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Réseau National de Défense des Droits Humains
(RNDDH)
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac :
Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
27 juin 2022
SOMMAIRE
PAGES
Résumé
2
I.
INTRODUCTION
3
II.
METHODOLOGIE
3
III.
RAPPEL DES EVENEMENTS ENREGISTRES
3
IV.
BILAN DETAILLE DES EVENEMENTS ENREGISTRES
4
A. Personnes assassinées présentées comme faisant partie de la population civile
5
B. Personnes assassinées, présentées comme étant des bandits
17
C. Femmes victimes de viols
19
D. Personnes blessées
19
E. Maisons pillées et / ou incendiées
20
F. Véhicules incendiés
27
V.
ENTRETIENS AVEC LES RESPONSABLES JUDICIAIRES ET POLICIERS
27
VI.
SITUATION ACTUELLE A LA PLAINE DU CUL-DE-SAC
29
VII.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
30
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
1
Résumé
1.
Du 24 avril au 6 mai 2022, le gang armé des 400 Mawozo a attaqué la base des Chen Mechan
dans son fief, à la Croix-des-Missions. Au cours d’affrontements violents qui s’en sont suivis, 191
personnes ont été assassinées soit 107 hommes, 76 femmes, 6 filles et 2 garçons. Au moins 18 femmes
ont été violées. 17 d’entre elles ont été exécutées par la suite. 81 maisons et 57 véhicules au moins ont
été incendiés. De nombreuses personnes ont été blessées par balles ou à l’arme blanche et 158 enfants
sont devenus orphelins.
2.
Parmi les personnes tuées, 48 ont été présentées au RNDDH comme étant des membres ou des
proches de l’un des gangs armés qui s’affrontaient.
3.
Outre ces pertes humaines et matérielles enregistrées au cours de ce carnage, des parents ont
assisté à l’exécution de leurs progénitures, d’autres ont été assassinés en présence de leurs enfants,
dont la plupart sont en bas âge. De nombreuses personnes ont été obligées d’abandonner leurs proches
et, au moins un conjoint a assisté aux viols répétés de sa compagne.
4.
En date du 10 mai 2022, le RNDDH avait publié un rapport préliminaire qui n’avait retracé
que les faits et campé le profil des protagonistes. Aujourd’hui, par cette nouvelle publication, le
RNDDH tient à relater les témoignages des victimes survivantes, dans le but de faire la lumière sur
la fureur avec laquelle les bandits armés se sont attaqués à la population et les actions entreprises par
les autorités policières et judiciaires.
5.
Sur ce point justement, les autorités policières ont affirmé avoir mené plusieurs opérations dans
la zone et procédé à l’arrestation de quelques individus impliqués dans ce carnage. Pour leur part, 2
mois après, les autorités judiciaires ne peuvent toujours pas fournir d’informations précises sur les
actions entreprises par elles, en vue de mettre l’action publique en mouvement à l’encontre des bandits
armés impliqués dans ce carnage, dont des chefs de gangs armés très connus.
6.
Aujourd’hui, la situation reste et demeure tendue à la Plaine du Cul-de-Sac : les personnes
déplacées qui s’étaient réfugiées sur la place publique de Clercine sont pressurées par les autorités
locales pour laisser la place. Elles ne savent où aller ayant, pour la plupart, perdu tout ce qu’elles
possédaient. La base des Chen Mechan continue d’exécuter des jeunes, sous prétexte qu’ils servent
d’antenne au gang armé des 400 Mawozo.
7.
Sur la base des résultats de son enquête, le RNDDH recommande aux autorités concernées de :
• Fournir un accompagnement financier, médical et psychologique aux survivants-tes du
Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac ;
• Porter la DCPJ à enquêter sur les actes attentatoires aux vies et aux biens perpétrés à la
Plaine du Cul-de-Sac du 24 avril au 6 mai 2022, en vue de transmettre aux autorités judiciaires
un rapport circonstancié, pour la mise en mouvement de l’action publique à l’encontre de tous
ceux qui y sont impliqués ;
• Porter la DCPJ à enquêter sur les relations de proximité existantes entre certains journalistes,
des personnalités publiques et des bandits armés ;
• Porter l’IGPNH à enquêter sur l’implication de matériels et équipements
policiers - notamment de l’UDMO - dans la perpétration du Carnage de la Plaine du
Cul-de-Sac ;
• Mettre fin aux distributions des armes et munitions aux bandits armés ;
• Remettre en place les brigades anti-contrebande en vue de freiner l’entrée sur le territoire
national, des armes et munitions illégales.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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I.
INTRODUCTION
1.
Du 24 avril au 6 mai 2022, une violente guerre – qu’il convient désormais de nommer le
Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac – a éclaté entre le gang des 400 Mawozo et la base des Chen
Mechan.
2.
Dans un rapport préliminaire rendu public en date du 10 mai 2022 par le Réseau National
de Défense des Droits Humains (RNDDH), le déroulement de l’attaque a été reconstitué et un bilan
partiel des victimes a été présenté. Le RNDDH a cependant continué avec ses investigations, en
accordant une attention particulière aux circonstances dans lesquelles les violations massives
aux droits humains enregistrées, ont été perpétrées par les bandits armés.
3.
Aujourd’hui, le RNDDH se propose de partager avec l’opinion publique les informations
additionnelles recueillies dans le cadre de son enquête.
II.
4.
METHODOLOGIE
Pour réaliser ce travail, le RNDDH s’est entretenu avec les responsables :
•
•
•
•
•
•
•
Des commissariats de la Croix-des-Bouquets et de Tabarre :
Du Parquet près le Tribunal de première instance de la Croix-des-Bouquets ;
Des Tribunaux de paix de la Croix-des-Missions et de la Croix-des-Bouquets ;
De l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ;
De la Direction Départementale de l’Ouest ;
De la Direction Centrale de la Police Administrative (DCPA) ;
De la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ).
5.
De plus, le RNDDH a recueilli les témoignages de deux-cent-huit (208) victimes
survivantes du Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac, lors d’entretiens effectués durant la période
allant du 26 avril au 7 juin 2022.
III.
RAPPEL DES EVENEMENTS ENREGISTRES1
6.
Les 22 et 23 avril 2022, la tension était palpable dans plusieurs zones de La Plaine du
Cul-de-Sac. Cette tension était engendrée d’une part, par l’exécution d’un agent de la police en
date du 22 avril 2022, à Shada, par des bandits de la base des Chen Mechan. D’autre part, elle
était alimentée, au lendemain de cet assassinat, par des tirs nourris d’armes automatiques
entendus dans la zone.
RNDDH – Rapport/A22/No86 - Affrontements violents entre gangs armés : le RNDDH exige la protection de la
population haïtienne, 10 mai 2022, 14 pages
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RNDDH – Rapport/A22/No8
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7.
Cependant, les attaques armées ont réellement commencé le 24 avril 2022, peu avant 5
heures du matin. Ce jour-là, des bandits armés, membres du gang des 400 Mawozo et portant
des T-Shirts avec l’inscription de leur gang armé, montés à bord de motocyclettes, d’autobus et
de camionnettes se sont déployés simultanément dans plusieurs zones de la Plaine du Cul-de-Sac,
notamment à Michaud, Butte Boyer, Rue Mapou prolongée et à Marécage. Ils ont alors commencé
à attaquer la population civile. Ils se sont introduits dans des maisons, ont tué les personnes
rencontrées sur place et ont mis feu dans les zones prises pour cibles.
8.
Au cours de la deuxième partie de la journée du 24 avril 2022, des membres du G-9 An
Fanmi e Alye, montés à bord de plusieurs véhicules dont un (1) blindé de la PNH affecté au
service de l’Unité Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO), ont prêté main forte à la
base des Chen Mechan.
9.
A partir du moment où les bandits armés du G-9 An Fanmi e Alye sont arrivés, les bandits
de la base des Chen Mechan ont aussi commencé à s’attaquer à la population. Alors, des membres
de la communauté ont été traqués chez eux. Certains bandits armés disposaient même de listes
de personnes à éliminer. Si ceux des 400 Mawozo recherchaient les personnes qui peuvent
fournir un support financier et économique à la base des Chen Mechan, les bandits des Chen
Mechan recherchaient pour leur part, des personnes qui, dans la communauté, se sont toujours
insurgées contre leurs agissements.
10. Les corps des personnes assassinées ont été jetés dans des puits d’eau et dans des latrines.
Des cadavres ont été hachés en menus morceaux. D’autres ont été carbonisés. Quelques-uns ont
aussi été jetés dans la Rivière Grise.
IV.
BILAN DETAILLE DES EVENEMENTS ENREGISTRES
Les pertes humaines et matérielles sont incommensurables.
11. Le présent bilan révise à la hausse les données qui avaient été recueillies par le RNDDH
et présentées dans le rapport préliminaire. Il fournit aussi les détails relatifs aux circonstances
dans lesquelles ces personnes ont été victimes.
12. Au moins cent-quatre-vingt-onze (191) personnes ont été assassinées lors des attaques
armées perpétrées par le gang des 400 Mawozo, dans le fief des Chen Mechan. Les victimes se
répartissent comme suit :
•
Cent-sept (107) hommes, soixante-seize (76) femmes, six (6) filles et deux (2) garçons.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
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•
Vingt-neuf (29) parmi les victimes étaient âgées de soixante (60) ans et plus, parmi elles,
dix-neuf (19) femmes et dix (10) hommes.
•
Trente-huit (38) victimes au moins, soit quatorze (14) de sexe féminin et vingt-quatre (24)
de sexe masculin, ont péri dans le feu mis à leur maison, par les bandits armés.
13. Suite à ce carnage, cent-cinquante-huit (158) enfants au moins sont devenus orphelins de
père, de mère ou de leurs deux (2) parents.
14. De plus, parmi les victimes recensées, au moins quarante-huit (48) ont été présentées au
RNDDH comme étant membres des gangs armés qui s’affrontaient.
