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Nations Unies A/65/335
Assemblée générale
Distr. générale
31 août 2010
Français
Original : anglais
10-50063 (F) 230910 230910
*1050063*
Soixante-cinquième session
Point 70 d) de l’ordre du jour provisoire*
Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe
fournis par les organismes des Nations Unies, y compris l’assistance économique spéciale :
assistance économique spéciale à certains pays
et à certaines régions
Aide humanitaire et appui au relèvement
fournis à certains pays et à certaines régions
Rapport du Secrétaire général
Résumé
Le présent rapport est soumis à l’Assemblée générale conformément aux
demandes qu’elle a formulées dans ses résolutions 64/74 et 64/250. Il dresse un bilan
de la situation et analyse les difficultés auxquelles se heurtent actuellement les
Nations Unies et leurs partenaires pour apporter à la fois une aide humanitaire et un
appui au relèvement aux pays touchés par divers types de catastrophes naturelles ou
causées par l’homme. L’Assemblée ayant demandé que ces rapports soient chaque
fois que possible regroupés et rationalisés, les rapports par pays soumis au titre du
présent point de l’ordre du jour ont de nouveau été réunis en un seul document
couvrant deux pays, Haïti et El Salvador.
* A/65/150.
A/65/335
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I. Introduction
1. Le présent rapport est soumis à l’Assemblée générale conformément aux
demandes qu’elle a formulées dans ses résolutions 64/74 et 64/250. Il couvre la
période allant de novembre 2009 à juillet 2010.
II. Aide humanitaire et appui aux secours d’urgence
et au relèvement en Haïti à la suite des effets
dévastateurs du tremblement de terre dans ce pays
2. Les informations communiquées aux sections A et B du présent rapport sont en
grande partie tirées du rapport semestriel du Comité permanent interorganisations à
propos des mesures prises pour faire face à la crise humanitaire en Haïti, présenté
lors du débat consacré aux questions humanitaires à la session de fond du Conseil
économique et social tenue en 2010 à New York.
A. La catastrophe
3. Le séisme qui a frappé Haïti à 16 h 53 heure locale le 12 janvier 2010 avait
une magnitude de 7,0 sur l’échelle de Richter. Son hypocentre se situait à moins de
10 kilomètres au-dessous de la surface de la Terre. Son épicentre était proche de
Léogâne, à environ 25 kilomètres de Port-au-Prince. Une réplique d’une magnitude
de 6,0 s’est produite juste après; au 24 janvier, au moins 52 répliques d’une
magnitude supérieure ou égale à 4,5 avaient été enregistrées.
4. On ne saura peut-être jamais exactement combien le séisme a fait de morts et
de blessés. Toutefois, d’après les estimations du Gouvernement, 222 750 personnes
(2 % de la population) auraient perdu la vie et 300 572 auraient été blessées. Trois
millions d’habitants sur les 10 millions que compte le pays auraient été touchés. Si,
comme en atteste le nombre de morts, de blessés et de sans-abri parmi la population,
le coût humain du séisme a été bien plus élevé que celui d’autres séismes récents
d’amplitude analogue, c’est essentiellement parce qu’il a frappé une vaste zone
urbaine qui comptait de nombreux abris de fortune. Le séisme a sans doute fait bien
plus de victimes parmi les femmes. Il a en effet surpris nombre d’entre elles chez
elles, alors que les hommes étaient au travail et que les enfants revenaient de
l’école. Il a par ailleurs gravement endommagé des bâtiments administratifs où de
nombreux fonctionnaires ont trouvé la mort.
Dégâts causés à l’infrastructure
5. Le séisme, qui a sinistré la capitale d’Haïti et son centre économique, Port-au-
Prince, a également détruit ou gravement endommagé des bâtiments et des
infrastructures ailleurs, en particulier à Léogâne, Petit-Goâve, Jacmel, Pétionville,
Delmas et Carrefour. D’après le Gouvernement, 250 000 résidences et 30 000
bâtiments commerciaux auraient été gravement endommagés. D’après l’évaluation
des besoins effectuée après la catastrophe, 105 000 foyers auraient été entièrement
détruites et plus de 208 000 auraient été touchées. De plus, de nombreux bâtiments
administratifs et publics célèbres, dont la cathédrale de Port-au-Prince, ont été
touchés à divers degrés. Les bâtiments administratifs des villes alentour ont subi des
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dégâts graves. À Léogâne, la ville la plus proche de l’épicentre, près de 80 % des
bâtiments ont subi des dommages structurels.
6. Le séisme a gravement endommagé la tour de contrôle de l’aéroport
international Toussaint Louverture et le port maritime de Port-au-Prince, ce qui a
compliqué d’autant le déploiement des premiers secours. De nombreuses routes ont
été bloquées par les décombres ou leur revêtement a été déchiré. L’infrastructure de
communication a également été gravement touchée. Le séisme a coupé le seul câble
de télécommunication sous-marin qui reliait Haïti au reste du monde, rendu
inutilisable le réseau téléphonique public et perturbé les services de deux des plus
gros opérateurs de téléphonie mobile du pays.
Déplacement
7. D’après le Gouvernement, quelque 2,3 millions de personnes auraient
abandonné leur domicile au plus fort de l’exode. Les personnes déplacées se sont
pour la plupart réinstallées près de leur ancien lieu de résidence, par famille ou
regroupées avec d’autres. Beaucoup se sont installées dans les rues, dans des sites
de regroupement spontané de taille variable réunissant de quelques individus à
50 000 personnes, ou dans des abris collectifs. Dans un premier temps, environ
1,5 million de déplacés se sont installés dans l’agglomération urbaine de Port-au-
Prince et quelque 600 000 ont quitté la zone sinistrée, souvent avec l’aide des
pouvoirs publics mais aussi de particuliers, pour trouver refuge dans des
communautés d’accueil épargnées par le séisme. Parmi ces derniers, plus de 250 000
sont revenus depuis à Port-au-Prince ou dans les communes des environs, seuls ou
avec leur famille. Fin mai 2010, la zone touchée par le séisme comptait 1 342 camps
de déplacés, regroupant pour la plupart de 100 à 1 000 familles. Ces camps sont
parfois situés dans des ravines ou des lieux sujets aux inondations, ce qui accroît
d’autant la vulnérabilité des déplacés qu’ils abritent.
Conséquences sur l’économie, les moyens de subsistance et l’éducation
8. Le montant total des pertes ou dommages matériels causés par le séisme – dont
70 % ont concerné le secteur privé – est estimé à 7,8 milliards de dollars des États-
Unis, soit à un peu plus que le produit intérieur brut (PIB) du pays pour 2009. Les
équipements éducatifs ont été gravement touchés : 4 992 établissements
d’enseignement (soit 23 % des établissements du pays) ont été endommagés ou
détruits. Plus d’un million d’élèves et 55 000 enseignants ont été blessés, 38 000
élèves et 1 500 enseignants tués.
