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Bulletin de surveillance épidémiologique VIH/sida no 10

Bulletin de surveillance épidémiologique VIH/sida no 10

Résumé — Données nationales de surveillance du VIH/sida et analyses thématiques dans le bulletin épidémiologique numéro 10.
Constats Clés
Description Complète

Réunit les résultats de la surveillance courante du VIH et des analyses propres au numéro 10. Les tableaux et figures couvrent la notification des cas, la prévention, le traitement ou les groupes de population suivis par le programme national de lutte contre le sida.

Secteurs
Géographie
Période Couverte
2015 — 2015
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Texte extrait du document original pour l'indexation.

Sommaire 2 Sommaire Liste des abréviations ............................................................................................................................................ 3 Éditorial (suite) ...................................................................................................................................................... 5 1. Notification de cas VIH ....................................................................................................................................... 5 1.1 Notification de cas de 1990 à 2014 ............................................................................................................. 5 1.2 Caractéristiques sociodémographiques des cas diagnostiqués ................................................................... 6 1.3 Représentation départementale des cas diagnostiqués VIH ....................................................................... 6 1.4 Répartition de la densité de PVVIH par département en 2014 .................................................................... 7 1.5 Modes probables de transmission du VIH ................................................................................................... 8 1.6 Evolution de la notification de cas en 2014 ................................................................................................. 8 2. Traitement anti rétroviral .................................................................................................................................. 9 2.1 Caractéristiques sociodémographiques des nouveaux enrôlés sous TAR en 2014 ....................................... 9 2.2 Représentation temporo-spatiale des nouveaux enrôlés en 2014 ............................................................ 10 2.3 Niveau de performance atteint par le PNLS sur le TAR en 2014 ................................................................ 12 3. Co infection VIH / TB ........................................................................................................................................ 14 3.1 Représentation temporo-spatiale des nouveaux patients coinfectés en 2014 .......................................... 14 3.2 Niveau de performance atteint par le PNLS sur la co infection VIH / TB en 2014 ...................................... 16 4. Élimination de la transmission mère enfant ..................................................................................................... 17 4.1 Représentation temporo spatiale des nouvelles femmes enceintes sous TAR .......................................... 17 4.2    Représentation  des  enfants  exposés  bénéficiant  d’un  PCR  et  de  ceux  VIH ............................................... 19 4.3 Niveau de performance atteint par le PNLS sur la co infection VIH / TB en 2014 ...................................... 19 5. Situation compromettant des conjoints des femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport à leur désir de grossesse ............................................................................................................................................................. 20 5.1 Introduction ............................................................................................................................................. 20 5.2 Méthodologie ........................................................................................................................................... 21 5.3 Résultats ................................................................................................................................................... 21 5.3.1 Présence de conjoint au foyer des femmes sous ARV ............................................................................21 5.3.2 Conjoints et gestion des grossesses .........................................................................................................22 5.4 Conclusion ................................................................................................................................................ 23 6. Chiffres nationaux ............................................................................................................................................ 24 Coin des nouvelles ............................................................................................................................................... 25 7. Références ....................................................................................................................................................... 30 BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Liste des abréviations 3 Liste des abréviations AR A rechercher CARE Cooperative Agreement and Relief for Everywhere CARIS CARIS foundation CNQD Comité National de la Qualité des Données en VIH/sida en Haïti CDC Center for Disease Control and Prevention CDS Centres pour le Développement et la Santé CMMB Catholic Medical Mission Board CROI Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections CT Coordination Technique DME Dossier Médical Electronique ETME Elimination de la Transmission Mère Enfant ETP Education Thérapeutique du Patient FETP Field Epidemiology Training Program FM Fonds Mondial FOSREF Fondation pour la Santé de la Reproduction et de la Famille GHESKIO Groupe  Haïtien  d’Etudes  sur  le  Sarcome  de  Kaposi  et  des  Infections  Opportunistes HAART Highly Active Antiretroviral Therapy HAD Hôpital Adventiste de Diquini HASS HIV-AIDS Surveillance System HTW Health Trough Walls IAP Indicateurs  d’Alerte  Précoce ICC International Child Care ID Impossible à Déterminer ITECH International Training and Education Center for Health JMS Journée Mondiale du Sida LNSP Laboratoire National de Santé Publique MESI Monitoring Evaluation et Surveillance Intégrée NA Non Applicable ND Non Disponible NEC Non Encore Connu NIAID National Institute of Allergy and Infectious Diseases ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA PATHFINDER PATHFINDER international PEPFAR President Emergency Plan for AIDS Relief PDV Perdu De Vue PF Planification Familiale PIH/ZL Partners In Health / Zanmi Lasante BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Liste des abréviations 4 PMA Procréation Médicalement Assistée PNLS Programme National de Lutte contre les IST/VIH/SIDA PNLT Programme National de Lutte contre la Tuberculose PNST Programme National de Sécurité Transfusionnelle PTME Prévention Transmission Mère Enfant PVVIH Personne Vivant avec le VIH TAR Traitement Anti Rétroviral TME Transmission Mère Enfant TPI Traitement  Préventif  à  l’INH SIDA Syndrome  de  l’Immunodéficience  Acquise START Strategic Timing of Antiretroviral Treatment UGP Unité de Gestion de Projet UM Université de Miami Uma Université de Maryland UNFPA United Nations Fund Population Agency UNICEF United  Nations  Children’s  Fund   URC University Research Corporation VIH Virus  de  l’Immunodéficience  Humaine WV World Vision BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Éditorial (suite) 5 Éditorial (suite) Nous   n’avons   pas   la   prétention   d’évaluer   à   quel   point   nous   en   sommes en matière de limitation du nombre de contamination, Nous connaissons déjà les bienfaits du TAR, non seulement pour mais avec HASS, nous sommes en mesure sur la base des les PVVIH, mais pour toutes nos communautés, comment résultats programmatiques de vous indiquer, les tendances du optimiser   l’utilisation   des   ressources   disponibles   si   nous   n’avons   dépistage et des principales caractéristiques des cas dédupliqués pas   constamment   à   l’esprit   la   synergie   d’action   entre   tous   et   après avoir filtré les données de 2014 de nos 4 bases (MESI, l’évitement  de  gaspillage  d’énergie.  Chaque  centime  peut  faire  la   GHESKIO, PIH, I-santé) avec notre algorithme de déduplication. différence. Apprenons à bien utiliser et optimaliser les ressources Nous  n’avons  pas  accès  pour  l’instant  aux  données  du  PNST,  mais   mises à notre disposition pour un meilleur accès au TAR. ce   n’est   que   partie   remise,   car   nous   espérons   que     bientôt   nos   lecteurs auront des informations sur une base annuelle sur la Les plus Hautes Autorités du MSPP travaillent ardemment avec sécurité transfusionnelle dans notre bulletin de surveillance tous ses partenaires sur la question du financement. Ce domaine épidémiologique du VIH/sida. est  crucial,  c’est  le  nerf  de  la  guerre, dit-on. Nous devons à la fois diversifier les sources et augmenter les contributions locales tout 1.1 Notification de cas de 1990 à 2014 en   maintenant   l’accès   gratuit   aux   soins.   La   réflexion   sur   le   financement  n’est  pas  la  chasse  gardée  ou  le  domaine  exclusif  du   Le graphique ci-dessous présente la fréquence annuelle et le niveau central du système de santé; nous aimerions avoir vos cumul des cas de VIH /sida diagnostiqués sur la période allant de réflexions là-dessus car nous le répétons régulièrement, il est vrai 1990 à 2014. Comme mentionné dans les précédents numéros de un peu plus souvent lors des JMS : le sida nous concerne tous. ce Bulletin de Surveillance Epidémiologique du VIH/sida en Haïti Impliquons-nous activement et partagez vos réflexions avec nous. et annoté sur le graphique, le système de Surveillance de cas de Nous en avons tant besoin pour une meilleure coordination de la VIH/sida  a  été  implémenté  à  l’échelle  nationale  en  2008,  donc  les   lutte contre le VIH. cas antérieurs à cette période représentent les données historiques partagées notamment par les systèmes de DME de SIDA, ANSANM NOU SE SOLISYON AN! 1 GHESKIO et de Zanmi Lasante .  A  la  fin  de  l’année  2014;  237  130   nouveaux cas uniques de VIH diagnostiqués ont été rapportés à la base nationale de surveillance du VIH en Haïti. 1. Notification de cas VIH Le plan stratégique actuel en VIH/sida, PSNM 2012 – 2015 révisé avec extension à 2018, vise la réduction de 50% des nouvelles infections à VIH dans la population générale et les groupes cibles prioritaires   d’ici   à   2018.   Ce   plan   représente   la   contribution   nationale   à   court   terme   de   la   stratégie   mondiale   à   l’arrêt   de   Graphe 1. Répartition du nombre de cas VIH diagnostiqués de 1990 à 2014 l’épidémie  à  VIH  en  2030.   rapportés à HASS. Ce plan ambitionne, de façon plus spécifique à maintenir le risque Des publications antérieures ont largement présenté la tendance de transmission sanguine du VIH à 0%; à obtenir au moins que observée   jusqu’à   2013,   nous   aimerions   cependant   attirer 60% des personnes ayant des rapports hétérosexuels l’attention   sur   la   diminution   constante   du   nombre   de   cas   occasionnels ont des comportements et des pratiques sexuels à rapportés observée de 2012 à 2014. Il faut toutefois souligner moindre risque et à réussir au moins que 85% des populations que les données du dernier trimestre de 2014 ne sont pas clés les plus exposées au VIH ont des comportements et complètes pour un des systèmes DME, ce qui pourrait amener à pratiques sexuelles à moindre risque. revoir à la hausse le nombre de cas rapportés en 2014 dans un Le défi est de taille. Car, nous savons avec EMMUS V (2012) que prochain bulletin. seulement 37% des femmes et 31% des hommes de 15-49 ans ont une connaissance sur le VIH/sida considérée comme approfondie  d’une  part,  et  d’autre  part,  que  50%  des  femmes  et   69%   des   hommes   n’ont   jamais   effectué   de   test   de   dépistage   du   1 Le système national de surveillance est alimenté par les systèmes de Dossiers VIH. Médicaux   Electroniques  et   l’interface   de   notification  sur   le   site   MESI, ceci a été décrit dans le 1er numéro du bulletin de surveillance. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 1. Notification de cas VIH 6 1.2 Caractéristiques sociodémographiques des cas 1.3 Représentation départementale des cas diagnostiqués diagnostiqués VIH Nous représentons dans le graphe 2 ci-dessous la fréquence Le tableau ci-dessous montre la répartition des cas de VIH/sida annuelle des cas VIH diagnostiqués chez les adultes répartis par par département à partir de la résidence des patients sexe  pour  la  période  allant  de  2008  à  2014.  