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Discours du Gouverneur, M.Ronald Gabriel- Cérémonie
d’Installation des Membres du Conseil d’Administration
de la BRH
Banque de la République d’Haïti (BRH), discours du Gouverneur Ronald Gabriel
Publié le 19 août 2026
Source : https://www.brh.ht/discours-du-gouverneur-ceremonie-dinstallation-des-membres-du-conseildadministration-de-la-brh/
19 Août 2026 | Centre de Convention Antonio André
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs,
Je prends un plaisir immense à honorer la tradition des discours de prise de fonction des
Conseils d’Administration de la Banque de la République d’Haïti, deux jours après la date
commémorative des quarante-sept ans de la BRH. Je m’associe à mes pairs pour souhaiter la
bienvenue à tous nos invités dans l’enceinte du Centre de Convention Antonio André.
Que l’on y soit ensemble aujourd’hui est un symbole fort qui augure des perspectives les
meilleures pour le retour de nos activités coutumières non seulement au siège principal de la
Banque Centrale, mais aussi à l’ensemble du bas de la ville, comme annoncé par le Chef du
Gouvernement. Je salue, en cette circonstance, la présence significative du Premier Ministre
Alix Didier Fils-Aimé, tout en le remerciant de la confiance qu’il place en moi en me
reconduisant à la tête de l’actuel Conseil d’Administration.
J’adresse des salutations spéciales aux représentants des grands corps de l’État. J’étends
également ces salutations aux membres du Corps diplomatique et aux représentants des
institutions de coopération externe. Je suis aussi très heureux de compter parmi nous des
représentants du système financier. Enfin, permettez-moi de souhaiter la bienvenue aux
membres du secteur privé des affaires, aux représentants de la Presse et à nos amis
universitaires avec qui nous développons des relations étroites en matière de recherche et de
développement.
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour une cérémonie placée sous le sceau de la continuité. La
continuité selon une double perspective, institutionnelle et opérationnelle. Une perspective
institutionnelle pour rester dans la tradition de l’alternance. Une perspective opérationnelle
pour garantir la permanence des obligations statutaires et inscrire la conduite des politiques à
venir dans l’efficience des actions passées.
C’est à ce titre que je voudrais rappeler la contribution de deux membres du Conseil sortant à
la stature actuelle de la BRH : le Gouverneur-Adjoint Georges Henry Fils et le Directeur
Général Mathieu Fortunat. Le premier a connu une carrière riche d’expérience dans la
conduite des affaires de l’État. D’abord, au ministère de l’Économie et des Finances, jusqu’au
poste de Ministre ; ensuite, à la BRH où il a passé dix-huit ans au Conseil d’Administration. Le
second fait partie de ces cadres qui font honneur à l’institution dans ce qu’elle a d’ancrage et
de profondeur. Il est rentré à la Banque Nationale de la République d’Haïti en 1978, une année
avant que cette institution ne soit scindée en deux banques distinctes.
Quant aux deux membres qui viennent compléter le nouveau Conseil d’Administration, je leur
souhaite la bienvenue. Au nouveau Gouverneur-Adjoint, M. Guerly Leriche, le message est
simple : la Banque de la République d’Haïti est une institution forte de ses traditions et l’une
d’entre elles est la collaboration franche et totale avec ses nouveaux membres pour optimiser
les inputs individuels. À notre collègue Edwige Jean, l’autre nouveau membre de la nouvelle
équipe, je dirai ce qui me semble être une évidence : pour avoir travaillé de façon rapprochée
avec les Conseils d’Administration des vingt dernières années, il n’y a d’élément de nouveauté,
pour lui, dans le fait de rejoindre ce nouveau Conseil, que celui d’y être aujourd’hui.
Mesdames, Messieurs,
Les circonstances bien spéciales de mise en place de ce nouveau Conseil d’Administration font
que mes propos prennent, en partie, l’allure d’un discours-bilan puisque je reste à la tête de
cette nouvelle équipe dans laquelle sont reconduits Jean-Mari Florient, passant au rôle de
Directeur Général, et Michèle Delerme. Cependant, l’impératif de franchir la barre du Conseil
précédent oblige à un regain de dynamisme qui devra mettre à contribution l’ensemble des
cadres, chacun en ce qui le concerne et quel que soit le niveau de responsabilité qui est le sien.
La BRH est prête à deux niveaux stratégiques de performance et de réalisations. Un niveau
plus conjoncturel de consolidation des acquis engrangés au cours des décennies de gestion des
questions financières et institutionnelles, en particulier au cours des trois dernières années.
