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1
P
LAN D’AMÉNAGEMENT
DU NORD / NORD-EST
COULOIR CAP - OUANAMINTHE
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
PRIMATURE
CIAT
Comité Interministériel
d’Aménagement du Territoire
Décembre 2012
2
Mornes, église et baie de Fort-Liberté vus du Fort Saint-Joseph
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
3
AVANT-PROPOS
Une politique de réhabilitation de l’environnement haïtien ne
peut pas être une vaine promesse électorale. L’impulsion
donnée dans ce domaine doit être forte, doit être novatrice et
doit commencer aujourd’hui si on veut en voir les effets dans
dix ans, dans vingt ans, qui est l’horizon temporel dans lequel
s’inscrit l’action sur l’environnement.
On sait bien aujourd’hui que la façon pérenne d’aborder la
question de l’environnement est l’aménagement du territoire.
Aménager pour réduire les risques. Aménager pour créer un
meilleur cadre de vie pour la population haïtienne. Aménager
pour un meilleur équilibre entre les régions haïtiennes.
Aménager pour sortir de l’hypertrophie de la région
métropolitaine de Port-au-Prince qui produit plus de 90% des
recettes de l’État et concentre plus de 80% des revenus de
l’activité économique du pays.
L’aménagement du territoire est un exercice volontariste et
ne peut se faire sans plan et sans les moyens de mettre le
plan à exécution. Une conjoncture exceptionnelle de projets
économiques et d’investissements publics donne aujourd’hui
au Nord et au Nord-Est une opportunité unique de construire
une économie forte en région. Ce projet économique doit
s’inscrire dans le territoire et l’État doit se donner
les moyens
de concilier développement économique, utilisation raisonnée
de l’espace et satisfaction des besoins de la population. Ce
plan d’aménagement donne à tous les intervenants les outils
techniques, institutionnels, humains de saisir cette
opportunité et d’en faire un modèle pour le reste de la nation
haïtienne.
Ce plan d’aménagement est le troisième
document stratégique produit par le Comité
interministériel d’Aménagement du Territoire
(CIAT) depuis le tremblement de terre du 12
janvier 2010. Le premier, Haïti Demain, a donné
un cadre national de référence pour
l’aménagement du territoire haïtien. Le second a
défini un espace, la boucle Centre-Artibonite, où
les risques naturels sont les plus faibles que dans
le reste du pays et qui peut constituer un pôle
économique important.
Avec ce plan sur le couloir Cap-Ouanaminthe, le
Comité Interministériel d’Aménagement du
Territoire (CIAT) inscrit les investissements
importants, récents ou en cours, dans le Nord et
le Nord-Est d’Haïti dans une cohérence
territoriale qui permet de prendre en compte les
dimensions humaines et spatiales du
développement économique.
Discuté avec les acteurs de terrain – institutions
publiques, élus et société civile, présenté aux
ministères membres du Comité Interministériel
d’Aménagement du Territoire (CIAT), ce
document constitue aujourd’hui un cadre
contraignant pour tous les acteurs nationaux et
internationaux intervenant dans cet espace.
Le Comité Interministériel d’Aménagement du
Territoire (CIAT) qui réunit les six ministères les
plus impliqués dans la gestion du territoire
haïtien a pour mission essentielle de définir la
politique nationale
en matière d’aménagement
du territoire. Il veille à ce que l’ensemble du
gouvernement prenne en compte les enjeux
territoriaux dans ses activités, projets et
programmes. Il est essentiel que les institutions
nationales parlent d’une même voix quand il
s’agit de l’aménagement du territoire dans le
Nord et le Nord-Est d’Haïti.
Le schéma de cohérence territoriale pour le
couloir Cap-Ouanaminthe présente une vision
moderne du développement du tissu urbain en
Haïti et il doit servir de banc d’essai pour une
meilleure gouvernance territoriale.
Déconcentration et décentralisation seront
des moteurs essentiels pour la mise en œuvre
du schéma de cohérence territoriale du couloir
Cap-Ouanaminthe. Pour une présence plus
forte de l’État sur le territoire national, pour
une meilleure prise en charge de leur espace
par les collectivités territoriales.
Le gouvernement haïtien saura relever le défi
et accompagner investisseurs, institutions et
citoyens dans un projet d’envergure : rompre
avec le monopole de fait de la région
métropolitaine de Port-au-Prince.
Michel Martelly
Président de la République
Laurent Lamothe
Premier Ministre
Michèle Oriol
Secrétaire exécutif du CIAT
Couloir Cap - Ouanaminthe / Avant-Propos
4
Boucle
Centre
Artibonite
Nord / Nord-Est
Port-au-Prince
Grand Sud
LE NORD / NORD-EST DANS UNE VISION DYNAMIQUE DU TERRITOIRE NATIONAL
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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INTRODUCTION
Couloir Cap - Ouanaminthe
Le Nord / Nord-Est est depuis quelques années
l’objet de toutes les attentions : l’Union Européenne
a financé la remise en État de la Route Nationale 6
en 2008 ; le Parc Industriel de Caracol, financé par le
Département d’État Américain, l’USAID et la BID, a
été inauguré le 22 octobre de cette année ; la piste
de l’aéroport du Cap-Haïtien a été adaptée à cette
occasion pour accueillir de plus gros avions ; la
Banque Mondiale investit dans le tourisme et la
protection du patrimoine ; la République
Dominicaine a financé le campus de l’Université Roi
Henri Christophe qui vient d’ouvrir à Limonade ;
Feed the Future développe un large programme
pour la modernisation de l’agriculture, etc.
Toute cette énergie déployée sur le Nord / Nord-Est
promet un avenir meilleur. Encore faut-il
accompagner ce développement des structures
nécessaires, au risque, sinon, d’aggraver la situation
du plus grand nombre.
Accompagner ce développement, c’est organiser le
cadre de vie des futurs habitants du Nord / Nord-Est.
C’est se projeter en 2030, dessiner des solutions et
définir en amont des règles permettant de relever
les
défis présents et futurs, cesser de subir les aléas
et de déplorer les conséquences d’un
développement anarchique non maîtrisé, prendre en
compte de façon appropriée tous les facteurs
nécessaires pour échapper à l’urgence permanente.
Aménagement du territoire
Le premier défi est posé par la démographie. Les
opportunités économiques espérées avec les projets
en cours de développement vont attirer une foule de
nouveaux habitants. Il convient donc d’organiser les
espaces d’accueil de ces populations : villes
intégrées, structurées, reliées aux réseaux urbains
(eau, assainissement, déchets, électricité,
transports). Sans planification, l’urbanisation
bascule dans la bidonvilisation.
Les projets industriels ont motivé la mise en place de
ce plan d’aménagement. Ils seront également le
moteur d’une transformation de l’économie.
L’agriculture restera le pilier de l’économie. Elle doit
être modernisée pour répondre aux enjeux de
sécurité alimentaire pour le million d’habitants
attendu en 2030.
Les patrimoines historique et naturel sont fragiles.
Ils méritent la mise en place de programmes de
sauvegarde. Mis en valeur, ils sont sources de
développements touristiques importants.
L’éducation a bien sûr un rôle transversal, primordial
dans l’accompagnement de ces différents processus.
Le Nord / Nord-Est doit parallèlement prendre en
compte les risques environnementaux pour réduire
sa vulnérabilité, en particulier face au risque
sismique et aux inondations, en définissant zonage
et normes de construction ; face à l’érosion, en
proposant une gestion intégrée des bassins-versants
concernés.
Le septième défi est celui de la gouvernance. Le
point de départ d’une meilleure gouvernance est ce
plan d’aménagement dont l’objet est de présenter le
projet systémique du gouvernement haïtien pour le
Nord / Nord-Est.
Plan du dossier de présentation
Ce dossier est constitué de trois parties :
1.La première partie présente les conclusions
essentielles du diagnostic régional. Elle s’appuie
sur le travail exploratoire d’AIA financé par la
BID et l’USAID, sur l’ensemble des données
mises à disposition par les différents ministères
et leurs partenaires, et sur un travail de terrain
minutieux. Elle brosse le portrait de la situation
actuelle et restitue les clés de compréhension du
territoire.
2.La seconde partie dessine les perspectives
d’aménagement, cadre spatial dans lequel
s’inscrivent les projets futurs, objectifs dessinés
à l’horizon 2030 pour sortir du cercle infernal de
l’urgence. Elle s’appuie sur le diagnostic régional
et propose un schéma de cohérence territoriale
qui répond aux différents défis.
3.La troisième partie esquisse les étapes de mise
en œuvre nécessaires à la concrétisation du
schéma, et les chantiers d’aménagement et
d’extension qui se présentent aux différentes
villes. Aux communes et aux organismes ad hoc
de relever à leur tour ces défis et de mettre en
musique le schéma d’aménagement régional.
Pour que tous ensemble nous avancions sur cette
route, et que demain devienne aujourd’hui.
Représentation schématique
du couloir Cap - Ouanaminthe
Couloir Cap - Ouanaminthe / Introduction
6
Photo-montage
Terrain de football le long de la RN6
L’IMPORTANCE DE FIXER DES RÈGLES POUR VIVRE ENSEMBLE, POUR QUE
CHACUN TROUVE SA PLACE SUR LE TERRAIN ET DONNE LE MEILLEUR DE LUI-MÊME.
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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SOMMAIRE
1 / DIAGNOSTIC RÉGIONAL
S
EPT DÉFIS À RELEVER D’ICI 2030 :
Accompagner la croissance
démographique
Structurer les villes
Transformer l’économie
Moderniser l’agriculture
Mettre en valeur le patrimoine
Réduire les vulnérabilités
Assurer une bonne gestion de
l’ensemble
2 / PLAN D’AMÉNAGEMENT
Programmation urbaine
Programmation économique
Organisation spatiale régionale
Accès aux services de base
Eau et assainissement
Gestion des déchets
Énergie et
communications
Éducation et santé
Et modes d’habiter
En milieu rural
Dans les bourgs et villes
existantes
Dans les centres urbains
nouveaux
3 / MISE EN ŒUVRE
Gouvernance et montage
opérationnel
Orientations pour l’élaboration
des plans d’urbanisme
Pôle de Cap-Haïtien :
Cap-Haïtien, Quartier
Morin, Limonade
Pôle de Trou-du-Nord :
Trou-du-Nord, Terrier
Rouge, Caracol, Sainte
Suzanne
Pôle de Fort-Liberté :
Fort-Liberté, Ferrier
Pôle de Ouanaminthe :
Ouanaminthe
Plan d’investissement
Opérations identifiées
Budget
Planning
p.9
xxxx
p.11
p.13
p.15
p.17
p.19
p.21
xxxx
p.23
p.25
p.27
p.29
p.30
p.33
Xx
xxx
p.34
Xxx
p.35
Xxx
p.37
p.39
p.40
xxxx
Xx
xxx
p.43
xxxx
x
p.47
xxxx
xxxx
xxxx
p.53
xxxx
p.57
xxxx
p.59
p.61
Couloir Cap - Ouanaminthe / Sommaire
8
Le système côtier / Baie de Fort-Liberté
Les plaines / Sur la route d’Acul Samedi aux Perches
Les mornes / Entre Dosmon et Gens de Nantes
DE LA MER AUX MORNES : LA DIVERSITÉ DES PAYSAGES DU NORD / NORD-EST.
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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DIAGNOSTIC RÉGIONAL
SEPT DÉFIS À RELEVER À L’HORIZON 2030 :
Accompagner la croissance démographique.
Structurer les villes.
Transformer la structure économique.
Moderniser l’agriculture.
Mettre en valeur le patrimoine.
Réduire les vulnérabilités.
Assurer une bonne gestion de l’ensemble.
1
Le Nord / Nord-Est tient une place particulière
dans le territoire haïtien :
•Par son histoire d’abord, puisqu’il porte
encore les marques de toutes les
stratifications de l’histoire colorée d’Haïti,
des Taïnos de l’époque amérindienne aux
victoires de l’indépendance, des pirates du
16
ème
siècle aux développements industriels
du 21
ème
siècle.
•Par sa géographie aussi, puisqu’il présente
sur un petit espace tous les types
d’écosystèmes présents en Haïti et qu’il vit
au contact de l’étranger : la République
Dominicaine de l’autre côté de la Rivière
Massacre et le reste du monde au-delà des
mers ou des airs (Miami, Turks & Caicos,
Bahamas).
Mais le Nord / Nord-Est doit répondre aux
mêmes défis que le reste du territoire haïtien :
•Les défis de la croissance démographique,
de l’urbanisation et de l’accès de la
population aux services de base.
•Les défis de la transformation économique,
de l’industrialisation, de la modernisation de
l’agriculture et du développement du
tourisme.
•Les défis de l’environnement et de la
vulnérabilité face aux risques.
•Le défi de la gouvernance.
2012 - 2030
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
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LA STRUCTURE DU PEUPLEMENT
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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DÉFI 1 : ACCOMPAGNER LA CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE
Les conséquences des dynamiques démographi-
ques actuelles
La forte croissance démographique d’Haïti a eu ces
dernières années les conséquences suivantes :
•Paupérisation du rural où le mode
d’exploitation des terres et le niveau
technologique ne permettent pas de nourrir la
population et où la trop nombreuse population
agricole constitue un frein à la modernisation de
l’agriculture.
•Bidonvilisation des villes qui sont les premiers
réceptacles de la croissance démographique
mais où la vie s’organise sur le mode de vie rural
– incompatible avec les densités urbaines car la
nature ne peut plus y jouer son rôle régulateur.
•Émigration d’une part importante des jeunes
Haïtiens, malgré les difficultés à traverser les
frontières, et qui vide Haïti de ses forces, en
particulier des jeunes diplômés.
La construction de villes nouvelles intégrées peut
constituer une alternative à cette situation.
