Politique nationale de promotion de la santé
Résumé — Politique nationale de mars 2009 sur la promotion de la santé, couvrant le contexte sanitaire et socioéconomique, le cadre légal et institutionnel, les axes stratégiques, la participation communautaire et les recommandations opérationnelles.
Constats Clés
- Définit trois axes stratégiques de promotion de la santé.
- Intègre la participation communautaire et l'action multisectorielle au cadre politique.
- Comprend des recommandations opérationnelles sur le personnel, le matériel et le financement.
Description Complète
Analyse le contexte sanitaire, socioéconomique et institutionnel de la promotion de la santé en Haïti avant de définir le cadre légal et institutionnel. Fixe des axes stratégiques portant sur la sensibilisation, le soutien social et l'habilitation des communautés, avec des composantes sur l'éducation pour la santé, la participation communautaire, l'action multisectorielle et le plaidoyer. Les recommandations opérationnelles couvrent les ressources humaines, matérielles et financières.
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Texte extrait du document original pour l'indexation.
REPUBLIQUE D’HAITI
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE ET DE LA POPULATION
DIRECTION DE PROMOTION DE LA SANTE
ET DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Politique Nationale
de Promotion
de la Santé
Port-au-Prince, Haïti
Mars 2009
REPUBLIQUE D’HAITI
MINISTERE DE LA SANTE PUBLIQUE ET DE LA POPULATION
DIRECTION DE PROMOTION DE LA SANTE
ET DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
POLITIQUE NATIONALE
DE PROMOTION
DE LA SANTÉ
Mars 2009
Politique Nationale de Promotion de la Santé iii
La publication de ce document a été rendue possible
grâce au support financier du Projet MSPP-BID.
Mise en pages: DidacArts S.A.
Impression: Le Natal S.A.
Mars 2009
iv Politique Nationale de Promotion de la Santé
Table des matières
Page
Préface v
Les définitions de la Santé et de la Promotion de la santé 1
CHAPITRE I
Mise en contexte 5
Historique de la promotion de la santé 5
Résumé de la situation sanitaire d’Haïti 13
Résumé de la situation socio économique d’Haïti 15
Résumé du diagnostic de la situation de la promotion
de la santé en Haïti 19
CHAPITRE II
Le Cadre politique et légal 35
Le cadre institutionnel de la DPSPE 37
But de la politique de promotion de la santé 41
Objectifs 43
Les valeurs fondamentales de la promotion de la santé 45
L’équité 45
La solidarité 45
La justice sociale 46
CHAPITRE III
Les axes stratégiques de la politique 47
L’action de sensibilisation 48
Le soutien social en faveur de la santé 50
L’habilitation en matière de santé 51
Les principales composantes de la politique 53
L’éducation pour la santé 53
La participation la communauté 54
L’action multisectorielle 54
Le plaidoyer pour les politiques publiques 55
Politique Nationale de Promotion de la Santé
CHAPITRE IV
Interrelation entre la promotion de la santé
et les grands principes et programmes 57
Politique de promotion de la santé et les droits humains 57
Les programmes et projets prioritaires de santé 59
Politique de promotion de la santé et la santé des travailleurs 60
Politique de promotion de la santé et les problèmes
environnementaux 60
Politique de promotion de la santé et les problèmes
démographiques 61
Politique de promotion de la santé et la violence 62
Politique de promotion de la santé et la santé
des personnes âgées 62
Politique de promotion de la santé et l’équité de genre 63
CHAPITRE V
Les recommandations pour l’opérationnalisation de la politique 65
Les moyens 67
Ressources humaines 67
Ressources matérielles 67
Ressources financières 67
Conclusion 69
Les abréviations 71
Les références 73
vi Politique Nationale de Promotion de la Santé
PRÉFACE
L
a Santé et la qualité de vie d’un peuple dépendent en
grande partie de l’engagement politique des dirigeants
et du comportement des individus. Fort de ce constat,
le concept de promotion de la santé adopté à la conférence
d’Ottawa dans le cadre de l’objectif santé pour tous, vise à en-
courager l’adoption de comportements favorables et réduire
les inégalités face à la santé.
Cette politique nationale de promotion de la santé, répondant
bien à la volonté du Gouvernement haïtien d’œuvrer dans le
sens de la construction d’une société équitable où tous les ci-
toyens puissent jouir d’une vie de qualité, est basée sur une
stratégie à trois axes dont :
1. Le plaidoyer pour les politiques publiques en faveur de
la santé au moyen de la sensibilisation des décideurs et
du public en général;
Politique Nationale de Promotion de la Santé vii
2. L’habilitation des communautés à prendre des décisions
et des initiatives capables de leur assurer une vie de
qualité;
3. Le soutien social à travers l’interaction communautaire
et l’apport des autres secteurs.
Aussi, à l’instar de tous les manuels de régulation, je demande
aux institutions du Ministère de la Santé Publique et de la
Population, aux partenaires, aux institutions concernées,
aux autres ministères de mettre en application ce document
de politique nationale de promotion de la santé en vue de
l’amélioration de l’état de santé et d’un développement durable
et global de la population haïtienne.
Le Ministère de la Santé remercie bien sincèrement tous ceux
qui ont contribué à l’élaboration de ce document.
Port au Prince, le 08 janvier 2009
Dr Alex LARSEN
Ministre
Politique Nationale de Promotion de la Santé page
DÉFINITION
DE LA PROMOTION DE LA SANTÉ
L
a promotion de la santé c’est l’action politique, édu-
cative et sociale qui sensibilise le grand public aux
problèmes de santé et encourage l’adoption de modes
de vie sains et l’action communautaire au service de la san-
té, tout en donnant à la population les moyens de faire valoir
ses droits et d’exercer ses responsabilités par une action sur:
l’environnement, les systèmes et les politiques en vue de les
faire contribuer au progrès sanitaire et au mieux-être de tous.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page
DÉFINITION DE LA SANTÉ
L
a définition la plus connue de la santé est celle de
l’OMS: « la santé est un état de complet bien-être phy-
sique, mental et social et ne consiste pas seulement en
une absence de maladie ou d’infirmité. »
Dans le contexte de la promotion de la santé, celle-ci est consi-
dérée comme étant l’aptitude de l’individu à s’exprimer pleine-
ment et à réagir de façon positive aux problèmes qui se posent
en raison de son environnement.
Dans ce cas, la bonne santé englobe les notions de qualité de
vie et de potentiel humain. Elle implique une lutte active.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page
CHAPITRE I
MISE EN CONTEXTE
Historique de la Promotion de la Santé
A
u cours de l’assemblée mondiale de la santé de 1977, il
fut décidé que le principal objectif social des Gouver-
nements et de l’Organisation Mondiale de la Santé au
cours des prochaines décennies devrait être de faire accéder les
peuples du monde entier à un niveau de santé leur permettant
de mener une vie socialement et économiquement productive.
D’où l’adoption du fameux objectif : Santé Pour Tous en l’an
2000.
Quelques mois plus tard en 1978, l’OMS et l’UNICEF ont
convoqué une conférence à Alma Ata, à laquelle conférence,
134 pays ont participé. Tous ont souscrit à l’objectif santé pour
tous en l’an 2000. A l’issue de cette rencontre furent retenus
deux points importants :
page Politique Nationale de Promotion de la Santé
w La nécessité de mettre en place des stratégies ration-
nelles à travers les soins de santé primaires.
w La nécessité d’une réallocation des ressources mondia-
les utilisées pour le financement d’armes et des conflits
armés.
Un puissant appel en faveur d’une politique de paix, de détente
et de désarmement fut lancé par les participants de cette con-
férence.
La Conférence d’Ottawa
À partir d’Alma Ata, plusieurs conférences et groupes de tra-
vail ont eu lieu sur la promotion de la santé. La première en
1986 à Ottawa réunissait des pays industrialisés, elle a débou-
ché sur la première charte de promotion de la santé qui propose
une stratégie avec cinq domaines d’activité dont :
w L’adoption par les pouvoirs publics d’une politique fa-
vorable à la santé
w La création d’environnements propices à la santé
w Le renforcement de l’action communautaire
w Le développement des qualifications personnelles
w La réorientation des services de santé.
Les participants de la conférence d’Ottawa se sont engagés :
w A se faire les avocats d’une politique qui soit clairement
favorable à la santé et à l’équité dans tous les secteurs.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page
w A combattre les inégalités en matière de santé et à faire
reconnaître que la santé constitue un investissement
capital et un défi majeur à relever pour toute société.