9. Le séisme a eu des conséquences catastrophiques sur l’infrastructure du
système de soins de santé haïtien. Dans les trois départements les plus gravement
touchés (l’Ouest, le Sud-est et Nippes), 60 % des hôpitaux – dont le seul centre
hospitalier universitaire d’Haïti disposant de services spécialisés – ont été délabrés
ou détruits. Les bâtiments du Ministère de la santé se sont écroulés, faisant plus de
200 morts parmi les fonctionnaires. D’après une première évaluation,
67 dispensaires ont subi des dommages qui perturbent leur fonctionnement. La
couverture déjà limitée des besoins en eau potable et en collecte des déchets a
encore été réduite dans la zone sinistrée. Ceci a eu des conséquences graves pour le
secteur agricole. Ainsi, 32 % des agriculteurs des zones rurales sinistrées ont perdu
leurs stocks de semences et 4 % leurs têtes de bétail. Vingt-neuf pour cent des
exploitations agricoles familiales ont été démolies ou gravement endommagées. Par
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ailleurs, les agriculteurs ont subi les conséquences de la baisse des recettes agricoles
et de la destruction des entrepôts et des systèmes d’irrigation, ainsi que de la
distorsion des marchés.
10. Les populations vivant hors de la zone du séisme en ont néanmoins subi les
conséquences sur le plan socioéconomique et en termes de moyens de subsistance.
Leur vulnérabilité a été aggravée par le déplacement massif de personnes provenant
de l’agglomération urbaine de Port-au-Prince, qui a exacerbé la pression sur les
ressources disponibles (notamment pour ce qui est de la nourriture et du bois à
brûler), en particulier dans des départements tels qu’Artibonite et le Nord-Ouest, qui
connaissaient déjà une insécurité alimentaire chronique. Plus de 90 % de ces
déplacés sont secourus par des familles d’accueil et plus de 80 % par des parents
proches. Par voie de conséquence, de nombreuses familles d’accueil auraient opté
pour des solutions non viables, notamment en vendant des animaux et des biens et
en entamant leurs réserves de nourriture pour leurs propres besoins et ceux des
familles de déplacés qu’elles accueillent.
11. Les conséquences du séisme se sont particulièrement fait sentir dans les zones
situées près de la frontière du pays avec la République dominicaine, lesquelles
compteraient quelque 160 000 déplacés. Les communautés d’accueil y sont
extrêmement pauvres, en particulier dans les zones rurales, et l’arrivée massive de
déplacés y a mis les services de base – écoles, dispensaires, approvisionnement en
eau – et l’économie locale à très rude épreuve. D’après des organisations
humanitaires qui se sont rendues dans les régions proches de la frontière,
notamment à Fonds Verrettes dans le Sud-Est ou à Ouanaminthe dans le Nord-Est,
des familles autrefois composées de quatre à cinq personnes accueilleraient
aujourd’hui de 12 à 15 personnes.
B. L’intervention humanitaire
12. La population haïtienne a immédiatement pris les choses en mains après le
séisme. Les communautés locales ont mené d’innombrables opérations de sauvetage
et apporté énormément d’aide. Des voisins, des amis, des parents et des étrangers se
sont aidés les uns les autres, sauvant des milliers de vies pendant que les pouvoirs
publics et la communauté internationale se mobilisaient et s’efforçaient de résoudre
les premières difficultés. Toutefois, les capacités d’intervention des communautés
locales ont été gravement limitées, notamment par l’absence d’électricité, la
présence massive de décombres, le manque de compétences en matière de secours
d’urgence et l’ampleur du traumatisme, aggravé par la crainte permanente des
répliques. Les organisations de la société civile haïtienne, elles-mêmes pourtant
sinistrés, ont activement participé à la fourniture de secours d’urgence aux victimes
et aux déplacés.
13. La destruction de nombreux bâtiments des administrations centrale et
municipale, ainsi que le nombre élevé de décès et d’accidents parmi les
fonctionnaires, eux-mêmes contraints de hiérarchiser leurs priorités pour venir en
aide à leur famille élargie, ont gravement compromis la capacité des pouvoirs
publics, aux niveaux tant national que local – à mener et coordonner immédiatement
une intervention efficace. Les ressources humaines et matérielles du dispositif
national de gestion des risques de catastrophe, qui revêtait une importance capitale,
ont été gravement mises à mal.
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14. Les organisations humanitaires internationales présentes en Haïti avant la
catastrophe ont commencé à fournir des secours dans les 72 heures. Presque toutes
ont reçu l’appui d’organismes nationaux de contreparties de la société civile
haïtienne. Elles ont utilisé les produits de première nécessité qu’elles avaient
déployés à l’avance sur place (essentiellement des stocks d’urgence acheminés lors
d’activités menées en prévision de la saison cyclonique 2009) afin de fournir une
aide initiale. Cependant, de nombreux acteurs humanitaires présents en Haïti avant
le séisme ont eux-mêmes subi des pertes humaines et matérielles – personnel tué et
blessé, locaux administratifs et résidentiels endommagés et détruits – qui ont
lourdement mis à mal leurs capacités d’intervention.
15. Un appel initial accéléré de 575 millions de dollars établi pour six mois dans
les 72 heures a été lancé le 15 janvier. Ce montant devait couvrir les besoins
immédiats des 3 millions de victimes recensées par les estimations préliminaires. Il
a été révisé à la hausse, pour atteindre 1,5 milliard de dollars le 18 février à la suite
d’une évaluation plus complète des besoins. Lors de l’examen semestriel de l’Appel
humanitaire 2010 lancé le 14 juillet, les crédits demandés se montaient toujours à
1,5 milliard. Au 18 août, 67 % des fonds demandés avaient été couverts et des
contributions supplémentaires d’un montant total de 18 millions avaient été
annoncées. Il est toutefois impératif que l’intégralité du montant demandé soit
réunie si l’on veut que les plus vulnérables reçoivent l’aide dont ils ont besoin.
16. Au total, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires a
alloué 36 millions de dollars à l’intervention en Haïti et 2 millions à des
interventions en République dominicaine. Le Fonds de secours d’urgence pour
Haïti, financé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, a reçu
quelque 80 millions de dollars, dont 64 ont déjà été affectés à des programmes.
17. De très nombreux acteurs humanitaires internationaux sont intervenus après le
séisme. D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, ils auraient
été 400 dès la fin du mois de janvier. Il était donc impératif que l’intervention soit
coordonnée de façon efficace. Le système d’approche intersectorielle a été mis en
place le 15 janvier, de façon à structurer l’intervention en 12 groupes et deux sous-
groupes. Dans la mesure du possible, le Gouvernement a nommé des ministères de
contrepartie pour codiriger chaque groupe; en mai, il avait intensifié sa
collaboration avec les groupes pour organiser et conduire l’intervention à tous les
niveaux.
18. L’équipe de pays humanitaire, constituée au cours de la première semaine du
mois de février, s’est réunie deux fois par semaine pendant la première phase
d’intervention d’urgence pour examiner les principaux aspects stratégiques de
l’intervention humanitaire. Dirigée par le Coordonnateur des opérations
humanitaires, elle rassemble sept organismes des Nations Unies, sept organisations
non gouvernementales, le Mouvement international de la Croix-Rouge et du
Croissant-Rouge, des observateurs du Bureau d’appui pour la coordination des
organisations non gouvernementales et des donateurs humanitaires qui participent
aux réunions de l’équipe élargie. La coordination stratégique a été renforcée avec la
création d’un poste de coordonnateur adjoint des opérations humanitaires et d’un
poste de conseiller principal auprès du coordonnateur des opérations humanitaires.
