Republic of Haiti
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Haiti Millennium Development Goals Report: A New Look, Executive Summary

Haiti Millennium Development Goals Report: A New Look, Executive Summary

Summary — Executive summary of Haiti's second national Millennium Development Goals progress report, published by the Government of Haiti and UNDP in 2014.
Key Findings
Full Description

Reviews progress and remaining challenges across the eight Millennium Development Goals. Sections cover poverty and hunger, primary education, gender equality, child mortality, maternal health, HIV and other diseases, environmental sustainability and global partnership. The summary also links post-2015 priorities to Haiti's national development plan.

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République d’Haïti Rapport OMD Objectifs du Millénaire HAITI un nouveau regard pour le développement Résumé exécutif Copyright © Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD, 2014). Tous droits réservés. Des extraits de l’information contenue dans ce document peuvent être librement commentés, reproduits ou traduits à des fins de recherche ou d’étude personnelle, mais ne peuvent être ni vendus ni utilisés à des fins commerciales. Toute utilisation de l’information provenant de ce document doit obligatoirement mentionner le PNUD en tant que source de l’information et reprendre le titre du document. La reproduction ou la traduction de portions plus importantes, ou toute utilisation de l’information qu’il contient à des fins autres qu’éducatives ou non commerciales, est subordonnée à l’obtention préalable d’une autorisation écrite formelle. Toute demande de renseignement ou d’autorisation doit être adressée au programme responsable du document en question. Les appellations employées et la présentation de l’information dans ce document n’impliquent de la part du PNUD aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Programme des Nations Unies pour le développement en Haïti (PNUD Haïti) MINUSTAH, Log Base (Zone 5), boulvard Toussaint Louverture & Clercine 18 Port-au-Prince, Haïti Site Internet : www.ht.undp.org Facebook : facebook.com/undphaiti Twitter : twitter.com/undphaiti Extraits de peinture, couverture et intérieur : Harold Saint Jean, Jacmel, collection privée CE. Ce document ne peut être vendu. République d’Haïti OMD 1 Préface Son Excellence Laurent S. Lamothe, Premier ministre de la République d’Haïti L e Gouvernement, que j’ai l’honneur de diriger, est heureux de mettre à la disposition des citoyens et des acteurs du développement, le deuxième rapport national sur le suivi de la mise en œuvre des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En 2000, la République d’Haïti et 188 autres pays du système des Nations Unies se sont engagés pour construire à l’horizon 2015 un monde sans pauvreté. Un monde où, grâce à la scolarisation universelle, il y aurait l’égalité des chances pour les filles et les garçons tant à l’école que plus tard dans la vie socio-économique et politique, un monde où les mères meurent moins en donnant la vie, un monde préservant l’avenir des générations futures à travers la conservation des ressources naturelles, un monde plus équitable, plus juste et plus solidaire envers les pays en voie de développement. Les huit objectifs qui en découlent ont été intégrés comme priorités nationales et Haïti réitère son engagement de s’inscrire dans cet effort conjoint pour la dignité humaine. Car, pour mon gouvernement, lutter contre la pauvreté extrême n’est pas une option, mais un engagement devant l’Histoire. Depuis 2000, notre pays a accompli des progrès sur tous les indicateurs clés du cadre OMD. Aujourd’hui, la proportion de personnes vivant dans la pauvreté extrême est descendue à 24 %, et la cible mesurant l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans a été atteinte trois ans avant l’échéance. Plus de 88 % d’enfants fréquentent désormais l’école primaire, et nous avons gagné la parité entre filles et garçons dans les cycles primaire et secondaire. La mortalité infanto-juvénile a baissé de manière drastique depuis 1990, plus vite que la tendance mondiale, et nous avons connu des avancées significatives pour garantir l’accès à la santé maternelle. Nous avons réussi à stabiliser la prévalence du VIH/sida. Près de 69 % des ménages ont désormais accès à une source d’eau améliorée. Néanmoins, les défis à relever restent considérables et notre combat s’étend au-delà de l’horizon 2015. Nous portons dans nos cœurs la quête d’emploi de trois millions de chômeurs et celle d’une vie décente de six millions de citoyens en situation de pauvreté. Nous devons aussi bien consolider notre système de santé, réhabiliter notre environnement et contribuer davantage à l’émancipation des femmes. En outre, les mécanismes de financement du développement des partenaires internationaux doivent tenir compte davantage du contexte et du plan de développement national. En effet, la vision de mon gouvernement inclut les objectifs du Millénaire pour le développement et s’inspire du Plan stratégique pour le développement d’Haïti (PSDH). Le lancement en mai 2014 du Plan d’action pour la réduction de la pauvreté et la mise en œuvre du Programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) dès 2011 témoignent de cet engagement continu, au-delà de 2015, pour obtenir des résultats concrets pour le respect du droit à une vie décente de chacun de nos citoyens. La construction et la réhabilitation des infrastructures nationales, la politique de soutien aux petites et moyennes entreprises (PME) et la politique d’attraction des investissements directs étrangers sont parmi nos stratégies de création d’emploi et de génération d’une croissance inclusive. Enfin, Haïti avance ! Les progrès futurs sont conditionnés au maintien de la bonne gouvernance et de la consolidation de l’Etat de droit. Conscient des autres thématiques à prioriser, notre pays participe à la réflexion mondiale sur l’agenda de l’après-2015. Je crois fermement que ce type d’outil est important pour l’Etat haïtien comme instrument de suivi dans sa volonté de faire d’Haïti un pays émergent à l’horizon 2030. Laurent Salvador Lamothe 4 OMD 1 Préface Directrice principale du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) A u cours de la 55e session ordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies réunie du 6 au 8 septembre 2000 à New York, 189 pays avaient approuvé la Déclaration du Millénaire pour le développement. Il s’agissait d’une vision globale d’un monde où les pays développés et les pays en développement œuvreraient de concert pour l’avancement de tous, en particulier les plus démunis. Ils se sont engagés au plus haut niveau politique à fixer des objectifs qui, une fois atteints, mettraient un terme à la pauvreté extrême à travers le monde à l’horizon 2015. Pour la première fois, le monde s’était accordé sur un nombre d’objectifs et de cibles limité, avec une échéance précise et des indicateurs mesurables. C’est sur cette base que les OMD ont connu un succès de mobilisation mondiale autour d’un agenda de développement commun. C’est ainsi qu’aujourd’hui, le panel de haut niveau sur l’agenda de développement de l’après-2015 recommande la continuation d’un cadre similaire à celui des OMD, même si plus exhaustif et plus ambitieux, en reconnaissance des progrès réalisés pour l’atteinte des OMD au cours des années passées. Toutefois, même si la réflexion sur l’agenda de l’après-2015 est bien entamée aux niveaux international, régional et national, y compris en Haïti, comme en témoigne le chapitre final de ce rapport, il reste néanmoins un an et demi pour œuvrer vers l’atteinte des OMD actuels. C’est pour cette raison que je me félicite du présent Rapport, qui réussit à combiner la réflexion sur le futur agenda de développement pour Haïti avec un état des lieux sur l’atteinte des objectifs et cibles en Haïti, et des recommandations concrètes pour lever les contraintes et accélérer la mise en œuvre des interventions prévues dans les différents plan stratégiques sectoriels. Je félicite également la collaboration étroite entre le Gouvernement d’Haïti et le Système des Nations Unies, et l’effort participatif qui a été mis en œuvre pour la réalisation de ce rapport exhaustif. Le rapport prend note des importantes avancées et progrès accomplis en Haïti pour atteindre les OMD, mais relève également les défis et grands chantiers qu’il reste à surmonter pour éradiquer la pauvreté et assurer un développement durable. Si la réduction de la pauvreté incombe en premier lieu au Gouvernement haïtien, qui doit accroître son action de mobilisation des ressources et consacrer les recettes publiques aux investissements prioritaires, la réalisation des OMD appelle également à une action concertée et coordonnée du système des Nations Unies et des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, pour un renforcement des capacités de l’État et pour faciliter la mise en œuvre des interventions cruciales pour l’atteinte des OMD. J’espère que ce rapport pourra contribuer à ce débat et inciter un renouveau d’efforts de toutes les parties prenantes vers une accélération des progrès d’ici à 2015 et au-delà. Sophie de Caen 5 OMD 1 Avant-propos Le suivi des OMD en Haïti D epuis leur adoption en 2000, les progrès réalisés pour l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont suivis dans chaque pays par les gouvernements, conjointement avec les équipes pays des Nations Unies et avec l’apport de la société civile et du secteur privé. En Haïti, le suivi des OMD est réalisé par l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), rattaché au ministère de la Planification et de la coopération externe (MPCE). Si plusieurs analyses OMD ont été régulièrement produites en Haïti, à date un seul rapport national OMD avait été réalisé en 2004. Une mise à jour s’imposait, notamment à la lumière de l’échéance de 2015 et en raison de la disponibilité de nouvelles enquêtes nationales réalisées en 2012, l’Enquête mortalité, morbidité, et utilisation des services (EMMUS) et l’Enquête sur les conditions de vie des ménages après le séisme (ECVMAS). Le rapport OMD 2013 pour Haïti a été coécrit par le Gouvernement haïtien et les Nations Unies, à travers l’ONPES et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il est le résultat d’un processus participatif, impliquant un point focal pour chaque ministère et pour chaque agence des Nations Unies, ainsi que les acteurs sectoriels réunis lors d’ateliers techniques organisés pour chaque OMD. La création d’un Comité de Pilotage, présidé par le MPCE et le PNUD, a permis la validation des résultats obtenus lors des principales étapes du processus. Ce processus inclusif garantit à la fois fiabilité et consensus sur les données et les analyses présentées dans ce rapport. Structure du rapport OMD 2013 pour Haïti Le Rapport OMD 2013 suit les lignes directrices du Groupe des Nations Unies pour le développement pour l’élaboration de rapports OMD nationaux, à la fois dans sa structure et dans son approche analytique. Ainsi, le rapport dédie un chapitre à chaque OMD pour lequel il analyse : • La situation actuelle et les tendances des indicateurs OMD en Haïti depuis la référence de 1990, ou depuis la dernière année pour laquelle des données sont disponibles. • Les politiques, programmes et interventions du Gouvernement haïtien dans les secteurs concernés. Chaque chapitre analyse la place accordée au secteur OMD dans la planification nationale, puis répertorie les politiques sectorielles, la législation et les programmes et interventions que le gouvernement entreprend. • Les goulots d’étranglement et contraintes à la mise en œuvre des politiques, programmes et interventions visent à identifier et analyser les entraves spécifiques qui retardent ou empêchent l’atteinte des OMD. • Des recommandations pratiques et ciblées, qui proposent des pistes d’action pour la levée des goulots et l’accélération de la mise en œuvre des OMD. Pour plusieurs chapitres, une bonne pratique sur la contribution du volontariat pour l’atteinte des OMD en Haïti a été incluse dans un encadré dédié. Cette démarche répond à l’appel lancé lors du sommet sur les OMD de 2010 d’intégrer l’ensemble des parties prenantes pour renforcer leur rôle dans l’effort de développement national, ainsi que leur contribution à la réalisation des OMD. Finalement, le dernier chapitre du rapport présente les résultats des consultations sur l’agenda de l’après-2015, qui ont été conduites en Haïti en février 2014. 