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NOTE
SUR LE CRÉDIT
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Introduction
L’évolution du crédit au secteur privé
Les conditions de financement de
l’économie en 2025
Réactions des taux d’intérêt débiteurs aux
impulsions monétaires
Qualité du portefeuille de crédit
Crédits accordés dans le cadre des
programmes incitatifs de la BRH
Analyse de la répartition sectorielle du
crédit bancaire
Répartition du crédit par région
Répartition du crédit par genre
Conclusion
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8
9
11
13
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Table des Matières
A
B
C
D
E
4
NOTE
SUR LE CRÉDIT
5
NOTE
SUR LE CRÉDIT
INTRODUCTION
Au cours de l’exercice fiscal 2025, le secteur financier haïtien a évolué dans un
environnement marqué par une insécurité persistante, laquelle a considérablement
restreint les opportunités d’investissement, notamment dans la région métropolitaine,
et a contribué à affaiblir davantage la dynamique de l’intermédiation financière.
En effet, cette conjoncture défavorable a limité aussi bien l’offre que la demande de crédit,
entravant ainsi les efforts de relance de l’activité réelle. Parallèlement, les contraintes
sur la libre circulation des biens et des personnes ont exacerbé les pressions sur les prix,
même si leur rythme de progression est resté en deçà des niveaux proches de 50 %
observés en 2023. Dans ce contexte, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a adopté
une posture prudente tout en évitant de durcir les conditions monétaires déjà serrées.
Elle a renforcé les opérations de stérilisation des excédents de liquidité à travers les
bons BRH, sans apporter de modifications à ses principaux instruments conventionnels,
notamment les taux directeurs et les coefficients de réserves obligatoires. Toutefois,
des incitations ciblées ont été maintenues afin de soutenir les secteurs à forte valeur
ajoutée, conformément aux objectifs des programmes pro-croissance de l’institution.
Historiquement contraint par des facteurs à la fois structurels et conjoncturels, le crédit au
secteur privé a été davantage fragilisé par la dégradation continue du climat sécuritaire.
Cette conjonction de facteurs a compromis son efficacité en tant que canal central de
transmission de la politique monétaire, alors que le système bancaire continue d’afficher
une surliquidité structurelle. Ainsi, compte tenu du rôle déterminant du financement
des activités économiques, notamment des initiatives productives, la banque centrale
juge opportun d’examiner les conditions d’octroi du crédit bancaire. Cette démarche
vise à identifier et à mettre en œuvre les mesures appropriées susceptibles de soutenir
la relance économique.
À cet égard, la deuxième édition de cette note analyse l’évolution du crédit bancaire au
secteur privé entre septembre 2024 et septembre 2025. Elle met en lumière l’impact
négatif de la détérioration du climat des affaires sur la qualité du portefeuille bancaire
et présente les mesures mises en œuvre par la BRH pour accompagner les emprunteurs
en difficulté. L’analyse adopte une approche sectorielle, assortie d’une ventilation par
département géographique et par genre. Enfin, des pistes de réflexion sont proposées
quant aux orientations futures de la politique monétaire, dans la perspective d’un
appui efficace à la relance économique et l’éventualité d’une amélioration durable des
conditions sécuritaires.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
A- L’ÉVOLUTION DU CRÉDIT AU SECTEUR PRIVÉ
En 2025, la détérioration des conditions sécuritaires a accentué les fragilités
structurelles qui pesaient déjà sur les activités d’intermédiation financière. La
combinaison de ces facteurs a renforcé l’aversion au risque des établissements
bancaires, tout en freinant l’investissement productif et la consommation privée.
Ainsi, en valeur nominale, le portefeuille net de crédit n’a crû que de 0,3 % entre
septembre 2024 et septembre 2025, après deux années consécutives de contraction
(-15,2 % en 2024 et -9,6 % en 2023). La légère variation positive observée en 2025
s’explique principalement par l’augmentation des prêts libellés en dollars américains
(+1,9 %), tandis que ceux en gourdes ont maintenu leur tendance baissière (-2,3 %),
témoignant de la dégradation continue de l’environnement des affaires.
En termes réels, la contraction du crédit demeure significative, s’établissant à -24 %,
contre -33,7 % un an auparavant. Bien que le rythme de décroissance se soit modéré,
cette évolution traduit à la fois l’effet d’érosion lié à un niveau d’inflation toujours
élevé et le maintien de conditions financières restrictives. Elle reflète également
la persistance de contraintes pesant sur l’offre de crédit, ainsi qu’une demande
d’investissement affaiblie dans un contexte d’incertitude économique accrue.
