(2011) Better Work Haïti: industrie de l’habillement 3ème rapport de synthèse semestriel dans le cadre de la loi HOPE II
Resume — Ce rapport est le troisième rapport semestriel du programme Better Work Haïti dans le cadre de la législation HOPE II. Il décrit les efforts des usines de l'habillement pour améliorer la conformité aux normes internationales et nationales du travail, basé sur les évaluations de conformité (troisièmes visites) menées entre juin et septembre 2011. Il met en évidence les améliorations et les domaines de non-conformité persistants, notamment en matière de santé et sécurité au travail et de temps de travail.
Constats Cles
- La non-conformité en matière de Santé et Sécurité au Travail (SST) et de Temps de Travail reste élevée dans les usines.
- Des améliorations significatives ont été observées dans la résolution des problèmes de discrimination liés au recrutement, ainsi que dans la conformité aux normes sur le travail des enfants et le travail forcé.
- La conformité au salaire minimum reste un défi majeur, avec 91% des 23 usines évaluées non-conformes concernant les objectifs de production pour les travailleurs à la pièce.
- La liberté d'association est limitée par le manque d'accès des syndicats aux usines et des allégations d'ingérence ou de discrimination.
- Vingt usines sur vingt-trois ne respectent pas la pause journalière de 90 minutes prescrite par le Code du travail.
Description Complete
Ce troisième rapport semestriel de Better Work Haïti, rédigé le 16 octobre 2011, évalue les efforts des usines de l'habillement pour se conformer aux normes fondamentales internationales et à la législation nationale du travail, dans le cadre de la loi HOPE II. Il présente les résultats des troisièmes évaluations de conformité menées entre juin et septembre 2011, comparant les progrès avec les cycles précédents. Le rapport détaille la méthodologie d'évaluation de Better Work, qui couvre huit catégories de normes du travail, dont quatre fondamentales (travail des enfants, discrimination, travail forcé, liberté d'association) et quatre liées à la législation nationale (rémunération, contrats, SST, temps de travail).
Les résultats montrent des améliorations significatives dans plusieurs domaines, notamment la résolution des problèmes de discrimination liés au recrutement et une meilleure conformité concernant le travail des enfants et le travail forcé. Cependant, des défis persistent, principalement dans les catégories de Santé et Sécurité au Travail (SST) et de Temps de Travail, où les taux de non-conformité restent élevés. Le rapport souligne également les efforts de Better Work Haïti en matière de services conseils et de formations, axés sur la SST, les compétences managériales et la gestion des ressources humaines, ainsi que la mise en place de comités consultatifs pour l'amélioration de la performance. Des préoccupations sont soulevées concernant la liberté d'association et le respect du salaire minimum.
Texte Integral du Document
Texte extrait du document original pour l'indexation.
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Better Work Haïti: industrie de l’habillement
3ème rapport de synthèse semestriel dans le
cadre de la loi HOPE II
Rédigé le 16 octobre 2011
Better Work Haiti est soutenu par le Département du travail des
États-Unis
Des fonds pour les activités additionnelles proviennent du
Programme Ressources humaines et Développement des
compétences Canada
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Remerciements
Better Work reçoit le soutien financier du Département du travail des États -Unis. Des fonds pour les
activités additionnelles proviennent du Programme Ressources humaines et Développement des
compétences Canada.
Le programme international Better Work est financé par les organisations suivantes :
1. Le gouvernement australien
2. Le ministère fédéral pour la coopération et le développement économique, Allemagne
3. La société financière internationale (fonds provenant de IrishAid et The Walt D isney Compa-
ny)
4. Le gouvernement des Pays-Bas
5. Le secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO)
6. Financements de la United States Council Foundation, Inc. Grâce aux contributions de plu-
sieurs entreprises sélectionnées membres de la Fondation USCIB
Cette publication ne reflète pas nécessairement les vues ou la politique des organisations et agences
précédemment citées ; la mention de marques, de produits commerciaux ou d'organisations ne signi-
fie pas que ceux-ci approuvent le contenu du document.
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Table des matières
Remerciements ............................................................................................................................ 2
Liste des acronymes ..................................................................................................................... 5
Section I : Introduction et méthodologie ....................................................................................... 6
1.1 Structure du rapport ..................................................................................................................... 6
1.2. Contexte ....................................................................................................................................... 6
1.3. La méthodologie d'évaluation de la conformité de Better Work ................................................ 8
Section II : résultats .................................................................................................................... 11
2.1. Résultats des évaluations de conformité (troisièmes visites d'évaluation) ............................... 11
2.2 Effort de conformité .................................................................................................................... 13
2.3. Résultats détaillés....................................................................................................................... 16
1. Normes fondamentales du travail ......................................................................................... 16
2. Conditions de travail ............................................................................................................. 18
Section III : les prestations de services conseils et de formation de Better Work Haïti .................. 25
3.1 Les prestations de services conseils de Better Work Haïti .................................................... 25
3.2 Formations en usine de Better Work Haïti ............................................................................ 25
Section IV : prochaines étapes .................................................................................................... 27
Section V : détails des informations par usine ............................................................................. 30
5.1 Liste des usines ............................................................................................................................ 30
5.2 Résultats des usines .................................................................................................................... 31
Annexe 1. Exigences de reporting de la législation HOPE II ........................................................ 110
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Liste des tableaux
Tableau 1 : cadre d’évaluation de la conformité de Better Work .................................................... 9
Tableau 2 : nombre de travailleurs dans les usines inscrites au programme Better Work Haïti ...... 32
Tableau 3 : liste des usines…………………………………………………………………………………………………………3 2
Informations détaillées 1 : sécurité sociale et autres avantages ........................................................ 19
Informations détaillées 2 : contrats d’embauche ................................................................................ 19
Informations détaillées 3 : services de santé et premiers soins .......................................................... 20
Informations détaillées 4 : protection des travailleurs ....................................................................... 21
Informations détaillées 5 : installations collectives ............................................................................ 21
Informations détaillées 6 : préparation aux urgences ........................................................................ 22
Informations détaillées 7 : heures régulières ...................................................................................... 23
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Liste des acronymes
PC Point de conformité
CTMO-HOPE Commission Tripartite de Mise en œuvre de la loi HOPE
EA Economic Advisor (conseiller d’entreprise)
HELP Haiti Economic Lift Programme (Programme pour améliorer l'économie en Haïti)
HOPE Haitian Hemispheric Opportunity Through Partnership Encouragement (Loi sur les
opportunités hémisphériques d’Haïti par l'encouragement au partenariat)
MoLSA Ministry of Labour and Social Affairs (Ministère du T ravail et des Affaires Sociales)
OFATMA Office d’Assurance de Travail, de Maladie et de Maternité
ONA Office Nationale d’Assurance vieillesse
SST Santé et sécurité au travail
CCAP Comité Consultatif pour l’Amélioration de la Performance
EPP Équipement personnel de protection
TAICNAR Technical Assistance Improvement and Compliance Needs Assessment and Remedia-
tion (amélioration de l’assistance technique et évaluation et appui pour la mise en
place de mesures correctives en matière de conformité)
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Section I : Introduction et méthodologie
1.1 Structure du rapport
Ce rapport est le troisième rapport élaboré par le programme Better Work Haïti dans le cadre de la
législation HOPE II. Il a pour but de décrire les efforts qu’ont accomplis les usines parti cipant au pro-
gramme Better Work, depuis la publication le 16 octobre 2010 du premier rapport semestriel dans le
cadre de la législation HOPE II. Il présente les efforts fournis en vue d’améliorer la conformité aux
normes fondamentales internationales du travail ainsi qu'à la législation nationale du travail.
