(FY2022) Note de Politique Monétaire
Resume — Cette note examine la politique monétaire d'Haïti pour le premier trimestre de l'exercice fiscal 2021-2022. Elle analyse le contexte économique, les agrégats monétaires, la performance du secteur financier et donne des perspectives sur les orientations futures de la politique, en tenant compte des facteurs internationaux et nationaux.
Constats Cles
- Le ralentissement économique a été influencé par les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales et les crises socio-politiques internes.
- L'inflation s'est accélérée de manière significative, atteignant 24,6 % en novembre 2021.
- Le crédit au secteur privé a diminué en raison de la détérioration du climat des affaires.
- Le système bancaire a montré une amélioration de la structure financière et de la rentabilité malgré la détérioration de la qualité des actifs.
- La gourde s'est légèrement dépréciée, mais la BRH a maintenu ses réserves internationales.
Description Complete
Cette note de politique monétaire pour le premier trimestre de l'exercice fiscal 2021-2022 souligne le ralentissement économique tant au niveau mondial que national. Le contexte international a été marqué par des perturbations persistantes des chaînes d'approvisionnement et des incertitudes liées à la propagation du variant Omicron. Sur le plan intérieur, l'économie a été affectée par la crise socio-politique et les pénuries de carburant. La note détaille les décisions de politique monétaire, les tendances des agrégats monétaires et les principaux indicateurs du secteur financier, y compris le système bancaire et le secteur coopératif, et se termine par des perspectives sur l'économie haïtienne en 2022.
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BRH- Note sur la politique monétaire – 1
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trimestre de l’exercice fiscal 2022 0
NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE
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trimestre de l’exercice fiscal 2021-2022
(Octobre– Décembre 2021)
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BRH- Note sur la politique monétaire – 1
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TABLE DES MATIERES
1 VUE D’ENSEMBLE ...................................................................................................................................................... 2
2 L’ENVIRONNEMENT ECONOM IQUE GLOBAL ................................................................................................................ 2
2.1 L’ECONOMIE MONDIALE ..................................................................................................................................... 2
2.2 L’ECONOMIE HAÏTIENNE ..................................................................................................................................... 4
SECTEUR REEL ............................................................................................................................................................ 5
SECTEUR EXTERNE ET F INANCES PUBLIQUES .................................................................................................................. 5
3 DECISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE AU 1
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TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2022 ............................................. 7
4 LES AGREGATS MONETAIR ES AU 1
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TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2022 ........................................................... 8
5 LES RESULTATS ET INDICATEURS CLES DU SECTEUR FINANCIER ................................................................................. 9
5.1 LE SYSTEME BANCAIRE ....................................................................................................................................... 9
EVOLUTION DES RATIOS CLES DU SYSTEME BANC AIRE ................................................................................................ 10
REPARTITION DU CREDIT PAR GENRE ET PAR REGION GEOGRAPHIQUE ........................................................................ 11
5.2 - LES COOPERATIVES D’EPARGNE ET DE CREDIT (CEC) ....................................................................................... 12
6 PERSPECTIVES .......................................................................................................................................................... 13
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1 VUE D’ENSEMBLE
Au premier trimestre de l’exercice fiscal 2021-2022, le cadre de mise en œuvre de la politique monétaire
a été caractérisé par le ralentissement de l’activité économique tant à l’échelle mondiale que nationale.
Au niveau international, la conjoncture a été marquée par la rupture persistante au niveau des chaines
d’approvisionnement, laquelle a été exacerbée par les incertitudes autour de la multiplication des cas
de Covid-19 notamment liée à la propagation du variant Omicron. Dans la Zone Euro, en dépit du
maintien du rythme de progression de l’activité, la croissance a été empreinte d’une hétérogénéité au
niveau de la performance économique des pays membres. Aux États-Unis, cette situation a amplifié les
pressions inflationnistes et fragilisé la dynamique du marché du travail en dépit du maintien de
l’évolution à la baisse du taux de chômage. Si, au niveau de la région Amérique Latine et Caraïbes, les
prix ont évolué à la hausse dans un contexte de reprise inégale dans les différentes économies, la
région a connu une croissance de 6,3 %, laquelle repose en grande partie sur la reprise des activités,
dès le troisième trimestre de 2021. En République Dominicaine, la reprise s’est consolidée avec un
renforcement de la croissance au niveau des principaux secteurs d’activité. S’agissant des cours des
produits de base sur le marché international, ils ont poursuivi leur évolution à la hausse sous l’effet de
l’augmentation de la demande mondiale dans un contexte de contraction de l’offre.
