(FY2025) Rapò egzekisyon bidjetè jiska 31 mas 2025 (mitan ane, egzèsis 2024-2025)
Rezime — Rapò egzekisyon bidjetè mi-chemen CSCCA pou egzèsis fiskal 2024-2025 (jiska 31 mas 2025), ki jwenn yon solid bidjetè aparan 18,80 milya HTG, ki soti sitou nan yon fèb egzekisyon depans kapital ak envestisman olye yon jesyon bidjetè solid.
Dekouve Enpotan
- Resous total 120,62 milya HTG kolekte (to egzekisyon 37,29 %) kont yon bidjè inisyal 323,44 milya HTG.
- Depans total 101,82 milya HTG (to egzekisyon 31,48 %), ki pwodwi yon solid ki parèt eksedan 18,80 milya HTG.
- Depans pwogram ak pwojè (envestisman) egzekite sèlman 17,36 %, sitou akoz non-mobilizasyon finansman deyò yo te pwomèt.
- Pa gen finansman monetè BRH te bay Trezò pandan peryòd la.
- Rapò egzekisyon an pa bay okenn done sou aryere entèn Leta dwe founisè ak founisè sèvis.
Deskripsyon Konple
Rapò CSCCA sa a egzamine egzekisyon mi-chemen bidjè egzèsis fiskal 2024-2025 (oktòb 2024 rive 31 mas 2025), sou baz yon bidjè inisyal 323,44 milya HTG, ki ogmante konsiderableman parapò ak bidjè rektifikatif ane anvan an (254,82 milya HTG). Resous total kolekte te rive 120,62 milya HTG (to egzekisyon 37,29 %), pandan ke depans total otorize yo te rive 101,82 milya HTG (to egzekisyon 31,48 %), sa te pwodwi yon solid ki parèt pozitif 18,80 milya HTG. Lakou a konsidere ekseden sa a kòm yon sous enkyetid olye se yon siy bòn jesyon, paske li soti sitou nan yon fèb egzekisyon depans pwogram ak pwojè (sèlman 17,36 % egzekite) akoz non-mobilizasyon finansman deyò donatè bilateral ak miltilateral yo te pwomèt, nan yon moman kote ekonomi Ayiti bezwen envestisman dirab. Rapò a note tou ke pa gen finansman monetè BRH te bay Trezò pandan peryòd la, yon siy pozitif konsidere lyen istorik ant finansman monetè, depresyasyon lajan, ak enflasyon, men li siyale ke rapò egzekisyon an pa bay okenn done sou aryere entèn Leta dwe founisè ak founisè sèvis.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux
Administratif
CSCCA
Rapport d’exécution budgétaire
Au 31 mars 2025
Exécution du Budget 2024-2025
1
TABLE DES MATIÈRES
SIGLES ET ABRÉVIATIONS 2
INTRODUCTION GÉNÉRALE 3
Cadre juridique 3
Objectifs du rapport et méthodologie 4
I. CONTEXTE DE L’EXÉCUTION DU BUDGET 5
I.1. Contexte international 5
I.2. Contexte national 7
II. DES RESSOURCES BUDGÉTAIRES 8
II.1. Ressources domestiques 8
II.2. Dons et financements internes et externes 10
III. EXÉCUTION DES DÉPENSES BUDGÉTAIRES 12
III.1. Dépenses courantes 12
III.2. Dépenses de capital 14
IV. PRINCIPAUX CONSTATS DE LA COUR 16
IV.1. Par rapport à la conformité du rapport soumis par le MEF 16
IV.2. Par rapport aux ressources 17
IV.3. Par rapport aux dépenses 18
IV.4. Autres constats 19
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS 20
ANNEXES 22
Exécution du Budget 2024-2025
2
SIGLES ET ABRÉVIATIONS
AGD Administration Générale des Douanes
BID Banque Interaméricaine de Développement
BM Banque Mondiale
BRH Banque de la République d’Haïti
CNSA Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire
CSCCA Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
DGI Direction Générale des Impôts
FED Réserve Fédérale Américaine
ICAE Indicateur Conjoncturel d’Activité Économique
IPC Indice des Prix à la Consommation
IHSI Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
LEELF Loi sur le processus d’Élaboration et d’Exécution des Lois de Finances
MEF Ministère de l’Économie et des Finances
PIP Programme d’Investissement Public
TEREDA Tableau des Recettes Encaissées et des Dépenses Autorisées
Exécution du Budget 2024-2025
3
INTRODUCTION GÉNÉRALE
1. Ce rapport porte sur le « Rapport d’exécution du budget 2024-2025 au 31
mars 2025 », soumis par le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF).
