(2019) Rapò sou Gwoup Diskisyon Konsantre sou Transfè Lajan
Rezime — Rapò sa a rezime rezilta gwoup diskisyon konsantre nan depatman Sid Ayiti konsènan pratik remèt lajan yo. Etid la, ki fè pati Inisyativ Greenback la, eksplore eksperyans ak resevwa ak voye lajan, itilizasyon sèvis finansye, ak estrateji pou jere depans ak ijans pami Ayisyen ki gen revni fèb.
Dekouve Enpotan
- Konsomatè yo jeneralman okouran de pri yo ak kalite sèvis finansye yo.
- Remèt entènasyonal yo soti prensipalman nan Etazini ak Kanada.
- Mon Cash se sèvis ki pi itilize pou transfè domestik yo.
- Remèt yo jwe yon wòl enpòtan nan byennèt ak devlopman ekonomik popilasyon an.
- Gen feblès nan kalite sèvis ak transparans enfòmasyon.
Deskripsyon Konple
Rapò sa a prezante rezilta diskisyon gwoup konsantre yo te fè nan depatman Sid Ayiti kòm yon pati nan Inisyativ Greenback la. Inisyativ la vize amelyore efikasite mache remèt lajan an epi redwi pri transfè entènasyonal ak domestik yo. Gwoup diskisyon yo te eksplore eksperyans Ayisyen yo ak resevwa ak voye lajan, itilizasyon sèvis finansye, ak estrateji pou ekonomi ak jere ijans. Diskisyon yo te revele apèsi sou aktivite ekonomik patisipan yo, aksè yo nan sèvis finansye, ak pèsepsyon yo sou pri ak transparans sèvis transfè lajan yo. Rapò a mete aksan sou feblès nan planifikasyon finansye ak pratik envestisman patisipan yo tou.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Rapport des groupes
de discussion sur les
transferts de fonds
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Cette publication a été préparée avec le soutien de l’Initiative FIRST de réforme et de renforcement du secteur
financier, gérée par la Banque mondiale.
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Table des matiéres | I
Remerciements......................................................................................................................................................III
Léxique terminologique.........................................................................................................................................V
Résumé exécutif...................................................................................................................................................VII
1. Introduction.......................................................................................................................................................... 1
1.1 L’initiative Greenback 2.0
1.2 Objectifs DES Groupes de discussion
1.3 Méthodologie et profil des groupes de discussion
2. Résultats des groupes de discussion..............................................................................................................3
2.1. Activités économiques
2.2. Disponibilité de Services financiers dans le Sud
2.3 Informations générales sur les transferts
3. Capacité financières des participants............................................................................................................7
3.1. Définition du niveau de capacité financière des personnes
3.2. Capacités financières des Participants
3.3. Préparation aux urgences et aux dépenses périodiques
4. Conclusion / Prochaines étapes......................................................................................................................11
Schémas
Schéma 1: 4 piliers de la capacité financière...............................................................................................................7
Schéma 2: Approche triangulaire d’information et de formation........................................................................12
Schéma 3: Contenus et médiums d’information sur les transferts de fonds...................................................12
Tableaux
Tableau 1: Profil des participants....................................................................................................................................2
Tableau 2: Dénombrement des structures financières dans différents départements....................................2
Tableau 3: Provenance des transferts locaux..............................................................................................................3
Tableau 4: Provenance des transferts internationaux..............................................................................................4
Annexe 1: Guide de facilitation des groupes de discussion............................................................................13
Table des matières
II | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
II | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds Remerciements | III
C
e rapport sur les envois de fonds en Haïti fait
partie de l’Initiative Greenback, une initiative
qui vise à une réduction du coût des transferts
d’argents au niveau international et national à
travers de l’éducation du consommateur ainsi que
la transparence et la concurrence sur le marché des
envois de fonds. L’Initiative Greenback est réalisée dans
le cadre du Programme (Améliorer l’accès aux services
financiers responsables) du Fonds Fiduciaire FIRST, un
fonds fiduciaire qui est géré par la Banque Mondiale.
Le travail décrit dans ce rapport a été réalisé par
Ilka Funke (Responsable de la mission) et Michelle
Guillaume (Dirigeante des groupes de discussion) ainsi
que Maria Laettitia Antoine (Assistante de programme).
M. Buchenau (Chef de programme) et Dorothee
Delort (Responsable technique) ont apporté leur appui
technique à la mission.
Nos sincères remerciements à tous les acteurs du secteur
qui nous ont aidés à réaliser les groupes de discussion :
• La Banque de la République d’Haïti, en particulier
l’Unité de l’Inclusion Financière (partenaire de
l’Initiative Greenback), ainsi que la Direction de
l’Inspection Générale des Coopératives (DIGCP) de
la Banque de la République d’Haïti (BRH),
Remerciements
• Le projet RESEPAG II de la Banque Mondiale et son
partenaire d’exécution AGRER à Les Cayes,
• La Caisse Populaire Sainte Anne de Camp-Perrin
(CAPOSAC),
• Le Sèvis Finansye Fonkoze.
Nous remercions également les 131 participants des
groupes de discussion qui ont pris le temps de refléter
leurs perceptions et leurs pratiques des services
financiers en général ainsi que des services de transferts
en particulier dans plusieurs communes du département
du Sud.
Ce rapport décrit les résultats des huit (8) groupes de
discussions semi-structurées menée au département
du Sud. Les résultats de cette recherche ne sont pas
représentatifs, ni pour la région du Sud ni pour le pays
entier. Néanmoins, ils peuvent donner une indication
sur les expériences et perceptions des bénéficiaires de
transferts de fonds à faible revenue.
