Humanitarian Situation Monitoring (HSM) factsheet, Round 2, March 2026
Summary — REACH's second round of humanitarian situation monitoring reports key-informant findings from assessed communal sections. In every assessed communal section of Grand'Anse, key informants said the population had received no humanitarian assistance from NGOs or government in the 90 days before data collection. In Gros Morne (Artibonite) and Bassin Bleu (Nord-Ouest) informants described concerning shelter conditions, with many people living in damaged housing. The factsheet situates these findings against the IPC acute food insecurity picture, in which 5.8 million people face severe food insecurity and 17 per cent of the population is in IPC Phase 4.
Key Findings
- In every assessed communal section of Grand'Anse, key informants reported no humanitarian assistance from NGOs or government in the preceding 90 days.
- Shelter conditions were reported as concerning in Gros Morne (Artibonite) and Bassin Bleu (Nord-Ouest), with many people in damaged housing.
- 8 million people face severe food insecurity according to the IPC.
- 17 per cent of the population is in IPC Phase 4.
- Findings come from key informant interviews at communal section level.
Full Document Text
Extracted text from the original document for search indexing.
FACTSHEET
Suivi de la situation humanitaire (HSM)
Mars 2026 | Haïti
CONTEXTE
MESSAGES CLÉS
•
Dans toutes les sections communales évaluées
dans la Grand’Anse, les ICs ont rapporté que
les populations n’avaient pas reçu d’assistance
humanitaire au cours des 90 jours précédant la
collecte de données de la part d’ONG et/ou du
gouvernement.
•
À Gros Morne (Artibonite) et à Bassin Bleu (NordOuest), les conditions de logement étaient
préoccupantes : un grand nombre de personnes
vivaient dans des abris endommagés et jugés non
sûrs.
•
Les sections communales (SC) rurales de la
Grand’Anse ont mis en évidence des besoins en
EHA (eau, hygiène, assainissement), susceptibles
d’entraîner des risques sanitaires accrus.
•
Dans les quatre départements, la perte rapide et
grave des moyens de subsistance a été indiquée
comme la cause principale de l’insécurité
alimentaire, poussant les communautés vers des
stratégies d’adaptation non durables et augmentant
leur vulnérabilité aux chocs à venir.
Haïti est en proie à une crise humanitaire, économique,
climatique et sécuritaire profonde et complexe,
résultant d’une multitude de facteurs déstabilisants et
entremêlés. Selon l’Aperçu de l’insécurité alimentaire
aiguë de l’IPC, la situation alimentaire en Haïti est
extrêmement préoccupante : 5,8 millions de personnes
sont confrontées à une insécurité alimentaire
sévère, et 17% de la population se trouve dans une
condition d’urgence humanitaire (Phase 4 de l’IPC).
Cette crise alimentaire résulte d’un cercle vicieux où
la violence alimente l’effondrement des moyens de
subsistance. Ainsi, certaines régions du pays font face
à des défis humanitaires particulièrement alarmants,
souvent exacerbés par leur position géographique,
la faiblesse des infrastructures, l’instabilité sécuritaire
ou encore les aléas climatiques. Étant donné la gravité
et la volatilité de la situation, le HSM fournit des
données actualisées qui permettent de maintenir une
compréhension continue et précise de l’évolution.
APERÇU DE L’ÉVALUATION
CARTE DE SÉVÉRITÉ
La carte ci-dessous indique le nombre d’indicateurs « flaggés »,
c’est-à-dire qui ont atteint un niveau de sévérité 3, 4 ou 4+ pour
chaque section communale (admin3) enquêtée.
Pour plus d’informations sur l’indice, veuillez consulter l’Annexe sur
l’indice de sévérité.
¯
La Tortue
1. Nord-Ouest
1
Saint Louis
du Nord
e
Port De Paix Chamsolm
2
Anse A Foleur
Jean Rabel
Bassin Bleu
Mole Saint
Nicolas
4
3
Bombardopolis Baie de Henne
Gros Morne
0
10
Anse Rouge
20 Km
2. Artibonite
Terre
Neuve
Marmelade
Ennery
Gonaives
Zones non enquêtées
5-10
Desdunes
11-15
Grande Saline
Dessalines
Marchandes
16-20
21 et plus
Limites communales
Limites départementales
Saint-Michel
de l'Attal
L'Estere
Saint-Marc
4. Centre
Cerca
Carvajal
Petite
Riviere de
Verrettes l'Art
Cerca La
Source
Maissade
Hinche
0
Bonbon
10
20 Km
La Chapelle
Thomassique
3. Grand'Anse
Abricots
Thomonde
Boucan Carre
Dame-Marie
Corail
Chambellan
Lascahobas
Saut d'Eau
Anse
d'Hainault
Beaumont
Savanette
Les Irois
0
0
10
20 Km
Belladere
Mirebalais
10
20 Km
Le HSM (Humanitarian Situation Monitoring,
ou Suivi de la Situation Humanitaire) vise à
mettre à jour des données multisectorielles
sur les besoins de la population dans des
sections communales ciblées (admin 3) dans :
des zones difficiles d’accès des départements
du Nord-Ouest, de l’Artibonite et du Centre
où la situation humanitaire est généralement
très peu (voire pas) connue, ainsi que
des zones rurales du département de la Grand’Anse
où les analyses des Indices des Besoins Multisectoriels
(MSNI) et IPC ont démontré des besoins humanitaires
sévères. À noter que, sauf indication contraire, tous
les résultats présentés proviennent des données
rapportées par les informateurs clés (ICs) dans les
sections communales évaluées.
