniques en particulier
l’impossibilité d’interrompre le trafic routier pour réaliser des travaux sur les réseaux. Des lenteurs
au niveau des mécanismes de passation des marchés ont aussi été évoquées
95
Stratégie
Objectifs principaux
Statut au
début 2015
Observations
Les chantiers de protection des sources sont en cours et la production devrait être renforcée suite
à la mise en œuvre de grands travaux prévus pour 2016
Système de production d’eau
renforcé et sources protégées
Non atteint
Projets d’assainissement semicollectif en-cours
Non atteint
Schémas directeurs EPA pour la
RMPP actualisés
Partiellement
atteint
Stratégie d´assainissement urbain
et péri-urbain au niveau national
en-cours
Jacmel, Ouanaminthe, Port de
Paix et Les Cayes démarrés
Schémas directeurs de gestion des
excrétas finis
Stratégie 4 –
Décollage National
de l´Assainissement
Stratégie d’assainissement rural
au niveau national démarrée.
Programme de latrinisation encours
Partiellement
atteint
Partiellement
atteint
Non atteint
Partiellement
atteint
Sans objet
La mise en œuvre, le contrôle et la gestion des périmètres de protection sont des compétences qui
dépendent directement de la DINEPA. Si, en dehors de la RMPP, beaucoup de périmètres de
protection, théoriquement définis, n’ont pas d’existence, dans la RMPP en revanche, les captages
sont protégés par une clôture, mais celle-ci ne permet pas, en général, une protection sanitaire
suffisante de la ressource (surface trop faible, clôture permettant le passage, etc.).
Seul un projet pilote d’assainissement semi collectif par réseaux est en cours (Christ Roi). Cette
seule opération ne permettra pas un retour d’expérience suffisant.
Les schémas directeurs Eau potable et Assainissement de la RMPP ont été actualisés par l’ATO.
Cependant, les travaux proposés n’ont pas été validés par la DINEPA en particulier en ce qui
concerne le Schéma Directeur d’Assainissement.
La Stratégie Nationale de l’Assainissement a été définie par la Direction de l’Assainissement via le
document d’orientation stratégique pour la période 2014 – 2018. Sa mise en place ne fait que
débuter.
Des stations de traitement sont en cours de construction aux Cayes et à Saint-Marc avec des
rythmes d’exécution très lents Une expérience a aussi été développée par la DINEPA à Limonade.
Deux schémas directeurs réalisés pour les villes de Port de Paix et Ouanaminthe.
La Stratégie Nationale de l’Assainissement a été définie par la Direction de l’Assainissement via le
document d’orientation stratégique pour la période 2014 – 2018. Sa mise en place ne fait que
débuter
Le programme de latrinisation n’a pas été poursuivi car contraire à la stratégie nationale définie.
Les installations privées de collecte, les toilettes et blocs sanitaires, sont sous la responsabilité
directe de leur propriétaire à la fois pour leur construction et leur gestion (maître d’ouvrage), que
celui-ci soit un particulier ou une institution publique (école, centre de santé, marché, etc.).
Les blocs sanitaires publics peuvent être construits en collaboration avec la DINEPA ou avec des
ONG, mais leur construction reste à l’initiative de ces institutions (MSPP, MENFP, mairies) et la
gestion est de la responsabilité de ces institutions.
96
Stratégie
Objectifs principaux
Statut au
début 2015
Projets pilotes d’assainissement
condominial développés
Non atteint
Nouvelles structures
organisationnelles pour les
régions sur place, dotées de
personnel haïtien, équipé et
formé
Partiellement
atteint
OREPA et CTE en-cours de
consolidation assistés par un
opérateur international
Non atteint
Stratégie 6 –
Amélioration de
l´Accès à
l’Infrastructure et
Services
Pas de projet pilote d’assainissement condominial développé. De tels projets ne seront pas
développés avant plusieurs années. Avant de mettre en place un tel projet, il faut que le quartier
concerné soit relié à un réseau d’eau potable fonctionnel. Mais, des études exploratoires ont
quand même été conduites (Ouanaminthe, par exemple).
Quatre OREPA (créés officiellement par la Loi-Cadre de 2009) ont été mis en place rapidement. Un
document nommé « réforme du secteur de l’eau potable et de l’assainissement en Haïti - les
services publics d’alimentation en eau potable et d’assainissement » publié en avril 2011 instaure
officiellement leur fonctionnement de même que la création des Centres Techniques
d’Exploitation (CTE).
Ces OREPA sont dotés de personnel haïtien formé.
Goulot d’étranglement constaté : L’article 13 de la Loi Cadre précisait qu’une loi devait venir fixer
le statut définitif les politiques et les procédures des OREPA. Le PSS de 2008 précisait que cette loi
devait être publiée dans les 24 mois suivant la publication de la Loi-cadre sectorielle. Cette loi
aurait donc dû être promulguée avant le 25 mars 2011. La proposition de loi n’est pas encore
finalisée à ce jour.
Il n’a pas été fait appel à un opérateur international pour les OREPA. Cependant, des actions de
renforcement ont été menées :
Stratégie 5 –
Amélioration de la
Performance
Opérationnelle
Investissements pour les
différentes régions planifiés à
l´horizon 2025
Travaux en cours dans les villes
secondaires complétés
Travaux dans des petites villes
rurales des départements de la
Région Sud, Sud-Est et l´Ile de La
Gonâve complétés
Observations
Non atteint
Partiellement
atteint
Partiellement
atteint
Pour certains CTE (Saint-Marc, Port de Paix, Ouanaminthe, Les Cayes et Jacmel, RMPP), les
ressources humaines ont été renforcées soit par l’appui de firme étrangère soit par l’appui de
consultants étrangers spécialisés en matière de gestion commerciale ou de gestion technique des
services.
Les OREPA ont bien transmis leur Plan Stratégique pour 2020 mais les investissements n’y sont pas
planifiés de manière détaillée.
Travaux achevés à Ouanaminthe, Saint-Marc, et Port-de-Paix, en cours à Jacmel et aux Cayes pour
EP. Il reste des compléments de travaux à réaliser pour Ouanaminthe, Saint-Marc et Port-de-Paix.