La Conférence d’Adélaïde
Deux années plus tard, les pays industrialisés se sont réunis
à Adélaïde pour une deuxième conférence qui a mis l’accent
sur le premier des cinq domaines de la conférence d’Ottawa :
l’adoption par les pouvoirs publics d’une politique favorable à
la santé.
La Conférence de Genève
Il a fallu attendre 1989 pour que soit réuni à Genève un groupe
de travail sur la promotion de la santé dans les pays en déve-
loppement. Ils ont défini une stratégie « a call for action ».
Dans ce document, il est clairement dit que seule une action
promotionnelle soutenue peut susciter et entretenir une volon-
té politique qui est un élément indispensable à l’élaboration
et l’application de politiques publiques favorables à la santé
dans tous les secteurs. Il est aussi souhaitable que des al-
liances soient conclues entre les différentes branches de
l’administration centrale et entre l’administration centrale et
la collectivité.
page Politique Nationale de Promotion de la Santé
La Conférence de Sundsvall
En 1991 une nouvelle conférence a eu cette fois-ci des préoc-
cupations mondiales puisque le thème choisi était le second do-
maine de la conférence d’Ottawa : la création d’environnements
favorables. Il s’agit d’environnements pris au sens large inclu-
ant les environnements sociaux, politiques, économiques, cul-
turels aussi bien que l’environnement physique.
La Conférence de Jakarta
La quatrième conférence sur la promotion de la santé, tenue
à Jakarta en 1997 sous le thème « à ère nouvelle acteurs nou-
veaux » fut la première conférence qui a eu lieu dans un pays
en développement et qui a associé le secteur privé à la promo-
tion de la santé.
Ce fut l’occasion pour les participants de réfléchir sur les
leçons apprises en matière de promotion de la santé, de redé-
finir les déterminants de la santé, en considérant de nouveaux
défis, tels : les tendances démographiques, l’urbanisation,
l’augmentation du nombre de personnes âgées, les maladies
chroniques, l’augmentation de la toxicomanie, les troubles
civils, les violences, la réémergence de certaines maladies,
les troubles mentaux, la résistance aux antibiotiques et autres
drogues, l’émergence de nouvelles pathologies, la mondiali-
sation de l’économie du marché et du commerce, la dégrada-
tion de l’environnement et l’accès généralisé aux média et aux
techniques de communication.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page
Les participants à cette conférence ont reconnu la santé com-
me étant un droit fondamental et un facteur indispensable au
développement économique et social. Depuis la conférence de
Jakarta il est prouvé que la meilleure stratégie de promotion de
la santé est celle qui tient compte à la fois des cinq domaines
de la charte d’Ottawa, d’où une vision globale.
La Conférence de Mexico
Tenue en juin 2000 la conférence de Mexico sur la promotion
de la santé avait réuni les Ministres de divers pays. Voici l’une
des résolutions les plus pertinentes :
w Les gouvernements doivent travailler au développe-
ment économique et social de leur pays et promouvoir
l’équité. La promotion de la santé devra être une priorité
dans tous les programmes de santé à l’échelle nationale
régionale et locale.
A la conférence de Mexico, les participants ont montré com-
ment la promotion de la santé a contribué à accroître l’efficacité
des politiques programmes et projets de santé. Notons qu’Haïti
a signé la déclaration de Mexico. .
La Conférence de Bangkok
Au cœur de la mondialisation a eu lieu la conférence de Bang-
kok en 2005. La charte qui en est sortie définit les mesures et
les engagements nécessaires pour agir sur les déterminants de
la santé par la promotion de la santé à l’heure de la mondiali-
page 10 Politique Nationale de Promotion de la Santé
sation. Elle reprend et complète les valeurs les principes de la
charte d’Ottawa et des autres conférences sur la promotion de
la santé.
En Haïti
Depuis les années 75, dans le cadre du premier plan national
de santé, la promotion de la santé a été retenue comme pro-
gramme à réaliser. Mais elle se réduisait en de simples activi-
tés d’éducation sanitaire au niveau des centres de santé et des
hôpitaux. Par contre dans la mission assignée aux dispensaires,
il est clairement écrit ce qui suit :
« Les dispensaires sont appelés non seulement à fournir
les soins curatifs, mais surtout à promouvoir la santé dans
leur sphère d’influence. Le personnel doit être capable
d’inciter les habitants à assainir leur village par le traite-
ment rationnel des détritus et des excréments, d’immuniser
les groupes d’âge les plus vulnérables aux maladies trans-
missibles, d’encadrer et d’assister les matrones, de donner
des conseils sanitaires pour la prévention des maladies con-
tagieuses, de s’intégrer dans le milieu et de travailler en
étroite collaboration avec tous les agents qui s’occupent du
développement du pays ».
D’où une mission de promouvoir une vie de qualité pour la
population.
Le 18 novembre 1998, la première charte nationale de promo-
tion de la santé, inspirée de la charte d’Ottawa fut adoptée of-
ficiellement par le MSPP. Au cours d’une cérémonie qui a eu
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 11
lieu au théâtre national, la charte nationale fut présentée par 12
enfants âgés de 10 à 15 ans. Pour concrétiser la démarche, le
titulaire du MSPP décida la création de l’unité de Communica-
tion et d’Éducation Sanitaire « UCES » malheureusement cette
structure non soutenue par un cadre légal, peu de temps après,
en 2001 fut fusionnée avec la direction de développement des
ressources humaines, la « DDRH ».
Avec la nouvelle loi organique du MSPP adoptée en novembre
2005 et publiée au journal officiel le Moniteur en janvier 2006,
fut créée cette fois-ci, la Direction de Promotion de la Santé et
de Protection de l’Environnement « DPSPE ».
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 13
RÉSUMÉ
DE LA SITUATION SANITAIRE
L
es efforts consentis au cours des dernières années n’ont
pas permis une amélioration significative des indicateurs
de santé. La couverture sanitaire demeure toujours in-
suffisante. La capacité de prise en charge des institutions sani-
taires a sensiblement augmenté mais l’idéal est loin d’être at-
teint. De plus certaines institutions sont encore très peu staffées
pour fournir des soins de qualité et en quantité nécessaire.
L’inexistence d’un système d’information sanitaire fiable per-
siste. La surveillance épidémiologique tarde à se renforcer en
dépit de la présence d’une direction d’épidémiologie et d’un
laboratoire national de santé publique.
Les indicateurs de santé sont toujours en rouge : la mortalité
maternelle tend à la hausse selon la dernière enquête de mor-
page 14 Politique Nationale de Promotion de la Santé
bidité, mortalité et utilisation des services EMMUS IV. L’état
de malnutrition chronique touche environ le tiers de la popula-
tion de moins de cinq ans. La disponibilité en eau potable est
de 52.3% pour tout le pays, Les besoins en assainissement de
base sont satisfaits seulement à 31.7%.
De cette situation, il en découle que les pathologies les plus
fréquentes sont : les diarrhées, les infections respiratoires ai-
guës, la Malnutrition, les IST/SIDA, la Tuberculose et la Ma-
laria. De plus, certaines maladies contrôlables par la vaccina-
tion sont encore présentes dans le tableau de la morbidité et
de la mortalité. Nous voulons parler, du tétanos, et de la rage
humaine.
La violence sous toutes ses formes et les accoutumances aux
substances psychotropes, les maladies chroniques de tout type:
le cancer, le diabète, l’hypertension artérielle et les maladies
cardiaques et vasculaires sont également à la hausse.
Toutefois il convient de noter quelques faits positifs : la
prévalence de la tuberculose qui est passée de 180 à 135 pour
100,000 habitants, l’indice de lames positives pour malaria
qui a chuté à 3.5 en juin 2005, la mortalité infantile qui a
subi une baisse, elle est passée de 80.3 à 57 pour 1000 N.V.
en 2005 « EMMUS IV».
Les dernières catastrophes naturelles ont alourdi le tableau de
la mortalité et augmenter les risques de maladies et de décès.
Selon les documents officiels que nous avons consultés, le
Gouvernement a opté pour un paquet minimum de services
et une approche multisectorielle, retenue depuis l’adoption du
dernier plan quinquennal 2005-2010.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 15
RÉSUMÉ DE LA SITUATION
SOCIO-ÉCONOMIQUE
H
aïti est considéré comme étant le pays le plus pauvre
de l’Amérique. Les résultats de l’Enquête sur les Con-
ditions de Vie en Haïti « ECVH : 2001 » en disent
long. Sur une population de 8,1 million d’habitants, 4,4 mil-
lions soit 55% vivent au dessous du seuil de la pauvreté ab-
solue ; soit un revenu de 1 US$ par personne et par jour Les
conditions de vie sociale, économique et politique du peuple se
détériorent d’année en année. La majorité de la population est
au chômage.