Nous  notons  qu’il  y  a   diagnostiqués, entre 2008 et 2014. Pour cette période, trois un plus grand nombre de femmes à être diagnostiquées VIH que départements hébergent le plus grand nombre de personnes d’hommes   sur   toute   la   période ; le ratio Femme/homme varie vivant avec le VIH :  l’Ouest,  le  Nord  et  l’Artibonite.   entre 1,2 et 1,8. Ces données collectées de façon routinière et Le département du Nord de façon générale montre la plus forte capturées à travers le système de surveillance reflètent les densité   de   personnes   vivant   avec   le   VIH   suivi   de   l’Ouest;   il   faut   trouvailles  de  l’EMMUS  V  qui  ont  révélé  une  plus  forte  prévalence   toutefois noter la forte densité observée au niveau du Nord-Est du VIH chez les femmes, soit 2,2 comparée à celle des hommes particulièrement en 2013 ou elle est la plus forte observée. Le qui est de 1,7 département ayant le moins de cas de VIH est celui des Nippes qui présente aussi la plus faible densité pour la population 16398 16080 infectée au VIH, en 2008, 2009 et 2014. Entre 2010 et 2013, la 14157 plus faible densité de la population des personnes vivant avec le 12345 VIH était observée au niveau du département du Centre. 10828 10958 9072 9258 9057 7996 7682 7558 6029 6483 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Femmes Hommes .Graphe 2. Répartition des cas adultes (15 ans et plus) de VIH par sexe et par année 2008 – 2014, MSPP-PNLS/NASTAD, HASS Haïti 2015 Le nombre de cas VIH pédiatriques diagnostiqués de 2008 à 2014 est de 17 221 et est représenté sur le graphique ci-dessous. A partir de 2010, la tendance suit celle observée au niveau de la population VIH positive, tel que vu au niveau du graphe numéro 1 ; le plus grand nombre de cas pédiatriques a été diagnostiqué au   cours   de   l’année   2012   et   le   plus   faible   nombre   en   2008.   La   proportion   d’enfants   diagnostiqués   varie   entre   7,9%   et   15,9% pour la période présentée avec la plus forte proportion observée en 2011 et la plus faible en 2008. 3396 3141 Nombre de cas 2682 2466 2081 2011 1444 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Annee de diagnostic du VIH Graphe 3. Répartition du nombre de cas pédiatriques (moins de 15 ans) de VIH diagnostiqués 2008 – 2014. HASS Haïti 2015 BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 1. Notification de cas VIH 7 Tableau 1. Répartition des cas VIH et la densité (pour 100 000 hab) par département de 2008 – 2014, MSPP-PNLS/NASTAD, HASS Haïti 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Département Nbre Taux Nbre Taux Nbre Taux Nbre Taux Nbre Taux Nbre Taux Nbre Taux Artibonite 1 894 121 2 714 173 2 055 139 2 174 147 2 754 167 2 869 174 2 203 134 Centre 795 117 756 111 487 73 276 41 321 45 460 65 556 78 Grande-Anse 753 177 1 066 250 977 236 992 240 1 123 251 961 215 772 173 Nippes 73 23 246 79 294 98 361 120 322 99 246 75 167 51 Nord 2 288 236 3 070 316 2 951 313 3 287 349 3 585 352 3 491 343 3 040 299 Nord-Est 594 166 893 249 610 167 896 246 1 157 308 1 485 395 1 359 361 Nord-Ouest 984 148 1 243 188 1 085 177 1 255 205 1 265 182 1 101 158 797 115 Ouest 8 379 229 11 385 311 8 044 257 10 489 336 11 856 308 10 634 277 7 705 200 Sud 1 409 200 1 968 279 1 626 228 1 682 236 1 625 220 1 548 209 1 250 169 Sud-Est 409 71 623 108 542 102 548 103 660 109 531 88 458 76 Non determiné 1 158 NA 1 272 NA 1 367 NA 2 658 NA 4 117 NA 4 854 NA 3 827 NA Total 18 736 189 25 236 254 20 038 219 24 618 269 28 785 276 28 180 271 22 134 213 1.4 Répartition de la densité de PVVIH par département en 2014 Nord-Est 361 Nord 299 Le graphe 4 ci-dessous montre la densité des personnes vivant 2 avec un diagnostic de VIH par département , à la fin de 2014 ; la Haiti 213 densité est de 213 PVVIH pour 100 000 habitants au niveau Ouest 200 national. Le département du Nord-Est vient en tête de liste avec Grande Anse 173 une densité de 361 pour 100 000 habitants, suivi du département du Nord 299. Avec une densité de 200 pour 100 000 habitants, le Sud 169 département  de  l’Ouest  se  rapproche de la densité nationale. Les Artibonite 134 Nippes représentent la plus faible densité de la population de Nord-Ouest 115 personnes vivant avec le VIH soit 51 pour 100 000 habitants. Centre 78 Sud-Est 76 Nippes 51 0 100 200 300 400 Taux pour 100 000 habitants Graphe 4. Représentation de la densité de PVVIH avec un diagnostic de VIH par département en 2014. MSPP-PNLS/NASTAD, HASS Haïti 2015 2 Population  de  base:  population  estimée  de  l’IHSI  pour  les  années  mentionnées. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 1. Notification de cas VIH 8 1.5 Modes probables de transmission du VIH Les données présentées soulignent la nécessité de renforcer la collecte systématique des modes probables de transmission afin Le tableau 2 montre la répartition par sexe des facteurs de risque de mieux identifier les comportements à risque pour le VIH au chez les adultes pour la période 2008-2014. Les modes probables sein de la population. de transmission sont parmi les variables les moins rapportées au système de surveillance du VIH/sida en Haïti. Ainsi, les données 1.6 Evolution de la notification de cas en 2014 présentées dans notre article prennent en compte la proportion de personnes ayant identifié un risque parmi ceux ayant une Le graphe ci-dessous montre les tendances parmi les adultes réponse documenté, parmi le nombre de cas rapportée pour la (hommes, femmes de plus de 15 ans) et les enfants de moins de période considérée. Parmi ceux pour lesquels une réponse est 15 ans diagnostiqués au VIH pour la période allant de Janvier documentée, 94% des femmes et 90% des hommes ont 2014  à  Décembre  2014.  Le  nombre  d’enfants   varie  entre   114   et   mentionné des rapports hétérosexuels comme facteur de risque, 199 pour la période, celui des hommes entre 336 et 741. Le soit 52% des femmes et 50% des hommes de  l’ensemble  des  cas   nombre de femmes diagnostiquées dépasse largement celui des rapportés. Soixante-onze pour cent (71%) des hommes et des hommes et du groupe pédiatrique et varie entre 415 et 1270 femmes ont rapporté avoir eu des relations sexuelles sans pour la période. condom, soit respectivement 33% et 32% des hommes et des femmes diagnostiqués en incluant les non réponse. Considérant 1270 ceux qui ont répondu, 12 % des hommes ont mentionné avoir des 1238 1176 1124 1170 1130 relations sexuelles avec une travailleuse de sexe et une histoire 1065 1067 1015 d’infection  sexuellement  transmissible  (IST)  a  été  rapportée  pour   956 17% des hommes et 27% des femmes. 735 741 691 720 692 719 705 692 672 Tableau 2. Répartition des cas notifiés ayant rapporté un risque parmi 607 652 les adultes de 15 ans et plus selon les modes probables de transmission 439 415 et le sexe, année 2014, Haïti HASS 2015 336 199 196 163 192 172 184 151 143 154 164 179 114 Femmes Hommes Modes probable de % % Parmi % transmission % Parmi Nbre de Excluant toutes Nbre de Excluant tous les cas les non- les cas les non- hommes réponses femmes réponses Femmes Hommes Cas Pédiatriques Rapport sexuel avec 2 253 4 2 27 072 90 50 Graphe 6. Évolution de la notification de cas VIH en Haïti en 2014, HASS une femme Haïti 2015 Rapport sexuel avec 52 158 94 52 2 860 10 5 Le graphe 6 montre une diminution de la tendance entre octobre un homme et décembre 2014, qui paraît plus accentuée parmi les femmes. Rapport Cette baisse de la tendance peut être en partie expliquée par le sexuel avec retard dans la transmission des données de surveillance du 6 142 14 7 5 787 24 11 plus de 2 dernier trimestre de 2014. Dans ce prochain rapport, la personnes disponibilité des données pourrait affecter la tendance observée Rapport dans ce numéro de bulletin. sexuel sans 30 697 71 33 17 524 71 32 condom Au moment de la grossesse, le dépistage actif et la surveillance de Rapport l’infection  du  VIH  chez  les  femmes  en  âge  de  procréer  sont  d’une   sexuel avec importance capitale   dans   l’Elimination   de   la   Transmission Mère- 1 187 3 1 2 895 12 5 travailleuses Enfant du VIH. de sexe Le graphe ci-dessous présente le nombre et la proportion de Histoire d’infection   1 606 4 2 1 428 6 3 femmes enceintes au moment du diagnostic pour la période de TB allant de Janvier à Décembre 2014. Le nombre de femmes Histoire enceintes varie entre 41 et 200 soit une proportion comprise d’infection   4 925 11 5 3 230 13 6 entre 9 et 15% des femmes nouvellement diagnostiquées. de syphilis Histoire 11 582 27 12 4 281 17 8 d’autre  IST BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 2. Traitement anti rétroviral 9 mourir si elles commencent tôt le TAR. Le National Institute of Allergy and Infectious Diseases des Etats Unis qui est dirigé par l’éminent  professeur,  DR  Antony  Fauci,  appuie  l’idée  de  proposer   un TAR à toutes les personnes atteintes du VIH, peu importe leur compte CD4 (NIAID, 2015). Michel Sidibé Directeur exécutif de l’ONUSIDA,  va  plus  loin  en  déclarant  à  Genève  le  27  mai  2015  que   « Toute personne vivant avec le VIH doit avoir un accès immédiat au   traitement   antirétroviral   salvateur.   Retarder   l’accès   au   traitement  du  VIH  sous  quelque  prétexte  que  ce  soit,  c’est  refuser   le droit à la santé ». Nous référant aux 2 études mentionnées plus haut, nous pensons que la mise sous traitement de nouveaux enrôlés a pratiquement la même valeur que la notification de cas dans ce bulletin de surveillance épidémiologique. Une des conséquences de l’accélération   de   la   riposte   et   en   fonction   des   nouvelles   connaissances scientifiques sur le TAR est de plus en plus le Programme Haïtien doit investir dans la mobilisation de nouvelles Graphe 7. Répartition des femmes enceintes et non enceintes au moment du ressources et soutenir les efforts déjà entrepris par les différents diagnostic parmi les données rapportée pour  l’année  2014, HASS Haïti 2015 réseaux de soins pour dépister et mettre un plus grand nombre de PVVIH sous TAR. Dans cet article,   en   plus   de   l’analyse   des   caractéristiques   socio   démographiques   et   de   l’évolution   de   la   mise   sous   TAR   des   2. Traitement anti rétroviral nouveaux enrôlés, nous fournirons des informations sur la rétention des nouveaux enrôlés et les niveaux de performance Nous   commençons   l’article   sur   le   TAR   avec   ce   rappel   des   3   atteints en fonction des cibles retenues pour les indicateurs du conditions   pour   que   l’épidémie   VIH   s’arrête   à   travers   le   monde   TAR pour lesquels nous pouvons retrouver des valeurs actualisées d’ici   à   2030 : faire reculer le nombre de décès dus au VIH/sida; au niveau de la base nationale de rapportage de données limiter le nombre de contamination au VIH et améliorer le VIH/sida, MESI. dépistage surtout dans les populations à risque. Nous pensons que les trois conditions fondamentales  de  l’arrêt  de  l’épidémie  à   En 2014, le nombre de PPS rapportant régulièrement des VIH   à   2030   sont   intriquées   l’une   dans   l’autre   et   s’imposent   aux   données sur MESI est de 141. La distribution observée de PPS programmes à travers le monde comme une ordonnance sans ayant posté leurs rapports sur MESI varie de 131 à 144. La aucun  recours  s’ils  veulent  avancer  dans  la  bonne  direction.  Ces  3   distribution a commencé en janvier avec 141 et a terminé en éléments paradigmatiques constituent une structure gigogne de décembre avec 132. Le mode est représenté par 141. Ainsi la telle   sorte   qu’il   parait   difficile   d’analyser   les   résultats   obtenus   ponctualité du respect de la soumission mensuelle du rapport sur dans   l’un   sans   ne   pas   faire   référence   à   ceux   atteints   dans   les   2   MESI   est   élevée   mais   n’est   pas   totalement   satisfaisante   car   le   autres;    c’est  l’objet  principal  de  la  cascade  ou  du  continuum  de   nombre de PPS varie entre 131 à 144. Nous aurions aimé voir la soins, mais qui ne sera pas traité dans ce présent article sur le répétition de tous les PPS existants et offrant des services TAR. Nous promettons bientôt à nos lecteurs un numéro spécial VIH/sida à chaque mois. sur ce sujet Nous  estimons  que  le   TAR  est   incontournable  à   l’intérieur  des  2   2.1 Caractéristiques sociodémographiques des nouveaux échéances mondiales : 2020 avec 90-90-90 et 2030 avec 95-95-95 enrôlés sous TAR en 2014 (ONUSIDA; 2014, 2015); et que notre pays doit prendre les dispositions pour se mettre au pas. Nous ne savons pas où en Les nouveaux enrôlés sous TAR sont de 19 018. Si nous sommes-nous  avec  le  projet  d’étude : « évaluation  de  l’approche   considérons   que   les   facteurs   d’attrition   soient   nuls,   ils   tester et traiter pour le traitement du VIH en Haïti » qui devait représenteraient   environ  30%  du  nombre  total  d’actifs  sous  TAR   être réalisé par le LNSP, CDC et USAID; mais nous pouvons de 63 511 PVVIH au 31 décembre 2014 (www.mesi.ht). prédire  que  sur  la  base  de  2  études  d’importance  majeure sur le TAR que bientôt notre manuel devait être révisé ou inclure un addendum  pour  ne  retenir  que  comme  unique  critère  d’éligibilité   au   TAR   le   fait   d’être   positif   au   VIH.   