L’antenne locale du Bureau de la coordination des affaires humanitaires a été
considérablement renforcée pour fournir un appui spécifique aux organismes
humanitaires dans les domaines de la coordination intergroupes, de la gestion et de
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l’analyse de l’information, de la cartographie, de la liaison entre les secteurs civil et
militaire, de la coordination entre les bailleurs de fonds, de la mobilisation et des
relations avec les médias.
19. Pour tirer pleinement parti des importants moyens militaires et de ceux de la
Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) présents
dans le pays, il était essentiel, lors des premières phases de l’intervention, que
l’action des organismes humanitaires soit coordonnée de façon efficace avec celle
de la Mission, des forces militaires des États-Unis d’Amérique et des autres pays
étrangers. Un Comité d’appui à la coordination a été mis en place pour superviser la
coordination stratégique. Cette structure spéciale, coprésidée par les deux
représentants spéciaux adjoints du Secrétaire général pour la Mission et du
Gouvernement, a rassemblé des bailleurs de fonds, ainsi que des représentants des
organismes humanitaires, de la Mission et des forces armées des États-Unis pour
examiner des questions stratégiques. Par l’intermédiaire de son équipe spéciale de
planification, qui regroupe un conseil de contrôle de gestion et une cellule de
coordination de la gestion des projets, le Comité a organisé des opérations
complexes faisant intervenir de multiples acteurs, aux fins de la mise en œuvre de
mesures d’atténuation essentielles, de la gestion des décombres et de la préparation
des sites en vue de la réinstallation de personnes déplacées.
20. En coordination avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, le
groupe chargé de la logistique et d’autres partenaires clefs, la MINUSTAH a ouvert
un centre conjoint d’opérations et de répartition des tâches afin de faciliter la
fourniture d’une assistance par le vaste éventail des forces militaires qui accélère la
mise en œuvre des activités des organismes humanitaires, c’est-à-dire pour offrir un
« guichet unique » aux acteurs humanitaires cherchant à bénéficier d’une aide
auprès des forces militaires et de police de la Mission. Le centre conjoint, qui
regroupe des représentants du Bureau, de la Mission, d’autres forces militaires
internationales, du groupe chargé de la logistique et des pouvoirs publics, a joué le
rôle d’un organisme de coordination centralisée pour tirer parti des moyens
militaires afin de fournir un appui logistique, une assistance à la sécurité et une
assistance technique qui facilitent les opérations humanitaires, en évitant les
chevauchements des actions de soutien dans le cadre de la coordination assurée à
l’échelle du pays. Les demandes d’aide militaire liées au transport de fournitures
humanitaires ou autres ont été approuvées par l’organisme chef de file de chaque
groupe.
21. Pour que l’intervention humanitaire réponde aux besoins des zones touchées à
l’extérieur de Port-au-Prince, notamment dans les communautés d’accueil, des
fonctions de coordination ont été mises en place à Léogâne, Petit-Goâve, Jacmel et
Gonaïves. Huit groupes étaient opérationnels à Léogâne et sept à Jacmel, une
coordination par groupe sectoriel étant également assurée à Gonaïves et Petit-
Goâve. Au niveau infranational, on s’est particulièrement attaché à renforcer la
coordination avec les ministères et les autorités locales. Les organismes
humanitaires ont par ailleurs créé six « groupes parallèles » en République
dominicaine – logistique et télécommunications, santé, abris d’urgence, eau,
assainissement et hygiène, nutrition et protection – essentiellement afin de
coordonner les services d’appui aux opérations menées dans le cadre de
l’intervention en Haïti ainsi qu’aux opérations de secours à la frontière ou de part et
d’autre de cette dernière. La coordination a été renforcée avec les organisations non
gouvernementales partenaires, en particulier au cours des premiers mois de
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l’intervention, notamment par la création d’un bureau d’appui à la coordination des
organisations non gouvernementales, secondé par deux consortiums d’organisations
non gouvernementales, InterAction et le Conseil international des agences
bénévoles (CIAB), afin d’améliorer la communication entre les organisations non
gouvernementales, d’établir des contacts et d’instituer des alliances avec les
organisations locales haïtiennes qui connaissent mal le réseau international des
organismes humanitaires et de veiller à ce que les principales préoccupations des
organisations non gouvernementales soient communiquées et prises en compte dans
l’intervention.
Principaux problèmes humanitaires
22. Compte tenu de la multiplicité des difficultés à surmonter, l’intervention
menée par les organismes humanitaires à la suite du séisme a été particulièrement
réussie. Elle a constitué un défi de taille pour les capacités, les ressources, la
rapidité et le mode de fonctionnement des organismes humanitaires de la
communauté internationale. Les ravages causés par le séisme ont été aggravés par
les vulnérabilités intrinsèques du pays, notamment par la pauvreté généralisée, les
problèmes structurels, la mauvaise gestion et la chronicité quasi annuelle des
inondations, cyclones et autres catastrophes. En outre, le séisme est intervenu en
milieu urbain, plaçant de nombreux acteurs humanitaires dans un contexte auquel ils
n’étaient guère habitués et qui posait d’importants problèmes logistiques et
difficultés d’accès. On se souviendra que les acteurs qui seraient normalement
intervenus en première ligne – pouvoirs publics, société civile, MINUSTAH et
organisations humanitaires présentes dans le pays avant le séisme –, eux-mêmes
gravement touchés, avaient subi de lourdes pertes en termes de capacités, de
ressources et de personnel, qui avaient fortement entamé leur capacité à intervenir
efficacement et rapidement. Malgré un contexte difficile, l’intervention humanitaire
a, dans une large mesure, atteint ses objectifs immédiats et répondu efficacement
aux besoins essentiels recensés.
23. À l’issue des six premiers mois, quelque 4 millions de personnes avaient reçu
une aide alimentaire, des matériaux nécessaires à la mise en place d’abris de secours
avaient été distribués à 1,5 million de personnes, de l’eau non polluée avait été mise
à la disposition de 1,2 million de personnes et 1 million de personnes avaient
bénéficié de programmes travail contre rémunération. Dans les camps et les sites de
regroupement spontané, des services de base – dispensaires, appui pédagogique, eau
et installations sanitaires – avaient été fournis à quelque 1,5 million de déplacés,
tandis que les patrouilles conjointes de la MINUSTAH et de la police haïtienne
contribuaient à assurer la protection des personnes les plus vulnérables. Dans les
zones rurales, plus de 142 000 familles d’agriculteurs avaient reçu une aide sous
forme d’intrants essentiels pour l’ensemencement au printemps, tandis que des
programmes nutritionnels ciblés avaient contribué à réduire la malnutrition aiguë
sévère parmi les victimes du séisme. Les services logistiques communs mis à la
disposition de plus de 90 organisations humanitaires pour acheminer au total
9 300 tonnes de fournitures de première nécessité depuis la République dominicaine
ont largement contribué à l’efficacité de l’intervention.