Méthodologie : Cette fiche d’information
présente les résultats du deuxième cycle de collecte
selon la méthodologie Area of Knowledge (AoK).
Pour plus d’informations, veuillez consulter l’annexe.
Périodes couvertes par le
HSM
Cycle 1 Août à Octobre 2025
Cycle 2 Décembre 2025 à
Février 2026
Dates de
collecte
Novembre
2025
Mars
2026
Les résultats sont indicatifs pour 37 sections
communales (SC) ciblées (admin3) dans le NordOuest, l’Artibonite, la Grand’Anse et le Centre. Un
dashboard interactif a été développé, regroupant
l’ensemble des indicateurs de l’étude pour l’analyse.
2
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS CLÉS - Nord-Ouest (5 SC évaluées)
L’ensemble des SC du Nord-Ouest affichait un niveau élevé
de sévérité, avec entre 11 et 16 indicateurs enregistrés à des
niveaux critiques. Cette sévérité était principalement portée
par le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement
(EHA), où plusieurs SC affichaient des niveaux de sévérité* 3,
4 ou 4+ sur l’ensemble des quatre (4) indicateurs critiques.
Par ailleurs, des variations apparaissaient selon les SC, en
particulier dans les secteurs de la protection, la santé et
la nutrition, notamment dans la 1re Section La Plate, la 3e
Section Haut des Moustiques à Bassin Bleu et la 6e Section
Lafague (Chamoise) à Saint-Louis du Nord, soulignant
l’existence des besoins différenciés à l’échelle locale.
Chocs multiples, insécurité et vulnérabilité accrue des Carte 1 : Type d’accès aux soins de santé le plus fréquent
populations du Nord-Ouest
pour les femmes enceintes et lors de l’accouchement,
Dans les cinq SC évaluées dans le Nord-Ouest, les ICs ont par section communale
rapporté que la sécheresse (3/5) et les épidémies (3/5)
apparaissaient comme des chocs ayant profondément affecté
les conditions de vie des populations. Les ICs ont rapporté
que leurs impacts se traduisaient principalement par des
pertes d’actifs liés aux moyens de subsistance (3/5) ainsi que
par des décès ou disparitions de membres de la population
(2/5), renforçant la vulnérabilité des communautés. Par
ailleurs, les risques de protection demeuraient importants, les
vols, extorsions et pillages (3/5) constituaient les principaux
incidents rapportés au cours des 30 derniers jours. Dans
ce contexte, le niveau de sécurité a été jugé dangereux, en
particulier dans la 2e section Carreau Datty et la 6e section
Lafague (Chamoise). Cette insécurité a eu des répercussions
directes sur les conditions de vie, se traduisant par une
réduction, voire une interruption, de l’accès aux services de
base tels que la santé et l’éducation (3/5), des restrictions
de mouvement (2/5), ainsi qu’une détérioration du bien-être
mental, marquée par le stress, l’anxiété et les traumatismes
(2/5).
Santé et abris : des besoins humanitaires persistants
Les besoins en santé apparaissaient comme la principale
préoccupation dans les SC évaluées (5/5). L’accès aux soins
de santé en cas de besoin était largement considéré comme
un problème grave. De plus, les ICs ont indiqué que les
populations devaient souvent parcourir plus d’une heure
pour atteindre l’établissement de santé fonctionnel le plus
proche (4/5).
Parallèlement, la situation des abris demeurait préoccupante.
La plupart des SC (4/5) qualifiaient l’insuffisance d’abris de
problème grave, tandis qu’un surpeuplement important était
également signalé (4/5). Dans la 2e section Carreau Datty et
la 2e section Haut des Moustiques à Bassin Bleu, des ICs ont
également rapporté qu’un nombre important de personnes
vivaient dans des abris endommagés et non sécurisés. Dans
ce contexte, les besoins en abri et logement (2/5) figuraient
parmi les besoins prioritaires identifiés.
