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Agrikilti ann Ayiti: istwa, karakteristik ak pèspektiv devlopman

Agrikilti ann Ayiti: istwa, karakteristik ak pèspektiv devlopman

Université d'État d'Haïti 2026 14 paj
Rezime — Li egzamine istwa ak pwoblèm estriktirèl agrikilti ayisyen. Moso tè ki piti, kredi limite, mekanizasyon fèb ak kapital imen limite bloke pwodiktivite ak devlopman.
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L'agriculture en Haïti : Histoire, caracteristiques et perspectives de developpement . Alexandrei?, M.L. Fontini, P. Duvivier1. 1Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAN e l'Univer- R. Alexandrel?, ML. Fontini, P. D 1, 1Faculté d'A t de Méd Vét (FAMV) de l'U sité d'Etat d'Haïti . Doctorant à l'Institut Universitaire des Sciences . té d'Etat d'Haïti (UEH)). ?Doct t à l'Institut U t des S (IUS) Auteur de correspondance : Alexandre R.. relex.alexandre@ueh.edu.ht. Résumé | L _- de . Cet article analyse l'évolution histo- L'acriculture haïti ilier bictors à ré L oo abus | examine les ressources disponibles ‘agriculture haïtienne, pilier historique de l'économie, traverse aujourd'hui une crise structu- + Lhobilisées. les systèmes de bro- relle profonde. Sa contribution au PIB est tombée à 14,8 % en 2024, bien qu'elle emploie en- - _ ; 5 .… P core plus de deux ménages sur cinq. Le secteur souffre d'une productivité chroniquement duction au en découlent ainsi que aible, rendant le pays dépendant des importations pour plus de 50 % de ses ins n- les résultats obtenus. afin de formu- faibl dant 1 dépendant des i i lus de 50 % d besoins alime 1 ltats obt fin de f taires. Historiquement, le système a évolué d'une monoculture coloniale vers une fragmenta- ler des recommandations straté- production nationale au profit de produits importés. Les blocages actuels sont multiples : un secteur. analphabétisme de 50% chez les chefs d'exploitation, un accès au crédit dérisoire (moins de } . 2%) et une stagnation technologique avec moins de 1% de mécanisation motorisée. De plus, Méthodologie D on DR pes la dégradation anale réauient le surface agricole L'article présenté est une étude de utile et sa productivité. Pour amorcer une transition réussie, il convien préconiser une us , . revalorisation du capital humain, une clarification du statut foncier et la mise en place d'une sy nthèse, la méthodologie repose assurance agricole. L'investissement dans la recherche et l'ingénierie locale sont jugés indis- Sur l'analyse de sources secondaires pensables pour transformer la main-d'œuvre en un véritable levier de croissance économique. et de données statistiques et le crol- sement de données de sources di- Abstract | : | CR LL verses. Elle adopte une approche Ne vs ML. RED 12 5 FAQ rente in Haiti: History, Characteristics, Lluridisciplinaire, combinant l'ana- e ÊTE pre SE | }: 49 - 58. | | lyse historique et la statistique éco- Aructuralerisis It contribution te GDP fall to 16.18 1a 2024 although it cell employs two midue. en particulier les statis- out of every five households. The sector suffers from chronically low productivity, leaving the tiques agricoles . pour comprendre country dependent on imports for more than 50% of its food requirements. Historically, the Comment l'histoire a façonné les system has evolved from colonial monoculture toward extreme land fragmentation, where the structures agricoles actuelles average farm size is a mere 0.93 hectares. This fragility Was further exacerbated by the econo- J'Haïti. mic liberalization of the 19805, which stifled national production in favor of imported goods. . . Current bottlenecks are multifaceted: a 50% illiteracy rate among farm managers, negligible Cadre d’analyse et périodisation access to credit (less than 2%), and technological stagnation with less than 1% motorized me- , chanization. Furthermore, increasing urbanization and environmental degradation are redu- La recherche repose Sur un décou- cing both the available agricultural land and its productivity. To initiate a successful transi- page chronologique permettant tion, it is necessary to advocate for the enhancement of human capital, a clarification of land d'identifier les ruptures et les conti- tenure status, and the implementation of agricultural insurance. Investment in local research nuités dans les modes de produc- and engineering 15 deemed indispensable to transform the workforce into a genuine lever for - ; . economic growth. tion. Ce découpage chronologique est structuré autour de cinq grandes périodes : Introduction tat de cette évolution dictée Par UN . L'ère précolombienne (jusqu'en L'artiste Kathia St. Hilaire a pré- environnement S0C10-economique et 1492) " Analyse de l'agriculture senté en 2023 dans le Massachu- poinane cengeant Cette seu extensive et des techniques setts. des textures fortement frois- din 9PT Ca produce ne ne ua ge Taïnos (systèmes d'irrigation et sées (du papier. des feuilles de bana- àù PIB AL en ne ate tir hs gestion de la fertilité). nier, du métal et des fragments de © 7 1 + #% $607 Une EMA . La période de transition minière ; mis tion à partir des données de 2025 de . . pneus) pour représenter Haïtiatra- à co et coloniale (1492-XVIIe siècle) : vers son histoire tourmentée (37) lTHST (22). Seulement 3,8% de cette Étude du passage d'une économie L'image du papier froissé est sou- production à été exportée en 2015 de subsistance à une économie PR - u (32). Les principales cultures d'Haïti , . . 2 vent associée à la topographie très oo : d'extraction puis d'élevage sous accidentée et variable du pays. té- rt nn Cas (us, ph domination espagnole moignant de la multitude de ses mi "12 : 38% de la SAU). les protéagi L’ ée d | de plant croclimats. Cette métaphore pré 7°"* (haricots, pois congo. pois in- Doit 16 GS. ‘ . : __.: connu et arachides : 28% de la SAU) tion (Saint-Domingue, 1665- sente donc deux dimensions caracté- . . 1789) : Analyse d dèle de mo- 159) : Analyse du modele de mo ristiques d'Haïti qui auront un im- ‘°! les vivres (banane, manioc, pa- ture d' tati ; pact important sur l'évolution et la tate iëname : 19% de la SAU) carac- noue, d'exportation (eucre Le : . térisées par une faible productivité café) basé sur l'esclax age et le distribution spatiale de son agricul- . . . _e svetème de l'exclusif. ture. En effet. l'agriculture et n'arrivant à couvrir que 45% de la ° . , haïtienne d'aujourd'hui est le résul. J°Mande alimentaire nationale (6). La restructuration post-indépen- J : dance (1804-1915) : Examen de la RED 12 (1) Juin 2026 45 cohabitation entre grandes pro- matériels agricoles et de la méca- lions à la même date. chiffre que priétés et petites exploitations et nisation : l'île n'attemdra à nouveau qu'en de la fragmentation foncière. - Capital financier : Analyse de 1960. Ils plantaient jusqu'en 1492 - Les mutations contemporaines l'offre et de la demande de crédit du maïs, du manioc, de l'igname et (1915-2026) : Analyse de l'impact agricole. de la patate dans un système exten- de 1 ‘occupation améric aine. de Synthèse et modélisation des si st complétaient leur régime de l'émigration et de la libéralisation perspectives produits de cueillette, de chasse et économique des années 1980 sur de pêche. Les outils utilisés étaient la production nationale. La phase finale a consisté à croiser taillés dans les bois. les pierres et : les potentialités agroécologiques les os et la finalité de l'agriculture Sources de données et collecte avec les contraintes historiques est la satisfaction des besoins ali- d'informations identifiées. L'objectif est de proposer mentaires de la famille. Les Taïnos En plus de la reconstitution histo- des axes de réforme institutionnelle étaient des pêcheurs et des agricul- rique pour comprendre l'évolution (foncier. financement. recherche) teurs assez évolués qui utilisaient de l'agriculture haïtienne ainsi que pour amorcer une transition agri- déjà des outils de pêche assez diver- les causes de cette dernière. l'étude cole réussie. sifiés et montralent une maitrise de s'appuie sur une triangulation de l'eau et de la gestion de la fertilité sources secondaires et de données L'agriculture haïtienne, l’exis- qu sol. Il y avait déjà des systèmes statistiques : tant et son évolution d'rigation et de drainage et 1ls ap- - Sources documentaires et biblio. Cette section synthétise les constats portaient des matières organiques graphiques : Exploitation de tra- majeurs sur l'évolution de l'agricul- et minérales umus et cendres) à vaux d'historiens, de géographes ture haïtienne et l'existant c'est-à. leurs parcelles cultivées (16). À et d'agronomes (1. 33. 