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Faculté des Sciences Agronomiques
FSAG
Mémoire de fin d’étude
« Etat des lieux de la biodiversité et des conditions environnementales des espèces
halieutiques exploitées sur les côtes des Gonaïves. Cas de Brochet (Centropomus
undecimalis) et de Black axillary mojarra (Eugerres axillaris ) »
Préparé par : Molière Son Dormévil LOUIMA
Pour l’obtention du diplôme d’Ingénieur-Agronome
Option : RNE (Ressources Naturelles et Environnement)
Promotion : 2016-2021
Conseiller Scientifique :
Moramade BLANC, Ing-Agr, Doctorant
Juin 2022
Ce mémoire intitulé :
« Etat des lieux de la biodiversité et des conditions environnementales des espèces
halieutiques exploitées sur les côtes des Gonaïves. Cas de Brochet (Centropomus
undecimalis) et de Black axillary mojarra (Eugerres axillaris) »
Vu et approuvé par :
i
Résumé
Ce travail avait pour objectif de décrire la situation de la pêche dans la ville des Gonaïves, en
faisant un état des lieux de la biodiversité et des conditions environnementales des espèces
halieutiques exploitées sur les côtes des Gonaïves, ainsi
qu’en analysant la croissance
morphométrique de deux (2) espèces halieutiques, dont le Brochet (Centropomus undecimalis) et
de Black axillary mojarra (Eugerres axillaris), ayant un niveau de vulnérabilité inquiétante face à
la surexploitation des ressources marine dans la ville, ce qui pourrait menacer l’avenir de la
biodiversité des espèces halieutiques exploitées. Une démarche méthodologique comportant
plusieurs étapes a été élaborée. La méthode d’échantillonnage aléatoire stratifiée a été adoptée,
suivant une unité statistique (embarcation) divisé en deux (2) strates à travers une typologie.
Strate I (Canots) et Strate II (Corallins). Un test statistique t-student a été utilisé pour déterminer
la significativité des indices de Fulton (F) basés sur le rapport du poids et de la taille de l’espèce
étudiée.
Selon les résultats de l’étude, deux catégories embarcations ont été utilisées dans la ville, à savoir
le Canot représentant 81,28% et le Corallin 18,72%. Plusieurs techniques de pêches ont été
inventoriées dans la ville, pour citer, nous avions le Filet, la technique la plus utilisée dans la
commune avec 73,80%, viennent ensuite la Senne, la Nasse et le Fusil avec 12,83% ; 8,56% et
4,81%. Plus de 40 espèces reparties en plusieurs familles ont été inventoriées. L’analyse de la
croissance morphométrique de l’espèce de Brochet et de Black axillary mojarra, a montré
qu’elles ont une croissance allométrique minorante. Et l’analyse du test statistique a justifié qu’il
n’y a pas de différence significative entre les indices de Fulton des différentes classes comparées
pour les deux (2) espèces.
Les captures ont été effectuées au Lagon et/ou Herbier dans des profondeurs diversifiées ne
dépassant pas 20 brasses. La situation physique et environnementale des côtes de la ville des
Gonaïves nous parait inquiétante vis-à-vis des activités anthropiques, la mauvaise gestion des
déchets, entre autres. Avec pour potentiel risque, la dégradation de l’environnement marin.
Donc, à la lumière des résultats trouvés, le secteur est très peu organisé, donc, il est évident de
préconiser l’utilisation d’engins et matériels selectifs à travers des règles d’utilisation, pour une
pêche raisonnable, pouvant assurer la durabilité de la biodiversité marine aux Gonaïves.
Mots clés : Biodiversité, Espèces halieutiques, Environnement marin
ii
Dédicaces
Je dédie ce mémoire de fin d’études :
A la mémoire de mon défunt père, Molière LOUIMA, qui aurait tant aimé ce travail.
A ma mère, Enude JEUNE, adorable et courageuse qui s’est livrée corps et âme à mon
instruction.
A mes frères, Jimmy Frantz Dormévil LOUIMA et Molière-Fils Dormévil LOUIMA,
pour leurs gigantesques supports.
A ma sœur, Monide Dormévil LOUIMA qui m’encourageait à répétition durant tout
mon parcours académique.
iii
Remerciements
Ce travail de recherche est le fruit de nombreuses consultations et de collaborations. Il n’aurait
pas pu être achevé sans le précieux concours de nombreuses personnes. Ainsi, mes sincères
remerciements vont principalement :
Au Grand Architecte de l’univers qui ne cesse de me procurer tout ce qui est nécessaire
à ma vie et la motivation ;
A mon conseiller scientifique, le professeur Moramade BLANC, PhD, qui a accepté, en
dépit de ses multiples occupations de superviser ce travail de recherche, avec tant de
rigueur scientifique.
A ma conseillère depuis le début du travail, Molène PIERRE Ing-Agr., pour son
attention et ses conseils.
Au corps professoral de l’UNEPH, qui a enrichi mes connaissances tout au long de mon
parcours académique.
A sœur Roseline pour son accompagnement lors des enquêtes exploratoires du terrain
Aux pêcheurs de la ville des Gonaïves, en particulier Luckson, Miller, Francois,
Gavisson, amateur Maxène, Amateur Wislère pour leur accompagnement.
Aux amis et collègues de ma promotion, qui m’ont soutenu moralement à la réalisation
de ce travail : Adlin LOUISAMA ; Youkov Pablo ERASSIN ; Luckner JEANCHARLES ; Kenley DORCINÉ ; Hirlain CALIXTE ; Ronalda BELLETON ;
Fleurantin AUDILE ; Laureen Andrell PARESI, Obelto PIERRE, Dieuvelt
PIERRE, Quethia JOSEPH.
A tous ceux et toutes celles dont les noms ne sont pas mentionnés ci-dessus, mais qui,
d’une manière ou d’une autre, ont contribué à cette grande réalisation.
iv
Table des matières
Résumé ........................................................................................................................................... ii
Dédicaces ....................................................................................................................................... iii
Remerciements ............................................................................................................................. iv
Liste des Figures ............................................................................................................................ x
Liste des Tableaux........................................................................................................................ xi
Liste des Photos ........................................................................................................................... xii
Liste des acronymes, des sigles et des abréviations ................................................................. xiii
I-INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
1.1-Problématique et Justification ............................................................................................... 1
1.2-Objectif général :................................................................................................................... 3
1.3-Objectifs Spécifiques : .......................................................................................................... 3
1.4-Hypothèses : .......................................................................................................................... 4
1.5- Importance de l’étude .......................................................................................................... 4
1.6-Limite de l’étude ................................................................................................................... 4
II-REVUE LITTERAIRE ............................................................................................................ 5
2.1-Considération générale de quelques termes relatifs à l’étude. .............................................. 5
2.2-Concept de la pêche .............................................................................................................. 6
2.3-Classification de la pêche...................................................................................................... 6
2.4-Engins et embarcations de pêche utilisées en Haïti .............................................................. 6
v
Les lignes.......................................................................................................................... 7
Les nasses ......................................................................................................................... 7
Les harpons ...................................................................................................................... 7
Les filets ........................................................................................................................... 7
2.5- Surpêche ou surexploitation................................................................................................. 7
2.6-Durabilité .............................................................................................................................. 8
2.7- Relation Taille-Poids et croissance pondérale ..................................................................... 8
2.7.1-Les facteurs de condition (F) .......................................................................................... 9
2.8-Situation de la pêche en Haïti ............................................................................................... 9
2.9-Présentation des deux (2) espèces choisies dans le cadre de l’étude .................................. 10
III-MATERIELS ET METHODES .......................................................................................... 13
3.1-Présentation de la zone........................................................................................................ 13
3.1.1-Situation géographique et environnementale ............................................................... 13
3.1.2-Climat (Pluviométrie et Température) ......................................................................... 14
3.1.3-Eau, énergie, infrastructures et communications ......................................................... 15
3.1.4-Situation socio-économique ......................................................................................... 15
3.1.5-Education ...................................................................................................................... 16
3.2-Materiels de recherche ........................................................................................................ 17
3.2.1- Matériels didactiques : ................................................................................................ 17
3.2.2- Matériels de recherche : .............................................................................................. 17
vi
3.2.3- Matériels biologiques .................................................................................................. 17
3.3-Méthodologie de travail ...................................................................................................... 17
3.3.1-Recherche bibliographique :......................................................................................... 17
3.3.2-Enquête exploratoire : .................................................................................................. 17
3.3.3-Typologie ..................................................................................................................... 18
3.3.4-Méthode d’échantillonnage : ........................................................................................ 19
3.3.5-Enquête formelle : ........................................................................................................ 21
3.3.6- Collecte des données sur les Espèces .......................................................................... 21
3.3.7-Dépouillement des données .......................................................................................... 21
3.3.8-Traitement et Analyse des données : ............................................................................ 21
3.3.9-Les variables à étudier .................................................................................................. 21
3.3.10- Relation Taille-Poids ................................................................................................. 22
3.3.11-Analyse statistique...................................................................................................... 23
IV- RESULTATS ET DISCUSSIONS ...................................................................................... 24
4.1- Présentation de la pêche aux Gonaïves en fonction du groupe de pêcheurs inventoriés ... 24
4.1.1- Groupe I : Les pêcheurs utilisant uniquement les canots ............................................ 24
4.1.2-Groupe II : Les Pêcheurs utilisant uniquement les corallins ........................................ 24
4.2.- Présentation des embarcations .......................................................................................... 25
4.2.1- Unité I : Embarcation de type I : Canot ...................................................................... 25
4.2.2- Unité II : Embarcation de type II : Corallin ................................................................ 25
vii
4.3.- Moyen de propulsion ........................................................................................................ 26
4.4.- Présentation des engins et techniques de pêche utilisés.................................................... 26
4.4.1.-Engins de Pêche .......................................................................................................... 26
4.4.2.-Technique de Pêche ..................................................................................................... 27
4.5.-Répartition des techniques de pêches inventoriées par embarcations ............................... 31
4.5.-Comportement des engins et principales espèces ciblées par techniques .......................... 31
4.6.-Présentation des espèces halieutiques inventoriées ........................................................... 32
4.6.1-Répartition des espèces capturées ................................................................................ 34
4.7-Présentation de la zone de capture ...................................................................................... 35
4.7.1.-Types de fonds ............................................................................................................ 36
4.7.2-Profondeur de capture .................................................................................................. 37
4.8- Classe de sortie des pêcheurs ............................................................................................. 37
4.9- Analyse de la croissance morphométrique de Boche (Centropomus undecimalis) et de
Odopikan (Eugerres axillaris) ................................................................................................... 38
4.9.1-Présentation des données collectées sur l’espèce Boche et de Odopikan .................... 38
4.9.2- Analyse de la croissance morphométrique de Brochet (Centropomus undecimalis). . 39
4.9.3- Analyse de la croissance morphométrique de Odopikan (Eugerres axillaris)............ 40
4.9.4- Comparaison des indices de Fulton moyen pour différentes classes à partir du test
statistique ............................................................................................................................... 42
4.10.-Situation environnementale et physique des côtes de la ville des Gonaïves ................... 43
viii
V- CONCLUSION ET RECOMMANDATION ...................................................................... 45
VI- REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE ............................................................................... 48
VII- GLOSSAIRE ....................................................................................................................... 54
VIII-LISTE DES ANNEXES ..................................................................................................... 56
8.1.-Fiche d’enquête pour la collecte des données .................................................................... 56
8.2.-Présentation de l’environnement physique, des embarcations, équipements et matériels
utilisés dans la pêche aux Gonaïves .......................................................................................... 57
8.3.-Présentation des matériels et équipements de pêche.......................................................... 60
8.4-Liste des photos des différentes espèces inventoriées dans la ville des Gonaïves.............. 61
8.5-Présentation des données collectées au moment de l’enquête sur les Poids et les tailles des
espèces étudiées. (Boche et Odopikan) ..................................................................................... 64
8.6-Tableau de distribution t-student ........................................................................................ 66
ix
Liste des Figures
Figure 2: Carte de présentation de zone d’étude aux Gonaïves .................................................... 13
Figure 3: Climat (Précipitation et Température) de la Ville des Gonaïves ................................... 14
Figure 4: Répartition des types embarcations en pourcentage...................................................... 26
Figure 5: Répartition des engins de Pêche aux Gonaïves ............................................................. 27
Figure 6:Présentation d'un Filet maillant ...................................................................................... 28
Figure 7:Repartition des espèces inventoriées .............................................................................. 35
Figure 8: Répartition des types de fond ........................................................................................ 36
Figure 9: Répartition de la profondeur de capture par technique de pêche .................................. 37
Figure 10: Répartition des classes de sortie .................................................................................. 38
Figure 11:Analyse de la croissance morphométrique de Brochet ................................................ 39
Figure 12: Analyse de la croissance morphométrique de Odopikan ............................................ 40
x
Liste des Tableaux
Tableau 1: Taille de la population en fonction du nombre d'embarcations par localité. .............. 18
Tableau 2: Types embarcations .................................................................................................... 18
Tableau 3:Taille de la population de l'étude ................................................................................. 19
Tableau 4: Taille de l'échantillon par rapport au nombre total d'embarcation. ............................. 20
Tableau 5: Les embarcations inventoriées dans les zones d'étude ................................................ 25
Tableau 6: Répartition des techniques de pêche inventoriées ...................................................... 31
Tableau 7: Principales espèces ciblées par technique de pêche .................................................... 32
Tableau 8: Les espèces halieutiques inventoriées ......................................................................... 33
Tableau 9:Tableau représentant les moyennes des données collectées sur l'espèce Brochet et de
Black axillary mojarra................................................................................................................... 39
Tableau 10:Calculs Facteur de condition F (Indice de Fulton) sur les classes de Brochet ........... 40
Tableau 11: Clacul Facteur de conndition F (Indice de Fulton) sur les classes de Odopikan ...... 41
Tableau 12:Présentation des résultats du test statistique (t-student). ............................................ 42
Tableau 13: Fiche d'Enquête ......................................................................................................... 56
Tableau 14: Représentation des données collectées sur Poids et Taille de l'espèce Boche et
Odopikan ....................................................................................................................................... 65
xi
Liste des Photos
Photo 1: Black axillary mojarra (Eugerres axillaris) .................................................................... 10
Photo 2: Brochet (Centropomus undecimalis) .............................................................................. 12
Photo 3: Moyen de propulsion ...................................................................................................... 26
Photo 4: Présentation d'une Nasse ................................................................................................ 29
Photo 5: Présentation d'une Senne à corde ................................................................................... 29
Photo 6: Utilisation d'un moustiquaire, engin de capture. ............................................................ 30
Photo 7: Présentation d'un fusil de pêche ..................................................................................... 30
Photo 8: Environnement physique de la zone de pêche ................................................................ 43
xii
Liste des acronymes, des sigles et des abréviations
% : Pourcentage
cm : Centimètre
DCP : Dispositifs Concentration de Poissons
DSNCRP : Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté.
