(2025) Revue Compétences Financières, Vol. 3 (2025)
Resume — Ce troisième volume de la Revue Développement des Connaissances et Compétences Financières (RDCCF) encourage l'adoption des innovations financières numériques pour une inclusion financière responsable et une meilleure santé financière. Il aborde les opportunités et les défis présentés par la digitalisation de l'économie, accélérée par la pandémie de COVID-19.
Constats Cles
- Les services financiers numériques se développent mais exposent les utilisateurs à de nouveaux risques de fraude.
- L'éducation financière et la protection des consommateurs sont cruciales à l'ère numérique.
- La collaboration entre les régulateurs, les institutions financières et les consommateurs est essentielle.
- La BRH s'engage à promouvoir l'inclusion financière et la stabilité.
- La confidentialité et la sécurité des données sont des défis majeurs.
Description Complete
Ce troisième volume de la Revue Développement des Connaissances et Compétences Financières (RDCCF) vise à encourager une plus grande appropriation des innovations financières digitales pour une inclusion financière numérique responsable et une meilleure santé financière. Bien que la digitalisation offre de nombreuses opportunités en matière d'inclusion financière, de traçabilité et d'efficience, ce changement de paradigme, accéléré par la pandémie de COVID-19, présente également de nouveaux défis. La revue souligne l'importance de la protection des consommateurs et de l'éducation financière à l'ère numérique, en fournissant des informations et des stratégies pour naviguer dans le paysage financier en évolution et atténuer les risques associés aux services financiers numériques.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
REVUE DÉVELOPPEMENT
DE
CONNAISSANCES & COMPÉTENCES
FINANCIÈRES
MARS 2025
RDCCF-VOL.III
SOMMAIRE
01
02
03
04
05
06
07
08
09VUE D’ENSEMBLE
DE L’INCLUSION FINANCIÈRE DIGITALE AUX PAIEMENTS
INSTANTANÉS
AUX COMPORTEMENTS FINANCIERS CHANGEANTS : UNE
RÉFLEXION SUR LA PROTECTION DES CONSOMMATEURS
FINANCIERS
LES TENDANCES DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES
RECONFIGURÉES - RATIONALITÉ
AU RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC BÉATRICE : UNE
LEÇON DE PRUDENCE POUR LES E-INVESTISSEURS
MOYENS DE PAIEMENT DIGITALISÉS ET INCLUSION
NUMÉRIQUE DURABLE - RATIONALITÉ
DES DÉFIS PERSISTANTS : RENFORCER LA VIGILANCE DES
USAGERS FINANCIERS- RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL
AU RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC PEDRO :
RENFORCER LA VIGILANCE DES USAGERS FINANCIERS
CONCLUSION
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FIGURES
FIGURE 1 : CERTAINS MÉCANISMES DE PAIEMENTS LOCAUX ET
INTERNATIONAUX
FIGURE 2 : LES 7 AXES DE LA SMART CAMPAIGN DE LA
PROTECTION DES CONSOMMATEURS FINANCIERS
FIGURE 3 : PRINCIPES DU G20 SUR LA PROTECTION DES
CONSOMMATEURS DE SERVICES FINANCIERS
FIGURE 4 : LES PRODUITS DÉRIVÉS DE LA FRAUDE
FIGURE 5 : QUELQUES CIRCULAIRES SUR LA PROTECTION DES
CONSOMMATEURS FINANCIERS
FIGURE 6 : L’INTERCONNEXION ENTRE LES AGENTS
ÉCONOMIQUES ET FINANCIERS
FIGURE 7 : RÉPARTITION RÉGIONALE DE L’UTILISATION DES
PORTEFEUILLES ÉLECTRONIQUES EN HAÏTI
FIGURE 8 : APPROCHE RÉFLÉCHIE DE BÉATRICE, SUGGÉRÉE PAR
LES PRINCIPES DE LA SMART CAMPAIGN
FIGURE 9 : UTILISATION DES PRODUITS FINANCIERS
FIGURE 10 : TROIS (3) LEÇONS TIRÉES PAR PEDRO GRÂCE AUX
SERVICES NUMÉRIQUES
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01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
.
AFI
BIC
BRH
CGAP
CONATEL
DCCF
FINSCOPE
FMI
FSP
IAFCI
MFT
MPME
MTPTC
NTIC
OCDE
RDCCF
UNSGSA
USAID
ALLIANCE POUR L’INCLUSION FINANCIÈRE
BUREAU DE L’INFORMATION SUR LE CRÉDIT
BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAITI
GROUPE D’ASSISTANCE AUX PAUVRES
CONSEIL NATIONAL DES TÉLÉCOMMUNICATIONS
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ENQUÊTE SUR LA DEMANDE DES PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
FOURNISSEUR DE SERVICES DE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE
ASSOCIATION INTERNATIONALE DES ENQUÊTEURS SUR LES CRIMES FINANCIERS
MICROFINANCE TRANSPARENCY
MICRO PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES
MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS TRANSPORTS ET COMMUNICATIONS
NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES
REVUE DE DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET DE COMPÉTENCES FINANCIÈRES
UNITED NATIONS SECRETARY-GENERAL’S SPECIAL ADVOCATE FOR FINANCIAL HEALTH
AGENCE INTERAMÉRICAINE POUR LE DÉVELOPPEMENT
VUE D’ENSEMBLE
Le rapport phare « Doing Business » de la Banque Mondiale a changé de dénomination
cette année pour devenir « Business Ready », afin de mieux refléter les évolutions du
commerce international et l’impact croissant de la digitalisation de l’économie. Il reconnaît
que l’adoption des technologies facilite, sans aucun doute, les échanges commerciaux
et permet de rendre les paiements plus rapides et accessibles à une échelle plus large.
Cette nouvelle appellation met en lumière l’importance de s’adapter à un environnement
économique où les technologies financières numériques jouent un rôle de plus en plus
important. Selon la Banque Mondiale, « la digitalisation facilitera l’universalisation de
l’accès aux services financiers, d’ici 2030 ». (Banque Mondiale, 2024).
Ce volume III de la revue Développement des Compétences et Connaissances
Financières (RDCCF) vise à encourager une plus grande appropriation des innovations
financières digitales pour une inclusion financière numérique responsable et une meilleure
santé financière des consommateurs financiers. Cependant, malgré les nombreuses
opportunités offertes par la digitalisation en matière d’inclusion financière, de traçabilité et
d’efficience, ce changement de paradigme dans l’économie, accéléré par la pandémie de
COVID-19, présente également de nouveaux défis.
Au niveau mondial, mais aussi localement, notamment en raison de la crise
multidimensionnelle, la protection des données des clients et la sécurité des transactions
constituent des défis majeurs. Il est donc essentiel de sensibiliser les utilisateurs de
services financiers aux bonnes pratiques en matière de sécurité, afin qu’ils puissent tirer
pleinement parti des innovations numériques tout en préservant leur santé financière.