Les défis de la croissance démographique
La croissance démographique pose de nombreux
défis auxquels il faut se préparer. Cet exercice de
prospective est impératif pour cadrer l’exercice de
planification régionale et urbaine. La croissance
démographique a en effet des implications sur :
•Le besoin de logement et le rythme
d’urbanisation,
•Le besoin d’équipements, en particulier dans le
domaine
de la santé et de l’éducation.
La situation dans le couloir Cap - Ouanaminthe
Le couloir Cap - Ouanaminthe est habité par près de
650 000 personnes en 2012. Près des deux tiers
habitent dans des villes qui croissent à un rythme
plus rapide que la population. Les ménages sont
composés de 5 personnes en moyenne. Cette taille
moyenne de ménage devrait diminuer dans les
prochaines années avec l’élévation du niveau
d’éducation, mais la transition démographique est
encore lente. Le déficit de masculinité traduit les
phénomènes migratoires à l’œuvre (les hommes
partent plus facilement). Le taux de jeunes très
élevé (55 %) implique des besoins très forts en
équipements scolaires et en enseignants.
Le cadrage prospectif 2030
Les estimations de l’IHSI font l’hypothèse d’une
croissance annuelle à 1,6 %. Ceci implique une
croissance naturelle de la population de 250 000
habitants supplémentaires à l’horizon 2030. Étant
par ailleurs probable que les projets du NNE attirent
d’autres personnes, nous cadrons le plan
d’aménagement sur l’hypothèse d’un million
d’habitants.
Il s’agit de structurer le couloir Cap - Ouanaminthe
pour être en mesure :
•d’accueillir 350 000 habitants supplémentaires,
•de créer les conditions
pour bâtir de 70 000 à
100 000 nouveaux logements,
•et autant d’écoles que nécessaire pour accueillir
environ 200 000 élèves et étudiants supplémen-
taires.
Traduit en rythme annuel, il s’agit d’être en mesure
d’accueillir chaque année près de 20 000 habitants
supplémentaires, c’est-à-dire créer les conditions
de construire de l’ordre de 5 000 logements par an
et suffisamment d’écoles pour 10 000 enfants de
plus, soit une centaine de salles de classe sur tout le
couloir Cap - Ouanaminthe.
Estimation IHSI 2012 Pop. 2012
Cap-Haïtien 261 864
Quartier Morin 26 109
Limonade 52 625
Arrondissement de Cap-Haïtien 340 598
Trou-du-Nord 46 695
Sainte Suzanne 26 750
Terrier Rouge 28 938
Caracol 7 362
Arrondissement de Trou-du-Nord 109 745
Fort-Liberté 32 861
Ferrier 13 973
Perches 11 028
Arrondissement de Fort-Liberté 57 862
Ouanaminthe 101 280
Capotille 18 496
Mont-Organisé 20 015
Arrondissement de Ouanaminthe 139 791
Total Couloir Cap - Ouanaminthe 647 996
Population par commune, arrondissements et totale
couloir Cap - Ouanaminthe (données recensement
2003, estimations IHSI 2012).
Caractéristiques démographiques IHSI 2003
Part de la population urbaine 66 %
Part de la population masculine 49 %
Part de la population âgée de moins
de 18 ans 55 %
Quelques caractéristiques démographiques couloir Cap
- Ouanaminthe (recensement 2003).
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
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INFRASTRUCTURES ET SERVICES URBAINS
Schéma Directeur
Eau potable (DINEPA)
Système de traitement
d’eau en projet
Centre de traitement des
déchets
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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DÉFI 2 : STRUCTURER LES VILLES ET L’URBANISATION
Une croissance anarchique des quartiers précaires
Depuis les années 70, la forte croissance des villes
s’est faite sans véritable structure urbaine. De
nombreux quartiers précaires se sont développés, en
particulier au Cap-Haïtien, 2
ème
ville du pays et
capitale régionale, et à Ouanaminthe, où la zone
franche a attiré de nombreuses personnes en quête
d’un travail et d’un avenir meilleur. Mais également
dans les villes moyennes et les bourgs secondaires
(Limonade, Trou-du-Nord, Terrier Rouge, etc.). Les
nouveaux arrivants ont développé un type d’habitat
qui présente encore toutes les caractéristiques de
l’habitat rural (constructions de plain-pied, absence
de raccord aux réseaux existants, absence même de
VRD et de rues à proprement parler), mais qui
atteint des densités critiques, et qui permet,
néanmoins, de se rapprocher des aménités urbaines
(emplois, éducation, santé).
Cette ville sans structure a en outre été construite
majoritairement sur des terrains précaires : polder
de déchets sur la baie de Petite Anse, berges
inondables des rivières, pentes instables du Haut-du-
Cap, etc. C’est tout le paradoxe : le terrain qui offre
le plus de sécurité foncière à celui qui n’a rien et
souhaite s’installer près de la ville, est
le terrain qui
présente le plus de vulnérabilité. Le défi à l’avenir
consiste à renverser la tendance. Il convient
désormais de définir les zones à risque (zones
inondables, fortes pentes, berges de ravine) comme
zones inconstructibles, et de mettre en place
l’organisation nécessaire au respect de ces mesures.
Par ailleurs, la définition de zones constructibles et
les règles et normes de construction associées
doivent permettre de répondre à la demande
potentielle de logement.
Un grignotage diffus et continu du foncier
disponible
La dynamique qu’on peut observer au Cap-Haïtien et
à Fort-Liberté est identique à celle qui, à Port-au-
Prince, a conduit à la disparition extrêmement rapide
de la Plaine du Cul-de-Sac. Un coup d’arrêt doit être
porté à cette dynamique et le développement urbain
doit être structuré autour de nouvelles polarités.
En effet, la dynamique à l’œuvre au Cap grignote
déjà la plaine. Elle diminue la capacité productive du
pays alors même que l’objectif de sécurité
alimentaire n’est pas atteint. Elle étale inutilement la
ville alors que la ville même souffre d’un déficit
d’infrastructures. Elle allonge inutilement les réseaux
alors que les services de base ont déjà du mal
à être
assurés.
De même, on assiste à Fort-Liberté à un grignotage
progressif du foncier situé entre Carrefour Chevry et
la porte de la ville, sans déploiement concomitant de
la structure et des réseaux nécessaires à une
véritable urbanisation, où les parcelles se
juxtaposent sans pour autant créer une ville, où la
faible densité produit là encore un étalement
inefficace.
Une énergie qu’il convient de catalyser pour
contribuer à la fabrication de villes cohérentes et
fonctionnelles
Ce que nous révèle également l’analyse du
développement urbain des dernières décennies est
l’énergie des ménages et du secteur privé. C’est avec
ces acteurs que la structuration et la densification
des villes existantes et la construction de nouveaux
centres urbains doivent se faire. Loin de vouloir
freiner l’initiative du secteur privé et
l’autoconstruction, il s’agit pour l’autorité publique
de structurer et d’organiser le développement
urbain.
Taux d’accès aux services de base
Accès à l’eau 3 % ont l’eau courante
dans la maison.
13 % ont un robinet dans
la cour.
2 % ont accès à une source
protégée.
33 % ont accès à un puits.
40 % ont accès à des
fontaines ou des kiosques.
9 % consomment de l’eau
en bouteille.
Accès à
l’assainissement
24 % ont accès à une fosse
septique ou une latrine
36 % ont accès à des
systèmes basiques
40 % n’ont accès à aucun
système d’assainissement
Accès à l’énergie La biomasse fournit 70 %
des besoins énergétiques.
39 % des Haïtiens ont
accès à l’électricité.
Accès aux
communications
Antennes et kiosques
Digicel et Natcom installés
dans tous les villages
Statistiques sur l’accès aux services de base dans les
départements du Nord et du Nord-Est (cf. rapport AIA).
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
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LES INFRASTRUCTURES ET LES PROJETS DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
16 MW
2 MW
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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DÉFI 3 : TRANSFORMER L’ÉCONOMIE
La structure de l’économie régionale
La situation de l’emploi révèle la faible
diversification actuelle des activités et leur faible
valeur ajoutée. Trois secteurs emploient 82 % de la
population active occupée de plus de dix ans (IHSI,
2003) :
50 % de la population active est occupée par
l’agriculture, la sylviculture, l’élevage et la chasse
(49 %), et par la pêche (1 %), secteurs dont la
modernisation et l’efficacité buttent notamment
sur le morcellement des terres et la trop forte
population vivant de l’agriculture faute
d’opportunités dans d’autres secteurs
économiques. Le couloir Cap - Ouanaminthe
présente trois espaces à fort potentiel qu’il
conviendra de développer (cf. défi 4).
25 % de la population active est occupée dans le
commerce de gros et de détail, qui se caractérise
également par la petite taille des commerces et un
nombre important d’intermédiaires. Les échanges
marchands sont polarisés :
•Sur Ouanaminthe et son marché transfrontalier,
•Sur Cap-Haïtien qui constitue le second bassin de
consommation d’Haïti.
•Sur les marchés régionaux (Trou-du-Nord,
Limonade, Ferrier) qui fonctionnent à l’interface
des zones de production, des bassins de
consommation secondaires et des axes
d’échanges.
•Sur la RN
6 qui s’inscrit sur l’axe historique reliant
Santiago et le Cap Français, la République
Dominicaine (lieu de production et de
transformation) et Cap-Haïtien (lieu de
consommation et port marchand), et le long de
laquelle une partie des productions (mangues,
bananes, charbon…) est échangée.
7 % de la population active est occupée dans les
activités de fabrication : guildives (Quartier Morin),
garages mécaniques (Terrier Rouge), parcs
industriels de Ouanaminthe et de Caracol…
Le défi de la diversification des activités et de la
montée en gamme
Une agriculture plus efficace conduira à une
diminution du nombre d’emplois à l’hectare, et a
fortiori, à une diminution de la part d’actifs occupés
par l’agriculture. Il est donc nécessaire d’une part
d’évoluer vers une industrie de l’emballage, du
transport et de la transformation des produits
agricoles et, d’autre part, de développer l’emploi
dans les autres secteurs.
La production locale mérite d’être encouragée, que
ce soit à l’échelle industrielle et à destination de
l’exportation dans le contexte de la loi Hope, ou au
niveau des artisans susceptibles de répondre à la
demande locale.
Les investissements récents sur le Parc Industriel de
Caracol devront être complétés par les
investissements nécessaires à la
consolidation des
infrastructures régionales : port de Cap-Haïtien,
aéroport international, entretien routier, énergies
alternatives (parc éolien, parc solaire).
Les ressources minières (or, grès) promettent
également des développements intéressants dans
les prochaines années.
Le secteur du tourisme (cf. défi 5) doit poursuivre
son développement en s’appuyant d’un côté sur
Labadie, de l’autre sur la proximité à la République
Dominicaine.
En outre, le système éducatif devra rapidement
évoluer pour soutenir les autres secteurs en
répondant aux besoins de formation d’ouvriers
spécialisés et de cadres. Le pôle créé avec
l’ouverture de l’Université de Limonade sera un
acteur majeur pour la modernisation de la région.
Pôle économique en lui-même (hébergement des
professeurs et des étudiants), les choix
d’enseignements et de recherche seront
déterminants. C’est l’opportunité d’ouvrir
l’enseignement et la recherche sur le service :
métiers de l’aménagement du territoire, de la
transformation agricole, du tourisme et du
patrimoine.
Le marché transfrontalier de Dajabon
L’entrée du Parc Industriel de Caracol
Distillerie Larue entre Cap-Haïtien et Quartier Morin
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
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RESSOURCES NATURELLES
Plaine humide :
canne à sucre
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
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Pêche / Bord de mer de Limonade
Saline / Caracol
Grande Saline
DÉFI 4 : MODERNISER L’AGRICULTURE
Un secteur essentiel à réformer et encourager
L’agriculture est un pilier doublement nécessaire à
l’économie nationale :
•Par le nombre d’emplois qu’elle fournit, elle
occupe une part importante de la population (50
% à l’échelle nationale) et est une source
importante de revenus.
•Par la production – encore trop faible – et dont
l’objectif est de garantir la sécurité alimentaire
du pays.
Moderniser l’agriculture et en augmenter
l’efficacité sont des objectifs en cohérence avec les
autres objectifs visés parallèlement :
•Faire baisser la pression démographique sur les
écosystèmes sensibles (en particulier le haut des
mornes où l’agriculture sarclée accélère
l’érosion).
•Dégager la main d’œuvre nécessaire au
développement en plaine de l’industrie.
•Nourrir la population.
•Réduire le déficit de la balance commerciale et
la dépendance vis-à-vis de l’aide internationale.
Le Nord / Nord-Est fort de potentiels sous-
exploités
Les gradients de milieux, de climats et d’altitudes
sont favorables à une large palette de productions :
produits de la mer (pêche, sel) et de la terre
(productions végétales et animales, cf. Carte et
photos ci-contre).
Le maintien jusqu’à présent des terres de la
Plantation Dauphin dans le giron de l’État
donne
aujourd’hui l’opportunité d’une mise en valeur à
grande échelle dans le cadre d’un vaste et
ambitieux programme agricole basé sur des
exploitations de superficie moyenne avec un niveau
technologique plus avancé que les pratiques
paysannes d’aujourd’hui. Les terres de la Plantation
Dauphin sont considérées comme propice à la
production d’oléagineux. Toute l’huile consommée
aujourd’hui en Haïti est importée. Un pôle de
production d’huiles alimentaires contribuerait
fortement à la sécurité alimentaire.
Des actions à entreprendre pour atteindre les
objectifs visés
Pour parvenir à en exploiter pleinement les
potentialités, il convient de lever les freins
aujourd’hui à l’œuvre :
Dans le domaine du foncier, une politique foncière
qui sécurise les terres productives est nécessaire au
développement de l’agriculture.
