(FY2021) Note de Politique Monétaire
Resume — Cette note de la BRH analyse la politique monétaire d'Haïti au cours du premier trimestre de l'exercice fiscal 2021 (octobre-décembre 2020). Elle examine l'environnement économique, les agrégats monétaires et la performance du système bancaire, tout en soulignant les décisions et les perspectives politiques de la BRH.
Constats Cles
- La BRH a maintenu son orientation de politique monétaire, en se concentrant sur la gestion des pressions sur le taux de change et de leur impact sur les prix.
- La BRH a modifié la réglementation sur les transferts internationaux de fonds afin de formaliser les transactions et de protéger les bénéficiaires.
- La base monétaire a augmenté de 3,89 % en décembre 2020 par rapport à septembre 2020.
- Le système bancaire a affiché une rentabilité favorable et une tendance mitigée à la dollarisation.
- La gourde s'est appréciée, entraînant une baisse du taux de change mensuel moyen de 17,96 %.
Description Complete
Cette Note de Politique Monétaire de la Banque de la République d'Haïti (BRH) donne un aperçu du paysage économique et de la politique monétaire au cours du premier trimestre de l'exercice fiscal 2021 (octobre-décembre 2020). Elle évalue les environnements économiques international et haïtien, en détaillant les principaux indicateurs et tendances. La note décrit les décisions de politique monétaire de la BRH au cours du trimestre, y compris les mesures visant à gérer les pressions sur le taux de change et à soutenir l'activité économique. Elle analyse également les agrégats monétaires, la performance du système bancaire et fournit des perspectives sur les développements économiques futurs et les orientations politiques.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
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ème
trimestre de l’exercice fiscal 2021 0
Sommaire
I. VUE D’ENSEMBLE ……………………………………… ….………………………………..… ..…………….… …...….…...2
II. L’ENVIRONNEMENT ÉCONOMIQUE GLOBAL..........................................................................................................2
II.1 L’ÉCONOMIE MONDIALE………………………………… …...……………… …………………... ………… .………….2
II.2 L’ÉCONOMIE HAITIENNE…………………………………………………………………… …………… …………...….4
III. LES DÉCISIONS DE POLITIQUE MONÉTAIRE AU 3
ème
TRIMESTRE DE L’EXERCICE 2021……………..………..7
IV. LES AGRÉGATS MONÉTAIRES AU 3
e
TRIMESTRE DE L’EXERCICE 202 1….............….....………….……………..8
V. LES RÉSULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMANCE DU SYSTÈME BANCAIRE…………………… ……....…10
VI. PERSPECTIVES… ……………………………… …………………..……………………………..……...…….… ……..…..12
NOTE SUR LA POLITIQUE MONETAIRE
3
ème
trimestre de l’exercice fiscal 2021
(Avril – Juin 2021)
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I. VUE D’ENSEMBLE
Le troisième trimestre de l’exercice fiscal 2020-2021 a été marqué, sur le plan international, par la
consolidation de la croissance économique au niveau des économies avancées. En effet, les progrès
enregistrés dans les campagnes de vaccination dans ces pays ont favorisé la reprise graduelle des
activités, laquelle s’est reflétée dans l’amélioration de la confiance des consommateurs et des
entreprises. Hormis la Chine, une conjoncture moins favorable semble caractériser l’économie des pays
émergents en raison de la faiblesse de leur taux de vaccination et du maintien d’un certain rythme de
propagation du coronavirus (notamment en Inde et au Brésil). S’agissant des cours des produits de
base sur le marché international, leur tendance à la hausse a été maintenue au cours du trimestre sous
revue, en raison notamment de l’augmentation de leur demande associée à la reprise économique au
niveau mondial.
Le renchérissement de ces produits a contribué, dans une certaine mesure, à l’augmentation de la
valeur des importations du pays dans un contexte où l’activité réelle continue de pâtir de la faible
performance des dernières campagnes agricoles, des troubles socio-politiques et de la dégradation de
la situation sécuritaire du pays. De même, les incertitudes entourant le climat des affaires ont contribué
à alimenter les anticipations négatives des agents économiques, lesquelles se sont reflétées
notamment dans le comportement du taux de change. Dans un tel environnement, la BRH a orienté sa
politique monétaire dans le sens du lissage des fluctuations indésirables du taux de change et de leurs
incidences négatives sur les prix dans l’économie à travers le renforcement du cadre réglementaire du
marché des changes et des injections de dollars en vue de soutenir l’offre de devises sur ce marché.
