(2024) Impact de l'Insécurité sur le Capital Humain: Secteur Financier
Resume — Ce rapport de la Banque de la République d'Haïti (BRH) examine l'impact de l'insécurité sur le capital humain dans le secteur financier haïtien. Il analyse les effets de la violence et de l'instabilité sur le roulement du personnel, le recrutement et le fonctionnement général des institutions financières.
Constats Cles
- L'insécurité a entraîné une augmentation du roulement du personnel dans le secteur financier.
- La migration, en particulier celle des jeunes professionnels, continue d'avoir un impact sur le capital humain.
- Les institutions financières subissent des pertes dues au vandalisme et aux perturbations opérationnelles.
- Les efforts de recrutement sont axés sur le remplacement du personnel perdu et le maintien de la qualité des services.
- Les institutions mettent en œuvre des stratégies pour retenir le personnel et attirer de nouveaux talents.
Description Complete
Cette étude, menée par la Banque de la République d'Haïti (BRH), examine les répercussions de l'insécurité croissante sur le capital humain du secteur financier. Elle évalue les taux de rotation du personnel, les difficultés de recrutement et les défis opérationnels auxquels sont confrontées les banques et les institutions financières en raison de la violence et de l'instabilité. Le rapport met également en évidence la migration des professionnels qualifiés et son impact sur la stabilité du secteur et la prestation de services, tout en explorant les stratégies d'atténuation adoptées par les institutions financières pour relever ces défis.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
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Sigles & Abréviations
Introduction
Mise en contexte
Taux de rotation et mouvement de personnel dans le
secteur bancaire en 2022 et 2023
Enquête réalisée auprès du secteur financier
Enquête réalisée auprès du secteur financier en avril 2024
- Aspects méthodologiques
- Analyse des résultats
Conclusion et Perspectives
Annexe
SOMMAIRE
ATM Automated Teller Machines (Distributeur Automatique de Billets)
BRH Banque de la République d’Haïti
DIGCP Direction de l’Inspection Générale des Caisses Populaires
DSBIF Direction de la Supervision des Banques et des Institutions Financières
ÉU Etats-Unis
MAE Monnaie et Analyse Économique
SNIF Stratégie Nationale d’Inclusion Financière
SIGLES
ET ABRÉVIATIONS
4
I- INTRODUCTION
5
L’économie haïtienne a subi les contrecoups de plusieurs chocs tant externes qu’internes
qui ont freiné le dynamisme de tous les secteurs d’activité. Néanmoins, le secteur tertiaire
est celui qui a été le moins affecté en raison de la résilience de certaines branches,
notamment celle des « Activités financières et d’Assurance ». En effet, cette dernière est
restée profitable en dépit des impacts négatifs découlant de la pandémie du Covid-19,
des aléas climatiques et des perturbations socio-politiques qui ont prévalu au cours de
ces dernières années.
Cependant, la détérioration du climat sécuritaire a mis à rude épreuve la stabilité qui
a toujours caractérisé le secteur financier. Déjà en proie à une longue période de
récession économique, ce dernier a subi les répercussions des violences armées avec
des conséquences néfastes sur la disponibilité régulière des services financiers. En
effet, les récents actes de vandalisme, d’incendie et de pillage, entre autres, ont entraîné
des pertes financières importantes ainsi que la fermeture de plusieurs succursales de
banques et de nombreux points de services des institutions de microfinance, de caisses
d’épargne et de crédit dans la région métropolitaine et dans certaines villes de province.
Parallèlement, les vagues de migration vers les États-Unis, le Canada, la République
Dominicaine, certains pays de l’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Chili, Nicaragua)
se sont intensifiées à partir de 2022. Ce processus migratoire a été facilité par les
programmes humanitaires et de regroupement familial en 2023, entraînant ainsi une fuite
importante de main-d’œuvre, incluant des professionnels qualifiés. Le secteur financier a
été parmi les plus touchés par ce phénomène avec des pertes en ressources humaines
expérimentées et difficiles à remplacer. Des efforts de recrutement ont toutefois été
constatés en vue de maintenir la disponibilité et la qualité des services à la clientèle,
tandis que des réflexions sont en cours sur des stratégies visant à favoriser la rétention
des cadres et le renforcement du capital humain au niveau de ce secteur. Une évaluation
des coûts de la crise pour la sphère financière s’avère donc cruciale vu son importance,
d’une part pour la conduite de la politique monétaire et, d’autre part, pour la Stratégie
Nationale d’Inclusion Financière (SNIF).