Recours aux stratégies de survie face à l’insécurité
alimentaire
Dans les SC évaluées dans le Nord-Ouest, la sécurité
alimentaire était particulièrement sévère : dans l’ensemble
des SC (5/5), les ICs ont rapporté que la plupart des personnes
n’avaient pas eu accès à une alimentation suffisante au cours
des 30 derniers jours. Cette situation semblait avoir contribué
au recours à des stratégies d’adaptation négatives, telles
que la vente de biens (5/5) et la réduction des dépenses en
santé et en éducation (3/5). Ces compromis semblaient se
traduire par des impacts sociaux tels que l’abandon scolaire
touchant de nombreux enfants (4/5). Cette dégradation était
principalement attribuée aux difficultés rencontrées par la
plupart des personnes des SC pour obtenir des revenus et
ressources suffisants pour subvenir à leurs besoins (4/5).
* Voir l’annexe pour plus d’informations sur l’Indice de sévérité.
La Tortue
¯
Saint Louis
du Nord
Port De Paix
Anse A Foleur
Chamsolme
Jean Rabel
Bassin Bleu
Mole Saint
Nicolas
0
Bombardopolis
5
10 Km
Baie de Henne
Zones non enquêtées
1
Non, les femmes accouchent à domicile
2
Oui, par l'intermédiaire d'équipe de santé mobile
Oui, dans l’établissement de santé le plus proche
4
3
Limites communales
Limites départementales
Déficit en eau potable et absence d’installations
sanitaires
Dans les SC évaluées dans le Nord-Ouest, l’insécurité et la
vulnérabilité semblaient fortement compromettre l’accès à
l’eau potable. Les ICs ont rapporté une forte dépendance
des populations aux sources d’eau non protégées (4/5), ce
qui pourrait refléter non seulement un manque d’accès à des
infrastructures d’approvisionnement en eau sécurisées, mais
également une exposition accrue à des risques sanitaires.
Les difficultés d’accès ne se limitaient pas à la seule
disponibilité de l’eau. Elles reflétaient également l’insuffisance
des capacités en assainissement et en traitement (5/5),
qui empêchait l’accès à une eau de qualité. Le manque
d’infrastructures hydrauliques (3/5) aggravait cette situation
en limitant durablement l’accès à des services d’eau sûrs et
fiables.
Parallèlement, les ICs ont rapporté que les conditions
d’assainissement restaient particulièrement critiques : dans
plusieurs SC, les populations utilisaient majoritairement
des latrines non améliorées (3/5), tandis que le déficit en
installations sanitaires adéquates était jugé très grave (3/5)
voire extrêmement grave (2/5) par les ICs. L’ensemble de
ces facteurs met en évidence une dégradation systémique
des services EHA, amplifiant les risques sanitaires et la
vulnérabilité des populations.
3
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS CLÉS - ARTIBONITE (13 SC évaluées)
Les SC de l’Artibonite étaient celles qui avaient atteint les
niveaux de sévérité les plus élevés. En effet, six des treize SC
évaluées (6/13) y avaient enregistré plus de 17 indicateurs sur 25
avec un niveau de sévérité de 3, 4, ou 4+ selon les ICs interrogés.
Section communale (SC)
Nombre d’indicateurs
flaggés
Cycle 1
Cycle2
20
20
21
19
3ième section Rivière Blanche à
Gros Morne
20
18
20
18
1re section Liancourt à Verrettes
19
18
4
ième
section l’Acul à Gros Morne
5ième section Pendu à Gros Morne
6
section Savanne Carrée à
Gros Morne
ième
1re section Bas Coursin I à Petite
Rivière de l’Artibonite
19
21
Défis liés à la protection dans l’Artibonite
La plupart des SC évaluées, à l’exception de la 3ième Section
Guillaume Mogé, la 4e Section Desarmes et la 1re Section
Bas Coursin I, présentaient au moins cinq indicateurs de
protection sur sept à un niveau de sévérité de 3 ou plus. La
perception sur la sécurité générale, bien que toujours grave,
s’est légèrement améliorée.
# de SC évaluant le niveau
de sécurité comme étant “très
dangereux”
Cycle 1
Cycle 2
11/13
7/13
Dans l’Artibonite, les enjeux de protection contribuaient
le plus au nombre d’indicateurs “flaggés” dans les
SC présentant les niveaux de sévérité les plus élevés.
Comme lors du premier cycle, les indicateurs de santé
et d’EHA participaient également à l’augmentation
de la sévérité. Les SC les plus affectées faisaient état
de restrictions de liberté et de mouvement. L’accès
aux centres de santé nécessitait entre 30 minutes et
plus d’une heure de trajet, tandis que la majorité des
femmes ne pouvaient pas accéder aux soins nécessaires
pendant la grossesse ou lors de l’accouchement.