II. L’ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE GLOBAL
II.1 L’ECONOMIE MONDIALE
Les données disponibles ont fait état du renforcement de la reprise de l’activité économique aux États-
Unis en raison notamment des plans de relance mis en place vers mars 2021 et de la rapide progression
de la campagne de vaccination facilitant ainsi la levée graduelle des restrictions sanitaires au niveau du
secteur des services. Ceci a porté le Fonds Monétaire International (FMI) à revoir ses prévisions de
croissance à la hausse pour la première puissance économique mondiale. En effet, le FMI a indiqué
que la croissance américaine atteindra cette année 7 % contre 4,6 % prévu précédemment. Il s’agit du
rythme de croissance le plus rapide depuis 25 ans. Parallèlement, le taux de chômage va continuer à
baisser pour atteindre 4,5 % d’ici à la fin de l’année, contre 5,9 % en juin 2021. Portée par les
perspectives de croissance et d’un fort recul du taux de chômage, la confiance des consommateurs,
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mesurée par le Conference Board, est ressortie à 127,3 en juin contre 109,7 en mars 2021
1
. Cette
amélioration s’est traduite par une augmentation de leur demande de biens et de services, alimentant
ainsi les pressions inflationnistes. En effet, le taux d’inflation s’est établi à 3,9 % en mai, en hausse de
130 points de base par rapport à mars 2021. En dépit de cette envolée de l’indice des prix, la Réserve
Fédérale américaine (Fed) a décidé de garder ses taux directeurs inchangés, précisant que
l’accélération de l’inflation est transitoire puisqu’elle résulte de la réouverture de l’économie et de la
reprise accélérée dans les secteurs ayant été les plus affectés par la pandémie de COVID-19.
En Zone Euro, un rebond de la croissance devrait être observé grâce à l’amélioration de la situation
sanitaire et à un relâchement rapide des restrictions mises en place pour contrôler la pandémie. Sous
l’effet de la consommation et de l'investissement privés, l’économie de cette zone devrait croître de 4,5
% en 2021, soit une amélioration 0,5 point de pourcentage par rapport aux projections de printemps.
Cette embellie de l’activité économique s’est accompagnée d’un repli du taux de chômage, lequel s’est
établi à 7,9 % en mai contre 8,1 % en mars 2021. Parallèlement, le taux d’inflation en juin s’est replié
de 10 points de base par rapport à mai pour se chiffrer à 1,9 %, sous l’effet des prix de l'énergie dont
l’indice a enregistré la variation annuelle la plus élevée, soit 12,5 % en juin contre 13,1 % un mois plus
tôt. Toutefois, la Banque Centrale Européenne (BCE) a maintenu inchangés les taux d’intérêt des
opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de
dépôt respectivement à 0,00 %, 0,25 % et -0,50 %. De plus, dans le but de soutenir davantage la reprise,
elle continuera d’effectuer des achats d’actifs dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à
la pandémie (pandemic emergency purchase programme, PEPP). Par ailleurs, la BCE a décidé de
modifier son objectif d’inflation. En effet, l’institution monétaire renonce à viser un « taux d’inflation
proche mais inférieur à 2 % » pour une cible d’inflation qui est toujours fixée à 2 % à moyen terme, mais
symétrique tout en tolérant des dépassements temporaires et modérés.
À l’exception de la Chine, la situation macroéconomique au niveau des pays émergents continue de
subir l’effet néfaste de l’aggravation de la crise sanitaire et de la faible progression des campagnes de
vaccination. Les restrictions mises en place pour limiter la propagation de la pandémie ont plombé
l’activité économique à travers la baisse de la consommation et des investissements. De même,
l’augmentation des dépenses publiques a amplement réduit les marges de manœuvre au niveau
budgétaire et alimenté de nouvelles inquiétudes quant à la soutenabilité de la dette publique. Cette
1
: Le Conference Board (CB) est un organisme privé de chercheurs à but non lucratif qui produit des réflexions économiques. Basé à New York, avec des
bureaux en Belgique, en Chine et au Canada, le CB a pour objectif d’aider ses membres à adresser les préoccupations quotidiennes auxquelles ils font face,
notamment la croissance du chiffre d'affaires dans un environnement économique changeant et les normes de gouvernance d'entreprise.