En effet; TEMPRANO, une étude  conduite  sur  une  période  de  7  ans  en  Côte  d’Ivoire  (jean  et   al, 2013; Danel et al, 2015) et un grand essai clinique du nom de START (START, mai 2015) effectué dans plusieurs pays de 4 continents ont démontré que les personnes VIH peuvent réduire considérablement leur risque de progresser vers le sida et de BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 2. Traitement anti rétroviral 10 Tableau 3. Répartition des nouveaux enrôlés sous TAR selon le sexe et le statut de la femme en 2014, MESI. Femmes Total % Total Mois PPS Hommes Femmes Enfants Total enceintes femmes femmes Janvier 141 503 681 245 926 56 1485 62 Février 141 573 741 256 997 71 1641 61 Mars 141 570 712 246 958 57 1585 60 Avril 141 633 943 261 1204 66 1903 63 Mai 140 575 869 275 1144 58 1777 64 Juin 141 503 647 214 861 45 1409 61 Juillet 144 569 790 236 1026 59 1654 62 Aout 140 511 659 237 896 62 1469 61 Septembre 132 593 872 224 1096 72 1761 62 Octobre 135 599 718 237 955 56 1610 59 Novembre 131 472 632 187 819 47 1338 61 Décembre 132 520 679 141 820 46 1386 59 Total 6621 8943 2759 11702 695 19018 62 Les nouvelles femmes sous TAR sont de 11 702, soit 61,5% du Tel   que   nous   l’avons   constaté   en   2013   (PNLS,   avril   2014),   nous   nombre total de nouveaux enrôlés. Quelque soit le mois observons un certain ralentissement de la mise sous TAR de considéré, les femmes sont plus nombreuses à être enrôlées sous nouveaux   enrôlés   à   la   fin   de   l’année   2014,   c’est   à   dire   en   TAR. Les femmes enceintes symbolisent 23,5% des nouvelles novembre et en décembre. femmes sous TAR. Les enfants qui sont de 695 représentent 3,6% des nouveaux enrôlés sous TAR en 2014. 2000 1800 2.2 Représentation temporo-spatiale des nouveaux 1600 enrôlés en 2014 1400 Le mois avril 2014 est le mois avec la fréquence absolue la plus 1200 élevée   d’enrôlement   de   nouveaux patients PVVIH sous TAR. Il a 1000 contribué à 1 903 nouveaux enrôlés sous TAR. 800 600 2000 400 200 0 1500 Année 2012 Année 2013 Année 2014 Graphe 9. Répartition des nouveaux enrôlés sous TAR en 2012, 2013 et 2014 MESI Haïti A certains égards, nous observons une certaine ressemblance pour certains   mois   entre   l’année   2013   et   2014.   Les   mois   avril,   1000 mai, juillet et septembre sont ceux pour lesquels le programme de TAR haïtien a atteint ou dépassé les 1 600 nouveaux enrôlés au cours de cette période. Graphe 8. Évolution des nouveaux enrôlés sous TAR en 2014, MESI Haïti BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 2. Traitement anti rétroviral 11 2000 1800 prêts pour augmenter la couverture des patients PVVIH sous TAR, et nous reviendrons là-dessus avant la fin de cet article. 1600 1400 Le  classement  des  départements  n’a  pas  évolué,  tel  que  cela  a  été   constaté dans le bulletin numéro 8 (PNLS décembre 2014) 1200 1000 800 600 400 200 0 Année 2012 Année 2013 Année 2014 Graphe 10. Évolution des nouveaux enrôlés sous TAR en 2012, 2013 et 2014 MESI Haïti Nous aimerions voir la courbe de 2014 un peu plus haut située SIDA, ANSANM NOU SE SOLISYON AN! que celle 2013, car à ce rythme, nous ne sommes pas encore Tableau 4. Distribution des nouveaux enrôlés sous TAR selon le département en 2014. Femmes Proportion Fréquence Département Hommes Femmes Enfants Total enceintes en % cumulée Ouest 2910 4504 1170 274 8858 47 46 Artibonite 955 1100 474 98 2627 14 60 Nord 818 1063 383 75 2339 12 72 Sud 449 472 88 48 1057 6 78 Nord-ouest 375 472 105 70 1022 5 83 Centre 354 413 142 49 958 5 88 Nord-est 255 327 199 31 812 4 92 Grande anse 202 232 86 15 535 3 95 Nippes 173 199 63 16 451 2 97 Sud-est 130 161 49 19 359 2 100 Total 6621 8943 2759 695 19018 100 Le  département  de  l’ouest  vient  en  tête  de  liste  avec  48%  environ   d’amélioration   de   la   qualité   des   données   devrait   se   concentrer   de la mise sous TAR de nouveaux enrôlés. Nous notons que 4 sur ces 4 départements, évidemment, si nous planifions sur la départements à eux seuls disposent de plus de 3 sur 4 des base des évidences scientifiques et des données factuelles ou nouveaux   enrôlés   en   2014,   ce   sont   l’Ouest,   l’Artibonite,   le   Nord   programmatiques. Dans le cadre de ce bulletin, nous essaierons et le Sud; ce sont les départements pour lesquels nous observons bientôt de colliger des données au sein du CNQD sur les également une plus grande concentration de la population supervisions et les visites de validation de données et ferons (http://www.ihsi.ht/haiti_en_chiffre.htm).   Nous   pensons   qu’une   l’analyse   entre   elles   et   la   répartition   des nouveaux enrôlés au des conséquences que cela devrait avoir sur le plan niveau des départements. Rappelons que le TAR constitue un programmatique   est   que   l’essentiel   ou   la   majorité   des   activités enjeu   majeur   dans   la   stratégie   pour   arrêter   l’épidémie en 2030. 18 réseaux de soins dirigés par ce que nous appelons des patients PVVIH. Ce genre de problème peut être résolu de façon institutions ombrelles ont mis sous TAR 19 018 nouveaux enrôlés. aisée avec la revigoration prochaine du CNQD si ses procédures Nous  n’avons  pas  pu  retrouver  le  nom  de  la  dernière  institution   normalisées  d’opération  sont  mises  en  application. ombrelle responsable de la mise sous TAR de 19 nouveaux BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 2. Traitement anti rétroviral 12 Tableau 5. Distribution des nouveaux enrôlés sous TAR selon le réseau de soins en 2014, MESI Haïti Femmes Proportion Fréquence Réseau PPS Hommes Femmes Enfants Total enceintes en % cumulée en % GHESKIO 17 1991 2771 428 194 5384 28,31 28,31 UGP/MSPP/PEPFAR 30 1387 1980 683 144 4194 22,05 50,36 PIH/ZL 11 885 969 391 105 2350 12,36 62,72 URC 19 397 598 390 45 1430 7,52 70,24 CMMB 8 478 559 130 58 1225 6,44 76,68 PATHFINDER 17 329 591 292 22 1234 6,49 83,17 ICC 21 350 420 79 15 864 4,54 87,71 ITECH 3 166 179 101 57 503 2,65 90,36 CDS 8 198 215 124 22 559 2,94 93,30 UM 1 129 165 29 13 336 1,77 95,07 FOSREF 10 88 145 39 1 273 1,43 96,50 Uma 9 93 186 34 9 322 1,69 98,19 POZ 2 48 48 12 7 115 0,60 98,79 WV 3 25 67 12 0 104 0,55 99,34 HAD 1 27 31 7 2 67 0,35 99,69 HTW 2 12 0 1 0 13 0,07 99,76 CARE 1 13 6 6 1 26 0,14 99,90 ND 5 13 1 0 19 0,10 100,00 Total 163 6621 8943 2759 695 19018 100,00 GHESKIO est le leader des réseaux de soins dans la mise sous TAR indicateurs restent les mêmes que nous avions indiqués dans le de nouveaux enrôlés en 2014. Il occupe cette position avec numéro 8. e 28,31% des nouveaux enrôlés. En 2 position, nous retrouvons le Les cibles dans le tableau ci-dessous ont été tirées dans le PSNM réseau de soins du MSPP avec 22,05%. GHESKIO et 2012 – 2015 révisé avec extension à 2018 (PNLS, mai 2014). Nos UGP/MSSP/PEFAR sont les 2 réseaux qui ont pu dépasser les 20% sources   de   données   pour   l’analyse   de   la   performance   sont   et totalisent à eux deux la moitié des nouveaux mis sous TAR, soit www.mesi.ht et  le  rapport  préliminaire  de  l’analyse  des  patients   1 sur 2 nouveaux enrôlés en 2014. Nous croyons que si le er enrôlés sous TAR entre le 1 octobre 2012 et le 30 septembre système  suivi  et  évaluation  du  VIH/sida  en  Haïti  s’assure  que  ces   2013 au niveau  des  10  départements  d’Haïti  (PNLS,  mai  2015). 2  réseaux  aient  une  très  bonne  implication  dans  l’amélioration  de   la qualité des données et aient un budget suffisant pour le faire, nous pouvons extrapoler, toutes proportions gardées, que la qualité   des   données   en   VIH/sida   bénéficierait   d’un   appui   structurant fort, étant donné le poids de ces acteurs présentement au sein du système de santé haïtien. 2.3 Niveau de performance atteint par le PNLS sur le TAR en 2014 Tel   que   nous   l’avons   promis   dans   le   bulletin   de   surveillance   er épidémiologique du VIH/sida, numéro 8 paru au 1 décembre 2014, nous fournissons à nos lecteurs à la fin de cet article des informations relatives à la performance du TAR en 2014. Les SIDA, ANSANM NOU SE SOLISYON AN! BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 2. Traitement anti rétroviral 13 Tableau 6. Performance de certains indicateurs sur le TAR en 2014. Données de Source et cibles Résultat atteint au Performance cibles prévues Indicateur base année 2014 31/12/ 2014 (%) pour 2015 Pourcentage d'adultes et d'enfants dont on sait qu'ils sont toujours sous 76% PNLS 2014 76% 72,8% 72,8% 77% ARV après l'initiation du TAR Nombre d'adultes vivant avec le VIH 54082 MESI 2013 78000 63511 81,40% 95000 recevant le TAR Nombre d'enfants vivant avec le VIH 2987 MESI 2013 3281 2888 88,80% 3609 recevant le TAR Le taux de rétention est de 72,8%. Nous proposons par rapport à cette enquête, le taux de rétention à 6 mois du département de cet indicateur que la performance de cet indicateur est le résultat l’Ouest   ne   contient   pas   les   données   des   Centres   GHESKIO et de connu de la plus récente enquête sur la rétention ; ainsi la IMIS. performance est de 72,8%. Nous rappelons que la donnée de Tableau 7. Répartition des taux de rétention à 6 et 12 mois pour la cohorte nette base   a   été   obtenue   de   l’enquête   de   rétention   réalisée   entre   de patients enrôlés sous ARV au niveau des 10 départements, Enquête sur la décembre 2013 et février 2014 : ce taux de rétention a été calculé rétention des patients sous traitement antirétroviral, MSPP-PNLS Haïti 2015 sur la cohorte de janvier 2011 à décembre 2011. Le résultat Taux actuel   atteint   en   rétention   est   calculé   à   partir   de   l’enquête   Taux rétention à Cohorte nette de Département rétention à 6 réalisée par la CT du PNLS de novembre 2014 à février 2015 sur la 12 mois (%) patients mois (%) er cohorte de nouveaux enrôlés du 1 octobre 2012 au 30 Artibonite 80,6 73,7 2879 septembre 2013. Centre 84,5 77,6 1070 Nous considérons que la performance obtenue sur le nombre Grande Anse 85,0 70,8 479 d’adultes  est  faible,  même  si  elle  est  de  81,40%.  L’écart  à  combler   ou le rattrapage à faire pour atteindre la cible de 2014 est de 14 Nippes 92,4 75,5 412 489   patients   sous   TAR.   Nous   attirons   l’attention   de   nos   lecteurs   Nord 86,9 76,2 2301 que  c’est  la valeur de cet indicateur en fréquence absolue qui est Nord-Est 77,2 63,2 585 utilisée   par   l’ONUSIDA   pour   calculer   la   couverture   sous   TAR.   Au   cours   de   l’atelier   de   Dakar   tenu   par   l’ONUSIDA   pour   les   pays   Nord-Ouest 83,3 74,5 685 francophones   d’Afrique   auquel   Haïti   a   pris   part   sur   les   Ouest 83,1 70,6 8168 estimations et projections épidémiologiques, le nombre estimé Sud 87,6 77,4 1131 de PVVIH en Haïti calculé à partir de SPECTRUM pour 2014 est de 140 000. Si nous utilisons cette estimation comme dénominateur, Sud-Est 83,4 78,1 329 la couverture est de 45,36% et est très basse. Nous pensons que Total Haïti 83,7 72,8 18039 toutes les parties prenantes de la Riposte nationale devraient se ressaisir pour des réflexions approfondies sur ce taux de couverture  et  l’évaluation  des  stratégies  mises  en  œuvre  visant  le   renforcement   du   TAR   en   Haïti   pour   nous   permettre   d’atteindre   les 80% de couverture visés  par  le  PSNM  à  l’horizon  de  2018. La   performance   du   nombre   d’enfants   sous   TAR   a   pratiquement   fait  un  recul  par  rapport  à  la  donnée  de  base.  Nous  n’arrivons  pas   su maintenir la performance atteint en 2013. Avons-nous atteint un sommet auquel nous ne pouvons plus avancer vers des objectifs plus élevés? Nous sommes encore confiants que nous pouvons   aller   encore   de   l’avant   pour   plus   de   résultats   dans   l’optique  de  la  stratégie  pour  arrêter  l’épidémie  en  2030. Nous concluons cet article pour présenter à nos lecteurs les principaux résultats de la dernière enquête de rétention réalisée par la CT du PNLS. Un rapport complet y sera bientôt publié. Dans BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 3. Co infection VIH / TB 14 3. Co infection VIH / TB malades recevant le TAR, aux personnes traitées antérieurement pour la TB  et  aux  femmes  enceintes.  