A. Personnes assassinées présentées comme faisant partie de la population civile
15. Le RNDDH a pu recueillir les récits pour cent-quatre-vingt-six (186) parmi les
cent-quatre-vingt-neuf (191) personnes assassinées :
16. Le 24 avril 2022, Mislène NOISETTE, née le 16 juillet 1969 et mère de deux (2) filles se
trouvait chez elle à la Croix-des-Missions lorsque la zone a été prise d’assaut par des bandits
armés. Elle n’a pas voulu laisser sa maison avec les autres membres de sa famille. Elle a été
assassinée ;
17. Le 24 avril 2022, Fritzmond NOISETTE âgé de quarante-neuf (49) ans, père de trois (3) enfants
se trouvait chez lui au # 12, Ti Ginen, Croix-des-Missions lorsqu’il a été carbonisé. Il était malade
et ne pouvait se déplacer seul. Sa fille qui se trouvait aussi dans la maison a eu le temps de
prendre la fuite. Les bandits armés ont mis feu à la maison alors que Fritzmond NOISETTE était
à l’intérieur ;
18. Le 24 avril 2022, Arioly FRANCIQUE, âgé de quarante-cinq (45) ans, a été tué par balles dans
sa maison à Butte Boyer, en présence de ses trois (3) enfants, âgés respectivement de onze (11)
ans, sept (7) ans et de trois (3) ans. Ayant été informée de cet assassinat, une des sœurs de la
victime a pu récupérer les enfants mais a dû abandonner le cadavre dans la maison ;
19. Le 24 avril 2022, Ernst SANON, âgée de soixante-dix (70) ans, a été décapité puis calciné en
présence de sa conjointe, à l’intérieur même de leur maison située à Butte Boyer. Par la suite, les
bandits ont catégoriquement refusé de remettre le cadavre aux proches de la victime. Ils l’ont
calciné ;
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20. Le 24 avril 2022, Jean Wilbert JEAN-LOUIS alias Titi, né le 25 septembre 1974 dans la localité
de Cochon Gras dans le département du Sud-est, âgé de quarante-huit (48) ans et père d’un (1)
garçon a été assassiné puis calciné à la Croix-des-Missions, zone Anba Mapou ;
21. Le 24 avril 2022, vers 12 heures, Marthe CLERISIER a succombé à une crise cardiaque à
cause des détonations des armes à feu ;
22. Le 24 avril 2022, Tanya EMMANUEL, âgée de trente-quatre (34) ans et mère de deux enfants
a été tuée chez elle non loin de carrefour Shada ;
23. Le 24 avril 2022, Christiane NOATERE âgé de soixante-huit (68) ans et mère de six (6) enfants
se trouvait chez elle à Anba Mapou, à la Croix-des-Missions lorsqu’elle a été tuée ;
24. Les 23 et 24 avril 2022, Roseline BERNARD, fille de Christiane NOATERE enceinte de six (6)
mois a perdu son conjoint, son fils de treize (13) ans ainsi que sa mère. En effet, son conjoint
Wilfrid LECILIEN, né le 19 juin 1979 père de deux (2) enfants a été tué par balles alors qu’il entrait
chez lui à la Croix-des-Missions. Son fils Juvens Lécilien, né le 10 mars 2009 a été tué à Carrefour
Shada et sa mère Christiane NOATERE, née le 9 janvier 1954, a été tuée chez elle ;
25. Le 24 avril 2022, Julenerson PIERRE-LOUIS, âgé de trente-sept (37) ans, et père d’un (1) enfant
de huit (8) ans a brûlé vif à l’intérieur de sa maison, à Butte Boyer ;
26. Le 24 avril 2022, Loubens ALEXIS était chez lui à Butte Boyer lorsque les attaques ont
commencé. En tentant de fuir la zone, il a été surpris par des bandits qui l’ont tué avant de
mettre feu à ses restes ;
27. Le 24 avril 2022, Mercilia ADELSON, âgé de quatre-vingt-trois (83) ans se trouvait chez elle
à la Croix-des-Missions, zone Anba Mapou, # 3 lorsque l’attaque a été enregistrée. Très âgée et ne
jouissant plus de toutes ses facultés physiques et cognitives, elle n’a pu s’enfuir. Elle a été brulée
à l’intérieur de la maison ;
28. Le 24 avril 2022, Odette GUERRIER âgé de soixante-quinze (75) ans était chez elle à la
Croix-des-Missions, non loin du Tribunal de paix, accompagnée de sa fille Cherlie LAMANDIEU et
de ses deux (2) petites filles lorsque les attaques ont commencé. Dans un premier temps, elles se
sont abritées mais, alors que les tirs s’intensifiaient, elles ont décidé de prendre la fuite, comme
de nombreux riverains. Cherlie LAMANDIEU est sortie de chez elle avec ses deux (2) filles. Sa mère
Odette GUERRIER, très malade et ne pouvant se déplacer seule, a été secourue par un voisin.
Cependant, ce dernier a dû l’abandonner en cours de route ; Son cadavre n’a jamais été
retrouvé ;
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29. Le 24 avril 2022, Willy BIEN AIMÉ âgé de quarante-sept (47) ans, sa conjointe Dieulina
FANFAN âgée de trente-six (36) ans et sa fille Belinda BIEN AIMÉ âgée de dix (10) ans, ont tous été
tués à Anba Mapou, dans la Croix-des-Missions ;
30. Le 24 avril 2022, Lina JEAN, âgée de cinquante-trois (53) ans et mère de deux (2) enfants, a
été tuée à Butte Boyer ;
31. Le 24 avril 2022, Occelin JOSEPH, âgé de trente-neuf (39) ans, père de deux (2) enfants, se
trouvait chez lui au moment de l’attaque. Ne pouvant échapper à la fureur des gangs à cause
d’un handicap par suite d’un accident de motocyclette, il est resté coincé dans sa maison qui a
été incendiée. Son cadavre n’a jamais été retrouvé. Les enfants sont avec leur mère ;
32. Le 24 avril 2022, Cia GABRIEL, âgée de cinquante (50) ans et sa petite fille Ciara ALEXIS âgée
de neuf (9) ans ont brûlé vives chez elles à Butte Boyer. Au moment de l’attaque, croyant bien
faire, elles se sont barricadées chez elles. Les bandits armés ont alors mis feu à la maison. Cia
GABRIEL était mère de deux (2) enfants ;
33. Lors de l’attaque du 24 avril 2022, Steeven et Simon, deux (2) frères âgés respectivement
de vingt-trois (23) et vingt (20) ans, originaires d’Anse-à-Foleur installés dans la capitale pour
poursuivre leurs études supérieures, se trouvaient chez eux. Ils ont été tués, hachés puis
carbonisés à l’intérieur de la maison qui a été incendiée. Leur cousin qui se trouvait chez eux a
eu le temps de s’enfuir. Les bandits ont tiré dans sa direction mais il n’a pas été atteint. Steeven
et Simon habitaient au # 56, impasse François, Butte Boyer ;
34. Le 24 avril 2022, Pierre-Marie SILOME, âgé de cinquante (50) ans a été blessé par balle à
Butte Boyer. Il est décédé le 4 mai 2022 chez des proches à Cité Militaire, des suites de ses
blessures. Il était père de deux (2) enfants dont l’un réside en République Dominicaine ;
35. Le 24 avril 2022, dans la matinée, Ghislaine PIERRE âgée de quarante (42) ans a été tuée chez
elle à la Croix-des-Missions. Selon les témoignages de sa nièce, Ghislaine PIERRE n’a pas eu le
temps de prendre la fuite lorsque les bandits ont pris d’assaut sa zone de résidence. Son corps
n’a pas été retrouvé par sa famille ;
36. Le 24 avril 2022, Jacqueline MARTIN, âgée soixante-deux (62) ans, a été capturée à Butte
Boyer par des bandits qui l’ont tuée avant de mettre feu à son cadavre ;
37. Le 24 avril 2022, Kenneth DESROSIERS, âgée de cinquante-cinq (55) ans, mère d’Emmanuel
DESROSIERS âgé de vingt-cinq (25) ans et de Roosevelt DESROSIERS âgé de vingt-et-un (21) ans ont
tous trois (3) été assassinés. La maison où habitait cette famille a été complètement incendiée par
les bandits ;
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38. Le 24 avril 2022, Germaine SOUFFRANT, née en mars 1954 et mère de trois (3) filles a brûlé
vive à l’intérieur de sa maison à Butte Boyer. Selon le frère de la victime, elle dormait encore
lorsque les bandits ont mis feu à sa maison ;
39. Le 24 avril 2022, Estimène JEAN très âgée et mère de six (6) enfants, a été carbonisée dans
sa maison ;
40. Paulius JEAN, âgé de vingt-cinq (25) ans, vivait à Lakou 7 Kout Kouto. Sa famille n’a aucune
nouvelle de lui depuis le 24 avril 2022 ;
41. Depuis le 24 avril 2022, Chouma SANON, âgée de trente-cinq (35) ans et Garry SANON âgé
de vingt-cinq (25) ans sont tous deux (2) portés disparus. Ils vivaient à Shada avec leur sœur qui
depuis les événements, tente vainement d’entrer en contact avec eux ;
42. Depuis le 24 avril 2022, Pierre Maxo BELDOR, âgé de cinquante-six (56) ans et Davidson
BELDOR, né le 30 septembre 1992 sont portés disparus ;
43. Dans la nuit du 23 au 24 avril 2022, Mélody PIERRE a été assassiné à la Croix-des-Missions
par des bandits armés, alors qu’il se trouvait chez lui ;
44. Le 24 avril 2022, Herla HENRY, âgée de cinquante-sept (57) ans et mère de deux (2) enfants
a été assassinée. Elle vivait au # 108, Croix-des-Missions, à proximité du Tribunal. Ayant eu une
crise de tension, elle était paraplégique et n’a pas pu s’enfuir ; Sa maison a été pillée et elle a été
emmenée par les bandits armés. Depuis, la famille n’a aucune information d’elle ;
45. Le 24 avril 2022, Salnave JOSEPH, âgé de soixante-dix (70) ans a été tué chez lui à Butte
Boyer, selon une de ses nièces qui vivait avec lui depuis plus de dix (10) ans. Leur maison a été
complètement incendiée ;
46. Le 24 avril 2022, Elisna DERISTIL, âgée de cinquante-six (56) ans et sa fille Elsie LOUIS âgée
de seize (16) ans ont été tuées à la Croix-des-Missions, zone Wout Tè. Les victimes vivaient avec
une autre des filles de la dame Elisna DERISTIL. Elles essayaient de se sauver lors de l’attaque
mais n’ont pas réussi ;
47. Le 24 avril 2022 vers 6 heures du matin, Dieuvela JEAN LOUIS, âgé de seize (16) ans élève
de 9ème Année fondamentale était sortie vider les poubelles. A son retour, elle est tombée sur des
bandits qui envahissaient la zone. Elle a été giflée puis emmenée de force au bord de la Rivière
Grise. Elle a été décapitée et son corps carbonisé ; Jacqueson JEAN LOUIS, âgé de trente-huit (38)
ans, père de Dieuvela JEAN LOUIS a lui aussi été tué par balles le même jour. Son corps a été
carbonisé à côté de celui de sa fille ;
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48. Le 24 avril 2022, Xavier ORÉLUS, âgé de quarante (40) ans et père de trois (3) enfants a été
tué à Butte Boyer ;
49. Le 24 avril 2022, à la Croix-des-Missions, Jean Renel JEAN CHARLES, âgé de vingt-cinq (25)
ans, élève de Philo au Lycée François Guy Malary de la Croix-des-Missions a été assassiné ;
50. Le 24 avril 2022, à Wout Tè # 28, Croix-des-Missions, Therilia Pierre LOUIMA, âgée de
soixante-douze (72) ans et mère de six (6) enfants était chez elle lorsqu’elle a été assassinée par
des bandits armés ;
51. Le 24 avril 2022, Célimène PIERRE, âgée de cinquante-quatre (54) ans et mère de trois (3)
enfants a brulé vive à l’intérieur de sa maison à la Croix-des-Missions. Malade, elle n’a pas réussi
à s’enfuir et les bandits ont tout simplement mis feu à sa maison ; Felix MONIMA, âgé de
vingt-cinq (25) ans, élève de philo, fils de Célimène PIERRE, a aussi brûlé à l’intérieur de la
maison ;
52. Le 24 avril 2022, Junior MICHEL, né le 7 février 1986 et père d’un (1) enfant a essayé de
s’enfuir de sa maison à la Croix-des-Missions. Il a été tué par les bandits armés ;
53. Le 24 avril 2022, Jean THEODAS, âgé de quarante-cinq (45) ans et père de deux (2) enfants
était chez lui à la Croix-des-Missions lorsque des bandits armés ont envahi la zone. En tentant de
prendre la fuite, il a été abattu. Il était accompagné de son fils Jean Nelson THEODAS, âgé de
dix-sept (17) ans. Le corps sans vie et ensanglanté de Jean Nelson THEODAS a été retrouvé à Bon
repos le 26 avril 2022;
54. Le 24 avril 2022, Hérold JEAN, âgé de vingt-huit (28) ans et Ricardo GILLES âgé de dix-neuf
(19) ans ont brûlé vifs à l’intérieur même de leur maison à Wout Tè, dans la Croix-des-Missions.
