(FY2024-Q4) Note sur la politique monétaire, le quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2023-2024
Resume — Note de politique monétaire de la BRH pour le quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2023-2024. Elle passe en revue l'environnement économique, les prix, les finances publiques, le secteur externe, les conditions monétaires et les décisions de politique monétaire de la banque centrale.
Constats Cles
- La note couvre le quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2023-2024.
- Elle examine l'environnement économique et les prix.
- Elle présente les conditions monétaires et les décisions de politique monétaire de la BRH.
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Note de politique monétaire de la BRH pour le quatrième trimestre de l'exercice fiscal 2023-2024. Elle passe en revue l'environnement économique, les prix, les finances publiques, le secteur externe, les conditions monétaires et les décisions de politique monétaire de la banque centrale.
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TABLE DES MATIÈRES
1. VUE D’ENSEMBLE ................................................................. PAGE 3
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2024 .................................................................... PAGE 4
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE ...................................................... PAGE 4
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE ...................................................... PAGE 6
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX ........................... PAGE 6
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR EXTERNE AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2024 ..................................................................... PAGE 8
4.- DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2024 ..................................................................... PAGE 11
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2024 ...... PAGE 12
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SECTEUR
BANCAIRE ............................................................................... PAGE 13
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE, GENRE ET
RÉGION GÉOGRAPHIQUE .......................................................... PAGE 15
8. PERSPECTIVES ..................................................................... PAGE 17
VUE D’ENSEMBLE
1. VUE D’ENSEMBLE
Le quatrième trimestre de l’exercice 2023-2024 a été marqué par un tournant
significatif de la politique monétaire des principales banques centrales. L’évolution
fluctuante des prix dans certaines régions a permis d’enclencher le desserrement
des conditions monétaires, en dépit de l’environnement international empreint
d’incertitudes liées aux tensions géopolitiques, notamment la poursuite de la
guerre en Ukraine et le conflit au Proche-Orient1.
Au niveau national, la persistance des chocs multidimensionnels continue d’entraver
les activités dans tous les secteurs économiques. Ce climat défavorable a provoqué
le rétrécissement du tissu industriel et réduit la production agricole, déjà en proie
aux aléas climatiques. Il en est résulté une accentuation des pressions inflationnistes,
en dépit d’une gestion des finances publiques propice à une certaine stabilisation
de la valeur de la gourde par rapport au dollar américain.
Dans ce contexte difficile, la Banque centrale a poursuivi ses actions, visant à
maintenir la stabilité du taux de change, à limiter les tensions inflationnistes, et
à garantir des conditions de financement favorables à la reprise potentielle des
activités économiques, advenant le redressement de la situation sécuritaire.
1 Une désinflation s’est observée aux États-Unis et dans la Zone Euro, alors que la progression des prix
diffère d’un pays à un autre au niveau des autres régions.
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 3
2. ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE
GLOBAL AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2024
ENVIRONNEMENT
2.1. ÉCONOMIE MONDIALE
Les pressions inflationnistes post-covid-19, qui ont marqué l’environnement
macroéconomique mondial, se sont atténuées notamment au cours du dernier
trimestre de l’exercice fiscal 2024. L’inflation, qui se rapproche de la cible fixée par
ÉCONOMIQUE GLOBAL
les principales banques centrales, a favorisé un assouplissement de la politique
monétaire dans les pays avancés et au niveau de certaines économies émergentes
et en développement, bien que les risques entourant les conflits géopolitiques
persistent et s’intensifient, notamment au Proche-Orient.