En proie aux effets post-désastres du tremblement de terre du mois d’août 2021, l’activité économique
nationale, pour la période sous revue, a pâti de la crise socio-politique, charriant une longue période de
pénurie de carburant. En effet, ces raretés prolongées, associées à l’aggravation des conditions
sécuritaires, ont restreint davantage les conditions d’approvisionnement des marchés. Les anticipations
négatives qui en ont découlé, ont exacerbé les tensions sur le marché des changes et entrainé
l’accentuation des pressions inflationnistes renforcées par l’ajustement des prix des produits pétroliers
à la pompe et le renchérissement des prix chez nos principaux partenaires commerciaux.
Dans ce contexte, la BRH a poursuivi sa politique de reprise systématique de la liquidité gourdes, afin
de contenir les effets de cette conjoncture défavorable sur l’évolution des prix et sur la stabilité
macroéconomique en général.
2 L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE GLOBAL
2.1 L’ECONOMIE MONDIALE
Les prévisions de décembre 2021 du Fonds Monétaire International (FMI) ont tablé sur une croissance
mondiale de 5,5 % pour l’année 2021, soit 40 points de base de moins par rapport à celle projetée en
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septembre. Dans la Zone Euro, le dynamisme enregistré par certaines économies dont la France, a pu
contrebalancer la baisse de l’activité en Allemagne et en Espagne entre autres. Aux États-Unis, le
ralentissement de la croissance s’est reflété à travers un essoufflement du marché du travail, avec 200
000 emplois de moins que le nombre anticipé.
Toutefois, selon les Banques Centrales des pays susmentionnés, un resserrement s’impose. Ces
autorités penchent pour une remontée des taux directeurs et un ralentissement des programmes de
rachats de titres, en raison des conditions monétaires récentes. Les prix ont poursuivi leur tendance à
la hausse dans la Zone Euro et aux Etats-Unis, en raison des problèmes dans les chaînes de production
et du renforcement de la demande de biens et services. Par ailleurs, l’inflation annuelle en République
Dominicaine est restée en dehors de l’intervalle cible de 4 % ± 1, sous l’effet de l’augmentation des prix
des matières premières sur les marchés internationaux.
En ce qui a trait aux produits de base sur le marché international, les prix de la plupart de ces derniers
ont poursuivi leur hausse enclenchée depuis août 2021. En effet, l’indice FAO des prix des produits
alimentaires a augmenté de 3,48 % en rythme trimestriel pour atteindre 133,7 points en décembre 2021.
S’agissant des produits pétroliers, le cours du Brent est passé de 74,60 dollars américains en septembre
2021 à 76,52 dollars le baril en décembre 2021, tandis que celui du WTI s’est établi à 73,81 dollars ÉU
en décembre, contre 71,36 dollars en septembre 2021.
Pays et région\ Indicateurs
en novembre 2021
Taux d’inflation Taux de chômage Projection de croissance 2021
Zone Euro 4,9 % 7,3 % 5 %
États – Unis d’Amérique 7 % 3,9 % 6 %
République Dominicaine 8,5 % 6,8 %* 11 %
Sources: IMF World Economic Outlook, Fed, BCRD.
*taux de chômage à septembre 2021
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2.2 L’ECONOMIE HAÏTIENNE
Au premier trimestre de l’exercice 2021-2022, l’activité économique a été marquée par la dégradation
du climat des affaires tributaires de la détérioration des conditions sécuritaires et des périodes
prolongées de rareté de carburant. Cette situation a affecté la production des biens et des services et
a renforcé davantage la posture attentiste des agents économiques. En effet, les difficultés liées au
transport, entre autres, ont occasionné des raretés de certains intrants et ont poussé certaines
entreprises à la suspension temporaire ou définitive de leurs activités, pendant que d‘autres ont dû
fonctionner à horaire réduit.