La maîtrise et la valorisation des ressources en eau
doit être le principe directeur de tout programme
de mise en valeur intensive de cette zone.
Pour les plaines, deux axes majeurs d’intervention
doivent être retenus : l’extension des surfaces
irriguées à partir des eaux souterraines et des eaux
de surface afin de valoriser ses sols fertiles
(réfection et extension du système d’irrigation
datant de la colonie) et la mécanisation des
opérations de labour.
Dans l’aire de montagne, la priorité
doit aller aux
ouvrages de maîtrise du ruissellement et
d’intensification agricole dans les petites ravines et
les ravines moyennes afin de favoriser l’infiltration
de l’eau, facteur essentiel au développement
agricole et industriel des plaines et des villes,
d’augmenter le revenu des agriculteurs en
montagne et d’assurer la protection des bassins-
versants.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
18
SITES CULTURELS ET PATRIMONIAUX
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
19
DÉFI 5 : METTRE EN VALEUR LE PATRIMOINE
Bassin Mambo
Bateau de croisière au ponton de Labadie
Diversité et richesse, atouts du NNE
Le Nord / Nord-Est porte les marques de la riche
histoire d’Hispaniola, de l’époque précolombienne à
nos jours. Les témoignages de l’histoire ont une
portée nationale et internationale : l’arrivée de
Christophe Colomb, l’indépendance d’Haïti et la
toute première République noire…
Le must : le Parc National Historique, patrimoine
mondial de l’UNESCO, qui réunit le Palais Sans
Souci, la Citadelle Henry et les fortifications des
Ramiers. Le PNH constitue également un cadre
naturel préservé et une réserve importante de
biodiversité.
La côte offre aussi de belles possibilités d’escapa-
des : plage de Labadie à l’Ouest du Cap-Haïtien,
mangroves de Caracol, Baie de Fort-Liberté, Lagon
aux Bœufs, embouchure de la Rivière Massacre et
vue sur le Morro de Monte Cristi.
Protéger le patrimoine historique et conserver les
écosystèmes remarquables
L’héritage du passé est aussi important que les
paysages et les écosystèmes diversifiés. Mais que
ce soit le patrimoine historique ou la nature, ces
trésors ont en commun leur fragilité. Ils nécessitent
une attention particulière pour les préserver pour
les générations futures et les mettre en valeur pour
les générations présentes. A court terme, un budget
doit être consacré à leur marquage et leur
préservation. A long terme, le développement d’un
tourisme durable doit permettre d’en assurer la
mise en valeur.
Points d’ancrage et opportunités
Le Nord / Nord-Est jouit d’une situation particu-
lière. Si le tourisme reste encore extrêmement
limité dans les autres zones du pays, le Nord / Nord-
Est reçoit chaque année au terminal de Labadie plus
de 600 000 croisiéristes. Ce potentiel de visiteurs
mérite d’être exploité en développant l’offre
d’excursion à la journée du terminal de croisière
vers le Parc National Historique ou le Parc National
des Trois Baies.
De même, la proximité de la République
Dominicaine, destination prisée des tours
opérateurs européens, peut profiter au
développement du tourisme dans le Nord / Nord-
Est. Le Parc National des Trois Baies peut prolonger
la découverte de la côte Caraïbe initiée au Parc
National de Monte Cristi des visiteurs et vacanciers
installés en République Dominicaine.
Autre atout du Nord / Nord-Est pour le dévelop-
pement touristique : la possibilité de liaison directe
à partir de l’aéroport international de Cap-Haïtien,
porte d’entrée directe sur la Citadelle et possibilité
d’arrivée ou d’évacuation des croisiéristes.
Objectifs et
projets de développement
Pour concrétiser le potentiel touristique du Nord /
Nord-Est, il est nécessaire de développer l’offre.
Dans un premier temps, l’offre d’excursions à la
journée, peut se développer à destination des
croisiéristes ; puis rapidement, une offre moyen de
gamme pourra se développer pour attirer des
séjours plus longs.
Le littoral entre Pepillo Salcedo et la baie de Fort-
Liberté pourrait constituer un endroit favorable à
l’implantation de resorts, sur le modèle de ceux
développés en République Dominicaine, du côté de
Punta Cana par exemple.
La Citadelle Henry vue du ciel
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
20
ZONES À RISQUES, SOLS À FORT POTENTIEL AGRICOLE ET SITES PROPOSÉS POUR L’IMPLANTATION DE CENTRES URBAINS NOUVEAUX
Sites proposés pour l’implantation de
centres urbains modernes
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
21
Même si le territoire du Nord / Nord-Est jouit en
Haïti d’une situation plutôt favorable, il n’est pas à
l’abri des caprices de la nature : le risque sismique y
est fort, les inondations peuvent être importantes
comme en novembre 2012, la sécheresse est
récurrente… Mais les vulnérabilités peuvent être
réduites en fixant les règles à suivre et en s’y
tenant.
Inondations
Le régime pluviométrique et la configuration du
terrain entraînent des inondations récurrentes.
•Agir en amont sur les bassins-versants :
‐Contenir la pression démographique sur les
mornes en offrant des opportunités dans la
plaine.
‐Soutenir les projets de reforestation et
d’agroforesterie.
‐Créer une zone protégée dans les hauteurs de
Vallières, château d’eau pour six bassins-
versants.
•Déployer des systèmes d’assainissement :
‐Compenser l’imperméabilisation des terres par
un système de drainage efficace.
‐Collecter les déchets solides.
‐Curer régulièrement les canaux.
•Protéger les zones densément habitées :
‐Définir des zones tampons autour des rivières
(plaines inondables).
‐Construire des digues de protection.
‐Surélever les maisons, collecter l’eau de pluie et
conserver des espaces perméables (jardins).
Cyclones
Le risque est plus faible que dans le reste
du pays. Il
convient néanmoins de le prendre en compte dans
les normes de construction et les mesures d’alerte
et de protection de la population.
Sécheresses
La zone Nord Est du département du Nord-Est est
plus aride mais la ressource en eau est disponible.
•Avoir un usage du sol raisonné en conservant les
meilleurs sols pour l’agriculture et en densifiant
les points de développement urbain.
•Développer les accès à l’eau et l’irrigation.
Glissements de terrain / Érosion
Des risques importants touchent les quartiers
précaires de Cap-Haïtien.
Des risques modérés sont à prendre en compte
dans les mornes et notamment à Sainte Suzanne.
•Lutter contre l’érosion dans le cadre de la
gestion intégrée des bassins-versants avec
création de vergers (agrumes et goyaves).
•Appliquer strictement les prescrits du décret de
lotissement de 1982 dans les zones de pente
supérieure à 15%.
Tremblements de terre / Tsunamis
Le couloir Cap - Ouanaminthe est situé à proximité
de la faille septentrionale qui passe au Nord de l’île
d’Hispaniola.
•Définir des normes de construction :
‐Renforcer le code de la construction.
‐Améliorer la formation des professionnels de la
construction
.
•Créer des zones de repli et de secours :
‐Construire des terrains de sport dotés d’instal-
lations sanitaires.
Zone aride / Abords du Fort Labouque
Mornes / Sainte Suzanne
Inondations / Village de Caracol
DÉFI 6 : RÉDUIRE LES VULNÉRABILITÉS
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
22
RELIEF, HYDROGRAPHIE ET BASSINS-VERSANTS
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
23
DÉFI 7 : ASSURER UNE BONNE GESTION DE L’ENSEMBLE
Restaurer la confiance
La réduction des vulnérabilités environnementales
et la structuration de l’urbanisation de demain,
nécessaire pour sortir du cercle vicieux des
catastrophes et de l’urgence, nécessitent d’un côté
l’exercice de planification, dont ce dossier constitue
l’échelle régionale pour le couloir Cap -
Ouanaminthe, et de l’autre le renforcement de
l’État et des structures administratives.
Renforcer l’État, c’est restaurer sa capacité à jouer
le rôle d’arbitre, à fixer les règles, les partager avec
tous et les faire respecter.
C’est également restaurer la confiance de tous et
recréer les conditions de l’investissement de chacun
dans les terres qu’il exploite, dans la maison qu’il
construit, dans la ville qu’il habite, dans l’entreprise
qu’il crée, et plus globalement dans son pays.
Sécuriser le foncier
Restaurer la confiance est un processus de long
terme dont la sécurisation foncière constitue une
étape essentielle. Le chantier de la sécurisation
foncière mobilise aujourd’hui le CIAT qui doit en
clarifier les fondements. Localement, des chantiers
de cartographie et de cadastre seront mis en place
pour mettre à jour les registres et clarifier les droits.
La sécurité foncière est une des clefs du
développement agricole d’une part, du
développement urbain d’autre part.
Mobiliser le
foncier pour l’urbanisation
Au niveau des villes actuelles et futures, il convient
de délimiter leur périmètre et d’identifier les zones
à structurer, les zones qui peuvent être densifiées,
les zones qui doivent être récupérées et protégées.
Il faut établir les cartes de risques, en définir la
nature et formuler des prescriptions cohérentes :
inconstructibilité ou constructibilité sous réserve de
respecter des normes strictes. C’est à ce prix que
les vulnérabilités pourront être réduites.
Le zonage et plus globalement, l’exercice de
planification urbaine, commune par commune,
permettront de construire la structure des villes de
demain et de développer le cadre de quartiers
modernes et sûrs.
Pour prévenir les risques d’envolée des prix du
foncier, consécutivement à l’organisation de la
rareté induite par le zonage et la planification, des
réserves foncières devront être constituées par des
agences foncières chargées de mettre en œuvre les
projets d’extensions et de centres urbains
nouveaux.
Le zonage s’attachera localement à définir :
•Des zones tampons autour des rivières, des
ravines et du trait de côte.
•Des zones inconstructibles dans les mornes, sur
les terrains aux pentes supérieures à 50 %, et
aux abords des espaces naturels à préserver.
•Des normes
de construction antisismique dans
les zones de risque associées à l’activité de la
faille septentrionale.
•Des zones de structuration et de densification
des quartiers précaires situés dans des zones à
faible risque.
•Des zones d’expansion autour des villes et
bourgs existant, structurées et limitées.
•Des zones d’urbanisation prioritaire et leurs
règlements d’urbanisme (COS, alignement,
hauteurs, gabarit…).
Le foncier sera ainsi mobilisé pour une urbanisation
dense, économe et structurée de manière efficace.
Quartier précaire / Cap-Haïtien
Faille septentrionale et système tectonique caribéen
Pentes cultivées au-dessus de Sainte Suzanne
Couloir Cap - Ouanaminthe / Diagnostic régional
24
Pompe à eau / Sainte Suzanne
Éclairage solaire et lignes électriques / RN6
Campus Roi Henri Christophe / Limonade
Marché de Dajabon Centre de santé de Quartier Morin
Riziculture entre Malféty et Carrefour Chevry
Centre de stockage des déchets du PIC / Caracol Transport sur la RN6 Patrimoine bâti / Église de Fort-Liberté
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
25
Préparer le territoire Nord / Nord-Est à
accueillir un million d’habitants en 2030, tel est
l’objet de ce plan d’aménagement.
Le diagnostic régional (partie 1 / le lecteur
pourra également se reporter au diagnostic
détaillé produit par the American Institute of
Architects AIA) a révélé les défis que nous
devons collectivement relever pour être en
mesure d’accueillir dans de bonnes conditions
un million d’habitants sur ce territoire à
l’horizon 2030.
Nous proposons de débuter cette deuxième
partie par un exercice de programmation
urbaine et économique, qui permette de situer
l’ambition du schéma et les objectifs
quantitatifs 2030, notamment en matière de
logements, d’éducation et d’emploi.
Le schéma d’aménagement propose ensuite
une organisation spatiale régionale des
activités (agriculture, industries, villes, bourgs
et villages, marchés, pôles d’échanges et gares
routières).
Nous détaillons enfin les principes d’accès de la
population aux services de base pour les trois
types de terroirs habités : le milieu rural, les
bourgs et villes existantes, et les centres
urbains modernes à développer.
2 PLAN D’AMÉNAGEMENT
Programmation urbaine
Programmation économique
Organisation spatiale régionale
Modes d’habiter
Milieu rural
Bourgs et villes existantes
Centres urbains modernes
Et accès aux services de base
Eau potable & Assainissement
Énergies
Gestion des déchets
Éducation & Enseignement supérieur
Réseau de santé
HORIZON 2030
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
26
LA QUESTION DE L’HABITAT
Les mécanismes de création de logements
Les besoins en matière d’habitat sont immenses.
L’État ne saura y répondre directement
efficacement. Il est en revanche fondamental que
l’État et les collectivités locales se préoccupent de
la structure urbaine et qu’ils investissent dans la
planification, la structuration des quartiers
précaires et l’aménagement de centres urbains
nouveaux.
En matière d’urbanisation, les investissements de
l’État devront se concentrer sur :
•La constitution d’une réserve foncière.
•Le tracé et la construction des rues et des
réseaux.
•L’aménagement des espaces publics (places et
parcs).
•La construction des équipements publics
programmés.
Le plan urbain créera les conditions du
développement d’un habitat dense, économe en
foncier, efficace en transports, connecté aux
aménités urbaines (emplois, éducation, santé),
relié aux réseaux urbains (eau, assainissement,
collecte des déchets solides, énergie,
communication).
L’habitat proprement dit fera l’objet de promotion
immobilière et d’auto-construction. Le sujet
pouvant être laissé pour une large part, – comme
aujourd’hui – aux initiatives privées. Mais –
contrairement à la situation passée – il devra être
encadré et contrôlé strictement. Les constructions
devront prendre en compte le cadre fixé par le plan
d’aménagement, les
plans d’urbanisme, leurs
règlements et les normes de construction
applicables.