6
II- MISE
EN
CONTEXTE
7
TAUX DE ROTATION ET MOUVEMENT DE
PERSONNEL DANS LE SECTEUR BANCAIRE
EN 2022 ET 2023
En vue d’évaluer l’impact de la dégradation de la situation sécuritaire et de mieux cerner
les conséquences de cet environnement adverse sur le secteur financier, la Banque
centrale a entrepris, au cours de l’exercice 2021-2022, une collecte de données auprès
des institutions financières. Les informations sollicitées concernaient : l’évolution du taux
de rotation des cadres et celle des démissions recensées.
Graphique 1 Institutions financières recensées en 2022 (en %)
Source : BRH/MAE *n=32
Banque commerciale
Autre
Institution financière
non bancaire
37 %
22 %
41 %
8
Selon les informations collectées auprès des responsables de ressources humaines en
2022, la progression du taux de rotation est tributaire de l’insécurité, entre autres raisons
personnelles évoquées par les employés démissionnaires. Les résultats de l’enquête
ont aussi révélé que les groupes d’âge les plus touchés par les taux de rotation élevés
sont ceux situés dans la fourchette de 30 à 39 ans, représentant plus de 70 % des cas,
en témoigne le graphique 2. Ils ont pour la plupart au moins 10 années d’expérience,
contrairement à ceux âgés de 21 à 29 ans, qui ont 1 à 5 années de carrière dans les
institutions financières.
Néanmoins, en 2021-2022 le taux de rotation restait faible. Selon la majorité des
responsables des ressources humaines de ces institutions financières (95%), le taux
de recrutement ciblant les postes vacants a été inférieur à 15 %.
Graphique 2 Taux de rotation (n=32)
Source : BRH/MAE
0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 %
Moins de 1%
Entre 1% et moins de 5%
Entre 5% et moins de 10%
Entre 10% et moins de 15%
15% et plus
9
En 2023, l’aggravation du climat d’insécurité a continué d’entraver la libre circulation
des facteurs de production et des biens. Avec la hausse de près de 122 % des cas
d’enlèvement
1
comparée à 2022, les programmes de regroupement familial, tel celui
du « Humanitarian Parole » (programme Biden), devenus plus attractifs, ont marqué
un tournant dans la vague de migration et sont désormais la principale voie vers une
amélioration des conditions de vie. Ce mouvement migratoire a eu des conséquences
néfastes sur les ressources humaines de la plupart des entreprises et institutions du
pays. Afin d’évaluer le taux de déperdition des cadres du système bancaire en 2023,
la BRH a dressé un rapport des mouvements du personnel au moyen des informations
recueillies auprès des institutions bancaires.
Selon les données collectées, les pertes en ressources humaines, tous motifs confondus,
d’octobre 2022 à décembre 2023, sont évaluées à plus de 626 employés. Parmi eux,
on compte jusqu’à 155 cadres d’une banque d’État et 136 d’une institution privée, ce
qui représente respectivement 25 % et 22 % du total des départs au niveau du système
bancaire.
Le nombre de départs mensuels affiche une tendance cumulative à la hausse d’octobre
2022 à décembre 2023. En effet, le nombre de cadres démissionnaires du système
bancaire a atteint vingt (20) en octobre 2022 et cent trente-cinq (135) en avril 2023.
L’analyse des cas de démission, en tenant compte de la hiérarchie, révèle que le système
a perdu des cadres à tous les niveaux, depuis les agents de sécurité jusqu’aux directeurs
de départements.
1 https://news.un.org/fr/story/2024/01/1142622
Graphique 3 Âge les plus concernés par la rotation
Source : BRH/MAE
0
2
4
6
8
10
12
Moins de 21 ans
21 - 29 ans
30 - 39 ans
40 - 49 ans
50 - 59 ans
60 - plus
Banque commerciale
Autre
Institution financière
non bancaire
10
Graphique 4 Motifs de départ des cadres
Source : BRH/DSBIF
300
250
200
150
100
50
0
255
7
186
20
158
Démission pour convenance personnelle
Abandon Emigration
Licenciement Retraite anticipée
Cette investigation a aussi porté sur les motifs de départ des employés, notamment
ceux qui avaient bénéficié du programme humanitaire mis en place par le gouvernement
américain.
