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(2019) Kaye Rechèch No. 4 (2019)

(2019) Kaye Rechèch No. 4 (2019)

Bank Repiblik Ayiti (BRH) 2019 86 paj
Rezime — Kaye rechèch sa a prezante kat atik ki analize divès sijè ki gen rapò ak fonksyònman sistèm finansye Ayiti a ak politik monetè. Li kouvri sijè tankou mouvman to bankè yo, detèminan rentabilite bankè yo, sik kredi yo, ak devlopman mache finansye a avèk Fintech.
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Deskripsyon Konple
Piblikasyon sa a prezante kat atik ki analize divès sijè ki gen rapò ak fonksyònman sistèm finansye Ayiti a ak politik monetè. Premye atik la egzamine mouvman nan to bankè yo ki soti nan enpilsyon monetè yo, li mete aksan sou asimetri nan transmisyon chòk monetè yo. Dezyèm nan analize detèminan rentabilite bankè nan peyi Ayiti. Twazyèm nan eksplore relasyon ant sik kredi yo ak aktivite ekonomik nan peyi Ayiti soti nan 1980 rive 2016. Katriyèm nan diskite sou devlopman mache finansye ak Fintech nan rejyon Karayib la.
Sije
ECO, FIN
Jewografi
Nasyonal
Peryod Kouvri
1980 — 2016
Mo Kle
monetary policy, financial system, bank profitability, credit cycles, Fintech, Caribbean, Haiti, financial markets, series:brh-cahier-de-recherche
Antite
Banque de la République d'Haïti, Erol Saint Louis, Claude Jacques Divers, Dudley Augustin, Carl-Henri Prophète, Gihanne Amboise, Gwendoline Darguste, Harding, Pagan, Granger, Stiglitz, Weiss
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MAE/BRH - CR-004 CAHIER DE RECHERCHE Mars 201919 1|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 L a Banque de la République d’Haïti (BRH) prend plaisir à présenter aux chercheurs, aux étudiants, aux partenaires du système financier et au public en général son cahier de recherche numéro quatre (4). Une fois de plus, la BRH souhaite partager avec vous les réflexions de ses cadres sur des thèmes de grande importance pour la conduite de sa politique monétaire. Cette publication, contrairement aux précédentes, ne s’articule pas autour d’un thème spécifique mais présente quatre articles où sont analysés des sujets variés qui sont liés au fonctionnement du système financier haïtien et à la politique monétaire. Ces sujets constituent des champs d’investigation utiles pour tous ceux qui sont curieux d’approfondir leur connaissance sur les mécanismes de fonctionnement de l’économie haïtienne en général et du secteur financier en particulier. Le premier article a mis en exergue les mouvements au niveau des taux bancaires découlant des impulsions monétaires (taux directeurs). À partir d’un modèle à correction d’erreur (MCE), l’auteur fait ressortir la présence d’asymétrie dans la transmission des chocs monétaires. Les résultats des estimations ont montré un faible degré de pass-through des taux bancaires, avec des effets asymétriques dans certains cas. De même, l’analyse des données financières de neuf banques du système a permis de mettre en évidence les principaux déterminants de la rentabilité des banques en Haïti. Celle-ci s’est basée sur une régression du rendement des actifs (ROA) et un ensemble de facteurs spécifiques aux banques, des facteurs de structure du marché aussi bien que des paramètres macroéconomiques. Les résultats ont indiqué que les rendements passés continuent d’influencer modérément la rentabilité actuelle des banques alors qu’une augmentation du portefeuille de crédit par rapport aux dépôts est associée à un ROA plus élevé. Le troisième article traite de la relation entre les cycles de crédit et l’activité économique en Haïti au cours de la période 1980-2016. A travers ce papier il est effectué une investigation sur les profils d’évolution du crédit et de l’activité réelle en Haïti au cours de ces trente dernières années. Pour y parvenir, trois méthodes ont été retenues. Il s’agit de l’indice de concordance proposé par Harding et Pagan, de celui des coefficients de corrélation croisées entres les composantes cycliques du crédit et du PIB et du test de causalité entre crédit et PIB au sens de Granger. Les résultats ont confirmé l’existence d’un co-mouvement relativement important entre le crédit et le Produit Intérieur Brut sur la période 1981-2016 (70%) mais ne dégagent aucune relation de causalité. Avant-Propos Dans le dernier article la problématique de l’accès au financement a été posée. L’étroitesse du marché financier apparait comme un handicap majeur à la croissance. Après avoir identifié les problèmes communs rencontrés dans les pays de la Caraïbes, parmi lesquels: l’accessibilité des marchés financiers, l’auteur a démontré l’importance de la Fintech tels que le financement participatif, les prêts P2P et les financements mobiles comme des instruments susceptibles de combler les lacunes du marché financier. La BRH demeure convaincue que ces réflexions qui favorisent une meilleure compréhension du fonctionnement de notre système financier et de la transmission de la politique monétaire, vont servir de base pour alimenter les débats et encourager le développement de la recherche scientifique en Haïti. Elle tient toutefois à signaler que les opinions émises dans ces textes ne représentent pas le point de vue officiel de la BRH et n’engagent que leurs auteurs. Erol SAINT LOUIS Directeur Monnaie Et Analyse Economique Banque de la République d’Haïti (BRH) 3|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Pass-through des taux directeurs de la Banque Centrale sur les taux bancaires en Haïti : Implications pour les autorités monétaires Par Claude Jacques Divers Sommaire 01 Les déterminants de la rentabilité des banques en Haïti Par Dudley Augustin et Carl-Henri Prophète 02 Analyse des cycles du crédit et de l’activité économique en Haïti (1980-2016) Par Gihanne Amboise 03 Financial market developpment & FINTECH Development in the caribbean region Par Gwendoline Darguste 04 5|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 01 6 Par Claude Jacques Divers Pass-through des taux directeurs de la Banque Centrale sur les taux bancaires en Haïti : Implications pour les autorités monétaires 7|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 es taux d’intérêt