(2024) Revue Compétences Financières, Vol. 2 (2024)
Resume — Cette revue vise à informer et à éduquer le public sur les notions fondamentales en économie et en finance. Elle favorise la littératie financière et fournit des ressources pour la planification financière.
Constats Cles
- 73% des adultes en milieu urbain en Haïti n'épargnent pas.
- 71% des adultes en milieu rural en Haïti n'épargnent pas.
- La littératie financière est essentielle pour gérer les finances personnelles et accroître la résilience.
- Les aspects émotionnels influencent les décisions financières.
- L'État garantit le droit d'entreprendre et offre des incitations fiscales et douanières aux entreprises.
Description Complete
La Revue Développement de Connaissances et Compétences Financières (RDCCF) vise à informer et à éduquer le public sur les notions fondamentales en économie et en finance. Lancée pour marquer dix ans d'efforts collectifs en faveur de l'inclusion financière en Haïti, cette initiative est un pilier essentiel de la promotion de l'éducation financière par la Banque de la République d'Haïti (BRH). La revue fournit aux utilisateurs de produits et services financiers des ressources et des orientations adaptées à leurs besoins afin de les aider dans leur planification financière. Cette édition met en lumière les histoires de vie de Pedro et Béatrice afin d'encourager les intéressés ainsi que tous les acteurs économiques à se soucier de l'aspect émotionnel au moment de réaliser une dépense ou un investissement.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
REVUE DÉVELOPPEMENT
DE
CONNAISSANCES & COMPÉTENCES
FINANCIÈRES
NOVEMBRE 2024
RDCCF-VOL.II
SOMMAIRE
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
VUE D’ENSEMBLE
LES RISQUES AU PRISME DE L’ÉDUCATION FINANCIÈRE
PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS DÉFINIS - LA MÉTHODE CCH
PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS - RATIONALITÉ
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS: LES CHOIX DE PEDRO
ASSURANCE - RATIONALITÉ
ASSURANCE : CADRE JURIDIQUE
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS: L’EXPÉRIENCE D’ASSURANCE DE BÉATRICE
L’EXPERIENCE D’ASSURANCE DE LA CCRIF SPC
CONCLUSION
.............................................................................................................................. Page 5
.......................................................... Page 5
....................................... Page 7
............................................................... Page 8
............................................................................................... Page 9
..................................................... Page 13
........................................................................................................... Page 15
................................................................................................... Page 17
.............. Page 20
......................................................................... Page 21
..................................................................................................................................... Page 22
FIGURES
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
16
17
18
FIGURE 1 : Les stratégies proposées par Merton
FIGURE 2 : Des pistes pour la protection des usagers du système
FIGURE 3 : Agencement de la méthode 4c
FIGURE 4 : Principe de définition
FIGURE 5 : Choisir les produits et services financiers
FIGURE 6 : Carte d’accès aux succursales des banques commerciales en %
FIGURE 7 : Exploration des produits financiers disponible dans l’écosystème
FIGURE 8 : Niveau d’accès pour les services financiers
FIGURE 9 : Surmonter la risquophobie
FIGURE 10 : Relation entre assureur et assuré
FIGURE 11 : Rôle de l’assurance
FIGURE 12 : Les acteurs représentants le secteur des assurances
FIGURE 13 : Cadre juridique de l’assurance en Haïti
FIGURE 14 : Les différentes compagnies d’assurance regulées en Haïti
FIGURE 15 : Les principaux obstacles à l’adoption d’un produit d’assurance
FIGURE 16 : Les types d’assurance
FIGURE 17 : Gestion des risques d’assurance par les haïtiens
FIGURE 18 : Les apports du programme CCRIF
................................................................... Page 5
.................................... Page 7
................................................................................ Page 7
................................................................................................ Page 8
.......................................................... Page 9
................. Page 10
.............. Page 11
........................................................ Page 12
....................................................................................... Page 12
........................................................................ Page 15
.................................................................................................... Page 15
................................... Page 16
............................................................... Page 17
.......................... Page 18
.................. Page 19
.............................................................................................. Page 19
............................................. Page 20
......................................................................... Page 21
SIGLES ET
ABRÉVIATIONS
BPH
BRH
BUH
CCRIF
CGAP
DAT
DCCF
FINSCOPE
FMI
MEF
MPME
NTIC
OCDE
RDCCF
BANQUE POPULAIRE HAÏTIENNE
BANQUE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
BANQUE DE L’UNION HAÏTIENNE
MÉCANISME D’ASSURANCE CONTRE LES RISQUES DE CATASTROPHE EN AMÉRIQUE CENTRALE
ET AUX CARAÏBES
GROUPE D’ASSISTANCE AUX PAUVRES
DÉPÔT À TERME
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ENQUÊTE SUR LA DEMANDE DES PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS
FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
MINISTÈRE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES
MICRO PETITES ET MOYENNES ENTREPRISES
NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES
REVUE DE DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES ET DE COMPÉTENCES FINANCIÈRES
VUE D’ENSEMBLE
Ce deuxième volume de la Revue de Développement de Connaissances et Compétences Financières
(RDCCF) explore les principaux produits et services financiers disponibles dans l’écosystème financier
haïtien. Dans le contexte macroéconomique actuel, marqué par des défis économiques et sociaux
majeurs, ce volume met en lumière les moyens par lesquels les produits et services financiers peuvent
contribuer à la stabilité, à la résilience et à la croissance économique en Haïti. Dans un environnement
économique aussi fragile, il existe un ensemble de risques tant pour le pays, pour les institutions
financières que pour les ménages. La gestion de ces risques est donc primordiale pour la stabilité de
l’écosystème économique et financier dans son ensemble.
Selon les enquêtes FinScope réalisées en 2018, seulement 4 % de la population est couverte par une
police d’assurance, tandis que 94 % mentionnent n’avoir jamais entendu parler d’assurance. Pourtant,
les produits d’assurance santé, d’assurance de vie, d’assurance de biens (automobile, habitation…) et
d’assurance contre les catastrophes naturelles sont des exemples de solutions qui pourraient bénéficier
d’une adoption plus large. L’augmentation de l’accès à ces produits contribuerait à une meilleure sécurité
financière pour les familles et une protection accrue pour les entreprises en cas de sinistres.