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SECTEUR REEL
Pour le secteur agricole, les données de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA)
et celles de Famine Early Warning Systems Network (FewsNet) font état d’une faible disponibilité de
semences pour les mois d’octobre et de novembre, en raison d’une production en-deçà de la moyenne
lors des périodes précédentes. Parallèlement, les conditions sécuritaires ont interrompu une fois de plus
les chaines d’approvisionnement locales, alimentant les anticipations négatives des agents
économiques.
Cet attentisme, poussant à reporter ou à annuler certaines décisions de consommation et
d’investissement, s’est reflété dans l’évolution de tous les secteurs de l’économie, particulièrement au
niveau du crédit. En effet, pris ensemble, le crédit aux entreprises et à la consommation a reculé de
1,5% par rapport au trimestre précédent. De même, une augmentation du taux d’improductifs a été
observée, ce qui témoigne d’une détérioration de la situation financière des entreprises et des ménages
débiteurs.
Au-delà de l’effet de base, l’impact des chocs d’offre tant au niveau local que sur le marché international
a résulté en un renchérissement des prix à la consommation au cours de la période sous revue. En
rythme mensuel, l’inflation a largement dépassé la barre historique de 1 %, s’établissant à 4,6 % et à
4,7 % respectivement en octobre et novembre 2021. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est
fortement accéléré pour atteindre 24,6 % en novembre 2021, après 13,1% en septembre dernier.
SECTEUR EXTERNE ET FINANCES PUBLIQUES
Quant au secteur externe, une baisse des transferts et une faible progression du taux de change ont
été constatées, tandis que de l’évolution combinée des importations et des exportations s’est traduite
par une amélioration du solde commercial en octobre 2021. Ainsi, les importations se sont élevées à
293,78 millions de dollars ÉU, en baisse de 5,69 % par rapport à juillet 2021. Parallèlement, les
exportations ont crû de 25,68 % par rapport à juillet pour atteindre 130,72 millions de dollars ÉU. Les
transferts privés sans contrepartie, provenant des États-Unis (67 %) et du Chili (8 %), se sont établis à
535,87 millions de dollars ÉU d’octobre à novembre 2021, tout en reflétant la saisonnalité constatée
récemment au niveau de ces envois de fonds. Toutefois, en dépit d’une hausse de la demande de
devises alimentée notamment par les besoins aux fins migratoires, et le repli de 8,37 % des transferts
par rapport aux deux premiers mois du trimestre passé, le taux de change a connu une évolution
relativement stable, passant de 97,84 en septembre à 99,86 gourdes pour un dollar ÉU en décembre
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2021. Ainsi, sur le trimestre, la gourde s’est dépréciée de 2,1 % contre 7,4 % un trimestre plus tôt. Par
ailleurs, en dépit des interventions de la Banque Centrale pour lisser les fortes variations du change, la
BRH a pu conforter son coussin de réserves internationales nettes (RIN), lesquelles ont atteint 507,71
millions de dollars ÉU en décembre 2021 contre 457,61 millions au trimestre précédent. Dans le même
temps, les réserves brutes ont été estimées à plus de 3,5 mois d’importations.
Nonobstant la paralysie partielle des activités au début de l’exercice qui a significativement impacté les
organismes publics, les taxes et impôts collectés par l’État haïtien sur le trimestre ont connu une hausse
de 3,3 % comparativement au trimestre précédent, passant de 24 871,57 MG à 25 692,2 MG
1
. La
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Données au 30 décembre 2021
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hausse des recettes est conforme à la tendance généralement observée au cours de cette période,
traduisant le paiement annuel de certaines taxes, notamment celles relatives à l’émission des nouvelles
plaques d’immatriculation. L’analyse des opérations budgétaires et de trésorerie pour le premier
trimestre de cet exercice indique que les recettes fiscales ont représenté 37,94 % des ressources totales
de l’État.
Cependant, une tendance inverse a été enregistrée dans les dépenses publiques qui ont baissé de 13,8
%i pour totaliser ainsi 45 220,9 MG au cours du trimestre sous étude, soit 51 % du total des
décaissements effectués par l’Etat et 2,7 % du PIB de 2021. Ces opérations du Trésor Public se sont
soldées par un déficit donnant lieu à un financement de la BRH à hauteur de 20 878,3 MG, en dépit des
émissions des bons du Trésor. En effet, sur le trimestre sous-étude, l’encours de ces titres s’est porté
à 35 844,32 MG. En termes nets, les émissions de bons du Trésor sur le premier trimestre 2022 ont
permis de couvrir des besoins de financement à hauteur de 1 644,32 MG.