directeurs jouent un rôle fondamental comme courroie de transmission de la politique monétaire. En effet, à travers ces taux, la banque centrale transmet ses impulsions monétaires à l’économie réelle via les répercussions sur les taux d’intérêt offerts par les institutions bancaires. La connaissance du degré d’ajustement des taux bancaires par rapport aux taux directeurs s’avère incontournable compte tenu du fait que cela permet de mesurer l’efficacité de la politique monétaire qui en découle. A cet effet, ce travail vise à investiguer la relation entre les taux directeurs et les taux bancaires à travers l’estimation du pass-through et aussi à étudier la présence d’asymétrie dans la dynamique de transmission de la politique monétaire au niveau du système bancaire haïtien. Pour ce, un modèle à correction d’erreur (MCE) est utilisé pour mesurer le degré de réactivité des taux bancaires suite aux modifications des conditions monétaires. Pour tester la présence d’asymétrie dans la transmission des chocs monétaires, un modèle à seuil est donc utilisé lequel est un prolongement du modèle à correction d’erreur. Enfin, dans le but d’apprécier les conditions de stabilité des coefficients d’ajustement, un test de stabilité est utilisé. Les résultats des estimations ont révélé un faible degré de pass-through des taux bancaires, avec des effets asymétriques dans certains cas. Aussi, la transmission de la politique monétaire aux taux créditeurs s’est-elle révélée instable sur la période allant de juin 2000 à juin 2011. JEL Classification : E43, E52 Mots clés : Pass-through, système bancaire, asymétrie, modèle à correction d’erreur (ECM), modèle asymétrique. Résumé L 8 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Résumé .....................................................................................................................................................8 0.-Introduction ...........................................................................................................................................9 1.-Revue de littérature théorique et empirique ........................................................................................11 1.1.-Revue de littérature théorique ..........................................................................................................11 1.2.-Revue de littérature empirique .........................................................................................................12 2.- Évolution de quelques variables bancaires entre juin 2000-juin 2011 ...............................................14 3.-Méthodologie de l’étude ......................................................................................................................16 3.1.-Les données ....................................................................................................................................16 3.2.-Les modèles ....................................................................................................................................16 3.2.2.-Modèles symétriques : Approche standard / Approche par la Cointégration ...............................17 3.2.3.-Modèles asymétriques ..................................................................................................................17 4.-Les résultats empiriques .....................................................................................................................18 4.1.-Interprétation des résultats ..............................................................................................................19 4.2.-Test de stabilité des coefficients de Pass-through ...........................................................................21 5.-Conclusion...........................................................................................................................................22 perspectives ............................................................................................................................................23 Bibliographie ...........................................................................................................................................24 Sommaire 9|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Dans la poursuite de ses objectifs, qui consistent fondamentalement en la stabilité des prix, la Banque Centrale dispose de plusieurs canaux de transmission qui permettent de répercuter les impulsions monétaires sur l’économie réelle. Au cours de ces dernières décennies, une abondante littérature a été publiée sur les mécanismes de transmission de la politique monétaire par le biais du taux d’intérêt. Ce mécanisme est plus généralement connu sur le nom de pass-through des taux directeurs sur les taux offerts par les institutions bancaires. La connaissance du degré et de la vitesse de ce pass-through est fondamentale pour la banque centrale dans la mesure où elle permet d’appréhender l’efficacité de la politique monétaire. Suite à une variation des taux du marché monétaire, l’ajustement des taux bancaires se fait de manière plus ou moins rapide selon qu’il s’agit des taux sur les dépôts ou encore sur les prêts. La transmission dépendra alors de plusieurs facteurs dont le niveau de développement du marché financier, le degré de concurrence, la volatilité des taux directeurs pour ne citer que ceux-là. Parmi les points révélateurs dans la littérature économique sur le degré de pass-through des taux directeurs sur les taux bancaires, on retient que la transmission est parfois lente et incomplète à court terme (Pass-trough incomplet) mais complète à moyen et long termes. Ainsi donc, les changements opérés au niveau du marché monétaire domestique se transmettent avec des retards sur les taux bancaires. Ce laps de temps est fonction du degré de viscosité 1 des taux bancaires. L’une des premières tentatives d’explication de cette viscosité ou encore du degré d’inertie des taux bancaires a été l’œuvre de Stiglitz et Weiss (1981). Le fait est qu’il existe de l’asymétrie informationnelle au niveau du marché bancaire peu concurrentiel, ce qui conduit à un rationnement 2 du crédit. Dès lors, les gains espérés des banques sont une fonction des taux d’intérêt sur les prêts. Etant donné que la probabilité d’avoir un défaut de paiement augmente d’autant que les taux d’intérêt sont élevés, alors toute hausse des taux d’intérêt est susceptible de provoquer une hausse des risques de portefeuille des prêts bancaires par sélection adverse ou aléa moral. Dans cette logique, les banques ne peuvent pas augmenter les taux débiteurs même dans les cas où elles font face à une hausse des coûts marginaux. Tout ceci peut se traduire par le fait que les 1 La viscosité des taux bancaires s’explique par le fait que ces taux s’ajustent parfois très faiblement et lentement suite aux modifications des condi- tions du marché découlant des décisions de politique monétaire. Il peut y avoir des cas où la transmission est quasi-nulle. 