Un second niveau de nature plus structurelle qui renvoie à l’actualisation des projets déjà
engagés et à l’initiation de nouveaux projets qui visent à positionner les actions de la BRH
dans la sphère des politiques publiques qui devront faire bouger Haïti vers une orbite de
développement durable.
En octobre 2023, en accord avec mes pairs du Conseil d’Administration de l’époque, le
discours d’investiture que j’ai adressé proposait un agenda de politiques tournant autour de
trois grandes orientations :
La recherche de meilleures conditions d’efficacité des outils d’intervention de la Banque
Centrale en matière de conduite de la politique monétaire.
L’amélioration de la capacité de persuasion morale de l’autorité monétaire par l’adoption
d’une attitude proactive dans la gestion de nos rapports avec nos partenaires
institutionnels privilégiés et d’un dispositif de meilleure proximité avec les agents
économiques.
Enfin, le renforcement de l’ingénierie institutionnelle de la BRH sur le long terme pour
adresser deux ordres corrélés de préoccupations tenant à la création d’un marché
financier viable et à la mise en place d’un niveau suffisant de capital humain au service
des ambitions institutionnelles et sectorielles.
Au terme du mandat du Conseil sortant, je voudrais noter le fait significatif que les résultats
sont probants et parlent d’eux-mêmes :
Les procédures qui conduisent aux différents niveaux de prise de décision dans la
conduite de la politique monétaire sont dans un processus continu d’amélioration. La
systématisation d’une culture de validation des données utiles aux déductions
analytiques est maintenant la règle.
Le cap d’une vision de moyen et de long terme de la politique monétaire a été renforcé
par la mise en œuvre d’un ensemble cohérent de mesures propres à accroître la
crédibilité de l’institution.
La consolidation du socle institutionnel est une entreprise constamment à l’ordre du
jour. Dans ce domaine, l’accent a été mis sur l’efficacité dans la conduite des opérations
de l’institution et dans la stratégie des actions qui en assurent la pérennité.
Mesdames, Messieurs,
Les paragraphes précédents présentent un bilan des objectifs réalisés dans le cadre de
l’agenda mis en œuvre sur les trois dernières années. La conclusion que je voudrais en retenir
est qu’il établit, à un niveau élevé, le contenu et la qualité qui devront guider l’action de
politique du Conseil entrant.
De ce côté, la clé du succès est tout indiquée. Il s’agit de bâtir, dans la continuité, les
conditions de mise en œuvre d’une vision non pas différente, mais adaptée à la nouvelle réalité
que nous voulons construire. Cette réalité, je crois, sera faite de ce renouveau institutionnel
qui pointe à l’horizon pour le pays. La démarche du nouveau Conseil sera de renforcer les
actions entreprises ces dernières années et de projeter les pans de politique que nous
imposera le nécessaire agenda d’une croissance enfin retrouvée.
La posture par rapport à ce dernier cas est celle que nous voudrions schématiquement établir
pour conclure mon intervention. Il devrait s’agir :
De prendre à bras-le-corps le besoin d’intégrer les sphères monétaire et réelle de
l’économie pour créer les conditions d’un niveau suffisant d’optimisation de la politique
monétaire et d’efficacité du dispositif de financement de l’activité économique.
De réduire progressivement les coûts de friction dans l’économie. C’est un domaine
complexe de politique publique, parce qu’il est multidimensionnel. Une voie d’action à la
portée de l’autorité monétaire est la médiatisation de statistiques et d’analyses
pertinentes pour réduire l’asymétrie de l’information et créer, chez l’agent économique,
des réflexes rationnels dans ses prises de décisions.
De déployer un effort soutenu dans la promotion des conditions d’efficience de
politiques économiques porteuses de développement comme la réduction des situations
d’échecs de marchés.
Il demeure entendu que la condition magnétique à l’aboutissement de cet ensemble cohérent
de politiques est la promotion d’un cadre macroéconomique et financier stable, mais
foisonnant d’activités de production et d’échanges. Je vois dès lors se dessiner, dans une
dynamique inflationniste sereine et maîtrisée, une toile de fond prometteuse, animée d’un
cadre budgétaire viable, d’une fiscalité incitative et redistributive, d’une diversité sectorielle
alimentée de filières à forte potentialité productive et tournée vers l’exportation.
Mesdames, Messieurs,
Nous venons de camper la posture de la BRH en matière de conduite de la politique monétaire
et de financement de l’économie. La déclinaison en mesures de politique sera astreinte à des
contraintes de natures diverses. Une composante majeure de cette posture est le
développement de la capacité de l’institution à s’adapter aux aléas de l’environnement,
notamment économiques, de façon à maintenir le cap du sentier de croissance que les choix
politiques auront défini.
Merci.