La première partie de ce rapport présente un aperçu de la législation HOPE et les origines du pro-
gramme Better Work en Haïti. Cette partie décrit également la méthodologie de Better Work, ainsi
que les rapports produits dans le cadre du programme Better Work et de la législation HOPE.
La deuxième partie du rapport fait ressortir les résultats des évaluations de conformité provenant de
la troisième série d'évaluations d’ usine ayant eu lieu entre juin et septembre 2011. Cette partie pré-
sente également l'effort de conformité, en décrivant les changements en matière de conformité
entre le cycle précédent d’évaluation et le cycle en cours.
La troisième partie du rapport décrit les prestations de service conseil et de formation offerts par
Better Work Haïti entre avril et octobre 2011.
La quatrième partie du rapport souligne les priorités du programme Better Work Haïti pour les mois
à venir.
Enfin, la dernière partie du rapport décrit les efforts effectués par les usines pour remédier aux b e-
soins de conformité identifiés dans les évaluations de conformité de Better Work Haïti. Comme exigé
par la législation HOPE II, les informations suivantes sont fournies pour chaque usine participante :
les besoins en conformité pour chaque catégorie de conformité et pour chaque point de conformité,
les priorités en matière d’amélioration, les efforts mis en œuvre par l’usine afin de remédier aux be-
soins de conformité et vérifiés lors de la troisième visite d’évaluation, et enfin, concernant les do-
maines de non-conformité qui n’ont pas été corrigés, le temps écoulé depuis le premier rapport pu-
blic.
1.2. Contexte
La législation HOPE II et le projet TAICNAR
Le Congrès des États -Unis a introduit la loi HOPE II en 2008 pour permettre à l'industrie haïtienne du
textile et de l'habillement de bénéficier du régime de franchise douanière, et pour mettre en place
un nouveau programme de renforcement et de suivi des conditions de travail dans le secteur textile
et de l’habillement.
La loi HOPE II permet l’entrée en franchise de droits pour un nombre limité de vêtements importés
d'Haïti vers les États -Unis, si 50% de la valeur des intrants et/ou des coûts de transformation des
vêtements sont originaires d’Haïti, des États-Unis ou d’un autre pays bénéficiant d’un accord de libre
échange avec les États -Unis. Ce pourcentage passe à 55% la quatrième année de la mise en œuvre de
la loi HOPE II, et à 60% la cinquième année.
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Pour bénéficier de la loi HOPE II, Haïti a du établir un Médiateur indépendant (Ombudsman) nommé
par le Président de la République en consultation avec le secteur privé et les organisations syndicales.
Haïti devait de plus travailler avec le Bureau international du Travail (BIT) afin de développer un pro-
gramme destiné à évaluer et promouvoir la conformité aux normes internationales du travail et à la
législation nationale du travail dans les usines bénéficiant des tarifs préférentiels de HOPE II. La légi-
slation fait référence à ce programme appelé Technical Assistance Improvement and Compliance
Needs Assessment and Remediation Programme, ou TAICNAR selon l'acronyme anglais. Enfin, Haïti
devait développer un système pour garantir la participation de tous les producteurs bénéficiant des
tarifs préférentiels de HOPE II au programme TAICNAR.
Le programme TAICNAR est composé de deux éléments. Le premier consiste en un accompagnement
technique qui a pour but de renforcer les structures légales et administratives pour améliorer la con-
formité de l’industrie. L’ampleur de cet accompagnement est vaste, et englobe l’assistance technique
du BIT pour la révision de la législation et des règlementations nationales du travail en vue de les
rendre conformes aux normes fondamentales , une sensibilisation accrue sur les droits des travail-
leurs, la formation des inspecteurs du travail, des officiers judiciaires et autres officiels du gouverne-
ment. Le deuxième élément du programme TAICNAR se concentre sur l’évaluation de la conformité
aux normes fondamentales du travail et à la législation nationale du travail ; pour ce faire, le pro-
gramme soutient les efforts de remédiation et publie des rapports sur les progrès de chaque usine
inscrite dans le registre du Médiateur du Travail.
En vue d’encourager la conformité aux normes fondamentales du travail et à la législation nationale
du travail, la loi précise que le traitement préférentiel peut être refusé aux producteurs qui ne font
pas suffisamment d’efforts pour se mettre en conformité avec les normes fondamentales du travail
et la législation nationale du travail.
Better Work Haïti met en œuvre le programme TAICNAR en collaboration avec la Commission HOPE
II, une commission présidentielle tripartite composée de trois membres du gouvernement haïtien, de
trois membres provenant du secteur privé, et de trois membres provenant des organisations de tra-
vailleurs. Cette commission est supervisée par un président, et pilotée par un directeur exécutif et un
consultant. Depuis août 2011, la Commission Hope agit comme comité consultatif du projet de Bet-
ter Work Haïti.
Il n’existe à l’heure actuelle aucun facteur externe restreignant la mise en œuvre du programme Bet-
ter Work Haïti. Toutefois, depuis l'élection de Michel Joseph Martelly en avril 2011 suite à la prés i-
dentielle de novembre 2010, aucun nouveau gouvernement n'a été créé. Cette situation, tout en ne
compromettant pas la mise en œuvre du programme Better Work Haïti, la ralentit néanmoins car le
Ministère du Travail et des Affaires Sociales ne présente ni vision claire, ni leadership.
Liberté d’association dans l’industrie de l’habillement haïtienne
Le 15 septembre 2011, un groupe de travailleurs de l’industrie du vêtement en Haïti a créé un nou-
veau syndicat, SOTA, avec le soutien de Batay Ouvriye, une organisation syndicale locale qui se bat
pour les droits et la protection des travailleurs ainsi que pour la justice sociale. Batay Ouvriye appor-
tait déjà son soutien à sa filiale SOKOWA dans l’usine CODEVI, qui jusqu’à récemment constituait le
seul syndicat du secteur de l’habillement en Haïti. Au cours de la semaine du 26 septembre, six
membres du Secrétariat exécutif de SOTA, qui étaient également des travailleurs à temps plein, ont
été licenciés dans trois usines différentes de Port- au-Prince.
Cette situation inquiète vivement Better Work, qui suit les événements de près. Better Work est
conscient du besoin de garder une porte ouverte pour permettre le dialogue avec toutes les parties.
Better Work va par conséquent organiser des visites d’observation dans les usines impliquées afin de
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mieux comprendre la situation. Étant donné l’importance de l’industrie du vêtement dans l’économie
globale du pays, il est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes de résoudre ces conflits rapide-
ment et de manière équitable ; il est également important pour tous que le droit national et les
normes fondamentales touchant à la liberté syndicale soient à l’avenir respectés par toutes les par-
ties.
1.3. La méthodologie d'évaluation de la conformité de Better Work
Le cadre d’évaluation de la conformité de Better Work
Le programme Better Work évalue la conformité des usines aux normes fondamentales internati o-
nales du travail et à la législation nationale du travail. Après les évaluations, un rapport détaillé est
partagé avec l'usine ; celui- ci présente les résultats dans les huit catégories de normes du travail, une
moitié étant consacrée aux normes internationales et l’autre à la législation nationale.