2 Situation qui prévaut lorsque les banques durcissent les conditions d’octroi du crédit pour faire face à une montée des risques de créances dou- teuses. Il intervient lorsque se développe un sentiment de défiance vis-à-vis des emprunteurs en période de basse conjoncture et que les établisse- ments de crédit craignent une insolvabilité de leurs débiteurs. Introduction investisseurs prudents seraient découragés et d’autres plus averses au risque seraient attirés par ces taux élevés. Autrement dit, les prêteurs auront tendance à investir dans des projets plus risqués à cause des taux d’intérêt élevés. Tout compte fait, l’existence de l’asymétrie informationnelle entre prêteurs et emprunteurs sur le marché des prêts peut générer une certaine viscosité des taux d’intérêt sur les prêts bancaires. L’objectif de ce papier consiste à estimer le degré de pass-through et d’évaluer la présence éventuelle d’ef- fets asymétriques dans la dynamique de transmission de la politique monétaire. Pour ce, nous allons recourir à l’estimation d’un modèle à correction d’erreur (MCE) en utilisant des données mensuelles pour la période juin 2000-juin 2011, puis une variante du modèle MCE (modèle à seuil) pour étudier la dynamique asymé- trique. Ce travail comprend cinq sections. Dans la première, nous présenterons les déterminants théoriques du pass-through puis passerons en revue quelques travaux empiriques ayant investigué cette problématique. La deuxième est consacrée à une brève présentation de l’évolution des différents taux d’intérêt. Nous présen- terons au niveau de la troisième section, la méthodologie adoptée dans le cadre de cette étude. La qua- trième section comprend la présentation et l’interprétation des résultats empiriques et la dernière est consacrée à la conclusion ainsi qu’aux perspectives. 10 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 1.-Revue de littérature théorique et empirique 1.1.-Revue de littérature théorique Théoriquement, le pass-through des taux directeurs sur les taux bancaires peut être influencé positivement ou négativement par des facteurs d’ordre institutionnel ou financier. Les déterminants du pass-through des taux directeurs sur les taux bancaires a) La structure de la dette La littérature économique retient la structure de la dette d’une économie comme facteur explicatif de la vitesse de transmission des impulsions monétaires sur les taux bancaires. En effet, dans une économie où la structure de la dette des agents non financiers est composée essentiellement de passifs à taux variables (ou taux à court terme), les ajustements des taux bancaires en réaction aux chocs de la politique monétaire se font de manière plus rapide. Par contre, si les dépôts sont rémunérés majoritairement à des taux fixes, la vitesse de transmission des chocs monétaires devrait être relativement faible. Tout compte fait, la structure de la dette a une incidence majeure sur la vitesse d’ajustement des taux débiteurs en cas de modification des conditions monétaires. b) La pression concurrentielle au niveau du marché bancaire Le niveau de concurrence au niveau du marché bancaire joue un rôle fondamental dans la qualité de transmission des chocs monétaires sur les taux offerts par les banques commerciales. Selon le degré de pression concurrentielle, l’ajustement des taux bancaires devrait être plus ou moins complet. D’une manière générale, se basant sur certains éléments théoriques, il est admis que la transmission des impulsions monétaires sur les taux intermédiés se fait de manière nettement plus rapide dans une économie où la pression concurrentielle entre banques est très élevée (Cottarelli et Kourelis, 1994, Borio et Fritz 1995, Mojon, 2000, Sanders et Kleimeier, 2003). Une des approches retenues pour évaluer l’influence de la concurrence sur le pass-through consiste à déterminer l’indice de concentration basé sur le calcul du ratio entre le total des actifs d’une banque ou d’un groupe de banques par rapport au total des actifs du système bancaire. c) L’Inflation L’environnement inflationniste détermine théoriquement le pass-through des taux directeurs sur les taux bancaires, sur la base de l’ajustement plus ou moins rapide des prix. En effet, certains prix sont rigides à la baisse et l’inflation permet un réajustement par les prix relatifs (Mojon, 2000). Il est admis que les taux directeurs de la Banque Centrale augmentent parfois moins vite que l’inflation, ce qui se traduit par une baisse du taux d’intérêt réel. Par rapport à cette situation, les banques commerciales se voient dans l’obligation d’augmenter leurs taux débiteurs car cette chute du taux d’intérêt réel constitue une détérioration des profits bancaires. Vue sous cet angle, l’inflation peut contribuer à l’amélioration de la vitesse du pass-through et permettre un meilleur ajustement à la hausse des taux d’intérêt. d) La volatilité des taux directeurs L’incertitude influe négativement sur l’effet de la politique monétaire dès lors que les banques commerciales ont du mal à ajuster leurs taux. A cela, s’associent des coûts d’ajustement d’autant plus élevés pour les banques que le niveau d’incertitude sur la politique monétaire est grand. De plus, les emprunteurs sont averses au risque, les banques peuvent vouloir privilégier la stabilité de leurs taux en