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1CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
L
a Banque de la République d’Haïti prend plaisir à vous offrir le deuxième numéro du « Cahier de
Recherche de la BRH ». Alors que le premier a été thématique sur le phénomène de l’inflation et
de ses relations avec le taux de change, celui-ci couvre des sujets plus diversifiés et soulève des
questions d’ordre structurel qui touchent, notamment, le secteur réel de notre économie.Il est important
de rappeler d’abord que les vues exprimées dans ces travaux ne reflètent pas nécessairement l’opinion
officielle de la Banque Centrale et engagent uniquement leurs auteurs.
Si le Produit Intérieur Brut est un indicateur d’accumulation de richesses, l’impact quantitatif des moteurs
de sa croissance n’est, dans l’économie haïtienne, pas toujours explicite et clairement mesuré d’une
part ; les résultats observés, d’autre part, suggèrent des relations de sensibilité mal connues. En effet,
en dépit du fait que l’investissement soit l’un des principaux déterminants de la croissance, il ne semble
pas dynamiser cette dernière dans la mesure où la progression des investissements ne se traduit pas
sensiblement dans la progression du PIB. On pourrait évoquer aussi la possible allocation des
investissements à des secteurs de faible productivité ou non générateurs de croissance. Une tentative
d’explication de la relation entre l’investissement et la croissance est proposée dans cette publication.
La mesure du PIB tient aussi son importance dans sa capacité à donner des indications sur l’intensitéde
l’activité économique au cours d’une période donnée. Or, la fréquence annuelle de publication de nos
comptes nationaux, pour cause de contraintes économiques, limite l’appréciation des décideurset des
agents en général sur la dynamique trimestrielle et conjoncturelle de l’économie. De plus, certains
travaux de recherche à caractère quantitatif, tels ceux relatifs aux demandes d’encaisses, requièrent
plutôt une approximation du revenu sur une base trimestrielle ou suivant une fréquence inférieure à
une année. Dans ce contexte, en attendant que nous ayons des enquêtes trimestrielles, la proposition
d’une méthode de trimestrialisation du PIB est offerte au public dans notre publication.
Les contraintes de fréquence de disponibilité dont souffrent les comptes nationaux ne se retrouvent
pas au niveau des statistiques de prix qui sont mensuellement et régulièrement publiées (par l’IHSI).
La Coordination Nationale de Sécurité Alimentaire (CNSA) publie depuis quel que temps sur une base
hebdomadaire les prix de certains produits alimentaires dont un indice a été calculé à partir d’une série
constituée par le Département Monnaie et Analyse Économique de la BRH. Conséquemment, l’existence
2CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Avant-Propos
d’informations de plus en plus fines sur les mouvements de prix nous permet à la fois de mieux apprécier
la présence et l’état des tensions inflationnistes dans l’économie et de réduire l’intervalle des erreurs
de nos modèles de prévisions d’inflation. Cela permet d’ajuster en conséquence l’orientation à court
terme de la politique monétaire. Toutefois, la mesure de l’inflation joue un rôle central dans le délai
de réaction de l’Autorité monétaire qui doit éviter de réagir aux fluctuations brusques et temporaires
des prix et regarder, de préférence, l’inflation fondamentale. La mesure de cette dernière est beaucoup
plus le résultat de méthodes de calcul utilisant des outils statistiques et économétriques que celui
d’enq uêtes statistiques. Ainsi, deux textes sont proposés ici autour de l’inflation fondamentale
appelée aussi inflation sous-jacente. L’un explique le concept en exposant les principales méthodes
généralement utilisées et présente les résultats pour Haïti à partir de la méthode d’exclusion, l’autre
propose une approche structurelle du modèle VAR dans l’établissement de l’inflation sous-jacente.
La Banque de la République d’Haïti vous souhaite bonne lecture et vous remercie de l’intérêt manifesté
pour ses publications.
Ronald Gabriel
Directeur
Monnaie et Analyse Économique (MAE)
rgabriel@brh.net
3CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
4CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Facteurs explicatifs de la faible réponse de la croissance économique
par rapport à l’augmentation de l’investissement en Haïti
Jemley Marc Jean Baptiste et Christine Justinville Musset
Page 6
Calcul de l’inflation sous-jacente dans le cas d’Haïti
Jemley Marc Jean-Baptiste et Dudley Augustin
Page 32
L’inflation sous-jacente en Haïti : une approche structurelle de la
Modélisation VAR
Jean Marie Cayemitte et Julnor Georges
Page 48
La Trimestrialisation du PIB réel d’Haïti pour les Méthodes de
Chow-Lin, Fernandez et Litterman
Jean Marie Cayemitte
Page 64
5CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
1
2
3
4
C
e document investigue la relation existant entre l’investissement et la croissance, à la lumière
des théories axées sur l’effet multiplicateur de l’investissement, et d’autres facteurs susceptibles
d’influencer l’évolution de ces deux variables, car depuis une dizaine d’années, la croissance
économique en Haïti semble avoir développé une certaine inélasticité par rapport aux stimuli de
l’investissement global. Les analyses graphiques et les résultats empiriques (issus d’un modèle
VAR) montrent que l’investissement ne stimule la croissance économique qu’à court terme, et que
l’effet d’éviction sur l’investissement privé réduit l’ampleur et la durabilité des impacts de ce dernier
sur le PIB, dû essentiellement à divers facteurs d’ordres économique, structurel et institutionnel tels le
climat d’investissement, la corruption, les types d’investissement privilégiés et la détérioration des
infrastructuresphysiques et sociales.
Mots-clés :Investissement, Croissance économique, Productivité, Effet multiplicateur, Cointégration,
Réponse impulsionnelle.
6CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Facteurs explicatifs de la faible réponse de
la croissance économique par rapport à
l’augmentation de l’investissement en Haïti
Jemley Marc Jean Baptiste Christine Justinville Musset
1
Résumé
1
Mme Musset ne fait plus partie de la Banque Centrale, mais elle a donné son accord pour la publication de ce texte vu que ce dernier a été préparé au moment où elle était une cadre à la BRH. Nous, les
auteurs tenons à rappeler que nous demeurons les seuls responsables des éventuelles erreurs figurant dans ce texte.
Sommaire
Sommaire
I. Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
II. Cadre Théorique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
III. Revue de littérature . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9
IV. Cadre macroéconomique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
V. Analyse empirique et interprétation des résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .13
V.I. Le modèle VAR et le choix des variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .14
V.II.Test de racine unitaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15
V.III. Test de cointégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15
V.IV. Test de causalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15
V.V. Fonctions de réponse impulsionnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18
Références bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .19
Annexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20
7CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
1 ‘ Les investissements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les emplois d’après-demain.’