3 DECISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE AU 1
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TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2022
Dans un contexte marqué par un financement monétaire élevé et la persistance de chocs négatifs sur
les investissements, la Banque Centrale a maintenu le statu quo sur les taux directeurs, tout en
poursuivant sa stratégie de reprise de la liquidité excédentaire à travers l’encours des bons et les
obligations BRH ainsi que, de manière subsidiaire, les interventions sur le marché des changes.
En soutien à l’offre de dollars, la BRH a procédé à des injections totalisant 127 millions de dollars, ce
qui a aussi permis de stériliser environ 12 milliards de gourdes de liquidité. Cependant, en raison des
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mouvements saisonniers à la baisse, attendus pour le trimestre à venir, la Banque Centrale a dû moduler
ses interventions sur le marché des changes de façon à préserver ses réserves nettes de change. Des
achats nets de l’ordre de 11 millions de dollars ont été enregistrés d’octobre à décembre 2021, contre
celui de 2,8 millions de dollars au trimestre précédent. Par ailleurs, l’encours des obligations BRH a
augmenté, passant de 4,2 milliards de gourdes en septembre 2021 à 4,62 milliards en décembre 2021,
ce qui traduit l’attractivité continue de ce produit pour les agents économiques.
Parallèlement, les taux sur les bons BRH ont été maintenus à 4 %, 6 % et 10 % pour les maturités de 7,
28 et 91 jours respectivement ainsi que le taux de mise en pension à 17 %. L’encours de ces titres a
toutefois diminué, passant de 2 548 MG en septembre 2021 à 1 300 MG en décembre, afin de faciliter
la souscription des institutions financières aux certificats de trésorerie émis par le Ministère de
l’Économie et des Finances (MEF). Aucun changement n’a été effectué au niveau des taux de réserves
obligatoires sur les passifs en gourdes et en dollars, lesquels sont restés respectivement à 40 % et
51 % pour les banques commerciales et 28,5 % et 39,5 % pour les banques d’épargne et de logement.
De même, la couverture en gourde des réserves sur les passifs en devises a été maintenue à 12,5 %.
D’un autre côté, la BRH a renforcé son cadre de régulation en définissant les règles de fonctionnement
des fournisseurs de services de paiement électronique, à travers la circulaire 121, publiée au début du
mois de décembre 2021. Cette mesure permettra à la règlementation de s’adapter aux mutations de
l’écosystème financier en s’assurant que les droits des usagers sont protégés et que le développement
du secteur est stimulé.
4 LES AGREGATS MONETAIRES AU 1
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TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2022
L’évolution des agrégats monétaires au premier trimestre de l’exercice 2022 a été empreinte de celle
du financement monétaire et de la préférence des agents économiques pour la liquidité, reflétant un
contexte incertain et les effets saisonniers associés aux fêtes de fin d’année. En effet, les données
préliminaires de décembre 2021 font état d’une accélération du rythme de progression de la base
monétaire au sens restreint. Celle-ci s’est accrue de 8,22 % entre septembre et décembre 2021 contre
une hausse de 3,44 % un trimestre plus tôt. Le pic saisonnier de la monnaie en circulation lié à la période
festive (+12,44 %) explique essentiellement le comportement de la monnaie centrale. La base
monétaire au sens large a crû, pour sa part, à un rythme inférieur à celui du dernier trimestre, soit
5,54 % contre 7,5 % en septembre. Cette situation est imputable à l’évolution similaire des dépôts en
dollars des banques commerciales à la BRH qui ont augmenté de 1,66 %. Cependant, l’effet change a
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été moins important en comparaison au trimestre précédent car, pris en volume, ces derniers se sont
contractés de 1,50 %,
Du côté de l’actif du bilan de la Banque Centrale, en absence d’appuis budgétaires, la tendance à la
hausse des créances nettes sur l’État a été maintenue, leur variation s’inscrivant à 11,47 % contre
4,55 % au trimestre précédent. Parallèlement, les avoirs extérieurs nets de la BRH exprimés en gourdes
ont enregistré une progression de 4,28 %.
