(2015) Atelier international de maîtrise d'oeuvre urbaine, Région des Palmes : document contexte
Resume — Ce document contexte préparé pour un atelier international de maîtrise d'oeuvre urbaine cadre les enjeux d'aménagement de la Région des Palmes. Il analyse les relations entre périphérie métropolitaine, urbanité littorale et ruralité montagnarde.
Constats Cles
- Cadre la Région des Palmes comme territoire métropolitain, littoral et montagnard à planifier.
- Documente les pressions d'urbanisation le long des corridors de transport.
- Relie agriculture, risques environnementaux et formes d'habitat.
- Appuie le travail de projet territorial du CIAT, de la CMRP et des Ateliers.
Description Complete
Le rapport fournit les éléments de contexte destinés aux équipes travaillant sur la Région des Palmes et ses liens avec Port-au-Prince. Il traite de l'urbanisation le long de la RN2, des formes d'occupation littorale et montagnarde, de l'agriculture, des vulnérabilités environnementales et des enjeux de gouvernance territoriale.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
Document Contexte
31 juillet 2015
Atelier international de maîtrise d’oeuvre urbaine,
Région des Palmes, Haïti, du 11 juillet au 25 juillet 2015
LA CAMPAGNE, COMME LA VILLE,
EST ÉMANCIPATRICE
Comment réconcilier périphérie métropolitaine,
urbanité littorale et ruralité montagnarde ?
PRÉAMBULE
L’organisation spatiale de la région des Palmes est
caractéristique de la géographie urbaine et rurale
haïtienne, et de nombreuses problématiques que l’on
trouve dans les régions de l’île s’y retrouvent : migrations
internes, urbanisation informelle, pression sur les terres
agricole, dégradation environnementale.
Le devenir de la Région des Palmes est aussi fortement
lié à celui de Port-au-Prince dont le développement
rejaillit profondément l’organisation spatiale et
l’économie du territoire. Située à l’épicentre du séisme
qui a touché le pays le 12 janvier 2010, la région a subi
des dégâts considérables qui l’ont amené à se structurer
en Communauté de Municipalités, expérience inédite
dans le pays.
Dans ce contexte, l’intérêt et la nécessité de construire
une vision partagée du devenir de ce territoire rencontre
un double agenda local et national. L’état Haïtien –
à travers le Secrétariat Technique du CIAT (Comité
Interministériel pour l’Aménagement du Territoire) a en
effet élaboré dès 2010 une vision stratégique nationale de
développement et d’aménagement à long terme afin de
porter le regard et l’action au-delà des phases d’urgence
et de transition. Quant à la Région des Palmes, elle s’est
structurée en groupement de communes afin de faire
face à l’urgence mais également afin de construire une
vision stratégique du développement de son territoire.
Les enjeux de cette démarche territoriale sont ceux de
l’équilibre interne entre espaces ruraux et urbains, et
ceux de l’équilibre entre la région dans son ensemble
et la capitale porto-princienne, dans un contexte de
profondes mutations démographiques, sociales et
économiques. Ses résultats – parce qu’ils s’inscrivent
dans un agenda national – peuvent avoir une valeur
démonstrative qui dépasse le cadre du territoire des
Palmes.
Une mission exploratoire des Ateliers a eu lieu en
décembre 2014. Elle a permis à l’ensemble des partis
prenantes de l’Atelier de partager l’intérêt d’organiser cet
Atelier haïtien sur les problématiques d’aménagement
du territoire de la Région des Palmes considérée dans sa
relation à l’agglomération de Port-au-Prince.
Le document sujet a été établi début 2015. Il a permis
d’énoncer une problématique spécifique, celle des
relations entre « ville » et « campagne » : comment
aménager campagnes et villes autrement pour que l’une
comme l’autre permette le développement intégral des
communautés qui y vivent. Le document sujet a permis
2
d’identifier les questions concrètes sur lesquelles les
travaux des Ateliers porteront.
Le document de contexte constitue la base de travail
des 4 équipes d’urbanistes qui vont travailler pendant
la session des Ateliers. Il se décompose en 2 sousensembles comprenant chacun 2 chapitres. Le premier
ensemble est un Atlas incluant des données de base
sur la géographie, l’histoire, l’économie et la société
haïtienne. Il se compose de deux chapitres. Le premier,
porte sur Haïti et le second se focalise sur la région des
Palmes. Le second ensemble reprend les sept questions
du document sujet, et pour chacune d’entre elles
rassemble un certain nombre d’informations nécessaires
à leur compréhension. Il se décompose également en
deux chapitres.
• Le premier chapitre porte sur les questions relatives
aux relations entre plaines littorales et montagnes au
sein de la Région des Palmes.
1
Les ressources environnementales : d’une
gestion opportuniste à une gestion partagée ?
2
Agriculture des plaines et des mornes :
des terroirs complémentaires à spécialiser ou
diversifier ?
3
Villes et villages : quelle structure urbaine
territoriale ?
•
Le second chapitre porte sur les questions
relatives aux relations entre la Région des Palmes et
l’agglomération de Port-au-Prince.
4
Urbanisation et vulnérabilité environnementale:
quelle gestion commune ?
5
D’un développement urbain subi à un
développement maîtrisé : quelles structures et
formes urbaines ?
6
De la mobilité de transit à l’accessibilité interne
de la Région des Palmes : quel statut pour la RN2?
7
Quelle contribution de la région des Palmes
au développement de la métropole PortoPrincienne : territoire servant ou partenaire?
La prochaine étape est celle de l’Atelier proprement dit:
2 semaines pendant lesquelles 4 équipes d’urbanistes
internationaux travailleront à des propositions concrètes
pour répondre à ces défis – propositions qui seront
débattues collectivement par le Secrétariat Technique du
CIAT, la CMRP et l’ensemble des partenaires de l’Atelier.
Nous tenons à remercier nos partenaires
pour leur aide à la réalisation de cet atelier :
Ce dossier de contexte a été réalisé dans le cadre de l' atelier de maitrîse d'oeuvre urbaine qui se déroulera
en Haïti du 26 Février au 11 Mars. Il ne s'agit en aucun cas d'un document officiel, mais d'une somme
d'informations accumulées à titre informatif sur le territoire et le sujet couverts par le travail qu'auront à
mener les participants de l'atelier.
Les informations ont différentes sources (documents et entretiens) précisées à la fin de ce dossier (p 102103-104). Les contenus et informations figurant dans ces documents n'engagent que les sources dont elles
émanent.
Ni le CIAT, ni Les Ateliers ne peuvent certifier, ni s'engager sur l'exactitude de ces contenus et informations,
malgré un souci constant de vérifier et diversifier les sources.
Une bibliographe est à disposition pour compléter, voir corriger les éléments disponibles dans ce dossier.
Des conférences seront prévues à l'arrivé des participants, où les débats permettront de resituer les thèmes
abordés.
Le CIAT et Les Ateliers, ne sauraient être tenus pour responsable des.contenus et informations figurant dans
ce dossier, ni de l'usage qui en serait fait.
3
REMERCIEMENTS
Ce document est le résultat du travail de l’équipe de pilotage des Ateliers, sous la responsabilité des pilotes Marion
Talagrand, Philippe Revault et Jean-François Parent. Il a
été rendu possible grâce à un important travail de terrain
des assistantes-pilotes Marta Masferrer Juliol et Sophonie Joseph, avec l’aide de Jimmy Leiser. Il a bénéficié du
soutien exceptionnel de Jimmy Leiser, Antoine Plane et
Marion Talagrand pour sa finalisation.
Toute l’équipe tient à remercier particulièrement la participation active de son partenaire au gouvernement haïtien, le Comité Interministériel pour l’Aménagement du
Territoire (CIAT). En particulier nous souhaitons remercier
Michèle Oriol, Sécrétaire Exécutive; Rose-May Guignard,
Urbaniste Sr. ; Pascal Noel, Coordonnateur Junior; Marc
Raynal, Conseiller Technique; Florian Tourteau, Chargé de
Projet ; Ned Charles, cartographe; Pierre-Paul Witchard,
Chauffeur ; Elcy Florestal et Patricia Hollant.
En second lieu nous remercions notre partenaire local, la
Communauté des Municipalités de la Région des Palmes
(CMRP) et en particulier sa Direction Administrative et
Technique (DATIP), qui a prêté gracieusement ses bureaux
pour la mission des assistantes-pilotes. Merci à Francis Alphonse, Directeur Général ; Emmanuel Mareus, Chargé de
communication ; Josué Amousse, Chargé de Projets ; Similien Filistin, Chargé de Projets - gestion bassins versants;
Louis Launay, Chargé de Projets - gestion des déchets ;
Elvis Géraud Cineus, Chargé de Projets - gestion du territoire ; Taina Agenor, architecte et cartographe ; Joviane
Toussaint, responsable Administration et Finances; Kethia
Regina, secrétaire ; James François, Chauffeur.
Merci à tous ceux, personnes et institutions, qui ont pris
le temps de nous recevoir ou de nous transmettre des
informations pertinentes pour l’objet de nos recherches :
Michèle Pierre-Louis, Directrice de la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) ; Lucie Couet, Chargée de mission à la FOKAL ; Olga Koukoui, Chargé de Mission à
l’AFD; Gaëlle Amiot, stagiaire à l’AFD ; Eloisa Astudillo
Fernandez, Chargée de programme - Union Européenne
; Nicole Fisher, Responsable de la Section Infrastructure
- Union Européenne ; Olivier Solari, Conseiller Technique
au Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
(MICT) ; Guitho Méthélus, Agent Intérimaire à la Mairie
de Gressier ; Jean Wilson, DG de la Mairie de Gressier;
Margarette Evelyne Fourcand, Secrétaire Administrative
de la Mairie de Gressier; Roseline Dezard, Responsable
Affaire Sociales de Mairie de Gressier ; Louis Junior, Responsable Territoire de la Mairie de Gressier; Jackson Myril, Président du Conseil Municipal de Grand-Goâve et Président de la CMRP ; Marie Clodyane La¬guerre, Mairesse
4
Adjointe de la Mairie de Grand-Goâve; Pierre Michelet,
DG de la Mairie de Grand-Goâve; Jean Saint-Amant Anicet, Agent Intérimaire de la Commune de Léogâne ; Ernest
Fleu¬risca, DGA de la Mairie de Léogâne; Joseph Dejeau
Louis, Directeur General de la Mairie de Petit-Goave ; Samuel Prinvil, Ing. Urbaniste de la Mairie de Petit-Goave ;
Eastël Bijoux, Ing. Municipal de la Mairie de Petit-Goave ;
Martin Blackburn, Directeur du Programme Coopéra¬tion
Municipale en Haiti (Fédération Canadienne des Municipalités) ; Jacky Beaubrun, Ges¬tionnaire de Projet à FCM
; Alexis Doucet, Chargé de Projet Aménagement et Territoire - Projet Baillergeaux au GRET ; Hélène Daviel, Caritas
Suisse ; Adeline Carrier, UNHabitat ; Edner Joseph, Chargé
de Projet – Agro-Action Allemande (AAA) ; Fondation Lutheriene Mondial (FLM) à Gressier ; Antony Eyma et Seide
Dicange, Concert-Action ; Yves Gattereau, Consultant à
Oxfam ; Bernard Étheart, Professeur de Sociologie Rurale,
Faculté des Sciences Humaines, Uni¬versité d’État d’Haïti;
Bobby Piard, Directeur CNIGS ; Abigail Kern, Collaboratrice
Scientifique, École Polytechnique Fédérale de Lausanne
(EPFL); Richener Noël, Sociologue et doctorant en géographie urbaine ; Patrice Dumont, Journaliste ; Kesner Pharel,
PDG du Groupe Croissance ; UCLBP ; Jocelyne Desinor, Ministère des Travaux Publics, Transport et Communications
(MTPTC) ; Jean Philippe Viala, Urbaniste; Alex Duquella,
Université Quisqueya - Responsable du Département Architecture; Jean-Francois Tardieu, UNDH-Cayes - Chef du
départements "Aménagement du Territoire" et "Enquêtes
et Sondages" ; Genjs Goldy Lucil, ENS ; Karine Jadotte
Bouchereau, Architecte-Urbaniste, Membre de Comité
d’Union et de Support aux Municipalités (CUSM) et du
Collège National des Ingénieurs et Architectes Haïtiens
(CNIAH); Josiane Rigaud, PNUD – Consultante ; Narcius
Martenat-Nels, Ingénieur-Agronome de l’Usine Sucrière
de Darbonne ; Georges Valme, Propriétaire de la Boulangerie Écologique Léogâne, Haut Macombre ; Frantz Roger,
Président de Konbit Pecheurs, Transporteurs à Léogâne
(KPTL); Association de pêcheurs Tête Ensemble Grand
Goâve (TTGG) ; Coopérative d’Ebénisterie et de Menuiserie de Grand-Goâve ; École National de Formation Professionnel (INFP) de Petit-Goâve ; Hervé Manaud et Adrien
Gomez de Le Village Taino Plage et Rustique Supérieur;
Hugo Allen, propriétaire de l’Hôtel Fort Royal ; Emiteau
Cange, Chauffeur ; Abner Septembre propriétaire de l’Hôtel Villa Ban-Yen et Président de l’Association des Paysans
de Vallue (APV) ; Hilaire Joseph, président de l'Association
des propriétaires de plages de Gressier (APLAG).
Ces remerciements s’étendent à ceux qui n’apparaitraient
pas mentionnés, mais qui ont contribué de différentes
façons à l’écriture de ce document de contexte.
5
SOMMAIRE
PARTIE 1 - Atlas
1. HAÏTI
1.1
1.2
1.3
1.4
1.5
Histoire de la nation haïtienne
Principales caractéristiques de la société haïtienne aujourd’hui
Principales caractéristiques de l’économie
Les défis de l’aménagement du territoire
Le séisme et ses conséquences directes et indirectes
2. la RÉGION des PALMES
2.1
2.2
2.3
Carte d'identité des communes
La gouvernance territoriale
Société civile et ONGs
PARTIE 2 - les Problématiques de l'Atelier
3. la RELATION MORNES et PLAINE LITTORALE
3.1
3.2
3.3
Les ressources environnementales
Agriculture des plaines et des mornes
Villges et Villes
4. la RELATION des PALMES à PORT-AU-PRINCE
4.1
4.2
4.3
4.4
6
Urbanisation et vulnérabilité environnementale :
D’un développement urbain subi à un développement maîtrisé :
De la mobilité de transit à l’accessibilité interne de la Région des Palmes :
Quelle contribution des Palmes au développement de la métropole porto-princienne ?
ACRONYMES
AAA
AI
ASEC
BV
CACEM
CACP
CASEC
CIAT
CMRP
CUF
DATIP
FAES
FAO
FCM
FIDA
GIRE
GREF
HELP
IHSI
MARNDR
MDE
MEF
MPCE
MTPTC
PAP
PASAC
PCM
PNGBV
PNUD
RP
SAGE
UCLBP
UE
USJLDD
VNG
ZMPAP
Agro Action Allemande (WHH - Welt Hunger Hilfe)
Association des Irrigants
Assemblée de la Section Communale
Bassin verssant
Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique
Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise
Conseil d’Administration de la Section Communale
Comité Interministériel pour l’Aménagement du Territoire
Comunauté des Municipalité de la Région des Palmes
Cités Unies France
Direction Administrative et Technique de l’Intercommunalité des Palmes
Fonds d’Assistance Économique et Sociale
Food and Agriculture Organisation
Fédération Canadienne des Municipalités
Fonds International de Développement Agricole
Programme de Gestion Intégrée des ressources en Eau
Groupe de Recherches d’études Environnementales et Foncières
Help - Hilfe zur Selbsthilfe e.V
Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique
Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural
Ministère de l'Environnement
Ministrère de l'Economie et des Finances
Ministère de la Planification et de la Coopération Externe
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communication
Port-au-Prince
Programme d’Appui à la Sécurité Alimentaire et à la Création d’Emplois dans les
zones rurales touchées par le Séisme du 12 janvier 2010
Programme de coopération municipale Haïti-Canada
Programme Nationale de Gestion des Bassins Versants
Programme des Nations Unies pour le Développement
Région des Palmes
Schéma d’Aménagement et Gestion des Eaux
Unité de Construction de Logements et de Bâtiments Publics
Union Européenne
Usine sucrière Jean Léopold Dominique de Darbonne
Vereniging van Nederlandse Germeenten / Association de communes néerlandaises
Zone Métropolitaine de Port-Au-Prince
7
PARTIE 1
ATLAS
8
1.
Le pays
et sa capitale
Carte de la topographie d'Haïti. Wikipedia
9
1.1 - HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE DE LA NATION
GÉOGRAPHIE
La République d’Haïti (Ayiti en créole haïtien) appartient
à l’archipel des Antilles, dans la mer des Caraïbes,
charnière entre l’Amérique du Nord, Centrale et du
Sud. Le territoire comprend la moitié Ouest de l’ile
d’Hispaniola et les îles associées (île de la Tortue au
Nord, de la Gonave à l’Ouest, île-à-Vaches et Cayemittes
au Sud), la partie Est étant occupée par la République
Dominicaine.
Des chaines de montagnes recouvrent 75% du territoire,
formant deux péninsules séparées au Centre par la plaine
du Cul-de-Sac où se trouve Port-au-Prince : au Nord
le Massif du Nord, les Montagnes Noires et la chaîne
des Matheux, au Sud la chaîne de la Selle (culminant à
2680m au Pic de la Selle) et le massif de la Hotte.
Les plus grandes plaines incluent la plaine du Nord
(autour de la ville de Cap-Haïtien), le Plateau central, le
delta de l’Artibonite (principal fleuve haïtien débouchant
sur la ville de Gonaïves), la plaine du Cul-de-sac au
Centre et la plaine de Léogâne et des Cayes au Sud. Ces
plaines fertiles propices aux cultures et la faiblesse des
ressources minières ont déterminé l’orientation agricole
d’Haïti.
C’est le troisième pays des Antilles pour sa superficie
après Cuba et la République Dominicaine, et le plus
peuplé.
Le climat est tropical, avec de petites variations
dépendamment de l’altitude et des microclimats.
Une saison sèche de novembre à avril fait place à une
saison des pluies, qui s’intensifie en particulier de juin à
septembre, lors de la saison des ouragans
•
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•
•
•
•
•
Superficie : 27 750 km²
Population : env. 10 600 000 d’habitants, à 52%
urbaine
Croissance démographique : env. 1,5% /an
Densité moyenne : environ 380 hab/km²
Capitale : Port-au-Prince (env. 2,5 millions d’habitants
dans l’aire métropolitaine)
PIB nominal 2014 : env. 9 milliards de dollars (19
Mds en parité de pouvoir d’achat)
IDH 2013 : 0,456 (161/187ème)
Source: worldatlas
l'île d'Hispaniola
10
La région des Palmes en Haïti Source DATP CNGIS
HISTOIRE DE LA NATION HAÏTIENNE
Epoque précoloniale
Le peuplement humain des Antilles remonte, selon les
études actuelles, au 4ème millénaire avant notre ère.
L’installation de peuples maitrisant l’agriculture et la
poterie semble s’être réalisée autour du 2-3ème siècle
après JC. A l’arrivée de Christophe Colomb le 5 décembre
1492, Hispaniola (telle qu’il la baptise) était occupée par
des peuples de culture Arawak : Caraïbes et Taïnos, pour
une population estimée à plus de 100 000 habitants.
L’île était alors baptisée, selon les auteurs, « Haïti », «
Quiskeya », voire « Bohio » (« chez moi » en langage
Taino).
La colonisation (1492-1804)
1492: la colonisation espagnole
Exploitée pour son or, l’île est occupée à l’Est (actuelle
République Dominicaine) par les espagnols. La
population indigène est rapidement décimée par
l’esclavage, les mauvais traitements et les maladies. La
main d’œuvre est progressivement remplacée par la
traite des esclaves, amenés d’Afrique à partir de 1517.
L’Ouest de l’île, peu riche en minerai, est délaissé par
les colons et progressivement occupé par les boucaniers
français, puis les flibustiers (Île de la Tortue).
1664: la colonisation française.
Cette occupation résiste aux expéditions espagnoles
et s’institutionnalise. En 1654, les flibustiers fondent la
première ville de la «Grande Terre » : Petit-Goâve sera
la première capitale de la colonie. Sous la direction
du gouverneur Bertrand d’Ogeron, l’autorité royale
(Colbert) organise la colonisation autour de la culture du
tabac, puis de l’indigo et de la canne à sucre. La traite
des esclaves noirs se poursuit, formalisée en 1685 par le
Code Noir
Sculpture d'Anacaona,
dans la langue des Taïnos
Fleur d'Or, fut cacique de
Xaragua à Hispaniola
Esclaves récoltant le coton à Cap-Haïtien à l'époque coloniale.
Peinture de J. Bélizaire (1982)
De 1697 à 1789 : la "pèrle des Antilles"
L’Espagne renonce formellement au tiers occidental de
l’île d’Hispaniola en 1697, qui devient officiellement
la colonie de Saint-Domingue. L’arrivée de dizaines de
milliers de colons français et de centaines de milliers
d’esclaves permet l’essor économique de la colonie,
basée sur la production des denrées agricoles dans les
grandes plaines du Nord puis du Sud, dont le tabac,
l’indigo, le coton, le cacao, et surtout le sucre dont elle
devient le premier producteur mondial. La culture du
café, qui pousse dans les mornes à moyenne altitude,
se répand rapidement dans la seconde moitié du XVIIIème
siècle, accélère le défrichement des surfaces boisées.
de 1791 à 1801 : la guerre de la révolution
La révolution française bouscule le pouvoir royal et
suscite des espoirs d’émancipation aussi bien chez les
colons que chez les affranchis. En 1791 la colonie compte
Sculpture « Le Negre Marron »
1968 Albert Mangonès
11
30 000 blancs, autant de libres de couleurs, et environ
500 000 esclaves. Les luttes de pouvoir à l’origine de
l’insurrection haïtienne sont complexes, mais on retient
la date du 14 août 1791, lorsqu’une cérémonie vodoue
à Bois-Caiman déclenche l’insurrection armée dans le
nord du pays. Dans un contexte de guerre civile exploitée
par les anglais et les espagnols, l’affranchi Toussaint
Louverture prend le contrôle de la colonie, puis de l’île
toute entière et rétablit la paix.
1801: Toussaint Louverture promulgue une Constitution
autonomiste et se donne les pleins-pouvoirs à vie. Son
pouvoir grandissant inquiète la métropole, et Napoléon
envoie un contingent armé reprendre le contrôle.
1802: Toussaint Louverture se rend en mai après ses
généraux Christophe et Dessalines. Mais trahi, arrêté
par les français et déporté en France, il mourra peu après
de mauvais traitements.
Les extactions de l’armée française entraînent la
reprise des hostilités. Les généraux Geffrard, Clervaux,
Christophe, Pétion s’unissent sous le commandement de
Dessalines et reçoivent l’appui des anglais. En novembre
1803, l’armée française, affaiblie par les combats et la
fièvre jaune, est défaite à la bataille de Vertières
1804 : le 1er janvier 1804, Jean-Jacques Dessalines
proclame l’indépendance d’Haiti (rebaptisée à l’occasion
de son nom Taïno).
Jacques Dessalline
Général Toussaint Louverture
La difficile indépendance (1804-1915)
De 1804 à 1825
Après l’assassinat de Dessaline en 1806, le pays se divise
entre le Royaume du roi noir Christophe au Nord, et la
République du mulâtre Pétion au Sud. L’unité se refera
sous la direction de Jean-Pierre Boyer en 1822. En 1825,
en échange du paiement d’une indemnité de 150 millions
(qui ne sera en payée en totalité qu'en 1947) de francor, la France reconnait l’indépendance d’Haïti, suivie en
conséquence par les autres grandes nations (Etats-Unis
exclus). Face à des soulèvements dans le Sud, Boyer
s’exile en 1843. Diplomatiquement et économiquement
isolé, le pays peine à se structurer.
1804 à 1862
Les décennies qui suivent sont assez confuses sur le
plan politique et économique, le pays étant déchiré
entre élites mulâtres et blanches, marchands étrangers,
groupes armés paysans (les cacos), et diverses factions
de l’armée. Les révoltes fréquentes maintiennent le pays
en état d’insurrection. Parmi les présidents notables de
cette période, Geffrard (1859-67) développa l’instruction
publique et les infrastructures (au travers d’un Code
Rural instaurant la corvée) et obtint la reconnaissance
des Etats-Unis ; Louis Lysius Félicité Salomon (1879−88)
développa l’enseignement secondaire et rural, acheva
le paiement de la dette et fonda la Banque Nationale;
Florvil Hyppolite (1889-96) développa le téléphone
12
Monument de la bataille de Battaille de Vertières, où l'armée
haïtienne a remporté la guerre de la révolution
et créa le ministère des travaux publics, développant
infrastructures et bâtiments publics.
L'Occupation américaine (1915-1934)
Présent en Haïti depuis une décennie pour des
concessions de chemin de fer et des plantations de
bananes, les troupes américaines interviennent en Haiti
en 1915 afin de défendre leurs intérêts commerciaux
et leurs citoyens menacés par la rébellion des
cacos. Les Marines s’installent et l’armée haïtienne
est remplacée par une gendarmerie au service de
l’occupation. S’appropriant le contrôle des douanes et de
l’administration, les américains rétablissent également le
système de la corvée dans le monde rural pour mener à
bien leurs programmes d’infrastructures, perçue comme
un retour à l’esclavage. Il en résulte un soulèvement
paysan, en 1919, qui durera deux ans.
En dépit de l’autoritarisme de cette période, plusieurs
projets d’envergure sont menés à bien sous le
contrôle des américains : expansion du réseau routier,
modernisation des ports, infrastructures énergétiques
(barrage Peligre), installation du téléphone automatique,
mise en place d’un système de santé publique et reprise
de l’instruction publique. Les finances sont assainies, les
exportations (sucre, coton) se développent
Le cadavre du chef caco
de la rebellion haïtienne
Charlemagne Massena Peralte,
tué par les gendarmes sous
emprisie américaine
De 1934 à nos jours
De 1934 à 1957
Le départ des américains sous le régime de Sténio
Vincent laissent Haïti avec un appareil d’état renforcé,
mais une société civile affaiblie. Après le départ de
Vincent en 1941, et jusqu’en 1957, l’armée intervient à
plusieurs reprises afin d’assurer la transition du pouvoir,
disputé entre mulâtres et « noiristes ».
1957-1986 l'ère Duvalier
De 1957 à 1971. Soutenu par l’armée et par les Noirs,
connu pour son travail humanitaire en tant que médecin
et pour ses nombreux voyages, Duvalier est élu président
avec un soutien considérable de la population générale.
Organisant une politique répressive, il déclare l’état de
siège et organise une ère de dictature sévère en Haïti.
En 1964, «Papa Doc» se nomme lui-même « président à
vie». Se méfiant de l'appareil militaire qui l’avait installé
au pouvoir, il créé une unité paramilitaire les Volontaires
de la Sécurité Nationale, plus connus sous le nom de
"Tonton Macoutes". On estime qu'environ 30 000
personnes ont été assassinées durant le gouvernement
de François. Les classes moyennes et supérieures, dont
les intérêts économiques sont menacés, commencent à
fuir Haïti.