6 Rapport OMD 2013 pour Haïti Progrès et retards des OMD en Haïti Haïti a réalisé d’important progrès sur la majorité des indicateurs OMD, et a atteint ou pratiquement atteint plusieurs cibles. Ainsi, le pays a atteint trois ans avant l’échéance la cible visant à réduire de moitié l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de cinq ans (OMD 1), et la pauvreté extrême a diminué, s’élevant à 24 % en 2012. Les progrès les plus notables enregistrés ont trait à l’éducation (OMD 2), avec un taux net de scolarisation de 88 % en 2011. De même, la parité entre garçons et filles a été atteinte depuis 2000 sur les bancs des cycles primaire et secondaire (OMD 3). Des progrès sensibles ont également été réalisés dans le domaine de la santé. Ainsi, la mortalité infantile a baissé de 44 % depuis 1990, plus vite que la tendance mondiale (OMD 4). En 2010, 90 % des femmes ont fait au moins une visite prénatale pendant leur grossesse, contribuant sensiblement à réduire la mortalité maternelle, établie à 157 pour 100 000 par le ministère de la Santé publique et de la population (OMD 5). L’épidémie sur VIH/sida a été stabilisée, avec un maintien de la prévalence à 0,9 % chez la population âgée de 15-24 ans, qui dans plus de 60 % des cas utilise un préservatif lors des rapports sexuels à haut risque (OMD 6). Haïti a pratiquement atteint la cible visant à garantir un accès à l’eau, avec 64,8 % des ménages ayant accès à une source d’eau potable améliorée (OMD 7). Enfin, Haïti demeure un des pays au monde recevant le plus d’attention de la communauté internationale, avec un bond manifeste de l’aide publique au développement après le tremblement de terre de 2010 (OMD 8). Toutefois, de nombreux défis demeurent, et les progrès enregistrés dans certains secteurs restent trop faibles pour avoir un impact significatif sur le développement et la réduction de la pauvreté. En effet, certains secteurs accusent un retard très important. Les inégalités ont explosé, et l’emploi ne suffit plus pour sortir les personnes de la pauvreté, puisque 45 % des travailleurs vivent avec moins de 1,25 dollar par jour (OMD 1). Concernant l’égalité entre les sexes, il est important de noter que seulement 4 % de femmes sont représentées au Parlement, et Haïti fait partie des six pays au monde dont l’une des chambres parlementaires est exclusivement masculine (OMD 3). Dans le domaine de l’environnement durable (OMD 7), les efforts réalisés pour lutter contre la déforestation et la perte de la biodiversité n’ont pas été suffisants pour enrayer la tendance. Certains progrès doivent être consolidés pour assurer leur pérennité. Ainsi, la réduction de la pauvreté extrême est davantage liée à des facteurs externes, et notamment l’aide publique au développement et les transferts de la diaspora, qu’à une croissance économique forte et inclusive, rendant une grande partie de la population vulnérable à de potentiels chocs externes (OMD 1). Dans le secteur de l’éducation, le chantier reste immense pour garantir une éducation de qualité, favoriser la rétention scolaire et développer l’offre publique (OMD 2), et pour garantir la parité à l’école sur le long terme, l’indice de parité des sexes ayant légèrement reculé dans le primaire en 2012 (OMD 3). Les progrès relatifs au VIH/sida doivent être maintenus pour éviter une banalisation de la maladie et anticiper d’éventuelles rechutes. En effet, la proportion de jeunes hommes ayant une connaissance approfondie du VIH/sida a baissé de 13 points entre 2006 et 2012, même si les comportements sexuels à risque ont dans l’ensemble diminués. Si la coopération internationale reste très dynamique, les efforts doivent être maintenus pour garantir l’efficacité de l’aide, et pour tirer profit des nombreux accords commerciaux préférentiels qui pourraient significativement contribuer à la croissance économique et à la création d’emplois (OMD 8). Avant-propos 7 La planification stratégique nationale pour le développement en Haïti Pour faire face aux défis du développement, Haïti s’est doté en 2007 d’un Document de stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté (DSNCRP) pour une période de trois ans (2008-2010). Elaboré selon un processus participatif, le DSNCRP était le premier cadre global de référence des politiques publiques et programmes de développement du Gouvernement haïtien. L’objectif à long terme du DSNCRP était de sortir Haïti de la catégorie des pays les moins avancés, d’améliorer sensiblement les conditions de vie de la population et de réduire la pauvreté. Après la gestion d’urgence inévitablement engendrée par le séisme de janvier 2010, le gouvernement a remis le pays sur la voie d’un développement de long terme, en appuyant notamment la planification nationale sur le DSNCRP. Le Plan d’action pour le relèvement et le développement d’Haïti (PARDH) a été lancé en mars 2010. Ce Plan s’articule autour de quatre grands chantiers : la refondation territoriale, la refondation économique, la refondation sociale, et la refondation institutionnelle. Ultérieurement, le Gouvernement a approfondi les quatre axes du PARDH dans le cadre du Plan stratégique de développement d’Haïti (PSDH), un document de planification, mais aussi de vision de développement pour faire d’Haïti un pays émergent en 2030. Le PSDH est assorti d’un cadre de croissance accélérée et équilibrée de l’économie et de réduction de la pauvreté, outil de mise en œuvre pour la période 2014-2016. Si le cadre de planification stratégique en Haïti ne s’aligne pas directement sur les OMD, la plupart des secteurs OMD sont néanmoins intégrés dans les priorités du gouvernement, par exemple à travers les « cinq E » que sont l’éducation, l’emploi, l’environnement, l’énergie et l’État de droit. Principaux types de goulots d’étranglement à la mise en œuvre des OMD Le rapport identifie pour chaque OMD les contraintes qui ralentissent ou limitent la mise en œuvre des interventions du gouvernement. Ces goulots d’étranglement sont de plusieurs natures. Ils peuvent être liés à un manque de volonté politique des parties prenantes, qu’il s’agisse du gouvernement, du parlement, des autorités locales ou des agents d’exécution pour garantir une mise en œuvre rapide et efficace d’une politique ou programme. Dans certains cas, la volonté d’appuyer un secteur est affirmée, comme la protection sociale et l’emploi (OMD 1), l’éducation (OMD 2) et l’habitat (OMD 7) mais manque parfois de suivi pour une mise en œuvre rapide, efficace et ayant un impact durable sur la population. Certains secteurs souffrent en revanche d’un manque d’attention pour obtenir des résultats probants comme c’est le cas pour l’accès aux systèmes d’assainissement (OMD 7) ou pour garantir une participation égale des hommes et des femmes (OMD 3). Il peut s’agir également d’un manque d’interventions ou de politiques publiques spécifiques permettant de faire avancer un secteur, ou de politiques insuffisamment articulée qui ne répondent pas forcément aux besoins. Les politiques doivent par ailleurs être cohérentes entre elles, ambitieuses mais réalistes. Si un effort de planification a récemment été initié en Haïti, certains secteurs n’ont toujours pas de politique stratégique. Par exemple, il n’existe pas aujourd’hui de politique de l’emploi (OMD 1), ni d’une politique d’urbanisme et d’aménagement du territoire (OMD 7). Dans d’autres cas comme pour l’éducation (OMD 2) les politiques existent, mais sont tellement riches et ambitieuses qu’elles souffrent d’un manque de priorisation et d’articulation. Enfin, certains secteurs pâtissent d’un cadre légal vétuste et faiblement adapté aux enjeux contemporains, comme le cadre des affaires et la législation sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (OMD 8). 8 Rapport OMD 2013 pour Haïti Souvent, les interventions sont faiblement mises en œuvre en raison de contraintes d’ordre budgétaire. De nombreux secteurs, comme la santé (OMD 4, 5 et 6) ou l’éducation (OMD 2), ne peuvent mettre en œuvre des politiques d’envergure et pérennes faute de moyens financiers. La part du budget national allouée aux différents secteurs révèle souvent l’arbitrage politique opéré en amont. Par ailleurs, les difficultés d’exécution des budgets ou d’absorption, notamment de l’aide publique au développement (OMD 8), sont couramment rencontrées. Les goulots identifiés reposent souvent sur des problèmes de gouvernance des secteurs et de capacité de mise en œuvre. La faiblesse institutionnelle de nombreux ministères, par exemple dans les secteurs de l’environnement (OMD 7) ou de l’autonomisation des femmes (OMD 3) ou d’institutions publiques rendent parfois difficile la mise en œuvre rapide et efficace des interventions. Bien souvent, le manque de personnel qualifié, disponible et disposé à exercer dans des zones reculées du pays limitent la portée des politiques, notamment de santé (OMD 4, 5 et 6) et éducation (OMD 2).Les enjeux pratiques et logistiques dus au faible maillage routier et au manque d’infrastructures limitent l’exécution de programmes à fort impact, notamment pour l’accès aux services publics tels que l’eau et l’assainissement (OMD 7). Dans certains cas, les politiques n’obtiennent pas les résultats escomptés en raison d’une prise en compte insuffisante de la demande de services. Les pratiques culturelles ou encore les contraintes logistiques et financières des bénéficiaires ciblés peuvent limiter la portée des interventions, par exemple dans le domaine de la santé maternelle (OMD 5). Dans d’autres cas, le manque d’information et de sensibilisation de la population ne permet pas de changer les pratiques en profondeur, comme c’est le cas dans la lutte contre le VIH/sida (OMD 6) ou dans les politiques visant l’égalité des sexes (OMD 3). Enfin, certaines contraintes sont de type transversal, et ont souvent trait au manque de coordination et d’articulation entre les secteurs, entre les politiques publiques et entre les acteurs de mise en œuvre du cadre OMD, qu’il s’agisse du Gouvernement haïtien ou des partenaires internationaux, mais aussi du secteur privé, de la société civile ou des organisations non-gouvernementales (ONG). Cette problématique est particulièrement saillante sur les questions d’efficacité de l’aide externe (OMD 8). Des recommandations pratiques, concrètes et ciblées Les recommandations formulées dans le rapport OMD émanent des ateliers sectoriels qui réunissent les