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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses :
Les conditions générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
11 janvier 2025
Sommaire
Pages
Résumé
2
I.
Introduction
3
II.
Méthodologie
3
III.
Mise en contexte
4
IV.
Informations générales sur les sites d’accueils recensés
5
V.
Informations sur les sites monitorés
6
1) Présentation générale des sites d’accueil monitorés
2) Données spécifiques sur les sites monitorés et sur leur population
7
8
a)
b)
c)
d)
VI.
Sur la date de création des sites monitorés
Sur l’existence de comités de gestion et la catégorisation des déplacés.es
Sur les zones de provenance des personnes déplacées
Sur la capacité d’accueil des sites de déplacés.es
Informations spécifiques sur les sites monitorés
10
1) Assainissement des sites d’accueil
11
a)
b)
c)
d)
e)
Fréquence du nettoyage des sites
Instances impliquées dans le nettoyage des sites
Fréquence de collecte et Gestion des détritus
Accès aux fosses d’aisance
Accès aux douches
11
11
12
13
14
2) Accès à l’eau
14
3) Santé dans les sites d’accueil
15
a) Pathologies fréquentes dans les sites d’accueil
VII.
8
9
9
10
16
4) Sécurité dans les sites d’accueil
17
a) Actes de violences dans les sites
17
5) Assistance humanitaire
18
Commentaires et Recommandations
20
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
1
Résumé du rapport
Du 6 au 27 décembre 2024, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a mené une enquête
dans 59 des 117 sites d’accueil de personnes déplacées, localisés dans les départements de l’Ouest et de
l’Artibonite. Les espaces monitorés représentent 50.5% des sites recensés. Les résultats de cette enquête
révèlent que :
•
Les sites d’accueil de personnes déplacées ne sont plus ce qu’ils étaient au lendemain du
séisme du 12 janvier 2010 car, 15 ans après, seuls 5% des espaces monitorés accueillent des victimes du
séisme. Les 95% restants hébergent des personnes ayant fui la violence des gangs armés qui se sont tous
regroupés autour de la fédération terroriste Viv Ansanm.
•
Les violences des gangs armés contre la population, enregistrées au cours des 2 dernières
années ont été les plus virulentes puisque 54% des sites monitorés ont été créés en 2024 et 27%, en 2023.
14 % ont été créés en 2021 et 2022, et les 5% restants, en 2010.
•
Les conséquences de cette situation d’insécurité sont énormes sur le fonctionnement des
écoles. En effet, 39% des espaces monitorés sont des établissements scolaires contre 34% qui sont constitués
de terrains vagues et de maisons abandonnées. Les 27% autres sites sont épars. Il s’agit d’églises, de locaux
de partis politiques, d’institutions étatiques, d’espaces de divertissement ; et au moins 1 orphelinat, 1 centre de
santé et 1 faculté. Aucun de ces espaces n’était préparé à la réception de déplacés.es.
•
L’Etat haïtien ne s’investit pas dans le nettoyage des sites d’accueil. Les efforts des
organisations privées et non gouvernementales, pour leur part, même s’ils sont louables, ne sont pas
suffisants. En effet, 21% des sites monitorés ne sont pas nettoyés. Seuls 5% d’entre eux sont curés par l’Etat
et 20 %, par des organisations privées ou non gouvernementales. Les 54% de sites restants sont nettoyés par
les comités de camps, les propriétaires des espaces ou par les déplacés.es eux-mêmes.
•
La collecte et la gestion des détritus étant irrégulières, les sites d’accueil sont insalubres. Et,
cette insalubrité favorise la multiplication des rongeurs et des insectes de toutes sortes. Par exemple,
pour les sites concernés par la collecte, c’est dans seulement 20% que les détritus sont ramassés
quotidiennement. Dans 19%, ils le sont hebdomadairement. Dans 3 %, ils sont ramassés tous les 15 jours et
dans 17%, ils le sont de manière sporadique.
•
29% des sites sont dépourvus de toilettes. Dans les 71% restants, elles sont souvent sales et
nauséabondes. Les espaces pour le bain sont quasi inexistants. Et, leur disposition présente un danger
pour les femmes et les filles qui ne peuvent les fréquenter la nuit. Par ailleurs, Dans 5 % des sites
monitorés, les hommes s’agglutinent non loin des douches pour harceler les femmes et les filles qui s’y rendent.
•
L’accès à l’eau potable et de service est mitigé. L’Etat, encore une fois, laisse cette responsabilité
aux organisations privées et non gouvernementales dont les efforts, sur ce plan aussi, restent
insuffisants, compte tenu de la densité de la population à desservir.
•
Sur le plan de la santé, l’Etat haïtien n’intervient que dans 44 % des sites monitorés. Dans 41 %,
ce sont les organisations privées et non gouvernementales qui fournissent des soins de santé à la population.
Et, dans 15%, la population est tout simplement livrée à elle-même.
•
La sécurité des personnes déplacées ne constitue pas une priorité pour les autorités étatiques.
Pourtant, 73% des espaces monitorés sont l’objet d’actes de violence. Bagarres, coups et blessures, vol,
injures, troubles à l’ordre public, violences sexuelles et violences physiques et sexistes à l’égard des femmes
et des filles sont autant d’infractions qui ont été signalées au RNDDH. Et, ce sont 10% et 7 % des sites qui ont
respectivement recensé des violences sexuelles et des violences physiques et sexistes à l’égard des femmes.
Fort de ce qui précède, le RNDDH recommande aux autorités étatiques de : Prendre en charge toutes les
personnes déplacées et mieux coordonner l’aide humanitaire offerte par les organisations privées et non
gouvernementales ; Inviter les organisations privées et non gouvernementales à contacter obligatoirement les
responsables de comités de camps en vue de s’enquérir des besoins réels de la population de déplacés.es ;
Traiter les personnes déplacées dans le respect de leur dignité humaine et de leurs droits fondamentaux à la
santé, à l’alimentation, à l’éducation et à un environnement sain ; Tout mettre en œuvre en vue d’assurer la
sécurité des personnes vivant dans les sites d’accueil de déplacés.es et inviter la police communautaire à
prendre le contrôle de ces espaces ; Investir dans la sécurité en procurant aux forces de l’ordre le matériel et les
équipements policiers et militaires dont elles ont besoin, pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays ; Mettre
fin au partage des fonds de l’intelligence et s’assurer que ce montant soit effectivement affecté au
renseignement ; Rétablir les conditions minimales de sécurité en vue de permettre à la population déplacée de
retourner chez elle.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
2
I.
Introduction
1.
Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7.3 sur l’échelle de Richter a frappé plusieurs
communes des départements de l’Ouest, du Sud-est et des Nippes, occasionnant le décès de
deux cent vingt-deux mille cinq cent dix-sept (222.517) personnes et la disparition de trois-cent-mille
(300,000) autres. Les pertes matérielles alors enregistrées ont aussi été énormes. Des centaines
de milliers de maisons se sont effondrées, ce qui a obligé la population à gagner les rues ou à se
réfugier sur des places publiques, dans des établissements scolaires, dans des églises ou sur des
terrains vagues.
2.
A la faveur du chaos qui régnait alors dans le pays, d’innombrables camps d’accueil ont
été créés soit spontanément, soit suite à une intervention étatique. Des sites de relocalisation ont
aussi été construits. Cependant, quinze (15) années après, aux victimes du 12 janvier 2010
s’ajoutent des déplacés.es de l’insécurité qui, dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite,
ont dû se réfugier dans des sites d’accueil.
3.
Aujourd’hui, à l’occasion de la quinzième année de commémoration du séisme du 12
janvier 2010, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) estime de son devoir
d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les conditions générales de vie dans les sites de
déplacés.es internes.
II.
Méthodologie
4.