De 1971 à 1986. Peu avant sa mort en 1971, François
Duvalier désigne son successeur. Son fils Jean-Claude
Duvalier, "Baby Doc", est nommé président à l'âge de
19 ans. Il poursuit le règne de la terreur et s’enfonce
Les U.S. marines devant un contingent de soldats de la
Gendarmerie d'Haïti
Jean-Claude Duvalier enfant, et son père Francois Duvalier
s'entraînant au fusil
13
dans la corruption, jusqu'à son évincement en 1986.
Il entreprend une légère libéralisation du régime et
rétablit des relations diplomatiques avec ses voisins. Le
gouvernement américain restaure son aide à Haïti qui
avait été suspendue depuis 1961.
1986 to 1990 - Jean-Bertrand Aristide
Le départ de Duvalier ne signe pas la fin de la dictature, et
l’armée prend le contrôle du gouvernement provisoire.
De nombreux haïtiens reviennent cependant au pays.
En 1990, des élections libres sont organisées et l’ancien
prêtre populiste Aristide remporte la présidence avec
près de 70% des voix au cours d’élections observées et
approuvés à l'échelle internationale. Il augmente les
taxes et réduit le budget de l’armée, ce qui entraîne un
nouveau coup d’état militaire mené par Raoul Cédras le
29 septembre 1991, et une répression sanglante s’abat
sur ses partisans. Des dizaines de milliers d’Haïtiens
fuient vers la Floride par la mer.
La junte règne avec une poigne de fer. Les exécutions
extra-judiciaires sont nombreuses. Les Haïtiens émigrent
massivement. En 1994, l'armée pressionnée par les USA
(qui envoie des troupes à Port-au-Prince) accepte le
retour d’Aristide à la présidence haïtienne, où il finit son
mandat et applique un programme néolibéral imposé par
le FMI et surnommé « plan de la mort » par les haïtiens.
Son successeur, René Préval, est élu en décembre 1995:
il s’agit de la première transition démocratique entre
deux présidents haïtiens.
1995-2004 – Chaos Politique
La situation électorale se dégrade tandis que les
élections législatives et sénatoriales sont successivement
invalidées. Les élus arrivés au terme de leur mandat
quittent leurs fonctions, et en janvier 1999 Préval
gouverne par décret. La criminalité et le trafic de
drogue augmente. Les élections de 2000 sont entachées
d’irrégularités, d’accusation de corruption et boycottées
par la population, elles voient le retour d’Aristide. Les
violences s’intensifient entre partisans du pouvoir en
place et opposition. Les émeutes se transforment en
opposition armée et en février 2004 Aristide est extradé
en Afrique du Sud par les USA. Une force internationale
envoyée par l’ONU intervient pour restaurer l’ordre et
résoudre la crise humanitaire : la MINUSTAH.
magnitude 7.0 frappe le pays. (cf chap 1.6)
Après 2011
La reconstruction s’organise avec l’aide de la communauté
internationale. Le président en fonction, Michel Martelly,
a été élu le 20 mars 2011.
le palais présidentiel , symbole du pouvoir de l'état, démoli
lors du séisme
2006-2010 – Réélection de Préval.
Le pays connait de nombreuses difficultés, et en 2008 des
émeutes de la faim entrainent la démission du premier
ministre. De nombreuses catastrophes naturelles
frappent Haïti sur cette même période, dont 4 ouragans
pour la seule année 2008.
2010 - Le séisme
Le mardi 12 janvier 2010, à 16h53, un séisme de
14
Le marché de fer à PAP, financé par des fonds privés, symbole
de la reconstruction?
1.2 - CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DE LA SOCIÉTÉ
Les chiffres sont issus de sources diverses: IHSI, Banque
Mondiale, CIA, Haiti Now, et autres et ne se recoupent
pas nécessairement. Le dernier recensement réalisé en
Haïti remonte à 2003, et beaucoup de chiffres employés
aujourd'hui sont issus de projections mathématiques
et non d'études de terrain. Les données livrées dans ce
document permettent de donner une idée de certains
phénomènes et d'évolutions en cours, mais ne doivent
pas être pris au pied de la lettre.
LA POPULATION
Si elle est passée de 500 000 à 10 600 000 d’habitants,
la répartition de la population a peu varié depuis
l’indépendance : selon la CIA, 95% de noirs ; 5% de
mulâtres et blancs. Aujourd’hui encore, des inégalités
distinguent ces catégories de populations.
L’espérance de vie est de 63 ans env, et la population est
jeune : 50-70% de la population a moins de 22 ans.
Traditionnellement agricole, la population haïtienne s’est
massivement installée en ville au cours des 35 dernières
années; le taux de population urbaine est passée de 20%
en 1980 à 28% en 1990, 35% en 2000, puis a bondi à
52% en 2010, et le taux d'urbanisation est estimé à plus
de 3% an.
En même temps, la population totale du pays a
pratiquement doublé, passant de 5,6 M à 10,6 M
d’habitants. Cela signifie, en termes absolus, que la
population urbaine est passée de 1,1 à 6 M d’habitants
en 35 ans, tandis que la population agricole est restée
stable.
La faible capacité du monde rural à absorber l’excédent
de population a plusieurs interprétations, au-delà de
l’attrait des villes : déclin de la production agricole, peu
compétitive ; dégradation générale de l’environnement,
accès limité aux services de base, protections nulles
contre les risques environnementaux, dispersion du
foncier.
AUTRES DONNEES
• Une pauvreté extrême: 76% de la pop gagne moins de
2$ / jour, 56% moins de 1$, etc… La coutume du restavek
- envoyer les enfants pauvres dans des familles plus
riches en ville, est encore courante.
• Les réseaux familiaux étendus sont solides, servent de
support à l'individu et pallient l'absence de structures
sociales stables.
• La société est matriarcale; la mère est le "poto mitan",
c'est-à-dire le pilier central de la famille et la femme est
au cœur de l’économie rurale.
• La violence urbaine s'est développée sous la forme de
gangs urbains dans les années 90 sous Aristide.
• La classe moyenne disparaît : aujourd'hui, 5-7% de la
société en 2011)
• Foyer moyen: 4.4 personnes
MIGRATION & DIASPORA
• Les migrations se sont poursuivies tout au long de
l'histoire, motivée par une ascension socioéconomique
et/ou des pressions politiques.
• La fuite des cerveaux : 84% des diplômés universitaires
quittent le pays.
• Une forte migration domestique et mobilité interne:
l'exode rural est amorcé depuis les années 70, surtout
vers la capitale. 75% des classes moyennes vivent à PAP
•La diaspora internationale est très forte: 2 millions, 1/5
de la pop°, vit à l'étranger (estim.), principalement aux
E.U. et en République Dominicaine.
• Les transferts de fonds issus de la diaspora est une force
économique envoi d'un substantiel support financier
aux familles. (Estim: 1 famille sur 5 reçoit 150$ / mois
5 - FDI) qui a un impact sur les finances et le paysage
(constructions de grosses maisons)
15
LANGUES
• Deux langues officielles: le français et le créole
(officialisé en 1987).
• Le créole est parlé par tous les habitants , et a bénéficié
d'une reconnaissance progressive tout au long du XXe s.
Orale et stigmatisée par les élites à l'origine, elle a du se
standardiser pour être enseignée dans les écoles.
• Le "kreyòl", est un amalgame de plusieurs langues: bien
que 90% soit issu du vieux français, une grande partie de
la grammaire découle des langues africaines, du taino,
de l'espagnol et du portugais.
• La majorité de la population ne parle pas couramment
le français.
RELIGIONS & CROYANCES
• Le vodou plonge ses racines dans les pratiques
spirituelles du culte vodou yoruba du Dahomé (TogoBénin-Nigéria) que les esclaves africains ont emmené
avec eux. Il consiste en un être suprême, le Créateur
(Bondye) et en un panthéon d’esprits messagers,
les Lwas qui lui servent d’intermédiaires. Lors des
cérémonies menées sous le péristyle (temple vodou)
par un prêtre (houngan) ou prêtresse (mambo), les
Lwas « chevauchent» des fidèles lors de transes, où ils
interfèrent auprès des humains.
• Pour pratiquer leur foi sans représailles de la part
des colons, un syncrétisme s'est opéré entre les lwas
et les saints catholiques. Cette pratique métissée se
poursuit aujourd'hui, même si le vodou est autorisé. La
décoration du péristyle, par exemple, est constituée de
peintures vives de ce qui semble être à première vue des
saints catholiques.
•Les croyances sont poreuses: 50% des Haïtiens
pratiquent le vodou, même si la première religion
officielle est catholique (80% de la population)
• Le vodou a été politiquement instrumentalisé selon
les allégeances des dirigeants (Fauque l'a dénigrée, mais
Duvalier l'a promue et Aristide l'a élevée au rang de
religion officielle)
•Présente depuis le XVIIIe s, la minorité protestante de
28% s'est développée lors de l'occupation américaine.
Leur opposition au vodou est plus frontale (cf séisme).
ART & CULTURE POPULAIRE
La culture unique d'Haïti est un produit issu du mélange
de culture française et africaine, incorporant les cultures
vodou, créole ainsi que les traditions orales.
• Haïti possède de nombreux artisans.
• la peinture de style "art naïf haïtien", l'artisanat et les
peintures sont fortement imprégnées de la tradition
orale (religion, contes, traditions, proverbes)
• Le marché de l'art et de l'artisanat est fortement
dépendant du tourisme, qui vacille en raison des
conditions politiques ou climatiques du pays
• La littérature haïtienne est mondialement reconnue
(Dany Laferrière à l'Académie Française, notamment).
Symbole religieux : les vévé dans la pratique vodoue
L'intérieur d'un peristyle. Sur les murs, des représentations
de saints catholiques symbolisants les Lwas, esprits du vodou.
16
SANTE & BIEN-ETRE
• Déficience du système de santé, infrastructures en
déshérence, manque de personnel et d'équipement,
etc…
• Les indicateurs de santé sont parmi les plus faibles dans
les Caraïbes (longueur de vie, mortalité, HIV, tuberculose
et paludisme, etc.)
• La pauvreté extrême est à l'origine de nombre de
maux et les maladies se transmettent notamment par
des conditions de vie insalubres, des eaux malpropres,
la malnutrition.
• Le système de santé est principalement formé par le
secteur public qui manque de fonds, mais il est relayé
par le système privé traditionnel ainsi que les ONG, mais
la coordination entre tous les acteurs est difficile.
• Il y a 25 médecins / 100 000 hab. La recommandation
de l'OMS est de 250.
• La majorité des praticiens résident dans l'aire
métropolitaine.
• 47% de la pop° n'a pas accès aux soins de sante. On
estime que la population a souvent recours aux remèdes
traditionnels.
Frankétienne (né Franck Étienne en 1936 à Ravine-Sèche, Haiti)
est un romancier, dramaturge, poète, peintre et militant.
une peinture de Préfète Duffaut (1923-2012), figure majeure
de l'art naïf Haïtien
17
1.3 - CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DE L'ÉCONOMIE
L’économie haïtienne, autrefois tournée vers l’exportation
puis devenue relativement autonome, s’est rouverte au
commerce international après la chute du régime Duvalier.
Depuis les années 80, l‘ensemble des secteurs a souffert
des ajustements structurels imposés par le FMI et l’économie ne s’est pas adaptée comme attendue. Le séisme de
2010 a achevé de désorganiser l’appareil de production et
les infrastructures. 85% de l’activité économique est informelle, et une part significative des revenus provient des
transferts d’argent de la diaspora.
LE SECTEUR AGRICOLE
Toussaint-Louverture. Selon le réseau « Alterpresse », 21
des 22 fabriques de vêtements à Haïti est considéré «non
conformes avec la législation sur le salaire minimum ».
Dans le secteur agroalimentaire, la grande raffinerie de
la culture du café, autrefois première source de richesse
L’économie haïtienne est traditionnellement basée sur la production de produits agricoles, longtemps destinés à l’exportation, particulièrement le sucre et le café.
La libéralisation des tarifs douaniers et l’ouverture croissante
du pays après 1986 a eu des effets dévastateurs sur les produits haïtiens, peu compétitifs. Haïti possède aujourd’hui
l’économie la plus libéralisée des Caraïbes, appliquant un tarif
moyen de 5,7% sur les importations agricoles (le maximum
imposé par l’OMC est de 21,3%). La modernisation espérée de
l’appareil productif ne s’est pas produite et la chute des prix
agricoles, combinée au manque d’innovation et d’investissement des producteurs haïtiens (dont la faiblesse et le peu de
fiabilité du système bancaire peuvent également être tenus
responsables) et à plusieurs ouragans dévastateurs, ont totalement déstructuré l’appareil productif agricole. Le riz américain subventionné à 70% a remplacé la production locale, puis
les prix mondiaux ont augmenté, érodant le pouvoir d’achat
des ménages. Aujourd’hui la balance des produits agricoles
haïtienne est largement déficitaire. Les importations ont triplé
entre 1985 et 2005 et les exportations (mangues, café, cacao,
bois) sont peu significatives.
La pêche est présente sur tous les littoraux, mais elle est globalement très artisanale et tournée vers le marché intérieur.
L’agriculture est donc de plus en plus tournée vers la subsistance, voire la survie: elle représente encore environ ¼ du PIB,
mais elle fait vivre 40% de la population. Les cultures en sarclages dans les mornes, et la déforestation pour la fabrication
de charbon en sont des activités rentables à court terme mais
aux conséquences dramatiques pour l’environnement. Parmi
les problèmes récurrents du monde rural, on trouve, l'insécurité du régime foncier, la fragmentation constante des exploitations (héritages en indivision), la déforestation, l'érosion,
l'épuisement des sols et la détérioration des bassins versants,
l'échec à réparer et à construire des systèmes d'irrigation, et
l'absence presque complète de services agricoles en termes
d'intrants - semences, engrais, crédit et infrastructures de
transport.
18
la culture de la canne à sucre
une guildive, ou moulin de canne à sucre
L’INDUSTRIE
L’industrie dans son ensemble contribue environ à 20 %
de la formation du PIB et 10 % de la main d’œuvre.
Les industries minières et de la construction représentent
aujourd’hui le deuxième grand secteur productif en Haïti. L’extraction de sables et graviers pour la construction
est une activité largement informelle, souvent illégale, et
très rentable pour les grands « exploitants ». Une partie
de cette production est totalement artisanale. Si la production minière en valeur est en déclin, d’importants gisements d’or ont été découverts dans le nord du pays qui
pourraient relancer les exportations. Il est néanmoins
peu probable que ces découvertes, très préjudiciable à
l’environnement et souvent exploitées par de grandes
multinationales, bénéficient à la population haïtienne.
L’industrie d’assemblage et du textile, bénéficiant des
avantages compétitifs liés au très bas coût de la main
d’œuvre locale (le salaire minimum est aujourd’hui encore inférieur à 250 gourdes (5$) par jour) employait 80
000 ouvriers au début des années 90, mais il s’est effondré suite à l’embargo promulgué par l’ONU jusqu’en
1994. Aujourd’hui, il peine à se reconstruire, malgré les
programmes américain HOPE I et II, supprimant les barrières douanières pour les vêtements haïtiens. Entièrement voué à l’exportation, les usines d’assemblage sont
installées à Port-au-Prince, à proximité de l’aéroport
Produits importés dans un marché de Léogâne
canne à sucre de Léogâne est aujourd’hui pratiquement
à l’arrêt, faute de matière première et elle ne survit que
par des subventions de l’état.
Le secteur de l’énergie, paradoxalement, se confond
avec celui de l’agriculture : 75% de l’énergie consommée en Haïti provient du bois, sous forme brute ou de
charbon. A peine 20% du bilan énergétique revient au
pétrole (essence et mazout), principalement sous forme
de carburant pour les véhicules et 4% de l’hydroélectricité. Haïti est donc quasiment autonome en énergie, mais
parce que sa consommation globale et par habitant est
la plus faible d’Amérique.
Observatory of Economic complexity - https://atlas.media.mit.edu/en/profile/country/hti
19
LE SECTEUR TERTIAIRE
C’est aujourd’hui le secteur le plus dynamique de l’économie, capitalisant plus de la moitié du PIB et de la main
d’œuvre.
Le secteur formel recouvre notamment les banques, le
commerce d’import-export et le tourisme.
Après avoir été un temps une destination privilégiée,
notamment des américains, le tourisme a connu un
fort recul en Haïti. Absence d’infrastructures, mais
aussi mauvaise image à l’étranger d’un pays considéré comme pauvre, corrompu, instable et peu sûr.
L’activité représente pourtant la principale source de
revenue de la République dominicaine voisine, à l’économie florissante. Le Ministère du Tourisme a donc
engagé une campagne de remise en valeur du patrimoine haïtien unique (plages, patrimoine historique,
dynamisme culturel), incluant une présence constante
dans les médias, la mise en place de formations professionnelles et une mise en valeur du riche patrimoine
touristique haïtien, notamment auprès de la diaspora.
Le secteur informel, principalement le petit commerce
(« Madame Sara » chargées de la revente des produits
agricoles en ville et dans les marchés, téléphonie mobile,
jeux d’argent,…) se fonde sur le « brassage », le va-etvient de personnes propice aux affaires, que l’on rencontre dans les marchés, les grandes villes, et surtout la
capitale : il offre une économie de survie plus rentable
que l’agriculture, contribuant à renforcer l’attractivité
des villes, accentuant l’exode rural et le déclin de la qualité de vie.
dance. Généralement versées à des ONGs sans consulter
le gouvernement haïtien (selon Alterpresse,1% de l’aide
aura servi à financer le gouvernement haïtien et ses politiques nationales, 9% aura transité par des institutions
gouvernementales « ad hoc » créée par les bailleurs internationaux), l’aide a renforcé l’image de faiblesse du
gouvernement, et habitué les communautés locales à
s’adresser directement aux ONGs.
Ce montant, énorme, doit néanmoins être regardé avec
précaution quant à son véritable impact sur le redressement économique. Un an après la catastrophe, une
part importante de l’aide a été versée directement aux
propres états préteurs (les Etats-Unis se sont ainsi remboursés de leur mobilisation d’urgence), à de grandes
organisations internationales, et bénéficiant le plus souvent à des entreprises et des consultants étrangers. Des
485 M$ versés par USAid entre 2010 et 2012, 1,2% aurait
été accordé à des entreprises haïtiennes, et 67% à des
entreprises de la région de Washington DC.
Les aspects négatifs de l’aide internationale et de l’action
des ONGs sont nombreux et reportés. Par exemple:
• l’absorption de la main d'oeuvre formée (les entreprises et administration locales ne peuvent lutter
contre les hauts salaires versés par les ONG) ;
• la course aux résultats (certaines ONG ont des délais
pour dépenser leur aide et obtenir des résultats –
parasitant les systèmes en place) ;
• l’absence de vision de long-terme (départ programmé, que l’action prévue soient ou non accomplie) ;
l’absence de formation des coopérants étrangers,
recrutés massivement…
5 ANS PLUS TARD, les interventions d’urgence ont
Le nouveau logo du ministère du tourisme
"LAND OF THE 10 000 NGO'S"
Haïti était dépendante de l’aide internationale bien avant
le séisme, dans des proportions importantes. Dans les
années 2000, le montant de l’aide internationale oscillait
entre 5 et 15% du PIB du pays, et représentait une part
significative du budget du gouvernement, finançant le
plus souvent des programmes sociaux et de santé.
Le séisme de 2010 a débloqué de la part des grands bailleurs internationaux des promesses d’aide s’élevant à
10 milliards de dollars et a donc accentué cette dépen20
fait long-feu et les ONGs encore présentes cherchent à
s’inscrire dans le long terme, établissant des partenariats
plus solides avec la population. De nombreux services
publics (santé, gestion des ordures, formation, aides au
développement rural...) sont garantis par des ONGs bien
implantées, contribuant indéniablement a l'amélioration
du niveau de vie de la population.
1.3 - LES DÉFIS DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
L'ORGANISATION POLITIQUE, ADMINISTRATIVE ET TERRITORIALE
DIVISONS TERRITORIALES ET ADMINISTRATIVES
Divisée historiquement (depuis l’époque coloniale) en
régions et en paroisses, le territoire de la République
d’Haïti comporte aujourd’hui plusieurs divisions
administratives hiérarchisées:
• 10 départements,
• 42 arrondissements,
• 140 communes,
• 570 sections communales.
Le département regroupe les arrondissements et
les communes. Les départements s’organisent autour
de leur chefs-lieux qui ont le plus souvent une stature
historique. Jusqu’en 1987 simple subdivision de l’Etat,
la constitution prévoit la formation d’une assemblée
départementale élue, et chargé d’établir un conseil
départemental avec pour mission : la gestion des intérêts
locaux dans le département et l'exécution des ordres
du gouvernement central. Aujourd'hui les conseils
départementaux ne sont pas actif.
L’arrondissement,
qui
regroupe
plusieurs
communes, correspond le plus souvent un bassin de
vie. L’arrondissement ne possède pas aujourd’hui
du statut de collectivité, cependant la constitution
prévoit la possibilité que des communes s’associent
en communauté de municipalité, sans préciser les
attributions et les modalités d’une telle initiative. C’est
le cas des communes de l’arrondissement de Léogâne :
Petit-Goâve, Grand-Goâve, et Léogâne se sont regroupées
pour former la communauté des municipalités de la
Région des Palmes (CMRP)… en intégrant également
la commune voisine de Gressier, pourtant rattachée à
l’arrondissement de Port-au-Prince.
les 10 départements de la république d'Haïti
Historiquement, le pays est très centralisé et ces
divisions territoriales ne sont que de simples
divisions administratives, dépendant directement
d’administrateurs nommés par l’Etat central. La
constitution de 1987 a profondément modifié cette
situation, créant la section communale, ou section rurale,
et attribuant au département une personnalité morale,
en en faisant de véritables collectivités territoriales
disposant d’une autonomie administrative et financière.
Tableau I
Grandes
divisions
territoriales
d’Haïti
COMPOSITION
DU DÉPARTEMENT
DE L'OUEST
Département
Chef-Lieu
Arrondissement
Port-au-Prince
Léogâne
Ouest
Sud-Est
Port-au-Prince
Jacmel
Croix-des-Bouquets
Arcahaie
La Gonâve
Jacmel
Bainet
Belle Anse
Commune
Port-au-Prince, Delmas, Cité Soleil, Tabarre,
Carrefour, Pétion-Ville, Kenscoff, Gressier
Léogâne, Petit-Goâve, Grand-Goâve
Croix-des-Bouquets, Thomazeau, Ganthier,
Cornillon, Fonds-Verrettes
Arcahaie, Cabaret
Anse à Galets, Pointe à Raquette
Jacmel, Marigot, Cayes-Jacmel, La Vallée de Jacmel
Bainet, Côtes de Fer
Belle Anse, Grand Gosier, Thiotte, Anse-à-Pitre
21
La commune, issue des paroisses du XIXème siècle,
est la circonscription la plus ancienne. Elle est composée
de la ville, de ses quartiers et zones rurales. C’est à cet
échelon territorial que la traditionnelle opposition villecampagne prend toute sa dimension. La commune est
dirigée par un conseil exécutif de 3 membres élus : le
maire et deux maires adjoints, assistés d'une assemblée
municipale à vocation délibérative. « Elle a la vocation
d'améliorer le cadre et les conditions de vie de ses
habitants, c'est pourquoi, elle gère les services collectifs
de proximité. »
Aujourd'hui, le statut de la commune répond à un double
besoin : elle est une circonscription administrative de
l'Etat et un lieu de gestion des intérêts locaux.
La section communale est la plus petite juridiction
politique, créée pour répondre à un besoin de
représentation de proximité pour la population paysanne.
Elle exerce des compétences autrefois dépendantes de
la commune. Le Conseil d’Administration de la Section
Communale (CASEC) et l’Assemblée de la Section
Communale (ASEC) sont les dirigeants élus au suffrage
universel. Le CASEC comprend trois membres. Les
membres de l’ASEC varient de cinq à neuf dépendamment
de la densité de la population de la section donnée. Des
personnes interviewées ont noté que les responsabilités
des CASECs et des ASECs ne sont pas encore claires.
Ainsi, leurs rôles dans la prise de décision varient à
travers la région et le pays selon le contexte local et des
dynamiques politiques.
section urbaine
Ville
RN2
villages ou pöles
d'activité
une commune et ses divisions administratives ou
sections communales
A noter également, le statut flou des quartiers, qui
correspondent à de petites agglomérations rurales où
l’Etat assurait exceptionnellement la mise en place de
services normalement réservés aux villes et aux chefslieux (police, état civil, justice, marché…). Ces secteurs
étaient en attente d’être élevés au statut de ville ou de
chef-lieu.
22
Sections rurales
sections communales : section urbaine (ville) et sections
rurales (villages)
ERSE
AUTRES DIVISIONS TERRITORIALES NON
ADMINISTRATIVES
Il n’existe pas en Haïti une définition précise du concept
de ville, mais un certain nombre de critères permettant
de juger si telle ou telle agglomération peut être
qualifiée d’urbaine. Il existe en Haïti autant de villes
que de communes, ces villes étant les chefs-lieux de ces
divisions territoriales.
Les sections rurales se subdivisent en habitations.
C’est une vaste superficie de terre cultivable appartenant
autrefois à un seul propriétaire. Elles portent pour la
plupart d'entre elles le nom du propriétaire de l'époque
coloniale.
POINTS
DE RASSEMBLEMENT
Au sein DES
des sections
rurales,
la localité est un espace
aggloméré autour d’une concentration de services (p.e.
le minifundium
Avec
le temps
et la croissance
terrain de
foot,
gaguère
- arènedémographique,
des combatsdes
depôles
coqs -,
u fait du partage
d’activités sont nés dans les sections communales (poste
église, école,
etc.)
enoumilieu
rural.
logements
sont
celer au fil des
militaire,
église
chapelle,
route,Les
moulin,
marché, ne
école,
ment du foncier
etc.), donnant
naissance à des zones de concentration
pas forcément
à proximité.
épondant à des
de population que l’IHSI a appelé des « localités » et
mité d’un point
qui ne sont pas prises en compte par l’administration
territoriale. PROPRES DES COLLECTIVITÉS
COMPETENCES
s souvent par des
embocagement
tion agricole.
C’est le premier niveau des échanges et des transformations
agricoles.
Habitation
Pôle d'activité
Les pôles d'activité se trouvent dans l'espace
«habitation» (grand terrain d'un propriétaire/famille)
Les collectivités territoriales sont des institutions politicoAdministratives territoriales décentralisées dans l’"État
Unitaire Décentralisé d’Haïti". Les Collectivités Territoriales
sont : la Section Communale, la Commune et le Département,
mais la loi peut créer en d’autres au besoin.