En effet, considérant le taux d’inflation établi à 2,4 % en septembre 2024 (contre
3 % en juin 2024) et le dynamisme du marché du travail aux États-Unis (taux de
chômage à 4,1 % en septembre comme en juin), la Réserve fédérale américaine
(Fed) a décidé d’abaisser ses taux directeurs de 50 points de base en septembre
2024, pour la première fois depuis mars 2020, les portant dans la fourchette
comprise entre 4,75 % et 5 %. De même, la Banque Centrale Européenne (BCE) a
révisé à la baisse son taux directeur, lequel a atteint 3,50 % contre 3,75 % depuis
juin 2024, alors que le taux d’inflation s’est inscrit à 1,8 % en septembre 2024, en
recul de 0,7 point de pourcentage par rapport à juin 2024. Au niveau des économies
émergentes, si le desserrement des conditions monétaires a été adopté en Chine
(taux directeur : 3,35 % contre 3,45 % antérieurement), les autorités monétaires en
Russie et au Brésil ont relevé leurs taux directeurs respectivement à 19 % (+1 pp en
septembre après 2 pp en juillet) et 10,75 % en septembre 2024 (+0,25 pp) en raison
de la persistance des tensions inflationnistes dans ces pays.
Par ailleurs, les prévisions de la Commission Économique pour l’Amérique latine
et la Caraïbe (CEPALC) augurent un ralentissement de la croissance de la région,
à 1,8 % en 2024, tenant compte de l’affaiblissement de la demande extérieure
et du fléchissement des investissements. En revanche, l’économie dominicaine
est demeurée résiliente, en témoigne la progression de 4,7 % de son indicateur
mensuel d’activité économique (IMAE) en septembre 2024, dans un contexte où
le taux d’inflation s’est établi à 3,29 % en septembre 2024. L’inflation, s’inscrivant
dans la fourchette cible de [4 % ± 1 %], a porté la Banque centrale de la République
dominicaine (BCRD) à réduire son taux directeur de 25 points de base sur les deux
derniers mois, pour le fixer à 6,50 % en septembre 2024.
Sur le marché international, les cours des deux produits pétroliers de référence
ont connu un repli beaucoup plus prononcé qu’au trimestre précédent, en raison
non seulement des conflits géopolitiques en Ukraine et au Proche-Orient, mais
aussi du ralentissement économique de la Chine, l’un des plus grands importateurs
mondiaux de pétrole. En effet, le prix du baril de Brent a atteint 74,02 dollars ÉU
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 4
en septembre 2024, en baisse de 10,01 % contre -3,70 % en juin 2024. Le WTI a
également chuté de 11,95 % pour atteindre 70,24 dollars ÉU. Par contre, l’indice
FAO des prix des produits alimentaires a été marqué par une hausse de 2,64 % en
septembre 2024 par rapport à juin 2024.
ENVIRONNEMENT
Tableau 1 Indicateurs macroéconomiques par région et pays
Pays et Région/ Projection Taux Taux de Taux
Indicateurs de croissance* d'inflation** chômage** directeur**
ÉCONOMIQUE GLOBAL
États-Unis 2,8 % 2,4 % 4,1 % 4,75 % - 5 %
Zone Euro 0,8 % 1,8 % 6,3 % 3,5 %
République
5,1 % 3,29 % 5,3 % 6,5 %
Dominicaine
*Projecons octobre 2024 – Source : FMI | Sources : BLS, Eurostat, BCRD | ** septembre 2024 |
Graphique 1 Prix du riz en dollar ÉU par tonne métrique
670
620
570
520
470
420
370
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Source : www.indexmundi.com/commodies
Graphique 2 Prix du blé et du maïs en dollar ÉU par tonne métrique
485 Blé
425
365
305
245
185 Maïs
125
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Source : www.indexmundi.com/commodies
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 5
Graphique 3 Prix du baril du West Texas Intermediate (WTI) en dollar ÉU
100.0
ENVIRONNEMENT
75.0
50.0
ÉCONOMIQUE GLOBAL
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
Graphique 4 Prix du baril du Brent en dollar ÉU
125
100
75
50
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Sources : www.eia.gov/Indexmundi
2.2. ÉCONOMIE HAÏTIENNE
SECTEUR RÉEL ET ÉVOLUTION DES PRIX
Au niveau national, l’enlisement de la crise généralisée continue d’impacter
négativement l’activité économique. Cette conjoncture délétère a entraîné
la défaillance de nombreuses entreprises. Ceci s’est traduit par un déclin de
la production dans l’ensemble des secteurs d’activité, lequel a contribué à la
dégradation du marché de l’emploi déjà fragilisé par les vagues migratoires
favorisées par les programmes d’émigration internationaux2. De même, les activités
agricoles ont aussi été contraintes par le déplacement forcé de certains exploitants
agricoles, alors que le rendement de ce secteur demeure conditionné aux chocs
climatiques et à la non-disponibilité de certains intrants (semences, engrais).