décideurs, praticiens et spécialistes de chaque secteur. Elles cherchent à être concrètes et ciblées, en proposant des pistes d’action pour l’accélération de la mise en œuvre des politiques OMD d’ici à 2015, ou pour inscrire les politiques dans une logique d’impact de long terme. Ces recommandations visent à fournir des clefs de compréhension et des leviers d’action pour garantir une mise en œuvre plus fluides des politiques publiques. Elles s’adressent souvent aux décideurs (gouvernement, parlement), mais aussi aux acteurs clefs de chaque secteur concerné. Répondant par essence à chacun des goulots d’étranglements préalablement cités, les recommandations sont de plusieurs types, et peuvent inviter au vote ou à la promulgation d’une loi en souffrance, à la formulation d’une politique sectorielle, ou encore à la formation de personnel qualifié. Les recommandations peuvent également encourager l’adoption de mesures plus inclusives, pour prendre davantage en compte les disparités territoriales ou les inégalités socioéconomiques de la population. Avant-propos 9 OMD 1 ELIMINER L’EXTREME PAUVRETE ET LA FAIM E n Haïti, l’incidence de pauvreté est de 59 %, soit 6,3 millions de personnes. En outre, 24,7 % de la population vit dans l’extrême pauvreté, soit Incidence de la pauvreté extrême (en %) – par Département Légende Port-de-Paix 2,5 millions de personnes. En 2012, la profondeur de Moins de 10 NORD-OUEST 10 à 25 43 Cap-Haïtien la pauvreté est toujours élevée (24 %). La pauvreté 25 à 35 NORD Fort-Liberté est surtout rurale : 75,2 %, contre 40,8 % en milieu 35 à 45 36 NORD-EST Capitale nationale Gonaïves 44 urbain. L’incidence de pauvreté est en effet de 75,2 % Chef-lieu de Département en milieu rural, contre 40,8 % en milieu urbain. L’in- Limite de Département ARTIBONITE 22 Hinche dice d’écart de pauvreté rend également compte de 0 10 20 40 CENTRE ces disparités, avec 12,5 % en milieu urbain contre Kilomètres 34 35,6 % en milieu rural. Le niveau élevé de vulnérabi- lité à la pauvreté est préoccupant : environ un million Jérémie d’Haïtiens tomberaient dans la pauvreté suite à un GRANDE-ANSE PORT-AU-PRINCE OUEST Miragoâne désastre naturel ou un choc économique. D’autre 37 NIPPES 30 9 SUD part, les inégalités ont fortement augmenté depuis 25 SUD-EST 25 Jacmel 2001, avec le coefficient de Gini passant de 0,61 à Les Cayes 0,66 en 2012. Dans le domaine de l’emploi, le secteur informel D’importants progrès ont été réalisés pour garantir domine toujours, avec de nombreux emplois vulné- la sécurité alimentaire. Le pourcentage d’enfants de rables. Ainsi, la proportion de travailleurs indépen- moins de 5 ans présentant une insuffisance pon- dants (34,7 %) et de travailleurs familiaux (7,8 %) dérale modérée ou sévère est passé de 27,5 % en dans la population occupée est particulièrement im- 1995 à 11,4 % en 2012, soit une réduction de presque portante, soit 42,5 % de travailleurs ayant un emploi 60 %. Haïti a donc atteint cette cible trois ans avant non sécurisé. L’emploi ne permet plus aux individus l’échéance, tout en restant loin de la moyenne des 3 % de satisfaire leurs besoins de base, car 44,9 % des tra- estimée pour la région Amérique latine et Caraïbes. vailleurs vivent avec moins d’1,25 dollar par jour. Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Réduction de la pauvreté Plan d’action pour la réduction de la Structurer la stratégie de lutte contre la pauvreté du Plan lancé en mai 2014 par le gouvernement ; renforcer l’efficacité et la cohérence des pauvreté (PARP) (2014-2016) interventions gouvernement Promouvoir l’insertion économique et sociale des Programme en cours, 3,7 millions Stratégie d’assistance sociale bénéficiaires et développer le capital humain de la d’interventions faites entre 2012 Ede pèp population et 2014 Registre unique de bénéficiaires Identifier les ménages les plus pauvres pour un ciblage efficace et transparent des bénéficiaires Programme en cours (RUB) Kore fanmi (2013-2017) Harmoniser et améliorer la provision de services de base Programme en cours pour les familles les plus vulnérables 10 Rapport OMD 2013 pour Haïti Emploi Nouveau Code de commerce Réviser le cadre légal des affaires En cours Guichet électronique unique Accélérer l’enregistrement des sociétés anonymes Guichet prochainement en ligne Création d’un Centre de Apporter une assistance technique aux petites et développement de l’entreprise et de CDEE fonctionnel moyennes entreprises (PME) l’entreprenariat (CDEE) Développer les économies locales et mutualiser les Programme prochainement mis Micro parcs industriels ressources des PME en œuvre Créer des emplois durables et protéger le patrimoine Inventaire des produits typiques Produits typiques culturel par département terminé Sécurité alimentaire Aba grangou - COLFAM Lutter contre la faim la malnutrition Programme en cours Kore lavi Réduire l’insécurité alimentaire Programme en cours Plan Triennal de Relance Agricole Lutter contre l’insécurité alimentaire et l’extrême pauvreté Programme en cours (PTRA) des agriculteurs et producteurs ruraux Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Réduction de la pauvreté Absence de politique nationale de protection sociale Définir une politique nationale de protection sociale consensuelle entre actualisée ; Pas de table sectorielle active les différents acteurs Manque de financements durables et problème de Identifier un mécanisme de financement autonome et durable ; Optimiser priorisation fiscale la collecte fiscale Problème de ciblage et d’identification des Identifier les causes profondes liées aux problèmes d’identification des bénéficiaires bénéficiaires ; développer un pilote de ciblage communautaire Développer les mécanismes de mise en œuvre novateurs et impliquer les Difficultés de mise en œuvre collectivités locales Renforcer les capacités de suivi et évaluation pour une meilleure Faiblesse des mécanismes de suivi et évaluation planification des objectifs Emploi Faible opérationnalisation de la volonté politique pour Elaborer d’un pacte national sur l’emploi avec le secteur privé et l’ensemble l’emploi ; pas de politique sectorielle des acteurs ; identifier l’institution en charge de l’emploi Formations professionnelles insuffisantes, chères et Redévelopper l’apprentissage en alternance avec accréditation ; élargir peu flexibles l’accès aux certificats pour les artisans en activité Dichotomie entre promotion du climat des affaires et Pacte sur l’emploi priorise la sortie des travailleurs de la pauvreté législation sociale pour les travailleurs Manque de données actualisées sur l’emploi Renforcer l’IHSI pour la production des statistiques de l’emploi Faible budget pour les écoles de formation Appuyer les écoles et/ou entreprises qui forment les apprentis professionnelles Sécurité alimentaire Pas de priorisation, d’harmonisation, de cadre Construire un consensus politique pour un cadre cohérent conceptuel Absence d’institution lead pour la sécurité alimentaire Mise en place d’une structure de coordination gouvernementale interne Fragmentation des financements ; interventions Réaliser les interventions priorisées en fonction de la cartographie de la multiples et à petite échelle pauvreté ; renforcer la coordination Résumé exécutif 11 OMD 2 ASSURER L’EDUCATION PRIMAIRE POUR TOUS D es nets progrès ont été réalisés dans le domaine de l’éducation, le taux net de scolarisation dans le primaire progressant continuellement, de Taux net de fréquentation scolaire dans le primaire en 2012 – par Département Légende Port-de-Paix 47 % en 1993 à 88 % en 2011. Cependant, la cible de 69,7 à 75 NORD-OUEST 100 % de scolarisation dans le primaire ne sera vrai- 75 à 80 82,3 Cap-Haïtien 80 à 85 semblablement pas atteinte d’ici à 2015, et les dispa- 85 à 86,3 NORD 79 Fort-Liberté NORD-EST rités demeurent entre zones rurales (73 %) et urbaines Capitale nationale Gonaïves 75,9 Chef-lieu de Département (86 %) et selon le revenu des ménages. Par ailleurs, Limite de Département ARTIBONITE 69,8 des efforts restent à faire pour garantir une éducation Hinche 0 10 20 40 accessible à tous et à toutes, et pour favoriser la réten- Kilomètres CENTRE 75,2 tion des élèves dans le système scolaire. En effet, en 2012, le taux d’achèvement du cycle primaire était ZONE METROPOLITAINE Jérémie de 66,2 %. Enfin, des enjeux demeurent pour garantir PORT-AU-PRINCE 86,3 GRANDE-ANSE une éducation de qualité, dans un système où près de 80,5 NIPPES Miragoâne RESTE OUEST 85,7 69,7 88 % de l’offre scolaire (en 2010-2011) est détenue SUD 79,5 SUD-EST 77 par le secteur privé. Les Cayes Jacmel Des progrès notables ont été réalisés pour garantir l’alphabétisation de la population. En 2012, 73,6 % des femmes et 78,7 % des hommes de 15-49 sont Taux d’alphabétisation - Hommes/Femmes - par tranche d’âge alphabétisés. Les avancées sont particulièrement en- 100 courageantes chez les jeunes : les taux d’alphabéti- 90 82,9 86,2 85,8 85,6 83,4 Hommes Femmes 79,6 79,9 80 sation sont de 85,1 % pour les femmes et de 84,2 % 70 69,9 74,2 64 60,4 pour les hommes de 15-24 ans. 60 52,1 58,5 50 85,1 % 40 40 30 20 10 des jeunes de 15-24 ans 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 sont alphabétisés (2012) Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Education Refonder le système éducatif haïtien via : Plan opérationnel (PO) -- l’amélioration de l’offre 2010-2015 du ministère -- la réduction des couts Document de référence, mise en de l’Education et de la -- l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de la œuvre en cours formation professionnelle gouvernance du sous-secteur fondamental (MENFP) -- l’appui à la demande 12 Rapport OMD 2013 pour Haïti Scolariser 1 500 000 enfants sur 5 ans à travers : Programme de scolarisation -- la prise en charge par l’Etat des dépenses éducatives dans universelle gratuite et les écoles fondamentales publiques pour les deux premières années du cycle fondamental. Mise en œuvre en cours obligatoire (PSUGO) (2011- 2016) -- les subventions aux écoles non-publiques. -- la création et construction d’écoles publiques. Alphabétisation Campagne Eradication du problème de l’analphabétisme chez les personnes Mise en œuvre en cours, mais d’alphabétisation Wi mwen âgées de 16 à 50 ans impact encore limité kapab (2007-2015) Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Education Mise en œuvre du PO trop lente pour atteindre Maintenir les engagements et efforts du Gouvernement pour accélérer la les objectifs d’ici à 2015 deuxième phase du PO Absence de priorisation territoriale dans le PO Développer une carte scolaire permettant de cibler les zones les plus défavorisées Non prise en compte des groupes les plus Mettre en place une politique de scolarisation proactive à l’égard des enfants les vulnérables dans le PO (enfants des rues, enfants plus vulnérables en domesticité, orphelins) Problème d’identification des instances Affirmer le leadership du MENFP dans la mise en œuvre du PO responsables de la mise en œuvre des programmes éducatifs clarifier les plans stratégiques nationaux Prioriser les axes d’intervention des programmes Problèmes d’articulation, de planification et de Améliorer la cohérence entre les différents programmes (PO, PSUGO, PSDH) hiérarchisation des différents plans, stratégies et Référencer le PSUGO dans un plan de mise en œuvre détaillé programmes Consulter le document de travail de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation mondiale Permettre aux fonctionnaires d’État concernés de s’approprier les