IV | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
IV | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds Abréviations et sigles | V
Abréviations et sigles
ACP Analyse en composantes principales
BM Banque Mondiale
BNC Banque Nationale de Crédit
BRH Banque de la République d’Haïti
CAPOSAC Caisse Populaire Sainte Anne de Camp-Perrin
CP Caisse Populaire
DIGCP Direction de l’Inspection Générale des Coopératives
FNE Fonds National d’Éducation
IMF Institutions de Micro Finance
KNFP Konsèy Nasyonal Finansman Popilè
MCN Micro Crédit National
MUSO Mutuelle de Solidarité
SFF Sèvis Finansye Fonkoze
VI | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Résumé exécutif | VIIVI | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Résumé exécutif
l
’Initiative Greenback cherche à augmenter l’efficacité
du marché des envois de fonds et réduire les coûts
des transferts internationaux et domestiques pour les
participants. Afin de mieux cerner les pratiques et
les expériences de la population Haïtienne en matière
d’envois de fonds et de collecter des données permettant
la conception d’outils d’éducation financière, l’équipe
de l’Initiative Greenback a organisé des groupes de
discussion. Les huit (8) groupes de discussion d’une
durée de 90 minutes suivaient un guide d’analyse semi-
structuré participatif contenant cinq (5) thèmes majeurs
et se sont tenus dans différentes communautés du
département du Sud d’Haïti, soit quatre (4) groupes de
discussion au niveau rural / semi-rural et 4 groupes de
discussion au niveau urbain / semi-urbain.
Résultats
Les consommateurs sont en général bien conscients
des coûts, de la qualité et de la proximité des services
financiers offerts par les différentes institutions ou
entreprises de la place.
La plupart des participants reçoivent des transferts de
fonds, à la fois internationaux et domestiques. En ce qui
concerne les transferts internationaux, les participants
des groupes de discussion confirment que les États-Unis
sont le premier pays d’origine, mais aussi le Canada, la
République Dominicaine, le Brésil, le Chili et la Guyane
française. Les envois de fonds internationaux sont
généralement acheminés via des Maisons de Transferts
choisi par l’expéditeur, sans impliquer un compte
financier. En ce qui a trait aux transferts nationaux, le
portemonnaie électronique de Mon Cash est de loin le
service le plus fréquemment utilisé.
Les transferts internationaux et locaux sont pour la
plupart irréguliers : occasions spéciales liées à la santé et
à l’éducation, des événements, ou des saisons spéciales
de l’année. Ils jouent un rôle important pour le bien-être
et le développement économique d’une grande partie
de la population. Plus que des transferts individuels
destinés aux familles, plusieurs associations d’Haïtiens
vivant à l’étranger investissent aussi dans des projets
de développement communautaires dans leur localité
d’origine.
Les discussions révèlent aussi des faiblesses
considérables dans le domaine de la qualité du service
et de la transparence de l’information. Si certaines
succursales de Maisons de Transferts prennent le temps
d’afficher les taux, de fournir des reçus clairs, dénotant
le prix du service, le taux de change et les taxes, d’autres
– surtout les agents - ne se donnent souvent pas la peine
d’informer les clients sur les détails importants de la
transaction. Cela rend difficile même pour un client
avec de fortes connaissances financières de choisir le
service adéquat et suscite une réaction négative envers
les prestataires de services financiers.
Cependant, les discussions révèlent également des
lacunes dans la planification des dépenses et des
investissements. Les participants des groupes de
discussion affirment que le premier réflexe des gens
pour répondre aux urgences consiste à faire appel à la
solidarité des parents et des amis. La budgétisation et la
planification de dépenses n’est souvent pas basées sur
des faits et une compréhension des revenus, et traduit
un manque de compréhension réelle sur la manière
d’évaluer la rentabilité des investissements.
VIII | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Prochaines étapes
L’Initiative Greenback entend mettre en œuvre une
approche triangulaire consistant en la sensibilisation et
l’information des consommateurs sur les transferts et
les services financiers, l’information des décideurs des
structures financières sur les imperfections des services
et la formation de formateurs sur l’analyse des options
d’épargne, d’investissements et de coûts des services de
transferts.
1. Introduction | 1VIII | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
1. Introduction
1.1 L’initiative Greenback 2.0
L’Initiative Greenback fait suite aux accords du
G8 et du G20 (2014) qui visent à réduire les coûts
moyens des envois de fonds. Dans cet esprit, l’Initiative
Greenback cherche à augmenter l’efficacité du marché
des envois de fonds et à réduire les coûts des transferts
d’argent pour les participants. L’Initiative Greenback
tente d’atteindre ces objectives principalement par des
mesures d’éducation financière des bénéficiaires des
transferts internationaux au niveau local, ainsi que par
des actions favorisant la transparence et la concurrence
sur le marché des transferts. De plus, en travaillant avec
les parties prenantes (clients, fournisseurs de services
financiers, gouvernement), l’Initiative veut promouvoir
un environnement favorable à l’inclusion financière et
créer des bénéfices à long terme, en particulier pour les
populations haïtiennes à bas revenus.
1
1.2 Objectifs des groupes de
discussion
Afin de mieux cerner les pratiques et les expériences de
la population Haïtienne en matière d’envois de fonds
et de collecter des données permettant la conception
d’outils d’éducation financière, l’équipe de l’Initiative
Greenback a organisé des groupes de discussions. Les
objectifs spécifiques des groupes de discussion étaient de:
• Appréhender les pratiques et les expériences de la
population Haïtienne en matière de réception et
d’envois de fonds;
• Comprendre les stratégies d’épargne et de réponse aux
urgences des participants des groupes de discussion;
• Recueillir des données sur les informations
nécessaires pour mieux utiliser les services financiers.