L’INH  doit  être  administrée   Les   programmes   VIH   et   TB   sont   entrain   d’amorcer   un   bond   chaque jour avec la vitamine B6 pendant 6 mois ». qualitatif   avec   l’élaboration   et   la   publication   d’un   plan   national Dans   le   bulletin   de   l’ONUSIDA   « HIV This Month – Issue no. 3 combiné en suivi et évaluation du VIH et de la TB. Nous pensons (2015) FR »   a   été   publié   le   résumé   d’une   étude   sur   le   TPI   au   que   cette   démarche   entreprise   sous   l’impulsion   du   FM,   dans   le   Botswana   sur   l’efficacité   plus grande de 36 mois qu’à   celui   de 6 cadre  de  la  mise  en  œuvre  de  la  nouvelle  subvention  VIH  qui  sera   mois sur la prévention de la TB chez des adultes infectés par le accordée à Haïti, est une bonne chose, un bon pas dans la bonne VIH   obtenu   au   cours   de   l’essai. Cette étude a évalué surtout la direction. durabilité   du   bénéfice   obtenu   après   l’essai.     Les   auteurs   Ce plan combiné pourrait être considéré comme un « saut (Samandari T et al, 2015) concluent   que   le   bénéfice   d’un   TPI   quantique »   au   sein   de   la   stratégie   pour   arrêter   l’épidémie   en   prolongé  à  36  mois  est  meilleur  que  celui  d’un  TPI  à  6  mois  mais  il   2030, en particulier du « faire reculer le nombre de décès dus au a  diminué  après  l’essai  clinique  dans  la  cohorte  étudiée.   VIH/sida »  en  Haïti.    Nous  l’avons  déjà  écrit  dans  le  numéro 8 de La rédaction de « HIV This Month – Issue no. 3 (2015) FR » dans ce bulletin et nous le reprenons pour que cela martèle dans nos une note pense que : « Dans les milieux où la TB est répandue, un tympans à un point tel que cela nous ennuie et nous fasse TPI de durée limitée n'offre pas une protection durable. Les bouger pour ne pas jeter aux oubliettes ce plan dans un tiroir données issues de cette étude apportent encore plus d'éléments crasseux,  tel  que  nous  l’avions  fait  pour  le  SIPSE  :   la tuberculose probants en faveur du TPI continu, en particulier pour les tue nos PVVIH plus que toute autre maladie liée au VIH. Comme personnes vivant avec le VIH qui avaient une IDR positive. Des toute   œuvre   humaine,   les   plans   ne   sont   jamais   parfaits, mais ils études sont en cours pour évaluer des formes thérapeutiques sont de bons guides qui peuvent être améliorés par la pratique et préventives et alternatives qui offrent un plus grand potentiel de le souci qui doit être manifeste chez toutes les parties prenantes stérilisation de l'infection à TB latente. Ces traitements de la Riposte en Haïti. pourraient être efficaces sur une plus courte durée, ce qui serait Nous analysons, dans le cadre de ce bulletin, les cas incidents de un avantage. Mais il faudrait comparer cela au risque de maladie la co-infection VIH/TB de 2014. Notre seule source de données dû à une réinfection par la TB. Garantir la meilleure protection est le www.mesi.ht. Nous pensons que si le plan combiné n’est   durable possible contre la TB pour les personnes séropositives pas une simple addition de plans en SE du VIH et de la TB, le reste une question extrêmement importante ». moment est propice pour que les 2 coordinations trouvent le mécanisme approprié pour faciliter la synchronisation des 2 3.1 Représentation temporo-spatiale des nouveaux sources   de   données   TB   et   VIH   afin   d’améliorer   la   qualité   des   données sur la co-infection   VIH/TB.   Car,   ne   l’oublions   pas : la patients coinfectés en 2014 tuberculose tue nos PVVIH plus que toute autre maladie liée au Le   nombre   de   PPS   qui   s’affiche   sur   le   rapport   relatif   à   la   co- VIH (ONUSIDA, 2013). infection sur MESI varie de 168 à 186. Cependant, certains Depuis la publication du numéro 8 de ce bulletin, nous nous d’entre   eux   n’ont   pas   un   numéro   de   code   et   d’autres   ne   sommes  proposé  qu’à chaque parution de faire un rappel sur une disposent pas vraiment de patients sous traitement puisque cette directive ou une conduite à tenir du manuel de normes sur la catégorie de sites présentent une valeur nulle. Nous posons des prise en charge de la co-infection VIH/TB. Nous reprenons les interrogations sur cette situation et proposons que des réflexions propos   sur   le   TPI   et   ensuite   quelques   réflexions   tirées   d’un   soient initiées sur ce sujet au sein du CNQD afin de trouver les bulletin   gratuit   de   l’ONUSIDA   sur   des   résultats   d’une   étude   bonnes réponses pour corriger ces situations qui peuvent affecter réalisée en Botswana. Notre manuel de normes indique que « La la qualité des données. chimio  prophylaxie  à  l’INH  est  administrée  à  toutes  les  personnes   infectées   quelle   que   soit   le   degré   d’immunosuppression,   aux   Tableau 8. Distribution des patients coinfectés et traités en 2014 MESI Haïti Mois PPS Nx enrôlés Total de Nx PVVIH Nx PVVIH % de Nx cas % de Nx cas sous TAR patients co diagnostiqués sous Rx TB sous Rx TB sous Nx infectés TB anti TB anti TB enrôlés ARV Janvier 180 1485 311 173 171 99 21 Février 180 1641 362 204 193 95 22 Mars 180 1585 356 181 166 92 22 Avril 181 1903 324 194 181 93 17 Mai 180 1777 306 174 149 86 17 Juin 182 1409 211 113 109 96 15 Juillet 185 1654 311 172 160 93 19 Aout 186 1469 400 205 199 97 27 Septembre 173 1761 337 177 168 95 19 Octobre 175 1610 352 193 188 97 22 Novembre 173 1338 787 121 107 88 59 Décembre 168 1386 311 191 166 87 22 Total 19018 4368 2098 1957 93 23 BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 3. Co infection VIH / TB 15 Le total de co-infectés (données retrouvées sur www.mesi.ht à la au sein du CNQD sur les modalités de nettoyage et de stockage date du 18 juin 2015) est de 4 368, soit 21% du total des des données au niveau de MESI, autrement dit à quand nous ne nouveaux enrôlés sous TAR en 2014. Nous   n’avons   pas   encore   devrions plus modifier une donnée quelconque et quelles accès à la désagrégation des co-infectés par sexe, comme cela est seraient les étapes à suivre pour effectuer cette opération en fait pour les nouveaux enrôlés sous TAR, mais nous espérons que faisant attention à ne pas nuire à la qualité des données de ce sera chose faite bientôt avec les travaux en cours au sein du l’ensemble  de  la  base  et  en  portant  une  attention  particulière  sur   CNQD sur la désagrégation de certains indicateurs de MESI. l’intégrité  des  indicateurs ciblés. Nous  signalons  à  l’attention  du  service  SE  de  la  CT  du  PNLS  que  le   Les mois de septembre à décembre pour ces années ont un profil résultat obtenu du mois de novembre pourrait paraitre comme similaire; ils ont atteint entre 300 à 350 co-infectés, sauf pour le une   valeur   aberrante,   à   l’analyse   des   observations   de   la   mois de novembre 2014 pour lequel sa valeur apparait aberrante. distribution de co-infectés de 2014. Plus loin nous verrons, quels seraient les départements pour lesquels ils pourraient revoir les 900 données   afin   de   nous   assurer   qu’elles   reflètent   effectivement   la   800 réalité. 700 La performance de la mise sous traitement anti TB des nouveaux enrôlés sous TAR développant une TB est satisfaisante car elle est 600 de 93%. Elle varie de 87% en décembre à 99% en janvier. 500 Toutefois,  nous  souhaiterions  obtenir  à  l’avenir  une  performance   de 100%. 400 Tel que le montre le graphe ci-dessous le mois novembre 2014 300 est problématique et mériterait une investigation supplémentaire de la part de la CT du PNLS et de METH. 200 100 0 900 800 700 année 2012 année 2013 année 2014 600 Graphe 12. Répartition des coinfectés par mois au cours des années 2012, 2013 et 2014, MESI Haïti 500 4 départements : Ouest, Artibonite, Centre et Nord totalisent 3 400 557 co-infectés, soit environ 80 % ou 4 sur 5 co-infectés. Il ressort que ces départements (incluant le Sud qui a dépassé les 200 co- 300 infectés)   devraient   bénéficier   d’une   plus   grande   attention   de   la   200 part de ceux qui font la supervision et la validation des données, surtout   le   département   de   l’Ouest   qui   représente   47%   des   100 coinfectées. 0 Graphe 11. Évolution des nouveaux co-infectés VIH/TB en 2014 MESI Haïti Lorsque nous faisons la comparaison avec les années 2012 et 2013, nous constatons que le système de santé avait pu capter ou identifier   plus   de   Coinfectés   en   2013   qu’en   2012   et   2014.   En   2012, le nombre connectés postés sur MESI était de 4 102; en 2013, il était de 4 565 et en 2014 de 4 368. Le mois de juillet en 2012 parait également problématique. Nous profitons de ces 2 cas : le mois de juillet en 2013 et celui de novembre en 2014 pour relancer les discussions et les échanges BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 3. Co infection VIH / TB 16 Tableau 9. Distribution des co infectés par département en 2014. Haïti. MESI. PPS PPS rapportant PVVIH Total de % de Nx patients rapportant Nx enrôlés Patients TB Département données sur diagnostiqués patients co co infectés sous Nx données sur sous TAR testés VIH Nx enrôlés TAR TB infectés enrôlés sous TAR co infection Ouest 52 72 8858 1288 770 2058 23 Artibonite 18 23 2627 395 392 787 30 Nord 18 21 2339 107 199 306 13 Sud 12 17 1057 71 142 213 20 Nord-ouest 8 11 1022 42 102 144 14 Centre 9 9 958 183 223 406 42 Nord-est 12 14 812 84 92 176 22 Grande anse 9 14 535 44 57 101 19 Nippes 6 10 451 28 51 79 18 Sud-est 7 9 359 28 70 98 27 Total 151 200 19018 2270 2098 4368 23 3.2 Niveau de performance atteint par le PNLS sur la co PSNM. Nous espérons que le plan combiné comblera ces déficits infection VIH / TB en 2014 et dans le prochain bulletin, nous pourrons être en mesure de fournir  ce  type  d’informations. Nous   pensons   qu’il   est   indispensable   que les décideurs et les En ce qui concerne le taux de mortalité des patients co infectes planificateurs   doivent   s’informer   sur   la   performance   obtenue   VIH   /   TB,   nous   n’avons   pas   de   donnée   de   base;   ni   non   plus   de   pour   les   indicateurs   qu’ils   ont   eux-mêmes décidés de suivre au valeur actualisée de cet indicateur en 2014. Ce que nous pouvons cours  de  la  mise  en  œuvre  d’un  programme  donné.   fournir   à   nos   lecteurs   est   l’estimation   globale   du   nombre   de   Sur les 5 indicateurs que le bulletin pourrait fournir une idée du décès dû au sida en Haïti. Ce chiffre a été déterminé par niveau de performance par rapport aux cibles fixées par le PSNM, l’intermédiaire   de   SPECTRUM   lors   de   l’atelier   de   Mars   2015   à   il   nous   est   impossible   d’analyser   la   performance   de   2   parce   que   Dakar et dont cette information sera publié dans le rapport 2015 soit  la  valeur  de  base  et/ou  la  cible  n’a  pas  été  indiquée par le de  l’ONUSIDA;  cette  estimation  est  de  3  800  [2  300  ;  5  600]  pour   l’année  2014. Tableau 10. Performance de certains indicateur sur la co infection VIH / TB en 2014. Haïti. MESI. Résultat atteint cibles Données Source et Cibles de Janvier à Performance Indicateur prévues de base année 2014 décembre (%) pour 2015 2014 Nombre de patients TB ayant MESI, effectué un test de dépistage du VIH 11859 13466 11639 86% 15072 2013 Nombre de patients co infectés VIH/Tuberculose qui ont reçu aussi 4913 7606 3715 49% 7927 bien les ARV que le traitement antituberculeux Nombre de patients qui ont reçu la MESI, prophylaxie à l'INH 9440 9899 22087 223% 10052 2011 additionné les résultats du nombre de patients TB testés VIH sous La performance du nombre de patients TB ayant effectué un test ARV en 2014 (1 123) et les résultats du nombre de nouvelles de dépistage du VIH est satisfaisante. Nous aimerions que dans le personnes enrôlées sous traitement anti TB (2 592). Cette bulletin   qui   analysera   la   performance   de   2015   que   c’est   à   partir   opération nous a donné 3 715 patients co-infectés VIH/TB qui ont de HASS que nous souhaiterions obtenir ce nombre, si possible, reçu aussi bien les ARV que le traitement anti TB. Sa performance pour avoir les cas dédupliqués. est faible, soit 49%. Pour calculer le nombre de patients co- infectes VIH / TB qui ont La performance de la prophylaxie est très élevée, soit de 223%. reçu aussi bien les ARV que le traitement anti TB, nous avons Cette performance élevée pourrait résulter de la conjugaison de 2 biais : soit la donnée de base a été sous-évaluée, de même que la BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 4. Élimination de la transmission mère enfant 17 cible,   d’une   part   et   d’autre   part,   soit   nous   soupçonnons   la   filières de soins ». Ces hypothèses sont soutenues par les présence de doublons au sein des 22 087 patients sous résultats  de  l’étude  de  rétention  que  la  CT  du  PNLS  avait  réalisée   prophylaxie   à   l’INH.     