En matière d’EHA, la dépendance aux sources d’eau
non protégées dans les SC les plus sévères contribuait
à aggraver leur niveau de sévérité par rapport aux
autres zones. Enfin, dans les SC évaluées à GrosMorne, les conditions d’hébergement apparaissaient
particulièrement préoccupantes. En effet, des ICs ont
signalé que beaucoup de personnes vivaient dans des
abris endommagés et peu sûrs.
plupart de la population (9/13) n’avait pas eu accès à une
alimentation suffisante au cours des 30 derniers jours.
La sévérité de ce problème pourrait s’expliquer par une
aggravation du manque de moyens de subsistance. La perte
d’actifs liés aux moyens de subsistance (11/13) en raison de
l’insécurité continuait d’affecter les SC.
# de SC rapportant que “la
plupart de la population n’avait
pas accès à leurs moyens de
subsistances habituels”
Cycle 1
Cycle 2
10/13
13/13
En parallèle, les principaux problèmes de protection signalés
entre les deux cycles semblaient avoir évolué. Dans le
premier cycle, les incidents violents (8/13) et la violence
physique (8/13) étaient les problèmes les plus fréquemment
rapportés. En revanche, lors du deuxième cycle, les
séparations familiales (7/13) et les violences basées sur le
genre (5/13) étaient les problèmes de protection les plus
prévalents.
Ainsi, le manque d’argent (7/13), les contraintes sécuritaires
pour accéder aux marchés (6/13) ainsi que la hausse des prix
des aliments (5/13) figuraient parmi les principales raisons
des difficultés d’accès à la nourriture. En conséquence de
ces situations, les populations ont été contraintes d’adopter
des stratégies d’adaptation pour compenser le manque de
nourriture observé au cours des 30 derniers jours précédant
la collecte de données telles que : la réduction des dépenses
de santé et d’éducation (11/13), la vente de bétail ou d’actifs
Déplacements en Artibonite
Un nombre croissant de SC étaient confrontés à des productifs (11/13) ainsi que de biens (9/13). À cet égard, sept
(7) des 13 SC ont exprimé un besoin de soutien aux moyens
déplacements massifs de population.
de subsistance, après la protection et la sécurité (11/13), afin
de répondre aux besoins prioritaires.
Cycle 2
# de SC rapportant que “la Cycle 1
plupart de la population était
Accès réduit aux services
9/13
11/13
partie”
Les ICs ont indiqué que les déplacements étaient Alors que les conflits constituaient le principal obstacle
principalement préventifs (11/13), liés aux difficultés des à l’accès aux services (santé, éducation) lors du premier
activités de subsistance (10/13) et aux violences dans les cycle, au deuxième cycle, les barrières financières (6/13)
environs (9/13). La 3e Section Guillaume était celle ayant et les contraintes sécuritaires (6/13), ont été les principaux
accueilli le plus de personnes déplacées internes (PDI), avec facteurs limitant l’accès à ces services. Des SC ont également
un effectif estimé entre 501 et 1 000. En outre, les PDI étaient indiqué l’éloignement des établissements sanitaires (5/13).
principalement hébergées par des amis ou connaissances Par ailleurs, le manque de ressources financières limitait
l’accès aux logements locatifs (9/13). De même, les ICs ont
(4/13).
Perte de moyens de subsistance : une menace pour la rapporté que beaucoup de filles et de garçons ont cessé
de fréquenter l’école (11/13), principalement en raison de
sécurité alimentaire
La situation alimentaire de l’Artibonite était décrite comme l’incapacité à assumer les coûts liés à l’éducation, tels que les
alarmante et semblait contribuer à la vulnérabilité observée frais de scolarité, les fournitures et le transport (6/13).
dans le département. En effet, les ICs ont rapporté que la
4
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS CLÉS - GRAND’ANSE (9 SC évaluées)
Les SC de la Grand’Anse présentaient toutes un niveau
élevé de sévérité, avec un nombre d’indicateurs critiques
variant entre huit (8) et quatorze (14) sur 25. La sécurité
alimentaire demeurait le principal facteur contribuant à
cette situation, l’ensemble des SC (9/9) enregistrant les trois
indicateurs du secteur au niveau de sévérité le plus élevé
(3/3). Le secteur EHA affichait également une situation
préoccupante : dans la majorité des SC (8/9), les quatre
indicateurs évalués (4/4) atteignaient un niveau de sévérité
de 3 ou plus. Par ailleurs, d’autres problèmes sectoriels plus
ponctuels apparaissaient d’une section à l’autre, révélant
une sévérité plus ciblée, notamment dans les domaines de
la santé et de la nutrition, en particulier dans les sections
communales de Fond Cochon ou Lopineau à Roseaux et de
Tozia à Pestel. Par ailleurs, aucune des SC rurales évaluées
dans la Grand’Anse n’avait reçu d’assistance humanitaire
durant les 90 jours précédant la collecte de données de la
part d’ONG et/ou du gouvernement.
