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Synthèse des dégâts causés par le passage du front froid sur les départements du Nord, Nord-Est, Nord-Ouest et des Nippes, 1-11 novembre 2014

Synthèse des dégâts causés par le passage du front froid sur les départements du Nord, Nord-Est, Nord-Ouest et des Nippes, 1-11 novembre 2014

Gouvernement d'Haïti, Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) 2014 11 pages
Resume — Synthèse de la CNSA sur les dégâts causés par le front froid quasi stationnaire qui a apporté de fortes pluies sur quatre départements du 1er au 11 novembre 2014.
Description Complete
Produite par la Coordination nationale de la sécurité alimentaire en novembre 2014, cette courte synthèse recense les dégâts causés dans les départements du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest et des Nippes par un front froid du 1er au 11 novembre. Sa section contexte formule le point qui fait l'intérêt du document : la saison cyclonique 2014 avait été très clémente envers Haïti, aucun dégât majeur n'ayant été enregistré au cours de ses cinq premiers mois, contrairement à certaines années précédentes comme 2012 - puis, presque à la fin de la saison, l'axe d'un front froid quasi stationnaire s'étendant de l'Atlantique à la mer des Caraïbes a apporté des pluies d'une moyenne de 166 mm. C'est un rappel que les intempéries non cycloniques causent aussi des pertes agricoles.
Sujets
AgricultureRéduction des risquesDroits humainsDéveloppement rural
Geographie
National
Mots-cles
front froid, dégâts, novembre 2014, CNSA, Nord, Nord-Est, Nord-Ouest, Nippes, saison cyclonique, pluies, pertes agricoles, sécurité alimentaire
Texte Integral du Document

Texte extrait du document original pour l'indexation.

Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) Synthèse des dégâts causés par le passage du front froid sur les départements du Nord, Nordest, du Nord-Ouest et des Nippes du 1 au 11 Novembre 2014 Novembre 2014 I- Contexte Jusqu'à date cette saison cyclonique est très clémente envers Haïti, aucun dégât majeur n’a été enregistré au cours des cinq premiers mois contrairement à certaines années précédentes (2012). Cependant, presqu’à la fin de la saison cyclonique, l’axe d’un fond froid quasi stationnaire, s’étendant de l’Atlantique jusqu'à la mer des Caraïbes, sur Haïti du 1er au 11 novembre, on a enregistré des pluies plus ou moins intense d’une moyenne de 166 mm au niveau des départements du Nord, Nord-est, du Nord-Ouest et des Nippes (Voir le graphique # 1 pour la répartition entre les différents départements). CNSA, Novembre 2014 Les constats et les bilans préliminaires font état de dommages et pertes non moins significatifs dans le secteur agricole avec des conséquences sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence d’un pourcentage non négligeable de la population des zones affectées directement et même dans des zones non directement affectées.Cette situation requiert des interventions d’urgence de nature à limiter les effets des dommages et des pertes sur les groupes les plus vulnérables et aussi reconstituer les moyens d’existence liés aux secteurs endommagés. Toutefois, pour que les réponses soient appropriées et adéquates il convient de procéder à un état des lieux. 2 II-Objectifs L’objectif de ce travail est d’évaluer les dégâts enregistrés dans le secteur agricole dans les zones affectées par ces pluies. Mais, de manière spécifique, il s’agit de : 1. Procéder à une estimation de l’ampleur des dommages et pertes enregistrés dans le secteur agricole par types d’activités; 2. Attirer l’attention des décideurs sur les filières et les communes les touchées par ces pluies. III-Méthodologie La méthodologie qui a été adoptée dans le cadre de cette évaluation en vu d’atteindre les objectifs fixés a été la suivante : Les communes les plus affectées sont tirées des rapports reçus des comités de protection civile et des Directions Départementales Agricoles (DDA). La validation de ces communes est confirmée par des entretiens téléphoniques avec le comité de protection civile et la DDA et des agents de liaison de la CNSA. 3.1- Limite de l’évaluation Tenant compte des objectifs poursuivis et des difficultés rencontrées, cette évaluation, quoique justifiée, ne saurait avoir la prétention d’être parfaite. Des imperfections existent à certains niveaux et nous citons, à titre d’exemples: • Non évaluation des dégâts au niveau des infrastructures agricoles; • Certaines communes et sections communales affectées par ces pluies n’ont pas été prises en compte, faute de temps et des moyens financiers. • Les informations disponibles ne permettent pas de faire une estimation exhaustive du nombre de familles affectées. En dépit des problèmes liés au temps et au moyen financier, ce travail revêt une grande importance. 