(2026) Rapport sur la mise en œuvre de la réforme des finances publiques d’Octobre 2025 à Mars 2026
Resume — Ce rapport semestriel évalue les progrès des réformes des finances publiques en Haïti d'octobre 2025 à mars 2026, en se concentrant sur six secteurs clés. Malgré une coopération internationale significative et de nombreuses initiatives, les résultats globaux restent mitigés en raison de contraintes budgétaires persistantes, de l'insécurité et de retards procéduraux. Le rapport met en lumière les efforts de mobilisation des ressources, de modernisation statistique et de réforme budgétaire.
Constats Cles
- Résultats mitigés dans la réforme des finances publiques malgré l'augmentation des initiatives du PReGeFiP, d'Expertise France et de STREAMS.
- Retards dans l'opérationnalisation des réformes clés comme le budget-programme et le marquage budgétaire climat/genre en raison de contraintes procédurales, contextuelles et politiques.
- Progrès significatifs dans la préparation de la mise en œuvre du Code Général des Impôts et la modernisation des systèmes d'information fiscaux (RMS) avec l'appui d'Expertise France.
- Défis liés à l'interconnexion des systèmes et à la fonctionnalité effective du paiement en ligne, entravant la réduction des délais de dédouanement.
- Efforts continus de l'État pour recruter des comptables publics et optimiser le paiement en ligne, malgré l'austérité budgétaire et les préoccupations sécuritaires.
Description Complete
Ce rapport de la Commission de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance Économique (CRFP-GE) présente une évaluation semestrielle des initiatives de réforme des finances publiques en Haïti d'octobre 2025 à mars 2026. Il évalue la mesure dans laquelle les objectifs du Plan d'Actions Prioritaires (PAP) 2024/2026 et des programmes de coopération internationale spécifiques ont été atteints dans six secteurs de réforme. Le document reconnaît un contexte de fortes contraintes budgétaires, d'instabilité persistante et d'insécurité généralisée affectant les capacités de gestion publique depuis 2018/19, particulièrement dans les départements de l'Ouest, de l'Artibonite, du Centre et du Sud-Est.
Malgré ces défis, le rapport détaille de nombreuses initiatives soutenues par des partenaires tels que le PReGeFiP, Expertise France, STREAMS, le FMI et l'ONUDC, axées sur la mobilisation des ressources internes, la modernisation statistique, la réforme budgétaire et de la planification, la gestion de la trésorerie et de la comptabilité publique, le contrôle budgétaire, la transparence, la lutte contre la corruption et les systèmes d'information de l'État. Bien que des progrès aient été réalisés, notamment dans la préparation de la mise en œuvre du code fiscal et la modernisation des systèmes fiscaux, de nombreuses activités sont confrontées à des retards d'opérationnalisation en raison d'obstacles procéduraux, institutionnels et politiques. Le rapport souligne la nécessité d'accélérer la mise en œuvre, d'opérationnaliser efficacement les réformes et de renforcer la synergie entre les parties prenantes pour obtenir des résultats tangibles et mesurables.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Avril 2026
Rapport sur la mise en œuvre de la réforme
des finances publiques
d’Octobre 2025 à Mars 2026
COMMISSION DE R ÉFORME DES FINANCES
PUBLIQUES ET DE GOUVERNANCE
ÉCONOMIQUE (CRFP -GE)
ii Rapport Octobre 2025 – Mars 206
TABLE DES MATIÉRES
I.- RÉSUMÉ EXÉCUTIF .................................................................................................................... vii
II.- INTRODUCTION GÉNÉRALE .................................................................................................. 1
III.- ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES
DURANT LE PREMIER SEMESTRE DE 2025/26 ..................................................................... 3
3.1.- LA MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES ...................................... 3
3.1.1.- RAPPEL DES OBJECTIFS DU PAP 2024/26 ............................................... 4
3.1.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU PReGeFiP ............ 4
3.1.3.-L’APPORT DE LA COOPERATION AVEC EXPERTISE FRANCE .......... 9
3.1.4.- LA CONTRIBUTION DE LA FIRME STREAMS ..................................... 11
3.1.5.- BILAN DU SEMESTRE PAR TYPE DE CONCOURS .............................. 14
3.2.- LA MODERNISATION STATISTIQUE ET LA RÉFORME BUDGETAIRE ET
DE LA PLANIFICATION ........................................................................................... 16
3.2.1. RAPPEL DES OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE PAP 2024/26 ........... 16
3.2.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU PREGEFIP ........ 17
3.2.3.-L’APPORT DE LA COOPERATION AVEC EXPERTISE -FRANCE ........ 21
3.2.4.-BILAN DU SEMESTRE PAR TYPE DE CONCOURS ............................... 23
3.3.- LA RÉNOVATION INSTITUTIONNELLE DANS LE DOMAINE DE LA
GESTION DE LA TRESORERIE ET DE LA COMPTABILITE PUBLIQUE .......... 24
3.3.1.-RAPPEL DES OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE PAP 2024/26 .......... 24
3.3.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU PREGEFIP ........ 25
3.3.3.-L’APPORT DE LA COOPERATION AVEC LE FMI ................................. 28
3.3.4.- LA CONTRIBUTION DE LA FIRME EXPERTISE FRANCE (EF) .......... 28
3.3.5.- LES EFFORTS ENTREPRIS A PARTIR DES FONDS DU TRESOR
PUBLIC .................................................................................................................... 31
3.3.6.-BILAN DU SEMESTRE PAR TYPE DE CONCOURS ............................... 33
3.4.- LA MODERNISATION DU CONTROLE BUDGETAIRE, DE LA
TRANSPARENCE ET DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION ..................... 34
3.4.1.- RAPPEL DES OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE PAP 2024/26.......... 35
3.4.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU PREGEFIP ........ 35
3.4.3.- L’APPORT DE LA COOPERATION AVEC L’ONU -DC .......................... 39
3.4.4.- LA CONTRIBUTION DE L’UNION EUROPÉENNE A TRAVERS LA
FIRME EXPERTISE FRANCE ............................................................................... 43
3.4.5 BILAN DU SEMESTRE COMPTE TENU DES DIFFERENTS CONCOURS
................................................................................................................................... 45
3.5.- LE PROCESSUS DE RENOVATION DANS LE CADRE DU SYSTEME
D’INFORMATION POUR LES FINANCES DE L’ÉTAT ......................................... 47
3.5.1.- RAPPEL DES OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE PAP 2024/26.......... 47
3.5.2.- L’ETAT D’AVANCEMENT DANS LE CADRE DU PREGEFIP ............. 48
3.5.3.- L’APPORT DU PROJET DE TRANSFORMATION NUMERIQUE DE
L’ADMINISTRATION PUBLIQUE ....................................................................... 50
3.5.4.- LA CONTRIBUTION DE LA FIRME EXPERTISE FRANCE .................. 51