1.3 Méthodologie et profil des groupes
de discussion
Les groupes de discussion d’une durée de 90
minutes suivaient un guide d’analyse semi-structuré
participatif contenant cinq (5) thèmes majeurs. (Voir
le guide à l’annexe 1)
• La réalité socio-économique de la communauté;
• Les pratiques en matière de réception et d’envois de
fonds internationaux et domestiques;
• Des commentaires sur l’épargne et l’utilisation de
comptes financiers;
2
Voir http://responsiblefinance.worldbank.org/publications/financial-capability.
Les envois de fonds (remittances) peuvent être
définis comme des versements de personne à
personne, soit transfrontière ou domestique. Il
s’agit en général d’envois réguliers de fonds par
des travailleurs migrants à leurs proches dans
leur pays d’origine. Les migrants envoient des
sommes importantes à leurs familles restées aux
pays et peuvent donc jouer un rôle déterminant
dans la transformation de l’économie et du secteur
financier de leurs communautés d’origine.
2 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
• Des discussions sur les stratégies pour couvrir les
situations d’urgence ou les dépenses à venir;
• Des thèmes de connaissance à assimiler par les
participants pour de meilleurs choix financiers.
De plus, un exercice pratique a été mené au cours duquel
les participants devaient discuter sur deux options fictives
pour l’envoi de fonds et expliquer leurs préférences.
Le département du Sud a été ciblé pour la tenue des
groupes de discussion sur les transferts de fonds. Le
département est le troisième en importance, et bénéficie
de banques privées et publique, caisses populaires,
institutions de microfinance, maisons de transferts et une
panoplie d’agents autorisés de proximité. La proportion
de points de service par rapport à la population est élevée,
ce qui indique une incidence élevée des envois de fonds.
Les points de services offrent, entre autres, des services
de change, ainsi que des transferts internationaux et
locaux dans les centres urbains et semi urbains dont
Aquin, Camp-Perrin et Les Cayes (voir Tableau 1).
Des profils diversifiés de participants ont été
sélectionnés au hasard par trois partenaires: En total,
131 personnes participaient dans quatre (4) groupes de
discussion au niveau rural / semi-rural et 4 groupes de
discussion au niveau urbain / semi-urbain. En ce qui
concerne l’équilibre entre les sexes et l’âge, il y avait 4
groupes de femmes, et 4 groupes mixtes, dont deux avec
de jeunes entrepreneurs (voir Tableau 2).
• Deux associations de femmes et deux associations mixtes
de jeunes ont été sélectionné parmi les associations
membres du projet RESEPAG II / AGRER;
• Sèvis Finansye FONKOZE a organisé un groupe
de femmes commerçantes et un groupe mixte
d’entrepreneurs bénéficiaires de crédit, et
• Deux groupes de membres de la Caisse Populaire de
Saint-Anne à Camp-Perrin et à Torbeck (CAPOSAC).
Tableau 1 : Comparaison entre les données caractéristiques de recensement et profil d’enquête
sur la capacité financière
Communautés ayant une
offre moyenne supérieure
au ratio offre/demande*
Département
Ratio Offre/
Dem.*
Type de fournisseurs de service (Nombre de points de service)
Agent autorisé
Non-banque
Opérateur
Transfert Mobile
Institution Micro
Finance
Enquête sur
la capacité
financière
Aquin Sud/Urbain 8.35 46 38 3 0
Camp-Perrin Semi-rural 5.11 17 2 1 0
Cavaillon Semi-rural 3.7 13 4 0 0
Les Cayes Urbain 10.68 98 43 6 8
*
Numéro de pointes de services / population dans la commune
Source: FinClusion Lap, USAID / The Mix.
Tableau 2 : Profil des groupes de discussion
$ of
participants
Town / Village Urban Rural
Women
(in %)
Men (in
%)
Average
age
Average
# of
children
Average
household
members
FG1 15 Saut Mathurine (AGRER) XX 47% 53% 32 1.4 4.8
FG2 15 Caisse Camp-Perrin (CAPOSAC) XX 100% 0% 44 2.6 6.7
FG3 13 Cance (Fonkaze) X 100% 0% 43 2.4 5.3
FG4 28 Bureau Cayes (Fonkaze) XX 50% 50% 40 1.5 3.7
FG5 13 Caisse Torbeck (CAPOSAC) X 38% 62% 45 2.6 4.5
FG6 15 École Frères Unis / Bourjoly (AGRER) X 100% 0% 45 2.9 4.3
FG7 13 La Baleine / 4ième section (AGRER) XX 31% 69% 34 1.8 5.2
FG8 19 Masseillant / Aquin (AGRER) X 100% 0% 37 2.8 5.5
Total 131 4 4 70% 30% 40 2.3 5
2 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds 2. Résultats des groupes de discussion | 3
2. Résultats des groupes de discussion
2.1. Activités économiques
Les activités économiques rencontrées le plus souvent
dans les communautés visitées sont l’agriculture,
l’élevage et le commerce. En général, les gens occupent
parallèlement au moins deux (2) activités: l’agriculture,
la transformation et / ou la vente de denrées et de
divers produits : cosmétiques, provisions alimentaires
et boissons gazeuses. Les hommes s’adonnent plutôt
à l’agriculture et à l’élevage. Les femmes s’occupent
souvent du commerce et aident dans la cueillette.
2.2. Disponibilité de services
financiers dans le sud
Même que la plupart des participants n’ont pas de
compte courant ou d’épargne dans une institution
financière formelle, ils sont en général bien informés
sur les services, la qualité et la proximité des services
financiers offerts par les différentes institutions
financières formelles.