2 Selon les dernières statistiques disponibles pour le secteur manufacturier orienté vers la sous-traitance textile,
le nombre de travailleurs a atteint 28 272 en septembre 2024 contre 39 614 en début d’exercice (octobre 2023) et
40 266 en octobre 2022.
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 6
Cette contreperformance économique s’inscrit dans le prolongement de l’atonie
observée sur les neuf (9) premiers mois de l’exercice 2024, ce qu’atteste l’évolution
de l’indicateur conjoncturel d’activité économique (ICAE) qui a fléchi de 3,8 % en
valeur cumulée, plombée par le recul de toutes les branches d’activité, à l’exception
du secteur financier qui est resté résilient, affichant une croissance de + 3 % sur
ENVIRONNEMENT
la période considérée. Aussi, les projections de croissance pour l’économie
haïtienne tablent-elles désormais sur une contraction de 4 % du PIB pour l’exercice
2023-2024.
De même, le climat d’insécurité qui a perduré au 4e trimestre 2024 reste un
ÉCONOMIQUE GLOBAL
facteur entravant la dynamique du commerce intérieur, ce qui a contribué au
renchérissement des prix des produits dans l’économie. Bien que l’inflation demeure
à un niveau élevé, son rythme de progression a ralenti au cours du trimestre
sous-étude, comparativement au trimestre précédent (27,9 % en septembre contre
29,2 % en juin 2024). Cette atténuation des pressions inflationnistes découle,
entre autres, de la stabilité du taux de change et de la diminution de la masse
monétaire consécutive au tassement du crédit accordé à l’État.
Néanmoins, cette persistance des pressions inflationnistes, jumelée à la réduction
de l’offre de denrées alimentaires sur le marché, a concouru à la détérioration de la
sécurité alimentaire dans le pays. Suivant le rapport de la Coordination Nationale
de la Sécurité Alimentaire d’Haïti (CNSA) publié le 30 septembre 2024, le nombre
de personnes éprouvant un besoin d’assistance alimentaire a atteint 5,4 millions
d’Haïtiens, dont près de la moitié se retrouvent à la phase 4 de l’IPC, alors que 5 600
personnes déplacées vivant dans des abris provisoires dans la zone métropolitaine
sont classées en phase 53.
3 IPC : Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire. La Phase 4 renvoie à des niveaux d’urgence
alimentaire et la Phase 5 à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire.
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 7
3. FINANCES PUBLIQUES ET SECTEUR
EXTERNE AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2024
L’exécution budgétaire au cours du dernier trimestre de l’exercice fiscal 2024 a
été tributaire du ralentissement des activités économiques et des chocs socio-
politiques qui ont contraint la collecte des taxes et l’exécution des dépenses de
l’État. En termes de rentrées fiscales, les recettes sur le trimestre sous revue
ont pâti du dysfonctionnement des organismes de perception, caractérisé par
la grève des employés de la Direction Générale des Impôts (DGI) ainsi que la
FINANCES PUBLIQUES ET
paralysie des activités maritimes au niveau de la Caribbean Port Services (CPS) et
de l’Administration Générale des Douanes (AGD), notamment au cours du mois de
septembre. Conséquemment, les taxes et impôts collectés par l’État haïtien, établis
à 42 105,21 MG au dernier trimestre de l’exercice, ont affiché un léger repli de
2,2 % comparativement au trimestre passé (41 188,22 MG).
SECTEUR EXTERNE
Compte tenu de la morosité économique sur l’exercice 2023-2024, les recettes
perçues par le Gouvernement ont diminué de 3,3 % par rapport à l’année fiscale
antérieure (166 983,58 MG au 30 septembre 2024 contre 172 671 MG au 30
septembre 2023), ce qui représente 96,7 % des prévisions du budget rectificatif
2023-2024 (172 678 MG programmées). Par ailleurs, les ressources disponibles sur
l’exercice se sont portées à 361 236,26 MG, dont les « Autres ressources », chiffrées
à 194 252,69 MG, ont été impulsées par le produit des émissions des billets de
trésorerie dont l’encours a atteint 162 775,14 MG au 30 septembre 2024.