Une collectivité est dotée de quatre attributions essentielles
qui sont :
1.- Attribution de planification: préparer en collaboration avec
les organes publics compétents, les plans d'aménagement du
Comme
la et
plupart des
autres régions
pays, la bo
territoire,
ceux dans
d'extension
d'embellissement
des du
villes ;
caractérisée
habitat
rural et
dispersé,
un les
habitat lin
déterminer les
sourcespar un
nouvelles
d'imposition
proposer
concentrations
caractère
centimes additionnels
surà les
taxes turbain.
impôts d'Etat ; mettre
partant de cette
réalité par la
physique et
socialet la
fragmentée
sur pied En
des projets
d'investissement
construction
lesdes
liens
facilitant
les pratiques quotidiennes et permetta
réalisation
travaux
d'importance.
L’ORGANISATION DU TERRITOIR
2.- Attribution d'animation et de consultation : former ou
URBAINES :des comités,UN RES
autoriserDES
dans CENTRALITES
les quartiers et les agglomérations
LES
BOURGS
ou intéresser les groupements communautaires et lesLA BOU
Les à
bourgs
et villes,
chefs-lieux
de communes,
constitués
coopératives
étudier
toutes
questions
liées aux
problèmesCe sont c
avant ou
après l’indépendance,
sont des points
de
de circuits
économiques,
socioculturels
et d'environnement
et à suggérer
convergence pour les populations venant de la campagne,
dessinent l
les solutions
et
les
voies
et
moyens
appropriés.
en quête de services à la tête desquels on retrouve l’école,
population
l’eau et l’électricité. C’est le lieu d’échange par excellence,
et 16,3% d
les
productions
locales
partout
supplantées
3.- Attribution
de
gestion
: tendant
Aménager
et à être
entretenir
les routesCe sont ce
par vicinaux,
les importations
: farine
blé, riz importé,
textiles
départ ver
et chemins
recenser
les de
immeubles
des particuliers,
d’occasion, etc.
ceux du Leur
domaine
public
et
du
domaine
privé
de
l'Etat
situé
poids démographique s’est alourdi avec les années,
dans la même
collectivité,
produits
premières
si la fixer
bouclelesn’aprix
pasdes
connu
la de
pectaculaire
augmentation
la le
proportion
nécessitées en
accorddeavec
service d’urbains
compétentqu’à
du connu
ministère
l’Ouest du pays.
du commerce.
4.- Attribution d'exploitation et de protection : Etablir et
exploiter des parcs d'automobiles et des gares routières ; créer
et administrer des salles de spectacle et de théâtre ; protéger,
entretenir, exploiter les sites et monuments naturels ou
historiques en collaboration avec l'administration compétente
de l'Etat ; créer et administrer des services de protection civile
; protéger l'exercice des cultes et assurer la police des moeurs
dans la collectivité.
MOYENS DE FONCTIONNEMENT
Les revenus des collectivités locales proviennent de deux
sources principales : Impôts et taxes locales, et dotation
globale de la part de l'Etat. Les taxes et impôts les plus
importants perçus par la Direction Générale des Impôts
(D.G.I) pour le compte des collectivités locales sont : la
contribution foncière des propriétés bâties (CFPB) et la
patente. Ces deux impôts ne constituent pas les seuls,
même s'ils représentent un très fort pourcentage de la
fiscalité directe locale. Les Collectivités Territoriales ont
aussi la possibilité de percevoir d'autres taxes dont les
produits peuvent être plus ou moins importants : droits
d'abattage des animaux, Taxe d'enlèvement des ordures
ménagères, concessions de terrains dans les cimetières,
Droit de licence sur les boissons vendues en détail, Taxes
sur les emplacements publicitaires, …
un pôle d'activité. Source: Haiti Demain, CIAT
LE TERRITOIRE
HAÏTI DEMAIN - B OUCLE CENTRE ARTIB ONITE
23
PREMIER DÉFI DE LA PLANIFICATION:
LA VULNÉRABILITÉ ENVIRONNEMENTALE
Une composante majeure de l’aménagement en Haïti
consiste à tenir compte des aléas environnementaux.
Ceux-ci comportent généralement une composante
principalement naturelle, et une composante aggravante humaine.
2 COMPOSANTES NATURELLES
D’une part, l’île se trouve au chevauchement de deux
plaques tectoniques, entre la plaque caribéenne et la
plaque Nord-américaine, sur ce que certains sismologues appellent la « microplaque de la Gonâve ». Deux
failles sismiques, correspondantes aux deux chaînes
montagneuses principales, encadre le relief au Nord
(faille septentrionale) et au Sud (Faille Enriquillo-Plantain Garden). Ces deux zones ont été le lieu de séismes
historiques majeurs, mais le dernier grand séisme dans
le Sud du pays remontait à 1862.
La construction informelle dans le lit majeur des rivières
ou sur des terrains pentus non stabilisés contribue à
alourdir le bilan lors de pluies diluviennes. La déforestation, phénomène engagé depuis la colonisation atteignant aujourd’hui ses limites, est un sujet à part entière
aux causes et conséquences multiples et liées.
LA DÉFORESTATION EN HAÏTI
OCEAN ATLANTIQUE
BASSIN VERSANT IMPLIQUÉ DANS LES INONDATIONS
ZONES INONDABLES
TRAJECTOIRES D’OURAGANS
CAP HAÏTIEN
FAILLES SISMIQUES
ÉPICENTRE SÉISME DU 12-01-2010
ZONES DE RISQUES
GONAÏVES
MER DES CARAÏBES
PORT-AU-PRINCE
LES CAYES
MER DES CARAÏBES
LA GÉOGRAPHIE DES RISQUES
la géographie des risques. Source: Haïti Demain
24
Les plaques tectoniques des Caraïbes
D’autre part les Antilles se situent sur le trajet des cyclones tropicaux, lors de la saison des pluies. En fonction
de leur intensité, les perturbations atmosphériques qui
traversent le pays sont plus ou moins violentes : dépression tropical, tempêtes tropicales, ouragans et ouragans
majeurs. Les dégâts sont causés par les vents très violents et les vagues, mais surtout par le volume des précipitations qui peuvent entraîner des inondations graves.
les zones d'érosion source: DATIP
COMPOSANTE HUMAINE
La composante humaine se traduit par la préparation plus
ou moins importante des personnes et de leur environnement, et est la raison de l’aggravation des bilans lors
de catastrophes naturelles. Bien que l'histoire récente
des ouragans et des tempêtes dévastatrices ait influencé
la construction d'abris en béton et ciment qui peuvent
résister aux vents forts, ceux-ci n'étaient pas dotés de
systèmes parasismiques - flexibles. Cela eu des conséquences fatales lors du séisme de janvier 2010.
24
les cours d'eau et les risques d'inondations en Haïti
CIAT - HAÏTI DEMAIN
25
Bref historique. Commencée lors de la colonisation alors
que 80% de l’île était recouverte de forêts luxuriantes,
le défrichage des sols commence au XVIIème siècle pour y
installer des cultures de sucre, coton, café.
Alors que 60% du pays est encore recouvert d’arbres,
l’occupation américaine et sa politique de concentration des terres accélèrent le déboisement de manière
décisive. En 1945, la couverture est réduite à 21% de la
superficie, et 8% en 1955. Dernière étape, l’embargo décidé par l’ONU de 1991 à 1994 isole le pays dont l’énergie
dépend déjà largement des ressources ligneuses. Enfin le
recul de la production agricole, appauvrissant encore les
populations rurales et augmentant le volume des nouveaux urbains, fait peser une pression de plus en plus
lourde sur la maigre ressource en bois, qui devient alors
le principal revenu d’une partie de la population en état
de survie. En 2008, la coupe, éstimée à 10 à 20 millions
d’arbres par an, se poursuit.
déforestation dans les mornes
Conséquences. Le défrichage massif a des conséquences
graves sur la population haïtienne et la biodiversité. Dans
les mornes, le retrait des arbres entraîne l’érosion et l’appauvrissement des sols, de moins en moins fertiles.
L’eau de pluie s’infiltre moins et ruisselle vers les plaines,
emportant un limon qui comble le lit des fleuves qui
débordent. Ce limon, entraîné jusqu’à la mer, cause une
eutrophisation des milieux marins, le recul de la mangrove, et donc indirectement de la pêche. En s’accumulant dans les plaines, il détériore le drainage et entraîne
la salinisation des sols, début de la désertification. Enfin,
l’eau ne s’infiltrant plus suffisamment dans les sols cesse
d’alimenter la nappe phréatique, alors même que les besoins en eau augmentent : certaines sources se tarissent,
et le niveau des puits baisse. Dans les régions côtières le
pompage excessif de la nappe entraîne, par capillarité, la
salinisation des sols par la mer.
inondations dans les plaines
Ces éléments renforcent l‘appauvrissement de la population, principalement dans les mornes, entrainant un
exode rural…
la couverture végétale à la frontière haïtienne et dominicaine
Source: forum biodiversity
25
UN AUTRE DÉFI : PORT-AU-PRINCE ET L’EXPANSION URBAINE
Alors que la population du pays a doublé en 40 ans pour
dépasser les dix millions d’habitants, les ruraux ont fui
les campagnes surpeuplées pour s’installer en ville à la
recherche d’opportunités économique : le taux de population urbaine passe de 20% en 1980 à 52% en 2010, soit
plus de 4 millions de nouveaux urbains.
La capitale, qui comptait à peine 200 000 habitants dans
les années 50, en avait 800 000 dans les années 80 et
2,5 millions en 2010, concentrant ¼ de la population et
2/3 des urbains du pays. Ce n’est pas surprenant puisque
Port-au-Prince concentre l’essentiel des services, des
pouvoirs, et des investissements. Le phénomène, interrompu par le séisme en 2010, a repris de plus belle
puisque c’est Port-au-Prince qui reçoit l’essentiel de
l’aide au développement, et les camps de relogement
ont attirés de nombreux migrants opportunistes.
Réseau viaire et limite administrative de la commune de Portau-Prince.
• Population de la commune de PAP stricto sensu :
987 310 hab. (est. IHSI 2015)
• L'aire métropolitaine (déf. IHSI) regroupant Port-auPrince, Delmas, Cité Soleil, Tabarre, Carrefour et PétionVille) recouvre une superficie d'env. 150 km², pour une
population d'env. 2,5 millions d'habitants.
Port-au-Prince est également la ville principale de l'arrondissement du même nom regroupant autour de la
commune de Port-au-Prince les communes de Delmas,
Cité-Soleil, Tabarre, Carrefour, Pétion-Ville, Kenscoff et
Gressier. Certaines d'entre elles se sont développées
Evolution du tissu urbain de PAP. (Source CIAT)
Département de L’Ouest - Répartition du bâti. (Source IHSI)
26
Les zones orangées indiquent la surface urbanisée en 1982
dans l'arrondissement de Port-au-Prince. En jaune, les
surfaces urbanisées en 2002. (Source IHSI)
sous forme de bidonvilles, sur les pentes escarpées ou
dans les zones basses marécageuses : le plus grand se
trouve à Cité-Soleil.
Migrations vers Port-au-Prince : les effets de l’augmentation de la population sur le développement urbain :
de lois expresses, ou elles ne respectent pas les conditions d’utilisation des terrains, ou elles avaient un statut
formel au départ mais sont devenues informelles, ou
encore elles ont été construites par les pouvoirs publics
sans respecter les obligations légales».
L’économiste Hernando de Soto décrit en 2005 des
«constructions incontrôlées, n’importe où, n’importe
comment, […] la ville est devenue invivable ». La tâche
urbaine se diffuse chaque jour un peu plus, grignotant
continuellement plaines et mornes, tandis que pratiquement aucun effort n’est fait pour accueillir les migrants.
Ainsi, au lieu d’être profitable, en y apportant de la maind’œuvre et augmentant le dynamisme urbain, la capitale
ne fait que subir les effets de l’augmentation incontrôlée
de sa population. Cette pression urbaine se lit verticalement et horizontalement dans le paysage : tout en se
densifiant, la ville s’étend sur les Mornes (Morne l’Hôpi1.2 FONCTIONS ET OCCUPATIONS
tal et autour de Pétionville notamment, et en direction
Le
problème
du les
logement et
de l’accueil
de ces migrants
La
Planche 4
présente
principaux
éléments
structurants dede Kenscoff),
l’occupation
du la
territoire
de la
ZMPAP.et vers le Suddans
plaine de
Cul-de-Sac,
se combine avec une situation foncière complexe. « On
Ouest, incluant les communes de Carrefour et désorestime que 85% des parcelles urbaines relèvent de la
mais Gressier.
propriété informelle et se trouvent dans l’une ou l’autre
des situations suivantes : elles ont été bâties en violation
Équipements et services structurants
Patrimoine bâti
Installations industrielles
Nord
Centrale thermique
Nord-Est
Centrale hydroélectrique
e
Bâtiment et vestige d'intérêt
Agriculture et élevage
Périmètre irrigué
Zone industrielle
Zone en culture
système agroforestier
Équipements collectifs
Centre
Hôpital
Réseau électrique
Densité urbaine
Gare régionale
Fa
ible
rte
Mo
ye
n
Ouest
Trè
s fo
Aéroport
Fo
rte
Infrastructures de transport
Î Port
Est
Caféière
Caféière
20 km
Caféière
e
'eau principal
e d'eau
Caféière
Caféière
Fort Drouet
Habitation Lamothe
Caféière
Habitation Dion
Caféière Sabourin
umide
nistratives
e
ment
ssement
ne
Aéroport International
Toussaint Louverture
République dominicaine
Terminal de Varreux
Port-au-Prince
Commune
Port International
Tabarre
Terminal de Thor
Commune
Port-au-Prince
La zone métropolitaine de PAP. Source IBI-DAA
OCCUPATION DU TERRITOIRE
Fort Alexandre
Fort Jacques
Voir format A1 à l’Annexe 3
27
PLANIFIER
Depuis 1937, la plupart des institutions gouvernementales chargées de la planification et de l’aménagement
du territoire existent. Six différents ministères au niveau
national sont impliqués dans les activités de planification
aux niveaux régional et local :
- Planification et Coopération Externe (MPCE) ;
- Agriculture, Ressources naturelles et Développement
Rural (MARNDR) ;
- Travaux Publics, Transport et Communications (MTPTC)
- Environnement (MDE) ;
- Economie et des Finances (MEF) ;
- Et la Primature.
La planification au niveau local, (commune) revient au
conseil communal. Un des problèmes importants est
que la planification souffre d'un vide entre le niveau national, le style de planification stratégique, et les besoins
spécifiques et capacités locales de planification.
Quelques nouvelles entités ont en outre été créées,
comme l’UCLBP, avec des prérogatives qui recoupent
celles d’autres institutions, comme par exemple l'EPPLS.
Cependant rien n’est fait pour rétablir les prérogatives
de chacun, ce qui aboutit à une situation de multiples
mandats se chevauchant.
La planification au niveau national relève du mandat du
MPCE. Il s’agit d’une réflexion stratégique, qui ne détaille
pas d’actions spécifiques, ni comment les mener à bien.
Cette mission revient aux autres ministères, en fonction
de leur attribution : ce sont eux qui doivent prendre les
orientations politiques et mettre en œuvre des projets
plus spécifiques liées aux budgets.
Source: CIAT
28
C’est pour répondre à cette situation que le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) a été
créé en 2009 comme un "organisme de coordination".
Le CIAT a été crée en janvier 2009 et est chargé de définir la politique du gouvernement en matière d’Aménagement du Territoire, de Protection et de Gestion des bassins-versants de Gestion de l'Eau, de l'Assainissement,
de l’Urbanisme et de l’Équipement. Le comité est présidé
par le Premier Ministre, et comprend le MICT, le MEF, le
MARNDR, le MTPTC et le Ministre de l'Environnement. Le
CIAT est assisté par un Secrétariat Technique placé sous
l'autorité du Premier Ministre. Le Secrétariat Technique a
pour principales attributions :
1
de préparer les documents de politique et de
s'assurer de la mise en œuvre des orientations définies
par le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire ;
2
de recevoir, étudier et orienter tout programme
ou projet d'intervention dans les dits domaines et en
analyser la pertinence par rapport a la politique et a l'architecture institutionnelle définies ;
3
de veiller à la cohérence avec la Politique Générale du Gouvernement des programmes et projets élaborés dans les domaines susmentionnés ;
4
de s'assurer d'une répartition équilibrée des services publics de base sur le territoire;
5
de veiller a la cohésion territoriale et a l'aménagement judicieux des espaces ruraux et urbains ;
6
de diffuser toute information, toute décision et
de produire tout rapport et recommandation jugés nécessaires par le Comité Interministériel d'Aménagement
du Territoire.
(Extrait de l'arrêté de création du CIAT)
La stratégie de travail du CIAT est de se charger des questions orphelines, par exemple :
travailler sur la définition juridique de la ville
dans la loi haïtienne ;
rédiger un projet de régime foncier ;
réaliser un registre national des propriétés de
l’Etat (cadastre);
réviser et mettre à jour le processus de délivrance des permis de construire ;
développer un nouveau code de l’urbanisme
pour Haïti ; lois d’urbanisme en vigueur
apporter un support à toute institution travaillant dans le domaine de l'utilisation et de la gestion du
foncier... Le Secrétariat Technique du CIAT a par exemple
rédigé un guide pour les professionnels intervenant dans
les domaines de la planification urbaine (Réhabilitation
de Quartiers: Guide du Professionnel - Les Étapes de la
Planification Urbaine).
Les 3 régions d'Haïti.
Source: Haïti Demain, CIAT
Réseau des métropoles, reliant les trois régions du pays.
(Haïti Demain, CIAT)
Au lendemain du tremblement de terre, le gouvernement haïtien a publié le Plan d'action pour le relèvement et le développement national d'Haïti. Ce document de planification liste des objectifs à réaliser
rapidement et des budgets ad-hoc pour les réaliser.
Dans le domaine de la planification nationale et du
développement local, les auteurs ont noté que "sur
le plan national, il y a des progrès importants dans
l'élaboration d'un plan pour le développement régional et des stratégies régionales de développement
ciblées. Il y a moins de progrès concernant besoins
locaux pour la planification du développement et le
développement régional ". Le CIAT a assuré le suivi
de ce document avec la publication d'Haïti Demain.
29
HAITI DEMAIN
Le projet « Haïti Demain, Objectifs et Strategies
Territoriales pour La Reconstruction. » est un projet
d'envergure nationale.
PORT DE PAIX
BOUCLE
OCEAN ATLANTIQUE
72 km
MÔLE SAINT NICOLAS
CAP HAÏTIEN
FORT
LIBERTE
GROS MORNE
86 km
1
LIAISON STRATEGIQUE
65 km
125 km
OUANAMINTHE
MAILLAGE TERTIAIRE
La stratégie territoriale pour la reconstruction, , intègre
les problématiques d’urgence de la reconstruction tout
en allant au-delà pour repenser la structure territoriale
à l’horizon 2030 :
« Transformer la catastrophe en opportunité ».
St RAPHAEL
GONAÏVES
St MICHEL
DE L’ATALAYE
1
PIGNON
MARCHAND
DESSALINES
DESDUNES
50 km
MER DES CARAÏBES
95 km
306
300
REGION
NORD
PONT SONDE
HINCHE
PETITE RIVIERE
SAINT MARC
109
MIREBALAIS
50 km
98 km
BELLADERE
60 km
JEREMIE
LEOGÂNE
206
Au-delà du slogan et de mettre en oeuvre une opération
de court terme et curative, il est bien question d’engager
une action de long terme et préventive.
REPUBLIQUE
DOMINICAINE
55 km
118 km
LA CHAPELLE
1
MIRAGOÂNE
97 km
214
REGION
SUD
PORT AU
PRINCE
2
PETIT GRAND
GOÂVE GOÂVE
REGION
CAPITALE
96 km
2
204
104 km
35 km
JACMEL
LES CAYES
MER DES CARAÏBES
LE RÉSEAU ROUTIER
16
CIAT - HAÏTI DEMAIN
17
Nouvelle hiérarchie des réseaux. Source: Haïti Demain, CIAT
Les objectifs principaux consistent à:
• rééquilibrer la démographie et l’économie entre la
région de Port-Au-Prince et les autres régions
• restaurer des équilibres environnementaux et
• réduire les inégalités par l’accès à l’éducation, au
logement…
GONAIVES
St MICHEL
MARCHAND DE L’ATTALAYE
DESSALINES
DESDUNES
PIGNON
HINCHE
PONT SONDE
PETITE
RIVIERE
SAINT MARC
CANAL DE St MARC
LA CHAPELLE
MIREBALAIS
ILE DE LA GONAVE
TOURISME
BAIE DE
PORT-AU-PRINCE
CANAL DE LA GONAVE
PORT-AU-PRINCE
CULTURE CACAO & CAFÉ
LÉOGÂNE
PLAINES AGRICOLES
ÉTAT PROJETÉ
ÉOLIEN
BELLADERE
MIRAGOÄNE
PETIT
GOÂVE
GRAND
GOÂVE
BARRAGES
CHAINE DE LA SELLE
UNIVERSITÉ - CLUSTER
FACTORIES
PÊCHE
CABOTAGE
PORT INTERNATIONAL
JACMEL
PORT SECONDAIRE
AÉROPORT INTERNATIONAL
AÉROPORT LOCAL
42
MER DES CARAÏBES
REGION CAPITALE
CIAT - HAÏTI DEMAIN
43
Source: Haïti Demain, CIAT
30
Haïti demain divise le pays en trois régions, entités
non administratives et proposera un projet global pour
chacune d'entre elles.
CAP HAÏTIEN
LIMBE
FORT LIBERTE
Un des aspects remarquables de l'étude se base sur la
nécéssité de décentraliser les pouvoirs regroupés dans la
capitale, de créer des "solidarités régionales", où chaque
région affirmerait son propre potentiel économique en
mettant en avant ses ressources existantes. Ce faisant,
elle serait complémentaire avec les autres régions et
réequilibrerait les forces sur l'ensemble du pays.
DAJABON
GONAÏVES
PIGNON
RESTAURACION
DESDUNES
MARCHAND
DESSALINES
PONT
SONDE
MAISSADE
HINCHE
SAINT MARC
PETITE
RIVIERE
THOMASSIQUE
BOUCAN
CARRÉ
DESARMES
THOMONDE
BELLADERE
LA CHAPELLE
MIREBALAIS
LASCAHOBAS
SAUT D’EAU
Parallèlement, le projet propose également un
réequilibrage et une nouvelle hierarchie des
infrastructructures routières, aéro / portuaires.
Dès 2010, le projet de la Boucle Centre Artibonite dans
la "région" du Nord / Nord-Est"a été présenté.
SAINT
RAPHAEL
SAINT
MICHEL
L’ESTERE
Là où il y aurait des manques ou des déséquilibres,
le projet se propose d'y remédier par de nouvelles
orientations .
Concernant l’aménagement du territoire, nous
soulignons deux orientations majeures du documentt:
la volonté de restaurer l’environnement naturel et de
mettre en place une gestion plus durable des ressources
naturelles et celle de favoriser une organisation des villes
en réseau.
OUANAMINTHE
DONDON
ENNERY
ELIAS
PINA
PORT AU PRINCE
Logo de la Boucle Artibonite Source: Haïti Demain, CIAT
HAITI DEMAIN
BOUCLE CENTRE-ARTIBONITE
OBJECTIFS ET STRATEGIES TERRITORIALES POUR LA RECONSTRUCTION
A l’échelle nationale, le réseau routier interurbain haïtien
nationales. Une grande partie de ce réseau n’est pas
est classé en trois niveaux :
revêtue.
- le réseau structurant, formé par les routes nationales
- le réseau tertiaire, constitué par les dessertes locales
qui relient les chefs-lieux des dix départements et qui
qui jouent un
rôle économique et social important,
REPUBLIQUE
D'HAITI
constituent les itinéraires nationaux principaux. Ce
notamment dans le domaine de l’agriculture. Ce réseau
réseau doit pouvoir être parcouru à vitesse raisonnable
est formé de routes non revêtues et ne dispose quasiment
CIAT
(de l’ordre de 60 à 80 km/h), avec un maximum de
pas de
franchissement des cours d’eau.
Comité Interministériel
d'Aménagement
du Territoire
sécurité et de confort.
A l’intérieur
de la boucle
Centre-Artibonite, les trois
- le réseau secondaire, assurant la desserte de centres
niveaux
de routes ont été identifiés et feront l’objet
NOVEMBRE 2010
urbains importants et les liaisons entre les routes
d’aménagements spécifiques à chaque type.
Route de 7 m de large revêtue avec fossés et franchissements et chemins
piétons et animaux des deux côtés,
d’un seul côté ou pas du tout suivant qu’on est en plateau, en plaine ou à flanc
de montagne
La boucle propose la structuration de la région autour
d'une nouvelle ossature de transport dans le grenier du
pays, la plaine de l'Artibonite.
Route de 6 m de large revêtue avec fossés et franchissements
La route des métropoles
et la boucle Centre-Artibonite
Port De Paix
Môle
Saint Nicolas
Cap Haitien
Fort Liberte
Limbe
Dajabon
Ouanaminthe
Dondon
Ennery
Gonaïves
SAINT MICHEL DE
L’ATTALAYE
SAINT RAPHAEL
PIGNON
Restauracion
Lestère
Desdunes
Route de 5,5 m de large non revêtue avec fossés et franchissements
MARCHAND
DESSALINES
Pont Sondé
Saint Marc
MAISSADE
PETITE RIVIERE
DE L’ARTIBONITE
HINCHE
Thomassique
THOMONDE
DESARMES
(VERRETTES)
BOUCAN CARRE
MIREBALAIS
SAUT D’EAU
LASCAHOBAS
Jeremie
Leogâne
PORT AU PRINCE
Petit Goâve
Miragoâne
Elias Piña
REPUBLIQUE DOMINICAINE
Belladere
LA CHAPELLE
Jimani
Grand Goâve
Jacmel
Les Cayes
0
8
10
50km
CIAT - HAÏTI DEMAIN - B OUCLE CENTRE ARTIB ONITE
LA ROUTE
9
14
route des Métropoles Source: Haïti Demain, CIAT
CIAT - HAÏTI DEMAIN - B OUCLE CENTRE ARTIB ONITE
types de routes à développer Source: Haïti Demain, CIAT
31
2.1 LA VISION
Étant donné que la présente esquisse de Plan d’urbanisme (PU) a été élaborée en
complémentarité avec l’esquisse de Schéma d’aménagement (SA) de la Zone
Métropolitaine de Port-au-Prince et que certaines des sous-visions et orientations
énoncées lors du Forum Vil Nou Vle A se rapportent aux deux territoires, il est convenable
de les présenter de manière conjointe de façon à conserver une logique d’ensemble à
la fois pour le SA et le PU.
LES PLANS POUR LA ZONE MÉTROPOLITAINE, 2003-2015
De nombreux plans d'aménagements ont été effectués
pour Port-au-Prince et sa métropole. Et la plupart d’entre
eux incluent une partie de la Région des Palmes, notamment la ville de Gressier qui appartient au département
de Port-au-Prince. Ces document incluent des orientations en terme de développement économique intégrée
entre l’agglomération et sa région.
Ainsi, en prenant en considération les résultats des différents exercices de planification
ayant été menés dans la ZMPAP, une vision stratégique d’aménagement et de
développement de l’ensemble du territoire se dégage, elle-même articulée autour de
différentes sous-visions :
SCHÉMA 2
« une capitale à
MULTIPLES ZONES
de croissance urbaine »
Dans les grandes lignes sont définis, outre le centre
historique, 4 nouveaus pôles urbains - Centre, Nord, Est
et Ouest (pour celui ci-le long de la route des rails).
