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L’Inflation et ses Mesures
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L’INFLATION : ORIGINE, CAUSES ET CONSÉQUENCES
I – DÉFINITION ET MESURES DE L’INFLATION
L'inflation désigne une augmentation généralisée et durable du niveau des prix
dans l’économie. Elle entraine une baisse du pouvoir d'achat de la monnaie
puisqu’avec un même revenu, les consommateurs achètent moins de biens et de
services qu'auparavant. Elle conduit ainsi à un déséquilibre important qui pèse sur
le revenu des ménages, sur les coûts des entreprises et dans certains cas, sur la
croissance économique. De ce fait, la maîtrise de l’inflation demeure l’un des ob-
jectifs premiers de toute Banque centrale, auquel s’ajoutent souvent la croissance
et la réduction du chômage.
En Haïti, l’une des principales missions de la Banque Centrale consiste à défendre
la valeur interne et externe de la monnaie nationale. Si la valeur externe de la
gourde correspond au taux de change, sa valeur interne est déterminée par le
niveau général des prix donc l’inflation. Ainsi, la présentation de cet indicateur
macroéconomique revêt une importance toute particulière pour la Banque de la
République d’Haïti (BRH). D’où la présentation de ce document d’information par
la BRH qui vise à aider le public à mieux cerner les concepts entourant l’inflation,
ses causes et ses conséquences dans l’économie.
MESURES DE L’INFLATION
Il existe différentes mesures du niveau des prix. On peut citer, entre autres, l’indice
des prix à la consommation (IPC), l’indice des prix à la consommation harmonisée
(IPCH), l’indice des prix à la consommation personnelle des dépenses (ou indice
des prix PCE) ou encore le déflateur du Produit intérieur brut (PIB)
1
. Le choix de la
formule dépendra de la disponibilité des données et des objectifs des agences sta-
tistiques nationales.
En Haïti, l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI), qui a la charge de
collecter, de traiter et publier les statistiques sur les prix et leur évolution, calcule
l’inflation à partir de l’indice des prix à la consommation (IPC). En effet, l’IPC per-
met de suivre l’évolution du niveau des prix d’un ensemble fixe de biens et de serv-
ices achetés par un consommateur moyen au cours d’une période donnée. Il est
mesuré en tenant compte de différentes divisions de consommation qui constituent
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Voir les définitions de ces différentes variables dans le glossaire en Annexe
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des regroupements de sous-divisions (alimentation, habillement, transport, etc.)
et chaque produit est pondéré, dans l'indice global, proportionnellement à son
importance dans le panier de consommation des ménages. De ce fait, si l’IPC
augmente, le consommateur devra dépenser plus d’argent pour consommer la
même quantité de biens et de services.
Ainsi, le taux d’inflation correspond à la variation en pourcentage de l’IPC d’une
période à l’autre. Par exemple, si l’IPC passe de 100 en mai 2007 à 110 en mai
2008, le taux d’inflation en glissement annuel en mai 2008 est de 10 %. Par
ailleurs, s’il est établi à 109,5 en avril 2008, le taux d’inflation en variation men-
suelle en mai 2008 sera de 0,46 %.
L’inflation, calculée à partir de l’IPC, tient compte à la fois des produits dont les
prix sont susceptibles de connaitre de fortes fluctuations et de ceux dont les varia-
tions dans le temps sont moins fréquentes et importantes. La variation des prix de
la seconde catégorie de produits permet alors de déterminer la tendance de long
terme de l’inflation, laquelle exclut les produits dont les prix sont plus volatils.
INFLATION SOUS-JACENTE
L'inflation sous-jacente (Core inflation en anglais) est l’indicateur de prix le plus
suivi par les banques centrales. Il exclut principalement les produits dont les prix
subissent des variations importantes et fréquentes dues à des facteurs liés à l’offre
ou à la demande, ou des produits règlementés ne répondant donc pas à une pra-
tique de marché. Par exemple, en période de sécheresse, la récolte de riz est
grandement affectée. Ce dernier devient rare et son prix augmente. Cela aura un
impact direct sur l’IPC, lequel aura tendance à augmenter. Ainsi, l’inflation sous-
jacente permet d’avoir la tendance lourde de l’inflation en enlevant de l’IPC les
produits dont les prix sont volatils en raison des mouvements saisonniers ou des
chocs d’offre et de demande. Parmi ces produits, sont également exclus ceux qui
subissent des variations dues aux tensions sur les marchés mondiaux tels les pro-
duits dérivés du pétrole. Cet indicateur est donc plus adapté à l’analyse des ten-
sions inflationnistes, puisqu’il permet de dégager la tendance de long terme de
l’évolution des prix, laquelle reflète mieux l’évolution de la masse monétaire.