Dans le cadre des initiatives liées à l’éducation financière et à la protection des
consommateurs financiers, et dans la continuité des objectifs de la deuxième édition, ce
nouveau volume de la RDCCF s’engage à informer et à sensibiliser le public aux risques
financiers associés à l’utilisation des technologies financières. L’objectif est de renforcer
leur résilience numérique et leur capacité à faire face aux défis actuels, particulièrement
en cette période de crise.
En équipant les consommateurs financiers, cette nouvelle parution entend leur offrir
les clés pour une gestion plus éclairée de leurs finances personnelles, une meilleure
intégration des solutions financières numériques dans leur quotidien. Également intégrée
à la 13
e
édition de la Semaine de l’Éducation Financière du mois de mars 2025, elle a pour
objectif de protéger les utilisateurs financiers contre certains risques et de renforcer leur
confiance dans l’écosystème.
9
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DE L’INCLUSION FINANCIÈRE DIGITALE
INSTANTANÉE
Dans l’agenda des décideurs politiques mondiaux, accélérer l’utilisation des mécanismes
financiers numériques pour réduire les coûts, élargir l’échelle et étendre la portée des
services financiers est crucial pour atteindre l’inclusion financière universelle d’ici 2030.
(CGAP, 2021). Un paiement instantané est une transaction financière qui est réglée
et finalisée en temps réel, permettant au bénéficiaire de recevoir les fonds presque
immédiatement. Ce type d’opération est traité généralement en moins de 10 secondes. Le
niveau de rapidité varie suivant les systèmes de paiement et les infrastructures utilisées.
Selon l’enquête nationale sur les tendances des consommateurs réalisée en 2018,
23 % des personnes interviewées étaient déjà enregistrées en tant qu’utilisateurs de
portefeuille électronique. Réagissant sur les motivations de leur choix et les contraintes,
49 % affirment qu’il s’agit d’un moyen de paiement pratique, et 45 % estiment que les
transactions ne sont pas coûteuses. Les interviewées souhaitent que ce type d’opération
contribue à améliorer l’efficacité des paiements, à réduire les délais de traitement des
transactions et soit de plus en plus adopté. (FinScope, 2018).
06
SEPA SCT Inst
(transferts de fonds
instantanés
interbancaires)
01
PayPal
(paiement
en ligne)
03
Venmo
04
FSP
(des fonds
entre comptes
bancaires)
05
Zelle
(transferts de fonds
instantanés
interbancaires)
02
Google Pay :
paiements instantanés
en ligne ou en magasin
via téléphone, transferts
instantanés entre comptes
bancaires liés.
11
Interact
(Transfert de fonds
interbancaires)
08
MonCash
(Transfert de fonds
instantané
par téléphone)
09
NatCash
(Transfert de fonds
nstantané
par téléphone)
10
Alipay
et
WeChat Pay
(paiements en ligne
et en magasin)
12
Payoneer
07
SPIH
(Transfert de fonds
interbancaires)
Source : Recherche documentaire, 2024
Figure 1 : : : : :Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Le schéma n° 1 ci-dessus met en évidence la tendance, tant au niveau international que
local, selon laquelle certaines de ces innovations visent à permettre des transferts de
10
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
fonds instantanés ( Zelle, Interact...), en quelques secondes, de manière quotidienne
et continue. D’autres facilitent les paiements rapides pour les achats en ligne ou entre
particuliers, contribuant ainsi à fluidifier les transactions financières.
Les mécanismes de paiement répertoriés
plus haut se ressemblent tous, tout en se
distinguant les uns des autres, en fonction
de nombreux paramètres tels que : les
spécificités infrastructurelles, le cadre
juridique et légal et la régulation financière
de chaque pays. En Haïti, la conformité
des activités financières digitales est
régie par la circulaire 121 émise par la
Banque de la République d’Haïti (BRH).
Soulignons toutefois que le régulateur
des activités de télécommunication est le
Conseil National des Télécommunications
(CONATEL), relevant du Ministère des
Travaux Publics, Transports et Communi-
cations (MTPTC).
Dans ce nouveau paysage financier, les
données occupent une place centrale,
influençant tous les aspects du secteur
financier, de la définition des produits
et de l’analyse des préférences des
consommateurs, jusqu’à la prévention
et la gestion des risques financiers. Bien que les innovations facilitent l’accès aux
services financiers, elles soulèvent également des questions cruciales, notamment en
ce qui concerne les comportements de consommation, la protection des consommateurs
financiers et l’éducation financière numérique.
Le Saviez Vous?
En Haïti, toute entreprise
désirant proposer des services de
paiement électronique doit obtenir
une autorisation préalable de la
Banque de la République d'Haïti
(BRH).
Cette démarche, encadrée
par la Circulaire 121 relative aux
Fournisseurs de Services de
Paiement Électronique, vise à
garantir que le projet respecte les
normes réglementaires, s’aligne
sur les objectifs stratégiques de la
BRH et favorise le développement
du secteur financier national.
11
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX COMPORTEMENTS FINANCIERS CHANGEANTS :
UNE RÉFLEXION SUR LA PROTECTION DES
CONSOMMATEURS FINANCIERS
La montée et l’usage croissants des innovations
financières, qui simplifient l’accès aux services
financiers, exercent un impact important sur
la finance comportementale. En effet, elles
modifient non seulement les habitudes des
consommateurs financiers, mais influencent
également leurs comportements financiers en les
exposant davantage aux nouvelles opportunités.
Selon, Dean Karlan, l’éminent économiste et
professeur, « l’accès aux paiements instantanés
et mobiles permet aux usagers de mieux gérer
leurs finances personnelles, favorisant ainsi des
comportements financiers plus responsables
et une gestion plus efficace de leurs flux
financiers ». (Karlan et al. ; 2016).
POUR UN SYSTÈME FINANCIER PLUS TRANSPARENT: LE CFI
SOUTIENT LE SMART CAMPAIGN
Les réflexions sur la problématique de transparence dans les services financiers ont
commencé à gagner du terrain à partir de 2008. Lancé en 2009, le mouvement « Smart
Campaign » de la Microfinance Transparency (MFT) a été l’un des principaux moteurs de
la mobilisation en faveur de l’intégration de pratiques plus responsables et éthiques dans
la commercialisation des produits financiers. Elle a notamment insisté sur l’importance
de prendre en compte la capacité de remboursement des clients, de promouvoir leur
éducation financière et de garantir des recours contre les abus. Les principaux axes de la
campagne sont résumés dans la figure suivante :
06
Confidentialité
des données
des clients
01
Conception et
distribution
de produits
appropriés
03
Transparence
04
Tarification
responsable
05
Traitement
équitable
et respectueux
des clients
02
Prévention
du
surendettement
07
Mécanisme
de résolution
des plaintes
Figure 2 : : : : :Les 7 axes de la Smart Campaign de la protection des consommateurs financiers
Le Saviez Vous?