Ainsi, ce deuxième volume de la Revue de Développement de Connaissances et Compétences
Financières (RDCCF), en mettant un accent particulier sur l’assurance, vise à fournir une ressource
précieuse pour renforcer les bases de l’éducation financière de nos cibles, permettant ainsi d’analyser et
de gérer efficacement non seulement les risques liés aux décisions financières, mais aussi de nombreux
aléas et incertitudes de la vie. Elle offre, en outre, une présentation détaillée des lois en vigueur et des
pratiques courantes dans le pays, ainsi que des progrès réalisés dans ce domaine.
LES RISQUES AU PRISME DE L’ÉDUCATION
L’offre et l’utilisation des produits et services financiers sont donc au cœur de la dynamique de l’inclusion
financière. Selon l’économiste Robert Merton, ces activités peuvent être exposées à plusieurs risques
différents, notamment les risques réglementaires, les risques de marché, les risques financiers, les
risques technologiques, les risques de crédit, les risques de liquidité, les risques opérationnels, les
risques politiques, les risques environnementaux et les risques de contrepartie (Merton, 1990). Face à
ces risques, il est nécessaire d’avoir des stratégies de réponse et formuler ensuite un plan d’actions afin
de minimiser les effets des menaces. Les principales stratégies proposées par Merton sont résumées
dans le schéma n°1 ci-dessous.
Figure 1: Les stratégies proposées par Merton
STRATÉGIES
Réglementation
et cadre juridique
Identification
des risques
Surveillance et
examen des risques
Analyse et évaluation
des risques
Atténuation des
risques
5
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
En ce qui concerne les institutions, pour atténuer ces risques, des outils de politique monétaire ajustés,
ainsi que des réformes en matière de régulation, accompagnées d’initiatives de développement et de
renforcement des compétences financières, doivent être mis en place. Ces mesures permettront aux
acteurs du secteur de mieux identifier et gérer les risques liés aux fluctuations des taux de change, aux
variations des taux d’intérêt et aux conditions de liquidité, afin de garantir la stabilité du système financier,
la protection des déposants et de renforcer la confiance du public.
En ce qui a trait aux acteurs économiques, l’assurance est un outil encore sous-utilisé mais essentiel
pour renforcer la résilience des ménages et des entreprises face aux aléas économiques, sociaux et
climatiques. Bien que le secteur de l’assurance en Haïti soit encore en développement, il constitue une
stratégie de réponse fondamentale, permettant aux individus et aux entreprises de se protéger contre
des pertes imprévues.
De plus, en contribuant au renforcement de la capacité financière des ménages, l’éducation financière
constitue un pilier essentiel de la gestion globale des risques et de la résilience financière. Comme
souligné par l’OCDE, l’éducation financière se définit comme le « processus par lequel un individu
améliore sa connaissance des concepts de base, des produits, services et risques financiers et, au
moyen d’informations, acquiert les compétences et la confiance nécessaires pour devenir plus sensible
aux risques et opportunités en matière financière » (OCDE).
6
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS NUMÉRIQUES: LA
MÉTHODE CCH
Les produits et services financiers englobent un ensemble d’outils, d’instruments et de mécanismes
utilisés dans le cadre des activités financières pour faciliter la gestion des actifs, favoriser les transactions
économiques, le financement de projets rentables et la couverture des risques. Ils incluent, entre autres,
des produits tels que les prêts, l’épargne, les transferts d’argent, les services de chéquiers, les obligations,
les actions, les swaps de devises, les fonds de placement et les dérivés financiers, ainsi que les services
financiers numériques associés comme la banque à distance, les services d’investissement, la gestion
de patrimoine et la gestion des risques financiers.
L’éducation financière et la protection des consommateurs usagers du système financier, deux (2) des
domaines couverts par la Déclaration Maya (AFI, 2012), sont aussi des piliers de la Stratégie Nationale
d’Inclusion Financière (SNIF) d’Haïti élaborée en 2014 (DSNIF, 2014). Selon le Plan National d’Éducation
Financière (PNEF, 2020-2025), l’inclusion financière permet d’établir un lien étroit entre les produits
financiers et la protection des consommateurs de produits et services financiers, notamment dans les
domaines reportés dans le schéma ci-dessous :
Figure 2: Des pistes pour la protecon des usagers du système financier
1
2
33 33 33 3
4
3 33 33 33 33 3
4 44 44 4
5
4 44 44 44 44 4
5 55 55 5
1 11 1
2 22 22 22 22 22 22 22 22 2
3 33 3
1 11 1
2 22 2
Régulation financière
Transparence et information
Protection contre les pratiques justiciables
Éducation financière
Accès équitable aux services financiers
Des pistes
pour la protection
des usagers du
système financier
Le Groupe Consultatif d’Assistance aux plus Pauvres (GCAP), après des expériences sur le terrain et la
conception de produits et Services Financiers Numériques (SFN) plus adaptés, reconnaît l’importance
de l’utilisation de la méthode CCH. Cette méthode repose sur quatre principes fondamentaux, connus
sous le nom des “4 C”, tels que décrits sur la figure n°3 ci-dessous :
PROCESSUS
Une conception axée sur les besoins
et aspirations des petits exploitants
Une conception qui stimule
l’adoption du produit
Une conception qui favorise
le développement de la clientèle
Une conception qui incite à
une utilisation constante
Figure 3: A gencement de la Méthode 4 C Soure : CGAP, 2015.
Définir les produits et services financiers implique une compréhension approfondie de leur nature
diversifiée et de leur portée, comme le souligne le Groupe Consultatif d’Assistance aux plus Pauvres
(GCAP) en octobre 2015.
7
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS NUMÉRIQUES -
RATIONALITÉ
L’approche de la conception des produits développée par CGAP permet de mieux structurer et analyser
les produits et services financiers numériques, surtout dans le cadre de la digitalisation de ces derniers,
afin de mieux comprendre leurs caractéristiques, leurs conditions d’utilisation et les principes sous-
jacents, comme l’illustre le schéma n° 4 ci-après.
Figure 4: Prin cipes de définionFigure4:4: PriPrincincipespesdededédéfinifinionon
Caractéristiques des produits
Cette composante inclut des
éléments, tels que la nature, ou les
types de produits financiers : prêt,
compte d'épargne , compte courant,
carte de crédit, placement financier,
transfert d'argent, assurance.