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126 124 118 115 1181 14 111 115
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24s ept.-24 déc.-24 mars-25j uin-25 sept.-25
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 1 Portefeuille de prêts du système bancaire (en milliards de gourdes)
Le taux de transformation bancaire (ratio crédit/dépôt) a, pour sa part, poursuivi
sa trajectoire descendante pour s’établir à 22 % au 30 septembre 2025, un niveau
nettement inférieur à la moyenne régionale qui excède les 70 %.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 2 Ratio crédit/dépôt
19%
21%
23%
25%
27%
29%
31%
33%
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24 sept.-24 déc.-24m ars-25 juin-25 sept.-25
Ce mouvement continu à la baisse du ratio crédit/dépôt traduit une réorientation
stratégique des institutions financières qui, dans un environnement de plus en plus
incertain, privilégient des placements perçus comme moins risqués au détriment de
leur participation directe dans le financement de l’économie réelle. En effet, selon
l’analyse de la structure de l’actif du système bancaire, la part des placements dans
le total de l’actif a progressé de manière continue, tandis que celle du portefeuille
de prêts s’est contractée significativement, ayant été divisée par deux entre 2019
et 2025.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 3 Portefeuille de prêts et placements en pourcentage de l’actif
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
Sept.-19 Sept.-20 Sept.-21 Sept.-22 Sept.-23 Sept.-24 Sept.-25
Placements en bonsB RH et bons du trésorPrêts Autres placements
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
B- LES CONDITIONS DE FINANCEMENT DE
L’ÉCONOMIE EN 2025
Au cours de la période sous revue, les autorités monétaires ont maintenu les
orientations définies en août 2022, en réponse à un environnement fragilisé par une
succession de chocs internes et externes affectant la stabilité macroéconomique.
De ce fait, la structure des taux d’intérêt sur les bons BRH est demeurée inchangée,
à 6 %, 8 % et 11,5 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours, respectivement.
Parallèlement, le taux de mise en pension des bons BRH a été maintenu à 17 %,
alors que celui applicable aux bons du Trésor est resté fixé à 14 %.
De plus, les coefficients de réserves obligatoires ont été maintenus à 40 % pour les
dépôts en gourdes et à 53 % pour les dépôts en devises dans les banques créatrices
de monnaie. Pour les banques d’épargne et de logement (BEL), ces coefficients
demeurent à 28,5 % et 41,5 %, respectivement.
RÉACTIONS DES TAUX D’INTÉRÊT DÉBITEURS AUX IMPULSIONS
MONÉTAIRES
La stabilité des taux d’intérêt directeurs s’est accompagnée d‘une évolution
contrastée des taux d’intérêt débiteurs au sein du système bancaire. Le taux d’intérêt
moyen sur les prêts en gourdes a connu des variations irrégulières, oscillant dans
une fourchette comprise entre 12 % et 18 %, tandis que le taux maximum appliqué
se situait entre 20 % et 28 %.
Source : BRH/Direction du Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 4 Taux d'intérêt sur les bons BRH de 91 jours et taux d’intérêt moyen sur les prêts en gourdes
0%
2%
4%
6%
8%
10%
12%
14%
16%
18%
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24 sept.-24 déc.-24m ars-25 juin-25 sept.-25
Taux d'intérêt moyen sur prêts en gourdes Taux d'intérêt sur bons BRH de 91 jours
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Globalement, les taux d’intérêt débiteurs sont restés élevés dans un environnement
de plus en plus risqué. Le rendement moyen des prêts dépasse nettement le coût
des ressources, la rémunération des dépôts évoluant en moyenne en dessous de
1 %. Cette configuration s’est traduite par une marge d’intermédiation significative,
figurant parmi les plus élevées de la région Amérique Latine et Caraïbes, avec des
spreads de taux d’intérêt pouvant atteindre plus de 10 points de pourcentage.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 5 Rendement moyen des prêts et rémunération moyenne des dépôts
0%
2%
4%
6%
8%
10%
12%
14%
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
prêts dépôts
Source : World Bank
Graphique 6 Spread de taux d’intérêt (en %)
0
2
4
6
8
10
12
14
16
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Haïti Jamaïque République Dominicaine Amérique Latine et Caraïbes
QUALITÉ DU PORTEFEUILLE DE CRÉDIT
Au cours de l’exercice 2024-2025, la crise sécuritaire persistante, à l’origine des
perturbations au niveau du secteur réel, a également entraîné une détérioration de
la qualité du portefeuille des banques. Ainsi, le taux de prêts improductifs a atteint,
en moyenne, un niveau de 13 % contre celui de 11,5 % un an plus tôt.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Cette situation, qui reflète les effets défavorables de la conjoncture sur la solvabilité
des débiteurs du système, s’est accompagnée d’une contraction continue du
nombre de comptes de prêts. Cet indicateur, qui avoisinait 100 000 comptes au
début de la décennie, s’est établi à 54 689 au 30 septembre 2024, puis à 44 621 au
30 septembre 2025, soit une baisse de plus de 50 % sur une période de cinq (5) ans.