Helmut Schmidt
I-. Introduction
L’évolution de l’activité économique d’un pays, matérialisée par la variation de la production globale ou du revenu national,
nous renseigne sur le niveau de croissance atteint par ce pays, dont l’un des principaux moteurs identifiés par la théorie
économique est l’acquisition de capital fixe, ou investissement. En effet, l’un des éléments de disparité distinguant les pays
moins avancés des pays développés, est le taux d’investissement substantiel de ces derniers, à savoir que des taux
d’investissement élevés induisent une croissance économique plus soutenue (Levine et Renelt, 1992). Or, contrairement à
la logique conventionnelle, l’économie haïtienne semble depuis peu ne pas réagir favorablement aux activités d’investissement,
car son taux de croissance suit plutôt une tendance inverse par rapport au taux d’investissement. Les statistiques révèlent
en effet une évolution antinomique de ces 2 agrégats au cours des 30 dernières années : alors que le taux d’investissement
a progressé en moyenne de 17,37 % de la décennie 1971-1980 à la décennie 1996-2008, la croissanceéconomique a diminué
de 3,93 % entre les 2 périodes. Vraisemblablement, cette dernière aurait développé au fil des années une certaine inélasticité
par rapport à l’investissement global.
L’objectif de ce présent document est donc de rechercher les causes expliquant l’évolution contrastée de la croissance par
rapport à l’augmentation de l’investissement en Haïti. Car, si l’investissement est moteur de croissance, il n’en demeure pas
moins que la capacité de réponse de cette dernière dépend avant tout de la productivité du capital investi, de l’efficacitéde
l’Etat à maintenir un climat favorable aux activités d’investissement, du type même d’investissement privilégié dans l’économieet
de ses effets de retournement sur la consommation globale et la production. Les fluctuations au niveau d’un ou de plusieurs
de ces facteurs peuvent, par conséquent, affecter l’influence de l’investissement sur la croissance, en améliorant ses impacts,
tout comme ils peuvent les rendre inopérants.
Cette étude s’articule d’abord autour de la présentation des principaux fondements des théories de la croissance par accumulation
de capital, et ensuite d’une revue de littérature liée à la relation croissance-investissement. La section qui suit le cadre
théorique procède à une étude de la croissance et de l’investissement en Haïti durant les 35 dernières années puis à une
modélisation économétrique du phénomène étudié.
II- Cadre théorique
II-1 Relation théorique entre croissance et investissement
Historiquement, la croissance économique est intrinsèquement liée à l’investissement. Par exemple, durant 10 années de
crise économique, entre 1975 et 1985, le rythme de croissance du PIB français s’est considérablement ralenti tandis que le
chômage s’était amplifié ; parallèlement, le taux d’investissement s’était fortement replié. Par ailleurs, plusieurs économisteset
historiens s’entendent, par exemple, sur le rôle joué par l’investissement dans la croissance de l’économie anglaise au
19ème siècle et de celle du Japon après la seconde guerre mondiale. En outre, l’exemple des NPI
2
asiatiques constitue
une référence dans la littérature en ce qui a trait au rôle joué par l’investissement, particulièrement les investissements en
infrastructures et immatériels (recherche et développement, capital humain, etc.), dans la croissance du PIB d’un pays.
Le caractère simultané des fluctuations de l’investissement et de la croissance économique a inspiré les économistes dans
l’identification des principaux moteurs de la croissance, et de la prise en compte de l’agrégat d’importance que représente
l’investissement. Cet outil sera par conséquent vivement prôné à travers les politiques ayant pour but la relance économique
des pays en récession et des pays en voie de développement (PVDs).
II.2 Les mécanismes de transmission des effets de l’investissement sur la croissance
L’investissement est considéré comme étant un facteur déterminant de la croissance, en raison du fait qu’il exerce un impact
sur les 2 côtés de l’identité comptable, à savoir l’offre et la demande globales.
L’investissement influence d’abord, dans le court terme, le niveau de la demande, via le multiplicateur, vu qu’il est une composante
de cette dernière. En effet, les dépenses d’investissements privés et publics représentent une partie de la demande adressée
aux entreprises d’un pays. Quand l’une ou l’autre augmente, la demande globale augmente, et par ricochet, le niveau de
production. D’où un accroissement du PIB supérieur à celui des sommes consacrées à l’investissement initial: c’est l’effet
multiplicateur. Cette théorie est formulée suivant l’approche keynésienne selon laquelle l’investissement est l’un des déterminants
de la demande agrégée, laquelle est reliée à la production globale. Par conséquent, les variations de l’investissement sont
une cause essentielle des fluctuations de l’économie
3
(Harrod, 1939 et Domar, 1946).
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2
Nouveaux Pays Industrialisés.
3
La théorie de Keynes sera reprise par Harrod et Domar, qui en feront une théorie de croissance selon laquelle l’accélération du rythme de croissance dépendra dès lors de l’augmentation des taux d’épargne
et d’investissement. Plus tard, Joan Robinson (1962) étendra cette théorie en posant l’investissement comme fonction des profits attendus par les firmes. Moins une économie génère des profits, moins les
profits attendus sont élevés, et l’incitation à investir diminue : il se produit alors une désaccumulation de capital et donc une réduction de la croissance économique.
Du côté de l’offre, privilégié par les néoclassiques, l’investissement augmente à moyen terme les capacités de production
ainsi que la productivité des entreprises et encourage l’innovation. Le niveau de la production est lié aux quantités disponibles
des facteurs de production travail et capital. Or, investir revient à accroître les quantités de capital utilisables et donc à augmenter
la production: il est donc source de croissance (Cobb-Douglas, Carre-Dubois-Malinvaud).
L’investissement permet aussi aux entreprises d’améliorer leur productivité, suite à une diminution du coût unitaire, laquelle
élève la compétitivité-prix de l’entreprise. L’augmentation de la demande qui en découle favorise la croissance. Ce mécanisme
s’accorde à la vision néoclassique stipulant que seul le progrès technique est en mesure de stimuler la croissance
économique dans le long terme, tandis que les taux d’épargne et d’investissement déterminent le niveau de la production.
En d’autres termes, un taux d’investissement plus élevé stimulera le niveau du PIB, mais pas son taux de croissance de
long terme
4
(Solow, 1957).
Cependant, aussi important qu’il soit, l’investissement peut contribuer à l’instabilité de la croissance économique. Tout
d’abord, ceci s’explique en raison d’un décalage temporel au niveau des effets de l’investissement sur l’offre et la demande
globales. Quand les dépenses d’investissement stimulent la demande à court terme, l’offre reste rigide; et lorsque cette
dernière est enfin stimulée par les effets de capacité à long terme, les effets de revenu se sont déjà estompés.