Projet EPAR achevé (Sud et Sud Est) ; le taux de couverture reste cependant loin des ODM en
particulier pour l’Assainissement. Des compléments de travaux sont à réaliser pour certaines
petites villes.
97
Stratégie
Stratégie 7 –
Amélioration de la
Qualité de l´Eau de
Consommation
Stratégie 8 –
Formation des
Ressources
Humaines et Appui
à l´Innovation
Objectifs principaux
Travaux de réhabilitation et
extension du SAEPA la ville de Cap
Haïtien et Hinche complétés
Travaux d´urgence pour des villes
prioritaires Léogane, Petit Goâve,
Miragoane, Jérémie, Hinche,
Mirebalais, Fort-Liberté complétés
Approbation de la norme de
qualité de l’eau pour Haïti
Plans de salubrité de l’eau
implémentés dans tout le
territoire en coordination avec le
MSPP
Monitoring permanent et
détermination de la qualité de
l’eau de consommation contrôlée
par les OREPA
A horizon 2015, 100% de l’eau
fournie par les réseaux public
traitée et contrôlée
Statut au
début 2015
Non atteint
Observations
Travaux non terminés en ce qui concerne l’Eau Potable. Pas de travaux d’assainissement, et
encore moins collectif.
Etudes Avant-Projet/Projet en cours ou Appel d’Offre lancé, mais travaux non achevés.
Non atteint
Non atteint
Premier draft encore en cours de rédaction (compétence du MSPP).
Plans de salubrité de l’eau non implémentés.
Non atteint
Partiellement
atteint
Il y a un suivi de la qualité de l’eau notamment par SIS-KLOR, mais il n’est pas en place sur tous les
réseaux et il ne traite que du chlore résiduel. Le monitoring n’est pas encore assumé par les
OREPA.
Non atteint
L’objectif de 100% n’est pas atteint. Certains réseaux ne sont pas contrôlés. La chloration n’est pas
assurée partout de manière permanente mais de réelles avancées ont été réalisées
Personnel cadre dirigeant formé
et disponible pour la direction des
OREPA et CTE
Partiellement
atteint
Ecole des métiers de l’eau
opérationnelle
Non atteint
Il n’y a pas eu de cursus de formation systématique mis en place cependant certaines personnes
ont bénéficié d’une formation spécifique (Jacmel, OREPA Nord).
Les cadres dirigeants choisis pour la direction des OREPA et des CTE ont la formation requise en
matière d’eau potable. Cela reste moins certain pour l’assainissement.
En 2012, la mise en place d’une EMEA était une volonté de la Direction Générale de la DINEPA. Le
projet initial semble abandonné.
Un accord récent, liant l’Institut National de Formation Professionnel à la DINEPA avec un support
probable de l’Agence Française de Développement, semble ouvrir une voie vers l’amélioration
partielle de la formation, cependant limitée aux ouvriers et aux métiers manuels du secteur.
98
Stratégie
Objectifs principaux
Jeunes ingénieurs hydrauliques et
sociaux recrutés ou réaffectés
formés pour s’intégrer à
l’exploitation des systèmes
d’AEPA
Projets pilotes et innovations
technologiques soutenues par des
bourses et subventions
supportées et gérées par l’Etat
Stratégie 9 –
Communication,
Sensibilisation et
Education à
l’Hygiène
La plupart de la population rurale
et urbaine a accès à des
informations et messages publics
sur l’eau et l’assainissement
La plupart de la population
urbaine à accès aux messages sur
l’importance et le coût de l’eau et
des services d’AEPA
Les communautés rurales de tout
le territoire du pays ont accès à
des messages sur l’importance de
l’assainissement et l’hygiène
Statut au
début 2015
Partiellement
atteint
Partiellement
atteint
Atteint
Atteint
Atteint
Observations
Des jeunes ingénieurs formés ont été recrutés en région pour l’exploitation des SAEPA : URD,
direction de certains CTE et OREPA et à la DINEPA : DMR, DA, DT.
Les CTE sont composés essentiellement d’anciens employés du SNEP qui n’ont reçu très peu (voir
aucune) formation continue, et dont les anciennes attributions ne couvraient pas l’assainissement.
Différents projets pilotes existent mais sont subventionnés par les bailleurs de fonds
internationaux (Assainissement semi collectif à Christ-Roi, HypoKlor24, SisKlor, …)
L’apport de l’Etat Haïtien au secteur particulièrement pour la couverture des dépenses de
fonctionnement et d’investissement a augmenté depuis 2008.
Les messages sur les bons gestes d’hygiène ont été fortement diffusés, notamment dans le
contexte de la crise cholera, en lien avec les organismes concernés, tels que le MSPP et avec
l’appui d’ONG.
Certains CTE ou OREPA ont une communication dynamique vers la population concernée (OREPA
Centre et Nord, SESAM, CTE de Jacmel, etc.). Plusieurs supports ont été utilisés à l’échelle
nationale (Allo DINEPA, vidéos, internet)
Les TEPAC et les URD, notamment, ont permis de compléter les actions de sensibilisation et de
communication des organisations intervenant dans cette activité.
99
Annexe 4 - 2018 : Budget Programme par Objectif
CADRE LOGIQUE DU BPO DU SECTEUR EPA
Logique (niveau)
d'intervention
Libellés détaillés dans le cadre logique
Objectif Général
Assurer un accès durable et continu de tous les haïtiens à l'Eau Potable et l'Assainissement d'ici 2030
Objectif Spécifique 1
Résultat 1.1
Assurer l'accès de tous les haitiens à l'eau potable d'ici 2030
Un programme pluriannuel de travaux est mis à jour par OREPA
GRA 1.1.1
Mise à jour Inventaire et base de données ouvrages existants
GRA 1.1.2
Elaboration de programmes pluriannuels des études et travaux
Résultat 1.2
Les populations urbaines ont accès à l'eau potable
GRA 1.2.1
Réalisation d'études et de travaux sur la disponibilité de ressource avant travaux urbains
GRA 1.2.2
GRA 1.2.3.