« une capitale
MODERNE à la maîtrise
de son territoire »
PORT-AU-PRINCE,
« une capitale INCLUSIVE,
solidaire de son
arrière-pays »
Le dernier document "officiel" date de 2003, d'avant
le séisme, et a été effectué sous maîtrise d'ouvrage du
Ministère de la Planification et de la Coopération Extérieure (MPCE).
Ainsi, le "plan-programme pour la ZMPAP" avait trois
buts.
- 1: le renforcement financier et juridique du futur
mécanisme métropolitain de gouvernance
- 2: la création de nouveaux lieux urbains prioritaires
- 3: l'amélioration de (...) services publics au niveau
communauraire dans des quartiers marginaux
VISION STRATÉGIQUE D’AMÉNAGEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT
« une capitale
historique à vocation
COMMERCIALE »
« une capitale polynucléaire, centre
de décisions de l’État, moteur du
développement économique local et
régional, fière de son histoire et soucieuse
de la qualité de ses milieux de vie »
« une capitale
ÉQUITABLE tournée
vers l’avenir »
« une capitale disposant
de QUARTIERS
MODERNES et intégrés »
« une capitale
à l’ÉCONOMIE
DIVERSIFIÉE, offrant
des opportunités à tous »
« une capitale
CULTURELLE et
ÉCOLOGIQUE
dans la Caraïbe »
Vision du Plan d'Aménagement de la ZMPAP Source:MPCE
NOTE Deux des sous-visions (identifiées en vert pâle dans le schéma ci-dessus et les énoncés qui suivent) correspondent
davantage au territoire de l’agglomération urbaine de Port-au-Prince qui fait l’objet d’une esquisse de Plan d’Urbanisme (PU)
complémentaire au présent SA.
Des objectifs sont également visés pour la consolidation
de 4 centres existants secondaires, dont Portail Léogâne, ainsi que 4 zones touristiques à développer.
46
Après la catastrophe, la situation décrite une décennie
plus tôt a empiré. Le nouveau plan d'aménagement
réactualisait le projet précédent, évacuait la question
de la gouvernance, et se consacrait d'avantage à la prévention de risques naturels et anthropiques.
Source: Comite d’orientation pour l’élaboration du plan-programme de développement de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
32
LES PLANS POUR LA COMMUNE DE CARREFOUR
La commune, située dans l'arrondissement de la
capitale est une charnière dans le développement
régional entre les Palmes et PAP. Nombreux sont les
plans d'aménagement qui ont été élaborées. En voici
quelques uns:
Le plan Programme de la ZMPAP prévoyait pour la commune, identifiée en tant que centre du "pôle Ouest" 3
objectifs:
- 1: contribuer à décongestionner le centre historique
(...) et créer une zone d'emplois à Carrefour
- 2: planifier un centre administratif et civique
-3: constituer un pôle d'habitat plus dense afin de
consolider l'utilisation du sol et éviter l'étalement vers
l'Ouest (...)
Schéma d'aménagement zône cotière, 2013. Source AECOM
Enfin, le projet "Katye nou pi bèl" financé par l'ONG
Care avait pour mission de "Contribuer efficacement au
relogement des populations affectées par le séisme (...)
grâce à l'aménagement et à la reconstruction durable
et sûre des quartiers défavorisés de Carrefour (...) avec
l'aide de la population et des autorités.
L'étude d'aménagement de la zone côtière de Carrefour
de 2013 (AECOM) (à droite) se concentre sur le bord de
mer, ressource naturelle et économique et distinctive et
développe une vision davantage axée sur le récréatif:
- Occuper le bord de mer par des fonctions qui
généreront de la richesse afin de bénéficier d’un
retour des investissements dans la collectivité
- Redonner l’accès au littoral (...)
- Urbaniser de façon optimale (...)
- Renforcer la vocation de transit de la route des Rails.
Pour chacun de ses projets, se pose la question de la
libération d'un sol déjà totalement occupé et de la
gouvernance.
DYNAMIQUE URBAINE DE LA COMMUNE DE CARREFOUR
Une commune à part entière dans le prolongement de Port-au-Prince
architectes
de l’urgence
LÉGENDE
Dynamiques de déplacement
N
Axe principal de déplacement
13
Axe de vie
Station de transport public
Pôles d’attraction
Marché
Centre de santé
Ecole
C
Truitier
Décharge métropolitaine
Commissariat
Centre sportif de Carrefour
EDH
Stockage pétrolier
C
Centrale électrique
C
Occupation du sol
Tissu urbain structuré
Tissu urbain informel
Camp de déplacés
Importante place publique
Grand espace naturels
Données de cadrage
Rivière Froide
Route principale
Route secondaire
Route tertiaire
Mornes,
espace naturel et agricole
Limite des quartiers
0
100
200
400 m
Schéma d'aménagement pour la ville de Carrefour, Katye nou pi bèl. Source: Care, 2014
33
1.5 - LE SÉISME
Le pays a douloureusement souffert du séisme tant physiquement, psychologiquement que socialement et en
ressent encore les effets en 2015.
PERTES HUMAINES
ET MATERIELLES
Un tremblement de terre de magnitude 7,0 a frappé le
12 janvier, et au moins 52 répliques de magnitude 4,5 ou
plus avaient été enregistrées 12 jours plus tard. Le foyer
(ou hypocentre) du séisme a été localisé à 10 km de profondeur (ce qui est très peu profond), et l'épicentre se
trouvait dans la commune de Léogâne.
Les pertes humaines sont estimées à :
· 200 à 300 000 disparus (IHSI / DIAL).
· 300 000 personnes blessés
· 1 200 000 sans-abri
Il fallu recourir à l'utilisation de fosses communes à l'extérieur de la capitale pour enterrer les morts, les services
de morgue ayant été dépassées lors de la crise extrême.
34
La région métropolitaine de Port-au-Prince a été détruite
et le nombre de bâtiments endommagés a été évalué à:
· Léogâne: env. 80%
· Grand Goâve: env. 80%
· Port-Au-Prince: env. 60%
· Carrefour: env. 50%
De manière générale, il est estimé que 105 000 bâtiments ont été détruits (dont 1300 institutions scolaires
et 49 hôpitaux) et quelque 208 000 sérieusement endommagés
Les pertes humaines et matérielles furent démesurées
pour un tremblement de terre dont l'amplitude est relativement faible par rapport à d'autres grands séismes.
Bien que moins fréquent que d'autres catastrophes naturelles (les ouragans ou tempêtes tropicales frappent
Haïti en moyenne tous les 3 ans, tandis que les derniers
grands tremblements s'étaient manifestés à Port-auPrince en 1751 et 1770, et Cap-Haïtien en 1842) le risque
sismique était bien identifié, et son impact humain aurait
pu être moindre si des campagnes de prévention avaient
été réalisées, la population sensibilisée et les constructions sécurisées, ce qui n'a pas été le cas.
La comparaison est souvent faite avec le Chili qui a subi
la même année un séisme de magnitude supérieure avec
un bilan de "seulement" 525 morts.
L'AIDE
Les premiers à s'entraider furent les Haïtiens eux-mêmes,
cherchant à sauver leur famille, les amis et les étrangers
avec des moyens extrêmement limités.
La République dominicaine qui partage la seule frontière
terrestre avec Haïti a été la première nation à fournir une
assistance.
Mais les médias ont également sélectionné des images
sensationnalistes d'un peuple en détresse, sous perfusion, dans l'incapacité d'agir et provoquant des pillages
armés et des émeutes, et occulté les actes de courage
des haïtiens, accentuant un sentiment de stigmatisation
préexistant.
CONSEQUENCES INDIRECTES
L'IMPACT SÉCURITAIRE
Les moyens de l’État pour faire face à l’évènement étant
limités, un important détachement de forces militaires
a été déployé sur le terrain pour appuyer et sécuriser la
délivrance de l’aide humanitaire et empêcher les débordements.
Depuis 2004, cette mission de stabilisation incombait à
la MINUSTAH, dont l'objectif initial était de mettre fin
aux activités des bandes armées en coordination avec
le gouvernement haïtien. Provisoirement désorientée
par la catastrophe (son siège s'est effondré, tuant de
nombreux cadres), sa mission a évolué et a été dotée
de moyens supplémentaires pour faire face à l'urgence.
Dans la foulée du tremblement de terre se sont "libérés"
Outre les destructions causées par le séisme même, des
causes humaines, liées à la pauvreté d'Haïti et la faiblesse
de son gouvernement ont ainsi accentué la catastrophe
naturelle. L'arrivée des secours internationaux a été fortement retardée par les faiblesses infrastructurelles du
pays.
L'IMPACT MÉDIATIQUE
La réponse internationale et la vague de sympathie ont
été fabuleuses: de la part de plusieurs états, de multinationales ou de célébrités ayant fait de nombreux dons
conséquents, ainsi que de centaines de milliers de microdons.
Source: GEO HAITI
35
3 000 détenus environ du pénitencier central de Portau-Prince, dont des caïds de gangs, entraînant pillages à
main armée et émeutes. Ainsi fallait-il sécuriser les lieux
militairement avant de pouvoir prodiguer des soins d'urgence. tLes secouristes internationaux rapportent avoir
eu l’impression d’intervenir dans un climat d’émeute.
L’ONG française COSI a essuyé des tirs le 20 janvier et a
annoncé son retrait.
L'ÉPIDEMIE DU CHOLERA
Source: GEO HAITI
CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES
Sans surprise, l'économie d'Haïti s'est rétractée après le
séisme et l'épidémie qui s'en est suivie, affectant principalement la Zone Métropolitaine de Port-au-Prince, le
centre économique du pays. Le PIB en PPA (parité pouvoir d'achat) a chuté de 8% en 2010 (de 12,15 milliards à
11,18 milliards de $). Le coût estimé de la reconstruction
de la capitale, annoncé par le Président René Préval, a
été évalué entre 8 et 14 milliards de dollars.
MOUVEMENTS DE POPULATION
600.000 personnes ont quitté la capitale au lendemain
du séisme et Port-au-Prince a compté quelque 300 000
décès au total.
Source: IUOE
Haïti n'avait connu d'épidémie similaire depuis un siècle
(OMS). Dans le sillage immédiat du séisme, des conditions sanitaires déplorables, et l'afflux soudain de travailleurs humanitaires du monde entier ont favorisé la
propagation rapide de la maladie.
Elle a débuté en octobre 2010 dans la vallée de l'Artibonite, et s'est propagée en République dominicaine, à
Cuba et au Mexique. Le bilan est d'environ 5 000 décès
(9000 dans les Caraïbes) et près de 700 000 hospitalisations.
L'impact de cette catastrophe sanitaire fut particulièrement difficile pour le pays qui se relevait à peine du
séisme abattu 10 mois plus tôt.
Selon les autorités haïtiennes et le monde scientifique,
les casques bleus népalais de la MINUSTAH, porteurs
sains de la maladie, en seraient à l'origine ; responsabilité encore niée par l'ONU aujourd'hui.
36
Une conséquence positive au désastre aurait pu se traduire par un exode urbain accompagné d'une décentralisation à tous les niveaux. Or, l'aide humanitaire et les
camps de relocalisation concentrés dans la zone métropolitaine ont entraîné le retour des évacués et de leurs
proches à la recherche de soins de santé, de soutien
social et d'aide économique. En fin de compte, l'exode
rural vers la capitale a considérablement augmenté.
2.
La région
des Palmes
PETIT-GOÂVE
Ville de Miragôane
GRAND-GOÂVE
37
GRESSIER
PORT-AU-PRINCE
LÉOGÂNE
Les quatre communes partagent un relief similaire entre
plaine et mornes, le long du littoral .
Ortophoto plan de la Région des Palmes, Google Maps
38
La Région des Palmes, située au sud de la capitale Portau-Prince, est constitué de quatre communes :
• Gressier,
• Léogâne,
• Grand-Goâve
• Petit-Goâve.
Chaque commune est divisée en sections communales :
- Gressier : 3 sections, avec une ville
- Léogâne : 13 sections, avec une ville et un 1 quartier
- Grand-Goâve : 7 sections, avec une ville
- Petit-Goâve : 12 sections, avec une ville et 1 quartier
Administrativement,
Gressier
fait
partie
de
l’arrondissement de Port-au-Prince, et les trois autres
constituent l’arrondissement de Léogâne. Cette division
implique que dans la planification nationale réalisée par
le ministère de la planification, Gressier est intégrée à
la planification de l’arrondissement de Port-au-Prince,
tandis que Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve sont
intégrées à la planification de l’arrondissement de
Léogâne.
La Région des Palmes fut à l’épicentre du séïsme du 12
janvier 2010. Les dégâts y ont été considérables: 80% des
consructions publiques et privées des villes de Léogâne
et Gressier, 60% de la ville de Grand Goâve et 40% de la
ville de Petit Goâve ont été détruites ou endommagées,
parmi lesquelles trois des quatre mairies.
En 2013, environ 450 000 personnes vivent dans les
quatre communes.
Carte des arrondissement du département de l’Ouest
Sections communales de la Région des Palmes
GRESSIER
Sup : 92,31 Km2
Densité : 315 Hab/Km2
LÉOGÄNE
Sup : 385,23 Km2
Densité : 472 Hab/Km2
GRAND-GOÂVE
Sup : 242,02 Km2
Densité : 511 Hab/Km2
PETIT-GOÂVE
Sup : 379,25 Km2
Densité : 405 Hab/Km2
39
2.1 - CARTE D'IDENTITÉ DES COMMUNES
Population : 446.000 habitants
Superficie : 1053 Km2
les quatre communes et leurs sections. Source ORIMIX
SECTIONS PËTIT-GOÂVE
SECTIONS PËTIT-GOÂVE
1er Bino
2e Delatre
3e Trou Chouchou
4e Fonds Arabie
5e Trou Canarie
6e Trou Canarie
7e Des Plantons
8e Des Plantons
9e Des Palmes
10e Des Palmes
11e Ravine Sèche
12e Des Fourques
1er Tête à Boeuf
2e Tête à Boeuf
3e Moussambé
4e Moussambé
5e Grande Colline
6e Grande Colline
7e Gérard
Quartier Viallet
Ville de Petit-Goâve
40
Ville de Grand-Goâve
SECTIONS LÉOGÂNE
1er Dessources
2e Petite Rivière
3e Grande Rivière
4e Fond de Bourdin
5e Palmiste à Vin
6e Oranger
7e Parques
8e Beauséjour
9e Citronniers
10e Fond d'Oie
11e Gros Morne
12e Cormiers
13e Petit Harpon
Quartier Trouin
Ville de Léogâne
GRESSIER
1er Morne à Bateau
2e Morne Chandelle
3e Petit Boucan
Centre-ville de Gressier
GRESSIER
RENSEIGNEMENTS GÉNERAUX :
Superficie
Sections communales
Localités
Habitations
Habitants
Densité de population
Population urbaine
Population rurale
9.231 ha
3
39 au moins
31
29.061 (estimation IHSI 2005)
49% hommes - 51% femmes
315 hab/Km2 (IHSI 2005)
4.230 habitants (IHSI 2005)
Estimation 2015, 21.800 hab
24.831 habitants (IHSI 2005)
Estimation 2015 14.653 hab
Située à 21 km de Port-au-Prince, Gressier se développe principalement sur un plateau sis entre littoral et
mornes.
HISTOIRE
Fondée au 19e siècle, Gressier est une ville récente. Elle
a été élevée au rang de commune en 1932. Elle avait
pour ancien nom « Gardes Gendarmes ».
Gressier en 2005
POPULATION ET URBANISATION
La population totale de la commune est estimée à 28 000
habitants en 2000 et 36 500 habitants en 2015 (prévision
de 2012). Si la population « urbaine » représentait moins
d’un quart de la population totale en 2002, elle représenterait en 2015 plus des trois cinquièmes (correspond
aux nombres d’habitants dans les sections dites urbaines
et celles dites rurales).
Les mouvements de population à Gressier se sont caractérisé ces dernières années par :
extension de Gressier en 2010
• un déplacement des populations rurales vers le milieu
urbain à la recherche de l’accès aux services et à l’emploi;
• un déplacement de populations depuis Port-au-Prince
vers Gressier (et Carrefour qui lui est mitoyenne) à la
recherche de terrains « disponibles » et proches de la
capitale et de ses centres d’emploi. Ce mouvement s’est
considérablement accéléré à la suite du séisme.
rue à Gressier
41
Les conséquences de cette double pression démographique en termes d’urbanisation sont :
• une transformation rapide de terres agricoles en terrains bâtis – extensions urbaines informelles ;
• la formation de camps temporaires de relocalisation
des victimes du séisme, devenus au fil de ces dernières
années, des secteurs d’habitat permanent mais ne disposant pas des infrastructures et services de base.
• l'assèchement des zones de mangroves pour construire
des plages/hôtels privés.
Marché au long de la RN2, en face de la mairie
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
Gressier est voisine de Carrefour, un des pôles d’emplois
de la capitale : activités portuaires et industrielles, ateliers textiles… mais est elle-même dépourvue d’activités
économiques « modernes ».
Le commerce et les petites activités de construction –
le plus souvent informelles – y sont très importants car
dynamisés par la situation d’entrée de ville de Gressier
et souvent localisées aux abords de la RN2.
Le tourisme de loisir, via l'exploitation des plages privées, constitue une importante source de revenu pour la
commune de Gressier.
École -atelier de Gressier, ONG IDEJEN + YouthBuild Int.
L’agriculture vivrière demeure la principale occupation
de la population. Si les productions sont relativement
diversifiées, les modalités techniques de la production
agricole demeurent très archaïques.
Hôtel, plage et restaurant à Gressier - Guilou Beach
mise en place d'une clotûre autour d'une maison en chantier
42
LÉOGÂNE
RENSEIGNEMENTS GÉNERAUX :
Chef-lieu de l'arrondissement de Léogâne
Superficie
385,23 Km2
Sections communales 13 (et un quartier, « Trouin »)
Localités
minimum 523
Habitations
199
Habitants
151 221 (estimation IHSI 2005)
45,1% hommes - 54,9% femmes
Estimation 2009, 181 709 hab
Quartier Trouin: 6 567 hab.
Densité de population 472 habitants/Km2 (IHSI 2005)
Population urbaine
6% habitants (2005)
Population rurale
94% habitants (2005)
Située à 32 km de Port-au-Prince, la commune comprend
une des plus vastes plaines littorales d’Haïti ainsi que des
mornes.
HISTOIRE ET CULTURE
Léogâne fut élevée au rang de commune en 1804.
Du temps des indiens, la commune était la capitale
florissante du Caciquat Jaragua, l’une des cinq chefferies
présentes sur l’île d’Hispaniola avant l’arrivée des
Européens en 1492. Son nom est associé à celui de la
princesse amérindienne Anacaona. La ville a été fondée
en 1870 et onstruite dans une zone marécageuse. Elle
est l’une des villes les plus anciennes du pays .
43
Du temps de la colonisation espagnole et française et
encore après, Léogâne a été l’une des régions les plus
prospères d’Haïti. Ce périmètre agricole de basse altitude
est une des plaines les plus fertiles du pays. On l'appelle
encore le «grenier d'Haïti » bien que sa production ait
été destinée à l'exportation et non à la consommation
locale. On y cultivait jusqu’au début des années 1990 la
canne à sucre, les figues bananes et les manguiers.
La commune est reconnue comme capitale du rara, fête
populaire alliant musique et chant qui a ses origines
dans la période amérindienne. Ce carnaval se déroule
pendant le carême qui correspond à une période intense
de ramassage de la canne à sucre avant le retour de la
saison des pluies. Le rara est aussi considérée comme
une manifestation du vaudou.
etntrée de la ville de Léogâne
POPULATION ET URBANISATION
La population totale de la commune est estimée à environ
150 000 habitants en 2000 et environ 200 000 habitants
en 2015 (prévision de 2012). Ces années sont la aussi
marquées par une inversion du rapport entre population
« rurale » et population « urbaine » (correspond aux
nombres d’habitants dans les sections dites urbaines et
celles dites rurales).
Les deux grandes dynamiques démographiques
identifiées à Gressier sont également vraies pour
Léogâne. Les secteurs de croissance démographique
sont alimentés par les migrations depuis les mornes
intérieurs de Léogâne, les régions rurales du Sud-Est
et Port-au-Prince. Ces secteurs d'urbanisation sont :
Chatuley, Vieux Court, Fond Sable, Ça ira et Bino.
Le séisme de 2010 dont l’épicentre se trouvait sur
la commune de Léogâne (dans les mornes) a quasi
intégralement détruit la ville de Léogâne et conduit
à une migration hors la ville de nombreux habitants –
phénomène artificiellement accentué par la hausse des
prix immobiliers du centre ville liée à la présence des
ONGs.
Péristyle vaudou
zone d’extension au Sud de la RN2
marché dans la ville de Léogâne
44
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
L’agriculture et les activités agro-industrielles ou agroartisanales constituent l’économie principale de Léogâne.
Le contraste plaine–morne y est particulièrement
démonstratif.
Canne à sucre, banane et mangue sont cultivées dans la
Plaine. L’usine nationale de Darbonne est l’unique usine
de production industrielle de sucre et sirop encore activité
en Haïti. De nombreuses petites unités de fabrication
artisanale de sucre et de rhum (moulins, guildives
etc.) sont dispersées dans la plaine (estimées à près
de 250 pour chacune de ces activités). Légumineuses,
tubercules et café et caco sont cultivés à petite échelle
dans les mornes dans un cadre exclusivement familial.
Les problèmes de déforestation (pour le charbon et
le bois) et d’abandon de terres sont particulièrement
marquants sur la commune. Ils témoignent des difficultés
de survie de la paysannerie.
plaine et culture de la canne à sucre
architecture rurale vernaculaire
guildive dans la ville de Léogâne
Zone extension de Chatuley, 2005
Zone extension de Chatuley, 2010
auditorium de Léogâne utilisé comme entrepôt de matelas
45
GRAND-GOÂVE
RENSEIGNEMENTS GÉNERAUX :
Superficie
Sections communales
Localités
Habitations
Habitants
Densité de population
Population urbaine
Population rurale
46
242,79 Km2
7
98 minimum
101
111 931 (IHSI 2005)
46% hommes - 54% femmes
Estimation 2009, 124 135 hab
511 hab/Km2
6,3% habitants (IHSI 2005)
93,7% habitants (IHSI 2005)
Située à 52 km de Port au Prince, la commune comprend
une mince plaine côtière et des mornes qui s’étendent
sur l’ensemble du territoire communal.
HISTOIRE ET CULTURE
La ville de Grand-Goâve fut fondée en 1604 et elle fut
élevée au rang de commune en 1687. Son origine est
liée à celle de Petit-Goâve puisque les deux villes n'en
étaient qu'une sous l'occupation espagnole et avant que
les français ne fondent Petit-Goâve.
Grand-Goâve accueille actuellement le siège de la
DMRP/DATIP.
POPULATION ET URBANISATION
La population totale de la commune est estimée à
environ 107 000 habitants en 2000 et environ 136 000
habitants en 2015 (prévision de 2012).
Contrairement à Gressier et Léogâne, le rapport entre
populations « rurales » et populations « urbaines, s’il a
évolué ne s’est pas inversé. On compte en effet environ
10% de la population urbaine en 2005 pour 45% en 2015
(correspond aux nombres d’habitants dans les sections
dites urbaines et celles dites rurales). Ces zones sont
là aussi en général dépourvues de tout service (routes,
accès à l’eau et l’électricité, équipements publics
scolaires ou de santé).
pêcheurs à Grand-Goâve
Les zones touchées par ces phénomènes de peuplement
sont notamment : Icodon, Mayotte, petit Paradis, Morne
Jan Gourdin et Haut Thozin.
ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES
L’agriculture vivrière et la pêche restent les activités de la
plupart des grand-goâviens. S’agissant d’une commune
principalement montagneuse, il s’agit d’une agriculture
traditionnelle et familiale pour des productions
alimentaires (pois congo, maïs, petit mil, igname,
haricot…). Les produits ne sont pas transformés mais
consommés ou vendus sur les marchés situés aux abords
de la RN2 (marché Sentra) ou en ville.
Le petit commerce et le petit artisanat – en grande partie
informel – est très présent en milieu urbain (matériaux
de construction, alimentaire, produits courants…).
Le tourisme de plage est également développé à
Petite-Goâve. Certains hôtels ou restaurants sont très
fréquentés.
centre ville de Grand-Goâve, maison ancienne
espace public au centre-ville Grand-Goâve
petite explotation agricole de banane
47
PETIT-GOÂVE
RENSEIGNEMENTS GÉNERAUX :
Superficie
Sections communales
Localités
Habitations
Habitants
Densité de population
Population urbaine
Population rurale
48
379,25 Km2
12
minimum 570 au moins
158
143 191 hab (IHSI 2005)
51% hommes - 49% femmes
Estimation 2009, 157 296 hab
Quartier Vialet: 15 554 hab.
405 hab/Km2
22% habitants (IHSI 2005)
78% habitants (IHSI 2005)
Située à 68 km de Port-au-Prince et 26 km à l’Est
de Miragoâne, Petit-Goâve est majoritairement
montagneuse mais comprend une relativement grande
plaine côtière.
HISTOIRE ET CULTURE
La ville de Petit-Goâve, lieu de repère de la flibuste à la
fin de la première moitié du XVIIe siècle, est l'une des
plus anciennes villes d'Haïti, implantée à l'endroit d'un
premier peuplement villageois Taïnos.
Elle fut fondée en 1625 et elle devient en 1663, une
colonie prospère, date à laquelle elle fût élevée au rang
de commune. Petit Goâve fut la 2ème ville de la colonie, et
à un certain moment on pensa y transférer le siège du
gouverneur du Cap. On entreprit des constructions pour
la protection de la ville mais finalement Port-au-Prince
lui fût préférée et les ruines de Fort Royal sont tout ce
qui reste des fortifications entamées. Elle fut appelée
Goâve, « Baie admirable ».
POPULATION ET URBANISATION
La population totale de la commune est estimée à
environ 135 000 habitants en 2000 et environ 175 000
habitants en 2015 (prévision de 2012). Ces années sont
la aussi marquées par une inversion (de 30% à 70%)
du rapport entre population « rurale » et population «
urbaine » (correspond aux nombres d’habitants dans les
sections dites urbaines et celles dites rurales).
Centre ville
Les dynamiques démographiques observées à Gressier
et Léogâne sont également vraies pour Petit-Goâve. Les
secteurs de croissance démographique sont alimentés
par les migrations depuis les mornes intérieures de PetitGoâve, les régions rurales du Sud-Est, de la Gonave et
Port-au-Prince. Les migrations se sont accélérées après
le séisme.