ETC : Et cetera
FAO : Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
FIDA : Fonds international de développement agricole
FSAG : Faculté des Sciences Agronomiques
gr : Gramme
IDH : Indice du Développement Humain
m :Mètre
MARNDR : Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
ODD : Objectif de Développement Durables
OMS : Organisation mondiale de la Santé
Pd : Poids
PADI : Professional Association of Diving Instructors
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement
UICN : Unité Internationale pour la Conservation de la Nature
xiii
UNEPH : Université Episcopale d’Haïti
USAI : Unité de Statistique Agricole et Informatique
xiv
I-INTRODUCTION
1.1-Problématique et Justification
Le secteur de la pêche et de l'aquaculture ne constitue pas à proprement un secteur stratégique de
l'économie haïtienne, mais sa contribution est loin d'être négligeable en particulier en zones
côtières où il contribue de manière considérable au maintien d'emplois dans des zones où les
opportunités économiques sont de plus en plus rares. (FAO Aout 2005).
Haïti fait face à une situation de grande pauvreté et de faiblesse de ses institutions. Les trois
quarts de la population vivent sous le seuil de pauvreté (2 US $/jour) (FAO, 2013), et la
population rurale, qui représente 40 % de la population totale, est la plus exposée. Dans un tel
contexte, la sous-alimentation touche pratiquement la moitié de la population. La consommation
de poisson est très faible : autour de 5 kg par habitant et par an, contre 8,7 pour la République
dominicaine voisine, ou 25,8 kg pour la Jamaïque. Par conséquent, l’accroissement de la
consommation de produits marins issus de la pêche haïtienne pourrait être un vecteur
d’amélioration de la situation alimentaire, bien que la filière soit déficiente (Favreliere, 2008 et
Felix, 2012).
Les zones côtières d’Haïti s’étalent sur une longueur de 1770 km environ. La superficie de son
plateau continental est de l’ordre de 5900 km2, ce qui lui confère des potentialités considérables
de développement des activités de pêche et d’aquaculture marines. (MARNDR, 2018). En effet,
cette situation traduit l’existence d’une forte potentialité en ressources marines disponibles.
Malgré tout, la production nationale de la pêche s’avère insuffisante pour combler la demande en
produits de la mer de la population et joue un rôle majeur dans la croissance économique du
pays. La production est estimée à environ 15.000 tonnes/an. Bien que des efforts aient été
consentis pour accroître quantitativement la production, nous sommes restés dépendants des
importations (environ 25 000 T/an) pour satisfaire la demande locale (DAMAIS et al., 2007).
En Haïti, les recherches menées par Célestin en (2003), ont montré que les capacités haïtiennes
en termes de pêche sont relativement limitées à cause des types d’engins et moyens dont
disposent les pécheurs ; donc la pêche en Haïti reste essentiellement traditionnelle et peu
modernisée. Dans l’ensemble, il s’agit d’une pêche artisanale pratiquée par des petits pêcheurs
1
peu encadrés, reproduisant des habitudes ancestrales très peu productives ; La majorité des
matériels utilisés sont rudimentaires et les techniques sont très anciennes. La concentration des
activités de la pêche demeure dans un espace trop restreint. Les pêcheurs exercent une forte
pression sur le plateau continental et à différents niveaux du cycle de vie de la biodiversité
marine, principalement sur les espèces de grande consommation notamment les poissons colorés
les lambis et les langoustes. Ce comportement rend la taille des captures de plus en plus petite et
une baisse des rendements pour la plupart des espèces de forte valeur marchande (Breuil, 1999).
Une pêche artisanale rudimentaire à travers des matériels et équipement très anciennes, traduit
une surexploitation de ressources marines qui pourrait mettre en danger l’avenir de la
biodiversité. Et pourtant les demandes en produits de mer s’intensifient et se révèlent
nécessaires. Selon PADI en 2012 et POINCOIN en 2018, les défauts techniques,
organisationnels, environnementaux et socio-économiques ; ainsi que le manque de recherches
scientifiques constituent un obstacle au perfectionnement du secteur. A travers cette étude, nous
tenterons d’élucider ces interrogations en vue d’apporter une lumière et faire des propositions
stratégiques sur l’activité de la pêche dans la commune des Gonaives :
L’application des techniques sophistiquées au refus des techniques anciennes pourrait-elle aider
à augmenter la production et assurer l’avenir de la biodiversité marine dans la commune ?
En quoi un inventaire sur la pêche de la commune peut-il relever sa situation actuelle, tout en
s’appuyant sur une analyse de la croissance morphométrique de l’espèce Brochet et de Black
axillary mojarra pour évaluer les conditions environnementales des espèces ?
Pour pallier ces interrogations, il est évident de faire une analyse sur la composition et la
diversité des espèces halieutiques exploitées aux Gonaïves, collecter des données relatives à la
situation de la pêche marine, et les techniques utilisées sur ces espèces, plus précisément, un
accent sur les poissons Brochets ayant niveau de vulnérabilité situant entre 27 à 55% et les
poissons Black axillary mojarra entre 15 à 36% ; afin d’évaluer les conditions environnementales
des espèces halieutiques exploitées, en vue de produire des connaissances spécifiques pouvant
contribuer à l’amélioration et au développement de la pêche artisanale dans la commune.
2
1.2-Objectif général :
Faire une analyse sur l’Etat des lieux de la biodiversité et des conditions environnementales des
espèces halieutiques exploitées sur les côtes des Gonaïves. Cas de Brochet (Centropomus
undecimalis) et de Black axillary mojarra (Eugerres axillaris ) »
1.3-Objectifs Spécifiques :
Les objectifs spécifiques de ce travail sont les suivants :
Décrire la diversité des espèces halieutiques exploitées sur les côtes des Gonaïves.
Présenter et décrire les techniques, engins de pêche utilisés dans la zone d’étude
Identifier les différentes zones de pêche en se basant sur les profondeurs (en brasse) de
pêche et les types de fonds.
Faire une analyse de la croissance morphométrique de deux (2) espèces halieutiques
(Brochet et Black axillary mojarra).
Faire une analyse sur l’environnement physique de la zone.
Faire une proposition de plan de gestion et de conservation des produits halieutiques afin
d’assurer la pérennité de la biodiversité des espèces côtières dans la commune.
3
1.4-Hypothèses :
1. Pour toutes les techniques de pêche utilisées dans la commune, plus de 50% des
équipages pratiquent une seule forme de technique de pêche pour capturer les Poissons.
2. Les conditions environnementales de l’espèce Brochet et de Black axillary mojarra sont
très mauvaises à leur croissance et leur développement.
3. Les poissons de première catégorie sont les plus représentées dans les captures.
1.5- Importance de l’étude
Cette étude revêt d’une grande importance. Elle constituera un outil majeur de base pour
les preneurs de décisions du secteur de la pêche et pour d’autres chercheurs leur permettant
d’avoir une idée sur les ressources halieutiques disponibles, les types d’habitat, les matériels
ainsi que les techniques de pêche utilisées à travers la zone, afin d’agir en conséquence au
développement et à la pérennisation des activités de la pêche au niveau du pays, notamment dans
la Commune des Gonaïves.
1.6-Limite de l’étude
Vu des difficultés spatio-temporelles rencontrées au moment de l’étude, toutes les
localités de pêche dans la commune n’ont pas pu être inventoriées, seulement six (6) sur un total
de neuf (9) localités ont été inventoriés. Il était impossible d’inventorier toutes les espèces
halieutiques capturées au niveau de la zone et avoir une idée précise sur le nombre de capture,
car l’étude a été réalisée sur période de l’année (3 mois). L’accent était mis beaucoup plus sur les
engins de pêche, les techniques de pêche utilisées, la bathymétrie, et les classes de sortie des
pêcheurs.
4
II-REVUE LITTERAIRE
2.1-Considération générale de quelques termes relatifs à l’étude.
Biodiversité :
Selon La Convention sur la Diversité Biologique lors du Sommet de la Terre de Rio
en 1992. Dans son Article 2, définie la biodiversité comme étant la « variabilité des
organismes vivants de toute origine, y compris, entre autres, les écosystèmes
terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont
ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces, et entre les espèces et
ainsi que celle des écosystèmes »
Selon l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), la
Biodiversité a pour definition : «La biodiversité est la diversité des organismes
vivants, qui est évaluée en tenant compte de la diversité des espèces, de la diversité
des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que de l’organisation et de la distribution
des écosystèmes.»
Selon Wilson 1988, la Biodiversité désigne « la "diversité du vivant" ou encore la
"diversité biologique" »
A travers cette étude, la biodiversité est définie comme étant « l’ensemble des êtres
vivants et les écosystemes dans lesquels ils vivents, ainsi que les interactions des
espèces entre elles et avec leur milieu. »
Espèces halieutiques : Ressources vivantes (animales et végétales) des milieux
aquatiques marins ou dulcaquicoles (eau douce) exploitées par l'homme (pêche,
aquaculture). (FUTURA-SCIENCES)
Environnement marin : l’environnement marin désigne les éléments et facteurs
physiques, chimiques et biologiques qui agissent les uns sur les autres et déterminent la
productivité, l'état, la condition et la qualité de l'écosystème marin, les eaux des mers et
des océans. (ENCYCLOPEDIE ENVIRONNEMENT)
5
2.2-Concept de la pêche
Cela peut se référer à la somme de toutes les activités qui consistent à capturer des
animaux aquatiques (Poissons, mais également crustacés et mollusques), dans leur milieu naturel
(Océans, mers, cours d’eau, étangs, lacs, mares). Elle est pratiquée par les pécheurs, comme
loisirs ou profession et c’est l’une des principales activités économiques du monde. C’est
également une source de revenus pour environ 200 millions de personnes qui en dépendent
directement pour leur moyen d’existence (FAO, 2003).
2.3-Classification de la pêche
Selon mode de gestion des moyens de la production, on peut distinguer :
1) La Pêche Artisanale ayant comme caractéristique un équipage limité dans des
embarcations de petite taille, de moins des dix (10) tonnes brutes et aussi des engins de
pêche rudimentaire. Les sorties sont limitées à quelques jours, 72 heures au plus et se font
à proximité de la zone d’embarquement. Concernant la vente des produits, dans la
majorité des cas cela se fait dans les marchés locaux ou ils sont destinés à la
consommation locale. Selon la FAO, réduire le secteur de la pêche artisanale entrainerait
la perte de plusieurs milliers d’emplois. En plus, pour plusieurs milliers de gens ce
secteur d’une importance capitale car il répond à des besoins divers comme
l’alimentation, le revenu et tous autres nécessités de subsistance. (ROMELUS, 2005)
2) La Pêche Industrielle qui elle, a des caractéristiques tout à fait intéressantes et
avantageuses comparativement à la dernière. L’embarcation est autonome ; les sorties
sont illimitées ; l’équipage est muni de tout ce qui est nécessaire ; même les traitements :
stockage et conservation peuvent se faire à bord accompagnée de performants moyens de
capture pour permettre la distribution et la vente ultérieure. (ROMELUS, 2005).
2.4-Engins et embarcations de pêche utilisées en Haïti
Les pêcheurs haïtiens utilisent les engins et embarcations suivants : les filets trémails, les
filets maillants fixes, les filets en mono et multi filaments, les sennes de plage, les nasses, les
lignes simples et les lignes multiples ou palangres, l’épervier, les bouées orphies, les canots, les
bateaux en fibres de verre (fibre-glass), les bois-ronds. (DORIMAN 2009).
6
Les engins de pêche utilisés sont présentés comme suit :
Les lignes
La ligne est un fil en nylon, verticale, maintenue directement à la main, à l’extrémité duquel est
attache un hameçon garni d’un appât ou d’un leurre (appât factice dissimulant un hameçon).
Les nasses
Les nasses sont des pièges en forme de ‘’Z’’ que nous pourrions comparer à une cage ou panier,
fabriquées au moyen de matériaux divers (Bambous, liane, bois…). Elles comportent une ou
plusieurs ouvertures, sont munies ou non d’appâts, et sont mouillées en général sur le fond,
isolement ou en filières.
Les harpons
Un harpon est une arme constituée d’une lance dont la pointe est munie de crochets (barbelures
ou barbillons). Ces crochets sont destinés à empêcher le harpon de ressortir de la proie une fois
qu’elle a été frappée. Le harpon est généralement employé pour la pêche, tant aux poissons
qu’aux grands mammifères marins, mais son usage peut-être envisage pour la chasse.