différentes Faiblesse des organes de suivi et de pilotage du stratégies nationales PO Offrir de meilleures formations administratives et pédagogiques aux directeurs Faibles capacités du corps enseignant d’écoles Lutter contre le taux d’absentéisme élevé du corps enseignant Insuffisance en ressources humaines et Faire avancer la réforme du MENFP et la mise en place de l’Office national du institutionnelles partenariat en éducation Loi devant créer le Fonds national pour Soutenir les efforts d’accompagnement au processus législatif l’éducation non encore votée Allouer à l’Éducation une proportion du budget national plus conséquente et Faible budget alloué à l’éducation proche des standards internationaux Alphabétisation Faiblesse institutionnelle de la Secrétairerie d’Etat à l’alphabétisation Renforcer les capacités techniques, humaines et financières du secrétariat d’Etat à Risque de blocage des mécanismes de l’Alphabétisation financement L ’engagement manifesté par l’Etat haïtien en vue de doter, malgré ses faibles moyens, le secteur éducatif de ressources lui permettant de promouvoir l’éducation universelle a été constant au fil des années. Résumé exécutif 13 OMD 3 PROMOUVOIR L’EGALITE DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES B ien que la parité soit atteinte dans l’enseigne- ment primaire et secondaire depuis 2000, avec un indice de parité de 0,93 et 1,08 respectivement, Indice de parité des sexes dans l’enseignement primaire et secondaire 1.1 Primaire 1,08 1,08 les inégalités de genre restent persistantes. On note 1.05 Secondaire Parité: 0,97-1,03 1,02 en effet une régression dans le primaire en 2012, et 1,01 1 0,99 l’absence de données ne permet pas de rendre compte 0.95 de la réalité dans l’enseignement supérieur. Dans le 0,93 domaine de l’emploi, si les femmes sont relativement 0.9 présentes dans le secteur non-agricole, il s’agit néan- 0.85 2000 2006 2012 moins majoritairement de postes moins rémunérés que les hommes. Par ailleurs, la grande majorité des Chambre des Députés et 0 au Sénat. Ainsi, Haïti fait femmes actives travaillent dans le secteur informel ou partie des six pays au monde dont l’une des chambres à leur compte, posant la problématique de l’accès à parlementaires n’a aucune représentation féminine. des emplois sécurisés et décents pour les femmes. En- 4,3 % fin, la représentation politique des femmes en Haïti est parmi les plus basses au monde, avec seulement 4 % de femmes au Parlement haïtien, soit 5,2 % à la des sièges du parlement national sont occupés par des femmes Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Egalité des sexes Politique finalisée par le ministère à Mettre en application une politique d’égalité des sexes en Politique sur l’égalité la Condition féminine et aux droits vue d’assurer l’intégration du genre pour un développement hommes/femmes des femmes (MCFDF) mais pas encore durable endossée par l’exécutif et le parlement Rapports de 1982 à 2008 effectués ; Mesurer les progrès effectués dans le cadre de l’application Rapports CEDEF Rapport couvrant la période 2008-2014 de la CEDEF en cours Loi sur la paternité, la Assurer une égalité de droit à tous les enfants, y compris Loi votée mais non encore promulguée maternité et la filiation ceux nés hors mariage ; responsabiliser les pères par l’exécutif. Loi sur les conditions du Loi votée mais non encore promulguée Garantir les droits des travailleuses domestiques travail domestique par l’exécutif Education Révision des manuels Lutter contre les stéréotypes de genre véhiculés par les outils Action stratégique formulée dans le scolaires (2013-2015) pédagogiques PSDH, non encore mise en œuvre Étude spécifique et Lutter contre la déperdition scolaire des filles et promouvoir Action stratégique formulée dans le campagne de plaidoyer l’éducation supérieure PSDH, non encore mise en œuvre 14 Rapport OMD 2013 pour Haïti Participation économique Faciliter l’activité économique des femmes en milieu rural à Programme pilote mis en œuvre dans la Kredi fanm lakay (2012) travers un microcrédit commune de Hinche Participation politique Assurer une représentation minimum de 30 % de femmes Quota inscrit dans la Constitution, mais Quota de genre de 30 % à tous les postes électifs et nominatifs de l’administration pas encore d’instrument légal pour son minimum (2012) publique application systématique Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Egalité des sexes Non-promulgation de lois clefs relatives au genre Promulguer les lois déjà votées au parlement (paternité responsable, travail domestique) Pas de déploiement systématique de point focal Rétablir un point focal genre dans tous les ministères, avec un véritable genre dans tous les ministères et pouvoir d’influence pouvoir de décision extrêmement limité Faible pouvoir d’action du MCFDF ; capacités humaines, Renforcement du MCFDF techniques et financières limitées Pas d’intégration systématique et transversale du genre Faire de l’égalité de genre une cible transversale de pilotage du dans la planification stratégique, programmation et développement et de la réduction de la pauvreté budgétisation Education Plan opérationnel (PO) de l’éducation n’intègre aucune Développer une annexe au PO pour intégrer la question du maintien disposition sensible au genre. de la parité et de la lutte contre les stéréotypes Caducité du protocole d’accord entre MENFP et MCFDF Réactiver les accords entre le MENFP et MCFDF pour la révision conjointe des manuels scolaires Manque de statistiques et de données actualisées, Organiser des enquêtes régulières pour enrichir les données notamment pour le secteur universitaire statistiques désagrégées par sexe Participation économique Non-prise en compte systématique de la problématique de Intégrer des dispositions spécifiques à la participation économique et à genre dans les politiques de développement économique l’entreprenariat des femmes dans la future politique sur l’emploi Faible impact des politiques de microcrédit Porter à l’échelle nationale les initiatives de microcrédit Manque de connaissance et de formation des femmes en Intégrer dans le cursus scolaire des formations professionnelles sur entreprenariat et gestion des entreprises l’économie, l’entreprenariat et la gestion des entreprises Participation politique Loi électorale et loi sur les partis politiques ne répondent Initier au parlement un débat pour le vote d’outils légaux exigeant le pas de manière systématique et efficace à l’obligation respect du quota ; prévoir des sanctions pour les partis politiques en constitutionnelle du quota de 30 % cas de non-respect du quota de 30 % Système électoral majoritaire peu propice à la mise en Initier un débat national sur les différents types de systèmes électoraux œuvre consensuelle et efficace du quota de genre Manque d’intérêt des partis politiques à se féminiser Développer des incitatifs économiques pour les partis politiques Manque d’appui technique aux femmes candidates ou des Créer un espace de mentorat pour les femmes candidates novices en femmes désireuses d’entrer en politique politique Manque de financement pour les campagnes électorales Créer un Fonds public pour le financement des campagnes des des femmes femmes candidates Résumé exécutif 15 OMD 4 REDUIRE LA MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS T ous les indicateurs liés à la réduction de la mor- talité infantile et infanto-juvénile se sont amélio- rés au cours des vingt dernières années. Ainsi, la pro- Vaccination des enfants - Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés Légende Port-de-Paix portion d’enfants mourant avant l’âge de cinq ans, Moins de 35 NORD-OUEST soit la mortalité infanto-juvénile, a baissé de 44 % 35 à 45 40 Cap-Haïtien 45 à 55 depuis 1990, plus vite que la tendance mondiale et 55 à 65 NORD 60 Fort-Liberté NORD-EST représente, en 2012, 88 décès pour 1 000 naissances Capitale nationale Gonaïves 56 Chef-lieu de Département vivantes. Malgré tout, ce taux reste en deçà de la Limite de Département ARTIBONITE 44 moyenne pour la région Amérique latine et Caraïbes Hinche 0 10 20 40 de 19 pour 1000. Si le taux de mortalité infantile Kilomètres CENTRE 59 (enfants de moins d’1 an) est également en baisse de- puis les années 1990, passant de 10 à 59 décès pour ZONE METROPOLITAINE Jérémie 1 000 naissances vivantes en 2012, la mortalité des 34 PORT-AU-PRINCE GRANDE-ANSE enfants de moins d’1 mois est en légère hausse et 45 NIPPES Miragoâne RESTE OUEST 65 38 freine l’atteinte de la cible OMD d’ici à 2015. Les SUD 51 SUD-EST 34 infections respiratoires aigües (grippe, pneumonie), la Les Cayes Jacmel malnutrition, la diarrhée et gastroentérite infectieuse sont parmi les premières causes de décès des enfants. La proportion d’enfants d’un an vaccinés contre la 40 points rougeole est également en progrès et a atteint 85 % en 2013. Cependant, de fortes disparités de couvertures de p o u rcent age s ép arent les taux de morta l i té d es en fa n t s de m oins de 5 ans dont la mè re a u n n i - vaccinales persistent en fonction des départements, ve a u d ’ ins t r uct ion é quivale n t au cy cle se co n d a i r e du rang de naissance et du niveau d’instruction de de c e u x dont la mère n ’a reç u au cune in st r u cti o n . la mère. A l’échelle nationale, seulement 45 % des enfants de 12 à 23 mois sont complètement vaccinés. Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Mortalité infantile et infanto-juvénile Plan stratégique national sur la santé Réduire la mortalité des enfants de Mise en œuvre en cours intégrale de l’enfant en Haïti (2013- 2022) moins de 5 ans à 50 % Mise en œuvre en cours : 1 500 000 enfants Prise en charge intégrée des maladies de Améliorer la santé infantile bénéficient de la stratégie PCIME (selon les l’enfant (PCIME) (depuis 1995) données de l’UNICEF) Réhabiliter les centres de santé pour Création et renforcement des soins la prise en charge des complications obstétricaux et néonataux d’urgence, de Mise en œuvre en cours : 3 SONU réhabilités obstétricales, la réanimation néonatale base (SONUB) ou complets (SONUC) et les détresses néonatales 16 Rapport OMD 2013 pour Haïti Augmenter le nombre d’accouchements institutionnels Projet finalisé en 2013. Services gratuits Manman ak timoun an sante et l’accès aux services de santé aux offerts à 200 000 enfants de moins de 5 ans enfants de moins de cinq ans Garantir l’accès à une assurance Mise en œuvre en cours ; Système national de protection sociale : maladie nationale qui couvrirait projet pilote réalisé dans les départements Konbit solidarite notamment les soins de santé infantile de l’Ouest et du Nord-Est Vaccination Favoriser l’administration de vaccin Mise en œuvre en cours ; Programme élargi de vaccination (PEV) contre les maladies immuno- introduction du pentavalent en 2012 et du (2011-2015) contrôlables vaccin anti-rotavirus en 2014 Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Les OMD 4, 5 et 6 relatifs au secteur santé partagent plusieurs contraintes qui freinent la mise en œuvre des politiques et programmes sanitaires. Le système de santé en Haïti demeure relativement faible, affectant directement les avancées dans la lutte contre la mortalité infanto-juvénile, la mortalité maternelle et les maladies infectieuses. Ces principaux défis sont synthétisés dans le tableau ci-dessous. Goulots identifiés Recommandations Renforcer le système d’état civil. Concevoir des études sur les causes de mortalité des enfants de moins de Manque de