Les zones d’extension principales sont : Rue Benoit,
Fort-Liberté, Grad Chemin, Béatrice, Nan Gaston, Borne
Soldat…
SECTEURS D'ACTIVITÉ
bord de mer, à proximité du port
Petit-Goâve comprend un Port qui n’a plus fonctionné
pendant des années. Sa réouverture a eu lieu récemment
à la suite de travaux de réaménagement de quais. Le
port a longtemps permis le dynamisme d’un commerce
international (exportation de café, cisalle et cacao et
importation de produits manufacturés des USA).
Puis il a été vivement concurrencé par le Port de
Miragoâne qui demeure un des principaux ports haïtiens.
La situation de fond de baie du Port de Petit-Goâve ne lui
est pas favorable.
A Petit-Goâve comme dans les autres villes, le petit
commerce et le petit artisanat est important. Le marché
principal est celui de Seradotte à proximité de la RN2.
L’agriculture est de même type que celle de GrandGoâve: une agriculture de montagne vivrière.
marché communal
SERVICES PUBLICS REGIONAUX
On trouve à Petit-Goâve presque tous les services
administratifs à caractère régional tel que la DGI et le
Palais de Justice entre autres.
port de Petit-Goâve
49
2.2 - LA GOUVERNANCE TERRITORIALE DES PALMES
En 1987, la république d’Haïti s’est dotée d’une
constitution qui consacre le principe de libre
administration des collectivités locales. Les différents
niveaux de collectivités locales sont les départements,
les communes et les sections communales. C’est en
1988 que les premiers conseils municipaux ont été
élus au suffrage universel direct. Le processus de mise
en place des collectivités locales n’est toutefois pas
encore totalement réalisé. Par ailleurs, le transfert de
compétences et de ressources du pouvoir central vers
les collectivités territoriales est également inachevé. Les
collectivités dépendent ainsi encore très fortement des
dotations de l’État.
Les 4 communes de Gressier, Léogâne, Grand-Goâve
et Petit-Goâve se sont regroupées dès avant 2010 en
Communauté de Municipalités des Palmes (CMRP).
C’est la première fois que se construit une association
de communes fondée sur le droit haïtien. En effet,
la constitution de 1987 et le décret-loi du 1er février
2006, fixant le cadre général de la décentralisation, de
l’organisation et du fonctionnement des collectivités
territoriales haïtiennes permettent le regroupement
des communes pour conduire des politiques d’intérêt
général.
LA CMRP (COMMUNAUTE
DE MUNICIPALITE DE LA
REGION DES PALMES) – UNE
EXPERIENCE PILOTE
La reconstruction de la Région des Palmes,
particulièrement touchée par le séisme, s’inscrit dans
les priorités des autorités haïtiennes telles qu’elles ont
été déterminées dans le Plan gouvernemental pour
le relèvement et le développement d’Haïti élaboré au
lendemain du séisme pour un horizon 2020. En mars
2010, le Ministre de l’intérieur et des collectivités
territoriales d’Haïti a sollicité l’appui de la communauté
internationale et plus particulièrement celui des Cités
Unies France (CUF), de la Fédération canadienne des
municipalités (FCM) et de l’association des communes
néerlandaises (VNG) autour d’un projet-pilote d’appui
à la mise en place d’un groupement de communes.
La Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise
(CACP) et la Communauté d’agglomération du centre de
la Martinique (CACEM), deux collectivités territoriales
françaises, se sont rapidement jointes à ces efforts.
CUF
CACEM
MISSION CMRP / DATIP
- Accompagner les autorités locales dans la définition
et la mise en ouvre de politiques publiques ;
-Apporter aux communes membres une assistance
de nature technique, juridique ou financière sur leur
demande.
CACP
VNG
FCM
Gouvernance
Gestion de l’eau
(eau potable,
bassins versants et
assainissement)
Gestion du territoire
Recherche de
financement et
amélioration des
services publics
Gestion des déchets
Parc d’engins
(projet abandonné)
(support budgetaire aux
communes)
Appui à la gouvernance
(support budgetaire aux
communes)
Répartition des interventions par partie prenante
les bureaux de la DATIP / CMRP
50
Les quatre communes concernées qui avaient déjà
envisagé de s’unir avant le séisme pour promouvoir leur
développement ont décidé d’accélérer cette démarche
et de se rassembler autour d’un projet de reconstruction
commun en signant en mai 2010 une entente
intercommunale : la Communauté des Municipalités de
la Région des Palmes (CMRP).
Les quatre communes souhaitent mutualiser leurs
moyens et compétences afin de reconstruire la zone,
de mieux servir les populations et également devenir
un partenaire incontournable pour l’ensemble des
organismes internationaux impliquées dans la région.
L’ampleur de la tâche est d‘autant plus importante que les
moyens et outils dont disposent les mairies sont faibles
(161 employés municipaux, un très faible recouvrement
de taxes locales...), que le processus de décentralisation
n’est pas abouti et qu’une multitude d’ONG agissent
sur le terrain sans toujours se coordonner avec les
administrations locales.
Le processus qui a vu naître la CMRP peut être découpé
en trois grandes phases :
• Dans une première étape, des leaders ont porté le
projet d’intercommunalité et ont procédé à l’assemblage
des forces politiques au sein de la région des Palmes.
• Dans une seconde étape, cette dynamique politique
a commencé à établir des fondations au sein du cadre
légal haïtien et la communauté de municipalités a été
constituée.
• Dans une troisième étape, la CMRP s’est dotée
d’un outil technique (DATIP) afin de mettre en œuvre
les actions permettant l’atteinte de ses objectifs de
développement. À noter : les deuxième et troisième
étapes ont été concomitantes.
Ce processus s’est développé dans un contexte national
de grande instabilité politique. En effet, les années 2011 et
2012 ont été marquées par une période de changements
fréquents de l’équipe gouvernementale. Les élections
municipales ont reportées d’une année suite au séisme,
et n’ont finalement pas été organisées en 2011, à la fin
du mandat des autorités élues en 2006. Les élus locaux
ont été remplacés dans 95% des 143 communes du pays
par des agents intérimaires désignés par le Ministère de
l’intérieur et des collectivités territoriales. Des élections
législatives et municipales ont finalement eu lieu en août
et octobre 2015, mettant fin à cet interim.
CONSEIL INTERCOMMUNAL
23 membres
- 4 maires ;
- 8 maires adjointes ;
- 11 répresentants des CASECs
(1 répresentant par 50.000 habitants)
Gressier : 2 répresentants
Léogâne : 4 répresentants
Grand-Goâve : 2 répresentants
Petit-Goâve : 3 répresentants
COMITÉ EXÉCUTIF
-Le président
-3 vice-présidents du conseil
(Les 4 maires)
51
LA DIRECTION ADMINISTRATIVE ET TECHNIQUE DE
L’INTERCOMMUNALITÉ DES PALMES (DATIP)
La CMRP est dotée d’un outil technique et opérationnel:
la Direction Administrative et Technique de
l’Intercommunalité des Palmes (DATIP).
La DATIP organise la mutualisation des moyens, des
ressources et compétences pour répondre aux enjeux
de la reconstruction post-séisme et plus généralement
aux enjeux du développement et de l’aménagement du
territoire. Elle a de surcroît joué un rôle considérable
pour la stabilité de la structure intercommunale pendant
la période de remplacement des maires par les délégués
intérimaires. Cinq secteurs d’action ont été ciblés au
départ :
•
•
•
•
•
gestion du territoire ;
gestion des déchets ;
gestion de l’eau ;
gestion des véhicules ;
gestion de tous types de projets.
LES ACTIONS ENTREPRISES DANS LE
DOMAINE DE LA GESTION DU TERRITOIRE
Le secteur d’aménagement du territoire a eu pour tâche
originelle d’élaborer un Plan d'Urbanisme Sommaire
(P.U.S.) pour chacune des communes qui composent la
Communauté des Municipalité des Palmes.
Il a par la suite engagé le recensement des propriétés
bâties en vue de l’établissement d’un cadastre afin de
dynamiser la Contribution Fiscale sur les Propriétés
Bâties (CFPB). Ce projet vise à surmonter un des grands
défis de la CMRP/DATIP : son autonomie financière et sa
pérennité. La CFPB est l’une des sources principales de
revenu des communes.
SUCCÈS ET LIMITES DES P.U.S.
La première approche méthodologique complète a été
de réaliser des ateliers de planification publics pour avoir
des données sur chaque commune, les analyser et faire
des projections.
Les PUS combinent une approche de développement et
d’aménagement :
1. Des axes stratégiques globaux ont été identifiés
pour chaque commune en vue de promouvoir les
complémentarités de chacune d’elles : orientation
privilégiée de Gressier vers le tourisme ; de Léogâne
52
diverses cartes illustrant les PUS
vers l’agriculture, l’élevage et l’industrie ; de GrandGoâve vers le tourisme et de Petit-Goâve vers les
services et le commerce. L’objectif est de favoriser
l’émergence d’une économie exportatrice fondée
sur la valorisation des ressources locales.
2. Une division du territoire en zones urbaines et zones
rurales a été établie et des plans d’aménagement
ont été élaborés pour les sections urbaines. L’objectif
est de répondre aux conséquences spatiales de la
transition démographique actuelle.
3. Une programmation de services a également été
établie dans l’objectif d’améliorer le cadre de vie
des populations tant en milieu urbain que rural
(modernisation des marchés publics, embellissement
des entrées des villes, aménagement de places
publiques, l’organisation du transport public, mise
en valeur des équipements publics)
Le but des PUS est de s'imposer en tant qu'outils de
réglementation de l’usage du sol. Cependant, à ce jour,
ils n’ont pas de valeur légale.
Par ailleurs, si les actions sont relativement détaillées
concernant les actions urbaines, elles restent généralistes
pour les sections rurales. En particulier, aucun plan de
zonage ou d’aménagement n’a été établi pour celles-ci.
Toutefois, les P.U.S ont déjà fait preuve de leur utilité, par
exemple :
• la mairie de Gressier s’en est servi pour refuser
l’implémentation d’un projet de village non conforme
aux règles d’urbanisme dans une zone agricole ;
• la mairie de Petit-Goâve a obtenu des fonds pour des
projets tirés des axes stratégiques du PUS de Petit-Goâve
par l’ONG AAA (Agro Action Allemande) ;
• le MPCE s’est basé sur eux pour la réalisation du
schéma d’aménagement de la zone des Palmes.
53
LE PLAN D'AMÉNAGEMENT
POUR L'ARRONDISSEMENT DE LÉOGÂNE
La DATIP n'a pas pour mandat d'élaborer de plan d'action
régional de la CMRP. C'est un projet qui est pris en
charge par les plans d'arrondissement pris en charge par
le MPCE. Or, la commune de Gressier en est séparée de
par la division administrative.
Dans le cadre du programme « Appui aux autorités
gouvernementales et locales pour la planification et la
gestion de travaux de reconstruction ou de rénovation
de 6 pôles de développement » du Programme
des Nations Unies pour le Développement (PNUD)
mandaté par le Ministère de la Planification et de la
Coopération (MPCE), l'entreprise canadienne IBI-DAA
a été mandatée pour réaliser le « plan stratégique
multisectoriel d'aménagement Axe Léogâne - Petit
Goâve » pour l’arrondissement de Léogâne. Ce plan de
2012 est encore au stade de validation.
• la restauration de l’environnement et la maîtrise des
risques d’origine naturelle et anthropique ;
• la création d’un espace économique fort, structuré et
diversifié aux portes de la Zone Métropolitaine de Portau-Prince ;
• l’organisation des services et des activités
économiques autour de 3 pôles urbains et de 4 bourgs
de services de proximité en milieu rural.
Les moteurs identifiés pour la croissance économique
de l’arrondissement sont :
• l'agriculture sous toutes ses formes et la
transformation de la production (cultures, élevage,
pêche) ;
• le tourisme axé sur la nature (mer et montagne) et la
culture (patrimoine bâti et immatériel).
Outre ces secteurs, l’économie de l’arrondissement
pourrait reposer sur des secteurs diversifiés
principalement destinés au marché local tels que les
services publics, la santé, l'éducation, etc.
Le Plan stratégique multisectoriel d’aménagement
L’Esquisse vise à affirmer l’axe des Palmes comme pôle
régional majeur entre la zone métropolitaine de Portau-Prince et les départements de la péninsule sud d’ici
20 ans.
Mer des Caraïbes
Département
Nippes
Étalement urbain
anarchique
Département
Ouest
Département
Département
Sud-Est
Sud
Laferronay
Vers Port-au-Prince
Ville de Léogâne
24,3 km
78 477 habitants (population estimée)
0
1,25
2,5
5 km
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Centre historique
Ville de Grand-Goâve
19 874 habitants (population estimée)
Étalement urbain
anarchique
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Zone inondable
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développement
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Carrefour Dufort
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généralement
déboisés
Mer des Caraïbes
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76 243 habitants (population estimée)
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Ville de Petit-Goâve
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Zone inondable
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Aire généralement dépourvue
de services collectifs,
infrastructures et équipements
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Plaine agricole
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CNIGS
CNIGS
2006
2012
Concept d‘organisation spatiale
MNT 20m (à partir de courbes
de niveau du CNIGS)
Groupe IBI/DAA Inc.
Ale
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Route tertiaire
en mauvais état
et
Limites administratives
Réseau routier
Hydrographie
Route tertiaire
en mauvais état
ce
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Ravin e La Vallée
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Projection: UTM Zone 18 N. Datum: WGS84
Note : Cette carte est un document de travail
Réalisation : Groupe IBI/DAA Inc.
Date : Juin 2012
Petite Rivière De Ja cmel
source: IBI-DAA
octoBRE 2012
54
2012
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Les Palmes
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SynthèSe du diagnoStic
Carte : Synthèse du diagnostic
Axe Léogâne - Petite-Goâve
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15
2.3 - SOCIÉTÉ CIVILE ET ONGS
UNE SOCIETE CIVILE ACTIVE DANS TOUS LES DOMAINES
SOCIAUX ET ÉCONOMIQUES
La Région de Palmes est caractérisé par un tissu puissant d'institutions, de regroupements, d'organisations ou
d'associations qui œuvrent dans de nombreux secteurs de la vie économique et sociale. Il n'existe pas de loi sur les
associations en Haïti. En conséquence, les associations sont dotées du statut légal de fondation ou d'ONG. Quelques
exemples d’« associations » qui opèrent dans la région des Palmes : le Groupes de Planteurs, les Groupes de femmes, la
Fédération des Paysans Solidaires de la Région des Palmes, l'Organisation pour le Développement de Portail Léogâne,
la Coordination des Organisations pour le Développement de Léogâne, FONHDILAC, CEHAPE, etc. En voici quelques
exemples plus développés.
COOPÉRATIVE D’ÉBENISTERIE ET MENUISERIE
Grand Goâve
Le travail du bois pour la fabrication de mobilier, cercueils
et charpentes est très répandu dans la région et à travers
le pays. Il s'agit d'un savoir-faire qui se transmet de maître
à apprenti. C'est un secteur qui crée de l'emploi et qui est
parfois organisé en coopératives. C’est aussi un secteur
concerné par la déforestation dans la mesure où faiblement
organisé il contribue à l'accélération du déboisement.
ASSOCIATION DES PAYSANS DE VALLUE (APV)
Organisation locale fondée en 1987 dans les mornes, elle
opère à l’échelle de la région goâvienne (Petit-Goâve et
Grand-Goâve), principalement en milieu rural, à travers un
réseau d’une soixantaine de groupes. Ses actions concernent
quatre grands domaines prioritaires : l'éducation, la santé,
l'agro-tourisme et la promotion d’entreprise. A Vallue, se
trouvent une laiterie, un hôtel rural, une école, un marché,
un amphithéâtre, etc. Cf le chap. "agriculture dans les
Mornes"
ASSOCIATIONS DE PÊCHEURS
Il existe dans la région des Palmes une vie associative active
autour de la pêche. On dénombre environ 3 associations de
pêcheurs à Gressier, 8 à Léogâne, 2 à Grand-Goâve et 9 à
Petit-Goâve, ressemblées par la Fédération des associations
de pêche. Les activités de pêche restent essentiellement
traditionnelles et peu modernisés, sans moyens de
conservation de poisson ni d’outil de transformation.
Certaines associations fabriquent cependant des
bateaux. Les pêcheurs sont souvent aussi agriculteurs.
La diversification des activités leur assure un revenu plus
régulier et plus conséquent.
55
MAMEV
La Caisse populaire Men Ale Men Vini (MAMEV) à
Gressier est une institution financière au service de
toutes les couches de la société, notamment la classe
moyenne et les plus pauvres exclus des services financiers
traditionnels. Elle favorise l’épargne des ménages et appuie
le développement local (notamment par le biais de la micro
finance). Elle finance par exemple des coopératives pour
l’agriculture et le développement durable, des activités
artisanales ou encore des professionnels exerçant des
métiers traditionnels.
ITECA, CENTRE DE FORMATION
Gressier, section Ti Boukan, Bellevue
Institution d’éducation populaire, un lieu d’échange,
d’analyse et de formation. ITECA travaille depuis plus de
30 ans à Gressier afin de soutenir l’action des organisations
paysannes. ITECA développe par exemple des projets
de ferme, d’approvisionnement en eau potable, de
reconstruction, d’appui en sécurité alimentaire et de santé
humaine ou encore l’animation d’une radio Ti-Boukan FM
96.5.
ASSOCIATIONS D'IRRIGANTS
Les systèmes d’irrigation étaient autrefois gérés par l’Etat,
à travers un syndic. Il n’y a plus aujourd’hui de syndic et les
systèmes sont gérés de façon collective par les agriculteurs
qui les utilisent et se regroupent en associations. Ces
associations existent presque partout où l’irrigation existe
mais elles n’ont pas la même maturité. L'État – à travers
le Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles
et du Développement Rural (MARNDR) reste cependant
propriétaire des infrastructures.
GROUPES DE FEMMES
Les associations de femmes sont nombreuses dans la
région. Ces groupes de femmes agissent essentiellement
en matière de promotion à d’hygiène, de sécurité et de
protection au niveau domestique. Elles ont fait un travail
de sensibilisation important autour de la problématique
du choléra. Elles revendiquent aussi une société égale
par rapport au genre. Un exemple de ces groupes est
l'Organisation des Femmes pour le Développement de
Gressier (OFDG).
56
DES ONGS ÉGALEMENT TRÈS PRÉSENTES
Une multitude d’ONG sont présentes dans la région de
Palmes et agissent non seulement pour répondre à des
situations d’urgence (phase d’urgence et de transition
du séisme) mais également pour développer des projets
de développement social et économique.
Un des enjeux concerne notamment la pérennisation
des projets / actions, une fois l’investissement initial des
ONGs réalisé. À titre d'exemple :
- USaid a construit un marché à Léogâne qui a été démoli
deux jours après sa finalisation à cause d'un problème
foncier : il avait été construit sur une propriété privé et
non sur les terrains de l'État.
- un projet de périmètre irrigué à été détruit après
sa finalisation par les gens qui l'ont construit afin de
chercher de nouveaux financements pour recommencer
l'opération afin de créer des emplois.
- certaines associations de pêcheurs se sont fait
cambrioler les panneaux solaires, batteries et freezers
solaires dès que les ONGs sont parties.
CONCERT-ACTION
Concert-Action est une organisation haïtienne qui réalise
depuis 1997 des programmes de développement en se
concentrant dans les sections rurales 9 et 10 de PetitGoâve, nommée "les Palmes", zones très difficilement
accessibles des mornes. Elle mène des projets globaux de
santé communautaire, d'eau potable et d'agroforesterie,
de manière à créer des cercles vertueux. Concert-Action
ne réalise des projets que s'ils sont ancrés dans le long
terme, en associant, éduquant et responsabilisant la
population qui bénéféciera de ses services.
COOPÉRATION ALLEMANDE (GIZ)
Au bilan de l’action de cette ONG : l’installation d'abris
provisoires à Léogâne après le tremblement de terre,
l’aménagement de six centres de santé entre Léogâne et
Grand-Goâve, la construction d'infrastructures sociales
dans ces mêmes localités, l’appui technique et matériel
aux associations de pêcheurs…
Ces difficultés plaident pour un travail plus ancré dans
les réalités sociales, économiques et culturelles des
communautés concernées.
Voici quelques exemples d'actions régionales :
INTER-AIDE
ONG française agissant dans le domaine de la scolarisation
dans les mornes de Petit-Goâve. Au bilan de leur action :
la construction de 6 écoles de 4 classes, la formation des
enseignants et la sensibilisation des membres de comités
de parents, la poursuite de l'équipement en tmobilier et
matériel didactique pour 40 écoles, la consolidation des
connaissances et du savoir-faire des artisans locaux dans
le domaine de la construction…
école Inter-Aide dans les mornes de Petit-Goâve
local de pêcheurs à Grand-Goâve
espace public dans le centre-ville de Grand-Goâve
57
PEOPLE IN NEED
SCHÉMA D’AMÉNAGEMENT DU CENTREVILLE ET DU QUARTIER FORT-LIBERTÉ DE
PETIT-GOÂVE
A développé des travaux dans le secteur de l'éducation
au sein de la commune de Petit-Goâve tel que l'école
dans les mornes de Andero ou les écoles temporaires
juste après le séisme. Ils travaillent notamment avec les
associations de pêcheurs.
Rédaction : AAA + HELP + Mairie de Petit-Goâve, financé
par l’Union Européenne
Année : Avril 2014
La liste de ONGs qui ont travaillé et qui travaillent dans
la région est longue : Goal, Caritas Suisse, Autriche et
Allemagne, Japon Emergency (JEN), Aquadev France,
Oxfam, FAES, Unicef, Croix Rouge, ACTED, USAid, Food for
the Poor, Idejen, MINUSTAH, etc. Les bénéfices concrets
de l'aide internationale sont certains mais l'efficacité de
certaines organisations et la pertinence de leurs projets
restent reste parfois discutables.
Le schéma d’aménagement au niveau du centre ville
et du quartier Fort-Liberté entend s’intégrer avant
tout dans la stratégie définie au niveau communal et
notamment l’Esquisse du Plan d’Urbanisme de la ville de
Petit-Goâve. Il propose le développement d’un « projet
pilote » sur ces deux quartiers et un travail au niveau des
nouvelles zones d’extension de la ville afin de dresser un
inventaire précis et fin de l’ensemble des problématiques
des quartiers, de définir une vision, des orientations et
enfin unes stratégie pour ces quartiers pour les 10 à 20
prochaines années.
« Projet intégré d'aménagement
et développement urbain à Petit Goâve »
La Hatte
CARTE DE SYNTHESE D’AMENAGEMENT
DU CENTRE VILLE ET DU QUARTIER DE FORT - LIBERTE
ZONE
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Centre ville
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ZONE DE DEVELOPPEMENT
DU PORT COMMERCIAL
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Espace socio-culturel
Socio Sportif
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Source: AAA+HELP pour Petit-Goâve
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PARTIE 2
PROBLÉMATIQUES
DE L’ATELIER
59
3.
60
La relation
mornes
et plaine
littorale
3.1 - LES RESSOURCES ENVIRONNEMENTALES :
D’UNE GESTION OPPORTUNISTE
À UNE GESTION PARTAGÉ ?
L’eau est sans nul doute la problématique la plus révélatrice du lien d’interdépendance entre plaines et mornes. Elle
manque chroniquement dans les mornes mais emporte les sols. Elle dévaste périodiquement les plaines par ses crues
violentes et emporte avec elle des alluvions qui dégradent les eaux littorales. Ces symptômes sont liés et leur cause
est bien connue. Gestion des écosystèmes, gestion des sols et gestion de l’eau sont intimement liées et ne peuvent se
concevoir et se mettre en œuvre qu’à l’échelle des bassins versants. La CMRP a déjà pris en main cette question avec
la mise en œuvre des schémas d’aménagement de gestion des eaux (SAGE).
Comment traduire ces orientations claires dans des outils d‘aménagement et de gestion concrets
?
Comment dépasser la dimension technique de ces politiques d’aménagement et y intégrer une
dimension sociale, culturelle et économique ?
Comment aider les populations des régions rurales à changer leurs pratiques et leur rapport à
l’environnement naturel pour construire des modes d’usage de l’espace plus durables ?
CARTOGRAPHIE DES BASSINS VERSANTS POUR LA RÉGION DES PALMES
Système de bassins versants de l'arrondissement de Léogâne. Identification des grands et méso bassin versants. Source : IBI-DAA
61
LA GESTION DE L'EAU ET DES BASSINS VERSANTS
L'IMPORTANCE DES BASSINS VERSANTS
Haïti est un pays essentiellement agricole, constitué de
mornes pour les trois quarts à vocation agroforestière.
L'eau à usage domestique et agricole provient des bassins
versants. Les arbres facilitent l'infiltration de l'eau dans
le sol, cela recharge la nappe et en conséquence les
sources ont un débit plus important et plus régulier.
Quand le bassin versant est dégradé, l'eau de pluie ne
s'infiltre pas, le ruissellement est plus important et la terre
est charriée vers l'aval dans la plaine. La déforestation
massive (2% du territoire haïtien est actuellement boisé)
et l'endiguement des cours d'eau sont les principales
raisons de cette dégradation.
CONSÉQUENCES DE LA DÉGRADATION DES DES BASSINS
VERSANTS
RISQUES D’INONDATION
Les écoulements ne sont plus régulés et le ruissellement
de surface entraine des inondations fréquentes de la
plaine lors des saisons pluvieuses causant des dégâts
matériels importants ainsi que des pertes en vies
humaines. Les villes en sont directement touchées.
DÉGRADATION DES ÉCOSYSTÈMES LITTORAUX
Les rivières chargées d’alluvions organiques issues
du lessivage des terres se déversent dans la mer. Au
niveau de l'écosystème marin, les alluvions affectent
les mangroves, très importantes dans le cycle de
reproduction des poissons et des crustacés. Les poissons
s’éloignent des côtes à la recherche d’eau claire.
MANQUE À GAGNER ÉCONOMIQUE
Deux conséquences directes de la dégradation littorale :
- au niveau des activités économiques de pêche : la
quantité de poissons disponible étant moindre, l’activité
de pêche ;
- au niveau de l'exploitation des plages pour le tourisme
(comme à Gressier par exemple) : l'eau de la mer aux
embouchures des rivières est chargée d’alluvions et
devient brune.
POLLUTION ET PÉNURIE EN EAU POTABLE :
Troisième conséquence directe : la région souffre de
pénurie d’eau car les nappes ne sont plus rechargées et
cela en dépit de pluies très abondantes (plus de 1000
mm par an de pluie se déversent sur la région). En effet,
sur un plan théorique, le volume d’eau réceptionné par le
territoire excède la demande. Plusieurs comportements
altèrent directement la qualité et à la disponibilité de
l’eau : la mauvaise gestion des déchets ; le déboisement
et production de charbon de bois ; la pratique de brulis.
62
de la crête du morne jusqu'à la mer
VERS UNE GESTION DURABLE?
L’élaboration des SAGE (Schéma d’Aménagement et
de Gestion des Eaux), élaboré par la CMRP/DATIP est
le résultat d’un travail concerté avec le ministère de
l’Agriculture et l’appui technique et financier de VNG
(un ensemble de projets dont la somme est estimée à
200M$ US). Il fixe des objectifs généraux d’utilisation, de
mise en valeur, de protection quantitative et qualitative
de la ressource en eau.