2
Selon-eux, les banques
commerciales se trouvent soit dans les villes d’Aquin,
des Cayes ou à Miragoâne, et les caisses populaires ainsi
que les agents des maisons de transferts aussi dans les
centres peri-urbains (voir aussi Tableau 1). Toutefois,
les sections rurales sont peu desservies par les services
financiers formels. En milieu rural, les gens doivent
parcourir plusieurs kilomètres, prendre le temps et
payer des frais de transport pour récupérer ou expédier
un transfert de fonds domestique ou international. Par
contre, des services financiers informel comme les
mutuelles de solidarité sont fortement présentes dans la
paysannerie et les communautés urbaines vulnérables.
En effet, plus de 70% des personnes rencontrées
disent appartenir à une mutuelle. Les adhérents
se connaissent et pratiquent ensemble des activités
sociales, commerciales ou culturelles. La grande
majorité des participants des groupes de discussion
disent y adhérer principalement pour l’épargne et pour
l’accès au crédit, qui à leur avis est moins coûteux que
les services financiers formels. Ils indiquent apprécier
la communauté, la simplicité, s’y sentent à l’aise et y
contribuent avec confiance.
2.3 Informations générales sur les
transferts de fonds
La plupart des participants reçoivent des transferts
de fonds, à la fois internationaux et domestiques.
Ils déclarent avoir des membres de leurs familles et des
proches à Port-au-Prince, mais également dans les grandes
villes du Sud. Concernant les transferts internationaux,
les participants des groupes de discussion confirment que
les États-Unis sont le premier pays d’origine, mais aussi
le Canada, la République Dominicaine, le Brésil, le Chili
et la Guyane française. Les prochains tableaux montrent
Tableau 3 : Provenance des transferts de fonds locaux
Département Villes de transferts locaux Pourcentage de participants
Ouest Port-au-Prince 90
Sud Cayes - Camp-Perrin - Cavaillon - Chardonnières 90
1
Banques, caisses populaires et les maisons de transferts
4 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
le pourcentage de participants ayant des parents ou amis
vivant dans les différents pays et villes (voir les Tableau
3 et 4).
Les envois de fonds internationaux sont généralement
acheminés via des maisons de transfert choisi par
l’expéditeur. Même si la personne qui reçoit un transfert
tient un compte bancaire, le transfert se fait via des maisons
de transferts sans impliquer le compte. Le montant reçu est
retiré dans sa totalité en espèce. Le coût du service n’est
pas le premier facteur dans la décision: Les expéditeurs
optent souvent pour la rapidité des transferts et la facilité
d’accès par rapport aux coûts. L’exercice sur les options
de services de transferts réalisé avec les participants ont
nettement fait valoir que peu d’attention est accordé au
coût du service et aux taux de change.
En ce qui a trait aux envois de fonds domestiques, le
portemonnaie électronique de Mon Cash est de loin
le service le plus fréquemment utilisé. Mon Cash - un
portemonnaie électronique développé par la compagnie
de télécommunication Digicel de concert avec la
Sogebank - a considérablement modifié la façon dont
les transferts nationaux sont envoyés. Généralement,
le transfert se fait via MonCash, en utilisant les agents
autorisés pour recevoir ou envoyer des fonds. Les
participants affirment que le service est moins cher et est
facile à utiliser. Les jeunes ont l’application MonCash
sur leurs téléphones (smart phones), et certains utilisent
l’application pour faire des transferts de petits montants,
stocker de l’argent ou pour acheter des minutes
téléphoniques. Pour les montants plus élevés, ils se
rendent chez un agent MonCash. Les personnes plus
âgées font toutes leurs transactions MonCash via l’agent
autorisé, sans vraiment impliquer un compte MonCash,
et le montant reçu est retiré en totalité. Notons également
qu’un faible pourcentage de participants utilise les
services de CAM Transferts et de Western Union pour
des transferts nationaux. Beaucoup de participants
envoient également des produits agricoles à des proches
à Port-au-Prince ou d’autres parties du département.
Les transferts internationaux et locaux sont pour
la plupart irréguliers : occasions spéciales liées
à la santé et à l’éducation, des événements, ou des
saisons spéciales de l’année. Les fêtes de fin d’année
correspondent au pic de réception de transferts des
parents et amis. Pour ces occasions spéciales, les gens
ont surtout mentionné les transferts allant de 50 à 100
dollars Américains. Les transferts de (soutient) provenant
de l’époux ou de l’épouse sont beaucoup plus réguliers,
généralement mensuels et le montant peut avoisiner les
300 dollars américains. Le phénomène plus récent de
la nouvelle émigration de jeunes Haïtiens vers les pays
de l’Amérique centrale fait que des parents envoient
des transferts internationaux aux enfants qui n’ont pas
encore trouvé du travail dans le nouveau pays d’accueil.
Les informations reçues des groupes de discussion
démontrent que les transferts jouent un rôle
important pour le bien-être et le développement
économique d’une grande partie de la population.
3
Les fonds sont principalement utilisés pour couvrir les
urgences, la consommation et investir dans des activités
commerciales ou dans l’élevage. Bien que quelques-
uns des participants aient des comptes financiers, le
transfert est généralement retiré dans son intégralité
sans en verser une partie sur le compte. Les receveurs,
après avoir acheté des provisions alimentaires en gros
pour le ménage, dont une partie peut être vendue (komès
3
En 2017, les envois de fonds représentent environ 32% du PIB, faisant d’Haïti l’un des pays du monde les plus dépendants des envois de fonds.
Tableau 4 : Provenance des transferts de fonds internationaux
Pays de transferts internationaux Principales villes Pourcentage de participants
États-Unis Miami - New York - Boston 95
Canada Montréal - Ottawa - Laval - Longueuil 80
République Dominicaine Non spécifié 50
Chili Non spécifié 30
Brésil Non spécifié 30
Argentine Non spécifié 30
Guyane Française Non spécifié 20
4 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds 2. Résultats des groupes de discussion | 5
anba chal), investissent le montant restant soit dans le
fonds de commerce, dans l’achat de bétail, dans les sols
ou les sabotages. Les participants indiquent préférer
ces types d’investissement « rentables », au lieu de
déposer leur argent dans une institution financière qui ne
fournit aucun profit. Les gens pensent gagner plus dans
l’investissement que dans l’épargne.