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situation a affecté négativement la confiance des ménages et des entreprises, laissant présager une
reprise plus lente au niveau de ces pays.
S’agissant de la République Dominicaine, la reprise s’est consolidée avec une croissance en glissement
annuel de 21,2 % en mai de l’indicateur mensuel de l’activité économique (IMAE). Sur les cinq premiers
mois de l’année 2021, la croissance cumulée a été de 13,4 %. Cette performance de l’activité
économique reflète l’impact positif des stimuli monétaires et fiscaux destinés à atténuer l'effet négatif
de la propagation du COVID-19. Ce dernier découle aussi du dynamisme des secteurs comme la
construction, les zones franches, les mines, les industries de transformation locales et le commerce.
Cette évolution de l’activité jointe à la hausse des prix des produits de base sur le marché international
s’est traduite par une amplification des pressions sur les prix. Le taux d’inflation s’est chiffré à 9,32 %
en juin, marquant une accélération de 102 points de base par rapport à mars 2021. L’inflation sous-
jacente, pour sa part, s’est portée à 6 % en juin 2021. L’analyse de l’inflation sous-jacente et des
fondamentaux de l’économie a porté les autorités monétaires à maintenir leur politique expansionniste
en gardant inchangé le taux directeur à 3 % ainsi que les mesures de soutien à l’économie.
En ce qui a trait aux prix des produits pétroliers et alimentaires de base, ils ont gardé la tendance à la
hausse sur le trimestre sous revue. En effet, l'indice FAO des prix des denrées alimentaires a crû de
5,1 % en rythme trimestriel pour s’établir à 124,6 en juin 2021. S’agissant des produits pétroliers, le prix
du baril du Brent a crû de 21,1 % pour atteindre 76,94 dollars américains en juin 2021 tandis que celui
du WTI s’est établi à 73,52 dollars américains au cours de la même période contre 59,19 dollars
américains un trimestre plus tôt.
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II.2 L’ECONOMIE HAÏTIENNE
Au niveau national, l’activité économique au cours du 3
ème
trimestre a continué de pâtir des troubles
socio-politiques et de la détérioration du climat sécuritaire du pays. À ces chocs s’ajoute la
recrudescence des cas de coronavirus. Les variants anglais et brésilien détectés dans le pays au cours
du mois de mai 2021 ont aggravé les conditions sanitaires déjà précaires. Aussi, les mesures prises
pour contrer la propagation de la pandémie ont-elles été renforcées, traduisant un ralentissement de
l’activité économique.
Parallèlement, l’impraticabilité des routes menant vers le Sud depuis le début du mois de juin a entravé
la circulation des denrées en provenance des régions agricoles des départements du Sud, Sud-Est, des
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Nippes et de la Grand’Anse. Cette conjoncture a provoqué une perturbation des chaines alimentaires
en raison du problème d’approvisionnement des marchés dans un contexte de faible performance de
la campagne d’hiver notamment dans les régions du Nord et du Nord-Est affectées par les inondations
en mars dernier, et de l’épuisement des maigres réserves résultant de la période de soudure. Cette
situation s’est reflétée dans la baisse de l’offre alimentaire locale, laquelle a été compensée par les
produits importés.
Le rythme de progression des prix dans l’économie a toutefois connu une décélération. Ceci est dû à
l’impact statistique associé à la forte progression des prix enregistrée l’année dernière en raison de la
dépréciation de la gourde et des anticipations liées au phénomène “Peyi lòk”, ainsi qu’à la pandémie du
coronavirus. En effet, en glissement annuel, la variation de l’IPC s’est portée à 14,5 % en mai et 16 %
en avril contre 17,2 % en mars 2021. Par ailleurs, le taux d’inflation mensuel cumulé sur la période allant
d’octobre 2020 à mai 2021 a atteint 5,6 % contre 14,6 % au cours de la même période de l’exercice
2019-2020.