données sanitaires nationales régulières cinq ans, et sur la mortalité des femmes en âge de reproduction (RAMOS). Inclure l’évaluation des indicateurs clefs dans chaque édition de l’EMMUS Manque de leadership, contrôle et suivi des acteurs Faire voter par le parlement la nouvelle loi organique du MSPP par le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) Renforcer le contrôle du MSPP sur tous les acteurs Réformer le statut du personnel et son système de rémunération. Renforcer le système de supervision du personnel de santé Manque de personnel santé qualifié et mobile Mettre en œuvre le plan national visant à renforcer les ressources humaines dans le secteur de la santé Créer des centres de santé en zones rurales non pourvues et renforcer les institutions sanitaires de premier échelon Problèmes de disparités géographiques pour l’accès Renforcer le réseau d’agents de santé afin de rendre les services disponibles aux soins et du temps d’accès aux centres de santé au niveau communautaire Opérer une meilleure répartition des ressources disponibles (financières, équipement, ressources humaines) Voter le projet de loi pour la création du Fonds de solidarité nationale pour la santé (FSNS) Allouer une part plus importante au budget national au secteur santé. Dépendance à l’aide internationale Distribuer plus équitablement les ressources aux différents programmes et selon les priorités sanitaires identifiées par le MSPP Eviter l’implémentation de programmes verticaux Renforcer la communication et la collaboration entre les différentes directions du MSPP Manque de collaboration au sein des différentes directions du MSPP Mettre en œuvre des initiatives qui permettraient d’adresser des problèmes commun (ex : taux élevé de mortalité néonatale et faible pourcentage d’accouchements en milieu hospitalier) Mener campagne de sensibilisation de manière continue auprès de la Manque de sensibilisation de la population population ; renforcer l’éducation à la santé dans les écoles Résumé exécutif 17 OMD 5 AMELIORER LA SANTE MATERNELLE M algré les différentes méthodologies utilisées et des estimations du taux de mortalité mater- nelle parfois différentes, toutes les études menées Accouchements assistés par du personnel qualifié en obstétrique par département (2012) Légende Port-de-Paix concluent à une amélioration significative de cet in- 18 à 20 NORD-OUEST dicateur depuis 1990. Selon le ministère de la Santé 21 à 30 26 Cap-Haïtien 31 à 50 publique et de la population (MSPP), le taux de mor- 51 à 64 NORD 79 Fort-Liberté NORD-EST talité maternelle est de 157 pour 100 000 en 2013. Capitale nationale Gonaïves 75,9 Chef-lieu de Département Ce chiffre n’est vraissemblablement pas exhaustif, Limite de Département ARTIBONITE 69,8 car il se base exclusivement sur les décès rapportés. Hinche 0 10 20 40 En 2012, 37,3 % des accouchements sont assistés Kilomètres CENTRE 26 par du personnel de santé qualifié, soit 1,5 fois plus qu’en 2000, enregistrant toutefois de fortes dispari- ZONE METROPOLITAINE Jérémie tés selon le milieu de résidence, le niveau d’éducation 64 PORT-AU-PRINCE GRANDE-ANSE et de la situation économique des femmes. Bien que 18 NIPPES Miragoâne RESTE OUEST 28 28 la majorité de femmes continuent d’accoucher sans SUD 79,5 SUD-EST 25 l’assistance d’un personnel de santé qualifié, 90 % Les Cayes Jacmel d’entre elles effectuent au moins une visite médi- cale pendant leur grossesse, et 67 % en effectuent au moins quatre. des femmes utilisent une méthode de contracepe- L’accès à la planification familiale est également en tion moderne, soit près de 10 points de plus qu’en amélioration constante depuis 2000. En 2012, 31 % 2000. La prévalence de la contraception varie d’un minimum de 15 % parmi les femmes n’ayant pas 57 % d’enfants à un maximum de 40 % pour celles qui en ont plus de 3. En 2012, 35 % des femmes haïtiennes ont des besoins non satisfaits en matière de planifi- cation familiale. Le taux de fécondité chez les adolescentes de 15 à 19 ans est aujourd’hui estimé à 66 ‰, est n’a que fai- Tendance du taux de fécondité parmi les adolescentes (pour 1 000 naissances vivantes) blement diminué depuis 1994. En Haïti comme dans 100 les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, les poli- tiques et programmes de santé reproductive ont réussi 90 à réduire la fécondité chez les femmes en union mais 86 80 n’ont pas eu un impact aussi important sur la fécon- 76 70 dité des adolescentes. Par ailleurs, la fécondité varie 68 66 fortement en fonction du milieu de résidence. Pour 60 les adolescentes qui résident dans les camps, suite au 1994 2000 2006 2012 tremblement de terre de 2010, ce taux a atteint 107 ‰. 18 Rapport OMD 2013 pour Haïti Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Réduire le taux de mortalité maternelle Plan directeur de santé (2012-2022) Mise en œuvre en cours de 50 % d’ici à 2022 Réduire le taux de mortalité maternelle Plan stratégique national de santé de la à ; offrir à toute la population des reproduction et planification familiale Mise en œuvre en cours services intégrés de santé de la (2013-2016) reproduction Fournir au Gouvernement haïtien les Global Program to enhance reproductive intrants nécessaires à la santé sexuelle Mise en œuvre en cours health commodity security (GPRHCS) et reproductive et appui technique Institut national supérieur de formation Première génération de sage-femme toujours Former des sages-femmes d’infirmières et de sages-femmes en formation Réhabiliter les centres de santé SONUB/SONUC pour offrir des soins obstétricaux et 49 SONUB réhabilités néonataux d’urgence Augmenter le nombre Soins obstétricaux gratuits d’accouchements institutionnels Projet finalisé en 2013. Services gratuits Manman ak timoun an sante et l’accès aux services de santé aux offerts à environ 71 000 femmes enceintes enfants de moins de cinq ans Informer la population ; assurer des Campagne nationale de planification services de planification familiale dans Mise en œuvre en cours familiale (lancée en 2014) 90 % des institutions de santé; former le personnel Garantir l’accès à une assurance Système national de protection sociale : maladie nationale qui couvrirait Projet pilote réalisé dans l’Ouest Konbit solidarite notamment les soins obstétricaux Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Manque d’harmonisation des objectifs à atteindre en santé Réviser et harmoniser les objectifs à l’occasion des révisions à mi- de la reproduction et planification familiale dans les plans parcours des plans et stratégies et stratégies nationaux Manque de financement pour la réhabilitation des SONU Mobilisation de ressources Développer un plaidoyer pour sensibiliser la population et les Pénalisation de l’avortement par la loi parlementaires sur les effets des avortements illégaux et pour proposer la légalisation de l’avortement médical Mener des études sur les connaissances, attitudes et pratiques Manque de prise en compte des facteurs culturels dans les de l’accouchement en Haïti et la santé reproductive, notamment pratiques liées au suivi de grossesse et à l’accouchement pour prendre en compte davantage le rôle des matrones dans les communautés Omission des sages-femmes dans le référentiel des Revue et mise au jour du REC emplois et compétences (REC) Agents de santé communautaire polyvalents non Les ressources pour la mise en place des 10 414 agents de santé disponible en quantité suffisante communautaire polyvalents Résumé exécutif 19 OMD 6 COMBATTRE LE VIH/SIDA, LE PALUDISME ET D’AUTRES MALADIES H aïti a réussi à stabiliser la prévalence du VIH/ sida, qui était de 2,2 % au cours des six der- nières années pour l’ensemble de la population. Tou- 1,6 Prévalence du VIH chez les 15-24 ans (%) 1,5% 2006 1,4 1,3% 2012 tefois, de grandes disparités existent entre les hommes 1,2 et les femmes face à la maladie : la prévalence pour 1 1% 0,9% 0,8 les femmes de 15-24 ans est de 1,3 %, contre 0,4 % 0,6% 0,6 pour les hommes. L’utilisation du préservatif varie 0,4 0,4% également beaucoup en fonction du sexe, 55,5 % des 0,2 femmes et 66,3 % des hommes âgés de 15-24 ans ont Hommes Femmes Ensemble déclaré avoir utilisé un préservatif lors de leur der- nier rapport sexuel à haut risque. La proportion des fièvre, 2,5 % avaient pris un antipaludéen appro- jeunes de 15 à 24 ans ayant une connaissance ap- prié, soit deux fois moins qu’en 2006. profondie du VIH/sida suit une tendance inverse. En En 2012, l’incidence des cas de tuberculose était de effet, si le pourcentage de jeunes femmes ayant une 213 nouvelles infections pour 100 000 habitants, et la connaissance approfondie du sida a faiblement aug- prévalence de 296 infections pour 100 000 habitants. menté, passant de 32 % en 2006 à 35 % en 2012, ce- Haïti figure aujourd’hui sur la liste des pays à haute lui-ci a considérablement diminué pour les hommes, prévalence dans les Amériques et le taux de mortalité passant de 41 % à 28 % pour la même période. due à cette maladie était estimé à 25 pour 100 000 en 46 % 2012. D’autre part, Haïti a augmenté la couverture du traitement TB de 55 % à 80 % entre 2006 et 2009. des femmes savent que le VIH Possession de moustiquaires préimprégnées d’insecticide (MII) peut être transmis par l’allaitement Pourcentage de ménages avec au moins une MII Concernant l’accès aux traitements antirétroviraux, Légende Port-de-Paix 9 à 15 le pourcentage d’adultes et d’enfants à un stade avan- 15 à 20 NORD-OUEST 17 Cap-Haïtien 20 à 25 cé de l’infection du VIH sous antirétroviraux est passé 25 à 37 NORD 19 Fort-Liberté de 49 % à 67,7 % entre 2006 et 2013. Même si Haiti a Capitale nationale Gonaïves NORD-EST 19 connu une forte amélioration concernant l’accès uni- Chef-lieu de Département Limite de Département ARTIBONITE versel au traitement, le pays n’a pas pu atteindre la 9 Hinche cible de 100% en 2010. 