Plus que des transferts individuels destinés aux familles,
quelques associations d’Haïtiens vivant à l’étranger
investissent aussi dans des projets de développement
communautaires dans leur localité d’origine. Dans le
département du Sud, la commune d’Aquin en est un grand
bénéficiaire. Le réseau d’eau, l’électrification de plusieurs
localités et la construction d’un centre de santé ont ainsi
été réalisés. Sans l’avoir confirmé auprès la famille et
amis vivant à l’étranger, les participants des groupes de
discussion pensent qu’outre les groupes organisés de la
diaspora haïtienne, les expediteurs seraient intéressés à
investir dans des projets visant le développement de leurs
communautés d’origine.
Cependant, les discussions révèlent également des
lacunes dans la planification des dépenses et des
investissements. Par exemple, peu de personnes évaluent
le rendement réel des investissements qu’elles réalisent.
Donc, l’argent reçu n’est probablement pas utilisé au
mieux. De plus, les gens utilisent diverses stratégies pour
pouvoir faire face aux urgences et aux dépenses futures,
mais celles-ci reposent en grande partie sur les groupes
d’épargne et le crédit informel, ce qui peut être coûteux.
En optant pour le crédit pour répondre aux urgences
ou pour augmenter le fonds de commerce, les gens ne
calculent pas le montant réel du crédit. Un exemple a
été expérimenté avec des entrepreneurs de la ville de
Les Cayes, qui souvent omettent le calcul du stock non
vendu, les produits périssables, les coûts de stockage et
de transport. Cet aspect sera abordé en profondeur dans
la section 3.2 du rapport.
Les discussions sur les services de transferts financiers
révèlent aussi des faiblesses considérables dans le
domaine de la qualité du service et de la transparence
de l’information. Ceci rend difficile même pour un
client avec de fortes connaissances financières de choisir
le service adéquat et suscite une réaction négative envers
les prestataires de services financiers. Les commentaires
reçus exposent les idées suivantes :
• Le service est couteux et il y a un problème de
transparence des frais. Comme résultats, les gens parlent
d’extorsion, pour exemple, le taux de change qui varie
selon le barème de chaque agent; Ou le prélèvement
de 2 dollars au lieu de 1.50 dollars de frais sur chaque
transfert pour le Fonds National d’Éducation (FNE),
sans aucune explication.
• La liquidité en Dollars mais aussi en Gourdes est un
obstacle surtout chez les agents autorisés.
• La confidentialité des transactions pose problème et
affecte la sécurité du récepteur :
• L’agent appelle le prochain client sans que le premier
ait terminé de compter son argent ;
• L’agent parle fort. Tous peuvent entendre ;
• Le comptage de l’argent américain est exposé aux
yeux de tous.
• Selon les participants des groupes de discussion,
l’insécurité viendrait donc de l’intérieur des bureaux.
Pour retirer les transferts, les gens sont venus à
développer toutes sortes de subterfuges pour contrer
l’insécurité : changement de vêtements ; déplacement
vers un plus grand centre pour récupérer le transfert.
• Faute de pouvoir fournir des informations, les gens
évitent les services de transfert qui posent des questions
sur la provenance et l’utilisation des fonds.
• D’autant plus, affirment-ils que le service à la clientèle
des services financiers fait défaut : longue ligne d’attente
et mauvais accueil des caissiers.
Si certaines succursales de maisons de transfert
prennent le temps d’afficher les taux, de fournir
des reçus clairs, dénotant le prix du service, le taux
de change et les taxes, d’autres – surtout les agents
- ne se donnent pas la peine d’informer les clients
sur les détails importants de la transaction. Comme
conséquence, peu de confiance est accordée aux
services de transferts. N’étant pas informé du motif des
questions, les gens les jugent compliquées, et évitent les
prestataires qui posent des questions sur la provenance
et l’utilisation des fonds. Ils préfèrent réaliser leurs
transactions avec des personnes connues et de même
souche, d’où le succès des mutuelles de Solidarité
(MUSO) et des agents de change amis pratiquant dans
les rues. En fait, les gens ne font que le stricte nécessaire
dans les structures formelles d’envoi ou de réception
de transferts de fonds. Peu d’entre eux (2 sur 10) en
profitent pour laisser de l’argent dans leur compte
bancaire ou pour changer des dollars en gourdes. Les
agents de changes des rues ou certains commerces de la
place leur offrent de meilleurs taux de change.
6 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
6 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds 3. Capacité financière des participants | 7
3. Capacité financière des participants
C
ette section abordera la capacité financière des
personnes rencontrées. Sur la base des réponses
obtenues, on peut élargir ces constats à l’ensemble
des communautés du département du Sud.
3.1. Définition du niveau de capacité
financière des personnes
La capacité financière, telle que définie par le Groupe
de la Banque Mondiale, définition largement utilisée à
l’international, est la capacité d’agir dans le meilleur
intérêt financier du client, compte tenu des conditions
socio-économiques et environnementales.
4
La capacité
financière implique les quatre (4) piliers présentés dans
la Schéma1 ci-contre.