3 IV-Résultats de l’évaluation Cette partie présente les résultats de l’évaluation rapide réalisée dans 18 communes des départements du Nord, Nord-est, du Nord-Ouest et des Nippes, suite au passage de l’axe du froid du 1 au 11 novembre 2014. Ces résultats sont présentés par département et dans certains cas par commune et par secteur. Il est à remarquer que dans le cadre de ce présent document, toutes les données collectées n’ont pas été exploitées sinon celles relatives à une estimation rapide des pertes enregistrées dans les secteurs agricole et de la production de sel marin. Les autres feront l’objet d’une analyse future plus approfondie au besoin. 4.1- Estimation de pertes par secteur 4.1.1-Production végétale Pour l’ensemble des 4 départements touchés par l’axe du front froid qui a frappé le pays au début du mois de novembre, les pertes au niveau de la production végétale causées par les inondations sont estimées à 3023 hectares (voir tableau ci-après). Ces pertes se sont avérées plus importantes dans le nord (62%), soit plus de 1800 hectares de cultures affectés et dans le Nord-est (29%). Les Nippes ont encaissé un niveau plus faible, soit de (2%) juste après le Nord-Ouest (7%). Tableau 1 : Pertes estimées en hectares par culture et par département Département haricot Produit Pois et pois maraicher congo 195 40 0 93 0 101 0 13.5 0 banane manioc igname Nord 1197 215 Nord-est 53 Nord-ouest 196.5 riz mais malanga patate sorgho 0 200 0 0 2 0 59 68 300 90 0 65 0 0 0 0 0 0 Pistache Total % Perte 30 1879 62% 0 45 874 29% 0 0 210 7% 60 60 2% 60 3023 100% Nippes Grand Total 1446.5 308 208.5 141 59 68 500 90 0 67 Autres 0 75 Source : CNSA, novembre 2014 4 Source : CNSA, novembre 2014 - Communes les plus affectées Selon la carte ci-après, 20% des superficies affectées se trouvent dans la commune de Limonade et 17% dans la commune de Quartier Morin et se localisent au niveau du département du Nord. Ces deux communes ont perdu plus de mille hectares de terres en culture lors du passage de ce front froid. La commune de Ouanaminthe (Nord-est) se place en troisième position et celle de Ferrier (Nord-est) en quatrième position en dépassant, de manière significative, les autres communes. 5 Source : CNSA, novembre 2014 - Les cultures les plus affectées Parmi les cultures les plus affectées, les plantations de banane sont sévèrement touchées, toutes catégories confondues, se trouve en tête, ayant enregistré une perte de 49% au niveau des plantations. Ces pertes sont plus importantes dans le nord, notamment au niveau de la commune de Limonade. Les plantations de riz, de manioc et d’igname ont subi aussi des dommages non négligeable qui représentent respectivement 16%, 10.4% et 7% des pertes globales. Le haricot est la quatrième culture à avoir été touchée (4.8% des pertes). Les cultures telles le maïs, le pois congo, les produits maraichers et les tubercules à l’exception de l’igname, ont été en revanche moins affectées. Voir le graphique et le tableau ci-dessous 6 Source : CNSA, novembre 2014 Tableau # 2 : Estimation monétaire en gourdes des pertes des principaux produits agricoles affectés par département Banane Manioc Igname Riz Total Nord 239,400,000 2,150,000 0 3,410,800 244,960,800 Nord-est 10,600,000 930,000 4,320,000 5,116,200 20,966,200 Nord-ouest 39,300,000 - 0 39,300,000 8,527,000 305,227,000 TOTAL 289,300,000 3,080,000 Source : CNSA, novembre 2014 4,320,000 Il est à noter que les pertes des produits agricoles affectés au cours du passage de ce front froid sont estimées à 40% de la production équivalent en valeur monétaire à plus de 305 millions de gourdes. 