Le décalage temporel caractérisant les effets de l’investissement entraîne également d’autres conséquences sur la stabilitédu
système économique. En effet, l’occurrence de certains chocs exogènes, engendrant des transformations au niveau de la
conjoncture ou de la structure économique, peut réduire les effets désirés d’un investissement réalisé antérieurement sur
la croissance du PIB.
Dans ce même ordre d’idées, plusieurs économistes ont relevé l’effet pervers du principe d’accélérateur sur la croissance
(Aftalion, 1917 ; Clarck, 1851-1963 ; Hicks, 1904-1989). Lorsque les impacts de l’investissement sur l’offre globale se font
sentir (et qu’entre-temps ceux sur la demande se sont dissipés), on enregistre dans l’économie une tendance déflationniste,et
un arrêt des investissements. Par effet multiplicateur, il s’ensuit un ralentissement de la croissance et une tendance vers la
dépression, jusqu'à élimination des surcapacités
5
.
Par ailleurs, certains économistes postulent que l’influence de l’investissement sur la croissance dépend surtout des types
d’investissement favorisés et des politiques économiques adoptées pour atteindre les résultats attendus. Ils mettent l’accent
particulièrement sur les investissements publics financés par une hausse des impôts, ou sur certaines dispositions prises
par les autorités gouvernementales pour stimuler l’investissement privé au détriment de la consommation (en freinant par
exemple les salaires en faveur des profits des entreprises). De plus, les types d’investissements publics qui ont pour but de
stimuler la croissance à court terme n’ont aucun impact à long terme du fait qu’ils sont improductifs. A cela s’ajoute l’effet
d’éviction causé par l’investissement public au détriment des investissements privés. Chaque unité monétaire dépensée
par un gouvernement implique une unité en moins pour le secteur privé (réputé productif). Accroître les dépenses
d’investissement public équivaut donc à une réallocation de ressources au détriment de l’investissement privé. En outre, la
plupart des moyens de financement optés par les gouvernements (émission monétaire à caractère inflationniste, recours à
l’emprunt exerçant une pression à la hausse des taux d’intérêt, etc.) a souvent des incidences négatives sur le taux de
croissance du PIB.
III.- Revue de littérature
Comme souligné plus tôt, les impacts de l’investissement sur la croissance sont fonction d’une multiplicité de facteurs
(lag temporel, types d’investissement, moyens de financement, chocs exogènes, corruption, etc.) qui peuvent autant améliorer
l’efficience des effets attendus que les amoindrir. Selon Hiren Sarkar et Aymul Hasan
6
, la corruption demeure un facteur de
grande importance dans la détermination de l’élasticité du taux de croissance du PIB par rapport à l’investissement. La corruption,
poursuivent-ils, contrecarre l’allocation des ressources pouvant être investies en déviant ces dernières vers les secteurs
improductifs au détriment des secteurs productifs, réduisant ainsi la capacité de l’investissement à générer de la valeur
ajoutée. La productivité de l’investissement diminuant, la croissance économique s’en ressent. Utilisant un modèle de régression
simple, ils ont estimé l’impact de la corruption (mesurée par l’Indice de Perception de la Corruption de Transparency International)
sur l’efficience de l’investissement (quantifiée par le ratio taux de croissance moyen annuel du PIB réel sur taux de croissance
moyen annuel de l’investissement réel). La relation positive établie par le modèle entre la corruption et l’investissement leur
a permis de relever l’effet destabilisateur du premier sur le second et par ricochet sur la croissance.
9CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
4
Par contre, les ténors des théories de croissance endogène (Romer, 1986 ; Lucas, 1988 ; De Long et Summers, 1991 ;Jorgenson, 2004) soutiennent qu’un taux d’investissement croissant stimule la
croissance à l’état stationnaire (donc à long terme), et ce, à travers des canaux identifiés comme étant les principaux types d’investissement moteurs de croissance : machinerie et équipement, capital
humain et recherche et développement. Les travaux les plus récents sur l’investissement et la croissance se basent sur ces théories pour mettre l’emphase sur les principaux déterminants de la croissance
de certaines économies.
5
Cette théorie rappelle celles des crises capitalistes de Karl Marx avec élimination du capital excédentaire suite à une baisse tendancielle du profit.
6
‘Impacts of corruption on the efficiency of investment: Evidence from a cross-country analysis’, Asia Pacific Development Journal, 2001.
En 2005, Qin, Cagas et al. ont déterminé dans quelle mesure l’investissement stimule la croissance économique dans le
cas de la Chine
7
. Et, partant d’un modèle VAR (vecteur autorégressif), ils ont relevé que la croissance économique est
induite par l’investissement, mais dans une faible mesure ; elle est en fait surtout stimulée par la croissance de la consommation,
fait qui démontre les gains de bien-être social générés par les activités d’investissement. Par ailleurs, l’accroissement rapide
des investissements en Chine a provoqué une augmentation du ratio capital/output bien plus qu’il n’a accéléré la croissance
de l’économie chinoise : cet état de fait indique plutôt un problème de surinvestissement
8
qui aurait pour principale
conséquence l’amplification des pressions inflationnistes.
Plus loin, Gwartney, Holcombe et Lawson
9
ont investigué sur l’impact de l’investissement sur la croissance en tenant compte
de la qualité institutionnelle prévalente dans différents pays. Utilisant un modèle récursif, ils ont exprimé le taux de croissance
moyen annuel du PIB per capita en fonction de la part de l’investissement privé sur le PIB (elle-même fonction d’un indice
de gouvernance, l’Economic Freedom of the World, construit par Gwartney et Lawson en 2003), de la part de l’investissement
public sur le PIB, et du taux de croissance annuel du capital humain. Ils trouvèrent que l’investissement privé a un impact
beaucoup plus significatif sur la croissance lorsque la qualité des institutions établies est élevée ; de plus, cet impact est
largement supérieur à celui de l’investissement généré par les pouvoirs publics.
La prise en compte de certains facteurs, tel que le montrent les théories de croissance citées plus haut, peut expliquer le
comportement de la croissance de l’économie haïtienne face aux stimuli de l’investissement global.
IV-Cadre macroéconomique
IV.1 La Croissance et l’Investissement en Haïti
Entre 1970 et 2008, la croissance économique d’Haïti a été relativement faible. De 3,82 % en 1971-1975, le taux de croissance
moyen annuel du PIB haïtien, en volume, était évalué à 0,55 % en 2001-2008. Ce déclin reflète parfaitement l’appauvrissement
continu de l’économie haïtienne caractérisée par des déséquilibres structurels majeurs et la détérioration de ses fondamentaux
macroéconomiques.
Graphique 1
Evolution du taux de croissance du PIB et du taux d'investissement
L’évolution du PIB haïtien peut être divisée, comme on peut le relever à partir du schéma ci-dessus, en 3 sous-périodes.