Dans le cadre de ce travail réalisé du 6 au 27 décembre 2024, le RNDDH a déployé sept (7)
moniteurs et monitrices de terrain qui se sont entretenus avec des responsables de comités de
camps et avec quelques résidents.es de cinquante-neuf (59) sites. Ces entretiens ont été réalisés
sur la base d’une fiche d’enquête préalablement préparée et qui questionne sur :
•
•
•
•
•
L’assainissement
L’accès à l’eau
La santé dans les sites de déplacés.es
L’organisation de la sécurité
Les distributions humanitaires
5.
Cinq (5) focus-groupes ont été réalisés avec les responsables de sites dont trois (3) à Portau-Prince, un (1) sur l’île de la Gonâve dans le département de l’Ouest et un (1) autre, à Marose,
4ème section de Poteaux, aux Gonaïves, dans le département de l’Artibonite.
6.
Les cinquante-neuf (59) sites qui ont fait l’objet de cette enquête peuvent être classés comme
suit :
•
•
•
•
Un (1) orphelinat
Un (1) centre de santé
Une (1) faculté
Deux (2) locaux de partis politiques
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
3
•
•
•
•
•
III.
Trois (3) églises
Quatre (4) institutions étatiques
Quatre (4) espaces de sport et/ou de divertissement
Vingt (20) espaces divers
Vingt-trois (23) établissements scolaires
Mise en contexte
7.
Le séisme du 12 janvier 2010 a occasionné des pertes humaines et matérielles énormes.
Plusieurs agences internationales et Organisations Non Gouvernementales ont dû alors se
déployer dans le pays en vue de venir en aide à la population haïtienne. Rapidement, le
département de l’Ouest et certaines communes des départements du Sud-est et des Nippes ont
été convertis en de véritables républiques d’ONG.
8.
Si dans la phase de l’urgence, les interventions de certaines parmi ces agences
internationales et ONGs avaient aidé à éviter le pire, dans la phase du relèvement, des milliards
de dollars américains ont été dépensés pour très peu de résultats. Et, à leur départ, la situation
des Droits Humains de la population a empiré. Les capacités des Haïtiens.nes à se sortir de
l’assistanat se sont amenuisées. De plus, les promesses faites par les autorités étatiques de
reconstruire le département de l’Ouest et de mettre en œuvre des programmes de
développement n’ont pas été tenues, des sites de relocalisation non préparés à l’accueil de la
population ainsi que d’autres sites construits en semi-permanent, sont devenus de véritables
bidonvilles. A ce sujet, le plus grand exemple reste et demeure le site de relocalisation de Canaan
pour lequel de nombreuses alertes avaient été lancées à l’endroit des autorités étatiques d’alors.
9.
Sans électricité, sans accès à l’eau courante, sans transport en commun et avec très peu de
présence policière, ces espaces comme le site de relocalisation de Canaan ont rapidement été
transformés en des zones rouges où l’insécurité bat son plein. De plus, l’accès aux soins de santé
ou à l’éducation constitue, dans ces zones, une source de préoccupations.
10. Ainsi, des montants faramineux ont été engagés pour la reconstruction du pays.
Cependant, l’opportunité qu’avait offerte le séisme n’a pas été saisie. La population haïtienne
livrée à elle-même, s’est arrangée pour se relever autant que possible. Si certains ont pu
reconstruire leur maison ou payer un loyer et reprendre plus ou moins leur vie en mains,
d’autres sont restés dans les camps d’hébergement et sites de relocalisation qui avaient été créés
et vivent dans le déni leurs Droits fondamentaux.
11. Parallèlement, quelques années avant le séisme, soit en mai 2006, le pays a intégré le
programme PetroCaribe mis en œuvre par le Vénézuéla et selon lequel Haïti était habilitée à se
procurer, à un prix compétitif, les produits pétroliers, en payer une partie au moment de l’achat
et s’engager à payer le reste du montant dû sur une période de vingt-cinq (25) années. Entretemps, le montant de la vente de ces produits sur la scène nationale, pour la dette contractée,
devait constituer un fonds de développement et être utilisé à mettre le pays sur les rails de la
Justice sociale et de la réalisation des Droits sociaux et économiques.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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12. Cet argent a été dilapidé par plusieurs gouvernements qui se sont succédé à la tête du
pays. En 2018, lorsque la population s’en est rendu compte, des milliers de citoyens.nes ont
commencé à exiger des comptes sur l’utilisation des fonds PetroCaribe, fonds – on le comprend
bien - qui auraient pu, s’ils avaient été bien gérés, aider le pays à se relever du séisme du 12
janvier 2010.
13. Les autorités étatiques d’alors, au lieu de mettre en branle l’institution judiciaire en vue
d’enquêter sur l’utilisation de ces fonds et fournir réponse à la population haïtienne, ont préféré
financer des gangs armés en mettant à leur disposition de fortes sommes d’argent, des armes et
des munitions et en leur garantissant l’impunité. Ont alors commencé des épisodes de violence
jamais enregistrés auparavant, d’abord dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince – donc
les zones les plus vulnérabilisées par la corruption à grande échelle au sein de l’Etat -, pour
s’étendre aux quartiers résidentiels puis, au département de l’Artibonite.
14. De 2018 à 2024, le RNDDH a enquêté sur trente-quatre (34) massacres et attaques armées
qui ont occasionné l’assassinat de plusieurs milliers de personnes dont des femmes, des enfants
et des personnes du 3ème âge. Des centaines de femmes et filles ont aussi été violées. Ce
déferlement de violence a porté des milliers1 de familles à fuir les zones de conflit, rendant sansabris plus de sept-cent-mille (700,000) personnes. Si certaines se sont réfugiées en province,
d’autres ont gagné les places publiques, les établissements scolaires, les institutions étatiques,
les espaces de sport et de divertissement, etc.
15. C’est donc dans un contexte quasi-similaire à ce qu’avait été la situation dans le
département de l’Ouest, au lendemain du séisme du 12 janvier 2010, qu’une grande partie de la
population haïtienne se retrouve dans les sites d’accueil. La seule différence est qu’aujourd’hui,
en 2025, les victimes fuient non pas en raison de catastrophes naturelles, mais parce que les
autorités étatiques ont choisi de ne pas assurer leur sécurité et de ne pas les protéger vis-à-vis
des gangs armés.
16. Et, ce sont les nombreuses alertes relatives aux conditions d’insalubrité et de promiscuité
qui ont été lancées par des résidents.es de ces sites qui ont retenu l’attention du RNDDH et l’ont
décidé à mener cette enquête dont les résultats, pour le moins alarmants, sont partagés dans le
présent rapport.
IV.
Informations générales sur les sites d’accueil recensés
17. Selon les données combinées de la Direction Générale de la Protection Civile (DPC) et du
RNDDH, aujourd’hui, le pays compte au moins cent-dix-sept (117) sites d’accueil localisés dans
huit (8) communes des départements de l’Ouest et de l’Artibonite.
18. Ces espaces accueillent plus de cent-cinquante-mille (150,000) personnes dont vingt-neufmille-neuf cent-quatre-vingt-huit (29,988) mineurs.es soit 20% de la population des déplacés.es ;
1
La crise humanitaire s'aggrave en Haïti : plus de 700 000 personnes déplacées, la moitié étant des enfants ;
https://www.iom.int/fr/news/la-crise-humanitaire-saggrave-en-haiti-plus-de-700-000-personnesdeplacees-la-moitie-etant-des-enfants
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neuf-mille-deux-cent-trois (9,203) personnes âgées de plus de soixante (60) ans qui en représentent
6% ; et mille-quarante-cinq (1,045) personnes vivant avec une déficience motrice, sensorielle ou
cognitive. Elles représentent pour leur part, 1% de la population des déplacés.es.
19.