adoptant un comportement de lissage des variations du marché monétaire. S’il s’avère que ce comportement est adopté par ces derniers, la mise en place d’une politique monétaire crédible devrait pouvoir influencer positivement la transmission des fluctuations des taux directeurs sur les taux bancaires. Le niveau d’incertitude en question est associé empiriquement à la variance des taux d’intérêt directeurs. Plus la variance est grande, plus le niveau 11|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 d’incertitude est élevé et se traduit par une viscosité dans le pass-through 3 . Tout compte fait, les variations des taux directeurs auraient un impact plus considérable sur les taux du marché bancaire lorsque ces variations sont perçues comme étant permanentes (Mojon, 2000). e) Le niveau de la croissance économique La croissance économique peut s’avérer très bénéfique dans la transmission des impulsions monétaires au marché bancaire. En effet, la croissance va avoir un fort impact sur l’investissement et l’endettement. En situation de croissance économique, lorsqu’une forte demande est anticipée, avec de bonnes perspectives en termes de profits et de débouchés, les entreprises sont alors incitées à investir, anticipant une hausse de l’activité économique. Étant fortement corrélée avec l’investissement, toute hausse de cette dernière se traduit par une hausse préalable du niveau d’investissement (multiplicateur keynésien). Dans les conditions décrites précédemment, les entreprises auront tendance à s’endetter en recourant soit à la finance directe ou encore au crédit bancaire. Dès lors, il est fort probable que la hausse de la demande et du volume des crédits ait un impact positif sur le pass-through (Mojon, 2000). 1.2.-Revue de littérature empirique Au cours de ces dernières décennies, les recherches autour de la problématique de la transmission des impulsions monétaires se sont affluées et ont fait l’objet d’une attention particulière, étant donné que cela témoigne de l’efficacité même de la politique monétaire. Plusieurs auteurs ont investigué ce champ d’étude et ont permis d’isoler certains faits cruciaux pour la compréhension des mécanismes de transmission, la réactivité des institutions bancaires aux changements des conditions monétaires, ce qui permet de dégager des pistes de réflexions quant à une meilleure appropriation des instruments de politique monétaire et particulièrement du taux d’intérêt. Le point commun de toutes ces recherches est qu’il existe une certaine inertie des taux bancaires suite aux variations des taux du marché monétaire. Cottarelli et Kourelis (1994) ont trouvé que le pass-through diffère d’un pays à un autre et que certains paramètres tels le cycle des affaires, la structure des dépôts, le risque de crédit, et la volatilité bancaire sont autant de facteurs susceptibles de rendre le pass-through incomplet. Ils sont parvenus à conclure que les taux bancaires sont assez visqueux à court terme et le sont probablement à long terme. Ces auteurs expliquent la viscosité des taux créditeurs comme une conséquence de la structure concurrentielle de l’économie. Dans un environnement bancaire peu concurrentiel, les taux sur les dépôts ne vont pas réagir, car cette variation marginale ne pourra pas compenser les coûts d’ajustement des banques. Aussi, étant dans un contexte de marché peu concurrentiel, les banques peuvent agir de manière collusive, ce qui fait que l’atteinte d’un nouvel équilibre suite à une variation des taux directeurs se fait très lentement. Hannan et Berger (1991) s’appuient sur l’élasticité de la demande de prêts pour expliquer le caractère visqueux des taux bancaires. Pour eux, le marché bancaire peut être considéré comme une industrie : L’industrie bancaire. Etant donné que toute industrie fait face à des coûts d’ajustement, alors c’est pareil pour l’industrie bancaire. Par conséquent, lorsque les prix, à savoir les taux du marché, ont été modifiés, la vitesse d’ajustement (le pass-through) devrait dépendre de la demande des prêts bancaires, laquelle dépend de la structure du système financier. L’idée de symétrie et d’asymétrie dans l’ajustement des taux bancaires a été explorée par Hannan et Berger (1991), par Neumark et Sharpe (1992) et a été plus largement développée par Scholnic (1996). Ces auteurs ont fait ressortir l’existence des rigidités symétriques et asymétriques au niveau des taux sur les dépôts et les prêts, lesquelles sont dues aux coûts d’ajustement. Les explications fournies par ces auteurs autour des effets asymétriques dans l’ajustement des taux se fondent sur deux hypothèses clés : Les réactions 3 Etant perçues comme non crédibles, les décisions de politique monétaire se transmettent difficilement sur les taux bancaires. On observe une cer- taine lenteur au niveau de l’ajustement des taux offerts par les institutions bancaires 12 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 13|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 des clients et le « Collusive pricing arrangements ». Selon la première hypothèse, on devrait s’attendre à une meilleure rigidité à la baisse et à la hausse sur les dépôts et les prêts respectivement, due aux réactions défavorables des clients par rapport aux taux instables. Suivant la deuxième hypothèse, en particulier dans les marchés très concentrés, les taux sur les dépôts sont supposés être très rigides à la hausse et les taux sur les prêts, très rigides à la baisse. a) Évaluation de l’ajustement des taux bancaires Les travaux empiriques sur l’évaluation du pass-through ont été initiés en 1994 avec notamment les études publiées par la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Au cours de la même année, Cottarelli et Kourelis, suivis une année plus tard par Borio et Fritz ont approfondi les résultats de la BRI (1994). Les travaux de Cottarelli et Kourelis(1994) se donnaient pour principal objectif d’expliquer l’inertie des taux bancaires observée dans la transmission de la politique monétaire. Pour ce, ils ont maintenu la même démarche que la BRI qui consistait à estimer pour une période donnée, les délais de réaction et l’amplitude de