Les filets
Les filets sont constitués d’un réseau de mailles de dimensions uniformes et constituées de fils de
diamètres et matériaux variables selon le type de l’engin de pêche. La dimension des mailles est
calculée pour retenir le poisson par la tête ou l’avant du corps.
2.5- Surpêche ou surexploitation
D’après ROMELUS (2005), la surexploitation c’est le fait d’exploiter à un taux très élevé
une ou plusieurs classes d’âge d’un stock que sa biomasse, son potentiel reproducteur et les
perspectives de captures sont réduits en deca des niveaux de sécurité.
Comme l’indiquent (DAMAIS et al., 2007), plusieurs indices concourent donc à suggérer que les
ressources halieutiques des eaux haïtiennes sont globalement surexploitées :
les pêcheurs sont de plus en plus nombreux et les rendements de plus en plus faibles ;
l’utilisation de très petites mailles de filets traduit l’impossibilité pour le pêcheur
d’assurer des rendements convenables en ciblant des poissons plus gros ;
7
la faiblesse extrême du système de contrôle en vue de la régulation de la pêche et de
la préservation des populations exploitées laisse le patrimoine halieutique livré à une
exploitation désordonnée.
2.6-Durabilité
La durabilité répond à des exigences culturelles et récréatives. Et pourtant, des
préoccupations ont été exprimées en ce qui concerne la contribution des pêches au
développement durable et en ce qui concerne la surexploitation, la capacité excessive de capture,
l'épuisement de certains stocks, les modifications des écosystèmes imputables à l'homme, ainsi
que l'intensification et la mondialisation du commerce des produits de la pêche avec ses effets
possibles sur les approvisionnements locaux et les capitaux propres.
Certes, nous savons que la pêche est importante pour le développement durable et que sa
contribution pourrait être améliorée, mais la quantité de données scientifiques objectives
disponibles au sujet de la pêche est limitée et d'accès difficile. Dans la plupart des pays, il existe
des informations détaillées et des processus d'aménagement sont en œuvre pour certaines
pêcheries importantes, tandis que, dans d'autres, la documentation est très pauvre et
l'aménagement pratiquement inexistant. Reconnaissant qu'il sera difficile de recueillir des
renseignements sur la contribution de la majorité des activités humaines au développement
durable, les nations du monde sont convenues d'élaborer et faire connaître des indicateurs du
développement durable. Les indicateurs devraient offrir un moyen pratique et rentable de : a)
suivre les progrès accomplis vers un développement durable ; b) prévoir les problèmes éventuels
ou mettre en garde ; c) tirer des enseignements de la comparaison des performances dans les
diverses pêcheries ; et d) promouvoir des politiques visant à accélérer les progrès ou éviter les
problèmes. (FAO 2001).
2.7- Relation Taille-Poids et croissance pondérale
L’étude de la relation taille-poids répond généralement en halieutique à deux objectifs qui sont:
la détermination du poids des individus dont on connaît la taille ou inversement et la description
des formes, de l’embonpoint et de ses variations au cours de la croissance. Ces buts présentent un
intérêt pratique dans les problèmes d’exploitation raisonnée des populations animales où il
8
importe, pour obtenir un rendement maximum, de savoir traduire la taille en poids ou le poids en
taille et de disposer d’ un paramètre aisément calculable qui caractérise l’embonpoint des
spécimens et son évolution au cours de l’ année ou de leur vie. (FROESE et al, 2006).
Par ailleurs, les relations taille-poids individuels peuvent varier en fonctions de multiples
facteurs: le sexe, le stade de maturité sexuelle, les conditions alimentaires, de l’échantillonnage,
etc.
2.7.1-Les facteurs de condition (F)
Le facteur de condition (F) de Fulton (1911) est définie comme suit: F=W/L 3 avec W le poids en
gramme et L la longueur en cm ; cette relation implique que plus le poisson est gros plus il est
dans de meilleures conditions environnementales. (FROESE et al, 2006).
2.8-Situation de la pêche en Haïti
La pêche marine emploie directement 54 000 familles sur les 1 500 km de côte, ainsi que
12 000 commerçants. De plus, le secteur emploie indirectement 7 000 « madan sara ». Le
volume des produits de la pêche est d’environ 17 220 tonnes par an (2012), ce qui correspond à
moins de 50% de la demande du pays (avec seulement 4% provenant de la pisciculture) même si
la consommation de ces produits par personne est de seulement 4.8 kg / an, la plus petite des
pays caribéens. Autour de 800 t par an des produits de la pêche (surtout homard, poulpe et
strombe géant) sont exportés pour une valeur d’environ 10 million US$. (MATHIEU 2016).
Avec ses 1700 km de côte, Haïti est le deuxième pays de la Caraïbe insulaire en étendue de
zones côtières (après Cuba), ce qui reflète un potentiel considérable en ressources marines. Le
développement de la pêche en Haïti offre donc une double opportunité de contribution très
significative la croissance économique, en accord avec les lignes définies par le DSNCRP. D’un
côté, le développement durable de la pêche maritime permettrait d’améliorer la qualité de vie des
communes des pêcheurs, l’un des secteurs ruraux les plus marginaux et délaissés d’Haïti, et de
l’autre côté, il permettrait d’augmenter la production et disponibilité de poisson, un produit de
haute qualité nutritionnelle, contribuant ainsi à diminuer la dépendance de l’importation et
sécuriser la disponibilité en aliments pour la population locale. Cependant, l’exploitation de ces
ressources, telle qu’elle se déroule présentement, s’avère incapable de satisfaire la demande
9
locale ; selon certaines estimations, Haïti importerait donc la plus grande partie des produits
maritimes à base de poisson. (MARNDR, 2010)
2.9-Présentation des deux (2) espèces choisies dans le cadre de l’étude
Black axillary mojarra / Odopikan (Eugerre axillaris)
L’espèce Black axillary mojarra est l’une des onze espèces du genre Eugerre de la famille des
Gerreidae représentées dans Le peuplement de poissons bentho-démersaux côtiers (d'estuaires,
de lagunes, de mangroves et de rivage. Elle a un corps rhomboidal, de couleur argentée et plus
foncé sur le dos avec de fines lignes sombres le long des rangées d’écailles sur la moitié
supérieure du corps. Ils ont des nageoires sombres et la dorsale épineuse a une fine marge noire
et l’intérieur de la base de la nageoire pectorale est sombre. La tête a une partie supérieure droite
raide et un profil inferieur concave, la bouche se termine sous le bord avant de la pupille et la
bouche est très extensible, pointant vers le bas lorsqu’elle est très saillie, et leurs couvertures
branchiales sont dentelées. La tête et le corps sont couverts d’écailles rugueuses. Leur nageoire
anale a 3 épines et 8 rayons et la deuxième épine est longue et épaisse ; leur nageoire caudale est
fourchue ; leur première nageoire dorsale a 9 épines et est surélevée à l’avant ; leur deuxième
nageoire dorsale a 9 ou 10 rayons ; et leurs nageoires pectorales dépassent largement l’origine de
la nageoire anale. Ils ont 14 à 16 branchictenies inferieures et les branchies.
Photo 1: Black axillary mojarra (Eugerres axillaris)
Le Black axillary mojarra réside dans les zones côtières peu profondes et les lagons dans le Sud
du golfe de Californie jusqu’au Honduras à des profondeurs allant jusqu’à 30 m (100 Pieds). Ils
ont un maximum de 25 cm (9,8 pouces) de longueur. Leur régime est davantage orienté sur le
macrobenthos (vers polychètes, crustacés, mollusques), leur niveau trophique est de 2,20 à 3,50,
10
leurs principaux prédateurs sont les barracudas, les mérous et le tarpon. Leur vulnérabilité est
faible à moyenne, de 15 à 36%. (VENDEVILLE, 2020)
Brochet (Centropomus undecimalis)
Le Brochet (Centropomus undecimalis) est présent dans les eaux tropicales de la partie
occidentale de l'océan Atlantique des côtes de l'État de Caroline du Nord au Brésil englobant
également le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. C’est une espèce typiquement côtière. Sa
taille maximale est de 140 cm mais la taille moyenne couramment observée est de 50 cm, il peut
peser jusqu’à 23,3 kg. Leur niveau trophique est élevé, entre 4,0 et 4,2. Leur vulnérabilité de 27 à
55%. Les distributions bathymétriques des 4 crossies ou brochets, Centropomidae sont toutes
dans des fonds de moins de 50 m. Il est aussi apprécié pour la pêche sportive dans les États
comme
la
Floride.
Mais
aussi
pour
sa
chair
tendre
et
fine
qui
est
très
appréciée.(VENDERVILLE, 2020)
Le Brochet est facilement reconnaissable à son corps allongé, son front incliné distinct, son
museau concave et sa mâchoire inférieure saillante. Ils se caractérisent en outre par leur ligne
latérale noire proéminente, formée de 67 à 72 écailles poreuse, qui s'étend jusque dans la
nageoire caudale. Les femelles sont généralement plus grandes que les mâles. La coloration varie
du brun foncé au gris terne avec une teinte jaune à verte sur la face dorsale. La surface latérale a
tendance à être argentée et la surface ventrale est généralement blanche. Les nageoires
pectorales, les nageoires pelviennes, la deuxième nageoire dorsale et le lobe dorsal de la nageoire
caudale sont tous de couleur jaune vif, cependant, certains spécimens sont considérablement plus
foncés. Ils s'associent généralement à des structures sous-marines telles que des pilotis, des récifs
ou des herbiers marins, mais ils préfèrent le plus souvent les habitats estuariens bordés de
mangroves. Le Brochet est un prédateur vorace et un carnivore opportuniste. Il se nourrit
principalement d'autres poissons pélagiques, bien que le régime alimentaire varie selon le type
d'habitat. (BRENNAN, N., M. Darcy, K. Leber. 2006)
11
Photo 2: Brochet (Centropomus undecimalis)
12
III-MATERIELS ET METHODES
3.1-Présentation de la zone
3.1.1-Situation géographique et environnementale
La commune des Gonaïves est le chef-lieu du département de l’Artibonite. Située à
environ 150 kilomètres de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, elle est bordée de communes : au
nord-ouest par Anse Rouge et Terre-Neuve, au nord par Gros-Morne, au nord-est par Pilate et
Plaisance (département du Nord), à l’est par Ennery, au sud-est par St-Michel de l’Attalaye, au
sud par l’Estère et à l’ouest par la mer (le golfe de la Gonâve). Plus précisément Gonaïves se
trouve entre les latitudes 19.20 et 19.40 degrés nord et entre les longitudes 72.28 et 72.45 degrés
ouest. Elle a une superficie de 620.50 km2 et une population d’environ 359 000 habitants. Elle
comprend cinq sections communales : Pont-Tamarin, Petite-rivière-de-Bayonnais, Poteaux, La
Branle, Bassin. (DDA-A, 2008)
Figure 1: Carte de présentation de zone d’étude aux Gonaïves
Par sa position géographique, Gonaïves évolue au fond d’une cuvette qui collecte les eaux de
plusieurs sous-bassins versants d’environ 700 km2. Les principaux affluents rencontrés dans le
bassin hydrographique sont : La Quinte, la rivière Branle, la rivière d’Ennery, la rivière Bassin et
la rivière Bayonnais. La convergence des affluents alimente La Quinte. Les ramifications les plus
élevées du bassin versant de la Quinte sont la Rivière Bassin, la rivière Labranle et la Quinte.
Les rivières Bayonnais et d’Ennery localisées à l’est du bassin versant prennent leurs sources
13
dans des altitudes bien moins élevées et drainent près de la moitié du grand bassin versant de La
Quinte. L’affluent qui a le parcours le plus court est celui de Labranle, tandis que celui d’Ennery
est le plus long. Cette position naturelle de la commune constitue une vulnérabilité majeure par
rapport aux menaces hydrométéorologiques. (HILAIRE, 1995)
Les conditions de vie des populations restent également sous-tendues par la cherté des produits
de première nécessité et le chômage endémique. Cette situation qui plonge la population dans un
état de pauvreté inquiétant avec tous ses corollaires, est exacerbée par le niveau d’inflation
national, qui a atteint les 5.76% contribuant ainsi à une nette détérioration du pouvoir d’achat des
populations.
3.1.2-Climat (Pluviométrie et Température)
Figure 2: Climat (Précipitation et Température) de la Ville des Gonaïves
Source: hikersbay.com/Climate/Haiti/Gonaives ,consulté le 17 Février 2022
Mois avec la plus grande précipitation sont octobre, novembre et décembre, avec 419 mm de
précipitations. La plupart des précipitations se produit en octobre, avec une précipitation
moyenne de 159 mm. Le montant annuel des précipitations aux Gonaïves est de 1195 mm. La
température Moyenne annuelle est de 30°C. Le mois le plus chaud est juillet, avec une
température moyenne de 32 °C.