MESURES DE L’INFLATION
Suivant l’évolution du rythme de croissance des prix, l’inflation peut donner lieu à
différents phénomènes tels la :
DDééssiinnffllaattiioonn
La désinflation désigne le ralentissement du rythme de progression des prix. Tout
en restant positif, le taux peut évoluer à la baisse et constituer un objectif de poli-
tique économique. Certains pays peuvent également mener des politiques de dés-
inflation compétitive afin de relancer l’économie. En effet, en maintenant les prix
à des niveaux inférieurs par rapport à ceux des pays compétiteurs, les autorités
favorisent la compétitivité de la production nationale, ce qui contribue à l’aug-
mentation des exportations et par ricochet à l’amélioration de la balance com-
merciale.
DDééffllaattiioonn
La déflation est caractérisée par une baisse continue du niveau général des prix,
ce qui freine l’activité économique et augmente le taux de chômage. Pour les mé-
nages, elle inciterait à différer leur consommation et leur investissement dans le
futur puisque la valeur de la monnaie risque de s’apprécier. Pour ce qui est des
entreprises, cette situation leur laisse peu de possibilité pour augmenter leurs
marges puisque celles-ci ne peuvent réduire leurs coûts aussi vite que la baisse de
l’activité économique. De ce fait, ces dernières peuvent être portées à réduire leur
niveau de production et parfois à procéder au licenciement de leurs employés.
Conséquemment, la déflation peut entraîner une diminution des salaires, un ac-
croissement du chômage et dans certains cas, une baisse de la consommation.
HHyyppeerriinnffllaattiioonn
Selon l’économiste Phillip Cagan, on parle d’hyperinflation quand le niveau d’in-
flation se maintient au-dessus de 50 % par mois. Elle peut être due à un déficit de
la balance commerciale. Avec des importations qui excèdent les exportations, la
monnaie se déprécie, ce qui, à son tour, renchérit le prix des importations et ac-
célère l’inflation. Elle peut aussi être attribuée au déficit budgétaire. En effet, avec
des dépenses qui dépassent largement les recettes, l’État se trouve dans l’obliga-
tion de se financer auprès de la Banque centrale. Suite à cette augmentation de la
masse monétaire non concurrencée par une évolution similaire de la production
de biens et de services, le rythme d’augmentation des prix va en s’accélérant, ce
qui renvoie à la théorie quantitative de la monnaie.
L’hyperinflation a des effets très néfastes sur la valeur de la monnaie nationale et
les pays qui ont subi une crise hyper-inflationniste sont souvent obligés de recourir
à la dollarisation pour stabiliser le système de paiement et rétablir la confiance du
public dans la politique économique du gouvernement.
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SSttaaggffllaattiioonn
La stagflation est caractérisée par une stagnation de l’activité économique et une
forte inflation. Elle s’accompagne en général d’un taux de chômage élevé. Deux
raisons peuvent expliquer une stagflation. D’une part, elle peut être causée par
l’augmentation du prix d’un produit stratégique importé comme le pétrole ou
autres matières premières. D’autre part, elle peut résulter d’une offre excessive de
monnaie, comme la monétisation du déficit budgétaire. Ces phénomènes, com-
binés à un ralentissement de l’activité économique, engendrent la stagflation.
II – LES CAUSES DE L’INFLATION
Les causes économiques de l’inflation sont diverses. On distingue l’inflation par
les coûts, l’inflation par la demande et l’inflation monétaire.
L’INFLATION PAR LES COÛTS
Elle résulte d'un accroissement des coûts de production liés à plusieurs facteurs tels :
L’augmentation du coût de la main d’œuvre (salaires) ;
L’augmentation du prix des matières premières ;
Des mesures gouvernementales (comme l’accroissement des prélèvements
sociaux) ;
Des politiques commerciales menées par les entreprises (dépenses en
matière de publicité, promotion).
La hausse des coûts des facteurs de production est répercutée sur les prix de vente
des produits et services fournis, ce qui entraîne par ricochet une augmentation du
niveau général des prix et ce type d’inflation contient un risque de spirale infla-
tionniste.