Leur cousin qui vivait avec eux a eu la vie sauve, l’un des bandits ayant demandé aux autres de
ne pas le tuer parce qu’il vit avec une déficience motrice ;
55. Le 24 avril 2022, Chricilien GILOT âgé de soixante-seize (76) ans et père de sept (7) enfants,
vivait avec sa fille à la Croix-des-Missions, zone Anba Mapou # 3. Hypertendu, il a eu deux (2)
crises qui l’ont laissé paraplégique. Il se trouvait chez lui lorsque des bandits armés ont envahi
la zone. Ne pouvant pas bouger, il a demandé à sa fille de se sauver et de le laisser. Il a brûlé
avec sa maison ;
56. Dans la nuit du 24 au 25 avril 2022, Maxo PIERRE se trouvait chez une amie à Wout Tè
quand les tirs ont commencé. Selon cette dernière, Maxo PIERRE a pris sa moto pour rentrer chez
lui à Ti Ginen. Cependant, il n’est jamais arrivé à destination et, toutes les tentatives pour le
retrouver au téléphone sont restées vaines. Maxo PIERRE était âgé de trente-deux (32) ans ;
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57. Le 25 avril 2022, Judith PIERRE, âgée de vingt-huit (28) ans, se trouvait chez elle à Butte
Boyer lorsque la zone a été prise d’assaut. Elle a été tuée puis calcinée ;
58. Le 25 avril 2022, Robenson JOSEPH, âgé de quarante-deux (42) ans et père de deux (2) enfants
se trouvait à l’intérieur de sa maison lorsqu’il a été tué puis calciné ;
59. Dans la matinée du 25 avril 2022, Elysée MONDESIR né le 16 décembre 1974, père de
deux (2) enfants, prenait la fuite lorsqu’il a été capturé puis assassiné par des bandits armés
portant le T-shirt ded 400 Mawozo. Ses enfants ont eu la vie sauve parce qu’ils s’étaient enfuis
dans une direction opposée. Feu a été mis au cadavre d’Elysée MONDESIR ;
60.
Le 25 avril 2022, Justin PIERRE, âgé de soixante-neuf (69) ans a été tué à Carrefour Shada ;
61. Le 25 avril 2022, Jonas PETIT-FRERE se trouvait chez lui dans la localité de Ti Ginen, à
Shada, lorsqu’il a été a été assassiné ;
62.
Le 25 avril 2022, Fabiola PHILISTIN âgée de vingt-cinq (25) ans, a été tuée chez elle à Shada ;
63.
Le 25 avril 2022, Beslet FRITZ né le 23 mars 1996 a été tué à Shada, zone Koridò Djo ;
64. Le 25 avril 2022, Osner JOSEPH, père de cinq (5) enfants dont deux (2) filles, et Simon ainsi
connu, lui-même père de quatre (4) enfants, ont été tués alors qu’ils tentaient de s’échapper avec
des membres de leur famille respective. Selon sa conjointe, Osner JOSEPH a reçu une balle à la
tête ;
65. Le 25 avril 2022, Morphée SAINT LOUIS, âgé de cinquante-cinq (55) ans et père de deux (2)
enfants, a été tué chez lui. Selon sa fille, il ne voulait pas quitter la maison qui a été totalement
incendiée par les bandits ;
66. Le 25 avril 2022 vers 8 heures du matin, Guy BLANC, âgé de soixante-treize (73) ans a été
tué puis carbonisé à l’intérieur de sa maison située à Mapou. Il était père de six (6) enfants ;
67. Le 25 avril 2022 Ericka Samantha JEUDI, âgée de vingt-deux (22) ans a été tuée chez elle à
Butte Boyer ;
68. Le 25 avril 2022, Unel ANDRE, né le 23 avril 1979 et père de trois (3) filles a été tué à Lakou
7 kout kouto, dans la Croix-des-Missions. Au moment des faits, Unel ANDRE était en compagnie
d’un ami qui lui aussi a été tué puis calciné ;
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RNDDH – Rapport/A22/No8
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69. Le 25 avril 2022, à Butte Boyer, Jean LOUIS, âgé de quarante-sept (47) ans, père de cinq (5)
enfants dont trois (3) filles a été décapité. Ses restes ont été calcinés. Sa sœur qui habitait aussi
la zone l’avait conseillé de quitter les lieux, au début des attaques. Elle a eu pour sa part le temps
de s’enfuir avec ses trois (3) enfants dont un bébé de six (6) mois. N’ayant pas voulu partir, Jean
LOUIS a été capturé, décapité à l’aide d’une machette avant d’être carbonisé ;
70. Le 25 avril 2022, Guerson PIERRE, âgé de cinquante (50) ans a été décapité à l’aide d’une
machette. Feu a aussi été mis à ses restes, non loin de sa maison à Butte Boyer. Il était voisin de
Jean LOUIS ;
71. Le 25 avril 2022, Gertride ARISTILE, née le 20 janvier 1979 et mère de deux (2) enfants a été
assassinée chez elle à Shada, à la Croix-des-Missions. Ce jour-là, craignant pour sa vie et pour
celle de sa fille, elle est sortie de la maison et tentait de s’enfuir lorsqu’elle a été interceptée par
des bandits armés qui l’ont tuée avant de mettre feu à son cadavre ;
72. Le 25 avril 2022, Clautilde NEREUS a été tuée. Âgée de quatre-vingts (80) ans et mère de
quatre (4) enfants, elle habitait au # 19, Wout Tè, Croix-des-Missions, avec l’un de ses fils. Dans un
premier temps, elle avait refusé de quitter sa maison. Cependant, elle a dû changer d’avis en
raison de la virulence de l’attaque. En tentant de s’enfuir, elle a reçu une balle au sternum et est
morte sur le coup, selon ce qui a été rapporté à ses proches. Par la suite, son cadavre a été jeté
dans une des fosses communes creusées par les bandits ;
73. Le 25 avril 2022, Préscile BELLEVUE a été assassinée par balles. Âgée de quatre-vingts (80)
ans et mère de trois (3) enfants, elle vivait avec sa nièce à la Croix-des-Missions. Celle-ci ne se
trouvait pas chez elle au moment de l’attaque. Ainsi, Préscile BELLEVUE qui rencontrait des
difficultés à marcher toute seule, n’a pu prendre la fuite ;
74. Le 25 avril 2022 à Wout Tè, Madeleine BEMUS, âgée de cinquante-cinq (55) ans a été
carbonisée dans la maison de son fils ;
75. Mariette LAGUERRE vivait à Shada près de la pompe à essence National. Le 25 avril 2022,
des bandits de 400 Mawozo ont pénétré dans sa maison et lui ont tiré une balle à la tête. Elle est
morte à soixante (60) ans, laissant derrière elle cinq (5) enfants. Son corps a été mis en terre le 26
avril 2022 à Marin ;
76. Le 25 avril 2022, Leconte VOLTAIRE, né le 15 juin 1990 a été tué. Il vivait à l’impasse La Foi,
Butte Boyer. Après s’être caché à l’intérieur de sa maison durant toute la journée du 24 avril
2022, le lendemain, il tentait de quitter la zone avec sa famille lorsqu’il a été assassiné ;
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RNDDH – Rapport/A22/No8
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77. Le 25 avril 2022, Jean Roudy JEAN, né le 15 juin 1992, mécanicien et père de deux (2) fillettes,
a été assassiné. Il travaillait au garage dominicain situé à Wout Tè. Le jour de son assassinat, il
s’était rendu au garage. Sa conjointe n’ayant pas eu de ses nouvelles tout au long de la journée,
est allée le chercher. Arrivée sur les lieux, elle a constaté le cadavre de Jean Roudy JEAN,
ensanglanté, devant l’une des voitures qu’il réparait. Les bandits qui s’y trouvaient encore, lui
ont intimé l’ordre de quitter les lieux. Feu a été mis au garage ;
78. Le 25 avril 2022, Julienne JOANIS, son conjoint et leur fils de quatre (4) ans se trouvaient
chez eux à Butte Boyer lorsque soudainement, vers 8 heures du matin, une attaque armée a été
enregistrée. Le conjoint de Julienne JOANIS a eu le temps de prendre la fuite avec leur fils. Elle
a pour sa part été tuée et son corps a été calciné ;
79. Le 25 avril 2022, Jordany NORANDIN, âgé de trente-deux (32) ans a été tué dans sa maison
localisée à Wout Tè, à la Croix-des-Missions. Les bandits armés ont incendié la maison de la
victime alors qu’elle se trouvait encore à l’intérieur ;
80. Le 25 avril 2022, Hermane NEVIL, âgé de trente-quatre (34) ans et père d’un enfant de quatre
(4) ans a été assassiné à la Croix-des-Missions ;
81. Le 25 avril 2022, Anose EXAVIER, âgée de quarante-et-un (41) ans se trouvait chez elle
lorsqu’elle a été froidement abattue. Sa fille âgée de dix-huit (18) ans a eu le temps de s’enfuir en
courant ;
82. Le 25 avril 2022, Romandove PIERRE, âgé de vingt-deux (22) ans a été tué à Koridò Djo
d’après ce qu’a déclaré sa cousine qui habitait avec lui. La victime a été capturée par des bandits
armés qui l’ont froidement abattu. Sa cousine ainsi que le fils de cette dernière âgé de cinq (5)
ans ont pour leur part été épargnés ;
83. Rolson PHILISTIN, âgé de vingt-sept (27) ans a été assassiné à Shada non loin de la pompe
à essence. La victime n’était pas résident de la zone, selon des témoins rencontrés ;
84. Le 26 avril 2022, les conjoints Célanie MARTIAL et Adrien VERNE tous deux (2) âgés de
soixante-douze (72) ans ont été tués puis carbonisés. Ils se trouvaient chez eux lorsqu’ils ont été
assassinés. Avancés en âge, ils n’ont pas eu le temps de prendre la fuite ;
85. Le 26 avril 2022, Evelt PIERRE et sa sœur Marie PIERRE ont été tués. Selon les déclarations
de la conjointe d’Evelt PIERRE, les victimes ont été enterrées dans une des fosses communes
creusées par les bandits ;
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RNDDH – Rapport/A22/No8
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86. Depuis le 26 avril 2022, aucun membre de la famille de Christinl JEAN n’a de ses nouvelles.