3.5.5.- LES REALISATIONS FINANCÉES A PARTIR DES FONDS DU
TRESOR PUBLIC .................................................................................................... 51
iii Rapport Octobre 2025 – Mars 206
3.5.6.- BILAN DU SEMESTRE PAR TYPE DE CONCOURS .............................. 52
3.6.- LES RÉFORMES A CARACTERE TRANSVERSAL ....................................... 54
3.6.1.- RAPPEL DES OBJECTIFS POURSUIVIS DANS LE PLAN D'ACTIONS
PRIORITAIRES 2024/26 ......................................................................................... 54
3.6.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU PREGEFIP ........ 54
3.6.3.- L’APPORT DE LA FIRME EXPERTISE FRANCE DANS LE CADRE DE
LA RÉFORME DES FINANCES PUBLIQUES ..................................................... 57
3.6.4.- LES EFFORTS ENTREPRIS À PARTIR DES FONDS DU TRÉSOR
PUBLIC .................................................................................................................... 58
3.6.5.- BILAN DU SEMESTRE PAR TYPE DE CONCOURS .............................. 59
IV.- POURSUITE DE LA POLITIQUE DE BONNE GOUVERNANCE
ÉCONOMIQUE ..................................................................................................................................... 60
4.1.- LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE
DU PAYS...................................................................................................................... 60
4.2.- LES AVANCÉES RÉCENTES SUR LE PLAN DE LA BONNE
GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE ............................................................................ 63
V.- BILAN DES DIFFICULTÉS LES PLUS IMPORTANTES RÉVÉLÉES PAR LA
REVUE ..................................................................................................................................................... 65
iv Rapport Octobre 2025 – Mars 206
LISTE DES ACRONYMES
AGD : Administration Générale des Douanes
AMOA : Assistance à la Maîtrise d'Ouvrage
BID : Banque Interaméricaine de Développement
BRH : Banque de la République d'Haïti
CBMT : Cadre Budgétaire de Moyen Terme
CGI : Code Général des Impôts
CNMP : Commission Nationale des Marchés Publics
COCIP : Collectif pour le Contrôle de l'Intégrité Publique
CPF : Comité de Politique Fiscale
CRFPGE : Commission de Réforme des Finances Publiques et de Gouvernance
Économique
CSCCA : Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif
CUT : Compte Unique du Trésor
DAJ : Direction des Affaires Juridiques
DEEP : Direction des Études Économiques et de Planification (ou des Études
Économiques)
DGB : Direction Générale du Budget
DGI : Direction Générale des Impôts
DGTCP : Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
DSI : Direction des Systèmes d'Information
EF : Expertise France
ENAF : École Nationale d'Administration Financière
FAES : Fonds d'Assistance Économique et Sociale
FMI : Fonds Monétaire International
GED : Gestion Électronique de Documents
ICAE : Indicateur Conjoncturel d'Activités Économiques
IGF : Inspection Générale des Finances
IHSI : Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique
v Rapport Octobre 2025 – Mars 206
LEELF : Loi sur l’Élaboration et l’Exécution des Lois de Finances (loi organique
relative aux finances publiques)
MdE : Ministère de l’Environnement
MEF : Ministère de l’Économie et des Finances
MENFP : Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle
MJSP : Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique
MPCE : Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
MPLS : Multiprotocol Label Switching
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Population
NIF : Numéro d’Identification Fiscale
NINU : Numéro d’Identification National Unique
OCPAH : Ordre des Comptables Professionnels Agréés d’Haïti
ODP : Objectif de Développement du Projet
ONUDC : Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC)
PAGeFIS : Projet d’Appui à la Gestion des Finances Publiques
PAP : Plan d’Actions Prioritaires
PARFiP : Projet d’Appui à la Réforme des Finances Publiques
PAT : Plan d’Action Triennal
PEFA : Public Expenditure and Financial Accountability
PIP : Programme d’Investissement Public
PNH : Police Nationale d’Haïti
PPM : Plan de Passation des Marchés
PReGeFiP : Projet de Renforcement de la Gestion des Finances Publiques
PTBA : Plan de Travail et Budget Annuel
RGCP : Règlement Général de la Comptabilité Publique
RIFOP : Registre d’Identification des Fonctionnaires Publiques
RMS : Revenue Management System (système de gestion des recettes de la DGI)
SBC : State Building Contract (SBC I, SBC II)
SDI : Schéma Directeur Informatique
SIGFiP : Système Intégré de Gestion des Finances Publiques
vi Rapport Octobre 2025 – Mars 206
SIGRETD : Système Intégré de Gestion et de Suivi des Ressources de l’État, de la
Trésorerie et de la Dette Publique
SMP : Staff Monitored Program (Programme de référence avec le FMI)
SOC : Security Operations Center (Centre d’Opérations de Sécurité)
STEP : plateforme de gestion des contrats de la Banque mondiale
SYDONIA : Système douanier informatisé
TDR : Termes de Référence
UCP : Unité de Coordination des Projets
ULCC : Unité de Lutte Contre la Corruption
vii Rapport Octobre 2025 – Mars 206
I.- RÉSUMÉ EXÉCUTIF
1.- Le choix a été fait, pour ce nouveau rapport global sur la réforme des finances
publiques (RFP), de revenir à la reddition de compte semestrielle de manière à être en
harmonie avec les bonnes pratiques de gestion. Mais, pour ce premier Semestre de
l’Exercice 2025/26 l’ambition est d’évaluer la mesure dans laquelle les objectifs globaux
du PAP 2024/2026 et les objectifs spécifiques des différents programmes de coopération
internationale ont été atteints au niveau de chacun des six (6) secteurs de réforme.
2.- Dans le contexte actuel de fortes contraintes budgétaires et d’instabilité persistante, le
renforcement des capacités - de mobilisation fiscale, de facilitation douanière et de
rationalisation des dépenses fiscales - apparait comme essentiel pour garantir une gestion
publique efficiente et efficace. Heureusement que pour cette période, on observe une
multiplication des initiatives avec le Projet PReGeFiP et les activités de coopération
conduites par les deux firmes d’exécution du Programme SBC II de l’Union Européenne
soit, Expertise France et STREAMS.
Les résultats apparaissent cependant jusqu’à présent mitigés. C’est le cas du PReGeFiP
qui a eu un démarrage tardif (concrètement en Janvier 2026 pour l’Administration
Générale des Douanes (AGD) et qui n’a pu que poser les bases organisationnelles et
institutionnelles des actions futures : par le montage de trois équipes spécialisées devant
assurer la production de statistiques douanières, la gestion des risques et la préparation
d’investissements stratégiques. Encore qu’une de ces structures permet déjà d’entrevoir la
réalisation d’un des indicateurs de résultats concernant l’AGD puisqu’elle a déjà préparé
et publié deux rapports quantitatifs trimestriels sur la performance des douanes.
