(2016-11) Evalyasyon bezwen apre siklòn: sektè sante (PDNA Matthew)
Rezime — Volim sante nan evalyasyon bezwen apre katastwòf pou siklòn Matthew, ministè sektè a prepare l epi apwouve l, pibliye san koreksyon nan novanm 2016. MSPP te fè evalyasyon an ak OPS/OMS, Bank Mondyal, ONUSIDA, UNFPA, Abt Associates ak MSH, ak metòd melanje sou evalyasyon avyon ak sou teren, dokiman ak avi ekspè, epi li kouvri kat depatman ki frape dirèkteman yo: Grandans, Nip, Sid ak Sidès..
Deskripsyon Konple
Youn nan trèz volim sektoryèl ki chita anba evalyasyon bezwen apre katastwòf pou siklòn Matthew, ki te travèse peninsil Tiburon 4 oktòb 2016. MSPP te fè evalyasyon an ak OPS/OMS, Bank Mondyal, ONUSIDA, UNFPA, Abt Associates ak MSH, ak metòd melanje sou evalyasyon avyon ak sou teren, dokiman ak avi ekspè, epi li kouvri kat depatman ki frape dirèkteman yo: Grandans, Nip, Sid ak Sidès. Volim nan swiv estrikti PDNA abityèl la: kontèks, efè siklòn nan, objektif relèvman ak bezwen sektè a, enpak imen ak sosyal, priyorite sektè a, ak politik sektoryèl yo. Yo pibliye l jan ministè a apwouve l, ak yon avètisman ki di tout diferans ak rapò konsolide 31 janvye 2017 la se pa espre.
Teks Konple Dokiman an
Teks ki soti nan dokiman orijinal la pou endeksasyon.
Ministère de la Santé Publique et
de la Population(MSPP)
ÉVALUATION
DES BESOINS
POST CYCLONE
secteur santé
1
Novembre 2016
AVERTISSEMENT
L’évaluation des besoins du secteur de la santé a été préparée par
le Ministère de la Santé Publique et de la Population(MSPP)net
ses partenaires. Le rapport final du secteur a été approuvé par le
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et est publié
en ligne tel quel, dans sa version non-éditée. Toute divergence avec
le rapport global (PDNA) est involontaire.
TABLES DES
MATIÈRES
1 Résumé
2 C
’
3 E
4 P
5 I
6 P
7 E
8 P
9 S
10 M
ontexte
7
9
ffets de l ouragan
11
rincipaux objectifs de relèvement et besoins du secteur
17
mpact humain et social dans le secteur
19
riorités du secteur
21
nvironnement: Entre défis et opportunités
23
olitiques sectorielles existantes et programmes majeurs
25
tratégie de mise en œuvre / plan d’action
27
éthodologie d’évaluation du secteur
31
Évaluation des besoins post-cyclone mathieu
dans le secteur de la santé
BCS
Bureau Communal de Santé
BM
Banque Mondiale
CDAI
Centre Départemental d’Approvisionnement en Intrants
CTDA
Centre de Traitement des Diarrhées Aigues
DDS
Direction Départementale Sanitaire
DINEPA
Direction Nationale d’Eau Potable et Assainissement
DOSS
Direction d’Organisation des Services de Santé
EMMUS
Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services
FBR
Financement Basé sur les Résultats
HFG
Health Finance and Governance
IRA
Infections Respiratoires Aigues
IST
Infections Sexuellement Transmissibles
MARNDR
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural
MCFDF
Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme
MENFP
Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle
MICT
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales
MSH
Management Sciences for Health
MSPP
Ministère de la Santé Publique et de la Population
MTPTC
Ministère des Travaux Publics, Transports et Communication
OMS
Organisation Mondiale de la Santé
OPS
Organisation Panaméricaine de la Santé
PDNA
Post Disaster Needs Assessment
PDS
Plan Directeur Santé
PES
Paquet Essentiel de Services
PTF
Partenaires Techniques et Financiers
SISNU
Système d’Information Sanitaire National Unique
UAS
Unité d’Arrondissement de Santé
UNFPA
Fonds des Nations Unies pour la Population
UNICEF
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
VIH
Virus de l’Immunodéficience Humaine
5
6
1
RÉSUMÉ
Résumé
La situation de santé de la population haïtienne est chroniquement précaire. Elle
ne s’améliore que très lentement étant donné les faiblesses du système national de
santé et la grande vulnérabilité physique et socio-économique. Le cyclone Matthew
a frappé un système déjà assez fragile.