Réalisation d'études d'avant projet de travaux d'ouvrages urbains
Réalisation travaux neufs et réhabilitations en urbain
Act 1.2.3.1
Act 1.2.3.2
Act 1.2.3.3
Act 1.2.3.4
Act 1.2.3.5
Act 1.2.3.6
Pour Ouvrages nouveaux:
Réseaux gravitaires
Réseaux /pompage
Barrages
STE
Dessalinisation
FPMH
100
Act 1.2.3.7
Act 1.2.3.8
Act 1.2.3.9
Act 1.2.3.10
Act 1.2.3.11
Act 1.2.3.12
Act 1.2.3.13
Act 1.2.3.14
Act 1.2.3.15
Act 1.2.3.16
Act 1.2.3.17
GRA 1.2.4
Sources aménagées
Puits
Impluvium
Pour Ouvrages à Réhabiliter:
Réseaux gravitaires
Réseaux /pompage
Barrages
STE
Dessalinisation
FPMH
Sources aménagées
Puits
Ingenierie sociale sur l'accès à l'eau potable en urbain
GRA 1.2.5
Contractualisation fournisseurs privés pour distribution eau en urbain
Act 1.2.5.1
Act 1.2.5.2
GRA 1.2.6
Contractualisation avec des distributeurs d'eau pour couvrir des zones non desservies
Contractualisation avec de petits investisseurs en zones périurbaines
Etudes et travaux imprévus
Résultat 1.3
Les populations rurales ont accès à l'eau potable
GRA 1.3.1
Réalisation d'études et travaux sur la disponibilité de ressource avant travaux ruraux
GRA 1.3.2
Réalisation d'études d'avant projet de travaux d'ouvrages ruraux
GRA 1.3.3.
Réalisation travaux neufs et réhabilitations en rural
Act 1.3.3.1
Pour ouvrages nouveaux:
Réseaux gravitaires
101
Act 1.3.3.2
Act 1.3.3.3
Act 1.3.3.4
Act 1.3.3.5
Act 1.3.3.6
Act 1.3.3.7
Act 1.3.3.8
Act 1.3.3.9
Act 1.3.3.10
Act 1.3.3.11
Act 1.3.3.12
Act 1.3.3.13
Act 1.3.3.14
Act 1.3.3.15
Act 1.3.3.16
Act 1.3.3.17
GRA 1.3.4
Réseaux /pompage
Barrages
STE
Dessalinisation
FPMH
Sources aménagées
Puits
Impluvium
Pour ouvrages à réhabiliter:
Réseaux gravitaires
Réseaux /pompage
Barrages
STE
Dessalinisation
FPMH
Sources aménagées
Puits
Ingénierie sociale/Communication en milieu rural
GRA 1.3.5
Contractualisation fournisseurs privés pour distribution eau en rural
Act 1.3.5.1
Act 1.3.5.2
GRA 1.3.6
Etudes préparatoires
Agréement de service aux distributeurs en citerne pour les zones non couvertes par les systèmes
Travaux sur pistes d'accès aux points de captage
GRA 1.3.6
Etudes et travaux imprévus
Résultat 1.4
Les lieux publics disposent de points d'eau publics
102
GRA 1.4.1
Production d'une liste d'équipements des lieux publics par Orepa
GRA 1.4.2
Réalisation d'études avant projet des travaux sur les lieux publics
GRA 1.4.3
Réalisation travaux neufs et réhabilitations sur les lieux publics
GRA 1.4.4
Ingénerie sociale spécifique pour les lieux publics
Résultat 1.5
La qualité de l'eau produite et consommée est sécurisée
GRA 1.5.1
Réalisation de travaux de périmètres de protection des captages
GRA 1.5.2
Installation de dispositifs de traitement d'eau sur les réseaux
Act.1.5.2.1
Installation de dispositifs de chloration et autres traitements dans les SAEP urbains
Act.1.5.2.2
Installation des hypochlorateurs ou autres kits adaptés dans les SAEP ruraux
Act.1.5.2.3
Act.1.5.2.4
GRA 1.5.3
Act.1.5.3.1
Installation de boîte à chlore dans les SAEP ruraux
Approvisionnement continu et gestion des stocks d'HTH
Mise en place du traitement d'eau à domicile
Sensibilisation de la population
Act.1.5.3.2
Organisation d'un circuit de stockage et commercialisation des produits de TED avec des privés locaux proches
des populations
Act.1.5.3.3
GRA 1.5.4
Formation des fournisseurs
Mise en place du traitement d'eau sur les lieux publics
GRA 1.5.5.