Aujourd’hui, les problèmes démographiques sont préoccupants.
En moins de vingt ans, la population haïtienne est passée de 6
à 8,1 million d’habitants; avec près de la majorité concentrée
dans les grandes villes, soient 41,9 %. D’après les prévisions si
rien n’est fait ce chiffre peut atteindre la barre de 10 millions
en 2010. Cette population étant la plus jeune de l’Amérique,
sa capacité de croissance est très grande. Tandis que la popula-
tion augmente, la production nationale n’a pas connu ce même
rythme de croissance. Les indicateurs de développement sont
lamentables par rapport au reste de la Région.
page 16 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Le système éducatif haïtien est en chute libre. Le taux
d’analphabétisme est inacceptable en plein 21ème siècle. Beau-
coup d’efforts sont consentis par les parents, pour envoyer les
enfants à l’école. Mais la crise politique a des effets vraiment
néfastes sur le secteur. Cette année les autorités se sont vues
obliger de retarder d’un mois la réouverture des classes. D’un
autre côté, en raison de la crise économique, beaucoup d’enfants
scolarisés abandonnent les cours avant la fin de l’année sco-
laire, alors que des centaines d’autres sont livrés à eux-mêmes à
travers les rues de la capitale et des grandes villes, sans pouvoir
fréquenter une école. Actuellement il n’existe pas une grande
différence dans le rapport filles et garçons scolarisés, bien que
le taux d’abandon scolaire soit plus élevé chez les filles pour
des raisons diverses en particulier la survenue d’une grossesse
non désirée. Voici quelques chiffres tirés du plan stratégique
national pour la réforme du secteur santé PSNRSS:
« L’enquête sur les conditions de vie en Haïti (ECVH) réali-
sée par l’IHSI au début de l’année 2003 révèle que le niveau
de scolarité varie suivant les générations, le milieu de rési-
dence et surtout avec le revenu qui constitue le déterminant
majeur de l’accès à l’éducation. Environ 54% des personnes
âgées de 15 ans et plus déclarent savoir lire et écrire. Le taux
d’alphabétisation est de moins de 50% en milieu rural, de 82%
en zone métropolitaine et 71% pour les autres villes du pays.
La tranche de la population possédant un revenu élevé regroupe
77% de personnes sachant lire et écrire contre 36% chez ceux
appartenant à la tranche ayant un faible revenu. La fréquen-
tation scolaire varie suivant le niveau préscolaire, primaire et
secondaire. Le taux brut de scolarisation se situe à 44% pour le
préscolaire, 120% pour le primaire et 37% pour le secondaire.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 17
Le phénomène des sur-âgés au niveau primaire est très impor-
tant, quand on considère que le taux net n’est que de 60%.»
La situation environnementale n’est pas moins préoccupante.
La dégradation de l’environnement physique a atteint des pro-
portions inquiétantes avec pour conséquences des catastrophes
naturelles du type inondations à la moindre chute de pluie. Le
niveau de déforestation est très élevé, la couverture totale de
forêt est aujourd’hui estimée à 3,8% signalons la disparition
progressive des mangroves. Les aires légalement protégées
ne sont nullement respectées il s’agit là du parc la visite, le
pic Macaya, la forêt des pins et la Citadelle. (Réf. Document
d’évaluation des besoins post désastre « PDNA »)
L’urbanisation accélérée et non planifiée créant un phénomène
de bidonvilisation des grandes villes et même de certaines
villes secondaires. Cette situation plonge le pays dans un état
d’insalubrité augmentant ainsi les risques de transmission de
certaines pathologies telles : la diarrhée, la typhoïde, les para-
sites intestinaux, la leptospirose, etc...
Sur le plan politique, la situation est dominée par l’instabilité
qui a régné au cours des deux dernières décennies. La stabilité
apparente constatée depuis tantôt deux ans, n’a pas permis aux
dirigeants de sortir de leur léthargie, aux fins de satisfaire les
aspirations et revendications exprimées par le peuple haïtien.
D’une façon générale l’état haïtien accuse une incapacité to-
tale de répondre aux besoins de sa population et des jeunes en
particulier.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 19
RÉSUMÉ DU DIAGNOSTIC
DE LA SITUATION
DE LA PROMOTION DE LA SANTÉ
L
a méthodologie utilisée pour asseoir le diagnostic com-
porte deux parties : d’une part, la révision de la docu-
mentation existante, ensuite l’analyse institutionnelle,
à partir des informations recueillies en matière de promotion
de la santé dans certaines entités du Ministère de la Santé et
d’autres partenaires nationaux et internationaux.
Un certains nombre de documents officiels ont été identifiés et
sélectionnés dont :
w La loi organique du MSPP
w La charte nationale de promotion de la santé
w La politique nationale de santé
w Le plan stratégique national pour la réforme du secteur
santé
page 20 Politique Nationale de Promotion de la Santé
w Le document stratégie nationalee pour la croissance et
la réduction de la pauvreté
w La politique de contribution du secteur santé à la crois-
sance et la réduction de la pauvreté
w La politique nationale de population
w Le budget du secteur santé pour l’exercice 2007 – 2008
Plusieurs institutions publiques et privées sont retenues pour
être soumises au questionnaire. L’ensemble des informations
recueillies a fait l’objet d’une analyse qui nous a conduits aux
résultats suivants.
I. La revue de la documentation sur la promotion de la
santé
I.1 La loi organique du Ministère de la Santé Publique et
de la Population
L’adoption officielle d’une nouvelle loi organique en
janvier 2006 par le Ministère de la Santé Publique et de
la Population, a créé la direction de promotion de la san-
té et de protection de l’environnement avec pour sigle
« DPSPE ». Cette loi a du même coup défini la mission
et les attributions de cette nouvelle entité du MSPP. Ces
deux éléments vont constituer la base pour la définition
de la politique nationale de promotion de la santé.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 21
I.2 La charte nationale de promotion de la santé
La charte nationale de promotion de la santé adoptée
par les autorités sanitaires en novembre 1998, reconnaît
le droit à la santé de tout individu. Dans son préam-
bule, elle a mis l’accent sur les facteurs déterminants du
niveau de santé de la population haïtienne. Nous citons
pour l’édification de nos lecteurs les plus importants :
w La croissance accélérée de la population ajoutée
à l’exode rural non contrôlée et la dégradation de
l’environnement physique.
w Le taux élevé de chômage et la dégradation de
l’économie, qui, entraînent pour la population un
manque d’accès aux services sociaux de base et aux
biens essentiels.
w L’analphabétisme et le manque d’accès à l’infor-
mation sur la santé.
w La faiblesse du système sanitaire ajoutée à
l’émergence de nouvelles pathologies et la réémer-
gence de certaines pathologies disparues ou en voix
de disparition.
w Les violences sous toutes les formes, en particulier
les violences domestiques et les violences faites aux
femmes et aux enfants.
w Les croyances, les habitudes de vie et les tabous dé-
favorables à la santé.
page 22 Politique Nationale de Promotion de la Santé
La charte exhorte les différents partenaires à œuvrer
dans le sens du bien être de la population. Elle a mis
l’accent sur le rôle de l’état et l’importance de la par-
ticipation de la communauté en matière de santé. Elle
identifie la promotion de la santé comme une stratégie
efficace et peu coûteuse, qui devient d’emblée une pri-
orités de santé pour le pays. Dans un ensemble de douze
articles la charte a énuméré les différentes actions à en-
treprendre, en vue d’œuvrer à la concrétisation des idé-
aux de la santé pour tous au 21e siècle.
I.3 La Politique nationale de santé
La politique Nationale de Santé publiée en 1996 et
révisée en 1999 est fondée sur les valeurs d’équité, de
solidarité et de justice sociale. Le but de cette politique
est d’améliorer de façon durable l’état de santé de la
population à travers une approche globale et des soins
primaires de santé de qualité. Elle vise en général la ré-
duction de la morbidité et de la mortalité, la protection
et la promotion de la santé et une gestion efficiente des
ressources. Cette politique priorise dix axes stratégiques
dont trois ont des liens directs avec la promotion de la
santé. Il s’agit :
w Du renforcement de la participation communautaire
w Du développement d’une coordination multisecto-
rielle
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 23
w De la mise en place d’une législation défendant les
intérêts de la population.
Cette dernière nous fait penser aux actions de plai-
doyer en faveur des politiques publiques favorables à
la santé.