Il faut souligner qu’au moment de la collecte des informations, les responsables des
ressources humaines des institutions ont mentionné la difficulté d’identifier les départs
pour raison d’émigration. D’une manière générale, les employés démissionnaires
évitent d’être précis quant au motif de leur départ. Ainsi, trois (3) parmi les huit (8)
banques du système nous ont fourni uniquement le nombre de départs sans en préciser
le motif. Conséquemment, ces départs ont été enregistrés sous le motif général de
« démission ». Sur les six cent vingt-six (626) départs recensés sur la période, cent
quatre-vingt-six (186) ont précisé qu’ils ont laissé leur poste pour émigrer aux États-
Unis ou au Canada, tandis que deux cent cinquante-cinq (255) employés ont remis leur
démission sans motif.
11
Cette perte en capital humain qui représente 12,78 % de l’effectif global au 31 décembre
2023 évalué à 4 930, n’a pas été sans conséquence sur les résultats du secteur. Bien
qu’en hausse de 6,34 % sur la période septembre 2022-septembre 2023, le Produit net
bancaire a maintenu une tendance baissière à partir de juin 2023. Ainsi, dans un contexte
de stress externe persistant de nature à exacerber les risques encourus, le recrutement
de nouveaux cadres devrait se faire à une fréquence importante dans les prochains mois.
Graphique 5 Mouvement du personnel dans le sytème bancaire
Source : BRH/DSBIF
4,950.0
4,900.0
4,850.0
4,800.0
4,750.0
4,700.0
4,650.0
4,600.0
4,550.0
4,858.0
4,784.0
4,895.0
4,890.0
4,814.0
4,682.0
4,898.0
4,930.0
Sept.
2020
Sept.
2021
Sept.
2022
Déc.
2022
Mars
2023
Juin
2023
Sept.
2023
Déc.
2023
12
III- ENQUÊTE RÉALISÉE
AUPRÈS DU SECTEUR
FINANCIER
13
Enquête réalisée auprès du secteur financier en
avril 2024
Aspects méthodologiques
En 2024, la dégradation de l’environnement sécuritaire a motivé la BRH à poursuivre
ses investigations auprès des institutions financières. Cette démarche s’est inscrite
dans l’optique de recueillir les informations pouvant orienter les décisions par rapport
aux éventuels impacts de la conjoncture sur ce secteur.
L’enquête réalisée entre le 29 avril et le 15 mai dernier a ciblé les banques commerciales
et les institutions de microfinance, et a été transmise aux responsables de ces dernières.
L’objectif de cette investigation était de collecter les données sur les impacts du climat
d’insécurité, les pertes en ressources humaines et les coûts liés aux dommages
physiques subis par ces entités financières. Par conséquent, l’enquête a été menée
de manière exhaustive. Comme outil de collecte, un questionnaire à choix multiples
d’environ quinze questions a été élaboré afin de relever les informations recherchées. Ce
document a été validé par les cadres des directions de supervisions de ces institutions.
Ce questionnaire a ensuite été retranscrit sur un logiciel de collecte avant de traiter les
informations reçues.
Analyse des résultats
L’enquête sur l’« Impact de l’Insécurité sur le Secteur Financier » visait à identifier et esti-
mer les pertes et dégâts que les institutions financières ont enregistrés sur la période
allant de juin 2023 à mars 2024. L’enquête a également permis d’évaluer l’incidence
de l’instabilité sociopolitique sur les ressources humaines de ces dernières, ainsi que
certaines mesures d’atténuation que les institutions affectées ont adoptées.
Trente-neuf (39) institutions financières ont répondu au questionnaire, soit un taux de réponse de
54,2 %. Ces trente-neuf institutions sont réparties comme suit : 84,6 % sont des
institutions financières non bancaires; 12,8% sont des banques commerciales; 100 % des
banques d’épargne et de logement. Le taux de réponse par type d’institutions financières
est de : 83 % pour les banques commerciales, 100 % pour les banques d’épargne et de
logement, 51 % pour les institutions financières non-bancaires.