De même, comparées au trimestre précédent, les dépenses publiques ont chuté
de 32,14 %, pour se porter à 32 925,85 MG au cours de la période sous étude.
Considérées sur une base annuelle, elles ont atteint 157 896,93 MG et ont
représenté 87,4 % des décaissements totaux. La gestion des dépenses de l’État
dans un climat non favorable aux investissements publics, a permis de les contenir
en dessous du niveau programmé dans le budget rectificatif (217 565,6 MG). Ainsi,
au 30 septembre 2024, les opérations financières du Gouvernement central se sont
soldées par un excédent, donnant lieu à un remboursement de 83,76 MG de l’État
vis-à-vis de la BRH, ce qui est conforme aux prévisions budgétaires de financement
nul établies pour l’exercice 2023-2024.
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 8
Tableau 2 Évolution des finances publiques (en MG)
1er trim 2e trim 3e trim 4e trim Exercice
2024 2024 2024 2024 2023-2024
Recettes fiscales 48,988.22 34,701.93 41,188.22 42,105.21 166,983.58
Autres ressources 48,881.00 41,937.41 51,877.00 51,557.28 194,252.69
Emiss. nettes Bons du TP 46,912.75 36,616.91 41,795.18 37,450.31 162,775.15
Ressources totales 97,869.22 76,639.34 93,065.22 93,662.48 361,236.26
FINANCES PUBLIQUES ET
Dépenses budgétaires 44,129.01 32,322.01 48,520.06 32,925.85 157,896.93
Autres décaissements 47,445.15 38,600.66 42,330.34 52,358.50 180,734.65
Certificats de
Trésorerie et autres 45,049.00 38,480.66 42,210.34 44,118.50 169,858.50
SECTEUR EXTERNE
Décaissement totaux 91,574.16 70,922.67 90,850.40 85,284.35 338,631.58
Sources : MEF/DCC_BRH
Sur le plan des échanges extérieurs, les données sur l’exercice 2023-2024
indiquent une amélioration du solde commercial de 6,9 % par rapport à l’année
antérieure, laquelle découle de la diminution concomitante des importations et
des exportations. En effet, d’octobre 2023 à septembre 2024, les importations ont
atteint 4,27 milliards de dollars ÉU, soit un repli de 9,53 % en glissement annuel.
De même, les exportations ont totalisé 766,88 millions de dollars ÉU, accusant un
déclin de 19,76 % en rythme annuel.
Parallèlement, les transferts privés reçus de l’étranger ont crû de 10,7 % au cours de
l’exercice, atteignant un montant de 3,63 milliards de dollars ÉU au 30 septembre
2024. L’augmentation de l’offre de dollars qui en a résulté, combinée aux mesures
macroprudentielles et administratives adoptées par la BRH, ont été favorables à
une appréciation de la gourde sur l’exercice fiscal 2024. Conséquemment, le taux de
référence de la BRH, établi à 131,4767 gourdes pour un dollar ÉU au 30 septembre
2024, a baissé de 0,44 % en variation trimestrielle et de 2,07 % sur un an.