Nous   pensons que ce genre de problèmes en 2012 et dont les principaux résultats ont été publiés dans le qui pourraient affecter la qualité des données peut être résolu au numéro 3 du bulletin de surveillance épidémiologique en Haïti sein du CNQD et lors des débats sur la co-infection, il serait (PNLS, mai 2013). Néanmoins, nous pensons que des bienvenue la présence du service SE de la CT du PNLT pour le organisations onusiennes comme UNFPA et UNICEF pourraient croisement   des   données   et   l’obtention du consensus sur les aider le Programme à conduire des enquêtes de cohorte de meilleures   façons   d’améliorer   la   qualité   des   données   sur   la   co   couples mère-enfant (binôme mère-enfant) à partir de données infection. Néanmoins, nous devons reconnaitre que ce résultat de cliniques recueillies régulièrement dans les 3 bases de données 22   087   dénote   l’importance   accordée   par   nos   réseaux   de   soins   longitudinales du pays en VIH/sida: GHESKIO, PIH et I-santé. sur le TPI en matière de prévention de la TB chez nos PVVIH. MESI est la référence en données de PTME pour notre bulletin sur les cas incidents rapportés mensuellement par nos PPS en VIH/sida. Nous effectuons pour nos indicateurs des vérifications de   concordance   à   l’intérieur   de   MESI   de   ceux   qui   se   retrouvent   4. Élimination de la transmission mère enfant dans plusieurs fenêtres. Ainsi nous avertissons nos lecteurs que nous  avons  dénoté  une  différence  qui  n’est  pas  significative  entre   Nos différentes enquêtes sur la rétention sous TAR et les IAP en les femmes enceintes placées sous ARV de la page « nouveaux Haïti nous ont fourni des informations sur les résultats relatifs au enrôlés en ARV entre janvier 2014 et décembre 2014 » et les taux national de rétention, les taux par départements et par site y nouvelles sous HAART de la page « catégorie de femmes ayant   pris   part.   Mais,   nous   ne   disposons   pas,   à   l’heure   actuelle,   enceintes sous HAART entre janvier 2014 et décembre 2014 » le de   taux   spécifiques   par   sexe   et   par   groupe   d’âge,   en   particulier   premier est de 2 759 et le second de 2 893. La différence est de chez les femmes enceintes et les enfants exposés au VIH. Nous 134. Nous pensons que ces 134 sont incluses dans femmes pensons   que,   dans   le   cadre   de   l’élimination   de   la   transmission enceintes sous ARV devenues enceintes de la page « catégorie de mère  enfant   et  de  la  stratégie  de  l’arrêt  l’épidémie  en  2030,  ces   femmes enceintes sous HAART entre janvier 2014 et décembre informations peuvent se révéler indispensables pour le 2014 »  Nous  nous  sentons  confortables  d’analyser  les  données  de   renforcement  des  stratégies  actuelles  mises  en  œuvres  en  PTME,   la page « catégorie de femmes enceintes sous HAART entre et  en  ce  qui  concerne  notre  pays  d’approcher  à  l’horizon  de  2018 janvier 2014 et décembre 2014 »,   même   si   dans   l’article   sous   le   les 2% de taux de TME avec plus de sérénité. TAR, nous avions analysé avec les données de la page « nouveaux Nous pouvons, dans les prochains numéros de ce bulletin, faire enrôlés en ARV entre janvier 2014 et décembre 2014 ». des études exploratoires secondaires dans les bases de données de ces enquêtes disponibles au niveau de la CT du PNLS, en 4.1 Représentation temporo spatiale des nouvelles particulier dans les données de sites ayant eu un volume femmes enceintes sous TAR important de patients sous TAR pour avoir une idée de ces taux Nous   publions   dans   ce   bulletin   un   article   sur   l’étude   qui   a   été   spécifiques. Nous promettons dans les prochains bulletins réalisée avec le financement de UNFPA sur les « déterminants des d’aborder  ce  sujet  plus  en  profondeur. grossesses désirées ou non chez les femmes enceintes sous Les  enfants  nés  avec  le  VIH  ont  aujourd’hui  un  meilleur  accès au TAR ». Rappelons que cette étude   a   démontré   qu’être   VIH   ne   TAR.   Nous   avons   besoin   de   connaitre   les   taux   d’attrition   en   proscrit pas le désir de grossesse. Elle a retrouvé que 35% déjà particulier les PDV et ensuite entreprendre des études dans le enceintes sous TAR et 22% des femmes non enceintes sous TAR contexte   d’Haïti   pour   mieux   comprendre   les   complexités   manifestaient   le   désir   d’avoir   un   enfant   dans   le   futur ».   L’étude   cliniques, sociales et structurelles associées à la prise en charge en a dénombré 5 facteurs de risque statistiquement significatifs de  l’enfant infecté par le VIH (Bernays S et al, 2014). qui sont :  la   parité,  l’âge,  la   présence  de  conjoint,  la  vie  sexuelle   active  et  l’union  libre. Une étude a été réalisée au Congo sur le traitement anti rétroviral combiné et le taux de rétention des enfants exposés au VIH à Kinshasa et a démontré que les enfants dont les mères n’étaient   pas   sous   TAR avaient plus de 2 fois plus de chances d’être   un   PDV   avec   ajustement   de   ce   taux   selon   les   facteurs   de   référence (Feinstein L et al, 2015). Les auteurs de cette étude ont conclu que l'amélioration de l'accès au TAR pour les femmes enceintes pourrait améliorer la rétention des enfants exposés au VIH, renforçant ainsi l'impact clinique des interventions de PTME et de l'accès à un TAR précoce pour les enfants infectés par le VIH. Les auteurs du bulletin gratuit en ligne de ONUSIDA « HIV This Month » de mai 2015 dans leur note sur cet article émettent l’hypothèse  que,  « sur la base des éléments probants disponibles, des  obstacles  structurels  comme  le  transport,  les  délais  d’attente   et le coût peuvent avoir une incidence sur le maintien dans les BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 4. Élimination de la transmission mère enfant 18 Tableau 11. Répartition des femmes enceintes sous TAR en 2014 MESI notre article sur ETME du présent bulletin 4 des principales Haïti recommandations : Mois Femmes VIH sous Total FE VIH Femmes VIH sous  Renforcement   du   counseling   et   de   l’éducation   des   TAR devenues sous TAR TAR devenues enceintes enceintes en (%) femmes enceintes sous TAR; nous dirions   de   l’ETP   des   Janvier 155 423 36.6 femmes enceintes sous TAR; Février 127 401 31.7  Promotion   de   l’intégration   réelle   de   la   PF   au   sein   des   Mars 132 386 34.2 services PTME; Avril 135 410 32.9 Mai 145 445 32.6  Promotion  de  la  mise  en  place  d’un  programme  de  suivi   Juin 143 366 39.1 des couples VIH qui désirent avoir des enfants pour leur Juillet 128 374 34.2 permettre   d’avoir   des   grossesses dans les meilleures Août 122 375 32.5 conditions afin de réduire la transmission mère enfant; Septembre 127 365 34.8 Octobre 123 348 35.3  Initiation   d’un   programme   d’accompagnement   des   Novembre 123 311 39.5 couples sérodiscordants dans leur choix de désir de Décembre 98 247 39.7 grossesse pour réduire la transmission du VIH. Total 1558 4451 35.0 Le Nord-ouest reste le département avec la plus grande Les résultats programmatiques contenus dans le tableau ci- proportion de femmes VIH sous TAR devenues enceintes avec dessous démontrent que le PNLS avait parfaitement raison en 52%; mais en fréquence absolue nous ne devrons pas perdre de s’associant   avec   le   FNUAP   en   vue   de   faciliter   la   réalisation de vue   les   départements   de   l’Ouest   avec   666,   de   l’Artibonite   avec   cette étude sur les déterminants, car au regard des données 220 et du Nord avec 183 femmes VIH sous TAR devenues retrouvées  sur  MESI,   le  phénomène  prend  de   l’ampleur  avec  un   enceintes en 2014. plateau  atteignant  les  35%.  Nous  pensons  qu’il  convient,  pour  le   bénéfice et la protection des enfants exposés au VIH, que ces Le graphe ci-dessous   est   d’une   importance   capitale   pour   nous   femmes   doivent   bénéficier   d’un   accompagnement   de   qualité,   permettre de mieux comprendre cette problématique et ensuite surtout pour les femmes qui sont déjà sous TAR; car nous d’y   apporter   des   jugements   de   valeur   pour   la   prise   de   décisions   supposons que ces dernières devraient être facilement judicieuses et opportunes. Nous faisons la comparaison à partir joignables. de  2012  car   c’est  l’année  de  la  première  parution  du  bulletin  de   surveillance épidémiologique du VIH/sida en Haïti sous ce format. Tableau 12. Répartition des femmes enceintes sous TAR par Nous ferons les comparaisons dans les prochains numéros département en 2014, MESI Haïti toujours sur 3 années mais en éliminant une à chaque année nouvelle, autrement dit les comparaisons de 2015, par exemple, Femmes Femmes VIH Nouvelles Total se feront avec 2014 et 2013. VIH sous sous TAR femmes FE VIH Département PPS TAR devenues enceintes sous devenues enceintes en sous TAR TAR enceintes % 4975 Artibonite 21 529 220 749 29.4 4451 Centre 9 173 142 315 45.1 3629 Grand-Anse 12 73 38 111 34.2 Nippes 6 65 34 99 34.3 2893 2572 Nord 17 397 183 580 31.6 Nord-est 13 197 45 242 18.6 1545 1558 Nord-Ouest 8 104 112 216 51.9 1346 1027 Ouest 65 1197 666 1863 35.7 Sud 14 107 84 191 44.0 Sud-est 9 51 34 85 40.0 Nombre de Femmes Femmes sous ARV devenues Nombre de Femmes Total 174 2893 1558 4451 35.0 enceintes sous ARV enceintes enceintes sous ARV 2012 2013 2014 Au  cours  de  l’année  2014, 1 558 femmes du total des femmes VIH sous  TAR  sont  devenues  enceintes,  soit  35%.  Pour  l’ensemble  des   Graphe 13. Évolution des nouvelles femmes enceintes sous TAR en 2012, 2013 et 2014, MESI Haïti 4   451,   nous   n’avons   aucune   donnée   sur   le   devenir   de   leur   grossesse et du suivi accordé spécifiquement à ces nourrissons Le nombre des femmes enceintes nouvellement placées sous TAR qui naitront ou qui ont déjà vu le jour comme étant des enfants a augmenté en 2013 et a diminué en 2014. Nous avons fait le exposés   au   VIH.   Nous   croyons   qu’il   est   utile   de   reprendre   dans   même constat pour le nombre total de femmes enceintes sous BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 4. Élimination de la transmission mère enfant 19 TAR.  Mais  au  sein  de  cet   ensemble,  un  phénomène  différent   s’y   de 9,05% en 2012, de 6,53% en 2013 et de 4,73 en 2014. Nous est encastré :  les  femmes  déjà   sous   TAR  devenues   enceintes  n’a   osons  espérer  que  l’année  2015  sera  meilleure. pas cessé d’augmenter   entre   2012   et   2014;   soit   une   Tableau 14. Proportion de TME en 2012, 2013 et 2014, MESI Haïti augmentation de 31% en 2013 par rapport à 2012 et de 15% en 2014.  Tous  ces  éléments  justifient  qu’en  plus  du  rapport  final,  la   Nombre Nombres rédaction  du  bulletin  a  jugé  bon  qu’un  article  entier  y  soit  publié   Nombres d'enfants d'enfants dans le présent numéro. Les responsables au niveau central et Année d'enfants exposés exposés TME en % enregistrés testés par confirmés départemental, y compris les institutions ombrelles de réseau de PCR VIH soins, ont du pain sur la planche. Nous pensons que les Année 2012 2944 3670 332 9,05% concertations   entre  la   CT  du   PNLS  par  l’intermédiaire  du   service   Communication, la DSF et le UNFPA doivent poursuivre leurs Année 2013 3206 4101 268 6,53% efforts pour renforcer les interventions déjà prévues suite à la Année 2014 3168 3977 188 4,73% publication  des  résultats  de  l’étude  sur  les  déterminants   et   aller   encore   plus   loin   car,   nous   avons   l’obligation   d’accompagner   ces   4.3 Niveau de performance atteint par le PNLS sur la co femmes enceintes et de protéger les bébés qui naitront contre infection VIH / TB en 2014 tout risque de transmission du virus. Le calcul de la performance nous parait ardu surtout lorsque MESI ne dispose pas de données pour un indicateur de résultat 4.2    Représentation  des  enfants  exposés  bénéficiant  d’un   immédiat prévu par le PSNM. PCR et de ceux VIH Nous avons enlevé les indicateurs de résultats intermédiaires et Les   enfants   exposés   bénéficiant   d’un   PCR   sont   supérieurs   aux   d’impact   pour   lesquels   le   PSNM   prévoit   de les mesurer soit en enfants exposés enregistrés pour tous les mois de 2014. Nous 2016 et/ou en 2018. Certaines cases étant révélées risquons, une fois de plus une autre hypothèse dans cet article : problématiques ont été enlevées du tableau; et leur contenu, à un   enfant   exposé   bénéficiaire   d’un   PCR   devrait   d’abord   être   notre   avis   ne   peut   être   trouvé   qu’au   sein   du   CNQD.   Nous   enregistré   et   ensuite   être   bénéficiaire   du   PCR?   Mais,   d’où   recommandons   que,   lors   d’une   rencontre   sur   ce   sujet,   que   viennent-ils ces enfants bénéficiaires du PCR qui sont supérieurs à certaines organisations non membres du CNQD puissent y ceux-là exposés et enregistrés? prendre part comme CARIS, UNFPA, DSF, etc. Tableau  13.  