14
Tableau 1 Répartition des institutions financières selon leur type
Source : BRH/MAE
Institution
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Quantité Pourcentage
5
1
33
39
12,8 %
2,6 %
84,6 %
100 %
Tableau 1 Répartition des institutions financières selon leur type
Source : BRH/MAE
Institution
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Quantité Pourcentage
5
1
33
39
12,8 %
2,6 %
84,6 %
100 %
Graphique 6 Pertes et dégâts liés à l’insécurité entre juin 2023 à mars 2024
Source : BRH/MAE
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
Non Oui
Banque
commerciale
Banque d’épargne
et de logement
Institutuion financière
non bancaire
Répartition des institutions financières selon qu’elles rapportent avoir subi des pertes et dégâts
liés à l’insécurité entre juin 2023 à mars 2024
51
18
15
Selon les informations fournies par les institutions financières qui ont pris part à l’enquête,
toutes les banques commerciales, d’épargne et de logement ont enregistré des pertes
et dégâts en biens, matériels et autres sur la période d’étude. Quant aux institutions
non bancaires, plus de la moitié (54,5 %) d’entre elles ont rapporté avoir été victimes
sur cette même période.
15
Selon les déclarations des responsables des institutions financières, toutes les banques
commerciales ont été la cible de pillage. En outre, 2 sur 5 d’entre elles ont été victimes
d’incendies et 4 sur 5 ont rapporté que leurs coffres-forts ont été emportés dans des
succursales. Par ailleurs, environ 12,1 % des institutions financières non bancaires ont
déclaré avoir été en proie à des actes de pillage, 6,1 % ont souligné le vol de leur coffre-
fort et 48,5% ont indiqué d’autres types de pertes et dégâts.
Parmi les autres incidents rapportés, figurent des difficultés pour réaliser des transactions
coutumières, telles que la collecte de l’épargne, les décaissements, le renflouement
des distributeurs automatiques de billets (ATM) et des coffres forts de certaines
succursales. Elles ont également mentionné la détérioration de la qualité du portefeuille,
les circonstances limitant le volume des retraits journaliers, la fermeture et le transfert
de certaines succursales, la perte de contact avec certains débiteurs, ainsi que des vols
de motocyclettes et des enlèvements.
En moyenne, 4 succursales des banques commerciales ont subi des pertes et dommages
liés à la récente dégradation des conditions de sécurité du pays. La banque d’épargne
et de logement ayant répondu à l’enquête a eu une seule de ses succursales à être
victime de casse. En outre, deux (2) des succursales des institutions financières non
bancaires rapportant avoir subi des pertes et dégâts sont en moyenne touchées lors
des incidents enregistrés de juin 2023 à mars 2024.
Tableau 2 Répartition des institutions financières selon les pertes et dégâts enregistrés
Source : BRH/MAE
Institution /
Pertes et dégâts
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Pillages Incendie Coffre-fort Autre
5
0
4
9
100,0 %
0,0 %
12,1 %
23,1 %
2
0
0
2
4
0
2
6
1
1
16
18
16
Tableau 3 Répartition des institutions financières selon le nombre de succursales endommagées
Source : BRH/MAE
Institution
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Nombre de succursales endommagées (moyenne)
4
1
2
7
Graphique 7 Coût estimatif des pertes et dégâts enregistrés
Source : BRH/MAE
100 %
90 %
80 %
70 %
60 %
50 %
40 %
30 %
20 %
10 %
0 %
Plus de 75 000 $ ÉU Entre 50 000 et 75 000 $ ÉU
Entre 25 000 et 50 000 $ ÉU Moins de 25 000 $ ÉU
Banque
commerciale
Banque d’épargne
et de logement
Institutuion financière
non bancaire
Participants
totaux
4
0
1
0
1
3
1
4
7
1
6
Répartition des institutions financières selon le coût estimatif des pertes et dégâts enregistrés
Parmi les 14 institutions financières qui ont pu fournir une estimation des coûts des pertes
et dégâts enregistrés sur cette période, la moitié (7) a indiqué des montants dépassant
75 000 dollars ÉU. Cette situation concerne 4 sur 5 des banques commerciales (80 %)
et 3 sur 8 des institutions financières non bancaires (37,5 %). Une des institutions
financières non bancaires a rapporté des dommages allant de 50 000 à 75 000 dollars
ÉU. Par ailleurs, la banque d’épargne et de logement, une banque commerciale (20 %),
ainsi que 4 des institutions financières non bancaires ont enregistré des pertes ne
dépassant pas 25 000 dollars ÉU.
17
Toutes les banques commerciales ainsi que la banque d’épargne et de logement ont
fait face à des cas de démission ou d’abandon de poste au cours des 9 mois précédant
l’enquête. De même, près de 90 % des institutions financières non bancaires ont perdu
certains membres de leur personnel pendant la période susmentionnée.
Globalement, 75 % des institutions qui ont participé à l’enquête ont indiqué avoir
enregistré entre 1 à 25 démissions ou abandon de poste de leurs employés ; 8 % ont
indiqué avoir perdu entre 26 et 50 employés, 5 % entre 51 et 100 employés et 3 % entre
101 et 150 employés.
- Au niveau des banques commerciales, elles ont indiqué avoir perdu des employés
respectivement dans chacune des tranches d’âge: une a rapporté avoir perdu entre
1 et 25 employés, deux entre 26 et 50 employés, une entre 51 et 100 employés et
une autre entre 101 et 150 employés.
- La banque d’épargne et de logement a rapporté avoir perdu entre 1 et 25 employés.
- Parmi les institutions financières non bancaires, 82 % (27) ont rapporté avoir perdu
entre 1 et 25 employés, 3 % (1) entre 26 et 50 employés et 3 % (1) entre 51 et 100
employés.
Graphique 8 Cas de démission ou d’abandon de poste dans les institutions financières
Source : BRH/MAE
35
30
25
20
15
10
5
0
Non Oui
Banque
commerciale
Banque d’épargne
et de logement
Institutuion financière
non bancaire
Répartition des institutions financières selon qu’elles rapportent avoir eu des
cas de démission ou d’abandon de poste
51
4
29
18
Les cas de démission et d’abandon qu’ont connu les institutions financières concernent
à la fois les plus expérimentés ainsi que ceux ayant un nombre d’années d’expériences
limitées, notamment ceux ayant entre 5 et 10 ans d’expérience, suivis respectivement
par ceux ayant plus de 10 ans dans l’institution et ensuite ceux ayant entre 1 et 5 ans
d’expérience.
Tableau 4 Répartition des institutions financières par nombre de cas de démission ou d’abandon de poste
Source : BRH/MAE
Institution/
Cas de démission
et/ou abandon
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Aucune
démission/
abandon
0
0
4
4
0,0 %
0,0 %
12,1 %
10,3 %
1
1
27
29
20,0 %
100,0 %
81,8 %
74,4 %
2
0
1
3
40,0 %
0,0 %
3,0 %
7,7 %
1
0
1
2
20,0 %
0,0 %
3,0 %
5,1 %
1
0
0
1
20,0 %
0,0 %
0,0 %
2,6 %
1 à 25 26 à 50 51 à 100 101 à 150
Graphique 9 Années d’expérience des démissionnaires dans les institutions financières
Source : BRH/MAE
Participants totaux Plus de dix ans Entre 5 et 10 ans Entre 1 et 5 ans Moins d’un an
Répartition du nombre d’années d’expériences des cadres ayant démissionné ou
abandonné les différents types d’institutions
Banque commerciale
Banque d’épargne et de logement
Institutuion financière non bancaire
0 5 10 15 20 25 30 35
5
5
5
4
4
0
0
1
1
1
1
11
14
13
33
19
Le recrutement de personnel au sein des institutions faisant partie de l’enquête peut
être considéré comme une réponse de mitigation aux pertes en ressources humaines
enregistrées. En effet, deux tiers (2/3) des institutions ont avancé avoir perdu et recruté
du personnel sur la même période. Les 5 banques commerciales, la banque d’épargne
et de logement et 60 % des institutions non bancaires, soit 20 d’entre elles, ont rapporté
avoir procédé à des recrutements.
Diverses stratégies ont été adoptées par les institutions financières pour attirer de
nouvelles compétences. Celles-ci incluent les recommandations (46 %), aux avis sur les
plateformes numériques (46 %) et des partenariats avec des universités ou des écoles
professionnelles (19,2 %). Parmi d’autres approches mentionnées figurent des affiches
dans les locaux de leurs succursales, des promotions et recrutements internes et des
notes publiques aux institutions partenaires.
Graphique 10 Recrutement de nouveaux cadres des institutions financières
Source : BRH/MAE
35
30
25
20
15
10
5
0
Non Oui
Banque
commerciale
Banque d’épargne
et de logement
Institutuion financière
non bancaire
Répartition des institutions financières selon qu’elles ont eu à recruter de nouveaux
cadres entre juin 2023 à mars 2024
51
13
20
20
Les recrutements effectués traduisent la diversification des besoins et des priorités
organisationnelles. En effet, les récentes embauches dévoilent une prévalence marquée
dans des domaines clés : Service à la clientèle (57,7 %), Officier de crédit (57,7 %),
Comptabilité et Finance (57,7 %), Informatique et Technologie (15,4 %), Économiste
(3,8 %) et Autres (7,7 %).