Le Ministère de la santé publique (MSPP) a conduit l’évaluation du secteur santé
après la catastrophe causée par Matthew, assisté de quelques partenaires (OPS/OMS,
Banque mondiale, ONUSIDA, UNFPA, Abt Associates, MSH, etc.). L’analyse a estimé
les Dommages, les Pertes et les Besoins additionnels à court, moyen et long terme
à l’aide de méthodes mixtes et de données primaires et secondaires provenant des
évaluations aériennes et de terrain, de la littérature, d’avis d’experts, etc.
Tel que recommandé par les autorités, l’étude a couvert l’entièreté des quatre
départements directement frappés (Grand’Anse, Nippes, Sud et Sud-Est) ainsi que
les communes affectées des départements de l’Ouest et du Nord-Ouest.
Les objectifs de relèvement définis par le secteur santé sont les suivants :
réhabiliter/reconstruire les institutions sanitaires (IS) endommagées
rétablir rapidement les services de santé dans les zones affectées
répondre à l’augmentation de la morbidité (renforcement des services et
déploiement de cliniques mobiles)
renforcer les programmes prioritaires de santé (vaccination, planification
familiale, malaria, hygiène, choléra, nutrition, VIH/Sida, tuberculose, etc.)
réduire les risques sanitaires augmentés par la catastrophe (paludisme,
choléra, IRA, santé reproductive et infantile, malnutrition, IST, santé
mentale, etc.)
rétablir et renforcer la surveillance épidémiologique (SISNU, laboratoire,
système d’alerte précoce)
appuyer le MSPP dans sa gestion des risques et des désastres (niveau
central, DDS, UAS et BCS)
renforcer les activités de prévention des maladies et de promotion de la
santé
7
Résumé
L’évaluation a distingué les IS en Dispensaires, Centres de santé, Hôpital,
Centre de traitement des diarrhées aiguës (CTDA) et Centre départemental
d’approvisionnement en intrants (CDAI). 133 au total ont été endommagées dont
cinq complètement détruites. Les dispensaires sont les plus touchés (63%). Six
hôpitaux et trois CDAI ont été comptabilisés.
Le coût total estimé des dommages en infrastructures (68%), équipements (23%) et
intrants (9%) s’élève à 28 491 386 dollars américains (US$). Les départements du Sud
(43%) et de la Grand’Anse (39%) accusent les dommages les plus importants. 44%
de ces coûts se situe au niveau des dispensaires et des centres de santé et 43% au
niveau hospitalier. Ces coûts se répartissent à 70% en IS publiques et mixtes et à 30%
en IS privées.
Les pertes sont estimées à 73 916 500 US$ répartis en quatre domaines : Risques
(54%), Services (40%), Infrastructures (4%) et Gouvernance (2%). Les interventions
prévues les plus importances concernent la levée de la barrière financière pour
l’accès aux services, l’eau/hygiène/assainissement, la campagne de vaccination
contre le choléra, l’augmentation des besoins de santé, les cliniques mobiles et
autres stratégies avancées et la promotion de la santé.
Ainsi les besoins de relèvement initiaux (somme des dommages et des pertes)
s’élèvent à 102 407 886 US$. Il existe d’autres besoins, dits « additionnels » visant à
améliorer la résilience du système de santé considérant la grande vulnérabilité du
pays. Il s’agit principalement de services aux niveaux communautaire et hospitalier
d’urgence, de leur mise en réseau pour augmenter leur effectivité et l’efficience ainsi
que d’appui aux Equipes mobiles d’intervention rapides (EMIRA) pour lutter contre le
choléra représentant 25 201 500 US$.
Inclus les 6% d’inflation, le total des besoins de reconstruction et de relèvement
du secteur santé s’élève à 133 753 859 US$ (8 841 130 073 HTG). Ces moyens
sont nécessaires pour assurer la transition entre la réponse d’urgence et l’aide au
développement.