Répartition  des  enfants  exposés  bénéficiant  d’un  PCR  et   Nous avons décidé de ne pas nous prononcer dans ce numéro en des enfants VIH en 2014, MESI Haïti profondeur et de différer la présentation de nos commentaires Enfants sur les résultats atteints et leur niveau de performance dans un Enfants exposés Enfants des prochains numéros du bulletin lorsque nous serons en Mois exposés TME en % bénéficiant VIH mesure de rempli complètement ce tableau. enregistrés d'un PCR Janvier 337 376 21 5,59% Nous considérons que la présentation des résultats de certains indicateurs du PSNM dans ce bulletin est un début et que nous Février 259 306 4 1,31% sommes sur la bonne voie. Tout programme doit être imputable Mars 269 288 6 2,08% et doit à un moment sur la base des résultats programmatiques, Avril 257 339 24 7,08% que le pilote du Programme devrait se prononcer sur les résultats Mai 218 339 27 7,96% atteints et sur leur performance. Juin 197 343 5 1,46% Au regard des difficultés actuelles, nous anticipons déjà de la Juillet 228 388 22 5,67% nécessaire participation active des gestionnaires de bases Août 233 275 15 5,45% nationales de données : MESI, I-santé, HASS et autres lors de la Septembre 305 324 17 5,25% prochaine élaboration du PSNM, en particulier sur le choix des Octobre 358 340 15 4,41% indicateurs, car sans eux la plupart des indicateurs et leurs cibles Novembre 266 362 15 4,14% restera   un   vœu   pieux   sans   aucune   connexion   avec   la   réalité   du   Décembre 241 297 17 5,72% Programme. Total 3168 3977 188 4,73% La proportion de TME en 2014 est de 4,73%. Nous notons une baisse de la proportion de TME de 2012 à 2014, tel   que   l’indique   le   tableau   ci-dessous. Sur la base des résultats programmatiques rapportés sur MESI, la proportion de TME était BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 5. Situation compromettant des conjoints des femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport à leur désir de grossesse 20 Tableau 15. Performance de certains indicateurs du PNLS en ETME, MESI Haïti Résultat Données Source et Performance cibles prévues Indicateur 2014 atteint au de base année (%) pour 2015 31/12/2014 % de femmes enceintes Pour 2011 : séropositives qui reçoivent un Pas de rapport TAR pour réduire la 77,5% cible 95% 95% NA UNGASS Haïti transmission mère-enfant prévue 2012 Nombre de femmes en âge de procréer couvertes par les activités   d’information   sur   le   ND 323212 240668 74,50% 323212 VIH et la PTME Nombre de femmes enceintes faisant le test de dépistage du 246157 MESI, 2013 272156 245365 90,15% 298156 VIH Nombre de femmes enceintes séropositives recevant des 5223 MESI, 2013 9391 4451 47,39% 9534 ARV pour réduire la TME Nombre   d’enfants   nés   de   mères vivant avec le VIH qui bénéficient   d’un   diagnostic   2987 MESI, 2013 4922 3977 80,80% 5414 précoce  de  l’infection  à  VIH  au   PCR 5. Situation compromettant des conjoints des ans,   des   entretiens   psychologiques,   etc.   Il   s’agit   surtout,   lorsque   la mère est séropositive, de prévenir la transmission de la mère à femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport l’enfant,   au   conjoint,   et   la   réduction   de   la   toxicité   des   à leur désir de grossesse médicaments antirétroviraux sur   le   fœtus.   La   prévention   de   la   PHILIPPE Robert, MSc. Démographe, SEFIS et ANTOINE Wener, transmission du virus au partenaire est plus aisée, les couples 3 Ph.D, Statisticien, SEFIS peuvent aisément et en toute intimité procéder à des auto- inséminations. Toujours est-il que le partenaire doit être au 5.1 Introduction courant du statut sérologique de sa femme. Pour une jeune femme, être séropositive ne signifie pas pour En Haïti, nous avons remarqué un pourcentage assez élevé de autant   qu’elle   ne   peut   pas   être   mère.   Cependant,   le   risque   de   grossesses chez les femmes sous TAR. Aussi, Le PNLS et la DSF du contamination pour le conjoint, si le couple est séro-discordant, MSPP  avec  l’appui  financier  et  technique  du  UNFPA  en  Haïti,  sous   ou  pour  l’enfant  qui  va  naitre,  n’est  pas  nul.  En  France,  on  admet   la direction de SEFIS, ont réalisé une étude sur le désir de jusqu'à 20%, le risque de contamination mère enfant en absence grossesse chez les femmes VIH+ sous TAR en Haïti. Des questions de traitement approprié. Dans certains pays, on établit des fondamentales relatives à la grossesse des femmes sous ARV ont centres hospitaliers spécialisés pour permettre de répondre à des été posées aux femmes à travers cette étude. Des questions très désirs  d’enfants  chez  les  couples  VIH  positifs.  La  gestion  du  désir   pertinentes relatives aux conjoints ont été posées telles que la de grossesse chez une femme séropositive demande des connaissance du statut sérologique de la femme par son conjoint, comportements et attitudes responsables de la part du couple et la   stabilité   du   couple,   la   vie   sexuelle   dans   le   couple,   et   d’autres   la procréation médicalement assistée. facteurs pouvant générer des grossesses non planifiées par les couples et compromettant la santé des gens au sein des couples Certaines conditions sont jugées impératives pour bénéficier de la séro-discordants. Les réponses à ces questions permettent de PMA. On peut souligner de manière non exhaustive la nécessité mettre en exergue, au niveau de ce document, la situation de d’avoir  un  couple   stable  avec vie commune depuis plus de deux vulnérabilités des conjoints des femmes sous TAR en Haïti. 3 Ils sont les co-auteurs   de   cet   article   et   sont   les   chercheurs   principaux   de   l’étude   sur   “les   déterminants  des  grossesses  désirées  ou  non  des  femmes  enceintes  VIH  sous  TAR”  qui  a  été   co   pilotée   par   la   CT   du   PNLS,   la   DSF   et   le  UNFPA.   L’étude   a   été   financée   par   le   UNFPA   et   le   rapport final écrit par Philippe et Antoine a été publié par la CT du PNLS. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 5. Situation compromettant des conjoints des femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport à leur désir de grossesse 21 5.2 Méthodologie Une   méthode   d’appariement,   selon   les   variables   date   d’enrôlement  et  âge  qui  peuvent  être  des  facteurs  de  confusion,   Il   s’agissait   d’une étude transversale à visée descriptive qui a a   été   utilisée   en   vue   de   choisir   l’échantillon.   Le   Ratio   1:2   était permis de mettre en évidence des facteurs relatifs au désir de utilisé pour déterminer le nombre de femmes déjà enceintes sous grossesses parmi les femmes en âge de procréer sous TAR. La ARV et le nombre de femmes non encore enceinte sous TAR au richesse   d’information   déjà   disponible   sur   les   femmes   sous   TAR   niveau   de   l’étude.   Ainsi   avons-nous un échantillon de 187 en Haïti sur le site www.mesi.ht a été mise à profit. Nous avons femmes enceintes sous TAR et 374 femmes non enceintes. ainsi divisé la population des femmes sous TAR en deux groupes, que   l’on   peut   comparer   et   séparer   les   effets.   Nous   avons   donc   L’âge   et   la   date   d’enrôlement   dans   le   programme   sont   les   deux   comparé des femmes qui étaient enceintes sous TAR avec celles autres potentiels variables de confusions qui peuvent être qui   ne   l’étaient   pas,   mais   qui   étaient   similaires   par   ailleurs dans corrélées   avec   le   désir   de   grossesse   et   d’autres   facteurs   les différents sites. Des données ont été collectées sur les deux explicatifs de ce désir de grossesse. Nous avons proposé de groupes (Enceintes sous TAR et Non enceintes sous TAR), contrôler   ces   variables   lors   de   l’analyse   des   données   de   l’étude   permettant de rechercher des associations statistiquement en appariant chaque Cas de femmes déjà enceintes étant sous significatives et de faire des comparaisons. Toujours pour TAR à un Témoin non encore enceinte étant sous TAR, mais contrôler les facteurs de confusion énumérés ci-dessus, le choix semblable  selon  les  critères  d’âge  et  de  date  d’enrôlement. des femmes dans chaque groupe a été également apparié, de Tableau 16. Répartition des femmes enquêtées par département, Haïti sorte  qu’à  chaque  femme  VIH+  devenue  enceinte  choisie  dans  un   2014 site, on choisira une femme VIH+ sous TAR pendant la même période, de même âge mais non enceinte au niveau du site. Non Nombre Enceintes % de Départements Enceintes de sites sous TAR l’échantillon Les femmes VIH+ en âge de procréer dans les différents sites Sous TAR étaient divisées en deux groupes : les femmes sous TAR enceintes Artibonite 2 8 16 5,9 durant la période et les femmes sous TAR non enceintes. Les Centre 3 29 22 12,7 données ont été collectées sur un échantillon représentatif des deux  groupes  à  l’aide  d’un  questionnaire. Nippes 1 5 4 2,2 Nord 6 40 38 19,4 Les données collectées en mode électronique, en utilisant la technologie CAPI (Computer Assisted Personal Interview) avec Nord-est 2 6 17 5,7 des tablettes, ont été importées dans SPSS et Stata pour analyse. Nord-Ouest 3 19 14 8,2 Les registres TAR et PTME étaient utilisés pour identifier les Ouest 5 80 81 40,1 femmes sous TAR et les femmes enceintes ou étaient enceintes durant la   période.   Les   enquêtrices,   avec   l’aide   des   DRO   et   Data   Sud 2 11 12 5,7 clercs des sites, réalisaient la revue des dossiers. Un guide de Total 25 198 204 100 revue de dossier a été élaboré à cet effet. Le protocole a été soumis  et  a  reçu  l’approbation  du  comité  national  de  bioéthique.   Les   enquêtrices   ont   été   formées   sur   l’application   des   principes   éthiques. Nous avons obtenu de chaque femme enceinte de 5.3 Résultats l’échantillon leur consentement éclairé. Le texte de consentement éclairé était signé par toutes les femmes qui ont 5.3.1 Présence de conjoint au foyer des femmes sous accepté  de  participer  à  l’enquête  après  avoir  été  lu  à  haute  voix   ARV par  l’enquêtrice. Les résultats du tableau 17 indiquent que 65% des femmes sous La base de sondage était les registres PTME et TAR au niveau des TAR ont des conjoints. Une grande différence est observée entre sites.  Le  cadre  d’échantillonnage  était  constitué  des  femmes  VIH+ les femmes enceintes et non enceintes sous TAR. En effet, près er sous TAR devenues enceintes entre le 1 Octobre 2013 et le 30 de 78% des femmes enceintes sous TAR ont un conjoint alors que septembre 2014 et des femmes sous TAR non enceintes depuis pour les femmes non enceintes sous TAR, seulement 54% en ont. l’enrôlement  sous  TAR.  La  population  des  femmes  enceintes  sous Ces résultats suggèrent à priori que la présence de conjoint a un TAR était donc constituée des 1016 femmes devenues enceintes poids important dans la grossesse des femmes sous TAR et peut durant la période considérée. également influencer le désir de grossesse. Un   mode   d’échantillonnage   stratifié   a   été   utilisé   en   vue   de   La présence du conjoint peut aussi conduire à des grossesses trouver les femmes à enquêter dans chaque groupe. Les désirées   ou   non.   Ainsi,   nous   avons   calculé   l’association   entre   la   différents sites sont considérés comme des strates et la fraction présence   de   conjoint   et   l’évènement enceinte ou pas sous TAR. de  l’échantillon  choisi  dans  chaque  strate  est  proportionnelle  à  la   Les résultats sont confinés au tableau 17 ci-après. taille  de  la  strate.  L’échantillonnage  a  été  également  apparié,  de   Parmi les femmes devenues enceintes sous TAR, 78% vivent avec sorte  qu’à  chaque  femme  VIH+  devenue  enceinte  choisie  dans  un   un conjoint, alors que chez les femmes jamais enceintes sous site, on choisira une femme VIH+ sous TAR pendant la même TAR, seulement 53 % vivent avec un conjoint. La présence de période, de même âge mais non enceinte au niveau du site. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 5. Situation compromettant des conjoints des femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport à leur désir de grossesse 22 conjoint est un facteur de risque majeur de tomber enceinte niveau   tous   les   paramètres   qu’il   faut   pour   porter   un   jugement   étant sous TAR. rationnel sur ce désir. On   comprend   donc   que   la   présence   d’un   conjoint   au   foyer   peut   porter la femme à vouloir satisfaire les désirs de son partenaire. Le désir de grossesse devient alors celui d’un   couple,     alors   que   les deux partenaires peuvent ne pas partager les mêmes informations, les mêmes intérêts, et ne pas intégrer au même Tableau 17. Statut matrimonial des femmes sous ARV, Haïti 2014 Cas Témoins Total Odds Intervalle de P-value # (%) # (%) # (%) ratio confiance à 95% Avoir un conjoint Oui 154(77,8) 109(53,4) 262(65,2) 3,05 (1,98 ; 4,71) 0,00 Non 44(22,2) 95(46,6) 140(34,8) Statut matrimonial Célibataire 31(15,7) 57(27,9) 88(21,9) 0,48 (0,29 ; 0.79) 0,00 Mariée 25(12,6) 23(11,3) 48(11,9) 1,15 (0,62 ; 2.10) 0,64 Divorcée 0(0,0) 2(1,0) 2(0,5) - - - Veuve 8(4,0) 20(9,8) 28(7,0) 0,37 (0,16 ; 0.88) 0,01 Union libre 115(58,1) 75(36,8) 190(47,3) 2,38 (1,59 ; 3.55) 0,00 Autres 19(9,6) 27(13,2) 46(11,4) - - - Le statut matrimonial des femmes est lié en quelque sorte à la Vivre seule semble être un facteur protecteur du désir de présence de conjoint (en mariage ou union libre) et son analyse grossesse,   avec   l’odd   ratio   moins   que   1,   cependant   l’hypothèse   en fonction du désir de grossesse vaut la peine. Etre sans conjoint qu’il   est   moins   que   1   n’est   pas   significative   statistiquement.   