Les données provisoires au 30 novembre 2021 ont fait ressortir une hausse de 1,35 % de l’agrégat M3
par rapport à septembre 2021 pour s’établir à 527,26 milliards de gourdes. Cette évolution est la même
au niveau de toutes ses composantes, hormis les dépôts à termes en gourdes qui se sont contractés
de 7,26 %. Ce repli témoigne de la préférence des agents pour des actifs plus liquides dans un contexte
d’incertitudes socio-politiques. Les dépôts en dollars libellés en monnaie nationale, pour leur part, ont
progressé de 0,96 % sous l’impulsion du taux de change puisqu’en dollars, ils ont accusé une baisse
de 0,41%, sous l’effet de la baisse des transferts reçus sur compte au cours des deux premiers mois
du trimestre sous revue.
L’accroissement de la masse monétaire a été financé principalement par la progression du crédit au
secteur public, lequel a augmenté de 10,35 % au premier trimestre de l’exercice fiscal 2021-2022.
Parallèlement, le portefeuille du crédit privé s’est replié de 2,77 %, en raison des incidences négatives
de la dégradation du climat des affaires affectant à la fois l’offre et la demande de crédit.
5 LES RESULTATS ET INDICATEURS CLES DU SECTEUR FINANCIER
5.1 LE SYSTEME BANCAIRE
L’analyse des indicateurs et ratios financiers, calculés à partir des données disponibles au 30 novembre
2021, font état d’une amélioration de la structure financière et de la rentabilité du système bancaire. En
effet, les actifs du système ont augmenté de 1,31 % par rapport au 4
ème
trimestre de l’exercice précédent.
Ce résultat positif résulte de la progression, entre autres, des « Avoirs dans les banques locales » de
34 %. A noter que la baisse des taux directeurs de la BRH opérée en mars 2020 avait pour objectif de
faciliter l’accès au crédit en vue de permettre, d’une part, de faire face aux effets de la pandémie sur
l’économie et, d’autre part, aider à la reprise des activités pour une relance Post-Covid.
Toutefois, l’impact négatif du contexte sociopolitique sur l’activité économique s’est traduit par un recul
de l’octroi des crédits dans l’économie. En effet, les crédits en gourdes ont diminué de 3,5 % par rapport
à la fin de l’exercice précédent, après une hausse de 2,5 % sur le dernier trimestre 2020-2021. De plus,
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les prêts nets ont reculé de 1,5 % en variation trimestrielle. Cette baisse au niveau des prêts peut
expliquer la diminution de 283 points de base des taux d’intérêt sur les opérations en gourdes pour
s’établir en moyenne à 13,75 % au trimestre sous étude. Les banques commerciales se sont donc
tournées vers d’autres actifs ; les « Bons BRH » ont progressé de 4,1 %, les « Bons du trésor » de
5,87 %, les « Autres liquidités » de 6,11 % et les « Autres actifs » de 9,28 %. Si les prêts nets ont connu
une baisse de 1,5 %, les dépôts totaux ont quant à eux enregistré une légère progression de 1 % par
rapport à septembre 2021, pour atteindre 428 milliards de gourdes. Conséquemment, le ratio « Prêts
bruts/Dépôts totaux », indicateur d’intermédiation bancaire, a connu une baisse de 80 points de base
pour s’établir à 31,9 %.
EVOLUTION DES RATIOS CLES DU SYSTEME BANC AIRE
En ce qui concerne les ratios clés du système bancaire, le premier trimestre fait montre d’une
détérioration de la qualité de l’actif. Ainsi, le ratio « prêts improductifs en pourcentage des prêts bruts »,
a atteint 7,02 % contre 5,61 % au quatrième trimestre 2020-2021. La hausse des prêts improductifs dans
un contexte de ralentissement économique a résulté en une baisse de la couverture de ces derniers ;
d’où une contraction de 10,06 points de pourcentage du ratio « provisions pour créances douteuses en
pourcentage des prêts improductifs » qui a atteint à 85,04 % au 30 novembre 2021.