Pourtant, la revue qui a été conduite semble montrer que la firme STREAMS avance plus
rapidement dans ces activités de coopération avec l’AGD. Il est vrai que cette firme a
démarré son appui longtemps avant. C’est peut-être ce qui justifie le lancement de, pas
moins, cinq (5) groupes d’activités déjà. Ce sont essentiellement des travaux
préparatoires devant garantir le passage prochain à des réalisations concrètes. Par
exemple : le lancement des marchés structurants (scanner, équipements informatiques,
formation).
La coopération de la firme Expertise France s’est concentrée sur le Comité de Politique
Fiscale et la Direction Générale des Impôts (DGI), mais l’assistance à l’Administration
de perception a semblé pendant quelque temps difficile et laborieuse. Toutefois, le bilan
semestriel a révélé un déblocage de la situation avec des avancées significatives sur trois
plans : la mise en œuvre du Code Général des Impôts, le déploiement du système RMS et
du paiement digital et le renforcement des capacités des cadres. Bien entendu, ces
avancées ne doivent pas faire oublier le maintien de contraintes importantes à l’exemple
du déploiement limité du RMS.
3.- On pourrait avancer que l’axe de réforme “ Modernisation statistique et réforme
budgétaire et de la planification” constitue le second grand enjeu du fait de la publication
de la LEELF en 2017 mais aussi à cause de l’amélioration indispensable de l’efficacité
viii Rapport Octobre 2025 – Mars 206
des politiques publiques. Pourtant, les choses ne semblent pas progresser toujours comme
on l’aurait souhaité.
Compte tenu de l’objectif de départ arrêté pour la ligne d’action “lancement du budget-
programme” dans le cadre du PReGeFiP, les premières activités ont concerné la
mobilisation des ressources humaines clefs et la mise en place des prérequis
méthodologiques et institutionnels nécessaires au lancement effectif des travaux
techniques. Cependant, jusqu’à date on est encore à la validation de trois TDR permettant
d’assurer le recrutement des experts nécessaires, soit : un expert en budget-programme et
deux experts sectoriels pour le MENFP et le MSPP. La même situation a été observée
pour la seconde ligne politique “mise en œuvre du marquage budgétaire” où l’on se
trouve aussi au stade de validation des TDR de l’expert nécessaire. Ainsi, dans ces deux
cas la phase opérationnelle des actions tarde encore à se mettre en route.
La dernière ligne d’action du PReGeFiP à ce niveau concerne spécifiquement l’IHSI et
selon la revue on n’est pas encore à la phase opérationnelle. Même si certaines démarches
(comme l’acquisition d’équipements et autres) la laissent entrevoir pour bientôt.
Cependant, des livrables ont été notés par l’entité bénéficiaire comme : cadrage technique
du dispositif de collecte numérique de l’IPC, spécifications fonctionnelles et techniques,
premiers documents internes relatifs à la gestion et à la gouvernance des données.
L’activité de coopération conduite par Expertise France avec le MPCE et la DGB semble
avoir du mal à se mettre en place et à trouver un rythme adéquat. Ceci est plus vrai dans
le premier cas que dans le second. En ce qui concerne le Ministère, jusqu’au départ de
l’ancienne titulaire le dialogue n’a pas pu s’établir correctement avec l’équipe de
coopération. Mais, les choses pourraient se relancer dans le contexte du nouveau
gouvernement. Les relations avec la DGB sont d’une toute autre nature : le dialogue
technique a été établi mais les démarches prennent du temps du fait sans doute des
nombreux dossiers qu’avait à couvrir l’équipe de coopération.
4.- Dans le contexte des premiers plans d’actions triennaux sur la RFP, l’axe de réforme
concernant la gestion de la trésorerie et la comptabilité publique avait bénéficié d’une
attention plus soutenue de la part, à la fois, de l’État et des partenaires techniques et
financiers. Par la suite, l’intérêt a diminué vue que certains fondements institutionnels et
organisationnels stratégiques étaient déjà posés. Dans le cadre du PAP 2024-2026, on
observe une multiplication des initiatives avec le Projet PReGeFiP, la coopération avec le
FMI, les activités de coopération conduites par la firme Expertise France ainsi que les
initiatives propres de l’Exécutif.
A l’instar des axes antérieurs de réforme déjà présentés, à ce niveau également on ne peut
pas encore parler de l’introduction dans une phase active des choses. L’évolution des
démarches dans le cadre du PReGeFiP le montre clairement. En effet, quoiqu’on ait lancé
des initiatives pour mettre en route quatre activités sur les sept prévues dans le PTBA, les
seules choses concrètes réalisées jusqu’à ce jour sont : le contrat signé avec l’OCPAH et
la formation d’un groupe de travail pour examiner des CV d’experts.
ix Rapport Octobre 2025 – Mars 206
Parmi les autres initiatives en œuvre dans le cadre de cet axe, celle qui parait la mieux
avancée pour cette période est l’assistance fournie par Expertise France. En effet, le
passage à la mise en œuvre ne semble pas trop éloigné dans le temps car on observe que
deux experts ont été déjà recrutés en vue de produire un diagnostic sur les archives du
Trésor et de réviser le cadre comptable des Collectivités Territoriales. En plus, un
troisième devrait l’être bientôt en vue de jeter les bases pour que le Trésor Public puisse
récupérer son rôle de caissier de l’Etat.
5.- On pourrait dire que l’axe de réforme “modernisation du contrôle budgétaire, de la
transparence et de la lutte contre la corruption” est dans le même positionnement que le
précédent. En effet, antérieurement, au début des années 2000, au moment du lancement
de l’approche globale ou holistique de réforme, cet axe avait vécu son moment phare
avec une multiplicité d’initiatives. Puis, le rythme des activités a baissé. Aujourd’hui,
dans le cadre du PAP 2024-2026 on voit remonter l’intérêt avec au moins trois groupes
de PTF à s’investir dans ce champ.
Au regard des grands objectifs du PAP pour cet axe et au regard des objectifs spécifiques
de chacun des partenaires, on peut hiérarchiser les entités bénéficiaires en fonction de
leur degré de réalisation des activités prévues.
Sur cette base, on classe séparément d’abord l’Inspection Générale des Finances (IGF),
l’Unité de Lulle Contre la Corruption (ULCC) et la Cour Supérieure des Comptes et du
Contentieux Administratif. Dans le premier cas, c’est pour les démarches réussies ou
quasi-abouties en termes de formation technique et de sensibilisation du public. Tandis
que dans le second cas, les démarches sont aussi concluantes pour la formation, la
sensibilisation et les activités citoyennes. Ces progrès relèvent de la coopération en cours
avec la Banque Mondiale (PReGeFiP) et l’ONU-DC. Mais, on doit faire état également
des retards dans le lancement des activités relatives à la nouvelle stratégie de lutte contre
la corruption et au plan de communication qui sont appuyés dans un cas par le PReGeFiP
et dans l’autre par Expertise France.