16) pour dire. les facteurs de production et Cause de leur proximité a la mer, reconstituer les systèmes agraires les performances du secteur agricole €ntre autres, l'agriculture Taino M anciens. aujourd'hui. limitait aux plaines côtières. ce qui , . | Le . . entrainait une pression de plus en - Données statistiques nationales : Haïti, une histoire agraire mou- plus importante sur les espaces cul- Utilisation de données statis- vementée tivés, qui se traduit par une diminu- tiques sur 1 agriculture dont celles L'histoire connue d'Haïti commence tion de la fertilité et de la producti- n nensenent ct de avec la période précolombienne qui vité de la terre autour de 1492 (17). diagnostic Fe orens Le produe. Che Te F ne es Hispaniola, de 1492 au milieu tion (foncier. outils. main- rnerionss site € prus ancien CELA y XVII siècle, une économie d'œuvre). antillais daterait de cette annee. pl d'exploitation minière avec une ; ; | | s'agit de l'habitation Vignier, dans {in d'œuvre taïno puis afri- - Données économiques récentes : la section communale de Boucassin. caine Analyse des divers rapports de commune de l'Arcahaie (36). , sources différentes dont ceux de Ayiti, jusqu’en 1492, une agricul- En décembre 1492, les rapports des lTHSI et de la Banque Mondiale bre | Stière et exter ive occupants de l'île avec les moyens de (22. 6) pour évaluer la contribu- production allaient changer radica- tion de l'agriculture au PIB à la La période précolombienne est divi- lement. Quand Christophe Colomb balance commerciale, à l'emploi, sée en quatre âges, suivant le sys- et ses alliés envahirent l'ile. ils allé- etc. tème d'Irving Rouse. de l'Université rent rapidement imposer leur ma- | . de Yale (USA) : les âges lithique. nière de faire et leur rythme aux en TE ses Facteurs archaïque. céramique et historique. locaux. qu'ils _appelleront Indiens. Au cours de cette période ont évolué. L'ile d'Ayiti encore appelée Pour lier l'histoire aux résultats ac- à la fois. les outils (en silex, en Quisqueya sera rebaptisée Hispa- tuels. la méthodologie se base sur pierre polie, en coquillage et en po- niola : et d'une économie agricole et un diagnostic technique et socio- terie) et les formes d'exploitation du de pêche. l'ile se convertira en une économique des ressources : milieu (d'une économie de cueillette économie d'extraction minière. d'or - Capital foncier : Analyse des à la culture de certaines espèces (20). modes de faire-valoir et de la répétaiee) (90). Les Espagnols mirent sur pied l'En- taille moyenne des exploitations : Les Taïnos seraient arrivés dans comienda. un système dont l'objectif - Capital humain : Évaluation du l'ile trois mille ans avant l'arrivée déclaré était l'évangélisation des type de main-d'œuvre, du niveau des Européens. À l'arrivée de ces Taïnos trouvés sur l'ile, mais qui d'instruction et de la structure de derniers. en 1492. l'ile d'Haïti était consistait en réalité à regrouper des la main-d'œuvre familiale : peuplée d'un million et demi à trois centaines d'Indiens contraints de . . E millions de Taïnos (17. 35). Ook et travailler pour le compte de l'Enco- - Capital physique : Etude et ana- .., : ‘ . lyse de l'utilisation des outils et Borah cités par Houdaille (20). esu- mendero dans les mines et dans les ° maient cette population à huit mil- champs. L'Encomendero est un es- RED 12(1) Juin 2026 46 pagnol à qui la couronne espagnole La première plantation de canne à senteront plus que 6% de la popula- confie une terre dans la colonie pour sucre à Hispaniola date de 1517. tion totale de 464 000 habitants l'exploiter. mais. dont il n'est pas le exploitée par des esclaves noirs. (20). propriétaire. Il peut en jouir moyen- Mais l'île deviendra rapidement Se- Évolution des systèmes de culture à nant la conversion des Indiens pla- condaire à la faveur de la décou- . . ; À ns . Saint-Domingue cés sous son ordre. À côté de leur verte du grand continent sud- | | culture. les Espagnols vont importer américain. Elle servira beaucoup Le tabac était la premiére produc- des animaux d'élevage, notamment plus. au XVI: siècle, comme un point tion agricole de Saint-Domingue. Sa des ovins dont l'élevage va contri- de ravitaillement en eau et en culture requérailt de faibles mvestis- buer à diminuer l'importance des viande séchée pour les navires arri- Sements en capital et ne nécessitalt systèmes de polyculture développés vant de l'Amérique du Sud (4). que de petites parcelles (4). Jus- par les Indiens (4). Quand en 1603. les autorités espa- qu'en 1680, le tabac était la produc- . LL a , tion essentielle des anciens bouca- Les Taïnos périrent ou se réfugiè- gnoles ordonnèrent le regroupement : : : k . de la population a l'est. pour mieux MNMIETS. devenus sédentaires et consti- rent dans d'autres îles ou dans les k . tuant 1 . de Fr : mornes alors que les Espagnols contrôler la population espagnole et Ml . Pi ette ee € culture k x M i , , sur l'ile. À cette date. cette culture après eux, abandonnèrent progressi- I°UX lutter contre la contrebande, , | ms «32 . elles laissèrent une porte ouverte Connaitra une chute, à cause de la vement l'ile vidée de sa richesse . . , . : national ll + aller à la recherche de nou qui sera progressivement exploitée Lena vero Pre et e . pour a : . : : er sera remplacée par l'indigo et la velles opportunités à Cuba ou se PA les Français. Les fhbustiers et UP , “ . : rassembleront vers l'est. à Santo les boucaniers d'abord arriveront à Canne a sucre, eaucoup plus €exI- Domineo. vour réorganiser l'écono. lie de la Tortue en 1630 (nord- geants (16). En effet, l'exigence en . 80. P °or8 :. : ouest d'Haïti) puis sur la côte ouest investissement et la taille élevée mie autour de l'élevage de bétail Po . ; . . ie . . re de l'ile d Hispaniola vers 1640 (4). necessalre pour ces exploitations essentiellement importé d'Europe et . . d ltures de Tab de Mani t Saint-D . loni exclurent les anciens agriculteurs de es cultures de Tabac. de Manioc e aint-Domingue, une colonie ee cultures et des familles de la de canne à sucre (38). agricole dont la production est . . . . noblesse française vont recevoir des D’ . . nur tournée vers les besoins de la mé- . : une vie de plaine. côtière, les A 1 concessions pour devenir les nou- Taïnos survivants, ceux qui n'ont ‘/9Pote veaux propriétaires à Saint- pas laissé l'île. vont développer de A la deuxième moitié du XVII: Domingue. Etant Abséistes. ces der- nouvelles pratiques dans les siècle, en 1665. les Français s'instal- niers confieront la gestion de leurs mornes. L'agriculture, toujours à léèrent officiellement dans la partie biens aux anciens colons et ils se base de manioc et de maïs, sera plus occidentale de l'ile qu'ils appelleront formeront. dès lors. deux classes de extensive et se fera sans système Saint-Domingue et qu'ils obtien- blancs. les grands blancs. proprié- d'irrigation et avec une gestion de la dront définitivement des Espagnols. taires de grands domaines. pour la fertilité moins soutenue. Cette po- par le traité de Ryswick. en 1697. plupart absents de la colonie et les pulation ne sera plus que de La colonie de Saint-Domingue allait petits blancs. qui seront des petits quelques milliers. quarante ans rapidement devenir une colonie planteurs. des aventuriers, des en- après (quatre mille en 1535 selon agricole dont la main-d'œuvre est gagés. des artisans. des négociants Price-Mars) (33). Ce groupuscule, d'abord constituée d'engagés. des et des gérants de grandes habita- qui s'organisera autour du Cacique Français qui vendent leur force de tions (4). Henri. n'aura d'autre choix que travail contre le voyage vers Saint- En 1735. seront introduits le café et l'agriculture. la chasse et la cueil- Domingue pour une durée de trente- . L . , . le coton. dans les mornes. Moins lette comme moyens d'existence. Ils six mois (4). Baggiomi-Lopez sou- . k . . . k , . us exigeants que la canne à sucre. 1ls finiront par disparaître. étant ligne que seule la moitié des enga- s . bsorbé les E , +] - . +3 . t seront cultivés sur des superficies «'absorbés » par les Européens etles gés arrivèrent à survivre aux termes ie grandes et nécessiteront Africains importés dès le début du de leur engagement (4). Les blancs : d in-d' , : XVI: siècle, à partir de 1503, parles montrèrent peu de motivation à 7, °°," "Cuve. ce qu? E ns 18 °P : j P seul . £ ouvre la voie à une autre catégorie uropéens (15). s'engager, Len resu te ra une SU Je propriétaires moins fortunés et à pris . . fisance de la main-d'œuvre servile .. “ue . - \ Une réalité à deux faces allait conti- blanch . lacé l'exploitation d'espace jusque-là 1im- nuer tout au long du XVIe siècle et ane on Sera Tenp'acee par Han propre aux cultures dominantes (4). . . , e a . main-d'œuvre noire, importée | Peut den su n De LL d'Afrique. La colonie va devenir à Dans les années 1790, l'ile comptait art. dans les villes côtières s'instal- . ._. in à . : 3 P pe dominance noire jusqu'à être consti- 793 plantations de canne à sucre. lent des colons espagnols puis fran- ; h - | » 9 : . . .._. tuée un siècle plus tard. d'environ 3 117 de café, 786 de coton. 3 160 çais. D'autre part. les Taïnos puis n . ns 7 d'indi 34 d 623 d - les Africains, en rébellion contre les 20% de noirs. La population en 1687 'Mcgo, PACA je ER is LU > . était constituée pour plus de moitié 1gnames et légumes. Elle était sur- systèmes d'exploitation mis en place | ze ] radis d | . PRES de blanc (4 500 blancs pour 8 000 nommée le paradis au nouveau dans les villes. se réfugièrent dans . . de (9). L A del ti : les mornes (33). habitants) alors que. un siècle plus monde (9). € nord de la partie occi- tard, en 1789, les blancs ne repré- dentale de l'île de Saint-Domingue RED 12 (1) Juin 2026 47 comptait. à lui seul. en 1789. 