Transferts privés sans contrepartie reçus de l’étranger
Graphique 5 (en millions de dollars ÉU)
400
370
340
210
280
250
220
190
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Source : BRH
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Graphique 6 Balance commerciale (en millions de dollars ÉU)
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
-130
-180
-230
-280
-330
FINANCES PUBLIQUES ET
-380
-430
Source : BRH
SECTEUR EXTERNE
Graphique 7 Taux de change nominal (fin de période)
160
150
140
130
120
110
100
90
80
70
60
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Source : BRH
Volume des transactions bancaires à l’achat et à la vente
Graphique 8
sur le marché des changes (en millions de dollars ÉU)
300
280
Trans. à la vente Trans. à l’achat
260
240
220
200
180
160
140
120
100
Sept.-21 Nov.-21 Jan.-21 Mars-21 Mai-22 Juil.-22 Sept.-22 Nov.-22 Jan.-23 Mars-23 Mai-23 Juil.-23 Sept.-23 Nov.-23 Jan.-24 Mars-24 Mai-24 Juil.-24 Sept.-24
Source : BRH
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 10
4. DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE
AU QUATRIÈME TRIMESTRE 2024
Au cours du 4e trimestre 2023-2024, l’orientation imprimée à la politique monétaire
s’est inscrite dans le prolongement de la posture adoptée depuis le début de
l’exercice, axée sur la stabilisation des prix et du taux de change, tout en évitant
de pénaliser l’activité économique. La BRH a poursuivi sa politique de reprise de
la liquidité excédentaire du système financier à travers des émissions renforcées
de bons BRH, tout en gardant le statu quo au niveau des taux directeurs et des
coefficients de réserves obligatoires.
Ainsi, les coefficients de réserves obligatoires, en vigueur depuis août 2022,
sont restés stables à leurs niveaux respectifs de 40 % et 53 % pour les banques
créatrices de monnaie (BCM), et de 28,5 % et 41,5 % pour les banques d’épargne
et de logement (BEL), sur les passifs libellés en gourdes et en devises étrangères.
DÉCISIONS DE POLITIQUE
Parallèlement, la Banque centrale a maintenu inchangés les taux d’intérêt sur les
bons BRH, qui demeurent fixés à 6 %, 8 % et 11,5 % pour les échéances de 7, 28
et 91 jours respectivement. Toutefois, l’encours total de ces titres a poursuivi sa
tendance à la hausse, pour atteindre 22 050 MG au 30 septembre 2024 contre
8 450 MG en juin, afin d’assécher les surplus de liquidité accumulés par le secteur
MONÉTAIRE
financier compte tenu de l’atonie des activités économiques. En ce qui a trait aux
taux de mise en pension, ceux-ci ont été gardés à 17 % pour les bons BRH et à 14 %
pour les bons du Trésor.
Parallèlement, la stabilité continue du taux de change, entretenue par le dynamisme
des transferts privés de la diaspora et l’ajustement des mesures de régulation
effectué par la Banque centrale dans le contexte du tassement de la demande
de dollars ÉU, a favorisé la poursuite des interventions nettes à l’achat de la BRH
sur le marché des changes. Celles-ci ont totalisé 161 millions de dollars ÉU sur le
dernier trimestre et un cumul de 470,4 millions de dollars ÉU sur l’exercice, ce qui
a permis à la BRH de renforcer davantage son coussin de réserves internationales et
d’accroitre ses marges de manœuvre dans la perspective d’une reprise des activités.
Par ailleurs, les souscriptions aux obligations BRH ont continué à s’intensifier,
l’encours de ces titres ayant accusé une progression trimestrielle de 43,38 %, pour
s’établir à 9 882,83 MG au terme de l’exercice.
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 11
5. AGRÉGATS MONÉTAIRES AU QUATRIÈME
TRIMESTRE 2024
S’agissant des statistiques monétaires, les données préliminaires du mois de
septembre 2024 ont indiqué une hausse de la base monétaire tant au sens
restreint qu’au sens large, respectivement de 2,14 % et 2,86 % par rapport à juin
2024. Cette évolution de la monnaie centrale est influencée par la hausse des
avoirs extérieurs nets de la BRH, lesquels ont progressé de 11,33 % par rapport au
trimestre précédent, alors que les créances nettes sur le Gouvernement central se
sont repliées de 1,64 %, reflétant la gestion contenue des finances publiques dans
une conjoncture marquée par le déclin de l’activité économique.