Pour assurer une protection
efficace des consommateurs
financiers, les Nations-Unies
recommandent :
L'élaboration de lois et
politiques adaptées,
La mise en place
d’arrangements
institutionnels solides,
L’adoption des codes de
bonne conduite par les
acteurs économiques.
1
2
3
12
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Les mesures promues dans le cadre de
la campagne plus haut suggèrent que la
protection des consommateurs financiers,
tout comme l’inclusion financière, reposent
sur un ensemble de principes fondamen-
taux qui impliquent un équilibre entre les
responsabilités des autorités de réglementa-
tion, les obligations des prestataires de
services financiers, ainsi que les droits et
comportements des utilisateurs de ces
services.
En mettant l’accent sur les droits des
consommateurs financiers, la campagne a
contribué à protéger les usagers contre les
pratiques abusives et à renforcer la confiance
envers les institutions financières.
À noter que le mouvement est également
soutenu par certaines institutions financières
haïtiennes. Par ailleurs, deux des institutions
de microfinance agréées par la BRH sont
des promoteurs de la “Smart Campaign’’.
Elles font partie de plus de 135 institutions
financières dans le monde ayant obtenu
la certification du Centre pour l’Inclusion
Financière(CFI). Par ailleurs, selon un rapport
publié, par le CFI, en 2022, les initiatives
de certification en matière de protection
des clients financiers ont été, depuis 2020,
transférées à d’autres organisations, telles que Cerise et le Social Performance Task
Force (SPTF), qui continuent de promouvoir des normes élevées en matière de protection
des clients financiers dans le domaine de l’inclusion financière. ( CFI, 2022).
PROMOUVOIR UN SYSTÈME FINANCIER PLUS SÉCURISÉ ET
INCLUSIF : LES ENGAGEMENTS DES PAYS DU G20
Le changement de paradigme dans la lutte contre la pauvreté, en 2011, axé sur l’inclusion
financière, a conduit les décideurs politiques à porter une attention plus accrue sur
l’importance d’une régulation et de directives plus strictes en faveur de la protection
financière des groupes cibles. Cette évolution a favorisé la mise en place d’un ensemble
de principes visant à garantir une approche plus transparente, inclusive et sécurisée des
services financiers.
Le Saviez Vous?
Selon la circulaire n°127
de la Banque de la République
d’Haïti (BRH), les institutions de
microfinance (IMF) souhaitant
obtenir un agrément doivent
soumettre un dossier complet
comprenant notamment : des
informations sur leurs principaux
actionnaires, des dispositifs de
contrôle interne, un rapport
d’évaluation et de gestion des
risques, un plan de conformité,
un système d’audit interne, des
détails sur leur infrastructure
informatique, des mesures de
protection et de conservation
des données, le choix de leur
système financier, ainsi qu’un
plan de contingence et de
continuité des activités.
Pour plus d’informations,
veuillez consulter le site de la
BRH : www .brh.ht.
13
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
La figure ci-après reprend les 10 principes clés relatifs à la protection des consommateurs
financiers, soutenus par les 20 pays
1
les plus influents financièrement et vulgarisés par la
Banque Mondiale :
Figure 3 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Rapport G20, 2011
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 3 : : : : :Principes du G20 sur la protection des consommateurs de services financiers
Dispositif juridique
et
réglementaire
01
Rôle
des autorités de
contrôle
02
Traitement juste et
équitable des
consommateurs
03
Publication
d’informations et
transparence
04
Éducation et
sensibilisation aux
questions financières
05
Protection
des droits des
consommateurs
06
Comportement responsable
des prestataires de services
financiers et de leurs
agents agréés
07
Protection des données
relatives aux
consommateurs et de
leur vie privée
08
Gestion des plaintes
09
Concurrence
10
L’évolution des solutions numériques, tout en facilitant l’accès aux services financiers,
impose une attention particulière à la protection des consommateurs financiers. En
effet, bien que ces solutions contribuent à intensifier l’accès à des services financiers
plus rapides, elles rendent également les utilisateurs plus vulnérables à divers risques
financiers dont le surendettement.
UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE POUR LA PROTECTION DES
CONSOMMATEURS FINANCIERS : LA BRH S’ENGAGE!
Selon l’Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI), la protection des consommateurs
financiers est un processus continu. Elle doit permettre aux institutions financières
d’identifier les risques susceptibles de nuire directement aux intérêts financiers des
consommateurs, tels que les fraudes et le surendettement, entre autres. (AFI, 2023). La
position de l’AFI suggère que les institutions financières doivent être en mesure d’évaluer
1 Le G20 constitue un forum de coopération économique internationale composé de 19 pays et de 2 unions
régionales (l’Union africaine et l’Union européenne). [Source : https://g20.org/]
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
correctement ces risques, en garantissant une transparence adéquate et en mettant
en place des mécanismes de prévention et de protection des utilisateurs de produits et
services financiers, tout en respectant les régulations en vigueur. Ces mesures visent à
maintenir la confiance des consommateurs et à contribuer à leur santé financière.
Selon le professeur Francis Fortin, spécialiste en cybersurveillance, ces risques sont
liés aux produits dérivés de la fraude tels que le piratage de données, l’exploitation des
informations personnelles, le vol de données bancaires, des campagnes d’hameçonnage,
notamment les escroqueries et arnaques en ligne, comme mentionné dans la figure 4
ci-dessous. (Fortin, 2024).
Figure 4 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : Fortin, 2024
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 4 : : : : :Certains produits dérivés de la fraude
Les fraudes et
arnaques sont très
variées et touchent
tant les consommateurs, de
tout âge et de toute catégorie
socioprofessionnelle,
que les entreprises
Escroquerie à l’encaissement de
chèque
Arnaques au compte personnel
Ventes en réseau
multi-niveaux illicites
Faux ordres de virements
Fraudes s’appuyant sur la
générosité des usagers
financiers
Faux sites administratifs
collectant illicitement les
coordonnées bancaires
Offre de produits d’épargne et de
crédits aux conditions particulièrement
attractives, hameçonnage
Usurpations d’identité de
professionnels
Pratiques abusives dans les
livraisons de marchandises
De plus, dans ce cadre, les décisions financières des usagers peuvent être influencées par
des biais cognitifs, tels que la surestimation de leurs capacités financières ou la tentation
d’un accès immédiat à la consommation financière irréfléchie, souvent accompagnée de
l’impulsivité conduisant au surendettement.
Ces situations de vulnérabilité financière peuvent sérieusement compromettre la santé
financière des consommateurs financiers et freiner l’inclusion financière. Selon une étude
réalisée par l’OCDE dans 43 pays, environ 16 % des interviewés ont été affectés par des
fraudes financières. Ainsi, il devient essentiel de mettre en place des mécanismes de
régulation et de transparence appropriés de même que des initiatives de sensibilisation,
pour s’assurer que les avantages de l’inclusion financière ne compromettent pas la santé
financière des consommateurs financiers. (OCDE,2024).