14
3.1.3-Eau, énergie, infrastructures et communications
Quatre routes importantes desservent la commune : la route nationale no. 1, allant vers le
nord comme vers le sud avec plusieurs points de vulnérabilité dont précisément les ponts et la
Savane désolée (sud) ; la route menant vers le nord-ouest, en terre battue ; la route menant vers
Anse-Rouge, très vulnérable, carrossable en 4 x 4 ; la route menant vers Terre-Neuve, très
vulnérable, carrossable en 4 x 4. La commune n’a pas de gares routières. La ville compte deux
ports importants. Mais l’un d’entre eux peut accueillir des bateaux de fort tonnage. Elle ne
dispose pas d’aéroports, mais de quatre (4) espaces en terre battue pouvant être utilisés pour
l’atterrissage d’hélicoptères. Les services d’eau, d’électricité, de téléphonie et les pompes à
essence fonctionnent mais sont à risques.( Agroconsult-haiti SA, 2009)
3.1.4-Situation socio-économique
Suivant les derniers chiffres de la Direction de la Protection civile, recueillis suite aux
déplacements de la population provoqué par le séisme du 12 janvier 2010 et combinés aux
statistiques de 2009, la population de la commune des Gonaïves a atteint en mars 2010 environ
450 000 habitants, dont 50% moins de 18 ans et 51.09% de femmes. Plus de 60% de cette
population (270 000 hab.) vit dans des zones à risques, inondées régulièrement lors des grandes
crues de saisons pluvieuses. Gonaïves est la deuxième commune d’Haïti en matière de
population. Plus de la moitié des habitants (52%) vit en milieu urbain et surtout dans des aires
suburbaines avec tout ce que cela entraine comme promiscuité liée au chômage, aux
déplacements inattendus et à leurs conséquences sociales. Selon les estimations de 2007, 76% de
la population haïtienne vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 2 US$ par jour, et 56%
vit en dessous du seuil d’extrême pauvreté, avec moins de 1 US$ par jour. La grande majorité de
cette population ne jouit d’aucune sécurité sociale ni de système d’assurance. D’après le
classement mondial réalisé à partir de l’indice de développement humain (IDH), Haïti est le pays
le moins développé de l’hémisphère occidental.
L’impact des deuxièmes inondations de Gonaïves en 2008 ont considérablement accentué les
vulnérabilités sociales déjà existantes : stress et anxiété ; flux migratoires vers les villes de
proximité ; décomposition des structures familiales ; détérioration des conditions sanitaires et
nutritionnelles ; dégradation des conditions de vie des groupes vulnérables (personnes
déficientes, VIH, etc.) ; discrimination, recrudescence de la violence communautaire ;
15
déscolarisation, augmentation du nombre d’habitants dans les bidonvilles ; diminution de l’accès
aux services de base ; augmentation de la pauvreté. (Supreme, 2011, Citer par Ceder SIMON
2016)
3.1.5-Education
L’enseignement primaire, secondaire, professionnel et universitaire est présent aux
Gonaïves. Sauf que l’enseignement supérieur manque d’ouvertures : par exemple, le génie,
l’agronomie, la médecine ne sont pas encore disponibles dans les curricula. Donc la grande
majorité de bacheliers éprouve de sérieuses difficultés pour poursuivre leurs études. Mais la vie
intellectuelle y est assez forte et intense. Mais comme dans tout le système éducatif haïtien, les
curricula ne comportent pas d’unités pédagogiques relatives à l’identification des risques ni aux
mesures à prendre pour s’en protéger. Écoliers, étudiants, professeurs et professionnels n’ont pas
non plus appris à développer une relation harmonieuse avec leur environnement. Aussi
participent-ils à l’affaiblissement de leur espace vital. La perte de mémoire (la fréquence et
l’ampleur des menaces sont souvent oubliées au fil des ans), la perception du surnaturel, la
résignation (Dieu est bon, il ne permettra pas que telle menace emporte une famille, une localité,
une ville entière ; pas de peine sans secours ; personne ne peut échapper au châtiment des loas ;
le je-m’en-foutisme ; personne ne peut dompter la nature ; on n’y peut rien), la perception des
relations avec les autres, autant d’idées, de visions, de traditions et de valeurs qui traversent
l’éducation et qui portent citoyens, acteurs/décideurs et communautés à négliger les
actions/mesures de prévention et de préparation dans leurs prises de décisions.
16
3.2-Materiels de recherche
Les matériels nécessaires pour réaliser ce travail ont été répartis en trois (3) groupes :
3.2.1- Matériels didactiques :
Rames de papier, Cahiers, Plumes, Aiguisoirs, Crayons, Gommes à laver, Clé USB, Ordinateur,
Ruban métrique, Balance, Calculatrice.
3.2.2- Matériels de recherche :
Téléphone Android, GPS, caméra numérique, Google earth.
3.2.3- Matériels biologiques
Les espèces de poissons exploitées dans la ville.
3.3-Méthodologie de travail
Afin d’atteindre les objectifs fixés et tester les hypothèses avancées, une démarche
méthodologique comportant les étapes suivantes a été adoptée :
Recherches bibliographiques
Enquête exploratoire et visites de terrain
Typologie
Plan d’échantillonnage
Enquête formelle
Collecte des données sur les espèces
Dépouillement des données
Traitement et Analyse des données
3.3.1-Recherche bibliographique :
Dans cette rubrique les différents documents disponibles (études, rapports scientifique,
mémoires de fin d’étude), relatifs avec mon sujet ont été consultés pour compléter le travail.
3.3.2-Enquête exploratoire :
Celle-ci m’a permis d’avoir une vue globale sur la pêche aux Gonaïves. A cet effet, des
dialogues ont eu lieu avec plusieurs pêcheurs de façon verbale pour procurer des informations
sur la pêche dans la commune, les encadrements et accompagnement qu’ils ont été reçus dans le
17
cadre de leur activité. De ce fait, Le 17 février 2022, nous avons effectué notre première visite
pour une observation globale sur l’environnement des ports, les conditions physiques, les
techniques de pêche, les moyens de locomotion utilisés par les pêcheurs, etc. Le 21 février 2022,
une deuxième visite tour de terrain a eu lieu aux différents Ports visés pour mener l’étude, plus
précisément : Pas Raboto ; Pas Agwe ; Pas Mon Re, Pas Daniel, Pas Jubile et Pas Bodmè. Ce,
dans l’objectif d’avoir une plus grande connaissance sur notre toute première évaluation de la
pêche aux Gonaïves.
Estimation de la taille de la population des pêcheurs de la commune des Gonaïves et leur
répartition par type d’embarcations et par localités.
Localité de pêche
Bodmè
Lot bo kanal
Raboto
Fayiton
Mon re
Pas Daniel
Pas Agwe
La Pierre
Pas Jubile
Total
15
200
200
11
28
25
10
15
17
521
Type d’embarcation
Canot
Corallin
0
0
68
0
0
0
0
0
0
68
Total
15
200
268
11
28
25
10
15
17
589
Tableau 1: Taille de la population en fonction du nombre d'embarcations par localité.
Source: MARNDR / USAI, 2018
3.3.3-Typologie
A partir de la visite exploratoire, la typologie a été définie en fonction des types
d’embarcations utilisés par les pêcheurs pour aller en mer. Ainsi, deux (2) catégories
embarcations ont été distinguées : Les Canots et les Corallins. Et sont respectivement classées en
deux (2) types : Type I et Type II.
Embarcation
Classification
Canot
Type I
Corallin
Type II
Tableau 2: Types embarcations
18
3.3.4-Méthode d’échantillonnage :
L’étude a été menée sur la base de la méthode d’échantillonnage aléatoire stratifiée. Pour
construire l’échantillon choisi dans le cadre de cette étude, on a divisé en strates homogènes la
population de l’étude, et dans chaque strate on avait fait le choix en sélectionnant de façon
aléatoire dans l’unité statistique les embarcations, répartissant en deux (2) Groupes : Les
embarcations du type Canot (Strate X) d’une part et les embarcations de Type Corallin (Strate Y)
d’autre part. Pour chaque catégorie d’embarcation, on a recueilli des données sur l’équipage au
niveau des ports de débarquement.
Estimation de la taille de la population de l’étude, leur répartition par type d’embarcation
et par localités.
Localité de Pêche
Canot
Type d’embarcation
Corallin
Total de la Population
de l’étude
Bodmè
Raboto
Mon Re
Daniel
Pas Agwe
Pas Jubile
15
200
28
25
10
17
0
68
0
0
0
0
15
268
28
25
10
17
Total
295
68
363
Tableau 3:Taille de la population de l'étude
Processus de calcul
Déterminons la taille de l’échantillon:
𝑛=
𝑡𝑝2 × 𝑃 (1−𝑃)×𝑁
𝑡𝑝2 ×𝑃(1−𝑃)+(𝑁−1)×𝑦 2
; (REA et al.1997)
Soit:
𝑡𝑝2 : Le niveau de confiance qui est égale à 1.96 fractile d’ordre α = 0.05 d’une loi
normale.
𝑃 : probabilité égale à 0.5.
𝑦: marge d’erreur nécessaire égale à 0.05
𝑁: taille de la population de l’étude
𝑛: taille de l’échantillon de l’étude
D’où:
19
(1,96)2 × 0,5 (1 − 0,5) × 363
𝑛=
(1,96)2 × 0,5(1 − 0,5) + (363 − 1) × (0,05)2
Cela devient:
𝑛=
348,6252
= 187
1,8654
Donc, nous pouvons conclure que la taille de l’échantillon nécessaire est de 187 pour une
population de 363.
Dans l’objectif pour que la taille de l’échantillonnage soit redistribuée de manière
proportionnelle aux différentes unités statistiques, la méthode de construction de l’échantillon
par tirage systématique a été adoptée.
Soit N, la taille de la population de l’étude et n, la taille de l’échantillon.
Avec: N= 363 et n=187
a) On calcule le rapport
𝑁
𝑛
N
b) Donc, considérons que: K = n
363
K = 187 = 1,94
Pour chaque sous population ou strate nous pouvons considérer que:
Strate X (Type Canot) =N1= 295 et strate Y (Type Corallin) =N2= 68
Les tailles des différents échantillons seront réparties comme suit:
Kx = Nx/nx →
nx= Nx/Kx
ny= Ny/Ky → ny = 68/1.94
Ky = Ny/ny →
→ nx = 295/1,94
nx = 152 Canots
ny = 35 Coralins
En fin de compte, les différentes embarcations enquêtées par strate sont présentées dans le
tableau suivant:
Redistribution de l’échantillon aux différentes strates
Types d’embarcation
Canot
Corallin
Total
Population de
étude
295
68
363
Taille de
l’échantillon
152
35
187
Proportion
81,28%
18,72%
100%
Tableau 4: Taille de l'échantillon par rapport au nombre total d'embarcation.
20
3.3.5-Enquête formelle :
L’enquête formelle a été effectuée à l’aide des questionnaires (fiche d’enquête) élaborés
en fonction des objectifs visés et les hypothèses avancées, ce qui a permis de recueillir toutes les
informations quantitatives et qualitatives sur la zone d’étude. De ce fait, Le 24 février 2022 a
débuté l’enquête formelle. Des données sur les espèces capturées, les techniques de pêche
utilisées, les types de fond, les profondeurs de capture en brasses, les classes de sorties, Poids et
tailles à l’aide d’une balance électronique et un ruban métrique de deux (2) espèces halieutiques
pêchées (Brochet et Black axillary majorra) ont été collectées jusqu’au 14 Avril 2022. Les
conditions environnementales des ports ont été pris en compte tout au cours de la période de
l’enquête.
3.3.6- Collecte des données sur les Espèces
Des données sur le Poids et la Taille de 50 individus de l’espèce Bochet et de Black axillary
majorra ont été collectées pour pouvoir analyser la croissance morphométrie de ces deux espèces
divisées en trois (3) classes : Classe des mineurs, classe des moyens et classe des majeurs.
3.3.7-Dépouillement des données
Cette étape faisait suite à l’enquête formelle. Elle consistait à identifier les données essentielles
permettant d’atteindre les objectifs spécifiques fixés dans le cadre de l’étude.
3.3.8-Traitement et Analyse des données :
Les données recueillies pendant les enquêtes ont été dépouillées et traitées sur Microsoft Excel.
3.3.9-Les variables à étudier
Les variables étudiées dans le cadre mon travail ont été :
Espèces: Diversité des espèces
Poids: Variation et classe de poids
Taille: Variation et classe de taille
Habitat: Type d’habitat (Herbier, Lagon, Récifs etc.)
Profondeur bathymétrique: Classes de profondeur exploitées par les pêcheurs
Techniques de pêche: Différentes techniques pratiquées sur la côte
21
3.3.10- Relation Taille-Poids
La relation poids-longueur reflète les résultats de croissance en poids à partir de la croissance en
longueur. Elle permet aussi d’apprécier le type de croissance présenté par une population ou une
partie de la population de poisson (Philipart et Ruwet, 1982). Cette relation est en général de type
puissance, et représentée par la relation de Le Cren (1951):
Y=aXb
par transformation: Log Y= Log a + b Log L
D’où:
Y: Poids du poisson
a: Constante de proportionnalité
X: Longueur à la fourche
b: coefficient d’allométrie
b peut être compris entre 2 et 4
Si b=3, croissance isometrie
Si b>3, croissance allométrique majorante (positive), ce qui signifie que le poisson croit
plus en Poids qu’en longueur
Si b<3, croissance allométrique minorante (négative), ce qui signifie que le poisson croit
plus en longueur qu’en poids
3.3.10.1-Les facteurs de condition (F)
Le facteur de condition (F) de Fulton (1911) est défini comme suit :
F=W/L 3
Avec :
W le poids en gr et
L la longueur en cm ;
NB: Cette relation implique que plus le poisson est gros plus il est dans de meilleures conditions
environnementales
22
3.3.11-Analyse statistique
On a utilisé le test de t-student pour évaluer la significativité des indices de Fulton au niveau des
différentes classes (mineurs, moyens et majeurs). Celles-ci sont clasées en trois (3) groupes
d’analyse distinct pour pouvoir effectuer les calculs t-calculé (To). Ces trois groupes sont : G1
(Mineur-Moyen), G1 (Mineur-Majeur) et G3 (Moyen-Majeur).