Sa préparation par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux
Administratif (CSCCA) répond aux prescriptions de la Constitution d’Haïti et
des lois de la République. La section suivante expose les principaux textes
juridiques régissant son élaboration.
Cadre juridique
2. Les attributions de la Cour en matière d’élaboration et d’exécution des lois
de finances reposent sur divers textes juridiques, dont les plus importants
sont :
● La Constitution du 29 mars 1987, qui habilite la Cour à se prononcer
sur la situation financière du pays ainsi que sur l’efficacité des
dépenses publiques.
● Loi du 10 juin 2009 fixant les règles générales relatives aux marchés
publics et aux conventions de concession d’ouvrage de service
public.
● La Loi du 4 mai 2016, remplaçant le décret du 16 février 2005 sur le
processus d’élaboration et d’exécution des lois de finances (LEELF).
● Le Décret du 4 octobre 1984 créant le Fonds d’Investissement Public
(FIP).
● Le Décret du 23 novembre 2005 établissant l’organisation et le
fonctionnement de la Cour Supérieure des Comptes et du
Contentieux Administratif.
Exécution du Budget 2024-2025
4
● Le Décret du 29 janvier 2016 établissant les procédures et les
modalités nécessaires pour la formulation et la gestion du
Programme d’Investissement Public.
● L’Arrêté du 17 septembre 1985 définissant les modalités d’application
du Décret du 4 octobre 1984 créant le Fonds d’Investissement Public
(FIP).
● L’Arrêté du 16 février 2005 portant règlement général de la
Comptabilité publique.
● L’Arrêté du 25 mai 2012 fixant les seuils pour la passation des marchés
publics et les seuils d'intervention de la Commission Nationale des
Marchés Publics (CNMP) selon la nature des marchés.
● L’Arrêté du 22 janvier 2016 fixant les modalités d’inscription d’un
projet au Programme d’Investissement Public.
Objectifs du rapport et méthodologie
3. Ce rapport, qui précède le Rapport sur la Situation Financière du Pays et
sur l’Efficacité des Dépenses Publiques (RSFPEDP) de l’exercice fiscal 2024-
2025, a pour finalité principale l’analyse de l’exécution budgétaire de la
période considérée. De manière spécifique, la Cour vise à :
● Apprécier le niveau d’exécution du budget 2024-2025 au 31 mars
2025 ;
● Vérifier la conformité du rapport présenté par le MEF sur l’exécution
budgétaire par rapport aux lois de la République ;
● Formuler des recommandations en vue d’améliorer la gestion
budgétaire à venir.
Exécution du Budget 2024-2025
5
4. Pour réaliser ce travail, la Cour adopte une démarche à la fois descriptive
et analytique.
Dans un premier temps, les ressources budgétaires – prévues et
effectivement mobilisées – sont examinées en tenant compte des
différentes sources de financement inscrites au budget. Ensuite, la CSCCA
rappelle les prévisions de dépenses et évalue leur exécution selon leur
nature (dépenses courantes et dépenses en capital). Un accent particulier
est mis sur les dépenses d’investissement relatives aux programmes et
projets mis en œuvre dans les domaines économique, politique, culturel et
social.
5. Par ailleurs, à travers ce rapport, la Cour se prononce sur le contenu du
rapport fourni par le MEF. Les constats portent principalement sur la
conformité du document soumis et sur l’exécution globale du budget.
6. Les données utilisées proviennent essentiellement du rapport du MEF sur
l’exécution budgétaire, notamment du Tableau d’Exécution des Recettes
Encaissées et des Dépenses Autorisées (TEREDA) annexé audit rapport.