Les normes fondamentales du travail : adoptée en 1998, la Déclaration de l’OIT sur les Droits et Prin-
cipes Fondamentaux au Travail incite les É tats membres à respecter et à promouvoir les principes et
les droits dans quatre grandes catégories, qu’ils aient ratifié ou non les Conventions pertinentes. Ces
catégories sont : la liberté d’association et la négociation collective, l’élimination du travail forcé
obligatoire, l’abolition du travail des enfants et l’élimination de la discrimination en matière d’emploi
et de profession. Les conventions dont est issue la Déclaration de 1998 sont les conventions 29, 87,
98, 105, 100, 111, 138, 182, et constituent la référence pour évaluer la conformité des usines vis-à-
vis des droits fondamentaux, pour tous les programmes Better Work mis en œuvre dans différents
pays.
La législation nationale du travail : les quatre catégories restantes évaluent la conformité aux normes
édictées par la législation nationale du travail, et varient donc d’un pays à l’autre. Ces catégories re-
groupent la rémunération, les contrats et les ressources humaines, la santé et la sécurité au travail, et la durée du temps de travail.
Chacune des huit catégories se divise en des composantes clés, appelées points de conformité. Ces
sous-catégories thématiques restent les mêmes pour les évaluations dans tous les programmes pays.
Cependant, chaque point de conformité comporte des questions spécifiques, qui peuvent varier d’un
pays à l’autre. La liste détaillée des points de conformité pour chacune des catégories est indiquée
dans le tableau 1 .
L’outil d’évaluation de la conformité comporte des notes d’orientation internes qui précisent la norme juridique applicable pour l’évaluation de la conformité. Dans les cas où les normes juridiques
n’apportent pas de clarifications suffisantes pour permettre l’évaluation de la conformité, des lignes directrices internes ont été développées afin de garantir la cohérence des décisions de conformité.
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Tableau 1 : Le cadre d’évaluation de la conformité de Better Work
Catégories de conformité Points de conformité
Normes fond amentales du travail
1
Travail des enfants
1. Enfants travailleurs
2. Pires formes
3. Travail dangereux
4. Documentation et protection des jeunes travailleurs
2
Discrimination
5. Race et origines
6. Religion et opinions politiques
7. Genre
8. Autres discriminants
3
Travail forcé
9. Coercition
10. Travail non rémunéré
11. Travail forcé et heures supplémentaires
12. Travail en prison
4
Liberté d’association et négocia-
tion collective
13. Actions des syndicats
14. Interférence et discrimination
15. Négociation collective
16. Grèves
Conditions de travail
5
Rémunération
17. Salaires minimum
18. Rémunération des heures supplémentaires
19. Salaire majoré
20. Mode de paiement
21. Information sur les salaires, utilisation et déduction
22. Congés payés
23. Sécurité sociale et autres avantages
6
Contrats et ressources humaines
24. Contrats de travail
25. Licenciement
26. Discipline et conflits
27. Procédures contractuelles
7
Santé et sécurité au travail
28. Systèmes de gestion de la SST
29. Produits chimiques et substances dangereuses
30. Protection des travailleurs
31. Environnement de travail
32. Services médicaux et premiers soins
33. Installations collectives
34. Hébergement des travailleurs
35. Préparation aux urgences
8
Temps de travail
36. Heures régulières
37. Heures supplémentaires
38. Congés
Évaluer la non- conformité
Dans les rapports synthèse qui sont publiés, Better Work donne des résultats agrégés de non-
conformité pour l'industrie participante, comme illustré sur dans le tableau 1. Les besoins en con-
formité sont présentés pour chacune des sous-catégories (points de conformité, PC) des huit grandes
catégories de normes du travail. Une usine qui est en non-conformité sur n'importe lequel des as-
pects d'une sous-catégorie est jugée en non-conformité dans cette sous-catégorie. En ce qui con-
cerne les chiffres présentés dans les rapports synthèse, par exemple, un taux de non-conformité de
100% signifie que toutes les usines participantes ont enregistré au moins une infraction dans ce do-
maine.
Le taux de non-conformité ne permet pas à lui seul de décrire entièrement les problèmes spécifiques
observés par les conseillers d'entreprise durant les évaluations. Des tableaux présentant les résultats
de non-conformité plus détaillés sont également présentés dans la Section II (voir les tableaux avec
les informations détaillées). Ces tableaux permettent aux lecteurs de pleinement apprécier les enjeux
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spécifiques en matière de conformité identifiés lors des évaluations des usines. Dans la section « In-
formations détaillées », les tableaux présentent le nombre d'usines qui sont en non-conformité pour
chaque question surlignée.
Better Work ajuste occasionnellement l’approche utilisée pour évaluer les problèmes couverts dans
l’outil d’évaluation de la conformité. Ces ajustements sont généralement réalisés dans le but de tra i-
ter les problèmes soulevés lors des consultations avec les experts du BIT, ou lors des discussions avec
les parties prenantes, notamment le Ministère du Travail et des Affaires Sociales. Certains des chan-
gements dans les niveaux de non-conformité de ce rapport résultent de ces ajustements de l'ap-
proche. Ces cas sont clairement identifiés dans le texte de ce rapport.
Publication des rapports Better Work
Le programme Better Work publie des rapports transparents et équitables . Dans chaque pays qui
participe au programme Better Work, des rapports de synthèse à l’échelle de l’industrie sont prépa-
rés sur la base des rapports d’évaluation individuels des usines, et sont publiés deux fois par an.
L’expérience montre que ces publications encouragent l’amélioration continue et réduisent les
risques de pertes des acquis en matière de conformité. Collecter et rapporter ces données au fil du
temps permettront aux usines de prouver leur détermination à améliorer les conditions de travail.
Le premier rapport de synthèse de Better Work Haïti a été publié en juillet 2010. Il présente des in-
formations de conformité agrégées provenant des évaluations usines que le programme a organisé
entre octobre et décembre 2009. Better Work a publié un deuxième rapport en octobre 2010, qui
répondait aux exigences de la législation HOPE II (voir SEC 15403 (D), Rapport semestriel sur la légi-
slation HOPE II, annexe 1). Better Work a publié un troisième rapport en avril 2011, qui répondait aux
exigences de la législation HOPE II mentionnées plus haut.
Le présent rapport ainsi que tous les rapports à venir comprennent à la fois les données consolidées
de conformité de l’industrie ainsi qu’ une analyse détaillée au niveau des usines des besoins en co n-
formité, mais également les priori tés de remédiation identifiées par les usines et les efforts concrets
visant à remédier aux besoins de conformité.
1
1
Les rapports produits dans le cadre de la législation HOPE II présentent deux différences avec les autres rapports produits
par Better Work : ils comprennent (1) les noms des usines et les informations de conformité issues de la première évalua-
tion (les programmes Better Work dans les autres pays nomment les usines après 1 année d’engagement et 2 évaluations );
et (2) présentent des informations plus détaillées sur les besoins en conformité et les efforts de remédiation.
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Section II : résultats
2.1. Résultats des évaluations de conformité (troisièmes visites d'évaluation)
Résultats de non- conformité
Le tableau 1 présente les résultats de non-conformité pour les 23 usines évaluées en Haïti ; il montre
à la fois les taux de non-conformité et le nombre d’usines en non-conformité entre parenthèses. De
nombreuses améliorations ont été entreprises pour gérer les problèmes spécifiques qui avaient été
soulevés lors du deuxième rapport semestriel d'avril 2011. Celles-ci sont illustrées dans le tableau 2
qui démontre l'effort de conformité, c'est- à-dire le changement dans les taux de conformité entre la
dernière visite d'évaluation et la visite actuelle. Les tableaux individuels par usine de la Section V
montrent également les changements importants ayant eu lieu entre temps.