8
2
CONTEXTE
Contexte
Haïti est classé 134ème sur 140 pays en matière de santé selon le forum économique
mondial 2015. Les principaux indicateurs sanitaires reflètent la grande précarité
de l’état de santé de sa population, avec une espérance de vie à la naissance qui
plafonne à 62 ans pour les hommes et 66 ans pour les femmes en 2015, un taux de
mortalité maternelle de 330 pour 100 000 naissances et un taux de mortalité infantile
de 50 pour 1 000 naissances vivantes (OMS).
Le système de services de santé est organisé en trois niveaux. Un premier niveau
insuffisamment développé, qui se limite à recevoir la demande active, surtout pour
attention curative, les hôpitaux de deuxième et troisième niveaux souffrant d’une
capacité résolutive assez faible et de sérieux problèmes de qualité. Plus de 60% des
dites structures de santé sont mixtes ou privées, ce qui accentue la fragmentation
des services de santé. Finalement la précarité de l’offre se reflète dans une carte
sanitaire assez limitée (ressources insuffisantes et mal réparties).
Bien que la dernière enquête de santé EMMUS V (2012) ait révélé une relative
amélioration de certains indicateurs de santé, les maladies transmissibles (paludisme,
choléra, tuberculose, IST, VIH/SIDA), autant que les maladies non transmissibles
(cancer, DM, HTA et autres maladies cardiovasculaires) représentent une double
charge de morbidité et mortalité grandissante.
L’accès effectif aux soins de santé est contraint par plusieurs obstacles (culturel,
géographique, financier). Le paiement direct représente plus d’un tiers des dépenses
de santé, ce qui représente une barrière insurmontable pour la grande majorité de la
population (73% de pauvreté). Le budget national octroyé aux dépenses de santé en
2015 était inférieur à 5% du budget total national.
9
10
3
Effets de l’ouragan
Effets de l’ouragan
Le bilan humain officiel est présenté dans le tableau 1.
BILAN HUMAIN
DECES
BLESSES
DISPARUS
546
438
128
Les vents et les fortes pluies ont fortement endommagé les structures de santé.
Selon le tableau 2, le nombre total des structures santé affecté est de 133. Les
départements du Sud et de la Grand’Anse représentent deux tiers du total des IS
affectées. Les dispensaires (84) ont été plus touchés que les centres de santé (16)
et les hôpitaux (6). Ce constat reflète la plus grande fragilité des établissements
primaires (77% de l’ensemble des structures endommagées).
Les centres d’approvisionnement en intrants (CDAI) de trois départements (Sud,
Grand’Anse et Nippes) ont été également affectés, compromettant plus encore la
disponibilité et l’accessibilité des soins. De plus 24 CTDA ont été endommagés dans
ces mêmes trois départements réduisant la capacité de répondre à l’augmentation
des cas attendus de choléra et des flambées épidémiques.
Les jours suivant la catastrophe, la majorité de services à niveau local a été interrompu,
à cause des dégâts et aussi du fait que le personnel (peu nombreux déjà) a aussi été
victime.
11
Effets de l’ouragan
Tableau 1 : Dommages
Répartition des dommages par département, par type d'instititutions
Institutions
sanitaires
Sud
Grand'Anse
Endommagées Détruites Endommagées
Détruites
#
%
#
%
#
25
57%
0
0% 27
64% 2
Centre de santé 7
16%
0
0%
3
7%
0
Dispensaire
#
%
Sud'Est
Nippes
%
Endommagées
#
%
Détruites
Endommagées
Nord'Ouest
Détruites
#
%
Endommagées
#
%
TOTAL
Détruites
#
%
#
%
#
5% 10
42% 0
0%
9
69% 2
15% 8
80% 1
0%
3
13% 0
0%
2
15% 0
0%
1
10% 0
%
Endommagées
#
%
Détruites
#
%
10% 79
59% 5
4%
0% 16
12% 0
0%
5%
Hôpital
2
5%
0
0%
3
7%
0
0%
1
4%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
CTDA
9
20%
0
0%
6
14% 0
0%
9
38% 0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0% 24
18% 0
0%
CDAI
1
2%
0
0%
1
2%
0
0%
1
4%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
0
0%
2%
0
0%
Sous-totaux: 44 100%
0
0%
40 95%
2
5%
24 100% 0
0%
11 85%
2
15%
9
90%
1
10% 128 96%
5
4%
44
Totaux:
100%
42
100%
24
100%
13
100%
10
6
3
100%
133
100%
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
a) Analyse des dommages
Le tableau 3 ci-dessous présente l’estimation des dommages par département, en
distinguant les effets sur les infrastructures, les équipements et les intrants.