Moyens de subsistance et santé durement affectés
par les chocs dans la Grand’Anse
Déficit en eau potable et absence d’installations
sanitaires
Bien que les cyclones aient été signalés comme ayant affecté
l’ensemble des sections communales (9/9) lors du premier
cycle, le présent cycle se caractérisait par des chocs plus
variés. Les plus récurrents étant les épidémies de maladie
du bétail (4/9) et les inondations (3/9). Leurs impacts se
manifestaient principalement par des pertes d’actifs liés aux
moyens de subsistance dans l’ensemble des SC (9/9), comme
rapporté dans le premier cycle. En effet, dans six (6) des neuf
SC, les ICs ont rapporté que la plupart de la population ne
disposait pas de ressources suffisantes pour vivre. Dans trois
(3) SC, un impact des chocs sur la santé a été signalé, révelant
une double vulnérabilité, économique et sanitaire, dans un
contexte où la santé est également identifiée comme un
besoin prioritaire (6/9).
L’eau potable semble être un besoin croissant dans ce
département:
Déficits structurels et recours aux stratégies
d’adaptation face à une insécurité alimentaire sévère
La situation de la sécurité alimentaire demeurait
particulièrement préoccupante dans les SC évaluées. Dans
sept SC sur neuf (7/9), les ICs ont rapporté que la plupart
des personnes n’avaient pas eu accès à une alimentation
suffisante au cours des 30 derniers jours. Les principaux
facteurs contribuant à cette situation comprenaient le
manque d’accès aux outils et intrants agricoles (6/9),
l’insuffisance des ressources financières pour l’achat de
nourriture (5/9) et la faible productivité des cultures (4/9).
Ces difficultés étaient aggravées par l’accès limité aux
infrastructures essentielles telles que les routes, les ponts et
les moyens de transport (8/9), ainsi que par les dommages
subis par les infrastructures d’élevage (5/9), dont aucune
n’avait été réparée dans les SC évaluées (9/9). Face à ces
contraintes, les populations ont eu recours à des stratégies
d’adaptation négatives, notamment la réduction des
dépenses de santé et d’éducation (6/9) ainsi que la vente de
biens (5/9), de bétail ou d’actifs productifs (5/9). L’ensemble
de ces facteurs met en évidence un décalage structurel
entre les besoins alimentaires des populations des SC et les
contraintes d’accès, ayant contribué à l’aggravation de la
situation alimentaire dans la Grand’Anse, dans un contexte
où les infrastructures (3/9) ont été également identifiées
comme un besoin prioritaire.
# de SC rapportant “l’eau potable
comme besoin prioritaire”
Cycle 1
Cycle 2
6/9
9/9
L’ensemble des sections communales dépendaient de
sources d’eau non protégées pour la consommation
(9/9). Comme lors du premier cycle, les principaux défis
liés à l’accès à l’eau concernaient l’insuffisance des
capacités d’assainissement et de traitement de l’eau (8/9),
la mauvaise qualité de l’eau (5/9) ainsi que le manque
de points d’eau à proximité (5/9). En outre, les ICs ont
indiqué que le temps nécessaire pour s’approvisionner
en eau dépassait une heure dans la plupart des SC (8/9),
témoignant des contraintes importantes d’accès à l’eau.
Au-delà de ces difficultés, l’absence d’infrastructures
hydrauliques constituait un facteur critique : des ICs de
toutes les SC (9/9) ont indiqué qu’aucune infrastructure
n’était disponible dans les zones. Par ailleurs, le manque
d’accès à des latrines propres et sûres était considéré comme
un problème très grave dans quatre SC sur neuf (4/9). Dans
six SC sur neuf (6/9), les ICs ont également rapporté que
l’absence de toilettes ou de latrines entraînait le recours à la
défécation à l’air libre.
Carte 2 : Types de toilettes ou de latrines les plus
utilisés, par section communale
¯
Abricots
Bonbon
Dame-Marie
Corail
Chambellan
Anse
d'Hainault
Beaumont
Les Irois
0
5
10 Km
Conditions de logements précaires
L’insuffisance des abris apparaissait comme un facteur
de vulnérabilité significatif dans les SC évaluées de la
Grand’Anse. Le problème a été signalé comme étant grave
par les ICs de six SC sur neuf (6/9), reflétant des conditions
d’hébergement précaires, caractérisées principalement par
le surpeuplement (9/9) et le manque d’intimité (6/9).