0 10 20 40 CENTRE Kilomètres 14 Haïti et la République Dominicaine sont les deux pays du bassin des Caraïbes où le paludisme n’est ZONE METROPOLITAINE Jérémie 25 pas encore éradiqué. Le paludisme affecte chaque PORT-AU-PRINCE GRANDE-ANSE Miragoâne année près de 500 000 personnes, soit une personne 18 NIPPES RESTE OUEST 37 14 sur 20. Uniquement 23 % des enfants de moins de SUD 19 SUD-EST 26 5 ans dorment sous une moustiquaire imprégnée, Les Cayes Jacmel et parmi les enfants de moins de 5 ans ayant eu de la 20 Rapport OMD 2013 pour Haïti Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Réduire incidence et prévalence du VIH/sida d’ici Plan directeur de santé 2012-2022 à 2022 ; réduire la prévalence de la tuberculose Mise en œuvre en cours de 25 % d’ici à 2022 Réduire la proportion des nouvelles infections à VIH de 50 % d’ici à 2018; réduire la proportion des nourrissons séropositifs Programme National de Lutte contre le nés de mères vivant avec le VIH d’au moins de 2 VIH/sida - Plan stratégique national Mise en œuvre en cours % d’ici à fin 2018; multisectoriel 2012-2015 réduire l’impact de la discrimination et de la stigmatisation sur les personnes vivant avec le virus du sida Rendre les préservatifs disponibles et accessibles ; 100 % des pochettes transfusées Prévention de la transmission du VIH/sida promouvoir le dépistage volontaire ; ont été testées pour le VIH/sida améliorer la sécurité transfusionnelle Renforcer et unifier le cadre national de Publication d’un bulletin sur le VIH/ Surveillance de l’épidémie, du VIH/sida surveillance, de suivi et d’évaluation sida Stratégie DOTS : augmentation de Dépister 70 % des cas estimés de tuberculose la couverture de 55 % à 80 % Programme de lutte nationale contre la pulmonaire à microscopie positive. tuberculose – Plan Stratégique 2009-2015 Le nombre de cas dépistés Traiter avec succès 85% de ceux-ci augmente graduellement et atteint 76 % en 2012 Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Faire voter par le parlement la nouvelle loi organique du MSPP Non attribution du leadership au MSPP et difficultés à coordonner les efforts des différents partenaires Redéfinir clairement les rôles des ONG, élaborer un cadre de collaboration et d’assistance technique Problème de logistique dans la fourniture d’intrants (test, Amélioration de planification et coordination médicaments, équipements) Plaidoyer pour sensibiliser les parlementaires sur les effets de la Absence d’un cadre légal pour la protection des personnes discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida infectées et des familles affectées (VIH/sida) Voter le projet de loi élaboré Assurer un dispositif pour la mise en application de cette loi Explorer une possible collaboration avec les programmes de protection Manque de programmes d’appui aux personnes vivant sociale existant afin d’appuyer les personnes vivant avec le VIH/sida et avec le VIH/sida et aux tuberculeux les tuberculeux Gratuité des services de santé, notamment pour les soins S’assurer que la gratuité des soins de santé soit respectée liés au VIH/sida et à la tuberculose Développer des programmes de recherche dans les universités et Manque de fonds alloués à la recherche opérationnelle écoles de médecine L e chemin parcouru dans la lutte contre le VIH/ sida au cours des dix dernières années en Haïti est remarquable, mais le travail de prévention, traitement, accès aux soins et soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida reste considérable. Résumé exécutif 21 OMD 7 ASSURER UN ENVIRONNEMENT DURABLE L 16 000 ha es progrès d’Haïti sur les questions environ- nementales restent très inégaux et le pays de- meure particulièrement vulnérable aux catastrophes de plantations forestières naturelles. La déforestation figure toujours parmi les en plus depuis 1990 premières menaces pour l’environnement, avec la proportion de forêts naturelles estimée à 2,6 % du des ménages haïtiens utilisent du bois ou charbon territoire en 2010, contre 5,5 % en 1956. L’augmen- pour cuisiner. Haïti fait face à un amenuisement de la tation significative de plantations forestières ne suffit qualité et de la quantité d’eau disponible, avec 8,6 % pas encore à inverser la tendance, d’autant que 92,7 % des ressources renouvelables d’eau totales préle- vées entre 2003 et 2012. Malgré une biodiversité très Proportion des ménages utilisant une source d’eau potable et des riche, avec de nombreuses espèces endémiques, plus infrastructures d’assainissement améliorées de 19 % de l’ensemble des espèces animales et végé- Proportion des ménages utilisant Proportion des ménages utilisant des une source d'eau potable améliorée infrastructures d'assainissement améliorées tales sont aujourd’hui menacées d’extinction. Trajectoire OMD eau Trajectoire OMD assainissement 80 Si l’accès à l’eau est en net progrès, avec 64,8 % des 72,7 % 70 64,8 % ménages haïtiens avaient accès à une source d’eau 61,6 % 62, 6 % 67,8 % 60 potable améliorée, l’accès aux services d’assainisse- 50 ment stagne depuis 1995 à 25 % des ménages environ. 40 36,5 % Considérant l’absence d’au moins une condition de 30 25,2 % 23,9 % 25,7 % l’habitat décent pour définir les taudis, alors au moins 20 16,5 % 62 % des citadins vivent dans des taudis, car ils n’ont 1995 2000 2005 2012 2015 pas accès à un service d’assainissement amélioré. Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Environnement Plan d’action pour l’environnement Définir les grandes lignes de la politique nationale de Plan en vigueur, mais (PAE) protection de l’environnement échéance en 2014 Document de référence, Décret-cadre pour l’environnement Définir neuf programmes d’actions prioritaires pour la gestion mais difficultés (2006) de l’environnement d’application Système national des aires protégées Développer et renforcer un SNAP efficace et financièrement Projets en cours (SNAP) soutenable pour la protection effective des aires protégées Programme de développement des Aménager les infrastructures hydro-agricoles ; protéger les En cours pour 25 bassins infrastructures rurales ravines et berges de rivières ; gérer les bassins versants versants dégradés du pays Assurer le développement durable et la réduction de la Initiative côte Sud (ICS) En cours depuis 2011 vulnérabilité dans le Sud. Eau et assainissement Consolidation des systèmes 300 000 bénéficiaires en Développer et réhabiliter le réseau d’eau potable d’adduction 2013 22 Rapport OMD 2013 pour Haïti Structure de collecte de données sur Améliorer la connaissance des besoins et des usagers sur Initiative mise en œuvre en l’accès et l’utilisation de l’eau l’ensemble du territoire national zone rurale Cinq stations mises en Traitement d’excrétas et eaux usées Développer un réseau d’assainissement à travers le pays œuvre Habitat Politique nationale du logement Améliorer l’habitat et développer une offre de logements En cours de mise en œuvre Projet 16/6 Reloger les populations sinistrées de 6 camps Projet en cours Aménagement des quartiers de Aménagement urbain intégrant infrastructures, ingénierie Projet en cours Martissant et Baillergeau sociale et appui institutionnel Favoriser un développement urbain contrôlé ; fournir aux futurs Prochainement mis en Création de sites et services habitants des services de base et une assistance technique pour œuvre la construction des logements Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Environnement Manque de volonté pour une prise de décisions Appuyer la mise en œuvre du décret-cadre de janvier 2006 sur environnementales structurantes l’institutionnalisation du Système national de gestion de l’environnement (SNGE) Faible prise en compte du l’aspect transversal des Décliner la politique environnementale dans l’ensemble des politiques problématiques environnementales sectorielles ; Créer un cadre de formation aux enjeux environnementaux Manque de capacités du Ministère de Doter le MdE d’une Loi organique ; Faire un arbitrage politique pour distribuer l’Environnement (MdE) ; les responsabilités de chaque institution Elaborer un nouveau Plan de façon concertée avec l’ensemble des secteurs Arrivée à échéance du PAE 1999-2014 sociaux et économiques Renforcer le système de suivi et la génération de données scientifiques ; Faible surveillance environnementale, Renforcer l’Observatoire national de l’environnement et des vulnérabilités notamment dans les aires protégées (ONEV); Clarifier les responsabilités et la coordination entre ANAP et Direction de l’inspection et de la surveillance environnementale (DISE) Opérationnalisation du Fonds pour la réhabilitation de l’environnement haïtien Absence de mécanisme de financements durables (FREH) prévu dans le décret-cadre de janvier 2006 Non-prise en compte des liens entre dégradation Mettre en œuvre des politiques publiques de l’environnement basées sur la prise de l’environnement et pauvreté dans les en compte de la demande des droits et besoins de la population politiques Faible coordination entre les différentes Raviver et renforcer la table sectorielle environnement institutions Eau et assainissement Manque de volonté politique pour initier une Affirmer une volonté politique pour l’atteinte des objectifs sur l’eau et politique d’eau et d’assainissement d’envergure l’assainissement, donner à la DINEPA les moyens techniques et financiers Absence de politique stratégique dans le secteur Développer une politique nationale de l’eau et de l’assainissement Cadre légal non axé sur les droits des usagers aux Réformer le cadre légal en adoptant une politique basée sur les droits des services publics d’eau et d’assainissement citoyens à avoir accès aux services publics d’eau et d’assainissement Difficulté de collecte des paiements auprès des Développer les capacités de collecte des paiements, notamment à travers le usagers ; manque de techniciens qualifiés déploiement sur l’ensemble du territoire de techniciens formés Habitat Chevauchement des mandats des institutions et Affirmer et renforcer le leadership de l’UCLBP en s’assurant que l’ensemble des non alignement sur la politique sectorielle mise institutions concernées travaillent dans la même direction en œuvre par l’UCLBP Absence de politique nationale d’urbanisme et Elaborer, en concertation avec l’ensemble des secteurs, une politique nationale aménagement du territoire d’urbanisme et d’aménagement du territoire Faible capacité des ménages à accéder au crédit Explorer des mécanismes innovants de financement et d’accès au crédit, en immobilier concertation avec le secteur privé Résumé exécutif 23 OMD 8 ASSURER UN PARTENARIAT MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT L ’aide publique au développement en Haïti est passée de 167 millions de dollars en 1990 à 1,3 milliard en 2012, avec un pic à 3 milliards de dol- Haïti bénéficie de nombreux partenariats commer- ciaux et d’accords préférentiels tels que le marché commun de la Caraïbe (CARICOM), l’Accord de par- lars après le séisme de 2010. En 2011, l’APD d’Haïti tenariat économique (APE) avec l’Union européenne représentait 16 % du PIB. Les données des cinq der- et la législation Hope avec les Etats-Unis. nières années montrent que seulement 5 % de l’APD Le service de la dette est en baisse significative depuis ont été consacrés à l’éducation, 9 % à la santé et 14 % le tremblement de terre et représentait en 2012 0,3 % aux autres secteurs sociaux. Il existe des disparités des exportations des biens et des services du pays. Les importantes entre les promesses de dons et les verse- conditions d’emprunt du pays se sont améliorées, no- ments effectifs. Ainsi, en 2010 sur plus de 4 milliards tamment grâce aux initiatives d’allègement de la dette de promesses de dons, seulement 2,5 milliards envi- consenties par les principaux créanciers. ron ont été versés. Si le nombre de lignes téléphoniques fixes, et le Décaissement de l’APD par secteur, moyenne 2008-2012 nombre d’utilisateurs d’Internet sont parmi les plus Assistance programme : faibles de la région avec respectivement 0,49 lignes 7,7 % Non alloué / non spécifié : 0,3 % Secteurs de production : 3,9 % pour 100 habitants et 10 % d’Haïtiens qui utilisent Allégement Internet, la téléphonie mobile est devenue ces der- de la dette Autres secteurs 20 % Couts administratifs : 0,2 % nières années un des secteurs les plus dynamiques de sociaux 13,6 % Infrastructures économiques et l’économie haïtienne. 