Act.1.5.5.1
Réalisation de contrôles et suivi de la qualité de l'eau
Réalisation de campagnes d'analyse de la qualité de l'eau dans la région
Act.1.5.5.2
Formation spécifique de laborantins
103
Résultat 1.6
Les hots spots choléra sont priorisés pour un accés à l'EP à 100%
GRA 1.6.1
Réalisation des études avant travaux dans les hots spots
GRA 1.6.2
Réalisation des travaux dans les hots spots
Objectif Spécifique 2
Assurer la continuité du service et la progression de la marge d'exploitation globale du secteur
Résultat 2.1
GRA 2.1.1
L'efficience technique des réseaux augmente
Installation de compteurs d'eau (à tous niveaux)
GRA 2.1.2
Suivi et sécurisation de la continuité du service aux usagers
GRA 2.1.3
Suivi et sécurisation de la continuité du service sur lieux publics
GRA 2.1.4
Dépenses liées aux sanctions contre actes de vandalismes
Résultat 2.2
Le paiement par Tranches volumétriques est institué
GRA 2.2.1
Réalisation d'étude pour mettre en place une Grille tarifaire adaptée
Act.2.2.1.1
Etudes socio-économiques
Act.2.2.1.2
Conception et actualisation d'une grille tarifaire par les structures de gestion
Act.2.2.1.3
Fixation et diffusion des prix par tranche
Act.2.2.1.4
Suivi de l'application des prix
GRA 2.2.2
Communication sur le paiement du service de l'eau potable
Act.2.2.2.1
Conception du plan de communication
Act.2.2.3.2
Formation de tous les gestionnaires pour une communication concertée
Act.2.2.2.2
Mise en œuvre du plan de communication
Act.2.2.2.3
Préparation des autorités locales et de la population pour les études à réaliser
104
Act.2.2.3.5
Appui/accompagnement des gestionnaires pour l'application effective de la grille tarifaire
Résultat 2.3
GRA 2.3.1
L'efficience financière de tous les SAEP augmente
Elaboration de comptes d'exploitation prévisionnels pour tous les SAEP
Act.2.3.1.1
Act.2.3.1.2
GRA 2.3.2
Définition des objectifs de résultat par réseau existant et futur
Etablissement d'un plan d'affaire
Mise en place d'un dispositif de suivi de tous les SAEP
Act.2.3.2.1
Mise en place d'un système informatique intégré de suivi de tous les systèmes
GRA.2.3.3
Définition cadre institutionnel et juridique de la délégation
Act.2.3.3.1
Etude de toutes les possibilités de contrats d'affermage, de concession ou autres formes adaptées
Act.2.3.3.2
Elaboration de contrats-types pour ces possibilités
Act.2.3.3.3
Définition des modalités de perception et gestion des redevances perçues
Act.2.3.3.4
Mise en place d'un système d'incitation aux bons résultats de gestion
GRA 2.3.4
Signature de contrats d'objectifs pour tous les SAEP
Act.2.3.4.1
Elaboration de contrats types d'objectifs et de délégation pour chaque catégorie de systèmes
Act.2.3.4.2
Opérationalisation de la passation de contrats d'objectifs et de gestion des ouvrages pour tous les systèmes (avec
tous les CTE, OP, CAEPA, etc.)
GRA 2.3.5
Act.2.3.6.1
Mis en œuvre sanctions contre défauts paiement
Mise en œuvre d'un mécanisme d'incitation
105
Act.2.3.6.2
Elaboration et mise en application des règlements de service fixant les sanctions
Act.2.3.6.3
Dépenses liées aux déconnexions (encourues par l'exploitant)
Act.2.3.6.4
Frais de régularisation (reconnexion, amendes) supportés par le consommateur
Act.2.3.6.5
Mise en œuvre de sanctions spécifiques pour les préleveurs-privés
GRA 2.3.6
Réalisation d'enquêtes de satisfaction auprès des consommateurs
Act.2.3.6.1
Résultat 2.4
GRA 2.4.1
Prestations d'enquêtes et d'analyses de résultats
Un dispositif de péréquation national est mis en place entre SAEP
Elaboration cadre institutionnel Système de pèréquation
GRA 2.4.2
Suivi et gestion des redevances sur CA de tous les SAEP
GRA 2.4.3
Mise en œuvre arbitrage et versement subventions d'équilibre
Act.2.4.3.1
Gestion du fonds de péréquation de l'eau
Act.2.4.3.2
Suivi et analyse des comptes et bilans
Act.2.4.3.3
Réunions d'arbitrages (régulation)
Act.2.4.3.4
Versement des subventions d'équilibres
Objectif Spécifique 3
Viser que pour 2030 toute la population ait accès à un dispositif d'assainissement de base amélioré
Résultat 3.1
La population a accès à un assainissement de base amélioré
Résult. Inter. 3.1.1
Les ménages ont accès à un assainissement individuel
GRA 3.1.1.1
Formation de tous les professionnels de l'assainissement
106
Act.3.1.1.1.1
Formation de formateurs sur les approches et techniques de sensibilisation et de mobilisation communautaire
(Formation des TEPAC à l'assainissement de base)
S-Act.3.1.1.1.1.1
Elaboration de modules de formation
S-Act.3.1.1.1.1.2
Recrutement de Personnel PAH: 2 par OREPA et progressivement 1 par ville de plus de 30000 hab
S-Act.3.1.1.1.1.3
Formation du personnel d'appui conseils et de suivi (TEPAC, URD et Agents de terrain du MSPP)
S-Act.3.1.1.1.1.4
S-Act.3.1.1.1.1.5
GRA 3.1.1.2
Formation des agents sanitaires communautaires polyvalents (ASCP)
Formation des relais communautaires. Dépense de logistique (Location de salle, restauration,
Carburant, Véhicule et entretien, Per Diem)
Formation de formateurs sur les technologies et les techniques de construction (INFP, macons :
Assainissement de base et assainissement public)
Ingenierie sociale et marketing pour assainissement de base
Act.3.1.1.2.1
Etudes et support de communication
S-Act.3.1.1.2.1.1
Production du matériels et support de communication:audio, video, documentaire, t-shirt, flyers
S-Act.3.1.1.2.1.2
S-Act.3.1.1.2.1.3
Diffusion du matériels et support de communication (radio et soundtruck)
Mise en place d’une carte sociale par ville (Recensement; Etude de faisabilité du comportement social)
Act.3.1.1.2.2
Développement du service d'appui-conseil en assainissement
S-Act.3.1.1.2.2.1
S-Act.3.1.1.2.2.2
Act.3.1.1.2.3
S-Act.3.1.1.2.3.1
Développement du concept
Déploiement des services
Sensibilisation autour des pratiques d'assainissement et d'hygiène