Les principes à appliquer pour l’habitat
On évitera en général de développer des quartiers
résidentiels monofonctionnels. On préfèrera
développer des quartiers urbains denses et mixtes.
La densité est une nécessité. Elle répond aux
objectifs :
•D’économie du foncier.
•De rationalité des transports et des réseaux
déployés.
•De proximité et d’accès aux aménités (emplois,
éducation, santé).
La densité sans structure (qu’on observe dans les
quartiers précaires) est par contre une source de
danger :
•Elle rend la ville vulnérable aux catastrophes
naturelles (séisme, inondations, etc.).
•Elle est une source de pollution pour le cadre de
vie immédiat (contamination de la nappe
phréatique, pollution de l’air, etc.).
•Elle propage les épidémies (choléra depuis
2010).
Il convient donc de développer la structure
urbaine avant même de développer les
logements.
Un développement urbain dense et intégré
suppose de construire en hauteur. Des bâtiments à
3 ou 4 étages comme ceux qui se construisent au
Cap, à Fort-Liberté ou à Trou-du-Nord, permettent
d’atteindre les densités escomptées. La
construction en hauteur nécessite le strict respect
des normes de construction.
Par
ailleurs, la mixité des activités (a minima,
logements, commerces et services, ateliers
d’artisans, écoles) crée un cadre plus dynamique
en termes de vie urbaine et plus efficace en termes
de déplacements.
Atelier AIA 2012
a) Réflexion sur la forme des ilots et les parcelles
b) L’évolutivité des constructions en question
b)
a)
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
27
PROGRAMMATION URBAINE
•Le gros de la croissance urbaine nécessite la
construction de deux centres urbains nouveaux
de 120 000 habitants : l’un à Champin pour
renforcer le pôle de Trou-du-Nord, l’autre à
Carrefour Chevry pour renforcer le pôle de Fort-
Liberté.
Concevoir la ville haïtienne durable
Structuration des quartiers précaires, aménagement
de nouveaux quartiers et fondation de centres
urbains nouveaux répondront aux mêmes exigences
de développement durable : adaptation au contexte
local et gestion de proximité ; utilisation rationnelle
des terres (densité, mixité, proximité aux services) ;
énergies renouvelables (soleil, vent, eau, biomasse)
et gestion des déchets ; qualité des espaces publics
et prédominance du végétal ; évolutivité.
Exercice programmatique Pop. 2012 Cadrage 2030 Objectif programmatique
Cap-Haïtien 261 864 265 000 Arrêt de l’expansion de la tache urbaine
Quartier Morin 26 109 39 000 Quartiers nouveaux à urbaniser
Limonade 52 625 71 000 Quartiers nouveaux à urbaniser
Arrondissement de Cap-Haïtien 340 598 375 000
Trou-du-Nord 46 695 55 000 Par structuration et densification progressive
Terrier Rouge 28 938 35 000 Par structuration et densification progressive
Centre urbain nouveau (Champin) 0 120 000 Centre urbain à développer (6000 hab/an)
Sainte Suzanne 26 750 27 000 Maintien du caractère et de l’équilibre
Caracol 7 362 8 000 Maintien du caractère et de l’équilibre
Arrondissement de Trou-du-Nord 109 745 245 000
Fort-Liberté 32 861 37 000 Par structuration et densification progressive
Centre urbain nouveau (Chevry) 0 120 000 Centre urbain à développer (6000 hab/an)
Ferrier 13 973 18 000 Par structuration et densification progressive
Perches 11 028 15 000 Par structuration et densification progressive
Arrondissement de Fort-Liberté 57 862 190 000
Ouanaminthe 101 280 140 000 Arrêt de l’expansion de la tache urbaine
Capotille 18 496 23 000 Par structuration et densification progressive
Mont-Organisé 20 015 27 000 Par structuration et densification progressive
Arrondissement de Ouanaminthe 139 791 190 000
Total Couloir Cap - Ouanaminthe 647 996 1 000 000
Accueillir un million d’habitants à l’horizon 2030
Être en mesure d’accueillir un million d’habitants à
l’horizon 2030, c’est préparer le couloir Cap -
Ouanaminthe à recevoir 350 000 habitants
supplémentaires.
Plusieurs impératifs sont à prendre en compte :
•Maintenir l’équilibre dans les sections rurales
impose d’envisager la croissance démographique
essentiellement dans les villes.
•Limiter la consommation de foncier agricole
nécessite d’une part de travailler à une
structuration et une densification des villes
existantes (faire la ville sur la ville), et d’autre part
de concevoir des développements urbains denses
(10 à 20 000 habitants au km2).
•Préserver la plaine du Cap requiert de porter un
coup d’arrêt à l’expansion de la tache urbaine et
de penser le développement d’autres polarités.
Objectifs chiffrés par commune
Le tableau ci-contre donne le cadre conceptuel
permettant de préparer le couloir Cap -
Ouanaminthe à l’objectif du Million d’habitant en
2030 tout en respectant les impératifs explicités plus
haut. En grandes masses :
•Les villes du Cap et de Ouanaminthe devront par
restructuration progressive et lente densification
absorber 12 % de la croissance.
•Les villes secondaires (Trou-du-Nord, Fort-Liberté,
Terrier Rouge, Ferrier) par structuration
des
quartiers précaires et développement de
nouveaux quartiers absorberont 22 % de la
croissance.
•Les bourgs et villages ruraux (Caracol, Sainte
Suzanne notamment) devront maintenir leur
caractère et leur équilibre sans changer
significativement d’échelle.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
28
LES GRANDS PROJETS
Le Parc Industriel de Caracol (PIC)
Le parc industriel de Caracol emploie déjà 5000
personnes. Le parc qui est opérationnel depuis
2012 devrait créer 37 000 emplois permanents
lorsqu’il fonctionnera à pleine capacité. Un projet
d’une telle envergure a des effets multiplicateurs
dans d’autres domaines tels que la construction, le
commerce, le logement, les transports, etc… On
estime que le PIC va générer à terme 120 000
emplois directs et indirects.
Le PIC a bénéficié des financements de la BID et de
l’USAID.
Les infrastructures associées
Centrale thermique : objectif 34 MW, 10 MW
opérationnels pour le PIC et pour les communes
voisines (Caracol, Trou-du-Nord, Terrier Rouge,
Limonade).
Centre de tri et de stockage des déchets.
Usine de traitement des eaux rejetées.
Le port de marchandises
Des investissements doivent permettre de rénover
et de désenclaver le port du Cap-Haïtien. La
construction d’un pont et d’une nouvelle route
reliant le port à la RN6 et au PIC permettra de
faciliter le transport des productions destinées à
l’exportation.
Le port de Cap-Haïtien, sous-utilisé aujourd’hui,
possède les capacités suffisantes pour répondre
aux besoins du Parc Industriel. Un redéploiement
des activités portuaires dans la baie du Cap-Haïtien
est envisageable à long terme.
Le campus Roi Henry Christophe de l’UEH
L’université d’État d’Haïti a réalisé la construction
d’un campus universitaire devant recevoir plus de
10 000 étudiants et doté de 72 salles de classes, de
salles de réunions, d’une bibliothèque, et des
laboratoires. Ce campus universitaire (financé par
la République Dominicaine) chevauche les
communes de Limonade et Trou-du-Nord sur 60
carreaux de terre. Ce projet va attirer une
population estudiantine qui aura besoin de
logement et de services adjoints.
Le projet tourisme
Un grand programme est lancé pour favoriser le
développement du tourisme dans la région Nord :
mise en valeur du Parc National Historique, route
d’Acul du Nord à Milot pour drainer les
croisiéristes de Labadie à la Citadelle Henry,
protection des restes du village Taïno de Grande
Saline, protection du patrimoine historique de
Fort-Liberté et de Cap-Haïtien, etc.
Ces projets sont financés en partie par la Banque
Mondiale et la BID.
L’aéroport international de Cap-Haïtien
Depuis octobre 2012, l’aéroport de Cap-Haïtien est
en capacité de recevoir des avions gros porteurs
en provenance des États-Unis ou d’Europe : sa
piste a été allongée à 2600 m et elle sera encore
prochainement allongée pour atteindre 3000 m.
Parallèlement, les travaux de construction d’un
hall d’aéroport (en partie financés par un don de
33 M$ du Venezuela) avancent. La livraison est
prévue pour 2013.
Les programmes agricoles et les projets de
gestion des bassins-versants
Un ensemble de projets et grands programmes ont
pour objectif de développer l’agriculture,
d’atteindre le seuil de sécurité alimentaire et de
lutter contre les désastres naturels. Ces projets
(Global Agriculture and Food Security Program,
Feed the Future, Programme de Mitigation des
Désastres Naturels) sont notamment financés par
la Banque Mondiale, la BID et l’USAID.
Le projet transfrontalier
Les échanges entre Haïti et la République
Dominicaine sont forts, en particulier au niveau de
Ouanaminthe et de Dajabon, où le grand marché
transfrontalier draine une foule de vendeurs et
d’acheteurs les lundis et vendredis.
Les infrastructures (routes transfrontalières et
ponts sur la rivière Massacre) devraient bénéficier
prochainement de financement du Fonds
Européen de Développement.
Les projets de construction de logements
L’USAID et la BID construisent des parcs de
logement sur différentes communes du Nord /
Nord-Est : 2660 unités à Fort-Liberté, 750 unités
à Limonade, 540 unités à Quartier Morin. Food
for the Poor réalise également de nombreux
projets sur l’axe de la RN6.
Ces parcs de logement doivent s’intégrer
harmonieusement dans le tissu de la région et le
cadre de la planification dressé par le présent
plan.
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
29
PROGRAMMATION ÉCONOMIQUE
Le programme économique se déploie sur cinq
volets :
Éducation : mettre en place les bases du
développement
L’éducation et l’enseignement professionnel restent
les fondements du développement. Ils devront être
orientés pour soutenir les activités locales :
industrie, agriculture, construction, tourisme.
L’Université d’État d’Haïti à Limonade doit se
donner pour mission d’accompagner cette
programmation économique et territoriale.
Agriculture : viser la sécurité alimentaire
Irrigation et mécanisation seront les slogans de la
modernisation. En plaine, un grand programme (cf.
encadré ci-contre) devra mettre en valeur les terres
de la Plantation Dauphin. Dans les mornes, les
projets intégrés des bassins-versants viseront la
promotion des vergers et l’intensification agricole
dans les fonds frais aménagés.
Activités industrielles : utiliser les opportunités de
la loi Hope comme moteur de l’industrialisation
Le PIC fournira à terme 37 000 emplois directs,
essentiellement tournés vers l’exportation. Il pourra
progressivement fournir également le marché
national.
Agro-industrie et artisans : développer la
production pour satisfaire la demande locale
Le marché intérieur est important. Il doit
pleinement profiter au développement économique
du pays. Consommer haïtien nécessite de produire
haïtien. Cela permettra de réduire le déficit
commercial et ce sera bon
pour l’emploi.
Tourisme : développer le potentiel touristique
pour bénéficier d’entrée de devises
Développer dans un premier temps les excursions à
la journée à partir de Labadie et de Puerto Plata,
puis conforter l’offre de séjour. Un projet de resort
pourrait voir le jour sur la côte Nord de Fort-Liberté.
Grand programme pour la Plantation Dauphin :
des modèles d’organisation ont fait leur
preuve
L’histoire difficile d’Haïti avec l’époque coloniale
et l’esclavage a jusqu’aujourd’hui des
répercussions sociologiques fortes sur le
rapport au travail. Sur le territoire haïtien, le
mode de fonctionnement qui semble le mieux
correspondre au paysan haïtien est
l’indépendance et l’autonomie. Les tentatives
d’organisation collective ont du mal à perdurer
et les coopératives mises en place ont du mal à
fonctionner.
Un système a néanmoins fait ses preuves en
Haïti sous des formes différentes :
•L’histoire de la Standard Fruit qui contractua-
lisait avec des paysans de l’Artibonite.
•Dans la zone transfrontalière, des contrats
sont également passés entre industriels
dominicains et exploitants individuels
haïtiens.
La mise en place d’une compagnie nationale ou
d’un industriel privé pourraient faciliter
l’exploitation des terres de la Plantation
Dauphin par des agriculteurs indépendants mais
s’inscrivant dans un cadre organisé et
bénéficiant du support nécessaire à la
modernisation des modes d’exploitation des
terres (irrigation, mécanisation).
Menuisiers à l’œuvre / Quartier Morin
Atelier – Centre de formation
de couture de Quartier Morin
Ouvrières du Parc Industriel de Caracol
© www.lematinhaiti.com
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
30
Parc National
Historique
Parc des Trois Baies
Monte Cristi
Trou-du-Nord
Fort
Liberté
Ouanaminthe
Cap
Haïtien
Dajabon
Pepillo Salcedo
Mornes :
Gestion intégrée des bassins-versants
Vergers, Cacao, Café
Plaines humides :
Intensification agricole
Côtes :
Pêche, Salines, Tourisme
PLAN D’AMÉNAGEMENT DU COULOIR CAP - OUANAMINTHE
Plaine
agricole
Labadie
Bord de mer
Caracol
Phaëton
Bassin Mambo
Acul des Pins
Sainte Suzanne
Perches
Acul Samedi
Grand
Bassin
Quartier Morin
Limonade
Terrier
Rouge
Ferrier
Plaines arides :
Élevage,
Agriculture irriguée
Zone réservée de Vallières
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
31
STRATÉGIE D’AMÉNAGEMENT
La RN6 : colonne vertébrale du couloir
Reprenant l’axe historique menant de Santiago de
los Caballeros au Cap Français, la RN6 est la route
des échanges. Elle dessert les grandes villes du
couloir Cap - Ouanaminthe et constitue le vecteur du
réseau de villes à construire.