En Haïti, il n’existe pas encore de cadre légal spécifique pour la protection des
consommateurs de services financiers. Un projet de loi élaboré par la BRH avec
l’assistance technique de la Banque Mondiale, est toujours en attente, à cause de la crise
15
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
multidimensionnelle. Néanmoins, la BRH, soucieuse de garantir la stabilité du système
financier, de protéger les consommateurs de services financiers, de prévenir les risques
et d’assurer une concurrence équitable, émet régulièrement des circulaires dont certaines
sont reprises dans la figure ci-dessous.
Figure 5 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : https://www.brh.ht/
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 5 : : : : : Quelques circulaires sur la protection des consommateurs financiers
Circulaire 115-6 : Sur le
renouvellement des mesures
concernant les moratoires en
faveur des entreprises débitrices
du système financier.
Circulaire 121 : Sur les
services de paiement
électroniques.
Circulaire 126 : Sur les
règles en matière de
sécurité informatique
Circulaire 127 : Sur les
modalités de
demande d’agrément
Circulaire 128-1 : Sur les
mesures Préventives Contre
le Blanchiment de Capitaux et
le Financement du Terrorisme
Circulaire 100-4 : Sur les mesures que les
banques doivent prendre dans le cadre
de la mise en œuvre de leur programme
de prévention du blanchiment de
capitaux et de financement du
terrorisme.
Circulaire 101-3 : Exige que les cartes de
crédit émises en Haïti soient réglées
exclusivement en gourdes.
Circulaire 101-4 : Sur les normes
relatives aux opérations effectuées à
partir des cartes de paiement.
Circulaire 105 : Sur l'obligation aux
institutions financières de soumettre
mensuellement des informations sur la
totalité de leur portefeuille de crédit.
Circulaire 109-1 : Relative à la transparence
des taux d'intérêts, frais et conditions
appliqués aux produits, services bancaires
et à la gestion des comptes inactifs
Aussi, la Banque de la République d’Haïti (BRH) impose une exigence de transparence
aux institutions financières, à travers la Circulaire 122, qui les oblige à soumettre
régulièrement des rapports statistiques sur les transactions effectuées, ainsi que des
états financiers trimestriels et annuels. De plus, la publication des rapports statistiques de
la BRH ainsi que des notes de politique monétaire contribue à cet objectif de transparence
en fournissant au public et aux acteurs économiques des informations essentielles sur la
situation financière du pays.
16
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Dans cette même perspective, la mise en place
du Bureau d’Informations sur le Crédit (BIC) par
la Banque de la République d’Haïti (BRH) vise
à adresser favorablement ces préoccupations.
En travaillant avec des institutions financières
pour garantir la disponibilité et la qualité des
informations sur les opérations financières
des clients, le BIC les encourage à respecter
les principes de la Smart Campaign liés aux
questions de transparence et de responsabilité.
En veillant à ce que les informations sur le
crédit soient utilisées de manière éthique et
transparente et en promouvant la responsabilité
des prêteurs, les activités du BIC contribuent
à renforcer l’intégrité du secteur financier et à
protéger les consommateurs contre le surendet-
tement.
Un système financier conforme aux réglemen-
tations et bien pourvu en ressources humaines
compétentes est mieux préparé à faire face
aux crises économiques et à maintenir sa
résilience c’est-à-dire, à préserver ou soutenir
sa capacité à résister et à s’adapter face à des
perturbations.
L’année 2021 marque un tournant dans la régulation des Fournisseur de Services de
Paiement électronique (FSP) dans le pays. Dans le contexte de la numérisation rapide
des services financiers, la BRH doit être capable de surveiller en temps réel les pratiques
des fournisseurs de services financiers, d’identifier rapidement les risques émergents et
d’intervenir efficacement pour protéger les consommateurs.
La Circulaire 121, émise par la BRH, a été introduite pour réguler le secteur des FSP. Elle
adapte la réglementation numérique afin de répondre à l’évolution du paysage financier
national, notamment dans le secteur des paiements électroniques. Elle a pour objectif
d’encadrer les activités des Fintechs, de garantir leur conformité, de mieux gérer les
risques liés aux paiements numériques.
Cette nouvelle réglementation, en favorisant un environnement propice à l’innovation,
s’inscrit dans une démarche de modernisation du secteur financier par la BRH, visant
à l’élargir et à réduire sa dépendance au cash, tout en garantissant la stabilité du
secteur et la confiance des utilisateurs. La circulaire, en mettant l’accent sur la sécurité,
la transparence et la protection des consommateurs, prend en compte les défis et les
opportunités liés à la digitalisation des services financiers. Destinée à étendre l’accès
aux services financiers grâce à des solutions numériques accessibles à un public plus
large, la circulaire 121 doit favoriser également l’inclusion financière digitale dans le pays.
Le Saviez Vous?
Le Bureau des Information
sur le Crédit (BIC) est une
direction spécialisée de la
BRH qui collecte et traite les
informations de crédit reçues
des institutions financières ou
toute autre institution affiliée
fournissant du crédit.
Grâce à son rapport de
crédit, le consommateur de
services financiers peut mieux
gérer ses finances, améliorer
sa solvabilité et faciliter l'octroi
de crédit ou de prêts.
Pour plus d’informations ,
visitez le site de la BRH, https:
www.brh.ht
17
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Selon une étude réalisée par la BRH en 2024,
en raison de la crise multidimensionnelle, le
secteur financier a été confronté à une fuite
de ressources humaines qualifiées dans le
domaine de la digitalisation. (BRH, 2024).
Cette année, dans le cadre d’un partenariat avec
des institutions locales du secteur universitaire
et de la technologie impliquées dans ce
domaine, la BRH a introduit une formation pour
des jeunes (FRST/BRH-UEH) afin de faciliter
une augmentation de plus de ressources locales
qualifiées dans des domaines technologiques
clés tels que la science des données et la
cybersécurité.
Cette approche vise à aider les secteurs public
et privé de disposer d’un bassin de ressources
humaines qualifiées dans le domaine, favorisant
ainsi l’amélioration de la résilience du secteur
monétaire et financier et mieux s’adapter à
l’évolution constante de la digitalisation et à
anticiper
certains défis numériques. (BRH, 2025).
Le Saviez Vous?
Les Fournisseurs de Services de
Paiement Électronique (FSP) en Haïti
sont soumis à des réglementations
strictes pour garantir la sécurité des
transactions électroniques. Voici ce
que vous devez retenir pour mieux
protéger vos droits :
Identification obligatoire : Votre FSP
doit exiger une pièce d’identité
valide pour ouvrir un compte. Cela
aide à sécuriser vos informations et
à prévenir les fraudes.