Conditions de distribution
Elles tiennent compte des modalités
et des règles régissant l'utilisation
des produits, telles que : coût, frais,
revenus, historique de crédit,
garanties, taux d'intérêt, montant
minimum, durée de remboursement.
Stratégies adoptées
Elles désignent les principes
directeurs ou les règles pratiques
utilisées pour choisir les produits,
telles que : adaptabilité aux besoins
des clients, accessibilité de la
disponibilité, facilité d'utilisation,
transparence et la sécurité.
Principes de définition des produits financiers
La méthode des “4 C”, en mettant le client et l’usager au cœur de ses préoccupations, se distingue par son
approche holistique qui va au-delà des besoins individuels pour inclure les perspectives des régulateurs,
les dynamiques concurrentielles et les capacités des fournisseurs de services financiers numériques. En
intégrant ces différentes dimensions, la méthode des “4 C” cherche à assurer une meilleure adéquation
entre l’offre et la demande, favorisant ainsi une inclusion financière plus soutenue et durable.
Basé sur l’humain, le modèle cherche à élaborer des produits et services financiers adaptés aux
besoins variés de la clientèle tout en intégrant les contraintes et les opportunités de leur environnement
opérationnel. Il est structuré en trois phases interdépendantes : la phase d’inspiration, la génération
d’idées et la mise en œuvre.
Les étapes du processus de conception
01
Inspiration
02
Formation
d’idée
03
Mise
en œuvre
L’approche centrée sur les besoins clients est cruciale pour l’inclusion financière numérique, particulière-
ment dans le contexte de la crise multidimensionnelle qui a fait fluctuer les priorités des ménages, les
exposant à divers risques. Les produits et services financiers doivent incorporer ces changements afin
de répondre aux besoins spécifiques des particuliers, des ménages et des entreprises, que ce soit en
matière d’épargne, de crédit, d’assurance, de protection des investissements ou de gestion des risques
financiers.
8
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Selon la loi sur les Banques et autres Institutions Financières de 2012, le système financier haïtien est
supervisé par la Banque de la République d’Haïti (BRH). Il est composé de huit (8) institutions bancaires,
d’une (1) banque de logement, d’une (1) société de promotion des investissements, de trois (3) sociétés
financières de développement, de deux (2) sociétés de carte de crédit, et d’une (1) société de crédit-bail.
Le système inclut également de nombreuses institutions de microfinance, des coopératives d’épargne
et de crédit, ainsi que cinq (5) maisons de transfert et plusieurs fournisseurs de paiement électronique.
La liste des institutions régulées est disponible sur le site web de la Banque de la République d’Haïti
(BRH). Grâce aux efforts de ces institutions, la population dispose de plusieurs options pour financer
des projets générateurs de revenus ou répondre à leurs besoins personnels. Cependant, l’accès et
l’utilisation appropriée des solutions financières dépendent de divers facteurs, comme le contexte
économique, l’offre financière, les coûts, et le niveau d’éducation financière des utilisateurs (pour une
meilleure simplification). Le schéma ci-dessous vous guide dans l’exploration des principaux éléments à
prendre en compte lors du choix de produits et services financiers.
Figure 5: Choisir les produits et services financiersFigigureur 5: Choisir les produits et services
01
Déterminez comment
vous comptez utiliser le
produit ou service. Est-ce
pour des investissements
à long terme, la gestion
quotidienne des dépenses,
ou peut-être pour une
épargne de sécurité ?
USAGE PRÉVU
LA FAÇON DONT VOUS
ALLEZ L’UTILISER
s finafinancincierse
02
Évaluez les bénéfices
que vous pouvez tirer du
produit. Par exemple, un
DAT peut offrir un taux
d'intérêt plus élevé qu’un
compte d’épargne.
AVANTAGES
LES AVANTA GES
03
Informez-vous sur tous les
coûts associés, comme les
frais de service mensuels,
les taux d'intérêt, les frais
de pénalité, et les coûts de
transaction. Ces frais
peuvent diminuer les
avantages perçus.
COÛTS
LES FRAIS ET LES TA UX
APPLICABLES, LE CAS ÉCHÉANT
04
Assurez-vous que le produit
ou service conv ient bien à
votre situation financière
actuelle et à vos objectifs
futurs. Par exemple, est-ce
qu’il existe une synergie entre
le temps de remboursement
et votre flux de trésorerie.
ADÉQUATION
S’IL VOUS
CONVIENT
Dans le cadre des prêts, les critères et conditions
du contrat, tels que le type de financement, les
taux d’intérêt et le calendrier de remboursement,
sont influencés par divers éléments comme le
profil de risque du client, la capacité du projet
à générer des flux de trésorerie suffisants pour
rembourser la dette, ainsi que d’autres risques
potentiels tels que les fluctuations du marché
ou les changements économiques imprévus.
Dans certains cas, une garantie est exigée
pour couvrir ces risques supplémentaires et
assurer la sécurisation du prêt. Il est essentiel
d’évaluer soigneusement toutes ces variables
afin de choisir l’option de financement la mieux
adaptée à vos besoins et à votre situation.
La circulaire 103-1 de la Banque de la République d'Haïti,
qui détermine les règles auxquelles sont assujettis les chèques
émis en Haïti, oblige les institutions financières à vérifier
l'identité et l'adresse du client (personne physique ou morale)
en prenant une copie d'une pièce d'identité et d'un justificatif de
domicile.
De plus, avant d'ouvrir un compte chèques, l'institution
financière doit consulter la liste des interdits bancaires émise
par la Banque de la République d'Haïti. Un compte chèques est
ouvert pour une durée illimitée et peut être clôturé sans frais
par le titulaire quand il le souhaite.
Enfin, la tarification des produits et services liés aux
chèques doit être affichée de manière visible et lisible dans les
locaux de l'institution financière.
Le Saviez-Vous?
9
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Des produits et services financiers : Quelles sont les Options ?
Pour une éducation financière efficace, il est essentiel de disposer d’informations sur les différents
produits et services financiers disponibles sur le marché, ainsi que sur leurs caractéristiques et conditions,
afin de faire un choix éclairé. Les figures 6 et 7 montrent le pourcentage d’accès par département aux
succursales bancaires, ainsi que l’offre de certains de ces produits et services financiers.