I. CONTEXTE DE L’EXÉCUTION DU BUDGET
I.1. Contexte international
7. Le budget 2024-2025 est exécuté dans un environnement économique
mondial marqué par une croissance modérée et hétérogène. Les
dynamiques économiques diffèrent fortement entre les régions, ce qui se
traduit par une reprise encore fragile après les perturbations successives de
la pandémie de COVID -19 et géopolitiques persistantes, ainsi que des
déséquilibres structurels dans certaines grandes économies.
Exécution du Budget 2024-2025
6
8. Selon les prévisions publiées au mois de janvier 2025 par le Fonds monétaire
international (FMI), le taux de croissance mondiale devrait atteindre 3.3 %
en 2025, un niveau inférieur à la moyenne historique de 3.7 % enregistrée
sur la période 2000-2019.
9. L’inflation mondiale, de son côté, poursuit une tendance baissière, avec
une prévision de 4.2 % en 2025. Cette amélioration reflète les effets
conjugués du repli des prix de l’énergie, de l’assouplissement progressif des
conditions monétaires dans certaines grandes économies, ainsi que de la
stabilisation partielle des chaînes d’approvisionnement. Cependant, des
écarts importants subsistent : les pays avancés, en particulier en Europe et
en Amérique du Nord, connaissent une désinflation plus rapide grâce au
resserrement de leurs politiques monétaires, tandis que de nombreux pays
émergents restent confrontés à des pressions inflationnistes persistantes.
10. En parallèle, le climat économique mondial reste fragilisé par des tensions
commerciales et financières. Les politiques protectionnistes des États-Unis
constituent selon le FMI un risque majeur pour la croissance mondiale. Ces
mesures protectionnistes peuvent non seulement freiner les échanges
internationaux, mais aussi accentuer les divisions entre blocs économiques,
ralentir l’intégration des marchés émergents et limiter la circulation des
capitaux et des technologies.
11. En résumé, l’économie mondiale à l’horizon 2025 devrait évoluer dans un
contexte de croissance modérée et inégale, avec une inflation
globalement en recul mais encore contrastée selon les régions. Les
incertitudes liées aux tensions géopolitiques, aux politiques protectionnistes
et aux déséquilibres internes de certaines grandes économies demeurent
des facteurs de vulnérabilité pour les perspectives de croissance à moyen
terme.
Exécution du Budget 2024-2025
7
I.2. Contexte national
12. À l’échelle nationale, l’exécution du budget s’inscrit dans un climat
particulièrement difficile, marqué par une détérioration continue des
conditions socio-économiques, largement imputable à la persistance de la
crise sécuritaire qui sévit dans le pays. Les violences armées, le climat
d’insécurité généralisée et l’effritement des institutions publiques ont
profondément fragilisé l’environnement macroéconomique et social,
réduisant considérablement les marges de manœuvre de l’État pour
soutenir la croissance et répondre aux besoins essentiels de la population.
13. La crise prolongée dans laquelle le pays se trouve exerce une pression
considérable sur l’ensemble des secteurs productifs. Selon les données de
l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), tirées de l’Indice
Conjoncturel des Activités Économiques (ICAE), les performances de
l’économie nationale affichent des résultats négatifs en glissement annuel,
avec une contraction de –2.5 % au premier trimestre et de –2.6 % au
deuxième trimestre de l’exercice fiscal 2024-2025. Ces reculs traduisent une
perte de dynamisme généralisée, aggravée par une inflation de 25.2 % en
mars 2025, qui érode considérablement le pouvoir d’achat des ménages
et accentue la vulnérabilité économique des foyers.
14. Sur le plan social, la crise sécuritaire, amplifiée par la violence des groupes
criminels, entraîne une aggravation sans précédent de la situation
humanitaire. Le dernier rapport de l’Organisation Internationale pour les
Migrations (OIM), publié en mars 2025, a fait état de près d’un million de
déplacés répartis à travers le pays. Ces déplacements forcés génèrent une
pression énorme sur les ressources locales déjà limitées, fragilisent les
structures familiales et accroissent la dépendance vis-à-vis de l’aide
humanitaire.