Voici la répartition géographique des sites d’accueil recensés par le RNDDH et la DPC
Département
Artibonite
Ouest
Total
Communes
Gonaïves, Route de Gros Morne
Arcahaie
Carrefour
Delmas / Solino
La Gonâve
Léogâne
Port-au-Prince
Tabarre
8 communes
Nombre de sites d’accueil
1
3
4
32
2
7
65
3
117
Tableau 1
Répartition géographiques des sites recensés
Tabarre
3%
Gonaïves
1%
Arcahaie
3%
Carrefour
3%
Delmas / Solino
27%
Port-au-Prince
55%
La Gonâve
2%
Léogâne
6%
Graphe 1
V.
Informations sur les sites monitorés
20. Chaque répondant.e a été invité à fournir des détails sur ce qui se trouvait dans l’espace
occupé avant l’arrivée des déplacés.es, la date de création du site, la présence ou non d’un
comité de gestion de l’espace, la catégorisation des personnes qui vivent dans le site et la
capacité d’accueil des espaces monitorés en comparaison au nombre de personnes accueillies.
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1) Présentation générale des sites d’accueil monitorés
21. En plus des visites de terrain, le RNDDH s’est entretenu avec les responsables de
cinquante-neuf (59) sites d’accueil soit quarante-cinq (45) hommes représentant 77 % parmi les
répondants.es et quatorze (14) femmes, soit 23 %. Ces espaces monitorés représentent 50.5% des
espaces recensés par la DPC et le RNDDH.
Sites recensés / sites monitorés
117
Sites recensés
Sites monitorés
59
Graphe 2
22.
Voici la liste des espaces monitorés dans le cadre de cette enquête :
•
•
•
23.
Un (1) orphelinat : L’Orphelinat Le Bon Berger, Route de Gros Morne
Un (1) centre de santé : la Klinik Sen Michèl
Une (1) faculté : la Faculté de Linguistique Appliquée (FLA)
Deux (2) locaux de partis politiques
•
•
24.
Fusion des Sociaux-Démocrates (Fusion)
Konvansyon Inite Demokratik (KID)
Trois (3) églises
•
•
•
25.
Eglise de Dieu de la Conquête
Eglise la Providence
Eglise Troupeau de Jésus Christ
Quatre (4) institutions étatiques
•
•
•
•
Ministère communication (2)
Ministère de la Culture et de la Communication
Office Protection du Citoyen (OPC)
Vice-délégation Arcahaie
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générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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7
26.
Quatre (4) espaces de sport et/ou de divertissement
•
•
•
•
27.
Airport Ciné
Festi-Delice
Gymnasium Vincent
Rex Théâtre
Vingt (20) autres espaces
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Saint Dominique
Saint-Aude
Alpha
Dos ENAF
Haïtel
Marécage
Messager du Salut
Terrain Acra
Tisavann
Vieux magasin, La Gonâve
Village de la Grace Tabarre 52
28.
•
•
•
•
•
•
•
•
Zetwa K22, La Gonave
kavitorin, Léogane, Ti Rivyè
Kay Tina
Kay Gwo Jera
Kay Soraya
Camp Carradeux/Camp Toto
Anba Bannann, Sigueneau
Ancienne Pompe à essence de
Bourdon
Manjwa
•
Vingt-trois (23) établissements scolaires
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Collège Mixte Moderne de
Saintard, Arcahaie
Collège Antilles
Collège Classique de Bourdon
Collège Isidor Jean Louis
Collège Jean Moreno
Ecole Nationale Caroline Chauveau
Ecole Dei Virtus
Ecole Mixte Vision Nouvelle
Ecole Nationale Argentine
Bellegarde
Ecole Nationale Colbert Lochard
Ecole Nationale Colombie
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Ecole Nationale Darius Denis
Ecole Nationale Equateur
Collège Saint-Louis Roi de France
Ecole Nationale Virginie Sampeur
Institution Entichement du Savoir
Institution Jean Marie César
Institution Mixte Frère Anald
Lycée Anténor Firmin
Lycée des jeunes filles
Lycée des jeunes filles (ancien
local)
Lycée Jean Marie Vincent
Lycée Marie Jeanne
2) Données spécifiques sur sites monitorés et sur leur population
a) Sur la date de création des sites monitorés
29. Des cinquante-neuf (59) sites d’accueil qui ont fait l’objet de cette enquête, trois (3) d’entre
eux, soit 5%, ont été créés en 2010, à l’occasion du séisme du 12 janvier. Quatre (4) autres, soit
7%, ont été créés en 2021, quatre (4) autres, soit 7%, en 2022, seize (16), soit 27% en 2023 et trentedeux (32) autres, soit 54% en 2024.
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8
b) Sur l’existence de comités de gestion et la catégorisation des personnes déplacées
30. Cinquante-huit (58) des sites d’accueil monitorés dans le cadre de ce travail, représentant
98 % d’entre eux, disposent d’un comité de camps. Seul l’Orphelinat Le Bon Berger, soit 2%, situé
à Marose, aux Gonaïves, qui n’en est pas pourvu.
31. Dans cinquante-six (56) des sites d’accueil représentant 95 % des espaces monitorés, se
retrouvent des personnes victimes de l’insécurité et dans trois (3) autres soit 5 %, des personnes
victimes d’une catastrophe naturelle. Il s’agit de Village de la Grace, situé à Tabarre 52, du Camp
Carradeux / Camp Toto, toujours à Tabarre 52 et de Saint-Aude, situé à Delmas.
32. Il convient de souligner que des victimes de l’insécurité se sont aussi réfugiés au Village
de la Grâce et au Camp Carradeux / Camp Toto deux espaces qui, auparavant, n’accueillaient que
des victimes du séisme du 12 janvier 2010.
c) Sur les zones de provenance des personnes déplacées
33. Les personnes qui se retrouvent aujourd’hui dans les sites de déplacés.es de l’insécurité
monitorés proviennent de quarante-huit (48) zones différentes localisées dans les communes des
départements de l’Ouest :
1. Arcahaie
2. Bel-Air
3. Bellevue
4. Bercy
5. Cabaret
6. Canaan
7. Caridad
8. Carrefour-Feuilles
9. Centre-ville de Port-au-Prince
10. Christ-Roi
11. Cité neuf
12. Croix-des-Missions
13. Decayette
14. Delmas 5
15. Delmas 7
16. Delmas 9
17. Delmas 11
18. Delmas 13
19. Delmas 17
20. Delmas 24
21. Delmas 30
22. Dumornay
23. Fort-National
24. Grand Rue
25. Gressier
26. Jérusalem
27. Mariani
28. Martissant
29. Nazon
30. Onaville
31. Pernier
32. Poste-Marchand
33. Rue de la Réunion
34. Rue de l'enterrement
35. Rue du Centre
36. Rue Saint-Honoré
37. Santo
38. Savane Pistache
39. Shada
40. Soisson
41. Solino
42. Source Matelas
43. Tabarre
44. Tabarre Issa
45. Tapage
46. Truittier
47. Vivy Mitchel
48. Williamson
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générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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d) Sur la capacité d’accueil des sites de déplacés.es
34. De manière générale, les sites de déplacés.es reçoivent plus de victimes que leur capacité
d’accueil ne le leur permet. Par exemple, l’analyse des données démographiques de vingt (20)
sites monitorés, soit 34 % d’entre eux, démontre que : huit (8) sites accueillent près de deux (2)
fois plus de personnes et neuf (9) autres, plus de deux (2) fois de personnes. Deux (2) sites
comptent plus de cinq (5) fois de personnes qu’ils ne peuvent en recevoir et un (1) autre site
reçoit plus de six (6) fois de personnes qu’il ne peut en accueillir. La différence entre la capacité
d’accueil des sites et le nombre de personnes accueillies est ainsi présentée :
Sites
Adresses
Village de la Grace Tabarre 52
Collège Antilles
Collège Jean Moreno
Eglise de Dieu de la Conquête
Ecole Nationale Darius Denis
Ancien Pompe de Bourdon
Ministère communication (2)
Institution mixte frère Anald
Ecole Nationale Caroline Chauveau
Local KID
Local Kay Soraya
Lycée Jean Marie Vincent
Klinik Sen Michel
Ecole mixte Vision Nouvelle
Ecole Nationale Colombie
Site Messager du Salut
Kavitorin
Institution entichement du savoir
Eglise Troupeau de Jésus Christ
Institution Mixte frère Anald
Tabarre 52
#146, Ave Christophe
#32, Rue J. Roumain, Delmas 33
Maïs gâté, impasse Dessalines
Lalue (2ème ruelle jérémie)
Angle 2ème ruelle rivière et Bourdon
Bourdon
Martissant 2 B
Champs-de-Mars, Rue Piquant #56
Bas Bourdon/ Ave John Brown
Croix-des-prez
Tabarre 48
Fort National
Butte Boyer
Bourdon
2ème avenue Bolosse
kavitorin, Léogane, zone Ti Rivyè
Cité 9, haut Bolosse
Martissant 2 A, rue Troupeau
Martissant 2 A, rue Benoit
Capacités
Nombre de personnes
d'accueil des sites
dans les sites
900
1510
700
1028
600
850
1000
1482
1300
1955
350
500
1500
2000
700
1289
1100
2400
3000
6600
300
643
1000
2232
100
260
155
376
600
1215
350
1016
50
147
200
1090
255
1410
305
1901
Tableau 2
35. Il convient enfin de souligner que vingt-deux (22) parmi les sites monitorés, soit 37%
d’entre eux, accueillent des victimes qui se trouvaient déjà dans des espaces d’accueil. Elles ont
dû se réfugier dans un autre camp, en raison de l’insécurité. Cependant, vingt-neuf (29) autres
sites, soit 49 %, comptent encore les personnes qui les avaient créés. La réponse à cette question
n’est pas disponible pour huit (8) sites monitorés. Ils représentent 14 % des sites monitorés.