réponse des taux bancaires suite aux interventions de la banque centrale. Ils ont utilisé une approche théorique standard avec un modèle dit de première génération. Ce modèle standard a constitué la base des autres travaux qui ont suivi jusqu’au cours des années 2000, où les modèles à correction d’erreurs ont été utilisés. b) Les travaux empiriques de Cottarelli et Kourelis (1994) Le cadre d’analyse proposé par Cottarelli et Kourelis (1994) permettant d’estimer le degré de réactivité des taux bancaires, repose sur une modélisation assez simplifiée qui peut être décrite de la manière suivante : Avec : Où rl représente le taux d’intérêt bancaire, rm le taux officiel du marché monétaire et ������ le coefficient qui mesure la sensibilité des taux bancaires aux chocs de la politique monétaire. Ce coefficient indique l’amplitude de la réponse des taux bancaires. Ce modèle ainsi spécifié vise uniquement à mesurer la qualité d’ajustement des taux débiteurs et créditeurs et présente certains inconvénients majeurs. D’une part, il ne prend pas en compte les facteurs structurels et d’autre part se pose la question du choix du taux de référence pour le coût de la liquidité bancaire. Compte tenu de la multiplicité des crédits et des échéances, la littérature empirique retient le plus souvent le taux du marché de trois mois comme taux de référence pour les emprunts à court terme. c) Les résultats obtenus par Cottarelli et Kourelis Cottarelli et Kourelis (1994) ont réalisé une étude sur 32 pays de tous les continents, hormis l’Afrique. Les résultats présentés ont mis en évidence une très forte disparité entre les pays développés et ceux en développement qui faisaient partie de l’échantillon. Il a eu lieu de constater des écarts de transmission entre les pays industrialisés et ceux en voie de développement, ce qui était théoriquement prévisible. Cependant, cela apparaît moins évident pour les pays avec des structures financières assez proches. Les résultats ont permis de voir que l’ajustement des taux bancaires reste incomplet après six mois à l’exception du Canada et du Royaume-Uni, ce qui confirme l’hypothèse de l’inertie des taux bancaires à court terme. Par contre, à long terme, l’ajustement des taux bancaires est complet. d) La réactivité des taux bancaires au cours des années 2000 A partir de l’année 2000, la littérature empirique sur la transmission des impulsions monétaires au secteur bancaire a connu une nouvelle envolée, notamment avec des auteurs tels : Mojon (2000) ; Angeloni et Hermann(2003) ; Coffinet (2005), de Bondt et al. (2005) pour ne citer que ceux-là. Leurs travaux ont permis de mieux apprécier la transmission des décisions de politique monétaire dans la plupart des pays industrialisés. Cette nouvelle littérature isole d’autres facteurs pouvant justifier la vitesse à laquelle les taux bancaires s’ajustent aux variations du taux du marché monétaire. A cet effet, la progression de la part de la dette à taux variables, le recul du poids des dépôts au passif des banques, le changement de régime monétaire ont été identifiés comme des déterminants de la vitesse du pass-through. Ce dernier facteur vient corroborer la hausse de réactivité des taux bancaires dans la Zone Euro. Selon ces auteurs, la mise en place de cette monnaie unique a permis d’améliorer la transmission des chocs monétaires, car avant l’euro, on pouvait observer une certaine inertie dans l’ajustement des taux bancaires, tel n’a pas été le cas depuis l’apparition de celle-ci. e) Modélisation adoptée au cours des années 2000 Depuis les travaux de Cottarelli et Kourelis (1994), considérés comme des pionniers dans la littérature sur le pass-through des chocs monétaires sur les taux bancaires, d’autres travaux ont suivi, conséquemment d’autres modèles ont été spécifiés pour prendre en compte toutes les spécificités de cette problématique. De fait, les modèles à correction d’erreur sont venus renforcer les modèles standards, apportant ainsi plus de précisions sur l’amplitude des réponses. Le modèle à correction d’erreur émanant de cette nouvelle approche du pass-through se présente de la manière suivante : Avec Les taux d’intérêt bancaires à court terme à la date t-1 Le taux du marché monétaire à trois mois pris pour les taux directeurs ������ :L’opérateur de différence ε t : Un bruit blanc Cette équation ainsi spécifiée fait apparaitre trois variables clés : les taux d’intérêt bancaires Δrl_(t-1), régressés sur les modifications du taux du marché( Δrm (t-1) , ect t-1 qui prend en compte la dynamique de court terme et qui donne la qualité de la transmission. Aussi, d’autres indicateurs ont été construits pour mesurer à court et à long termes la vitesse et l’amplitude de la réactivité des taux bancaires. Pour ce, on a : ������ qui mesure la vitesse d’ajustement des taux bancaires ; α 1 : la transmission instantanée ; ������ : la transmission finale et le rapport qui donne le délai moyen d’ajustement du pass-through. 2.- Évolution de quelques variables bancaires Au cours de la période allant de juin 2000 à juin 2011, les taux d’intérêt bancaires et monétaire ont connu globalement une évolution à la baisse. Les taux sur les dépôts d’épargne se sont fixés en moyenne à 1.68%, tout en restant dans une fourchette de 0.28% et 4%, avec un écart moyen de 1.47%. Ceux-ci ont accusé leurs plus fortes rémunérations au cours des sous-périodes juin 2000-février 2002, avril 2003-février 2004, soit une moyenne de 3.42% et 3.32%. À partir de juin 2008 jusqu’au mois de juin 2011, les dépôts d’épargne ont été moins bien rémunérés, soit 0.59% en moyenne. D’autre part, les taux sur les dépôts à terme ont été fixés en moyenne à 6.79%, fluctuant dans une fourchette de 0.28% à 17.5%, avec une déviation moyenne de 5.12%. Ces dépôts sont très fortement rémunérés sur la période juin 2004 –décembre 2004 (12.12% en moyenne) tandis que depuis cette date, ces taux ont été relativement faibles (3.15% en moyenne). 