Au moment de l’attaque Christinl JEAN se trouvait chez lui alors que son neveu qui vivait avec
lui, était aller acheter à manger ;
87. Le 27 avril 2022, Daphney LOUIS, âgée de trente-quatre (34) ans et mère de trois (3) enfants
a été assassinée à Shada ;
88. Le 27 avril 2022, Peterson TOUSSAINT âgé de dix-huit (18) ans, chauffeur de motocyclette,
a été tué par des bandits armés en tentant de fuir sa maison située à Wout Tè, Shada ;
89. Le 28 avril 2022, James VILSON, né le 18 octobre 1999 a été tué. Il vivait à la Croix-desmissions ;
90. Le 29 avril 2022, Hérisse JEAN BAPTISTE alias Tiga, aide-chauffeur de camion, a été
assassiné. Son cadavre a été remarqué par une de ses voisines. Selon les informations recueillies
de la part d’un cousin de la victime, Hérisse JEAN BAPTISTE alias Tiga s’était échappé avec sa
mère. Mais, arrivé à Shada, il laissa sa mère sur place pour aller récupérer son téléphone. C’est
alors qu’il a été assassiné ;
91. Le 1er mai 2022, Ducanesse SAINTINAT et Jérôme SAINTINAT respectivement père et fils ont
été assassinés à Wout Tè alors qu’ils tentaient de s’échapper ;
92. Le 2 mai 2022, Yves Laurent THOMAS âgé de trente-deux (32) ans, père d’un (1) petit garçon
de trois (3) ans, a été assassiné devant sa maison à Shada. Il tentait de s’échapper ;
93. Le 2 mai 2022, alors que des bandits s’affrontaient à Damien, plusieurs personnes ont été
assassinées. Parmi les victimes se trouve Marie Dianie JOSEPH, née le 26 septembre 1980. Elle
était mère d’une fille de quatorze (14) ans qui est à présent à la charge du frère de la victime ;
94. Le 2 mai 2022, Nadège JEAN BAPTISTE âgée de trente-quatre (34) ans, a été tuée dans sa
maison à la Croix-des-Missions. Elle était mère de deux (2) enfants ;
95. Le 2 mai 2022, Lucie BENOIT, née le 3 janvier 1950 à Jérémie a été tuée à Shada. Au moment
de l’attaque, elle n’a pu prendre la fuite car elle était très avancée en âge et souffrait
d’hypertension artérielle. La maison ou logeait la victime a été totalement incendiée ;
96.
Le 2 mai 2022, Romane DUMOND a été tué dans la zone de Wout Tè ;
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97. Le 2 mai 2022, Robenson EUGENE alias Ti Ga né le 10 novembre 1999, vivait à Shada. Lors
de l’attaque, il a été tué par balles dans l’enceinte-même de sa maison qui a par la suite été
incendiée ;
98. Le 3 mai 2022, les sœurs Elticia GELVARD et Estélivia GELVARD âgées toutes deux de
soixante-cinq (65) ans, ont été tuées puis carbonisées chez elles à la Croix-des-Missions, zone
Barbancourt. Le fils d’Elticia GELVARD, lui-même ouvrier maçon était allé travailler à Delmas 75
ce jour-là. Il a été appelé par un voisin qui lui a conseillé de ne pas rentrer chez lui. La maison
où il habitait avec sa mère et sa tante, a été incendiée ;
99. Le 5 mai 2022, Vilès, un employé de l’entreprise AVIS, a été assassiné. Durant les
affrontements, il s’était réfugié sur la place de Clercine. Ayant entendu dire qu’il y avait une
trêve, le 5 mai 2022, il s’est rendu dans le quartier de Butte Boyer, à l’impasse François, dans le
but de récupérer quelques effets. Il était alors accompagné d’une dame enceinte de six (6) mois.
Des hommes armés trouvés sur place l’ont froidement abattu mais ont décidé de laisser la vie
sauve à la dame ;
100. Le 5 mai 2022, Pouchy OFIN, né le 15 décembre 1999, accompagné de sa nièce Laurie
CHARLES, née le 15 octobre 2015, tentaient d’échapper à la fureur des gangs lorsqu’ils ont été
capturés par des bandits armés. Ils ont été tués, puis feu a été mis à leur cadavre. La mère de la
fillette qui est aussi sœur de Pouchy OFIN, affirme avoir photographié l’emplacement où les
corps ont été calcinés ;
101. Le 5 mai 2022, Jean JULES né le 5 décembre 2001 a été tué à Carrefour Shada ;
102. Le 5 mai 2022, Marcus JOSEPH âgé de soixante (60) ans a été tué puis carbonisé à Shada ;
103. Le 6 mai 2022, Idermane JEAN BAPTISTE, âgé de quatre-vingt-sept (87) ans se trouvait chez
lui au # 58, Butte Boyer 11 lorsqu’il a été carbonisé, à l’intérieur même de sa maison ; Selon ce
qu’a rapporté son fils, Idermane JEAN BAPTISTE ne voulait pas sortir de chez lui ;
104. Le 9 mai 2022, Youseline JOSEPH, née le 12 avril 1992 et mère d’une (1) fillette, a été tuée à
Shada. Ce jour-là, son conjoint avait emmené leur fille à Cazeau chez une parente. Au retour de
ce celui-ci, il n’a pas pu entrer chez lui, la zone ayant été alors occupée par des bandits armés.
Le 13 mai 2022, il a simplement constaté que feu a été mis à sa maison ;
105. Widlyne DERIVAL, mère d’une fillette de treize (13) ans, a été tuée. Sa fille est aujourd’hui
à la charge de sa tante ;
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106. Le 5 mai 2022, Claudin LECTOR, âgé de dix-neuf (19) ans se cachait chez lui au # 40, Wout
Tè, Shada, au moment des attaques. Des bandits se sont introduits dans sa maison et l’ont
assassiné. Son corps a été calciné ;
107. Joubert CICERON âgé de trente-quatre (34) ans, père de trois (3) enfants âgés respectivement
de treize (13) ans, onze (11) ans et quatre (4) ans, a été tué chez lui à Shada. Son cadavre a brûlé
avec sa maison ;
108. Licia PIERRE a été calcinée vive dans sa maison située à Shada Wout tè. Elle était mère de
trois (3) enfants ;
109. Léon LEBLANC, âgé de soixante-huit (68) ans, a été assassiné puis carbonisé à Shada. Après
avoir travaillé au parlement haïtien, il était devenu entrepreneur. Selon plusieurs riverains, il a
été systématiquement recherché par les membres du gang des 400 Mawozo qui le soupçonnaient
de financer la base des Chen Mechan ;
110. Annezan CHRISTOPHE, âgé de quarante (40) ans a été tué à Santo 22. Il était chez lui au
moment où il a été assassiné par les bandits ;
111. Robert GUSTAVE, âgé de vingt-neuf (29) ans a été décapité à Lakou 7 Kout Kouto à la
Croix-des-missions ;
112. Joanel AUGUSTIN, âgé de trente-deux (32) ans a été décapité puis calciné à Butte Boyer ;
113. Stéphane NICOLAS, âgé de quarante-deux (42) ans a été assassiné à Butte Boyer ;
114. Nadine CHARLES, âgée de trente-et-un (31) ans a été assassinée à carrefour Saint-Martial,
zone Butte Boyer ;
115. Richard GUILLAUME, âgé de trente-huit (38) ans a été assassiné à Butte Boyer ;
116. Jeanty LAROSE, un passant qui ne résidait pas dans la zone du conflit, a été assassiné à la
Croix-des-Missions ;
117. Mercidieu JOSEPH âgé de quarante-quatre (44) ans et Céline RICHARD âgé de dix-sept (17)
ans sont morts calcinés à l’intérieur de leur maison sise à Wout Tè ;
118. Ghislaine ANTENUS, âgée de soixante-douze (72) ans a été calcinée vive dans sa résidence à
Ti Ginen, dans la Croix-des-Missions. Au moment de l’assaut, elle ne pouvait prendre la fuite car
elle souffrait de fortes douleurs et ne pouvait pas se déplacer seule ;
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RNDDH – Rapport/A22/No8
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119. Beliot CAJUSTE âgé de cinquante-six (56) ans, est mort calciné à l’intérieur de sa maison avec
ses deux (2) enfants à savoir Wislet CAJUSTE âgé de trente-six (36) ans et Marie Maude CAJUSTE
âgée de vingt-trois (23) ans ;
120. Soirilia JOSEPH et Soirilie JOSEPH sont deux (2) sœurs jumelles âgées de quatre-vingt-six (86)
ans qui ont été calcinées dans leur maison sise à la Croix-des-Missions, zone Dèyè Simityè ;
121. Linda DESROSIERS a reçu une balle et en est morte. Elle était la grand-mère d’une orpheline
qui vivait avec elle à la Croix-des-Missions, non loin de la succursale de la Banque Nationale de
Crédit (BNC). Aujourd’hui, la petite-fille de Linda DESROSIERS, élève en Nouveau Secondaire 3
(NS3) se retrouve seule au monde. Elle a été accueillie par une amie ;
122. Jeanicie LAMARQUE âgée de soixante (60) ans vivait à Wout Tè avec l’une de ses filles qui
s’était rendue à Petit-Goâve, avant les affrontements. Ayant appris ce qui s’était passé, elle est
retournée à Wout Tè, à la recherche de sa mère. C’est ainsi qu’elle a appris que Jeanicie
LAMARQUE a brûlé avec la maison ;
123. Fidnerson PIERRE-NOËL, un menuisier qui habitait près du Tribunal de paix de la
Croix-des-Missions a brûlé vif avec sa maison ;
124. Jacques THELUS s’était caché chez lui, lorsque des bandits armés ont pénétré sa maison.
En tentant de s’enfuir, il a été froidement abattu ;
125. Israël JEAN PAUL âgé de trente-trois (33) ans et père d’une fillette de quatre (4) ans, a été
assassiné au moment où il tentait de retourner chez lui, en vue de récupérer une somme d’argent
qu’il n’avait pas eu le temps d’emporter lorsqu’il avait abandonné sa maison avec précipitation,
le premier jour de l’attaque ;
126. Oreste LAFALAISE, âgé de soixante-quatre (64) ans, père de trois (3) enfants, a été tué à Butte
Boyer ;
127. Rosemonde ELCIRIN âgée de trente-huit (38) ans et mère de trois (3) enfants se trouvait chez
elle à Koridò Djo, Croix-des-Missions lorsqu’elle a été emmenée de force au bord de la Rivière Grise
où elle a été tuée.