La Cour Supérieure des Comptes est dans cette même situation transitoire avec des
avancées marquantes mais aussi des retards. Les progrès concernent les activités de
formation technique et l’acquisition des équipements tandis que les démarches pour
mettre en place le dispositif de certification des comptes trainent encore. L’entité la
moins bien lotie est malheureusement la Commission Nationale des Marchés Publics. En
effet, que ce soit dans le cas de l’étude sur la dématérialisation (PReGeFiP) ou dans celui
sur le référentiel de prix (Expertise France) les démarches se révèlent lentes à se
concrétiser.
6.- Un très grand intérêt est observé pour le système d’information, c’est pourquoi ce
secteur a bénéficié de beaucoup d’appuis dans le cadre de ce nouveau plan. Pourtant, la
revue conduite dans le cadre de ce premier bilan semestriel montre que les résultats ne
sont pas suffisamment concluants.
Notons d’abord que les fonds apportés par le Trésor Public ont permis certaines
réalisations d’importance comme : le renforcement de la sécurité des systèmes
x Rapport Octobre 2025 – Mars 206
d’information du MEF, la mise en place du DSI-CONNECT (Assurant l’interconnexion
des systèmes d’information du MEF, de l’AGD, de la BRH et de l’ONI) et le
renforcement des capacités de la DSI/MEF.
Au niveau des partenaires, on peut faire état en premier lieu des avancées qui concernent
surtout le PReGeFiP avec le financement de contrats clefs (FreeBalance, testeur
fonctionnel, spécialistes en sécurité et en infrastructure), la mise place du SOC, le
renforcement des infrastructures critiques (Cloud, sécurité) et enfin la mise en place d’un
cadre fiduciaire et technique pour le paramétrage, les tests et le déploiement des
interfaces du SIGFiP.
Dans le cas de la coopération avec Expertise France, après une période de forte résistance
institutionnelle on est finalement arrivé à un déblocage de la situation qui a permis que
l’accompagnement technique de la Direction Générale des Impôts (DGI) commence à
donner des résultats à la fois dans le processus d’informatisation et dans l’intégration des
changements du nouveau Code Fiscal dans RMS. Cependant, l’interface entre ce système
et le SIGFIP (MEF) reste bloquée en raison de l’absence de signature d’un contrat de
maintenance avec l’intégrateur de RMS.
7.- L’axe des “réformes transversales” s’inscrit dans la même dynamique que la plupart
des autres déjà présentés c’est à dire que les activités de planification semblent encore
prédominantes.
En effet, pour le PReGeFiP par exemple, on n’est pas encore prêt pour
l’opérationnalisation. Pourtant, certaines démarches ont été déjà lancées pour les deux
lignes d’action qui suivent :
▪ Leadership et gestion du changement pour les résultats
▪ Cadres et mécanismes pour la création de coalitions, l'engagement citoyen et la
communication externe
C’est la même situation qui est observée pour les activités qui doivent être conduites avec
l’appui d’Expertise France comme :
▪ Le renforcement des capacités de l’ENAF et de la CRFP-GE ;
▪ La révision de la stratégie globale de réforme et l’élaboration d’un nouveau PAT.
8.- Haiti fait face, depuis 20218/19, à une situation de crise multidimensionnelle
accompagnée d’une longue dépression économique qui affecte fortement les capacités de
gestion publique. Face à cela, les Pouvoirs Publics ont cherché à réagir en essayant de
promouvoir des politiques anti-crises à travers des accords signés avec l’International.
C’est dans le souci d’informer sur ces initiatives, qui touchent la dimension de
gouvernance économique, qu’une petite section de ce rapport y a été consacrée.
Après avoir rappelé les faits marquants concernant les derniers développements de la
situation économique actuelle, cette section s’est penchée sur les orientations formulées
dans le cadre de ces deux documents budgétaires :
xi Rapport Octobre 2025 – Mars 206
▪ Le CBMT
▪ Le Budget 2025/26
Cela a permis de faire ressortir que le Gouvernement de Transition tout en se fixant un
objectif de croissance de 0,3% pour 2025/26 maintient le cap sur une politique de
prudence budgétaire associée à un effort de mobilisation fiscale et à une stimulation plus
importante de l’investissement public.
Cette section rapporte également certaines conclusions de la dernière revue du SMP, qui
a fait l`objet d’un rapport global préparé par les soins de la Direction des Études
Économiques et de la Prévision (DEEP) du MEF. On rappelle, d’abord, que les cibles
relatives à l’accumulation de réserves internationales, au solde primaire, à la mobilisation
des recettes, au financement monétaire et aux dépenses sociales ont été atteintes.
Cependant, des retards sont constatés dans la réalisation des repères structurels
concernant ces institutions : l’IGF, la CSCCA, et le FAES. Pour d’autres, on parlera
plutôt de reprogrammation comme : le MPCE, le MJSP, la DGTCP et le couple
DGI/AGD. Entre autres nécessités d’ajustement évoquées, il a été question d’ajuster le
Programme de Référence par rapport au choc provenant du mouvement d’appréciation
des prix des produits pétroliers.
CRFP-GE Page | 1
II.- INTRODUCTION G ÉNÉRALE
Ce rapport sur la réforme des finances publiques intervient dans un contexte assez
particulier du fait, d’abord, de l’insécurité qui s’est considérablement aggravée après
2022 avec le mouvement de ganstérisation se développant à l’échelle de tout le territoire
national mais avec un ancrage particulier dans trois départements, soit :
▪ l’Ouest, abritant la capitale du pays,
▪ l’Artibonite, le plus grand grenier à riz du territoire
▪ et le Centre où se trouve le seul barrage hydroélectrique du pays.
Notons que, depuis quelque temps, le Sud-Est où il existe encore une organisation
consistante d’activités carnavalesques est victime d’une insécurité rampante. C’est dire
que quatre (4) sur dix (10) départements sont en proie à une situation déstabilisante se
manifestant sur le plan social par des bouleversements graves comme :
▪ les destructions des infrastructures militaires et civiles : commissariats, écoles,
centres de santé, églises, etc.
▪ les déplacements de populations estimées à plus d’un million ;
▪ l’hébergement de populations dans des centres de fortune et regroupant, selon
certaines sources, 1,5 million d’enfants.
On doit souligner que par rapport à cette situation, l’État a développé une stratégie anti-
gang selon une double approche : l’organisation de ses forces de police et militaires et la
recherche de l’aide internationale. C’est dans cette dynamique qu’en Septembre 2025 le
Conseil de Sécurité des Nations Unies a pris une nouvelle résolution autorisant une
“Mission de Force de Suppression des Gangs”.