Protection renforcée pendant les
transactions : En cas de
prélèvements non autorisés, vous
avez droit à un remboursement
inconditionnel. Vos données
financières doivent aussi être
protégées.
Reçu électronique après chaque
transaction : Un reçu détaillé avec
toutes les informations sur
l’opération (montant, frais, date,
etc.) doit vous être remis.
Gardez-les précieusement !
Droit de recours : Si un problème
survient, les FSP sont tenus de
traiter vos réclamations pour toute
transaction contestée.
Astuce pratique : Choisissez un
FSP qui respecte ces mesures pour
une expérience plus sécurisée et
transparente. N'oubliez pas que vous
avez le pouvoir de demander des
comptes
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
LES TENDANCES DES OPÉRATIONS FINANCIÈRES
RECONFIGURÉES - RATIONALITÉ
Le groupe des pays du G20 reconnaît que l’inclusion financière digitale, en réduisant les
obstacles liés à la géographie, aux coûts de transaction et en renforçant la transparence,
est un facteur clé pour favoriser l’interconnexion entre les agents économiques et
financiers. (Banque Mondiale, 2016). Selon l’Association mondiale des opérateurs de
téléphonie mobile (GSMA), la valeur totale des opérations mondiales en argent mobile a
cru de 11,5 %, en 2024. Cette augmentation a été rendue possible grâce à l’application
des principes de la Smart Campaign, comme préalablement indiqué dans la figure n° 2.
Figure 6 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : GSMA, 2012
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 6 : : : : : l’interconnexion entre les agents économiques et financiers
L’interconnexion entre les agents
économiques et financiers
Source:GSMA2012
Transferts de
comptes à comptes
( A to A)
01 02
Transferts de personne à un
commerçant (P2P) comme de
paiements de détail et les
paiements de services
Transferts
de subvention
de gouvernement
à personne (G 2P)
03
Transferts d'argent
d'entreprise
à un consommateur
(B2C)
04
Transferts
d'entreprise à
entreprise
(B2B)
05
En Haïti, les enquêtes FinScope 2018, sur les ménages révèlent que 58 % de la
population disposent d’un téléphone portable de base, 33 % possèdent un smartphone,
15 % ont accès à l’internet, et 7 % disposent d’un ordinateur portable, tandis que 7 %
possèdent un ordinateur de bureau. De plus, 43 % de la population utilisent un portefeuille
électronique, tandis que plus de 71 % de ces utilisateurs l’utilisent pour effectuer des
transferts d’argent. La figure ci-dessous présente les tendances liées à l’adoption des
portefeuilles électroniques au niveau régional du pays.
Figure 7 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : FinScope, 2018
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 7 : : : : :Répartition régionale de l'utilisation des portefeuilles électroniques en Haïti
39 % 13 % 7 % 10 % 7 % 6 %
Aire
Métropolitaine
Artibonite Sud Nord Nord-Est Sud-Est
9 % 4 % 3 % 4 % 3 %
Reste
Département
Ouest
Grand’Anse Nippes Centre Nord-Ouest
Ces données mettent en évidence un potentiel qui pourrait être exploité pour réduire
la circulation du cash dans l’économie haïtienne, faciliter une croissance économique
résiliente et soutenir davantage l’inclusion financière numérique dans le cadre d’une
reprise économique plus verte.
19
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
La question de la résilience numérique des ménages à travers l’éducation numérique et
la protection des consommateurs est abordée dans plusieurs études réalisées par des
organisations partenaires de la BRH, telles que l’AFI, la Banque mondiale, le FMI, l’OCDE
et l’UNSGSA. Elles reconnaissent que la vitesse accrue des transactions financières,
combinée à l’anonymat offert par les plateformes numériques, expose davantage aux
risques de fraudes, d’arnaques et d’activités illicites. Elles insistent toutes, non seulement
sur le renforcement des régulations en la matière, mais aussi sur la mise en place de
stratégies fiables visant à renforcer la compétence numérique des ménages et leur
capacité à se défendre contre les cyberattaques.
Le rapport de l’UNSGSA, qui établit un lien entre les Objectifs de Développement Durable
(ODD) et l’inclusion financière digitale, souligne l’importance de renforcer la résilience
des acteurs économiques face aux enjeux de la digitalisation des transactions. Il met
particulièrement l’accent sur le rôle clé de l’éducation financière, et plus spécifiquement
sur l’éducation financière numérique.
Ce levier permet d’aider les micros, petites
et moyennes entreprises (MPME) à anticiper
les opportunités offertes par le e-commerce,
tout en les sensibilisant aux risques asso-
ciés. Il encourage également l’adoption de
pratiques plus agiles et vigilantes dans un
environnement numérique en constante
évolution. (UNSGSA, 2023).
Dans son rapport “Digitalisation, Consumer
Protection and Resilience”, l’Organisation de
coopération et de développement économi-
ques
(OCDE) met non seulement en évidence
les vulnérabilités des ménages face aux
risques numériques, notamment en matière
de cybersécurité et de gestion des données
personnelles, mais promeut également un
ensemble de mesures visant à protéger le
bien-être financier des utilisateurs contre les
escroqueries financières (OCDE, 2020).
Selon Eric Duflos, leader en protection des consommateurs financiers pour le Groupe
Consultatif d’Assistance aux Plus Pauvres (CGAP), l’utilisation de la SupTech (technologie
de régulation et de supervision) est essentielle pour renforcer la protection des
consommateurs dans l’écosystème de l’inclusion financière digitale. Elle permet également
d’améliorer l’efficacité et l’efficience de la surveillance des institutions financières.
La SupTech, qui inclut des outils technologiques permettant l’automatisation et
l’optimisation de la production de rapports et l’analyse de données électroniques, joue
un rôle crucial dans l’amélioration de la réglementation et de la supervision des services
financiers numériques. (CGAP, 2023).
Le Saviez Vous?
La circulaire 100-4 de la BRH
exige des banques un plan de
prévention du blanchiment de capitaux
et du financement du terrorisme. Ce
plan inclut des politiques internes, la
centralisation des données clients, la
nomination d'un officier de conformité,
une
évaluation des risques, une forma-
tion continue des employés, et un
contrôle de l'efficacité du plan.
L'objectif est de respecter les
obligations légales et de prévenir les
activités criminelles.
20
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AU RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC
BÉATRICE : UNE LEÇON DE PRUDENCE POUR LES
E-INVESTISSEURS
Après ses démêlés avec son assurance logement,
Béatrice cherche à diversifier davantage ses actifs. Suite
à une offre avantageuse après des négociations, elle
décide de louer sa maison à un Salvadorien. Fascinée par
les récits d’expériences en provenance du pays d’origine
de son nouveau locataire, elle choisit d’investir une partie
du loyer perçu dans les crypto-monnaies. Il convient
toutefois de souligner qu’il n’existe aucune législation en
Haïti sur les cryptomonnaies.