Figure 6: La cartographie des produits et services financiers en Haï
Banque de la République d'Haïti
Ministère de l'Économie et des Finances
Les Régulateurs
Vertières 2,13 %
Limbé 0,53 %
Cap-Haïtien 4,79 %
Fort-Liberté 0,53 %
Ouanaminthe 2,13 %
Hinche 2,13 %
Mirebalais 1,06 %
Belladère 0,53 %
Port-au-Prince 63,3 %
Cabaret 0,53 %
Fond-des-Nègres 0,53 %
La Gonâve 1 %
Saint-Marc 2,66 %
Gonaïves 2,66 %
Saint-Michel-de-l'Attalaye 0,53 %
Port-de-Paix 2,13 %
Miragoâne 1,60 %
Jérémie 1,60 %
Cayes 3,72 %
Aquin 0,53 %
Anse-à-Veau 1 %
Léogâne 1,60 %
Petit-Goâve 1,60 %
Jacmel 2,13 %
Le Saviez-Vous?
La Banque de la République 'Haiti
avise toutes les institutions bancaires et
non bancaires que les taux d'intérêt sur
les bons BRH, exprimés en base annuelle,
sont modifiés comme suit :
Maturité
7 jours
28 jours
91 jours
Taux
6 %
8 %
11.5 %
10
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Cette partie propose une description des caractéristiques de certains produits et services financiers offerts
par les institutions financières. Elle fait suite à la cartographie de l’accès aux succursales des banques en
Haïti. L’analyse met en lumière non seulement la diversité des produits financiers disponibles, mais aussi
leur accessibilité et leur pertinence pour différents segments de la population.
Exploration des Produits Financiers Disponibles dans l’Écosystème
PRODUITS
FINANCIERS
Figure 7: Exploraon des produits financiers disponibles dans l’écosystème
Caractéristiques
Services bancaires : Comptes, prêts, transferts
d'argent, cartes bancaires, et services de
banque en ligne et mobile.
Conditions
Documents : Fo urnir une pièce d'identité, des
justificatifs de revenu, une preuve d'adresse,
faire un dépôt initial, et satisfaire aux exigences
spécifiques pour crédits et prêts.
Frais : Les frais d'ouverture de compte varient
d’une banque à l’ autre.
Banques
Société de Crédit Bail
Caractéristiques
Services généraux : Location d'équipements
et de véhicules av ec option d'achat.
Services Complémentaires : Solutions de
financement personnalisées pour les
entreprises et gestion des contrats de
crédit-bail.
Conditions
Documents : Pièce d'identité, justificatifs de
revenu, et preuve d'adresse.
Condition : Respecter les montants minimaux
requis et signer un contrat détaillant les
conditions de location et les obligations.
Caractéristiques
Simplicité d’utilisation, la sécurité des
transactions, l'accès instantané aux fonds,
l'interopérabilité entre différents services
financiers, et la possibilité d'effectuer des
paiements, des transferts, et des dépôts
directement depuis un appareil mobile.
Conditions
Inscription requise, pièces d'identité, et
conformité aux régulations spécifiques.
Produits financiers digitaux
Caractéristiques
Services Généraux : Gestion de portefeuilles,
vente de produits d'investissement (actions, fonds
communs), analyse financière, et services de
courtage.
Services Complémentaires : Planification
financière, conseil en investissement, et
opportunités d'investissement alternatif.
Conditions
Documents : Pièce d'identité, justificatifs de
revenu, et preuve d'adresse.
Frais: Montant minimum d'investissement, critères
de solvabilité, et acceptation des conditions
spécifiques des produits ou services.
Société d’investissement
Caractéristiques
Transferts d'argent nationaux, internationaux,
paiement de factures, change de devises
recharge de téléphone, envoi de mandats, suivi
de transfert, alertes, et service client.
Conditions
Identification et Informations : Présenter une
pièce d'identité valide et fournir le numéro de
référence ou les coordonnées du bénéficiaire
selon le service.
Frais: Des frais sont applicables en fonction du
service.
Maison de Transfert
Caractéristiques
Les IMF et CEC offrent divers produits financiers
incluant le service d'épargne, le microcrédit, la
micro-assurance, le prêt d'investissement, le prêt
personnel, le crédit de groupe, et le prêt agricole.
Elles proposent également des services de
transferts d'argent, de paiements de factures, de
mobile banking, ainsi que des conseils financiers
et des formations en gestion financière.
Conditions
Il est requis d'être âgé de 18 ans, de posséder la
nationalité haïtienne, et de fournir une pièce
d'identité valide
IMF et CEC
11
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Les données ci-dessous révèlent la situation de l’utilisation des produits et services financiers dans
le paysage financier actuel. En effet, seulement 44 % de la population est formellement servie par les
institutions financières régulées par la BRH, 42 % utilisent des services financiers non bancaires, et
seulement 11 % utilisent les services proposés par les banques, tandis que 26,4 % utilisent les services
des institutions de microfinance, coopératives et non mutualistes.
Figure 8: Niveaux d'accès pour les services financiers
Banques
11 % ont accès
aux services
bancaires
Autres services
42 % utilisent d’autres
mécanismes formels
(non bancaires)
Tous les services
44 % ont accès
à tous les services
financiers formels
e es s produits financiers informels
10 % utilisent
les produits financiers
informels
86 354 (1,1 %) adultes haïtiens utilisent le compte en banque d’une autre personne
FINSCOPE, 2018
46 % sont exclus totalement
L’une des raisons avancées pour la non-utilisation des produits financiers est la peur du risque. L’éducation
financière représente un outil efficace pour surmonter les barrières liées à la “risquophobie”, cette peur
paralysante du risque qui empêche de nombreux individus de se lancer dans les investissements.
01
Assurez-vous de
comprendre les
concepts de base
comme les taux
d'intérêt, les
obligations BRH, et
les fonds communs
de placement
02
Définissez ce que
vous voulez
atteindre avec vos
investissements.
Que ce soit pour la
retraite, l'achat
d'une maison ou
l'éducation de vos
enfants.
03
Apprenez à
évaluer les
risques et
souscrivez-vous à
une assurance
pour mitiger les
risques identifiés
04
La patience est
cruciale en
investissement
pour en récolter les
fruits à long terme,
par exemple avec
les obligations de
la BRH ou d'autres
opportunités sur le
marché.