Le coût total des dommages s’élève à 28 491 386 dollars américains (1 883 280
598 gourdes). Le Sud et la Grand Anse sont les départements pour lesquels les
dommages sont les plus importants (respectivement 12 226 319 et 11 131 235 US$)
soit 82 % du total. D’autre part, les dommages sont estimés à 19 392 360 US$ (68%)
pour les infrastructures, 6 464 120 US$ pour les équipements (23%) et 2 634 906 US$
pour les intrants (9%).
Tableau 3 : Estimation des dommages
Répartition des dommages par département, par type d'instititutions
Institutions
sanitaires
Sud
Grand'Anse
Nippes
Endommagées Détruites Endommagées
Détruites
#
%
#
%
#
25
57%
0
0% 27
64% 2
Centre de santé 7
16%
0
0%
3
7%
Hôpital
2
5%
0
0%
3
7%
CTDA
9
20%
0
0%
CDAI
1
2%
0
0%
Sous-totaux: 44 100%
0
0%
Dispensaire
Totaux:
44
100%
#
%
Endommagées
%
Détruites
Endommagées
Détruites
%
5% 10
42% 0
0%
9
69% 2
15% 8
80% 1
0
0%
3
13% 0
0%
2
15% 0
0%
1
0
0%
1
4%
0
0%
0
0%
0
0%
0
6
14% 0
0%
9
38% 0
0%
0
0%
0
0%
1
2%
0
0%
1
4%
0
0%
0
0%
0
0%
40 95%
2
5%
24 100% 0
0%
11 85%
2
15%
24
100%
13
#
%
100%
Le tableau 4 ci-dessous fait état des calculs des dommages par niveau de soins et
par département. Les dommages représentent 12,6 million US$ (44%) au niveau des
Dispensaires et Centres de santé, 12,2 millions (43%) au niveau hospitalier, 3 millions
pour les CDAI et 0,6 million pour les CTDA.
#
%
TOTAL
Détruites
#
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
12
Endommagées
%
100%
#
Nord'Ouest
#
42
%
Sud'Est
#
Endommagées
%
10% 79
59% 5
4%
10% 0
0% 16
12% 0
0%
0%
0
0%
5%
0
0%
0
0%
0
0% 24
18% 0
0%
0
0%
0
0%
2%
0
0%
9
90%
1
10% 128 96%
5
4%
100%
#
6
3
%
Détruites
#
10
%
133
100%
Évaluation des besoins post-cyclone mathieu
dans le secteur de la santé
Tableau 4 : Estimation des dommages par niveau de soins
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
Considérant que, dans les zones couvertes par l’évaluation, 70% des IS sont publiques
et mixtes et 30% privées, les dommages par secteur s’élèvent respectivement à 21
140 608 et 9 060 261 US$.
b) Analyse des pertes
Plusieurs phénomènes épidémiologiques post-désastre contribuent au volume
assez élevé des pertes. Par exemple, l’affectation des logements et des sources d’eau
augmente la transmission des maladies orales-fécales comme le choléra. Aussi, les
vents et les pluies extrêmes favorisent l’émergence de nouveaux gîtes vectoriels à
l’origine d’une augmentation des cas de Paludisme, Zika, Dengue, Chikungungya,
etc.
Le tableau 5 montre que les pertes totales s’élèvent à 73 916 500 USD (4 885 880 650
HTG). Elles distinguent 4 domaines : infrastructures, services, gouvernance et risques.