Exécution du Budget 2024-2025
8
15. En conséquence, les conditions de vie de la population se dégradent à un
rythme accéléré, avec un impact particulièrement sévère sur les segments
les plus vulnérables. Les femmes, enfants, personnes âgées et ménages à
faibles revenus sont sans doute parmi les plus concernés. La combinaison
d’une économie en récession, d’une inflation galopante et d’un climat
sécuritaire instable crée un cercle vicieux qui entrave les efforts de
redressement et compromet sérieusement les perspectives de stabilité et
de développement du pays à moyen terme.
II. DES RESSOURCES BUDGÉTAIRES
16. Le budget initial de l’exercice fiscal 2024-2025 prévoyait un montant global
de 323.44 milliards de gourdes, soit une augmentation notable par rapport
aux projections du budget rectificatif de l’exercice précédent (254.82
milliards de gourdes). Cette hausse traduit une volonté de renforcer la
capacité de mobilisation des ressources publiques afin de financer les
priorités de l’État dans un contexte économique et social difficile.
17. Les ressources budgétaires encaissées, au 31 mars de l’exercice 2024-2025,
s’élèvent à 120.62 milliards de gourdes, soit un taux de réalisation de
37.29%. Ce niveau de ressources encaissées représente une augmentation
de 28.08% par rapport à l’exercice précédent. Malgré les progrès, les
objectifs en termes de mobilisation de ressources du Gouvernement, toutes
choses égales par ailleurs, n’ont pas été atteints sur la période considérée
puisque la réalisation n’a pas atteint 50% à la mi-temps.
II.1. Ressources domestiques
18. Au 31 mars 2025, soit à mi-parcours de l’exercice fiscal 2024-2025, les
ressources domestiques (ou recettes courantes) encaissées par le Trésor
public se sont élevées à 97.96 milliards de gourdes, contre une prévision de
215.69 milliards de gourdes pour l’exercice. Elles représentent ainsi 45.42 %
Exécution du Budget 2024-2025
9
du total prévu et constituent la principale source de financement du
budget national. Comme pour les exercices antérieurs, les autres « voies et
moyens » prévus dans le budget (dons et financements) ont contribué de
manière plus limitée à la réalisation globale des ressources publiques.
19. Les recettes domestiques mobilisées entre octobre 2024 et mars 2025
traduisent une progression notable par rapport à la même période de
l’exercice précédent. En effet, elles affichent une hausse de 17.50 % par
rapport au niveau constaté au 31 mars 2024 (83,37 milliards de gourdes),
soit une augmentation absolue de 14.59 milliards de gourdes.
20. Les ressources domestiques se composent principalement des recettes
internes, des recettes douanières, des recettes pétrolières ainsi que d’autres
ressources domestiques. Les recettes internes ont atteint 37.63 milliards de
gourdes, soit 42.50 % du total des recettes courantes.
21. Comparées à l’exercice précédent (33.96 milliards de gourdes), les
ressources domestiques enregistrent donc une hausse de 3.67 milliards de
gourdes en valeur absolue, traduisant un avancement de la performance
dans la mobilisation fiscale intérieure.
22. Les recettes douanières se sont chiffrées à 44.90 milliards de gourdes,
représentant 44.54 % des recettes domestiques totales. Elles progressent de
16.20 % par rapport à 2024 (38.64 milliards de gourdes), ce qui témoigne
d’une amélioration des mécanismes de recouvrement et d’un contrôle
accru des importations.
23. Les recettes pétrolières ont totalisé 15.27 milliards de gourdes. Elles
connaissent ainsi une forte progression de 42.87 % en glissement annuel,
comparées aux 10.69 milliards encaissés au 31 mars 2024. Cette hausse
Exécution du Budget 2024-2025
10
reflète notamment la combinaison de l’évolution des prix internationaux et
d’un renforcement des dispositifs de perception des droits pétroliers.
24. Enfin, les autres ressources domestiques se sont limitées à 0.16 milliard de
gourdes, contribuant faiblement aux recettes courantes. Cette
contribution demeure marginale, confirmant leur faible poids structurel
dans la composition des ressources nationales.
Figure 1 : Répartition des composantes des recettes courantes au 31 mars 2025
Source : Réalisée à partir des données du TEREDA
II.2. Dons et financements internes et externes
25. Les dons et financements internes et externes constituent, aux côtés des
ressources domestiques, les autres « voies et moyens » de mobilisation
prévus dans le budget 2024-2025. Contrairement à l’exercice précédent
où leur apport était resté marginal, les données arrêtées au 31 mars 2025
indiquent qu’ils ont contribué de manière plus significative à la réalisation
globale des ressources.