En parcourant les réseaux sociaux et les forums spécialisés, Béatrice découvre une
publicité attrayante vantant une application d’investissement en crypto-monnaies. Cette
application promet un rendement hebdomadaire de 10 % sur le capital investi. Offrant
un rendement bien supérieur à celui de l’épargne traditionnel ou des investissements
immobiliers, et ce, dans un délai extrêmement court, l’offre semble irrésistible!
Pour entamer le processus, l’entreprise lui demande de soumettre sa carte d’identité,
ses références bancaires ainsi que son code de sécurité pour l’ouverture de son compte
cryptomonnaie. Bien que ces exigences soient courantes dans le domaine des transactions
financières en ligne, elles peuvent également être perçues comme des signes d’une
demande d’informations personnelles.
Figure 8 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 8 : : : : :Approche réfléchie de Béatrice, suggérée par les principes de la Smart Campaign
Elle cherche des
informations sur
l’affiliation de
l’entreprise avec un
éventuel régulateur
afin de pouvoir
projeter ses
investissements dans
un cadre légal fiable.
Le nom de l’entreprise
ne figure pas sur la
liste de celles agréées
officiellement par la
BRH
L'avis de la BRH sur la demande
d'agrément pour les IMF, dans son
article 4 relatif à l'actionnariat,
impose l'exigence de la
communication de l'identité des
actionnaires ou associés impliqués
dans l'entreprise de microcrédit ou
la société de microfinance. (BRH,
2020). Toute entreprise transparente
partage avec ses potentiels clients
des informations pertinentes sur ses
fondateurs, ses managers et leurs
activités. Elle scrute minutieusement
l’interface de l’application pour
collecter des informations fiables.
Une analyse des derniers
rapports financiers de
l’entreprise et une
comparaison des rendements
proposés par la firme à ceux
d'autres fintechs légalement
reconnues dans le domaine
peuvent offrir des indications
sur la crédibilité du site en
question. Dans le secteur
financier, des rendements
élevés à court terme peuvent
être un hameçon pour attirer
les investisseurs dans des
pièges.
Les avis négatifs ou une
absence de témoignages
de clients peuvent être des
signaux d'alarme ou
éveiller des soupçons. Les
témoignages d’autres
investisseurs permettent
d’obtenir des indicateurs
sur les expériences des
utilisateurs, notamment
sur la fiabilité des
transactions et les
relations développées
récemment avec la
clientèle.
Béatrice commence par
évaluer ses possibilités
de recours
Elle analyse
le niveau de transparence de
l’entreprise
Béatrice jauge le niveau
de responsabilité de gestion
de l’entreprise
Béatrice
évalue la réputation de
l’application
12 3 4
21
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Consciente des risques liés à la transmission de ses données sensibles en ligne, avant
de s’engager, Béatrice décide d’analyser la situation avec précaution en mettant en
application ses compétences en éducation financière, acquises au fil des années.
Elle adopte ainsi une approche vigilante avant toute décision, afin de minimiser les dangers
potentiels des arnaques en ligne. Elle met en œuvre l’approche réfléchie suggérée par les
principes de la Smart Campaign, pour s’assurer de la légitimité et de la sécurité de son
investissement.
En prenant un peu de recul, Béatrice
a compris que cette plateforme ne se
distinguait pas des autres conçues par
des arnaqueurs en ligne pour soutirer
de l’argent aux non-initiés à l’éducation
financière numérique. Ses recherches
ont révélé que l’application repose sur un
système de Ponzi. D’autres utilisateurs
d’une application rançonneuse similaire
ont rapporté qu’au début tout fonctionnait
rapidement, mais qu’après six mois, les
premiers investisseurs se sont retrouvés
dans l’impossibilité d’accéder à leur
argent, qu’ils n’ont jamais pu récupérer.
Selon les témoignages, le principe est
le suivant : les dépôts des nouveaux
investisseurs servent à rémunérer les
premiers jusqu’à ce que les escrocs
disparaissent avec les fonds collectés.
En effet, dans un système de Ponzi, seul
les premiers utilisateurs récupèrent une
partie de leur mise, tandis que la majorité,
arrivée plus tard, perd son argent.
L’expérience de Béatrice met en lumière certains risques liés aux investissements dans
un monde de plus en plus connecté. Cette démarche illustre concrètement l’importance
d’une éducation financière solide et d’une vigilance accrue dans un environnement en
ligne de plus en plus complexe. Une éducation financière numérique adaptée peut aider
les usagers financiers à développer des réflexes critiques face à des offres trop alléchantes
ou voire même suspectes.
Renforcée par cette expérience, Béatrice continue d’explorer les possibilités
d’investissement en ligne, mais s’engage désormais à sensibiliser son entourage aux
dangers de certains investissements numériques non protégés et des institutions non
agréées par les régulateurs.
Le Saviez Vous?
Selon le circulaire 126, les institutions
financières doivent se conformer à des
normes minimales de sécurité informatique
pour garantir la disponibilité, l'intégrité, la
confidentialité et la traçabilité de leurs
données. Elles sont tenues de :
Élaborer une politique de sécurité
informatique mise à jour annuellement et
approuvée par leur conseil d'administration.
Mettre en place un comité de sécurité
informatique, responsable de valider et
d'approuver les mesures de sécurité.
Organiser un service ou confier cette
tâche à des experts spécialisés, tout en
ayant un plan de sécurité validé par la
direction générale.
Ces mesures protègent les données
critiques et renforcent la résilience des sys-
tèmes face aux menaces informatiques.
22
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
MOYENS DE PAIEMENT DIGITALISÉS ET
INCLUSION NUMÉRIQUE DURABLE - RATIONALITÉ
Les données mises en évidence par les Nations-Unies en 2023, permettent de confirmer
que l’inclusion numérique participe à la réalisation de 13 des 17 ODD. (UNSGSA, 2023).
En Haïti, l’adoption de certains instruments digitaux comme le SPIH et les portefeuilles
électroniques représente une opportunité majeure pour promouvoir une inclusion
financière durable, mais reste encore limitée à certains segments de la population. Selon
les données de l’enquête FinScope sur les ménages présentées dans la figure n° 9
ci-dessous, les utilisateurs des services financiers montrent des préférences diversifiées,
ce qui reflète des dynamiques importantes dans leurs habitudes financières.
Les analyses des chiffres montrent qu’une proportion significative, soit 71 % de la
population, utilisent les produits de transferts d’argent, mettant en évidence le rôle clé
de ce service, non seulement dans les interactions quotidiennes, en particulier pour les
ménages dépendant des envois de fonds de la diaspora, mais aussi dans la sphère
de l’inclusion financière. Par ailleurs, les produits d’épargne occupent une place non
négligeable, avec 51 % des utilisateurs, ce qui traduit un intérêt marqué pour la gestion
des fonds à moyen et long terme. En revanche, les consommateurs de services financiers
liés aux produits de crédit sont estimés à 24 %, et ceux aux produits de transactions
courantes à 22 %. Bien que ces derniers chiffres soient relativement moins importants,
ils demeurent cruciaux pour le soutien des activités économiques, en particulier pour les
entreprises et les travailleurs à revenus modestes.