Cette tendance témoigne, d’une part, du renforcement de la prudence des
institutions financières face au risque de contrepartie et, d’autre part, de l’atonie
de la demande de financement, en lien avec le ralentissement des activités
d’investissement et de consommation dans l’économie.
Dans ce contexte, la BRH a autorisé les institutions financières à accorder des
moratoires sur certains prêts à travers la circulaire No 115-6 (Circulaire-115-6.
pdf). Durant cette période de moratoire sur les prêts éligibles, seuls les intérêts
sont exigibles, les bénéficiaires étant dispensés de tout frais de retard. L’encours
des prêts ayant bénéficié de ces moratoires dans le cadre de ladite circulaire s’est
chiffré à 21 milliards de gourdes, soit environ 17 % du portefeuille de prêt brut.
Par ailleurs, sur la base d’une évaluation de la capacité financière et d’un commun
accord avec leurs débiteurs respectifs, les établissements de crédit ont également
été autorisés à réviser les modalités de remboursement de certains prêts.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 7 Prêts improductifs en % des prêts bruts
8%
9%
10%
11%
12%
13%
14%
15%
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24 sept.-24 déc.-24m ars-25 juin-25 sept.-25
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 8 Nombre de comptes de prêts (en unités)
69,09869,098
66,61266,612
63,59663,596
57,90257,902
54,68954,689
49,388
46,755
44,148
44,621
sept.-23 déc.-23m ars-24 juin-24 sept.-24 déc.-24m ars-25 juin-25 sept.-25
CRÉDITS ACCORDÉS DANS LE CADRE DES PROGRAMMES INCITATIFS DE
LA BRH
Au cours de la période sous revue, la BRH a maintenu son soutien en faveur des
secteurs à fort potentiel de croissance. À ce titre, les décaissements effectués
dans le cadre du programme pro-croissance ont atteint, au 30 septembre 2025, un
montant global de 19,794 milliards de gourdes.
Le secteur du logement et les zones franches industrielles demeurent les principaux
bénéficiaires, mobilisant respectivement 5,269 milliards et 5,082 milliards de
gourdes, représentant ainsi 26,6 % et 25,7 % des fonds octroyés. Viennent
ensuite les entreprises tournées vers l’exportation auxquelles un financement
total de 3,212 milliards de gourdes a été attribué, équivalant à 16,2 % du total
des décaissements, et les secteurs touristique et hôtelier qui ont reçu un montant
de 2 440 MG, soit 12,3% du portefeuille alloué dans le cadre de ce programme.
Le secteur agricole, soutenu par les dispositions de la circulaire 113, ainsi que le
programme relatif à la promotion du développement immobilier (PPDI), pour leur
part, ont respectivement bénéficié de 11,9 % et 5,3 % des décaissements. Enfin,
les sociétés financières opérant dans le crédit-bail ont bénéficié de 400 millions de
gourdes, ce qui correspond à 2 % de l’enveloppe globale.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Source : BRH/Direction Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 9 Crédits accordés dans le cadre des programmes incitatifs de la BRH au 30 septembre 2025 (en %)
Programme de logement
26.6 %
Programme aux zones
franches industrielles
25.7 %
Programme à l'exportation
16.2 %
Programme de promotion
de développement
immobilier
5.3 %
Programme au secteur
agricole
11.9 %
Programme aux secteurs
touristique et hôtelier
12.3 %
Crédit-bail
2.0 %
Source : BRH/Direction Contrôle de Crédit (DCC)
Graphique 10 Crédits accordés dans le cadre des programmes incitatifs de la BRH au 30 septembre 2025 (en MG)
5,268.65
5,081.74
3,212.34
1,040.97
2,349.73
2,440.59
400.00
Programme de logement
Programme auxz ones franchesi ndustrielles
Programme àl 'exportation
Programme de promotiond ed éveloppement
immobilier
Programme au secteur agricole
Programme auxs ecteurst ouristique et
hôtelier
Crédit-bail
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
C- ANALYSE DE LA RÉPARTITION SECTORIELLE
DU CRÉDIT BANCAIRE
En 2025, l’analyse sectorielle du crédit met en évidence la poursuite d’une évolution
peu favorable des apports financiers du système bancaire aux secteurs productifs.