Concernant la masse monétaire, les données provisoires de septembre 2024 font
état d’une légère augmentation de 0,57 % de l’agrégat M3 par rapport à juin 2024,
tandis que les agrégats M2 et M1 ont accusé des progressions plus prononcées
sur la même période (+3,78 % et +3,49 % respectivement). Les composantes
gourdes ont affiché une évolution positive (+1,4 % pour la monnaie en circulation
et +5,3 % pour les dépôts en monnaie locale), alors que les dépôts en dollars ÉU
du système bancaire ont décru d’environ 2 %. La croissance de l’offre de monnaie
est essentiellement soutenue par celle de 7,97 % des avoirs extérieurs nets du
système bancaire, le crédit intérieur net ayant régressé de 3,32 % sur le trimestre.
AGRÉGATS MONÉTAIRES
Dans un environnement empreint d’incertitudes affectant aussi bien l’offre que la
demande de crédit, le financement au secteur privé a, une fois de plus, diminué,
accusant une variation de -2,86 % après celle de -3,05 % au 3e trimestre. Le
crédit net au secteur public a affiché une tendance similaire (-3,63 %), en l’absence
de financement monétaire et dans un contexte où les titres émis par le Trésor ont
essentiellement joué un rôle d’instruments de trésorerie.
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 12
6. RÉSULTATS ET INDICATEURS DE
PERFORMANCE DU SECTEUR BANCAIRE
Les données disponibles au 30 septembre 2024 indiquent une progression plus
soutenue des principaux indicateurs de performance du système bancaire.
Totalisant 10,02 milliards de gourdes, le produit net bancaire (PNB) généré par
le système a enregistré une hausse de 15,7 % en variation trimestrielle, ce qui
témoigne de la résilience du secteur en dépit de la conjoncture adverse fragilisant
davantage l’environnement des affaires du pays. Ce gain net du système a été
impulsé par la progression trimestrielle des “Autres revenus” ( 46,4 %) et celle de la
sous-composante : “Intérêts sur les bons BRH” (+49,1 %). De plus, l’évolution plus
rapide des revenus bancaires par rapport aux dépenses d’exploitation a permis au
secteur bancaire de dégager un bénéfice net de près de 2,2 milliards de gourdes,
soit une croissance de plus de 109 % par rapport au troisième trimestre 2024.
Au niveau des ratios clés du système, on observe une amélioration de la rentabilité
bancaire. En effet, le rendement de l’actif (ROA) au quatrième trimestre s’est établi
à 1,33 % contre 0,64 % au trimestre passé. Parallèlement, le rendement de l’avoir
des actionnaires (ROE) s’est porté à 16,24 %, accusant une hausse trimestrielle de
8,56 points de pourcentage.
Du côtéٞ des emplois, l’actif du secteur bancaire s’est inscrit à 647,02 milliards de
gourdes, soit une légère progression de 0,2 % par rapport au 30 juin 2024. Cet
élargissement de la taille du bilan des banques résulte de la hausse simultanée des
« Bons BRH » (+123,7 %), des « Autres liquidités » (+27,2 %) et de « l’Encaisse »
(+44,7 %). Conséquemment, le niveau d’intermédiation bancaire, mesuré par le
ratio « prêts bruts sur dépôts totaux », a légèrement fléchi à 23,67 % au quatrième
RÉSULTATS ET INDICATEURS
trimestre de l’exercice 2023-2024 contre 26,7 % au troisième trimestre.
Par ailleurs, l’analyse des données du dernier trimestre 2023-2024 fait ressortir
une consolidation de la structure financière du système bancaire. Ainsi, le ratio
« Avoirs des actionnaires en pourcentage de l’actif » s’est porté à 8,25 % contre
8,16 % un trimestre auparavant, alors que le ratio « dépôts en pourcentage de
DE PERFORMANCE
l’actif » a augmenté, passant de 81,67 % sur la période allant d’avril à juin 2024 à
81,82 % sur le trimestre sous revue. De même, les mesures de soutien prises par
la BRH, notamment les moratoires successifs octroyés sur les prêts, ont contribué
à l’amélioration de la qualité de l’actif du système. Le coefficient d’arrérage mesuré
par le ratio « Prêts improductifs bruts en pourcentage des prêts bruts » s’est établi
à 10,37 % sur le trimestre sous revue après avoir atteint 12,02 % au 30 juin. De
plus, une meilleure couverture des banques face au risque de défaut de paiement
des débiteurs du système a été constatée, le coefficient « Provisions pour créances
douteuses en pourcentage des prêts bruts » passant de 66,05 % au 30 juin 2024 à
82,77 % en septembre 2024.