14 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Parallèlement, les taux débiteurs ont été très élevés sur la période étudiée, fluctuant dans une fourchette de 17.75% à 36.5%, tout en étant moyennement fixés à 26.57%, avec une déviation moyenne de 4.57%. Les taux sur les prêts en gourdes, ont commencé à gonfler sur la période mars 2003-septembre 2007, en se fixant en moyenne à 30.25%, puis se sont relativement stabilisés autour de 21.87% en moyenne jusqu’en juin 2011. Les taux directeurs de référence (taux sur les bons à 91 jours) ont fluctué entre 0% et 27.8% sur toute la période en s’écartant moyennement de 8.43% par rapport aux taux directeurs moyen qui s’est fixé à 13.9%. Il est à remarquer qu’il a été assez élevé au cours de trois sous-périodes : juin 2000-septembre 2001 ; février 2003-janvier 2004 ; juin 2005-juillet 2007, avec une moyenne de 26.28%, 27.52%, 16.74%, respectivement. Juste après cette date, les taux sur les bons à maturité de 91 jours ont été maintenus en moyenne à 5.93%. Ces chiffres-là permettent de voir que la politique monétaire de la banque centrale a été plutôt restrictive (visant à éponger le surplus de liquidité dans le système, sachant que les taux directeurs sont des instruments privilégiés des autorités monétaires haïtiennes) au regard de ces trois sous-périodes. Graphique 1. : Evolution des taux directeurs et bancaires entre juin 2000 et juin 2011 en Haïti Source : www.brh.net 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Taux d'intérêt sur les bons (91jours) Taux sur les prêts (en gdes) Taux sur les dépots d'épargne (en gdes) Taux sur les dépots à terme(en gdes) Juin - 2000 Novembre - 2000 Avril - 2001 Septembre - 2001 Février - 2002 Juillet - 2002 Décembre - 2002 Mai - 2003 Octobre - 2003 Mars - 2004 Août - 2004 Janvier - 2005 Juin - 2005 Novembre - 2006 Avril - 2006 Septembre - 2006 Février - 2007 Juillet - 2007 Décembre - 2007 Mai - 2008 Octobre - 2008 Mars - 20098 Août - 2009 Janvier - 2010 Juin - 2010 Novembre - 2010 Avril - 2011 Graphique 2. : Évolution des dépôts et des crédits bancaires 0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 Juin - 2000 Décembre - 2000 Décembre - 2005 Décembre - 2006 Décembre - 2008 Décembre - 2007 Décembre - 2009 Décembre - 2010 Décembre - 2004 Décembre - 2003 Décembre - 2002 Juin - 2001 Juin - 2005 Juin - 2009 Juin - 2010 Juin - 2011 Juin - 2008 Juin - 2003 Décembre - 2001 Juin - 2002 Juin - 2006 Juin - 2007 Juin - 2004 Dépots d'épargne en MG Dépots à terme en MG Crédits au secteur privé en MG 15|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Au regard de l’évolution de l’indice Herfindahl-Hirschmann, on peut voir que le secteur bancaire affiche un degré de concentration plutôt modéré sur la période 2000-2003. Cependant, à partir de 2004, cette concentration au niveau des activités bancaires s’est largement accentuée d’une manière générale, et pour ce qui est des rubriques : Actif total, portefeuille de prêts, dépôts totaux et dépôts en dollars ÉU, on peut même parler de très forte concentration à partir de 2006. Compte tenu de ces statistiques, on peut conclure que le marché bancaire haïtien a été très concentré au cours de cette dernière décennie.• 3.-Méthodologie de l’étude 3.1.-Les données Dans le cadre de ce travail, nous aurons à utiliser quatre variables : le taux d’intérêt sur les dépôts d’épargne (rd) en gourde, le taux d’intérêt sur les dépôts à terme (rdat) en gourde, le taux d’intérêt sur les prêts en gourde (rl) et le taux sur les bons à maturité de 91 jours (rm) comme une approximation des taux directeurs de la banque centrale. Les données sont collectées sur une base mensuelle et couvrent la période allant de juin 2000 à juin 2011. Elles proviennent du site de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Le choix du taux de référence (taux directeurs) pour estimer le pass-through se base sur les travaux de Sanders et Kleimeier (2003). En effet, pour estimer la vitesse et la qualité du pass-through, ces derniers utilisent le taux au jour le jour (overnight) qui se réfère à la « monetary policy approach » et des taux à maturités différentes dans le cadre de ce qu’ils appellent le « cost of funds approach ». Cette méthodologie permet d’envisager deux cadres d’analyse : en utilisant le taux overnight, on apprécie la transmission de la politique monétaire de court terme sur les taux bancaires. Lorsque les taux à 1, 2,3 ou 6 mois sont utilisés, on observe plutôt la qualité de la transmission sur le long terme. La deuxième approche est plus couramment utilisée, car elle semble donner une meilleure appréciation de la réalité économique. Et ce sont les taux directeurs à maturité de 91 jours qui seront utilisé dans la suite. 3.2.-Les modèles Tel que présenté précédemment, il existe à travers la littérature plusieurs modèles économétriques permettant de mesurer le degré de réactivité des taux bancaires aux chocs émanant des décisions de politique monétaire. On retrouve les modèles symétriques avec deux approches complémentaires : L’approche standard utilisée par Cottarelli et Kourelis (1994) et l’approche par la cointégration (Mojon et al, 2000). Tableau 1. .-Évolution de l’indice de concentration bancaire (Indice de Herfindahl-Hirschmann) Année Actif total Portefeuille de prêts Dépôts totaux Dépôts en dollars EU 2000 1348.3 1307.1 1420.8 1712.7 2001 1416.1 1309.2 1457.2 1738.2 2002 1469.3 1391.2 1540.8 1753.0 2003 1606.4 1414.0 1727.2 1940.3 2004 1627.1 1477.2 1744.8 2027.3 2005 1760.1 1501.9 1863.2 2150.9 2006 2 307,90 1 923,86 2 356,98 2 392,83 2007 2 283,94 1 897,70 2 428,34 2 638,81 2008 2 122,23 1 797,62 2 266,63 2 463,09 Source : Rapports Annuels 2005 et 2008 de la BRH 16 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 3.2.1.-Modèles symétriques : approche standard ν : est le coefficient de long terme calculé à partir des paramètres estimés du modèle. Ce coefficient ne peut être calculé que si les variables sont en niveau, tel n’est pas le cas ici car elles ont été prises en différence première afin d’éviter tout risque de régression fallacieuse. En fait, le modèle standard ne prend pas en compte la relation de cointégration pouvant exister entre les variables, conséquemment, une partie de l’information est perdue avec l’utilisation de ce modèle. Il peut exister des situations où la relation de cointégration n’est pas vérifiée, alors l’utilisation du modèle standard est de mise, permettant toutefois d’avoir une estimation du pass-through. 