Ce nouveau contexte est, aussi, assez spécial parce qu’il est intervenu récemment le
troisième changement opéré dans le Gouvernement de Transition. Mais, les priorités
centrales et non négociables sont restées les mêmes comme il est rappelé dans la Lettre
de Cadrage du Premier Ministre pour le Budget 2025/26, soit :
▪ Le rétablissement progressif de la sécurité publique ;
▪ L’organisation des élections en vue du renouvellement du personnel politique.
Pour introduire la question de l’évolution de la réforme des finances publiques, notons
que depuis l’année 2024 le Gouvernement de Transition assure sa régulation à travers le
Plan d’Actions Prioritaires 2024-2026 en ayant ces deux objectifs principaux :
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▪ Poursuivre l’effort de consolidation des fonctions de base des finances publiques ;
▪ Accélérer le passage vers le saut qualitatif du budget-programme.
Cette volonté, de suivre et de contrôler la mise en œuvre des orientations du PAP 2024-
2026, s’est manifestée par la préparation d’un premier rapport d’état d’avancement
couvrant la période Octobre 2024/Septembre 2025, élaboré par la Commission de
Réforme des Finances Publiques et soumis en novembre 2025 au Comité de Pilotage
Stratégique de la réforme.
Il est à noter que la formule adoptée pour ce nouveau rapport est différente. En effet, à la
différence du précédent qui était annuel, ce nouveau rapport est semestriel car l’enjeu
maintenant est de se préparer à revenir à la tradition d’une reddition de compte
semestrielle. Cette fois-ci, l’idée est de réaliser d’abord un bilan des activités de réforme
qui couvre les six premiers mois de l’Exercice 2025/26 en attendant d’en faire de même
pour le prochain semestre de cet exercice.
Soulignons, en outre, que ce plan d’actions du Gouvernement de Transition est appuyé
par un certain nombre de bailleurs ou groupes de Partenaires Techniques et Financiers
comme : la Banque Mondiale, l’Union Européenne à travers Expertise France et Streams,
la BID, le FMI et l’ONU-DC. De ce fait, le rapport d’état d’avancement couvrant les
activités de réforme embrassera également toutes les initiatives de coopération de ces
partenaires avec les entités publiques parties prenantes du secteur de gestion des finances
publiques.
CRFP-GE Page | 3
III.- ÉTAT D’AVANCEMENT DE LA RÉFORME DES
FINANCES PUBLIQUES DURANT L E PREMIER
SEMESTRE DE 2025/26
Comme il a été rappelé antérieurement, ce nouveau rapport global portant sur l’état
d’avancement de la réforme des finances publiques ne couvrira que le premier semestre
de l’Exercice 2025/26 car l’ambition est de revenir à la périodicité semestrielle antérieure
de reddition de compte. Cependant, comme précédemment, ce rapport embrassera toutes
les actions de réforme promues par l’État : soit indirectement à travers des projets de
gouvernance et des initiatives bénéficiant de financement international, soit directement
par le Pouvoir Exécutif avec ses propres fonds. Vu cette différenciation des actions de
réforme, leur cohérence sera appréciée de deux manières :
▪ au niveau de chaque groupe d’initiatives, en partant de leurs objectifs propres ;
▪ au niveau du Plan d’Actions Prioritaires 2024/26 du gouvernement de
transition, à partir de ses propres objectifs modulés selon les domaines de
réforme.
De ce fait, les bilans sectoriels, qui terminent l’état d’avancement des réformes conduites
au niveau de chaque grand axe, tiendront compte également de cette différenciation dans
les objectifs afin de mieux apprécier les résultats obtenus.
3.1.- LA MOBILISATION DES RESSOURCES INTERNES
La mobilisation des ressources internes constitue un pilier central de la réforme des
finances publiques engagée par l’État haïtien dans le cadre du Plan d’Actions Prioritaires
(PAP) 2024-2026. Dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires et une
instabilité persistante, le renforcement des capacités de collecte des recettes fiscales et
douanières, ainsi que la rationalisation des dépenses fiscales, apparaissent comme des
leviers essentiels pour garantir une plus grande autonomie financière de l’État et soutenir
la mise en œuvre des politiques publiques.
À cet égard, le PAP 2024/26 fixe des objectifs clairs visant notamment à améliorer
l’efficacité du système fiscal, à moderniser les administrations fiscales et douanières à
travers la digitalisation des procédures, à renforcer la lutte contre la fraude et la
contrebande, et à encadrer plus rigoureusement les dépenses fiscales afin de les ramener à
un niveau soutenable. Ces orientations traduisent la volonté des autorités de consolider
les fonctions de base des finances publiques tout en inscrivant l’action publique dans une
logique de performance et de résultats.
Dans ce cadre, les interventions mises en œuvre, notamment à travers le Projet
PReGeFIP, le Programme SBCII ainsi que les appuis d’autres partenaires techniques et
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financiers, s’inscrivent dans une dynamique de renforcement institutionnel et
opérationnel du secteur. Le présent chapitre propose ainsi une analyse de l’état
d’avancement des actions entreprises, de leur portée stratégique, ainsi que de la
contribution des différents partenaires au cours du premier semestre de l’exercice fiscal
2025/26.
3.1.1.- RAPPEL DES OBJECTIFS DU PAP 2024 /26
Dans le cadre du Plan d’Actions Prioritaires 2024/26, le secteur de la mobilisation des
ressources internes poursuit l’objectif global de renforcer durablement la capacité de
l’État haïtien à mobiliser des recettes publiques, en améliorant l’efficacité, la
transparence et la performance du système fiscal et douanier.
Cet objectif se décline autour de trois orientations stratégiques complémentaires :
• Le renforcement de l’efficacité du système de mobilisation des recettes, à travers
l’élargissement de l’assiette fiscale, l’amélioration du civisme fiscal et
l’optimisation des mécanismes de collecte ;
• La modernisation et la digitalisation des administrations fiscales et douanières, en
vue d’automatiser les procédures, de faciliter le recoupement des informations et
de sécuriser les flux de recettes ;
• La rationalisation des dépenses fiscales et le renforcement des fonctions de
contrôle, afin de limiter les pertes de recettes, de lutter contre la fraude et
d’assurer une meilleure équité du système.
Dans leur ensemble, ces orientations visent à accroître le niveau de mobilisation des
ressources internes, condition essentielle pour garantir une plus grande autonomie
financière de l’État et soutenir efficacement les politiques publiques dans un contexte de
fortes contraintes économiques et institutionnelles.
3.1.2.- LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE CADRE DU
PReGeFiP
A) La revue opérationnelle pour le premier semestre
Au cours du premier semestre de l’exercice fiscal 2025/26 (octobre 2025 à mars 2026), la
mise en œuvre des activités du PReGeFiP au niveau du Volet Douane est demeurée
globalement limitée. Cette situation s’explique principalement par des facteurs d’ordre
institutionnel et procédural ayant affecté le démarrage effectif des actions programmées.