I.4 Le plan stratégique national pour la réforme du secteur
santé PSNRSS
Le plan stratégique national pour la réforme du secteur
santé « PSNRSS » lui, présente la promotion de la santé
parmi les programmes prioritaires du MSPP. Citons :
« le programme de promotion de la santé est une
composante très importante de la stratégie du MSPP
compte tenu de l’ignorance d’une très grande par-
tie de notre population en matière de Santé et des
conditions générales toujours précaires de notre en-
vironnement. Une fraction très importante de notre
population se trouve ainsi dans l’impossibilité de
prendre en main ses besoins de santé ou même de
participer à la réalisation des programmes en exécu-
tion pour son bien-être. Le MSPP se voit donc dans
l’obligation, de renforcer le cadre d’intervention dans
le domaine de l’éducation de la population en matière
de santé et de la protection de l’environnement, s’il
veut être réellement performant ».
Dans ce plan l’accent est mis de façon spéciale sur
l’éducation sanitaire :
page 24 Politique Nationale de Promotion de la Santé
« L’Éducation Sanitaire doit faire l’objet d’un plan
d’actions prioritaires basé sur le constat que le niveau
des connaissances en matière de santé ne suffit pas
pour provoquer des changements d’attitudes vis-à-
vis des pratiques et de l’utilisation des services de
santé ».
Comme pour la charte nationale, dans le plan, on a évo-
qué de multiples contraintes à la santé, ce sont :
w Le manque de compétence du personnel de santé en
matière de communication,
w La faiblesse de la gestion et de la coordination des
activités d’IEC.
w Les conditions sociales et économiques difficiles
w L’analphabétisme, l’illettrisme, l’accès limité aux
moyens de communication, L’inadéquation des in-
frastructures sanitaires,
w Le manque de ressources et le poids des traditions
culturelles.
On note dans ce plan, une compréhension plus avancée
de la promotion de la santé car, déjà il parle d’accroître la
capacité de la population en faveur de la santé. Toujours
selon le plan, l’éducation sanitaire bénéficie de la plus
grande priorité, elle sera enseignée de façon formelle
dans toutes les écoles primaires et fondamentales, ainsi
que dans la communauté en vue de stimuler la participa-
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 25
tion de la population. La production de matériel éducatif
adapté à la situation d’analphabétisme de la population
est recommandée.
De plus, il est clairement dit que le succès de la réforme
du secteur santé passe nécessairement par des change-
ments de comportement des prestataires de soins et de
la population, afin de favoriser le respect de l’individu
quelle que soit sa classe sociale et favoriser l’abandon du
stigma associé à certaines maladies, ainsi que certaines
pratiques qui violent le droit des enfants, des jeunes et
des femmes.
Vu sous cet angle, dans le PSNRSS les résultats suivants
sont espérés de la promotion de la santé à l’horizon 2010.
w Des programmes de changement de comportement
pour une meilleure santé sont mis en œuvre.
w Des programmes d’éducation à la vie familiale sont
étendus en milieu scolaire et extrascolaire.
w Une réponse sociale et communautaire est donnée à
la problématique de la mortalité maternelle dans les
communes.
w Les femmes enceintes et leur entourage immédiat
sont habilités à bien gérer les grossesses et à réagir
devant d’éventuelles complications.
w Des politiques publiques sont développées en faveur
des femmes et des familles en situation difficile.
page 26 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Les interventions à mettre en œuvre pour obtenir ces résultats
sont de deux ordres:
Intervention 1: Développement d’actions de promotion de la
santé telles que définies dans le paquet mini-
mum de soins PMS.
Intervention 2 : Élaboration de politiques en faveur des popu-
lations les plus vulnérables (femmes, femmes
enceintes, enfants, enfants des rues, orphelins,
adolescents, familles en situation difficile).
Quant à la composante protection de l’environnement,
elle est traitée dans le PSNRSS comme un programme
prioritaire. Elle embrasse les domaines de l’eau potable,
de la disposition adéquate des eaux usées, des déchets
et des excréta et le contrôle des marchés publics. Ces
questions seront abordées par le MSPP, en collabora-
tion avec d’autres secteurs. Ces domaines constituent
selon le PSNRSS, un bon terrain pour le développement
d’actions intersectorielles.
De même, le PSNRSS prévoit un paquet minimum de
services PMS à offrir à la population dans lequel on re-
trouve plusieurs éléments relevant de la compétence de
la promotion de la santé. Ce sont :
• L’éducation pour la santé et la communication pour le
changement de comportement en matière de santé.
• L’assainissement du milieu et l’approvisionnement
en eau potable.
• La lutte contre le tabagisme chez les jeunes.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 27
Enfin, le plan stratégique national pour la réforme du
secteur santé, fondé sur la vision commune de tous les
acteurs du système, d’atténuer la lourde charge de la
morbidité et de la mortalité, traduit la volonté ferme des
autorités et des partenaires de la communauté interna-
tionale d’éradiquer la pauvreté et de placer le pays sur le
chemin de la croissance et du développement durable,
dans le cadre des objectifs de développement du mil-
lenium.
Disons que dans le PSNRSS, des actions de promotion
de la santé sont de plus dissimulées de façon implicite
à travers les différents composantes et programmes
spécifiques de santé soit sous la rubrique information,
éducation, communication « IEC », ou sous la rubrique
communication pour le changement de comportement
« CCC » ou bien de participation communautaire et
autres.
I.5. Le Document Stratégie nationalee pour la Croissance
et la Réduction de la Pauvreté « DSNCRP »
Ce document n’a fait que reprendre certains éléments
clés du PSNRSS concernant la promotion de la santé et
la protection de l’environnement. Tout ceci c’est pour
dire que le DSNCRP comme les autres documents of-
ficiels reconnaît l’importance des actions de promotion
de la santé dans le cadre de la promotion de la crois-
sance économique et la réduction de la pauvreté.
page 28 Politique Nationale de Promotion de la Santé
I.6. La Politique de contribution du secteur Santé à la Stra-
tégie de croissance et de Réduction de la Pauvreté.
Ce document reconnaît la santé, comme étant un facteur
clef de l’amélioration du bien être collectif, du déve-
loppement et de la croissance économique et qu’elle est
aussi une source de légitimité pour l’état. Il traite plu-
sieurs domaines d’intervention :
1. Le renforcement du leadership du MSPP, qui, selon
le document, nécessite une forte participation socia-
le. Toujours d’après le document le défi de concréti-
sation des objectifs du millénaire est lié à la mise en
place d’une protection sociale universelle en santé.
Ceci constitue la seule façon de réduire les inégalités
d’accès aux services.
2. La conception d’une politique à long terme des res-
sources humaines.
3. Le renforcement de la stratégie des UCS, pierre an-
gulaire de la stratégie sanitaire.
4. Le renforcement de la prise en charge des maladies
prioritaires.
5. Le développement et la mise en application d’une
politique sectorielle de gestion des déchets biomédi-
caux.
Dans le cadre de la prise en charge des maladies prio-
ritaires, le document de politique a mis l’accent sur la
communication et les mesures de prévention de ces pa-
thologies. Pour conclure, il préconise la mise en appli-
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 29
cation d’une stratégie de communication suffisamment
adaptée pour mener un plaidoyer au niveau législatif en
vue de l’adoption des différents instruments juridiques
en souffrance.
I.7. La Politique Nationale de Population
Dans ce document, l’accent est mis de façon claire et
nette sur l’importance des droits humains dans toute
politique visant le développement durable. Référence est
faite aux différents accords, conventions et traités inter-
nationaux tels que la déclaration universelle des droits
de l’homme, la conférence de Rio sur l’environnement
et le développement, la conférence de Beijing sur la
femme…plusieurs domaines spécifiques sont pris en
compte :
w La promotion de l’équité de genre;
w Le plaidoyer en faveur du respect des droits fonda-
mentaux de l’individu et des femmes en particulier;
w L’information et l’éducation du public pour un
changement de comportement en matière de santé
de la reproduction;
w Les problèmes démographiques face à la dégrada-
tion de l’environnement.
page 30 Politique Nationale de Promotion de la Santé
I.8. Le Budget National
Après avoir fait le constat de l’importance accordée à la
promotion de la santé dans tous les documents officiels
qui ont été consultés, il nous revient de faire le pénible
constat que tout ceci est théorique, car la priorité ac-
cordée à un problème ou une stratégie nationale doit se
traduire dans le fait. Pour cela cette priorité doit appa-
raître dans le budget national.