Les interventions envisagées pour maîtriser les risques après désastres (vaccination
Choléra, promotion santé, contrôle des vecteurs, eau et assainissement) atteignent
39,6 millions US$ (54%). Celles pour les services prennent en compte les surcoûts
pour les soins de santé (traitement des blessés, cas de maladies transmissibles
additionnelles, etc.) et les coûts liés à la perte de revenus (des institutions privées1 et
gratuité temporaire au niveau des structures publiques) ; elles s’élèvent à 29,9 millions
US$ (40%). Pour les infrastructures, l’estimation comptabilise le nettoyage, des IS
temporaires et l’installation de cliniques mobiles pour un montant de 3,26 millions
US$ (4%). Les coûts pour les besoins additionnels de coordination et de gestion
liés au cyclone Matthew (incluant notamment le renforcement de la surveillance
épidémiologique et la revue du Plan de contingence) ne représentent que 2% des
pertes (1,11 million).
Les besoins de relèvement initiaux, correspondant à la somme des dommages et
pertes, s’élèvent à 102 407 886 US$ (6 769 161 248 HTG) avant d’ajouter l’inflation.
Pour le relèvement, des besoins additionnels sont envisagés (tableau 6) afin de
favoriser la résilience et réduire la vulnérabilité, ainsi que la transition entre la réponse
d’urgence et l’aide au développement. Quatre interventions ont été retenues.
Pour les services de santé, (Hôpital sûr, Extension communautaire, Renforcement
de Réseaux Intégrés des SS et Appui aux équipes communautaires d’intervention
rapide (EMIRA)) pour un montant de 21,4 millions US$ (90%). Pour les infrastructures
1
L’estimation de la perte de revenus des IS privées endommagée et détruites fait
l’objet d’une ligne budgétaire spécifique (tableau 5). Elle s’élève à 3 650 000 US$.
13
Effets de l’ouragan
(Amélioration de la chaîne de froid), nous avons comptabilisé 2,4 millions US$ (10%).
Ces interventions pour l’essentiel se dérouleront dans le court terme (83%).
Tableau 5 : Pertes
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
Tableau 6 : Besoins additionnels
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
Synthèse des besoins de reconstruction et de relèvement:
Inclus les 6% d’inflation (tableau 7), le total des besoins de reconstruction et de
relèvement du secteur santé s’élève à 133 753 859 US$ (8 841 130 073 HTG). Ces
moyens sont nécessaires pour assurer la transition entre la réponse d’urgence et
l’aide au développement.
14
Évaluation des besoins post-cyclone mathieu
dans le secteur de la santé
Tableau 7 : Synthèse des coûts estimés
Source : MSPP, PDNA Novembre 2016
Le résumé des besoins par secteur est présenté dans le tableau 8.
Tableau 8 : Résumé des besoins par secteur
15
16
4
PRINCIPAUX OBJECTIFS DE
RELEVEMENT ET BESOINS
DU SECTEUR
Principaux objectifs de relevement et besoins du secteur
Réparer et réhabiliter les établissements de santé affectés.
Rétablir les services de santé dans les zones affectées.
Répondre à l’augmentation de morbidité (déploiement de cliniques
mobiles et support aux équipes locales).
Rétablir et renforcer la surveillance épidémiologique, le SISNU, le laboratoire,
l’alerte précoce
Confronter et réduire les risques sanitaires augmentés à cause de la
Catastrophe (Malaria, Choléra, IRA, Santé Reproductive et infantile,
Malnutrition, IST, Santé Mentale)
Améliorer la Gouvernance pour la gestion des risques et des catastrophes
au niveau du MSPP central, DDS et BCS/UAS
Renforcer les activités de Prévention des maladies et Promotion de la Sante.
Renforcer les Programmes Prioritaires de Santé (Vaccination, Planification
Familiale, Malaria, Hygiène, Choléra, Nutrition, Sida, Tuberculose,…).
17
18
5
Impact humain et social
dans le secteur
Impact humain et social dans le secteur
La mortalité imputable à l’ouragan Matthew est de 564 personnes. Quant aux
pertes économiques, elles pourraient se chiffrer à plusieurs milliards de gourdes.
Les catastrophes naturelles qu’Haïti a connues mettent à mal l’infrastructure sociale
et économique haïtienne, leurs conséquences à long terme sont particulièrement
graves pour Haïti, dont elles compromettent le Développement Durable.