7 4.2. Production animale Le secteur élevage a essuyé aussi de lourdes pertes, évaluées à plus de 4 millions de gourdes. Les départements du Nord et des Nippes ont enregistrés la plus forte perte, soit respectivement 76% et 18%, représentant ainsi près de 3 millions de gourdes pour le Nord et 300.000 pour les Nippes. Les Nippes viennent en deuxième position avec 18% des pertes, tandis que le Nord-est en accuse seulement 2% (graphiques et tableau ci-dessous). Il faut souligner en outre que Limonade (en tête) est la commune la plus touchée. Source : CNSA, novembre 2014 8 Tableau #3 : Perte dans le secteur du bétail en gourdes Départment Nord Subtotal Nord-Est Subtotal Nord-Ouest Subtotal Nippes Subtotal Bétail Bovins Caprins Porcins Bovins Caprins Porcins Bovins Caprins Porcins Cheval Caprins Porcins Total Nombre de tête perdue 133 175 410 718 3 5 7 15 30 3 10 43 2 48 39 168 944 Estimation monétaire en Gdes 1330000 262500 2050000 3,642,500 30000 7500 35000 72,500 300000 4500 50000 354,500 40000 72000 195000 307,000 4,376,500 Source : CNSA, novembre 2014 4.3. Production de sel marin La production de sel marin a été également fortement touchée par le passage de ce front froid. Le département du Nord-est, zone de production de sel marin, est celui qui est le plus affecté par la dissolution de la production de sel et la sédimentation des marais. Au niveau de Caracol, particulièrement, 200 bassins de sel (300 m2 chacun) et 20 dépôts de sel sont inondées causant la perte de la production de sel. La perte des bassins est estimée en valeur monétaire à plus de 1, 600,000 gourdes sans tenir compte des dépôts de sel qui sont inondés. 4.3. Conséquences sur la sécurité Alimentaire Les conséquences de l’inondation causée par le passage de ce front froid se font déjà sentir dans certaines communes des départements affectés. Les personnes vivant dans les zones urbaines dont leurs maisons sont inondées sont vulnérables a une situation d’insécurité alimentaire, au niveau du département du Nord, près de 1000 familles sont affectées et 9 comptant 3 morts. La situation est pareille dans les Nippes, plus de 500 maisons sont inondées. Des infrastructures routières sont endommagées, la disponibilité de certains produits alimentaires diminue. De ce fait, l’interruption momentanée de l’accessibilité au marché et la faible disponibilité engendrent déjà la hausse des prix de certains produits alimentaires et du carburant au niveau du département du Nord-Ouest. Le sac de riz de 25 kg est passé de 1000 à 1125 gourdes. Contrairement dans le Nord et dans le Nord-Est on ne remarque pas de hausse de prix pour le moment. Cependant, il faut s’attendre à une aggravation de la sécurité alimentaire dans ces zones à cause des faibles rendements obtenus durant la campagne de printemps et l’effet de ce dernier choc ajouté au renforcement du phénomène El Nino présageant de mauvaises campagnes d’automne et d’hiver. V-Conclusion Ce rapport indiquant les zones et les filières les plus affectées par les dernières pluies qui se sont abattues sur les quatre départements du pays (Nord, Nord-est, Nord-Ouest, Nippes) du 1er au 11 novembre 2014 (voir le tableau ci-dessous) peut servir d’orientation aux initiatives de redressement au niveau du secteur agricole et faciliter la mise en œuvre des interventions ciblées. Tableau 4 : Estimation Globale des pertes par secteur et par département Département Secteur Agricole Secteur Animal Secteur Sel TOTAL Nord 244,960,800 3,642,500 Nord-est 20,966,200 72,500 1,600,000 22,638,700 Nord-Ouest 39,300,000 354,500 0 39,654,500 Nippes 0 307,000 0 307,000 TOTAL 305,227,000 4,376,500 1,600,000 311,203,500 248,603,300 Source : CNSA, novembre 2014 Il peut servir de réflexion de base à d’autres évaluations plus poussées, celles prenant en compte : 1.- les effets multiplicateurs associés aux pertes enregistrées au niveau des secteurs, production végétale, élevage, de la production de sel marin et des infrastructures; 10 2.-les autres zones qui n’ont pas été touchées; 3.- les pertes de sols le long des rivières. 4.- L’utilisation de variétés et techniques améliorées renforçant la lutte contre la sécheresse engendrée par le phénomène El Niño. La prise en compte de ce dernier facteur en particulier est fortement recommandée dans les autres études d’évaluations post-désastres, compte tenu des effets potentiels liés à cet aspect (réduction de la fertilité des sols existants, diminution des superficies cultivables, perturbation et fragilisation des écosystèmes avec possibilité de réduction de la biodiversité). De surcroît, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de redressement, susceptible de soutenir les initiatives de relance agricole dans les filières et les zones les plus touchées et de réduire la vulnérabilité des régions productives aux cataclysmes naturels, s’avèrent nécessaires. 11