On   (célibataire ou veuve) reste un facteur protecteur du désir de ne trouve pas de différence entre le groupe des enceintes et le grossesse   tandis   que   l’union   libre   reste   un   facteur   de   risque   du   groupe des   non   enceintes,   lorsqu’il   s’agit   de   l’influence   de   vivre   désir de grossesse. Le tableau 2 présente également la situation seul sur le désir de grossesse. matrimoniale selon le type de femme (cas ou témoins) S’agissant  du  statut  matrimonial  proprement  dit,  les  femmes  sous   5.3.2 Conjoints et gestion des grossesses TAR sont soit mariées (12%), soit en union libre (47%), soit veuves Les conjoints jouent un rôle essentiel dans la vie du couple et (7%), soit divorcées (0,5%). Elles sont donc majoritairement en peuvent induire le désir de grossesse chez les femmes sous TAR. union libre, et ce statut précaire a ses conséquences sur la Ce désir sera beaucoup plus enflammé au cas où les femmes sont grossesse des femmes sous TAR et sur le désir de grossesse. actives sexuellement. Si 65% des femmes sous TAR ont des Vivre en union libre est un facteur déterminant du désir de conjoints, 48% seulement affirment être active sexuellement. grossesse chez les femmes sous ARV, avec un rapport de cote Donc il existe des foyers ou le conjoint est présent, mais les activités sexuelles sont presque nulles. Le tableau 18 suivant (odds  ratio)  nettement  supérieur  à  l’unité.   présente  l’activité  sexuelle  des  femmes  sous  TAR. Tableau 18. Type de femmes et activité sexuelle, Haïti 2014 Enceinte Non enceinte Total Odds Intervalle de p-value # (%) # (%) # (%) Ratio confiance à 95% Active sexuellement Oui 108(54,8) 86(42,0) 194(48.3) 1.67 (1,13 ; 2.49) 0,01 Non 89(45,2) 119(58,0) 208(51,7) Nous   pensons   qu’il   est   évident   que   les   femmes   enceintes   sous   non enceintes seulement 42% sont actives. Nous sommes portés TAR sont plus actives sexuellement que les femmes non à croire que le désir de grossesse est inhibé dans un foyer ou enceintes. En effet, 55% des femmes parmi celles qui furent l’activité sexuelle est nulle. Nous observons effectivement une enceintes sous TAR sont actives sexuellement, alors que chez les différence marquée entre les femmes enceintes sous TAR (55%) BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 5. Situation compromettant des conjoints des femmes enceintes sous ARV en Haïti par rapport à leur désir de grossesse 23 et   les   femmes   non   enceintes   (42%)   lorsqu’il   s’agit   d’activité   fois  plus  susceptibles  d’être  enceintes  sous  TAR  que  celles  qui  ne   sexuelle au foyer. Les femmes devenues enceintes sous TAR sont sont pas actives sexuellement. plus actives sexuellement que les femmes non enceintes. Bien des fois les conjoints ne sont pas au courant du statut Une   relation   positive   existe   entre   l’activité   sexuelle   et   la   sérologique de sa compagne. Cette situation peut entrainer des grossesse sous TAR. Celles qui sont actives sexuellement sont 1,6 activités sexuelles non protégées, des désirs de grossesses contagieuses de la part du conjoint, une fragilité de la relation. Tableau 19. La vie de couple chez les cas et les témoins, Haïti 2014 Cas Témoins Total Intervalle de Odds Ratio p-value # (%) # (%) # (%) confiance à 95% Conjoint au courant que femme sous ARV Oui 92 (60,1) 68 (62,4) 160 (61.1) 0,90 (0,54 ; 1,50) 0,712 Non 61 (39,9) 41 (37,6) 102 (38.9) Conjoint sous ARV Oui 34 (22,2) 30 (24,6) 64 (24,4) 0,75 (0,42 ; 1,32) 0,325 Non 103 (67,3) 62 (56,9) 165 (63.0) Ne sait pas 16 (10,5) 17 (15,6) 33 (12,6) Le tableau 19 montre que 40% des femmes sous TAR ne femmes sous TAR. Mais cette hypothèse est rejetée car on a 6% partagent   pas   l’information   sur   leur   statut   sérologique   avec   le   de chance de se tromper. conjoint. Ce facteur est neutre par rapport au désir de grossesse chez les femmes sous TAR. Cette relation demeure identique 5.4 Conclusion parmi les femmes enceintes sous TAR et parmi les non enceintes. Nous  pensons  qu’Il  se  traduit  à  travers  ces  statistiques  la  situation   Cette   situation   n’est   pas   cependant   sans   influence   sur   la   vie   du   de vulnérabilité des conjoints vivant avec des femmes VIH+ sans couple. Dans bien des cas donc, les deux conjoints vivent dans savoir le statut sérologique de la femme. Les femmes sous ARV deux réalités différentes. Le conjoint peut être (physiquement) en sont en général actives sexuellement, surtout si elles ne sont pas santé et ne pas savoir que sa femme est VIH positive. En pareille célibataires. Le désir de grossesse chez les femmes VIH+ circonstance,   nous   comprenons   qu’il   peut   ne   pas   être   motivé   s’amplifie   également   avec   la   présence   du   conjoint   au   foyer.     pour utiliser des préservatifs lors des relations sexuelles et/ou Certaines  femmes  en  union  libre  ont  en  effet  confié  qu’ayant  un   qu’il   peut   souhaiter   avoir   des   progénitures.   Si   la   femme   ne   se   nouveau   partenaire   qu’elles   veulent   garder,   elles   sont   prêtes à sent pas assez forte pour communiquer avec son conjoint, elle se "cimenter"   l’union   par   un   enfant.   Il est donc facile de verra contrainte à avoir des rapports sexuels non protégés et comprendre pourquoi 40% des femmes sous TAR ne dévoilent ainsi infecter le conjoint. Elle peut également sentir le besoin de pas leur statut sérologique à leur conjoint, et que parmi les donner des enfants à son nouveau conjoint, surtout si ce dernier femmes sous TAR qui ne dévoilent pas leur statut avec leur n’en   a pas. Parfois les nouveaux partenaires mettent de la partenaire, 68% sont en union libre. Nous devons souligner tout pression pour avoir un enfant de leur conjoint (en union libre). de suite que des données présentées ici sont collectées auprès Si   actuellement   ce   facteur   n’influence   pas   le   désir   de   grossesse   des femmes et exposent la vulnérabilité des hommes vivant avec chez la femme, elle peut susciter des grossesses non vraiment des  femmes  VIH+.  Cela  n’indique  certainement  pas  que  la  version   désirées et des comportements à risques de la part du conjoint. Il opposée   n’est   pas   vraie.   Il   se   peut   aussi   qu’il   existe   un   fort   est donc un devoir moral pour les femmes de tenir les conjoints pourcentage  d’hommes  sous  ARV  vivant  avec  des  femmes  qui  ne   au courant de leur situation. Cependant, les femmes ne le disent savent pas le statut sérologique du mari. pas   parce   qu’elles   sont   en   union   libre   et   qu’elles   craignent   Ainsi,  la  crainte  d’être  stigmatisé  et  rejeté  parait  être  un  élément   l’abandon  du  conjoint  à  l’annonce  de  la  nouvelle.   prégnant pour expliquer la non-divulgation de la séropositivité La plupart des femmes sous TAR (24%) vit avec des conjoints qui des femmes à leur conjoint, et ce malgré les conseils prodigués sont également sous TAR. Le statut sérologique du conjoint peut par les prestataires lors des séances de counseling. Pourtant être  un  facteur  déterminant  de  sa  volonté  d’avoir  des  enfants.  Il   plusieurs études ont décrit le défaut de participation du peut à son tour contaminer la femme avec ce désir ou pas. Parmi partenaire comme la raison majeure expliquant la mauvaise les femmes sous TAR vivant avec des conjoints sous TAR, 25% rétention des femmes enceintes séropositives dans les seulement   exprime   le   désir   d’avoir   un   enfant.   Parmi   celles   qui   programmes  PTME,  l’implication  du  partenaire  étant  un  élément   vivent avec des conjoints qui ne sont pas sous TAR, 38% clé pour assurer des comportements préventifs efficaces vis-à-vis expriment   le  désir  d’avoir  des  enfants. A en juger sur le rapport du VIH/sida. Le défi de taille est donc de construire un des cotes, on croirait que le fait de vivre avec un conjoint sous environnement favorable au partage du statut sérologique au TAR est un facteur protecteur du désir de grossesse chez les sein des couples. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 6. Chiffres nationaux 24 6. Chiffres nationaux Indicateurs Source Valeur Prévalence du VIH EMMUS V, 2012 2,2% Prévalence du VIH chez les TS PSI, 2015 (rapport préliminaire) 8,7% Prévalence du VIH chez les HARSAH PSI, 2015 (rapport préliminaire) 12,9% Profil estimations / PNLS, 2015; ONUSIDA, Nombre PVVIH 140 000 2015 Nouvelles infections en 2014 Profil estimations / PNLS, ONUSIDA, 2015 6 800 Nombre patients actifs sous ARV (au 31 décembre MESI (www.mesi.ht) 63 511 2014) Nouveaux enrôlés sous traitement TB (au 31 MESI (www.mesi.ht) 1 957 décembre 2014) Nouveaux cas VIH adultes diagnostiqués VIH après HASS 20 027 déduplication au 31 décembre 2014 Nouveaux cas pédiatriques diagnostiqués VIH après HASS 2 011 déduplication au 31 décembre 2014 Besoins  ARV  en  2014  (critère  d’éligibilité  CD4  <  500)   Profil estimations / PNLS, 2014 130 000 Taux couverture ARV Profil estimations / PNLS, ONUSIDA, 2015 45% Taux de rétention ARV à 6 mois PNLS, 2015 83,7% Taux de rétention ARV à 12 mois PNLS, 2015 72,8% Proportion de TME MESI (www.mesi.ht) 4,73% Décès dus au VIH en 2014 Profil estimations / PNLS, 2015 3 800 BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Coin des nouvelles 25 Coin des nouvelles Atelier Estimations et Projections Epidémiologiques VIH/Sida En Mars 2015,  une  équipe  composée  des  représentants  du  MSPP,  de  l’ONUSIDA  et  de  la  NASTAD  a  participé  à  un   atelier tenu à Dakar, Sénégal dont l’objectif   était   d’actualiser   les   estimations   et   projections   épidémiologiques VIH/Sida. Cet atelier était réalisé pour les pays francophones d’Afrique   et   Haïti, le seul pays de la région d’Amérique y a pris part. Cette  année,  La  Coordination  Technique  du  PNLS,  en  collaboration  avec  l’ONUSIDA,  veut  expérimenter  l’utilisation   des   méthodes   d’estimations et de projections au niveau départemental.   L’objectif   serait   d’habiliter   les   coordinations départementales à produire leurs propres données stratégiques pour faciliter la prise de décision. Un   atelier   de   formation   est   prévu   au   cours   de   la   dernière   semaine   du   mois   d’août   2015 pour les responsables départementaux  en  l’occurrence  les  responsables  de  programme  et  les  officiers  de  Suivi/Evaluation. L’unité  de  Suivi/Evaluation  de  la  Coordination  Technique  du  PNLS  a  réalisée  des  visites  préparatoires  en  prélude  à   l’atelier  de  formation  en  initiant les équipes départementales à la manipulation du logiciel Spectrum. La prochaine parution du document de Profil des estimations et projections en matière de VIH/Sida en Haïti pour la er période 2012-2016 sera disponible le 1 décembre 2015. Séance  d’initiation  de  l’équipe  départementale  des  Nippes  à  la  manipulation  du  progiciel  Spectrum. Rosette ELOI Responsable de Programme VIH/Sida, Alan SAMEDI Officier de Projet, Michel MANET Officier de Suivi/Evaluation, Statisticien Départemental, Emmanuel PIERRE Statisticien PNLS. (Photo : Rose Dyna Georgie A. BOULAY Gestionnaire de Données PNLS) BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Coin des nouvelles 26 Programme de Formation en Epidémiologie de Terrain (FETP) La  Direction  d’Epidémiologie  de  Laboratoire  et  de  Recherches  (DELR),  est une entité du niveau central du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) qui a   pour   mission   la   surveillance   de   l’état   de   santé   de   la   population  et  l’orientation  de  l’action  sanitaire.  Ainsi, elle fournit aux responsables de programme et aux instances politiques de décision   des   informations   pertinentes   et   actualisées   sur   l’évolution   dynamique   des   problèmes   de   santé  qui  affectent  la  population,  et  sur  l’impact  des  interventions  mises  en  œuvre  pour  contrer  ces problèmes. Dans le but de promouvoir/favoriser la recherche en Haïti, d’améliorer   les   compétences   en   matière   de   de   surveillance  épidémiologique,  d’investigation,  d’évaluation  des  risques  sanitaires,  la DERL a institué depuis 2011 le programme de formation en épidémiologie de terrain (Field Epidemiology Training Program (FETP). Ce programme est développé par le « Centers for Disease Control and Prevention » (CDC) et est établi dans de nombreux pays. Avec  l’appui  technique  et  financier  des  CDC,  ce  programme  adapté aux besoins et priorités sanitaires des pays vise à aider les Ministères de Santé Publique à : renforcer leur système de surveillance des maladies prioritaires, répondre rapidement et efficacement aux épidémies, et évaluer leur programme de santé dans le but de réduire la morbidité et la mortalité. Le programme de formation en Epidémiologie de  terrain  s’intéresse  à  l’amélioration  des  compétences  des cadres du MSPP et de certaines institutions sanitaires travaillant de concert avec le Ministère. La formation se réalise suivant trois niveaux, basique, intermédiaire  et  avancé.  