L’impact humain et social est immense dans un pays marqué par une forte incidence
de pauvreté. A cause des dégâts matériels sur les installations sanitaires, réseaux
routiers et l’approvisionnement en eau potable causé par l’ouragan Matthew, la
population touchée est victime d’un accès précaire aux services de santé de base.
L’impact humain et social a touché la population en général mais plus particulièrement
les femmes et les filles, les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrantes
des maladies chroniques comme le Sida.
Les perturbations constatées lors des visites comprennent : le manque d’accès
aux soins et aux services de base y compris l’interruption de traitement pour une
partie des personnes sous traitement continue, comme les personnes malades de
sida et celles atteintes de la tuberculose, le manque d’accès à l’eau potable. Ceci va
augmenter la morbidité et le risque de résistance aux médicaments, ce qui devient
à la longue un problème additionnel de santé publique. A noter que les prestataires
de services sont aussi parmi les victimes.
Par ailleurs, les personnes déplacées suite à l’ouragan Matthew sont allées vivre dans
les abris avec une promiscuité accrue dans des conditions insalubres. La promiscuité
qui s’ajoute à la perte des biens de première nécessité expose les femmes et les
filles au risque de recours au sexe transactionnel, aux abus sexuels et autres formes
de violences basées sur le genre. La perte des biens et des membres de la famille a
conduit les survivants au désespoir avec des risques de problèmes psychosociaux,
voir même psychiatriques nécessitant une prise en charge spécialisée non
disponible. En outre, dans certaines situations, les femmes et les filles, les enfants et
les personnes âgées n’ont pas accès aux aides en distribution si les stratégies ne sont
pas prises par les agents de distributions. Ceci peut être une source d’augmentation
de sexe transactionnel, ou les femmes auront à chercher la protection des hommes
pour accéder aux aides distribuées.
Environnement : Entre Défis et Opportunités
19
20
6
PrioritÉs du secteur
Renforcer les Directions Départementales en Ressources Humaines,
matériels, équipements et intrants
Renforcer les capacités des structures sanitaires à résister aux catastrophes.
Réhabiliter et rendre fonctionnelles les structures sanitaires sur la base de
l’inventaire exhaustif réalisé par la DOSS et les PTF
Prévenir et prendre en charge systématiquement les cas de choléra.
Renforcer la surveillance épidémiologique
Renforcer les programmes prioritaires (Vaccination, Planning Familial,
Malaria, Hygiène, Choléra, Nutrition, Sida, Tuberculose,…) afin d’améliorer
la couverture des soins et services de santé de base
Prendre le relais de l’aide humanitaire dès que possible.
Poser les fondations d’un relèvement à plus long terme tout en intégrant
des mesures de prévention, de réduction et de gestion des risques futurs
en lien avec la santé. Cette dernière priorité entend clairement suivre le
principe de « reconstruire mieux » ou des 3B : « build back better » qui
consiste à intégrer des mesures de prévention des risques dans les plans
et programmes de réhabilitation et de reconstruction pour faire face aux
aléas.
21
22
7
Défis DANS le SECTEUR
Faible capacité de surveillance de l’Autorité Sanitaire Nationale
Fréquentes ruptures de stock de fournitures médicales essentielles
contribuent à la faible qualité des soins au niveau institutionnel.
Déficience quantitative et qualitative des ressources tant humaines que
matérielles.
Multiplicité d’acteurs, avec des motivations et des philosophies d’action
diverses.
Faible niveau de financement de la Sante par le Trésor public
Faible gouvernance sectorielle à différents niveaux (BCS, UAS, DDS, Niveau
central)
Faible coordination de la coopération Technique et Financière.
Fragmentation du système de services de soins de santé.
Difficulté pour le premier niveau à garantir l’accès au Paquet Essentiel de
santé (PES).
Barriere financière, haut paiement de poche.