Séance de sensibilisation par les relais communautaires (ASCP, OCB ou autre agent) (Visite de
terrain) Dépense de logistique (Carburant, Véhicule et entretien, Per Diem)
S-Act.3.1.1.2.3.2
Suivi continu sur la situation sanitaire (couverture en toilette) par les tEPAC
S-Act.3.1.1.1.1.6
107
Act.3.1.1.2.4
Mobilisation communautaire autour des pratiques d'assainissement et d'hygiène (ACAT, Incitation)
S-Act.3.1.1.2.4.1
Visite de suivi des localités, visites des comités de suivi / CASA) Dépense de logistique et per diem
S-Act.3.1.1.2.4.2
Accompagnement dans le suivi de la mise en œuvre de l'approche communautaire en oeuvre dans la
region
Evaluation et certification localité WAKA
Production de panneau de certification
Evaluation de l'approche ACAT
Campagne de communication pour le developpement d'un marche de l'assainissement (marketing de
l'Assainissement)
S-Act.3.1.1.2.4.3
S-Act.3.1.1.2.4.4
S-Act.3.1.1.2.4.5
Act.3.1.1.2.5
S-Act.3.1.1.2.5.1
Conception de la campagne de marketing
S-Act.3.1.1.2.5.2
S-Act.3.1.1.2.5.3
GRA 3.1.1.3
Lancement de la campagne de sensibilisation dans les zones priorisées
Suivi et évaluation de la campagne
Mise en place services publics déconcentrés d'assainisement
GRA 3.1.1.4
Actions de plaidoyers auprès de toutes les autorités locales
GRA 3.1.1.5
Résult. Inter. 3.1.2
Definition et mise en œuvre normes et règlements assainissement
Les lieux publics sont tous équipés d'infrastructres sanitaires
GRA 3.1.2.1
GRA 3.1.2.2
Formation de responsables assainissement pour lieux publics
Sensibilisation à l'utilisation des sanitaires publics
GRA 3.1.2.3
GRA 3.1.2.4
GRA 3.1.2.5
Travaux neufs et réhabilitations sanitaires lieux publics
Appuis aux gestionnaires des sanitaires publics
Sensibilisation des autorités locales sur sanitaires publics
GRA 3.1.2.6
Mise en œuvre normes et réglements pour sanitaires publics
Résult. Inter. 3.1.3
Les ménages ont accès à un assainissement semi-collectif
108
GRA 3.1.3.1
GRA 3.1.3.2
Formation de professionnels en Assainist semi-collectif
Ingenierie-Marketing de l'assainissement semi-collectif
GRA 3.1.3.3
GRA 3.1.3.4
GRA 3.1.3.5
Installation de mini-réseaux AIR et de systèmes semi-collectifs
Sensibilisation des autorités locales à l'assainissement semi-collectif
Elaboration et application de règles d'Assainissement ssemi-Collectif
Résultat 3.2
Eaux usées et boues déposées dans des lieux sécurisés et traitées
Résult. Inter. 3.2.1
Eaux usées et boues acheminées vers lieux agréés
GRA 3.2.1.1
Formation professionnels d'assainissement en Vidange et Transport
GRA 3.2.1.2
Appui développement de services payants de vidange-transport
GRA 3.2.1.3
Equipement des vidangeurs manuels
GRA 3.2.1.4
Création et appui aux associations de bayakous
GRA 3.2.1.5
Sensibilisation autorités locales sur métier des vidangeurs
GRA 3.2.1.6
Certification des vidangeurs
Rés. Inter. 3.2.2
Les volumes vidangés sont déposés et traités
GRA 3.2.2.1
Formation de professionnels en Traitement eaux usées et boues
GRA 3.2.2.2
Promotion des services de traitement auprès des populations
GRA 3.2.2.3
Construction des infrastructures de traitement
GRA 3.2.2.4
Gestion des centres et des stations de traitement
GRA 3.2.2.5
Gestion des produits du traitement
GRA 3.2.2.6
Certification des STE
Objectif Spécifique 4
Assurer une gestion durable des ressources en eau destinées à l'eau potable
109
Résultat 4.1
Les différents types de ressources utilisables sont connus
GRA 4.1.1
GRA 4.1.2
Etudes, inventaires et publications sur les ressources en EP
Suivi des ressources disponibles en EP
Résultat 4.2
Tous les préleveurs-producteurs d'eau potable identifiés et contrôlés
GRA 4.2.1
Identification des préleveurs et exploitants privés de la ressource
GRA 4.2.2
Tenue à jour de statistiques de prélevement de la ressource pour EP
Résultat 4.3
Besoins et utlisations de l'eau potable pris en compte dans la GIRE
GRA 4.3.1
Participation-contribution aux réunions du Comité GIRE
Résultat 4.4
Protection institutionnelle des ressources en EP
GRA 4.4.1
Délimitation des zones de protection de la ressource en EP
GRA 4.4.2
Rédaction de texte et arrêtés municipaux créant les servitudes
Résultat 4.5
Points de pollution liée aux effluents de l'assainissement sont connus et traités
GRA 4.5.1
Identification et traitement zones à risque liées à l'assainissement
Résultat 4.6
GRA 4.6.1
Objectif Spécifique 5
Points de pollution de l'EP industriels et autres controlés
Analyses-suivi des zones à risque pour l'EP et traitement
Améliorer significativement la performance de la gouvernance du secteur
Résultat 5.1
Pilotage et dialogue efficaces entre acteurs du secteur
GRA 5.1.1
Tenue régulière des réunions du Conseil d'Administration de la DINEPA
GRA 5.1.2
Tenue revues sectorielles annuelles et réunions de dialogue
GRA 5.1.3
Autres réunions d'échange avec partenaires du secteur
GRA 5.1.4
Réunions trimestrielles de suivi d'avancement du programme sectoriel
GRA 5.1.5
Réalisation d'études et de supports stratégiques pour le secteur
110
GRA 5.1.6
Activités permettant à la DINEPA de jouer son rôle dans la régulation du secteur EPA
Résultat 5.2
La DINEPA centrale réalise de façon performante ses mandats régaliens
GRA 5.2.1
Elaboration-Production textes et règlements du secteur (Code)
GRA 5.2.2
Définition Organisation, Fonctions, Fiches de postes de la DINEPA
GRA 5.2.3
Accompagnement du programme redéploiement et recrutements
GRA 5.2.4
Mobilisation budget de fonctionnement adéquat de la DINEPA
GRA 5.2.5
GRA 5.2.6
Renforcement équipements de bureau et de déplacements
Renforcement outils de programmation-budgétisation-suivi
Résultat 5.3
GRA 5.3.1
OREPAs ont acquis toute l'efficacité requise par leurs mandats
Elaboration de loi, définition Organisation, Fonctions, Fiches de postes OREPA
GRA 5.3.2
Mobilisation budget adéquat pour le personnel des OREPA
GRA 5.3.3