3.2.2.-Modèle symétrique : Approche par la cointégration L’approche par la cointégration couramment utilisée est celle d’Engel et Granger(1987) qui consiste dans un premier temps à estimer la relation de long terme entre les deux variables : taux directeurs et bancaire. Ensuite, on construit un modèle à correction d’erreur, où l’on fait apparaitre les résidus de la première estimation 4 Il importe de souligner que l’absence de cointégration constitue un moyen de mesure de la qualité de la transmission. Cela dit, lorsque la relation de cointégration n’existe pas, ceci signifie que la transmission se fait très difficilement. Par contre si on observe une relation de cointegration, on peut dire que la transmission est quasi complète. Avec : ������ qui est la force de rappel vers l’équilibre de long terme. Il est censé être statistiquement négatif; ect (t-1) le terme de correction de l’erreur faisant intervenir les résidus de l’équation (1). 3.2.3.-Modèle asymétrique Scholnic (1996), ainsi que Kleimeier et Sander (2000), ont construit un modèle à correction d’erreur asymétrique, lequel est une variante du modèle initial, dans le but de savoir si les taux d’intérêt bancaires s’ajustent différemment aux chocs monétaires selon qu’ils sont en dessous ou en dessus du niveau d’équilibre. Le terme d’erreur du modèle initial est divisé en deux composantes (Kleimeier, 2000) et se présente de sorte que l’on ait : 5 4 Il convient de mentionner que la relation de long terme doit être vérifiée préalablement. Ce qui revient à tester la stationnarité des résidus estimés à partir de la relation de long terme. 5 La variable utilisée ici est le taux d’intérêt sur les prêts, mais la spécification est la même pour n’importe quel taux bancaire. = + + + + Avec : = ∑ ∑ =α +β + (1) = + ∑ + + ∑ + e + (2) = + ∑ + + ∑ + e + (1) modèle initial 6 e = > () (2) e=0 sinon et e = < () (3) e=0 sinon On aboutit à cette forme : = + ∑ + + ∑ +αe +αe + (4) 17|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Le terme positif de l’équation (2) signifie que si le taux d’intérêt sur les dépôts ou sur les prêts est en dessus de sa valeur d’équilibre suite à une baisse du taux du marché, alors il s’ajustera à la baisse au cours de la prochaine période. De manière analogue, le terme négatif du modèle (3) suggère que si les taux d’intérêt sur les dépôts ou sur les prêts est en dessous sa valeur d’équilibre suite à une hausse des taux directeurs, il devra s’ajuster à la hausse au cours de la prochaine période. Le coefficient α 1 mesure la vitesse d’ajustement suite à la période de déséquilibre entre les taux directeurs et bancaires quand ces derniers sont en dessus de l’équilibre. De même, α 2 mesure la vitesse d’ajustement des taux du marché monétaire et bancaire suite à un déséquilibre survenu lors des précédentes périodes lorsque ceux-ci sont en dessous de la valeur d’équilibre. Pour tester la présence d’asymétrie dans l’ajustement des taux bancaires, il suffit de comparer les deux paramètres α 1 et α 2 , en réalisant un test de Wald (Scholnic, 1996). 6 S’ils sont significativement différents, on en déduit que les taux bancaires s’ajustent de manière asymétrique aux variations des taux du marché monétaire. Pour ce qui est des taux sur les dépôts, si α 1 >α 2 , alors on en conclut que les taux créditeurs s’ajustent plus rapidement à la baisse qu’à la hausse. Par contre, pour les taux débiteurs, si α 2 >α 1 , cela signifie que ceux-ci s’ajustent plus rapidement à la hausse qu’à la baisse. Dans ces conditions, on dit que les taux sur les dépôts sont plus visqueux à la hausse et que les taux sur les prêts le sont plus à la baisse. 4.- Résultats empiriques a)Test de stationnarité des séries La manipulation des séries chronologiques recommande que celles-ci soient stationnaires, afin d’éviter tout risque de régressions fallacieuses. Par conséquent, l’étude de stationnarité des séries sera faite à partir des tests de Dickey-Fuller Augmenté. Les résultats des tests ont révélé que toutes les séries sont stationnaires en différence première, ce qui laisse présager la présence de relation de cointégration entre elles. b) Test de cointégration Étant donné que les variables sont toutes intégrées de même ordre : rm (1), rl (1) et rd(1), alors il s’avère important de tester une éventuelle relation de cointégration entre les taux directeurs et les taux bancaires sous étude. La méthodologie du test a été décrite précédemment (Engle et Granger, 1987). On estime d’abord la relation de long terme avec les variables en niveau puis, on effectue un test de stationnarité des résidus estimés. Si la série des résidus est stationnaire, alors les séries sont cointégrées et on estime un modèle à correction d’erreur. Les résultats confirment l’existence de la relation de cointégration entre les séries alors l’estimation d’un modèle à correction d’erreur s’impose (Voir Tableau # 2 en annexe). 6 On compare la statistique du test de Ki-Deux à 1 degré de liberté. Tableau 2. .Test de cointégration : Engel-Granger séries Test de Dickey - Fuller Règle de décision Conclusion ectd (-4.975141] (0.0004*) La série est stationnaire ectl (-4.16226] (0.0066*) La série est stationnaire ecdat (-3.5239] (0.0410*) Rejet de h0 Rejet de h0 Rejet de h0 La série est stationnaire Source : résultats générés à partir du logiciel Eviews [.] t-student (.) probabilité associée * stationnaire au seuil de 5 % .avec : ectd, le résidu du modèle incluant les taux directeurs et le taux sur les dépôts d’épargne, ectl : le résidu du modèle incluant les taux directeurs et le taux sur les prêts, ecdat : le résidu du modèle de long terme entre les taux directeurs et les taux sur les dépôts à terme 18 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 4.1.