Un réseau de polarités
Les quatre chefs-lieux d’arrondissement (Cap-
Haïtien, Trou-du-Nord, Fort-Liberté et Ouanaminthe)
constituent un réseau de polarités dont les centres
sont distants les uns des autres d’une vingtaine de
km. Cette échelle met la ville à une demi-heure de
toutes les localités. Ces centres entretiennent des
liens de proximité avec leur bassin de vie urbain et
rural. Ils constituent l’interface entre production et
transport.
Deux centres urbains nouveaux
Cap-Haïtien et Ouanaminthe sont déjà fortement
développés. Ces villes nécessitent un travail de
structuration et de densification des quartiers
précaires. En revanche, leur tache urbaine doit
cesser de s’étendre et grignoter les plaines
productives situées à leurs abords.
Fort-Liberté et Trou-du-Nord seront par contre
renforcées de manière à rééquilibrer le poids des 4
polarités. Ce renforcement passera par une
restructuration des quartiers précaires, par
l’aménagement d’extensions structurées et
par la
fondation de deux centres urbains nouveaux.
Chacun de ces centres urbains nouveaux permettra
d’accueillir à terme 120 000 habitants dans des
conditions de vie urbaine intégrée.
Des zones de développement économique
Cap-Haïtien, le parc industriel de Caracol et la zone
franche de Ouanaminthe constituent les zones
industrielles qui seront renforcées dans les années à
venir.
Les villes secondaires devront renforcer leur
production agricole et artisanale.
Un parc éolien pourra être développé au Nord de
Fort-Liberté.
Un resort touristique pourrait voir le jour sur la côte,
entre Fort Labouque et La Vigie.
Des équipements régionaux partagés
Cap-Haïtien, capitale régionale du Nord, conservera
les équipements portuaires et aéroportuaires qui
devront être renforcées pour répondre aux besoins
de tout le couloir.
Deux hôpitaux régionaux seront implantés dans les
centres urbains nouveaux. Le premier, sur le campus
de Limonade, dans l’axe Trou-du-Nord/Caracol sera
un hôpital universitaire. Le second à Fort-Liberté.
Dajabon-Ouanaminthe et leur marché transfrontalier
continueront à jouer le rôle de porte d’entrée et de
sortie pour les marchandises échangées entre la
République Dominicaine et Haïti.
Une nouvelle porte pourrait être créée à Pepillo
Salcedo pour faciliter les
échanges touristiques entre
Monte Cristi, Fort-Liberté et la Citadelle. Elle
nécessite la construction d’un pont à l’embouchure
de la Rivière Massacre et de la route jusqu’à
Carrefour Chevry.
Un espace rural productif
L’équilibre du milieu rural sera maintenu.
L’agriculture sera modernisée. Un grand projet de
mise en valeur des terres de la Plantation Dauphin
avec développement d’un réseau d’irrigation et
mécanisation permettra d’assurer la sécurité
alimentaire du couloir.
Un environnement préservé et mis en valeur
Une attention forte sera redonnée au patrimoine
historique et naturel.
Le patrimoine historique sera répertorié et préservé.
Il offrira des possibilités d’excursions pour enrichir
l’offre touristique dont le Parc National Historique
constitue le fleuron.
Le patrimoine naturel sera également mis en valeur.
Un grand parc des 3 baies permettra de protéger la
richesse des écosystèmes marins et côtiers. Bassin
Mambo et le saut d’Acul des Pins seront aménagés
pour recevoir des touristes.
Projeter dans le temps
Regarder loin pour sortir du cadre de l’urgence, fixer
l’horizon 2030 et avancer étape par étape
Le projet de développement territorial s’organise
progressivement dans le temps :
Court terme (2013)
Il s’agit de produire les plans des centres urbains
nouveaux,
de réaliser les études d’urbanisme du
Cap-Haïtien et d’Ouanaminthe, et de dresser les
plans directeurs de structuration des quartiers
précaires des villes secondaires.
Moyen terme (2014-2015)
Il s’agit d’améliorer progressivement les conditions
de vie en milieu rural, de renforcer des bourgs et
villes existantes, d’aménager et de commencer la
construction des centres urbains nouveaux.
Long terme (2015-2030)
La structuration des quartiers précaires et le
développement des centres urbains nouveaux
s’effectueront au rythme des besoins, sur les plans
définis et réactualisés régulièrement.
Accompagnement de l’investissement privé et mise
en place des infrastructures à toutes les étapes.
Organiser l’espace. Le projet d’organisation et de développement territorial
s’organise dans l’espace autour d’éléments structurants :
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
32
PLAN DE TRANSPORT
Développement des transports
Les transports (marchandises et personnes) sont
nécessaires au bon fonctionnement social et
économique du couloir. Pour améliorer leur
efficacité, il convient :
•De mettre en place des services de transport.
•De développer les équipements nécessaires aux
échanges (cf. Route à deux vitesses).
•De maintenir les infrastructures en état en
procédant à un entretien régulier.
•De mettre en œuvre la politique de sécurité
routière.
La route et ses usages
La route n’est pas seulement le lieu de la circulation
motorisée :
•Le bas côté de la route sert aux déplacements
lents (piétons, ânes, vélos…).
•Au contact des habitations, la route devient
marché, les marchands installant leurs étals au
plus près des flux.
•La surface plane ensoleillée de la bande asphaltée
peut à l’occasion servir de séchoir pour les grains
de riz, de café ou de cacao.
Dévier la route ne peut avoir de sens dans ce
contexte. Il convient plutôt de prendre en compte la
multifonctionnalité de la route dans les projets.
C’est le concept de route à deux vitesses déjà
développé dans le dossier de la Boucle Centre-
Artibonite. Les projets du
Nord / Nord-Est doivent
permettre de mettre en œuvre ces différentes
innovations :
•Développement de contre-allées en terre battue
ou de trottoirs larges en zone urbaine ;
•Implantations de pôles d’échanges et de marchés
dans les villes traversées ;
•Stations de bus tous les km et gares routières aux
différents carrefours.
CARTE RÉGIONALE DES TRANSPORTS COLLECTIFS
Concept de route à deux vitesses
Cf. Dossier Haïti Demain Boucle Centre-Artibonite
Affiche de la sécurité routière / RN6
Lignes à développer :
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
33
MODES D’HABITER ET ACCÈS AUX SERVICES DE BASE
Ce plan d’aménagement a l’ambition de clarifier
la stratégie à mettre en œuvre pour améliorer
l’accès de la population aux différents services
de base. Cette stratégie doit nécessairement
tenir compte de la diversité et de la réalité des
situations rencontrées. Aussi proposons-nous de
classifier ces situations en 3 modes d’habiter
bien distincts :
•L’habitat rural, caractérisé par une faible
densité et une forte autonomie, qui repose
sur une relation harmonieuse d’équilibre
avec la nature.
•Les quartiers précaires, qui conservent les
caractéristiques d’autonomie du milieu rural
mais dont la densité dépasse le seuil critique
au-delà duquel la nature n’est plus en
capacité de jouer son rôle régulateur,
notamment dans le traitement des rejets et
des déchets.
•L’urbain intégré, qui organise la densité et
structure les activités autour d’infrastructures
et d’équipements qui rendent vivables les
fortes densités de population.
Ces 3 modes d’habiter se rencontrent sur tout le
territoire. Nous décrivons dans les pages qui
suivent la stratégie appropriée pour le cadre et
la qualité de vie des habitants dans chacune de
ces situations.
Les différents types d’habitat et l’accès aux services
Habitat rural Quartier précaire Urbain intégré
Eau Autonomie : citernes,
puits et pompes
individuels ou fontaine
publique (point d’accès
collectif)
Point d’accès collectif
Raccordement progressif
au réseau
Développement du
réseau avec captage
contrôlé et château d’eau
Assainissement Autonomie : cabane au
fond du jardin,
fosse d’aisance
Grande précarité
Latrines et bains publics à
développer
Raccordement au tout à
l’égout et traitement des
boues avant rejet
Énergie Autonomie : panneau
solaire individuel ou
point service
Autonomie et
raccordement progressif
aux réseaux
Développement du
réseau et diversification
des sources d’énergie
Communication Autonomie : antennes
relais et points services
Médiathèque et bornes
Wi-Fi
Médiathèque (publique),
cafés internet (privé) et
couverture Wi-Fi
Densité et type
d’occupation du
sol
Rapport à
l’espace
publique et
gabarit des
constructions
Ex. Gens de Nantes
Ex. Meillac Ex. Cap-Haïtien
Ex. Ouanaminthe
Ex. Quartier Morin
Ex. Fort-Liberté
Classification des différents types d’habiter et caractéristiques d’accès aux services de base dans les
différents cas.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
34
AMÉLIORER LES CONDITIONS DE VIE EN MILIEU RURAL
Latrine en milieu rural / Dosmon
Télécommunication :
touche de modernité disséminée sur tout le territoire
Ex. de pompe à eau ludique en Afrique du Sud
© www.playpumps.co.za
S’inspirer du modèle « Digicel »
L’exemple de la téléphonie mobile est
particulièrement intéressant. Aujourd’hui,
quasiment tous les villages se trouvent équipés
d’une antenne relais et d’une borne Digicel, qui
fournissent accès quasiment partout au
téléphone. La technologie mobile a permis de
couvrir très rapidement une très grande part du
territoire. Elle a ainsi dépassé en très peu
d’années les possibilités du réseau filaire et les
contraintes liées au déploiement et à l’entretien
d’un réseau physique lourd.
Deux enseignements doivent être tirés de cet
exemple :
•D’abord le principe de réseau de points qui
hybride l’idée d’interrelation / de système
collectif, et celle d’autosuffisance /
d’autonomie individuelle : les antennes tissent
la toile, les panneaux solaires permettent aux
bornes de fonctionner et d’offrir le service
attendu sans dépendre d’un réseau physique
trop coûteux et trop peu rentable.
•Ensuite, le consentement à payer de la
population pour des services modernes
fonctionnels et efficaces. L’offre crée la
demande.
Développer des points de service
L’exemple des télécommunications peut inspirer
la création de points d’accès à d’autres services,
par exemple :
•Des kiosques fontaines autonomes en énergie
ou dont le dispositif de pompage est ludique
(ex. des pompes sud-africaines qui répondent
à deux besoins essentiels : fournir de l’eau et
offrir des espaces de jeux aux enfants).
•Des classes relais, fonctionnant en réseau
autour des EFACAP pour amener des
enseignements de qualité au plus près des
jeunes enfants habitant dans le milieu rural.
Dans les bourgs ruraux, le développement
d’écoles avec internat (dortoirs et cantine)
permettrait d’accueillir les enfants trop éloignés
de l’école pour y marcher tous les jours.
Renforcer l’autonomie de l’habitat rural
Améliorer le cadre et la qualité de vie dans le
milieu rural, nécessite d’une part de modérer la
croissance démographique pour maintenir
l’équilibre avec le milieu naturel, d’autre part
d’améliorer les services, en renforçant
l’autonomie de l’habitat rural.
Les initiatives suivantes doivent par exemple être
encouragées :
•Construction de citernes et stockage de l’eau
de pluie.
•Équipement solaire individuel.
•Amélioration des types de latrine.
•Développement des bonnes pratiques en
matière d’assainissement, d’hygiène et de
santé.
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
35
DÉVELOPPER L’ACCÈS AUX SERVICES DANS LES VILLES
Faire des rues
et développer les réseaux d’eau et d’assainissement
Construire des latrines
et des salles de bains publiques
Concept des pôles de vie développé dans le dossier de
la Boucle Centre-Artibonite
STADE
PÔLE
MULTIMÉDIA
ÉCOLE
DISPENSAIRE
BLOC
SANITAIRE
Structurer les quartiers précaires
Structurer les quartiers précaires répond à deux
préoccupations :
•Développer l’accès de la population aux
services urbains de base et sortir de la
bidonvilisation ambiante.
•Créer les conditions d’une densification
organisée des villes existantes. Il s’agit d’éviter
deux écueils : celui de la tache d’encre qui
grignote les espaces productifs ; celui de
l’asphyxie qui congestionne la ville, la rend
inefficace et irrespirable.
Recréer la ville sur la ville est un enjeu de taille
qui suppose d’entrer dans des mécanismes
complexes. Mais les phénomènes sont déjà à
l’œuvre. Il s’agit là encore de les organiser. C’est
bien l’objet de ce plan d’aménagement qui devra
être décliné ensuite dans chaque ville dans des
plans directeurs de structuration des quartiers
précaires.
Le premier enjeu de ces plans est de tracer le
réseau viaire, les rues nécessaires pour irriguer
ces quartiers, car :
La rue est axe de services
La rue crée en effet des axes qui facilitent le
déploiement des réseaux urbains et donc l’accès
de la population aux services de base. La rue
n’est que la partie émergée d’un système de VRD
plus complet :
•Système d’assainissement avec canaux
dimensionnés pour réguler les pluies et limiter
les risques d’inondations.
•Réseau d’eau potable.
•Réseau d’évacuation des eaux usées.
•Potentiellement d’autres réseaux : gaz,
électricité, fibre optique…
La rue donne accès aux équipements publics
La rue est aussi un espace public, lieu de
rencontres et d’échanges, support de la vie
urbaine. Elle permet de rejoindre d’autres
espaces et d’autres lieux. La rue donne ainsi
accès aux différents équipements qui pourront
être développés progressivement :
•Places publiques et stades.
•Blocs sanitaires et salles de bains publiques,
associées aux équipements publics.
•Écoles.
•Dispensaires.
•Pôles multimédia.