288 d'usufruitiers et 1ls devaient utiliser mis en place par la métropole pour sucreries. 2 009 caféteries. 443 indi- le « surplus » d'énergie qu'il leur s'assurer d'une part. une production goteries et 66 cotonneries (1). Saint- restait d'une journée de travail pour soutenue pour répondre à la de- Domingue sera une colonie de leurs maitres. ce qu'ils faisaient sou- mande et d'autre part. d'en être le grandes plantations autour des- vent la nuit. la journée étant totale- principal bénéficiaire. Saint- quelles seront greffées des petites ment consacrée aux champs du Domingue va devenir rapidement parcelles nègres assurant la survie maitre (4. 16. 40). florissant et fournira à la France. à des esclaves des champs. Dans les La n-d' dans l'asricul la deuxième moitié de XVIII® siècle. . . main-d'œuvre dans l'agriculture o .. plaines. les grandes plantations Se- saint-domin guoise 70 o des sucres qu'il recevra des co- ront essentiellement emblavées de lonies (16). À partir de 1736. les ca- canne à sucre alors que le café sera L'agriculture de Saint-Domingue fés des îles reçurent la permission dominant dans les mornes. Dans les S'organisait en étages en fonction de de rentrer en France : en 1750 déjà. parcelles d'esclaves. elles. se retrou- l'altitude sur une superficie totale on parlait de l'âge du café à Saint- veront surtout des cultures vivrières occupée de 16 500 km? en 1789 (1). Domingue (1). et céréalières. Dans le même milieu, Les systèmes de culture pratiqués us | différentes se côtoyaient : d'une Main-d'œuvre ce qui se répercu _ , ., . . : “4 exploitations agricoles part, une agriculture de grandes taient sur la densité de la popula- plantations. en monoculture, et tion. composée majoritairement de Le premier janvier 1804. Saint- d'autre part. une agriculture de pe- nègres. et sur sa répartition. An- Domingue n'est plus et avec lui a tits lopins. en cultures associées. La glade rapporte qu'au XVIIIe siècle, disparu non seulement le système première était orientée vers le mar- 39% de la population vivait dans les d'exploitation mis en place. mais ché. surtout européen. la deuxième, plaines sur 12% de la superficie oc- aussi la prospérité de ce qui fut la vers l'autoconsommation et la sub- Cupée. alors que le front pionnier. perle des Antilles. Entre anciens et sistance d'une masse de travailleurs Couvrant 45.5% de la superficie, nouveaux libres (Le groupe des an- (16). Ces petites parcelles périphé- n'était occupé que par 17% de la po- ciens libres est composé de ce qui riques s'inscrivaient dans la logique pPulation (1). Entre ces deux. dans ont eu leur liberté avant la procla- même du système agraire développé les flancs des mornes se trouvait mation générale de la liberté le 29 dans la colonie puisqu'elles devaient une densité moyenne de population août 1793. Ils sont des mulâtres (fils servir à renouveler la force de tra- avec des plantations de café sur des de blancs et de négresses) et des vail nécessaire au fonctionnement terrains plutôt fertiles. La superficie noirs (qui ont acquis leur liberté ou des grandes plantations. dont la Sous canne à sucre allait croître à libérés pour services rendus). Les production et la productivité étaient partir de 1740 avec le développe- nouveaux libres (sont tous ceux qui au cœur du système dominant et ment des infrastructures d'irriga- étaient légalement esclaves jusqu'en des systèmes mis en place en géné- tion dans les zones sous le vent. plus août 1793) se livraient une lutte ral. En marge des systèmes de pro- sèches, et donc moins favorables à pour le contrôle de ce qui reste de duction développés par les colons. ladite culture. Il y aura en moyenne l'appareil de production laissé par des marrons (esclaves qui ont fui les 200 esclaves par plantation qui s'oc- les colons. plus précisément de la champs pour se réfugier dans les Cuperont non seulement de la pro- terre. La nouvelle administration. mornes). adoptèrent une forme duction de canne à sucre, mais aussi composée essentiellement d'anciens d'agriculture parallèle dans les de celle du sucre et d'autres pro- libres (noirs et mulâtres) accaparera mornes, surtout d'intérieur. Le rap- duits dérivés qui devront être expor- les principales plaines agricoles, port à la terre est le principal élé- tés vers la métropole (16). alors que les nouveaux seront relé- ment qui différencie les marrons des Un système conçu par et pour la mé- gués dans la morne ou sollicités à esclaves dans leurs propres sys- Hruvule travailler sur les nouveaux do- tèmes de production. sur les lopins . maines de la nouvelle classe possé- qu'ils sont autorisés à travailler La demande de sucre (16) et de café dante. Une partie de plus en plus pour eux-mêmes. En effet. dans le (D par les Pays europeens dont la importante des grands propriétaires premier cas. ils se considérèrent France est à l'origine du système terriens de la plaine ne s'intéresse- comme propriétaires tant qu'ils agricole développé dans les colonies. vont pas à l'agriculture dont la pro- n'étaient pas poursulvis. traqués. Le système de l'exclusif (chaque ductivité va decrescendo. Ils seront d'où ils se déplacèrent vers des en- Plantation était attachée à une mal- des absentéistes qui réclameront droits plus sûrs. moins accessibles On commerciale française qui lui des rentes foncières élevées à des aux colons. La main-d'œuvre était fournissait les moyens de production exploitants qui n'auront les moyens totalement consacrée à la produe- *t Qui recevait en retour en exclusi- d'exploiter que de petites parcelles. tion agricole sur leurs parcelles et à vité, sa production) et le code no Il s'ensuivra que de petites exploita- la protection de leur campement. d° 1789 (qui régissait la vie de l'es- tions familiales (en faire valoir indi- Dans le deuxième. ils n'avaient clave noir) étaient. parmi d'autres, rect) vont coexister avec des grandes qu'un droit ou une autorisation des outils institutionnels et légaux. ans la plaine. et des cultures vi- RED 12(1) Juin 2026 48 vrières avec la canne à sucre pen- 1930). un quart de la population L'agriculture d’aujourd’hui, dant tout le XIX® siècle tandis que haïtienne (environ 600 000 entre des moyens de production cette dernière perdait de plus en Haïtiens) vont émigrer vers ces qui stagnent et un contexte glo- plus de place par rapport aux pre- deux pays (1). bal instable mières (11, 16, 35). Une libéralisation économique qui L'agriculture en Haïti en 2025 re- La paysannerie qui constituera l'es- asphyxie l'agriculture présente encore près d'un sixième sentiel de la main-d'œuvre au lende- ; 7 . du PIB haïtien et les 2/5 de la main . mous ns À une période de forte taxation sur : . main de l'indépendance, n'arrivera . . / active y travaillent (22). Elle com- k à « , .— les importations. dans les années . - pas à se capitaliser à cause à la fois 1960. succède dans les années 1980 bine des moyens de production qui de la petite taille de ses exploita- !u nor y ie évoluent très peu depuis deux . Lu des politiques de libéralisation com- . tions et des coûts élevés de la rente . DER : siècles dans un environnement fonciè .., 1 d merciale en Haïti qui se traduit par se ch t oncière exigée par les grands pro- 5 Gésengagement de l'État des pourtant très changeant. priétaires absentéistes. La division A E : , . : . tre hériti marchés et des services agricoles et La production agricole nationale est Dee du fonc Dai DE ia " CS" une chute spectaculaire des tarifs le résultat à la fois de la dispomibili- sis qu foncier diminuant de plus en jouaniers (14). Haïti est devenue té des facteurs de production. du plus la taille des exploitations fami- . _ Ps l LL ne 3: . . l'un des pays les plus libéraux du rapport à ces derniers et des combi hales, les exploitants seront pro- : P . . ; L duits à monde et 1l en résulte une concur- naisons choisies à un moment donné gressivement conduits à se tourner rence accrue des produits agricoles et dans un espace donné. Elle est la vers l'exploitation de terre en faire . ; De pe ; . à ee . importés et une décapitalisation des résultante d'un rapport à l'espace et valoir indirect. Plus la taille des ex- . JE . . RE ; Joitati dimi 1 1 ul agriculteurs. La politique duvalié- au temps. d'une utilisation donnée p'01 auons mmue, pus ES CU ete (des années 1960) de protection des ressources. d'une affectation tures vivrières prennent de la place , : : ; k : ell + ol . de l'agriculture. s1 elle n'avait que raisonnée des moyens de produc- parce que, Si € de 507 Dee EX des impacts faibles sur l'augmenta- tion. geantes en main-d'œuvre. eLes ren {in de ]a production à cause d'une . . : . tabilisent mieux la terre (17). forte imposition des exportations Le foncier, la structure foncière . . . np 5 exp * et le mode de faire valoir Un vingtième siècle de grandes des prélèvements élevés sur les | mutations dans l’agriculture agriculteurs et une politique de Selon les données du recensement Le vingtième siècle en Haïti débuta chientélisme dans la distribution des de 2009. les exploitations agricoles . - nr . moyens de production (l'eau. notam- (EA) haïtiennes. un mulhon. dispo- avec de grandes instabilités poli- ; . . , , tiques. qui culminèrent jusqu'à l'oc ment). eut le mérite de maintenir sent de 1.8 parcelle de 0.52 hectare. ù Ve _ i ilité in-d' Tv soit une SAU moyenne de 0,93 hec- cupation américaine en 1915. Cette gens de la ne œuvre et tare chacune. Pour près de huit par- dernière durera 19 ans et aura un © la population agrico ee mainte- 1 «di ‘ 1 Loi impact considérable sur l'agricul. nant un rythme constant d'augmen- Celles sur dix. les exploitants sont en tur tation de la production jusqu'en Possession de leurs titres de proprié- Fe 1987 (17). té (achat. 