Les années 70s étaient caractérisées par une période de croissance relativement élevée reposant sur la promotion d’exportations
industrielles (en particulier de la sous-traitance internationale), du tourisme et la hausse des investissements. En effet, une
croissance très rapide de l’investissement global due aux entrées massives de capitaux étrangers
10
et au regain des
investissements public et privé domestiques a été enregistrée durant cette période. Les investissements locaux étaient par
ailleurs propulsés par l’épargne interne suite à l’élargissement du marché bancaire
11
. De 1970 à 1979, l’investissement
global crût de 13,25 % en moyenne par an, générant ainsi un taux de croissance moyen annuel du PIB réel de 5 %.
Par ailleurs, de 1980 à 1994, dans un environnement de coup d’Etat militaire, d’embargo commercial et de violences, les
indicateurs macroéconomiques se détériorèrent. L’investissement global chuta considérablement, à un taux négatif de 3,02 %
en moyenne par an; conséquemment le PIB réel décrut de 0,81 % par an. Plus tard, favorisées par le rétablissement de
l’ordre constitutionnel et un timide regain de confiance des investisseurs, les activités d’investissement reprirent : de 1995
à 2008, elles crûrent de 30,67 % en moyenne annuelle, induisant pourtant une croissance économique faible de 1,92 % en
moyenne annuelle, soit un taux inférieur à celui des années 70. La tendance contradictoire poursuivie par l’investissement
et le PIB (l’investissement a crû à un rythme plus élevé que dans les années 70, au contraire du PIB) suggérerait que ce
dernier aurait développé au fil des années, particulièrement à partir de 1995, une faible capacité de réponse aux stimuli de
l’investissement, contrairement à ce qu’admet la théorie économique.
10CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
7
‘How much does Investment drive Economic Growth in China’, Queen Mary University of London, Department of Economics, août 2005.
8
Le surinvestissement survient lorsque la hausse de l’investissement est supérieure à celle attendue de la production, ce qui peut engendrer des pertes d’efficience et des déséquilibres structurels.
9
‘Institutions and the Impact of Investment on Growth’, Florida State University.
10
Jean-Claude Duvalier avait tenté de rétablir les rapports suspendus lors du règne de son père avec la communauté internationale.
11
Les années 70 ont vu naître 6 nouvelles banques et la rémunération des dépôts des ménages.
Cette inélasticité affichée par le PIB haïtien n’est donc pas récente. L’évolution comparée des taux de croissance du PIB et
de l’investissement révèle une certaine asymétrie au niveau des effets induits par ce dernier. En calculant le taux d’efficiencede
l’investissement, i.e., le taux de croissance du PIB induit par une variation de l’investissement
12
,en moyenne, une hausse
de 1 % de l’investissement global génère un accroissement du PIB de 0,76 %, tandis qu’une baisse de même amplitude de
l’investissement entraîne un déclin de 1,70 % du taux de croissance de l’économie haïtienne.Graphique 2
Evolution des taux de croissance de l'investissement global et du PIB (à prix constants de 1987)
IV.2 Les facteurs explicatifs de la faible réponse de la croissance à l’investissement
A priori, plusieurs facteurs peuvent expliquer l’évolution antinomique du PIB et de l’investissement global en Haïti, du fait
qu’ils conditionnent les fluctuations de l’investissement, les effets de ce dernier, et par ce truchement, le comportement du
PIB.
IV.2.1 Compétitivité et attractivité de l’économie haïtienne
a) Le repli des investissements directs étrangers (IDE)
Diverses raisons d’ordres structurel (faibles revenus, secteur financier bancal) et conjoncturel maintiennent le loyer de l’argent
à un niveau élevé, augmentant ainsi le coût auquel doit faire face tout agent économique désireux d’investir dans le pays.
En effet, le différentiel des taux d’intérêt entre Haïti et les autres pays caribéens
13
est en moyenne de 13,16 % par an, entre
1997 et 2007, avec une forte tendance à la hausse. Subséquemment, mis à part l’accroissement enregistré vers la fin des
années 90s, les IDEs sont restés à un niveau relativement bas, représentant à peine 6 % du stock de l’investissement privé.
Or, ce type d’investissement est reconnu par la littérature comme un moteur de croissance important pour les petites
économies ouvertes. Aussi, étant donné le différentiel des taux d’intérêt, les détenteurs de capitaux étrangers préfèrent-ils
de loin investir dans les autres pays caribéens? A noter cependant que, si les taux d’intérêt sont largement supérieurs à
ceux de la Jamaïque, par exemple, l’écart entre les taux haïtiens et dominicains est faible. D’ailleurs, sauf en 2001, 2004 et
2005, les taux d’intérêt locaux étaient même plus attrayants ; toujours est-il que la République voisine attire plus d’IDEs que
notre pays. Ce point soulève les problèmes de sécurité et de garantie relevant du climat socio-politique et économique prévalant
dans le pays conditionnant, outre le différentiel des taux d’intérêt, la mobilisation des IDEs en Haïti.b) La baisse des investissements privés domestiques
Outre les étrangers, les investisseurs domestiques pâtissent eux aussi de problèmes de financement relevant de la limitationde
l’intermédiation exercée par les banques de la place. Les taux pratiqués pour le crédit bancaire
14
sont élevés, à hauteur de
27,25 % en moyenne annuelle, ce qui a pour principale conséquence de décourager l’investissement privé. La part de ce
dernier dans l’investissement global a en effet chuté considérablement à partir de 1997, tout en affichant une tendance à la
baisse, au fur et à mesure que les taux d’intérêt sur les prêts augmentaient. Ce, ajouté à l’effet d’éviction causé par la hausse
11CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
12
Cette mesure s’inspire du ratio utilisé par Hiren Sarkar et Aymul Hasan pour quantifier l’efficience de l’investissement, dans ‘Impacts of corruption on the efficiency of investment: Evidence from a
cross-country analysis’, Asia Pacific Development Journal, 2001.
13
Nous avons sélectionné un échantillon de pays comprenant : Honduras, Antigua et Barbade, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Guyana, Jamaïque, St-Kitts et Nevis, Ste Lucie, St Vincent et
Grenadines, Trinidad et Tobago, et la République Dominicaine (Annexe, page iii, tableau 3).
14
Seul recours pour le secteur privé puisqu’il n’existe ni de banques d’investissement, ni de marché boursier en Haïti.
de l’investissement public au cours de la même période. Cette réduction des flux d’investissements privés aura pour
incidence la diminution de la productivité de l’investissement global. De ce fait, en dépit de l’accroissement en volume des
flux de capitaux investis à partir de la seconde moitié des années 90s, aucun ou peu d’effet multiplicateur ne sera exercé
sur la croissance.