38%
46%
16%
0%
Recettes Internes
Recettes douanières
Recettes pétrolières
Autres domestiques (Divers)
Exécution du Budget 2024-2025
11
26. En effet, les dons reçus se sont élevés à 18.41 milliards de gourdes, contre
une prévision de 78.66 milliards, soit un taux de réalisation de 23.41 % à la
mi-période. À noter que ces ressources sont constituées exclusivement
d’aides aux projets provenant de la Banque Interaméricaine de
Développement (BID) et de la Banque Mondiale (BM).
27. Quant aux financements, ils se sont établis à 4.25 milliards de gourdes au
31 mars 2025, sur une prévision de 29.10 milliards, soit un taux de réalisation
de 14.61 %. Par rapport à l’exercice précédent (4.21 milliards de gourdes),
ils demeurent relativement stables, avec une légère variation positive de
0.04 milliard de gourdes. Ces financements proviennent principalement
des émissions de Bons du Trésor, qui ont totalisé 4.23 milliards de gourdes,
représentant 26.11 % des prévisions, tandis que les autres instruments
financiers de l’État (emprunts auprès de la BRH ou financements divers)
n’ont pas enregistré de mobilisation significative sur la période.
28. En résumé, au 31 mars 2025, les dons et financements ont atteint un
montant cumulé de 22.66 milliards de gourdes, en forte amélioration par
rapport à l’exercice précédent. Toutefois, malgré cette progression, leur
poids reste encore limité par rapport aux prévisions initiales, ce qui traduit
la persistance de difficultés structurelles dans la mobilisation de ressources
extérieures et dans le recours aux instruments financiers internes.
Exécution du Budget 2024-2025
12
III. EXÉCUTION DES DÉPENSES BUDGÉTAIRES
29. Au 31 mars 2025, les dépenses budgétaires totales autorisées par le
Gouvernement se sont élevées à 101.82 milliards de gourdes, sur des
prévisions totales de 323.44 milliards de gourdes. Le taux d’exécution des
dépenses de l’exercice s’est donc établi à 31.48 %. Par rapport à l’exercice
2023-2024, les dépenses autorisées ont augmenté de 33.59 % en termes
relatifs, traduisant une progression de l’effort de décaissement public
malgré un niveau d’exécution global encore faible.
III.1. Dépenses courantes
30. Les prévisions de dépenses courantes pour l’exercice 2024-2025 étaient de
l’ordre de 175.50 milliards de gourdes. Au 31 mars 2025, les dépenses
courantes autorisées se sont élevées à 75.44 milliards de gourdes, soit une
exécution de 42.99 %. Ces dépenses affichent une progression de 23.98 %
en glissement annuel par rapport aux 60.85 milliards de gourdes de
l’exercice précédent.
31. Les dépenses courantes ont constitué la part la plus importante des
dépenses totales autorisées par le Gouvernement à la date de clôture du
trimestre. Elles ont représenté 74.07 % des dépenses totales, contre 25.93 %
pour les dépenses de capital.
32. Les dépenses de personnel ont constitué la composante la plus importante
des dépenses courantes, atteignant 44.62 milliards de gourdes, soit un taux
d’exécution de 48.23 % par rapport à des prévisions de 92.53 milliards de
gourdes. Elles représentent à elles seules plus de la moitié des dépenses
courantes.
Exécution du Budget 2024-2025
13
33. Les dépenses en biens et services se sont établies à 21.85 milliards de
gourdes, sur des prévisions de 57.57 milliards, soit un taux d’exécution de
37.96 %. Comparativement à l’exercice précédent (16.91 milliards), elles
enregistrent une hausse de 29.22 %.
34. Pour la composante « transferts et subventions », les dépenses exécutées
au 31 mars 2025 s’élèvent à 8,27 milliards de gourdes, pour des prévisions
annuelles de 24,17 milliards, soit un taux d’exécution intermédiaire de 34,22
%. À mi-période, ces dépenses affichent néanmoins une progression
notable de 46,56 % par rapport au niveau enregistré au 31 mars 2024 (5,64
milliards), traduisant une accélération relative de l’exécution de ce poste.