6 millions services : 8,2 % Multi- secteur/transversal : Education : 4,8 % 4,2 % Aide humanitaire 27,6 % Santé et population : 9,5 % d’abonnés à un service de téléphonie mobile en plus depuis 2000 Récapitulatif des interventions dans le secteur Mesure Objectifs État des lieux Aide publique au développement (APD) Cadre de coordination Mettre en place un mécanisme de CAED mis en place depuis 2012 sous la tutelle du MPCE. de l’aide externe au coordination de l’aide ; garantir l’alignement Programme conjoint d’efficacité de l’aide avec feuille de développement d’Haïti de l’aide sur les priorités nationales route évolutive pour tous les partenaires approuvés (CAED) Module de gestion de l’aide Accroitre la transparence ; faciliter la prise de MGAE opérationnel, outil national unique de collecte et externe (MGAE) décisions d’investissements publics suivi des investissements extérieurs Tables sectorielles et Favoriser la planification des interventions Tables sectorielles mises en place, mais ne permettent thématiques entre Ministères, bailleurs et société civile pas systématiquement la cohérence des interventions Accès aux marchés Bénéficier d’un accès préférentiel au marché La majorité des exportations se font vers les Etats-Unis, HOPE – États-Unis américain pour les textiles et habillement mais elles n’atteignent pas les quotas autorisés 24 Rapport OMD 2013 pour Haïti Bénéficier d’un accès en franchise de La part des exportations de produits haïtiens vers le LDC – Canada droit sur les exportations de produits non Canada est relativement faible comparée à la place agricoles occupée par les États Unis Bénéficier d’un accès en franchise de droits APE – Union européenne Cet accord est sous-exploité sur les marchés de 27 pays européens Goulots d’étranglements et recommandations pour la mise en œuvre des politiques et programmes Goulots identifiés Recommandations Aide publique au développement (APD) Niveau d’engagement variable des bailleurs pour fournir Formaliser les engagements des bailleurs lors de la signature les données sur l’aide d’accords-cadres ; diffuser le système de notation des données fournies par les bailleurs ; développer d’autres incitatifs pour l’utilisation des Manque de volonté des bailleurs pour financer le MGAE données du MGAE Faible appropriation du CAED par les bailleurs et par le Simplifier les mécanismes de fonctionnement du CAED et déterminer gouvernement les résultats escomptés ; mettre en œuvre la feuille de route (PCEA) Développer des outils pour évaluer les impacts qualitatifs sur les Difficulté de mesurer l’impact réel de l’aide sur les bénéficiaires; améliorer le système de suivi-évaluation des programmes bénéficiaires du gouvernement Analyser la présence des bailleurs par secteur ; proposer des Fragmentation et concentration des bailleurs sur quelques réorientations du portefeuille des bailleurs selon les besoins et en secteurs fonction des performances Décaissements trop lents de certains bailleurs liés à Appuyer les performances de décaissement des bailleurs en des conditionnalités et à des défis de formulation et harmonisant les procédures des projets et en renforçant les capacités d’exécution d’absorption des contreparties étatiques Accès aux marchés Mettre à jour et renforcer la législation sur le commerce et le droit des Vétusté du cadre légal des affaires affaires Elaborer une politique industrielle et commerciale en partenariat avec Absence de politique industrielle et commerciale nationale les chambres de commerce et le secteur privé Renforcer la compétitivité en favorisant la production locale, en Faibles bénéfices tirés des accords commerciaux et des développant des infrastructures et en renforçant la productivité des mesures préférentielles travailleurs Problème du droit foncier et du cadastre; difficultés Redynamiser l’office national du cadastre ; mettre en place une administratives à obtenir des permis de construire procédure unifiée pour avoir accès au permis de construire Forte dépendance au secteur textile de l’assemblage Développer le potentiel des filières ayant un avantage comparatif Clarifier le champ d’action de chaque ministère ; réviser les lois Manque de coordination interministérielle organiques Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) Absence de politique nationale sur les NTIC Elaborer une politique nationale sur les NTIC Actualiser et uniformiser le cadre légal pour répondre aux besoins Faiblesse du cadre légal ; absence de régulation du secteur actuels et s’aligner sur les accords internationaux en vigueur (OMC, CARICOM) Manque de mesures permettant de stimuler la demande Développer des outils technologiques faciles d’accès; développer un pour rendre plus accessibles les NTIC techniquement et accès centralisé à des services publics à distance. financièrement Faible régulation du secteur, notamment pour lutter contre Développer des outils de régulation du secteur par les pouvoirs publics les monopoles Limitations technologiques ; peu de capacités et Renforcer les investissements publics en matière de formation en NTIC qualifications dans le secteur des NTIC Résumé exécutif 25 8 L’APRES-2015 EN HAITI M oins de deux ans avant l’échéance prévue pour la réalisation des OMD, le débat sur les prio- rités pour l’agenda de l’après-2015 est déjà amorcé. émergeant dans quinze ans à travers quatre grands chantiers de refondation de la nation. Ce Plan stra- tégique entend créer « une société équitable, dotée Ce nouveau programme de développement résulte de d’une économie moderne, dans laquelle l’ensemble la réunion plénière de haut niveau de 2010 à l’As- des besoins de base de la population sont satisfaits, semblée générale sur les OMD et de la Conférence notamment l’accès universel à l’éducation, le tout Rio +20 sur le développement. À cette occasion, il est supporté par un Etat unitaire, fort et responsable ». apparu nécessaire que de nouvelles questions soient Les refondations territoriale, économique, sociale soulevées, notamment au regard des évolutions poli- et institutionnelle tendent à des objectifs communs tiques, sociologiques et économiques, du changement de création d’emplois, de développement local et climatique, des crises financières ou encore des dyna- régional, d’amélioration de l’accès aux services so- miques démographiques qui caractérisent l’environ- ciaux de base et d’inclusion sociale. nement mondial quinze ans après le lancement des La mise en œuvre du PSDH est étayée par des do- OMD. cuments de planification sectorielle, dont certains Les Nations Unies et les États membres ont convenu couvrent déjà la période de l’après-2015. Ainsi, la de mener un processus participatif et inclusif pour la nouvelle politique sur l’égalité femme/homme sera définition de l’agenda de l’après-2015, à travers des assortie d’un plan d’action national pour six ans, cou- consultations thématiques nationales et mondiales. vrant la période de 2014 à 2020 (OMD 3). Le plan Haïti a saisi cette opportunité pour prendre part au stratégique national sur la santé intégrale de l’en- débat international et réitérer son engagement pour fant couvre la période allant de 2013 à 2022 et vise à l’atteinte des OMD, afin que les priorités haïtiennes réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans soient prises en compte dans la nouvelle vision de (OMD 4). Le Plan directeur de santé qui s’étend de développement qui émanera des réflexions au niveau 2012 à 2022 s’inscrit dans une double perspective de international. restructuration du système national de santé et d’at- teinte des OMD relatifs à la santé maternelle (OMD 5). L’après-2015 dans la planification nationale La politique de lutte contre le VIH/sida vient d’être Dans le cadre de son processus de planification natio- étendue jusqu’à 2018, et celle contre la tuberculose nale, Haïti déjà identifié ses priorités de développe- jusqu’à 2019 (OMD 6). Les secteurs liés à la réduc- ment pour l’après-2015. Ainsi, le Plan stratégique tion de la pauvreté, à l’éducation, à la lutte contre la de développement d’Haïti (PSDH) couvre la pé- tuberculose, ou encore à l’environnement ne font pas riode de 2010 à 2030, et dessine la vision de long l’objet, pour l’heure, d’une planification allant au- terme pour le pays, cherchant à faire d’Haïti un pays delà de l’horizon 2015-2016. 26 Rapport OMD 2013 pour Haïti Consultations sur l’après -2015 en Haïti • Répondre adéquatement aux nouvelles dyna- miques de population (démographie, migra- En Haïti, la conduite du processus de consultations tion). s’est opérée suivant une démarche méthodologique in- clusive, à travers des ateliers regroupant l’ensemble • Faire de l’égalité de genre un objectif en soi et des secteurs et des entretiens individuels avec des une thématique transversale à intégrer dans tous spécialistes sectoriels ou personnalités reconnues en les secteurs et politiques publiques. Haïti. L’objectif était de réaliser un processus inclusif, • Garantir une bonne gouvernance, renforcer qui garantisse l’appropriation par les parties prenantes l’État de droit et développer les mécanismes de du prochain agenda de développement. reddition de comptes. Les grandes lignes des aspirations formulées pendant MY WORLD est une ce processus sont synthétisées en termes d’objectifs enquête mondiale ci-après : offrant à chacun et chacune la possibilité • Consolider la stratégie et interventions pour la de participer à l’élaboration de l’agenda de l’après-2015. Ce réduction de la pauvreté. processus participatif et inclusif accompagne les différents mécanismes de dialogue internationaux en cours devant aboutir • Homogénéiser le système scolaire pour garantir aux nouveaux objectifs globaux de développement. En ce sens, un droit à l’éducation équitable. les résultats de l’enquête ont vocation à refléter l‘opinion des plus marginalisés et à aider à la prise de décision internationale sur le • Améliorer l’accès physique et géographique aux futur agenda de développement. En Haïti, l’enquête MY World a centres de santé. cumulé plus de 4 000 votes depuis le lancement de ce processus en 2013. En mai 2014, les trois secteurs choisis en priorité par les • Développer une politique pour l’énergie et l’ac- votants sont l’éducation, la santé et l’emploi. cès aux services de base. Une bonne éducation 3 335 • Développer un plan d’aménagement du terri- Un meilleur système de santé 2 933 toire et une politique d’urbanisme. Des meilleures offres d'emploi 2 640 Une alimentation nourissante 1 993 • Lutter contre les inégalités économiques et so- à un prix abordable Un soutien à ceux qui ne peuvent pas travailler 1 758 ciales et les inégalités territoriales. Un gouvernement réactif et honnête 1 664 • Garantir l’inclusion de toutes les catégories de La protection contre le crime et la violence 1 531 populations, et notamment des groupes les plus Un accès à l'eau potable et l'assainissement 1 516 De meilleures routes et vulnérables et des jeunes. de meilleurs transports en commun 1 438 La protection des forêts, rivières et océans 1 015 • Pérenniser et accélérer les efforts pour une ges- La protection contre 840 tion de l’environnement durable. la discrimination et les persecutions Un accès au téléphone et à internet 806 • Mettre en œuvre une politique de l’emploi, qui L'égalité entre les hommes et les femmes 754 cible les jeunes et réponde aux besoins du secteur Un approvisionnement 749 en énergie fiable chez soi privé. La lutte contre le changement climatique 598 • Mettre en place des politiques publiques de sou- Des libertés politiques 550 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000 3 500 4 000 tien au secteur agricole. Résumé exécutif 27 28 Indicateurs Indicateurs Cible Tableau de suivi des OMD en Haïti Sources de référence actuels (2012)1 2015 Objectif 1 : Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 1.1 Proportion de la population disposant de moins d’un dollar par jour en parité du 24,7 % Cible 1A : Réduire de moitié, entre pouvoir d’achat (PPA) 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est 1.2 Indice d’écart de la pauvreté 24,5 % ECVMAS inférieur à un dollar par jour 1.3 Part du quintile le plus pauvre de la population dans la consommation nationale 1.4 Taux de croissance du PIB par personne occupée 51 % 30 % Cible 