(2023-06) Situation des droits de l'homme : Principales tendances, Rapport trimestriel (avril - juin 2023)
Resume — Ce rapport trimestriel détaille la situation des droits de l'homme en Haïti d'avril à juin 2023, soulignant une augmentation de 14% des victimes de violence par rapport au trimestre précédent. Il couvre l'escalade de la violence des gangs, le mouvement de justice populaire 'Bwa Kalé', et l'utilisation continue de la violence sexuelle et du recrutement d'enfants par les gangs. Le rapport aborde également le système judiciaire dysfonctionnel et les efforts de lutte contre l'impunité.
Constats Cles
- Le nombre de victimes de meurtres, blessures et enlèvements a augmenté de 14% (1 860 cas) par rapport au trimestre précédent.
- Le mouvement "Bwa Kalé" a entraîné le lynchage d'au moins 238 membres présumés de gangs.
- La violence des gangs, y compris la violence sexuelle et le recrutement d'enfants, a continué de se propager, notamment dans l'Ouest et l'Artibonite.
- Le système judiciaire est resté largement dysfonctionnel, malgré quelques progrès dans la certification des juges et la poursuite de la corruption.
- Les prisons haïtiennes souffrent d'un surpeuplement extrême (331% d'occupation) et de taux élevés de détention provisoire (85%), entraînant des décès par malnutrition.
Description Complete
Ce rapport trimestriel du Service des droits de l'homme (HRS) du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) offre un aperçu complet de la situation des droits de l'homme en Haïti entre avril et juin 2023. Il révèle une augmentation significative de 14% des victimes de meurtres, de blessures et d'enlèvements par rapport au trimestre précédent, totalisant 1 860 cas. Le rapport détaille l'impact omniprésent de la violence des gangs, en particulier dans les départements de l'Ouest et de l'Artibonite, où la violence sexuelle, y compris le viol et l'esclavage sexuel, est utilisée comme arme, et le recrutement d'enfants par les gangs reste une grave préoccupation.
Une tendance majeure soulignée est le mouvement de justice populaire 'Bwa Kalé', qui a conduit au lynchage d'au moins 238 membres présumés de gangs. Le document examine également les défis au sein du système judiciaire haïtien, y compris la corruption et l'ingérence politique, malgré quelques avancées positives comme la certification des juges et la poursuite de hauts fonctionnaires. Il aborde les conditions déplorables dans les prisons haïtiennes, avec 85% des détenus en détention provisoire et un taux d'occupation de 331%, entraînant de nombreux décès dus à la malnutrition. Le rapport se termine par des recommandations à la communauté internationale et au gouvernement haïtien, exhortant à soutenir la sécurité, la réforme de la justice et les services sociaux, et appelant au déploiement d'une force internationale spécialisée pour assister la Police Nationale Haïtienne.