35. En ce qui concerne les intérêts de la dette, les dépenses se sont chiffrées
à 0.69 milliard de gourdes contre des prévisions de 1.23 milliard, soit un taux
d’exécution de 56.49 %. Elles ont diminué de 20.51 % en comparaison avec
l’exercice précédent (0.87 milliard).
Figure 3 : Taux d'exécution des composantes des dépenses courantes au 31 mars 2025
Source : Réalisée à partir des données du TEREDA
48.23%
37.96%
34.22%
56.49%
0.00%
10.00%
20.00%
30.00%
40.00%
50.00%
60.00%
Dépenses du personnels Dépenses biens et
services
Quote part et subventions Intéret de la dette
Exécution du Budget 2024-2025
14
III.2. Dépenses de capital
36. Au 31 mars 2025, les dépenses de capital exécutées se sont élevées à 26,38
milliards de gourdes, pour des prévisions annuelles de 147,95 milliards, soit
un taux d’exécution de 17,83 %. Comparativement à la même période de
l’exercice 2023-2024, où les dépenses de capital étaient de 15,37 milliards,
elles enregistrent une progression en glissement annuel de 71,61 %, soit plus
de 11,01 milliards de gourdes.
37. La composante Programmes et Projets, principale composante des
dépenses de capital, a atteint 21,03 milliards de gourdes au 31 mars 2025,
pour des prévisions de 121,12 milliards, correspondant à un taux
d’exécution de 17,36 %. En comparaison avec les 8,13 milliards exécutés
au 31 mars 2024, cette composante affiche une augmentation
substantielle de 158,64 %, soit près de 12,90 milliards de gourdes.
38. Les dépenses de capital financées par le Trésor public ont atteint 2,59
milliards de gourdes au 31 mars 2025, pour des prévisions de 29,57 milliards,
soit un taux d’exécution de 8,77 %. Elles progressent par rapport au 1,53
milliard exécuté au 31 mars 2024, représentant une hausse de 69,06 %, soit
1,06 milliard de gourdes.
39. La composante Emprunts et dons s’est établie à 18,41 milliards de gourdes
au 31 mars 2025, pour des prévisions de 78,66 milliards, soit un taux
d’exécution de 23,41 %. Comparée aux 6,60 milliards exécutés au 31 mars
2024, elle enregistre une très forte augmentation de 179,12 %.
40. Les dépenses d’immobilisation ont totalisé 0,51 milliard de gourdes au 31
mars 2025, pour des prévisions de 4,45 milliards, soit un taux d’exécution
intermédiaire de 11,47 %. Elles restent modérées, mais progressent par
Exécution du Budget 2024-2025
15
rapport au 0,34 milliard exécuté au 31 mars 2024, soit une hausse de 52,30
% (plus de 0,17 milliard).
41. L’amortissement de la dette a atteint 4,84 milliards de gourdes au 31 mars
2025, sur des prévisions de 22,38 milliards, soit un taux d’exécution de 21,63
%. Par rapport à la même période de l’exercice 2023 -2024, où
l’amortissement s’élevait à 6,91 milliards, il a accusé une diminution de
29,91 %, soit –2,07 milliards, traduisant un ralentissement du rythme de
remboursement.
Figure 4 : Taux d'exécution des composantes des dépenses de capital au 31 mars 2025
Source : Réalisée à partir des données du TEREDA
17.36%
11.47%
21.63%
0.00%
5.00%
10.00%
15.00%
20.00%
25.00%
Programmes et projets Immobilisation Ammortissement de la
Dette
Exécution du Budget 2024-2025
16
IV. PRINCIPAUX CONSTATS DE LA COUR
IV.1. Par rapport à la conformité du rapport soumis par
le MEF
42. Le « RAPPORT d’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE 2024 -2025 » transmis par le
Ministère de l’Économie et des Finances (MEF) ne respecte pas les
dispositions établies par la Loi du 4 mai 2016 remplaçant le Décret du 16
février 2025 sur le processus d’élaboration et d’exécution des lois de
finances (LEELF).