52.8% et héritage. 26.5%). Une émigration massive de la main- La libéralisati , . ,, Les terres de l'Etat ne représentent d'œuvre A 1DETa ISA ton économique a créé que 2,1% de la superficie exploitée un déséquilibre avec une diminution 95 ul loité , ; e siècl rec l' : . . . (25) et elles sont exploitées sur Au début du XX® siècle, avec l'occu- continue du prix des principales o | . pation américaine notamment. de denrées alimentaires et la situation 2.93% des Ea. Ces chiffres sont ce- , : . : o . Dore pendant à relativiser vu que les en- nombreux paysans vont migrer vers des paysans s'est détériorée et elle a AVR | , ; . ee ._. ; . . quêtés n'avaient pas à présenter de la République Dominicaine et Cuba fini par créer une situation de plus titre de propriété et la question fon où les plantations sucrières sont en 7 à LOT 1 . …. : plein cor (2). Les trois pays étant Lu pis fatnane are er euare cire est trés sensible en milieu ru- Du tain par rapport aux autres cultures 1] haïtien. En effet, un tiers des sous occupation américaine, l'occu- de la plaine. Frégum et Devienne arcelles agricoles ne sont bas enre pant avait clairement décidé de ont montré que le prix de la plupart P: tré 5 1 \IARNDR 97 faire d'Haïti un réservoir de main- - i iminué de. PTS $e0n € 9: aire des denrées agricoles a diminué de 12 “1e s e . nn y: . . . . Même s'il y a très peu d'information d'œuvre bon marché pour les puis, tandis que celui de la banane sur la part des domaines privés de andes exploitations qu'il avait dé- : £ T 2 . Ju Veloppées one ces eus autres P ane ss nee q D. Le l'Etat dans la superficie nationale or ue i . prix aune ocalorle ae r1z était (Même la Direction du domaine. bu- pays. Les investissements sucriers alors de 0.20 USD contre 0.70 USD reau rattaché à la Direction Géné de l'occupant à Cuba étant cent fois . : E _ : | :] Pê réalisé pour la kilocalorie de banane plan rales des Impôts (DGlT). responsable plus eleves que ceux réalisés En tain. La production nationale de r1z : : a . H - : 2 à . . . de la gestion des terres du domaine Haïti (3). tandis qu'il avait créé des n'a pas encore repris aujourd'hui privé de l'État n'est pas en mesure conditions répulsives en milieu ru- iv 7 tr _ UE ; 7. . , Ne PU NE Son mveau de 1987, trente un ADS de fournir une estimation de leur ral haïtien par l'expropriation des après cette vague de libéralisation . - z os . ; . . valeur (34). 1l serait le plus grand terres, la corvée, la centralisation de qui a touché cette culture. la princi- étaire fonci A serait . . ; ; . ropriétaire foncier et posséderai la perception fiscale, .… (24). Le ré- pale denrée de consommation au Dee toree agricoles dune équiva- sultat est qu'en dix ans (de 1920 à niveau national. # | 4 RED 12 (1) Juin 2026 43 lence de 11% du territoire national féminin en compte pour seulement La main-d'œuvre disponible dans selon Jean André Victor cité par 15.2% (25). l'agriculture est importante (un tra- Etheart (13). soit le tiers de la su- Ces exploitations sont gérées par vailleur permanent pour 0.22 hec- perficie exploitée. Les transactions des hommes et des femmes dont le 147€) et représente près de la moitié privées (achat et vente) autour des fil imori l'ori on donnée de la population active. Elle tra- . > + pro imprime lorientation donnée . ne terres du domaine privé de l'Etat +1 ssultat . découlent. E vaille de manière permanente sur (Les terres de l'État sont dites du OS US QU Et une exploitation agricole et/ou . . 7 effet. plus d'un chef d'exploitation p'oIt , 88 A domaine public et ne sont l'objet sur deux ne sait ni lire ni écrire, au °° ouvrier agricole de manière d'aucune transaction ou du domaine niveau national (Figure 1) ° Ce occasionnelle. La force de travail est privé. dans ce cas elles peuvent être chiffre monte à 60% parmi les majoritairement masculine (56% de cédées en fermage ou être vendues femmes qui, elles représentent le la main-d'œuvre permanente et 75% selon la Constitution de la répu- quart des chefs d'exploitation Avec de la main-d'œuvre occasionnelle) et blique d'Haïti) sont assez courantes. ce faible niveau de formation de la Peu qualifiée. À la fois son niveau ce qui peut expliquer que des exploi- main-d'œuvre, il est impossible pour d'étude et sa formation agricole sont tants se considèrent comme proprié- Haïti d'aller vers ce que Berthelier très bas et ce profil constitue une taires de terres qu 1ls auraient ache- et Lipchitz (8) appellent la transi- limite au développement de l'agri- tées sans enregistrement et sans ,: . 2 culture et de l'économie. titre légal d été tion agricole. Ils ont montré que le Ire ega qe propriete. rythme de cette dite transition est Les outils et équipements Plus de quatre parcelles sur cinq fonction essentiellement de la dyna- Le niveau de mécanisation est très sont exploitées au niveau national mique d'accumulation de capital. de faible (sauf sur les grands péri- sans contrepartie (faire valoir di- la politique agricole et des investis- mètres irrigués) dans les exploita- rect. indirect/sans contrepartie, sans sements en capital humain. Sans . a . D. , . . . tions agricoles en Haïti (28) et l'ou- autorisation préalable). La part ex- des investissements qui permettent tilage utilisé per la plupert des ploitée sans contrepartie est cepen- de relever le niveau de formation du scriculieurs n'est composé que de dant d'autant plus faible que le mi- capital humain. condition sine qua . . . . .. .. houes. de machettes, de pioches. de leu est fertile et dans certaines non pour qu'il amorce sa transition. pelles La littérature ne fournit zones tres res Le pays. covers il cs inpossbie por ne parer aucune donnée chiffrée sur les outils est vrai, c'est-à-dire que plus de vers les autres secteurs de l'écono- Haiti Pillot (31). Latortue (23) et quatre parcelles sur cinq sont ex- mue. Yale (40) ont montré que non seule- poire te | pie À Non seulement les chefs d'exploita- ment les outils sont rudimentaires. ï té es Parce t <$ antie tion ont un faible niveau d'étude qu'ils n'ont pas évolué dans le EURE SXP . “e &, à SONTTEP " °° mais ils ne sont formés que sur le temps : cependant. ils sont adaptés represe nee 68 5% a 1 <$ nerf *$ tas en agriculture. Ils ne sont agri- à l'environnement et aux systèmes 3 Fo : «270 GE Eur SUPETNCIE teurs que par héritage et ont ap- de production en place. Seulement (29, 99). pris de leur parent le « métier » 5% des agriculteurs ont accès à une Types, formation et caractéris- d'agriculteur qu'ils apprendront à charrue (non motorisée), souvent tiques de la main-d'œuvre leurs enfants. Leur capacité à inno- empruntée ou louée. Ils sont 0.7% La main-d'œuvre dans l'agriculture V°!: à adopter et à adapter uneinno- dans l'ensemble du pays à utiliser en Haïti est assurée par une main vation à leur situation est donc des machines motorisées avec un d'œuvre permanente mais aussi oc- faible. différentiel marqué en faveur du casionnelle. La première est compo- sée de main-d'œuvre familiale 70 35 (57.71%). d'aides familiales (40.3%) et | 50-1 L 30 de salariés permanents (2%) pour FE « un total de plus de quatre millions | °° 25 (4 386 439) d'intervenants dont 40. AI 203 — 20 442% sont des femmes (25). La 30 73 15 main-d'œuvre occasionnelle est 229 ei 182 D constituée de travail rémunéré à la 20. : “45 - 10 tâche utilisé pour certaines opéra- 81 64 6 tions culturales qui requièrent . 08 0.5 05 02 beaucoup de travail. dans un temps © | : . ot | —.. 