24. Dans une intervention aussi ambitieuse et complexe que celle qui a été menée
pour faire face au séisme en Haïti, il est essentiel que les mécanismes de
coordination humanitaire soient cohérents et fassent l’objet d’une concertation dès
le départ de façon à faciliter l’acheminement et la coordination du large éventail de
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ressources et de capacités disponibles. L’arrivée de milliers d’acteurs humanitaires
ayant des compétences et des connaissances spécialisées variables a rendu difficile
la coordination de l’intervention. La présence et les ressources de puissantes entités
militaires dotées d’importants moyens, en particulier des forces armées des États-
Unis mais aussi de la MINUSTAH a comporté des avantages et des inconvénients
pour les organismes humanitaires. Les acteurs humanitaires ont eu besoin d’un
appui militaire pour faciliter l’acheminement et la distribution de l’aide, mais
préféraient ne pas collaborer trop étroitement pour éviter de porter atteinte aux
principes humanitaires au cœur de leur mode de fonctionnement. La constitution
rapide de groupes chargés d’assurer une coordination sectorielle efficace et le
recours à l’équipe de pays humanitaire pour définir une orientation stratégique
globale ont constitué des étapes positives vers le renforcement de la coordination de
l’intervention. Parallèlement, il était essentiel de mettre en place des structures de
coordination rassemblant des acteurs militaires et humanitaires pour prendre des
décisions et décider de l’affectation des ressources conjointement afin de tirer parti
des importantes ressources militaires disponibles pour faciliter l’intervention
humanitaire.
25. Malgré ces résultats appréciables, l’encadrement et la coordination ont pu
donner l’impression d’être défaillants lors de la phase initiale des opérations.
D’aucuns, notamment des acteurs militaires, ont eu le sentiment qu’il leur fallait
intervenir pour compléter l’encadrement humanitaire sur le terrain, estimant que les
grandes orientations stratégiques n’étaient pas clairement définies ou que
l’ensemble semblait manquer de cohérence. Ils ont estimé que les décisions
stratégiques essentielles ayant une influence sur l’efficacité et la pertinence de
l’intervention humanitaire, notamment en ce qui concerne la gestion de l’aide
immédiate et la réinstallation à long terme des déplacés, ainsi qu’un ciblage plus
stratégique de l’aide visant à prévenir les déplacements massifs de population,
étaient lentes à venir. Quelle qu’ait pu être la validité de ces critiques au cours des
premières semaines qui ont suivi le séisme, d’immenses progrès ont été accomplis
dans les mois suivants pour renforcer la coordination de l’intervention. La direction
humanitaire a été renforcée au fil du temps et les groupes sont devenus de plus en
plus opérationnels, déployant des coordonnateurs expérimentés de haut niveau et
assurant une coordination efficace dans un contexte opérationnel qui pouvait être
chaotique. Les difficultés initialement posées par la coordination et l’encadrement
ne mettent pas en cause l’apport de chacun, mais soulignent plutôt la nécessité de
renforcer les systèmes et les structures approuvés et de veiller à ce que les individus
chargés d’assurer l’encadrement disposent des moyens nécessaires pour le faire.
26. Dans un contexte aussi complexe que celui d’Haïti, les organismes
humanitaires ont dû trancher des dilemmes épineux pour fournir de l’aide, le
moindre n’étant pas d’identifier les plus vulnérables et d’établir une distinction
entre les victimes du séisme et celles de la pauvreté chronique, lesquelles
constituent en l’occurrence la majorité de la population. Un problème tout aussi
complexe a été posé par la mise en évidence et le renforcement des liens entre les
secours d’une part et les activités de reconstruction et de développement à long
terme d’autre part. Les organismes humanitaires en Haïti ont eu un rôle essentiel à
jouer pour aider le Gouvernement, lui-même gravement touché par le séisme, à
encadrer les activités de reconstruction. En particulier lors de la phase initiale de
l’intervention, la collaboration des organismes humanitaires internationaux avec la
société civile et les autorités locales haïtiennes et leur participation à des
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mécanismes de coordination conjoints auraient pu être améliorées. Si cela avait été
fait de façon plus systématique, les organismes humanitaires auraient bien mieux
appréhendé le contexte opérationnel, l’aide fournie aurait revêtu un caractère plus
durable et les capacités locales et nationales auraient été mieux renforcées.
27. Avec la révision à 1,5 milliard de dollars du montant de l’appel de fonds
intersectoriel en juin – pour les seules opérations de secours –, il est clair que les
besoins en Haïti restent immenses et que la tâche à accomplir pourrait tenir de la
gageure. Le premier problème à résoudre consiste à loger la population déplacée,
notamment en élaborant avec les pouvoirs publics des solutions durables et sûres à
cet effet. La mise en place de modes de logement plus sûrs nécessitera des
ressources financières importantes et des arrangements juridiques complexes, ainsi
que la mobilisation de tous les acteurs autour d’une vision commune.
L’inadéquation des logements constituant une question particulièrement
préoccupante pendant la saison cyclonique, une large place a été accordée ces
derniers mois aux activités de préparation à l’éventualité d’incidents majeurs et à la
planification des interventions d’urgence.
Aspects liés à la problématique hommes-femmes
28. Les femmes et les hommes, de même que les filles et les garçons, sont touchés
différemment par la crise et ne connaissent pas les mêmes difficultés pour bénéficier
d’une protection humanitaire et d’une aide. Un conseiller pour l’égalité des sexes
inscrit au fichier de spécialistes de la problématique hommes-femmes a
immédiatement été déployé en Haïti après le séisme pour donner des avis aux
groupes et secteurs aux fins de la prise en compte de la problématique hommes-
femmes, concernant notamment la distribution d’aliments salubres, la sécurité des
abris, la mise à disposition de latrines et de salles d’eau distinctes, l’égalité d’accès
aux activités génératrices de revenus et la participation des femmes à la gestion des
camps. Plus avant, la priorité devrait être donnée à l’ouverture de débouchés
économiques pour les groupes marginalisés de la société, notamment pour les
femmes, lesquelles constituent plus de 60 % des chefs de ménage en Haïti.
29. La pauvreté est la cause première de l’inégalité entre les sexes et l’une des
principales causes des violences sexuelles. Viennent s’y ajouter l’absence de
pouvoir de décision des femmes dans la société haïtienne ainsi que le mauvais
fonctionnement des institutions politiques et des services. Les violences sexuelles se
sont trouvées aggravées par la catastrophe bien que des mesures aient tout de suite
été prises pour prévenir les actes de violence sexiste – mise en place de patrouilles
de protection et amélioration de l’éclairage des camps, notamment. La priorité a
également été donnée au soutien aux victimes de violence sexiste, en particulier
pour leur permettre d’avoir accès sans danger à des soins, notamment médicaux. Les
prochaines élections de novembre 2010 seront l’occasion de promouvoir, aux
niveaux politique, social et économique, la réforme des institutions politiques afin
de renforcer l’état de droit et de mettre un terme à l’impunité des auteurs d’actes de
violence.