La rue structure la ville et en permet la
densification
On observe dans les villes du couloir Cap -
Ouanaminthe des dynamiques de densification
déjà à l’œuvre. A Ouanaminthe par exemple, là
où des rues irriguent le tissu urbain, « poussent »
de nouvelles maisons de deux ou trois étages,
remplaçant les anciennes maisons de plain-pied.
L’énergie est là. Il faut l’organiser en fixant les
règles qui permettent de rendre la ville
harmonieuse : alignement, gabarit, hauteurs
maximales, détails architecturaux…
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
36
BELLADÈRE, LA LEÇON D’URBANISME : BÂTIR UNE VILLE NOUVELLE EST POSSIBLE
Inaugurée en 1948, Belladère fut construite sur un
site fort agréable situé à près de 400 m d’altitude,
en pleine campagne. Elle s’étire d’est en ouest sur
la ligne de crête d’une colline surplombant la vallée
agricole de Grande-Plaine. Première cité moderne,
la ville nouvelle surgit, neuve, belle et immaculée,
nous décrit C. Noisy, chroniqueur de l’époque.
En effet, Belladère a cela de particulier qu’elle tient
à la fois d’une composition urbaine simple, choisie
librement par ces concepteurs, et de l’architecture
remarquable de ses édifices administratifs.
Mais la création quasi ex nihilo de cette ville, tient
également d’une certaine volonté de rompre
définitivement avec un aménagement territorial
datant de la colonie de Saint-Domingue et qu’aucun
projet ultérieur n’avait modifié en profondeur.
Le plan de la ville de Belladère a été dressé par le
Service d’Urbanisme des Travaux Publics, sous la
direction de l’Architecte Franck Jeanton, diplômé de
l’École des Beaux- Arts de Paris, assisté de
l’Architecte René Villejoint de l’École Spéciale
d’Architecture de Paris. La construction des
bâtiments administratifs a été réalisée par une
brigade d’Ingénieurs du Département des Travaux
Publics
sous la direction de l’Ingénieur Paul Pereira,
Secrétaire d’État des Travaux Publics. L’exécution
de résidences des fonctionnaires a été réalisée par
l’Ingénieur Clément Paultre.
Très certainement influencés par les principes
d’urbanisme prônés par Auguste Perret et surtout
par Tony Garnier, les concepteurs de cette ville
trouvèrent avec Belladère la première occasion
d’appliquer dans un projet global leur connaissance
souvent acquise à l’étranger, particulièrement en
France, dans les plus grandes écoles d’Architecture,
selon une tradition bien établie en Haïti depuis la
seconde moitié du XIXe siècle.
Des résultats formels des hypothèses et des
réalisations de Garnier, les architectes haïtiens ont
retenu l’essentiel : une clarté de la géométrie
découlant des principes des compositions
architecturales classiques et une cohérence
formelle entre la structure de l’édifice et sa
fonction. Ils ont également appliqué partiellement
certaines hypothèses de composition urbaine de
Garnier : l’adoption de règles capables de générer
des formes et des typologies fortes, telle la
recherche d’une liaison étroite entre espace
intérieur et espace extérieur, facilitant une lecture
du lieu, perçu comme essentielle tant dans la
composition à l’échelle urbaine que dans la
distribution architecturale. La lumière naturelle, les
conditions climatiques, les caractéristiques
morphologiques du site sont pris en compte
en tout
premier lieu et sont déterminants pour les résultats
formels.
Enfin, sur le plan architectural, Belladère va
populariser un langage nouveau qui prédominera
en Haïti tout au cours de la décennie suivante.
Le plan d’urbanisme
La ville obéit à un programme précis : établir un
centre administratif appelé à gérer l’accès et le
commerce par la frontière et accompagner le
développement de la nouvelle colonie agricole de
Baptiste dont elle n‘est distante que de quatorze
kilomètres. Pour cela, nombre de bureaux de l’État
et de services techniques publics y seront
implantés : le Bureau du Service agricole et des
Travaux publics, le Service des Postes et des
Télégraphes, un hôpital, une église et ses
dépendances, un hôtel, un magasins
d’approvisionnement, deux écoles, une caserne et
des services de douanes, une banque, le Bureau des
Contributions et un tribunal. Les fonctions de l’État
y sont également représentées : la Mairie et la
résidence du Délégué, représentant du Chef de
l’État dans la ville. Les résidences destinées à loger
les fonctionnaires de l’État serviront de modèles
aux maisons d’habitations futures. Un quartier pour
loger les ouvriers de la construction sera construit
au préalable.
Le plan épouse la
topographie du site avec
simplicité: une avenue centrale longeant une ligne
de crête et deux embranchements courbes la
rejoignant à l’est et à l’ouest. Une disposition de
bâtiments publics autour de la place, centrale à
l’ensemble, constituait le départ de
l’ordonnancement de la composition.
Il s’agit, en fait, de la première tentative haïtienne
d’urbanisme moderne, dans le sens de la ville née
de la révolution industrielle en Europe.
Daniel Élie, Architecte
Extraits du BULLETIN DE L’ISPAN N° 12 • mai 2010
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
37
BÂTIR DEUX NOUVEAUX CENTRES URBAINS
Le plan de Belladère (1948)
Le damier « Nouveau Monde »
Ex. de Cap-Haïtien ou de Fort-Liberté
La trame de Ferrier
Ex. de tracé dicté par la géographie
Objectifs
Les deux centres urbains modernes doivent
permettre d’accueillir la part la plus importante de
la croissance démographique. Ils doivent permettre
de stopper la croissance de Cap-Haïtien sur la plaine
et contribuer à créer un réseau de villes équilibrées.
Rôle de la puissance publique dans la fondation
des centres urbains modernes
Les pouvoirs publics ne peuvent pas tout construire.
En revanche, ils sont responsables de la mise en
place de la structure de la ville. L’action publique
prendra en compte :
•L’aménagement, c’est-à-dire le tracé et la
construction des rues, des réseaux et des
espaces publics.
•Les services support, c’est-à-dire le captage, le
stockage et l’acheminement de l’eau, la
production et la distribution d’électricité, les
réseaux d’assainissement, le traitement des
eaux usées et la collecte et le traitement des
déchets solides.
•Les équipements publics, à savoir, en priorité,
les écoles, les centres de santé, les pôles
multimédia et les stades et équipements
culturels et sportifs.
•La formalisation et le contrôle des règles à
suivre pour lotir les parcelles et bâtir.
Exemples de trames urbaines
Le territoire haïtien présente deux types d’espaces
urbains structurés :
•Le damier
« Nouveau Monde » avec ses rues
orthogonales et ses îlots réguliers s’est
développé partout en Amérique. Les villes
historiques d’Haïti offrent une variété de
dimensions et de disposition de la trame : rues
étroites et trame resserrée au Cap-Haïtien ; ilots
généreux et rues larges à Fort-Liberté ; Port-au-
Prince, Jacmel, Les Cayes, Jérémie, etc. sont
autant d’autres exemples colorés de
l’application d’un principe simple de
structuration urbaine.
•Les villes dessinées par la géographie dans
lesquelles les rues suivent les courbes de niveau
ou retrouvent les anciens passages hérités de
l’histoire. C’est le cas notamment de Ferrier qui
possède un dessin urbain remarquable où les
rues en Y forment des espaces publics agréables,
où la rue principale s’élargit pour devenir place.
Un dessin tout en douceur. C’est aussi le choix
qui avait été fait pour Belladère où le dessin
urbain, sur la crête d’un mamelon arrondi,
procède à un mouvement d’élargissement
autour de l’axe principal, la route conduisant en
République Dominicaine d’un côté, à Port-au-
Prince de l’autre.
Étapes de mise en œuvre
Les prochaines étapes consistent à :
1.Arrêter le périmètre des projets de centres
urbains et à
en définir la trame.
2.Arrêter un phasage temporel de l’ouverture des
zones à l’urbanisation.
3.Construire la trame permettant à la première
zone de se développer.
4.Construire les équipements publics de la 1
ère
zone et contrôler le suivi des chantiers privés.
5.Ouvrir de nouvelles zones à urbaniser au fur et
à mesure du remplissage des zones ouvertes à
l’urbanisation.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Plan d’aménagement
38
Carrefour La Mort RN3 / RN6 Nouvelle plantation de la maison Grand Marnier Base chantier à Trou-du-Nord
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
39
MISE EN ŒUVRE 3
Mettre en œuvre ce schéma d’aménagement,
c’est d’abord se fixer des objectifs, une
méthode et un calendrier.
C’est ensuite y adhérer collectivement, ce qui
signifie l’engagement de tous, dans la durée :
•Celui de l’État, Présidence et Primature en
tête, qui s’engage dès aujourd’hui à exercer
son rôle de Maître d’Ouvrage, de suivi et de
contrôle.
•Celui des partenaires internationaux,
bailleurs de fonds et ONG, qui s’engagent à
renforcer l’État et à contribuer au
développement du territoire Nord / Nord-
Est dans le cadre fixé par ce schéma et les
plans d’urbanisme qui suivront.
•Celui du secteur privé dont les
investissements au quotidien construisent le
territoire et les villes de demain.
Ce plan d’aménagement a en effet l’ambition
de servir de catalyseur pour structurer le
territoire et en organiser les mutations d’ici à
2030. Il doit servir de guide pour organiser les
actions et interventions de toutes les parties
prenantes.
Enfin, l’énergie de chacun sera nécessaire pour
construire, pierre à pierre, le cadre de vie des
habitants de demain.
Gouvernance et montage opérationnel
Orientations pour l’élaboration des plans d’urbanisme
Pôle de Cap-Haïtien
Pôle de Trou-du-Nord
Pôle de Fort-Liberté
Pôle de Ouanaminthe
Plan d’investissement
Opérations identifiées
Budget
Planning
OBJECTIF 2030
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
40
STRUCTURES DE PILOTAGE DU PROJET D’AMÉNAGEMENT ET DES PROJETS URBAINS
État central
Niveau départemental
Arrondissements
Collectivités
locales
Présidence
Primature
CIAT
MEF MPCE MICT
MARNDR MDE MTPTC
Autres ministères
Directions départementales
Délégations
Vice-délégations
Maires
Casecs
Bureaux déconcentrés
Unités Techniques
d’Aménagement
(UTA)
Agence
Technique
Locale
(ATL)
: Renforcement technique
Agence
Foncière et
Urbaine
(AFUR)
Autorité
d’Aménagement du
Nord/Nord-Est
(AANNE)
Pôles de
développement
Communes
Sections communales Villes
existantes
Centres à
créer
Députés, Sénateurs,
Chambres de commerce,
Société civile,
Acteurs non Étatiques
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
41
ASSURER LA MISE EN ŒUVRE DU PLAN D’AMÉNAGEMENT
Les institutions haïtiennes : État & Collectivités territoriales
définissent le plan d’aménagement et les règles d’urbanisme
Secteur
privé
Bailleurs de
fonds
Société
civile
État
Collectivités
territoriales
ONG
Les différents acteurs contribuent à mettre en œuvre les divers projets qui concrétisent le plan
d’aménagement
La place des différents acteurs dans la construction du territoire
Les quatre pôles urbains correspondent très
exactement aux quatre arrondissements
Pour faire de ce schéma de cohérence territoriale
une réalité, il est nécessaire d’agir à 3 échelles :
Au niveau décentralisé avec des mairies sur
lesquelles reposent l’aménagement urbain. Les
mairies sont assistées d’Agences Techniques Locales
(villes existantes à organiser) ou d’Agence Foncières
et Urbaines (centralités nouvelles) .
Au niveau déconcentré avec les vice-délégations
appuyées par des Unités Techniques
d’Aménagement et en charge de gérer les moyens
d’exécuter le plan d’aménagement et de le faire
respecter.
La cohésion de l’ensemble est assurée par une
Autorité d’Aménagement (l’AANNE) placée au plus
haut niveau de l’État et qui :
•Produit les propositions de textes de lois et
arrêtés nécessaires à la mise en place de
l’architecture institutionnelle de l’ensemble.
•S’appuie sur une forte équipe technique.
•Pilote la recherche de fonds pour les
investissements publics et privés et oriente le
budget.
•Assure la mise à jour du plan d’aménagement.
L’AANNE est en prise directe avec les deux délégués
départementaux concernés à travers lesquels il peut
mobiliser toutes les directions départementales des
ministères.
Un espace de concertation est institutionnalisé au
niveau de
l’AANNE avec d’une part les acteurs non
Étatiques de la zone concernée, notamment les
Chambres de Commerce et d’autre part les élus
(députés et sénateurs).