43. Selon l’article 96 de la LEELF, « le Ministère chargé des finances doit
présenter au Parlement, dans un délai de quinze (15) jours après la clôture
de chaque trimestre, un rapport sur les Comptes Généraux ainsi que sur
l’état d’exécution de la loi de finances ». De plus, l’article 56 alinéa b de
cette loi précise les différents éléments constitutifs du Compte Général, à
savoir :
● La balance générale des comptes de l’État.
● Le compte de résultat.
● Le bilan et ses annexes, à défaut d’un état des actifs et des passifs
financiers.
● Un tableau de flux de trésorerie.
● Un état de développement des recettes et des dépenses
budgétaires.
● Une évaluation des engagements hors bilan de l’État.
44. Le « RAPPORT D’EXÉCUTION BUDGÉTAIRE 2024-2025 » publié par le MEF rend
compte de l’exécution du budget 2024-2025. Toutefois, il ne correspond
pas à un rapport sur les Comptes Généraux, comme l’exige la loi. En effet,
Exécution du Budget 2024-2025
17
les informations essentielles relatives aux Comptes Généraux ne sont pas
intégrées dans le document transmis par le Ministère.
IV.2. Par rapport aux ressources
45. Au 31 mars 2025, les ressources domestiques encaissées par le Trésor public
s’élèvent à 97.96 milliards de gourdes, soit 45,42 % des prévisions annuelles
(215.69 milliards). À ce stade de l’exercice, ce niveau d’exécution ne
permet pas encore de conclure à une sous -performance, certaines
catégories de recettes présentant une saisonnalité marquée qui affecte
leur rythme d’encaissement.
46. La Cour note néanmoins une progression appréciable par rapport à
l’exercice précédent. En effet, les recettes domestiques enregistrées
affichent une augmentation de 17.50 % en glissement annuel, soit 14.59
milliards de gourdes supplémentaires par rapport à la même période de
2023-2024 (83.37 milliards). Cette évolution est saluée par la CSCCA, mais
elle souligne que les résultats restent encore en deçà du potentiel attendu.
47. En analysant la structure des recettes domestiques, la CSCCA relève
plusieurs dynamiques contrastées : Les recettes internes se sont établies à
37.63 milliards de gourdes, en légère hausse par rapport à l’exercice
antérieur (33.96 milliards). Cette tendance traduit un renforcement de la
mobilisation fiscale intérieure et interpelle sur l’efficacité des mécanismes
de collecte au niveau national.
48. Les recettes douanières ont atteint 44.90 milliards de gourdes, enregistrant
une hausse de 16.20 % par rapport à 2023-2024 (38.64 milliards). Cette
performance au premier semestre de l’exercice témoigne d’une
amélioration des contrôles aux frontières et d’un renforcement du
recouvrement par l’Administration Générale des Douanes (AGD).
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49. Les recettes pétrolières se sont chiffrées à 15.27 milliards de gourdes, soit
une croissance remarquable de 42.87 % par rapport aux 10.69 milliards
encaissés l’année précédente. Cette progression résulte à la fois de la
hausse des prix internationaux et d’une meilleure efficacité dans la
perception des droits pétroliers.
50. En définitive, la CSCCA constate que, bien que les recettes douanières et
pétrolières affichent une évolution positive, un taux de réalisation global de
45,42 % à mi-parcours laisse entrevoir la possibilité d’écarts potentiels entre
les prévisions et la capacité réelle de mobilisation des ressources. Un niveau
d’exécution inférieur à 50 % à ce stade de l’exercice peut en effet signaler
un risque de non-atteinte des objectifs annuels, ce qui serait susceptible de
soulever des questions de sincérité budgétaire et d’interroger le réalisme
des hypothèses de recettes inscrites dans la loi de finances 2024-2025.
IV.3. Par rapport aux dépenses
51. Au 31 mars 2025, les dépenses totales exécutées par le Gouvernement se
sont établies à 101.82 milliards de gourdes, alors que les recettes encaissées
se chiffraient à 120.62 milliards de gourdes. Il en ressort un solde budgétaire
positif de 18.80 milliards de gourdes. À première vue, ce résultat pourrait
laisser croire à une gestion rigoureuse et prudente des finances publiques.