30. Protéger les populations vulnérables contre l’exploitation et les violences
sexuelles reste une priorité pour le personnel affecté au développement, le personnel
humanitaire et le personnel de maintien de la paix. En Haïti, des mesures ont été
prises rapidement après le séisme avec le déploiement d’un coordonnateur à plein
temps qui a collaboré avec les organismes des Nations Unies et les organisations
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non gouvernementales pour mettre en place des mécanismes de sensibilisation et de
dépôt de plaintes afin de prévenir et de sanctionner les abus.
Constatations et enseignements tirés de l’expérience
31. L’envergure et la complexité de l’intervention humanitaire menée pour faire
face au séisme en Haïti ont été l’occasion d’importants enseignements pour les
organismes humanitaires. Il convient avant tout de mieux comprendre les divers
acteurs extérieurs au milieu humanitaire, notamment les entités militaires et le
secteur privé, et de collaborer plus activement avec eux. Il est par ailleurs urgent de
trouver des façons de mieux collaborer avec les gouvernements et les partenaires de
la société civile en difficulté. L’architecture humanitaire mondiale doit être
améliorée si l’on veut que sa mise en œuvre ne fasse pas obstacle à des partenariats
qui ont une importance décisive pour que l’intervention ait une efficacité maximale.
32. Un autre enseignement important à tirer de l’expérience concerne la nécessaire
révision par les organismes humanitaires de la façon dont ceux-ci devraient adapter
leur action au contexte urbain et recenser les savoir-faire, outils, connaissances et
partenariats requis pour pouvoir agir efficacement dans ce type de contextes. D’une
façon plus générale, il est indispensable de veiller à ce que les difficultés et leurs
répercussions sur les stratégies d’aide humanitaire soient mieux appréhendées. Une
amélioration possible consisterait à apprendre à mieux communiquer avec les
populations sinistrées, de façon à mieux comprendre le contexte opérationnel.
33. Il ne fait aucun doute qu’une direction des opérations humanitaires forte,
ferme et dotée des moyens d’agir sur le terrain est indispensable à tous les niveaux à
l’efficacité du fonctionnement de toute intervention. Avec une direction forte et
expérimentée, qui définisse les grandes orientations stratégiques requises,
notamment à l’intérieur des groupes, l’intervention opérationnelle devient plus
efficace, efficiente et cohérente.
34. Le rôle du Coordonnateur des opérations humanitaires revêt donc une
importance cruciale pour l’encadrement global de l’intervention. Celui-ci est chargé
de définir les grandes orientations stratégiques et de donner des consignes aux
organismes humanitaires, de mettre en place et gérer des mécanismes de
coordination complexes qui associent tous les acteurs opérationnels, d’aider à
déterminer la répartition des tâches entre les divers organismes, d’entretenir des
contacts étroits avec les pouvoirs publics et d’assurer une coordination avec tous les
autres acteurs ayant un rôle à jouer dans l’intervention. Dans un contexte comme
celui d’Haïti, il était évident que ces fonctions n’auraient pas pu être exécutées par
une seule personne, en particulier si celle-ci continuait d’exercer par ailleurs des
responsabilités dans une mission intégrée des Nations Unies.
35. Il est essentiel, en particulier dans une situation d’urgence d’une telle ampleur
survenue subitement, de constituer rapidement une équipe de pays humanitaire
cohérente et opérationnelle si l’on veut que l’intervention soit efficace, surtout pour
fournir les consignes stratégiques requises aux acteurs opérationnels qui participent
à l’intervention dans le cadre du système d’approche intersectorielle.
36. Pour que les groupes soient rapidement opérationnels afin de pouvoir
coordonner l’action de la multitude de partenaires humanitaires dans des structures
sectorielles cohérentes et efficaces, il est impératif qu’ils puissent déployer des
coordonnateurs de groupe expérimentés et dotés de moyens suffisants dès les
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premiers stades de l’intervention. Les organismes chefs de file doivent répondre de
l’exécution des tâches qui leur sont confiées à l’intérieur du groupe comme dans
leurs propres structures. Il est essentiel qu’ils concilient ces fonctions parfois
antagoniques et veillent à ce que des ressources appropriées et suffisantes soient
affectées au fonctionnement efficace du ou des groupes qu’ils dirigent. Il est
également indispensable que les organismes chefs de file défendent non seulement
leurs propres priorités mais aussi celles de leurs groupes lors des débats stratégiques
tenus dans le cadre de l’équipe de pays humanitaire. Il est tout aussi important que
le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, en tant qu’entité responsable
de la coordination intergroupes, déploie des capacités adéquates de coordination et
d’encadrement dès les premiers stades de l’opération, afin d’aider les groupes à
s’acquitter plus efficacement de leurs tâches.
C. Relèvement rapide et reconstruction
37. Dès le début de l’intervention humanitaire et lors des phases de relèvement et
de reconstruction, l’équipe de pays des Nations Unies a organisé et mis en œuvre
des activités de relèvement rapide en concertation avec les pouvoirs publics.
38. Compte tenu des difficultés que connaissait Haïti avant la catastrophe, les
activités de relèvement visaient à répondre à des besoins plus larges et à
« reconstruire en mieux ». Avant le séisme, 55 % de la population vivait avec moins
de 1,25 dollar par jour, seuls 51 % de la population rurale et 70 % de la population
urbaine avaient accès à de l’eau potable et moins de 32 % de l’ensemble de la
population (18 % dans les zones rurales) avaient accès à des services
d’assainissement adéquats. Les taux de mortalité infantile étaient extrêmement
élevés (72 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit deux fois plus que la moyenne
régionale) et on notait une forte prévalence du retard de croissance et de
l’émaciation infantiles (respectivement 22 et 10 % chez les moins de 5 ans). On
estimait que 28 à 38 % de la population souffraient fortement d’insécurité
alimentaire. Quarante-quatre pour cent des personnes ayant besoin de soins urgents
n’avaient pas accès à des services de santé faute d’avoir les moyens de régler les
frais médicaux. Entre 50 et 55 % des enfants n’étant pas scolarisés, Haïti connaissait
par ailleurs un des taux d’analphabétisme les plus élevés du continent.
39. L’urbanisation à outrance constitue en outre un danger croissant dans la ville et
l’agglomération urbaine de Port-au-Prince, ainsi que dans la plupart des communes
des campagnes depuis plusieurs dizaines d’années. Le manque de compétences et de
connaissances spécialisées en matière de construction de structures en béton armé,
le manque d’entretien des bâtiments et le non-respect des codes du bâtiment sont les
problèmes les plus graves que connaissent les agglomérations urbaines en Haïti. Les
lacunes du contrôle qualité des structures construites tant par des particuliers que
des entrepreneurs, l’absence de réglementation et de contrôle de l’utilisation du sol
et de l’aménagement urbain, ainsi que le manque de connaissance du zonage des
risques ont aggravé d’autant la vulnérabilité des citadins. La rapidité et l’absence de
planification de l’urbanisation ont également nui à l’efficacité des services de
distribution publics – eau, électricité, assainissement et collecte des ordures
ménagères. La plupart des taudis ne sont pas desservis par des routes et, quand ils le
sont, celles-ci sont dépourvues de revêtement et sont endommagées chaque année à
la saison des pluies.