S’agissant des ressources du système, les dépôts bancaires au quatrième trimestre
ont légèrement progressé (+0,4 %), atteignant 529,4 milliards de gourdes contre
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 13
527,2 milliards un trimestre auparavant. S’agissant de la composition de ces
derniers, les dépôts à vue restent majoritaires (47,6 %), suivis des dépôts d’épargne
(33,7 %) et des dépôts à terme (18,7 %).
Par ailleurs, comparés au trimestre précédent, le niveau de dollarisation s’est tassé
au cours du trimestre considéré, lequel témoigne d’un intérêt moins prononcé
pour la demande de devises dans l’économie. En effet, le ratio « dépôts en devises
converties en pourcentage des dépôts totaux » a atteint 67,07 % au 30 septembre
2024 contre 68,76 % au 30 juin. Parallèlement, le ratio « portefeuille de prêts nets
en devises converties en pourcentage des prêts totaux » a reculé de 2,15 points de
pourcentage pour atteindre 60,24 % au 30 septembre 2024.
Tableau 3 Ratios de rendement des prêts bancaires
Ratios clés Au 30 Au 30 Au 30
du système bancaire juin 2024 septembre 2023 septembre 2024
Provisions pour créances douteuses
en pourcentage des prêts improduc fs 66,05 % 79,38 % 82,77 %
Prêts en pourcentage des prêts bruts 12,02 % 8,51 % 10,37 %
Rendement moyen des prêts produc fs 13,12 % 15,64 % 12,93 %
Ratios de rentabilité bancaire 3e trim 2024 4e trim 2023 4e trim 2024
ROA 0,64 % 1,30 % 1,33 %
ROE 7,68 % 16,50 % 16,24 %
Niveau de dollarisation du système Au 30 juin 2024 Au 30 septembre 2023 Au 30 septembre 2024
Dépôts en devises conver es en
pourcentage des dépôts totaux 68,76 % 68,69 % 67,07 %
Portefeuille de prêts nets en devises conver es
58,09 % 54,14 % 60,24 %
RÉSULTATS ET INDICATEURS
en pourcentage des prêts nets totaux
Sources : DSBIF/BRH
S’agissant des taux d’intérêt bancaires sur les opérations en gourdes, ceux sur les
dépôts à terme (DAT) sont passés de 5,05 % au troisième trimestre à 4,55 % au
quatrième trimestre de l’exercice 2024. Considérant les prêts, les taux d’intérêt se
sont fixés à 15,5 % au quatrième trimestre contre 13 % un trimestre auparavant.
DE PERFORMANCE
En conséquence, un creusement du spread bancaire, qui s’est établi à 10,95 %, a
été observé au dernier trimestre de l’exercice 2023-2024, après 9,21 % le trimestre
précédent.
En ce qui a trait aux opérations en devises, les taux d’intérêt sur les DAT ont reculé de
28 points de base à 1,25 % en moyenne au quatrième trimestre 2024. En revanche,
la rémunération moyenne sur les prêts en devises a été plus élevée au cours du
dernier trimestre de 2023-2024, à 10,08 % contre 8,17 % au cours du troisième
trimestre. De l’évolution de ces deux taux, il en est résulté un élargissement du
spread bancaire qui s’est porté à 8,83 % au quatrième trimestre 2024 contre 6,64 %
sur l’intervalle d’avril à juin 2024.
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 14
7. RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR CATÉGORIE,
GENRE ET RÉGION GÉOGRAPHIQUE
Les données collectées par le Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) de la Banque
centrale auprès des banques commerciales et de certaines institutions financières
non-bancaires ont fait ressortir qu’au 30 août 2024, le secteur financier a accordé
environ 94 164 crédits, dont 96,53 % ont été alloués à des personnes physiques et
3,47 % à des institutions ou personnes morales.