Faible niveau d’implication de la population
23
24
8
Politiques sectorielles
existantes et programmes
majeurs
Politique Nationale de Santé
Plan Directeur Santé (PDS) 2012-2022
Plans Triennaux (13-16, 17-19,)
Manuel de financement basé sur les résultats (FBR)
Paquet Essentiel de Services (PES)
Politique pharmaceutique
Plan d’élimination de choléra
Plan d’élimination de malaria
Politique Nationale de promotion de la santé
Protocole national de prise en charge de la malnutrition
Plan stratégique national de la santé de la reproduction
Manuel d’autorisation de fonctionnement
25
26
9
STRATÉgie de mise en ŒUVRE
/ plan d’action
La mise en œuvre de ce document passera par plusieurs étapes dont l’ajustement
du Plan Triennal 2017-2019 avec un accent particulier dans les départements les plus
touchés et l’élaboration des plans opérationnels annuels. Ainsi, ce tableau ci-après
résume les interventions à mener dans le cadre du relèvement.
rdans les processus de reconstruction et de relèvement. Il est aussi important
d’encourager les communautés touchéesà s’orienter vers des initiatives collectives
relatives à la mise en œuvre du plan de relèvement.
27
tratégie de mise en œuvre / plan d›action
Interventions
Période
Autres secteurs
impliqués
COURT TERME
Aménagement de structures temporaires et/ou relocalisation
des services là où les institutions sont complètement
6 premiers mois
MTPTC-DINEPA
détruites
Nettoyage des structures endommagées, et démolition au
besoin.
6 premiers mois
Approvisionnement en intrants, matériels et équipements.
6 premiers mois
Prévention et prise en charge des cas de choléra
6 premiers mois
DINEPA
6 premiers mois
MARNDR-MCFDF
Prévention et prise en charge des cas de malnutris
notamment chez les groupes les plus vulnérables (Femmes
enceintes, enfants de moins de 5 ans, personnes âgées,…)
Réalisation de cliniques mobiles pour améliorer la couverture
des services avec accent particulier pour les groupes
6 premiers mois
vulnérables.
Programme Hôpitaux sûrs, Dispatching d’ESF/ASCP, Equipes
EMIRA Développement de Réseaux Intégrés des Services de
6 premiers mois
Santé (RISS)
Renforcement de la chaîne froid pour la vaccination de
routine
Promotion et sensibilisation de la population sur les normes
d’hygiène.
Assistance psychosociale aux habitants des régions touchées,
incluant les prestataires.
Assistance économique aux prestataires des zones frappées
par l’ouragan.
Renforcement de la surveillance épidémiologique
Evaluation et ajustement du Plan de contingence du MSPP
incluant toutes les structures sanitaires
Formation du personnel santé tant au niveau central que
départemental sur la Gestion des risques et des désastres
28
6 premiers mois
6 premiers mois
6 premiers mois
6 premiers mois
6 premiers mois
6 premiers mois
6 premiers mois
MICT (SPGRD)
Évaluation des besoins post-cyclone mathieu
dans le secteur de la santé
Interventions
Période
Autres secteurs impliqués
7-12 mois
MTPTC-DINEPA
MOYEN TERME
Réhabilitation des structures partiellement affectées en
s’assurant du respect du code de construction national
(parasismique et paracyclonique) et sur des zones propices
(de faible exposition aux risques naturels)
Approvisionnement en intrants, matériels et équipements.
7-12 mois
Prévention et prise en charge des cas de choléra
7-12 mois
DINEPA
7-12 mois
MARNDR-MCFDF
7-12 mois
MENFP-MCFDF
7-12 mois
MENFP
Prévention et prise en charge des cas de malnutris
notamment chez les groupes les plus vulnérables.
Renforcement les programmes prioritaires (Vaccination,
PF, Malaria, Hygiène, Choléra, Nutrition, Sida, TB,…) afin
d’améliorer la couverture des soins et services de santé de
base.
Promotion et sensibilisation de la population sur les normes
d’hygiène.