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En effet, le renouvellement de l’équipe dirigeante de l’Administration Générale des
Douanes, intervenu en septembre 2025, a nécessité une phase d’appropriation des
orientations du projet ainsi que des activités prévues dans le Plan de Travail et Budget
Annuel (PTBA). Parallèlement, des ajustements apportés audit PTBA, incluant
l’intégration de nouvelles activités jugées prioritaires, ont été soumis à l’approbation de
la Banque mondiale. La Non-Objection n’ayant été obtenue que le 15 janvier 2026,
l’exécution des activités avant cette date ne pouvait être engagée dans le respect des
procédures du projet.
Toutefois, à la suite de cette validation, des avancées opérationnelles ont été enregistrées
à travers la mise en place de dispositifs organisationnels visant à structurer et accélérer la
mise en œuvre des activités.
Ainsi, trois équipes techniques ont été constituées :
▪ Une première équipe, mise en place le 29 janvier 2026 et composée de six (6)
agents, a été chargée de la production et de la publication des statistiques
douanières dans le cadre du projet. À cet effet, un premier projet de rapport a été
élaboré et soumis à l’appréciation du bailleur, en prélude à sa publication
prochaine. Conformément aux exigences de performance du projet, ces rapports
devront être produits sur une base trimestrielle, avec un objectif d’au moins quatre
(4) publications d’ici la fin de l’exercice fiscal en décembre 2026 ;
▪ Une deuxième équipe, constituée sous la forme d’une commission de gestion des
risques composée de sept (7) agents spécialisés, a été mise en place pour analyser
et traiter les dossiers à haut risque. Les premiers travaux de cette commission ont
permis d’identifier certaines contraintes majeures, notamment l’absence de
fonctionnalité effective du paiement en ligne, qui limite la réduction des délais de
dédouanement des marchandises à risque élevé ;
▪ Une troisième équipe, formée le 11 février 2026, a été chargée de conduire une
mission de prospection stratégique au niveau du bureau de Belladère, en vue
d’établir un diagnostic structurel et opérationnel du site. Cette démarche s’inscrit
dans la perspective de sa réhabilitation prévue pour décembre 2026. Toutefois,
cette activité a été suspendue à la demande de la Banque mondiale, en raison de
l’existence d’un contrat conclu par l’État haïtien avec un fournisseur (Ever
Green), afin d’éviter tout risque de duplication des interventions.
C’est pourquoi, bien que le niveau d’exécution des activités soit resté modeste sur la
période considérée, des bases opérationnelles importantes ont été posées pour permettre
un déploiement progressif des actions au cours des prochains mois.
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B) La performance sur le plan de la revue dite stratégique
Le secteur de la mobilisation des ressources est concerné à la fois par des indicateurs liés
à l’ODP et des indicateurs intermédiaires. Ils sont successivement représentés dans les
petits tableaux qui suivent selon leurs conditions de réalisation.
1)Tableau retraçant les conditions de réalisation des indicateurs de l’ODP
Période de référence Période 1 Période 2
Amélioration de la capacité et de la transparence dans la mobilisation des recettes
1) Réduction des délais de dédouanement des marchandises à haut risque
Décembre 23 Décembre 25 Décembre 26
7 7 6
2) Préparation et publication de rapports quantitatifs sur les performances des
douanes à partir des données de SYDONIA(CBP)
Décembre 23 Décembre 25 Décembre 26
Aucun Aucun Publication de rapports
trimestriels
2)Tableau retraçant les conditions de réalisation des indicateurs intermédiaires
Période de référence Période 1 Période 2
Amélioration de la mobilisation des ressources nationales
1) Bureaux de douane remis en état
Décembre 23 Décembre 25 Décembre 26
0 0 1
2) Droits de douane payés à travers la plateforme de paiement électronique
Décembre 23 Décembre 25 Décembre 26
0 0 Mis en service de la
plateforme de paiement
électronique
Qu’est-ce qu’on peut en dire en termes d’actions conduites pour réaliser les
conditions fixées selon le type d’indicateur ?
Sur le plan stratégique, la performance du secteur de la mobilisation des ressources
internes s’apprécie à travers l’évolution des indicateurs de résultats selon les conditions
fixées par le document de projet. Au cours du premier semestre, les avancées observées
traduisent principalement une phase de mise en place des dispositifs nécessaires à
l’atteinte progressive des résultats attendus.
a) Réduction du délai de dédouanement des marchandises à haut risque
L’objectif fixé dans le cadre du projet vise à réduire le délai de dédouanement des
marchandises à haut risque de 7 jours à 6 jours à l’horizon décembre 2026.
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Actions entreprises
Au cours du semestre, plusieurs actions structurantes ont été engagées :
▪ la mise en place d’une commission de gestion des risques, composée de sept (7)
agents spécialisés, chargée de l’analyse et du traitement des dossiers à haut risque
;
▪ l’initiation d’une réflexion technique sur la digitalisation des procédures
douanières, notamment à travers l’intégration du paiement des droits et taxes dans
le système SYDONIA ;
▪ l’engagement de démarches institutionnelles par la CRFP-GE, incluant
l’organisation de réunions techniques avec les parties prenantes (DSI, Trésor,
AGD) en vue de faciliter l’interconnexion des systèmes.
Contraintes identifiées
Malgré ces avancées, plusieurs contraintes majeures limitent encore l’impact des actions
engagées :
▪ l’absence de fonctionnalité effective du paiement en ligne, levier essentiel pour la
réduction des délais ;
▪ des difficultés d’interconnexion entre les systèmes de la Douane, de la BRH, des
banques commerciales et du Trésor public ;
▪ la dépendance du dispositif à des acteurs externes, notamment la BRH, en matière
d’infrastructures de paiement et de cadre réglementaire.
Ainsi, bien que les bases institutionnelles et organisationnelles soient en cours de
consolidation, l’amélioration effective des délais de dédouanement demeure étroitement
conditionnée par l’opérationnalisation des solutions de digitalisation, en particulier le
paiement électronique.
b) Préparation et publication de rapports quantitatifs sur la performance des
douanes (SYDONIA)
Cet indicateur prévoit la production et la publication de rapports trimestriels fondés sur
les données du système SYDONIA d’ici décembre 2026.
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Actions entreprises
Des avancées significatives ont été enregistrées :
• la mise en place d’une équipe technique dédiée, composée de six (6) agents ;
• l’élaboration de deux rapports statistiques, soumis à l’appréciation du bailleur et
dont un a été déjà validé ;
• la structuration progressive d’un processus de production régulière des rapports,
conforme aux exigences du projet.
Contraintes identifiées
Certaines limites subsistent néanmoins :
• des contraintes techniques liées à l’exploitation des données du système
SYDONIA, notamment du fait que certaines transactions douanières ne sont pas
effectuées dans ce système ;
• la nécessité de formaliser un calendrier institutionnel de publication.