LL’’iinnffllaattiioonn mmoonnééttaaiirree
La théorie quantitative de la monnaie établit une causalité entre les variations de
la quantité de monnaie en circulation et celles du niveau général des prix en se
basant sur l’équation de Fisher : M×V=P×T (avec M = stock de monnaie en cir-
culation, P = niveau général des prix, V = vitesse de circulation de la monnaie et
T = volume des transactions). Selon les monétaristes, en considérant le plein em-
ploi des facteurs de production, toute variation de la quantité de monnaie implique
une variation des prix, la vitesse de circulation de la monnaie et le volume de trans-
action restant constants. L’inflation dans une économie est donc le résultat d’une
émission de monnaie trop importante qui dépasse la valeur des biens produits
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(volume de production) au cours d’une période donnée. En d’autres termes, l’in-
flation monétaire résulte d’une inadéquation entre la quantité de monnaie et le
volume de biens et services dans l’économie.
LL’’iinnffllaattiioonn ppaarr llaa ddeemmaannddee
Elle est due au déséquilibre entre l’offre et la demande, laquelle peut résulter, soit
de la hausse de la demande par rapport à une offre existante, soit d’une baisse
de l’offre face à la demande actuelle du marché. En effet, la hausse de la demande
peut être attribuable à une augmentation des salaires, du crédit, des dépenses
publiques ou de la demande extérieure. Les prix, dans ce cas, auront tendance à
augmenter car l’ajustement de la production (offre) ne peut se faire à très court
terme. Par ailleurs, l'offre peut également se réduire à cause d'une pénurie de
matières premières, d’énergie, de main d’œuvre qualifiée ou de l'absence de cap-
itaux. Cette situation peut se produire si les entreprises fonctionnent à pleine ca-
pacité et n’ont pas encore réalisé les investissements leur permettant d’accroître
leurs capacités de production. De ce fait, l’impossibilité d’augmenter de l’offre à
court terme entraine ainsi une rareté du produit dans un contexte d’amplification
de la demande, laquelle fait accroître les prix.
III – CONSÉQUENCES DE L’INFLATION
AAvvaannttaaggeess
•POUR LES ENTREPRISES
Les conséquences de l’inflation ne sont pas toujours négatives. Par exemple, elle
améliore la rentabilité financière des entreprises. Ces dernières sont d’autant plus
incitées à recourir au financement externe que leurs taux de profit internes sont
supérieurs au taux d’intérêt des capitaux empruntés. Les entreprises se trouvent
stimulées par les perspectives de gain, ce qui les incite à investir. Une telle situation
augmente la rentabilité de leurs fonds propres (effet de levier). Ceci induit alors
une croissance de la production et de l’emploi en favorisant les investissements
car elle croît la marge d’autofinancement et allège la charge de remboursement
(en cas d’emprunts à taux fixes).
•POUR LES MÉNAGES
L’inflation allège les dettes des agents économiques en cas d’emprunts à taux fixes.
En effet, elle diminue le coût réel de l’endettement en fonction de la différence
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entre le niveau des taux d’intérêt nominaux et le niveau général des prix. De ce
fait, les ménages vont bénéficier de taux d’intérêt réels faibles et dans certains cas,
négatifs. En augmentant la valeur des biens immobiliers, l’inflation bénéficie aux
détenteurs d’actifs. Les ménages rembourseront d’autant moins en valeur réelle
quand l’inflation est plus élevée.
IInnccoonnvvéénniieennttss
•POUR LES MÉNAGES
L’inflation entraîne une diminution du pouvoir d’achat du revenu des ménages.
Avec le renchérissement des prix des produits, les ménages se retrouvent à utiliser
une partie plus importante de leur revenu pour consommer la même quantité de
biens et de services. En d’autres termes, quand l’inflation augmente, la valeur
réelle de la monnaie diminue. Donc, on peut acheter moins de biens avec la même
quantité de monnaie. Dans de telles situations, les agents économiques ont alors
tendance à ne pas utiliser leurs liquidités (ils consomment moins) au profit d’in-
vestissements dans les biens immobiliers, devises fortes, etc.
•POUR L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE
Une inflation peut conduire, lorsqu’elle est forte, à un ralentissement de la crois-
sance économique et à une détérioration de l’emploi. Aussi, une variation ac-
célérée et persistante des prix est-elle de nature à avoir des impacts négatifs sur
l’économie.
Elle perturbe la répartition macroéconomique des revenus, car la plupart des •
agents économiques ne peuvent pas ajuster leurs revenus au même rythme
que l’inflation.
Elle rend l’avenir plus incertain. En rendant incertaine l’évolution des valeurs •
nominales des revenus et des prix, l’inflation rend difficile les anticipations
sur des variables macroéconomiques telles que la consommation, l’investisse-
ment, et rend par conséquent, la croissance économique plus hypothétique.