IV.2.2 Le climat d’investissement (cadre légal, gouvernance et infrastructures)
Haïti est un pays où l’instabilité socio-politique et économique est très élevée. De la seconde moitié des années 80 jusqu’au
début du nouveau siècle, nous avons été fortement secoués par divers troubles politiques, émeutes civiles, et autres en
partie causés par les revers des régimes politiques. Cet état de faits décourage tout investisseur potentiel, vu les risques et
les coûts induits par l’instabilité dans le pays.
L’autre handicap dont souffre Haïti est la détérioration des infrastructures physiques et sociales. Les structures sanitaires,
écologiques, technologiques fournissent difficilement le minimum requis pour l’installation de certaines firmes. Parallèlement,
se pose aussi le problème de la concentration des services administratifs dans la capitale, goulot d’étranglement pour l’implantation
d’entreprises dans certaines régions provinciales (dotées de richesses exploitables) déjà inaccessibles en raison du piètre
état des infrastructures de base.
Par ailleurs, côté légal, même si d’une part certaines améliorations ont été réalisées par le truchement du code d’investissement
révisé en 2002
15
, l’établissement des lois instituant un cadre légal favorable à l’investissement n’arrive, dans la pratique, à
stimuler l’investissement privé (domestique et étranger) que dans une faible mesure, en raison notamment de la bureaucratie
16
, de
la corruption et du faible niveau de connaissances des instances judiciaires en matière de lois commerciales.
IV.2.3 La productivité de l’investissement (effet de richesse et création de valeur ajoutée)
L’inélasticité de la croissance économique s’explique en grande partie par la faible productivité de l’investissement généré
en Haïti. En fait, le comportement du PIB dépend beaucoup plus de la productivité de l’investissement que de son volume.
Par conséquent, certains types d’investissement tels que les investissements de remplacement ne contribuent guère au
développement puisqu’ils ne génèrent que peu, ou pas, de valeur ajoutée. Une hausse du taux d’investissement n’implique
donc pas forcément une accélération du rythme de croissance économique, comme on a pu l’observer à partir de 1995 en
Haïti. A moyen terme
17
, l’accroissement de l’investissement global (induit par la hausse des dépenses d’investissement
public) a pu propulser la demande globale (à travers une hausse de la consommation globale de 6,19 % en moyenne de
1995 à 2005) et la production via la consommation intermédiaire (hausse de 15,31 %). Cependant, ses effets d’entraînement
sur l’offre et la demande n’ont pu être soutenables dans le long terme ni créer des effets de richesse assez importants pour
stimuler la croissance. Ceci est notable à partir de l’évolution de l’ICOR(Incremental capital output ratio), un coefficient
permettant de mesurer le taux de retournement de l’investissement, i.e, la quantité de capital supplémentaire à mobiliser
pour générer une unité supplémentaire d’output
18
. Plus le coefficient marginal de capital diminue, plus l’investissement est
efficient. De 1970 à 1979, l’ICORmoyen était de 0.37 % ; il est passé à 0.47 % de 1980 à 1994, pour s’élever à 1.87 % de
1995 à 2006. En d’autres termes, dans les années 70s, il fallait une augmentation de 0.37 % du stock de capital pour accélérer
le rythme de croissance économique de 1 % ; deux décennies plus tard, pour obtenir le même résultat, une invraisemblable
hausse de 1.87 % du stock de capital est requise. Le processus d’accumulation du capital en Haïti devient donc de moins
en moins efficient et productif, d’où l’inélasticité de la croissance du PIB aux stimuli de l’investissement, ce en dépit du fait
que le poids de ce dernier dans le PIB devient de plus en plus important (Graphique 4). Cette perte d’efficienceproviendrait sans
doute de la qualité des investissements privilégiés, par exemple, les investissements visant le court terme (investissements
de remplacement, etc.) au lieu du long terme (dépenses d’investissement en équipement, machineries et construction, soient
les investissements de capacité) ; la carence d’investissements publics (dont le niveau est très faible, soit 13,73 % en
moyenne des dépenses totales du gouvernement) en infrastructures sanitaires, en capital humain et en recherche et
développement, etc.
19
12CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
15
Auparavant, la dernière révision du Code d’Investissement de 1944 datait de 1989. Le dernier code établit l’égalité des devoirs et privilèges assujettis aux investisseurs tant
nationaux qu’étrangers, la garantie des droits de propriété, et encourage certains secteurs d’activité jugés indispensables au développement (agriculture, manufacture, tourisme,
zones franches industrielles, etc.).
16
En 2004, par exemple, il fallait 203 jours pour enregistrer et incorporer une nouvelle firme en Haïti, contre 78 jours en République Dominicaine. Toujours pour la même année,
le coût requis pour enregistrer et obtenir les droits de propriété était estimé à 8,10 % de la valeur de la propriété, contre 6,30 % en République Dominicaine. Chiffres fournis par
le World Resources Intitute (Earth Trends Environmental Information).
17
Par définition, le long terme s’attache à l’horizon temporel pour que, les quantités de capital et de travail données, la technologie mise en place permettent de transformer les
facteurs capital et travail en production. Par convention, le court terme s’étale sur une période inférieure à 1 an, le moyen terme, entre 5 à 10 ans, et le long terme, sur une
période supérieure à 10 ans, voire des décennies.
18
Il est défini comme le rapport, au cours d’une année donnée, entre la variation de la FBCF à prix constants et celle du PIB à prix constants.
19
Malheureusement, il n’existe aucune classification des investissements en Haïti par catégories de biens. Aussi procédons-nous par hypothèses.
Graphique 3
Évolution de l'investissement et de la FBCF à prix constants
Graphique 4
Évolution comparée de l'ICOR et du taux d'investissement
En somme, l’investissement en Haïti aurait un effet multiplicateur de courte durée, assez pour stimuler la consommation
globale. Néanmoins, il n’arrive à stimuler la croissance que dans une faible mesure, et ce, en raison d’un climat défavorableet
de sa faible productivité.
V.- Analyse empirique de l’étude
Après avoir présenté les cadres théorique et macroéconomique de l’étude, il ressort que la faible réponse de la croissance
économique par rapport à l’investissement serait causée par : 1) le faible impact des investissements publics en termes de
dynamisation de l’investissement privé, 2) la non-réalisation de l’effet multiplicateur, c’est-à-dire des effets favorables de
l’investissement sur les autres composantes de la demande globale, 3) l’inefficacité et l’improductivité des types d’investissements
favorisés ainsi que les politiques économiques suivies pour y parvenir. Afin de valider ces hypothèses, cette partie de l’étude
nous a permis de vérifier d’abord économétriquement le type de relation existant entre la croissance économique et
l’investissement agrégé. D’autres interrogations seront investiguées de manière empirique à savoir : quels sont les types
d’investissements les plus favorables à la croissance économique ? Comment réagissent les autres variablesde la demande
globale devant être influencées par l’augmentation de l’investissement, en vue de créer l’effet multiplicateur?