Malgré ces contraintes, la dynamique observée est globalement conforme aux exigences
du projet. La publication effective des rapports, prévue à très court terme, permettra de
matérialiser cette avancée et de satisfaire pleinement à cet indicateur.
c) Bureaux de douane remis en état (indicateur intermédiaire)
Cet indicateur prévoit la réhabilitation d’au moins un bureau de douane à l’horizon
décembre 2026.
Actions enterprises
• la mise en place d’une équipe technique chargée de conduire une mission de
prospection stratégique au bureau de Belladère ;
• l’initiation d’un diagnostic structurel et opérationnel du site, en vue de sa
réhabilitation.
Contraintes identifiées
• la suspension de la mission à la demande du bailleur, en raison d’un contrat
existant avec un fournisseur (Ever Green), afin d’éviter des doublons ;
• la nécessité de clarifier les responsabilités entre les différentes parties prenantes.
Ainsi, les actions entreprises restent à un stade préparatoire. L’atteinte de cet indicateur
dépendra de la levée des contraintes liées à la coordination des interventions et à la
clarification du cadre contractuel.
d) Droits de douane payés à travers la plateforme de paiement électronique
(indicateur intermédiaire)
Cet indicateur vise la mise en service d’une plateforme de paiement électronique d’ici
décembre 2026.
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Actions entreprises
• la formulation d’une demande officielle visant l’intégration du paiement dans le
système SYDONIA ;
• l’organisation de réunions techniques entre la CRFP-GE, la DSI, le Trésor et
l’AGD ;
• l’engagement de démarches auprès de la BRH pour faciliter l’interopérabilité des
systèmes.
Contraintes identifiées
• des difficultés d’interopérabilité entre les systèmes (SYDONIA, BRH, banques
commerciales, Trésor public) ;
• une forte dépendance à l’implication de la BRH ;
• l’absence actuelle de mise en service effective de la plateforme.
Les actions engagées traduisent une volonté institutionnelle affirmée de moderniser
les modalités de paiement. Toutefois, la concrétisation de cet indicateur reste
conditionnée par la levée de contraintes techniques et institutionnelles majeures. Sa
mise en œuvre effective constituera un levier déterminant pour l’amélioration de la
performance douanière.
3.1.3.-L’APPORT DE LA COOPERATION AVEC EXPERTISE
FRANCE
Au cours du premier semestre de l’exercice fiscal 2025/26 (octobre 2025 à mars 2026), la
coopération avec Expertise France a apporté un appui technique et financier structurant
au renforcement de la mobilisation des ressources internes, en particulier au profit de la
Direction Générale des Impôts (DGI) et du Comité de Politique Fiscale (CPF).
Cette coopération s’inscrit dans une logique d’accompagnement des réformes fiscales
engagées dans le cadre du Plan d’Actions Prioritaires 2024/26, notamment à travers la
modernisation des outils de gestion fiscale, la mise en œuvre du Code Général des Impôts
(CGI) et le renforcement des capacités des administrations concernées.
PRINCIPALES ACTIONS ET AVANCEES
Les interventions d’Expertise France ont principalement porté sur trois axes structurants :
1. Mise en œuvre du Code Général des Impôts (CGI)
Les travaux relatifs à la mise en œuvre du CGI, prévue pour octobre 2026, ont connu des
avancées significatives, notamment à travers :
• l’organisation d’activités de vulgarisation du Code fiscal ;
• la formation des agents de la DGI sur les nouvelles dispositions fiscales ;
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A) Le cas de la mobilisation des ressources internes
1.- En dépit des réformes conduites antérieurement, le système douanier confrontait
encore beaucoup de difficultés à l’exemple de ces manquements : une automatisation
insuffisante, une capacité organisationnelle ne permettant pas de recouvrer
convenablement et pleinement tous les droits et taxes, un processus de dédouanement
jugé encore inefficace. C’est partant de ces problèmes et d’autres que le Projet PReGeFIP
ainsi que la Firme Streams ont structuré leur programme de coopération en vue de réduire
leur influence.
Le bilan semestriel a révélé, en effet, que des avancées importantes ont été réalisées.
Dans le premier cas, peut noter ce point :
▪ la mise en place de trois équipes techniques spécialisées, contribuant à structurer
les activités relatives à la production de statistiques douanières, à la gestion des
risques et à la préparation d’investissements stratégiques.
Dans le cas de la firme Streams, on peut rappeler ces avancées :
▪ le renforcement des capacités informatiques et l’exploitation du système
SYDONIA ;
▪ La mise en place d’un dispositif de gestion des risques ;
▪ Le développement des infrastructures et des équipements douaniers : définition
des besoins techniques pour plusieurs sites stratégiques (Cap-Haïtien,
Ouanaminthe) ainsi que dans la structuration du projet d’installation d’un scanner
au port du Cap-Haïtien ;
▪ Le renforcement de la surveillance douanière.
▪ L’amélioration de la gouvernance et de la coordination.
Toutefois, on doit noter en parallèle le maintien de fortes contraintes rencontrées dans les
deux initiatives de coopération. Elles sont ainsi formulées :
▪ La suspension d’une mission sur le terrain à la demande du bailleur (BM) en
raison d’un doublon éventuel avec une autre initiative de partenariat avec l’AGD;
▪ Des difficultés d’interopérabilité entre les systèmes (SYDONIA, BRH, banques
commerciales, Trésor public) ;
▪ Une forte dépendance à l’implication de la BRH ;
▪ L’absence de fonctionnalité effective du paiement en ligne, levier essentiel pour la
réduction des délais de dédouanement ;
▪ Des difficultés d’interconnexion entre les systèmes de la Douane, de la BRH, des
banques commerciales et du Trésor public ;
▪ La dépendance du dispositif à des acteurs externes, notamment la BRH, en
matière d’infrastructures de paiement et de cadre réglementaire.
CRFP-GE Page | 67
2.- Considérons maintenant les évolutions au niveau de l’autre administration fiscale, la
DGI. Elle est en butte depuis plus d’une dizaine d’années à un effort de modernisation
sans précédent sans que cela ait débouché sur des résultats concrets et probants. C’est ce
qui a justifié le programme de coopération développé récemment par la Firme Expertise
France en appui à cette administration fiscale et au Comité de Politique Fiscale.
Le bilan semestriel a noté plusieurs avancées significatives comme :
▪ la virtualisation des serveurs et leur migration vers l’environnement Cloud du
MEF ;
▪ la mise en place de serveurs de production et de systèmes associés (Active
Directory, INSIGHT) ;
▪ L’attribution d’accès sécurisés (VPN) aux analystes pour le traitement des
données ;
▪ le lancement du processus de migration des données fiscales (TAX SOLUTION)
vers le système RMS ;
▪ le renforcement des capacités des cadres
Cependant, ces avancées ne doivent pas faire oublier les contraintes importantes qui
affectent la mise en œuvre des activités comme :
▪ la dépendance de la mise en œuvre du CGI au déploiement du système RMS, dont
l’opérationnalisation complète reste en cours ;
▪ les contraintes techniques liées à la digitalisation, pouvant ralentir l’adoption
effective des nouveaux outils.
