Évaluation du secteur électrique d'Haïti
- EDH détient le monopole de l'approvisionnement national mais ne dessert qu'environ 20 à 40 pour cent de la population, et pratiquement personne n'a un service continu sans groupe électrogène de secours.
- Les pertes techniques et commerciales font qu'EDH n'encaisse de recettes que sur environ 20 pour cent de l'électricité vendue, d'où une demande croissante de subventions sur un budget national tendu.
- Trois producteurs indépendants, Sogener, E-Power et Haytrac, assurent désormais la majorité de la production, mais EDH est leur unique acheteur : le paiement dépend de garanties d'agences internationales.
- La création du régulateur ANARSE est un pas positif, même si les réformes antérieures soutenues par l'international ont donné peu de résultats.
- Les données sur le secteur sont rares, de qualité incertaine et souvent contradictoires, ce qui limite toute évaluation, y compris celle-ci.
L'Institute of Sustainable Energy de Boston University passe en revue l'information publiquement disponible sur le secteur électrique haïtien, complétée par des entretiens ciblés, et l'organise autour des trois types d'acteurs exploitant des réseaux multi-clients. Électricité d'Haïti, l'entreprise publique verticalement intégrée née de la nationalisation du secteur en 1971, est décrite comme en grande difficulté sur le plan opérationnel comme financier : chargée de l'approvisionnement national, elle ne dessert qu'environ 20 à 40 pour cent de la population, et pratiquement personne ne dispose d'un service continu sans groupe électrogène de secours.
Du fait de pertes techniques et commerciales, EDH n'encaisse de recettes que sur environ 20 pour cent de l'électricité qu'elle vend, ce qui la rend tributaire de subventions croissantes prélevées sur un budget déjà tendu. La mise en place du régulateur ANARSE est jugée positive, mais tempérée par le bilan des tentatives de réforme antérieures, restées largement sans effet. Trois producteurs indépendants, Sogener, E-Power et Haytrac, assurent désormais la majorité de la production, mais n'ont qu'un seul acheteur, EDH, et dépendent donc de garanties internationales pour être payés.
Un troisième chapitre traite des mini-réseaux indépendants desservant des communautés hors du réseau d'EDH. Le rapport énonce clairement ses limites : aucun entretien n'a été mené avec EDH, avec l'État haïtien, ni avec le gouvernement des États-Unis ou d'autres agences multilatérales, et les auteurs préviennent que les données sur le secteur sont rares, de qualité incertaine et souvent contradictoires.
Comment citer
Boston University, 2018, Évaluation du secteur électrique d'Haïti, https://www.bu.edu/igs/files/2018/03/FINAL-Haiti-Electricity-Report-March-2018.pdf