En dépit de la détérioration de la qualité de l’actif, une amélioration de la rentabilité bancaire a été
enregistrée par rapport à l’année précédente. Le rendement de l’actif (ROA) s’est établi à 1,78 % au 30
novembre 2021 contre 1,71 % au 30 novembre 2020. Parallèlement, le rendement des fonds propres
(ROE) s’est également amélioré, se fixant à 22,95 % contre 18,37 % à la fin de l’exercice précédent.
Ratios clés du système bancaire Au 30 septembre 2021 Au 30 novembre 2021
Ratios de rendement des prêts bancaires
Provisions pour créances douteuses en pourcentage des
prêts improductifs
103.11% 85.04%
Prêts improductifs en pourcentage des prêts bruts 5.61% 7.02%
Rendement des prêts productifs 10.71% 10.50%
Ratios de rentabilité bancaire
ROA 1.71% 1.78%
ROE 18.37% 22.95%
Niveau de la dollarisation du système
Dépôts en devises converties en pourcentage des dépôts
totaux
66.14% 66.12%
Portefeuille de prêts nets en devises converties en
pourcentage des prêts nets totaux
44.95% 46.07%
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D’un autre côté, la structure financière du système s’est renforcée par rapport au trimestre précédent,
en témoigne le ratio « Avoirs des actionnaires en pourcentage de l’actif » qui s’est fixé à 7,84 % contre
7,70 % au dernier trimestre de l’exercice précédent.
En novembre 2021, les données ont fait montre d’une évolution mitigée des différents indicateurs
permettant de mesurer le niveau de la dollarisation du système. Les dépôts en devises converties en
pourcentage des dépôts totaux sont restés quasiment inchangés, passant de 66,14 % au dernier
trimestre 2020-2021 à 66,12 % au mois de novembre 2021. En ce qui a trait au ratio « portefeuille de
prêts nets en devises converties en pourcentage des prêts nets totaux », il s’est fixé à 46,07 % au premier
trimestre en cours contre 44,95 % au dernier trimestre de l’exercice précédent. Ainsi, l’actif en devises
converties au premier trimestre de l’exercice en cours a été maintenu inchangé par rapport à son niveau
du quatrième trimestre 2021, soit 57,26 %.
REPARTITION DU CREDIT PAR GENRE ET PAR RE GION GEOGRAPHIQUE
Les données reportées par les institutions financières au Bureau d’Information sur le Crédit (BIC), à
savoir les Banques commerciales et institutions de microfinance, indiquent que seulement 3 % des
emprunteurs sont des entreprises et le montant total qui leur est accordé représente 65,79 % du montant
total octroyé. A noter que 70,81 % de ces entreprises ont bénéficié des crédits en gourdes contre
29,19 % en dollars. En ce qui concerne les crédits accordés aux individus, les femmes sont minoritaires
en termes de bénéficiaires des crédits. En effet, dans 64,68 % des cas, les bénéficiaires étaient des
hommes, tandis que le montant total de leur portefeuille représente 53,81 % du total. Les informations
relatives à la répartition géographique du crédit soulignent la concentration des activités dans l’Ouest
(62 %), suivi du Nord (9 %) et de l’Artibonite (8 %).
Sources : BRH/BIC
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5.2 - LES COOPERATIVES D’EPARGNE ET DE CREDIT (CEC)
Au 30 septembre 2021, l’enveloppe des prêts bruts accordés dans le secteur coopératif a enregistré une
hausse de 21,03 % pour atteindre 11,52 milliards de gourdes (MMG)
2
. Le volume des dépôts du secteur
a connu une progression moins soutenue que celle des prêts bruts (+19,90 % ; 2,70 MMG). La
progression des prêts bruts et des dépôts a conduit à une évolution à la hausse du ratio « crédit/dépôts »
passant de 70,04 % en 2020 à 79,89 % en 2021. Par ailleurs, le portefeuille de prêts s’est révélé de bien
meilleure qualité par rapport au 30 septembre 2020. Le stock de crédits non performants du secteur a
connu une diminution de 17,93 % et représente 4,38 % de l’encours des prêts au 30 septembre 2021.
Parallèlement, le stock de provision pour créances douteuses des caisses populaires a chuté de
21,22 % pour l’exercice terminé au 30 septembre 2021. Toutefois, le taux d’exposition des fonds propres
à court terme s’est établi à 2,50 %.