Elle  s’étend  sur  une  durée  de  trois  ans. A date, le nombre de professionnels formés suivant le niveau pour les 4 cohortes est : 70 basique, 56 intermédiaire et 3 avancé/maitrise. Cette année, la Cérémonie de graduation de la quatrième cohorte baptisée « Promotion Carol ANTOINE » a eu lieu le 5 juillet 2015 à El Rancho Hôtel avec la participation de la haute instance du Ministère de la Santé Publique et de la   Population  (MSPP),  de  certaines  directions  centrales  et   du  représentant   des  ˝Centers  for  Disease   Control  and   Prevention (CDC) en Haïti. De gauche à droite : Magguylda A. Francois bureau Communal de Pétion-Ville,   Chedelène   RIVIERE,     Natacha   Théard   Direction   d’Epidémiologie   de   Laboratoire et de Recherches (DELR), Nadia Jean-Louis LONGCHAMPS Direction Sanitaire du Nord-Est, Rose Dyna Georgie A. BOULAY Programme National de Lutte contre les IST/VIH/Sida (PNLS), Nerlie DICETTE Direction Sanitaire du Sud-Est, Missole ANTOINE Département du Sud, Myrtau CALIXTE Département du Centre, Elouse PIERRE Hôpital nos  Petits  Frères  et  Sœurs. BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Coin des nouvelles 27 De gauche à droite : Kesnel BENOIT   Direction   Sanitaire   de   l’Ouest,   Paul   Ménahel   JASMIN   Direction   Sanitaire   du   Centre,   Evens   LODIMUS,   Jean   Robert   DOUGE Hôpital Saint-Antoine   de   Jérémie,   Jeffry   Alain   EUGENE   Direction   Sanitaire   de   l’Artibonite,   Hervé Junior FANOR Direction Nutrition, Rolain CADET Laboratoire Tamarinier, Kénel ROBILLARD Direction Sanitaire des Nippes, Pedro JEAN-PIERRE Département du Nord. Le  choix  de  baptiser  la  Promotion  Carole  Antoine  a  été  fait  dans  le  but  d’honorer  ce  haut  cadre  du  MSPP  qui  a  été   l’un  des  résidents  de  FETP  de  l’Organisation  Mondiale  de  Santé  (OMS)  1987-1988. Après son perfectionnement au Nicaragua  et  au  Salvador  pendant  2  ans,  il  occupe  depuis  1991  le  poste  de  chef  de  service  d’épidémiologie  de  la   Direction Sanitaire du Département du Nord. Il a contribué à la formation des infirmières et officiers sanitaire du Nord   et   enseigne   à   l’université   Notre   Dame   d’Haïti.   Il   a   été   l’un   de   nos   professeurs   en   niveau basique. Il a su communiquer  son  amour  et  sa  passion  pour  l’épidémiologie.  Au  fil  du  temps,  la promotion a apprécié son humilité, son savoir-faire et son désir ardent de transmettre sans réserve et avec patience toutes ses connaissances afin de nous   intégrer   dans   cette   grande   famille   qu’est   le   FETP.   Au   cours   de   cette   année   en   niveau intermédiaire, la promotion a eu   l’opportunité   d’apprécier beaucoup plus ce modèle qui a consenti tant de sacrifices pour faire e avancer   cette   formation.     C’est   donc   avec   une   légitime   fierté   que   tous   les   résidents   de   la   4 promotion portent aujourd’hui  son  nom. Il   s’avère   important que le MSPP facilite la participation des cadres des différentes directions sanitaires à cette importante formation qui offre un encadrement aux résidents finissants qui souhaitent se lancer dans les recherches. Actualisation des outils de gestion du programme VIH/Sida er Au cours du 1 semestre 2015, la Coordination Technique du PNLS de concert avec les partenaires du Comité National   de   Qualité   de   Données   (CNQD)   a   jugé   nécessaire   d’actualiser   les   outils   de   collecte   de   données   du   programme en vue non  seulement  de  s’adapter  aux  nouveaux  besoins  mais  aussi  pour  être  en  adéquation  avec  les   objectifs du programme. Il est important de rappeler que le système de surveillance en place évolue avec le temps suivant les nouvelles directives établies par le PSNM. Un   nouveau   stock   d’outils   actualisés   sera   disponible   durant   le   trimestre   Juillet   – Septembre 2015 pour l’approvisionnement  de  toutes  les  institutions  œuvrant  dans  le  domaine  du  VIH/Sida. La Coordination Technique du PNLS a participé à une mission à Genève dans le cadre de la préparation de la nouvelle   subvention   du   FM   en   Haïti.   Cette   initiative   s’inscrit   dans   le   souci   d’opérationnaliser   la   nouvelle   note   conceptuelle   TB/VIH  dans  un  contexte  d’harmonisation  des  interventions  afin  de  lutter  plus  efficacement contre ces deux fléaux tuberculose VIH/SIDA. La CT/PNLS a pris part à une rencontre annuelle organisée par OGAC/PEPFAR à Tanzanie au cours du mois de juillet. Le but de cette mission était : 1- Informer les partenaires internationaux sur la nouvelle stratégie proposée par PEPRFAR à partir du COP 2015 ; 2- Présenter la nouvelle proposition de PEPFAR pour Haïti ; 3- Harmoniser cette nouvelle stratégie en Haïti avec les directives du FM pour le nouveau projet TB/VIH. Haïti   fait   partie   de   la   région   d’Amérique   qui   œuvre   dans   la   lutte   contre   le   VIH/Sida.   C’est   dans   ce   cadre   que   la   Coordination Technique du PNLS a participé à une  mission  à  la  CARICOM  en  Guyana  au  cours  du  mois  d’avril  2015.   Cette   mission   avait   pour   objectif   de   faire   le   point   sur   l’évaluation du programme VIH/SIDA dans la caraïbe anglophone. Au cours de cette rencontre, ONUSIDA a fait une présentation sur sa vision sur les 90, 90, 90 : 90% des patients VIH dépistés, 90% des patients dépistés reçoivent des ARV et 90% des patients sous ARV indétectable  par  charge  virale.  L’ONUSIDA a demandé  aux  pays  présents  de  faire  l’effort  d’adhérer  à  cette  nouvelle   donne. PANCAP a présenté  le  plan  de  suivi  de  la  caraïbe  et  a  validé  les  indicateurs.  L’élimination  de  la  transmission   BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Coin des nouvelles 28 de   la   mère   à   l’enfant   a   été   abordée   et   Haïti   devrait   faire   l’effort     pour   élaborer   un   plan   d’élimination   avec   des   résultats concrets. Au  cours  du  mois  d’avril,  l’OPS/OMS  Genève   en   collaboration  avec  l’OPS/OMS  Brésil   a organisé un atelier à Sao Polo. Une délégation haïtienne composée de trois membres y a pris part dont deux membres du staff de PNLS. L’objectif  de  cet  atelier  de  trois  jours  était  d’élaborer  un  plan  d’action  global  sur  les  IST,  le  VIH  et  l’Hépatite.  Dans   l’optique  d’éliminer  ces  pathologies  d’ici  à  2030. La coordination  du  PNLS  a  organisé  un  atelier  de  diffusion  de  l’enquête  sur  les  IST  en  milieu  hospitalier  réalisée  au   cours du mois de juin 2015. Cette enquête a mis en évidence beaucoup des problèmes relatifs à la qualité de données surtout au niveau des registres de morbidité et cette étude nous permet de comprendre que seul le test de  dépistage  de  la  syphilis  est  disponible  et  que  les  autres  IST  n’ont  pas  la  capacité  d’être  évalués. Disponibilité du premier draft du rapport de  l’’enquête  de  comportement  (IBBS) réalisée sur deux groupes cibles (TS, HARSAH)  par  PSI  avec  l’appui  de  USAID et du PNUD/Fonds mondial. Les discussions sont en cours entre PSI et ONUSIDA  Genève  sur  l’inférence  des  résultats  de  l’enquête  pour  avoir  des  estimations  de  la  prévalence  nationale   pour ces deux groupes clés. Depuis tantôt cinq ans, le PNLS en collaboration avec ses partenaires organise la journée caribéenne de dépistage avec  l’appui  financier  de  Scotiabank  et  d’Odelpa.  Cette  année  encore,  cette  activité  a  été  réalisée  à  travers  13 sites dans  les  départements  de  l’Ouest  et  de  l’Artibonite.  2382  personnes  ont  été  testées,  38  d’entre elles sont positives soit un pourcentage de 1.6%. Ces patients positifs ont été orientés vers les centres de traitement ARV les plus proches de leur domicile. Un membre du cluster national de prise en charge VIH/SIDA de la CT/PNLS a participé à une session de formation à Harvard Université à Boston au cours des mois de Juin et de Juillet 2015. Cette formation permettra au cluster de bénéficier  d’avantage de son expertise. La  CT/PNLS  en  collaboration  avec  CARIS,  LNSP  et  d’autres  partenaires  techniques  et  avec  l’appui  financier  des  CDC,   a réalisé une étude sur la résistance du VIH chez les enfants. Le programme national à travers son service CCMC a organisé au cours du mois de juin un cluster trimestriel à la cité   de   l’indépendance.   Cette   activité   a   réuni   les   responsables   de programme VIH/SIDA des dix départements, certains   cadres   d’autres   ministères   impliqués   dans   le   programme   VIH/SIDA   ainsi   que   les cadres des réseaux. L’objectif  de  ce  cluster  était  de : 1. Définir les orientations techniques en communication relative au VIH/SIDA ; 2. Harmoniser   la   mise   en   œuvre   des   interventions   de   communication   relative   à   la   prévention   du   VIH/SIDA par rapport  au  plan  d’action  d’avril  2013  à  septembre  2015. La CT/PNLS en collaboration avec le SCMS et le PNUD de concert avec les principaux partenaires responsables de la chaine   d’approvisionnement   ARV/SIDA   a   réalisé   un   atelier   devant   aboutir   à   la   quantification   des   médicaments   ARV, IO et autres intrants en rapport au besoin des PVVIH pour  la  période  d’octobre  2015  à  septembre  2017. Cette activité a réuni les différents partenaires impliqués dans la prise en charge tels : GHESKIO, UGP, PIH, FOSREF, CMMB. DPM/MT a été invitée en qualité d’organe régulateur en matière de médicaments et dans un souci de pérennisation Cette activité a été réalisée en deux étapes : a) Une   semaine   de   formation   pour   les   logistiques   advisor   dont   l’objectif   est   de   constituer un groupe spécialisé en quantification dans un souci de pérennisation du processus par le MSPP ; BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS Coin des nouvelles 29 e b) L’exercice  de  quantification  a  été  réalisé  la  2 semaine en tenant compte des hypothèses élaborées au préalable à partir des données provenant du système d’information   sanitaire   et   du   système   logistique. La semaine du 29 au 39 juillet 2015 la métropole du sud a accueilli un atelier sur la co-infection  TB/VIH  à  l’intention   des responsables des programmes tuberculose et VIH/SIDA.   Cette   démarche   s’inscrit   dans   la   perspective   d’une   meilleure coordination entre ces deux programmes qui sont condamnés à vivre ensemble car la tuberculose tue les malades PVVIH car elle constitue la première infection opportuniste chez les PVVIH tandis que le VIH aggrave la tuberculose. Pour tous commentaires ou suggestions prière de contacter    l’unité  M&E  du  PNLS  à  l’adresse  e-mail suivante : suivievaluation_ucp@yahoo.fr Comité  de  rédaction  du  Bulletin Mme  Nirva  DUVAL,  MSPP/PNLS Dr  Gracia  DESFORGES,  MSPP/PNLS Dr  Ermane  ROBIN,  MSPP/PNLS Mr  Emmanuel  PIERRE,  MSPP/PNLS Mme  Rose  Dyna  Georgie  A.  BOULAY,  FETP  MSPP/PNLS Mr  Jean  Etienne  TOUSSAINT/  MSPP/PNLS Mme  Rachelle  CHERISTIN,  MSPP/PNLS Mr  Jéthro  GUERRIER,  MSPP/PNLS Dr  Edna  PIERRE,  NASTAD Dr  Marc-Aurèle  TELFORT,  UGP/MSPP/PEPFAR Dr  Yves  Gérard  PIERRE-LOUIS,  PSI Conception  et  mise  en  page Mme  Rose  Dyna  Georgie  A.  BOULAY,  FETP  MSPP/PNLS BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS 7. Références 30 7. Références Cayemittes, Michel, Michelle Fatuma Busangu, Jean de Dieu Bizimana, Bernard Barrère, Blaise Sévère, Viviane Cayemittes et Emmanuel Charles. 2013. Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services, Haïti, 2012. 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Plan Stratégique National Multisectoriel 2012 – 2015 révisé avec extension à 2018. Mai 2014. er PNLS. Rapport  préliminaire  de  l’analyse des patients enrôlés sous TAR entre le 1 octobre 2012 et le 30 septembre 2013  au  niveau  des  10  départements  d’Haïti.  Mai  2015. Samantari T, Agizew TB, Nyirenda S, Tedla Z, Sibanda T, Mosimaneotsile B, Motasamai OI, Shang N, Rose CE, Shepherd  J.  L’incidence  de  la  tuberculose  apres  36  mois  d’isoniazide  en  prophylaxie  chez  des  adultes  infectees  par   le VIH au Botswana : analyse obervationnelle post-essai clinique. AIDS. 28 JANV 2015 ;29(3) :351-9. doi: 10. 1097/QAD.0000000000000535. th START. 10 Review by the Data and Safety Monitoring Board. Report. 15 May 2015. SIDA, ANSANM NOU SE SOLISYON AN! BULLETIN DE SURVEILLANCE EPIDÉMIOLOGIQUE VIH/SIDA, MSPP/PNLS