1
Zones non enquêtées
2
Pas de toilettes
Toilettes non-améliorées
Limites communales
Limites départementales
3
4
5
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
PRÉSENTATION DES RÉSULTATS CLÉS - CENTRE (10 SC évaluées)
Parmi les SC évaluées dans le Centre, près de la moitié (4/10)
présentaient plus de 16 indicateurs sur 25 à des niveaux de
sévérité critiques (3, 4 ou 4+).
Section communale (SC)
Nombre
d’indicateurs flaggés
Cycle 1
Cycle 2
4ième section Crête Brûlée à
Mirebalais
19
18
3 section Coupe Mardi Gras à
Saut d’Eau
18
16
17
1 section Canot/Rivière Canot à
Saut d’Eau
re
1re section Gascogne à Mirebalais
ième
20
19
17
Sévérité des risques de protection
Bien qu’une amélioration ait été rapportée dans plusieurs
SC, la protection restait un secteur préoccupant. Des risques
de protection persistaient dans l’ensemble des sections
communales évaluées :
# de SC évaluant le niveau de
sécurité comme étant “très
dangereux”
Cycle 1
Cycle 2
10/10
6/10
Notamment, seule la 2e section de Boucan était perçue
comme relativement sûre. Dans les autres SC enquêtées
du Centre, les principaux problèmes identifiés concernaient
les attaques armées (8/10) ainsi que les vols, extorsions
et pillages (4/10). Les conflits armés ont entraîné des
déplacements importants (5/10), bien que les niveaux de
déplacement semblaient légèrement moins élevés que lors
du premier cycle :
# SC où environ la moitié de la
population avait été contrainte de
quitter leur localité
Cycle 1
Cycle 2
9/10
6/10
Accès critique à l’eau, l’hygiène et l’assainissement
Les ICs ont rapporté une évolution de la situation EHA s’étant
légèrement aggravée, notamment en ce qui concerne l’accès
à l’eau potable. Deux sections communales, la 2e Section
Sarazin (Mirebalais) et la 2e Section Juampas (Lascahobas),
qui dépendaient de sources protégées lors du premier cycle,
dépendaient désormais de sources non améliorées. Ainsi,
l’ensemble des SC (10/10) dépendaient de sources d’eau non
protégées pour la consommation. Par ailleurs, l’accès à des
latrines propres et sûres a été jugé très grave dans la moitié
des SC (5/10).
Les niveaux de sévérité élevés observés dans les SC
du Centre étaient principalement liés à une situation
alimentaire préoccupante, toutes les SC (10/10)
ont enregistré l’ensemble des indicateurs de sévérité
(3/3). Les enjeux de protection apparaissaient
également critiques, la majorité des SC (6/10) ayant
atteint cinq (5) des sept indicateurs les plus sévères.
En matière de déplacement, la 1re section Canot/
Rivière Canot à Saut-d’Eau et la 1re section Petit-Fond à
Lascahobas ont atteint tous les indicateurs de sévérité (3/3).
Les conditions EHA étaient également très critiques, avec
la plupart des SC (9/10) enregistrant au moins trois des
quatre indicateurs les plus sévères. Enfin, les domaines de
la santé et de la nutrition contribuaient aussi à la sévérité
globale, notamment dans la 3e section Coupe Mardi Gras
et la 4e section Crête Brûlée.
Situation alimentaire fortement impactée par la perte
des moyens de subsistance dans le Centre
La sévérité des problèmes d’accès aux moyens de subsistance
a été jugée très grave dans six (6) des dix sections communales
évaluées, et extrêmement grave dans la 1re section de
Gascogne à Mirebalais. Par ailleurs, des ICs ont indiqué que
la plupart des personnes (7/10) n’avaient pas eu accès à
une alimentation suffisante au cours des 30 derniers jours.
Le manque de ressources financières constituait le principal
obstacle à l’accès à la nourriture (8/10). En conséquence,
l’alimentation figurait parmi les besoins prioritaires identifiés
dans la moitié des SC du Centre (5/10).
Carte 3: Proportion de la population n’ayant pas
eu suffisamment accès à la nourriture, par section
communale
¯
Cerca
Carvajal
Cerca La
Source
Maissade
Hinche
Zones non enquêtées
Thomassique
Tout le monde
La plupart
Thomonde
La moitié
Limites communales
Limites départementales
Boucan Carre
Lascahobas
Belladere
Saut d'Eau
Mirebalais
1
Savanette
0
5
10 Km
2
4
3
Déplacements de population et impacts humanitaires Accès réduit aux services
En ce qui concerne les déplacements, les ICs ont rapporté que
des personnes avaient été contraintes de fuir ou de quitter
leur zone dans l’ensemble des SC (10/10). Dans six SC sur dix
(6/10), environ la moitié de la population était concernée par
ces mouvements. Les principales causes évoquées étaient les
attaques et les violences armées (8/10). Ces déplacements
ont eu des répercussions importantes sur les populations
affectées, notamment des pertes de moyens de subsistance
(5/10), ainsi que des décès ou des disparitions de membres
de la communauté (4/10).