Figure 9 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanée
Source : FinScope, 2018
Figure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 9 : : : : :Utilisation des produits financiers
Transfert d'argent (71 %)
Crédit (21 %)
Transactionnel (22 %)
Portefeuille électronique (43 %)
Epargne (51 %)
Assurance (8 %)
L’adoption progressive des solutions numériques se manifeste également à travers
l’utilisation croissante des portefeuilles électroniques, avec un taux de 43 %, qui offre des
alternatives modernes aux services financiers traditionnels, même si leur pénétration reste
encore inégale. En revanche, les services d’assurance, avec seulement 8 % d’adoption,
témoignent d’une sensibilisation limitée à la gestion des risques.
Ces données mettent en lumière les priorités financières des consommateurs de services
financiers tout en révélant des opportunités stratégiques pour renforcer l’inclusion
financière et promouvoir l’éducation numérique en particulier, afin d’accroître l’adoption
des services innovants et de mieux répondre aux besoins variés de la population.
23
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
DES DÉFIS PERSISTANTS : RENFORCER LA
VIGILANCE DES USAGERS FINANCIERS-
RATIONALITÉ
Au cours de ces cinq (5) dernières années, la simplification de certaines contraintes
traditionnelles, l’intérêt des groupes cibles pour le e-commerce, ainsi que la situation
de la crise multidimensionnelle, favorisent une utilisation plus répandue des services
financiers à partir des téléphones mobiles et des Fintechs de paiement. Cette expérience
peut contribuer à réduire les risques d’exclusion financière. Cependant, cette adoption
croissante de la numérisation expose également les utilisateurs à de nouvelles formes de
fraude, et d’escroquerie comme c’est le cas dans de nombreux pays. (IAFCI, 2024).
Il est essentiel que les consommateurs de
services financiers soient conscients que les
escrocs peuvent exploiter des outils numé-
riques, tels que certains réseaux sociaux
(YouTube, Facebook, Twitter, Instagram,
TikTok, etc.), qui sont également utilisés à
des fins d’éducation financière, pour cibler
des victimes à travers des publicités en ligne
et des formulaires internet frauduleux conçus
pour recueillir leurs données personnelles
sensibles. Ces informations sont ensuite
utilisées pour manipuler les consommateurs
financiers en essayant même d’établir des
liens de familiarité.
En effet, le biais de familiarité, se produit
quand un utilisateur financier arrive à
faire davantage confiance à une source
d’information ou à un outil qu’il croit connaître.
Ce qui peut rendre le consommateur
financier plus vulnérable aux fraudes et aux
escroqueries en ligne. Certains conseils sur
les types d’arnaques les plus courants sont
résumés dans la rubrique le Saviez vous de
cette page.
La finance comportementale montre que les ménages ne prennent pas toujours des
décisions financières optimales en raison de certains biais psychologiques, sociaux et
émotionnels. Les programmes d’éducation financière doivent permettre aux utilisateurs
financiers d’adopter un comportement vigilant permanent et de les sensibiliser aux réflexes
indispensables pour déjouer les tentatives d’arnaque ou d’escroquerie dont certains ont
été reportés plus haut. Ainsi, une éducation financière efficace doit intégrer des stratégies
pour surmonter les biais et encourager des comportements plus rationnels.
Le Saviez Vous?
Soyez vigilant :
Lors de la réception de messages
visant à soutirer de l’information
vous concernant.
Ne jetez jamais des documents
comportant des données
personnelles sans les avoir détruits
au préalable.
Ne fournissez aucune photocopie
de documents d’identité à des tiers
qui ne sont pas de confiance.
Renforcez votre sécurité numérique :
Utilisez des mots de passe
complexes et ne les communiquez
pas à des tiers.
Activez les protections proposées
par certains navigateurs web.
Évitez de vous connecter sur des
sites sensibles (sites de banques
ou de vente en ligne non
securisés) dans des lieux publics
ou chez des tiers.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Cette sensibilisation peut se matérialiser par la mise en œuvre de campagnes d’infor-
mation et d’éducation qui non seulement informent les utilisateurs des risques associés
à la fraude numérique, mais les aident aussi à développer des réflexes critiques face à des
offres trop attrayantes mais douteuses. Des actions concrètes, comme des simulations
d’arnaques ou des études de cas sur des fraudes réelles et la cybersécurité, peuvent
sensibiliser les consommateurs financiers aux pièges potentiels, les incitant à prendre des
décisions plus réfléchies et moins risquées.
Pour répondre à ces défis, la collaboration entre les régulateurs, les institutions financières,
les organisations de la société civile et les consommateurs financiers est essentielle
pour créer un écosystème numérique agile, plus sûr et inclusif. Les citoyens doivent être
formés à identifier les signes d’alerte, à protéger leurs données personnelles, signaler les
activités suspectes et à développer des réflexes de grande vigilance financière.
Dans ce contexte de numérisation rapide des services financiers, les régulateurs et les
autorités de supervision doivent être capables de surveiller en temps réel les pratiques
des fournisseurs de services financiers, d’identifier rapidement les risques émergents
et d’intervenir efficacement pour préserver la stabilité du système financier. L’analyse
détaillée des rapports automatisés et des données électroniques, en fournissant une
vision globale du comportement des institutions financières et des tendances du marché,
favorisent la détection rapides des irrégularités et la prise de décisions réglementaires.
Pour les institutions financières, l’exploitation des données électroniques peut faciliter une
surveillance proactive et une réaction rapide face aux menaces. Elle permet de détecter
des anomalies suspectes ou des pratiques frauduleuses, notamment les transactions
inhabituelles, le blanchiment d’argent ou les tentatives d’escroquerie.
Les consommateurs doivent, à partir d’un canal sécurisé, pouvoir alerter leur institution
sur les messages douteux ou appels inopportuns reçus de certains agents non réguliers
du système.
25
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AU RENDEZ-VOUS DÉCISIONNEL AVEC PEDRO :
RENFORCER LA VIGILANCE DES USAGERS
FINANCIERS
L’entreprise agricole de Pedro s’est développée avec
l’ouverture de sa boutique en ligne. L’entrepreneur
est désormais sollicité par deux hôtels internationaux
souhaitant acheter du café biologique. Grâce aux
opportunités offertes par l’aéroport du Cap-Haïtien, Pedro
commence à exporter vers certains hôtels situés aux Îles
Turques-et-Caïcos. Comme beaucoup de ses amis, il a
commencé par utiliser son compte bancaire en dollars
américains pour les transactions, tout en constatant les
longs retards de traitement des opérations. Mais tout a
changé lorsqu’un opérateur local a lancé une nouvelle plateforme de paiement
mobile, promettant de résoudre les problèmes de transactions internationaux pour les
entrepreneurs comme Pedro.