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40. Compte tenu de ces problèmes de fond, l’intention de l’Organisation est
d’aider les pouvoirs publics à bâtir un pays plus décentralisé et déconcentré, où
logements, infrastructures et services puissent résister aux catastrophes naturelles et
où les vies des habitants ne soient pas en danger. Les principales activités de
relèvement et de reconstruction menées jusqu’ici sont décrites ci-après.
Évaluation des besoins après la catastrophe
41. L’évaluation des besoins après la catastrophe que le Gouvernement a conduite
avec l’appui de l’ONU et de la Banque mondiale a déterminé l’ampleur des dégâts,
pertes et besoins de relèvement et de reconstruction résultant directement et
indirectement du séisme. Elle a également mis au jour les besoins de relèvement et
de reconstruction à long terme dans divers secteurs, notamment les besoins de
relèvement économique au sens large des populations directement et indirectement
touchées ainsi que la nécessité de tenir systématiquement compte de la réduction des
risques de catastrophe dans les secteurs les plus vulnérables tels que l’éducation, la
santé, l’habitat et l’environnement.
Travail contre rémunération
42. Un programme travail contre rémunération a été mis en place huit jours après
le séisme pour créer des emplois à court terme et injecter de l’argent dans
l’économie locale des zones sinistrées. Ce programme visait également à renforcer
la stabilité sociale et économique et à améliorer la sécurité alimentaire à un moment
où la population était particulièrement vulnérable. Il a été exécuté en collaboration
avec les principales entités publiques partenaires – Direction nationale de l’eau
potable et de l’assainissement, Ministères de l’environnement et de l’agriculture – et
les autorités locales, ainsi qu’avec des organisations non gouvernementales
nationales et internationales.
43. Au 1
er
juillet 2010, plus de 116 000 personnes avaient été embauchées, dont
40 % de femmes. Travaillant par poste de six heures sur une période de 12 ou
24 jours, elles ont exécuté des travaux exigeant une main-d’œuvre abondante
– enlèvement et élimination des décombres et des ordures accumulés dans les rues,
nettoyage des réseaux d’égouts et des canaux servant à l’évacuation des eaux en
préparation de la saison des pluies. En collaboration avec le Programme alimentaire
mondial (PAM), 19 projets conjoints travail contre rémunération et nourriture
(rémunération du travail à 60 % en espèces et à 40 % en nourriture) ont été menés
dans des communes touchées directement ou indirectement par le séisme, employant
quelque 13 000 personnes par mois. Ces projets ont essentiellement porté sur la
remise en état d’infrastructures de petites dimensions et sur l’atténuation des risques
de catastrophe – remise en état ou construction d’établissements d’enseignement, de
dispensaires, de réseaux de distribution d’eau et d’assainissement, de marchés, de
réseaux d’irrigation, de systèmes d’aménagement des bassins versants et
d’installations pour les loisirs, par exemple. Il est également prévu de prêter appui
au relèvement du secteur privé et au développement des partenariats entre secteurs
privé et public.
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Planification en prévision des catastrophes et atténuation des risques
qui y sont associés
44. L’ONU poursuit ses activités d’appui aux pouvoirs publics en renforçant son
programme de gestion des risques de catastrophe. Ses efforts ont porté sur le
renforcement du dispositif national de gestion des risques et des catastrophes et de
la Direction de la protection civile. La Sous-Secrétaire générale à la réduction des
risques de catastrophe, M
me
Margareta Wahlström, s’est rendue en Haïti en avril
pour y rencontrer des hauts fonctionnaires et examiner les possibilités de renforcer
les mesures visant à réduire les risques tant dans le contexte des activités
humanitaires en cours que des premiers travaux de relèvement. Elle a recommandé
de privilégier la préparation à la saison cyclonique, essentiellement en renforçant les
capacités locales et les systèmes d’alerte existants, et de mettre en place un
dispositif indépendant pour contrôler la prise en compte des risques dans les
activités de relèvement menées dans le cadre de l’appui fourni à la Commission
haïtienne intérimaire pour le relèvement.
45. L’ONU, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement
ont entamé, avec l’appui du Bureau de l’Envoyé spécial pour Haïti, une analyse
rapide des risques multiples et des cartes connexes pour faciliter les activités
humanitaires et le relèvement à long terme. Des recommandations ont également été
formulées à l’issue de cette analyse concernant le renforcement des institutions
nationales dans le domaine de l’évaluation des risques de catastrophe. Les
informations recueillies ont été transmises aux centres nationaux de gestion de
données et au Système d’information géographique.
46. En prévision de la saison cyclonique, l’ONU a mis en place quatre pôles
logistiques dans le pays, le PAM se chargeant du prépositionnement de 2 millions de
rations d’urgence et le Groupe responsable des abris du stockage de matériel pour
les abris d’urgence et d’autres produits non alimentaires. L’ONU a également
conduit une évaluation des risques et mené des activités d’atténuation des risques
dans plus de 130 camps vulnérables, mettant leurs occupants au courant des
techniques de base de préparation aux catastrophes. Elle a aussi alloué 13 millions
de dollars de fonds aux opérations de secours d’urgence en cas de crise humanitaire.
Aménagement du territoire et gestion des ressources naturelles
47. Dans le cadre du programme du Gouvernement relatif à l’information
territoriale aux fins du développement durable et conformément à la priorité urgente
mise en évidence par l’évaluation des besoins après la catastrophe, l’ONU a
contribué à la mise en place d’un observatoire national de l’environnement et de la
vulnérabilité chargé de réunir des données et les analyser pour contribuer à renforcer
l’efficacité des interventions. Elle a par ailleurs joué un rôle clef dans la
mobilisation de ressources financières allouées à des programmes
environnementaux pour améliorer la gestion des grands bassins versants et des
principales zones protégées dans le cadre d’une stratégie visant à accroître la
capacité de résistance du pays.
Gestion des décombres
48. Dans le cadre de son programme de gestion des décombres, l’ONU a mis ses
connaissances spécialisées au service des stratégies des pouvoirs publics et des
organismes humanitaires en matière d’enlèvement des décombres et de recyclage.
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Pour promouvoir un recyclage durable et aller au-delà de la simple démolition et du
rejet des déchets, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
a lancé, en partenariat avec le bureau du maire de Léogâne et des organismes
humanitaires, un site de recyclage expérimental pour les décombres et exposé les
pratiques optimales dont pourraient s’inspirer d’autres programmes de relèvement
de quartier dans le pays.
Transfert des connaissances par l’intermédiaire des expatriés
49. Avec l’exode des cerveaux qu’a connu le pays depuis le séisme, le
Gouvernement haïtien a estimé, lors de l’évaluation des besoins après la
catastrophe, qu’il fallait faire appel à la diaspora haïtienne pour l’inviter à participer
au relèvement du pays. S’appuyant sur les connaissances et l’expérience acquises
dans le cadre du Programme des Volontaires des Nations Unies pour le transfert des
connaissances par l’intermédiaire des expatriés, le PNUD a proposé de mettre en
place un programme de trois ans pour permettre aux expatriés de revenir chez eux
pour une période allant de deux semaines à trois mois afin de mettre leurs
compétences au service du développement de leur pays. Un premier atelier de
concertation, présidé par le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE) le
11 juin à Port-au-Prince, a rassemblé des représentants de la diaspora et des
autorités locales, du secteur privé, de la société civile et de la communauté
internationale pour déterminer comment le programme pourrait contribuer au mieux
à la reconstruction d’Haïti.