Figure 9: Surmon ter la risquophobie
En se familiarisant avec les principes fondamentaux de l’investissement, les stratégies de diversification
et les notions de gestion des risques, les agents économiques deviennent plus avisés. Une fois
leur capacité renforcée, ils peuvent surmonter leur appréhension, non seulement pour identifier des
opportunités d’investissement, mais aussi pour gérer efficacement les risques associés. Ainsi, investir
devient une démarche planifiée, favorisant la création de richesse et à l’atteinte d’objectifs financiers à
long terme.
12
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
PEDRO ENCOURAGE LA DIVERSIFICATION DE PRODUITS ET SERVICES
FINANCIERS
L’entreprise de transformation de produits agricoles de Pedro résiste aux
épreuves de la crise. Il continue donc à privilégier l’épargne automatique,
construisant ainsi un socle d’épargne solide sur son compte bancaire.
Après deux ans d’épargne, il estime que sa stratégie est optimale et
néglige d’explorer d’autres stratégies qui pourraient potentiellement
lui offrir une plus grande utilité dans ce contexte de grande turbulence
économique.
Cette décision semble rationnelle à première vue, car elle repose sur une
stratégie simple et peu risquée. Cependant, ce type de décision est une
posture qui décrit la tendance de Pedro à se conformer aux pratiques courantes plutôt qu’à effectuer une
évaluation rigoureuse des options financières disponibles. En réalité, même s’il croit faire un choix sensé,
son comportement reflète davantage une dépendance aux habitudes et aux conventions du marché,
plutôt qu’une véritable optimisation de ses ressources financières.
Quels produits financiers Pedro peut-il
considérer pour faire prospérer ses ressources
disponibles sur son compte bancaire ?
Pedro manque une occasion de diversification et de croissance
potentielle de ses ressources financières en négligeant des options
comme les obligations BRH, les Dépôts à Terme (DAT) offerts
par les Banques Commerciales, ainsi que d’autres placements
disponibles auprès d’institutions financières telles les sociétés de
promotion des investissements.
En tant qu’agent économique, en raison de notre aversion pour
les risques, il est fréquent que nous passions à côté de certaines
opportunités financières, même si elles ont le potentiel d’offrir une
meilleure santé financière. Sensibilisé par les capsules de la BRH,
Pedro cherche désormais à saisir l’opportunité de diversifier ces
actifs financiers en investissant dans les obligations de la BRH et
potentiellement augmenter ces ressources financières.
Le Saviez-Vous?
Investir est essentiel pour
faire fructifier votre capital, et les
obligations de la BRH peuvent
être une excellente option à
considérer.
Avec un montant d'inves-
tissement minimal de seulement
50 000 gourdes, un taux d'intérêt
attractif de 7% l’an, assorti d'une
rémunération additionnelle en cas
de variation positive du taux de
change, et une maturité de 91
jours, elles offrent une opportunité
intéressante pour les investis-
seurs en quête de sécurité et de
rendement.
13
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Comment accéder aux obligations de la BRH ?
02
Ouvrez
un compte bancaire
ou de titres
03
Souscrivez
aux obligations BRH
04
Suivez vos
investissements
01
Contactez un
intermédiaire financier
agréé par la BRH
14
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ASSURANCE - RATIONALITÉ
Le secteur des services financiers ne se contente pas seulement de mettre en relation les épargnants et
les emprunteurs, mais il facilite également les relations contractuelles entre les fournisseurs de services
d’assurance, appelés assureurs, et les assurés.
Figure 10: R elaon entre assureur et assuré
Par example:
Pedro paie 25,000.00 gourdes chaque
mois pour son assurance auto. Suite à
son accident, son assurance lui verse
une indemnité pour couvrir la plupart
des réparations.
L'assurance s'engage à fournir une
indemnité financière en cas d’un sinistre
L'assuré s'engage à payer
sa prime
ASSURANCE
Les assurances jouent un rôle crucial dans la gestion des divers risques auxquels nous sommes tous
confrontés dans nos vies. Une souscription peut être utile pour les raisons reprises sur le schémas ci-
dessous.
Votre automobile
Votre santé
votre entreprise
Votre maison
Votre emploi
Vos biens
Votre famille
Pays
Figure 11: Rôle de l’assurance
La théorie de la prévention des risques revêt une importance cruciale dans l’offre et l’utilisation des
produits et services financiers. Elle reconnaît que les risques peuvent varier en intensité en fonction des
spécificités du produit financier et des conditions macroéconomiques. Une gestion efficace des risques
est essentielle pour assurer la gestion des risques budgétaires, la sécurité financière des individus, des
entreprises, des ménages et du système financier en général (FMI, 2014).
15
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ASSURANCE - RATIONALITÉ
AIC, Les Assurances Léger S.A,
La Compagnie d’Assurance
d’Haïti, INASSA, NASSA etc
Agent d’assurance Compagnie
d'assurance
Conseille les clients sur les
différents produits d’assurance
compagnies.
Ministère de l'Économie et
des Finances (MEF), Association
des Assureurs Haïtiens (AAH)
Spécialiste en Conformité et
Règlementation
Assure la conformité aux lois et
règlementations gouvernementales dans le
secteur des assurances. Il s’assure que les
normes éthiques et légales sont respectées.
Unité de Contrôle
et de Supervision des
Assurances (UCSA)
Inspecteur d’Assurance
Procède aux inspections d’évaluation
des risques afin de fournir des
recommandations préventives
contre les risques.
OFATMA, OAVCT, ONA
Assurances publique de travail, de Véhicules
et Fonds de Pensions
Conseille les entreprises
et les particuliers sur la gestion
proactive des risques.
SCOR
Expert en réassurance
Négocié des contrats de réassurance
avec d’autres compagnies
d’assurance pour transférer une
partie des risques souscrits
Gestionnaire de portefeuille
Surveille la performance financière
des polices d’assurance pour un
portefeuille spécifique.
Figure 12: Les acteurs représentants le secteur des assurances
BNC/ Uni Assurance/
SOGE Assurance
La fonction principale de l’assurance est de transférer le risque financier associé à la situation spécifique
de l’assuré à l’assureur. Quelque soit le type d’assurance, ils visent tous à offrir sécurité financière et
tranquillité d’esprit en cas d’événements imprévus. Le secteur englobe généralement une diversité de
parties prenantes dont les principales sont résumées ci-dessous :
Autorités de régulation et organismes gouvernementaux
Assureurs ou compagnies d’assurances
Réassureurs
Courtiers d’assurance/Broker
Agents d’assurance
Professionnels de l’assurance
Clients/assurés
À ces parties prenantes s’ajoutent d’autres acteurs représentant
une partie essentielle du secteur des assurances. Chacun
contribue à différents aspects tels que la conformité réglementaire,
la gestion des risques, la tarification des produits d’assurance et la
satisfaction des clients.