1B : Assurer le plein-emploi et 1.5 Ratio emploi/population 75 % RGPH (2000) (2003) la possibilité pour chacun, y compris les femmes et les jeunes, de trouver 1.6 Proportion de la population occupée 44,9 % ECVMAS un travail décent et productif disposant de moins de 1 dollar PPA par jour 1.7 Proportion de travailleurs indépendants 34,7 % dans la population occupée ECVMAS Proportion de travailleurs familiaux dans la population occupée 7,8 % Cible 1C : Réduire de moitié, entre 1.8 Prévalence de l’insuffisance pondérale chez 27,5 % (1995) 11,4 % EMMUS 1990 et 2015, la proportion de la les enfants de moins de 5 ans population qui souffre de la faim 1.9 Prévalence de l’insécurité alimentaire 24 % Rapport OMD 2013 pour Haïti 1 Données disponibles pour 2012, sinon se référer à l’année précisée. Résumé exécutif Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous 2.1 Taux net de scolarisation dans le primaire 100 47 % (1993) 88 % (2011) MENFP (TNF) % Cible 2A : D’ici à 2015, donner à 2.2 Proportion d’écoliers ayant commencé tous les enfants, garçons et filles, la première année d’études primaires 100 partout dans le monde, les moyens 68 % (2001) ECVH qui terminent l’école primaire (taux % d’achever un cycle complet d’études d'achèvement du cycle primaire) primaires 100 2.3 Taux d’alphabétisation des 15-24 ans 32,3 % (2000) 85,1 % EMMUS % Objectif 3: Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 3.1 Rapport filles/garçons dans l’enseignement EMMUS Cible 3A : Eliminer les (IPS) - primaire : 0,01 0,93 1 disparités entre les sexes dans -- secondaire : 0,99 (2000) 1,08 les enseignements primaire 3.2 Proportion des femmes salariées dans le et secondaire d’ici à 2005 si secteur non agricole possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard 3.3 Proportion des sièges occupés par les 2,7 % (1995) 4,3 % 30 % IPU femmes au parlement national 29 30 Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans 4.1 Taux de mortalité des enfants de moins de 5 156,1 ‰ 50,4 88 ‰ EMMUS ans (1990) ‰ Cible 4A : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de 109,1 ‰ 36,4 4.2 Taux de mortalité infantile 59 ‰ EMMUS mortalité des enfants de moins de (1990) ‰ 5 ans 25,8 % 85 % 4.3 Proportion d’enfants d’1 an vaccinés contre EMMUS, 100 % la rougeole (1987) (2013) MSPP Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle 5.1 Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 1572 MSPP Cible 5A : Réduire de trois quarts, naissances vivantes) (2013) entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle 5.2 Proportion d’accouchements assistés par du 100 24,2 % 37,3 % EMMUS personnel de santé qualifié % 5.3 Taux de contraception - Préservatif : 3% 5% EMMUS -- Méthode moderne : 22 % 31 % -- Méthode quelconque : 22 % (2000) 35 % Cible 5B : Rendre l’accès à la 5.4 Taux de natalité parmi les adolescentes 86 ‰ (2000) 66 ‰ EMMUS médecine procréative universel d’ici 5.5 Couverture des soins prénatals - au moins 79 % 90 % 100 % EMMUS à 2015 une visite : 100 % -- au moins quatre visites : 44 % (2000) 67 % 5.6 Besoins non satisfaits en matière de 40 % (2000) 35 % 0% EMMUS planification familiale 2 Donnée du ministère de la Santé publique et de la population. Dans la mesure où le MSPP produit pour la première fois des données statistiques sur la mortalité maternelle, ce chiffre fait encore l’objet de limitations, et présente une différence importante avec les estimations annuelles produites par l’OMS. Pour plus de détails sur les méthodologies utilisées et sur la limitation des données, consulter le chapitre OMD 5 du Rapport OMD Rapport OMD 2013 pour Haïti 2013 pour Haïti. Résumé exécutif Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 6.1 Taux de prévalence du VIH dans la 1 % (2005) 0,9 % EMMUS population âgée de 15/24 ans 6.2 Utilisation d’un préservatif lors du dernier Femmes 55% 100 % EMMUS V rapport sexuel à haut risque (indicateur Hommes 66,3% Cible 6A : D’ici à 2015, avoir enrayé disponible pour la tranche d’âge 15-24 ans) la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance 6.3 Proportion de la population âgée de 15 à 32 % (2006) 35 % 100 EMMUS actuelle 24 ans ayant des connaissances exactes et % complètes au sujet du VIH/sida 6.4 Taux de scolarisation des orphelins par 76,7 % (2006) 91,8 % 100 EMMUS rapport aux non-orphelins âgés de 10 à 14 % ans Cible 6B : D’ici 2010, assurer à tous 6.5 Proportion de la population au stade avancé 49 % (2006) 67,7 % (2013) 100 % EMMUS ceux qui en ont besoin l’accès aux de l’infection par le VIH ayant accès à des traitements contre le VIH/sida médicaments antirétroviraux 6.6 Incidence du paludisme Taux de mortalité due à cette maladie OMS (pour 100 000) : 5,7 (2010) 6.7 Proportion d’enfants de moins de 5 23 % EMMUS ans dormant sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide 6.8 Proportion d’enfants de moins de 5 ans 5 % (2006) 2,5 % EMMUS Cible 6C : D’ici à 2015, avoir maîtrisé atteints de fièvre traités aux moyens de le paludisme et d’autres grandes médicaments antipaludéens appropriés maladies et commencé à inverser la tendance actuelle 6.9 Incidence de la tuberculose (pour 100 000) : 247 (1990) 213 OMS Prévalence de la tuberculose (pour 100 000) 376 (1990) 296 : Taux de mortalité due à cette maladie 25 (pour 100 000) : 6.10 Proportion de cas de tuberculose détectés 55 % (2006) 80 % (2009) MSPP- et soignés dans le cadre d’un traitement PNLT direct à court terme et sous observation 31 32 Objectif 7 : Assurer un environnement durable 7.1 Proportion de zones forestières (% de la 5,5 % Entre 2 % et 4 % PNUE, FAO superficie du pays) (1956) (2010) Cible 7A : Intégrer les principes 7.2 Emissions de CO2 – total (en million de 0,994 2,12 du développement durable dans tonnes) 0,1395 0,2121 CDIAC les politiques et programmes par habitant (tonnes métriques) nationaux et inverser la tendance 0,2 (1990) 0,2138 (2010) pour un dollar du PIB (en kg) actuelle à la déperdition des 7.3 Consommation de substances ressources environnementales appauvrissant la couche d’ozone (Hydro 169 (1995) 5,15 PNUE chlorofluorocarbones (HCFC), en tonnes ODP) 7.4 Proportion de stocks de poissons vivant dans des milieux biologiques sains 7.5 Proportion de ressources d’eau totales PNUD, Cible 7B : Réduire la perte de la utilisées (% du total des ressources 8,6 % (2003-2012) RDH biodiversité et atteindre d’ici à 2010 renouvelables) 2013 une diminution significative du taux de perte 7.6 Proportion de zones terrestres et marines 6,2 % (2014) PNUE protégées (% du territoire) 7.7 Proportion d’espèces menacées d’extinction PNUD, 19 % (2013) (% de l’ensemble des espèces) RDH Cible 7C : Réduire de moitié, 7.8 Proportion de la population utilisant une 72,7 36,5 % (1995) 64, 8 % EMMUS V d’ici à 2015, le pourcentage source d’eau potable améliorée % de la population qui n’a pas d’accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable 7.9 Proportion de la population utilisant des 62,6 25,2 % (1995) 25,7% EMMUS V ni à des services d’assainissement infrastructures d’assainissement améliorées % de base Cible 7D : Améliorer sensiblement, d’ici à 2020, les conditions de vie 7.10 Proportion de citadins vivant dans des Min. EMMUS V d’au moins 100 millions d’habitants taudis 62 % Rapport OMD 2013 pour Haïti de taudis Résumé exécutif Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement Cible 8A : Poursuivre la mise en 8.1 Montant net de l’ADP totale et en faveur des 167,4 millions 1,3 milliards OCDE place d’un système commercial pays les moins avancés (en USD) (1990) (2013) et financier multilatéral ouvert, réglementé, prévisible et non 8.2 Proportion de l’ADP en faveur d’Haïti discriminatoire consacrée aux services sociaux de base Cible 8B : Répondre aux besoins particuliers des pays les moins 8.3 APD reçu par Haïti en pourcentage du avancés 17% (2009) 16 % OCDE/DAC revenu national brut Cible 8C : Répondre aux besoins particuliers des pays 8.4 Proportion des exportations d'Haïti qui sont en développement sans littoral admises sans franchises de droits et des petits Etats insulaires en développement 8.5 Droits de douane moyens appliqués à CNUCED, Cible 8D : Traiter globalement le l'exportation des produits agricoles et 4 % (1996) 1 % (2011) ITC, problème de la dette des pays en textiles en provenance d'Haïti OMC développement par des mesures 8.6 Proportion de l’ADP d'Haïti allouée au d’ordre national et international 10% OCDE renforcement des capacités commerciales propres à rendre l’endettement 8.7 Service de la dette, en pourcentage des viable à long terme 11,9 % (1990) 0,3 % (2013) BM exportations de biens et services Cible 8F : En coopération avec 8.9 Nombre de lignes fixes, pour 100 habitants 0,8 (2000) 0,5 ITU le secteur privé, faire en sorte 8.10 Abonnés à un service de téléphonie que les avantages des nouvelles 0,6 (2000) 59,4 ITU mobile, pour 100 habitants technologies, en particulier des TIC, 8.11 Nombre d'utilisateurs d'internet, pour 100 soient accordés à tous 0,2 (2000) 9,8 ITU habitants 33 Coordination du rapport OMD Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) Ministère de la Planification et de la coopération externe (MPCE) Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) Partenaires Gouvernement d’Haïti et institutions nationales Ministère de la Justice et de la sécurité publique (MJSP) Ministère de la Planification et de la coopération externe (MPCE) Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) Ministère de l’Agriculture des ressources naturelles et du développement naturel (MARNDR) Ministère de l’Économie et des finances (MEF) Ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) Ministère de l’Environnement (MdE) Ministère des Affaires sociales et du travail (MAST) Ministère des Travaux publics, transports et communications (MTPTC) Ministère du Commerce et de l’industrie (MCI) Bureau du Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des droits humains et de la lutte contre la pauvreté extrême Bureau du Secrétaire d’Etat à l’intégration des personnes handicapées Direction nationale eau potable et assainissement (DINEPA) Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) Observatoire national de l’environnement (ONEV) Office national d’assurance vieillesse (ONA) Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI) Conseil national des télécommunications (CONATEL) Coordination de l’aide externe au développement d’Haïti (CAED) Banque de la République d’Haïti (BRH) Office national d’identification (ONI) Comité interministériel d’aménagement du territoire (CIAT) Rapport OMD 2013 pour Haïti Système des Nations Unies Banque mondiale (BM) Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes) Fond monétaire international (FMI) Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) Fonds international de développement agricole (FIDA) Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCNUDH) Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) Organisation internationale du travail (OIT) Organisation internationale pour les migrations (OIM) Organisation mondiale de la santé (OMS) Programme alimentaire mondial (PAM) Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU Habitat) Ce rapport est accessible sur Internet sur le site : - du Ministère de la Planification et de la coopération externe (MPCE), www.mpce.gouv.ht - de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES), www.onpes-haiti.ht - du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD Haïti), www.ht.undp.org Programme des Nations Unies pour le développement République d’Haïti