Elle réduit la compétitivité-prix de l’économie et conduit à procéder à des •
réajustements monétaires. Elle minimise également la compétitivité-produit
provoquant une augmentation du taux d'intérêt, ce qui renchérit le coût des
investissements des entreprises. Le niveau des investissements étant inverse-
ment proportionnel au taux d’intérêt, plus le taux est élevé, plus les investisse-
ments sont faibles, et réciproquement. Les produits locaux exportables
devenant moins compétitifs, se vendent moins et par conséquent, les parts
de marché régressent et la croissance ralentit.
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IV- IMPACTS DE CERTAINES VARIABLES MACROÉCONOMIQUES
SUR L’INFLATION
LE FINANCEMENT MONÉTAIRE DU DÉFICIT BUDGÉTAIRE
Lorsque les dépenses de l’État sont plus importantes que ses recettes, il en résulte
un déficit public. Ce déficit, lorsqu’il est financé par la création monétaire, entraine
une augmentation de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie et
alimente l’inflation.
LE TAUX DE CHANGE
Dans un pays qui dépend fortement des importations, la perte de valeur de la
monnaie nationale a un impact significatif sur les prix. En effet, la dépréciation de
la monnaie peut entrainer une inflation importée puisqu’il faut plus de monnaie
locale pour acheter le même bien produit à l’étranger. Les produits que le pays
importe deviennent alors plus chers, d’où une hausse généralisée des prix sur le
marché national.
LES TAUX D’INTÉRÊT
Une baisse des taux d'intérêt peut induire une accélération des prix alors que le
mouvement contraire des taux d'intérêt est un moyen pour lutter contre une inflation
excessive. Dans une période de récession, les banques centrales baissent leurs
taux directeurs afin de stimuler la demande et ainsi relancer l'économie. Cela per-
met d’accroître les investissements des agents économiques (ménages et entre-
prises), de dynamiser le crédit et de relancer la consommation. En période de forte
croissance, l’inflation a tendance à augmenter et conséquemment, on assiste plutôt
à un relèvement des taux directeurs par la Banque centrale afin d’éviter une sur-
chauffe économique.
LE TAUX DE CHÔMAGE
En économie, la courbe de Phillips permet de mettre en exergue la relation néga-
tive qui existe entre le taux d’inflation et le taux de chômage. En effet, lorsque le
taux de chômage diminue, les salaires s’accroissent et les entreprises augmentent
les prix pour rétablir leurs marges, ce qui va entrainer une hausse de l’inflation.
Inversement, l’inflation se replie lorsque le taux de chômage augmente. En d’autres
termes, une diminution prolongée de l’inflation peut décourager les entreprises à
faire de nouveaux investissements et les conduire dans certains cas, à réduire leur
effectif.
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V- LES MOYENS DE LUTTE CONTRE L’INFLATION
ACTIONS SUR LA DEMANDE
Les politiques de lutte contre l’inflation visant à réguler la demande sont carac-
térisées par des mesures prises au niveau budgétaire, monétaire et des revenus.
SSii ll’’iinnffllaattiioonn eesstt dd’’oorriiggiinnee mmoonnééttaaiirree
La politique monétaire vise alors à restreindre l’accroissement de la masse moné-
taire en circulation, en contraignant l’accès aux crédits octroyés par les banques
commerciales. Pour ce faire, la Banque centrale a recours à une politique moné-
taire restrictive à travers la hausse des taux d’intérêt ou celle des coefficients de
réserves obligatoires. Conséquemment, elle contribue à réduire le volume de crédit
devant alimenter la demande de biens et de services dans l’économie et par con-
séquent, les pressions inflationnistes y relatives. Toutefois, la faiblesse du crédit al-
loué à l’économie ne permet de stimuler ni la consommation de ménages, ni
l’investissement des entreprises. Ainsi, l’application d’une telle politique entraîne
comme effet négatif le ralentissement de l’activité économique.
SSii ll’’iinnffllaattiioonn eesstt dduuee àà uunn eexxccèèss ddee llaa ddeemmaannddee
Les pouvoirs publics peuvent alors utiliser la politique budgétaire en baissant les
revenus distribués par l’État (limitation de la progression des revenus des fonction-
naires, réduction des programmes de travaux publics...) et en augmentant les re-
cettes publiques (impôts, taxes...). L’objectif est de réduire le revenu disponible à
la consommation et donc de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande.