0 relativement court que la main- Aucun Lire/écrire Primaire Secondaire Professionnel Universitaire d'œuvre permanente est insuffi- sa Homme sm Femme —#— % EA avec une femme comme chef d'exploitation sante pour les réaliser. L'exploita- tion agricole utilise 60 hommes- Figure 1. Répartition (en *) des chefs d'exploitation par niveau d'étude et jours (HJ) en moyenne par hectare PAF $6Xe . : de travail occasionnel et le travail Donnés estimées à partir des résultats du RGA de 2009. RED 12(1) Juin 2026 50 nord et principalement de l'Artibo- ce qui correspondrait à 5% de la sur- est en faire valoir direct (contre nite où elles atteignent 2,1 % (15). face agricole. Lors du RGA de 2009, 81.9% pour l'ensemble des parcelles) Les i encres ils sont 23,2% à l'échelle nationale à et 11.2% de la surface 1irriguée s intrants, accessibilité et qua- , ou . ; . lité considérer l'accès limité aux in- (contre 6,2% pour l'ensemble des . me . . trants comme une entrave majeure parcelles) est exploitée sans autori- Les intrants utilisés pour les princi- 2 . . / . Le au développement de leurs exploita- sation préalable (25). Un flou existe pales cultures en Haïti sont. le plus .: 25) done sur le statut de plus d'un souvent, produits sur l'exploitation tions (29). "5 re, pue et/ou. dans une moindre mesure. L'eau d'irrigation (les infras- dixième de la superficie riguee. ce ”, pu me oo. qui une source importante de con- achetés sur le marché. Des agricul- tructures, la superficie irriguée flit 1 tentiel ét tures des plaines irriguées et des ef sa répartition) 5 Par) os Ppoennes pren - dants utilisateurs. montagnes savent, SulVant UN 4C- Seulement 99% de la superficie . . cord conclu entre eux. faire un agricole est irriguée (25), ce qui re- Le Financement de l’agriculture échange saisonnier de semences. un brésente 70% du potentiel irrigable Le manque de ressources finan- moyen pour eux de contourner leur (98) Cette superficie est irriguée Cières est identifié par les agricul- faiblesse en infrastructures de Lay de l'eau qui arrive du fleuve de teurs comme le principal obstacle au stockage (27). L'absence de struc- J'Artibonite et de rivières par gravi- développement de leurs exploita- ture de stockage n'explique pas à +6 des barrages construits sur ces tions (25). Ils ne sont pas les seuls à elle seule cette pratique. Il est sou- derniers, des sources et des puits. être sensibles à ce besoin et à le con- vent plus sécurisant de prêter sa Les Départements de l'Artibonite et sidérer comme majeur dans l'agri- semence à quelqu'un qui aura à ré- qu Sud sont les plus irrigués alors Culture haïtienne. Le MARNDR (26) colter au moment où on a besoin de que le Département de la Grande- a souligné le fait que les banques semence car. la dureté de la période Anse n'est que peu irrigué (Figure Commerciales privées qui fournis- de soudure peut amener l'exploitant 9) En effet, près de 50% de la super- sent les cinq huitièmes de l'offre de à consommer la semence qu'il s'était ficie irriguée au niveau national se crédit à l'économie haïtienne ne con- promis de réserver pour la pro- zetrouve dans le Département de sentent à verser que moins de 1% de chaine saison. Ceci est d'autant plus Jj'Atibonite et avec le Département leurs portefeuilles à l'agriculture, la vrai que l'exploitation est vulné- qe l'Ouest. il représente plus des sylviculture et la pêche, alors que ce rable. Quand l'exploitant ne stocke trois quarts (76,4%) de la superficie dernier secteur emploie 40% de la pas une partie de sa récolte pour la jouée. main-d'œuvre (26). Put d'a pes a “nence ea Les parcelles irriguées ont en Une demande faible able sur un long terme (les produits 0Yenne une superficie plus faible Les résultats du recensement de maraichers. les racines et tuber- ue la moyenne nationale (0.41 2009 montrent non seulement une cules, .) ou qu'iln'yena pas assez: Contre 0.52 hectare) (25). C'est un faiblesse du crédit accordé à l'agri- il se retrouve dans une situation Indicateur de la pression relative- culture mais aussi, une faiblesse de très peu confortable et son accès aux ment plus élevée exercée sur ces la demande. Cette dernière semble intrants. au moment du semis est dernières. D'autre part, les femmes, exprimer beaucoup plus l'accessibili- difficile, d'autant plus que leurs prix 25.3% des exploitants, exploitent té qu'une demande réelle. En effet. sont en général les plus élevés au ‘€ulement un cmaueme de cette les agriculteurs qui le désirent pro- moment du semis. superficie (25). L'exploitation de ces duisent une demande auprès des . . .. parcelles présente aussi moins de institutions de crédit, quand elles L'achat d'intrants (semences amélio- stabilité, 68,5% de cette superficie sont présentes dans le milieu et rées. engrais et pesticides) est limité dans l'agriculture haïtienne. L'en- quête de l'IHSI (21) sur les condi- % de la superficie du Poids {%) du Département dans la tions de vie montre que l'usage de Département irriguée superficie nationale irriguée pesticides touche seulement 92% 35 555 a Artibonite des parcelles et celui d'engrais (de | 230 toutes sortes). 23,9% : ces chiffres | 25 187 667 néente correspondent à des superficies cul- | 20 " Grande-Anse tivées respectives de 8,7% et 21,4% | 1 29 274 m Nippes respectivement de la surface agri- 10 26 283 3 37 : = Nord cole utile. L'accès aux moyens de k E Æu EL En [ 7 2 Nord-Est production reste problématique LLELESTE 3 5 28 _ Nord Ouest dans la mesure où le quart des ex- E ë f$2 Er 0 0 ÿ 34 ||42 Ouest ploitants n'ayant pas exploité leur E E 2 É: ? 12] Loz terre ont déclaré en 2001 que c'est 5 = sud dû à un manque de moyen en se- | | mences, fertilisants, outils et capital Figure 2. Distribution de la superficie irriguée entre les Départements RED 12(1) Juin 2026 51 quand ils estiment que l'offre est Les déterminants de l'offre la durée du cycle de production pour compatible à leurs intérêts. La de paul (29) s'est intéressé à identifier la culture financée. ll en résulte mande de crédit pour l'agriculture les déterminants de l'offre du crédit donc que. malgré la dispomibilité en au niveau national est très faible. à partir des données du recense- liquidité. la demande et l'offre ne se 5.2% des exploitants pour 5.1% de la ment. Le sexe de l'exploitant, son rencontrent pas. SAU (25). La rep srobon space ie âge. son niveau de scolarisation. sa Le MARNDR. Iui. na pas les la demande laisse comprendre UE. formation agricole, la destination de moyens de sa politique. Le budget <2 P lus des sara ctéristiques de l'ex- sa production. la présence d'éle- alloué à ce Ministère demeure platation, la Geponbihts est aussi vages. le nombre de personnes dans faible. En effet, après un maxima en 2 facteur exphicatif 1 mportant. En le ménage, les assistances tech- 2011-2012 de 4.67% du budget na- effet, l'Artbomite et l'Ouest ont des niques reçues. l'utilisation de la tional. il n'a cessé de décroître de- demandes de crédit très élevée PAT main-d'œuvre permanente. la taille puis pour atteindre 3.29% en 2020- rapport à La moyenne nationale, de la SAU, la quantité de terre culti- 2021 du budget total. alors que la 39,4 et 21,9%. resp ectivement (25). vée en faire valoir direct sont les contribution de l'agriculture au PIB Dans ES deux départements SONT Lariables qui influencent très signi- oscille autour 16% du PIB national. concentrées la plupart des infras- ficativement (au seuil de 1%) l'offre Pour l'exercice fiscal 2025-2026. le tructures Apres (rrigation EtMA- Qu crédit. budget de fonctionnement comptant chine agricole) et les institutions de | Lo pour 17,4% du budget dudit Minis- crédit y sont plus présentes. parce Un problème institutionnel tère. le bu dget d'investissement du que l'agriculture y est plus attrac- Il faut toutefois noter que le pro- MARNDR (11.5 milliards de tive (meilleure productivité de blème de financement de l'agricul- gourdes) ne représente plus que l'agriculture et risque plus faible). ture n'est pas uniquement et n'est 3.3, du bu dget national (18). Une offre faible pas d'abord un problème financier. . , , , . Quand l'environnement sy prête. Discussions et perspectives de Malgré la faiblesse de la demande. les institutions financières se mon- développement de l’agriculture l'offre se révèle être encore plus trent plus enclines à s'investir dans haïtienne faible et incapable de répondre, là le crédit agricole. Le projet SYFAAH L'agriculture haïtienne est à la fois ù elle 5 trouve, nes ne = (Système de Financement et d'Assu- diversifiée et peu productive. L'hété- Bon ce Le MSIE (25) fart état rance Agricole en Haïti) mis en rogénéité du terroir haïtien. les va- un ensemble de contraintes a place avec l'appui de la coopération riations de pentes et des substrats Poffre de crédit liée à la vulnérabili- canadienne par l'IICA et le formant les sols. la succession des té des exploitations agricoles et 4 MARNDR dont la FAMV a été un microclimats. …., la grande biodiver- Jour environnement. Dans certains partenaire est un bel exemple. Les sité naturelle et la persistance d'une milieux ruraux, l'offre ss tout conseillers techniques en gestion agriculture paysanne, de petites plement absente ou orIentée VETS formés et le modèle d'assurance pro- exploitations et de systèmes de pro- Dee RERNIEES non npER oies, cn posé ont facilité la relation entre duction extensifs en capital où se merce notamment. Le crédit, à acteurs financiers et acteurs de la combinent des associations assez l'échelle nationale, ne touche que Lbroduction agricole et sécurisé les complexes de cultures font de l'agri- 1,9% des exploitants et 2 N de la transactions. ce qui a permis à plu- culture haïtienne un système assez ou (25). Vu que l'agriculture sieurs acteurs financiers des sec- complexe, avec une productivité ns est une agricult ure PAY- teurs bancaires et de microfinance. faible. Le potentiel est cependant PRIE, de petites expluitations fami- de s'impliquer un peu plus et de bien supérieur à ce que produit au- bales, et avec peu de Moyens d'auto- rendre le crédit plus disponible et jourd'hui l'agriculture avec les nancement, es parait évident que plus accessible aux agriculteurs. moyens disponibles. Une meilleure les agriculteurs pusssent vor dans . combinaison de l'existant combiné à le problème de financement la prin- D'autre part. Paul (29) note la une amélioration qualitative et cipale contrainte au développement “ surliquidité chronique » dans le quantitative des facteurs de produc- de l'agriculture. système financier haïtien. Le défi ti devrai duire l'asricultur . ie, . consiste à améliorer à la fois la ca- !