S’agissant du secteur externe, les données disponibles jusqu'au mois d'avril 2021 ont fait état d'une
augmentation de 21,60 % des importations et de 8,16 % des exportations pour les 7 premiers mois de
l'exercice fiscal comparativement à la même période de l’année antérieure. L’évolution concomitante
des importations et des exportations a entrainé une détérioration de 26,28 % de la balance commerciale
sur cette période. En ce qui a trait aux transferts privés sans contrepartie qui constituent la plus
importante source de devises du pays, ils se sont chiffrés à 2,09 milliards de dollars d’octobre 2020 à
mai 2021, soit une progression de plus de 40 % en glissement annuel. Au niveau du marché des
changes, le renforcement de la demande d’importations et les anticipations négatives des agents
économiques associées à la dégradation du climat sécuritaire ont été les principaux facteurs alimentant
les pressions sur le change. En effet, le taux de change est passé de 80,32 gourdes pour un dollar ÉU
en mars à 90,67 gourdes pour un dollar ÉU en juin 2021, marquant une dépréciation de 12,9 % de la
gourde au cours du trimestre sous étude.
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.
Au cours du 3
ème
trimestre, la situation des finances publiques s’est davantage dégradée en raison de
l’incapacité de l’État à mobiliser des ressources dans un contexte de détérioration du climat des affaires.
Totalisant 21 790,1 millions de gourdes (MG) au cours du trimestre sous étude, les recettes ont diminué
de 8,13 % par rapport au trimestre précédent. Parallèlement, les dépenses budgétaires ont crû de
11,2 % en variation trimestrielle pour s’établir à 84 587,01 MG
Les recettes cumulées d’octobre 2020 à juin 2021 sont en hausse de 15,93 % par rapport à la même
période de l’exercice passé, et représentent 33,36 % des ressources totales de l’État chiffrées à
212 217,47 MG. Cependant, ces dernières n’ont pas pu couvrir les décaissements totaux de 239 680,21
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MG dont 124 358,22 MG de dépenses budgétaires effectuées par l’État sur les 9 premiers mois de
l’exercice.
Ainsi, cette évolution de la situation des finances publiques s’est soldée par un déficit du budgétaire
partiellement financé par la BRH pour un montant de 40 224,78 MG en juin 2021 contre 34 037,02 MG
le trimestre antérieur.
III- DECISIONS DE POLITIQUE MONETAIRE AU 3
EME
TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2021
Au cours du troisième trimestre de l’exercice fiscal 2021, les décisions de politique monétaire ont été
motivées par la nécessité de limiter le rythme de dépréciation de la gourde et ses incidences sur les prix
à la consommation. La Banque centrale a donc maintenu sa politique de reprise de liquidité excédentaire
au niveau du système bancaire à travers les interventions sur le marché des changes tout en gardant le
statu quo au niveau des taux de réserves obligatoires et des taux sur les bons BRH.
Ainsi, les taux de réserves obligatoires sur les passifs en gourdes et en dollars sont restés inchangés,
s’inscrivant respectivement à 40 % et 51 % pour les banques commerciales et 28,5 % et 39,5 % pour
les banques d’épargne et de logement. De même, les taux d’intérêt sur les bons BRH ont été maintenus
à leur niveau de mars 2020, soit 4 %, 6 % et 10 % pour les maturités de 7, 28 et 91 jours respectivement
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ainsi que le taux de mise en pension de ces titres à 17 %. Toutefois, l’encours des bons BRH continue
d’être orienté à la baisse, passant de 1 150 MG en mars 2021 à 27 MG en juin 2021 en vue de faciliter
la souscription des institutions financières aux billets de trésorerie et le développement du marché de
titres publics.