À l’analyse du budget national 2007 – 2008 qui est re-
conduit pour l’exercice 2008 – 2009 selon les décla-
rations faites à la presse, seule la rubrique salaire est
couverte. Sont ajoutés au salaire deux montants déri-
soires pour couvrir l’un l’achat de carburant et l’autre
des dépenses de petite caisse. Le tout pour un total de
budget annuel de fonctionnement de 360,000 gourdes
reparties comme suit 240,000 pour achat de carburant et
120,000 pour les dépenses de petite caisse.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 31
II. Les résultats de l’analyse institutionnelle
Sur un total de vingt sept (27) institutions présélectionnées,
quinze (15) ont répondu positivement. Les autres tout en re-
connaissant l’importance de la promotion de la santé en tant
que stratégie n’ont pour l’instant aucune activité dans ce do-
maine. Pour les raisons d’éthique, nous avons décidé de res-
pecter l’anonymat.
Sur ce total de quinze, 86 % ont des activités liées à la promo-
tion de la santé. Une grande majorité, soit 92% des institutions
qui ont participé développent des activités d’éducation pour
la santé, 63% travaillent à l’organisation et la participation
communautaire, 84.6 % développent des actions multisecto-
rielles et 69% font du plaidoyer. Les actions de plaidoyer sont
orientées vers la promotion de l’équité de genre pour 100%
des institutions, la protection de l’environnement dans 86%
des institutions, 100% en faveur des nouvelles priorités de
santé en particulier les violences, la santé des personnes âgées,
la protection personnes handicapés et le tabagisme, 44 % ont
mentionné la promotion des droits humains par les politiques
publiques, un très faible pourcentage 13.3 % a mentionné des
page 32 Politique Nationale de Promotion de la Santé
priorités non listées telles le plaidoyer en faveur des enfants
séropositifs et la PTME..
Des institutions participantes, 73 % disposent d’un document
de projet ou de programme avec des objectifs bien définis et des
activités à développer. Pour la grande majorité des institutions,
les contraintes sont les mêmes, elles consistent en manque de
ressources humaines qualifiées, de ressources matérielles et
financières. Certaines d’entre elles ont signalé le manque de
suivi et d’évaluation des actions de promotion de la santé.
86% des institutions reconnaissent que le concept de promo-
tion de la santé est mal connu. Elles suggèrent donc qu’il y ait
une campagne de sensibilisation et de diffusion pour faire con-
naître le concept et permettre à la population de tirer tous les
bénéfices possibles.
86.6 % connaissent très bien les objectifs de développement
du millénaire. Par contre, seulement 46% ont lu la nouvelle loi
organique du Ministère, 33 % la charte nationale de promotion
de la santé, 66.6% le plan stratégique national pour la réforme
du secteur santé « PSNRSS » et 60 % le document stratégie
nationalee pour la croissance et la réduction de la pauvreté.
«DSNCRP »
Pour ce qu’il s’agit des commentaires, plus de 92 % des insti-
tutions participantes ont affirmé que la promotion de la santé
constitue un outil important pour l’amélioration des conditions
de santé d’un peuple et permettre à une population de con-
tribuer à la croissance économique et au développement de son
pays. Elles recommandent l’élaboration d’un document cadre
pour la promotion de la santé aux fins de parer aux faiblesses
du DSNCRP en matière de promotion de la santé. Elles sug-
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 33
gèrent le renforcement de la direction de promotion de la santé.
Ainsi, la DPSPE, renforcée, pourra entreprendre des activités
de recherche capables de nous guider vers l’identification et
l’élimination des barrières culturelles et d’autres contraintes
qui empêchent l’adoption par la population haïtienne de com-
portements sains.
Toutes les institutions reconnaissent la nécessité d’accorder des
ressources valables à la direction de promotion de la santé pour
lui permettre de jouer pleinement son rôle. Elles reconnaissent
que les interventions en promotion de la santé sont souvent
isolées, sans coordination, non méthodiques et trop limitées
à l’éducation pour la santé. Les différents déterminants de la
santé et du comportement individuel ne sont pas toujours pris
en compte, et il n’existe aucun lien de concertation entre les
différents acteurs.
Nous tenons à signaler le faible pourcentage de sceptique, soit
une institution qui a posé la question : à quoi les informations
fournies vont servir ?
De tout ceci, nous retenons un fait, le concept de promotion de
la santé n’est pas bien connu, bien des fois il est mal interprété.
Cependant, ceux qui ont une certaine connaissance de cette
stratégie ou qui l’ont essayée, reconnaissent l’importance
pour un pays comme le nôtre. C’est donc le cas des auteurs
et co-auteurs des différents documents officiels que nous
avons consultés dans le cadre de ce diagnostic. Il est vrai que
toutes les institutions ont signalé le manque de ressources,
mais les prévisions budgétaires nous inquiètent et nous font
penser que la DPSPE aura à faire tout un plaidoyer pour
page 34 Politique Nationale de Promotion de la Santé
conquérir une place prioritaire dans le budget national. Un
tel plaidoyer devra s’étendre au pouvoir législatif.
Une autre possibilité, la DPSPE devra travailler en étroite col-
laboration avec les différents programmes et projets de santé,
compte tenu de son caractère transversal. De même l’accent
pourra être mis sur des activités multisectorielles et multidis-
ciplinaires incluant des partenaires nationaux et internationaux
ce qui permettra d’augmenter les ressources grâce à l’apport
des autres secteurs.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 35
CHAPITRE II
LE CADRE POLITIQUE ET LÉGAL
I. Cadre constitutionnel et légal
w La constitution de 1987 dans ses articles 19 et 22 recon-
naît le droit de tout individu à une vie décente
a. Article 19 : l’état a l’impérieuse obligation de garan-
tir le droit à la vie, à la santé, au respect de la per-
sonne humaine à tous les citoyens sans distinction.
b. Article 22 : l’état reconnaît le droit de tout citoyen à
un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation
et à la sécurité sociale.
w La loi organique du Ministère de la Santé Publique et de
la Population dans son article 38 crée la direction de pro-
motion de la santé et de protection de l’environnement «
DPSPE »
page 36 Politique Nationale de Promotion de la Santé
II. Accords et conventions internationaux
En conformité avec sa responsabilité de garantir les droits fon-
damentaux à tous les citoyens, l’état haïtien a signé plusieurs
déclarations, conventions et traités. Citons quelques-uns
w La Déclaration d’Alma Ata « 1978 »
w La Conférence de Rio sur l’environnement et le déve-
loppement « 1994 »
w La Conférence de Beijing sur la femme « 1995 »
w Le Sommet Mondial de Copenhague sur le développe-
ment social « 1995 »
w La Déclaration de Mexico sur la promotion de la santé
« 2000 »
w La Convention-cadre de l’OMS sur le tabac.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 37
LE CADRE INSTITUTIONNEL
La Mission de la DPSPE
La Direction de Promotion de la Santé et de Protection de
l’Environnement « DPSPE » a pour mission de promouvoir
des politiques publiques, des stratégies et des actions socia-
les axées sur la santé de manière à créer un environnement
physique, social, économique et politique propice au déve-
loppement d’une vie saine.
Les attributions de la DPSPE
La Direction de Promotion de la Santé et de Protection de
l’Environnement « DPSPE » est chargée :
w de stimuler les décideurs en vue de l’élaboration et
l’application des politiques publiques favorables à la
santé ;
w de travailler au développement et à l’accroissement de la
capacité d’action de la population en faveur de la santé ;
page 38 Politique Nationale de Promotion de la Santé
w de promouvoir l’intensification de la collaboration inter
sectorielle ;
w de concevoir les normes et standards dans les domaines
de communication pour la santé et de protection de
l’environnement ;
w de concevoir toutes les stratégies concourant à
l’amélioration de l’environnement sanitaire global ;
w de participer sur le plan national à l’élaboration et
l’application des normes en matière de contrôle des
zoonoses ;
w d’élaborer et faire appliquer les normes sanitaires natio-
nales pour la protection de l’environnement ainsi que
l’application du règlement sanitaire international ;
w de promouvoir les nouvelles priorités de santé en ac-
cord avec l’évolution de la situation sanitaire nationale,
régionale et mondiale.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 39
Organisation de la Direction
de promotion de la santé
et de protection de
l’environnement
« DPSPE »
La Direction de Promotion de la Santé et de Protection de
l’Environnement « DPSPE », pour répondre à sa mission et
exécuter ses attributions, fixera son cadre organisationnel qui
comprendra des services et des sections suivant les besoins de
la sus-dite mission.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 41
BUT DE LA POLITIQUE NATIONALE DE
PROMOTION DE LA SANTÉ
L
e but de cette politique de promotion de la santé est
d’offrir au secteur un outil lui permettant de conduire
valablement le plaidoyer pour l’amélioration de la santé
publique et la réduction des inégalités en matière de santé, en
donnant à tous les individus les mêmes avantages pour réaliser
pleinement leur potentiel santé et développer les aptitudes et
les possibilités de faire des choix sains.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 43
OBJECTIFS DE LA POLITIQUE NATIONALE
DE PROMOTION DE LA SANTÉ
Par la promotion de la santé, le secteur santé s’engage en col-
laboration avec d’autres partenaires à réaliser les objectifs sui-
vants :
w Dispenser à la population les connaissances théoriques
et pratiques nécessaires pour mener une vie saine;
w Faire pression sur les décideurs afin qu’ils tiennent
compte de la santé dans leurs politiques publiques et les
programmes qu’ils définissent;
w Faire comprendre à tous que la santé représente un atout
important sur le plan politique et sur le développement
économique;
w Créer des alliances entre les différents secteurs con-
cernés par les questions de santé publique et de déve-
loppement;
w Susciter le partenariat privé / public, national / interna-
tional en faveur de l’amélioration des conditions de vie
de la population.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 45
LES VALEURS FONDAMENTALES
Tenant compte de la mission de la direction de promotion de
la santé et des objectifs de la politique nationale de promotion
de la santé, cette dernière reposera sur trois valeurs fondamen-
tales: l’équité, la solidarité et la justice sociale.