Mobilisation budget adéquat pour le fonctionnement des OREPA
GRA 5.3.4
Mobilisation budget adéquat pour l'équipement des OREPA
GRA 5.3.5
Renforcement outils de programmation-budgétisation-suivi
Résultat 5.4
GRA 5.4.1
GRA 5.4.2
GRA 5.4.3
GRA 5.4.4
Les gestionnaires des SAEP sont plus performants
Amélioration des statuts et textes régissant CTE, OP et CAEPA
Réalisation et mis à jour des business-plans des CTE, OP, CAEPA
Suivi et mis à jour des contrats entre OREPA et CTE, OP, CAEPA
Developpement outil de gestion et formation des CTE, CAEPA, OP
Act.2.3.4.1
Formation et accompagnement pour la mutation des CAEPA vers la professionnalisation
Act.2.3.4.2
Sélection et formation (technique et financière) des OP contractualisés
111
Act.2.3.4.3
Formation technique et financière des CTE
Act.2.3.4.4
Formation technique et financière des groupes communautaires de getion
Résultat 5.5
Les communes deviennent performantes dans le suivi du secteur
GRA 5.5.1
Prise en charge des rémunérations TEPAC pour le compte des communes
Act 5.5.1.1
Appui aux communes pour prise en charge progressive TEPAC
GRA 5.5.2
Renforcement des capacités des TEPAC
GRA 5.5.3
Appui conseil aux communes pour la gestion du patrimoine et des exploitants
Act 5.5.3.1
Act 5.5.3.2
GRA 5.5.4
Appui aux communes pour la mise à jour des inventaires et la priorisation des ouvrages
Appui aux communes gérant directement leurs SAEP
Formation personnels communaux et relais communautaires sur secteur EPA
Act.5.5.4.1
Identification de relais communataires dans chaque localité
Act.5.5.4.2
Elaboration d'un Programme de formation des personnels communes, des Casecs et des relais communautaires
(modules Eau et Assainissement)
Act.5.5.4.3
Formation des relais communautaires de chaque localité du pays (Rural + Urbain) CAEPA
Act.5.5.4.4
Rencontres périodiques d'échange et de promotion avec les élus et acteurs locaux sur les thématiques de
l'assainssement en vue d'améliorer les actions d'appui
Résultat 5.6
Performances des autres acteurs locaux du secteur progressent
GRA 5.6.1
Act.5.6.1.1
Développement d'une Filière des métiers de l'eau et assainissement
Formation d'animateurs de l'ingénierie sociale
Act.5.6.1.2
Formation de techniciens travaux (pour les différents types d'ouvrage)
Act.5.6.1.3
Formation de gestionnaires pour les différents systèmes (CTE, OP, STE, CAEPA, Associations pour la gestion
d'ouvrages, gestionnaires de toilettes publiques, etc)
112
Act.5.6.1.4
Formation de fontainiers et gestionnaires des pompes et kiosques
Act.5.6.1.5
Formation d'artisans maintenanciers
GRA 5.6.2
Appui conseil aux associations d'usagers
GRA 5.6.3
Suivi de l'application des bonnes pratiques par les gestionnaires et les usagers
Act.5.6.3.1
Organisation d'échantillons de ménages et enquête sur les bonnes pratiques Eau et Assanissement - Rapport
statistiques
Act.5.6.3.2
Suivi de l'application des bonnes pratiques par les responsables des lieux publics (tournées de contrôle)
113
Annexe 5 - 2018 : PHAN
Liste des indicateurs de l’évaluation des résultats pour l’eau potable et l’assainissement
114
Annexe 6 - 2022 : Actions prioritaires de la Revue sectorielle conjointe (RSC) à l’attention des
ministres
1. Mettre en place un Cadre Conjoint MTPTC / MARNDR / pour
l’institutionnalisation de la taxation des forages à fins de potabilisation – MDE
2. Développer le mécanisme de collaboration du prélèvement à la source pour financer
l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les institutions publiques à caractère
public – MEF
3. Etablir un cadre de partenariat collaboratif pour la diversification des ressources
financières, entre autres en accédant au Fonds vert pour le climat en lien avec les
programmes de reconstitution des ressources en eau – MEF
4. Produire un arrêté ministériel devant opérationnaliser le développement de pôle de
compétences intercommunal par arrondissement pour renforcer les municipalités sur
les compétences EPA – MICT
5. Instaurer une circulaire à très court termes incluant un pourcentage à appliquer au
CFPB pour le FDAL en commençant par – MICT
6. Etablir conjointement un référentiel métiers EPA adapté aux communes – MICT
7. Préparer un arrêté interministériel pour la fin de la défécation à l’air libre – MSPP
8. Insérer l’opérationnalisation du comité de révision du code d’hygiène dans les
actions prioritaires du Ministère de la Santé Publique et de la Population – MSPP
9. Etablir un partenariat pour la synchronisation des données ressources en eau et les
données eau potable assainissement – MTPTC
10. Valider et rendre opérationnel le Plan Hydraulique et d’Assainissement National
(PHAM) – MPTC
11. Créer une cellule au sein du Ministère des TPTC responsable de la coordination et
de la concertation des actions dans le cadre du développement des infrastructures de
voierie et de réseaux divers - MTPTC
12. Définir l’ODD 6 comme une priorité de l’Etat et s’engager à suivre toutes les
cibles afférentes sur une base annuelle - MPCE
13. Faire un communiqué conjoint conviant les exploitants privés de l’eau à
s’enregistrer dans le registre du Commerce, après l’autorisation du MDE – MCI
14. Opérationnaliser le protocole de partenariat entre le MDE et MENFP sur la
promotion de l’Education environnementale – MENFP
115
Annexe 7 - GLOSSAIRE
A
Accès à l'assainissement : Utilisation d'une installation sanitaire en tout sécurité et
intimité.
Accès à l'assainissement élémentaires non-amélioré: Utilisation d'une installation
d'assainissement non améliorée non partagée. Ceci est parfois appelé accès non amélioré.
Accès à l'assainissement limité: Utilisation des installations d'assainissement
améliorée partagées avec d'autres ménages.
Accès à l'assainissement amélioré : Utilisation d'une installation d'assainissement
améliorée, non partagée et l’excréta sont gérés en tout sécurité.