Dans la Région des Palmes il existe 28 bassins versants
qui s’étendent au travers de différentes sections
communales et au parfois au-delà de la Région, ce qui
exige une stratégie et une gestion partagée à grande
échelle. Afin de garantir la disponibilité de la région en
eau, le plan de la CMRP préconise, entre autres :
- Le reboisement, afin d’améliorer la couverture végétale
et faciliter l’infiltration de l’eau dans le sol ;
- La reconstruction de micro-retenues, conservation
de l’eau au niveau de la montagne pour l’irrigation et
l’élevage ;
- La construction de citernes d’eau de pluie, conservation
de l’eau à la source ;
- La protection des populations contre les inondations
par le colmatage des brèches et la mise en place des
murs de protection de berges ;
- La protection des infrastructures (routes, systèmes
d’adduction d’eau potable et autres).
Source : SAGE
diagnostic BV, repartition du volume d'eau
confrontation ressources disponibles / demandés
diagnostic BV
Aléas de rivières de Grand-Goâve. Études AAA.
(Source carta topographique Bureau de Mine et Énergie, 1978, carte d'aléa Lentini Azzurra, WHH
Aléas de rivières de Petit-Goâve et lits majurs. Études AAA.
(Source carta topographique Bureau de Mine et Énergie, 1978, carte d'aléa Lentini Azzurra, WHH
63
3.2 - AGRICULTURE DES PLAINES ET DES MORNES :
DES TERROIRS COMPLÉMENTAIRES À SPÉCIALISER
OU DIVERSIFIER ?
Le territoire des Palmes bénéficie de deux espaces géographiques – plaine et mornes – deux « terroirs » dont les
potentiels agronomiques sont a priori complémentaires. L’histoire a conduit a une caractérisation de ces terroirs, les
cultures exportatrices ayant été principalement développées dans les plaines et les mornes plus tardivement mises
en valeur par une paysannerie devenue indépendante. Le contraste s’est cependant progressivement atténué. Ainsi,
dans les plaines, la culture de canne à sucre est surtout transformée de façon artisanale dans des petites unités de
production de rhum appelées guildives et la distribution concerne surtout le marché Haïtien. Dans les mornes, les
paysans vendent les maigres surplus de leur production sur les marchés urbains des Palmes et de Port-au-Prince.
Rappelons que ces agricultures qu’elles soient exportatrices ou vivrières sont extrêmement fragiles car elles ne se sont
pas encore relevées de l’effondrement liée à l‘ouverture des marchés à la fin des dictatures.
Quelles agricultures promouvoir demain dans la région des Palmes, pour le plaines et les mornes?
Quelles sont les conditions d’une agriculture durable tant sur le plan économique que social et
environnemental ?
Comment sécuriser l’activité des petits paysans pour les aider à passer d’une activité de survie à une
activité rentable et durable (sécurité foncière, éducation et professionnalisation, possibilités
d’investissement…) ?
Carte topographique du Bureau de Mine et Énergie, 1978
64
LE FONCIER AGRICOLE (PARAGRAPHE SUJET A CAUTION / A
REECRIRE)
Référence à lire : Salagnac, Paysans système et crise –
travaux sur l’agraire haïtien (L’Harmattan,1993).
65
LA PÊCHE
La pêche est une activité économique de grande
importance (la deuxième après l’agriculture) pour les
zones côtières. D’autres métiers et activités gravitent
autour de la pêche : les chantiers navals, l'ébénisterie…
Pratiquée de façon archaïque, le potentiel de la pêche
n’est pas complètement exploité. Les équipements
tels que les bateaux sont vétustes, les nasses (casiers)
ou filets sont souvent rudimentaires ce qui affecte les
possibilités (zones de pêche, volume etc.).
COMMERCIALISATION DES PRODUITS
front de mer de Grand - Goâve
Poisson, homard et lambi constituent l’essentiel des
prises. Les ateliers de transformation sont rares, le
poisson est commercialisé en grande partie en état
frais. Le manque de techniques de conservation oblige
souvent les pêcheurs à mal vendre leur marchandise. De
plus, ceux qui reviennent de la mer vers 10h du matin
ont des difficultés à trouver des acheteurs. Parfois, les
revenus des ventes ne couvrent pas le prix du carburant
pour ceux qui utilisent des embarcations motorisées.
La production est revendue soit dans les marchés de la
CMPR soit à Port-au-Prince. La commercialisation est
une tâche prise en charge en grande majorité par les
femmes (marchandes locales).
Il est également à noter que la production d'élevage de
poissions tilapias en bassins semi fermés est en cours
d'expérimentation à plusieurs endroits de la CMRP.
PRÉSERVER LA MER EN AMONT
chantier naval de l'association de pêcheurs de Léogâne
une récolte de pêche à Grand-Goâve
66
Le nombre croissant d’unités de pêche, la détérioration
de certains écosystèmes nécessaires à la reproduction
des poissons et crustacés (mangroves), ou encore
l’utilisation de techniques de pêche non-sélectives dont
les prises sont de jeunes poissons, exercent une pression
croissante sur l’environnement.
Les pêcheurs, lorsqu’ils sont formés et conscients de ces
périls, nettoient régulièrement les plages. Ce sont des
véritables acteurs dans la sensibilisation de la population.
Par ailleurs, de nombreux pêcheurs travaillent avec la
Protection Civile dans des situations d’urgence et de
sauvetage.
L'AGRICULTURE DE LA PLAINE
La production agricole de la plaine se répartit entre culture
d'irrigation, essentiellement gravitaire, et culture pluviale.
Cette dernière ne permet pas de culture intensive et elle
concerne principalement l’arboriculture fruitière.
UNE CULTURE D'IRRIGATION
L'agriculture des plaines est surtout une culture irriguée
qui produit canne à sucre, riz, légumes, maïs, agrumes,
légumineuses, coton ou encore des fruits. Bien que
les pluies soient abondantes, elles se répartissent de
manière irrégulière à cause du relief montagneux. L'eau
des systèmes d'irrigation provient donc rivières dont une
partie des eaux est détournée. Aujourd'hui, les systèmes
d'irrigation sont négligés et en mauvais état.
LA PLAINE DE LÉOGÂNE
La plaine de Léogâne contient la plus grande zone
irriguée de la région, soit 10 000 ha, répartis entre trois
sections communales : Grand-Rivière, Petite Rivière et
Dessources. La plaine se trouve à proximité des grands
marchés et des principaux centres d'import-export du
pays. La plaine est traversée par les rivières Momance,
Cormier et Rouyonne et leurs nombreux petits affluents
à partir desquels partent des systèmes d'irrigations. Il
existe deux principaux sous-systèmes d'irrigation : le sous
système dit canne-à-sucre et sous-système dit vivrier
(ou maraicher). La canne-à-sucre occupe 5 500 ha, soit
80% de la totalité des terrés cultivées. Le vivrier occupe
environ 1 500 ha cultivées (on y cultive entre autres :
haricots, maïs, sorgho, bananes, riz, manioc, tomates,
patate douce, pois inconnu, pois congo).
INFRASTRUCTURES AGROALIMENTAIRES
Elles assurent la transformation mécanisée et/ou
artisanale à petite échelle des produits locaux issus de
la production agricole : manioc, maïs, canne-à-sucre
(production de sirop de canne et de clairin – le rhum
haïtien). Les guildives sont des unités de production de
clairin et les guildiveries des unités de transformation de
la canne en mélasse, sirop et rapadou.
LE PROBLEME DE LA SALINISATION
Le phénomène de salinisation résulte de l'exploitation
intensive de la nappe phréatique : l’eau de mer remonte
dans la nappe asséchée par capillarité. Ce fait est non
seulement préjudiciable à la productivité des terres,
mais également à l'eau potable. L'eau est salée et
contient parfois même des métaux lourds provenant
de l'utilisation d'engrais chimiques et des systèmes
d'irrigation mal drainés.
Système d'irrigation de la plaine de Léoâne.
67
FOCUS SUR L’ÉCO-BOULANGERIE BIOMASSE
Les matériaux, le design et les techniques de construction
de ce four permettent une économie de carburant.
L'entreprise fabrique ses propres briquettes (matériau
de combustion) à partir de déchets organiques tel que
des noix de coco desséchées et de la colle extraite de
différents fruits. Cette initiative promeut ainsi d’autres
matériaux de combustion en réponse au problème de
déboisement. Baguettes à partir de farines de multiples
fruits locaux à prix abordables. Les matières premières
sont de la zone, une entreprise qui encourage les paysans
à planter des arbres fruitiers pour le développement
d'un commerce équitable.
canal du système d'irrigation 2ème section, Petit-Goâve
la boulangerie
lv@a plaine gôavienne
FOCUS SUR L'USINE DARBONNE
L’usine sucrière Jean Léopold Dominique à Léogâne est la seule
de ce type encore en fonctionnement en Haïti. L’ouverture de
l’île au commerce international en 1986, le recul de la culture
de la canne à sucre au profit de la production vivrière, ainsi
que le recul des terres agricoles au profit de l’urbanisation
sont quelques-unes des raisons de ce déclin. De fait, l’usine
ne fonctionne que quelques mois durant l’année et en
sous-capacité faute de matière première et d’entretien. À la
recherche d’aide financière, elle ne survit que grâce à une aide
étatique de 25 M de gourdes.
Toutefois, une "aire" d'habitation à proximité de l'usine s'est
constituée, recelant un marché encore bien actif (bien qu'il ne
soit pas à proximité immédiate de la RN2).
vue de l'usine
usine
DARBONNE
vers la
RN2
les champs
de canne à
sucre
Zone DARBONNE
68
L'AGRICULTURE DANS LES MORNES
UNE AGRICULTURE PLUVIALE
L’agriculture des mornes est une agriculture vivrière,
privilégiant les cultures alimentaires et organisée sous
formes de petites exploitations familiales. C’est une
agriculture intégralement pluviale contrairement à
celle des plaines. Le climat variant avec l’altitude, les
potentiels culturaux varient également. Entre 200 et
600m de hauteur, on trouve principalement de l’élevage
et des cultures étagées (arbres fruitiers…). A cette
altitude, la culture du café et du cacao fut autrefois
très présente, mais elle tend à disparaitre à cause de la
déforestation (ces deux plantes ayant besoin d'ombre),
de la prolifération du champignon rosellinia qui aurait
décimé les plantations, et du manque de débouché
(faible rentabilité dans les conditions de culture) et du fait
que le paysan privilégie des cultures vivrières. Entre 800
et 1000m de hauteur, les montagnes sont plus humides
et fraîches en raison de la condensation des pluies et
l'on trouvera plus souvent des cultures maraichères, des
céréales (le mil) ou encore des bananes. Ces cultures
sont périssables, mais facilement transportables à dos
d'homme ou d'animal.
Sur les plateaux à mi mornes ou les sommets, il y a du
petit élevage.
MISE
EN
CULTURE
DÉFORESTATION
EXCESSIVE
cultures sur plateau dans les mornes
ET
La pression démographique croissante et la demande
alimentaire résultante poussent les paysans à adopter
des stratégies de survie selon ce que l’on appelle le
« grappillage ». Des terres marginales et inaptes aux
activités de production agricole du fait de leurs pentes
trop raides, sont mises en culture (les types de cultures
de sarclage (comme la pomme de terre) sont d’ailleurs
inadaptés aux pentes). Ces comportements conduisent
à une érosion accélérée des sols.
De plus, la densité élevée de la population a mené à
une utilisation abusive des ressources forestières. Le
charbon de bois (ou le bois) est aujourd'hui la principale
source d'énergie pour les foyers et les entreprises telles
que les boulangeries et les blanchisseries. Il n'existe pas
de gestion forestière et les parcs nationaux ne sont pas
protégés. La demande est si forte que même si l'on plante
des arbres, l'exploitation va trop vite pour régénérer la
forêt. L'abattage d'arbres pour faire du charbon nourrit
une grande partie de la population des mornes car et
constitue une véritable activité parallèle à celle de la
culture. Une grande partie de ce charbon est transporté
par mer vers Port-au-Prince.
cultures sur terres escarpées, route Seguin
Plateaux (sommets et mi mornes)
Haute morne + de 800m)
Plaine
Basse Morne (100-800m)
69
FOCUS SUR VALLUE ET
L'ASSOCIATION DES PAYSANS DE VALLUE
Vallue est une initiative unique de développement
associant habitations, patrimoine, exploitation agricole,
et transformation de produits. Elle est située dans les
mornes de la 12e section communale de Petit-Goâve.
La population est d'environ 4 000 habitants, regroupés
dans 600 familles, réparties sur 25 Km2.
Il s'agit d'une association bien intégrée dans la zone,
construite avec les gens et les autorités (CASEC et ASEC),
et donc très ancrée dans le territoire. Elle travaille dans
le domaine élargi de l'environnement, en y associant
valeurs, économie, démographie, l'éducation, etc.
l'école le long du chemin principal
L'Association des Paysans de Vallue (APV )vise à
une diversification des activités afin d'assurer un
voie développement économique. Elle produit non
seulement des cultures variées, mais les transforme
et les commercialise (entreprise "Topla"; elle tente
également la voie du tourisme rural.
En conclusion, APV propose une façon de retirer la
pression agricole exercée sur les terres grâce à la mise
en place d'autres activités.
De nombreux autres projets y sont implantés, tels que
qu'un impluvium avec un réservoir, la mise en place d'un
programme de captage de sources, la mise à pied d'une
radio et d'un cybercafé, d'une école, d'un site de marché,
d'une laiterie, etc. Plusieurs évènements marquent la vie
et le succès de cette zone, l'été de la montagne ou la
foire de la montagne entre autres.
la façade décorée de la laiterie
Grand-Goâve
RN2
la route bétonnée de Vallue
70
situation de Vallue par -rapport à la RN2 et Grand-Goäve
3.3 - VILLAGES ET VILLES : QUELLE STRUCTURE
URBAINE TERRITORIALE ?
Une dissymétrie des formes de peuplement distingue les plaines et les mornes et elle recouvre une inégalité d’accès
aux services et aux aménités urbaines. Le poids de l’histoire est ici également déterminant : les villes ont été fondées à
proximité du littoral et le peuplement des mornes s’est réalisé par dissémination à partir de points d’ancrages familiaux.
Bien que densément peuplées, les sections rurales sont très défavorisées par rapport aux sections urbaines – toute
proportion gardée s’entend dans la mesure où les sections urbaines restent déficitaires en équipements et services
publics et que ce déficit s’accroît avec l’extension non maîtrisée des quartiers informels.
Les sections urbaines doivent-elles répondre aux besoins légitimes des populations
dispersées des mornes ?
Ou bien une forme spécifique de structure urbaine hiérarchisée peut-elle être organisée
dans les mornes de façon à offrir in situ les lieux de vie nécessaires à la vie des
communautés locales ?
le Quartier Trouin, dans les mornes de Léogâne)
71
LE RÉSEAU DE VILLES, QUARTIERS ET LOCALITÉS
Léogâne, Petit-Goâve et Grand-Goâve sont des villes
historiques dotées d’un centre ville constituée selon
un plan en « damier ». Chacune de ces villes possède
également quelques espaces publics identifiables et de
qualité ainsi que des services et équipements publics
(commissariat, écoles, marchés, églises etc.). Leurs
extensions récentes se sont, en revanche, développées
de manière plus organique et non maîtrisée. Elles sont
dénommées zones d'extension dans les PUS.
La ville de Gressier, quant à elle, ne possède pas de
noyau historique. C'est une ville qui s'est développée le
long de la RN2 et de façon plus dispersée et anarchique
dans les mornes. Les villes ont été directement touchées
par le séisme et leur trame historique permet une
reconstruction
PETIT-GOÂVE, centre ville
GRAND-GOÂVE, centre ville
LÉOGÂNE, centre ville
GRESSIER au long de la RN#2
72
VIVRE DANS LES MORNES
Le marronage comporte une symbolique très forte dans
la vie des Mornes, synonyme de résistance. Mais ce
phénomène n'explique pas à lui tout seul pourquoi ces
lieux à priori inhospitaliers sont habités. Si la pauvreté et
la pression démographique en plaine ont été des raisons
historiques qui ont poussé les populations à s'installer
dans les mornes, c'est également que plus qu'ailleurs, la
pluviométrie est plus forte et les sols relativement plus
riches que dans d'autres parties du pays (notamment en
cas de sécheresse).
Si quelques hameaux sont rassemblés, le long des
routes, l'habitat est généralement très dispersé. Nombre
de personnes vivent sur leurs parcelles, issues d'un
morcellement au fil des indivisions. Les habitants vivent
donc isolés les uns des autres, coupés la plupart du
temps des réseaux routiers (on y accède par des sentiers
accessibles à pied), privés d’accès à l’eau, à l’électricité et
de l'essentiel des services publics.
Cependant quelques hameaux (cf.chap. 2) contribuent
à structurer le territoire rural des Palmes en termes
d’accès aux services principaux (marchés, écoles, centres
de santé, églises, services administratifs….). Par exemple,
sur la commune de Petit-Goâve, on dénombre les pôles
d’activité suivants: ARMOUX (2e section), CADET (3e
section), LOUSIER (4e section), DELATRE (4e section).
une maison isolée avec latrine, morne de la Selle
un sentier pour accéder à une habitation, morne de la Selle
La ressource quasiment unique des habitants des
mornes est l'agriculture. La vie est précaire, rythmée
par le travail de la terre et la vente des produits au
marché. En revanche, tout le monde un possède un
téléphone portable ou presque! La concentration
des services dans les villes littorales ou dans de rares
pôles d’activité (sans concentration de population)
– implique des déplacements importants pour les
populations. Déplacements réguliers voire quotidiens
ou déplacements définitifs dans le cas d’implantation de
ménages dans les périphéries des villes.
Il semble que l'action de l'état est inexistante dès que l'on
monte en hauteur et le relai est pris par les ONG et autres
organisations issues de la société civile afin d’apporter un
service "collectif", allant de la construction de latrines à
l'éducation des enfants en passant par des tentatives plus
globales de sortie du cycle du "grappillage" pour essayer
de créer une économie rentable et durable. L'enjeu de
certaines d'entre elles, type Concert-Action est que ces
services soient progressivement pris en main par une
population sensibilisée, éduquée et responsabilisée. Il
s'agit également de retenir cette population dans les
mornes et de tenter d'endiguer l'exode rural des jeunes
vers les quartiers informels de la capitale.
un hameau le long de la route de Seguin
une maison sur un plateau des Mornes
73
UN HAMEAU STRUCTURANT
TYPE : ANDERO
PETIT-GOÂVE
Commune de Petit-Goâve, 4ème section (mornes).
Andero est un exemple type de pôle d’activité dans
les mornes, c’est à dire d’un lieu de concentration de
services sans agglomération d’habitat. On y trouve
une église, le bureau du CASEC 4ème section, une école
nationale primaire, ainsi qu’un point d’eau. Le samedi se
ANDERO
tient un marché et les paysans y viennent à «bourricot»
pour y vendre leurs marchandises. Le développement
des équipements s'est fait grâce à l'aide de GIZ (bureau
CASEC) et People for the Poor (école pour presque 200
2. Église
élèves). Malheureusement, l'école manque de latrines,
et ne dispose d'aucun système de collecte des eaux de
3. Marché communautaire
pluie.
Bureau CASEC 4e
1. Route depuis la RN#2
4. École Nationale
ROUTE À VIALET
ÉCOLE
1.
BUREAU CASEC
MARCHÉ
ÉGLISE
2.
74
3.
4.
LES MARCHÉS,
UNE IDENTITÉ HAÏTIENNE
Les marchés sont une très ancienne institution haïtienne,
datant de la colonisation. Les esclaves étaient autorisés
à se rencontrer à certains carrefours ruraux pour vendre
des articles. Il existe des marchés officiels et d’autres informels. Tous sont situés aux points d'intersection du réseau routier par lequel l'essentiel des produits agricoles
commercialisés d'Haïti et les produits manufacturés ou
alimentaires sont importés transitent.
Il y a plusieurs niveaux de marchés haïtiens : des grands
marchés de ville ouverts tous les jours, des marchés régionaux ouverts deux fois par semaine, des petits marchés locaux qui opèrent hebdomadairement dans les
zones reculées. Les jours de marché sont échelonnés de
façon à ce que les commerçants puissent se rendre à différents marchés au cours de la semaine. Le marché le
plus important est celui du samedi à Port-au-Prince.
Au sein de la CMRP, le marché le plus important est
Mariani dans la commune de Gressier, où sont échangées l'essentiel des marchandises entre la région du Sud
et la capitale. 80% des revendeurs des petits marchés
achètent leurs légumes frais à des paysannes, intermédiaires indispensables appelées « Madame Sara »,
comme la plupart des agriculteurs leurs vendent leurs
récoltes. Les « Madame Sara » jouent ainsi un rôle essentiel dans l'économie informelle haïtienne. Bien que
le nombre précis de femmes opérant comme « Madame
Sara » est inconnu, il est estimé qu'environ 700.000
petites exploitations agricoles dépendent de ces relais
féminins.
Marché Mariani sur la RN#2, Gressier
le marché de Grand Goâve
produits vivries dans un marché des mornes
des revendeuses un jour de marché sur la route Seguin
Marché dans le lit de la rivière à Vialet, Petit Goâve
75
4.
La relation de
Port-au-Prince
et de la
Région des Palmes
76
4.1 - URBANISATION ET VULNÉRABILITÉ
ENVIRONNEMENTALE :
QUELLE GESTION COMMUNE ?
La Région des Palmes et Port-au-Prince partagent un même littoral et l’horizon commun du Golfe de la Gônave. Ils
partagent également un même versant montagneux et sont traversés par la ligne de faille sismique. Ils ont donc à
faire face aux mêmes problématiques environnementales : risques sismiques, vulnérabilité des versants montagneux,
pollution littorale… De plus l’ampleur de l’extension urbaine de Port-au-Prince amplifie la pression anthropique exercée
sur les milieux. Les problématiques d’accès et de distribution des ressources (eau et énergie) comme celle de gestion
des déchets (solides et liquides) se posent à une nouvelle échelle.
Quelles sont les conditions communes d’une plus grande résilience du territoire face aux
risques naturels ?
Quelles sont modalités de gestion concertée des ressources et des déchets ?
ZMPAP
Plaine Léogâne
Plaines Petit-Goâve
Mornes
Mornes
Mornes
Plaines Grand-Goâve
CMRP
Plaine
Mornes
Tâche urbaine
Rivières
Routes
schématisation des zones urbaines sur le territoire d'étude
77
L’ACCÈS À L’EAU :
QUANTITÉ ET QUALITÉ
La ressource en eau est abondante, cependant son
accès est limité et la qualité généralement mauvaise.
En fonction du lieu de vie, l’accès à l’eau est très
inégal. L’expansion urbaine augmente la pression sur la
ressource.
Le climat et le rythme saisonnier des pluies entrainent
des précipitations tantôt trop faibles, tantôt trop
importantes. Haut dans les mornes, les précipitations
sont importantes mais les réserves rares ou inexistantes:
le prélèvement se fait à partir des précipitations. Plus
bas, des points d’eau localisés (sources, puits), bien que
rares, permettent un accès à la ressource. Des nappes
phréatiques existent dans les mornes et dans les régions
côtières, mais l’accès en est difficile : dans le milieu rural
il dépend généralement de pompes à bras, souvent
endommagées. Dans les régions urbaines, les systèmes
en réseau ne fonctionnent pas correctement, que ce soit
en volume (pression insuffisante pour desservir les «
extrémités » du réseau) ou en qualité.
L’érosion des sols contribue à la détérioration de la
qualité de l’eau en générale, et la déforestation limite la
pénétration de l’eau de pluie et contribue donc au recul
de la nappe. Dans les régions proches du littoral, la nappe
remonte par capillarité et provoque une salinisation des
sols. La pollution des cours d’eau, du fait de l’absence de
gestion des eaux usées et des déchets est également en
cause. L’eau du réseau publique n’est donc généralement
pas potable, et l’eau propre à la consommation provient
de camion-citerne, de bouteilles et sachets plastiques et
de stations indépendantes de filtrage (osmose inversée).
DANS LA RÉGION DES PALMES
Dans les centres urbains, l'approvisionnement en eau
est assuré par la DINEPA (la Direction nationale de l'eau
potable et de l'assainissement, tcréée en 2011, est une
institution dépendante du MTPTC). La ressource est
extraite des cours d'eau et des nappes phréatiques.
Les zones d'extension urbaines (quartiers informels)
n'ont pas accès à ce service. L'accès à l'eau se fait donc en
marchant vers des points d'eau. Des ONG y ont élaboré
des programmes de construction de puits tirant dans les
nappes phréatiques.
Dans les mornes, l'eau de pluie, les cours d'eau et les
sources assurent ce besoin élémentaire. Les points d'eau
peuvent être éloignés à plusieurs heures de marche, et
ce sont les femmes et les enfants qui sont chargés d’aller
hercher l’eau. Les habitants s'organisent en comités
pour l'approvisionnement et la distribution, notamment
78
une voie d'eau bouchée par le fatras
lorsqu'il y a un puits.
Plusieurs projets pilotes de construction de citernes dans
les hauteurs des mornes sont en cours.
L'ASSAINISSEMENT
L’assainissement est un problème grave et récurrent
dans l’ensemble du pays, et un service aujourd’hui
encore presque inexistant, malgré la grave épidémie
de choléra post-séisme. Les eaux noires et grises sont
rejetées directement dans le sol ou dans les cours
d’eau, et lorsqu’il existe des canalisations, celles-ci sont
souvent bouchées par les déchets solides (voir chapitre
suivant). Deux sites à Port-au-Prince sont destinés à la
collecte et au traitement des eaux à grandes échelles.
L’un, situé à Morne-à-Cabris, a été inauguré en 2011 et
souffre de difficultés de fonctionnement (absence de
financements). L’autre, inauguré en 2012 à Ti Tanyen,
dans la commune de Croix-des-Bouquets, n’a fonctionné
qu’un an avant d’être mis à l’arrêt pour travaux. Par
ailleurs, les entreprises d’évacuation ne sont pas
toujours disposées à payer les taxes de remises… Cela a
des conséquences immédiates sur la qualité de l’eau et
l’environnement.
DANS LA REGION DES PALMES
Dans les zones urbaines, il n'y a pas de système
d'assainissement collectif. Les eaux usées sont parfois
traitées par fosses septiques. Des entreprises privées
(les « bayakou »), formelles et informelles, assurent leur
évacuation.
Dans les zones rurales, l'assainissement est
principalement assuré de manière individuelle, dans des
fosses sèches, qui une fois comblées, sont recouvertes
de végétation.
La CMRP a bénéficié d’un partenariat – expiré depuis
lors – avec l'ONG néerlandaise VNG international,
offrant un appui technique et financier pour les quatre
communes afin de rétablir les services municipaux dans
les domaines de l'eau, de la gestion des déchets et de
l'assainissement.
Along RN2, a landfill site in Lamentin, Carrefour situated right
on the coastline.
LA GESTION DES DÉCHETS,
"LE FATRAS"
Le ramassage et la collecte des déchets est une
responsabilité des communes, même si Port-au-Prince
dispose également d’une entité du MTPTC, le Service
Métropolitain de Collecte des Résidus Solides (SMCRS).