L’Équité
En promotion de la santé, l’équité se définit : la situation
dans laquelle on offre à chaque individu et à l’ensemble de
la collectivité, des chances égales pour exercer leurs po-
tentiels, aux fins de pouvoir accéder aux biens essentiels et
aux services sociaux de base qui font partie intégrante des
droits humains.
La Solidarité
La santé comme tous les droits humains est individuelle et
collective, la mise en commun de nos efforts dans un élan
de solidarité et d’entre aide mutuelle permet une optimi-
sation des ressources et l’accroissement de la capacité de
page 46 Politique Nationale de Promotion de la Santé
chaque individu et de l’État pour mieux réagir et combler
les besoins fondamentaux de la population. Cette solidarité
se manifestera à travers une collaboration franche et sincère
entre tous les secteurs concernés.
La Justice sociale
L’exclusion est souvent source de conflit, l’une des valeurs
sur laquelle repose la promotion de la santé est la justice so-
ciale qui consiste en le respect strict des droits fondamen-
taux de tous les individus. Par droits fondamentaux, la pro-
motion de la santé voit non seulement les droits politiques
mais aussi les droits civils tels que : le droit à la santé, à
l’éducation, à l’alimentation, au logement, au travail, en un
mot le droit de vivre dans un environnement favorable à la
santé où règne la paix durable.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 47
CHAPITRE III
LES AXES STRATÉGIQUES
DE LA POLITIQUE NATIONALE
DE PROMOTION DE LA SANTÉ
L
’historique de la promotion de la santé que nous avons
présentée ici, a fait ressortir le rôle que peut jouer la
promotion de la santé dans la création des environnements
capables de garantir une vie de qualité à chaque individu et à
l’ensemble de la communauté. Le diagnostic de situation par
contre, nous montre l’importance accordée à la promotion de la
santé dans tous les documents officiels, mais laquelle priorité
ne se traduit pas dans les faits. Car, la promotion de la santé
n’est pas considérée dans le budget national comme faisant
partie des priorités nationales.
Il est donc nécessaire que toutes les forces vives de la société
soient mobilisées autour de la Promotion de la santé, afin de
pouvoir influencer les prises de décisions et les actions favo-
rables à la santé.
page 48 Politique Nationale de Promotion de la Santé
En accord avec les objectifs fixés, la politique nationale de pro-
motion de la santé tournera autour des axes suivants :
1. La sensibilisation en faveur de la santé
2. Le soutien social en faveur de la santé
3. L’habilitation en matière de la santé.
De ces trois axes vont se dégager les composantes suivantes :
w L’Éducation sanitaire
w La Participation communautaire
w L’Action intersectorielle en faveur de la santé
w Le plaidoyer en faveur des politiques publiques.
1. L’action de sensibilisation
La sensibilisation a pour objectifs de :
w créer la demande en santé de la part du grand public.
w faire comprendre par les décideurs et les responsables des
grandes orientations politiques que la santé constitue
un atout à la fois économique et politique.
w faire respecter les engagements pris en faveur de la san-
té dans les accords et les conventions internationaux.
w promouvoir des politiques sociales qui conduisent à
l’adoption des mesures en faveur de la santé au niveau
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 49
des professionnels de la santé et les prestataires de ser-
vices.
w faire comprendre aux décideurs la nécessité de réorien-
ter les systèmes et services de santé afin de les rendre
plus performants et plus équitables.
w créer une large alliance entre la population, les décideurs
politiques, les professionnels de la santé et les prestataires
de soins.
w promouvoir des actions multisectorielles indispensables
à une vie saine.
w stimuler l’implication des membres de l’université dans
la préparation des dossiers scientifiques solides permet-
tant de plaider la cause de la santé de façon convaincante
et se faire l’avocat des politiques qui lui sont propices.
Les résultats attendus de la sensibilisation :
Le public manifeste un grand intérêt pour les questions
touchant la santé. Il est convaincu que la santé mérite la
priorité et il exerce une pression accrue en faveur d’une
politique visant la création d’un environnement propice à
la santé.
Les décideurs reconnaissent l’importance de la santé et en
tiennent compte dans leur planification et dans toutes les
actions de développement.
page 50 Politique Nationale de Promotion de la Santé
2. Le soutien social en faveur de la santé
Cette stratégie consiste en l’organisation des communautés et
la mise en place d’institutions communautaires, qui garantis-
sent la solidarité et encouragent l’adoption de modes de vie
sains. Elle est axée sur la population et les systèmes de santé.
w La DPSPE utilisera son leadership pour créer des al-
liances entre les différents secteurs concernés par les
questions de santé et environnement
w La DPSPE stimule les collectivités à apporter leur
soutien à ces alliances à titre de partenaires en partici-
pant à toutes les prises de décision et à la gestion des
programmes de soins.
w Dans cette coopération intersectorielle, le secteur santé
aura le soin de définir le rôle de chaque partenaire dans
un souci de complémentarité.
Les secteurs impliqués dans cette stratégie de soutien social
sont les suivants :
1. L’Éducation
2. L’Alimentation et l’Agriculture
3. la Justice et les Droits humains
4. Les Travaux Publics, Transports et Communication,
5. La Culture
6. Le Secteur Energétique
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 51
7. Le Commerce et l’Industrie
8. Les Affaires Sociales et le Travail
9. L’Environnement
10. La Condition Féminine
11. Les Collectivités Territoriales
12. Les Universités
Ces secteurs pour la plupart n’ont aucun objectif de santé. La
DPSPE doit sensibiliser les responsables à prendre conscience
des répercussions positives que la santé peut avoir sur leurs
secteurs, moyennant l’établissement de programmes multisec-
toriels.
3. L’habilitation en matière de santé
L’individu a le besoin et le droit d’être informé sur les mé-
thodes pouvant lui permettre de protéger, d’entretenir et
d’améliorer sa santé. Cette stratégie consiste à founir à tout
individu l’information tout en lui donnant la capacité d’opérer
des choix et l’habiliter à se prendre en charge. L’habilitation
concerne non seulement le grand public mais aussi, les déci-
deurs politiques à qui il incombe le choix des grandes orienta-
tions en matière de développement et de santé. Toutefois, la
formation des agents de santé doit les préparer à répondre aux
besoins et aux attentes de la population.
page 52 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Par cette stratégie, les dispositions suivantes seront prises :
w La DPSPE mettra en œuvre tous les moyens nécessaires
pour permettre au grand public d’acquérir les capacités
de prendre en charge sa propre santé et celle de sa com-
munauté et de protéger son environnement.
w Les décideurs seront eux aussi habilités à faire des choix
judicieux en ce qui concerne les grandes orientations en
matière de développement et de santé.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 53
LES PRINCIPALES COMPOSANTES
L’Education Sanitaire
Les programmes d’Éducation Sanitaire et de Promotion de la
Santé ne peuvent réussir que, si la population y adhère et dis-
pose de la capacité pour planifier, exécuter, gérer et surveiller
ces programmes. L’objectif traditionnel assigné à l’Éducation
Sanitaire était de donner à l’individu la capacité d’intervenir
dans les questions de santé. L’Éducation était conçue sous
forme d’une série de messages au sujet des habitudes et des
comportements à risque à éviter. Si ce type de messages con-
servent encore son importance et ne doit pas être négligé, il
importe autant d’axer l’éducation sur l’action collective. Il faut
donner à la population la capacité d’assumer la responsabilité
de la santé collective.