Accès amélioré à l'Eau Potable : Accès au service public d'eau potable d'un ménage
par une prise domiciliaire en tenant compte de la quantité et de la qualité de l'eau par
nombre de jour de desserte.
Accès de base ou élémentaire à l'Eau : L'accessibilité d'un ménage à un point d'eau
permanent à une distance inférieure ou égale à 500 mètres indépendamment de la
topographie de la zone.
Assainissement : Assainissement fait référence aux eaux usées et à la gestion des
excréta.
Accès de l’eau géré en toute sécurité : L’eau de boisson provenant d’une source
améliorée située sur le lieu d’habitation du ménage, disponible 24/7, exempte de
contamination de matières fécales (et des produits chimiques d’intérêt prioritaire)
(Définition JMP)
Accès d’assainissement géré en toute sécurité : L’utilisation des
installationsd’assainissement améliorésqui ne sont pas partagéespar plusieurs familles
et danslesquelles les excréta sontstockés et traités sur place ouacheminés et traités hors
site. (Définition JMP)
B
Blocs sanitaires : Installation assainissement publique intégré dans un espace public
comprenant des cabines de toilettes, de points de lavage des mains.
BPO : Le Budget Programme par Objectif est un outil de planification sectoriel vers
l'horizon de 2030
116
Branchement privé : Il s'agit de connexions privées à un SAEP canalisé vers la cour
ou vers le logement/ bâtiment. Ces connexions sont classées comme résidentielles,
commerciales ou institutionnelles.
Branchement résidentiel : Une connexion privée qui alimente un ménage en eau.
Branchement commercial : Une connexion qui alimente une entreprise en eau.
Branchement institutionnel : Une connexion qui alimente une institution en eau e.g.
l’église, l’école, centre de santé, la mairie, bureau étatique, etc.
C
Conformité de la chloration : Les exigences de qualité pour la ressource eau, destinée
à la production d’eau potable par rapport à l'utilisation du chlore comme agent de
destruction des germes pathogènes. Les limites acceptables de chlore résiduel sont
comprises entre (0,5 et 1 mg/l) pour les réseaux d'eau courante.
Conformité sanitaire : La vérification de chaque paramètre par rapport à des valeurs
limites à ne pas dépasser. Pour que la ressource eau soit qualifiée conforme, elle doit
satisfaire à des normes relatives aux paramètres organoleptiques (couleur, turbidité,
odeur, saveur), physico-chimiques (température, pH, etc.), microbiologiques
(coliformes fécaux et totaux, streptocoques fécaux, etc.) et à des substances indésirables
et toxiques (nitrates, nitrites, arsenic, plomb, hydrocarbures, etc.).
CTE : Centre Technique d’Exploitation est une structure de la gestion qui assure le
service public d'eau potable dans des zones ayant plus de 10000 habitants.
CTE-RMPP : Centre Technique d’Exploitation de la Région Métropolitaine de Portau-Prince assure le service public d'eau potable au niveau des communes de Port-auPrince, Delmas, Pétion Ville, Carrefour.
CPE : Comité Point d’Eau assure la gestion d’un point d’eau amélioré.
D
Défécation à l’Air Libre : population pratiquant la défécation à l'air libre
E
Eau Potable : Eau destinée à la consommation humaine sans risque pour la santé.
Espace Public : Lieu pouvant accueillir une grande quantité de personne pour une
activité donnée. Ce sont les établissements de Centre de santé, Écoles Nationale, Lycée,
Marchés publics et places publiques
117
État quantitatif des eaux souterraines : Volume d'eau extraire de la Nappe phréatique
pour une période donnée.
EMMUS : Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services
F
FDAL : Fin de Défécation A l’Air Libre. La population ne pratique plus la défécation
à l'air libre. Ce terme équivaut au terme WAKA (Watèatèkaba) en Haïti
Fosse septique : Réservoir destiné à recevoir les eaux usées ou les eaux ménagères.
Fournisseur de service : Une entité qui fournit un service EPA comprenant
l'approvisionnement en eau et la vidange et le traitement des boues. Le terme fait
référence aux entités de gestion responsables, et non à l'infrastructure qu'elles utilisent
pour fournir le service.
G
Gestion des SAEP : Les méthodes de gestion du SAEP (système d'eau courante)
comprennent CTE, CAEPA et OP. Ces gestionnaires peuvent déléguer la gestion des
points d'eau publics individuels à diverses entités dont les CPE ou une entité privée
(Kiosque).
Gestion des points d’eau : Les méthodes de gestion des points d'eau comprennent CPE,
CASEC, Aucune, et Autres (si la gestion est privée, par exemple église, école,
individuel, etc.). Les points d'eau peuvent également appartenir à des systèmes d'eau,
qui sont gérés par un CTE, CAEPA, OP. Les CPE n'ayant pas signé les statuts du CPE
avec la DINEPA sont considérés comme "Autres CPE".
I
Installations assainissement améliorées : Toilette à chasse, latrines ventilés respectant
l'intimité et la sécurité de la personne qui l'utilise.
Installations assainissement non améliorées : Latrines sans dalle (trou), Latrines non
ventilés
Installations sanitaires fonctionnelles : Dispositif par lequel toute personne (Adulte
femme et homme, enfant, handicapé) soulage ses intestins en tout intimité et sécurité.
Installation public (en eau) : Un point d'eau relié à un SAEP, qui permet l'accès public
à l'eau. Ceux-ci sont classés comme un kiosque ou une borne fontaine. Les kiosques
fournissent de l'eau au public moyennant des frais et les bornes fontaines fournissent de
l'eau gratuitement.
J
JMP : Joint Monitoring Programme, géré par l’OMS et UNICEF, est l’entité
responsable pour le suivi du secteur EPAH et ODD 6 (Eau potable, assainissement et
hygiène) au niveau international.
118
L
Lieu d'habitation : Résidence principale d’une famille traditionnelle ou un groupe de
personne sans liens de parenté.
Localité en cours : Une localité qui a été déclenché en WAKA/FDAL mais n’est pas
encore auto-déclaré WAKA (FDAL).