SSii ll’’iinnffllaattiioonn eesstt dduuee aauuxx ccooûûttss ddee pprroodduuccttiioonn
Le contrôle des prix et la politique des revenus sont dans ce cas les instruments
utilisés. Le Gouvernement peut ainsi inciter les entreprises à modérer la hausse
des prix, il peut surveiller ou même restreindre certains revenus pendant une durée
déterminée (interdiction d’indexer les salaires sur le taux d'inflation, contrôle de la
redistribution des revenus de transferts).
ACTION SUR L’OFFRE
La difficulté d’obtenir des résultats satisfaisants avec les instruments de politique
visant à réguler la demande peut amener les autorités monétaires et budgétaires
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à utiliser des moyens de lutte à plus long terme, en développant principalement la
concurrence par les prix, c'est-à-dire en incitant les entreprises à mieux maîtriser
leurs coûts de production (amélioration de la compétitivité) et à diminuer leurs
marges bénéficiaires pour conserver leurs parts de marché.
VI- PERSPECTIVES ET CONCLUSION
Une évolution rapide du taux d’inflation traduit un déséquilibre interne de l’é-
conomie. Plusieurs causes peuvent expliquer une accélération de l’inflation : une
augmentation des coûts de production, un excès de la demande ou une croissance
de la monnaie en circulation, etc. Afin de pallier ce problème, les autorités dis-
posent des moyens d’actions à court terme tels que la politique budgétaire, la poli-
tique monétaire et la politique des revenus. Un taux d’inflation faible et stable
renforce l’efficacité de la politique monétaire à travers un ancrage des anticipations
et permet aux agents économiques de faire des projections pour leurs besoins fu-
turs de consommation et d’investissement.
Au regard de l’évolution des politiques non-conventionnelles, la Banque centrale
d’Haïti a ajusté sa politique monétaire de sorte que les mesures et programmes
mis en place visent aussi à adresser les origines d’ordre structurel de l’inflation,
notamment la faiblesse de la production. Cette politique monétaire dite pro-crois-
sance s’inscrit dans la mouvance des banques centrales du XXIe siècle, laquelle
consiste à se démarquer légèrement de l’approche purement monétariste et aller
vers la coordination des politiques économiques visant la relance des secteurs à
haute valeur ajoutée, et dont les retombées pour l’économie iront au-delà de la
stabilité des prix.
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GLOSSAIRE
Appréciation de la monnaie : Augmentation de la valeur d'une mon-•
naie par rapport à une devise forte.
Dépréciation de la monnaie : Perte de valeur d’une monnaie par rap-•
port à une devise forte.
Politique monétaire : Ensemble d’instruments utilisés afin d’agir sur l'of-•
fre de monnaie dans le but d’assurer la stabilité des prix et de contribuer
à la création des conditions favorables à la croissance de la production et
de l’emploi.
Glissement annuel : Variation par rapport à la même période de l’année •
antérieure. Par exemple, une variation d’une variable en glissement annuel
observé en juillet 2019 renvoie à la variation du niveau de cette dernière
en juillet 2019 par rapport à son niveau en juillet 2018
Variation mensuelle : Variation par rapport au mois précédent. •
Politique budgétaire : Ensemble de mesures prises par un gouverne-•
ment afin d’agir sur la conjoncture économique d’un pays à travers la tax-
ation et les dépenses publiques.
Indice des prix à la consommation Harmonisé (IPCH) : Calculé pour •
chacun des pays de l'Union Européenne (UE) et quelques autres pays eu-
ropéens, est l'indicateur conçu à des fins de comparaison internationale et
permettant d'apprécier le critère de convergence de la stabilité des prix des
pays de l’UE
Indice des prix à la consommation personnelle des dépenses (ou •
indice des prix PCE) : Mesure qui capture l’évolution des dépenses (ou
la déflation) d’un large éventail de biens de consommation. Elle reflète
aussi les changements de comportement des consommateurs car elle est
mise à jour chaque année.
Déflateur implicite du Produit intérieur brut (PIB) : Outil qui permet •
de mesurer les prix de tous les biens et services produits dans une
économie. En d’autres termes, cet instrument étudie la variation du PIB
d’une année à une autre due à l’évolution des prix. Il se calcule en divisant
le PIB nominal (valeur du PIB mesurée aux prix de l’année courante) au
PIB réel (valeur du PIB mesurée aux prix d’une année de référence).
Planche à billet : Création monétaire dont le but principal est de financer •
la dette de l'État.
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