VI.
Informations spécifiques sur les sites monitorés
36. Tel que déjà mentionné, l’enquête menée par le RNDDH a touché cinq (5) aspects
spécifiques de la vie des personnes déplacées : L’assainissement dans les sites d’accueil, l’accès
à l’eau, les soins de santé, l’organisation de la sécurité et les distributions humanitaires.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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37. En ce sens, chaque répondant.e a été invité à fournir des informations sur la fréquence du
nettoyage des sites, la collecte et la gestion des détritus, l’accès aux fosses d’aisance et sur l’accès
à l’eau potable et de service.
38. Par la suite, les répondants.es ont été questionnés sur les différents programmes de santé
mis en œuvre dans les camps et leur accessibilité, l’organisation de la sécurité, les instances qui
s’en chargent et les actes de violence enregistrés ; et enfin ils ont été invités à détailler
l’organisation de la distribution de l’aide humanitaire ainsi que les différentes instances qui y
sont impliquées.
1) Assainissement des sites d’accueil
a) Fréquence du nettoyage des sites
39. Douze (12) parmi les sites monitorés,
représentant 20% d’entre eux, sont curés
quotidiennement. Trente-cinq (35) autres sites
monitorés, soit 59 %, sont nettoyés mais, non de
manière régulière. Onze (11) autres, soit 19% ne
sont pas curés du tout. La réponse à cette
question n’a pas été fournie pour un (1) camp,
soit 2%.
Photo 1 : Ecole Nationale République de l’Equateur
b) Instances impliquées dans le nettoyage des sites
40. Pour les quarante-sept (47) espaces concernés, dans trois (3), soit 5% d’entre eux, le
nettoyage est assuré par la Direction de la Protection Civile (DPC) et par la Département Sanitaire
de l’Ouest du Ministère de la Santé Publique et de la Population (DSO/MSPP). Il s’agit
respectivement de l’Ecole Nationale Caroline Chauvreau, de la Faculté Linguistique et de l’Airport
Ciné.
41. Des ONG se chargent du nettoyage de douze (12) parmi les sites monitorés dans le cadre
de ce travail. Ils représentent 20% des espaces monitorés. En ce sens, le RNDDH a recensé les
cinq (5) institutions suivantes qui sont classées, dans ce rapport, de celles qui sont le plus citées
à celles qui le sont le moins, par les répondants.es :
•
•
•
•
•
Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED)
Organisation de Rapprochement d’Aide Humanitaire (ORRAH)
Solidarité Internationale
Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)
Adventist Development and Relief Agency (ADRA)
42. Dans seize (16) sites, soit 27 % des espaces monitorés, le nettoyage est réalisé par les
comités de camps dont plusieurs ont créé une cellule Water – Sanitation and Hygiene (WASH).
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
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RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
11
Cette cellule aide aussi à sensibiliser les résidents.es sur l’hygiène et la gestion des ordures. Au
Collège Mixte Moderne de Saintard de l’Arcahaie, soit 2%, le propriétaire de l’espace assure le
nettoyage pour les résidents.es. Et dans quinze (15) autres sites, soit 25 % des espaces monitorés,
ce sont les déplacés.es qui organisent eux-mêmes le nettoyage de l’espace.
c) Fréquence de collecte et Gestion des détritus
43. Les répondants.es de vingt-neuf (29) parmi les sites monitorés, soit 49 % d’entre eux,
estiment que le nettoyage des sites est loin d’être suffisant contre six (6) soit 10% qui avancent
le contraire. Pour corroborer leurs affirmations, ils se basent sur la fréquence de collecte des
détritus et sur leur gestion.
44. Toujours pour les quarante-sept (47) espaces concernés par le nettoyage, les ordures sont
collectés quotidiennement dans douze (12) sites, soit 20% d’entre eux. Il s'agit de :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
L’Institut Jean Marie César
Collège Isidor Jean Louis
Ecole Saint Louis Roi de France
Kay Gwo Jera
Ecole Virginie Sampeur
Ministère Communication (2)
Institution Entichement du Savoir
Institution Mixte Frère Anald
Anba Bannan, Sigueneau
Kavitorin, Léogane
Collège Saintard, CMMS, Arcahaie
Orphelinat Le Bon Berger, Gonaïves
45. Les ordures sont collectées hebdomadairement dans onze (11) parmi les sites monitorés,
soit 19% ; elles sont collectées tous les quinze (15) jours dans sept (7) sites, soit 3% ; elles sont
collectées de manière sporadique dans quinze (15) autres sites monitorés, soit 17% et ne sont
jamais collectées dans deux (2) parmi les sites d’accueil monitorés, soit 5 %. Pour cette dernière
catégorie, il s'agit de l’Ecole Nationale République de l’Equateur et du Site Terrain Acra.
46.
Cette gestion des ordures collectées reste aussi très préoccupante. Par exemple :
•
Souvent, les déchets collectés à l’Airport Ciné situé non loin des bureaux de la Direction
Centrale de la Police Routière (DCPR) sont jetés dans un canal qui se trouve tout près du
site ;
•
Pour le Collège Jean Moreno situé à Delmas 33, les ordures sont brûlées tout simplement ;
•
Dans d’autres camps, ce sont les résidents.es qui, de concert avec les responsables de
comité, s’arrangent pour empiler les ordures et payer pour qu’elles soient enlevées.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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d) Accès aux fosses d’aisance
47. Sur les cinquante-neuf (59) sites monitorés,
quarante-deux (42) soit 71% sont pourvus de latrines
et/ou de toilettes. Dans vingt-deux (22) d’entre eux, les
toilettes et/latrines sont propres, ce qui n’est pas le cas
dans les vingt (20) autres.
48. Les toilettes, dans ces vingt (20) sites, sont sales et
nauséeuses. Pour certaines, les fosses sont remplies et
l’évacuation des urines et des selles ne peut se faire.
Elles constituent donc de vrais nids à microbes pour les
résidents.es des sites qui les utilisent. Conséquemment,
dans certains sites, en dépit du fait qu’il y ait des
toilettes ou des latrines, des résidents.es préfèrent
s’arranger autrement plutôt que de les utiliser.