Il est important de souligner que certains domaines restent très difficiles à évaluer et à vérifier de
manière indépendante. Les points suivants sont particulièrement pertinents dans le contexte haïtien.
Premièrement, il est difficile d’ identifier le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Des comporte-
ments indésirables à caractère sexuel peuvent ne pas être perçus comme du harcèlement sexuel par
les travailleuses, et par conséquent ne pas être signalés . De même, les perceptions culturelles de la
sexualité peuvent influencer la manière dont le harcèlement sexuel est identifié. Enfin , étant donné
le caractère sensible du problème, les travailleuses victimes de harcèlement sexuel sont souvent
réticentes à en faire part, par crainte de stigmatisation ou de représailles.
Deuxièmement, l’ évaluation de la liberté d’association comporte des limitations. Le respect de la
liberté syndicale ne se mesure pas par la présence ou l’absence de syndicats dans l’usine. De fait, un
travailleur peut avoir la liberté d’adhérer à un syndicat, et choisir de ne pas le faire. En Haïti cepen-
dant, le manque d’accès qu’ont les organisations syndicales aux usines peut limiter le droit des tra-
vailleurs à rejoindre un syndicat. Better Work a également connaissance d’ allégations d’ingérence ou
de discrimination à l’encontre des travailleurs souhaitant créer un syndicat dans des usines de vête-
ments, rapportées par des organisations syndicales nationales et internationales tout comme par des
ONG haïtiennes. Better Work est déterminé à travailler avec les parties prenantes pour développer
un environnement propice à l’exercice de la liberté syndicale.
La non-conformité mise à jour par les évaluations de Better Work Haïti reste concentrée dans les
catégories Santé et sécurité au travail (SST), et Temps de travail.
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Tableau 1 : taux de non- conformité
3
87% (20)
43% (10)
91% (21)
87% (20)
96% (22)
100% (23)
74% (17)
96% (22)
96% (22)
52% (12)
87% (20)
13% (3)
91% (21)
4% (1)
4% (1)
57% (13)
9% (2)
4% (1)
4% (1)
4% (1)
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Congé
Heures régulières
Préparation aux urgences
Systèmes de gestion de la SST
Hébergement des travailleurs
Environnement de travail
Discipline et conflits
Licenciement
Salaire minimum
Congé payé
Sécurité sociale et autres avantages
Négotiation collective
Grèves
Travail non rémunéré
Travail forcé et heures supplémentaires
Genre
Religion et opinion politique
Documentation et protection des jeunes travailleurs
Pires formes
Temps
de
travail
Santé et sécurité au
travail
Contrats et ressources humaines
Rémunération
Liberté
d'associatio
n et
négotiation
collective
Travail
forcé
Discrimi
nation
Travail des
enfants
Non-compliance rates
3 une usine qui est en non- conformité sur n'importe lequel des aspects d'une sous-catégorie est jugée en non-conformité dans cette sous-catégorie.
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2.2 Effort de conformité
Le graphique 2 montre l’effort de conformité pendant la période couverte par le présent ra p-
port, c’est-à-dire les changements en en matière de non-conformité exprimés en point de pour-
centage pour chaque point de conformité (PC) entre le dernier rapport de synthèse rendu public
en avril dernier et l e présent rapport
2
. L'effort de conformité ne s’applique qu’aux usines ins-
crites au programme Better Work Haïti pour les deux périodes de couvertes par les rapports .
Un effort de conformité positif indique une amélioration de la conformité. Un effort de confor-
mité de 0% indique qu’il n’y a eu aucun changement concernant la non-conformité. Un résultat
négatif signifie que la non-conformité a augmenté.
Comme illustré dans le graphique 2, on note des améliorations importantes entre les secondes
et troisièmes séries de visites d’évaluation de Better Work Haïti. On note en particulier que tous
les problèmes de discrimination précédemment identifiés, qui se rapportaient principalement
aux supports de recrutement, ont été résolus ; on ne trouve plus de non-conformité pour cette
catégorie. Ce résultat ne signifie pas forcément qu’il n’y a pas de cas de discrimination liés au
genre, comme par exemple des cas de harcèlement sexuel non signalé s ; comme expliqué plus
haut dans ce rapport, ce point est très sensible et difficile à évaluer. On note également des
améliorations concernant d'autres normes fondamentales comme le travail des enfants et le
travail forcé.
Better Work Haïti reste concentré sur la SST, et les conseillers d’ entreprise ont été formés pré a-
lablement à la période couverte par ce rapport, afin d’évaluer plus efficacement les problèmes
de SST et les systèmes de SST dans les usines. Les systèmes de gestion de la SST ont enregistré
de meilleurs taux de conformité suite aux conseils donnés aux usines concern ant la mise en
place de politiques écrites de SST et la création de comités SST. On note également un effort de
conformité positif dans le domaine des installa tions collectives ; les efforts des usines se sont
concentrés sur la réparation des toilettes défe ctueuses, ainsi que sur la création d'espaces de
restauration permettant d'accueillir tous les travailleurs (et notamment l'introduction d'un rou-
lement des pauses déjeuner quand l'espace repas était trop petit pour recevoir tous les travail-
leurs en même temps). Ces deux sujets ont été spécifiquement abordés lors des comités consul-
tatifs sur la SST que les conseillers ont animés dans les usines. Dans le domaine de la protection
des travailleurs, malgré les efforts importants engagés par les usines pour fournir des équip e-
ments personnels de protection et qui ont été très bien accueillis par les travailleurs, les taux de
non-conformité ont augmenté. Tous les travailleurs n’ont pas reçu un équipement, et bon
nombre d’entre eux n’ont pas été formés à son utilisation.
Pour avancer, Better Work va se concentrer sur la mise en œuvre d’une communication efficace
travailleurs-direction pour aider à conduire le processus de changement, la conformité dans le
2
Il faut noter que l’effort de conformité étant un indicateur agrégé pour toutes les usines ayant été évaluées au
moins deux fois par Better Work Haïti, il est sensible aux changements simultanés dans le cadre de la non- conformité.
Par exemple, si une usine passe de l’état non conforme à l’état conforme et que dans le même temps une usine qui
n’avait pas de résultat de non- conformité est maintenant en non- conformité sur le même PC, les deux usines présen-
teront un résultat inchangé dans l’effort de conformité.
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domaine de la SST ne pouvant très souvent provenir que d’un travail commun entre les travail-
leurs et la direction. Un élément clé de cet effort sera la mise en place de comités consultatifs
pour l’amélioration de la performance (CCAP) ; il s’agit de comités consultatifs au niveau de
l’entreprise dont les objectifs sont (1) d’aider l’entreprise à se conformer au droit du travail
haïtien et aux normes internationales fondamentales du travail, et (2) d’améliorer la coopéra-
tion au travail. Ces comités sont composés à parts égales de représentants des travailleurs et de
la direction, et représentent la principale entité avec qui Better Work Haïti travaille avec les
usines participantes sur les activités d’amélioration. Pour des informations détaillées sur la for-
mation des CCAP en Haïti, veuillez consulter la section 3 .1 Prestations de services co nseils de
Better Work Haïti.