°7. evrait conduire l'agriculture S1 les institutions locales de finance- pacité des agriculteurs à contracter haïtienne à une meilleure producti- ment, les banques privées et les ins- du crédit (notamment en améliorant vité et à une augmentation signifi- titutions de microfinance (IMF) 1in- 1 lvabilité l'envi cative de la production agricole glo- . R : . eur solvabilité). l'environnement FonMeenE Res peu dans l'agricul- institutionnel et organisationnel. les bale. ture, le constat nest pas différent conditions de crédit. afin quils Zonage des potentialités agri- quand il s'agit de la coopération M soient adaptés aux besoins de l'agri- coles et implications ternationale. De l'aide financière culture. L'offre de crédit étant ina- ; - . - internationale (bi et multilatérale) daptée et ne tient compte ni des Les études conduites à _parür de accordée à Haïti entre 2010 et 2014. DRE , … données de sources combinées dont seulement 39% était destinée à types d opérations culturales à utili- le résultat du recensement général l'agriculture (39). ser. m1 du calendrier cultural. n1 de de l'agriculture (RGA) de 2009 (25) RED 12(1) Juin 2026 52 ont permis d'identifier quatorze mais dans une meilleure productivi- aussi des opportunités autres que types de milieux productifs au ni- té du travail. Cette différence de l'agriculture. D'une part la superfi- veau national. Le climat (niveau productivité est essentiellement ex- cie exploitée en altitude tend à dimi- d'humidité ou l'accès à l'irrigation). pliquée par la taille des exploita- nuer par suite du départ des agri- la pente et les potentialités de sols tions agricoles et la rente foncière. culteurs vers les villes et d'autre sont les variables de regroupement En effet. Cette dernière est très éle- part. la pression démographique sur et de classement qui ont le plus in- vée dans la plaine de l'Arcahaie. les plaines contribue à y accélérer fluencé le zonage réalisé. Ces mi- allant de 15 à 40% suivant le cas l'urbanisation au détriment de l'ex- lieux productifs sont déclinés en 32 alors qu'elle est quasi nulle dans la ploitation agricole (Alexandre. non systèmes de production différents Vallée del Sur. La plaine de l'Ar- publié). répartis dans les zones de mornes à cahaie. à l'image de tout le pays. est - . . . ; is Duo Depuis une vingtaine d'années. fortes potentialités. les zones planes caractérisée par des parcelles et des . ne \f tentialités. 1 | loitati d ; tailles d'où toutes les plaines d'Haïti surtout à fortes potentialités, les zones à exploitations de petites tailles d'où es qui sont limitrophes de la potentialités intermédiaires et les une faible superficie dispomible par ; . | . nr . . Un zone métropolitaine de Port-au- zones à faibles potentialités (sept actif agricole (0.5 à 0.7 ha contre 0.5 Pri Arcahai Cul-de-S 1 t 33% des exploitations à 5 ha dans la plaine de l'Arcahaie 7: (Arcahale, Cul-de-Sac et casses et XP | ; p | Léogane) voient diminuer à un agricoles) (13). et à la vallée du Yaque del Sur, res- . ti D et titivité pl rythme soutenu leur surface agri- Balthazar. Bellande. et Laraque (5) Ed L Le eh " IVITE Une cole pour faire place à des maisons eux recoupent, à partir des données ‘19€ CE ‘à Danane naltiénne. UNE Ghabitation répondant à une de- . pression moins élevée sur le foncier 2 ge du recensement de 2009. huit zones *. . . mande de plus en plus élevée d'une , . 5e (a la fois en termes de taille et de : . Ë agroécologiques caractérisées par . | + d ci population en rapide augmentation. des potentiels. des vocations agri- coût) entrainerait onc une aME10- Bien que ces plaines soient caracté- R . ration de la productivité et de la .., . ns . coles et des systèmes de production pire 0 . . risées par des potentialités agricoles op E ne compétitivité de l'agriculture ,, , : ; spécifiques. L'agriculture haïtienne haïti élevées. les pressions démogra- est donc caractérisée par une forte ‘aitlenne. phiques y font reculer la surface diversification des systèmes de pro- Cultures, élevages et occupa- cultivée. La valeur marchande d'une duction et de l'environnement dans tions de sol parcelle dans la plaine de l'Ar- lesquels ils sont mis en place. Selon . cahaie. à titre d'exemple. est actuel- 1 losie de Fréeuin Grech La plupart des agriculteurs sont 1 £ de 15 à 20 foi 1 l . typologie de ee " * SU éleveurs et l'élevage est une activité on € el IS le revenu ement un tiers es exp oltations secondaire. en termes de valeur, ne 2871C0le annuel quelle génére. sont installées dans des zones à 2 0 - « « . > ue . représentant que 6.4% du PIB agri- Parallèlement à cette urbamisation. fortes potentialités agricoles pour : | _- ; + a fici . cole (28). Il est cependant. une acti- la surface agricole diminue aussi une part de superncle encore MOIMS H4é stratégique. raisonnée pour as- dans les zones abandonnées (zone importante, la pression y étant plus F "2 . - . fort le fonc: I ile d surer la sécurité des systèmes de de pente) pour deux raisons princi- 9x ; Sur ie ue É s Un < 1e production agricole. À quelques ex- pales : une rareté de main-d'œuvre exploitations plus faible ( a Quelle ceptions près. les systèmes d'élevage occasionnée par le départ d'agricul- que soit la zone ou le système de . 1 ; . . ru , mis en place ne mobilisent pas le teur et le développement d'autres production considéré. 1l est caracté- . ._, us . . ou d binai de cul foncier. La surface cultivée sert donc activités économiques en milieu ru- tn Pa dé on = dant 1 ” à satisfaire directement les besoins ral (comme le taxi moto) et la dimi- ont ar F ET Fe A " 1e P Le alimentaires humains. Un tiers de nution de la fertilité des sols liée à imp & D Le po ie le! agl1COe 12 superficie nationale (34%) est ex- un environnement physique très est lai F, A CIVETSI cat 1on étant ploitée à des fins agricoles (en 2009) dégradé entraînant une diminution une stratégie souvent utilisée pour ; . … es 9» + . no e , et cette part est en nette régression de la productivité et une désincita- pallier les manques liés à la vulné- - - ne ., nu . Se abilité d … puisque. en 1987, elle était estimée tion à s'investir dans l'agriculture. CoDIRES Qu ben à 47% (15) et en 2012 à 28.5% (14) on , Cette diversification des t . +1 fici . r Le déséquilibre démographique en- Que k versification “. erroirs en et la pe _. prairie (pour . traïîné par cette migration interne a aïti devrait être exp oitée comme sente naturelle). représente-t-e e. engendré la création d'une réalité un atout permettant à la fois de di- 17.7% de la superficie nationale . pp: ,; pe . . . ou duale. D'un côté, des espaces dépeu- versifier la production mais aussi de (14). Cette diminution de la SAU est ; . l'intensifi foncti a A fort + liée à la diminution del plés et de l'autre, des espaces sur- intensifier en fonction des poten- fortement liée à la diminution de la Lublés. qui tous deux contribuent à tialités de chaque zone. Fréguin (16) productivité des sols et au mouve- … = > | : à étudié d b . t migratoire. L abl diminuer la surface cultivée et à JU sta à Re se Dent °s ment Durefe ore. ES terres 5006 *$ entraver la production agricole. In- taiti et de la épu ique ominI- sont toutefo1s estimées en À verser la dynamique de migration caine. dans la plaine de l'Arcahaie 29% de la superficie totale (26). . . - + la vallée du Y del S interne serait donc une solution EL'a varee qu raque de! SUT TESPEC- Les mouvements internes de popu- viable pour la relance de la produc- tivement. a montré que la différence : » . . . - . lation se font des zones d'altitude. tion agricole qui passerait par une entre les deux zones productives . . . . . est d'abord d 1 d t moins fertiles vers les zones de augmentation de la superficie culti- nest pas aapora dans !e TéndeMeNt Ljaine plus fertiles mais qui offrent vée ou au moins une moindre dimi- RED 12 (1) Juin 2026 53 Tableau 1. Distribution des ménages et de la superficie agricole par Département Ménage (*%) Superficie (°+) Taux d'urbanisation Poids du Dans Poids du Occupée par (% de la population vivant Département Département l'agriculture Département l'agriculture en milieu urbain) Ouest 36.9 25.3 18.4 28.0 80.4 Artibonite 15.8 42.2 18.1 32.3 40.8 Nord 9.8 50.3 7.8 513 48.2 Sud 7.1 59.5 9.8 29.5 21.7 Centre 6.8 79.6 12.9 45.1 19.4 Nord-Ouest 6.7 55.5 7.8 34.6 26.6 Sud-Est 5.8 64.0 7.5 34.8 145 Grande-Anse 43 68.9 7.1 35.2 22.1 Nord-Est 3.6 53.4 6.0 37.3 46.2 Nippes 31 56.8 47 308 17.0 Ensemble 100 0 44.4 100.0 35.2 49.5 Sources combinées : IHSI, 2012 & RGA 2009. nution de cette dernière. à la fois sur 75%. 