Photo 2 : Toilettes dans 2 sites différents
49. A contrario, dix-sept (17) parmi les espaces monitorés, soit 29%, n’ont ni toilettes, ni
latrines. Il s’agit des sites suivants :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Gymnasium Vincent
Konvansyon Inite Demokratik (KID)
Camp Carradeux/Camp Toto
Saint-Aude
Site Tisavann
Ecole Nationale Equateur
Manjwa
Local Kay Soraya
Ecole mixte Vision Nouvelle
Site Dos ENAF
Site Haïtel
Vieux magasin (La Gonave)
Festi-Delice
Rex Théâtre
Site Terrain Acra
Eglise Troupeau de Jésus Christ
Vice-délégation de l’Arcahaie
50. Certains parmi les déplacés.es font leurs besoins dans les canaux et les ravines situés non
loin des sites, chez des personnes vivant dans la zone qui souvent exigent en contrepartie à
l’utilisation de leur toilette ou latrine, une somme allant de dix (10) jusqu’à vingt-cinq (25)
gourdes.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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51. D’autres utilisent les latrines de marchés, défèquent dans la mer, par terre dans les sites,
dans des sachets ou sur des terrains vagues contigus aux sites.
e) Accès aux douches
52. Trente-quatre (34) parmi les sites monitorés, soit
58% d’entre eux, sont pourvus d’espaces pour le bain et
les ablutions contre vingt-deux (22) autres, soit 37% qui
n’en n’ont pas. La réponse à cette question n’a pas été
fournie pour trois (3) sites, soit 5 %.
Photo 3 : Douches – Ecole Nationale République
d’Equateur
2) Accès à l’eau
53. Dans trente-cinq (35) parmi les sites monitorés soit 59 %, les résidents.es ont accès à l’eau
potable contre vingt-trois (23) sites, représentant 39%, où la situation n’est pas similaire.
L’information n’a pas été fournie pour un (1) site d’accueil monitoré, soit 2 %.
54. De même, les résidents.es de trente-sept (37) parmi les sites monitorés, soit 63%, ont accès
à l’eau de service contre vingt-et-un (21) autres, soit 35%, qui ne l’ont pas. L’information n’est
pas disponible pour un (1) parmi les sites monitorés, soit 2% d’entre eux.
55. Certains sites sont alimentés par des institutions étatiques comme la DSO/ MSPP alors
que d’autres le sont par des organisations non gouvernementales telles que l’Agence d’Aide à la
Coopération technique et au Développement (ACTED), l’Organisation de Rapprochement d’Aide
Humanitaire (ORRAH), l’Alyans Pou Aksyon Medikal Entènasyonal (ALIMA), la Croix-Rouge
Haïtienne, l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), la Solidarité Internationale et Haïti
Survie. Souvent, l’eau offerte est stockée par les résidents.es. En ce sens, quatre (4) des sites
monitorés, soit 7% d’entre eux, sont pourvus de réservoir. Il s’agit de l’Ecole Caroline Chauveau,
du Village de la Grâce, de Kavitorin, à Léogane et de Saint Dominique.
56.
Il a aussi été rapporté au RNDDH que :
•
Certaines institutions fournissent l’eau aux résidents.es de plusieurs sites. Par exemple,
ORRAH offre l’eau de service tous les huit (8) jours, aux résidents.es des sites d’accueil du
Collège Dei Virtus, du Lycée des Jeunes Filles, du Lycée Firmin, de l’Ecole Nationale Colbert
Lochard, etc. ;
•
Plusieurs organisations peuvent intervenir dans la distribution de l’eau dans un (1) même
site. Par exemple, au Lycée Anténor Firmin, ORRAH fournit l’eau de service et OIM se
charge de l’eau potable.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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57. A l’Office de Protection du Citoyen (OPC), c’est le parti politique les Engagés pour le
Développement (EDE) qui achète des camions citernes d’eau pour les résidents.es.
58. Toutefois, les répondants.es sont unanimes à reconnaitre que l’eau fournie est loin d’être
suffisante, ce qui porte les résidents.es à s’organiser autrement en vue de s’en procurer :
•
Certains résidents.es recueillent l’eau gratuitement ou s’en achètent chez des habitants.es
des quartiers contigus ;
•
D’autres résidents.es se déplacent sur une longue distance en vue d’atteindre un point
d’eau. Tel est le cas des déplacés.es de Ti Savann à Haut Duprez qui doivent marcher des
heures en vue de collecter l’eau à la source de la zone ;
•
D’autres encore surveillent la distribution de l’eau courante par la DINEPA, dans des
tuyaux contigus à leur sites.
3) Santé dans les sites d’accueil
59. Dans vingt-six (26) sites, représentant 44 % des espaces monitorés, des programmes de
santé sont mis en œuvre par des institutions étatiques. En effet, ces soins sont octroyés soit par
la Département Sanitaire de l’Ouest du Ministère de la Santé Publique et de la Population
(DSO/MSPP), selon ce qui a été rapporté. Dans vingt-quatre (24) autres sites, soit 41%, où les
instances étatiques sont absentes, ce sont des organisations privées ou non gouvernementales
qui fournissent les soins. Dans les neuf (9) sites restants, il n’y a aucun programme de santé. Ils
représentent 15% des sites monitorés.
60. Les organisations privées et non gouvernementales qui fournissent les soins aux
déplacés.es sont classées par ordre de répétition par les répondants.es, les premières étant les
plus citées :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Alyans Pou Aksyon Medikal Entènasyonal (ALIMA)
Médecins Sans Frontières (MSF)
Croix-Rouge Haïtienne
Femmes en Association pour le Développement d’Haïti et pour le Renforcement de
l’Intégration Sociale (FADHRIS)
Organisation Internationale de la Migration (OIM)
International Society for Devlopmental Psychobiology (ISDP)
Solidarité Internationale
Groupe Haïtien d’Etudes sur le Sarcome de Kaposi et les Infections Opportunistes
(GHESKIO)
Fondation pour la Santé Reproductrice et l’Education Familiale (FOSREF)
Hunger Relief International (HRI)
Samaritan Purse
Association des Homéopathes Haïtiens (AHH)
La Gonâve en Marche (LAGEM)
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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•
•
•
Centre pour l’Education Communautaire et la Culture (CEDUCC)
Classification Internationale des Maladies (CIM)
Kore Timoun
61. De manière générale, les pourvoyeurs de soins de santé, qu’ils soient publics ou privés,
organisent des cliniques mobiles. C’est ce qui a été rapporté pour vingt (20) parmi les sites
monitorés, soit 34 % d’entre eux. Dans au moins quatre (4) sites à savoir le Lycée Marie Jeanne,
l’Ecole Dei Virtus, le Lycée des Jeunes Filles et à Saint Dominique, en plus d’organiser des cliniques
mobiles régulières, le MSPP a déployé des agents.es de terrain qui sont régulièrement présents,
sensibilisent la population sur les comportements à ne pas adopter et recueillent des
informations relatives à la santé publique.
62. Dans les neuf (9) sites restants, soit 15% des espaces monitorés, où il n’y a aucun accès aux
soins de santé, lorsque des cas de maladie se présentent, les résidents.es cotisent entre eux pour
permettre aux malades de se rendre à l’hôpital. C’est par exemple ce qui a été rapporté pour les
sites La Providence et l’Ecole Nationale Colbert Lochard.
a) Pathologies fréquentes dans les sites
63. La question relative à l’octroi des soins de santé dans les espaces d’accueil reste cependant
très préoccupante. Les résidents.es reconnaissent que les soins fournis ne sont pas suffisants
compte-tenu de la fréquence des maladies et du nombre de personnes souffrant d’une
pathologie quelconque. Par exemple :
•
Dans cinquante-cinq (55) parmi les sites d’accueil monitorés soit 93% d’entre eux, de
nombreuses personnes présentant des signes de problème de santé physique sont
recensées. Quatre (4) sites, soit 7%, n’ont rien signalé à ce sujet ;
•
Dans vingt-quatre (24) des sites monitorés, soit 41 % d’entre eux, des personnes présentant
des signes visibles de santé mentale sont recensées. Trente-cinq (35) sites n’ont rien signalé
à ce sujet. Ils représentent 59%.