Les ICs ont rapporté que la violence avait fortement limité
l’accès aux services de base, notamment à la santé et à
l’éducation (7/10). La plupart des SC (8/10) ont signalé la
fermeture ou l’endommagement d’établissements de santé
(5/10). Dans ce contexte, la situation sanitaire a été jugée
très grave dans la moitié des SC (5/10), tandis que la santé
figurait parmi les besoins prioritaires dans près de la moitié
d’entre elles (4/10). Par ailleurs, l’insuffisance des abris a
été considérée comme grave dans la plupart des SC (8/10).
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
MÉTHODOLOGIE
6
LIMITES DE L’ÉTUDE
Cette évaluation s’est basée sur une approche indicative
d’enquête structurée menée auprès de
cent-onze
informateurs clés (ICs) par le biais de la méthodologie
« Area of Knowledge » (AoK) développée par REACH.
La collecte s’est déroulée du 10 au 16 mars 2026. Cette
méthodologie a permis de recueillir des informations sur les
besoins multisectoriels au sein des SC pour lesquelles les
ICs déclaraient disposer d’une connaissance récente de la
situation, datant d’un mois avant la collecte des données.
L’une des principales limites de la méthode AoK réside dans
sa faible représentativité, dans la mesure où seules quelques
sections communales (admin3) de certaines communes
(admin2) ont été sélectionnées dans chaque département.
Ainsi, les résultats sont uniquement représentatifs des
sections communales évaluées et ne peuvent être généralisés
à l’ensemble des départements.
Par ailleurs, bien que la méthode non aléatoire permette
une sélection ciblée, elle ne garantit pas une représentation
adéquate de certaines sous-populations, telles que les
groupes marginalisés ou déplacés, ce qui peut limiter la
portée des résultats pour ces catégories
Les sections communales (SC) évaluées sont les mêmes
que celles couvertes lors du cycle 1 HSM. Par ailleurs, cinq
(5) SC du Nord-Ouest ont été intégrées à ce cycle afin
d’élargir la compréhension des dynamiques régionales et
d’évaluer certaines zones, notamment celles limitrophes
de Gros-Morne (Artibonite) dans une logique comparative.
Une autre limite également liée au contexte d’insécurité dans
les zones de collecte de données consistait en la nécessité
de limiter la durée de déploiement de l’équipe de collecte
de données sur le terrain afin de réduire l’exposition à tout
risque sécuritaire.
Les données recueillies ont été ensuite agrégées au niveau
des SC. Pour chaque indicateur, les réponses de tous les ICs
rapportant sur la même SC ont été regroupées en une seule
valeur. L’agrégation a été réalisée suivant la modalité la plus
fréquente pour chaque SC.
COUVERTURE GÉOGRAPHIQUE
¯
La Tortue
1. Nord-Ouest
1
Saint Louis
Port De Paix
du Nord
Chamsolme
Anse A Foleur
2
Jean Rabel
Mole Saint
Nicolas
Bombardopolis
0
10
Bassin Bleu
4
3
Baie de Henne
Gros Morne
Anse Rouge
20 Km
2. Artibonite
Terre
Neuve
Marmelade
Ennery
Gonaives
Desdunes
Zones non enquêtées
L'Estere
Grande Saline
Sections communales enquêtées
Limites communales
Saint-Marc
Limites départementales
Verrettes
0
Bonbon
Saint-Michel
de l'Attal
Dessalines
Marchandes
10
20 Km
4. Centre
Petite
Riviere de
l'Art
Cerca
Carvajal
Maissade
La Chapelle
Thomassique
3. Grand'Anse
Abricots
Cerca La
Source
Hinche
Thomonde
Boucan Carre
Dame-Marie
Corail
Chambellan
Anse
d'Hainault
Beaumont
Lascahobas
Saut d'Eau
Mirebalais
Belladere
Savanette
Les Irois
0
0
10
10
20 Km
20 Km
A PROPOS DE REACH
REACH facilite l’élaboration d’outils et de produits d’information visant à renforcer les capacités des acteurs humanitaires
à prendre des décisions informées lors des situations d’urgence, de relèvement et de développement. Pour ce faire, les
méthodes utilisées par REACH incluent la collecte de données primaires, suivie d’une analyse approfondie de celles-ci.
Toutes les activités sont menées dans le cadre des mécanismes de coordination inter-agences.
REACH est une initiative conjointe d’IMPACT Initiatives, d’ACTED et de l’Institut des Nations Unies pour la formation et la
recherche – Programme opérationnel pour les applications satellitaires (UNITAR-UNOSAR).