Parallèlement, la BRH a poursuivi ses injections visant à renforcer l’offre de dollars sur le marché des
changes dans un contexte sociopolitique difficile qui alimente les anticipations négatives et accentue la
préférence des agents économiques pour la devise américaine. Elle a ainsi procédé à des ventes de
l’ordre de 104,3 millions de dollars EU, ce qui a permis de stériliser plus de 9 milliards de gourdes de
liquidité. Cependant, vu la nécessité de garder un niveau de réserves internationales en adéquation
avec les besoins de la balance des paiements, les interventions de la Banque centrale se sont une fois
de plus soldées par un achat net de 50 millions de dollars EU après celui de 73,7 millions enregistré au
trimestre précédent. D’un autre côté, les émissions d’obligations BRH ont permis de limiter la
progression de la demande de dollars aux fins de précaution, l’encours de ces titres ayant augmenté de
592 MG sur le trimestre pour se chiffrer à 4 451 MG au 30 juin 2021.
Par ailleurs, la BRH a renforcé le cadre réglementaire des opérations du marché des changes à travers
la mise en application des circulaires 118 et 119 respectivement en mai et juin 2021. La première, qui
s’adresse aux banques et aux maisons de transferts, fixe les normes en matière de soumission des
rapports relatifs aux opérations de transferts internationaux et de change. Une telle mesure devrait
garantir la disponibilité et la fiabilité des informations dans le but d’assurer un suivi efficace des mesures
prises par les Autorités monétaires et de mieux calibrer les prochaines décisions. À travers la seconde,
la BRH étend certaines mesures administratives, notamment celles exigeant une position cambiste nulle
aux intermédiaires de change autres que les banques en vue d’harmoniser les règles et les conditions
de concurrence entre les différents acteurs du marché.
IV- LES AGREGATS MONETAIR ES AU 3
EME
TRIMESTRE DE L’EXERCICE FISCAL 2021
La progression du financement monétaire continue de peser sur l’évolution des indicateurs monétaires.
En effet, les données préliminaires du mois de juin 2021 indiquent une accélération de la base monétaire
à la fois au sens restreint et au sens large. Imputable à la progression de la monnaie en circulation
(+10,35 %), la croissance de la monnaie centrale au sens strict s’est accélérée de 1,14 point de
pourcentage pour s’établir à 6,27 % en juin 2021. Les dépôts en gourdes des banques commerciales à
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la BRH ont affiché un taux de croissance de 4,59 %, inférieurs de 9,7 points de pourcentage par rapport
à celui du trimestre précédent.
La base monétaire au sens large, pour sa part, continue de croitre à un rythme accéléré, soit 8,67 % en
raison de la progression des dépôts en dollars des banques commerciales à la BRH (+15,24 % contre
13,92 % au 2
ème
trimestre). Au niveau des sources de la base monétaire, le crédit net sur l’État a crû de
4,48 % en juin 2021 contre 6,81 % au trimestre antérieur. Sous l’influence de la dépréciation du taux de
change, les avoirs extérieurs de la BRH ont augmenté de 10,35 %, en nette accélération par rapport au
mois de mars 2021 (+3,76 %).
Par ailleurs, les données relatives à la masse monétaire les plus récentes remontant à mai 2021, font
état d’une croissance de 7,06 % de M3 par rapport à mars 2021. Étant donné le repli des dépôts à vue
en gourdes (4,34 %) sur cette période, cette évolution de la masse monétaire est essentiellement
tributaire de la progression des dépôts en dollars du système bancaire. En effet, avec un taux de
croissance de 13,32 %, les dépôts ont maintenu cette tendance à la hausse entamée depuis décembre
2020. Toutefois, pris en volume, ils ont progressé de seulement 2,13 % contre 10,9 % au trimestre
antérieur.
S’agissant des contreparties de M3, le rythme de progression des créances nettes sur l’Etat a ralenti au
cours du 3ème trimestre 2021. En effet, ces dernières ont crû de 6,74 % en mai 2021 contre des
hausses respectives de 8,38 % et 19,58 % en mars 2021 et décembre 2020. Les avoirs extérieurs du
système bancaire ont, pour leur part, augmenté de 10,51 % par rapport au trimestre précédent, reflétant
la hausse concomitante des réserves de change de la BRH (8,32 %) et des avoirs extérieurs des
banques commerciales (14,20 %). Le crédit au secteur privé a, pour sa part, enregistré une croissance
de 4,11 % (+1,24 % en gourde et +9,02 % en dollar). Cette hausse du crédit en dollar découle
essentiellement de l’effet de change, puisqu’en volume, une baisse de 1,75 % a été observée en mai
2021, dans un contexte marqué par la persistance des facteurs d’instabilité socio-politique.