3.2. Capacités financières des
participants
Sur la base des discussions tenues lors des groupes de
discussion, quelques observations générales sur les
compétences financières des participants peuvent être
formulées:
Connaissance
• Généralement, les participants ont une bonne
connaissance de l’offre des fournisseurs de services
financiers disponibles et de leurs services;
• Connaissance de base de produits comme les transferts,
l’épargne, le crédit;
• Compréhension pratique de concepts tels que frais
individuels, taux d’intérêt, taux de change;
Mais
• Absence de vue d’ensemble sur les prix et les conditions
des produits;
• Tendance à ne pas évaluer les coûts totaux du service, y
compris les frais et coûts indirects (notion de coût total);
• Presque aucune connaissance de leurs droits et
responsabilités en tant que clients et où se plaindre en
cas de problème;
Cela les laisse dans une position vulnérable et peut
augmenter les coûts des transactions pour eux.
Compétences
• La jeune génération semble avoir des compétences
suffisantes en alphabétisation, alors que les femmes
âgées ne savent souvent pas lire et écrire;
• Compétences numériques de base pour effectuer des
tâches quotidiennes;
• Capacité à comparer différentes options;
• Compétences de base en matière de budgétisation et de
planification;
4
Voir http://responsiblefinance.worldbank.org/publications/financial-capability
Schéma 1 : 4 piliers de la capacité financière
Connaissance Compétences Attitudes Comportements
Connaissance des produits,
institutions, concepts, etc.
Lecture, écriture, calcul, etc.
Idées préconçues sur les services,
les fournisseurs, comment faire les
choses
Aspects tels que les dépenses
impulsives, planifier à l'avance
8 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Mais
• La budgétisation et la planification ne sont pas basées sur
des faits et une compréhension des revenus / dépenses;
• Au mieux, une capacité à produire une analyse
empirique des investissements, aucune compréhension
réelle sur la manière d’évaluer la rentabilité des
investissements;
Cela les rend vulnérables à certains types de fraude
et affecte également leur capacité à utiliser au mieux
les transferts reçus.
Attitudes
• Les participants croient que le système financier n’est
pas là pour eux. Ils pensent que le système financier
• Est quelque chose pour les gens riches;
• Est compliqué (beaucoup de questions posées sans
savoir les raisons et des documents requis, dont la
carte d’identité et le passeport que beaucoup de gens
ne possèdent pas, surtout en milieu rural);
• Est non transparent (frais ne sont pas clairs et il y a
des frais pour tout);
• Les produits sont chers et ne répondent pas à leurs
besoins;
• Il y a des problèmes de fraude et de sécurité (frais de 2
dollars, liquidité et taux de change);
• La proximité, les coûts de transport et le temps nécessaire
pour les services financiers sont un problème;
• L’argent en main est plus important que d’avoir des
économies dans une institution financière;
• Ils perçoivent ne pas pouvoir « économiser de l’argent ».
Cela réduit leur intérêt pour l’exploration des
services financiers et constitue un risque de mauvaise
réputation pour les fournisseurs de services.
Comportement
• Manque de culture de l’épargne en tant que telle;
• Préparation plutôt aux situations d’urgence par le biais
de groupes d’épargne informels, le crédit informel, et
de stocks de survie ou d’autres investissements.
• Les gens comparent les services financiers, mais surtout
de manière réactive (sur la base d’une expérience
négative ou d’une expérience antérieure). Pas une
tendance apparente à obtenir des informations dès le
départ et à comparer;
• Les gens suivent le modèle, apprennent des autres
et copient ce qui, à leur avis, a fonctionné pour les
autres. Les choix ne sont pas basés sur des faits ou
des analyses;
• Pas de culture pour se plaindre au fournisseur de services,
mais plutôt se plaindre des mésaventures entre eux;
Peu de réflexions sont accordées à tous les aspects des
coûts réels des dépenses.
3.3. Préparation aux urgences et aux
dépenses périodiques
Les participants des groupes de discussion affirment
que le premier réflexe des gens pour répondre aux
urgences consiste à faire appel à la solidarité des
parents et des amis. En milieu semi-urbain et rural,
les familles se préparent souvent aux urgences et aux
dépenses périodiques, comme la rentrée des classes, en
achetant et en revendant du bétail. Ceci peut être vendu
ou donné en collatéral pour un prêt. En plus, tant en zone
urbaine que rurale, les Mutuelles de Solidarité jouent
un rôle important dans la préparation des urgences et
des dépenses à moyen terme. Les Mutuelles favorisent
l’épargne à travers le sol, (c’est-à-dire, la mise en
commun de fonds mensuellement), mais les membres
peuvent à court terme aussi bénéficier de crédit à un taux
de 2% le mois (inferieur aux autres services financiers)
et sans demande de documents.
Les participants affirment préférer leur Mutuelle de
Solidarité à toutes les autres options financières. 30
sur 30 femmes de deux (2) groupes de discussion sur
les transferts de fonds et une grande majorité des six (6)
autres groupes en sont membres. Pour eux, il est plus
facile de déposer de l’argent qui doit y rester pendant une
année. Au mois d’août, la mutuelle dresse le bilan de tous
les dépôts, et remet aux membres les montants épargnés
avec intérêt. Ils l’utilisent pour payer la scolarité de leurs
enfants ou pour d’autres dépenses. Même les personnes
sans enfants ou dont les enfants sont âgés continuent de
faire partie de la mutuelle. Le phénomène du système
de sol est tellement répandu que les caisses populaires
ont développé un produit appelé épargne boni. Au bout
d’une année, sans aucun retrait, le déposant obtient un
bonus équivalent à un mois des dépôts, apprend-t-on
d’un groupe membre de la CAPOSAC. Les gens sont
8 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds 3. Capacité financière des participants | 9
quand même conscients des risques de fraude, de faillite
ou d’échec des mutuelles, ce qui peut briser la confiance
et la cohésion des communautés. La formation des
membres des Conseils d’Administration en montage
et gestion d’une mutuelle d’un organisme comme le
Konsey Nasyonal Finansman Popilè (KNFP) leur
permet de minimiser les risques.