Vu les hypothèses et objectifs présentés, la modélisation VAR semble être la technique économétrique la plus appropriée
pour les atteindre.
-
5,000,000.00
10,000,000.00
15,000,000.00
20,000,000.00
25,000,000.00
30,000,000.00
35,000,000.00
-
500,000,000.00
1,000,000,000.00
1,500,000,000.00
2,000,000,000.00
2,500,000,000.00
3,000,000,000.00
3,500,000,000.00
4,000,000,000.00
4,500,000,000.00
5,000,000,000.00
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
2004
FBCF
investissement
I global en gdes de 1987
FBCF à prix cnst de 1987
13CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
L’étude empirique commence d’abord par la présentation du modèle VAR retenu et du choix des variables, qui sera suivi
par le test de stationnarité des différentes variables et de la détection éventuelle de relations de cointégration entre le PIB
réel et l’investissement global. Ensuite, le test de causalité de Granger est utilisé pour déterminer d’une part l’exogénéité
des différentes variables du modèle, et d’autre part, l’incidence des valeurs passées d’une variable dans la prévision de
cette dernière.
Enfin, plusieurs simulations ont été effectuées à partir de la méthode de réponse impulsionnelle pour pouvoir examiner l’impact
d’un choc des différentes composantes de l’investissement total sur la croissance. Cette méthode nous a permis également
de mesurer l’amplitude des effets de l’investissement sur les autres variables devant agir sur le PIB du côté de la demande
globale.
V.1 Le modèle VAR et le choix des variables
Nous partons de l’identité comptable, laquelle tient compte de toutes les composantes d’une économie ouverte :
Pibréel = C+I+G+X-M
avec : PIBréel = produit intérieur brut
20
C = consg = consommation globale
I = invg = investissement global
G = degouv = dépenses gouvernementales
X = export = exportations globales
M = import = importations globales
L’écriture du modèle VAR, après stationnarisation des variables et le choix du nombre de retards maximal (1)
21
déterminé à
partir du critère du Maximum de Vraisemblance est :
qui constitue en outre notre modèle de référence. De manière à mettre l’emphase sur les différents facteurs susceptibles
d’influencer la croissance économique, en regard des théories de croissance endogène, nous avons dérivé du modèle de
base un autre modèle en insérant des variables que nous considérons comme exogènes : le déficit budgétaire, la population,
et le niveau d’instabilité macroéconomique. Le modèle ci-dessus, tout en gardant les mêmes variables composant l’identité
comptable,se présente comme suit :
L’évolution de l’investissement global influence le taux de croissance du PIB réel en Haïti. Ses impacts, tout en exerçant un
effet de retournement sur les autres composantes de la demande globale, dont la consommation globale, sont eux-mêmes
influencés par d’autres agrégats macroéconomiques, identifiés par la littérature : le déficit public
22
, la croissance démographique
23
et le niveau d’instabilité macroéconomique. Cette dernière variable, concrétisée par un indice synthétique, revêt 3 aspects :1)
le déficit de l’offre globale provoquant la hausse généralisée des prix, et l’inefficience des politiques économiques à juguler
l’inflation ; 2) la perte de compétitivité d’Haïti
24
au niveau du commerce international, engendrant l’érosion de la valeur externe
de la gourde ; 3) l’exposition du pays aux chocs externes, et la vulnérabilité qui en découle. 3 variables qui sont : le taux
d’inflation, la variation du taux de change, et le degré d’ouverture de l’économie (Voir annexe, page 22) composent donc
l’indice d’instabilité macroéconomique, qui a été calculé en utilisant la méthodologie de calcul de l’indice de développement
humain
25
.
La fréquence des données utilisées dans cette étude est annuelle et couvre la période allant de 1970 à 2008.
14CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
20
Les variables de l’identité comptable sont exprimées en volume (en millions de gourdes de 1986-1987).
21
Dans un souci de parcimonie, nous avons choisi p=1 à partir du critère du Maximum de Vraisemblance (Log Likelihood).
22
Il est reconnu que la situation des finances publiques a un impact direct sur l’évolution actuelle et future des fondamentaux économiques d’un pays.
23
Dans le cas des pays en voie de développement, la croissance démographique constitue souvent un frein au développement économique, notable à travers l’augmentationdu
taux de chômage et la réduction du revenu par tête d’habitant.
24
La compétitivité d’une nation est liée à sa capacité d’accroitre sa part sur les marchés mondiaux et à maintenir l’équilibre de sa balance commerciale. Une perte en compétitivité
implique la détérioration des termes d’échange qui agit sur la valeur externe de sa monnaie.
25
Cette méthode de calcul d’indice d’instabilité macroéconomique se base sur le document de recherche ‘Macroeconomic Instability, Capital Accumulation and Growth : the
case of Turkey 1963-1999’, Mustafa Ismihan et al., 2003.
V.2 Test de racine unitaire des variables endogènes
Une inspection graphique des différentes séries suggère qu’elles sont empreintes de racine unitaire. Cette appréhension
est toutefois confirmée par le test de racine unitaire de Dickey et Fuller Augmenté (ADF), où au seuil de 5 %, les séries sont
stationnaires en différence, exceptée la variable déficit budgétaire qui est I (0). (Voir annexe page 23)
V.3 Test de cointégration entre PIB réel et investissement global
Les 2 variables (PIB et investissement global) n’étant pas stationnaires en niveau, puisqu’elles sont respectivement d’ordre
1 et 2, nous allons détecter l’existence supposée d’une relation de long terme entre ces dernières ; pour ce, nous avons
utilisé l’approche multivariée de Johansen à travers le test de la trace.
L’équation s’écrit :
Les résultats du test indiquent qu’il existe deux relations de cointégration entre les deux variables
26
. Cependant, d’après
Johansen et Juselius (1990) et Osterwald-Lenum (1992), si : Rang (P
p)
27
= N
28
(en d’autres termes, N = 2), P
pest de plein
rang. Dans ce cas, il n’existe pas de relation de long terme. Ce qui était déjà prévisible, au regard de l’évolution graphique
de ces deux séries.
Ainsi, les deux variables ont tendance à suivre des mouvements divergents dans le long terme ; une augmentation de
l’investissement n’entraîne pas forcément une hausse du PIB. Et inversement, la croissance des activités économiques en
Haïti n’incite pas forcément les agents économiques à investir davantage dans le pays. (Voir annexe page 27)
V.4 Test de Causalité
Le test de causalité de Granger a été utilisé en vue de cerner le lien dynamique existant entre les deux variables cibles de
l’étude.