Cette action collective contribue à renforcer l’engagement so-
cial et politique en faveur de la santé. Il faut intensifier les ac-
tions éducatives qui visent à mobiliser les organisations com-
munautaires et les animateurs locaux.
page 54 Politique Nationale de Promotion de la Santé
La collaboration avec les médias a une importance cruciale,
s’agissant d’influencer les responsables politiques et le grand
public.
La Participation de la communauté
Les meilleures stratégies de Promotion de la Santé reposent
sur la population qui doit être informée, éduquée et motivée à
entreprendre des actions suceptibles de transformer son envi-
ronnement physique, social, économique et sanitaire.
La DPSPE se donnera donc pour tâche de promouvoir des ac-
tions visant l’organisation et la participation de la population
en faveur du secteur de la santé.
Les objectifs consistent à :
w Faire participer la population dans toutes les actions fa-
vorables à la santé, depuis la prise de décision jusqu’à
l’évaluation en passant par la mise en œuvre.
w Augmenter la disponibilité des ressources en faveur de
la santé à partir des ressources communautaires.
L’approche multisectorielle
Le secteur de la santé à lui seul ne pourra jamais atteindre
l’objectif ambitieux de création des environnements favorables
à la santé. Il est nécessaire et obligatoire que tous les secteurs
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 55
se mettent ensemble pour œuvrer avec succès en faveur de la
santé.
La DPSPE travaillera à la sensibilisation de tous les secteurs,
elle mettra en valeur l’impact de la santé sur le développement
économique en vue de stimuler la collaboration de tous les in-
téressés.
À ce compte, les mouvements municipalités, écoles, églises,
marchés promoteurs de la santé sont autant de mécanismes
susceptibles de promouvoir et de concrétiser les actions multi-
sectorielles en faveur de la création des environnements favo-
rables à la santé et au développement.
Le plaidoyer en faveur des politiques publiques
D’une façon générale, une trop faible portion du budget est at-
tribuée au secteur de la santé. Le diagnostic de la situation de la
promotion de la santé nous a montré : en Haïti non seulement le
budget de santé est faible mais aucun montant n’est alloué aux
actions de promotion de la santé y compris le fonctionnement
régulier de la Direction de Promotion de la Santé et de Protec-
tion de l’Environnement, alors que tous les documents officiels
reconnaissent l’importance de la Promotion de la Santé.
La DPSPE mettra tout en œuvre pour sensibiliser à sa cause
l’exécutif comme le législatif en vue de se doter d’un budget
comme toute autre entité du MSPP pour pouvoir jouer pleine-
ment son rôle.
La DSPSE entreprendra une vaste campagne de sensibilisa-
tion des décideurs, des législateurs, de l’exécutif en général,
page 56 Politique Nationale de Promotion de la Santé
afin de leur faire prendre conscience de la nécessité d’établir
des politiques qui favorisent le respect des droits à la santé
des citoyens, en leur garantissant l’accès aux services de santé
minimum.
Elle devra sensibiliser le grand public pour qu’il fasse pres-
sion sur les pouvoirs en vue de faire respecter les engagements
internationaux qui visent la création d’un environnement favo-
rable à la santé.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 57
CHAPITRE IV
INTERRELATION
ENTRE LA POLITIQUE NATIONALE
DE PROMOTION DE LA SANTÉ
ET LES GRANDS PRINCIPES
ET PROGRAMMES DE SANTE PUBLIQUE
A. La Politique Nationale de la Promotion de la
Santé et les droits humains
Une approche de la santé fondée sur les droits humains impli-
que, d’abord la reconnaissance des spécificités des groupes:
les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes âgées, les
handicapés, etc. Le principe du respect des droits humains est
une obligation des pays riches comme les pays pauvres.
La DPSPE veillera à ce que les droits humains soient utilisés
comme cadre de références dans tous les programmes et pro-
jets de santé, de la conception à l’évaluation en passant par la
mise en œuvre.
page 58 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Les critères qui seront utilisés sont les suivants :
a. Le respect de la dignité humaine, la confidentialité, une
attention particulière aux groupes vulnérables et spéci-
fiques : les enfants, les personnes âgées, les handicapés
et les femmes,
b. Le respect de l’équité : les services sont accessibles à
tous sans discrimination
c. La population participe comme acteurs et non de sim-
ples bénéficiaires.
Pour cela, en collaboration avec le Ministère de la Justice,
la DPSPE travaillera sur la législation sanitaire nationale en
veillant à sa conformité aux principes, conventions et accords
signés par le pays et en relation aux droits humains.
N.B. La protection sanitaire ne reconnaît la nécessité de
restreindre certains droits humains que dans des cas
bien spécifiques, tel que la quarantaine pour empêcher
l’expansion d’une épidémie.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 59
B. La Politique Nationale de Promotion de la Santé
et les programmes prioritaires et projets natio-
naux de santé publique
Tenant compte qu’Haïti a souscrit aux différents conventions
et accords internationaux relatifs à la promotion de la santé et
la protection de l’environnement;
Tenant compte qu’une place importante est donnée à la pro-
motion de la santé et la santé préventive dans les différents
documents officiels du Ministère de la Santé Publique, il im-
porte que, dans tout programme ou projet de santé publique,
soit intégrée une composante promotion de la santé. Laquelle
composante intéressera les domaines de :
w La sensibilisation de tous les acteurs clés : le grand pu-
blic, les bailleurs, le législateur, les autres secteurs.
w L’organisation de la communauté en vue de sa partici-
pation effective et efficace à toutes les phases du pro-
gramme ou projet.
w L’organisation de l’approche multisectorielle avec pour
objectif l’augmentation et l’optimisation des ressources
disponibles.
w La surveillance et le suivi du respect strict des valeurs
fondamentales : l’équité et la justice sociale.
Pour mener à bien son rôle, la DPSPE bénéficiera d’un apport
financier de tout programme ou projet national de santé pu-
blique. Pour cela la promotion de la santé fera partie intégrante
du budget d’activités des susdits programmes ou projets.
page 60 Politique Nationale de Promotion de la Santé
C. La Politique Nationale de Promotion de la Santé et
la Santé des travailleurs
La santé au travail est un facteur important pour un développe-
ment socio-économique durable. Donner la priorité à la santé
des travailleurs c’est faire un pas vers une vie professionnelle
saine et donc vers un développement socio-économique sain.
La DPSPE au nom de l’Etat haïtien s’engage à promouvoir
l’élaboration d’une législation adéquate permettant aux auto-
rités de santé de pouvoir assurer un contrôle sérieux du milieu
de travail.
Cette législation doit viser non seulement la création d’un en-
vironnement de travail sain mais aussi la protection des droits
des travailleurs présentant des spécificités : les femmes en-
ceintes, les allaitantes, les handicapés, les personnes souffrant
d’immunodéficience, les mineurs.
D. La politique nationale de Promotion de la Santé
et les problèmes environnementaux
En Haïti, les problèmes environnementaux sont préoccupants,
qu’il s’agit de l’insalubrité dans les grandes villes ou de la dé-
forestation en milieu rural entraînant d’une part une augmenta-
tion des risques de maladie, d’autre part des risques de catas-
trophes naturelles, telles que les inondations, les glissements
de terrain, la sécheresse.
La Politique Nationale de Promotion de la Santé face à son
objectif de création d’environnement favorable à la santé
mettra tout en œuvre en vue de promouvoir l’élaboration et
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 61
l’application d’une législation permettant la protection de
l’environnement physique.
Elle veillera à l’information et la sensibilisation du grand public
pour obtenir leur participation dans la protection et la préser-
vation de l’environnement physique, et faire pression sur les
pouvoirs pour le respect et l’application de cette législation.
E. La Politique Nationale de Promotion de la Santé
et les problèmes démographiques
La situation démographique est caractérisée par un exode ru-
ral massif et non contrôlé vers les grandes villes créant ainsi
une surpopulation et la bidonvilisation même de notre capitale,
laissant les sections communales dépeuplées.
La taille de certaines familles particulièrement les moins ai-
sées dépasse de loin les capacités économiques d’une famille
à moyenne bourse, créant ainsi une situation précaire pour ne
pas dire misérable.
Les familles seront sensibilisées autour de la santé reproduc-
tive et l’importance de l’espacement des naissances sur la santé
de la mère, des enfants et sur l’économie de la famille.