47,4%, 41% et 38%. respec- dlitaine de Port-au-Prince vient de dans les plaines et en altitude. tivement des exploitations agricoles l'importation. la production natio- Structure et dynamique des fi- (Le nombre de caprins. de bovins et nale peine à atteindre les grands [ères aricules de porcins présents par exploitation centres de consommation et ceci, . | . possédante est 3,91 : 2.13 et 2,55, avant même la crise sécuritaire en- Les principales productions agrl- respectivement). Les principales trainant le blocage des routes. En coles haïtiennes sont toutes desti- zones d'élevage sont l'Artibonite, plus de la faible production et de la nées au marché local. Le maïs, prin- l'Ouest. le Centre et le Sud (38). faiblesse de la productivité. l'un des cipale culture du PES. CPE UE La filière charbon de bois est l'une défis qu'il importera d'aborder est quart de la superficie cultivée et est . . celui de la disponibilité de la pro- présente sur trois exploitations agri- des plus ,mportantes de l'agricul- duction sur les places de consomma- coles sur quatre. Avec les autres ture baïtienne, elle contribuerait a tions. céréales cultivées (sorgho et riz). hauteur de 47% du FTB en 2017 et . . , . elles occupent 38,1% de la superfi- serait la deuxième filière en termes Contribution de 1 agriculture au cie. Les principales zones de produc- d'importance économique (après la PIB et à l'emploi tion céréalières sont l'Artibonite. filière mangue). Le cha rbon de bois Près d'une famille haïtienne sur l'Ouest. le Nord-Ouest et le grand consomme dans la reglon métropoli- deux (44.4%) est directement impli- Sud. pour le maïs et le sorgho : tune de Port-au Prince (46% de la quée dans l'agriculture. Au-delà l'Artibonite pour le r1z. Les légumi- production nationale) est produite d'un chiffre. l'agriculture a une forte neuses (haricots. pois Congo. pois principalemen t dans trois régions présence dans tous les Départe- inconnu. pois de souche, .….) occu- du TE : l'extrême sud du pays ments et même on ne peut pas dire pent la deuxième place en termes de (@ 1%), le Plateau central (20%) et que les Départements les plus ur- superficie occupée, 28% et les hari- l'est du Département de L Ouest Lains soient faiblement agricoles. Le cots à eux seuls en comptent pour (18%). le reste étant sppoes par le Nord est le Département le plus les trois cinquièmes. Ces derniers reste du PAYS AVEC une Importation agricole en termes de part de la su- sont surtout cultivés dans les zones de la République Dominicaine, re- perficie cultivée alors qu'il est après humides ou irriguées et le pois Con- pReentant 2.3% de la consomma- l'Ouest le Département le plus urba- go dans les zones sèches. Ils sont tion (29). nisé (Tableau 1). On note toutefois deux sources de protéines végétales Malgré un potentiel de production que le nombre de ménages occupés qui se complètent dans l'espace. Les reconnu pour ces différentes filières. dans l'agriculture tend à augmenter « vivres alimentaires » (racines. tu- aucune de leur production n'arrive à avec une diminution du taux d'urba- bercules et bananes) sont la troi- couvrir les besoins alimentaires na- nisation. sans que cela soit forcé- sième filière et occupent 19% de la tionaux. Le problème ne réside pas ment vrai pour la part de la superfi- superficie cultivée au niveau natio- seulement dans la quantité produite cie emblavée en culture. nal (25). mais aussi <t surtout dan s l'organi- Malgré cette forte présence de la L'élevage est présent sur 80% des sation des filières. La filière du MAS Main d'œuvre active dans l'agricul- exploitations. Les espèces animales rlars exemple type. Malgré le fort ture. le PIB agricole haïtien reste les plus représentatives sont les es- potenti el et la forte production de faible. à l'image du PIB global. En pèces avicoles. caprine. bovine et cette filière, l'essentiel du MERS MOU- effet. le PIB Haïtien est très faible. porcine : ces animaux sont présents lu consommé dans la zone métropo- 3 194 US$ par habitant en parité de RED 12(1) Juin 2026 54 pouvoir d'achat (PPA) en 2024 25 15 (24 404 US$ en moyenne dans le | 20 10 monde la même année). selon les | 15. 5 données de la Banque Mondiale (7). | 10 0 Le secteur agricole occupe une place 5 | 5 importante, mails dégressive de ce 9 nn. do _— 10 dit produit. La contribution du sec- 8 8 à 8 ë 8 8 È ë 8 à a à à à à = à 8 à à = à à à teur primaire représente 17.2% du | LS TRS SDS DS SNS SDS Sn PIB haïtien en 2024 et celle de la BSBSSÉSSÉSSSSESSSSSessSSsSS TT NNNNNNNNNNNANAINNNNNUN NN NON branche Agriculture, Sylviculture se —*— Part de la branche Agriculture, sylviculture et pêche dans le PIB global pêche, 14,8% (Figure 3). La diminu- ‘ tion de la part de l'agriculture dans —8- Taux de croissance de la branche griculture, sylviculture et pêche le PTB suit la même tendance nesa- Figure 3. La branche Agriculture, Sylviculture et Pêche dans l'économie tive que celle du taux de croissance haïti :« : … aitienne de cette dernière, ce dernier dumi- Calculés à partir des données de l'TIHSI, 20%6. nuant plus rapidement que celui du PIB total. en chute depuis sept ans. Le secteur agricole a connu. entre | 350 2019 et 2024 une contraction de 300 > 18.5% alors que celle du PIB global ‘ 4 40 2 était de 12% sur la même période | 2° (22). 20,0 Il faut aussi noter le fait que, | 150 OO RESF ee comme nous l'avons déjà montré. les | 100 investissements dans l'agriculture, 0 que ce soit par le secteur privé. que ‘ ce soit par les ONG ou par l'État | 00 sont faibles et portent à conclure FRA SARSESSESSSESSS3328236 que l'agriculture n'est pas un sec- —+— Main d'oeuvre active occupee (% Pop. Tot.) —#—Main d'oeuvre agricole (% Pop.Tot.) teur prioritaire pour les acteurs éco- nomiques malgré le fait qu'elle soit Figure 4. Évolution de l'emploi et de l'emploi agricole la principale employeuse de la main Calculés à partir des données de la Banque mondiale, 2020. -d'œuvre active. La moitié des emplois en Haïti se sont devenus pluriactifs, à la re- lation agricole (ou de la main retrouve dans l'agriculture (Si la cherche de sources de revenus com- d'œuvre agricole) devrait entrainer méthodologie pour trouver cette Va- plémentaires à leur faible revenu une augmentation de la surface par leur n'est pas définie, il semble que agricole (8). Si le nombre d'actifs actif et une augmentation de la pro- seulement l'activité principale est dans l'agriculture suit la tendance ductivité du travail agricole. Mais prise en compte et la pluriactivité Qu nombre d'actifs totaux. les actifs cela devra passer par une revalori- n'y est pas considérée.) et cette ten- agricoles ne s'investissent plus uni- sation des outils et équipements dance n'a pas trop bougé entre les quement dans l'agriculture et ne disponibles dans l'agriculture. En années, depuis près de trente ans. doivent plus être considérés comme effet, l'augmentation de la producti- malgré une augmentation de 55% de un actif agricole (à part entière) vité du travail nécessitera un inves- la population totale durant la même mais un actif dont des proportions tissement plus conséquent dans le période. L'emploi agricole suit la sont alloués à différentes activités capital, qui comme nous l'avons déjà même tendance que l'emploi total, dont l'agriculture. Selon cette ap- dit, a peu évolué depuis trois siècles. qui après une valeur minimale en proche, la main-d'œuvre agricole Un investissement dans la re- 2007, reprend sa valeur de 1991. en s'en trouverait diminuer et serait cherche et la vulgarisation d'outils 2018. Cette tendance à la stabilité bien inférieure au sixième de la mieux adaptés techniquement. ac- de la part de l'agriculture dans la taille de la population, comme c'est ceptables socialement et pertinents main-d'œuvre active devra toutefois, Je cas actuellement. d'un point de vue économique est à termes. finir par changer et on Sir . Le nécessaire pour dynamiser l'appa- . DE : . 1 l'emploi réel dans l'agriculture . . . risque de la es chuter Si on tent tend à diminuer, cette tendance ne real de production par uns meilleure compte de 1 actuell ° évolution du devrait pas nuire au secteur. La su- valorisation du travail. marché de l'emploi en milieu rural nu ge - . . DE . et des tendances migratoires de ces perficie disponible par actif aujour- L'agriculture et les exportations dernières années (Figure 4). En ef- d'hui dans l'agriculture étant Si Hiti ect un pays importateur net. fet, de plus en plus d'agriculteurs faible qu'une diminution de la popu- Le taux de couverture (rapport des RED 12(1) Juin 2026 55 exportations sur les importations) si importés de cette dernière Répu- Conclusion n'est que de 31% en 2018 (22). L'em blique, tandis que des légumineuses Haïti est une mosaïque de microcli- bargo contre Haïti (1991 — 1994) a sont importées en quantité de plus ; : . t idérabl t lus : te des USA (28 mats et de zones agroécologiques. eu un ampact consiceranle Sur cel en plus importan e ges { ). Son agriculture est aussi le résultat indicateur. Jusque-là. 1l avoisinait Les importations de ces dernières, .. . PRE ‘ Fu , , . , . d'une continuelle redéfinition tout les 50% et depuis 1l n'a cessé de dé- avec les produits carnés qui sont les PE PR . : d incial d . au long de son histoire. Malgré cette croitre avant e montrer une ten- princip les sources de protéines et transformation significative, deux dance à une petite reprise depuis des céréales, montrent combien le 9 + Le . k u Lou caractéristiques semblent avoir tra- 2010. Parallèlement, les exporta- pays est dépendant de l'extérieur 2 .