Les résultats de ce test indiquent que les deux variables sont indépendantes ; pour un niveau de risque de 5 %, les deux
hypothèses nulles sont acceptées. De ce fait, il n’existe aucune relation de précédence à proprement parler entre l’investissement
agrégé et le produit intérieur brut. L’information contenue dans l’une ne permet pas de prédire le futur de l’autre. Nous pouvons
donc avancer qu’empiriquement que la croissance de l’investissement n’engendre pas pendant la période sous étude la
croissance économique en Haïti. Ce résultat est peut-être dû aux effets mitigés non attendussur la demande globale d’une
augmentation de l’investissement, car les biens d’équipement achetés par certaines entreprises privées ou par l’Etat haïtien
devraient être produits par d’autres secteurs de l’économie locale pour générer un effet d’entraînement substantiel, ce qui
n’est pas le cas en Haïti où les biens d’équipement sont importés
29
. De plus, l’accroissementdu déficit budgétaire de l’Etat au
cours de ces dernières années pour la sempiternelle relance de l’activité économique a fait perdre davantage sa compétitivité
à Haïti sur le plan international
30
. D’un autre côté, le climat d’investissement prévalant en Haïti et la corruption sont autant
d’autres facteurs affectant le niveau de productivité de l’investissement global.
Plus loin, le test de causalité effectué entre les différentes composantes de l’investissement global montre un lien où
l’investissement agrégé et sa composante privée sont censés précéder les dépenses d’investissement public réalisées par
l’État haïtien. Un double constat s’impose: dans un premier temps, l’instabilité macroéconomique ne rassure pas les
investisseurs privés qui, malgré la hausse des investissements publics survenus ces dernières années, n’a pas été convaincante
afin de permettre au secteur privé d’emboiter le pas. Dans un second temps, l’utilisation du budget de l’Etat pour la construction
d’infrastructures routières, agricoles, d’équipements administratifs, etc. doit aussi être envisagée avec prudence, en raison
de l’effet d’éviction créé. Théoriquement, les investissements publics financés par des hausses d’impôts et de taxes de tout
genre ne favorisent pas la croissance à court terme, car ils diminuent d’autant le revenu disponible des ménages, qui sont
contraints de consommer ou d’épargner moins
31
. Cela pourrait en revanche contribuer à la croissance économique à long
terme, dans la mesure où les nouveaux équipements améliorent la capacité des institutions publiques en vue de fournir de
meilleurs biens et services à la communauté haïtienne
32
.
15CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
26
Entre N variables, il ne peut exister théoriquement que N-1 relations de cointégration.
28
N étant l’ordre de cointégration
29
Après les produits alimentaires et les articles manufacturés, les machineries et matériels de transport constituent les produits d’importation les plus importants en Haïti. En
moyenne de 1995 à 2005, leur poids en terme de valeur représente 15,35 % des importations totales.
30
Durant plusieurs années, le déficit budgétaire était traditionnellement financé par les autorités monétaires et l’accumulation d’arriérés sur la dette externe. Ceci renvoie l’image
d’un Etat déficitaire qui décourage les rentrées de capitaux dans le pays.
31
Selon le Décret sur les Fonds d’Investissement Publics, la majorité des sources de financement de ces derniers proviennent des fonds locaux (Article 5). Le financement
externe aurait le mérite de ne créer aucune distorsion sur la demande globale.
32
Cette hypothèse est toutefois contestée par certains économistes selon lesquels la politique de financement des dépenses publiques par les taxes est réductionniste et ralentit la
croissance à long terme car agit défavorablement sur la demande de travail.
Cependant, deux facteurs majeurs sont à considérer dans le cas haïtien. D’une part, les types d’investissements publics
effectués, et d’autre part, la corruption qui règne à l’intérieur des entreprises publiques, détournant les fonds préalablement
consacrés à des dépenses d’investissement public. En effet, parallèlement à l’élargissement du poids de l’investissement
public dans les dépenses publiques et l’investissement global (respectivement 10,60 % et 21,38 % en moyenne de 1994 à
1999, contre 19,61 % et 55,90 % de 2000 à 2005), Haïti est devenue un pays de plus en plus corrompu (l’indice de corruption
33
est passé de –0,85 en 1998 à –1,70 en 2002) et son gouvernement de plus en plus inefficient (pour les mêmes années,
l’indice d’efficience gouvernementale
34
a régressé de –1,08 à –1,56). Un tel résultat aurait une incidence notable sur le rendement
des investissements générés, et par ricochet sur la croissance économique
35
. En outre, l’absence de continuité dans des
projets d’investissements pourrait constituer également des pistes de raisonnement face à ce problème.
Par ailleurs, l’augmentation de la production dépend avant tout de la demande anticipée par les entreprises. Lorsque celles-ci
prévoient de vendre davantage de produits, elles sont conduites à produire plus, donc à investir et à embaucher du personnel
supplémentaire pour y parvenir. Le niveau de la consommation joue par conséquent un rôle essentiel pour déterminer le rythme
d’investissement et de croissance. Or, le tableau No 16 montre qu’il n’existe même pas de relation unidirectionnelle entre
l’investissement global et les autres composantes de la demande au seuil de 5%. Donc, les effets de retour attendus de
l’investissement global sont mitigés sur les autres composantes de la demande globale, ce qui apparaît être pour le moment
à la base de la non réponse de la croissance par rapport à l’augmentation de l’investissement en Haïti. Autrement dit, l’effet
boucle (croissance de l’investissement, entraîne croissance des autres composantes de la demande globale, entraîne croissance
de l’investissement) recherché entre l’investissement et les autres composantes de la demande globale n’est pas respecté.
(Voir annexe page 28)
Le test de causalité, bien qu’il nous fournit des informations sur la structure causale des différentes variables sous étude,
ne nous permet pas de mesurer l’impact d’un choc affectant l’investissement global sur la croissance économique, mesurée
par la variation en pourcentage annuelle du PIB réel, et inversement.
En ce sens, plusieurs séries de fonctions de réponse impulsionnelle sont simulées dans l’objectif de déterminer l’impact des
chocs d’investissement (global, public et privé) sur la croissance économique et sur les autres composantes de la demande
globale. Dans ces figures, les variables : population et indice macro-économique, sont considérées comme exogènes en
regard des théories de la croissance et des caractéristiques de l’économie haïtienne.
V.5 Fonctions de réponse impulsionnelle
On considère que l’amplitude du choc est égale à deux fois l’écart type, les pointillés représentent les intervalles de confiance
et l’on s’intéresse aux effets du choc sur 20 périodes (20 années)
36
. Le graphique No 4 de l’annexe indique qu’une innovation
sur l’investissement global a une influence immédiate et positive sur le PIB réel de 149.08. En outre, ce choc subit pour les
périodes subséquentes un affaiblissement, car son impact pour la 2ième année s’établit à 28.05, pour s’annuler complètementà
partir de la 6ème année. Donc, les conséquences tendent à disparaître au fil du temps. Ce résultat laisse supposer que les
investissements réalisés en Haïti ont surtout rapport aux investissements de substitution dont le but est de remplacer du
matériel usé ou obsolète sans qu’il y ait forcément une augmentation de la capacité de production, et dont les impacts sont
par définition de courte durée. En outre, l’augmentation instantanée de la production observée dans le test serait peut-êtredue
à l’innovation survenue à partir des investissements de renouvellement.