Localité auto-déclaré : Une localité qui déclaré qu'il a atteint le statut WAKA (FDAL),
mais il n'a pas encore été vérifié.
Localité vérifié WAKA (FDAL) : Une localité qui a été vérifié par le comité
communal qu'il répond à tous les critères WAKA selon la procédure décrite dans le
document « ACAT : Critère d'Évaluation et de Vérification des Localités (2016) ».
Localité certifié WAKA (FDAL) : A été certifié, 1 ans après vérification, par le comité
communal qu'il répond à tous les critères WAKA selon la procédure décrite dans le
document « ACAT : Critère d'Évaluation et de Vérification des Localités (2016) ».
Localité : N'a pas encore de définition officielle en Haïti, mais est utilisée comme unité
de mesure pour les interventions d'assainissement. En raison du manque de données, la
localisation des localités se fera dans différentes phases de sophistication. Les localités
englobent les termes habitation, zone, quartier.
M
119
Ménage : une personne ou un groupe de personnes :
• qui vivent ensemble dans le même logement / unité de logement (au moins 4
nuits par semaine),
• qui reconnaissent un homme adulte ou une femme en tant que chef de ménage,
• qui partage les mêmes conditions de vie,
• qui est considérée comme une unité, et
• qui sont apparentées ou non.
Les personnes non apparentées qui vivent et cuisinent ensemble des repas seraient
considérées comme formant un seul ménage.
Lorsqu'il y a plusieurs maisons situées dans la même cour ou un groupe de personnes
vivant ensemble dans le même logement, elles sont considérées comme un seul ménage
si elles partagent les mêmes conditions de vie. Sinon, ils doivent être comptés comme
des ménages séparés.
Les aides domestiques, les membres de la famille et les autres travailleurs qui vivent et
mangent dans le ménage doivent être inclus en tant que membres du ménage (même s'ils
passent le week-end ailleurs et restent avec le ménage le reste de la semaine).
Ménage desservie (en eau) : Nombre de ménages ayant accès au service public d'eau
potable dans son lieu d’habitation, dans un kiosque et/ou fontaine via un SAEP.
Mode d’utilisation du point d’eau : L'utilisation final de l'eau d'un point d'eau est soit
public, privé, agricole, soit l'eau non utilisée directement à partir du point. L'utilisation
d'un point est distincte du type de gestion d'un point. Par exemple, certains points d'eau
gérés de manière privée offrent un mode d'utilisation public pour la communauté en
général. En outre, certains SAEP gérés par CAEPA peuvent fournir des points d'eau
privés comme des branchements résidentielles, commerciales ou institutionnelles.
O
OREPA: Les Offices Régionaaux d’Eau Potable et d’Assainissement sont des entités
publiques relevant de la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement. Ils
sont maîtres d'ouvrage de tous les systèmes d'eau potable
P
Périmètres de Protection : Limite de l'espace réservé autour de la ressource eau utilisée
pour alimenter les systèmes d'approvisionnement en eau potable, où certaines activités
seront réglementées, voire interdites.
Périmètres de Protection immédiate : Un rayon de 30 mètres autour de la ressource
eau où les activités sont interdites afin de préserver la ressource en eau, en évitant des
pollutions chroniques ou accidentelles ; à l’exception de celles nécessaires à la survie et
à l’exploitation de la ressource.
120
Périmètres de Protection rapprochée : Un rayon de 50 mètres où les activités sont
restreintes afin d'empêcher la contamination des eaux souterraines par les pollutions
bactériennes d’origine fécale.
Prélèvement : Prise d'un échantillon en vue d'une analyse bactériologique et/ou
physico-chimique.
Point d'eau (PE) : Toute infrastructure où la population a accès à l'eau pour sa
consommation domestique.
Point d'eau amélioré : Points d'eau améliorés qui peuvent délivrer de l'eau salubre en
raison de leur conception et de leur construction. (Prises domiciliaires,
Kiosques/fontaines publiques, Puits protégés, Sources captées, Pompe à Motricité
Humaine ou Forage)
Point d’eau fonctionnel : Point d'eau donnant de l'eau chaque jour.
Population desservie : Population ayant accès au service public d'eau potable dans son
lieu d’habitation, dans un kiosque et/ou fontaine via un SAEP.
Population Totale : l'ensemble de la population d'un espace géographique donné.
Q
Qualité de l'eau : État de l’eau caractérisé par la non-présences de microorganismes.
La qualité de l’eau potable est donc contrôlée à tous les stades entre le milieu naturel et
le point d'eau.
R
Rural / Urbain : Au cours des phases de fondation et avancées de ce système, les
données de base seront définies comme Urbaines / Rurales en fonction de la section à
laquelle elles appartiennent.Pour simplifier ce processus, chaque section a été désignée
comme entièrement urbaine ou entièrement rurale. En raison des inexactitudes que cela
peut entraîner, une méthode plus sophistiquée sera adaptée pendant la phase intégrée du
système.
S
SAEP : Système d’approvisionnement en Eau Potable
121
SAEP en service : Le SAEP distribue de l’eau aux usagers
SAEP fonctionnel : SAEP fournissant de façon continue le service et en quantité
suffisante en période d'étiage (plus de 3600 litres par lieu d’habitation/mois).
SAEP partiellement fonctionnel : SAEP fournissant un service d'eau potable mais en
quantité non suffisante en période d'étiage (moins de 3600 litres par lieu
d’habitation/mois).
Service Continu : Disponibilité de l'eau en un point d'accès suivant un horaire préétabli.
Système de désinfection de l’eau : L'ensemble des dispositifs de traitement de l'eau
destiné à éliminer ou à inactiver tous les agents pathogènes avec usage du chlore.
Système de traitement de l’eau : L'ensemble des dispositifs utilisé pour l'élimination
de substances organiques dissoutes ou colloïdales des eaux, ayant pour objectif
l'amélioration du goût, de l'odeur ou de la couleur.
T
Toilettes : désigne l’installation assainissement privée ou publique où une personne
peut se soulager de ses déchets corporelles (urines, selles etc…).
U
Usages de l’eau : Utilisation de l’eau par l’être humain pour la consommation
domestique.
122