La répartition du portefeuille de crédit par monnaie a montré que les entreprises
et les particuliers ont bénéficié d’une part quasi-égale des récents prêts en gourdes
(61 750,05 MG et 61 581,76 MG respectivement), alors que les personnes morales
ont reçu un montant équivalent à 85 % (801,90 millions de dollars ÉU) du total des
crédits en devise étrangère consentis sur la période considérée.
En ce qui a trait à l’analyse de l’encours des prêts répartis par genre, 65,39 %
(39 344,18 MG) des prêts en gourdes et 63,62 % (103,77 millions de dollars ÉU) du
total du portefeuille du crédit en monnaie étrangère ont été octroyés aux hommes.
Ventilation du crédit du système financier en gourdes
Graphique 9 accordés selon le sexe
34.61 % 65.39 %
Homme
Femme
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
Sources : BIC/BRH
Ventilation du crédit du système financier en dollars ÉU
Graphique 10 accordés selon le sexe
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
36.38 % 63.62 %
GÉOGRAPHIQUE
Homme
Femme
Sources : BIC/BRH
Note sur la politique monétaire
4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 15
Considérés suivant la distribution géographique, la majorité des crédits a été
allouée à des bénéficiaires du département de l’Ouest, soit plus de 75,13 % du total
du portefeuille global. S’ensuivent les départements du Nord, de l’Artibonite et du
Sud avec des poids respectifs de 6,53 %, 4,77 % et 3,14 %.
Répartition du crédit du système financier par région
Graphique 11 géographique
Grand-Anse
Sud 1.98 %
3.14 %
Nippes
1.51 %
Sud-Est
1.46 %
Nord-Ouest
Arbonite 0.72%
4.77 %
Nord-Est
Centre 2.34 %
2.42 %
Ouest Nord
75.13 % 6.53 %
Sources : BIC/BRH
RÉPARTITION DU CRÉDIT PAR
CATÉGORIE, GENRE ET RÉGION
GÉOGRAPHIQUE
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 16
8. PERSPECTIVES
Les prévisions de croissance des autorités publiques tablent sur un recul de 4 %
du PIB pour l’année fiscale 2024, renvoyant à la plus longue période de récession
enregistrée par l’économie haïtienne, soit six années consécutives de contraction
économique. Les perspectives pour 2024-2025 sont tributaires de l’évolution du
cadre macroéconomique mondial et des développements sociopolitiques, ainsi
que de la situation sécuritaire dans le pays.
À court terme, le dynamisme du secteur agricole dépendra grandement du
desserrement des contraintes au niveau des circuits de commercialisation des
denrées alimentaires découlant de la récolte plus ou moins satisfaisante de la
campagne de printemps considérant la moyenne saisonnière. Cette situation devrait
concourir à l’augmentation de l’offre et la distribution des produits locaux entre les
différentes régions géographiques, avec des incidences positives sur l’évolution des
prix dans l’économie.
Sur le plan fiscal, l’atteinte des objectifs de recettes fixés dans le budget 2024-2025
demeure primordiale pour le maintien du financement monétaire nul tel que prévu,
lequel serait favorable à l’évolution contenue de l’inflation et du taux de change.
Au niveau des échanges extérieurs, la progression des exportations et des
importations est fortement liée à la reprise des activités économiques qui devrait
être impulsée par une amélioration du climat sécuritaire. De plus, la progression
des transferts privés sans contrepartie reçus continue d’être conditionnée au
dynamisme de l’économie américaine, principal pays de provenance de ces remises
migratoires, dans un contexte d’attentisme en raison principalement de l’installation
prochaine de la nouvelle administration aux États-Unis.
Face à cet environnement empreint de défis, la BRH reste attachée à sa mission
principale visant à contenir l’évolution du taux de change et du taux d’inflation. La
Banque centrale se veut aussi partie prenante de la reprise possible des activités
économiques subséquente au rétablissement des conditions sécuritaires, à travers
la stabilité du secteur financier, condition nécessaire au financement de l’économie
pour un retour vers le sentier de croissance.
PERSPECTIVES
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4e trimestre de l’exercice fiscal 2024 17