-Résultats des estimations et interprétations L’estimation de la relation de long terme a permis de voir que le pass-through des taux directeurs sur les taux bancaires est incomplet, qu’il s’agisse des taux d’intérêt sur les dépôts d’épargne (0.10%) , des taux débiteurs (0.29%) et les dépôts à termes (0.5%). (Voir Tableau #1). Les résultats des estimations pour les deux modèles (symétrique et asymétrique) sont présentés au tableau qui suit : 7 En termes d’hypothèse on a : h0 : 1= 2, vs h1 : 1 2, [.] la statistique calculée du test de KHI-DEUX comparée au à la statistique tabulée au seuil critique de 5%.avec X20.05(1) =3.841. = 0.24 17 + 0.1034 = 22 .506 + 0.2921 rda= − 0.286735 0.507712 Tableau 3. .Résultats des estimations des modèles symétriques et asymétriques Variables rl rd rdat symétrique asymétrique symétrique asymétrique symétrique asymétrique constante [-0.019] (0.9215) [-0.77] (0.0648) [-0.033] (0.1416) [0.0145] (0.6923) [-0.0759] (0.4565) [-0.1453] (0.3516) r [-0.245] (0.0042) [-0.466] (0.000) rd [-0.378] (0.0000) [-0.374] (0.0000) [-0.14303] (0.0854) [-0.1447] (0.0851) r [0.0515] (0.3408) [0.0265] (0.6299) [-0.015] (0.0212) [-0.0127] (0.0606) [-0.0482] (0.1052) r [0.0022] (0.9680) [0.0426] (0.4464) [0.023] (0.0011) [0.0186] (0.0111) [0.0482] (0.3780) [0.0407] (0.2149) ec [ -0 . 1 7 9 3 ] (0.0009) [-0.095] (0.0048) [-0.1427] (0.0006) [0.0059] (0.9477) [-0.1727] (0.0033) [-0.1045] (0.0652) [-0.4885] (0.006) [-0.0032] (0.9599) [-0.1717] (0.0693) 0.1835 0.19 0.35 0.37 0.15 0.14 DW 2.05 2.01 2.11 2.09 1.99 1.97 Wald stat 8 [4.229] (0.0397)** [-2.66722] (0.1024) [0.2905] (0.5898] Source : Résultats générés sur Eviews ; [.] : Coefficients estimés (.) : probabilité associée. 19|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 [... middle sections omitted for long document ...] 81|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 In the Caribbean region and certainly in Haiti, FINTECH is making an entry in the financial system. Dominated by the banking system, for reasons developed in the paper, the region’s financial market lacks accessibility and efficiency. Financial innovations such as Crowdfunding, P2P lending and especially mobile banking are able to provide these features to the market as they are less rigid than financial institutions and provide access to a significant untapped portion of capital. Thus, allowing less developed countries, such as Haiti, to skip development steps in order to catch up with the rest of the region. Acknowledging the importance of this innovation for the Caribbean market, countries like Barbados, Jamaica, The Bahamas, and Eastern Caribbean Union have led the way to an integrated FINTECH acceptance as it is a vector for inclusion and economic growth. With the acceptance of innovations such as cryptographic technology via initiatives like digital currencies pilot programs initiated by both the Eastern Caribbean Union and Jamaica, FINTECH is being recognized as a module to build a unified financial market and a solution to a more equal distribution of the world’s financial resources. Indeed enabling innovative financial technology firms to grow cross borders by lowering barriers and providing a more integrated market, FINTECH can help build a stronger regional market; but, it comes with major risks. All markets in the region are not at the same level of financial market development or economic growth, the use of financial technology can help supplying to these differences by channeling untapped portions of the region’s capital and redirecting them towards productive sectors of the economy and increasing financial inclusion. However, it also open doors to contagion, extreme cyber security risk, systemic risks, fair lending discrimination etc. therefore, caution must be taken when opening borders. In order for FINTECH development trend succeed in the region, there needs to be an harmonization of the regulatory framework of the region’s countries in which they are evolving in order to provide a clear venue of the development path for this industry and of protection of the regions consumers. In order to ensure an integrated regional FINTECH development, opting for a regional sandbox approach could be a viable option. This regional sandbox would act as a network of regulators from countries in the Caribbean to share experience from sandboxes in their respective jurisdictions; it would also be a center to work on joint policies and incite discussions on the industry; and it could also serve as an environment for FINTECH firms to test cross-border activities in order to push development and innovation. Integration is the gateway towards globalization and FINTECH could be the avenue. Bibliography 2017 ANNUAL REPORT & Statement of Accounts. “About the FSC : Financial Services Commission of Jamaica (FSC).” Financial Services Commission of Jamaica RSS, www.fscjamaica.org/about-the-fsc/. CS  Bakker, Evan. “PEER-TO-PEER LENDING MARKETS: The Leading Countries for Alternative Finance and the next High-Growth Markets.” Business Insider, Business Insider, 17 Mar. 2016, www.businessinsider.com/p2p-lending-markets-countries-high-growth-markets-2016-3. Central Bank Regulatory Framework to Support FinTech in Payment System. FINANCIAL REPORT 2017 TRINIDAD & TOBAGO. “FinTech Regulation in the US: Policy, Implementation, and Future Directions.” White & Case, 24 July 2018, www.whitecase.com/publications/article/fintech-regulation-us-policy-implementation-and-future-directions. “FinTech Policy Development Determining Appropriate Policy Mechanism for Trinidad and Tobago” Dr. Earl T. 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Boodoo and Kavena Ramsoobhag, http://investucatett.com/wp-content/uploads/2018/10/K-Ramsoobhal- and-E-Bood-FinTech-Development-Sandboxing-v5.pdf 82 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 83|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 84 || CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 85|| CAHIER DE RECHERCHE || NO 4 Conception et Mise en page : Direction Communication Service Impression et Publication Banque de la République d'Haiti Achevé d'imprimer: Août 2019 Imprimeur : Protech Inc., Canada Pour toutes informations, s'adresser à : Banque de la République d'Haïti Direction Monnaie et Analyse Économique Port-au-Prince, Haïti Boîte postale : (BP) 1570 Téléphone : (509) 2299-1200 / (509) 22.99.12.51 Télécopieur : (Fax) (509) 22.99.11.49 Internet : http://www.brh.ht