Le PIB réel exerce également une influence immédiate sur l’investissement global de l’ordre de 3 090,77, même si pendant
la période suivante, l’impact est négatif dû peut-être à l’instabilité macroéconomique régnant dans le pays pendant plus de
deux décennies. Par ailleurs, les effets de ce choc diminuent avec le temps pour disparaître après 6 ans. Ces résultats tendent
à montrer l’influence qu’exerce l’activité économique dans le choix d’investissement d’un agent.
En décomposant l’investissement global en investissements privé et public pour en mesurer les effets sur le PIB réel
37
, les
résultats (graphiques 5 à 7) montrent que la réaction du PIB aux composantes de l’investissement agrégé est quelque peu
différente l’une de l’autre. En effet, le PIB réel réagit positivement à un choc subi par l’investissement privé pendant les deux
premières années, mais les effets attendus à moyen et long termes s’affaiblissent significativement après la 3ème année.
16CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
33
Le Control of Corruption Index (CCI) est un indice calculé biannuellement par la Banque Mondiale et qui mesure la performance d’un pays en terme de transparence, de
gouvernance, de contrôle de corruption et de népotisme. L’indicateur varie de –2,5 (mauvaise performance) à 2,5 (bonne performance).
34
Le Government Effectiveness Index mesure la capacité d’un gouvernement à offrir les services publics de base, à élaborer et réaliser des mesures de politiques économiques
de manière efficiente. L’indicateur varie de –2,5 (mauvaise performance) à 2,5 (bonne performance).
35
Plusieurs études ont investigué l’incidence de la corruption sur la croissance économique. Certaines font état d’une corrélation négative entre les 2 variables dans le long
terme, tandis que l’impact direct de la corruption sur la croissance ne serait guère significatif à court terme. (‘Corruption and Growth’, Paolo Mauro, 1995, Quaterly Journal of
Economics; ‘The Impact of Corruption on Economic Growth’, Najib Asaad).
36
Generalized impulse a été utilisé comme méthode de décomposition aux chocs.
37
L’amplitude du choc est toujours égale à deux fois l’écart type, et l’on s’intéresse aux effets du choc sur 20 périodes (20 années).
Par ailleurs, la réponse du PIB réel à un choc de l’investissement public ferait apparaître un effet cyclique qui s’effriteau cours
du temps, puisque la croissance du PIB réel est suivie après une année d’une décroissance de ce dernier, et ce, à un intervalle
de temps très régulier, pour s’annuler à partir de la 7ème période. Parallèlement, une accélération de la croissance
économique stimule autant l’investissement public que privé, mais ce dernier dans une plus grande proportion. Néanmoins,
ce choc n’est soutenu que durant les deux premières années, avant de s’estomper.
En compilant les résultats du test de causalité de Granger et les fonctions de réponse impulsionnelle, il en ressort que les
répercussions d’un choc de l’investissement sur les autres variables de la demande globale ne sont pas suffisamment
soutenues pour créer un effet de retournement sur l’investissement. D’autant plus, comme nous l’avons déjà constaté, l’effet
multiplicateur attendu de l’investissement global est beaucoup trop faible pour induire une hausse soutenable de la croissance
économique en Haïti.
17CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Conclusion
Cette étude portée sur l’inélasticité de la croissance économique par rapport à l’augmentation de l’investissement montre à
travers ses différentes parties, les raisons expliquant cette anomalie. Et, contrairement aux théories de la croissance basées
sur l’effet multiplicateur de l’investissement, l’expérience haïtienne présente, somme toute, un cas assez particulieroù
l’investissement n’aurait un impact positif sur la croissance qu’à moyen terme (6 années). À la base de ce problème se trouvent,
d’un côté, l’incapacité de l’investissement global à stimuler les autres composantes de la demande globale de manière à
créer l’effet multiplicateur, et de l’autre côté, l’incapacité de l’État de créer un climat de confiance au niveau des investisseurs
privés à travers les dépenses d’investissement publiques qu’il réalise. De plus, la détérioration des infrastructuresphysiques et
sociales, la prédominance d’un climat de corruption, les types d’investissement privilégiés ainsi que les secteurs d’activités
priorisés sont autant d’éléments réduisant l’efficience et donc l’impact des investissements réalisés sur la croissance
économique. En effet, les projets d’investissement visant le développement d’un secteur d’activités tiennent peu compte de
la synergie qui devrait exister entre les différents secteurs de l’économie, laquelle est indispensable à la réalisation effective
de l’effet multiplicateur. Ceci revient à poser le problème de l’absence d’un certain équilibre structurel dans le processus de
développement durable de l’économie haïtienne. Cet état de faits devrait par conséquent enjoindre les autorités à mettre
l’emphase beaucoup plus sur le taux de rendement et de productivité de l’investissement global, que sur le volume, tout en :
- développant une politique attractive concernant les IDE ;
- augmentant la part des investissements productifs ;
- créant un climat social et politique devant favoriser l’investissement ;
- choisissant également des secteurs d’activités porteurs de forte valeur ajoutée et d’emplois massifs pouvant donc générer
l’effet multiplicateur tant recherché ;
- réduisant surtout la corruption à l’intérieur de l’Etat.
De manière à atteindre dans les années à venir un taux de croissance économique reflétant le niveau des investissements
réalisés.
18CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
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2001.
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Investment and Economic Growth’, from Asset-based Financing, Investment and Economic Growth in Canada, The Centre
for Spatial Economics.
‘Code des Investissements en Haïti’, version révisée en 2002.
19CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Tableau 1
Évolution du taux de croissance du PIB, du taux d’investissement et de l’ICOR
20CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
[... middle sections omitted for long document ...]
Annexe 2
Tableau 6
La signification des variables et les variantes de la Méthode de Chow-Lin
80CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Tableau 7
Les séries trimestrielles du PIB réel estimées par les méthodes de Chow-Lin, Fernández et Litterman
(En millions de gourdes, base 100 en 1986-87)
81CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
82CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
83CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
84CAHIER DE RECHERCHE DE LA BRH
Dépôt légal: 2
e
trimestre 2010
No.10-05-075
Bibliothèque Nationale d'Haïti
Conception et Mise en page :
Unité Graphique et Publication de la
Banque de la République d'Haiti
Achevé d’élaborer: Septembre 2009, Achevé d'imprimer :Mai 2010
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Verdun (Québec), Canada
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