128. Similorme HENRY était chez lui à Butte Boyer 6 lorsque des hommes armés ont envahi la
zone, tirant dans toutes les directions. Profitant d’un moment de calme, sa conjointe a pris la
fuite avec leur bébé de trois (3) mois, laissant Similorme HENRY dans la maison. Quelques jours
plus tard, la conjointe de la victime a simplement constaté que leur maison a été incendiée. Le
corps de son mari n’a pas été retrouvé ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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129. Judeline NAZAIRE, Silia TICEL et Siliana LEBLANC sont trois (3) marchandes ambulantes
portées disparues depuis les événements. Elles avaient l’habitude de se rendre à Santo, Shada
et à la Croix-des-Missions pour écouler leurs marchandises. Selon leurs fournisseurs, les membres
de leur famille n’ont pas retrouvé leur trace ;
130. Watson DÉBOIS n’a pas voulu quitter sa maison, contrairement à sa conjointe qui a eu le
temps de prendre la fuite avec leur fille âgée d’un (1) an. Elle n’a jamais reçu des nouvelles de
Watson DÉBOIS ;
131. Stéphanie CHARLES, âgée de vingt-six (26) ans est portée disparue selon sa famille qui
affirme ne pas avoir de ses nouvelles depuis les événements. Elle habitait à Butte Boyer ;
132. Le 2 mai 2022, Micheline PIERRE, une buandière, a laissé sa maison à Shada pour n’y jamais
revenir. Malgré les nombreuses recherches effectuées par sa famille, elle n’a pas été retrouvée ;
B. Personnes assassinées, présentées comme étant des bandits
133. Selon des riverains rencontrés dans le cadre de cette enquête, dans les deux (2) camps qui
se battaient, des bandits armés ont aussi été tués. Certaines personnes tuées chez elles, dans la
communauté, ont aussi été présentées soit comme des proches des bandits armés, soit comme
ayant été recherchées par les bandits armés, en raison de leur lien avec le gang adverse. Voici
les informations qui ont été communiquées au RNDDH en ce sens :
134. Le 24 avril 2022, dix-sept (17) jeunes femmes qui se trouvaient dans un motel à Nan Galèt,
zone Butte Boyer, ont été surprises par le gang des 400 Mawozo qui leur reproche de faire partie
de la base Koko Fè réputée proche de la base des Chen Mechan. Elles ont été assassinées avant
d’être jetées dans des puits d’eau et des latrines. D’aucuns affirment qu’elles ont aussi été violées
avant d’être tuées. Voici le nom complet de treize (13) parmi elles :
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Sophia BELLEVUE
Junette BRILLANT
Marie Claire CLERGE
Marie-Ange DOMINIQUE
Marie-Rose HYPPOLITE
Tamara MOÏSE alias Manman Baz
Jacqueline PIERRE
Pierre Rose PREVOST
Dieuline RICHEMOND
Marie Fifi RENE alias Tifi
Mamoune SAINT HUBERT
Schneidine SAINT LOUIS
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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•
Lunise TIMOTHEE
135. Dans les échanges de coups de feu, treize (13) personnes présentées comme étant proches
de la base des Chen Mechan, ont été assassinées. Il s’agit de :
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Jean Félix ALCINDOR
Frantz AUGUSTIN
Danise EXANTUS
Bernado FERVIL
Cajoux FRENEL
Saint Frant GUYVAUD
Bellefort JEAN JULES
Enock JEAN LOUIS
Antonite JEAN PIERRE
Marie Chantale JOSEPH
Léonise NAPOLÉON
Judenel PHATON
Gérald PHILOGÈNE
136. Il est aussi reproché à Claudy CELESTIN alias Chen Mechan, connu encore sous le nom de
Stevenson PIERRE, chef de la base des Chen Mechan, d’avoir de ses propres mains, assassiné sept
(7) parmi les membres de sa base. Certains riverains estiment qu’ils ont été assassinés pour avoir
avoué ne plus pouvoir continuer à se battre. D’autres ont cependant affirmé qu’ils ont été
démasqués par Claudy CELESTIN alias Chen Mechan comme étant des traitres. Le RNDDH a pu
recueillir le nom de trois (3) parmi eux :
•
•
•
Dagobert DORLUS alias Demon
Roodson DUVEAU
Junior JEAN alias Dread Janjan
137. Claudy CELESTIN alias Chen Mechan a également exécuté André DEMOSTHERNES en date
du 4 mai 2022. Il a reproché à celui-ci d’avoir fourni nourriture aux bandits des 400 Mawozo
pendant les affrontements. Un adolescent qui se trouvait aussi avec André DEMOSTHENES dans
sa maison, a subi le même sort qu’André DEMOSTHERNES : il a été tué puis calciné.
138. Il a aussi été rapporté au RNDDH que des membres du gang armé des 400 Mawozo ont
aussi été tués. Il s’agit de :
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•
Henry AUCIEL
Wisny BAROMETRE
Olrich EMILE alias Pè Lebrun
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•
Jean Marie FORTUNE
Antoine LOISEAU
Roodson MIDY
Stéphane MONPREMIER
139. Pour sa part, Olrtich EMILE alias Pè Lebren a reçu une balle dès le premier jour des
affrontements. Il se trouvait à Butte Boyer lorsqu’il a été blessé. Le 25 avril 2022, les bandits de
Chen Mechan ont mené une nouvelle attaque dans la zone qui était alors occupée par les bandits
de 400 Mawozo, ce qui a obligé les proches d’Olritch EMILE alias Pè Lebren de l’emmener à Cité
Doudoune, au fief du gang armé dirigé par Dominique, lui-même allié des 400 Mawozo.
140. Les bandits de la base des Chen Mechan les ont traqués et Olritch EMILE alias Pè Lebren a
été capturé pour être décapité. Sa tête a été emportée et feu a été mis à ses restes.
141. Par ailleurs, le commissariat de Tabarre a affirmé que deux (2) bandits ont été tués lors
d’une intervention policière et qu’un (1) troisième a été lynché par la population.
C. Femmes victimes de viols
142. Il a été signalé que de nombreuses femmes ont été violées avant d’être tuées. Tel est le cas
par exemple des dix-sept (17) femmes membres de la base Koko Fè, surprises par les bandits du
gang des 400 Mawozo dans un motel. Elles ont été toutes violées avec beaucoup de violences
avant d’être assassinées, selon les riverains.
143. D’autres victimes de viols collectifs ont aussi été recensées. Par exemple, le lundi 2 mai
2022, les bandits ont envahi la zone de Shada, tuant les hommes sur leur passage. J.P. était chez
elle avec son conjoint et sa fille de onze (11) mois. Ayant cru que seuls les hommes étaient
exécutés, elle a proposé à son conjoint de se cacher sous des vêtements, en-dessous du lit.
Lorsque les bandits armés sont arrivés chez elle, ils l’ont violée à plusieurs reprises. Le mari qui
était caché sous le lit, a vécu ce viol collectif alors que la fillette pour sa part, n’arrêtait pas de
pleurer.
D. Personnes blessées
144. Au sein de la population civile, plusieurs personnes ont été blessées par balles ou à l’arme
blanche. Certaines ont même été laissées pour mortes. Voici quelques exemples :
145. Jeantilus DECIALUS, se trouvait dans sa maison au moment où les bandits ont tiré en
direction de sa conjointe. C’est cependant lui-même qui a reçu le projectile ; Il a été soigné dans
un centre hospitalier ;
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146. Viviane JOSEPH, âgée de quarante-deux (42) ans, vivait à Koridò Djo, dans la
Croix-des-Missions. En essayant d’échapper à l’attaque des gangs armés, elle a été interceptée par
les bandits. L’un d’entre eux lui a donné un coup de machette au pied. Elle est grièvement
blessée ;
147. Il a aussi été rapporté au RNDDH que des bandits sont sortis blessés lors de ces
affrontements. Par exemple :
•
Roodisson CHARLES a été atteint d’une balle à l’épaule, une autre balle lui a effleuré la
tête. Il est actuellement sous le contrôle de la SDPJ ;
•
Junior Steeve JEAN BAPTISTE a été atteint d’une balle à la jambe, il est incarcéré à la Prison
civile de la Croix- des-Bouquets.
E. Maisons pillées et / ou incendiées
148. Les bandits des 400 Mawozo ainsi que ceux de la base des Chen Mechan avaient décidé de
mettre la Plaine du Cul-de-Sac à feu.
149. Toutes les maisons de Butte Boyer devaient d’abord être passées au peigne fin par la base
des Chen Mechan avant de partir en fumée. L’individu, au sein de cette base, chargée de cette
tâche, est connu sous le nom de Kesny.