La rentabilité des Caisses s’est renforcée contrairement à l’exercice précédent. Les trop-perçus dégagés
en 2021 se sont élevés à 1 milliard de gourdes, soit une croissance de 59,12 % (+372,18 MG) par rapport
à l’exercice 2019-2020. Cette performance a été supportée par la croissance des revenus d’intérêt sur
le portefeuille de crédit (+11,15 % ; +242,11 MG), la hausse des gains sur change (+133,14 % ; +166,83
MG) et la baisse de 40,12 % de la dotation à la provision pour créances douteuses. Ces résultats ont
été obtenus en dépit de la hausse des dépenses d’exploitation (+12,80 % ; +203,57 MG) et de la
diminution des subventions reçues par les CEC (-66,60 %). Par ailleurs, le rendement du portefeuille
s’est amélioré en passant de 26,14 % au 30 septembre 2020 à 27,04 % au 30 septembre 2021, soit une
progression de 0,90 point de pourcentage. Cette amélioration a été ressentie dans le rendement de l’actif
(ROA) et de l’avoir du secteur (ROE) qui ont crû respectivement de 1,29 point de pourcentage (3,75 %
en 2020 et 5,04 % en 2021) et de 6,24 points de pourcentage (18,19 % en 2020 et 24,43 % en 2021).
Sachant que la pandémie a fortement impacté les branches d’activités du secteur informel et, si l’on se
2
Dernière date de disponibilité des données collectées
Indicateurs Clés des CEC en glissement annuel Au 30 septembre 2020 Au 30 septembre 2021
Prêts et Dépôts au niveau des CEC
Enveloppe des prêts bruts accordés 9.08 MMG 11.52 MMG
Ratio « crédit/dépôts » 70.04 % 79.89 %
Indicateurs de rentabilité financière des CEC
ROA 3.75 % 5.04 %
ROE 18.19 % 24.43 %
Rendement du portefeuille 26.14 % 27.04 %
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base sur l’hypothèse que les clients des coopératives évoluent principalement dans ledit secteur, on peut
affirmer que l’année 2021 a été bien meilleure que 2020 pour les agents économiques du secteur
informel.
6 PERSPECTIVES
Les perspectives pour l’économie haïtienne en 2022 demeurent mitigées. Le comportement du taux de
change et de l’inflation dépendra, au-delà des chocs exogènes, de l’amélioration du climat des affaires.
Sur le plan externe, la poursuite du renchérissement des produits de base sur le marché international
risque d’alourdir la facture d’importations du pays et d’amplifier les pressions inflationnistes. Ces
dernières pourraient être exacerbées, au niveau interne, par la dégradation des conditions sécuritaires
qui peut restreindre les conditions d’approvisionnement des marchés à travers le pays.
Cependant, la mise en place d’un budget réaliste et la recherche d’une meilleure coordination entre les
politiques fiscale et monétaire à travers le suivi rigoureux d’un pacte de gouvernance économique et
financière, devraient limiter l’effet monétaire dans l’alimentation des pressions inflationnistes. De même,
l’engagement et les actions des autorités publiques dans le sens de l’amélioration du cadre
macroéconomique, devraient jeter les bases pour la discussion et la signature d’un accord avec le Fonds
Monétaire International (FMI). Un tel accord faciliterait la matérialisation de l’engagement des bailleurs
dans le cadre de la relance du Grand Sud et viendrait renforcer les ressources de l’État nécessaires au
financement des dépenses d’investissement susceptibles de stimuler l’investissement privé.
Parallèlement, ceci permettrait de limiter le recours au financement monétaire et faciliter ainsi la
stabilisation du change ainsi que l’atténuation des effets rémanents de l’ajustement des prix à la pompe
sur les prix à la consommation.
Par ailleurs, la BRH veillera à ce que toutes les actions en matière de politique monétaire, au cours des
deux prochains trimestres, s’inscrivent dans la lignée des objectifs fixés dans le Plan stratégique globale
de l’institution qui a été présenté à la population en décembre 2021. Il s’agira aussi d’effectuer des
évaluations systématiques et d’apporter les ajustements nécessaires, en vue de maintenir le cap vers
une banque centrale moderne et efficiente, assumant son rôle dans la stabilité des prix et la
modernisation du système financier, tout en soutenant les secteurs productifs pour une croissance
durable et inclusive.