En effet, la structure de distribution du crédit bancaire reste largement dominée
par le « Commerce de gros et de détail » (37,7 %), suivi des « Prêts aux particuliers »
(17,3 %) et des « Industries manufacturières » (16 %). La branche « Immobilier
résidentiel et commercial », particulièrement affectée par l’expansion des zones
contrôlées par les groupes armés, représente environ 10 % du portefeuille, tandis
que les secteurs « Bâtiments et Travaux publics » et « Transport, Entrepôt et
Communication » ne comptent respectivement que pour 4,4 % et 2,4 %.
Le financement du secteur agricole demeure marginal, représentant moins de
1 % du portefeuille total de crédit. Cette situation reflète à la fois les contraintes
structurelles profondes, telles que la faiblesse des infrastructures, les vulnérabilités
aux aléas climatiques et l’absence de mécanismes de couverture contre les risques, et
les facteurs conjoncturels comme l’accès limité aux intrants essentiels (notamment
les engrais) ainsi que les difficultés d’écoulement des produits subséquentes à la
crise sécuritaire.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 11 Poids des branches d’activité dans le portefeuille de crédit au 30 septembre 2025
Commerce de Gros et Détail
37.7 %
Services et Autres
9.1 %
Industries Manufacturières
16.0 %
,
Prêts aux Particuliers
17.3 %
Immobilier Résidentiel et Commercial
10.4 %
Transport, Entrepôt et Communication
2.4 %
Bâtiments et Travaux Publics
4.4 %
Électricité, Gaz et Eau
1.9 %
Agriculture, Sylviculture et Pêche
0.7 %
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Cette concentration accrue du crédit au niveau des secteurs à faible valeur
ajoutée reflète également, en partie, les contraintes liées à la structure des
ressources bancaires, peu adaptée au financement des investissements
productifs de long terme. La prédominance des passifs à court terme, en par-
ticulier les dépôts à vue et les dépôts d’épargne, représentant plus de 80 %
des dépôts totaux et de 60 % des ressources totales, limite la capacité des
établissements de crédit à allonger la maturité de leurs emplois et à soutenir des
projets d’investissement susceptibles de favoriser une croissance économique
durable et soutenue.
Source : BRH/Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
Graphique 12 Structure des dépôts du système bancaire au 30 septembre 2025
47.2%
35.0%
17.8%
Àv ue Épargne Àt erme
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
D- RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR RÉGION
Selon les données disponibles au 30 septembre 2025, la distribution du crédit
au sein du système financier reste fortement concentrée dans le département de
l’Ouest, dont la part s’est inscrite à 75,4 % en 2024 et 75,6 % en 2025. Malgré les
contraintes liées à l’insécurité persistante dans la zone métropolitaine, cette région
conserve une prédominance dans l’accès au financement, loin devant le Nord
(6,4 %), l’ Artibonite (4,7 %) et le Sud (3,3 %), tandis que les autres départements
maintiennent des parts marginales, inférieures à 3 %.
Cette concentration traduit la centralisation structurelle des activités économiques
et financières dans la capitale, où sont implantés la majorité des sièges sociaux des
institutions bancaires et des activités commerciales. La collecte des dépôts confirme
cette asymétrie : 75 % des dépôts sont mobilisés dans la région métropolitaine,
contre seulement 25 % dans les villes de province. Une telle répartition tend
à renforcer les disparités régionales et constitue un frein à un financement plus
équilibré de l’économie du pays.