Le Saviez-Vous?
L'éligibilité à une assurance
n'est pas automatique. Le souscrip-
teur évaluera votre demande en
tenant compte de votre historique
et de votre profil de risque actuel,
ce qui déterminera s'il accepte ou
refuse de vous assurer.
Ne laissez pas les risques
s'imposer à vous avant de prendre
les devants. Prenez l'initiative de
contacter une compagnie d'assuran-
ce pour vous prémunir contre les
aléas de la vie.
16
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
ASSURANCE - CADRE JURIDIQUE
En Haïti, le cadre législatif existant encourage très peu la culture de l’assurance. Alors que le système
financier dans son ensemble est supervisé par la Banque centrale à travers la loi de 2012, la régulation
du système d’assurance relève du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Les principales lois
relatives à ce secteur sont résumées dans le schéma ci-dessous :
17
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
Figure 13 : Cadre juridique de l’assurance en Haïti
Loi du 10 octobre 1949
Adoption d’une loi sur les assurances
sociales et création de l’IDASH.
Loi organique 12 septembre 1951
Modification de la loi de 1949 sur les assurances
sociales (accidents du travail, maladie-maternité).
Décision du 21 août 1952
L’IDASH se concentre sur l’assurance
accidents du travail.
Loi du 14 juillet 1955
Amendements à la loi de 1952: assurance
accidents du travail appliquée.
Amendements 1955, 1957, 1961
Adoption d’une série d’amendements à la
loi organique de 1951 et à son règlement
d’application.
Décret du 8 novembre 1965
Création de l’assurance vieillesse obligatoire
et de l’ONA.
La loi du 28 août 1967
Loi Subdivisant l’IDASH en :
1- Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et
maternité (OFATMA).
2- Office National Assurance Vieillesse (ONA)
SÉCURITÉ
SOCIALE-ASSURANCE
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Cependant, le décret du 20 mars 1981 a tenté de réorganiser la répartition des compétences entre le
Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) et le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF)
dans le secteur des assurances. Ce décret visait à clarifier les responsabilités réglementaires de chaque
ministère. Toutefois, en pratique, le secteur des assurances ne bénéficie pas d’une réglementation
effective. Le MEF est officiellement chargé de la supervision, mais n’exerce pas pleinement cette
responsabilité, tandis que le MCI, en dehors de l’autorisation d’opérer en tant que société anonyme,
n’exerce aucun pouvoir réel sur ce secteur.
Plusieurs articles de la loi du 13 juillet 1956 sur les compagnies d’assurance ont ainsi été modifiés. Selon
les articles 2, 3, 9, 15, 20 et 21, le MCI est chargé d’accorder l’autorisation de fonctionner en tant que
société anonyme. Le MEF, quant à lui, est responsable de l’octroi des agréments et de la supervision du
secteur, conformément aux articles 3, 5 et 22. À noter que l’assurance maritime est traitée dans le Code
de commerce, livre II, titres X et XIV. (MEF, 2014)
Il convient de noter qu’après le séisme de 2010, une tentative d’élaboration d’un avant-projet de loi a été
soutenue par le projet FIRST et le Département du Trésor américain (OTA). Suite au séisme, et dans un
souci d’améliorer la gestion des risques, le MEF a créé en 2012 un organisme provisoire de contrôle et
de supervision du secteur des assurances dénommé USCA.( MEF, 2014).
Les services d’assurance disponible dans le pays sont assurés par les compagnies régulées par le
Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), reportées sur le schéma ci-après:
Figure 14: Les différentes compagnies d'assurance régulées en Haï
Les Compagnies
d'Assurance régulées
par le Ministère de
l'Économie et des
Finances
Les Assurances Léger S.A
(ALSA) (1994)
La Compagnie d’Assurance
d’Haïti S.A (CAH)
Alternative Insurance
Company (AIC) (2001)
National We stern Life
Insurance Co (NWL) (1956)
nHaï
L’Atout Assurance S.A
SogeAssurance S.A
(2012)
UniAssurance S.A
(2008)
Onyx Assuranc S.A
(captive)
Haïti Sécurité
Assurance S.A (1985)
Nationale d’Assurance S.A
(NASSA) (1990)
Internationale Assurance S.A
(INASSA) (1990)
Le marché de l’assurance en Haïti est très peu développé. Les rares services d’assurance disponibles
dans le pays sont offerts par les compagnies régulées par le Ministère de l’Économie et des Finances
(MEF), dont les licences sont délivrées par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI).
18
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
Les principaux obstacles à l’adoption d’un produit d’assurance:
Figure 15: Les principaux obstacles à l'adopon d'un produit d’assurance
N'a pas de revenu ni d'emploi régulier
Ne comprends pas le fonctionnement l'assurance
N'a pas assez de connaissance sur les produits d'assurance
Ne crois pas aux produits d'assurance
N'a pas besoin d'assurance
FINSCOPE, 2018
4% des adultes ont une assurance
01 02 03 04 05 0
44 %
10 %
9 %
8 %
7 %
Le manque de revenu ou d’emploi régulier est le principal obstacle, affectant 44% des répondants,
soulignant que l’instabilité financière est une barrière significative à la souscription d’une assurance.
Ensuite, les difficultés liées à la compréhension des mécanismes de l’assurance (10%) et à la connaissance
insuffisante des produits disponibles (9%) montrent un déficit clair en termes d’éducation financière.
Les différents niveaux d’accès sont décrits dans le schéma ci-dessous.