« ti tal isent 1 . ti t tri versé les siècles dans le pays. une ons totales ne représentent que le pour son alimentation et sa nutri- agriculture extensive et l’utilisation axième du PIB, avec de fortes varla- tion. Ne : : : . . d'outils rudimentaires. Les orienta- tions dans le temps allant du simple L ti icol ; i de l'agricultu 1994) au triple (2016) (Figure 5) es exportations agricoles tions et l'importance e l'agriculture ( . P . gur ” haïtiennes se concentrent surtout ont varié tout au long de l'histoire Les importations aujourd'hui comp- … L . TT - . , . vers la Caraïbe et les Etats-Unis d'Haïti en fonction des « maitres ». tent pour 54% du PIB et contribuent d'Améri Avec les Iles T t «1 ent Taï 1 lus de 50% des produits agro Amérique. Avec les Iles Turques e Qui s soient Taïnos, espagnols. pOur pus s proc 8 les Bahamas. la République Domini- français ou haïtiens. 1ls ont imprimé alimentaires consommés locale- : RE : caine et les USA sont les principaux leur marque respective sur cette ment. : - - , . . k k destinataires des fruits (mangue. évolution. Mais aucun d'eux n'a pu Très peu de filières aujourd'hui sont avocat, fruit de la passion, tamarin. se passer de l'agriculture et de la épargnées de l'assaut des produits ...). des tubercules (igname. patate. nécessité de l'organiser en vue d'op- importés dont l'importation est aus- taro, .…). du café, du cacao. .… ve- timiser la production. Les princi- si facilitée par une diminution im- nant d'Haïti (39). paux efforts d'intensification ont porante eu ss tarifaire a en L'intégration d'Haïti dans des blocs cu au cours de pass purs duits agrico es. Il est passe de économiques comme la CARICOM, es derniers ont voulu faire de leur a 2000 d'une valeur moyenne de . colonie une colonie agricole, capable , à , | . le CSME (CARICOM Single Market x k ‘ , 45% à 4,5% à la suite de plusieurs _ «à: ., de répondre à certains besoins de la ds 1 ec le FMI et 1 and Economy) en particulier devrait , 1 a accords conclus avec le FMI et la otribuer à protéger son marché et métropole, notamment en sucre. banque mondiale qui tous ont visé à . re 7 . dre l'é e haïti 1 à améliorer sa productivité par rap- Les moyens de production. autre “ renc re <conomue | aïtienne P us port aux demandeurs de ses pro- que la superficie et la main d'œuvre compétitive et à faciliter son inté- duits, que ce soit dans l'agriculture disponibles, ont peu évolué depuis gration dans l'économie mon- , , 2: n . | . ou dans d'autres secteurs. Une plus plus d’un demi-millénaire. Qu'il diale » (20) à travers des baisses PRE ne . un 7 A ives des droits de d grande spécialisation dans les pro- s’agît des outils utilisés ou même de succosaives des Groits de GouANS. ductions pour lesquelles Haïti pré- l'accès aux intrants et du finance- La production nationale de produits sente un avantage comparatif est ment de l'agriculture, l'évolution est carnés est loin de satisfaire les be- aussi souhaitée pour améliorer sa très lente et ne permet pas une mé- soins nationaux. S'ils sont comblés place sur le marché international et tamorphose du secteur. Il en résulte pour les viandes bovines et caprines contribuer ainsi à diminuer progres- une faible productivité chronique (Des produits caprins totalisant dix sivement le déficit commercial par mais une répartition spatiale très millions de dollars sont exportés une augmentation des exportations diversifiée des ressources produc- vers la République Dominicaine). sans négliger une amélioration de la tives disponibles. une part importante de la viande production et des filières de produits - DE ; . . . ue ue . La surface agricole utile n'a cessé de porcine, de la viande de volaille, des de substitution à l'importation. — . a . . . diminuer dans le temps jusqu'à re- œufs et des produits laitiers est 1m- portée pour environ cent cinquante | 60,00 millions de dollars US (12). /\ Œ EE L4 # 1 LA 50,00 La fière céréalière, malgré un po- 4 VA tentiel local élevé. est soutenue par | “00 FOX une part importante de produits | 20,00 D mm — d'importation. Les importations cou- Re" vrent 80% de la demande nationale | °° CREER Pr: r en riz et 8% de celle en maïs. alors | 10,00 ee ci que ce dernier est la principale cul- ture d'Haïti en termes de superficie | Aa a “a a 4 4 a , sr RFF EEEEEEREEEEEFEEEEEEEES TE occupée (28). Le r1z est importé es- A A A A A A 8 A © À À À À À À À À À À © À À À 6 À sentiellement des Etats-Unis —— Taux de Couverture Exportation des biens & service (%PIB) d'Amérique (USA) alors le maïs nous vient aussi de la République Figure 5. Échanges de biens et services entre Haïti et le monde Dominicaine. Des légumes sont aus- Calculés à partir des données de la Banque mondiale, 2020. RED 12(1) Juin 2026 56 présenter aujourdhui moins d'un cherche en ingénierie agricole haïtienne : Territoires migratoires hectare (0.93). La faible superficie pour produire localement des ou- et réseaux pp. 15-45. Presses uni- des exploitations agricoles constitue tils et équipements adaptés au versitaires de Rennes. 31 p. a la fois un frein à la productivité et contexte haïtien et capables de 3. Audebert, C. 2013. La diaspora en est aussi la résultante. En effet. soutenir la productivité de l'agri- ne . + . . . . . … haïîtienne : Territoires migratoires s1 les faibles superficies limitent les culture, : . ne Le h . Lo | et réseaux. Presses universitaires capacités d'investissement. elles -. Une clarification et une régulari- de Rennes. 192 p. sont aussi le reflet d'une agriculture sation du statut foncier des par- très intensive en main d'œuvre par celles exploitées devant entrainer 4. Baggioni-Lopez, N. 2015, 4 mars. le fait même de la limitation tech- une diminution de la rente fon- Saint-Domingue/Haïti : Histoire, nique de l'outillage utilisé. cière et par ricochet, du coût de géographie, enseignement. L in d' : nicole, just production. Un accent particulier Etudier.com. https:/! a main d'œuvre agricole, juste- ” D parer www.etudier.com/dissertations/ ment. est appelée à se métamorpho- sera mis sur les terres 1rriguées “+ pr: : . : « PR | ... s De Rs Haiti-Histoire-Geographie- ser, à se redéfinir et à se reposition- là où la pression foncière et les . - : . . “1 » Dr Enseignement-1/68844439.html ner en vue d'une meilleure contribu- terres utilisées sans autorisation tion à la productivité et à la produc- préalable sont plus importantes. 5. Balthazar. E. Bellande. A. & tion agricole. La formation des ac- - Un développement harmonieux Laraque. À. 2016. Inventaire des teurs. agriculteurs et en amont et en des infrastructures de transport innovations agricoles en Haïti. DI/ aval des filières agricoles. la re- capable de relier l'offre rurale et MARNDR. 82 p. cherche et l'investissement en capi- la demande urbaine pour les pro- 6. Banque mondiale. 2019. Agricul- tal sont nécessaires pour amener la duits agricoles en particulier et tural Financing in Haiti: Diagno- main d'œuvre à jouer son rôle dans pour les flux économiques ruraux- sis and Recommendations. Wash- la transformation dans l'agriculture. urbains en général. ington. DC: World Bank. 74 p. L'asriculteur sera au centre d'une . Un ciblage de l'investissement hot t Op s : 7! 7! dynamique de transformation qui dans l'agriculture qui tiendra documentsl.worldbank.org/ visera : compte du potentiel et du niveau curated/en/769961578034240941/ - Une réforme en profondeur du de développement actuel des in- pdf/Agricultural-Financing-in- marché des intrants qui passe par frastructures. Par exemple, un Haiti-Diagnosis-and- la mise à jour et l'application de investissement pour améliorer le Recommendations.pdf s portique sement pote système d'irrigation dans l'Artibo- 7 Banque mondiale. 2024. World a Ne ae . " re u nite et l'Ouest (où se concentre Development Indicators: GDP per marc e les pes 1cl es. a orma- 16.4% de la superficie irriguée) capita, PPP (current international tion sur l'utilisation efficiente des aura un effet multiphcateur supé- $). The World Bank Group. paies et arte me neur a un investissement disper- https://data.worldbank.org/ fantilisante au nivoat vationel 55 sé indicator/NY.GDP.PCAP.PP.CD? U BE à : | ° Si la place de l'agriculture tend à locations=HT - Une ohtique e financement : 2 : “+: . - - renforcent : PE du er te diminuer dans l'économie haïtienne, 8. Berthelier, P. & Lipchitz. A. el ban Le commerciale cooné. elle en demeure le reflet, un déter- 2005. Quel rôle joue le secteur rative fnancière institution Pi minant eJeUr dns évolution et agricole dans la croissance et le microfinance y dans l'offre de le levier qu'il faudra actionner pour développement ? 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