B) Les efforts dans le secteur de contrôle, de la transparence et de la
lutte contre la corruption
Quand le processus global de réforme des finances publiques a été lancé au début des
années 2000, le système de contrôle a été largement priorisé et c’est à ce moment que les
éléments clefs de ce système ont été mis en place. Par la suite, les efforts de réforme ont
été moins conséquents. Dans le cadre du PAP 2024-2026, le volume d’activités de
réforme semble plus significatif qu’antérieurement avec trois groupes de partenaires
techniques et financiers.
Dans ce domaine également, le bilan semestriel a révélé des avancées intéressantes se
présentant ainsi :
1.- On considère d’abord ces trois cas : l’IGF, l’ULCC et la CSCCA. L’intérêt est que ces
trois institutions se trouvent dans la même position hybride et transitoire : elles n’ont pas
encore achevé leur phase de planification tout en étant déjà dans une phase
opérationnelle. Ainsi, on a ces différentes situations :
a) IGF
▪ Nouvelle filière de formation en audit et contrôle pour les cadres en place et autre
formation en audit séparément
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▪ Cartographie des risques
▪ Activités de sensibilisation et de vulgarisation en cours
b) ULCC
▪ Stratégie globale en phase avancée de planification
▪ Formation des acteurs déjà lancée
▪ Activités de sensibilisation et activités citoyennes en cours
▪ Plan de communication et montage SYDEP en phase de planification
c) CSCCA
▪ Formation des cadres en cours
▪ Acquisition d’outils informatiques en cours
▪ Formation sur logiciel d’audit en phase de planification
▪ Certification des comptes en phase de planification
Cependant, dans chacun des cas on peut relever des difficultés ou des désajustements
comme par exemple :
▪ L’existence d’écarts entre le renforcement des capacités et leur mise en
application effective ou bien entre action de sensibilisation et changement de
comportement ;
▪ La non-traduction des réformes conduites par une moralisation des
comportements et une implication d’une proportion significative des acteurs ;
2.- Le cas de la CNMP est tout à fait spécial car c’est l’entité qui est la moins avancée
dans ces activités de réforme quel que soit le partenaire considéré. Elle conduit ces
initiatives :
▪ La dématérialisation des procédures de passation des marchés publics
▪ Le projet de référentiel de prix
Malheureusement, les choses ont peu avancé : les réformes sont à un stade
essentiellement conceptuel.
5.2.- L’introduction encore hésitante de l’Administration publique dans
l’approche programme
C’est ce que dans la stratégie globale de réforme des finances publiques publiée en 2014
on caractérisait comme une « réforme de nouvelle génération ». Pourtant, ce n’est qu’en
2017 que la LEELF a été promulguée mais cette décision de l’Etat a donné l’occasion
aux administrations publiques les plus concernées de déclencher plusieurs initiatives,
seules ou en collaboration avec des partenaires techniques et financiers, en vue de
promouvoir l’approche des résultats. Le PAP 2024-2026 remet cet objet stratégique à
l’honneur dans le but de dynamiser ce processus majeur de rénovation institutionnelle,
CRFP-GE Page | 69
Si maintenant on considère le dernier bilan réalisé, on remarque que les activités
conduites dans au moins trois secteurs de réforme pourraient s’inscrire dans cette
nouvelle dynamique, soit : la réforme budgétaire et de la planification, la gestion de la
trésorerie et la comptabilité publique, le système d’information. Retraçons dans ces dits
domaines les évolutions concrètes qui servent cette grande ambition tout en n’oubliant
pas de rappeler les contraintes qui tendent à les retarder ou les bloquer.
A) La dynamique du déploiement du SIGFIP
Quand les premières initiatives ont été lancées à la suite de la LEELF, pour la plupart
elles s’inscrivaient dans le lancement d’une dynamique globale à l’exemple de la
préparation d’un plan de mise en œuvre de cette loi ou des activités de communication la
concernant. Mais, finalement la véritable porte d’entrée a été le projet de déploiement du
SIGFIP dont l’objectif est de substituer progressivement à l’architecture décentralisée du
système d’information existant.
D’où, l’intérêt de l’approche complémentaire du PReGeFiP par rapport au projet
précèdent de gouvernance en mettant l’accent sur la consolidation du SIGFIP. Que révèle
le bilan semestriel dans ce sens ?
On a noté ces premiers pas, soit :
▪ Le recrutement de l'éditeur FreeBalance
▪ Le recrutement du testeur fonctionnel
▪ La validation de la stratégie de mise en production
▪ La finalisation de l’installation des environnements de Tests et de Production sur
le Cloud Prive Externe et la mise à jour du Logiciel Oracle pour le déploiement
du SIGFIP.
▪ La réalisation de ces interfaces SIGFIP et SISPAY ; SIGFIP et SYDONIA ;
Cependant, ces avancées ne doivent pas faire oublier les contraintes qui affectent le
progrès dans la dynamique de consolidation, comme :
▪ La phase opérationnelle n’a pas encore réellement démarré
▪ D’autres interfaces doivent être réalisées avec par exemple : le RMS, le système
de passation des marchés publics, etc.
B) Les efforts récents en vue de la réforme budgétaire
Le bilan montre malheureusement que les choses avancent lentement dans ce secteur de
réforme. Car, on est encore à la validation de trois TDR pour ces experts :
▪ Expert pour le budget-programme
▪ Expert devant travailler sur le MENFP
▪ Expert devant travailler sur le MSPP
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Cependant, ces validations constituent un point de bascule décisif. Car, elles ouvrent la
voie a ces réalisations futures : le lancement rapide de l’élaboration des canevas et cadres
méthodologiques, l’enchaînement progressif des activités de validation, de diffusion et
d’intégration dans le SIGFiP ainsi que la préparation graduelle des premiers budgets-
programmes dans les ministères pilotes.
Pourtant, on doit attirer l’attention sur les causes de cette lenteur qui sont surtout de
nature :
▪ Iinstitutionnelle et procédurale: délais de validation des conditions de mise en
vigueur, notamment lors de l’élaboration du PTBA;
▪ Fiduciaire : en lien avec les procédures de non-objection et de passation des
marchés ;
▪ Opérationnelle : du fait de la forte interdépendance et du caractère séquentiel des
activités;
▪ Politique, du fait de la conjoncture actuelle marquée par l’incertitude. Cette
situation a nécessité des réaménagements notamment à travers le PTBA afin de
réduire le nombre d’activité prévues pour les mois de janvier et février 2026.
Ces contraintes ont par ailleurs retardé le démarrage des travaux techniques sans remettre
en cause la trajectoire globale d’atteinte des résultats.