64. Par ordre de fréquence, les pathologies les plus rencontrées dans les sites d’accueil des
déplacés.es sont les suivantes :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
La fièvre
La gratelle
La grippe et la toux
La diarrhée
Des problèmes de tension artérielle
Des infections vaginales
Le diabète
La migraine
Des nausées et vomissements
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
RNDDH – Rapport/A25/No1-VF
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65. Selon les répondants.es, la majorité de ces pathologies sont contagieuses. Certaines
dépendent de facteurs que les résidents.es ne peuvent contrôler comme la consommation de
l’eau qui leur est offerte, l’insalubrité des espaces dans lesquels ils évoluent, le non-curage des
toilettes, les collectes irrégulières de détritus et de manière plus générale, la promiscuité dans
laquelle ils évoluent.
66. Il convient aussi de mentionner que quarante-six (46) des sites monitorés, soit 78% d’entre
eux, accueillent au moins quatre-cent-vingt-neuf (429) personnes à mobilité réduite ou à
déficience sensorielle. Treize (13) sites, soit 22 %, n’ont rien signalé à ce sujet.
4) Sécurité dans les sites d’accueil
67. Dans vingt-huit (28) sites, soit 47.5 % parmi les espaces monitorés, la sécurité est organisée
par les comités. Dans douze (12) parmi les sites monitorés soit 20%, les comités ont créé des
brigades affectées spécifiquement à la sécurité. Dans sept (7) sites, soit 12% parmi les espaces
monitorés, les résidents.es organisent seul la sécurisation de leur espace. Dans deux (2) sites, soit
3% parmi les espaces monitorés, la sécurité est assurée par des agents.es de la Direction de la
Protection civile (DPC). Il s’agit des sites Marécage et l’Ecole Caroline Chauveau.
68. Au site Saint Dominique, soit 2% des espaces monitorés, des agents.es de la Brigade de
Surveillance des Aires Protégées (BSAP) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) sont déployés en
vue d’assurer la sécurité des résidents.es.
69. Dans cinq (5) autres sites, soit 8.5% aucune disposition n’a été prise pour la sécurité. Il
s’agit d’une part, de l’Eglise La Providence, du Lycée Anténor Firmin, et de l’Ecole Nationale
République Colombie. D’autre part, de l’Institution Mixte Frère Anald et de l’Eglise Troupeau, où,
selon les répondants.es, la sécurité ne peut être organisée en raison du fait que ces sites ne sont
pas éclairés la nuit. La réponse à cette question n’a pas été fournie pour quatre (4) parmi les sites
monitorés dans le cadre de ce travail. Ils représentent 7% du nombre total.
70. Il convient enfin de souligner que dans cinq (5) des vingt-huit (28) sites susmentionnés, la
population est aussi investie dans la sécurisation de leur espace, aux côtés des membres de
comités.
a) Actes de violence dans les sites
71. Des actes de violence sont enregistrés dans quarante-trois (43) parmi les sites monitorés,
soit 73% d’entre eux contre seize (16) sites soit 27 % des espaces monitorés où, selon les
répondants.es, aucun incident de violence n’a, jusqu’à date, été enregistré.
72. Voici la liste des exactions commises généralement dans les sites d’accueil monitorés, et
classées sur la base de la fréquence de leur répétition, par les répondants.es :
•
•
•
Bagarres suivies de coups et blessures
Vol
Injures et troubles à l’ordre public
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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•
•
Violences sexuelles
Violences physiques et sexistes à l’égard des femmes et des filles
73. Six (6) sites d’accueil, soit 10 %, ont attiré l’attention sur les violences sexuelles perpétrées
dans leur espace à l’encontre des femmes et des filles. Il s’agit de :
•
•
•
•
•
•
Village de la Grâce, Tabarre
Camp Carradeux / Camp Toto
Lycée Anténor Firmin
Local Kay Soraya
Site Marécage
Terrain Acra
74. Quatre (4) sites d’accueil soit 7% ont attiré l’attention sur les violences physiques et sexistes
perpétrées à l’égard des femmes et des filles. Il s’agit de :
•
•
•
•
Village de la Grâce, Tabarre
Camp Carradeux / Camp Toto
Ecole Nationale Darius Denis
Rex Théâtre
75. Les résidents.es de vingt-six (26) parmi les sites monitorés soit 44% affirment que la police
n’exerce aucun contrôle ni sur les espaces, ni dans leurs environs contre trente-trois (33) sites soit
56 % des espaces monitorés, où, la situation n’est pas similaire, selon les répondants.es.
5) Assistance humanitaire
76. Pour vingt-trois (23) sites monitorés, représentant 39 % d’entre eux, les résidents.es n’ont
aucun accès à l’assistance humanitaire contre trente-deux (32) autres soit 54 %, où des
distributions humanitaires sont réalisées. L’information n’est pas disponible pour quatre (4)
parmi les sites monitorés. Ils représentent 7 %.
77. Selon les répondants.es des trente-deux (32) sites concernés, ces assistances proviennent,
pour vingt-cinq (25) sites, soit 42 %, d’organisations privées et pour sept (7) autres sites, soit 12 %,
du Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES).
78. Certaines organisations privées ou non gouvernementales, présentes dans plusieurs sites
d’accueil, distribuent régulièrement de l’aide humanitaire aux déplacés.es. Il s’agit de :
•
•
•
•
•
Groupe pour L’Inclusion, la Rechercher et l’Appui au Développement d’Haïti (GIRADELHaïti)
Programme Alimentaire Mondial (PAM)
Centre d’Animation Paysanne et d’Action Communautaire (CAPAC)
Organsation de Rapprochement d’Aide Humanitaire (ORRAH)
Organisation Internationale des Migrations (OIM)
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générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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•
•
•
•
•
•
•
•
Agence d’Aide à la Coopération technique et au Développement (ACTED)
Croix Rouge Haïtienne
Solidarité Internationale
Samaritan Purse
Initiative Citoyenne pour les Droits de l’Homme (ICDH)
Centre pour l’Education Communautaire et la Culture (CEDUCC)
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF)
Organisation des Visionnaires Dévoués pour un Développement de Haute Modernisation
(OVDDMOH)
Organisation des Cœurs pour le Changement des Enfants Démunis d’Haïti (OCCED’H)
•
79. D’autres organisations ont procédé une seule fois, à des distributions humanitaires dans
certains sites ou sont présentes dans un seul (1) site. Il s’agit de :
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Atelier des Travaux de Recherches
Economiques pour mieux Préparer
l’Avenir (ATREPA)
MUJDDE
ISPAL
ICQH
Médecins Sans Frontières (MSF)
Femmes en Association pour le
Développement d’Haïti et pour le
Renforcement
de
l’Intégration
Sociale (FADHRIS)
MOYOLDE
Handicap International
Institut
Mobile
d’Education
Démocratique (IMED)
Konbit Adok
Pojè Lakay
Marijan
GOAL
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Mission Réformée
HID
Groupe Haïtien d’Etudes sur le
Sarcome de Kaposi et les Infections
Opportunistes (GHESKIO)
Adventist Development and Relief
Agency (ADRA)
PanAmerican
Development
Foundation (PADF)
Mercy corps
La Gonave en Marche (LAGEM)
Fondasyon KOminote Kretyen an
Aksyon (FOKA)
Fonds des Nations Unies pour la
Population (UNFPA)
ONU Femmes
Initiative pour le Développement
des Jeunes (IDEJEN)
80. Les stratégies adoptées pour les distributions dans les trente-deux (32) sites touchés
diffèrent d’un site à un autre. Par exemple :
•
Dans dix-neuf (19) parmi les sites monitorés, les distributions sont organisées par les
comités de camps qui en établissent les principes. Plusieurs parmi ces comités ont mis en
place un staff logistique pour s’en charger. Les principes peuvent changer d’un site à
l’autre. Par exemple, dans douze (12) parmi les sites les monitorés, les distributions se font
par chefs de famille, dans sept (7) autres, les distributions se font par bloc, par salle ou par
tente de déplacés.es.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
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•
Dans neuf (9) sites, les distributions sont assurées par les organisations qui interviennent
sur place. Souvent, ces organisations distribuent des coupons aux familles recensées dans
les espaces, répondant à leurs critères.