En matière de rémunération, les points suivants sont à noter :
• Salaire minimum : la non-conformité a augmenté de 35%. Ce changement dans la non-
conformité s’explique dans certains cas par l ’évaluation de Better Work Haïti, qui consi-
dère que les changements fréquents de type de vêtements à fabriquer ne constituent
plus une justification pour les travailleurs ne gagnant pas au moins 250 Gourdes par jour
sur la base de leur rémunération à la pièce. De plus, le niveau du salaire minimum ayant
augmenté peu avant la deuxième série d’évaluations (octobre 2010), Better Work Haïti
avait alors toléré une certaine souplesse dans l'évaluation du nombre de travailleurs at-
teignant l'objectif de production. Le niveau de 250 Gourdes étant entré en vigueur de-
puis près d’un an lors de la troisième série de visites d’évaluation, Better Work Haïti a
abandonné cette approche.
• Congés payés : ce PC enregistre un effort de conformité très important de 48%. Ce ré-
sultat s’explique cependant essentiellement par le s changements apportés aux lignes di-
rectrices de Better Work Haïti pour évaluer le paiement adéquat des travailleuses pen-
dant les pauses consacrées à l'allaitement. Si ce point était auparavant évalué dans le PC
Congés payés, il se retrouve maintenant sous le PC Congés, dans la catégorie Temps de
travail (qui enregistre d'ailleurs un changement négatif de conformité de - 78%).
• Sécurité sociale et autres avantages : de même, l’effort de conformité positif (43%) est
le résultat de changements apporté aux lignes directrices d’évaluation de Better Work
Haïti. Dans le rapport précédent, Better Work avait trouvé tous les employeurs en non-
conformité dans le domaine des contributions au système d'assurance maternité et ma-
ladie de l’OFATMA. Cependant, le système d’assurance ne fonctionnant pas totalement,
le présent rapport de Better Work Haïti juge la conformité sur ce point en regardant si
les employeurs collectent, font suivre et règlent les contributions pour les travailleurs
qui ont expressément demandé de s’inscrire au programme volontaire d'assurance ma-
ternité. Cela explique la chute du taux de non-conformité.
- 15 -
Graphique 2 : effort de conformité
3%
22%
4%
17%
4%
-4%
-35%
48%
43%
35%
4%
13%
30%
-13%
26%
4%
-4%
-26%
-78%
57%
9%
-100%
-80%
-60%
-40%
-20%
0%
20%
40%
60%
80%
Enfants travailleurs
Documentation et protection des jeunes
…
Travail dangereux
Pires formes
Genre
Race et origine
Religion et opinion politique
Travail non rémunéré
Coercition
Travail forcé et heures supplémentaires
Travail en prison
Négotiation collective
Interférence et discrimination
Grèves
Actions des syndicats
Mode de paiement
Salaire minimum
Rémunération des heures supplémentaires
Congé payé
Salaire majoré
Sécurité sociale et autres avantages
Information sur les salaires, utilisation et déduction
Procédures contractuelles
Discipline et conflits
Contrats de travail
Licenciement
Produits chimiques et substances dangereuses
Préparation aux urgences
Services médicaux et premiers soins
Systèmes de gestion de la SST
Installations collectives
Hébergement des travailleurs
Protection des travailleurs
Environnement de travail
Congé
Heures supplémentaires
Heures régulières
Travail des enfantsDiscriminationTravail forcé Liberté
d'association et
négotiation
collective
Rémunération Contrats et
ressources
humaines
Santé et sécurité au travailTemps de
travail
*
les colonnes plus claires représentent un effort de conformité qui est partiellement ou entièrement dû aux changements apportés aux lignes directrices d'évaluation de Better Work
- 16 -
2.3. Résultats détaillés
1. Normes fondamentales du travail
A. TRAVAIL DES ENFANTS
Il y a un résultat de non-conformité dans cette catégorie, qui touche les points Documentation et
Protection des jeunes travailleurs. Une usine n’a pas de système suffisamment solide permettant de
vérifier l’âge des travailleurs avant leur embauche.
B. DISCRIMINATION
On ne trouve pas de résultat de non-conformité dans cette catégorie. Tous les problèmes touchant à
la discrimination, en particulier dans les supports de recrutement, qui avaient été identifiés dans les
rapports de synthèses précédents, ont été traités et résolus. Ceci étant, il se peut qu’il y ait encore
des cas de discrimination, notamment lié au genre et de harcèlement sexuel. Better Work s’engage à
ce que ces problèmes, s’ils existent, soient signalés. Il existe cependant plusieurs obstacles à cela ,
comme la difficulté à identifier le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, la non -signalisation du
harcèlement par les travailleuses par peur de stigmatisation, de représailles, ou par manque de sen-
sibilisation au problème, ou encore les différentes perceptions culturelles de la sexualité qui peuvent
influencer la manière dont le harcèlement sexuel est identifié.
C. TRAVAIL FORCÉ
On ne trouve pas de résultats de non-conformité dans cette catégorie. Les cas de contraintes rappor-
tés dans le précédent rapport ont été rapidement traités suite aux recommandations pressantes de
Better Work Haïti d'agir immédiatement. Les conseillers d’entreprise effectuent un suivi pour
s’assurer du maintien à long terme des actions de remédiation.
D. LIBERTÉ D’ASSOCIATION ET NÉGOCIATION COLLECTIVE
Dans la catégorie liberté d’association et négociation collective, il existe deux résultats de non-
conformité. Le premier résultat concerne la négociation collective. Dans l’industrie du vêtement
haïtienne, seule une usine, CODEVI, possède une convention collective. Un extrait de la convention
collective
3
prévoit des heures de travail journalières de 6:30 à 11:00 et de 11:45 à 16:30, du lundi au
vendredi. Par conséquent, conformément à la convention collective, le temps de travail normal est
de 9.25 heures par jour, cinq jours par semaine, soit un total de 46.25 heures par semaine. La jour-
née de travail de 9.25 heures va à l’encontre de l’article 96 du Code du travail haïtien, qui limite la
journée de travail à 8 heures par jour.
3
La convention collective n’a pas été examinée d’un point de vue juridique par le gouvernement d’Haïti. Suite à
l’évaluation, Better Work Haïti a discuté des problèmes liés à la convention collective avec l’usine dans le cadre des presta-
tions de services conseils. La direction a expliqué que l’usine appliquerait la convention collective de manière à être en
accord avec la législation du travail, en payant au taux des heures supplémentaires toutes les heures travaillées au- delà des
heures régulières de travail spécifiées par la législation. Better Work va continuer à se concentrer sur cette question lors de
ses prestations de services conseils, ainsi que pour l’évaluation à venir.
- 17 -
Concernant le point de conformité Grèves, on trouve un résultat de non-conformité touchant un
employeur qui a puni des travailleurs pour avoir pris part à une grève. Dans cette usine, une grève
s’est déroulée en mai 2011. Cette grève a été considérée comme illégale dans le cadre du droit du
travail haïtien car elle a duré plus d’une heure, il n’y a pas eu de préavis de 48 heures, et certains
participants à la grève ont jeté des cailloux sur les fenêtres de l’usine. Certaines des dispositions qui
rendent cette grève illégale ne sont pas conformes aux normes internationales du travail. Suite à
cette grève, quelque 140 travailleurs ont été licenciés. La grève a duré 12 jours. Bien que présents,
les fonctionnaires de polic e ne sont pas intervenus, pas plus qu’ils n’ont stoppé la grève. Les travail-
leurs concernés ont entamé une procédure de recours juridique. Better Work va suivre de près
l’évolution de la situation.