150. Quatre-vingt-un (81) maisons au moins ont été pillées et / ou incendiées dans les zones
attaquées. Le RNDDH a pu s’entretenir avec soixante-quinze (75) parmi les victimes,
propriétaires ou locataires :
151. Jacqueline ALEXIS vivait à l’impasse La Foi, Butte Boyer. Le 25 avril 2022, elle a fui sa
maison. Quelques jours plus tard, elle est retournée chez elle avec l’intention de récupérer
quelques effets personnels. Elle a constaté que sa maison a été incendiée ;
152. Nalia ANTOINE s’est réfugiée à Pétion-Ville chez un proche avec ses deux (2) garçons. Sa
maison de deux (2) pièces a été incendiée ;
153. Le 24 avril 2022, des bandits des 400 Mawozo ont incendié plusieurs maisons dont celle de
Maniette ADME située au # 15, impasse Gernado, Butte Boyer ;
154. Idamène JOSEPH habitait au # 28 Wout Tè, Croix-des-Missions. Le 24 avril 2022, sa maison a
été incendiée par des bandits armés ;
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155. M.D. vivait au # 56 impasse François, Butte Boyer. Il se trouvait au marché de la Croix-desMissions au moment de l’attaque du 24 avril 2022. Sa maison a été incendiée ;
156. Le 24 avril 2022, Joseph Julio ELASME a fui sa maison de justesse avec sa conjointe et sa
fille de treize (13) ans. Trois (3) jours plus tard, un voisin lui a appris que sa demeure localisée à
l’impasse Guerrier, a été incendiée ;
157. Le 24 avril 2022, Servilia JOSEPH, mère de quatre (4) enfants, commerçante, s’était rendue
au marché de viande à Damien, dans la Croix-des-Missions en vue de renouveler son stock de
marchandises, lorsque des bandits armés ont attaqué Shada. A son retour du marché, elle ne
pouvait même pas regagner sa demeure, la zone ayant été complètement bouclée. Elle a dû
rebrousser chemin, a dormi quelque temps dans les rues avant de trouver refuge chez une
belle-sœur à Jérusalem 3. Sa maison a été incendiée ;
158. R.J. âgé de soixante-deux (62) ans vivait à Shada, dans la Croix-des-Missions. Il a pris la fuite
le 24 avril 2022 pour apprendre, quelques jours plus tard que sa maison ainsi que tout ce qui s’y
trouvait ont été incendiés ;
159. Mimose MONIMA, née le 3 septembre 1984 et mère de deux (2) enfants habitait à la
Croix-des-Missions, avec sa mère Célimène PIERRE et son frère, Félix MONIMA au dos du Tribunal
de paix. Sa maison a été incendiée le 24 avril 2022. Sa mère et son frère ont péri dans le feu ;
160. P.G., maçon de profession, était propriétaire d’une maison située au # 46, Marécage
prolongé, Butte Boyer. Lors de l’attaque du 24 avril 2022, sa maison a été totalement incendiée.
Il a perdu toutes ses affaires y compris ses outils de travail ;
161. A.C., né le 10 juillet 1970 père de cinq (5) enfants habitait à Koridò Djo, à la
Croix-des-Missions. Sa maison a totalement brûlé le 24 avril 2022;
162. M.G. vivait au # 3, Anba Mapou, Croix-des-Missions. Elle s’est échappée de sa maison le 24
avril 2022. Elle a appris que celle-ci est totalement partie en fumée ;
163. Le 25 avril 2022, Florence JACQUES a dû demander aux individus armés postés devant sa
maison localisée au # 9 impasse Cangé, Butte Boyer, l’autorisation de quitter la zone, avec
d’autres membres de sa famille, dont un bébé. A son retour le 6 mai 2022, elle n’a trouvé que les
ruines de sa maison ;
164. Le 25 avril 2022, Hérode JEAN BAPTISTE a quitté sa maison avec sa famille. Le 5 mai 2022,
son frère l’a informé que sa maison située à Wout Tè, Shada # 24, a été incendiée. Il a pu le
constater de ses yeux, le lendemain ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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165. Le 25 avril 2022, la maison d’Elizabeth MONDESIR a été incendiée par des bandits armés
portant le T-shirt des 400 Mawozo ;
166. M.B. âgée de soixante-quatorze (74) ans vivait seule à la Croix-des-Missions. Elle s’est enfuie
le 25 avril 2022. Quelques jours après, elle est retournée chez elle, récupérer quelques effets
personnels. Elle a alors constaté que sa maison a entièrement brûlé. Et selon ses dires, cinq (5)
autres maisons qui se trouvaient à proximité de la sienne, ont également été incendiées ;
167. Le 30 mars 2022, Tertilia TALON a payé les frais de location de sa maison située à l’impasse
Guerrier, Butte Boyer. Le 25 avril 2022, elle a abandonné sa maison avec sa fille de seize (16) ans.
La maison a été totalement incendiée ;
168. Le 25 avril 2022, la maison de Patricia TOUSSAINT a été incendiée par des bandits armés.
Elle est souffrante et son conjoint Jean BOYER, ayant perdu la vue, vit avec une incapacité
sensorielle.
169. Le 26 avril 2022, la maison de Jolina SENAT, localisée à Lakou Samson, Butte Boyer est
complètement partie en fumée. Jolina SENAT est une commerçante qui a aussi tout perdu ;
170. Le 26 avril 2022, Luckner ALMEZIS, sa conjointe ainsi que ses quatre (4) enfants ont dû
quitter leur maison localisée au # 39, impasse Litane, pour échapper aux attaques armées.
Celle-ci est totalement partie en fumée ;
171. Marie Ange FENELUS a affermé une maison sise au # 30, Lakou Sonson, Butte Boyer,
Croix-des-Missions. Le 26 avril 2022, elle a abandonné sa maison pour apprendre par la suite
qu’elle a entièrement brûlé ;
172. Arlène COLASTON, âgé de soixante-cinq (65) ans vivait à l’impasse François, zone Marécage,
Butte Boyer. Elle a dû laisser sa maison le 24 avril 2022 et s’est réfugiée sur la place publique de
Clercine. Elle est retournée chez elle le 28 avril 2022 et a même pu récupérer quelques effets
personnels ainsi que des pièces d’identité. Elle a appris par la suite par une voisine, que sa
maison a été totalement incendiée ;
173. Yliana APREDIEU est restée chez elle avec ses cinq (5) enfants, à Shada Wout Tè du 24 avril
jusqu’au 2 mai 2022 date à laquelle elle avait finalement décidé de s’en aller. Sa maison a été
incendiée. Elle se trouve actuellement chez un proche à Jérusalem 3 ;
174. Castana GERMAIN vivait dans une cour à Butte Boyer qui avait plusieurs maisons. Le 6
mai 2022, elle a constaté que sa maison ainsi que cinq (5) autres avaient été incendiées ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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175. Greny ETIENNE résidait au quartier de Santo 2 prolongé zone Wout Tè. Le 2 mai 2022, sa
maison a été incendiée ;
176. Le 2 mai 2022, la maison de Guerline NOËL a été totalement incendiée à Carrefour Shada.
Cette dernière est mère de deux (2) garçons âgés respectivement de seize (16) et douze (12) ans ;
177. Dalusnah TELUSMAH vivait avec sa famille dans une maison sise à Wout Tè, Shada. Le 2
mai 2022, ils se sont enfuis et ont par la suite appris que leur maison a entièrement brûlé ;
178. Le 3 mai 2022, Santo 2 prolongée, la localité où habite Dieulourde OMISCAR a été prise
pour cible par des membres du gang armé des 400 Mawozo. Au cours de cette attaque, la maison
familiale des OMISCAR a été incendiée. Les membres de cette famille ont pu s’échapper de
justesse ;
179. Le 3 mai 2022, la maison de Céseline CHARLES située à la Croix-des-Missions a été incendiée.
Elle s’est réfugiée à Gérald Bataille chez une amie avec son garçon de onze (11) ans ;
180. Vilson PREVALUS est père de deux (2) enfants. Ils habitaient une maison située à impasse
Cangé, Butte Boyer. Le 4 mai 2022, celle-ci a été incendiée ;
181. Le 5 mai 2022, Wilson PREVALUS avait décidé de se rendre chez lui à Butte Boyer 11. A son
arrivée sur les lieux, sa maison était encore en feu. Wilson PREVALUS est père de quatre (4) enfants
et vit actuellement sur la place de Clercine mais il passe la nuit à l’Eglise Eben Ezer. Il est le frère
jumeau de Vilson PREVALUS.
182. Génite BAYARD avait loué une maison à Shada, Wout Tè et vivait avec ses trois (3) enfants
dont deux (2) filles. Lors des affrontements, elle est allée se cacher dans une église située à Koridò
Djo. Le 5 mai 2022, elle a constaté que sa maison a été incendiée ;