Séduit par l’idée de pouvoir recevoir des paiements directement sur son téléphone, Pedro
a rapidement adopté ce service. Il utilisait l’argent mobile pour payer ses fournisseurs,
recevoir des paiements de ses clients et même épargner une partie de ses revenus.
Cependant, alors que cette transition numérique semblait parfaite, Pedro a rapidement
réalisé que l’utilisation de cette technologie pouvait également entraîner certains risques.
Un jour, Pedro a reçu un appel d’un numéro inconnu. L’interlocuteur, se présentant comme
un agent de l’opérateur d’argent mobile, lui demandait de confirmer ses informations
personnelles pour “mettre à jour son compte”. Sans se douter de la fraude, Pedro a
partagé des détails sensibles, comme son code PIN. Quelques heures plus tard, il a
découvert que l’intégralité de son solde avait disparu.
Leçon apprise : Pedro a compris qu’il devait être vigilant face aux appels non sollicités et
éviter de partager des informations personnelles, même avec des “agents officiels”. Cette
expérience lui a appris à toujours vérifier l’identité des interlocuteurs et à privilégier les
points de service agréés. Pedro s’est également retrouvé confronté à un autre problème
lorsqu’une panne de réseau a paralysé son activité pendant plusieurs jours. Il ne pouvait
ni recevoir de paiements ni accéder à ses fonds. Ses clients, tout aussi frustrés, ont
commencé à douter de la fiabilité de son service.
Pour réduire ces risques opérationnels, Pedro a choisi de suivre les recommandations
sur la diversification financière présentées dans le volume I de la RDCCF. Il veille ainsi à
toujours conserver une petite réserve sur son compte traditionnel afin de faire face aux
éventuelles pannes. De plus, il a pris l’habitude de suivre les mises à jour et les alertes de
son opérateur mobile pour anticiper toute interruption de service.
26
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Lorsqu’il devait retirer de l’argent ou résoudre un problème, Pedro se rendait chez un
agent local autorisé. Cependant, il a découvert que certains agents exigeaient des frais
supplémentaires non autorisés. Un jour, un agent peu scrupuleux lui a affirmé que son
retrait avait échoué, alors qu’il avait en réalité empoché l’argent.
Pedro a commencé à exiger des reçus pour chaque transaction et a appris à signaler les
agents malhonnêtes à l’opérateur de son service mobile. Il a également opté pour des
agents réputés, même s’ils étaient un peu plus éloignés de son commerce.
Figure 10 Certains mécanismes de paiements locaux et internationaux instantanéeFigure 2 : : : : : Les 7 axes de la campagne de la protection des consommateurs financiersFigure 10 : : : : :Trois (3) leçons tirées par Pedro grâce aux services numériques
Continuer à s'éduquer
financièrement. Pedro organise
désormais des ateliers
informels pour sensibiliser les
autres commerçants aux
risques financiers, partageant
ses erreurs et les solutions
adoptées.
Diversifier les solutions
financières : Un portefeuille
financier diversifié en
combinant Obligations BRH,
épargne traditionnelle, et tout
autre investissement productif
peut constituer un actif pour
réduire les vulnérabilités
financières.
Protéger leurs
données personnelles :
En ne partageant
jamais leur code PIN
ou ses informations
sensibles
Ces expériences ont fait de Pedro un utilisateur averti des services
numériques. Il conseille aux usagers financiers de:
L’objectif est de fournir aux utilisateurs un ensemble d’outils leur permettant de se protéger
contre les risques liés à la digitalisation des services financiers, tout en leur donnant les
moyens de tirer pleinement parti des innovations technologiques.
L’approfondissement de la culture financière est essentiel pour aider les ménages et les
entreprises à mieux comprendre les enjeux de la gestion financière dans un environnement
de plus en plus numérisé. Ce volume met en avant les opportunités offertes par les
solutions digitales tout en alertant sur les risques, tels que les fraudes, les erreurs de
manipulation et les arnaques numériques. Il propose également des solutions pratiques
pour sensibiliser les utilisateurs aux pièges potentiels et les encourager à adopter des
comportements prudents, afin de prendre des décisions plus réfléchies et d’évoluer en
toute sécurité.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
CONCLUSION
La protection des consommateurs financiers est une responsabilité partagée entre les
législateurs, les régulateurs, les prestataires de services financiers et les utilisateurs de
ces services. Chaque acteur est appelé à jouer son rôle pour garantir un environnement
financier sûr, inclusif et transparent, favorisant des transactions financières durables et
renforçant la confiance dans le système financier.
Dans ce contexte, les initiatives de sensibilisation et de formation sont essentielles pour
aider aussi bien les entreprises que les consommateurs à naviguer en toute sécurité
dans un système numérique de plus en plus exigeant. L’éducation financière, notamment
numérique, doit permettre aux consommateurs financiers de mieux comprendre les outils
financiers digitaux, d’adopter les bonnes pratiques financières numériques et de renforcer
leur capacité à identifier et prévenir les fraudes, en particulier la cybercriminalité, les
escroqueries et tous les autres risques liés aux vols d’identité.
Une meilleure compréhension de leurs droits et responsabilités devra permettre
aux consommateurs financiers d’être proactifs envers les Fintechs et les institutions
financières traditionnelles. Ils pourront exiger davantage de transparence et d’adopter
des comportements prudents et agiles face aux risques numériques. Ces acquis devront
favoriser une inclusion financière numérique plus responsable, tout en renforçant la santé
financière des entreprises et le bien-être financier des ménages.
Enfin, l’adoption d’un cadre légal inclusif, en intégrant des dispositifs réglementaires claires
et en imposant des mesures structurées et systématisées, devra favoriser une culture
numérique résiliente au sein des institutions financières. Cette approche est essentielle
pour renforcer la protection des consommateurs financiers, prévenir les crises financières,
réduire les risques liés à l’adoption et l’utilisation des services financiers digitaux, garantir
un accès inclusif aux services financiers et maintenir la stabilité financière.
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REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
RÉFÉRENCES
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• Demirguc-Kunt, A., Klapper, L., Singer, D., Ansar, S., & Hess, J. (2018). The Global
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• USAID (2024). Digital policy 2024-2034.
• World Bank (2021). La transformation numérique et ses impacts sur l’inclusion financière.
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Services for Women, the Poor and Migrant Workers. Publication des Nations Unies,
Genève.
• Unpacking concepts & definitions – Digital Public Infrastructure, Building Blocks, and
Their Relation to Digital Public Goods (May 17, 2022).
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DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES