(2014) Stratégie nationale d'inclusion financière
Resume — BRH and World Bank-backed national strategy document setting out Haiti's financial-inclusion agenda, institutional stakeholders and priority actions.
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BRH and World Bank-backed national strategy document setting out Haiti's financial-inclusion agenda, institutional stakeholders and priority actions.
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J Stratégie Nationale
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AML Anti-Money Laundering
ANACAPH _ Association Nationale des Caisses Populaires Haïtiennes
ANIMH Association Nationale des Institutions de Microfinance d'Haïti
APB Association Professionnelle des Banques
BRH Banque de la République d'Haiti
CFT Lutte Contre le Financement du Terrorisme
CIAT Comité Interministériel d'aménagement du Territoire
CPRDA Commission Présidentielle pour la Réforme du Droit des Affaires
CT Court Terme
ECVH Enquéte sur les Conditions de Vie en Haiti
EIB European Investment Bank
FAES Fonds d'Assistance Economique et Sociale
IHSI Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique
IMF Institutions de Microfinance
KNFP Conseil National de Financement Populaire
KYC Know Your Customer
LAB Lutte Anti-Blanchiment
LT Long Terme
MARNDR Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MAS Ministère des Affaires Sociales
MCI Ministère du Commerce et de l'Industrie
MEF Ministère de l'Economie et des Finances
MNO Mobile Network Operator
MPME Micros, Petites et Moyennes Entreprises
MT Moyen Terme
MTO Money Transfer Operator
NTIC Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication
ONA Office National d'Assurance Vieillesse
PIB Produit Intérieur Brut
UNHCR United Nations High Commissioner for Refugees
USAID United States Agency for International Development
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Chapitre 1 : Vision et Mission pour une Stratégie
Nationale d’Inclusion Financière en Haiti
Avant de définir la vision et la mission de la Stratégie, ce chapitre soulignera la nécessité d'une telle
initiative. Ensuite, seront abordés les principes et approches devant guider son élaboration et son
implémentation. S'il est vrai que ces principes seront basés sur l'expérience internationale dans le
domaine, ils seront tout de même adaptés au contexte haïtien afin de déterminer une vision et des
objectifs réalistes et appropriés.
Bien-Fondé de la Stratégie d’Inclusion Financière
A l'échelle internationale, plusieurs études indiquent que l'accès aux produits et services
financiers appropriés et leur utilisation permettent aux individus de jouir d’une meilleure
qualité de vie et aux entreprises de mieux se développer. Plus précisément, elles ont montré que
favoriser l'accès des ménages aux comptes de dépôt conduit à la croissance de l'épargne’, de
l'investissement productif?, de la consommation® et de l’autonomisation des femmes“. D'autres études
ont établi un lien entre l'accès aux produits financiers (épargne, crédit, assurance, etc.) et la
facilitation des transactions économiques en général, l'augmentation de la résilience des ménages
aux chocs de revenus, ainsi qu’une diminution de l'inégalité de revenus et de la pauvreté*. Par
ailleurs, pour ce qui est des entreprises, quelle que soit leur taille, l'accès au crédit contribue à
l'augmentation de leurs investissements et de leur productivité”, avec des impacts positifs sur la
croissance et l'emploi.
Le manque d'accès à des produits et services financiers empêche les agents de säisir et de
jouir de certaines opportunités économiques. Ainsi, à défaut de trouver des institutions financières
où déposer son argent, un citoyen vivant dans des zones reculées a recours à des méthodes et
moyens de thésaurisation peu recommandables par exemple enfouir son argent dans le sol, le
cacher sous son matelas ou dans des tiges de bambou. Aussi est — il exposé à des risques de vol, de
perte ou parfois même à l'incapacité de l'utiliser à l'avenir, ayant été détérioré par des conditions de
conservation inappropriées. Il en est de même pour un agriculteur n'ayant pas accès au crédit ou au
produit d'assurance récolte, désirant augmenter sa production en vue de répondre à une potentielle
demande. Un paysan vivant dans un petit village, quant à lui, s'il ne dispose pas d'un compte en
banque ou d'un portefeuille mobile (mobile wallet), peut se trouver dans l'incapacité de recevoir des
transferts que voudraient bien lui envoyer ses frères et sœurs émigrés. Autant d'exemples qui
soulignent comment le manque d'accès aux produits financiers peut priver certaines catégories
d'opportunités économiques dont elles auraient pu grandement bénéficier.
Le nombre d’Haitiens financièrement inclus demeure relativement faible. En effet, d'après le
" Aportela, 1999; Ashraf et al., 2010a
? Dupas and Robinson, 2009
* Dupas and Robinson, 2009; Ashraf et al.,2010b
” Ashraf et al., 2010b
5 Banerjee and Newman, 1993; Galor and Zeira, 1993; Aghion and Bolton, 1997; Beck Demirguc-Kunt, and Levine, 2007
5 Demirguc-Kunt et al., 1998; Ayyagari et al., 2006
" Karlan and Zinman, 2009
Stratégie Nationale fincluston th inanciére=ttaiti | 2
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Mission et Vision
D'une façon générale, cette Stratégie Nationale vise à assurer le plus large accès à l'épargne, au
crédit et à d'autres produits et services financiers dans le but de réduire la pauvreté et
l'inégalité de revenus pour favoriser une société financièrement et économiquement plus
inclusive.
Afin d'y parvenir, la Stratégie Nationale devra se fixer et se donner pour mission d'atteindre plusieurs
objectifs :
Objectif 1 : Favoriser les stratégies de développement économique. II faudra veiller à ce que la
stratégie nationale d'inclusion financière préserve et encourage les synergies avec d'autres stratégies
et politiques publiques visant le développement économique et la protection sociale, y compris dans
des domaines autres que, mais complémentaires, aux services financiers, tels que l'agriculture,
l'éducation, et la santé.
Objectif 2 : Faciliter l'accès aux produits et services financiers. || faudra travailler à réduire puis
éliminer les contraintes à l'inclusion financière auxquelles font face les ménages et les entreprises
pouvant largement tirer profit des produits et services financiers. Vu que ces contraintes peuvent être
de différentes natures (manque d'éducation, distance, coût, pauvreté, problèmes d'identification de la
population, etc.) cela nécessitera une coopération entre toutes les parties prenantes dans leur
domaine respectif.
Objectif 3 : Développer des produits et services adaptés aux besoins de la clientèle. Pour
s'assurer de l’utilisation effective des produits et de leur efficacité dans la réduction de la pauvreté, il
est impératif qu'ils répondent aux besoins et attentes des agents économiques. || faudra donc non
seulement relever les contraintes auxquelles ils font face dans l’utilisation de ces produits, mais aussi
comprendre leurs besoins compte tenu de leur réalité socio-économique afin de mieux les servir.
Objectif 4 : Promouvoir l'éducation financière. || est difficile d'offrir un service ou un produit
financier à un consommateur potentiel s’il ne le comprend pas. Dans le cadre d'une plus grande
inclusion, l'éducation financière permettra aux consommateurs de comprendre l'utilité de certains
produits, leur fonctionnement, leurs avantages et leurs exigences, ce qui pourra contribuer à
augmenter leur utilisation. Elle rendra aussi l'utilisateur capable de faire un choix informé entre les
produits offerts et les différents prestataires de services financiers dans le secteur conduisant à
améliorer le bien-être de l'utilisateur mais également à encourager la compétition. Qui plus est,
renforcer la capacité de gestion financière des individus et des micros, petites et moyennes
entreprises leur permettrait d'améliorer de façon générale leurs décisions financières.
Objectif 5 : Promouvoir l'utilisation des Nouvelles Technologies de l'Information et de la
Communication (NTIC) pour la prestation de services financiers. La récente percée de la
téléphonie mobile en Haïti est certainement un avantage à exploiter dans la prestation de services
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Principes et Approches
La Stratégie Nationale d’Inclusion Financière s’articulera autour de la réduction de la pauvreté,
de la réduction des inégalités de revenus et de la croissance économique au niveau local pour
conduire à une société inclusive. Elle devra alors s'adresser tant aux pauvres et populations à
faible revenu qu'aux moins démunis à travers une approche de segmentation permettant de mener
des actions et réformes adaptées pour chacun de ces segments. Les travailleurs migrants ainsi que
leur famille devront bénéficier d'une attention particulière au regard des transferts de la diaspora qui
représentent plus de 22 % du PIB en 2013°. En outre, cette Stratégie Nationale d'Inclusion Financière
devra développer des synergies avec les politiques publiques existantes visant à favoriser
l'augmentation des richesses et parvenir à une réduction des inégalités de revenus, les programmes
d'assistance sociale en faisant partie intégrante. Finalement, la croissance économique dans les
régions sera favorisée par la promotion d'initiatives visant à stimuler le développement local (création
de partenariats public-privé, micro parcs industriels ou agricoles, zones économiques prioritaires,
parcs industriels), ainsi qu'à travers la promotion et le développement d'activités productives qui
desservent les marchés locaux et internationaux.
La Stratégie Nationale d’Inclusion Financière devra impliquer tous les acteurs publics et privés
au niveau national, requérant l'engagement de toutes les parties prenantes du secteur public,
du privé et de la société civile. Elle se devra de tabler sur des actions concertées, coordonnées,
ciblées et mises en œuvre suivant un calendrier englobant le court, le moyen et le long terme. Cette
vision devra être évaluée dans sa mise en œuvre à chaque étape via des indicateurs de suivi
permettant de jauger les progrès réalisés.
La Stratégie est fonction de la souplesse nécessaire pour mener des révisions du cadre légal
et réglementaire afin d’accommoder toute initiative concourant à l'atteinte de ses objectifs.
Tout en restant soucieux et fidèle au cadre réglementaire déjà défini, des aménagements devront être
envisagés en vue d'amener les produits et services financiers à tous les segments de la clientèle, le
tout en garantissant aux entreprises pourvoyeuses un cadre propice à leur développement.
La Stratégie s'inspire des meilleures pratiques reconnues à l'échelle mondiale, en attachant une
attention particulière aux neuf principes définis au niveau du G20, résultat des différentes stratégies
d'inclusion financière menées dans plusieurs pays. Ces neuf principes sont :
1. Le Leadership : il faudra arriver à un consensus et un engagement assumé et partagé par tout le
gouvernement afin d'atteindre les objectifs de réduction de la pauvreté fixés par l'inclusion
financière.
2. La Diversité : il faudra mettre en œuvre des politiques publiques qui favorisent la compétition et la
mise en place de mécanismes incitatifs pour la prestation de produits et services financiers variés
de manière soutenable de la part d'une multiplicité d'opérateurs.
3. L'innovation : ïil faudra favoriser le développement d'innovations technologiques et
: $ BRH, Direction des Affaires Internationales.
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Chapitre 2: Etat actuel de Uinclusion financiére
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en Haïti
À partir d'une description de quelques défis auxquels Haïti est actuellement confronté, ce chapitre
donne un aperçu de l'inclusion financière, avec une brève description des principaux acteurs et
produits disponibles sur le marché, ce qui servira de base pour la description de la stratégie au
chapitre 3.
Contexte
Au cours des 25 dernières années, la population haïtienne a connu une croissance stable, passant de
5 millions d'habitants en 1975 à plus de 10 millions aujourd'hui. Malheureusement, l'économie
haïtienne a crû à un rythme plutôt mitigé, ponctué par plusieurs périodes de fortes contractions ayant
abouti à une légère baisse du revenu par habitant ces dernières décennies et une dépendance
continue de l'économie vis à vis des transferts et de l'aide étrangère. Ainsi, le taux moyen de
croissance du PIB a été de 0,9% au cours des 15 dernières années", alors que la population a
augmenté en moyenne de 1,34% au cours de la même période. Bien que la croissance économique
ait repris après le tremblement de terre de 2010, en atteignant 4% en 2013, la pauvreté reste très
élevée et affecte environ 59% d'haïtiens. Elle est particulièrement élevée dans les zones rurales
(75,21%), où 38% de la population est considérée comme extrêmement pauvre et 37% modérément
pauvre". En général, cette situation témoigne d’un manque d'opportunités économiques, de très
faibles niveaux d'éducation formelle et de lacunes en infrastructure et communication sociales.
Percentage of Haitian Population Living in Poverty Percentage of Haitian population that did
75.21% not attend school
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60.00% |——_—_—-60.61% 1 — es 55.10% :
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Source: World Bank Haiti Poverty Assessment 2012
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Income, Education
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Adults (% Adults(% bottom top 60% (% education Education
ages 18- age25+) 40%(% age18+) orless(% or More (%
24) age 18+) age 18+) age 18+)
Source: Findex 2011
Epargne
Les haïtiens peuvent accéder à des comptes de dépôt via les banques et les coopératives d'épargne
et de crédit, bien que leur utilisation reste limitée par rapport à d'autres pays de la région. En 2013, le
nombre de comptes de dépôts auprès des banques pour 1,000 adultes s'élevait à 339, contre 899 au
Belize ou 579 en Bolivie. Bien que l'épargne soit un service financier particulièrement important pour
les ménages à faible revenu et les MPME, l'utilisation de ces services en Haïti est très faible, avec
seulement 5% des segments les plus pauvres à faire usage de ce service.
Saved formally in the past year
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Finencially Sesved 23.57 % Unserved
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* Mesures preceding vetables 372 discrete
J Source: Findex 2011
| Selon les catégories de personnes qui ne détiennent pas de comptes en banque dans une institution
financière, elles avancent pour la plupart du temps qu'elles ne pensaient pas disposer de
‘ suffisamment d'argent pour utiliser un compte, que les comptes d'épargne leur paraissaient trop
J chers, et qu'elles ne détenaient pas les documents nécessaires pour en ouvrir un. Cette appréhension
ul Stratégie Nationale d'Inclusion Financière - Haïti | 10
D PI ne D Se Se Be ee ee nm :
Transferts
En 2013, Haïti a reçu des transferts de fonds de l'ordre de 1,8 milliards de dollars d'environ 1,1 million
d'haïtiens résidant à l'étranger (en particulier aux Etats-Unis, au Canada, en France et en République
Dominicaine)13, un montant qui a augmenté en moyenne de 18% au cours des cinq dernières
années. Les transferts de fonds représentent environ 22% du PIB, dépassant les revenus provenant
de l'exportation de biens et de services. En 2006, 31% des adultes ont reçu des transferts de fonds
sur une base régulière, la plupart de ces transferts proviennent des Etats-Unis et tout porte à croire
que cette proportion a augmenté, compte tenu de la croissance enregistrée au niveau du volume des
ressources reçues.
Financement des MPME
Bien qu'il y ait peu d'informations sur les financements disponibles aux MPME, il y a de fortes
indications qu'il soit rare, étant donné :
a) le caractère informel des entreprises et l'absence d'états financiers fiables,
b) les difficultés qu'elles rencontrent pour fournir des titres de propriété et autres actifs en garantie,
c) l'absence de systèmes d'évaluation du crédit fiable, et
d) l'absence de réglementation sur le crédit-bail et l'affacturage qui limite la fourniture de ces services.
Plusieurs nouveaux programmes d'assistance technique et de formation aux MPME ont été entre
temps lancés, ce qui pourrait améliorer leurs capacités à demander des prêts et à les gérer.
Financement de l'habitat
Le financement de l'habitat n'a pas encore atteint son plein potentiel de développement: les prêts
bancaires dans le secteur immobilier sont au-deçà de 17% du portefeuille de prêts totaux, dont 7,5%
représentent les prêts résidentiels. Etant donné que la loi bancaire établit que la part des prêts pour
chaque secteur peut aller jusqu'à 25% du portefeuille total de prêts bancaires, le potentiel de
croissance du crédit résidentiel demeure considérable. Les coopératives financières et institutions de
microfinance ne proposent pas de produits spécifiques pour le prêt à l'habitat — qu'ils soient
collatéralisés ou pas — mais estiment que 15 à 20% de leurs prêts sont utilisés pour des fins de
logement. Les experts du financement de l'habitat conviennent que les prêts hypothécaires sont
contraints par une variété de problèmes, parmi lesquels se distinguent la difficulté d'obtention de titres
de propriété et l'enregistrement des terres pour les communautés pauvres, ces deux contraintes
entravent sérieusement la capacité des emprunteurs à offrir des biens immobiliers en tant que
collatéral.
D'autres contraintes incluent un système juridique défaillant dans la mise en application de saisies de
collatéral en cas de défaut de paiement, ainsi que le faible niveau de la demande en raison de
revenus bas et parfois incertains. En outre, les banques manquent d'expérience dans le segment de
marché du logement qui doit prendre de l'ampleur, que ce soit avec le type de logements ou le type
d'emprunteurs (informels ou non salariés), tandis que seules quelques coopératives financières et
FOMIN/IADB Haiti Remittance Survey, 2007
om ré
Stratégie Nationale d'Inclusion Financière - Haiti | 12
population rurale n'est pas adéquatement desservie. Grâce aux Nouvelles Technologies de
l'Information et de la Communication, il serait maintenant possible d'offrir des produits et services
financiers à des coûts qui puissent être justifiés par la demande potentielle de ces communautés.
Ainsi, le nombre de points de service "cash-in/cash-out' (distributeurs automatiques, agents de
transfert d'argent et agents m-banking) n'a cessé de croître au cours des dernières années,
constituant aujourd'hui le plus grand réseau de prestataires de services financiers. Actuellement, les
agents "cash-in/cash-out " fournissent une gamme de services limitée et ne peuvent accepter les
cartes de débit ou de crédit. Cependant, ils ont le potentiel d'élargir leur gamme de produits et ainsi
contribuer à augmenter l'utilisation et l'accès de la population à des services pouvant améliorer leur
niveau de vie.
En décembre 2013, les banques ont enregistré le plus grand volume de dépôts et de prêts dans le
secteur financier. En effet, la part des dépôts bancaires dans le système financier représente plus de
95% des dépôts totaux et les prêts près de 90%. En ce qui à trait aux IMF et les coopératives
d'épargne et de crédit, ils desservent un nombre relativement élevé d'emprunteurs comparativement
au système bancaire (70% contre 30%). En réalité, les IMF à elles-seules ont fourni plus de prêts que
les banques et les coopératives réunies.
service
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compris)
Cooperatives |
full services as well as cash in
cash out onl
transferts d’argent
Source: BRH
k Stratégie Nationale d’Inclusion Financière - Haïti | 14
Coopératives d’épargne et de crédit
97 coopératives d'épargne et de crédit opèrent sous la tutelle de la Banque Centrale. Les
coopératives financières acceptent des dépôts et accordent à leurs membres différents types de prêts
(prêts à la consommation, des prêts commerciaux et également, des prêts pour des activités
agricoles) avec des maturités allant jusqu'à 3 ans, qui sont normalement garantis par nantissement en
espèces (entre 10% et 33% de la valeur du crédit). Les 26 CEC affiliées à la Fédération Le Levier
offrent un service qui permet aux membres de transférer de l'argent entre les différentes entités
affiliées à la fédération.
IMF
Il y a deux groupes d'institutions de Microfinance (IMF): d'une part, il y a un petit nombre d'IMF qui
fonctionnent comme des filiales ou des fenêtres de banques. Ces entités répondent aux besoins des
grandes PME, auxquelles elles accordent des prêts à court terme à des fins diverses. D'autre part, il
existe les IMF (organismes non gouvermentales (ONG), fondations, associations. sociétés
anonymes...) qui fournissent des petits et de micros prêts aux diverses fins de consommation et de
production aux micro-entreprises ainsi qu'aux ménages pauvres et très pauvres, en sus de la
formation et des services éducatifs. Certaines IMF (surtout les ONG) acceptent aussi des dépôts de
leurs membres tout en leur offrant des services de micro-assurance.
En générale, Les IMF ne sont ni réglementées ni supervisées en Haïti. La Banque Centrale a
préparé un projet de loi visant à mettre sur pied le cadre légal et elle aura la responsabilité de la
supervision. Toutefois, pour les banques qui ont un département ou une filiale qui offre des services
de microfinance, elles sont supervisées directement ou indirectement par la BRH.
Sociétés Financiéres de Développement
ll existe deux sociétés financières de développement (SFD) en Haïti qui détiennent 1,85% des actifs
du système financier, et qui fournissent 2,47% du financement total. Leur objectif est de contribuer au
financement des MPME généralement sous desservies par le système bancaire. Les SFD ne peuvent
collecter que des dépôts à terme et recevoir également des subventions des agences de
développement comme la Banque Mondiale, l'USAID et la BEI et les dons de particuliers, ou autres.
Fournisseurs de service de Transferts Internationaux
Les principaux canaux utilisés par les haïtiens de la diaspora pour envoyer des fonds à leurs familles
sont les maisons de transfert qui doivent obligatoirement être enregistrées à la BRH. En outre, les
ressources en provenance de l'étranger sont également envoyées de manière informelle (transfert
transfrontalier d'espèces de main à main) et en nature (sous la forme de biens, notamment
alimentaires) ; néanmoins, ces pratiques sont de plus en plus rares." * La concentration du marché
World Bank Working Paper n. 163. The Canada-Caribbean Remittance Corridor. Fostering Formal Remittances to Haiti
j Stratégie Nationale d'Inclusion Financière - Haiti | 16
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le cas des comptes permettant des transactions plus importantes, est susceptible d'avoir un effet
contraignant sur leur utilisation potentielle. Après une période d'essai plus longue, le nombre d'agents
de téléphones mobiles capables d'effectuer des transactions a crû, pour s'élever aujourd'hui à plus de
1,000 points de service.
Il n'existe aucun cadre spécifique sur la prestation de services bancaires à travers les agents, et bien
que les lignes directrices de 2010 sur la monnaie électronique comprennent des dispositions pour la
prestation de services bancaires via des agents, ces services se limitent à l'ouverture de comptes de
portefeuille électronique, la réalisation de transferts, de retraits et de dépôts, mais le tout, seulement à
travers les comptes de portefeuille électronique. En vertu de la directive sur la monnaie électronique,
les agents ne sont pas autorisés à offrir les services de paiements de factures, les paiements
gouvernementaux, les comptes d'épargne ou de crédit classique et les services financiers novateurs
(par exemple, la micro-assurance ou les micro prêts). À l'heure actuelle, en Haïti, seuls les points de
vente d'opérateurs de téléphonie mobile et les petits détaillants du secteur jouent le rôle d'agents non
bancaires ; les autres chaînes de distribution tels que les supermarchés, les bureaux de poste, et
d'autres prestataires de services financiers comme les coopératives d'épargne et de crédit ou IMF qui
pourraient permettre de toucher les petits détaillants dans les régions éloignées du secteur ne
peuvent pas encore assumer cette fonction.
Assurance
En 2013, 15 assureurs actifs étaient recensés en Haïti (y compris les succursales étrangères). 9
d'entre eux sont des assureurs mixtes ou des assureurs non-vie et les 6 restant sont des assurances
de personnes (c'est-à-dire, assurance vie et assurance santé).
Le segment d'assurance non-vie représente la plus grande part du marché de l'assurance en Haiti,
avec 69% du des primes collectées en 2012. Les fournisseurs d'assurance en Haïti ne sont pas
encore réglementés et les autorités compétentes sont en train de préparer une nouvelle loi devant
être approuvée par le Parlement.
Le taux de pénétration de l'assurance en Haïti est le plus faible dans la région des Caraïbes. Le
montant de prime collectée pour l'année 2012 correspond à 0,49% du PIB, derrière Cuba (0,53%), la
République Dominicaine (1.3%) ou la Jamaïque (4,8%). Alors que certaines institutions ont
commencé à vendre des polices de micro-assurance contre les risques climatiques, des efforts sont
en cours en vue de développer des produits d'assurance agricole.
Progrès à date et défis à venir
Initiatives d’Inclusion Financières Présentes et Passées
Le secteur public et les prestataires de services financiers ont lancé plusieurs initiatives au cours des
dernières années pour améliorer les conditions d'accès aux produits et services financiers de manière
viable et à prix abordable en Haïti. À cet égard, d'importantes mesures ont été prises par la BRH et le
MEF afin d'améliorer l'environnement réglementaire des activités des prestataires de services
J financiers à travers l'élaboration de cadres réglementaires appropriés pour les compagnies
d'assurance, les IMF et les coopératives d'épargne et de crédit (la refonte de la loi sur les CEC).
Stratégie Nationale d’Inclusion Financière - Haïti | 18
ba
o Les faibles niveaux d'éducation formelle et d'alphabétisation qui entravent la capacité
de la population d'Haïti à comprendre et à utiliser les services financiers formels;
o L'absence d'un cadre légal et réglementaire de protection des consommateurs de
services financiers;
o Le haut niveau d'informalité de l'économie haïtienne, en particulier, les MPME, ce qui
peut faire obstacle à leur capacité à accéder aux services financiers, en particulier les
prêts;
o Le manque de coopération de certaines banques dans la communication
d'informations pertinentes au CRS et les problèmes relatifs à la qualité des données
peuvent retarder le fonctionnement efficace des CRS;
o L'incapacité d'un grand nombre d'haïtiens à disposer d'une pièce d'identité, et des
garanties appropriées pour les prêts, particulièrement dans les zones rurales. Selon le
HCR 1.82 millions ‘* d'haïtiens ne disposent pas de document d'identification officielle
et, selon les certaines estimations, un million d'Haïtiens ne disposent pas de certificats
de naissance. Cela limite leur capacité à mener à bien toute transaction avec une
institution financière, y compris l'ouverture de comptes (au-delà des comptes de
portefeuille électronique de base);
o Le problème de l'authenticité des titres de propriété, ce qui décourage une plus grande
utilisation de la terre à titre de garantie, bloquant ainsi des investissements viables et
limitant la demande de crédit.
2. En outre, la stratégie d'inclusion financière devrait aider à établir un cadre approprié pour le
développement de réseaux économiquement soutenables d'agents non-bancaires qui offrent
tous types de services financiers à partir de fournisseurs officiels dans les zones urbaines,
suburbaines et rurales qui ne disposent pas de succursales d'institutions financières.
Considérant les évolutions observées dans d'autres pays où les agents non bancaires ont
contribué de manière significative à accroître la disponibilité des produits et services financiers
offerts par les banques et les autres entités officielles, la règlementation devra être révisée
afin de permettre à ces institutions financières de mobiliser les agents en vue de fournir toutes
sortes de services financiers au-delà de ceux qui sont déjà offerts, comme par exemple,
permettre aux clients d'accéder à leur compte détenu chez les banques et/ou les
coopératives d'épargne et de crédit, permettre aux clients d'ouvrir des comptes bancaires et
de demander des prêts, d'effectuer des transferts de fonds internationaux, de souscrire aux
produits de la micro-assurance, etc. Dans peu de temps, un tel réseau d'agents devra être
interopérable de manière à accroître sa viabilité et intensifier la concurrence entre les
différents prestataires.
3. Elle devrait également aider à :
o Diversifier les produits financiers, en particulier ceux orientés vers les personnes à
faible revenu (par exemple, avec les comptes sans fioritures), les MPME (par exemple,
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' 4 Stratégie Nationale d‘Inclusion Financière - Haiti | 20
0] # e e
Chapitre 3: La Stratégie Nationale
Stratégie Nationale: Groupes Cibles
L'inclusion financière ayant pour but d'augmenter l'accès aux services financiers à toutes les
couches de la population, particulièrement celles jusqu'ici peu ou non-desservies, il est
important de déterminer les différents segments de la population qui seront visés et d’analyser
les contraintes spécifiques auxquelles ils font face. Les groupes visés sont les suivants : les
pauvres, les MPME, les jeunes, les agriculteurs, les femmes, la population vivant aux endroits
reculés, et les travailleurs émigrés. Ces groupes cibles, bien qu'ayant des besoins distincts, ne
sont pour autant pas exclusifs les uns des autres.
Les Pauvres
Selon la Banaue Mondiale, l'extrême pauvreté"? à diminué en Haïti de 31% à 24% de 2000 à
2012”°. Les progrès ont été principalement constatés dans les zones urbaines. En ce qui a trait
au niveau de pauvreté”, il reste toutefois endémique en Haïti et varie largement d'une région à
une autre. En effet, en 2012, le taux de pauvreté s'élevait à environ 59%, indiquant que près de
6,3 millions d'haïtiens ne peuvent répondre à leurs besoins de base. Les régions les plus
pauvres sont celles les plus éloignées de la capitale et les plus isolées. Les départements les
plus pauvres sont géographiquement concentrées dans la région nord du pays (Nord-Est à
79,3%, et Nord-Ouest à 81,6%) et dans la région sud (Grand ‘Anse à 80%). En revanche, Port-
au-Prince, la capitale, possède le taux de pauvreté le plus bas du pays (29,3%), soit 11% du
nombre total des Haïtiens pauvres. L'extrême pauvreté suit le même schéma.
Les besoins financiers fondamentaux de cette population demeurent le lissage de la
consommation et la réduction des risques, à travers des instruments d'épargne, d'assurance,
de transferts, et potentiellement de pensions, en conjugaison avec les programmes
d'assistance sociale initiés par le gouvernement. Cela est particulièrement important étant
donné que les populations les plus pauvres sont les pius enclines à se tourner vers les services
informels, qui peuvent être plus coûteux et plus risqués.
Les Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MPME)
Les MPME constituent Une grande partie de l'économie haïtienne, représentant 80% des
employeurs repartis dans différents secteurs, dont l’agro-industrie, l'artisanat, les vêtements et
textiles, les technologies de la communication, le tourisme et le commerce. Les MPME sont
ls pourcentage de la population vivant au-dessous du seuil national d'extérme pauvreté, c'est-à-dire, avec moins de
42 gourdes par jour.
“0 World Bank Poverty Assessment, à paraître
3 pourcentage de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté national, c'est-à-dire, avec moins de 82
gourdes per jour.
A
il Stratégie Nationale d'Inclusion Financière - Haiti | 22
Les Jeunes
Selon les données d’ECHV de 2001, parmi les 1.6 millions de jeunes haïtiens âgés de 15 à 24
ans, seulement 13 % sont satisfaits de leur niveau de vie. Plus de la moitié de ceux qui ont 20
ans n'ont pas terminé leurs études secondaires et près de la moitié de la population active
jeune est au chômage. Dans le cadre de cette stratégie, il s'avère important de proposer aux
jeunes des produits et services tels les prêts à l'éducation, les produits de micro — assurances
et les produits de capital risque pour les porteurs de projet.
Les Personnes Vivant dans les Endroits Reculés
Les personnes vivant dans les endroits reculés du pays évoluent en général dans des zones
non-développées, qu'elles soient rurales ou urbaines. La majeure partie de ces populations n’a
pas encore accès aux services financiers de base comme les facilités de paiements, l'épargne
financière sans oublier les facilités de crédit du système financier formel. Cependant, la
pénétration de la téléphonie mobile en Haïti dépasse les 4 millions de clients, ce qui offre une
opportunité unique de bancariser les exclus du système traditionnel et leur permettre d'accéder,
à moindre coûts, aux produits et services financiers. Ces services pourraient inclure les dépôts,
les prêts, les transferts de fonds nationaux ou internationaux ou même les assurances.
Les Travailleurs Migrants et leurs Familles
Selon un rapport de la BRH, 1,1 million d’ haïtiens ont reçu un volume de transferts important
de la diaspora de 1.8 milliard de dollars en 2013. Vu l'importance des transferts vers Haïti, des
services de transfert rapide, facilement accessibles et à bon prix sont nécessaires pour les
travailleurs émigrés et leurs familles, particulièrement les services qui facilitent l'investissement
dans l'immobilier ou l'éducation.
Stratégie Nationale : Opportunités
A la lumière des défis et enjeux indiqués au Chapitre 2, les opportunités suivantes ont été
identifiées :
e Le développement de nouveaux produits et services financiers ainsi que l'exploitation de
nouvelles technologies de prét permettraient aux institutions financiéres d’augmenter leur
part de marché tout en contribuant au bien-étre de leurs clients: aidant les ménages a lisser
leur consommation et permettant aux MPME de tirer parti des opportunités pour se
développer et améliorer leur performance économique.
e L'adoption de mesures visant à :
o mieux identifier les individus, ce qui permettrait aux fournisseurs de services
financiers de réduire les risques d'aléa moral, en particulier grâce à l'utilisation de
données biométriques pour identifier les clients (Know Your Customer),
o suivre l'histoire financière des MPME par l'établissement d'un bureau de crédit et
d’un cadre légal et réglementaire sur les opérations de garanties,
o à améliorer les conditions de délivrance de titres fonciers à des fins
commerciales ou de financement du logement.
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Suivi et Évaluation
Ces cinq piliers visent à améliorer la disponibilité, l'accessibilité et la qualité des services
financiers fournis aux groupes cibles susmentionnés. Plus précisément, il s'agit :
e Pilier 1 - Services financiers pour faciliter l'inclusion et la réduction de la pauvreté -
de favoriser la prestation de services financiers destinés aux particuliers et aux ménages à
faible revenu, y compris des produits d'épargne et de crédit, des paiements de
gouvernement aux particuliers, des transferts, des micro-assurances et des micro-pensions.
e Pilier 2 - Crédit pour la croissance économique - d'encourager le développement du
financement des MPME, du financement agricole, et du financement du logement, y
| compris des instruments d'assurance pour aider à gérer les risques.
e Pilier 3- Services financiers de proximité — d'améliorer l'accès aux services financiers
par le développement de réseaux d'agents non bancaires, de la monnaie électronique et de
la finance digitale.
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infrastructures Institutions de CECs et des IMF Le Levier, BRH
Microfinance
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financière
Infrastructure de Utilisation d'identifications | BRH, secteur
soutien biométriques nationales financier,
(KYC) Ministère de la
Justice
et Evaluation données et de suivi de
l'inclusion financière
Stratégie Nationale: Suivi et évaluation
Les objectifs et engagements pour l'inclusion financière nécessitent un cadre de suivi et
d'évaluation pour apprécier les progrès et fournir une rétroaction en temps réel, de sorte que les
politiques, les mesures réglementaires ou autres puissent être ajustées et de nouvelles actions
ajoutées si besoin est, afin de s'assurer que la mise en œuvre de la Stratégie Nationale
d'inclusion financière soit sur la bonne voie.
Pour que le cadre de S & E soit utilisé et opérationnalisé avec succès, plusieurs éléments
identifiés comme essentiels à travers l'expérience mondiale sont considérés. Ceux-ci
comprennent:
a. Les cibles pour les objectifs prioritaires définis dans la Stratégie Nationale, ainsi que
des indicateurs clés de performance (KPI) avec des responsabilités claires pour les
agences d’implémentation, et des repères provisoires, à définir en collaboration avec
le secteur financier. Le secteur privé devrait donc participer à la définition des indicateurs
et prendre la responsabilité de les atteindre (par exemple à travers des associations
regroupées au sein du secteur)
b. La collecte et l’agrégation de données: La responsabilité principale de la collecte de
données incombe aux agences d'exécution ou de contrôle. Le leadership de la Banque
centrale et le large champ d'action du Ministère de l'Economie et des Finances peuvent
faciliter l'agrégation et la communication des données avec la participation de l'Institut
Haïtien de Statistiques et d'Informatique et d'autres ministères. Un cadre de suivi et
d'évaluation sera mis en place dans le cadre d'une structure de suivi et de coordination (voir
le point c. ci-dessous)
c. Le suivi et la coordination entre les organismes responsables : Ce rôle sera assumé
par une structure de gouvernance officielle qui devrait avoir les ressources nécessaires pour
assurer une collecte en bonne et due forme des données, l'analyse, la surveillance, ainsi
que l'évaluation sporadique des initiatives clés du plan d'action de la Stratégie nationale
ld Stratégie Nationale d’Inclusion Financière - Haiti | 28
l
Stratégie Nationale: Cadre de gouvernance
Rôles et responsabilités des acteurs clés
Pour aller de l'avant, la mise en œuvre de la Stratégie nationale nécessitera une collaboration
étroite entre plusieurs groupes d'intervenants, chacun avec un ensemble de rôles et
responsabilités principales:
e Les régulateurs du secteur financier (BRH et MEF):
o Mener des études, des diagnostics et des évaluations afin de mieux guider les
futures réformes;
o Elaborer et proposer des lois visant à améliorer le cadre juridique pour la prestation
efficiente de services financiers et garantissant la protection adéquate des
consommateurs;
o Réviser les règlements et les politiques actuels du secteur financier qui entravent
l'inclusion financière;
o Élaborer de nouveaux règlements et politiques pour le secteur financier en appui à
l'inclusion financière:
o Promouvoir une offre de services financiers diversifiée, concurrentielle et inclusive
(en collaboration avec le secteur);
o Renforcer les capacités de surveillance et de contrôle pour veiller à la bonne
application des lois et règlements;
o Développer un cadre de collecte de données et de suivi pour l'inclusion financière
(avec le soutien de l'IHSI);
o Élaborer et mettre en œuvre des programmes d'éducation financière (avec d'autres
ministères, le secteur et d’autres acteurs).
e Autres ministères (notamment le Ministère de l'Éducation, le Ministère de la Santé, le
Ministère de l'Agriculture, le Ministère des Affaires Sociales et le Ministère de la
Justice):
o Coordonner les activités de prestation de services ou d'autres programmes à travers
le système financier formel, profitant des efforts visant à élargir le réseau de points
de service et à contribuer à sa viabilité;
o laborer et mettre en œuvre des programmes d'éducation financière en coordination
avec les régulateurs du secteur financier, le secteur et d'autres acteurs.
o Veiller au strict respect de la protection des consommateurs de services financiers.
Renforcer la confiance dans le système judiciaire grâce à des mécanismes de
résolution des conflits transparents, efficaces et rapides
e Parlement
o Réviser, discuter et approuver, le cas échéant, les différentes initiatives législatives
soumises par les régulateurs du secteur financier.
e L'industrie des services financiers
o Etendre le réseau de points de service;
| o Mettre en place une offre diversifiée, compétitive et inclusive des services financiers:
3
Li Stratégie Nationale d’Inclusion Financière - Haïti | 30
projet, il serait stratégique de confier la présidence de ce comité aux plus hautes instances de
l'Etat. En effet, une telle initiative est l'affaire de tous les secteurs de la vie nationale et sa
réussite nécessite une vision politique, un engagement ferme et une appropriation au plus haut
sommet de l'Etat qui devra l'inclure dans un plan global de développement pour Haïti et inciter
les autres acteurs à s'y adjoindre.
|
| Stratégie Nationale d’Inclusion Financière - Haiti | 32
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Commission Présidentielle (3 membres Coordonne les activités du groupe de travail ;
nommés par le Président de la République) S’assure du suivi des statistiques et de l'atteinte
des objectifs chiffrés établis ; S'assure de la
sortie régulière d’un rapport sur l'état
d'avancement de la Stratégie ; S'assure de la
vulgarisation du concept « Inclusion Financière »
auprès de la population et de son intégration
dans les grands projets de l'Etat
Gouverneur de la BRH S’assure de la stabilité du système financier, du
développement et de l'intégrité des systèmes de
paiement
Ministre de l'Economie et des Finances S'assure que l'inclusion financière rentre dans le
cadre du plan stratégique de développement
économique du gouvernement et assure ia
| liaison avec l'Institut Haïtien de Statistiques et
d'Informatique
Ministre du Commerce Assure la protection des consommateurs et un
cadre propice au développement du monde des
affaires dans le contexte de l'inclusion financière
Président de la commission Finance du Sénat | Assure le suivi des propositions de lois pouvant
favoriser l'inclusion financière au niveau du Sénat
Président de la commission Finance de la Assure le suivi des propositions de lois pouvant
Chambre des Députés favoriser l'inclusion financière au niveau de la
Chambre des Députés
Ministre de l'Intérieur Coordonne les activités relatives à l'identification
des citoyens (ID national, ID biométrique...)
Président de l'Association Professionnelle S’assure de l'harmonisation de la vision du
des Banques gouvernement avec les intérêts du secteur
bancaire et aussi de l'implication de ce dernier
dans la mise en œuvre et la réussite de la
Stratégie
Représentant du secteur des Coopératives S’assure de l'harmonisation de la vision du
gouvernement avec les intérêts du secteur des
Coopératives et aussi de l'implication de ce
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