Chaque ministère inscrit son action dans le cadre
défini par le plan d’aménagement.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
42
Cap-Haïtien
Caracol
Ouanaminthe
Milot
Saint-Raphaël
Hinche
Mirebalais
PAP
180 km
Limbé
Plaisance
Gonaïves
PAP
250 km
République
Dominicaine
Dajabon
Santiago
de los
Caballeros
134 km
Dosmon
Gens de Nantes
Mont Organisé
Capotille
Labadie
LES 4 PÔLES URBAINS DU COULOIR CAP - OUANAMINTHE
Acul des Pins
Vallières
Pôle de Cap-Haïtien
Pôle de Trou-du-Nord
Pôle de Fort-Liberté
Pôle de Ouanaminthe
Monte Cristi
30 km
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
43
PÔLE DE CAP-HAÏTIEN
CAP-HAÏTIEN
QUARTIER MORIN
L
IMONADE
Arrondissement : Cap-Haïtien
Département : Nord
Communes :
Cap-Haïtien, Quartier Morin, Limonade
Population (IHSI 2012) : 340 598 habitants
Pop. urbaine : 279 808 habitants
Pop. rurale : 60 790 habitants
Équipements régionaux :
•Port de Cap-Haïtien
•Aéroport de Cap-Haïtien
•Terminal de croisière de Labadie
•Hôpital Justinien
•Université Roi Henry Christophe
•Pôle d’échanges RN1/RN3/RN6
Principaux enjeux d’aménagement :
•Maîtriser la croissance de la ville de Cap-
Haïtien
•Préserver la plaine pour le développement
agricole
•Récupérer progressivement les berges des
rivières et le littoral de la baie
•Structurer progressivement les quartiers
précaires pour en permettre la densification
•Aménager les espaces à urbaniser
Trou-du-Nord
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
44
Retrouver les berges
du fleuve et le lien à
la bande littorale
Développer la liaison RN1/
RN3/RN6 et une gare routière
Élargir la RN3
et restructurer
le quartier de la Petite Anse
CAPITALE RÉGIONALE DU NORD
Développer
le tourisme
CAP-HAÏTIEN
Commune : Cap-Haïtien
Arrondissement : Cap-Haïtien
Département : Nord
Sections communales : Bande du Nord, Haut du Cap,
Petite Anse
Population (IHSI 2012) : 261 864 habitants
Ville du Cap : 163 222 h (12 842 h/km2)
Petite Anse : 93 586 h (8 138 h/km2)
Sections rurales : 5 056 h (173 h/km2)
Fondation : 1670
Fêtes : Notre Dame de l’Assomption (15/08), Saint-
Jean de Bosco (31/01), Sacré Cœur (juin)
Principales productions : pois, banane, maïs, patate,
manioc, canne à sucre
Enjeux d’aménagement :
•Protéger la plaine contre l’extension de la ville
•Protéger le centre historique
•Structurer la croissance de la ville
•Retrouver le fleuve et la bande littorale
•Développer les infrastructures portuaires
•Construire la liaison RN1/RN3 et une gare
routière
•Désengorger les entrées de la ville
Construire un pont et réhabiliter
le front de mer
Protéger le
centre historique
Structurer et consolider les
quartiers précaires
construits dans les pentes
Préserver la plaine agricole
Redévelopper les
infrastructures
portuaires dans
la baie
Cathédrale Rue A
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
45
Structurer de nouveaux
quartiers autour de la
route Galman jusqu’à la
RN3 par Nan Jesus
Construire un pôle
d’échanges et un marché
Étendre la ville
Développer
un centre
d’artisans
400 m
VILLE DE LA CANNE ET DES DISTILLERIES
Protéger contre les
débordements de la
Grande Rivière
QUARTIER MORIN
Commune : Quartier Morin
Arrondissement : Cap-Haïtien
Département : Nord
Sections communales : Basse Plaine, Morne Pelée
Population (IHSI 2012) : 26 109 habitants
Pop. urbaine : 4 125 h (4 084 hab./km2)
Sections rurales : 21 984 h (370 hab./km2)
Fondation : 1670
Fête patronale : Saint-Louis Roi de France (25/08)
Principales productions : canne à sucre (sirop,
clairin), banane, maïs, patate, manioc, pois congo
Enjeux d’aménagement :
•Protéger des débordements de la Grande Rivière
du Nord
•Structurer l’extension urbaine autour de la route
Galman (rues, places, écoles)
•Étendre la ville autour du cœur de ville
•Construire un pôle d’échanges, un marché et un
centre d’artisanat
•Protéger les terres agricoles à l’extérieur des
limites de la ville et de son extension immédiate
Portail de Quartier Morin
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
46
LIMONADE
Commune : Limonade
Arrondissement : Cap-Haïtien
Département : Nord
Sections communales : Basse Plaine, Bois de Lance,
Roucou
Population (IHSI 2012) : 52 625 habitants
Ville : 17 556 h ( 10 388 h/km2)
Bord de Mer de Limonade : 1 319 h (5 735 h/km2)
Sections rurales : 33 750 h (260 h/km2)
Fondation : 1675
Fête patronale : Sainte-Anne (26/07), Sainte-
Philomène (06/09), Saint-Isidor (15/05).
Principales productions : banane, igname, orange,
citron, manioc, patate, café, mais, haricot
Enjeux d’aménagement :
•Traiter l’entrée Ouest de la ville et construire une
gare routière
•Structurer l’urbanisation des quartiers
•Développer une liaison douce vers l’Université
•Préserver les terres agricoles en dehors de la ville
et de ses extensions structurées
Structurer
l’urbanisation
Développer une
liaison douce
vers l’Université
Traiter
l’entrée ouest
de la ville
Construire une
gare routière
VILLE UNIVERSITAIRE
400 m
Préserver la
plaine agricole
Préserver la
plaine agricole
Préserver la
plaine agricole
Église Sainte- Anne Rue Clocher
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
47
PÔLE DE TROU-DU-NORD
TROU-DU-NORD
C
ARACOL
TERRIER ROUGE
SAINTE SUZANNE
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Communes :
Trou-du-Nord, Caracol, Terrier Rouge, Sainte
Suzanne
Population (IHSI 2012) : 109 745 habitants
Pop. urbaine : 51 598 habitants
Pop. rurale : 58 147 habitants
Équipements régionaux :
•Parc Industriel de Caracol
•Marché de Trou-du-Nord
•Pôle d’échanges RN6
Principaux enjeux d’aménagement :
•Préserver le caractère du village de Caracol
et les écosystèmes côtiers
•Préserver le caractère du village de Sainte
Suzanne et développer une gestion intégrée
du bassin-versant
•Structurer progressivement les quartiers
précaires de Trou-du-Nord et de Terrier
Rouge pour en permettre la densification
•Aménager de nouveaux espaces à urbaniser
autour du lieu-dit Champin et y développer
un nouveau centre urbain
Cap-Haïtien
Fort-Liberté
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
48
Étendre le
maillage
urbain aux
quartiers
précaires
Organiser les transports
Donner de l’épaisseur aux
extensions linéaires Structurer la croissance
Gare de tap-tap de Trou-du-Nord
VILLE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
300 m
TROU-DU-NORD
Commune : Trou-du-Nord
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Sections communales : Garcin, Roucou, Roche Plate
Population (IHSI 2012) : 46 695 habitants
Ville : 24 154 hab. (8 657 hab./km2)
Sections rurales : 22 541 hab. (176 hab./km2)
Fondation : 1695
Fête patronale : Saint Jean-Baptiste (24 juin)
Principales productions : manioc (cassave), maïs,
banane, canne à sucre, arachide (pistache), igname
Enjeux d’aménagement :
•Protéger contre les inondations
•Revoir le système d’assainissement et faciliter
l’écoulement de la ravine dans la rivière
•Étendre le maillage urbain aux quartiers précaires
•Structurer la croissance
•Donner de l’épaisseur aux extensions linéaires
•Mettre en valeur les lieux de pèlerinage et les
berges de la rivière
Protéger des inondations
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
49
Les salines et le village de Caracol
Projet touristique
Protéger la côte et les mangroves
Protéger le village
et le parc des salines
contre les inondations
Développer les
transports
Étendre la ville vers le Sud tout en
préservant les terres agricoles et
l’équilibre du village
VILLAGE DU SEL ET DE LA MER
325 m
CARACOL
Commune : Caracol
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Sections communales : Champin, Glaudine ou
Jacquesy
Population (IHSI 2012) : 7 362 hab.
Ville de Caracol : 2 979 hab. (14 186 hab./km2)
Sections rurales : 4 383 hab. (59 hab./km2)
Fondation : 1685 (colonisation espagnole)
Fête patronale : Sainte Élizabeth (7 juillet ) et Sainte
La Merci (26 septembre)
Principales productions : manioc, haricot, arachide
(pistache), banane, patate, sel, concombre de mer,
pêche
Enjeux d’aménagement :
•Limiter la croissance du village et préserver
l’écosystème côtier
•Accompagner une croissance raisonnable de la
ville vers le Sud
•Protéger la ville des inondations par la terre
(assainissement et canalisation des rivières) et
par la mer (digue de protection)
•Protéger l’environnement et développer un
projet touristique sur la côte
Quartiers à structurer
Tout en préservant le caractère rural du village
Cœur de village
à aménager
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
50
Place centrale de Terrier Rouge
VILLE DES GARAGES MÉCANIQUES TERRIER ROUGE
Commune : Terrier Rouge
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Sections communales : Fond Blanc, Grand Bassin
Population (IHSI 2012) : 28 938 habitants
Ville :13 876 h (9 251 h/km2)
Quartier de Grand-Bassin : 8 379 h (4 554 h/km2)
Sections rurales : 6 683 h (40 h/km2)
Fondation : 1707
Fêtes : St-Pierre (29/06), Notre-Dame de Lourdes
(11/02), Ste-Thérèse de l’Enfant Jésus (01/10)
Principales productions : pois, maïs, manioc, patate,
banane, igname, malanga, légumes, calalou,
arachide (mamba), canne à sucre, mangue, avocat,
citron
Enjeux d’aménagement :
•Doter la RN6 d’une contre-allée piétonne
•Construire une gare routière
•Structurer et densifier l’urbanisation existante
•Préserver les terres agricoles
Doter la RN6
d’une contre-
allée piétonne
Mettre en valeur
le centre-ville
Construire une gare routière
Structurer et densifier la couronne urbaine
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
51
Préserver le caractère
rural du village
Structurer
l’urbanisation
BOURG JARDIN SAINTE SUZANNE
Commune : Sainte Suzanne
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Sections communales : Foulon, Bois Blanc,
Côtelette, Sarazin, Moka Neuf, Fond Bleu
Population (IHSI 2012) : 26 750 habitants
Ville de Sainte Suzanne : 1 712 h (9 511 h/km2)
Dupity : 498 h (553 h/km2)
Sections rurales : 24 540 h (193 h/km2)
Fondation : 1685
Fête patronale : Sainte Suzanne (11/08)
Principales productions : cacao, café, citron vert,
goyave
Enjeux d’aménagement :
•Préserver le caractère rural du village
•Structurer l’urbanisation
•Construire une gare routière
•Améliorer la liaison vers Limonade
•Promouvoir l’agro-foresterie dans les mornes
alentours
Construire une gare routière
Améliorer la liaison
vers Limonade
Sainte Suzanne vue des mornes
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
52
CHAMPIN
Pôle : Trou-du-Nord
Arrondissement : Trou-du-Nord
Département : Nord-Est
Fondation : 2013
Programme quantitatif (2030) :
Population (capacité 2030) : 120 000 habitants
Rythme d’urbanisation : 6 000 hab./an
Besoins Éducation : pouvoir accueillir 60 000 enfants
(soit 3000 enfants supplémentaires chaque année)
Besoins Santé : hôpital universitaire 300 lits
Enjeux d’aménagement :
•Délimiter le périmètre de la zone constructible et
préserver les zones agricoles et l’environnement
en dehors de ce périmètre
•Préserver des zones tampons autour des rivières
et ravines et concevoir des parcs urbains
•Dessiner un plan urbain généreux en espace
public (principe des 1/3, 2/3)
•Définir un règlement d’urbanisme qui permette
d’atteindre la densité escomptée
CENTRE URBAIN MODERNE À DÉVELOPPER
Zones non constructibles : espace agricole, zone tampon des rivières et ravines, parc urbain
Campus de l’Université et hôpital universitaire
Zones industrielles : parc industriel, usine électrique, stockage des déchets
Zones de services : marché, gare routière, station service
Zones constructibles : zones à aménager pour bâtir les différents quartiers du centre urbain
RN6
Vers Limonade
et Cap-Haïtien
Vers Terrier Rouge
et Ouanaminthe
RN6
Jacquezy
Caracol
Trou
du Nord
PIC
Champin
UEH
Grand-Marnier
Principe de connexion : liaison piétons – cycles – motos
2 km
Les étapes à suivre :
•Valider le site d’implantation
•Entamer le processus de maîtrise foncière
•Dessiner le plan et définir les règles d’urbanisme
•Programmer le phasage de l’aménagement
•Aménager une première zone
•Allotir la première zone
•Bâtir les équipements publics de la 1
ère
zone
•Au fur et à mesure du développement du centre
urbain, ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
53
PÔLE DE FORT-LIBERTÉ
FORT-LIBERTÉ
F
ERRIER
Arrondissement : Fort-Liberté
Département : Nord-Est
Communes :
Fort-Liberté, Ferrier, Perches
Population (IHSI 2012) : 57 862 habitants
Pop. urbaine : 38 794 habitants
Pop. rurale : 19 068 habitants
Équipements régionaux :
•Pôle administratif
•Hôpital Régional de Fort-Liberté
•Marché au riz de Ferrier
•Pôle d’échanges RN6
Principaux enjeux d’aménagement :
•Restaurer et mettre en valeur le patrimoine
historique
•Développer un complexe touristique sur la
côte
•Irriguer pour mettre en valeur les terres
agricoles
•Densifier progressivement la ville de Fort-
Liberté
•Aménager de nouveaux espaces à urbaniser
autour du Carrefour Chevry et y développer
un nouveau centre urbain
Pepillo
Salcedo
Monte Cristi
30 km
République
Dominicaine
Trou-du-Nord
Ouanaminthe
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
54
CAPITALE HISTORIQUE DU NORD-EST FORT-LIBERTÉ
Commune : Fort-Liberté
Arrondissement : Fort-Liberté
Département : Nord-Est