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V- LES RESULTATS ET INDICATEURS DE PERFORMAN CE DU SYSTEME BANCAI RE
L’analyse des données disponibles sur le système bancaire au mois de mai 2021 a fait ressortir une
évolution favorable de la rentabilité bancaire et du résultat net du système. L’actif du système a crû de
7,4 % par rapport au 31 mars 2021, atteignant 477,6 milliards de gourdes au mois de mai 2021. Cette
hausse de l’actif est supportée principalement par la progression simultanée des disponibilités (8 %),
des autres placements (+9,7 %) et du portefeuille net de prêts (+10 %). Cet accroissement du portefeuille
net de prêts s’explique par une hausse de 10 % des prêts en devises converties, lesquels se sont établis
à 57,5 milliards de gourdes au mois de mai 2021 contre 52,2 milliards de gourdes au 31 mars 2021.
Du côté des ressources du système, une augmentation des dépôts a été observée portant le total à
383,9 milliards de gourdes au 31 mai 2021 contre 357 milliards au 31 mars 2021, ce qui correspond à
une hausse de 7,5 % sur la période sous étude. Cette progression des dépôts est imputable à la
croissance enregistrée au niveau de toutes ses catégories dont les dépôts à vue (+6,7 %), ceux
d’épargne (+8,8 %) et à terme (+7,5 %). Conséquemment, le ratio « Prêts bruts/Dépôts totaux », un
indicateur d’intermédiation bancaire, s’est établi à 34,8 % au mois de mai 2021 contre 34,2 % au mois
mars 2021, soit une baisse de 60 points de base.
D’octobre 2020 à mai 2021, le système bancaire a généré un produit net bancaire (PNB) totalisant
environ 17,7 milliards de gourdes contre 16,4 milliards au cours de la même période de l’exercice 2019-
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20, soit une progression de 7,9 %. Cette hausse du PNB résulte de la bonne performance des « autres
revenus » (+25,2 %), en dépit du fait que les revenus nets d’intérêt aient chuté de 5 % sur la même
période. Le bénéfice net cumulé sur la période a crû de 17,4 %, atteignant 5,3 milliards de gourdes. Cette
évolution est subséquente à la bonne tenue du produit net bancaire par rapport aux dépenses
d’exploitation, lesquelles se sont fixées à 10,2 milliards.
En ce qui concerne les ratios financiers clés du système bancaire, les données au mois de mai 2021
tablent sur une détérioration de la qualité de l’actif, en témoigne l’évolution du coefficient d’arrérage. En
effet, le ratio « prêts improductifs en pourcentage des prêts bruts », qui est le principal indicateur de la
qualité de l’actif, a atteint 7,61 % contre 7,12 % au 31 mars 2021. De même, le ratio « provisions pour
créances douteuses en pourcentage des prêts improductifs » a chuté de 8,8 points de pourcentage,
passant à 73,03 % contre 81,82 % entre mars et mai 2021. Ceci traduit un déficit d’approvisionnement
des institutions bancaires en cas de défaut de paiements des débiteurs à risque.
S’agissant de la structure financière, un léger recul a été constaté par rapport à la fin du deuxième
trimestre de l’exercice en cours avec une baisse du poids de l’avoir des actionnaires dans l’actif. En effet,
l’assise financière du système est passée de 8,4 % au mois de mars 2021 à 8 % au mois de mai 2021.
Par ailleurs, le ratio dépôts en pourcentage de l’actif, qui s’était fixé à 80,3 % en mars 2021, est resté
quasiment stable pour atteindre 80,4 % au mois de mai 2021.
Du côté des ratios de rentabilité du système bancaire, une hausse a pu être observée en glissement
annuel. En effet, le rendement de l’actif (ROA), sur une base cumulée d’octobre 2020 à mai 2021, s’est
établi à 1,87 % contre 1,57 % au cours de la même période de l’exercice précédent. Parallèlement, le
rendement des fonds propres (ROE) s’est également amélioré en variation annuelle se fixant à 21,88 %
contre 19,80 %.