183. Le 5 mai 2022, la maison de Remice LECTOR située au # 40, Wout Tè, Shada a été incendiée.
Le cadavre de son cousin Claudin LECTOR âgé de dix-neuf (19) ans a également brûlé avec la
maison ;
184. Le 5 mai 2022, certains proches de Rodrigue RESIL lui ont annoncé que sa maison a été
incendiée. Le 6 mai 2022, il s’est rendu sur les lieux et a pu en constater les cendres ;
185. Le 5 mai 2022, la maison de Joseph CADET est partie en fumée. Elle était localisée à Butte
Boyer 11, zone Gran Lakou ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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186. Le 5 mai 2022 vers 9 heures, J.M.C. se trouvait dans sa maison en train de prendre quelques
effets lorsque quinze (15) des bandits de Chen Mechan armés de machettes, couteaux et d’armes
à feu sont apparus. Ti mal ainsi connu membre de la base des Chen Mechan l’a menacé de son
arme et l’a sommé de partir. Feu a été mis à sa maison ;
187. K.J. B. possédait une maison de quatre (4) pièces, située à l’impasse Cangé, Butte Boyer, sur
une vaste propriété qui comptait aussi d’autres résidence de la même famille. Le 5 mai 2022 vers
9 hres, l’un de ses cousins s’est rendu dans sa propre maison située également sur ce même
terrain, il a surpris les hommes de Chen Mechan en train de mettre le feu partout. Plus de
trente-cinq (35) maisons ont été réduites en cendre dans ce même espacedont celle de K.J.B. ;
188. Natacha JEAN BAPTISTE vivait avec ses deux (2) filles et une (1) nièce dans une maison sise
à Butte Boyer 11. Le 5 mai 2022, elle a surpris les hommes de Chen Mechan en train d’incendier
des maisons au carrefour de Butte Boyer. Le lendemain, elle est revenue dans la zone et a
constaté que sa maison n’a pas été épargnée ;
189. La maison de Gentil JEUNE a été incendiée en date du 5 mai 2022 à Carrefour Marassa au
cours d’un assaut du gang armé des 400 Mawozo. Gentil JEUNE se trouvait au moment des faits,
dans le garage où il travaille. Feu a aussi été mis à deux (2) voitures qui lui ont été confiées pour
réparation par des clients : Il s’agit d’un véhicule de marque Toyota Rav 4, année 2008, de
couleur rouge, immatriculée 34108 et d’un Tracker de couleur noire. Sa conjointe ainsi que leurs
deux (2) enfants se sont sauvés de justesse ;
190. Après avoir abandonné sa maison à Gran Lakou, Butte Boyer, le 25 avril 2022, Molène JILUS
a appris que celle-ci a été totalement incendiée le 5 mai 2022 ;
191. M.C. était propriétaire d’une maison de sept (7) pièces, localisée au # 10, Rivière Grise,
Shada. Le 25 avril 2022, elle s’est échappée avec ses enfants. Le 6 mai 2022, elle a appris que sa
maison a entièrement brûlé. Retournée dans la zone quelques jours plus tard, elle n’en a trouvé
que l’emplacement ;
192. Le 6 mai 2022, la maison de Brignol JEAN BAPTISTE située au # 58, Butte Boyer 11 a été
incendiée ;
193. Marie Nicole CLÉMENT habitait à Lakou Samson, Croix-des-Missions. Sa maison ainsi que
tout ce qu’elle possédait, ont été incendiés ;
194. Sterlin CYPRIEN vivait à Butte Boyer, Gran Lakou avec sa mère. Ils ont dû quitter la zone
pour échapper au carnage. De retour le 6 mai 2022, Sterlin CYPRIEN n’a pu constater que les
ruines de sa maison incendiée ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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195. Daphney DOMOND, mère de deux (2) enfants, est retournée chez elle le 6 mai 2022 et a
trouvé les ruines de sa maison complètement incendiée ;
196. La maison d’Emmanuel DESSALINES, orphelin, âgé de vingt-quatre (24) ans, réparateur de
motocyclettes ainsi que son petit commerce, localisés à l’impasse Guerrier, ont été totalement
incendiés ;
197. Rosemithe FRANCILUS, mère de cinq (5) enfants dont trois (3) filles, a perdu sa maison qui
a été totalement incendiée par les bandits. Elle habitait à Butte Boyer, impasse Cangé prolongée ;
198. La maison où vivait Michaëlle GRACIA avec sa mère à Shada près de la Banque Nationale
de Crédit (BNC), a été complètement incendiée ;
199. Grégory Pierre JEAN est père de deux (2) filles. Il habitait dans une maison située à
l’impasse Rivière Grise, Croix-des-Missions depuis vingt-deux (22) ans. Celle-ci est totalement
partie en fumée ;
200. Madeline JEAN vivait à Wout Tè, dans la Croix-des-Missions. Elle a profité d’un moment de
calme pour fuir la zone, avec ses enfants. Revenue après quelques jours, elle a constaté que sa
maison a été entièrement incendiée ;
201. Samuel JEAN BAPTISTE, propriétaire de Horizon Pest Control Services, habitait à l’impasse
Léonord, Butte Boyer. Sa résidence ainsi que son entreprise ont été incendiées ;
202. Après avoir passé huit (8) jours, enfermée dans sa maison à Wout Tè, Nahomie JEAN PIERRE
s’est échappée de justesse avec ses deux (2) filles. Feu a été mis par la suite dans plusieurs
maisons dont celle de Nahomie JEAN PIERRE ;
203. Marie Jordina JORDONNE, mère de deux (2) enfants dont un bébé de sept (7) mois habitait
à Butte Boyer. Elle possédait un dépôt de produits cosmétiques, situé devant sa maison. Celle-ci
ainsi que le dépôt en question, sont partis en fumée ;
204. A.J. a fui sa maison située au #60, Wout Tè, Shada. Elle a emmené ses enfants en province
en n’emportant que quelques effets personnels. Quelques jours plus tard, elle a appris par sa
cousine que sa maison est partie en fumée. Elle s’est rendue sur place pour constater les dégâts
de ses propres yeux. Elle était propriétaire d’une boutique contiguë à sa maison qui pour sa
part, a été pillée ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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205. Ismaël JOSEPH habitait à Tabarre 9, près de la résidence de Chariot CASIMIR. Sa maison,
celle de Chariot CASIMIR ainsi que cinq (5) autres maisons localisées dans la même zone, ont été
incendiées ;
206. Philomène JOSEPH habitait à Shada, à l’entrée de Wout Tè, zone lòt Bò Pon, # 60. Elle est
partie pour échapper aux attaques armées ; Elle a appris par la suite que sa maison a été
totalement incendiée ;
207. Alex LAFALAISE, né le 1er juillet 1966 et père de trois (3) enfants habitait au # 36, Butte Boyer,
à proximité du Tribunal de paix. Sa maison a été totalement incendiée ;
208. Anite LOUIS habitait au #16 Wout Tè avec sa fille de dix (10) ans et son garçon de six (6)
ans. La maison qu’elle a louée ainsi que son dépôt de produits alimentaires ont été incendiés.
Elle a dû se séparer de ses enfants ;
209. La maison de Synda MATHURIN, située à Shada zone Wout Tè, a été incendiée ;
210. Saintilia MILIEN a affermé une maison à Butte Boyer. Celle-ci a été incendiée ;
211. La maison de Félicia NELSON située au # 29, impasse Cangé, Butte Boyer, a été incendiée
par des membres du gang des 400 Mawozo ;
212. Natacha NOATÈRE, née le 12 mai 1977 et mère de sept (7) enfants habitait à Anba Mapou,
dans la Croix-des-Missions. Le 24 avril 2022, sa maison a été totalement incendiée ;
213. Jacquelin NOËL vivait à Butte Boyer dans une maison qu’il a affermée. Feu a été mis à
celle-ci ;
214. La maison dans laquelle habitait J.L.C.P. se trouvait à proximité de celle d’un membre de
la base des Chen Mechan. Les bandits des 400 Mawozo y ont mis feu et celui-ci s’est propagé à la
maison de la victime ;
215. Marie Maude RICHE âgée de quarante-six (46) ans vivait avec son mari et ses cinq (5) enfants
à Wout Tè, Shada. Elle a dû fuir la maison avec ses enfants pour se réfugier à Jérusalem 7. De
retour chez elles, elle a constaté que sa maison a été incendiée ;
216. Après avoir passé plusieurs jours à l’Eglise Eben-Ezer de Clercine, Marie Natacha Noël
SAINT-FORT était allée dans sa maison à Butte Boyer en vue de récupérer quelques effets. Arrivée
sur les lieux, elle a constaté que sa maison, totalement incendiée, fumait encore ;
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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217. V.S. a loué une maison à Shada au dos de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Celle-ci a
été incendiée et elle se retrouve actuellement chez une dame vivant dans la zone Radio MBC ;
218. Johane SUPRIEN, commerçante, mère de sept (7) enfants dont deux (2) filles, avait affermé
une maison à Butte Boyer. Celle-ci est complètement carbonisée ;
219. Elna Louis JEUNE, âgée de cinquante-cinq (55) ans et mère de cinq (5) enfants, se trouvait à
Cabaret pour faire des achats. Pendant les tirs, ses enfants ont fui Wout Tè pour aller la rejoindre
à Cabaret. De retour sur les lieux après dix (10) jours, son fils a remarqué que la maison a été
pillée.
V.
VEHICULES INCENDIES
220. Cinquante-sept (57) véhicules ont été incendiés au moins, soit vingt-cinq (25) à Butte Boyer
et à Marécage et trente-deux (32) entre Koridò Djo et Santo 2. Voici quelques exemples :
•
Dans la cour où habitait Kenneth JEAN BAPTISTE se trouvait quatre (4) voitures. Elles ont
toutes été incendiées par les bandits de Chen Mechan. Il s’agit d’une camionnette, d’une
Toyota Land Cruiser de couleur rouge, d’un 4 Runner gris, et d’une Honda rouge
grenat.
•
Une voiture de marque Toyota Rav 4 de couleur grise, immatriculée 34108 et Tracker de
couleur noire. Ces deux (2) voitures étaient confiées à Gentil JEUNE pour réparation. La
maison de ce dernier a aussi été incendiée à Carrefour Marassa.
221. Plusieurs autres véhicules qui se trouvaient au garage dominicain situé à Wout Tè ont été
incendiés.
VI.
ENTRETIENS AVEC LES RESPONSABLES JUDICIAIRES ET POLICIERS
222. Selon les autorités policières, en dépit du manque crucial de matériels d’interventions, les
agents de la PNH sont intervenus sur le terrain. En ce sens, de concert avec des unités
spécialisées de la PNH, plus de trente (30) opérations ont été conduites dans différentes zones
de la Plaine du Cul-de-Sac, ce qui a abouti à l’interpellation de plusieurs individus. Il s’agit entre
autres, de :
•
Roberto ISAAC, membre influent du gang Baz 222 basé dans la commune de Tabarre
affilié au gang 400 mawozo. Selon l’institution policière, Roberto ISAAC a avoué avoir
participé dans plus de onze (11) assassinats dont celui d’un (1) commissaire de police
assassiné à Tabarre 23.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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•
Wilner JEROME et Saint Jean FRANÇOIS, deux (2) individus placés sur le pont de Tabarre
par le gang armé des 400 Mawozo afin de contrôler le déplacement des chars blindés de
la police.
223. De plus, au moins cinq (5) armes à feu saisies. Il s’agit d’un fusil de calibre M4, un Galil,
un fusil de calibre 12 et de deux (2) autres armes respectivement de calibres trente-huit (38)
millimètres et neuf (9) millimètres. Sept (7) véhicules qui ont été volés par les bandits armés, ont
aussi été récupérés par la PNH.
224. Au moins trente (30) plaintes ont été reçues par l’institution policière. Treize (13) d’entre
elles ont été déposées par des proches de personnes assassinées ou portées disparues au cours
du Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac.
225. La PNH a aussi affirmé au RNDDH déplorer que de nombreux cadavres n’aient pas été
constatés, aucun juge de paix n’ayant été disponible pour effectuer les constats et en dresser
procès-verbal.
226. Enfin, de nouvelles dispositions ont été prises, selon les responsables de la PNH, pour
accompagner la population. En ce sens, les patrouilles ont été renforcées, les points fixes ont été
multipliés ou rendus effectifs. De nouvelles antennes de police ont été placées dans plusieurs
points.
227. L’Inspection Générale de la PNH a affirmé au RNDDH n’avoir pas été au courant de
l’utilisation du matériel et des équipements policiers dans la perpétration du Carnage de la Plaine
du Cul-de-Sac. Et, par conséquent, aucune enquête n’est à l’ordre du jour autour de ce fait.
228. De leur côté, les autorités judiciaires ont affirmé n’avoir pas pu avancer avec le dossier.
Le juge titulaire du Tribunal de paix de la Croix-des-Missions avec qui le RNDDH s’est entretenu,
n’a reçu aucune demande spécifique de constat, de la part des citoyens-nes.