•
Dans quatre (4) sites, Il convient de souligner qu’aucune stratégie n’étant, les distributions
se font dans le désordre absolu.
81. Toutefois, l’aide étant loin d’être suffisante, souvent, lors des distributions – même si elles
sont bien organisées - des bagarres éclatent entre les résidents.es. De plus, lorsque les
distributions sont faites dans des sites localisés non loin de zones populeuses ou des foyers de
gangs, des individus non identifiés mettent la pression sur les membres de comités en vue de
recevoir de l’aide humanitaire pour eux-mêmes, leurs amis et les membres de leur famille, en
dépit du fait qu’ils ne vivent pas dans les sites en question. Par exemple, à l’Institution Jean Marie
César, ce sont des agents.es de la PNH qui ont dû intervenir lors d’une distribution, pour éviter
que l’aide ne soit accaparée par des résidents.es de la zone qui n’habitent pas dans ledit site.
82. Les distributions sporadiques de plats chauds sont loin de faire l’unanimité auprès des
résidents.es des sites d’accueil. Les plats ne sont pas souvent suffisants et, la nourriture préparée
ne peut tenir compte des différents régimes alimentaires des résidents.es, notamment ceux et
celles qui souffrent de maladies cardiovasculaires. A contrario, les résidents.es affirment
préférer recevoir l’assistance en cash directement sur leur téléphone. Cette méthode leur permet
de parer au plus urgent avec le montant reçu, en fonction de leurs besoins spécifiques.
VII.
Commentaires et Recommandations
83. A l’occasion de la commémoration de la quinzième année du séisme du 12 janvier 2010,
le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a mené une enquête dans cinquanteneuf (59) des cent-dix-sept (117) sites d’accueil recensés. Les espaces monitorés, localisés dans les
départements de l’Ouest et de l’Artibonite, représentent 50.5 % des sites recensés.
84.
•
Les résultats de ce travail de recherches révèlent que :
Les sites d’accueil de personnes déplacées ne sont plus ce qu’ils étaient au lendemain du
séisme du 12 janvier 2010.
85. Quinze (15) années après, s’il existe encore des camps accueillant des victimes du séisme
du 12 janvier 2010, aujourd’hui, 95 % des sites d’accueil recensés logent des victimes de
l’insécurité qui ont dû fuir leur maison, en raison des attaques des individus armés regroupés,
depuis 2024, autour de l’organisation terroriste Viv Ansanm. Seuls 5 % accueillent des victimes
de la catastrophe.
86. 39% de ces espaces monitorés dans le cadre de cette enquête, sont des établissements
scolaires, 34 % sont des maisons abandonnées, des terrains vagues, ou encore des espaces qui
n’étaient pas occupés par leurs propriétaires, 7 % sont des espaces de sport et de divertissement,
7 %, des locaux d’institutions étatiques, 5 %, des églises, 3 %, des locaux de partis politiques. Les
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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trois (3) sites restants, soit 5 % des sites monitorés sont respectivement un (1) orphelinat, un (1)
centre de santé et une (1) faculté.
87. 54% des sites monitorés ont été créés en 2024 contre 27 % en 2023, 7 % en 2022, 7 % en 2021
et seulement 5 % en 2010 et, les déplacés.es de l’insécurité qui se retrouvent aujourd’hui dans
les sites proviennent de quarante-huit (48) zones localisées dans des communes du département
de l’Ouest. Cette information corrobore l’affirmation selon laquelle les bandits armés occupent
et contrôlent plus de 90% du territoire du département de l’Ouest.
88. 34 % parmi les sites monitorés reçoivent soit près ou plus de deux (2) fois plus de
personnes que leur capacité ne le leur permet alors que d’autres en reçoivent jusqu’à 6 fois plus
de personnes qu’il ne leur est possible d’en accueillir. Pour les 66 % des sites restants, la
promiscuité, même si elle n’est pas aussi écrasante, reste quand même très préoccupante.
89. Aujourd’hui, 37 % des sites monitorés accueillent des victimes qui se trouvaient déjà dans
des camps d’hébergement et qui ont dû fuir une seconde fois, en raison de l’insécurité. Seuls
49 % des sites accueillent encore les déplacés.es qui les avaient créés. Et, la réponse à cette
question n’a pas été fournie par 14% des sites monitorés.
•
Les résidents.es de nombreux sites d’accueil vivent dans l’insalubrité, le nettoyage, la
collecte et la gestion des détritus étant loin de répondre aux besoins de la population de
déplacés.es.
90. Seuls 20% des sites monitorés sont régulièrement curés. Et, les détritus y sont ramassés
quotidiennement. 59 % sont nettoyés sur une base irrégulière et 19 % ne sont pas nettoyés du
tout. La réponse à cette question n’est pas disponible pour 2 % parmi les espaces monitorés.
•
L’Etat haïtien ne s’investit pas dans le nettoyage des espaces occupés par les personnes
déplacées. Et, la situation dépasse les résidents.es ainsi que les organisations privées ou
non gouvernementales qui tentent d’aider à assainir les sites d’accueil.
91. Le curage de seulement 5 % des espaces monitorés, est assuré par des instances étatiques
soit la Direction de la Protection civile (DPC) et le Département Sanitaire de l’Ouest du Ministère de
la Santé Publique et de la Population (DSO / MSPP). 20 % des sites monitorés comptent sur des
organisations privées et/ou des organisations non gouvernementales pour leur nettoyage. 27%
sont nettoyés par les comités de camps dont plusieurs ont créé une cellule WASH. 2 % sont
nettoyés par les propriétaires des espaces occupés par les déplacés.es. Et, dans 25 % des sites
monitorés, ce sont les déplacés.es eux-mêmes qui se chargent du curage de l’espace. Les 21%
des sites restants ne sont pas concernés par cet aspect de l’enquête, soit en raison du fait qu’ils
ne sont pas nettoyés du tout ou parce qu’ils n’ont pas fourni réponse à cette question.
•
Même pour les sites nettoyés, la collecte des détritus n’est pas régulière, ce qui rend encore
plus insalubre les espaces et favorisent la multiplication des rongeurs et des insectes de
toutes sortes, dans les sites.
Pauvreté, insécurité, insalubrité, promiscuité et exposition aux maladies contagieuses : Les conditions
générales de vie dans les sites d’accueil sont alarmantes
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92. C’est seulement dans 20 % des sites monitorés que les détritus sont collectés
quotidiennement. Dans 19 %, ils sont ramassés toutes les semaines. Dans 3 %, ils sont ramassés
tous les quinze (15) jours. Dans 17%, les ordures ne sont collectées que de manière sporadique.
Les autres sites monitorés ne sont pas concernés par cette question.
93. Lorsque les ordures ne sont pas ramassées, elles sont brûlées à l’intérieur ou tout près des
camps, à l’endroit où elles avaient été entassées. Ou pire, elles restent là, pendant des semaines,
voire, des mois.
•
L’accès à des fosses d’aisance propres et sécures n’est pas assuré à tous les déplacés.es. De
même, les espaces pour le bain ne sont pas disponibles dans tous les camps. Dans d’autres,
leur disposition présente un danger pour les femmes et les filles qui ne peuvent les
fréquenter la nuit.