Pour sa part, le rendement moyen des prêts productifs sur une base cumulée depuis octobre 2020 a
connu une légère détérioration, passant à 9,71 % contre 10,58 % sur la même période de l’année
antérieure. Parallèlement, la rémunération moyenne des dépôts a également chuté, s’établissant à 0,87
% en termes cumulés d’octobre 2020 à mai 2021 contre 1,22 % sur la même période un an auparavant.
Au cours du 3
ème
trimestre de l’exercice 2020-2021, les anticipations négatives alimentées par la
dégradation du climat sécuritaire dans le pays ont renforcé la demande de dollars pour des motifs de
précaution. Celle-ci s’est reflétée dans l’évolution à la hausse de la dollarisation du système bancaire au
regard de l’analyse des différents ratios retenus pour mesurer ce phénomène. Ainsi, le ratio des « dépôts
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en devises converties en pourcentage des dépôts totaux » est passé de 60,14 % en mars à 63,23 % au
mois de mai 2021. De son côté, celui du « portefeuille de prêts nets en devises converties en
pourcentage des prêts nets totaux » a augmenté de 2 points de base en se fixant à 45,51 % en mai
2021. En ce qui a trait à l’actif en devises converties, il représentait 52,4 % au mois de mars 2021 contre
54,5 % en mai 2021, soit une hausse de 210 points de base.
L’analyse des opérations d’intermédiation financière en monnaie locale a fait état d’une évolution à la
hausse des taux d’intérêt au cours du trimestre sous revue. En effet, les taux d’intérêt sur les prêts en
gourdes se sont établis en moyenne à 13,1 % au troisième trimestre 2021 contre 12,67 % au deuxième
trimestre de l’exercice en cours, soit une hausse de 50 points de base. Parallèlement, les taux d’intérêt
moyens sur les dépôts à terme (DAT) se sont inscrits à 2,9 % sur le troisième trimestre 2020-2021 contre
2,77 % au trimestre précédent. Ainsi, le spread d’intermédiation financière a augmenté, passant de 9,90
% en moyenne au deuxième trimestre 2021 à 10,27 % au troisième trimestre de l’exercice en cours.
S’agissant des opérations en devises, les taux d’intérêt moyens ont évolué à la baisse. Ceux sur les
prêts se sont fixés à 11,39 % en mai 2021 contre 11,67 % deux mois auparavant précédent alors que
ceux sur les DAT ont chuté de 17 points de base pour atteindre à 1,47 % à la fin de mai 2021. De même,
la marge d’intermédiation sur les opérations en dollars a diminué, s’établissant à 9,93 % au troisième
trimestre contre 10,03 % au trimestre antérieur, ce qui correspond à une baisse de 10 points de base.
VI- PERSPECTIVES
À court terme, les perspectives pour l’économie haïtienne restent mitigées. La détérioration de la
situation sécuritaire et du contexte socio-politique ainsi que ses incidences sur la production et les circuits
de commercialisation pourraient continuer à affecter négativement l’activité économique. Quant à la
production agricole, elle pourrait pâtir de l’épuisement des maigres réserves des agriculteurs au cours
de la période de soudure et des impacts négatifs potentiels de la saison cyclonique.
Parallèlement, la conjoncture socio-politique et sécuritaire risque d’agir négativement, une fois de plus
cette année, sur les rentrées des visiteurs durant la période estivale. De même, des pressions
inflationnistes pourraient être alimentées par la poursuite de la tendance à la hausse des cours des
produits de base sur le marché international notamment ceux du pétrole. De plus, une telle situation
risquerait d’alourdir la facture d’importations du pays et d’amplifier les manques à gagner par l’État.
BRH- Note sur la politique monétaire – 3
ème
trimestre de l’exercice fiscal 2021 13
Néanmoins, un dénouement favorable de la crise socio-politique et l’amélioration des conditions de
sécurité pourraient permettre d’atténuer les impacts négatifs des chocs actuels sur l’activité économique.
Aussi, un tel développement enverrait-il des signaux positifs susceptibles de rétablir la confiance des
agents, laquelle peut les conduire à nuancer leur position attentiste quant à leurs dépenses de
consommation et d’investissement dans l’économie.