Formulation de l’hypothèse statistique :
H0 : m1 = m2
H1 : m1 ≠ m2
Ho : hypothèse nulle
H1 : hypothèse alternative
m1: Indice de Fulton 1
m2: Indice de Fulton 2
Conditions d’application :
Seuil de signification : α= 5% ou 0,05
n1 et n2 : tailles des échantillons
Degré de liberté (ddl) = n1+ n2 – 2
𝑇0 =
m1−m2
𝑆2
𝑛1
𝑆2
𝑛2
√ 1 +√ 2
𝑆2 =
̅̅̅̅2
∑𝑛
𝑖=1(𝑥𝑖−𝑋)
n
;
Ecart-type (S)= √𝑆 2
T (tab) : la valeur lue dans la table de distribution t (suivant la loi normale)
T0 : C’est la valeur trouvée par calcul à partir du test statistique
n : Nombre d’indice de Fulton ;
xi : Indices de Fulton des classes
S2: Variance
Règles de décision
Si t0 ≥ t (tabulaire) ; On rejette H0 au risque α choisi. On conclut qu’il existe une différence
significative entre les indices de Fulton des classes comparées.
Si t0 < t (tabulaire) ; il n’y a pas de différence significative entre les indices de Fulton des classes
comparées.
23
IV- RESULTATS ET DISCUSSIONS
Ce travail réalisé sur la pêche dans la ville des Gonaïves tire son regard sur la situation de la vie
aquatique et l’environnement physique des zones de pêche. Pour ensuite contribuer à apporter
des recommandations qui s’alignent avec le quatorzième (14) objectifs de l’ODD qui promeut la
conservation et l’exploitation durable des écosystèmes marins et côtières, en luttant contre la
surpêche et la pêche illicite; l’accélération des recherches scientifiques et du transferts de
techniques pour renforcer la résilience des écosystèmes ; la conception de la gestion durable des
ressources marines comme une opportunité de développement économique et touristique pour les
petits Etats insulaires et les pays les moins avancées.
4.1- Présentation de la pêche aux Gonaïves en fonction du groupe de pêcheurs
inventoriés
La ville des Gonaïves regroupe à elle seule environ 1445 Pêcheurs soit 24% du nombre
total de 4478 pêcheurs estimés dans le département de l’Artibonite. Elle compte environ 589
embarcations, soit 24% sur 2474 existants dans le département (MARNDR, USAI 2018). Au
cours de notre enquête, on a choisi de catégoriser la pêche de la ville en fonction des
embarcations utilisées en deux (2) groupes distincts : l’un représentant uniquement par les
pêcheurs utilisant les Canots et l’autre les Corallins. Ces embarcations sont les seuls moyens
locomotifs utilisés par les pêcheurs dans la pêche aux Gonaïves.
4.1.1- Groupe I : Les pêcheurs utilisant uniquement les canots
Cette catégorie comprend les marins pêcheurs traditionnels qui s’adonnent exclusivement
à la pratique de la pêche près de la côte et les récifs coralliens existant dans la baie des Gonaïves.
Ils disposent de leur propre matériel, ils pratiquent une pêche collective (2 personnes au plus) ou
non collective (1 personne). Leurs équipements et matériels de pêche sont archaïques, ne leur
permettant pas d’aller pêcher au large. Ils possèdent de petites embarcations, donc des canots
allant de 10-15 pieds de longueur et pratiquent plusieurs techniques de pêche.
4.1.2-Groupe II : Les Pêcheurs utilisant uniquement les corallins
Ce groupe renferme les marins pêcheurs utilisant uniquement des Corallins de 14 pieds
de longueur, de matériels et équipements archaïques et pratiquant une seule technique de pêche
pouvant être collective (2 personnes ou plus) ou non collective (1 personne). Ils exploitent
24
généralement les récifs coralliens situés à plus de 10 km et moins de 20 km de distance par
rapport au littoral.
4.2.- Présentation des embarcations
Au moment de notre enquête, nous avons inventorié deux (2) catégories embarcations
utilisées dans la pêche aux Gonaïves. Ils constituent chacune une unité de pêche. Nous les avons
repartis en deux (2) types : Type I, représentant les Canots et Type II représentant les Corallins.
Unité de
Nombre
Taille (en
Nombre
pêche
total
pied)
d’équipage
Type I
151
10-15
1-2
1 Amateur et/ou Capitaine +
Membres équipages (Matelot)
(Canot)
Type II
Composition de l’équipage
35
14
1-2
(Corallin)
1 Amateur et/ou capitaine +
Membres équipages (Matelot)
Tableau 5: Les embarcations inventoriées dans les zones d'étude
4.2.1- Unité I : Embarcation de type I : Canot
Les embarcations du type I sont les plus représentées dans la pêche aux Gonaïves, soit
81,28% du total de l’échantillon enquêté. Elles regroupent les pêcheurs pratiquant la Pêche
côtière (Pèch Bwat) exercant des sorties de pêche allant de 1 à 3 jours en mer ainsi que ceux de
la Petite pêche (Pèch vini) ne dépassant pas une journée par sortie de peche ; utilisant les « filets
simple » (Tirinè ; Ti boje), la « Senne », la « Nasse » (Nas tchòk) et le « Fusil » (Fizi kreyòl).
Elles mesurent entre 10-15 pieds de long et 1.3 à 1.8 mètres de diamètre. Un (1) amateur et / ou
Capitaine + Membres équipages (Matelot) peuvent former un équipage, pouvant pratiquer
plusieurs techniques de pêche par alternance.
4.2.2- Unité II : Embarcation de type II : Corallin
Les embarcations du type II regroupent les Corallins, représentant 18,72% du total de
l’échantillon enquêté. Elles sont utilisées par les pêcheurs pratiquant exclusivement la pêche
côtière (Pêche boite) ; utilisant les Filets simple supérieurs ou égal à 35 mailles et moins de 50
mailles pour capturées les espèces halieutiques. Elles mesurent dans leur ensemble 14 pieds de
long et 1.5 à 1.8 m de diamètre. Un (1) amateur et / ou Capitaine + Membres équipages (Matelot)
peuvent former un équipage pratiquant une seule technique de pêche (Pêche au Filet).
25
Repartition des embarcations
18.72%
Type I
81.28%
Type II
Figure 3: Répartition des types embarcations en pourcentage
4.3.- Moyen de propulsion
Pour se déplacer avec les navires, différents moyens de propulsions peuvent être utilisés
par les pêcheurs, et ce, dépendamment du type d’embarcation. Aux Gonaïves, La voile et la rame
sont les seuls moyens de propulsion utilisés par les pêcheurs des deux (2) types d’embarcations
(Canot et Corallin) inventoriées au cours de notre enquête.
Photo 3: Moyen de propulsion
4.4.- Présentation des engins et techniques de pêche utilisés
4.4.1.-Engins de Pêche
Dans la capture des espèces halieutiques, plusieurs engins de pêche peuvent être utilisés
en fonction de la zone ciblée, du type d’embarcation, du type de fond, de la profondeur
26
bathymétrique, entre autres pour faire la capture. Au cours de notre enquête, pour les deux (2)
types d’embarcations utilisés par les pêcheurs, Ces derniers utilisent essentiellement : Filet
simple (35-50 mailles) ; Nasse ; Senne et Fusil de pêche pour effectuer leur capture. Ce sont pour
la plupart des engins rudimentaires fabriqués à la main. Des accessoires : aiguilles en matière
plastique, plomb, bouées ou flotteurs, cordes et palmes de plongée sont aussi utilisés.
Aux Gonaïves, les engins utilisés pour la prise des espèces halieutiques sont peu diversifiés. Les
filets représentent 73,80%, ce qui vérifie l’hypothèse 1 (Pour toutes les techniques de pêche
utilisées dans la commune, plus de 50% des équipages pratiquent une seule technique de pêche
pour capturer les Poissons.) viennent ensuite les Sennes et les Nasses représentant 12.83% et
8.56%. Ils sont les trois (3) engins les plus manipulés et utilisés dans la pêche aux Gonaïves. En
fin vient le Fusil avec 4.81%. Ce dernier est l’engin le moins représenté dans les captures au
niveau des ports de la Ville.
Représentativité des engins utilisés
73.80%
12.83%
SENNE
FILET
8.56%
4.81%
NASSE
FUSIL
Figure 4: Répartition des engins de Pêche aux Gonaïves
4.4.2.-Technique de Pêche
Dans la ville des Gonaïves, la diversité dans l’utilisation des techniques de pêche se
résume suivant le type de pêche, la zone de capture, la profondeur bathymétrique, etc. Les
sections qui suivent décrivent brièvement les principales techniques de pêche pratiquées par les
pêcheurs.
27
4.4.2.1.- Pêche au Filet
Cette technique de pêche traditionnelle est pratiquée au niveau de la majorité des localités
de pêche de la zone d’étude. Un seul type est distingué : Filet simple.
Les filets simples
Cette technique de pêche de petite maille, est conçue pour la pêche de crevettes, harengs,
sardines, Bochet etc. Cette technique est pratiquée dans les eaux peu profondes. L’engin est
appelé couramment « Filet Tirinè ou Filet Tiboje ». Les pêcheurs sont restés à bord d’un canot et
dépose le filet dans l’eau de façon verticale. La levée se fait aux environs de deux heures de
temps après la pose et amenée sur le bord pour collecter les captures à travers les mailles des
filets.
Figure 5:Présentation d'un Filet maillant
4.4.2.2-Pêche à la Nasse
Cette technique est destinée à être immergé, pour capturer des poisons. Elle conçue de
façon que le poisson rentre dans le piège par un orifice approprié et qu'ensuite il ne puisse plus
ressortir. Elles sont construites en bambou ou avec du roseau et sont de forme variable. Les
nasses sont ancrées sur le fond avec une ligne de flottaison en surface et souvent renforcée d’une
armature en bois pour assurer sa descente et sa stabilité. La levée se fait au même jour de la
déposition et aussi au lendemain du jour de la déposition selon les conditions du temps. Les
pêcheurs utilisent différents types d’appâts, tel que ; sardine, hareng, pieuvre. Ce sont dans la
majorité des cas, des prises accessoires (les juvéniles). Ils peuvent aussi utiliser la noix de coco,
28
les mangues, la pelure de banane. La durée de vie d’une nasse est de 6 à 8 mois. Les principales
espèces visées sont : les crustacés, les langoustes, les crevettes et différentes espèces de poissons.
Photo 4: Présentation d'une Nasse
4.4.2.3-Pêche à la Senne
C’est une technique de pêche côtière très destructrice. Elle permet de capturer de
poissons et d’autres invertébrés juvéniles de toutes espèces, particulièrement abondants dans les
petits fonds. Généralement elle est employée pour appréhender les bancs de poissons approchant
tout près de la côte, dans les eaux relativement peu profondes, inférieur à 10m de profondeur.
Cette technique de pêche est très répandue aux Gonaïves. De concert avec la Senne on observe
parfois l’utilisation de Moustiquaire pour la capture des espèces à différents stades de
développement.
Photo 5: Présentation d'une Senne à corde
4.4.2.3.1- Pêche au Moustiquaire
29
Cette technique de pêche est de même manipulation que les sennes. Elle capture des
poisons habitant plus près de la cote. C’est une technique de pêche très destructrice.
Photo 6: Utilisation d'un moustiquaire, engin de capture.
4.4.2.4- Fusil de pêche
Ce sont généralement des fusils arcahïques, fabriqués à la main dans la pêche artisanale.
Ils sont utilisés pour capturer des espèces de fonds marins. Le Pêcheur marin est accompagné de
plusieurs autres accessoires pour effectuer la capture, bombone oxygène, lunette, équipement.
Aux Gonaives, ces engins de pêche sont utilisés exclusivement au moment la capture de
‘’Comcombre de mer pour capturer d’autres espèces marines.
Photo 7: Présentation d'un fusil de pêche
30
4.5.-Répartition des techniques de pêches inventoriées par embarcations
Dans la ville des Gonaïves, Seulement quatre (4) techniques de pêche ont été répertoriées au
moment de l’étude. Nous avons la technique au Filet qui est la plus utilisée dans les
embarcations par les pêcheurs de la ville, vient ensuite la Senne en deuxième position, et après la
Nasse et le Fusil de pêche. Dans le tableau ci-dessous, on fait une répartition en nombre, des
techniques de pêches pour chaque type d’embarcations.
Embarcation
Techniques de pêche
Total
Nasse Filet Senne
Fusil
Type I
16
103
24
9
152
Type II
0
35
0
0
35
Total
16
138
24
9
187
Tableau 6: Répartition des techniques de pêche inventoriées
4.5.-Comportement des engins et principales espèces ciblées par techniques
Chaque type d'engin a ses propres particularités qui le différencie des autres. C'est ainsi
que certains engins capturent des poissons par les opercules, d'autres par la bouche, d'autres par
le corps, d'autres les enferment seulement sans les blesser, etc. En plus, il y a des engins qui
capturent les poissons en masses, d'autres qui sont sélectifs et d'autres qui ont les possibilités
d'attraper un seul poisson. Chaque type engin correspond à une technique de pêche et cible un
groupe d’espèces bien particulier.
Dans la commune des Gonaïves, les espèces exploitées sont capturées par plusieurs techniques
de pêche, soit quatre (4). Chaque technique est utilisée dans un type de fond particulier, avec une
bathymétrie différente. Le tableau suivant fait une récapitulatif sur les techniques de pêche par
rapport aux espèces ciblées dans les captures
31
Tableau : Techniques de pêche par rapport aux espèces ciblées
Au moment de l’enquête, il révèle que la technique de Filet est la plus utilisées par les pêcheurs
de la ville. Cette technique est dominante par rapport aux autres techniques de pêche, car elle
enregistre le plus grand nombre d’espèces capturées.