Fonction : Prot éger financièrement les
bénéficiaires désignés en cas de décès de
l’assuré
Variables : Assurance temporaire ou partielle
Niveau d’accès : 23 %
Assurance Vie
Fonction : Couvrir les frais médicaux de
l’assuré en cas de maladie
Variables : Assurance privée ou
complémentaire
Niveau d’accès : 53 %
Assurance santé ou de maladie
Fonction : : Protège contre divers accidents
spécifiés dans le contrat
Variables : Assurance de chute
Niveau d’accès : 9 %
Assurance d’accident
Ni Nid’ d’è è23 23% %Niveau d’accès Niveau d’accès : :23 23% %: :
Fonction : Couvrir les coûts juridiques et les
dommages financiers cause à autrui par l’assuré
Variables : Assurance responsabilité civile en
générale, assurance professionnelle
Niveau d’accès : 0 %
Assurance responsabilité civile
Niveau Niveau da daccès ccès : :9 9 % %: :
Fonction : Prot ège les entreprises contre les
risques liés à leurs activités
Variables : Assurance responsabilité civile,
professionnelle, dommage de matériels,
incidences financières
Assurance commercial ou
d’entreprise
Niv Nivea eau ud’ d’ac acc cès ès : :0 0% %: :
Fonction : Couvrir les dommages causés par un
véhicule assure ainsi que la responsabilité civile
en cas d’accident
Variables : Assurance responsabilité civile ou
tout risque
Assurance Automobile
Fonction : Prot éger contre les pertes et
dommage causée àune propriété résidentielle
ainsi qu’à son contenu
Variables : Assurance multirisque, incendie,
dégât d’eau, faute de fabrique, etc
Assurance d’Habitation ou de
logement.
i inc ncid idences ences fi financ nanciè ière res s
Fonction : Couvrir l’annulation de voyage, les pertes
de bagages et les frais médicaux durant la période
voyage
Variables : Assurance pour un traitement médical
d’urgence, urgence d’évacuation, perte de bagages
Assurance Voyage
TYPES
ASSURANCE
Figure 16: Les types d'Assurance
La méfiance envers les produits d’assurance, exprimée par 8% des sondés, et le sentiment que
l’assurance n’est pas nécessaire, ressenti par 7%, doivent-être également être abordés par une meilleure
communication sur les bénéfices tangibles de l’assurance, ainsi que par la transparence des fournisseurs
d’assurance concernant les termes des polices et les processus de réclamation.
19
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
ASSURANCE REDÉFINIE : L’EXPÉRIENCE INSPIRANTE DE BÉATRICE
Dans un environnement marqué par une crise multidimensionnelle et des
risques climatiques auxquels le pays est exposé, Béatrice commence à
s’inquiéter pour son investissement immobilier financé par le programme
de logement 10-10-20 de la Banque de la République d’Haïti (BRH).
Contrainte de quitter sa zone d’habitation en raison de problèmes
d’insécurité, elle a informé son assureur, sachant qu’elle est couverte par
une police d’assurance logement, dans l’espoir d’obtenir une solution de
relogement temporaire en attendant que la situation s’améliore ou qu’elle
trouve une autre solution par elle-même.
Malheureusement, l’assureur a refusé tout soutien financier en ce sens. Face à l’absence d’un organisme
de protection des consommateurs de produits et services financiers, elle a décidé de consulter son
avocat, qui a procédé à une révision détaillée du contrat avec elle. Ensemble, ils ont découvert qu’une
clause en petits caractères, située en bas de page du contrat, spécifiait les conditions particulières
pour lesquelles le remboursement de sa prime d’assurance ne serait pas réalisé. Choquée par cette
découverte, Béatrice a dû se résoudre à se reloger chez ses parents.
Ce phénomène est particulièrement illustré par les faibles taux de souscription des adultes haïtiens à
l’assurance logement, qui s’élèvent à seulement 1 % (FinScope, 2018). Cela suggère non seulement un
manque d’information et d’éducation financière, mais aussi une sous-estimation significative des risques
associés à ce type de bien.
Figure 17: Geson des risques d'assurance par les haïens
N'a pas de revenu ni d'emploi régulier
Ne comprends pas le fonctionnement de l'assurance
N'a pas assez de connaissance sur les produits d'assurance
Ne crois pas aux produits d'assurance
N'a pas besoin d'assurance
N'a pas besoin d'assurance
96 %
des adultes n’ont aucun type
de produit financier couvrant
le risque
97 %
n'ont pas entendu parler
de l'assurance dommages
matériels
01 02030406 050
53 %
23 %
20 %
13 %
9 %
1 %
Comment les Haïtiens gèrent-ils le risque en matière d’assurance ?
Malgré tout, cette approche proactive met en lumière l’importance cruciale de mieux se préparer
aux éventualités imprévues et d’assurer une protection adéquate des biens immobiliers dans des
circonstances difficiles comme celles vécues par Béatrice, notamment en adhérant à des solutions
d’assurance adaptées. Toutefois, elle souligne également la nécessité d’être accompagné par une
personne avisée lors des transactions impliquant la conclusion de contrats, surtout lorsqu’il s’agit de
décisions aussi importantes.
Béatrice recommande vivement une lecture minutieuse des termes contractuels lors de la souscription
d’une police d’assurance afin de cerner les risques couverts et non couverts. Il est crucial de bien
comprendre les délais de réalisation des primes après un incident, le montant alloué, la devise utilisée,
ainsi que les solutions de relogement temporaires disponibles, entre autres informations pertinentes.
20
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
AUX RENDEZ-VOUS DÉCISIONNELS
LES APPORTS DU PROGRAMME CCRIF
Le sommet sur le pacte financier mondial de 2023, organisé par la Banque Mondiale, a été l’occasion
pour les décideurs de se pencher une nouvelle fois sur les crises interconnectées, notamment les risques
climatiques qui continuent d’aggraver les inégalités, en particulier dans les pays les plus vulnérables
(Banque Mondiale, 2023). Le renforcement de la mise en place de mesures de résilience face aux
impacts climatiques a été au cœur des débats. Haïti figure aujourd’hui parmi les pays les plus exposés.
La CCRIF (Caribbean Catastrophe Risk Insurance Facility), dont Haïti bénéficie depuis 2007, fait partie
de ces mesures visant à renforcer la résilience du pays.
Figure 18: Les Apports du programme C CRIF Source: Banque Mondialee 18: LesLesApApporportsts duduproprogragrammemmeCCCCRIFRIF SouSourcerce:: BBanque M
Paiement des
droits de
participation
Renforcement de capacités
pour une compréhension des
instruments de financement
et la prise en compte des
risques budgétaires.
Mise à jour régulière
de son portefeuille
de produits
Activités de formation sur
l’amélioration de la gestion
des risques budgétaires
Suivi de la performance
du modèle.
Expansion
géographique
Le Saviez-Vous?