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre site internet : https://www.impact-initiatives.org/
ROUND 2 | HSM HAITI 2026
7
annexe : l’indice de sévérité
L’Indice de Sévérité de la Zone de Connaissance (AoK SI) est une méthodologie d’indice composite qui vise à fournir une
approche standardisée et efficace pour résumer et interpréter les données AoK, afin de produire une analyse pertinente et
exploitable des besoins humanitaires multisectoriels aigus. Concernant le seuil, le point de coupure standard est fixé à 4,
car il permet d’identifier efficacement les besoins critiques tout en restant aligné sur les cadres méthodologiques établis.
Cette approche permet de prioriser les actions de réponse au sein d’une crise sur la base d’une comparaison absolue de la
sévérité des besoins, selon une échelle prédéfinie. Il est important de noter que ces seuils sont appliqués à chaque indicateur
individuellement et ne doivent pas être interprétés comme un système cumulatif ou de score. L’échelle de sévérité se décline
comme suit :
1 – Aucun / minimal : Les besoins sectoriels essentiels de base sont satisfaits.
2 – Stress : Capacité limite à couvrir les besoins sectoriels de base.
3 – Crise / Sévère : Incapacité modérée à répondre aux besoins sectoriels de base (et risque modéré de pertes de vies
évitables).
4 – Urgence / Extrême : Incapacité extrême à couvrir les besoins sectoriels de base (et risque élevé de pertes de vies
évitables).
4+ – Urgence extrême / Catastrophique / Effondrement sectoriel : Effondrement des services de base et/ou incapacité
totale à répondre aux besoins sectoriels de base (et risque très élevé de pertes de vies évitables)
Dans le cas d’Haïti, 25 indicateurs ont été analysés pour calculer l’indice :
ABNA
Protection
# de sections communales selon les trois principaux problèmes liés aux
conditions d'hébergement, parmi les localités ayant rapporté au moins un
problème modéré parce que les gens n'ont pas d'endroits adéquats où
habiter
# de sections communales par niveau d’accessibilité par route
# de % de sections communales par proportion d’abris endommagés ou
détruits au cours des 90 jours précédant la collecte
# de sections communales par type d’impacts de la violence et de
l’insécurité sur la population
# de sections communales par sévérité de dommage ou de destruction
des abris
# de sections communales selon le niveau d'évaluation de la sécurité
générale
# de sections communales selon le nombre de personnes de la localité qui
vivent dans des abris endommagés qui ne sont pas sûrs
# de sections communales selon les principaux services de protection ou
de référencement des incidents de protection auxquels avaient accès la
majorité de la population au cours des 30 jours précédant la collecte, parmi
les localités qui ont accès à un service de protection ou de référencement
des incidents de protection
Déplacement
# de sections communales par niveau de sécurité pour les enfants
# de sections communales selon la proportion de la population qui a été
contrainte de quitter la localité au cours des 90 jours précédant la collecte,
parmi les localités ayant recensé des déplacements de populations
contraintes de fuir ou de quitter la localité pour une raison quelconque
vers d'autres localités
# de sections communales par principaux problèmes de protection au
cours des 30 jours précédant la collecte
# de sections communales selon le nombre d'arrivée de PDI au cours des
90 jours précédant la collecte, parmi les localités ayant recensé l'arrivée de
PDI
Education
# de sections communales selon les types d'endroits (abris) où vivent
actuellement les PDI
# de sections communales où beaucoup d’enfants ont dû arrêter d'aller
à l'école comme ils le feraient normalement au cours de l'année scolaire
actuelle ou au cours de la dernière année scolaire
EHA
Santé
# de sections communales par temps nécessaire actuellement pour
s'approvisionner à la source d'eau principale (aller à la source, attendre,
puiser l'eau et revenir chez soi) pour la majorité de la population
# de sections communales où la majorité des femmes de la localité
peuvent obtenir des soins de santé lorsqu'elles sont enceintes ou
accouchent
# de sections communales par type de toilette ou de latrine le plus utilisé
actuellement par les gens de la communauté
# de sections communales par temps nécéssaire pour se rendre à
l'établissement de santé fonctionnel le plus proche en utilisant le mode de
transport le plus courant
# de sections communales selon la source d'eau la plus couramment
utilisée pour boire par les gens de la localité
Sécurité Alimentaire
# de sections communales selon les trois principaux problèmes liés aux
latrines ou aux toilettes
# de sections communales selon la disponibilité de nourritures, au cours
des 30 derniers jours précédant la collecte
Chocs
# de sections communales par niveau de sévérité de problème lié aux
moyens de subsistance
# de sections communales touchées par des chocs au cours des 90 jours
précédant la collecte, par type d'impact.
# de sections communales par type de stratégie d’adaptation rapporté