Sections communales : Dumas, Bayaha, Loiseau,
Haut Madeleine
Population (IHSI 2012) : 32 861 habitants
Ville : 20 399 h (10 049 h/km2)
Dérac : 1 839 h (2 590 h/km2)
Acul Samedi : 2 267 h (3 488 h/km2)
Sections rurales : 8 356 h (35 h/km2)
Fondation : 1725 (Saint-Domingue), 1730 (Fort-
Dauphin)
Fête : St-Joseph (19/03), St-Francis (03/11, Acul
Samedi)
Principales productions : riz, maïs, arachide, manioc,
haricot, banane, pois, canne à sucre, igname, avocat
Enjeux d’aménagement :
•Protéger le patrimoine historique
•Mettre en valeur le damier historique
•Protéger la mangrove et le littoral
•Structurer et densifier l’extension vers le Sud
Mettre en valeur le
damier historique
Protéger la
mangrove
Protéger le patrimoine
historique
Structurer et densifier
l’extension vers le Sud
Protéger le littoral
Cathédrale de Fort-Liberté
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
55
Place centrale de Ferrier
VILLE DU RIZ FERRIER
Commune : Ferrier
Arrondissement : Fort-Liberté
Département : Nord-Est
Sections communales : Bas Maribaroux
Population (IHSI 2012) : 13 973 habitants
Ville : 8 165 h (7 560 h/km2)
Sections rurales : 5 808 h (84 h/km2)
Fondation : érigée en commune en 1948
Fête : Saint-Charles Borromée (04/11)
Principales productions : riz, banane, maïs, haricot,
canne à sucre, arachide
Enjeux d’aménagement :
•Préserver la forme urbaine du centre ville et
renforcer la mise en valeur les espaces publics
•Donner de l’épaisseur et structurer l’urbanisation
le long de la route
•Structurer et densifier l’urbanisation
•Protéger un espace tampon de part et d’autre de
la rivière
•Construire une gare routière
Donner de l’épaisseur et structurer l’urbanisation
le long de la route
Structurer et densifier l’urbanisation
Préserver la forme urbaine
du centre-ville et mettre en
valeur les espaces publics
Protéger un espace tampon de part et d’autre
de la rivière
Construire une
gare routière
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
56
CARREFOUR CHEVRY
Pôle : Fort-Liberté
Arrondissement : Fort-Liberté
Département : Nord-Est
Fondation : 2013
Programme quantitatif (2030) :
Population (capacité 2030) : 120 000 habitants
Rythme d’urbanisation : 6 000 hab./an
Besoins Éducation : pouvoir accueillir 60 000 enfants
(soit 3000 enfants supplémentaires chaque année)
Besoins Santé : hôpital régional de 300 lits
Enjeux d’aménagement :
•Délimiter le périmètre de la zone constructible et
préserver les zones agricoles et l’environnement
en dehors de ce périmètre
•Préserver des zones tampons autour des rivières
et ravines et concevoir des parcs urbains
•Dessiner un plan urbain généreux en espace
public (principe des 1/3, 2/3)
•Définir un règlement d’urbanisme qui permette
d’atteindre la densité escomptée
CENTRE URBAIN MODERNE À DÉVELOPPER
Zones non constructibles : espace agricole, zone tampon des rivières et ravines, parc urbain
Zone industrielle : parc éolien
Zones de services : marché, gare routière, station service
Zones constructibles : zones à aménager pour bâtir les différents quartiers du centre urbain
Principe de connexion : liaison piétons – cycles – motos
2 km
Ferrier
Fort-Liberté
Dérac
Meilhac
Pepillo
Salcedo
RN6 vers Terrier
Rouge et Cap-Haïtien
RN6 vers Ouanaminthe
et Dajabon Vers Acul Samedi
Zones touristique : projet de resort
Les étapes à suivre :
•Valider le site d’implantation
•Entamer le processus de maîtrise foncière
•Dessiner le plan et définir les règles d’urbanisme
•Programmer le phasage de l’aménagement
•Aménager une première zone
•Allotir la première zone
•Bâtir les équipements publics de la 1
ère
zone
•Au fur et à mesure du développement du centre
urbain, ouvrir de nouvelles zones à l’urbanisation
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
57
PÔLE DE OUANAMINTHE
OUANAMINTHE
Arrondissement : Ouanaminthe
Département : Nord-Est
Communes :
Ouanaminthe, Capotille, Mont Organisé
Population (IHSI 2012) : 139 791 habitants
Pop. urbaine : 70 063 habitants
Pop. rurale : 69 728 habitants
Équipements régionaux :
•Marché transfrontalier
•Poste frontière
•Zone franche
•Pôle d’échanges RN6
Principaux enjeux d’aménagement :
•Structurer progressivement les quartiers
précaires pour en permettre la densification
•Aménager les espaces à urbaniser
•Construire une route de contournement au
Nord et un second pont sur la Rivière
Massacre pour faciliter les échanges
•Investir dans les routes reliant Ouanaminthe
à la Boucle Centre-Artibonite pour sortir du
couloir Cap - Ouanaminthe et désenclaver
l’arrière- pays
Trou-du-Nord
Fort-Liberté
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
58
Quartiers précaires à structurer
Ceinture agricole et zone tampon de la
rivière Massacre à préserver
Cœur de ville à mettre en valeur
Zone des
échanges à
aménager
OUANAMINTHE
Commune : Ouanaminthe
Arrondissement : Ouanaminthe
Département : Nord-Est
Sections communales : Haut Maribaroux , Acul des
Pins, Savane Longue, Savane au Lait, Gens de Nantes
Population (IHSI 2012) : 101 280 habitants
Ville : 64 524 h (20 549 h/km2)
Sections rurales : 36 756 h (188 h/km2)
Fondation : fondée par les français comme avant-
poste et pôle d’échange commercial avec les
espagnols, élevée au rang de commune en 1807
Fête : Notre-Dame de l’Assomption (15/08)
Principales productions : maïs, arachide, riz, pois
congo, manioc, banane, haricot, patate, canne à
sucre, orange
Enjeux d’aménagement :
•Aménager entrées de ville et zone d’échanges
•Mettre en valeur le cœur de ville
•Restructurer les quartiers précaires et les
expansions urbaines
•Préserver la ceinture agricole et les berges
Rue principale de Ouanaminthe (RN6)
Route de contournement
et nouveau pont
VILLE FRONTIÈRE
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
59
PLAN D’INVESTISSEMENT
Pôle de Cap-Haïtien
Identification des opérations à conduire Thématique Phasage MOA
Renforcement système EFACAP Éducation Moyen terme MEN
Gares routières RN6 (16 gares à dév. en plus des pôles d'échanges) Équipements Moyen terme MTPTC
Stations de bus RN6 (environ 20 plateformes en plus des gares et
pôles d'échanges) Équipements Long terme MTPTC
Gares routières du couloir Cap - Ouanaminthe hors RN6 (15 gares à
dév. dans les différents bourgs) Équipements Moyen terme MTPTC
Stations de bus RN3 Équipements Long terme MTPTC
Stations de bus RN1 Équipements Long terme MTPTC
Pôles de vie (un dans chacune des 37 sections rurales du couloir Cap -
Ouanaminthe) + Panneaux solaires Équipements Moyen terme Communes
Contre-allées RN6 sections urbaines (Quartier Morin, Limonade,
Terrier Rouge) Infrastructures Court terme MTPTC
Contre-allées RN6 sections rurales (La Hatte Cachette, Malféty, Dépé) Infrastructures Moyen terme MTPTC
Route à deux vitesses sur tout l'axe RN6 Infrastructures Long terme MTPTC
Identification des opérations à conduire Thématique Phasage MOA
Centre de stockage des déchets Déchets Court terme MTPTC
Centre de formation professionnelle Quartier Morin Éducation Moyen terme MEN
Bassin Mambo Env. / Tourisme Moyen terme ME
Pôle d'échanges Cap-Haïtien Équipements Court terme MTPTC
Marché aux agrumes / Limonade Équipements Moyen terme Commune
Marché artisans / Quartier Morin Équipements Moyen terme Commune
Rocade 1 Cap-Haïtien Infrastructures Moyen terme MTPTC
Rocade 2 Cap-Haïtien Infrastructures Long terme MTPTC
Port Cap-Haïtien Infrastructures Moyen terme MTPTC
Pont pour désenclaver le port de Cap-Haïtien Infrastructures Moyen terme MTPTC
Aéroport Cap-Haïtien Infrastructures Court terme MTPTC
Route Acul du Nord - Milot Infra/Tourisme Moyen terme MTPTC
Pont Bréda Patrimoine Moyen terme ISPAN
Damier de Cap-Haïtien Patrimoine Moyen terme ISPAN
Site archéologique de Puerto Real Patrimoine Moyen terme ISPAN
Hôpital universitaire Santé Moyen terme MSPP
Études d'urbanisme et aménagement de Cap-Haïtien Urbanisme Court terme Commune
Aménagement et extension de Quartier Morin Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et extension de Limonade Urbanisme Moyen terme Commune
Couloir Cap - Ouanaminthe
NB : Estimation des coûts
d’opération en cours de chiffrage
MOA = Maître d’ouvrage
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
60
Identification des opérations à conduire Thématique Phasage MOA
Saut d'Acul des Pins Env. / Tourisme Moyen terme ME
Pôle d'échanges Ouanaminthe Équipements Court terme MTPTC
Marché transfrontalier / Ouanaminthe Équipements Court terme Commune
Contournement Nord Ouanaminthe + Pont sur Rivière Massacre Infrastructures Moyen terme MTPTC
Étude d'urbanisme et aménagement de Ouanaminthe Urbanisme Court terme Commune
Aménagement et extension de Dosmon Urbanisme Moyen terme Commune Aménagement et extension de Gens de Nantes Urbanisme Long terme Commune
Identification des opérations à conduire Thématique Phasage MOA
Centre de formation professionnel Terrier Rouge (mécanique) Éducation Moyen terme MEN
Pôle d'échanges Trou-du-Nord Équipements Court terme MTPTC
Marché aux bestiaux / Terrier Rouge Équipements Moyen terme Commune
Hieroglyphes de Sainte Suzanne Patrimoine Moyen terme ISPAN
Étude d'urbanisme et aménagement ville nouvelle Chabert Urbanisme Court terme CIAT
Aménagement et extension de Trou-du-Nord Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et embellissement de Sainte Suzanne Urbanisme Long terme Commune
Aménagement et embellissement de Caracol Urbanisme Long terme Commune
Aménagement et extension de Terrier Rouge Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et extension de Grand Bassin Urbanisme Long terme Commune
Pôle de Trou-du-Nord
Pôle de Fort-Liberté
Pôle de Ouanaminthe
Identification des opérations à conduire Thématique Phasage MOA
Mise en valeur des terres de la plantation Dauphin Agriculture Court terme MARNDR
Centre de stockage des déchets Déchets Court terme MTPTC
Projet éolien Énergie Moyen terme MTPTC/BME
Plage de Phaëton Env. / Tourisme Moyen terme MT
Pôle d'échanges Fort-Liberté Équipements Court terme MTPTC
Marché au riz / Ferrier Équipements Existant Commune
Marché aux poissons / Phaëton Équipements Long terme Commune
Route Fort-Liberté - Pepillo Salcedo + Pont sur Rivière Massacre Infrastructures Moyen terme MTPTC
Pont colonial de Ferrier Patrimoine Long terme ISPAN
Damier de Fort-Liberté Patrimoine Court terme ISPAN
Hôpital régional Santé Moyen terme MSPP
Projet de resort touristique Tourisme Court terme MT
Étude d'urbanisme et aménagement ville nouvelle Fort-Liberté Urbanisme Court terme CIAT
Aménagement et extension de Fort-Liberté Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et extension de Ferrier Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et extension de Dérac Urbanisme Moyen terme Commune
Aménagement et extension d'Acul Samedi Urbanisme Long terme Commune
Aménagement et extension des Perches Urbanisme Long terme Commune
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est
61
Action 2012 T1
2013
T2
2013
T3
2013
T4
2013
2014 2015 2020 2025 2030
Études initiales
Validation du schéma d’aménagement régional
Plans d’aménagement et d’extension des villes existantes
Études d’urbanisme de Cap-Haïtien et Ouanaminthe
Plans d’urbanisme des centres urbains nouveaux
Plans directeurs de structuration des quartiers précaires
Procédures
Élaboration et validation du plan d’investissement
Intégration au budget national
Programme d’appui à la gouvernance
Mobilisation foncière
Travaux / Réalisations
Aménagement des centres urbains nouveaux
Construction progressive des équipements publics
Allotissement progressif des zones à bâtir
Restructuration et densification progressive des quartiers précaires
CHRONOGRAMME DES ACTIONS À CONDUIRE
Un processus à enclencher rapidement
Le Parc industriel de Caracol étant déjà opératif et la
dynamique qu’il induit déjà en marche, il est urgent
de décliner ce plan d’aménagement en actions
concrètes sur le terrain. La priorité doit être donnée
à l’identification des périmètres pour les centres
urbains nouveaux, à leur étude et leur mise en
œuvre.
Un processus progressif et itératif
Le plan d’aménagement est par essence progressif :
il fixe le cadre pour les développements des vingt
prochaines années. Il a pour vocation d’être itératif.
Il sera régulièrement évalué et corrigé pour tenir
compte de la réalité de la croissance démographique
et des développements.
Couloir Cap - Ouanaminthe / Mise en œuvre
62
Dossier de synthèse réalisé :
• par le Secrétariat Technique
du Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire
www.ciat.gouv.ht
• avec l’appui de Yann MARTINEAU
Oryzhom - conseil en aménagement durable
www.oryzhom.eu
• sur la base du travail préparatoire
d’American Institute of Architects (AIA)
www.aia.org
Et financé par :
• le Ministère de l’Économie et des Finances
• la BID, l’USAID et la Banque Mondiale
Jour de marché à Ouanaminthe / Pont enjambant la Rivière Massacre
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
PRIMATURE
CIAT
Crédits photos : Yann Martineau (Oryzhom) sauf mention contraire inscrite dans la légende des photos (p.29a, p.34b) ou précisée ici : Véronique Dorner (p.17, p.21 photos b et c, p.49) ; Daniel Élie (p.19a et p.36).
CIAT - plan d’aménagement du Nord / Nord-Est