Même si le rapport ne mentionne pas de résultats de non -conformité sous la section Actions des
syndicats, Better Work Haïti constate des difficultés très importantes liées au droit des travailleurs à
former, à rejoindre et à participer librement à des syndicats indépendants dans l'industrie du vête-
ment en Haïti. Les conseillers d’entreprise ont exploré cette catégorie de manière approfondie avec
les travailleurs, pour essayer de comprendre pourquoi les usines de Port-au-Prince n'ont pas de syn-
dicat. En fonction de l’âge des travailleurs, les raisons derrière ce manque de syndicalisation sem-
blent différentes. D’un côté, bon nombre de jeunes travailleurs expliquent qu’ils connaissent mal le
syndicalisme, et qu’ils ne voient pas de valeur ajoutée à rejoindre un syndicat. Les travailleurs plus
âgés se souviennent des violences et des pertes d’emploi massives du début des années 90, quand
les relations professionnelles étaient très tendues en Haïti, et ne souhaitent pas revivre cette pé-
riode.
En l’absence de représentants syndicaux dans les usines, il semble que les travailleurs aient identifié
d’autres manières de communiquer leur mécontentement à la direction , comme par exemple en
ralentissant les activités de production, en stoppant brièvement la production et en scandant leurs
revendications d’une même voix, ou en désignant un ou plusieurs travailleurs pour transmettre leurs
revendications. On voit donc que dans de nombreux cas, les travailleurs sont prêts à mener des ac-
tions collectives, et ont mis en place des mécanismes ponctuels permettant de résoudre les pro-
blèmes. Les propriétaires des usines ont mis en place des mécanismes visant à encourager une meil-
leure communication dans les usin es pour soulever questions et problèmes. De plus, Better Work
Haïti n'a pas identifié de preuve dé montrant des représailles de la part des employeurs suite à une
action collective. Néanmoins, des inquiétudes existent quant aux relations entre direction et travail-
leurs, qui ne traiteraient pas suffisamment l es revendications des travailleurs, et qui pourraient servir
à surveiller les activités des travailleurs.
Dans la base de données du BIT , aucune plainte n’a été portée auprès d u comité de liberté syndicale
de l’OIT depuis 2004. Le dernier cas touchant des travailleurs qui voulaient s'organiser dans l'indus-
trie du vêtement en Haïti remonte à 1999, et a depuis été classé.
Lors des premières visites d’évaluation de Better Work Haïti, aucun résultat de non-conformité n’a
été noté sous le PC Action des syndicats, faisant référence à l’accès des syndicats aux usines. Dans le
cadre des politiques adoptées pendant les grèves générales d’août 2009 sur le salaire minimum, les
autorités de SANOPI ont exigé que toutes les personnes soient munies d’un badge pour entrer dans
la zone. Better Work Haïti a tout d’abord estimé cette mesure indûment restrictive. De nouvelles
consultations de la politique de SANOPI avec des experts du BIT ont clarifié le fait que ces disposi-
tions ne violaient pas, telles que, les conventions internationales concernant la liberté d’association.
Selon les normes internationales, les usines et les autorités de SANOPI ne peuvent pas raisonnable-
ment empêcher les représentants syndicaux d’accéder aux lieux de travail sur lesquels le syndicat a
des membres. Cependant, s’il n’y a pas de membres du syndicat sur le lieu de travail, l’accès peut
donner lieu à des restrictions plus importantes. Better Work Haïti n’a pas de preuve de non-
conformité concernant l’accès des syndicats dans les dernières visites d’évaluation.
- 18 -
2. Conditions de travail
E. RÉMUNERATION
Dans la catégorie Rémunération, les résultats de non-conformité se concentrent sur les points de
conformité Salaire minimum, et Sécurité sociale et autres avantages.
Vingt-et-une usines sur 23 (91%) ne sont pas en conformité sur le point Salaires minimum. Tous les
problèmes de conformité sont liés à la fixation de la cible de production pour les travailleurs à la
pièce. Cette évaluation fait suite à l’interprétation officielle de la loi donnée en juillet 2010 par la
Commission présidentielle tripartite concernant la mise en œuvre de la législation HOPE (CTMO-
HOPE), qui stipule que si la rémunération à la pièce doit être calculé e de manière à ce que les ou-
vriers puissent gagner 200 gourdes par jour, le salaire minimum officiel pour ces travailleurs ne pou-
vait pas être inférieur à 125 gourdes, ces chiffres devant passer respectivement à 250 et 150 gourdes
après le 1er octobre 2010. CTMO-HOPE avait de plus précisé que la cible de production était fixée
pour les travailleurs employés pour au moins trois mois et pour ceux qui utilisaient le même équipe-
ment pendant au moins trois mois.
Voici comment Better Work a mis en œuvre cette interprétation de la loi : tout d’abord, les usines
sont évaluées pour voir si tous les travailleurs à temps plein (y compris les ouvriers à la pièce mais
sans inclure les apprentis) gagnent un minimum de 150 gourdes par jour (depuis octobre 2010). En-
suite, Better Work procède à une évaluation des cibles de production pour s’assurer qu’elles permet-
tent aux travailleurs de gagner au moins 250 gourdes dans une journée de huit heures (à compter
d’octobre 2010). Le personnel de Better Work Haïti a de plus fait une estimation du pourcentage de
salariés gagnant au moins 250 gourdes par jour. Cette proportion est calculée une fois soustraites les
personnes embauchées récemment, ou qui sont récemment passées sur de nouvelles machines (de-
puis 3 mois ou moins).
Sur les 2 1 usines présentant des problèmes de conformité relatifs aux cibles de production, 22% des
ouvriers atteignent leur cible et gagnent au moins 250 gourdes par jour pour des heures de travail
ordinaires. Ces résultats sont en amélioration par rapport au dernier rapport où 12% des travailleurs
avaient réussi à atteindre leurs objectifs.
Les deuxièmes visites d’évaluation de Better Work Haïti se sont déroulées en octobre 2010 ou peu
après, ce qui représentait le moment fixé pour la hausse à 250 gourdes du salaire minimum pour les
ouvriers payés à la pièce. Les usines qui ont été évaluées juste après la période instaurant la hausse
du salaire versaient toujours l’ancien salaire minimum de 200 gourdes, et ont été notées en confor-
mité. Les usines qui n ’avaient pas actualisé le salaire minimum à 250 gourdes sur la période qui a
suivi sont notées en non-conformité dans le dernier cycle de visites.
Dans le PC Rémunération des heures supplémentaires, les 4% de non-conformité sont principale-
ment dus à la négociation collective en vigueur dans une usine, CODEVI. À cause des dispositions
prévues dans l’accord collectif, l’employeur n’a pas rémunéré les travailleurs 50% au-dessus de leur
salaire normal toutes les heures supplémentaires normalement effectuées . La non-conformité dans
ce PC s’explique également par le fait que les travailleurs de cette u sine ont fait des heures supplé-
mentaires le samedi afin d’atteindre leur quota de production hebdomadaire. Les travailleurs ne sont
pas rémunérés pour les heures effectuées le samedi ; ils sont rémunérés en fonction du quota de
production qu'ils n’ ont pas réussi à atteindre pendant la semaine.
Les 4% de non-conformité dans le PC Congés payés s’expliquent par le fait qu’ une usine l’employeur
n'a pas rémunéré correctement les jours de repos hebdomadaires des travailleurs.