Techniques de
Espèces ciblées
pêche
Nasse
Langous, Sad, kon, krab
Filet
Sadin, aran, krevet, Krab, Lambi, Re, Langous,
Chat wouj, Kong, Sad, Boche, Dopikan
Senne
Tobo, Petits pellargiques, Ajante, mile
Fusil
Sad, Bekin, Comcombre de mer
Tableau 7: Principales espèces ciblées par technique de pêche
4.6.-Présentation des espèces halieutiques inventoriées
Dans la grande Caraïbe, les schémas de richesse des poissons de rivage montrent un plus
grand nombre d’espèces près de la côte, avec des « points chauds » variables identifiés
en fonction du groupe de poissons de rivage considéré. En général, les schémas de richesse
des poissons de rivage sont influencés par : 1) la répartition des espèces répandues ; 2) degré
d'isolement géographique ; 3) courants locaux et température de l'eau ; 4) complexité des
habitats disponibles ; et 5) degré d'effort d'échantillonnage. Dans la grande Caraïbe, même la
majorité des espèces endémiques sont largement distribuées, vraisemblablement en raison du
niveau généralement élevé de connectivité dans la région (Robertson et Cramer 2014).
32
Au cours de notre enquête, les espèces de poissons inventoriées, leur famille, nom Scientifique et
habitats sont décrivent dans le tableau ci-dessous.
Famille
Clupeidae
Nom scientifique
Clupea harengus
Sadinella spp
Sphyraena barracuda
Scomberomorus regalis
Nom créole
Aran
Sadin
Bekin
Taza
Nom français
Hareng
Sardine
Bécune, barracuda
Thazard franc
Habitat
PC
Balistidae
Cantherbines
macrocenus
Bous kreken
Bourse cabri
D
Scaridae
Sparisoma aurofrenatum
Pawokèt woz,
Perroquet tacheté
D/ RC
Sparisoma viride
Boutou melon
Octopus spp
Bodianus rufus
Oligoplites saurus
Muraena robusta
Strombus spp
Panulirus argus
Makaira nigricans
Mugil cephalus
Raja eglantera
Lutjanus mahogani
Lutjanus purpureus ou
campechanus
Holocentrus spp
Eucinopterus jonesu
Centropomus
undecimalis
Sphyraena obtusata
Calappa sp
Litopenaeus vannamei
Lepidopus caudatus
Scorpaena porcus
Prionotus carolinus
Gerres abbreviatus
Eugerres plumieri
Phoeroides testudineus
Eugerres axillaris
Gymnura micrura
Selene vomer
Cephalopholis boenak
Lobotes sutinamensis
Loligo vulgaris
Holothuroidea
Chat wouj
Bannann mi
Karang
Kong
Lanbi
Langous
Mè balawou
Mile
Re
Ajante
Sad woz
Perroquet tricolore
Pieuvres ou poulpes
Labre espagnol
Carangue franche
Murène robuste
Strombes
Langouste
Macaire bleu
Mulet cabot
Raies
Vivaneau voyeur
Vivaneau rouge
B/RC
D, RC
PC,
B, RC
B
B
PO
EC, E, LS
D/B
P/D
Kadina
Blanch
Boche
Marigons
Blanche argenté
Brochet
D/RC
DC
DC
Melan
Krabe
Chevrette
Machet
24 trè
Bapchat
Tobo
Odoblan
Krapo
Odopikan
Lanj
Lalin
Savonèt
Domez
Sèch
Pin
Barracuda à bande dorée
Crabe
Chevrette
Sabre argenté
Rascasse
Merle du Nord
D
RC
RC
RC
D/RC
RC
RC
RC
RC
RC
D/B
RC
RC
B
B/RC
B
Sphyraeridae
Scombridae
Octopodidae
Labridae
Carangidae
Muraenidae
Strombridae
Panuliridae
Istiophoridae
Mugilidea
Dasyatidae
Lutjanidae
Holocentridae
Gerreidae
Centropomidae
Sphyraenidae
Calappidae
Penaeoidea
Trichiuridae
Scorpaenidae
Triglidae
Gerreidae
Gerreidae
Tetraodontidae
Gerreidae
Dasyatidae
Carangidae
Serranidae
Lobotidae
Loliginidae
Holothuroidea
Compère corotuche
Black axillary mojarra
Raie papillon guianaise
Carangue lune
Croupia roche
Seiche
Comcombre de mer
D
PC/PO
Tableau 8: Les espèces halieutiques inventoriées
B : Benthiques
RC : Récifs Coralliens
PC: Pélagiques côtiers
D: Démersales
33
PO : Pélagiques océaniques P : Pélagiques
Eaux-côtières
E : Estuaires
DC : Démersales côtiers
EC :
LS : Lagunes sur salées
4.6.1-Répartition des espèces capturées
Au cours de notre enquête, plus de 40 espèces reparties en plusieurs familles ont été inventoriées.
Selon les résultats de l’enquête, les espèces : Boche (Centropomus undecimalis), Tobo (Gerres
abbreviates), Mile (Mugil cephalus) , Sarde rose (Lutjanus purpureus) et Odopikan (Eugerres
axillaris) sont les plus représentées dans les captures avec 15,07%, 14,21%, 9,89%, 6,29% et
4,85%.
L’espece Brochet fait partie de la famille des centropomidae. Elle predomine au niveau de
l’habitat demersal cotier. Elle est une espece predatrice se nourrissant du zoobenthos et autres
petits pelagiques cotiers.Le brochet observe un niveau trophique elevee allant de 4 à 4.2 et son
niveau de vulnerabilite se situe entre 27 à 55% sur l’annexe II de l’UICN.
Le Tobo Gerres abbreviatus et le Odopikan Eugerres axillaris sont toutes deux de la famille des
Gerridae. Ces espèces se rencontrent dans les eaux peu profondes de moins de 50 mètres dans
les récifs coralliens en estuaire et aux abords des mangroves et dans les lagunes. Leur régime est
davantage orienté sur le macrobenthos (vers polychètes, crustacés, mollusques), leur niveau
trophique est de 2,20 à 3,50 et leur vulnérabilité est faible à moyenne, de 15 à 36% sur la liste de
l’UICN.
Le Mile Mugil cephalus est une espèce lagunaire retrouvée généralement dans les eaux côtières
plates faisant partie de la famille de Mugilidae. Cette espèce a un régime alimentaire composé de
zoobenthos et de plantes ou d’algues et détritus ; leur niveau trophique est peu élevé, de 2,0 à 2,9
ce qui lui confère une vulnérabilité moyenne de 42% sur l’Annexe II de l’UICN.
La Sarde rose Lutjanus purpureus est une espèce démeresale faisant partie de la famille des
Lutjanidae. Ils sont pour la plupart nocturnes, leur régime est composé d’invertébrés, de
mollusques divers dont les gastéropodes, de crabes, de crevettes, de céphalopodes, de poissons ;
leur niveau trophique est de 3,1 à 4,4. Leurs principaux prédateurs sont les murènes, les
barracudas, les carangues, les mérous et les thazards. La vulnérabilité de leurs populations
s’échelonne de 32 à 68%.
34
La disponibilité de ces espèces sur les lieux de capture joue un gain pour les pêcheurs, ainsi que
leur demande à la consommation qui s’avère importante dans la ville, de ce fait, elles subissent
de fortes pressions de capture. Contrairement aux espèces comme : Kadino, Langous et Sèch qui
sont relativement de faible représentativité soit 2,66%, 1,05% et 0,03% dans les captures. Vu le
pourcentage de capture des différentes espèces pêchées, on en déduit que les espèces de
premières catégories ne sont pas effectivement les plus représentées. Ce qui infirme la troisième
(3) hypothèse.
La figure ci-dessous fait un récapitulatif des espèces inventoriées au moment de l’étude.
MOL
COMCOMBRE DE MER
BOUS
SÈCH
DOMÈZ
VOLAN
CHATROUJ
LALIN
SAVONET
RE
POLPOT
SOUSET
24 TRÈ
BAPCHAT
BEKINE
LANGOUS
MELAN
KOULÈV LANMÈ
5.62%
4.38%
3.05%
0.06%
1.05%
0.17%
0.03%
0.14%
0.14%
0.03%
0.19%
0.14%
0.03%
0.19%
0.11%
0.06%
0.03%
0.03%
0.03%
5.24%
ARAN
MEDASYE
PÈY
KRAPO
LANJ
BALAWOU
ODOBLAN
0.11%
0.22%
0.11%
0.08%
0.11%
0.58%
TAZA
CARANG
BOCHE
ODOPIKAN
SADIN
5.51%
7.59%
4.85%
3.93%
0.89%
BANNANN
0.53%
KONG
AJANTE
5.18%
TOBO
ZANDOLIT
SADE ROSE
MILE
BLANCH
KADINO
PAWOKÈT
MANCHÈT
POURCENTAGE
0.86%
2.66%
0.19%
9.89%
0.42%
6.29%
14.21%
15.07%
RE PART IT IO N DE S E S PÈ CE S INVE NTO RIÉ E S
Figure 6:Repartition des espèces inventoriées
4.7-Présentation de la zone de capture
En général, les pêcheurs exploitent une frange plus ou moins étroite du plateau
continental. Le caractère traditionnel de leur embarcation et équipement limite fortement leur
rayon d’action (Canot et Corallin) et par conséquent, l’effort de pêche se concentre sur les
ressources près de la côte avec pour corollaire la surexploitation. Aux Gonaïves, les activités
35
traditionnelles des pêcheurs sont axées principalement sur le littoral, les récifs coralliens et les
autres habitats côtiers. Par ailleurs, la zone ne bénéficie pas de la présence de Dispositifs de
Concentration de Poissons (DCP) pour éventuellement exploiter les potentialités de la pêche au
large.
4.7.1.-Types de fonds
Les types de fond correspondent aux profondeurs des zones traditionnelles de pêche où
les pêcheurs concentrent de manière intense l’effort de pêche. La différence entre les types de
fond se trouve dans le type d’habitat ainsi que dans les profondeurs spatiales. Citons selon leur
appellation locale : « sab, sèk, zèb, wòch, labou, lekò, granfon » dénommées respectivement les
fonds sableux, le haut-fond, les herbiers, les récifs, le lagon, les accors et les bancs. L’enquête
menée à travers la zone d’étude nous a permis de distinguer plusieurs types de fond. Par
conséquent, aux Gonaïves, nous avons identifié deux (2) d’entre eux qui sont essentiellement les
types de fond les plus utilisés dans les captures. Ce sont : Le Lagon et les herbiers.
Selon les résultats de l’étude, 81,82% des embarcations effectuent leur capture dans les lagons,
contre 11,76% dans les Herbiers et 6,42% dans Herbier/Lagon. Les Lagons sont les plus
exploités en raison de son accessibilité et correspondent mieux pour les pêcheurs d’effectuer leur
capture de par leurs moyens locomotifs ainsi que la manipulation de leurs engins de pêche pour
capturer les espèces.
Repartition des types de fond
6.42%
11.76%
81.82%
Lagon
Herbier
Herbier/Lagon
Figure 7: Répartition des types de fond
36
4.7.2-Profondeur de capture
Spatialement, l’effort de pêche au niveau de la commune se concentre sur des zones de
profondeurs variables qui nécessitent l’utilisation des techniques de pêche appropriées. De
surcroit, l’exploitation de chaque profondeur bathymétrique est faite par une ou plusieurs
techniques de pêche bien particulière dépendamment de ses caractéristiques et du groupe
d’espèce ciblées.
La figure suivante fait un récapitulatif sur le pourcentage d’utilisation des techniques en
profondeurs (Brasses) au niveau de différents type de fond dans la baie des Gonaïves. Les
résultats nous montrent que, la totalité, soit 100% des filets et des Sennes effectuent leur capture
sur une profondeur de 1 à 5 brasses. Cependant, pour les Nasses, 50% d’entre elles effectuent
leur capture sur une profondeur de 6 à 10 brasses, contre 31,25% sur une profondeur de 11 à 15
brasses et 18,75% sur une profondeur de 16 à 20 brasses. Ensuite, pour les Fusils, la totalité
effectue leur capture sur une profondeur de 16 à 20 brasses.
Pourcentage
Repartition des profondeurs de captures en brasse
120.00%
100.00%
80.00%
60.00%
40.00%
20.00%
0.00%
Filet
Senne
Nasse
Fusil
16-20
0.00%
0.00%
18.75%
0.00%
11-15
0.00%
0.00%
31.25%
0.00%
6-10
0.00%
0.00%
50.00%
100.00%
1-5
100.00%
100.00%
0.00%
0.00%
Figure 8: Répartition de la profondeur de capture par technique de pêche
4.8- Classe de sortie des pêcheurs
L’analyse des résultats obtenus sur le nombre de sortie réalisée par mois révèlent de
grandes différences entre les types d’embarcations par classe de sortie. Les résultats nous
montrent que dans la pratique de pêche aux Gonaïves, 66,45% des embarcations du type I
effectuent une classe de 1 à 10 sorties par mois, contre 94,44% pour les embarcations du type II,
qui prédominent cette classe de sortie. De l’autre côté, 8,55% des embarcations du type I
effectuent la classe de 11 à 20 de sorties par mois et ils prédominent contre 5,71% pour les
37
embarcations du type II dans cette classe de sortie. Et enfin, 25% des embarcations du Type I
effectuent une classe de 21 à 30 sorties par mois. Ces embarcations sont les seules ayant
effectuées une classe de 21 à 30 sorties par mois. Cela explique que les embarcations du type I
sont les plus utilisées tout au long du mois d’activité de pêche par les pêcheurs dans la ville.