Le Fonds d'assurance contre le risque
de catastrophe dans les Caraïbes (CCRIF
SPC) regroupe 24 membres dont 19 pays
des Caraïbes, 3 gouvernements d’Amérique
centrale et 2 compagnies d’électricité des
Caraïbes.
À ce jour, 16 membres ont été
indemnisés, dont Haïti, qui a reçu 45 millions
de dollars américains suite au tremblement
de terre du 14 août 2021, montant représen-
tant la couverture maximale prévue par sa
police d'assurance paramétrique pour les
séismes en 2021/22.
Le Saviez-Vous?
L'assurance peut aider les individus, les entreprises et
les pays à couvrir les coûts financiers liés à des situations
imprévues.
Depuis 2007, avec le support de l'IDA Haïti bénéficie une
couverture d'assurance à travers le mécanisme d'assurance
contre les risques de catastrophe en Amérique Centrale et aux
Caraïbes (CCRIF/SPC) en renforçant la capacité technique de
leurs Ministères des Finances.
Au lendemain des catastrophes, le mécanisme est
déclenché afin de permettre aux pays de réduire les
vulnérabilités de leurs finances publiques.
21
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
CONCLUSION
En période de crise économique ou financière, tant les individus que les ménages et les entreprises sont
confrontés à de fortes incertitudes et à des risques accrus. Choisir les bons produits et services financiers
exige une évaluation prudente des objectifs financiers, du profil de risque et des conditions économiques
existantes. De plus, adopter une vraie culture de gestion par le biais de l’assurance, diversifier les
investissements, maîtriser les coûts et promouvoir l’éducation financière peuvent contribuer à naviguer
avec succès à travers les défis économiques et à préparer le terrain pour une reprise plus résiliente à
long terme.
À travers le Volume II de la Revue de Développement de Connaissances et Compétences Financières
(RDCCF), la BRH invite les usagers du système financier à adopter une approche proactive et réfléchie
pour surmonter les difficultés et naviguer à travers les périodes de turbulence. En prenant des décisions
prudentes et basées sur une compréhension approfondie des produits financiers et des stratégies de
protection, les usagers peuvent mieux gérer les incertitudes, minimiser les impacts des crises, et se
positionner avantageusement pour saisir les opportunités futures. En toutes circonstances, la prudence et
la diligence dans vos choix financiers peuvent faire toute la différence pour garantir la sécurité financière
et la pérennité économique.
Bien que certains produits tels que les transferts aient constitué un véritable refuge pour maintenir la
résilience financière durant cette période, les crises précédentes ont néanmoins révélé les limites des
opérations traditionnelles. L’accélération de l’implémentation d’un système de paiement digital inclusif
représente une voie prometteuse pour renforcer l’inclusion financière en Haïti. Ce système vise à réduire
les disparités entre les zones urbaines et rurales, facilitant un accès équitable aux produits et services
financiers pour tous. En outre, il contribue activement à promouvoir l’égalité des genres, en permettant
aux femmes et aux hommes d’accéder aux mêmes opportunités financières et économiques.
22
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
BIBLIOGRAPHIE
AFI (2012). Engagements sur lesquels vous pouvez compter : Rapport d’étape 2012 sur la mise en
œuvre de la Déclaration de Maya. AFI
BRH. (2014). Stratégie Nationale d’Inclusion Financière. BRH.
BRH. (2018). Enquête FinScope sur la consommation des ménages. BRH.
BRH. (2020). Plan National d’Éducation Financière (PNEF), 2020-2025. BRH.
BRH. (2022). Plan Stratégique Global (2022-2024). BRH.
BRH. Circulaire 103-1. BRH.
BRH. De l’aménagement des zones franches et des parcs industriels : Circulaire 106. BRH.
Cuervas, C., & Anderson, J. (2015). Comprendre la demande, stimuler l’innovation : Les ménages des
petits exploitants agricoles et les services financiers. CGAP.
CGAP. (2015). Global Landscape of Innovations in Digital Finance. CGAP. http://de.slideshare.net/CGAP/
the-global-landscape-of-digital-finance-innovations
CGAP. (2015). Concevoir des services financiers numériques pour les familles des petits exploitants.
CGAP. Damon, J. (2010). L’éducation financière : Une innovation sociale en plein développement.
Futuribles, 43-50. FMI. (2022). Cours en ligne, Développement financier et inclusion financière (FDFIx).
Edx.org.
Guérin, I. (éd.), & Selim, M. (2012). L’éducation financière ou comment apprendre aux pauvres à bien
consommer.
Jain, A., et al. (2014). A progressive approach to financial inclusion. MasterCard Advisors.
Loi du 26 Novembre 2002 sur le code des investissements modifiant le décret du 30 octobre 1989 relatif
au code des investissements.
Le Moniteur. (2012). Loi portant sur les Banques et autres institutions financières.
Mishkin, F. S. (2013). Monnaie, banque et marchés financiers (10e éd.). Nouveaux Horizons/Pearson
France. OCDE. (2022). Évaluation des stratégies nationales pour la culture financière. OCDE.
Quiry, P., Le Fur, Y., & Vernimmen, P. (2019). Finance d’entreprise (17e éd.). Dalloz.
Merton, R. C. (1990). Continuous-Time Finance.
23
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES
SITES WEB CONSULTÉS
CCRIF. (2021, August 23). CCRIF to make US$40 million payout toHaitifollowing devastatingAugust 14
earthquake. CCRIF SPC. http://bit.ly/4fywICH.
Unit. Consulté le Polycopie étage 2. Retrieved from
http://ressources.unit.eu/cours/cyberrisques/etage_2/res/Polycopie_etage_2_v2
Learn Immo. (Consulté le). Importance de la gestion des risques dans la stratégie immobilière. Retrieved
from https://www.learn-immo.fr/guide-strategie-immobiliere/importance-gestion-risque-strategie-
immobiliere/#:~:text=Diff%C3%A9rents%20types%20de%20risques%20dans%20l’investissement%20
immobil ier&text=Le%20risque%20de%20vacance%20locative,p our%20l’achat%20du%20bien
BRH. (Consulté le 17 juillet 2024). Avis sur les taux d’intérêt des bons. Retrieved from https://www.brh.ht/
wp- content/uploads/Avis-taux-interet-bons.pdf
24
REVUE
DÉVELOPPEMENT DE CONNAISSANCES & COMPÉTENCES FINANCIÈRES