Le SMCRS gère les déchets de la zone métropolitaine
de Port-au-Prince. Elle dispose d’un budget limité. Les
déchets collectés (environ 30% du volume de déchets
produit), sont transportés dans des stations de transfère
ou dans la décharge de Truitier, dans la commune de Cité
Soleil. Les infrastructures de stockage sont insuffisantes.
La “station de transfert” du Lamentin, à Carrefour, est
fréquemment en surcharge et les déchets sont brûlés
pour libérer l’espace. Les fluides s’écoulent directement
vers la mer toute proche, et la pollution qui s’en dégage
nuit à l’écosystème de la mangrove qui se détériore ou
disparait.
Les déchets qui ne sont pas déposés dans ce site sont en
général collectés par des entreprises privées financées
par les riverains et des ONG. Les déchets collectés sont
généralement jetés dans des décharges à ciel ouvert
et en partie recyclés, incinérés dans des installations
non appropriées ou brûlés. Une partie importante du
ramassage est également assuré par des camions issus
d'entreprises informelles ramassent de temps en temps
ces déchets pour les déplacer ou les déposer dans
les rivières ou des endroits inappropriés et cela s’en
s’occuper du traitement de ces déchets.
Habitudes de Traitement des Déchets à Petit-Goâve. DATIP
Au niveau du recyclage (plastiques, métaux ferreux et
Composition des Déchets Solides (Quantité). DATIP
79
non-ferreux, cartons et papiers), la rentabilité du secteur
permet aujourd’hui à 4 grandes structures privées
(Haïti Recycling, Environnemental Cleaning Solutions
ECCSA, Sustainable Recycling Solutions (SRS), Recycling
et Tropical Recycling), de se partager un marché en
croissance. Elles s’appuient entre autres sur un important
réseau informel de collecteurs.
DANS LA
REGION
DES disponibles
PALMES
ii. Sites
de décharges
un diagnostic de la situation et préparé un système
de traitement des déchets incluant des stations de
collecte et de transfert dans chaque commune, ainsi
qu’un système de collecte autofinancé. Néanmoins, ce
système de collecte publique n'est conçu que pour les
centres urbains et n'intègre pas les zones d'extension
ni les zones rurales. Il faut noter toutefois que pour ces
dernières, la majorité des déchets sont organiques.
UN PROJET INTERCOMMUNAL : LE SITE
L’équipe de cette étude a cartographié les points de concertations et d’accumulation des déchets,
La valorisation des déchets solides est une activité
D'ENFOUISSEMENT À FAUCHÉ
autrement les dépôts des déchets, dans le centre ville de Grand-Goâve. Ils s’agissent des compactes ou
complètement
informelle dans les Palmes, qu’il
des répandus de petite à grande taille selon la position géographique dans la ville (circulations des
s’agisse
de
la
récupération
de certains déchets (pièces
Actuellement, chaque commune possède son propre
véhicules, passages des gens etc).
métalliques, bouteilles plastiques, verre) ou de la collecte
site de décharge informelle, donc "non approprié",
des déchets ménagers.
la mutualisation de services n'a pas abouti et la
collecte n'est toujours pas opérationnelle. Les déchets
La CMRP, avec l’aide de VNG International, a réalisé
s'accumulent dans des points de décharge sauvages.
L'ONG VNG, qui a lancé ce projet au sein de la CMRP, est
repartie en décembre 2014, interrompant son soutien
financier et technique. Trois plateforme-terrasses pour
une décharge contrôlée ont été aménagées, mais la
membrane géotextile prévue pour protéger la nappe
phréatique n’a pas été installée – le site est pour l’instant
à l’abandon. Il s’agissait de l’unique seul projet de gestion
intercommunale dans la région en matière de gestion de
déchets.
À plus petite échelle, l’ONG WASTE offre des conseils aux
communes concernant la gestion de fatras au centreville et la revalorisation des espaces publics urbains tel
que le marché, les rues et les places.
Dépôts de déchets au centre-ville de GGoâve
GESTION DES DECHETS: MISE EN PLACE DE
LAdu site, à
DECHARGE
Localisation
5 Km à l'Est de Grand-Goäve
Dans le cas spécial des marchés communaux, à la proximité de chaque marché, il y a un site de décharge
sauvage. Les dimensions de ces sites varient selon la taille du marché. Le marché Communal a
plusieures décharges d’une édifice totale de 977m2, le marché de Beaudin a une décharge de 80m2 et le
marché de Meyer a une petite décharge de 6.7m2. Les photos suivantes présentent ces sites.
80
32
Déchets prêt du marché
Plan technique du site d'enfouissement à trois terrasses
4.2 - D'UN DÉVELOPPEMENT URBAIN SUBI À UN
DÉVELOPPEMENT MAÎTRISÉ :
QUELLE STRUCTURES ET FORMES URBAINES ?
L’extension de Port-au-Prince fait peser un risque d’absorption progressive de la plaine littorale dans le continuum
urbain… selon le modèle habituel d’extension en doigt de gant qui touche les grandes agglomérations : aujourd’hui
Gressier, demain Léogâne, et après demain…?
Est-il souhaitable que la Région des Palmes devienne une sorte de banlieue de PAP ?
Y a-t-il une alternative pour organiser la croissance spatiale de PAP ?
Est-il possible d‘imaginer une forme de développement urbain plus dense, plus équilibré
et organisée à partir de la structure urbaine ancienne ?
L’extension de Port-au-Prince se traduit également dans les formes urbaines et formes architecturales : informalité
des quartiers et formes d’habitat exagérément médiocres avec un usage intempestif de matériaux industriels.
La reconstruction post-séisme - contrainte par l’extrême urgence - n’a pas donné lieu à un renouveau de la qualité
architecturale. Au contraire, la reconstruction s’est traduite par l’emploi de matériaux également industriels dans des
formes architecturales standardisées. Pour autant les savoir-faire architecturaux sont là (acier, vannerie, bois…) et
représentent une ressource inestimable pour promouvoir une architecture de qualité intégrée dans une politique
globale de développement endogène associant métiers et ressources locaux.
Quelle architecture pour les développements urbains futurs ?
L'expansion urbaine de la ZMPAP, de 1982 jusqu'à présent. Source: CIAT
81
LE CADRE LÉGAL ET FONCIER
PARTIE A REPRENDRE
Référence : Salagnac, Paysans système et crise – travaux
sur l’agraire haïtien (L’Harmattan,1993).
trame urbaine en damier dans le centre-ville de Petit Goâve
Sur le territoire des communes de la CMRP, la DATIP a
entrepris un recensement des propriétés bâties (et non
des parcelles) dans le but de dynamiser "la Contribution
Foncière de la Propriété Bâtie" (impôt communal).
MARIANI
CARREFOUR
À PAP
Rivière
Frorse
À Gressier
RN2
Marché Mariani
Plages
Déchets
Station transfère
Routes des Rails
étalement urbain de PAP vers Gressier formant un continuum urbain englobant Carrefour (PAP) et Mariani (Gressier)
82
LES FORMES DE
L'ÉTALEMENT URBAIN
La croissance démographique, l'exode rural lié au bassin
d'emploi et aux ressources et services disponibles de
la capitale entraine une augmentation croissante de
terrains à bâtir. Tous ces développements ne suivent
aucune planification urbaine, mais plutôt une logique
agglomérante, motivée par la survie pour les uns,
la spéculation pour les autres. Cette urbanisation
chaotique s'applique autant sur des quartiers défavorisés
qu'aisés. Autant dire que la demande de services publics
augmente, non seulement en eau, électricité et routes,
mais également en éducation et santé, services dont
ces extensions sont grandement dépourvues. Les ONG y
effectuent un travail d'accompagnement.
extension urbaine s'étageant dans les mornes, Port-au-Prince
PORT-AU -PRINCE
Une progression en tâche d’huile sur les basses mornes.
LE LONG DU LITTORAL
A Gressier, une prolifération d’établissements
touristiques et de grandes propriétés empiétant sur le
domaine public (les plages)
A noter également la construction planifiée de petits
villages de pêcheurs, financés par diverses ONG.
Gressier, le long de la RN2, construction dans les mornes
GRAND SALINE
À PAP
À Gressier
Quatier spontané Grande Saline, Gressier
83
LE LONG DE LA RN2
UN
RURAL
Une HABITAT
urbanisation linéaire
le DISPERSE
long de cet axe vital,
DES POINTS DE RASSEMBLEMENT
(très petites parcelles paysannes), qui, du fait du partage
AUTOUR
NOYAUX
URBAINS.
égalitaire,DES
n’ont
pas cessé
de se morceler au fil des
Extensions
des avilles,
des pôles
d’activités.
générations.autour
L’habitat
suivi le
morcellement
du foncier
créant des nuages de points habités répondant à des
logiques
: sites
exondés, proximité d’un point
DANS
LESsimples
SECTIONS
RURALES
d’approvisionnement
en
eau,d’habitat
etc.
Mitage à partir des noyaux
ancien et autour
Avec le temps et la croissance démographique, des pôles
d’activités sont nés dans les sections communales (poste
militaire, église ou chapelle, route, moulin, marché, école,
etc.), donnant naissance à des zones de concentration
de population que l’IHSI a appelé des « localités » et
qui ne sont pas prises en compte par l’administration
territoriale.
entrainant saturation de l'espace public, encombrement
et
routière.
Leinsécurité
monde rural
haïtien est dominé par le minifundium
des pôles d’activité.
C’est dans cette campagne marquée le plus souvent par des
haies de délimitation des parcelles et un embocagement
L'étalement
discontinu
met
péril la continuité
autour des maisons
que se
faiten
la production
agricole. du
territoire à tous les niveaux : problèmes d'accessibilité,
quartiers sans services de base, zones agricoles
morcelées etc. Par ailleurs, la désaffectation progressive
des surfaces agricoles engendrée par cette substitution
d'usage entraîne en même temps la perte d'emplois.
De même, partout où l'étalement invasif se produit, les
écosystèmes se dégradent.
C’est le premier niveau des échanges et des transformations
agricoles.
Constructions informelles dans la zone de Chatuley, Léogâne
À Léogâne, le taux moyen annuel de progression des
constructions de toute sorte sur la plaine, enregistré au cours
habitat dispersé dans le territoire, sans connections Source:
de six dernières années, est sensiblement équivalent à celui
Demain,
CIATB OUCLE
estimé
pour les
quarante-six années antérieures.
26
CIAT -Haiti
HAÏTI
DEMAIN CENTRE
ARTIB ONITE
84
développement informel le long de la RN2 à Gressier.
qui commence à s'étendre au sud de la route.
excroissance informelle de PAP au bord du littoral de Gressier,
au nord de la RN2
quartier informel consolidé au sud de la RN2 qui s'organise
perpendiculairement à la RN2
privatisation du littoral avec plages et propriétés privées.
Gressier près de PAP, lorsque la RN2 frôle la mer
étalement d'un quartier informel vers les mornes au Sud. qui
"s'organise" selon les courbes de niveau. Accèssibilité limitée.
développement touristque sur le littoral de Gressier,
à Valou et Guilou Beach.
développement dispersé le long d'une rue perpendiculaires à
la RN2
village de pêcheurs, Grand Goâve
85
LE LITTORAL
LES PLAGES DE LA REGION LES PALMES
AUTOUR DE GRESSIER
Le littoral de la baie de Port-Au-Prince se trouve à proximité de la RN2. Autrefois, on pouvait se voir se succéder
plages ouvertes avec petits établissements, mangroves
luxuriantes et activités de pêche traditionnelle. Aujourd'hui, la vue est bouchée par l'addition anarchique
de plages privées, d'hôtels, de constructions informelles,
onéreuses ou dispendieuses, côte à côte. Les mangroves, lieu de reproduction des poissons sont grignotées par les plages privées, fragilisant d'autant la pratique de la pêche. L'accès aux quelques plages publiques
devient de plus en plus limité et confidentiel. Paradoxalement, les seules grandes vues dégagées que l'usager
perçoit de la baie se trouvent en longeant les emprises
pétrochimiques du Grand Thor ainsi que la Terminal des
Ciments du Sud à Thor-le-volant, dont la présence est
peu compatible avec les activités citées plus haut.
Les bandes de sable et de galets sont la principale activité touristique dans la région Palmes , comprenant hôtels,
bars et restaurants. Le tourisme de plage a été identifié
précédemment, des piliers clés de la région des Palmes.
Ça Ira Beach, l'Ilette Flamboyante, Cocoyer Beach, Bananier Beach, et Ti Sable Blanc sont des lieux reconnus et
préservés. Si aucune action n'est menée, les mécanismes
proliférants qui s'opèrent à Gressier ne tarderont pas à
s'étendre sur tout le littoral ; quelques effets en sont
déjà ressentis à Grand Goâve : privatisation des plages
par des résidences privées et le non-respect des "100
pas du roi".
La commune de Gressier possède la plus longue portion
de littoral à proximité de la capitale; son économie est
basée sur le tourisme récréatif qui est amené à se développer. Toutefois, en raison de sa proximité avec le centre
métropolitain, il est également confronté aux effets les
plus immédiats de l'étalement urbain, des dégâts causés
par l'invasion humaine et la vulnérabilité environnementale de la région de Palmes.
Plages Gresier
POLLUTION
LITTORALE
ECOSYSTÈMES EN PÉRIL
Plages de PG
ZMPAP
PRESSION URBAINE
Carrefour
Plages de GG
INONDATIONS
Gressier
Léogâne
Petit-Goâve
Grand-Goâve
Morne Tapion
CMRP
Plaine
Mornes
Tâche urbaine
Rivières
Routes
schématisation des enjeux du littoral le long du territoire d'études
86
Guilou Beach, Gressier. Littoral de plages et loisir pour les
habitants de la Région et notamment PAP.
empiètement du bord de mer par une propriété privée
village de pêche Petit-Goâve
falaise en bord de mer de la commune de Petit-Goâve
Plage à Léogâne, Centre de peche Four a Chaud
plage à Grand-Goâve
nouvelles constructions au bord de mer de Petit-Goâve
plage Bananier dans la commune de Grand-Goâve.
Accès par bateau ou à pied.
87
ARCHITECTURE VERNACULAIRE ET MODERNE
LE LAKOU – UNE
TYPOLOGIE TRADITIONNELLE HAITIENNE
En créole haïtien, le lakou désigne l'espace commun
à plusieurs maisons voisines dans lesquelles résident
les membres d'une même famille autour de celle du
patriarche. Le nom lakou vient de «la cour». C'est un
espace utilisé par tous, dans lequel se trouvent les lieux
de la vie quotidienne tels que la cuisine, la latrine, le
tombeau des ancêtres ou encore le temple dédié au loa
(esprit vaudou) de la famille.
Le Lakou est un ensemble traditionnel d'origine rural,
mais sa typologie a évolué dans le temps et s'est
insérée jusque dans les zones semi-rurales. Chaque
maison est dotée d'une « galerie ». A l'étage, il y a un
modeste « galeta » auquel on accède de l'extérieur,
ménagé sous les combles. On y conserve les vivres
récoltés tout au long de l'année, ainsi que certaines
céréales, après les avoir fait sécher au soleil sur le
«glacis», surface plane au centre du « lakou».
métamorphoses de l'habitat rural vers un habitat semi urbain de densité élévée. Source: LI'nCS
LA MAISON EN BOIS
Les maisons sont constituées d'une structure poteauxpoutres en bois local (bwa plé, bwa kapab, campèche,
bayahonde, etc.). Le remplissage des murs est en
clissage de palmiste ou en petite maçonnerie, enduits
et mortiers mélangeant terre et chaux. La toiture était
traditionnellement en paille de vétiver ou en palmes
de cocotier. Au cours de la deuxième moitié du XXe
siècle, le ciment et la feuille de tôle s'y sont substituées.
Les techniques de construction sont adaptées aux
aléas climatiques tels qu'un séisme ou un cyclone.
C'est pourquoi les structures bois parasismiques sont
conçues avec des assemblages articulés en bois.
maison en bois résistant aux secousses sismiques
88
habitat vernaculaire en mileu urbain (Grand Goâve)
habitat vernaculaire en mileu urbain (Grand Goâve)
UNE ASPIRATION À LA MODERNITÉ QUI
DÉVALORISE L'HABITAT TRADITIONNEL
Progressivement, les constructions dites «modernes»
en bloc de béton ont remplacé les constructions
traditionnelles en bois. Dans l'imaginaire collectif,
l'habitat traditionnel véhicule une image peu
valorisante, associée à la pauvreté. En outre, à cause
de la déforestation, le bois local se fait rare (donc cher)
et a besoin d'être importé (donc également cher).
L'architecture de béton se généralise donc à proximité
et dans les centres urbains ainsi que dans les basses
mornes. Certaines écoles réalisées par des ONG dans les
hautes mornes sont également construites en béton.
maison en béton enduite, région des Palmes
Les parpaings de béton est un des matériaux les plus
courants. Il offre certains avantages : moins d'entretien
tout offrant une protection efficace contre les cyclones.
En revanche, la pauvreté et la rigidité des matériaux et
de leur mise en œuvre n'a pas résisté face au séisme,
notamment dans les quartiers défavorisés... sans oublier
sa piètre qualité de confort (surchauffe…). La construction
de maisons vernaculaires fait appel à plusieurs métiers
d'artisanat (charpentier, maçon, menuisier, forgeron),
métiers qui sont de moins en moins valorisés et dont les
savoirs-faires risquent de se perdre..
LE RELOGEMENT APRÈS LE SÉISME
Les modèles de logements proposés par les ONG pour
reloger les victimes du séisme ont paradoxalement
accéléré cette transformation architecturale. L'exigence
parasismique d'urgence à été mise en priorité et les abris
proposés ne contenaient pas d'éléments propres aux
typologies traditionnelles. Les modèles proposés furent
les E-shelter ("Emergency Shelters" : d’une durée de
quelques semaines) et les T-shelter (Transitional Shelter
: d'une durée de 3 ans environ). Comme souvent lorsque
des pays sont touchés par des catastrophes naturelles et
que de tels types d’habtat sont construits dans l’urgence,
ils deviennent vite habitat permanent. Cinq ans après le
séisme, de nombreux bénéficiaires n'ont toujours pas
trouvé de solution de relogement plus pérenne, et ils
habitent dans ces « boites » en contreplaqué.
construction en parpaings, zone d'extension, Léogâne
une grosse construction le long de la RN2
T-shelter
89
LES CAMPS DE DEPLACÉS APRÈS LA CATASTROPHE
La Région des Palmes à accueilli en 2010 une grande
partie de ces camps. A Léogâne, 83 sites ont été
identifiés, comptabilisant quelque 51 095 individus, soit
9 679 familles. À Ti-Goâve, 367 sites, et 98 989 déplacés.
Les jours suivant le séisme, une immense quantité de
personnes se sont massées dans des sites d'accueil
temporaires. Des déplacements similaires, mais moins
nombreux, ont été mis en place lors de catastrophes
naturelles telles que la tempête tropicale Isaac en 2012.
« 5 ans après, 21.000 familles, 80.000 personnes, vivent
toujours dans des camps en Haïti »
Organisation Internationale pour les Migrations (2015)
Tentes du Camp Carter Work Project, Habitat pour l'Humanité,
février 2011. Léogâne, communauté Santo.
RELOCALISATION
En 2012, la grande majorité des déplacés ont été
relocalisés dans des abris de transition (type T-shelters),
dans des nouvelles constructions, ou encore ont reçu
une aide financière.
Toutefois, en 2015, il existe encore quelques camps
de tentes, d'abris mixtes et d'abris provisoires dans la
région (Haïti Libre 10/01/2015).
Habitat pour l'Humanité, Carter Work Project, février 2012.
155 familles sont relocalisées dans des maisons en béton et
bois. Léogâne, communauté Santo.
Depuis la catastrophe, plusieurs organisations avaient
pour mission d'assurer un logement aux affectés. Leurs
actions se sont concentrées sur la reconstruction de
maisons en ruine (p.e. CARITAS Suisse, dans les basmornes de Gressier) ou la construction de nouveaux
logements (Lutherian Church à Léogâne et ITECA à
Gressier), entre autres.
ENJEUX SUR L'AMÉNAGEMENT
le choix des sites de relocalisation est souvent remis en
question à posteriori. La nécessité d'assurer un logement
digne dans l'urgence, sans stratégie territoriale à long
terme soulève actuellement des nouveaux défis pour
l'aménagement du territoire. Par exemple, la présence
de camps à Léogâne a contribué à l'urbanisation non
contrôlée de zones telles que Chatuley ou de Darbonne.
le "Village Modèle" de Gressier,
Fédération Luthérienne Mondiale (FLM). Photo juillet 2015.
DTM- Août 2012
1,555
De plus, les sites de déplacés encore actifs font l'objet
d'un processus de sédimentation urbaine; ils se
consolident progressivement sur le territoire, alors qu'ils
auraient dû être évacués. L'insécurité foncière se vérifie
une fois de plus: le bail de ces camps arrive à la fin de
leur terme 5 ans plus tard, et les résidents sont en train
de construire sur un terrain qui ne leur appartient pas;
nombre d'entre eux sont sous la menace d'une éviction.
Par ailleurs, ces zones n'ont pas accès aux services. telles
que l'électricité, l'eau, etc....
Déplacés
Ménages
1,199
Camps
1,061
1,536,447
894
758
602
575
541
1,068,882
680,494
361,517
JUL'10
245,586
SEP'10
NOV'10
594,811
171,307
JAN '11
MAR '11
149,317
MAY '11
JUL '11
SEP'11
519,164
420,513
127,658
105,270
NOV'11
FEB'12
APR'12
390276
369353
97,913
93748
JUN'12
AOU'12
E-shelter & Camp Coordination Camp Management Cluster
(CCM Cluster). DTM = Matrice de Suivi de Déplacements, Région des Palmes 2012 (+Jacmel).
90
4.3 - DE LA MOBILITÉ DE TRANSIT À L'ACCESSIBILITÉ
INTERNE DE LA RÉGION DES PALMES :
QUEL STATUT POUR LA RN2 ?
Le territoire de la région des Palmes est structuré autour de la RN2. Celle-ci assure une double fonction de transit interrégions et de desserte locale. Au fur et à mesure que l’urbanisation se développe, le rôle de desserte locale augmente
mais la fonction de transit national ne diminue pas pour autant. De nombreuses activités informelles (commerce, services à la personne, réparation de véhicules…) se développent sur les parcelles bordant la voie afin d’être au plus près
de clients potentiels. L’intensification de ces activités dynamiques et stationnaires provoque tensions, concurrences et
conflits d’usage de l’espace.
Quel sera le statut de cette route demain ?
Peut-on concilier fonction de transit et fonction de desserte ou faut-il privilégier l’une au
détriment de l’autre ?
Quels sont les usages possibles de la voie comme espace public ?
Comment l’aménager pour mieux répondre à ces différentes fonctions ?
STRUCTURE AGRICOLE
ORIGINELLE
Routes secondaires
dans la plaine
ZMPAP
RN2
Routes secondaires
développement informel
STRUCTURE SELON
TOPOGRAPHIE
ACCÈS DIFFICILE
RN2
vers Miragoane
Routes secondaires
dans les mornes
STRUCTURE CAPILLAIRE
RN4
vers Jacmel
CMRP
Plaine
Mornes
Tâche urbaine
Rivières
Routes
schématisation des structures viaires du territoire d'études
91
à Gressier, les façades des constructions sont adressées
directement sur la route.
à Gressier, nouvelles constructions au bord de la RN2
à hauteur de la ville de Léogâne: un environnement rural /
périurbain. À gauche, la plaine.
marché sur la RN2 où les revendeurs sont à la recherche
d'espaces à proximité des clients piétons et automobilistes
station essence et petits commerces tout au long de la RN2
sont des pôles d'activités humaines
route entourée de végetation luxuriante et de plantations
à Grand-Goâve.
sur la commune de Pêtit-Goâve, zone de la morne Tapion,
vers la ville de Petit-Goâve
sur la plaine de Léogâne
92
LES INFRASTRUCTURES
LA ROUTE NATIONALE 2
LA ROUTE DES RAILS
Huit routes nationales parcourent le territoire haïtien.
Communément appelée «Boulevard Jean-Jacques
Dessalines" à Port-au-Prince et "Route du Sud" en
dehors de la région de la capitale, la RN2, part du centre
de Port-au-Prince et se dirige vers le Sud en direction des
Cayes. Son "extension" se poursuit vers le sud-ouest près
de la mer au sud de Port-Salut. A l'entrée Sud de PortAu-Prince, se trouve la gare routière principale: "Portail
Léogâne". Vivante et très encombrée, elle souffre de
dysfonctionnement du fait de son succès. La RN2 est la
seule route qui traverse et relie les quatre communes
de la CMRP et les autres communes de la région du
Sud. Celle-ci assure donc une double fonction de transit
interrégionale et de desserte locale supportant un trafic
intense.
A Carrefour, la RN2 donne naissance à une route qui
mène également vers Port-au-Prince et rejoint de
nouveau la RN2 plus loin. Elle est dénommée la route
des Rails. Cette route longe le littoral et permet un
désengorgement et un accès plus rapide. Elle s'est
construite sur une ancienne voie de chemin de fer qui
reliait Léogâne à Port-au-Prince et était destinée au
transport de la canne-à-sucre. Le service était assuré
par une compagnie haïtienne, puis américaine. La ligne
de chemin de fer a fonctionné de 1878 jusqu'à la fin de
l'occupation américaine. La route des rails a ensuite été
utilisée pour la circulation des véhicules, et récemment
remise en état (réinaugurée en 2013).
De nombreuses activités informelles (commerce,
services à la personne, réparation de véhicules et autres)
se développent sur les parcelles bordant la voie afin
d’être au plus près des clients potentiels. L’intensification
des activités dynamiques (déplacements de différentes
sortes) et stationnaires (activités marchandes diverses
également) provoque tensions, concurrences et conflits
d’usage de l’espace. Lors des contestations populaires,
la RN2 est régulièrement bloquée par des pneus en
combustion (p.e, Petit Goâve).
Au fur et à mesure que l'on s'approche de la capitale, la
RN2 est le vecteur de relations de plus en plus intenses
et l’espace se mêle à ses activités vitales :
A noter qu'un projet d'échangeur est prévu du côté de
Port-au-Prince.
le réseau de chemin de fer haïtien. Source: Allen Morrisson
Les mouvements pendulaires s'effectuent surtout entre
Port-au-Prince et Gressier. On note que certains écoliers
empruntent la route dès l'aube.
•
Au-délà de Gressier, le trafic diminue et la route
revêt un aspect plus rural.
le réseau de chemin de fer haïtien. Source: Allen Morrisson
93
DANS LES CENTRES URBAINS
De manière générale, les routes sont aménagées.
On observe plusieurs types de revêtements, qui
correspondent à une hiérarchie viaire:
- Les artères principales sont souvent recouvertes de
pavés (en "adoquin").
- Les autres artères sont revêtutes en asphalte.
- Toutes les autres voies de desserte locale sont
recouvertes de terre battue.
DANS LES ZONES RURALES
Les routes et chemins sont essentiellement en terre
battue. Dans les mornes, les routes peuvent être
impraticables en raison des pentes élevées et de l'érosion.
Lors des pluies, les chemins peuvent se transformer en
torrents de pluie ou de boue. Les voyageurs se retrouvent
retardés ou piégés par ces conditions. Toutefois, l'on
trouve des sections de routes pavées ou bétonnées –
notamment sur les parties les plus escarpées tels qu'à
Andero où Vallue. Ces aménagements ont été réalisés
lorsque les habitants se sont constitués en associations
et ont ainsi celles-ci bénéficié de l'aide de la DATIP et/ou
des ONGs.
une artère pavée à Léogäne
section partiellement bétonnée partiel d'une route dans les
mornes. Andero, Petit-Goâve
en zone urbaine, une rue en terre battue, Grand Goâve
typologie des voies. Extrait du réseau routier. Source: DATIP
94
ouvrage pavé sur la route d'Andero, Peit-Goâve
LA MOBILITÉ DES PERSONNES
La marche (malgré l'inexistence des trottoirs) demeure le
mode de déplacement principal. Tous les autres modes
de déplacement existent et se côtoient : la mobilité
animale, la voiture individuelle, la motocyclette à usage
privé (ou en taxi), les transports collectifs privés. Voici
quelques « manières de se déplacer » en fonction de
motifs quotidiens.
VENDRE SES PRODUITS AU MARCHÉ.
Une "Madame Sara", une revendeuse de marché,
doit descendre des mornes en plaine pour vendre ses
produits. Elle se réveille à 2h du matin, elle marche 4
heures afin d'être à 6h au marché. Elle peut transporter
ses produits à l'aide d'un âne. Après sa vente, elle
remontera à nouveau en fin de matinée, avec cette
fois-ci d'autres produits que l'on ne trouve pas dans les
mornes. Souvent sous la pluie à cette heure-ci, la route
du retour est plus ardue, avec des passages boueux
surtout lors de la traversée des ravines
ALLER À L'ÉCOLE
Un jeune de Léogâne va à l'école à PAP. Pour ne pas
rater le début des cours, ll se réveille à 6h du matin pour
s'assurer qu'il arrive à temps à l'école. Ce trajet ne prend
pas plus de 1h-1h30 si la route est dégagée. Par contre,
selon l'heure et les embouteillages le trajet peut prendre
jusqu'à 3h.
À LA RECHERCHE D'EAU
Dans les mornes, les habitants vont marcher entre 600m,
1km, 2km ou encore 5km pour aller chercher de l'eau.
Selon la distance ils vont se déplacer à pied ou en âne.
EXEMPLES TYPES - POURQUOI ALLER DE:
Rappel des distances:
PAP - Gressier : 21,5 Km
PAP - GGoâve : 52 Km
PAP - Léogâne : 32 Km
PAP - PGoâve : 68 Km
PAP À LA RÉGION DES PALMES (et vice versa)
Raisons :
- Réalisation de démarches administratives nationales ;
- Loisirs (la plage, etc...)
- Vente et distribution de marchandises
-Et dans une moindre mesure, déplacements pendulaires
pour aller à l'école et encore moins des travailleurs (
sauf à partir de Gressier)
Moyen de transport :
- Voiture privée, tap-tap, pap padap, moto-taxi.
DES MORNES À LA PLAINE
Raisons :
- Vente de produits agricoles dans les marchés des villes
- Approvisionnement d'autres produits ;
- Accès à l'école secondaire (dans les basses mornes)
- Accès aux soins de santé (cliniques et hôpitaux)
- Démarches administratives.
Moyen de transport :
-Voiture privéé, moto, à pied et âne (transport de
marchandises).
DANS LES MORNES
(vers un pôle d'activités ou une localité)
Raisons :
- Accès à l'école primaire ;
- Recherche d'eau ;
- Vente de produits agricoles et autres dans les marchés
villageois ;
- Accès aux lieux de culte.
Moyen de transport :
-À pied, en âne (transport de marchandises) ou à moto.
en voiture en moindre mesure
la marche dans les mornes
DANS LA RÉGION (trajets intercommunaux)
Raisons :
- Recherche de travail ;
- Services (surtout par rapport à Petit-Goâve, où se
concentrent certains services de l'arrondissement).
Moyen de transport : tap-tap, moto-taxi ou voiture
privée
l'âne comme moyen de transport
95
LE TRANSPORT "COLLECTIF", UN SYSTÈME
INTERMODAL
ll n'y a pas de transport public en Haïti. Il est collectif ,
mais essentiellement privé.
En raison des différentes types de modes de transports,
de type et de qualité de voirie, il existe une certaine
forme d'intermodalité.
BUS DIGNITÉ
Bus scolaires blancs dans les zones urbaines
la gare de Bus à Léogâne
LES BUS SCOLAIRES JAUNES
Ils assurent des liens entre la Capitale et Léogâne et
d'autres villes d'importance mineure
PAP-PADAP (Mini-Van)
Utilisés pour couvrir de longs trajets entre la capitale et
des grandes villes telles que Jacmel, Miragoâne ou les
Cayes. Ils ne s'arrêtent pas à Léogâne. A PAP, on le prend
à la gare de Portail Léogâne
TAP-TAP
Ces camionnettes sont des taxis collectifs, souvent
bondés. Ils constituent le principal moyen de transport
du pays et dans la capitale. Il n'y a pas d'arrêts ou de
stations et on peu les prendre n'importe à quel moment
sur la route. Les trajets sont généralement courts.
source: : Ayiti news
MOTO-TAXI
Moyen de transport très répandu. Ce sont des
motocyclistes qui offrent le service de taxi, pour des
distances relativement courtes.
à l'arrière des tap-taps. Source: coutausse.com
les bus Pap Padap. Source IADB.com
96
tap-taps Source: beyondaid.com
LES PROJETS
Source: IBI-DAA
Dans les années 60, portail Léogâne était la porte de
l'agglomération et la limite entre ville et campagne.
Aujourd'hui, l'urbanisation a déjà englobé Portail
Léogâne, ce qui rend son accès plus difficile. Il apparait
donc logique de déplacer la gare existante vers un
nouveau site.
C’est le projet de la "Gare du Sud". Plusieurs sites sont
actuellement envisagés : l’un à Mariani et l’autre à
Gressier. Le projet de Mariani inclurait également un
marché en plein air qui centraliserait tous les revendeurs
le long de la RN2 et éventuellement du logement.
Portail Léogâne, autrefois. Source: Gallica BnF
la gare routière existante et prévue. Source: IBI-DAA
97
4.4 -
QUELLE CONTRIBUTION DES PALMES AU
DÉVELOPPEMENT DE LA MÉTROPOLE PORTOPRINCIENNE ?
LES PALMES, TERRITOIRE SERVANT OU
TERRITOIRE PARTENAIRE ?
La Région des Palmes est une région de périphérie métropolitaine et une région de passage entre zone agglomérée
et régions rurales. Cette situation géographique privilégiée et les atouts internes de la région suggèrent deux leviers
d’un développement économique possible pour la région, en complément de sa base agricole : l’agro-industrie et le
tourisme. Tout reste à faire et il semble aujourd’hui qua la région reçoive les impacts négatifs de la croissance métropolitaine plutôt que d’en bénéficier et d’y contribuer.
Comment organiser des relations équilibrées en Port au Prince et la Région des Palmes ?
Quels sont les leviers d’un développement économique intégré à la région métropolitaine?
Quels sont les leviers d’une attractivité du territoire pour que celui-ci devienne un lieu de
destination valorisé et désirable auprès des porto-princiens et plus largement des haïtiens
ou touristes étrangers ?
d'après un document d'Haïti demain, CIAT
98
LA RÉGION DES PALMES, ZONE
DE TRANSIT ENTRE LA REGION
SUD ET LA MÉTROPOLE
Au-delà des Palmes, la RN2 conduit aux villes de Jacmel,
Miragoâne et des Cayes. Chacune de ces villes est un
centre économique important en Haïti.
Les Cayes est le centre économique de la région du Sud.
La ville est entourée de riches terres agricoles et possède
plusieurs usines de transformation des produits agricole.
Les Cayes et sa région produisent de nombreuses denrées
acheminées vers la capitale. Inversement, de nombreux
produits manufacturés sont acheminés aux Cayes depuis
Port-au-Prince. En effet, si Les Cayes possédait autrefois
un port important, celui-ci a fermé dans les années 50 et
la ville est désormais dépendante du transport routier.
Miragoâne demeure une ville portuaire importante en
Haïti. Ses infrastructures ont récemment été modernisées
lui permettant de maintenir et développer son trafic avec
‘international. Les marchandises importées / exportées
transitent par la RN2 depuis ou vers Port-au-Prince ; le
développement de Miragoâne s’est fait au détriment de
celui de Petit-Goâve dont la situation en fond de baie est
contraignante.
Source: MCI; PNUD
La Région des Palmes est donc à l’échelle de la péninsule
Sud d’Haïti, une région de transit de marchandises
alimentaires (sucre de canne, produits de l’élevage,
produits frais…) ou de matériaux de construction
(ciment, fer…), voire manufacturés.
LES POTENTIELS DE
L’AGRO-INDUSTRIE
Du fait de sa situation entre Sud et Métropole, et de
la diversité de sa production agricole, la Région des
Palmes possède un potentiel de développement dans
le domaine de l’agro-industrie, potentiel sous exploité
à ce jour. Les méthodes encore très artisanales de
transformation de la canne à sucre et des autres produits
ont été développées plus haut (chapitre 3.2). Rappelons
cependant les spécialités de chacune des communes de
la Région des Palmes : à Gressier, la cerise ; à Léogâne,
la mangue Francisque et la canne à sucre ; à PetitGoave, le bétail… et sur l’ensemble de la région, l'igname
Guinen et jaune. Ces produits pourraient avoir un rôle
dans une industrie de transformation plus conséquente
(pâtisseries – pain râlé et Dous Makos – gelée corossol
ou abricot, confitures, sucre, huiles, etc.).
« Douces Makos » à Petit-Goâve
Entreprise de gravier et sable, Léogâne
99
LES POTENTIELS
TOURISTIQUES
La Région des Palmes fût longtemps un lieu de villégiature
apprécié par les Porto-princiens.
Gressier est toujours réputée pour ses plages comme
Grand et Petit Goâve.
La situation actuelle est un peu paradoxale: le
développement urbain a cependant affaibli la qualité
d’accueil touristique de la région (se reporter au
chapitre 4.2) pour Port-au-Prince ; mais la demande
est croissante car au tourisme porto-princiens s’ajoute
celui des nombreux expatriés travaillant dans la capitale.
De nombreuses plages privées, hôtels et résidences
secondaires se sont développées.
La bande de rara Tirailleurs © IPIMH 2008
Le potentiel touristique de la région ne réside cependant
pas que dans ses plages. Les patrimoines naturels,
historiques et culturels sont des atouts aujourd’hui peu
valorisés. Citons par exemple : grottes amérindiennes,
lieux de culte Vaudou (La Cour Rose en Fer), festivals (Rara
à Léogâne mais également le FestiVallue et le Carnaval
Dous Makos)… Ou encore : les possibilités offertes pour
de l’éco-tourisme par certains sites remarquables.
Les actions sot aujourd’hui très disparates et isolées et
ne permettent pas de répondre à la demande potentielle
en valorisant les trois piliers d’un développement
touristique offerts par la région : plage, patrimoine et
éco-tourisme.
Des bungalows de l'hôtel de Guilou Beach
Bananier Beach, Petit-Goâve
100
Sources
•
PARTIE 1 - HAÏTI
GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE DE LA NATION
• IHSI 2015 Population Totale, Population de 18 Ans et
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Plus, Ménages et Densités Estimés en 2015.
Smith, Matthew J. (2009). Red and Black in Haiti: Radicalism, Conflict, and Political Change, 1934-1957. Chapel
Hill, NC: The University of North Carolina Press.
Trouillot, M.-R. (1990) ‘The Odd and the Ordinary: Haiti,
the Caribbean and the World.’ Cimarron 2(3): 3-12.
Trouillot, M.-R. (1994) ‘Haiti’s Nightmare and the
Lessons of History.’ NACLA Report on the Americas,
XXVII(4):46-52.
Wikipedia
PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES
DE LA SOCIÉTÉ & DE L’ÉCONOMIE
• The Now Institute, Mayne Thom & Eui-Sung Yi 'Haïti
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Now', 2015
Données de Banque Mondiale
Données de la CIA
Alterpresse
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Gonomy, Dr Nyankona. 2011. Presentation de UEH. Problématique de la Gestion de L’eau en Haiti.<http://cooperation.epfl.ch/files/content/sites/cooperation/files/
shared/RESCIF/UEH_12.10.2011_Gonomy.pdf>
IHSI 2015 Population Totale, Population de 18 Ans et
Plus, Menages et Densites Estimes en 2015.
The Heritage Foundation. 2015. Haiti: Economic Freedom
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Wilentz, Amy. 2013. Farewell, Fred Voodoo : a letter from
Haïti, Ed. Simon & Schuster, 329p.
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media.mit.edu/en/profile/country/hti
Vannier, C. (2010) Audit Culture and Grassroots Participation in Rural Haitian Development. In: Polar: Vol. 33, No.
2: 282-305.
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Entrevue :
• Rose-May GUIGNARD, CIAT
LE SÉÏSME
• IHSI/DIAL. 2014. Impacts socio-économiques du Séisme
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•
•
riales Pour La Reconstruction.
CIAT. 2014. Le Droit de L’Aménagement du Territoire:
Analyse et perspectives.
CIAT. 2015. Réhabilitation de Quartiers: Guide du Professional - Les Etapes de la Planification Urbaine
Center for Sustainable Urban Development (CSUD).
2011. CSI Strategic Planning and University Partnership
Brief. Columbia University.
Government of Haiti. March 2010. The Action Plan for
Synthèse : Janvier 2014
CIA. 2015. World Factbook.
Haïti Now
Wikipedia
Rainhorn, Jean-Daniel, 2011, Haïti, Réinventer l'Avenir
PARTIE 2 - LA RÉGION DES PALMES
CARTE D’IDENTITÉ DES 4 COMMUNES
• Plan Urbanisme Sommaire, DATIP/CMRP
Entrevues :
• Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP.
• Emmanuel MAREUS, communication DATIP/CMRP.
• Différents professionnels/ postes politiques des quatre
mairies de la Région (si on a besoin de noms plus en
détail je peux les chercher).
GOUVERNANCE TERRITORIALE
• Plan Urbanisme Sommaire, DATIP/CMRP
• Reconstruction des services publics et capacités institu-
LES DÉFIS DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE
• CIAT. 2010. Haiti Demain: Objectifs et Stratégies Territo•
National Recovery and Development of Haiti: Immediate
key initiatives for the future.
Government of Haiti. March 2010. Haiti Earthquake
PDNA: Assessment of damage, losses, general and sectoral needs. Annex to the Action Plan for National Recovery
and Development of Haiti
MARNDR. 2010. Haiti National Agricultural Investment
Plan.
Stam, Talitha. 2012. From Gardens to Markets A Madam
Sara Perspective. Commissioned by CORDAID for the IS
ACADEMY Human Security in Fragile States.
Evel Fanfan, Les Enjeux de l'autonomie des Collectivités
Territoriales au regard de la Constitution de 29 Mars
1987.
Zone métropolitaine de Port-au-Prince. Esquisse de Plan
d’Urbanisme de l’agglomération urbaine de Port-auPrince. Avril 2013. République d’Haïti (MPCE) + PNUD +
IBI-DAA.
Étude d’aménagement de la zone côtière. Commune de
Carrefour. République d’Haïti. Février 2013. AECOM
•
•
tionnelles en Haïti : Région des Palmes / Département
de la Grande Anse. Capitalisation de l’action 2010-2014.
MEDINA, Felicia avec GAUTIER, Alice et TRÉHEL, Joseph.
Cités Unies France (CUF)
Étude de cas : Gouverner et Développer en intercommunalité. L’expérience de la Communauté des Municipalités de la Région des Palmes (CMRP), Haïti. Mai
2014. FLEURY, Cyrielle avec LAVOIE, Pascal (sur la bases
d’entretiens avec Daniel Portras) Fédération Canadienne
des Municipalités (FCM) et le Programme de coopération
municipale Haïti-Canada (PCM).
Axe Léogâne – Petit-Goâve, Esquisse de Schéma d’amé-
101
nagement de l’Arrondissement de Léogâne, février 2013.
République d’Haïti MPCE, PNUD et IBI-DAA. Plan en
processus de validation.
Entrevues :
• Martin BLACKBURN, PCM, Directeur
• Jacky BEAUBRUN, PCM Gestionnaire de Projet
• Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP, ING.
Agronome
• Elvis CINEUS, Gestion du Territoire DATIP/CMRP.
SOCIÉTÉ CIVILE ET ONGS
• site internet ITECA et visite sur place (sans entrevue) :
http://itecahaiti.org/
Entrevues :
• Coopérative d’Ebénisterie et menuiserie, Grand-Goâve.
• APV et Hôtel Villa Ban-Yen à Vallue, M Abner SEPTEMBRE.
• Konbit Pecheurs, Transporteurs à Léogâne (KPTL), M
Frantz ROGER (Ass. pêcheurs).
• Tet ansanm peche Gran-Gwav (TPGG) (Ass. pêcheurs).
• Entrevue M Bernard ÉTHEART, sur les irrigants de la
plaine goâvienne.
• Sur MAMEV, Emmanuel MAREUS.
• Edner JOSEPH. Chef de projet AAA
• Antony EYMA, Directeur de Concert-Action et Séide
DUCANGE, chef des secteurs agro et hydro.
• Associations de pêcheurs : Projets GIZ
PARTIE 3 - LA RELATION MORNES
ET PLAINE LITTORALE
LES
RESSOURCES
ENVIRONNEMENTALES:
D’UNE GESTION OPPORTUNISTE À UNE GESION
PARTAGÉE ?
• SAGE : Phase I, II, III et IV par chaque BV (4 BV en total) –
•
•
2014. VNG + DATIP/CMRP
Annexe 7 Menace inondation et dégâts ruissèlement,
AAA-HELP
Le Blog etheart.com/ : Entrevue avec Alain Thermil.
L’aménagement des bassins versants, 07/ 10/08
Entrevues :
• Similien FILISTIN, Gestionnaire de Bassins Versants
DATIP/CMRP
• Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP, ING.
Agronome
• Bernard ÉTHEART, sociologue rural et professeur émérite
à l’Université d’État d’Haïti
AGRICULTURE DES PLAINES ET DES MORNES :
DES TERROIRS COMPLÉMENTAIRES À SPÉCIALISER OU DIVERSIFIER ?
• ÉTHEART, Bernard : La Problématique Foncière en Haïti,
•
•
102
Les Éditions du CIDIHCA 2015
Le Blog etheart.com/ Entrevue avec l’Azosyasion Peyizan
Boukasen. Les conditions de relance de la production
agricole.
Programme National pour le Développement de la Pêche
•
•
Maritime en Haïti 2010-2014. Juillet 2010 (MARNDR).
Projet de développement de la petite irrigation et de
l’accès aux marchés dans les Nippes et la Région Goâvienne (PPI-3). Document de conception de projet. Août
2012. Fonds International de Développement Agricole
Programme de recherche-action et de plaidoyer autour
de la problématique de l’étalement urbain sur les terres
agricoles et sur les paysages naturels en Haïti. Le cas de
la Plaine de Léogâne et de la frange côtière Jacmel-Cayes
Jacmel. Groupe de recherches d’études environnementales et foncières (GREF). Novembre 2009.
Entrevue :
• Bernard ÉTHEART, sociologue rural et professeur émérite
à l’Université d’État d’Haïti
Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP, ing.-agronome
• Abner SEPTEMBRE, président et directeur général Hôtel
Ville Ban-Yen
• Associations de pêcheurs citées plus haut
• Usine Darbonne, M Martenot-Nels NARCIUS, ING. Agronome
• Paul J. JACSON, MARNOR, agronome
• Antony EYMA, Directeur de Concert-Action et Séide
DUCANGE, chef des secteurs agro et hydro
VILLAGES ET VILLES : QUELLE STRUCTURE URBAINE TERRITORIALE ?
• From Gardens to Markets – a Madam Sara perspective
(2012) by Talitha Stam
Entrevues :
• Josué AMOUSSE, chargé de Projets DATP/CMRP
• Emmanuel MAREUS, communications DATIP/CMRP
• Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP, ING.
Agronome
• Antony EYMA, Directeur de Concert-Action et Séide
DUCANGE, chef des secteurs agro et hydro.
• Hélène DANIEL, Caritas Suisse, architecte
Visites :
Lutheran Church à Gressier, Lutheran Workd Relief
(LWR)
Andero, mornes Petit-Goâve
PARTIE 4 - LA RELATION PORT-AU
PRINCE ET LA RÉGION
DES PALMES
URBANISATION ET VULNÉRABILITÉ : QUELLE
GESTION COMMUNE DES RISQUE S
• Josué AMOUSSE, chargé de Projets DATP/CMRP
• Alterpresse http://www.alterpresse.org/spip.
•
•
php?article17829#.VbQVWvntmko
URD http://www.urd.org/La-gestion-des-dechets-solideset#outil_sommaire_0
Site d’enfouissement de déchets de Fauché, juin 2014.
VNG + Waste + JBE Consulting
•
•
Études de Base, Système des Déchets Solides par chaque
commune. May-2011-May 2012
AAA. Annexe 7: Menace Inondation et Dégâts Ruissèlement. Rapport final d'évaluation technique des menaces
naturelles des communes de Jacmel, Petit Goâve et
Grand Goâve (Haïti). Agro Action Alimentaire/Welthungerhilfe.
Entrevues :
• Launay LOUIS, DATIP/CMRP gestion de déchets
• Francis ALPHONSE, Directeur Général DATIP/CMRP, ING.
Agronome
D’UN DÉVELOPPEMENT URBAIN SUBI À UN
DÉVELOPPEMENT MAÎTRISÉ : QUELLES STRUCTURES ET FORMES URBAINES ?
• Programme de recherche-action et de plaidoyer autour
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
de la problématique de l’étalement urbain sur les terres
agricoles et sur les paysages naturels en Haïti. Le cas de
la Plaine de Léogâne et de la frange côtière Jacmel-Cayes
Jacmel. Groupe de recherches d’études environnementales et foncières (GREF). Novembre 2009.
Groupe IBI/DAA. 2013. Axe Léogâne –Petit-Goâve.
Esquisse de Schéma d’Aménagement de l’Arrondissement de Léogâne: Appui aux autorités gouvernementales
et locales pour la planification et la gestion de travaux de
reconstruction ou de rénovation de 6 pôles de développement. Ministere de la Planification et de la Cooperation Externe. Programme des Nations Unies Pour Le
Developpement.
Plan Urbanisme Sommaire, DATIP/CMRP
Groupe IBI/DAA. 2013. Zone métropolitaine de Port-auPrince. Esquisse de Plan d’Urbanisme de l’Agglomération
Urbaine de Port-au-Prince: Appui aux autorités gouvernementales et locales pour la planification et la gestion
de travaux de reconstruction ou de rénovation de 6 pôles
de développement. Ministere de la Planification et de la
Cooperation Externe. Programme des Nations Unies Pour
Le Developpement.
Mintz, Sidney. (1961) “Pratik: Haitian personal economic
relationships,” Proceedings of the Annual Spring Meetings, American Ethnological Society: 54-63.
Stam, Talitha. 2012. From Gardens to Markets A Madam
Sara Perspective. Commissioned by CORDAID for the IS
ACADEMY Human Security in Fragile States.
USAID/Haiti. (2010) USAID Office Food for Peace - Haiti
Market Analysis
USAID/Haiti. (2006) Gender Assessment for USAID/Haiti
Country Strategy Statement.
Schwartz, Timothy (2012) Subsidizing Self Destruction:
Madam Sara vs. Komèsan. http://open.salon.com/blog/
timotuck/2012/02/19/subsidizing_self_destruction_madam_sara_vs_komsan_1 Accessed on 11/13/2012
Reconstruire en Haïti. L’habitat vernaculaire haïtien.
Habitabilité et culture constructive. Association Li’nCS
avec le Département d’Architecture de l’Université de
Quisqueya (PAP).
La reconstruction d’habitats en Haïti : Enjeux techniques,
habitabilité et patrimoine. Groupe URD. GARCIA, Carolyn
et TRABAUD, Vincent, sous la direction de BOYER, Bea-
trice. 2013-2014
Entrevues :
• Rose-May GUIGNARD, CIAT - Senior Urbaniste
• BERNARD ÉTHEART, sociologue rural et professeur émérite à l’Université d’État d’Haïti (question foncière)
• Hélène DANIEL, architecte, CARITAS Suisse
DE LA MOBILITÉ DE TRANSIT À L’ACCESSIBILITÉ
INTERNE DE LA RÉGION DES PALMES : QUEL
STATUT POUR LA RN2 ?
• Wikipédia
• Plan Urbanisme Sommaire, DATIP/CMRP
• La nouvelle Gare Routière à Mariani pour les destinations Sud du pays. Automne 2010. République d’Haïti
(MTPTC+MEF) + IBI-DAA
Entrevue :
• Yves GATTEREAU, ING. Agronome et voisin de Fauché,
Grand-Goâve.
• Patrice DUMONT, professeur et journaliste
QUELLE CONTRIBUTION DES PALMES AU DÉVELOPPEMENT DE LA MÉTROPOLE PAP ET VICE
VERSA ?
• MARNDR-MCI, PRIMA, CDE et Veterimed. 2007. Fiches
•
•
•
•
•
•
Techniques des Filières. Colloque National sur la problématiques des micro, petites et moyennes entreprises su
secteur Agro-industriel en Haïti. http://www.veterimed.
org.ht/colloque/Fiches_techniques_filieres_.pdf
MARNDR. 2010. Haiti National Agricultural Investment
Plan.
Ministère du Commerce et de l’industrie (MCI) and
Programme des Nations Unies pour le développement en
Haïti (PNUD Haïti). 2014. Produits Typiques : les potentialités écomiques d'Haïti.
Stam, Talitha. 2012. From Gardens to Markets A Madam
Sara Perspective. Commissioned by CORDAID for the IS
ACADEMY Human Security in Fragile States.
Ministère du Commerce et de l’industrie (MCI) and
Programme des Nations Unies pour le développement en
Haïti (PNUD Haïti). 2014. Produits Typiques : les potentialités écomiques d'Haïti.
Caves of Haiti. 2015. <http://cavesofhaiti.org/>
Haiti Ocean Project. <http://www.haitioceanproject.net/
home.htm>
Entrevues :
• Yves GATTEREAU, ING. Agronome et voisin de Fauché,
Grand-Goâve.
• Hervé MANAUD, Co-fondateur et propriétaire de Le
Village et Rustique Supérieur, Grand-Goâve.
• Abner SEPTEMBRE, président et directeur général Hôtel
Ville Ban-Yen
• Hugo ALLEN, propriétaire Hôtel Fort-Royal, Petit-Goâve.
•
Olga KOUKOUI, Chargé de Mission à l’AFD;
Visites :
• Sigmat produits de construction
103