Environ 30% des participants des groupes de
discussions utilisent des produits d’épargne formels
du secteur financier. Quelques participants indiquent
avoir un compte financier dans une institution de
microfinance (IMF), parce que la disponibilité de
liquidité d’au moins 1/3 du prêt s’avère un pré requis
pour obtenir un crédit. Très peu de participants
détiennent un compte bancaire, et seulement 5 sur
les 131 participants possèdent une carte de débit. Ils
l’utilisent ces comptes pour mettre à l’abri de plus
grosses sommes, qui sont vite retirées dès qu’il y a une
opportunité d’investissement ou une urgence. Dans les
sections rurales ou les services financiers n’existent pas,
les gens utilisent une « boîte secrète » pour économiser
de l’argent pour un quelconque investissement ou pour
une éventuelle urgence.
10 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
10 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds 4. Conclusion / Prochaines étapes | 11
4. Conclusion / Prochaines étapes
L
es groupes de discussion réalisés avec les 131
participants ont fait valoir l’existence d’une
certaine connaissance des institutions, des services et
des produits financiers. Ils choisissent les fournisseurs
en fonction de la rapidité, de la simplicité de la transaction
et la confiance que le transfert arrivera à bon port. En
faisant un exercice sur deux options de service, les gens
sont aussi venus à l’évidence que tous les facteurs, toutes
les analyses (coût, taux de change, taux d’intérêt, coût
de transport…) ne sont pas prises en compte quant au
choix du fournisseur. En matière d’aptitude financière,
il existe un manque de culture de l’épargne en tant que
tel. Les gens ont su développer la capacité de produire
une analyse empirique des investissements. Toutefois,
la compréhension réelle sur la manière d’évaluer la
rentabilité des investissements est beaucoup plus ardue.
Cela les rend vulnérables à certains types de fraude et
affecte également leur capacité à utiliser au mieux les
virements reçus.
À ce propos, les participants ont confirmé le besoin
d’être informé sur les stratégies et services financiers
pour mieux les utiliser. En particulier, les discussions
ont révélé un manque d’informations sur :
• Comment utiliser efficacement les fonds des transferts?
• Comment sécuriser ses avoirs et préparer pour les
dépenses imprévues / urgences?
• Comment faire un budget personnel?
• Comment gérer les fonds de l’entreprise et créer des
profits?
• Comment trouver des options de financement à des taux
d’intérêt plus abordables.
Quant au meilleur médium pour transmettre ces
informations, les participants ont privilégié:
• Des ateliers en groupe, avec des mises en situation, des
analyses de cas, des jeux de rôle;
• L’audiovisuel (vidéo, podcast);
• Le groupe WhatsApp pour rejoindre les jeunes qui
possèdent un téléphone intelligent;
• Les messages (SMS) envoyés sur les téléphones;
• Les directoires des associations.
La radio n’est pas priorisée. Les gens affirment que les
programmes diffusés, généralement de nature politique
ne sont pas massivement suivis, d’autant plus que
l’énergie électrique pour recharger les radios n’est pas
toujours disponible.
En ce qui concerne l’offre de services, les discussions
de groupe ont révélé une lacune dans les produits
disponibles et un manque de qualité du service. Les
participants considèrent en particulier que les produits
disponibles sont chers et se plaignent du manque de
transparence des frais.
Implications pour l’Initiative Greenback et
les prochaines étapes
Au cours des cinq mois disponibles pour la mise en œuvre
des activités, l’Initiative Greenback entend utiliser une
approche triangulaire consistant en la sensibilisation et
l’information des consommateurs sur les transferts et
les services financiers, l’information des décideurs des
structures financières sur les imperfections des services et la
formation de formateurs sur l’analyse des options d’épargne,
d’investissements et de coûts des services de transferts. La
Schéma 2 ci-contre reprend l’approche triangulaire.
12 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Les contenus et les médiums de transmission des
informations seront élaborés conformément aux
principales conclusions des groupes de discussion.
Les domaines d’amélioration décrits ci-dessus seront
traduits en plan de réalisation par l’Initiative Greenback,
de concert avec les parties prenantes. Des outils de
sensibilisation et d’information seront développés et
expérimentés avec des groupes de consommateurs ; enfin
des sessions de formation de formateurs seront pilotées.
En ce qui concerne la formation des destinataires de
fonds, trois modules de base se dégagent : (i) informations
sur les services de transferts de fonds disponibles, (ii)
budgétisation /planification des investissements, et (iii)
préparation aux situations d’urgence. La sensibilisation
se concentrera principalement sur les programmes de
formation directe, en utilisant une approche de formation
des formateurs (voir Schéma 3).
Sensibilisation
des
consommateurs
Information
des
décideurs
financiers
Formation du
personnel des
services financiers
Schéma 2 : Approche triangulaire d’information et de formation
Mediums
Ateliers en
groupe
e Quizz
e Jeux de rôle
e Groupe
WhatsApp
e SMS
e Vidéo
Contenus
Information sur
les transferts
de fonds
Budgétisation /
Flux de
tresorerie des
investissements
Epargner pour
se preparer
aux imprevues
Schéma 3 : Contenus et médiums d’information sur les transferts de fonds
12 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds Annexe 1. Guide de facilitation des groupes de discussion, 23-26 janvier 2019, Département du Sud | 13
Annexe 1. Guide de facilitation des groupes de discussion,
23-26 janvier 2019, Département du Sud
Group de discussion #:
Heure et lieu:
# de participants:
Greenback Initiatives 2.O
Introduction
Information générale sur l’initiative greenback
• Informer sur les options disponibles pour envoyer
/ recevoir des transferts pour réduire les couts et les
inconvénients
• Gérer les fonds reçus de manière efficace
Rappel des objectifs du groupe de discussion
• Discuter le processus d’envoi de fonds dans votre
communauté.