Graphique 11 Approches de recrutement adoptées par les institutions financières
Source : BRH/MAE
Répartition des institutions qui ont recruté de nouveaux cadres selon les approches
de recrutement qu’elles ont adoptées
Banque commerciale
Banque d’épargne et de logement
Institutuion financière non bancaire
0 5 10 15 20 25 30 35
2 6 10 2 2 11
1 1 1
1 5 2 1 2 2
Avis sur les plateformes
numériques
Avis dans les journaux
Autre
Partenariat avec des
universités ou ecoles
professionnelles
Références
Salon de l’emploi
Tableau 5
Répartition des institutions financières selon les positions pour lesquelles elles ont
recruté du nouveau personnel
Source : BRH/MAE
Institution /
Position des
nouvelles recrues
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Grand Total
Service à
la clientèle
Officier
de crédit
Informatique
et
Technologique
ÉconomisteComptabilité
et Finance
Autre
4
1
10
15
80,0%
100,0%
50,0%
57,7%
3
1
11
15
60,0%
100,0%
55,0%
57,7%
4
4
80,0%
0,0%
0,0%
15,4%
1
1
0,0%
0,0%
5,0%
3,8%
5
9
14
100,0%
0,0%
45,0%
53,8%
5
1
9
15
100,0%
100,0%
45,0%
57,7%
Alors que les institutions financières n’ont engagé aucun postulant de moins de 25 ans,
une grande proportion, s’élevant à 88,5 %, se situe dans la tranche d’âge de 25 à 34
ans, illustrant ainsi un choix prononcé pour des profils jeunes et dynamiques au sein
des nouvelles cohortes professionnelles.
21
Parmi les nouvelles recrues, on constate une diversité en termes de niveau de
formation afin de combler les besoins en qualification et en expertise. Seulement 6 %
des nouvelles recrues sont des non-diplômés qui sont exclusivement recrutés par les
banques commerciales. Les diplômés représentent la majorité des nouveaux employés
totalisant 47 % dont 81 % se trouvent dans les institutions financières non bancaires.
Les titulaires d’une licence constituent 32 % des nouveaux employés répartis entre les
institutions financières non bancaires à hauteur de 64 % et de 36 % pour les banques
commerciales. Enfin, les détenteurs d’un master ou plus représentent 15 % des nouvelles
recrues et sont ainsi répartis : banques commerciales (80 %) et institutions financières
non bancaires (20 %). Ces statistiques soulignent l’importance du niveau de formation
académique dans le processus de recrutement aussi bien pour les banques commerciales
que pour les institutions financières non bancaires.
Tableau 6 Répartition des institutions financières selon la tranche d’âges des nouvelles recrues
Source : BRH/MAE
Institution / Tranche
d’âge des nouvelles
recrues
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Grand Total
0,0%
0,0%
0,0%
0,0%
5
1
17
23
100,0%
100,0%
85,0%
88,5%
4
4
8
80,0%
0,0%
20,0%
30,8%
3
3
60,0%
0,0%
0,0%
11,5%
Moins de
25 ans
25 - 34 ans 35 - 44 ans
45 ans et
plus
Tableau 7 Répartition des institutions financières selon le niveau de fo rmation des nouvelles recrues
Source : BRH/MAE
Institution / Niveau
de formation des
nouvelles recrues
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Grand Total
3
3
60,0%
0,0%
0,0%
11,5%
4
1
14
19
80,0%
100,0%
70,0%
73,1%
5
1
9
15
100,0%
100,0%
45,0%
57,7%
4
4
80,0%
0,0%
0,0%
15,4%
Non diplômé Diplôme Licence Master et plus
22
IV- CONCLUSION
ET PERSPECTIVES
23
Tandis que le secteur financier demeure l’un des grands pourvoyeurs d’emplois (environ
4 930 au 31 décembre 2023), les pertes enregistrées au début du deuxième trimestre,
consécutives aux actes de vandalisme, ont entravé le fonctionnement de 23 succursales
de banques et de plus d’une dizaine d’institutions financières non-bancaires. Dans
l’Ouest et l’Artibonite, de nombreux points de service d’institutions de microfinance et
de coopératives ont eu leurs espaces physiques vandalisés ou ont dû discontinuer les
activités qui consistaient également à desservir la population dans différentes zones du
pays. Dans un tel contexte, les autorités sont en train d’étudier des mesures visant à
atténuer l’impact de cet environnement adverse sur les secteurs réel et financier. Des
initiatives sont déjà en cours afin d’estimer les coûts financiers et économiques de cette
crise ; ce qui devrait permettre d’élaborer, avec le concours souhaitable des partenaires
techniques et financiers, un plan d’accompagnement des institutions financières et des
entreprises.