94. En effet, si 71 % des sites d’accueil monitorés disposent de latrines et / de toilettes – dont
le niveau de propreté reste questionnable - 29% n’en sont pas pourvus. Les résidents.es de ces
sites défèquent dans les canaux ou des ravines situés non loin, dans des latrines de marchés, à
la mer, à même le sol dans les sites ou dans des sachets.
95. 58 % des espaces monitorés disposent d’un espace pour le bain et les ablutions, contre
37% qui n’en sont pas pourvus. 5 % n’ont pas fourni réponse à cette question. Par ailleurs, dans
5% des sites, il a été rapporté que des hommes s’agglutinent non loin des espaces pour le bain
et harcèlent les femmes et les filles qui s’y rendent.
•
Les difficultés d’accès à l’eau potable et à l’eau de service sont préoccupantes. L’Etat
haïtien, encore une fois, se décharge de cette responsabilité alors que les tentatives des
organisations privées ou non gouvernementales restent insuffisantes.
96. Dans 39% des sites monitorés, les personnes déplacées n’ont pas accès à l’eau potable
contre 59% qui peuvent l’acheter ou qui la reçoivent en don. De même, les personnes déplacées
de 63% des sites monitorés n’ont pas accès à l’eau de service domestique contre 35 %.
Cependant, peu importe le cas de figure considéré, il n’est pas satisfaisant pour les résidents.es.
Soit l’eau reçue est insuffisante, soit ils doivent la payer, soit ils doivent marcher pendant des
heures en vue de se la procurer. 2% n’ont pas répondu à ces questions.
•
Sur le plan de la santé, l’Etat haïtien a choisi de n’intervenir que dans certains des sites
d’accueil, abandonnant les autres à leur sort ou aux organisations privées ou non
gouvernementales.
97. Des programmes d’octroi de soins de santé sont mis en œuvre par l’Etat haïtien dans
seulement 44 % des sites monitorés. Dans 41 % des autres sites, les déplacés.es comptent sur des
organisations privées ou non gouvernementales. Et, dans 15% des sites monitorés, il n’existe
aucun programme de soins de santé.
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98. Pourtant, la question de la santé physique et mentale reste très préoccupante. En effet :
D’une part, dans 93% des sites monitorés, les répondants.es ont affirmé avoir recensé des
personnes présentant des signes visibles de problèmes de santé physique ou qui s’en plaignent
contre 7 % qui n’ont rien mentionné à ce sujet. D’autre part, Dans 41% des sites monitorés, des
personnes présentant des signes de problème de santé mentale ont aussi été recensées contre
59% qui n’ont rien mentionné à ce sujet.
99. Enfin, il convient aussi de souligner que dans 78% des sites monitorés, des personnes à
mobilité réduite ou à déficience sensorielle ont été recensées, contre 22% des sites qui n’ont rien
mentionné à ce sujet.
•
La sécurité des personnes déplacées ne constitue pas une priorité pour les
autorités étatiques.
100. Dans 47,5% des sites, la sécurité est assurée par les membres de comités, dans 20%
des sites, par des brigades créées à cet effet. Dans 12%, ce sont les déplacées qui assurent
eux-mêmes leur sécurité. Dans 3%, elle est assurée par des agents.es de protection civile et
dans 2%, par des agents.es de la BSAP aidés par des policiers.ères. 8.5% des sites restants
sont livrés à eux-mêmes et 7% des sites monitorés n’ont fourni aucune réponse à cette
question.
101. Des actes de violence ont pourtant été enregistrés dans 73% des espaces monitorés
contre 27% qui n’en ont jamais connus, jusqu’à date. Les exactions commises sont ainsi
classées par ordre de fréquence : bagarres suivies de coups et blessures, vol, injures,
troubles à l’ordre public, violences sexuelles, violences physiques et sexistes à l’égard des
femmes et des filles. Les deux (2) dernières exactions ont été enregistrées respectivement
dans 10% et 7 % des sites monitorés.
102. D’un point de vue plus général, les résultats de ce travail démontrent la vulnérabilité et le
dénuement dans lesquels vivent les personnes déplacées dont l’existence est rythmée par les
intempéries qui les forcent à passer la nuit sans dormir et par les attaques de gangs armés qui
souvent les poussent à se réfugier ailleurs. Les enfants, les personnes du troisième âge ainsi que
les femmes enceintes ou allaitantes, les personnes vivant avec une déficience motrice ou
sensorielle, souffrent encore plus de cette situation de vulnérabilité et de dénuement. Et, c’est
sans surprise que certains responsables de comités ont souligné l’exposition des jeunes au
recrutement des gangs armés.
103. Les interventions humanitaires dans les sites ne respectent pas les principes minimaux de
Redevabilité Humanitaire et de Gestion de la Qualité. Elles ne sont pas faites de manière
impartiale. Les déplacés.es, maintenus par l’Etat haïtien dans une situation de dénuement total
et d’indignité, n’ont pas pu donner leur consentement éclairé par rapport à l’aide offerte ; et les
interventions ne sont pas faites dans la diligence. Elles sont souvent mal organisées ou réalisées
dans l’anarchie, puisque non suffisante.
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104. Or, un ministre délégué auprès du premier ministre et affecté aux Affaires Humanitaires
a été nommé. Il s’agit d’un paradoxe lorsqu’on comprend que ce qui se passe dans les sites
d’accueil ne respecte pas les normes de partenariat de redevabilité humanitaire et lorsqu’on se
rappelle que la situation de crise humanitaire en cours dans le pays est la conséquence de
l’insécurité. Conséquemment, les autorités étatiques doivent s’atteler à résoudre la crise
sécuritaire qui perdure depuis plusieurs années au lieu de vouloir se concentrer sur la gestion
de l’humanitaire, d’autant plus qu’elles le font très mal. L’exemple le plus flagrant est la
distribution organisée le 3 janvier 2025 au parc Sainte Thérèse de Pétion-Ville par l’actuelle
ministre à la condition féminine et aux Droits des Femmes qui avait décidé d’assister trois-cents
(300) femmes. La distribution, très mal organisée, s’est achevée sur une situation de cafouillage
jamais observée auparavant et des cas de mauvais traitements infligés aux déplacés.es.
105. L’actuel gouvernement, celui qui l’a précédé ainsi que le Conseil Présidentiel de Transition
(CPT) n’ont encore, depuis leur intronisation, rien dépensé en vue d’acquérir du matériel et des
équipements policiers et militaires visant à combattre le grand banditisme en Haïti. De plus, les
fonds d’intelligence sont partagés entre eux et utilisés à des fins autres que le renseignement.
106. C’est pourquoi, fort de tout ce qui précède, le RNDDH recommande aux autorités
étatiques de :
•
Prendre en charge toutes les personnes déplacées et mieux coordonner l’aide humanitaire
offerte par les organisations privées et non gouvernementales ;
•
Inviter les organisations privées et non gouvernementales à contacter obligatoirement les
responsables de comités de camps en vue de s’enquérir des besoins réels de la population
de déplacés.es ;
•
Traiter les personnes déplacées dans le respect de leur dignité humaine et de leurs droits
fondamentaux à la santé, à l’alimentation, à l’éducation et à un environnement sain ;
•
Tout mettre en œuvre en vue d’assurer la sécurité des personnes vivant dans les sites
d’accueil de déplacés.es et inviter la police communautaire à prendre le contrôle de ces
espaces ;
•
Investir dans la sécurité en procurant aux forces de l’ordre le matériel et les équipements
policiers et militaires dont elles ont besoin, pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays ;
•
Mettre fin au partage des fonds de l’intelligence et s’assurer que ce montant soit
effectivement affecté au renseignement ;
•
Rétablir les conditions minimales de sécurité en vue de permettre à la population déplacée
de retourner chez elle.
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