• Mieux comprendre les services financiers dans votre
communauté / à proximité et votre expérience avec ses
services.
• Connaître votre avis sur la façon dont vous et les membres
de votre communauté vous préparez aux dépenses et aux
urgences à venir.
Règ jwèt la (contrat)
• Confidentialité
• Participation
• Écoute
• Respect de la parole des autres
• Fermeture des téléphones et ne pas quitter la salle
Rappel de remplir le formulaire d’identification
Exercise d’echauffement (10 minutes)
Q.1 : Présentation des participants
• Nom, âge, situation de famille, activité économique
principale ou profession
• Rappel de remplir le formulaire d’identification
Q.2 : Quelles sont les activités économiques les plus
fréquentes des habitants de la localité?
Q.3 : Y a-t-il des fournisseurs de services financiers
dans votre voisinage immédiat que vous connaissez ou
à qui iriez-vous pour obtenir des services financiers?
Q.4 : Quand vous pensez à votre quartier / village,
est-il fréquent que des gens de leur famille et de leurs
proches vivent à l’étranger ou ailleurs dans le pays?
Retour sur réception / envoi de fonds (30
minutes)
Q.5 : Commençons par recevoir des envois de fonds.
Comment vous ou les membres de votre communauté
faites-vous habituellement cela?
Q.6 : Et quelle a été votre expérience avec ces
services?
Q.7 : À quelle fréquence pensez-vous que les
membres de votre communauté reçoivent de tels
transferts d’expéditeurs nationaux et internationaux
également?
14 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
Q.8 : Ces transferts sont-ils effectués à des fins
particulières telles que les frais de scolarité, les
urgences de santé, etc., ou s’agit-il d’un soutien
général pour le ménage?
Q.9 : Parlons maintenant de l’envoi d’argent: à
quelle fréquence avez-vous ou les membres de
votre communauté besoin d’envoyer de l’argent à
un membre de la famille ou à un ami national ou
international?
Q.10 : Utilisez-vous habituellement les mêmes
fournisseurs de services que pour recevoir des fonds,
ou comment vous ou les gens de votre communauté le
faites-vous habituellement ?
Q.11 : Et quelle a été votre expérience avec ces
services? Sont-ils différents de ceux que vos amis ou
vous-même avez créés avec l’envoi de fonds?
Q.12 : J’ai préparé deux exemples de services et leurs
coûts, et j’aimerais connaître votre avis à ce sujet.
Ce ne sont pas des exemples réels de services. Quel
service choisiriez-vous? Et qu’aimez-vous / n’aimez-
vous pas dans chacune des deux options?
Retour sur l’utilisation du compte financier
(20 minutes)
Q.13 : J’aimerais maintenant vous poser des
questions sur les services financiers individuels que
vous utilisez et votre expérience avec eux.
• Qui a par exemple un compte d’épargne ou de débit dans
une banque, une caisse populaire et / ou une IMF? S’il
vous plaît, levez la main si vous le faites.
• Pour ceux d’entre vous qui ont un compte d’épargne
ou un compte courant, puis-je vous demander à quelles
fins vous l’utilisez? Et quels sont les avantages et les
inconvénients d’un compte d’épargne ou de débit?
• Combien d’entre vous ont une carte de débit ou de crédit
(liée à ce compte) et quelle a été votre expérience avec
celle-ci?
Q.14 : J’aimerais maintenant parler d’un portefeuille
mobile comme MonCash ou Lajan Cash.
• Combien d’entre vous connaissent l’un ou l’autre de ces
deux services?
• Combien d’entre vous ont déjà utilisé un tel portefeuille
pour effectuer des transactions?
• Quelle a été votre expérience avec ce type de service /
ou qu’avez-vous entendu d’autres personnes à ce sujet?
Qu’est-ce qui fonctionne bien à votre avis et qu’est-ce
qui ne fonctionne pas bien?
Retour sur les stratégies pour couvrir les
urgences ou les dépenses à venir (15-20
minutes)
J’aimerais maintenant en savoir plus sur ce que vous et
votre ménage faites pour vous préparer aux dépenses
futures et aux urgences potentielles.
Q.15 : Pouvez-vous me donner des exemples de la
façon dont vous ou les membres de votre ménage
préparez les dépenses ou les urgences à venir?
Q.16 : Et combien de fois par an un ménage aide-t-
il habituellement des parents ou des amis à combler
un déficit de financement ou à envoyer de l’argent?
Q.17 : Dans de nombreux pays, les gens gardent
à la maison des liquidités et des économies
supplémentaires pour se préparer. Est-ce aussi vrai
pour votre communauté?
Comment atteindre les gens (15 minutes)
Avant de terminer, j’aimerais obtenir de brefs commentaires
sur la meilleure manière de vous contacter en vous
fournissant des informations sur les envois de fonds et les
options pour vous préparer aux dépenses futures.
Q.18 : Permettez-moi tout d’abord de vous demander
si c’est en général quelque chose que vous considérez
important d’apprendre davantage.
Q.19 : Lorsque vous recherchez ou recevez des
informations, sous quelle forme aimez-vous
généralement les obtenir?
Q.20 : Y a-t-il des personnes en qui vous avez
particulièrement confiance lorsque vous recherchez
des informations? Et à qui iriez-vous pour obtenir
cette information?
Q.21 : Enfin, appartenez-vous à un groupe
communautaire ou travaillez-vous avec une
association à but non lucratif dans votre région qui
pourrait, selon vous, être impliquée dans ce type de
partage d’informations?
14 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds Annexe 1. Guide de facilitation des groupes de discussion, 23-26 janvier 2019, Département du Sud | 15
16 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds
1. Contexte et méthodologie de l’enquête | 1716 | Rapport des groupes de discussion sur les transferts de fonds