Repartition des classes de sortie par type
embarcation
Pourcentage
100.00%
80.00%
94.29%
66.45%
60.00%
40.00%
25.00%
20.00%
8.55% 5.71%
0.00%
0.00%
1-10
11-20
Type I
21-30
Type II
Figure 9: Répartition des classes de sortie
4.9- Analyse de la croissance morphométrique de Boche (Centropomus
undecimalis) et de Odopikan (Eugerres axillaris)
Deux (2) espèces halieutiques ont été choisies dans le cadre de notre étude, pour pourvoir faire
une analyse sur la croissance morphométrique de ces deux espèces en tenant compte du niveau
de cohérence et le seuil de confiance entre les données recueillies au moment de l’enquête, ainsi
que l’indice de Fulton pour déterminer les conditions environnementales de l’espèce. Pour ce
faire, nous avons reparti les données recueillies au moment de l’étude de chacune des espèces
(Boche et Odopikan) en trois (3) classes distinctes : Classe des mineurs compris entre (10-19cm),
Classe des moyens, entre (20-29cm) et Classe des majeurs entre (30-39cm).
4.9.1-Présentation des données collectées sur l’espèce Boche et de Odopikan
Classe
Classe des mineurs
Classe des moyens
Classe des majeurs
Classe
Classe des mineurs
Boche (Centropomus undecimalis)
Taille moyenne (cm)
Poids moyen (gr)
18
88
24
160
31
324
Odopikan (Eugerres axillaris)
Taille moyenne (cm)
Poids moyens (gr)
15
44
38
22
-
Classe des moyens
Classe des majeurs
135
-
Tableau 9:Tableau représentant les moyennes des données collectées sur l'espèce Brochet et de Black axillary mojarra
4.9.2- Analyse de la croissance morphométrique de Brochet (Centropomus
undecimalis).
Analyse de la croissance morphométrique de trois (3)
classes de Brochet : Mineurs; Moyens et Majeurs
y = 0,0264x2,944
R² = 0,6804
y = 0,0313x2,6704
R² = 0,4197
y = 0,0718x2,4473
R² = 0,2368
Poids (gr)
500
400
Mineurs
300
Moyens
200
Majeurs
100
Power (Mineurs)
0
Power (Moyens)
0
10
20
30
40
Power (Majeurs)
Taille (cm)
Figure 10:Analyse de la croissance morphométrique de Brochet
Selon les résultats obtenus après calculs, la classe des mineurs possède le plus fort coefficient
d’allométrie, avec b= 2,944 (y= 0,0264x2,944), c’est-à-dire b<3, donc elle a une croissance
allométrique minorante (négative). De surcroit, le coéfficient de détermination
R2=0,6804,
montre que 68,04% des données sont cohérentes et que le poids et la taille sont assez bien
corrélés. Vient ensuite la Classe des Moyens, avec b=2,6704, C’est-à-dire b<3, donc, elle a une
croissance allométrique minorante (négative), et R2= 0,4197, donc, 41,97% des données de cette
classe sont assez faiblement cohérentes et que le poids et la taille des poissons sont assez
faiblement corrélées. Au Final, la Classe de majeurs, avec le plus faible coefficient d’allométrie,
où b= 2,4473, c’est-à-dire, b<3, donc, elle a une croissance allométrique minorante (Négative).
Et R2=0,2368, ce qui explique que 23,68% des données de la classe des majeurs sont faiblement
cohérents, et que le poids et la taille sont faiblement corrélées. Néanmoins, sur la base de
l’analyse des données recueillies sur l’espèce expérimentée, on observe une très mauvaise
croissance du brochet qui n’atteint même pas la taille moyenne de 50 cm retrouvée généralement
39
dans la nature (VENDEVILLE, 2020) ; ce qui indique une certaine incertitude par rapport à la
survie de la population de cette espèce dans le temps.
4.9.2.1- Considérations du Facteur de condition F (Indice de Fulton) sur les classes
de Brochet (Centropomus undecimalis)
Classe de
Brochet
Mineurs
Taille moyenne :
T en cm
18
Poids moyens :
Pd en gr
88
Moyens
24
160
Majeurs
31
324
Ind. De Fulton
𝑃𝑑
𝑇3
𝑃𝑑
𝐹= 3
𝑇
𝑃𝑑
𝐹= 3
𝑇
𝐹=
Résultats
0,0142
0,0119
0,0108
Tableau 10:Calculs Facteur de condition F (Indice de Fulton) sur les classes de Brochet
Selon les résultats du facteur de condition F (Indice de Fulton), la Classe des mineurs est celle
ayant le plus fort indice, avec F= 0,0142 par rapport aux deux (2) autres classes, Moyens et
Majeurs respectivement avec F= 0,0119 et F=0,0108. Ce qui explique que la classe des mineurs
est dominante et se trouve relativement dans de meilleures conditions environnementales que les
deux (2) autres classes.
4.9.3- Analyse de la croissance morphométrique de Odopikan (Eugerres axillaris)
Analyse de la croissance morphometrique de deux (2)
classes de Odopikan: Mineurs et Moyens
y = 0,2095x2,078
R² = 0,322
Poids (gr)
y = 0,0341x2,6563
R² = 0,7996
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Mineurs
Moyens
Power (Mineurs)
Power (Moyens)
0
10
20
30
Taille (cm)
Figure 11: Analyse de la croissance morphométrique de Odopikan
40
Selon les résultats obtenus après calculs pour l’espèce Black axillary mojarra, la classe des
mineurs est la plus dominante, avec b= 2,6563, c’est-à-dire b<3, donc elle a une croissance
allométrique minorante (négative).Par ailleurs, le coéfficient de détermination R2=0,7996,
montre que 79,96% des données sont cohérentes et que le poids et la taille sont fortement
corrélés. Ensuite la Classe des Moyens le plus faible coefficient allométrique où b=2,078, c’està-dire b<3, donc, elle a une croissance allométrique minorante (négative), et R2= 0,322, donc,
32,20% des données de cette classe sont assez faiblement cohérents et que le poids et la taille des
poissons sont assez faiblement corrélées. Au Final, aucune donnée n’a été établie pour la classe
des majeurs, le poids des individus étant inférieur à 30 grammes suivant notre critère de départ.
Néanmoins, l’analyse des données collectées dans cette étude montre qu’aucune des espèces
n’atteigne la taille de maturité généralement observée dans la nature (VENDEVILLE, 2020), ce
qui met en évidence les menaces vis-à-vis de cette espèce par rapport aux pressions dues aux
efforts de pêche ainsi que les mauvaises conditions environnementales immédiates dans les
zones de capture.
4.9.3.1- Considération du Facteur de Condition F (Indice de Fulton) sur les Classes
de Odopikan(Eugerres axillaris)
Classe de
Odopikan
Mineurs
Taille moyenne :
T en cm
15
Poids moyens :
Pd en gr
44
Moyens
22
135
Majeurs
-
-
Ind. De Fulton
𝑃𝑑
𝑇3
𝑃𝑑
𝐹= 3
𝑇
𝑃𝑑
𝐹= 3
𝑇
𝐹=
Résultats
0,0142
0,0127
-
Tableau 11: Clacul Facteur de conndition F (Indice de Fulton) sur les classes de Odopikan
Selon les résultats du Facteur de condition F (Indice de Fulton), la Classe des mineurs possède le
plus fort indice, avec F=0,0142. Celle des Moyens, avec F= 0,0127 expliquant que la Classe des
mineurs se trouve relativement dans de meilleures conditions environnementales.
41
4.9.4- Comparaison des indices de Fulton moyen pour différentes classes à partir du
test statistique
Cette section présente le bilan du test statistique des indices de Fulton moyen des différentes
classes (mineurs, moyens et majeurs) regroupées en trois (3) groupes distincts pour l’espèce
Brochet et Black axillary majorra.
G1
G2
G3
G1
Brochet / Boche (Centropomus undecimalis)
Classes
Taille des classes
Ddl Ecart-type t-calculé
Mineurs
n1= 8
46
0,005559
0,497794
Moyens
n2=40
Mineurs
n1=8
9
0,005764
0,4977633
Majeurs
n2=3
Moyens
n1=40
41
0,003928
0,498442
Majeurs
n2=3
Black axillary mojarra / Odopikan (Eugerres axillaris)
Classes
Taille des classes Ddl Ecart-type t-calculé
Mineurs
n1=46
48
0,0026
0,498968
Moyens
n2=4
t-tab. (0,05)
1,6787
1,8331
1,6829
t-tab.(0,05)
1,6772
Tableau 12:Présentation des résultats du test statistique (t-student).
Selon les résultats du test statistique (t-student), il révèle que pour les différentes classes de
l’espèce Brochet (Centropomus undecimalis), les valeurs t-calculé (0,005559 ; 0,005764 ;
0,003928) sont respectivement inferieures par rapport aux valeurs t-tabulaire (1,6787 ; 1,8331 ;
1,6829). Ce qui traduit que l’Hypothèse alternative (H1) est retenue. Donc, il n’y a pas de
différence significative entre les indices de Fulton pour les classes comparées. Ceci implique de
ce fait que les 3 classes de cette espèce se trouvent dans les mêmes conditions
environnementales.
De l’autre côté, pour l’espèce Black axilary mojarra (Eugerres axillaris), les résultats du test
statistique stipulent que, la valeur t-calculé (0,498968) du groupe des classes comparées est
inferieure par rapport à la valeur t-tabulaire (1,6772). Ce qui explique que l’hypothèse alternative
(H1) est retenue. Donc, il n’y a pas de différence significative entre les indices de Fulton pour les
classes comparées. Par contre, les 2 classes se trouvent dans les conditions environnementales
similaires.
A noter que, malgré la dominance de la classe des mineurs possédant le plus grand indice de
Fulton par rapport aux deux autres classes (moyens et majeurs) étudiées pour l’espèce Brochet et
Black axillary mojarra. L’analyse statistique montre qu’il n’y a pas de différence significative
42
pour toutes les classes (mineurs, moyens, majeurs) de Brochet et de Black axillary majorra.
Donc, Ces 2 espèces se trouvent dans les mêmes mauvaises conditions environnementales
traduites par des indices de Fulton faibles. Ce qui confirme l’Hypothèse II de notre étude.
4.10.-Situation environnementale et physique des côtes de la ville des Gonaïves
La ville des Gonaïves comme la majorité des autres villes en Haïti, confronte sur le plan
territorial des défis dans la Gestion des déchets. L’extension que prennent les déchets dans la
ville mérite d’être analysée avec soin et dans la plus haute sphère stratégique en cas de prise de
décisions formelles et applicables pour tenter de mener une lutte contre ce phénomène
grandissant dans la ville. De part ces problèmes, les côtes de la ville ne sont pas épargnées de
cette précarité et elles deviennent de plus en plus vulnérables face aux activités anthropiques.
Plus particulièrement à Raboto, les côtes sont vandalisées et réputées comme lieu de dépotoir
pour le rejet des déchets, ainsi qu’elles deviennent des lieux où les gens de la zone viennent
effectuer leur besoin physiologique et autres. A travers nos observations au moment de notre
enquête, les figures si dessous tentent de nous montrer comment est la situation
environnementale et physique des côtes de la ville : Les conditions environnementales sur les
côtes des Gonaïves sont très mauvaises pour la croissance et le développement des espèces.
Contamination de la
production de Sel
Pollution de l’eau
Besoin physiologique
Photo 8: Environnement physique de la zone de pêche
La majorité des côtes de la ville confronte à ce genre de problème d’ordre écosystémique. Ce
qui, pour les chercheurs est considéré comme étant une menace et un pilier de situation
défavorable au maintien d’un environnement sain et propre. A souligner que la ville des
Gonaïves a une forte production de sel de table, et pour la plupart, ces lieux de production sont à
proximité de la mer. Le risque de pollution et de contamination est très élevé dans cette zone
côtière que ce soit au niveau du sol, de l’air et surtout de l’eau, où la vie aquatique est quasiment
43
menacée par ce phénomène. Les espèces pélagiques côtières pourraient être les premières
victimes d’une telle situation remarquable sur le plan marin.
Quelques grands points ont été élaborés dans le but de présenter les différents effets d’ordre
environnementaux que peut causer cette situation :
Risque élevé dans la contamination par des agents pathogènes dans la production du Sel
au Gonaïves.
Contamination du Sol, de l’Eau, et de l’Air.
Risque élevé de problème de santé chez les pêcheurs et la communauté côtière ainsi que
les personnes ayant l’habitude de fréquenter régulièrement les côtes.
Dégradation de l’écosystème marin par la contamination de l’eau.
Risque de déséquilibre de la chaine trophique marine liée aux activités anthropiques.
44
V- CONCLUSION ET RECOMMANDATION
Cette étude nous a permis de mieux analyser la composition et la diversité des espèces
halieutiques exploitées, les équipements et matériels utilisés, les techniques adoptées pour
effectuer les captures ; faire une analyse sur la croissance morphométrique de deux (2) espèces
parmi celles inventoriées, ainsi que, une analyse des conditions environnementales des côtes
dans la commune des Gonaïves.
L’approche méthodologique adoptée combine une enquête qualitative et quantitative. La
méthode d’échantillonage aléatoire strartifiée a été appliquée. Ainsi, les embarcations ont été
divisées deux (2) strates homogènes suivant deux (2) deux catégories existant dans la ville:
Cannot et Corallin. Un échantillon représentatif a été determiné, et une redistribution par tirage
systématique a été appliquée pour donner à chaque strate sa proportionnalité représentative.