Le secteur financier est également fragilisé par des pertes significatives en capital
humain, qui constitue le deuxième facteur de production dans notre économie. Les
démissions des cadres au niveau du secteur semblent se poursuivre en dépit des
contraintes liées à la reprise des vols à partir de l’aéroport de Port-au-Prince. La migration
des cadres, particulièrement de jeunes professionnels, s’est maintenue, réduisant ainsi
les possibilités de renouvellement du personnel de ces institutions. Cependant, par
rapport à cette situation inédite, des programmes de formation ciblant des domaines
précis
2
sont à l’étude dans certains cas et mis en oeuvre dans d’autres, afin de pourvoir
le système financier et les entreprises en compétences nécessaires correspondant
à leurs besoins. En ce sens, la BRH continue d’accompagner les initiatives pour le
renforcement du capital humain à travers des partenariats avec les établissements
universitaires et professionnels. La Banque centrale invite les institutions financières et
non-financières à mettre en place des mécanismes et à offrir des conditions de travail
susceptibles de favoriser la rétention des cadres.
2 Ces programmes non exhaustifs portent sur la formation en Technologie (Administration de base de données,
Réseautique, Cybersécurité, Intelligence artificielle), Finances, Comptabilité et Audit.
24
ANNEXE
Tableau 8
Source : BRH/MAE
Institution
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Non Oui
15
15
0,0%
0,0%
45,45%
38,46%
5
1
18
24
100,0%
100,0%
54,55%
61,54%
Répartition des institutions selon qu’elles rapportent avoir subi des pertes et dégâts liés
à l’insécurité entre juin 2023 à mars 2024
Tableau 9 Répartition des institutions financières selon le coût des pertes et dégâts enregistrés
Source : BRH/MAE
Institution/
Coût des dégâts
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Aucune
Perte
0
0
25
25
0,0 %
0,0 %
75,8 %
64,1 %
1
1
4
6
20,0 %
100,0 %
12,1 %
15,4 %
0
0
0
0
0,0 %
0,0 %
0,0 %
0,0 %
0
0
1
1
0,0 %
0,0 %
3,0 %
2,6 %
4
0
3
7
80,0 %
0,0 %
9,1 %
17,9 %
Moins de
25 000 $ ÉU
Entre 25 000
et 50 000 $ ÉU
Entre 50 000
et 75 000 $ ÉU
Plus de
75 000 $ ÉU
26
Tableau 10
Source : BRH/MAE
Institution / Abandon
de poste
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Oui Non
5
1
29
35
100,0 %
100,0 %
87,9 %
89,7 %
0
0
4
4
0,0 %
0,0 %
12,1 %
10,3 %
Répartition des institutions financières selon qu’elles rapportent avoir eu des cas de
démission ou d’abandon de poste
100,0%
100,0%
39,4%
48,7%
Tableau 11
Source : BRH/MAE
Institution / Cas
de démission ou
abandon
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Grand Total
80,0%
0,0%
3,0%
12,8%
4
0
11
15
4
0
1
5
80,0%
0,0%
33,3%
38,5%
5
1
14
20
100,0%
100,0%
42,4%
51,3%
5
1
13
19
Moins
d’un an
Entre 1 et
5 ans
Entre 5 et
10 ans
Plus
de dix ans
Répartition du nombre d’années d’expériences des cadres ayant démissionné ou
abandonné les diff érents types d'institutions
Tableau 12
Source : BRH/MAE
Institution / Avoir recruté
de nouveaux cadres de
juin 2023 à mars 2024
Banque Commerciale
Banque d’Épargne et
de Logement
Institution Financière
non Bancaire
Total
Non Oui
13
13
0,0%
0,0%
39,4%
33,3%
5
1
20
26
100,0%
100,0%
60,6%
66,7%
Répartition des institutions financières selon qu’elles ont eu à recru ter de nouveaux
cadres de juin 2023 à mars 2024
27