- 19 -
Dans le PC Sécurité sociale et autres avantages, 13 usines ne sont pas en conformité. Ce point est
développé plus en détails dans le tableau Informations détaillées ci-dessous :
Informations détaillées 1 : Sécurité sociale et autres avantages Questions Nombre d’usine en
non-conformité
L’employeur collecte-t-il auprès de tous les travailleurs les contributions obligatoires de
sécurité sociale pour l’ONA ?
7
L’employeur transmet-il les contributions des travailleurs à l’ONA ? 9
L’employeur verse-t-il à l’ONA la contribution employeur obligatoire ? 11
L’employeur transmet-il les contributions des travailleurs à l’OFATMA ? 0
L’employeur collecte-t-il auprès de tous les travailleurs les contributions obligatoires
pour l’OFATMA ?
0
L’employeur verse-t-il 3% du salaire de base des travailleurs à l'OFATMA pour
l’assurance pour accidents professionnels ?
5
L’employeur verse-t-il 3% du salaire de base des travailleurs à l'OFATMA pour
l’assurance maternité et maladie ?
0
L’employeur paie-t-il aux travailleurs leur supplément de salaire annuel ou leur bonus ? 1
Comme noté précédemment , les questions concernant les contributions auprès de l’OFATMA ont
changé dans les évaluations. Le Code du travail exige que les employeurs collectent, transmettent et
versent des contributions à l’OFATMA pour les assurances maternité et maladie. Better Work Haïti
évaluait auparavant les usines en se basant sur ce principe. Cependant, comme il n'y a pas à l'heure
actuelle en Haïti de système d'assurance maladie qui fonctionne, et comme les travailleuses souscri-
vent à l’assurance maternité sur une base volontaire, Better Work Haïti a revu ses lignes directrices
pour les évaluations, et détermine la conformité à ce point si l'employeur collecte, transfère et verse
des contributions pour les travailleuses qui ont demandé à souscrire au programme d'assurance ma-
ternité. D’une manière générale, les travailleuses ne savent pas qu’elles peuvent souscrire à ce pro-
gramme d’assurance maternité, et les employeurs ne collectent, ne transfèrent et ne versent donc
pas de contribution à l'OFATMA. Better Work conseille actuellement les employeurs pour les inciter à
informer les travailleuses sur les avantages du système d’assurance maternité volontaire. Si ces pro-
grammes d’assurances venaient à fonctionner complètement, Better Work adapterait son évaluation
en fonction.
Deux usines ont des résultats de non-conformité sur des questions a u sein du PC Informations sur les
salaires, utilisation et déduction ; dans les deux cas, les usines tenaien t deux registres.
F. CONTRATS ET RESSOURCES HUMAINES
Le taux le plus élevé de non-conformité dans la catégorie Contrats et ressources humaines concerne
les contrats de travail ; 20 usines sur 23 enregistrent des besoins de conformité sur au moins une des
questions (taux de non-conformité moyen de 87%). Le tableau Informations détaillées explore ce PC
plus en détails :
Informations détaillées 2 : Contrats de travail
Questions Nombre d’usine en
non-conformité
Les contrats sont-ils conformes au Code du travail, à la convention collective et aux
règles internes ?
12
Les contrats de travail précisent-ils les termes et les conditions de travail ? 2
Les règlements intérieurs sont-ils conformes aux prescriptions légales ? 17
- 20 -
Est-ce que les travailleurs comprennent les termes et conditions du contrat de tra-
vail ?
2
Est-ce que tous ceux qui travaillent pour l'entreprise, tant sur les lieux qu’à domicile,
ont un contrat ?
0
Dans 17 usines, le règlement intérieur n’était pas conforme aux prescriptions légales. Dans ces
usines, le règlement intérieur stipule que la pause déjeuner est inférieure ou égale à une heure, et il
n’y a pas de disposition concernant les pauses du matin ou de l’après-midi. Cela n’est pas conforme
au Code du travail, qui stipule une pause journalière de 90 minutes. Le règlement intérieur peut pré-
voir une pause journalière différente sous deux conditions : les travailleurs sont consultés et donnent
leur accord pour modifier la période de pause quotidienne, et le changement est approuvé par le
MoLSA. Dans la plupart des usines en non-conformité, le MoLSA a donné son accord sur le règlement
intérieur, mais aucune preuve de la consultation des travailleurs n’a été apportée aux conseillers
d’entreprise suite à leur demande. Dans douze usines, les contrats n’étaient pas en conformité avec
le Code du travail ou avec le règlement intérieur de l’usine.
G. SANTÉ ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL
Toutes les usines évaluées sont en non-conformité sur au moins une des questions concernant le PC
Services médicaux et premier soins, et 22 usines sur 23 sont en non-conformité sur les points Protec-
tion des travailleurs, Installations collectives et Préparation aux urgences. Chacun de ces PC sont
détaillés dans les tableaux Informations détaillées suivants :
Informations détaillées 3 : Services médicaux et premiers soins
Questions Nombre d’usine
en non -
conformité
Les travailleurs qui ont été exposés à des risques avérés liés au travail ont-ils eu des visites
médicales gratuites ?
13
Les travailleurs ont-ils une visite médicale dans les trois mois qui suivent leur embauche,
ainsi que des contrôles médicaux annuels ?
21
L’employeur informe-t-il les travailleuses enceintes ou allaitantes des risques de sécurité et
de santé ?
0
L’entreprise a-t-elle une infirmerie et du personnel médical sur place ? 22
L’employeur s’est-il assuré qu'il y a suffisamment de boîtes de premiers soins facilement
accessibles sur le lieu de travail ?
4
L’employeur a-t-il formé des travailleurs aux premiers soins ? 17
Vingt-deux usines sur vingt-trois n’ont pas le nombre requis d'infirmiers ou de visites médicales heb-
domadaires ou ne disposent pas d’un médecin sur place comme le demande le Code du travail. De
plus dans 21 usines, les travailleurs n’ont subi ni examen médical dans les trois mois de leur em-
bauche, ni contrôle médical annuel. Cette situation se retrouve également dans d es usines ayant
souscrit à une assurance médicale privée. De plus, 13 usines ont été évaluées en non-conformité
avec l'obligation de faire passer aux travailleurs exposés à des dangers liés à leur travail des contrôles médicaux gratuits, même si conformément aux dispositions juridiques, les travailleurs exposés à des
risques professionnels ont droit à deux examens médicaux par an.
[... middle sections omitted for long document ...]
107
Catégorie de conformi-
té
Point de conformité 1
ère
évaluation
2ème
évaluation
Remédiations prioritaires identifiées
par l’usine
Efforts entreprise pour remédier aux besoins en
conformité
Temps
écoulé
coercition
Travail forcé et heures
supplémentaires
Travail en prison
4 Liberté d’association et
négociation collective
Négociation collective
Interférence et discrimi-
nation
Grèves
Actions des syndicats
5 Rémunération Mode de paiement
Salaires minimum
i
6 mois
Rémunération des
heures supplémentaires
Congés payés
Salaire majoré
Sécurité sociale et
autres avantages
Information sur les
salaires, utilisation et
déduction
6 Contrats et ressources
humaines
Procédures contrac-
tuelles
Discipline et conflits
Contrats de travail
Revoir le règlement intérieur. Le règlement intérieur a été corrigé afin de
prendre en compte l’accord passé avec les travail-
leurs concernant une pause d'une heure.