État de droit, justice et sécurité
50. Dès après la destruction du Ministère de la justice et de la sécurité publique,
l’ONU a recensé les besoins immédiats et fourni du matériel de base aux secteurs
judiciaire, pénitentiaire et de la police. Quatre bâtiments préfabriqués ont été
construits pour servir de bureaux provisoires aux hauts fonctionnaires du Ministère
et deux tentes de 250 mètres carrés équipées de 55 postes de travail ont été mises à
la disposition du Ministère et de la police nationale haïtienne. Le Ministère a
également reçu une aide pour moderniser la prison de Saint-Marc et mettre en place
des liaisons Internet. Le PNUD fournit par ailleurs un appui au Cabinet ministériel,
à la disposition duquel il a mis des bureaux entièrement équipés.
51. L’ONU a fourni un appui à la police et aux autorités judiciaires en organisant
des stages de formation et en renforçant les capacités, notamment en contribuant à la
formation de 15 procureurs à l’École de magistrature d’Haïti, en organisant la
formation de magistrats en France à l’automne 2010, ainsi que celle de chefs de
services des ministères et celle de policiers et de magistrats en protection des lieux
du crime. Pour répondre aux besoins particuliers des déplacés, l’ONU fournit un
appui, à titre expérimental, à un tribunal itinérant pour connaître des affaires pénales
courantes. Elle participe en outre à la construction de la base maritime et du
bâtiment qui abrite l’Inspection générale de la police nationale aux Cayes. Elle a
également aidé le Gouvernement à développer la base de données nationale relative
aux détenus, qui constitue le principal outil dont la police nationale et la Police des
Nations Unies disposent pour retrouver les détenus qui se sont enfuis à la suite du
séisme.
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Football pour la paix
52. Le 19 juin, le programme du PNUD sur l’état de droit a lancé sa première
initiative de « football pour la paix ». Dans le cadre des manifestations tenues dans
certaines des agglomérations importantes à l’extérieur de Port-au-Prince, un tournoi
de football a opposé des équipes composées d’agents de police, d’étudiants, de
journalistes et d’adolescents; la retransmission des matchs et la projection de films
et de documentaires contre la violence ont ensuite été suivies de débats. L’initiative
« Football pour la paix » s’inscrit dans un partenariat du PNUD avec le Fonds de
développement des Nations Unies pour la femme, l’Organisation des Nations Unies
pour l’éducation, la science et la culture, l’Organisation internationale pour les
migrations (OIM) et le FNUAP et vise à sensibiliser la population haïtienne aux
actions menées pour prévenir la violence familiale et sexiste et la criminalité.
Gestion et coordination de l’aide
53. Dans l’esprit de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et du
Programme d’action d’Accra, en 2008, l’ONU a mis au point et fait fonctionner un
système personnalisé de gestion de l’information relative à l’aide pour le compte du
Ministère de la planification et de la coopération externe afin de renforcer les
capacités nationales en matière de planification et de contrôle de l’aide extérieure.
Compte tenu des innombrables annonces internationales d’aide faites après le
séisme, le PNUD a renforcé son action concernant la gestion de l’aide, à laquelle il a
associé de nouveaux partenaires, et il a conçu un nouveau projet pour aider le
Ministère, le Cabinet du Premier Ministre, d’autres administrations publiques et les
partenaires concernés, notamment dans le secteur privé, à faire face aux difficultés à
surmonter pour assurer une gestion efficace et transparente de l’aide extérieure.
Constatations et enseignements tirés de l’expérience
54. Pour être couronnée de succès, l’intervention humanitaire en Haïti doit
s’intégrer harmonieusement avec les activités de relèvement et de reconstruction et
être assortie de priorités et de points de repère clairs. La constitution de la
Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti marque une étape importante
à cet égard.
55. Il est important de mettre en place les mesures d’incitation voulues afin
d’encourager les populations à quitter les camps pour revenir dans leurs
communautés et leurs quartiers. S’il faut des services minimals tels que la
distribution d’eau pour ceux qui n’ont d’autre choix que de rester dans les camps, il
est indispensable de veiller à ne pas attirer des personnes dans les camps en y
concentrant des services qui pourraient exister ailleurs. Les services assurés par les
établissements d’enseignement et les dispensaires doivent notamment être fournis
dans les communautés et non dans les camps, de façon à ce que les personnes qui
rentrent chez elles puissent continuer de bénéficier d’une aide.
56. L’enlèvement des décombres constitue un grave problème. Le séisme a généré
plus de 20 millions de mètres cubes de décombres, qui gênent considérablement les
travaux de reconstruction. Toutefois, pour réellement accélérer le processus, il ne
faudrait pas seulement disposer de plus de camions mais aussi que le Gouvernement
y affecte plus de décharges contrôlées. On pourrait ainsi non seulement enlever les
gravats proprement dits mais aussi dynamiser les communautés en contribuant à
instaurer une meilleure qualité de vie.
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57. La participation revêt également une importance cruciale. L’Organisation doit
apprendre à mieux parler aux communautés, à mieux les écouter et à en faire des
partenaires actifs de l’intervention. La reconstruction ne saurait être efficace sans la
pleine participation et la collaboration des communautés locales. Le peuple d’Haïti
doit être l’architecte de son propre relèvement et de son avenir.
58. Il est essentiel de déconcentrer la population urbaine et les actions de
développement au-delà de l’agglomération urbaine de Port-au-Prince. L’ONU a déjà
déployé plus de 500 personnels civils à l’extérieur de la capitale, qui participent à
des initiatives humanitaires et de relèvement.
59. La réduction des risques de catastrophe doit intervenir tôt dans le processus
humanitaire et de relèvement. Pour que cela soit possible, il faut avoir des
informations de référence concernant la gravité et la répartition des risques, mettre
en place des normes et règles et disposer de capacités pour les faire respecter. Dans
un premier temps, il est essentiel de mettre en œuvre des mesures d’incitation et de
disposer de capacités pour réduire les risques dans l’ensemble des actions de
relèvement dans tous les secteurs et assurer un suivi permanent.
III. Aide humanitaire et appui aux secours d’urgence
et au relèvement en El Salvador à la suite des effets
dévastateurs de l’ouragan Ida
A. La catastrophe
60. Le 7 novembre 2009, les effets conjugués de l’ouragan Ida et d’un système de
basse pression provenant de la côte pacifique ont donné naissance à de fortes
précipitations en El Salvador (355 mm en l’espace de quelques heures) qui ont
provoqué des inondations et des glissements de terrain graves dans 7 des
14 départements géographiques du pays (25 % du territoire national) et fait
199 victimes. Au total, plus de 120 000 personnes ont été touchées et environ
15 000 se sont réfugiées dans des abris d’urgence au cours des premières semaines
qui ont suivi la catastrophe.