Un dialogue constant sera établi entre la DPSPE et les autres
secteurs concernés pour une distribution plus équitables des
ressources et des biens à travers le pays en vue de rendre dis-
ponibles certains biens et services dans les sections commu-
nales afin d’attirer la population vers leurs lieux d’origine.
page 62 Politique Nationale de Promotion de la Santé
F. La Politique Nationale de Promotion de la Santé
et les problèmes de la violence
La violence sous toutes ses formes constitue un problème
sérieux de santé publique. Elle exerce des effets négatifs sur le
plan psychologique, en plus qu’elle atteint l’intégrité physique
des individus et de la collectivité. La Politique Nationale de
Promotion de la Santé poursuivra les objectifs suivants :
w Réduction du nombre de cas de violence intrafamiliale
touchant les femmes, les personnes âgées, les enfants,
les personnes handicapés.
w Réduction de la violence en milieu scolaire par la pro-
motion des écoles promotrices de la santé.
w Le développement d’un comportement non violent chez
les individus et dans toutes les communautés.
w La réduction du nombre de cas d’accidents de voyage
par voie terrestre et maritime à l’échelle nationale.
G. La politique nationale de promotion de la santé
et les personnes âgées
Les personnes âgées par leurs expériences et leur disponibilité
peuvent constituer des ressources dans toutes communautés où
elles vivent. Il convient de leur garantir une vie de qualité. Pour
cela :
w La DPSPE fera le plaidoyer pour l’adoption d’une légis-
lation ou d’une politique publique permettant d’obtenir
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 63
les ressources suffisantes au profit des asiles et des mai-
sons de vieillards.
w La DPSPE apportera son appui à tous les mouvements
en faveur des personnes âgées : sports, loisirs, services
de santé, alimentation, logement, etc...
H. La politique nationale de promotion de la santé
et l’équité de genre
Cet aspect de la politique est débattu à travers les différentes
interactions : que ce soit les droits humains, la santé des tra-
vailleurs, la violence intrafamiliale, les programmes et projets
nationaux de santé publique.
Cependant, nous tenons à signaler le droit de toute femme à
une maternité sans risque. La DPSPE en collaboration avec le
Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes
veillera au respect strict des droits à la santé de toutes les
femmes du pays, en priorité les éternelles exclues.
Les femmes représentent plus de la moitié de la population,
prioriser l’habilitation des femmes est un atout majeur pour la
promotion des modes de vie sains.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 65
CHAPITRE V
LES RECOMMANDATIONS
POUR L’OPÉRATIONNALISATION
DE LA POLITIQUE NATIONALE
DE LA PROMOTION DE LA SANTÉ
Les actions en faveur de l’opérationnalisation de la
politique
L’opérationnalisation de la politique nationale de promotion de
la santé implique l’intérêt soutenu des décideurs et du grand
public pour tout ce qui concerne la santé. Il convient de tout
mettre en œuvre à tous les niveaux pour développer les capacités
de la population à agir en faveur de la santé individuelle et
collective et mobiliser toutes les forces sociales pour accélérer
le progrès sanitaire en vue d’atteindre la croissance économique
et le développement durable.
Pour y arriver, il faut:
1. Faire connaître par tous les acteurs les éléments de la
politique nationale de promotion de la santé.
page 66 Politique Nationale de Promotion de la Santé
2. Gagner le monde politique et les décideurs à la cause de
la santé dans le but d’obtenir les ressources suffisantes.
3. Capter l’attention du grand public au moyen de pro-
gramme et campagne de sensibilisation.
4. Promouvoir l’intégration de la santé dans le contexte
des plans de développement économique à partir d’une
législation et des politiques officielles favorables à la
santé.
5. Renforcer le partenariat et conclure des alliances avec
des organisations et des institutions capables d’être des
alliés influents à la promotion de la santé.
6. Établir une authentique collaboration intersectorielle
afin de susciter l’intérêt des communautés pour la santé
et obtenir le soutien de la société.
7. Trouver des méthodes qui permettent de renforcer et de
développer les capacités nationales à mettre en œuvre
des stratégies et des actions de promotion de la santé.
8. Intensifier les efforts d’habilitation des individus et de
la communauté.
9. La promotion de la santé n’a pas de frontière, il s’agit
pour la DPSPE de promouvoir et de conclure des
alliances internationales en vue d’échanger les bonnes
pratiques et les expériences réussies en matière de
promotion de la santé.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 67
Les moyens nécessaires à l’opérationnalisation de la
politique
L’opérationnalisation de la politique nationale de promotion
de la santé implique nécessairement, en plus des stratégies,
la disponibilité des ressources. Ainsi, pour prouver sa volonté
de faire contribuer la santé au développement économique du
pays, le Ministère de la Santé Publique veillera à attribuer à la
DPSPE:
1. Des ressources humaines qualifiées en quantité suf-
fisante, ainsi que les moyens de garantir la formation
continue de ce personnel.
2. Des ressources matérielles adéquates et en conformité
avec la complexité de la mission de la DPSPE, qui con-
siste à sensibiliser et habiliter le grand public, les déci-
deurs et la classe politique en matière de santé.
3. Des ressources financières, la DPSPE devra figurer au
budget national et occuper une place répondant à son
importance dans le développement économique et
l’amélioration des conditions de vie de la population
haïtienne.
4. Conformément à la charte nationale de promotion de la
santé, le MSPP supportera la DPSPE auprès des parte-
naires internationaux dans toutes ses activités visant la
mobilisation des ressources additionnelles en faveur de
la promotion de la santé.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 69
CONCLUSION
L
a santé et le bien-être d’une communauté ou d’un pays
dépendent en grande partie du mode de vie et du com-
portement de ses membres ou de ses habitants. Le con-
cept “promotion de la santé” qui vise à encourager l’adoption
des modes de vie sains et une action communautaire dans
ce sens, constitue une stratégie valable pour la protection et
l’amélioration de la santé publique.
Cette politique nationale, basée sur les trois axes : la sensibili-
sation, le soutien social et l’habilitation, montre clairement que
la santé ne commence pas au cabinet du médecin mais bien au
sein de la communauté.
En promotion de la santé, il convient de privilégier les indivi-
dus et non les grandes technologies très coûteuses qui ne sont
nullement à la portée des pays en développement.
L’engagement politique en faveur de la santé exige des stratégies
globales impliquant tous les secteurs de la société. Il s’agit de
donner aux gens les compétences leur permettant d’améliorer leur
propre santé et celle de la communauté dans laquelle ils vivent.
page 70 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Le secteur santé doit conclure des alliances avec les autres
notamment, les média, le monde universitaire, les cadres et
professions libérales et le grand public. De même, c’est à lui
que revient la charge d’établir les modalités du plaidoyer pour
la santé, en tenant compte du climat politique, économique et
social.
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 71
LES ABRÉVIATIONS
CCC : Communication pour le Changement de Com-
portement
DPSPE : Direction de Promotion de la Santé et de Protec-
tion de l’Environnement
DSNCRP : Document Stratégie nationalee pour la Crois-
sance et la Réduction de la Pauvreté
ECVH : Enquête sur les Conditions de Vie en Haïti
EMMUS : Enquête Morbidité, Mortalité et Utilisation des
Services
IEC : Information, Éducation, Communication
IST/SIDA : Infection sexuellement Transmissible/Syndrome
de déficience Immunitaire Acquise
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de la Popula-
tion
PCIME : Prise en charge intégrée des maladies de
l’enfance
PMS : Paquet Minimum de Services
page 72 Politique Nationale de Promotion de la Santé
PSNRSS : Plan Stratégique National pour la Réforme du
Secteur Santé
PTME : Prévention de la Transmission Mère-Enfant
UCES : Unité de Communication et d’Éducation Sani-
taire
UCS : Unité Communale de Santé
Politique Nationale de Promotion de la Santé page 73
Documents de référence
Plan national de santé, 1975
Programmation des activités des institutions sanitaires Haïti,
1975
Loi organique du Ministère de la Santé Publique et de la Popu-
lation, 2006
Charte nationale de promotion de la santé, 1998
Politique nationale de population, 2002
Politique de contribution du secteur santé à la réduction de la
pauvreté, 2007
Plan stratégique national pour la réforme du secteur santé,
2005
Document stratégie nationalee pour la croissance et la Réduc-
tion de la pauvreté, 2008
Créer des environnements favorables à la santé, OMS, 1997
La santé et les droits humains, OMS, 2002
Déclaration sur la santé pour tous au travail, OMS, 1994
page 74 Politique Nationale de Promotion de la Santé
Promotion de la santé et action communautaire en faveur de la
santé, OMS, 1995
La Charte d’Ottawa sur la promotion de la santé , 1986
La Charte de Bangkok sur la promotion de la santé, 2005
Les déclarations de Sundsval, Adélaïde, Jakarta, Mexico, 1991
à 2000
Document d’évaluation des besoins post désastre « PDNA »,
novembre 2008
EMMUS IV, 2005
La Carte Nationale de Pauvreté, 2004