229. Le Juge titulaire du Tribunal de paix de la Croix-des-Bouquets qui avait procédé au constat
de trois (3) cadavres, quelques jours après leur assassinat, n’a rien pu faire d’autre. Le
commissaire du gouvernement près le Tribunal de Première Instance de la Croix-des-Bouquets
n’a pu, de son côté fournir information au RNDDH sur le suivi judiciaire accordé au Carnage de
la Plaine du Cul-de-Sac.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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VII.
SITUATION ACTUELLE A LA PLAINE DU CUL-DE-SAC
230. Deux (2) mois après le Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac, la situation générale de la zone
reste encore très précaire. Les victimes vivent dans la peur constante d’autres attaques du gang
armé des 400 Mawozo alors qu’elles continuent de subir des raids sporadiques menés par la base
des Chen Mechan qui continue de rechercher, au sein de la population, des personnes qui
pourraient avoir des liens avec le gang des 400 Mawozo.
231. En ce sens, la chasse aux sorcières initiée par la base des Chen Mechan n’a toujours pas
terminé. Par exemple, le 22 juin 2022, un jeune homme a été assassiné par balles à Damien avant
d’être carbonisé, dans les bois adjacents. Il lui était reproché d’effectuer un travail de
surveillance au profit du gang des 400 Mawozo.
232. De nombreuses familles qui s’étaient enfuies, ne veulent toujours pas retourner dans la
zone. Elles affirment attendre que les autorités policières reprennent le contrôle de la zone et
démantèlent les gangs armés 400 Mawozo et Chen Mechan.
233. Entre-temps, la pression est mise sur les personnes déplacées qui s’étaient réfugiées sur la
place publique de Clercine. Il leur est demandé de vider les lieux. Il s’agit pourtant pour la
plupart, de victimes qui ont tout perdu dans le feu. Et, il convient de souligner que certaines
d’entre elles sont des nourrissons, des enfants en bas âge ainsi que des personnes âgées.
234. De nombreux établissements scolaires qui avaient fermé leurs portes n’ont jamais
vraiment repris les activités. Ils fonctionnent au gré de la tension dans la zone. De nombreux
élèves ne sont pas non plus retournés sur les bancs de l’école, sans que les responsables de ces
établissements ne puissent affirmer s’il s’agit de victimes d’assassinats, de disparitions ou si tout
simplement, ces enfants ont été obligés de se déplacer avec leurs parents, à cause du carnage.
235. De plus, sans que le RNDDH ne puisse fournir de chiffres y relatifs, il convient de
souligner que plusieurs établissements scolaires ont été incendiés, totalement détruits et/ou
partiellement endommagés.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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VIII.
COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS
236. Du 24 avril au 6 mai 2022, avec la complicité des autorités étatiques qui offrent protection
et bénédiction aux gangs armés, la population de la Plaine du Cul-de-Sac a vécu l’enfer : des
personnes ont été tuées par balles, hachées en menus morceaux, carbonisées, jetées dans des
puits d’eau ou des latrines et jetées dans la Rivière Grise. De nombreuses femmes ont été violées
à répétition avant d’être assassinées. Des maisons et des véhicules ont été incendiés.
237. Le bilan de ce véritable carnage est lourd : au moins cent-quatre-vingt-onze (191) personnes
ont été assassinées, dont cent-sept (107) hommes, soixante-seize (76) femmes, six (6) filles et deux
(2) garçons. Vingt-neuf (29) parmi ces victimes étaient âgées de plus de soixante (60) ans.
238. Parmi les victimes, trente-huit (38) au moins dont quatorze (14) femmes et filles, ont péri
chez elles dans le feu mis à leur maison, par les bandits armés de 400 Mawozo et de Chen Mechan.
239. Quatre-vingt-une (81) maisons ont été incendiées après avoir été pillées pour la plupart et
cinquante-sept (57) véhicules au moins, ont été carbonisés.
240. Quarante-huit (48) parmi les personnes tuées, ont été présentées au RNDDH comme
faisant partie des gangs armés rivaux qui s’affrontaient ou comme des personnes réputées
proches de la base des Chen Mechan.
241. De nombreuses autres personnes ont été blessées par balles ou à l’arme blanche.
242. Des familles entières sont disséminées. Des personnes âgées entre soixante-douze (72) et
quatre-vingt-six (86) ans ont été carbonisées à l’intérieur de leur maison. Si certaines d’entre elles
avaient choisi de ne pas se déplacer, d’autres n’auraient pu fuir sans l’aide de quelqu’un, étant
immobilisées par des maladies.
243. De nombreuses personnes sont considérées portées disparues par leurs proches, qui ne
peuvent encore concevoir qu’elles aient été assassinées avec autant de facilité. Et, au moins
cent-cinquante-huit (158) enfants sont, depuis ce carnage, devenus orphelins.
244. Outre les nombreuses pertes en vies humaines, et les nombreux dégâts matériels
enregistrés, ce massacre d’une ampleur inouïe laisse une population meurtrie : des enfants ont
dû faire le choix d’abandonner leurs parents en âge avancé, des conjoints ont abandonné leurs
compagnes, et vice-versa. Plusieurs femmes ont été violées à répétition, dont au moins une, en
présence de son conjoint. Des pères et des mères de famille ont été assassinés en présence de
leurs enfants, en bas âge, pour la plupart. De même, des enfants ont été assassinés sous le regard
impuissant de leurs parents. Enfin, de nombreuses familles ont vu partir en fumée le travail de
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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toute une vie. Il s’agit pour le RNDDH, de victimes qui ne pourront jamais s’en sortir sans un
accompagnement médical et psychologique, tenant compte de leurs besoins spécifiques.
245. Le RNDDH s’insurge contre le fait que dès le premier jour de l’attaque soit le 24 avril 2022,
du matériel ainsi que des équipements policiers dont au moins un (1) blindé affecté à l’Unité
Départementale pour le Maintien de l’Ordre (UDMO), aient été utilisés par les membres du G-9 an
Fanmi e Alye pour venir en aide à la base des Chen Mechan qui faiblissait, lui aussi membre de la
coalition. Or, il a fallu attendre cinq (5) jours avant que l’institution policière ne décide de
patrouiller dans la zone.
246. Il est clair pour le RNDDH que les équipements et matériels affectés à l’UDMO ont été
acquis par les autorités étatiques au bénéfice du G-9 an Fanmi e Alye. Le RNDDH en veut pour
preuve le fait que ces matériels soient toujours utilisés lors des luttes entre gangs armés, non
pas pour venir en aide à la population civile et la protéger, mais pour prendre fait et cause pour
les bandits membres du G-9 an Fanmi e Alye. On se le rappelle, des blindés affectés à l’UDMO
ont été utilisés à maintes reprises dans de nombreux autres massacres enregistrés dans le pays,
depuis 2018.
247. Le RNDDH estime qu’il est clair aussi que, dans le cadre du Carnage de la Plaine du
Cul-de-Sac, l’institution policière a opté pour une posture non-interventionniste, en dépit des
nombreux appels en détresse qui ont été lancés par la population aux abois. Attendre cinq (5)
jours avant d’intervenir sur le terrain, c’est tout simplement choisir délibérément de livrer la
population à la fureur des gangs.
248. Deux (2) mois après le Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac, les autorités judiciaires pour leur
part, pataugent dans des poursuites qui ne sont pas encore – ou ne seront jamais, plus
vraisemblablement – engagées. Pourtant, parallèlement, la chasse aux sorcières continue avec
les membres de la base des Chen Mechan qui, sous prétexte que des membres de la population
fournissent des informations au gang des 400 Mawozo, assassinent des jeunes.
249. Par ailleurs, le RNDDH ne comprend pas que dans ce contexte de terreur où des membres
de la population sont assassinés chaque jour, des journalistes ainsi que d’autres personnalités
publiques mènent campagne pour des bandits armés dans une tentative échouée d’avance de
les présenter comme des citoyens paisibles ou comme des groupes armés défendant une vision.
250. Le RNDDH souligne à l’attention de tous et de toutes que les gangs armés qui sèment le
deuil dans les familles depuis tellement longtemps, constituent de véritables associations de
malfaiteurs. Celles-ci comptent en leur sein des criminels qui veulent contrôler des zones
stratégiques pour préserver leurs intérêts politiques, économiques, électoralistes et financiers,
tout en permettant à leurs proches au pouvoir, de s’y maintenir.
Carnage à la Plaine du Cul-de-Sac : Les survivants-tes exigent un accompagnement de l’Etat
RNDDH – Rapport/A22/No8
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251. De plus, le RNDDH rappelle que dans des cas de violations massives de droits humains
tel qu’enregistré à la Plaine du Cul-de-Sac, il est du devoir des autorités étatiques d’intervenir,
pour protéger la population et garantir la jouissance des droits à la vie, à la sécurité, à la
circulation et au logement. Il s’agit de droits consacrés tant par la Constitution haïtienne en
vigueur que par différents instruments internationaux et régionaux de protection des droits
humains, auxquels Haïti est partie.
252. Jusqu’à date, les autorités étatiques restent muettes sur les événements de la Plaine du
Cul-de-Sac, un mutisme qui clame fort leurs accointances avec les bandits armés.
253. Le RNDDH, fort de tout ce qui précède, recommande aux autorités étatiques de :
•
Fournir un accompagnement financier, médical et psychologique aux survivants-tes du
Carnage de la Plaine du Cul-de-Sac ;
•
Porter la DCPJ à enquêter sur les actes attentatoires aux vies et aux biens perpétrés à la
Plaine du Cul-de-Sac du 24 avril au 6 mai 2022, en vue de transmettre aux autorités
judiciaires un rapport circonstancié, pour la mise en mouvement de l’action publique à
l’encontre de tous ceux qui y sont impliqués ;
•
Porter la DCPJ à enquêter sur les relations de proximité existantes entre certains
journalistes, des personnalités publiques et des bandits armés ;
•
Porter l’IGPNH à enquêter sur l’implication de matériels et équipements
policiers - notamment de l’UDMO - dans la perpétration du Carnage de la Plaine du
Cul-de-Sac ;
•
Mettre fin aux distributions des armes et munitions aux bandits armés ;
•
Remettre en place les brigades anti-contrebande en vue de freiner l’entrée sur le territoire
national, des armes et munitions illégales.
Ce document a été réalisé dans le
cadre du projet « Accès à la justice
et lutte contre l'impunité en Haïti »
mis en œuvre par Avocats sans
frontières Canada (ASFC) et ses
partenaires. Le contenu de ce
document relève de la seule
responsabilité du RNDDH et ne
reflète pas nécessairement les
points de vue d’ASFC.
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