61. D’après une évaluation des besoins réalisée après la catastrophe, compte tenu
du ralentissement des activités productives et sociales, les dommages et pertes se
chiffreraient à quelque 240 millions de dollars, soit 1,1 % du produit national brut
(PNB) du pays, dont 89,4 millions en pertes liées aux dommages infligés à
l’infrastructure. Les pertes agricoles se sont montées à 42,5 millions de dollars; les
réseaux d’irrigation ont subi des dégâts graves et des pertes ont été infligées aux
récoltes, notamment de café, canne à sucre et haricots rouges. Dans le secteur du
logement, les biens perdus et endommagés se sont chiffrés à quelque 18,4 millions
de dollars : 20 000 foyers ont été détruits ou gravement endommagés ou sont
fragilisés. D’après le Gouvernement, il faudrait 343 millions de dollars pour assurer
le relèvement des secteurs sinistrés.
B. L’intervention
62. Au total, les organismes des Nations Unies ont investi 16 millions de dollars
pour fournir une assistance à plus de 120 000 personnes à la suite de l’ouragan Ida
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et aider le Gouvernement d’El Salvador à coordonner l’intervention humanitaire
dans les domaines clefs suivants : aide alimentaire, éducation, logement temporaire,
agriculture, soins de santé, eau et assainissement, coordination et relèvement rapide.
63. À la suite de cette catastrophe, l’ONU a immédiatement mis en œuvre un plan
de secours et aidé le Gouvernement à évaluer les dégâts. L’équipe de pays
humanitaire, qui comprenait notamment des représentants de l’OIM et de la
Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a
été déployée. Une Équipe pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe
a été immédiatement déployée pour aider le Gouvernement et les organismes des
Nations Unies à évaluer les besoins, analyser les informations et commencer à
coordonner les secours. Les recommandations qu’elle a formulées ont servi à
renforcer les capacités nationales d’intervention en cas de catastrophe et de
planification préalable au-delà de la phase des secours immédiats. Dans le cadre du
système d’approche intersectorielle, l’équipe de pays humanitaire a mis des groupes
en service dans les domaines susmentionnés. Au niveau mondial, l’intervention des
groupes pour les abris, ainsi que pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène a
largement contribué à remédier aux lacunes existant dans ces deux secteurs au début
des secours.
64. Le 18 novembre 2009, les organismes humanitaires présents en El Salvador
ont lancé, avec l’appui du personnel déployé par le Bureau régional du Bureau de la
coordination des affaires humanitaires au Panama et en étroite collaboration avec le
Gouvernement, un appel accéléré demandant 14 millions de dollars pour venir
initialement en aide à 75 000 personnes sur une période de six mois. L’équipe de
pays humanitaire a également demandé et reçu 2,5 millions de dollars à titre de
subvention aux interventions rapides auprès du Fonds central d’intervention pour les
urgences humanitaires. Malheureusement, au total, seuls 46 % (6,7 millions de
dollars) des fonds demandés ont été réunis. Comme souvent dans les situations
d’urgence de ce type en Amérique latine, le Fonds central d’intervention pour les
urgences humanitaires a constitué la principale source de financement, totalisant
37 % de l’ensemble du montant des ressources mobilisées par l’appel accéléré et
environ 14 % de l’ensemble des fonds humanitaires internationaux acheminés en
El Salvador. Le Gouvernement a également alloué des fonds importants aux secours
immédiats.
Aide alimentaire
65. Le PAM a fourni une aide alimentaire à 11 000 personnes vivant dans des abris
et à 155 communautés réparties sur 35 communes dans 7 départements du pays. Plus
de 55 000 personnes ont pu participer à des programmes travail contre nourriture
portant essentiellement sur le relèvement et la reconstruction. Plus de 7 000 enfants
de moins de 5 ans, femmes enceintes, mères allaitantes et personnes âgées des
communautés sinistrées ont reçu une alimentation d’appoint.
Agriculture
66. Afin d’appuyer et de relancer les activités agricoles dans les zones sinistrées,
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a aidé 1 000
familles à aménager des coins potagers dans huit communes. Plus de 1 500 petits
producteurs ont reçu des semences et des engrais dans 13 communes et 674 ménages
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ont reçu des modules pour l’élevage de volatiles destinés à la production de viande
et d’œufs dans quatre communes.
Santé
67. Une aide a été fournie à 122 000 personnes pour réduire la morbidité et la
mortalité de la population sinistrée et pour améliorer l’accès aux services de soins.
Plus de 5 015 trousses familiales et 4 165 trousses d’hygiène féminine ont été
distribuées à des personnes vivant dans des abris.
Eau, assainissement et hygiène
68. Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a fourni 50 000
conteneurs en plastique et du désinfectant pour l’eau, et l’Organisation
panaméricaine de la santé a fait don de 100 latrines et douches pour 28 000
personnes et de matériel pour le nettoyage de 50 puits municipaux.
Éducation et protection
69. L’UNICEF a donné des fournitures scolaires et du matériel pédagogique à 22
établissements d’enseignement sinistrés. Plus de 2 000 jeunes ont par ailleurs pu
bénéficier de 51 journées de formation et 500 pochettes d’information psychosociale
ont été distribuées.
Abris
70. L’OIM a fourni une aide à 7 518 personnes réparties dans 74 abris à travers le
pays où elle a également effectué des activités de contrôle. L’UNICEF a distribué
2 000 trousses contenant des articles essentiels afin d’encourager les sinistrés à
quitter les abris pour revenir dans leur lieu d’habitation.
Logement temporaire
71. Le PNUD a joué un rôle essentiel pour encadrer, en concertation avec les
pouvoirs publics, les bailleurs de fonds et les organisations non gouvernementales,
des activités menées pour construire des logements temporaires. Il a financé la
construction de 763 logements temporaires dans 19 communes de 5 départements.
Des projets associatifs et des projets travail contre rémunération ont été mis en
œuvre aux fins de la construction de logements temporaires.
Système national de protection civile
72. Pour renforcer le système national de protection civile, l’ONU a aidé cinq
comités techniques (respectivement chargés des urgences, de l’infrastructure et des
services de base, des soins de santé, de la logistique et des abris) à préparer et
mettre à jour des plans d’intervention d’urgence. Pour aider les institutions locales,
l’Organisation a également facilité la constitution de commissions municipales de
protection civile dans la plupart des régions sinistrées – Verapaz, Tepetitán et
Guadalupe – afin de renforcer les capacités d’intervention d’urgence et de
planification en prévision des catastrophes pour ce qui concerne les soins d’urgence,
les aspects juridiques de la protection civile, la gestion des urgences, la
communication interinstitutions et la gestion des abris temporaires.
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Réduction des ris ques de catastrophe
73. Le Secrétariat interinstitutions de la Stratégie internationale de prévention des
catastrophes naturelles fournit aide et conseils à la Direction de la protection civile
en El Salvador afin de mettre au point un plan national de réduction des risques de
catastrophe et de renforcer le programme national en la matière en étroite
concertation avec le Centre pour la coordination de la prévention des catastrophes
naturelles en Amérique centrale. L’équipe de pays des Nations Unies s’est
activement employée à intégrer la gestion des risques dans un programme national
de lutte contre la pauvreté urbaine et rurale. Dans deux communes, cette initiative a
permis de renforcer les capacités des institutions partenaires en matière de gestion
des risques, de prévention et d’intervention d’urgence. Elle sera reproduite dans
25 autres communes.