Renforcement de la surveillance épidémiologique
7-12 mois
Dotation des structures sanitaires d’un plan d’évacuation
7-12 mois
Dotation des hôpitaux d’un plan d’afflux des victimes (un
plan blanc)
Mise en place d’un comité sectoriel de gestion des risques et
des désastres au sein du MSPP
7-12 mois
7-12 mois
Interventions
Période
Autres secteurs impliqués
13-36 mois
MTPTC-DINEPA
LONG TERME
Reconstruction des structures complètement détruites
en favorisant l’approche des 3B (reconstruire mieux) c’està-dire dans le respect du code de construction national
(parasismique et paracyclonique) et sur des zones propices
(de faible exposition aux risques naturels)
Renforcement de la capacité des institutions en RH,
matériels, équipements et intrants
13-36 mois
Mise à jour du Plan de contingence santé en intégrant
les mesures de prévention des risques dans les plans et
programmes de réhabilitation et de reconstruction pour
13-36 mois
MICT
13-36 mois
MICT
faire face aux aléas.
Renforcement de la gouvernance (gestion des risques
et désastres) tant au niveau central que départemental
(communal, local).
29
30
10
MÉTHODOLOGIE
D’EVALUATION DU SECTEUR
Méthodologie d’évaluation du secteur
Les travaux ont été conduit par l’Unité d’étude et de programmation (UEP) de la
Direction générale du Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) avec
l’appui technique de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS)/ Organisation
mondiale de la santé (OMS) et la participation de quelques partenaires (UNFPA, BM,
ONUSIDA, MSH, HFG) dans le cadre du comité PDNA santé spécialement mis en
place.
Le cadre d’analyse utilisé est celui recommandé pour ce type d’exercice distinguant
i) les dommages, ii) les pertes et ii) les besoins en relèvement prenant en compte le
court (mois 1 à 6), le moyen (mois 7 à 18) et le long terme (mois 19 à 36).
L’étude a adopté une approche concomitante en méthodes mixtes en utilisant les
données primaires et secondaires disponibles tenant compte des contraintes de
ressources (temps, ressources techniques, matérielles et financières, etc.).
La collecte de données et leur traitement s’est déroulée du 22 octobre au 15
novembre 2016 en combinant trois sources :
i)
Documentation relative à la situation sanitaire avant le passage du cyclone
Matthew et aux évaluations consécutives à son passage [évaluations de la
DOSS/MSPP ; évaluations conjointes réalisée par MSPP, OPS/OMS, UNICEF,
UNFPA, ONUSIDA et évaluations de programmes prioritaires tels que Sida,
Tuberculose, Paludisme, etc.) ;
ii)
Sessions de travail du comité PDNA Santé (n=5) ;
iii)
Consultations ciblées de nombreux experts nationaux et internationaux.
L’étude a couvert six départements : l’entièreté des trois départements directement
frappé par Matthew pour commencer (Sud, Grand’Anse, Sud’Est, Nippes) puis, en fin
de processus à la demande de la coordination technique de l’ensemble du PDNA,
les communes des départements de l’Ouest et du Nord-Ouest pour lesquelles des
données d’évaluation terrain avaient été rapportées. Pour les communes de l’Ouest,
aucune donnée n’a été transmise.
31
L’estimation du nombre et du type d’institutions sanitaires endommagées ainsi que
du degré des dommages s’est principalement basée sur les données d’évaluation
terrain coordonnée par la Direction de l’organisation de services de santé (DOSS) du
MSPP. Les surfaces moyennes (infrastructures) et les coûts unitaires (infrastructures,
équipement et intrants) utilisés pour l’estimation des dommages ont été ceux du
DaLA (photographie aérienne et standards internationaux) ajustés pour partie sur
la base des données nationales et d’avis d’experts. Le calcul des dommages inclut
30% de majoration pour « reconstruire en mieux » tel que recommandé par la
méthodologie du PDNA.
L’estimation des pertes et des besoins en relèvement a été réalisée à partir de la
situation avant le passage de Matthew, avec l’aide d’experts pour chacune des
interventions et en tenant de la politique nationale dans ses différentes composantes.
Évaluation des besoins post-cyclone mathieu
dans le secteur de la santé
XI. REFERENCES
1.
Evaluations réalisées par les programmes prioritaires (Tuberculose, Sida,
Malaria), MSPP, 2016
2.
Evaluations réalisées par la DOSS/MSPP, 2016
3.
Evaluation conjointe réalisée par MSPP/OPS-OMS/UNFPA/UNICEF, 2016
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Ministère de la Santé Publique et
de la Population(MSPP)