Cette étude révèle que l’activité de pêche dans la commune se concentre sur le plateau
continental, ce qui traduit le manque de matériels sophistiqués pour aller pêcher au large, et
occasionnant une pression sur la zone néritique proche de la côte d’où l’avenir de la biodiversité
des espèces halieutiques devient menacé, de ce fait, les espèces pélagiques en particulier
deviennent de plus en plus vulnérables. Selon les résultats de l’étude, 81,28% des embarcations
inventoriées dans la ville sont des canots et 18,72% sont des corallins. Les captures s’effectuent
jusqu’à 81,82% au Lagon, ce qui explique une forte pression sur les ressources halieutique
répartissant dans cet habitat, contre 11,76% dans l’Herbier, puis 6,42% au Herbier/Lagon.
L’utilisation des Filets est la plus répandue dans les captures et ils représentent 73,80%,
confirmant ainsi la première (1e) hypothèse, contre la Senne représentant 12,83%, puis la Nasse
et le Fusil de pêche avec 8,56% et 4,81% d’utilisation. Les matériels et équipements dont
disposent les pêcheurs ne leur permettent pas d’effectuer des captures allant au-delà de 20
brasses. Plus de quarante (40)espèces ont été inventoriées, et, selon les résultats de l’étude, les
espèces : Boche (Centropomus undecimalis), Tobo (Gerres abbreviates), Mile (Mugil cephalus) ,
Sarde rose (Lutjanus purpureus) et Odopikan (Eugerres axillaris) sont les plus représentées dans
les captures avec 15,07%, 14,21%, 9,89%, 6,29% et 4,85%. Contrairement aux espèces comme :
Kadino, Langous et Sèch qui sont relativement de faible représentativité soit 2,66%, 1,05% et
0,03% dans les captures. Vu le pourcentage de capture des différentes espèces pêchées, on en
45
déduit que les espèces de premières catégories ne sont pas effectivement les plus représentées.
Ce qui infirme la troisième (3e) hypothèse.
Les résultats sur l’analyse de la croissance morphométrique de l’espèce Brochet et de Black
axillary mojarra montre à travers leur répartition en des trois (3) classes que : Tous les individus
répartissant dans les trois (3) classes ont une croissance allométrique minorante (b<3), ce qui
traduit que, les poissons croissent plus en taille qu’en poids. Cependant, la classe des mineurs
pour les deux (2) espèces possède le plus grand indice de Fulton (F), elle parait être dominante,
et se trouvait dans plus de confort que les deux autres classes (moyens et majeurs). Cependant, le
bilan du test statistique (T-student) stipule qu’il n’y a pas de différence significative entre les
indices de Fulton (F) des classes (mineurs, moyens et majeurs) comparées. Ce qui traduit que
l’espèce Brochet et de Black axillary mojarra se trouvent dans de même mauvaise condition
environnementale traduit par des indices de Fulton (F) faible, ce qui confirme notre deuxième
(2e) hypothèse. Il révèle que les côtes de la commune sont en très mauvais état, du fait que, les
gens vivant près de la côte y effectuent des actions pouvant conduire à la dégradation de
l’environnement marin. Les cotes servent d’endroit de rejet de toute forme de déchets, ils sont
destinés au besoin physiologique des gens, entres autres.
Au regard des résultats obtenus dans le cadre de cette étude, on peut conclure que l’activité de la
pêche mérite une attention bien plus particulière à travers la zone. Sur ce, son développement ne
sera pas un fait spontané. Il sera la résultante d’un ensemble de mesures et de conditions qui
doivent être prises par les acteurs locaux et les preneurs de décisions. Entre temps, il est opportun
que des décisions stratégiques soient prises afin de régulariser l’activité de la pêche et de
conserver la biodiversité des espèces halieutiques dans la commune.
Vis-à-vis à de nombreux problèmes identifiés, les recommandations sont les suivantes :
Renforcement des recherches scientifiques, pour évaluer le potentiel de la Pêche incluant
des inventaires plus systématiques sur les espèces exploitées afin d’orienter les décisions
pouvant contribuer à son apogée et au développement durable du secteur.
Instauration d’un système d’information halieutique servant de base de données pouvant
orienter les travaux scientifiques vers une meilleure évaluation des ressources
océaniques.
46
Formation et encadrement des pêcheurs pour une activité de pêche raisonnable, afin de
diminuer la surpêche et d’assurer la bonne gestion des ressources marines et la protection
des écosystèmes.
Favoriser aux pêcheurs l’accès aux matériels et équipements de pêches adéquats et
adaptés pour pouvoir pêcher au large.
Installation des DCP (Dispositifs de Concentration Poissons), pour diminuer la
surexploitation de la zone littorale et favoriser plus d’opportunité commerciale et
économique dans l’activité de pêche dans la ville pour les pêcheurs.
Développer les infrastructures et les installations de pêches, pour que les pêcheurs
puissent à bien mener leur activité, et pour contribuer à la conservation des produits
marins afin d’éviter le gaspillage au niveau des ports.
Création d’association de Pêcheurs pour pouvoir mieux gérer les matériels et
équipements de pêche et l’application des règlements sur la pratique de la pêche dans la
ville.
Création de coopératives pour les pêcheurs afin qu’ils puissent avoir la possibilité de
développer leurs capacités et rendent plus efficaces leurs actions.
Sensibilisation auprès des pêcheurs et les habitants à proximité des côtes afin de lutter
contre la mauvaise gestion des déchets, et toutes activités anthropiques pouvant créer la
déstabilisation des écosystèmes marins, ainsi que le risque élevé de contamination de la
production de Sel.
47
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53
VII- GLOSSAIRE
Dispositif de concentration de Poissons (DCP) : Objets artificiels ou naturels à
la surface sous lesquels se regroupent diverses espèces qu’ils attirent, accroissant ainsi la
capturabilité de ces espèces. (Kwei & Bannerman 1993, Pallarés et al. 1998).
Bathymétrie : Mesures de la profondeur de l'océan pour en déterminer la topographie
du fond.
Pêche côtière : la Pêche côtière désigne toute la navigation de pêche pratiquée par tout
navire ne s'absentant du port que pour une durée inférieure ou égale à 96 heures mais
supérieure à 24 heures.
Petite pêche : La petite pêche définie comme etant des navires s'absentant 24 heures
seulement.
Vulnérabilité des espèces : La vulnérabilité est un paramètre intrinsèque à l'espèce
transcrivant sa situation vis-à-vis du risque d'extinction. Elle varie de 0 à 1 et est exprimée
en %. Une espèce sera d'autant plus vulnérable à l'extinction que sa vulnérabilité se
rapprochera de 100 %. (Cheung et al., 2005)
Niveau trophique : C’est un paramètre permettant de situer l'espèce dans la chaîne
alimentaire. (Cheung et al., 2005)
Régime alimentaire : Définit la façon dont un organisme peut se nourrir. Au niveau
de la chaine alimentaire chez les espèces de poisson, c’est le niveau trophique qui
détermine leur régime alimentaire. De ce fait, les producteurs primaires ont le niveau
trophique le plus bas, les consommateurs (herbivores, carnivores et les décomposeurs) les
niveaux plus élevés (par exemple les Scaridae ou perroquets ont un niveau trophique de
2,0 tandis que les thons, prédateurs supérieurs, ont un niveau trophique de l'ordre de 4,5 et
que le niveau trophique du grand requin marteau est de 4,9). (Cheung et al., 2005)
Habitat Benthiques : Milieu où les espèces sont en étroite relation avec le fond.
Habitat Démersales : Milieu où se trouvent les espèces vivant à proximité du fond.
Habitat Pélagiques : Les espèces pélagiques vivant en pleine eau.
Récifs Coralliens : Les récifs sont des structures sous-marines construites des animaux
marins, vivant en symbiose avec des algues et qui constituent leur propre squelette
54
calcaire. Les récifs coralliens recouvrent une superficie d’environ 20 000 km2, soit 7 %
des récifs coralliens mondiaux (BURKE et MAIDENS, 2004)
Mangrove : La mangrove est un écosystème incluant un groupement de végétaux
principalement ligneux spécifique, se développant dans les littoraux tropicaux. Elles
représentent 22 000 km2 (Spalding, Kainuma et al., 2010), soit 13 % des mangroves
mondiales.
Herbiers marins : Ce sont des prairies sous-marines qui poussent dans la plupart des
mers du globe, en environnement strictement salin. Les herbiers marins représentent à peu
près 33 000 km2 (Spalding, Taylor et al., 2003)
55
VIII-LISTE DES ANNEXES
8.1.-Fiche d’enquête pour la collecte des données
Université Episcopale d’Haïti (UNEPH)
Faculté des Sciences Agronomiques (FSAG)
Guide d’entretien (Acteur: Pêcheur)
Heure:
Nom embarcation:
Date:
Appartenance embarcation
Privée □
Enquêteur:
Type embarcation:
Bwa fouye □ Kanot □ Koralen □
Yatch (fibre verre) □ autre ______
Localité:
Longueur embarcation (pieds):
Commune:
Moyen de propulsion:
No enquête :
Port principal débarquement :
Associative □
Rames □ Voile □ Moteur □
No chevaux moteur________
Nom informateur(s):
Relation avec embarcation :
Armateur □
Capitaine □ Membre équipage □
Autre ____________
Sorties par mois
Mois
Inactif
Métier(s)
Hmes à
pêcher/Embarcation
1-10
11-20
21-30
FILET
LIGNE
SENNE
AUTRE
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Aout
Septembre
Octobre
Novembre
Décembre
Sortie 1:
Sortie 2:
Sortie 3:
Nombre de sortie par jour:________________
H: Depart
H. d’Entrée
H: Depart
H. d’Entrée
H: Depart
H. d’Entrée
Distance de capture par rapport au littoral________________________________________________________________
Espèces
Sable
Herbier
Recif
Autre
Type de fond
Profondeur (brasses)
1-5 □ 6-10 □
11-15 □ 16-20 □
21-40 □ 41-60 □
61-100 □ >100 □
1-5 □ 6-10 □
11-15 □ 16-20 □
21-40 □ 41-60 □
61-100 □ >100 □
1-5 □ 6-10 □
11-15 □ 16-20 □
21-40 □ 41-60 □
61-100 □ >100 □
1-5 □ 6-10 □
11-15 □ 16-20 □
21-40 □ 41-60 □
61-100 □ >100 □
Tableau 13: Fiche d'Enquête
56
8.2.-Présentation de l’environnement physique, des
équipements et matériels utilisés dans la pêche aux Gonaïves
embarcations,
Situation de la zone cotière de RABOTO
Condition de la production de sel de Table aux Gonaïves
57
Besoin physiologique des gens de la zone à proximité du bassin de production de sel de table
Besoin physiologique à proximité de la côte
58
Présentation d'un canot
59
8.3.-Présentation des matériels et équipements de pêche.
Montage d’un filet de pêche
Aiguille de pêche
Balance électrique
Balance manuelle
Metre
Palme de natation
60
8.4-Liste des photos des différentes espèces inventoriées dans la ville des
Gonaïves
Krapo (Phoeroides testudineus)
Domez (Lobotes sutinamensis)
Lalin (Selene vomer)
Odopikan (Eugerres axillaris)
Bapchat (Prionotus carolinus) Sad roz (Lutjunatus purpureus)
Taza (Scomberomorus regalis)
Lanj (Gymnura Micrura)
Savonet (Cephalopholis boenak)
61
Pawoket (Sparizoma aurofrenatum)
24 tre (Scorpaena porcus)
Boche (Centropomus undecimalis)
Aran (Clupea arengus)
Banann (Bodianos rufus)
Tobo (Gerres abbreviates)
Bous (Cantherbines macrocenus)
Chevret (Litopenaeus vannamei)
Mile (Mugil Cephalus)
62
Kong (Muraena robusta)
Sadin (Sadinella spp)
Balawou (Makaira nigricans)
Krab (Calappa sp)
Re (Raja eglantera)
Bekin (Sphyraena barracuda)
Pin (Holothuroidea)
Langous (Panulirus argus)
Odoblan (Gerre Abbreviatus)
63
8.5-Présentation des données collectées au moment de l’enquête sur les Poids
et les tailles des espèces étudiées. (Boche et Odopikan)
Boche (Centropomus undecimalis)
Classe
Poids
Taille
178
19
125
18
167
19
152
19
Mineur
131
19
148
19
110
17
114
17
108
24
110
25
247
26
184
23
267
28
96
22
103
20
105
22
251
28
121
23
101
22
326
30
133
22
308
26
176
24
Moyen
202
26
110
23
81
22
88
21
98
20
168
21
147
24
191
23
188
26
283
25
114
28
277
22
237
26
235
28
156
25
199
24
Odopikan (Eugerres axillaris)
Poids
Taille
61
17
49
15
56
17
30
13
71
17
20
12
29
14
27
13
28
13
29
14
25
13
22
12
31
12
94
18
39
15
42
15
56
16
46
14
33
14
75
19
Mineur
37
15
63
16
35
13
33
14
46
14
33
13
48
13
33
13
28
12
37
14
63
16
36
15
50
15
55
17
32
14
29
13
48
15
53
17
41
13
Classe
64
Majeur
99
91
69
94
67
171
151
171
83
383
326
263
27
21
22
22
20
22
25
22
20
32
30
31
Moyen
35
40
48
32
87
45
61
71
170
163
137
122
13
14
15
14
18
14
16
21
25
22
20
21
Tableau 14: Représentation des données collectées sur Poids et Taille de l'espèce Boche et Odopikan
65
8.6-Tableau de distribution t-student
66