Toutefois, la CSCCA considère ce constat comme préoccupant.
52. L’analyse détaillée du rapport d’exécution du MEF révèle en effet que ce
solde positif découle principalement d’une sous-exécution prononcée des
dépenses d’investissement. Au 31 mars 2025, les dépenses de
fonctionnement affichent un taux d’exécution de 42,99 %, tandis que les
dépenses de programmes et projets n’atteignent que 17,36 %, traduisant
un niveau d’exécution particulièrement faible.
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53. Cette situation s’explique notamment par la non -mobilisation des
financements externes annoncés par plusieurs bailleurs bilatéraux et
multilatéraux. En l’absence de ces ressources, le Gouvernement a dû
s’appuyer quasi exclusivement sur les recettes domestiques, lesquelles
demeurent insuffisantes pour soutenir la programmation d’investissement
prévue. Par conséquent, un nombre important de projets et actions
stratégiques sont restés non exécutés ou fortement retardés.
54. En somme, la Cour réitère sa préoccupation face au faible niveau
d’exécution des dépenses de programmes et projets. Elle rappelle que
l’économie haïtienne, fragilisée par des crises successives, requiert
urgemment des investissements soutenus et durables. Or, seule une
politique budgétaire, orientée vers le renforcement des infrastructures et
des capacités productives, pourra créer les conditions d’une relance
économique viable.
IV.4. Autres constats
55. D’après les informations présentées par le MEF dans son rapport sur
l’exécution du budget 2024-2025, au 31 mars 2025, aucun financement
monétaire n’a été accordé par la BRH au Trésor public. La Cour considère
ce fait comme un élément positif, puisque, traditionnellement en Haïti, le
recours au financement monétaire entraîne une dépréciation de la
monnaie nationale et une augmentation de l’inflation.
56. Le rapport d’exécution ne fournit pas d’informations précises sur les arriérés
intérieurs de l’État vis-à-vis de ses fournisseurs et prestataires. Or, ces arriérés
constituent un élément essentiel de la gestion budgétaire, car ils pèsent sur
la crédibilité de l’État et fragilisent le secteur privé.
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PRINCIPALES RECOMMANDATIONS
Les observations majeures amènent la CSCCA à faire au Gouvernement un
ensemble de recommandations :
57. Veiller à ce que les rapports trimestriels d’exécution budgétaire respectent
scrupuleusement les dispositions de la Loi du 4 mai 2016 remplaçant le
décret du 16 février 2005 sur le processus d’élaboration et d’exécution des
lois de finances (LEELF).
58. Au regard du faible taux de réalisation des recettes domestiques observé
au 31 mars 2025 (45,42 % des prévisions annuelles), ainsi que des écarts
significatifs constatés au sein de plusieurs catégories de recettes, il serait
bien indiqué d’intensifier les actions de mobilisation des ressources
publiques, tant à l’AGD qu’à la DGI. Le niveau de réalisation à mi-parcours,
inférieur à 50 %, suggèrerait un risque de non-atteinte des objectifs fixés sur
l’année. Le renforcement des dispositifs de contrôle, de recouvrement et
de lutte contre la fraude apparaît essentiel pour améliorer la performance
des régies financières et garantir la disponibilité des ressources nécessaires
au financement du budget national.
59. Accorder une plus grande célérité aux négociations menées avec les
partenaires bilatéraux et multilatéraux, dans le but de garantir la
concrétisation effective des appuis financiers inscrits au budget national.
60. Maintenir une répartition plus équilibrée entre les dépenses courantes et
les investissements publics, en s’assurant que ces derniers ne soient pas
compromis au profit des seules charges de fonctionnement.
61. Mettre en avant, dans les choix budgétaires, les projets et programmes à
vocation sociale, en particulier ceux du Programme d’Investissement
Public (PIP), afin de répondre efficacement aux besoins pressants des
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catégories les plus vulnérables, dans un contexte marqué par une situation
sociale alarmante.
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ANNEXES
1. Rapport d’Exécution du Budget 2024-2025.
2. Décret établissant le Budget de l’exercice fiscal 2024-2025.
3. Loi sur l’Élaboration et l’Exécution des Lois de Finances (LEELF).
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