Source : BRH/Bureau d’Information sur le Crédit (BIC)
Graphique 13 Distribution du crédit par département géographique
0.00%1 0.00% 20.00% 30.00% 40.00% 50.00% 60.00% 70.00% 80.00%
Artibonite
Centre
Grand-Anse
Nippes
Nord
Nord-Est
Nord-Ouest
Ouest
Sud
Sud-Est
2020 2021 2022 2023 2024 2025
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
E- RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR GENRE
Les statistiques disponibles au 30 septembre 2025 confirment la persistance
d’importantes disparités dans la distribution du crédit par genre, en dépit d’une
progression modérée des prêts accordés aux femmes. Ainsi, dans l’ensemble des
crédits accordés aux particuliers, la part allouée aux hommes en monnaie locale
reste élevée mais s’est légèrement réduite, passant de 64 % en 2024 à 63,3 % en
fin d’exercice 2025, tandis que celle attribuée aux femmes est passée de 35,9 % à
36,7 % en septembre 2025. Le contraste est encore plus prononcé s’agissant des
prêts en dollars ÉU, dont la part allouée aux hommes a atteint les 75,1 %. Ces écarts
traduisent, en partie, les obstacles auxquels les femmes continuent de faire face
dans l’accès au financement, notamment la faiblesse relative de leurs revenus,
les inégalités persistantes sur le marché du travail et un taux de bancarisation
encore inférieur à celui des hommes. Ces disparités subsistent en dépit des efforts
d’inclusion financière engagés par les Autorités et reflètent donc, une caractéristique
structurelle plus profonde des fondamentaux socio-économiques du pays. À cet
égard, la promotion de l’entrepreneuriat féminin, la mise en place de mécanismes
adaptés de financement et le développement des compétences des femmes dans
les domaines porteurs apparaissent déterminants pour réduire ces inégalités et
favoriser l’inclusion économique de la gente féminine.
Source : BRH/Bureau d’Information sur le Crédit (BIC)
Graphique 14 Distribution du crédit par genre au 30 septembre 2025
75.1 %
24.9 %
Crédits en dollar ÉU
Homme Femme
63.3 %
36.7 %
Crédit en gourdes
Homme Femme
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
CONCLUSION
Au terme de l’exercice fiscal 2025, le crédit bancaire au secteur privé a enregistré
une légère progression de 0,3 %, après une contraction de 15,2 % en 2024. Cette
dynamique s’inscrit dans un contexte marqué par la dégradation prolongée du
climat des affaires en Haïti, exacerbée par une crise sécuritaire qui perdure depuis
plus de cinq ans.
Cette conjoncture continue d’accentuer les risques opérationnels et financiers
auxquels sont confrontées les institutions bancaires. Celles-ci ont adopté une
posture plus prudente, réduisant leur exposition au risque de crédit, face à une
montée des incertitudes et à la détérioration de la qualité des portefeuilles. Cette
faible progression du crédit compromet les perspectives de relance économique,
en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME), qui jouent un rôle
déterminant dans la structuration du tissu économique et la création d’emplois.
Dans une économie comme celle d’Haïti, caractérisée par un niveau élevé de
chômage et d’informalité, l’accès au financement des PME constitue un levier
central d’une croissance inclusive et durable.
Face à cette situation, le redressement des conditions sécuritaires apparaît comme
une condition préalable au rétablissement de la confiance des investisseurs, à la
relance des activités productives et à la réactivation des canaux traditionnels de
distribution du crédit. Ce retour à la stabilité jettera également les bases d’un cadre
propice à l’innovation financière. Au-delà des enjeux sécuritaires, le développement
d’un écosystème de gestion des risques financiers devient également crucial. À cet
égard, la promotion des services d’assurance adaptés au contexte local et la mise
en place de fonds de garantie sont identifiées comme des instruments structurants
de mitigation du risque de crédit. La BRH accorde une attention particulière à ces
mécanismes qui sont de nature à renforcer la confiance des créanciers, tout en
facilitant l’accès au financement des entreprises à des conditions plus soutenables.
Ces leviers sont d’autant plus pertinents qu’ils participent à la consolidation d’un
environnement financier plus résilient, propice à une mise en œuvre plus efficace
des politiques économiques, avec un meilleur impact sur l’activité réelle.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
Dans cette perspective, la BRH reste engagée dans le déploiement de dispositifs
ciblés de soutien au crédit ainsi que dans la mise en place de cadres d’accom-
pagnement technique et financier, notamment en faveur des PME et des initiatives
entrepreneuriales portées par les femmes (Programme Booster PME). Ces
interventions s’inscrivent dans une logique de meilleure adéquation entre l’offre de
financement et les besoins du secteur productif.
Par ailleurs, la BRH entreprend une refonte de son programme pro-croissance,
en y intégrant désormais une dimension régionale. Cette réorientation vise à
mieux prendre en compte les spécificités locales et à valoriser les potentialités
économiques propres aux différentes zones géographiques du pays. À travers
cette démarche, l’institution entend promouvoir une croissance plus inclusive et
davantage ancrée dans les réalités socio-économiques nationales.
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NOTE
SUR LE CRÉDIT
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NOTE
SUR LE CRÉDIT