6 mois
Licenciement Inclure le motif du licenciement dans
le dossier des travailleurs licenciés.
Permettre aux travailleurs de se dé-
L’usine avertit les travailleurs, et leur donne
l’occasion de se défendre avant leur licenciement.
Un nouveau formulaire stipule le motif du licen-
108
Catégorie de conformi-
té
Point de conformité 1
ère
évaluation
2ème
évaluation
Remédiations prioritaires identifiées
par l’usine
Efforts entreprise pour remédier aux besoins en
conformité
Temps
écoulé
fendre avant leur licenciement, et leur
donner un préavis de licenciement
convenable.
ciement.
7 Santé et sécurité au
travail
Produits chimiques et
substances dangereuses
Tenir à jour un inventaire de tous les
produits chimiques dans l’usine.
Entreposer convenablement tous les
produits chimiques.
Fournir des masques, gants et lunettes
aux travailleurs qui utilisent des pro-
duits chimiques.
Installer des douches oculaires dans
les endroits où les produits chimiques
sont utilisés et entreposés.
Former les travailleurs à l'utilisation
des équipements personnels de pr o-
tection.
L’usine dispose d’un inventaire des produits chi-
miques.
Les produits chimiques sont convenablement
entreposés.
Les travailleurs qui utilisent des produits chi-
miques ont des masques.
Il y a maintenant des douches oculaires dans les
zones de détachage. Cependant, la zone de stoc-
kage des produits chimiques et le département de
la découpe n’ont toujours pas d’équipements pour
le nettoyage des yeux.
Les RH ont formé les travailleurs à l'utilisation des
masques.
6 mois
Préparation aux ur-
gences
Signaliser convenablement toutes les
voies d’évacuation.
Les voies d’évacuation sont correctement signali-
sées.
6 mois
Services médicaux et
premiers soins
Organiser des contrôles médicaux
pour tous les travailleurs.
Lors de l’événement de SST organisé par Better
Work, de nombreux travailleurs ont pu passer des contrôles médicaux gratuits réalisés par l’OFATMA
ou le CPFO. Cependant, l’usine ne propose tou-
jours pas de contrôles médicaux réguliers et gra-
tuits.
6 mois
Systèmes de gestion de
la SST
Rédiger une politique SST et
assurer la coopération entre les tra-
vailleurs et la direction sur les ques-
tions de SST.
Organiser une évaluation générale de
la SST dans l’usine.
L’usine a rédigé une politique de SST et établi un
comité SST et des sous- comités.
Les nouveaux membres du comité SST ont organi-
sé une évaluation générale avec l'aide des conseil-
lers d'entreprise de Better Work.
109
Catégorie de conformi-
té
Point de conformité 1
ère
évaluation
2ème
évaluation
Remédiations prioritaires identifiées
par l’usine
Efforts entreprise pour remédier aux besoins en
conformité
Temps
écoulé
Installations collectives 6 mois
Hébergement des tra-
vailleurs
Environnement de tra-
vail
Protection des travail-
leurs
Fournir des masques adéquats aux
personnes en charge du détachage.
Installer des protections oculaires sur
les machines.
Former les travailleurs à l'utilisation
des équipements personnels de pro-
tection et à l'utilisation des protections
sur les machines.
Les personnes en charge du nettoyage ont des
masques.
Certaines machines n’ont toujours pas de protec-
tions oculaires.
Les personnes en charge du détachage ont été formées afin d’utiliser les masques fournis. Il reste
cependant toujours à organiser la formation à
l’utilisation des protections oculaires.
6 mois
8 Temps de travail congés
Heures supplémentaires
Heures régulières Accorder des pauses journalières
conformément à la législation.
Donner des pauses pour allaitement.
La direction a recherché un accord avec les travail-
leurs sur la pause d’une heure.
L’usine a mis en place une politique pour les
femmes enceintes, et les travailleuses ont accès à
des informations concernant les pauses pour
allaitement.
110
Annexe 1. Exigences de reporting de la législation HOPE II
SEC. 15403. LABOUR OMBUDSMAN AND TECHNICAL ASSISTANCE IMPROVEMENT AND COMPLIANCE NEEDS A S-
SESSMENT AND REMEDIATION PROGRAM.
[...] (D) BIANNUAL REPORT. —The biannual reports referred to in subparagraph (C)(i) are a report, by the entity oper-
ating the TAICNAR Program, that is published (and available to the public in a readily accessible manner) on a biannual
basis, beginning 6 months after Haiti implements the TAICNAR Program under this paragraph, covering the preceding
6-month period, and that includes the following:
(i) The name of each producer listed in the registry described in paragraph (2)(B)(i) that has been identified as having
met the conditions under subparagraph (B).
(ii) The name of each producer listed in the registry described in paragraph (2)(B)(i) that has been identified as having
deficiencies with respect to the conditions under subparagraph (B), and has failed to remedy such deficiencies.
(iii) For each producer listed under clause (ii) —
(I) a description of the deficiencies found to exist and the specific suggestions for remediating such deficiencies made
by the entity operating the TAICNAR Program;
(II) a description of the efforts by the producer to remediate the deficiencies, including a description of assistance
provided by any entity to assist in such remediation; and
(III) with respect to deficiencies that have not been remediated, the amount of time that has elapsed since the defi-
ciencies were first identified in a report under this subparagraph.
(iv) For each producer identified as having deficiencies with respect to the conditions described under subparagraph
(B) in a prior report under this subparagraph, a description of the progress made in remediating such deficiencies
since the submission of the prior report, and an assessment of whether any aspect of such deficiencies persists. [...]
111
i
Notes de fin
i
Les deuxièmes visites d’évaluation de Better Work Haïti se sont déroulées en octobre 2010 ou peu après, ce
qui représentait le moment fixé pour la hausse à 250 gourdes du salaire minimum pour les ouvriers à la pièce.
Certaines usines qui ont été évaluées juste après la période instaurant la hausse du salaire versaient toujours
l’ancien salaire minimum de 200 gourdes, et ont été notées en conformité. Les usines qui n’avaient pas actua-
lisé le salaire minimum à 250 gourdes sur la période qui a suivi sont notées en non-conformité dans le dernier
cycle de visites.
ii
Les questions concernant les contributions auprès de l’OFATMA ont changé dans les évaluations. Le Code du
travail exige que les employeurs collectent, transmettent et versent des contributions à l’OFATMA pour les
assurances maternité et maladie. Better Work Haïti évaluait auparavant les usines en se basant sur ce principe.
Cependant, comme il n'y a pas à l'heure actuelle en Haïti de système d'assurance maladie qui fonctionne, et
comme les travailleuses souscrivent à l’assurance maternité sur une base volontaire , Better Work Haïti a revu
ses lignes directrices pour les évaluation s, et détermine la conformité à ce point si l'employeur collecte, trans-
fère et verse des contributions pour les travailleuses qui ont demandé à souscrire au programme d'assurance
maternité . D’une manière générale, les travailleuses ne savent pas qu’elles peuvent souscrire à ce programme
d’assurance maternité, et les employeurs ne collectent, ne transfèrent et ne versent donc pas de contributions
à l'OFATMA. Better Work conseille actuellement les employeurs pour les inciter à informer les travailleuses sur
les avantages du système d’assurance maternité volontaire. Si ces programmes d’assurances venaient à fonc-
tionner complètement, Better Work adapterait son approche en fonction.